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Synthèse Green Forum 2011

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D’ici à 2030, l’humanité aura besoin de la capacité de deux planètes Terre pour absorber ses émissions de CO2 et suivre le rythme de l’exploitation des ressources naturelles si nous conservons notre rythme de développement actuel.
Notre modèle de développement montre ses limites et la transformation écologique de l’économie, de nos emplois et plus largement de notre société
est aujourd’hui une nécessité.

Cette mutation est d’ores et déjà enclenchée comme en témoignent l’explosion des « green technologies », la prise de conscience citoyenne mondiale ou encore l’intégration systématique de la protection de l’environnement par les grandes entreprises et les acteurs institutionnels dans leur stratégie.
Néanmoins, cette transition économique est souvent décriée comme destructrice d’activités économiques et d’emplois, voir de régressions sociales. Dans un contexte de crise économique, sociale et écologique qui ne cesse de croître, et avec la conscience aigüe que tout est lié, le WWF France a souhaité engager cette réflexion en réunissant l’ensemble des acteurs concernés les 6 et 7 octobre 2011 dans le cadre du 1er Green Forum WWF
(anciennement Université de la rentrée du WWF France) dont le thème était

« La (re) conversion écologique de l’économie sera-t-elle source d’emplois ? »

Afin de répondre à cette question stratégique pour les années à venir, le WWF a réuni l’ensemble des acteurs concernés. Economistes, sociologues, experts, syndicalistes, journalistes, responsables d’ONG, élus, banquiers et industriels afin d’échanger et de débattre, en interaction avec le public, pour proposer des solutions concrètes et durables à une transition écologique de l’économie permettant l’émergence de nouveaux emplois.
Le Green Forum est une action commune et transversale qui a pour objectif, à l’aube d’élections déterminantes pour la France, de nourrir la réflexion des futurs candidats en leur apportant le fruit de cette réflexion concertée.
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  • 1. GREENFORUM2011La (re) conversion écologique de l’économiesera-t-elle source d’emplois ?SYNTHÈSE DES ÉCHANGES DU GREEN FORUM 2011 / 06 / 07 octobre
  • 2. WWFLe WWF est l’une des toutes premières organisations indépendantes de protection de l’environnementdans le monde. Avec un réseau actif dans plus de 100 pays et fort du soutien de 5 millions de membres, leWWF œuvre pour mettre un frein à la dégradation de l’environnement naturel de la planète et construire unavenir où les humains vivent en harmonie avec la nature, en conservant la diversité biologique mondiale, enassurant une utilisation soutenable des ressources naturelles renouvelables et en faisant la promotion de laréduction de la pollution et du gaspillage.En 2011, le WWF fête ses 50 ans.Depuis 1973, le WWF France agit au quotidien afin d’offrir aux générations futures une planète vivante.Avec ses bénévoles et le soutien de ses 180 000 donateurs, le WWF France mène des actions concrètes poursauvegarder les milieux naturels et leurs espèces, assurer la promotion de modes de vie durables, formerles décideurs, accompagner les entreprises dans la réduction de leur empreinte écologique et éduquer lesjeunes publics. Mais pour que le changement soit acceptable il ne peut passer que par le respect de chacuneet chacun. C’est la raison pour laquelle la philosophie du WWF est fondée sur le dialogue et l’action. Depuisdécembre 2009, la navigatrice Isabelle Autissier est présidente du WWF France.REMERCIEMENTS :Isabelle Autissier , Présidente du WWF France et Serge Orru, Directeur Général du WWF Franceremercient l’ensemble des intervenants, les participants, les animateurs des tables rondes ainsi queles partenaires du Green Forum 2011,Et enfin, Madame Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable,des transports et du logement pour avoir accordé son haut patronage à cet évènement.© Concept & design by © ArthurSteenHorneAdamson© 1986 Panda Symbol WWF - World Wide Fund For nature (Formerly WorldWildlife Fund)® “WWF” & “living planet” are WWF Registered Trademarks / “WWF” & “Pour uneplanète vivante” sont des marques déposées.WWF France. 1 carrefour de Longchamp. 75016 Paris. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 2
  • 3. SOMMAIREDISCOURS D’INTRODUCTION pAR ISAbELLE AUTISSIER, pRÉSIDENTE DU wwF FRANCE 5EMpLOIS vERTS ET ÉCO-ACTIvITÉS, DÉFINITIONS ET GRANDES TENDANCES 8LA TRANSITION ÉCOLOGIqUE DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, LES NOUvELLES OppORTUNITÉS ET EMpLOIS ASSOCIÉS 11LA TRANSITION ÉCOLOGIqUE, UN DÉFI pOUR LE TRAvAIL ET L’EMpLOI 14FOCUS SUR L’ÉCONOMIE vERTE, pOINT SUR LE G20 MINISTÉRIEL SUR L’EMpLOI,17pERSpECTIvES pOUR LE SOMMET DES CHEFS D’ETAT à CANNESqUELS ENSEIGNEMENTS TIRER DES RECONvERSIONS ÉCONOMIqUES vERTUEUSES, vERTES ET pORTEUSES20D’EMpLOIS RÉUSSIES ?SYNDICATS, pATRONATS ET pOUvOIRS pUbLICS, COMMENT ANTICIpENT-ILS LA MUTATION DE L’ÉCONOMIE 22AFIN DE pRÉpARER L’AvENIR DES EMpLOIS ?LE GRAND TÉMOIN DE LA jOURNÉE 24L’INNOvATION SOUS TOUTES SES FORMES, bASE D’UNE NOUvELLE ÉCONOMIE ET DES EMpLOIS ASSOCIÉS26LA TRANSITION SOCIAL-ÉCOLOGIqUE, COMMENT ? DÉCOUpLAGES, NOUvELLES MESURES DU bIEN-êTRE31ET jUSTICE ENvIRONNEMENTALECOMMENT LES ENTREpRISES DU SECTEUR DES TRANSpORTS DOIvENT-ELLES ANTICIpER LA TRANSITION36ÉCOLOGIqUE DE L’ÉCONOMIE AFIN DE SURvIvRE ET D’ASSURER UN EMpLOI à LEURS SALARIÉS ?DISCOURS DE CLôTURE pAR SERGE ORRU, DIRECTEUR GÉNÉRAL DU wwF FRANCE40pRÉSENTATION DE L’INSTITUT DE FORMATION DU wwF FRANCE42Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 3
  • 4. INTRODUCTION D’ici à 2030, l’humanité aura besoin de la capacité de deux planètes Terre pour absorber ses émissions de CO2 et suivre le rythme de l’exploitation des ressources naturelles si nous conservons notre rythme de développement actuel1. Notre modèle de développement montre ses limites et latransformation écologique de l’économie, de nos emplois et plus largement de notre sociétéest aujourd’hui une nécessité.Cette mutation est d’ores et déjà enclenchée comme en témoignent l’explosion des« green technologies », la prise de conscience citoyenne mondiale ou encore l’intégrationsystématique de la protection de l’environnement par les grandes entreprises et les acteursinstitutionnels dans leur stratégie.Néanmoins, cette transition économique est souvent décriée comme destructriced’activités économiques et d’emplois, voir de régressions sociales. Dans un contexte de criseéconomique, sociale et écologique qui ne cesse de croître, et avec la conscience aigüe quetout est lié, le WWF France a souhaité engager cette réflexion en réunissant l’ensembledes acteurs concernés les 6 et 7 octobre 2011 dans le cadre du 1er Green Forum WWF(anciennement Université de la rentrée du WWF France) dont le thème était« La (re) conversion écologique de l’économie sera-t-elle source d’emplois ? »Afin de répondre à cette question stratégique pour les années à venir, le WWF a réunil’ensemble des acteurs concernés. Economistes, sociologues, experts, syndicalistes,journalistes, responsables d’ONG, élus, banquiers et industriels afin d’échanger et dedébattre, en interaction avec le public, pour proposer des solutions concrètes et durablesà une transition écologique de l’économie permettant l’émergence de nouveaux emplois.Le Green Forum est une action commune et transversale qui a pour objectif, à l’aubed’élections déterminantes pour la France, de nourrir la réflexion des futurs candidats enleur apportant le fruit de cette réflexion concertée.1. Rapport «Planète vivante 2010» du WWF International.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 4
  • 5. DISCOURS D’OUvERTUREIsabelle Autissier, Présidente du WWF France, a ouvert la deuxième édition du Green Forum en rappelant l’attachement de l’ONG à réunir femmes et hommes et à les fédérer pour tenter de redessiner les contours d’un monde où l’humanité serait réconciliée avec la nature. Le péril climatique, les pollutions de l’air, de l’eau et de la terre, la nécessité de réduire l’empreinte écologique de l’homme, sont désormais admis par un grand nombre : « Le débat sur les constats est en grande partie derrière nous, nous savons maintenant que le temps du monde fini a commencé ». La question est donc de savoir comment, chacun à son niveau (institutions, politiques, citoyens et entreprises), nous pourrons créer une nouvelle façon de produire et de consommer, et dissocier ainsi la création de richesse de la dégradation de l’environnement. Ce changement majeur nous pousse à chercher des solutions techniques qui nous permettront de traduire cette prise de conscience collective dans des faits. Quel rythme pouvons-nous imposer à cette reconversion ? Avec quels outils et avec quel investissement comptons-nous opérer ? Quelle formation et quelles politiques de R&D devrons-nous imaginer pour réussir ?Mettre la question Le WWF considère que l’écologie est avant tout la question de l’homme car il ne peut y avoir un homme en bonne santé sur une planète malade sachant que les atteintes à l’environnement de l’emploi ause traduisent avant tout par des atteintes aux droits humains en général, le droit d’avoir accès à une eau potable, un air pur, et aux droits politiques en particulier : nous constatonscœur du Greenles risques que les crises écologiques peuvent faire peser sur les démocraties. Mettre la question de l’emploi au cœur du Green Forum, cibler ces débats sur l’environnement et Forum soulignele social, souligne l’importance que le WWF attribue au lien entre l’homme, citoyen de la planète, et l’environnement. Depuis qu’une nouvelle crise économique montre ses effets, ce l’importance quelien est d’autant plus crucial : « bien que le social soit l’un des fondements du développement durable, on a encore tendance à les opposer, à parler d’économie dans un premier temps, et le wwF attribue d’écologie, éventuellement et toujours après ». Depuis cette année le WWF a lancé le programme Univers-cité2, composé d’un cycleau lien entred’évènements qui explore les modèles économiques et sociaux de demain en associant à la réflexion toutes les composantes de la société. Au cours de cette première année, les thèmes l’homme, citoyenabordés sont l’économie verte, l’innovation et à la création d’un futur économique durable. C’est dans ce cadre que s’inscrit le Green Forum. Les questions qui structureront les deuxde la planète, etjournées de débats concernent des cycles importants de formation et de transformation de l’économie. Dans ce contexte la variable temps est centrale : il ne s’agit pas d’attendre l’environnement les conséquences, il s’agit de se dire aujourd’hui, maintenant, tout de suite, comment faire pour que dans 20 ou 30 ans notre futur soit plus durable ? Pour Isabelle Autissier le changement ne se fera pas du jour au lendemain, des solutions toutes faites n’existent pas. Ce qui nous permettra d’inventer une nouvelle économie à la fois plus verte et plus vertueuse, mais aussi créatrice d’emplois, sera la confrontation des idées, au travers des débats citoyens, des rencontres, des projets tels que les débats des deux prochains jours. Grâce à la multiplication de ces occasions d’échange, par l’approche pragmatique des solutions qui existent déjà et qui ont fait leurs preuves en France et dans le monde, et grâce à l’imagination de ce que nous pouvons construire demain, nous allons véritablement créer les conditions et les outils pour une nouvelle économie verte. Le WWF est particulièrement fier et heureux de contribuer au débat, tout en permettant à un large public de se questionner, de discuter et de participer, pour qu’ensemble, nous puissions enrichir la réflexion autour de ce qui peut être un avenir économique plus vert et plus vertueux, qui se soucie des hommes et de l’emploi des hommes. Isabelle Autissier a enfin remercié tous les intervenants et les participants et leur a souhaité des échanges constructifs et fructueux.2. Pour plus d’informations sur le programme Univers-cité voir pages 42 et 43. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 5
  • 6. INvENTER UN AvENIR DURAbLE Le changement ne se fera pas du jour au lendemain, des solutions toutes faites n’existent pas. Ce qui nous permettra d’inventer une nouvelle économie à la fois plus verte et plus vertueuse, mais aussi créatrice d’emplois, sera la confrontation des idées, au travers des débats citoyens, des rencontres, des projets communs.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 6
  • 7. © PaUlIne dame PoUR le WWF FRanceSynthèse des échanges du Green Forum 2011 page 7
  • 8. INTERvENTION 1Emplois verts et éco-activités,définitions et grandes tendancesPierre Greffet, Chef du bureau de l’économie, des risques et des perceptions de l’environnement de l’Observatoirenational des emplois et métiers liés à la croissance verte427.000 Pierre Greffet, a eu pour mission de rappeler les définitions d’emplois verts, d’éco-activités et d’activités vertes, afin de s’assurer qu’il n’y a pas de confusion dans les termesemployés. Pour quantifier et suivre l’impact réel de l’économie verte sur l’emploi, lec’est le nombre ministère de l’Ecologie a créé, au printemps 2010, l’Observatoire national des emplois etmétiers liés à la croissance verte. L’Observatoire est animé par le service de l’observationd’emplois verts et des statistiques (SOeS) et il regroupe des représentants des ministères, de l’INSEE3, del’ADEME 4, de l’AFPA 5, du CNFPT6, du CÉREQ7, des observatoires régionaux de l’emploiévalué en 2009et de la formation (OREF), de Pôle emploi et bientôt des branches professionnelles. PierreGreffet constate une profusion d’études en la matière et une conséquente bataille deschiffres : au cours des dernières années, trois études prévisionnelles portant sur lesemplois verts ont donné lieu à des résultats très différents :- D’après Philippe Quirion, auteur d’une recherche8 menée pour le WWF France (voir tableronde suivante) qui évalue les créations et destructions d’emplois relatives à une stratégieaxée sur la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, lemontant des emplois créés d’ici à 2020 serait de 684.000 emplois nets.- L’étude9 du Boston Consulting Group (BCG) qui visait à évaluer les créations d’emplois àattendre du Grenelle de l’environnement à l’horizon 2020 a abouti au chiffre de 600.000emplois bruts crées (les destructions d’emplois ne sont pas comptabilisées).- Enfin, dans le rapport annuel10 de 2008 de l’ADEME, estimant la création des emploisdans les activités liées à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables à l’horizon2012, il s’agirait d’un chiffre plus modeste : 218.000 emplois directs.A propos d’économie verte, Pierre Greffet propose de retenir la définition duProgramme des Nations Unies pour l’Environnement « L’économie verte est uneéconomie qui engendre une amélioration du bien-être humain et de la justice sociale,tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie deressources. Celle-ci est donc un objectif tandis que la croissance verte est le chemin poury parvenir. »Les emplois verts sont des métiers dont la finalité et les compétences misesen œuvre contribuent à mesurer, prévenir, maîtriser, corriger les impacts négatifs et lesdommages sur l’environnement. Souvent on parle aussi d’emplois dans les éco-activités,pour éco-activités on entend les activités visant à produire des biens et des servicesdans le domaine de la protection de l’environnement ou de la gestion des ressourcesnaturelles. Seuls les emplois directs sont comptabilisés comme éco-activités (unité decomptage = équivalent temps plein). Il s’agit du périmètre de référence établi au niveaueuropéen (Eurostat) pour le suivi de long terme des emplois « verts » et qui permet descomparaisons internationales.L’Observatoire a évalué en 2009 à 427.000 le nombre d’emplois verts et à 64,4 Md€ levolume de production de ce secteur.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 8
  • 9. 2,9 % En France comme en Europe, ce sont les activités de protection de l’environnement qui représentent la part la plus importante des emplois environnementaux. Il faudra pourtant attendre 2013 (date d’application d’une nomenclature sur les éco-activités) et C’est lal’uniformisation des études pour obtenir les premiers chiffres de comparaison entre les pays. Sur cette période, il est interessant de noter que le sous-domaine le plus générateur d’emploisprogression de est celui des énergies renouvelables. On constate que « Les éco-activités ont augmenté plus rapidement que l’emploi en général et sont plus robustes », d’après les analyses du SOeS,l’emploi vert sur le le marché de l’emploi vert affiche une progression depuis 1997 de 2.9% contre 0.6% pour l’ensemble de l’emploi.marché contrePour élargir le périmètre, en prenant en considération tous les métiers liés à l’économie 0,2 % pourverte, Pierre Greffet a évoqué les 953.000 emplois comptabilisés par l’Observatoire en 2009, regroupant les éco-activités et les activités vertes. « Les activités vertes sont un l’ensemble de halo autour du noyau dur des éco-activités et sont en constante évolution, en fonction de l’avancée des technologies ». Ce deuxième niveau d’activités « périphériques » comprendl’emploi un ensemble d’activités dont la finalité n’est pas environnementale mais produisant des biens et services (produits) favorables à la protection de l’environnement ou à la gestion des ressources naturelles. Ces activités sont rattachées aux domaines suivants : production et distribution d’eau, gestion des espaces verts, transports (construction d’infrastructures ferroviaires, fabrication de matériels ferroviaires roulants…), autres activités (travaux d’isolation, d’étanchéité, fabrication de certains produits industriels tels que les chaudières à condensation, etc). POuR ALLER PLuS LOIN http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Les-metiers-de-l-economie-verte-.html http://www.developpement-durable.gouv.fr/L-observatoire-national-des,18551.html « Activités, emplois et métiers liés à la croissance verte », Etudes et documents n° 43, juin 2011 : téléchargeable sur http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/ ED43.pdf LE TWEET 953 000 Emplois de l’économie verte en 2009 #GreenForum20113. InSee : Institut national de la statistique et des études économiques.4. ademe : agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.5. aFPa : association nationale pour la formation professionnelle des adultes.6. cnFPT : centre national de la fonction publique territoriale.7. CÉREQ : Centre d’études et de recherches sur les qualifications.8. « -30% de co2 = + 684 000 emplois », etude de Philippe Quirion pour le WWF en 2008, en libre accès sur : www.etatsgenerauxemploiecologie.net/wp-content/uploads/2010/11/1-Rapport-WWF-RedUcTIon-GeS-et-emPloI-en-FRance.pdf9. etude du Boston consulting Group en 2009 : « Réflexions sur le portefeuille de mesures Grenelle environnement.10. «Marchés, emplois et enjeu énergétiques des activités liées à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables : situation 2006-2007-perspectives 2012 », 2008,etude réalisée par la société In numeri pour le compte de l’ademe. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 9
  • 10. 32 100 EMPLOIS 43 000 EMPLOISProduction et distribution deau Gestion des espaces verts 56 600 EMPLOIS 323 000 EMPLOIS 128 200 EMPLOIS Autres activitésTransports (Grenelle) 112 800 EMPLOIS 257 700 EMPLOIS constructionconstruction dinfrastructures (isolation des ouvertures,ferroviaires étanchéification…)fabricationde matériels fabrication de produits industriels ferroviaires roulants (chaudière à condensation, lampes fluocompactes…) Protection de lenvironnement air, eau, déchets, sols,biodiversité 953 300= Gestion des ressources gestion durable de leau, récupération, maîtrise de lénergie, énergies renouvelables427 000 éco-activités Activités transversales services généraux publics, recherche et développement, ingénierie+ 526 300 activités vertes Activités « périphériques » favorables à la protection de l’environnement ou à la gestion des ressources naturelles« périphériques » en 2009 Source : Service de l’Observation et des statistiques. 427 000 3 % INGÉNIERIE éco-activités 4%R&Dpar domaineen 20097 % SERVICES GÉNÉRAUX PUBLIC21 % DÉCHETS 2 % GESTION DES RESSOURCES EN EAU 5 % MAITRISE DE L’ÉNERGIE 7 % RECUPÉRATION12 % 22 % ÉNERGIES RENOUVELABLES EAUX USÉES 1 % DÉCHETS RADIOACTIFS 2 % POLLUTION DE L’AIR 3 % NATURE / PAYSAGE / BIODIVERSITÉ 7 % RÉHABILITATION 4 % BRUITDES SOLS ET DES EAUXSynthèse des échanges du Green Forum 2011 page 10
  • 11. TAbLE RONDE 1La transition écologique de l’économie mondiale, les nouvelles opportunités et emplois associés Khalida Bouzar, Directeur adjoint du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, division technologie, industrie et économie (PNUE) Philippe Quirion, Economiste, chargé de recherche au CNRS Thierry Dedieu, Secrétaire confédéral en charge des questions européennes pour la Confédération Européenne des Syndicats et la Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT) Débat animé par Nathalie Croisé La France faitKhalida Bouzar a présenté les résultats d’une étude11 des Nations Unies sur le verdissement de l’économie mondiale d’ici à 2050. Ce verdissement nécessiterait unpartie des paysinvestissement à hauteur de 2 % du PIB mondial, soit 1347 milliards de dollars dans 10 secteurs clés : agriculture, logement, énergie, pêche, foresterie, industrie, tourisme, qui ont le plus transport, déchets, eau. Selon les analystes du PNUE, l’économie actuelle a montré ses limites et un « verdissement » de l’économie apparait comme l’alternative acceptable investi danssocialement et écologiquement, fondée sur un nouveau paradigme économique où la richesse matérielle ne s’accompagnerait pas inévitablement d’une augmentationl’économie verte des risques environnementaux, de la pénurie de ressources et de la persistance des disparités sociales. Ce nouveau scénario réduirait l’impact écologique de moitié d’ici 2050 en réduisant la demande en énergie de 20% et la demande en eau de 13% et offrirait une croissance à long terme (sur la période 2011- 2050) au moins égale à celle d’un scénario de statu quo optimiste. Ce verdissement de l’économie entraînerait la création d’emplois supplémentaires en particulier dans les secteurs de l’agriculture (4% en 10 ans), du bâtiment (entre 2 et 3,5 millions en Europe et aux Etats-Unis d’ici 2050), de la forêt (20% d’ici 2050), du transport (10% d’ici 2050) et des énergies renouvelables (20% d’ici 2050). Cependant, il induirait inévitablement des pertes d’emplois dans certains secteurs où les ressources sont en grave déclin, comme la pêche. La mutation conduirait à une perte de revenus et d’emplois à court et moyen terme afin de reconstituer les réserves naturelles, pour éviter une perte définitive de revenus et d’emplois dans ces mêmes secteurs. Dans de tels cas, des dispositions transitoires sont nécessaires afin de protéger les travailleurs des impacts négatifs de cette transition. Ces mesures pourraient par exemple être financées par les subventions autrefois allouées à ces secteurs. Pour centrer davantage sur la France et son plan de relance verte, Khalida Bouzar a rappelé que « la France avait été très prompte à mettre en place ce plan, et y a même consacré plus que l’enveloppe des 26 milliards d’euros prévus » Selon le PNUE, la France fait partie, avec la Corée, la Chine et les Etats-Unis, des pays qui ont le plus investi dans l’économie verte et les emplois verts escomptés s’élèveraient à plus de 500.000 emplois.11. « Vers une économie verte : Pour un développement durable et une éradication de la pauvreté - Synthèse à l’intention des décideurs », 2011, PnUe, à télécharger sur :http://www.unep.org/greeneconomy/Portals/88/documents/ger/GeR_synthesis_fr.pdfSynthèse des échanges du Green Forum 2011 page 11
  • 12. Dans la lutteEnfin, pour terminer, Khalida Bouzar a délivré les messages clés de l’étude : • la nécessité de mettre en place un agenda de croissance durable et de création contre le d’emplois dans les pays industrialisés et en voie de développement ; changement • le rôle primordial des décideurs politiques, pour la mise en place de cadres règlementaires, fiscaux, et incitatifs ;climatique, • l’importance des investissements privés dans le financement de ce verdissement de l’économie certains secteurs • le rôle que les consommateurs et la société civile ont également à jouer dans cette transition. seront touchés Phillipe Quirion, auteur d’une étude menée pour le WWF France dans le cadre des Etats comme celuigénéraux Emploi/Écologie (-30% de CO2 = + 684 000 emplois) aboutissant au chiffrede 684.000 emplois créés, a rappelé que son travail était prospectif à l’horizon 2020 etdes transportsne représentait pas le nombre d’emplois verts en 2009. Selon le scénario de sortie dunucléaire présenté en septembre 2011 par l’association négaWatt12, ces emplois pourraientet d’autresêtre créés dans les domaines des énergies renouvelables, de l’amélioration énergétique dubâtiment et des transports. Il s’agit d’emplois nets, c’est à dire directs et indirects, tenant au contrairecompte aussi des emplois détruits, notamment dans le secteur du nucléaire ou de la filièreautomobile.bénéficieront« Comment fait-on pour anticiper les créations d’emplois alors que les choix sont surtoutpolitiques, comme par exemple le développement de l’éolien off-shore ou le quasi arrêt dude créationphotovoltaïque ? » a questionné Nathalie Croisé. « Je suis contre la politique en accordéonde la France qui empêche la création d’une filière nationale », a répondu Philippe Quirion. d’emplois comme« Prenons exemple sur l’Allemagne, qui développe la filière des énergies renouvelablesélectriques depuis 20 ans en s’appuyant sur une politique de tarif d’achat garanti ; Ou les énergiesle Danemark, qui a su développer l’éolien grâce à une politique de la demande alors qued’autres pays ont échoué dans ce secteur avec une politique de l’offre ». renouvelables« Il n’y a pas de baguette magique ni de miracle ! » poursuit Thierry Dedieu. « Dansla lutte contre le changement climatique, certains secteurs seront touchés commeles transports et d’autres au contraire bénéficieront de création d’emplois comme lesénergies renouvelables. Dans certains secteurs, comme le bâtiment, ce sera plus diffus. Iln’y aura pas d’emplois nouveaux mais des adaptations ». Thierry Dedieu a réaffirmé sescraintes concernant les politiques de l’emploi. « Je regrette qu’après le plan de relance,nous soyons soumis aujourd’hui à un plan de rigueur. On va dans le mur ! Les travailleursont besoin d’être rassurés sur la qualité des emplois, par des anticipations politiques et lavalorisation de leur métier ».Pour finir, les intervenants ont tous reconnus que la transition écologique de l’économiesera porteuse d’emplois et qu’intégrer l’écologie dans les logiques de marchés est unenécessité pour développer des modèles économiques durables. Pour réussir la transitionécologique ils ont mis en avant la nécessité d’une amélioration des structures et desprocessus de dialogue social et ils ont enfin souligné que les pays développés doiventfournir des efforts pour aider les pays en voie de développement à suivre cette dynamique.ECHANGES AVEC LA SALLECette table ronde a suscité de nombreuses questions et des échanges vifs avec le public.« Où se renseigner sur les formations aux emplois verts ? », a demandé une journalistedans la salle en affirmant que « Certainement pas au Pôle Emploi en tout cas ! ».La représentante de Pôle Emploi a ensuite pris la parole. « Depuis deux ans, nous menonsune politique active, avec le ministère de l’Ecologie, qui se traduit par des offres deservices réels ! Nous avons mené une grande enquête auprès des demandeurs d’emploiset depuis trois mois, nous les réorientons vers des éco-activités, comme la gestion desdéchets, du recyclage ou de l’assainissement, qui souffrent encore d’un déficit d’image etpour lesquels il y a plus d’offres que de demandes. Nous avons un rôle à la fois pédagogiqueet d’anticipation ».12. Pour télécharger le dossier de synthèse du scenario négaWatt : http://www.negawatt.org/scenario-negawatt-2011-p46.htmlSynthèse des échanges du Green Forum 2011 page 12
  • 13. Le Grenelle deJean-Philippe Teboul, directeur d’Orientation Durable, s’est exprimé sur l’important décalage qui existe entre la formation et le marché du travail : « Il y a un mythel’environnementde la spécialisation en développement durable. Mais personne ne recrute sous cette étiquette dans les entreprises ! ». « Pourquoi n’y a t-il pas d’éducation au développement a créé unedurable ? Il faut considérer l’individu dans tout son temps de vie et pas seulement au cours de sa période d’employabilité. Dans le scénario négaWatt, il est question dedynamiquesobriété dans les comportements », a demandé une personne du public. « La sobriété n’est pas seulement individuelle, elle est aussi collective ! », a insisté Philippe Quirion. positive, riche « Les syndicats doivent-ils renforcer leur rôle en tant que contre pouvoir afin que la tran- sition écologique soit mieux anticipée par les pouvoirs publics et par les entreprises ? » en échanges a-t-on demandé à Thierry Dedieu. « Nous essayons de peser le plus possible sur les chefs d’Etat, de travailler ensemble et en synergie. Mais il faut être lucide sur ce que l’on peut faire en France. Nous n’avons pas la même tradition de dialogue social que l’Allemagne ou les pays scandinaves. En cela, le Grenelle de l’environnement a créé une dynamique positive, riche en échanges ». POuR ALLER PLuS LOIN www.unep.org/greeneconomy : présente les résultats du rapport évoqué par Khalida Bouzar menée dans 10 secteurs de l’économie avec la contribution de plus de 1000 experts. « -30% de CO2 = + 684 000 emplois », 2008, Philippe Quirion pour le WWF, étude en libre accès sur : www.etatsgenerauxemploiecologie.net/wp-content/uploads/2010/11/1-Rapport- WWF-REDUCTION-GES-et-EMPLOI-en-FRANCE.pdf LE TWEET P. Quirion rappelle que les ENR et l’efficacité énergétique bénéficient de la plus forte intensité en emplois #greenforum2011Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 13
  • 14. INTERvENTION 2 La transition écologiqueun défi pour le travail et l’emploiDominique Méda, Professeure de sociologie à l’Université Paris-Dauphine.pour de nombreuxDans son intervention Dominique Meda, nous a davantage proposé des pistes de réflexionque des réponses figées. « Toutes les avancées écologiques ont longtemps été vues commespécialistes, mauvaises pour les entreprises et l’emploi », a-t-elle affirmé en préambule, « MêmeBarack Obama a récemment renoncé à des mesures de protection de l’environnement au ne pas prendre nom de l’emploi ». Malgré cela, la sociologue reconnaît qu’aujourd’hui on oppose de moinsen moins économie et écologie, désormais on les envisage même comme deux notionstout de suite complémentaires : la reconversion écologique est perçue en effet comme le déclencheur decroissance dont nos économies ont besoin. Cette argumentation est d’ailleurs adoptée par le chemin de lal’OCDE13, la Banque Mondiale et les syndicats : « De nombreux spécialistes s’accordentsur l’idée que ne pas prendre tout de suite le chemin de la croissance verte est une perte croissance verte de croissance potentielle. C’est une position plus encourageante que le catastrophismeprécédent ». est une perteDominique Méda a résumé ainsi les principaux problèmes que peut rencontrer lade croissancetransition écologique : • le risque que les emplois détruits soient plus nombreux que ceux créés n’est paspotentielle formellement exclu ; • le problème de temporalité entre le court terme et le long terme dans la prise de décision ; • le risque en période de crise de perdre à la fois sur l’emploi et l’environnement avec une accélération de la désindustrialisation en Europe.Pourtant, elle a réaffirmé qu’une dynamique vertueuse peut se mettre en place ens’interrogeant sur deux points essentiels : les processus de transition et les politiquesd’emploi.Au sujet des processus de transition, la sociologue lance une série de questions.« Doit-on attendre un accord international ou européen ou doit-on se lancer seul ?Comment coordonner l’action européenne, alors que nous n’avons pas d’outils ? Quelsobjectifs faut-il se donner ? Simplement une réduction des émissions de gaz à effet deserre ou une remise en question de notre mode de production et de l’évaluation de nosrichesses ? Avec quels outils et quel budget ? ». Pour Dominique Méda, ces questionsdoivent impérativement être débattues collectivement.Concernant les politiques d’emploi, elle prône une anticipation de la reconversion del’emploi en mettant en place des outils comme les bilans de compétence et les plateformesde mobilité locale. Cette anticipation pourrait être financée par un fond européen,à l’image du fond d’ajustement à la mondialisation. Elle regrette que les emplois vertssoient trop souvent précaires et peu attractifs et que les besoins en compétences ne soientpas non plus anticipés. Enfin, elle s’interroge sur le paradigme de la flexisécurité. Cenéologisme qui allie flexibilité et sécurité et domine les politiques de l’emploi recouvre,selon elle, davantage de flexibilité que de sécurité. Elle a aussi dénoncé les outils quipermettent de supprimer facilement des emplois tels que les plans de départs volontairesou la rupture conventionnelle : « Il faut revoir radicalement nos politiques d’emploi ».« Pourrait-on avoir le beurre et l’argent du beurre ? », s’interroge finalement DominiqueMéda, et concilier ainsi croissance propre et emploi durable ? Pour répondre à cettequestion, elle évoque le travail du Britannique Tim Jackson, auteur de Prospérité sanscroissance. Selon lui la réduction prévue de 85% des gaz à effet de serre en 2050 estimpossible si la croissance continue, mettant à mal la théorie du découplage économique13. ocde : organisation de coopération et de développement économiques.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 14
  • 15. © PaUlIne dame PoUR le WWF FRanceIntervention de Dominique Méda, Professeure de sociologie à l’Unioversité Paris-Dauphine. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 15
  • 16. Le débat doit (continuer à produire avec un moindre impact sur l’environnement) et la loi de Kuznets (plus les pays sont riches plus ils s’occupent d’écologie). Tim Jackson ne propose pasavoir lieu dansle chemin de la décroissance mais plutôt un changement radical des comportements. Dominique Méda évoque la difficulté de mise en application de cette thèse essentiellementdes conférencespour des raisons anthropologiques : « Depuis le 18ème siècle, on a recherché l’abondance, ce qui a eu pour effet d’augmenter notre confort. Mais cet objectif a également joué un citoyennesrôle fondamental pour la société. Les individus sont liés par l’échange économique et la coopération au sein du travail. La recherche collective d’une production toujours pluspour recréer grande permet d’avoir une société plus solide et plus stable évitant les conflits. Renoncer à cela c’est s’exposer à un risque de conflits et de violences ». du lien social« Un choc sur la croissance entraînerait un choc sur l’emploi. Pour accommoder ce choc, Jackson propose de diminuer le temps de travail et les gains de productivité ». Cette thèse est reprise par la NEF14 qui affirme que 21 heures de travail hebdomadaire est la seule durée acceptable si nous voulons atteindre l’objectif de 85% de réduction de nos émissions à effet de serre en 2050. La sociologue voit dans ces travaux l’occasion de creuser le « concept de travail » et de lui donner un sens nouveau, avec moins de pression de rentabilité, notamment dans des secteurs des relations avec autrui comme les soins aux enfants, l’hôpital et l’éducation. Dominique Méda a conclut son intervention en évoquant deux aspects à ne pas négliger dans le contexte de la transition écologique : les nouveaux indicateurs et la concertation. « Le PIB n’est pas un bon indicateur pour mesurer l’état de développement et le bien-être d’un pays. Il en faut d’autres comme la mesure de l’état du patrimoine naturel et de la cohésion sociale. Le débat doit avoir lieu dans des conférences citoyennes, pour recréer du lien social ». ECHANGES AVEC LA SALLE Cette intervention a suscité de nombreuses questions dans la salle et par SMS. A une question du public sur l’anticipation des formations vers de nouveaux métiers, Dominique Méda a répondu « Oui, il faut prendre de l’avance. Mais le problème, qui n’est pas uniquement français, c’est que pour réaliser ces formations il n’y a pas de financements disponibles et les politiques sont cloisonnées, alors que peu ou prou, tous les métiers seront touchés à plus au moins long terme.»« Les hommes et les femmes politiques françaises ont-ils une culture écologique suffisante pour assurer cette transition ? » A cette question, Dominique Méda a répondu « Non, mais ça vient ! Il est vrai que nous avons du retard par rapport à des pays voisins comme la Belgique qui met en place des programmes comme “Les Villes en transition” (la transition en question est le passage de la dépendance au pétrole à la résilience locale). Les populations locales sont invitées à créer un avenir moins vulnérable devant les crises écologiques, énergétiques et économiques qui nous menacent, en agissant dès maintenant pour reconstruire une économie locale vigoureuse et soutenable, retrouver un degré de résilience par la relocalisation des activités et par l’acquisition des qualifications qui deviendront nécessaires ». POuR ALLER PLuS LOIN Dominique Méda, Thomas Coutrot, David Flacher, Pour en finir avec ce vieux monde, les chemins de la transition, éd. Utopia, 2011. Philippe Askenazy, Gilbert Cette, Arnaud Sylvain, Le partage de la valeur ajoutée, éd. La Découverte, 2011. Tim Jackson, Prospérité sans croissance, éd. De Boeck, 2010. Pour accéder aux travaux de l’OCDE sur la croissance verte : http://www.oecd.org/document/46/0,374fr_2649_37465_44076206_1_1_1_37465,00.html LE TWEET DMeda rappelle que l’abondance de biens s’est imposée comme mode de pacification des relations sociales #greenforum201114. neF : new economic Fundation, think-tank independent anglais : http://www.neweconomics.org/Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 16
  • 17. INTERvENTION 3 Focus sur l’économie verte, pointsur le G20 ministériel sur l’emploiet perspectives pour le sommet desChefs d’Etat à CannesElise Buckle, Responsable des campagnes G20 et Rio +20 au WWF InternationalD’ici 2050 Dans son Focus sur l’économie verte Elise Buckle débute son intervention en rappelant le rôle de lobby qu’assure le WWF auprès du gouvernement français et des institutionsil est internationales dans les grands rendez-vous comme à l’occasion du sommet du G20 qui se réunira à Cannes, les 3 et 4 novembre 2011. « La tâche est difficile, car ce sommet a lieu dans un contexte sécuritaire. De plus en plus de décisions se tiennent à huis vraisemblable clos, sans participation de la société civile », a-t-elle expliqué. « Nous souhaitons par ailleurs que le G20 s’empare de la crise climatique et humanitaire et pas seulement que les financière. La résolution de cette crise requiert des solutions audacieuses et innovantes pour s’engager vers un modèle de société équitable et sobre en carbone. Elise Buckle émissions liées regrette le manque de détermination politique : « J’ai l’image d’une planète malade, comme un grand fumeur très atteint à qui on donnerait des cigarettes gratuites. Il neaux transports pourra pas y avoir d’emplois sur une planète morte ! ». maritimes Elise Buckle a par ailleurs présenté deux propositions fortes en lien avec les modes de financements innovants que le WWF International porte auprès des gouvernements :augmenteront • la taxation des carburants dans les secteurs des transports maritimes et aériens de 150 à 250 % • la taxation des transactions financières des marchés. Représentant près de 90% du PIB global, les pays du G20 ont en effet la possibilité d’insuffler une nouvelle dynamique économique mondiale. Précarité, chômage, insécurité environnementale, accès limité aux ressources vitales : les solutions pour y remédier sont à portée de main, pour peu qu’une volonté politique forte se dégage de ce sommet majeur. Concernant la taxation des carburants des secteurs maritimes et aériens, le WWF rappelle que le G20 a l’opportunité de dégager un potentiel de redéploiement et d’investissements massifs dans les emplois verts et les solutions innovantes en faveur d’une économie durable et socialement équitable en décidant de réguler les secteurs maritime et aérien. Jusqu’à aujourd’hui, les carburants utilisés par ces secteurs ont été en grande partie exemptés de toute taxation. De plus, les émissions liées aux transports maritimes internationaux représentent environ 3% des émissions mondiales, soit plus que les émissions de l’Allemagne et environ deux fois plus que celles de l’Australie. Par ailleurs, il est vraisemblable que les émissions de ce secteur augmenteront de 150 à 250% d’ici 2050. Le secteur aérien pourrait quant à lui voir ses émissions augmenter de façon encore plus spectaculaire. Un accord sur une taxation financière des carburants utilisés dans les transports maritimes et aériens génèrerait alors des dizaines de milliards de dollars par an pour soutenir un développement durable et sobre en carbone. Selon le Groupe de haut niveau sur le financement du changement climatique (AGF)15 mis en place par les Nations Unies, plus de 12 milliards de dollars pourraient être générés par la mise en place d’une taxe sur le secteur maritime et 6 milliards sur le secteur aérien, avec un prix du carbone estimé à 25 dollars la tonne de CO2. L’impact serait minime (concernant le secteur maritime, moins de 0,2% d’augmentation du prix des biens transportés par bateau). Ces financements viendraient alors abonder le Fonds Verts pour le Climat, dont la création a été décidée en décembre 2010 à Cancun.15. http://www.un.org/wcm/content/site/climatechange/pages/financeadvisorygroupSynthèse des échanges du Green Forum 2011 page 17
  • 18. © PaUlIne dame PoUR le WWF FRance Elise Buckle du WWF International.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 18
  • 19. Le WWF rappelle que les pays développés sont en effet encore bien loin de tenir lapromesse faite à Copenhague d’apporter 100 milliards de dollars par an pour l’adaptationet la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement.La seconde taxe pourrait concerner les transactions financières. Celle-ci représente uneopportunité sans précédent pour répondre à la crise écologique, économique et sociale.En effet, les acteurs financiers sont eux aussi sous-taxés dans la plupart des pays. Ilsbénéficient pourtant de la mondialisation tout en engendrant des risques systémiquesconsidérables pour l’économie mondiale et la stabilité sociale et politique des paysen crise. Une telle taxe sur les transactions financières participerait à la régulationdu secteur financier et lèverait les revenus nécessaires au financement des bienspublics mondiaux, tels que la lutte contre le changement climatique, la réduction de lapauvreté ou encore la protection de la biodiversité. Elise Buckle a rappelé que cette taxepourrait générer jusqu’à 400 milliards de dollars par an. Ces leviers permettraient desfinancements innovants en direction de la santé, de l’eau et de l’alimentation, « Ce soclede protection sociale est la condition sine qua non du changement ». Ils serviraientaussi à financer les emplois verts, en investissant massivement dans les nouveauxemplois, la formation professionnelle et le verdissement des emplois existants.Mandatés par le G20, le FMI est arrivé à la conclusion que la mise en place techniquede différentes taxes sur les transactions financières est tout à fait faisable et existe déjàdans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni, au Brésil, en Afrique du sud, enInde, en Corée, en Chine et à Taiwan.ECHANGES AVEC LA SALLE« Pourquoi ne pas taxer toutes les transactions financières, même les retraits decartes bleues ? », a demandé une personne du public. « Nous préférons une approchepragmatique qui taxerait plutôt les gros volumes de transaction et non le consommateurlambda », a répondu Elise Buckle.« Qu’attendez-vous concrètement de la taxe maritime et aérienne ?», a questionné lepublic. « Nous voulons envoyer un signal fort aux politiques avant la conférence surle climat qui aura lieu en décembre 2011 à Durban, en Afrique du Sud. Ce sera plusdifficile pour le secteur aérien car si l’Europe s’est engagée, la question est de savoir siles autres pays vont la suivre », a répondu la responsable du WWF.LE TWEETE Buckle il n’y a pas d’emplois verts sur une planète morte #WWF #greenforum2011Mise à jour actualité du G20 à Cannes : un bon départ pour les financementsinnovants pour le climat et le développement, mais encore du chemin jusqu’àDurban.Pour Elise Buckle « la Présidence française du G20 a eu le mérite de garder la question duclimat à l’agenda du G20 et de faire de la taxe sur les transactions financières sa priorité, avecle soutien de l’Allemagne, l’Espagne, le Brésil, l’Ethiopie, l’Union Africaine et l’Argentine,mais beaucoup de chemin reste à parcourir avant que ces financements innovants soientconcrètement mis en place. Le WWF demande aux pays du G20 d’agir d’urgence pour quele Fond Vert pour le climat, qui sera discuté lors du prochain sommet de Durban (décembre2011), soit rapidement mis en place et alimenté par les financements innovants. »« Le sommet du Durban doit mettre en place un programme de travail de long termesur les financements innovants car ils représentent un outil absolument nécessaire pourfinancer la reconversion dans les pays pauvres » ajoute Tasneem Essop, Leader sur leClimat pour le WWF-Afrique du Sud. « Le sommet du G20 de Los Cabos (Mexico) qui auralieu juste après Rio+20 doit faire de l’économie verte et des financements innovants pour leclimat et le développement ses grandes priorités pour 2012 », conclut Vanessa Perez Cirera,Directrice des politiques climatiques pour le WWF Mexique. Source : Communiqué de presse du WWF France, 4 novembre 2011.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 19
  • 20. INTERvENTION 4 Quels enseignements tirer desreconversions économiquesvertueuses, vertes et porteusesd’emplois réussies ?Alain Mestre, Responsable développement durable au sein du cabinet Syndex16340 000 Depuis 2007, le cabinet Syndex a piloté trois études au niveau européen sur le lien entreune économie décarbonée et l’évolution de l’emploi.nouveaux emploisLa première étude : « Impact sur l’emploi du changement climatique et des mesures deréductions des émissions de CO2 dans l’UE à l’horizon 2030 » a été réalisée en 2006-2007, on été créés conjointement pour la direction générale environnement de la Commission Européenneet la Confédération Européenne des Syndicats. L’objectif était de modéliser l’impact suren Allemagnel’emploi des réductions des émissions de gaz à effet de serre de 40 % à horizon 2030 afinde construire des outils opérationnels pour chaque secteur d’activité. Les conclusionsen 2010 dansmontrent qu’il n’y aura globalement pas de destruction d’emplois mais une hausse de1,5%, recouvrant des modifications considérables de l’offre et de la demande d’embauchele secteur du et de qualifications sectorielles et intersectorielles.bâtimentLa deuxième étude : « Dérèglements climatiques, nouvelles politiques industrielles etsorties de crise » de 2009, avait pour objectif de préparer des outils dans le cadre duSommet de Copenhague sur les changements climatiques et était destinée à la négociationentre la CES17 et les acteurs travaillant sur les politiques climatiques volontaristes. Lesconclusions montrent que la contrainte carbone représente une menace pour l’emploi dessecteurs du raffinage, de la sidérurgie, de l’aluminium, de la cimenterie, de la chimieet des matériaux de construction. En revanche, les biens d’équipements mécaniqueset électriques et les machines connaitraient une croissance nette. La productiond’électricité connaitrait une croissance modérée de l’emploi, tandis que, dans le secteurde l’automobile, s’opérerait une mutation des emplois par la transition vers une économiebas carbone. L’étude préconise d’instaurer des instruments européens appropriés avecl’implication des partenaires sociaux, tels des dispositifs d’anticipation des transitionssocio-économiques au niveau des entreprises, des secteurs et des territoires ainsi que desprogrammes de formation adaptés.La dernière étude : « Initiatives impliquant les partenaires sociaux en Europe sur lespolitiques du changement climatique et l’emploi », a été réalisée conjointement avec lespartenaires sociaux européens en 2010-2011. L’étude présente de nombreux exemples deprojets menés à bien, au niveau européen. En Allemagne, dans le secteur du bâtiment,« l’Alliance pour l’emploi et l’environnement », initiative lancée par la confédérationsyndicale DGB18 a proposé un programme de rénovation de 300.000 appartements paran qui a donné lieu à la création de 221 000 emplois verts en 2008 et 340.000 en 2010.« Ce qui est difficile en France a été possible en Allemagne où existent une formationprofessionnelle innovante et une synergie entre tous les acteurs du bâtiment », a expliquéAlain Mestre, rappelant que l’importance du marché noir en France fausse les plansde formation de ce secteur car les salariés non déclarés ne peuvent pas bénéficier deformations.Au Danemark, les chantiers navals de Lindoe du groupe danois Maersk sont un autreexemple de réussite qui illustre le rôle des partenaires sociaux dans la politiqueindustrielle bas carbone. La fermeture des chantiers sera effective en mars 2012 privantnormalement 2500 personnes de leur emploi. Afin de reconvertir les salariés vers desemplois dans les secteurs des éoliennes off-shore et des énergies marines, un partenariatpublic-privé a été signé. La structure créée et dénommée LORC18 est à la fois un centre16. Syndex est un cabinet d’experts qui travaille depuis quarante ans au service des représentants des salariés. Il mène notamment des études prospectives avec lespartenaires sociaux.17. confédération européenne des syndicats.18. dGB : deutscher Gewerkschaftsbund (confédération allemande des syndicats) est la confédération syndicale majeure du pays. Ses 8 syndicats adhérents représententplus de 7 millions d’adhérents.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 20
  • 21. Le rôle de R&D et un centre de formation innovant dédié à la reconversion de 2 500 salariés, en coopération étroite avec les partenaires sociaux19. L’accord a été accepté par lesdes partenairessyndicats car il prévoit la reconversion de tous les salariés pour maintenir ainsi le volume d’emplois des chantiers navals d’avant fermeture. Aujourd’hui, 500 personnes sociaux est sont déjà converties et opérationnelles. incontournable ECHANGES AVEC LA SALLE « Quelle est la potion magique pour que ça marche ? » a demandé Grégoire dans une Even, du WWF et coordinateur du Green Forum. « Il faut que tout le monde joue le jeu : les organisations syndicales, les dirigeants d’entreprises, mais aussi reconversion les organisations sectorielles patronales, les partenaires sociaux, les services publics, les différents niveaux hiérarchiques. Mais il faut aussi une carotte pouréconomique motiver ! Que le verdissement représente des avantages pour les salariés », a expliqué Alain Mestre. « La crise systémique qui est devant nous nécessite des réussie  politiques volontaristes de conversion de filières. Tous ces exemples soulignent le rôle incontournable des partenaires sociaux à la fois dans la mise en place de politiques d’efficience énergétique et les reconversions économiques réussies. » « J’ai une question naïve : ça marche mieux dans les pays décentralisés ? » a demandé Jean-Stéphane Devisse, directeur des programmes du WWF. « Oui » a répondu Alain Mestre, « Notre système de production français est fondé sur des branches et des secteurs alors que la mise en œuvre et le suivi de la transition doit se faire à un niveau territorial ». « Existent-ils déjà des chartes ou labels qui garantissent la qualité des formations au niveau européen en ce qui concerne la formation continue et initiale dans le secteur des métiers verts ou verdissants ? ». « Non », a répondu Alain Mestre à cette question SMS. « Il y a des discussions au niveau européen mais pas de labels ni de certifications. La formation est assurée par les industriels et fait partie de la concurrence ! Elle est considérée comme un potentiel de compétitivité et du coup capitalisée plutôt que partagée, ce qui représente un frein à la transmission des compétences intra et intersectorielles. Comme nous l’avons vu dans la deuxième étude, il est nécessaire de définir et mettre en œuvre une démarche intégrée d’anticipation socio-économique telle que des dispositifs et outils appropriés de GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences) pour optimiser la gestion de la transition sociale accompagnant les nouveaux métiers et qualifications des salariés engendrées par les nouvelles filières technologiques « produit-process » bas carbone, et tout particulièrement les filières de formation de base et continue adéquates. » répond Alain Mestre. Enfin, à la question « La reconversion écologique de l’économie sera-t-elle source d’emplois ? », Alain Mestre a répondu « Oui… et non ! ». POuR ALLER PLuS LOIN Pour accéder au dernier rapport de Syndex qui analyse cinq cas visant à la fois une meilleure utilisation des ressources et la création d’emplois « verts » : http://www.syndex.fr/Transition-verte LE TWEET AMestre la crise systémique qui est devant nous nécessite des politiques volontaristes de conversion de filières #greenforum2011 #syndex19. loRc : lindoe offshore Renewable centre.20. les organisations syndicales metalWorkers Unions et 3F participent au loRc council, organe consultatif.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 21
  • 22. TAbLE RONDE 2Syndicats, patronats et pouvoirspublics, comment anticipent-ils lamutation de l’économie afinde préparer l’avenir des emplois ?Hélène Bégon, Sous-directrice de l’intégration des démarches de développement durable par les acteurs économiques,Ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement (MEDDTL)Joëlle Remoissenet, Conseillère régionale Pays de Loire, commission éducation et apprentissageChristine Dupuis, Secrétaire nationale, chargée de l’emploi, du développement durable et de la mixité professionnellede l’Union Nationale des Syndicats Autonomes (UNSA)Sandrine Bourgogne, Secrétaire générale adjointe, Confédération générale du patronat des petites et moyennesentreprises (CGPME)Jacky Fayolle, Directeur du centre études & prospectives, Groupe AlphaDébat animé par Guillaume Duval, du magazine Alternatives Economiques.les métiers de la Guillaume Duval a demandé à l’auditoire s’il avait le sentiment que les parties prenantesréunies pour ce débat, syndicat-patronnat-pouvoirs publics, travaillaient suffisamment biodiversité et du ensemble pour préparer la transition écologique et la mutation économique. Les réponsesdu public se penchaient plutôt vers le non : « Vous allez devoir convaincre! » a résumégénie écologiquel’animateur.Hélène Bégon a rappelé que le rôle du ministère de l’Ecologie n’était pas de convaincre vont émerger mais de donner un Plan21 pour l’économie verte, qui est une conséquence du Grenelle.« Ce Plan, c’est une gouvernance, qui réunit autour de la table toutes les parties prenantespour établir un état des lieux, les actions à mener et les formations à mettre en place »,a précisé Hélène Bégon. La représentante du ministère a donné trois exemples d’actionsen cours. Premièrement, l’accent a été mis sur les métiers de la biodiversité et du génieécologique : « Nous pensons que ces métiers vont émerger ». Des études sur le secteurde la production d’électricité ont également été menées aboutissant à des préconisationspour adapter les formations du CNAM22. Enfin, le BTS Tourisme a été modifié pour yajouter des compétences liées à l’économie verte. Cette démarche a pu aboutir grâce àune action conjointe avec l’Education nationale. « L’essentiel n’est pas spectaculaire. Nosactions vers l’économie verte à travers ce Plan ne vont pas révolutionner le marché del’emploi, mais la somme de toutes ces petites avancées est importante ». Elle a soulignéen outre que ce plan pour l’économie verte n’a pas besoin d’un budget faramineux, ils’agit davantage d’une question de conscience et de volonté. « On met autour de la tabledes grosses têtes qui chauffent et qui donnent de leur temps ! ». Hélène Bégon partagel’idée qu’il est difficile de prouver que la reconversion écologique créera des emplois, enrevanche elle est persuadée que cette nouvelle économie vertueuse et durable apporteradu bien-être et qu’il est indispensable d’évaluer le risque de perdre des emplois. « Onévolue plus vite dans nos têtes que dans les faits. La mutation est irréversible, et si on laprépare, ça se passera mieux ».Joëlle Remoissenet a insisté quant à elle sur le décalage entre les beaux discours et laréalité. Les objectifs affichés du Grenelle I de création d’emplois dans les secteurs dubâtiment, des énergies renouvelables, de l’agriculture biologique et du photovoltaïque n’ontpas été remplis. On assiste plutôt à des licenciements et des rétractations de commandesdans des secteurs durement touchés. « Il faut une volonté politique forte, sinon on nefait rien ! ». Joëlle Remoissenet a présenté trois exemples d’actions des Pays de Loire :1) la rénovation dans le sens de l’efficacité énergétique de tous les lycées de la région,115 lycées, dotée d’un budget de 460 millions d’euros, a pour but l’améliorationénergétique des bâtiments, selon l’objectif des 3 x 30 : 30% d’économie d’énergie,30% de diminution de gaz à effet de serre et 30% d’énergies renouvelables (pédagogie del’exemple). 2) La reconversion de l’entreprise Bénéteau est quant à elle un bel exemplede reconversion économique concertée et de synergie dans l’action du privé et du public.Le constructeur de bateaux s’est diversifié dans de nouvelles techniques de constructionsmodulaires BBC (Bâtiment Basse Consommation, dont le label sera obligatoire dès2012), exploitable par exemple dans la construction des internats. 3) La restauration21. «Plan de mobilisation pour les métiers de la croissance verte» en 2010. ce plan, mis en place dans le cadre du Pacte de Solidarité ecologique initié par le Grenelleenvironnement, contribue au développement de nouveaux emplois et à l’évolution des métiers liés à la croissance verte.22. cnam : conservatoire national des arts et métiers.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 22
  • 23. L’anticipation collective durable. A ce sujet la région s’est fixé l’objectif « provocateur » du « 100% bio dans les cantines » et 42 établissements sont déjà concernés. Cela répond à un triplepermet deenjeu de solidarité, de santé et d’environnement. La conseillère régionale a insisté sur l’investissement supplémentaire que doit fournir l’Etat, en particulier pour aider lesprévoir plusieursPME. « Notre économie est à bout de souffle mais on continue quand même ! Nous devons créer une économie sociale et remettre l’humain et la nature au cœur de scénarios et pose l’économie », a-t-elle conclu. Le bilan de Christine Dupuis est plutôt mitigé, si l’économie verte est très importante les bases d’unpour son syndicat en termes de bien-être et de croissance, ce ne sont pas les emplois verts de demain qui résoudront la crise économique actuelle. « C’est la raison pourdialogue social laquelle nous travaillons beaucoup sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, au niveau des territoires. Cette démarche est au cœur du projet de plus détendu l’UNSA. Nous pensons que lorsque tous les acteurs se mettent autour de la table : Pôle Emploi, la Région, le Préfet, les organisations patronales et syndicales et décident de mener des actions, les résultats sont favorables pour les salariés ». Bénéteau est une expérience exemplaire dont son syndicat était partie prenante, en revanche, le cas d’une entreprise de fabrication de matelas de Troyes, sur le point de fermer ses portes, illustre le cas inverse. Rien n’a été anticipé pour proposer une solution de reclassement aux 900 salariés concernés. La solution de la reconversion de l’entreprise en recyclage de matelas a été proposée trop tardivement pour envisager une solution optimale. Elle pointe ainsi du doigt l’importance de l’anticipation dans le cadre d’une reconversion qui intègre les partenaires sociaux. L’anticipation permet de prévoir et d’explorer plusieurs scénarios possibles et pose les bases d’un dialogue social plus détendu entre les différents acteurs. Sandrine Bourgogne, a rappelé que 97% des entreprises en France ont moins de 10 salariés. « A l’image de l’Europe, les emplois créés le sont surtout dans les PME et ce sont des emplois qui se maintiennent ». En effet, au cours des 20 dernières années, 80% des emplois créés l’étaient dans les très petites entreprises. La création de nouveaux emplois verts pour la plupart des chefs de petites entreprises est vécue comme une contrainte. « Notre rôle est de positiver et de leur prouver qu’il y a des opportunités en termes d’emplois. Pour ce faire, il y a le Plan Métiers Grenelle 1 que nous avons suivi et qui est un mouvement fort. Mais ce n’est pas suffisant. Pour les aider à s’investir, il faut également mettre l’accent sur leurs branches professionnelles, qui sont souvent les premiers prescripteurs de ces petites entreprises, il faut avoir aussi une approche plus transversale sur les formations ». Dernier intervenant à prendre la parole, Jacky Fayolle est revenu sur une étude récente23 diffusée par le CEREQ24 portant sur la « bulle des formations environnementales », qui conclue au trop grand nombre de ces formations et au risque beaucoup plus élevé pour ces diplômés de se retrouver durablement au chômage. « Cela pose un problème fondamental, si ces formations produisent des chômeurs, que les diplômes ne correspondent pas à la demande. Nous n’avons pas besoin de petits métiers environnementaux mais uniquement de métiers hautement qualifiés ». Jacky Fayolle a mis en avant le fait que la France était en avance avec son plan de mobilisation pour le verdissement des emplois. « En revanche, le mariage de la compétitivité économique et de la vertu écologique n’est pas gagné d’avance », a t-il conclu. ECHANGES AVEC LA SALLE Une étudiante en master développement durable est intervenue pour défendre sa compétence technique. « Les emplois verts sont parfois nébuleux pour les salariés qui sont réservés et pensent que cela signifie pour eux la perte de leur emploi », a expliqué Christine Dupuis. « Pourquoi, en 2008, on disait que la crise était une opportunité et qu’aujourd’hui, on dit que c’est un frein ? », s’est interrogée une personne du public. « Pour que la crise nous permette de rebondir, elle doit tomber sur un corps résilient. Ce n’est pas le cas aujourd’hui », a répondu Hélène Bégon. LE TWEET SBourgogne #CGPME 97% des entreprises en France ont moins de 10 salaries. C’est 80% des créations d’emplois #greenforum201123. etienne campens, olivier aznar, Thibaud mazerm, « la bulle des formations environnementales », Bref du ceReQ, n°289, juillet 2011.24. CÉREQ : Centre d’études et de recherches sur les qualifications. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 23
  • 24. LE GRAND TÉMOIN DE LA jOURNÉEJean-Philippe Teboul, Directeur d’Orientation DurableL’ennemi du « Tout n’est qu’une question de point de vue ». Le dynamisme et l’humour de Jean-PhilippeTeboul ont clôt la journée. Le directeur d’Orientation Durable, dont la mission est dedéveloppement mettre en relation demandeurs d’emploi et recruteurs dans les métiers du développementdurable, a résumé les différentes interventions en livrant son analyse.durable c’est leIl est tout d’abord revenu sur la notion floue de métiers verts en expliquant que chaqueemployeur a sa notion de développement durable. « Si vous parlez de développement« court-termisme »durable à un entrepreneur en BTP, il va penser à ce qui l’intéresse, c’est à dire lesmarchés publics, alors qu’un banquier sera intéressé par l’investissement socialementresponsable, qui représentait 52 milliards d’euros l’an dernier. Le même mot n’a pas lemême sens suivant la personne à qui l’on s’adresse et un demandeur d’emploi doit doncadapter son discours ».« Il faut sauver le soldat social ! » a plaisanté Jean-Philippe Teboul pour résumer unautre thème, cher aux syndicats, pour qui l’amélioration environnementale de la pratiqueindustrielle ne peut se faire au détriment du social. « La production supplémentaired’une tonne de CO2 affecte la planète entière, alors qu’un désastre social touchant tout lemonde est perçu de façon très indirecte ». Les actionnaires s’intéressent principalementà la qualité environnementale au détriment de la qualité sociale. Le principal espoir vientalors du consommateur, pense Jean-Philippe Teboul. « A l’avenir, nous aurons tous lesoutils pour comparer la qualité sociale de deux produits, nous avons donc l’espoir que lesocial rattrape l’environnemental ».Jean-Philippe Teboul a terminé sur une note d’optimisme en constatant que tous lesintervenants, qu’ils soient syndicats, ONG, petites et grandes entreprises, administrationsnationales et internationales, sont tombés d’accords sur plusieurs points importants :- La nécessité que l’ensemble des parties prenantes soient impliquées dans les problèmes ;- La question de l’emploi est davantage une question de configuration que de volume ;- L’importance de la reconversion écologique de l’économie ne doit pas se faire audétriment du social.Pour revenir sur le facteur temps largement évoqué, Jean-Philippe Teboul a rappelé quede nombreux projets d’éco-conception avaient été stoppés faute de trésorerie et qu’ilétait difficile dans les grands groupes, souvent détenus par des actionnaires, de mettreen place des projets à long terme alors qu’ils risquaient d’être revendus plusieurs foisdans les années suivantes. Enfin, « L’ennemi du développement durable a été trouvé » at-il affirmé. « Ce ne sont pas les gouvernements des pays riches, ni les multinationales,mais le court-termisme ». Comme l’ont souligné la quasi-totalité des intervenants «Ledéveloppement durable nécessite non pas une vision à 3 ou 6 mois mais à 5 ou 10 ans.Les enjeux du développement durable demandent de façon impérative que les décideursréfléchissent à long terme et seules les collectivités ont une réflexion sur plus de cinq anstandis que les entreprises ont une vision à cinq mois ».A la question centrale du Green Forum, la reconversion économique sera-t-elle sourced’emplois, il a répondu « Oui, trois fois oui. Le gros gisement d’emplois est toujours ducôté environnemental, car il y a des raisons d’embaucher et des raisons d’investir ». Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 24
  • 25. Extraits du premier Baromètre des emplois de la croissance verte et du développementdurable, réalisé en septembre 2011 par Orientation Durable.Le baromètre est un diagnostic établi après examen des offres en ligne d’unecinquantaine de sites internet consacrés au marché de l’emploi.1292 offresd’emplois verts. Répartition par familles de fonctions5% 9%COLLECTIVITÉS ET ONGEFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE8%INTÉGRATION DU DD DANSDES MÉTIERS CLASSIQUES78 % ÉNERGIES RENOUVELABLES Source : Cabinet Orientation Durable. Baromêtre des métiers, septembre 2011. http://www.orientationdurable.com/wp-content/uploads/2011/11/Barometre-complet.pdf Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 25
  • 26. TAbLE RONDE 3 L’innovation sous toutes ses formes, base d’une nouvelle économie et des emplois associésLaetitia Tuffery, Chargée d’études - Centre d’Etudes de l’EmploiPaul Pietyra, Directeur de Nekoé, pôle d’excellence sur l’innovation par les servicesStéphane Voisin, Directeur ISR, CA ChevreuxNicolas Blanc, Directeur projets territoires, infrastructures / universités, innovation, du groupe Caisse des DépôtsJean-Phillipe Magnen, Vice-président en charge de l’emploi, de la formation et des métiers de demain de la RégionPays de LoireDébat animé par Arnaud Ardoin de La Chaîne ParlementaireAvant de lancer le débat, Arnaud Ardouin a voulu sonder l’auditoire et dégager une grandetendance : l’innovation peut-elle créer des emplois ? Levée de cartons verts, c’est un ouimassif. « Pas besoin de débat alors, on vous laisse ! », s’est amusé le journaliste avant dedonner la parole à Laetitia Tuffery, co-auteur d’une étude25 menée en 2011 pour le comptede Natureparif et ayant pour but de quantifier les emplois favorables à la biodiversité etles moyens à mettre en œuvre pour augmenter leur nombre. Il en ressort que les bio-emplois sont encore peu nombreux (1 emploi sur 1000) et que les métiers liés à la gestiondes ressources naturelles (sylviculture, aménagement du territoire,...), largement plusnombreux, sont mis en place par le secteur public et des chantiers d’insertion. Selon cetteétude, pour augmenter le nombre de ces emplois, il faut combiner la politique de l’offre etcelle de la demande. Ce qui ne sera possible que grâce à un soutien régional, permettantd’augmener la production. « On ne peut pas généraliser l’innovation », a affirmé LaetitiaTuffery, pour revenir au sujet du débat. « Il faut savoir quel secteur est concerné etde quel type d’innovation il s’agit ». Laetitia Tuffery a suggéré de mettre en place unepolitique à double dividende, produisant un effet positif sur la création nette d’emplois etla biodiversité, avec les leviers de la formation et du soutien financier.La notion de double dividende traduit l’idée que la mise en place d’une fiscalitéenvironnementale (taxe carbone ou quotas échangeables mis aux enchères) peut permettresimultanément un bénéfice environnemental et un bénéfice de nature économique. Celapermet :- de ne pas modifier le montant des recettes fiscales pour l’État ;- de donner à la puissance publique les moyens de préserver notre environnementcommun ;- de relancer l’emploi, devenu beaucoup moins onéreux pour les entreprises ;- de séparer le travail, du droit des individus à avoir les moyens d’une subsistance décente(logement, nourriture, santé, éducation).Pour résumer, c’est un impôt pour que ceux qui prélèvent le plus sur les biens collectifs,soient ceux qui rendent le plus à la collectivité.« Oui, mais pour que ça marche, il faut être dans l’anticipation. Nous ne sommes pasjuste une banque de financement ! », a répondu le Vice-président la région Pays de Loire.« Interrogeons nous aussi sur la manière dont nous préparons les femmes et les hommesaux métiers de demain ? ». Jean-Philippe Magnen a insisté sur le fait que les métiersde demain ne seront pas tous verts et que l’innovation ne doit pas être uniquementtechnologique mais également socio-économique. « Etes-vous des mercenaires qui agissezdans les entreprises pour mettre en place l’innovation ?» a demandé Arnaud Ardouin àPaul Peityra « Nous ne sommes pas des mercenaires, mais un cluster, c’est à dire plutôt unintégrateur de trois types d’acteurs que sont les entreprises, les collectivités et le mondede la recherche. Mais également une start-up dans le domaine de la transformation del’économie par les services. Pour nous, l’innovation est un vecteur de transformation deséco-systèmes, au niveau de la technologie mais aussi des services ».25.laetitia Tuffery et alt., « les emplois favorables à la biodiversité en Ile-de-France », 2011.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 26
  • 27. © PaUlIne dame PoUR le WWF FRanceArnaud Ardoin anime le débat « L’innovation sous toutes ses formes », base d’une nouvelle économieet des emplois associés.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 27
  • 28. C’est souvent leNicolas Blanc a rappellé que le développement durable était une des priorités de la Caisse des Dépôts, dont l’un des moyens développés pour verdir l’économie est d’aiderpolitique qui donnel’innovation territoriale. « On constate que cela existe davantage dans d’autres pays européens, avec les clusters et les pôles de compétitivité. Le pire de tout, c’est la non- l’impulsion action ! » La notion d’investissement à long terme est très importante pour la Caisse des Dépôts qui investit dans des projets au service du développement de tous les territoires,pour verdirdonnant ainsi du temps à l’innovation et à une croissance durable.les emploisStéphane Voisin, chargé de présenter le Living Planet Fund26, qui est un fond d’investissement socialement responsable (ISR) lancé en 2003 par le WWF International, rappelle que « l’innovation financière est rarement écologique » et qu’au contraire le Living Planet Fund permet d’investir dans des entreprises européennes qui proposent des solutions écologiques comme les éco-produits, les énergies renouvelables et la gestion durable de l’eau. « Le pôle de croissance le plus fort est celui de l’efficacité, énergétique notamment. Son succès vient aussi du fait qu’il a besoin de peu de financement, contrairement aux énergies renouvelables ». Selon lui, la filière des éco-produits marche bien et est créatrice d’emplois. « Contrairement aux idées reçues, le degré d’innovation dans tous ces secteurs est relativement faible. L’innovation technologique crée surtout de l’obsolescence sans réel impact écologique positif et parfois un impact catastrophique sur le plan social. Il est plus question de choix que de technologie. On choisit entre deux technologies existantes » a affirmé le représentant du CA Chevreux. « Qui donne l’impulsion pour verdir les emplois ? », demande Arnaud Ardouin. « C’est souvent le politique qui donne l’impulsion et travaille ensuite avec les différents partenaires. Dans notre région, on oppose aujourd’hui le développement de l’éolien maritime à la construction d’un nouvel aéroport près de Nantes. Il y aurait 4000 emplois créés de chaque côté, mais dans le premier choix, on réindustrialise en créant des emplois dans le sens d’une conversion écologique. L’élu doit se positionner », répond Jean-Philippe Magnen. « La bonne nouvelle », d’après Nicolas Blanc, « c’est que l’on sera content de voir disparaître les secteurs de l’économie plus polluants, très intensifs en capital, mais sur des segments particuliers de populations très formées type ingénieurs, et qui seront remplacés dans quelques décennies par des secteurs où l’emploi sera territorialisé, à plutôt moins forte intensité capitalistique ; pour donner un exemple il pourrait s’agir de l’éolien off-shore qui remplace une partie de la production énergétique qui aujourd’hui est alloué au nucléaire. Le kilowatt/heure produit est beaucoup plus intensif en emploi que dans le premier cas ». « Dans les territoires, l’emploi est moins volatile, moins soumis aux aléas du marché et de la mondialisation. On peut donc être raisonnablement optimiste sur des phénomènes de transition économique qui sont prometteurs en terme de création d’emplois ». Il a également souligné que cette analyse est loin des prédictions d’une France désindustrialisée n’offrant plus que des services. Il a par ailleurs constaté une évolution intéressante des problématiques : « Le Grenelle initial n’était pas de créer de la valeur ou de l’emploi, mais d’aller vers des modes de production moins intensifs en carbone. C’est donc plutôt positif ». Pour lui aussi, il ne reste plus qu’à se doter d’outils capables de mesurer la création de valeur autrement que par le prisme étriqué du PIB et de mettre en place des collaborations public-privé. « Pour aider concrètement les industries à verdir leurs activités, la région Pays-de-Loire soutient les laboratoires de recherche sur l’évolution des matériaux, les clusters et grappes d’éco-construction » a expliqué Jean-Philippe Magnen. « Rien ne peut évoluer si la puissance publique ne donne pas l’impulsion pour créer de nouvelles filières industrielles. Le chef d’entreprise est un animal à sang-froid, ce n’est pas lui qui fait les choix », poursuit Stéphane Voisin, en rappelant que « Les leaders technologiques européens se font tailler des croupières par la Chine et la Corée ». La Chine investit 600 millions d’euros pour l’innovation quand la Corée y consacre 6,7 % de son PIB. « Il faudra sortir du schéma : si le politique décide, l’entreprise suivra. Il y a trop de verrous juridiques qui bloquent les initiatives », a poursuivi Nicolas Blanc.26. http://www.wwf.fr/agir/investir-dans-des-fonds-responsables/living-planet-fund-pour-des-investissements-socialement-responsablesSynthèse des échanges du Green Forum 2011 page 28
  • 29. Les grandesPour Jean-Philippe Magnen, « Le choix du tout nucléaire a empêché le développement d’autres filières innovantes. On doit à la fois susciter la création d’activités économiquestransformationssur notre territoire et en même temps, prendre conscience qu’un certain nombre de filières se sont développées plus vite en Allemagne ou dans les pays d’Europe du nord. des entreprises Il faut imaginer des coopérations inter-régionales au niveau européen ».mettaient 15 ans « Pourquoi une entreprise a besoin de l’accompagnement d’un pôle spécialisé dans l’innovation par les services comme Nekoé ? » demande Arnaud Ardouin à Paul à aboutir Pietyra, « Nous faisons émerger l’horizontalité de l’économie plus que la verticalité. La transformation par les services reste très abstraite. On nous appelle pour des raisons pragmatiques, quand l’entreprise a un gros souci financier, ou parce que le chef d’entreprise a une vision qu’il souhaite voir appliquer ». ECHANGES AVEC LA SALLE Laurent Carrié, de la CFE-CGC, un syndicat de cadres, a entamé la session d’interaction avec le public de façon provocatrice : « A cette table ronde, tous mes ennemis sont représentés : banquier, politique et économiste. Je trouve votre discours anxiogène. Moi, si je dis aux salariés d’une usine que la croissance verte c’est formidable mais que ça va détruire vos emplois, je suis séquestré dans la minute ! ». « Je cumule les trois tares : banquier, économiste et politique » a plaisanté Nicolas Blanc avant de répondre « Accompagner les filières dans leur évolution n’est pas anxiogène. En revanche, si vous dîtes aux salariés de l’industrie sidérurgique que dans 50 ans, tout sera pareil, là c’est très inquiétant ». « Exactement », a surenchérit Jean-Philippe Magnen. « Il ne faut pas abandonner l’industrie, mais l’aider à se convertir et se diversifier. Ce n’est pas anxiogène, c’est porteur d’espoir ». Pour Laetitia Teffery « Il n’y a pas de scénario catastrophe, mais une vision à court, moyen et long terme ». Paul Pietyra a conclu en disant que « Les grandes transformations des entreprises mettaient 15 ans à aboutir ». Arnaud Ardouin a demandé au public de répondre de nouveau à la question sur l’innovation créatrice ou non d’emplois et malgré quelques cartons rouges supplémentaires, la réponse était toujours OUI. POuR ALLER PLuS LOIN Laetitia Tuffery et alt., « Les emplois favorables à la biodiversité en Ile de France », téléchargeable sur : http://www.natureparif.fr/attachments/observatoire/EtudeEmplois/CEE- Natureparif-rapport_final_web.pdf Site du Living Planet Fund : http://www.livingplanetfund.com/ LE TWEET JPM > Il faut casser l’idée que l’Economie Sociale et Solidaire et ses innovations seront encore pendant des décennies de l’émergence ou de l’expérimentationSynthèse des échanges du Green Forum 2011 page 29
  • 30. © PaUlIne dame PoUR le WWF FRance Consultation du public pendant le Green Forum 2011.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 30
  • 31. INTERvENTION 5La transition social-écologique,comment ? Découplages, nouvellesmesures du bien-être et justiceenvironnementaleEloi Laurent, Economiste, professeur à l’Université de Standford et conseiller scientifique au OFCE / Science Po-Paris, centre de recherche en économie.Eloi Laurent a tenu à manifester son estime pour le WWF, qui, grâce à ses recherches età ses bases de données, a joué un rôle très important dans sa culture écologique.Son intervention avait pour objectif de replacer la question de la transition écologiquede l’économie dans le contexte plus ample de la social-écologie, sujet de ses travaux. Il ena illustré l’approche, les conséquences analytiques et politiques ainsi que les solutions,en perspective d’une conclusion qui a porté sur la question de l’emploi.Eloi Laurent a démarré sa présentation par deux images, un tableau et une représentationgraphique des « limites planétaires », issues d’un célèbre article27 publié dans la revueNature en 2009. Actuellement nous avons atteint ces limites dans trois domaines : leschangements climatiques, la biodiversité et le cycle de l’azote. Ces images visaient àillustrer son propos : dans l’appréhension des crises écologiques actuelles, les sciencesdures comme la biologie et la physique ne font que constater le dépassement des limitesplanétaires, sans nous permettre de formuler de solutions. Afin d’y remédier, nous avonsbesoin d’intégrer la dimension des sciences sociales. La social-écologie, ou l’approchesociale-écologique, est justement la compréhension des questions environnementalesmettant en lien sciences naturelles et physiques, et sciences sociales. Ce chaînonmanquant du savoir écologique est une grille de lecture nouvelle pour la résolution descrises qui concernent les facteurs environnementaux et sociaux.Les crises écologiques révèlent ce qu’Eloi Laurent appelle le grand paradoxe de laconnaissance et de l’action. Depuis deux décennies, les sciences de l’environnement ontfait des progrès considérables. Pourtant, nous voyons notre environnement se dégraderdavantage. L’unique hypothèse valable pour expliquer ce paradoxe est simple : d’unepart, nous ne savons pas encore tout ce que nous devrions savoir et d’autre part, nousne savons pas comment réformer les systèmes humains pour préserver les systèmesnaturels. En effet, nous manquons encore de données qui ne relèvent pas forcement dela connaissance scientifique des problèmes.Pour Eloi Laurent, les sciences sociales et humaines détiennent la clé des problèmesrévélés par les sciences dures car elles nous permettent d’enquêter sur les comportementsindividuels et collectifs. De ce fait, nous pourrons décrypter les mécanismes et les leviersefficaces pour instaurer des dynamiques de changement dans nos sociétés. Intégrer ladimension des sciences sociales dans l’approche analytique permet de reconnaitre queles crises écologiques sont aussi des crises sociales et de passer ainsi à la compréhensiondu volet politique de la social-écologie.Au niveau politique le principe est le même : dans l’analyse et dans la recherchedes solutions, il ne faut pas scinder les deux dimensions écologique et sociale. Nousn’arriverons pas à résoudre les crises écologiques si nous n’imbriquons pas lesenjeux écologiques dans les questions sociales. Tant qu’on ne fera pas d’emblée despolitiques social-écologiques, où chaque question sociale trouvera une traductiondans les questions écologiques, nous n’arriverons pas à progresser. Pour préparer cettetransition, raisonner en termes d’économie ne suffit plus. Dans l’approche des crisesécologiques et des catastrophes écologiques il faut mettre en lumière les enjeux degouvernance et de justice. Un tremblement de terre, les changements climatiques etl’érosion de la biodiversité ne sont pas des événements « neutres » en termes d’enjeuxsociaux. Les crises écologiques vont faire exploser les injustices environnementales, etles citoyens commenceront à être vraiment sensibles à cet enjeu quand ils comprendrontque derrière la question écologique se cache la question des inégalités.27. Rockström J. et al, “a safe operating space for humanity”, nature, Septembre 2009, 461(7263) :472-5. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 31
  • 32. L’excès d’inégalitésDès lors, la social-écologie n’est plus seulement une grille de lecture du présent maisdevient un horizon politique. C’est par la construction et l’application des politiques social- peut empêcherécologiques que nous pourrons reformer la social-démocratie et son projet politique.Il faut réformer les systèmes humains pour préserver les systèmes naturels, à l’aide dele développementpolitiques sociales écologiques. Le sens profond du message de la social-écologie est unprofond message d’espoir : nos sociétés seront plus justes si elles sont plus soutenables, humain et elles seront plus soutenables si elles sont plus justes.Une fois posé le cadre général de la social-écologie, il convient de poser de façon plusapprofondie et pratique les instruments avec lesquels nous pourrions construire latransition social-écologique. Ces instruments sont la résilience social-écologique,les découplages, une économie verte, la conception et la mise en œuvre des nouveauxindicateurs de développement humain.Construire la résilience social-écologique : nous avons déjà expérimenté certainescatastrophes écologiques et nous savons que d’autres crises vont arriver. Il s’agit doncde s’adapter de manière démocratique et non darwinienne aux crises écologiques, deles affronter de façon égalitaire et de les anticiper en s’armant d’instruments capablesde nous protéger. Si nous n’intégrons pas dès à présent le facteur écologique dans nospolitiques publiques de prévention, il y aura des catégories de gens protégées et d’autresextrêmement vulnérables. Sur un plan politique et social, ces instruments indispensablesseront des protections social-écologiques collectives. Il s’agit ici d’inventer l’Etat-Providence social-écologique. Si, dans la résolution des crises environnementales,nous ne prenons pas en charge la variable sociale nous allons vivre ce que l’économisteappelle « le monde du cyclone Katrina, monde dans lequel si vous êtes noir et pauvre,vous mourrez. Si vous êtes riche et blanc et vous avez une voiture privée vous vouséchappez ». L’exemple de la canicule de 2003 et du plan qui en a découlé est unexemple pertinent. La canicule était un événement social profondément inégalitaire :90 % des victimes avait plus de 65 ans. La catégorie socioprofessionnelle et l’isolementsocial ont été les principaux facteurs déterminants les taux de mortalité. Une autrecanicule a frappé la France trois ans après. Le plan Canicule a démontré son utilité caril a permis de limiter les dégâts. La nécessité de travailler dans le sens des politiquessocial-écologiques est valable aussi pour d’autres domaines des politiques publiques : lafiscalité (on ne peut pas construire une fiscalité carbone sans inclure les aspects sociaux),les questions liées à l’urbanisme, aux transports collectifs, etc.L’excès d’inégalités peut empêcher le développement humain, les inégalités socialesdevenant écologiquement insoutenables. En reconnaissant les inégalités environnemen-tales et en visant ainsi une transition juste à travers un Etat providence social-écologique,on réconciliera les citoyens avec l’écologie et on évitera l’illusion de l’arbitrage envi-ronnemental-social. De plus, il est nécessaire de considérer les inégalités comme levierimportant dans la mobilisation des personnes. L’exemple de la précarité énergétique28est un sujet majeur d’injustice sociale. 13 % des ménages français sont victimes de pré-carité. Au Royaume-Uni, de 2003 à 2009, ce nombre est passé de 3 % à 18 % sous le coûtdes prix de l’énergie.La précarité énergétique dépend de trois facteurs : le niveau des revenus, les conditionsde logement, le prix de l’énergie. Ces trois facteurs s’aggraveront au cours des prochainesannées. La précarité énergétique est une question préoccupante et la mise en garde esttangible : en France il n’y a actuellement ni réflexion ni prospection à ce sujet. Nousn’avons pas de données sur le nombre de personnes exposées aux risques industriels,aux pollutions sonores et aux déchets toxiques et encore moins d’outils au niveau despolitiques publiques. Si nous n’agissons pas avec les bons outils et des politiques publiquessocial-écologiques dès maintenant, nous aurons à terme des problèmes de justice sociale.28. au Royaume-Uni, où les travaux sur la précarité énergétique ont commencé dès le début des années 1990, un ménage est considéré comme en situation de « pauvretéénergétique » (fuel poverty) s’il dépense plus de 10 % de son revenu pour maintenir un « niveau adéquat de chaleur » dans son logement, soit une pièce à vivre à21 degrés et les autres pièces de son logement à 18 degrés (on inclut le coût en énergie du chauffage de l’eau et de l’éclairage) Il s’agit de la définition la plus précise dela pauvreté énergétique qui existe à ce jour dans l’Union européenne. extrait de « Pour une justice environnementale européenne, le cas de la précarité énergétique» dans la revue de l’oFce Débats et politiques n°120 – “Économie du développement soutenable”, sous la direction d’Éloi laurent.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 32
  • 33. Les résultats En France 60 % de personnes exposées aux risques industriels vivent en ZUS29 (Zone Urbaines Sensibles). Ce chiffre est exemplaire dans la boucle sociale/de l’application environnementale des inégalités : vous avez des revenus modestes, vous habitez en banlieue, vous avez des conditions environnementales qui sont dégradées, des découplages cela va diminuer votre bien être et par conséquent hypothéquer vos conditions de développement humain. au sein de l’EU Les pouvoirs publics ne peuvent plus faire l’impasse sur l’environnement dans lequelsont porteurs d’espoir nous vivons alors que celui-ci détermine en partie notre santé et plus largement notre bien-être. Qu’il s’agisse d’environnement de travail, de résidence ou de loisirs, cette problématique doit être intégrée dans les politiques publiques. Les découplages30 : Sur ce sujet, Eloi Laurent ne partage pas l’avis de Tim Jackson31, pour lui il n’y a pas un « mythe » du découplage (l’impossibilité d’un découplage absolu entre la croissance économique et son impact environnemental occupe le cœur de la démonstration de l’ouvrage du chercheur britannique Tim Jackson) mais bien une réalité dont il faut se donner les moyens car il s’agit du grand instrument qu’il va falloir utiliser dans les 30 prochaines années pour penser et accompagner la transition. Les résultats de l’application des découplages au sein de l’EU en général (l’UE à réussi son découplage absolu entre croissance économique et émissions de gaz à effet de serre) et des Pays Bas en particuliers sont porteurs d’espoir. Eloi Laurent a listé les 4 dimensions à prendre en compte pour cet instrument et de fait quatre découplages : 1) Découplage économie/bien-être : découplage de l’activité économique et du bien-être humain. Cet objectif ne pourra pas être atteint sans passer par la conceptionet la mise en œuvre de nouveaux indicateurs de développement humain, passeulement au niveau national, le niveau local est aussi envisageable (ex. enseptembre 2010 Les Pays de la Loire ont mis en place des nouveaux indicateursde développement après avoir organisé une délibération publique sur le sujet). Ausujet de l’emploi, Eloi Laurent a rappelé l’importance de la qualité de l’emploi quise pose dans le cadre de ce découplage : est-ce que nous pouvons augmenter laqualité de l’emploi tout en augmentant la quantité des emplois ? 2) Découplage économie/ressources naturelles : découplage de l’activité économiquede l’usage des ressources naturelles par l’accroissement de la productivité matérielle. 3) Découplage économie/impact environnemental : le revenu et l’emploi augmententalors que se réduisent les dégradations environnementales par le développementde l’économie verte (éco-industries, fonctionnalité, circularité, etc.). L’exemple del’UE de découplage absolu entre croissance économique et émissions de gaz àeffet de serre (augmentation PIB par habitant, diminution des émissions CO2) estdans ce cadre un exemple de réussite. 4) Découplage bien-être/impact environnemental : le bien-être humain augmentesans pour autant dégrader l’environnement. 29. exemple issu des données des travaux de la délégation interministérielle à la ville. 30. Il y a découplage lorsque le taux de croissance d’une pression sur l’environnement (par exemple les émissions de co2) devient inférieur à celui de sa force motrice (par ex. la croissance du PIB). on parle de découplage absolu si la pression sur l’environnement (par ex. le volume des émissions de co2) demeure stable ou décroît tandis que la variable mesurant la force motrice augmente (par exemple le PIB réel en volume). Il y a découplage relatif lorsque la pression sur l’environnement augmente mais à un taux de croissance moindre que celui de la force motrice (taux de croissance du PIB > taux de croissance des émissions) ». « Faut-il décourager le découplage ? », Éloi laurent, dans la revue de l’oFce, Débats et politiques n°120 – « Économie du développement soutenable », octobre 2011, sous la direction d’Éloi laurent. 31. auteur de Prospérité sans croissance, (éd. de Boeck, 2010). cette publication est une version largement revue et complétée de l’étude que Tim Jackson a réalisée pour le compte de la Sustainable Development Commission, une instance consultative du gouvernement britannique, au sein de laquelle Tim Jackson est commissaire au développement durable. Il déconstruit la croissance économique comme impératif de progrès ou synonyme de prospérité et formule des propositions pour passer à un autre modèle de production, vert, florissant et durable. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 33
  • 34. 80 % Economie verte : Eloi Laurent a insisté sur le besoin d’investir massivement dans ce secteur, il faut développer l’économie circulaire et fonctionnelle, les éco-industries et les incitations de la part des pouvoirs publics. L’économie verte sera le sujet du sommet dedes émissions de CO2 Rio en juin 2012, il aura donc davantage de littérature internationale (OCDE, PNUE) à consulter sur les pays en voie de développement comme pour les pays développés. dans l’OCDE Les incitations : pour modifier les comportements et les attitudes des citoyens lessont le fait incitations sont des moteurs importants. Selon Eloi Laurent l’action des pouvoirs publics ne doit pas seulement impacter le prix mais également la valeur. L’économie « compte » de secteurs et mesure, et « mesurer, c’est gouverner ». Dans la délibération en faveur des nouveaux indicateurs de développement il y a la question de la mesure et donc du changement dequi représentent valeur. Pour revenir à la question de l’emploi et se reposer la question principale de ce Greenmoins de 10 %Forum : est-ce que la reconversion écologique de l’économie sera-t-elle source d’emplois, l’économiste a cité une étude de 2004 de l’OCDE. Cette étude a comparé, pour 27 paysde l’emploisur 35 faisant partie de l’OCDE, les 7 secteurs les plus polluants en mettant en relation la part cumulative que cela représente en termes d’emplois et en termes d’émissions de CO2. Les conclusions sont édifiantes : 80 % des émissions de CO2 dans l’OCDE sont le fait de secteurs qui représentent moins de 10 % de l’emploi. Les secteurs les plus polluants sont très intensifs en capital et faiblement intensifs en emplois. Eloi Laurent a rappelé que ce constat a été également fait par les intervenants de la précédente table ronde. « Cela démontre que le découplage emplois / carbone n’est donc pas un fantasme. Dans le cadre de l’étude de l’OCDE que nous venons de citer, supprimer ces emplois (moins de 10 %) permettrait d’atteindre notre objectif de réduction des émissions de CO2 (80 %) et de faire émerger de nouveaux emplois plus verts, pour que la balance de l’emploi soit positive en net ». Enfin, pour finir sur la crise économique que nous traversons et la mesure de la soutenabilité, Eloi Laurent a renvoyé à la question des indicateurs et notamment au rapport Fitoussi-Sen-Stiglitz32. « D’un coté nous avons une crise économique et de l’autre une crise de valeur. D’un coté une crise qui pousse les gens à demander plus de croissance et plus d’emplois et de l’autre une crise qui nous dit que nos indicateurs de mesure de richesse sont périmés, inadaptés et la crise économique en est la preuve car nous n’étions pas prêts. Tout semble dire : il faut passer à de nouveaux instruments. Pourtant les nouveaux indicateurs de bien être et de soutenabilité préconisés par le rapport FSS ont été mis en œuvre notamment par l’INSEE, il y a des groupes de travail qui ont été mis en place au niveau national et international car les indicateurs sont un instrument capital de la transition : « Le PIB existe depuis 50 ans, on ne pourra pas en sortir demain. Mais le fait que tout le monde le considère officiellement comme périmé est une très grande avancée ». ECHANGES AVEC LA SALLE Laurent Carrié, du syndicat CFE-CGC : « Votre présentation me fait penser à celle d’un autre économiste, il y a 15 ans, qui faisait l’apologie de la mondialisation et de ses bienfaits. On voit ce que ça a donné ! Vous n’avez pas l’impression d’avoir une vision idéaliste ? Je vous donne un exemple : vous avez dit qu’en France 60 % des personnes exposées aux risques industriels vivent en ZUS, en tant que représentant des salariés je peux vous dire que 95% des victimes des accidents industriels sont des salariés. Parfois la théorie peut être très éloignée de la réalité. (…) Vous n’avez pas parfois des doutes sur le fait que l’on va très loin dans une vision idéaliste de ce nouveau monde qui se prépare ? ».32. la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi sur la mesure de la Performance Économique et du Progrès Social a été crée en 2008 sur l’initiative du gouvernement français. elle aremis en septembre 2009 un rapport qui s’appuie sur les très nombreux travaux de recherche appliquée qui ont été menés dans divers domaines des sciences économiqueset sociales au cours des dernières années. ces travaux proposent des indicateurs synthétiques de bien-être plus appropriés que le PIB, ainsi que des tableaux de bordvisant à appréhender performance économique et qualité de vie à travers leurs différentes facettes. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 34
  • 35. Les risques« Je n’ai pas l’impression d’être pétri de certitudes sur tout ce que j’ai dit. A vousécouter, on a l’impression que le monde est soumis à la logique écologique, maisindustriels sontc’est tout le contraire qui est vrai ! Les politiques écologiques ne sont pas du toutmainstream » a répondu Eloi Laurent. « Regardez combien on consacre à la protection des formes de l’environnement dans le budget de l’Etat français : cela ne représente que 3 %,aujourd’hui dans le système fiscal français les taxes environnementales ne représententd’inégalité latentes  que le 2%. La reconversion dont on parle n’existe pas encore aujourd’hui ; on commencetout juste à entendre la parole écologique ». Eloi Laurent a précisé aussi qu’il a « demoins en moins de doutes sur la grave réalité des crises écologiques car la qualité destravaux scientifiques est irréprochable, mais j’ai aussi de moins en moins de doutes« sur le fait qu’on est face à une industrie de mensonges et d’enfumage qui ne veut pas lereconnaître ». « Et j’ai aussi des doutes sur le caractère acceptable et démocratique del’industrie qui consiste à nier cette réalité de la crise écologique ».Sur les autres éléments de la question, le chercheur a tenu à préciser la différence entrele risque d’accident industriel évoqué dans la question de Laurent Carrié et les effetssur la santé des populations exposées aux risques industriels. Les accidents sont desinégalités qui apparaissent de manière brutale à un moment donné alors que les risquesindustriels évoqués par Eloi Laurent sont plutôt des formes d’inégalité latentes du faitd’habiter à proximité d’un établissement industriel ou d’un site toxique : l’expositionprolongée à la pollution, les risques d’effets à long terme sur la santé (augmentation dunombre des cancers) etc. L’économiste a regretté que sur ces questions le débat public sefasse encore attendre : nous n’avons actuellement quasiment aucune donnée statistiquede ce type sur l’industrie nucléaire.« Pourquoi tous ces chercheurs n’ont pas encore inventé LE nouveau PIB ou toutautre indicateur que tout le monde attend ? », interroge Cyrille Jubert, fondateur d’unbureau de conseil en communication RSE. « Il y a 35 nouveaux indicateurs qui sontproposés, mais il ne faut surtout pas inventer un nouveau PIB ou un anti-PIB ni unindicateur unique, car cela pose un grand problème de pondération. Aujourd’hui il fautavant trouver un accord sur la méthode et surtout sur l’objectif à atteindre », conclutl’économiste.POuR ALLER PLuS LOINEloi Laurent, Social-écologie, Ed. Flammarion, 2011.Eloi Laurent, Jean-Paul Fitoussi, La Nouvelle Ecologie politique, Ed Seuil, 2008.Éloi Laurent « Faut-il décourager le découplage ? » et « Pour une justice environnementaleeuropéenne : le cas de la précarité énergétique » dans la revue de l’OFCE, Débats etpolitiques n°120, octobre 2011.Didier Blanchet, Marie Clerc, Mathilde Gaini, « Les préconisations du rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi – quelques illustrations » dans L’économie française, INSEE ref Édition 2010.LE TWEETEloi Laurent La transition social-ecologique est le nouvel horizon de la social-democratie.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 35
  • 36. TAbLE RONDE 5 Comment les entreprises du secteur des transports doivent-elles anticiper la transition écologique de l’économie afin de survivre et d’assurer un emploi à leurs salariés ? Dominique Olivier, Secrétaire confédéral en charge du développement durable, CFDT Dominique Launay, Secrétaire général de l’Union interprofessionnelle des transports, CGT Jean-Stéphane Devisse, Directeur des programmes du WWF-France Patrice-Henry Duchêne, Délégué général développement durable, PSA Peugeot Citroën Françoise Combelles, Déléguée générale à l’innovation et au développement durable, RATP Pierre Albano, Directeur délégué environnement, Air France Alain Mestre, Expert transports et prospectives, cabinet Syndex Débat animé par Dominique Pialot du quotidien La TribuneLe rapport à Dominique Pialot a rappelé que les transports représentent une part significative des émissions de CO2 en France, et globalement les impacts des transports sur l’environnementl’automobile n’ont cessé de croître malgré les efforts du secteur : une étude prospective à horizon 2050, prévoit un doublement des émissions de CO2 alors que l’objectif de l’Union européenne à moyen est une réduction de 60 %. « Comment la RATP s’attaque au défi du changement climatique et avec quelle incidence pour l’emploi ? » a demandé Dominique Pialot à et long terme Françoise Combelles. « Comme le disait avant Eloi Laurent, nous ne séparons pas crise écologique de la crise économique, et nous agissons avec cette double difficulté. Nousne passera pas continuons notre développement vers la grande couronne, où le besoin de transport en commun est croissant : nous ne représentons que 11% de part de marché, contre 60 % à forcément Paris. En revanche, nous sommes financés par les pouvoirs publics et en temps de crise c’est plus difficile de faire avancer les choses à la fois sur le versant économique et sur par la propriétécelui écologique », a t-elle expliqué. « Dans ce sens, nous nous attachons à favoriser les transports collectifs non polluants et les transports complémentaires, entre autre le vélo, pour faire augmenter le taux actuel de son usage à Paris ». Pour une entreprise comme la RATP, envisager ces mutations demande de repenser les chaines multimodales et se traduit par le changement de certains emplois internes. Il s’agit notamment de modifier l’ingénierie du transport collectif au profit d’une ingénierie de la mobilité qui pense le transport public dans sa dimension plus globale, « de porte à porte ». Les métiers d’accueil et de vente doivent aussi évoluer pour mieux orienter les usagers à la logique des transports multimodales. Cela demande de la formation à l’eco-conception et aussi un enrichissement des compétences à tous les niveaux. « Ce n’est pas une évolution qu’on affronte mais qu’on anticipe. De fabricants d’automobiles, nous devons passer à un statut de fournisseur de mobilité, tout en diminuant l’impact environnemental de nos produits », a répondu Patrice-Henry Duchêne de PSA. Selon lui, le rapport à l’automobile à moyen et long terme ne passera pas forcément par la propriété. Raison pour laquelle l’entreprise produit vélos, scooters et voitures électriques et développe des services permettant au voyageur de choisir à tout moment le mode de transport le plus adapté, selon son usage, son besoin et le lieu où il habite. PSA a commercialisé deux types de services. Le premier permet à partir d’une carte chargée d’aller dans 40 villes et plus de 100 points de vente et récupérer le vecteur de mobilité qui convient le mieux. Le deuxième est une plate-forme informatique où les usagers peuvent faire des simulations de transport, réserver un billet de train ou louer un véhicule. « En terme d’emplois, la mutation technologique va faire évoluer la fabrication, qui sera réalisée par des anciens salariés reconvertis. Nous procédons également à des formations et à des recrutements pour la nouvelle offre de service multifonction ». Patrice-Henry Duchêne a mis en garde contre la surévaluation des capacités de la population à changer ses comportements. Des études montrent qu’il n’y aura pas moins de véhicules en 2050, mais qu’ils seront différents.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 36
  • 37. © PaUlIne dame PoUR le WWF FRanceEloi Laurent, économiste, professeur de l’Université de Standford. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 37
  • 38. 760.000 « La croissance du transport aérien est en hausse », à quant à lui affirmé Pierre Albano, d’Air France. Pour diminuer son impact environnemental, la compagnie aérienne peut intervenir sur l’avion et le carburant. « Nous faisons de la recherche sur des appareils emplois pourraientpermettant la réduction des bruits et des émissions de CO2 et sur des matériaux innovants. Ces recherches génèrent de nombreux emplois. Concernant les carburants,être créés nos recherches portent sur d’autres énergies pour réduire la facture économique et diminuer notre dépendance aux énergies fossiles ». Pierre Albano a avancé l’hypothèsesi l’on développedes biocarburants comme moyen de maintenir des emplois et même d’en créer dans certains pays.les transports Dominique Launay a fait le point sur le transport routier, très émetteur de CO2, encollectifs voyageurs particulier le transport routier de marchandises. D’après le syndicaliste, il est en augmentation et en majorité géré par des entreprises étrangères employant des salariés étrangers : « Nous sommes face à un véritable dumping social, qui tire les coûts vers le bas, et empêche les modes de transports alternatifs de se mettre en place, comme le ferroviaire, qui au lieu de se développer voit sa part diminuer. Nous allons dans le sens inverse du Grenelle I. C’est une anomalie en termes de développement durable car le transport routier coûte de plus en plus cher. Il y a vraiment besoin de réorienter les choses, il faut placer l’humain au cœur et jouer la complémentarité plutôt que la concurrence dans les transports ». Dominique Launay a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une maitrise publique plus importante, car il s’agit de choix de société, donc de choix politiques et d’un renforcement du service public qui ne soit pas soumis à la rentabilité immédiate. « La privatisation entrainerait une recherche de rentabilité à court terme incompatible avec la recherche et l’amélioration du service. La création d’un pôle public des transports qui travaillerait sur les complémentarités et la multi-modalité, signifiera pour nous forcement création d’emplois ». Alain Mestre a exposé le scénario tendanciel étudié par Syndex en rappelant les deux enjeux considérables du secteur des transports : premièrement, les émissions de CO2, « Les transports sont le seul secteur où il est prévu une forte hausse voir un doublement en 2050 dans les pires prévisions » et deuxièmement la bataille énergétique, « même pour les transports publics, l’énergie est le plus gros poste du budget ». L’étude montre que si on augmente la part des véhicules hybrides et électriques de 20% en 2020 puis de 40% en 2030, l’impact sur l’emploi sera très positif : 30.000 emplois seraient détruits mais 130.000 seraient à créer, en revanche non substituables. Il y aurait donc un énorme enjeu de transition sociale à gérer. Dans le transport routier, le défi est difficile : 360.000 personnes en France et 5 millions en Europe sont concernées. En revanche, si l’on développe les transports collectifs voyageurs, qui comptent déjà 220.000 salariés, 760.000 emplois pourraient être créés. Dominique Olivier de la CFDT, s’est d’abord félicité de l’avis commun récemment rendu sur les transports par le patronat, les syndicats, les collectivités territoriales et les associations écologiques et concernant la priorité donnée à la mer, au fret, au fluvial et à la volonté de faire reculer l’aviation et le routier ; ainsi que la multi-modalité et la mise en place d’un système d’information intégré pour que les usagers utilisent les différents modes de transports. Concernant les transitions professionnelles, il a regretté le manque d’anticipation sur les changements à opérer et l’énorme retard pris depuis le Grenelle de l’environnement. « Tout le monde est tombé du placard quand sont sortis les décrets d’application du Grenelle début 2011, alors qu’on le savait depuis 2007 ! Nous avons 10 ans de retard ». « Les initiatives internes aux entreprises ne permettent pas d’avancées suffisantes. Au niveau des conventions collectives, aucun travail d’anticipation n’a été lancé à ce jour, comme les contrats d’études prospectives sur l’évolution des métiers, les emplois et les compétences, qui demandent un à deux ans de travail, et ensuite la conduite de négociations paritaires pour ajuster les référentiels de métiers, les classifications...». Dominique Olivier préconise la mise en place de plateformes territoriales qui apporteraient de l’information, du conseil et de l’accompagnement aux salariés devant changer de métier.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 38
  • 39. Pour finir, Jean-Sébastien Devisse du WWF-France, a rappelé les contraintes, climat,coût énergétique, concurrence exacerbée et les défis de la transition écologique : créerdes emplois, diminuer la consommation énergétique et améliorer l’offre de services.« Il faut privilégier les secteurs économiques créateurs d’emplois, les technologiesmoins intensives en énergie et gaz à effet de serre, se servir d’instruments financierscomme une contribution climat-énergie ou les fonds de placements pour les régions ».« La réussite sera dans le panachage des solutions » a t-il conclu.ECHANGES AVEC LA SALLE« La France est-elle en retard ? » ont demandé plusieurs personnes du public. « L’Europeest en retard sur les bio-carburants par rapport aux USA. Les pays ont du mal à secoordonner et sont toujours dans la concurrence », a expliqué Pierre Albano. « La filièreautomobile n’est pas en retard. Nous aurons atteint l’objectif des 95 grammes de CO2par kilomètre en 2020 », a affirmé Patrice-Henry Duchêne. « Nous sommes en retardsur la taxe carbone qui n’arrive toujours pas et qui entraîne des fraudes massives. Nosoutils sont inadaptés », d’après Françoise Combelles.LE TWEETDLauney CFDT # transport routier marchandises : il coûte de plus en plus cher et nousallons dans le sens inverse du Grenelle I. Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 39
  • 40. DISCOURS DE CLôTURESerge Orru – Directeur Général du WWF France Mes chers amis de la planète, Comment produire de la richesse sans détruire le vivant ? Comment inventer l’économie du moindre impact sur l’environnement proche et lointain ? Comment favoriser l’industrialisation verte dans notre pays et en Europe ? Comment éviter un monde qui vivra entre Madonna et l’Abbé Pierre ? Ce sont des questions fondamentales auxquelles vous avez tous commencé à apporter des réponses lors de ces deux jours de débats pertinents et fructueux, et je vous en remercie vivement. Nous le savons tous : la route vers une économie verte créatrice d’emplois est encore longue, et nous avons besoin de travailler de concert pour expliquer, éclairer, démontrer sans caricaturer, pour convaincre nos décideurs que la transition écologique de nos sociétés doit être réfléchie par tous, dans une coopération conflictuelle parfois, mais dans le même objectif toujours. Il y a urgence à agir et à créer les conditions d’un dialogue social concerté sur les mutations de l’économie verte. Fort de ses 5000 experts et de ses 50 années de combat pour une planète vivante, le WWF compte y prendre, avec les représentants de la société civile, toute sa part. L’une de nos missions est de stopper la dégradation de notre environnement, et nous montrerons que cette démarche est fortement créatrice d’emplois, parce que l’écologie est la solution. L’écologie globale, celle de la nature et des relations humaines, celle qui contribue au bien-être de celles et ceux qui nous entourent est la voie à suivre, dans l’ensemble interconnecté du vivant. Une autre de nos missions est de stopper le péril climatique. L’économie décarbonée est une obligation car le défi principal du changement climatique nécessite sobriété et efficacité énergétique mais aussi beaucoup de philosophie. La précarité énergétique planétaire est l’affaire de tous les pays et la gouvernance planétaire de ce sujet, vecteur de misère et de guerre, doit se réaliser très rapidement. Cette gouvernance mondiale a commencé à se dessiner l’année passée lors de la Conférence Internationale sur la Biodiversité de Nagoya. Elle doit se concrétiser, notamment lors de la Conférence Internationale de Durban sur les questions climatiques, pour que le développement durable devienne le paradigme majeur de toute décision économique et politique. Nos intervenants l’ont démontré lors des échanges de ce Green Forum consacré à l’économie verte : il nous sera difficile de créer des emplois sur une planète pauvre en biodiversité. Mettons fin au diktat d’un PIB qui ne prend pas en compte les nouveaux indicateurs de richesses et de développement ! C’est l’empreinte social-écologique qui doit devenir l’indicateur principal de nos vies, en prenant en compte la cohésion sociale et l’état réel du patrimoine naturel.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 40
  • 41. L’indicateur principal Il ne peut y avoir d’écologie sans le respect des droits humains et sociaux, sans la parité femme-homme, sans un rapport équilibré entre les pays du Nord et les pays du Sud, sansde nos vies doit coopération ni partage !devenir l’empreinteAu WWF, nous continuerons inlassablement à travailler avec les syndicats, avec les entreprises, avec les gouvernements et leurs oppositions, avec toutes les forces vivessocial-écologiquede notre société. Notre objectif est un développement humain durable, protecteur de la nature. Dans cette optique, et avec la volonté farouche de participer à ce changement, le WWF développe des formations à la fois innovantes, engagées et techniques. Je vous invite d’ailleurs, que vous soyez décideurs ou bien particuliers, à vous rendre sur notre site www.institutdeformation.fr. Vous y trouverez une multitude de sessions de formation afin de partager notre vision et d’anticiper, avec nous, les mutations de notre société. En fait c’est tout cela la solidarité écologique ! Ensemble, faisons-la émerger ! Militons ensemble pour que l’hybridation de l’écologie à la politique, à l’économie, à la justice sociale sur toute la rotondité de la planète devienne l’axe principal de réflexion de nos décideurs. Le dividende social, économique et environnemental ne doit plus dépendre de la cupidité planétophage qui règne aujourd’hui en maître sur notre Terre. A l’aune d’élections capitales pour notre pays, il est temps de montrer que l’écologie n’est pas l’ennemi de l’emploi. Au contraire, elle le nourrit et le réinvente constamment. Ce que nous avons sû faire sur le Grenelle de l’Environnement, dans cette négociation inédite que nous avons réussi à imposer à un gouvernement de culture très productiviste, doit être initié sur chaque territoire, au quotidien, avec toutes les forces vives de notre pays. Nos intervenants nous l’ont démontré : cette transformation écologique de nos sociétés est possible. Nul ne peut diriger ou gouverner contre l’avenir. Nous pourrions ériger comme maxime principale de notre démarche cette magnifique phrase de Romain Gary : « L’homme n’est encore qu’un pressentiment de lui-même : un jour, il sera. » . Soyons ensemble, enfin, pour que vive la social-écologie !Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 41
  • 42. INSTITUT DE FORMATION Engagé depuis plus de dix années aux côtés des entreprises et des collectivités territoriales à travers de nombreux partenariats, le WWF France a développé une connaissanceDU wwF FRANCE pointue du fonctionnement de ces acteurs et des leviers à actionner pour réduire leur empreinte écologique. Convaincu qu’il faut aller plus vite et plus loin, le WWF lance en mai 2011 le programme Univers-cité dont l’objectif est d’accélérer la transition écologique de l’économie. Comment ? En organisant des évènements comme le Green Forum sur la prospective économique qui sont destinés aux professionnels mais aussi en lançant un Institut de Formation. Pour le WWF, ces nouveaux modèles économiques arriveront à voir le jour grâce aux femmes et aux hommes qui œuvrent quotidiennement dans leur entreprise ou leur collectivité. Avec son Institut de formation, le WWF France souhaite permettre à toutes les entreprises, collectivités et citoyens de participer à l’émergence d’un nouveau modèle économique et social. Comment intégrer l’éco-conception dans ses processus? Comment gérer les rapports ONG- entreprises ? Comment mettre en place une politique d’achats durables ? Convaincu que ces problématiques se posent aussi bien à de grands groupes qu’aux PME ou aux acteurs territoriaux, le WWF France conçoit des formations qui peuvent correspondre à des structures de toutes tailles. Organisme agréé, l’Institut de Formation WWF propose des formations inter et intra entreprises afin de répondre au mieux à un objectif majeur : réduire l’empreinte écologique de son activité. Engagées et techniques, les formations WWF France sont créées et animées par des experts internes et par des formateurs extérieurs à l’association. Toutes les personnes qui suivront une formation WWF France partageront la vision de l’ONG et s’approprieront des méthodes et des outils concrets et pratiques nécessaires à la mise en place d’une économie du moindre impact.Synthèse des échanges du Green Forum 2011 page 42
  • 43. FORMATIONS ENTREpRISES & COLLECTIvITÉS• Mettre en place une politique d’achats durables• Réduire l’impact de son entreprise sur la biodiversité• Atelier d’éco-conception inter-entreprises : de l’amélioration à l’éco-innovation• Atelier d’éco-conception intra-entreprise : de l’amélioration à l’éco-innovation• Communication éco-responsable : la RSE appliquée aux métiers de la communication• Mettre en place une politique « papier responsable »• Management de la relation ONG-Entreprises pour les entreprises : du mécénat au SocialBusiness en passant par la stratégie RSE• Management de la relation ONG-Entreprises pour les ONG : du mécénat au SocialBusiness• Manager le développement durable et la responsabilité sociale de son organisation(sur 10 mois)• Adapter sa carte et ses menus en restauration pour promouvoir une alimentation durable• Les collectivités territoriales face aux grands enjeux de durabilité FORMATIONS TOUT pUbLIC• Réduire l’empreinte écologique de son foyer• Développer sa connaissance du goût et des aliments pour devenir un consommateurresponsable CONTACTS ET INFORMATIONS pRATIqUESSilvia Marcon - Responsable de l’Institut de formation du WWF FranceTel : 01 55 25 84 63 / smarcon@wwf.frPour connaitre le contenu des formations WWF ou recevoir un cataloguehttp://institutdeformation.wwf.frSynthèse des échanges du Green Forum 2011 page 43
  • 44. SYNTHÈSE DES ÉCHANGES DU GREEN FORUM 2011• SYNTHÈSE DES ÉCHANGES DU GREEN FORUM 2011 1973année de la création dubureau français du WWF87salarié(e)s du WWFFrance engagé(e)s auquotidien pour offriraux générations futuresune planète vivante 180 0005 000 donateurs du WWF France au 1er novembre 2010bénévoles en réseauà travers toute la FranceRETROUVEZ-NOUS SURle site internet wwf.frla communauté planete-attitude.frla fan page www.facebook.com/wwffranceet suivez nos actus sur TWEETter @wwffranceNotre raison dêtrearrêter la dégradation de lenvironnement dans le monde et construire unavenir où les êtres humains pourront vivre en harmonie avec la nature.SMARTPHONEToute l’actualité du WWF Francewww.wwf.frtient dans ce code wwF.FR© 1986 Panda Symbol WWF - World Wide Fund For nature© naSa(Formerly World Wildlife Fund) ® “WWF” & “living planet” are WWF Registered Trademarks /“WWF” & “Pour une planète vivante” sont des marques déposées. WWF – France.1 carrefour de longchamp. 75016 Paris.
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