• 1. Question de synthèse étayée par un travail préparatoire Correction du professeur Travail préparatoire 1. Donnez la signification précise des nombres entourés. (document 1) (2 points) Entre 1993 et 2003, en Espagne, le "facteur Travail" (évolution du nombre d'actifs occupés et de leur productivité) est responsable d'environ 40% de la croissance annuel moyenne du PIB - à savoir : 1,1 point sur les 2,8% de croissance. En France, durant la même période, l'accumulation de capital (actifs immobiliers des entreprises, machines, outils etc) due à l'investissement a engendré 0,6 point des 1,9% de croissance annuelle moyenne du PIB, soit presque un tiers. Le PIB finlandais s'est, quant à lui, accru de 2,5% par an en moyenne, dont l'essentiel (2,3 points) n'est imputable ni au Travail, ni au Capital, mais à ce que l'approche comptable de la croissance nomme "facteur résiduel", ou "productivité globale des facteurs". 2. À quoi correspond le facteur résiduel ? (document 1) (1 point) Le "facteur résiduel" est une surprise statistique pour les économistes. A priori, selon les hypothèses néoclassiques, toute augmentation de la production devrait provenir d'une augmentation de la quantité et de l'efficacité respective des facteurs de production (travail et capital). Or, une fois pris en compte l'évolution de l'emploi, de la productivité du travail et de l'investissement, entre un sixième (Espagne) et 90% (Finlande) de la croissance reste inexpliquée. A la suite des travaux de Robert Solow, Maddison ou Carré, Dubois et Malinvaud, les économistes ont attribué au "progrès technique" ce résidu, parfois nommé "productivité globale des facteurs". Les théoriciens modernes de la croissance endogène (Romer, Barro, Lucas) attribuent aux investissements en capital humain, technologiques et publics un rôle de premier plan dans ce progrès technique. 3. Comparez la contribution à la croissance économique des trois facteurs pour le Royaume-Uni et l’Espagne. (document 1) (2 points) La croissance espagnole entre 1993 et 2003 s'appuie, à 85%, sur l'apport des facteurs de production, l'augmentation des actifs occupés et de leur productivité ayant sensiblement le même poids (1,1 point sur 2,7% de croissance annuelle moyenne) que l'investissement en capital fixe (1,2 point). En revanche, la croissance britannique ne s'explique qu'à hauteur de 40% par la contribution des facteurs de production, principalement le capital d'ailleurs ; la "productivité glonale des facteurs" est donc responsable de 60% de la croissance annuelle moyenne du PIB. On peut en conclure que l'Espagne a assis sa croissance sur un modèle traditionnel (augmentation de la population active, via sa féminisation et l'immigration, programmes d'investissement massifs dans de nombreux secteurs économiques...), tandis que le Royaume-Uni a privilégié une croissance par les innovations, les investissements immatériels , les nouvelles technologies. 4. Caractérisez les principales sources de la croissance chinoise. (document 2) (2 points) Depuis vingt ans, la croissance chinoise est très forte (9,5% par an en moyenne). Les causes structurelles de ce développement économique sont de deux ordres : • depuis les réformes initiées par Deng Xiaoping à la fin des années 1970 - les "Quatre Modernisations" instaurant le "socialisme de marché" -, la Chine a progressivement adopté le
  • 2. système de production capitaliste et s'est largement ouverte aux échanges de biens, de services, de capitaux et de technologies. Les "zones économiques spéciales" du Sud côtier telles que Shenzhen ont montré la voie et fait du pays "l'atelier du monde", l'intégration de la Chine à l'Organisation Mondiale du Commerce couronnant, en 2001, ce processus d'ouverture. • les entreprises et les pouvoirs publics chinois - souvent étroitement liés - ont produit un effort d'investissement immense dans les "équipements productifs" (doc.3) des secteurs du jouet, du textile, de l'électronique pour assoir la compétitivité et la capacité de production du pays ; mais ils ont également massivement investi dans les infrastructures (transports, réseaux, énergie...) et l'éducation à tous les niveaux, pour répondre à l'urbanisation rapide et aux besoins de qualification de la main d'oeuvre. 5. En quoi l’évolution des dépenses de recherche et de développement en Chine peut-elle modifier les conditions de sa croissance économique ? (document 2, document 3 + connaissances personnelles) (3 points) En 1998, la Chine ne consacrait que 0,6% de son PIB aux dépenses de Recherche- Développement (R&D, investissements immatériels dédiés aux innovations de produits et de procédés), soit respectivement six et cinq fois moins que le Japon et les Etats, champions des brevets. Six ans plus tard, la part de la R&D dans le PIB chinois a plus que doublé et se rapproche du niveau européen. Cette évolution indique que la Chine ne veut plus se contenter d'être "l'atelier du monde" - et principalement des Etats-Unis : elle compte désormais, à l'instar de la Corée du Sud ou de Taïwan, "remonter les filières" pour monter en gamme vers des produits de haute technologie (automobile, électronique, aérospatiale...). Pour cela, elle doit développer son capital technologique et innover, ce qui passe par un investissement massif dans la R&D. Question de synthèse Après avoir présenté la contribution du travail et du capital à la croissance économique, vous montrerez que ces deux facteurs ne suffisent pas à l’expliquer. I - Travail et Capital contribuent à la croissance économique... Prologue : on explique brièvement l'approche comptable de la croissance, selon laquelle, à long terme et du point de vue de la production, tout accroissement du PIB provient d'un recours aux facteurs de production. Exemple : Espagne (q3). A) L'évolution de la population active et de la productivité du travail Idée-force : on explique que la production, c'est avant tout du travail humain. Arguments : pour produire plus, soit on travaille plus (durée hebdomadaire ou annuelle du travail, allongement de la vie active), soit on est plus nombreux à travailler (allongement de la vie active, féminisation, immigration, accroissement naturel...), soit on produit mieux (hausse de la productivité du travail grâce à des innovations de procédés, organisationnelles ou tout autre dispositif). Si un pays augmente principalement la quantité de travail utilisé, on parle de croissance extensive ; si le recours au facteur travail s'appuie surtout sur des gains de productivité du travail, on parle de croissance intensive. Illustrations statistiques : la croissance espagnole entre 1993 et 2003 s'appuie à hauteur de 40% sur le facteur travail (doc. 1, q3) ; à l'inverse, le Travail a contribué négativement à la croissance en France, ce qui signifie que le nombre d'heures travaillées a dû beaucoup baisser (RTT, chômage). Transition : la "combinaison productive" associe deux facteurs : Travail et... Capital.
  • 3. B) L'accumulation de capital, à travers l'investissement Idée-force : pour produire plus et mieux, il faut également des actifs immobiliers, des machines, des outils, des véhicules... bref, du capital fixe. Arguments : l'investissement en capital fixe (FBCF) permet de renouveler et/ou d'augmenter le stock de capital productif. Les entreprises peuvent ainsi produire davantage (investissement de capacité, par exemple l'extension de la surface d'exploitation logistique de la SCA Normande à Lisieux), ou produire mieux et plus vite (investissement de productivité, par exemple l'installation d'une nouvelle ligne de production dans une industrie, ou d'une stabulation dans un élevage laitier). Illustrations statistiques : lplus de la moitié de la croissance danoise (1,1 point sur 2,1% de croissance annuelle moyenne) est imputable à l'investissement en capital fixe (doc.1) ; à l'inverse, cette part est faible en Finlande (doc.1). Transition vers le II : mais en Finlande, la part du résidu est très importante (q1). D'autres causes structurelles à la croissance sont en jeu. II - .... mais une large part de la croissance reste à expliquer Prologue : l'approche comptable de la croissance a des limites, notamment dues à la montée des investissements immatériels - non pris en compte dans la FBCF. A) Le rôle crucial du progrès technique Idée-force : le "facteur résiduel" mesure, en fait, les effets du progrès technique, entendu comme l'ensemble des innovations permettant d'améliorer la productivité, la compétitivité et les conditions de vie. Arguments/faits/illustrations : le développement économique chinois, indien, taïwanais ou sud-coréen indique que le moteur à long terme de la croissance n'est pas seulement l'augmentation des facteurs de production, mais plutôt l'accumulation de capital humain et technologique. A ce titre, les investissements immatériels dans la R&D et l'enseignement supérieur sont cruciaux pour la capacité d'innovation et d'adaptation du pays au marché mondial (q5). Prolongeant les travaux de Robert Solow, les théoriciens de la croissance endogène ont intégré ce facteur à leurs modèles (q2) et justifient la croissance par le progrès technique. Transition : toute politique d'investissement et d'innovation s'inscrit aujourd'hui dans un environnement économique mondialisé. B) Ouverture et intégration à l'économie mondiale Idée-force : à long terme, dans un environnement mondialisé, la croissance économique s'appuie sur une ouverture économique maîtrisée, qui accompagne les politiques de compétitivité et d'innovation. Arguments/faits/illustrations : encore une fois, le cas chinois est exemplaire. Pour bénéficier pleinement des fruits de ses investissements, la Chine a progressivement intégré l'économie mondiale ("zones économiques spéciales" ouvertes aux investisseurs étrangers et tournées vers les exportations, puis adhésion à l'OMC en 2001, q5), pour trouver des débouchés à ses exportations, accélérer les transferts de technologie, former ses ingénieurs et managers à l'étranger (avant de disposer d'universités aujourd'hui très performantes). L'Inde assoit également sa croissance sur des villes (Bangalore, par exemple) et des secteurs (informatique, laboratoires pharmaceutiques etc) innovants et orientés vers les échanges extérieurs (biens et services, investissements, technologie).
  • 4. Question de synthèse étayée par un travail préparatoire Consignes : rédigez une réponse complète au travail préparatoire, puis rendez un plan détaillé de la synthèse (non rédigée !). Le barème du TP offre 10 points en tout (comme dans tout sujet de bac), mais sera ramené sur 15 points (donc, 5 points pour le plan détaillé de la synthèse). Travail préparatoire Vous répondrez à chacune des questions en une dizaine de lignes maximum. 1. Donnez la signification précise des nombres entourés. (document 1) (2 points) 2. À quoi correspond le facteur résiduel ? (document 1) (1 point) 3. Comparez la contribution à la croissance économique des trois facteurs pour le Royaume- Uni et l’Espagne. (document 1) (2 points) 4. Caractérisez les principales sources de la croissance chinoise. (document 2) (2 points) 5. En quoi l’évolution des dépenses de recherche et de développement en Chine peut-elle modifier les conditions de sa croissance économique ? (document 2, document 3 + connaissances personnelles) (3 points) Question de synthèse Après avoir présenté la contribution du travail et du capital à la croissance économique, vous montrerez que ces deux facteurs ne suffisent pas à l’expliquer. DOCUMENT 1 Comparaison internationale des contributions des facteurs de production à la croissance économique 1993-2003 1 Taux de Contribution à la croissance en points de % croissance PAYS Facteur Facteur Facteur annuel moyen du PIB en % Travail Capital Résiduel Danemark 2,1 0,4 1,1 0,7 Espagne 2,8 1,1 1,2 0,5 Etats-Unis 3,1 0,9 0,9 1,3 Finlande 2,5 0,0 0,2 2,3 France 1,9 - 0,1 0,6 1,4 Italie 1,4 0,0 0,8 0,6 Japon 0,9 - 0,7 1,0 0,7 Pays-Bas 2,3 0,9 0,7 0,7 Royaume-Uni 2,7 0,1 0,9 1,7 Suède 2,0 - 0,2 0,8 1,4 Note : Les résultats sont arrondis. Il se peut donc que les montants totaux s’écartent légèrement de la somme des différentes valeurs qui les composent. Source : d’après Office Fédérale de la Statistique Suisse, Actualités OFS, octobre 2006 (1) 1991-2002 pour le Japon
  • 5. DOCUMENT 2 La mutation économique de la Chine a été extrêmement rapide depuis le lancement des premières réformes il y a à peine plus de 25 ans. Au cours des deux dernières décennies, la croissance économique s’est établie en moyenne à 9,5% et devrait continuer sur sa lancée pour quelques temps encore. […] Cette extraordinaire performance est à mettre à l’actif des réformes économiques mises en œuvre par les autorités, qui ouvrent progressivement l’économie aux mécanismes du marché. […] Ces réformes ont amélioré les conditions propres à la mobilisation des ressources générées par un taux d’épargne parmi les plus élevés du monde […]. Par ailleurs, l’investissement a contribué à relever le niveau d’équipement par travailleur dans le secteur des entreprises, ce qui a porté l’accroissement annuel de la productivité du travail à 8,5% en 2003. L’investissement a également été un vecteur d’urbanisation de la société, phénomène qui est allé de pair avec un afflux de travailleurs ruraux vers les secteurs manufacturiers et de services. Etant donné la faible productivité des travailleurs du secteur agricole, ce phénomène a considérablement dopé la croissance. Concomitamment à cet accroissement des actifs physiques, les autorités se sont appliquées à améliorer le niveau de qualification des jeunes. Source : OCDE, « Etude économique de la Chine, 2005 », Synthèses, septembre 2005 DOCUMENT 3 Dépenses de recherche et de développement (R&D en % du PIB) 3,5 3 2,5 Japon 2 Etats-Unis 1,5 UE-25 1 Chine 0,5 0 96 98 02 04 94 00 19 19 19 20 20 20 Source : d’après Eurostat/Statistiques de la R&D, OCDE, MSTI 2006/1 septembre 1998
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  • 1. Question de synthèse étayée par un travail préparatoire Correction du professeur Travail préparatoire 1. Donnez la signification précise des nombres entourés. (document 1) (2 points) Entre 1993 et 2003, en Espagne, le "facteur Travail" (évolution du nombre d'actifs occupés et de leur productivité) est responsable d'environ 40% de la croissance annuel moyenne du PIB - à savoir : 1,1 point sur les 2,8% de croissance. En France, durant la même période, l'accumulation de capital (actifs immobiliers des entreprises, machines, outils etc) due à l'investissement a engendré 0,6 point des 1,9% de croissance annuelle moyenne du PIB, soit presque un tiers. Le PIB finlandais s'est, quant à lui, accru de 2,5% par an en moyenne, dont l'essentiel (2,3 points) n'est imputable ni au Travail, ni au Capital, mais à ce que l'approche comptable de la croissance nomme "facteur résiduel", ou "productivité globale des facteurs". 2. À quoi correspond le facteur résiduel ? (document 1) (1 point) Le "facteur résiduel" est une surprise statistique pour les économistes. A priori, selon les hypothèses néoclassiques, toute augmentation de la production devrait provenir d'une augmentation de la quantité et de l'efficacité respective des facteurs de production (travail et capital). Or, une fois pris en compte l'évolution de l'emploi, de la productivité du travail et de l'investissement, entre un sixième (Espagne) et 90% (Finlande) de la croissance reste inexpliquée. A la suite des travaux de Robert Solow, Maddison ou Carré, Dubois et Malinvaud, les économistes ont attribué au "progrès technique" ce résidu, parfois nommé "productivité globale des facteurs". Les théoriciens modernes de la croissance endogène (Romer, Barro, Lucas) attribuent aux investissements en capital humain, technologiques et publics un rôle de premier plan dans ce progrès technique. 3. Comparez la contribution à la croissance économique des trois facteurs pour le Royaume-Uni et l’Espagne. (document 1) (2 points) La croissance espagnole entre 1993 et 2003 s'appuie, à 85%, sur l'apport des facteurs de production, l'augmentation des actifs occupés et de leur productivité ayant sensiblement le même poids (1,1 point sur 2,7% de croissance annuelle moyenne) que l'investissement en capital fixe (1,2 point). En revanche, la croissance britannique ne s'explique qu'à hauteur de 40% par la contribution des facteurs de production, principalement le capital d'ailleurs ; la "productivité glonale des facteurs" est donc responsable de 60% de la croissance annuelle moyenne du PIB. On peut en conclure que l'Espagne a assis sa croissance sur un modèle traditionnel (augmentation de la population active, via sa féminisation et l'immigration, programmes d'investissement massifs dans de nombreux secteurs économiques...), tandis que le Royaume-Uni a privilégié une croissance par les innovations, les investissements immatériels , les nouvelles technologies. 4. Caractérisez les principales sources de la croissance chinoise. (document 2) (2 points) Depuis vingt ans, la croissance chinoise est très forte (9,5% par an en moyenne). Les causes structurelles de ce développement économique sont de deux ordres : • depuis les réformes initiées par Deng Xiaoping à la fin des années 1970 - les "Quatre Modernisations" instaurant le "socialisme de marché" -, la Chine a progressivement adopté le
  • 2. système de production capitaliste et s'est largement ouverte aux échanges de biens, de services, de capitaux et de technologies. Les "zones économiques spéciales" du Sud côtier telles que Shenzhen ont montré la voie et fait du pays "l'atelier du monde", l'intégration de la Chine à l'Organisation Mondiale du Commerce couronnant, en 2001, ce processus d'ouverture. • les entreprises et les pouvoirs publics chinois - souvent étroitement liés - ont produit un effort d'investissement immense dans les "équipements productifs" (doc.3) des secteurs du jouet, du textile, de l'électronique pour assoir la compétitivité et la capacité de production du pays ; mais ils ont également massivement investi dans les infrastructures (transports, réseaux, énergie...) et l'éducation à tous les niveaux, pour répondre à l'urbanisation rapide et aux besoins de qualification de la main d'oeuvre. 5. En quoi l’évolution des dépenses de recherche et de développement en Chine peut-elle modifier les conditions de sa croissance économique ? (document 2, document 3 + connaissances personnelles) (3 points) En 1998, la Chine ne consacrait que 0,6% de son PIB aux dépenses de Recherche- Développement (R&D, investissements immatériels dédiés aux innovations de produits et de procédés), soit respectivement six et cinq fois moins que le Japon et les Etats, champions des brevets. Six ans plus tard, la part de la R&D dans le PIB chinois a plus que doublé et se rapproche du niveau européen. Cette évolution indique que la Chine ne veut plus se contenter d'être "l'atelier du monde" - et principalement des Etats-Unis : elle compte désormais, à l'instar de la Corée du Sud ou de Taïwan, "remonter les filières" pour monter en gamme vers des produits de haute technologie (automobile, électronique, aérospatiale...). Pour cela, elle doit développer son capital technologique et innover, ce qui passe par un investissement massif dans la R&D. Question de synthèse Après avoir présenté la contribution du travail et du capital à la croissance économique, vous montrerez que ces deux facteurs ne suffisent pas à l’expliquer. I - Travail et Capital contribuent à la croissance économique... Prologue : on explique brièvement l'approche comptable de la croissance, selon laquelle, à long terme et du point de vue de la production, tout accroissement du PIB provient d'un recours aux facteurs de production. Exemple : Espagne (q3). A) L'évolution de la population active et de la productivité du travail Idée-force : on explique que la production, c'est avant tout du travail humain. Arguments : pour produire plus, soit on travaille plus (durée hebdomadaire ou annuelle du travail, allongement de la vie active), soit on est plus nombreux à travailler (allongement de la vie active, féminisation, immigration, accroissement naturel...), soit on produit mieux (hausse de la productivité du travail grâce à des innovations de procédés, organisationnelles ou tout autre dispositif). Si un pays augmente principalement la quantité de travail utilisé, on parle de croissance extensive ; si le recours au facteur travail s'appuie surtout sur des gains de productivité du travail, on parle de croissance intensive. Illustrations statistiques : la croissance espagnole entre 1993 et 2003 s'appuie à hauteur de 40% sur le facteur travail (doc. 1, q3) ; à l'inverse, le Travail a contribué négativement à la croissance en France, ce qui signifie que le nombre d'heures travaillées a dû beaucoup baisser (RTT, chômage). Transition : la "combinaison productive" associe deux facteurs : Travail et... Capital.
  • 3. B) L'accumulation de capital, à travers l'investissement Idée-force : pour produire plus et mieux, il faut également des actifs immobiliers, des machines, des outils, des véhicules... bref, du capital fixe. Arguments : l'investissement en capital fixe (FBCF) permet de renouveler et/ou d'augmenter le stock de capital productif. Les entreprises peuvent ainsi produire davantage (investissement de capacité, par exemple l'extension de la surface d'exploitation logistique de la SCA Normande à Lisieux), ou produire mieux et plus vite (investissement de productivité, par exemple l'installation d'une nouvelle ligne de production dans une industrie, ou d'une stabulation dans un élevage laitier). Illustrations statistiques : lplus de la moitié de la croissance danoise (1,1 point sur 2,1% de croissance annuelle moyenne) est imputable à l'investissement en capital fixe (doc.1) ; à l'inverse, cette part est faible en Finlande (doc.1). Transition vers le II : mais en Finlande, la part du résidu est très importante (q1). D'autres causes structurelles à la croissance sont en jeu. II - .... mais une large part de la croissance reste à expliquer Prologue : l'approche comptable de la croissance a des limites, notamment dues à la montée des investissements immatériels - non pris en compte dans la FBCF. A) Le rôle crucial du progrès technique Idée-force : le "facteur résiduel" mesure, en fait, les effets du progrès technique, entendu comme l'ensemble des innovations permettant d'améliorer la productivité, la compétitivité et les conditions de vie. Arguments/faits/illustrations : le développement économique chinois, indien, taïwanais ou sud-coréen indique que le moteur à long terme de la croissance n'est pas seulement l'augmentation des facteurs de production, mais plutôt l'accumulation de capital humain et technologique. A ce titre, les investissements immatériels dans la R&D et l'enseignement supérieur sont cruciaux pour la capacité d'innovation et d'adaptation du pays au marché mondial (q5). Prolongeant les travaux de Robert Solow, les théoriciens de la croissance endogène ont intégré ce facteur à leurs modèles (q2) et justifient la croissance par le progrès technique. Transition : toute politique d'investissement et d'innovation s'inscrit aujourd'hui dans un environnement économique mondialisé. B) Ouverture et intégration à l'économie mondiale Idée-force : à long terme, dans un environnement mondialisé, la croissance économique s'appuie sur une ouverture économique maîtrisée, qui accompagne les politiques de compétitivité et d'innovation. Arguments/faits/illustrations : encore une fois, le cas chinois est exemplaire. Pour bénéficier pleinement des fruits de ses investissements, la Chine a progressivement intégré l'économie mondiale ("zones économiques spéciales" ouvertes aux investisseurs étrangers et tournées vers les exportations, puis adhésion à l'OMC en 2001, q5), pour trouver des débouchés à ses exportations, accélérer les transferts de technologie, former ses ingénieurs et managers à l'étranger (avant de disposer d'universités aujourd'hui très performantes). L'Inde assoit également sa croissance sur des villes (Bangalore, par exemple) et des secteurs (informatique, laboratoires pharmaceutiques etc) innovants et orientés vers les échanges extérieurs (biens et services, investissements, technologie).
  • 4. Question de synthèse étayée par un travail préparatoire Consignes : rédigez une réponse complète au travail préparatoire, puis rendez un plan détaillé de la synthèse (non rédigée !). Le barème du TP offre 10 points en tout (comme dans tout sujet de bac), mais sera ramené sur 15 points (donc, 5 points pour le plan détaillé de la synthèse). Travail préparatoire Vous répondrez à chacune des questions en une dizaine de lignes maximum. 1. Donnez la signification précise des nombres entourés. (document 1) (2 points) 2. À quoi correspond le facteur résiduel ? (document 1) (1 point) 3. Comparez la contribution à la croissance économique des trois facteurs pour le Royaume- Uni et l’Espagne. (document 1) (2 points) 4. Caractérisez les principales sources de la croissance chinoise. (document 2) (2 points) 5. En quoi l’évolution des dépenses de recherche et de développement en Chine peut-elle modifier les conditions de sa croissance économique ? (document 2, document 3 + connaissances personnelles) (3 points) Question de synthèse Après avoir présenté la contribution du travail et du capital à la croissance économique, vous montrerez que ces deux facteurs ne suffisent pas à l’expliquer. DOCUMENT 1 Comparaison internationale des contributions des facteurs de production à la croissance économique 1993-2003 1 Taux de Contribution à la croissance en points de % croissance PAYS Facteur Facteur Facteur annuel moyen du PIB en % Travail Capital Résiduel Danemark 2,1 0,4 1,1 0,7 Espagne 2,8 1,1 1,2 0,5 Etats-Unis 3,1 0,9 0,9 1,3 Finlande 2,5 0,0 0,2 2,3 France 1,9 - 0,1 0,6 1,4 Italie 1,4 0,0 0,8 0,6 Japon 0,9 - 0,7 1,0 0,7 Pays-Bas 2,3 0,9 0,7 0,7 Royaume-Uni 2,7 0,1 0,9 1,7 Suède 2,0 - 0,2 0,8 1,4 Note : Les résultats sont arrondis. Il se peut donc que les montants totaux s’écartent légèrement de la somme des différentes valeurs qui les composent. Source : d’après Office Fédérale de la Statistique Suisse, Actualités OFS, octobre 2006 (1) 1991-2002 pour le Japon
  • 5. DOCUMENT 2 La mutation économique de la Chine a été extrêmement rapide depuis le lancement des premières réformes il y a à peine plus de 25 ans. Au cours des deux dernières décennies, la croissance économique s’est établie en moyenne à 9,5% et devrait continuer sur sa lancée pour quelques temps encore. […] Cette extraordinaire performance est à mettre à l’actif des réformes économiques mises en œuvre par les autorités, qui ouvrent progressivement l’économie aux mécanismes du marché. […] Ces réformes ont amélioré les conditions propres à la mobilisation des ressources générées par un taux d’épargne parmi les plus élevés du monde […]. Par ailleurs, l’investissement a contribué à relever le niveau d’équipement par travailleur dans le secteur des entreprises, ce qui a porté l’accroissement annuel de la productivité du travail à 8,5% en 2003. L’investissement a également été un vecteur d’urbanisation de la société, phénomène qui est allé de pair avec un afflux de travailleurs ruraux vers les secteurs manufacturiers et de services. Etant donné la faible productivité des travailleurs du secteur agricole, ce phénomène a considérablement dopé la croissance. Concomitamment à cet accroissement des actifs physiques, les autorités se sont appliquées à améliorer le niveau de qualification des jeunes. Source : OCDE, « Etude économique de la Chine, 2005 », Synthèses, septembre 2005 DOCUMENT 3 Dépenses de recherche et de développement (R&D en % du PIB) 3,5 3 2,5 Japon 2 Etats-Unis 1,5 UE-25 1 Chine 0,5 0 96 98 02 04 94 00 19 19 19 20 20 20 Source : d’après Eurostat/Statistiques de la R&D, OCDE, MSTI 2006/1 septembre 1998
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