M&A Market Article in Today´s L'Agefi (Swiss French)

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    23-Jan-2017

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StratgieS dinveStiSSement / 37Malgr la monte du franc suisse face leuro, les entre-prises suisses sem-blent rester trs at-trayantes aux yeux des investisseurs trangers. Lacquisition de Syngenta envisage par ChemChina est lopration ltranger la plus impor-tante jamais ralise par une entreprise chinoise, tandis que la socit dinvestis-sement sudoise EQT a propos de rache-ter le reste de Kuoni pour 1,39 milliard de francs. Voil deux exemples rcents de la manire dont des acteurs stratgi-ques et financiers majeurs bass hors de Suisse ont rachet des entreprises suisses respectes et reconnues. Deux questions surviennent spontanment. La premire: les socits suisses vises ont-elles suscit un intrt particulier de la part des inves-tisseurs trangers et si oui, pourquoi ces derniers acquirent-ils des socits suisses leaders, ou des filiales de socits suisses actives linternational? La seconde: faut-il sattendre dautres acquisitions? Evolution. Pour rpondre ces ques-tions, il convient danalyser dans un pre-mier temps lvolution rcente du march des fusions-acquisitions. Contrairement janvier et fvrier 2016 o lactivit mondiale de fusions et acquisitions a t freine par la correction gnralise des places boursires internationales, 2015 a constitu une anne record puisque les oprations ont reprsent une valeur to-tale dpassant pour la premire fois les sommets davant-crise et ont t effectues des multiples dEBITDA gnralement de plus en plus importants. Entre 2014 et 2015, le nombre doprations dans le monde a recul denviron 560 pour sta-blir 16.837, mais leur valeur totale a aug-ment de 30,5% 4300 milliards de dol-lars. Les secteurs les plus actifs en valeur ont t lnergie, lexploitation minire et la sant, reprsentant ensemble prs de 28% de la valeur totale des oprations. Des tendances semblables ont t observes en Europe, qui reprsente 25,7% de lactivit mondiale de fusions-acquisitions. A lchelle mondiale, les oprations trans-frontalires sont restes solides en 2015. La valeur totale des oprations transfron-talires a atteint 1660 milliards de dollars, avec notamment le rachat dAllergan par Pfizer pour 183,7 milliards de dollars et la fusion dAnheuser-Busch InBev et SA-BMiller pour 120,3 milliards de dollars. Au quatrime trimestre 2015, la plupart des oprations transfrontalires ciblant des entreprises europennes ont impliqu des acheteurs nord-amricains qui, moti-vs par le regain de confiance vis--vis de la conjoncture en Amrique du Nord et les prix relativement infrieurs des actifs europens, ont notamment cibl des ac-teurs europens de la sant (dont la phar-macie, les technologies mdicales et les biotechnologies) et du secteur industriel. Contraste. La situation en Suisse sest en revanche avre lgrement moins po-sitive. En 2015, lactivit de fusions et ac-quisitions transfrontalires dans lesquelles des socits suisses ont t rachetes par des acteurs non suisses a recul, tant en valeur quen nombre doprations. Pour-tant, une ralit diffrente se dessine si lon largit la priode dobservation pour inclure le second semestre 2014: le nom-bre doprations dune valeur suprieure 50 millions de francs passe 30, soit 25% de plus que la prcdente priode de 18 mois, et la valeur totale cumule double pour dpasser 28 milliards de francs, en raison des oprations de grande envergure conclues dans lindustrie et la sant. Mi-janvier 2015, la Banque nationale suisse (BNS) a subitement annonc labandon du taux plancher de 1,20 franc suisse pour 1 euro (qui avait t introduit en 2011). Cette dcision a-t-elle contribu rduire lattrait des actifs des socits suisses aux yeux des acqureurs trangers et donc pes sur lactivit de fusions-acquisitions visant ces dernires? Il est difficile den trouver la preuve dans les donnes. En premier lieu, si la suppression du taux plancher a un impact, il devrait normalement tre plus prononc pour les socits dont la base de cot est en franc suisse et qui gnrent un chiffre daffaires hors des frontires na-tionales. Difficile de dire si la dcision de la BNS a spcifiquement dgrad lattrait de ces actifs en vue dune fusion-acquisi-tion, car la composition des oprations par secteur avant et aprs lexistence du taux plancher a peu chang. En second lieu, juste aprs lannonce, lactivit de fu-sions et acquisitions est reste robuste et na ralenti quau deuxime trimestre 2015 avant de rebondir au troisime trimestre. En dfinitive, sil est vrai que le march des actions sest contract et que lincerti-tude sest propage parmi les investisseurs (comme en tmoigne laccroissement de la volatilit), il est difficile de trouver des liens de causalit tangibles entre la poli-tique montaire de la BNS et lactivit de fusions-acquisitions transfrontalires visant des socits suisses. Bien que lactivit de fusions et acquisitions ait lgrement recul en Suisse en 2015, elle nen est pas moins reste un sujet de discussion dans le pays lanne dernire. Le projet de Saint-Gobain, spcialiste fran-ais et leader mondial des matriaux de construction, dacqurir une participation Activit remarque dans le secteur des M&ACertaines des oprations de grande envergure conclues dbut 2016 confirment que les socits suisses sont toujours apprcies. Malgr les turbulences boursires. Marcel Franzen, lic. oec. HSGFranzen & Co. SASource: MergermarketSource: XXXXX9876543210100009000800070006000500040003000200010000Q1-13 Q1-14 Q1-15Oprations dun montant suprieur 50 millions CHF1.VENTES DE SOCITS SUISSES DES ACQUREURS TRANGERSValeur totale des oprations en millions CHFNombre des oprationsCommentaire 1 ou 2 lignes maximumAGEfI MAGAzINE | STrATGIES DINVESTISSEMENT | AVrIL 2016majoritaire dans Sika a suscit une oppo-sition entre dune part, lquipe dirigeante de Sika et les investisseurs limins de loffre et dautre part, Saint Gobain et les actionnaires vendeurs. Sans entrer dans les dtails de laffaire, tentons didentifier les motivations lori-gine de cette opration. Hormis le fait que Sika prsente une situation financire saine, Saint Gobain a justifi lopration en voquant des synergies de cots, lop-timisation des investissements, un accs complmentaire aux marchs et la culture de linnovation. Peut-on alors penser que cest cette culture de linnovation qui at-tire les acheteurs trangers? Si la rponse cette question est nuance, les investis-sements considrables des socits suisses dans linnovation sont une ralit. Chaque anne, Sika dpose prs de 70 de-mandes de brevet et consacre environ 160 millions de francs la r&D, avec 20 cen-tres technologiques dans le monde, dont trois en Suisse, qui emploient environ 300 personnes. Syngenta emploie 4000 per-sonnes en r&D lchelle mondiale; son principal centre de recherche est bas au royaume-Uni et la socit possde trois centres de r&D en Suisse, un aux Etats-Unis et un en Inde. De son intense activit de recherche dbouchent chaque anne 100.000 composs chimiques nouveaux qui viennent toffer sa gamme compose de deux millions de produits chimiques distincts. Sil ny a pas encore daccord entre ChemChina et Syngenta, il est raisonnable de supposer que lintense activit de r&D de Syngenta a jou un rle dterminant dans son attrait aux yeux de la socit chinoise. Acheteurs. Hormis la prsence de nombreux acteurs innovants parmi les socits suisses vises, lautre phnomne qui caractrise lactivit de fusions et ac-quisitions transfrontalires en Suisse est lintervention dacheteurs chinois en d-pit du ralentissement de la croissance en Chine. Ces socits jouent souvent un rle de consolidation; elles acquirent des entreprises des quatre coins du monde et dans diffrents secteurs, ce qui leur per-met de se transformer pour satisfaire la demande intrieure chinoise. ChemChina, qui dtient notamment le fabricant italien de pneus Pirelli et le constructeur alle-mand de machines-outils KraussMaffei, a annonc plus de 15 milliards de dollars doprations au cours de la dcennie cou-le. Quelques semaines seulement avant lacquisition de Syngenta, elle avait achet une participation de 12% dans Mercuria Energy Group, lun des leaders mondiaux du ngoce de ptrole (dtenu par des capi-taux privs) bas Genve. Les oprations ralises ces 18 derniers mois par franzen & Company ont port sur des cessions de divisions suisses non stratgiques de premier plan, avec laccent sur la rduction de la complexit. Les trs grosses oprations comme le rachat de Syngenta par ChemChina ne sont pas la norme en Suisse. frquemment, les socits trangres acquirent non pas des socits suisses entires, mais une ou plu-sieurs de leurs divisions. Pour les socits qui vendent, la cession est souvent justifie par un besoin de rationalisation, de sim-plification et de recentrage sur les curs de mtier. Par ailleurs, la cession dactifs gnre souvent des flux de trsorerie que le vendeur peut utiliser pour poursuivre sa croissance, en interne et par le biais dacquisitions. Ainsi, franzen & Co. est in-tervenu en qualit de conseiller financier unique auprs dun conglomrat industriel suisse denvergure mondiale dont le chiffre daffaires dpasse deux milliards de francs, et pour un groupe suisse de distribution cot en Bourse dans la cession dune divi-sion non stratgique implante dans sept pays europens. Dans les deux cas, il sagis-sait doprations transfrontalires, lune impliquant un acheteur stratgique cot aux Etats-Unis et lautre un investisseur financier bas en Allemagne. Anticipations. Nous participons aux ngociations avances concernant plu-sieurs socits suisses trs bien position-nes et bnficiant dun leadership mondial dans des marchs de niche. Nous restons de ce fait convaincus que lactivit sera dynamique cette anne malgr le regain de volatilit sur les marchs financiers durant les premires semaines de 2016, comme ce fut le cas en 2015 lorsque la BNS a pris les marchs au dpourvu. Il est bien sr difficile de prdire lvolution du march des fusions et acquisitions en 2016, car lagitation sur les marchs inter-nationaux a frein lactivit mondiale dans le domaine et semble affecter galement le march suisse. Pourtant, certaines des oprations de grande envergure conclues dbut 2016 confirment que malgr les tur-bulences boursires, les socits suisses de qualit sont toujours apprcies. Ce constat suscite un certain optimisme pour 2016. En effet, il existe dautres facteurs indnia-blement positifs pour lactivit de fusions et acquisitions: les consolidations industrielles mondiales visant la croissance non organi-que, les conditions globalement favorables des marchs des actions et de la dette pour le financement des socits de qualit, la trsorerie et le bilan solides des entreprises, la qute de consolidation dans diffrents sous-secteurs, ou encore les volutions rglementaires et technologiques. ///La cession est souvent justifie par un besoin de rationalisation, de simplification et de recentrage sur les curs de mtier.38 / StratgieS dinveStiSSementSource: MergermarketSource: XXXXX2. Origine de lacheteurEuropeAmriqueAustralieAsieValeur totale des oprations en millions CHFdu T3 14 au T4 15oprations dun montant suprieur 50 millions CHF8634461132915120Commentaire 1 ou 2 lignes maximumAGEfI MAGAzINE | STrATGIES DINVESTISSEMENT | AVrIL 2016

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