• 1. 010203040506070809101112 DISCUSSIONS a la recherche de l’Équilibre Vie Pro / Vie Perso
  • 2. I N T R O D U CT I O NIl n’est pas toujours simple de bien gérer sa recherche d’emploi. L’évolution rapidedes modes de recrutement complique encore la chose. Pour les candidats, il estimportant de connaitre les bonnes pratiques pour avoir plus de chances de trouver unemploi épanouissant. Une fois le job de rêve décroché, encore faut-il gérer sa carrière etson employabilité pour construire un projet professionnel sur le long terme.Pour vous apporter un éclairage sur des problématiques qui nous concernent tous,RegionsJob propose le « Débat du mois ». Un rendez-vous régulier autour d’un thème qui01relie recruteurs, candidats et experts. Chacun peut s’exprimer en publiant des articles,02en répondant à des questions ou en donnant son avis en commentaires. De nombreux03canaux sont mis à votre disposition : Facebook, Twitter, les blogs… Les conseils de tous04sont utiles pour parvenir à un guide pratique.05Ce document est la synthèse de notre premier Débat du mois. Il est consacré au difficile06« équilibre vie privée/vie pro ». Notre travail peut en effet prendre une place importante07au quotidien. Il empiète parfois sur la vie de famille, sur le temps consacré aux amis08et aux loisirs. Un bon équilibre est pourtant nécessaire pour tenir sur le long-terme et09éviter le « burn-out ». Démotivation, problèmes de santé, isolement ou encore baisse10de la productivité… les effets négatifs d’une mauvaise conciliation entre les sphères11personnelle et professionnelle sont nombreux.12Pour vous aider à rétablir l’équilibre, nous avons demandé leur avis à une dizained’experts et professionnels des ressources humaines. En plus des conseils pratiques,plusieurs voies alternatives comme l’expatriation ou le télétravail sont aussi abordées.Différents illustrateurs ont enrichi le document en mettant ce sujet en images. Et biensûr, de nombreux témoignages de candidats viennent compléter notre synthèse.Bonne lecture !DISCUSSIONS
  • 3. SOMMAIREChApITRE 1 : DéfINITIONS ET ChAMp D’ApplICATION Définitions de l’équilibre vie pro/vie perso, par Sylviane Lauro 5 Une vie équilibrée passe par l’entreprise, par Pierre Denier 8 Illustration de Jo L’Indien10 Articuler vie professionnelle et vie personnelle : la quête d’un impossible absolu ? par Karen Demaison 11ChApITRE 2 : ASTUCES ET CONSEIlS Des idées pour un meilleur équilibre entre vie privée et travail, par Yves Deloison14 la difficile conciliation entre vie pro et vie perso, par Gaëlle Picut 1501 Illustration d’Anne Defréville 170203 A la recherche du juste équilibre entre privée et vie professionnelle, par Laurent Rodriguez1804 6 conseils pour un meilleur équilibre vie pro/vie perso sur le web,05 par Lilian Mahoukou190607ChApITRE 3 : TRAvAIllER AUTREMENT08 Expatriation : vers une meilleure qualité de vie ? par Marion Lemarchand 2109 Changer de métier pour mieux concilier vie personnelle et vie professionnelle ?10 par Sylvaine Pascuale2211 Illustration de Shug 2312 la mobilité en province, par Edouard Chabanon et Antoine Colson24 le télétravail permet-il de concilier vie professionnelle et vie privée ?25 par Xavier de MazenodChApITRE 4 : TéMOIgNAgES Témoignage de Vanessa Buchlin28 Savoir se déconnecter quand on travaille dans le web 29 le difficile équilibre vie pro/vie perso pour un community manager,33 par Flavien Chantrel Illustration de Tony Gouarch 34 Synthèse 35DISCUSSIONSREMERCIEMENTS
  • 4. CHAPITRE 1 Définitions etchamp d’application
  • 5. TITRE DéfInITIons DE l’équIlIbRE vIE pRo/vIE pERso Définition SylvIANE lAURO Le conflit entre le travail et la vie personnelle survient lorsque les exigences professionnelles et familiales sont incompatibles et qu’il Sylviane Lauro est Intervenante en Prévention des Risques Professionnels, en charge de la devient par conséquent difficile d’assumer un rôle sans nuire à un Sylviane des est psychosociaux sein préventionLaurorisquesIntervenante enauPréven- autre (Edwards et Rothbard, 2000; Greenhaus et Beutell 1985). Cette tion établissement hospitalier (1050 charge d’un des Risques Professionnels, en agents). de définition sous-entend la présence d’une relation multidirectionnelle la prévention des risquesde la gestion du au sein Elle s’occupe également psychosociaux sitedans laquelle travail et famille s’influencent mutuellement (Frone, d’un établissement hospitalier (1050 agents). internet du centre hospitalier de Digne, est2002). Lorsque ces deux dimensions entrent en conflit, il faut formatrice et consultante, et blogue sur IPRP.abandonner les gratifications dans un domaine pour pouvoir en Vous pouvez aussi consulter son interview pourrecevoir dans un autre (Edwards et Rothbard, 2000). On peut voir Ellesavoir davantage sur le de la gestion du site internet du des en s’occupe également métier d’Intervenant en Prévention centre le conflit entre le travail et la vie personnelle comme ayant deux hospitalier de Digne, est savoir davantage sur le métier d’Inter sur Risques Professionnels. en formatrice et consultante, et blogue sle composantes principales : les aspects pratiques associés aux horaires IPRP. métier d’Intervenant en Prévention des Risques Professionnels.surchargés et aux conflits d’horaire (c. à d. nul ne peut se trouver à deux endroits au même moment) ainsi que l’impression d’être dépassé par les événements, surchargé et stressé en raison des pressions subies dans de multiples rôles. Dans le cadre d’une enquête canadienne, le conflit entre le travail et la vie personnelle comprend :« Parmi les personnes qui exercent une activité professionnelle, - La surcharge de rôles : Cette forme de conflit entre le travailprès de quatre sur dix trouvent que leur travail rend et la vie personnelle survient quand les exigences totalesdifficile l’organisation de leur vie de famille. » Etude 2004en matière de temps et d’énergie associées aux activités àMinistère de l’emploi, du travail et de la cohésion sociale. entreprendre sont trop importantes pour qu’une personne remplisse ses obligations adéquatement ou sans inquiétude - L’interférence du travail dans la famille : Ce type d’interférencePréambulesurvient quand les exigences et responsabilités professionnelles rendent difficile l’exécution des responsabilités familiales (p. ex.A l’heure où nous parlons de plus en plus de prévention des risquesde longues heures de travail rémunéré qui empêchent d’assisterpsychosociaux, la notion d’équilibre vie privée / vie professionnelle, à une activité sportive d’un enfant, des préoccupations liéesprend une dimension de plus en plus prégnante et tous les expertsau travail qui ne permettent pas de participer pleinement à las’accordent à dire que si la frontière est très poreuse entre cesvie familiale, les retombées du stress au travail sur le foyer,deux dimensions, l’une ne va pas sans l’autre et lorsque l’une qui augmentent les conflits avec les membres de la famille).défaille, il est important que l’autre prenne le relai et inversement. - L’interférence de la famille dans le travail : Ce type d’interférenceLa notion d’équilibre, comme le terme l’indique, renvoie à l’image entre les rôles se produit quand les exigences et responsabilitésdu funambule sur son fil, prêt à basculer d’un côté comme de familiales rendent difficile l’exercice des responsabilitésl’autre, ne dit-on pas aussi « être sur la corde raide » ou encore êtreprofessionnelles (p. ex. un enfant malade retient le parent à la« borderline » Terme biologique qui renvoie également à cet équilibremaison ou des conflits familiaux nuisent à la concentration au travail).interne que chaque individu maintient naturellement à chaque - La pression sur le fournisseur de soins : Concept à plusieursinstant. Ou cette image de la balance et ses deux plateaux qui nousdimensions qui est défini du point de vue des « fardeaux »fait bien prendre conscience de la notion « équilibre-déséquilibre » : pesant sur le quotidien du fournisseur de soins et découlant de la nécessité de donner des soins à une personne (Robinson, 1983).1er plateau : les exigences du travail, la charge émotionnelle,l’autonomie et les marges de manoeuvre, les relations de travail, lesconflits de valeur, l’insécurité socio-économique etc : La perceptionqu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement Quelles catégories de salariés ?2 plateau - vie privée : comprenant ce qui est de « l’intime », ème Ce sont les travailleurs indépendants qui déclarent le plus denotre vie personnelle, familiale, amicale, nos loisirs, nos relations, difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale. Les artisans,notre hygiène de vie, nos aspirations, nos souffrances, notre affect,les commerçants et les chefs d’entreprise sont près de deux tiersnotre intelligence émotionnelle, nos valeurs, notre éthique, nos dans ce cas. Quant aux salariés, ceux du privé mentionnent pluscompétences, notre savoir faire, notre personnalité etc etc : La de difficultés que ceux du public. Parmi les salariés, les femmesperception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face cadres et les employées de commerce sont les plus touchéesOn parle d’ailleurs de stress au travail quand une personneLe fait que les indépendants, les cadres et les employées deressent un déséquilibre entre ce qu’on lui demande decommerce soient parmi les plus nombreux à faire état de problèmesfaire dans le cadre professionnel (vie professionnelle) et les de conciliation, s’explique principalement par leurs horaires deressources dont elle dispose pour y répondre (vie privée). travail « atypiques » : certains ont des horaires journaliers 5
  • 6. - Temps de travail morcelé (interruption toutes les 12 minutes), délocalisé, partagé, - 93 % des français passent plus de 4 heures par jour sur leur ordinateur, - Près d’1 e-mail sur 3 revêt un caractère professionnel, - 75 % indiquent interrompre leur travail pour regarder le contenu d’un nouveau message qu’ils viennent de recevoir, - Pénibilité : nombreuses réformes, allongement durée de travail etc Source : enquête ANACT 2010 Alors où les frontières travail/hors travail se situent-elles ? Nous assistons de plus en plus à des scènes atypiques : celle de vacanciers sur leur transat à la plage l’oreille collée à leur téléphone portable ou encore les yeux rivés sur leur ordinateur portable (reportage au 13 hparticulièrement longs, d’autres travaillent le samedi ou le dimanche, de TFI cet été).d’autres enfin travaillent de nuit ou effectuent de fréquentsdéplacements. Un certain nombre d’entre eux cumule plusieurs De même l’usage du web remanie nos façons de travailler : car lede ces contraintes, particulièrement les agriculteurs et, dans une web est aujourd’hui omniprésent au sein de nos bureaux et sociétésmoindre mesure, les artisans, les commerçants et les cadres. (à l’image des agriculteurs qui suivent chaque jours le cours du blé en bourse). Ici encore la frontière vie privée, vie personnellePlus les horaires sont atypiques plus les actifs trouvent qu’il ests’amenuise : 90 % des personnes interrogées lors de l’enquêtedifficile de concilier vie familiale et vie professionnelle. Mais ce ANACT reconnaissent qu’il leur arrive fréquemment de gérer dessont les travailleurs de nuit qui font état le plus de difficultés affaires personnelles au travail ou de se connecter sur les réseauxpour organiser leur vie : 62 % de ceux qui travaillent de nuit au moinssociaux lors de leur temps de travail. Tout comme les réseaux sociauxune fois par semaine déclarent que c’est difficile, voire très difficile.s’invitent également au travail et changent ainsi les rapports entreTravailler de nuit, le dimanche et les jours fériés, effectuer des collègues et même avec la hiérarchie.déplacements fréquents pour son travail est alors ressenti commesource de grandes difficultés, particulièrement pour les mères de famille.(Enquête 2004 du Ministère de l’emploi). Les femmes au travail Certains clichés ont la vie dure et notamment lorsque nous parlons des « impondérables » familiaux incombant de manière quasi-systématiqueLes nouvelles organisations de travail aux femmes concernant la vie familiale. Bien qu’aujourd’hui toutes les études s’accordent à dire que l’absentéisme féminin découle deSi la frontière est bien poreuse, les nouvelles organisationsses diverses tâches dites « féminines » : ainsi les aléas de la prisede travail y sont pour beaucoup. Les frontières travail / hors en charge de la sphère familiale (maladies des enfants, vacances,travail étant de plus en plus revisitées, les rendant de plus en activités extrascolaires, réunions avec les professeurs ) entrentplus floues aux yeux des travailleurs mais aussi du législateur. fréquemment en conflit avec les contraintes d’un emploi.Avec l’avènement des NTIC (Nouvelles Technologies de Or, les organisations du travail telles que nous les connaissonsl’Information et de la Communication) le cadre et aujourd’huiaujourd’hui restent sourdes à ces problématiques et deviennentde plus en plus chaque salarié, est relié en permanence à sonmême de plus en plus préoccupantes offrant des emplois déqualifiéstravail : portable, courriels, réseaux sociaux etc. Autant d’outilsaux femmes, avec l’accès aux postes à responsabilité de plus enqui permettent à la fois des gains de temps mais qui induisent plus difficile, d’importantes inégalités en terme de rémunération àégalement de nouvelles manières de travailler et de nouvellescompétences et diplômes égaux, des métiers peu intéressants voiregestions du temps de travail pas toujours à l’avantage des salariés. répétitifs ou cantonnés à des postes administratifs de type secrétariat, des temps partiels imposés et/ou subis, voire décalés dans la journéeOn voit ainsi l’avènement de plus en plus de salariés dits « nomades » et parfois tard dans la soirée.qui passent la plupart de leur temps hors de l’entreprise (en voyaged’affaire, séminaire etc ), une autonomie qui se rapproche du« Pour les femmes qui occupent des emplois qualifiés, il esttélétravail mais avec davantage de répercussions sur l’organisationnotoire que le fait de prendre le mercredi pour les enfants se soldede la vie personnelle. souvent par le fait de devoir ramener du travail à la maison. Quand les « femmes actives » surveillent les devoirs d’un oeil, tout enLe temps de travail devient ainsi de plus en plus fragmenté, enfournant la pizza surgelée de l’autre, tandis qu’elles répondent surmorcelé. Avec l’avènement des NTIC : téléphone portable, internet, leur mobile à des appels professionnels, en même temps qu’ellestélétravail, 3G , WiFi, e-mail etc décalent de fait le temps de travailbouclent un rapport pour le lendemain et démarrent une lessive,(bureau-maison / semaine-week-end et surtout travail/vacances) : il devient une gageure de décrire leur activité et les savoir-faire 6
  • 7. mobilisés, comme de calculer avec certitude un « temps de travail ».est notamment très marqué lors de cas de harcèlement moral au(Molinier, 2000). travail où le salarié ressent une mésestime de soi et perd confiancenon seulement auprès de la sphère sociale du travail (qui a pratiquéMarie PEZE, psychanalyste spécialiste de ses problématiques,le harcèlement) mais également auprès de la société dans sonévoque d’ailleurs des organisations de travail au « masculin neutre »,ensemble.y compris parfois dans les comportements et habillement (cheveuxcourts, peu de maquillage, tailleur pantalon etc). Sans parler purementde biologie, le travail aujourd’hui montre fort peu de compréhensionpour les difficultés spécifiques que rencontrent les femmes quiveulent conjuguer vie professionnelle et vie familiale. Bien pire, nous Billets de références IPRP CONSEILassistons à de la discrimination à l’embauche, le chef d’entreprise sechargeant de rappeler à une femme qu’il embauche, qu’elle aura des- A la recherche du temps perduenfants, des règles, une ménopause qui la rendront moins disponiblequ’un homme sur le même poste. Les femmes entre elles, sont elles-- Workaholisme et dépendance affective : nouvelles addictionsmêmes peu compréhensives des situations : une DRH femme seraau travailparfois encore plus intransigeante parce qu’elle fonctionne elle-- Les questionnaires sur le stress remis en question ?même au masculin neutre, voire de plus en plus des collègues detravail entre elles.- Ces outils au service du stressDoit-on pourtant rappeler que ce sont majoritairement les femmesqui dans notre société prennent en charge la santé et l’entretiendomestique de leur enfant au détriment bien souvent de leur propresanté et vie sociale (rendez-vous chez le médecin, le dentiste, lePour conclurepédiatre, devoirs des enfants, rendez-vous parents-prof etc etc ) ?Et qui prennent en charge ainsi par leur précieux soutien le travailSi l’équilibre à trouver se situe entre « performances » au travail etdes hommes qui travaillent ? Marie PEZE pose ainsi la question auxqualité de vie, a-t-on vraiment pris la mesure du décalage qui estfemmes qui travaillent : quelle modification de l’organisation du en train de s’opérer ? Changements à la fois sur les effets de cestravail faciliterait votre vie ?nouveaux temps de travail (sans compter l’allongement sur la duréeavec la nouvelle réforme des retraites), mais aussi sur les conditionsA l’heure de la productivité, de la performance, de l’atteinte desde travail, sur les individus, qui risquent de s’isoler de plus en plus duobjectifs et du toujours plus, gageons que la question mérite collectif et/ou ne de plus avoir d’espace pour récupérer. Une longued’être posée lors de chaque embauche et tout au long de notre réflexion collective doit être menée sur ces sujets, notamment envie au travail. Des réajustements nécessaires qui permettront sansterme d’évolution de carrière.doute d’harmoniser et de concilier au mieux cette vie privée – vieprofessionnelle.A l’heure où les négociations semblent annoncées entre lestrois fonctions publiques et les partenaires sociaux concernantl’introduction du télétravail chez les fonctionnaires, cette réflexiondevra prendre en compte les mauvaises expériences des annéesFrance Télécom et autres, projets qui devront être accompagnés dès leLes dérives temps d’ingénierie afin que le travail reste un lieu d’accomplissementde soi et non un lieu signe de troubles et de pathologies dégradant defait la vie personnelle.Depuis les affaires largement médiatisées concernant la souffranceau travail, moult experts se sont penchés sur le sujet, décriantAlors peut-on aujourd’hui parler de choix ? Si nous avons en toutlargement les organisations de travail pathogène pour les individus.état de cause le choix de rester en santé ou pas vis-à-vis du travail,Pourtant malgré tout, le déni persiste. J’entends encore autour de moià chacun de savoir respecter ce choix et de faire au mieux pour quece type de jugement de valeur lors d’une dépression réactionnelle aucet équilibre soit maintenu ; l’employeur, lui, n’a d’autre choix quetravail ou encore d’un suicide lié au travail : « oui, mais il (elle) avait son obligation de résultats concernant la préservation de notre santédes problèmes personnels », « oui, mais il (elle) était trop fragile »... physique et mentale (Art. L.4121-1 et suivants du Code du travail).L’organisation du travail s’exonérant ainsi de toute responsabilité vis-à-vis de son salarié en faisant ainsi l’impasse de toute remise encause. Pourtant les jurisprudences récentes sur le sujet ont confirméla faute inexcusable de l’employeur, le législateur mettant en placedans le Code du Travail une obligation de résultats concernant lapréservation de la santé physique et mentale des salariés.Le travail parfois rend l’individu malade, c’est un fait, ne soyons plusdans le déni à ce sujet, et ne peut donc qu’engendrer problématiquesen cascade à la maison : avec son (sa) conjoint(e), ses enfants,sa famille, ses proches etc… Nous assistons ainsi bien souvent àdes délitements familiaux : conflits, isolement, pertes de repères,désinvestissement social, difficultés relationnelles, divorces…). Cela7
  • 8. unE vIE équIlIbRéE passE paR l’EnTREpRIsE que subie. Ce besoin répond à nos aspirations les plus profondes et pIERRE DENIER ne constitue en aucun cas un luxe, puisqu’il est vital. Si je n’ai pas d’équilibre dans ma vie, je tombe. «La tendance la plus profonde de toute activité humaine est la marche vers l’équilibre» (Jean Piaget).Fondateur de HLC.France – accompagnementdes demandeurs d’emploi, conseils, conférences La quête de cet équilibre ressemble effectivement à une marche.et animation du blog « Haut Les Cœurs !!! » .Chaque pas rétablit l’équilibre, empêche de chuter et permet d’avancerDirecteur des Ventes Internationales chez Lippivers le but que l’on s’est fixé. Nous corrigeons constamment notreFencing Solutions – spécialisé dans le déploie-posture en fonction des obstacles, de l’environnement, un peu commement international de stratégie commerciale et l’on adapte aussi bien que possible nos emplois du temps selon nosde conquête de marchés, animateur de réseauxet d’équipes multiculturelles. obligations, devoirs et aspirations, tout ce qui ponctue nos existences. Cette correction, constante, est contraire à l’immobilisme. Si je sens Compte Twitter : @pierredenierque je tombe, alors une décision, un mouvement m’empêcheront de chuter – pourvu que je sois en mesure d’agir. Cependant, ce n’est pas parce que l’on évite de tomber que l’on ressent la plénitude de l’équilibre… N’est-ce pas ? Le mouvement, l’action sont nécessaires, certes. Ils dépendent tous deux de notre capacité àLe thème de l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie person- réagir et à décider, cette capacité découlant largement de contraintesnelle a été abordé par bon nombre de coaches, conseillers, experts extérieures, dont celles de la vie professionnelle. Je m’attache àet reste pourtant cruellement d’actualité. Regardez l’impressionnantedéfendre, en toute occasion, l’entreprise dont les systèmes libèrent lesérie de livres et manuels couvrant les étagères de nos libraires, uncollaborateur, estimant qu’il est de l’intérêt et du devoir de celle-ci desujet récurrent, comme si, finalement, aucune solution n’apportait veiller à sa pérennité et sa prospérité en construisant avec l’ensemblela garantie de trouver ce fameux point imaginaire construit de façon de ses employés une démarche épanouissante de développement, sitemporaire dans une existence en mouvement, instable et souventpossible durable. Les pressions des clients, des parties prenantesimprévisible…nous entraveront toujours à un moment ou un autre, écartant d’autant plus le sentiment d’équilibre entre sa vie perso et sa vieLa quête d’un équilibre entre vie personnelle et vie personnelle oupro. Partant du constat qu’un équilibre de vie sera continuellementfamiliale n’a pourtant rien d’imaginaire, n’avez-vous jamais éprouvé remis en cause par les contraintes extérieures, notamment celles decette lassitude ou frustration de devoir mettre de côté une partie del’entreprise, je ne crois pas aux recettes individuelles d’un jour etvos objectifs pour vous consacrer physiquement ou intellectuelle-pense que les solutions appartiennent aux entreprises et à ceux quiment (les deux aussi) à une situation plutôt contrainte que réellement les constituent… nous tous.souhaitée ? Si bien sûr… La finalité d’une entreprise est de pérenniser son activité et de laSouvent est opposée à la vie professionnelle, la vie personnelle, com- faire prospérer en mettant en commun l’ensemble des compétencesme si ces deux éléments, distingués, n’avaient rien à voir entre eux.humaines qui la compose au service d’un même objectif. La pressionUne chose les relie pourtant : le mot « vie ». Finalement, la question exercée sur cette dernière provient des clients ou de l’actionnariat,ne concerne pas la façon dont vont s’harmoniser ou se confronter les influençant considérablement nos existences, professionnellesdifférents moments de nos existences, mais bien davantage sur ce d’abord puis personnelles. Les modèles d’entreprises se concentrantque l’on veut faire de sa vie. Comment vais-je trouver un équilibreautour de leurs employés, les plaçant délibérément dans les conditionsentre ce que je veux faire et ce que l’on m’impose de faire ? A quel optimales d’auto-responsabilisation et de créativité, inversant lesmoment aurai-je le sentiment d’avoir trouvé cet équilibre ? Un équi- schémas classiques de hiérarchie pourraient constituer un pilier,libre dans ma vie : pour quoi faire ? Vaste sujet, non ? En tout cas,un repère sur lequel chaque individu s’appuiera pour construire sonmerci à RegionsJob de lancer le débat. équilibre et répondre à ses aspirations. Naïveté ? Non, simple constat d’échec des systèmes classiques existants, ne laissant aucuneLa notion d’équilibre est personnelle, elle dépend de toutes sorteschance à qui que ce soit de trouver une harmonie personnelle dansd’éléments, de ce que l’on est, de ce que l’on veut, de ce qui nous en-un processus souvent déshumanisé, contraint et pressé par lestoure. Elle est alors relative et chacun se détermine, de façon diffuseexigences extérieures.et changeante, selon les périodes de sa vie, en plaçant le « curseur »du point d’équilibre au gré de sa sensibilité. A quoi sert l’équilibre ? Placer l’individu au cœur des objectifs de l’entreprise, c’est se concen-A ne pas tomber me répondrez vous… Bonne réponse, évidemment,trer autour d’une finalité de développement et non d’investissement,il permet de garder le contrôle de ses choix, de ses actes pour ne c’est surtout donner à chacun la capacité d’apporter et de contri-pas subir, mais aussi, et c’est souvent le cas, pour survivre, du moinsbuer à la création de valeur en libérant des contraintes les plus chro-pour ne pas « tomber ». Trouver l’équilibre de l’instant n’est pas une nophages et anxiogènes. Quelques exemples parmi tant d’autres :lubie « new age », à la mode, c’est un besoin fondamental, celui qui apprendre à rendre des comptes à ceux qui créent de la valeur (etnous met en condition de mener une existence voulue, davantage non plus l’inverse), réinstaurer la confiance par l’exemplarité et 8
  • 9. la bienveillance mais aussi, et plus simplement, éviter d’organiserune réunion tard le soir, s’interdire de remettre un dossier importantà l‘un de ses collaborateurs juste avant de quitter le travail, réper-cuter les efforts commerciaux sur les productivités ou rendementsde production… la liste est encore longue ! Je vous rassure, je nesuis pas dans le fantasme, quelques entreprises dont celle (PME in-dustrielle) pour laquelle je travaille met en place un tel système demanagement.Vous l’avez compris, je doute fortement de notre capacité individuelleà trouver un jour, et de façon durable, notre équilibre de vie sans re-mettre en cause les systèmes classiques et actuels de management.Bien entendu, sur le papier, nous avons toutes les cartes en mainpour décider nous-mêmes de nos destins, et assumer nos choix,ceci dit, il serait exagéré de penser qu’une simple décision de choixde vie permettra à une femme élevant seule ses enfants de trouverrapidement un sentiment d’équilibre dans son quotidien… pour seconsacrer à ses propres objectifs, quels qu’ils soient.J’évoquais plus haut le rôle de l’entreprise et de ses acteurs dans latransformation du système de management en un modèle libératoire.Nous sommes tous responsables de cette mouvance, seuls protago-nistes, nous avons les moyens, collectivement, d’œuvrer en ce sens.Se prendre en main, seul, pour trouver son équilibre me semble vain.En revanche, déterminer ensemble, au sein de l’entreprise, quels se-ront les chemins à suivre pour créer de la valeur, participer au déve-loppement, mais aussi mettre en place les conditions d’expression,de liberté et d’auto responsabilisation contribuerait, de mon point devue, à construire durablement ce sentiment d’équilibre tant convoitéindividuellement. Changer de paradigme, ne pas subir l’entreprisemais au contraire s’appuyer sur la valeur collective pour trouver du-rablement sa place, au service de son développement économiquemais également au service de son épanouissement. Rien n’est sim-ple j’en conviens, mais pourtant, il nous faudra bien passer par làpour arrêter de courir vainement après l’impossible sentiment.9
  • 10. IllusTRaTIonJO l’INDIEN«Jo l’Indien dans la ville», c’est avant tout unblog BD traitant de différents thèmes, commeles relations humaines, les passions personnel-les, les geekeries, en se basant sur «l’extra or-dinaire» vécu de Jo l’Indien et ses amis. Le blogpropose en moyenne un article tous les deuxjours avec des BDs sous différents formats :illustrations uniques, strips, planches en une page ou histoires courtes en plusieurs planches. Humour, cynisme, second degré, théories, parodies, détournements, tout est dans «Jo l’Indien dans la Ville» !10
  • 11. aRTIculER vIE pRofEssIonnEllE ET vIE pERsonnEllE : la quêTE D’un ImpossIblE absolu ? agents de propreté et cadres. Une nouvelle organisation du travailKAREN DEMAISON a été mise en place pour cette catégorie de personnel et cela a fait chuter l’absentéisme de 30 %. Karen Demaison, 36 ans, fondatrice et Ainsi, Thierry PAQUOT2 parle-t-il «d’écologie du temps». En effet, nos dirigeante du cabinet de conseil « Critères rythmes de vie ont été modifiés notamment par l’émiettement du de choix », conseil en stratégie humaine. Elletemps de travail avec la flexibilité des emplois et des horaires. apporte ses connaissances et expériences aux entreprises pour remettre l’humain au cœurLes temps sociaux sont de plus en plus inégaux : temps de travail, de l’organisation en conseillant les Directions temps parental, temps domestique, temps individuels, temps de Générales et Ressources Humaines sur les formation, temps de la ville. Il semble qu’aujourd’hui le marché du dispositifs et outils de management à déployerdans l’entreprise, en formant les managers de proximité et les Res-travail se soit modifié. Que signifie cette mutation ?ponsables RH sur l’articulation vie professionnelle – vie personnelledans les pratiques de management et en réalisant une veille sur lesLa féminisation et la flexibilité du travail apparaissent comme lespratiques dans le monde. Retrouvez-la sur son blog.premières variables de cette mutation. La société a également évolué : le modèle du couple bi-actif est devenu la norme, la place du travail n’est plus la même et l’enfant occupe désormais une place centrale dans la société. En France, le contexte législatif etComprendre pour mieux appréhenderréglementaire accompagne désormais ces évolutions sociétales : négociation d’accords égalité professionnelle hommes-femmesl’articulation vie professionnelle et viedans les entreprises, élaboration d’un rapport annuel sur la situation comparée des conditions d’emploi et de formation des femmes etpersonnelledes hommes. Mais, il existe des freins en provenance de la politique familiale, de l’entreprise et de la famille. Comment articuler au mieuxComment pouvons- nous définir ce qu’est la vie professionnelle et la les temps sociaux et notamment les temps consacrés au travail etvie personnelle ?à la famille ? Quels leviers faut-il actionner pour permettre cette articulation ?La vie professionnelle peut être définie de la manière suivante :c’est le temps passé dans ou hors de l’entreprise dans le cadre del’exercice d’un emploi. L’employeur définit des règles pour régir ce Agir pour mieux articuler vietemps professionnel. En dehors de la relation entreprise/salarié,d’autres temps de vie apparaissent dont le temps familial. La professionnelle et vie personnelle, dulittérature fait état du «hors-travail», concept étudié par Ariane Ollier- côté des entreprisesMalaterre. Ce temps hors-travail est plus général et comprend aussibien le développement personnel, la famille et les engagements dansDe nombreux freins sont présents au sein des entreprises enla société (association, politique, ). France pour pouvoir mieux articuler sa vie professionnelle et sa vie personnelle.Depuis ces dernières années, nous avons pu observer de nouveauxservices proposés par des villes comme Paris, Rennes, Poitiers,Identités et stéréotypesBelfort ou Chambéry : le bureau des Temps. Pourquoi ce nouveauconcept ? Un bureau des Temps permet de réorganiser les rythmesLa psychanalyste Sylviane GIAMPINO l’explique très bien : «lesde la ville autour des rythmes des citoyen(/ne)s (attentes de l’habitant,hommes aujourd’hui ont rejoint les femmes sur un point : ne pas toutdu travailleur, de l’entreprise, de la municipalité et de tout visiteur.)miser sur le travail pour réussir sa vie. Les violences managériales,L’objectif est de pouvoir articuler les différents temps : de travail, la financiarisation, les sièges éjectables à tous les étages, produisentsocial, de loisirs et familial.leurs effets (...). Les hommes qui jusque dans les années 90, avaient misé sur l’investissement professionnel pour sécuriser leur avenir etL’exemple de la ville de Rennes est significatif. Dès mars 2002, lecelui de leur famille, ont fait depuis l’expérience que quel que soitprojet EQUAL1 intitulé «Rennes égalité des temps» avait pour objectifleur mérite et leur compétence, l’entreprise n’est plus fiable enversune meilleure articulation vie professionnelle/personnelle sur leeux».marché du travail et notamment pour la population des femmes Plus les hommes ont des postes à responsabilités et plus ils sont soumis aux stéréotypes de disponibilité totale à leur entreprise et1. L’initiative EQUAL constitue un laboratoire d’idées au service de la stratégie euro-ainsi de présentéisme.péenne pour l’emploi. Sa mission est de «promouvoir une vie professionnelle plusinclusive, en combattant la discrimination et l’exclusion basée sur le sexe, l’origineraciale ou ethnique, la religion ou les croyances, le handicap, l’âge ou l’orientation 2. Philosophe, auteur, éditeur de la revue «Urbanismes», professeur à l’IUP Paris XII.sexuelle». Financé par le Fonds social européen (FSE), EQUAL est mis en oeuvre paret entre les Etats membres.11
  • 12. Forte culture du présentéisme veulent pas être accusés d’être trop intrusif ou paternaliste.La plupart des entreprises fonctionnent encore avec cette idée que - Le climat social inhibant notamment la faible tradition depour être performant et motivé, les salariés doivent être présents, négociation collective, les freins structurels au dialogue social et unnotamment tôt le matin et/ou tard le soir. Cette culture du présentéisme relatif désintérêt des syndicats français pour cet enjeu, qui leur paraîtest évidemment un frein pour l’évolution de carrière des femmes. plus anecdotique que, par exemple, la négociation du salaire ou duMais, les hommes se sentent également floués par cette injonction. temps de travail,En effet, de plus en plus d’hommes souhaitent aujourd’hui avoir unmodèle de vie plus équilibrée entre travail et famille : «deux pères - Le cadre législatif lourd (la gestion des congés et des 35 heures) quicadres sur trois sont en quête d’équilibre de vie tout en souhaitant prennent du temps et de l’énergie des Responsables de Ressourcespréserver leur engagement professionnel».3 Humaines.Garder à l’esprit que « Il faut battre en brèche l’idée selon laquelle - Le manque d’expertise des Ressources Humaines en internel’entreprise serait régie par des lois scientifiques ou par un comme en externe car il y a très peu de recherches et de prestatairesdéterminisme naturel car tout y est affaire de choix, de politique et spécialisés.de morale. »4 - La faible contribution perçue des pratiques à la stratégie et à l’imagePratiques d’articulation vie professionnelle - vie personnelle en France de l’entreprise. Les dirigeants et les DRH en font une interprétationLes pratiques d’articulation vie professionnelle – vie personnelle auplus sociale qu’économique : il s’agit de bénéfices sociaux, d’égalitésein de la Gestion des Ressources Humaines ne sont pas une nouvelleprofessionnelle hommes-femmes, de Responsabilité Sociale despratique. En effet, les pratiques paternalistes sont un exempleEntreprises et non de compétitivité.bien connu. L’exemple de l’entreprise Bata5 illustre le concept de Les mesures proposées par les entreprises en France sont rarementpaternalisme poussé à l’extrême : «les salariés Bata se voient ainsi ciblées et ne font que rarement l’objet d’une véritable politiqueproposés des hébergements et des loisirs de qualité, des produits cohérente intégrée à celle des Ressources Humaines par exemple. Cede consommation à bas prix sans parler des salaires plus élevés sont encore souvent des mesures disparates liées au contexte mêmequ’ailleurs. Tout est donc fait pour que les salariés trouvent tout ce de l’entreprise, de la personnalité et des convictions du dirigeant,dont ils ont besoin sur place et n’aient pas à quitter Bataville.»[ ] d’héritages historiques, des usages sectoriels plutôt qu’une politique«Toute une infrastructure sociale paternaliste se développe avec formalisée.la création de nombreuses associations ou clubs sportifs, deséquipements collectifs [ ].» 6 Que peuvent faire les entreprises pour avancer sur ces sujets ?Pourquoi actuellement les entreprises en France ont un rôle assezlimité concernant les politiques d’articulation vie professionnelle – vieTrouver les leviers pour faire évoluer la culture « vie professionnellepersonnelle? Selon Ariane OLLIER-MALATERRE7, les différences de– vie personnelle » est clé. Et notamment pour aller vers une culturerégime d’Etat-providence, les congés payés, les congés parentaux, la fondée sur les résultats au travail plutôt que sur la présence au bureau,semaine de 35 heures n’expliquent pas tout. Les acteurs impliquésune culture plus empathique face aux enjeux de l’articulation viedans ces projets sont différents selon les pays. Aux Etats-Unis et professionnelle – vie personnelle et une culture qui prend en compteau Royaume Uni, la DRH est sollicitée alors qu’en France, le CE, le soutien à l’articulation des temps de vie dans les évaluations desle CHSCT, la Médecine du Travail sont aussi impliqués dans les managers et des collaborateurs.programmes d’articulation vie professionnelle / vie familiale. ArianeOLLIER MALATERRE, après avoir mené une étude en France avec 44 Ainsi, faire de l’articulation de la vie sociale avec la vie professionnellepersonnes de profil différent (DRH, partenaires sociaux, salariés et un objectif de la négociation annuelle obligatoire dans les entreprisesprestataires de service), a pu dégager 5 facteurs8 qui expliquent la et une clause des conventions de branche serait peut-être une pistemoindre adoption de pratiques en France :de réflexion pour agir concrètement sur ce sujet sociétal.- La moindre légitimité des employeurs dans la sphère privée, parAgir également sur les comportements demandera du temps etrapport à l’Etat providence. Les salariés français font appel auxsurtout une implication importante de l’ensemble des acteursservices publics et la loi plus que vers leur employeur. Les employeursconcernés : collectivités locales, villes, associations, organisations,ont une attitude prudente par rapport à ces questions car ils ne entreprises. «Pourrons-nous un jour, avant le quatrième millénaire, nous retrouver,3 Se référer à l’enquête Equilibres / Qualitemps «Les pères managers en quêtehommes et femmes, pères et mères, ensemble, différents et sid’équilibre, portrait d’une génération qui entend réconcilier travail et famille, 2008 semblables, mais ensemble ? Dans le travail qui n’est pas toute la4 Extrait de « Morts de peur, la vie de bureau » de Téodor Liman, Les empêcheurs depenser en rond, octobre 2007 vie, et dans la vie qui est bien plus que le travail.»95 L’entreprise Bata s’implante en France en octobre 1931, sur le domaine d’Hello-court, au sud du département de la Moselle, loin de toute agglomération.6 A. GATTI, (2003), « BATA, une expérience économique et sociale exceptionnelle»,Revue internationale des relations de travail, vol. 1, n° 4, p. 125-137.7 A. OLLIER MALATERRE a soutenu une thèse concernant le sujet «Gérer le horstravail ? Pertinence et efficacité des pratiques d’harmonisation travail / hors travailaux Etats-Unis, au Royaume Uni et en France», Conservatoire National des Arts etMétiers, Paris, 20 octobre 2007 9 Patrick Ben Soussan, Article «Un po, ma non troppo ! Le père, le bébé, le travail,8 Les 5 facteurs d’explication sont issus de la thèse citée ci-dessus d’Ariane OLLIER issu du livre La mère, le bébé, le travail, Editions Eres, (2002)MALATERRE12
  • 13. CHAPITRE 2Astuces et conseils
  • 14. DEs IDéEs pouR un mEIllEuR équIlIbRE EnTRE vIE pRIvéE ET TRavaIl Vous qui êtes spécialisé sur la question de la reconversion, pensez- yvES DElOISON vous que celle-ci peut amener un meilleur équilibre entre vie privée et professionnelle ? Car se reconvertir, c’est aussi souvent s’épanouir, non ? Spécialiste des questions liées au changement et à la reconversion professionnelle, journaliste La plupart des reconversions volontaires reposent sur l’envie de se pour Courrier Cadres, Le groupe L’Etudiant puis réaliser mais aussi sur le désir d’améliorer sa qualité de vie. Au mo- Rédacteur en chef du magazine Changer tout et ment de construire un nouveau projet professionnel, il faut donc tenir fondateur de la plate-forme Toutpourchanger.compte de ce second objectif. C’est pourquoi il faut observer dans com.le détail les conditions de travail et la réalité de la profession qu’on cible. Certains métiers ou statuts permettent de s’organiser plus ou Yves Deloison est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages. Le dernier en moins facilement. Créer son job peut nécessiter de s’impliquer da- date, «Je veux changer de job !» est édité par Hachette Pratique. vantage mais si vous le faites dans le but de travailler chez vous, le temps de transport en moins ou la proximité de la maison facilitent les choses et font gagner du temps. Chaque cas est différent. Il faut donc prendre ses décisions en toute connaissance de cause. Oui, une reconversion peut contribuer à un meilleur équilibre entre vie pro etY a-t-il quelques règles de base à respecter ou « à s’imposer »vie perso.pour trouver son équilibre vie pro et vie perso ?La principale règle à respecter est de délimiter clairement le tempsprofessionnel pour qu’il empiète le moins possible sur le temps per-sonnel. C’est pourquoi il faut par exemple se réserver des plageshoraires sans aucune obligation, du type répondre aux appels télé-phoniques ou regarder ses mails. Une autre manière de ne pas selaisser déborder est d’éviter de se sentir responsable de tout. Il existedes tas de moyens de déléguer au sein de la famille, mais aussi àl’extérieur. Les services à la personne, avec les avantages financiersqu’on connaît, offrent nombre de possibilités de se décharger de cer-taines tâches. C’est un bon moyen d’avoir plus de temps à consacrerà soi ou à ses proches. On peut aussi favoriser l’entraide : puisqu’onva à l’école chercher ses enfants, on peut récupérer ceux de ses amispar exemple. Se rendre service permet de gagner du temps et d’enfaire gagner aux autres. De quoi faire baisser la pression.Existe-il, par exemple, des moyens simples et concrets pour ga-gner du temps lorsqu’on travaille toute la journée ?Un des moyens consiste à s’organiser plus et mieux. Vous pouvez parexemple planifier votre temps étape par étape, mais aussi classervos dossiers personnels et professionnels pour vous y retrouver plusfacilement. Éteindre dès que possible téléphone portable, ordinateuret autres appareils capteurs d’attention permet de mieux se concen-trer au travail et de profiter complètement des moments de détente.Si vous travaillez chez vous, faites en sorte de séparer les différentslieux de vie pour favoriser la transition entre temps perso et tempspro.La conciliation entre vie pro et vie perso reste encore une problé-matique féminine. Pensez-vous qu’à l’heure actuelle, les hommes onttendance à s’impliquer plus qu’avant ?Pas vraiment. Les statistiques sont formelles à ce sujet, la réparti-tion des tâches domestiques évolue très peu. Les femmes restent encharge de la plupart des responsabilités familiales qu’elles cumulentavec leur emploi.14
  • 15. la DIffIcIlE concIlIaTIon EnTRE vIE pRo ET vIE pERsoQuels sont d’après vous les meilleurs conseils que l’on peut donner gAëllE pICUT pour arriver à réussir cette conciliation ?- Définir ses ambitions et ses priorités à la fois dans sa vie person- Gaëlle Picut, 38 ans, journaliste et blogueuse,nelle et professionnelle avec 15 ans d’expérience professionnelle, 13 - Faire des choix et les assumer le plus possible. ans d’expérience maritale et 11 ans d’expé-- S’organiser pour alléger son esprit au maximum et pouvoir être la rience parentale (x 3 !).plus efficace possible. Il y a 3 ans, elle a lancé En aparté, un blog- Bien choisir, si possible, son entreprise et son employeur direct. consacré à la conciliation vie privée / vie profes-- En parler régulièrement avec son conjoint sionnelle et aux valeurs autour du travail.- Ne pas hésiter à faire évoluer cet équilibre et à accepter des désé- Elle est actuellement journaliste pigiste, plus spécifiquement spécia- quilibres temporaires. lisée dans les thématiques Emploi et Société. Travailler plus pour gagner plus… Est-ce crédible en matièred’équilibre vie privée/vie pro ?Je pense qu’à un certain niveau, cela devient difficile. Ou alors il fautque le conjoint accepte d’être plus disponible. Vous avez interviewé de nombreuses personnes sur le sujet conci- A noter cependant que gagner plus permet également de déléguerliation vie privée/vie pro. Tout le monde est-il égal sur ce sujet ?de nombreuses tâches ménagères et contribue largement à pouvoirmettre en place une organisation confortable et solide par rapport àNon, absolument pas. Déjà, il existe de grandes différences entre les sa vie personnelle. Ce qui allège l’esprit et facilite la conciliation maishommes et les femmes. Pour celles-ci, c’est une problématique sou-réduit en parallèle le temps et l’énergie que l’on peut consacrer à savent essentielle, à laquelle elles sont confrontées quasi-quotidienne-vie familiale.ment et pour laquelle elles se posent beaucoup de questions. Pourles hommes, cela l’est beaucoup moins. Pourtant, eux aussi conci- D’une manière générale, quels salariés sont les plus touchés parlient vie privée et vie professionnelle… mais en se posant moins de des problèmes de conciliation entre la vie professionnelle et la viequestions ! Bien sûr, je schématise et je généralise, mais disons que personnelle ?j’ai l’impression que cela concerne une majorité de femmes et uneminorité d’hommes.Je pense plus spécifiquement aux salariés à horaires flexibles ou dé-calés, aux salariés précaires, aux salariés monoparentaux.Ensuite, cette conciliation est vécue différemment par les personnesselon leur âge, le nombre et l’âge de leurs enfants, leur statut (sala- Les cadres en souffrent-ils davantage ?rié d’une petite ou grande entreprise, indépendant, etc.), leur lieu detravail, leur hiérarchie, leur secteur d’activité (culture plus ou moinsJe pense qu’être cadre est à la fois un avantage (plus de flexibilité etforte du présentéisme), leur personnalité, leur histoire personnelle et de souplesse dans l’emploi du temps, moyens financiers supérieursfamiliale, leur conjoint… Bref, un ensemble d’éléments à la fois ob-pour se faire aider à la maison, possibilité d’une plus grande porositéjectifs et d’autres plus subjectifs, plus intimes.vie privée / vie pro grâce aux outils tels que portable, travail épa-nouissant et valorisant, etc.) et un désavantage (horaires élastiques,Quelles sont les difficultés les plus couramment rencontrées ?demande d’une grande implication, responsabilités et stress parfoisimportants qui n’aident pas la personne à conserver du temps et deLe manque, principalement ! Manque d’un mode de garde pour leur la disponibilité pour sa vie personnelle et familiale, frontières vie pri-enfant, de temps, de disponibilité, etc. Ce qui peut entraîner frustra- vée / vie professionnelle qui se brouillent, etc.).tion, culpabilisation, fatigue, voire épuisement, burn out…Mais aussi entreprise ou supérieur hiérarchique peu compréhensif, L’ambiance est plutôt morose en matière d’emploi en ce moment.horaires à rallonge, pression au travail. Doit-on s’attendre à une dégradation du rapport travail/vie perso ?Indiquons également des difficultés plus spécifiques aux femmes,C’est une question difficile. Peut-être peut-on imaginer que le fossételle que celle de retrouver un emploi après une pause profession-va se creuser encore davantage entre les entreprises qui font desnelle, ou encore la possibilité d’une discrimination à l’embauche ouefforts pour prendre en compte l’équilibre vie perso/vie pro et la pa-à la promotion en raison de leur statut de mère de famille (ou de rentalité de leurs salariés car elles se rendent compte que bien-êtrepotentielle mère de famille). et efficacité sont liés…et les autres.En revanche, il est sûr que lorsque l’on est en situation défavorablesur le marché de l’emploi, on n’est pas vraiment en position pournégocier un aménagement du temps de travail, une flexibilité horaire,etc. 15
  • 16. Finalement, l’implication et la passion dans son travail ne sont-ilspas les plus grands ennemis de la vie personnelle ?Oui et non ! Non, car le fait de s’impliquer et d’aimer son travail favo-rise l’épanouissement de la personne et le sentiment de satisfaction.Ceux-ci rejaillissent positivement sur la vie personnelle. Les deuxsphères étant étroitement imbriquées, si cela se passe bien au tra-vail, cela contribuera à ce que la personne se sente bien à l’extérieur.Même si elle a moins de temps à consacrer à sa vie personnelle etfamiliale, il est tout à fait possible d’avoir de vrais moments de qua-lité, d’écoute et de partage.Oui, parce qu’effectivement une personne passionnée par son travailpourra à avoir du mal à s’arrêter, à faire une pause et les journéesn’étant pas extensibles à l’infini, il y a un moment où le temps etl’énergie consacrés à la vie personnelle s’amenuisent. Le dangerpour un (ou une) work-addict est d’oublier, voire de sacrifier sa vieprivée et familiale.16
  • 17. IllusTRaTIon ANNE DEfRévIllEAnne Defréville est directrice artistique dugroupe Libella (Editions Buchet-Chastel, Phébus,Noir sur Blanc, Le Temps Apprivoisé) et illustra-trice free lance pour la presse et l’édition (FigaroMadame Pocket entre autre). Elle habite à Boisle Roi et travaille à Paris. Mère de deux enfants, elle a créé son blog Arsenic et petites bretelles pour illustrer avec humour et légèreté les difficultés du quotidien de la mère active17
  • 18. a la REchERchE Du jusTE équIlIbRE EnTRE vIE pRIvéE ET pRofEssIonnEllE Pour cela, elle doit s’appuyer sur son management et lui donner les lAURENT RODRIgUEz moyens de communiquer clairement autour des priorités liées au bu- siness tout en prenant en compte les contraintes de ses collabora- teurs. Il est donc primordial de libérer la communication en entrepriseLaurent Rodriguez, 38 ans, diplômé d’unet en finir avec les faux semblants, les non-dits et autres a priori, quiMaster en GRH et d’un Master 2 en Gestionnous empêchent bien souvent d’exposer clairement nos contraintes etdes entreprises, Blogueur-Recruteur depuis de trouver un terrain d’entente.plus de 4 ans sur RegionsJob, concentreses activités professionnelles sur le Néanmoins, l’entreprise n’a pas pour vocation à régler, voire régir ladéveloppement des Ressources Humainesvie privée de chacun. Les limites entre les deux sphères doivent êtredepuis une dizaine d’années dans lenettes, précises et claires pour tous ! Que penser alors des entrepri- Conseil puis au sein de grandes entreprises françaises; ses qui proposent divers services de conciergerie à leurs employés ? N’est-ce pas alors le nec plus ultra de l’entreprise socialement res- Découvrez son blog : Recruteur et Candidats et suivez-le sur Twitter : @laurent665 ponsable, ou au contraire, cette dernière ne s’émisse-t-elle pas trop dans la sphère privée ? Ne crée-t-elle pas un lien trop pesant envers ses collaborateurs ? La frontière entre travail et organisation person- nelle devenant de plus en plus ténue, floue et par trop poreuse ! ToutLa vie moderne avec son flot de sollicitations continuelles ne nousceci est-il vraiment du ressort de l’entreprise, ou du libre choix dedonne pas d’autres choix que de devenir un équilibriste de talent muni chacun ?d’une perche avec à chaque extrémité deux sphères, d’une part lavie privée et d’autre part la vie professionnelle. Charge à chacun deLibre de nos choix et actions, nous sommes donc aussi un acteurnous de peser avec habilité à la fois sur chacune de ces sphères pouressentiel dans cette recherche d’accord entre vie privée et profes-maintenir sa perche stable et avancer sur son fil de vie sans trop d’en- sionnelle. Car tel un équilibriste sur son fil de vie, nous recherchonscombre ! constamment le juste choix, le juste milieu et surtout la meilleure satisfaction ! Dans une société qui porte au pinacle la réussite et laNe pas maintenir ce savant équilibre et la chute peut s’avérer pé- performance, nous sommes bien souvent pris entre deux feux : l’exi-rilleuse voire fatale ! S’enclenche alors la spirale infernale de la baissegence de carrière et celle de réussir sa vie privée. Alors qu’aupara-de productivité, de la démotivation, de la mauvaise humeur et de lavant le simple fait de réussir sa carrière semblait à de nombreusesmauvaise santé… Le point de chute, tant redouté par tous, étant bien personnes comme bien suffisant. Il apparaît de plus en plus évidentsouvent le fameux «burnout», dont l’actualité nous fait bien souvent à nos contemporains que savoir se donner à soi et se réaliser dansécho avec des issues fort dramatiques. La perte de cet équilibre est des activités extraprofessionnelles est aussi une exigence et donc unpar ailleurs néfaste pour soi, mais aussi pour son conjoint, ses amis, signe de réussite. Dans toute cette complexité et ces pressions socié-sa famille, mais aussi pour votre entreprise.tales, il s’avère donc que de trouver le bon équilibre entre vie privée et professionnelle est un atout indéniable pour s’épanouir, être motivé, productif, heureux et serein ! Mais alors de quelles façons atteindre ce juste équilibre ? Pour vous aider dans cette quête, je vous propose d’adopter au moins l’un de ces quatre paradigmes : - Organisez-vous ! Et surtout prenez tous vos congés ou tout du moins gérez vos congés épargnés avec justesse tel le stratège que l’on vous demande d’être au travail...Celle-ci n’ayant rien à gagner à surcharger ses collaborateurs par desobjectifs de plus en plus challengeant, mais aussi de plus en plus - Soyez pragmatique ! Travaillez plus pour une urgence est conceva-irréalistes voire irréalisables... Dans ce contexte, le management par ble, mais il n’y a pas d’urgence tous les soirs...objectif, poussé à son paroxysme, atteint donc ses limites. En effet,la productivité devient reine, ce qui ne fait qu’augmenter la pression,- Embauchez ! Faites appel aux services d’aide à la personne pourle stress et perturber l’équilibre entre vie privée et professionnelle.vous décharger des contraintes et autres corvées pour vous donnerL’entreprise est donc un acteur essentiel dans l’atteinte d’un bon du temps ainsi qu’à vos proches... En plus cela fera du bien à notreéquilibre. En effet, elle se doit d’avoir une stratégie business propice économie !à la croissance de ses profits, mais aussi une vision RH favorable àl’épanouissement de ses collaborateurs. Par essence une entreprise - Soyez acteur de votre carrière ! Choisissez une carrière à votre me-se présentant comme socialement responsable se doit donc de re-sure, à l’aune de vos priorités, de vos compétences et motivation. Enchercher le juste équilibre entre ces deux axiomes pour permettre àeffet, devenir Directeur Général, c’est savoir faire fi d’une partie de sanotre funambule d’avancer sereinement sur son fil de vie ! vie privée, c’est le prix à payer pour une telle carrière…18
  • 19. 6 consEIls pouR un mEIllEuR équIlIbRE vIE pRo/vIE pERso suR lE wEb Le premier alimente plutôt une fragmentation des actions et rend lIlIAN MAhOUKOU le résultat final insuffisant, du fait que plusieurs actions sont en fait exécutées à moitié. Le second met en avant la focalisation sur l’essentiel et l’avancement compact.Lilian Mahoukou est associé chez Canden SAS, Cela se traduit par des objectifs qui se veulent être précis et réalistes,société qui propose des services d’accompa-des ménages de printemps réguliers et une rationalisation (tous les 6gnement personnalisé en gestion de carrière, enmois), une présence web active sur quelques endroits seulement etligne et à distance (id-carrières) et de conseil enune résistance à l’appel des innovations technologiques dont le buzzstratégie Ressources Humaines pour les entre-est important.prises, avec pour but d’établir un saut qualitatif,générateur de performance et d’attractivité 4. Cultiver la brièveté(Canden RH) Il intervient également sur le blog Doppelganger. Suivez-le sur C’est en ce sens-ci que Twitter est vraiment génial car tout va très vite. Twitter : @LilianMahoukou En 140 caractères, on en vient à aller à l’essentiel et (justement) dans le sens du qualitatif. La plupart des messages et des conversations ont la possibilité d’être raccourcis. Cela libère du temps pour d’autres initiatives. 5. Libérer du temps pour s’évader, réfléchir, prendre du reculMultiplication des moyens de connexion à Internet, à ses collègues L’expression “Métro, Boulot, Dodo” est bien connue et à travers celle-et à son entourage. Temps passé sur les médias sociaux pour ci on perçoit surtout le fait de subir un rythme. On peut en venir àinteragir, se tenir au courant des nouvelles de son secteur d’activité s’éloigner de ses réels objectifs et à ne pas se sentir avancer.et conception de différents contenus. Cela ressemble au quotidien de Que ce soit pour 15 ou 30 minutes par jour, prendre un stylo et unpas mal d’entre vous. carnet de notes suffit.Comment trouver un équilibre vie privée/vie personnelle ? Je vais Ceci constitue une petite gymnastique quotidienne et permet detenter de donner mon opinion à ce sujet, tout en sachant que chacun développer, de maintenir un dynamisme. C’est aussi l’opportunité dedispose de ses priorités, de son vécu, de ses atouts et de ses se faire une opinion sur les sujets que l’on explore, de développercontraintes. un esprit critique devant le flow d’informations disponibles et de se sentir grandir.1. Priorité à la vie personnelle Cela est un moyen parmi d’autres d’ajouter plus de plaisir sur laC’est elle qui apporte, en partie, la stabilité émotionnelle au travail partie professionnelle.et qui ressource. Cette priorité permet aussi de mieux encaisser Le “prêt-à-penser” est très limitateur et n’encourage guère àcertains coups durs au travail, et ainsi d’alterner entre tensions et le creuser en soi. Ces moments de prise de recul permettent de dirigerplus de relâchement possible. l’attention, de rester focalisé sur sa vision tout en se nourrissant et enRégulièrement emmener du travail à la maison, ou bien régulièrement restant ouvert aux autres propositions.finir à des heures tardives, expose rapidement aux reproches de sonentourage. 6. Travailler depuis chez soiEgalement, pour tout ce qui est surfing et temps passé sur les médias Le monde connecté, l’accès aux informations depuis chez soi, lessociaux, la discipline est importante. technologies “cloud” rendent les frontières floues entre vie privée et vie professionnelle. Encore une fois, des objectifs réalistes et une2. En parallèle, un projet professionnel cohérent et agile philosophie du travail axée sur le qualitatif plutôt que sur le volume,Face à cette priorité à la vie personnelle, il y a aussi celle du projet aident à ne pas tendre vers le manque de sommeil, l’épuisement, leprofessionnel. Ce dernier participe à l’épanouissement. déséquilibre vie privée/vie professionnelle.Derrière la question de l’équilibre en termes de répartition temps, il y Pour optimiser cette expérience du travail à distance, il est importanta aussi celle de la synchronisation, de la cohérence. de garder un oeil sur la santé relationnelle, de manière à rendreUn projet professionnel non cohérent et au piège de l’inertie, alimente l’expérience agréable au travail; d’où l’importance de rencontresun mal-être qui a de grandes chances de se répandre dans la sphère physiques dans la mesure du possible.personnelle. Pour conclure et pour rappel, au fur et à mesure de ses expérimentationsL’objectif ici serait d’être en veille sur les signaux faibles, d’être et de son évolution, à chacun de trouver son point d’équilibre. Ilen phase avec ses valeurs et ses aspirations; via une actualisation n’existe pas une seule manière, universelle, de conjuguer vie privéerégulière et le recueil des différents feedbacks. et vie professionnelle.3. Apprendre à cultiver le qualitatif plutôt que le volumeAvec un excès d’enthousiasme, on peut rapidement en arriver à créertrop de présences web, à participer à trop d’événements ou encore àcréer des “To Do Lists” à rallonge.Sur ces éléments-ci, essayez de faire la différence entre dispersionet montée en puissance.19
  • 20. CHAPITRE 3Travailler autrement
  • 21. ExpaTRIaTIon : vERs unE mEIllEuRE qualITé DE vIE ? de la période maximale de 12 mois pour un congé maternité. Les MARION lEMARChAND «pauses professionnelles» sont, je crois, mieux tolérées. De plus, certaines entreprises mettent en place un horaire d’été qui permet de ne pas travailler le vendredi après-midi en juillet etMarion Lemarchand, 32 ans, s’installe en 2010août. Les heures sont récupérées en hiver. Ce qui permet, à la fois,à Montréal avec sa famille. Originaire de Saintde mieux s’adapter à la saisonnalité du business et de proposer unMalo et ex-salariée de RegionsJob, elle crée unrythme motivant pour les salariés.blog sur JobTrotter dès son arrivée au Québec.S’expatrier, cela signifie changer ses habitudes… Comment as-tu Diplômée de l’ESC Grenoble, elle poursuit son fait pour conserver un bon équilibre ? parcours professionnel dans les Ressources Humaines tout en s’imprégnant d’une nouvelle culture. En parallèle, elle pratique la voile en compétition et s’investitEffectivement, les habitudes changent et il faut se reconstruire de dans la vie associative liée à la petite enfance. nouvelles routines. Pour conserver un bon équilibre, il me semblait important de ne pas créer de rupture avec ma vie précédente et donc de rester en contact fréquent avec la famille et les amis. Créer un blog m’a notamment permis de garder ce lien. En même temps, changer ses habitudes c’est aussi très stimulant : vivre sous un autre climat, acheter des produits étranges au supermarché, êtreEst-ce que la volonté d’un meilleur équilibre entre vie pro et vie surprise de ne pas se faire comprendre en parlant sa propre langue.perso fait partie des raisons qui t’ont amenée à t’expatrier ? Les petites choses du quotidien deviennent source d’anecdotes et d’émerveillement.La volonté d’un meilleur équilibre entre ma vie professionnelle etma vie personnelle n’a pas été la seule motivation pour expatrierAvec un peu de recul, quel regard portes-tu sur l’expatriation dansnotre famille à Montréal. La première raison était la mutation de monton rapport vie privée / vie pro ? Ce dernier a-t-il évolué de manièreconjoint et la deuxième l’envie de découverte et de voyage. Mon caspositive depuis que tu es partie ?est un peu particulier puisque je suis arrivée à Montréal enceinte de7 mois de mon deuxième enfant. A court terme, je savais que je serai L’expatriation m’a permis de mettre ma vie personnelle au premierdonc centrée sur ma vie familiale et j’avais besoin de faire un breakplan dans un premier temps. Actuellement en poste dans un serviceaprès 6 années d’expérience professionnelle intense en France. Ressources Humaines, le rythme est redevenu soutenu mais cetMaintenant que j’ai repris le travail, je suis agréablement surprise équilibre a définitivement évolué de manière positive.de mieux concilier la vie professionnelle et la vie professionnelle iciau Québec. Conseilles-tu à ceux qui ont du mal à concilier vie pro et vie privée dans leur vie actuelle de tenter l’expatriation ?L’équilibre entre vie pro et vie perso est-il un sujet dont on parlebeaucoup au Québec, par rapport à la France ?Non. La recherche de la conciliation de la vie personnelle et professionnelle ne peut pas justifier en elle même de s’expatrier. CeJe ne sais pas si on en parle plus au Québec qu’en France mais jeserait déplacer le problème.suis persuadée que cet équilibre est meilleur et se met en place plusnaturellement ici.Quels seraient tes conseils pour qui souhaite s’expatrier pour travailler ?Sais-tu si des mesures particulières sont prises par les entreprises,ou si des initiatives existent, pour une meilleure articulation desGarder une attitude positive quels que soient les obstacles. Ne pastemps de vie ? croire que l’Eldorado existe. Arriver avec de l’argent de côté pour vivre sereinement la période de recherche d’emploi et pour voyager.Tout d’abord, il faut considérer que l’heure de pointe dans le métro Accepter de sortir de sa zone de confort, écouter, s’ouvrir, s’adapterà Montréal se situe entre 16h30 et 17h. Les tours de bureaux duet profiter.centre-ville se vident à cette heure là. Ce qui permet assurément dedébuter une deuxième journée axée sur la vie personnelle.Par rapport à la vie de famille, citons par exemple que les crèchessont ouvertes toute l’année et que les écoliers ont beaucoup moinsde vacances scolaires qu’en France. Cela simplifie le casse-têtedes parents qui n’ont généralement pas autant de congés que leursenfants.Certes, le nombre de semaines de congés est de deux semaines(minimum) au Québec. Cependant, il n’est pas rare de poser descongés sans solde, de prendre une année sabbatique ou de disposer21
  • 22. changER DE méTIER pouR mIEux concIlIER vIE pERsonnEllE ET vIE pRofEssIonnEllE ? en termes de capacités, de tâches, de convictions, de valeurs, de SylvAINE pASCUAlsens) pour s’assurer que le désir de reconversion est bien réel. Faute de quoi, il vaut mieux réfléchir à une autre manière d’exercer son métier.Sylvaine Pascual, 44 ans, fondatrice et diri-Cette étape est indispensable pour que les bénéfices à changer degeante du cabinet Ithaque Coaching et auteurdu blog d’Ithaque : coaching des odyssées métier soient supérieur aux inconvénients générés par la période, plusprofessionnelles.ou moins longue, de formation, qui, si elle est menée en parallèle d’un emploi à temps plein, rend encore plus difficile la conciliation vie pro/Agrégée, ex-professeur de classes prépara- vie perso !toires et membre du jury Mines-Ponts, je suisaujourd’hui coach spécialisée dans les évolu-2- Accepter la perte de statut pour le gain d’estime de soi tions professionnelles, et en particulier la reconversion, avec pourLorsqu’on a atteint un niveau dans l’entreprise qui ne permet plus objectif constant le mieux-être professionnel.une conciliation sereine vie professionnelle/vie privée, la plupart du temps, une reconversion va impliquer de diminuer son niveau de responsabilités. Cela signifie l’acceptation de la perte de statut.Pour ceux qui veulent mieux concilier vie professionnelle et vie Pour nombre d’entre nous, le statut est essentiel : si le monde reconnaîtpersonnelle, la reconversion, longue et coûteuse, ressemble à une trop nos accomplissements, alors c’est qu’ils ont de la valeur. C’est engrosse montagne pour répondre à des besoins urgents à combler. Elleréalité l’expression d’une estime de soi fragile, qui donne au regard depeut cependant être un véritable investissement à long terme, à effetl’autre le pouvoir de l’évaluer. Du coup, la crainte de la perte de cettedurable, pour peu qu’elle soit soigneusement élaborée. reconnaissance externe est un frein à une reconversion. Pourtant, les nourritures affectives gagnées dans une vie plus équilibrée alimentent laQuand il commence à se manifester, l’idéal d’une vie plus apaisée, reconnaissance interne, qui est un allié bien plus sûr de l’estime de soi.plus équilibrée et qui permet de profiter de ses proches s’exprimesouvent dans l’urgence, et trouver des recettes toutes faites à3- Accepter la perte de revenu pour le gain de bien-êtreappliquer rapidement semble être la solution évidente. L’autre conséquence directe de la rétrogradation, c’est la pertePourtant, lorsque le manque d’équilibre entre vie professionnelle et financière. Cependant, gardons en tête que le bien-être a un coût. Unvie personnelle génère un stress qui se rajoute à celui du travail,salarié moins stressé et dont les pensées ne sont pas entièrementle ras-le-bol s’installe, s’amplifie, ces petites solutions sparadrapphagocytées par le travail passera davantage de temps de qualitédeviennent vite largement insuffisantes. Dans ces cas-là, changer de avec ses proches ou dans ses activités personnelles. La diminutionmétier peut être un moyen de redessiner une vie non pas seulementde revenu peut être alors largement compensée par les bénéfices enprofessionnelle, mais aussi personnelle, et de construire un tout plus termes de mieux-être personnel et familial.épanouissant et plus réjouissant. 4- Vérifier la réalité du métierLa plupart du temps, lorsque la voie de reconversion qui a été Parce que certains métiers nous font rêver, on peut en avoir une visionidentifiée est totalement cohérente avec les besoins personnels et parcellaire et inexacte. On pense typiquement au syndrome de laprofessionnels du salarié, même s’il travaille beaucoup, le stress chambre d’hôte : le rêve d’une vie paisible et harmonieuse, dans unengendré est complètement différent. Ou en tout cas perçu totalement environnement délicieusement rural ou tranquillement touristique. Or,différemment. Du coup le temps personnel est beaucoup moins pollué c’est aussi un travail potentiellement très prenant, aux nombreusespar des distractions d’ordre professionnel. En d’autres termes : onest moins obsédé par le boulot, donc plus disponible dans son tempstâches ingrates et dans lequel les horaires habituellement familiauxpersonnel. On en tire alors davantage de satisfaction. Même s’il lasont consacrés aux clients.quantité de temps personnel augmente peu, sa qualité est une sacré Vérifier la réalité d’un métier permet de prendre des décisions encompensation.connaissance de cause et d’éviter les mauvaises surprises. Rares sontEt pour cela, voici 4 étapes nécessaires pour que changer de métierles métiers totalement incompatibles avec une meilleure conciliationrime avec vie apaisée plutôt qu’avec cauchemar avéré.vie pro/vie perso, en revanche, c’est le fait de connaître avec précision la façon dont ils s’exercent qui permet de trouver des solutions1. Vérifier les moteursadaptées.Si trouver un équilibre entre vie privée et vie perso est le seul moteur Pour cela, il est nécessaire d’aller passer quelques jours avec unde reconversion, il y a de fortes chances pour que celle-ci soit difficile.professionnel pour observer son quotidien. Des organismes proposentPour changer de métier avec succès, il est indispensable que lace type de prestation à prix d’or, mais il suffit le plus souvent de prendrereconversion réponde à tous les niveaux de besoins. Concilier vieson téléphone et de contacter par soi-même des professionnels depro et vie perso n’est qu’un élément des besoins environnementaux, sa région. Il n’est pas rare que ceux-ci soient ravis de partager leuréventuellement des besoins en termes de valeurs et de sens, qui ne expérience et de parler de leur métier.sont eux-mêmes qu’une partie de nos besoins. C’est donc un moteurinsuffisant en soi, et il est indispensable d’explorer tous les niveaux debesoins (environnementaux, comportementaux, relationnels, besoins22
  • 23. IllusTRaTIon ShUg Shug est consultante informatique et illustratrice amateur. Vous pouvez la contacter à cette adresse.23
  • 24. la mobIlITé En pRovIncE En somme, il faut «choisir» sa mobilité - plutôt que fuir Paris et ses pROvEMplOIdifficultés. De manière générale, il vaut mieux éviter de partir sur un coup de tête, et anticiper les aspects professionnels et financiers de cette démarche ! Edouard Chabanon et Antoine Colson sont les deux fondateurs Quelles sont les difficultés auxquelles peuvent se heurter du salon Provemploi. Celui-ci les candidats à la mobilité ? réunit des entreprises, des spécialistes de la mobilité,La mobilité est un rêve qui se heurte aussi à certaines réalités. Des des régions... pour aider les réalités professionnelles, matérielles, financières et sociales. La candidats à la mobilité en principale erreur, c’est de les ignorer. Il faut donc faire des repérages province. Pour plus d’informations et des témoignages de personnes ayant quitté Paris pour s’installer en région, vous pouvez égalementsur place à l’avance, ficeler un projet professionnel, partir avec un consulter le blog de Provemploi.peu d’argent... et si possible rencontrer du monde et découvrir les «réseaux» de sa prochaine destination.Dans quelle mesure le salon PROVEMPLOI aide-t-il les candidats à la mobilité ?Quelles sont les raisons principales qui poussent les gens à quitterParis pour s’installer en province ? Est-ce justement la recherche d’unL’objectif de PROVEMPLOI est d’apporter toutes les clés de la mobilitémeilleur équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle ?professionnelle et personnelle sous un même toit. Au delà des offres d’emploi proposées dans toute la France, le Salon réunit aussi deC’est sans aucun doute la recherche d’un meilleur équilibre personnelnombreuses régions qui présentent les jobs actuellement à pourvoiret professionnel. La vie parisienne est souvent vécue comme unesur place, les dispositifs pour créer / reprendre une entreprise, descourse contre la montre, tant au boulot qu’au quotidien. Partir estréseaux de franchise, des déménageurs... Le salon permet aussi dedonc le rêve de nombreux Franciliens, en particulier des cadres et trouver le déclic pour réaliser ce projet - auquel pensent près d’undes jeunes familles (55% des départs) qui arrivent difficilement à Francilien sur deux ! D’ailleurs, six mois après le salon, près de 40%jongler entre un travail prenant et une vie familiale active. Poser sesdes visiteurs sont effectivement partis !enfants à l’école, aller au bureau, voir ses clients, prendre la voiture...ce quotidien est un cauchemar dès qu’il passe par le boulevard Quels sont les retours des personnes que vous avez aidées ?périphérique ou le métro ! La province est pour beaucoup la meilleureAvez-vous quelques anecdotes à ce sujet ?solution d’équilibre - les situations étant évidemment très différentes,entre une grande ville comme Marseille, une ville moyenne commeNous invitons les visiteurs à nous tenir au courant de leurs aventure !Poitiers ou Chalons en Champagne ou la campagne corrézienne !Les trajectoires sont d’ailleurs très variées. Un couple passé sur le salon a créé une boutique de loisirs créatifs à Clermont-Ferrand en En règle générale, est ce que vous observez une tendance plus début d’année. Toujours en Auvergne, l’un des visiteurs travaille enforte à la mobilité ces derniers temps ? freelance dans l’informatique depuis le Cantal. Nous avons également eu beaucoup de recrutements dans des grandes métropoles, à NantesAu delà des statistiques qui le prouvent (l’INSEE projette 300 000 dans l’informatique, à Bordeaux dans le e-commerce, à Lyon dans ladéparts par an en Province d’ici 2030), je pense que le principalgrande distribution... Le message que l’on reçoit le plus souvent dechangement est d’ordre culturel. Auparavant, Paris était l’endroit leur part ? «Aucun regret !»où faire carrière et celle-ci était la priorité. Aujourd’hui, le travails’inscrit dans un choix de vie global et dans un choix de lieu de vieen particulier. Je constate que l’on choisit de plus en plus où l’on vit,parfois indépendamment de choix professionnels : c’est une grandenouveauté. Par ailleurs, les Français sont beaucoup plus mobilesqu’auparavant ; la mobilité étudiante en est la parfaite illustration. Ondit des Français qu’ils sont casaniers, mais c’est faux ! Ils sont parmiles plus mobiles d’Europe. Quelles sont les questions à se poser lorsque l’on souhaite selancer dans un tel projet ?C’est un projet que l’on doit avant tout construire ensemble si l’on viten couple ou en famille. La plupart des échecs sont liés aux difficultésd’intégration du conjoint ou de la famille. Pour ne rien regretter, il fautégalement savoir ce que l’on gagne à partir et ce que l’on y perd.24
  • 25. lE TéléTRavaIl pERmET-Il DE concIlIER vIE pRofEssIonnEllE ET vIE pRIvéE ?télétravail, dans la négociation d’un avenant au contrat de travail ouXAvIER DE MAzENOD d’un accord d’entreprise avec les partenaires sociaux.Quant au patron abusif qui vous appelle à 11h du soir pour parler Xavier de Mazenod est consultant-associé de la des dossiers en cours, est-ce son mode de management qui pose société Adverbe spécialisée dans la gestion de problème ou bien le télétravail ? la e-réputation et cofondateur du groupement d’entreprises Les Propulseurs.Le télétravail, un symptôme deIl intervient ici comme spécialiste des nouvelles changement de société ?formes de travail dont il assure la promotion autravers de son site et réseau social, Zevillage.Et si en fait la défense de cette frontière vie privée/vie professionnelle net. Zevillage organise un Barcamp, à Caen, le 8 novembre pour était un faux problème ? Juste la manifestation d’une peur d’un aborder ces thèmes.changement ?Ne sommes-nous pas en train d’assister sous couvert de télétravailet de travail en mobilité à la manifestation de nouvelles aspirationsdes salariés, à la fin de l’auto-boulot-dodo avec ses durées de travailLe télétravail isole, c’est un lieu commun connu. Il isole et serait aussifixes dans des bureaux fixes ?accusé de brouiller la frontière entre notre vie professionnelle et notrevie privée. La réalité est un peu plus subtile. La mise en place du télétravail implique au préalable le développementPrécisons d’abord que nous parlerons ici du télétravail dans sond’un climat de confiance : on ne peut pas manager à distanceacception juridique stricte de mode d’organisation pour les salariés. sans confiance. Elle implique aussi des formes de managementLes indépendants qui travaillent à distance ne sont pas assujettis àresponsabilisantes, par objectif. Tout bénéfice pour le salarié.un employeur. Ils ne risquent donc pas de le voir empiéter sur leurvie privée ni de l’entendre au téléphone à des heures indues. MêmeD’ailleurs les salariés ne s’y trompent pas. Officiellement la Francecompte environ 10 % de salariés télétravailleurs mais 30% de salariéssi les clients peuvent parfois être au moins aussi tyranniques qu’unqui veulent télétravailler. Dans la réalité probablement plus car il estpatron.impossible de compter les télétravailleurs « gris », les occasionnelsqui travaillent à distance sans cadre juridique.En revanche, les deux catégories de travailleurs à distance rencontrentle même problème d’organisation de leur journée de travail qu’onLa demande est forte et on le comprend. Je choisis de m’occuper deabordera plus loin.mes enfants pendant un après-midi ou d’aller au cinéma avec mafemme au lieu de travailler. Où est le problème si je m’organise pourLe télétravail n’est pas une malédictionquand même achever mon travail à temps et pour conserver un lienétroit avec mon collectif de travail ?Quand le télétravail est mis en place dans une entreprise (ou uneadministration) avec soin, il apporte beaucoup de bénéfices.Concentrons-nous sur ceux qu’il apporte au télétravailleur.Hors de la méthode point de salutTravailler à distance, télétravailler, c’est souvent à la maison. Et c’estPour le salarié, le télétravail représente moins de déplacementsà domicile que risque donc de se dérouler la bataille pour la défensedomicile-travail et donc des économies de stress, de temps et de la frontière vie privée-vie professionnelle.d’argent gaspillés habituellement en trajets et en encombrements.On sait grâce à plusieurs études que le télétravailleur est plusIl représente donc du temps personnel récupéré sur le temps productif que ses collègues restés au bureau. On sait aussi qu’il aconsacré… à gagner sa vie. Imaginez tout ce que vous pouvez faire tendance à plus travailler que la moyenne.en gagnant 1 heure par jour télétravaillé.A l’inverse, c’est à la maison qu’il aura le plus de tentations pourTravailler à distance permet aussi de reprendre la main sur la gestionprocrastiner et ne pas se mettre au boulot. Sortir le chien, unede son temps de travail. Plus de liberté, à condition, encore une vaisselle urgente, une petite sieste dans le canapé pour être plusfois, que le projet soit correctement géré par l’entreprise et que le efficace, un documentaire sur la poterie au Népal : tout peut êtremanagement par objectifs mis en place fasse l’objet de formations prétexte à distractions.préalables du salarié et de son manager.Le remède à ce trop ou à ce pas assez de travail est l’organisation,Le problème de la disparition de la frontière vie privée-viela méthode de travail.professionnelle doit lui être abordé lors de la mise en place du 25
  • 26. Astreignez vous à des horaires réguliers et sortez-vous de la tête queles soirées et les week-end sont vos tampons horaires de sécuritépour le travail non accompli pendant vos journées de travail. C’estune règle connue : vous occuperez tout le temps que vous vousallouez. Si vous prévoyez 4 heures pour un travail d’une heure…votre travail prendra les 4 heures.De plus, si vous travaillez avec des collègues ou des clients, il vautmieux travailler aux mêmes horaires qu’eux.Quand vous aurez bien assimilé vos règles de fonctionnement, etseulement à ce moment-là, vous pourrez les enfreindre.Et si vous constatez avec le temps que vous avez du mal à travaillerseul (ou plutôt avec les autres mais à distance) vous pouvez penser àla solution des tiers-lieux entre le bureau et la maison : les télécentreset espaces de coworking.Vous y retrouverez vos pairs, pas forcément tous les jours mais quandvous en éprouvez le besoin. Et, en prime, dans ces tiers-lieux voustrouverez de l’entraide, des idées et des partenaires.Le télétravail est une opportunité pour les salariés et pour lesentreprises. Ni une manière de flemmarder à la maison, ni unemenace pour la vie privée. A condition de bien le préparer, de formeret d’accompagner les salariés et de savoir maintenir une relation dequalité, même à distance.Crédit : Fotolia 26
  • 27. CHAPITRE 4 Témoignages
  • 28. TémoIgnagELa difficulté, c’est qu’on est chez soi : pour les enfants, c’est difficile vANESSA bUChlINde se rendre compte que l’on travaille ! Et pour moi, j’ai tendance àtravailler beaucoup la nuit... C’est à double tranchant ! Mais ça ne mepose pas de problème, car c’est mon choix.Après quinze années d’expérience dans lesressources humaines au sein de diverses entre-Auriez-vous des conseils pour les entrepreneurs qui travaillent à laprises en région parisienne, Vanessa Buchlin alancé sa propre activité de conseils, Alternativemaison et qui souhaitent conserver au mieux leur équilibre vie pro/Pro.vie perso ?Il faut essayer de ne pas culpabiliser : ne pas hésiter à laisser lesenfants à la garderie par exemple, comme si vous étiez au travail.Sinon, si on vient les chercher à la sortie de l’école, c’est une heure àQuel est votre parcours professionnel ? laquelle la journée de travail est loin d’être terminée !J’ai aménagé mon espace bureau dans la maison, je n’ai pas deAprès un BTS en alternance, je me suis mariée. J’ai passé mon BTS pièce à part : mais il est bien délimité !enceinte de 5 mois. Ensuite, je me suis rendue en région parisiennepour suivre mon conjoint, et mon premier poste a été assistante des Ce qui est important, c’est de ne pas rester seul : s’insérer dansressources humaines. J’ai voulu continuer à me former : j’ai repris des réseaux professionnels (je suis membre de l’Andrh par exemple),des cours du soir, en jonglant en permanence entre mon travail, mes aller à des réunions pour rencontrer ses confrères... C’est très positifcours, et ma vie personnelle. J’ai finalement validé un master. à tous points de vue. Par exemple, en assistant dernièrement à uneJ’ai tout mené de front, je n’ai jamais pris de congé parental parconférence, j’en suis ressortie avec un contrat, même si ce n’étaitexemple. C’est un choix, et il faut sans arrêt en faire ! J’ai fait ce choixpas le but original ! Il faut toujours être au courant de ce qu’il sede toujours avancer en menant de front vie pro/vie perso. passe dans son milieu professionnel, rester au coeur du sujet de sonactivité. Vraiment, il ne faut pas rester seul, même si cela signifieQuels conseils pourriez-vous donner aux personnes qui souhaitentqu’on dépense plus de temps qu’en tant que salarié. Mais c’estpréserver au mieux leur équilibre vie pro/vie perso ? excitant, et on est d’autant plus fier lorsque l’on arrive à faire quelquechose.Il faut être très bien organisé ! C’est comme une mini-entreprise àla maison. Professionnellement, ça ne doit jamais apparaître : tout C’est long à mettre en place, mais le retour peut être positif ! Laest géré, rien ne doit entraver son travail. On s’organise à la maisonproblématique, c’est de ne pas baisser les bras. Il faut se fairecomme on s’organise au travail !connaître etc. Quand vous devenez entrepreneur, il faut tout faire :Avant de prendre un poste ou avant d’aller vers quelque chose, il fautcommercial, financier, marketing...C’est le système D, l’entraide !être sûr de l’assumer, et de bien le vivre. C’est vraiment une questiond’organisation. Il faut aller voir du côté des mairies, des crèches... Cadépend des régions, mais on peut avoir des alliés. Si on a de la routeà faire par exemple, certaines garderies ouvrent plus tôt. Mais çaveut dire que l’enfant faire une amplitude horaire plus importante. Etc’est malheureusement parfois aussi une question de niveau de vie :il m’est arrivé de donner plus d’argent à ma nourrice que ce qu’il merestait ensuite... C’est une question d’arbitrage.Ne pas prendre un poste si on sait qu’on va le vivre mal, qu’il y aurades frustrations. Car on va être à la fois frustré dans son poste et àla maison. Si le sacrifice en vaut la chandelle, car on sait que toutira mieux ensuite : allez-y ! Mais il faut toujours faire des choix enconnaissance de cause.Une meilleure conciliation de l’équilibre vie pro/vie perso a-t-elleété l’une de vos motivations pour lancer votre activité ?Effectivement, j’ai fait le choix d’avoir une qualité de vie meilleure,mais avec moins de moyen. J’ai eu envie de tester. C’était le momentpour moi, une transition. Je n’avais plus envie d’avoir des horaires detravail de travail improbables ! Aujourd’hui, c’est réalisé en termes dequalité de vie : je suis davantage présente en cas d’enfant malade,de grève... Je peux m’organiser. Je choisis mes missions et meshoraires, la plupart du temps. 28
  • 29. savoIR sE DéconnEcTER quanD on TRavaIllE Dans lE wEb dans la semaine ! Et puis, quand on est en phase de création et deTéMOIgNAgESlancement de son entreprise, il y a tout le temps quelque chose à faire pour la développer et la faire connaître... Sans compter que mon métier (la veille et l’animation d’espaces d’échanges sur le web so- Nous vous proposons un focus sur les travailleurs du web. cial) évolue sans cesse » Ce secteur particulier est en effet représentatif d’une problématique actuelle : où placer la barrière entre travail et loisirs quand on a accès à son outil de travail en permanence ? Comment gérer son temps libre quand passion et métier se rejoignent ? Nous manquons encore de recul pour analyser les incidences de cette omniprésence du web dans nos vies. Pour voir plus en détails les problèmes qui se posent et bénéficier de conseils de personnes expérimentant cet état de fait au quotidien, nous avons interrogé 8 travailleurs du web aux profils différents. Salariés en agence ou chez l’annonceur, développeur web travaillant sur des projets annexes sur son temps libre, fondatrice d’une société spécialisée dans la veille, ils témoignent sur la manière dont ils concilient vie privée et vie pro. Un grand merci à eux pour leur contribution à ce débat.Les difficultés rencontréesGarder du temps pour sa vie privéeUn travail qui ne s’arrête jamais, cela laisse-t-il assez de temps dis-ponible pour les autres aspects de sa vie ? Plusieurs camps s’op-posent. Tout d’abord, il y a ceux pour qui le temps passe trop vite,mais dont l’intérêt pour le travail compense cette suractivité, comme Illustration : Lili La Baleine VerteAurélia. «J’ai la chance d’être passionnée parce que je fais donc je nele vis pas trop mal (mais c’est aussi le risque...). J’ai tout de même Trouver du temps pour sa vie proconscience que ce n’est pas forcément une bonne chose et j’aimeraiavoir plus de temps dispo pour ma vie privée. »Les journées ne font que 24 heures, c’est bien peu quand on a deD’autres arrivent au contraire à jongler avec ces nouveaux outils pour multiples casquettes, comme c’est le cas pour Lionel : « J’ai unetrouver un équilibre, comme Kevin D. : « Oui, tout du moins je faisactivité professionnelle IRL (en tant qu’urbaniste dans un hôpital) entout pour me garder du temps. Travaillant sur Facebook et Twitterplus d’une activité plus «virtuelle» dans la conception de sites Web &cela permet tout de même de planifier du temps avec les amis ete-commerce. A cela s’ajoute l’édition du blog Websourcing.fr. Autantla famille tout en étant au travail. » Tout est également une question dire que c’est toujours la course au niveau du temps. Heureusementd’organisation, comme l’évoque Laurie : « passer toute une journée ma femme travaille aussi dans le milieu hospitalier, à un niveau deà préparer un dossier, un projet, ça laisse beaucoup moins de tempsdécision qui fait qu’elle comprend mon investissement. » Le constatpour s’attaquer aux fourneaux, au ménage et aux tâches simples deest le même pour Kévin. « Avec le temps, un clivage naturel s’est misla vie privée. Je n’ai pas d’enfants, donc c’est déjà plus simple pour en place entre la vie privée et la vie professionnelle, le vrai problèmemoi. Mais j’ai un appart et un couple à gérer. Je me suis donc at- de mon côté se situant plutôt dans la séparation entre le dévelop-tribuée les week-ends pour souffler, me déconnecter et m’occuper pement front-end de loisir, et celui pour la société pour laquelle jeentièrement de mon entourage. »travaille. J’aime travailler pour des projets «loisir», tels que MinURLUn autre type de problème se pose pour les indépendants. Quand ou mon blog, afin de me permettre de progresser dans des axes quevotre lieu de vie est le même que votre lieu de travail, il n’est pasje n’aurais pas pu forcément explorer au travail. Malheureusement,forcément simple de couper...Marie témoigne : « On peut à la foistrop s’investir au travail (et ne pas s’en rendre compte car on conti-être dérangé dans son travail par sa vie personnelle, et on est surtoutnue à progresser) ne laisse que peu d’énergie, même pour un projettenté de travailler un peu n’importe quand dans la journée et même personnel passionnant. »29
  • 30. Se déconnecter La première consiste à se faire violence et à se déconnecter régu- lièrement, comme le fait Aurélia. Son conseil ? « En dehors de chezLe vrai problème quand on travaille dans le web, c’est finalementmoi/lieux de travail, ne pas avoir d’accès à une connexion (éviterd’arriver à se déconnecter. Pas forcément simple quand son outil au maximum les smartphones par exemples, je m’en sers commede travail est actif quand on a fini sa journée. Le positionnement par d’un téléphone et ne navigue jamais dessus). (…) Je m’oblige à unerapport aux amis et à la famille n’est alors pas forcément simple, journée sans internet (le samedi ou le dimanche). » David continue :comme le dit Aurélia quand elle explique les principales difficultés « je ne checke que mes mails perso et en rapport avec mes sites surqu’elle rencontre dans la conciliation vie privée/vie pro : « Le faitmon téléphone. Le reste, cela attend les «horaires de bureau». On ade travailler «hors horaires classiques» et donc de se retrouver à besoin de passer du temps avec les amis, la famille. C’est pour celaparfois devoir travailler le week-end, un soir... Avoir des imprévus aussi que je ne poste pas le Week-end. »de dernière minute niveau travail qui viennent empiéter sur ma vieperso. Et du coup votre entourage qui vous dit voire reproche de Délimiter une frontière claire entre privé et persotrop travailler, d’avoir du mal à faire la coupure ... (ce qui n’est pastotalement faux...) ». Et potentiellement, l’accès à ses missions ne Cela passe aussi par le fait d’imposer ses conditions à son entourages’arrête jamais, comme le souligne Kevin D. : « Tous les appareils pro, comme le fait Aurélia : « J’essaie de plus en plus de négocier deweb (ordinateur + tablette + téléphone) étant tous reliés à un mo- meilleurs délais avec les clients afin d’éviter de devoir travailler lesment au travail, il est difficile de ne plus penser au travail du tout week-ends, trop tard le soir, et donc tente de respecter des horairesmême à l’autre bout du monde. »plus classiques, cela me semble essentiel car on est en phase avec le rythme de son entourage et donc on fait plus de choses dans saEt souvent, le travail se rappelle à nous quand on n’y pense pas,vie perso. » Savoir s’arrêter est indispensable. C’est ce que fait Lio-comme pour David : « Si vous êtes dans le secteur du design, nel : « J’essaie de ne pas me laisser déborder et surtout je fixe desvous savez qu’on a toujours des réflexes qui reviennent... «Oh limites. Il y a des jours ou quoi qu’il arrive je rentre plus tôt chez moi.jolie typo sur ce menu de restaurant» ou encore «Ouhh la vi- Parfois aussi je coupe mon activité sur Internet. »laine ombre portée sur cette pub». Rien de grave, nous sommestoujours à l’affût d’inspiration. La limite entre vie privée et viePenser à séparer présence pro et présence perso sur les réseauxpro est très mince... » Et encore, c’est souvent une nécessité desociaux, même si ce n’est pas toujours simple comme l’expliquerester connecté. David continue ainsi : « Au vu du temps passé à Kevin D. : « Réussir à tenir plusieurs comptes pro/perso n’a jamaismonter, créer, animer, mettre à jour mon identité web, mes sites été une solution pour moi, cela demanderai bien trop de temps. Ilinternet, les réseaux sociaux, il me faut être réactif s’il arrive unfaut se fixer des règles simples : ne plus consulter les notificationsproblème. La concurrence est rude et l’erreur ne pardonne pas. » de la Fan Page après 19h par exemple, faire des listes claires dès le départ et segmenter les contacts, limiter la visibilité des posts trop personnels à ses vrais amis et pas aux rencontres web. » C’est aussi vrai pour sa boite mail, selon Kévin R. « Le plus important pour moi, des boites mails pro & perso toujours séparées. Pas de filtre pour «trier dans des dossiers», un coup d’œil aux mails pros au travail pouvant déraper sur du loisir, ou l’inverse chez soi. » Pour les freelances et ceux qui ont créé leur structure, séparer lieu de travail et lieu de vie peut être une bonne idée, selon Marie. « Pour éviter que mon activité professionnelle ne prenne trop le pas sur ma vie personnelle, j’ai tout d’abord loué un bureau. L’air de rien, avoir un bureau structure et rythme les journées de travail. Le repas du midi a vraiment lieu entre midi et deux, et puis une fois rentré chez soi, la journée de travail est terminée ». Illustration : loop_ohUtiliser les bons outils Les outils sont également importants. La technologie peut aider àLes astuces pour mieux gérer la conci- gagner du temps, quitte à ne pas décrocher totalement… Laurie ex- plique : « un lecteur de flux RSS, un planificateur de post pour les ré-liation vie privée / vie pro seaux sociaux, de l’inspiration pour les articles de blog... et surtout, la tablette et le smartphone. Grâce à ces outils, on est directementSavoir se déconnecteraverti des actualités et on peut agir sans être devant son bureau. » Même constat pour David : « J’utilise netvibes par exemple pourComment nos travailleurs du web s’arrangent-ils pour gérer de frontfaire de la veille sur plus de 300 sites internet. Je cible, je connaisleur vie professionnelle et leur vie privée ? Plusieurs astuces existent.mes besoins, mes attentes, je sais ou chercher à quel moment. »30
  • 31. Se créer des sas de décompression Autre possibilité, calmer un peu le rythme pour privilégier la vie fa-miliale, comme Laurie : « Dans 10 ans, j’espère avoir des enfants.Le salut peut aussi passer par des sas de décompression auxquelsJe vais donc devoir ralentir ma vie actuelle pour m’occuper d’uneon n’aurait pas pensé en premier lieu. Benjamin nous donne ainsi de famille. Je ne pense pas laisser tomber, c’est un job en or, mais pro-bons conseils. « Ce qui me permet de couper ma journée est de tra-bablement moins m’impliquer et m’investir personnellement dans cevailler à Fougères, habitant à Rennes. Je m’explique, malgré les in-que je fais. »convénients indissociables de la voiture (pollution, fatigue, coût) et le Mais d’autres ne comptent pas lever le pied, comme David : « Jefait que je n’ai pas vraiment d’autre choix pour me rendre au travail,pense que les technologies vont continuer d’évoluer, les outils deelle représente pour moi un véritable sas de décompression dans veille aussi. J’aime ce rythme, cette cadence de travail. Je me suislequel je peux me «déconnecter» en discutant avec mes covoitureurs, fixé une hygiène de vie. Elle sera la même dans 10 ans, voire plusen écoutant de la musique ou en me reposant sur le trajet. Sinon, une soutenue puisque l’expérience sera aussi de la partie. (la nouvellede mes astuces est de m’obliger à suivre des activités hors-web (mu-génération est aussi la donc il faut faire avec pour rester dans lesique et sport pour moi) ou de programmer des soirées entre amiscoup... ). » Kevin D., pour sa part, espère surtout changer de cadredurant lesquelles je ne serais pas tenté de jeter de fréquents coupsde vie « le rythme de travail ne me dérange pas, j’espère seulementd’œil sur mon smartphone. Je m’oblige aussi à ne pas ramener de que le cadre de vie aura changé, je commence déjà à me lasser detravail chez moi quitte à finir bien plus tard de peur que cette frontièrela vie en Ile-de-France et je songe de plus en plus aux solutions des’estompe petit à petit. »télétravail (même 1 semaine par mois). Je pense que le cadre de vieinflue énormément sur le travail et sa qualité, donc pour continuerOrganiser son emploi du temps comme cela sur le côté pro il faudra optimiser le coté privé. » Mêmeconstat pour Lionel : « J’envisage un glissement très progressif versPour Marie, il est capital de gérer son temps au mieux pour se met- une activité online. A terme, cela devrait me permettre de pouvoirtre dans les bonnes conditions. « Je me suis organisé un emploi dutravailler un peu n’importe où, sans les contraintes d’un emploi IRL. »temps hebdo dans lequel je me donne un certain temps pour ac- Kévin R. entend lui aussi trouver une solution en prenant les chosescomplir certaines tâches. Par exemple, se caler une bonne heure deen main : « j’espère un jour trouver le projet personnel qui pourra de-prospection par jour, avec un objectif de x contacts qualifiés. Une foisvenir un projet pro à plein temps, ou arriver à industrialiser suffisam-cette «mission» terminée, je peux passer à autre chose, et surtout ar-ment mon travail pour passer plus de temps avec famille / amis. »rêter de me dire que j’aurai pu en faire toujours plus ! Quand on est àson compte, les journées de travail pourraient s’éterniser parce qu’ily a toujours quelque chose à faire pour développer son entreprise. »Le web, un secteur particulier ?L’équilibre entre vie pro et vie privée est difficile à trouver quel queLeur vision du futursoit son métier. Le web reste tout de même un secteur particulier, depar l’accès permanent à son outil de travail où que l’on se trouve.La question du devenir des travailleurs du web est cruciale. Nous C’est l’avis d’Aurélia : « cela peut-être plus difficile que dans d’autresavons encore peu de recul sur ce sujet, mais cette omniprésence dusecteurs, car si on veut on peut ne jamais s’arrêter, Il y a toujoursweb dans notre vie de tous les jours pousse à la projection. Qu’ad- une sollicitation à laquelle répondre, une info intéressante qui tombeviendra-t-il après quelques années à un poste aussi prenant et pré- à lire, à partager... Le web ne s’arrête jamais ! ». Laurie confirmesent dans la vie quotidienne ?également cette tendance : « Quand je compare avec mon entourage,oui, l’équilibre est plus compliqué. On m’appelle «la geek» parce queUne meilleure gestion du tempsje suis constamment connectée et que je réagis à la moindre notifica-tion. Contrairement à un métier «classique», lorsqu’on ferme la porteCertains espèrent avoir engrangé assez d’expérience pour mieuxdu bureau, on est toujours susceptible de travailler. Et puis, aprèsgérer leur quotidien, comme Aurélia : « J’espère peut-être travailler 24h, une information peut déjà être has-been. »autant mais avoir gagné en efficacité et en organisation pour pouvoir Les smartphones et autres tablettes n’aident pas, comme l’expliqueavoir un rythme un peu allégé et des semaines mieux structurées. »Kévin D. : « un problème qui va devenir de plus en plus récurrent àMême constat pour Marie : « le fait de gérer une entreprise me de-mon sens (c’est déjà le cas aux USA), c’est les heures passées sur sonmandera toujours d’être disponible dans les moments de forte acti-téléphone pour le boulot sur les trajets et qui ne sont pas rémunéréesvité, ou au contraire, quand il faudra que je la développe davantage. ou compensées. Cela engendre une pression constante et perturbeJe pense aussi que cette expérience est un long apprentissage, quiparticulièrement la vie privée des gens du web ». La perpétuelle évo-comprend aussi la gestion du temps. Je connais des entrepreneurslution du web n’aide pas non plus, selon Marie : « nouveaux services,du web qui ont des horaires de travail tout à fait «normaux» (saufnouveaux outils, nouvelles techniques, etc. Le web me donne souventexception bien sûr ;). Et puis aussi parce-que je pense qu’on ne peut l’impression d’être en constante version «beta» ! En conséquence, sipas être toujours à 200%, au risque de s’épuiser, ou pire, de mal on ne veut pas louper le train en marche, il faut suivre toutes ces évo-faire son travail. Et puis, j’ai toujours pensé que L’Œil au Carré pourra lutions, même de loin. Mais bon, en général, le «travailleur du web»compter sur de nouvelles recrues, ce qui devrait se concrétiser pro-aime plutôt expérimenter de nouvelles plateformes (parfois trop, auchainement ! »risque d’y perdre du temps !). » 31
  • 32. Comme le dit Kévin, la perméabilité entre utilisations professionnel- Merci aux 8 travailleurs du web aYant téMoigné :les et utilisations personnelles peut être un problème : « On utilisesouvent les mêmes outils avec un aspect professionnel ou personnelAurélia Courtot : après avoir travaillé côté annonceur,(Facebook, Twitter, Gmail, et autres réseaux / sites), ce qui peutcôté agence et en tant que freelance, Aurélia créébrouiller très vite les frontières. Est-on en train de travailler ? Est-onsa propre structure intervenant sur les stratégiesen mode «loisir» ? Le métier de développeur est également problé- de communication web, médias sociaux pourmatique : On peut travailler le week-end sur un concept qui nousdes problématiques liées à la solidarité et auplaît, et au final sera utile en semaine pour notre employeur. A-t-on développement durable. Vous pouvez la retrouvertravaillé pour son plaisir ? Pour son employeur ? Pour les deux ? » sur Viadéo et sur Twitter avec le pseudo @_aurelia.Benjamin Yeurc’h : Webmaster et Assistant deLionel, par contre, pense que le secteur est plutôt avantageux : « carCommunication/Marketing pour Converse, Newil propose une souplesse sans égal. Vous pouvez partir en vacan-Balance et d’autres marques de chaussuresces et continuer à maintenir une activité en ligne. » Et c’est bien sûr au Groupe Royer. Retrouvez-le sur sonvariable, comme l’explique Marie : « tout dépend des personnalités, site benjaminyeurch.com.des façons dont elles s’organisent et de ce que représente le travailpour elles »David alias Olybop : Webdesigner Freelance surConclusionNantes mais aussi blogueur pour Olybop.info et les-courts-metrages.fr. S’intéresse à tout ce qui toucheau Design, aux réseaux sociaux mais aussi à toutDur de déconnecter du travail quand on travaille sur le web... Il est ce qui touche à l’inspiration en général. Retrouvez-lepourtant important de se fixer des limites et de placer une frontière sur Twitter @olybop.claire entre vie privée et vie professionnelle. Gare à la surchauffedans le cas contraire, le burn-out guette, surtout à long terme. Cetteproblématique mérite d’être réfléchie, vous en serez d’autant plusKévin Rocher : Développeur Front-End dansla société Colorz, où il intègre/développe des sitesproductif dans votre métier.sous WordPress et des sites e-commerce sousMagento, Kevin travaille également sur des projetspersonnels comme le raccourcisseur d’URL minu.me. Actif sur Twitter sur le compte @darklg etblogueur sur darklg.me,Kevin Dicop : Community Manager pour la pageMy Guerilla Marketing et contributeur au sein dublog My Community Manager. Retrouvez-le surTwitter @kdicop et sur Facebook.Laurie Diricq : passionnée par le web et la com-munication, Laurie est Community Manager pourRevolutionIT . Retrouvez-la sur Le blog de Tchewwyet sur Twitter @Tchewwy.Lionel Roux : blogueur sur Websourcing et concep-teur de sites web et e-commerce. Retrouvez-le surTwitter @lionelroux.Marie Armand : gérante et fondatrice de L’Œil auCarré, société spécialisée dans la veille, le-répu-tation et le web social. Retrouvez-la sur Twitter@twitting_mary. 32
  • 33. lE DIffIcIlE équIlIbRE vIE pRo/vIE pERso pouR un communITy managER personne jeune et motivée. Pas de problème donc pour les premières flAvIEN ChANTRElannées. Mais une fois l’euphorie passée et le sujet moins à la mode, les choses risquent de changer. Le métier apparaitra peut-être comme moins sexy quand il sera banalisé et pleinement intégré dans les entreprises. Reste à voir combien d’années un Community manager doit accomplir avant de passer à un autre poste. Et quel poste ?Flavien Chantrel est commmunity manager pour Travailler potentiellement 24h/24 peut être stressant sur le longRegionsJob depuis 4 ans et formateur sur leterme. Tout le monde a besoin d’être totalement déconnecté dethème du recrutement et des réseaux sociaux. temps en temps et de ne pas penser au travail. Le poste de CM est impliquant à l’excès et ne permet pas forcément cela, surtout quand on prend son métier trop à cœur. Il y a donc de fortes chances qu’un C’est également un blogueur assidu, très actif sur Twitter. Il a créé leCommunity Manager ayant quelques années d’expérience cherche Blog du modérateur lors de son arrivée à RegionsJob en 2007.à occuper d’autres fonctions (même en restant dans le domaine du web). A moins qu’il ne trouve des astuces pour tracer des limites claires entre vie privée et vie pro. Prendre son temps, parfoisCe billet a initalement été publié sur le site MyCommunityManager. En matière de conciliation vie prof/vie perso, la principale chose à faire pour un Community manager est d’accepter qu’il ne peut pasL’équilibre entre vie privée et vie professionnelle est un leitmotiv tout savoir. Une information lui passera toujours sous le nez, il auraquand on aborde le monde du travail. Être efficace dans notre travailtoujours un temps de retard sur un nouveau service, tous ses mailsnécessite en effet d’être bien dans ses baskets et de prendre du ne seront pas traités dans la demi-heure. Et faire le point toutes lestemps pour soi, sous peine de flirter avec le burn-out. Et pour un heures sur la diffusion des informations postées sur les réseauxcommunity manager, comment cela se passe-t-il ? Nous avons encoresociaux ne changera rien aux chiffres. Accepter cet état de fait, c’estpeu de recul par rapport à ce métier, apparu récemment (en sa formedéjà avoir fait une bonne partie du chemin. Prendre du temps pouractuelle tout du moins). On connait la nécessité pour le Community soi, c’est aussi prendre du recul et être plus performant dans sonmanager d’être hyper actif et omniprésent. Mais jusqu’à quel point ? travail. Il ne faut donc pas hésiter à se déconnecter régulièrement !L’idée de ce billet est de se poser la question et d’échanger à ce Et surtout ne pas s’isoler en devenant monomaniaque, qu’importesujet. Et non de faire de cas potentiels des généralités. Chacun gèrel’intérêt que l’on porte à son travail. Trop de web tue le web, commela chose comme il le peut !pour tout. Il y aura toujours des projets à lancer, des évènements auxquels participer, des informations à diffuser.Une nécessaire omniprésenceLe Community manager se doit d’être présent en permanence surles espaces qu’il gère. Le moindre dérapage le week-end lui seraattribué, mauvaise publicité pour lui et son entreprise comprise. Leweb ne s’arrête pas aux horaires de bureau ! Vacances, soirs et week-end, l’actualité du web, la vie du réseau et l’activité des communautésne prend jamais de pause. La conscience professionnelle du CM luiimpose donc de rester connecté, ne serait-ce que d’un œil, lorsqu’iln’est pas à son poste.Pas de souci me direz-vous, le Community manager est avant toutun passionné. Pas de problème donc pour être connecté 24h/24.Les smartphones n’ont bien sûr rien arrangé. Travail la journée,conférence le midi, rencontres IRL et évènements le soir. Réveil Café/mails le matin, et les yeux rivés sur son portable ou son ordi pourboucher les trous. Les semaines peuvent passer vite. Mais quid del’excès d’information et des pauses nécessaires pour s’oxygéner ?Qu’en est-il pour la vie de couple et la vie sociale ?Quelle est la durée de vie du Community manager ?Cette question aurait pu être le titre de l’article. Dans les conditionspré-citées, combien de temps tiendra un Community manager avantde craquer mentalement ? Le profil type du CM présuppose une33
  • 34. IllusTRaTIon ANThONy gOUARCh Diplômé de l’école d’art graphique OCE-MJM de Rennes section illustration publicité, je suis peintre illustrateur. Après avoir commencé en agence de pub et dans l’illustration jeunesse, je me consacre principalement au dessin de presse et d’humour. Je collabore à différents sites internet ainsi qu’à des journaux satiriques. Retrouvez-moi sur mon blog : Un blog de traits et de mots.34
  • 35. conclusIon façon diffuse et changeante, selon les périodes de sa vie, en plaçantSyNThèSE le « curseur » du point d’équilibre au gré de sa sensibilité» Un rapide sondage nous enseigne d’ailleurs que vous êtes très nombreux à vouloir protéger votre temps libre avant tout ! Parce que le Débat du Mois est ouvert à tous, nous avons également questionné l’opinion des internautes sur la conciliation de la vie privée et de la vie professionnelle. Comment l’envisagent-ils ? Quels sont leurs trucs et astuces pour l’améliorer ? Privilégient-ils leur travail, leur vie personnelle, les deux ? Vous retrouverez également la synthèse des différentes contributions de ce guide. Un grand merci à toutes les personnes ayant accepté de répondre à nos questions !Qu’est-ce que l’équilibre vie pro/vieLa vie professionnelle n’est plébiscitée que par peu de personnes…perso ?Quand elle passe avant toute chose, au détriment du reste, c’est souvent là que réside le danger. Selon Sylviane Lauro : «On parleQuelques définitions pour commencer ! Les notions de vie privée et ded’ailleurs de stress au travail quand une personne ressent unvie personnelle peuvent être distinguées ainsi : «La vie professionnelle déséquilibre entre ce qu’on lui demande de faire dans le cadrepeut être définie de la manière suivante : c’est le temps passé dans professionnel (vie professionnelle) et les ressources dont elle dispose pour y répondre (vie privée).»ou hors de l’entreprise dans le cadre de l’exercice d’un emploi.L’employeur définit des règles pour régir ce temps professionnel.En dehors de la relation entreprise/salarié, d’autres temps de vie L’opinion des salariésapparaissent dont le temps familial. La littérature fait état du «hors-travail», concept étudié par Ariane Ollier-Malaterre. Ce temps hors- Le sujet de l’équilibre entre vie pro et vie perso vous a fait réagir.travail est plus général et comprend aussi bien le développement C’est en effet une problématique à laquelle chacun est confronté.personnel, la famille et les engagements dans la société (association, Horaires peu flexibles, trop grandes distances entre l’entreprise etpolitique,…).» explique Karen Demaison.la maison, charge de travail trop importante… Les raisons d’une difficile conciliation sont nombreuses, et celle-ci se compliqueOn peut également conceptualiser la manière dont elles s’équilibrent d’autant plus lorsque l’on a des enfants. Aurélie, qui travaillait commeentre elles. Pour Sylviane Lauro, «La notion d’équilibre, comme le responsable adjointe d’un magasin, samedi y compris, témoigne :terme l’indique, renvoie à l’image du funambule sur son fil, prêt à«Je passais mon temps à courir! Tout ça pour ne même pas avoirbasculer d’un côté comme de l’autre» Cette conciliation est donc de satisfaction au final, puisque je manquais à mes filles qui me ledifficile à atteindre : trop privilégier l’un ou l’autre peut mener à desreprochaient, et ma responsable n’était pas satisfaite et me le faisaitcomplications… et le spectre du burn out n’est pas loin, rappellesentir si je ne dépassais pas mes horaires «programmés» d’1 heureLaurent Rodriguez. minimum pour montrer mon implication au travail !». Quand le timing devient trop serré et l’équilibre intenable, le risque est de finir par toutSi on en parle beaucoup en ce moment, c’est parce que la difficulténégliger en même temps. Vanessa le souligne : « On va être à la foisà concilier travail et vie privée apparaît comme de plus en plus frustré dans son poste et à la maison». Jacqueline, agricultrice, a desdifficile pour de nombreux salariés. Une étude de 2004 du Ministèrecontraintes particulières dans sont travail. Mais le même sentimentde la Santé, citée par Sylviane Lauro, nous apprend que quatre domine : « Les enfants petits, pendant longtemps, j’ai cherché à avoirpersonnes sur dix estiment que leur vie professionnelle les empêchedes horaires comme tout le monde... sauf, qu’en élevage laitier, ond’organiser au mieux leur vie personnelle. Et finalement, cela risqueest tributaire des saisons, des jours qui raccourcissent, etc... et jede poser problème. «Le conflit entre le travail et la vie personnellen’arrivais à rien, l’impression de mal faire partout.»survient lorsque les exigences professionnelles et familiales sontincompatibles et qu’il devient par conséquent difficile d’assumer un Parmi les raisons invoquées à cette difficulté de concilier vie privée etrôle sans nuire à un autre»vie professionnelle, le manque de flexibilité des horaires semble être principalement mis en cause. Vient ensuite le stresse au travail, quiEn outre, la notion d’équilibre est assez personnelle. Si certains complique forcément la vie quotidienne, et le manque de congés.accepteront très bien de sacrifier leur vie privée au profit de leurtravail, ce n’est pas le cas chez tout le monde… Comme l’indiquePierre Denier : «La notion d’équilibre est personnelle, elle dépend detoute sorte d’éléments, de ce que l’on est, de ce que l’on veut, de cequi nous entoure. Elle est alors relative et chacun se détermine, de35
  • 36. Le télétravail, thématique sur laquelle nous reviendrons plus en détailau long de ces pages, complète le podium des solutions plébiscitées.Cette façon de travailler ne concerne pourtant que 10% des salariésfrançais, rappelle Xavier de Mazenod, alors que 30% souhaiteraientpouvoir y avoir accès.Ailleurs, des méthodes peuvent être mises en place avec succès.Ainsi, au Québec, où s’est installée Marion : «Certaines entreprisesmettent en place un horaire d’été qui permet de ne pas travailler levendredi après-midi en juillet et août. Les heures sont récupérées enGaëlle, qui a rencontré de nombreux salariés éprouvant des difficultéshiver. Ce qui permet, à la fois, de mieux s’adapter à la saisonnalité duà jongler entre vie personnelle et vie professionnelle, explique quebusiness et de proposer un rythme motivant pour les salariés.»l’une des raisons principales est sans aucun doute : « Le manque,principalement ! Manque d’un mode de garde pour leur enfant,Bien entendu, ces différentes solutions dépendent uniquement dede temps, de disponibilité, etc. Ce qui peut entraîner frustration,la volonté de l’entreprise. Mais chacun, à son échelle, peut essayerculpabilisation, fatigue, voire épuisement, burn out… Mais ausside mieux concilier sa vie professionnelle et sa vie personnelle. Etentreprise ou supérieur hiérarchique peu compréhensif, horaires àrallonge, pression au travail.» chacun a ses petites astuces ! Pour Carole : «Régler des problèmesd’assurance, de garde d’enfants, de prise de rendez-vous médicaux....Alors, quelles solutions ? Pour Pierre, le respect de la vie privée Il faut trouver le moment opportun et comment faire quand on a despasse indiscutablement par l’entreprise. En effet, « La finalité d’unejournées compressées !! J’ai un truc : je m’occupe de ces problèmesentreprise est de pérenniser son activité et de la faire prospérer en en début de journée avant de commencer mes tâches ! Et j’essaie demettant en commun l’ensemble des compétences humaines qui séparer au mieux tâches persos et tâches pro, sinon je m’embrouillela compose au service d’un même objectif.» La recherche de la à fond !!» C’est un fait : si les petits soucis du quotidien sont gérés, onconciliation avec le temps personnel doit être en partie aux mainsse sentira mieux au travail également… Et réciproquement.de l’entreprise. Interrogés sur les initiatives que vous souhaiteriezque la vôtre mette en place, vous êtes très nombreux à réclamer L’organisation est le maître-mot pour beaucoup de salariés : «Ilun aménagement des horaires. Une fois de plus, la flexibilité faut être très bien organisé ! C’est comme une mini-entreprise àsemble l’emporter sur l’envie de prendre plus de congés ! Pouvoir la maison. Professionnellement, ça ne doit jamais apparaître : toutarriver et partir de son travail à des horaires qui vous conviennentest géré, rien ne doit entraver son travail. On s’organise à la maisonmieux, dans des limites raisonnables, paraît être une améliorationcomme on s’organise au travail ! Avant de prendre un poste ou avantfinalement simple et peu contraignante pour l’entreprise, mais c’estd’aller vers quelque chose, il faut être sûr de l’assumer, et de bien levraisemblablement loin d’être le cas pour tout le monde.vivre. C’est vraiment une question d’organisation», renchérit Vanessa.Même chose pour Aurélie: «Une super organisation! Rien ne doit êtrelaissé au hasard et tout est programmé à la minute près !»Mais parfois, cela ne suffit pas. Comment préserver au mieux sonéquilibre vie privée/vie professionnelle ? Des experts nous ont livréleurs conseils et leurs points de vue. 36
  • 37. Les conseils des experts Quitter son travail quand la situation devient intenable, oui, mais à la condition d’avoir une solution de repli. On peut chercher un autre travail, plus convenable en matière d’équilibre, mais aussi se tournerLes recruteurs et les professionnels des ressources humaines sontvers d’autres réponses, explorer d’autres pistes;bien placés pour discuter de l’équilibre entre vie privée et vie pro.Pour Laurent Rodriguez, quatre piliers peuvent être mis en œuvre, àchoisir selon ses possibilités. «Organisez-vous ; Soyez pragmatique ;Des pistes de réflexionEmbauchez ; Soyez acteur de votre carrière». Encore une fois, unebonne organisation peut permettre de limiter les dégâts ! CommentQuand le travail devient davantage source de souffrance que demettre en place des règles simples pour ne pas se laisser déborder ? satisfaction, il peut être bon d’envisager des voies différentes. On«Vous pouvez par exemple planifier votre temps étape par étape,peut penser à la reconversion professionnelle par exemple, commemais aussi classer vos dossiers personnels et professionnels pourl’indique Sylvaine Pascual : «Quand il commence à se manifester,vous y retrouver plus facilement. Éteindre dès que possible téléphonel’idéal d’une vie plus apaisée, plus équilibrée et qui permet deportable, ordinateur et autres appareils capteurs d’attention permet profiter de ses proches s’exprime souvent dans l’urgence, et trouverde mieux se concentrer au travail et de profiter complètement desdes recettes toutes faites à appliquer rapidement semble être lamoments de détente.» conseille Yves Deloison. Pour Gaëlle Picut, lasolution évidente. Pourtant, lorsque le manque d’équilibre entre viequestion du choix et des priorités se pose tout autant. Ses conseils ? professionnelle et vie personnelle génère un stress qui se rajoute«Définir ses ambitions et ses priorités à la fois dans sa vie personnelleà celui du travail, le ras-le-bol s’installe, s’amplifie, ces petiteset professionnelle. Faire des choix et les assumer le plus possible» solutions sparadrap deviennent vite largement insuffisantes.» Se reconvertir pour rechercher un meilleur équilibre, un travail dansLa vie professionnelle ne devrait pas être source de tracas. Lilianlequel on s’épanouit pleinement, peut être une bonne piste, mais ilMahoukou insiste : il faut donner la priorité à sa vie personnelle. Carfaut évidemment y réfléchir.«c’est elle qui apporte, en partie, la stabilité émotionnelle au travail etqui ressource. Cette priorité permet aussi de mieux encaisser certains Pour d’autres, c’est la vie parisienne qui finit par ne plus convenir :coups durs au travail, et ainsi d’alterner entre tensions et le plus deon pensera donc à la mobilité en province. Pour Edouard Chabanon etrelâchement possible. Régulièrement emmener du travail à la maison,Antoine Colson, les fondateurs de Provemploi : «La vie parisienne estou bien régulièrement finir à des heures tardives, expose rapidement souvent vécue comme une course contre la montre, tant au boulotaux reproches de son entourage». Il faut savoir s’arrêter ! Mais qu’au quotidien. Partir est donc le rêve de nombreux franciliens, enégalement bien délimiter son temps, conseille Yves Deloison : «C’est particulier des cadres et des jeunes familles (55% des départs) quipourquoi il faut par exemple se réserver des plages horaires sansarrivent difficilement à jongler entre un travail prenant et une vieaucune obligation, du type répondre aux appels téléphoniques familiale active. Poser ses enfants à l’école, aller au bureau, voir sesou regarder ses mails». Evidemment, privilégier absolument la vieclients, prendre la voiture... ce quotidien est un cauchemar dès qu’ilpersonnelle à son travail n’est pas toujours chose aisée, et à lapasse par le boulevard périphérique ou le métro !» D’autres commequestion : «Accepteriez-vous de quitter votre travail si cela améliorait Marion, voient encore plus loin et partent s’installer à l’étranger. Biensensiblement votre vie privée ?», les avis sont partagés.que la recherche d’un meilleur équilibre entre vie pro et vie perso ne soit pas le seul moteur de l’expatriation, elle peut y contribuer.37
  • 38. REMERCIEMENTS ET CREDITSNous remercions toutes les personnes qui ont accepté de participer à ce Débat du mois !Les auteurs : Vanessa Buchlin, conseillière en ressources humainesEdouard Chabanon et Antoine Colson, fondateurs du salon Provemploi Yves Deloison, journaliste spécialiste du changementKaren Demaison, conseillère en ressources humainesPierre Denier, accompagnement vers le retour à l’emploi01Sylviane Lauro, intervenante en prévention des risques professionnelsMarion Lemarchand, conseillère en ressources humaines02Lilian Mahoukou, accompagnateur en gestion de carrière03Xavier de Mazenod, consultant en gestion de la e-réputation04Sylvaine Pascual, coach spécialisée dans les évolutions professionnelles05Gaëlle Picut, journaliste spécialiste de l’emploi06Laurent Rodriguez, recruteur07Les illustrateurs :08Anne Defréville09Anthony Gouarch10Jo L’Indien11Lili La Baleine12ShugGraphisme : Morgane MaillardEt un grand merci aux travailleurs du web ayant témoigné sur le sujet : Aurélia, Benjamin,David, Kévin, Kevin, Laurie, Lionel, Marie.Ainsi qu’aux personnes qui ont contribué au débat en apportant leurs témoignagessur Facebook, les blogs, par mail...Coordination : Flavien Chantrel et Anne-Laure Raffestin DISCUSSIONS
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    A la recherche de l'équilibre vie pro/vie perso

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    Cet ebook est la synthèse du Débat du mois RegionsJob consacré à la recherche de l'équilibre Vie pro/Vie perso. Une douzaine d'experts y ont contribué sous la forme d'articles, ainsi que plusieurs illustrateurs et de nombreux candidats et internautes.
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    • 1. 010203040506070809101112 DISCUSSIONS a la recherche de l’Équilibre Vie Pro / Vie Perso
  • 2. I N T R O D U CT I O NIl n’est pas toujours simple de bien gérer sa recherche d’emploi. L’évolution rapidedes modes de recrutement complique encore la chose. Pour les candidats, il estimportant de connaitre les bonnes pratiques pour avoir plus de chances de trouver unemploi épanouissant. Une fois le job de rêve décroché, encore faut-il gérer sa carrière etson employabilité pour construire un projet professionnel sur le long terme.Pour vous apporter un éclairage sur des problématiques qui nous concernent tous,RegionsJob propose le « Débat du mois ». Un rendez-vous régulier autour d’un thème qui01relie recruteurs, candidats et experts. Chacun peut s’exprimer en publiant des articles,02en répondant à des questions ou en donnant son avis en commentaires. De nombreux03canaux sont mis à votre disposition : Facebook, Twitter, les blogs… Les conseils de tous04sont utiles pour parvenir à un guide pratique.05Ce document est la synthèse de notre premier Débat du mois. Il est consacré au difficile06« équilibre vie privée/vie pro ». Notre travail peut en effet prendre une place importante07au quotidien. Il empiète parfois sur la vie de famille, sur le temps consacré aux amis08et aux loisirs. Un bon équilibre est pourtant nécessaire pour tenir sur le long-terme et09éviter le « burn-out ». Démotivation, problèmes de santé, isolement ou encore baisse10de la productivité… les effets négatifs d’une mauvaise conciliation entre les sphères11personnelle et professionnelle sont nombreux.12Pour vous aider à rétablir l’équilibre, nous avons demandé leur avis à une dizained’experts et professionnels des ressources humaines. En plus des conseils pratiques,plusieurs voies alternatives comme l’expatriation ou le télétravail sont aussi abordées.Différents illustrateurs ont enrichi le document en mettant ce sujet en images. Et biensûr, de nombreux témoignages de candidats viennent compléter notre synthèse.Bonne lecture !DISCUSSIONS
  • 3. SOMMAIREChApITRE 1 : DéfINITIONS ET ChAMp D’ApplICATION Définitions de l’équilibre vie pro/vie perso, par Sylviane Lauro 5 Une vie équilibrée passe par l’entreprise, par Pierre Denier 8 Illustration de Jo L’Indien10 Articuler vie professionnelle et vie personnelle : la quête d’un impossible absolu ? par Karen Demaison 11ChApITRE 2 : ASTUCES ET CONSEIlS Des idées pour un meilleur équilibre entre vie privée et travail, par Yves Deloison14 la difficile conciliation entre vie pro et vie perso, par Gaëlle Picut 1501 Illustration d’Anne Defréville 170203 A la recherche du juste équilibre entre privée et vie professionnelle, par Laurent Rodriguez1804 6 conseils pour un meilleur équilibre vie pro/vie perso sur le web,05 par Lilian Mahoukou190607ChApITRE 3 : TRAvAIllER AUTREMENT08 Expatriation : vers une meilleure qualité de vie ? par Marion Lemarchand 2109 Changer de métier pour mieux concilier vie personnelle et vie professionnelle ?10 par Sylvaine Pascuale2211 Illustration de Shug 2312 la mobilité en province, par Edouard Chabanon et Antoine Colson24 le télétravail permet-il de concilier vie professionnelle et vie privée ?25 par Xavier de MazenodChApITRE 4 : TéMOIgNAgES Témoignage de Vanessa Buchlin28 Savoir se déconnecter quand on travaille dans le web 29 le difficile équilibre vie pro/vie perso pour un community manager,33 par Flavien Chantrel Illustration de Tony Gouarch 34 Synthèse 35DISCUSSIONSREMERCIEMENTS
  • 4. CHAPITRE 1 Définitions etchamp d’application
  • 5. TITRE DéfInITIons DE l’équIlIbRE vIE pRo/vIE pERso Définition SylvIANE lAURO Le conflit entre le travail et la vie personnelle survient lorsque les exigences professionnelles et familiales sont incompatibles et qu’il Sylviane Lauro est Intervenante en Prévention des Risques Professionnels, en charge de la devient par conséquent difficile d’assumer un rôle sans nuire à un Sylviane des est psychosociaux sein préventionLaurorisquesIntervenante enauPréven- autre (Edwards et Rothbard, 2000; Greenhaus et Beutell 1985). Cette tion établissement hospitalier (1050 charge d’un des Risques Professionnels, en agents). de définition sous-entend la présence d’une relation multidirectionnelle la prévention des risquesde la gestion du au sein Elle s’occupe également psychosociaux sitedans laquelle travail et famille s’influencent mutuellement (Frone, d’un établissement hospitalier (1050 agents). internet du centre hospitalier de Digne, est2002). Lorsque ces deux dimensions entrent en conflit, il faut formatrice et consultante, et blogue sur IPRP.abandonner les gratifications dans un domaine pour pouvoir en Vous pouvez aussi consulter son interview pourrecevoir dans un autre (Edwards et Rothbard, 2000). On peut voir Ellesavoir davantage sur le de la gestion du site internet du des en s’occupe également métier d’Intervenant en Prévention centre le conflit entre le travail et la vie personnelle comme ayant deux hospitalier de Digne, est savoir davantage sur le métier d’Inter sur Risques Professionnels. en formatrice et consultante, et blogue sle composantes principales : les aspects pratiques associés aux horaires IPRP. métier d’Intervenant en Prévention des Risques Professionnels.surchargés et aux conflits d’horaire (c. à d. nul ne peut se trouver à deux endroits au même moment) ainsi que l’impression d’être dépassé par les événements, surchargé et stressé en raison des pressions subies dans de multiples rôles. Dans le cadre d’une enquête canadienne, le conflit entre le travail et la vie personnelle comprend :« Parmi les personnes qui exercent une activité professionnelle, - La surcharge de rôles : Cette forme de conflit entre le travailprès de quatre sur dix trouvent que leur travail rend et la vie personnelle survient quand les exigences totalesdifficile l’organisation de leur vie de famille. » Etude 2004en matière de temps et d’énergie associées aux activités àMinistère de l’emploi, du travail et de la cohésion sociale. entreprendre sont trop importantes pour qu’une personne remplisse ses obligations adéquatement ou sans inquiétude - L’interférence du travail dans la famille : Ce type d’interférencePréambulesurvient quand les exigences et responsabilités professionnelles rendent difficile l’exécution des responsabilités familiales (p. ex.A l’heure où nous parlons de plus en plus de prévention des risquesde longues heures de travail rémunéré qui empêchent d’assisterpsychosociaux, la notion d’équilibre vie privée / vie professionnelle, à une activité sportive d’un enfant, des préoccupations liéesprend une dimension de plus en plus prégnante et tous les expertsau travail qui ne permettent pas de participer pleinement à las’accordent à dire que si la frontière est très poreuse entre cesvie familiale, les retombées du stress au travail sur le foyer,deux dimensions, l’une ne va pas sans l’autre et lorsque l’une qui augmentent les conflits avec les membres de la famille).défaille, il est important que l’autre prenne le relai et inversement. - L’interférence de la famille dans le travail : Ce type d’interférenceLa notion d’équilibre, comme le terme l’indique, renvoie à l’image entre les rôles se produit quand les exigences et responsabilitésdu funambule sur son fil, prêt à basculer d’un côté comme de familiales rendent difficile l’exercice des responsabilitésl’autre, ne dit-on pas aussi « être sur la corde raide » ou encore êtreprofessionnelles (p. ex. un enfant malade retient le parent à la« borderline » Terme biologique qui renvoie également à cet équilibremaison ou des conflits familiaux nuisent à la concentration au travail).interne que chaque individu maintient naturellement à chaque - La pression sur le fournisseur de soins : Concept à plusieursinstant. Ou cette image de la balance et ses deux plateaux qui nousdimensions qui est défini du point de vue des « fardeaux »fait bien prendre conscience de la notion « équilibre-déséquilibre » : pesant sur le quotidien du fournisseur de soins et découlant de la nécessité de donner des soins à une personne (Robinson, 1983).1er plateau : les exigences du travail, la charge émotionnelle,l’autonomie et les marges de manoeuvre, les relations de travail, lesconflits de valeur, l’insécurité socio-économique etc : La perceptionqu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement Quelles catégories de salariés ?2 plateau - vie privée : comprenant ce qui est de « l’intime », ème Ce sont les travailleurs indépendants qui déclarent le plus denotre vie personnelle, familiale, amicale, nos loisirs, nos relations, difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale. Les artisans,notre hygiène de vie, nos aspirations, nos souffrances, notre affect,les commerçants et les chefs d’entreprise sont près de deux tiersnotre intelligence émotionnelle, nos valeurs, notre éthique, nos dans ce cas. Quant aux salariés, ceux du privé mentionnent pluscompétences, notre savoir faire, notre personnalité etc etc : La de difficultés que ceux du public. Parmi les salariés, les femmesperception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face cadres et les employées de commerce sont les plus touchéesOn parle d’ailleurs de stress au travail quand une personneLe fait que les indépendants, les cadres et les employées deressent un déséquilibre entre ce qu’on lui demande decommerce soient parmi les plus nombreux à faire état de problèmesfaire dans le cadre professionnel (vie professionnelle) et les de conciliation, s’explique principalement par leurs horaires deressources dont elle dispose pour y répondre (vie privée). travail « atypiques » : certains ont des horaires journaliers 5
  • 6. - Temps de travail morcelé (interruption toutes les 12 minutes), délocalisé, partagé, - 93 % des français passent plus de 4 heures par jour sur leur ordinateur, - Près d’1 e-mail sur 3 revêt un caractère professionnel, - 75 % indiquent interrompre leur travail pour regarder le contenu d’un nouveau message qu’ils viennent de recevoir, - Pénibilité : nombreuses réformes, allongement durée de travail etc Source : enquête ANACT 2010 Alors où les frontières travail/hors travail se situent-elles ? Nous assistons de plus en plus à des scènes atypiques : celle de vacanciers sur leur transat à la plage l’oreille collée à leur téléphone portable ou encore les yeux rivés sur leur ordinateur portable (reportage au 13 hparticulièrement longs, d’autres travaillent le samedi ou le dimanche, de TFI cet été).d’autres enfin travaillent de nuit ou effectuent de fréquentsdéplacements. Un certain nombre d’entre eux cumule plusieurs De même l’usage du web remanie nos façons de travailler : car lede ces contraintes, particulièrement les agriculteurs et, dans une web est aujourd’hui omniprésent au sein de nos bureaux et sociétésmoindre mesure, les artisans, les commerçants et les cadres. (à l’image des agriculteurs qui suivent chaque jours le cours du blé en bourse). Ici encore la frontière vie privée, vie personnellePlus les horaires sont atypiques plus les actifs trouvent qu’il ests’amenuise : 90 % des personnes interrogées lors de l’enquêtedifficile de concilier vie familiale et vie professionnelle. Mais ce ANACT reconnaissent qu’il leur arrive fréquemment de gérer dessont les travailleurs de nuit qui font état le plus de difficultés affaires personnelles au travail ou de se connecter sur les réseauxpour organiser leur vie : 62 % de ceux qui travaillent de nuit au moinssociaux lors de leur temps de travail. Tout comme les réseaux sociauxune fois par semaine déclarent que c’est difficile, voire très difficile.s’invitent également au travail et changent ainsi les rapports entreTravailler de nuit, le dimanche et les jours fériés, effectuer des collègues et même avec la hiérarchie.déplacements fréquents pour son travail est alors ressenti commesource de grandes difficultés, particulièrement pour les mères de famille.(Enquête 2004 du Ministère de l’emploi). Les femmes au travail Certains clichés ont la vie dure et notamment lorsque nous parlons des « impondérables » familiaux incombant de manière quasi-systématiqueLes nouvelles organisations de travail aux femmes concernant la vie familiale. Bien qu’aujourd’hui toutes les études s’accordent à dire que l’absentéisme féminin découle deSi la frontière est bien poreuse, les nouvelles organisationsses diverses tâches dites « féminines » : ainsi les aléas de la prisede travail y sont pour beaucoup. Les frontières travail / hors en charge de la sphère familiale (maladies des enfants, vacances,travail étant de plus en plus revisitées, les rendant de plus en activités extrascolaires, réunions avec les professeurs ) entrentplus floues aux yeux des travailleurs mais aussi du législateur. fréquemment en conflit avec les contraintes d’un emploi.Avec l’avènement des NTIC (Nouvelles Technologies de Or, les organisations du travail telles que nous les connaissonsl’Information et de la Communication) le cadre et aujourd’huiaujourd’hui restent sourdes à ces problématiques et deviennentde plus en plus chaque salarié, est relié en permanence à sonmême de plus en plus préoccupantes offrant des emplois déqualifiéstravail : portable, courriels, réseaux sociaux etc. Autant d’outilsaux femmes, avec l’accès aux postes à responsabilité de plus enqui permettent à la fois des gains de temps mais qui induisent plus difficile, d’importantes inégalités en terme de rémunération àégalement de nouvelles manières de travailler et de nouvellescompétences et diplômes égaux, des métiers peu intéressants voiregestions du temps de travail pas toujours à l’avantage des salariés. répétitifs ou cantonnés à des postes administratifs de type secrétariat, des temps partiels imposés et/ou subis, voire décalés dans la journéeOn voit ainsi l’avènement de plus en plus de salariés dits « nomades » et parfois tard dans la soirée.qui passent la plupart de leur temps hors de l’entreprise (en voyaged’affaire, séminaire etc ), une autonomie qui se rapproche du« Pour les femmes qui occupent des emplois qualifiés, il esttélétravail mais avec davantage de répercussions sur l’organisationnotoire que le fait de prendre le mercredi pour les enfants se soldede la vie personnelle. souvent par le fait de devoir ramener du travail à la maison. Quand les « femmes actives » surveillent les devoirs d’un oeil, tout enLe temps de travail devient ainsi de plus en plus fragmenté, enfournant la pizza surgelée de l’autre, tandis qu’elles répondent surmorcelé. Avec l’avènement des NTIC : téléphone portable, internet, leur mobile à des appels professionnels, en même temps qu’ellestélétravail, 3G , WiFi, e-mail etc décalent de fait le temps de travailbouclent un rapport pour le lendemain et démarrent une lessive,(bureau-maison / semaine-week-end et surtout travail/vacances) : il devient une gageure de décrire leur activité et les savoir-faire 6
  • 7. mobilisés, comme de calculer avec certitude un « temps de travail ».est notamment très marqué lors de cas de harcèlement moral au(Molinier, 2000). travail où le salarié ressent une mésestime de soi et perd confiancenon seulement auprès de la sphère sociale du travail (qui a pratiquéMarie PEZE, psychanalyste spécialiste de ses problématiques,le harcèlement) mais également auprès de la société dans sonévoque d’ailleurs des organisations de travail au « masculin neutre »,ensemble.y compris parfois dans les comportements et habillement (cheveuxcourts, peu de maquillage, tailleur pantalon etc). Sans parler purementde biologie, le travail aujourd’hui montre fort peu de compréhensionpour les difficultés spécifiques que rencontrent les femmes quiveulent conjuguer vie professionnelle et vie familiale. Bien pire, nous Billets de références IPRP CONSEILassistons à de la discrimination à l’embauche, le chef d’entreprise sechargeant de rappeler à une femme qu’il embauche, qu’elle aura des- A la recherche du temps perduenfants, des règles, une ménopause qui la rendront moins disponiblequ’un homme sur le même poste. Les femmes entre elles, sont elles-- Workaholisme et dépendance affective : nouvelles addictionsmêmes peu compréhensives des situations : une DRH femme seraau travailparfois encore plus intransigeante parce qu’elle fonctionne elle-- Les questionnaires sur le stress remis en question ?même au masculin neutre, voire de plus en plus des collègues detravail entre elles.- Ces outils au service du stressDoit-on pourtant rappeler que ce sont majoritairement les femmesqui dans notre société prennent en charge la santé et l’entretiendomestique de leur enfant au détriment bien souvent de leur propresanté et vie sociale (rendez-vous chez le médecin, le dentiste, lePour conclurepédiatre, devoirs des enfants, rendez-vous parents-prof etc etc ) ?Et qui prennent en charge ainsi par leur précieux soutien le travailSi l’équilibre à trouver se situe entre « performances » au travail etdes hommes qui travaillent ? Marie PEZE pose ainsi la question auxqualité de vie, a-t-on vraiment pris la mesure du décalage qui estfemmes qui travaillent : quelle modification de l’organisation du en train de s’opérer ? Changements à la fois sur les effets de cestravail faciliterait votre vie ?nouveaux temps de travail (sans compter l’allongement sur la duréeavec la nouvelle réforme des retraites), mais aussi sur les conditionsA l’heure de la productivité, de la performance, de l’atteinte desde travail, sur les individus, qui risquent de s’isoler de plus en plus duobjectifs et du toujours plus, gageons que la question mérite collectif et/ou ne de plus avoir d’espace pour récupérer. Une longued’être posée lors de chaque embauche et tout au long de notre réflexion collective doit être menée sur ces sujets, notamment envie au travail. Des réajustements nécessaires qui permettront sansterme d’évolution de carrière.doute d’harmoniser et de concilier au mieux cette vie privée – vieprofessionnelle.A l’heure où les négociations semblent annoncées entre lestrois fonctions publiques et les partenaires sociaux concernantl’introduction du télétravail chez les fonctionnaires, cette réflexiondevra prendre en compte les mauvaises expériences des annéesFrance Télécom et autres, projets qui devront être accompagnés dès leLes dérives temps d’ingénierie afin que le travail reste un lieu d’accomplissementde soi et non un lieu signe de troubles et de pathologies dégradant defait la vie personnelle.Depuis les affaires largement médiatisées concernant la souffranceau travail, moult experts se sont penchés sur le sujet, décriantAlors peut-on aujourd’hui parler de choix ? Si nous avons en toutlargement les organisations de travail pathogène pour les individus.état de cause le choix de rester en santé ou pas vis-à-vis du travail,Pourtant malgré tout, le déni persiste. J’entends encore autour de moià chacun de savoir respecter ce choix et de faire au mieux pour quece type de jugement de valeur lors d’une dépression réactionnelle aucet équilibre soit maintenu ; l’employeur, lui, n’a d’autre choix quetravail ou encore d’un suicide lié au travail : « oui, mais il (elle) avait son obligation de résultats concernant la préservation de notre santédes problèmes personnels », « oui, mais il (elle) était trop fragile »... physique et mentale (Art. L.4121-1 et suivants du Code du travail).L’organisation du travail s’exonérant ainsi de toute responsabilité vis-à-vis de son salarié en faisant ainsi l’impasse de toute remise encause. Pourtant les jurisprudences récentes sur le sujet ont confirméla faute inexcusable de l’employeur, le législateur mettant en placedans le Code du Travail une obligation de résultats concernant lapréservation de la santé physique et mentale des salariés.Le travail parfois rend l’individu malade, c’est un fait, ne soyons plusdans le déni à ce sujet, et ne peut donc qu’engendrer problématiquesen cascade à la maison : avec son (sa) conjoint(e), ses enfants,sa famille, ses proches etc… Nous assistons ainsi bien souvent àdes délitements familiaux : conflits, isolement, pertes de repères,désinvestissement social, difficultés relationnelles, divorces…). Cela7
  • 8. unE vIE équIlIbRéE passE paR l’EnTREpRIsE que subie. Ce besoin répond à nos aspirations les plus profondes et pIERRE DENIER ne constitue en aucun cas un luxe, puisqu’il est vital. Si je n’ai pas d’équilibre dans ma vie, je tombe. «La tendance la plus profonde de toute activité humaine est la marche vers l’équilibre» (Jean Piaget).Fondateur de HLC.France – accompagnementdes demandeurs d’emploi, conseils, conférences La quête de cet équilibre ressemble effectivement à une marche.et animation du blog « Haut Les Cœurs !!! » .Chaque pas rétablit l’équilibre, empêche de chuter et permet d’avancerDirecteur des Ventes Internationales chez Lippivers le but que l’on s’est fixé. Nous corrigeons constamment notreFencing Solutions – spécialisé dans le déploie-posture en fonction des obstacles, de l’environnement, un peu commement international de stratégie commerciale et l’on adapte aussi bien que possible nos emplois du temps selon nosde conquête de marchés, animateur de réseauxet d’équipes multiculturelles. obligations, devoirs et aspirations, tout ce qui ponctue nos existences. Cette correction, constante, est contraire à l’immobilisme. Si je sens Compte Twitter : @pierredenierque je tombe, alors une décision, un mouvement m’empêcheront de chuter – pourvu que je sois en mesure d’agir. Cependant, ce n’est pas parce que l’on évite de tomber que l’on ressent la plénitude de l’équilibre… N’est-ce pas ? Le mouvement, l’action sont nécessaires, certes. Ils dépendent tous deux de notre capacité àLe thème de l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie person- réagir et à décider, cette capacité découlant largement de contraintesnelle a été abordé par bon nombre de coaches, conseillers, experts extérieures, dont celles de la vie professionnelle. Je m’attache àet reste pourtant cruellement d’actualité. Regardez l’impressionnantedéfendre, en toute occasion, l’entreprise dont les systèmes libèrent lesérie de livres et manuels couvrant les étagères de nos libraires, uncollaborateur, estimant qu’il est de l’intérêt et du devoir de celle-ci desujet récurrent, comme si, finalement, aucune solution n’apportait veiller à sa pérennité et sa prospérité en construisant avec l’ensemblela garantie de trouver ce fameux point imaginaire construit de façon de ses employés une démarche épanouissante de développement, sitemporaire dans une existence en mouvement, instable et souventpossible durable. Les pressions des clients, des parties prenantesimprévisible…nous entraveront toujours à un moment ou un autre, écartant d’autant plus le sentiment d’équilibre entre sa vie perso et sa vieLa quête d’un équilibre entre vie personnelle et vie personnelle oupro. Partant du constat qu’un équilibre de vie sera continuellementfamiliale n’a pourtant rien d’imaginaire, n’avez-vous jamais éprouvé remis en cause par les contraintes extérieures, notamment celles decette lassitude ou frustration de devoir mettre de côté une partie del’entreprise, je ne crois pas aux recettes individuelles d’un jour etvos objectifs pour vous consacrer physiquement ou intellectuelle-pense que les solutions appartiennent aux entreprises et à ceux quiment (les deux aussi) à une situation plutôt contrainte que réellement les constituent… nous tous.souhaitée ? Si bien sûr… La finalité d’une entreprise est de pérenniser son activité et de laSouvent est opposée à la vie professionnelle, la vie personnelle, com- faire prospérer en mettant en commun l’ensemble des compétencesme si ces deux éléments, distingués, n’avaient rien à voir entre eux.humaines qui la compose au service d’un même objectif. La pressionUne chose les relie pourtant : le mot « vie ». Finalement, la question exercée sur cette dernière provient des clients ou de l’actionnariat,ne concerne pas la façon dont vont s’harmoniser ou se confronter les influençant considérablement nos existences, professionnellesdifférents moments de nos existences, mais bien davantage sur ce d’abord puis personnelles. Les modèles d’entreprises se concentrantque l’on veut faire de sa vie. Comment vais-je trouver un équilibreautour de leurs employés, les plaçant délibérément dans les conditionsentre ce que je veux faire et ce que l’on m’impose de faire ? A quel optimales d’auto-responsabilisation et de créativité, inversant lesmoment aurai-je le sentiment d’avoir trouvé cet équilibre ? Un équi- schémas classiques de hiérarchie pourraient constituer un pilier,libre dans ma vie : pour quoi faire ? Vaste sujet, non ? En tout cas,un repère sur lequel chaque individu s’appuiera pour construire sonmerci à RegionsJob de lancer le débat. équilibre et répondre à ses aspirations. Naïveté ? Non, simple constat d’échec des systèmes classiques existants, ne laissant aucuneLa notion d’équilibre est personnelle, elle dépend de toutes sorteschance à qui que ce soit de trouver une harmonie personnelle dansd’éléments, de ce que l’on est, de ce que l’on veut, de ce qui nous en-un processus souvent déshumanisé, contraint et pressé par lestoure. Elle est alors relative et chacun se détermine, de façon diffuseexigences extérieures.et changeante, selon les périodes de sa vie, en plaçant le « curseur »du point d’équilibre au gré de sa sensibilité. A quoi sert l’équilibre ? Placer l’individu au cœur des objectifs de l’entreprise, c’est se concen-A ne pas tomber me répondrez vous… Bonne réponse, évidemment,trer autour d’une finalité de développement et non d’investissement,il permet de garder le contrôle de ses choix, de ses actes pour ne c’est surtout donner à chacun la capacité d’apporter et de contri-pas subir, mais aussi, et c’est souvent le cas, pour survivre, du moinsbuer à la création de valeur en libérant des contraintes les plus chro-pour ne pas « tomber ». Trouver l’équilibre de l’instant n’est pas une nophages et anxiogènes. Quelques exemples parmi tant d’autres :lubie « new age », à la mode, c’est un besoin fondamental, celui qui apprendre à rendre des comptes à ceux qui créent de la valeur (etnous met en condition de mener une existence voulue, davantage non plus l’inverse), réinstaurer la confiance par l’exemplarité et 8
  • 9. la bienveillance mais aussi, et plus simplement, éviter d’organiserune réunion tard le soir, s’interdire de remettre un dossier importantà l‘un de ses collaborateurs juste avant de quitter le travail, réper-cuter les efforts commerciaux sur les productivités ou rendementsde production… la liste est encore longue ! Je vous rassure, je nesuis pas dans le fantasme, quelques entreprises dont celle (PME in-dustrielle) pour laquelle je travaille met en place un tel système demanagement.Vous l’avez compris, je doute fortement de notre capacité individuelleà trouver un jour, et de façon durable, notre équilibre de vie sans re-mettre en cause les systèmes classiques et actuels de management.Bien entendu, sur le papier, nous avons toutes les cartes en mainpour décider nous-mêmes de nos destins, et assumer nos choix,ceci dit, il serait exagéré de penser qu’une simple décision de choixde vie permettra à une femme élevant seule ses enfants de trouverrapidement un sentiment d’équilibre dans son quotidien… pour seconsacrer à ses propres objectifs, quels qu’ils soient.J’évoquais plus haut le rôle de l’entreprise et de ses acteurs dans latransformation du système de management en un modèle libératoire.Nous sommes tous responsables de cette mouvance, seuls protago-nistes, nous avons les moyens, collectivement, d’œuvrer en ce sens.Se prendre en main, seul, pour trouver son équilibre me semble vain.En revanche, déterminer ensemble, au sein de l’entreprise, quels se-ront les chemins à suivre pour créer de la valeur, participer au déve-loppement, mais aussi mettre en place les conditions d’expression,de liberté et d’auto responsabilisation contribuerait, de mon point devue, à construire durablement ce sentiment d’équilibre tant convoitéindividuellement. Changer de paradigme, ne pas subir l’entreprisemais au contraire s’appuyer sur la valeur collective pour trouver du-rablement sa place, au service de son développement économiquemais également au service de son épanouissement. Rien n’est sim-ple j’en conviens, mais pourtant, il nous faudra bien passer par làpour arrêter de courir vainement après l’impossible sentiment.9
  • 10. IllusTRaTIonJO l’INDIEN«Jo l’Indien dans la ville», c’est avant tout unblog BD traitant de différents thèmes, commeles relations humaines, les passions personnel-les, les geekeries, en se basant sur «l’extra or-dinaire» vécu de Jo l’Indien et ses amis. Le blogpropose en moyenne un article tous les deuxjours avec des BDs sous différents formats :illustrations uniques, strips, planches en une page ou histoires courtes en plusieurs planches. Humour, cynisme, second degré, théories, parodies, détournements, tout est dans «Jo l’Indien dans la Ville» !10
  • 11. aRTIculER vIE pRofEssIonnEllE ET vIE pERsonnEllE : la quêTE D’un ImpossIblE absolu ? agents de propreté et cadres. Une nouvelle organisation du travailKAREN DEMAISON a été mise en place pour cette catégorie de personnel et cela a fait chuter l’absentéisme de 30 %. Karen Demaison, 36 ans, fondatrice et Ainsi, Thierry PAQUOT2 parle-t-il «d’écologie du temps». En effet, nos dirigeante du cabinet de conseil « Critères rythmes de vie ont été modifiés notamment par l’émiettement du de choix », conseil en stratégie humaine. Elletemps de travail avec la flexibilité des emplois et des horaires. apporte ses connaissances et expériences aux entreprises pour remettre l’humain au cœurLes temps sociaux sont de plus en plus inégaux : temps de travail, de l’organisation en conseillant les Directions temps parental, temps domestique, temps individuels, temps de Générales et Ressources Humaines sur les formation, temps de la ville. Il semble qu’aujourd’hui le marché du dispositifs et outils de management à déployerdans l’entreprise, en formant les managers de proximité et les Res-travail se soit modifié. Que signifie cette mutation ?ponsables RH sur l’articulation vie professionnelle – vie personnelledans les pratiques de management et en réalisant une veille sur lesLa féminisation et la flexibilité du travail apparaissent comme lespratiques dans le monde. Retrouvez-la sur son blog.premières variables de cette mutation. La société a également évolué : le modèle du couple bi-actif est devenu la norme, la place du travail n’est plus la même et l’enfant occupe désormais une place centrale dans la société. En France, le contexte législatif etComprendre pour mieux appréhenderréglementaire accompagne désormais ces évolutions sociétales : négociation d’accords égalité professionnelle hommes-femmesl’articulation vie professionnelle et viedans les entreprises, élaboration d’un rapport annuel sur la situation comparée des conditions d’emploi et de formation des femmes etpersonnelledes hommes. Mais, il existe des freins en provenance de la politique familiale, de l’entreprise et de la famille. Comment articuler au mieuxComment pouvons- nous définir ce qu’est la vie professionnelle et la les temps sociaux et notamment les temps consacrés au travail etvie personnelle ?à la famille ? Quels leviers faut-il actionner pour permettre cette articulation ?La vie professionnelle peut être définie de la manière suivante :c’est le temps passé dans ou hors de l’entreprise dans le cadre del’exercice d’un emploi. L’employeur définit des règles pour régir ce Agir pour mieux articuler vietemps professionnel. En dehors de la relation entreprise/salarié,d’autres temps de vie apparaissent dont le temps familial. La professionnelle et vie personnelle, dulittérature fait état du «hors-travail», concept étudié par Ariane Ollier- côté des entreprisesMalaterre. Ce temps hors-travail est plus général et comprend aussibien le développement personnel, la famille et les engagements dansDe nombreux freins sont présents au sein des entreprises enla société (association, politique, ). France pour pouvoir mieux articuler sa vie professionnelle et sa vie personnelle.Depuis ces dernières années, nous avons pu observer de nouveauxservices proposés par des villes comme Paris, Rennes, Poitiers,Identités et stéréotypesBelfort ou Chambéry : le bureau des Temps. Pourquoi ce nouveauconcept ? Un bureau des Temps permet de réorganiser les rythmesLa psychanalyste Sylviane GIAMPINO l’explique très bien : «lesde la ville autour des rythmes des citoyen(/ne)s (attentes de l’habitant,hommes aujourd’hui ont rejoint les femmes sur un point : ne pas toutdu travailleur, de l’entreprise, de la municipalité et de tout visiteur.)miser sur le travail pour réussir sa vie. Les violences managériales,L’objectif est de pouvoir articuler les différents temps : de travail, la financiarisation, les sièges éjectables à tous les étages, produisentsocial, de loisirs et familial.leurs effets (...). Les hommes qui jusque dans les années 90, avaient misé sur l’investissement professionnel pour sécuriser leur avenir etL’exemple de la ville de Rennes est significatif. Dès mars 2002, lecelui de leur famille, ont fait depuis l’expérience que quel que soitprojet EQUAL1 intitulé «Rennes égalité des temps» avait pour objectifleur mérite et leur compétence, l’entreprise n’est plus fiable enversune meilleure articulation vie professionnelle/personnelle sur leeux».marché du travail et notamment pour la population des femmes Plus les hommes ont des postes à responsabilités et plus ils sont soumis aux stéréotypes de disponibilité totale à leur entreprise et1. L’initiative EQUAL constitue un laboratoire d’idées au service de la stratégie euro-ainsi de présentéisme.péenne pour l’emploi. Sa mission est de «promouvoir une vie professionnelle plusinclusive, en combattant la discrimination et l’exclusion basée sur le sexe, l’origineraciale ou ethnique, la religion ou les croyances, le handicap, l’âge ou l’orientation 2. Philosophe, auteur, éditeur de la revue «Urbanismes», professeur à l’IUP Paris XII.sexuelle». Financé par le Fonds social européen (FSE), EQUAL est mis en oeuvre paret entre les Etats membres.11
  • 12. Forte culture du présentéisme veulent pas être accusés d’être trop intrusif ou paternaliste.La plupart des entreprises fonctionnent encore avec cette idée que - Le climat social inhibant notamment la faible tradition depour être performant et motivé, les salariés doivent être présents, négociation collective, les freins structurels au dialogue social et unnotamment tôt le matin et/ou tard le soir. Cette culture du présentéisme relatif désintérêt des syndicats français pour cet enjeu, qui leur paraîtest évidemment un frein pour l’évolution de carrière des femmes. plus anecdotique que, par exemple, la négociation du salaire ou duMais, les hommes se sentent également floués par cette injonction. temps de travail,En effet, de plus en plus d’hommes souhaitent aujourd’hui avoir unmodèle de vie plus équilibrée entre travail et famille : «deux pères - Le cadre législatif lourd (la gestion des congés et des 35 heures) quicadres sur trois sont en quête d’équilibre de vie tout en souhaitant prennent du temps et de l’énergie des Responsables de Ressourcespréserver leur engagement professionnel».3 Humaines.Garder à l’esprit que « Il faut battre en brèche l’idée selon laquelle - Le manque d’expertise des Ressources Humaines en internel’entreprise serait régie par des lois scientifiques ou par un comme en externe car il y a très peu de recherches et de prestatairesdéterminisme naturel car tout y est affaire de choix, de politique et spécialisés.de morale. »4 - La faible contribution perçue des pratiques à la stratégie et à l’imagePratiques d’articulation vie professionnelle - vie personnelle en France de l’entreprise. Les dirigeants et les DRH en font une interprétationLes pratiques d’articulation vie professionnelle – vie personnelle auplus sociale qu’économique : il s’agit de bénéfices sociaux, d’égalitésein de la Gestion des Ressources Humaines ne sont pas une nouvelleprofessionnelle hommes-femmes, de Responsabilité Sociale despratique. En effet, les pratiques paternalistes sont un exempleEntreprises et non de compétitivité.bien connu. L’exemple de l’entreprise Bata5 illustre le concept de Les mesures proposées par les entreprises en France sont rarementpaternalisme poussé à l’extrême : «les salariés Bata se voient ainsi ciblées et ne font que rarement l’objet d’une véritable politiqueproposés des hébergements et des loisirs de qualité, des produits cohérente intégrée à celle des Ressources Humaines par exemple. Cede consommation à bas prix sans parler des salaires plus élevés sont encore souvent des mesures disparates liées au contexte mêmequ’ailleurs. Tout est donc fait pour que les salariés trouvent tout ce de l’entreprise, de la personnalité et des convictions du dirigeant,dont ils ont besoin sur place et n’aient pas à quitter Bataville.»[ ] d’héritages historiques, des usages sectoriels plutôt qu’une politique«Toute une infrastructure sociale paternaliste se développe avec formalisée.la création de nombreuses associations ou clubs sportifs, deséquipements collectifs [ ].» 6 Que peuvent faire les entreprises pour avancer sur ces sujets ?Pourquoi actuellement les entreprises en France ont un rôle assezlimité concernant les politiques d’articulation vie professionnelle – vieTrouver les leviers pour faire évoluer la culture « vie professionnellepersonnelle? Selon Ariane OLLIER-MALATERRE7, les différences de– vie personnelle » est clé. Et notamment pour aller vers une culturerégime d’Etat-providence, les congés payés, les congés parentaux, la fondée sur les résultats au travail plutôt que sur la présence au bureau,semaine de 35 heures n’expliquent pas tout. Les acteurs impliquésune culture plus empathique face aux enjeux de l’articulation viedans ces projets sont différents selon les pays. Aux Etats-Unis et professionnelle – vie personnelle et une culture qui prend en compteau Royaume Uni, la DRH est sollicitée alors qu’en France, le CE, le soutien à l’articulation des temps de vie dans les évaluations desle CHSCT, la Médecine du Travail sont aussi impliqués dans les managers et des collaborateurs.programmes d’articulation vie professionnelle / vie familiale. ArianeOLLIER MALATERRE, après avoir mené une étude en France avec 44 Ainsi, faire de l’articulation de la vie sociale avec la vie professionnellepersonnes de profil différent (DRH, partenaires sociaux, salariés et un objectif de la négociation annuelle obligatoire dans les entreprisesprestataires de service), a pu dégager 5 facteurs8 qui expliquent la et une clause des conventions de branche serait peut-être une pistemoindre adoption de pratiques en France :de réflexion pour agir concrètement sur ce sujet sociétal.- La moindre légitimité des employeurs dans la sphère privée, parAgir également sur les comportements demandera du temps etrapport à l’Etat providence. Les salariés français font appel auxsurtout une implication importante de l’ensemble des acteursservices publics et la loi plus que vers leur employeur. Les employeursconcernés : collectivités locales, villes, associations, organisations,ont une attitude prudente par rapport à ces questions car ils ne entreprises. «Pourrons-nous un jour, avant le quatrième millénaire, nous retrouver,3 Se référer à l’enquête Equilibres / Qualitemps «Les pères managers en quêtehommes et femmes, pères et mères, ensemble, différents et sid’équilibre, portrait d’une génération qui entend réconcilier travail et famille, 2008 semblables, mais ensemble ? Dans le travail qui n’est pas toute la4 Extrait de « Morts de peur, la vie de bureau » de Téodor Liman, Les empêcheurs depenser en rond, octobre 2007 vie, et dans la vie qui est bien plus que le travail.»95 L’entreprise Bata s’implante en France en octobre 1931, sur le domaine d’Hello-court, au sud du département de la Moselle, loin de toute agglomération.6 A. GATTI, (2003), « BATA, une expérience économique et sociale exceptionnelle»,Revue internationale des relations de travail, vol. 1, n° 4, p. 125-137.7 A. OLLIER MALATERRE a soutenu une thèse concernant le sujet «Gérer le horstravail ? Pertinence et efficacité des pratiques d’harmonisation travail / hors travailaux Etats-Unis, au Royaume Uni et en France», Conservatoire National des Arts etMétiers, Paris, 20 octobre 2007 9 Patrick Ben Soussan, Article «Un po, ma non troppo ! Le père, le bébé, le travail,8 Les 5 facteurs d’explication sont issus de la thèse citée ci-dessus d’Ariane OLLIER issu du livre La mère, le bébé, le travail, Editions Eres, (2002)MALATERRE12
  • 13. CHAPITRE 2Astuces et conseils
  • 14. DEs IDéEs pouR un mEIllEuR équIlIbRE EnTRE vIE pRIvéE ET TRavaIl Vous qui êtes spécialisé sur la question de la reconversion, pensez- yvES DElOISON vous que celle-ci peut amener un meilleur équilibre entre vie privée et professionnelle ? Car se reconvertir, c’est aussi souvent s’épanouir, non ? Spécialiste des questions liées au changement et à la reconversion professionnelle, journaliste La plupart des reconversions volontaires reposent sur l’envie de se pour Courrier Cadres, Le groupe L’Etudiant puis réaliser mais aussi sur le désir d’améliorer sa qualité de vie. Au mo- Rédacteur en chef du magazine Changer tout et ment de construire un nouveau projet professionnel, il faut donc tenir fondateur de la plate-forme Toutpourchanger.compte de ce second objectif. C’est pourquoi il faut observer dans com.le détail les conditions de travail et la réalité de la profession qu’on cible. Certains métiers ou statuts permettent de s’organiser plus ou Yves Deloison est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages. Le dernier en moins facilement. Créer son job peut nécessiter de s’impliquer da- date, «Je veux changer de job !» est édité par Hachette Pratique. vantage mais si vous le faites dans le but de travailler chez vous, le temps de transport en moins ou la proximité de la maison facilitent les choses et font gagner du temps. Chaque cas est différent. Il faut donc prendre ses décisions en toute connaissance de cause. Oui, une reconversion peut contribuer à un meilleur équilibre entre vie pro etY a-t-il quelques règles de base à respecter ou « à s’imposer »vie perso.pour trouver son équilibre vie pro et vie perso ?La principale règle à respecter est de délimiter clairement le tempsprofessionnel pour qu’il empiète le moins possible sur le temps per-sonnel. C’est pourquoi il faut par exemple se réserver des plageshoraires sans aucune obligation, du type répondre aux appels télé-phoniques ou regarder ses mails. Une autre manière de ne pas selaisser déborder est d’éviter de se sentir responsable de tout. Il existedes tas de moyens de déléguer au sein de la famille, mais aussi àl’extérieur. Les services à la personne, avec les avantages financiersqu’on connaît, offrent nombre de possibilités de se décharger de cer-taines tâches. C’est un bon moyen d’avoir plus de temps à consacrerà soi ou à ses proches. On peut aussi favoriser l’entraide : puisqu’onva à l’école chercher ses enfants, on peut récupérer ceux de ses amispar exemple. Se rendre service permet de gagner du temps et d’enfaire gagner aux autres. De quoi faire baisser la pression.Existe-il, par exemple, des moyens simples et concrets pour ga-gner du temps lorsqu’on travaille toute la journée ?Un des moyens consiste à s’organiser plus et mieux. Vous pouvez parexemple planifier votre temps étape par étape, mais aussi classervos dossiers personnels et professionnels pour vous y retrouver plusfacilement. Éteindre dès que possible téléphone portable, ordinateuret autres appareils capteurs d’attention permet de mieux se concen-trer au travail et de profiter complètement des moments de détente.Si vous travaillez chez vous, faites en sorte de séparer les différentslieux de vie pour favoriser la transition entre temps perso et tempspro.La conciliation entre vie pro et vie perso reste encore une problé-matique féminine. Pensez-vous qu’à l’heure actuelle, les hommes onttendance à s’impliquer plus qu’avant ?Pas vraiment. Les statistiques sont formelles à ce sujet, la réparti-tion des tâches domestiques évolue très peu. Les femmes restent encharge de la plupart des responsabilités familiales qu’elles cumulentavec leur emploi.14
  • 15. la DIffIcIlE concIlIaTIon EnTRE vIE pRo ET vIE pERsoQuels sont d’après vous les meilleurs conseils que l’on peut donner gAëllE pICUT pour arriver à réussir cette conciliation ?- Définir ses ambitions et ses priorités à la fois dans sa vie person- Gaëlle Picut, 38 ans, journaliste et blogueuse,nelle et professionnelle avec 15 ans d’expérience professionnelle, 13 - Faire des choix et les assumer le plus possible. ans d’expérience maritale et 11 ans d’expé-- S’organiser pour alléger son esprit au maximum et pouvoir être la rience parentale (x 3 !).plus efficace possible. Il y a 3 ans, elle a lancé En aparté, un blog- Bien choisir, si possible, son entreprise et son employeur direct. consacré à la conciliation vie privée / vie profes-- En parler régulièrement avec son conjoint sionnelle et aux valeurs autour du travail.- Ne pas hésiter à faire évoluer cet équilibre et à accepter des désé- Elle est actuellement journaliste pigiste, plus spécifiquement spécia- quilibres temporaires. lisée dans les thématiques Emploi et Société. Travailler plus pour gagner plus… Est-ce crédible en matièred’équilibre vie privée/vie pro ?Je pense qu’à un certain niveau, cela devient difficile. Ou alors il fautque le conjoint accepte d’être plus disponible. Vous avez interviewé de nombreuses personnes sur le sujet conci- A noter cependant que gagner plus permet également de déléguerliation vie privée/vie pro. Tout le monde est-il égal sur ce sujet ?de nombreuses tâches ménagères et contribue largement à pouvoirmettre en place une organisation confortable et solide par rapport àNon, absolument pas. Déjà, il existe de grandes différences entre les sa vie personnelle. Ce qui allège l’esprit et facilite la conciliation maishommes et les femmes. Pour celles-ci, c’est une problématique sou-réduit en parallèle le temps et l’énergie que l’on peut consacrer à savent essentielle, à laquelle elles sont confrontées quasi-quotidienne-vie familiale.ment et pour laquelle elles se posent beaucoup de questions. Pourles hommes, cela l’est beaucoup moins. Pourtant, eux aussi conci- D’une manière générale, quels salariés sont les plus touchés parlient vie privée et vie professionnelle… mais en se posant moins de des problèmes de conciliation entre la vie professionnelle et la viequestions ! Bien sûr, je schématise et je généralise, mais disons que personnelle ?j’ai l’impression que cela concerne une majorité de femmes et uneminorité d’hommes.Je pense plus spécifiquement aux salariés à horaires flexibles ou dé-calés, aux salariés précaires, aux salariés monoparentaux.Ensuite, cette conciliation est vécue différemment par les personnesselon leur âge, le nombre et l’âge de leurs enfants, leur statut (sala- Les cadres en souffrent-ils davantage ?rié d’une petite ou grande entreprise, indépendant, etc.), leur lieu detravail, leur hiérarchie, leur secteur d’activité (culture plus ou moinsJe pense qu’être cadre est à la fois un avantage (plus de flexibilité etforte du présentéisme), leur personnalité, leur histoire personnelle et de souplesse dans l’emploi du temps, moyens financiers supérieursfamiliale, leur conjoint… Bref, un ensemble d’éléments à la fois ob-pour se faire aider à la maison, possibilité d’une plus grande porositéjectifs et d’autres plus subjectifs, plus intimes.vie privée / vie pro grâce aux outils tels que portable, travail épa-nouissant et valorisant, etc.) et un désavantage (horaires élastiques,Quelles sont les difficultés les plus couramment rencontrées ?demande d’une grande implication, responsabilités et stress parfoisimportants qui n’aident pas la personne à conserver du temps et deLe manque, principalement ! Manque d’un mode de garde pour leur la disponibilité pour sa vie personnelle et familiale, frontières vie pri-enfant, de temps, de disponibilité, etc. Ce qui peut entraîner frustra- vée / vie professionnelle qui se brouillent, etc.).tion, culpabilisation, fatigue, voire épuisement, burn out…Mais aussi entreprise ou supérieur hiérarchique peu compréhensif, L’ambiance est plutôt morose en matière d’emploi en ce moment.horaires à rallonge, pression au travail. Doit-on s’attendre à une dégradation du rapport travail/vie perso ?Indiquons également des difficultés plus spécifiques aux femmes,C’est une question difficile. Peut-être peut-on imaginer que le fossételle que celle de retrouver un emploi après une pause profession-va se creuser encore davantage entre les entreprises qui font desnelle, ou encore la possibilité d’une discrimination à l’embauche ouefforts pour prendre en compte l’équilibre vie perso/vie pro et la pa-à la promotion en raison de leur statut de mère de famille (ou de rentalité de leurs salariés car elles se rendent compte que bien-êtrepotentielle mère de famille). et efficacité sont liés…et les autres.En revanche, il est sûr que lorsque l’on est en situation défavorablesur le marché de l’emploi, on n’est pas vraiment en position pournégocier un aménagement du temps de travail, une flexibilité horaire,etc. 15
  • 16. Finalement, l’implication et la passion dans son travail ne sont-ilspas les plus grands ennemis de la vie personnelle ?Oui et non ! Non, car le fait de s’impliquer et d’aimer son travail favo-rise l’épanouissement de la personne et le sentiment de satisfaction.Ceux-ci rejaillissent positivement sur la vie personnelle. Les deuxsphères étant étroitement imbriquées, si cela se passe bien au tra-vail, cela contribuera à ce que la personne se sente bien à l’extérieur.Même si elle a moins de temps à consacrer à sa vie personnelle etfamiliale, il est tout à fait possible d’avoir de vrais moments de qua-lité, d’écoute et de partage.Oui, parce qu’effectivement une personne passionnée par son travailpourra à avoir du mal à s’arrêter, à faire une pause et les journéesn’étant pas extensibles à l’infini, il y a un moment où le temps etl’énergie consacrés à la vie personnelle s’amenuisent. Le dangerpour un (ou une) work-addict est d’oublier, voire de sacrifier sa vieprivée et familiale.16
  • 17. IllusTRaTIon ANNE DEfRévIllEAnne Defréville est directrice artistique dugroupe Libella (Editions Buchet-Chastel, Phébus,Noir sur Blanc, Le Temps Apprivoisé) et illustra-trice free lance pour la presse et l’édition (FigaroMadame Pocket entre autre). Elle habite à Boisle Roi et travaille à Paris. Mère de deux enfants, elle a créé son blog Arsenic et petites bretelles pour illustrer avec humour et légèreté les difficultés du quotidien de la mère active17
  • 18. a la REchERchE Du jusTE équIlIbRE EnTRE vIE pRIvéE ET pRofEssIonnEllE Pour cela, elle doit s’appuyer sur son management et lui donner les lAURENT RODRIgUEz moyens de communiquer clairement autour des priorités liées au bu- siness tout en prenant en compte les contraintes de ses collabora- teurs. Il est donc primordial de libérer la communication en entrepriseLaurent Rodriguez, 38 ans, diplômé d’unet en finir avec les faux semblants, les non-dits et autres a priori, quiMaster en GRH et d’un Master 2 en Gestionnous empêchent bien souvent d’exposer clairement nos contraintes etdes entreprises, Blogueur-Recruteur depuis de trouver un terrain d’entente.plus de 4 ans sur RegionsJob, concentreses activités professionnelles sur le Néanmoins, l’entreprise n’a pas pour vocation à régler, voire régir ladéveloppement des Ressources Humainesvie privée de chacun. Les limites entre les deux sphères doivent êtredepuis une dizaine d’années dans lenettes, précises et claires pour tous ! Que penser alors des entrepri- Conseil puis au sein de grandes entreprises françaises; ses qui proposent divers services de conciergerie à leurs employés ? N’est-ce pas alors le nec plus ultra de l’entreprise socialement res- Découvrez son blog : Recruteur et Candidats et suivez-le sur Twitter : @laurent665 ponsable, ou au contraire, cette dernière ne s’émisse-t-elle pas trop dans la sphère privée ? Ne crée-t-elle pas un lien trop pesant envers ses collaborateurs ? La frontière entre travail et organisation person- nelle devenant de plus en plus ténue, floue et par trop poreuse ! ToutLa vie moderne avec son flot de sollicitations continuelles ne nousceci est-il vraiment du ressort de l’entreprise, ou du libre choix dedonne pas d’autres choix que de devenir un équilibriste de talent muni chacun ?d’une perche avec à chaque extrémité deux sphères, d’une part lavie privée et d’autre part la vie professionnelle. Charge à chacun deLibre de nos choix et actions, nous sommes donc aussi un acteurnous de peser avec habilité à la fois sur chacune de ces sphères pouressentiel dans cette recherche d’accord entre vie privée et profes-maintenir sa perche stable et avancer sur son fil de vie sans trop d’en- sionnelle. Car tel un équilibriste sur son fil de vie, nous recherchonscombre ! constamment le juste choix, le juste milieu et surtout la meilleure satisfaction ! Dans une société qui porte au pinacle la réussite et laNe pas maintenir ce savant équilibre et la chute peut s’avérer pé- performance, nous sommes bien souvent pris entre deux feux : l’exi-rilleuse voire fatale ! S’enclenche alors la spirale infernale de la baissegence de carrière et celle de réussir sa vie privée. Alors qu’aupara-de productivité, de la démotivation, de la mauvaise humeur et de lavant le simple fait de réussir sa carrière semblait à de nombreusesmauvaise santé… Le point de chute, tant redouté par tous, étant bien personnes comme bien suffisant. Il apparaît de plus en plus évidentsouvent le fameux «burnout», dont l’actualité nous fait bien souvent à nos contemporains que savoir se donner à soi et se réaliser dansécho avec des issues fort dramatiques. La perte de cet équilibre est des activités extraprofessionnelles est aussi une exigence et donc unpar ailleurs néfaste pour soi, mais aussi pour son conjoint, ses amis, signe de réussite. Dans toute cette complexité et ces pressions socié-sa famille, mais aussi pour votre entreprise.tales, il s’avère donc que de trouver le bon équilibre entre vie privée et professionnelle est un atout indéniable pour s’épanouir, être motivé, productif, heureux et serein ! Mais alors de quelles façons atteindre ce juste équilibre ? Pour vous aider dans cette quête, je vous propose d’adopter au moins l’un de ces quatre paradigmes : - Organisez-vous ! Et surtout prenez tous vos congés ou tout du moins gérez vos congés épargnés avec justesse tel le stratège que l’on vous demande d’être au travail...Celle-ci n’ayant rien à gagner à surcharger ses collaborateurs par desobjectifs de plus en plus challengeant, mais aussi de plus en plus - Soyez pragmatique ! Travaillez plus pour une urgence est conceva-irréalistes voire irréalisables... Dans ce contexte, le management par ble, mais il n’y a pas d’urgence tous les soirs...objectif, poussé à son paroxysme, atteint donc ses limites. En effet,la productivité devient reine, ce qui ne fait qu’augmenter la pression,- Embauchez ! Faites appel aux services d’aide à la personne pourle stress et perturber l’équilibre entre vie privée et professionnelle.vous décharger des contraintes et autres corvées pour vous donnerL’entreprise est donc un acteur essentiel dans l’atteinte d’un bon du temps ainsi qu’à vos proches... En plus cela fera du bien à notreéquilibre. En effet, elle se doit d’avoir une stratégie business propice économie !à la croissance de ses profits, mais aussi une vision RH favorable àl’épanouissement de ses collaborateurs. Par essence une entreprise - Soyez acteur de votre carrière ! Choisissez une carrière à votre me-se présentant comme socialement responsable se doit donc de re-sure, à l’aune de vos priorités, de vos compétences et motivation. Enchercher le juste équilibre entre ces deux axiomes pour permettre àeffet, devenir Directeur Général, c’est savoir faire fi d’une partie de sanotre funambule d’avancer sereinement sur son fil de vie ! vie privée, c’est le prix à payer pour une telle carrière…18
  • 19. 6 consEIls pouR un mEIllEuR équIlIbRE vIE pRo/vIE pERso suR lE wEb Le premier alimente plutôt une fragmentation des actions et rend lIlIAN MAhOUKOU le résultat final insuffisant, du fait que plusieurs actions sont en fait exécutées à moitié. Le second met en avant la focalisation sur l’essentiel et l’avancement compact.Lilian Mahoukou est associé chez Canden SAS, Cela se traduit par des objectifs qui se veulent être précis et réalistes,société qui propose des services d’accompa-des ménages de printemps réguliers et une rationalisation (tous les 6gnement personnalisé en gestion de carrière, enmois), une présence web active sur quelques endroits seulement etligne et à distance (id-carrières) et de conseil enune résistance à l’appel des innovations technologiques dont le buzzstratégie Ressources Humaines pour les entre-est important.prises, avec pour but d’établir un saut qualitatif,générateur de performance et d’attractivité 4. Cultiver la brièveté(Canden RH) Il intervient également sur le blog Doppelganger. Suivez-le sur C’est en ce sens-ci que Twitter est vraiment génial car tout va très vite. Twitter : @LilianMahoukou En 140 caractères, on en vient à aller à l’essentiel et (justement) dans le sens du qualitatif. La plupart des messages et des conversations ont la possibilité d’être raccourcis. Cela libère du temps pour d’autres initiatives. 5. Libérer du temps pour s’évader, réfléchir, prendre du reculMultiplication des moyens de connexion à Internet, à ses collègues L’expression “Métro, Boulot, Dodo” est bien connue et à travers celle-et à son entourage. Temps passé sur les médias sociaux pour ci on perçoit surtout le fait de subir un rythme. On peut en venir àinteragir, se tenir au courant des nouvelles de son secteur d’activité s’éloigner de ses réels objectifs et à ne pas se sentir avancer.et conception de différents contenus. Cela ressemble au quotidien de Que ce soit pour 15 ou 30 minutes par jour, prendre un stylo et unpas mal d’entre vous. carnet de notes suffit.Comment trouver un équilibre vie privée/vie personnelle ? Je vais Ceci constitue une petite gymnastique quotidienne et permet detenter de donner mon opinion à ce sujet, tout en sachant que chacun développer, de maintenir un dynamisme. C’est aussi l’opportunité dedispose de ses priorités, de son vécu, de ses atouts et de ses se faire une opinion sur les sujets que l’on explore, de développercontraintes. un esprit critique devant le flow d’informations disponibles et de se sentir grandir.1. Priorité à la vie personnelle Cela est un moyen parmi d’autres d’ajouter plus de plaisir sur laC’est elle qui apporte, en partie, la stabilité émotionnelle au travail partie professionnelle.et qui ressource. Cette priorité permet aussi de mieux encaisser Le “prêt-à-penser” est très limitateur et n’encourage guère àcertains coups durs au travail, et ainsi d’alterner entre tensions et le creuser en soi. Ces moments de prise de recul permettent de dirigerplus de relâchement possible. l’attention, de rester focalisé sur sa vision tout en se nourrissant et enRégulièrement emmener du travail à la maison, ou bien régulièrement restant ouvert aux autres propositions.finir à des heures tardives, expose rapidement aux reproches de sonentourage. 6. Travailler depuis chez soiEgalement, pour tout ce qui est surfing et temps passé sur les médias Le monde connecté, l’accès aux informations depuis chez soi, lessociaux, la discipline est importante. technologies “cloud” rendent les frontières floues entre vie privée et vie professionnelle. Encore une fois, des objectifs réalistes et une2. En parallèle, un projet professionnel cohérent et agile philosophie du travail axée sur le qualitatif plutôt que sur le volume,Face à cette priorité à la vie personnelle, il y a aussi celle du projet aident à ne pas tendre vers le manque de sommeil, l’épuisement, leprofessionnel. Ce dernier participe à l’épanouissement. déséquilibre vie privée/vie professionnelle.Derrière la question de l’équilibre en termes de répartition temps, il y Pour optimiser cette expérience du travail à distance, il est importanta aussi celle de la synchronisation, de la cohérence. de garder un oeil sur la santé relationnelle, de manière à rendreUn projet professionnel non cohérent et au piège de l’inertie, alimente l’expérience agréable au travail; d’où l’importance de rencontresun mal-être qui a de grandes chances de se répandre dans la sphère physiques dans la mesure du possible.personnelle. Pour conclure et pour rappel, au fur et à mesure de ses expérimentationsL’objectif ici serait d’être en veille sur les signaux faibles, d’être et de son évolution, à chacun de trouver son point d’équilibre. Ilen phase avec ses valeurs et ses aspirations; via une actualisation n’existe pas une seule manière, universelle, de conjuguer vie privéerégulière et le recueil des différents feedbacks. et vie professionnelle.3. Apprendre à cultiver le qualitatif plutôt que le volumeAvec un excès d’enthousiasme, on peut rapidement en arriver à créertrop de présences web, à participer à trop d’événements ou encore àcréer des “To Do Lists” à rallonge.Sur ces éléments-ci, essayez de faire la différence entre dispersionet montée en puissance.19
  • 20. CHAPITRE 3Travailler autrement
  • 21. ExpaTRIaTIon : vERs unE mEIllEuRE qualITé DE vIE ? de la période maximale de 12 mois pour un congé maternité. Les MARION lEMARChAND «pauses professionnelles» sont, je crois, mieux tolérées. De plus, certaines entreprises mettent en place un horaire d’été qui permet de ne pas travailler le vendredi après-midi en juillet etMarion Lemarchand, 32 ans, s’installe en 2010août. Les heures sont récupérées en hiver. Ce qui permet, à la fois,à Montréal avec sa famille. Originaire de Saintde mieux s’adapter à la saisonnalité du business et de proposer unMalo et ex-salariée de RegionsJob, elle crée unrythme motivant pour les salariés.blog sur JobTrotter dès son arrivée au Québec.S’expatrier, cela signifie changer ses habitudes… Comment as-tu Diplômée de l’ESC Grenoble, elle poursuit son fait pour conserver un bon équilibre ? parcours professionnel dans les Ressources Humaines tout en s’imprégnant d’une nouvelle culture. En parallèle, elle pratique la voile en compétition et s’investitEffectivement, les habitudes changent et il faut se reconstruire de dans la vie associative liée à la petite enfance. nouvelles routines. Pour conserver un bon équilibre, il me semblait important de ne pas créer de rupture avec ma vie précédente et donc de rester en contact fréquent avec la famille et les amis. Créer un blog m’a notamment permis de garder ce lien. En même temps, changer ses habitudes c’est aussi très stimulant : vivre sous un autre climat, acheter des produits étranges au supermarché, êtreEst-ce que la volonté d’un meilleur équilibre entre vie pro et vie surprise de ne pas se faire comprendre en parlant sa propre langue.perso fait partie des raisons qui t’ont amenée à t’expatrier ? Les petites choses du quotidien deviennent source d’anecdotes et d’émerveillement.La volonté d’un meilleur équilibre entre ma vie professionnelle etma vie personnelle n’a pas été la seule motivation pour expatrierAvec un peu de recul, quel regard portes-tu sur l’expatriation dansnotre famille à Montréal. La première raison était la mutation de monton rapport vie privée / vie pro ? Ce dernier a-t-il évolué de manièreconjoint et la deuxième l’envie de découverte et de voyage. Mon caspositive depuis que tu es partie ?est un peu particulier puisque je suis arrivée à Montréal enceinte de7 mois de mon deuxième enfant. A court terme, je savais que je serai L’expatriation m’a permis de mettre ma vie personnelle au premierdonc centrée sur ma vie familiale et j’avais besoin de faire un breakplan dans un premier temps. Actuellement en poste dans un serviceaprès 6 années d’expérience professionnelle intense en France. Ressources Humaines, le rythme est redevenu soutenu mais cetMaintenant que j’ai repris le travail, je suis agréablement surprise équilibre a définitivement évolué de manière positive.de mieux concilier la vie professionnelle et la vie professionnelle iciau Québec. Conseilles-tu à ceux qui ont du mal à concilier vie pro et vie privée dans leur vie actuelle de tenter l’expatriation ?L’équilibre entre vie pro et vie perso est-il un sujet dont on parlebeaucoup au Québec, par rapport à la France ?Non. La recherche de la conciliation de la vie personnelle et professionnelle ne peut pas justifier en elle même de s’expatrier. CeJe ne sais pas si on en parle plus au Québec qu’en France mais jeserait déplacer le problème.suis persuadée que cet équilibre est meilleur et se met en place plusnaturellement ici.Quels seraient tes conseils pour qui souhaite s’expatrier pour travailler ?Sais-tu si des mesures particulières sont prises par les entreprises,ou si des initiatives existent, pour une meilleure articulation desGarder une attitude positive quels que soient les obstacles. Ne pastemps de vie ? croire que l’Eldorado existe. Arriver avec de l’argent de côté pour vivre sereinement la période de recherche d’emploi et pour voyager.Tout d’abord, il faut considérer que l’heure de pointe dans le métro Accepter de sortir de sa zone de confort, écouter, s’ouvrir, s’adapterà Montréal se situe entre 16h30 et 17h. Les tours de bureaux duet profiter.centre-ville se vident à cette heure là. Ce qui permet assurément dedébuter une deuxième journée axée sur la vie personnelle.Par rapport à la vie de famille, citons par exemple que les crèchessont ouvertes toute l’année et que les écoliers ont beaucoup moinsde vacances scolaires qu’en France. Cela simplifie le casse-têtedes parents qui n’ont généralement pas autant de congés que leursenfants.Certes, le nombre de semaines de congés est de deux semaines(minimum) au Québec. Cependant, il n’est pas rare de poser descongés sans solde, de prendre une année sabbatique ou de disposer21
  • 22. changER DE méTIER pouR mIEux concIlIER vIE pERsonnEllE ET vIE pRofEssIonnEllE ? en termes de capacités, de tâches, de convictions, de valeurs, de SylvAINE pASCUAlsens) pour s’assurer que le désir de reconversion est bien réel. Faute de quoi, il vaut mieux réfléchir à une autre manière d’exercer son métier.Sylvaine Pascual, 44 ans, fondatrice et diri-Cette étape est indispensable pour que les bénéfices à changer degeante du cabinet Ithaque Coaching et auteurdu blog d’Ithaque : coaching des odyssées métier soient supérieur aux inconvénients générés par la période, plusprofessionnelles.ou moins longue, de formation, qui, si elle est menée en parallèle d’un emploi à temps plein, rend encore plus difficile la conciliation vie pro/Agrégée, ex-professeur de classes prépara- vie perso !toires et membre du jury Mines-Ponts, je suisaujourd’hui coach spécialisée dans les évolu-2- Accepter la perte de statut pour le gain d’estime de soi tions professionnelles, et en particulier la reconversion, avec pourLorsqu’on a atteint un niveau dans l’entreprise qui ne permet plus objectif constant le mieux-être professionnel.une conciliation sereine vie professionnelle/vie privée, la plupart du temps, une reconversion va impliquer de diminuer son niveau de responsabilités. Cela signifie l’acceptation de la perte de statut.Pour ceux qui veulent mieux concilier vie professionnelle et vie Pour nombre d’entre nous, le statut est essentiel : si le monde reconnaîtpersonnelle, la reconversion, longue et coûteuse, ressemble à une trop nos accomplissements, alors c’est qu’ils ont de la valeur. C’est engrosse montagne pour répondre à des besoins urgents à combler. Elleréalité l’expression d’une estime de soi fragile, qui donne au regard depeut cependant être un véritable investissement à long terme, à effetl’autre le pouvoir de l’évaluer. Du coup, la crainte de la perte de cettedurable, pour peu qu’elle soit soigneusement élaborée. reconnaissance externe est un frein à une reconversion. Pourtant, les nourritures affectives gagnées dans une vie plus équilibrée alimentent laQuand il commence à se manifester, l’idéal d’une vie plus apaisée, reconnaissance interne, qui est un allié bien plus sûr de l’estime de soi.plus équilibrée et qui permet de profiter de ses proches s’exprimesouvent dans l’urgence, et trouver des recettes toutes faites à3- Accepter la perte de revenu pour le gain de bien-êtreappliquer rapidement semble être la solution évidente. L’autre conséquence directe de la rétrogradation, c’est la pertePourtant, lorsque le manque d’équilibre entre vie professionnelle et financière. Cependant, gardons en tête que le bien-être a un coût. Unvie personnelle génère un stress qui se rajoute à celui du travail,salarié moins stressé et dont les pensées ne sont pas entièrementle ras-le-bol s’installe, s’amplifie, ces petites solutions sparadrapphagocytées par le travail passera davantage de temps de qualitédeviennent vite largement insuffisantes. Dans ces cas-là, changer de avec ses proches ou dans ses activités personnelles. La diminutionmétier peut être un moyen de redessiner une vie non pas seulementde revenu peut être alors largement compensée par les bénéfices enprofessionnelle, mais aussi personnelle, et de construire un tout plus termes de mieux-être personnel et familial.épanouissant et plus réjouissant. 4- Vérifier la réalité du métierLa plupart du temps, lorsque la voie de reconversion qui a été Parce que certains métiers nous font rêver, on peut en avoir une visionidentifiée est totalement cohérente avec les besoins personnels et parcellaire et inexacte. On pense typiquement au syndrome de laprofessionnels du salarié, même s’il travaille beaucoup, le stress chambre d’hôte : le rêve d’une vie paisible et harmonieuse, dans unengendré est complètement différent. Ou en tout cas perçu totalement environnement délicieusement rural ou tranquillement touristique. Or,différemment. Du coup le temps personnel est beaucoup moins pollué c’est aussi un travail potentiellement très prenant, aux nombreusespar des distractions d’ordre professionnel. En d’autres termes : onest moins obsédé par le boulot, donc plus disponible dans son tempstâches ingrates et dans lequel les horaires habituellement familiauxpersonnel. On en tire alors davantage de satisfaction. Même s’il lasont consacrés aux clients.quantité de temps personnel augmente peu, sa qualité est une sacré Vérifier la réalité d’un métier permet de prendre des décisions encompensation.connaissance de cause et d’éviter les mauvaises surprises. Rares sontEt pour cela, voici 4 étapes nécessaires pour que changer de métierles métiers totalement incompatibles avec une meilleure conciliationrime avec vie apaisée plutôt qu’avec cauchemar avéré.vie pro/vie perso, en revanche, c’est le fait de connaître avec précision la façon dont ils s’exercent qui permet de trouver des solutions1. Vérifier les moteursadaptées.Si trouver un équilibre entre vie privée et vie perso est le seul moteur Pour cela, il est nécessaire d’aller passer quelques jours avec unde reconversion, il y a de fortes chances pour que celle-ci soit difficile.professionnel pour observer son quotidien. Des organismes proposentPour changer de métier avec succès, il est indispensable que lace type de prestation à prix d’or, mais il suffit le plus souvent de prendrereconversion réponde à tous les niveaux de besoins. Concilier vieson téléphone et de contacter par soi-même des professionnels depro et vie perso n’est qu’un élément des besoins environnementaux, sa région. Il n’est pas rare que ceux-ci soient ravis de partager leuréventuellement des besoins en termes de valeurs et de sens, qui ne expérience et de parler de leur métier.sont eux-mêmes qu’une partie de nos besoins. C’est donc un moteurinsuffisant en soi, et il est indispensable d’explorer tous les niveaux debesoins (environnementaux, comportementaux, relationnels, besoins22
  • 23. IllusTRaTIon ShUg Shug est consultante informatique et illustratrice amateur. Vous pouvez la contacter à cette adresse.23
  • 24. la mobIlITé En pRovIncE En somme, il faut «choisir» sa mobilité - plutôt que fuir Paris et ses pROvEMplOIdifficultés. De manière générale, il vaut mieux éviter de partir sur un coup de tête, et anticiper les aspects professionnels et financiers de cette démarche ! Edouard Chabanon et Antoine Colson sont les deux fondateurs Quelles sont les difficultés auxquelles peuvent se heurter du salon Provemploi. Celui-ci les candidats à la mobilité ? réunit des entreprises, des spécialistes de la mobilité,La mobilité est un rêve qui se heurte aussi à certaines réalités. Des des régions... pour aider les réalités professionnelles, matérielles, financières et sociales. La candidats à la mobilité en principale erreur, c’est de les ignorer. Il faut donc faire des repérages province. Pour plus d’informations et des témoignages de personnes ayant quitté Paris pour s’installer en région, vous pouvez égalementsur place à l’avance, ficeler un projet professionnel, partir avec un consulter le blog de Provemploi.peu d’argent... et si possible rencontrer du monde et découvrir les «réseaux» de sa prochaine destination.Dans quelle mesure le salon PROVEMPLOI aide-t-il les candidats à la mobilité ?Quelles sont les raisons principales qui poussent les gens à quitterParis pour s’installer en province ? Est-ce justement la recherche d’unL’objectif de PROVEMPLOI est d’apporter toutes les clés de la mobilitémeilleur équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle ?professionnelle et personnelle sous un même toit. Au delà des offres d’emploi proposées dans toute la France, le Salon réunit aussi deC’est sans aucun doute la recherche d’un meilleur équilibre personnelnombreuses régions qui présentent les jobs actuellement à pourvoiret professionnel. La vie parisienne est souvent vécue comme unesur place, les dispositifs pour créer / reprendre une entreprise, descourse contre la montre, tant au boulot qu’au quotidien. Partir estréseaux de franchise, des déménageurs... Le salon permet aussi dedonc le rêve de nombreux Franciliens, en particulier des cadres et trouver le déclic pour réaliser ce projet - auquel pensent près d’undes jeunes familles (55% des départs) qui arrivent difficilement à Francilien sur deux ! D’ailleurs, six mois après le salon, près de 40%jongler entre un travail prenant et une vie familiale active. Poser sesdes visiteurs sont effectivement partis !enfants à l’école, aller au bureau, voir ses clients, prendre la voiture...ce quotidien est un cauchemar dès qu’il passe par le boulevard Quels sont les retours des personnes que vous avez aidées ?périphérique ou le métro ! La province est pour beaucoup la meilleureAvez-vous quelques anecdotes à ce sujet ?solution d’équilibre - les situations étant évidemment très différentes,entre une grande ville comme Marseille, une ville moyenne commeNous invitons les visiteurs à nous tenir au courant de leurs aventure !Poitiers ou Chalons en Champagne ou la campagne corrézienne !Les trajectoires sont d’ailleurs très variées. Un couple passé sur le salon a créé une boutique de loisirs créatifs à Clermont-Ferrand en En règle générale, est ce que vous observez une tendance plus début d’année. Toujours en Auvergne, l’un des visiteurs travaille enforte à la mobilité ces derniers temps ? freelance dans l’informatique depuis le Cantal. Nous avons également eu beaucoup de recrutements dans des grandes métropoles, à NantesAu delà des statistiques qui le prouvent (l’INSEE projette 300 000 dans l’informatique, à Bordeaux dans le e-commerce, à Lyon dans ladéparts par an en Province d’ici 2030), je pense que le principalgrande distribution... Le message que l’on reçoit le plus souvent dechangement est d’ordre culturel. Auparavant, Paris était l’endroit leur part ? «Aucun regret !»où faire carrière et celle-ci était la priorité. Aujourd’hui, le travails’inscrit dans un choix de vie global et dans un choix de lieu de vieen particulier. Je constate que l’on choisit de plus en plus où l’on vit,parfois indépendamment de choix professionnels : c’est une grandenouveauté. Par ailleurs, les Français sont beaucoup plus mobilesqu’auparavant ; la mobilité étudiante en est la parfaite illustration. Ondit des Français qu’ils sont casaniers, mais c’est faux ! Ils sont parmiles plus mobiles d’Europe. Quelles sont les questions à se poser lorsque l’on souhaite selancer dans un tel projet ?C’est un projet que l’on doit avant tout construire ensemble si l’on viten couple ou en famille. La plupart des échecs sont liés aux difficultésd’intégration du conjoint ou de la famille. Pour ne rien regretter, il fautégalement savoir ce que l’on gagne à partir et ce que l’on y perd.24
  • 25. lE TéléTRavaIl pERmET-Il DE concIlIER vIE pRofEssIonnEllE ET vIE pRIvéE ?télétravail, dans la négociation d’un avenant au contrat de travail ouXAvIER DE MAzENOD d’un accord d’entreprise avec les partenaires sociaux.Quant au patron abusif qui vous appelle à 11h du soir pour parler Xavier de Mazenod est consultant-associé de la des dossiers en cours, est-ce son mode de management qui pose société Adverbe spécialisée dans la gestion de problème ou bien le télétravail ? la e-réputation et cofondateur du groupement d’entreprises Les Propulseurs.Le télétravail, un symptôme deIl intervient ici comme spécialiste des nouvelles changement de société ?formes de travail dont il assure la promotion autravers de son site et réseau social, Zevillage.Et si en fait la défense de cette frontière vie privée/vie professionnelle net. Zevillage organise un Barcamp, à Caen, le 8 novembre pour était un faux problème ? Juste la manifestation d’une peur d’un aborder ces thèmes.changement ?Ne sommes-nous pas en train d’assister sous couvert de télétravailet de travail en mobilité à la manifestation de nouvelles aspirationsdes salariés, à la fin de l’auto-boulot-dodo avec ses durées de travailLe télétravail isole, c’est un lieu commun connu. Il isole et serait aussifixes dans des bureaux fixes ?accusé de brouiller la frontière entre notre vie professionnelle et notrevie privée. La réalité est un peu plus subtile. La mise en place du télétravail implique au préalable le développementPrécisons d’abord que nous parlerons ici du télétravail dans sond’un climat de confiance : on ne peut pas manager à distanceacception juridique stricte de mode d’organisation pour les salariés. sans confiance. Elle implique aussi des formes de managementLes indépendants qui travaillent à distance ne sont pas assujettis àresponsabilisantes, par objectif. Tout bénéfice pour le salarié.un employeur. Ils ne risquent donc pas de le voir empiéter sur leurvie privée ni de l’entendre au téléphone à des heures indues. MêmeD’ailleurs les salariés ne s’y trompent pas. Officiellement la Francecompte environ 10 % de salariés télétravailleurs mais 30% de salariéssi les clients peuvent parfois être au moins aussi tyranniques qu’unqui veulent télétravailler. Dans la réalité probablement plus car il estpatron.impossible de compter les télétravailleurs « gris », les occasionnelsqui travaillent à distance sans cadre juridique.En revanche, les deux catégories de travailleurs à distance rencontrentle même problème d’organisation de leur journée de travail qu’onLa demande est forte et on le comprend. Je choisis de m’occuper deabordera plus loin.mes enfants pendant un après-midi ou d’aller au cinéma avec mafemme au lieu de travailler. Où est le problème si je m’organise pourLe télétravail n’est pas une malédictionquand même achever mon travail à temps et pour conserver un lienétroit avec mon collectif de travail ?Quand le télétravail est mis en place dans une entreprise (ou uneadministration) avec soin, il apporte beaucoup de bénéfices.Concentrons-nous sur ceux qu’il apporte au télétravailleur.Hors de la méthode point de salutTravailler à distance, télétravailler, c’est souvent à la maison. Et c’estPour le salarié, le télétravail représente moins de déplacementsà domicile que risque donc de se dérouler la bataille pour la défensedomicile-travail et donc des économies de stress, de temps et de la frontière vie privée-vie professionnelle.d’argent gaspillés habituellement en trajets et en encombrements.On sait grâce à plusieurs études que le télétravailleur est plusIl représente donc du temps personnel récupéré sur le temps productif que ses collègues restés au bureau. On sait aussi qu’il aconsacré… à gagner sa vie. Imaginez tout ce que vous pouvez faire tendance à plus travailler que la moyenne.en gagnant 1 heure par jour télétravaillé.A l’inverse, c’est à la maison qu’il aura le plus de tentations pourTravailler à distance permet aussi de reprendre la main sur la gestionprocrastiner et ne pas se mettre au boulot. Sortir le chien, unede son temps de travail. Plus de liberté, à condition, encore une vaisselle urgente, une petite sieste dans le canapé pour être plusfois, que le projet soit correctement géré par l’entreprise et que le efficace, un documentaire sur la poterie au Népal : tout peut êtremanagement par objectifs mis en place fasse l’objet de formations prétexte à distractions.préalables du salarié et de son manager.Le remède à ce trop ou à ce pas assez de travail est l’organisation,Le problème de la disparition de la frontière vie privée-viela méthode de travail.professionnelle doit lui être abordé lors de la mise en place du 25
  • 26. Astreignez vous à des horaires réguliers et sortez-vous de la tête queles soirées et les week-end sont vos tampons horaires de sécuritépour le travail non accompli pendant vos journées de travail. C’estune règle connue : vous occuperez tout le temps que vous vousallouez. Si vous prévoyez 4 heures pour un travail d’une heure…votre travail prendra les 4 heures.De plus, si vous travaillez avec des collègues ou des clients, il vautmieux travailler aux mêmes horaires qu’eux.Quand vous aurez bien assimilé vos règles de fonctionnement, etseulement à ce moment-là, vous pourrez les enfreindre.Et si vous constatez avec le temps que vous avez du mal à travaillerseul (ou plutôt avec les autres mais à distance) vous pouvez penser àla solution des tiers-lieux entre le bureau et la maison : les télécentreset espaces de coworking.Vous y retrouverez vos pairs, pas forcément tous les jours mais quandvous en éprouvez le besoin. Et, en prime, dans ces tiers-lieux voustrouverez de l’entraide, des idées et des partenaires.Le télétravail est une opportunité pour les salariés et pour lesentreprises. Ni une manière de flemmarder à la maison, ni unemenace pour la vie privée. A condition de bien le préparer, de formeret d’accompagner les salariés et de savoir maintenir une relation dequalité, même à distance.Crédit : Fotolia 26
  • 27. CHAPITRE 4 Témoignages
  • 28. TémoIgnagELa difficulté, c’est qu’on est chez soi : pour les enfants, c’est difficile vANESSA bUChlINde se rendre compte que l’on travaille ! Et pour moi, j’ai tendance àtravailler beaucoup la nuit... C’est à double tranchant ! Mais ça ne mepose pas de problème, car c’est mon choix.Après quinze années d’expérience dans lesressources humaines au sein de diverses entre-Auriez-vous des conseils pour les entrepreneurs qui travaillent à laprises en région parisienne, Vanessa Buchlin alancé sa propre activité de conseils, Alternativemaison et qui souhaitent conserver au mieux leur équilibre vie pro/Pro.vie perso ?Il faut essayer de ne pas culpabiliser : ne pas hésiter à laisser lesenfants à la garderie par exemple, comme si vous étiez au travail.Sinon, si on vient les chercher à la sortie de l’école, c’est une heure àQuel est votre parcours professionnel ? laquelle la journée de travail est loin d’être terminée !J’ai aménagé mon espace bureau dans la maison, je n’ai pas deAprès un BTS en alternance, je me suis mariée. J’ai passé mon BTS pièce à part : mais il est bien délimité !enceinte de 5 mois. Ensuite, je me suis rendue en région parisiennepour suivre mon conjoint, et mon premier poste a été assistante des Ce qui est important, c’est de ne pas rester seul : s’insérer dansressources humaines. J’ai voulu continuer à me former : j’ai repris des réseaux professionnels (je suis membre de l’Andrh par exemple),des cours du soir, en jonglant en permanence entre mon travail, mes aller à des réunions pour rencontrer ses confrères... C’est très positifcours, et ma vie personnelle. J’ai finalement validé un master. à tous points de vue. Par exemple, en assistant dernièrement à uneJ’ai tout mené de front, je n’ai jamais pris de congé parental parconférence, j’en suis ressortie avec un contrat, même si ce n’étaitexemple. C’est un choix, et il faut sans arrêt en faire ! J’ai fait ce choixpas le but original ! Il faut toujours être au courant de ce qu’il sede toujours avancer en menant de front vie pro/vie perso. passe dans son milieu professionnel, rester au coeur du sujet de sonactivité. Vraiment, il ne faut pas rester seul, même si cela signifieQuels conseils pourriez-vous donner aux personnes qui souhaitentqu’on dépense plus de temps qu’en tant que salarié. Mais c’estpréserver au mieux leur équilibre vie pro/vie perso ? excitant, et on est d’autant plus fier lorsque l’on arrive à faire quelquechose.Il faut être très bien organisé ! C’est comme une mini-entreprise àla maison. Professionnellement, ça ne doit jamais apparaître : tout C’est long à mettre en place, mais le retour peut être positif ! Laest géré, rien ne doit entraver son travail. On s’organise à la maisonproblématique, c’est de ne pas baisser les bras. Il faut se fairecomme on s’organise au travail !connaître etc. Quand vous devenez entrepreneur, il faut tout faire :Avant de prendre un poste ou avant d’aller vers quelque chose, il fautcommercial, financier, marketing...C’est le système D, l’entraide !être sûr de l’assumer, et de bien le vivre. C’est vraiment une questiond’organisation. Il faut aller voir du côté des mairies, des crèches... Cadépend des régions, mais on peut avoir des alliés. Si on a de la routeà faire par exemple, certaines garderies ouvrent plus tôt. Mais çaveut dire que l’enfant faire une amplitude horaire plus importante. Etc’est malheureusement parfois aussi une question de niveau de vie :il m’est arrivé de donner plus d’argent à ma nourrice que ce qu’il merestait ensuite... C’est une question d’arbitrage.Ne pas prendre un poste si on sait qu’on va le vivre mal, qu’il y aurades frustrations. Car on va être à la fois frustré dans son poste et àla maison. Si le sacrifice en vaut la chandelle, car on sait que toutira mieux ensuite : allez-y ! Mais il faut toujours faire des choix enconnaissance de cause.Une meilleure conciliation de l’équilibre vie pro/vie perso a-t-elleété l’une de vos motivations pour lancer votre activité ?Effectivement, j’ai fait le choix d’avoir une qualité de vie meilleure,mais avec moins de moyen. J’ai eu envie de tester. C’était le momentpour moi, une transition. Je n’avais plus envie d’avoir des horaires detravail de travail improbables ! Aujourd’hui, c’est réalisé en termes dequalité de vie : je suis davantage présente en cas d’enfant malade,de grève... Je peux m’organiser. Je choisis mes missions et meshoraires, la plupart du temps. 28
  • 29. savoIR sE DéconnEcTER quanD on TRavaIllE Dans lE wEb dans la semaine ! Et puis, quand on est en phase de création et deTéMOIgNAgESlancement de son entreprise, il y a tout le temps quelque chose à faire pour la développer et la faire connaître... Sans compter que mon métier (la veille et l’animation d’espaces d’échanges sur le web so- Nous vous proposons un focus sur les travailleurs du web. cial) évolue sans cesse » Ce secteur particulier est en effet représentatif d’une problématique actuelle : où placer la barrière entre travail et loisirs quand on a accès à son outil de travail en permanence ? Comment gérer son temps libre quand passion et métier se rejoignent ? Nous manquons encore de recul pour analyser les incidences de cette omniprésence du web dans nos vies. Pour voir plus en détails les problèmes qui se posent et bénéficier de conseils de personnes expérimentant cet état de fait au quotidien, nous avons interrogé 8 travailleurs du web aux profils différents. Salariés en agence ou chez l’annonceur, développeur web travaillant sur des projets annexes sur son temps libre, fondatrice d’une société spécialisée dans la veille, ils témoignent sur la manière dont ils concilient vie privée et vie pro. Un grand merci à eux pour leur contribution à ce débat.Les difficultés rencontréesGarder du temps pour sa vie privéeUn travail qui ne s’arrête jamais, cela laisse-t-il assez de temps dis-ponible pour les autres aspects de sa vie ? Plusieurs camps s’op-posent. Tout d’abord, il y a ceux pour qui le temps passe trop vite,mais dont l’intérêt pour le travail compense cette suractivité, comme Illustration : Lili La Baleine VerteAurélia. «J’ai la chance d’être passionnée parce que je fais donc je nele vis pas trop mal (mais c’est aussi le risque...). J’ai tout de même Trouver du temps pour sa vie proconscience que ce n’est pas forcément une bonne chose et j’aimeraiavoir plus de temps dispo pour ma vie privée. »Les journées ne font que 24 heures, c’est bien peu quand on a deD’autres arrivent au contraire à jongler avec ces nouveaux outils pour multiples casquettes, comme c’est le cas pour Lionel : « J’ai unetrouver un équilibre, comme Kevin D. : « Oui, tout du moins je faisactivité professionnelle IRL (en tant qu’urbaniste dans un hôpital) entout pour me garder du temps. Travaillant sur Facebook et Twitterplus d’une activité plus «virtuelle» dans la conception de sites Web &cela permet tout de même de planifier du temps avec les amis ete-commerce. A cela s’ajoute l’édition du blog Websourcing.fr. Autantla famille tout en étant au travail. » Tout est également une question dire que c’est toujours la course au niveau du temps. Heureusementd’organisation, comme l’évoque Laurie : « passer toute une journée ma femme travaille aussi dans le milieu hospitalier, à un niveau deà préparer un dossier, un projet, ça laisse beaucoup moins de tempsdécision qui fait qu’elle comprend mon investissement. » Le constatpour s’attaquer aux fourneaux, au ménage et aux tâches simples deest le même pour Kévin. « Avec le temps, un clivage naturel s’est misla vie privée. Je n’ai pas d’enfants, donc c’est déjà plus simple pour en place entre la vie privée et la vie professionnelle, le vrai problèmemoi. Mais j’ai un appart et un couple à gérer. Je me suis donc at- de mon côté se situant plutôt dans la séparation entre le dévelop-tribuée les week-ends pour souffler, me déconnecter et m’occuper pement front-end de loisir, et celui pour la société pour laquelle jeentièrement de mon entourage. »travaille. J’aime travailler pour des projets «loisir», tels que MinURLUn autre type de problème se pose pour les indépendants. Quand ou mon blog, afin de me permettre de progresser dans des axes quevotre lieu de vie est le même que votre lieu de travail, il n’est pasje n’aurais pas pu forcément explorer au travail. Malheureusement,forcément simple de couper...Marie témoigne : « On peut à la foistrop s’investir au travail (et ne pas s’en rendre compte car on conti-être dérangé dans son travail par sa vie personnelle, et on est surtoutnue à progresser) ne laisse que peu d’énergie, même pour un projettenté de travailler un peu n’importe quand dans la journée et même personnel passionnant. »29
  • 30. Se déconnecter La première consiste à se faire violence et à se déconnecter régu- lièrement, comme le fait Aurélia. Son conseil ? « En dehors de chezLe vrai problème quand on travaille dans le web, c’est finalementmoi/lieux de travail, ne pas avoir d’accès à une connexion (éviterd’arriver à se déconnecter. Pas forcément simple quand son outil au maximum les smartphones par exemples, je m’en sers commede travail est actif quand on a fini sa journée. Le positionnement par d’un téléphone et ne navigue jamais dessus). (…) Je m’oblige à unerapport aux amis et à la famille n’est alors pas forcément simple, journée sans internet (le samedi ou le dimanche). » David continue :comme le dit Aurélia quand elle explique les principales difficultés « je ne checke que mes mails perso et en rapport avec mes sites surqu’elle rencontre dans la conciliation vie privée/vie pro : « Le faitmon téléphone. Le reste, cela attend les «horaires de bureau». On ade travailler «hors horaires classiques» et donc de se retrouver à besoin de passer du temps avec les amis, la famille. C’est pour celaparfois devoir travailler le week-end, un soir... Avoir des imprévus aussi que je ne poste pas le Week-end. »de dernière minute niveau travail qui viennent empiéter sur ma vieperso. Et du coup votre entourage qui vous dit voire reproche de Délimiter une frontière claire entre privé et persotrop travailler, d’avoir du mal à faire la coupure ... (ce qui n’est pastotalement faux...) ». Et potentiellement, l’accès à ses missions ne Cela passe aussi par le fait d’imposer ses conditions à son entourages’arrête jamais, comme le souligne Kevin D. : « Tous les appareils pro, comme le fait Aurélia : « J’essaie de plus en plus de négocier deweb (ordinateur + tablette + téléphone) étant tous reliés à un mo- meilleurs délais avec les clients afin d’éviter de devoir travailler lesment au travail, il est difficile de ne plus penser au travail du tout week-ends, trop tard le soir, et donc tente de respecter des horairesmême à l’autre bout du monde. »plus classiques, cela me semble essentiel car on est en phase avec le rythme de son entourage et donc on fait plus de choses dans saEt souvent, le travail se rappelle à nous quand on n’y pense pas,vie perso. » Savoir s’arrêter est indispensable. C’est ce que fait Lio-comme pour David : « Si vous êtes dans le secteur du design, nel : « J’essaie de ne pas me laisser déborder et surtout je fixe desvous savez qu’on a toujours des réflexes qui reviennent... «Oh limites. Il y a des jours ou quoi qu’il arrive je rentre plus tôt chez moi.jolie typo sur ce menu de restaurant» ou encore «Ouhh la vi- Parfois aussi je coupe mon activité sur Internet. »laine ombre portée sur cette pub». Rien de grave, nous sommestoujours à l’affût d’inspiration. La limite entre vie privée et viePenser à séparer présence pro et présence perso sur les réseauxpro est très mince... » Et encore, c’est souvent une nécessité desociaux, même si ce n’est pas toujours simple comme l’expliquerester connecté. David continue ainsi : « Au vu du temps passé à Kevin D. : « Réussir à tenir plusieurs comptes pro/perso n’a jamaismonter, créer, animer, mettre à jour mon identité web, mes sites été une solution pour moi, cela demanderai bien trop de temps. Ilinternet, les réseaux sociaux, il me faut être réactif s’il arrive unfaut se fixer des règles simples : ne plus consulter les notificationsproblème. La concurrence est rude et l’erreur ne pardonne pas. » de la Fan Page après 19h par exemple, faire des listes claires dès le départ et segmenter les contacts, limiter la visibilité des posts trop personnels à ses vrais amis et pas aux rencontres web. » C’est aussi vrai pour sa boite mail, selon Kévin R. « Le plus important pour moi, des boites mails pro & perso toujours séparées. Pas de filtre pour «trier dans des dossiers», un coup d’œil aux mails pros au travail pouvant déraper sur du loisir, ou l’inverse chez soi. » Pour les freelances et ceux qui ont créé leur structure, séparer lieu de travail et lieu de vie peut être une bonne idée, selon Marie. « Pour éviter que mon activité professionnelle ne prenne trop le pas sur ma vie personnelle, j’ai tout d’abord loué un bureau. L’air de rien, avoir un bureau structure et rythme les journées de travail. Le repas du midi a vraiment lieu entre midi et deux, et puis une fois rentré chez soi, la journée de travail est terminée ». Illustration : loop_ohUtiliser les bons outils Les outils sont également importants. La technologie peut aider àLes astuces pour mieux gérer la conci- gagner du temps, quitte à ne pas décrocher totalement… Laurie ex- plique : « un lecteur de flux RSS, un planificateur de post pour les ré-liation vie privée / vie pro seaux sociaux, de l’inspiration pour les articles de blog... et surtout, la tablette et le smartphone. Grâce à ces outils, on est directementSavoir se déconnecteraverti des actualités et on peut agir sans être devant son bureau. » Même constat pour David : « J’utilise netvibes par exemple pourComment nos travailleurs du web s’arrangent-ils pour gérer de frontfaire de la veille sur plus de 300 sites internet. Je cible, je connaisleur vie professionnelle et leur vie privée ? Plusieurs astuces existent.mes besoins, mes attentes, je sais ou chercher à quel moment. »30
  • 31. Se créer des sas de décompression Autre possibilité, calmer un peu le rythme pour privilégier la vie fa-miliale, comme Laurie : « Dans 10 ans, j’espère avoir des enfants.Le salut peut aussi passer par des sas de décompression auxquelsJe vais donc devoir ralentir ma vie actuelle pour m’occuper d’uneon n’aurait pas pensé en premier lieu. Benjamin nous donne ainsi de famille. Je ne pense pas laisser tomber, c’est un job en or, mais pro-bons conseils. « Ce qui me permet de couper ma journée est de tra-bablement moins m’impliquer et m’investir personnellement dans cevailler à Fougères, habitant à Rennes. Je m’explique, malgré les in-que je fais. »convénients indissociables de la voiture (pollution, fatigue, coût) et le Mais d’autres ne comptent pas lever le pied, comme David : « Jefait que je n’ai pas vraiment d’autre choix pour me rendre au travail,pense que les technologies vont continuer d’évoluer, les outils deelle représente pour moi un véritable sas de décompression dans veille aussi. J’aime ce rythme, cette cadence de travail. Je me suislequel je peux me «déconnecter» en discutant avec mes covoitureurs, fixé une hygiène de vie. Elle sera la même dans 10 ans, voire plusen écoutant de la musique ou en me reposant sur le trajet. Sinon, une soutenue puisque l’expérience sera aussi de la partie. (la nouvellede mes astuces est de m’obliger à suivre des activités hors-web (mu-génération est aussi la donc il faut faire avec pour rester dans lesique et sport pour moi) ou de programmer des soirées entre amiscoup... ). » Kevin D., pour sa part, espère surtout changer de cadredurant lesquelles je ne serais pas tenté de jeter de fréquents coupsde vie « le rythme de travail ne me dérange pas, j’espère seulementd’œil sur mon smartphone. Je m’oblige aussi à ne pas ramener de que le cadre de vie aura changé, je commence déjà à me lasser detravail chez moi quitte à finir bien plus tard de peur que cette frontièrela vie en Ile-de-France et je songe de plus en plus aux solutions des’estompe petit à petit. »télétravail (même 1 semaine par mois). Je pense que le cadre de vieinflue énormément sur le travail et sa qualité, donc pour continuerOrganiser son emploi du temps comme cela sur le côté pro il faudra optimiser le coté privé. » Mêmeconstat pour Lionel : « J’envisage un glissement très progressif versPour Marie, il est capital de gérer son temps au mieux pour se met- une activité online. A terme, cela devrait me permettre de pouvoirtre dans les bonnes conditions. « Je me suis organisé un emploi dutravailler un peu n’importe où, sans les contraintes d’un emploi IRL. »temps hebdo dans lequel je me donne un certain temps pour ac- Kévin R. entend lui aussi trouver une solution en prenant les chosescomplir certaines tâches. Par exemple, se caler une bonne heure deen main : « j’espère un jour trouver le projet personnel qui pourra de-prospection par jour, avec un objectif de x contacts qualifiés. Une foisvenir un projet pro à plein temps, ou arriver à industrialiser suffisam-cette «mission» terminée, je peux passer à autre chose, et surtout ar-ment mon travail pour passer plus de temps avec famille / amis. »rêter de me dire que j’aurai pu en faire toujours plus ! Quand on est àson compte, les journées de travail pourraient s’éterniser parce qu’ily a toujours quelque chose à faire pour développer son entreprise. »Le web, un secteur particulier ?L’équilibre entre vie pro et vie privée est difficile à trouver quel queLeur vision du futursoit son métier. Le web reste tout de même un secteur particulier, depar l’accès permanent à son outil de travail où que l’on se trouve.La question du devenir des travailleurs du web est cruciale. Nous C’est l’avis d’Aurélia : « cela peut-être plus difficile que dans d’autresavons encore peu de recul sur ce sujet, mais cette omniprésence dusecteurs, car si on veut on peut ne jamais s’arrêter, Il y a toujoursweb dans notre vie de tous les jours pousse à la projection. Qu’ad- une sollicitation à laquelle répondre, une info intéressante qui tombeviendra-t-il après quelques années à un poste aussi prenant et pré- à lire, à partager... Le web ne s’arrête jamais ! ». Laurie confirmesent dans la vie quotidienne ?également cette tendance : « Quand je compare avec mon entourage,oui, l’équilibre est plus compliqué. On m’appelle «la geek» parce queUne meilleure gestion du tempsje suis constamment connectée et que je réagis à la moindre notifica-tion. Contrairement à un métier «classique», lorsqu’on ferme la porteCertains espèrent avoir engrangé assez d’expérience pour mieuxdu bureau, on est toujours susceptible de travailler. Et puis, aprèsgérer leur quotidien, comme Aurélia : « J’espère peut-être travailler 24h, une information peut déjà être has-been. »autant mais avoir gagné en efficacité et en organisation pour pouvoir Les smartphones et autres tablettes n’aident pas, comme l’expliqueavoir un rythme un peu allégé et des semaines mieux structurées. »Kévin D. : « un problème qui va devenir de plus en plus récurrent àMême constat pour Marie : « le fait de gérer une entreprise me de-mon sens (c’est déjà le cas aux USA), c’est les heures passées sur sonmandera toujours d’être disponible dans les moments de forte acti-téléphone pour le boulot sur les trajets et qui ne sont pas rémunéréesvité, ou au contraire, quand il faudra que je la développe davantage. ou compensées. Cela engendre une pression constante et perturbeJe pense aussi que cette expérience est un long apprentissage, quiparticulièrement la vie privée des gens du web ». La perpétuelle évo-comprend aussi la gestion du temps. Je connais des entrepreneurslution du web n’aide pas non plus, selon Marie : « nouveaux services,du web qui ont des horaires de travail tout à fait «normaux» (saufnouveaux outils, nouvelles techniques, etc. Le web me donne souventexception bien sûr ;). Et puis aussi parce-que je pense qu’on ne peut l’impression d’être en constante version «beta» ! En conséquence, sipas être toujours à 200%, au risque de s’épuiser, ou pire, de mal on ne veut pas louper le train en marche, il faut suivre toutes ces évo-faire son travail. Et puis, j’ai toujours pensé que L’Œil au Carré pourra lutions, même de loin. Mais bon, en général, le «travailleur du web»compter sur de nouvelles recrues, ce qui devrait se concrétiser pro-aime plutôt expérimenter de nouvelles plateformes (parfois trop, auchainement ! »risque d’y perdre du temps !). » 31
  • 32. Comme le dit Kévin, la perméabilité entre utilisations professionnel- Merci aux 8 travailleurs du web aYant téMoigné :les et utilisations personnelles peut être un problème : « On utilisesouvent les mêmes outils avec un aspect professionnel ou personnelAurélia Courtot : après avoir travaillé côté annonceur,(Facebook, Twitter, Gmail, et autres réseaux / sites), ce qui peutcôté agence et en tant que freelance, Aurélia créébrouiller très vite les frontières. Est-on en train de travailler ? Est-onsa propre structure intervenant sur les stratégiesen mode «loisir» ? Le métier de développeur est également problé- de communication web, médias sociaux pourmatique : On peut travailler le week-end sur un concept qui nousdes problématiques liées à la solidarité et auplaît, et au final sera utile en semaine pour notre employeur. A-t-on développement durable. Vous pouvez la retrouvertravaillé pour son plaisir ? Pour son employeur ? Pour les deux ? » sur Viadéo et sur Twitter avec le pseudo @_aurelia.Benjamin Yeurc’h : Webmaster et Assistant deLionel, par contre, pense que le secteur est plutôt avantageux : « carCommunication/Marketing pour Converse, Newil propose une souplesse sans égal. Vous pouvez partir en vacan-Balance et d’autres marques de chaussuresces et continuer à maintenir une activité en ligne. » Et c’est bien sûr au Groupe Royer. Retrouvez-le sur sonvariable, comme l’explique Marie : « tout dépend des personnalités, site benjaminyeurch.com.des façons dont elles s’organisent et de ce que représente le travailpour elles »David alias Olybop : Webdesigner Freelance surConclusionNantes mais aussi blogueur pour Olybop.info et les-courts-metrages.fr. S’intéresse à tout ce qui toucheau Design, aux réseaux sociaux mais aussi à toutDur de déconnecter du travail quand on travaille sur le web... Il est ce qui touche à l’inspiration en général. Retrouvez-lepourtant important de se fixer des limites et de placer une frontière sur Twitter @olybop.claire entre vie privée et vie professionnelle. Gare à la surchauffedans le cas contraire, le burn-out guette, surtout à long terme. Cetteproblématique mérite d’être réfléchie, vous en serez d’autant plusKévin Rocher : Développeur Front-End dansla société Colorz, où il intègre/développe des sitesproductif dans votre métier.sous WordPress et des sites e-commerce sousMagento, Kevin travaille également sur des projetspersonnels comme le raccourcisseur d’URL minu.me. Actif sur Twitter sur le compte @darklg etblogueur sur darklg.me,Kevin Dicop : Community Manager pour la pageMy Guerilla Marketing et contributeur au sein dublog My Community Manager. Retrouvez-le surTwitter @kdicop et sur Facebook.Laurie Diricq : passionnée par le web et la com-munication, Laurie est Community Manager pourRevolutionIT . Retrouvez-la sur Le blog de Tchewwyet sur Twitter @Tchewwy.Lionel Roux : blogueur sur Websourcing et concep-teur de sites web et e-commerce. Retrouvez-le surTwitter @lionelroux.Marie Armand : gérante et fondatrice de L’Œil auCarré, société spécialisée dans la veille, le-répu-tation et le web social. Retrouvez-la sur Twitter@twitting_mary. 32
  • 33. lE DIffIcIlE équIlIbRE vIE pRo/vIE pERso pouR un communITy managER personne jeune et motivée. Pas de problème donc pour les premières flAvIEN ChANTRElannées. Mais une fois l’euphorie passée et le sujet moins à la mode, les choses risquent de changer. Le métier apparaitra peut-être comme moins sexy quand il sera banalisé et pleinement intégré dans les entreprises. Reste à voir combien d’années un Community manager doit accomplir avant de passer à un autre poste. Et quel poste ?Flavien Chantrel est commmunity manager pour Travailler potentiellement 24h/24 peut être stressant sur le longRegionsJob depuis 4 ans et formateur sur leterme. Tout le monde a besoin d’être totalement déconnecté dethème du recrutement et des réseaux sociaux. temps en temps et de ne pas penser au travail. Le poste de CM est impliquant à l’excès et ne permet pas forcément cela, surtout quand on prend son métier trop à cœur. Il y a donc de fortes chances qu’un C’est également un blogueur assidu, très actif sur Twitter. Il a créé leCommunity Manager ayant quelques années d’expérience cherche Blog du modérateur lors de son arrivée à RegionsJob en 2007.à occuper d’autres fonctions (même en restant dans le domaine du web). A moins qu’il ne trouve des astuces pour tracer des limites claires entre vie privée et vie pro. Prendre son temps, parfoisCe billet a initalement été publié sur le site MyCommunityManager. En matière de conciliation vie prof/vie perso, la principale chose à faire pour un Community manager est d’accepter qu’il ne peut pasL’équilibre entre vie privée et vie professionnelle est un leitmotiv tout savoir. Une information lui passera toujours sous le nez, il auraquand on aborde le monde du travail. Être efficace dans notre travailtoujours un temps de retard sur un nouveau service, tous ses mailsnécessite en effet d’être bien dans ses baskets et de prendre du ne seront pas traités dans la demi-heure. Et faire le point toutes lestemps pour soi, sous peine de flirter avec le burn-out. Et pour un heures sur la diffusion des informations postées sur les réseauxcommunity manager, comment cela se passe-t-il ? Nous avons encoresociaux ne changera rien aux chiffres. Accepter cet état de fait, c’estpeu de recul par rapport à ce métier, apparu récemment (en sa formedéjà avoir fait une bonne partie du chemin. Prendre du temps pouractuelle tout du moins). On connait la nécessité pour le Community soi, c’est aussi prendre du recul et être plus performant dans sonmanager d’être hyper actif et omniprésent. Mais jusqu’à quel point ? travail. Il ne faut donc pas hésiter à se déconnecter régulièrement !L’idée de ce billet est de se poser la question et d’échanger à ce Et surtout ne pas s’isoler en devenant monomaniaque, qu’importesujet. Et non de faire de cas potentiels des généralités. Chacun gèrel’intérêt que l’on porte à son travail. Trop de web tue le web, commela chose comme il le peut !pour tout. Il y aura toujours des projets à lancer, des évènements auxquels participer, des informations à diffuser.Une nécessaire omniprésenceLe Community manager se doit d’être présent en permanence surles espaces qu’il gère. Le moindre dérapage le week-end lui seraattribué, mauvaise publicité pour lui et son entreprise comprise. Leweb ne s’arrête pas aux horaires de bureau ! Vacances, soirs et week-end, l’actualité du web, la vie du réseau et l’activité des communautésne prend jamais de pause. La conscience professionnelle du CM luiimpose donc de rester connecté, ne serait-ce que d’un œil, lorsqu’iln’est pas à son poste.Pas de souci me direz-vous, le Community manager est avant toutun passionné. Pas de problème donc pour être connecté 24h/24.Les smartphones n’ont bien sûr rien arrangé. Travail la journée,conférence le midi, rencontres IRL et évènements le soir. Réveil Café/mails le matin, et les yeux rivés sur son portable ou son ordi pourboucher les trous. Les semaines peuvent passer vite. Mais quid del’excès d’information et des pauses nécessaires pour s’oxygéner ?Qu’en est-il pour la vie de couple et la vie sociale ?Quelle est la durée de vie du Community manager ?Cette question aurait pu être le titre de l’article. Dans les conditionspré-citées, combien de temps tiendra un Community manager avantde craquer mentalement ? Le profil type du CM présuppose une33
  • 34. IllusTRaTIon ANThONy gOUARCh Diplômé de l’école d’art graphique OCE-MJM de Rennes section illustration publicité, je suis peintre illustrateur. Après avoir commencé en agence de pub et dans l’illustration jeunesse, je me consacre principalement au dessin de presse et d’humour. Je collabore à différents sites internet ainsi qu’à des journaux satiriques. Retrouvez-moi sur mon blog : Un blog de traits et de mots.34
  • 35. conclusIon façon diffuse et changeante, selon les périodes de sa vie, en plaçantSyNThèSE le « curseur » du point d’équilibre au gré de sa sensibilité» Un rapide sondage nous enseigne d’ailleurs que vous êtes très nombreux à vouloir protéger votre temps libre avant tout ! Parce que le Débat du Mois est ouvert à tous, nous avons également questionné l’opinion des internautes sur la conciliation de la vie privée et de la vie professionnelle. Comment l’envisagent-ils ? Quels sont leurs trucs et astuces pour l’améliorer ? Privilégient-ils leur travail, leur vie personnelle, les deux ? Vous retrouverez également la synthèse des différentes contributions de ce guide. Un grand merci à toutes les personnes ayant accepté de répondre à nos questions !Qu’est-ce que l’équilibre vie pro/vieLa vie professionnelle n’est plébiscitée que par peu de personnes…perso ?Quand elle passe avant toute chose, au détriment du reste, c’est souvent là que réside le danger. Selon Sylviane Lauro : «On parleQuelques définitions pour commencer ! Les notions de vie privée et ded’ailleurs de stress au travail quand une personne ressent unvie personnelle peuvent être distinguées ainsi : «La vie professionnelle déséquilibre entre ce qu’on lui demande de faire dans le cadrepeut être définie de la manière suivante : c’est le temps passé dans professionnel (vie professionnelle) et les ressources dont elle dispose pour y répondre (vie privée).»ou hors de l’entreprise dans le cadre de l’exercice d’un emploi.L’employeur définit des règles pour régir ce temps professionnel.En dehors de la relation entreprise/salarié, d’autres temps de vie L’opinion des salariésapparaissent dont le temps familial. La littérature fait état du «hors-travail», concept étudié par Ariane Ollier-Malaterre. Ce temps hors- Le sujet de l’équilibre entre vie pro et vie perso vous a fait réagir.travail est plus général et comprend aussi bien le développement C’est en effet une problématique à laquelle chacun est confronté.personnel, la famille et les engagements dans la société (association, Horaires peu flexibles, trop grandes distances entre l’entreprise etpolitique,…).» explique Karen Demaison.la maison, charge de travail trop importante… Les raisons d’une difficile conciliation sont nombreuses, et celle-ci se compliqueOn peut également conceptualiser la manière dont elles s’équilibrent d’autant plus lorsque l’on a des enfants. Aurélie, qui travaillait commeentre elles. Pour Sylviane Lauro, «La notion d’équilibre, comme le responsable adjointe d’un magasin, samedi y compris, témoigne :terme l’indique, renvoie à l’image du funambule sur son fil, prêt à«Je passais mon temps à courir! Tout ça pour ne même pas avoirbasculer d’un côté comme de l’autre» Cette conciliation est donc de satisfaction au final, puisque je manquais à mes filles qui me ledifficile à atteindre : trop privilégier l’un ou l’autre peut mener à desreprochaient, et ma responsable n’était pas satisfaite et me le faisaitcomplications… et le spectre du burn out n’est pas loin, rappellesentir si je ne dépassais pas mes horaires «programmés» d’1 heureLaurent Rodriguez. minimum pour montrer mon implication au travail !». Quand le timing devient trop serré et l’équilibre intenable, le risque est de finir par toutSi on en parle beaucoup en ce moment, c’est parce que la difficulténégliger en même temps. Vanessa le souligne : « On va être à la foisà concilier travail et vie privée apparaît comme de plus en plus frustré dans son poste et à la maison». Jacqueline, agricultrice, a desdifficile pour de nombreux salariés. Une étude de 2004 du Ministèrecontraintes particulières dans sont travail. Mais le même sentimentde la Santé, citée par Sylviane Lauro, nous apprend que quatre domine : « Les enfants petits, pendant longtemps, j’ai cherché à avoirpersonnes sur dix estiment que leur vie professionnelle les empêchedes horaires comme tout le monde... sauf, qu’en élevage laitier, ond’organiser au mieux leur vie personnelle. Et finalement, cela risqueest tributaire des saisons, des jours qui raccourcissent, etc... et jede poser problème. «Le conflit entre le travail et la vie personnellen’arrivais à rien, l’impression de mal faire partout.»survient lorsque les exigences professionnelles et familiales sontincompatibles et qu’il devient par conséquent difficile d’assumer un Parmi les raisons invoquées à cette difficulté de concilier vie privée etrôle sans nuire à un autre»vie professionnelle, le manque de flexibilité des horaires semble être principalement mis en cause. Vient ensuite le stresse au travail, quiEn outre, la notion d’équilibre est assez personnelle. Si certains complique forcément la vie quotidienne, et le manque de congés.accepteront très bien de sacrifier leur vie privée au profit de leurtravail, ce n’est pas le cas chez tout le monde… Comme l’indiquePierre Denier : «La notion d’équilibre est personnelle, elle dépend detoute sorte d’éléments, de ce que l’on est, de ce que l’on veut, de cequi nous entoure. Elle est alors relative et chacun se détermine, de35
  • 36. Le télétravail, thématique sur laquelle nous reviendrons plus en détailau long de ces pages, complète le podium des solutions plébiscitées.Cette façon de travailler ne concerne pourtant que 10% des salariésfrançais, rappelle Xavier de Mazenod, alors que 30% souhaiteraientpouvoir y avoir accès.Ailleurs, des méthodes peuvent être mises en place avec succès.Ainsi, au Québec, où s’est installée Marion : «Certaines entreprisesmettent en place un horaire d’été qui permet de ne pas travailler levendredi après-midi en juillet et août. Les heures sont récupérées enGaëlle, qui a rencontré de nombreux salariés éprouvant des difficultéshiver. Ce qui permet, à la fois, de mieux s’adapter à la saisonnalité duà jongler entre vie personnelle et vie professionnelle, explique quebusiness et de proposer un rythme motivant pour les salariés.»l’une des raisons principales est sans aucun doute : « Le manque,principalement ! Manque d’un mode de garde pour leur enfant,Bien entendu, ces différentes solutions dépendent uniquement dede temps, de disponibilité, etc. Ce qui peut entraîner frustration,la volonté de l’entreprise. Mais chacun, à son échelle, peut essayerculpabilisation, fatigue, voire épuisement, burn out… Mais ausside mieux concilier sa vie professionnelle et sa vie personnelle. Etentreprise ou supérieur hiérarchique peu compréhensif, horaires àrallonge, pression au travail.» chacun a ses petites astuces ! Pour Carole : «Régler des problèmesd’assurance, de garde d’enfants, de prise de rendez-vous médicaux....Alors, quelles solutions ? Pour Pierre, le respect de la vie privée Il faut trouver le moment opportun et comment faire quand on a despasse indiscutablement par l’entreprise. En effet, « La finalité d’unejournées compressées !! J’ai un truc : je m’occupe de ces problèmesentreprise est de pérenniser son activité et de la faire prospérer en en début de journée avant de commencer mes tâches ! Et j’essaie demettant en commun l’ensemble des compétences humaines qui séparer au mieux tâches persos et tâches pro, sinon je m’embrouillela compose au service d’un même objectif.» La recherche de la à fond !!» C’est un fait : si les petits soucis du quotidien sont gérés, onconciliation avec le temps personnel doit être en partie aux mainsse sentira mieux au travail également… Et réciproquement.de l’entreprise. Interrogés sur les initiatives que vous souhaiteriezque la vôtre mette en place, vous êtes très nombreux à réclamer L’organisation est le maître-mot pour beaucoup de salariés : «Ilun aménagement des horaires. Une fois de plus, la flexibilité faut être très bien organisé ! C’est comme une mini-entreprise àsemble l’emporter sur l’envie de prendre plus de congés ! Pouvoir la maison. Professionnellement, ça ne doit jamais apparaître : toutarriver et partir de son travail à des horaires qui vous conviennentest géré, rien ne doit entraver son travail. On s’organise à la maisonmieux, dans des limites raisonnables, paraît être une améliorationcomme on s’organise au travail ! Avant de prendre un poste ou avantfinalement simple et peu contraignante pour l’entreprise, mais c’estd’aller vers quelque chose, il faut être sûr de l’assumer, et de bien levraisemblablement loin d’être le cas pour tout le monde.vivre. C’est vraiment une question d’organisation», renchérit Vanessa.Même chose pour Aurélie: «Une super organisation! Rien ne doit êtrelaissé au hasard et tout est programmé à la minute près !»Mais parfois, cela ne suffit pas. Comment préserver au mieux sonéquilibre vie privée/vie professionnelle ? Des experts nous ont livréleurs conseils et leurs points de vue. 36
  • 37. Les conseils des experts Quitter son travail quand la situation devient intenable, oui, mais à la condition d’avoir une solution de repli. On peut chercher un autre travail, plus convenable en matière d’équilibre, mais aussi se tournerLes recruteurs et les professionnels des ressources humaines sontvers d’autres réponses, explorer d’autres pistes;bien placés pour discuter de l’équilibre entre vie privée et vie pro.Pour Laurent Rodriguez, quatre piliers peuvent être mis en œuvre, àchoisir selon ses possibilités. «Organisez-vous ; Soyez pragmatique ;Des pistes de réflexionEmbauchez ; Soyez acteur de votre carrière». Encore une fois, unebonne organisation peut permettre de limiter les dégâts ! CommentQuand le travail devient davantage source de souffrance que demettre en place des règles simples pour ne pas se laisser déborder ? satisfaction, il peut être bon d’envisager des voies différentes. On«Vous pouvez par exemple planifier votre temps étape par étape,peut penser à la reconversion professionnelle par exemple, commemais aussi classer vos dossiers personnels et professionnels pourl’indique Sylvaine Pascual : «Quand il commence à se manifester,vous y retrouver plus facilement. Éteindre dès que possible téléphonel’idéal d’une vie plus apaisée, plus équilibrée et qui permet deportable, ordinateur et autres appareils capteurs d’attention permet profiter de ses proches s’exprime souvent dans l’urgence, et trouverde mieux se concentrer au travail et de profiter complètement desdes recettes toutes faites à appliquer rapidement semble être lamoments de détente.» conseille Yves Deloison. Pour Gaëlle Picut, lasolution évidente. Pourtant, lorsque le manque d’équilibre entre viequestion du choix et des priorités se pose tout autant. Ses conseils ? professionnelle et vie personnelle génère un stress qui se rajoute«Définir ses ambitions et ses priorités à la fois dans sa vie personnelleà celui du travail, le ras-le-bol s’installe, s’amplifie, ces petiteset professionnelle. Faire des choix et les assumer le plus possible» solutions sparadrap deviennent vite largement insuffisantes.» Se reconvertir pour rechercher un meilleur équilibre, un travail dansLa vie professionnelle ne devrait pas être source de tracas. Lilianlequel on s’épanouit pleinement, peut être une bonne piste, mais ilMahoukou insiste : il faut donner la priorité à sa vie personnelle. Carfaut évidemment y réfléchir.«c’est elle qui apporte, en partie, la stabilité émotionnelle au travail etqui ressource. Cette priorité permet aussi de mieux encaisser certains Pour d’autres, c’est la vie parisienne qui finit par ne plus convenir :coups durs au travail, et ainsi d’alterner entre tensions et le plus deon pensera donc à la mobilité en province. Pour Edouard Chabanon etrelâchement possible. Régulièrement emmener du travail à la maison,Antoine Colson, les fondateurs de Provemploi : «La vie parisienne estou bien régulièrement finir à des heures tardives, expose rapidement souvent vécue comme une course contre la montre, tant au boulotaux reproches de son entourage». Il faut savoir s’arrêter ! Mais qu’au quotidien. Partir est donc le rêve de nombreux franciliens, enégalement bien délimiter son temps, conseille Yves Deloison : «C’est particulier des cadres et des jeunes familles (55% des départs) quipourquoi il faut par exemple se réserver des plages horaires sansarrivent difficilement à jongler entre un travail prenant et une vieaucune obligation, du type répondre aux appels téléphoniques familiale active. Poser ses enfants à l’école, aller au bureau, voir sesou regarder ses mails». Evidemment, privilégier absolument la vieclients, prendre la voiture... ce quotidien est un cauchemar dès qu’ilpersonnelle à son travail n’est pas toujours chose aisée, et à lapasse par le boulevard périphérique ou le métro !» D’autres commequestion : «Accepteriez-vous de quitter votre travail si cela améliorait Marion, voient encore plus loin et partent s’installer à l’étranger. Biensensiblement votre vie privée ?», les avis sont partagés.que la recherche d’un meilleur équilibre entre vie pro et vie perso ne soit pas le seul moteur de l’expatriation, elle peut y contribuer.37
  • 38. REMERCIEMENTS ET CREDITSNous remercions toutes les personnes qui ont accepté de participer à ce Débat du mois !Les auteurs : Vanessa Buchlin, conseillière en ressources humainesEdouard Chabanon et Antoine Colson, fondateurs du salon Provemploi Yves Deloison, journaliste spécialiste du changementKaren Demaison, conseillère en ressources humainesPierre Denier, accompagnement vers le retour à l’emploi01Sylviane Lauro, intervenante en prévention des risques professionnelsMarion Lemarchand, conseillère en ressources humaines02Lilian Mahoukou, accompagnateur en gestion de carrière03Xavier de Mazenod, consultant en gestion de la e-réputation04Sylvaine Pascual, coach spécialisée dans les évolutions professionnelles05Gaëlle Picut, journaliste spécialiste de l’emploi06Laurent Rodriguez, recruteur07Les illustrateurs :08Anne Defréville09Anthony Gouarch10Jo L’Indien11Lili La Baleine12ShugGraphisme : Morgane MaillardEt un grand merci aux travailleurs du web ayant témoigné sur le sujet : Aurélia, Benjamin,David, Kévin, Kevin, Laurie, Lionel, Marie.Ainsi qu’aux personnes qui ont contribué au débat en apportant leurs témoignagessur Facebook, les blogs, par mail...Coordination : Flavien Chantrel et Anne-Laure Raffestin DISCUSSIONS
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