1 - Ana Guu

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  • LES PHILOSOPHEMES ANTITHETIQUES EXPRESSION DE LA DUALITE MONDOVISIONNELLE DANS LES UVRES DE VOLTAIREAna GUUDocteur, matre de confrenceSymposia Professorum, ULIM, 11 octobre 2004Sance plnire

  • VOLTAIRE (1694-1778) en 1935 Portrait de Jean Huber

  • Biographie, oeuvreVoltaire est n le 27 novembre 1694, Paris, son nom de baptme tait FranoisMarie Arouet. Il poursuit ses tudes humaines et mondaines chez les jsuites de Louis-le-Grand, o ses matres lui conseillent de continuer perfectionner son art de lcriture. Devenu ami du procureur Thierrot, il sinitie au droit. En 1717 Voltaire crit des pigrammes satiriques lgard du Rgent, suite quoi il est jet dans la Bastille pour onze mois. En 1718 quand il sort de la prison, il rtablit sa bonne rputation grce au triomphe de sa premire tragdie dipe publie avec le pseudonyme Voltaire.

  • Biographie, oeuvreIl devient riche suite la russite thtrale de sa tragdie, mais surtout, grce son hritage considrable. Voltaire est trs vite apprci, il est invit dans les salons mondains. En 1725 Voltaire crit et met en scne 23 pices de thtre en lhonneur du mariage du roi, fait pour lequel il obtient une pension, et, bien sr, la grce du souverain. En 1726 une pagaille le rend ennemi du duc de Rohan, dont les laquais ont battu Voltaire. Le philosophe demande le ddommagement du prjudice dans un duel, il est de nouveau incarcr dans la Bastille. Au mois de mai 1726 il quitte la prison, mais cette fois-ci une condition: accepter lexil en Angleterre.

  • Biographie, oeuvreVoltaire a t trs bien reu dans la socit britannique politique et littraire, lui retrouvant le mme train de vie brillante, laquelle il tait habitu Paris. En 1728 le philosophe crit la pice Henriade, consacre la reine dAngleterre. En 1729 il revient Paris et lance trois tragdies inspires de Shakespeare: Brutus en 1730, Zare en 1732, Adlade du Guesclin en 1734. Lcrivain publie clandestinement Lhistoire de Charles et Le Temple du got, uvres qui lui procurent plusieurs ennemis. Et, enfin Voltaire publie, de nouveau clandestinement, Lettres philosophiques ou Lettres anglaises en 1734. Quand ces crits sont devenus publics, il est contraint de sexiler en Loraine.

  • Biographie, oeuvreHberg au Chteau de Cirey par Madame du Chtelet, Voltaire y a pass dix ans dharmonie et de paix. Voltaire met en place un thtre au grenier du chteau et prsente quelques pices. Il crit six nouvelles pices et notamment La mort de Csar en 1735, Alzire en 1736, Lenfant prodigue en 1736, Zulim en 1740, Mahomet en 1741 et Mrope en 1743. Voltaire sintresse la philosophie dIsaac Newton, fait qui linspire crire Les lments de la philosophie de Newton en 1738 et Eptre sur Newton en 1736 (Ren Pomeau, Voltaire par lui-mme, Paris, 1955).

  • 1734. Chteau de Cirey.

  • Biographie, oeuvreLe ministre Argenson lappelle Versailles en 1744 o Voltaire passe trois ans importants de sa vie. Il crit dautres pices de thtre telles que Le pome Fontenoy en 1745, aprs quoi il devient membre de lAcadmie. En 1747 Voltaire cre un de ses chefs duvres Zadig. Il retourne chez Madame de Chtelet o il continue de travailler jusqu 1749, quand la mort de la femme quil avait aime le dsquilibre sensiblement. Il revient Paris.Durant trois ans (1750 1753) lcrivain sjourne en Prusse sur linvitation de Frdric II. A Berlin en 1752 il crit Pome sur la loi naturelle et une de ces grandes uvres philosophiques Micromgas.

  • 1736. Chteau de Remusberg (Rheinsberg), avec le prince royal de Prusse

  • Biographie, oeuvreEn 1755 Voltaire sinstalle dans sa proprit (quil avait baptis Les Dlices) aux portes de Genve. Le philosophe organise la mise en scne ses pices. Les genevois ont mal reu le thtre de Voltaire. Et ils lui ont interdit de les propager, cause des rflexions de lauteur sur Calvin dans son Essai sur les murs. Lcrivain retourne lart de lcriture et cre dautres uvres telles que La pauvre Diable en 1758 et LEcossaise en 1760. En 1759 Voltaire cre son uvre la plus importante Candide. Juste cette poque sa querelle avec Jean-Jacques Rousseau stait aggrave.

  • Biographie, oeuvreEn 1760 Voltaire quitt Genve et dmnage Ferney. Il poursuit sa correspondance avec Frdric II, Catherine II de Russie et Thierrot qui met en scne ses pices. Le philosophe sinstalle au Chteau de Ferney o il prsente quelques-unes de ses pices. Voltaire jouit dune autorit et dune influence dans cette ville avec une population de 1200 habitants. Grce la renomme du philosophe cette ville a t renomme plus tard Ferney-Voltaire. En 1764 Voltaire publie son importantissime Dictionnaire philosophique. Voltaire reste Ferney jusqu prs de sa mort.

  • 1754. Chteau de Ferney.

  • Biographie, oeuvreEn 1778, lanne de sa mort, lacadmicien Voltaire rentre Paris o il clbre lAcadmie sa dernire tragdie Irne. Il se meurt le 30 mai 1778. En fvrier de la mme anne Voltaire dclare: Je meurs en adorant Dieu, en aimant mes amis, en ne hassant pas mes ennemis et dtestant la superstition. Le philosophe Jean-Jacques Rousseau se meurt deux mois plus tard. La mort a rconcili les deux titans de la philosophie franaise, mais aussi de celle universelle, qui se mritaient lun lautre, qui ont crois leurs esprits au bnfice de la sagesse et de la postrit. (http://www.histoire-en-ligne.com/article.php3?id_article=283).

  • Maison du marquis de Villette, quai des Thatins o est mort Voltaire le 30 mai 1778

  • La philosophie de son oeuvreLire Voltaire cest nous renvoyer immanquablement ses contes philosophiques. Les critiques continue de le placer parmi les philosophes illuministes, mais le public le plus souvent ignore ses principes philosophiques. En comparaison, plutt, en opposition avec Rousseau, Voltaire est lhomme qui rit Son ironie lgendaire est reconnue comme une marque stigmatise dans lhistoire de la critique littraire, mais elle cache en mme temps la gravit et la profondeur des sujets qui lexpriment. Les apparences qui ont motiv Voltaire crer des satyres semblent tre distractives, mais derrire ces apparences dues au jeu de lesprit, se cachent de vritables crises qui les ont conditionns.

  • La philosophie de son oeuvreEn tant quhritier respectueux de la tradition littraire Voltaire a construit sa carrire dhomme savant sur les genres littraires susceptibles dassurer sa notorit: la posie (surtout celle pique) et le thtre (surtout la tragdie). A ct de cette voie royale et noble, Voltaire sengage souvent sur les sentiers sinueux pour tenir le pas de lactualit ou pour satisfaire ses humeurs fluctuantes. Son uvre dbordante, vaste comprend tous les genres, de la prose la posie, du trait lessai: tous les genres sont bons, lexception de celui ennuyeux.

  • La philosophie de son oeuvreLa matrialisation de la cration de Voltaire en volumes est plus quimpressionnante 17 volumes duvres, encore 20 volumes de correspondances, qui seront bientt substitus par 150 volumes de Voltaire dits par Oxford. Un rgal tellement copieux risque de provoquer une indigestion chez nimporte quel lecteur.Ayant inaugur un nouveau genre celui du conte philosophique, Voltaire le modle et ladapte aux ncessits de son impitoyable plume critique, incitant en mme temps le lecteur rflchir sur la condition du genre humain, de la prsence de lhomme dans ce monde, sur les relation entre lhomme et le Crateur.

  • La philosophie de son oeuvreDe point de vue de sa conception religieuse, Voltaire a t diste il acceptait la main de la Puissance Suprme dans la cration du monde, sans considrer quensuite Lui, Dieu, se mle dans le train des choses. A partir de 1740, Voltaire commence douter, quand bien mme, de lharmonie diste prdtermine, refusant dadhrer au leibnizianisme, traitant de ridicule lide de la monade. Justement dans cet tat desprit Voltaire crit Zadig, dont le leitmotiv juste comme celui de Candide, se rduit la formule que tout est au mieux. Le sujet est original, mais lauteur ne se soucie de loriginalit que dans les petits dtails qui portent lempreinte de la sentence philosophique, procd permis ce grand polyglotte, moraliste et voyageur. Le conte met en valeur le caractre imprvisible de la Providence, son impntrabilit.

  • La philosophie de son oeuvreEn dpit du rejet apparent de la conception de Leibniz, Voltaire finit par laccepter: il nexiste pas de hasard, notre monde est un monde qui doit tre, si non cet univers serait tout autre. (Pangloss le philosophe, le personnage de Candide, celui qui enseigne la mtaphysyco-thologo-cosmolonigologie allusion satyrique ladresse des scolastiques par linvention de cette pseudoscience affirmait: Tout est au mieux dans ce monde, le meilleur des mondes possibles). Mme si le monde est mchant par ncessit, il est le rsultat de la dgradation de ltre, mais cest le meilleur de tous les mondes possibles, parce quil a t cr par Dieu, qui est bon dans Sa perfection. Voltaire na jamais adhr de manire plnipotentiaire au systme social dont avait fait partie, compte tenu de toutes ses grces et disgrces (gloire, exil, faveurs). Plutt, il lavait fait pour satisfaire son gosme en usant des imperfections du systme (Van den Heuvel, 1967: p.87).

  • La philosophie de son oeuvreLoptimisme de Voltaire nest pas un trait pertinent de son caractre, mais un philosophie bien constitue (Rommeru, 1987: p.103). La philosophie optimiste de Voltaire sinscrit dans la filire des picuriens de lpoque de la renaissance Molire, La Fontaine, Rabelais. Il est un libertin qui oppose la nature la sur-nature, rejetant la dernire. Si la nature est (existe) elle est bonne, si elle est bonne on na pas besoin de transcendance pour la dpasser. Le mal et le pch ( lexception de celui originel) sont des inventions humaines destines le culpabiliser et lasservir. Selon Voltaire, tre optimiste signifie dnoncer ce mensonge, tre optimiste cest tre progressiste. Au niveau historique loptimisme de Voltaire est un optimisme critique, le philosophe a exclu de lhistoire tout ce qui tient de mtaphysique et carences.

  • La philosophie de son oeuvreVoltaire ncrit pas pour glorifier les vnements comme le faisaient les potes piques, mais pour confrer ces vnements leurs dimensions relles. Dans cette perspective, Voltaire apparat comme un positiviste, dtachant dans lhistoire non pas ses aspects spectaculaires, mais tout en premier rang la ralit quotidienne.Les sujets qui intressent Voltaire sont tout dabord le mode de vie des hommes, leur condition sociale, leur travail et leurs occupations. Lattitude du penseur vis--vis du progrs est fortement nuance: la nature a ses limites quelle ne peut pas dpasser; lhomme, lui, il a ses faiblesses et ses impuissances, au-del desquelles il naccdera jamais.

  • La philosophie de son oeuvreVoltaire se trouve parmi les premiers reconnatre limportance des innovations techniques la longue de lhistoire. Quand bien mme, affirme le moraliste, la connaissance peut reculer, or, des civilisations renommes ont disparu, car, lhistoire est faite aussi de violences, de guerres et de fanatisme. Certains sicles sont tnbreux, dautres pleins de malheurs, aprs quoi la lumire revient, plus resplendissante quauparavant. Cest ainsi que naissent les sicles privilgis. Voltaire en compte quatre de ce type: le sicle de Pricls, le sicle dAugustin, le sicle de la dynastie Medici, le sicle de Louis XIV. Le dernier, note-t--il, est le plus brillant.

  • La philosophie de son oeuvreLa conception historique du dveloppement du progrs intermittences, soutenue par Voltaire, est explique par le philosophe lui-mme: premirement, le rythme historique correspond au rythme de la nature aprs le printemps, lt et lautomne vient la dcadence; deuximement, le potentiel dune poque, afin de se cristalliser, a besoin des actions dune grande personnalit. En dehors de la prsence de cette personnalit tout est possible virtuellement, mais ne peut pas tre ralis; une personnalit, soutient Voltaire, est un esprit suprieur qui est capable de se dbarrasser des prjugs de son poque et qui consacre son existence au bonheur des peuples.

  • La philosophie de son oeuvreQuand lmulation nexcite plus les hommes, ce sont des nes qui vont leur chemin lentement, qui sarrtent au premier obstacle, et qui mangent tranquillement leurs chardons la vue des difficults dont ils se rebutent; mais aux cris dune voix qui les encouragent, aux piqres dun aiguillon qui les rveillent, ce sont des coursiers qui volent et qui sentent au-del de la barrire. (Cnd emularea nu-i mai excit pe oameni, ei devin ca nite mgari ce-i urmeaz ncetior calea i se opresc n faa primului obstacol, rumegnd impasibil spinii lor, speriai de dificulti; ns la strigtele unei voci ncurajatoare i mpunsturile biciului care-i trezete, aceti mgari se transform n cai de curse cu fler ce depesc n zbor orice bariere. (Voltaire, 1985: p.45, Trad.A.Guu).

  • La philosophie de son oeuvreLe philosophe justifie le despotisme, si le dernier contribue rpandre la lumire. Selon Voltaire, le progrs est de nature intellectuelle par excellence. La raison dtre des philosophes, des savants et des princes est de devenir une sorte dinstruments la porte des puissants. Cette exaltation persiste dans Essai sur les murs et Le sicle de Louis XIV, lauteur entrevoyait une poque illumine om persisterait la philosophie, cest--dire, la sagesse. Malheureusement, cette exaltation a t suivie par de grandes dceptions, le philosophe tant contraint de multiplier ses attaques contre la btise humaine. Sans doute, Voltaire est un aristocrate de lesprit, tout au fond de son me, il ne croit qu llite, il a toujours dtest la foule.

  • La philosophie de son oeuvreLoptimisme de Voltaire semble tre justifi encore en 1744 quand il est accabl par les honneurs. Le philosophe devient lhistoriographe du roi, compose des uvres pour la cour royale, devient le ngociateur principal de la paix entre la France et la Prusse. Nous pourrions situer lapoge de la carrire de Voltaire justement cette poque-l. Mais, cest notamment l que commence le tremplin vers le pessimisme, li une autre priode de sa vie. Dabord, trs vite la disgrce a pris la place de la grce et des honneurs de la cour. Le philosophe Voltaire est trop impertinent et trop arrogant aux yeux des grands, pour que ceux-ci, avec leur habitude de garder la distance entre eux et le bourgeois Voltaire, puissent le tolrer et lapprcier si longtemps. Pareillement son personnage Zadig, Voltaire devient la victime des caprices des tous puissants.

  • La philosophie de son oeuvreLa faute de Voltaire a consist dans le fait quil avait vcu avec la ferme conviction dtre gale avec les tout puissants, dtre un des leurs. Voltaire a mis du temps pour comprendre que cette conviction ntait pas partage par les grands. La premire tape de sa vie a t pleine dinadvertances qui dcoulaient de cette divergence. Voltaire refusait de comprendre quil ntait quun simple bourgeois, il convoitait toujours une place sous le soleil de la cour royale, mais chaque fois il dgringolait en bas. Malgr ces chutes brusques, Voltaire navait pas compris la vritable essence de la socit dans laquelle il vivait.

  • Le conte philosophiqueSi nous essayions de dfinir les contes philosophiques de Voltaire, nous pourrions observer que lauteur lui-mme naccorde pas cette caractristique ses ouvrages: Zadig ou la destine (histoire orientale), Memnon ou la sagesse humaine, Micromegas (histoire philosophique), Candide ou loptimisme, Le Naif (histoire vritable tire des crits de Quesnel etc.

  • Le conte philosophiqueDaprs lencyclopdie de 1754 le conte est un rcit fabuleux, en prose ou en vers, dont le mrite principal consiste dans la varit et la vrit des peintures, dans la finesse et la plaisanterie, dans la vivacit et la convenance. Son but est moins dinstruire que damuser (Voltaire, Candide ou loptimisme, Notes, Paris, Hachette, 1976, p.14).

  • Le conte philosophiqueDailleurs, les contes de Voltaire ne savrent pas tre justement ce genre dfini par Diderot dans lEncyclopdie. Tout dabord, pour Voltaire la fiction est le moyen le plus direct de dvoiler la ralit, car elle, la fiction, permet didentifier immdiatement les aspects tranges. Ainsi, la fiction, nest-elle point innocente chez Voltaire. Par le biais de la fiction le philosophe interroge rhtoriquement et ironiquement le monde, dans lesprit de Socrate. On pourrait mme constater le fait que la fiction cest la pense mme chez Voltaire, parce que moyennant la fiction le philosophe exprimait toute la richesse et toutes les contradictions de ses raisonnements, ceux-ci constituant une raction fulminante la vie quil menait.

  • Le conte philosophiqueLintelligence et la sagesse de Voltaire sont plus que sarcastiques, elles sont providentielles. Souvent, relisant les pages de ses uvres, on est surpris du caractre visionnaire de leur auteur qui avait rdig ces raisonnements il y a quelques sicles. Parfois, on se demande: est-ce que le monde a si peu voludepuis Voltaire? Si peu non pas dans le domaine des technologies nouvelles, bien sr, lhomme a dpass les attentes les plus prtentieuses quon aurait pu avancer. Il sagit des mmes murs, politique, corruption, dont la dfinition a t si exhaustivement prsente par Voltaire.

  • Filosofia operei saleRebel de caractre, Voltaire a stigmatis de manire prominente et incontournable le style de ses crits philosophiques-moralistes. Linterrogation ironique-rhtorique interfre avec des raisonnements et des jugements sentencieux gnralisateurs et universels. Lapplicabilit de ces sentences dans le temps et dans lespace est impressionnante, lexception des noms propres, caractristiques pour lpoque de Voltaire. Pour le reste, il suffit de parcourir des yeux certains passages pour se rendre compte que le grand philosophe faisait rfrence au prsent futur notre poque

  • ExempleQue font pendant la paix ces lgions oisives qui peuvent rparer les grans chemins et les citadelles? Ces marais, si on les dsechait, ninfecteraient plus une province, et deviendraient des terres fertiles. Ces carrefours irrguliers, et dignes dune ville de barbares, peuvent se changer en places magnifiques... En vain votre paresse me rpondra quil faudrait trop dargent pour remdier tant dabus. .. (Cu ce se ocup n timp de pace toate legiunile lenoase ce-ar putea s repare drumurile mari, i citadelele? Mlatinile, dac ar fi secate, n-ar mai infecta nici o provincie, ba ar deveni pmnturi fertile! Aceste rscruci de drumuri haotice, demne de un ora de barbari, ar putea fi transformate n splendide pei... Degeaba lenea voastr m-ar convinge de lipsa banilor nicicnd destui pentru a repara attea abuzuri...) (Voltaire, Ce quon ne fait pas et ce quon pourrait faire//Romans et contes, M.,1985, p.46, Trad.A.Guu).

  • Les philosophmes antithtiquesCes formulations-assertions mises par le grand philosophe, reprsentent lexpression concentre dune vrit socio-humaine et sont susceptibles de ne pas tre altres dans lespace et dans le temps. Elles peuvent tre nommes philosophmes. Nous considrons le suffixe me dorigine grecque, trs prolifique de point de vue drivatif, il peut acqurir le statut de radixode smantique (thme, dilemme, stratagme, smantme etc).

  • Les philosophmes antithtiquesLes raisonnements axiomatiques de Voltaire viennent souvent en contradiction avec sa mondovision, car ils semblent tre beaucoup plus sarcastiques que le dsir inassouvi de lauteur de faire la cour au pouvoir. Il parat que le philosophe na pas permis la pntration de lesprit de la soumission dans ses uvres, celles-ci slevant au rang de la sacralit suprme, socialement inalinable.

  • Les philosophmes antithtiquesNous avons procd lanalyse des philosophmes tirs des uvres de Voltaire, tout en constatant leur caractre profondment antinomique. Le principe de structuration des philosophmes antinomiques nest pas toujours celui de lantithse base sur le paralllisme syntagmatique. Au contraire, les constructions antithtiques sont non-parallles, bties sur des antonymes lexicaux plutt pragmathmiques (Guu, 2005: p.13): des 117 exemples reprs - 70 sont des antithses non-parallles, ou encore 67 sont construits la base des antonymes pragmathmiques.

  • Les philosophmes antithtiquesLantinomie la plus frquente dans les philosophmes voltairiens cest la contradiction entre les sentiments humains. La duplicit de ltre humain, perdue entre le pch et la vertu, est reflte de manire plnipotentiaire dans les philosophmes de Voltaire. Ex.: Jeannot, perdu, se sentait partag entre la douleur et la joie, la tendresse et la honte. (Voltaire, 1985: p.311).Jeannot , foarte tulburat, era npdit de durere i de bucurie, de duioie i de ruine. (Voltaire, 1993: p.201).

  • Les philosophmes antithtiquesLantinomie suivante, se hirarchisant dans le systme philosophique-moraliste voltairien, cest la contradiction entre les tres humains. Les hommes sont diffrents, diffrence qui commence par le pch originel: Adam et Eve en sont la source. Lamour, comme on sait, est bien plus ingnieux et plus hardi dans une jeune fille que lamiti ne lest dans un vieux prieur et dans une tante de 45 ans passs. (Voltaire, 1985: p.352)Dragostea, dup cum se tie e mult mai dibace i mai ndrznea la o fat dect este prietenia la un preot btrn i la o mtu de patruzeci i cinci de ani trecui. (Voltaire, 1993: p.245).

  • Les philosophmes antithtiquesUne troisime antinomie se dessine: la contradiction entre la raison et lignorance. Voltaire, personnalit lettre et illumine, sans doute, avait song lamlioration de ce monde. Comme tout illuministe il a devanc les facults intellectuelles de lpoque. Il tait n trop tt pour tre apprci sa juste valeur, en revanche Voltaire a trac en visionnaire providentiel larchitecture des murs humaines. Donc, comme tout illuministe il a opt pour la lumire des connaissances, il a toujours t agac par les tnbres et lobscurit de lignorance: Ex.: Il ny a pas trois cents ans que je vis ici la nature sauvage dans toute son horreur; jy trouve aujourdhui les arts, la splendeur, la gloire et la politesse. (Voltaire, Romans et contes, M., 1985, p.418). Doar cu vreo trei sute de ani n urm vzui aici slbtcia naturii n toat oroarea sa; astzi gsesc n aceste locuri splendide artele, gloria i politeea. (Trad.A.Guu).

  • Les philosophmes antithtiquesLa quatrime antinomie semble tre la contradiction entre la vrit et le mensonge. Il parat que lhomme ne peut pas vivre en quilibre: Son principal talent tait de dmler la vrit, que tous les hommes cherchent obscurcir. (Voltaire, 1985: p.79) Avea o mare pricepere n descoperirea adevrului, pe care toi oamenii caut s-l acopere. (Voltaire, 1993: p.18).

  • Les philosophmes antithtiquesLa cinquime antinomie, tient de luniversalit des contradictions socio-humaines, contradictions qui ne trouvent pas de neutralisation et, semble-t-il, ne la trouveront jamais en vertu de leur essence dialectique, essence qui assure le progrs, qui fait avancer les choses. Il peut paratre trange, mais lternel contraste entre le bien et le mal, la beaut et la laideur, entre le grand et le petit, cache dans sa carcasse architectonique la source du dveloppement. A mesure que ce contraste est extrioris par des contradictions voiles, le bond du progrs est volutif.

  • Les philosophmes antithtiquesAu moment o les contradictions deviennent flagrantes et virulentes elles tournent en guerre, le bond du progrs est de nature rvolutionnaire et la courbe constitue une vritable explosion gomtrique du point de vue du dveloppement ascendant. Luniversalit des contradictions socio-humaines est constate par Voltaire sous forme de raisonnements courts, souvent les lments des constructions phrastiques sont des lexmes normathmiques (bien-mal, grand-petit, partie-tout, heureux-malheureux etc), et le paralllisme syntagmatique devient loi sinequa non de ces philosophmes.

  • Les philosophmes antithtiquesEx.: On parla de la longueur de nos infortunes et de la brivet de la vie. (Voltaire, 1985: p.370) - Vorbir de lungimea nenorocirilor noastre i de scurtimea vieii. (Voltaire, 1993: p.261); Les malheurs particuliers font le bien gnral. (Voltaire, 1985: p.200)- Nenorocirile particulare produc binele general. (Voltaire, 1993: p.108); Il est plus ais de dtruire que de btir. (Voltaire, 1985: p.343) E mai uor s distrugi dect s cldeti. (Voltaire, , 1993: p.236).

  • Les philosophmes antithtiquesDu total de 117 exemples de philosophmes antithtiques 20 exemples tiennent de luniversalit, dont 3 sont des constructions antithtiques mixtes, cest--dire formes de paires antonymiques normathmiques et pragmathmiques:

  • Les philosophmes antithtiquesQuelle est de toutes les choses du monde la plus longue et la plus courte, la plus prompte et la plus lente, la plus divisible et la plus tendue, la plus nglige et la plus regrette, sans qui rien ne se peut faire, qui dvore tout ce qui est petit, et qui vivifie tout ce qui est grand ? (mixte) ( propos du temps) (Voltaire, 1985: p.123) - Care lucru pe lume este cel mai lung i cel mai scurt, cel mai iute i cel mai ncet, cel ce se poate mpri n mai mult i cel mai ntins, fr care nimic nu se poate face, care nghite tot ce-i mic i d via la tot ce-i mare? (despre timp) (Voltaire, 1993: p.67).

  • Les philosophmes antithtiquesSept (7) philosophmes prennent la forme des constructions normathmiques, alias des constructions antithtiques baties sur des paires antonymiques traditionnelles, enregistres de manire consacre par la norme lexicographique et lusus grce la fonctionnalit frquente de lopposition dans lespace et dans le temps, citons un exemple: Linfiniment petit vous cote aussi peu que linfiniment grand. (normathme) (Voltaire, 1985: p.170) - Infinitul mic i d tot att de puin osteneal ca i infinitul mare. (Voltaire, 1993: p. 87).

  • Les philosophmes antithtiquesDix philosophmes constituent des constructions antithtiques pragmathmiques, cest--dire, elles sont formes de paires dantonymes occasionnels-contextuels, exemple: Cela seul me parat intelligible, tout le reste pour moi est un abme de tnbres. (pragmathme) ) (Voltaire, 1985: p.343) - Numai asta mi se pare de neles, tot restul este un abis de ntuneric pentru mine. (Voltaire, 1993: p.236).

  • Les philosophmes antithtiquesLes traducteurs Alexandru Philippide et Doina Florea dans la majorit des cas ont traduis les philosophmes antithtiques fidlement, tout en respectant leurs structures normathmique ou pragmathmique, deux philosophmes ont t traduits par dsantthisation, cest--dire, lopposition voltairienne a t perdue dans la traduction:

  • Les philosophmes antithtiquesTantt il maudissait son oncle, sa tante, et toute la Basse Bretagne, et son baptme ; tantt il les bnissait puisquils lui ont fait connatre celle quil aimait. (Voltaire, 1985: p.333) - Uneori l blestema pe unchiul-su, pe mtua sa i toat mulimea n gnd, fiindc datorit lor o cunoscuse pe aceea pe care o iubea. (Voltaire, 1993: p.226); Enfin, aprs avoir examin le fort et le faible des sciences, il fut dcid que Monsieur le marquis apprendrait danser. (Voltaire, 1985, p.304) n sfrit, dup ce cercetar aa fiecare tiin, s vad care-i mai bun, hotrr ca domnul marchiz s nvee s danseze. (Voltaire, 1993: p.197).

  • ConclusionsDans le cas des philosophmes antithtiques de Voltaire, selon nous, il serait indsirable et contre-indiquer de rompre le tissu lexmatique contrastif lors de la traduction du franais vers une autre langue-cible, car lantithse, indiffremment de la structure intrieure lmentaire paires dantonymes ranges en sries, en blocus binaires, pragmathmiques, normathmiques ou mixtes constitue la quintessence des raisonnements philosophiques voltairiens, ayant un statut daxiomes existentiels. Nous sommes penchs daffirmer que le texte philosophique slve au rang de texte sacr, et, les vrits philosophiques, surtout celles universalisantes, mritent le transfert fidle de loriginal de point de vue rhtorique.

  • ConclusionsPareillement au texte sacr qui a toujours t traduit fidlement, de peur de ne pas trahir la parole de Dieu, les textes philosophiques, surtout les raisonnements universalisants, ne doivent pas se prter des exgses de la part du traducteur. nous formulerons un prcepte pour la traduction des textes philosophiques: lors du transfert des philosophmes antithtiques de la langue source vers la langue cible le traducteur doit rester fidle la smiotique du contraste de loriginal, la marge de libert du traducteur sexprimant dans la flexibilit de choisir la structure des lments constitutifs de lantithse paires dantonymes pragmathmiques, normathmiques, mixtes, organises en blocus ou en sries.

  • ConclusionsEn guise de conclusion nous pourrions dduire que les philosophmes antithtiques de Voltaire sont stigmatiss par la mondovision duelle du philosophe, profondment contradictoire dans le temps, qui a gnr des oscillations dans ses attitudes existentielles. La plume de Voltaire a matrialis ces extrapolations dans des crits philosophiques, le penseur ayant raisonn en termes universalisants.Les assertions axiomatiques qui mettent en valeur les contradictions de la vie humaine, acquirent lallure des prceptes bibliques, fait qui dtermine leur transcendance quasiment intacte vers les langues cibles, assurant la mmit des vrits philosophiques.

  • Sources consultes Guu A. Axa normatemic i pragmatemic n traducere//Unele probleme de teorie, empirism i didactic a limbilor, Chiinu, 2004.Pomeau R. Voltaire par lui-mme, Paris, 1955.Rommeru C. De la nature lHistoire, P., 1987.Van den Heuvel. Voltaire dans ses contes. Paris, Colin, 1967.Voltaire, Candide ou loptimisme, Notes, Paris, Hachette, 1976.Voltaire. Candid sau Optimistul; Dialoguri i anecdote filosofice, Chiinu, 1993.Voltaire. Romans et contes, M., 1985.Reiss K. La critique des traductions, ses possibilits et ses limites, trad. de l'Allemand par C. Bocquet, Artois Presses Universit, 2002.

  • Tous les hommes sont daccord sur la vrit quand elle est dmontre, mais ils sont trs partags sur les vrits obscures. /Toi oamenii deopotriv admit adevrul atunci cnd e demonstrat, dar nu se mai neleg ntre ei cnd e vorba de adevruri obscure.

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