• 1. 1er juillet 2012Info ExpressLA MÉDIATION EN PRATIQUEUne étude inédite sur la qualité deL’autofacturation payante !*La dématérialisation étant dans l’air du temps,la relation client-fournisseur !pourquoi s’en priver  C’est ce que décide, en?2010, un grand compte du secteur de l’énergiedurable. Par circulaire, il annonce à son réseaude sous-traitants sa volonté de modifier sa pro-cédure de traitement des factures. Pour cela, ila conclu un accord avec un prestataire mondialde dématérialisation fiscale, censé permettre àses fournisseurs de profiter des avantages dela facturation électronique (AR, statut des fac-tures, traitement rapide et sécurisé…). Jusque-là, le projet est séduisant. Mais le grand compteprécise dans son courrier  « Votre non-confor- :mité à cette initiative pénaliserait cette mise enoeuvre et, à terme, deviendrait contraire à notremode de fonctionnement. Ceci pourrait alorsperturber la relation commerciale entre nos La qualité de la relation client-fournisseur : le magazine Challengesdeux sociétés. » Enfin, il invite ses fournisseurset la Médiation Inter-entreprises ont dévoilé pour la première fois enà s’abonner au réseau prestataire de dématé-rialisation et à la question « Est-ce une obliga- France le classement des 120 plus grands donneurs d’ordres français.tion ? », la réponse est « oui ». Bref, si un four- La qualité des relations inter-entreprises constitue aujourd’hui un enjeunisseur refuse de s’abonner, il sera blacklisté.majeur de la compétitivité de la France. Ce constat étant partagé par deEn pièce jointe, la page « mode d’emploi » per-met de rentrer dans le vif du sujet : l’adhésionnombreux acteurs, le magazine Challenges a souhaité donner un écho àannuelle est de 1 100 euros et des frais de tran- cet enjeu et a ouvert ses colonnes à la Médiation Inter-entreprises dans lesaction démesurés s’ajoutent pour chaque fac- cadre d’un dossier spécial sur le sujet.ture ! Représentés par leur syndicat, les fournis-seurs saisissent la Médiation Inter-entreprises : Initiée par l’association Les journées de l’entrepreneur, cette étude inéditeils s’inquiètent d’une procédure qui donneraitsur la qualité des relations client-fournisseur, menée auprès de 120 grandsla main au client sur l’émission des factures etpermettrait de contourner les délais de paie- donneurs d’ordres, a été réalisée pour la première fois en France par lament à sa guise. Ils dénoncent une autofactu- Médiation Inter-entreprises, en partenariat avec l’Assemblée des chambresration imposée, payante et fort coûteuse. Après françaises de commerce et d’industrie (ACFCI) ainsi que la Compagnie desplusieurs mois, grâce à l’aide du médiateur, lesdeux parties parviennent à un accord stipulantdirigeants et acheteurs de France (CDAF). En tant qu’acteurs majeurs dul’annulation de la cotisation annuelle et letissu économique, les grands comptes détiennent un rôle essentiel dans lachangement du prestataire de dématérialisa-construction de l’écosystème des entreprises françaises.tion qui pratiquait des prix exorbitants.Les 88 donneurs d’ordres ayant répondu au questionnaire, sur la base duLe conseil du Médiateurdéclaratif, ont été interrogés sur le respect des délais de paiement, leursL’autofacturation et la dématérialisation sontencadrées juridiquement. Prenez garde auconditions générales d’achats, les dispositifs de formation achats, lesdécalage de facturation et aux dates d’émis-litiges clients-fournisseurs, leur implication dans des démarches d’amélio-sion des factures. Soyez attentif aux sommesdéduites discrètement et vérifiez le montant du ration de la relation client-fournisseur…prix lui-même.*Article paru dans L’Usine Nouvelle du 8 mars 2012.Les entreprises peuvent saisir le Médiateur en déposant un dossier en ligne.Pour plus d’informations : http://www.mediateur.industrie.gouv.fr
  • 2. En couvertureCes PMEqu’on asphyxie Challenges publie le premier classement des grands donneurs d’ordre basé sur leurs pratiques. Edifiant ! Et un sondage sur la relation entre banques et PME.C’est la marche fu- lectif de PME décidées à mener desMEURTRES EN SÉRIEnèbre des petitesactions coup-de-poing. Sans parlerDéfaillances d’entreprises (cumul annuel)entreprises qu’on as-de ces pratiques qui consistent à65 000sassine, de sous-trai- faire payer un sous-traitant avant detants qui meurent en lui passer commande ou à s’appro-60 000silence, d’un mas- prier son savoir-faire sans aucun sacre commis dans l’indifférence. dédommagement. Quand sous- Chaque année, plusieurs dizaines de traitance rime avec maltraitance,55 000 milliers de PME disparaissent.c’est tout le tissu des entreprises qui Moins médiatiques que Fralib, peine à se structurer. Et un pays qui50 000 SeaFrance et Doux (lire Evéne-perd en compétitivité. ment, page 16), ces cohortes d’ano- Soucieux d’examiner le mal au plus 45 000 nymes tombent souvent à cause deprès, Challenges s’est associé à la grands groupes qui les pressurent Médiation interentreprises, née en 40 000 ou étirent les délais de paiement.2010 au lendemain des Etats géné-2005 06 07 08 09 10 11 12 « Et les banques ne font pas leur raux de l’industrie, afin de réaliser leSOURCE : BANQUE DE FRANCE boulot, elles nous font payer lapremier baromètre des donneurs Les retards de paiement de la partdes grands groupes fragilisent encore crise », s’emporte Patricia Koch, d’ordre avec le soutien de l’Assem-des PME déjà confrontées à la crise. une patronne qui regroupe un col- blée des chambres françaises ̈̈̈Méthodologie Le classement desinterentreprises par le réels de paiement et aux la notation, sauf pour lesdonneurs d’ordre, une cabinet Election-Europe moyens de les contrôler, entreprises n’ayant pasidée initiée grâce àdu 5 mars au 30 mai 2012au mode d’évaluation etrépondu, malgré plusieursl’association Les Journéesauprès de 120 grandes de gestion des litiges avecrelances, au questionnaire.de l’entrepreneur, a étéentreprises. Le formulaireles fournisseurs, ou à Tous nos remerciementsréalisé par la Médiationconçu en commun par la présence de clauses à Grégoire Sentilhes, sansinterentreprises, lales différents partenairesde médiation ou de labels. qui ce projet n’aurait pasCompagnie des dirigeantscomprenait dix questionsL’implication desvu le jour, et bien sûr àet acheteurs de Francerelatives aux engagements entreprises dans des Jean-Claude Volot, Pierre(CDAF), l’Assemblée des de « formation achat », dispositifs d’amélioration Pelouzet et André Marcon,chambres françaises dede présence dansde la qualité des relationsqui ont accepté de rendrecommerce et d’industrie des dispositifs declient-fournisseur, commepublique, pour la première(ACFCI) et Challenges.développement territoriauxla charte des relationsfois, une enquêteL’enquête a été menée et/ou sectoriels (pôles interentreprises ou Pactenominative et exhaustivesous la supervision des de compétitivité, clusters, PME, a également été sur les donneurs d’ordreservices de la Médiationgrappes…), aux délais prise en compte dans en France. P.-H. M.54 b CHALLENGES N°305 - 14 JUIN 2012
  • 3. Le classement des donneurs d’ordrePactePacte SociétéSecteurCharte PME Note Société SecteurCharte PME Note EXEMPLES À SUIVREASSEZ BIEN – PEUT MIEUX FAIRE1 La PosteTÉLÉCOMS, COMMUNICATION,SERVICES AUX ENTREPRISES16,8 34 LFBSANTÉ, PHARMACIE11,92 SNCFTRANSPORT16,1 35 Bouygues Construction BTP, CONSTRUCTION11,93 BongrainAGROALIMENTAIRE  16 36 IntermarchéDISTRIBUTION En cours 11,8 BIEN – À CONFIRMER37 Air liquide MATÉRIAUX (CHIMIE, PLASTURGIE)  11,64 EDF ENERGIE, ENVIRONNEMENT15,4 38 Safran AÉRONAUTIQUE, SPATIAL, ARMEMENT 11,55 Siemens FranceBIENS D’ÉQUIPEMENT15,3 39 Schneider Electric BIENS D’ÉQUIPEMENT 11,56 DanoneAGROALIMENTAIRE14,6 40 RenaultAUTOMOBILE11,57 Crédit agricole BANQUES ET ASSURANCES 14,6 41 CEAENERGIE, ENVIRONNEMENT 11,48 ThalesAÉRONAUTIQUE,SPATIAL, ARMEMENT 14,3 42 RexelDISTRIBUTION11,39 SodexoAGROALIMENTAIRE 14,3 43 Nestlé FranceAGROALIMENTAIRE 11,310 SanofiSANTÉ, PHARMACIE14,1 44 ValeoAUTOMOBILE1111 Société générale BANQUES ET ASSURANCES14 45 France Télécom TÉLÉCOMS, COMMUNICATION, SERVICES AUX ENTREPRISES 10,912 LegrandBIENS D’ÉQUIPEMENT 13,6 46 Bouygues Telecom TÉLÉCOMS, COMMUNICATION, SERVICES AUX ENTREPRISES 10,813 EADS AÉRONAUTIQUE,SPATIAL, ARMEMENT 13,5 47 Atos OriginTÉLÉCOMS, COMMUNICATION, SERVICES AUX ENTREPRISES 10,514 Alstom TRANSPORT13,4 48 Faiveley TRANSPORT10,415 DCNS AÉRONAUTIQUE,SPATIAL, ARMEMENT 13,3 49 L’OréalLUXE, COSMÉTIQUES10,416 Groupe CasinoDISTRIBUTION 13,3 50 BPCE BANQUES ET ASSURANCES10,317 PSA Peugeot CitroënAUTOMOBILE13,3 51 Institut Mérieux SANTÉ, PHARMACIE10,318 BNP ParibasBANQUES ET ASSURANCES 13 52 STEF TRANSPORT 10,319 Veolia Environnement ENERGIE, ENVIRONNEMENT 12,9 53 Zodiac Aerospace AÉRONAUTIQUE, SPATIAL, ARMEMENT10,120 STMicroelectronics BIENS D’ÉQUIPEMENT 12,9 54 Faurecia AUTOMOBILE1021 Fromagerie Bel AGROALIMENTAIRE 12,9 55 Shell France ENERGIE, ENVIRONNEMENT9,922 AlcatelTÉLÉCOMS, COMMUNICATION,SERVICES AUX ENTREPRISES 12,8 56 LafargeMATÉRIAUX (CHIMIE PLASTURGIE)9,823 Pierre Fabre SANTÉ, PHARMACIE 12,8 57 Chanel LUXE, COSMÉTIQUES 9,624 ArevaENERGIE, ENVIRONNEMENT 12,5 58 Aéroports de Paris TRANSPORT9,425 Groupe AuchanDISTRIBUTION12,4 59 Lactalis AGROALIMENTAIRE 9,426 TotalENERGIE, ENVIRONNEMENT12,3 60 PPRLUXE, COSMÉTIQUESEn cours 9,427 EiffageBTP, CONSTRUCTION 12,3 61 Yves RocherLUXE, COSMÉTIQUES 9,428 Rhodia MATÉRIAUX(CHIMIE, PLASTURGIE) 12,3 62 Publicis GroupeTÉLÉCOMS, COMMUNICATION,9AÉRONAUTIQUE,SERVICES AUX ENTREPRISES29 Dassault AviationSPATIAL, ARMEMENT 12,3 63 ThyssenKrupp MATÉRIAUX 8,930 ARaymond AUTOMOBILE 12,1 France(CHIMIE, PLASTURGIE)31 GDF Suez ENERGIE, ENVIRONNEMENT 12 64 CarrefourDISTRIBUTION8,832 Arkema MATÉRIAUX(CHIMIE, PLASTURGIE) 12 65 Air France-KLM TRANSPORT 8,633 RFFTRANSPORT 12 66 AllianzBANQUES ET ASSURANCES 8,5 67 AxaBANQUES ET ASSURANCES 8,5 MATÉRIAUXLa charte des relations interentreprises a été instaurée en février68 Eramet (CHIMIE PLASTURGIE) 8,52010. Ses signataires donneurs d’ordre prennent dix engagements69 Volkswagen FranceAUTOMOBILE8,5de « bonnes pratiques » vis-à-vis des PME. Son comité de pilotageest assuré par la Médiation interentreprises et la CDAF. 70 Hermès LUXE, COSMÉTIQUES 8,4 internationalPacte PME est une association créée en juin 2010 par de grandsgroupes français avec des PME afin de manifester leur engagement 71 Système UDISTRIBUTION8,4à partager une vision à moyen terme et faire émerger de nouvelles72 LVMH LUXE, COSMÉTIQUES 8,3entreprises « de taille intermédiaire ». MATÉRIAUX 73 Imerys (CHIMIE, PLASTURGIE) 8 ̈ 14 JUIN 2012 - CHALLENGES N°305 b 55
  • 4. En couvertureLe classement des donneurs d’ordrë̈̈ de commerce et d’industrieconseil de surveillance, m’a dit :(ACFCI). Comment les très grandes j’étais un voyou pendant long-Société Pacte entreprises traitent-elles leurs sous-temps, maintenant, je fais atten-Secteur Charte NotePMEtraitants ? Le tableau est sombre : tion », confie Jean-François Rou-DOIT PROGRESSER plus d’un tiers d’entre elles n’obtien- baud, président de la CGPME.nent pas la moyenne. Même les plusOui, les fournisseurs servent de va-74 RATPTRANSPORT   7,9puissantes, qui ne jurent plus queriables d’ajustement. Pendant la75 MichelinAUTOMOBILE7,8par la responsabilité sociétale decrise, leurs marges fondent, tandis76 Unibail-Rodamco BTP, CONSTRUCTION 7,8l’entreprise (RSE) sont à la traîne.que les multinationales augmentent77 Vinci BTP, CONSTRUCTIONEn cours 7,5La RSE ? N’est-ce pas de respecterles leurs. « Le spécialiste, c’est Fau-ses fournisseurs au même titre querecia, qui fait signer des chèques à78 BombardierTRANSPORT  7,3les salariés et les clients, commeses sous-traitants avant de les choi-79 Sonepar DISTRIBUTION7,3l’écrivait en 2009 Franck Riboud, lesir », dénonce Jean-Claude Volot.80 Accor AUTRES  7,3PDG de Danone, ajoutant : « Aucun Dans l’automobile, certains équipe-organisme ne se développe dans un mentiers sont devenus pires que les81 Pernod Ricard AGROALIMENTAIRE  7,1milieu appauvri ou dans un dé-constructeurs dont ils ont eu à subir82 Plastic OmniumAUTOMOBILE6,6sert. Il est donc de l’intérêt même les pratiques. « L’un d’eux mettait83 CNP AssurancesBANQUES ET ASSURANCESEn cours 5,8d’une entreprise de prendre soin de nos machines systématiquement84 Sodiaal Union AGROALIMENTAIRE 4,6son environnement économique et en panne quelques jours avant leursocial, de son écosystème ».règlement, raconte Daniel Hariri,85 EssoENERGIE, ENVIRONNEMENT4,6DG de Lectra, spécialiste des logi-86 NexansBIENS D’ÉQUIPEMENT4,3Variables d’ajustementciels de découpe. Nous avons donc87 Vivendi TÉLÉCOMS, COMMUNICATION, SERVICES AUX ENTREPRISES4,1Certains, comme Allianz, avouentdéveloppé un programme informa- TÉLÉCOMS, COMMUNICATION, ne pas « veiller à la responsabilitétique qui les bloque en cas de non-88 Dassault Systèmes 3,1 SERVICES AUX ENTREPRISESterritoriale » de leur entreprise oupaiement au plus tard à six jours. »ne se préoccupent pas de « réduireEt on se prend à rêver de légumes N’ONT PAS RÉPONDUles risques de dépendance réci- qui flétriraient quand les délais se-Société Secteur proque ». D’autres, tel Vinci, n’ontraient dépassés…ArcelorMittal MATÉRIAUX (CHIMIE, PLASTURGIE)pas d’interlocuteur en cas de conflitGroupe Bénéteau TRANSPORTavec un fournisseur. Bon nombre,Prise de consciencecomme Yves Rocher, ne connais-Mieux vaut compter sur une priseGroupe Bigard AGROALIMENTAIREsent pas les coûts engendrés par cesde conscience des grands groupes.BP France ENERGIE, ENVIRONNEMENTconflits. La RATP reconnaît payerLe fait que la Compagnie des diri-Capgemini TÉLÉCOMS, COMMUNICATION, SERVICES AUX ENTREPRISESparfois à plus de soixante jours, engeants et acheteurs de France seCoraDISTRIBUTIONtoute illégalité. Et elle n’est pas lasoit impliquée dans la réalisation deCrédit mutuel BANQUES ET ASSURANCESseule. « Depuis six mois, la situa- ce classement est significatif. MêmeDarty DISTRIBUTIONtion se détériore, regrette Jean- si les mauvais points distribués fe-DerichebourgENERGIE, ENVIRONNEMENTClaude Volot, le médiateur interen- ront sans doute débat le 12 juin, lorsEssilor international SANTÉ, PHARMACIEtreprises. On a reperdu les neuf àde l’assemblée annuelle de cette as-Fayat BTP, CONSTRUCTION dix jours que la loi LME nous avait sociation professionnelle, nombreGeneral Motors France AUTOMOBILEfait gagner, soit 80 milliards d’eu-de ses adhérents ont pris conscienceGroupamaBANQUES ET ASSURANCES ros à la charge des PME. » Paul qu’il valait mieux avoir des fournis-Kaufman & Broad BTP, CONSTRUCTIONRaguin, fabricant de la seule ta- seurs en bonne santé plutôt qu’enblette numérique Made in France,faillite. De grands groupes, commeGroupe LagardèreTÉLÉCOMS, COMMUNICATION, SERVICES AUX ENTREPRISESabonde : « Nous assistons à des Valeo ou Alstom Transport, ontLeclerc DISTRIBUTIONcomportements peu responsables, même remis à plat leur politiqueLeroy MerlinDISTRIBUTIONvoire sauvages, de sauve-qui-peut,d’achats dans le cadre d’un codéve-LidlDISTRIBUTIONnos entreprises servant d’amortis-loppement avec leurs fournisseurs.NexityBTP, CONSTRUCTIONseurs aux aléas que les peurs am- Près de 250 sociétés ont signé laOCP SANTÉ, PHARMACIEplifient de manière excessive. » charte des relations interentre-Sabena Technics AÉRONAUTIQUE, SPATIAL, ARMEMENT Le pire, c’est qu’il s’agit souvent prises, et beaucoup ont souscrit auSaint-GobainMATÉRIAUX (CHIMIE, PLASTURGIE)d’une stratégie délibérée de la partpacte PME. Mais il y a du cheminServier SANTÉ, PHARMACIEde directeurs financiers soucieux de entre la réalité et les bonnes inten-SKF FranceBIENS D’ÉQUIPEMENTdégager du cash au moment d’arrê- tions. « Nous devrions avoir centSpieBTP, CONSTRUCTION ter les comptes, ou de responsables fois plus de dossiers de réclama-Suez EnvironnementENERGIE, ENVIRONNEMENTdes achats dont la rémunération va- tion », reconnaît Benoist Cirotteau,Technicolor TÉLÉCOMS, COMMUNICATION, SERVICES AUX ENTREPRISESriable est basée sur la seule baissel’un des médiateurs bénévoles quides prix. Pourquoi Schneider tire-t-ilépaulent Jean-Claude Volot. La peurTechnip ENERGIE, ENVIRONNEMENTau maximum sur les délais, alorsdu gendarme, ou au minimum d’unTereosAGROALIMENTAIREqu’ailleurs, en Allemagne par mauvais classement, est une façonTerrena AGROALIMENTAIREexemple, il paie à trente jours ? de faire évoluer les mentalités. Dou-Vallourec BIENS D’ÉQUIPEMENT« Henri Lachmann, qui préside lecement. Kira Mitrofanoff56 b CHALLENGES N°305 - 14 JUIN 2012
  • 5. Bruno Levy pour Challenges Jean-Claude Volot et Pierre Pelouzet, le 22 mai, à Paris. Ils sont à l’origine de cette étude nominative sur les donneurs d’ordre en France. Un pas vers la mise mon optimisme sur la réelle prise en compte de ces problématiques par les grandes entreprises. en place d’un label Les directeurs d’achats vont-ils apprécier de se voir attribuer des mauvais points ? P. P. Je suis convaincu que ce clas- sement produira des effets positifs J ean-Claude Volot, médiateursommes en mesure de distribuer les bien plus importants que les éven- national des relations inter-bons et les mauvais points aux pra-tuels grincements de dents des en- entreprises, et Pierre Pelou-tiques d’achat de plus de 100 grandestreprises qui seront situées en bas zet, directeur des achats à la entreprises françaises.de tableau. Celles qui ont de bonnes SNCF et président de la CompagniePierre Pelouzet. En tant que directeur notes vont générer un effet d’entraî- des dirigeants et acheteurs de d’achats, mon intérêt est d’avoir des « Lesnement. Les dernières prendront France (CDAF), réagissent au clas- fournisseurs en bonne santé, et non entreprisesconscience qu’elles ont une marge sement de bonne conduite des don-pas de faire des économies sur mes de progrès qui s’ouvre devant elles. neurs d’ordre qu’ils ont coréalisé.partenaires, au risque de les pousser qui ontRappelons aussi que les acheteurs Challenges. En quoi votre classement à la faillite. Cette vision équilibrée et de bonnessont loin d’être les seules personnes est-il novateur ?partagée s’était déjà concrétisée notes vont impliquées dans les relations avec Jean-Claude Volot. Cette initiative iné- lorsque nous avions fait signer auxles fournisseurs ! dite correspond à la dynamique degrandes entreprises – aujourd’hui augénérerJ.-C. V. Le classement n’est pas une la Médiation interentreprises tellenombre de 245 – la charte des rela- un effet fin en soi. C’est un nouveau pas vers qu’elle a été créée dans la foulée des tions interentreprises. Pourtant, une d’entraî-la mise en place d’un label d’ache- états généraux de l’industrie. Per-question s’est rapidement posée :teur responsable, un processus que sonnellement, j’ai toujours crucomment s’assurer que ces prin- nement nous avons déjà engagé avec qu’une relation devait s’envisager à cipes soient véritablement respectésvis-à-visl’agence Vigeo, l’Afnor et l’ISO. deux, c’est le cas en couple comme par les entreprises ? Comment faire desP. P. Notons que le questionnaire qui en affaires. Le couple donneur en sorte que ceux qui travaillent en a permis de faire le classement, d’ordre-fournisseur doit avoir dedehors et à l’intérieur de la chaînedernières. » comme celui devant aboutir au la- bonnes pratiques, c’est ce à quoides achats prennent conscience debel, a été coécrit avec des directeurs nous veillons tous les jours. Aprèsces exigences ? Le taux très élevé ded’achats. A mon niveau, la SNCF deux ans d’expérience, nousréponses – plus de 80 % – conforte s’est déjà portée candidate ̈̈̈ 14 JUIN 2012 - CHALLENGES N°305 b 57
  • 6. En couverture10 ABUS̈̈̈ pour tester le nouveau label. ment à l’étranger afin d’échapper àQuarante autres signataires pour- la loi française restent des clas-raient suivre.siques de certaines directions finan- TRÈSChallenges. La crise a-t-elle jouécières. Tout cela est contre-produc-un rôle dans la dégradation tif, les directeurs d’achats ont mieuxdes relations entre les grandes à proposer que ces actions court- RÉPANDUSet les petites entreprises ?termistes.Jean-Claude Volot. La Médiation La loi LME fixe les délaisinterentreprises est devenue l’en-de paiement entre 45 et 60 jours.droit qui recueille les ressentiments,Est-ce envisageable d’abaisserles dénonciations et les coups de le plafond à 30 jours, comme Certaines pratiques,gueule. Il est clair que les PMEavaient besoin d’écoute. Avec lal’a suggéré François Hollande ?J.-C. V. Les délais se sont détériorés délibérées, des donneurscrise, certains directeurs financiersde 9 à 10 jours ces six derniers mois.d’ordre minent les financesont voulu faire du zèle auprès deleur PDG, en montrant qu’ils garan-Schneider Electric paie ses fournis-seurs allemands à 30 jours et lesde leurs fournisseurs.tissaient la trésorerie de l’entreprise français à 90 jours, voire plus ! CetteMmême dans la tempête. La pression situation est intolérable, même si un algré les lois et les promesses, lesest devenue insoutenable pour les coup de fil de la Médiation suffit àgrandes entreprises ne manquentsous-traitants et fournisseurs. rectifier le tir. Le problème n’est paspas d’imagination pour tordre lePierre Pelouzet. Avec la terrible an- tant de changer la loi que de revenir bras de leurs fournisseurs, les met-née 2009, certains directeurs sur certaines dérogations qui ont été tant ainsi en situation de grande fragilité. Desd’achats ont tout fait pour préserver accordées, notamment au secteur « astuces » qui minent le tissu des PME. Désor-leurs fournisseurs. D’autres se sontde la grande distribution. Elles ontmais, avant d’envoyer un recommandé de misedemandé comment tirer économi-été prorogées de trois ans justeen demeure, les fournisseurs ont la possibilitéquement parti de la situation.avant les élections. Nous l’avons de contacter le médiateur de façon anonyme etQuels sont les secteurs ressenti comme un coup de poi-gratuite sur le site Mediateur.industrie.gouv.fr.où les pratiques n’ont pas changé ? gnard dans le dos.J.-C. V. Les pires pratiques, on lesP. P. L’important est d’aligner toutesNon-respect des délais de paiementtrouve toujours dans trois secteurs : les entreprises sur le même régime,l’automobile, le luxe et la grandequelle que soit leur position dans laRetards de paiement des entreprises en France (en jours)distribution. Mais les positions bou- chaîne de fournisseurs. Il faut aussi 13gent. Faurecia a toujours des mé- tenir compte de ce qui se fait à l’in-thodes répréhensibles, alors queternational, où les délais de paie-Valeo est devenu plus responsable.ment sont de plus en plus courts. Si 12,5Voir les géants du luxe, secteur où les autres y arrivent, je ne vois pasl’on n’est jamais assez riche, ré-pourquoi nous n’en serions pas ca-pondre à notre questionnaire estpables.12aussi un signe positif. Faut-il aller plus loin dansEt la grande distribution ? la répression ?J.-C. V. C’est toujours le musée desJ.-C. V. Je milite pour une plus 11,5horreurs. Chez Leclerc, l’hypocrisiegrande pénalisation. Pour moi, cer-est absolue. Cette entreprise metaines de ces pratiques s’assimilentdésespère à cause de son mensonge à du vol.11permanent, de ce discours sur leP. P. L’arsenal législatif et réglemen- 2005 06 0708091011combat contre l’inflation. Mais je netaire est déjà conséquent, faisons enSOURCE : RAPPORT ANNUEL DE L’OBSERVATOIRE DES DÉLAIS DE PAIEMENT (EXERCICE 2011)me fais pas de souci, Leclerc vasorte de mieux le faire connaître etbientôt rentrer dans une période où de bien l’utiliser. Les fautifs doivent Plus de 90 % des entreprises, tous secteursson jeu va devoir s’arrêter. Commepayer les pénalités déjà prévues parconfondus, subissent des retards de règlementCasino ou Carrefour, il est dans sonla loi. de leurs clients, au-delà du délai légal. Les rai-intérêt de revoir ses relations avecLa Médiation interentreprises sons et les motifs sont divers : délocalisation desles fournisseurs. Intermarché et Sys- va-t-elle survivre à l’alternance ? services achat à l’étranger, retard volontaire detème U l’ont déjà fait, en donnantJ.-C. V. Je l’espère bien. D’autant que facturation. Ainsi, les PME font office de « ban-leur accord pour signer la charte des nous sommes engagés dans d’autres quiers » vis-à-vis de leurs donneurs d’ordre.relations interentreprises. missions, notamment la formationP. P. Veillons à ne pas stigmatiser tel de 400 experts afin de faciliter l’ex- Rupture brutale de contratou tel secteur. Les bonnes commeportation des PME françaises. LaLe client instaure de nouveaux critères dans sales mauvaises pratiques existentMédiation interentreprises a un in- politique d’achat, comme la rationalisation dupartout. Le coup de la panne infor- térêt général qui dépasse de loin les panel fournisseurs, ce qui modifie brutalementmatique pour rallonger de quinzequestions partisanes. le rapport commercial avec son partenaire sansjours le délai de paiement ou la dé-Propos recueillis par Jeanne Dussueil tenir compte de l’historique de cette relation, nilocalisation des centres de paie- et Pierre-Henri de Menthondu taux de dépendance du sous-traitant.58 b CHALLENGES N°305 - 14 JUIN 2012
  • 7. Détournementde propriété intellectuelle Focus sur les pratiques dansLe sous-traitant est empêché de déposer un bre-vet, et doit céder toute sa création de manièreexclusive et gratuite à son client. Cela se pra- quatre secteurstique parfois au stade de l’appel d’offres, doncen amont du contrat, sans accord de confidenti-alité entre les parties.Conditions contractuelles imposéesDes contrats notoirement déséquilibrés entreles droits et les obligations des deux partiesLe public montre l’exemple, quandsont établis aux dépens du fournisseur évidem-la distribution, l’automobile et le luxement, avec des responsabilités pesant unique-ment sur ce dernier. conservent de mauvaises habitudes.Modifications unilatérales du contrat DISTRIBUTIONUne partie, la plus forte bien sûr, modifie lesrègles comme le volume des commandes ou lesprix d’achat pendant l’exécution du contrat.Contrat à prix ferme sans priseen compte des fluctuationsdes prix des matières premièresIl n’existe pas toujours de clause de révisiondans le contrat de vente, et quand les cours desmatières premières flambent, avec des haussesPierre Bessard/Réade 20 à 30 % en quelques jours, les conséquencespeuvent être dramatiques pour le fournisseur.Pénalités de retard abusivesRetards de livraison, de production de docu- Dans une centrale d’achats Leclerc. Le distributeur collectionne les plaintes.ments… Et les pénalités tombent. Elles peuvent Areprésenter jusqu’à 60 % d’un marché, ce qui la Médiation interentreprises, on parle BIEN,conduit l’entreprise à travailler à perte. La loi, À CONFIRMER de la distribution comme d’un « muséepourtant, sanctionne cette pratique. des horreurs ». Un musée bien vivant, 13,3Casino où l’on innove à tous les rayons. Cette année, leActivités non rémunérées 12,4groupement d’achats des centres Leclerc, leFrais de R&D, de conception de logiciels, Auchan Galec, a imaginé un nouveau contrat pour sesd’études, de moules et d’outillage à la charge dufournisseurs : ils doivent désormais assurer sursous-traitant, qui est censé pouvoir amortir cesASSEZ BIEN,papier que « les clauses sont équitables » etinvestissements sur la commande promise. Or,PEUT MIEUX qu’elles « ont été négociées de bonne foi et sans FAIREparfois, les volumes ne le permettent pas. Ou, aucune soumission de l’un à l’autre ». Ils sontpis, aucune commande n’est passée.11,8 sommés de s’engager à « défendre le contratIntermarché11,3 dans toutes les procédures ».Absence ou manque RexelCe nouvel épisode ne devrait pas passer ina-de visibilité sur les commandes8,8 perçu à la Direction générale de la concur-Dans l’industrie notamment, la pratique des Carrefourrence, de la consommation et de la répressioncommandes ouvertes est courante. Celles-ci ar- 8,4 des fraudes (DGCCRF), qui a Leclerc dans sarivent au fur et à mesure d’un plan prévisionnel Système U ligne de mire. En 2008, cette direction de Bercyglissant, parfois avec des exigences de délaisDOIT l’a assigné – ainsi que huit autres distribu-inférieurs à un mois. Des annulations non in-PROGRESSERteurs – devant les tribunaux pour avoir « perçudemnisées ou un non-respect des prévisions 7,3 des marges arrière indues » sur les produitssont aussi fréquents.Sonepar fournis par 28 de ses fournisseurs. Le Galec réclamait des produits gratuits ou des condi-Autofacturation par le clientN’A PAS tions exceptionnelles en échange d’une mise enComme la loi l’y autorise, c’est le client qui fac- RÉPONDUavant de la marque en rayon. Condamné enture. Puisqu’il a la maîtrise du moment de l’émis-Cora novembre 2009 par la cour d’appel de Ver-sion, il peut être conduit à retarder sa facture,Darty sailles à restituer 23,3 millions d’euros à sesLeclercparfois de quelques jours seulement, mais celaLeroy Merlin fournisseurs, Leclerc l’a de nouveau été enpeut créer des trous de trésorerie importants Lidl novembre 2011, cette fois à 1 million d’euros,chez son fournisseur.K. M. (NOTE SUR 20) en raison de ses mauvaises pratiques.S. B. ̈ 14 JUIN 2012 - CHALLENGES N°305 b 59
  • 8. En couvertureAUTOMOBILESECTEUR PUBLIC Lydie Lecarpentier/RéaHamilton/RéaDans une usine Valeo. L’équipementier est engagé sur la bonne voie. Dans un bureau de poste. L’opérateur domine le classement. SLous pression des constructeurs, les EXEMPLES a Poste, la SNCF et EDF : les entre-BIEN, sous-traitants automobiles ont prises publiques, peut-être parceÀ CONFIRMERÀ SUIVRElongtemps reporté cette tension sur16,8qu’elles sont plus surveillées et ont 13,3PSAleurs fournisseurs. Un monde sans pitiéLa Posteencore dans leurs gènes l’intérêt général, Peugeot Citroën où Valeo traînait la réputation d’un don- 16,1 respectent leurs fournisseurs. Elles sont 12,1neur d’ordre impitoyable. Arrivé de Saint-SNCF aussi plus encadrées lorsqu’il s’agit de pas- ARaymondGobain en 2009, son directeur général, ser des appels d’offres. Pas question deBIEN, Jacques Aschenbroich, a voulu changerÀ CONFIRMER prendre le risque de privilégier tel ou tel, ASSEZ BIEN, PEUT MIEUXde culture : « Nous sommes aussi faibles 15,4c’est le mieux-disant qui est retenu. Pas deFAIREque le plus petit et le plus faible de nos EDF chance pour La Poste, il y a eu en 201011,5 fournisseurs. » Sous son impulsion,14,6cette affaire des scooters Kymco préférés Renault Valeo a signé la charte des relations inte- Thales à des deux-roues Peugeot, au moment 11rentreprises et publié, il y a quelques se-13,3même où le constructeur français suppri-Valeomaines, un manuel de bonnes pratiques à DCNS mait des emplois dans cette activité. 10 12,5Faurecia l’attention de ses équipes. Les conditions L’affaire, qui a outré nombre de parlemen- générales d’achat ont été revues et une Arevataires, a occulté la politique du groupe à 8,5 12 Volkswagenorganisation plus centralisée barre la l’égard de ses 25 000 fournisseurs. RFF Franceroute aux acheteurs trop zélés.« Dès 2004, nous avons signé le pacte « La pression sur les prix continue ASSEZ BIEN,PME par lequel nous identifions et ap- DOITd’exister, elle est nécessaire pour que lespuyons les entreprises innovantes, ex-PROGRESSER PEUT MIEUX voitures restent accessibles, explique FAIRE plique Antoine Doussaint, le directeur des 7,8Michelin Jacques Bailly, directeur des achats du 11,5 achats. C’est une véritable stratégie, car 6,6 groupe. Mais plutôt qu’une logique deSafrannous sommes convaincus que l’écosys- Plastic Omniumbaisse de prix pure et dure, nous tentons 11,4 tème de nos sous-traitants est un gise- CEA d’identifier avec nos fournisseurs desment très riche d’innovations que nousN’A PAS9,4 RÉPONDU pistes d’économies dans lesquelles tout le Aéroports pouvons partager avec eux. » Concrète- General Motorsmonde se retrouve. » A la Médiation inter-de Paris ment, les 1 000 sous-traitants dans le trans-France rentreprises, on salue le travail accompli. 8,6port sont déjà payés à trente jours et(NOTE SUR 20)« Il y a une volonté réelle d’en finir avecAir France-KLM La Poste, qui milite pour un small bu- le rapport de forces, estime Françoise siness act, se dit prête à généraliser immé- Odolant, chargée de mission au sein deDOIT diatement ce délai à tous ses fournisseurs. cet organisme. Mais malgré la démarche PROGRESSERL’opérateur public y trouve son intérêt : il positive de la direction, on constate tout7,9récupère les meilleurs partenaires et les RATP de même une certaine inertie. Beaucoup5,8retient durablement. L’enjeu est d’impor- de fournisseurs ont encore entre les CNP Assurancestance : La Poste passe chaque année pour mains d’anciennes versions des condi-(NOTE SUR 20) 3,5 milliards d’euros d’achats, pour 5,5 mil- tions générales d’achat. »H. B.liards si l’on englobe les filiales.J.-F. A.60 b CHALLENGES N°305 - 14 JUIN 2012
  • 9. LUXE ET COSMÉTIQUESFOURNISSEURSSOUS PRESSIONSelon notre sondage, le chantagesur les délais de paiement auprèsdes sous-traitants s’amplifie.En tant que sous-traitant, estimez-vous subir despressions de la part des donneurs d’ordre ?MAI 2012MAI 2011Fortes pressions Photo PQR/Le Progrès 57% 25 %Plutôt faibles67%19 %18 % Aucune pression14 %Dans un atelier de Lejaby, repris par LVMH. Le luxe est à la traîne. Parmi les critères suivants, quels sont ceux sur lesquels C ASSEZ BIEN, ’était en pleine campagne électo-vous subissez le plus de pression ? PEUT MIEUXrale. LVMH, numéro un mondial du MAI 2012 MAI 2011FAIREluxe, venait au secours de Lejaby, 10,4L’Oréal une usine textile de 85 salariés. Une façon 80 %Prix9,6 de rappeler que le groupe, qui ne réalise que 12 % de son activité en France, y 80 %Chanel concentre 40 % de ses investissements.9,4PPRLejaby, nouveau fournisseur de Louis Vuit-60 % Qualité9,4ton, sera-t-il bien traité ? A voir. Car cette71 %Yves Rocherindustrie n’a pas la réputation d’être aux8,4petits soins avec ses PME et Jean-Claude 54 %DélaisHermès8,3 Volot, le médiateur interentreprises, n’est 64 % LVMHpas tendre lorsqu’il évoque les habitudes(NOTE SUR 20)du secteur. Notre classement confirme que le luxe, vitrine de l’excellence fran- 38 % Délais depaiement çaise, n’a pas toujours de bons comporte- 33 % ments à l’égard de ses sous-traitants. Aucune des entreprises interrogées ne23 %Ristournes supplémentaires paie à moins de quarante-cinq jours. Et si 18 % elles disposent en interne d’un médiateur,Enquête réalisée par OpinionWay entre le 16 et le 25 mai 2012 seul Chanel accepte d’avouer publique- auprès d’un échantillon représentatif de 301 dirigeants d’entreprises ment avoir eu des contentieux à régler dont le chiffre d’affaires est compris entre 15 et 500 millions d’euros. avec des fournisseurs. Pourtant, le tissu de PME françaises qui travaillent pour nosSelon une enquête réalisée par OpinionWay pour l’Obser- géants du luxe est fragile. D’après l’Institut vatoire Banque Palatine de la performance des PME-ETI, français de la mode, 10 à 15 % des effectifs la pression a un peu diminué depuis un an sur les sous- de ces entreprises disparaissent chaquetraitants. Mais ils sont toujours une large majorité à estimer année. En 2010, le ministère de l’Industriesubir de fortes pressions de la part de leurs donneurs a tenté de mieux encadrer le rapport entre d’ordre. A noter que ces derniers sont de plus en plus donneurs d’ordre et façonniers du luxe.étrangers, puisque la part des clients internationaux des Une charte de bonne conduite a été rédi- sous-traitants français est passée de 30 à 39 % en un an. gée. Ce texte prévoit notamment un préa- Comme en mai 2011, la pression porte encore et toujours vis avant une rupture de contrat, dessur les prix. Le nombre de dirigeants points réguliers sur les commandes et desd’entreprises sous-traitantes de taille délais de paiement raccourcis à… trentemoyenne ou intermédiaire à se jours. Mais Chanel, LVMH, PPR ou Her-plaindre d’une détérioration des délais mès ont refusé de signer. T. D.de paiement a augmenté. ̈ 14 JUIN 2012 - CHALLENGES N°305 b 61
  • 10. En couverture Entre banques et PME, la relation reste tendueComme le montre le premier baromètre EvalBank, les patrons des petites entreprises sont plutôt satisfaits de leur établissement. Mais ils déplorent toujours leurs conditions tarifaires. Le sujet n’était pas aua… Vous nous aidez à créer desARGENT PLUS CHER20-Heures. Mais emplois ? » Et la banque d’afficherTaux des crédits aux entreprises (en %)juste avant, coincé sur petit écran ses mérites : 9,2 mil-7entre la météo et celiards d’euros de nouveaux prêtsdébut de soirée deaccordés l’an dernier, hausse glo-6résultats du premierbale des crédits de 4,3 %… Quelquestour de la présidentielle, le 22 avril. jours plus tard, la Société générale5Hasard ? A 19 h 56 pétantes, surlui emboîtait le pas, avec une publi-TF 1, un spot BNP Paribas fait défi- cité dans la presse : 8 834 créations PME4ler une kyrielle de patrons de PME. d’entreprises financées sur un an,« Ma machine m’a lâché. Le crédit 93 % de clients satisfaits… et même 3pour en acheter une autre, je l’au- un tiers de clients fidèles depuisrai quand ? » s’impatiente un me- plus de dix ans. N’en jetez plus !2nuisier. « Pendant la crise, vous Ultimes effets de manches d’uneprêtez aux grandes sociétés. Mais industrie aux abois, cette « finance 1 Grandes entreprisesma trésorerie à moi, vous y pen-sans visage » stigmatisée par le nou-2007 080910 11 12sez ? » tacle une pâtissière, tandisveau pouvoir ? Ou vain plaidoyer surSOURCE : BANQUE DE FRANCEqu’une jeune patronne, campée un engagement dans l’économie Les banques font des conditionsdans son laboratoire high-tech, a ceréelle ? Fin mai, dans Le Journal dubeaucoup plus intéressantes auxcri du cœur : « Ici, du boulot, il y en dimanche, Arnaud Montebourg, mi-grandes entreprises qu’aux PME. MéthodologiePour réaliser ce premieret de services Treso PME etpropension de la banque PME. C’est la « cote d’amour ».baromètre EvalBank des Deledalle ACF, cet échantillon à récompenser ses clients Au final, les dix établissementsrelations banques-PME, est représentatif de cette fidèles… D’autre part, desont été classés en fonctionla société de conseil PI-R2population aussi bien en termesquestions liées à la tarification d’une note globale, issue deAlliance-PMEBank a interrogé engéographiques que sectoriels.(qualité et transparence desla moyenne des quatre notesligne, du 24 avril au 29 mai, en L’enquête était composée deinformations, rapport entre précédentes.T.-D. N.collaboration avec l’Assemblée treize questions qui ont ensuite le prix payé et le service offert),des chambres françaisesété regroupées. D’une part, desou encore à l’accès au créditde commerce et d’industrie questions relatives à la qualité (délais d’obtention, bonne(ACFCI), 1 269 dirigeants de de la relation avec la banquecompréhension du métier et dePME ou de TPE françaises,et son conseiller clientèle :la problématique du client…).non filiales de grands groupes.horaires d’ouverture deEnfin, les entreprises ont étéConçu avec le réseau d’experts-l’agence, accessibilité et interrogées pour savoir si ellescomptables Eurus (www.eurus. disponibilité du conseiller, recommanderaient ou nonfr) et les sociétés de conseil qualité des services en ligne, leur(s) banque(s) à d’autres62 b CHALLENGES N°305 - 14 JUIN 2012
  • 11. rait-ce que parce qu’elles ont aussiBAROMÈTRE EVALBANK SUR LES RELATIONS BANQUES-PME besoin de cette clientèle ! Mais la relation est tendue pour les très BANQUE RELATION ACCÈSTARIFICATION COTENOTEpetites entreprises. » Et ce n’est pasGLOBALE AU CRÉDITD’AMOURGLOBALEl’écart persistant avec les grands groupes sur les taux de financement 1 Crédit du Nord 13,513,2 10,6 14 12,8 (voir graphique) qui va inciter les PME à mettre de l’eau dans leur vin. 2 HSBC 13,112,7 11,412,912,5Ce sont d’ailleurs celles de moins de 750 000 euros de chiffre d’affaires 3 CIC12,912,4 10,212,412,3qui notent le plus sévèrement leurs banques. Y compris certains bons 4 Crédit mutuel12,912,4 10,813,112,3élèves, comme la Société générale, qui affiche une « cote d’amour » 5 Société générale 12,612,3 1112,312sous la moyenne sur ce segment. 6 LCL12,512,1 1111,911,9Rapports désincarnés « La crise a révélé qu’il fallait tra- 7 Banque populaire 12,311,9 9,912 11,5vailler le sujet, avoue Jean-Paul Barbet, patron du marché des entre- 8 Crédit agricole12,111,8 1011,911,4prises à la Société générale. Depuis un an, nous y consacrons de vrais 9 Caisse d’épargne11 10,9 9,7 10,310,4moyens et beaucoup d’énergie. » Entre autres, une charte, où elle 10 BNP Paribas 11,410,5 8,8 10,610,3s’engage à fournir le mêmeNOTE SUR 20SOURCE : EVALBANK conseiller pendant quatre ans (trois ans auparavant), et mieux formé.nistre du Redressement productif,l’Assemblée des chambres fran-HSBC propose depuis 2010 des rela-épinglait « le pouvoir excessif de laçaises de commerce et d’industrie tionship managers internationauxfinance sur les entreprises ».(ACFCI), qui a participé à l’élabora- ès PME. Son solide réseau à l’étran-Si le dernier baromètre KPMG/tion du classement Challenges-Eval- ger explique sa bonne cote. MêmeCGPME sur le financement des Bank (lire méthodologie). mobilisation à BNP Paribas – der-PME, publié mi-avril, fait état d’un La crise aurait-elle réduit la discus-nière du classement –, qui a annon-pessimisme moindre chez ces pa-sion avec son banquier à un dialo-cé des mesures fin mai : création detrons, leur relation avec le banquiergue de sourds ? Pas totalement. « maisons des entrepreneurs » et dereste tendue. Plus de deux sur trois Selon cette enquête menée auprèspôles d’innovation, délais de ré-Ludovic/Réaconstatent au moins une mesure dede plus de 1 200 dirigeants d’entre-ponses raccourcis…durcissement des conditions de cré-prise, ceux-ci sont plutôt… contents« Avant, la relation bancaire étaitdits : frais plus élevés, montants de leur établissement. « Aucune des un rapport de confiance, d’hommeplus faibles, garanties supplémen- banques ne récolte une note globale à homme. Aujourd’hui, dans lestaires… Et parmi ceux qui ont ramé inférieure à la moyenne », étaie Mi-« Lesgrands réseaux, elle est désincar-pour décrocher des facilités et bou- chel Dubois d’Enghien, directeur debanquesnée. Tout se décide à coups de ra-cler leur exploitation courante – un PI-R2 Alliance, société de conseil rechignent tios et de grilles », fustige Andrépatron de PME sur cinq, selon unevisant à renouer les liens entre la Marcon. Une distance qui peut jouerétude Oséo de janvier 2012 –, la moi-banque et l’entreprise, à l’origine deà financeren faveur du Crédit mutuel ou dutié a essuyé un refus pour cause l’outil EvalBank. Plus étonnant en-un projetCrédit du Nord, où, plaide le direc-d’activité ou de perspectives de core, parmi les doléances des PME, dont teur du marché des entreprises,développement insuffisantes.l’accès au crédit arrive en dernier.Alexandre Beziaud, « la taille de Un sentiment d’embellie que confir-le retourcertaines de nos banques fait que lePlus difficile pour les TPE ment les chiffres de la Banque desur investis-patron de PME est face à un autre« Aujourd’hui, si les banques fonc-France : en mars, les encours de cré-sement patron de PME ». Mais qui nourrittionnent encore avec les PME sur dits mobilisés des PME ont progres- surtout le scepticisme. Aujourd’hui,des métiers traditionnels – l’inves- sé de 4,7 % en rythme annuel, contren’est passelon l’enquête KPMG/CGPME, 27 %tissement productif, notamment –,3,3 % pour les grands groupes. immédiat. »des patrons de PME s’autocensu-elles rechignent à financer un pro- Jean-François Roubaud, présidentrent encore dans leurs demandes dejet dont le retour sur investisse- de la Confédération générale des André Marcon,crédit. Alors, sursaut salutaire ouprésidentment n’est pas immédiat – commePME (CGPME), analyse, lucide : de l’ACFCI.(trop) tardif des banquiers ? Dans led’envoyer un commercial à l’étran- « L’accès au prêt n’est pas le sujet. fameux spot BNP Paribas, ce petitger dans l’espoir de décrocher unLa majorité des banques ont com-patron du BTP à l’allure décidée metcontrat dans un ou deux ans », dé- pris leur devoir politique et conti-en garde : « Les promesses sont à lanonce André Marcon, président de nuent à financer les PME, ne se- mode… »Thuy-Diep Nguyen 14 JUIN 2012 - CHALLENGES N°305 b 63
    Please download to view
  • All materials on our website are shared by users. If you have any questions about copyright issues, please report us to resolve them. We are always happy to assist you.
    ...

    Étude sur la qualité de la relation client-fournisseur

    by mariusmez

    on

    Report

    Download: 0

    Comment: 0

    9,765

    views

    Comments

    Description

    Étude sur la qualité de la relation client-fournisseur par Challenges et la Médiation Inter-entreprises ont dévoilé pour la première fois en France; classement des 120 plus grands donneurs d’ordres français.
    Download Étude sur la qualité de la relation client-fournisseur

    Transcript

    • 1. 1er juillet 2012Info ExpressLA MÉDIATION EN PRATIQUEUne étude inédite sur la qualité deL’autofacturation payante !*La dématérialisation étant dans l’air du temps,la relation client-fournisseur !pourquoi s’en priver  C’est ce que décide, en?2010, un grand compte du secteur de l’énergiedurable. Par circulaire, il annonce à son réseaude sous-traitants sa volonté de modifier sa pro-cédure de traitement des factures. Pour cela, ila conclu un accord avec un prestataire mondialde dématérialisation fiscale, censé permettre àses fournisseurs de profiter des avantages dela facturation électronique (AR, statut des fac-tures, traitement rapide et sécurisé…). Jusque-là, le projet est séduisant. Mais le grand compteprécise dans son courrier  « Votre non-confor- :mité à cette initiative pénaliserait cette mise enoeuvre et, à terme, deviendrait contraire à notremode de fonctionnement. Ceci pourrait alorsperturber la relation commerciale entre nos La qualité de la relation client-fournisseur : le magazine Challengesdeux sociétés. » Enfin, il invite ses fournisseurset la Médiation Inter-entreprises ont dévoilé pour la première fois enà s’abonner au réseau prestataire de dématé-rialisation et à la question « Est-ce une obliga- France le classement des 120 plus grands donneurs d’ordres français.tion ? », la réponse est « oui ». Bref, si un four- La qualité des relations inter-entreprises constitue aujourd’hui un enjeunisseur refuse de s’abonner, il sera blacklisté.majeur de la compétitivité de la France. Ce constat étant partagé par deEn pièce jointe, la page « mode d’emploi » per-met de rentrer dans le vif du sujet : l’adhésionnombreux acteurs, le magazine Challenges a souhaité donner un écho àannuelle est de 1 100 euros et des frais de tran- cet enjeu et a ouvert ses colonnes à la Médiation Inter-entreprises dans lesaction démesurés s’ajoutent pour chaque fac- cadre d’un dossier spécial sur le sujet.ture ! Représentés par leur syndicat, les fournis-seurs saisissent la Médiation Inter-entreprises : Initiée par l’association Les journées de l’entrepreneur, cette étude inéditeils s’inquiètent d’une procédure qui donneraitsur la qualité des relations client-fournisseur, menée auprès de 120 grandsla main au client sur l’émission des factures etpermettrait de contourner les délais de paie- donneurs d’ordres, a été réalisée pour la première fois en France par lament à sa guise. Ils dénoncent une autofactu- Médiation Inter-entreprises, en partenariat avec l’Assemblée des chambresration imposée, payante et fort coûteuse. Après françaises de commerce et d’industrie (ACFCI) ainsi que la Compagnie desplusieurs mois, grâce à l’aide du médiateur, lesdeux parties parviennent à un accord stipulantdirigeants et acheteurs de France (CDAF). En tant qu’acteurs majeurs dul’annulation de la cotisation annuelle et letissu économique, les grands comptes détiennent un rôle essentiel dans lachangement du prestataire de dématérialisa-construction de l’écosystème des entreprises françaises.tion qui pratiquait des prix exorbitants.Les 88 donneurs d’ordres ayant répondu au questionnaire, sur la base duLe conseil du Médiateurdéclaratif, ont été interrogés sur le respect des délais de paiement, leursL’autofacturation et la dématérialisation sontencadrées juridiquement. Prenez garde auconditions générales d’achats, les dispositifs de formation achats, lesdécalage de facturation et aux dates d’émis-litiges clients-fournisseurs, leur implication dans des démarches d’amélio-sion des factures. Soyez attentif aux sommesdéduites discrètement et vérifiez le montant du ration de la relation client-fournisseur…prix lui-même.*Article paru dans L’Usine Nouvelle du 8 mars 2012.Les entreprises peuvent saisir le Médiateur en déposant un dossier en ligne.Pour plus d’informations : http://www.mediateur.industrie.gouv.fr
  • 2. En couvertureCes PMEqu’on asphyxie Challenges publie le premier classement des grands donneurs d’ordre basé sur leurs pratiques. Edifiant ! Et un sondage sur la relation entre banques et PME.C’est la marche fu- lectif de PME décidées à mener desMEURTRES EN SÉRIEnèbre des petitesactions coup-de-poing. Sans parlerDéfaillances d’entreprises (cumul annuel)entreprises qu’on as-de ces pratiques qui consistent à65 000sassine, de sous-trai- faire payer un sous-traitant avant detants qui meurent en lui passer commande ou à s’appro-60 000silence, d’un mas- prier son savoir-faire sans aucun sacre commis dans l’indifférence. dédommagement. Quand sous- Chaque année, plusieurs dizaines de traitance rime avec maltraitance,55 000 milliers de PME disparaissent.c’est tout le tissu des entreprises qui Moins médiatiques que Fralib, peine à se structurer. Et un pays qui50 000 SeaFrance et Doux (lire Evéne-perd en compétitivité. ment, page 16), ces cohortes d’ano- Soucieux d’examiner le mal au plus 45 000 nymes tombent souvent à cause deprès, Challenges s’est associé à la grands groupes qui les pressurent Médiation interentreprises, née en 40 000 ou étirent les délais de paiement.2010 au lendemain des Etats géné-2005 06 07 08 09 10 11 12 « Et les banques ne font pas leur raux de l’industrie, afin de réaliser leSOURCE : BANQUE DE FRANCE boulot, elles nous font payer lapremier baromètre des donneurs Les retards de paiement de la partdes grands groupes fragilisent encore crise », s’emporte Patricia Koch, d’ordre avec le soutien de l’Assem-des PME déjà confrontées à la crise. une patronne qui regroupe un col- blée des chambres françaises ̈̈̈Méthodologie Le classement desinterentreprises par le réels de paiement et aux la notation, sauf pour lesdonneurs d’ordre, une cabinet Election-Europe moyens de les contrôler, entreprises n’ayant pasidée initiée grâce àdu 5 mars au 30 mai 2012au mode d’évaluation etrépondu, malgré plusieursl’association Les Journéesauprès de 120 grandes de gestion des litiges avecrelances, au questionnaire.de l’entrepreneur, a étéentreprises. Le formulaireles fournisseurs, ou à Tous nos remerciementsréalisé par la Médiationconçu en commun par la présence de clauses à Grégoire Sentilhes, sansinterentreprises, lales différents partenairesde médiation ou de labels. qui ce projet n’aurait pasCompagnie des dirigeantscomprenait dix questionsL’implication desvu le jour, et bien sûr àet acheteurs de Francerelatives aux engagements entreprises dans des Jean-Claude Volot, Pierre(CDAF), l’Assemblée des de « formation achat », dispositifs d’amélioration Pelouzet et André Marcon,chambres françaises dede présence dansde la qualité des relationsqui ont accepté de rendrecommerce et d’industrie des dispositifs declient-fournisseur, commepublique, pour la première(ACFCI) et Challenges.développement territoriauxla charte des relationsfois, une enquêteL’enquête a été menée et/ou sectoriels (pôles interentreprises ou Pactenominative et exhaustivesous la supervision des de compétitivité, clusters, PME, a également été sur les donneurs d’ordreservices de la Médiationgrappes…), aux délais prise en compte dans en France. P.-H. M.54 b CHALLENGES N°305 - 14 JUIN 2012
  • 3. Le classement des donneurs d’ordrePactePacte SociétéSecteurCharte PME Note Société SecteurCharte PME Note EXEMPLES À SUIVREASSEZ BIEN – PEUT MIEUX FAIRE1 La PosteTÉLÉCOMS, COMMUNICATION,SERVICES AUX ENTREPRISES16,8 34 LFBSANTÉ, PHARMACIE11,92 SNCFTRANSPORT16,1 35 Bouygues Construction BTP, CONSTRUCTION11,93 BongrainAGROALIMENTAIRE  16 36 IntermarchéDISTRIBUTION En cours 11,8 BIEN – À CONFIRMER37 Air liquide MATÉRIAUX (CHIMIE, PLASTURGIE)  11,64 EDF ENERGIE, ENVIRONNEMENT15,4 38 Safran AÉRONAUTIQUE, SPATIAL, ARMEMENT 11,55 Siemens FranceBIENS D’ÉQUIPEMENT15,3 39 Schneider Electric BIENS D’ÉQUIPEMENT 11,56 DanoneAGROALIMENTAIRE14,6 40 RenaultAUTOMOBILE11,57 Crédit agricole BANQUES ET ASSURANCES 14,6 41 CEAENERGIE, ENVIRONNEMENT 11,48 ThalesAÉRONAUTIQUE,SPATIAL, ARMEMENT 14,3 42 RexelDISTRIBUTION11,39 SodexoAGROALIMENTAIRE 14,3 43 Nestlé FranceAGROALIMENTAIRE 11,310 SanofiSANTÉ, PHARMACIE14,1 44 ValeoAUTOMOBILE1111 Société générale BANQUES ET ASSURANCES14 45 France Télécom TÉLÉCOMS, COMMUNICATION, SERVICES AUX ENTREPRISES 10,912 LegrandBIENS D’ÉQUIPEMENT 13,6 46 Bouygues Telecom TÉLÉCOMS, COMMUNICATION, SERVICES AUX ENTREPRISES 10,813 EADS AÉRONAUTIQUE,SPATIAL, ARMEMENT 13,5 47 Atos OriginTÉLÉCOMS, COMMUNICATION, SERVICES AUX ENTREPRISES 10,514 Alstom TRANSPORT13,4 48 Faiveley TRANSPORT10,415 DCNS AÉRONAUTIQUE,SPATIAL, ARMEMENT 13,3 49 L’OréalLUXE, COSMÉTIQUES10,416 Groupe CasinoDISTRIBUTION 13,3 50 BPCE BANQUES ET ASSURANCES10,317 PSA Peugeot CitroënAUTOMOBILE13,3 51 Institut Mérieux SANTÉ, PHARMACIE10,318 BNP ParibasBANQUES ET ASSURANCES 13 52 STEF TRANSPORT 10,319 Veolia Environnement ENERGIE, ENVIRONNEMENT 12,9 53 Zodiac Aerospace AÉRONAUTIQUE, SPATIAL, ARMEMENT10,120 STMicroelectronics BIENS D’ÉQUIPEMENT 12,9 54 Faurecia AUTOMOBILE1021 Fromagerie Bel AGROALIMENTAIRE 12,9 55 Shell France ENERGIE, ENVIRONNEMENT9,922 AlcatelTÉLÉCOMS, COMMUNICATION,SERVICES AUX ENTREPRISES 12,8 56 LafargeMATÉRIAUX (CHIMIE PLASTURGIE)9,823 Pierre Fabre SANTÉ, PHARMACIE 12,8 57 Chanel LUXE, COSMÉTIQUES 9,624 ArevaENERGIE, ENVIRONNEMENT 12,5 58 Aéroports de Paris TRANSPORT9,425 Groupe AuchanDISTRIBUTION12,4 59 Lactalis AGROALIMENTAIRE 9,426 TotalENERGIE, ENVIRONNEMENT12,3 60 PPRLUXE, COSMÉTIQUESEn cours 9,427 EiffageBTP, CONSTRUCTION 12,3 61 Yves RocherLUXE, COSMÉTIQUES 9,428 Rhodia MATÉRIAUX(CHIMIE, PLASTURGIE) 12,3 62 Publicis GroupeTÉLÉCOMS, COMMUNICATION,9AÉRONAUTIQUE,SERVICES AUX ENTREPRISES29 Dassault AviationSPATIAL, ARMEMENT 12,3 63 ThyssenKrupp MATÉRIAUX 8,930 ARaymond AUTOMOBILE 12,1 France(CHIMIE, PLASTURGIE)31 GDF Suez ENERGIE, ENVIRONNEMENT 12 64 CarrefourDISTRIBUTION8,832 Arkema MATÉRIAUX(CHIMIE, PLASTURGIE) 12 65 Air France-KLM TRANSPORT 8,633 RFFTRANSPORT 12 66 AllianzBANQUES ET ASSURANCES 8,5 67 AxaBANQUES ET ASSURANCES 8,5 MATÉRIAUXLa charte des relations interentreprises a été instaurée en février68 Eramet (CHIMIE PLASTURGIE) 8,52010. Ses signataires donneurs d’ordre prennent dix engagements69 Volkswagen FranceAUTOMOBILE8,5de « bonnes pratiques » vis-à-vis des PME. Son comité de pilotageest assuré par la Médiation interentreprises et la CDAF. 70 Hermès LUXE, COSMÉTIQUES 8,4 internationalPacte PME est une association créée en juin 2010 par de grandsgroupes français avec des PME afin de manifester leur engagement 71 Système UDISTRIBUTION8,4à partager une vision à moyen terme et faire émerger de nouvelles72 LVMH LUXE, COSMÉTIQUES 8,3entreprises « de taille intermédiaire ». MATÉRIAUX 73 Imerys (CHIMIE, PLASTURGIE) 8 ̈ 14 JUIN 2012 - CHALLENGES N°305 b 55
  • 4. En couvertureLe classement des donneurs d’ordrë̈̈ de commerce et d’industrieconseil de surveillance, m’a dit :(ACFCI). Comment les très grandes j’étais un voyou pendant long-Société Pacte entreprises traitent-elles leurs sous-temps, maintenant, je fais atten-Secteur Charte NotePMEtraitants ? Le tableau est sombre : tion », confie Jean-François Rou-DOIT PROGRESSER plus d’un tiers d’entre elles n’obtien- baud, président de la CGPME.nent pas la moyenne. Même les plusOui, les fournisseurs servent de va-74 RATPTRANSPORT   7,9puissantes, qui ne jurent plus queriables d’ajustement. Pendant la75 MichelinAUTOMOBILE7,8par la responsabilité sociétale decrise, leurs marges fondent, tandis76 Unibail-Rodamco BTP, CONSTRUCTION 7,8l’entreprise (RSE) sont à la traîne.que les multinationales augmentent77 Vinci BTP, CONSTRUCTIONEn cours 7,5La RSE ? N’est-ce pas de respecterles leurs. « Le spécialiste, c’est Fau-ses fournisseurs au même titre querecia, qui fait signer des chèques à78 BombardierTRANSPORT  7,3les salariés et les clients, commeses sous-traitants avant de les choi-79 Sonepar DISTRIBUTION7,3l’écrivait en 2009 Franck Riboud, lesir », dénonce Jean-Claude Volot.80 Accor AUTRES  7,3PDG de Danone, ajoutant : « Aucun Dans l’automobile, certains équipe-organisme ne se développe dans un mentiers sont devenus pires que les81 Pernod Ricard AGROALIMENTAIRE  7,1milieu appauvri ou dans un dé-constructeurs dont ils ont eu à subir82 Plastic OmniumAUTOMOBILE6,6sert. Il est donc de l’intérêt même les pratiques. « L’un d’eux mettait83 CNP AssurancesBANQUES ET ASSURANCESEn cours 5,8d’une entreprise de prendre soin de nos machines systématiquement84 Sodiaal Union AGROALIMENTAIRE 4,6son environnement économique et en panne quelques jours avant leursocial, de son écosystème ».règlement, raconte Daniel Hariri,85 EssoENERGIE, ENVIRONNEMENT4,6DG de Lectra, spécialiste des logi-86 NexansBIENS D’ÉQUIPEMENT4,3Variables d’ajustementciels de découpe. Nous avons donc87 Vivendi TÉLÉCOMS, COMMUNICATION, SERVICES AUX ENTREPRISES4,1Certains, comme Allianz, avouentdéveloppé un programme informa- TÉLÉCOMS, COMMUNICATION, ne pas « veiller à la responsabilitétique qui les bloque en cas de non-88 Dassault Systèmes 3,1 SERVICES AUX ENTREPRISESterritoriale » de leur entreprise oupaiement au plus tard à six jours. »ne se préoccupent pas de « réduireEt on se prend à rêver de légumes N’ONT PAS RÉPONDUles risques de dépendance réci- qui flétriraient quand les délais se-Société Secteur proque ». D’autres, tel Vinci, n’ontraient dépassés…ArcelorMittal MATÉRIAUX (CHIMIE, PLASTURGIE)pas d’interlocuteur en cas de conflitGroupe Bénéteau TRANSPORTavec un fournisseur. Bon nombre,Prise de consciencecomme Yves Rocher, ne connais-Mieux vaut compter sur une priseGroupe Bigard AGROALIMENTAIREsent pas les coûts engendrés par cesde conscience des grands groupes.BP France ENERGIE, ENVIRONNEMENTconflits. La RATP reconnaît payerLe fait que la Compagnie des diri-Capgemini TÉLÉCOMS, COMMUNICATION, SERVICES AUX ENTREPRISESparfois à plus de soixante jours, engeants et acheteurs de France seCoraDISTRIBUTIONtoute illégalité. Et elle n’est pas lasoit impliquée dans la réalisation deCrédit mutuel BANQUES ET ASSURANCESseule. « Depuis six mois, la situa- ce classement est significatif. MêmeDarty DISTRIBUTIONtion se détériore, regrette Jean- si les mauvais points distribués fe-DerichebourgENERGIE, ENVIRONNEMENTClaude Volot, le médiateur interen- ront sans doute débat le 12 juin, lorsEssilor international SANTÉ, PHARMACIEtreprises. On a reperdu les neuf àde l’assemblée annuelle de cette as-Fayat BTP, CONSTRUCTION dix jours que la loi LME nous avait sociation professionnelle, nombreGeneral Motors France AUTOMOBILEfait gagner, soit 80 milliards d’eu-de ses adhérents ont pris conscienceGroupamaBANQUES ET ASSURANCES ros à la charge des PME. » Paul qu’il valait mieux avoir des fournis-Kaufman & Broad BTP, CONSTRUCTIONRaguin, fabricant de la seule ta- seurs en bonne santé plutôt qu’enblette numérique Made in France,faillite. De grands groupes, commeGroupe LagardèreTÉLÉCOMS, COMMUNICATION, SERVICES AUX ENTREPRISESabonde : « Nous assistons à des Valeo ou Alstom Transport, ontLeclerc DISTRIBUTIONcomportements peu responsables, même remis à plat leur politiqueLeroy MerlinDISTRIBUTIONvoire sauvages, de sauve-qui-peut,d’achats dans le cadre d’un codéve-LidlDISTRIBUTIONnos entreprises servant d’amortis-loppement avec leurs fournisseurs.NexityBTP, CONSTRUCTIONseurs aux aléas que les peurs am- Près de 250 sociétés ont signé laOCP SANTÉ, PHARMACIEplifient de manière excessive. » charte des relations interentre-Sabena Technics AÉRONAUTIQUE, SPATIAL, ARMEMENT Le pire, c’est qu’il s’agit souvent prises, et beaucoup ont souscrit auSaint-GobainMATÉRIAUX (CHIMIE, PLASTURGIE)d’une stratégie délibérée de la partpacte PME. Mais il y a du cheminServier SANTÉ, PHARMACIEde directeurs financiers soucieux de entre la réalité et les bonnes inten-SKF FranceBIENS D’ÉQUIPEMENTdégager du cash au moment d’arrê- tions. « Nous devrions avoir centSpieBTP, CONSTRUCTION ter les comptes, ou de responsables fois plus de dossiers de réclama-Suez EnvironnementENERGIE, ENVIRONNEMENTdes achats dont la rémunération va- tion », reconnaît Benoist Cirotteau,Technicolor TÉLÉCOMS, COMMUNICATION, SERVICES AUX ENTREPRISESriable est basée sur la seule baissel’un des médiateurs bénévoles quides prix. Pourquoi Schneider tire-t-ilépaulent Jean-Claude Volot. La peurTechnip ENERGIE, ENVIRONNEMENTau maximum sur les délais, alorsdu gendarme, ou au minimum d’unTereosAGROALIMENTAIREqu’ailleurs, en Allemagne par mauvais classement, est une façonTerrena AGROALIMENTAIREexemple, il paie à trente jours ? de faire évoluer les mentalités. Dou-Vallourec BIENS D’ÉQUIPEMENT« Henri Lachmann, qui préside lecement. Kira Mitrofanoff56 b CHALLENGES N°305 - 14 JUIN 2012
  • 5. Bruno Levy pour Challenges Jean-Claude Volot et Pierre Pelouzet, le 22 mai, à Paris. Ils sont à l’origine de cette étude nominative sur les donneurs d’ordre en France. Un pas vers la mise mon optimisme sur la réelle prise en compte de ces problématiques par les grandes entreprises. en place d’un label Les directeurs d’achats vont-ils apprécier de se voir attribuer des mauvais points ? P. P. Je suis convaincu que ce clas- sement produira des effets positifs J ean-Claude Volot, médiateursommes en mesure de distribuer les bien plus importants que les éven- national des relations inter-bons et les mauvais points aux pra-tuels grincements de dents des en- entreprises, et Pierre Pelou-tiques d’achat de plus de 100 grandestreprises qui seront situées en bas zet, directeur des achats à la entreprises françaises.de tableau. Celles qui ont de bonnes SNCF et président de la CompagniePierre Pelouzet. En tant que directeur notes vont générer un effet d’entraî- des dirigeants et acheteurs de d’achats, mon intérêt est d’avoir des « Lesnement. Les dernières prendront France (CDAF), réagissent au clas- fournisseurs en bonne santé, et non entreprisesconscience qu’elles ont une marge sement de bonne conduite des don-pas de faire des économies sur mes de progrès qui s’ouvre devant elles. neurs d’ordre qu’ils ont coréalisé.partenaires, au risque de les pousser qui ontRappelons aussi que les acheteurs Challenges. En quoi votre classement à la faillite. Cette vision équilibrée et de bonnessont loin d’être les seules personnes est-il novateur ?partagée s’était déjà concrétisée notes vont impliquées dans les relations avec Jean-Claude Volot. Cette initiative iné- lorsque nous avions fait signer auxles fournisseurs ! dite correspond à la dynamique degrandes entreprises – aujourd’hui augénérerJ.-C. V. Le classement n’est pas une la Médiation interentreprises tellenombre de 245 – la charte des rela- un effet fin en soi. C’est un nouveau pas vers qu’elle a été créée dans la foulée des tions interentreprises. Pourtant, une d’entraî-la mise en place d’un label d’ache- états généraux de l’industrie. Per-question s’est rapidement posée :teur responsable, un processus que sonnellement, j’ai toujours crucomment s’assurer que ces prin- nement nous avons déjà engagé avec qu’une relation devait s’envisager à cipes soient véritablement respectésvis-à-visl’agence Vigeo, l’Afnor et l’ISO. deux, c’est le cas en couple comme par les entreprises ? Comment faire desP. P. Notons que le questionnaire qui en affaires. Le couple donneur en sorte que ceux qui travaillent en a permis de faire le classement, d’ordre-fournisseur doit avoir dedehors et à l’intérieur de la chaînedernières. » comme celui devant aboutir au la- bonnes pratiques, c’est ce à quoides achats prennent conscience debel, a été coécrit avec des directeurs nous veillons tous les jours. Aprèsces exigences ? Le taux très élevé ded’achats. A mon niveau, la SNCF deux ans d’expérience, nousréponses – plus de 80 % – conforte s’est déjà portée candidate ̈̈̈ 14 JUIN 2012 - CHALLENGES N°305 b 57
  • 6. En couverture10 ABUS̈̈̈ pour tester le nouveau label. ment à l’étranger afin d’échapper àQuarante autres signataires pour- la loi française restent des clas-raient suivre.siques de certaines directions finan- TRÈSChallenges. La crise a-t-elle jouécières. Tout cela est contre-produc-un rôle dans la dégradation tif, les directeurs d’achats ont mieuxdes relations entre les grandes à proposer que ces actions court- RÉPANDUSet les petites entreprises ?termistes.Jean-Claude Volot. La Médiation La loi LME fixe les délaisinterentreprises est devenue l’en-de paiement entre 45 et 60 jours.droit qui recueille les ressentiments,Est-ce envisageable d’abaisserles dénonciations et les coups de le plafond à 30 jours, comme Certaines pratiques,gueule. Il est clair que les PMEavaient besoin d’écoute. Avec lal’a suggéré François Hollande ?J.-C. V. Les délais se sont détériorés délibérées, des donneurscrise, certains directeurs financiersde 9 à 10 jours ces six derniers mois.d’ordre minent les financesont voulu faire du zèle auprès deleur PDG, en montrant qu’ils garan-Schneider Electric paie ses fournis-seurs allemands à 30 jours et lesde leurs fournisseurs.tissaient la trésorerie de l’entreprise français à 90 jours, voire plus ! CetteMmême dans la tempête. La pression situation est intolérable, même si un algré les lois et les promesses, lesest devenue insoutenable pour les coup de fil de la Médiation suffit àgrandes entreprises ne manquentsous-traitants et fournisseurs. rectifier le tir. Le problème n’est paspas d’imagination pour tordre lePierre Pelouzet. Avec la terrible an- tant de changer la loi que de revenir bras de leurs fournisseurs, les met-née 2009, certains directeurs sur certaines dérogations qui ont été tant ainsi en situation de grande fragilité. Desd’achats ont tout fait pour préserver accordées, notamment au secteur « astuces » qui minent le tissu des PME. Désor-leurs fournisseurs. D’autres se sontde la grande distribution. Elles ontmais, avant d’envoyer un recommandé de misedemandé comment tirer économi-été prorogées de trois ans justeen demeure, les fournisseurs ont la possibilitéquement parti de la situation.avant les élections. Nous l’avons de contacter le médiateur de façon anonyme etQuels sont les secteurs ressenti comme un coup de poi-gratuite sur le site Mediateur.industrie.gouv.fr.où les pratiques n’ont pas changé ? gnard dans le dos.J.-C. V. Les pires pratiques, on lesP. P. L’important est d’aligner toutesNon-respect des délais de paiementtrouve toujours dans trois secteurs : les entreprises sur le même régime,l’automobile, le luxe et la grandequelle que soit leur position dans laRetards de paiement des entreprises en France (en jours)distribution. Mais les positions bou- chaîne de fournisseurs. Il faut aussi 13gent. Faurecia a toujours des mé- tenir compte de ce qui se fait à l’in-thodes répréhensibles, alors queternational, où les délais de paie-Valeo est devenu plus responsable.ment sont de plus en plus courts. Si 12,5Voir les géants du luxe, secteur où les autres y arrivent, je ne vois pasl’on n’est jamais assez riche, ré-pourquoi nous n’en serions pas ca-pondre à notre questionnaire estpables.12aussi un signe positif. Faut-il aller plus loin dansEt la grande distribution ? la répression ?J.-C. V. C’est toujours le musée desJ.-C. V. Je milite pour une plus 11,5horreurs. Chez Leclerc, l’hypocrisiegrande pénalisation. Pour moi, cer-est absolue. Cette entreprise metaines de ces pratiques s’assimilentdésespère à cause de son mensonge à du vol.11permanent, de ce discours sur leP. P. L’arsenal législatif et réglemen- 2005 06 0708091011combat contre l’inflation. Mais je netaire est déjà conséquent, faisons enSOURCE : RAPPORT ANNUEL DE L’OBSERVATOIRE DES DÉLAIS DE PAIEMENT (EXERCICE 2011)me fais pas de souci, Leclerc vasorte de mieux le faire connaître etbientôt rentrer dans une période où de bien l’utiliser. Les fautifs doivent Plus de 90 % des entreprises, tous secteursson jeu va devoir s’arrêter. Commepayer les pénalités déjà prévues parconfondus, subissent des retards de règlementCasino ou Carrefour, il est dans sonla loi. de leurs clients, au-delà du délai légal. Les rai-intérêt de revoir ses relations avecLa Médiation interentreprises sons et les motifs sont divers : délocalisation desles fournisseurs. Intermarché et Sys- va-t-elle survivre à l’alternance ? services achat à l’étranger, retard volontaire detème U l’ont déjà fait, en donnantJ.-C. V. Je l’espère bien. D’autant que facturation. Ainsi, les PME font office de « ban-leur accord pour signer la charte des nous sommes engagés dans d’autres quiers » vis-à-vis de leurs donneurs d’ordre.relations interentreprises. missions, notamment la formationP. P. Veillons à ne pas stigmatiser tel de 400 experts afin de faciliter l’ex- Rupture brutale de contratou tel secteur. Les bonnes commeportation des PME françaises. LaLe client instaure de nouveaux critères dans sales mauvaises pratiques existentMédiation interentreprises a un in- politique d’achat, comme la rationalisation dupartout. Le coup de la panne infor- térêt général qui dépasse de loin les panel fournisseurs, ce qui modifie brutalementmatique pour rallonger de quinzequestions partisanes. le rapport commercial avec son partenaire sansjours le délai de paiement ou la dé-Propos recueillis par Jeanne Dussueil tenir compte de l’historique de cette relation, nilocalisation des centres de paie- et Pierre-Henri de Menthondu taux de dépendance du sous-traitant.58 b CHALLENGES N°305 - 14 JUIN 2012
  • 7. Détournementde propriété intellectuelle Focus sur les pratiques dansLe sous-traitant est empêché de déposer un bre-vet, et doit céder toute sa création de manièreexclusive et gratuite à son client. Cela se pra- quatre secteurstique parfois au stade de l’appel d’offres, doncen amont du contrat, sans accord de confidenti-alité entre les parties.Conditions contractuelles imposéesDes contrats notoirement déséquilibrés entreles droits et les obligations des deux partiesLe public montre l’exemple, quandsont établis aux dépens du fournisseur évidem-la distribution, l’automobile et le luxement, avec des responsabilités pesant unique-ment sur ce dernier. conservent de mauvaises habitudes.Modifications unilatérales du contrat DISTRIBUTIONUne partie, la plus forte bien sûr, modifie lesrègles comme le volume des commandes ou lesprix d’achat pendant l’exécution du contrat.Contrat à prix ferme sans priseen compte des fluctuationsdes prix des matières premièresIl n’existe pas toujours de clause de révisiondans le contrat de vente, et quand les cours desmatières premières flambent, avec des haussesPierre Bessard/Réade 20 à 30 % en quelques jours, les conséquencespeuvent être dramatiques pour le fournisseur.Pénalités de retard abusivesRetards de livraison, de production de docu- Dans une centrale d’achats Leclerc. Le distributeur collectionne les plaintes.ments… Et les pénalités tombent. Elles peuvent Areprésenter jusqu’à 60 % d’un marché, ce qui la Médiation interentreprises, on parle BIEN,conduit l’entreprise à travailler à perte. La loi, À CONFIRMER de la distribution comme d’un « muséepourtant, sanctionne cette pratique. des horreurs ». Un musée bien vivant, 13,3Casino où l’on innove à tous les rayons. Cette année, leActivités non rémunérées 12,4groupement d’achats des centres Leclerc, leFrais de R&D, de conception de logiciels, Auchan Galec, a imaginé un nouveau contrat pour sesd’études, de moules et d’outillage à la charge dufournisseurs : ils doivent désormais assurer sursous-traitant, qui est censé pouvoir amortir cesASSEZ BIEN,papier que « les clauses sont équitables » etinvestissements sur la commande promise. Or,PEUT MIEUX qu’elles « ont été négociées de bonne foi et sans FAIREparfois, les volumes ne le permettent pas. Ou, aucune soumission de l’un à l’autre ». Ils sontpis, aucune commande n’est passée.11,8 sommés de s’engager à « défendre le contratIntermarché11,3 dans toutes les procédures ».Absence ou manque RexelCe nouvel épisode ne devrait pas passer ina-de visibilité sur les commandes8,8 perçu à la Direction générale de la concur-Dans l’industrie notamment, la pratique des Carrefourrence, de la consommation et de la répressioncommandes ouvertes est courante. Celles-ci ar- 8,4 des fraudes (DGCCRF), qui a Leclerc dans sarivent au fur et à mesure d’un plan prévisionnel Système U ligne de mire. En 2008, cette direction de Bercyglissant, parfois avec des exigences de délaisDOIT l’a assigné – ainsi que huit autres distribu-inférieurs à un mois. Des annulations non in-PROGRESSERteurs – devant les tribunaux pour avoir « perçudemnisées ou un non-respect des prévisions 7,3 des marges arrière indues » sur les produitssont aussi fréquents.Sonepar fournis par 28 de ses fournisseurs. Le Galec réclamait des produits gratuits ou des condi-Autofacturation par le clientN’A PAS tions exceptionnelles en échange d’une mise enComme la loi l’y autorise, c’est le client qui fac- RÉPONDUavant de la marque en rayon. Condamné enture. Puisqu’il a la maîtrise du moment de l’émis-Cora novembre 2009 par la cour d’appel de Ver-sion, il peut être conduit à retarder sa facture,Darty sailles à restituer 23,3 millions d’euros à sesLeclercparfois de quelques jours seulement, mais celaLeroy Merlin fournisseurs, Leclerc l’a de nouveau été enpeut créer des trous de trésorerie importants Lidl novembre 2011, cette fois à 1 million d’euros,chez son fournisseur.K. M. (NOTE SUR 20) en raison de ses mauvaises pratiques.S. B. ̈ 14 JUIN 2012 - CHALLENGES N°305 b 59
  • 8. En couvertureAUTOMOBILESECTEUR PUBLIC Lydie Lecarpentier/RéaHamilton/RéaDans une usine Valeo. L’équipementier est engagé sur la bonne voie. Dans un bureau de poste. L’opérateur domine le classement. SLous pression des constructeurs, les EXEMPLES a Poste, la SNCF et EDF : les entre-BIEN, sous-traitants automobiles ont prises publiques, peut-être parceÀ CONFIRMERÀ SUIVRElongtemps reporté cette tension sur16,8qu’elles sont plus surveillées et ont 13,3PSAleurs fournisseurs. Un monde sans pitiéLa Posteencore dans leurs gènes l’intérêt général, Peugeot Citroën où Valeo traînait la réputation d’un don- 16,1 respectent leurs fournisseurs. Elles sont 12,1neur d’ordre impitoyable. Arrivé de Saint-SNCF aussi plus encadrées lorsqu’il s’agit de pas- ARaymondGobain en 2009, son directeur général, ser des appels d’offres. Pas question deBIEN, Jacques Aschenbroich, a voulu changerÀ CONFIRMER prendre le risque de privilégier tel ou tel, ASSEZ BIEN, PEUT MIEUXde culture : « Nous sommes aussi faibles 15,4c’est le mieux-disant qui est retenu. Pas deFAIREque le plus petit et le plus faible de nos EDF chance pour La Poste, il y a eu en 201011,5 fournisseurs. » Sous son impulsion,14,6cette affaire des scooters Kymco préférés Renault Valeo a signé la charte des relations inte- Thales à des deux-roues Peugeot, au moment 11rentreprises et publié, il y a quelques se-13,3même où le constructeur français suppri-Valeomaines, un manuel de bonnes pratiques à DCNS mait des emplois dans cette activité. 10 12,5Faurecia l’attention de ses équipes. Les conditions L’affaire, qui a outré nombre de parlemen- générales d’achat ont été revues et une Arevataires, a occulté la politique du groupe à 8,5 12 Volkswagenorganisation plus centralisée barre la l’égard de ses 25 000 fournisseurs. RFF Franceroute aux acheteurs trop zélés.« Dès 2004, nous avons signé le pacte « La pression sur les prix continue ASSEZ BIEN,PME par lequel nous identifions et ap- DOITd’exister, elle est nécessaire pour que lespuyons les entreprises innovantes, ex-PROGRESSER PEUT MIEUX voitures restent accessibles, explique FAIRE plique Antoine Doussaint, le directeur des 7,8Michelin Jacques Bailly, directeur des achats du 11,5 achats. C’est une véritable stratégie, car 6,6 groupe. Mais plutôt qu’une logique deSafrannous sommes convaincus que l’écosys- Plastic Omniumbaisse de prix pure et dure, nous tentons 11,4 tème de nos sous-traitants est un gise- CEA d’identifier avec nos fournisseurs desment très riche d’innovations que nousN’A PAS9,4 RÉPONDU pistes d’économies dans lesquelles tout le Aéroports pouvons partager avec eux. » Concrète- General Motorsmonde se retrouve. » A la Médiation inter-de Paris ment, les 1 000 sous-traitants dans le trans-France rentreprises, on salue le travail accompli. 8,6port sont déjà payés à trente jours et(NOTE SUR 20)« Il y a une volonté réelle d’en finir avecAir France-KLM La Poste, qui milite pour un small bu- le rapport de forces, estime Françoise siness act, se dit prête à généraliser immé- Odolant, chargée de mission au sein deDOIT diatement ce délai à tous ses fournisseurs. cet organisme. Mais malgré la démarche PROGRESSERL’opérateur public y trouve son intérêt : il positive de la direction, on constate tout7,9récupère les meilleurs partenaires et les RATP de même une certaine inertie. Beaucoup5,8retient durablement. L’enjeu est d’impor- de fournisseurs ont encore entre les CNP Assurancestance : La Poste passe chaque année pour mains d’anciennes versions des condi-(NOTE SUR 20) 3,5 milliards d’euros d’achats, pour 5,5 mil- tions générales d’achat. »H. B.liards si l’on englobe les filiales.J.-F. A.60 b CHALLENGES N°305 - 14 JUIN 2012
  • 9. LUXE ET COSMÉTIQUESFOURNISSEURSSOUS PRESSIONSelon notre sondage, le chantagesur les délais de paiement auprèsdes sous-traitants s’amplifie.En tant que sous-traitant, estimez-vous subir despressions de la part des donneurs d’ordre ?MAI 2012MAI 2011Fortes pressions Photo PQR/Le Progrès 57% 25 %Plutôt faibles67%19 %18 % Aucune pression14 %Dans un atelier de Lejaby, repris par LVMH. Le luxe est à la traîne. Parmi les critères suivants, quels sont ceux sur lesquels C ASSEZ BIEN, ’était en pleine campagne électo-vous subissez le plus de pression ? PEUT MIEUXrale. LVMH, numéro un mondial du MAI 2012 MAI 2011FAIREluxe, venait au secours de Lejaby, 10,4L’Oréal une usine textile de 85 salariés. Une façon 80 %Prix9,6 de rappeler que le groupe, qui ne réalise que 12 % de son activité en France, y 80 %Chanel concentre 40 % de ses investissements.9,4PPRLejaby, nouveau fournisseur de Louis Vuit-60 % Qualité9,4ton, sera-t-il bien traité ? A voir. Car cette71 %Yves Rocherindustrie n’a pas la réputation d’être aux8,4petits soins avec ses PME et Jean-Claude 54 %DélaisHermès8,3 Volot, le médiateur interentreprises, n’est 64 % LVMHpas tendre lorsqu’il évoque les habitudes(NOTE SUR 20)du secteur. Notre classement confirme que le luxe, vitrine de l’excellence fran- 38 % Délais depaiement çaise, n’a pas toujours de bons comporte- 33 % ments à l’égard de ses sous-traitants. Aucune des entreprises interrogées ne23 %Ristournes supplémentaires paie à moins de quarante-cinq jours. Et si 18 % elles disposent en interne d’un médiateur,Enquête réalisée par OpinionWay entre le 16 et le 25 mai 2012 seul Chanel accepte d’avouer publique- auprès d’un échantillon représentatif de 301 dirigeants d’entreprises ment avoir eu des contentieux à régler dont le chiffre d’affaires est compris entre 15 et 500 millions d’euros. avec des fournisseurs. Pourtant, le tissu de PME françaises qui travaillent pour nosSelon une enquête réalisée par OpinionWay pour l’Obser- géants du luxe est fragile. D’après l’Institut vatoire Banque Palatine de la performance des PME-ETI, français de la mode, 10 à 15 % des effectifs la pression a un peu diminué depuis un an sur les sous- de ces entreprises disparaissent chaquetraitants. Mais ils sont toujours une large majorité à estimer année. En 2010, le ministère de l’Industriesubir de fortes pressions de la part de leurs donneurs a tenté de mieux encadrer le rapport entre d’ordre. A noter que ces derniers sont de plus en plus donneurs d’ordre et façonniers du luxe.étrangers, puisque la part des clients internationaux des Une charte de bonne conduite a été rédi- sous-traitants français est passée de 30 à 39 % en un an. gée. Ce texte prévoit notamment un préa- Comme en mai 2011, la pression porte encore et toujours vis avant une rupture de contrat, dessur les prix. Le nombre de dirigeants points réguliers sur les commandes et desd’entreprises sous-traitantes de taille délais de paiement raccourcis à… trentemoyenne ou intermédiaire à se jours. Mais Chanel, LVMH, PPR ou Her-plaindre d’une détérioration des délais mès ont refusé de signer. T. D.de paiement a augmenté. ̈ 14 JUIN 2012 - CHALLENGES N°305 b 61
  • 10. En couverture Entre banques et PME, la relation reste tendueComme le montre le premier baromètre EvalBank, les patrons des petites entreprises sont plutôt satisfaits de leur établissement. Mais ils déplorent toujours leurs conditions tarifaires. Le sujet n’était pas aua… Vous nous aidez à créer desARGENT PLUS CHER20-Heures. Mais emplois ? » Et la banque d’afficherTaux des crédits aux entreprises (en %)juste avant, coincé sur petit écran ses mérites : 9,2 mil-7entre la météo et celiards d’euros de nouveaux prêtsdébut de soirée deaccordés l’an dernier, hausse glo-6résultats du premierbale des crédits de 4,3 %… Quelquestour de la présidentielle, le 22 avril. jours plus tard, la Société générale5Hasard ? A 19 h 56 pétantes, surlui emboîtait le pas, avec une publi-TF 1, un spot BNP Paribas fait défi- cité dans la presse : 8 834 créations PME4ler une kyrielle de patrons de PME. d’entreprises financées sur un an,« Ma machine m’a lâché. Le crédit 93 % de clients satisfaits… et même 3pour en acheter une autre, je l’au- un tiers de clients fidèles depuisrai quand ? » s’impatiente un me- plus de dix ans. N’en jetez plus !2nuisier. « Pendant la crise, vous Ultimes effets de manches d’uneprêtez aux grandes sociétés. Mais industrie aux abois, cette « finance 1 Grandes entreprisesma trésorerie à moi, vous y pen-sans visage » stigmatisée par le nou-2007 080910 11 12sez ? » tacle une pâtissière, tandisveau pouvoir ? Ou vain plaidoyer surSOURCE : BANQUE DE FRANCEqu’une jeune patronne, campée un engagement dans l’économie Les banques font des conditionsdans son laboratoire high-tech, a ceréelle ? Fin mai, dans Le Journal dubeaucoup plus intéressantes auxcri du cœur : « Ici, du boulot, il y en dimanche, Arnaud Montebourg, mi-grandes entreprises qu’aux PME. MéthodologiePour réaliser ce premieret de services Treso PME etpropension de la banque PME. C’est la « cote d’amour ».baromètre EvalBank des Deledalle ACF, cet échantillon à récompenser ses clients Au final, les dix établissementsrelations banques-PME, est représentatif de cette fidèles… D’autre part, desont été classés en fonctionla société de conseil PI-R2population aussi bien en termesquestions liées à la tarification d’une note globale, issue deAlliance-PMEBank a interrogé engéographiques que sectoriels.(qualité et transparence desla moyenne des quatre notesligne, du 24 avril au 29 mai, en L’enquête était composée deinformations, rapport entre précédentes.T.-D. N.collaboration avec l’Assemblée treize questions qui ont ensuite le prix payé et le service offert),des chambres françaisesété regroupées. D’une part, desou encore à l’accès au créditde commerce et d’industrie questions relatives à la qualité (délais d’obtention, bonne(ACFCI), 1 269 dirigeants de de la relation avec la banquecompréhension du métier et dePME ou de TPE françaises,et son conseiller clientèle :la problématique du client…).non filiales de grands groupes.horaires d’ouverture deEnfin, les entreprises ont étéConçu avec le réseau d’experts-l’agence, accessibilité et interrogées pour savoir si ellescomptables Eurus (www.eurus. disponibilité du conseiller, recommanderaient ou nonfr) et les sociétés de conseil qualité des services en ligne, leur(s) banque(s) à d’autres62 b CHALLENGES N°305 - 14 JUIN 2012
  • 11. rait-ce que parce qu’elles ont aussiBAROMÈTRE EVALBANK SUR LES RELATIONS BANQUES-PME besoin de cette clientèle ! Mais la relation est tendue pour les très BANQUE RELATION ACCÈSTARIFICATION COTENOTEpetites entreprises. » Et ce n’est pasGLOBALE AU CRÉDITD’AMOURGLOBALEl’écart persistant avec les grands groupes sur les taux de financement 1 Crédit du Nord 13,513,2 10,6 14 12,8 (voir graphique) qui va inciter les PME à mettre de l’eau dans leur vin. 2 HSBC 13,112,7 11,412,912,5Ce sont d’ailleurs celles de moins de 750 000 euros de chiffre d’affaires 3 CIC12,912,4 10,212,412,3qui notent le plus sévèrement leurs banques. Y compris certains bons 4 Crédit mutuel12,912,4 10,813,112,3élèves, comme la Société générale, qui affiche une « cote d’amour » 5 Société générale 12,612,3 1112,312sous la moyenne sur ce segment. 6 LCL12,512,1 1111,911,9Rapports désincarnés « La crise a révélé qu’il fallait tra- 7 Banque populaire 12,311,9 9,912 11,5vailler le sujet, avoue Jean-Paul Barbet, patron du marché des entre- 8 Crédit agricole12,111,8 1011,911,4prises à la Société générale. Depuis un an, nous y consacrons de vrais 9 Caisse d’épargne11 10,9 9,7 10,310,4moyens et beaucoup d’énergie. » Entre autres, une charte, où elle 10 BNP Paribas 11,410,5 8,8 10,610,3s’engage à fournir le mêmeNOTE SUR 20SOURCE : EVALBANK conseiller pendant quatre ans (trois ans auparavant), et mieux formé.nistre du Redressement productif,l’Assemblée des chambres fran-HSBC propose depuis 2010 des rela-épinglait « le pouvoir excessif de laçaises de commerce et d’industrie tionship managers internationauxfinance sur les entreprises ».(ACFCI), qui a participé à l’élabora- ès PME. Son solide réseau à l’étran-Si le dernier baromètre KPMG/tion du classement Challenges-Eval- ger explique sa bonne cote. MêmeCGPME sur le financement des Bank (lire méthodologie). mobilisation à BNP Paribas – der-PME, publié mi-avril, fait état d’un La crise aurait-elle réduit la discus-nière du classement –, qui a annon-pessimisme moindre chez ces pa-sion avec son banquier à un dialo-cé des mesures fin mai : création detrons, leur relation avec le banquiergue de sourds ? Pas totalement. « maisons des entrepreneurs » et dereste tendue. Plus de deux sur trois Selon cette enquête menée auprèspôles d’innovation, délais de ré-Ludovic/Réaconstatent au moins une mesure dede plus de 1 200 dirigeants d’entre-ponses raccourcis…durcissement des conditions de cré-prise, ceux-ci sont plutôt… contents« Avant, la relation bancaire étaitdits : frais plus élevés, montants de leur établissement. « Aucune des un rapport de confiance, d’hommeplus faibles, garanties supplémen- banques ne récolte une note globale à homme. Aujourd’hui, dans lestaires… Et parmi ceux qui ont ramé inférieure à la moyenne », étaie Mi-« Lesgrands réseaux, elle est désincar-pour décrocher des facilités et bou- chel Dubois d’Enghien, directeur debanquesnée. Tout se décide à coups de ra-cler leur exploitation courante – un PI-R2 Alliance, société de conseil rechignent tios et de grilles », fustige Andrépatron de PME sur cinq, selon unevisant à renouer les liens entre la Marcon. Une distance qui peut jouerétude Oséo de janvier 2012 –, la moi-banque et l’entreprise, à l’origine deà financeren faveur du Crédit mutuel ou dutié a essuyé un refus pour cause l’outil EvalBank. Plus étonnant en-un projetCrédit du Nord, où, plaide le direc-d’activité ou de perspectives de core, parmi les doléances des PME, dont teur du marché des entreprises,développement insuffisantes.l’accès au crédit arrive en dernier.Alexandre Beziaud, « la taille de Un sentiment d’embellie que confir-le retourcertaines de nos banques fait que lePlus difficile pour les TPE ment les chiffres de la Banque desur investis-patron de PME est face à un autre« Aujourd’hui, si les banques fonc-France : en mars, les encours de cré-sement patron de PME ». Mais qui nourrittionnent encore avec les PME sur dits mobilisés des PME ont progres- surtout le scepticisme. Aujourd’hui,des métiers traditionnels – l’inves- sé de 4,7 % en rythme annuel, contren’est passelon l’enquête KPMG/CGPME, 27 %tissement productif, notamment –,3,3 % pour les grands groupes. immédiat. »des patrons de PME s’autocensu-elles rechignent à financer un pro- Jean-François Roubaud, présidentrent encore dans leurs demandes dejet dont le retour sur investisse- de la Confédération générale des André Marcon,crédit. Alors, sursaut salutaire ouprésidentment n’est pas immédiat – commePME (CGPME), analyse, lucide : de l’ACFCI.(trop) tardif des banquiers ? Dans led’envoyer un commercial à l’étran- « L’accès au prêt n’est pas le sujet. fameux spot BNP Paribas, ce petitger dans l’espoir de décrocher unLa majorité des banques ont com-patron du BTP à l’allure décidée metcontrat dans un ou deux ans », dé- pris leur devoir politique et conti-en garde : « Les promesses sont à lanonce André Marcon, président de nuent à financer les PME, ne se- mode… »Thuy-Diep Nguyen 14 JUIN 2012 - CHALLENGES N°305 b 63
  • Fly UP