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SUPREME CONSEIL DU GRAND COLLEGE DU RITE ECOSSAIS ANCIEN ACCEPTE Pourquoi les Hauts Grades ? Pourquoi le Rite Ecossais Ancien Accepté ? 1 TABLE DES MATIERES 1. PRESENTATION. 2. JALONS D'HISTOIRE. QUELQUES REPERES 3. POURQUOI LES HAUTS GRADES ? POURQUOI LE REAA ? Ne pas être prisonnier des mots. Etre Maître franc-maçon au Grand Orient de France. Etre sur le chemin initiatique. Intérêt des Hauts Grades au Rite Ecossais Ancien Accepté. A. Sur le plan personnel : Poursuite de sa voie initiatique. Construction de sa «personne». Laïcité et Spiritualité. Culture maçonnique et initiatique. Longueur du parcours. Ateliers, étapes. Par rapport au Grand Orient de France Droits et devoirs. Rapports et relations. L'Ecossisme dans le monde : Juridictions Écossaises. Universalisme du REAA. B. C. 4. OU SE PRATIQUENT LES HAUTS GRADES DU REAA ? Temple. Décors. Rituels. Information. 5. QUAND ? Fréquence des Tenues. 6. COMMENT ? A. Recrutement Proposition par la Loge en Chambre du milieu ouProposition faite par sept Frères appartenant aux Ateliers des hauts grades. Critères d'appréciation. Travaux. B. Travaux personnels : Pour sa propre culture. Pour les autres. Questions annuelles soumises à l'étude. Grandes Tenues. Informations. C. CONCLUSION 2 1 - PRESENTATION. Cet argumentaire a pour vocation de répondre à l'attente de l'ensemble des frères. Pourquoi les Hauts grades ? Pourquoi le REAA ? Où, quand et comment se pratiquent les Hauts grades ? . L'accent est mis : ♦ Sur l'histoire du Rite. ♦ Sur le parcours initiatique. ♦ Sur le travail et la construction de la personne. ♦ Sur le fait que le REAA permet à chaque Frère, quelle que soit sa spiritualité, de se trouver bien dans la pratique de ce rite. ♦ Il n'a jamais cessé d'être pratiqué. ♦ Il réclame de la part des Frères beaucoup de sérieux et de réflexion personnelle. ♦ Il est universel. ♦ Il est pratiqué au sein du Grand Collège par 7500 membres. 2. JALONS D'HISTOIRE. QUELQUES REPERES : 1717 : Création de la Grande Loge de Londres. 1723 : Constitutions d'Anderson. 1720-1730 : Les premières loges françaises se fondent sous l'autorité de la Grande Loge de Londres. 1723-1738 : La Franc-maçonnerie s'organise en trois grades. 1740 : Naissance de la Franc-maçonnerie des Hauts Grades. 1773 : Création du Grand Orient de France. Son mérite est d'avoir remis de l'ordre dans la maison maçonnique. 1804 : le Suprême Conseil est créé à Paris sous l'impulsion du Comte de Grasse-Tilly revenu des Etats-Unis d'Amérique muni d'une patente à cette fin. 1805 : le Suprême Conseil s'unit au Grand Orient de France. 1826 : Création du Grand Collège des Rites. . 1850 : le Rite français tombe en désuétude dans ses Ordres. Par contre, le REAA ne cesse d'augmenter le nombre de ses Ateliers 1826-1924 Vers une autonomie interne dans le cadre du GODF. 1924-1940 Vers l'indépendance. 1946 : Une convention de passée entre le Grand Collège des Rites et le GODF qui assure l'autonomie du Suprême Conseil. Ce texte est fondamental car il explique bien les liens qui existent entre le Suprême Conseil, le Grand Collège des Rites et le Grand Orient de France. Ce dernier gère les ateliers des hauts grades des rites suivants RER, RF et REAA. 1999: Le Suprême Conseil signe un protocole d'accord avec le GODF. Ce texte reprend la Convention de 1946 dans ses grandes lignes et rappelle l'autonomie du Suprême Conseil. . Ce dernier prend l'appellation de Suprême Conseil du Grand Collège du REAA. 3 - POURQUOI LES HAUTS GRADES ? POURQUOI LE RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ACCEPTE ? ♦ Ne pas être prisonnier des mots. Nous ne devons pas craindre d'être catalogués au sujet de l'appellation «Hauts Grades» par une interprétation qui peut nous être défavorable ; il nous faut interdire des termes 3 qui ont soit une connotation d'école philosophique, soit religieuse. Certes, ce sont des termes qui sont ambigus dans la mesure où le poids de la tradition judéo-chrétienne pèse fortement sur nos mentalités. Tout est dans le contexte et aussi dans la définition que nous donnons. ♦ Hauts Grades ? Ateliers Supérieurs ? Pour certains, cette appellation signifie que l'appartenance donne aux Frères une prédominance sur les autres. Les uns envient, les autres méprisent. Rien n'est plus injuste. Si c'était vrai, ce serait contraire à l'esprit maçonnique. Etre membre des Hauts grades ne donne pas plus de droits, mais plus de devoirs. Rappelons la place d'un Frère de Haut Grade selon Jean Mourgues : « Elle consiste à nous savoir non plus un sujet, non plus un centre, mais un parmi d'autres, et aussi insignifiant ou aussi important qu'on voudra, un, et l'égal de tous, et à la fois unique et banal ». Il n'y a d'autorité que celle que reconnaissent les Frères. Elle est le plus souvent le fruit d'un comportement modeste et fraternel. Pourtant, il y a parfois quelques suspicions contre nos Ateliers ? Tout d'abord des Frères qui n'ont pas respecté la règle, q u i s e s on t v an t és d e l eu r q u alit é et d e ce fai t on t pontifié ». C'est une grossière erreur. C'est contraire à l’esprit des Hauts Grades. Les explications qui seront données ultérieurement, montreront qu'il s'agit d'une démarche toute personnelle. Si un Frère veut se faire r e m a r q u e r , q u ' i l l e f a s s e p a r l a q u a l i t é d e s e s interventions, par son assiduité. Qu'il soit une référence par rap port aux jeun es Frères, un m açon do nt sont reconnues l'expérience et la sagesse. La couleur d'un cordon n'a jamais donné une quelconque autorité en Franc-maçonnerie. ♦ Pourquoi Ateliers Supérieurs ? Pourquoi Hauts Grades ? On pourrait répondre que la numérotation des grades est supérieure à trois, mais ce n'est pas satisfaisant. Disons que c'est le poids de l'Histoire et le poids de l'habitude. Notons cependant que les Loges au-dessus de la Chambre du milieu s ' ap p el l e n t Lo g e s d e P er f e ct i o n n em e n t . C e t er m e d e « perfection » est bien approprié -, il souli g ne bien le choix pe rs o n n el , l ' e n g a g e m en t p e rs o n n el . D ' ai l l e u r s , n o u s pourrions dire que tous les Ateliers du Suprême Conseil sont des Ateliers de perfectionnement. Les Anglais disent : « side degrees », littéralement « grades à côté ». ♦ Etre Maître franc-maçon ait Grand Orient de France. Pour pouvoir accéder aux Hauts Grades en particulier à ceux du REAA, il faut avant tout être membre ré g ulier et actif du Grand Orient de France. ♦ Les F r èr es q u i en t r en t a u 4 è grade dans une Loge de Perfection, sont des Maçons réguliers, assidus et motivés dans leur Loge bleue C 'es t d i re q u 'i l co n v i en t d e s u i v re et de res p ect er Constitution et faire siens les Principes généraux de l'Ordre maçonnique notamment l'article 1er : « La Francmaçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l'étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l'amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l'humanité. Elle a pour principes la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l'appréciation in d ividuell e de s es membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle a pour devise : Liberté, Egalité, Fraternité. » 4 D'ailleurs, et nous aurons l'occasion de le répéter, à chaque augmentation de salaire, à quelque niveau que ce soit, l'engagement de fidélité au Grand Orient de France pris lors de la réception en Franc-maçonnerie, est renouvelé ♦ U n M a î t r e m a ç o n , à l a . plénitude de ses droits, est a r r i v é a u t e r m e d e s a -il réflexion ? Ne dit-on pas qu'un maçon reste apprenti toute vie ? L e F r a n c - m a ç o n q u i a a t t e i n t l e g r a d e d e M a î t r e , e s t e n possession de la plénitude de ses droits en Loge et dans l ' O b é d i e n c e . En effet, le grade de Maître est l'aboutissement des degrés de la maçonnerie symbolique. Il est courant de dire que l ' A p p r e n t i o b s e r v e , l e C o m p a g n o n œ u v r e e t l e M a î t r e d i r i g e . Le Maître se doit, en réalité, d'être d'abord maître de luimême, de diriger, mais surtout d'enseigner aux autres. Le Maître a, en particulier au GODF, une vie maçonnique active car les problèmes humains de son temps ne doivent pas lui êt re indifférent s. Il do it aussi êt re un cito yen responsable dans la cité car son combat est d'étendre les murs du Temple aux limites du monde. Image forte et idéale, mais c'est son travail en vue de l'amélioration matérielle et morale et du perfectionnement intellectuel et social de l'humanité. Le Maître maçon sait bien qu'aucune morale toute faite ne lui est p ro po s ée. C h acu n do it con st ru i re s es p ro p res références, en fonction des valeurs à interpréter, « entre l'équerre et le compas ». ♦ La justification des Hauts G r a d e s s e f a i t - e l l e p a r l a couleur des cordons ou par enseignements Cela signifie que le travail n'est jamais fini et que le maçon doit se remettre en question en permanence, qu'il doit sans cesse parfaire ses connaissances. L'homme, le Maître, doit se poser toutes les questions; il doit aussi approfondir ses connaissances de manière permanente. Plus il abordera les aspects philosophiques des problèmes sous divers éclairages, plus il se construira lui-même, il tendra à ressembler à Hiram qui incarne la plénitude de l'être dans l ' e x c e l l e n c e . I l p o u r r a a i n s i o f f r i r e n p a r t a g e s a c onnaissance avec les autres. Certes, le Maître peut estimer que la réflexion en Chambre du milieu suffit. Mais, nous savons bien que les Tenues au grade d'Apprenti prennent beaucoup de temps et laissent peu pour le travail en Chambre du milieu. Par ailleurs, même au grade de Maître un grand nombre de questions restent sans réponse. L'enseignement doit être poursuivi. Ainsi les At eliers d e Haut s Grades se ju stifien t pour continuer le chemin. Pour répondre à la question que nous nous sommes posée, ce ne sont pas les grades en tant que tels qui sont justifiés, mais les enseignements qu'ils génèrent et la réflexion qu'ils apportent. Nous avons vu que le Maître a la connaissance des méthodes, qu'il a capacité à diriger. Il peut penser que déjà la charge est lourde et qu'il peut s'arrêter à ce stade. Peut-il le penser vraiment ? N'est-il pas Franc-maçon ? ♦ Etre sur « le chemin initiatique ». Qu'est-ce qu'un Franc-maçon ? C'est un homme qui, un jour, a frappé à la porte du Temple. C'est-à-dire que cet homme qui s'interrogeait sur lui, sur les autres, sur les grandes 5 questions de l'humanité et en particulier sur celles que nous avons évoquées plus haut, souhaitait réfléchir en commun a v e c d ' a u t r e s h o m m e s . L e t e x t e a n c i e n d i t : « c ' e s t u n h o m m e libre et de bonnes mœurs qui frappe à la porte ». C'est-à-dire une personne sincère non asservie à un dogme, capable d e réfl é ch i r p ar el l e-m êm e et q u i a l e d és i r d e s erv i r l'humanité. Bien entendu, elle commence par appliquer dans sa propre vie, les valeurs morales qu'elle défend. A partir du moment où cet homme est reconnu comme étant sincère et ayant une volonté d'acquérir des connaissances, cet h o mm e es t « reçu ». C 'es t -à-di re q u 'il es t adm is à pénétrer dans un espace privilégié. Là commence une ren aissance. Une no uvelle naiss an ce marquée p ar un e cérémonie d'initiation au cours de laquelle le profane devient un membre du groupe, reconnu capable d'apprentissage. Au co u r s d e c e t t e c é r é m o n i e , d e s c o n n a i s s a n c e s s u r l e s techniques et méthodes de travail sont enseignées ainsi que toute une symbolique qui permet de mieux appréhender les valeurs humanistes et progressives dans lesquelles, au départ, le nouvel initié s'était reconnu. ♦ L'initiation fait-elle d'un homme un initié ? Les cérémonies d'initiation sont connues, dévoilées pourtant elles sont vécues intensément toujours par le néophyte car il s'agit d'un ressenti affectif d'une participation à un psychodrame qui marque l'initié au point qu'il ne sera jamais plus comme avant. Mais, grâce à son engagement volontaire, il sera amené en permanence à r é f l é c h i r , à v é r i f i e r d e m a n i è r e c o n t i n u e l e o u l e s enseignements donnés lors de l'admission aux épreuves d'initiation. Non, la cérémonie ne fait pas d'un homme un initié, elle le place sur le chemin. ♦ Ne se doit-il pas d'être un acteur dans la cité ? En fait, le Franc-maçon est un homme qui a choisi de ne pas être indifférent aux actes de la vie quotidienne, pour lui, pour sa famille, pour les autres où qu'ils se trouvent dans le m o n d e . E t c e t h o m m e , à p a r t i r d e s v a l e u r s q u i s o n t développées par le truchement des symboles, contribue à fai re av an c er d an s l e m o n d e, l es i d ées gé n éreu s es et humanistes. Il répond par un travail incessant, une réflexion permanente aux problèmes que se posent les hommes. Il participe à l'élaboration des solutions même très modestement. Modestement, par son engagement personnel, par ses actes il participe, avec les hommes et femmes de bonne volonté, au maintien de ce que les humanistes appellent prudemment la conscience du monde. ♦ La Franc - maçonnerie, Ordre initiatique. Le Franc-maçon ne vit pas qu'une initiation mais plusieurs selon son degré de réflexion et selon son niveau de progression. Les cérémonies sont autant de psychodrames, autant d'enseignements, d'éclairages différents sur les valeurs qui permettent d'enrichir l'apprentissage. Elles sont, chaque fois, un commencement ou la suite d'une marche sur un chemin. Aussi l'initiation n'est- elle pas réellement la cérémonie, mais cette réflexion, cette construction permanente de la personne du Franc-maçon qui est présente, tout au long de son chemin de vie depuis sa première entrée dans le Temple jusqu'à sa mort ? Même si, pour quelque motif, il a renoncé à sa qualité de Maçon. ♦ Nécessité d'un « désir de perfection » ? .La notion de personne a été avancée. Elle doit être soulignée et valorisée car elle désigne l'homme en tant que sujet de droits c'est-à-dire capable de prendre des décisions qui l'engagent. Sujet, pas seulement de droits, mais aussi de val eu rs q u i a u n e 6 i d en t i t é et q u i , n o n s eu l em en t es t dépositaire d'une tradition, mais aussi a la volonté de perfection. ♦ Les Hauts Grades, laboratoire de recherches ? Ce désir de perfection permet au Franc-maçon d'être en permanence sur le qui-vive, d'assurer non seulement son existentiel, mais encore de développer son imagination. Imagination comme faculté de l'esprit, imagination en tant q u e b al an cem en t d e l a r ai s o n , i m agi n at i o n c réat ri c e. Analyser mais aussi rêver. En fait, être dans un laboratoire de recherches, c'est avoir une activité qui permet d'avoir les yeux ouverts, de savoir regarder afin de saisir ce qui est important, non seulement sur le plan du savoir, mais aussi sur le plan de l'intelligence du cœur. Cette voie initiatique n'est pas une voie toute droite. Elle est sinueuse, accidentée. Un paquetage de départ, les valeurs fondamentales contenues dans l'article premier du Grand Orient de France. C'est vrai qu'elles suffisent, mais elles sont tellement globales, générales qu'elles m éri t en t l ar gem e n t d e p l u s l o n gs c o m m en t ai res et d éveloppements. Le Franc-maçon s'en gage dès son admission sur un chemin initiatique qui ne se terminera que par le passage à l'Orient éternel. Le Maître, s'il ne désire pas continuer ses recherches personnelles, tout en poursuivant son chemin de maçon, se privera d'horizons nouveaux. C'est un choix. Ces horizons nouveaux sont les hauts grades A . S UR LE P L A N P E R S O N N E L : ♦ Poursuite de sa voie initiatique. Des questions se posent. Qui va diriger les travaux, maintenant qu'Hiram est mort ? Qui saura compléter les plans du temple ? Quelle est la responsabilité du Maître qui a formé les trois mauvais Compagnons Une fois que le tertre est découvert et qu'Hiram est exhumé, les Frères comprennent que l'acacia est le symbole d'une n o u v e l l e f l o r a i s o n e t d ' u n e e s p é r a n c e . B r e f , d ' u n e renaissance. Hiram revit en chaque Maître. Mais quelle est la suite de l'histoire ? Que deviennent les assassins ? Que faut- il en faire, si on les trouve ? L'histoire ne peut en rester là. Ce serait d'une très grande insuffisance et sur le plan intellectuel et sur le plan moral. Il y a une suite. Le REAA est particulièrement en phase avec le grade de Maître. L'entrée en Loge de Perfection prolonge l'enseignement reçue lors de la maîtrise. La recherche et la réflexion personnelle provoque une évolution de la pensée. L'étude des notions de devoir, de secret et du silence permet d'aller à la découverte de sa propre lumière intérieure. Il convient aussi de connaître s e s l i m i t e s e t d e n e p a s a l l e r a u - d e l à , s o u s p e i n e d e v o i r balayer ses illusions; c'est la raison pour laquelle le chemin de l'initiation n'est rien d'autre que l'expérience totale de la vie humaine. ♦ Quelle garantie offre le REAA ? Contrairement à d'autres rites, le REAA avec ses 33 degrés permet une maturation de la personne au rythme de sa vie, de la progression qui est de durée calculée. Chaque étape constitue une valeur, un enseignement acquis et non un grade de plus, non assimilé car obtenu trop rapidement et sans préparation. Le REAA est un rite, pratiqué sans discontinuité depuis deux siècles, qui assure un enseignement méthodique, ouvert à tous les esprits que garantit l'expérience. 7 ♦ Construction de sa personne. Le REAA sollicite la réflexion personnelle des Frères afin que chacun s'exprime et fasse part aux autres de ses recherches. Les Frères sont sans cesse encouragés : « Avancer aussi loin qu'il est possible dans la voie de l'initiation, c'est ce que tous ici, mes Frères nous vous souhaitons.» Il n'y a personne que là où se ressent une intériorité. Mais elle est loin d'être acquise une fois pour toutes; elle est construite dans un environnement social, par un dynamisme interne qui ne cesse d'aller plus avant dans la recherche de l'authenticité. Par leur richesse, les grades écossais favorisent cette démarche et ce dynamisme. La personne est certes un sujet de droits, mais aussi un objet du devoir. La personne se différencie de l'individu par le fait que l'unité caractéristique des deux notions est la morale volontaire pour la première, seulement biologique et reçue pour la seconde. Si l'individu relève du privé, la personne relève de l'universalité de droits et de valeurs reconnues à tout être humain. Les Hauts Grades du REAA sont en droite ligne filiale et complémentaire du GODF. « Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, jamais simplement comme un moyen » Cette citation de Kant dans les « Fondements de la métaphysique des mœurs » illustre bien les intentions de notre propos . ♦ Laïcité et Spiritualité ? Est-ce possible ? Dans son ouvrage « Maçonnerie, individu, communauté », Jean Mourgues écrivait : « L'initié, c'est celui qui a la conviction que cette création, qui est pour le maçon une Construction, est le mystère qui enveloppe l'homme et le cosmos dans l'émouvante épreuve du présent. « Epreuve quotidienne, épreuve toujours décevante, et cependant source de toute joie et de toute lumière. » « Les hommes sont émerveillés, et terrifiés à la fois d'être sur la terre, d'être ce qu'ils sont dans le monde tel qu'il est. Ils se disent qu'ils ne peuvent être qu'en vertu de quelque chose qui les dépasse, de circonstances qu'ils ignorent, mais en même temps, ils sentent que ce monde est le leur, qu'ils y ont leur place, et qu'il dépend d'eux qu'il en soit toujours ainsi. « Que l'on croit en Dieu, ou que l'on n'y croit pas, quelle importance ? L'initiation livre à celui qui la reçoit, la clef de cet univers, elle lui indique le passage, elle lui assure la protection nécessaire lui inspirant confiance dans l'immense royaume étoilé qui élève sa voûte au-dessus de lui. Elle le prépare aux pratiques, lui inspire le coura g e et la volonté, lui ouvre l'accès aux joies supérieures du sacrifice et de la charité. » Comme les autres rites : RF or RER, l e R EAA fai t app el au m êm e m at éri au ju déo chrétien. Il est difficile de balayer plusieurs siècles. Pourtant, il faut admettre que le REAA apparaît comme un rite laïque en ce sens que les symboles, le rituel peuvent être facilement admis par les Frères quelle que soit leur croyance ou leur no n cro yan ce. S es val eu rs sont celles de n otre mond e moderne. Chacun a sa façon d'aborder les problèmes qui posent les notions de l'esprit et de la matière, chacun a sa façon de poser les questions fondamentales de la vie. Qui suis-je ? D'où viens-je? Où vais-je ? De se poser ces questions ou ne pas se les poser. Chacun a sa façon d'aborder les problèmes de morale. Chacun peut avoir sa définition du bien et du mal. L'important semble être sa propre réflexion, l'interrogation de sa conscience, le travail de l'esprit et de l'intellect qui font que l’homme aspire aux valeurs morales en harmonie avec sa culture et sa personne. Pour la mise en place de cette démarche, le REAA a ses symboles, ses mises 8 en situation, ses mythes, mais l'important est que chaque Frère y trouve sein compte. Ce rite est, semble-t-il, le plus laïque parce qu'il convient à celui qui ne croit pas comme à celui qui, croit : il favorise la réflexion de chacun. Là se trouve la vraie tolérance, là est la vraie richesse maçonnique par l'échange. Au 18 e siècle, les Maçons avaient limité la Franc-maçonnerie à la morale et à la philanthropie. Le progrès scientifique et le progrès social ont bouleversé les mentalités, les comportements et ont généré de grandes espérances. A la veille du 21e siècle, les maçons sont conscients des inégalités qui existent entre les hommes dans le monde : un monde dévasté par les guerres, peuplé de malheureux et de nantis. La science ne règle , rien si les hommes n'ont pas une r é f l e x i o n g é n é r e u s e . L e s v a l e u r s m a t é r i a l i s t e s e t spiritualistes sont à prendre en compte par chacun de nous avec mesure et / doivent nous faire réagir selon notre intériorité. Toit n'est pas que matière ou qu'esprit. Le monde est là avec sa matérialité mais les hommes de bonne volonté peuvent y appliquer leur réflexion en vue de l'amélioration de l'humanité pour plus de liberté, plus d'égalité, plus de fraternité, ou encore pour plus de fidélité en l'idéal, pour plus d'espérance, pour plus de solidarité ou de foi en l'homme. Le REAA respecte la tradition maçonnique. Il estime que la modernité et la tradition ne sont pas opposées, mais associées complémentaire. et combinées de façon complémentaire. La tradition est considérée comme une réalité qui a fait ses preuves dans le passé ; elle qui ne doit pas être perdue, car elle joue le rôle d'élément actif du renouveau culturel. ♦ A u R i t e E c o s s a i s A n c i e n Accepté, quel est le nombre de degrés ? Le Rite Ecossais Ancien et Accepté a trente-trois degrés. Le parcours est long, il est celui de toute une vie initiatique. Il n'y aurait aucun intérêt à recevoir ces grades simultanément. Ce serait contraire à tous les usages, mais surtout inutile car l 'en s ei gn emen t di sp ens é n e p o u rrait êt re s éri eusem ent assimilé par les Frères. Cela n'aurait aucun sens et irait même à l'encontre des objectifs recherchés. Les valeurs sont présentées sous un éclairage philosophique, parfois inattendu, qui tout en remontant aux sources selon la tradition, sont en même temps, d'une actualité certaine. S o n t t r a i t é e s , l e s n o t i o n s d e d e v o i r , d e l ' a m o u r d e l'humanité, de l'amour de la vérité, de vigilance face aux divers abus de pouvoir, de justice. Certains grades sont donnés par communication, d'autres par l'initiation. Parmi les étapes, notons : Loge de Perfection du 4ème - Maître secre au 14ème Grand Elu. Souverain Chapitre au 18 ème - Chevalier Rose-Croix Conseil Philosophique au 30ème - Chevalier Kadosch Souverain Grand Tribunal et Consistoire au 3l ème - 32ème Les Frères portant le 33 ème forment le Conseil Suprême et parmi eux, sont choisis ceux qui composent l'exécutif. C'est-à-dire le Suprême Conseil du Grand Collège du REAA. Le p ass age au grade supérieu r si gni fie q ue le Frère a assimilé l'enseignement dispensé dans le grade précédent. Jamais un Frère ne peut solliciter une augmentation de salaire. Son éventuelle élévation relève d'un appel de la part de l'ensemble des Frères. D'ailleurs, un certain nombre de grades ont des titres qui portent le nom d'Elu, cela signifie que leurs interventions sur les colonnes, leurs travaux, leur autorité morale ont été appréciés et que les Frères les ont « reconnus » comme pouvant progresser sur le « chemin ». 9 Le maçon qui pratique le REAA n'est pas un Frère pressé, il a le temps. L'essentiel est de travailler et de parfaire sa connaissance. B . PAR RAPPORT AU GODF ? ♦ Ces grades confèrent-ils des droits nouveaux ? Les Hauts Grades acquis ne confèrent aucun droit aux Frères du GODF. Tout ce qui précède es t ex p li cit e; l es grad es n e s o nt p as d es gal o ns m ai s représentent des connaissances acquises au cours du chemin initiatique. Ils sont membres du GODF et bien entendu, ils en ont toutes les prérogatives. A moins d'un mandat précis, lorsque ces Frères s'expriment en Loge Symbolique, ils parlent en leur nom et ne représentent qu'eux-mêmes. ♦ Droits et devoirs ? Par contre, leurs devoirs sont nombreux. Jamais la couleur d'un cordon n'a donné un quelconque pouvoir, aussi a-t-on l'autorité que les Frères accordent ou plutôt reconnaissent. Il est donc fortement recommandé aux Frères de s'en tenir aux règles quant à leur appartenance aux Hauts Grades et à la couleur de leur cordon. Le plus souvent, les Frères sont reconnus par la qualité de leurs interventions, leur expérience et leur sagesse. C'est par l'assiduité et l'exemplarité que nos Frères du REAA doivent se faire reconnaître. En effet, si influence qu’il doit y avoir en Loge bleue, c'est par la participation. L'investissement fait par un travail constant dans les ateliers du REAA doit se retrouver dans les Loges du GODF. C'est un devoir notamment vis-à-vis des Apprentis des Compagnons et des Maîtres ♦ Quels sont les rapports et relations ? Mais en aucun cas, il ne doit y avoir ingérence. Ce serait contraire aux accords et surtout à notre éthique. C . L'ECOSSISME DANS LE MONDE : JURIDICTIONS ECOSSAISES Il y a un très grand nombre de Juridictions écossaises ou maçonnerie écossaise de Hauts Grades notamment avec les autres Obédiences, y compris avec celles qui n'entretiennent pas de rapport avec le Grand Orient de France. Mais, si on compte celles qui font partie de la Franc-maçonnerie dite libérale, le Grand Collège du REAA a des relations fraternelles et de travail avec des Juridictions et Obédiences réparties sur tous les continents 19 Juridictions étaient représentées lors du dernier congrès international. Ces rencontres, sanctionnées par une déclaration commune, ont mis en présence des Frères d'Amérique du Sud, du Canada, d'Afrique, de la vieille Europe, du Moyen Orient. Le climat fraternel a permis de constater que le Rite Ecossais Ancien Accepté bénéficiait d'un universalisme certain. Ou t re l e fait q u e ce t rav ai l en co mm un av ec d 'aut res Juridictions apporte une très grande richesse sur le plan culturel et intellectuel, il permet de préparer les relations avec les autres Puissances Maçonniques des Hauts Grades. 4. OU SE PRATIQUENT LES HAUTS GRADES DU REAA ? ♦ En quel lieu et avec quels décors. Généralement les Tenues se passent dans les temples du GODF. Simplement les décors changent, notamment les couleurs : bleue, rouge, noire, blanche. Les symboles sont simples, les outils connus demeurent, d'autres se rajoutent. 10 ♦ Rituels ? Chaque niveau a son rituel, d'où l'exercice de méthodes différentes et complémentaires. Au début de chaque rituel, il y a un « ad libitum » qui permet comme au GODF, de faire un choix : Au nom ou sous les auspices de la Franc-maçonnerie Universelle ou au nom du GADLU. ♦ Informations ? Au co m m en cem en t d e ch aq u e Ten u e, l es Frè res s o n t informés par la lecture des circulaires du Suprême Conseil, des décisions ou activités du Grand Collège. Par ailleurs, deux ou trois bulletins annuels rendent compte des Travaux effectués, des communications importantes, des rapports moral et financier. 4 - QUAND ? QUELLE EST LA FREQUENCE DES REUNIONS ? Selon les Orients, et selon les degrés, environ une tenue par mois d'octobre à juin. 6 - COMMENT ? A- COMMENT S'EFFECTUE LE RECRUTEMENT ? Il existe deux procédures, soit une présentation par la « Chambre du milieu » après avis favorable des Maîtres, soit une présentation par sept Frères du REAA possédant un degré supérieur, Dans les deux cas, l'avis du Vénérable est sollicité. Les demandes se font sur les imprimés édités par le Suprême Conseil du Grand Collège du Rite. ♦ Q u el s s on t l es crit èr es d'appréciation Le candidat doit bien sûr, être volontaire et doit savoir à quoi i l s ' e n g a g e . I l r é d i g e u n e d e m a n d e e t i n d i q u e s a m o t i v a t i o n . Le Frère n'est accepté à subir les épreuves de l'initiation au dème degré que dans la mesure où son dossier présente les garanties nécessaires: − trois années de grade de Maître. assiduité en Loge bleue en règle avec le Trésor. − étude de la liste des Travaux effectués et présentés en Loge. − enquêtes favorables. − qualité reconnue des travaux demandés par le Président de la Loge de Perfection sur deux sujets, l'un portant sur le symbolisme, l'autre sur le Règlement du Grand Orient de France. Le d o s s i e r e s t e x a m i n é p a r l e B u r e a u d e l a Lo g e d e Perfection, par le Président de Secteur, par la commission du Suprême Conseil. Si cette procédure est menée avec la plus grande fraternité, au cu n e co n c es s i o n n 'es t f ai t e co n c ern a n t l es q u al i t és requises. Il en va de même pour les autres augmentations de salaire. Néanmoins, il faut savoir qu'il n'est pas possible de passer d'un grade à un autre, d'un rite à un autre au niveau des Ateliers Supérieurs. Pour le REAA, chaque Frère doit commencer sa progression à partir du 4è` grade. L’engagement est une étape sérieuse dans la vie du Franc-maçon; il convient d'être convaincu qu'il n'y a pas d'autres avantages que celui de parfaire sa propre connaissance et de travailler en permanence. C'est en raison de ces qualités que 7500 Frères du GODF pratiquent le Rite Ecossais Ancien Accepté. 11 B - TRAVAUX PERSONNELS. ♦ Pour sa propre culture. Chaque Franc-maçon est non seulement au courant des grands problèmes de l'instant, mais encore des œuvres littéraires et philosophiques. Aussi, très souvent les Frères interviennent en Tenues pour en faire profiter l'assistance et faire évoluer les idées. En Tenue, les Frères sont sollicités, parfois nommément, pour prendre la parole sur le sujet traité. C'est un exercice redoutable mais efficace. Par ailleurs, la richesse des propos est d'autant plus grande que les Frères ne sont pas ceux que l'on côtoie dans sa Loge. C'est une réunion de Frères qui appartiennent à des Loges et Orients différents d'où une bénéfique confrontation des idées. ♦ Pour les autres. Prise de r e s p o n s a b i l i t é . O f fi c e s On a longuement parlé de l'enrichissement culturel personnel. C'est vrai m a i s i l f a u t c o n v en i r q u ' i l y a échanges. Ces chemins sont finalement empruntés par la collectivité. Il s'agit en fin de compte d'un don de soi au profit des autres d'où une immense base de données qui est mise à la disposition de l'Ordre. A cela s'ajoute la prise de responsabilité dans l'acceptation de fonctions qui forment les Lumières de l'Atelier. ♦ Questions annuelles soumises à l'étude. Pour chaque grade, le Suprême Conseil donne à ses Ateliers des sujets à traiter dans les six mois ou dans l'année ou sur deux ans Chaque Loge, chaque Chapitre, chaque Conseil se doit de répondre dans le temps prescrit après avoir fait étudier la question posée par l'ensemble des Frères. Ces rapports sont recueillis par le Suprême Conseil qui désigne un de ses membres pour en faire une synthèse qui est portée à la connaissance des Frères lors des Grandes Ten u es et pu b li ée d ans l e Bu ll eti n d u Grand C oll ège. Quelques exemples de sujets traités ces dernières années « La Franc-maçonnerie : une utopie en action .9 » « Quelle est aujourd'hui, la raison d'être de la Franc-maçonnerie ? » « La voie initiatique n'est rien d'autre qu'une expérience totale de la vie humaine » « L e g r a d e d e C h eva l i er Ro s e-C r o i x es t u n g r a d e d'amour; comment peut-il s'exercer dans la société ? » « Définition d'un humanisme social » « Quell e d éfinition u n maçon p eut-il don ner d e la modernité ? » « Solidaire et solitaire, comment un Chevalier, dans son cheminement initiatique, peut-il faire de cette solitude une force lui permettant de mieux agir avec et pour les autres ? » « Est-il l égitime d'ét ablir une table hiéra rchiqu e d es valeurs ? » C . GRANDES TENUES. Les Grandes Tenues ont lieu deux fois l'an à Paris; en mars d e s a n n é e s p a i r e s p o u r l e s C h a p i t r e s e t d e s a n n é e s i m p a i r e s pour les Loges de Perfection, en fin août ou début septembre pour les Chapitres et les Conseils. Ces rencontres, avec rituel approprié, permettent d'informer, de p rés ent er l es s yn t h ès es d es q u es ti o ns à l 'ét ud e, d e présenter les orientations du Suprême Conseil. 12 CONCLUSION. Le REAA mérite d'être connu, pour ce qu'il est et pour ce qu'il n'est pas. L'objectif n'est pas de faire du prosélytisme, mais de faire connaître à nos frères des loges symboliques l’existence des ateliers des Hauts Grades, libres à eux de venir nous rejoindre. 13
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