La transition nergtique, un enjeu stratgique pour les entreprises franciliennes ?

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    16-Apr-2017

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La transition nergtique, un enjeu stratgique pour les entreprises franciliennes ?Volatilit des prix, incertitudes sur les sources dapprovisionnement, dveloppement des nergies renouvelables, pollution, changement climatique : lnergie est devenue un enjeu stratgique au niveau national et international. La COP 21, qui se tiendra Paris du 30 novembre au 11 dcembre 2015, est loccasion dune mise en avant de lensemble des problmatiques associes. LIle-de-France, territoire daccueil de cette COP 21, focalise lattention et cherche se montrer exemplaire. Dans ce contexte, quelle est la situation des entreprises franciliennes ? Comment apprhendent-t-elles les volutions lies la gestion de lnergie ? LEtat et les collectivits locales interviennent de plus en plus dans ce domaine et renforcent les politiques publiques vers une baisse des consommations dnergie et une rduction de leurs impacts ngatifs. Au plan national, le projet de loi relatif la transition nergtique pour la croissance verte est en cours dadoption au Parlement. Il a pour ambition de fixer des objectifs, tracer le cadre et mettre en place les outils ncessaires la construction dun nouveau modle nergtique franais. Il doit permettre la France de contribuer plus efficacement la lutte contre le drglement climatique et de renforcer son indpendance nergtique en quilibrant mieux ses diffrentes sources dapprovisionnement.Un cadre daction tabli au niveau rgionalAu niveau rgional, le Schma Rgional Climat Air Energie (SRCAE), co-labor par la Rgion et lEtat, est loutil de planification rgionale visant dcliner la politique nationale sur lnergie et le changement climatique. Adopt en dcembre 2012, il fixe trois grandes priorits rgionales pour 2020 :- le renforcement de lefficacit nergtique des btiments avec un objectif de doublement du rythme des rhabili-tations dans le tertiaire et de triplement dans le rsidentiel,- le dveloppement du chauffage urbain aliment par des nergies renouvelables et de rcupration, avec un objectif Une ambition politique forte au niveau nationalLconomie francilienne en brefEnjeuxIle-de-Francen175 - juillet 2015Retrouvez toutes nos publications sur www.crocis.cci-paris-idf.frdaugmentation de 40 % du nombre dquivalent logement raccords,- la rduction de 20% des missions de gaz effet de serre du trafic routier, combine une forte baisse des missions de polluants atmosphrique (particules fines, dioxyde dazote).Lenqute ralise par Mdiamtrie pour la CCI Paris Ile-de-France en septembre 2014, auprs dun chantillon de 6 000 entreprises franaises et franciliennes, permet danalyser leur perception des nouveaux enjeux lis la consom-mation dnergie. Elle sintresse notamment limplication des entreprises pour la rduction des consommations nergtiques et la problmatique de la qualit de lnergie fournie. Un focus spcifique est propos sur les nouvelles perspectives pour la consommation nergtique que sont la mise en concurrence des fournisseurs ou leffacement.Une approche diffrencie des conomies dnergie Globalement moins dun tiers des entreprises envisage de prendre des dispositions spcifiques en matire dconomie dnergie, quel que soit le secteur dactivit, aussi bien au niveau francilien que national. Cependant, plus la taille de lentreprise augmente, plus ces dispositions sont envisages. Ainsi 58 % des grandes entreprises franciliennes rpondent positivement ce qui les distingue trs nettement des petites entreprises (28 %) et des moyennes (35 %). Lconomie francilienne en brefEnjeuxIle-de-France2283558284266Petite entreprise Moyenne entreprise Grande entrepriseIle-de-FranceFranceFace la hausse prvisible du cot de lnergie, envisagez-vous de prendre des dispositions spcifiques en matire dconomie dnergie ? (en % de oui)Source : CCI Paris Ile-de-France, Enqute Mdiamtrie septembre 2014141919304465122518324761AutreVous n'avez pas lefinancement ncessaire pourengager ces investissementsVous ne savez pas o sont lesgisements d'conomiesd'nergie de l'entrepriseCe n'est pas rentableVous avez dj ralis toutesles conomies d'nergiepossiblesCe n'est pas votre prioritFranceIle-de-FranceVous nenvisagez pas de prendre des dispositions spcifiques en matire dconomie dnergie : pour quelles raisons ? (en %)Source : CCI Paris Ile-de-France, Enqute Mdiamtrie septembre 2014en uvre dactions simples : teindre les ordinateurs et les lumires, baisser le chauffage,... Des mesures simples mais efficaces si elles sont bien appliques dclare un dirigeant francilien.Cette priorit est plus accentue pour les entreprises franci-liennes (82 % contre 74 % au niveau national). Limportance des commerces et services en Ile-de-France est sans doute une explication. En effet, ce sont ces deux secteurs qui mettent le plus en avant cet axe daction (respectivement 87 % et 82 %).La rvision des politiques de transport et de logistique est aussi un axe daction assez logiquement plus important en Ile-de-France o les enjeux de circulation sont plus forts que sur le reste du territoire national (23 % contre 20 % en France). Il concerne plus fortement les grandes entreprises (40 %, contre 23 % pour les petites et moyennes) et le secteur de la construction (35 %).Le deuxime axe prioritaire daction des entreprises en matire dconomie dnergie porte sur les btiments : modification du systme de chauffage (cit par 42 % des entreprises franciliennes) et rnovation thermique des locaux (42 % galement). A noter que pour ce dernier Le principal frein identifi la mise en place dconomies dnergie est le caractre non prioritaire de ce type dinvestissement. Il est encore plus marqu en Ile-de-France (65 %) par rapport au niveau national (61 %). Par contre, les entreprises franciliennes ont moins le sentiment davoir ralis toutes les conomies possibles (44 % contre 47 % au niveau national) et rencontrent moins souvent des problmes de financement (19 % contre 25 % au niveau national).Par ailleurs, si toutes les tailles dentreprises se retrouvent quant au caractre non prioritaire des investissements dconomie dnergie, les petites et moyennes mettent beaucoup en avant le manque de rentabilit des investis-sements (30 %), alors que cela ne concerne que 13 % des grands groupes.Une analyse par secteurs dactivit montre peu de diffrences entre les rpondants. Cependant, les entreprises de la construction mettent plus en avant le manque de financement (25 %) et le manque de rentabilit (34 %), alors que, pour lindustrie, cest surtout le sentiment davoir dj ralis toutes les conomies dnergie possibles (46 %) et le caractre non prioritaire (68 %) qui les dmarquent.La faible part des cots de lnergie dans les charges globales de la majorit des entreprises explique sans doute leur dsintrt pour les mesures dconomie dnergie, considres comme non prioritaires. Les actions les plus rentables ont dj t engages, notamment dans lindustrie, et les entreprises semblent considrer quil y a peu dintrt aller plus loin. Il est cependant important de relever lexpression par prs de 20 % des entreprises dune mconnaissance des gisements dconomie possibles et dun besoin de financement. Pour les entreprises qui envisagent des actions pour rduire leur consommation dnergie, la priorit va nettement une meilleure gestion des quipements lectriques (ordinateurs, clairages, ) et ce quel que soit le secteur dactivit ou la taille de lentreprise : la rduction de notre facture nergtique passe principalement par la mise 652334424282632035424774AutreRecrutement d'un responsableEnergieRvision de la politique detransport et de logistique del'entrepriseAdaptation des process deproduction fortementconsommateursModification du systme dechauffageRnovation thermique deslocaux/btimentsMeilleure gestion des quipements lectriques (ordinateurs, clairage)FranceIle-de-FranceVous envisagez de prendre des dispositions spcifiques en matire dconomie dnergie : lesquelles ? (en %)Source : CCI Paris Ile-de-France, Enqute Mdiamtrie septembre 2014Lconomie francilienne en brefEnjeuxIle-de-France3point, les entreprises franciliennes sengagent moins quau niveau national (47 %). Sur ces deux actions, le secteur de la construction se dmarque nettement avec un fort engagement tant sur la question du chauffage (55 %) que de la rnovation thermique des locaux (56 %), actions pour lesquelles les entreprises de ce secteur interviennent en tant que prestataires. Par contre les commerces sont nettement plus en retrait dans ce domaine (36 % pour le chauffage et 36 % pour la rnovation thermique).Enfin, ladaptation des process de production reste un axe daction pour plus dun tiers des entreprises, franci-liennes comme nationales. Cest un enjeu fort surtout pour lindustrie (52 %) et pour le secteur de la construction (41 %) qui ont des outils de production spcifiques. Cest le deuxime axe daction pour les grandes entreprises (61 %).Les entreprises franciliennes plutt satisfaites de la qualit de llectricit fourniePlus de 90 % des entreprises se dclarent satisfaites de la qualit de llectricit qui leur est fournie. Cette proportion se retrouve dans tous les secteurs dactivit et quelle que soit la taille de lentreprise. Pour les 5 % dentreprises peu ou pas du tout satisfaites, les points faibles mis en avant sont la fiabilit des rseaux (52 %) et le service en cas de problme (40 %). Les entreprises de la construction semblent plus sensibles cette dernire problmatique (62 % de non satisfaits) alors que les entreprises de services sont proccupes par la fiabilit des rseaux (56 % de non satisfaits), problme important pour les appareils informatiques et lectroniques.26663 2 323694 2 2TotalementsatisfaitSatisfait Peu satisfait Pas du tout satisfait Ne sait Pas / NonconcernIle-de-FranceFranceConcernant la qualit de llectricit fournie votre entreprise, tes-vous ? (en %)Source : CCI Paris Ile-de-France, Enqute Mdiamtrie septembre 2014Des entreprises peu tentes par la mise en concurrence des fournisseursUne trs nette majorit dentreprises nest pas tente par la mise en concurrence de ses fournisseurs dnergie et ce quels que soient les secteurs dactivit. Cette proportion est un peu plus leve en Ile-de-France (79 % contre 76 % au niveau national). Cependant, plus la taille de lentreprise augmente, plus la mise en concurrence est envisage. Ainsi, 44 % des grandes entreprises franciliennes sont intresses alors que ce nest le cas que de 20 % des petites entreprises et de 25 % des moyennes. Le manque denjeu apparent du cot de lnergie pour la grande majorit des entreprises explique sans doute ce dsintrt. Les grandes entreprises sont logiquement plus concernes, elles ont aussi gnralement une meilleure connaissance des mcanismes de mise en concurrence.Un tiers des entreprises volontaires pour leffacement en Ile-de-FrancePrs de 35 % des entreprises seraient volontaires pour suspendre temporai-rement leur consom-mation lectrique lors des pics de consommation. Ce pourcentage est identique en Ile-de-France et au niveau national et concerne aussi bien les petites entreprises que les grandes. Lanalyse par secteur montre que les entreprises de la construction sont les plus volontaires (44 %) alors que celles de lindustrie ne sont que 27 % lenvisager.La qualit de la fourniture dlectricit est reconnue comme un atout du systme lectrique franais, grce notamment au bon fonctionnement des rseaux. Cependant le rapport de la CRE (Commission de Rgulation de lEnergie) sur la qualit de llectricit de 2010 fait tat dune dgradation du service avec une augmentation perceptible des coupures dalimentation due notamment au dveloppement des nergies renouvelables, plus difficiles intgrer sur le rseau en raison de leur intermittence et de leur production dcentralise. Lenqute rvle que cette dgradation ne semble pas encore tre perue par les entreprises. Seriez-vous volontaire pour rduire ou suspendre temporairement la consommation lectrique de votre entreprise lors des pics de consommation ? (en %)342496434231165Total Oui Oui Oui, moyennantrtributionNonIle-de-FranceFranceSource : CCI Paris Ile-de-France, Enqute Mdiamtrie septembre 2014LeffacementL effacement de consommation lectrique consiste, en cas de dsquilibre offre/demande dlectricit, rduire provisoi-rement la consommation physique dun site donn ou dun groupe dacteurs par rapport sa consommation habituelle.Leffacement est facilit par le dveloppement des rseaux et des compteurs intelligents de type Linky et prend aujourdhui un essor accru. Ces donnes montrent quune proportion significative dentreprises est prte sinscrire dans cette dmarche qui constitue un des outils en dvelop-Lconomie francilienne en brefEnjeuxIle-de-France4Directeur de la publication : Etienne GUYOTDirecteur de la rdaction : France MOROT-VIDELAINERdacteur en chef : Isabelle SAVELLI-THIAULTMaquette et mise en page : Nathalie PAGNOUXReproduction autorise la condition expresse de mentionner la sourceCrdit photo : CCI Paris Ile-de-FranceDpot lgal : juillet 2015ISSN : 1266-3255CROCIS de la CCI Paris Ile-de-France - 27 avenue de Friedland - 75382 PARIS cedex 08tl. : +33 (0) 1 55 65 82 00 - fax : +33 (0) 1 55 65 82 62 - e-mail : crocis@cci-paris-idf.frRetrouvez toutes nos publications sur www.crocis.cci-paris-idf.frSuivez nous sur twitter @CROCIS_CCI_IDFPrsident : Alain BUATResponsable : Isabelle SAVELLI-THIAULTIndustrie - Dmographie dentreprises : Yves BURFINCommerce - Enqutes - Dveloppement durable : Julien TUILLIERConjoncture - Benchmark europen : Mickal LE PRIOLServices : Bndicte GUALBERTVeille conomique : Marielle GUERARD, Clment SAVELONPAO - Multimdia : Nathalie PAGNOUXAdministration - Secrtariat : Isabelle BURGOT-LAMBERTPour en savoir plus : Prises de position de la CCI Paris Ile-de-France (http://www.cci-parisidf.fr/etudes) Raction au projet de loi relatif la transition nergtique pour la croissance verte du 2 octobre 2014 : Pour une transition nergtique au service de la comptitivit Concilier transition nergtique et comptitivit , rapport du 22 janvier 2015 Enjeux Le Dveloppement Durable dans les entreprises franciliennes - dcembre 2014 - www.crocis.cci-paris-idf.fr/telecharger-649-documents-developpement_durable_enjeux_170.pdf SRCAE (Schma Rgional Climat, Air, Energie) dIle-de-France www.srcae-idf.fr Projet de Loi relatif la transition nergtique pour la croissance verte sur le site du Ministre de lcologie www.developpement-durable.gouv.fr Site de la COP 21 www.cop21.gouv.fr Site de lADEME www.ademe.frde serre en Ile-de-France, sont bien identifies comme un axe prioritaire. De mme, la ncessaire matrise des consommations lectriques (clairage, nouveaux usages lectriques,...), axe daction du SRCAE dIle-de-France, est bien intgre. Clotilde YEATMAN, Julien TUILLIERLa COP 21Du 30 novembre au 11 dcembre 2015, la France va accueillir et prsider la Confrence des Parties (COP) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 2015. Cette convention a t adopte au cours du sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. Elle est entre en vigueur le 21 mars 1994 et a t ratifie par 196 parties prenantes la Convention. La Confrence des Parties, compose de tous ces tats, se runit chaque anne lors de confrences mondiales o des plans daction sont engags afin de respecter les objectifs de lutte contre les changements climatiques. Lobjectif est daboutir un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le drglement climatique et dimpulser la transition vers le maintien du rchauf-fement mondial en de de 2C. La gestion de lnergie est un des enjeux cls des politiques de lutte contre le changement climatique.pement pour lquilibrage du rseau lectrique en temps rel. Cest un axe prometteur approfondir pour la gestion nergtique dans lequel les entreprises pourraient jouer un rle stratgique.Un accompagnement ncessaire des PME vers la transition nergtiqueUne trs forte ambition politique est affiche pour conduire la France vers la transition nergtique, dont les enjeux conomiques et environne-mentaux sont essentiels au niveau international. Toutefois, lenqute rvle que la rduction des consommations dnergie, point cl de cette transition, napparait pas aujourdhui comme une priorit pour la grande majorit des PME franciliennes. Elles ont le sentiment davoir dj ralis les conomies dnergie possibles et estiment qualler plus loin ne serait pas rentable. A ce titre, elles semblent donc manquer dinformations et de financements. De lautre ct, les grandes entreprises ont une meilleure perception des enjeux en termes de comptitivit. Pour les entreprises engages, lidentification des principaux enjeux semble acquise. Ainsi, les actions mener pour rduire la consommation dnergie dans le btiment, lorigine de 60% des consommations nerg-tiques et de prs de la moiti des missions de gaz effet

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