...

Les lettres de mon moulin

by epsilim

on

Report

Category:

Automotive

Download: 2

Comment: 0

7,710

views

Comments

Description

Download Les lettres de mon moulin

Transcript

  • 1. Les lettres de mon moulin Alphonse Daudet
  • 2. Alphonse Daudet (Nîmes 1840 – Paris 1897)• Ecrivain à succès de la fin du XIXe siècle, Daudet est denos jours connu comme l’auteur des « Lettres de monmoulin » et du « Petit chose ». Mais cet auteur auxaccents provençaux s’inspire du réel et de sa propre viepour donner une œuvre tantôt empreinte de fantaisieet de merveilleux, tantôt d’un réalisme ironique.• Arrivé à Paris en 1857, il vit d’abord dans la misère maisconnait son premier succès en 1862 avec la pièce dethéâtre « La dernière idole ».• Critique dramatique, il signe 17 pièces à succès dont« Tartarin de Tarascon ».• « L’œuvre qu’on portait en soi paraît toujours plusbelle que celle qu’on a faite. »
  • 3. « Les Lettres de mon moulin »Le Sous-préfet aux champs• Première publication• Ballade en prose publiée dans L’Événement du 13 octobre1866 en même temps que « La Mort du Dauphin » (Neuvièmelettre).• Reprise dans le recueil des Lettres de mon moulin (1869).• Résumé• M. le sous-préfet doit prononcer un discours lors du concoursrégional de Combe-aux-Fées. L’inspiration lui manque. Enchemin, il s’arrête dans un petit bois afin d’y rédiger sonintervention. Le fonctionnaire est en réalité un poète. Lanature environnante l’incite à composer des vers plutôt qu’àécrire son fameux discours.
  • 4. Le sous-préfet aux champs• Extrait• « Messieurs et chers administrés », dit le sous-préfet de sa voix decérémonie... Un éclat de rire l’interrompt ; il se retourne et ne voitrien qu’un gros pivert qui le regarde en riant, perché sur sonclaque. Le sous-préfet hausse les épaules et veut continuer sondiscours ; mais le pivert l’interrompt encore et lui crie de loin : « Àquoi bon ? - Comment ! à quoi bon ? » dit le sous-préfet, quidevient tout rouge ; et chassant cette bête effrontée, il reprend deplus belle : « Messieurs et chers administrés... »• « Messieurs et chers administrés... » a repris le sous-préfet de plusbelle ; mais alors, voilà les petites violettes qui se haussent vers luisur le bout de leurs tiges et qui lui disent doucement : « Monsieurle sous-préfet, sentez-vous comme nous sentons bon ? » Et lessources lui font sous la mousse une musique divine ; et dans lesbranches, au-dessus de sa tête, des tas de fauvettes viennent luichanter leurs plus jolis airs ; et tout le petit bois conspire pourl’empêcher de composer son discours.
  • 5. Le sous-préfet aux champs
  • 6. Le Secret de maître Cornille• Première publication• Nouvelle publiée dans L’Événement du 20 octobre1866.• Reprise dans le recueil des Lettres de mon moulin(1869).• Résumé• Le moulin de maître Cornille est le seul encore enactivité depuis qu’une minoterie à vapeur s’estinstallée. Or, depuis longtemps, plus personne ne luiporte de blé alors que les ailes du moulin continuent detourner. On découvre que ce que le meunier fait passerpour des sacs de farine ne sont que des sacs de plâtre.Les villageois décident alors d’apporter du blé aumoulin jusqu’à la mort de maître Cornille
  • 7. Le secret de maître Cornille• Extrait• Alors, si on lui demandait d’où diable pouvait venir tant d’ouvrage,il se mettait un doigt sur les lèvres et répondait gravement :« Motus ! je travaille pour l’exportation... » Jamais on n’en put tirerdavantage.• Quant à mettre le nez dans son moulin, il n’y fallait pas songer. Lapetite Vivette elle-même n’y entrait pas...• Lorsqu’on passait devant, on voyait la porte toujours fermée, lesgrosses ailes toujours en mouvement, le vieil âne broutant legazon de la plate-forme, et un grand chat maigre qui prenait lesoleil sur le rebord de la fenêtre et vous regardait d’un airméchant.• Tout cela sentait le mystère et faisait beaucoup jaser le monde.Chacun expliquait à sa façon le secret de maître Cornille, mais lebruit général était qu’il y avait dans ce moulin-là encore plus desacs d’écus que de sacs de farine.• À la longue pourtant tout se découvrit ; voici comment :
  • 8. Maître Cornille
  • 9. La chèvre de Monsieur Seguin• Ah! quelle était jolie la petite chèvre de M. Seguin!Quelle était jolie avec ses yeux doux, sa barbichede sous-officier, ses sabots noirs et luisants, sescornes zébrées et ses longs poils blancs qui luifaisaient une houppelande!Et puis, docile, caressante, se laissant traire sansbouger, sans mettre son pied dans lécuelle. Unamour de petite chèvre!• M. Seguin avait derrière sa maison un clos entourédaubépines. Il avait attaché la petite chèvre à unpieu, au plus bel endroit du pré, en ayant bien soinde lui laisser beaucoup de corde.
  • 10. La chèvre de Monsieur Seguin• Mais un jour, elle se dit en regardant la montagne:«Comme on doit être bien là-haut .Quel plaisir degambader dans la bruyère sans cette maudite longequi vous écorche le cou!»• A partir de ce moment, lherbe du clos lui parutfade. Elle maigrit, son lait se fit rare. Cétait pitié dela voir tirer tout le jour sur sa longe, la tête tournéedu côté de la montagne en faisant Mê! tristement.• M. Seguin sapercevait bien que sa chèvre avaitquelque chose, mais il ne savait pas ce que cétait...
  • 11. La chèvre de Monsieur Seguin• Un matin, comme il achevait de la traire, elle seretourna et lui dit dans son patois: «Écoutez, monsieurSeguin, je me languis chez vous, laissez-moi aller dansla montagne.• - Ah! mon Dieu! Blanquette, tu veux me quitter!• - Oui, monsieur Seguin.• - Tu es peut-être attachée de trop court, veux-tu quejallonge la corde?• - Ce nest pas la peine, monsieur Seguin.• - Alors, quest-ce quil te faut? Quest-ce que tu veux?• - Je veux aller dans la montagne, monsieur Seguin.• - Mais, malheureuse, tu ne sais pas quil y a le loupdans la montagne...• Que feras-tu quand il viendra?
  • 12. La chèvre de Monsieur Seguin
  • 13. La vérité sur la chèvre de Monsieur Seguin• La petite chèvre• De Monsieur Seguin• Ne fut pas mangée• Au petit matin•• Elle se battit• Si gaillardement• Quà la fin le loup• Alla sessoufflant•• Arrête petite• Lui dit le coquin• Cétait pour de rire• Serrons-nous la main
  • 14. La vérité sur la chèvre de• Monsieur SeguinAinsi firent-ils• Et se retirèrent• Pour aller chacun• Dans sa chacunière•• Bien sûr la biquette• Fut mise au piquet• A-t-on jamais vu• Chèvre découcher ?•• Mais pour sa vaillance• On len retira,• Je crois savoir même• Quon la décora.
  • 15. La vérité sur la chèvre de Monsieur Seguin Si jai menti Je veux bien copier Dix fois la nouvelleDe Monsieur Daudet
  • 16. Les VieuxPremière publication• Nouvelle publiée dans Le Figaro du 23 octobre1868.• Reprise dans le recueil des Lettres de mon moulin(1869).Résumé• Le narrateur rend visite à Eyguières aux grands-parents d’un ami prénommé Maurice et fait laconnaissance de deux vieillards très touchants.
  • 17. Les vieux• Extrait• Pendant ce temps, un drame terrible se passait à l’autrebout de la chambre, devant l’armoire. Il s’agissaitd’atteindre là-haut, sur le dernier rayon, certain bocalde cerises à l’eau-de-vie qui attendait Maurice depuisdix ans et dont on voulait me faire l’ouverture. Malgréles supplications de Mamette, le vieux avait tenu à allerchercher ses cerises lui-même ; et, monté sur unechaise au grand effroi de sa femme, il essayait d’arriverlà-haut... Vous voyez le tableau d’ici : le vieux quitremble et qui se hisse, les petites bleues cramponnéesà sa chaise, Mamette derrière lui haletante, les brastendus, et sur tout cela un léger parfum de bergamotequi s’exhale de l’armoire ouverte et de grandes piles delinge roux... C’était charmant.
  • 18. Les vieux
  • 19. En Camargue• Première publication• Le récit a été publié pour la première fois dans Le Bienpublic des 24 juin et 8 juillet 1873 avant de paraîtredans le recueil Robert Helmont en 1874.• Au même titre que « Les Étoiles », « Les Douaniers »,« Les Sauterelles » et « Les Oranges », le texte d’« EnCamargue » figure désormais dans l’édition Lemerredes Lettres de mon moulin (1879).• Résumé• Parti en Camargue à la chasse aux canards sauvages, lenarrateur, décrit en cinq tableaux la nature quil’environne et la vie quotidienne des gardes.
  • 20. En Camargue• Extrait•• Eh bien ! oui, j’en conviens, je suis un mauvais chasseur.L’affût, pour moi, c’est l’heure qui tombe, la lumièrediminuée, réfugiée dans l’eau, les étangs qui luisent, polissantjusqu’au ton de l’argent fin la teinte grise du ciel assombri.J’aime cette odeur d’eau, ce frôlement mystérieux desinsectes dans les roseaux, ce petit murmure des longuesfeuilles qui frissonnent. De temps en temps, une note tristepasse et roule dans le ciel comme un ronflement de conquemarine. C’est le butor qui plonge au fond de l’eau son becimmense d’oiseau-pêcheur et souffle... rrrououou !... Des volsde grues filent sur ma tête. J’entends le froissement desplumes, l’ébouriffement du duvet dans l’air vif, et jusqu’aucraquement de la petite armature surmenée. Puis, plus rien.C’est la nuit, la nuit profonde, avec un peu de jour resté surl’eau...
  • 21. En Camargue
  • Fly UP