Dimanches d'Aot de Patrick Modiano,

  • Published on
    31-Dec-2016

  • View
    223

  • Download
    3

Transcript

  • Anne universitaire 2005/2006 2me semestre

    Laetitia JEAN Barbara MIRET

    LITTERATURE

    Lecture de

    Dimanches dAot de Patrick Modiano, Gallimard, 1986

    Cours de Bernard OBADIA Universit de Provence_ Aix-Marseille I

    Centre St Charles- Case 62 3, Place Victor Hugo- 13 331 Marseille- cedex 3

  • 2

    Lecture de Dimanches dAot Patrick Modiano

    SOMMAIRE I. Le titre II. Les informations para- textuelles II.1 La couverture et son illustration II.2 quatrime de couverture II.3 Ddicace, biographie et bibliographie III. Rsum IV. Structure du texte V. Le statut du narrateur VI. Etude des thmes

    VI. 1. La fuite, la cachette VI. 2. La disparition

    VI. 3. Ltouffement VI. 4. Lenfermement

    VI. 5. La solitude, et stagnation VI. 6. Les tnbres, le pass VI. 7. la peur VI. 8. Lillusion du rel VI. 9. La machination VII. Les procds narratifs

    VII.1. Les flashes- back VII.2. Les paralllismes et les rminiscences VII.3. La non linarit

    VII.4. Linstantan VIII. Les personnages principaux

    VIII.1. Le narrateur VIII.2. Sylvia VIII.3. Villecourt VIII.4. Les Neal

    IX. Les personnages secondaires XI.1. Mme Villecourt XI.2. M. Cond Jones XI.3. Le photographe de la plage XI.4. Ren Jourdan XI.5. Raymond Aimos X. Objets et motifs

    X.1. Les voitures X.2. Les jardins publics X.3. Les odeurs X.4. La photographie X.5. La place de lHistoire dans le roman

  • 3

    I Le titre Le titre Dimanches dAot nous donne deux rfrences. Le premier mot indique le

    moment de la semaine, et le second nous renseigne sur le moment de lanne. Nous sommes face une double connotation en rapport avec le temps du repos. Nous pourrions aussi faire un paralllisme avec le farniente, le fait de ne rien faire, quvoquent dimanche et Aot. ()

    Un dernier lment important relever concernant le titre du roman, est son apparition concrte dans le texte. Effectivement, dans lhistoire de nombreux passages se droulent les dimanches, mais ceux-ci sont en Automne ou en Hiver, ils reprsentent dailleurs des passages importants : une premire rencontre. Et ce nest qu la dernire page du livre, que dimanches dAot apparat, il reprsente alors les seuls moments de vrai bonheur, de srnit, et le narrateur dit se sentir comme tout le monde lors de ces dimanches dAot. Ainsi nous comprenons quil peut y avoir de nombreux dimanches, mais les seuls reprsentatifs de bonheur pour le personnage principal sont ceux du mois dAot.

    II Les informations para- textuelles Roman paru chez Gallimard en 1986. Adapt au cinma par Marcel Poirier en fvrier 2000 avec ce titre Te quiero . II.1 La couverture et son illustration : Toujours illustre par Pierre Le Tan. La promenade des Anglais est vide, seul un homme regarde les faades des immeubles en front de mer. Les palmiers de la Cte dAzur sont immenses et tendus, lhomme est minuscule leur ct. Son ombre est devant lui, immense (quand le soleil est lhorizon, lombre est grande). Le temps de lillustration est sans doute le matin tt. Derrire lui la plage est dserte, la lumire est rose comme pour un lev de soleil. Cela donne un effet de douceur et de mlancolie. La solitude de ce personnage parmi ce dcor crasant donne le ton du roman : dun ct, la mer et son horizon, de lautre, le ddale des rues rectilignes et des immeubles dresss, pour se perdre dun ct ou de lautre. Il ny a donc pas dissue possible. Lhomme est fig, comme au garde vous, vaincu davance, fascin par ces hauteurs. II.2 La quatrime de couverture : Il sagit dun rsum de lditeur. Le genre est camp : nous avons faire une ou des nigmes , comme dans un roman policier. Ce rsum nest quune succession de questions : Pourquoi le narrateur a-t-il fui les bords de la Marne avec Sylvia pour se cacher Nice ? Do vient le diamant la Croix du Sud, ? De quoi est mort lacteur populaire Aimos ?

  • 4

    Qui sont les Neal, et pourquoi, () sintressent-ils de si prs Sylvia, au narrateur, la Croix du Sud ? Et Sylvia ? A-t-elle t lpouse de Villecourt ? Et Villecourt ? Que vient-il faire Nice () ? Ce sont aussi les questions qui continuent et continueront nous hanter aprs la lecture, car le roman napportera pas toutes les rponses nos questions. Les pistes, car il sagit bien de pistes, tout comme dans une enqute policire, se brouillent sans cesse. Nous avons limpression de savoir enfin, mais nous navons fait quapprocher ou y croire, et aussitt tout est remis, ou peut se remettre en question par un simple mot ou vnement. On nous dit qu un roman damour se dessine , mais l encore nous navons fait que lapprocher, car entre la pudeur et la retenue de P. Modiano, les personnages ne se livrent que trs peu, avec une extrme retenue. Un polar doubl dune histoire damour ? Rien nest moins sr. II.3 Ddicace Patrick Modiano ddicace ses romans sa famille. Ici deux hommes inconnus du grand public. Nous comprenons le lien entre les peintures des paysages de la Marne et les lieux frquents par les personnages dans une partie du roman, plus difficile est celui qui les unit ce film ou ce cinaste inconnu. - Jacques Robert : artiste peintre de lEcole des bords de Marne (association ne en 1990) Peintre impressionniste reprsentant la nature et particulirement leau. - Marc Grunebaum : auteur- ralisateur. Un seul film : Ladoption en 1978 Un couple dcide de prendre en charge un adolescent qui semble avoir besoin daide. Ils ne savent pas encore quel point lintrusion de ce jeune homme va totalement bouleverser leur vie (critique non signe). Au dbut du roman, nous pouvons trouver une petite biographie de Modiano, dj vu auparavant dans des romans de la mme dition. Et la fin, se trouve une bibliographie exposant les diffrents romans, essais et scnario de Modiano. III Rsum Tout commence par une rencontre. Le narrateur retrouve Nice un certain Villecourt qui navait pas vu depuis sept ans. Ce dernier veut absolument lui parler de Sylvia en lui avouant quil navait jamais t mari avec elle, mais le narrateur refuse de discuter avec ce Villecourt quil trouve chang. A partir de ce moment, nous allons entrer dans les souvenirs de notre narrateur. Il commence par nous parler de larrive de Sylvia sur Nice, nous

  • 5

    comprenons alors quils viennent se rfugier, se cacher dans cette ville. Paralllement, le narrateur nous parle beaucoup du bijou la Croix du Sud que sa compagne porte toujours autour du cou. Ainsi nous apprenons que cest justement par le fait quils dtiennent ce diamant, quils sont en fuite. Petit petit nous comprendrons le rle de Villecourt. Une fois rfugis Nice, les amants voulaient se dbarrasser du bijou, tant ainsi la recherche dun bon acheteur. Cest alors quils rencontrent les Neal, lors de longues journes passer aux terrasses des cafs, et ce couple semble intress par le diamant. A partir de cet instant, le lecteur entre dans une intrigue policire dcouvrant petit petit des indices qui, la fois clairent et complexifient lhistoire. IV Structure du texte Le livre compte186 pages divises en 16 chapitres. Ces chapitres ne sont pas numrots, mais cette fois ci, pas dtoiles pour sparer les paragraphes. Comme dans les autres romans de P. Modiano, ils sont de tailles diverses. Le plus long fait 15 pages (p.113), le plus court faisant lui, une page (p.89 ou p.185). Modiano alterne les chapitres longs et les chapitres courts : un long, plusieurs courts, puis de nouveau un long suivi de plusieurs courts (2 4 pages). Ce rythme are la narration, le rythme, donne une vitesse plus ou moins rapide, la qute, lintrigue quil nous propose.

    Les chapitres sont eux mme redcoups en sous-chapitres. Ces sous- parties dpendent de la longueur du chapitre, plus il sera long, plus le nombre de sous- chapitres sera important, entre zro et onze sous- parties.

    Dans chaque chapitre nous en apprenons un peu plus sur les personnages, car le narrateur, ne nous confie chaque fois que des bribes dinformation, et la comprhension ne se fait quau fur et mesure.

    La longueur des chapitres varie selon limportance de la squence. Par exemple, le passage dans lequel le narrateur nous rapporte la premire fois o il a aperu Villecourt, est un moment bref, le chapitre est donc lui aussi bref. Mais lorsque lvnement devient plus important et prend de la place dans lhistoire comme les diffrents moments avec les Neal, le chapitre est alors plus dense. En effet nous remarquons que les chapitres les plus longs concernent les passages relatifs aux rencontres avec les Neal. Ces chapitres, comme nous lavons dj dit sont redcoups en sous- parties, celles-ci alternent entre action et sentiment. C'est--dire que le narrateur va tout dabord relater un fait, puis dans les sous- chapitres suivants, il va exprimer son ressenti, et Modiano procde un effet . V Le statut du narrateur Celui qui parle, cest le personnage principal, Jean. Le texte est crit la premire personne. Nous apprenons son prnom p.72 par Villecourt qui les appelle en pleine rue aprs une course poursuite: JeanSylvia.

  • 6

    Nous apprendrons plus loin que cest un ancien photographe : Photographe je lai t, moi aussi. P.90. Il est notre guide dans Nice, dambulant ou plutt errant la recherche dindices, tentant de comprendre le pass et de dnouer une intrigue qui la laiss seul dans cette ville. Le temps est comme suspendu au dbut du roman. Il rencontre Villecourt, un homme ou plutt un fantme de son pass. Nous ne comprenons pas bien la relation quil a eue avec lui et surtout avec Sylvia, la femme aime et perdue. Le lecteur se pose des questions, celles de Jean et celles quil nose peut-tre pas se poser, mais qui simposent nous, quelques fois dans le plus grand dsordre : Qui tait vraiment Sylvia ? Avait-elle ou avaient-ils tout maniganc ? Qui sont les personnes retrouves calcines dans la voiture au fond du ravin ? Sylvia connaissait-elle Neal ? Et surtout : Jean dit-il la vrit ? De quelle vrit sagit-il ? Un rve ? Un cauchemar ? Est-il la victime dune machination infernale ? Les indicateurs prcis des lieux niois ancrent lhistoire dans le rel, lui donnent corps et agissent sur lambigut des faits. Oui nous sommes bien Nice, ces rues, ces places existent, mais de quel rel nous parle-t-on ? Ces questions quivoques et contradictoires agissent sur le lecteur et le mettent dans ltat psychologique du narrateur. Le rythme de lecture sacclre parfois, cdant la curiosit de comprendre, mais en vain. Dautre fois, nous avons le sentiment douvrir une porte, grce un complment dinformation, un indice. Mais nous ne saurons finalement pas grand-chose. Nous sommes perdus tout comme Jean, condamn errer dans cette ville avec ses souvenirs et leur mystre : Je ntais pas encore un fantme, comme ce soir. p.38. VI Etude des thmes

    VI.1 La fuite, la cachette Ce thme est bien entendu lun des plus importants. Notre narrateur et sa compagne,

    nous le comprenons rapidement, sont en fuite et se cachent. Ainsi nous pouvons relever un certain nombre de termes se rapportant ce thme. Rfugi p.36, situations dlicates p.46, rfugis en zone libre, exils p.50, concernant la fuite. Passer inaperu et disparatre p.36, nous nattirions lattention de personne p.63. Ces mots nous permettent de comprendre la situation dans laquelle se trouvent le narrateur et Sylvia lorsquils se retrouvent Nice.

    VI.2 La disparition - Sylvia a disparu : Jean cherche-t-il encore Sylvia, ou cherche-t-il seulement comprendre ? A-t-il renonc la retrouver ? Pourquoi reste-il dans cette ville ? On ne sait pas vraiment, mais cela est-il important ?

  • 7

    La dambulation dans Nice est sans fin. Jean passe et repasse dans les lieux o il a march autrefois avec Sylvia. La rptition de lespace renforce lide de qute perdue. Nous revenons sans cesse la promenade des Anglais, au square Albert 1er, la villa des Neal, au jardin des Arnes, au muse Massna. Nous retrouvons ce mouvement circulaire dj rencontr dans luvre de Modiano. ()

    VI.3 Ltouffement

    En effet ltouffement est particulirement prsent dans le roman de Modiano. La plupart des sentiments exprims par le narrateur se rapportent cette sensation ; et la cause en est justement le fait de passer inaperu, de se cacher.

    Nous pouvons relever ainsi : Une impression dtouffementdtre prisonnier dans cet aquariumde ne jamais respirer lair libre p.64, sentir le poids qui pesait sur nous et sentiment dtre pris au pige p.48, tourner en rond dans cette ville comme dans une cage p.58, le cercle magique qui nous isolait et nous asphyxiait peu peu p.63.

    Nous remarquons que cette sensation denferment est relative la ville de Nice, car cest ici quils sont venus se rfugier. Ltouffement est exprim laide de comparaisons avec les lieux denferment danimaux aquarium , cage . De plus, lauteur insiste sur le manque dair, ce qui renforce cette thmatique.

    VI.4 Lenfermement Sylvia et Jean vivent cachs dans une chambre minuscule, dans une ville o ils dambulent : Souvent quand nous rentrions, au terme de ces journes vides, nous prouvions un tel sentiment de solitude p.61. Ltroitesse de leur chambre ainsi que son insalubrit renforce cet univers glauque et hostile. Lorsquils sortent de leur repaire, une sorte de cachette, ils semblent se fondre dans ce dcor : Jean seul, sans Sylvia, erre dans ces mmes lieux. Lespace gographique : - Nice : Jignorais encore que cette ville tait un marcage et que je my engluerais peu peu. p.46 Nice en hiver, sous la pluie. Nice ville de retraits, ville la splendeur passe, dchue : lancien htel Majestic (..).Ce nest plus quun hall, maintenant, qui sert de salle de runion ou de salle dexposition. p.23 Il sy tient des confrences ( Terres lointaines. ), ou encore : Nous passions devant le Queenie dont on avait teint toutes les lumires, puis devant le Palais de la Mditerrane. Ses arcades taient bouches par des grillages et le btiment aux fentres aveugles et aux stores affaisss semblait promis la dmolition. p.57 A la longue, les lieux dteignent sur vous,(). Aujourdhui jai souvent limpression de pourrir sur place. p.45. La ville est-elle une illusion ? On a le sentiment que tout est ferm, dsert. Nous sommes presque dans le dcor dun vieux studio de cinma. Le charme dsuet est rompu. La ville semble hostile et se referme comme une prison sur le narrateur.

  • 8

    Les bords de la Marne : Nous ntions plus dans le dcor trouble des bords de Marne, o montent, de leau stagnante, des relents de vase. p.76 Nous avions rompu le cercle magique qui nous isolait et nous asphyxiait peu peu. p.49. Je ntais plus quun somnambule () p.131.

    VI.5 La solitude, et stagnation

    Une autre consquence de cet exil est le sentiment de solitude. Effectivement, celui-ci revient frquemment : Etat dextrme solitude p.68. Mais plus que de la solitude, le narrateur nous parle dune sorte de pitinement. Tout ceci bien sr en rapport avec le fait dtre prisonnier et seul, en donc en rapport avec la ville de Nice. Nous avons pu remarquer un certain nombre dexpressions traduisant cette impression : impression de pourrir sur place p.45. Nice est compare par la suite un marcage, et le narrateur dit je my engluerais peu peu . Mais encore une fois, ce thme nous amne une autre reprsentation de ce malaise voqu par le narrateur, ce qui sera notre thmatique suivante.

    VI.6 Les tnbres, le pass

    Avec cette thmatique nous allons encore plus loin. En effet, nous pouvons ressentir le temps qui sest allong. A ce moment, ltouffement et la solitude se sont transforms en quelque chose de plus sombre et de plus ancr au fond des personnages, quelque chose dinchangeable, dindniable. Nous pouvons noter les expressions telles que des silhouettes de leur pass p.21, lombre de lui-mme p.35, ctaient un fantme aimable parmi tous les fantmes qui peuplent Nice p.37, hantaient les bords de la Marne p.67, Une histoire de revenants p.85, lobscurit et le silence menveloppaient comme dans un linceul p.131.

    Nous sommes ici dans un vocabulaire virant vers les tnbres, le mot fantme revient trs souvent, et cest dailleurs une des choses que le narrateur redoute : tre devenu un fantme parmi tous les fantmes.

    VI.7 la peur

    Qui sont les Neal ? Que veulent-ils Jean et Sylvia ? Une premire fois, linquitude avait gagn Jean, la panique mme. De retour, le soir de leur premire rencontre avec les Neal, Jean avait failli sortir de la voiture un feu rouge. Pourquoi nous posaient-ils toutes ces questions ? (..) Linquitude me gagnait, peu peu. p.57 Prmonition ? La premire impression tait la bonne. Mais cet instant du rcit, le lecteur nenvisage pas la suite, tout comme Jean, qui cherche des indices dans sa mmoire, qui tente de comprendre lincomprhensible. Lapparition de Villecourt : comment a-t-il pu retrouver leur trace ? Ctait terrible de ne pouvoir le localiser, et de le sentir prsent chaque coin de rue. p.66

  • 9

    La fuite deux : Cest partir de ce moment de notre vie que nous avons prouv de langoisse, un sentiment diffus de culpabilit et la certitude que nous devons fuir quelque chose sans bien savoir quoi. p.185. Cette peur, ce moment du temps de lhistoire est mystrieuse. Les amants senfuient aprs que Sylvia ait vol le diamant, mais que fuient-ils ? Nous comprenons que les vnements les poursuivront malgr eux. VI.8 Lillusion du rel Jean est souvent en proie au doute. Il ne comprend pas, est mal laise, peroit difficilement ce qui se passe. Sa navet est dsarmante, mais nous nous demandons ce que nous aurions fait sa place. Je voudrais noter les dtails de nos relations avec les Neal comme si je rdigeais un rapport de police ou si je rpondais linterrogatoire dun inspecteur qui aurait t bien intentionn mon gard et chez qui jaurais senti une sollicitude paternelle pour maider voir un peu plus clair. p.90. Il sait maintenant que les Neal ont menti sur leur identit mais cela ne fait rien il continue croire au mirage, comme si tout cela tait vrai, ou veut-il tout simplement se croire plus fort queux et leur vendre cote que cote le diamant ? Nous hsitons entre sa vraie ou sa fausse navet, son calcul ou son inconsquence, ses doutes et ses certitudes. Mais nous avanons tout comme le narrateur, laveuglette, dans le ddale des lieux et des souvenirs, accabl par le doute qui plane sur les propos et les personnages Villecourt appelle Jean, Henri : Excusez moi je confondais avec un autreCe brun qui donnait toujours des tuyaux de courseJe ne sais pas ce que Sylvia pouvait bien lui trouver p.25. Sylvia avait eu une autre aventure avant lui ? Qui est cet Henri ? Un joueur ? Un mafieux des bords de Marne ? Un des maquereaux dont parlait la mre de Villecourt ? Nous touchons limpalpable, ce temps suspendu, le ressenti, lindicible, linexplicable. Nous sommes dans une espce de nant, dans linextricable. Jean est tourment par lincomprhension. Cette disparition de la femme aime le plonge dans leffroi. Il ne peut demander de laide personne, sinon il serait dcouvert. Il est condamn errer dans cette ville et son histoire, la recherche de fantmes.

    VI.9 La machination Sylvia et Jean cherchent vendre le diamant La Croix du Sud : Il me semble aujourdhui que nous tissions une gigantesque et invisible toile daraigne et que nous attendions que quelquun sy prenne. p.53. Les Neal semblent tre ces clients providentiels. Ils taient venus sy prendre dans un tat de moindre rsistance. p.54 Le pige va fonctionner. Neal veut offrir le diamant sa femme. Le narrateur et Sylvia vont donc tout faire pour leur vendre. Mais la mouche prise au pige de laraigne nest pas celle que lon croit Jean va comprendre brutalement quil a t lobjet dune machination infernale. Le pige va finalement se refermer sur lui, le laissant seul, en proie labsence, au doute, des questionnements et une profonde solitude.

  • 10

    Sylvia a-t-elle menti ? A-t-elle tout maniganc ? Jean est assailli par le doute, tout comme le lecteur. Jean cherche des lments dans sa mmoire, et nous en relisant le roman, nous recherchons des indices, afin de dnouer le fil de lintrigue, de comprendre cette machination dont il semble avoir t la victime. () Tout semble cousu de fil blanc, sauf pour le narrateur. Le lecteur croit avoir compris, mais il est perdu encore une fois. Il lui faut refaire le chemin inverse tout comme Jean pour tenter de comprendre, danalyser ce qui lui aurait rellement chapp. () VII Les procds narratifs Comme nous lavons vu plus haut, Modiano utilise des procds narratifs qui nous donne peu peu des clefs pur la comprhension de lhistoire ou pour brouiller les pistes. Se perdre : Dans lespace, la ville. Le temps, Nol temps du prsent de la narration p.23, aot temps de la rencontre avec Sylvia et de la fuite vers Nice.

    VII.1 Les flashes back Modiano procde sans arrt par flashes- back. En effet, le roman commence par la rencontre avec Villecourt au jour daujourdhui, et partir de l, il va revenir en arrire pour nous raconter les divers vnements de lhistoire. Ainsi, nous aurons plusieurs flashes back, tel que larrive de Sylvia en gare de Nice ; mais aussi sa rencontre avec celle-ci, page 149, le narrateur nous raconte sa premire rencontre avec Sylvia la piscine de La Varenne, alors quil tait en reprages pour un reportage photos sur les bords de Marne. Jusqu la page 184, le droulement de la narration devient linaire. Jean va manger chez Villecourt et deviendra lamant de Sylvia. Les flashes- back sont aussi utiliss pour : les diffrents moments de lenqute, les altercations avec Villecourt par exemple et tous les lments importants de lintrigue et qui en permettent sa comprhension par le lecteur sont livrs en flashes back.

    VII.2 Les paralllismes ou effet de rminiscence Tout dabord, nous pouvons constater que Modiano fonctionne trs souvent par paralllisme pour introduire ses flash- back. C'est--dire quil part dun lment de lactualit du narrateur, dun fait, dune sensation pour ensuite partir dans les souvenirs, dans le pass, et nous relater les divers vnements importants. Ainsi, il nous dira quil pleut, et va nous raconter un jour de pluie avec Sylvia. Un autre exemple serait celui des parfums : le narrateur pense lodeur de moisi de sa chambre actuelle, puis nous emmne par paralllisme dans la chambre quil occupait avec Sylvia car elle aussi, sentait le moisi. Il est ainsi trs frquent que lauteur nous rapporte le pass en lintroduisant par des parallles faits avec le prsent. Comme nous lavons vu plus haut, des descriptions de lieux rels (Nice, les bords de la Marne), le passage ddi lhistoire de La Croix du Sud qui elle aussi est relle, finissent

  • 11

    de perdre le lecteur. La fiction se mlant au rel, donne du poids lhistoire, et agit sur le doute.

    VII.3 La non linarit Nous parlons de non linarit car effectivement les lments du pass qui nous clairent sur lhistoire, ces flashes- back sont rapports dans le dsordre. Le narrateur va, par exemple dabord nous parler de cette fuite Nice, et il nous racontera sa rencontre avec Sylvia que bien plus tard. Nous avons ainsi les informations par bride. Et la comprhension ne se fait que petit petit. On peut estimer que ce dsordre est savamment orchestr. - VII.4 Linstantan Le procd sans doute le plus intressant est de faire apparatre lidentit du dernier voleur de La Croix du Sud et peut-tre amant de Sylvia, sur une photographie, prise la piscine le jour de la premire rencontre entre Sylvia et le narrateur. Jean, lui-mme, a pris ce clich o se trouvait Paul Alessandri qui se fit plus tard passer pour Virgil Neal : () comme si ds le dbut, le ver tait dans le fruit. p.147 Les trucs que jcris ne sont pas vraiment des romans, se sont des segments, des trucs que jai pris, malaxs. Patrick Modiano. VIII Les personnages principaux

    VIII.1 Le narrateur Le narrateur sappelle Jean, mais nous napprenons son prnom que tardivement. Nous ne saurons jamais son nom. Nous ne savons pas grand-chose de lui, mais nous pouvons tout de mme lui attribuer trois schmas, trois vies, selon les poques. Tout dabord, il y a un peu plus de sept ans partir du temps de la narration, il tait photographe et vivait la Varenne St Hilaire. Il tait sur un projet de livre sur les plages fluviales du Val de Marne. Et cest cette poque quil rencontre Sylvia. Lorsquil fuit Nice, il passe son temps se cacher. Il lit beaucoup le journal ou des romans policiers. Il vit avec Sylvia dans un meubl la pension St Anne, rue Caffarelli. Il se sent seul, pi et pris au pige. Puis vient le moment o il nous raconte lhistoire, c'est--dire dans un prsent de narration. Il est toujours Nice, il vit dsormais dans une chambre anciennement de lhtel Majestic, rue Cimiez. Il est directeur dun garage qui menace de bientt fermer ses portes. Le narrateur est ce moment compltement seul, il ny a plus Sylvia. Il a limpression de stre enterr Nice, et dtre devenu un fantme parmi tous les autres.

  • 12

    VIII.2 Sylvia

    Nous savons trs peu de chose concernant Sylvia de nom Heuraeux ; mais ceci

    sapplique gnralement tous les personnages de Modiano. Nous pouvons procder comme avec le narrateur, c'est--dire tablir un portrait en plusieurs temps, pour Sylvia il ny en aura que deux tant donn quelle disparat par la suite.

    Ainsi pour commencer, lorsque le narrateur nous parle delle au moment de leur

    rencontre, c'est--dire le passage le plus lointain, Sylvia vit avec Villecourt et sa belle-mre Mme Villecourt dans une villa bourgeoise sur les bords de la Marne. Elle prtend tre mari avec cet homme. Elle ne fait pas grand chose de ses journes, elle va en autre se baigner sur les bords de la Marne. Elle ne parat pas tre heureuse et va dailleurs dcider de senfuir avec le narrateur.

    Le deuxime temps, est celui o elle se retrouve Nice avec le narrateur. Elle vit donc

    avec lui, dans le meubl de la pension St Anne. Nous nen napprenons pas plus sur Sylvia, mais nous pouvons dduire certains de ses traits de caractre. Par exemple, nous pouvons remarquer quelle a confiance en elle. Elle est beaucoup moins mfiante que le narrateur, cest dailleurs, elle qui, souvent le rassure rien que par sa prsence. Elle parle franchement. Elle semble tre mince, le corps gracile et mouvant , et le narrateur nous parle souvent de sa peau douce , de ses vtements et de son parfum. Elle sest enfuie du Val de Marne en emmenant avec elle le diamant la Croix du Sud quelle ne quitte plus, elle le porte toujours autour du cou avec une certaine dsinvolture, et elle ne peut pas sempcher de le porter la bouche.

    VIII.3 Frdric Villecourt

    Nous allons faire comme pour les autres personnages principaux. Nous allons tablir

    trois portraits pour Villecourt. Tout dabord, rappelons quil se nomme Frdric Villecourt, Sylvia le surnomme le russe collant .

    Dans un premier temps, il vit au Val de Marne avec Sylvia et sa mre. Il semble avoir

    des relations quelque peu difficiles avec cette dernire. Mais il soccupe tout de mme des deux chevaux de sa mre quelle fait courir Vincennes. Il parat avide dargent, et dsire acheter la Croix du Sud pour la revendre plus chre et ainsi faire un bnfice. Il est dailleurs en dsaccord avec sa mre sur ce sujet. Jean nous le prsente comme tant brun, de petite taille et denviron trente cinq ans. Il vouvoie sa mre. Sagit-il de nouveaux riches ? De truands ? Lagression physique quil infligera Sylvia, prcipitera leur fuite. Le narrateur exprime un certain dgot pour Villecourt.

    Dans un second temps, Villecourt rapparat Nice, au moment o le narrateur et

    Sylvia viennent de sy rfugier. Il a une attitude trange, il veut absolument discuter, il sautille sans arrt, puis disparat.

    Enfin, nous le retrouvons quand le narrateur nous rapporte les faits, c'est--dire quand

    il le rencontre sept ans plus tard. Villecourt travaille alors pour France cuir, il est commissionnaire et vend des manteaux sur les marchs, dont celui de Nice. Il loge dans un htel, 5 avenue Bosquet Antibes pour son travail. Il a, semble t-il, compltement chang, il

  • 13

    est devenu lombre de lui-mme , dcourag, sans vitalit, et doux. Il prtend ce moment navoir jamais pous Sylvia par lchet, version diffrente de celle de la jeune femme. Mais il ajoute que Sylvia na toujours aim que lui.

    VIII.4 Les Neal

    Pour ce couple, nous allons procder diffremment que pour les autres personnages.

    Nous allons aborder deux facettes compltement diffrentes : celle que nous connaissons, puis leur vritable identit qui reste floue.

    Pour commencer, lidentit quils se donnent lorsquils rencontrent Sylvia et le

    narrateur. Lui est amricain, est sappelle Virgil. Il dit avoir pass son enfance Nice et Monaco. Elle est anglaise, mais leve sur la cte dAzur, elle se prnomme Barbara. Ils disent habiter deux trois mois par an Nice, la villa chteau dAzur , et le reste du temps Londres et New- york. Ils auraient une affaire de parfums et de produits de beaut aux Etats-Unis, et voudraient dvelopper la firme Tokalon, sur la Cte. La femme de Neal voudrait dailleurs ouvrir un institut de beaut. Ils rencontrent donc Sylvia et le narrateur sur une terrasse de caf, et sont tout de suite trs avenants avec eux. En effet ils leurs proposent de les aider trouver un logement, de les inviter chez eux, et de les sortir. Bien entendu, ceci veille les soupons du narrateur, qui ne pourra sempcher de se sentir menac. Le couple Neal semble sintresser tout particulirement la Croix du Sud, et devient des acheteurs potentiels. Virgil Neal parlera prix avec le narrateur car il voudrait lacheter pour le faire monter en bague et loffrir sa femme. Malgr la mfiance du narrateur, les Neal deviennent le seul lment de sociabilit des deux amants, et ces derniers les considrent mme, un moment, comme les seules personnes chez qui ils peuvent se rfugier pour fuir Villecourt si celui-ci devenait trop entreprenant. Les Neal utilisent souvent une voiture immatricule Corps Diplomatique, et prtendent quun ami leur aurait prte, mais ils utilisent aussi une autre voiture, ce qui trouble le narrateur. La maison quils occupent, elle, semble appartenir lambassade Amricaine, mais des zones dombre subsistent ce sujet.

    Petit petit dans le roman, nous comprenons que les Neal ne sont pas ceux quils

    prtendaient tre. En effet, nous apprenons, par lintermdiaire de lenqute que mne le narrateur, que le couple aurait menti sur toute la ligne. Virgil Neal ne se nomme pas ainsi, mais Paul Alessandri. Il est en ralit, le fils du jardinier des vrais Neal. Il nest donc pas riche, et dans lincapacit dacheter un diamant comme la Croix du Sud. Nous apprenons quil fut tour tour, groom au Ruhl, changeur au casino municipal, barman, manadier en Camargue, et quil a fait de la prison. Mais le narrateur napprend tout ceci quaprs la disparition du couple et de Sylvia. ()

    Ce qui ressort de ceci, est le fait que le narrateur est sans arrt entrain de se demander

    si il doit dire la vrit son sujet, alors que les personnes quil a en face de lui inventent de toutes pices leur identit. Nous retrouvons aussi ici, toute lambigut que Modiano insre dans ses romans propos de lidentit. Effectivement, dans Dimanches dAot , les identits sont trs floues et surtout parfois errones comme dans le cas des Neal et nous amne avancer dans lintrigue.

  • 14

    IX Les personnages secondaires Les personnages secondaires ne sont pas nombreux, et nous pouvons remarquer que la plupart du temps ils ont un rle dinformateurs.

    IX.1 Mme Villecourt La mre suppose de Frdric Villecourt vit donc avec son fils et Sylvia (dans le pass), elle possde des trotteurs quelle fait courir Vincennes. Elle a une soixantaine dannes, et vit donc avec son fils et Sylvia sur les bords de la Marne. Elle a de largent, mais selon Villecourt, ce nest pas une femme facile et elle menacerait de couper les vivres son fils si il pousait Sylvia. En effet, elle semble impressionnante, pleine dautorit, et exprime un certain mpris envers son fils. Elle parlera de la mort trange de lacteur Aimos au narrateur. ()

    IX.2 M. Cond Jones Consul amricain qui vit dsormais dans le chteau Azur. Le narrateur le rencontre lorsquil retourne la villa, que les Neal, soit disant, occupaient auparavant. Ce personnage devient aussi un informateur. Il se renseignera sur la villa et ses derniers occupants afin daider le narrateur. Il lui fournira dailleurs des lments trs importants qui permettront Jean de comprendre un peu mieux qui taient ces Neal. Cond Jones vit depuis six mois dans la villa quand le narrateur le rencontre, et il quittera Nice peu de temps aprs. Il semblait ne pas faire grand-chose, de vivre lui aussi dans une grande solitude. IX.3 Le photographe de la plage Ce personnage est un informateur trs important. En effet il donne au lecteur un renseignement crucial, la vritable identit de Neal. Le narrateur rencontre une nouvelle fois le photographe et linvite boire un verre. Il lui montre alors la photo quil avait prise quelques mois auparavant. Le photographe reconnat immdiatement Neal. Il a pass son enfance avec lui Nice. Il peut ainsi expliquer Jean que Neal est en ralit Paul Allessandri.

    IX.4 Ren Jourdan

    Ami de Villecourt, qui connat la personne qui cherche se dbarrasser dun diamant appel La Croix du Sud. IX.5 Raymond Aimos Truand bavard liquid aprs la guerre, tmoin gnant.

  • 15

    X Objets, motifs et fond

    X.1 Les voitures

    Celles-ci reprsentent un objet ambigu du roman. Nous apprenons ds le dbut, que le narrateur est directeur dun garage. Mais lorsque nous entrons dans le roman, nous nous rendons compte, que la voiture devient objet de peur et de menace. Tout dabord la voiture des Neal est immatricule CD corps diplomatique , ceci amne le narrateur se mfier, dautant quil lavait dabord prise pour une voiture de police. Par la suite, cette voiture continue de lintriguer car ses conducteurs ont une certaine tendance rester lintrieur sans le contact, et ne redmarre que de longues minutes plus tard. Cette immobilit interpelle le narrateur. Ce dernier a dailleurs peur, un peu plus loin dans le roman, que les portes arrires de la voiture soient verrouilles et quil ne puisse plus sortir.

    Outre de susciter de la mfiance, les voitures reprsentent aussi un point de repre pour notre narrateur. En effet, lorsquil passe devant la maison des Neal, il regarde si la voiture immatricule CD sy trouve. Dailleurs cette voiture restera toujours dans le jardin de la villa, mme lorsque les Neal ny seront plus. Ce vhicule est une autre faon de dambuler dans Nice, peut-tre de sen chapper. Cest aussi le point final de laventure. Nous perdrons dfinitivement la trace de Sylvia et des Neal puisque la voiture disparat.

    X.2 Les jardins publics

    Nous arrivons dsormais un objet totalement oppos toute ide de peur, car au contraire il va sagir de parler de lieux qui semblaient rassurer le narrateur : les jardins publics. Effectivement, ces parcs reviennent trs frquemment dans le roman. Le narrateur sy promenait souvent avec Sylvia, et encore seul maintenant. Nous pouvons relever les jardins dAlsace- Lorraine, Albert 1er ou encore jardins des Arnes. Ces lieux reprsentent des moments de srnit. Le narrateur semble se sentir bien : on se sentait bien, en scurit et nous nattirions lattention de personne p.63. Nous nous apercevons rapidement que le narrateur se dirige dans ces parcs comme pour faire une pause dans cette interminable sensation dtre pi et oblig de se cacher. Le temps est suspendu pendant ces courts instants. Lorsquil nous dcrit ces passages, il dcrit souvent des toboggans et des balanoires qui sont installs et des enfants qui jouent, se laissant aller penser que Sylvia et lui pouvaient, eux aussi, avoir des enfants qui samuseraient dans ces jardins. Mais ce ntait pas le cas.

    X.3 Les odeurs

    Les odeurs sont paradoxales, elles peuvent dgoter le narrateur en lui rappelant cette sensation de pourrir sur place et en mme temps elles le rassurent. Quelles soient bonnes ou mauvaises, elles constituent un point dancrage, comme un repre. Le narrateur nous parle de lodeur de moisi qui mane de la chambre de la pension St Anne dans laquelle il a dcid de se rfugier avec Sylvia. Il dira dailleurs que cest la mme odeur qui flotte dans sa chambre actuelle : lhumidit et la moisissure. ()

  • 16

    Pour finir sur ce thme, nous pouvons noter que les odeurs apparaissent aussi de manire neutre comme le parfum des feuillages mouills p.69, cest une manire de faire ressortir les sensations du narrateur. Effectivement toutes ces allusions aux diffrentes odeurs ou parfums, font rfrence son tat desprit du moment.

    X.4 La photographie

    La photographie est un objet trs important lui aussi car il reprsente un lment dcisif pour lhistoire.

    Pour commencer, nous savons que lancien mtier du narrateur est photographe, et mme photographe dart. Ce qui est une premire chose importante. Elle constitue une part de lidentit du personnage principal, et pose ainsi la base de cette thmatique. Cest ce premier lment qui donne toute son importance au fait que la photographie rapparaisse dans le roman. Cest ainsi, que le narrateur rencontrera Sylvia, sur les bords de la Marne, alors quil travaillait sur un livre retraant les plages fluviales des environs de Paris. Ainsi, cest par la photographie, que le narrateur fait la rencontre majeure qui entrane et justifie toute lhistoire. Par la suite, la photo va servir au narrateur comme un indice, ou mme de preuves. Car en racontant toute son histoire avec Sylvia Nice, il mne aussi une sorte denqute. Et la photographie va tre utile plusieurs reprises. Tout dabord lorsquil retrouve la photo prise par le photographe de la plage et quil la montre celui-ci, cela lui a permis didentifier les Neal. Puis une seconde fois, il fouille ses anciennes photographies de la Marne, et remarque que sur lune dentre elles, il peut reconnatre Villecourt assis aux cts de Neal. A chaque fois, la photographie permet didentifier les personnages importants du roman, des moments cl, en loccurrence lorsque le narrateur se mfie de lidentit des Neal. Il est aussi important de noter, qu chaque fois, il semblerait que les photographies avaient t compltement oublies, et que dun seul coup elles ressurgissent.

    X.5 La place de lHistoire dans le roman

    Contexte historique : Nous glanons les indices temporels au gr du roman. LHistoire est chercher dans lhistoire, la narration. Nous sommes aprs la seconde guerre, puisque Cond-Jones, le Consul amricain nous explique que sa villa avait t rquisitionne par larme amricaine aprs avoir t mise sous squestre en 44. La propritaire avait eu une relation avec un collaborateur, un certain Virgil Neal. Nous retrouvons les tourments de la collaboration, si souvent prsents dans luvre de Modiano. Ici se sont des voleurs, les usurpateurs de lidentit de ces amants qui ont travaill avec lennemi. Il est difficile de dater le temps de la narration. Les annes soixante dix peut-tre. Le faux Virgil Neal, le fils du jardinier nous permet de dater approximativement le rcit. Le narrateur rencontre Villecourt boulevard Gambetta Nice, sept ans aprs la disparition de Sylvia. Ce qui nous indique que lerrance de Jean est de cette dure.

  • 17

Recommended

View more >