7693576 Cours de Magnetisme Personnel Developpement Personnel

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Henri DURVILLECOURSDEMAGNTISMEPERSONNELEducation de la volontMagntisme exprimental et curatifHypnotismeSuggestion verbale et mentaleThrapeutique suggestive6e dition 60e milleHenri Durville, imprimeur-diteur23, Rue Saint Merri, 23Paris (IVe)A la mmoire de mon pre, Hector DurvilleQui ma indiqu la voie du bonheur,En tmoignage de reconnaissance ;A ma femmeAvec qui jai vcu ces pages,En tmoignage dune affection profonde ;Je ddie ce modeste essai.1imageHenri DurvilleAPPELViens. Ecoute, Tu vas entendre une voix amie te dire de toute sa force ce que tu doissavoir pour tre toujours heureux. Sache-le. Il est quelqu'un qui t'aime plus que tu nepeux t'aimer toi-mme, qui veut veiller sur toi, crer en toi toutes les puissances que turves de possder. Ecoute-le. L'heure est unique. Ne la laisse point fuir. Ouvre tesoreilles, ton intelligence et ton cur.Tu sais qu'il y eut des martyrs qui marchrent la mort en chantant, qui riaient aumilieu des plus affreux supplices, qui se dclaraient heureux de souffrir, et qui nesentaient la venue de la mort que comme celle d'un parfum divin.Leur secret, tu veux le savoir ? Ecoute-moi.Veux-tu vaincre ce qui t'empche de raliser tes rves ? Veux-tu triompher de tontemprament, de ton ge, de ta condition, de ta pauvret, de toutes tes faiblessesphysiques, intellectuelles, morales ? Ecoute-moi.Apprends-le: toutes tes tares, toutes tes insuffisances, toutes tes dbilits ne sont rien,si tu sais vouloir. Or, moi qui te parle, je connais le secret de cette volont souveraine.Ce secret, je puis te le communiquer. Je veux faire de toi un tre qui sent en lui tous lespouvoirs, et qui n'en use que pour le bien de ceux qui l'entourent ou qui l'approchent.Dsormais, ne crains rien, ni personne. Tous tes rves, tu peux les raliser. Tusouhaites la sant, le bonheur, le succs, la srnit, l'amour, la puissance. Tout ce que tudsires, tu l'auras, et bien des choses plus grandes et plus merveilleuses encore que toutescelles que tu peux entrevoir aujourd'hui. Au-del de ton horizon, je t'ouvrirai d'autreshorizons plus sublimes plongeant sur un infini toujours plus vaste et plus beau.Et cette marche o tu lveras les voiles de tous les mystres qui t'entourent et de tousceux que tu sens en toi, elle n'aura rien de mystrieux. Pour te rendre toujours plus fort,toujours plus heureux, je t'apprendrai te connatre, puiser pleines mains dans lestrsors dposs au fond de toi-mme par tous les grands chefs, par tous les grandsesprits, par tous: les grands artistes, par tous les grands saints. Salue ta noblesse ! Tuportes en toi la pense d'une foule de grands anctres. Tu es, sans le savoir, le Fils detous ceux qu'on admire et qu'on vnre. Tu dois tre le Pre de tous ceux que rvreral'avenir.Mais tes titres et tes armoiries, tu les as gars. Il faut que je t'aide les retrouver, lesrestaurer. Compte sur moi. Je ne manquerai pas ma promesse. Jure-moi que tu nemanqueras pas la tienne. Sr de toi, de ton nergie que je dcuplerai sans cesse, je vaist'apprendre d'abord quelles forces: tu portes en toi, ensuite comment tu en devras userpour te rendre matre des forces qui t'entourent. Le pacte est conclu. Marchons ensemblevers le plus grand bonheur !2PRFACELe but de l'tude que nous entreprenons ici est avant toute chose de se perfectionner,d'veiller et de sentir en soi des qualits plus nobles, des forces plus puissantes, d'obtenirun quilibre nouveau pour nous de ces puissances que nous avons peinesouponnes et qui, en se dveloppant, prennent une extension que nous n'aurions puauparavant comprendre; par ce moyen, on arrive concevoir le but de la vie avec uneconscience claire qui nous carte des mobiles gostes que nous avions eus jusqu'alors.Quels sont ceux qui se proccupent de cette culture psychique ? Beaucoup, victimesde leurs impulsivits, viennent nous demander de leur donner le contrle sur eux-mmes,cette matrise de soi qui est une qualit fondamentale de l'tre humain; c'est l un butexcellent. Mais ce n'est pas celui de tous les curieux des questions psychiques.Nombreux sont ceux qui s'intressent ces tudes pour des buts dnus de toutenoblesse. Les uns sont des personnes dlaisses qui esprent susciter l'amour, ramener elles l'objet aim. Elles veulent demander au psychisme le secret du charme sducteur, del'irrsistible attraction pour garder jalousement leur proie, pour l'asservir, la mater.D'autres ont vu un hypnotiseur de casino faire manger une pomme de terre crue unpauvre nvros en lui affirmant que c'est un fruit dlicieux et ce moyen de domination lesenchantent. En leur rve chimrique, ils veulent se rendre les matres du monde, blouir,forcer les regards, dompter tous ceux qui les entourent, se faire une petite royaut par lepsychisme.Certes, la connaissance des lois psychiques donne le secret du charme, de l'attraction,du pouvoir, de la domination des volonts, mais, qu'on ne s'y trompe pas et nouscroyons utile de prvenir le lecteur ds le dbut de cet ouvrage la possession despouvoirs psychiques ne saurait servir assouvir de mauvaises passions.Notre Cours de Magntisme personnel est une uvre essentiellement morale.L'tre qui veut avancer doit, avant tout, ce mieux connatre, purifier son corps, assainirson me, emplir son cur des sentiments les plus levs, en bannir l'gosme et lajalousie, le ressentiment, la rancune et surtout cette ide de domination si funeste ceuxqui ont acquis une supriorit psychique. Ce n'est qu' ce titre que l'on peut esprerpossder pleinement ces pouvoirs rels et sublimes qui font des tres suprieurs. Ce n'estqu'aprs ce perfectionnement de sa personnalit que l'on peut compter rayonner autour desoi pour des uvres utiles, pour gurir, clairer autrui.A mesure que l'on avance dans cette ascension, le champ de vision s'largit; l'esprit,plac plus haut, juge diffremment. L'tre en voie de dveloppement, se dpouille desmauvais apports du pass, des souvenirs haineux, des impressions pnibles. De la visiondu dtail qui ne lui montrait les choses que par leurs dfauts, il arrive ces vuesd'ensemble qui nous font dcouvrir les harmonies. On est plein de forces et la vie vousapparat belle !Auparavant, on souffrait de l'gosme des autres; on rvait de leur rendre les ennuisqu'ils avaient causs. Maintenant, on se rend compte que les travers dont nous avonssouffert par eux sont infiniment transitoires et l'on aime celui qui n'a pu encore sedlivrer de ces mesquineries qui nous ont quitts. On n'est plus tourment par ces3rancunes, ces bouderies d'autrefois. Le cur se fait inaccessible ces petitesses. Il amaintenant des joies plus hautes et plus belles, et il n'en conoit pas d'orgueil. Cespectacle de la beaut, ces harmonies qu'il dcouvre ne sont pas lui plus qu' un autre etce bonheur, son rve est de le donner tous.Le gain sera-t-il son but ? Non. L'argent, certes, est utile pour le bien-tre au foyer,mais ce n'est pas en lui que le bonheur rside. Celui qui sait, gote une joie plusmagnifique. Il possde un monde inconnu o il se retire sitt qu'il lui plat. Il ne sedtache pas de la vie, mais il peut s'en abstraire dans sa claire tour d'ivoire dont il nedescend que pour aider ceux qui souffrent.Ce changement profond nat d'une vision diffrente de la vie. On sait maintenant quetoute vie est transitoire, qu'elle est un perptuel recommencement, un enchanement decycles qui se continuent. On le sent en soi-mme. Comme les changeantes saisons quisuivent leur rythme immuable, on a subi les heures tristes de lhiver, on a got les vertesesprances d'un printemps plein de joies; on savoure la riche closion de l't; et le journ'est pas loin o viendra l'automne riche des fruits de nos travaux.Cette closion entrevue produit une modification profonde dans notre esprit et dansnotre cur.Tout d'abord l'esprit s'largit. Il voit maintenant le vritable but de la vie. Pourquoidsirer dominer ? Quel profit en tirerions-nous dans les tapes successives des cycles quenous avons encore parcourir ? Ce qu'il faut, c'est mieux se connatre, s'tudier dans lesmanifestations de ses forces et de ses sentiments. Cette tude est pleine de joies et ellenous est si profitable ! Le cur qui se jetait vers n'importe qui avec une absurdeconfiance, ne s'ouvre plus qu' ceux qui le mritent. Il ne demande qu' se donner. Mais,dirig, il apprend juger de ses mobiles, rfrner ses impulsivits. Il a perdu le dsirtyrannique de l'asservissement; ses sentiments sont altruistes, parce que l'on connat cettencessit de hter notre volution qui est le but rel de la vie. Ce programme est vastecomme le but qu'il entrevoit; il demande celui qui l'enseigne des directives pour toutela vie. C'est ce que, nous avons dvelopp en quatre ouvrages qui constituent autantd'tapes vers le perfectionnement.Dans le premier, notre prsent Cours de Magntisme personnel, nous nousproccupons de rtablir l'harmonie entre les lments qui composent l'tre humain, decrer en lui une merveilleuse synthse, de mettre chacun mme de maintenir sa santphysique et morale, d'acqurir des facults plus solides (attention, jugement, associationd'ides, mmoire, volont). Nous indiquons le moyen d'acqurir la matrise de soi, demettre un frein tout ce qui peut tre une cause de trouble et de dsharmonie dans lamachine humaine qui demande qui la veut comprendre un maniement plus dlicat.L'tre fort, matre de soi, moralement et physiquement sain peut, quand il est parvenu ce calme ncessaire, chercher utiliser son pouvoir. Le Magntisme, l'Hypnotisme et laSuggestion lui en procurent le moyen et il les utilise avec la certitude du bien accomplir.D'autre part, la connaissance des Hauts phnomnes du magntisme: lucidit,intuition, ddoublement, extriorisation de la force psychique, lui permet de mieux sentirla complexit de l'tre humain et de chercher de toutes ses forces lui donner ou lui4rendre son entire harmonie.C'est notre premire tape et, bien que ce soit un travail considrable et qu'il nous aitdj donn des rsultats dont nous avons lieu de nous montrer satisfait, nous laconsidrerons seulement comme le dbut d'une action plus grande et plus gnrale.Dans notre livre Voici la Lumire (Voici la Lumire, in-16 de 237 pages (30e mille),nous avons montr que deux voies bien diffrentes donnent accs au Temple de laperfection.Ces deux voies sont l'Esprit et le Cur. S'il est indispensable de faire panouir l'espritau soleil de la Vrit, de le doter de toutes les qualits suprieures, l'closion du curn'est pas moins ncessaire ! Mais, combien peu d'ducateurs comprennent l'utilit de ledvelopper sous une forme vritablement rationnelle et pratique ! Cette partie sincessaire de l'ducation psychique est, en gnral, nglige.Et, cependant, chacun a souffert par le cur ! Combien ont aim et se sont trouvs enproie aux tourments du cruel amour ! Leurs sentiments gnreux, leur tendresse quis'offrait spontanment, avec la navet des sentiments sincres, tout cela fut donn enpure perte: ils n'ont rencontr qu'gosme, incomprhension et mpris o ils cherchaientune tendre rciprocit.Ces blesss qui se tranent misrablement coutent d'un air morne celui qui leur dit : Levez-vous, faites appel votre volont ! Que leur importent ces paroles ? Le mal dont ils souffrent est dans un autre domaine.Ce n'est pas avec les remdes qui s'adressent l'Esprit que l'on peut conjurer les tumultesdu Cur; aussi le conseil donn n'atteint-il que bien rarement son effet. Pourtant, on peutgurir les tourments d'un cur ulcr. II ne faut pas juger tous les sentiments sur uneseule et funeste exprience, mais acqurir la matrise des impulsivits de son cur, afinde juger plus sainement l'tre que l'on a aim. On voit alors que l'on a eu tort dedemander une me frivole, un cur lger des sentiments profonds et solides, deseffusions sincres qui ne sont pas dans sa nature. Cette connaissance de l'tre aim nedfleurit ni ne dpotise l'amour, mais le fait fleurir au contraire en joies superbes quemagnifie encore la douceur du pardon. Ce que l'on avait cru irrmdiablement perdu peutrevenir par une attractive volont.Nous ne nous en sommes pas tenus ce seul problme dans Voici la Lumire. Nous yavons pass en revue la plupart des forces qui nous neutralisent, qui conduisent l'trehumain au bord de l'abme: la passion du jeu, l'insuccs tenace qui n'est jamais sanscause, les affres de l'absurde et cruelle jalousie, l'ombrage, la folie des sens, lesimprieux dsirs du cur qui nous dominent et nous rendent sans forces, les attractionscrbrales ou sentimentales avec tout leur cortge de troubles, de dpressions, d'idesnoires, de dcouragement.Mais rien ne prvaut contre la Lumire; par elle, toutes les Ombres se dissipent et cetteLumire nous vient quand nous connaissons rellement les Forces qui sont en nous etautour de nous, tout prs de nous, notre porte, quand nous savons comment y faireappel. Alors peut commencer une nouvelle vie, car nous possdons le moyen de trouverdes appuis dans ces forces, de raliser nos plus secrets dsirs et nous savons aussi dans5quelle mesure nous sommes en droit et en possibilit de faire ce qui nous convient.Tous les lments du vritable bonheur nous entourent. Il ne tient qu' nous depossder et cela sans nuire personne la Joie, le Succs, la Sant.Voici la Lumire en montre la voie.Ce livre vous fera connatre ces forces amies que vous cherchez. L, vous trouverezdes exemples que nous avons tirs de notre exprience journalire et qui montrent qu'iln'existe pas de courant si fort et si mauvais qu'on ne puisse le rompre, de malheur sitenace qu'on ne puisse le neutraliser, de chagrin qui ne trouve son allgement, de douleurqui, la tin, ne s'apaise transforme en joie.La Rflexion et la Douleur sont les aiguillons qui nous font avancer. Elles nousparaissent pnibles et ce sont elles qui nous aident. La peine qu'elles nous imposent nousdtache des gosmes qui nous retiennent prs du sol; ce sont elles qui nous permettentde nous lever. Heureux qui a souffert, mais qui a souffert en connaissance de cause, carce n'est pas tout que subir la loi de la vie, il faut en comprendre la beaut, l'utilit notregard. Alors nous apparat la Loi de Justice de Karma disent les bouddhistes quiprside notre Evolution, qui marque les tapes que nous devons franchir pour en arriver cette perfection vers laquelle tout doit tendre. C'est cette partie du problme que nousavons envisage dans Vers la Sagesse (Vers la Sagesse, in-16 de 152 pages (3e dition,30e mille). ). L, nous dirigeons l'adepte vers les hauts sommets, dans la lumire ternellequi les environne. Tous les pas conduisent vers cette cime merveilleuse qui est larcompense du Sage car il y trouve toutes les joies que souhaitent son esprit et son cur.Ce sont des joies plus hautes que toutes les douceurs humaines, car tous lesenchantements de lintelligence se joignent toutes les ivresses du cur apais parl'indulgence et la bont.Ces tapes, d'autres, avant nous, les ont parcourues. Ils ont vaincu toutes les preuvespour obtenir cette couronne qui est celle du vritable initi. Dans le pass, depuis lesges les plus lointains, des tres humains, avec les faiblesses et les tares de la naturehumaine, se sont levs par le perfectionnement constant de leurs sentiments et de leursfacults au-dessus de l'humaine faiblesse. Ces hommes sont les initis des temps antiqueset modernes. Le travail qu'ils se sont impos sous une direction lucide les a dous depouvoirs qui se trouvaient en eux dj, mais qui se sont dvelopps par un entranementmthodique. Cet entranement a toujours eu pour but la domination des impulsivitsanimiques et sentimentales. Mais ceux qui avaient mrit de franchir le seuilredoutable, les portes de la Lumire taient ouvertes, de graves Secrets taient enseigns.C'est ce que nous exposons dans notre ouvrage La Science secrte (La Science secrte,grand in-8 de 896 pages, avec figures (30e mille) qui met le nouvel adepte encommunion entire aussi bien avec les Forces caches de la Nature qu'avec la traditioninitiatique reliant, travers les ges, les Sages de tous les temps et de tous les pays.Depuis les poques les plus loignes de la Chine immmoriale jusqu'aux Rose-Croix et aux Francs-Maons de nos jours, cette tradition a t constante et, bien queles diverses coles aient plus appuy sur certains points ou sur d'autres, selon leursprfrences et leurs travaux particuliers, cette doctrine est unique et cependantuniverselle. Nous avons tenu le faire sentir nos lecteurs par un expos aussi complet6que possible de toutes les doctrines religieuses ou philosophiques qui ont port laLumire dans le cur de l'humanit.La Chine, avec des cts pratiques et la recherche toujours plus parfaite de la matrisede soi, a t une des premires montrer l'homme, anxieux de son devenir, quelles sontles tapes de son volution que nous lui faisons parcourir la suite de Fo-Hi depuisl'inerte matire jusqu' linaccessible Nirvana. L'Inde, qui a codifi les lois de cettevolution, en trouve la formule dans les enseignements secrets et publics duBouddhisme. De mme que la Voix du Silence ouvre l'esprit intuitif les mondes lesplus cachs, le Yoga, par un rude sentier, amne les sens dompts en possession depouvoirs secrets qui arrivent dominer les forces de la Nature. L'Egypte, pays de la mort,nous a livr lentement le secret enfoui dans ses tombes et nous trouvons sonenseignement identique aux dcouvertes les plus rcentes, sur la constitution del'homme, sur ses facults caches et le moyen de les utiliser, sur le problme toujoursdbattu de son ternelle volution. Homre, Orphe et Pythagore nous montrent la Grce la recherche du Vrai, dans sa forme artistique, scientifique ou intuitive. Les Mystresd'Eleusis, dans leur rituel symbolique, furent longtemps le sommet de cette initiationdont les poptes furent la fois des Mages et des Sages. Mose et Jsus, l'un dcrtant laLoi inflexible, l'autre la confirmant par l'panouissement d'un cur volontairementsoumis, nous transmettent la pense hbraque et l'initiation chrtienne la fois transmiseet dforme par les Gnostiques dont les Francs-Maons dclarent tre les successeursvridiques. Parmi eux, les Hermtistes se rapprochent davantage de la traditionscientifique des antiques sanctuaires. Tous cherchent, travers les voiles de la matire,une loi suprieure qui nous montre notre chemin.En dveloppant cette tude et suivant sous ses diverses formes l'ternelle initiation,nous avons voulu surtout en venir la dcouverte de cette Loi qui est celle des Rythmeset des Cycles laquelle tout est soumis dans la Nature. Celui qui nous a suivi dans cettetude sait maintenant que ce qui se produit autour de lui est de peu d'importance, queseuls importent le dveloppement de son cur et la clart de son esprit. Dans cette vue,nous dcouvrons devant lui, les forces les plus caches de la Vie universelle. Nous luimontrons, de manire indniable, que rien n'est isol dans ce inonde; que les plusmodestes fleurs sont soumises au mme rythme que les plus lointaines toiles; quel'homme est entour de Forces conscientes, bonnes ou mauvaises, avec lesquelles il luiest permis de se mettre en relations et qui le soutiennent aux heures de lassitude et dedfaillance. Ces Forces, il les trouve en lui sous la forme du Magntisme, de cette Forcevitale qu'il peut dvelopper, extrioriser, transmettre mme, pour gurir ceux quisouffrent, rconforter ceux qui se trouvent dprims et dcourags. Ce magntisme agitsur l'tre humain en dveloppant les immunits naturelles. Celui qui sait peut donner sapropre force l'tre affaibli, lui infuser son nergie vitale.De cette transfusion, nous donnons des exemples aussi indiscutables que typiques etnous affirmons, ici encore, que tout tre sain et bien quilibr peut devenir unmagntiseur, un gurisseur. Nous revenons aussi plus en dtail, sur le pouvoir de lapense. Dans la vie mentale, la pense est l'lment essentiel et nous enseignons l'utiliser sous forme de suggestion: suggestion en rafale, suggestion impose, suggestionraisonne, suggestion indirecte, suggestion motionnelle.Comme nous le disions plus haut, nous dveloppons aussi le sentiment, de telle7manire qu'il ne soit pas un obstacle mais une aide dans le perfectionnement de l'esprit.L'Adepte ainsi guid atteint aux plus hauts sommets de l'intuition et plonge dans desconnaissances interdites au profane. La Lumire, la Paix, les Pouvoirs suprieurs sont larcompense de ses efforts. La voix de l'Eternel se fait entendre dans la paix silencieusede son cur.Pour ceux qui dsirent aller plus loin, nous avons ouvert un Centre Initiatique (Leprogramme du Centre initiatique est envoy sur simple demande adresse M. HenriDurville, 23, rue Saint Merri, Paris, 4e (joindre 50 cent. pour frais de poste) ol'enseignement oral permet de lever tous les voiles.Nouvel lve, si tu veux acqurir les sublimes connaissances, mets-toi au travail !Tu es peut-tre venu au Psychisme dans des intentions gostes. Tu veux des pouvoirs;tu les auras, mais tu n'en feras pas l'usage auquel tu t'tais attendu. Ces pouvoirs sont lprs de toi; ils sont plus merveilleux mille fois que tu n'avais imagin. Avancersolument vers leur possession; d'autres t'y ont prcd et t'ont facilit la voie. Tuatteindras le but, un but plus haut et plus noble que celui que ton ambition ou ton dsir teproposaient.Pour devenir fort, puissant, tu vas renoncer toute pense mesquine. Ne cherche pas dominer, asservir. Tout gosme se retourne vers celui qui s'y est donn. Qui frappe del'pe prira par lpe. Avant de demander des ralisations, cherche mieux teconnatre; avant d'esprer des rsultats pratiques, acquire plus de qualits, plus defacults, une volont calme et doue, la srnit qui est le gage de ta russite, car avanttoute chose, la paix doit tre en toi. Ce que tu pourras acqurir est proportionn toncalme. Sois sans crainte, sans passion et sans colre, tu es certain de russir.Allons, ami, au travail !Quelles que fussent tes peines, eusses-tu commis des fautes, ce n'est pas moi d'enjuger. Je viens, porteur de la bonne nouvelle ! Je veux faire de toi un tre sain,vigoureux, plein de qualits. Prends donc confiance, relve la tte !Ne me dis pas, ne crois pas surtout que le but est trop loign; que sur ta route setrouvent des obstacles bien au-dessus de ta force. Je suis prs de toi pour t'aider. Marche,avance rsolument. Lve la tte vers le ciel o parat une nouvelle aurore. Le jour va selever; un nouveau cycle commence pour toi dans un monde rajeuni par des flots de vivelumire. Le jour qui vient est celui o tu vas faire tes premiers pas vers le bonheur, versla matrise, vers les sommets enfin conquis o tu trouveras ce que tu cherches: laplnitude de ton tre, manifeste par des actes qui rempliront ton cur de tendresse etton esprit de l'ineffable joie de la science acquise et du devoir allgrement accompli.Comment a t compos ce Cours.En publiant la sixime dition de notre Cours de Magntisme personnel, nous croyonsutile de rappeler comment nous avons t amen publier ce travail.8Notre enseignement tait tout d'abord individuel. Nous crivions personnellement chacun de nos lves. Ils nous rpondaient et leurs lettres nous montraient ce qu'ilsavaient saisi de nos conseils, ce qui leur chappait encore. Nous clairions leursobscurits, nous levions leurs doutes, nous rpondions leurs objections. A mesure quele nombre de nos lves s'est accru, nous avons constat que certaines lettres, qui taientncessaires chacun, pouvaient, sans inconvnient, tre les mmes pour tous. Nous leuravons donn le nom d'Instructions. C est l'ensemble de ces Instructions, sans cesserevues et remanies, qui forme aujourd'hui notre Cours de Magntisme personnel.Nous avons d peu peu, en raison du succs de nos efforts, substituer une mthodedirecte une mthode collective qui, fonde sur notre exprience dj longue, conservetous les avantages de l'enseignement par correspondance et prsente un intrt nouveau.Notre Cours forme, en effet, un volume de bibliothque facile manier, qui peut treconsult sans cesse. Tandis que des fascicules s'garent ou se dtachent, le livre queforme notre Cours, se conservera jusqu' ce que chaque lecteur en ait tir lasubstantifique moelle. Ajoutez que nous rpondons dans ce Cours toutes les demandes d'explicationscomplmentaires qui, depuis de nombreuses annes, nous ont t adresses. Nous avonsconstat que nous avions parcouru le cycle peu prs complet de toutes ces remarques.D'autre part, nous nous sommes efforc de rendre notre expos beaucoup plus clair, plussimple, plus suggestif.En 1920, nous faisions paratre la 5e dition de notre Cours de Magntisme personnel.Cette dition marquait de srieuses amliorations sur les textes prcdents. Cependant,les difficults d'aprs-guerre ne nous avaient pas permis de raliser tous les vux quenous avions forms, pour la mise au point de cette oeuvre d'enseignement. En raison ducot extrmement lev des impressions, force nous fut, pour conserver au livre un prixqui le rendit abordable chacun, de ne pas dpasser 800 pages de texte. Ces motifs nouscontraignaient remettre plus tard une publication plus complte et rpondantentirement au programme que nous nous sommes trac pour la vulgarisation de tous lesprocds d'entranement et de dveloppement psychique. Nous esprions que le prix dela main-d'uvre et des matires premires venant baisser, il nous serait enfin donn desfacilits pour poursuivre notre tche.Hlas! ces espoirs lgitimes n'ont pas obtenu de ralisation; les conditions dimpression n'ont nullement abaiss leur taux. Nous voici en 1924 et les difficultsd'aprs-guerre, bien loin de s'amoindrir, se sont accrues sans cesse. De jour en jour, lamain-d'uvre est devenue plus coteuse. Cependant, il n'est rien que nous ne fassionspour la propagation des ides qui nous sont chres et que nous considrons commeabsolument ncessaires au dveloppement intellectuel et moral de la socit. Des milliersde lecteurs de nos ditions prcdentes nous ont encourags de leurs remerciements.Presque tous sont devenus des adeptes fervents de nos ides; la plupart se sont livrs une propagande tout amicale et les demandes de notre Cours ont t si nombreuses quenous nous trouvons dans la ncessit de faire une nouvelle impression. Cette 6 dition par laquelle nous atteignons le chiffre de 60.000 exemplaires marque pour nousune nouvelle tape. Cette large semence jete tous les vents et qui s'parpille tous lescoins du monde nous a donn dj d'abondants rsultats; et c'est avec joie que nousconstatons aussi bien les fruits dj mrs que la verte promesse des feuillages peine9clos. Ces constatations nous donnent l'appui moral ncessaire l'effort nouveau quenous intentons pour faire paratre cette 6e dition qui ne comportera pas moins de 1.200pages de texte et que nous laisserons un prix relativement trs rduit. Tous ceux, parminos lecteurs et amis, qui se sont occups d'impressions savent combien peut revenir untravail si considrable.L'dition que nous vous offrons a t prpare avec un soin tout particulier:Le texte en a t compltement refondu. Il n'est pas de chapitre, de paragraphe mme,que nous n'ayons retouch pour ajouter de nouvelles prcisions, des dtails pluscirconstancis, afin que plus de clart, une pense toujours plus nette se prsente l'esprit de ceux qui viennent nous pour recevoir l'instruction psychique, si utile l'panouissement de leurs facults physiques, intellectuelles et morales.Nous avons ajout de nouveaux chapitres. Parmi les anciens, ceux qui nous semblaientinsuffisants ont t compltement repris et refaits. D'autres, nous ont paru rpondreinsuffisamment notre but; nous les avons donc modifis ce point de vue,compltement refondus, retouchs, complts. Enfin, il nous a paru qu'il ne suffisait pasd'tre clair dans l'expression et complet dans l'enseignement. L'utilit suggestive del'image est de plus en plus considre par nous comme un merveilleux appoint dans laformation intellectuelle de l'tudiant psychiste. Cette constatation nous conduit adjoindre cette nouvelle dition un grand nombre de gravures nouvelles; puissent-ellespermettre nos lecteurs de s'imprgner plus profondment de notre pense.Tel est, en effet, notre programme:Nous dsirons, de toute manire, apporter sans cesse nos lecteurs une lumirecomplte.Enfin, et c'est peut-tre la nouveaut la plus caractristique de la prsente dition, nousavons agrandi notre objectif. Notre programme se prsente nous avec des vises plusvastes, des horizons toujours plus tendus. C'est que, depuis la date o parut la premiredition de notre Cours de Magntisme personnel, nous avons suivi sans relche lesprogrs de ceux qui aspiraient se dvelopper suivant nos mthodes, et que nous avonsle constant dsir de les soutenir afin de leur viter toutes les pierres du chemin.Les ignorants imaginent qu'enseigner dvelopper sa volont, c'est forcment nuire tout sentiment, donner libre carrire l'gosme, crer des arrivistes qui ne possdentplus de cur ni de sensibilit. A cela aussi, nous avons voulu rpondre, car c'est uneaccusation contre laquelle on ne saurait protester avec trop de force. Au cours de cesdernires annes, nos uvres: Vers la Sagesse, Voici la Lumire et la Science secrte onttendu montrer quelle ncessit il y a pour l'adepte de se dvelopper, mais surtout dansle but de venir en aide chacun.Ce serait un bien mdiocre idal, pour une formation si complte, que l'obtention deplus d'argent ou de titres honorifiques ! Celui qui considre ce monde comme il le doit,c'est--dire comme le champ de son volution ou il doit fleurir et porter des fruitsternels, celui-l comprend que le vritable dveloppement, c'est de devenir meilleur.Celui qui, ayant acquis des forces sait s'en servir pour briser le cercle troit des affectionsgostes, des intrts, des cupidits, celui-l est sur la vritable voie, celui-l considre lavie sous son vritable jour. Ds lors, notre existence actuelle nous apparat comme uncourt passage qui ne peut nous servir qu' la possession d'une vie d'autant meilleure,10illumine de plus ardentes vrits, de joies plus suaves dans la charit fraternelle que,voyant d'ensemble le prsent, le pass et l'avenir, nous nous rendons solidaires de touttre vivant. Celui qui embrasse d'un il lucide le cycle de ses existences subit son tatavec patience comme le rsultat de ses vies antrieures. Il est donc sans haine, sinon sansambition. Il lui est permis de souhaiter plus de bien-tre pour soi-mme et pour les siens,mais, surtout, il dsire une vie meilleure, une approche toujours plus ardente de ce qui estle vrai but de la vie: la Vrit, la Lumire, la Perfection qui ne se trouvent pas dans lesdsirs matriels.Ainsi, notre Cours de Magntisme personnel nous est de plus en plus apparu comme ledbut de l'enseignement que nous donnons ceux qui nous coutent. Cette premiretape est indispensable ceux qui veulent vaincre, car il est de toute ncessit de sefortifier avant d'entreprendre la lutte. Pour que nos lecteurs puissent se rendre vraimentforts, s'armer de toutes pices et russir infailliblement dans cette entreprise, nous avonsrecherch dans une documentation toujours plus abondante les moyens de les mettre au-dessus de toutes les difficults qui se prsentent.Avant de rditer notre Cours, nous avons donc pass en revue les derniers travauxparus, soit en France, soit l'tranger, sur le sujet qui nous intresse, et nous noussommes efforc de mettre jour notre ouvrage sur tous ses points.Nous avons profit galement de toutes les discussions auxquelles ont donn lieul'hypnotisme, le magntisme et la suggestion, soit dans les trois Congrs internationauxde Psychologie exprimentale que nous avons runis Paris en 1910, 1913 et 1923 etdont nous avons publi le compte-rendu, soit dans tous les milieux o les problmesactuels sont dbattus avec sincrit et loyaut. Nous nous sommes tenus gale distancede la ngation de parti pris et des excs qu'on rencontre chez les esprits exclusifs. Lesuccs dans nos recherches ne nous parat pas rsulter d'une seule des trois mthodes:magntisme, hypnotisme, suggestion, mais de leur emploi judicieux suivant les cas, enprsence desquels nous placent les circonstances. Nos lves constateront facilementcombien notre mthode synthtique, fonde sur l'observation et l'exprience, estsuprieure toutes celles qui veulent borner le champ d'action de l'exprimentateur.Nous n'hsiterons donc pas, prcisment parce que nous suivons les enseignements del'exprience, mettre en garde nos lves contre les dangers de certaines pratiquesthtrales qu'on rencontrait dans l'cole Charcot, comme les coups de gongs violents, lescoups de sifflets aigus, les jets brusques de lumire vive, et autres procds dangereux.De mme, nous nous levons contre la suggestion impose qui est un vritable violmoral. Il ne faut en user qu'avec la plus extrme prudence et seulement l o lasuggestion raisonne ne saurait tre applique.Nous devons considrer les sujets et les malades non comme des pantins peuintressants, sur lesquels tout est permis, mais comme des tres humains qui mritenttoute notre attention, toute notre sollicitude. Nos expriences et nos soins doivent leurtre toujours profitables, jamais nuisibles. De mme que nous nous sommes toujoursefforc de lutter contre les supercheries et le charlatanisme des faux psychistes et d'endvoiler sans piti les procds le plus souvent enfantins, de mme nous prtendonsavoir travaill ragir de toutes nos forces contre les mthodes inhumaines qui nepouvaient que nuire aux progrs des sciences psychiques.11Nous avons essay de dgager des diffrentes mthodes les moyens les meilleurs pourpermettre la volont humaine d'atteindre son plus haut point. Magntisme,hypnotisme, suggestion sont les procds exprimentaux par excellence de lapsychologie scientifique. A la psychophysique des Weber, des Fechner et des Wundtsuccdera en France une cole nouvelle dont l'originalit se manifestera de plus en plusaux yeux de tout observateur impartial. Grce ces travaux une conception originale desrapports de la conscience et de l'inconscient se dgage nettement. Le magntisme, ainsique la suggestion bien comprise (suggestion raisonne, indirecte et motionnelle), nousapparaissent comme des moyens excellents de relever les volonts dfaillantes et de fairenatre des nergies nouvelles. Ces pratiques sont profondment morales et tout tre bienquilibr, matre de lui-mme, trouvera dans les mthodes telles que nous les concevonsun moyen sr de communiquer aux autres la matrise et l'quilibre qu'il possde dj.Si la valeur d'une science se reconnat ses rsultats pratiques, nous sommes srsd'avoir bien mrit de la psychologie, puisqu'un nombre infini d'attestations nous prouvequels services moraux nous rendons chaque jour tous ceux qui ont bien voulu suivrenos conseils.1er janvier 1924. Henri DURVILLE.Lusine humaine La Volont sige ct de la Destine comme puissance directrice de notrevolution. Pythagore (Vers d'or recueillis par Lysis). Rien n'est impossible: il y a des voies qui conduisent toutes choses. Si nous avionsassez de volont, nous aurions toujours assez de moyen.La Rochefoucauld. Notre volont est une force qui commande toutes les autres, lorsque nous ladirigeons avec intelligence. Buffon. Une volont inflexible surmonte tout et l'emporte mme sur le temps. Chateaubriand. Dieu a jet c'est ma croyance la terre au milieu de l'air et de mme l'homme aumilieu de sa destine. La destine l'enveloppe et l'emporte vers le but toujours voil. Levulgaire est entran; les grands caractres sont ceux qui luttent. A. de Vigny.12 C'est la seule tideur de notre volont qui fait notre faiblesse, et l'on est toujours fortpour faire ce qu'on veut fortement. Jean-Jacques Rousseau. La volont est la ralit unique et comme le cur de toutes choses. Schopenhauer. Mmoires sur les Sciences occultes Savoir est peu de chose; vouloir, agir, voil ce qui importe. Or, pour donner l'homme ce caractre, cette sret de jugement et de dcision qui sont tout dans la vie,quel est le meilleur des matres ? Le livre ? Non. La vie. Gabriel Hanotaux. Du choix d'une carrire. Nous n'arrivons rien que par la volont, mais la volont a besoin d'un aiguillon; detoutes les forces de notre me, c'est celle qui se rouille le plus vite quand on n'en use pas.Laboulaye. Le Magntisme personnel largit nos moyens d'action, il multiplie nos prises sur lavie. Par lui, nous entrons en contact avec les nergies qui nous entourent, avec lessympathies qui flottent, indcises et incertaines autour de nous. Nous nous lessubordonnons, nous nous les attachons, nous nous les incorporons. Elles viennentaccrotre d'autant notre individualit; et nos forces personnelles, ainsi largies etintensifies, agissent avec plus d'efficacit dans le champ qui leur est assign. W. W. Atkinson. La Force-Pense,L'USINE HUMAINEInsuffisance des mthodes actuelles de culture psychique. L'tre humain peut trecompar une usine comportant un ensemble de machines groupes en fonctions(fonction digestive, circulatoire, respiratoire, nerveuse, etc...). L'usine humainepossde deux dirigeants: le conscient et l'inconscient; l'un est le directeur, l'autre le sous-directeur. Les deux standards tlphoniques: le standard crbral et le standard du grandsympathique. Ce qu'on entend par inconscient. Rle que joue l'inconscient dans notreactivit musculaire. La rvlation de la pense par les mouvements inconscients. Lemcanisme du trac et des rves. Proprits essentielles de tous les faits de conscience.Comment dvelopper la mmoire. Les associations d'ides conscientes etinconscientes. L'homme suprieur; ses caractristiques. Notre mthode d'ducations'adresse votre corps, votre inconscient et votre conscient. Les tapesinitiatiques. Rsum.13La plupart des mthodes qui se proposent de vous donner le maximum de forces, desuccs, de bonheur, d'action sur les autres, nous paraissent incompltes et insuffisantes.Aucune n'envisage la machine humaine dans son unit, aucune n'essaie d'en tudier avecordre les trois parties dans leur connexit, en montrant comment le plein dveloppementde chacune de ces parties est indispensable la mise en valeur des deux autres. Les unesn'envisagent que le ct musculaire et donnent, comme moyen de dvelopper la volont,les exercices physiques pousss l'extrme. Les autres ne considrent que le rgimealimentaire, recommandent de manger ou des lgumes, ou des crales, ou des fruits.D'autres ne s'appliquent qu' dvelopper la respiration. Toutes ne regardent que lephysique, que les organes de la machine, mais elles ne connaissent ni le contre-matrede l'usine, ni son directeur. Certaines veulent matriser linconscient en supprimant soitl'instinct sexuel, soit mme tous les dsirs pour aboutir au nirvana bouddhique. D'autres,enfin, ne s'intressent qu'aux phnomnes suprieurs d lesprit: attention, rflexion,jugement, raisonnement, volont. Aucune d'elles ne considre l'tre humain tout entier,alors que pourtant un quilibre parfait ne peut tre obtenu que par le dveloppementprogressif, rgulier de toutes les parties qui composent cet ensemble, puisque chacune deces parties commande aux autres autant qu'elle dpend d'elles. Mais, me direz-vous, le travail que vous me proposez sera long et difficile. Je serairebut avant d'arriver au but. Ne l'oubliez pas: je vous propose, non une transformation.immdiatement complte, ce qui serait chimrique, mais une direction nouvelle de votrevie, ce qui vous est indispensable.. Cette direction vous donnera de suite une grande partde ce que vous dsirez. D'autres feraient de vous un monstre physique ou moral, et vousaboutiriez sous leur direction des insuccs plus pnibles que toutes nos sages lenteurs,parce qu'ils ne laisseraient chez vous qu'un irrmissible dsespoir. Ce que je dsire, c'estdvelopper harmonieusement toutes les parties de votre tre. Soyez sr qu'aucuninsuccs n'est craindre pour qui sait et veut persvrer, sr d'atteindre le but.Pour dvelopper l'tre tout entier, il faut d'abord veiller sur les machines del'organisme. Ce sont elles qui fabriquent la force nerveuse dont useront l'inconscient et laconscience. Votre corps est comme une usine o des ouvriers fabriquent sans cesse desproduits nouveaux, les ides, les sentiments, tandis que d'autres rparent et entretiennenttous les rouages.Les rouages de l'usine humaine sont lis troitement les uns aux autres. Si l'un nefonctionne pas bien, tous les autres s'en ressentent. Il faut donc tudier leurenchanement troit.Le premier d'entre eux, c'est l'appareil digestif avec ses diffrentes parties: bouche,sophage, estomac, intestin grle, gros intestin. Le but, dans cette partie de l'usine, c'estde transformer les aliments en chyme, puis en chyle, liquide pais et blanc qui passe dansles vaisseaux chylifres, puis dans un vaisseau lymphatique (c'est--dire contenant lalymphe, liquide pais et blanc compos comme le sang). Ce vaisseau, c'est le canalthoracique qui, parti de l'abdomen, va verser son produit dans la veine sous-claviregauche, c'est--dire dans le torrent circulatoire.A cet appareil digestif est joint un grand bureau de contrle, une grande usinechimique, le foie, qui surveille les produits de la digestion, mulsionne les graisses des14aliments, prpare des graisses propres, fournit aux sucs alimentaires Tout ce qui leurmanque et transforme tout ce qui leur serait nuisible but de l'appareil digestif est donc laformation de la lymphe et du sang.La lymphe contient les leucocytes ou phagocytes cyte : cellule ; leuco: blanche; phago:mangeur; cyte: de cellules). Ces phagocytes sont les agents de police de notre corps.Partout o l'organisme est menac d'une invasion de microbes, les phagocytes accourent,mme sans jambes avec une extrme rapidit, se jettent sur les assassins de l'organisme,et les font disparatre soit en les absorbant, soi en se sacrifiant et en mourant pour formerun rempart autour du mal qui nous menace et crer un abcs. D'autre part, l'intestin rejette les matires qui nont pu tre assimiles, et ces excrtionsont une importance capitale; elles doivent tre rgulires, et vous devez provoquer leurrgularit en vous astreignant heures fixes, au lever et au coucher, dbarrasser votreorganisme de ce qui l'encombre, Vous renforcerez par l'habitude la puissance de vosmuscles; vous vous pargnerez bien des constipations, ou des diarrhes. L'excellentmdecin qu'tait Franois Rabelais, le joyeux auteur de Gargantua et de Pantagruel,recommande au matre de son jeune hros de ne pas oublier les sages prescriptions quenous venons de vous donner, et que vous suivrez dsormais pour accrotre votre sant etvotre matrise sur vous-mme.Le sang est form, il faut qu'il aille nourrir tout l'organisme. Pour l'envoyer jusqu'auxextrmits du corps et pour le retirer ensuite, nous sommes munis d'une pompe la foisfoulante et aspirante: le cur; les vaisseaux qui transportent le sang frais et nourricierdans tous les organes, ce sont en gnral les artres; ceux qui le ramnent, ce sont lesveines. Vous comprenez qu'une hygine du cur et des vaisseaux sanguins estindispensable. Nous vous en indiquerons les rgles.De mme que le foie est le bureau de contrle des fonctions digestives, de mme lerein sert filtrer les impurets du sang, le dbarrasser des poisons ou toxines qu'ilcontient. D'autre part, nous avons la surface de la peau les grandes sudoripares, ouproductrices de sueur, qui jouent un rle analogue celui du rein. On le comprend donc:il faut viter au rein tout travail excessif; vitez-lui d'avoir vous dbarrasser de votrealcool, c'est--dire, ne prenez pas d'alcool; il faut, d'autre part, lui permettre de bienfonctionner, lui donner des liquides en quantit suffisante, et des liquides excellents pourlui.Le sang qui a nourri vos organes, qui a rpar votre machine, s'est charg de toutes sescrasses; sur vos globules s'est fix de l'acide carbonique. Il faut qu'il soit remplac parl'oxygne de l'air. Votre vie est une combustion, vous devez alimenter votre flamme.Bien respirer, c'est donc se prparer bien vivre. Vous devez augmenter dans la mesurencessaire la capacit de vos poumons; vous devez veiller sur le cube d'air que vous leurfournirez et sur la qualit de cet air. Recherchez le soleil qui tue les microbes, et enparticulier le bacille de Koch qui cre la tuberculose; souvenez-vous du nom que luiavaient donn les grecs, Apollon, c'est--dire le destructeur de monstres. Recherchez laprsence des feuillages qui absorbent l'acide carbonique et produisent de l'oxygne.Laissez, le plus que vous le pourrez, et vous le pourrez presque toujours grce l'accoutumance, vos fentres ouvertes. Ainsi le sang bleu fonc de vos veines, charg detous vos miasmes, se transformera en un beau sang rouge, capable de nourrircopieusement votre plasma nerveux.15Nous arrivons maintenant la fonction essentielle de votre machine. Votre corps estparcouru jusqu' la peau par une multitude de filets nerveux d'abord infiniment petits,termins la peau par des corpuscules de formes diverses, chargs de fonctionsspciales. Ces minces filets se runissent. Ce sont des fils tlgraphiques dont les unstransmettent au cerveau les renseignements fournis par vos sens et votre peau, et dont lesautres portent aux muscles les ordres du cerveau. Tous ces filets viennent s'aboucher etaboutissent la moelle pinire, qui se continue par la moelle allonge, le cervelet etl'encphale. Ce systme constitue votre grand central tlphonique. C'est lui qui vouspermet de percevoir des sensations, de vous mouvoir, de penser, d'agir.Mais il est un autre systme aussi important en son genre et compos de faon toutediffrente, c'est celui qui permet tous vos organes digestifs, circulatoires,respiratoires, de fonctionner: c'est le grand sympathique. Il forme une sorte de circuitferm, rattach seulement au grand systme nerveux central par deux nerfs. Ainsis'explique ce fait que nous sommes mal renseigns sur ce qui se passe dans nos viscres.Nous verrons pourquoi c'est l une ncessit. Le long de ce circuit se trouvent en grandequantit des ganglions nerveux. Ce sont des centres infrieurs d'o partent directementdes ordres rguliers qui commandent aux organes du tronc. Ces ganglions forment, enplusieurs endroits, des amas enlacs, d'o leur nom de plexus (de plecto: J'enlace). Lesdeux plus importants sont le plexus cardiaque la hauteur du cur, et le plexus solaireau niveau de l'estomac. imageFig. 1. Schma du systme nerveux grand sympathique. Toutes nos fonctions organiques (digestion, circulation, respiration, etc...) sontcommandes par un systme nerveux dont l'activit chappe notre volont : le systmedu grand sympathique. Ce systme nerveux se compose essentiellement de deux cordonsnerveux qui, prenant naissance dans la moelle pinire la hauteur de la premirevertbre cervicale descendent de chaque ct de la colonne vertbrale pour se terminer la dernire vertbre sacre. De ces deux cordons nerveux partent des nerfs qui serejoignent la ligne mdiane du corps et s'enlacent pour former des plexus dont le plusimportant est le plexus solaire (10) situ derrire l'estomac. Les anciens physiologistesconsidraient ce plexus solaire comme un vritable cerveau abdomina. Les autres plexusfigurs sur le schma ci-dessus sont: le plexus cardiaque (6), le plexus msentrique (11)et le plexus hypogastrique (12).Les ganglions du double cordon qui limitent le grand sympathique se correspondentrgulirement et sont situs de chaque ct du rachis ou colonne vertbrale.Il y a donc en nous deux tableaux ou, comme on le dit aujourd'hui, deux standardstlphoniques:L'un, le standard crbral, relie tous les points de notre corps nos hmisphrescrbraux, par une double ligne, l'une d'aller, l'autre de retour. L, les communicationssont trs rapides. Il s'agit, en effet, d'une part, de guider nos mouvements musculairespour viter tous les dangers, d autre part de prparer, par des combinaisons nouvelles,une adaptation toujours plus parfaite de l'organisme au milieu dans lequel nous voluons.Les forces qui permettent cette adaptation ont t nommes raison, sciences, arts,industries.16D'autre part, le second tableau ou standard du grand sympathique commande toutesnos fonctions vitales internes: digestion, circulation, respiration. Or, ici, il ne faut pas d'coup; tout doit tre rgulier, automatique, sans cesse identique soi-mme. Il ne faut paspermettre la force nerveuse de perturber cette partie du systme nerveux. Un boncontrematre n'est pas celui qui transforme les ordres de son directeur, mais celui qui lesexcute toujours avec ponctualit.Au premier standard (cerveau et organes annexes) se rattache tout ce qui est conscient,tout ce que nous savons et voyons clairement, soit propos de nous-mme, soit proposdu monde extrieur; au second standard (grand sympathique) correspond tout ce quiregarde nos appareils internes dans notre thorax ou notre abdomen, tout ce qui assure largularit de notre vie physiologique, tout ce que nous savons et connaissons mal denous-mme, tout ce que nous devrions mieux connatre pour assurer la rgularit denotre vie, de notre sant, de notre bonheur.Il est mal commode de comprendre ce qu'on entend par inconscient. Les philosophesfranais du XVIIe sicle, et en particulier Descartes, pris avant tout de clart et denettet, avaient supprim cette partie de nous-mme. Ou nous sentons clairement etdistinctement une chose, disaient-ils, ou nous ne la sentons pas du tout. Ils enconcluaient ceci: l'me est plus facile connatre que le corps.C'tait l commettre une dangereuse erreur par omission. Il est facile de prouver quevous tes le thtre d'une foule de faits demi-conscients, dont vous ne constatez envous que les traces, lorsqu'ils sont passs. Tous les degrs existent du reste dans laconscience depuis la vision blouissante d'un raisonnement par un esprit sr de lui-mme, jusqu'aux demi-teintes les plus attnues et les plus fugaces que prsentent lesphnomnes obscurs de la sensibilit interne, les douleurs vagues dites du mal de cur,les plaisirs obscurs de la digestion et mille autres.Certains exemples qui prouvent l'existence de l'inconscient sont classiques. Lemeunier dort au tic-tac de son moulin. Il se rveille lorsque ce tic-tac cesse et que la roues'arrte. Il y a donc en lui un rveil bien mont qui suit, en dehors de la conscience,pendant le sommeil, ce bruit particulier. La suppression de ce bruit, seule importantepour le meunier, a seule affect la conscience.Vous tes dans votre chambre et vous travaillez. Tout coup, pendant un moment dedtente, vos yeux se fixent, sans que vous y pensiez, sur les dessins du papier: ce sontdes bouquets de roses nous par des faveurs bleues. Ces bouquets sont runis les uns auxautres par des guirlandes de roses plus petites. Vous analysez tous les dtails du dessin,vous notez toutes les nuances des fleurs. Il vous semble que vous n'aviez jamais vu ceque vous regardez ainsi. Pourtant, depuis de longues annes vous habitez cette chambre.Mille et mille fois vos yeux se sont poss sur ces roses. Vous les connaissez depuislongtemps, vous les voyez sans cesse. Elles sont contenues dans toutes les impressionsque vous recevez chaque seconde, chaque millime de seconde, du monde extrieur vous. Pourquoi ne les voyez-vous pas ? C'est que vous avez cart la sensation que vousen recevez, parce qu'elle est inutile. N'existe-t-elle donc pas ? Si, mais vous dites quevous n'en avez pas conscience. L'impression consciente peut se produire, elle est toujours votre disposition, mais vous l'avez mise en rserve, comme une mnagre conome le17fait pour ses confitures.Il en est de mme pour tous les faits de votre vie mentale; tous vos sens vous donnent chaque instant des millions de renseignements parmi lesquels vous en choisissezquelques-uns, souvent un seulement pour fixer sur lui votre attention. D'autre part, vousavez en vous des milliards de souvenirs possibles parmi lesquels vous pouvez choisirquand vous le voulez, comme vous pouvez aller chercher dans un album unephotographie entre mille autres. Tous ces souvenirs sont en rserve dans votreinconscient.Une personne que vous n'aviez jamais vue apparat devant vous. Vous vous sentezattir; elle vous plat; vous prouvez le dsir de lui causer, de vous rapprocher d'elle.Pourquoi ? C'est que votre inconscient fait des siennes. Tel trait de cette personne, telleattitude, telle inflexion de voix ont rveill en vous, sans que vous vous en doutiez, unefoule de souvenirs qui se rapportent des personnes aimes par vous antrieurement.C'est le regard d'une sur, la voix d'une mre, l'attitude d'une femme que vous avezadmire dans votre entourage, au thtre, dans une photographie mme ou une gravure.Tous les sentiments que vous avez prouvs pour les personnes qui de prs ou de loinressemblaient celle qui provoque chez vous une vive et soudaine sympathie, s'associent la vue, la pense de cette personne. Et cette brusque synthse s'opre votre insu; ilvous serait aussi difficile d'en dcouvrir les lments qu'il l'est d'ordinaire de remonteraux causes de nos rves. imageFig. 2. La lecture de la pense l'aide du dispositif du Docteur d'Allonnes.Le Docteur d'Allonnes a demand son sujet de penser une multiplication dont leschiffres ne dpassent pas 10. Il a pens: 2X4=8. Les contractions involontaires de lamain sont trs nettement indiques sur le graphique.La plupart de nos sensations, de nos motions, de nos sentiments ont dans ce qu'onappelle l'inconscient leurs causes profondes.II en est de mme pour nos actes volontaires. Ils sont prpars par des mouvementsautomatiques dont les exprimentateurs ont rvl l'existence.Le Docteur Binet donne un livre une personne veille et lui ordonne de lire hautevoix. Pendant ce temps, il isole, par un carton assez grand, la main qui ne tient pas lelivre. A cette main qui est munie d'un crayon, il imprime un mouvement dtermin, detelle faon qu'elle trace ou des ronds, ou des barres sur un papier. Il continue quelquesinstants le mouvement pendant que toute l'attention du sujet est concentre dans salecture. Aprs quelque temps, il abandonne la main elle-mme: elle continueautomatiquement le mouvement qui lui a t impos et qu'elle prolonge encorelongtemps, en dehors du contrle de son propritaire absorb par d'autres soins.imageFig. 3. Autre exprience de lecture de la pense avec le mme dispositif.Le sujet qui n'a pas la conscience trs nette a pens j'ai vol la bague, seulement il18crit gai voler pour j'ai vol. Ce rsultat l'a tellement frapp qu'il a tent, plusieursreprises, de dtruire ce document.On peut aller plus loin et pntrer dans la pense d'autrui grce aux renseignementsque nous donnent ses mouvements inconscients. M. le Docteur d'Allonnes a imagin undispositif qui permet de deviner automatiquement une pense non exprime, conditionqu'elle ne soit pas trop complique.Supposez un cylindre rotatif o sont inscrites des ordonnes ou lignes verticales desintervalles toujours les mmes. Chaque ordonne est repre par un chiffre ou par unelettre, inscrite sur elle. Le sujet dont on veut deviner la pense est assis, le dos tourn aucylindre, et tient la main une poire de caoutchouc comme celles qu'on emploie enphotographie. La poire est adapte un tube mince qui communique avec un tambourinscripteur de Marey. Donc la moindre contraction du sujet qui serrera la poire son insuproduira une marque sur le tambour inscripteur.Faites penser un chiffre ou une lettre au sujet et nommez toutes les lettres ou tous leschiffres au fur et mesure de leur passage devant la pointe. Quand vous noncerez lechiffre ou la lettre que le sujet a d'abord pens, son insu, la main de ce sujet secontractera, et cette contraction s'inscrira presque sans erreur possible.Si vous dsirez obtenir une phrase entire, cherchez deviner successivement leslettres de chaque mot. Que votre sujet pense d'abord la premire lettre du premier mot.Epelez haute voix toutes les lettres de l'alphabet et le sujet contractera sa maininvolontairement au passage de la lettre qu'il aura pense. Vous arriverez ainsi aisment former la phrase entire. Ces expriences russissent non seulement avec les grandsnerveux, mais aussi avec la trs grande majorit des personnes.Par le mme procd, on peut deviner des nombres et des oprations sur les nombres.Dites votre sujet d'oprer mentalement une soustraction de deux nombres compris entre7 et 41. Si le sujet ragit 16, 24 et 40, c'est videmment parce qu'il aura pens que40 diminu de 24 gale 16.Dites ensuite au sujet de penser une multiplication dont les chiffres ne dpassent pas10. S'il ragit 2, 4 et 8, vous en conclurez qu'il a pens: 2 multipli par 4 gale 8.Vous pourrez mme deviner ce que la volont de celui qui sert l'exprience voudraitvous cacher, pourvu qu'il soit un grand nerveux. Le Docteur d'Allonnes a t amen tenter cette exprience, parce qu'il avait remarqu que lorsqu'un sujet a conscience de sesractions involontaires et qu'il cherche les supprimer, il lui arrive de ragir plus fortencore que d'habitude imageFig. 4. Exprience avec le mme dispositif du Docteur d'Allonnes, Divination d'unnombre pens.Le 1er graphique (m) reprsente les mouvements de la main; le 2e (r), le troublesimultan de la respiration.Une jeune femme de vingt ans, criminelle, non aline, avait vitriol sa rivale. Elleavait obtenu un non-lieu en simulant l'hystrie, subterfuge que son avocat, disait-elle,n'avait pas dsavou. Le Docteur d'Allonnes, au moyen de son dispositif, obtint des19aveux crits. Nous reproduisons une figure qui montre cette curieuse exprience. Letrac contient l'aveu: gai voler pour j'ai vol . Le franais est corch, mais le sujeten expriences est une illettre.Ces contractions involontaires des muscles ont t utilises par tous les soi-disantliseurs de pense. L'un d'eux, Bellini, faisait cacher un objet dans une salle et disait leretrouver en pntrant la pense d'un spectateur qui parcourait la salle avec lui en luidonnant la main. En ralit, il sentait, en passant devant la range de chaises o l'objettait cach, une lgre rsistance de son aide involontaire. Il tait fix et n'allait pas plusloin. Pour employer l'expression des enfants dans un jeu semblable, il brlait Alors,pntrant dans la range, il continuait sa recherche, soutenu par les murmures admiratifsdes voisins et par les faibles mouvements de la main qu il emprisonnait.De mme, Pickmann, le liseur de penses bien connu, disait un spectateur, qui n'taitnullement un compre: Vous allez penser un chiffre, je le lirai dans votre cerveau etj'crirai ce chiffre au tableau noir. Il n'y aura ainsi ni truc, ni comprage possible. Pickmann disait une part de la vrit: il n'avait aucun aide. Mais, son insu, lespectateur, par ses mouvements inconscients, servait lui-mme de compre. Pour fairel'exprience, Pickmann plaait quelqu'un devant un tableau noir et lui faisait tenir dans samain droite un morceau de craie. Puis il lui prenait cette main, et, mesure qu'ilprononait rapidement et trs haute voix les chiffres 0, 1, 2, etc..., il entranait la maindroite du spectateur en faisant le simulacre d'crire chacun des chiffres en mme tempsqu'il l'nonait. Lorsque le chiffre pens tait prononc, le spectateur avait un lgermouvement qui le portait, sans s'en rendre compte, crire lui-mme le chiffre.Cette influence de l'inconscient se rvle pleinement dans l'criture. C'est de cetteremarque qu'est ne la graphologie. Que notre sant s'altre, nous voyons les finales desmots, les terminaisons des lignes s'abaisser de la manire la plus dcourage. Aucontraire, des lignes ascendantes rvlent une sant florissante, un excellent moral et desvises ambitieuses, avoues ou inavoues.De mme, celui que la vie a rendu renferm fermera ses o et ses a et les boucleramme, s'il est devenu tout fait mfiant. Celui qui est volontaire barre fortement ses t. Lefait de ponctuer correctement rvle des habitudes d'ordre. Mille autres signes peuventnous rvler l'tat de la sant ou de l'esprit chez ceux qui nous avons faire. Nousreviendrons, dans le prsent Cours, sur cette importante tude.C'est l'inconscient encore qu'il faut attribuer le trac et les rves. Le trac, c'est lacrainte irraisonne du public. A force de se dire qu'il va mal parler, mal chanter, maljouer, le malheureux traqueur se met lui-mme dans un tel tat qui ralise ses plussinistres prdictions. Sa mmoire se paralyse; ses ides n'ont plus aucune cohrence; lesmots qu'il doit dire le fuient; et lorsqu'il constate ces dfaillances, ses craintesredoublent. Son corps s'en mle, ses jambes se refusent le porter, son larynx et sonestomac se serrent, il devient la proie de l'aphonie et des plus pnibles vertiges.Le trac exerce une influence nfaste sur le rein et l'intestin qu'il empche defonctionner. Des sueurs abondantes et glaces couvrent le corps du malheureux qui lesubit.Il est peine besoin de dmontrer que nos rves sont le produit de notre inconscient20qui dans ce cas agit seul. Alfred Maury ( Maury l'Alfred). Le Sommeil et les rves. ) aprouv que la cause de certains rves rside dans des faits physiologiques qui prcdentou accompagnent le sommeil, ou dans les associations inconscientes. M. Foucault ainsist sur ce dernier point ( Foucault (Marcel). Le rve, Paris, 1906. ).Un exemple de ce genre de rve, donn par Maury, est caractristique. Le distingupsychologue s'tait exerc noter ses impressions. Une nuit, il se voit brusquementdevant le tribunal rvolutionnaire. Il reconnat le terrible Fouquier-Tinville et bientts'entend condamner mort. Il se voit dans la prison, entend l'appel de son nom, montesur la charrette funbre, arrive devant l'chafaud, il est pouss sur la bascule et sentdistinctement sur sa nuque l'effroyable choc du couperet. Brusquement il se rveille ets'aperoit que le bois de son ciel de lit vient de lui tomber sur la nuque et de provoquerson retour la pleine conscience. Ainsi, les multiples images qui avaient dfil dans sonesprit avaient succd la chute du bois de lit. On voit avec quelle incroyable rapiditelles s'taient produites, puisqu'il ne s'tait certainement pas coul plus d'une secondeentre le choc du morceau de bois et le rveil. On voit aussi que l'intelligence del'observateur avait inconsciemment cherch une explication du phnomne physique etphysiologique, et qu'une infrence secrte avait amen Maury se dire: Je dois tre l'poque de la Terreur, puisque je reois sur ma tte le couperet de la guillotine. Vous commencez imaginer quelle place considrable occupe l'inconscient dans votrevie mentale. On peut dire que les faits conscients sont, en proportion des faitsinconscients, trs peu nombreux. Nous le concevrons sans peine si nous songeons que cesont eux qui prsident tout ce qui est en nous automatique, invariable, toujoursidentique soi-mme. Les faits inconscients s'organisent et c'est de leur ordre mme quenat la conscience. Elle est comme la flamme qui se produit tout d'un coup dans le foyer,mais qui n'aurait pu luire si le soufflet n'avait attir les braises. La conscience n'est pas,comme l'a cru Maudsley, un luxe sans importance ; elle est le rsultat ncessaire de toutcet enchanement que nous avons pass en revue avec vous. De mme que ntre usinephysiologique a pour but de fabriquer la force nerveuse qui, selon la forte expression deTh. Ribot, s'accumule dans notre inconscient, de mme cette force, lorsque son potentielest suffisant, se manifeste sous la forme consciente quil nous reste tudier.Tous les faits de conscience prsentent trois proprits essentielles: ils se gravent et sereproduisent; ils sont lis d'autres; ils peuvent tre isols. Ils se gravent dans lammoire; ils sont reproduits par l'habitude; ils sont lis par l'association; ils sont isolsles uns des autres par l'attention. Pour conqurir une parfaite matrise sur vous-mme etsur les autres, il est essentiel de bien comprendre la nature et les conditions de cesproprits, car toute votre vie physique, mentale et motionnelle dpend de vossouvenirs, de vos habitudes, de vos associations d'ides et de votre force d'attention.Nous dissquerons en peu de mots chacun de ces lments, tout en essayant demontrer leur intime liaison.Tout fait de conscience: ide, plaisir ou douleur, action, rsolution se grave dans votremmoire. Il y subsiste et dans certains cas, comme dans le dlire, vous voyez rapparatreavec stupeur chez un malade des souvenirs d'vnements trs lointains et qui semblaientcompltement abolis. Vous possdez donc en vous un trsor dont vous ne souponnez21certes pas la richesse. C'est vous de veiller sur lui pour n'en rien perdre. Ces souvenirsne demeurent pas comme des clichs sur une plaque photographique; on pourrait lescomparer aux moutons qu'enferme une bergerie au moment o la bergre vient leschercher pour les mener patre. Ils se pressent pour sortir de l'inconscient; une lutteviolente se livre entre eux; les plus faibles restent dans l'ombre; seuls les plus fortsrussissent sortir.Vous comprendrez sans peine combien il vous importe de savoir pourquoi certains deces souvenirs sont plus forts que les autres. Car, ds lors, vous commanderez votremmoire. Un fait de conscience rapparat d'autant mieux qu'il a t plus souventenregistr, qu'il a t li un plus grand nombre d'autres faits, qu'il a t accompagnd'une peine ou d'un plaisir plus vifs, et enfin qu'il est dj apparu plus souvent. Vous tesdonc sr que votre mmoire sera d'autant meilleure que vous vous donnerez la peine derevoir sans cesse ce que vous dsirez bien savoir, que vous lierez entre elles de mieux enmieux toutes vos connaissances, que vous tudierez gaiement ce que vous tiendrez savoir, et que vous tcherez de crer en vous des habitudes. D'autre part, n'oubliez pasque vos souvenirs sont conservs par votre inconscient, c'est--dire par vos machinesphysiologiques. Il importe donc avant tout que vos machines soient en bon tat. Uncerveau baign, irrigu par un sang pur et nourricier sera plus puissant que tous lesautres. Lorsque vous aurez lu notre chapitre sur l'alimentation vous comprendrezpourquoi les penseurs, les savants, les artistes les plus remarquables ont un rgime trsrgulier (exemple: Victor Hugo) et une nourriture trs frugale.Vous pouvez agir sur vos souvenirs; donc vous agirez sur vos habitudes, qui sont lessouvenirs de vos actes. Vous tes le matre de leur rptition, vous tes le matre duplaisir qu'elle vous cause, vous tes le matre des associations que vous tablissez entreces actes. C'est vous qui avez cr les habitudes que vous avez de lire, d'crire, de nager,d'aller en bicyclette, de jouer de la musique. Vous pouvez en crer une infinit d'autres.L'acquisition de tous les mtiers, de tous les arts, de toutes les sciences est due l'habitude. Si vous comprenez profondment ce qui vous est dit ici, votre vie va, commenous vous l'avons promis, se transformer du tout au tout. Vous diviserez sans cesse vosefforts, pour rendre chacun d'eux toujours gal vos forces et, par suite, agrable. Peu peu vous ferez passer dans votre inconscient une foule d'actes d'abord pnibles qui vousdeviendront faciles. Ils seront alors rguliers, automatiques; ils n'auront plus besoin devotre contrle perptuel, et vous pourrez appliquer des objets nouveaux des forcesmentales sans cesse dcuples.Vous surveillerez galement vos associations psychiques. Votre encphale contient ungrand nombre de fibres qui sont lies les unes aux autres et qui sont l'image de cesliaisons mentales dont vous constatez sans cesse en vous l'existence. Un mot en amneun autre; vos souvenirs, vos sensations, vos motions, vos sentiments, vos actes surtoutsont lis entre eux. Mais vous vous apercevrez que ces liaisons se font au hasard.Maury raconte que dans l'un de ses rves il se vit auprs du feu ramassant la cendreavec une pelle, puis brusquement il se trouva chez son ami Pellerin, puis il se vit Jrusalem en plerinage. C'est l'association des mots qui avait amen l'association desimages. Il en est ainsi surtout dans une conversation btons rompus. Vous pourrez vousen assurer en la suivant, sans y prendre part, pour constater o elle commence et o elleaboutit. Mais ct de ces associations fortuites o il semble qu'un cho guide la pense,22il en est de plus importantes: celles qui amnent le savant faire ses dcouvertes, celles,par exemple, qui ont conduit les chimistes comparer l'hlium gazeux l'hydrogne, constater qu'il tait de mme densit, mais qu'il ne s'enflammait pas et qu'il n'avait pas lamme tendance traverser les parois qui le contiennent. Ainsi en est-on arriv cetteconclusion pratique trs importante que l'hlium doit remplacer avantageusementl'hydrogne dans les ballons dirigeables. Son emploi rendra possible ce genre denavigation arienne. Telles sont les associations d'ides que vous devez rechercher. Vouscarterez celles qui sont dues au hasard et qui ne peuvent que diminuer votre forcepsychique.Vous y russirez si vous savez tre matre de votre attention. Ne croyez pas que ce soitfacile. Rendez-vous compte que ce phnomne est d'abord tout spontan et que vous n'endisposez nullement. Dans une salle obscure, projetez brusquement un jeu de lumirevive: tous les yeux se fixeront sur lui qu'ils le veuillent ou non. Voil l'image de touteattention. Elle vient de l'inconscient; elle travaille sans cesse. Votre corps vous vite chaque instant, sans que vous le sachiez, une foule de dangers. Les conditions de cephnomne sont une respiration ample et bien rythme, une circulation sanguinergulire et puissante, et surtout la nutrition du systme nerveux. Ds lors, connaissantles causes du fait, vous en devenez le matre. Mettez-vous, grce aux conseils que nousvous donnerons bientt, dans les meilleures conditions physiologiques, munissez votreusine humaine de bonnes machines, alimentez-les bien, rparez-les sans cesse, vousobtiendrez de vous-mme une attention puissante et vos souvenirs, vos habitudes, vosassociations d'ides vous dirigeront vers les objets les meilleurs, les plus utiles audveloppement de votre personnalit. Vous ne commanderez donc votre attention qu'enlui obissant d'abord, en ne la forant jamais. Ne lui demandez que ce qu'elle peut vousdonner chaque instant, mais exigez d'elle tout ce qu'elle doit vous fournir; et la richessede votre esprit, votre puissance mentale seront incomparables.Ainsi se dveloppera votre moi, et par suite votre personnalit. Vous lierez entre euxvos souvenirs dans le temps et dans l'espace et ces liaisons sont de la plus hauteimportance. Votre personnalit est votre uvre. Echo de l'unit qui existe dans votremachine physiologique, elle cessera si cette machine se dsorganise. Elle deviendrad'autant plus agissante que cette machine sera sans cesse perfectionne. Exposez-vous la syphilis, l'alcoolisme, la morphinomanie, et vous lserez du mme coup votresystme nerveux. Il se dissociera, et ds lors votre personnalit fera de mme. Aucontraire, si vous fixez le but vers lequel vous marchez, si vous le placez aussi haut quepossible, si vous liez troitement entre elles toutes vos sensations, toutes vos motions,tous vos actes, si vous vous crez un atlas de souvenirs de plus en plus dvelopp, deplus en plus net, si vous liez de mieux en mieux votre histoire et votre gographieparticulires l'histoire et la gographie du monde o vous vivez, de celui qui vous aprcd et de celui qui vous suivra, vous serez alors, n'en doutez pas, de plus en plusmatre de vous-mme et des autres. Il ne s'agit pas ici d'une science uniquementthorique, mais d'aptitudes pratiques, les seules qui comptent dans la vie, les seules quiferont de vous un hros humain.C'est ce personnage suprieur qu'un de nos amis, Victor Morgan, hros lui-mme, ettomb glorieusement Dixmude, a dfini dans les lignes suivantes :23 L'homme suprieur, dit-il, c'est une force au repos. Chez lui, pas de parolesinsignifiantes ou sans but. Pas de mouvements inutiles. C'est une force sre d'elle-mmequi ne se manifeste jamais sans besoin, parce qu'elle sait qu' la premire alerte, d'unbond, elle fondra, comme l'clair, sur le point o elle doit agir. Le hros, c'est un lioncouch qui, de son calme regard, contemple par-dessus la tte des humains l'infinishorizons de flamme. Mme dans cette inaction sa prsence est bienfaisante. De ses mots les plus simplesse dgage un rayonnement qui agit sur son entourage. Une harmonie rconfortante planeautour de lui. Pourtant c'est un homme d'action. Rares, en vrit, sont les moments o vous pouvez le surprendre au repos. Lamatrise de sa volont est le trait dominant qui le sacre grand homme. Son moi planedans un calme olympien, commande toutes ses passions, les enflamme ou lesdiscipline. Devenu matre de lui-mme, il a conquis le droit et le pouvoir de commanderau monde extrieur et de le plier sa volont. Il transforme ses sentiments en action. Pensez-vous que, dans un tel homme, o vous pressentez une me si brlante et sipotique, une volont d'une telle matrise, si impatiente de matrialiser les rves dupote, pensez-vous que ses moindres actions puissent tre en dsaccord avec sessentiments ? Cela est impossible. Sa voix, ses gestes, sa dmarche, son regard doiventimprimer un peu du feu qui est en lui. Oui, sa voix manifeste tous toutes les motions qu'il veut manifester: doue,pntrante, s'il veut apaiser et rconforter; fervente, enthousiaste, s'il veut rveiller;grave, profonde, solennelle, s'il veut impressionner; tonnante, s'il veut commander. D'un calme imperturbable dans la tourmente, quand les autres hommes sont affolset terrifis, toujours il fait entendre la voix du matre dont chaque mot est un pouvoir. Il est matre de son corps. Tout son tre met une radiation invisible et puissante qui s'impose mme aux moinssensitifs. On sent, avant qu'il ait agi, qu'il possde en ses propres forces une confiancesans limite. Et malgr cette confiance sans borne, il ne ressemble point l'ange del'orgueil. Enfin son cur est tout puissant. II aime, il comprend, et, parce qu'il comprend, il est juste pour les hommes. Ayant luau fond de son propre cur et reconnu que souvent le mal n'est qu'ignorance, un profondsentiment de piti s'est veill en lui. Et quand il faut agir, chtier, punir, son cur n'aplus de haine. Ses facults mentales sont puissantes. Elles ont surtout le pouvoir de juger sainement le rapport des choses. Ce qui le rendvraiment grand c'est qu'il unit en lui l'idaliste et l'homme d'action. ( Victor Morgan. La Voie du Chevalier, Paris, s. d., p. 12. ).24Voil le portrait de l'homme que nous voulons former en vous. Il nous reste tudiercomment nous y parviendrons. Pour que vous pntriez bien ds maintenant la mthodeque nous emploierons, nous vous indiquerons le plan que nous allons suivre dans leprsent Cours.Nous formulerons successivement des rgles pratiques pour transformer: 1. Votre corps au moyen:a) d'une alimentation saine;b) d'une respiration ample et mthodique;c) d'exercices physiques judicieusement compris.2. Votre inconscient en nous servant:a) de l'Auto suggestion motionnelle;b) du Regard magntique.3. Votre conscient, votre esprit l'aide de:a) de la Concentration mentale;b) de l'Isolement.Ainsi l'tre suprieur qui est en vous acquerra la Matrise de soi.Il est indiscutable qu'il s'agit l d'un travail qui demande la fois du temps et del'nergie. Certes, ce temps, convenablement rparti entre les occupations quotidiennes,finit par passer inaperu. Et l'nergie dpense est rendue au centuple par cetentranement bien compris. D'ailleurs la joie succde vite l'effort. Toute cette disciplinequi paraissait fastidieuse devient, chaque instant, la source de satisfactions nombreuses.Les membres sont souples et sans cesse prts agir. On se sent lger. Une respirationplus large et plus rgulire vous ravive. Il semble qu'un sang plus vif coule dans lesveines. La digestion est parfaite. Aucune gne des organes, aucune pesanteur. On se sentla tte libre, dgage de toute contrainte. L'ennui se dissipe. Comme aux premiers rayonsdu jour les ombres s'enfuient. Le cerveau, dgag de tous les doutes, se prpare la vienouvelle. Et les premiers feux de l'aurore qui se lve teintent joyeusement nos rves. Quedeviennent nos dceptions, nos rancurs, nos tristesses ? Des nuages qui, maintenant,s'estompent.Comme le coq qui chante joyeusement l'aurore, nous laissons chapper de nos lvresun cri de joie.Notre dveloppement psychique apporte donc notre corps un bien-tre inaccoutum, notre esprit des penses plus saines, notre cur des joies plus doues. Aussi, lenouvel lve, heureux de cette transformation qui dpasse ses meilleures esprances, selivre-t-il chaque jour davantage cet entranement. Il s'y soumet avec infiniment deplaisir. Il comprend que cette direction nouvelle de vie sera pour lui le salut. Il se rendcompte que les pouvoirs psychiques, si longtemps convoits, sont sa porte; qu'il n'est25aucune entrav dont il ne puisse se librer, aucune treinte qu'il ne puisse briser, aucunesuggestion atavique, aucun pli psychique, aucune forme de pense dont il ne puissedevenir le souverain matre.Encourag par le bien-tre qui rsulte de ces constatations, il ne demande qu'persvrer. Il rpare bien vite les fautes anciennes. II observe. Il rflchit. Il comprend. Ils'efforce de dvelopper en lui des sentiments plus purs. Il dpouille le vieil homme. Et,ds ce jour, une douce motion inonde le cur du nouvel adepte. Il escalade allgrementla cte qui mne aux sommets.En montagne, celui qui a gravi un pic aperoit devant lui de si vastes horizons que ledsir lui vient de monter encore. Ainsi, au cours du dveloppement psychique. Lesrsultats sont tels pour qui s'y soumet avec application que, gris par un succs remportsur soi-mme, on se sent pris d'une mulation qui nous porte agir avec une volont plusferme et plus soutenue. On veut se dvelopper soi-mme, d'abord physiquement etmentalement, obtenir un rythme extrieur et intrieur qui soit le gage de la santmatrielle et morale, mais, quand on a touch ce but, quand on se sent plein de forcesnouvelles, on en veut faire un emploi qui soit digne d'elles et de nous. Certes, on est bienloin de renoncer ces devoirs qui sont les liens de notre vie. On demeure attach sonpays, sa famille, sa profession, mais il reste encore bien des aspirations combler. Ona vu le vaste horizon et les vises de l'gosme ne peuvent nous en dtourner.On est puissant, fort, matre de soi. Mais quoi bon, si cette force ne sert qu' desintrts restreints ? On sent le fonctionnement parfait de la machine humaine. On veutmaintenant que cette machine obisse un Idal lev, un Cur pur, une Pense plusbelle. Et, tous les rouages de notre machine ayant t perfectionns, le contre-matredevenu docile et sr comme un excellent employ, on s'aperoit que notre devoir surterre est d'aider les autres. Le bien seul, le bien de tous ceux qui nous entourent ou nousapprochent mrite les soins que nous avons pris. Un altruisme enthousiaste et biencompris nous permet de donner toutes nos facults l'essor qu'elles doivent prendre.Oui, vous deviendrez matre de tous vos rouages et ils marcheront souhait, maistoutes ces nergies qui vont se dployer vous rappelleront sans cesse votre devoir. Laculture de vos forces vous prparera aux plus beaux lans; la domination de vosimpulsivits vous montrera qu'au-del de votre personne et de ses intrts, il est desrgions aussi belles que vastes et que vous devez explorer. Vous n'aurez plus ni crainte,ni colre, ni jalousie. Vous irez vers tous les tres la main tendue et le curfraternellement ouvert. C'est cette forme de pense qui doit fleurir dans votre jardinmental. Les vues nouvelles, leves, prises de beaut et de bont seront le besoinnouveau qui se sera cr par le perfectionnement de votre organisme. Et vous n'aurezmme plus besoin d'un effort pour vous diriger de ce ct; c'est vers lui que penche toutenature forme aux bonnes disciplines et qui tend vers une nouvelle Initiation.Cette Initiation, nous ne pouvons ici qu'en parler brivement. Nous l'avons esquisse grands traits dans un ouvrage crit pour ceux qui nous suivent: Vers la Sagesse.Notre but, dans ce travail qui fait suite ce prsent Cours de Magntisme personnel est de renouer la tradition des Initiations antiques, de faire natre le dsir d'entrer enrapport avec des puissances inconnues qui se trouvent en nous et autour de nous.26Quels horizons magiques se droulent devant le regard de l'Adepte quand il se sentvoluer dans ce monde o tout est douceur et clart ! Les tudes qu'il fait lui apprennentque, si hautes que puissent tre les connaissances qu'il a acquises, il n'est qu'une partieinfinie de ce grand Tout, de cet Univers qu'est le Macrocosme; mais aussi, quelleimmense dignit lui vient quand il sait, d'une manire irrfutable qu'il est lui-mme leMicrocosme, la parfaite image de ce grand Tout, construit suivant le mme rythme etpouvant, par l'accord mystrieux de ses rythmes, se mettre en rapport avec lui selon sonlgitime vouloir. J'ai dit dignit, non orgueil, car, pour celui qui sait, l'orgueil est lettremorte. Il ne vaut que par son rapport avec l'Absolu, par cette tendance constante etqu'il comprend enfin s'unir de toutes ses forces conscientes au plan divin de laNature.Mais ce n'est pas assez de connatre ces choses, de s'en pntrer avec une noble joie. Ilfaut se soumettre une ascse qui fait de nous des adeptes parfaits, capables des plushautes et des plus vastes actions. Cette volution, dont notre Science secrte feracomprendre et pntrer toute la sereine beaut, toute la splendeur consolatrice, il fautl'obtenir et la mriter; il faut en hter les tapes autant qu'il nous appartient.Dans le prsent volume nous enseignons acqurir une parfaite sant, dominer sesimpulsivits, mais ce n'est l qu'une premire tape. Vers la Sagesse vous amnera auseuil du Temple initiatique. Et l, le gardien du seuil l'nigmatique Sphinx de la terredes Pharaons laissera tomber de ses lvres de pierre le secret des quatre verbesinitiatiques. Victorieux de l'preuve, l'adepte voit s'ouvrir devant lui les portes dusanctuaire. Notre Science secrte prpare le nouvel lu toutes les joies qui sont larcompense du Sage.RsumAux mthodes incompltes qui se proposent de vous donner sant, succs, bonheur,pouvoir, nous substituons une mthode synthtique.Sa supriorit notre sens, vient de ce qu'elle comprend et utilise la connexit queprsentent les trois parties de l'usine humaine.1. La machine physiologique a pour but de crer la force nerveuse, grce:a) l'appareil digestif qui forme le sang;b) l'appareil circulatoire qui le transporte pour nourrir les organes;c) l'appareil respiratoire qui le purifie;d) au systme nerveux compos: 1 du systme rachidien domin par l'encphale,centre moteur et sensitif de l'organisme; 2 du grand sympathique qui rgleautomatiquement les appareils vitaux.2. Le contre-matre de l'usine ou inconscient conserve:1 nos souvenirs; 2 nos sentiments; 3 nos actes. Qui le connat bien peut deviner lapense d'autrui, les calculs d'autrui, le caractre d'autrui.27Connatre bien l'inconscient, c'est lutter ensuite victorieusement contre la timidit, letrac; c'est comprendre le mcanisme de certains rves. C'est s'expliquer la nature de tousles faits conscients qui sont l'inconscient ce que la flamme est au feu.3, Le directeur de l'usine c'est l'esprit. Ses proprits gnrales sont: 1 lammoire; 2 l'habitude; 3 l'association; 4 l'attention. Nous pouvons, en tudiant cesproprits, nous en rendre matre et former en nous une personnalit puissante.Vous parviendrez la merveilleuse synthse des 3 lments composant l'tre humainen surveillant:1. Votre alimentation, votre respiration, vos exercices physiques;2. En dveloppant en vous l'auto suggestion; en acquerrant un regard magntique;3. En vous habituant la concentration mentale et l'isolement.Ceci vous conduira la parfaite matrise de vos impulsivits, un sentiment de force,d'quilibre, de bien-tre. Mais ce n'est l qu'une premire tape.En persvrant dans l'tude, de magnifiques horizons se dcouvriront vos yeux. Dejour en jour, vous vous rendrez compte que le vritable but de la vie est votreperfectionnement, mais la condition que ce perfectionnement serve autour de vous.Efforcez-vous donc, chaque jour, de gagner des qualits physiques, intellectuelles etmorales. En ce faisant, vous cheminerez d'un pas plus rapide sur le chemin del'volution.Tel est le but de l'initi.L'alimentation II faut veiller la bonne sant du corps. Prends avec mesure les aliments, lesboissons et les exercices qui te sont ncessaires. Ta juste mesure sera celle quit'empchera de t'amollir. Aussi, devras-tu t'habituer un rgime pur et svre. Pythagore (Vers d'or recueillis par Lysis). L'organisme est comparable un moteur qui dveloppe habituellement tellepuissance et atteint exceptionnellement tel maximum. L'ignorance de la puissance dumoteur humain a pour consquence son utilisation dfectueuse au point de vue durendement en travail. Dans certains cas, on demande l'organisme de fournir des effortstrop intenses pour sa puissance, ce qui le dtriore rapidement ; dans d'autres cas, aucontraire, on ne lui fait produire que des efforts trop faibles, c'est--dire on l'utiliseincompltement. G. Hbert. Le Code de la force.28 De tout ce qui regarde le corps, comme le manger, le boire, les vtements, la maison,les gens de la maison, n'aie que le strict ncessaire. Tout ce qui est pour l'ostentation oula sensualit, supprime-le entirement. EpictteL'ALIMENTATIONNcessit de soigner tous les rouages de la machine humaine. La plupart de nosmaux proviennent d'une alimentation excessive en quantit, mauvaise en qualit. Lesexcs en quantit et leurs fcheuses rpercussions sur notre organisme. La qualit desaliments ingrer. Le danger que prsentent les aliments concentrs. Le foie, organede surveillance. Le signe d'alarme hpatique. Intoxiqus maigres et intoxiqus gras. Les signes de fatigue d'origine alimentaire. Les trois aliments meurtriers: 1 Laviande. 2. Le sucre. 3. L'alcool. Cherchons bannir de notre rgime toutexcitant. Apprenons vouloir. Valeur nutritive des principaux aliments. Lameilleure boisson est l'eau. Les aliments dfendus, surveiller et permis. Unrgime excellent pour quelqu'un peut tre mauvais pour le voisin. L'ingestion desaliments est un acte qui mrite toute notre attention: la mastication, le nombre et l'heuredes repas. Rations alimentaires pour deux adultes sdentaires pesant 60 et 70 kg. Ce n'est pas tout d'absorber des aliments, il faut savoir les manger. L'exercice aprs lerepas. Le danger d'un brusque retour la vie saine. Comment on s'accoutumeprogressivement un rgime sain. Notre rgime alimentaire est celui qui convient lemieux l'homme. Ami lecteur, je veux qu'aujourd'hui soit un jour qui marque dansvotre vie. Rsum.Vous dsirez tendre vers un parfait quilibre physique et moral ! Vous voulez devenirun tout harmonieux Soignez d'abord vos organes.Rappelez-vous, en effet, que nous avons compar votre corps une usine, o setrouvent d'abord des ouvriers : ce sont ces organes, qui remplissent les fonctionsessentielles de votre vie: digestion, circulation, respiration, innervation. Ces ouvrierssont surveills par un contre-matre: votre inconscient, c'est--dire cette force qui, dansvotre conomie, organise sans que vous vous en doutiez. Enfin, un directeur guide toutl'ensemble: c'est la conscience.Toute usine, pour produire un rendement maximum, doit possder des machines bienentretenues, un contre-matre bien dress, un directeur habile et prvoyant. De mme,votre usine humaine doit avoir des organes qui fonctionnent bien, un inconscient qui aitpris de bonnes habitudes, et une conscience soucieuse de son rle directeur.Pour que vous teniez bien votre usine, apprenez d'abord entretenir en parfait tattous ses rouages. Afin d'y parvenir surveillez chez vous:1. L'alimentation;292. La respiration;3. Les exercices physiques.Tous ceux qui ont cherch dfinir la vie humaine normale, la rendre plus longue,ont trouv que la plupart d'entre nous se suicident sans le savoir en mangeant trop. Nousencrassons les chaudires de nos machines force de les alimenter.Vous croyez qu'en mangeant beaucoup vous acquerrez plus de forces, plus de bien-tre, plus de sant. Quelle erreur ! Beaucoup se gavent comme des btes l'engrais.Ils ne font que s'intoxiquer. Nombre d'aliments sont des poisons redoutables qui donnentune activit factice et prparent les pires dsastres organiques. Pis encore ! Vous vousdonnez des coups de fouet, et mme des coups d'aiguillon. Un jour ou l'autre, vouspaierez ces imprudences. D'abord, vous aurez d'autant plus besoin de ces stimulantsdangereux que vous y aurez recouru souvent. Ensuite, mesure que ces coups de fouet sesuccderont, votre volont, qui paratra plus puissante, parce que vous serez colreux,emport, diminuera, et votre inconscient s'tendra toujours plus l'aise sur un domainede plus en plus vaste.L'tre humain qui se suralimente ne peut plus matriser les forces obscures quicommandent ses organes. Il s'affole en face du danger. Il ne sait plus rsister sesdsirs, mme quand il les sait funestes. Il devient impulsif; il prend ses emportementspour des actes volontaires. Ses ides sont arrtes; il croit trouver dans ses enttements lapreuve qu'il juge sainement. Il se croit bien quilibr, alors que tous ses actes montrentchaque jour, de plus en plus, qu'il est l'esclave d'un organisme mal dirig, qu'il est lavictime des habitudes qu'il s'est lui-mme donn.On peut dire que la plupart de nos maux proviennent d'une alimentation excessive enquantit, mauvaise en qualit.Vous mangeons trop. Nous mangeons mal.Notre nourriture est trop excitante, nous ne sommes pas faits pour elle.Pour l'excs en quantit, la punition de cet abus est facile prvoir. Les nourrituresencombrent notre tube digestif, d'o ces dilatations d'estomac, si frquentes de nos jours.Les aliments s'entassent dans l'intestin o ils sont peu, ou mal, ou point assimils; ilsfermentent; ce phnomne amne la production de toxines, qui passent dans l'organismeet y crent toutes sortes de misres.Cet empoisonnement lent ne tarde pas prendre une forme gnrale et troubler plusou moins compltement toute l'conomie humaine. L'organisme surexcit par des excsde nourriture devient nerveux et fbrile, apte toutes les maladies.Ecoutons ce que disent de ce gavage intensif et des troubles auxquels il donne lieu,des mdecins autoriss: Un fait incontestable, crit le Docteur Noirot, c'est que l'homme civilis mange trop,et consomme presque toujours, surtout en matires animales, beaucoup plus que n'exige30l'entretien de la vie. La nature se contente de peu; dans nos habitudes sociales, l'apptitest souvent factice. ( Docteur L. Noirot. L'Art de vivre longtemps, Paris, s. d. ).On rapporte que le Docteur Hquet, visitant ses malades aiss, ne manquait pas d'aller la cuisine et s'adressant aux cuisiniers: Mes amis, leur disait-il, je vous dois de lareconnaissance pour tous les bons services que vous nous rendez, nous autresmdecins. Sans votre art empoisonneur, la Facult irait bientt l'hpital. Le Docteur J. Laumonier signale le danger que prsentent les nombreux et copieuxrepas que nous nous croyons obligs de prendre. En France, dit-il, on fait d'ordinairetrois repas: l'un le matin avant le travail, le second midi, le dernier le soir. Cependantdans les grandes villes et parmi les classes riches, o l'on se cre facilement des besoinsfactices, certaines personnes ajoutent ces repas un goter dans l'aprs-midi et mme unsouper la nuit. C'est l un abus non que le fractionnement des repas soit chosenuisible, bien au contraire, mais parce qu'alors les aliments sont trop abondants, eugard au travail produit, souvent lourds et qu'ils s'avalent sans apptit ou avec un apptitartificiellement excit; d'o rsultent assez vite des troubles plus ou moins graves del'appareil digestif. En outre, les repas sont toujours suivis d'une lvation de tempratureet d'une excitation qui, si elle se rpte trop souvent, comme c'est le cas pour les gens quifont quotidiennement quatre cinq repas, finit par aboutir la neurasthnie. Par contre, il est des personnes qui ne mangent vraiment qu'une fois par jour. Ledanger ici n'est pas moindre, car, la faim tant pressante, on dvore, avec prcipitation,sans prendre le temps de mastiquer; on se surcharge l'estomac, tout en assimilant fortmal, et les accidents gastriques qui ne tardent pas clater ne prcdent que de peu cettat d'appauvrissement dsign sous le nom de misre physiologique. Par consquent, l'alimentation des enfants et des convalescents mise hors de cause,les adultes bien portants et mme beaucoup de malades, les diabtiques et les dilats enparticulier, doivent s'en tenir la coutume, c'est--dire deux grands repas et un lgerdjeuner le matin au rveil. Louis Lucas, qui a laiss d'importants travaux sur la mdecine et la chimie nouvelles,jette aussi un cri d'alarme: Les grands mangeurs, crit-il, activent leurs fonctionsvgtatives, doublent leurs liminations et leurs excrtions; ils ont un moi moinsconscient, moins actif et moins lucide, et le mouvement en plus qu'ils donnent auxorganes industriels du corps, c'est--dire aux viscres, en allant frapper le cerveau, amnedes hallucinations et des drangements intellectuels; les gros mangeurs tendent devenirhypocondriaques, inconscients, impuissants et idiots. Le Docteur H. Michaud crit: Voulez-vous vivre vieux et rester sain, soyez sobre:telle est la loi primordiale de toute hygine de la vieillesse. (Docteur Michaud. Pourvivre vieux, Paris, s. d. ) Seule, dit le Docteur Monin, une sobrit de tous les instants jointe une activitphysique jamais dmentie, prservera de catastrophes prmatures ces Damocls sicommuns dans notre bourgeoisie contemporaine. Qu'ils cessent de penser surtout par leventre, et ils ne creuseront pas, comme l'a dit James Eyre, leurs tombes avec leurs dents !La gastroltrie est mre de la dyspepsie... La surcharge alimentaire est, il n'en faut pasdouter, la raison majeure de la plupart des troubles digestifs. Nous pourrions multiplier l'infini ces citations.31Reste dterminer la qualit des aliments ingrer.Ici, il faut encore rompre avec de longues et tenaces habitudes, si l'on veut obtenir lafois des rsultats d'ordre psychique et une certitude de longvit.Un prjug courant, c'est que ceux qui veulent activer la marche de leur machine, aientrecours des fortifiants, des extraits, des pilules, des cachets, des drogues, sousprtexte qu'ils donnent, sous un petit volume, une suractivit heureuse. Quelle grossireerreur !Le Docteur Gaston Durville, nous dit dans son Art de vivre longtemps: Se nourrird'aliments concentrs artificiellement, sous prtexte de se fortifier, ou simplement de semieux alimenter, c'est se tuer autant et plus peut-tre que lorsqu'on s'alimente avec desproduits naturels surabondants. (Docteur Gaston Durville. L'Art de vivre longtemps,2e dit., Paris, s. d.).Le surmenage alimentaire a les consquences les plus funestes. Il provoque des auto-intoxications. Il nous donne les insomnies, les migraines, les cauchemars, les lourdsrveils qui nous laissent plus fatigus que la veille. C'est une des principales causes de ladilatation d'estomac, de la constipation, de la diarrhe et de presque toutes les affectionsdu foie, des reins et de la vessie. Il encrasse et dforme nos articulations et voici lesdouleurs intolrables de la goutte et du rhumatisme.Si vous vous chargez inconsidrment de nourriture, vos urines deviennent troubles etftides, votre peau trop grasse. Vous avez des sueurs abondantes. Vos cheveux tombentde bonne heure.Le cur, surmen, ne remplissant plus rgulirement son travail de pompe aspirante etfoulante, laisse les vaisseaux s'engorger. Il se produit des troubles congestifs, despousses de chaleur et un besoin de somnolence aprs les repas, des lourdeurs de tte,des palpitations, des battements de cur au moindre effort, des rhumes, des varices, desstases veineuses, des hmorragies (saignements de nez... et, chez la femme, des rglesabondantes et douloureuses), toutes manifestations d'une mauvaise circulation.Les voies respiratoires fonctionnent mal. L'essoufflement se produit et, pour le pluspetit effort, pour quelques centaines de mtres parcourir ou quelques marches gravir,vous soufflez comme un asthmatique.Le systme nerveux, qui a partie lie avec la circulation et la respiration, est victimed'un tat de chose si dfectueux. L'intoxiqu devient lourd, paresseux, faible, doncsuggestionnable. Cette faiblesse ne peut que s'accrotre. Il devient irritable, emport. Descolres sans motifs, ne le manifestent que trop souvent. La neurasthnie, les ides noiress'emparent de lui avec d'autant plus de facilit que le sommeil le fuit et le prive de saforce rparatrice.II est un moyen simple de vous rendre compte si vos acquisitions alimentaires solides et liquides rpondent aux besoins de votre organisme. C'est de constater, parvous-mme, l'tat de votre foie; et ceci vous est particulirement facile lorsque votregourmandise ou votre imprvoyance vous ont pouss vous gaver.Le foie est un organe de surveillance extrmement prcieux. Il neutralise, transforme,32dtruit ou accumule en lui les produits toxiques que la digestion lui amne. Buvons-nousde l'alcool ? Cet alcool va passer par le foie. Sous linfluence de ce poison, les celluleshpatiques vont tre fortement lses; aprs s'tre nergiquement dfendues, elles vonts'atrophier. Et les petits verres , ajouts quotidiennement aux petits verres , vontdonner l'alcoolique une lsion grave: la cirrhose atrophique. Alors le foie ne remplitplus le rle de protection organique auquel il est destin, et c'est bientt tout un cortgede maux amenant l'alcoolique, vritable pave humaine, la folie, au dlirium tremens, la mort.Quand le poison est moins violent que l'alcool, il se produit au foie une lsion d'aspectdiffrent; emplissons-nous notre estomac d'une alimentation trop abondante, nous gavons-nous ; alors le foie accumule en lui, sous forme de substances diverses(glycogne, graisse) le surplus de ce qui est ncessaire au renouvellement de noscellules. En outre, de la graisse va se fixer en diffrents endroits du corps; nous prenons du ventre ; les femmes voient non sans inquitude leurs formes prendre chaquejour des proportions plus grandes; le double menton vient modifier l'harmonie de leurvisage.Cette surcharge de graisse, non seulement va se placer sous la peau du ventre, deshanches, des seins, du cou..., mais elle envahit nos organes.Vous connaissez sans doute comment les leveurs s'y prennent pour suralimenter lesoies et obtenir le dlicieux foie gras ? Ils obligent ces animaux une suralimentationextrmement abondante et comme la bte se refuse d'instinct cette pratique, ils lagavent de force. Ces oies engraissent et leur foie, qui va s'encombrer lui aussi de graisse,prend bientt des dimensions normes, la grande satisfaction du gaveur qui y trouve unlarge profit.Ce que certains font pour les oies, beaucoup de nos contemporains le font sur eux-mmes. Ils se gavent plaisir. Et la consquence, quoique plus lente, n'en est pas moinsdangereuse. A nous gaver, nous encombrons notre foie de cellules graisseuses et commecet organe ne suffit plus son rle, il nous prdispose bientt aux maladies les plusgraves.Quantit de gens, d'ailleurs, se gavent sans s'en rendre compte; ils se rendent maladessans s'en douter; ils se croient simplement bons mangeurs et se flicitent de leurapptit. La constatation de l'extraordinaire frquence de la suralimentation, chez noscontemporains fait dire, non sans raison, au Docteur Gaston Durville cette phrase: Nous sommes tous des gavs. Le travail anormal, la suractivit que vous imposez peut-tre votre foie, vous pouvezvous-mme les suivre, vous en rendre compte. Le foie est situ votre ct droitimmdiatement derrire, les ctes infrieures; lorsqu'il est en suractivit, il grossit, et sonlobe gauche dborde devant l'estomac. De plus, il est d'une grande sensibilit. Il s'ensuitque si vous avez un foie congestionn, plthorique, il vous suffira d'appuyer vous-mmeavec l'extrmit des doigts au creux de l'estomac pour provoquer aussitt une gne ouune douleur, d'autant plus vives que votre foie sera plus surmen, plus atteint.Les mdecins naturistes, c'est--dire ceux qui veulent ramener l'tre humain la santen se conformant aux lois de la nature, ont signal ce signe d'intoxication alimentaire.Le Docteur Gaston Durville, dans l'ouvrage dj cit, dclare nettement: Le33surmenage du foie se traduit par des pousses fbriles douloureuses de cet organe. Lesigne de cette plthore hpatique rside dans la sensibilit du creux pigastrique. Lecreux pigastrique correspond au lobe gauche du foie, et non l'estomac.Le Docteur Pascault s'appesantit sur ces manifestations congestives du foie. C'estparfois, dit-il, dans le ct droit, une pesanteur sourde qui dure plusieurs joursconscutifs. Mais un phnomne infiniment plus frquent, c'est une douleur localise aucreux pigastrique, exactement au sommet de l'angle rentrant form par le rebord desctes ou un peu plus bas droite: douleur superficielle, souvent assez marque pourforcer la femme se dlacer o adopter le corset bas (signe des temps !), pour obligerl'homme se desserrer et porter bretelle. Cette sensibilit pigastrique, gnralementfugitive et ne se faisant sentir que dans les heures qui suivent immdiatement le repas,est en relation, non avec une souffrance de l'estomac (lequel est situ plus bas, gaucheet plus profondment), mais avec la congestion d'une partie du foie, que nous avonsappele le lobe d'alarme , parce qu'elle dnonce les perturbations digestives d'unemanire trs prcoce et trs sre. imageFig. 5. Schma des principaux viscres abdominaux. (D'aprs M. Letulle: Inspection, palpation...)L'organe qui nous intresse ici est le foie. C'est une masse charnue trs volumineuse,d'un brun rouge qui est place droite du corps, contre le diaphragme immdiatementsous les dernires ctes (5e et 10e ). Le lobe gauche du foie s'tend la ligne mdiane ducorps sur l'estomac qu'il recouvre en partie. Lorsque nous nous suralimentons, notre foiegrossit et devient douloureux la palpation. On voit sur ce schma, en dehors du foie:l'estomac, la rate (du ct gauche de la poitrine, sous les dernires ctes) et le grosintestin.Qui se refuserait, sachant les dangers auxquels il court peut-tre, vrifier lui-mmel'tat de son foie ? Ne vous effrayez pas surtout s'il est douloureux et ne vous croyez pasatteint des pires maladies ! Que chacun le sache, cette sensibilit du creux de l'estomacest un signe d'alarme. Il doit vous montrer si vous vous tes loign des lois de la nature.Dans les cas peu graves, on se gurira soi-mme en se mettant au rgime alimentairesain, en faisant des exercices respiratoires, de la marche active au plein air. Le massagemanuel doux, s'adressant directement au foie, et excut par un masseur habile, ainsi quel'air chaud (Des applications d'air chaud sont faites notre Fondation de Neuilly avecl'appareil brevet du Docteur Marcel Viard: Le Mill.) ont rapidement raison des lsionsplus profondes.imageFig. 6. La recherche de la sensibilit du creux pigastrique.La prcdente figure nous montre que le foie, normalement, dborde devant l'estomac,au creux pigastrique. Lorsque nous nous suralimentons, notre foie grossit et devientdouloureux. Nous avons un moyen de nous rendre compte de l'tat de sant de cet organe34en nous palpant nous-mme la pointe du sternum, immdiatement sous les ctes. Si lapression des doigts fait natre une douleur, c'est que notre masse hpatique estcongestionne. C'est l un signe d'alarme qui doit nous dcider vivre plus sainement.Revenons encore aux troubles d'intoxication, car il nous faut en bien montrer la causerelle.Il y a deux catgories d'intoxiqus alimentaires: 1. Les intoxiqus maigres au foie souvent atrophi, la figure ple, jauntre,quelquefois macie;2. Les intoxiqus gras au ventre rebondi, la dmarche lourde.Voici un portrait prcis que nous trace le Docteur Paul Carton des intoxiqus gras,qu'il appelle des intoxiqus florides : II y a, dit-il, la lgion des athltes carnivores, des souleveurs de poids, des lutteurs,boxeurs et batteurs de records. Ces lutteurs monstrueux, masses de muscleshypertrophis et de graisse croulante... ne soulvent pas mon admiration, parce que cesont des cas d'hyperfonctionnement morbide. L'hypertrophie de leurs tissus comme deleurs performances est pathologique, parce que provoque par des moyens anti-physiologiques qui font rendre leurs organes plus qu'il n'est dans la nature de donner etparce que, selon la loi de la vie, toute surexcitation dmesure se paye d'un puisement etd'une ruine conscutives. L'apoge de ces athltes est d'ailleurs trs passager, la plupartdu temps; leur vigueur excessive est un feu de paille qui ne se retrouve pas dans leurdescendance. Ce sont des anormaux, des plantes forces, appeles tre brles un jourou l'autre par l'engrais violent qui est la cause de leur exubrance draisonnable. ( Docteur Paul Carton. Les Trois aliments meurtriers, Paris, 1912, p. 21. )Et le jugement du Docteur Gaston Durville n'est pas moins svre: Que lesgourmands, les gros mangeurs aient une face rubiconde et un ventre saillant, je ne leconteste nullement, au contraire. C'est de ceux-l qu'on a coutume de dire qu'ils ontbonne mine, qu'ils sont pleins de sant, de force, et que sais-je encore ! II n'est pas moinsvrai qu' brutaliser les organes digestifs on en tare les fonctions. Les bouchers qui sontgavs de viande et que l'on voit leur devanture avec leur figure injecte et violette etleur ventre en besace, comptent parmi ceux qui meurent les premiers. Congestioncrbrale et maladies de foie sont les tristes rsultats de leur gavage intensif. ( DocteurGaston Durville. L'Art de vivre longtemps, 2e dit., Paris, s. d., p.80 ).La suralimentation est, nous ne craignons pas de le dire, un danger social. C'est ellequi est le principal flau combattre, elle qui, encrassant les rouages de notre machine,cre l'arthritisme, affaiblit considrablement la rsistance de notre organisme, qui ne peutlutter alors efficacement contre les microorganismes. Nous devenons la proie, ohcombien facile ? des microbes qui donnent naissance aux maladies les plus graves,comme la tuberculose et le cancer.Les tuberculeux par arthritisme sont lgion: neuf sur dix le sont devenus par unealimentation vicieuse, c'est--dire grce l'arthritisme. Le Docteur Carton ne craint pasd'affirmer que le plus sr moyen de contracter la tuberculose, c'est de consommerpendant quelques mois de la viande crue.35Un grand matre ne s'est-il pas cri, avec infiniment de raison, que la suralimentationa tu plus de tuberculeux que la tuberculose elle-mme ! Quelle erreur clinique, plus,quel crime, commettent les mdecins qui suralimentent les pauvres tuberculeux et lesconduisent ainsi d'un pas rapide au tombeau !Les mdecins naturistes nous le disent: l'arme thrapeutique la plus efficace que nouspossdions pour lutter contre la tuberculose, c'est un rgime sain, un rgime sans viande,le rgime vgtarien. Et cette opinion rsulte d'observations journalires.Nous ne saurions donc trop insister sur les dangers que prsente une alimentationsurabondante et dfectueuse. Ces troubles varient selon nos rsistances organiques, selonnotre temprament.Le Docteur Gaston Durville a prcis de la faon suivante les signes de fatigued'origine alimentaire chez le sanguin et le bilieux.C'est surtout le foie qui trahit chez les sanguins cet tat pathologique. Il amned'abord, souvent sans fivre, des pousses congestives et douloureuses qui vont ens'aggravant, mais sans continuit, aussi attribue-t-on une indigestion passagre cesymptme isol d'un tat continu. Puis le malaise s'installe au creux de l'estomac. Si lefoie se fatigue nouveau, on voit la longue apparatre de gros troubles congestifs :congestion hpatique non-seulement du lobe gauche, mais de tout l'organe, avecdbordement en dessous des ctes, phnomnes douloureux, violents dans le ct droit,dans la vsicule biliaire, dans le dos, l'paule droite et le bras droit, dbordementsbiliaires et vacuation ou non de calculs. L'accident pass, dit plus loin le Docteur Gaston Durville, l'individu revient ousemble revenir la parfaite sant; la crise a t un effort bienfaisant de la Nature pourrtablir l'quilibre rompu; celui qui en a t la victime retrouve une nergie, une activitqu'on remarque et qu'on envie; mais les crises se renouvellent puisque persiste la fautealimentaire qui les produit et, chaque assaut compensateur que fournit l'organe, larsistance organique de celui-ci s'affaiblit. Alors se manifestent davantage les signes defatigue arthritique: le sujet se plthorise, perd ses muscles qui se remplacent par de lagraisse, prend du ventre ; il s'essouffle au moindre effort; transpire pour rien d'unesueur acide qui brle son linge et fait tomber ses cheveux. Il devient de plus en plusgoutteux et rhumatisant, fait des boutons, des eczmas, des furoncles, des pharyngites,des rhumes, des angines, des palpitations; il devient incapable de penser ou d'agir aprsle repas et s'endort ou somnole aprs le dessert. Bien entendu, il considre ses douleurspendant la digestion comme des phnomnes normaux et attribue au froid tous les autrestroubles prcits... (Docteur Gaston Durville: La volont et la fatigue. Journal duMagntisme avril 1917, janv. et fvr. 1918. )L'encombrement hpatique ne tarde pas provoquer distance des troublesmcaniques de circulation par suite de la compression de la veine cave et de la veineporte dans le foie. Il en rsulte des varices, des hmorrodes et, chez les femmes, desfibromes et diverses autres incommodits de l'utrus. II se produit frquemment, dans cescas, des hmorragies utrines ou hmorrodaires qui peuvent, si elles sont traites avecsoin et en temps utile, dcongestionner le malade. Comme, gnralement, on attribue cesmalaises toute autre cause qu'aux excs alimentaires, on ne s'aperoit pas que cette36intoxication funeste cre des inflammations chroniques des reins et que l'on prpare lplace aux coliques nphrtiques lesquelles ne se font point attendre. Heureux cegastronome impnitent, si une apoplexie mortelle ne vient pas le gurir dfinitivement detoutes ses maladies !Pour les bilieux, le danger de la suralimentation, s'il est diffrent, n'est pas moinsgrave. Chez eux, la fatigue digestive se traduit par une irritabilit nerveuse, prlude del'insomnie. Une fois au lit, le bilieux est agit, il se sent un irrsistible besoin de seremuer, le sommeil le fuit et, moins il dort, plus l'agitation nocturne gagne du terrain .Ilarrive souvent que le mdecin ne voit que ce symptme et n'en cherche pas la cause: ilprescrit une potion calmante qui fait dormir vaille que vaille, d'un sommeil peupl decauchemars. La langue demeure sale, le corps est courbatur comme aprs une excessivefatigue corporelle. Du ct de l'estomac, le mal se caractrise par des crises d'abordisoles et fugaces d'acidit, d'aigreurs, accompagnes de nauses et de dgot desaliments. Invariablement, dans ces cas, on incrimine l'anmie, la faiblesse gnrale, ladyspepsie nerveuse, et on suralimente le patient, ce qui ne fait qu'aggraver son mal. Si onpalpe l'estomac avec prcaution on constate toujours qu'il est dilat. Cette dilatation peuttre minime; mais gnralement, elle est assez importante. On peut trouver des estomacsdilats et abaisss jusqu' 3, 4, 5, 6 travers de doigt au-dessous de l'ombilic et, ce qui esttrange, c'est qu'il est de ces outres clapotantes, gargouillantes et fermentantes, qui nesont aucunement douloureuses. L'estomac est, peut-tre, l'organe qui se laisse le mieuxmartyriser sans rien dire. Il est nanmoins de ces estomacs dilats et clapotants qui sontdouloureux. Le foie, qui est pass, antrieurement, par une phase d'hypertrophie, tend diminuer:il y a insuffisance et souvent en mme temps, rtention biliaire, celle-ci produisant lateinte de peau jauntre caractristique des individus bilieux. Le surmenage intestinal servle par des diarrhes gnralement ftides, alternant avec des priodes de constipationopinitre. La fosse iliaque droite est sensible la pression profonde; cette sensibilittraduit des lsions du colon; ces dernires vont souvent jusqu' provoquer l'appendicite.La peau est sche, les dents se carient et tombent, souvent sans faire beaucoup de mal.L'intoxication gnrale se manifeste par des troubles de la circulation, et spcialement dela circulation des extrmits des membres. Un signe a une grande valeur au point de vuedu diagnostic, j'ai propos de l'appeler signe de Carton, du nom du premier qui l'adcrit, il consiste dans une teinte carmine fonce des ongles des mains, due latoxicit arthritique, et qui tranche sur la pleur des tguments voisins. C'est l'un des indices les plus srs de la maladie hpatique par faute alimentaire.On le voit, les troubles qui peuvent natre dans l'organisme d'une alimentationsurabondante et mal comprise sont assez graves pour devoir tre pris en considration. Ilnous faut d'autant mieux y songer que le danger est mconnu. Ces troubles portent, notre sant physique, une atteinte qui a ncessairement sa rpercussion sur nos facultsintellectuelles et morales. Le sanguin, endormi et colrique, ainsi que le bilieux, lafigure macie, au teint jauntre et qui, sous l'exaspration nerveuse cause par samauvaise alimentation, devient constamment irritable, doivent tous deux modifier leurtemprament en se donnant une nourriture plus saine et mieux approprie leurs besoinsphysiologiques.Nous ne devons pas considrer notre corps comme le but de notre travail et de nos37recherches, mais comme un animal au service de notre esprit; il a donc droit aux soins,aux bons traitements que l'on doit tout tre qui l'on demande une certaine somme detravail. Nous lui sommes beaucoup plus funestes par une alimentation exagre et malcomprise que par des privations mme excessives.Nous venons de signaler les dangers que prsentent, d'une faon gnrale, les alimentspris en trop grande quantit. Il nous faut maintenant envisager les dangers que nouscourons en recherchant un excs de qualit.Non seulement, d'une faon gnrale, nous mangeons trop, mais nous mangeons tropbien. Rgler, mme strictement, la quantit des aliments ingrs n'est pas tout, si nousvoulons acqurir une sant robuste. Il faut dterminer quelle doit tre leur qualit.Nous ne saurions trop insister sur les dangers auxquels nous exposent certainsaliments si on les prend en abondance et sur les tares qu'ils laissent aprs leur passagedans l'conomie. Ces tares nous font souffrir, inconvnient srieux, mais surtout ellesoffrent l'inconvnient plus grave de se transmettre nos descendants et de crer, sinondes malades, du moins des candidats tous dsigns la tuberculose, l'artriosclrose, etmme, si nous parlons de l'alcool comme nous serons obligs de le faire la folie,au vice, tous les malheurs physiques, moraux et sociaux.Il ne faut pas croire que ce tableau soit charg. Nous ne nous laissons pas entraner pardes thories. Des citations d'auteurs connus, des faits cliniques, prouvent que nous noustrouvons en prsence de cas pathologiques, malheureusement trop rels. Ce sont cesconstatations journalires et ces faits nombreux qui feront aisment comprendre ceuxqui dsirent dvelopper leur Volont, leur Magntisme personnel qu'ils ne doivent pas,par une alimentation surabondante et mal comprise, perdre les fruits de leurentranement.La viande, le sucre et l'alcool, sont, dit trs justement le Docteur Paul Carton, desaliments meurtriers.Nous commenons par le premier de ces aliments, la viande, qu'il faut, sinoncondamner compltement, du moins restreindre le plus possible et considrer non commeun aliment indispensable, mais comme un simple excitant, bon suractiv nos forces,quand nous nous trouvons dans la ncessit de donner une somme inaccoutume detravail, que ce travail soit manuel ou crbral. Mais, en thse gnrale, elle ne nous estpas utile, au contraire. Les ordres religieux qui ont fait les plus rudes travaux dedfrichement, d'assainissement, les Trappistes en particulier et les Pres Blancs de largion saharienne, ne mangent jamais de viande et vivent fort gs. On peut objecterpour les nations vgtariennes en majorit, comme l'Inde, que l'activit n'y est pasgrande. Mais ce n'est pas un reproche qui puisse tre fait au Japon. Et pourtant lesjaponais considrent la viande comme une nourriture rarement usite et ne s'en serventque comme d'un excitant momentan, dans les cas o nous employons l'alcool et le caf.La conformation de l'homme ne l'assujettit nullement une nourriture carne:Flourens, Cuvier, Buffon lui-mme, constatent que sa structure au point de vue digestifapparente l'homme aux grands singes et le prdispose se nourrir de fruits, de racinessucculentes, en un mot de vgtaux. Buffon, que l'on ne saurait taxer de modernitexcessive et qui vivait l'poque des festins 5 services de 8 10 plats chacun, n'en a38pas moins dit expressment: l'homme pourrait, comme l'animal, vivre de vgtaux... Lanature entire semble suffire peine son intemprance et l'inconstante varit de sesapptits. L'homme consomme, engloutit lui seul plus de chair que tous les animauxensemble n'en dvorent, et c'est plus par abus que par ncessit. imageFig. 7. Les trois aliments meurtriers. La viande Le sucre L'alcoolCette opinion des naturalistes est corrobore par la physiologie. Les excitations quedonne la viande sont suivies de dpressions qui rendent ncessaire l'usage constant desaliments carns ou de l'alcool. Ce mal est grave : la viande, passe dans l'intestin, perdtoute valeur d'excitation et ses dchets ne servent plus qu' provoquer des fermentationsputrides qui intoxiquent l'conomie. Par cet abus, nous rudoyons nos organes, nouscontrarions le travail de nos viscres digestifs.Mais, dira-t-on, la viande contient une grande quantit d'azote. Elle en contient bienmoins que certains lgumes, les lentilles, par exemple. De plus, cet azote ayant t djassimil par l'animal dont nous mangeons la chair, a perdu une partie des forces vivesqu'il avait puises dans la terre et dans l'influx solaire. Enfin, la viande est dpourvue dessels minraux indispensables la vie de nos cellules, alors que les vgtaux en sont siriches. Ces sels minraux, dans les animaux, sont localiss dans le systme osseux et, sinous voulions tre logiques avec nous-mme, comme le remarque trs justement leDocteur Gaston Durville, en nous adonnant l'ingestion de la viande, nous devrions,comme les vrais carnassiers, ingrer aussi les os. Enfin, nous sommes mal organisspour neutraliser les violents poisons contenus dans les viandes: ptomanes, leucomanes,qui s'attaquent aux cellules nobles de nos organes.La viande est donc un produit dangereux et son abus pour notre organisme, les plustristes consquences.Qu'on en juge par ce que disent des mdecins. La viande, crit le Docteur Paul Carton, est un excitant a digestion gastrique pure:elle engendre une brusque saccade de stimulation qui a le dfaut d'tre une irritation anti-physiologique. L'euphorie qu'elle procure, en plus de sa nocivit, est passagre etncessite, pour tre entretenue, la rptition de prises d'aliments carns ou d'alcool. (Docteur Paul Carton. Les Trois aliments meurtriers, Paris, 1912, p. 12.).Et plus loin, le mme auteur ajoute: La pratique mdicale est l, d'ailleurs, pour nousmettre en pleine vidence les mfaits de la viande. Elle atteste qu'elle est la causepresque exclusive des affections du tube digestif. C'est elle qui cre les dyspepsies, lesentrites, l'appendicite. C'est elle qui favorise l'closion de la fivre typhode, desdysenteries. C'est elle qui forme le vritable point d'appel pour la fixation des parasitesde la tuberculose et du cancer. La meilleure preuve nous en est fournie par les succsthrapeutiques que sa suppression dtermine dans les cas d'affections du foie, del'estomac, de l'intestin, et mme de la tuberculose. A tel point, que les prescriptions demdications base de jus ou d'extraits de viande ne peuvent tre considres que commeautant d'attentats la vie des malades. (id., p. 14).39De son ct, le professeur Bouchard dclare: Les carnivores ont la langue sale,l'haleine mauvaise, les selles irrgulires et ftides, des drangements gastro-intestinauxfrquents, des affections cutanes habituelles, des migraines, des rhumatismes, del'obsit ou de l'maciation. Le Docteur Jules Grand ne craint pas d'affirmer que les personnes qui continuent demanger de la viande par got, ou qui se croient obliges de le faire, sous le prtexte queleur sant ne leur permet pas d'en supprimer l'usage, sont victimes d'une erreur dont ellesdevront forcment subir les consquences une chance plus ou moins lointainesuivant le cas. A cette opinion s'ajoute celle du Docteur Gaston Durville. Il dit dans son Art de vivrelongtemps: Je considre la viande comme dangereuse surtout parce qu'elle apporte nos cellulesune trop grande quantit de principes nutritifs albuminodes que l'organisme estimpuissant rejeter au dehors sous forme d'ammoniaque. Ces matires albuminodes entrop grande quantit intoxiquent nos cellules; en outre, elles les excitent brutalement etnous donnent, comme consquence, cette impression de bien-tre extraordinaire,d'euphorie que nous avons tous prouve aprs un repas carn. En ralit, ce bien-tre,cette euphorie ne sont que trpidation artificielle; la consquence en sera usure etdpression. Beaucoup croient que la viande est indispensable l'conomie humaine, sous prtextequ'elle contient des principes albuminodes. Pourtant l'organisme, mme actif, consommeextrmement peu de substances albuminodes pour la rparation de ses protoplasmesuss: trois quatre grammes par vingt-quatre heures, au maximum. Or, constate trsjudicieusement mon frre, le Docteur Gaston Durville, le moindre mangeur de viandeabsorbe au moins deux cents grammes de substances albuminodes par jour, c'est--direde quoi rparer les protoplasmes uss de cinquante individus. Nous nous livrons donc une vraie dbauche de matires albuminodes. ( Docteur Gaston Durville. L'Art devivre longtemps, 2e dit., Paris. s. d., p. 106. ).Souvenons-nous que la viande est un excitant, rarement utile, souvent dangereux. Il nefaut en user qu'avec modration et le mieux est videmment de s'en abstenir totalement.Les travailleurs manuels ont tort de dire que sans un estomac gav de viande, ils crvent de faim. Le sucre ne cause pas moins de ravages que la viande. Nous parlons du sucreindustriel, du sucre en morceaux ou cristallis qui se consomme seul ou ml auxaliments.Le sucre industriel est un aliment mort qui a perdu, dans les oprations auxquelles il at soumis, les qualits qu'il avait dans le protoplasme vgtal. A l'tat de concentrationo nous le mangeons, le sucre est une sorte de drogue, un produit chimique, un puissantexcitant, plus nuisible qu'utile.Les ouvriers manuels, les athltes, les coureurs qui ont une grosse somme d'efforts donner, trouvent dans le sucre une excitation, une dose d'nergie qui les aide pouraccomplir leurs performances. N'est-ce pas un moyen de surexciter les chevaux de course40que de leur donner, quelque temps avant le dpart, une certaine quantit de sucre ? Maiscette suractivit artificielle, produite par l'absorption d'un corps chimique concentr, nepeut tre que dangereuse pour l'organisme qui ne le brle pas.Le sucre industriel est un excitant d'autant plus dangereux qu'il se prsente sous uneforme attrayante, bnigne. C'est une pratique dtestable qui pousse les parents et lesnourrices donner du sucre aux nouveaux ns, de mme qu'aux enfants de tout ge, sousprtexte de les gter. Il en rsulte, pour les premiers, ces diarrhes qui les emportent avecune si terrible rapidit et dont on cherche les causes partout ailleurs que dans leurvritable motif. Pour les enfants plus gs, le sucre prsente un danger d'une autre forme:il cre chez ces jeunes organismes une excitation sans aucun rapport avec la dpensemusculaire ou crbrale qu'ils ont occasion de fournir. Certains cas d'exaltation nerveuseet de trs pnibles insomnies, chez des enfants aussi bien que chez des adultes, ont tguris par la simple suppression du sucre, dont une tendresse maladroite leur faisait unercompense et un plaisir. Si l'enfant, dou d'une bonne sant, chappe ces traitementsabsurdes, il n'en demeure pas moins prdispos aux maladies congestives, aux troubleshpatiques, au diabte et toute espce d'incommodits, moins graves peut-tre, maistout aussi dsagrables, en particulier les maladies de la peau. Les petits chiensd'appartement terminent prmaturment leur existence et sont obses un ge encore peuavanc parce qu'on les sdentarise et que, trs souvent, on les gave de sucre et de viande.Il est, d'ailleurs, absurde de penser que nous ne pouvons nous passer de cet alimentsoi-disant d'pargne. Il y a cent ans peine, la consommation du sucre en Europe n'taitpas le dixime de ce qu'elle est actuellement. Nos aeux n'en vivaient pas moinsbeaucoup plus longtemps que nous. Ils ne connaissaient de sucre que celui des fruits et lemiel, excellents ceux-l parce que dilus et naturels. Il suffit de lire les anciens livres decuisine pour voir combien tait restreinte la consommation du sucre en pains ou enmorceaux. On sucrait la tisane et autres infusions surtout avec du miel; en tout cas, il n'yavait jamais de sucre en morceau sur la table. Ces petits rectangles que notre picier nousdbite prsente encore un danger: leur dcoupage cause chaque anne la mort d'un grandnombre d'ouvrires; en respirant la poussire de sucre, elles deviennent rapidementtuberculeuses. Si le sucre avait pour l'organisme la parfaite innocuit du miel, il necauserait pas ces maux.Le sucre chimique que nous ajoutons nos aliments, ou que les enfants sucent sousforme de bonbons ou de sucre d'orge est donc dangereux.Voici ce que dit son sujet le Docteur Gaston Durville: Le sucre industriel est un des aliments meurtriers pour nos organismes, un desaliments incendiaires. Absorber, comme le font tous nos contemporains, en plus de leurration alimentaire quotidienne dj surabondante, la valeur de quatre, cinq, six morceauxde sucre, et plus, souvent, c'est condamner son organisme un hyperfonctionnementmorbide et tuant. (Art de vivre longtemps, 2 dit., p. 98)Le Docteur J. Lpine signale galement le danger du sucre industriel.La voix du Docteur Paul Carton est encore plus nergique. Il considre, avec un senstrs prcis des ralits, que le sucre industriel, le sucre dvitalis , est, pour lui, unedes principales causes de la mortalit infantile. Je suis persuad, crit-il, que des 80.000 enfants de un jour un an que la France41perd chaque anne, plus de la moiti meurent victimes du sucre qu'on ajoute leursbiberons. C'est ce sucre maudit, plus encore que les microbes contenus dans le lait, quiest la cause relle des malaises digestifs, des entrites, des diarrhes foudroyantes, destroubles de nutrition, des insomnies, des crises de nervosisme, qui s'abattent sur lesenfants en bas ge (certains auteurs ont mme dcrit, chez l'enfant, une fivre de sucre Schaps, Molhausen, Finkelstein et Meyer). C'est lui qui est la cause indirecte del'closion des maladies infectieuses qui s'acharnent sur les petits enfants avec lafrquence que l'on sait. Il partage avec la viande la responsabilit des affections dusecond ge. A saturer les enfants de sucre, de bonbons, de chocolat, de confitures, ondtruit leur sant avec une lamentable inconsciente. Et pour l'adulte, le danger n'est pas moindre. L'arthritisme, dclare le DocteurCarton, avec ses manifestations graves tardives le guette. C'est le sucre surtout, quifavorise ce moment la tare congestive, qui provoque la surcharge sanguine, l'dme dusang, qui mne aux congestions viscrales, aux hmorragies crbrales; c'est lui quicontribue puissamment l'closion des rhumatismes, de la goutte, de la tuberculose; c'estlui qui dgrade le foie et le pancras et influe ainsi, d'une faon capitale, sur laproduction du diabte. Plus la consommation du sucre s'accrot, plus la mortalitdiabtique s'lve. Le sucre meurtrier, c'est, ne l'oublions pas, le sucre industriel, en morceaux, cristallisou en poudre, ou donn sous forme de bonbons. Le sucre, ainsi prpar, sucre mortphysiologiquement, devient une vritable drogue, un produit pharmaceutique dangereuxsi on en abuse.Il n'en va pas de mme, nous ne saurions trop le rpter, du miel et du sucre naturelqui se trouve en suspension dans les fruits. Celui-ci est vivant, d'une assimilation plusfacile et ne saurait causer, dose normale, aucun trouble organique.Arrivons maintenant l'alcool.Dire ses mfaits paratra presque une redite, mais c'est une certitude que l'on ne sauraittrop faire pntrer dans la masse. Nos lves devront viter toute boisson fermente.Notre intoxication par l'alcool est aussi de date rcente, D'aprs les travaux trsdocuments du Docteur Gourmont, la consommation de l'alcool a tripl depuis 1850, ouplutt depuis 1860, date laquelle le nfaste perfectionnement des appareils dedistillation a permis de tirer l'alcool non seulement: des fruits de nos climats: raisins,pommes, poires, prunes, cerises, mais des betteraves, des pommes de terre, des grains,des figues sches et mme du bois. On pense que, en dehors des inconvnients que nousallons numrer et qui sont ceux des alcools les plus parfaits, ces produits chimiques,faits avec des substances aussi imprvues que le bois, ont, en outre de leur nocivitnaturelle, la complication de la dformation industrielle de l'alcool. Ces alcools ainsifaits ont gnralement un got spcial que l'on dissimule par des essences violentes etparticulirement toxiques. Les absinthes bon march les chres ne valent mieux quesous le rapport de la qualit de l'alcool se font avec des alcools bons tout au plus amettre dans des rchauds ou tout autre moyen de chauffage. C'est cependant ce tordboyaux qui est devenu le poison de notre pays. Il est des provinces, la Normandienotamment, o les patrons donnent une forte proportion des salaires en jetons d'alcool:42aussi la taille des conscrits, ainsi qu'on peut le vrifier facilement est-elle devenue la pluspetite dans tout le pays, aprs avoir t l'une des plus grandes.A ce rgime, les maladies qui proviennent de l'alcool ont doubl, tripl, dcupld'intensit. En 1830, il y avait 10.000 fous dans les asiles, il y en avait 71.547 en 1910 et,sur ce nombre, une forte proportion d'alcooliques: 25 0/0 en ce qui concerne les hommes,10 0/0 en ce qui regarde les femmes. En ajoutant les alcools aggravs par des essencescomme l'absinthe, le Docteur Legrain arrive 28 0/0 d'alcooliques sur le nombre total etconsidrable des fous. Depuis la guerre, la vente de l'absinthe est interdite en France,mais, malheureusement, il reste en vente quantit d'autres boissons toxiques.L'alcool commet bien d'autres ravages. Les Docteurs Abramovski et Kuhne ontdmontr que, mme ingr petite dose, il diminue la mmoire. Il rend l'organisme sansdfense contre les lsions pulmonaires: en 1870, il y avait peine 23 0/0 de pneumoniesmortelles, maintenant ou plutt en 1898 en nous rapportant aux statistiques desDocteurs Fernet et Massart, ce pourcentage s'est lev 47. Les enfants d'alcooliquesmeurent trs souvent en bas ge et les statistiques dmontrent, nous dit le DocteurGourmont, que, si la France ragissait contre l'envahissement toujours croissant de cedangereux produit, nous aurions un excdent moyen de 275.000 existences par an.Enfin, la folie de l'alcool est bien loin d'tre une folie douce, et on a le plus grand tortde rire de l'ivrognerie. Le pochard inoffensif et grotesque peut, sous une dose plus fortede poison ou sous la mme quantit de poison plus violent, devenir un criminel. En toutcas, il devient un impulsif, incapable de rsister aucune suggestion; c'est un malade, undgnr de l'esprit, une vritable loque qui se laissera entraner au crime, au vol parcelui qui saura le dominer dans ses moments de faiblesse intellectuelle et morale. LeDocteur Lannelongue estime que, si la vente de l'alcool rapporte 300 millions l'Etat, ildoit, par le fait mme, dpenser ou perdre 2 milliards par diminution de salaires, frais derpression, d'incarcration et de maladies.Il est certain que l'alcool industriel est une des causes de cet tat de choses: il serpand facilement, sa production est illimite et son prix peu lev. Il est non moinsvident que l'alcool, sous toutes ses formes est un poison, un vritable danger social.Boire de l'eau rougie ses repas comme on mettrait dans son eau du citron ou du sirop en liminant la question du sucre ne saurait constituer un procd d'intoxication,mais on n'imagine pas gnralement la quantit de vin que beaucoup de personnespeuvent absorber, tout en ne se croyant nullement alcooliques, parce qu'elles ne boiventpas d'alcool l'tat pur. Cette quantit peut aller de 2 14 litres par jour. Or, comme levin, mme naturel, contient 100 grammes d'alcool 100 par litre, au minimum, la dosede toxique absorbe par ces non-alcooliques est de 200 1.400 grammes d'alcool 100 ou de 400 2.800 grammes d'alcool la dose moyenne de 50, ce qui dans ledernier cas, fait plus de 3 litres. On comprend aisment que dans une proportion telle, lepoison corrode l'estomac, brle le foie qui ne suffit plus le neutraliser, sclrose lesartres, surexcite les nerfs, blesse les poumons et endommage les reins qui n'arrivent pas l'liminer. Il en rsulte que, suivant la statistique du Docteur H. Martin, sur 304 enfantsde 60 familles d'alcooliques, 132 moururent en bas-ge, 48 eurent des convulsions, 60devinrent pileptiques, et il y en eut 64 qui parurent sains, mais prdispossnaturellement toutes les inflammations, toutes les pidmies.43On conoit maintenant, nettement, le danger que prsentent les trois alimentsmeurtriers: la viande, le sucre et lalcool.Mditons ces sages paroles du Docteur Paul Carton: A faire usage d'alcool, faireusage de viande, faire usage de sucre prpar industriellement, on surexcite ses forcespour mieux les abattre ensuite, on puise sa vitalit, on prodigue ses rserves de vie, ondtruit ses rsistances la maladie, on aggrave toutes ses prdispositions morbides, sestares viscrales, et on acclre sa dcrpitude. En une phrase, c'est l'alcoolisme, lecarnivorisme et le sucrisme qui forment, l'heure actuelle, les plus larges plaies dontsouffre l'humanit. (id., p. 5).Il est antinaturel pour ceux qui veulent tonner la foule par leurs performancesphysiques, de recourir des produits toxiques. L'exprience le prouve.Le Docteur Haig dit nettement: II rsulte de mes recherches qu'un rgimeentirement dbarrass de viande, ainsi que de th, de caf et d'autres substancesvgtales similaires contenant des alcalodes, est de loin le meilleur pour former desathltes. Et si nous faisons appel l'opinion des psychistes, elle est non moins loquente.M. Albert Caillet dit trs judicieusement, parlant des aliments meurtriers: Lestimulant est une substance trangre qui se substitue la Volont pour fouetter lesubconscient (ou inconscient) : c'est une personne interpose, en quelque sorte, entredeux parties de nous-mmes et qui les divise de plus en plus, qui les spare, tandis quenotre but doit tre au contraire l'union la plus intime, la coordination la plus parfaite detous nos lments constitutifs. ( Albert Caillet La Science de la vie, Paris, 1913, p.156. )Nous pourrions multiplier ces exemples l'infini, mais n'avons-nous pas suffisammentsoulign le danger que prsente une alimentation mal comprise ?La vie moderne surtout dans les villes va l'encontre des lois de la nature. Noussommes sans cesse comme des machines l'tat maximum de tension, sans nous soucierde la rpercussion de ce surmenage sur notre organisme. Nous vivons au milieu de bruitsqui surexcitent notre systme nerveux.Quand nous allons quelque temps en pleine campagne, loin de toute trpidation et quenous rentrons dans une grande ville, le bruit, l'activit mal comprise, l'atmosphreempeste nous drangent. Puis, bientt, nous voici repris par la suggestion puissante dela cit. Nous retrouvons nos affaires. Nous revivons cette vie de fivre au granddtriment de notre sant physique et morale, du parfait contrle sur nous-mme.Mais puisque la socit est ainsi faite et que nous ne pouvons rien, ou presque pour lamodifier, cherchons au moins connatre le danger qu'elle prsente, l'tudier de prs et nous mettre dans les meilleures conditions pour en souffrir le moins possible. C'est undevoir vis--vis de nous-mme et vis--vis de notre race.Cherchons bannir de notre rgime tout excitant. Sachons mieux nous diriger. Apprenons vouloir.44Le Docteur Paul Carton rappelle que, lorsque Rome voulut enrgimenter sesgladiateurs, elle fut surprise de voir combien ses sportifs, ses colosses offraient peu dersistance une fatigue continue.Il en fut de mme au cours de la dernire guerre. Le Docteur Gaston Durville a puconstater que les brancardiers qui duraient le plus au rude mtier qu'il leur fallaitfaire taient des intellectuels dlicats, des sminaristes, des jeunes gens de la ville queleur volont et le sentiment du devoir soutenaient beaucoup plus que n'auraient pu fairela force musculaire et tous les excitants du monde.Nous avons donc en nous de quoi remplacer, par un usage judicieux de nos efforts, lesucre, la viande, l'alcool. Il n'est pas besoin, pour augmenter une production que, parntre entranement, nous saurons rendre plus normale, de dtruire notre sant etd'hypothquer l'avance le trsor de force que nous devons nos fils.Le stimulant auquel vous aurez recours sera une volont puissante, rflchie,soutenue, toujours gale elle-mme. Elle sera claire par un jugement sain, par unemeilleure comprhension des lois de la Nature. Vous vous sentirez chaque jour pluscalme, plus matre de vous, plus heureux.Pour nous conformer trs rigoureusement aux lois de la nature, il nous faudrait menerune vie calme et paisible, manger peu et sainement, vivre la campagne, respirer un airtoujours pur, loin des usines et des villes, nous revivifier au contact des rayonsbienfaisants du soleil, centre de la vie universelle. Notre conception du bonheur en seraitdiffrente. Notre esprit serait charm de retrouver partout, dans le ruisseau qui coule, laplante qui pousse, l'oiseau qui gazouille ou fait son nid, des exemples d'une activitharmonieuse. Et ntre cur s'panouirait comme la fleur aux caresses du soleil; ildeviendrait meilleur, plus grand, plus gnreux ! Mais combien peu, parmi nous, sont mme de raliser ce rve !imageFig. 8 Diagramme reprsentant la valeur nutritive de quelques aliments.Les aliments sont considrs poids gal. Plus la partie teinte de noir est grande, plusl'aliment renferme de parties assimilables. On voit donc, par ce diagramme, qu' poidsgal, la noix est plus nutritive que le froment, celui-ci plus utile notre organisme queles dattes, etc... Le chou est le moins nourrissant parmi les aliments reprsents ici.Nous sommes esclaves de la socit. Puisque nous ne pouvons gure chapper satyrannique emprise, cherchons au moins y vivre plus sainement. Quant au reste, faisonsde notre mieux pour nous adapter. Armons-nous de patience, de courage. Efforons-nousde sourire malgr le temps maussade. Attendons avec foi l'heure de notreaffranchissement. Et viennent les difficults, elles nous trouveront prts l'effort.II est indiscutable que le premier problme rsoudre est celui de notre alimentation.Tout d'abord, il nous faut considrer la valeur nutritive des diffrents aliments.Question primordiale. Les diagrammes ci-contre, que nous empruntons M. Otto Carqu( Otto Carqu. La Base de toute reforme.), donnent approximativement, mais d'une45faon suffisante pour nos lecteurs, une reprsentation graphique de la valeur nutritive desprincipaux aliments.imageFig. 9 Graphique reprsentant quatre diners de mme poids, mais de compositiondiffrentes.Dner n1 Huitres, soupe, poisson, roti, volaille, pikles, pomme de terre, patisserie,pain blanc, beurre, glace, gteaux, vin, caf, moutarde, vinaigre, povre, sucre.Dner n2 Soupe, viande, pomme de terre, pinards, laitue, pain blanc, pudding,caf, fromage.Dner n3 Haricots, laitue, pain de froment complet, fruits tuvs.Dner n4 Fruits crus, noix, crales.Le repas le plus utile notre conomie est le quatrime ; le plus toxique est le repas n1.Dans le premier de ces diagrammes, les cercles, de mme grandeur, correspondent un mme poids, et les secteurs noirs indiquent la partie assimilable par notre organisme.On voit que les aliments les plus nourrissants sont les noix, puis viennent le fromentcomplet, les dattes, le fromage... L'aliment le moins nourrissant, dans ce tableau, est lechou, mais son utilit est grande, car tenant beaucoup de place dans notre tube digestif, ilcontente notre apptit, nous oblige mettre un frein notre gloutonnerie, nous empched'absorber des produits toxiques, balaie nos intestins et facilite ainsi les vacuations.Dans le second diagramme, les grands carrs reprsentent quatre dners de mmepoids, mais de composition trs diffrente. Les carrs noirs intrieurs traduisent, pourchaque repas, la partie utile notre conomie. On voit immdiatement que le menu leplus utile notre organisme, non seulement parce qu'il est le plus nourrissant mais aussiparce qu'il encombre le moins nos intestins de dchets, c'est celui qui comporteseulement des fruits crus, des noix, des crales. Le moins nourrissant et le plus toxique,c'est le dner n 1 qui, ct d'aliments d'une valeur alimentaire secondaire, comportedes excitants plus ou moins nocifs: pickles, caf, moutarde, vinaigre, poivre, sucre.Les produits vgtaux conviennent donc mieux notre organisme. Les ufs, pris sansexcs car l'excs en tout est un dfaut, sont excellents.Le Docteur Pascault crit, au sujet de la valeur nutritive des produits vgtaux, du laitet des ufs : Le raisonnement, les expriences physiologiques et la pratique prouventque nos besoins peuvent en toutes circonstances tre satisfaits par les amidons, lessucres, les graisses, les albumines et les sels minraux contenus dans les produitsvgtaux, le lait et les ufs. Quelles que soient les conditions d'existence o nous soyonsplacs, ces aliments sont ceux qui s'adaptent le mieux au fonctionnement de la machinehumaine, ceux qui entretiennent la vie avec le maximum d'avantages et le minimumd'inconvnients; tous les ges, dans toutes les professions, et on peut mme dire danstous les pays, ces aliments sont les aliments essentiels. ( Docteur Pascault. LesAliments essentiels.).Les fruits, parfaitement mrs, sont trs utiles notre organisme. Ils sont d'une telle46valeur nutritive, sous un faible volume, que beaucoup de naturistes conseillent un rgimefruitarien absolu.M. Albert Caillet n'hsite pas crire: Parmi tous les aliments, ceux qui sont le plusfavorables conserver la Volont le plein pouvoir de la direction, du corps, sont lesfruits: ce sont eux qui communiquent au corps matriel le moins d'autonomie si l'on peutdire. ( Albert Caillet. La Science de la vie, Paris, 1913, p. 158. )M. Otto Carqu conseille de revenir immdiatement un rgime simple et frugal, necomprenant que les fruits, dlicieux et vivifiants, consomms dans l'tat o la Naturenous les offre. Mangeons en abondance des fruits, mais qu'ils soient parfaitement mrs. On prfreratoujours les fruits nouvellement cueillis ou le sucre est vitalis, aux fruits secs. Toutefoisles noix et les dattes sont parmi les fruits les plus nourrissant. Ce serait, notre sens, unefaute de vouloir vivre uniquement de fruits, mais faisons-leur une large place dans notrealimentation journalire.La meilleure boisson est l'eau, l'eau de source pure, sans proprit mdicamenteusespciale, prise en petite quantit, II est indispensable qu'elle soit claire et limpide, sansgot. On la boira telle qu'elle vient d'tre tire, pas trop frache. Ne la filtrer que si elleest trouble. C'est commettre une erreur que de faire bouillir l'eau destine notre table,car l'bullition dtruit les micro-organismes et, s'il en est de mauvais contre lesquels,d'ailleurs, notre organisme saura lutter beaucoup sont indispensables la bonnelaboration des produits alimentaires que nous ingrons.L'eau, est, de toute vidence, la boisson idale. C'est elle qui fait crotre la plante et quidsaltre l'animal. C'est elle qui, de l'avis de tous les hyginistes, convient le mieux l'homme.Le professeur Bouchard dit son sujet: L'eau prise en boisson, l'eau absolument pureet simplement filtre, est indispensable en certaines proportions pour acclrer les actesde la dsassimilation et favoriser les mtamorphoses organiques; elle estmalheureusement bannie actuellement de la table du riche et du pauvre; personne ne boitplus aujourd'hui d'eau naturelle et cependant le manque d'eau fait que les produits de ladnutrition s'accumulent dans le sang, les conditions de l'osmose sont suspendues, et lesproduits excrmentiels accumuls viennent vicier les tissus et les humeurs. Pour bien seporter, il faut boire au moins de un litre un litre et demi d'eau pure par vingt-quatreheures. Toute eau pure et sans got convient nos besoins et, quant nous, pour unorganisme en bon tat, nous ne voyons pas la ncessit de recourir des eaux minrales concentration chimique marque (l'eau de Vichy, par exemple), dont la vogue est duesurtout une habile et continue publicit. Encore une eau minrale n'a-t-elle de rellevaleur curative qu' la sortie mme de la source. Une fois en bouteille, elle perd trsrapidement ses proprits vitales ou radio actives. L'usage de certaines eaux constitue nos yeux un traitement qui n'a d'utilit spciale qu'en vue de supprimer certains troublesorganiques. Ceux-ci guris, la belle eau de source ordinaire, prise modrment et ladose d'un litre un litre et demi par jour est celle que nous conseillons nous parattre la boisson la meilleure. Suivons, encore en cela, l'instinct des animaux, eux qui,47domestiqus, ne deviennent malades que par les efforts souvent trop considrables quenous les contraignons fournir et aussi par l'alimentation mal comprise auxquels nousles soumettons. Au contraire, quelle vigueur, quelle bonne sant prsentent les animauxsauvages qui ne bnficient pas de la civilisation telle que la conoivent les hommes !L'eau est un excellent rgulateur: elle nous est d'une grande utilit pour aider notreorganisme se dbarrasser des dchets alimentaires. Notre intestin, paresseux parce quesurmen, s'est-il laiss encombrer ? Il nous est un moyen simple et je dirai infaillible de gurir une constipation, mme la plus opinitre, d'origine alimentaire: c'est deboire jeun, le matin de bonne heure, un grand verre d'une eau naturelle, frache et pure.Ajoutez-y, pour augmenter son effet, quelques grains de gros sel, si l'effet tarde semanifester.Dans tous les cas, on aura toujours avantage, surtout dans les cas chroniques, rveiller le travail intestinal par quelques effleurages nu sur le ventre, que l'onpratiquera soi-mme, sans autre moyen que la main. On se dshabillera et on s'tendrasur le lit, la tte lgrement releve par un oreiller, les genoux flchis, les muscles duventre bien dtendus. Pour excuter cet effleurage, il suffit de poser, bien plat sur leventre, sa main droite. Aucune raideur. Ne dployer aucune force. La main tant danscette position, dcrire autour de l'ombilic (nombril) une srie de cercles rguliers. Partantdu ct droit de votre ventre, votre main passe sous les ctes, effleure le ct gauche etarrive au bas-ventre pour retrouver le point de dpart. Vous continuez ainsi, d'unmouvement peu rapide, rgulier. Que votre main pouse bien, de toute sa surface, lesmasses musculaires. Et surtout, ne dployez aucune force: plus votre massage sera lgeret plus il sera efficace. Cinq dix minutes contrles avec une montre prs de soi, caron a tendance abrger toujours les soins ! suffisent, en renouvelant chaque jourl'opration, pour remettre bientt en bon tat les intestins les plus constips.Il est indispensable de librer son intestin avec rgularit. Vous vous prsenterez donc heures fixes, de prfrence le matin ds le rveil et le soir, avant de vous mettre au lit.Vous vous prsenterez mme sans en prouver le besoin. Ce n'est que parl'accoutumance que vous rtablirez le jeu de toutes vos fonctions.Autant l'eau pure est excellente, autant dconseillons-nous l'usage des siphons , des sodas , de toutes les boissons dites hyginiques travailles chimiquement. On devramodrer l'ingestion de boissons fermentes comme la bire et le cidre. Le vin, qued'aucuns recommandent en petite quantit aux personnes ges, est nfaste l'organismelorsqu'il est pris de faon immodre; il contient de l'alcool dont nous avons signal lesdangers et, trop souvent, il a subi des prparations, des additions de produits chimiquesqui le rendent toxique. Le mieux serait de vous mettre l'eau, uniquement l'eau. Maissi vous ne pouvez rompre ds aujourd'hui avec vos habitudes et supprimerimmdiatement tout excitant, mettez au moins au fond de votre verre une faible quantitd'un vin aussi pur que possible et remplissez le reste d'eau. L'effet excitant, nocif du vinsera ainsi attnu.L'usage du lait est conseiller surtout aux enfants et aux vieillards. Etant lui-mme unaliment complet, il ne doit pas tre pris par l'adulte comme boisson aux repas, car ilsuralimenterait.48Si nous coutions la voix de la sagesse, nous ne devrions introduire dans notre tubedigestif que des vgtaux et de l'eau pure, pris en quantit modre. Mais nous noussommes accoutums des excitations et celles-ci nous sont devenues ncessaires. Nousne pouvons rompre avec le pass que progressivement. Si, du jour au lendemain, noussupprimions tous excitants, nous serions incapables de faire un grand effort et uneapathie, une gne mme de nos organes accuseraient la ncessit des besoins factices quenous nous sommes crs. L'intoxiqu a besoin de sa morphine, l'ivrogne ne peut sepasser de son alcool. Le retour, la vie saine exige des mnagements, sinon bien des -coups sont craindre. Tout au contraire, en procdant mthodiquement, on rompt lesplus fortes chanes, on se libre de toutes les habitudes morbides, si ancres soient-elles.On marche d'tape en tape, sr de la victoire qui couronnera nos efforts.Il nous a donc paru utile, ncessaire mme, d'indiquer nos lves une gradation suivre dans leur cure de dsintoxication. Toutes les viandes, poids gal, ne sont pasaussi dangereuses notre organisme: le gigot, les ctelettes, le jambon, le lapin, lepigeon, le poulet, par exemple, sont moins toxiques que le chevreau, les rognons,l'agneau, le foie (de veau, par exemple); ceux-ci encore moins nuisibles notre sant quele gibier (trs toxique lorsqu'il est faisand), les viandes grasses, le foie gras, lescharcuteries ( l'exception du jambon), les tripes.Une mme classification s'impose pour le beurre, les ufs et les laitages; les poissons,les crustacs et les coquillages; les vgtaux et les fruits; les sucreries, les entremets etles gteaux; les boissons, les potages, les sauces et les corps gras.Nous ne saurions mieux faire, ce sujet, que de reproduire les tableaux ci-contre desaliments dfendus, surveiller et permis, que donne le Docteur Gaston Durville dans sa-Cure Naturiste. Ces indications s'adressent la trs grande majorit de nos lecteurs(troubles nutritifs moyens). Seuls les malades gravement atteints ont besoin d'un rgimeappropri leur tat ( L'tablissement d'un rgime ncessite un examen mdical qui peuttre: fait notre Fondation de Neuilly. ).Dfendus A surveiller PermisViandes (Boucherie, Charcuterie)Foie gras. Porc chaud.Pieds truffs. Cervelles. Riset abats. Triperie. Viandestrs jeunes. Gibiers.Viandes grasses. Saucisses.Saucisson. Boudin.Cervelas. Tte de veau.Canard. Pintade. Oie.Foie. Rognons. Dinde.Mortadelle. Porc froid.Veau (pas trop jeune).Buf (filet, faux-filet,rumsteak, beafteck, etc.)Cheval, Mouton. Ctelettes.Gigot. Agneau. Lapin.Pigeon. Poulet. Jambon.49PoissonsPoissons sals, sches,conservs, et fums.Poissons en botemtallique (sardines l'huile, maquereaux enbote, etc.) Morue. Raie.AnchoisTout poisson ayantvoyag est dangereuxpendant la saison chaude.Poisson enSauceTous poissons de riviretrs frais et n'ayant voyagqu'au minimum. Parmi lespoissons de mer, lespoissons maigres trs frais :sole, merlan, harengs frais,les petits poissons plats.Cuire l'eau, faire griller,ou frire l'huile. Hareng etMaquereau grillsCrustacs et MollusquesTous sont mauvais;homard, langouste,crevisse, crabe, crevette.Tous les coquillages, saufl'hutre (moule, coquille StJacques, coque, palourde,etc.) Escargot.Hutre.Pains, Ptes, CralesPain complet. Pain bis, pain de seigle. Les ptes sont toutesbonnes (vermicelle.macaroni, coquilles,nouilles, semoule, tapioca,etc.). Il n'est jamais utilequ'elles soient aux ufs.Farines : bl, sarrasin,avoine, orge, mas.Pain blanc et de mnage.Sauces et Graisses50Saindoux. Lard. Beurrecuit. Margarines. Tip.Toutes saucescompliques, pices.Ragots (sauf ceux l'huile, de temps en temps).Roux. Fritures la graisseet au beurre.Epices: poivre,moutarde, piment, carry,pickles, cannelle, vinaigreet tous acides.Toutes graissesvgtales: huile blanche,d'olive, d'arachide, de noix.Cocose. Beurre vgtal.Fritures l'huile. Sauceblanche. Sel.Lgumes farineuxToutes les lgumineusessches: fve sche, haricotsec noir ou rouge. Pois sec,cass ou dcortiqu. Toutesles conserves en botesmtalliques.Haricot blanc sec.Topinambour. Rave.Toutes les lgumineusesfraches : haricot vert engousses ou cosss. Haricotblanc ou noir frais. Poisvert en gousses ou coss.Lentilles. Pomme de terre.Riz. Carotte. Salsifis.Crosne. Cleri. Choux-rave. Rutabaga. Choux-navet. Navet. Julienne.Betterave. PanaisLgumes vertsRhubarbe. Aubergine.Oignon cru. Ail. Echalote.Choux de Bruxelles. Chouxgras. Tous lgumes enbotes mtalliques.Choux sans graisse.Radis. Oignon en sauce.Choucroute.Epinard. Toutes saladescrues ou cuites: laitue,romaine, mche, escarole,chicore, pissenlit. Cressoncru ou cuit. Oignon rti aufour. Blette. Poireau l'huile. Asperges. Artichaut.Haricot et pois verts.Endive. Ttragone.Arroche. Cardon. Persil.Cerfeuil.51ufsTrs frais: 2 3 parsemaine. L'albumine(blanc) est plus digestive siluf est bien cuitBeurre et LaitagesBeurre cuit ou noir. Laitpur pris comme boissonaux repas. Fromages forts:Roquefort, Cantal, Pont-Lvque.Camembert. Crmefouette.Beurre cru ou justefondu, vers sur le plat, enservant. Lait au petitdjeuner. Lait ferment(kphir, yoghourt).Gruyre. Hollande. Port-Salut. Petit Suisse (un petitsuisse gale 2 ufs).Double-crme. Crme.Fromage blanc. Brie.Coulommiers.PotagesTous potages gras etconcentrs, mme s'ilstaient vgtaux. Tousbouillons de viandes ou extraits de viande (Liebig,etc.).Tous potages auxlgumes, aux ptes, ouaux crales (floconsd'avoine, etc.) Tapioca.Parfois soupe au lait.Sucreries, Entremets, Gteaux52Toutes les sucreries:bonbons, caramels,chocolats, cacao, fruitsconfits. Confitures,marmelades trs sucres,Tous entremets trs sucrs.Puddings.Brioche. Miel. Tartes aux fruits. Crmesrenverses. Gteaux auxamandes. Pain d'pie.Beignets l'huile. Biscuitssecs ( la cuiller, petitbeurre, fours). Croissant.Petits pains. Gteau de riz(y ajouter des fruits frais).Gteau de semoule.Meringue. Crpe l'huile. FruitsFruits pas mrs.Marmelades trop sucres.Confitures.Tomate. Groseille. Pruneau. Melon.Citrouille. Chtaigne. 0live.Champignons Tous beauxfruits de saison trs mrs,frais ou secs, naturels ou enmarmelades peinesucres: pomme, poire,cerise, pche, prune,orange, amande, abricot,noisette, ananas, framboise,banane, datte, figue.BoissonsTous alcools, apritifs,amers, vins toniques,pharmaceutiques,fortifiants. Vins vieux.Vins sucrs. Sirops. Thfort. Caf fort.Eau. Eaux minrales(bues leur source). Vals.Bires lgres. Cidre. Vinavec eau. Tisanes(Camomille, fl. d'oranger,tilleul). Caf de Malt.MaltKneippEn s'inspirant de cette classification des aliments en dfendus, surveiller et permis chacun pourra modifier de faon heureuse son rgime alimentaire. Mais, nous lerptons, dans les cas graves, un avis mdical s'impose.Savoir ce qui convient trs exactement la machine humaine, quel combustible nous53devons y introduire, quelle activit est bonne ou mauvaise, quel rythme optimum nous nedevons pas dpasser est une tche essentiellement dlicate.En mdecin qui connat bien des secrets de la nature humaine, en psychologue habitu suivre le jeu des forces psychiques, notre ami et collaborateur, le Docteur MarcelViard, dont nous sommes heureux de reconnatre ici la grande conscienceprofessionnelle, crivait dernirement ces lignes qui s'adressent tous ceux qui veulentse gurir et se perfectionner: II faut bien faire ce que l'on fait. Il y a un abme entre une chose bien faite et lamme chose mal faite. C'est dire assez qu'au point de vue naturiste, il ne faudra pas secontenter d'un peu prs. Un rgime excellent pour quelqu'un pourra donner les piresrsultats chez le voisin. Certains exercices physiques donneront de beaux muscles et unebelle sant certains sujets et les mmes exercices en tueront d'autres, D'o il rsultequ'un contrle mdical svre est indispensable. Pour conserver sa sant, il est ncessairede connatre quelles sont les ressources de son organisme, ce qu'il est capable desupporter, ce dont il a besoin pour rsister l'infection. Toute institution de rgime doit-tre prcde d'un examen minutieux de tous les organes. C'est en visant la perfectionabsolue qu'on arrivera un quilibre parfait. L'effort doit tre rythm, que cet effort soitphysique, intellectuel ou moral. A tout effort doit succder un repos qui lui estproportionnel. Telle est la loi du rythme ! C'est la seule faon d'viter la maladie, autantque faire se peut et la mthode psycho-naturiste nous en donne le moyen. (DocteurMarcel Viard. La Fondation Henri Durville: le but qu'elle se propose. Journal duMagntisme, juin 1923.)Sages paroles mditer. Cette mthode psycho-naturiste est prcisment celle qui estapplique notre Fondation de Neuilly o, sous la direction mdicale du Docteur MarcelViard, les malades retrouvent, s'il est temps encore, la sant, la srnit, le bonheur.S'il est indispensable de s'inquiter de la qualit de nos aliments, la question se poseensuite de savoir comment il faut introduire dans notre tube digestif en quellequantit, sous quelle forme, quelles heures notamment les lments qui vont servir fabriquer la force nerveuse et rparer tous nos rouages mesure de leur usure. Il fauttenir compte de la rsistance de notre poche stomacale qui, surmene, se dilaterait; il estncessaire de se proccuper des scrtions internes qui aux diffrents tages de l'usinedigestive bouche, estomac, intestins ont pour but de transformer les produitsingrs.Notre alimentation journalire peut tre prise en trois-repas: repas lger du matin,repas de midi, repas du soir. Vouloir supprimer une fonction aussi essentielle que ladigestion ou la rduire sa plus simple expression, comme certaines mthodes orientalesle prconisent, est aussi illogique qu'exiger d'une chaudire qu'elle fonctionne sans luidonner de combustible. En tout, mfions-nous des excs. Mais ce serait aussi commettredes errements, autant prjudiciables notre sant, que de s'astreindre un seul repas parjour. Des troubles graves de l'estomac, de l'intestin, du foie, entre autres sont toujours lesjustes consquences de telles erreurs physiologiques. Tout cart des lois de vie saine,tout acte qui tend su perturber le rythme de nos fonctions se paie. La nature reprendtoujours ses droits. Heureux, le jeune prsomptueux qui espre commander en matre auxforces conservatrices de la vie si une lsion irrparable n'est pas la consquence de satmrit.54L'exprience nous montre la ncessit de prendre nos aliments, au cours d'un jour, enplusieurs fois. Et l'habitude franaise de fixer les repas le matin au saut du lit, midi aumilieu des travaux de la journe et le soir aprs l'effort nous parat excellente. Quant laquantit moyenne ingrer chacun de ces repas, les tableaux suivants donneront aulecteur des indications suffisantes. Ces documents, que nous empruntons l'Art de vivrelongtemps du Docteur Gaston Durville, indiquent les rations de base pour deux adultessdentaires pesant 60 70 kilogrammes. Le Repas du MatinRATION POUR ADULTESDENTAIREpesant 60 KG. pesant 70 KG.Lait 200 gr. 250 gr.Pain crote, ou rassis ou grill. 70 gr. 80 gr.Beurre 20 gr. 25 gr.ou mieux:Pruneaux crus, tremps dans l'eaudepuis la veille (Carton) 10 12 12 15Pain 60 gr. 80 gr.ou encore:Fruits frais (pomme, poire, poche, figue, raisin, cerise) 150 200 gr. 200 250 gr.Pain 60 gr. 80 gr.Le Repas de MidiRATION POURADULTE SDENTAIREpesant 60 KG. pesant 70 KG55I. Hors duvrevgtal (Artichautconcombre, rave, cleri,radis, tomate).50 gr. 50 gr.Ou bienLgume vert (haricotsverts, pois verts, poireau,salade cuite, julienne).3 cuilleres 4 5 cuilleresII. Aliment azot,viande (voir la liste)(on peut trs bien s'enpasser)50 60 gr. (la valeurd'une petite ctelette)70 80 gr.Ou mieuxAliment farineux (riz,ptes, carotte, pomme deterre, crales, haricots fraisblancs, etc.)3 4 cuilleres 4 5 cuilleresIII. Salade l'huile.(peu de vinaigre, ni citron)une assiette une assietteune assiette une assietteIV. Dessert:Fromage (Gruyre, Brie,Hollande,Suisse, Coulommiers,fromage blanc)morceau moyen (25 gr.) un bon morceau (35gr.)Ou mieuxFruits (pomme, poire,pche, prune, raisin, etc.)150 250 gr. 200 300 gr.V. Pain 90 110 gr. 110 120 grVI. Boisson (eau, vinet eau, cidre, bire)un verre un verre 1/256Le Repas du SoirRATION POURADULTE SDENTAIREpesant 60 KG pesant 70 KG.I. Potage aux lgumes(avec 20 gr. de pain) ou auxptes.Assiette moyenne Bonne assietteII. Aliment farineux (choisir parmi ceux de midi)2 ou 3 cuillres3 ou 4 cuillres.III. Lgume vert. 3 bonnes cuillres 4 bonnes cuillresOu bienSaladeassiette moyenne bonne assietteIV. Dessert (fromageou fruit).comme midi comme midiV. Pain 60 90 gr. 90 110 gr.VI. Boisson un verre un verre 1/2Ces menus, nous l'avons dit, sont des menus-type s'adressant des personnes peuprs normales, mais sdentaires, donc ayant besoin de peu. Pour les travailleurs manuels,ces rations paratront insuffisantes, mais il faut se mfier de tout excs. Le mieux, pour lamajorit de nos lecteurs, est d'adopter une ration intermdiaire entre celle qu'ilsabsorbent actuellement et celle que donnons comme base.En, cas de maladie, demander toujours l'avis d'un spcialiste.Absorber des aliments bien choisis en qualit et en quantit n'est pas tout. Il fautencore savoir manger.Tout travail exige pour tre excut au mieux, des conditions particulires. Pours'accomplir selon le rythme prvu, notre digestion a besoin de calme. Vous discutez,peut-tre, activement en mangeant, sans songer le moins du monde l'importance de vosfonctions digestives. D'autre part, si vous tes seul table, le dsir de retournerprcipitamment vos affaires, vous fait dvorer en quelques instants, un repas quidevrait demander un temps sensiblement plus long. Dans l'un et l'autre cas, vous mchez57mal vos aliments. Comment vous tonner ensuite qu'ils produisent en vous de grandesperturbations ? En agissant de la sorte, vous oubliez qu'une partie de la digestions'accomplit dans la bouche. C'est l que, sous linfluence de la ptyaline ou amylase quiest un ferment soluble que renferme la salive, les fculents commencent se modifierchimiquement. La premire opration transforme les fculents en sucre de maltose. Cesucre ne devient assimilable que grce au suc intestinal et au suc pancratique qui, dansl'intestin, le ddoublent en glucose. Mais ces oprations ne s'accomplissent que si lesfculents ont t, dans la bouche, suffisamment crass et imprgns de salive. Lesavaler sans les mcher, c'est donc leur retirer toute utilit nutritive; c'est encombrer vosorganes sans en tirer aucune utilit.Pour les autres aliments, une mastication insuffisante prsente d'autres inconvnients.D'abord vous ne savez pas jusqu' quel point vous pouvez rpondre de votre estomac etder votre intestin. Ensuite, pourquoi leur imposer un travail pour lequel ils ne sont pasfaits ? C'est les dtraquer coup sr. C'est vous crer des maladies. Enfin, il ne faut pascroire que les aliments de facile dglutition puissent sans inconvnient tre avals sanstre mchs. Il n'y a rien de moins exact: les pures farineuses, par exemple, pour lesmotifs indiqus plus haut quand nous parlions des fculents, doivent tre soigneusementtritures par les dents. Faute de ce soin, cette prparation recommande aux malades,avec raison, comme lgre et bienfaisante, devient sur l'estomac un poids inutile. Manger trop vite, a dit Brillat Savarin, est un dfaut et un dfaut grave, car ilannonce un homme qui ne sait pas vivre et il compromet la sant en apportant aprs luides digestions difficiles et pnibles. Horace Fletcher nous recommande de mastiquer trs soigneusement les aliments, deles mcher, de les triturer quatre fois plus longtemps que nous n'en n'avons l'habitude; ilnous recommande aussi de mastiquer longuement, non seulement les bouillies et lespures, mais aussi les boissons afin que notre salive s'y mle intimement. Il est certainque lorsque nous engloutissons htivement des aliments, les trois quarts et mme lesquatre cinquimes ne sont pas digrs. En fletchrisant (livre page 92) notre nourriture,nous assurons nos aliments une assimilation parfaite; nous diminuons les fermentationsintestinales, causes de tant de maux; nous supprimons radicalement tout encombrementintestinal. Qui ne voudrait s'efforcer de suivre ? ces sages recommandations ?Si votre gloutonnerie vous a donn des troubles, mme graves, vous pouvez yremdier par une hygine de votre digestion. Les Docteurs Pascault et Monteuuisinsistent sur le rle de la mastication dans le traitement des maladies chroniques lies l'arthritisme, et on sait qu'elles sont nombreuses. Ils conseillent, ceux qui veulent segurir eux-mmes,. de faire l'exprience suivante: D'abord prenez le temps de manger, leur disent-ils, et si, a midi par exemple, vosoccupations ne vous permettent pas de rester table, rduisez la quantit d'aliments,quitte vous rattraper le soir. Au petit djeuner du matin, vous avez plus de loisirs ?Alors, mchez votre lait, la bouche ferme, en le brassant avec la langue et les joues, dix,vingt fois de suite; mchez votre pain (lequel sera grill et non tremp) pendant dixsecondes, montre en main, puis pendant quinze, vingt, trente secondes, jusqu' ce qu'ilsoit absolument rduit en bouillie; ne comptez pas y arriver du jour au lendemain, sachezattendre et persvrer. Faites de mme aux grands repas; cassez du pain dans votre soupe(c'est peut-tre incorrect, mais c'est trs salutaire); mangez vos pures avec des crotons;58entre chaque plat, toujours pour apprendre mcher, croquez une ou deux noix ounoisettes; en somme, mastiquez mthodiquement tout, principalement les potages, lespures, le pain et tous les mets dans lesquels entre de l'amidon sous une formequelconque.Vos dents, incisives, canines et molaires sont des couteaux, des crocs, des meules.Ils doivent accomplir leur besogne. La nature les a mis dans votre bouche pour que vouspuissiez couper, dchirer et broyer les aliments. Travail prparatoire indispensable auxmystrieuses combinaisons chimiques qui vont s'oprer dans les profondeurs de vosorganes. Ce premier : acte est intimement li ceux qu'il prcde. Vous devez doncmaintenir vos dents en bon tat, les prserver de toute carie, de toute altration.Vous pouvez viter tous ces inconvnients:1. En diminuant l'ingestion d'aliments et de boissons sucrs (cidre doux) et surtoutle sucre et les sucreries;2. En lavant vos dents la brosse nergiquement votre lever et votre coucher etaussitt aprs chaque repas; en garnissant votre brosse, de temps en temps, de craiementhe qui nous parat tre un dentifrice des meilleurs; cette craie menthe se trouvechez tous les pharmaciens et est d'un prix modique;3. En recourant au dentiste ds que vous apercevrez le moindre point noir sur vosdents. Faites les plomber si elles ne sont pas trop caries. Et si votre dentition est par tropmauvaise, faites-vous faire, par un dentiste comptent, une pice dentaire; elle vous estindispensable pour la parfaite mastication de vos aliments.Buvez le moins possible aux repas. C'est une trs mauvaise habitude que de boirebeaucoup en mangeant; c'est elle qui nous pousse dglutir des nourrituresinsuffisamment mastiques. Un verre un verre et demi par repas est une quantit quenous ne devrions pas dpasser. Certains hyginistes conseillent mme de supprimer touteboisson pendant l'ingestion des aliments et de boire le verre d'eau, soit aussitt le repastermin, soit dans le courant de la journe, mais manger sans boire paratra difficile beaucoup.Ne lisez jamais au cours d'un repas. Dtendez votre esprit. Evitez toute dpensed'nergie psychique. La plus grande partie de vos forces nerveuses doit se concentrerautour de vos centres digestifs o elle est indispensable.Que vos repas soient toujours pris aux mmes heures. La rgularit dans toute votreconduite, repas, travail, repos, est indispensable si vous voulez parvenir laparfaite matrise. Observez la nature, et vous trouverez en elle un rythme merveilleuxauquel vous vous conformerez de plus en plus. Tout y demeure soumis: le jour succde la nuit; la mer, sous l'influence lunaire, manifeste une activit rgulire avec son flux etson reflux; les astres gravitent majestueusement sur leurs orbes; les saisons se succdentdans un ordre immuable; la plante, toujours aux mmes poques, germe, crot, fleurit etmeurt; les animaux se lvent et se couchent aux mmes heures, se reproduisent dessaisons dtermines. C'est la loi du Rythme et du Cycle que nous avons dveloppe dansntre ouvrage: La Science secrte.Les anciens hermtistes ont soutenu cette thorie que l'tre humain ou petit monde(microcosme), n'est qu'un reflet du grand monde (macrocosme) et qu'il est soumis aux59mmes lois. C'est l une profonde vrit pour qui observe et rflchit. Mais il faut sortirdu brouhaha du monde pour atteindre les hautes cimes. L haut, le regard treint lepanorama enchanteur...Ce rythme, cette palpitation sont visibles en nous: nous les constatons dans notreactivit nerveuse ( une priode de veille, d'activit, succde une priode de sommeil, derepos) dans notre fonction circulatoire (contraction et dtente du cur, systole etdiastole), dans notre jeu respiratoire (aspiration et expiration de l'air). Cherchez donc vous conformer cette cadence qui est une des Lois de la Vie. Travail et repos bienproportionns. Rveil et sommeil aux mme heures Prenez vos repas avec rgularit. Le matin au saut du lit et le soir avant de vous mettreau lit, prsentez-vous mme sans; en prouver le besoin. Vous nous avez compris.Les mdecins se sont pos la question de savoir si nous devons prendre de l'exerciceaussitt aprs le repas. Il est certain que tous les suraliments prouvent, aprs avoirmang, une pesanteur d'estomac, une lourdeur gnrale, des pousses de chaleur, unesensation dsagrable de trop plein, et qu'ils n'ont qu'une hte, celle de s'enfoncer dansun fauteuil et d'y attendre une dlivrance que leur organisme fatigu ne leur donne pasavec toute la clrit qu'ils souhaiteraient. Mais nous sommes l en prsence de caspathologiques, et: l'tre qui se nourrit logiquement et sainement n'prouve jamais aucuntrouble.Le mouvement stimule toutes nos fonctions. Il s'ensuit donc que l'exercice aussittaprs le repas un exercice doux, modr, comme la marche, ne peut trequ'excellent et nous le conseillons ceux dont les fonctions digestives ne sont pas tropprofondment troubles. Marche rgulire, d'un pas assez actif sans tre cependantrapide, pendant un quart d'heure une demi-heure. Durant cette promenade, respirationample et bien rythme et drivation de l'esprit vers des ides plus calmes. Cettestimulation sera de la plus grande utilit aux nerveux, aux agits, aux hommes d'action,aux travailleurs de l'esprit, aux surmens; elle permettra tous ceux qui surproduisent derejoindre leur bureau avec la tte dgage, un cur plus joyeux, un esprit plus lucide, uncorps plus souple. Aux tournants de la vie, aux heures de crises, avant de prendre degrandes dcisions, ces promenades aident le dolent se ressaisir, lutter, lui donnent uneconscience, plus nette de la direction prendre, de l'ordre donner, du geste accomplir..Stimulant de la digestion, la marche est galement un excellent apritif. Nombreuxsont ceux qui, une fois leur travail termin, s'empressent de courir au caf et y absorbent,en guise d'apritifs, des drogues novices ! Les amis arrivent et les tournes sesuccdent ! Ils se condamnent eux-mmes, ces imprvoyants, aux pires maladies. Si cespaves de cabaret, au lieu de chercher au fond de leurs verres une excitation factice, sedcidaient lui substituer une marche de quelques minutes, non seulement ils nebrleraient plus leurs entrailles, mais ils trouveraient dans cette habitude un apptitnormal, la matrise d'eux mme, le mieux-tre, le bonheur.Toute personne soucieuse de sa sant, de son quilibre physiologique et moral, peutrompre aisment avec certaines habitudes si elles ne sont pas trop invtres. Si vousvous laissez tenter par quelques apritifs, ragissez contre cette funeste suggestion et, ds60aujourd'hui, prenez la rsolution de vous en passer. Cet acte volontaire sera dj unpremier succs et le bien-tre que vous en prouverez vous engagera persvrer dans lavoie que nous vous traons. Mais il n'est pas facile il est mme dangereux d'abandonner du jour au lendemain un rgime mal compris pour en adopter un meilleur.Il faut bien vous reprsenter que la viande, l'alcool, le sucre que vous absorbezjournellement sont des excitants. Ils font mouvoir votre machine, remplissent vos centresnerveux d'une surabondance de forces, d'o, chez beaucoup, une activit dbordante, uneexubrance de paroles, des emportements sans motif. Cette excitation viendrait-elle vous manquer subitement que votre organisme en profiterait pour se dbarrasserimmdiatement des poisons que vous y avez entasss, d'o crises aux formes multiples:abattement profond, crampes d'estomac, douleurs plus ou moins vives, ides noires,difficult et quelquefois impossibilit de faire le plus petit effort mental ou physique,diarrhe abondante, pousse de boutons et tant d'autres dsordres ! imageFig. 10. Type d'homme normal physiquement. Considr sous son aspect physique, l'tre humain doit prsenter une musculaturepuissante. Il doit se tenir gale distance de la maigreur et de l'embonpoint. Des musclescapables de produire un effort, des articulations souples se prtant la marche active,une poitrine bien dveloppe, un port noble, voil les caractristiques essentielles del'tre sain physiquement. Ajoutons cela une volont calme et persvrante, un curtoujours prt donner lu meilleur de lui-mme et voici bross le portrait de l'tremagntique.Du jour au lendemain, supprimez l'alcoolique ses petits verres et il subit une crisepouvant le conduire aussitt la mort. Le morphinomane, priv brusquement de sonpoison, qui s'tait substitu entirement sa volont, devient une loque humaineincapable du moindre effort; son organisme profite aussitt de ce rpit pour drainer tousles lments toxiques, d'o ces diarrhes profuses, ces abcs normes. Ces ractions dedfense occasionnent chez l'intoxiqu une grande dpense d'nergie qui se traduit par unaffaiblissement psychique considrable: le malade est asthnique, sa raison le fuit et il nevoit la dlivrance que dans un honteux suicide. imageFig. 11 et 12. Type d'intoxiqu au foie prominent. Comparez la silhouette de ce grant de caf au type d'homme normal physiquementque nous reproduisons ci-contre. On voit aussitt quelles perturbations profondes amnedans l'organisme l'abus prolong des apritifs, des digestifs et autres drogues toxiques.Ce grant de caf que nous reprsentons nu, droite, pour mieux montrer sadchance morphologique au foie hypertrophi qui lui donne ce ventre dbordant, ladmarche lourde et pesante, incapable d'un effort physique et mental, mourrabrusquement.61Pourtant, toutes ces victimes de la drogue peuvent tre guries par unedsintoxication progressive, sagement comprise et par une ducation de leur volont.Mais c'est une tche dlicate qui exige, pour tre mene bien, une connaissanceprofonde de tous les facteurs psychiques. Ce n'est pas la place de dire comment nousramenons au parfait contrle d'eux-mmes thromanes, opiomanes, cocanomanes,morphinomanes et autres toxicomanes. L'expos de ces mthodes fera l'objet de travauxultrieurs.Ce qu'il importe de noter ici, c'est le danger que prsente le brusque retour la viesaine. Le mcanisme est le mme pour tous les intoxiqus, mais des degrs diffrents.L'alcoolique a besoin de son poison. Le morphinomane ne peut se sparerimmdiatement de sa drogue sans en souffrir cruellement dans son corps et dans sonesprit. Celui qui se gave besoin, durant quelque temps encore, de sa viande, de sonsucre, de son alcool. Il ne faut pas mconnatre cette vrit. Nous devons donc,doucement, modifier les conditions de fonctionnement de l'usine humaine afin que sonrendement s'amliore sans cesse. Supprimer brusquement les deux tiers ou les trois quarts de la ration d'un grosmangeur, dit le Docteur Gaston Durville, c'est l'amener des troubles certains. De mmequ'une maladie vient lentement, de mme le traitement qui rendra la sant ne peut treque doux et progressif. Il est dangereux de priver brutalement un gros mangeur de sonpoison, car ce poison, en mme temps qu'il le tue, le fait vivre. ( Docteur GastonDurville. L'Art de vivre longtemps, Paris, s. d., 2e dit. p. 126. ).Nombreux sont ceux qui, d'emble, ont voulu passer d'un rgime carn abondant unrgime vgtarien absolu. Alors qu'ils croyaient en retirer immdiatement plus de bien-tre, plus de sant, plus de calme, ils n'y ont trouv que faiblesse, abattement et mauxnouveaux. Ils ont cru faire leur essai dans les meilleures conditions; cependant, leurshabitudes antrieures les ont pousss se gaver encore et, craignant secrtement en eux-mmes que la quantit de lgumes qui leur tait conseille ne leur apportt pas toutel'nergie qu'ils en attendaient, ils ont forc la dose. Leur estomac a cd cetentassement et s'est dilat. Heureux si leur excs s'est arrt, avant que se produisent dedouloureuses crampes stomacales ! Cette inquitude qui nous laisse supposer, avantmme que nous commencions tout essai de dsintoxication, que notre nouvelle rationsera insuffisamment nourrissante, nous devons la combattre. Sachons nous dgager detoute ide prconue et mettons-nous dans les conditions qui faciliteront notre succs.Ceux-l qui ont chou, par suite de leur empressement, avaient sans doute unevolont trs dveloppe, mais elle a t insuffisante surmonter la crise. Ils sont revenusdus, dsempars peut-tre, leurs aliments meurtriers ! Ils ont incrimin le rgimevgtarien, alors que leur prcipitation est seule responsable de leur chec.Le rgime le plus svre est le rgime fruitarien. Il est particulirement difficile de s'yaccoutumer et les troubles qu'il suscite au dbut sont des plus importants. Un mdecinnaturiste, dont le nom nous chappe, les signale ainsi:image62Fig. 13. Le martyre de l'obse.Suralimentation et sdentarit voil deux grands flaux dont souffrent bien des gens.Sous l'influence d'un gavage intensif, le foie s'hypertrophie dmesurment et donne auventre l'aspect d'un tonneau bien rebondi; le corps s'empte lourdement. Un vritabledsastre pathologique. Quelle dchance ! La modification morphologique entrane toutun cortge de troubles organiques et psychiques: dyspne, somnolence aprs les repas,impossibilit de se mouvoir, d'accomplir un acte volontaire. La fatale apoplexie guetteces intoxiqus florides qui meurent toujours brusquement. Beaucoup de patients prouveront, lors de leur premire exprience du rgimefruitarien, l'impression que leur tat, loin de s'amliorer, empire. Mais les symptmesdsagrables, qui si souvent se manifestent au dbut et empchent tant de gens maladesde persvrer sont en ralit le prlude d'un heureux changement. Le corps, cause desanciennes habitudes dittiques pernicieuses, est encombr de matires morbides; lergime alimentaire naturel lui donne toujours une recrudescence de vigueur, et alors ilcherche se dbarrasser de tous les lments surabondants et nuisibles accumulspendant des annes dans tout le systme. L'activit croissante du systme nerveux, dutube digestif et de toutes les autres parties de l'organisme, provoquera frquemment unelassitude temporaire, physique et mentale. Mais celui qui persvrera dans son nouveaurgime, verra bientt ces malaises cder la place un bien-tre, que jamais auparavant iln'avait connu. Point de victoire sans lutte ! Nous ne saurions donc trop vous mettre en garde contre le danger que prsente unchangement brusque de rgime. Ce qu'il faut, c'est procder mthodiquement, sansprcipitation, avec une volont dcide, calme, soutenue. Pour arriver au but, vousmettrez quelques semaines, peut-tre quelques mois. Mais ne serez-vous pas encourag persvrer, quand chaque jour vous apportera un mieux-tre et que se prcisera au loinau merveilleux horizon de sant, de puissance et de joie ?Puisqu'on a pu dire avec un sens trs prcis des ralits que la plupart de nosconcitoyens sont des gavs , tudions le moyen pratique de nous accoutumer, sansdommage, un rgime plus sain. La marche suivre nous est indique en ces termes parle Docteur Gaston Durville: Un gros mangeur mange-t-il, par exemple, chaque repas, deux plats de viande, ouun gros plat de viande et un plat trop nourrissant, remplacer le plat de viande en trop, oule plat trop nourrissant par une assiette de lgumes verts (la salade crue en est le type).Diminuer d'abord la qualit nutritive du repas et laisser intacte la quantit. Les lgumesverts, par la cellulose qu'ils contiennent en grande abondance constituent, mme sous ungros volume, une ration limite, car la cellulose est peine absorbe. L'apptit, de lasorte, est satisfait; le malade ne souffre pas. Quelque temps aprs, je limite la quantit d'aliments, et je commence par la ration depain (le franais mange beaucoup trop de pain; l'excs de substances amylaces absorbpeut fermenter dans l'intestin). La quantit de boisson aux repas doit diminuer en mmetemps que la ration solide. Boire trop en mangeant, c'est laver le contenu stomacal, c'estrefroidir la chaudire stomacale, c'est diluer l'excs les sucs digestifs. Pourtant63l'intoxiqu soif. Il a mme d'autant plus soif qu'il est intoxiqu; chez lui, le besoin deliquide est une dfense de l'organisme, un effort de la nature pour diluer les poisons.L'assoiff devra donc boire sa soif, mais il boira aussi loin que possible des repas. Enmangeant, un verre et demi de boisson doit suffire. Une mastication mthodiquementsurveille aidera puissamment limiter l'apptit. (.Art de vivre longtemps).La limitation de la quantit des aliments ingrer une fois obtenue, on fera un choixparmi les aliments, et on loignera les plus toxiques.Vous chercherez donc bannir de votre table les aliments qui conviennent le moins votre organisme et que nous avons dfendus, pour leur prfrer, dans l'un de nostableaux, les aliments surveiller , et ne conserver finalement que ceux qui sontpermis et qui assurent le parfait fonctionnement de l'usine humaine.Voil de sages conseils qui permettront, la trs grande majorit de nos lves, dequitter seuls, sans surveillance mdicale et sans crainte de troubles, ni de difficultsinsurmontables, un rgime mal compris. Pas de dfaillances surtout ! Le but atteindreest un soleil tout radieux dont les rayons clairent votre route, rchauffent votre cur,rconfortent votre me ! Courage, ami !Le rgime que nous conseillons est celui qui convient le mieux l'homme.L'exprience journalire le prouve. S'il nous fallait chercher d'autres tmoignages qu'ilnous serait facile d'en runir !Bornons-nous l'un d'entre eux. Nous en trouvons un, oh combien loquent ! dans cefait qu'en recourant directement la nature, une alimentation saine, l'air pur et auxrayons bienfaisants du soleil, on gurit les maladies les plus graves; voire mme latuberculose.Ecoutons ce que dit ce sujet le Docteur Jules Grand: Ce qu'il faut donner pour aliments aux tuberculeux, ce sont des fruits, des crales,des vgtaux choisis avec soin, parmi ceux qui s'adaptent le mieux l'tat de leursfonctions digestives; du lait; en un mot un rgime capable de calmer l'ardeur de la fivreau lieu de l'exciter. L'alimentation vgtale, compose de crales, de fruits et de lgumes herbacs, dit-il encore, est la seule qui convienne aux tuberculeux. Les sucs des vgtaux alimentaires,outre qu'ils sont de puissants microbicides, peuvent fournir l'organisme tous leslments phosphatiques ou autres, ncessaires la rparation et les lui offrir, non plusextraits de corps en dcomposition, mais dans des formes o s'est condense la radiationsolaire, hautement vitalisant et encore tout imprgne de forces caches. Lorsque la maladie, est dj dclare, l'alimentation vgtarienne est encore la seulequi convienne toutes les priodes. Elle ranime l'apptit, soutient les forces digestivesdfaillantes et cela par une incitation doue et toute physiologique, nullementcomparable l'excitation violente provoque par la viande et qui, dans un organismedj aux prises avec un tat de fivre plus ou moins continu, ne peut qu'aggraver ledsarroi prexistant et avancer l'heure o la droute de cet organisme sera complte. De son ct, le Docteur Carton mne, depuis plusieurs annes, une active campagne64pour que, dans le traitement de la tuberculose, soit substitu au rgime dit fortifiant, lasuralimentation meurtrire, un rgime sain, surtout vgtal et fruitarien. Un rgimealimentaire pur est une des cls de la sant. Quand je soutiens, dit le Docteur Paul Carton que la cause principale de latuberculose rside dans les erreurs et les excs alimentaires et que par consquentl'alimentation rationnelle, aboutissant peu peu au vgtarisme, apparat comme son seulremde, j'ai conscience du heurt violent que mes ides vont provoquer. Je sais quelsprjugs invtrs, quels errements enracins, elles vont se buter, mais j'ai foi dans laforce et la vrit des ides que je dfends. Ces efforts ne resteront pas vains et nous voyons chaque jour revenir de leur erreur denombreux mdecins qui, il y a quelques annes encore, gavaient outrance leurs pauvrestuberculeux. Les voici maintenant actifs propagandistes de la cure naturiste ! Et il grossitchaque jour, le nombre des malades guris par un retour graduel et logique la sainenature !Une alimentation srieusement vrifie, mise au point est une ncessit individuelle,une ncessit sociale. Nous ne saurions trop le rpter : c'est une profonde erreur decroire qu'en se gavant de viande, en surchargeant son estomac de stimulants, onobtiendra un meilleur rendement physique, un travail crbral plus intense. Faut-il vousciter encore quelques faits pour tayer nos dires ? En voici quelques-uns et nouspourrions en ajouter des milliers:Pour les performances physiques: marche, course, natation, bicyclette, etc... lesathltes vgtariens ont obtenu les meilleurs rsultats.Le lieutenant de vaisseau Hbert, crateur d'une mthode de culture physique, vit delgumes et de fruits. C'est un athlte complet. Encore mange-t-il ses lgumes crus, aprsles avoir fait tremper toute une nuit dans l'eau sale. Voici ses menus de la journe. Lematin: une orange, une pomme, 200 grammes de lait ou de cacao; midi, 4 ou 5 pommesde terre en robe de chambre, 5 6 amandes, autant de noisettes, 2 chtaignes crues, 4dattes, 2 figues, pain noir et beurre; le soir 4 chtaignes crues, 6 amandes, 6 noisettes,fromage, pain et beurre, demi-assiette de riz au sucre et au miel. Le tout lui revenait en 1917 0 fr. 75 ou 1 fr. par jour. Malgr l'augmentation du cot de la vie, on vivraitencore ainsi un prix trs rduit, on vivrait sainement, se sentant le corps alerte, l'espritdispos, en possession de forces physiques et morales considrables.Quant au point de vue crbral, il n'y a qu'une alimentation lgre et saine, d'o serontexclus les excitants, qui puisse vous donner une force, continue de travail, un quilibremerveilleux qui vous fasse sentir, tous les instants, la joie de vivre.Le grand Newton, pendant qu'il dcouvrait les principes du calcul infinitsimal, vivaitde pain bis et d'eau.Notre exprience personnelle, dj longue, nous prouve chaque jour combien noussommes dans la bonne voie ! La direction de vie que nous suivons nous permet de sentirchaque jour en nous une stabilit plus parfaite, des forces toujours renouveles, unevolont plus calme, plus dcide, plus matresse d'elle-mme; elle nous amne sans cesse une comprhension plus haute et plus nette de nos devoirs.65Ami lecteur, je vous le crie bien haut, de toutes mes forces, du plus profond de moi-mme, avec l'ardeur enthousiaste de ma conviction, avec toute la sincrit de mon cur,avec toute la chaleur de mon me. Je veux, je veux qu'aujourd'hui soit un jour quimarque dans votre vie. Un jour bni qui dcidera de votre bonheur. Si vous tiez prs demoi combien il me serait facile de vous dcider ! Pourtant, bien qu'loign, vous lisez cespages que j'ai composes pour vous avec toute ma ferveur. A cette heure, vous tes doncun peu devant moi-mme. Ne sommes-nous pas face face comme deux amis ? C'esttoute ma pense que vous retrouvez dans ces lignes. Malgr la distance, mon pouvoirn'est pas moins rel. D'invisibles radiations vont mouvoir votre tre, une suggestionpuissante va pntrer votre cur. Allons, c'est dcid ! C'est pour vous-mme, c'est pouraugmenter le bonheur de votre famille, c'est pour vous rendre plus utile aux autres, c'estpour le bien-tre de votre race ! Vous dcidez aujourd'hui de vivre une vie plus logique,plus saine, plus harmonieuse. Peut-tre la route sera longue ! Mais qu'importent lesobstacles ? Avec mon aide, vous en saurez triompher. Ds ce jour votre ligne deconduite; est de vous perfectionner.RsumVoici les vrits essentielles que vous ne devez pas oublier.Une alimentation, rationnellement comprise vous est ncessaire pour obtenir un parfaitquilibre organique, psychique et moral.La plupart des maux proviennent de deux erreurs que nous commettons en nousalimentant:Nous mangeons trop;Nous mangeons mal.Lorsque vous violez ainsi doublement les lois de la nature, vous encrassez vosmachines, vous perturbez vos fonctions, vous diminuez votre contrle sur vous-mme.Une sage direction ne doit provenir que de votre conscience, de votre volont calme etrflchie. Point n'est besoin de stimulants. Redoutez donc l'alcool. Mfiez-vous de laviande et du sucre industriel.Arrtez-vous un rgime sain et sachez vous y conformer strictement.Vous faciliterez le travail de votre digestion en suivant ces sages conseils :Mangez avec calme, avec bonne humeur, sans prcipitation;Mchez longuement vos aliments et si vos dents ne sont pas en parfait tat, recourezaussitt aux soins clairs d'un dentiste;Buvez peu: un verre et demi au djeuner et au dner, c'est une quantit suffisante;Que votre boisson prfre soit l'eau, l'eau pure, limpide, sans got et sans propritchimique spciale;Ne lisez jamais table;Aussitt aprs le repas, si vous vous sentez en parfait tat, marchez environ une demi-66heure d'un pas assez actif, sans cependant tre prcipit;Ayez en horreur tous les apritifs qui tous coupent l'apptit et empoisonnent lentementvotre organisme;Prenez vos repas toujours aux mme heures;Assurez le parfait fonctionnement de votre intestin;Surtout, que votre retour un rgime normal soit progressif.Telle doit tre votre discipline alimentaire. Observez-la et-vous vivrez heureux.La Respiration L'homme est le rsultat d'une synthse merveilleuse, mais merveilleuse conditionque tout demeure constamment bien rgl, que tous les rouages fonctionnent bien, quetoutes les parties constituantes restent bien solidaires l'une de l'autre, qu'elles se portentsecours le cas chant pour le bien gnral de l'organisme tout entier. Docteur Marcel Viard. La Grande Loi du Rythme.LA RESPIRATIONLa fonction respiratoire. Elle nous permet de puiser dans l'atmosphre des nergiesmystrieuses. Les poumons en action; les deux temps de l'acte respiratoire: inspirationet expiration. La matrise pulmonaire et les cueils viter. L'union avec lesprincipes suprieurs. Le yogi l'entranement. La mort volontaire du Mage. L'humbledisciple accomplit son cycle de douleur. La matrise de la respiration d'aprs les sageshindous. Le yogi enterr vivant. Le travers de l'enseignement hindou relatif larespiration. Comment il faut comprendre la pratique respiratoire. Un exercice simplechez soi, devant la glace. Jouer son rle. Notre mthode convient tous; elle neprsente aucune difficult. Faut-il, entre l'inspiration et l'expiration, rserver un tempsd'arrt. Non. Pourquoi. La Loi des Rythmes. La qualit de l'air que nous devonsrespirer. Devons-nous dormir la fentre ouverte ? Eloignons de notre chambrefleurs, plantes et animaux. Rsum. Notre appareil digestif fait subir aux aliments que nous absorbons une srie detransformations qui ont pour but de tirer des aliments une partie assimilable: le chyle.C'est ce chyle qui, transform en sang, va renouveler nos cellules, uses par lefonctionnement continuel de notre usine. Ce renouvellement est assur par la circulation.La fonction circulatoire a pour organe central un muscle creux trs puissant, le cur,vritable pompe aspirante et foulante. C'est le cur qui, en se contractant, envoie par les67artres le sang dans tout l'organisme. Lorsqu'il quitte le cur, le sang est d'un beau rougevif; il est charg d'oxygne. Mais, arriv auprs des cellules qui ont travaill, un changegazeux s'opre; le sang cde son oxygne pour prendre de l'acide carbonique et, de rougequ'il tait, devient bleu. Le sang bleu, par les veines, remonte au cur, qui en secontractant l'envoie dans les poumons. L, nouvel change gazeux: le sang usag, bleut,libre son acide carbonique et, dans l'air que nous respirons, reprend de l'oxygne qui luiredonne sa couleur rouge vif. Ainsi, aprs avoir retrouv dans les poumons toute saforce, il rentre au cur qui l'enverra nouveau dans les diffrentes parties del'organisme.Ces deux fonctions, circulation et respiration, sont donc intimement lies.La respiration, en apportant au sang l'oxygne de l'air, est l'un des principaux moyensque nous possdions pour accumuler en nous l'nergie vitale; elle nous permet de puiserdirectement dans l'atmosphre ce magntisme, universellement rpandu, qui est la sourcede toute vie.imageFig. 14. Les organes de la poitrine.Les ctes ont t sectionnes afin de montrer la position qu'occupent le cur et lespoumons dans la poitrine. Au centre (a), le cur. De chaque ct, les massespulmonaires. Le diaphragme (g), grand muscle en forme de cuvette renverse, limite, leur partie infrieure, les poumons et le cur et les spare entirement du ventre. (Dansla prsente figure le cur a t dgag et ramen la partie antrieure, maisnormalement cet organe est situ dans la poitrine recouvert par les lobes pulmonairesantrieurs).Les phnomnes lectro-biologiques, qui se produisent dans l'intrieur de nospoumons, ont une importance primordiale. Il ne faut donc pas s'tonner du rle qui leurest donn dans toutes les mthodes qui tendent augmenter l'nergie humaine.Tous les psychistes voient dans une respiration large, profonde, mthodique, unmoyen de nous apporter sans cesse une plus grande vigueur, une plus puissante activitnerveuse.Ainsi, M. Albert Caillet, nous dit: La respiration doit tre l'objet d'une constantesollicitude non pas d'une sollicitude maladive et timore mais bien au contraire, ilfaut en faire un sujet de perptuel intrt joyeux, comme tant la source de la sant et dela vie intense que nous voulons fermement implanter en nous. ( Albert Caillet. LaScience de la vie, Paris, 1913, p. 140. ).imageFig. 15, 16 et 17. Aspect physique d'un tre cachectique ( gauche et au centre)compar un type humain normalement dvelopp ( droite).Ce qui frappe, dans la double silhouette de gauche (le mme personnage habill et nu),c'est l'absence de dveloppement thoracique qui donne au corps une attitude courbevicieuse. Au contraire, l'tre qui sait respirer est bien camp; sa poitrine est largementdveloppe, ses muscles puissants, tous indices d'une robustesse physique.68Mon pre, Hector Durville, insiste dans son Magntisme personnel sur l'importancedes nergies que nous pouvons puiser dans le magntisme universel. L'airatmosphrique, dit-il, charg du magntisme de la lumire solaire, satur d'lectricit etde ce magntisme qui entrane constamment l'aiguille aimante dans la direction du Sudau Nord, rempli de gaz, de forces physiques et psychiques qui chappent notre analyse,est certainement le rservoir le plus vaste et le mieux rempli que nous ayons notredisposition pour y puiser librement certaines nergies qui nous sont ncessaires. (Hector Durville. Magntisme personnel ou psychique, 6e dit,, Paris, 1921, p.196. ).Et le Docteur Gaston Durville d'affirmer dans son Art de devenir nergique: Par larespiration, l'homme peut devenir matre de ses changes biologiques: par elle il a la cldes nergies formidables qui naissent, agissent et ragissent en lui. Vous devez donc veiller attentivement sur votre fonction respiratoire. Vos effortstendront augmenter votre capacit thoracique ainsi que votre puissance de respiration.Plus vos muscles inspirateurs seront puissants et plus grand sera votre jeu respiratoire.Plus l'air que vous respirerez sera pur et plus vous acquerrez cette matrise personnelle,ce pouvoir souverain, cette joie de vivre que vous souhaitez !La respiration nous permet, non seulement de puiser dans notre ambiance ces nergiesmystrieuses qui nous entourent, mais elle est pour notre corps d'une trs grande utilit.Elle active nos fonctions, stimule notre digestion, rgularise le travail de notre cur.Respirez profondment et vous modifierez de faon heureuse la partie suprieure devotre corps ainsi que votre stature gnrale: vos muscles se dvelopperont, votre poitrines'largira, vos paules, rejetes en arrire, ne tomberont plus, elles ne comprimeront plusvotre poitrine, votre colonne vertbrale se redressera. Vous aurez plus de maintien,d'aisance, de sant, de puissance.Les poumons sont enferms dans la cage thoracique. Cette cage est limite elle-mme la partie infrieure par un large muscle qu'on appelle le diaphragme. Ce diaphragme,qui spare entirement la poitrine du ventre, affecte, au repos, la forme d'une cuvetteretourne, dont la partie bombe rentrerait sous les ctes.Etudions ces organes en action.La respiration comprend deux temps: l'un pendant lequel l'air entre dans nos poumons:c'est l'inspiration; l'autre pendant lequel l'air sort de nos poumons: c'est l'expiration.L'inspiration est due la contraction de certains muscles, l'expiration leur dtente.Suivons de plus prs ce jeu musculaire. Pendant l'inspiration, les muscles entrent encontraction: le diaphragme s'aplatit et s'abaisse, tandis que les ctes sont souleves surles cts. La cage thoracique augmente donc de volume: d'une part, le diaphragme, ens'abaissant, agrandit la poitrine de haut en bas et chasse le ventre en avant; d'autre part,les muscles qui s'insrent sur les ctes (muscles surcostaux et intercostaux externes)agrandissent la cage thoracique circulairement.A cette contraction qui constitue le premier temps de l'acte respiratoire, succde69une dtente de tous les muscles inspirateurs. C'est le second temps du travail thoracique.Le diaphragme reprend alors sa position premire, il s'incurve dans la poitrine et leventre n'tant plus comprim revient sur lui-mme: de leur ct, les ctes ne subissantplus de traction reprennent leur position de dpart.Ce second temps de l'acte respiratoire se fait sans effort, par simple dtente desmuscles qui ont fourni un travail au premier temps. Cependant, il n'est pas vrai de direque nous sommes toujours passif en rejetant l'air de nos poumons. Dans certains cas, lesscalnes, le sterno-clido-mastodien, le petit pectoral, etc... entrent en jeu; l'air est alorsexpuls violemment par un ensemble de contractions musculaires. Dans ce cas,l'expiration n'est plus toute passive. Mais un tel travail respiratoire est exceptionnel.Vous concevez quelle importance prsente pour votre organisme un travail ample etrythm. Que votre cage thoracique s'ouvre largement et aussitt une abondante provisiond'air entrera dans vos poumons. Avec une aration mieux comprise, c'est, dans tous vosalvoles pulmonaires, des changes beaucoup plus actifs qui seront pour votre organismela source de forces vives.Vous devez donc chercher rgulariser et augmenter votre rythme respiratoire. Maisnous vous mettons en garde, ds maintenant, contre des excs possibles. S'entraner pouraccomplir des tours de force avec vos poumons, c'est aller contre les lois de la nature.Vos organes sont faits pour un travail dtermin que vous ne devez dpasser sous peinede les dtriorer. De mme qu'il est anti-physiologique de surcharger votre tube digestif,de mme vous ne devez pas soumettre vos poumons une pression excessive. Or,beaucoup se laissent tromper par certaines mthodes de culture psychique qui demandent la respiration beaucoup plus qu'elle ne peut donner. Dans le Yoga, en particulier, larespiration occupe une place considrable et les adeptes des doctrines de l'Inde l'ontspcialement tudie.Le Yoga littralement le lien est une mthode d'entranement physique etpsychique. D'aprs la donns gnrale de la mthode, il existe un principe vital universelappel Prna l'Akasa des occultistes et qui semble correspondre l'ther desphysiciens. Prna est le principe de l'nergie manifeste dans tous les tres vivants. Ceprincipe nous le trouvons dans tout ce qui vit, depuis le cristal que les adeptesconsidrent comme un organisme susceptible de certaines actions personnelles, etparticulirement d'un choix volontaire dans l'agencement rythmique des molcules dontil s'accrot par juxtaposition, jusqu'aux corps les mieux organiss. C'est cette force, cePrna, que le yogi veut fixer dans son organisme, au moyen d'exercices respiratoires quiprsentent dans certains cas une extrme difficult.L'entranement, tel que les hindous l'enseignent, a pour but d'augmenter de plus enplus les deux temps de l'acte respiratoire. Ils font mme, entre l'inspiration et l'expiration,un arrt de plus en plus long. On doit arriver, finalement, suspendre la respiration leplus compltement qu'il est possible, et mme rester des heures, des jours, des semainessans respirer !Le dbut de l'entranement, tel que nous le rapporte M. Ivaracharya Brahmachari,dans son Trait de Royal Yoga est facile raliser. Au commencement, chaque exercicede respiration profonde ne doit pas durer plus de quelques minutes. L'exprimentateur se70place, soit dans la position assise, soit dans la position couche. L'aspiration, commel'expiration, se font lentement, d'une faon rythmique; l'aspiration absorbe la plus grandequantit d'air possible; l'expiration rejette toute la quantit d'air absorbe. Entre les deuxtemps et avant de reprendre une nouvelle aspiration, une priode d'arrt. Pendant lespremiers exercices, la dure des quatre priodes: aspiration, arrt, expiration, arrt, nedevra pas tre exagre.On le voit, ces conseils sont relativement prudents encore que nous ne voyions aucuneutilit vouloir tout prix perturber un rythme qui doit normalement s'effectuer en deuxtemps. Jusqu'ici, l'entranement ne prsenterait gure d'inconvnient srieux. Mais voicique les difficults apparaissent.Soucieux de raliser un phnomne mystique l'union complte avec les principessuprieurs, le yogi veut faire plus et mieux. Dans son dsir d'ascension, dans son lanpassionn vers le Crateur, il considre que son corps est une entrave et tous ses effortstendent diminuer le poids des chanes qui retiennent son me la pesante et indsirablematire. S'vader de la prison corporelle, telle est sa principale proccupation. Mourir surce plan pour renatre dans la divine lumire ! Mais, seul, le Sage connat les secrets del'euthanasie magique. Mourir doucement, sans souffrance aucune, l'heure qu'il a choisievolontairement, franchir en pleine conscience la Porte de l'ouest du Temple Eternel etvoguer vers l'indfectible amour n'est accord qu'au Mage. Ainsi le veut le Livre sacr.L'humble disciple doit accomplir son cycle de douleur. S'il ne lui est permis de quitterencore sa prison corporelle o il doit expier ses fautes, il s'efforce dj, par des jenes,des mortifications, des privations, de rduire son corps. Un asctisme pouss son degrle plus extrme aura raison des grands rythmes physiologiques; seuls quelques raresaliments, un peu d'eau, du soleil entretiendront une petite tincelle dans ce corpssquelettique au-dessus duquel plane dj l'me de l'adepte.C'est tout au moins dans cette conviction que, silencieusement, le yogi accomplit sonrite. Il cherche fixer des forces spirituelles qui illumineront son esprit d'une purelumire, mais il s'carte volontairement des forces infrieures. Et pour n'tre pas le jouetde ces dernires, il rduit au minimum sa respiration pour, finalement, la suspendreentirement durant un temps prvu. Un acte volontaire dtermine cet arrt du rythmepulmonaire. Il s'accomplit au moyen d'une autosuggestion puissante qui, utilisant lafois la force de la pense et celle de l'motion, provoque l'inhibition dsire. J'ai conscience de matriser parfaitement mes souffles vitaux et de m'assimiler auxrythmes de l'Invisible Vie. Ma Volont, pleinement matresse de tout mon tre, dirige marespiration. J'ai le pouvoir de la suspendre volont. Ma respiration s'arrte; elle estsuspendue pleinement, sans danger pour mon organisme. ( Ivaracharya Brahmachari. Trait de Royal Yoga, 2e dit., Paris, s. d, p. 118.).Durant ces entranements, l'exprimentateur doit tre jeun et avoir acquis le pouvoirde prolonger longtemps cet tat.Le yogi vise ensuite obtenir la matrise de la circulation. Mentalement, il exalte savolont en se rptant la phrase suivante : J'ai conscience et volont de matriser pleinement toutes mes fonctions vitales,71d'arrter tous les mouvements de mon cur, pour flotter dans les grands courants de lamer astrale thrique. (.id., p. 119).L'entranement est progressif. Au dbut, la suspension de l'acte circulatoire est dequelques minutes; cet arrt obtenu, le yogi, par une formule identique, dans ses grandeslignes, aux deux prcdentes, tente alors de suspendre son rythme cardiaque pendant untemps beaucoup plus prolong qui peut varier de quelques heures plusieurs mois.Enfin, l'exprimentateur se met dans un tat cataleptode.Pour augmenter l'efficacit de ces auto suggestions, l'adepte prend une positionspciale ou asana; il observe les heures favorables et les jours propices. Il respire telmoment avec la narine droite, tel autre avec la narine gauche, en observant un rythmeprtabli. Il doit mme s'efforcer de fermer volont la narine qui ne doit pas respirer,non avec le doigt, mais dans l'immobilit complte du corps, par la matrise des muscleset des nerfs faciaux ! ! !Sans vouloir insister outre mesure sur les mthodes hindoues d'entranementrespiratoire, que le lecteur nous permette de lui donner encore quelques dtails sur unexercice (le prnayma) qui vise faire cesser compltement le travail pulmonaire. Cettepratique permet au yogi, aprs une ascse longue et pnible, de se plonger, de soi-mme,dans un tat lthargique, et si pareil la mort que l'adepte peut tre enterr vivant etsupporter une inhumation de plusieurs mois.Voici comment on procde quand le yogi est devenu matre de son souffle: on faitsous la langue du patient une petite incision que l'on largit un peu chaque semaine.Cette intervention a pour rsultat de permettre au yogi de retourner compltement salangue, de telle sorte qu'elle obstrue hermtiquement l'arrire-gorge. Avant l'preuvecomplte, l'adepte doit assainir son corps l'aide de massages, d'ablutions, d'un rgimespcial (vgtarien sous un volume trs rduit) et purifier son me par des prires. Lejour de l'exprience arriv, il se nettoie l'estomac, s'tend sur une toile, puis, serecueillant, s'auto hypnotise en regardant le bout de son nez. Enfin, il retourne sa languepour empcher l'air de pntrer dans les poumons et tombe en lthargie. On lui bouchealors tous les orifices du corps avec de la cire vierge et l'on enferme ce cadavre vivantdans un cercueil qui est dpos dans un caveau dont la pierre est couverte de terre. On ysme du gazon pour bien s'assurer que le corps ne sera pas exhum entre temps.Aprs le temps fix (60 jours et parfois plus) le cercueil est retir du caveau et le yogiest ramen la vie. Comme bien on pense, cette opration exige des prcautions toutesparticulires. Les orifices qui avaient t bouchs sont librs; on remet la langue dans saposition normale, et des soins magntiques et psychiques appropris ramnentprogressivement le jeu vital dans toutes les fonctions organiques et mentales. Ce retour la vie s'effectue avec les prcautions que l'on devine. C'est insensiblement que le yogirentre en possession de son souffle. Quelques heures sont ncessaires pour qu'il ouvre lesyeux et renaisse sa condition premire. Des voyageurs dignes de foi ont assist cetteexprience et en ont cont toutes les pripties.Aprs tout, rduire la vie humaine quelques pulsations imperceptibles n'est peut-trepas impossible. La marmotte et certains ours dorment les longs mois d'hiver et ne viventque sur les rserves graisseuses accumules dans leurs tissus pendant l't. L'homme72serait-il, sur ce point, infrieur aux animaux ? Grce une discipline de la volont et une ascse approprie, le yogi a rduit considrablement toute son activit organique.N'accomplissant aucun effort musculaire, n'absorbant chaque jour que quelques grammesde nourriture, jenant mme durant de longues priodes, le sage hindou se rduit l'tatsquelettique. Il n'est plus que l'ombre de lui-mme. Ds lors, il semble bien qu'il ait peude chose faire pour teindre la flamme vitale qui brle en lui. La faible flammedisparue, quelques calories resteront, faibles braises sous la cendre, pour rappeler la vie,au moment dsign.Cet exercice est trs curieux, mais quel rsultat pratique en peut-on attendre pourl'individu ou pour la collectivit ? Aucun.Il n'est nullement besoin d'insister plus longuement sur le danger de ces mthodes. Ilsaute aux yeux des moins prvenus.Le travers de l'enseignement hindou relativement la respiration, c'est qu'il conseilled'aspirer fortement et longuement, le plus longtemps possible, de conserver les poumonspleins un laps de temps qui peut aller de quelques secondes plusieurs minutes, etd'expulser ensuite, trs lentement, lair inspir. Cette mthode est extrmementdangereuse car, dilatant outre mesure les alvoles pulmonaires, elle contraint lespoumons contenir un volume d'air auxquels ils ne sont pas prpars. Elle leur imposeune distension excessive, d'en afflux sanguin, congestion du parenchyme pulmonaire quise traduit par une sensation de chaleur l'intrieur de la cage thoracique. Des troublescirculatoires peuvent s'ensuivre: la tte devient lourde, des tourdissements et mme unesyncope (arrt des mouvements du cur) sont souvent la consquence de cette tensionque nous imposons nos organes pulmonaires. En outre, fait plus grave, ces exercices deforce, souvent de fois rpts, affaiblissent les organes et les prdisposent latuberculose.On voit par cette tude des pratiques hindoues qu'elles sont viter car, en suivantn'importe quelle cole, nous devons toujours carter celles qui nous causent une gnerespiratoire, si faible soit-elle. L'accoutumance l'effort respiratoire acclre lebattement cardiaque. Le cur bat se rompre, amenant des effets gnants ou douloureuxqui peuvent aller du simple bourdonnement doreilles des palpitations srieuses, puis la syncope qui peut devenir excessivement dangereuse. La distension des poumonscongestionne tout le systme circulatoire et donne les symptmes lgitimementinquitants d'un dbut d'asphyxie: pleur du visage, dyspne, rles et tous les troublesqui, ritrs, peuvent amener un dnouement fatal.Mais, si nous devons liminer toute mthode nous conseillant des exagrations de cetordre, il n'est, par contre, aucun point de notre enseignement psychique sur lequel nousdevons insister plus particulirement que sur la respiration.La respiration bien comprise a d'infinies rpercussions aussi bien sur le physique quesur le moral et nous devons nous efforcer que cette respiration soit aussi parfaite quepossible.Le point essentiel, surtout au point de vue physique, est de faire respirer intgralementtout le poumon, de manire ce que l'air pur pntre partout pour brler les dchets etraviver le sang. Il faut que tous les globules sanguins soient baigns d'air ambiant, aussi73bien la base qu'au sommet des poumons. Il est ncessaire pourtant de veiller, commenous le disons plus haut, ce que cet exercice salutaire ne devienne pas malfaisant parune fatigue excessive. Nous devons faire respirer les poumons, mais nous devons bornerleur entranement la limite de leurs forces.Ces forces, d'ailleurs, se dveloppent harmonieusement au fur et mesure quel'entranement se poursuit. Il faut donc commencer par des exercices lgers et faciles; dsque l'amlioration se produira, les voies respiratoires demanderont d'elles-mmes destravaux plus amples, plus fortifiants.Un point sur lequel nous devons insister, car il diffrencie entirement nos mthodesde l'entranement hindou, c'est que le rythme respiratoire doit se fixer sur deux temps:inspiration ou absorption de lair dans les poumons; expiration ou rejet de cet air. Mais, aucun moment, nous ne devons garder les poumons immobiles et pleins d'air. Ce tempsd'arrt exige des poumons une fatigue absolument injustifie. Le rythme physiologiquede la respiration, tant chez l'homme que chez l'animal, ne marque jamais ce temps d'arrt.Il n'y a aucune raison pour que nous modifions ce qui a t tabli par les lois naturelles.Il est donc ncessaire, pour accomplir au mieux l'acte respiratoire, d'inspirerdoucement, graduellement, sans effort ni brusquerie, en allant jusqu'au maximum. A cemoment, le diaphragme est aussi abaiss que possible, portant leur plus vaste amplitudeles dimensions de la cage thoracique. Ce point obtenu, il n'y a plus qu' laisser lespoumons se dgonfler normalement, la poitrine reprendre d'elle-mme ses dimensionscoutumires. Il n'y a jamais de raison pour distendre les poumons au-del de ce qu'ilspeuvent donner. La respiration est un exercice utile, l'accomplissement rythmique d'unefonction naturelle; ce n'est jamais un tour de force.Voici un exercice d'entranement que nous conseillons nos lves. Il est simple,facile, la porte de tous:Placez-vous dans votre chambre, le torse nu, face la fentre ouverte, ou mieuxencore devant une glace. Prenez la position qui vous est indique par la figure 18, mais,avant de commencer, assurez-vous qu'aucune ceinture ne vous gne dansl'accomplissement de cet exercice; le vtement doit tre soutenu aux hanches par laforme naturelle du corps.Cette prcaution prise, placez-vous bien droit, les bras tombant naturellement le longdu corps, les talons joints, les paules effaces et mme quelque peu rejetes en arrire,la poitrine bien dveloppe.Profitez de ce moment pour fixer dans le miroir votre regard qui doit vous aider maintenir dans votre pense une heureuse auto suggestion. Vos traits doivent reflter nonla violence, la colre ou le dsir de despotisme, mais la Confiance en vous, la matrise devos impulsivits, l'assurance que donne une conscience calme, soucieuse de ses devoirsaussi bien que de ses droits. Que vos regards se fixent sur l'image dans la glace.Regardez-vous la racine du nez, comme vous regarderiez un interlocuteur que vousvoudriez amener partager vos penses. Regardez d'un il calme, rsolu, fixe mais nonhagard, bien droit et plein de franchise. Donnez vos traits l'aspect des qualits que vousestimez vous manquer et surtout ce calme sans lequel on ne fait rien d'utile. 74imageFig. 18. Exercice respiratoire devant la glace, position de dpart :Au garde--vous, corps bien droit, talons joints, bras tombant le long du corps, ttereleve, regard fixant dans la glace, la racine du nez, votre propre image.Quand vous avez obtenu cette image de ce que vous voudriez tre, renforcez cettevision par votre auto suggestion. Pensez la personne dont les qualits vous paraissentles plus utiles possder. Vivez ce personnage. Reprsentez-vous son extrieur, maisaussi ses penses, ses sentiments, les sensations qu'il aurait pu prouver dans la situationo vous vous trouvez, avec les dsirs dont vous souhaitez le plus la ralisation. Crezcette image en vous-mme avec le maximum d'nergie possible. Rappelez-vous bien quel'auto suggestion porte d'autant plus de fruits qu'elle fait vibrer, palpiter, natre en nousces motions sans lesquelles notre pense la plus claire est une plante sans fleurs, unterrain aride et sans verdure. Eprouvez donc dans votre cur, dans vos sentiments, lessensations les plus propres dvelopper en vous ces qualits utiles votreperfectionnement. L'exercice matriel de la respiration doit s'ajouter cette auto suggestion pour que lemme rythme agisse sur le physique et le moral. Vous tes donc prs de la fentreouverte et vous vous regardez dans le miroir. Une fois l'image intrieure cre, vousfaites l'exercice respiratoire qui se dcompose en deux temps:imageFig. 19. Exercice respiratoire devant la glace, premier temps.A mesure que vous aspirez l'air lentement, progressivement par les narines, labouche restant toujours obstinment close, vos membres s'lvent devant vous bienparalllement jusqu' la station verticale. Accompagnez cet exercice de gymnastiquerespiratoire d'une auto suggestion puissante. Veuillez augmenter vos forces, Ayez foidans le succs final.1er temps: inspiration. Vous faites pntrer l'air dans vos poumons aussi lentement,aussi doucement et aussi profondment que possible et, en mme temps, vous levez lesbras sans les carter jusqu' ce qu'ils aient pris, de chaque ct de votre tte, une positionnettement verticale.2e temps: expiration. Vous expulsez doucement, par les narines, l'air aspir. Enmme temps, vous rabaissez lentement vos bras qui viennent reprendre leur positionprimitive le long de vos flancs. La figure 19 vous fait parfaitement comprendre la bonnemarche de cet exercice.Donc, deux priodes: aspiration de l'air combine avec une lvation des membressuprieurs, puis rejet de l'air mesure qu'on abaisse les bras.Donnons quelques dtails complmentaires:Au premier temps, vous tenez le corps bien droit, dans la position du garde--vous,l'il fix sur votre image, la racine du nez. Vous concentrez votre pense sur la75ncessit d'obtenir la matrise de vos impulsions et vous crez en vous l'motionprofonde qui doit rsulter pour l'adepte de cette victoire sur les forces infrieures de sontre. En mme temps, vous aspirez l'air lentement, progressivement, et, suivant le mmerythme, vous portez vos bras en avant, puis en haut, sans coups, par un mouvementaussi continu et insensible que celui des poumons. Vous aspirez toujours la boucheferme, laissant pntrer l'air par les narines dont les villosits servent de filtre auximpurets, toujours en suspension dans l'atmosphre. La bouche n'tant pas dfendue pardes protections du mme ordre, ce n'est jamais par cette voie que vous devez laisserentrer l'air, surtout dans les villes o l'ambiance est plus impure que dans les campagnes.Cette aspiration doit tre lente, progressive; la poitrine se dilate dans toute sonampleur, mais sans aucune violence. Cette priode de gonflement des poumons doit treeffectue en deux stades. Tout d'abord, emplissez le bas de vos poumons. Alors votrepoitrine s'carte largement, votre diaphragme s'abaisse, chassant devant lui les viscresabdominaux. Vous poussez votre ventre en avant. Ceci fait, vous passez au deuximestade: dilatation du haut des poumons.Facilitez cette respiration costale suprieure en portant les seins en avant; efforcez-vous de gonfler les sommets des poumons, toujours plus fragiles que la base. A mesureque votre poitrine se dilate, votre ventre s'aplatit et s'incurve. C'est un point qui mrite defixer votre attention, car c'est sur lui que vous pouvez vous guider pour la bonne marchede cet exercice. Quand le ventre se projette en avant, vos poumons travaillent leur base;quand il s'enfonce et s'incurve, c'est le sommet qui fonctionne. De la sorte, les poumonstout entier travaillent, successivement de la base au sommet et vous prouvez, les sentiren bonne forme, une impression de force, de vitalit et de bien-tre.Que se passe-t-il exactement la seconde priode de l'acte respiratoire ? Lorsque voussentez que vos poumons sont gonfls au maximum, n'attendez pas. Dtendez vosmuscles aspirateurs.D'elle-mme, sans forcer, la poitrine redescend par son propre poids. En mme temps,sans aucun effort, laissez redescendre vos bras qui doivent demeurer toujours allongs.L'air est expir lentement par les narines, en maintenant la bouche ferme. Ce n'estqu'exceptionnellement que vous pouvez renvoyer l'air par la bouche entrouverte. Mais ilvaut mieux rejeter l'air par le nez, ce qui oblige donner un mouvement plus lent, unrythme plus rgulier la respiration.Cette deuxime priode respiratoire termine, commencez, sans marquer d'arrt, unnouvel acte respiratoire. Maintenez bien rgulier ce rythme deux temps et prolongez-leaussi longtemps que possible de manire crer un mouvement puissant, rgulier quitonifie les organes.Les exercices doivent tre faits, de prfrence, devant la fentre ouverte. Lespersonnes dlicates devront s'accoutumer progressivement la temprature ambiante. Ens'y prenant quelque temps avant l'hiver, c'est le meilleur moyen d'viter les inconvnientsde la mauvaise saison. Les rhumes et bronchites n'ont pas de prise sur un organismeaguerri.N'oubliez jamais de joindre un effort mental votre exercice physique. Employ seul,l'exercice respiratoire est excellent. Si vous l'accompagnez de mouvements d'lvation etd'abaissement des bras, vous crez un rythme qui donne au travail pulmonaire une porte76physiologique bien plus importante et le corps en bnficie en des proportionsconsidrables. Mais il est ncessaire que l'esprit acquire une plus grande rsistance.Tchez, par une discipline mentale, de gagner des qualits, de vous perfectionner, devous rendre de jour en jour plus matre de vous, moins impressionnable, moins timide,moins soumis la colre, aux craintes sans motif ou hors de proportion avec leur objet.Ne croyez pas que ce soit trop tard. S'il est plus difficile de changer son corps quand lesannes l'ont rendu plus paresseux, il n'en est jamais de mme pour l'esprit qui, aucontraire, a profit de vos expriences. Luttez donc; secouez cette torpeur laquelle vousavez peut-tre trop de tendance cder. Surtout, veillez ce que cette auto suggestion nereste pas un assemblage de mots. Les mots n'ont de valeur que si la pense et surtout lasensibilit leur donnent un appui valable. Il faut, pour que l'auto suggestion pratique dela manire que nous venons de dcrire produise son plein effet, qu'elle fasse natre envous des motions heureuses, puissantes, que vous sentiez avec un lgitime orgueil quevos efforts ne sont pas perdus, qu'ils font de vous un tre suprieur celui que vous tiezauparavant.A quel moment devez-vous pratiquer ces exercices d'entranement respiratoire ?Il faut les faire au moins deux fois par jour, le matin et le soir, chaque fois durant dixminutes, montre en main.Le matin, l'air est plus pur; les travaux de la ville ne l'ont pas encore souill; il vous estdonc plus profitable. D'autre part, vous tes vous-mme dans un meilleur tat. Votreesprit est dispos; votre tte est dgage. Le sommeil, qui est le remde le plus efficace tous les maux humains, a rendu le calme vos penses comme vos organes. Vous tesdonc dans une excellente disposition pour bnficier pleinement de l'effet de vosexercices.Le soir, avant de vous coucher, l'air ambiant est pntr de nouveau du calme qui vientavec la nuit. Vous tes las de votre journe, mais vous voyez arriver avec plaisir lemoment de prendre un repos bien gagn. C'est une disposition heureuse pour voussoumettre une discipline et vous le ferez par la suite avec d'autant plus de plaisir quevous la sentirez dissiper vos fatigues, claircir vos ides, faire disparatre toute exaltationnerveuse.Cet exercice est des plus simple. N'estimez pas qu'il le soit trop. Toute bonne mthodetend la simplification, et ce qui est compliqu est gnralement de peu de profit.La respiration telle que vous la pratiquerez, calme, douce, mesure, est excellente danstous les cas de faiblesse gnrale, de sensibilit pulmonaire. Les enfants malingres,anmis, dont le dveloppement subit un retard du fait de leur sant prcaire ontavantage suivre nos indications. C'est seulement dans les cas de tuberculose trsavance qu'il faut se montrer extrmement prudent, car, ce moment, il ne faut pasrisquer d'aggraver les crachements de sang (hmoptysies). Il faut donc, en ce quiconcerne les maladies des voies respiratoires, prendre l'avis d'un mdecin psychiste (Cetexamen mdical peut tre fait notre Fondation de Neuilly. ).En tout cas, ds que les grandes lsions sont refermes, il faut reprendre les exercicesrespiratoires, car, une fois la cicatrisation acheve, ils ne peuvent que donner plus desolidit aux tissus, plus de force l'organisme. Toutefois, les malades devront se77proccuper de la temprature ambiante; elle doit tre ni froide, ni humide. Eviter lesrefroidissements et les efforts abusifs, capables de former de nouvelles lsions.Telle qu'elle est comprise, notre mthode de respiration profonde, douce, rythme convient chacun, aux plus jeunes comme aux plus gs, aux malades et aux bien-portants. Elle est simple et ne prsente aucune difficult. Nous la conseillonsspcialement tous ceux qui ressentent une gne respiratoire, qui sont oppresss aumoindre effort, qui sont sensibles aux changements de temprature, ceux quis'enrhument facilement, qui sont sujets aux troubles congestifs, aux maux de tte, auxmigraines, aux nvralgies.Quant vous, dont les efforts tendent trouver un meilleur quilibre, ne cessez de lapratiquer rgulirement. Votre poitrine se dilatera bientt avec plus d'aisance et vousserez heureux de ressentir, aprs chaque exercice, une sensation inaccoutume de bien-tre, de vigueur physique, intellectuelle et morale. Votre circulation sera plus active etplus rgulire. Vos forces augmenteront. Vous aurez l'impression que vous puisezdirectement, chaque jour, dans l'air, qui vous entoure, une nouvelle somme d'nergie.Nous avons vu que la respiration comporte deux temps: linspiration et l'expiration.Au cours du premier temps, l'air gonfle les poumons; au second temps, la poitrine rejettel'air qui a t vici par les changes vitaux. Normalement, ces deux temps se succdentsans arrt apprciable: ds que la poitrine atteint son plus grand dveloppement, lesmuscles se dtendent, la poitrine retombe d'elle-mme et revient son point de dpart.Certains psychistes, nous l'avons dit, recommandent de faire, entre chaque tempsrespiratoire, quelques secondes d'arrt.Ainsi, Hector Durville dit dans son Magntisme personnel: L'inspiration doit se faire trs lentement, en levant progressivement la poitrine etl'abdomen...; lorsqu'on ne peut plus aspirer, on s'arrte pour garder l'haleine aussilongtemps que possible;... puis on la rejette lentement dans l'expiration en abaissant lapoitrine et l'abdomen. Lorsqu'on a obtenu un rythme rgulier et constant, continue Hector Durville, ons'exerce augmenter la dure de chaque temps respiratoire et de chaque temps d'arrt.Chaque respiration, ainsi comprise, se divise en quatre priodes: inspiration, arrt,expiration, arrt. On s'entrane augmenter mais sans excs, la dure de chaque priode.Par exemple, on met au dbut des essais, 12 secondes pour excuter l'inspiration, 12secondes pour le premier temps d'arrt, 12 seconde pour l'expiration et 12 secondespour le second temps d'arrt, soit en tout 48 secondes. On fait, de suite, dix de cesexercices, Puis, aprs une huitaine de jours d'entranement, on porte le nombred'exercices douze ou quinze. Nous ne voyons aucun inconvnient ce temps d'arrt, la condition de ne pas leprolonger au-del de 12 secondes. Cette matrise de l'activit pulmonaire est de toutefaon un excellent moyen de dvelopper l'attention et la volont. Mais nous conseillons la grande majorit de nos lves, surtout ceux qui ont des palpitations et qui sontprdisposs aux troubles circulatoires, de s'en tenir la premire mthode, beaucoup78moins pnible.Cette premire mthode qui a nos prfrences, n'envisage que deux priodes dansl'acte respiratoire: une priode active: l'inspiration; une priode passive: l'expiration.Notre activit pulmonaire comporte normalement deux temps. C'est notre senscommettre une erreur prjudiciable nos fonctions que vouloir lui donner un rythmediffrent. En tout, suivons la Nature; elle sera toujours notre meilleure conseillre.Tous ceux qui ont le corps souple auront avantage associer l'acte respiratoire quelques exercices de gymnastique. De mme, il est utile au cours des exercicesd'entranement et de plein air, de faire appel aux forces ambiantes, d'avoir foi dans lesuccs. II faut, pour que cette auto suggestion soit dcisive et porte des fruits, qu'ellefasse natre en vous des motions saines. Il faut vouloir vous perfectionner. Il fautvoquer devant vos yeux le personnage que vous voulez devenir. Nous reviendrons surcette auto suggestion motionnelle dans un prochain chapitre.Nous vous conseillons d'apporter le plus grand soin aux exercices respiratoires. Ilimporte que vous n'arriviez jamais la fatigue. N'oubliez pas que votre respiration doittre, non seulement profonde, mais rythmique. Elle doit tre profonde afin que vospoumons prennent leur plus grand dveloppement et que l'acide carbonique du sang ussoit intgralement vacu et remplac par plus d'oxygne. Vous aurez ainsi plus devitalit, un beau sang rouge et vivifiant. Elle doit tre rythmique, afin que cette rgularitse communique vos changes respiratoires, et que, sous l'action de n'importe quellemotion imprvue, vous ne soyez pas entrav par une respiration dfectueuse,embarrasse, haletante, telle qu'il s'en produit quand nous sommes en proie au trac, lacrainte, toutes les faiblesses de notre motivit. Vous devez non seulement vousastreindre, matin et soir, ces quelques exercices de respiration profonde et rythme,mais prendre, ds aujourd'hui, l'habitude de respirer toujours plus largement, plusrgulirement. Pendant votre travail et surtout si votre occupation est sdentaire, une telle respiration vous est de toute ncessit. Votre circulation sera plus active et vousn'prouverez plus de gne dans la poitrine, de lourdeur de tte. Vos ides seront plusclaires et plus nettes. Au sortir de l'atelier ou du bureau, marchez activement, quoiquesans prcipitation, et respirez amplement. Pensez-y. Attachez votre fonctionrespiratoire tout l'intrt qu'elle prsente pour le parfait fonctionnement de votre machinehumaine. Le soir, aussitt aprs vos exercices de respiration profonde rythme, mettez-vous au lit et, sans aucun effort, respirez amplement, doucement. Cette respirationamnera dans toute votre personne cette dtente physique, ce calme des ides qui sont lesprludes dun sommeil paisible, profond, rparateur.S'il est indispensable de savoir respirer avec ampleur et rgularit, il est non moinsimportant de faire entrer dans nos poumons un air aussi pur que possible.La vie la campagne, au grand air, serait idale. Mais une activit sociale malcomprise nous pousse nous grouper, former des centres industriels, des villesnormes ! De plus en plus, nous nous entassons les uns sur les autres. Nous vivons prs des usines dansune atmosphre empeste; nous subissons l'agitation continuelle qui nous entoure.Comme consquence de cette vie anti-physiologique, notre corps, lentement, s'intoxique.79Nos rsistances diminuent. De forts que nous devrions tre, nous sommes chtifs. A faireface cette vie trpidante, notre vitalit s'puise. Nous vivons mal. Notre corps nerpond plus son office. Notre volont s'mousse. Et, triste consquence, nous mouronsjeunes.Notre devoir est, chacun dans notre sphre, de ragir contre cette mconnaissance desLois naturelles. Il faut absolument revenir une conception plus exacte de la Vie soustoutes ses formes. Cherchez, dans la limite de vos moyens, lutter contre le danger quipuise insensiblement notre race.Tout d'abord prfrez habiter loin des usines, dans un quartier haut situ et bien ar.Ne craignez pas de vous loger un tage lev o l'air sera plus vif et plus pur. Le mieuxserait, aprs votre travail, de quitter la ville et de gagner la campagne, o les plantesproduisent pendant la journe un oxygne vivifiant.Vous ne devriez jamais respirer par la bouche. C'est par le nez que l'air doit entrerdans vos poumons, les narines sont organises pour rchauffer l'air et le dbarrasser despoussires qu'il contient. Certaines personnes ressentent dans les fosses nasales une gnequi les oblige respirer par la bouche. Bien souvent cette gne disparat, si nous prenonsl'habitude de respirer profondment. Si cette entrave persiste, c'est qu'elle est due, le plussouvent, un obstacle matriel, des polypes, des vgtations, une dviation de lacloison nasale; il est utile, dans ce cas, de recourir un spcialiste.Ne contraignez pas votre poitrine et votre ventre. Vos vtements doivent tre amples,confectionns avec des tissus souples. Il vous faut conserver la libert de vosmouvements respiratoires. La femme ne devrait jamais s'assujettir porter un corset quicomprime les ctes, dforme la poitrine, et dtruit, avec le rythme du corps, celui dutravail pulmonaire.L'hygine voudrait que tout travail ft effectu dans des pices spacieuses, exposesau soleil, bien ares. Il n'en est malheureusement pas toujours ainsi, surtout dans lesvilles, o la chert des loyers oblige les citadins se contenter d'espaces trs rduits. Ontravaille les uns sur les autres; on dort dans des pices exigus.J.-J. Rousseau a dit que l'haleine de l'homme est un poison pour ses semblables. L'airque nous expirons, nous l'avons dit, contient un gaz toxique, c'est l'acide carbonique. Sinous demeurons pendant quelques heures dans un espace trs rduit, fentre ferme, l'airse charge de plus en plus d'acide carbonique. En respirant cet air vici, nous nousintoxiquons notre insu. Et si nous travaillons quelques heures dans un tel endroit, nousprouvons des malaises, une gne respiratoire, bientt des maux de tte. Nous nousapercevons mieux encore du danger que nous courons vivre dans une chambre ferme,si nous pntrons dans une pice de petite dimension o travaillent plusieurs personneset dont l'air n'a pas t renouvel. Ds notre premire inspiration, nous prouvons uneimpression dsagrable, une gne; nous suffoquons; l'air nous parat irrespirable. Notreinstinct nous avertit du danger que nous courons, mais suivons-nous toujours cetavertissement salutaire ?Il est donc utile de travailler dans des pices spacieuses, bien exposes au soleil, bienares.En toute occasion, vous devez vous efforcer de dvelopper largement votre poitrine.Si vous tes assis, ne vous courbez pas sur votre travail; redressez, au contraire, votre80buste. En quittant le bureau ou l'atelier, ouvrez les fentres, ouvrez-les pendant l'heure devos repas, ouvrez-les durant toute la nuit, afin qu'un air pur vienne chasser l'air qui a tvici durant: votre priode d'action.Sitt votre travail termin, allez au grand air, marchez activement, ne serait-ce quependant quelques minutes. Faites quelques respirations profondes qui rgulariserontvotre circulation, dgageront votre tte et votre poitrine, dissiperont votre fatigue. Vousvous mettrez alors table le corps plus dispos, l'esprit plus libre, et vous aurez gagn, parces quelques minutes d'exercice, un meilleur apptit.Prfrez toujours pour votre marche, les larges avenues o vous circulerez pluslibrement, les squares ensoleills o vous puiserez un air plus pur, plus vivifiant.Aprs vos repas, nous l'avons dit, si vous tes en bonne sant, un quart d'heure demarche active stimulera votre digestion. Succdant votre djeuner, cette marche vousprparera l'effort que vous allez fournir dans votre travail. Aprs votre dner, elle vousprdisposera au sommeil.Quand vous serez au lit, une respiration profonde, ample et surtout trs doue etrythme plongera bientt toute votre personne dans une dtente agrable, signe avant-coureur d'un excellent sommeil.Une question maintenant se pose: faut-il dormir la fentre ouverte ?Ce problme a t longuement discut. On voit aisment la seule objection qu'on peutfaire une mthode dont l'avantage est d'assurer un parfait fonctionnement de larespiration pendant la nuit. On est en droit de craindre, pour les poumons dlicats, lefroid et surtout le froid humide, agent des bronchites, des rhumatismes, des rhumes etmme des simples et ennuyeux coryzas. Toutefois, la majorit des mdecins et deshyginistes, conseille de tenir la fentre ouverte, et recommande, mme aux personnesdlicates, de dormir l'air libre de la nuit, sans aucune crainte.Le Docteur Delpierre, par exemple, affirme que c'est le seul moyen de profiter d'un airvif et pur, l'air des villes tant durant le jour vici par la fume des usines et l'haleineimpure des agglomrations. D'ailleurs, il donne certaines rgles, grce auxquelles onarrive viter tous les mcomptes possibles:II est prfrable que les chambres coucher soient exposes au sud-est ou au sud,autant que faire se peut;II est bon d'accoutumer les enfants ds leur plus bas ge coucher ainsi la fentreouverte. L'enfant, cause du dveloppement intensif de ses organes, a besoin d'unegrande quantit d'air pur. C'est cependant lui qui en est gnralement le plus priv, carles parents, dans la crainte d'un refroidissement, sont ports le claquemurer. L'enfantest naturellement trs peu sensible au froid, on le voit par la sant de ceux qui sont levs la campagne et qui sont les mieux portants et les mieux dvelopps. Il faut aussi leshabituer par degrs cette aration, ouvrir un peu, puis, progressivement, arriver ouvrirla fentre toute grande. Il vaut mieux commencer pendant la saison chaude, pour parer tout inconvnient. Enfin, il est bon, en prvision des sautes imprvues de la temprature,d'avoir toujours sous la main une couverture supplmentaire que l'on peut jeter sur le lit,si on en sent la ncessit. Il faut galement veiller ce que le dormeur ne reoive pas81directement l'air de la fentre, c'est--dire, surtout en hiver, que le lit ne soit pas plactrop prs de l'ouverture, il est bon d'interposer une tenture ou, de prfrence, un paravent,qui n'intercepte l'air qu' la hauteur du dormeur et le laisse circuler l'aise dans le restede la pice. Si le froid est particulirement intense, il faut se couvrir en proportion. Il fautviter de placer le lit dans un courant d'air, qu'il soit form par la fentre et une porte oupar la fentre et un foyer non allum et insuffisamment clos. En t, pour viter lesdsagrments que nous apportent les mouches ou les autres insectes, on peut user dumoustiquaire ou voiler la fentre par une mousseline lgre ou une toile mtallique.En suivant ces quelques prceptes, l'habitude de dormir la fentre ouverte, bien loind'occasionner des affections pulmonaires, les prvient par l'accoutumance du poumon la temprature extrieure. C'est mme un rgime grce auquel on rtablit des poumonsatteints. Mais il est indispensable de procder mthodiquement.D'autre part, le Dr Michaud qui s'est galement pos la question de savoir si nousdevons dormir la fentre ouverte, rpond: Chez l'adulte sain, sans aucun doute. Unhomme de 70 kilos utilise par heure environ 700 litres d'air et rejette 25 litres d'acidecarbonique: d'o la teneur en acide carbonique dans une pice de 10 mtres cubesatteindrait en 10 heures 15 p. 100, soit un taux quatre fois plus fort que celui admiscomme caractrisant l'air suspect (Langlois). Mais il y a plus: l'air expir par l'hommeest un poison pour l'homme, Brown-Squart et d'Arsonval ont prouv qu'il contenait unpoison volatil, peut-tre, dit Wurtz, un chlorhydrate d'anthropotoxine. D'ailleurs, mmeen admettant les conclusions opposes de Dastre et Love sur l'innocuit de l'air expir, iln'en est pas moins probable que les excrtions volatiles qui frappent l'odorat dequiconque pntre le matin en une chambre habite et close, ne sont pas inoffensives.Donc, dormez les fentres ouvertes. Gardez-vous cependant des courants d'air etcouvrez-vous bien. Chez le vieillard, il est certes plus dlicat d'ordonner que la fentre reste ouvertetoute la nuit, surtout l'hiver. Il faut tenir compte de la constitution, de l'habitude, de latemprature. En gnral, il est plus prudent de conseiller de laisser ouvertes les portes, defaon que l'air circule travers un appartement maintenu temprature constante. (Docteur Michaud. Pour vivre vieux, Paris, s. d., p. 77. )Votre chambre coucher sera donc bien are. Et, sous notre climat tempr, elle nedevra jamais tre chauffe.Il est utile galement que vous loigniez de l'endroit o vous dormez les fleurs, lesplantes, les animaux chien et chat, par exemple, qui contribuent vicier l'air quevous respirez. Comme vous, ils prennent dans l'air l'oxygne et rejettent l'acidecarbonique; ils diminuent donc d'autant la quantit de vitalit que vous pouvez fixer dansvos poumons, en mme temps qu'ils surchargent votre atmosphre de gaz dltre.Certaines fleurs sont particulirement dangereuses par les parfums violents et leseffluves toxiques qu'elles dgagent.Le Docteur Noirot cite ce fait que les lauriers rose en fleur, renferms la nuit dans unechambre, ont donn la mort des personnes qui y taient endormies. Il rappellegalement qu'on a trouv Londres une femme morte dans son lit, sans qu'on ptsouponner d'autre raison de cet accident que les exhalaisons de lys fleuris qu'elle avait82gards dans sa chambre, qui tait peu spacieuse.Triller a vu une jeune fille prir de la mme manire par l'effet des fleurs de violette.Certes, ces faits sont exceptionnels. Cependant, comme ils peuvent tre pour notreorganisme une cause de gne, de malaise, loignons toujours les plantes de l'endroit onous dormons.Donnons encore un conseil sur un point qui, sans tre ignor, est trop souvent passsous silence : la respiration cutane.Les pores de notre peau ne nous servent pas seulement l'mission de la sueur. Ilssont le sige d'changes gazeux et la respiration cutane est d'une telle ncessit que leDocteur Arnulphy a pu citer l'exprience suivante : on a enduit la peau d'un animal d'unvernis impermable, tout en lui laissant le libre fonctionnement du nez et de la bouche.L'animal est mort dans les 24 heures.Les soins prendre pour obvier des inconvnients moins graves, mais importantstout de mme, sont bien simples. Il faut que les pores aient toute libert pour respirer : ilfaut donc que la peau, toute la peau, soit lave tous les jours, et plutt soir et matin. Il estbon, aprs ce lavage, quand la temprature le permet, de faire des exercices respiratoireset de la mobilisation active de tout le corps, sans aucun vtement, afin que toute la peauparticipe au bien-tre que ces exercices donnent toute l'conomie humaine et enparticulier l'appareil pulmonaire. On sera tonn des effets qui rsultent d'uneindication si simple.C'est donc toute une hygine que vous devez suivre. Vous savez que votre respirationest une des fonctions essentielles de votre corps. Par elle, vous allez puiser, constammentdans le milieu ambiant des nergies nouvelles qui contribueront maintenir votre sant, augmenter votre bonheur, intensifier votre pouvoir !RsumLa respiration dbarrasse notre sang usag de l'acide carbonique, produit de noscombustions internes, auquel elle substitue de l'oxygne, principe actif, vivifiant.Plus large, plus profonde sera votre respiration et plus vos changes gazeux serontintenses.Plus rythms seront vos efforts et plus la matrise de vos motions vous sera renduefacile.Prenez donc l'habitude de respirer avec ampleur, avec rgularit.La respiration comprend deux temps: un temps pendant lequel votre poitrine se dilate(votre diaphragme s'abaisse tandis que vos ctes se soulvent) : c'est l'inspiration; unsecond temps pendant lequel, grce une dtente des mmes muscles, votre diaphragmeet vos ctes reviennent leur position premire, c'est l'expiration.Vous avez avantage dvelopper votre poitrine par une respiration plus profonde.Vous devez cependant viter de forcer votre respiration. En tout, il faut savoir conserverune sage mesure. Le yoga, qui conseille d'accomplir des tours de force respiratoires, est83une mthode dangereuse dont on ne saurait trop se mfier.Il est inutile que vous cherchiez des exercices compliqus.Les plus simples, bien faits, sont toujours les plus efficaces et ne prsentent aucundanger.Matin et soir, placez-vous donc devant votre glace, dans votre chambre, la poitrinenue, dans la position du garde--vous. Cherchez donner votre physionomie cetteimpression de volont dcide et calme, de matrise, de puissance que vous enviez.Redressez votre buste. Relevez la tte. Cherchez surtout vibrer intrieurement. L'autosuggestion n'est vritablement utile que si elle transforme nos ides en motions.Emplissez alors vos poumons, emplissez-les sans effort, doucement, profondmentjusqu'au maximum, et, sans marquer de temps d'arrt, dtendez vos muscles. Votreventre s'affaissera, votre poitrine s'abaissera lentement. L'inspiration et l'expirationauront sensiblement une dure gale. Puis, sans marquer de temps d'arrt, recommencez.Un quart d'heure de ces exercices si simples, faits rgulirement le matin au saut du litet le soir avant de se coucher, contribueront maintenir votre corps en parfaite sant.Vous vous sentirez chaque jour en possession d'une vitalit plus grande.En dehors de ces exercices, prenez l'habitude de respirer toujours largement et avecrgularit. Recherchez un air pur. Respirez par le nez.Donnez toute libert vos organes en portant des vtements amples et bien compris: lafemme doit redouter le corset qui dforme son buste et lui cause tant de maux.Travaillez dans des pices bien ares et aimez la marchera marche active dans lesgrandes artres, dans les squares et les bois. ;Habituez-vous progressivement dormir la fentre ouvert ? Eloignez de votrechambre coucher fleurs, plantes et animaux qui vous priveraient d'une grande quantitd'oxygne et rendraient toxique votre ambiance.Que votre peau soit entretenue en parfait tat de propret, afin que ses fonctionsrespiratoire et liminatoire soient par-l facilites.Outre vos exercices de respiration profonde, matin et soir, prenez l'habitude derespirer toujours largement, rgulirement, en suivant le plus possible les rgles del'hygine. Quelle joie vous ressentirez bientt, quand vous aurez suivi ces quelquesconseils !Lexercice physique Le foyer o la vie s'entretient est assez robuste. C'est votre corps. Il rsiste l'usureet peut conserver pendant plus de cent ans un peu bien entretenu. N'ayez donc nullecrainte que des flammes trop vives le consument. Veillez, au contraire, ce que lacombustion s'y fasse ardente, rgulire et constante. C'est par la pratique rationnelle del'exercice physique que vous y parviendrez. On ne meurt pas d'usure, mais84d'encombrement. Docteur Ruffier. Soyons forts ! L'activit est la loi de la vie. Quand cette activit n'est pas la consquence de notremanire de vivre ou de notre genre de vie, nous devons la remplacer artificiellement parl'exercice musculaire.G. Hbert. L'ducation physique raisonne. C'est la volont de vaincre qui donne les victoires; or ce qui est vrai pour les grandesluttes qui font retentir le monde, l'est galement pour les luttes obscures et caches dechaque vie particulire. Henri Perreyve. Ce aprs quoi nous soupirons, ce qu'il nous faut, c'est une race de robustes espritsqui respirent le grand air du monde, qui connaissent les hommes et toutes leurs espces,qui se fraient leur chemin au milieu du tumulte avec une parfaite possession de soi, unesage intgrit, avec calme et pourtant avec le regard vif de l'intrt et le pouls rapide etbien battu de la force. Woodrow Wilson. Etre humain.L'EXERCICE PHYSIQUENcessit de l'exercice physique pour le bon fonctionnement de la machine humaine.L'exercice est utile tous les travailleurs. Les mfaits de l'athltisme L'hypertrophiemusculaire et ses dangers. Pour rpondre son but, notre exercice doit tre mesur. Mfions-nous des exercices violents. Ce qu'il faut acqurir: une musculaturepuissante, l'harmonie des lignes, la souplesse des mouvements. Le type humain idal:ses proportions, son poids. La gymnastique rationnelle et ses caractristiquesessentielles. La mthode sudoise de chambre. Notre mthode personnelle. Enquoi elle diffre des autres. Ses caractristiques : l'exercice doit tre doux, excut sansappareil; il doit s'accomplir selon un rythme rgulier, il doit fixer notre attention; il doittre la porte de tous. Notre leon type de gymnastique respiratoire. Rsultatsphysiques et psychiques. Dtail de nos 15 exercices d'entranement. Frictions ducorps avec la serviette. Effleurage manuel des membres et du ventre. Dix minutesmatin et soir pour obtenir la sant et le bonheur. Tableau rcapitulatif de nos 15exercices de gymnastique respiratoire. Le retour progressif vers la sant. Lessports. Le travail musculaire est une ncessit pour notre corps. Comment se gurirsoi-mme des varices, des stases veineuses. Les sources inpuisables de vitalit quisont notre porte. L'air La lumire. Le soleil. L'eau. Combattons notretemprament qui est un tat pathologique fix. Difficults que rencontre chaquepersonne dans son retour la normale. Les crises de retour. Rsum.85Pour assurer le parfait fonctionnement de l'usine humaine, il ne suffit pas de nousalimenter modrment et sainement, de respirer largement et avec rgularit. Il fautencore que nos muscles soient puissants, que notre corps soit souple. L'exercice nous estdonc aussi utile que l'alimentation et la respiration.Bien compris, les exercices physiques nous donnent une assurance qui vient d'unesant parfaite et de la certitude o nous sommes de ne jamais faire un mouvement qui aitl'air gauche ou emprunt. C'est, dans la vie, une force beaucoup plus grande qu'on nepense. En outre, certains exercices, choisis avec discernement et pratiqus sans excs,stimulent nos fonctions digestives, dveloppent notre respiration, rgularisent nosmouvements cardiaques, calment notre systme nerveux, activent nos liminations.Le Docteur Ruffier a trs bien montr la ncessit o nous sommes de prendre del'exercice. Lorsqu'on s'abandonne la paresse physique, dit-il, c'est--dire lorsqu'on rduit auplus petit dbit possible le fonctionnement de l'appareil musculaire, l'organisme subitncessairement une dchance progressive qui se traduit de trois faons diffrentes,suivant le temprament et les conditions d'existence. C'est l'obsit ridicule, gnante et dangereuse qui atteint les individus tempramentfloride et bon estomac. C'est l'maciation qui offre en proie la tuberculose ceux auxquels leur faiblesseconstitutionnelle ne permet mme pas d'assimiler la graisse, ce tissu morbide de qualitinfrieure. Enfin, c'est lauto intoxication, l'arthritisme douloureux, la neurasthnie dprimantepour les gens qui pourvus d'un organisme de valeur moyenne, demandent au travailcrbral d'assumer toute la rgularisation de leurs changes nutritifs. (Docteur Ruffier.Soyons fort! 3e dit., Paris, s. d., p. 13. )D'autre part, le Docteur Francis Heckel dclare: Notre paresse physique nous entrane l'atrophie musculaire, aux troublescirculatoires, et, associe la suralimentation, l'artriosclrose. Le danger de lasdentarit est pis encore, car tout sdentaire devient, malgr sa sobrit, un suraliment.La ration alimentaire doit baisser proportionnellement l'inaction physique. L'hommeassis 10 heures sur 24, couch 9 heures, debout le reste du temps par intervalles courts,c'est le type courant du citadin moderne. Les quelques instants de marche ou de stationverticale active de sa journe sont les seuls moments o il soulage son cur et aide sonaction circulatoire. Cette activit passagre constitue donc son vritable repos organique.C'est de cette faon qu'il faut entendre que rien n'est plus usant pour l'organisme que lerepos musculaire. Mais plus encore, on peut affirmer que tout sdentaire devient rapidement uncardiaque fonctionnel et plus tard un cardio-vasculaire lsionnel... On peut tre cardiaquesans avoir de lsion du cur ou des vaisseaux. ( Docteur Francis Heckel. Culturephysique, Paris, 1913, p. 38. ).On voit combien le repos exagr peut tre grave pour notre organisme.86L'exercice est utile tous. Il est indispensable aux travailleurs de l'esprit: instituteurs,littrateurs, savants; aux employs: vendeurs, caissiers, bureaucrates quelque titre quece soit; aux ouvriers dont le travail musculaire est peu actif (ceux qui surveillent desmachines, par exemple); tous ceux qui, un titre quelconque, restent des heures assis,qu'ils soient assis au grand air comme les cochers et les chauffeurs, ou assis devant unetable, un bureau, une machine; tous ceux qui travaillent dans un air plus ou moins pur.Tous ont besoin d'exercice, d'un exercice rationnel qui fasse jouer l'ensemble de leursmuscles, qui active leurs fonctions et les mette l'abri de ces auto-intoxications quiprdisposent aux plus graves maladies.L'exercice vous est donc de toute utilit. Cependant, chercher obtenir des musclesdurs comme l'acier, viser ressembler aux athltes de foire, ce serait aller contre les loisde la nature.De mme que vous devez vous alimenter et respirer avec une sage mesure, de mmeles exercices physiques, auxquels vous allez vous accoutumer, doivent rpondre un butprcis, II ne s'agit point d'blouir la foule par des exploits de force, d'attirer les regardspar une musculature dbordante. Non pas ! Votre but est tout autre. Votre objectif, c'estassurer tous vos organes un parfait fonctionnement, c'est acqurir une force, une agilitet une souplesse qui fassent de votre corps une machine bien au point, obissant votrevolont, sans rsistance ni fatigue.Certes, on a trop vant l'athltisme. C'est commettre une erreur, dans une socit quidemande beaucoup plus l'intelligence et la volont qu' la force physique, d'tre desMilon de Crotone.D'ailleurs, l'athlte est un type anormal. Son dveloppement musculaire excessif adriv son activit et s'il peut faire des efforts musculaires considrables, il est tropsouvent incapable de lutter contre la maladie. Au point de vue psychique, les athltessont bien au-dessous de la normale.Le Docteur Toulouse observe trs judicieusement que la sant ne consiste point dansla force musculaire et que de vritables athltes sont parfois sujets des maladies plusfrquentes et plus graves que les autres hommes. La sant, ajoute-t-il, ne consiste pasdavantage tre gros et gras. Nous croyons utile d'insister sur les dangers que prsente pour la machine humaine ledveloppement excessif de nos muscles.Le Docteur Heckel dit, de ces athltes dont la foule admire les exploits: Souvent cesprtendus athltes se rvleront comme des malingres fonctionnels. S'ils sont capables delever un haltre de 100 kilos, ils sont impuissants courir un cent mtres dans un tempshonorable. Ils risquent des accidents cardiaques sils veulent atteindre un tramway lacourse et ne montent pas sans souffler un escalier de deux tages. Leur capacit decourir, de sauter, de nager, est rduite rien, et ils sont bien infrieurs sur ce point deshypotrophiques et des pr-tuberculeux. Ils asphyxient au moindre effort rpt, carcette norme masse de muscles, aussitt qu'elle est agite de mouvements, dgage unetelle quantit d'acide carbonique, qu'il lui faudrait un poumon deux fois plus grand quecelui dont ils disposent pour dgager ce poison rsiduel du travail musculaire. Leur curest incapable de faire l'effort ncessaire lancer le sang en foules vigoureuses travers87ces grosses masses qui se contractent. La dilatation cardiaque les guettent; bref, ils n'ontdun athlte que la faade et sont en ralit des invalides. Leur rsistance physique estdonc petite ou nulle. Ils ont, de plus, la ncessit de nourrir grands frais, par la viandeet l'alcool, ces masses musculaires qui sont de plus en plus impuissantes la contractionpar la dfaillance progressive de leur systme nerveux. Aussi tombent-ils dans l'obsitet bientt dans la cachexie des obses, qui se mlange si souvent chez eux la cachexiearthritique et l'intoxication crbrale dont leur imbcillit traditionnelle est unemanifestation. La dchance dont ils sont atteints s'inscrit en caractres bien lisibles pourle psychologue sur leur face abtie dont le caractre bestial est d'autant plus frappant queles maxillaires se dveloppent proportionnellement leur fonctionnement intensif dansla mastication. Un regard voil par l'abrutissement des paupires alourdies par ldmeou la graisse, des lvres bleutres, des joues bouffies, un cou de taureau sillonn decordons veineux distendus, tels sont les indices qui, pour le mdecin, ne peuvent pastromper, et permettent de classer ces malheureux hypertrophis parmi les malades. Cesont eux qui ont fait le plus de mal la cause de l'athltisme parce qu'ils ont rpanducette ide que l'athlte est un pauvre d'esprit et un mal portant. imageFig. 20. Le faux athlte.Ce faux athlte type du lutteur de foire, du souleveur de poids est un caspathologique. Son hypertrophie musculaire dnote un tat de dsquilibre grave. Ladrivation de l'activit musculaire vers certaines rgions du corps, en mme temps qu'elleentrane une modification morphologique, prive d'autres organes de force vitale. Et iln'est pas rare de voir de ces faux athltes incapables d'accomplir une performancemoyenne (la course, par exemple) en dehors de celle qui leur vaut les applaudissementsdu public. Au double point de vue psychique et mental, ces hypertrophis sont presquetoujours trs au-dessous de la normale.De son cote, Hbert dclare: Quand le systme musculaire travaille, il dpense de lamatire vivante. Si son dveloppement est pouss trop loin par un travail excessif eu descontractions exagres, il peut arriver que les organes internes (poumons, cur, appareildigestif) ne soient pas assez puissants pour fournir les matriaux ncessaires larparation. Lorganisme est alors surmen et s'use prmaturment. Pourquoi tant d'athltes, ou soi-disant tels, meurent-il ? d'affections cardiaques, dephtisie, etc. ? Tout simplement parce que leur systme musculaire est exagr et non enrapport avec leur constitution organique. Ces hommes, parfaits peut-tre extrieurement,ne le sont point du tout intrieurement. En forant la nature, ils nuisent leur organisme. Le dveloppement musculaire a donc une limite qu'il ne faut pas dpasser sous peinede graves inconvnients pour la sant. Cette limite varie suivant les individus: elledpend) essentiellement de leur constitution organique et de leur ossature ou charpenteosseuse. Enfin, une autre raison qui fait qu'on ne doit pas rechercher un dveloppementexagr, c'est que la force musculaire ne dpend pas uniquement de la grosseur desmuscles: elle dpend aussi de l'nergie individuelle et de l'excitation nerveusecommunique aux muscles. ( Georges Hbert, L'ducation physique raisonne, 2edit., Paris, s. d. p. 36. )88Les dangers ne sont pas moins graves lorsque la performance consiste contracterviolemment les muscles, leur demander, dans un temps trs court, un effort toujoursplus grand. Ces inconvnients, dit le Docteur Heckel, sont la globulisation du muscle, qui seproduit par tout procd ncessitant ds le dbut d'une contraction, un effort complet etbrusque, l'allongement du tendon aux dpens du corps musculaire, le raccourcissementde ce corps musculaire, l'ankylose en flexion ? des articulations, la diminutiond'ouverture articulaire, la perte de la vitesse et de la dtente, la fatigue nerveuse si lesexercices avec poids sont rpts souvent, longtemps et avec une certaine vitesse, lasudation surabondante, le retentissement sur le cur du surmenage physique, ladilatation cardiaque par stase veineuse, la tendance aux congestions de l'appareilrespiratoire et crbro-spinal; enfin la transformation lente et rgulire du pratiquant encet athlte hypertrophi et malade qui avait fait crer aux Antiques le terme de diathseathltique ou cachexie athltique. L'excs de travail musculaire est la cause de toutes les crampes professionnelles,crampes des crivains, des pianistes, des violonistes... L'entranement volontaire excessifamne au mme but. En faisant un abus exclusif de fortes flexions de l'avant-bras sur le bras (tractions,soulvements de poids, haltres), dit Hbert, le biceps prend et conserve mme au reposla forme d'une boule; de plus l'avant-bras reste lgrement flchi sans pouvoir s'tendrenaturellement. Le travail musculaire exagr nous intoxique en jetant dans le torrent circulatoire unesurabondance de cellules uses, une surcharge de produits de combustion. Ces dchets etces toxiques ne pouvant tre limins que lentement, courbaturent nos muscles, troublentnos urines. L'exercice abusif est trs prilleux pour la fibre musculaire, dit le Docteur Monin; sil'inaction l'atrophie, l'excs de travail la mne galement au mme rsultat, produit d'unecombustion trop rapide. C'est donc une ligure de rhtorique, fort Juste, que celleemploye par les entraneurs, lorsqu'ils disent d'un cheval pouss trop loin: il a tflamb. imageFig. 21. Hypertrophie musculaire par abus des exercices physiques violents,Autant l'exercice doux et mesur est d'une ncessit primordiale pour assurer le jeunormal de toutes nos fonctions, autant l'athltisme mal compris est un danger. L'excs depoids lourds, de boxe, de lutte, de tous les sports violents amne une dformation dumuscle trs prjudiciable la sant. En tout, sachons garder la bonne mesure.Vous devez donc prendre de l'exercice, mais vous garder de tout excs. L'excsd'efforts musculaires courbature et durcit vos muscles; il vous intoxique, d'o une89sudation excessive et des urines troubles; il perturbe le jeu de vos poumons, affole votrerythme cardiaque, puise votre systme nerveux. Si la tension musculaire est pousse l'extrme, l'essoufflement intense, la pleur du visage peuvent succder l'asphyxie, lasyncope et mme la mort. Ce fut le cas du coureur de Marathon qui mourut aux portesd'Athnes en y apportant la nouvelle de la victoire. A prendre un exemple moins clbre,c'est le fait du gibier forc qui meurt par simple lassitude sans avoir essuy le feu duchasseur.Dans le cas de travail musculaire excessif, il se produit, dans l'organisme, une quantitde dchets non prvue dans notre budget et qui ne savaient, par suite de leursurabondance, tre limins rgulirement, au fur et mesure de leur production. Cesdchets non limins demeurent forcment un certain temps dans l'organisme, s'yamassent, y causent un tat maladif, inflammatoire, dont les causes ne sont pas difficiles dfinir. C'est pourquoi il est imprudent de poursuivre un exercice quelconque jusqula courbature.imageFig. 22. Un mouvement dangereux pour l'articulation de l'paule.On voit de suite le travail excessif quimpose l'articulation de l'paule la suspensionaux anneaux. Le poids du corps amne une trop grande rotation de l'humrus (d'aprsHbert).En effet, qu'est-ce que la courbature ? C'est une sensation douloureuse de raidissementconscutive la fatigue. Ceci, c'est ce que tout le monde sait. Ce qui est moins connu,c'est que ce raidissement est sensiblement le mme que le raidissement cadavrique, d la mme cause, une production plus ou moins abondante d'acide lactique dans les tissus.Cet acide lactique, en surcharge dans l'organisme, y produit un empoisonnement qui peuttre rapide et mortel, comme dans le cas du hros de Marathon.Si nos muscles sont faits pour un certain travail qu'on ne saurait dpasser sans danger,nos articulations ont un jeu qu'il ne faut pas exagrer. Or, certaines mthodes de culturephysique dcrivent des mouvements forcs, contre lesquels nous ne saurions trop mettreen garde nos lves.Ces mouvements anormaux s'adressent surtout l'paule. Ils se produisent danscertaines positions, principalement quand le gymnaste est suspendu aux anneaux, ou qu'ils'exerce aux barres parallles.Lorsque par une projection force des bras en arrire, le gymnaste est suspendu auxanneaux, le poids du corps produit un mouvement anormal de l'articulation de l'paule.Cette articulation qui, normalement, ne devrait pas s'ouvrir au-del de 40, arrive former un angle de 90% et souvent mme, un angle plus grand. Il s'ensuit quel'articulation devient douloureuse et que le tiraillement impos aux muscles pectorauxoblige la poitrine s'aplatir.image90Fig. 23. Autre position dangereuse pour la mme articulation.Quoique l'angle que forment les bras tendus avec le corps soit un peu moindre quedans la prcdente position, la planche arrire n'en constitue pas moins un exerciceviolent qui impose l'articulation de l'paule un effort pour lequel elle n'est pas faite.(d'aprs Hbert).La planche arrire aux anneaux amne le mme surmenage de l'articulation, le mmeaffaissement de la poitrine.Pour les mmes raisons, les exercices aux barres parallles sont aussi dconseiller.Lorsque le gymnaste a tout le poids du corps soutenu entre les deux barres parallles parses membres suprieurs flchis, ses articulations de l'paule subissent une distension tropgrande et sa poitrine est gne, paralyse dans son jeu par l'excessive projection despaules en arrire.Donc, mfiez-vous des exercices violents qui tendent forcer le jeu normal desarticulations.Le but que vous devez viser, c'est d'assurer votre organisme une musculaturepuissante, tout en conservant votre corps l'harmonie de ses lignes et la souplesse de sesmouvements.Voyez ces beauts antiques que nous a lgues l'antiquit: c'est le Gladiateurcombattante lEphbe d'Anticythre, le Discobole, Apollon.Leurs muscles sont nettement marqus, quoique sans exagration; la ligne gnralednote une grande puissance, une aisance parfaite; tout est bien proportionn,symtrique.Mais combien nos contemporains, gavs et sdentaires, se sont loigns de ces typesde beaut, de force, de sant, d'quilibre ! Voyez autour de vous, dans la rue, toutes cesdmarches lourdes et pesantes, tous ces essouffls, ces nervs, ces puiss, cesmalingres, ces dos courbs, ces ventres prominents, ces cous boursoufls, ces facescongestionnes et tumfies, ces poitrines dbordantes de graisse ! Et non moins laidssont ces amaigris l'extrme, dont la silhouette squelettique et le visage aux refletsjauntres vous peinent et vous font penser, malgr vous, des choses lugubres... lamort... l'ensevelissement... au cimetire... Et presque tous sont responsables de leurplthore, de leur dbordement maladif, de leur puisement nerveux, de leur cachexiehideuse !imageFig. 24. Appui aux deux barres parallles.Mme projection excessive des deux coudes en arrire. Mouvement anormal dconseiller (d'aprs Hbert).Ami lecteur, sache-le ! Tu dois respecter ton corps ! Tourne donc rsolument tespenses vers ces beauts antiques que le marbre nous a conserves. Veuille que ton corpssoit plus puissant et plus souple, ton me plus belle et plus gnreuse ! Courage ! Tu91vaincras.II y a donc un type humain, un type de parfait quilibre.Ses proportions et son poids, selon les ges, ont t tudis avec soin, dtermins avecprcision. Le tableau ci-joint, que nous empruntons Hbert, nous le fait connatre pourl'homme adulte. Le cou, le biceps et le mollet chez l'homme adulte entirementdvelopp doivent toujours avoir la mme dimension. Le tour de poitrine se prend lapartie la plus large, sous les muscles pectoraux, dans un plan bien horizontal et aprs uneexpiration profonde. La mesure de ce mme tour, aprs une longue inspiration doit treaugment de 5 8 centimtres environ. Le tour de taille se prend dans un plan horizontalpassant par l'ombilic (nombril). Les autres dimensions-se prennent l'endroit le plusdvelopp.imageFig. 24. Un type de beaut antique. Le gladiateur combattant. On admet gnralement que le poids de l'homme normal est gal, en kilos, au nombrede centimtres de sa hauteur totale dpassant le mtre. Ce poids s'entend lorsquel'homme est habill: ainsi un homme de 1 m. 70 doit peser, vtu, environ 70 kg. Endduisant le poids des vtements, nous arrivons au poids de 63 66 kg donn par Hbert.Pour la femme, les rapports entre la hauteur et le poids ont une lgre diffrence. Ataille gale, on admet qu'elle doit peser 1/8 1/10 de moins que l'homme. Ainsi unefemme grande mesurant 1 m. 70 doit peser normalement 58 60 kg (alors que, pour cettetaille, le poids de l'homme est de 63 66 kg). Il faut tenir compte aussi, dans lesproportions, que, chez la femme, la largeur des paules est plus grande que celle dubassin, alors que chez l'homme ces mesures sont sensiblement les mmes.Bien des mthodes ont t prconises qui promettent ceux qui les suivent dedevenir des athltes, des surhommes.Hauteur de tailleCou,biceps,molletTour depoitrine aprsune expirationprofondeTourdetailleAvant-brasCuisse Poids1 m 55 29 cm 83 86 cm 75cm23 cm 40 cm 48 50 kg1 m 60 31 88 91 cm 77 25 45 52 54921 m 70 36 1 m 82 29 56 63 661 m 75 39 1 m 05 85 31 61 70 741 m 80 42 1 m 10 87 33 66 79 84Proportions que doit avoir l'homme parfaitement quilibr Tableau des mensurationsde l'homme adulte (d'aprs Hbert)Gardons-nous de ces excs et de ces mirages ! Toutefois, nous devons noter que desefforts, chaque jour plus nombreux, sont faits en faveur d'une gymnastique rationnelle.On abandonne de plus en plus l'emploi des agrs, des barres fixes, anneaux, trapzes,etc.... dont on reconnat les dangers.En France, ds 1878, G. Demeny a cherch donner une orientation nouvelle l'ducation physique. Alors qu'autrefois on cherchait exclusivement dvelopper la forcemusculaire et principalement la force des bras, les enseignements de Demeny, qui sebasent sur des principes anatomiques, tendent quatre buts: beaut, sant, virilit,adresse.Cette mthode a t reprise et dveloppe par Hbert dont la leon type d'entranementcomplet comporte des exercices de marche, de course et de saut, des exercices grimper, lever et lancer, ainsi que des exercices de dfense naturelle; elle comporte, de plus,un bain d'air et des soins de la peau. La dure d'excution de la leon type peut varier de30 90 minutes. Le programme de travail hebdomadaire doit comprendre de quatre sixsances d'une dure moyenne d'une heure, avec repos les autres jours.Bien peu de personnes peuvent suivre cette mthode, car elle prsente des difficultsqui, pour beaucoup, sont insurmontables. Elle demande beaucoup de temps. L'employou l'ouvrier qui travaillent du matin au soir, ou la mre qui doit surveiller ses enfants, nepeuvent quitter leur occupation, leur intrieur pour se rendre dans un stade et s'yastreindre des exercices pnibles. Cette mthode, en effet, est assez violente; elleoccasionne aprs chaque entranement une lassitude gnrale; or, nous savons que toutefatigue, qu'elle soit musculaire ou crbrale,traduit un tat d'intoxication; se fatiguer, sesurmener, se courbaturer comme ont trop tendance le faire ceux qui s'adonnent desexercices violents, c'est donc aller l'encontre du but que nous poursuivons. En raisondes efforts qu'elle demande, la mthode de Hbert doit tre dconseille presque tousles malades; la leon type d'entranement, mme rduite, est pour eux un supplice; ils nepeuvent s'y accoutumer.D'ailleurs, cette mthode de plein air n'est pas indispensable. Nous dirons mme qu'unexercice beaucoup plus doux, fait chez soi, devant la fentre largement ouverte, est debeaucoup prfrable. La gymnastique de chambre, doue et mieux comprise, est faitesans aucun appareil. Elle s'adresse tous: jeunes ou vieux, bien portants ou malades;tous peuvent en attendre les plus grands bienfaits.93Cette mthode d'exercices de chambre a t mise en vogue par Ling, un sudois. Elle at prconise par un grand nombre d'hyginistes, et le danois Mller en est actuellementun de ses plus actifs propagandistes.Alors que la dure d'excution de la leon type d'entranement de Hbert est enmoyenne d'une heure (elle peut aller de 30 90 minutes), les exercices prconiss parMller ne demandent qu'un quart d'heure. Mller conseille de prendre, au milieu desexercices, une ablution et un bain, immdiatement suivis de frictions. La cure d'eau sefait dans un tub avec une pomme d'arrosoir ou une grosse ponge, puis on s'assied et serenverse dans le tub afin de mouiller tout le buste. A dfaut de tub, on se frictionne lecorps avec une serviette mouille. La sance d'exercice se termine par un bain d'air. Lesenseignements de Mller donnent, qui les suit avec rgularit, les plus heureuxrsultats; ils ne prsentent aucun danger, aucun inconvnient.Notre mthode s'inspire de la mthode sudoise. Cependant, elle est encore plussimple.L'exercice physique doux et rgulier, n'est pas seulement pour nous un moyen dedvelopper et d'assouplir nos muscles, d'assurer le jeu parfait de nos organes, nousl'envisageons aussi comme un procd permettant de dvelopper notre attention,d'augmenter notre vouloir. Un corps sain, au service d'une me forte, agissante, tel doittre notre idal !Les caractristiques qui forment la base de notre mthode sont les suivantes:1. L'exercice doit tre doux.Aucun mouvement de force, aucune contraction violenter et prolonge, aucundplacement rapide des membres.2. L'exercice doit tre fait sans appareil.Hbert dit trs justement: Tous les appareils, quels qu'ils soient, ne sont pas du toutindispensables ni mme ncessaires. Donc, pas d'haltres simples ou ressorts, pasd'extenseur. Tout au plus, un simple bton tenu dans les mains dans les exercicesd'lvation parallle des membres suprieurs pour maintenir leur cartement rgulier.Mais le mieux est encore de conserver cet cartement par une attention soutenue3. L'exercice doit tre rythm.Il doit tre fait avec le plus de rgularit possible et chaque mouvement doit treexcut pendant une priode respiratoire.4. L'exercice doit fixer notre attention.C'est un des moyens qui permettent d'arriver un meilleur contrle de soi-mme, dedvelopper la volont.5. L'exercice doit tre la porte de chacun.Tous, hommes et femmes, adultes et enfants, vieillards mme, tous, malades ou bienportants, retirent de notre mthode les plus heureux rsultats. Nerveux, sanguins, bilieuxou lymphatiques, tous la suivent avec succs. Chaque soir, avant de se mettre au lit, dixminutes d'exercices simples, doux, rythms, assurent notre organisme un meilleur94fonctionnement.Notre mthode comporte seulement 15 exercices. Nous nous sommes efforc de lessimplifier le plus possible, afin que chacun puisse les pratiquer sans peine. Vous devezles faire successivement, dans l'ordre indiqu, et sans marquer, entre eux, de tempsd'arrt apprciable.Chaque exercice ne sera fait qu'une seule fois. Sitt ces 15 exercices excuts, vous vous frictionnez vous-mme tout le corps avec lamain sche ou avec une serviette galement bien sche. Exercices et frictions nedemandent que dix minutes.Vous ferez ces exercices dans votre chambre, le soir, avant de vous mettre au lit, tanttrs faiblement vtu, ou mieux encore compltement nu.Vous vous efforcerez de garder durant toute la dure des exercices, le mme rythme.Chaque mouvement comporte deux temps: un temps d'aller et un temps de retour laposition de dpart. Afin que les exercices soient parfaitement compris de nos lves,nous avons fait dessiner tous les mouvements : chaque figure d'exercice comporte, entrait plein, la position du corps au dpart et en ligne pointille la position d'arrive;lorsque nous l'avons jug utile, nous avons ajout une flche pour bien faire comprendrela ligne gnrale du mouvement.Votre respiration fera l'objet de toute votre attention. Elle sera ample, trs rgulire etrythme avec les deux temps de chaque exercice: vous inspirerez l'air pendant le premiertemps et vous l'expirerez au cours du second temps. Inspiration et expiration devrontavoir sensiblement la mme dure. Vous ne devrez pas faire d'efforts pour garder lesouffle dans vos poumons: lorsque votre poitrine sera dilate son maximum, vousdtendrez vos muscles inspirateurs et aussitt votre poitrine et votre ventre s'affaisserontde leur propre poids. Ds que vos poumons seront vides d'air, et sans marquer de tempsd'arrt apprciable, vous les remplirez nouveau lentement.Vous devez chercher respirer un air aussi pur que possible. Habituez-vousgraduellement faire vos exercices auprs d'une fentre grande ouverte. Si vouscommencez votre entranement pendant la saison froide, nous ne saurions trop vousconseiller de procder avec prudence. Tout d'abord, vous ne vous exposerez pas nudirectement prs de la fentre, mais le premier jour, tout en tant encore vtu, vousentrebillerez trs lgrement la fentre de la pice contigu la vtre, en laissant laporte de communication entre les deux pices largement ouverte. Ainsi, l'air frais vousarrivera indirectement. Puis, chaque jour, vous ouvrirez un peu plus grand cette fentreet, lorsque vous vous sentirez bien votre aise, vous garderez de moins en moins devtements sur le corps. Enfin, ds que vous serez habitu l'air, ouvrez la fentre quidonne directement dans la chambre o vous vous exercez, ouvrez-la chaque jour un peuplus. Lorsque vous serez entran, lorsque votre corps, rendu plus fort, ne sera plussensible aux variations de temprature, vous prouverez une grande satisfaction vousbattre dans un air pur, sans cesse renouvel.J'ai dit, et j'y reviendrai au cours des chapitres suivants, qu'au point de vue psychique,l'exercice mthodique est un excellent moyen de fixer votre attention, de dvelopper95votre volont, d'obtenir une plus grande matrise sur vous-mme. Vous vous efforcerezdonc d'tre trs attentif pendant toute la dure des exercices. Plus vous penserez avec uneattention calme et soutenue vos exercices et mieux ils seront faits, plus vous enbnficierez physiquement et moralement.Etes-vous craintif, timide, colreux ? Etes-vous victime d'une impulsion morbide, d'undsir auquel vous ne pouvez rsister, comme, par exemple, celui de fumer ? Tandis quevotre corps s'exerce, votre esprit doit travailler se librer de ce qui, en vous, le gne etle paralyse. Vous tes maintenant sur la route qui va vous mener au but que vous voustes fix, celui d'lever votre esprit, de le dvelopper, de l'affranchir de toute contrainte.Vous. allez vers la parfaite connaissance de vous-mme. Ne craignez pas l'effort !Vous ne tarderez pas, d'ailleurs, enregistrer des rsultats heureux. Et, en persvrant,c'est une transformation profonde de toute votre personne, une closion nouvelle quicouronneront vos efforts.Vous constaterez un dveloppement graduel de vos muscles, un largissement heureuxde votre poitrine. Vous sentirez plus de force, plus de souplesse, plus d'agilit dans vosmouvements.Toutes vos fonctions seront rgularises. Votre digestion deviendra plus facile, votrerespiration plus profonde, votre circulation plus active. Vous n'aurez plus de digestionsmauvaises, d'essoufflements pnibles, de troubles congestifs. Vous deviendrez de moinsen moins frileux.Vos liminations seront plus rgulires. Vous prviendrez les douleurs, la goutte, lerhumatisme.Du ct de votre systme nerveux, c'est plus de calme, plus de matrise, plus depuissance d'action que vous gagnerez. C'est un sommeil paisible et rparateur, exempt detout rve que vous connatrez chaque soir. Votre cage thoracique se dveloppera. Votre ligne gnrale deviendra plusharmonieuse. Vous aurez plus d'aisance, plus de maintien.Et, en mme temps que votre volont se fortifiera, votre corps accrotra sa rsistance.Votre terrain deviendra chaque jour meilleur; il se dfendra mieux contre la maladie.Ami lecteur, sois un Sage !Veuille que ton corps soit plus harmonieux, plus fort, plus souple, que ton me soitplus belle, plus grande et plus gnreuse. Au travail ! Surtout ne crains pas l'effort etpersvre. Les premires difficults passes, quel plaisir tu ressentiras ! Chaque jour, tudcouvriras en toi-mme de nouvelles raisons de vivre !Voici les exercices que je te conseille de faire, chaque soir, trs assidment:PREMIER EXERCICEElvation parallle et abaissement en avant des membres suprieurs.96La position de dpart est celle du garde--vous: talons joints, corps bien droit, jambestendues, paules rejetes en arrire, poitrine bien dveloppe, bras allongs le long ducorps, les paumes des mains tournes vers les cuisses. La tte doit tre releve. Regardezdevant vous avec ce regard assur que vous voulez acqurir.Tout en les maintenant parallles, levez lentement les deux bras jusqu' ce qu'ilssoient dans le prolongement du corps. Vous avez ainsi dcrit un demi-cercle en avant.Sans marquer de temps d'arrt et tout en conservant les bras parallles, revenez lentement la position de dpart.Point trs important: vous devez rythmer l'exercice avec les deux temps respiratoires.Vous inspirez l'air pendant l'lvation des bras et vous le rejetez pendant leurabaissement. Au cours du premier temps, votre diaphragme s'abaisse et chasse en avantvos organes abdominaux; votre ventre devient lgrement prominent, tandis que vosctes se soulvent; en mme temps, votre cage thoracique augmente de haut en bas etd'arrire en avant. Efforcez-vous de gonfler votre poitrine le plus lentement possible.Lorsque la dilatation est complte, vos bras doivent tre parvenus en haut de leur course.Sans attendre, abaissez-les lentement, mesure que vous rejetez doucement lair de vospoumons. Respirez toujours par le nez.Joignez cet effort physique, un exercice psychique. Ne soyez pas distrait. Suivez, parla pense, tous vos mouvements avec une attention calme, soutenue. Que vos gestessoient rguliers, sans saccades. Et pensez au but que vous voulez atteindre: votreperfectionnement physique, moral et intellectuel.imageFig. 26. Premier exerciceDEUXIME EXERCICEElvation parallle et abaissement des membres suprieurs de chaque ct du corps.Ce premier exercice est excellent pour dvelopper les bras et la poitrine.Mme position de dpart.Vous levez vos bras lentement devant vous. Mais, lorsque vos membres suprieursont atteint la station verticale, au lieu de les maintenir parallles et de les rabaisserdevant vous,vous les laissez descendre de chaque ct de votre corps. Vos bras, toujoursbien allongs, descendent lentement; les paumes de vos mains restent tournes vers lehaut jusqu' la position horizontale, puis, partir de ce moment, vos mains excutent unmouvement de rotation qui ramne vos paumes contre vos cuisses, la position dedpart.imageFig. 27. Deuxime exercice (Position de dpart)image97Fig. 28. Deuxime exercice(Fin du premier temps ; arrivs en haut de leur course, les membres suprieurs, bienallongs, redescendent de chaque ct du corps).Vous aspirez l'air pendant la dure de l'lvation des bras- et vous le rejetez pendantleur abaissement. Auto suggrez-vous.Cet exercice dveloppe les membres suprieurs, les paules, la poitrine, le haut du dos.TROISIME EXERCICEExtension et flexion des avant-bras dans un plan horizontal.Le corps tant bien camp, le buste toujours droit, la poitrine bien dgage et lestalons joints, placez vos bras de chaque ct du corps en position horizontale; vos avant-bras sont flchis et ramens le long des bras; vos mains, bien plat et dans leprolongement des avant-bras, sont tournes les paumes vers le sol; l'extrmit des mainstouche la poitrine.imageFig. 29. Troisime exercicePremier temps. En partant de cette position, et dans un plan toujours bienhorizontal, allongez les bras de chaque ct de votre corps. Pendant ce mouvementd'extension, vos mains excutent un mouvement de rotation qui amne, en fin de course,vos paumes en dessus.Deuxime temps. Par un mouvement inverse, revenez progressivement la positionde dpart.Vous remplissez d'air vos poumons, pendant l'extension des avant-bras; vous expirezl'air durant le retour la position initiale.Que votre esprit suive avec soin vos mouvements.Cet exercice dveloppe les muscles des membres suprieurs, des paules et de lapoitrine.QUATRIME EXERCICERotation des deux bras.Votre corps tant bien droit, jambes tendu.es, talons joints, allongez vos brashorizontalement devant vous. Vos mains sont appliques l'une contre l'autre, bien plat.imageFig. 30. Quatrime exercice98Avec vos bras, qui resteront toujours bien tendus, excutez un mouvement de rotationde chaque ct de votre corps. Pour dcrire ce cercle, vous levez vos bras, puis,continuant le mouvement commenc, vous les projetez en arrire, pour revenirfinalement au point de dpart.Ce premier exercice termin, refaites le mme mouvement, mais en sens inverse: lesmembres suprieurs tant revenus la mme position de dpart, vos bras s'abaissent, puisremontent en arrire en passant au-dessus de la tte, et regagnent finalement leur positioninitiale.Vous aspirez profondment pendant le premier demi-cercle et vous expirez l'air enfinissant le mouvement.Efforcez-vous de faire, de chaque ct de votre corps, un cercle bien rgulier et aussigrand que possible. Donnez vtre articulation de l'paule le plus de jeu possible.Ayez foi dans le succs. Cherchez gagner plus de calme plus de matrise de vous.Cet exercice dveloppe puissamment les muscles de la. poitrine et du dos.imageFig. 31. Cinquime exerciceCINQUIME EXERCICEFlexions et extensions simultanes des membres infrieureAu dpart, le corps est droit, les talons joints, la poitrine bien dgage, mais les mainssont places sur les hanches, les coudes et les paules projets en arrire.Premier temps. Flchissant votre genou droit, amenez votre cuisse dans la positionhorizontale, le pied tant biem allong; puis, tout en maintenant la cuisse dans la mmeposition, allongez la jambe horizontalement. Votre pied reste en complte extension etvotre membre infrieur ne doit plus former jusqu' l'extrmit des orteils, qu'une lignedroite que vous lverez le plus possible vers l'horizontale.Deuxime temps. Par un mouvement inverse, revenez votre point de dpart.Refaites le mme exercice de la jambe gauche. Vous inspirez pendant l'lvation etl'extension de la jambe; vous expirez pendant le second temps de l'exercice.imageFig. 32. Sixime exerciceQue votre attention veille vous maintenir en parfait quilibre sur une seule jambe;mieux elle y arrivera et plus facilement vous obtiendrez la matrise de vous-mme.Regardez bien en face de vous avec la plus entire confiance dans le succs final.Cet exercice est excellent pour dvelopper vos membres infrieurs.SIXIME EXERCICE99Rotation des membres infrieurs.Mme position de dpart que pour le quatrime exercice: corps bien droit, jambestendues, talons joints, poitrine bien dgage en avant, paules projetes en arrire. Mainssur les hanches.Avec le membre infrieur droit, qui reste bien tendu pendant toute la dure del'exercice, dcrivez un cercle trs rgulier sur le ct de votre corps. Durant la premiremoiti du mouvement circulaire, vous devez allonger votre pied dans le prolongement dela jambe (pied de danseuse), puis, pendant que votre pied parcourt la fin du cercle, et parun mouvement inverse, vous ramenez le pied sa position de dpart.Faites le mme exercice de circumduction avec le membre infrieur gauche.Veillez ce que vos poumons se remplissent d'air pendant que votre pied dcrit lapremire moiti du cercle; vous rejetez l'air lentement pendant la fin du parcours.Une attention soutenue vous aidera faire des cercles bien rguliers, tout en tenantvotre quilibre sur un pied. Procdez-lentement, avec le plus de calme possible.Conservez une physionomie dcide, souriante mme, qui est le gage du succs.Cet exercice de rotation dveloppe les muscles des membres infrieurs et ceux deshanches.SEPTIME EXERCICEExtension et flexion des genoux, mains aux hanchesAu dpart, le corps est accroupi, genoux carts, buste bien droit, mains aux hanches.Elevez-vous lentement sur la pointe des pieds jusqu' la station verticale. Puis, par unmouvement inverse, revenez la position accroupie. Votre buste, toujours maintenu biendroit, coudes et paules rejets en arrire, doit descendre lentement et au plus baspossible. Les personnes souples et entranes arrivent trs bien s'asseoir sur leurstalons.Vous inspirez profondment durant l'lvation de votre corps; vous expirez pendant leretour la position de dpart.Soyez attentif et tenez bien votre quilibre. Cherchez faire ce mouvement avec leplus d'aisance possible.Maintenez toujours intacte votre rsolution d'acqurir par votre effort volontaire unparfait contrle de vous-mme.Cet exercice est excellent pour dvelopper les muscles de la rgion lombaire et desmembres infrieurs.imageFig. 33. Septime exerciez100HUITIME EXERCICEExtension et flexion des coudes en position accropie.Cet exercice se fait en station accroupie, genoux largement carts, buste droit, tterejete en arrire. Les mains bien plat, sont places derrire la tte, les extrmits desdoigts se touchant la nuque.Au cours du premier temps, vous tendez vos bras de chaque ct du corps, selon uneligne bien horizontale. Puis, au second temps, par un mouvement inverse, vous ramenezles mains la nuque.Durant l'extension de vos bras, inspirez profondment; rejetez l'air pendant le retourdes mains leur point de dpart.Restez calme. Votre pense, claire et lucide, doit veiller ce que l'exercice soitexcut avec la plus grande rgularit.Cherchez maintenir votre quilibre.Observez toujours votre discipline mentale. Veuillez acqurir de nouveaux pouvoirs.Faites appel aux forces ambiantes.Cet exercice dveloppe les membres suprieurs et infrieurs, ainsi que la poitrine et lespaules.imageFig. 34. Huitime exercice NEUVIME EXERCICEProjection du corps de ct, bras levs de chaque ct de la tteLa poitrine est toujours bien dveloppe, le buste camp sur les deux jambes cartes,bien tendues. Les bras sont levs paralllement de chaque ct de la tte, dans leprolongement du corps.Premier temps. Abaissez votre buste du ct droit. Vos bras doivent rester bientendus et parallles. Vous projetez la partie suprieure du corps le plus bas qu'il vous estpossible, sans flchir les genoux, ni bouger les pieds.Second temps. Redressez-vous lentement pour revenir la position verticale.Refaites ensuite le mme mouvement, mais en abaissant le corps du ct gauche.Aspirez l'air pendant la projection de votre corps et expirez pendant le retour laposition verticale.imageFig. 35. Neuvime exercice101Que votre volont soit calme et dcide. Pensez sans cesse au but que vous voulezatteindre. Et surtout armez-vous de patience !Cet exercice est recommander lorsqu'il s'agit de renforcer les muscles du ventre et dela rgion lombaire.DIXIME EXERCICERedressement et flexion du corpsAu dpart, le corps est flchi, les jambes bien tendues, les talons joints; les bras,parallles, sont projets vers le sol. La paume des mains est tourne vers les jambes. Aaucun moment, les jambes ne doivent flchir, ni les talons se dplacer.imageFig. 36. Dixime exercicePremier temps. Tout en maintenant vos bras bien parallles, redressez lentementvotre buste. Arrives la station verticale, les paumes de vos mains se prsentent enavant et vos bras sont dans le prolongement du corps.Deuxime temps. Par un mouvement inverse, revenez, avec le mme rythme, laposition flchie en avant. Lorsque le corps est souple et qu'on s'y est entran, on arrive la fin du second temps sans plier les genoux et tout en maintenant les talons joints, toucher, l'extrmit de ses pieds.Inspirez pendant le redressement du corps et expirez l'air pendant son abaissement.Faites acte de volont. Pensez obtenir un meilleur contrle de vous-mme.Cet exercice dveloppe les muscles de tout le buste.ONZIME EXERCICEMouvement de rotation du bustePosition de dpart: jambes allonges et cartes mains aux hanches, buste flchi enavant, face regardant le sol.imageFig. 37. Onzime exercicePremier temps. Dcrivez un cercle avec tout votre buste, Votre buste, toujoursflchi, est projet d'abord vers la droite et, dcrivant un demi-cercle, arrive en arrire.Pendant ce premier temps, le haut du corps a excut un demi-cercle et votre figure,maintenant, regarde au ciel,Deuxime temps. Sans vous arrter, continuez le mouvement de rotation vers lagauche et revenez la position flchie en avant. Pendant ce deuxime temps, votre bustea terinin, sur lui-mme, le mouvement de rotation et votre face regarde nouveau vers102le sol.Aspirez profondment pendant le premier demi-cercle; rejetez l'air lentement au coursdu second demi-cercle.Faites ensuite le mme exercice, mais en tournant dans l'autre sens.Persvrez dans votre effort. Que votre volont soit calme, dcide ! imageFig. 38. Douzime exerciceCet exercice est excellent pour renforcer les muscles desreins et du ventre.DOUZIME EXERCICEPosition d'escrimeAu dpart, le corps est droit, les jambes bien tendues, les talons joints, les brasallongs le long du corps, la paume des mains tourne en avant.Premier temps. Regardez votre droite o vous allez vous mettre en positiond'escrime. Votre pied gauche reste immobile, comme riv au sol. Dtachez votre pieddroit et, en le projetant droite, flchissez votre cuisse. Ce mouvement entrane votrecorps. En mme temps, levez votre bras droit, bien tendu, le long de votre tte; tendez fond votre cuisse droite. Votre bras gauche n'a pas quitt sa position et votre petit doigtest toujours contre votre cuisse. Efforcez-vous de bien allonger votre corps.Deuxime temps. Par un mouvement inverse, revenez- la position de dpart.Dveloppez vos poumons au cours du premier temps et expirez l'air pendant le retour la station verticale du dpart.imageFig. 39. Treizime exerciceReprenez la mme position d'escrime, mais sur votre ct gauche.Gardez toujours la mme confiance en vous, le mme dsir de vaincre.Cet exercice dveloppe l'ensemble du corps.TREIZIME EXERCICEEtant allong terre, relever et abaisser les jambesEtendez-vous terre sur un tapis ou une descente de lit: corps bien droit, jambesallonges, les pieds appliqus l'un contre l'autre, mains la nuque, poitrine bien bombe.Premier temps. Sans bouger votre corps, levez lentement votre jambe droite,toujours bien tendue, en vous efforant de la rapprocher le plus prs possible de la ligneverticale.103Deuxime temps. Tout en conservant le mme rythme, revenez au point de dpart.Faites ensuite le mme mouvement d'lvation et d'abaissement avec la jambe gauchetoujours bien tendue. Puis, mme exercice, mais en levant ensemble les deux jambes quidoivent rester bien accoles l'une contre l'autre. imageFig. 40. Quatorzime exerciceVous inspirez l'air pendant l'lvation de la jambe et vous la rejetez pendant sonabaissement.Que votre attention surveille cet exercice, qui prsente, au dbut, quelque difficult.Evitez que votre corps roule sur le tapis. Vous conserverez trs facilement votre stabiliten cartant trs largement vos coudes.Ne perdez jamais de vue votre nouvel idal.Cet exercice dveloppe spcialement les muscles du ventre et du dos. Il est excellentpour les muscles de la poitrine et des membres.QUATORZIME EXERCICEExtension et flexion des reinsAsseyez-vous terre, les jambes bien allonges l'une contre l'autre, le corps flchi enavant, au maximum. Etendez compltement vos bras devant vous et efforcez-vous detoucher l'extrmit de vos pieds. Vos mains doivent tre tendues bien plat, la paumetourne vers vos jambes.imageFig. 41. Quinzime exercicePremier temps. En partant de cette position et tout en.ramenant vos membressuprieurs bien allongs de chaque cot de votre tte, redressez lentement votre buste etrenversez-le jusqu' terre. Votre buste dcrit ainsi un demi-cercle complet. Efforcez-vousde ne pas quitter vos talons du sol; vous y arriverez lorsque vous aurez suffisammentdvelopp vos muscles et assoupli vos articulations.Deuxime temps. Par un mouvement inverse, revenez lentement la position dedpart.Au dbut de votre entranement, pour viter que vos talons quittent le sol lorsque vousrejetez le haut du corps en arrire, engagez la pointe de vos pieds sous un meuble pesant(le bas d'une armoire ou d'un lit, par exemple). Vous aurez ainsi un point d'appui quivous permettra de faire cet exercice avec plus de facilite.Inspiration profonde mesure que votre buste dcrit le premier demi-cercle;expiration pendant le second temps du mouvement.Auto suggrez-vous.Cet exercice d'extension et de flexion des reins dveloppe puissamment les muscles du104ventre et de la rgion lombaire..QUINZIME EXERCICE Soulvement et abaissement du corps sur les brasPlacez-vous terre sur le ventre, le corps bien allong, les jambes tendues, les piedsjoints. Flchissez les bras le long du corps, vos mains tant poses terre, bien plat, dechaque ct de la poitrine, les doigts dirigs en avant.Premier temps. Tous vos muscles tant bien contracts, dtachez votre corps du solen tendant lentement vos bras. A fin de course, tout le corps, qui doit former une lignebien droite, ne repose plus que sur les mains et la pointe des pieds. Deuxime temps. Parun mouvement inverse, reposez le- corps terre.Emplissez d'air vos poumons pendant le soulvement dm corps et expirez pendant leretour la position de dpart.Continuez vous auto-suggrer.Cet exercice dveloppe spcialement les membres suprieurs et les paules.Aussitt que vous aurez excut ces 15 exercices, tant compltement dshabill,essuyez-vous trs rapidement avec une serviette bien sche. Vous devez vous essuyertout le corps qui a pu entrer en transpiration.Puis, pour rgulariser votre circulation, vous procdez aux frictions et aux effleuragesqui compltent trs utilement les exercices.Les frictions sont faites avec une serviette bien sche; elles s'adressent successivementau dos, la poitrine et aux reins. Toutes les autres parties du corps sont effleures avecles mains, qui doivent tre galement bien sches. Aussi bien pour les frictions que pourles effleurages, vous devez procder rapidement, mais toujours avec lgret.Frictionnez d'abord votre dos avec votre serviette de prfrence une servietteponge dont l'effet est plus actif. La serviette, place en travers, la partie postrieure devotre corps, est maintenue au-dessus de l'paule droite, par votre main droite et au-dessous de l'paule gauche par l'autre main. Tirez sur la serviette alternativement de hauten bas et de bas en haut. Quatre ou cinq tractions dans les deux sens suffisent pourobtenir une raction.imageFig. 42. Friction du dos avec une serviette sche.Faites la mme opration en plaant la serviette en sens inverse. L'extrmit suprieureest tenue par la main gauche au-dessus de l'paule gauche et l'autre extrmit par la maindroite sous l'paule droite. Quatre ou cinq tractions alternativement de haut en bas et debas en haut.Procdez de mme pour la poitrine. La serviette est place en travers de la poitrine sursa face antrieure et vos deux mains la montent et la descendent successivement quatre105oie cinq fois de suite. Mme exercice en changeant de mains, comme pour le dos.Puis, frictionnez la rgion lombaire. Votre serviette, applique horizontalement sur lesreins, est tire de ct tantt par une main, tantt par l'autre. Quatre ou cinq mouvementsdans chaque sens suffisent.Ces premires frictions termines, posez votre serviette: elle ne vous sera plus utilemaintenant. C'est avec vos mains nu et bien sches que vous allez effleurer les autresparties de votre corps.imageFig. 43. Friction de la poitrinePour excuter un effleurage, la main est toujours pose bien plat, les doigts runisl'un contre l'autre, sans tre serrs cependant. La main ne doit, aucun moment, trecontracte; le poignet demeure souple. Plus l'effleurage est pratiqu avec lgret etrgularit, et plus son action est efficace.En dehors du massage magntique, qui se fait de haut en bas pour agir directement surl'innervation, tout procd de massage hyginique, comme celui que nous envisageonsici, doit tre excut dans le sens de la circulation veineuse de faon favoriser le retourdu sang usag vers le cur. Vous partez du point le plus loign du corps et vous vousdirigez vers la poitrine. Il est prfrable, durant ce premier mouvement, de ne pas romprele contact avec la peau. Arriv en fin de course, vous cessez tout contact avec la peau etvous replacez vos mains au point de dpart, prt excuter une deuxime manipulation.imageFig. 44. Friction de la rgion lombaire.S'il s'agit du ventre, vous massez dans le sens physiologique, c'est--dire en dcrivantun cercle autour de l'ombilic (nombril). La main, qui ne doit avoir aucune raideur, sedplace suivant le trajet du gros intestin. Ce massage abdominal active puissamment letravail intestinal.Ces quelques lments vous suffisent pour excuter vous-mme les manipulationssuivantes:Commencez par effleurer votre tte et votre cou. Vous effleurez le ct droit avec lamain droite, le ct gauche avec la main gauche. Posez tout d'abord votre main droitebien plat sur le ct droit de votre front. Puis, tout en gardant le contact avec la peau,descendez votre main vers la poitrine en ayant soin que l'extrmit de vos doigts passesuccessivement sur la tempe, derrire l'oreille, pour descendre ensuite le long du cou. Aupassage de l'oreille, incurvez votre main pour ne pas replier le pavillon de cet organe.Votre main tant arrive la poitrine, cessez tout contact et replacez votre main laposition de dpart. Quatre ou cinq effleurages suffisent gnralement pour dgager latte.imageFig. 45. Effleurage manuel de la face et du cou.Faites autant d'effleurages sur l'autre ct de la tte et du cou, avec votre main gauche.106Ces manipulations agissent directement sur les veines superficielles du cou (veinesjugulaires) et, favorisant ainsi le retour du sang au cur, elles contribuent dcongestionner la tte. Les personnes qui ont frquemment la tte lourde se trouverontparticulirement bien de ce procd; pour que leffet en soit plus actif, il leur suffirad'augmenter le nombre des effleurages. Nous ne saurions trop recommander que cesmanipulations soient excutes le plus lgrement possible.Effleurez ensuite vos membres suprieurs. Commencez par le droit: votre main gauchesaisit votre poignet droit qu'elle entoure le mieux possible, puis elle remonte doucementvers l'paule. Arrive ce but, elle quitte le contact et vient se replacer au poignet. Mmeopration gauche. Quatre ou cinq effleurages par membre suffisent.imageFig. 46. Effleurage des membres suprieurs.Pour agir sur vos membres infrieurs, asseyez-vous sur votre lit et prenez entre lesdeux mains l'une de vos chevilles. Vos mains, continuant d'emprisonner les massesmusculaires, remontent jusqu' la hanche. Mme opration pour chaque membreinfrieur. Vous la renouvelez quatre ou cinq fois de suite.Reste le ventre. Asseyez-vous sur le bord du lit. Votre main droite tant pose bien plat sur la paroi abdominale et sans aucune raideur, dcrit autour de l'ombilic (nombril)pris comme centre, un cercle rgulier. Le mouvement de rotation doit tre fait dans lesens du gros intestin. Partant de la fosse iliaque droite, votre main passe au-dessus del'ombilic immdiatement sous les ctes, redescend du ct gauche pour revenir, par lebas-ventre, au point de dpart. Vous dcrivez ainsi, sans arrt et d'un mouvementuniforme, une dizaine de cercles.Cet effleurage circulaire rveille les mouvements pristaltiques et stimule trspuissamment le travail intestinal.imageFig. 47. Effleurage des membres infrieurs.Ces frictions et ces effleurages ont une action trs salutaire sur votre circulation. Dsqu'ils sont effectus, vous prouvez une sensation inaccoutume de bien-tre, de calme,de dtente; une chaleur agrable gagne tout votre corps; vous avez plus d'aisance, plus desouplesse dans vos mouvements ; votre tte est libre; vous sentez que vous exercez unmeilleur contrle sur vous-mme. Vous vous mettez au lit plus gaiement, vous dtendezbien vos muscles, vous calmez votre esprit (c'est la pratique que nous appelons isolementet laquelle nous consacrons un prochain chapitre) et bientt le sommeil vous gagne.Combien d'insomnies ont t guries ainsi, aprs quelques jours d'entranement ! Onhabitue son organisme dormir rgulirement chaque soir la mme heure, et ons'veille le corps dispos, l'esprit lucide, une heure toujours la mme, avec une rgularitd'horloge !imageFig. 48. Effleurage du ventre.107On verra, par le tableau ci-contre, que pour excuter les 15 exercices, suivis desfrictions et des effleurages, il suffit, aprs quelques jours d'habitude, de dix minutesseulement. Chacun peut disposer de ce laps de temps avant de se coucher. Et ceux mmequi, fatigus, extnus par un travail manuel ou crbral craignent de retarder le momentde se mettre au lit, ceux-l surtout, disons-nous, ont avantage consacrer 10 minutes notre sance d'exercices. Ces dix minutes ne seront pas perdues, et tout au contraire, loinde gner leur sommeil, ces quelques exercices le rendra beaucoup plus profond etrparateur. Que se passe-t-il lorsque vous tes harass, fatigu, tourment ? Vous vousmettez au lit, mais le sommeil vous fuit; vous tes pris d'une agitation fbrile, vous vousimpatientez, vous vous retournez continuellement, vous remuez dans votre tte tout unflot d'ides et de proccupations. Au contraire, faites-vous les exercices que nousprconisons ? Vous vous glissez dans les draps avec une respiration ample, unecirculation rgulire, un esprit calm et le sommeil vous gagne en quelques minutes.Votre corps et votre esprit ont donc besoin, la fin de la journe, de ces quelquesminutes d'exercices doux. Observez-les et vous en retirerez certainement un grand bien-tre.A nos lecteurs qui ne sont pas en parfaite sant, nos exercices quoique trs simples,paratront peut-tre difficiles excuter. A ceux-l, nous conseillons de procder plusdoucement encore et de ne pas chercher, ds le dbut, accomplir ce qu'ils jugent peut-tre, en raison de leur tat organique, comme un tour de force. Qu'ils pensent revenirgraduellement vers lidal quilibre.La maladie ne s'installe pas du jour au lendemain dans nos organes; elle ne peut s'enaller que progressivement.C'est petit petit que nos rouages se drglent, que nos fonctions ralentissent leurrythme, que nos organes s'encrassent et se rouillent, que notre volont faiblit. De mme,c'est par tapes que nous retrouverons la sant. Pour effectuer ce retour la vie saine, ilsuffit de soins attentifs et judicieusement compris. Point n'est besoin de transformer sonestomac en laboratoire, d'absorber le mdicament la mode, les pilules X ou Y, de sefaire injecter quelque drogue nocive. Non pas ! Il suffit de se conformer aux lois de lanature pour connatre nouveau la sant et le bonheur !Mais, qu'on le sache bien, ce retour la vie normale doit tre graduel. Si, en raison devotre faiblesse ou de votre lassitude, vous prouvez quelques difficults excuter notresrie de mouvements, simplifiez-la au dbut. Faites seulement, tout d'abord, trois ouquatre exercices, ceux qui vous paratront les plus faciles, par exemple: le premier(lvation parallle et abaissement en avant des membres suprieurs), le troisime(extension et flexion des avant-bras dans un plan horizontal), le sixime (rotation desmembres infrieurs) et le dixime (redressement et flexion du corps). Puis, mesure queviendront des forces, augmentez le nombre d'exercices jusqu' adopter la srie entire.En tout cas, ds le premier jour, faites bien toutes les frictions, tous les effleurages quenous conseillons ; ils ne demandent aucune fatigue et vous procureront dj un grandbien-tre.108LEON TYPE D'ENTRAINEMENT(Mthode Henri Durville )15 exercices physiques a excuter dana sa chambre, sans appareilEXERCICE MOUVEMENT A EXCUTER DUREE MOYENNE1- Elvation parallle et abaissement en avant des membres suprieurs. 20 secondes2- Elvation parallle et abaissement des membres suprieurs de chaque ct du corps. 20 s3- Extension et flexion des avant-bras dans un plan horizontal 20 s4- Rotation des deux bras. 20 s5- Flexions et extensions simultanes des membres infrieurs:1. Jambe droite. 20 s2. Jambe gauche. 20 s6- Rotation des membres infrieurs:1. Jambe droite. 20 s2. Jambe gauche. 20 s7- Extension et flexion des genoux, mains aux hanches 20 s8- Extension et flexion des coudes en position accroupie 20 s9- Projection du corps de ct, bras levs de chaque ct de la tte :1. Projection droite. 20 s2. Projection gauche. 20 s10- Redressement et flexion du corps. 20 s11- Mouvement de rotation du buste:1. Rotation droite. 20 s2. Rotation gauche. 20 s12- 1Position d'escrime:1. A droite. 20 s2. gauche. 20 s13- Etant allong terre, relever et abaisser les jambes:1. Elvation de la jambe droite. 20 s2. Elvation de la jambe gauche. 20 s3. Elvation des deux jambes. 20 s14- Extension et flexion des reins. 20 s10915- Soulvement et abaissement du corps sur les bras. 20 sFrictions avec une serviette sche sur le dos, la poitrine et les reins et effleurages avecles mains sches sur les autres parties du corps. 2 minutes 1/2 Total, environ. 10 minutesEtes-vous au contraire en parfaite sant, souple, bien muscl ? Accomplir les 15exercices vous paratra un jeu d'enfant, Vous disposez de temps ? Faites notre sried'exercices, non seulement le soir, mais aussi le matin, au saut du lit.Vous pouvez encore augmenter l'effet salutaire de notre leon d'entranement enaccomplissant chaque mouvement plus fond. Ce point mrite quelques dtails:Prenons, par exemple, le premier exercice qui consiste lever paralllement, puis abaisser en avant les membres suprieurs. Dans le mouvement fond, l'ensemble del'exercice est le mme, mme position de dpart, mme rythme respiratoire. Mais vosbras tant arrivs la station verticale de chaque ct de votre tte, vous vous soulevezsur la pointe des pieds, tout en conservant les talons joints. Elevez vos bras aussi hautque possible, tout en les maintenant parallles. En mme temps, faites une inspirationforce: creusez votre ventre et dilatez la partie suprieure de votre thorax. Puis, votrepoitrine tant arrive son maximum de dveloppement, rejetez l'air lentement, en mmetemps que vous ramenez vos bras; le long du corps et que vos talons reviennent terre.Il vous sera facile d'excuter fond la plupart des autres, exercices. Mais, nous nesaurions trop le rpter, l'exercice fond ne saurait convenir qu'aux personnes bienmuscles, souples et dont le corps est en excellente sant.Nous avons voulu que notre mthode de gymnastique soit la porte de chacun, selonson tat de sant, et c'est pourquoi nous indiquons de faire les exercices chez soi. Maisnous savons combien s'battre au grand air est excellent et c'est pourquoi nousconseillons, comme complment de notre leon type d'entranement la pratique decertains sports.Il est des sports violents, comme la boxe, la lutte, la course, le football. Il en estd'autres qui, faits judicieusement, demandent seulement des efforts modrs, commel'escrime, l'quitation, la bicyclette, le tennis. Il est des sports doux, comme la natation etla marche normale en terrain peu accident.Nous avons dit que la fatigue musculaire ou crbrale jette dans le torrent circulatoireun nombre considrable de cellules uses qui encombrent nos reins, organes filtres, etpeuvent causer, en sjournant dans notre corps, de notables intoxications. C'est ce quinous fait dconseiller tous les sports violents, quels que soient par ailleurs leursavantages. Ainsi, le football, excellent pour donner de la dcision et du coup d'il, estune cause de fatigue vraiment excessive, sans compter les accidents qu'il produit chaquejour.Nous contre indiquons galement les matchs trop pnibles, de quelque sport que cesoit, aussi bien marche que bicyclette ou tout autre. Vos forces musculaires ne sont pas110inpuisables et vous avez un autre profit en tirer que la vaine gloire de marcher ou degravir les ctes plus vite qu'un autre. Sachez garder une sage mesure. La bicyclette n'estexcellente que faite une allure modre, le corps tant bien droit sur la selle, la poitrinebien dgage.La natation est un sport que nous ne saurions trop conseiller. Elle exerce tous lesmuscles du corps; elle les exerce sans effort. Le corps se dplace dans l'eau avec uneextrme facilit. Le nageur doit sortir de l'onde avant tout refroidissement. Aprs le bain,se frictionner trs nergiquement, puis marche active, de prfrence au soleil.A la liste des exercices utiles notre corps, nous pouvons ajouter le chant. Le chantrenforce les poumons et dilate la poitrine. Certains auteurs le conseillent dans lesfaiblesses de poitrine o il donne d'excellents rsultats.Habituez les enfants courir au grand air, encouragez-les se livrer des sports doux,comme le tambourin, le cerceau, les barres, le ballon. Evitez toutefois qu'ils se fatiguentoutre mesure.Quant aux personnes ges, il est naturel que le moindre sport les effraie. Ellespeuvent y suppler par de la marche au grand air. Certaines d'entre elles sont trs grossesou souffrent de douleurs, de la goutte ou du rhumatisme. La marche a le trs grandavantage de faire jouer rgulirement les principaux muscles des membres et de porterson heureuse influence sur toutes les fonctions.Tous, jeunes ou vieux, bien portants ou malades se trouveront bien de la marche. Sepresser dans la foule, sautiller dans les magasins, s'entasser dans les ascenseurs,s'poumoner gravir en hte des escaliers, est un exercice fatigant et malsain. C'est augrand air et dans de larges avenues qu'il faut marcher !Prenez l'habitude de marcher chaque jour et autant que possible des heures toujoursles mmes. L'heure idale de la promenade est le matin. Vous marcherez d'un pas actif,sans cependant tre prcipit. Cinq kilomtres l'heure nous parat une bonne moyenne.Vous limiterez la dure de l'exercice votre rsistance physique que vous ne devez pasdpasser. Il serait mauvais d'aller jusqu' la courbature. Mais l'accoutumance vouspermettra de faire, sans fatigue, de grandes ranonnes au cours desquelles vous goterezcette sensation de bien-tre et d'indpendance qui grisait le cur et l'esprit de Jean-Jacques Rousseau.Le travail musculaire est une ncessit pour notre corps.On ignore trop souvent que les contractions musculaires favorisent le retour au curdu sang usag. Certes, bien peu de personnes s'expliquent de quelle faon le sang bleupeut remonter des parties les plus loignes du corps vers le cur. Vous tes debout.Vous allez suivre, par limagination, une goutte de votre sang. Cette goutte estemprisonne dans une veine de votre pied et, malgr la loi de la pesanteur qui l'attireconstamment vers le centre de la terre, elle monte, elle chemine successivement deveines en veines de plus en plus grosses jusqu' votre cur ! Comment s'effectue cetteascension ?Vos veines sont de longs tuyaux souples qui possdent l'intrieur, accols leurparoi, des sortes de petits nids appels valvules, dont l'ouverture est dirige vers le haut.111Grce votre systme nerveux grand sympathique, vos vaisseaux se contractent et sedilatent alternativement; il s'ensuit qu' chaque contraction de vos veines, le sangcontenu dans une valvule se trouve projet et vient retomber dans une valvule placeplus haut. Le phnomne de vasoconstriction se poursuivant sans rpit, votre sang usagmonte de nid en nid, d'tage en tage, jusqu'au cur.Il est encore un point noter, et c'est sur celui-l que nous voulons insister propos dela gymnastique: en se contractant, nos masses musculaires pressent entre elles nos veineset secondent ainsi le travail de contraction de nos veines Les schmas ci-contre, d'aprsHeckel (fig. 49 et 50), montrent trs bien le rle important que jouent les muscles dans lacirculation de notre sang. Une veine est situe entre deux muscles. Ceux-ci viennent-ils se contracter ? Diminuant de longueur, ils se forment en boule et pressent sur la veine;aussitt, des valvules o il reposait, le sang est projet dans des valvules situes plushaut. On conoit donc l'utilit que prsente l'effort musculaire pour activer notrecirculation sanguine.Les contractions musculaires, favorisant le retour du sang au cur, sont excellentesdans les troubles circulatoires. En effet, la plupart de ceux-ci (lourdeur de tte et froidaux pieds, migraines, somnolence aprs les repas...), les stases veineuses (varices,hmorrodes...) se gurissent par un exercice doux, continu.Beaucoup de nos lves se sont guris eux-mmes, en suivant nos indications, devarices dont ils souffraient depuis des annes ! Notre mthode est simple: il faut selotionner et se masser lgrement les parties du corps atteintes de varices. Matin et soir,on se lotionner avec une grosse ponge remplie d'eau froide qu'on presse sur la partieaffecte, et on renouvelle de suite trois ou quatre fois ce procd. On laisse scher sansessuyer, puis on se frictionne trs doucement pendant quelques minutes, avec les mainssches, poses bien plat Aucun gant de crin, aucun corps gras, aucune poudre: peaucontre peau. Les frictions sont faites des extrmits vers le cur: on pose la main, bien plat, la partie la plus loigne du cur (le pied, par exemple) et, tout en gardant lecontact, on fait refluer le sang vers le thorax. Agir doucement et rgulirement. Arrive l'extrmit suprieure du membre, la main qui masse quitte tout contact avec le corps etvient se placer nouveau au point de dpart pour un second effleurage.imageFig. 49. Schma d'une veine entre deux muscles non contracts.imageFig. 50. Les muscles entrant en contraction crasent la veine, ce qui a pour effet defaire progresser le sang vers le cur, grce au jeu des valvules.Si les varices sont aux membres infrieurs ce qui est le cas le plus frquent il estimportant, aussitt les masses musculaires mouilles, de s'asseoir sur son lit et de bienallonger les jambes; sitt secs, les membres infrieurs sont effleurs lgrement avec lesdeux mains, en partant des chevilles (malloles) pour remonter jusqu'au bassin. L, lesmains s'loignent du corps de faon ne pas faire de massage en sens inverse et viennentse reposer aux chevilles d'o partira la deuxime manipulation. Les veines se dgonflentsous la main. On peut s'habiller aussitt aprs si c'est le matin. Si c'est le soir, se mettre112au lit. Une chaleur douce, agrable se fait bientt sentir dans les parties masses. Toutedouleur, toute gne, toute pesanteur a disparu. En renouvelant ce procd, rgulirementmatin et soir, on peut se gurir soi-mme en quelques semaines, de varices trsdveloppes.Les variqueux ne devront pas porter de bas compresseurs qui sont un danger pour lesveines. Combien de pieds gels pendant la guerre, dans les tranches, n'ont eu pour causeque les bandes molletires serres outrance ! Gardons-nous bien de mettre nos jambesdans un tau ! Tout au plus, peut-on conseiller celui qui a des varices trs volumineuseset douloureuses de les maintenir, sans les comprimer, l'aide d une bande de toile, oumieux d'un crpe Velpeau. Mais sitt que les varices ne sont plus douloureuses etdiminuent de volume, supprimez tout bandage.Notre srie de 15 exercices physiques est conseiller tous les variqueux. La marcheen terrain peu accident, une marche active sans tre cependant trop rapide leur seragalement salutaire. En faire modrment au dbut, mais ds que les jambes lepermettent se promener par dure d'une demi-heure une heure, une allure de 5kilomtres l'heure.L'exercice contribue gurir les dsordres de la circulation. Parmi ceux-ci, lestroubles de la menstruation sont les premiers bnficier de ce traitement. Rglesabondantes et douloureuses, retards, suppression anormale des poques, sont autant detroubles qui cdent facilement, lorsqu'il n'y a pas de lsion grave de l'organe, par unexercice doux pratiqu en chambre ou au grand air. Notre srie d'exercices est toutindique pour cette cure. On y joindra de la marche: une heure, au minimum, chaque joursi la sant le permet. En une ou deux fois. En tant que marche, il faut entendre unexercice actif au grand air, avec respiration profonde.On peut encore aider plus encore ce retour une circulation normale par des massagestrs doux que la femme peut faire elle-mme sur la rgion abdominale. Etant couche surle dos, son buste est lgrement redress par deux oreillers mis sous la tte et le haut despaules, ses jambes sont flchies de faon bien dtendre la paroi abdominale. Faireavec la main droite sche, pose nu sur le ventre et bien plat, des effleurages trsdoux. La main dcrit autour de l'ombilic un cercle parfait: partant de la rgion del'estomac, elle glisse sur le ct gauche du ventre, puis arrive sur le bas-ventre, remontesur le ct droit et revient son point de dpart. Continuer ainsi, sans arrt, d'unmouvement rgulier, pendant 10 12 minutes. Faire cet exercice de massothrapie matinet soir; trs rgulirement.Ces effleurages sont conseiller dans toutes les affections chroniques de l'utrus et deses annexes (trompes, ovaires), spcialement dans les cas si frquents de mtrite, depertes blanches. En outre des soins internes (injections d'eau trs chaude dans laquelle onmettra un dsinfectant: liqueur de Labarraque...), ils contribueront rtablir le parfaitfonctionnement de ces organes.Nous avons autour de nous des agents naturels, des sources inpuisables de vitalit,auxquels nous devrions faire appel pour assurer le parfait quilibre de nos organes. Maisceci nous proccupe peu. Nous ignorons trop souvent que l'air, la lumire, la chaleur, lesoleil et l'eau, auxquels nous pourrions ajouter le magntisme terrestre (voir ce sujet113Hector Durville: Physique magntique), sont susceptibles de modifier profondment lejeu de tous nos rouages et que si nous savions les utiliser judicieusement ils nousaideraient puissamment conqurir et maintenir une sant parfaite.Nous avons dj dit, en parlant de la respiration, que vous devez rechercher un airaussi pur que possible.Arez ateliers et bureaux, ventilez vos appartements.Prfrez le grand air vivifiant de la campagne l'haleine empeste des grandesagglomrations.Pour vos promenades, recherchez les larges espaces, les squares, les bois.Passez vos vacances en pleine campagne, la mer ou la montagne.La lumire, la lumire naturelle, n'est pas moins ncessaire que l'air notre organisme.Voyez ces plantes qu'on prive de lumire. Mises en cave ou sous des planches, elless'tiolent et perdent bientt leurs belles couleurs. Et, malgr qu'elles soient moinsnutritives, combien de personnes recherchent ces salades blanches, anmies !Regardez les arbres de la fort. Presss les uns contre les autres, ils lancent leurs tigestoujours plus haut. L'air et l soleil leur sont indispensables pour vivre.Le rle que joue la lumire dans le rgne animal n'est pas moins important.Edwards a fait l'exprience suivante: il a plac des ttards dans deux botes perces detrous, l'une opaque, l'autre transparente. Ces deux botes ont t dposes au fond d'unerivire. Trois semaines aprs, la bote transparente contenait des grenouilles, alors que lercipient opaque n'tait encore habit que par des ttards. Les deux botes taient placsdans les mmes conditions et les ttards taient de mme ge. C'est donc bien la lumirequi, pntrant dans la bote transparente, a activ au fond de l'eau la croissance desttards.A tout ce qui vit, la lumire est indispensable. Lavoisier a dit trs justement: L'organisation, le mouvement spontan, la vie, n'existent, la surface de la terre, quedans les lieux exposs la lumire. On dirait que la fable du flambeau de Promthe taitl'expression de cette vrit physiologique qui n'avait point chapp aux anciens. Sans lalumire, la nature tait sans vie, elle tait morte et inanime. Un Dieu bienfaisant, enapportant la lumire, a rpandu, sur la surface de la terre, l'organisation, le sentiment et lapense. Aimez donc la lumire, la lumire naturelle qui nous vient du soleil. Faites la pntrerlargement partout o vous vivez. Evitez les tentures opaques, les doubles rideaux qui,non seulement emmagasinent la poussire, mais empchent l'air de pntrerabondamment dans votre appartement.Levez-vous tt et couchez-vous de mme. Evitez de travailler la lumire artificielleet spcialement la lumire lectrique qui impose vos centres nerveux une trs grandefatigue.Le soleil est la grande source de vitalit. A elle, nous devrions sans cesse recourir. Et,pourtant, combien de jolis teints craignent ses rayons ardents !114C'est grce au soleil que peut s'accomplir la fonction chlorophyllienne qui donne auxfeuillages leur belle couleur verte.Chez les animaux, l'action solaire est non moins puissante. Morren a rempli deuxvases deau pure. L'un est clair par le soleil et des infusoires y apparaissent bientt;mais ces infiniment petits ne se dveloppent pas dans le vase plac hors d'atteinte desrayons solaires.Hector Durville a montr dans sa Physique magntique que le soleil exerce sur notreorganisme une puissante action- magntique. Elle est positive, stimulante.Recherchez donc le soleil. Pour tre salubre, dit le Docteur Monin, votre logement doit tre abondammentabreuv de rayons solaires. Sans eux, l'anmie, les chairs molles, le sang liqufi, lascrofule et le rachitisme vous menacent, vous et votre descendance. O le soleil n'entrepas, le mdecin entre. Prfrez toujours, dans vos promenades, les endroits ensoleills. Vous vous yaccoutumerez progressivement pour viter l'insolation.L'nergie solaire a une telle vertu vivifiante qu'elle est employ chaque jour davantagedans la cure des maladies, C'est l'hliothrapie. Ce traitement naturel donne des rsultatsheureux dans toutes les faiblesses du corps, dans l'anmie, le lymphatisme. Il faitmerveille dans la tuberculose.Enfin, l'eau sous forme de lavages, de lotions, de douches et de bains vous sera d'unprcieux secours.Il est essentiel que toute la peau de votre corps respire. C'est un moyen de vous mettreen contact toujours plus intime avec les forces extrieures. Lavez-vous donc largement etsouvent. Un grand lavage quotidien, tub ou bain, est ncessaire, Accoutumez-voussurtout pendant la saison chaude, l'eau froide ou la temprature ambiante. Lespersonnes nerveuses se trouveront mieux en employant de l'eau tide.Lorsque vous avez excut notre srie de 15 exercices, vous pouvez avec avantagevous lotionner au-dessus d'un tub. Mieux encore, prenez un grand bain si vous avez chezvous l'installation convenable. Aprs vous tre bien sch le corps, procdez auxfrictions avec la serviette sche et aux effleurages avec les mains.Au bord de la mer, prenez des bains et, surtout, ne craignez pas l'air vif, car il ne peutvous tre que trs salutaire, C'est une erreur de croire que l'air vif est nfaste auxnerveux, mais ceux-ci ont besoin de s'y accoutumer.Vous ne sauriez croire, avant de l'avoir expriment, tout le profit que vous pouvezretirer des moyens physiques et des agents naturels. Comprenez-en l'importance etrompez rsolument avec vos habitudes si elles ne sont pas conformes aux lois de lanature.Cependant, le retour l'quilibre ne saurait se faire quelquefois sans heurts. C'est, ouvotre temprament, ou votre imprvoyance qui sont cause des difficults que vous allezpeut-tre rencontrer.II faut bien se rendre compte que ce que nous appelons temprament est un tatanormal, un vritable dsquilibre organique. Nous ne devrions pas avoir en nous une115prdominante qui nous fait nerveux, sanguin, lymphatique ou bilieux, types d'organismesen suractivit ou en sous-activit. Nous devrions tre bien quilibrs. Le tempramentdoit tre considr comme une prdisposition maladive.Ecoutons ce que dit, des diffrents tempraments, le Docteur Gaston Durville: Le lymphatique est si bien un anormal qu'il est particulirement prdispos auxmigraines, aux affections digestives, aux maladies des glandes. On peut considrer cetemprament comme la persistance anormale d'un type infantile, comme une sorte d'arrtdans l'volution de l'tre... Le sanguin est un tre en suractivit; il est aussi un cas pathologique. Son foie estgros... A la suractivit organique se joignent bientt des signes vidents deflchissement; ils se caractrisent par de la plthore, qui a son origine dans le systmedigestif... Le bilieux est un anormal, lui aussi; c'est une tare hrditaire. Son foie esthrditairement touch; le plus souvent il est petit; la fonction biliaire est dfectueuse. Quant l'atrabilaire (qui quivaut peu prs au temprament nerveux), c'est unvieux, quel que soit son ge. Le sanguin et le bilieux sont en suractivit, le lymphatique et l'atrabilaire en sous-activit. Nous pouvons, comme l'a fait le Docteur Gaston Durville dans sa CureNaturiste, schmatiser ces diffrences d'activits organiques et les comparer l'quilibrenormal. Traons une courbe que coupera de part et d'autre une ligne droite. La lignedroite reprsente la sant, le parfait fonctionnement de la machine humaine. Aux deuxextrmits de la courbe, nous avons le lymphatique et l'atrabilaire qui sont au-dessous dela normale; au-dessus de la ligne droite se placent les deux tempraments en suractivit:le sanguin et le bilieux.Mais que chacun le sache, notre temprament n'est pas une empreinte, une suggestionque nous subissons fatalement. Vous pouvez vous devez mme lutter contre votrehrdit. L'alimentation, la respiration, les exercices physiques sont dj d'importantsfacteurs qui vous aideront puissamment dans la lutte que vous allez entreprendre.Le Docteur Gaston Durville a trs bien not les difficults que rencontre chaquepersonne dans son retour la parfaite sant. Il dit dans son Art de devenir nergique: II ne faut pas croire que le retour d'un temprament vers la normale, et l'volution ducaractre qui en est la consquence, puissent se faire en quelques semaines. Quoiquel'organisme soit renouvelable dans toutes ses parties, il lui faut le temps de se rparer etd'liminer ses poisons.imageFig. 51. La courbe des tempraments.Ce schma montre les 4 tempraments inscrits sur une courbe qui est coupe par unedroite. Celle-ci reprsente la ligne idale de la sant. En dessous d'elle, deuxtempraments: le lymphatique et l'atrabilaire. Au-dessus: le sanguin et le bilieux, type ensuractivit (Ces 4 tempraments manifestent la Loi du Cycle que nous avons envisagelonguement dans notre Science secrte. Se reporter cet ouvrage pour dtails. ). II ne faut pas croire non plus que la cure puisse tre conduite uniformment et sans 116coups. Il y a des arrts, des moments de flchissement, de rechutes. Les rechutes,d'ailleurs, n'ont rien qui doive effrayer: elles sont invitables; bien plus, elles sontncessaires. Il n'est pas exagr de dire qu'elles constituent de vritables tapes vers lagurison. Le spcialiste comptent les connat; il les voit venir longtemps l'avance et serjouit de leur apparition: c'est qu'avant de gurir, toute affection chronique revit enabrg le cycle par lequel elle est passe, et subit une srie d'oscillations o les bonnespriodes alternent avec les mauvaises. Chacune de ces oscillations a une duredtermine. Et la cadence biologique est mme si nette, qu'il est possible, tant donnles rechutes prcdentes, d'annoncer dans les grandes lignes les signes pathologiquesdominants de la rechute prochaine. Pourquoi ces importantes donnes sont-elles passes,on peut dire, inaperues, de la mdecine mdicamenteuse ? Parce que les produitschimiques ou concentrs qui constituent la base de la thrapeutique moderne produisentdes ractions violentes et antinaturelles qui perturbent le merveilleux rythme fonctionnelde l'organisme. Les mdecins naturistes connaissent trs bien ces crises de retour. De leur ct, lesmagntiseurs ont not ces alternatives de mieux-tre et de descente au cours de leurstraitements.Ainsi, Hector Durville crit : Les crises de retour , sont caractrises par desretours successifs trs bien marqus de la maladie, vers sa priode de dbut. Cesretours successifs sont souvent violents ; le patient, non prvenu, pourrait croire que lacure ne lui russit pas; le mdecin lui-mme s'y tromperait s'il n'avait l'exprience: Tantque je n'eus pas, continue Hector Durville, dcouvert la loi qui prside au retour desdiffrentes crises, j'eus bien des dceptions, et bon nombre de malades que je devaisgurir abandonnrent le traitement dans un moment critique, parce que je ne savais pasles convaincre de la ncessit de ces retours offensifs de la maladie vers le pass. (Hector Durville. Thories et procds du magntisme, 3e dit., Paris, s. d., p. 483.)Sachez donc que si vous tes malade, affaibli, des crises viendront forcment. Si voustes atteint de douleurs rhumatismales ou autres, le changement de rgime et lesexercices vous les rveilleront pendant un certain temps. Mais surtout ne dsesprezpas ! Vous le savez maintenant: douleurs, fatigue physique et morale, dpression,abattement... sont autant de signes favorables qui vous feront entrevoir plus proche votredlivrance.Ayez confiance ! Notre mthode vous permettra de revenir un mieux tre fortapprciable, un quilibre trs stable.Mais pour viter tout dcouragement, il est indispensable que vous sachiez que leretour la normale ne peut s'effectuer sans quelques difficults. Devant vous, nettement,apparat le but que vous vous tes fix. Mais la voie qui y mne est accidente. Votreretour la normale ne peut donc pas s'effectuer d'un pas uniforme. A certains moments,la route vous paratra facile, douce, de plus en plus agrable. Mais au cours de votreascension, vous dcouvrirez peut-tre quelques endroits pnibles franchir. Vous voussentirez fatigu et l'effort fournir pour terminer votre course, vous semblera au-dessusde vos forces.Ami lecteur, sache que beaucoup d'autres, avant toi, ont suivi cette mme route, qu'ilsont prouv les mmes fatigues, : mais qu'ils ont cependant triomph ! Ne te dcourage117donc pas ! Garde confiance et persvre ! Plus tu t'exerceras et plus tu seras mme deproduire l'effort librateur. Et, de jour en jour, mesure des succs que tu remporteras, laroute te semblera plus courte et plus douce!Courage donc ! D'ailleurs, nous voici arrivs au terme de la cure organique et tu vas tesoucier maintenant de la cure morale. Les pages suivantes vont librer en toi denouvelles nergies elles vont faire natre en ton esprit de nouvelles raisons d'esprer !RsumPour assurer son meilleur rendement, l'usine humaine a besoin d'alimentsjudicieusement choisis, d'air pur et d'un exercice doux et sagement compris.L'exercice permet l'tre humain de se tenir gale distance de l'obsit et de lamaigreur; il nous donne des muscles puissants, des articulations souples. Il active leschanges organiques, facilite nos liminations, assure en un mot toutes nos fonctionsune parfaite rgularit.Mais l'exercice, pour tre excellent, doit tre doux et proportionn nos rsistances.Nous devons nous efforcer de nous rapprocher autant que possible du type de beautdont nous avons indiqu les proportions.La mthode de gymnastique de chambre que je prconise est simple, rationnelle,accessible tous: malades ou bien portants, jeunes ou vieux, campagnards ou citadins entireront le meilleur profit. Efforcez-vous, matin et soir, d'excuter les 15 exercices que jevous indique. Chaque sance ne vous demandera, effleurages compris, que 10 minutes.Astreignez-vous ce petit effort, mme si vous tes trs occup ! Le bnfice que vousen retirerez sera grand : le soir c'est d'un doux sommeil, profond et rparateur, que vousvous endormirez et le matin, au saut du lit, quelle lucidit, quelle gaiet envahiront toutvotre tre et vous disposeront au travail de la journe !En dehors de ces sances d'entranement, prenez l'habitude de marcher au grand air,recherchez les vastes avenues, les squares ensoleills.C'est avec srnit que vous considrerez l'avenir, car vous vous sentirez chaque jouren possession d'une nergie nouvelle.L'auto suggestion motionnelle dans la Cure morale L'homme irrsolu lutte toute sa vie contre le malheur. Hsiode. Jusque quand tarderas-tu te juger toi-mme digne de raliser le meilleur ? Epictte.118 Souviens-toi que ce qui commande en toi devient inexpugnable quand il se ramasseen lui-mme. Marc-Aurle. J'ai vu presque tous les voulants arriver au but de leur vouloir. Est-ce que lavolont ne serait qu'un fluide aimant qui, par son intensit, deviendrait une forceinconnue, magntique, ayant le pouvoir de l'attirement des choses et des faits ? DE Goncourt. II est vident que l'on s'ignore soi-mme tant qu'on n'a pas dcouvert le meilleur quiest en soi, tant qu'on ne s'est pas donn de cur la plus haute activit dont on soitcapable. Woodrow Wilson. Quand un homme se trouve-lui-mme. II n'y a pas la moindre utilit vouloir aider des gens qui ne s'aident pas eux-mmes.Vous ne pouvez hisser quelqu'un une chelle, s'il ne consent grimper un peu lui-mme; quand vous cesserez de le pousser, il tombera et se blessera. A. Carnegie. L'Empire des affaires. Adoptez la devise du cadran solaire: Je ne marque que les heures ensoleilles. O.-S. Marden. La Joie de vivre.L'AUTO SUGGESTION MOTIONNELLEdans la Cure morale Connais-toi toi-mme. Notre premier devoir est de nous perfectionner. Comment acqurir des forces mentales. Les deux tres distincts qui sont en nous: leconscient et l'inconscient. Directeur et sous-directeur au travail cte cte dansl'usine humaine. Participation du conscient et de l'inconscient dans tout phnomnepsychique. Le conscient et linconscient dans l'activit motionnelle. Nous devonstoujours tendre renforcer en nous le contrle volontaire. Exemple de collaborationentre le conscient et l'inconscient: la double mmoire. Nous devons nous efforcer dedcharger le plus possible le conscient des travaux que l'inconscient peut faireautomatiquement. L'erreur que commettent les psychologues qui veulent faire del'inconscient le personnage de premier plan. Devons-nous faire des impulsifs, ou desvolontaires ? Erreur de vouloir opposer volont imagination. Le bluff enmatire d'ducation psychique. Ce qu'il faut en penser. Une formule simpliste degurison: a va... a va... Son effet diminue par l'accoutumance . L'imaginationpassive, source de faiblesse. Un abme entre les deux mthodes: celle qui tableexclusivement sur l'inconscient et la ntre qui met en jeu le conscient et, par lui, lesfacults suprieures de l'esprit. La suggestion motionnelle que nous intentons de119loin. Rle des penses protectrices. L'imagination cratrice volontaire et ce que nousdevons en attendre. Erreur de vouloir s'auto suggrer en tat de somnolence oud'hypnose. La psychanalyse: ses dangers. Malade, aie confiance, relve la tte ! Une minute dcisive. Les forces sur lesquelles nous devons compter: la pense etl'motion. Un exemple imiter: l'homme magntique. Un type de sant, de force,de joie, de bonheur, de succs. La pense se ralise d'autant mieux qu'elle veille ennous des motions. Caractristiques de notre mthode dautosuggestion motionnelle. Comment on joue son rle: 1 tude du texte, 2 vivre le rle. Ne dites pas: Jevoudrais ; dites: Je veux . J'ai confiance en moi . Je veux russir. Les qualits physiques, intellectuelles et morales acqurir. Ncessit de la confianceen soi. Napolon voit plir son toile. L'aide directe du suggesteur. Rsum.Avant toute chose, il importe que celui qui veut conqurir ou reprendre la matrise desoi se rende un compte parfait de ses possibilits, de ses forces, de ses faiblesses. Ce n'estpas sans cause que le Temple de Delphes portait cette parole, prise plus tard comme basede l'enseignement sotrique de Socrate: Connais-toi toi-mme . De nos jours, cetenseignement est aussi ncessaire, plus ncessaire peut-tre qu'il n'a jamais t, car nousvivons une poque fivreuse o peu de gens prennent le temps et la peine d'analyserleurs sensations, d'tudier leur caractre, de suivre le conseil donn par Apollon ceuxqui frquentaient son Temple.Certes, nous nous connaissons bien peu. De ce manque d'analyse viennent la plupartde nos maux. Nous ne savons pas qui nous sommes. Nous obissons, pour diriger cettepersonnalit si mal connue, des lois, des prjugs, des modes mmes, qui peuventavoir de bons cts pour certains, qui sont funestes pour d'autres. Ne nous souciant ni denotre corps, ni de notre esprit, nous ne cherchons pas ce qui peut servir utilement leurquilibre. De cet tat d'ignorance o nous sommes, pour la plupart des rgles de la vienormale, naissent les douleurs physiques et morales.Ce laisser-aller est prjudiciable au corps, notre vie personnelle comme celle denos descendants qui ptiront, comme nous en avons souffert nous-mmes, des rgles del'hrdit. Cette ignorance nous fait manger sans choix et sans mesure, abuser de tous lesplaisirs, renoncer toute hygine. Des troubles en rsultent dont nous sommes ensuitetout surpris, bien que rien ne soit plus naturel.Nos ngligences ne sont pas sans porter atteinte notre esprit. Nous avons peine lutter contre les opinions qui nous viennent du dehors. Nous prenons tout effort en haine.Pour le cur, nous nous desschons dans un gosme douillet qui nous fait renonceraux grands enthousiasmes. Le moindre changement dans cet tat de choses nous semblele pire malheur. Nous en prenons un caractre tatillon et chagrin, exagrant outre mesurece qui nous touche pour nous dsintresser des biens communs. En un mot, nousrestreignons notre horizon sentimental au point que nous fermons notre vue sur tout cequi est grand, noble, digne de nous. Nous ne portons attention qu' nos petites peines quenous devrions oublier, aussi bien pour notre bonheur que pour notre volution.C'est en consquence de cet tat d'me que l'ignorant est toujours en proie milletourments, qu'il dorlote des peines minuscules quand elles ne sont pas imaginaires, qu'ilse trouve en dsarroi pour des vtilles, qu'il se rend malade rellement, pour ne pas gner120ses plus nuisibles apptits.Toute autre est la vie de celui qui sait. II trouve dans la mesure qui lui a t enseigne,ce rythme parfait qui donne la sant son corps, le bonheur son me, la paix sonesprit, le succs ses entreprises; car il a mesur son fardeau ses forces; il n'entreprendque ce qu'il est capable de russir et son dsintressement, sa connaissance du vritablebien lui font considrer les richesses matrielles comme un levier utile, comme unagrable moyen de bien-tre, mais jamais comme un but digne de ses efforts.La paix appartient celui qui sait. Pour celui-ci, rien n'est livr au hasard, car le hasardn'existe pas. Toute chose subit des lois et ces lois lui sont connues. La sant, le bonheur,le succs se mritent. Il n'y a pas de chance, si l'on considre ce mot comme le nom d'unedesse capricieuse, et les circonstances mme qui nous semblent les plus fortuites sontcelles que nous avons les plus mrites.Ces lois, il nous appartient de les dcouvrir. Elles sont l'quilibre extrieur et intrieurde ce monde qui nous entoure. Corps, esprit, cur, tout, en nous, est soumis ces mmeslois. Si nous apprenions nous connatre, nous verrions combien tait juste la conceptiondes anciens qui faisaient de l'homme un microcosme, une rduction du grand univers.Il nous suffirait dobserver pour voir combien ces lois sont gnrales, mais nousmarchons sans regarder autour de nous, sans rflchir ce qui a pu nous frapperincidemment. Nous ne nous soucions de rien, jusqu'au jour o un fait, un mot nousmettent sur le chemin de la vrit. Alors le monde change de face. De ce jour, la viedevient belle, harmonieuse; Nous ne sommes plus tents de considrer notre labeurcomme inutile, ni comme strile ou trop restreint le champ o nous voluons. Cet enclosqui nous dplaisait nous apparat maintenant comme un magnifique jardin. Nousapprenons l'aimer et, au lieu de le cultiver de mauvaise grce, nous le retournons avecamour; nous demandons au soleil d'en fconder la moindre parcelle; nous semons detoutes parts les graines de nos belles esprances qui fleuriront bientt et dont chaquemoisson sera riche, miraculeuse, car la vie se donne qui l'aime, la comprend, la rpandautour de soi. Nos uvres fleuriront autour de nous comme des plantes choisies; elless'ouvriront dans la joie, car celui qui sait prend son plus grand plaisir donner ces fleurset ces fruits qui sont les rsultats dont son labeur est couronn. C'est le magnifiqueautomne d'une laborieuse anne; les celliers sont combls; les corbeilles dbordent.L'hiver, la mort peuvent venir.Ds que nous nous connaissons, notre premier devoir est de nous perfectionner. Nousdevons tenir notre corps en parfait tat, rendre notre esprit capable de penser sainement,d'agir en connaissance de cause, en pleine puissance de tons ses moyens, mettre notrecur en tat de vibrer pleinement aux belles motions. C est seulement en observant tousces points que nous obtiendrons en nous une synthse merveilleuse.Celui qui prend conscience de lui-mme, des possibilits qui dorment au plus profondde son esprit et de son cur transforme bientt sa vie, la rend digne d'tre vcue; il cessed'tre le pessimiste toujours la recherche de ce qui peut blesser, dont la vie est un longcauchemar. Au contraire, le sage, le philosophe dcouvrent des motifs de joie etdesprance en toute chose; ils se rsignent aux maux invitables, ranon de l'volution.Avant toute chose, il importe de savoir que cette transformation ncessaire n'estnullement au-dessus de nos forces. Nous ne conseillerons jamais personne de se121soumettre une ascse extraordinaire qui peut dtruire sa sant, son quilibre physiqueet psychique; Au contraire, cet quilibre est notre but. C'est par ngligence ou par abusque nous rendons notre corps malade. Nous le faisons dprir par le surmenage, nousl'engorgeons de nourritures superflues. Telle est notre faute, telle est l'origine de lamaladie. Peut-tre souffrons-nous dj d'une tare hrditaire qui nous rend plus faiblesdans la lutte pour la sant. Mais, du jour o nous savons, il nous est possible de diminuerle fardeau qui nous a t impos par la faute de nos ascendants.Il en est de mme pour l'esprit. Nous ne savons pas vouloir. C'est que les mthodesducatives actuelles ne font rien pour la volont. Et pourtant cette facult est susceptibled'un dveloppement harmonieux. On fait peu de chose pour duquer nos facultssuprieures: attention, jugement, mmoire, association des ides, imagination. Nous nesavons pas sentir; nous ne savons pas cder volontairement une belle motion.Une autre faute de l'ducation moderne c'est que, si l'on cherche accrotre la volont,c'est aux dpens de la sensibilit. C'est pourtant une erreur grossire d'opposer la facultde penser la facult de sentir. Ces deux formes d'activit sont galement ncessaires.Penser et sentir sont les deux plateaux d'une mme balance qui ne trouvera jamais sonquilibre, si l'on vient supprimer l'un des plateaux.Certes, lui seul, le champ de la volont est immense. Dans notre coupable ignorance,nous laissons sommeiller en nous des facults qui, si elles taient normalementdveloppes, transformeraient notre vie, nous donneraient des armes dans les luttes dechaque jour. Si nous savions cultiver notre jardin , nous prendrions un contact plusintime avec la vie, nous largirions et aiguiserions notre observation; nous rendrionsnotre jugement plus sr et plus sagace; notre mmoire plus vaste et plus fidle; nosassociations d'ides plus riches et plus ingnieuses; en un mot, notre vie mentale seraitinfiniment plus ample et plus puissante.En nous, comme une mine de diamants sous le sol aride, en nous sommeillent desforces qui, si nous savions les librer, magnifieraient notre vie, nous feraient accomplirdes merveilles. Chacun possde un trsor. Il nous appartient de le dcouvrir, del'exploiter. Il suffit de vouloir.Mais comment apprendre vouloir?Vouloir, c'est, dans le domaine de l'esprit, la cl qui ouvre toutes les portes. Il n'est pasd'obstacle insurmontable celui qui sait et qui veut avec persvrance.Aujourdhui, les circonstances vous entravent. Il vous semble que vos plus lgitimesdsirs ne se raliseront jamais. N'coutez pas les mauvais conseils de cette heure dedpression. Ce qui vous fait dfaut, soyez-en bien sr, c'est la volont. Je voudrais, dites-vous; je voudrais, mais je ne puis. Je trouve sans cesse desobstacles qui s'opposent tout ce que je voudrais faire , et dpit, rebut, vous vousretirez de la lutte. Telle est bien votre erreur, homme de peu de foi !Imaginez un mdecin assez sot pour dire un enfant dbile, anmi, que tout estperdu, que jamais il ne remontera la pente, que tous ses efforts seront vains. L'enfant netentera mme pas d'effort, il dprira. Au contraire, le mdecin, vraiment digne de cenom, sait trs bien qu'un rgime sain, des exercices appropris, la vie au grand air, unealimentation choisie rendront bientt des forces au petit malade. Il lui fait partager sa foi,122le surveille, l'encourage, le stimule de toute manire et l'enfant gurit.Il en est de mme pour la volont. A celui qui est las de lutter, qui manque de forcesmorales, de ressort, d'nergie psychique, dont les dcisions sont insuffisantes, lepsychologue dit: Ayez foi. Les forces vont venir. Elles dorment en vous. Faites effort, luttez. Lesforces caches vont surgir, s'panouir. Persvrez, elles vont se dvelopper, voustransformer. De faible que vous tes, vous allez devenir puissant et robuste. Cessez depleurer. Relevez la tte. Rejetez les ides noires. Ne croyez pas que vos forces vont voustrahir...Rien n'est impossible qui veut vritablement; il n'est pas de dshrits. Certes,chacun ne peut devenir un athlte est-il vraiment enviable de l'tre ? mais chacun,en toute certitude, peut acqurir la force morale, la dcision, le contrle sur soi-mme,l'attention, la volont qui sont ncessaires dans la vie.Ces pages ont pour but de vous montrer comment acqurir des forces mentales;comment avoir prise sur les nergies qui sommeillent en vous, prise sur les autres, prisesur les vnements. Cette tche n'est pas au-dessus de vos forces. Si vous vous dcidez faire cet effort, c'est une vie nouvelle qui s'ouvre devant vos pas. Aprs un effort, unlabeur qui durera d'autant moins que vous l'entreprendrez avec courage, la russite voussera aise, la chance vous sourira.La chance ! C'est en vous dveloppant que vous comprendrez toute la valeur de ce motsi souvent et si mal prononc.La chance vous appartiendra ds que vous aurez dcid de lutter. Ce n'est pas uneentit changeante, capricieuse. Elle obit qui sait vouloir. Nous l'attirons par nospenses quand nous avons appris les diriger; nous l'attirons irrsistiblement commel'aimant attire l'aiguille de la boussole. Si nous savons vouloir, nous la fixons, nousl'obligeons rester avec nous.N'avez-vous jamais remarqu combien certains tres possdent un pouvoir, uneemprise autour d'eux ? Ce rayonnement est rel, mais il n'a rien de mystrieux ou desurnaturel pour qui connat les phnomnes psychiques. Inconsciemment peut-tre, cestres savent vouloir, mais rien ne vous est plus loisible que d'apprendre aussi. Vousrussirez aussi bien qu'eux, mieux mme car vous connatrez la valeur des nergies quisont en vous. Pour russir, le point essentiel est donc de se perfectionner, d'acqurir de la volont.Mais que sera cette volont ? Celui qui l'exprime dit, par cela mme, volont calme,suivie, rflchie, persvrante. Pas d'lans brusques. Au contraire, une patience sre de larussite. Il faut aussi un altruisme qui vous fait considrer votre russite personnellecomme l'accroissement du bien de tous. Ces nobles sentiments, si opposs l'arrivisme,sont ncessaires pour attirer vous les forces que doit capter et retenir la volont. Il fauttre ou devenir un noble exemple pour les autres; il faut que notre vie bien remplie leursoit comme un enseignement. Ce n'est pas seulement pour nous que nous travaillons,mais pour accrotre luvre commune.L'homme ne vient pas sur terre pouss par le hasard. Il est le produit de tout un pass:123pass personnel en premier lieu; pass collectif ensuite.Nous ne saurions nous appesantir ici sur ce point que nous avons plus largement traitdans nos deux ouvrages: la Science secrte et les Forces suprieures. Nous nousbornerons quelques mots rapides qui serviront de prambule au problme de l'autosuggestion motionnelle dans la cure morale.Le pass de chaque homme reprsente une somme d'efforts considrables. Les pensesque nous avons accumules forment un trsor prodigieux. De ce trsor surgissent lestraditions, les coutumes, les habitudes. Et ce trsor, nous l'ignorons; il faut descirconstances tout fait exceptionnelles pour que nous en ayons conscience. Il n'enexiste pas moins.De notre anctre le plus recul, la pense s'est perfectionne travers les ges. L'tre,d'abord, a t m par des instincts, assez semblables ceux qui rgissent l'animal. Aprsces instincts, accords tout tre vivant pour qu'il puisse conserver et perptuerl'existence, des habitudes sont venues qui ont en quelque sorte codifi ces instincts.Enfin, trs lentement, les actes volontaires ont fini par se faire jour. C'est seulement aprsdes centaines de sicles que le cerveau s'est form, tel que nous le connaissons. Lapense s'est manifeste, entrane; une langue rudimentaire, puis des vocables plus diversse sont crs. De progrs en progrs, avec des erreurs et des triomphes, la civilisation estdevenue celle que nous voyons de nos jours.Oui, des liens puissants nous relient tout le pass. Nous avons volu, depuisl'homme des cavernes. Nous avons affin nos facults, gagn des pouvoirs. Maispouvons-nous dire, si grand soit, l'heure actuelle, notre acquis, que nous sommes aussiconscients que nous le dsirons ? Pouvons-nous dire que nous sommes toujours des treslibres, indpendants, agissant exclusivement parce que nous le jugeons bon ? La foule lecroit; mais, comme bien des opinions du vulgaire, celle-ci est absolument fausse.En ralit, il y a en nous deux tres distincts que les psychologues appellent leconscient et l'inconscient. Nous avons dj compar le premier au directeur d'une usine,le second au sous-directeur. Dans la personne humaine, ces deux tres se juxtaposent,n'existent pas l'un sans l'autre. Tous deux ont zinc part dans tout acte, toute dcision,toute opinion, tout sentiment. Fait bien connu des psychologues, c'est l'inconscient qui,dans cette vie deux, joue le rle le plus important.Dans la Science secrte, nous avons compar la personnalit humaine un iceberg. Lebloc de glace est driv par le courant comme nous-mmes sommes entrans par desforces suprieures. Une partie du bloc merge de l'eau un dixime c'est la partie-consciente. Ce qui est dans l'eau (les 9/10) c'est la part de l'inconscient. Conscient etinconscient sont, comme dans le bloc de glace, insparables; ils collaborent toutes lesmanifestations de notre vie organique, psychique, intellectuelle, tous les faits depense, de conscience. C'est un fait primordial qu'il ne faut pas oublier.L'apport du pass est un lourd fardeau dont nous ne pouvons nous dfaire. C'est notreinconscient qui trane tout ce poids. Chez l'animal infrieur, cet inconscient est seul exister; il est le sige de l'instinct, le rceptacle de tous les apports hrditaires. Chez lestres plus volus, il garde les habitudes acquises, subit les influences ambiantes. C'estcet ensemble qui cre le premier pli psychique, qui forme le caractre, dtermine le124temprament, conditions premires de notre manire de voir, de sentir et d'agir. C'est cepli qui, en premier lieu, nous impose notre ligne de conduite. Mais l'homme seperfectionne et, mesure qu'il acquiert une plus grande conscience de sa personnalit, ilapprend rsister toutes les impulsions qu'il juge nfastes.De jour en jour, ce perfectionnement s'accrot. Non seulement chaque homme, maisl'humanit tout entire tend sans cesse vers le mieux-tre, suit la loi volutive.La somme des expriences passes nous rend dj de grands services. De tout temps,les sages, les philosophes ont compris la ncessit de se perfectionner, de rendremeilleures, tout ensemble, les facults intellectuelles et les puissances motionnelles.Cette tche est considrable et ce n'est pas trop des deux lments de notrepersonnalit: conscient et inconscient pour la mener bien. Aussi les voyons-noustoujours travailler cte cte comme le directeur et le sous-directeur d'une usine. Tousdeux doivent conjuguer leurs efforts en vue d'un fonctionnement avantageux pour tous.C'est de ce travail commun que doit natre le progrs. Le conscient (directeur de l'usinehumaine), quand il entend bien son rle, observe, juge, s'instruit, recueille lesobservations de tous pour en faire une opinion prcise propre le diriger dans la marchede ses affaires. Quand il a augment et group ce bagage de notions, il s'est fait une idenette de toute chose et c'est seulement alors qu'il peut, en pleine connaissance de cause,donner au sous-directeur (inconscient) les ordres qu'il doit faire excuter par le personnelinfrieur. Le sous-directeur classe son tour les donnes qui lui ont t transmises. Ceclassement, cette sorte de fichier intellectuel est une part importante de sa besogne. Encas de besoin, le directeur aura recours lui pour obtenir immdiatement les fiches qu'ilsouhaite en vue de son travail personnel. Donc, plus le classement sera net et bien fait etplus le directeur trouvera son uvre facilite, mieux l'usine fonctionnera au mieux desintrts de chacun.Comment le directeur et le sous-directeur peuvent-ils s'acquitter de cette tche la foisdistincte et commune ? Ils le peuvent grce un ensemble de facults. Ces facults leursont communes, mais ils les exercent chacun diffremment. La conscience est enpossession de l'initiative, des vues nettes, des notions vivantes. L'inconscient a unebesogne automatique, qui demande la fois, pour tre bien mene, plus d'ordre etd'application soutenue. Ce dernier est un sous-ordre, certes, mais il n'est pas decollaborateur plus utile. Nous allons voir quel est le rle de chacun.Pour ce faire, restons dans le domaine des facults suprieures et voyons rapidementleur utilisation par le conscient et l'inconscient. Ici se trouvent en prsence deuxpuissances qui agissent diffremment. Toutes deux interviennent dans le domaine mentalet dans le domaine motionnel.Pntrons tout d'abord dans; le domaine mental.La facult primordiale est l'attention, base de tous les phnomnes psychologiques.Sans l'attention, aucun perfectionnement ne pourrait exister. Les sensations ne feraientque traverser l'organisme sang y laisser de trace, comme l'eau traverse un crible.Toutes nos facults psychiques dcoulent de l'attention: c'est elle qui nous fait voir les125objets. Une notion tant acquise, nous pouvons la comparer d'autres: le jugementintervient. Ensuite, cette perception et ce jugement se lient, presque automatiquement des ides plus ou moins vastes, plus ou moins varies et donnent lieu des associationsd'ides. Ces notions, ces comparaisons, les jugements qui en dcoulent, les ides quis'unissent eux sont enregistrs par la mmoire qui enrichit nos archives et peut, le caschant, les reproduire telles quelles ou donner l'imagination des thmes qu'elle peutbroder l'infini pour produire d'autres ides et d'autres images.Dans toutes ces oprations de l'esprit: attention, jugement, association d'ides,mmoire, imagination, les deux entits conscient et inconscient ont leur part, cartoutes deux, toujours, vivent cte cte, s'interpntrent.Montrons quelle est la part de chacune d'elles. Tout d'abord pour l'attention.Prenons la forme consciente: je tiens un caillou, je l'tudie suivant les motifs qui mesont fournis par une culture antrieure. Si je ne suis pas mme de rechercher sacomposition, en tout cas, je puis constater sa couleur, sa duret, sa contexture, lesparticularits plus ou moins frappantes de sa forme. Mais, en gnral, nous n'exeronsgure cette facult d'attention. Nous ne savons pas voir. Nous regardons peine. C'est del que vient la faiblesse de nos facults. Nous passons en aveugle devant le spectaclemerveilleux du monde.La forme inconsciente de l'attention est encore plus primitive. Nous sommes aucinma, plongs dans l'obscurit. Soudain, la lumire jaillit et, nous qui avons atteintl'ge adulte, nous faisons le mme mouvement que le tout petit, nous nous tournonsspontanment vers la source de cette lumire. Nous ne pensons aucunement observerpourquoi et comment cette lumire se produit; c'est un besoin presque physique de lacontempler. Il s'agit l d'un acte purement inconscient.Le jugement s'exerce de mme sous les deux aspects conscient et inconscient.Si nous tions conscients, nous jugerions sans parti pris, ne nous inspirant que de laralit des faits, et nos jugements auraient la prcision de la mathmatique. Mais il s'enfaut de beaucoup que les choses aillent ainsi. Le sachant, ou notre insu, nous avonsmille affections, mille habitudes, mille ides prconues qui ne nous permettent pas dediscuter les faits et les ides avec l'impartialit qu'ils mritent. Le rle de l'inconscientdevient norme. Nos habitudes de famille, de nationalit, de religion, d'tude mme, nousfont une sorte d'armure en prsence de certains faits. Il en est que nous n'admettronsjamais, mme devant la formelle vidence. Du moins, nous devrons nous faire violencepour les discuter honntement. Si nous sommes contraints par la ralit voir ce qui nenous plait point, nous sommes brutaux dans nos jugements et nos sensations nousentranent souvent o le conscient ne veut pas aller. Pour prendre un fait tangible, dansl'amour et les autres affections nous ne voulons voir de l'tre aim que ce qui nous plaiten lui et nous lui prtons au besoin des attraits qu'il n'a jamais possds.L'association des ides procde galement des deux formes consciente et inconsciente.Nous avons tous le pouvoir d'unir les ides les unes aux autres. Si nous songeons unefeuille d'arbre, nous lui trouvons un rapport avec une brandie, la branche avec le tronc etce sont les associations en quelque sorte ncessaires, mais nous en pouvons formerd'autres l'infini. Ici, le travail est tout fait conscient; mais, le plus souvent,l'association des ides se fait de la manire la plus spontane. Le fait le plus126caractristique de cette association inconsciente des ides est le rve. Le rve est fait engnral de nos perceptions rcentes groupes suivant un ordre arbitraire par l'inconscientpendant que le conscient se repose. Par exemple, un repas mal digr nous donne unesensation de pesanteur sur l'estomac; une rencontre dsagrable nous a laiss aussi uneimpression de gne. Le rve associe ces deux sensations et nous fait voir le gneur assissur notre pigastre. Dans la vie courante, le mme phnomne se produit dans laconversation btons rompus. Les gens du monde se runissent, un mot appelle une idesouvent fort diffrente de celle qui prsidait au propos de tout l'heure; mais comme lecercle est form de personnes ayant les mmes habitudes d'esprit, ces bonds nedconcertent personne et tous ont l'esprit d' propos qui leur permet de riposter sansretard aux paroles prononces.Notre mmoire nous offre une dualit semblable. Les faits enregistrs se gravent et sereproduisent.J'ouvre un livre, je lis quelques vers, ils me plaisent; je les relis pour les conserverprsents l'esprit; je m'en souviens quand je le souhaite. Ici, manifestation consciente.Mais la mmoire est beaucoup plus intense encore quand elle agit de manireinconsciente. Je n'en veux pour preuve que ces phrases musicales qui s'incrustent dansnotre inconscient au point d'en devenir une gne, une obsession.Prenons cette obsession pour type. L'air entendu, une romance, un refrain nouspoursuivent; nous ne pouvons nous en dgager. Dans notre sommeil, mille et millesouvenirs que nous avions perdus, que nous croyions avoir oublis, surgissent soudain la faveur du rve. Qu'un choc motionnel survienne et ces penses, ces imagesrapparaissent dans un clair. Prenons encore un exemple typique: un naufrag, dans laminute o il croit mourir, revoit, dans une brusque lumire, tout ce qui fut son pass etsouvent des dtails infimes. Nous en avons cit bien des cas dans notre Science secrte.Ces impressions, ces souvenirs, sont en nous l'tat latent. Ils y demeurent sans mmeque nous le sachions et nous sommes bien longtemps, parfois mme toute notre vie, sansconnatre les richesses que nous possdons. Que faut-il pour ramener au jour quelquessouvenirs ? La vue d'un objet, d'un arbre, d'une maison, d'un site; un air que fredonnequelque mendiant, une parole qui nous frappe, un geste qui nous meut, une inflexion devoix, un regard, une poigne de main, le contour d'un visage, une silhouette vaguemententrevue... Sans motif plausible pour nous, le souvenir que nous croyions ; aboli et quidormait en quelque pli obscur de notre cerveau surgit du fond de la conscience, s'impose nous, cre une association imprvue d'ides qui modifie notre jugement, nous fait aimerou har, travers l'objet prsent, la sensation de joie ou de douleur d'autrefois. Dans cetteaction, le rle de l'inconscient est immense. Il est le gardien fidle de toutes les imagesreues, de toutes nos sensations; c'est lui qui nous les prsente dans un ordre imprvumais imprieux, dans les heures violentes.Plus encore dans l'imagination, le jeu de l'inconscient et du conscient prend desproportions considrables. L'imagination est la facult qui nous permet non plus degrouper des images anciennes mais d'en crer de nouvelles, faites de toutes pices.L imagination peut agir dans le domaine conscient, mais il est rare que ce domaine luisuffise. Essayez de crer volontairement une image que vous n'ayez jamais vue, qui neressemble rien qui soit connu de vous, vous en prouverez une assez grande difficult.127Cependant l'artiste est oblig, quand il veut donner la vie matrielle un personnage dedrame, de le voir tel que l'auteur a pu le forger dans sa pense souvent abstraite. S'il estvraiment un grand artiste, il nous fait oublier ce qu'il est personnellement. Ce n'est plusUn tel ou un tel que nous regardons sur la scne, c'est Romo, c'est Shylock, le Tartufeou Chrubin. Cette perfection dans la ralisation d'un type imaginaire est d'une extrmedifficult; aussi, bien peu y russissent. Il faut un gnie naturel, beaucoup d'observationet de puissance motionnelle.Dans sa forme inconsciente, l'imagination se donne beaucoup plus librement carrire.C'est cette forme de l'imagination que Malebranche a nomme la folle du logis . Sinous la laissons agir sans contrle, elle ne saurait garder aux faits et aux choses leursproportions vritables. Dans la frayeur, par exemple, l'imagination joue un rleprpondrant. Nous sommes dans un bois, la nuit. En ralit, nul danger ne nous menace,mais l'angoisse de la solitude; le bruit des feuillages, le hululement des oiseauxnocturnes, tout cela nous trouble. L'inquitude gagne notre esprit et dbride notreimagination. Sous son impulsion, les arbres prennent des dimensions et des formesfantastiques : tel devient un gant, cet autre un voleur embusqu avec une armeredoutable; la racine se transforme en serpent; tout nous apparat comme un pige. Laterreur vritable nous prive de tous nos moyens. Qu' ce moment, un bruit inattendu sepropage dans les tnbres, il nous est impossible de penser que c'est le galop d'un lapinou le cri d'un oiseau de nuit. C'est ncessairement le dbut d'une aventure pouvantableet, selon l'tat de nos nerfs, nous prenons une course folle, ou bien nous roulons terre,le cur dfaillant.L'imagination est une telle force que nous la voyons, par contre, rappeler la vie ceuxqui taient possds par quelque forte passion et qui y puisent l'nergie de lutter contre lemal. L'avare n'a pas besoin de voir, de palper son trsor pour prouver la joie que luidonne sa fortune; il lui suffit de voir l'or, de l'entendre, d'y penser mme pour crer enson esprit l'image de la chre cassette qui contient plus que sa vie. Le voluptueux,l'homme pris n'a pas besoin de voir la femme aime ou dsire; il suffit d'un portrait,d'une lettre, moins encore, d'un parfum respir dans la rue, d'une coiffure, d'un ruban,pour que le souvenir de l'tre aim lui soit prsent et, avec lui, les sensationsvoluptueuses qui accompagnent sa prsence. L'alcoolique, le glouton pensent unebouteille, un festin, et l'eau leur en vient la bouche. Le joueur, rien qu' imaginer latable de jeu ou le champ de courses, prouve dj le frisson qui lui serre le cur aumoment o son enjeu s'vapore ou se multiplie suivant le caprice du sort. Dans les joursde mlancolie, la tombe de ceux qui nous ont quitts nous fait revoir leurs traits chris,revivre les heures doues qui nous ont fait le mieux apprcier leur caractre et leurtendresse. Dans tous ces cas, c'est le processus inconscient qui s'impose nous avecforce, qui nous contraint voir, entendre, prouver ce que nous ne recherchons peut-tre pas, ce qui est peut-tre un remords.Dans tout fait psychique, nous voyons donc l'inconscient agir sur nous avec puissance.Nous pensons, mais nous sentons aussi et c'est surtout dans le sentiment quel'inconscient prend une part norme notre vie, nous soutient ou nous abat, aiguise nosperceptions ou les oblitre.128Nous traversons un paysage dont l'harmonie nous enivre. Un calme inattendu nouspntre et nous charme. Cet arbre, cette fontaine, ce ciel dlicatement bleu ne secontentent pas de faire vibrer en nous les motions que leur vue nous inspire; ils nousrappellent des villgiatures prcdentes, des souvenirs, des joies, des peines, qui font denous une personne toute diffrente de celle qui est descendue du train.Nous entendons une chanson, une symphonie : leur rythme, leur mlodie rappellent notre esprit un monde de sensations oublies. Tel chant, doux et mlancolique, paratraune prire un esprit religieux, et il verra sa mre prier ou quelque figure chrie, dansl'attitude de l'extase. Celte mlodie est peut-tre un regret du pays ou la sparation del'aime: thmes qu'un autre auditeur y verra et animera de ses souvenirs personnels. Lavoix d'un ami subitement entendue nous saisit d'une joie singulire dans certainsmoments plus sensibles. Il nous parat, dans une priode de chagrin, que cette voix nousamne un rconfort, que cet ami vient nous comme un envoy cleste.Marchons dans la campagne, un jour de repos, alors que les proccupations de la vienous laissent lesprit paisible. Cette maison qui n'a jamais retenu notre attention nousparat tout coup celle du bonheur. Nous la trouvons pareille la maison de notreenfance, celle qui semblait si grande quand nos pas trbuchaient. Un monde d'images etde souvenirs reparat notre pense comme des bulles la surface de l'eau. Des clochessonnent au lointain; toutes les sensations religieuses de notre enfance se tissent cetteharmonie si doue couter dans la paix du soir. C'est le village de l'enfance avec sesmaisons basses, ses haies pleines de mres o nous avons tant grappill et dont nousnous rappelons tout, except les pines. Un parfum nous rappelle une prsence fminineet c'est beaucoup dans cette facult d'veiller nos souvenirs que le parfum prend sapuissance. Mais ce parfum lui-mme est voqu son tour par des circonstancesextrieures. Un tableau nous montre un rosier charg de ses fleurs; nous l'imaginonsvivant, nous respirons sa tide baleine et nous rapprochons d'elle des images, desparfums qui nous furent chers.En somme, moins d'ducation particulire, nous n'avons que peu de matrise dansnotre vie motionnelle. C'est ce qui fait dire Hffding: C'est surtout dans ledveloppement des sentiments que les impressions inconscientes jouent un grand rle.Le sentiment n'est pas seulement dtermin par des sensations et par des reprsentationsclaires et prcises, mais encore par des influences imperceptibles, dont la somme seulecompte pour la conscience. De l ce qu'il y a de mystrieux et d'inexpliqu dans l'essencede tant de sentiments; ils sont surtout dans leurs premiers mouvements, inintelligiblespour l'individu qui les prouve, parce qu'il en ignore les causes prcises. Tous les faits que nous venons de passer en revue montrent le rle immense que joueen nous la partie inconsciente de notre personnalit. C'est l'inconscient qui fait battrenotre cur qui prside toutes nos fonctions organiques. Il est prpondrant dans toutacte de pense, dans tout sentiment, dans toute motion. L'inconscient est le rservoir os'accumulent, avec tous les apports du pass, les fruits de notre exprience.Pour la clart de notre enseignement, nous avons tudi l'inconscient et le conscientcomme s'il s'agissait de deux entits spares, mais ce serait une erreur de croire qu'il enest ainsi dans la ralit de la vie, que ces deux tres peuvent agir l'un sans l'autre et mmequ'il y a avantage laisser l'inconscient son entire libert. Cette erreur ne tarderait pas amener les abus les plus funestes.129Au contraire, nous devons toujours tendre renforcer en nous le contrle volontaire.Si nous laissions l'inconscient une libert excessive, il ne tarderait pas nous engagerdans une voie qui nous serait extrmement prjudiciable. Cela nous est trs facile constater dans certaines circonstances o l'inconscient devient momentanment notrematre, o il cesse de se trouver sous le contrle de la conscience. Par exemple, dans lecas d'obsession, d'ide fixe, o, sous l'empire de linconscient, la conscience est oblitrepar une pense, souvent sans importance, qui prend des proportions si grandes que l'onne voit plus autre chose. Nous le voyons galement dans les rves o l'inconscient, laisslibre d'agir sa guise, nous fait associer les ides les plus disparates dans l'ordre le plusarbitraire. Ce mcanisme est encore plus apparent dans le trac o tout contrle disparat.L'inconscient, emball en quelque sorte sur une piste, ne trouve plus ni frein, ni obstacleet ne tarde pas nous jeter dans les embarras les plus extrmes. On voit, dans ce cas, lesrflexes les plus inattendus se produire: le traqueur souffre de palpitations, de troubles dela digestion ou des scrtions. En un mot, le traqueur ne peut plus compter sur l'autoritde sa volont et, livr son inconscient, perd tous ses moyens d'un seul coup.Dans certains cas pathologiques, l'inconscient peut mme prendre temporairement laplace de la conscience et agir en son lieu et place. Nous avons tudi dans notre Sciencesecrte o nous nous sommes appesantis longuement sur la vie mentale, les casclbres de Flida, tudie par le Docteur Azam de Miss Beauchamp, tudie par leprofesseur Morton Prince, d'Hlne Smith tudie par le Professeur Flournoy et diversautres aussi caractristiques.Ces personnes, dont la psychologie maladive a t longuement observe, avaientplusieurs tats de conscience qui prenaient successivement la place de l'tre rel, duconscient. Ces cas sont extrmement curieux et ils peuvent tre reproduitsexprimentalement par un suggesteur habile. Il est possible d'imposer, en suggestion, unepersonnalit toute diffrente de celle du sujet, qui vivra de son existence propre, sanslaisser la vraie conscience du sujet la possibilit de se manifester. Chez les fous, lephnomne est plus complet encore. L'inconscient est seul vivre; le conscient estcompltement obnubileII ne faut pas davantage considrer l'inconscient comme un danger constant et que l'ondoit tenir sous clef. Bien duqu, il peut, au contraire, devenir un tre prcieux, mais ildoit toujours demeurer sous l'autorit, sous le contrle du conscient. C'est celui-ci qui, l'origine, doit juger si l'habitude acqurir est bonne et profitable, si la facult dvelopper rendra de vritables services. C'est seulement aprs cette tude quel'inconscient a le droit de prendre cette habitude, de dvelopper cette facult, de mmeque le sous-directeur d'une usine ne doit se permettre de prendre aucune dcisionimportante sans le consentement ou l'ordre de son directeur. Il devra ensuite faireexcuter le programme de travail par les sous-ordres.Le but de lducation psychique est de renforcer la conscience, d'augmenter samatrise sur l'inconscient, qui, bien gouvern, devient un fidle serviteur.Prenons un exemple qui montrera le mcanisme de cette collaboration:Voici une jeune fille qui veut tre dactylographe. Elle doit connatre la place destouches et acqurir une dextrit suffisante pour la frappe. Ce double travail s'effectue en130deux priodes bien distinctes:1er stade. Au dbut, la dactylographie exige de la jeune fille un effort conscient.Tous les mouvements qu'elle fait doivent tre contrls avec attention. Il faut qu'elleobserve avec soin la place des touches, et chaque pose de doigt est la fois un geste ducorps et un travail de l'esprit; encore les erreurs sont-elles nombreuses, au dbut.2e stade. L'habitude est enfin acquise; les doigts se sont dlis; la dactylographe n'aplus besoin de songer ses mains qui agissent guides par l'habitude. La frappe estautomatique. Le conscient ne fait plus effort que pour suivre le texte transcrire, dans letravail matriel. C'est l'inconscient qui agit. A ce stade, le conscient est parfaitement librede se livrer une toute autre besogne comme celle de rdiger la rponse, le texte, leroman que les doigts, mus par l'inconscient, crivent sans en avoir connaissance.On voit trs bien ici le rle de l'inconscient: c'est un serviteur fidle, mais pour treutilis comme tel, le conscient s'est vu oblig, tout d'abord, d'tudier, de juger, decontrler ]a notion qu'il fallait enseigner son aide, aprs avoir vu que cette notion taitutile et bonne acqurir. On peut dire, sans crainte d'erreur, que rien d'utile, vraiment, nepeut tre accompli de faon constante, suivie que sur l'ordre du conscient.Je reprends en mon nom personnel l'exemple de la collaboration du conscient et del'inconscient dans l'criture la machine. J'ai commenc, il y a quelque vingt ans, meservir de cet objet. Aprs quelques jours d'application, j'ai connu mon clavier. Il m'en afallu davantage pour obtenir la dextrit, la rapidit ncessaires, sans lesquelles ladactylographie n'est pas utile. J'ai donc fait, au dbut, un effort conscient. Mais ds quela place des touches a t fixe dans ma mmoire, mes doigts ont continu leur besogne,guids seulement par l'inconscient. Depuis 20 ans, j'ai gard la mme vitesse au clavier,mais, fait noter, je frappe maintenant sans prter aucune attention ce que font mesmains. Si je ferme les yeux devant mon clavier et que l'on me demande o se trouve unelettre: n, par exemple, je suis incapable de dire o elle est. Mais que je veuille crire ouqu'on me dicte un texte, immdiatement, sans aucune hsitation, je puis le transcrire sansfaute, sans confusion. Ce simple fait sufft dmontrer l'existence de deux mmoiresdiffrentes: le conscient a oubli, l'inconscient se souvient.Cette dualit de la mmoire est extrmement importante noter ds maintenant, carelle nous fait constater les divers stades de l'ducation que nous devons donner notrevolont. Au dbut, toute notion que nous acqurons, est acquise par un effort conscient.Plus nous apportons d'attention cette tude, plus rapidement et mieux le rsultat estobtenu. A l'acte volontaire, succde ensuite l'habitude. Le conscient cde la place l'inconscient. L'effort initial cre le pli psychique qui ne s'effacera plus gure. Cela fait,le conscient n'a plus aucun effort faire, il s'en remet l'inconscient et ses sous-ordres.Plus les notions acqurir seront complexes et dlicates, plus le premier stadencessitera de travail et d'application, mais, par la suite, il n'y aura aucune peineconsciente; linconscient sera disciplin.Ce phnomne de la double mmoire consciente et inconsciente ne se produitpas seulement dans la dactylographie. On le trouve dans tout fait de conscience. Il n'enest pas de plus frquent. On peut mme le considrer comme une rgle gnrale. Il est siconstant qu'il passe inaperu devant nos yeux.131Je me rends pour la premire fois chez une personne. Je regarde la rue, je cherche lenumro, je considre la maison, je m'informe auprs du concierge, je gravis l'escalier ouprends l'ascenseur, je m'arrte l'tage indiqu. Sur le palier, je fais un effort de mmoirepour me rappeler quelle porte je dois sonner. Pour arriver mon but, j'ai d mettre sanscesse en action ma conscience: j'ai regard, observ, rflchi.Me vient-il l'ide de voir nouveau cette personne ? Je me rends chez elle avecbeaucoup moins d'efforts, car un grand nombre de notions me sont restes en mmoire.Je n'ai plus recours au concierge; je reconnais l'tage et, si j'hsite un instant sur le palier,cette hsitation n'est pas longue.Que cette visite se renouvelle et devienne une habitude frquente, je ne songe mmeplus regarder; mon inconscient me dirige, tandis que je pense, soit au plaisir de voir desamis, soit l'entretien d'affaires auquel je vais me livrer.L'inconscient dcharge le conscient de tout travail qui peut tre fait automatiquement.C'est l son principal rle. Celui du conscient est d'observer, de comparer, de juger.Prenons encore un exemple. Pour apprendre jouer du piano ou de tout autreinstrument, le premier stade est celui de l'effort conscient, le deuxime stade estautomatique. Dans le premier, l'esprit a fort faire pour guider les doigts sur les touches,mais quand l'habitude est acquise, l'esprit laisse agir l'inconscient et se proccupe d'autrechose, de l'interprtation de la phrase musicale, du sentiment exprimer.Chacun exerce ainsi la fonction qui lui est propre: aprs tude, l'inconscient dchargele conscient de tout le travail qui peut tre automatiquement accompli. Libr de ce soin,le conscient peut faire une besogne d'ordre suprieur, o il est beaucoup plus utile.Vous trouverez des exemples du mme genre partout autour de vous. Tous les ouvriershabiles en leur art sont passs par les mmes stades. Au dbut, ils ont appris forced'attention se servir de leur outil, mais, par la suite, ce travail manuel est devenuautomatique; ils ont pu alors chercher les dlicatesses de leur art et accomplir desbesognes qui demandent un soin et un got tout intellectuels. En tout ceci, nous levoyons, le rle de linconscient est celui d'un supplant, d'un secrtaire, qui l'initiativene doit jamais appartenir.De ces constatations, une loi ressort pour nous. Nous devons nous efforcer dedcharger le plus possible le conscient des travaux que l'inconscient peut faireautomatiquement. Mais l'inconscient reste au second plan. Ce serait commettre unegrosse erreur de croire que l'inconscient peut agir de lui-mme sans contrle pralable.C'est toujours le conscient qui doit avant toute chose, juger la valeur des notions, lespasser au crible de la raison.Quand l'ducation psychique a t imparfaite, quand l'inconscient domine sur leconscient, nous disons que la personne est inconsciente . Cela peut se dire de l'enfantqui n'a pas encore atteint l'ge o il peut juger et matriser ses impulsivits; du vieillardtomb en enfance et qui n'a plus ses facults; du fou, de l'hallucin qui, pour un motif ouun autre, ont perdu tout contrle volontaire. Tous ces tres, trop jeunes ou affaiblis,manquent de synthse mentale; leur conscient n'est pas son poste.Exprimentalement, nous pouvons arriver au mme fait. Plongeons en hypnose un132sujet sensible. Que se passe-t-il dans son champ mental ? Le conscient est endormi,obnubil; c'est l'inconscient qui accepte la suggestion impose et qui l'excute dans lalimite permise.On conoit par-l quelle utilit il y a pour nous devenir de plus en plus conscients.Ce serait une erreur aussi grossire que prjudiciable d'abdiquer notre conscience, carnous restreindrions du mme coup le champ de nos perceptions et nous finirions parperdre le sens prcieux de la responsabilit. Nous devons tendre former une synthseharmonique de notre conscient et de notre inconscient, si nous voulons que le sous-directeur, sans empiter sur ses droits, soit toujours son poste et s'y conduise en bon etfidle collaborateur. C'est seulement alors, quand nous aurons obtenu cette synthse, ceparfait contrle, cette matrise de notre inconscient, que nous viendrons bout de nosimpulsions mauvaises, de nos hrdits morbides, des habitudes nfastes si fortementancres qu'elles soient, des plis psychiques, des suggestions ataviques, des faiblesses, destares mme qui entravent notre progression.Ne plus contrler l'inconscient, lui laisser la prdominance dans tous les actes de lavie, es serait infailliblement faire reparatre tous les bas instincts qui nous viennent denotre plus mauvaise ancestralit; ce serait rtrograder.Si nous insistons si longuement sur ce point, c'est pour montrer combien est grandel'erreur que commettent ceux qui tablent uniquement sur l'inconscient pour donner l'tre humain une matrise plus complte. C'est de l'inconscient qu'ils attendent lesrsolutions heureuses, les forces vives qui doivent nous apporter la force, la sant, lesuccs, le bonheur ! Quelle erreur ! C'est la mme qui pousserait un prfet de police confier aux voleurs la garde du trsor public ou des biens particuliers. Agir ainsi, c'estprendre le contre-pied du problme. Ce n'est pas un moyen pratique pour en avoir lasolution.Nous voici donc en prsence de deux thses entirement opposes:M. E. Cou, qui appelle sa mthode auto suggestion consciente et, en cela, ilcommet un abus de langage table uniquement sur l'inconscient mis en veil parl'imagination pour accomplir en nous des miracles. La mthode du psychologue nancense rduit ce fait : faisons un rve, le plus doucement possible, sans effort; imaginonsque nous sommes en parfaite sant, que rien, l'avenir, ne pourra troubler notre quitude,entamer notre quilibre physique, nuire notre joie, nos succs matriels ouintellectuels. Si nous l'imaginons suivant la formule, sant, joie, bonheur, succsviendront comme par enchantement. Surtout, ayons bien soin de ne pas accomplir unacte volontaire, ne faisons pas le moindre effort, nous perdrions tout le fruit dutraitement commenc. Ce qu'il faut, c'est rpter le plus machinalement possible uneformule apprise une fois pour toutes, une formule de quelques mots dont il ne faut paschercher le sens, d'ailleurs fort vident. Mais surtout, surtout, viter tout acte volontaire.Fort d'une exprience dj longue et journellement poursuivie, nous n'hsitons pas dire qu'une telle conception est errone. Si on se conforme la lettre de ses prescriptions,on va nettement l'encontre de ce qui, notre avis, est ncessaire pour la mise en valeurde l'tre humain. Nous voyons mme l un grand danger que nous ne sommes pas lepremier signaler, car il saute, de prime abord, au regard des moins prvenus: ce procd133est contraire toutes les lois de l'ducation, puisque au lieu de soumettre les impulsivitsau contrle de la conscience, il cherche crer des impulsifs, dsintgrer la synthsementale au lieu de la renforcer. C'est l qu'est, notre sens, le danger de cette mthode.Depuis les ges les plus reculs, le lent travail de la civilisation a t de dgager leconscient de l'inconscient, d'augmenter son domaine parmi les facults humaines,d'agrandir son pouvoir de contrle sur les actions mme qui semblent lui appartenir lemoins. Voici maintenant qu'il nous faudrait abandonner le terrain conquis, retourner enarrire, revenir ces temps barbares o l'homme cdait sans contrle toutes sesimpulsivits, et cela sans l'excuse d'un sentiment violent.Ce ne sont pas des impulsifs qu'il faut crer. Bien au contraire, c'est des volontairesqu'il faut sans cesse accrotre le nombre. Il n'est pas possible, en bonne rgle, de retirer legouvernement de notre usine l'tre intelligent et adapt au commandement qu'est ledirecteur pour le confier au sous-directeur qui ne possde ni les mmes facults, ni lamme prparation. Il est impossible d'attendre de celui-ci des ordres judicieux et, surtout,continus. Certes, dans un moment d'enthousiasme ou dans un danger tragique,l'inconscient peut prendre des dterminations utiles, accomplir des actions sublimes,dpasser mme ce que ferait la conscience. Mais, en dehors de ces moments extrmes, ensupprimant le choc motionnel qui exalte ses forces, magnifie sa lucidit, l'inconscientest sujet trop de troubles pour que nous lui fassions confiance. Cest lui qui dprime leconscient par ses tracs spontans, ses peurs injustifies, ses dfaillances imprvisibles,ses anxits sans cause, tout ce qui occasionne des dperditions d'nergie. C'est aussil'inconscient qui subit et transmet la pousse des instincts bas et animaux, les tentationsmauvaises. Il ne peut, il ne doit donc agir que sous le contrle d'un tre plus froid, plusclairvoyant, mieux adapt la lutte et l'action prolonge. Le directeur est fait pouravoir la haute main sur tout cela, et bien des forces seraient perdues si les rles taientintervertis. Toute autre conception, est errone; les rsultats qu'elle peut donner sontprcaires et transitoires. Les dboires sont nombreux pour ceux qui ont tout attendu de laformule rpte machinalement.Ces dceptions, n'ont, pour le psychologue, rien qui le puisse surprendre. Il suffit derflchir. Le choc motionnel peut et doit avoir des rpercussions profondes dansl'organisme, mais on ne peut attendre de pareils effets d'une phrase rpte satit etqui, par ce fait mme, perd de sa puissance suggestive. Le moment ne tarde venir o onla dit aussi froidement et distraitement qu'un phonographe pourrait le faire.M. E. Cou pose le problme en ces termes: Volont ou Imagination ? De laquelle deces facults devons-nous attendre le soulagement de nos maux, la transformation denotre tre, ce qui est la mme question transpose sur un autre plan. M. Cou affirmeque, si le conflit se produit entre la volont et l'imagination, c'est toujours cette dernirequi l'emporte. Ceci n'est pas exact et dpend du naturel des personnes traiter. D'ailleursle problme est mal pos.Nous avons vu que le conscient et l'inconscient ont les mmes facults leurdisposition. Tous deux les rgissent soit ensemble, soit sparment, mais en des formesbien diffrentes. Les facults suprieures les seules qui nous intressent en ce moment134 sont: l'attention, le jugement, l'association d'ides, la mmoire, l'imagination, lavolont. Pour toutes ces facults, nous avons vu qu'elles s'exeraient sous des formes trsvariables suivant qu'elles taient contrles par la conscience ou qu'elles chappaient ce contrle. Les deux termes opposer ne sont donc pas volont et imagination, maisconscient et inconscient, c'est--dire deux tres bien distincts, ayant chacun son caractrepropre, son mode d'agir, son habitude de se conduire trs personnelle et impossible confondre avec le procd de l'autre. Chacun d'eux possde une forme de volont il yen a tant de formes et tant de gradations ! il possde une forme de l'imagination plusou moins active, plus ou moins passive, suivant qu'elle vit sous l'impulsion du conscientqui va chercher les images ou de l'inconscient qui les subit d'o qu'elles se prsentent, etsans les contrler aucunement. Nous pourrions nous tendre longuement sur cesmanifestations des diverses facults suivant le domaine o elles s'exercent, mais forcenous est de nous restreindre, d'viter les longs dveloppements.Quoique en peu de mots, serrons cependant de prs le problme. Nous avons vu que lathorie, au premier abord, se prsente comme une ptition de principes. Passons l'examen des faits qui seuls doivent nous dcider opter pour telle mthode plutt quepour telle autre.Si nous en croyons M. Cou, il suffit, pour se gurir soi-mme, de se rpter chaquejour, un certain nombre de fois, la mme formule: Tous les jours, tous points de vue,je vais de mieux en mieux... , ou plus simplement: a va, a va... La phrase ne doitpas attirer notre attention et son sens doit nous tre, en quelque sorte, indiffrent. Il fautrendre la rcitation aussi machinale que possible. Il faut, insiste M. Cou rpter cettephrase comme on rcite des litanies. II devrait ajouter quand on les rcite sans aucunepit, ni effusion de cur, ce qui donne des prires plutt faibles !Mais M. Cou a foi dans sa formule et, cette foi, il tche de nous la faire partager.Tout d'abord, il cherche frapper notre imagination. En runion publique, cela est facile.La foule, mme forme d'units trs suprieures, la foule est toujours suggestible. Il sedgage d'elle une sorte de magntisme passif qui rend les masses, quelles qu'elles soient,minemment faibles et crdules. En outre, pour les auditeurs nouveaux, cette trangemthode prsente l'attrait du mystre. Et, pour tonner la galerie, prendre encore plusd'empire sur les tres suggrer, M. Cou a recours un subterfuge: Fermez la main,dit-il d'un ton jovial, et dites-vous que vous ne pouvez pas l'ouvrir. La personne impressionnable qui se prte l'exprience est bien naturellement mue.Tous les yeux des spectateurs convergeant sur elle lui causent un trouble d'autant plusgrand qu'elle est plus sensitive. La suggestion qui se prsente elle la trouve doncabsolument dsarme. A ce moment on lui affirmerait avec nergie que malgr tous sesefforts, elle ne peut pas ouvrir la main, qu'elle se verrait peut-tre dans l'impossibilitrelle de le faire. Ceci, c'est l'exprience banale que ralisent facilement tous leshypnotiseurs de scne. Mais l'exprience propose par M. Cou est plus facile encore. Lesuggr crant lui-mme l'image et la pense de son impuissance, il n'y a pas de luttedans son esprit. Il a ferm sa main avec l'ide qu'il ne pourra pas la rouvrir; il ne tentemme pas de desserrer les doigts. D'ailleurs, le tenterait-il que, la plupart du temps, il n'yrussirait pas. Pour d'autres raisons, ce grand motif se trouve dans la mme situationque l'artiste en scne, qui est soudain compltement inhib par le trac et qui perd le fil de135ses ides, se trouble, balbutie, bien heureux encore si d'autres troubles plus gnants ne luisurviennent pas sous linfluence de l'inconscient. Dans le cas qui nous occupe,l'inhibition est motrice et elle porte sur le mouvement des muscles extenseurs des doigts.Tout ceci est exact pour les sujets sensibles et permables la suggestion. Mais il estdes tres qui ne veulent rien accepter sans contrle, ceux que l'on appelle familirementles fortes ttes et qui l'on ne saurait faire prendre des vessies pour des lanternes. Onleur dit, comme aux autres: Fermez la main et dites-vous que vous ne pouvez pasl'ouvrir. La forte-tte a beau se rpter honntement la phrase sacramentelle, il abeau se dire qu'on lui a command de ne pas ouvrir la main, ds qu'on lui dit: Essayez !, il essaye et russit sans aucune difficult tendre les doigts qui devaient demeurernous. La suggestion n'a pas t accepte par ce sceptique; ses mains n'ont pas tbrides, immobilises; il les ouvre sitt qu'il le veut. Justement, affirme M. Cou, cecivient l'appui de ma thse. Voici le conflit devenu flagrant entre l'Imagination et laVolont. Vous avez imagin que vous pouviez ouvrir votre main et vous avez pu. Letriomphe est facile, mais il n'est qu'apparent. Le suggr peut dire, en toute honntet,qu'il n'a rien imagin du tout, qu'il a voulu voir. Et, en effet, il a vu que la suggestion neprenait pas sur lui. Aussi, cette dmonstration, malgr l'effet qu'elle peut produire, soit enrunion publique, soit dans un cercle o tous les assistants sont des fidles de samthode, cette dmonstration est absolument purile et elle ne prouve rien.M. Cou rencontre-t-il une personne suffisamment crdule ou motive ? Il lui donneaisment un choc motionnel. Ce choc a sa rpercussion dans le champ mental. Ildcontenance le nophyte, l'empche de rflchir. L'oprateur a tt fait de profiter dudsarroi obtenu pour montrer sa suggestion comme irrsistible, par le procd enfantinqu'il a choisi. Puisque votre imagination, dit-il, aussitt la personne trouble, a tcapable de paralyser momentanment le travail musculaire de votre main, cette mmefacult aura le mme pouvoir l'intrieur de votre organisme. Pouvoir double, celui decontracter ou de dtendre, d'augmenter ou de paralyser vos fonctions vitales. Vous allezinstantanment tre soulag de tous vos maux... Et voici notre patient, tremblant etcrdule, qui attend le miracle et dj le crot possible. A cette minute o tout contrle estaboli dans son esprit, il reoit la formule comme un charme envelopp de mystre. Il esttroubl encore, mais plein de confiance et il se rptera ce soir, du ton le plus monotone,avec la plus complte atonie d'esprit qu'il lui sera possible de raliser: a va, a va ! et il s'endormira paisiblement. Durant les premires heures, durant les premiers jours sisa foi est robuste, son imagination se donnera carrire et peuplera ses penses et sessonges de rveries dlicieuses o tous ses maux seront abolis.Mais l'imagination, sous cette forme passive, n'est-elle pas la folle du logis ? Elleest essentiellement instable, d'autant plus sujette variations que le sujet est plus nerveuxet impressionnable. Dans des phnomnes aussi violents, l'oscillation est de rgle.Aujourd'hui, elle est frappe par le gurisseur dont chaque mot devient parole d'vangile;elle construit donc des rves magnifiques et se croit gurie presque magiquement. Maisdemain ? Demain, en toute certitude, une autre orientation de pense se sera produite, laraction s'oprera sous une forme ou sous une autre et l'effet de la formule magique ne seproduira plus que trs mollement. Au reste, le choc motionnel s'use par l'accoutumance.Le sujet, d'abord soumis, reprend peu peu possession de ses facults psychiques. Le136voici qui observe, qui raisonne, qui doute. Maintenant, il ne se laissera plus surprendre.S'il lui vient l'ide de se soumettre de nouveau l'exprience qui l'avait tant frapp laveille, il se rendra compte sans difficult que ce qu'il ne pouvait faire hier, il le peutparfaitement aujourd'hui. Il peut volont, ouvrir sa main ou la garder ferme. Laformule est donc sans effet ! C'est que le choc motionnel une fois effac parl'accoutumance, ce n'est plus l'imagination qui mne le jeu mais l'attention, la volont, lejugement. Ds lors s'croule le chteau de cartes et l'auto suggestion, sur laquelle toutavait t fond, n'a plus de prise sur le sujet.Le psychologue voit tout de suite l'cueil de cette mthode. Compter sur les ractionsmotionnelles inconscientes qui doivent tre d'une telle puissance qu'elles clipsentles facults suprieures de l'esprit c'est, par cela mme, rduire quelques malades,gravement nvross, la porte d'une telle forme de suggestion. Ceci explique lesnombreux insuccs de la mthode auto suggestive qui tente, rve chimrique, d'utiliseren thrapeutique organique ou morale, les capricieuses fantaisies de l'imagination. Quecette technique donne de bons rsultats quand il s'agit d'tres trs impressionnables, denvropathes, nul ne le conteste; mais que ces rsultats soient profonds, durables, non.L'exprience journalire le prouve.Les rsultats durables encore sont-ils limits des cas sans lsion organiqueprofonde, sans trouble mental, sans dsarroi moral bien dtermin, ces rsultats sontdus ce que prcisment, les malades, les dprims dans leur dsir de gurir, de rtablirleur quilibre, font prcisment le contraire de ce que M. Cou leur commande. Ils serptent bien la formule, mais non pas machinalement, sans y prter nulle attention ; ils ymettent une foi ardente, robuste; ils se sentent mus, secous. C'est cette volont active,fortement tendue, cette motion entretenue par le vif dsir de la gurison qui est levritable agent thrapeutique.Le bluff , pour M. Cou et il le reconnat volontiers est l'lment fondamentalqui fait travailler l'imagination. Du fait de ce curieux subterfuge, il peut arriver certainseffets lgers. Mais, nous ne saurions trop le rpter: dans la trs grande majorit des casles rsultats sont illusoires. Que peut-on d'ailleurs attendre de durable d'une tellemthode ducative ? La personne traite demeure comme auparavant avec ses mmesfaiblesses, ses mmes tendances morbides, son mme manque d'attention, d'associationd'ides, de jugement, de volont. Elle garde surtout sa mme impressionnabilit, qu'elleaggrave encore par la forme du traitement. Il n'y a donc rien d'extraordinaire ce que lesmmes causes reproduisent sans cesse les mmes effets et que des circonstancesviolentes amnent les mmes troubles, les mmes craintes, le mme manque de confianceen soi, le mme cortge de misres, de faiblesses, de dpressions, de dboires.Un psychologue ne saurait s'y tromper. M. Cou table sur l'imagination passive, quiest une source de faiblesse, pour donner de nouvelles forces, pour obtenir uneamlioration. Les termes de la question en dmontrent l'illogisme et l'insolubilit par lesmoyens mis en uvre. Il suffit pour s'en rendre compte de gnraliser toutes lesfacults ce que M. Cou demande l'imagination:Voici un lve en classe. Son professeur le voit distrait, occup de toute autre choseque de son cours et lui en fait le reproche, mais l'lve lui rpond : II n'est nullement137utile que j'coute vos paroles, je n'ai qu' me dire a va... a va, d'ici quelques minutes, jesaurai parfaitement tout ce que je n'ai pas entendu... Pour le jugement, il n'est nul besoin de se creuser la tte pour dcouvrir les moyensd'obvier une situation difficile. On se rpte: a va, a va... et, tout coup, lasolution dsire se prsente dans un clair, comme un diablotin de ferie.La mmoire agira de mme. On se promnera bientt avec son livre dans sa poche et,aprs avoir rpt a entre, a entre... un nombre rituel de fois, on aura appris lesanscrit ou les fables de Lafontaine.Les associations d'ides, qui ont une telle importance, la fois dans l'instruction etdans la direction de la vie, ne seront pas davantage guides ou imposes. On dira a va,a va... et, soudainement, la pense que vous cherchiez, le mot dont vous aviez besoinarriveront votre esprit. Il suffit de dire ces mots, de dcrire ces impossibilits pour voir quel point elles sont absurdes. Chaque jour, la pratique dment la thorie et, chaquejour, les faits dmontrent que l'on ne gagne rien sans peine, que l'effort seul estrcompens, que l'homme n'a que ce qu'il mrite heureux encore s'il a ce qu'il amrit.Quelle est donc la mthode que nous prconisons, celle qui, depuis 15 annes, nous adonn sans cesse des rsultats satisfaisants et durables ? Elle consiste, avant toute chose, dvelopper les facults suprieures de l'esprit. Elles seules accroissent notre bagagepsychique, intellectuel et moral. Elles seules peuvent combattre efficacement de faondurable et non pas seulement l'espace d'un matin nos tendances infrieures, nosdfauts, nos faiblesses.Les outils qui nous permettront de buriner en traits nouveaux sur le solide mtal denotre me fortifie, ce sont les facults suprieures: l'attention, le jugement, l'associationd'ides, la mmoire, limagination. Toutes doivent concourir nous doter d'une volontferme, puissante, toujours gale elle-mme. Mais, pour en arriver l, nous devonsutiliser ces facults dans leur mode le plus actif. Durant l'effort mental, la priode demise au point, il ne faut point d'automatisme. Ne fermons pas les yeux pour voir;ouvrons-les tout grands sur la ralit du monde, afin que pas un dtail ne nous chappe,afin qu'aucun obstacle ne nous surprenne.Pour arriver aisment au but, il faut jouer son rle. Pour ce faire, je fais appel, certes,aux ressources de l'imagination. Il faut voquer devant ses yeux le personnage que l'onveut imiter, que l'on veut devenir, le camper, lui donner de la vie, le parer de toutes lesqualits qu'on envie. Ici, l'imagination se montre puissante, constructive, active surtout etc'est la seule qui porte des fruits au plus profond de la personne humaine, qui l'meuvepuissamment et dtermine dans l'esprit le pli psychique qui rend stable automatique, mais aprs un puissant contrle le rsultat prcdemment acquis.II y a donc un abme entre les deux mthodes; l'une tablant exclusivement surl'inconscient, utilisant la force la plus fruste de l'imagination, et la ntre qui met en jeu leconscient et, par lui, les forces suprieures de l'esprit. La premire sduit videmmentceux qui ont peur de la lutte, qui trouvent bon d'tre passifs et qui prfrent desrsolutions utiles l'espoir chimrique de se gurir en rptant satit une formule. Ilsobtiennent quelquefois des rsultats momentans mais qui, par l'accoutumance rapide, ne138tardent pas s'oblitrer plus vite encore qu'ils se sont produits. La ntre a non seulementpour avantage de librer dans l'organisme des forces vives, sans cesse entretenues parune orientation de pense, une motion heureuse, mais elle renforce l'attention, lejugement, l'association des ides, la mmoire, l'imagination dans leur forme la plusleve et c'est toute la conscience qui gagne et s'panouit. Nous ne voulons restreindreaucune des facults suprieures de l'esprit; au contraire nous faisons de chacune d'ellesun instrument de plus en plus prcis. Ce n'est donc pas un petit rsultat ni un rsultatpassager que nous promettons nos lves, mais une transformation profonde, uncomplet panouissement.Que faire, en prsence de mthodes si diffrentes ? Accorder foi notre parole, suivrela multitude de ceux qui ont t transforms, qui nous manifestent chaque jour unenthousiasme plus vif. Ensuite, faire comme eux, suivre leurs traces, vouloir les imiterdans leur progression continue. Les premiers efforts ncessitent quelquefois un peud'nergie, mais, eu retour, que de satisfactions ! Quelle joie de trouver au fond de soi-mme des forces vives ! Quelle joie de sentir tous les ressorts du corps et de l'me agiravec souplesse et prcision comme une machine parfaite ! Quelle joie de diriger sesactions en pleine conscience, de voir la sant refleurir comme une plante que lon porteaux doux rayons du soleil !Ce qu'il faut, c'est acqurir la certitude que personne n'est au-dessous de sa tche.Certes, il faut s'astreindre jouer son rle, le vivre activement, s'en pntrer. Maiscomme la tche est facilite, ds que la ncessit nous apparat en pleine lumire, ds quenous savons qu'avec un peu de bonne volont et de persvrance nos facults vont seperfectionner sans cesse. L'effort n'est-il pas d'ailleurs la loi de la vie ? Nous n'avonsdonc pas le redouter. C'est l'inaction qui est nuisible. Quand notre cur s'arrte, la mortne tarde point. De mme, l'inertie de nos facults les abaisse et les dprime. Si l'homme est qualifi pour l'action, il faut reconnatre que la femme l'est moins.L'homme, en gnral, est plus volontaire, la femme est plus impressionnable. Chez l'un,la volont domine, chez l'autre une sensibilit qui est la fois sa limite et sa force. C'estpourquoi ces deux tres si diffrents sont complmentaires l'un de l'autre. On ne sauraitconsidrer la femme comme infrieure, si peu que ce soit, au point de vue psychique etmental; mais il est certain qu'elle aura plus de difficult vouloir, surtout d'une volontcalme, ferme et constante. C'est pourquoi elle est d'ordinaire plus porte que l'homme chercher une protection, un appui sur quoi baser sa volont parfois chancelante. C'est lerle de la religion, dont tous les rites sont combins pour tre le rappel des vritsconsidres comme utiles la direction de la vie, dont toutes les crmonies sont rglespour mouvoir, pour transposer du matriel au plus lev ce pouvoir motionnel qui estsa caractristique. La femme et bon nombre d'hommes demande la religion unappui, et, par elle, fait appel des forces bienfaisantes dont la prsence ressentie fomenteson espoir, soutient ses bonnes rsolutions dans la lutte et la fait se rsigner aux douleursque l'on ne saurait viter.Voyez un fait plus modeste: la croyance en quelque amulette porte-bonheur. Il semble,du point de vue rationnel, qu'il n'y a aucun avantage porter telle ou telle chose, mais, sion y puise des forces, la sensation d'tre assist par des lments invisibles donne lieu une auto suggestion qui peut tre d'un grand bien. On ne peut le nier, cette amulette, cette139crmonie religieuse sont, pour la femme et pour certains hommes impressionnables, unappui moral. La femme surtout y trouve un rconfort dont sa sensibilit est mue. Sonespoir renat aprs la crise. Elle se trouve arme d'une volont plus calme, d'une force quine lui serait pas directement venue. Nous utilisons cette rceptivit motionnelle surtout dominante chez la femme pour une forme nouvelle d'auto suggestion.Nous l'avons dj dit par ailleurs, l'tre humain est en contact avec l'extrieur par deuxsources diffrentes: le cerveau et le cur. Ces sources ne sont point antinomiques; elless'quilibrent l'une l'autre comme feraient les deux plateaux d'une balance. Si lquilibreest parfait, si les deux plateaux se sentent vritablement solidaires, pour peu que l'ontouche l'un d'eux, l'autre ne manque pas d'osciller. Nous utilisons ces deux voiesd'accs pour agir sur l'tre humain. De l nos mthodes qui tendent, suivant les cas, donner soit la secousse morale, soit le choc motionnel. Ces actions dans les deuxchamps mental et motionnel ont mille nuances; mais ceci est un problme tropimportant et trop dlicat pour tre envisag ici. Nous en avons fourni des lments dansnotre Science secrte, et nous nous proposons d'y revenir plus en dtail dans des travauxultrieurs.Disons seulement et c'est le but de cette diversion que l'action motionnelle peuttre faite par le thrapeute soit sur les malades qui sont directement auprs de lui, soitchez ceux qui se trouvent retenus au loin. A vrai dire, dans les deux cas, les procds misen uvre sont fort diffrents. Journellement, nous voyons des malades, des dprims, desdsesprs revenir la vie, renatre nos yeux sous l'influence d'une pense, d'un chocmotionnel. Nous les galvanisons, nous les transformons, nous librons en eux des forcesvives qu'ils ne souponnaient mme pas. C'est le miracle, nous crient-ils ! Oui, le miracle! Il est souvent possible.De loin, notre action est toute diffrente. La suggestion motionnelle que nousintentons est plus douce. Elle s'inspire des actions protectrices et s'entoure d'un certainmystre. Alors, la pense du gurisseur trouve dans la partie motionnelle de celui qu'iltraite, un champ propice son action. Le malade, le dolent, heure fixe, se recueille. Ils'isole dans une pice silencieuse. Il lve son esprit, il ouvre son cur aux effluves quilui sont envoys. Il reoit bientt la pense amie qui vient vers lui, la messagre debonheur qui l'entoure, le protge. Une auto suggestion puissante nat, s'incruste dansl'inconscient, gagne le conscient qui l'accepte. Elle tire sa force du mystre, du rite, dusilence; elle est retenue et chaque jour renforce par un nouvel apport de penses, et lagurison s'accomplit ! Le malade sent les effluves bienfaisants apaiser ses douleurs. Desmotions doues et salutaires provoques par les penses ainsi transmises, dterminenten lui une quitude nouvelle, augmentent un bien-tre sur lequel il ne comptait plus. Dessymptmes meilleurs apparaissent. De jour en jour, devant les rsultats acquis, la foi serenforce, et la foi n'est-elle pas capable de soulever les montagnes ?Les penses protectrices agissent d'autant mieux sur le malade que celui-ci secondevolontairement leur action. Tout leffort du psychologue doit tendre faire agir, penser,vibrer. Il n'a rien esprer de la passivit dprimante. Il doit s'en carter au contrairepour laisser tout pouvoir l'action. On doit penser ds le dbut du traitement que, lapriode douloureuse passe, l'tre se retrouvera prt agir, duquer les autres, porterplus de calme dans ses propres penses, prendre des dcisions nouvelles pour aiderceux qui ont besoin de lui aprs avoir reconquis son propre quilibre moral. C'est aprs140cette premire gurison que l'tre, remis en possession de lui-mme, est enfin capable dejouer rellement son rle.Nous avons dj expos ce principe que, pour faonner d'abord sa pense, puis seshabitudes selon que l'on a souhait devenir, le moyen le plus sr et le plus pratique est dejouer un rle.Pour jouer ce rle, il faut, l'instar des grands comdiens, imaginer que l'on est dj lepersonnage que l'on veut devenir. On doit en prendre, autant que faire se peut, autant quel'on peut se les figurer, les attitudes, les gestes, l'intonation de voix, le regard, ladmarche, toutes les formes extrieures. On s'efforce d'agir, dans toutes lescirconstances, comme on pense qu'agirait celui que l'on veut imiter, dans descirconstances analogues, et on conforme sa pense ce que l'on connat des siennes.Contrairement d'autres mthodes, on n'attend pas la gurison ou le succs d'uneparole ou d'une formule rpte machinalement, en soumettant l'intelligence et la volontlucide l'impulsivit cre. Au contraire, on est attentif, conscient de l'importance durle qu'on s'est impos. On pourrait mme s'exagrer sans danger cette importance, tant ilconvient de savoir ce que l'on est en train de faire et pourquoi on l'a entrepris. Dans cesconditions on ne tarde pas constater les heureux rsultats de la mthode que l'on achoisie. L'habitude volontaire cre le pli psychique sans lequel ces rsultats neconserveraient pas un caractre durable.A quoi la volont fait-elle appel pour russir dans son uvre de reconstruction de lapersonnalit ? A l'imagination, certes, mais non plus une imagination folle, drgle,sans contrle. Il s'agit ici d'une tout autre forme de l'imagination, d'une forme suprieure:l'imagination, reprsentative, facult qui nous permet de faire apparatre notre espritl'image qu'il a choisie, avec une nettet toujours plus grande, l'exclusion de toute autreimage. Ici l'imagination fait apparatre le personnage imiter. Chez la personneentrane, cette imagination devient mme cratrice; elle ne se borne plus imiter, copier; elle donne la possibilit d'innover, de construire des types suprieurs ceux quenous rencontrons dans la vie quotidienne. Ce type idal, nous le construisonslogiquement avec des donnes empruntes tout ce que nous estimons grand et puissantautour de nous, de mme qu'un habile artiste emprunte plusieurs modles divers traitsncessaires construire sur la toile ou dans le marbre son idal de beaut parfaite. Oitvoit donc qu'il ne saurait tre question ici de l'imagination cratrice automatique tudiepar Baillarger et Paul Janet, mais de l'imagination cratrice volontaire, consciente, quiexige du discernement. L'auto suggr n'est plus un tre passif qui marmonne desformules aussi indiffremment que ferait un moulin prires. Il met volontairement sesfacults psychiques en action et obtient ainsi un rsultat bien suprieur.De cet tat, M. P. C. Jagot a donn une image assez heureuse : L'inconscient, dit-il, figure peu prs la chambre noire de l'appareil photographique.En disposant convenablement devant l'objectif, qui sera ici l'imagination, une idequelconque, celle-ci se clich dans l'inconscient, qui en tire ensuite automatiquement, ennous-mme, une preuve gnratrice. . (Paul C. Jagot. Mthode pratique d'autosuggestion, Paris, s. d. (1923) p. 58. )On conoit trs bien que cette sorte de prise de vues ne saurait se faire au hasard et141qu'elle doit tre dirige par un oprateur ayant du discernement, de la mthode, du sensartistique, faute de quoi les clichs seraient sans valeur. Un choix est ncessaire, et cechoix demande du got et du jugement, sinon ces clichs ne seraient qu'un poids mortsans utilit pour le sujet. Une collection n'a pas de valeur par le nombre des objetscollectionns, sans quoi le plus obscur bazar serait suprieur au Muse du Louvre; c'estla valeur artistique et intrinsque de chacun des objets runis qui fait l'importance de lacollection. Le premier stade de cette forme d'auto suggestion est donc toujours la mise enuvre du conscient. Ensuite, seulement, l'inconscient accomplit sa mission de conserverles clichs, de les classer mthodiquement, de manire pouvoir les faire paratre en casde besoin, au moment o le conscient en exprimera le dsir.D'autres erreurs sont signaler dans les mthodes de rducation de la personnalithumaine. Certains psychologues ont cru bien faire de dpasser le but, de nier totalementles bienfaits de l'imagination; ils ont voulu la supprimer entirement. C'est une fautegrave. Il faut une imagination, il faut des images sensibles qui puissent servir de base l'acte conscient, l'effort utile. L'imagination joue un rle trs important dans toute notreproduction intellectuelle. Une imagination faible, aride, quasi nulle est nfaste pour l'trehumain qui se trouve ainsi dpossd de l'une de ses facults les plus cratrices. Il estdonc nuisible de la nier ou de la traiter en ennemie.Certains psychologues, imaginant que l'intervention de l'imagination estncessairement funeste, ont suppos que leur suggestion prendrait mieux si leur maladetait priv de toute raction, mis en tat de somnolence. Ainsi, le Docteur Coste deLagrave pense que le meilleur tat pour pratiquer l'autosuggestion est la somnolence quiprcde ou accompagne le sommeil. Dans cette somnolence, dit-il, toutes les facults sont au repos. L'abstraction del'individu peut tre complte. Par abstraction, on entend cette puissance de l'individu sesparer du monde extrieur pour ne penser qu' un seul objet. Certains savants,mathmaticiens ou philosophes, sont arrivs la puissance d'abstraction par un travailcontinu et par un entranement obtenu dans la priode de veille. Cette abstraction a lieubien plus facilement dans la somnolence qui accompagne le sommeil. ( Docteur Costede Lagrave. Petite mthode d'auto suggestion. Revue de lhypnotisme, mai 1902 )L'erreur que nous signalions vient ici de la fcheuse confusion de deux tats biendiffrents: l'isolement et la concentration mentale. Le premier est la dtente, le repos del'esprit, et la seconde est sa priode d'effort. Il faut cependant distinguer: de deux chosesl'une, ou notre activit s'teint, ou nous concentrons toute notre pense en vue d'un effet produire, d'un acte accomplir.Si notre activit s'teint, si nous somnolons, il n'est pas possible de nous donner unordre qui soit dment enregistr et qui puisse tre excut fidlement. Au contraire, sinotre lustre psychique brille de tous ses feux, si notre attention donne son effortmaximum, nous nous concentrons autant qu'il nous est possible et nous obtenonsprcisment et seulement ainsi cet tat d'abstraction dont parle le Docteur Coste deLagrave. Cet tat d'abstraction est l'inverse de la somnolence, de la dtente, de cet tatpsychique que nous appelons l'isolement, tat qui s'oppose la concentration mentale,puisqu'il est la privation aussi complte que possible de toute pense, tandis que la142concentration que le Docteur Coste de Lagrave appelle abstraction est l'attentionpousse l'extrme sur un seul point donn.La mme erreur et plus grande encore est commise par ceux qui s'imaginentpouvoir duquer leurs facults en se plaant eux-mmes dans un tat d'hypnose. Cetteerreur provient de ce que nombre d'auteurs, au cours de ces cinquante dernires annes,ont affirm qu'il tait possible, en plongeant quelqu'un dans le sommeil, de lui fairecroire que ses troubles disparaissaient, de lui donner ainsi la sensation qu'il tait guri, dele gurir en le portant agir de la mme manire que s'il tait guri en ralit. C'est lune erreur, ainsi que nous le verrons dans le prsent Cours. Aprs tude, on peut dire quela suggestion impose a fait faillite. La conscience surtout la conscience enpossession des facults qu'elle doit rgir, n'accepte pas qu'on la rudoie, qu'on labrutalise. Il y a toujours, mme au fond des sujets les plus passifs, un lgitime dsird'indpendance, un besoin de libert qui nous fait rejeter toute contrainte, toute mainmise sur notre conscience. Donc, par cette voie, le psychologue n'obtiendra que desrsultats illusoires, le plus souvent passagers. C'est pour ce motif que nous avonssubstitu cette mthode illogique et immorale de la suggestion impose, la mthoderationnelle et ducative de la suggestion raisonne. L'affirmation des premierssuggesteurs (Libeault, surtout) qui ne voyaient de salut que dans la suggestion imposeen tat d'hypnose a fait natre cette mthode d'auto suggestion en sommeil provoqu parun procd ou par l'autre. Cette mthode tant base sur une erreur, ne peut donner quedes rsultats illusoires ! La raison en est toujours la mme; Si nous somnolons, si nousdormons, si nous nous privons de la collaboration de nos facults suprieures, notreconscience est teinte; elle ne peut accepter les suggestions qui lui sont offertes; il lui estdonc impossible de faire accepter l'inconscient des donnes qu'elle n'a point admises enconnaissance de cause, et qu'elle ne saurait ordonner. Seule, la conscience a qualit etpuissance pour donner des ordres, quand ces ordres lui sont connus, quand elle adtermin par elle-mme s'ils sont utiles ou nuisibles.Dlaissant l'inconscient, certains psychologues ont pntr dans la conscience pour enrechercher les imperfections et les tares. C'est de l que proviennent les mthodesrpandues spcialement en Suisse, sous le nom de psychanalyse. Nous dcouvrons danscette mthode un autre cueil, au moins aussi grave que ceux que nous venons demontrer notre lecteur. En premier lieu, il est difficile, sinon impossible, au malade depntrer dans sa conscience, de voir clair dans ses troubles, d'avoir la fois ledsquilibre du malade et la lucidit du mdecin. Le pourrait-il qu'il y aurait, dans cetteanalyse de soi-mme, un danger facile comprendre. Certes, il faut que le maladecomprenne son tat, se rende compte de ses troubles, de ses dfaillances. Mais, lesregarder constamment et attentivement, les dtailler, y penser sans cesse, il ne peutmanquer de les aggraver, car nous sommes naturellement ports voir en noir et defaon tragique ce qui nous cause de la douleur et de l'ennui. Si ce n'est pas absolumentdans tous l'es cas on peut tre affirmatif en ce qui concerne une immense majorit.Prenons, pour exemple, un traqueur. Il sait qu'hier, en affrontant le public, il s'estsoudain trouv saisi par le trac. Ses jambes ont trembl. Tout a tourn devant lui. Larampe n'a plus t qu'un brouillard lumineux. Sa gorge s'est rtrcie de manire ne pluslaisser passer la voix. Une pleur extrme a retenu son sang ou bien il s'est empourprd'un afflux subit. A la seule ide de rentrer en scne, le souvenir de cette dfaillance luiest extrmement pnible. S'il se conforme la mthode des psychanalystes, notre malade143va voquer ses troubles, les vivre de nouveau, se sentir derechef plir, rougir, trembler,suffoquer. Il puise dans ce souvenir la certitude que la soire qui va venir, si elle n'estpire que la prcdente, sera du moins aussi mauvaise. Plus il voquera son trouble, plus ilen scrutera les causes et les effets, plus il en augmentera l'apprhension et par consquentl'intensit. On peut tre certain que, loin de gurir, il deviendra de jour en jour plusmalade.Ce qu'il faut, au contraire, c'est ne plus penser ses faiblesses, ses dboires, sestristesses, tout ce qui a t dans le pass une cause de douleur et un amoindrissement.C'est l'avenir que nous devons considrer. Il n'est pas de ruine qui ne se relve. La Naturenous en fait voir le magnifique exemple. L'hiver a tout dtruit en apparence. La neiges'est amoncele. Les pluies ont ravag ce qui fut le jardin dlicieux et, ds que le premierrayon du printemps se fait sentir, les fleurs reparaissent dans leur souriante dlicatesse,les oiseaux refont leur nid sur l'arbre dont chaque branche est un bouquet de feuillages,de parfums et de chansons. Tout n'est qu'espoir, joie, posie, vie et bonheur profusion.Et pour vous, qui souffrez aujourd'hui, quel sera votre avenir ? Ce sera unpanouissement de toutes les qualits qui sommeillent en vous. Que le soleil paraisse,qu'un ami vous apporte la bonne parole et vous allez renatre. Cet avenir tout proche,nous le magnifierons ensemble. Tous deux, nous allons semer les fleurs que lesnouveaux bonheurs ne vont pas tarder faire clore. Je veillerai sur vous, afin qu'un brasami soit prt vous soutenir aux heures de dfaillance.Vous vous croyez peut-tre incapable de surmonter fatigues et chagrins. Dsirez lesqualits qui vous sont ncessaires, souhaitez les pouvoirs dont vous avez besoin, faitesappel aux facults dont vous ne sentez pas encore l'existence mais qui sont latentes envous. Dsirez reprendre ou tenir la place dans les activits du monde, dans ce foyer quiest le meilleur but que puisse atteindre un cur aimant et sr. Vous tes un lment de lagrande famille humaine. Il serait coupable de demeurer inactif quand tous vos frrestravaillent.Jouez votre rle ! Voyez le sommet o brille le temple de la paix. Partez l'assaut despentes escarpes. Je vous aiderai dans ce labeur. J'terai les pierres du chemin. Ne vouslaissez pas abattre. Voyez haut et grand. A mesure que vous vous lverez, un plus vastepanorama se droulera devant vos yeux et vous loignera de la terre, de ses intrtscupides, de ses liens bas et vulgaires. Cherchez votre affranchissement loin des maraisimpurs. Vous allez entreprendre cette ascension. Ayez d'abord la foi qui vous soutiendradans l'effort. Ayez foi dans vos forces qui vont natre et crotre sans cesse; foi en moi quivous seconderai; foi dans le succs final qui ne saurait manquer de couronner votrelaborieux effort.Ne vous croyez jamais au-dessous de la tche. Sachez avec certitude qu'il n'est aucunetare qu'on ne puisse combattre, de fardeau hrditaire qu'une ascse judicieuse ne puisseallger, de troubles qu'une volont ferme et claire ne puisse rduire, de faiblesses qu'uneffort constant ne puisse surmonter, de dsarroi moral qui ne puisse trouver la paix dansla certitude de la vrit, dans une lumire toujours grandissante. Par une directionclairvoyante, vous pouvez venir bout de tout ce qui vous inquite.Rompez surtout, rompez entirement avec le pass douloureux, avec les souvenirsmauvais, avec les funestes rancunes. Ne conservez dans votre cur aucun de ces144sentiments; qui avilissent et dgradent.Avant de vous mettre en marche vers les sommets lumineux, regardez-moi bien enface. Je veux lire dans vos regards le dsir de vivre une vie droite, forte, honnte, enpleine possession de toutes les facults qui sont l'honneur de l'tre humain. Si vous avezdes intentions pures, les mains nettes, le cur plein de nobles penses, vous trouvereztoujours un appui dans ma pense. Si dans vos yeux voils de pleurs, je vois de lasouffrance, de l'accablement; si je vous sens ploy sous le fardeau de vos peines,j'accourrai vous de tout mon cur. Unissons nos efforts, ayez la volont de briser cequi vous enserre, ce qui vous opprime. Tentez de vous lever vers les clairs sommets.Magnifiez votre me par les plus vastes, les plus sublimes esprances et vous lesraliserez. C'est vous qu'il appartient de faire l'effort, mais je soutiendrai vos pas sur laroute. Soyez-en certain. Ayez la certitude de vaincre et vous vaincrez.Lorsqu'un malade vient moi, courb par la douleur, prostr, abattu, il m'est souventfacile de lui rendre la vie, le courage, la sant. Ds qu'il a franchi le seuil, un regard ami,une poigne de main fraternelle, une parole chaude, la comprhension de sa peine et desa fatigue, et voici le dolent saisi de confiance qui me confie ses tourments, qui m'ouvreson me toute grande. Cette confidence mme est dj un soulagement ses maux. Celuiqui souffre, qui n'est pas toujours compris par son entourage est heureux d'avoir trouvsur sa route un peu de douceur, de compassion, une force calme et non la raillerie deceux qui nient sa douleur. Avec quelle joie il accueille les paroles qui rconfortent, quigalvanisent, qui transfigurent !Trs souvent, je vois le malade dsempar, priv de tout ressort, de toute foi, dgotet las de la vie. Il faut bien peu de chose, la certitude d'un appui, pour que ce maladerenaisse, voie de nouveau s'ouvrir devant lui les longues perspectives des travaux faire,des affections nouer, du foyer construire. C'est une rsurrection. C'est le miracle. Oui,c'est le miracle et, parfois en quelques minutes, celui qui tait entr lourd de douleur,courb comme un vieillard, renat et se ranime, rit l'aube de ce nouveau jour. C'est quele psychologue, celui qui pntre le secret des mes, peut, souvent avec une rapiditdconcertante, librer dans le malade, qui se croit bout de ressources morales etnerveuses, des nergies formidables. L'asthnique pour qui la moindre dcision tait uneffort impossible se lve et prend courage. Le neurasthnique brise le cercle de pensesdprimantes dans lequel il tait enferm et retrouve sa pense claire. Le dolent qui nevoyait pas d'autre issue que le suicide, sort de l'ombre paisse et s'bat dans la joyeuselumire. C'est un miracle, dit-on !Quels miracles ne ferions-nous pas, si chacun savait ! Si chacun avait connaissance detoutes les nergies qui sommeillent en lui. Celui qui a la cl de ce trsor dit auparalytique: Lve-loi , et il marche. Le choc motionnel est une force presque infiniedont chacun pourrait disposer, s'il prenait la lgre peine de se prparer cetteconnaissance, aux devoirs que cre une force, une science qu'on possde. Quelquefois, ilne faut qu'un mot, qu'un geste pour faire revivre un mourant, faire sortir de l'atonie celuiqui avait perdu tout espoir.Tous devraient pouvoir dire avec la certitude de russir, avec la force qui nat de lavrit : Malade, aie confiance, relve la tte. Tu vas gurir. La flamme que tu vois briller145dans mes yeux, cet clair de joie qui illumine toute ma vie, qui m'embrase de ses feux;cette ardeur joyeuse qui me transporte, je veux qu'elle brille en toi. Une tincelle se cachesous la cendre de tes dceptions. Je vais la ranimer, et quand reparatra la flamme, jeveillerai sur elle comme les initis du sanctuaire veillaient sur le feu sacr. Ds cetteminute, mes espoirs sont dj les tiens. Que ma certitude soit la tienne ! Je ferai de toi unhomme, un tre entirement nouveau sur lequel les peines, les douleurs n'auront plus deprise, un dominateur du monde intellectuel, ddaigneux des vils intrts... Le mal dont vous souffrez, je l'ai dj vaincu. Vous souffrez, avant tout, de ne pasvous connatre. Si vous saviez quelles forces merveilleuses, quelle puissances magiquessommeillent au fond de vous ! Si vous saviez quelles facults vous possdez qui voussont encore caches et que nous allons veiller, faire clore pour vous redonner la joie !Il faut que cette joie vous vienne. Prenez conscience de vous-mme. Cessez d'tre celuiqu'on plaint, inutile fardeau de lui-mme et des autres. Ragissez ! Relevez-vous ! Vousle devez vous-mme, votre famille, votre entourage, votre race pour qui vousdevez tre un exemple. Il le faut. Vous allez russir.La minute o je vous parle est dcisive. Je vous dis: relevez la tte, levez-vous etmarchez. Comprenez bien mes paroles. Acceptez-les avec la mme ardeur que je mets vous les dire. Elles vont changer votre vie. Toutes les merveilles du monde vontapparatre vos veux.Vous qui me lisez, coutez ce que dit Victor Morgan: Si, distinctement, dans le fond de votre me, s'lve, ne ft-ce que la dure d'unclair, la conviction, la certitude que vous dsirez tre un grand caractre, que vouspouvez l'tre, que vous le serez, alors ! Alors, de toute la puissance de ma foi, de monenthousiasme, de mon amour, je vous crie victoire ! Victoire ternelle ! Gardezreligieusement en votre me le souvenir de ce jour bienheureux... Puis mettez-vous luvre et, bravement, patiemment, parcourez la route, tape par tape. (VictorMorgan. La Voie du chevalier, Paris, s. d. )Ne croyez pas que, pour arriver au but que je vous montre, il soit ncessaire depossder des forces dmesures, d'avoir pratiqu des ascses extraordinaires. Vivezsainement, selon les lois que la Nature vous impose, et vos forces seront assezabondantes.Analysez-vous sans vanit et sans crainte. Connaissez vos faiblesses. Mais, quandvous les aurez pntres, ne vous y ternisez pas. Ne vous puisez pas sur cesconstatations pnibles. Construisez un rve grandiose sur les ruines du mal que vousaurez dtruit. Crez votre avenir. Voyez-le haut et grand. Il faut viser haut pour atteindrele but. Cherchez tout ce qui donne des ailes. Trop de choses vous attirent en bas.En vous, l'espoir se lve comme le soleil du matin. Le fardeau qui vous opprimaits'vanouit. Le brouillard se dissipe. Votre cur se rjouit. Que vous font les vnementsextrieurs ? Ce n'est pas vous qui tes leur jouet. A prsent, vous allez les vaincre, lesdiriger comme il convient. Si vous ne pouvez en changer le cours, du moins vous enserez le matre.Sachez bien qu'il n'est pas didal trop haut pour l'homme qui a conscience de sadignit. Les plus magnifiques espoirs sont permis celui qui a plac son dsir au-dessusde lui-mme. Tout vous sera accord du moment o, renonant toutes comptitions146intresses, vous aurez mis votre bonheur en conformit avec celui de ceux qui vousentourent.Victor Morgan l'a dit judicieusement: II n'y a aucune limite la quantit de force cratrice, excutive, que nous pouvonsemmagasiner et canaliser, si notre volont la dirige conformment au plan suprieur del'Univers, c'est--dire l'emploie en actions constructives, aptes perfectionner notrecorps et notre me et assurer le bien de nos semblables. Pour savoir si vous possdez cepouvoir, il faut commencer agir comme si vous le possdiez. Il faut dire au paralytiquequi est en vous: Lve-toi et marche. Admettez donc pour commencer que vous possdezle pouvoir et, maintenant cette croyance provisoire devant vous par d'nergiquesaffirmations, agissez comme si vous le sentiez dans votre cur; et elle se transformera ensavoir n de l'exprience et, par suite, dfinitif. Prenez donc confiance, ami. Rendez-vous bien compte de l'entreprise que vous faiteset ne la croyez pas au-dessus de vos forces. Elle est la mesure de votre confiance envous-mme. A la mesure de la confiance en celui qui vous offre sa direction dans lechemin qu'il a dj parcouru. Acqurez cette confiance avant de vous engager sur laroute.Cette foi qui soutient votre cur, il est ncessaire qu'elle se reflte sur vos traits, quevotre attitude en tmoigne. Relevez noblement cette tte abattue. N'ayez plus honte devous-mme. Si vous avez commis des fautes, si vous avez gliss sur des pentes tropfaciles celui qui ne domine plus ses mauvais penchants, ses hrdits funestes,n'oubliez jamais que nulle chute n'est dfinitive, qu'il n'est pas de faute sans rachat.Dites-vous, comme au paralytique: Lve-toi et marche ! Levez-vous. Ne restez plustendu sur le bord du chemin. Votre voix est dj plus ferme, prte tous lescommandements. Vos pas sont plus assurs, prts vous porter sur les routes claires quimontent vers les grands sommets. Vos gestes, placs maintenant sous la dominationd'une volont lucide, n'ont plus rien de fbrile, ni de troubl; ils sont ceux d'un paisibledominateur.Dirigez aussi votre pense. Dites-vous que vous avez toutes raisons de croire ausuccs, au bonheur, la sant; qu'ils font partie du souverain pouvoir que vous allezobtenir. Reprsentez-vous sans cesse, en pleine conscience, avec le plus possibled'nergie, de foi ardente, que vous possdez les moyens d'acqurir ces dons qui vousavaient fui, que vous n'tes pas un dshrit de la vie, comme vous l'aviez cru dans vosheures de dpression,Les peines passes sont pour nous comme un long tunnel, mais dj, tout au bout de lasombre avenue, rayonne la clart du ciel reconquis. Aprs le cycle des tourments, la joieillumine votre destin. Voici l'aurore. Le jour est victorieux des tnbres.Ecoutez la voix de ceux qui savent. Ils ont appris, non sans peine, ce qu'ils doiventfaire pour vous soutenir. Acceptez la main fraternelle qui se tend vers vous. Ayez foidans le calme souriant qui fait ma force et fera la vtre. Instruisez-vous par les exemplesde ceux qui vous ont prcd sur la voie, qui ont subi les mmes preuves, qui ontsouffert, qui ont triomph. Oui, levez-vous! Marchez ! Relevez la tte ! Dj le fardeaude vos maux se fait moins lourd votre fatigue. Dgagez-vous des forces mauvaises quivous retenaient prisonnier. Faites acte d'indpendance. La libert est promise celui qui147sait la gagner. Un homme nouveau va surgir de ce corps que vous imaginiez trop viteenseveli, comme Lazare, dans les tnbres du tombeau.Nous arrivons ici au point capital de l'enseignement. La Foi que vous avez acquisevous met en route. Elle dcide votre dpart. Elle vous donne le viatique de vos premiresforces. Sans elle, sans l'exemple qui vous a frapp, sans le courage qui vous a tinsuffl, vous ne prendriez jamais peut-tre la dtermination de gravir la montagne. Maisla Foi ne saurait suffire sans l'ardente persvrance.Il faut joindre la foi qui vous est inspire un dveloppement conscient, volontaire;vous rendre compte de l'effort faire; gagner les forces qu'il faudra mettre en uvre, ensuivant les lois. Car il y a des lois ternelles dont nous ne pouvons nous librer.Deux forces sont en nous. Elles vont nous permettre de transformer du tout au toutnotre vie. Ce sont des forces capitales, extraordinairement puissantes, que tout hommepossde et qui, quand il en a dcouvert l'existence, qu'il a appris s'en servir, sont lesartisans quotidiens du miracle. Ces forces sont: la pense et l'motion.La pense, qui nous vient des plus hautes facults de notre personnalit mentale, elleest, qui sait s'en servir, un instrument parfait de force et de prcision. Mais cette pensea besoin d'tre anime. Elle serait sans valeur si elle n'tait projete au-dehors parl'motion qui lui donne sa force de propulsion, la fait triompher des obstacles.Deux modes d'action nous mettent en rapport avec l'extrieur: le cerveau, qui metnotre consciente pense; le cur, qui, sous le choc de l'motion, surtout de l'motionconsciente et consentie, projette au-dehors cette pense avec des forces infinies.Ne dsaccordons pas le merveilleux instrument qui nous a t confi. Ne sparons pasla puissance mentale de la puissance motionnelle. Nous arriverons ainsi faire vivreprofondment la pense qui, sans cela, serait froide et insensible; nous secourons le jougdes forces adverses. Mais cet accord, il faut le faire volontairement. Il faut tre matre, la fois, de ses motions et de ses penses. Il appartient notre conscient, de combattre lesmauvaises et de soutenir les bonnes, de les dvelopper, de les amplifier. Ce libre choix,cet appui donn ce que nous estimons juste, cette matrise de nous-mme, tel est le butque nous poursuivons.Voyons d'abord le domaine de la pense. C'est, nous l'avons dit, l'lment de toutenotre vie mentale. La pense vous apporte la connaissance lucide des choses et de leursrapports, mais elle ne saurait se contenter de ce rle et c'est un principe bien connu despsychologues: La pense a tendance se traduire en actes. Cet axiome est la basede toutes les mthodes de suggestion et d'auto suggestion.La pense se manifeste en nous sous deux formes. Tantt spontanment, elle nousoffre des faits ou des images que rien ne nous faisait prvoir. Nous avons entendu un air,nous le fredonnons sans y songer, machinalement sous l'empire d'une pense spontane.Mais nous pensons aussi volontairement; nous rassemblons en nous des lmentspars d'images et de sensations pour en tirer un jugement. Nous entendons conter unebelle action qui demande du courage, de l'intrpidit. Des termes de comparaison seprsentent notre esprit. Mille souvenirs hroques se font jour. Sous l'impulsion du belexemple, nous nous sentons transforms par des forces qui se trouvent libres en nous.148Cette pense nous transforme, mais hlas ! trop momentanment. Il ne suffit pas d'uneseule pense, d'un seul bel exemple pour modifier toute notre vie. Nous devons crer ennous, par tous les moyens possibles, une nouvelle orientation de nos penses qui, leurtour, orienteront notre vie. Ce n'est que par cet effort continu que nous arriverons lavictoire, Pour y parvenir, faisons dj le premier pas: remplaons la pense seule par uneforme bien plus active et plus vivante: la reprsentation mentale.Qu'est-ce qu'une reprsentation mentale ? C'est un ensemble de penses qui, par unehabitude plus ou moins longue, plus ou moins facile acqurir, arrive dterminer untat, nous prsenter au commandement, ou peu prs, l'image aussi nette que possiblede ce que nous dsirons voir.Prenons, pour exemple, le fait de vouloir. La simple pense nous montre dj ce quenous faisons quand nous voulons quelque chose, la vue intrieure de cette chose, lapense que nous avons, avec plus ou moins de force, de l'obtenir, en employant lesmoyens utiles. Mais, suivant l'tat d'esprit du sujet qui tche se reprsenter cettevolition, combien les images seront diffrentes ! Pour un, malade, le fait de vouloir seraun caprice, une sorte de rage, tandis que, pour un tre calme et raisonnable, cette volitionsera paisible, forte et continue.Pour mieux faire comprendre le mcanisme psychologique d'une reprsentationmentale, dveloppons notre exemple.Je cherche me reprsenter les penses, les dsirs, les actes de celui qui veut unechose dtermine. Pour nous, qui connaissons la puissance de cette pense, l'ide devolont ne saurait se disjoindre de celle d'une volont tenace, opinitre, qui a raison detous les obstacles, assure qu'elle est de les tourner ou de les rompre, qui rien ne rsisteparce qu'elle sait tout prvoir et tout supporter pour parvenir au but indiqu. Pour mieuxme reprsenter l'homme qui veut, je fais appel mes souvenirs qui me montrent etcoordonnent mes yeux mille images du mme ordre. Il n'est plus question ici d'uneseule ide, d'une image isole. Non. Une ide en appelle une autre, une image se rattache une autre image, leur succession cre une sorte de film cinmatographique. Ma pense,faisant appel ces images jadis perues, se btit une histoire entire, cre ou rappelle unpersonnage, un type idal de l'homme volontaire, de l'homme qui russit.Que vois-je ? Ceci, qui m'est une leon. Je me reprsente le type le plus lev del'homme volontaire, de celui qui veut avec obstination mais sans clat, qui n'use pas saforce en vaines manifestations, dont la volont est toujours gale elle-mme. Ici, pointde parade, aucun dsir d'craser ou de molester autrui. Ce que veut l'homme de volont,tel que je l'imagine, c'est mriter sa place par des qualits puissantes, par des pensesnobles. Il veut conqurir sa place sans empiter sur celle des autres. Tel est l'homme quenous voyons et que nous voulons imiter.Que fait cet homme qui russit et dont nous voquons l'image ?Il agit d'abord sur lui-mme.Avant de chercher dominer le sort, il a, tout d'abord, domin ses rflexes, sesimpulsivits, ses hrdits, ses mauvais penchants. Il est parvenu se rendre libreintrieurement avant de le devenir dans la vie sociale. Il est calme en tout lieu, en toute149circonstance.Cet homme ordonne ses penses; il ne les disperse pas, ne les parpille pas, commedes forces inconsidres. Il les groupe dans le meilleur ordre pour qu'elles lui soientutiles. Il sait parfaitement ce qu'il veut; il connat, il pse ses moyens d'action. Aussi est-il sr du succs, malgr les difficults qu'il peut rencontrer dans sa voie. Rien ne ledmonte, ne le dconcerte. Il sait qu'il vaincra parce qu'il veut.Il n'oblitre pas les sentiments de son cur, sa sensibilit native. Bien au contraire, ilvibre puissamment. Il est actif, courageux, entreprenant; son ardeur donne des ailes auxdcisions que prend la pense dans les froides discussions intrieures. Sachant o il va,peu lui importent les routines, les sentiers battus. Ce n'est pas le chemin des autres qu'ilsuit, mais le sien propre. Il est l'audace mme, mais cette audace est raisonne. Ilpersvre dans les voies qu'il a choisies parce qu'il sait que ces voies sont bonnes, qu'illes a longtemps tudies. Son intelligence est vive et active. Il observe. Sans cesse, ilrflchit, se documente et ne laisse rien au hasard. Il sait que le hasard n'existe pas, aussin'espre-t-il rien du coup de chance inattendu. Tout effet a une cause, et cette cause ilimporte de la connatre. Il n'est pour l'homme intelligent d'autre chance que celle quirsulte d'une activit clairvoyante, d'une loyaut toute preuve, d'une volont que rienn'arrte dans l'accomplissement du bien.L'homme volontaire agit sur les autres.Il sait, au besoin, ne pas rsister aux invitables circonstances. Il s'adapte; il se plie,sans toutefois s'abaisser, renoncer ou abdiquer. Il attend lorsqu'il doit attendre, sans plusde haine ou de colre qu'en aurait un homme contraint par un violent orage chercher unabri momentan. Ce n'est pas de montrer le poing au ciel qui l'empchera de tonner, ettoute colre est une faiblesse. L'homme volontaire entre donc dans les milieux o il doitagir, mais, par la force calme qui mane de toute volont lucide. Il transforme lentementle milieu dans lequel il vit. Il ne crie point avec fureur et ne roule pas des yeux irrits. Saparole calme rpand une affectueuse conviction. Son regard doux et magntique lui attiredes sympathies. Dans les conseils o sa lucidit le fait admettre, sa voix estprpondrante. Il rayonne autour de lui et son regard est un rayon qui porte la lumire etla chaleur dans les propos les plus arides. Ses manires courtoises, sans nulle servilit, lefont estimer de chacun. Ceux qui le voient pour la premire fois se sentent attirs verslui; ils le revoient et dsirent se l'attacher; on recherche sa compagnie, sa collaboration.De bonnes penses manent de lui. Une calme gaiet rend plus agrable la fermet deson caractre qui n'a jamais rien de sombre ou de chagrin. Sa droiture luit dans sesregards. On sait que l'on peut compter sur lui dans les circonstances pnibles et que soncur est grand ouvert toutes les misres.L'homme qui sait vouloir agit sur les vnements.Ceci peut paratre bizarre, mais c'est un fait indniable. Inexplicablement, tout lui150sourit, tout lui vient. Les esprits superficiels disent qu'il a de la chance. Ils ignorent lepouvoir de la pense; ils ne savent pas que cet tre rayonnant attire non seulement leshommes, mais les tres et les choses. Qu'il prenne en main une affaire en voie de tomber,il aura tt fait de la remettre en bonne voie. C'est qu'il a un jugement sain, qu'iln'entreprendra pas l'aveuglette une chose nouvelle ou inconnue. Il a une grandeconnaissance de son mtier, une activit puissante, une autorit bienveillante quigalvanise tout autour de lui. Il trouve les collaborateurs qui lui conviennent; il lesintresse son effort. Il groupe autour de lui juste ceux qu'il lui faut. Il les reconnat premire vue et les emploie dans les travaux o ils lui fourniront le meilleur rendement,car il sait voir, analyser, comprendre quelles sont les facults de chacun et le parti qu'onpeut en tirer aussi bien pour soi que pour les personnes employes.On voit, par toutes les qualits et les faits que nous prsente l'tude de l'hommevolontaire, quelle diffrence existe entre la pense unique et passagre et lareprsentation mentale, volontairement appele et scrute. Ce sont des reprsentationsmentales qu'il nous faut crer pour nous modifier dans le sens des qualits qui nousmanquent ou que nous n'avons pas suffisamment dveloppes. Nous devons faire vivredevant nous de nobles exemples et nous efforcer les imiter.C'est donc une erreur, pour qui veut se rduquer, se transformer, de se rpter un seulmot, une seule phrase, sans y rien ajouter de soi-mme. Cette rptition machinale, cesparoles de perroquet conseilles par quelques-uns sont naturellement sans effet. Si mmenous y ajoutions quelques applications, le rsultat serait bien pauvre, car notre effort esttrop limit pour tre fructueux.Ce qu'il faut, pour arriver une vritable rducation, c'est voir un type trs net,l'voquer devant son intellect, le faire vivre. Ce qu'il faut, c'est vivre nous-mmes suivantce modle.Il est ncessaire de se reprsenter aussi rellement, aussi objectivement que possiblel'tre que nous voulons devenir. Il faut voir devant nous le type que nous souhaitonsimiter; type de sant, de force, de joie, de bonheur, de succs. Mais cela ne suffit point.Avant toute chose, il nous faut avoir un noble idal.Si nous ne possdons pas ce noble idal, quoi serviront les peines que nous avonsprise ? Vers quel but nous conduira la route que nous venons de tracer ? Nous avons crun tre de foi, de droiture, de dsintressement, et, si nous nous confinons dans nosintrts gostes, nous ne sommes pas capables de l'imiter. Si nous supportons lesfatigues d'une excursion en montagne, c'est que nous esprons, une fois le sommetatteint, contempler le panorama des plaines et des collines. Cette excursion seraitinutilement fatigante si, une fois arrivs au bout de nos peines, nous devions regarder unmur ou toute autre chose banale.Epictte a trs hautement indiqu cette tendance ncessaire: Sans tarder, fixe-toi toi-mme une sorte de caractre et de type de conduite auquel tu te conformeras, soit quetu te trouves seul en prsence de toi-mme, soit que tu te trouves en prsence deshommes. ( Manuel d'Epictte, XXXIII. )Ce qu'il importe avant toute chose de savoir, c'est que, dans une ample mesure, noussommes libres. Nous devons dtruire en nous les conceptions fatalistes. Ces tendances151adoptes par Pascal sont nfastes la direction de la volont. Elles lui font voir le mondecomme une sorte de rail dont il ne nous est pas possible de nous carter. C'est un dangerconsidrable, car le rsultat de cette doctrine dsolante est de figer absolument touteinitiative dans l'esprit et dans le cur de l'homme, de le livrer pieds et poings lis cequ'il imagine tre la fatalit.Certes, il est indniable que nous sommes dtermins. Personnellement, nousacceptons l'ide du karma. Nous acceptons la notion d'un karma personnel et d'un karmacollectif. Nous savons que nous sommes limits aussi bien par nos hrdits ataviquesque par nos fautes antrieures. Mais nous savons aussi que nous sommes en ce mondepour avancer, nous perfectionner, sans quoi cette vie serait inutile. Nous devons nouspurer par le travail, nous devons dgager le conscient, lui soumettre l'inconscient,gagner les qualits qui nous manquent, rveiller celles que nous avons laiss tomber ensommeil, faire crotre et vibrer en nous ces puissances motionnelles qui magnifient lavie humaine, qui font de nos curs une lyre chantant aux vents de l'esprit comme lesarbres sous la brise.Nous faisons partie de la grande comdie humaine. Nous y avons jouer un rledtermin. Ce rle a t fix par nos tats antrieurs; mais, si nous ne pouvons changerce rle, nous pouvons et nous devons perfectionner notre jeu, faire tout notre possiblepour que la pice joue soit la plus belle possible, nous dvouer son succs, mme si lerle qui nous a t donn est sans joie et sans gloire. Ce rle, nous devons l'accepterlibrement et avec joie. On ne remplit bien un rle que si on le joue volontairement. On leremplit mieux encore si on cre ses moyens d'motion.Nous devons jouer sans cesse ce rle. C'est pourquoi nous ne devons pas imaginerqu'une seule pense va nous transformer instantanment; qu'une baguette ferique vafaire en nous ce miracle, qu'une seule reprsentation mentale fera jaillir de nous la forcedont nous avons besoin.Dans notre esprit, le tourbillon est si violent des formes et des penses que, pour crerun tat d'me, pour installer demeure une pense vraiment utile, il faut une rptitioncontinue et suivie des mmes vouloirs, des mmes penses. Nous devons doncpersvrer dans notre vocation mentale, la continuer, la multiplier, jusqu' ce que noussoyons devenus tels que nous voulons devenir.Epictte a donn une forme saisissante ce prcepte: Toute habitude, dit-il, tout talent, se forment et se fortifient par les actions qui leursont analogues. Marchez pour tre marcheur; courez, pour tre coureur. Voulez-voussavoir lire ? Lisez. Savoir crire ? Ecrivez. Restez couch dix jours, puis essayez de faireune longue route, et vous verrez comme vos jambes seront fortes ! Une fois pour toutes,si vous voulez prendre l'habitude d'une chose, faites cette chose. (XIIIe entretiend'Epictte. )Quand vous aurez suivi cet entranement, quand vous aurez cr en vous cettehabitude, la matrise de vos penses sera automatique, vous l'obtiendrez comme unsimple rflexe. C'est ce que le Docteur Marcel Viard exprime ainsi dans son Art depenser: Comme tous les phnomnes naturels, nos penses se forment quasiautomatiquement. Mais il faut que l'esprit se rende compte de ce fonctionnement, qui est152le fonctionnement normal. Pour arriver ce rsultat, il est indispensable de faire observer l'esprit une discipline trs svre. Les penses apparatront alors dans un ordredtermin, selon leur mode naturel ou suivant notre volont. Et, lorsque, par un travailopinitre, nous serons arriv les contrler, les obliger apparatre et se succder leur tour, par une concentration nergique, nous les aurons disciplines et nous retireronsde ce fait les plus grandes jouissances intellectuelles. ( Docteur Marcel Viard. L'Artde penser, 2e d., Paris, s. d. )On le voit, rien n'est moins passif que cette mthode. Elle oblige l'esprit agirconstamment sur lui-mme, ordonner la production et l'agencement des penses. Elleen entretient, le flot et lui btit des digues, charmantes et fleuries si vous voulez yapporter une formule potique, mais qui n'en contiennent pas moins et dirigent cespenses dont vous avez acquis la domination.Cette action ne va pas sans un effort parfois mritoire. Sabatier dfinit ainsi lancessit de cet effort continu: L'effort est le facteur ncessaire et suprieur de toute transformation. Tout ce quiprovoque l'effort, tout ce qui exige un effort devient cause de changement et peut trecause de progrs. Mais, par contre, la suppression ou mme l'insuffisance de l'effortconduisent fatalement la stagnation et plus encore au recul, la rgression. ( Sabatier. Philosophie de l'effort. )Nous pouvons donc rsumer ainsi ce que nous venons de dire :Nous ne devons pas nous contenter de chercher une pense isole, une vague imageaussitt efface que prsente notre esprit. Il nous faut, au contraire, crer unereprsentation mentale aussi vivante que durable et la ritrer, la complter jusqu' ceque nous ayons russi nous transformer.Nous devons possder un idal, le plus lev possible, afin qu'il nous guide et nousclaire dans le chemin que nous devons suivre.Nous devons renouveler sans cesse l'effort que nous avons fait et qui ne saurait aboutirsans cette continuit.. Ce labeur nous paratra, sans doute, au dbut, difficile et pnible,mais le disciple sait d'avance qu'il sera toujours aid; il a la certitude que son effort seracouronn de succs, aussi sa tche devient-elle aise quand il en a compris l'importanceet les probabilits.Encore ne faut-il voir en tout ce que nous venons de dire que la moiti de luvre accomplir. Nous avons vu que nous avons en nous deux facteurs d'action: le cur et lecerveau; qu'il nous est ncessaire tout ensemble de penser et de sentir. Notre bilanintellectuel et moral se prsente nous comme les deux plateaux d'une balance et, tantque les deux plateaux ne seront pas dans un quilibre parfait, nous ne serons pointparvenus notre dessein final. Il faut, avant toute chose, que l'un des plateaux ne se sentepas favoris, n'ait pas tendance l'emporter sur l'autre. Quelles que soient nosprfrences, toute tendance excessive, toute prdominance trop forte dtruirait unquilibre laborieusement obtenu. Ce n'est que par cet quilibre que nous raliserons uneparfaite synthse.Nous avons expos le principe bien connu en psychologie que toute pense a tendance153 se traduire en actes. Mais cette dfinition comporte par elle-mme une restriction. Lepsychologue dit que la pense tend se raliser, mais il ne saurait affirmer sans erreurque cette tendance est toujours ralise. Bien souvent, au contraire, elle se trouveempche.Pourquoi cet arrt ? D'o provient-il ?La tendance de la pense se traduire en acte se ralise d'autant mieux qu'elle veilleen nous des motions.L'ide pure, abstraite, ne se ralise que rarement; elle dessche, rend pessimiste celuiqui s'y adonne sans contre-poids, parce qu'elle n'veille en lui aucun sens motif.L'motion, au contraire, donne des ailes la pense, la rend cratrice. C'est l'motion quimagnifie notre pense de toutes les beauts de la parole et du rythme; qui la fleurit detoutes les grces de l'illusion. Musset a dit avec autant de grce que de justesse: Le curseul est pote. Mais le cur n'est pas seulement sensible pour le sens artistique. Le motmotion, veut dire, tymologiquement, ce qui met en mouvement, ce qui fait agir. Sinous ne subissons aucun choc motionnel, nous rflchissons strilement sur lespossibilits d'une action; ce n'est que l'motion qui nous sort de nous-mme pournous la faire excuter.L'motion apporte l'esprit les notions du monde visible. Ce qu'Aristote exprimeainsi: II n'y a rien dans l'intelligence qui n'ait pralablement t dans les sens. C'est--dire qu'aucune pense ne nat sans qu'une sensation soit venue, soit de l'extrieur, soit denous-mme pour fixer dans l'esprit une donne nouvelle. Cette donne a donc t amenepar la voie des sens, que ce soit la vue, le toucher, l'oue, l'odorat ou le got.Tout acte voulu par la conscience sera d'autant plus puissant qu'il sera accompagnd'motions. C'est le sentiment qui dclenche les actes d'une sublimit transcendante.Voyez Jsus. Au moment o on le conduit devant le tombeau de Lazare, il ne se livrepoint quelque dissertation sur la possibilit de ressusciter les morts. L'Evangile ditseulement: Jsus pleura . Son cur est violemment mu. Le souvenir de son ami mort,de cette affection perdue exalte en lui les pouvoirs du thaumaturge et Lazare sort dutombeau. Dans tous les actes de la vie, Jsus ne montre qu'amour et tendresse; et cerdempteur du monde, sans autres armes que l'amour et le sacrifice, dtruit les forcesimmenses de l'empire romain.Prenons exemple sur notre mmoire. C'est la violence du sentiment qui accompagne laperception qui la grave plus ou moins profondment dans notre esprit. Un homme verramille robes sans y prter aucune attention; il se souviendra des moindres dtails duvtement que portait sa mre, sa sur, sa femme, dans un moment de joie ou de peine,surtout dans une sparation o il a voulu fixer en lui l'image de celle qu'il allait quitter.Nous nous souvenons d'autant mieux d'un vnement qu'il nous meut, nous secoue. Sion a vu un cras, ce spectacle terrifiant se grave dans l'esprit, peut mme devenir uneobsession chez les personnes trs sensibles. Un souvenir puissant se cre jusqu' devenirvocatoire. Mille dtails du lieu o l'on est pass bien des fois sans y apporter aucuneattention entrent dans l'esprit pour n'en plus sortir. On voit la place o le malheur s'estproduit, les passants groups, la victime et le sang sur les pavs; on se rappellelonguement les plaintes dchirantes de celui qui souffrait. Plus ce fait vous aura mu,plus il vous aura profondment troubl, plus le souvenir en demeurera vivace et154ineffaable.Il est de toute vidence que, si nous n'prouvions aucun, sentiment, la vie serait pournous bien terne et monotone. Il ne faut cependant pas se donner n'importe quelsentiment. C'est ici que le jugement doit intervenir et que le choix est ncessaire. Il y asentiments et sentiments, comme il y a penses et penses. Nous devons fuir de notremieux tous les sentiments mauvais, toutes les impulsivits qui nous amoindrissent: lahaine, la rancune, la jalousie en ce qui concerne les autres et, pour nous-mmes, latristesse o l'on se complait, la crainte, la peur, la colre et tous les emportements quiusent inutilement nos forces.Nous devons cultiver les sentiments qui sont bons, qui exaltent en nous la facultd'agir: la joie, le dsir du bien, la confiance.Il existe en nous des forces mauvaises, des facults que nous avons le devoir decombattre, si nous voulons atteindre une plus grande perfection. L'gosme est le fond detous les vices. La plupart des vertus sont, au contraire, difies sur l'altruisme: ladroiture, l'quit, la bont, le dvouement, l tolrance, la patience, la vaillance, lasincrit en sont la preuve.Les sentiments, les vertus et les vices ont sur nous une action norme et qui faitcomprendre celui qui s'en rend compte l'immense porte de l'ducation. On ne sauraitcommencer trop jeune combattre ses mauvaises qualits, exalter les bonnes, crerdans son tre un foyer sympathique exaltant l'action saine. Le Docteur Frdault alonguement tudi ce point et conclut ainsi: Les passions oppressives, la crainte, la terreur, la consternation, l'abattement, lacontrarit, nous laissent sous le coup de l'action de l'objectif, tandis que les passionsexaltantes nous mettent au-dessus de l'objectif par leur nergie. Aussi, comme on l'a ditjustement, les premires nous laissent en proie aux actions morbides, tandis que lessecondes nous en prservent et nous en dlivrent. ( Docteur F. Frdault. LesPassions.)II faut donc que nous recherchions autour de nous, que nous voyions, de parti pris, entoute chose, ce qui est bien, ce qui est beau. Il n'est pas de mal absolu en ce monde et leremde est bien souvent ct du mal combattre. Avant toute chose, en nous et partout,nous devons rechercher la vrit, car elle est bien plus belle que les plus riantes illusions.Nous devons exalter la vertu, le courage, nous enthousiasmer pour tout ce qui est nobleet beau et nous trouverons des forces vives, abondantes, qui jailliront en nous de cetteexaltation fconde. Malheur qui ne sait pas s'mouvoir devant la nature, devantl'hrosme ! Les sources de toute joie lui sont fermes.Voici donc deux points essentiels de notre mthode d'autosuggestion:Disciplinons notre pense pour produire des actes tels que notre devoir, notreperfectionnement les exige.Gnrons de l'motion pour que ces actes jaillissent de nous avec l'imptuosit d'unesource, qu'ils atteignent leur plein effet, car rien de bon et de beau ne se fait sans effusionet sans amour.155De ce fait, notre mthode pourrait donc s'appeler auto suggestion motionnelle, pourla diffrencier des autres mthodes qui se limitent un seul ct de la question, soit enlibrant l'inconscient sans contrle, soit en ne se proccupent que de la pense.Nous estimons qu'il faut unir les deux dans la vie. Pour y arriver, durant la prioded'entranement, il est important de jouer un rle, le rle qui nous est le plus utile, quenous nous sommes assign aprs conseil et aprs tude, en y mettant le plus de pense,d'application consciente qu'il nous sera possible, mais aussi en y apportant le plus desentiment, en y mettant le plus possible de notre vie et de notre cur. Celui qui seperfectionne de la sorte ne tarde pas connatre la source de toutes nos joies vritables. Iln'est point de raison pour ngliger les unes au profit des autres. A ct des satisfactionsde l'esprit, nous ne devons pas nous priver des joies du sentiment. Une belle pense, unbon livre nous sont utiles, mais ils ne le sont pas plus que le transport caus par la vue decette Nature o Dieu se rvle notre cur, pas plus que la pure joie que nous offrent lesbeaux vers, la belle musique et surtout les affections pures qui sont le charme du foyer.Nous devons jouer notre rle, mais ce rle n'est pas le mme pour tous et on peut lejouer de diverses manires.Comme le remarque l'ex prsident Wilson: On peut jouer son rle de bien des faons: il y en a qui apportent dans leur jeu une certaine passion naturelle, une ardeur directe etsans art, sans nuance et sans grce, ignorante des matres et ignorante de l'esprit quianime toute l'intrigue; d'autres rservent tout leur souci au costume et ne pensent qu'l'effet produire sur le public; mais il en est quelques-uns qui jouent comme ceux qui ontmatris les secrets d'un art difficile, se subordonnant dlibrment au grand dessein et la pense du drame, se donnant sans rserves comme de bons serviteurs, s'interdisant toutenttement capricieux et toute excentricit personnelle, et prtant ainsi cur, ton et gesteau parfait droulement de l'action. Ceux-l sont les hommes qui se sont trouvs, et ilsmanifestent cette tranquille aisance qui accompagne un parfait ajustement. ( WoodrowWilson. Quand un homme se trouve lui-mme, 1922, p. 69. )C'est parler avec sagesse. Celui qui a compris ainsi les enseignements que nousdonnons peut dire avec certitude que l'homme devient ce qu'il veut, quand il le veut avecsuite et y travaille avec autant de foi que de persvrance. L'homme se cre lui-mme etne doit qu' son effort le chemin qu'il fait dans la vie. Libre lui d'avancer ou de resteren arrire, tandis que les autres progressent sur le chemin de la vie. Tous subissent desmaux, rencontrent des obstacles, mais quelles que soient les entraves, on a toujours lemoyen d'avancer, de se perfectionner.Comment faut-il jouer ce rle ? Nous croyons avoir peu prs sinon tout dit, du moinstout effleur, tout expos de ce qui peut faire comprendre notre entranement, sesprocds et sa porte. Nous avons mis en valeur le rle de la pense et celui de l'motion.Nous avons dmontr quel point ces deux facults doivent rester insparables. Cesdeux points acquis, nous pouvons maintenant apprendre comment nous devons jouerpratiquement notre rle. Ce labeur comporte deux principales tapes. Nous devonsprocder comme fait l'artiste dramatique:1. Apprendre le texte;2. Le vivre.1561. Etude du texte.La priode primitive est ingrate et de peu d'attraits. Il faut que l'artiste apprenne sontexte de la mme manire qu'un enfant tudie sa leon. Il le lit, il le rpte, il le gravedans sa mmoire. Il l'tudi phrase par phrase, sans rechercher en rien un effetdramatique, jusqu' ce qu'il le sache parfaitement et que la connaissance du texte ne soitpas pour lui une difficult dans la seconde partie de sa ralisation.2. Vivre le rle.Ici, le travail est plus difficile, mais il est beaucoup plus intressant. L'artiste necherche pas se rappeler plus ou moins machinalement un texte qui l'intresse ou nel'intresse pas. Il lui faut devenir le personnage qu'il fait vivre. Il en prend le costume; ilen recherche les attitudes; il en imagine les gestes, recherche les intonations que pourraitemployer, pour prononcer tel mot, le personnage qu'il doit reprsenter. Il faut qu'il fassele plus possible abstraction de sa propre personnalit, qu'il devienne un roi ou univrogne, qu'il vive de la vie de ces tres si diffrents de lui-mme et cependant, il fautqu'il garde contrle sur lui-mme pour voir si son roi, son mendiant, son ivrogne sontadapts la ralit. Le succs de l'artiste dpend de sa puissance motionnelle. Trs raressont ceux qui arrivent une absolue perfection, qui se font oublier pour faire vivre lepersonnage qu'ils incarnent.A notre tour, procdons comme a fait l'artiste. Etudions d'abord notre rle; nouschercherons ensuite le vivre puissamment.Pour tudier le rle, nous ferons d'abord appel notre facult d'association d'ides.Nous avons vu comment nous devons placer sous les regards de notre esprit lepersonnage que nous devons imiter. Il nous faut ensuite voir comment il se conduit dansla vie, quelles ractions il oppose aux circonstances qui nous semblent capitales.Que ferait l'homme volontaire devant cet ennui qui nous laisse actuellement sans force? Il hausserait sans doute les paules; il n'y a pas de raison pour que nous n'en fassionsde mme. Nous devons ainsi le suivre, l'tudier avec soin, dissquer chacun de ses actes,pntrer chacun de ses sentiments.Pour cette tude du personnage jouer, de ses actions, de ses rflexes, de sessentiments, nous donnerons carrire aux facults les plus hautes de notre personnalitmentale. Nous ferons travailler notre intelligence, notre rflexion, notre observation,notre imagination et, plus ces facults joueront avec force et conscience, plus nousgagnerons en puissance, plus nous obtiendrons un rsultat net et rapide.Il nous faut ensuite et surtout vivre le rle. Que fait l'artiste ? Il s'adapte l'tre qu'ilveut devenir. Il observe ses gestes; il duque son regard; il modifie sa voix; il adapte sonport l'ge, la force, au rang social de son modle. Il met tout son tre en rapport avecce que lui reprsente la vie qu'il doit exprimer non pour soi-mme mais pour celui qu'ilest devenu. Il lui faut donc une entire matrise de sa personnalit: matrise du corps,matrise de la pense, matrise des motions. Nous devons agir de mme. Il nous faut157conformer notre vie, nos gestes, nos penses, l'image que nous nous sommes faite del'tre que nous voulons devenir.L'artiste, suivant son talent, met un temps plus ou moins long devenir ce qu'il veuttre. Nous ferons encore comme lui; nous agirons progressivement. Il ne faut pasimaginer que nous arriverons au sommet d'un seul bond; cela ne s'est jamais vu. Letravail est quelquefois lent, mais il faut songer que chaque effort trouve toujours sarcompense, que chaque tape nous approche du but et que nous avons toute la vie pourarriver la perfection. L'effort fait bien vite place la joie. Il y a d'ailleurs unesatisfaction relle dans le fait d'apprendre, de se perfectionner, de comprendre mieux leplan du monde o nous sommes, d'y adhrer plus pleinement, de nous affranchir de latyrannie du corps, de se librer de ses impulsions, de briser les entraves qui faisaienttituber notre marche, de rompre avec le pass qui est notre plus lourd fardeau.II nous faut insister encore et toujours sur le double mcanisme qui fait l'objet de notremthode, sur notre double vie mentale et motionnelle dont nous ne devons ngligeraucun lment. Chacune de ces formes de notre vie agit sur l'autre et nous ne pouvons lessparer sans commettre de graves erreurs.L'attention est la base de notre vie mentale. C'est elle qui accueille les notions, quiles grave dans la pense d'un burin plus ou moins tenace. Avec une attention faible, il estimpossible de possder des notions bien nettes, que nous puissions conserver aussilongtemps que nous en aurons besoin. Au contraire, avec une attention forte, nouspossdons la qualit primordiale qui conditionne les autres; nous avons la certitude d'unecomplte russite.Selon Maine de Biran, l'attention n'augmente pas lintensit de la sensation, mais lanettet de la perception.Plus nous aurons vu avec attention, plus l'image enregistre sera nette et prcise, plusle souvenir sera tenace et puissant.Si nous voulons possder cette nettet de perception si utile notre vie intellectuelle, notre perfectionnement, il faut que nous nous astreignions regarder ce qui nousentoure, le voir dans son dtail et dans sa proportion, observer, comparer, afin querien ne nous chappe de ce que nous enregistrons. Le rsultat de cette ducationsensorielle, c'est que, par le travail de l'attention, toutes nos facults s'amplifient: lejugement est plus judicieux et plus rapide, les associations d'ides plus promptes et plustendues, la mmoire plus vaste et plus soumise, l'imagination plus fertile, plus apte fournir des matriaux la pense.Au dbut, nous aurons quelque effort faire pour adopter ce mode de travail, maisl'habitude est vite cre, et elle est pour l'esprit une source infinie de richesse. D'ailleurs,le travail mme se trouve facilit par cette accoutumance et se fait presque de soi-mme,avec un effort moindre, chaque fois que nous y songeons. Telle est, vous le savez, la loide l'habitude. L'effort diminue en raison inverse de sa continuit.Donc, lorsque cette habitude sera pleinement acquise, le dveloppement psychiques'oprera avec la plus grande facilit. Avant de commencer l'excursion, la montagne gravir nous pouvantait par sa masse. Une fois le voyage entrepris, les dtails gracieux158de la route nous voilent le pnible effort. Cet effort lui-mme diminue rapidement parune application chaque jour plus grande. Les succs quotidiens nous encouragent dans lavoie, accroissent le dsir d'avancer et renforcent la foi par leur ralisation.Il est encore un autre point sur lequel nous devons insister. C'est le rapport qui existeentre notre personnalit extrieure et notre personnalit intrieure. Le physique et lemoral sont troitement unis.Fouille, qui est un philosophe en mme temps qu'un observateur, dit : Une loipsychologique bien connue veut que chaque tat d'me et ses signes extrieurs soientindissolublement associs; non seulement l'tat d'me produit son expression au dehors,mais l'expression, son tour, tend veiller l'tat d'me. _Notre activit physique est en rapport avec notre tat d'me. Dans certains cas, larflexion peut amener une immobilit momentane. Le promeneur mditatif qui fixe sonattention sur une ide abstraite, s'arrte, se prend le menton, fronce plus ou moins lessourcils. L'attitude rflchie ou attentive est une attitude immobile. Ce n'est pas un tatde rsolution musculaire comme le sommeil et la rverie, c'est un tat o les muscleseux-mmes se trouvent en activit.Quand le travail crbral devient excessif, il n'est pas rare que les muscles se trouventaussi dans une agitation extrme. Il va de soi que ce travail musculaire ne se porte passur les mouvements extrieurs, mais le rythme respiratoire, les palpitations du cur, lesbattements des artres sont profondment modifis.Ce travail crbral chappe-t-il au contrle volontaire ? Alors nous voyons l'hommequi pense ou mdite avec intensit pareil ces grands nerveux dont tous lespsychologues connaissent l'agitation musculaire extrme, la parole rapide, les gestessaccads et souvent incohrents.Tout au contraire, l'homme magntique, celui qui peut et sait vouloir, domine sesgestes, ses attitudes. Toute sa personne reflte le calme parce que le calme est dans sespenses. Son esprit est net et lucide, parce qu'il n'y laisse pas entrer d'ides excessives ouerrones. Cette attitude extrieure provient de ses habitudes de pense.Il est ncessaire pour celui qui veut se gurir, se perfectionner, acqurir les qualitsmorales, le calme et la force qui lui manquent encore, de chercher quelles sont lesattitudes de l'homme magntique et volontaire, de se crer un extrieur qui soit enrapport avec l'attitude mentale que l'on prtend adopter.Voici donc un tat nouveau que vous devez tablir en toute votre personne. Al'extrieur, il est indispensable que vous vous donniez aussi naturellement et aussicompltement qu'il est en vous, l'attitude de l'tre calme et volontaire qui vous prtez,aprs tude et contrle, la possibilit de russir, de se dbarrasser de troubles qui voussont pnibles.A l'intrieur, rejetez toutes les penses dprimantes. Chassez le doute qui vous porte ne pas faire ce que vous aviez rsolu, ne pas croire dans les penses qui doivent trevotre salut. Expulsez les craintes qui renforcent encore cette impression pnible. Cessezde vous complaire dans votre tristesse, dans tous les souvenirs pnibles qui ne devraientpas rester dans votre cur, car c'est un poids mort, un sujet de trouble. Mettez la placede ces obstacles intrieurs, le plus que vous pourrez de penses de joie et de force, tous159les espoirs lgitimes, toutes les grandes aspirations qui soulvent au-dessus desagitations de l vie, des intrts mesquins, de l'envie et de la rancune. Entretenez dansvotre esprit et dans votre cur des ides actives, constructives, telles qu'elles puissentvous soutenir dans les difficults invitables, au lieu d'en accrotre le poids.Rompez dlibrment avec le pass dont vous avez eu souffrir, que ce soitmoralement ou physiquement. Il n'y a pas plus de raison cultiver les souvenirs pniblesque les microbes de la maladie dont on relve avec difficult. Ne restez pas tourn vers lepass mauvais. Voyez l'avenir qui se dploie devant vous avec toutes les magies del'aurore et de l'esprance..Dcidez l'effort accomplir. Donnez-lui dans votre esprit une formule qui n'admette nile doute, ni la dfaillance. Ne dites pas: Je voudrais ! Dites: JE VEUX ! Pour vouloir avec suite, la condition primordiale est d'avoir confiance en soi. Si vousn'avez pas confiance, il n'est mme pas utile d'essayer. Le vu que vous formulerez serastrilis par le manque de foi.Il faut donc fixer dans votre intellect une parole qui prcise sans cesse votre espritcette condition premire. J'ai confiance en moi , dira cette parole et vous l'aurez sanscesse sous les yeux, bien apparente et comme brillante d'un clat tincelant, car il fautqu'elle se grave profondment en vous. II faut que cette phrase se fixe dans votre pense.Il est donc ncessaire de la prciser d'une manire tangible qui ne vous permette pas dejamais l'oublier. Par elle, vous rappellerez votre force aux heures de fatigue ou dedfaillance et, par elle, vous arriverez plus facilement voquer devant vous ce typed'nergie et de volont que vous devez incarner. Il faut que, de jour en jour, vous voussentiez devenir l'homme magntique, volontaire, sr de sa force.Pour arriver fixer cette pense dans votre esprit, commencez par le procd le plussimple. Faites une pancarte sur laquelle vous inscrirez en gros caractres, bien nets, sansfioritures :J'AI CONFIANCE EN MOICette pancarte une fois faite, vous la placerez dans votre chambre la place la pluspropice pour attirer et retenir vos regards. C'est l que, matin et soir, au saut du lit etavant de vous coucher vous ferez un nouvel exercice. Consacrez dix minutes chaqueentranement. Faites-le bien rgulirement avec persvrance. Surtout, ayez foi dans lesuccs invitable. Concentrez votre volont pour lui donner le plus de force possible, ladresser, comme un bon cheval, vers le but que vous avez fix.Il sied, avant toute chose, que rien ne vous entrave dans l'exercice accomplir. Aussile ferez-vous avec aussi peu de vtements que possible, ou du moins avec des vtementstrs lches, de manire ce que vos mouvements soient entirement libres.En regardant la pancarte, respirez amplement, cherchez acqurir le rythme large des160grands souffles, source de la force et du calme, aussi bien dans le corps que dans l'trepsychique. Ici, notez un dtail des plus importants. Il sied de rectifier votre position, devous dfier de tout abandon, de, vous laisser-aller, prenez l'attitude du garde vous comme si, au lieu d'tre seul dans votre chambre, vous tiez en public, dans un:tablissement sportif, par exemple. Campez-vous solidement sur vos pieds, tous vosmuscles tendus, le corps bien droit, les paules effaces et rejetes en arrire, la ttehaute. Gonflez largement votre poitrine, en aspirant l'air par le nez. En mme temps,donnez votre visage une expression plus anime, le sourire de la confiance et ducourage, l'aspect de l'homme fort et qui veut russir.Si vous avez une glace, regardez-vous en mme temps, de manire constater si vousavez obtenu l'expression que vous cherchez. Constatez aussi par vous-mme que votreattitude est calme, noble, assure, que vos mouvements sont aiss, amples sans emphase,simples, mais non triqus et restreints par la timidit. Assurez-vous de votre maintienqui doit tre parfait et, quand vous avez ralis ce premier point, faites quelques pas dansla pice. Etudiez votre port qui doit tre ais, simple et noble. Acqurez la certitude quetout votre tre rayonne et dgage de la force; que vos actions, vos penses ne se limitentpas vous, mais qu'elles ont des rpercussions immenses sur les personnes et les tresenvironnants. Quand votre poitrine est bien dveloppe, rejetez l'air doucement, sansattendre et recommencez plusieurs fois, sans hte et sans fatigue, tout en continuant vosexercices. Quand vous avez, de votre mieux, obtenu l'attitude qu'il vous convient deprendre, sr de vous, certain de la victoire, revenez votre pancarte et dites haute voix,avec une volont ferme et soutenue, en donnant chaque mot toute sa valeur:J'ai confiance en moi. Je veux imiter l'exemple de ceux qui russissent, de ceux qui neconnaissent pas d'obstacles. Je veux mriter et obtenir succs, joie, pouvoir, amour.Je veux jouer mon rle activement. J'y consacrerai toutes mes forces. Je suis srd'arriver mon but. Je persvrerai, car, malgr les obstacles, je sais avec certitude que lavolont bien entrane vient bout de tout, quand elle est tendue vers un but juste ethonorable.Je veux remporter la victoire, et, pour vaincre, je commencerai par une victoire surmoi-mme. Je serai digne d'estime, de confiance, de respect. Je veux tre un nobleexemple. Je vaincrai toute dfaillance pour mriter cette estime.Pour jouer fidlement mon rle, je prends d'abord l'attitude de celui qui russit.Debout, prt l'action, je redresse mon buste. Je tends mes muscles. Je relve la fte. Jegonfle mes poumons et fixe dans mon organisme les nergies ambiantes qui feront demoi un autre homme. J'ai foi dans le succs. Mon regard est plus assur: ma parole pluschaude, plus vibrante, plus convaincante. Ma dmarche est plus ferme, plus assure. Jeveux traduire par mon sourire et mon renard une force paisible, qui inspire confiance etsympathie.Jouer mon rle, c'est m'efforcer de gagner les qualits intellectuelles et morales decelui que je veux imiter. J'observe donc attentivement ce modle idal. Je me pntre dela valeur de chaque mot que je prononce.Surtout, je veux, je veux de toutes mes forces, de toutes les puissances quisommeillent en moi. Je veux accomplir un beau destin.161A l'avenir, toutes mes paroles tendront magnifier ma vie. Je veux vivre une vie nobleet bien remplie, qui rpande le bien autour de moi, me fasse vivre dans une atmosphrede clart et de joie sereine. Je veux me dfaire de tout souvenir mauvais, arracher de moncur toute haine, toute rancune, ne garder en moi rien qui me puisse abaisser ou avilir.Libre, je veux tre; libre de moi-mme comme des autres.Je m'engage sur la route de la vie avec un nouvel idal. Je pars avec une attitudevictorieuse, une me gnreuse et belle. Je sais que je vais triompher. Je veux tre dignede ma victoire. Plein d'une ambition lgitime, je veux avancer, aussi bien dans montravail que dans mon perfectionnement. J'ai droit ma place au soleil. Cette place, jel'augmenterai par mon travail, par les connaissances que je veux acqurir, par la dignitde ma vie, par les sympathies inspires, par le secours donn tous.Je suis matre de mes gestes, de mes penses, de mes motions. Je suis libre deshrdits que j'ai vaincues, dgag de mes impulsions que j'ai mates. Je suis libre detoute entrave. Je marche avec une force calme dans la voie que je me suis choisie.J'ai confiance en moi !Rptez cette formule matin et soir. Le matin, au saut du lit, cet exercice vous donnedes forces et du courage pour les travaux de la journe, vous les fait envisager commeune tche profitable et facile. Le soir, avant de vous endormir, les phrases que vousrptez, les penses qu'elle font natre en vous se gravent dans votre esprit et continuentpendant votre sommeil se graver dans l'inconscient.Pour la mieux fixer encore, crivez la formule en gros caractres sur un carton ou unpapier fort que vous attacherez au mur ct de votre pancarte. Ceci vous vitera uneffort de mmoire qui, en dtournant votre attention sur les mots et leur sonorit, vousempcherait un moment de vous pntrer de leur sens. Vous n'avez qu' la lire; elle segravera d'elle-mme.Surtout, cette formule, ne l'apprenez pas machinalement. Au contraire, vivez-la.Pntrez-vous en bien. Faites comme l'artiste dont le jeu puissant meut toute une foule.Quand votre corps se redresse, ne le faites pas sans y songer, comme un exercice degymnastique pnible. Au contraire, pensez que votre nergie se redresse en mme tempsque votre corps. Quand vous dites que votre regard est solide, faites qu'il le soit enralit. Agissez puissamment, si vous voulez que votre action profite au but que vousvous tes assign. Quand vous parlez du sourire, qu'il s'panouisse sur vos traits, qu'ilrayonne dans vos yeux; devenez limage de cette force que vous voulez tre et que vousserez en effet, si vous pratiquez mes conseils. Aidez-vous de la glace pour vrifier ce quevous dites, pour rectifier ce que votre attitude peut avoir de faible, votre regard dedistrait, votre sourire de las ou de dsabus. Dans ce moment, votre glace est le meilleurdes conseillers.Si vous avez un frre, une sur, un tre en qui vous puissiez avoir une pleineconfiance et qui ne tournera pas vos efforts en ridicule, vous affaiblissant par unedprimante raillerie, faites vos exercices devant lui. Entranez-vous ensemble et, dans lesmoments difficiles, l'exemple de l'un sera l'appui et le conseil de l'autre. Une noblemulation vous soutiendra et vous profiterez chacun des efforts de l'autre,162fraternellement, en toute amiti.Surtout, plus que toute autre chose, ne revenez pas sur le pass. Il n'y a rien qui soitplus affaiblissant, et sans profit. Vous avez, une fois pour toutes, reconnu vos faiblesses,vos imperfections, vos dfauts. Il n'est pas besoin d'y revenir. C'est une tristesse aveclaquelle vous avez rompu toute attache. N'y songez plus. Le pass est mort et n'a plusdroit qu' votre oubli. C'est vers l'avenir que doivent se tourner et vos regards et vosefforts. Tendez vers cette nouvelle aurore de toutes les puissances de votre tre. Dites-vous bien que ce type idal que vous voulez imiter vous l'tes dj; qu'il est en vous; quec'est un tre nouveau, sans aucun lien ni rapport avec ces chagrins sur lesquels vousaviez tendance autrefois vous appesantir. Votre nouvelle personnalit ne les connatpas. Vous devenez ce nouvel tre, vous n'en serez plus spar. De jour en jour, il faitpartie de plus en plus intgrante de votre personne. Vous vivez l'un par l'autre. Il vousguide vers l'avenir, mais, pour mriter cet appui, regardez en haut, vers les sommets quevous vous tes promis d'atteindre. Agissez en consquence. La victoire vous est promise.Faites rgulirement vos exercices, chaque matin et chaque soir, de prfrence lamme heure. De toutes vos forces, par tous les moyens possibles, fixez en vous ces fortespenses. Dans trs peu de temps, l'habitude vous rendra la tche de jour en jour plusfacile. Surtout, pas de dfaillance. Il n'y a pas de motif pour que votre entranement, unefois commenc, arrte ses progrs et ne mne pas au succs.Je compte sur vous, comme toute heure de dfaillance s'il venait s'en produire,vous pourriez compter sur moi.La confiance est ne en vous. Vous la sentez installe dans votre me. Il fautmaintenant changer de formule. Faites une autre pancarte, des mmes dimensions, avecces mots:JE VEUX RUSSIRFixez la pancarte dans votre chambre, toujours dans un endroit bien en vue. Lisez-lachaque fois qu'elle arrtera vos regards, mais pas d'un il distrait. Attachez votre esprit tout ce que contient de possibilits et d'accomplissements ce simple mot: russir.Chaque matin, rptez-vous une nouvelle formule: Je veux russir. Je sais que le succs n'est pas d au hasard. Le succs rel et durable exige unensemble de qualits physiques, intellectuelles et morales. La principale qualit physiqueest l'endurance. Il me faut la sant. Je veux donc vivre sainement. Je ne gaspillerai pasmes forces dans les plaisirs, ni dans les travaux inutiles. Tous mes actes tendront versmon but. Je serai sobre pour gagner des forces nouvelles qui me permettront de vouloiret d'agir avec persvrance. Je veux russir. Je sais qu'il y a en moi des forces infinies. Jeveux les librer, les augmenter sans cesse. Je veux gagner la victoire.163 Je veux que tous ceux qui m'entourent constatent ma transformation. Mon attitudeest meilleure. Je me redresse; mes muscles se tendent, plus fermes. Je sens circuler enmoi une vie nouvelle. J'ai confiance en moi comme dans l'avenir. Je sais qu'il n'est pas detche qu'un homme volontaire ne puisse remplir du moment qu'il l'a accepte; je veuxaccomplir cette tche. Je rectifie mon regard: je veux qu'il soit franc, plein d'une lumiregale, fort, prompt rpandre sa force sur tous ceux qui en ont besoin. Je veux que mavoix soit plus assure; qu'elle porte mes dcisions non comme des ordres, mais commedes penses longtemps dbattues. Je veux que mon attitude soit ferme et digne, sansarrogance et sans bassesse, sans violence et sans timidit. Je ne livrerai rien au hasard, car le hasard n'existe pas et le succs auquel j'aspire nedpend que de moi-mme. Je veux tre attentif tout, car toute chose, si j'y attache mapense, peut me donner des notions nouvelles dont je puis tirer parti. Je veux rflchir,car toute ide approfondie renferme un enseignement qui ne se rvle qu' l'tude. Matre de mon corps, matre de mes penses, je veux que mon effort soit aussi lesalut des autres. Je ne contraindrai personne par la force. Les sentiments que l'on imposesont pnibles et prompts s'effacer. Je veux attirer les sympathies, mais je les mriteraipar mes qualits, mon attitude, mon dvouement, mon travail. J'ai confiance en moi. Je veux mriter la confiance des autres. Je veux gagner maplace au soleil. Je me sens attractif, plein, de toutes les puissances qui s'panouissentdans mois me. Je veux russir. Je fais ici la mme observation que pour la premire formule. Vous la rpteriez l'infini sans grand rsultat si vous ne la viviez intensment. Il faut vous en pntrer, lasentir entrer dans votre pense, par cet appui gagner de la puissance motionnelle quiaugmentera votre lan, votre facult de travail.On peut rpter plusieurs fois la mme formule; il faut surtout la dire lentement,ajoutant chaque mot la valeur qui lui est propre. Il faut se pntrer de sa pense, mais ilfaut aussi montrer extrieurement cette pense, se conformer aux mots qu'on prononce.Plus que toute chose, il faut tre sr du succs; ne jamais douter de soi-mme; il fautgarder cette confiance que l'on russira.De nombreux et illustres exemples peuvent aisment vous dmontrer lexcellence deces procds.Quoi ! dira-t-on, suffit-il donc de dire: J'ai confiance en moi, je veux russir ! pourrussir compltement ? Non, certes, cela ne suffit pas. Mais c'est le dbut de toute action.Pour russir, il faut des qualits relles d'intelligence et de travail qui ne s'acquirentqu' la longue. Mais, avant de les obtenir, et mme pour les acqurir, il faut commencerpar prendre confiance, par appuyer cette confiance sur une habitude d'esprit, afin que ledcouragement ne dtruise pas en un moment le lent travail de plusieurs jours.164Nous ne pouvons insister ici sur l'art de russir. Cette tude mriterait un ouvragespcial. Ce que nous faisons ici est une uvre plus gnrale et nous devons nous borner des considrations pratiques rsumes en quelques mots.Il faut, avant toute chose, dtruire une erreur qui s'est donn force de loi dans lesesprits routiniers: on ne peut russir dans la vie que si l'on possde une fortune. Il n'estrien de plus erron. II n'y a qu' regarder autour de soi pour constater que beaucoupd'enfants riches, ayant ces possibilits donnes par l'argent, s'empressent de ne rien faire.Nous voyons aussi quantit d'hommes qui, aussi bien dans les arts que dans les affaires,ont commenc sans nul apport, sont rellement les fils de leurs uvres. En Amriqueparticulirement, les sommets appartiennent des hommes qui sont ns pauvres Edison,le plus grand inventeur des temps modernes; Rockefeller, le roi du ptrole; Carnegie sontns dans une condition modeste. Henry Ford, le dernier venu, le roi de l'automobile, acommenc avec rien et tous affirment avec unanimit que le Capital Argent n'est rien ouqu'il est de bien peu de prix auprs du Capital Intelligence.Nous avons dit plus haut qu'une ncessit premire est d'avoir un idal lev, de nepas se limiter aux petites satisfactions du moment, mais chercher des buts levs, deshorizons vastes. Ce n'est pas seulement notre avis. Carnegie, dont les doctrines ont faitleurs preuves, le dit aussi: Que chacun de vous se dise : Ma place est au sommet ! Soyez roi dans vos rves.Faites le vu d'atteindre cette situation, avec une rputation sans tache et ne faites pasd'autre vu qui puisse distraire votre attention. ( Andrew Carnegie. L'Empire desaffaires. )Ces quelques mots, venant d'une bouche autorise, rsument notre enseignement. Ilfaut, avant toute chose, avoir foi, foi en soi-mme, foi en l'avenir. Avoir une foi tellementassure que rien ne puisse faire flchir la volont qui repose sur cette confiance. Onaurait beau tre roi dans ses rves , le trne s'croulerait vite si on laissait le rveilpnible dtruire l'effet de ce rve. Il faut tenir devant les ralits difficiles; tenir le tempsqu'il faut: des mois ou des annes. Tous les milliardaires qui maintenant ralisent de sigrandes choses ont eu des dbuts plus que difficiles. Ils ne se sont cependant pasdcourags. Ils ont gard une foi entire dans le rsultat de leur travail, et ce travail nepouvait manquer d'tre couronn par le succs.Le travail assidu est la seconde ncessit. Non pas un travail d'amateur, mais un travailacharn, qui ne refuse rien en vue de sa russite, sauf ce qui pourrait blesser laconscience.Rien ne vient sans effort. Celui qui veut russir ne l'ignore pas. Il sait aussi que ceteffort, si dur soit-il, est passager et que la rcompense sera au-dessus de la peine. Il saitencore que la foi facilite le travail, que l'intelligence le soutient. Il lutte donc; il lutte sanstrve; il lutte sans dfaillance, avec la certitude de la victoire prochaine, avec la visionglorieuse de la complte russite, une fois accomplis les pas difficiles.La foi et le travail ne suffisent cependant pas. Il est des qualits intellectuelles que rienne saurait suppler. Il faut, naturellement, une intelligence suffisante pour comprendre letravail auquel on s'adonne, pour l'tudier, voir les amliorations dont il est susceptible,les moyens de l'accomplir mieux et, s'il se peut, avec un moindre effort. Cetteintelligence pratique comporte une grande part de rflexion. Il ne faut pas s'emballer trop165sur une soi-disant dcouverte qui ne mnerait rien ou demanderait des travaux et desfrais disproportionns avec le rsultat que l'on peut en esprer. Cette rflexion vous faitvoir l'objet ou l'action sur toutes ses faces avec toutes les possibilits que l'on peut ytrouver. Il faut, pour donner cette rflexion intelligente un poids encore plus grand,l'tayer sur une forte logique, qualit entre toutes constructive et sans laquelle lesmeilleurs efforts manquent toujours de calme et de coordination.Une fois le plan dtermin par l'intelligence et la logique, il ne suffit pas de s'ycomplaire pour le faire aboutir. La qualit la plus utile alors est l'initiative. Il ne faut pas,quand on a dcouvert soit une ide nouvelle, soit le perfectionnement utile d'uneancienne formule, se dire soudain que l'on a tort et que le mieux sera toujours de fairecomme on a fait avant vous. L'initiative ne se laisse pas limiter ainsi. Elle brise les vieuxmoules et cre des formes indites. Mais, avant de lui laisser libre cours, il est bon desavoir o l'on va, ce qui est le fait de l'intelligence, car l'initiative sans frein est un torrentdbord.Lorsqu'on a reconnu, aprs lent et sr examen, l'excellence du plan choisi, il ne fautpas se laisser arrter par des vtilles. Il est bon que l'initiative se transforme en audace,en audace opinitre et volontaire, car une action entreprise doit toujours tre mene bien. Rockefeller dit ce sujet: Jeunes gens, rappelez-vous que la loi lmentaire du succs dans les affaires est devoir toujours haut et grand. Ne songez pas remporter des avantages temporaires. Negaspillez pas votre effort pour aboutir de petits triomphes, moins que votre ambitionne soit jamais que de remporter de petits succs. Regardez toujours devant vous. Etudiezavant de vous risquer: c'est une chose prodigieuse que de voir combien il y a d'hommes,mme trs intelligents, qui se lancent dans une affaire sans en avoir balanc les chances;gardez aussi tout votre sang-froid. Ne vous laissez pas emballer parce que vous obtenezun petit succs et ne vous laissez pas abattre parce que vous essuyez un petit revers.Dites-vous bien, dites-vous surtout que pour russir dans les affaires, il n'y a ni mystresni trucs: il y a des lois inflexibles, des lois d'tude, de connaissance, de travail,d'endurance, de mesure, de calme, d'honntet. Si vous manquez une seule de ces lois,vous pourrez remporter une victoire passagre, vous ne remporterez jamais de victoiredcisive et durable... ( John-D. Rockefeller. Mmoires publis par Le Matin, sept.1908. )Pour russir, il faut avoir confiance en soi. Cette confiance est absolumentindispensable et on ne fera rien d'utile, mme si les circonstances taient favorables, avecla pense que l'on ne russira jamais. Cette ide dprimante fait partie de ces impulsivitsque nous devons dtruire en nous avant toute chose. Napolon avait, en son toile, unefoi aveugle. Dans sa jeunesse, il ne doutait nullement que l'empire du monde dt luiappartenir. Aussi ne s'arrta-t-il jamais dans les actions qu'il commenait. Mais, unmoment donn de sa carrire, quand un mariage imprial et la naissance d'un hritierauraient d lui donner le plus de confiance, il sentit plir cette toile qu'il avait toujoursvu rayonner et, du mme coup, sa fortune quasi miraculeuse en fut enraye. Il le confia Las Cases qui nous a transmis ses entretiens avec l'Empereur dans son exil de Sainte-Hlne. A ce moment, voquant le dsastre de Waterloo, Napolon s'exprimait en cestermes: II est sr, disait-il, que dans ces circonstances je n'avais plus en moi le sentiment du166succs dfinitif; ce n'tait plus ma confiance premire: soit que l'ge, qui d'ordinairefavorise la fortune, comment m'chapper, soit qu' mes propres yeux, dans ma propreimagination, le merveilleux de ma carrire se trouvt entam, toujours est-il certain queje sentais en moi qu'il me manquait quelque chose. Ce n'tait plus cette fortune attache mes pas, qui se plaisait me combler, c'tait le destin svre auquel j'arrachais encore,comme par force, quelques faveurs, mais dont il se vengeait tout aussitt; car il estremarquable que je n'ai pas eu alors un avantage qui n'ait t immdiatement suivi d'unrevers. ( Las Cases. Mmorial de Sainte Hlne (relation du 12 novembre).Cependant les capacits de l'Empereur n'taient nullement amoindries. Sa merveilleusecampagne de France en 1814 le dmontre clairement. Mais la confiance l'avait fui. Despreuves constantes avaient peut-tre fait flchir le riche mtal de cette volont presquesurhumaine. Aussi, quelques lignes plus loin, rappelant ses insuccs militaires. Napolondit encore: J'avais en moi l'instinct d'une issue malheureuse, non que cela ait influ en rien surmes dterminations et mes mesures, assurment; mais j'en portais le sentiment au-dedans.de moi. C'est sans doute que Napolon se trouvait en proie au dsordre qui se trouve suscitpar les ambitions matrielles. Mais celui qui ne dsire que son propre et justepanouissement ne se trouvera pas en butte des forces de cette sorte. Celui-l, peutsuivre sa voie sans que les autres se sentent molests par une ambition tout intrieure etqui n'empite sur les dsirs de personne. Celui qui vit de la sorte n'a pas besoin de sesoucier des envieux. Sa vie ne peut porter ombrage qu'aux esprits chagrins et ceux-lportent en eux-mmes leur juste et prompte condamnation. C'est le sentiment de cettefloraison intrieure chappant la mchancet des hommes et du sort qui a fait dire Marc Aurle: Tu peux vivre exempt de toute violence, dans la plus profonde paix du cur, quandmme tous les hommes vocifreraient contre toi tous les outrages imaginables. Car quiempche que la pense ne se maintienne dans un plein calme, jugeant au vrai ce qui sepasse autour d'elle ? Comment pouvons-nous tre srs que nous n'avons jamais dpass ce qui nous estpermis, ce qui peut nous laisser vivre en paix avec les hommes, quelle que soit la jalousieinhrente leur nature ? Nous le saurons facilement si nous prenons soin d'examinerchaque jour l'emploi que nous avons fait des heures et des forces qui nous ont taccordes. Pythagore donne, cet gard, des conseils que tout adepte se trouvera bien desuivre: Que tes yeux appesantis ne donnent jamais entre au sommeil, avant que tu n'aiespass en revue toutes tes actions de la journe. Quelle loi ai-je viole ? Quel acte ai-jefait ? A quel devoir ai-je failli ? Pars de l et continue. Puis, si tu as fait du mal,reproche-le-toi; si tu as fait du bien, sois-en content. Ce faisant, l'homme est assur de se connatre pleinement. Il ne doit pas se complairedans des erreurs qu'il est bien forc de reconnatre et dont il se corrigera s'il a comprisqu'il ne peut arriver russir sans conscience nette et pure. II faut tre et demeurer soi-mme, se dvelopper dans son propre sens en tendant toujours se perfectionner, maisen respectant les limites que la Nature nous a fixes.167Ce qui fait l'homme suprieur, ce n'est pas telle ou telle facult spciale, tel ou teltalent, mais une nature forte, une conscience haute qui lui donnent les facultsncessaires son labeur et l'ascendant moral de l'tre honnte. Celui qui a ces qualits etqui les dveloppe en soi n'entreprend que des tches auxquelles il est adapt et,travaillant avec acharnement et lucidit, ne perdant aucun moment ni aucune force, il estassur du succs. Celui qui pense de la sorte considrera-t-il l'argent comme le but vispar ses efforts ? On peut dire hardiment non. On ne saurait nier que l'argent offre celuiqui l'a gagn des moyens de travail, et de bien-tre qui sont trs apprciables. Mais levrai bonheur ne se trouve pas dans un coffre-fort. Le vrai bonheur est en soi-mme. Celuiqui, satisfait de sa journe, le cur plein d'affections familiales et de la paix naturelle une conscience pure, coute le chant des oiseaux, regarde une fleur de l'herbe, ravi de sacouleur, de sa dlicatesse, de son parfum dlicieux, celui-l est plus riche que ne peuttre un roi si le cur de ce monarque est bourrel de craintes, de remords, d'inquitudes.La vraie conqute du monde, c'est de goter ces belles heures avec l'ivresse d'un pote etla paix d'un sage. Que souhaiter quand on a cela ?Vouloir, s'analyser, se perfectionner, c'est la voie que nous vous avons indique. Cettevoie exige un effort, un effort continu, quand on veut aller jusqu'au bout. Certains,affaiblis par la maladie ou par un tat spcial de leur esprit, affirment qu'ils ne peuventpas faire acte d'nergie. Pour le trs petit nombre de ceux qui sont rellement incapablesde tout effort; qui ne sont pas capables d'attention, de dcision, de volont; qui par eux-mmes, ne peuvent soutenir un effort suivi, nous intervenons directement.Pour fomenter des nergies, redonner des forces celui qui les a perdues, du courage,l'espoir dans la vie celui qui se croit ray du nombre des gens heureux, le psychologuetient sa disposition plusieurs mthodes suggestives qui se classent en deux catgories:1. Les unes s'adressent la partie mentale dans sa double forme: consciente ouinconsciente;2. Les autres s'adressent la partie motionnelle.De mme que l'quilibre peut tre rompu par l'oscillation d'un plateau de la balance, demme on peut rtablir cet quilibre en agissant sur l'un ou sur l'autre des plateaux. De lproviennent nos mthodes de suggestion directe s'adressant soit la pense (conscienteou inconsciente), soit lmotion.Pour la partie mentale, on peut pratiquer:1. La suggestion en rafale, suggestion brutale, nette, qu'il ne faut utiliser que sil'on se trouve en prsence d'un cas urgent, comme le danger imminent du suicide ou ledsarroi extrmement profond qui peut conduire au mme malheur ;2. La suggestion impose en sommeil provoqu ou, mieux, l'tat de veille. Ellesert, en gnral, dans les cas d'une excessive dbilit mentale qui ne peut accepter niretenir aucune pense;3. La suggestion raisonne qui est toujours faite l'tat de veille avecl'assentiment du malade;4. La suggestion indirecte, mthode entirement nouvelle que nous avons mise aupoint et qui tend vritable inoculation introduire des ides dans le champ mentaldu malade, son insu, bien qu'il soit l'tat de veille et qu il se soumette ou non 168l'action intente.Encore n'est-ce l qu'un des cts du problme. Nous utilisons aussi la suggestionmotionnelle qui agit avec mille nuances depuis l'action profonde, rapide, jusqu' l'actiondouce qui demande des prcautions infinies. Il faudrait un ouvrage entier pour montrerqu'elles nuances peut contenir cette suggestion, aussi dlicate et varie que les timbres etles vibrations de la musique sous la main d'un habile excutant.Avec nos mthodes de rducation, il est donc possible de donner des ides saines celui qui a perdu le contrle de lui-mme, des motions vivifiantes celui qui se croitperdu.Malades, dolents, ne dsesprez pas ! Ayez foi dans l'avenir. Nous voyons chaque jourdes malades, des dsesprs retrouver la plnitude de leurs forces. Nous avons notredisposition des armes puissantes, qui ont fait leurs preuves sur des tres plus malades quevous. Si vous tes soutenus, aids, vous viendrez bout de votre temprament, de vosimpulsions irraisonnes. Vous arriverez dominer, en grande partie, les mauvais apportsde votre atavisme. Vous chapperez aux regrets, aux tourments du pass. Vousredeviendrez un tre libre, sr de lui-mme.La route est trace. Elle a ramen la sant et la russite un nombre infini dedsempars aujourd'hui heureux et reconnaissants. Faites effort. Relevez la tte. Venez ceux qui offrent de vous soutenir, de vous guider. Sachez que le miracle est possible.Ayez foi dans ceux qui vous disent: le salut est en vous.Une vie nouvelle commence. Un nouveau soleil sort des tnbres. L'aube de la joie etde la libration vibre dj sous l'horizon et ne demande qu' briller.RsumNous souffrons surtout de ne pas nous connatre. Si nous nous analysions mieux, nousverrions en nous deux personnes: le conscient et l'inconscient que nous devons utilisertous deux pour nous perfectionner, acqurir des mrites, prparer cette volution qui estle vritable but de notre vie. Faites de votre inconscient rceptacle de tout le pass un collaborateur fidle; du conscient un tre dou de facults et de pouvoirs que rien nesaurait amoindrir. L'ducation tend renforcer le rle du conscient, mais il ne faut pasfaire disparatre son collaborateur.Ces deux personnalits s'affrontent en vous. Laquelle doit primer ? C'est le conscient,certes. Ce serait une erreur, pour les tches essentielles, de compter sur l'inconscient, delui confier la direction de votre vie. Moins encore, pouvez-vous demander appui l'imagination passive, forme fruste, qui est incapable de faire fructifier une ide. C'est elle que Marc Aurle s'adresse en ces termes: Que fais-tu donc ici, imagination ? Va-t-en, de par les Dieux ! comme tu es venue; jen'ai pas besoin de toi. Nous devons donc exercer notre conscient, le renforcer toujours, dvelopper en luil'attention, le jugement et non le soumettre des pratiques inconscientes, le forcer rpter machinalement des phrases sans force et sans effet. Il convient l'homme de faire169effort, de penser, de juger, d'duquer sa volont, car c'est d'elles qu'il peut attendre lamise en valeur de sa personnalit. C'est donc une erreur de compter sur l'inconscient, uneautre erreur de faire disparatre la conscience sous le poids du sommeil, de lasomnolence, de l'hypnose. Nous devons travailler en toute lucidit.Il faut crer un pli psychique et pour cela jouer un rle , diviser son travail en deuxparties comme le font les comdiens: 1 Apprendre le rle; 2 Le vivre, s'en pntrer,extrioriser les ides, les sensations qu'il exprime. Ainsi se cre l'habitude qui nousfacilite la tche, donne le pli psychique qui stabilise les rsultats acquis. Une force donneun grand appui ce travail, c'est l'motion.Pour profiter la fois de ces deux forces mentales et motionnelles, nous devonsd'abord nous imposer une premire formule: J'ai confiance en moi jusqu' ce quenous ayons acquis cette confiance. Ensuite, vient une seconde formule: Je veuxrussir ! Ces formules, il faut les crire sur des pancartes et les fixer dans sa chambre,les considrer attentivement, matin et soir durant quelques minutes, bien se pntrer de lavaleur des phrases, les vivre, en faisant des exercices appropris pour graver dans lapense ces ides qui doivent prendre corps dans notre tre, le doter des facults qui luimanquent pour devenir celui qui russit.Cette donne est base sur l'exemple constant des hommes qui, partis de rien, sontarrivs des situations prpondrantes, spcialement les milliardaires amricains.Comme eux, celui qui se transforme doit savoir que rien ne doit tre livr au hasard, quetout vient de la volont consciente et que tout lui est promis. Cette pense, il faut lasoutenir par un effort continu, car rien ne russit sans travail. Ce labeur, qui serait aridesans cela, on l'appuiera sur un idal que nous devons placer le plus haut possible si nousvoulons devenir des tres vritablement suprieurs. Et, cet idal une fois lu dans notreme, nous devons dvelopper dans notre conscience ces qualits de jugement,d'attention, de rflexion, qui nous mettront mme de la raliser autant qu'il est en notrepouvoir.Un grand psychologue anglais a rsum cette mthode dans une formule lapidaire quenous plaons avec joie sous vos yeux, pour vous montrer de quoi vous tes capable dansle dveloppement harmonieux de tout votre tre. Sir John Lubbock crit : Semez un acte et vous rcolterez une habitude. Semez une habitude et vousrcolterez un caractre. Semez un caractre et vous rcolterez une destine. (Sir J.Lubbock. L'Emploi de la vie. )L'auto suggestion graphique Les hommes chercheront toujours des signes extrieurs pour dcouvrir les pensessecrtes et les penchants cachs. P. Flourens. De la phrnologie et des tudes vraies sur le cerveau.170L'AUTO SUGGESTION GRAPHIQUEL'troite connexit du physique et du moral. Notre tat psychique rvl par nosgestes. Tel tat d'me impose la plume un mouvement dtermin, comme il donneau corps tel geste ou telle attitude. La graphologie. Rapport de certaines tendancesphysiques et morales avec l'criture. Exemples typiques. Les indices rvlateurs ducaractre tirer des gestes, du port, des traits du visage, du regard, de la dmarche, de lapoigne de mains. Comment procder pour examiner graphologiquement une paged'criture. Ordonnance du texte. Intensit de l'criture. Direction des lignes. Inclinaison des lettres. Dimension du graphisme. Ecritures rondes et anguleuses. Assemblage des lettres et des mots, liaison des lettres. La signature. La lettre t. Ce que rvle la signature d'Edison. Points, accents et ponctuation. Rsultantes. Ncessit d'imposer silence nos muscles. But de notre mthode d'autosuggestiongraphique: augmenter l'attention. Modifications apporter notre criture. Rsum.Nous avons vu l'influence de l'attitude mentale et les bnfices moraux et mmematriels qu'on en peut attendre. Rien n'est plus propre nous corriger des dfautsintellectuels, des faiblesses nerveuses, des emballements motifs qui sont d'une tellegne dans la vie. Sommes-nous peureux, impressionnable ? Il nous suffit d'imaginer quenous possdons l'entire matrise sur nous-mme, que nous sommes un tre calme,pondr pour que, peu peu, nos sentiments et surtout notre systme nerveuxs'accoutument suivre l'impulsion donne, ne nous permettre que des actionsconformes au plan que nous nous sommes idalement impos. C'est ainsi que notrepersvrance nous impose le pli psychique . L'auto suggestion incruste dans notreconscience l'ide que nous n'avons plus peur et, lentement mais srement, la craintequitte notre esprit, nos nerfs s'aguerrissent, nous supportons sans motion des secoussesque nous n'aurions jamais imagin auparavant accuser avec un tel calme.C'est un point que nous ne devons jamais perdre de vue: l'troite connexit duphysique et du moral. Dans les chapitres suivants, nous verrons que le calme physique,par exemple, le repos et la dtente musculaire, transmettent la quitudes de notre corps notre esprit. Mais il en est de mme inversement: notre attitude mentale s'impose notreattitude physique et nous devenons, extrieurement mme, l'homme ou la femme quenous dsirons devenir.Les grands nerveux, dans le cerveau desquels les images se droulent avec la rapiditd'un film de cinma, les grands impulsifs ne sont pas plus matres de leur attitudephysique que de l'ordonnance de leurs ides: ils font quantit de gestes mutiles,s'imposent leur insu un supplment de travail musculaire qui ne sert rien; ils crient,gesticulent, s'emportent, frappent au besoin et cette dpense musculaire a lieu parcequ'ils ne savent pas rsister au torrent de leurs ides, l'imptuosit de leurs motions.Ce rapport troit qui existe entre notre activit physique et notre activit psychique estnettement mis en vidence dans la peur. Si nous ne savons pas matriser ce sentiment, unflot d'ides afflue dans notre cerveau en moi; nous multiplions le danger rel par l'imageplus ou moins terrible que nous nous en sommes faite et nous courons toutes jambes,sans savoir o, parfois en sens inverse de ce que nous devrions faire pour nous mettre en171sret.Voyez au contraire l'homme calme, matre de lui: il fait peu de gestes; il n'lve pas lavoix, mme quand il se croit de justes motifs d'irritation. S'il se trouve dans un danger, ilcraint pour sa vie autant que celui qui s'affole, mais, dominant son esprit et son corps, il aune conception rapide de ce qui doit tre fait pour attnuer le danger. Il voit d'un coupd'il les mesures prendre. Son calme rflchi s'impose la foule. Il cre, il dirige lessecours, improvise les soins, et, par l'emprise de sa volont calme et pondre, il sauveson existence et celle des autres. Il va de soi que ces formes diffrentes de pense, cestats d'me imposent la personne physique un changement qui se manifesterait mme sideux corps taient parfaitement identiques. Ces transformations et dformations ont crles sciences dites d'observation, sciences qui ont fait leurs preuves d'exactitude et dont lemcanisme est bien facile comprendre, pour peu qu'on veuille rflchir.Sommes-nous en colre ? Aussitt, malgr nous, nous nous crispons, nous fermons etnous tendons le poing, nous levons la voix, que la personne contre qui nous nousemportons se trouve ou non en notre prsence. Ces gestes nous sont bien connus et si,sans rien entendre des paroles changes, nous voyons quelqu'un froncer les sourcils,brandir son poing vers une autre, nous savons avec certitude que cette personne est enproie des penses tumultueuses. Il en est de mme pour une personne afflige: le plitombant des lvres, les paupires qui battent, retenant difficilement les larmes, les ailesdu nez qui se resserrent, une foule d'indices trs faciles constater nous montrentparfaitement que nous sommes en prsence d'un tre accabl de douleur. Ainsi pourtoutes les autres formes de sentiment; chacune a dans nos gestes, dans notre attitude,dans notre visage, dans notre voix, dans le jeu de tous nos muscles un signe rvlateurqui lui est propre.Dans l'impatience, par exemple, l'homme prouve le besoin d'user par desmouvements l'irritation cause par l'attente; plus l'attente est anxieuse et plusdsordonns sont les mouvements. Dans une panne de tramway, les voyageurs assis oudebout pitinent sur place comme si cela pouvait faire venir le courant qui fait dfaut.Regardez au caf, le Monsieur qui attend depuis une heure la dame qui l'a favoris d'unrendez-vous: il tambourine des doigts, il plie et dplie son journal, tire ses moustaches,regarde mille fois sa montre, tourne sans cesse la tte vers la porte o il espre voirparatre l'objet de ses rves; il s'occupe de mille manires pour tuer le temps avec desgestes typiques que n'aurait pas un paisible consommateur profitant d'une heure de repospour regarder des illustrs en buvant une boisson plus ou moins toxique.Ce sont l de petits faits, mais ces petits riens ritrs traduisent une forme decaractre, et cette forme de caractre, il est un geste, ou plutt une succession de gestesqui nous le rvle clairement, c'est notre criture. Elle fournit, qui sait observer, la pluscomplte indication que nous puissions avoir sur le temprament et le caractre duscripteur.La graphologie n'est pas une science occulte , c'est une science d'observation basesur une connaissance approfondie de l'tre humain, physique et moral. Tel tat d'meimpose la plume un mouvement dtermin, comme il donne au corps tel geste ou telleattitude. La personne active aura toujours une criture rapide. Celle qui est indolente,paresseuse, ennemie de l'effort, marchera lentement et crira de mme. Telle qui estdsordonne montrera aussi peu d'ordre chez elle, dans ses affaires, sur elle, dans son172habillement que dans ses lettres. Il n'y a l aucun mystre: c'est de la plus lmentairepsychologie.L'criture varie, direz-vous ? Certes, mais cela est encore une preuve de la ralit desdductions graphologiques. L'criture change par suite de la variation des tats d'me. Lematin, votre criture est gnralement plus calme que plus tard dans la soire: cela tient ce fait qu'aux premires heures de la journe votre organisme est repos; l'aprs-midi,sans autre cause que la fatigue du jour, vous aurez uns criture sensiblement plus agite;cette agitation sera bien plus grande si, entre temps, vous avez appris une mauvaisenouvelle, la mort d'une personne aime ou la perte d'une affaire sur laquelle vouscomptiez beaucoup. Si vous tes bien portant, votre criture ne ressemblera que trs peu votre criture de malade. Nous en prenons un illustre exemple dans l'criture deNapolon: sa signature de l'abdication est si diffrente de sa signature ordinaire, qu'elleest peine reconnaissable.Peut-on changer son criture ? On peut certes y russir, mais il faut faire acte devolont, dployer de l'attention. Si l'on veut modifier rellement les traits caractristiquesde son graphisme, il faut un temps assez long et une application soutenue et nousarrivons alors, par la matrise que nous imposons un geste physique, nous modifieraussi au point de vue mental. C est prcisment le but du prsent chapitre de montrercomment on peut, en surveillant son criture, arriver modifier son caractre, se gurird'un travers ou d'un dfaut, acqurir telle ou telle qualit que nous envions. Cettediscipline musculaire cre peu peu le pli psychique qui nous donne la qualit ou lavertu que nous dsirons obtenir.Ce n'est pas aussi facile que l'on pourrait imaginer premire vue: cela demande untravail attentif et surtout beaucoup de patience. Nous n'en voulons pour preuve que leslettres anonymes que tout le monde est expos recevoir. Celui qui commet cet actemprisable s'imagine qu'en renversant ou en redressant son criture, il dissimulera sapersonnalit et dtournera les soupons. Grossire erreur ! Les lettres, mme changesquant la direction, restent elles-mmes dans leurs formes, car la personne n'a pas d'unseul coup modifi son temprament et ses tendances. Si elle est inattentive etdsordonne, le dsir de vous tre dsagrable ne lui donnera pas l'ide de mettre leurplace les accents, les points, les trmas, les virgules et toute chose de ce genre: qu'ellecrive droit ou renvers, vous saurez que vous avez affaire une personne distraite,ngligente ou simplement tourdie. Et en comparant la lettre anonyme des lettreshabituelles de cette personne vous trouverez des similitudes trs frappantes.Le docteur Encausse a rendu par l'image, de faon amusante, le rapport de certainestendances physiques et morales avec l'criture: Si vous tes peu susceptible de garder un secret, dit-il, alors vous ouvrez facilementvotre bouche, aussi facilement que vos o et vos a. Si, par contre, vous tes discret, vousfermez par habitude la bouche, et, par consquence analogique, vos lettres o et a.imageFig. 53. Lettres o et a ouvertesCelui qui ouvre la bouche pour parler tort travers, sans contrle, ouvre de mme173ses o et ses a.imageFig. 54. Lettres o et a fermesQui ferme les lvres et ne les ouvre qu' bon escient, ferme galement, dans songraphisme, les o et les a Etes-vous optimiste ? Vos barres de t s'lancent hardiment vers le ciel comme votreimagination. Etes-vous au contraire chagrin et pessimiste ? vos barres plongent dans lecentre de la terre comme vos ides vous portent vous enfoncer dans un grand trou noir.imageFig. 55, 56, 57. La barre du tS'lance-t-elle vers le ciel, c'est signe que le scripteur a des penses optimistes;descend-elle, au contraire, vers la terre, c'est indice de penses sombres et dprimantes ;enfin, est-elle droite et nettement trace, ferme et sans violence, la personne estpondre, calme, rflchie. Etes-vous nerveux, irritable, toujours prt formuler que vous tes le plusmalheureux des hommes ? alors vos lettres sont pointues et aigus. Voyez-vous aucontraire un n aux jambages calmes et bien arrondis, alors celui qui forme cette lettre estun papa tranquille sachant supporter et surtout pardonner les scnes les plusviolentes. Votre correspondant a-t-il de l'ordre ? S'il met exactement les points sur la lettre i, ila l'amour de l'ordre et de l'exactitude, il est toujours trs bien coiff l'heure convenable.S'il n'oublie pas le point, mais le pose sur la lettre qui prcde ou sur celle qui suit lalettre i, alors il a de l'ordre seulement par accs quand cela lui dit , autrement il estmal coiff et n'est jamais absolument exact au rendez-vous. S'il oublie son point sur l'i,alors prenez un intendant pour tenir les comptes.imageFig. 58. Une lettre anguleuseDnote un temprament nerveux irritable.imageFig. 59. Une lettre arrondieIndique la bonhomie, l'affabilit, la douceur des manires.imageFig. 60. Le point sur l'i bien plac signifie ordre, exactitude.imageFig. 61. Le point sur l'i trs dplace ou absent: inexactitude, inattention.174 Mettez la missive reue bien droite et voyez comment se terminent les lignes. Allantvers le haut, elles indiquent l'ambition que rien ne rebutera. S'croulant vers la terre, ellessignalent le dveinard qui manque tout par dfiance de soi. Enfin allant en zigzag, ellesindiquent l'indolent travaillant par coups et laissant doucement passer la vie. On s'habille comme on crit la lettre d. Celui qui crit ses d avec une simple boucle,s'habille en bohme, sans prtention. Celui-l qui entortille trois fois en colimaon laboucle de ses d a l'habitude des cravates tons criards et de l'lgance sans got. Cetautre, qui fait ses d rgulirement, avec une barre bien droite, c'est le notaire ou lemagistrat, moralement bien entendu. Ses costumes svres correspondent sa lettre.Enfin celui qui retourne ses d inaugure des costumes esthtiques autant qu'tranges,s'habille l'envers du sens commun, aime les coiffures d'un got douteux, les orchidesmorbides et les redingotes longue taille. imageFig. 62. L'criture ascendante, descendante ou dansante.Celui qui a confiance en lui crit en montant. Celui qui doute de lui-mme ungraphisme qui descend. Celui dont l'criture danse est un irrgulier, un instable dans lavie.Le Docteur Encausse n'a cherch qu' rendre d'une faon suggestive quelqueslments de graphologie, mais il ne faudrait pas les prendre au pied de la lettre car, ainsique le dit trs justement Crpieux-Jamin: il n'y a pas de signes particuliers,indpendants, il n'y a que des signes gnraux dont les modes sont divers. Quand ontudie une criture, il faut toujours tablir une rsultante entre les pronostics tirer detous les signes graphiques: c'est le seul procd qui donne des rsultats d'une relleexactitude.imageFig. 63 66. On s'habille comme on crit la lettre d.Celui qui orne ses d d'une simple boucle s'habille ngligemment. Tel qui tourne ses den colimaon a une recherche prcieuse dans son accoutrement. L'tre pondr s'habilleet trace ses d correctement. Enfin, le d la hampe tourmente est celui de l'hommemanir jusqu'au ridicule.Notre caractre, nos tendances ne se rvlent pas par un signe isol, mais parplusieurs : quelquefois tout notre tre contribue manifester ces tendances par des signestrs diffrents entre eux.Le Docteur Hricourt affirme: II est d'observation courante, qu'il s'agisse de gestesspontans inconscients ou d'une mimique savamment tudie: Que l'nergie de la volont se traduit par des gestes pesants, fortement accentus; Qu'une exposition claire et limpide ne va pas sans gestes pondrs et nettementdessins;175 Que les gens sensibles prennent, comme on dit, des airs penchs; Que l'goste semble toujours se dsigner et ramener tout vers soi par lesmouvements centriptes qui lui sont habituels; Que lhomme franc a le geste ouvert et net; Que la dissimulation a le geste fuyant comme le regard et ses mouvements, commeses phrases, semblent n'tre jamais termines; Que l'exalt se reconnat de loin l'amplitude de ses mouvements; Que l'homme gai et bien portant a les gestes vifs et ports vers le haut, tandis que latristesse incline la tte et laisse tomber le bras; Que l'homme doux vite les mouvements anguleux, toujours carrs ou pointus chezl'homme rude et de commerce dsagrable; Que la grce arrondit les mouvements et dcrit des cercles; Que l'homme simple se remarque la sobrit et l'galit de son allure. Ce sont justement ces mouvements que nous allons retrouver dans l'criture.L'observation nous permet de dire avec exactitude que les signes de telle ou tellehabitude mentale, que ce soit une qualit ou un dfaut, se trahiront tout aussi bien par lamanire de parler que par les gestes, le port, les traits du visage, le regard ou l'criture,sans parler de la dmarche ou de la poigne de mains qui pourraient donner aussi tout uninonde d'indications utiles. Il faut apprendre regarder et c'est un effort crbral que l'onn'aura jamais l'occasion de regretter, car aucun ne saurait nous tre plus profitable.Ce serait sortir de notre cadre que de vous enseigner ici ces sciences d'observation.Nous nous en tiendrons quelques indications de graphologie qui vous permettront detirer de cette science un intressant moyen auto suggestif.Nous avons devant les yeux une page d'criture courante crite l'encre (et non aucrayon qui dforme certains signes: les accents, les barres de t, la ponctuation,notamment). Regardons, tout d'abord, l'ordonnance, la disposition gnrale, ce qui nousfrappe au premier regard dans l'aspect total de la page; viennent ensuite l'intensit dumouvement, la direction des lignes, la dimension et la forme des lettres, leur assemblage.C'est de la runion de ces indices parfois diffrents sinon contradictoires, que noustirerons un jugement moyen, motiv et dfinitif.A moins d'tre dou de facults intuitives qui aient fait leurs preuves, lorsque nousavons quelque personne juger, ne cdons pas notre impulsion premire; nous voulonstudier le caractre, le connatre plus fond; nous suivons la personne pendant un certaintemps, remettant pour la juger que les faits rvlateurs de son caractre nous aient permisd'tablir un jugement bas sur quelque chose de plus stable que le got inspir premirevue. C'est ce que nous devons faire avec la graphologie: en prsence d'une lettre, nous nedevons pas nous laisser arrter par une seule particularit, nous devons tudier tous lessignes qui nous frappent et ne tirer un jugement que sur l'ensemble. En agissant de lasorte, nous restons dans le domaine de l'observation rigoureuse.Pour nous permettre de formuler un jugement, passons en revue, successivement les176divers indices qui nous sont fournis par une page crite:Ordonnance. Si l'criture est bien dispose, si la marge est normale, si le premieraspect de la page nous donne une impression de clart, c'est que le scripteur est ordonn.Dans le cas contraire, si la marge est irrgulire, si la disposition est dsagrable, sil'aspect de la page est malpropre et confus, nous en tirons le mme jugement que noustirerions de vtements mis au hasard et sans nul got: le scripteur manque d'ordre.Intensit. Une personne trs nerveuse, impulsive, n'a jamais une criture calme. Leslettres sont toujours ingales. Les critures tourmentes appartiennent gnralement auxpersonnes trs motives. Nous y insistons encore: l'criture est comme le geste. Unecriture trop serre a quelque chose d'triqu, de mesquin, image d'un tempramentparfois un peu plus qu'conome. Au contraire, l'criture large, espace, indique untemprament gnreux. S'il y a exagration, le scripteur a le got de l'ostentation, il tient tonner la galerie et risque de se rendre charge par une affirmation excessive de sapersonnalit.Une criture lgre est ordinairement le signe d'une volont faible, d'un caractresentimental, souvent dupe de ses affections et surtout des illusions qu'elle se cre. Aucontraire, l'criture appuye dnote une nature nergique, laborieuse; elle peut avoirmoins de nuances dans l'esprit; elle est moins artiste, mais le rendement des affaires esttrs suprieur. C'est une criture d'homme qui russit.Une criture pteuse, aux boucles massues et pleines d'encre indique une fortetendance la matrialit. La personne est gourmande, sensuelle, porte tous les plaisirsdu corps, sans aucune idalit.Si les boucles sont assez importantes, et mme si toutes les lettres sont renfles enforme de fuseaux, c'est un signe du mme ordre que le prcdent. L'Abb Michon en faitle signe de l'amour charnel. M. de Rochetal largit le diagnostic et donne ce signecomme une indication gnrale de sensualisme.Direction des lignes. Les lignes montantes traduisent un mouvement ascensionnelde la pense. Le scripteur est heureux, ambitieux. Il place au-dessus de lui le but de sesdsirs et de ses volonts, et son criture monte autant que ses esprances. Il a de l'ardeur,de l'entrain; il est entreprenant, jovial; c'est un homme heureux. Si l'criture monte d'unefaon dmesure, le scripteur peut tre prsomptueux, tmraire, mais ces dfauts ne fontde tort qu' lui et encore un tort purement spcial, car il vaut mieux quelquefoisentreprendre trop et avoir, comme on le dit vulgairement, les yeux plus grands que leventre, que de rester sur place, faute de confiance en soi et dans la destine.Les critures tombantes donnent les indications contraires: elles traduisent la tristesse,l'accablement, la peur de faire trop ou de trop entreprendre. C'est ordinairement le signede la fatigue morale et physique. C'est une criture malheureuse, car si l'on escompted'avance l'insuccs, on est dj mi-chemin pour l'obtenir.L'criture horizontale, d'une parfaite rectitude sur la ligne, est le signe de la rectitude177des ides, de la raison froide, de l'galit d'humeur et aussi de la prudence, mais d'uneprudence active et non, comme dans le cas prcdent, d'un scrupule qui touche audcouragement.Si l'criture est sinueuse, c'est--dire si, sans s'carter ou presque de la lignehorizontale, elle a de trs lgres montes et descentes, c'est un indice de souplesse dansles ides et le caractre. Il n'y a pas faire fond sur la sincrit de cette criture mais, cequi loigne le scripteur de la vritable perfidie, c'est la mobilit de son caractre. Le fondn'est pas bon, mais il n'est pas dangereux. Si les carts entre les montes et les descentessont plus sensibles, cela indique un certain dsquilibre nerveux. Le scripteur estincapable de travail rgulier et suivi. Il a de belles envoles, rapidement suivies deprofonds dcouragements. La plume, comme le cerveau, se fatiguent vite.Si l'criture d'une seule courbe, monte au dbut de la ligne et se rabaisse la fin, elleest dite vote et donne, avec plus de pondration, les pronostics de l'criture prcdente.Au contraire, l'criture descend-elle au dbut de la ligne pour remonter la fin ? Elle estdite en cuvette et donne les indications inverses. Le scripteur, souvent par suite d'untat de fatigue physique ou de dpression morale, est sujet au dcouragement, mais, sousl'impulsion d une ide ou d'un sentiment (du devoir, par exemple), il reprend force, sinoncourage, et accomplit sa tche quelles qu'en soient les difficults, uniquement parce qu'ilfaut la faire.Inclinaison des lettres. Si l'criture est excessivement penche, dans le sens o elleest trace, il y a prsomption d'impulsivit, de prdominance complte des sentiments surla pense et la raison. Si, tout en tant moins penche que la prcdente, l'criture est toutde mme incline, elle indique une sensitivit plus ou moins tenue en bride par la volontraisonnable, oppose au mouvement passionnel.L'criture verticale, droite indique, au contraire, la rsistance aux passions et auxsensations: la tte dirige le cur et le tient fortement en bride. C'est un avantage, s'iln'amne pas la scheresse de sentiments et le manque de franchise et d'imagination.C'est ce que nous donne l'criture renverse: elle dcle l'absence de franchise, ladissimulation et mme l'habitude du mensonge, mais, comme toute atteinte la Natureest toujours punie de quelque manire, ce signe dnote trs souvent une exagrationmaladive, un dbut de folie des grandeurs qui n'est pas, comme on le croirait,incompatible avec la mfiance,Dimension de l'criture. Cette observation est d'une psychologie trs claire. Celuiqui est orgueilleux est port vouloir agrandir la place qu'il tient dans ce monde et soncriture qui s'en ressent, tend s'taler, prendre beaucoup plus de place qu'il n'estncessaire. Toutefois, il y a des nuances infinies dans cet orgueil. Si l'criture, quoiquegrande, est simple dans ses majuscules et ses lettres boucles, l'orgueil est personnel; ilpeut tre puissant sans tre agressif. Mais si les lettres boucles et les majuscules sontornes de fioritures plus ou moins extravagantes, l'orgueil ne se contente pas de sonpropre suffrage, il tient s'imposer aux autres et devient franchement insupportable. Lapersonne qui est afflige de cette forme de caractre attire sur elle l'attention par toutessortes de procds, mme par un habillement bizarre. C'est cette forme d'esprit quenous devons les hommes grands cheveux et cravates clatantes, les femmes qui crent178des modes excentriques pour se diffrencier du commun des mortels. Cela n'empchepoint le talent, mais ne le prouve pas non plus. Il faut un rel mrite pour faire oubliercette pose parfois dplace.Si l'criture est plus haute que large et sans traits inutiles, l'orgueil est une juste etnaturelle fiert qui ne nuit en rien l'urbanit des manires et la facilit des rapportssociaux. Mais si la hauteur est disproportionne, sans arriver l'extravagance descritures fleuries, le scripteur n'est pas loign de ces outrances de manires, de cesrecherches de costumes ou d'attitudes qui nuisent bien des artistes dans l'esprit dupublic. Cependant, il est difficile, celui qui se sent une valeur au-dessus de la moyenne,de se laisser confondre avec l public; d'autre part, les grandes envoles du gnies'unissent facilement avec ces grandes lettres. Il y l une mesure chercher et deslments dont il faut tenir compte.Les critures menues sont gnralement celles des tres dous de finesse, de ruse, etd'une certaine minutie, pointilleux mme. Il ne faut cependant pas prendre la lettre cetteindication, car il y a parmi les hommes d'un talent et mme d'un gnie reconnus descritures minuscules. Celles de Lamartine, de Verlaine, de Th. Gautier, de Th. deBanville sont de celles-ci.Forme de l'criture. L'criture ronde est gnralement signe de la bont ou dumoins de la politesse, qui est la bont sociale; elle indique de la douceur, de labienveillance, des manires rondes et polies.L'criture anguleuse, aux jambages pointus, c'est le signe de l'nergie et mme desinstincts dominateurs. Il y a mille nuances dans ces deux formes d'criture qui indiquentla souplesse plus ou moins grande, la bont ou lautorit accentues plus ou moins selonle cas.Assemblage des lettres et des mots, liaison des lettres. Si les lettres sontjuxtaposes, c'est--dire si elles se suivent sans que la plume ait trac un lien entrechacune d'elles, c'est le graphisme d'une personne trs doue intuitivement. Telle estl'criture des potes, des inventeurs, des utopistes qui cherchent un systme nouveau dernovation sociale par des procds plus ou moins bizarres; c'est celle des rveurs detoute catgorie.Si les lettres sont lies, si la plume a trac tout le mot sans se relever, l'intuition estremplace par la dduction. Ici, l'inspiration est faible ou inexistante, mais l'observationpeut y suppler surtout dans les arts ou les sciences o le gnie n'est pas absolumentncessaire. L'criture juxtapose est celle des potes; l'criture lie est celle desscientifiques. Si lesprit est port aux affaires publiques, surtout un point de vueutilitaire, il arrive que plusieurs mots sont lis ensemble. On en voit un exemple dansl'criture du cardinal de Mazarin. L'enchanement des lettres et des mots est l'indice del'enchanement des ides. Aussi les hommes d'affaires remarquables ont-ils gnralementune criture trs lie.La signature. C'est encore un point d'une grande importance. C'est elle qui donneune note gnrale sur le caractre du scripteur. Celui qui crit son propre nom affirme sa179personnalit et, dans cette pense, il est port se rvler davantage.Si la signature est sobre, elle indique une personnalit affirme, mais qui ne crot pasavoir besoin de paratre pour exister. C'est aussi la signature des humbles et des simplesqui mettent leur nom sans chercher attirer l'attention. C'est d'ailleurs le mmesentiment. Les uns croient que leur nom suffit pour retenir l'esprit et le regard; les autrespensent que le regard ni l'esprit n'ont rien faire avec eux.La signature souligne dnote de l'orgueil: celui qui trace ainsi une forte barre au-dessous de son nom n'est pas fch de se souligner, de se mettre en valeur aux yeux dupublic.Si la signature est souligne en bas et en haut, formant de la sorte une espce de cadre,l'orgueil est dominateur, il tend s'imposer aux autres, faire prvaloir sa personnalit etses opinions.La signature complique indique un caractre retors et processif si elle est mle dedeux sortes de traits: les uns horizontaux et boucls en lacs d'amour et les autresverticaux et barrant ceux qui ont t prcdemment tracs, c'est la signature appele entoile d'araigne . C'est celle des grands diplomates ou des escrocs.La lettre t. Bien qu'il soit ncessaire, pour aboutir une tude rellementintressante, de faire une rsultante, il est cependant des signes qui, considrsisolment, mritent une attention spciale par les indications trs prcises qu'ils nousdonnent. Telle est la lettre t que nous pouvons considrer comme l'image de la volontdu scripteur. On comprend par l son importance.Si le trac du t est normal, mais que la barre soit absente (n 1, fig. 67) et mme si labarre est trs lgrement trace, c'est le signe d'une volont faible et facilement capte. Sila plupart des barres manquent dans l'ensemble de la pice tudier, c'est que l'attentionest faible ou distraite, ce qui est toujours une infriorit.Si la barre est trace, mais mince et lgre (n 2), la volont est vive mais de courtedure. Plus la barre sera jete et lgre, plus le scripteur aura de caprices et de vivacitdans un dsir changeant.Si la barre lgre est place au-dessus du t (n 3), il y a grande vivacit, nombreuxcaprices, une grande faiblesse sous des allures dcides. Les ides sont absolues, maispeu fixes: c'est le signe de la volont active, mais mal comprise et mal dirige.Si la barre est jete ngligemment et ne garde pas sa rectitude (n 4), la volont existe,mais elle est ennemie de la discussion. Le scripteur est conciliant.La barre du t retournant sur elle-mme (n 5) et formant boucle gauche de la hampeindique la tnacit, l'opinitret que les obstacles ne dcouragent point. Plus la boucle estgrande et marque, plus le scripteur a d'imagination et de vivacit.La barre termine par un crochet (n 6) est aussi un signe de tnacit, mais si la barreest lgre, la volont est instable, moins que ce ne soit le dsir de se faire aimer etservir: on harponne, on se cramponne. Si la boucle est ascendante, cette volont estactive. Si la boucle est descendante, elle est passive; c'est, dit l'abb Michon, la tnacitdans la rsistance. Les barres de t pointues (n 7) annoncent le sens critique, un penchant la raillerie, un180esprit vif et mordant, propre jeter des mots , des pointes qui peuvent blesser lecontradicteur. C'est aussi l'indice d'un esprit actif et entreprenant. La barre ascendante (n 8) et peu appuye indique l'esprit de contradiction, de chicane.Elle annonce aussi un caractre vindicatif.imageFig. 67. La lettre t manifeste la volont du scripteurIci, mille nuances. Du t non barr (absence de volont) jusqu'au t barr en forme demassue (volont violente au paroxysme), tous les sentiments s'expriment: volont vivemais de courte dupe (2), grande vivacit, nombreux caprices (3), volont conciliante(4), tnacit, opinitret (5), tnacit instable et goste (6), sens critique, raillerie (7),esprit de contradiction (8), troitesse de jugement (9), esprit agressif, entt (10),enttement exagr (11), volont concentre (12), opinitret irraisonne (13),absolutisme froce (14), despotisme brutal (15), volont forte et lucide, puissante etopinitre (16 18).Si elle est encore plus montante et plus appuye (n 9), c'est le signe d'une autorittracassire, mesquine et tatillonne.Lorsque la barre forme un angle aigu avec la hampe (n 10), l'esprit de contradictionest agressif et dsagrable. C'est l'enttement, lequel n'est pas une preuve de bonnevolont.Les barres de ce genre, quand elles sont trs longues (n11), indiquent un enttementencore plus prononc.La barre du t courte et appuye, si elle est horizontale (n12), dnote une volont forte,une nergie concentre, une fermet calme. C'est aussi le gage d'un esprit clair, aux idesnettes, qui a de l'ordre et du plan dans les ides, signe excellent pour le succs dans lavie.La barre courte, appuye et descendante (n 13) est le signe de la volont qui ne cdepas, de l'opinitret, mais elle peut indiquer aussi que cette opinitret est sans nuanceset ne s'ouvre pas la raison.La mme barre, mais place tout en haut de la hampe (n 14), donne les mmesindices, mais sans discussion possible, c'est l'enttement des utopistes, l'absolutismefroce, le dsir de s'imposer.La barre forte, haut place, mme sans contact avec la hampe (n 15), surtout si elleest longue, est le signe de l'audace, de la rsolution, de l'absolutisme qui s'impose, del'aptitude au commandement. Le fait que cette barre est trace en haut de la hampeimplique un despotisme d'autant plus grand que la barre est plus appuye.Les barres massues (ns 16, 17, 18), plus paisses la fin qu'au commencement, sontle gage d'une forte et lucide activit. Plus cette barre est longue, plus la volont esttenace, puissante, opinitre.Nous donnons pour exemple la signature de Thomas A. Edison: le t du prnom,181formidablement massue, indique une volont extraordinaire. La vie de l'illustre inventeuramricain en est d'ailleurs un exemple frappant. Edison a su dployer une volont qui l'afait suprieur tous les obstacles qu'il a rencontrs sur sa route.Nous croyons utile, pour justifier la valeur de ce signe graphique, de rappeler trsbrivement quelles furent les diffrentes tapes de la vie d'Edison.Ds l'ge de 12 ans, il est traon-boy sur le Grand-Trunk Railway o il vend desjournaux, des fruits, des lgumes, des objets de toute sorte aux voyageurs. Il se spcialiseensuite dans la vente des journaux et devient typographe, puis journaliste, afin de composer , dans tous les sens du mot, le journal qu'il vient de fonder. Cet organe nerussissant pas au gr de ses dsirs, Edison change de profession, devient tlgraphisteet, ds cette poque, se fait remarquer de ses chefs par son ingniosit. Il rend sonadministration des services exceptionnels par la cration de dispositifs lectriques toutnouveaux. Mais la libert lui manque pour se livrer aux recherches que lui suggre sonesprit inventif. Il s'y adonne compltement, aussitt que cela lui est possible etcommence sa triomphale carrire. Il perfectionne le tlgraphe, le tlphone, cre lemicrophone, invente le phonographe, la lampe incandescence lectrique, perfectionnele cinmatographe. Son nom est attach la plupart des dcouvertes scientifiquesmodernes.Son activit est d'une telle intensit qu'elle passe pour quasi miraculeuse, mme dansson pays o l'activit est de rigueur pour tout le monde. Mais, quels que soient les donsdu grand inventeur, il a surtout donn l'exemple d'un travail opinitre. Il dit plaisammentque, dans les heureuses trouvailles par lesquelles il a apport tant de choses utiles auperfectionnement de la vie moderne il y a 1 0/0 d'inspiration et 99 0/0 de transpiration, formulant ainsi que nous ne devons pas compter seulement sur notre intuition et surnos dons naturels, mais que nous devons les mettre en valeur par un travail acharn, untravail en rapport avec la grandeur du but que nous nous serons assign.imageFig. 68. Signature d'EdisonTout l'homme s'abrite sous la barre formidable du t du prnom Thomas. Cette barre,tout fait typique, montre bien cette volont d'acier qu'a su dployer le clbre inventeuramricain au cours de sa vie. Parti, ds l'ge de 12 ans, comme vendeur de journaux, ilest arriv par son seul mrite la gloire et la fortune.Voici un fait qui nous fera connatre quelle volont Edison eut occasion de dployerdans certains moments difficiles:Un jour, Edison avait fournir dans un temps donn un nombre considrabled'appareils. Faute de livrer en temps utile, le march tait annul et c'tait une grandeperte pour l'inventeur. Il se mit au travail avec ses collaborateurs et tous travaillrentsans dfaillance pendant 60 heures conscutives, s'accordant peine le temps de prendrela nourriture ncessaire un effort si prolong. Edison ne prit pas plus de repos qu'il n'enpermettait aux autres. C'tait une tche formidable, mais au bout de 60 heures, lesappareils taient livrs et fonctionnaient.182Au moment o il cherchait des dispositifs nouveaux pour rendre son phonographe plussensible, Edison passa cinq jours et cinq nuits de suite, au travail pour perfectionner lecylindre de cire et ralisa l'invention comme il l'avait primitivement conue. On voit quela barre de t, signe de sa vhmente nergie, n'est pas un indice trompeur.Points, accents et ponctuation. Ces signes sont galement de la plus grandeimportance. Les points sur les i sont le signe de l'attention et des facults qui en drivent:prvoyance, observation, etc. On dit, d'ailleurs, communment mettre les points sur lesi pour faire comprendre que l'on donne son discours toute la prcision ncessaire son entire comprhension et son absolue nettet. L'absence de points est donc unemarque dinattention, d'tourderie.Si les points sont lgers, ils dnotent de la timidit, de la sensibilit, une volontfaible. Les points appuys sont, au contraire, un indice certain d'nergie. Sils sontpteux, le scripteur est sensuel et gourmand, en tout cas c'est le signe d'uneprdominance de la matire sur l'esprit. Les points en forme d'accents, plus ou moinscontourns et bizarres, annoncent une originalit qui n'est pas toujours du meilleur aloi.Il y a prsomption de manies et de ridicules, d'excentricit voulue.Si le point est plac trs haut et trs spar de la lettre, il montre un caractre rveur,un esprit nuageux, port au mysticisme. S'il est situ bas, au ras de la lettre, il indique unesprit prcis, mais sans idalit et qui ne voit rien au-dessus des ralits matrielles del'existence.Les accents bien mis leur place et d'une forme rgulire, surtout sils sont petits,indiquent de l'ordre, de la mthode, un esprit qui cherche en tout le plan, qui estconscient de son but. Si les accents sont grands, peu appuys, comme jets au-dessus deslettres, ils annoncent la vivacit de l'imagination, une inspiration potique. S'ils sontcontourns et bizarres, ils indiquent un dsir d'ostentation, de singularit qui n'est pastoujours agrable pour l'entourage.Il en est de mme, et plus encore, pour la ponctuation. Nous disons plus encore parceque la ponctuation est essentielle pour la clart et la bonne disposition de la phrase.Donc, si elle manque, c'est que le scripteur est inattentif ou que, se comprenant, il sesoucie peu de ceux qui le liront et ne leur accorde pas cette facilit d'claircissement quivient des points, des virgules placs en leur lieu. Si, au contraire, les points et lesvirgules sont exactement leur place, c'est signe d'ordre, de mthode. Les phrasesincidentes, pour plus de clart, sont-elles isoles du reste de la phrase par de petitstraits ? C'est signe que le scripteur, s'il ne veut pas tromper le monde, ne veut pasdavantage tre dup par lui. Ce n'est pas mfiance absolument, mais dsir de prcision etd'une attention trs veille. Ce signe est trs important, car il contredit trs souvent, dprime abord, des indices tirs d'autres points de l'criture et impose la ncessit de faireune balance entre ces pronostics contraires.Rsultantes. Nous donnons quelques rsultantes pour faire comprendre lemcanisme de cette opration qui peut rendre les plus grands services en nous dvoilantle caractre des personnes avec qui nous sommes en affaires ou en relations.1831. t non barr, absence de volont; criture arrondie, caresse; criture fortementincline, impulsivit excessive, abandon toutes les passions, dsordre moral; absencedes points et accents, dsordre.Nous sommes en prsence d'une personne paresseuse et qui cdera facilement toutesles tentations. Si nous avons la mener, elle ne sera pas indocile, pourvu que noussachions la prendre par ses faibles; mais, si nous avons besoin de nous appuyer sur cettepersonne, autant vaut rompre tout de suite.2. t faiblement barrs, volont faible; grands mouvements de plume, imaginationvive.Rsultante, sauf lments contradictoires: poltronnerie, parce que la poltronnerie vientde la disproportion des imaginations terrifiantes et de la volont qui ne sait pas leurrsister.3. Barres des t courtes et fines, volont faible; courtes et fortes, nergie,concentration de volont.Si les barres ont toujours la mme forme, mme faibles, elles indiquent au moins lapersvrance. Si elles sont fortes, la volont est constante et tenace. Si, au contraire, les tsont barrs de plusieurs manires au cours du mme document, la volont est ingale;elle admet la fois le caprice et le despotisme. On ne peut compter sur elle que par coups.Les gestes et l'criture, ne l'oublions pas, est le rsultat d'une srie de gestes sonten rapport avec nos tats d'me et de sant. Si notre pense est affole, nos gestes, notrecriture sont agits. Venons-nous rcuprer notre calme, aussitt notre criture, commenos gestes, redeviennent plus mesurs. La pense donc, se manifeste, s'extriorise parnos gestes, mais, inversement, comme on le verra dans notre chapitre relatif l'isolement, nos penses et nos mouvements ragissent si bien les uns sur les autres quenous pouvons imposer le plus grand calme notre esprit en arrtant le travail de nosmuscles.Vous tes en prsence d'un homme en colre. Il frappe du poing, pousse de grandscris, fait de grands gestes. Il vous suffit, si vous conservez tout votre sang-froid, de luiordonner, d'un ton autoritaire mais calme, de cesser tout ce vacarme et de s'exprimerraisonnablement pour qu il s'arrte bientt de gesticuler et que, progressivement, ladtente musculaire se transpose en calme dans son esprit. C'est en connaissant cetterpercussion du travail physique sur l'idation que, lorsque vous apprendrez vousisoler, c'est--dire mettre votre cerveau dans un tat de calme, de repos, vouscommencerez pratiquer la dtente musculaire. Cette dtente physique amneraautomatiquement le calme mental. Vous en verrez l'utilit aprs le travail dans la viecourante, pour amener ou suppler le sommeil.A ce moment, il s'agira d'imposer silence tous les mouvements de vos muscles. Maisnous n'en sommes pas l pour l'instant. Nous devons nous contenter, d'abord, de dirigerles mouvements de notre plume et d'en tirer un bnfice crbral. La tche est bienmoindre, mais elle peut tre longue et elle est difficile pour quelques uns. M. Varinard aprconis la graphothrapie, ou cure de certains troubles maladifs par le contrle184volontaire de notre criture. Il est certain que cette surveillance attentive de nos gestespeut nous tre grandement utile. Les nerveux, nous l'avons vu, ont une criture agite,saccade. Sils voulaient, ou pouvaient modifier leur graphisme, leur tat en seraitcertainement modifi, au moins dans une large mesure. Certes, les lsions des centresnerveux ne disparatraient pas pour cela, comme par enchantement les cures ne sontpas si faciles faire, mais bien des incommodits psychophysiques qui rsultent deces troubles et qui les aggravent, comme une impressionnabilit excessive, des idesnoires auxquelles se comptait le malade et qui ajoutent son tat, tout cela pourraitdisparatre, et ce serait un grand bienfait.Nous avons tous, dans la rue, rencontr des ataxiques. Ces malades ne sont pas matresde leurs membres infrieurs. Ils marchent avec grande difficult; ils lancent le pied enavant et ne le posent qu'ensuite sur le sol, car ils ont perdu la facult d'apprcier ladistance. Des mdecins ont innov une mthode qui a donn des rsultats intressants cet gard: ils font, terre, la marque des pas et suggrent au malade de diriger sonattention afin de poser les pieds successivement sur chacun des tracs. Ils doivent s'yefforcer avec toute l'assurance possible.Et de fait, on a constat, la suite d'un traitement persvrant, des amliorationsnotables. Etant donn que, mme en face d'une lsion mdullaire aussi grave, on a pucommander aux membres infrieurs, il est bien certain qu'il nous est possible, en tat desant, d'imposer le calme aux mouvements de notre main.imageFig. 69. La rducation motrice de l'ataxique.Lorsque la lsion est nettement marque, le malade manifeste un dfaut decoordination des mouvements volontaires. Il ne peut marcher que difficilement.N'apprciant plus la distance, il lance les pieds de ct et d'autre, le plus souvent enavant. Si, traant terre la place des pas, on exerce sur l'ataxique une emprise psychiquebien comprise, le malade revient progressivement une marche plus rgulire.Certes, en thrapeutique, on ne peut gnraliser cette mthode, car le grand nerveux,l'agit est incapable de faire des efforts suivis; il s'nerve, s'impatiente, se dcourage et ilfaudrait demeurer poste fixe auprs de lui pour lui inculquer, par une douce maisconstante suggestion raisonne, l'ide de matrise et de calme.Toutefois, si ce procd ne nous apparat pas comme le remde infaillible dans lesnvroses, il prsente nanmoins, nos yeux, une trs relle importance pour augmenterla concentration et la matrise de soi-mme chez les personnes nerveuses, impulsives,impressionnables. Nous voyons la possibilit d'adjoindre l'acte d'crire une autosuggestion trs puissante. C'est donc dans ce but que nous attirons l'attention de noslves sur cette mthode, secondaire certes, mais qui donne cependant des rsultats fortapprciables. Est-il besoin de croire la ralit de la graphologie pour que cette mthodeporte ses fruits ? Nullement. II suffit tout simplement de s'observer en crivant.185Notre mthode d'auto suggestion graphique n'a qu'un but: augmenter l'attention. Ellecre une auto suggestion puissante, du fait de sa frquente rptition. Sans cesse, elleoblige l'esprit une orientation de pense qui amne la formation du pli psychique d'o drivera la modification dsire. Cette modification porte tout dabord, nous yinsistons, sur l'attention, car c'est la facult primordiale, celle qui commande tous lesphnomnes suprieurs de l'esprit: jugement, mmoire, raisonnement, volont.Sur quoi devez-vous fixer votre attention ? Tout simplement, chaque fois que voustiendrez la plume, vous vous efforcerez de donner votre criture les signes des facultsqui vous manquent et dont nous avons dj parl, c'est--dire ceux de l'ordre, de la clart,de la volont. Avec un peu de bonne volont et de persvrance, cela est facile.Quels sont ces signes ? Nous les rappelons ici brivement:Ordonnance. Prenez l'habitude de bien disposer votre crit: que la marge soitrgulire, les lignes bien nettes, plutt lgrement ascendantes qu'avec tendance baisser; que votre page soit propre, avec le moins de ratures possible. Mme au point devue extrieur, vous y gagnerez; car rien n'indispose plus le lecteur que le dchiffragedune page sale et d'un graphisme en dsordre.Intensit. Puisque vous cherchez le calme et la matrise de vous-mme, bannissezde vos manifestations graphiques les signes de l'emportement, de l'impulsivit; cherchez donner votre criture les marques du calme, formez compltement vos lettres et faitesun effort de volont pour qu'elles soient gales et sans heurts. Si vous tes un grandnerveux, vous aurez beaucoup faire, vous devrez exercer sur vous-mme unesurveillance de tous les instants, mais, avec un travail patient et continu, vous pouveztre certaine d'arriver des rsultats utiles.Direction. La direction des lignes doit tre lgrement ascendante et vous inspirerla pense de lutter contre le dcouragement.Dimension. Au cours de votre crit, n'exagrez pas la hauteur de vos lettres,particulirement des majuscules, ce qui est un signe d'orgueil dmesur, toujours funeste votre dveloppement.Points, accents, ponctuation. C'est avec grand profit que vous vous accoutumerez les mettre compltement, surtout si vous arrivez les placer, non en vous relisant, maisau courant de l'criture. Il n'est gure de meilleur exercice pour dvelopper l'attention etmettre dans l'esprit plus d'ordre et plus de clart.La lettre t. Surtout, n'oubliez pas que le t est un signe important: c'est la marque dela volont. Tracer cette lettre comme elle doit l'tre est pour beaucoup un exercice quidemande de vritables efforts, une surveillance constante. Appliquez-vous barrer tousvos t d'une petite barre bien droite et lgrement appuye. Si les barres sont tropcrases, c'est le signe peu sympathique de la brutalit, de l'emportement; si elles sontminces et trop faibles, c'est l'indice d'une petite volont. Vous devez viter l'un et l'autrede ces cueils.En somme, cherchez acqurir les signes qui, dans notre expos, reprsentent desqualits qui vous manquent ou que vous estimez devoir vous tes profitables. Si voustrouvez que c'est tout d'abord un travail trop considrable pour le temps ou les forcesdont vous disposez, commencez par la lettre t seulement, et, une fois qu'elle sera186modifie, passez aux accents, la ponctuation, ensuite la hauteur des lettres, ladirection des lignes. En allant progressivement vous pouvez tre certain d'obtenir unrsultat. Le tout est de persvrer.Bien des gens, premire lecture, imagineront que ce procd ne peut donner degrands rsultats. Qu'en savent-ils ? On ne peut tre certain de l'assertion que l'on formulequ'aprs un essai suffisant. Notre exprience nous permet d'affirmer que celui quiessaiera de mettre en pratique cette mthode si simple sera tonn des rsultats. La raisonen est aussi claire que facile dduire. En tendant continuellement votre volont vers lebut que vous vous tes impos, par quelque procd que ce soit et celui-ci a fait sespreuves vous crez en votre esprit ce pli psychique dont nous vous avons parl,vous prenez l'habitude de savoir regarder, vous dveloppez votre attention. Et, bientt,avec un effort continu, mais peu fatigant et nullement coteux, vous vous trouvez enpossession de qualits suprieures qui vous seront plus utiles que vous ne l'avez imagin.RsumL'observation nous montre qu'il existe une corrlation troite entre notre personnephysique et notre activit psychique. Exemple: la peur donne des jambes. Sommes-nousen colre ? Nous gesticulons, nous tendons le poing, nous frappons mme. Nos tatsd'me se manifestent dans nos attitudes, dans l'intonation de notre voix, dans notredmarche, dans notre poigne de mains, dans tous nos gestes. Et notre criture mme qui est, matriellement le rsultat d'une succession de gestes, exprime, notre insu,nos tendances, nos aptitudes, nos penses, nos sentiments les plus secrets.S'il est d'observation courante que les caractristiques essentielles de notrepersonnalit se rvlent dans notre activit musculaire, il est non moins certainqu'inversement toute modification apporte cette activit musculaire ragit sur notretat psychique. Ainsi, devant le colreux qui frappe du poing, restez calme, bien matrede vous, conservez une parole douce et voici bientt l'impulsion, l'lan irraisonn de cetemport qui se brise. Le secret de la domination sur ceux qui nous entourent ou nousapprochent est dans le calme que nous savons nous imposer. Efforcez-vous doncd'duquer vos gestes, d'tre de plus en plus calme. Pensez-y en accomplissant lesmoindres actes.Votre graphisme vous offre un moyen d'entretenir cette auto suggestion. Chaque joursupprimez de votre criture tous les signes qui traduisent une volont insuffisante;ajoutez-y ceux qui dnotent de l'attention, du jugement, de l'association dans les ides,une lvation d'esprit, les grandes qualits du cur. Attnuez les mauvais signes quirdent autour de vous comme des oiseaux de mauvais augure, mais prcisez, ajoutez sansvous lasser les caractristiques qui feront de vous un tre sain, dou des hauts pouvoirspsychiques. La possession de ces pouvoirs vous donnera tout d'abord une notion plusnette de vos devoirs envers vous-mme, puis elle vous permettra de semer autour de vousles plus belles penses que vous ferez panouir avec ces couleurs riantes qui enchantentle Cur et ravissent l'Esprit.187L'auto suggestion motionnelle dans la Cure organique La douleur est lgre quand l'opinion ne l'exagre point. Ou la rend ainsi force dela croire telle. On n'est malheureux qu'autant qu'on le croit. Snque. Votre esprit peut rendre votre corps malade ou bien portant, fort ou faible, suivant lasorte de pense qu'il met. Prentice Mulford. Les Lois du succs. Si le monde est malheureux c'est qu'il pense ses malheurs; si la vie se trouveremplie de difficults, c'est parce que l'homme pense toujours aux difficults qui seprsentent. Emerson. Notre volont est une force qui commande toutes les autres lorsque nous ladirigeons avec intelligence. Buffon. Le plus puissant des leviers, c'est la volont. de Jussieu. Si dans votre esprit, vous btissez continuellement un idal de vous-mme, tel quevous le dsirez, fort, plein de sant, vigoureux et heureux, vous crez en vous-mme unlment invisible qui attire toujours plus de sant, plus de vigueur et plus de force. Prentice Mulford.L'AUTO SUGGESTION MOTIONNELLEdans la Cure organiqueLa pense et surtout lmotion peuvent rompre l'quilibre organique. Inversement,pense et motion peuvent tre des facteurs de gurison. Pour tre utile, l'action depense doit s'exercer en toute lucidit. Nier l'existence de la maladie n'est pas leremde pour en gurir. La Christian Science. La formule se rpter matin et soir: Je veux gurir . Le retour la vie saine. Un levier psychique. Vivre ! Rsum.188Nous avons vu, au cours d'un prcdent chapitre que la pense est par soi-mme uneforce et qu'elle peut avoir une action profonde dans tout acte de notre vie mentale, quenous pouvons, par elle, influencer les autres. A plus forte raison, nous pouvons agir surnous-mmes. La pense, si nous apprenons la diriger, est capable de nous transformer,de nous doter de facults puissantes, de dvelopper celles qui, latentes, sommeillent ennous: attention, jugement, association des ides, volont; en un mot tout ce dont nousavons besoin et dont nous manquons pour raliser cette magnifique synthse mentale quiest le but que nous poursuivons avant de chercher atteindre plus haut. Serait-ce vritablement le but ? Est-ce l'enseignement tout entier, l'accomplissementdu grand-uvre mental ? Non certes. La pense et son but: l'motion ont uneaction norme dans notre vie organique, mais cette action demande tre fortementdirige. Comme dans la vie mentale, cette action peut s'accomplir dans deux sens: ellepeut tre destructive ou constructive.Une motion peut-elle dtruire notre quilibre organique ? Sans aucun doute.Il est banal de parler de l'action organique prouve par suite d'une motion, quandnous rougissons ou nous plissons. Ce fait a t constat tant de fois qu'il n'est presqueplus besoin d'en parler. Cependant, l'action est nette, incontestable. Une paroleinattendue nous empourpre de pudeur, de honte ou de colre; une autre parole nous faitblmir de terreur, de joie ou de haine. C'est l'action vive et directe sur les nerfsvasomoteurs.Une action toute semblable se produit sur nos fonctions et sur les organes dont ellesdpendent. Nous reviendrons trs amplement sur cet ordre de phnomnes dans unprochain chapitre concernant la matrise de soi.Disons seulement ici que la pense et l'motion sont susceptibles de perturber plus oumoins gravement notre circulation sanguine, nos scrtions internes, le jeu de toutes nosfonctions.Bien duques, les penses et les motions ont une action heureuse; elles peuventrgulariser des fonctions dsordonnes, activer celles qui, pour une cause ou pour uneautre, ont subi un ralentissement prjudiciable. Nous obtiendrions beaucoup de nous-mmes, si nous savions agir sur nos fonctions.On a cherch instituer des mthodes pratiques pour opposer l'action volontaire de lapense aux troubles de notre organisme. Consciemment ou inconsciemment, beaucoupde malades ont essay de dtourner leur attention de leurs troubles en s'absorbant dansdes penses rconfortantes.Il y a longtemps dj que Montaigne a dit: C'est un grand ouvrier de miracles quel'esprit humain et il savait bien, le dlicat, que la pense que l'on a de son mal en est laprincipale ralit. Buffon, dont tout le monde connat l'esprit scientifique, n'a-t-il pas dit: La plupart des hommes meurent de chagrin . Il n'entendait pas seulement lestourments qui nous viennent de circonstances fortuites, mais aussi le chagrin naturel quenous avons de nous sentir mourir, soit que nous tenions aux plaisirs de la vie, soit quenous sentions l'imprieuse obligation de quitter les ntres dans le moment o ils peuvent189avoir besoin de notre appui.Arnaud de Villeneuve avait coutume de dire qu'il faut, pour donner aux malades lesursaut de vitalit qui peut les faire se rattacher la vie, exciter en eux les passions quisont les plus fortes de leur caractre: l'amour maternel chez une femme qui va quitter sesenfants, l'ambition chez l'homme en place, la cupidit mme chez l'avare si cette passionest assez puissante pour lui faire oublier sa douleur.II est certain que l'action morale a une rpercussion sur notre vitalit.Comme le dit trs justement le Docteur Noirot: La volont, en donnant l'essor auxnobles facults de l'me fortifie le principe de vie et constitue un prcieux antidote contreles miasmes contagieux. Tandis que la crainte nous livre sans dfense l'ennemi, lavolont, qui est le plus nergique des stimulants, met l'organisme dans un tat d'activitqui repousse toutes les influences nuisibles. Bien dirige, la pense est susceptible de calmer la douleur.Un jour que Pascal prouvait un horrible mal de dents, il mit toute son application rsoudre un problme, celui de la courbe cyclode, ou roulette. Quand il eut achev, ils'aperut que sa douleur avait disparu.Zimmermann crivait dj en 1776: Je puis assurer, d'aprs ma propre exprience,que, dans les crises les plus fatigantes, si l'on parvient distraire son attention, on peutnon seulement adoucir le mal que l'on ressent, mais quelquefois mme le fairedisparatre. Le philosophe Kant, sujet des palpitations et souvent oppress, triomphait de tous lessymptmes maladifs dont il tait affect, en reportant son attention sur un travail ardu del'esprit. Il se mettait trs vite en une sorte de sommeil, ce qui lui permettait, enconcentrant ainsi son esprit, de perdre la conscience de ses maux.De son ct, le Docteur Padioleau nous dit qu'il employa cette cure morale avec succscontre le rhume et la toux.Le Docteur Flix Regnault a guri un hypocondriaque en lui prescrivant de contemplerchaque soir avant de s'endormir, les mots Je suis gai , crits sur le mur avec de lapoudre phosphore.Depuis, le Docteur Baraduc a imagin de faire rpter par un phonographe les phrasesqu'il s'efforait de faire pntrer dans la pense de ses malades.Le Docteur Coste de Lagrave est arriv, par auto suggestion, se rchauffer les pieds.A cheval ou dans une salle non chauffe, souffrait-il du froid aux pieds ? Pour combattrece trouble, il s'auto suggrait la sensation de la chaleur et, par rpercussion, il avait lespieds chauds en moins de 5 minutes. Le Docteur Coste de Lagrave a remarqu quel'lvation de temprature se produisait plus facilement et plus rapidement du ct droit.Selon lui, la cause probable de cette diffrence vient de ce qu'tant droitier, il a mieuxinfluenc ce ct et l'a rendu plus sensible aux excitations et aux motions.Pour aider la concentration mentale, le Docteur Paul Joire recommande celui quiveut se gurir par la force de ses penses, de s'asseoir dans un fauteuil confortable, la tteappuye au dossier, de placer le sige tout prs d'une table sur laquelle il aura pos uneboule de cristal. Le malade tient d'une main une feuille de papier sur laquelle est crite la190formule de gurison. En rptant cette phrase, le patient regardera dans lintrieur de laboule; il regardera attentivement, en s'efforant de voir cette phrase se reproduire l'intrieur du cristal. Cet exercice est un entranement vers la concentration mentale,aussi doit-il tre accompli dans une pice: isols, silencieuse, aussi spare que possibledes bruits extrieurs, afin que rien ne vienne distraire celui qui fait un effort parfoisconsidrable pour se concentrer. La pice, sans tre compltement obscure, doitcependant tre plonge dans une lumire attnue.Par ce procd, le Docteur Paul Joire cherche obtenir un tat d'hypnose mais, notreavis, c'est une erreur. En effet, comme on l'a vu dans notre prcdent chapitre, il faut,pour que le patient puisse se suggrer utilement, qu'il soit parfaitement veill, en pleinepossession de sa conscience sans laquelle il ne peut faire uvre qui dure. C'est une erreurd'imaginer que l'hypnose, ou un tat de somnolence, puisse faciliter l'autosuggestion.Bien au contraire, il faut que les ordres, les penses viennent d'une conscience lucide,ferme et non oblitre en grande partie par l'assoupissement ou le sommeil. Celui quis'impose des penses dans un tat voisin du sommeil ne peut bnficier d'une force etd'une lucidit qu'il a commenc par abolir, comme un coureur ne peut courir aprs s'treli les jambes.Une autre erreur, nous l'avons dit aussi, est de se rpter machinalement une phrasequi, dans l'tat d'hypnose o l'on se plonge, est sans effet sur la conscience. C'est uneerreur de compter, comme le fait M. Cou, sur l'imagination passive. On ne peut avoir,en agissant de la sorte, que des rsultats faibles et transitoires. On conoit de grandes etmagnifiques esprances ! Mais, bientt, en trs peu de jours, l'impression venantfatalement s'mousser, il ne reste plus rien que de lourds dboires qui dprimentd'autant plus le malade.Une autre mthode signaler est celle qu'emploient certaines sectes amricaines, et enparticulier la Science chrtienne. Pour ses adeptes, le problme est des plus simples. Ilsnous affirment imperturbablement que la maladie n'existe pas. La maladie ne serait pasautre chose qu'une erreur de notre imagination ! Inutile donc de chercher combattre cettre chimrique qu'est une maladie: il suffit purement et simplement de nier sonexistence pour rentrer dans la vrit et, du mme coup, se trouver guri. Certes, danscertains cas, dans les maladies qui nous causent des souffrances, mais ne prsentent pasde lsions organiques celles que les mdecins nomment imaginaires, bien tort,puisqu'il ne doit pas y avoir souffrance et trouble sans cause relle et efficiente, que cettecause soit physique, morale, mentale ou motionnelle dans ces douleurs sans causematrielle contrlable la ngation de la maladie, la promesse de la gurison peuventavoir une efficacit.Pour Mme Mary Baker Eddy, fondatrice de la Christian Science, le mal ne rside quedans notre entendement. C'est l'ide du mal qui cre la maladie, quelle qu'elle soit. Erreurcombien facile dmontrer ! Notre entendement peut enregistrer avec trop de vivacit lemal dont souffre le corps, mais le mal est dans notre corps. Sur ce point, la thorie deMme Baker Eddy nous parat quelque peu fantaisiste. C'est ainsi qu'elle dit, traitant del'origine de la douleur: Vous dites qu'un furoncle est douloureux, mais cela est impossible, car la matire,191sans l'entendement, n'est pas douloureuse. Le furoncle manifeste simplement, parl'inflammation et l'enflure, une croyance la douleur, et cette, croyance s'appelle unfuroncle. Voil qui est la simplicit mme. Si vous ne saviez pas que le furoncle peut exister etde quelle manire il se prsente, vous n'auriez jamais de furoncles. Si vous n'aviez jamaisentendu tousser, vous ne prendriez jamais de rhumes. Partant de ce fait, le remde estaussi simple que le mal: Administrez mentalement votre patient une haute attnuation de vrit, et ellegurira promptement le furoncle. Voil qui est simple et parfait. Mais, s'il faut attnuer la vrit pour nier la douleur dufuroncle, c'est donc que le furoncle et la douleur qu'il cause sont la vrit relle, tandisque c'est par un pieux mensonge que cette vrit est attnue et soulage. Il y a l unsrieux cueil l'adoption de la thorie scientiste.Par ailleurs, la mthode de traitement n'est pas aussi simpliste qu'on peut l'attendreaprs de pareilles prmisses. Si l'exprience dmontre que la pense et surtoutl'motion ont une action considrable sur l'conomie humaine, encore faut-il, pour lesamener au but que l'on s'est propos, tre en possession d'une pense lucide, d'unevolont tenace et persvrante. Nier l'existence d'un trouble n'est peut-tre pas lemeilleur moyen de le gurir. A vrai dire, ce n'est pas celui que nous prconisons. .De mme que, dans le traitement moral, il est indispensable, dans la cure organique,d'utiliser les lments suprieurs de notre esprit. Il faut, moins encore ici que dans la curemorale, attendre sa gurison d'une formule rpte satit, d'un mot reditmachinalement, de manire crer une sorte d'automatisme somnolent et vide depenses. Il se peut qu'un tel traitement ne soit pas absolument sans action, surtout audbut, sur des tres simples, crdules, impressionnables, profondment troubls devant legurisseur. Mais, on peut le dire avec certitude, des rsultats ainsi obtenus dpendent del'impression premire et ne rsistent, ni au temps, ni l'accoutumance.Pour obtenir mieux que cette amlioration transitoire, ce qu'il faut, c'est avoir foi en sapropre puissance, dvelopper ses forces natives par un entranement appropri, avoirconfiance dans le succs final qui doit nous apparatre indniable, II faut se dire Jeveux gurir , et le vouloir en vrit, sachant que la force est en nous.Il faut naturellement crer l'accoutumance cette pense. Il faut que cette pense segrave dans notre esprit, qu'elle s'y maintienne. C'est pourquoi, chaque jour, matin et soir,nous nous rpterons la phrase pendant une dizaine de minutes, mais nous la rpteronsen toute conscience, avec une volont claire et forte, afin que l'inconscient demeuretoujours, comme il le doit, sous les ordres de la conscience. Surtout, il faut vivreintensment cette phrase graver en sa pense. Il faut se mettre, surtout au moment oon la rpte dans l'attitude physique et morale de l'tre bien portant que nous allonsredevenir. Il faut carter le doute, la dfaillance, toutes les penses tristes et dprimanteset mettre en place des sentiments de joie, de lumire, d'optimisme, de confiance; il estindispensable de voir le succs devant soi et de l'atteindre consciemment.Il faut s'imaginer tre dj la personne que l'on sera une fois guri, quand on aura192repris et dvelopp toutes ses forces, quand on sera redevenu actif, quand au lieu d'treune peine et une charge pour son entourage, on sera son soutien et son bonheur. Une foiscette reprsentation mentale bien installe dans notre esprit, il faut persvrer, ne pas selaisser rebuter. Les motions nobles ont un grand retentissement, une action profonde sur notre vieorganique. La joie, l'enthousiasme nous soutiennent, nous galvanisent. Tel qui neremonterait pas le cours de sa maladie s'il restait en tte tte avec soi-mme, lutteracontre le mal et triomphera s'il se sait utile quelque cause qui l'intresse. L'me sesoulve et les fonctions internes s'en ressentent; c'est un puissant revivifiant que lavolont de vivre.II faut donc fuir la crainte, rejeter les ides noires dans lesquelles trop de malades secomplaisent. Ces ides moroses ne servent qu' engendrer le dcouragement. Il fauts'affirmer nergiquement, avec le plus de conviction possible: Je veux gurir, je vais demieux en mieux . Mais il ne faut pas prononcer ces paroles machinalement. Bien aucontraire, il faut les dire avec foi, avec ardeur, y mettre toute sa pense, toute sonmotion, toute sa vie, avec les espoirs qui nous la rendent prcieuse.Si ce simple traitement peut suffire la gurison des troubles lgers, il est vident qu'ilest insuffisant pour des maladies rellement graves. Nos lsions sont la consquence defautes commises l'encontre des lois de la vie, que ces fautes aient t commises parnous-mmes ou par nos ascendants. Il faut donc, pour gurir, revenir aux rgles de cettevie saine et harmonieuse. Il est facile de se rendre compte qu'un alcoolique ne gurirajamais s'il ne renonce ses petits verres. Il aura beau se dire: Je guris, je vais de mieuxen mieux... , s'il continue ses errements, s'il caresse trop dvotement la bouteille, s'il neprend pas des habitudes saines et sobres, il ne verra pas diminuer ses troubles quidpendent de sa boisson et de l'absurde vie qu'il mne.Il y a donc ncessit pour chacun de nous de revenir une vie saine et, pour cela, desuivre les indications que nous avons donnes dans nos prcdents chapitres aussi biensur l'alimentation, que sur la respiration et les exercices physiques. Gurissez-moi, me disent bien des malades, gurissez-moi ! Mais surtout, nechangez rien mes habitudes. Hlas! si les habitudes sont nfastes, il faut bien leschanger pour recouvrer la sant et la srnit. Procder autrement ce serait faire commel'enfant qui veut savoir lire, mais qui ne veut pas apprendre son alphabet. Il faut, avanttoute chose, que le malade revienne une juste comprhension de ses troubles et de leurorigine. Beaucoup croient vivre sainement qui ignorent la juste limite de ce quel'organisme admet et de ce qu'il repousse. C'est cette difficult qui rend l'avis d'unepcrsonne claire si ncessaire la plupart des malades. Combien ai-je vu de pauvrestres dsempars qui, par une direction claire, des conseils judicieux, ont compris leurerreur, ont rpar leurs fautes, sont rentrs dans la norme et ont retrouv force, joie, sant!Ainsi que je l'ai dit dans mon ouvrage Voici la Lumire, il n'est pas de troubleorganique ou moral si grave soit-il auquel on ne puisse porter remde. Toutes lesplaies se cicatrisent, toutes les douleurs s'apaisent. La sant et la force sont la loi dumonde. Qui vit harmonieusement doit retrouver cette Loi.193Nous possdons en nous, souvent notre insu, des forces, des nergies formidablesqui sommeillent et dont nous ne savons pas nous servir. Ds que nous en prenonsconscience, la vie change pour nous. Nous ne voyons pas les choses de la mme manire.Ce qui tait pesant devient lger; ce qui tait sombre s'claire, car nous avons dcouvertla source de la force et de la lumire; la joie a bondi en nous et c'est elle qui doit vaincrele mal et la nuit.Cette action est grande sur la pense, sur les ides, sur les maladies de l'esprit et de lavolont, mais elle n'est pas moins relle dans les troubles organiques.Combien avons-nous vu de soi-disant moribonds qui, en prenant conscience de cesforces latentes, sont revenus la vie, se sont sentis pleins de forces pour accomplir degrands travaux, triompher dans des luttes pnibles ! Je songe des tuberculeux qui sontvenus lamentables, la peau colle sur les os, abandonns de la docte Facult, persuadsqu'ils n'avaient plus que le souffle de la mort rendre la martre Nature. Ils taientabandonns, et ils s'abandonnaient eux-mmes. Quand je commenai la lutte, ellesemblait bien tmraire ! Cependant les moribonds ont repris confiance en eux et en lavie; ils ont suivi un rgime utile; ils ont guri leurs lsions et, depuis bien des annes, ilscontinuent dans la joie cette existence qui leur paraissait limite quelques mois, quelques jours.D'autres taient en proie au cancer; leurs chairs taient ronges par ce mal qui, dit-on,ne pardonne pas. Ils avaient demand la vrit au mdecin qui les soignait et, avecdouceur et piti, il avait bien fallu leur laisser entrevoir une fin proche et lamentable. Ilsont appris se connatre, vivre, vouloir vivre, prendre conscience et confiance encette vie qui ne leur paraissait plus qu'une douleur continuelle. Ils vivent; ils ne souffrentpas. Ils vivent depuis plusieurs annes. Ils vivent parce que la pense de la Vie et de laForce les a pntrs de nouveau. Ils ont entrepris la lutte contre le mal, d'abord appuyssur une pense amie, puis par leurs propres moyens. Ils sont victorieux; ils mnent bienleur uvre, ils font ce qu'ils ont entrepris. Ils triomphent d'un mal. impitoyable parcequ'ils ont enfin compris quelle est la force de la pense.La pense est reine de ce monde pour qui sait l'employer. Elle vainc toute rsistance;elle endigue les courants les plus funestes; elle oppose une barrire aux lments les plusdchans; elle est si forte qu'elle peut contrebalancer, par les nergies qu'elle libre dansnotre obscure conscience, les assauts des maux les plus graves; elle ramne la Vie orgnait la Mort.Le psychologue, habitu ces sortes de luttes, en arrive penser qu'il n'est pas delimites au pouvoir de la Pense. Elle peut tout ce qui est bienfaisant, quand elle estutilement guide.Un seul mot, bien choisi, devient fomentateur d'nergies formidables. Par exemple,quand j'ai voulu sauver ma femme d'une maladie ne laissant plus d'espoir au mdecin, j'aiconcentr toutes mes forces, toutes mes penses dans un seul mot: Vivre. J'ai; montrdans la Science secrte comment j'ai fait de ce mot un levier psychique (Henri Durville. La Science secrte, p. 648. ). Vivre ! Ces lettres contiennent tant de choses ! Ellesreprsentent tant d'nergies, tant de motifs de croire, d'esprer, de vouloir lutter et agirencore, qu'elles semblent possder une vertu magique. Elles les possdent en vrit,194puisqu'elles peuvent ranimer, rconforter, galvaniser la volont par les motions qu'elleslui porte. Elles font jaillir la vie en la faisant esprer.Un autre exemple aussi typique est celui de Hector Durville. Il a relat ce cas dans la6e dition de son Magntisme personnel. Il dmontre quel est le pouvoir immense de lavolont, mme dans le cas de lsions profondes extrmement graves. Mon pre, ainsiqu'il le rapporte, tait, sans s'en douter, atteint d'urmie brightique par insuffisance, sansalbuminurie depuis 1885. En 1914 la maladie clata brusquement dans une formeextrmement grave. Les mdecins consults mirent un diagnostic ne laissant aucunespoir. Hector Durville sentit la ncessit de lutter. Il avait une uvre terminer; il sedevait elle et, connaissant les ressources infinies de la volont, il ne perdit pas courage.Aussi, contrairement tout pronostic mdical, il se rtablit. Un minent professeur de laFacult de mdecine avait t appel son chevet et il avait dclar, avec touteapparence: de raison, que le malade ne passerait pas la nuit. Mon pre tait, de toutevidence, toute extrmit. Cependant, il voulut vivre. Il disciplina si bien sa pense quil vcut encore prs de dix annes, dix annes qu'il passa jusqu' son dernier moment crire des ouvrages utiles, faire des cures magntiques tout aussi remarquables qu'auxbelles priodes de sa jeunesse. Telle est la puissance de la pense discipline par lavolont; telles sont les nergies constructives dont nous disposons quand nous savonsvouloir, surtout quand un but louable et utile aimante notre volont.Que doit faire celui qui veut se gurir lui-mme ? Il faut tout d'abord qu'il revienne une vie saine. La Nature nous a impos des lois que nous ne saurions enfreindre qu' nosrisques et prils. Quand nous avons succomb, il n'y a de salut que dans un retour auxlois naturelles.Il faut ensuite acqurir la confiance en soi, connatre sa volont, les pouvoirs qu'ellereprsente, les dvelopper par un entranement judicieux, les renforcer chaque jour et,pour donner des ailes cette volont toujours un peu terre terre, magnifier son cur quilui accorde toutes les forces du sentiment. Il faut aller vers la lutte quotidienne, noncomme vers un adversaire dj vaincu et dont on mprise la faiblesse, mais comme versun ennemi redoutable, contre qui toutes nos forces ne sont pas de trop pour arriver unevictoire dfinitive. Cette lutte sera difficile et passionnante. Le rsultat en est sr pourceux qui savent l'entreprendre.Dites: Je veux gurir et, cette pense bien nettement comprise et formule,renforcez-la matin et soir par d'nergiques affirmations. Voici lheure de la libration !Relevez la tte, et vos peines en seront allges. Quand vous aurez pris l'habitude de lesconsidrer comme un fardeau passager, vous arriverez promplement le secouer de vospaules. Alors, matre de vos forces, vous surmonterez le chagrin qui vous n'avez quetrop cd.Toute victoire dpend de vous. Entretenez dans votre cur des motions nobles. Touteesprance est permise quand on veut renatre, quand on sait vouloir avec persvrance,quand on accepte et demande la vie avec ses labeurs et ses joies.Rsum195En somme, ce qui convient pour le traitement auto suggestif d'un tat organique, c'estde crer volontairement en soi la certitude de la gurison. Il est de toute ncessit quecette autosuggestion soit pleinement consciente, afin qu'elle produise des effets durables.Nous avons dmontr, en ce qui concerne la cure morale, que l'on ne peut crer unesuggestion dterminant une habitude que si l'on s'applique raliser en soi-mme lesattitudes et les sentiments de l'tre que l'on veut devenir. Il va de soi que pour raliserextrieurement ce personnage que l'on veut graver et raliser dans sa personnalitprofonde, le rle est tudi, travaill, contrl, jusqu'au jour o l'habitude est prise. Pourobtenir un rsultat certain et durable, il faut carter toute mthode qui se contented'tablir un automatisme en rptant machinalement une phrase que le conscientn'accepte ni ne contrle. Dans ce dernier cas, il peut y avoir, dans des cas exceptionnels,une certaine amlioration due au choc motionnel, la confiance inspire par legurisseur, mais, par le fait mme de l'accoutumance, le choc motionnel s'oblitre etl'heureuse impression du dbut disparat rapidement.Un autre point, de toute premire importance, c'est que, sachant, comme vous le savez,que toute maladie provient de fautes plus ou moins graves, plus ou moins directes enversles lois de Vie saine, il est ncessaire, avant toute chose, de rentrer dans la bonne rgle. Ilest peine besoin de dire que l'intoxiqu aura beau prendre, devant sa glace et devantlui-mme, les attitudes les plus confiantes et les plus robustes, il ne se gurira jamais tantqu'il continuera cder ses funestes habitudes. Ceci est encore une dmonstration del'inefficacit des mthodes automatiques. L'alcoolique peut se rpter du matin au soir etdu soir au matin: Aujourd'hui, de toute manire, je vais de mieux en mieux... , s'il nerenonce pas ses petits verres, les troubles auxquels il est en proie ne s'arrteront paspour si peu.Nous avons vu, dans les chapitres prcdents qu'il existe des rgles d'hygine qui nousfont nous conformer aux lois de la vie telle qu'elle doit tre vcue. Au point de vueorganique, ces rgles se rapportent l'alimentation qui doit tre limite et choisie suivantnos besoins rels et non suivant notre gourmandise; elles concernent notre respiration quidoit nous fournir abondamment l'air pur qui nous est si ncessaire; elles concernent aussiles exercices physiques qui sont indispensables l'harmonie de notre corps. Revenus des lois si sages, nous pouvons avec calme commencer notre entranement autosuggestif.A ce moment, il ne dpend plus que de nous de retrouvcr une me saine dans un corpsrobuste, de raliser ainsi l'idal antique qui est celui des initis.Quand ces rsolutions sont prises et excutes, on peut dire avec certitude que l'autosuggestion, la foi, la confiance en l'avenir oprent de vritables miracles. Nous endonnons divers exemples aussi bien dans cet ouvrage que dans Voici la Lumire et laScience secrte. Si nous avions la foi, nous transporterions les montagnes, a dit le plusgrand des initiateurs. Il nous en faut bien moins pour recrer dans notre organisme unquilibre qui ne dpend que de nous et qui est la sant relle, durable, parfaite, telle quenous pouvons et que nous devons la souhaiter.Le Regard magntique196 C'est surtout dans les yeux que se peignent les images de nos secrtes agitations, etqu'on peut les reconnatre: l'il appartient l'me plus qu'aucun organe; il semble ytoucher, et participer tous ses mouvements; il en exprime les passiors les plus vives etles motions les plus tumultueuses, comme les mouvements les plus doux et lessentiments les plus dlicats; il les rend dans toute leur force, dans toute leur puret, telsqu'ils viennent de natre; il les transmet par des traits rapides qui portent dans une me lefeu, l'action, l'image de celle dont ils partent; l'il reoit et rflchit en mme temps lalumire de la pense et la chaleur du sentiment: c'est le sens de l'esprit et la langue del'intelligence. De Buffon. L'il peut menacer comme un fusil charg et qui vous met en joue, il peut insultercomme un sifflement ou un coup de pied, et sous une autre impression, par des regardsde tendresse, il peut faire bondir le cur de joie... Quel flot de vie et de pense sedcharge par eux d'une me dans une autre ! Le regard est un pouvoir magique naturel... Les yeux des hommes parlent autant que leur langue, et le dialecte oculaire a cetavantage de n'avoir pas besoin de dictionnaire, et d'tre compris partout de par le monde.Quand les yeux disent une chose et la bouche une autre, un homme expriment se fie aulangage des premiers. Emerson. Voyez se prsenter en scne cet artiste dont le regard fin, intelligent et assur, vadirectement se fxer sur les yeux de l'assemble. Une relation presque magntiques'tablit subitement entre les deux parties. Le publie se trouve l'aise avec le nouveauvenu; il rive facilement son regard sur le sien; il l'coute avec bienveillance, et de cedouble rapport nat bientt la sympathie. Dans ces conditions le succs devient facile. Cette qualit de l'il se rencontre galement dans le monde: il y a des gens dont leregard facilite la conversation, donne de l'entrain et mme assez souvent de l'esprit. Robert Houdin. De tous les moyens dont dispose l'homme pour influencer les autres, le regard estcertainement le plus puissant. Il ne sert pas seulement retenir l'attention de la personneavec qui l'on converse et, par consquent, faciliter l'influence que l'on peut exercer surelle; il est aussi une puissance propre qui peut, quand elle est bien comprise et biendirige, agir directement sur l'interlocuteur. Il attire, il fascine, il subjugue ceux-l mmequi sont les plus capables de rsistance et de lutte. W. W. Atkinson. La Force Pense.LE REGARD MAGNTIQUE197Le regard est une grande source de force. Etudions-le sous deux aspects: 1 en tantque support de volont; 2 comme moyen d'action sur la personne regarde. Lamatrise du regard et comment elle doit tre comprise. Exercices prparatoires. Fixation d'un rond noir. Regard oblique. River son regard en dplaant la tte. L'exercice devant la glace. Exercices pratiques d'entranement dans la vie courante. Au thtre, dans un salon. Dans la rue. Dans un tramway, en chemin de fer. Applications du regard magntique: I. Dans la vie courante. II. En exprimentationmagntique, hypnotique et suggestive. Un cueil viter. Mfiez-vous desproduits de beaut destins aviver l'clat de l'il. Les lorgnons et les lunettes sont-ils nuisibles au dveloppement du regard magntique ? Non. Pourquoi. Le strabisme etcomment il faut le combattre. Regard hypnotique et regard magntique; ils ne peuventtre confondus; le premier est brutal, amoindrit la personnalit du fascin et nous endconseillons l'usage; le second, essentiellement doux, empreint de bont et debienveillance, porte au loin notre volont calme et dcide. Rsum,Le regard est une grande source de force et d'action et c'est un des points sur lesquelsdoit insister celui qui tudie les sciences psychiques et s'y prpare par un entranementraisonn.On ajoute une lgitime importance la manire de regarder des personnes aveclesquelles on entre en relations et on raison d'viter les tres dont le regard fuyant atoujours l'air de se dissimuler, comme si celui qui vous regarde ainsi craignait qu'enlivrant honntement ses yeux votre investigation, vous rencontriez au fond la marquede quelque vilaine pense.En magntisme, le regard a plus d'importance encore. Chacun observe, examine,regarde, mais tous les yeux n'ont pas la mme puissance radiante. Pourtant, les regardsles plus faibles, peuvent prendre force. Il suffit pour progresser rapidement d'avoir unregard franc, bien droit et assur, sans effronterie. L'effronterie est bien souvent l'armedu faible qui cache sa timidit sous cet aspect rbarbatif, comme un capitan de thtregrandit sa taille par des talons et des plumets.Il ne faut pas toutefois croire que le regard soit simplement le signe d'une probabilitde magntisme. Il exerce une puissance relle. C'est par le regard que le serpent fascinel'oiseau et le fait tomber de la branche, pauvre petite boule de plumes palpitantes,hypnotise et immobile, toute prte tre dvore. C'est par le regard que le dompteurmate ses fauves et les rduit l'obissance.Nous avons le devoir d'tudier le regard deux points de vue:1. En tant que support de volont;2. Comme moyen d'action sur la personne regarde.Le regard qui se fixe un point dtermin, nous vite bien des distractions. Lorsquenous faisons une dmarche qui nous ennuie, ds que nous sommes en prsence de notreinterlocuteur, dirigeons notre regard entre ses deux yeux.Si, au pralable, nous avons exerc notre regard, nous sentons que nous sommes en198possession de tous nos moyens. Notre attitude est ferme, sans insolence. Non seulementle fait de regarder calmement prvient en notre faveur, mais il nous donne une certaineautorit sur la personne avec qui nous avons affaire. Nous arrivons avec une force que nesouponne pas la personne timide, au regard tremblant et embarrass, qui ne sait oregarder et se donne de la sorte une attitude peu franche qu'elle ne mrite peut-tre pas.D'autre part, le regard fixe dveloppant l'attention, arrte les images dans notre cerveauet favorise la concentration des ides. Si vous avez une affaire discuter, vous ne perdezpas votre temps considrer les objets d'art qui dcorent le cabinet de l'homme quivous parlez, vous regardez bien attentivement votre interlocuteur, de peur qu'un momentde distraction vous fasse perdre quelque parole essentielle. Ce que vous faites dans lescirconstances majeures, pratiquez-le tout instant. Vous gagnerez ainsil une habitude quidcuplera vos chances de succs.Envisag comme moyen d'influence autour de soi, dans la vie courante et dans lesaffaires, le regard magntique est du plus srieux appui. En effet, votre volont si elle estconvenablement exerce, s'irradie par votre regard, et si vous observez celui qui vousparle, vous vous rendez compte que votre dcision pntre dans son cerveau mesureque vous le regardez. Ce fait, qui est d'une constatation courante, se retrouvera plusencore dans les expriences de magntisme, dhypnotisme et de suggestion.D'aprs ce que nous venons de dire, il ne faudrait pas se figurer que le regard del'homme magntique doive tre fixe et froce et se river aux yeux de l'interlocuteur avecl'intention de le vouloir dvorer. Il n'en est rien. Notre rle n'est pas de dominer, debrutaliser, d'asservir. Il y a l des raisons d'ordre moral. Mais en dehors de cesconsidrations, un regard brutal ncessite une tension qui ne peut tre que prjudiciable la personne qui accomplit cet effort anormal. Et vouloir imposer violemment ses dsirs,on risque des troubles graves. Il ne faut pas confondre regard hypnotique et regardmagntique; autant le premier rejoint celui de l'hallucin, du nvropathe; autant le secondest calme, agrable. Il y a un abme entre les deux.imageFig. 70. Le regard magntique est une force paissante clans la vieII doit tre considr sons deux aspects: 1 en tant que support pour notre attention; 2comme moyen d'action sur notre interlocuteur.L'homme magntique matrise ses muscles, ses gestes, ses impulsions; il possde uncalme complet. Ce calme s'tend son regard qui est la source d'o jaillit le plusabondamment l'nergie magntique. Le regard de l'homme entran doit treessentiellement doux, franc, bien ouvert. Il doit passer inaperu comme toute forcevritable. Il ne faut pas regarder les personnes avec un air arrogant ou courrouc, roulerdes yeux comme un hallucin, mais diriger ses regards avec une volont calme et sred'elle-mme. Le regard magntique exige des paupires largement ouvertes non cartesdmesurment. Evitez tout clignotement. Aprs quelques entranements, ce regardmagntique s'exerce sans fatigue d'aucune sorte, ni apparente, ni relle.Il existe de nombreux procds qui visent donner au regard une puissancemagntique souveraine, mais, fidle nos principes, nous ne conseillons que lesprocds doux.199Il faut, c'est le point essentiel, viter toute fatigue oculaire.Lorsque nous dirigeons nos regards avec force sur un point prcis, que nous les ymaintenons avec tnacit, bientt notre vision se brouille, devient confuse. Entre l'objetque nous considrons et nos yeux se forme comme un nuage. L'objet s'estompe, sescontours nous apparaissent avec moins de nettet et si nous maintenons notre tensionvisuelle, bientt l'objet disparat entirement notre vue. C'est l un cueil qu'il fautviter. Ne forons donc pas.Les quelques exercices prparatoires qui suivent nous paraissent les meilleurs pourarriver possder le regard doux et puissant qui est une des caractristiques de l'hommemagntique.Exercices prparatoires1. Prenez une feuille de papier blanc et dessinez, au centre, un rond noir de lagrandeur d'une pice de 2 francs. Fixez la feuille au mur de la pice dans laquelle vousfaites vos exercices d'entranement, une hauteur qui ne vous oblige pas, tant assis, lever exagrment la tte pour la regarder, c'est--dire environ 1 m. 40 du sol. Asseyez-vous commodment en face de votre feuille de papier, 2 mtres de distance environ,pas trop prs de faon ce que la proximit de l'objet regarder ne vous soit pas uneoccasion de loucher (strabisme) ou que son loignement ne vous force pas cligner despaupires. Les deux positions sont galement mauvaises, car le strabisme hypnotise et leclignement vous enlverait cette ouverture de l'il dont vous constaterez vous-mmel'extrme ncessit.Ainsi plac, regardez fixement le rond noir qui est au centre de votre feuille. Fixez-leaussi longtemps qu'il vous sera possible, sans permettre vos yeux, ni votre pense, des'carter de cet objet. Outre l'effort de concentration mentale qu'il ncessite, cet exercicea l'avantage de vous accoutumer la fixit du regard. Si vous vous sentez une tendance fermer les yeux, levez lgrement les paupires et continuez votre entranement, aussilongtemps que vous n'prouverez pas une vritable fatigue.Certains lves arriveront, ds le premier essai, regarder ce disque noir pendant 3 ou4 minutes, sans accuser la plus petite fatigue. Aprs quelques jours d'entranement, ilsdpasseront aisment ce laps de temps, atteindront 1/4 d'heure et mme davantage. Adautres, au contraire, une minute mme leur semblera bien longue. Ils ne devront pass'acharner. Ds que la fatigue se fera sentir, ils devront s'arrter et fermer les yeux uninstant, quitte recommencer aprs un temps d'arrt. Il est indispensable, en tout cas, quel'lve accompagne d'un effort de volont l'ducation du regard. En cas de distraction etpour aider matriser sa pense, on devra compter mentalement ou mieux encore haute voix. Compter, fixe l'attention sur l'acte qu'on accomplit et permet de se rendrecompte trs exactement des progrs. On doit chercher augmenter la dure de l'effort. Laplupart de nos lecteurs parviendront, sans trop de peine, compter jusqu' 100, puisjusqu' 200. On peut, sans aucune crainte, dpasser ce nombre la condition toutefois demaintenir le regard sans grand effort.imageFig. 71. Exercice de dveloppement du regard.200Il est excellent, pour la matrise que vous dsirez acqurir de vous entraner fixer unrond noir que vous aurez trac sur un papier. Celui-ci sera plac le long du mur hauteurde vos yeux et vous vous efforcerez de le regarder longuement sans cligner despaupires. Inutile de prendre un regard d'hallucin. Un doux et clair regard, franc,nullement agressif, qui soit le vhicule de votre volont souriante, tel doit-tre celui quevous devez gagner.Cet entranement peut paratre ennuyeux, au dbut, mais il en est de mme debeaucoup d'autres exercices par lesquels on acquiert des pouvoirs bien moins importantsque le regard magntique.II. Il ne vous suffit pas de savoir regarder en face. Vous devez aussi vous habituer fixer de cte, sans fatigue et sans mouvement de paupires. Pour y arriver, modifiez lepremier exercice. Vous devez loigner la chaise ou la feuille du lieu o elle taitprcdemment et regarder obliquement, avec la mme fixit et la mme constance quevous l'avez fait de face.Cet exercice doit tre excut en tournant la tte successivement des deux ctsjusqu' ce que vous puissiez regarder ainsi sans fatigue pendant 5 6 minutes.III. Aprs vous tre assur que vous pouvez regarder avec immobilit, vous devezvous accoutumer considrer le mme point, avec la mme fixit, quand votre tte sedplace. Pour y arriver, tournez la face d'abord vers la droite, puis vers la gauche. Aucours de ces mouvements, maintenez toujours vos regards fixs sur le point noir.Dployez le plus d'attention possible. Dure de l'exercice: 5 10 minutes. Ne jamaisarriver la fatigue.Cet entranement est excellent pour fortifier les muscles qui font mouvoir les globesoculaires. Il donne une grande assurance au regard.IV. Ce point acquis, dirigez votre regard, non plus sur un papier, mais dans unmiroir. Plac devant la glace, la distance normale de votre vision, regardez votre propreimage. Votre regard, comme nous l'expliquerons plus loin, doit tre fix entre les deuxyeux, la racine du nez.Cet exercice, outre la rigidit qu'il donne au regard, a le grand avantage de vousdvelopper par auto suggestion. En effet, rien ne vous est plus facile que d'imaginer unautre personnage la place de votre image et de donner votre interlocuteur fictif tousles aspects des personnes dont vous redoutez l'abord. En outre, l'exercice du regarddevant la glace vous sera extrmement utile pour corriger votre tenue: celle-ci doit tredigne. Redressez-vous. Prenez cet air enjou qui confre une si grande force dans la vie.Refltez sur vos traits, dans toute votre personne, les penses nouvelles que vous vousefforcez chaque jour d'acqurir.Mais il ne suffit pas de vous exercer dans une position assise. C'est une attitude quevous aurez rarement prendre dans une circonstance difficile. Si vous avez quelque201visite importante faire, ce n'est pas le moment o vous serez assisqui vous fera souffrir:alors, vous aurez dj entam la conversation et vous serez en bonne voie. Ce quiprsente quelque difficult, c'est d'entrer dans une pice, de se prsenter devantquelqu'un, d'changer les premires phrases, et, pour ce faire, vous serez debout. Prenezdonc l'habitude d'duquer votre regard en vous plaant droit devant votre glace. Vous ygagnerez de l'aisance, un maintien plus assur quoique sans arrogance, mais qui vouslaissera en pleine possession de tous vos moyens.imageFig. 72. Dveloppement du regard devant une glace.Avant d'exercer son influence magntique sur autrui, il est utile de s'entraner devantla glace. Regardez votre propre image en dirigeant vos regards entre les deux yeux, laracine du nez. Efforcez-vous de donner vos traits, toute votre personne ce calme,cette dtente qui sont le gage de la matrise personnelle.Savoir tre soi-mme est une question qui a une grande importance dans le monde. Onse demande parfois la cause de certains succs, que ce soit dans le domaine des affairesou dans celui du sentiment et on ne se rend pas un compte exact du rle qu'ont jou lasimple autorit du geste, la douceur d'une bonne parole, la puissance du regard de l'homme qui se prsente bien .Pensez ce point de l'entranement psychique. Vous avez avantage faire concorderles deux entranements de lautosuggestion et du regard. Faites cette ducation devant laglace; plus grande sera celle dont vous disposerez et plus le rsultat sera net, dcisif.Campez-vous dans une pose dcide.Lorsque votre regard aura gagn de la puissance, jouez, pour vous-mme, les scnesqui risquent de vous embarrasser dans l'exercice de votre profession. Que redoutez-vousle plus ? Une visite votre chef d'usine ? Une entrevue avec votre directeur ? Pensezd'abord aux raisons qui vous poussent faire cette dmarche. Voyez votre droit. Mettezen valeur, dans votre esprit, la parfaite lgitimit de votre revendication. Vous redoutezde solliciter la main de celle que vous vous voudriez pouser ? Imaginez que vous tesdevant les parents de votre bien-aime. Prparez les paroles dcisives qui doivent vousfaire agrer.Ainsi dans toute autre circonstance. Simple exercice soit. Mais ne cherchez pas lacomplication. Eduquez votre pense. Respirez amplement. Regardez d'un air dcidvotre propre image dans le miroir. Inspirez la confiance par votre attitude loyale etnergique. Vous serez surpris, par la suite, de l'aisance que vous acqurerez de la sorte.Exercices pratiques dans la vie courante.Une fois matre de votre regard, vous devez chercher en mesurer la force par desexercices pratiqus non plus dans vtre chambre, mais dans la vie courante. Le vritablechamp d'action est la socit humaine. C'est l qu'il faut jouer son rle. Il y a millemanires de se prparer cette action sociale. En voici quelques-unes que vous pourrezvarier l'infini.202I.Au thtre, dans un salon, regardez une personne place une faible distancedevant vous et qui vous tourne, le dos: une femme de prfrence. Regardez-la la nuque,avec une volont calme, mais dcide. Concentrez toute votre nergie mentale sur l'actequ'elle doit accomplir. Veuillez qu'elle tourne la tte et dirige ses regards vers vous.L'exprience russit trs souvent ;elle russit d'autant mieux que vous disposez d'unregard magntique puissant et que vous savez reconnatre, premire vue, dans lapersonne que vous voulez influencer, un sujet magntique. Tout le monde n'est pasgalement influenable. Il y a des nuances. Les personnes nerveuses, impressionnablessont les plus sensitives. Mais aprs tude, il vous sera trs facile d'tablir votre jugementet de reconnatre coup sr, au simple coup d'il, la personne accessible votre influxmagntique. En abordant l'tude du Magntisme exprimental, nous vous indiqueronstous les signes qui permettent de reconnatre aisment ce sujet particulirement rceptif.En fixant cette personne sensitive la nuque, vous la verrez, aprs un temps variable,se sentir mal l'aise, remuer ses paules avec des gestes ennuys, puis porter la mainderrire sa tte comme si quelque chose l'avait frle, et enfin se tourner vers vous. Vouspouvez, tout aussi bien, concentrer vos regards sur les premires vertbres dorsales lanaissance du dos, ou entre les omoplates, mais l'action est plus nette lorsqu'elle s'adresse la partie postrieure de la tte.imageFig. 73. Une exprience sur le regard magntiqueVous tes au thtre. Fixez la nuque ou entre les paules une personne qui prsenteles caractristiques du sujet magntique. Concentrez votre nergie sur la pense que cettepersonne doit se retourner vers vous. SI votre regard est dvelopp et si vous savezchoisir une personne particulirement rceptive, votre exprience russira trs souvent.Quand vous tentez de raliser cette exprience ou quelque autre du mme genre, vitezun cueil contre lequel bien des dbutants se sont buts: ne gaspillez pas votre force.D'abord, n'en abusez pas en faisant des expriences prmaturment. Vous ne pouvezrussir que si vous sentez en vous une nergie calme. Cette matrise personnelle, il fautqu'elle se rvle dans toute votre personne. Donc, pas de sourcils froncs, de facetourmente, de poings crisps, de mouvements musculaires inutiles. Du calme, del'aisance. Le succs de cette exprience vous est promis par la seule force irradie devotre regard. Vous crisper, c'est enlever votre magntisme toute sa force.La qualit essentielle de l'tre magntique, c'est le calme. Sans le parfait contrle devous-mme, de vos gestes, de vos penses, de vos sentiments, vous ne parviendrez aucun rsultat ou, si vous en obtenez, ils s'effaceront promptement pour ne vous laisserque dcouragement et lassitude. Au contraire, si vous parvenez une parfaite matrise,vous irradierez autour de vous toute la force que vous ne dpenserez pas en vains etimpatients efforts.En faisant cette premire exprience, regardez donc avec un calme parfait, mais avecune concentration profonde. Ne froncez pas les sourcils. Ne serrez pas les poings. Quevotre regard rigide, doux sans tre agressif, soit comme le prolongement matriel d'unevolont qui se joue sre de sa force des difficults de ce monde.203II. Cette exprience, couronne de succs dans un lieu clos et tranquille o rien nedrange votre concentration mentale, vous devez ensuite vous entraner dans un endroito vous risquez d'tre moins en possession de vos moyens. Dans la rue, par exemple, ovous tes bouscul, o vous devez faire attention votre chemin et ses obstacles, faitesun nouvel essai sur la mme donne.Ayez soin de choisir, comme sujet rceptif, une jeune femme nerveuse,impressionnable, motive, donc trs sensible au magntisme. Elle marche devant vousd'un pas normal, sans tre prcipit. Tenez-vous derrire elle quelque distance etregardez-la sans cesse la nuque. Aprs quelques minutes, vous serez tonn, sept foissur dix, de voir cette personne se retourner ou tout au moins donner des signes de gne,porter la main derrire sa tte, etc.Lorsque vous serez trs entran, vous pourrez obtenir de la personne qui marchedevant vous qu'elle dtourne la tte soit droite, soit gauche, selon votre volont. Maisc'est l une exprience trs difficile. Il faut, pour la russir, deux conditions essentielles:1. Que vous soyiez extrmement magntique et ceci demande du temps et unentranement suivi;2. Que la personne sur qui vous agissez soit un excellent sujet magntique.III. Voici maintenant une autre exprience qui ne prsente pas de difficultinsurmontable pour le dbutant. Vous tes dans un tramway, dans le mtro, en chemin defer, en bateau ou dans tout autre moyen de transport public. Regardez discrtement sans qu'on puisse s'en apercevoir non la personne qui est assise exactement en face devous, mais une qui se trouve situe obliquement par rapport votre regard et essayez dela dcider, par votre volont, se tourner vers vous. Si votre regard a acquis de lapuissance, vous serez tonn du succs que vous obtiendrez. Ayez soin de bien choisir lapersonne sur qui vous exprimentez: qu'elle soit nerveuse, impressionnable. La femmeest particulirement rceptive, surtout si elle est jeune.Nous le rptons: ces expriences ne peuvent tre couronnes de succs que si on estmatre de soi. Avant de commander aux autres, il faut commander soi-mme. Nous nepouvons rayonner autour de nous que si toutes nos fonctions organiques, nerveuses etmentales nous donnent toute satisfaction. Ce serait courir un chec certain que vouloirimposer ses volonts aux autres avant d'avoir dompt ses impulsivits, ses colres, sesemballements.Donc, de crainte de vous dcourager, ce qui serait funeste la suite de vos tudes, nefaites pas d'expriences sur votre entourage avant d'tre bien sr de votre force.N'imaginez pas, surtout, que toute personne que vous regarderez la nuque ou entre lesomoplates, se retournera infailliblement ! Il faut, pour esprer un succs, se soumettre une discipline svre. Le rsultat dpend aussi de la rceptivit du sujet choisi et toutesles personnes que vous rencontrerez ne seront pas, il s'en faut, des sujets d'une galesensitivit. Il existe des personnes dont la volont sera suprieure la vtre, soit qu'ellesse soient entranes avant vous, soit qu'elles soient naturellement mieux doues. Il estdonc inutile de dpenser votre magntisme en expriences striles. Pour viter cet cueil,204tudiez les tempraments et leurs signes extrieurs et vous arriverez connatre les tresqui sont en tat de servir sans difficult vos premires expriences. Ces sujets sont, toutd'abord, les nerveux, trs faciles reconnatre: d'une constitution plutt grle, ils sontanims, font beaucoup de gestes, ne peuvent rester en place. Viennent ensuite leslymphatiques qui ont la peau blanche, les tissus mous et relchs et qui sontgalement trs sensibles l'action magntique. Ces deux tempraments correspondent peu prs aux deux types tudis par les physiognomonistes sous les noms de vnusien etde lunarien. Tous deux ont les sourcils arqus, formant vote au-dessus des yeux. Tousdeux ont le menton petit, fuyant parfois, indice d'une faible volont. Nous reviendrons endtail sur ces diffrents signes.On peut aussi retenir, comme indice de permabilit la force magntique, l'agitationmusculaire exagre. Toute gesticulation immodre est un signe certain de dsquilibrenerveux.Avant d'tre bien sr la fois de votre puissance personnelle et de la rceptivit de vossujets, n'influencez que les personnes qui vous semblent susceptibles de cder votreinfluence. Faites votre essai avec le plus de foi possible. Et, si vous ne russissez pas toutd'abord, n'en ayez aucun dcouragement; c'est que vous vous serez adressimprudemment trop forte partie.Applications du regard magntiqueI. Dans la vie courante. Prenez l'habitude de fixer votre interlocuteur la racinedu nez entre les sourcils. Ce n'est pas seulement pour viter de regarder, la personnefixement dans les yeux que vous devez choisir cette place, mais parce, qu'elle a, par elle-mme, une importance capitale. Les initis hindous l'appellent l'il de iva et lesadeptes de yoga en font grand cas dans leurs entranements. Immdiatement au-dessus dela racine du nez, Hector Durville place le sige de l'attention. C'est donc tout prs de cecentre que doit porter la force magntique de votre regard.Dans la pratique, il est cependant prfrable de regarder non pas au centre crbral del'attention, mais bien la racine du nez, exactement entre les deux yeux. Vous tenezainsi, sous vos regards, les yeux de la personne qui vous vous adressez. Et qui saitobserver dcouvre dans le miroir de l'me une foule infinie d'ides, de sentiments,d'motions qui s'panouissent la lumire du jour sans mme que votre interlocuteur enait conscience. Les regards que vous croisez apportent avec eux toutes les pensessecrtes, les plus intimes sentiments. Efforcez-vous de comprendre leur langage.Devez-vous toujours regarder votre interlocuteur ?Non pas. Ds que la personne vous adresse la parole, vous pouvez, si vous l'estimezncessaire, dtourner votre regard. Pourtant, en prsence dune personne faible, abattue,prostre, il est prfrable de maintenir votre regard sur la racine du nez, non seulementpendant que vous parlez, mais encore lorsque vous coutez la rponse qui vous est faite.Cette immobilisation du regard au cours de la conversation vous permet une meilleureconcentration mentale, une plus grande fixit dans les ides, une plus forte matrise devous-mme. Elle tend supprimer toute distraction, toute ide parasite. D'o une205locution plus nette, des phrases plus suggestives, un empire plus rel sur la personneque vous influencez. Et, en maintenant le contrle sur les yeux de votre vis--vis, vousvous rendez compte, ds qu'il parle, que les ides que vous avez exprimes l'ont touch.imageFig. 74. Les localisations crbrales d'aprs Hector DurvilleSur la ligne mdiane du front se trouve le centre de l'attention (D). C'estimmdiatement sous ce point, la racine du nez, que doit se poser votre regard lorsquevous voulez qu'il imprime chez votre interlocuteur la puissance de vos penses.Un regard bien dvelopp dcuple votre action. Mais il est de toute ncessit que cettefixation doit passer inaperue. Si vous prenez un air rbarbatif et insolent, vous mettezvotre partenaire sur ses gardes et vous veillez en lui une dfiance qui ne sera pas sanscause. Au contraire, conservez une expression correcte mais affable. Surtout ne vousapprochez pas trop prs de la personne influencer. C'est pourquoi vous devez vousentraner regarder une distance normale, celle o tous vous trouverez dans la plupartdes cas de la vie courante. Ce qui est essentiel, c'est que votre regard, aussi bien quetoute votre personne, donne l'impression d'une volont ferme, mais bienveillante, d'uneparfaite matrise de vous-mme, de sentiments altruistes. En un mot, votre interlocuteurdoit sentir en vous une force calme, puissante, gnreuse. Si donc, vous allez rendre unevisite importante, solliciter un emploi, discuter une affaire, ne vous laissez pasimpressionner par la personne qui vous parlez, non plus que par votre propre anxitsur le succs de la dmarche. Usez du regard, d'un regard assur, pntrant, ayezconfiance dans le rsultat final et vous serez surpris vous-mme de l'effet que vousproduirez.Quelques-uns de nos lves ont le dsir de profiter des connaissances acquises pourfaire des expriences publiques de magntisme, d'hypnotisme ou de suggestion. D'autresveulent soulager ceux qui souffrent, faire du bien autour d'eux. A ceux-l, le regardmagntique sera de la plus grande utilit. Rien n'est plus dplaisant qu'un confrencierqui hsite, balbutie, cherche ses paroles, ne sait o poser ses yeux.imageFig. 75. Le regard hypnotiqueLe regard hypnotique est essentiellement brutal, dominateur. II fascine avec arrogance,il heurte dlibrment, il viole sans pudeur, il pntre avec effraction, il submerge laconscience du nvros. Un tel regard a quelque chose d'immoral.Eprouvez-vous quelque timidit prendre la parole en public ? Ne regardez pas lespremiers rangs de vos auditeurs, mais attachez votre regard sur un spectateur trsloign. Cette manire dagir prsente plusieurs avantages. D'abord, la personne quevous fixez du fait de son loignement se sent moins regarde et vous pouvezdiriger sur elle un regard plus insistant. Puis, vous vitez de la sorte de voir les premiersrangs et d'entendre les demi-paroles changes, les sourires que votre timidit esttoujours porte interprter dans le sens le plus malveillant. Enfin, cette attitude a206l'heureux avantage de vous contraindre forcer un peu votre voix qui ne parviendraitpeut-tre pas, si vous la laissiez son diapason naturel, jusqu'aux rangs loigns.Il est utile de parler quelquefois en public: c'est un excellent exercice qui vousdonnera l'occasion de modifier votre attitude, de dvelopper votre regard, de prendre, enun mot, de l'assurance. Dominer sa timidit, vaincre la peur, se mettre en valeur par desqualits relles, se faire apprcier sa juste valeur est indispensable qui veut russir.II. En exprimentation magntique, hypnotique et suggestive. Ainsi que nous leverrons en abordant la partie exprimentale, le regard a, dans ce vaste domaine, uneimportance trs grande.En hypnotisme, il permet d'impressionner rapidement les sujets nerveux et de lesprdisposer par consquent toutes les expriences que vous voulez tenter, voire mme la production des degrs successifs de l'hypnose: tats suggestif, cataleptique,somnambulique et lthargique. Mais le regard fixe, rigide, fascinateur, dont on se sert enhypnotisme est brutal et nous en dconseillons l'emploi.imageFig. 76. Le regard magntiqueDe l'il magntique mane de la douceur, du calme, de la noblesse, de la bont. Leregard se pose dlicatement, vous suit et insiste avec une douce sollicitude. Il pourrait seraidir et mater, mais quoi bon ! La force est l au repos, puissante, prte l'action. Maiscelle-ci ne peut tre que gnreuse et bienfaisante.Nous reviendrons d'ailleurs sur tous les procds hypnotiques. Bien des hypnotiseursne se servent que du regard pour obtenir le sommeil que Braid provoquait en faisantcontempler un objet brillant. Le regard, dans ces conditions, sert uniquement provoquerune fatigue oculaire intense, prlude de l'tat hypnotique. Si la fascination est brutale etle sujet particulirement influenable, la production d'un tat hypnotique peut tre rapide.On peut mme endormir spontanment un sujet par ce procd, sans mme en avoirl'intention. Dans son ouvrage: Le Sommeil provoqu, le Docteur Gaston Durville cite lefait d'un jeune officier de marine qui, faisant par jeu, dans un cercle damis, uneexprience de transmission de pense, fut stupfait et mme un peu effray de voir lajeune fille qui lui servait de sujet bnvole, tomber tout coup en catalepsie. On crutd'abord un accident maladif. Il n'en tait rien: la jeune fille, pourtant nerveuse sansexcs, avait t hypnotise par le regard fixe et brillant de l'oprateur.imageFig. 77. Le facis de l'hypnotiseur.Le regard brutal et inquisiteur, sans cesse en qute d'une proie dominer, asservirs'encadre de muscles contracts qui donnent la physionomie un aspect peusympathique.Quand il s'agit de faire accepter la conscience une suggestion exprime par la parole,207un regard doux et pntrant est utile: il augmente notre emprise sur la personne influencer. Ce regard doit souligner toute suggestion que nous voulons faire admettre.Bien entendu, il est indispensable que notre regard ait les qualits requises. Donc, avantde chercher l'utiliser, duquons-le soigneusement devant la glace. Il en est de nosregards comme de nos paroles et de nos gestes. Ce sont des moyens qui nous permettentd'extrioriser nos tats d'me. Rservons un regard un peu dur pour les actionsnergiques et un regard attentif et fixe, mais absolument bienveillant pour les sanctionspersuasives. Il y a des nuances qu'il faut saisir. Ainsi toute suggestion impose doit tresouligne d'un regard nergique, solide, qui n'admet pas la contradiction. Tout aucontraire, la suggestion raisonne exige plus de douceur: votre regard sera direct, maisdoux, conciliant, affable.En magntisme o les procds sont toujours le plus doux possible, le regardnous sera aussi d'une relle utilit. Nous avons dj dit qu'il est un excellent vhicule dela force magntique, aussi devrons-nous l'employer pour aider et multiplier l'actionobtenue au moyen des autres procds : passes, imposition des mains, etc... L'il metune force qui augmente trs sensiblement nos chances de russite.imageFig. 78. Le facis du magntiseurSur cette figure rgne un calme olympien. Le calme du visage dit le calme despenses. La noblesse de l'expression exprime la noblesse du cur. Aucune ride, aucunmauvais dessein. L'intelligence est ouverte pour couter. Un optimisme souriant rgnedans ce clair regard.II est un point sur lequel il nous faut insister encore: nous ne devons jamais utiliser deprocds qui puissent entraner la fatigue, soit pour nous, soit pour les personnes quinous servent de sujets.En ce qui vous concerne personnellement, vous devez viter tous les entranementsqui dterminent une congestion du fond de l'il. Il est donc extrmement imprudent defixer des objets trs brillants, des sources lumineuses plus ou moins ardentes, que cesoient une lampe lectrique, un manchon en incandescence ou le soleil. Tous les moyensqui tendent augmenter l'acuit du regard par la fixation d'une source lumineuse sontextrmement mauvais, autant pour la vue qu'ils peuvent perturber que pour le systmenerveux qu'ils soumettent un hypnotisme involontaire, toujours fatigant, surtout quandil est souvent ritr.Dans le but de se gurir soi-mme de troubles psychiques, quelques hypnotiseurs, peusoucieux de la sant de leurs lves, donnent le conseil de s'auto hypnotiser en regardanture objet brillant. Il y a l un rel danger. Nous avons dj dit que ce procd va rencontre de ce que nous en attendons. II suffit d'un peu de rflexion pour s'en rendreparfaitement compte. Lorsque nous hypnotisons un sujet, nous le mettons, s'il y consent car le sujet garde toujours son libre arbitre dans un tat de passivit plus ou moinsparfaite, nous annihilons sa volont. Il peut, certes, sortir de son tat de torpeur ds qu'ille dsire; reprendre entirement conscience; se rveiller, en un mot. Mais qu'il restepassivement en tat second, ce sujet hypnotis est un automate, d'autant plus docile qu'ila confiance en son hypnotiseur. Il se confie pieds et poings lis. Et tant qu'il consentira 208rester dans cet tat de prostration, il lui sera impossible de prendre des rsolutions. Fait-ilacte de volont ? Ds lors sa conscience reprend ses droits et nous voyons le sujets'veiller. Il en est de mme sur nous: si nous nous hypnotisons, nous devenons passif,incapable de penser sainement, d'associer logiquement des ides, de prendre desrsolutions, donc de nous auto suggrer ! L'tat d'hypnose est de tous points comparable l'tat de rve. Ni en rve, ni en sommeil provoqu nous ne pouvons nous-mme nousdonner des ordres. D'ailleurs et fort heureusement, car les sujets hypnotiques sont desnvross, des grands nerveux, trs peu de personnes peuvent tre mises en tat secondpar manuvres hypnotiques.Sans rpudier compltement l'hypnotisme, qui peut rendre des services dans certainescirconstances que nous dterminerons au cours de notre tude, nous devons lui prfrerle magntisme, et surtout le magntisme personnel, parce que parmi bien d'autresavantages, il a cette grande qualit de dvelopper la fois la personnalit de celui qui ledonne et de celui qui le reoit.En outre, si vous vous hypnotisez, pour arriver l'puisement nerveux sans lequel lesommeil hypnotique ne saurait se produire, vous usez vos forces sans aucun rsultat.Seule; l'auto suggestion l'tat de veille, pure et simple, la condition qu'elle gnre envous une motion saine et puissante, vous donnera des rsultats et, loin de vous causerune lassitude, elle vous sera d'un grand rconfort.D'autre part, et pour les mmes motifs, nous devons faire l'entranement du regard (soitpar le rond noir, soit dans la glace) une distance convenable, qui ne fausse pas la portenormale de la vue. Il en pourrait rsulter pour l'lve imprudent une fatigue assez grandedes centres visuels. On ne devra pas non plus s'acharner si la fatigue se faisait sentir. Lestroubles congestifs de l'il seraient craindre si l'on continuait regarder fixement, soitdans le miroir, soit dans le rond noirci l'encre. On serait alors en droit de craindre desblouissements, des nuages qui montent et descendent devant les yeux, des maux de tteviolents, des migraines, des insomnies. Dans tous les stades du dveloppementpsychique, il faut procder doucement, avec mthode; c'est la condition indispensable ausuccs.Donnons encore un conseil qui concerne surtout les femmes: mfiez-vous des produitsde beaut destins aviver l'clat de l'il. Le prospectus vous promet le charmesducteur ? C'est bien tentant. Il est entendu que des prparations sont employes enOrient comme collyre et que, par consquent, elles sont mieux qu'inoffensives. Maisavez-vous la certitude que ces produits sont tels qu'on vous les annonce ? Sont-ils aussipurs qu'ils le devraient pour ne vous causer aucun mal ? Le mieux est de laisser en repostoute cette pharmacope de beaut et de vous contenter d'eau pure, de prfrence froide,sans aucune addition. L'eau froide, laquelle vous vous accoutumerez graduellement sivous n'en avez pas l'habitude est tonifiante; elle resserre les tissus, active la circulation,et, en ce qui concerne le globe de l'il et les glandes lacrymales, son action est aussibonne qu'efficace. Par l'emploi constant de l'eau froide, vous viterez ces inflammationssi pnibles qui donnent des larmes sans cause, et qui, au cours de votre entranement,diminuent votre acuit visuelle en mme temps qu'elles vous privent d'une partie de votrepuissance magntique. Si donc vous sentez quelque fatigue oculaire pendant vosentranements, ayez soin de vous baigner les yeux, plusieurs fois par jour, dans de l'eaufroide. Avec une illre, ces petits bains d'yeux ne souffriront aucune difficult.209On nous pose souvent la question de savoir si les lorgnons ou lunettes sont utiles ounuisibles au dveloppement du regard magntique. Ils ne sauraient tre nuisibles, etmme, ainsi qu'Hector Durville le dit dans sa Physique magntique ( Hector Durville. Physique magntique, 2 vol. Paris, 1895-1896. ) les effluves magntiques, l'instar desrayons lumineux, peuvent tre concentrs par les lentilles et autres verres, ce qui, avec ladirection de la volont, peut servir leur utilisation. D'autre part, les lunettes, en mmetemps qu'elles vous servent mieux diriger l'nergie de votre regard, vous isolent del'action des autres. Les comdiens reprsentent l'usurier ou l'homme d'affaires vreuxavec des lunettes de couleur qui lui sont utiles surtout pour cacher l'expression de sesyeux et lui permettre d'observer les autres l'abri de cet cran. Cette descriptionpittoresque est base sur l'observation. Les verres de couleur sont, la vrit, un obstacle la vue des personnes et, si on peut les employer dans des buts perfides, ils ne doiventpas pour cela tre un sujet de suspicion, car ils sont employs autrement que par lestratres de mlodrame.En tous cas, ceux de nos lves qui portent des lunettes ou des lorgnons et quicraignent, de ce fait. une entrave leur dveloppement n'ont qu' suivre nos conseilspour se rendre compte de l'inanit de leurs craintes.Quelques rares personnes parmi les nerveuses ont du strabisme. Loucher empche ledveloppement du regard. Il faut que nos deux rayons visuels soient parallles, qu'ilss'appuient, pour ainsi dire, l'un sur l'autre. S'ils se rejoignent, donnant l'impressiondsagrable que la personne regarde l'extrmit de son nez (strabisme convergent), ou siles deux regards s'loignent, chacun se promenant o il lui plat (strabisme divergent), ilest bien certain que la personne ainsi affecte ne peut donner aux autres une impressionde force, de matrise.Il faut de toute ncessit combattre ces fcheuses tendances. On y parviendra dans latrs grande majorit des cas avec notre premier exercice. S'aidant du papier fix au mur,s'entraner regarder le cercle noir d'un seul il en maintenant l'autre ferm avec lamain. Regarder ce point de mire en redressant le regard dirig anormalement. Ainsi, est-ce le globe oculaire droit qui tourne vers l'extrieur: s'obliger de cet il regarder ledisque noir qu'on placera sa gauche. On peut encore fixer l'objectif en tournant la tted'un quart de tour tout en s'efforant de maintenir le rayon visuel bien rigide. Procder demme pour l'autre il, en s'inspirant du mme principe.Nous y insistons encore: le regard magntique, puissant, mais essentiellement doux, nepeut tre confondu avec le regard fixe et brutal des hypnotiseurs, surtout de ceux quipratiquent la fascination. La fascination, est un phnomne trs rel, mais dont, notreavis, il est prfrable de se garder. Il peut tre utile pour mater les fauves et dominercertains malades privs de leur raison, mais dans la pratique de la vie courante, ces yeuxhagards risquent, plutt de faire rire. On n'pouvante que les petits enfants. D'ailleurs, lersultat que la fascination procure, c'est un amoindrissement de la personnalit, qui peutaller jusqu'au sommeil hypnotique. Ce n'est pas ce que vous devez chercher.Ce qui vous est ncessaire, c'est de prendre conscience de votre force, de votre valeuret de donner ce sentiment ceux qui vous approchent. Si vous leur exposez de bonnes210raisons avec une calme confiance, moins d'tre buts sur une opinion adverse, vous lesamnerez penser comme vous par les seules ressources de votre intelligence et de votredroiture. Vous seriez dsol, je veux le croire, que, prenant empire sur vous, l'on viennecambrioler votre cerveau pour y faire entrer de force des ides et des sentiments. C'est ceque vous risquez de faire autrui avec les yeux fascinateurs en admettant la russite,moins frquente que les hypnotiseurs le disent.Le regard magntique est fort loign de tout cela; il ne vise point commettre uneaction violente, mais donner celui qui parle pleine conscience de sa valeur. Aucuneatteinte n'est porte la personnalit de celui qui coute. Notre but n'est nullement depousser nos lves violenter des esprits et des consciences, mais se dvelopper eux-mmes pour arriver ensuite aider et soutenir les autres. Certes, nous n'oublions pas quela vie actuelle ne saurait tre dpourvue de proccupations matrielles, et nous n'avonsrien omis pour mettre nos lves dans les conditions les plus favorables pour tirer le plusgrand et le plus honorable profit de leur travail, mais ici encore l'assujettissement de l'unne fait pas le bonheur de l'autre. Ce qu'il faut viter avec soin, c'est que votre regardfaiblisse et s'intimide. Qu'il fuie, et vous donnez prise aux volonts extrieures. Ne cdezpas lchement devant l'arrogance d'un homme qui n'a peut-tre pas votre valeur morale.Restez vous-mme. Mieux, n'ayez qu'une pense constante: vous perfectionner, gagnerdes qualits. Veuillez conqurir votre place dans la socit. C'est votre droit et plusencore votre devoir.D'autre part, votre regard, s'il est tel que nous vous le conseillons: net sans hardiesse,droit sans brutalit, vous donne un aspect de franchise qui dispose en votre faveur. Unregard fascinateur peut, quelquefois, imposer une volont; un regard magntique, seul,inspire confiance.Le point essentiel pour vous est de conqurir toute votre libert. Une fois matre devous, vous n'aurez plus besoin d'exercer votre regard par le rond noir ou par tout autreprocd. Vous aurez acquis un avantage que rien ne pourra vous faire perdre. Vousconsidrerez vos yeux comme une source inpuisable de force. Et cette force, vous vousempresserez de la mettre au service de tous ceux qui en ont besoin. Que votremagntisation soit doue et bienveillante. Bienveillante surtout.Rsum Ton discours est crit sur ton front; je l'ai lu avant que tu aies parl , disait MarcAurle. Si le front est ce point rvlateur, que dire des yeux ?Les yeux contiennent toute l'me et c'est par eux, plus encore que par l'expression duvisage, que l'on peut, si l'on est rellement observateur, connatre ce qui se trouve cachsous le front de l'interlocuteur, diagnostiquer ses sentiments, ses sensations, plus encore,le fond mme de sa pense, ces ides innes qui sont l'esprit ce que les hrditsphysiques sont notre temprament. Les yeux sont les rvlateurs de toute la viepsychique; ce sont deux baies dont la forme importe peu celui qui les considre dupoint de vue de l'esprit; leur vritable beaut ce n'est pas leur forme : c'est ce que l'ondcouvre par eux, de bont, de grce, de srnit, ou bien, au contraire, de passions211mauvaises, d'clairs contenus ou chapps. En un mot, ce n'est pas la forme del'architecture, c'est le site rvl par la fentre qui nous intresse, quand nous voulonstudier un sujet. Il est donc de premire ncessit que nous apprenions observer leregard des autres; mais, en ce qui nous concerne, nous ne saurions mieux fairequ'duquer soigneusement le ntre.Comme nous l'avons dit, l'il extriorise notre vritable personnalit; le regard amneau jour toute notre vie intime. La parole peut mentir; elle peut narguer le sentimentintime de celui qui veut le cacher par pudeur ou par duplicit; le regard est contraint lafranchise: il parle quand les lvres se ferment.Que les yeux soient bleus, bruns ou noirs, qu'ils aient la couleur du soleil ou de latempte, chacun possde son charme particulier qui fait, en gnral, tout le caractre dela physionomie. Il est des regards durs comme l'acier qui semblent pntrer dans l'me, ychercher, avec une brutalit chirurgicale, ce qu'il conviendrait de cacher, qui cherchent imposer des regards doux et plus faibles une volont despotique. Il est des yeux doux etcaressants, qui semblent livrs sans dfense cette volont absorbante. Il est des yeuxqui rient; il en est d'autres qui livrent, avec une douloureuse pudeur, le secret detourments infinis; d'autres implorent notre aide, s'abandonnent avec une touchanteconfiance ceux qui semblent pouvoir soutenir leur peine. Il en est qui fuient, sedissimulent tremblent, ne peuvent supporter le regard, semblables en cela au regard desanimaux mchants, qui ne peuvent pas affronter le lucide regard de l'homme. Ces yeux,en gnral, dplaisent, nous imposent une sensation de mfiance et de crainte. D'autres,par leur beaut, par leur grce rieuse ou triste, captivent, enjlent, sduisent, ralisent, enun mot, la parole de Salomon: Tu m'as pris mon cur par un regard de tes yeux. Les plus beaux yeux, en ne tenant compte que de leur forme ne sont pas toujours lesplus magntiques. Il est beaucoup de belles fentres qui donnent sur des paysages sanshorizon et sans beaut. Ce que le psychiste requiert des yeux qui l'intressent, c'est leregard, source de force calme et souveraine. Pour avoir cette force, il faut que le regardsoit direct, qu'il exprime l'honntet, qu'il rayonne l'altruisme. Le point capital, c'est laforce, dirige par la droiture, la puret des intentions.Acqurir cette force magntique du regard est un des premiers buts du psychistedbutant. Les produits de beaut n'ont que faire ici; il n'est besoin de kohl ni d'autrechose; il n'est pas davantage question de ces procds hypnotiques qui donnent au regardune duret presque froce. Ce qu'il faut, c'est obtenir un doux clat; un feu voil quibrille sans blouir; une douce fixit, gale distance de l'arrogance et de la timidit. Leregard, ainsi compris, extriorise la matrise de soi, le calme, la confiance, l'optimisme,non pas un contentement bat et sans cause, mais un optimisme pondr, bas sur laraison. Il faut fuir ce regard fascinateur qui subjugue ou veut subjuguer. Celui-l nervle pas une vraie force. Une vraie force est libre et ne veut pas soumettre les autres.Vous acquerrez, si vous le voulez avec suite et application, ce regard magntique,empreint de douceur et de force. Comme nous l'avons dit, entranez-vous en fixant unrond noir que vous avez plac au mur, la porte de vos yeux, sans qu'il soit ncessairede les lever ou baisser exagrment. Regardez-le de face d'abord, puis obliquement,d'abord droite, puis gauche, pour agrandir autant que faire se peut votre champ visuel.212Quand votre regard ne vacillera plus, exercez-le au thtre, dans un salon, dans untramway, dans la rue. En ayant soin de choisir une personne sensitive, vous servant pourcela des indices extrieurs que nous vous avons enseigns, vous verrez que votre regardfait sentir son action magntique.Ce regard magntique ne sera pas seulement pour vous le sujet d'expriencescurieuses; il sera surtout une source de succs dans toutes les situations de la vie. Quandvous parlerez quelqu'un pour lui faire partager votre manire de voir, regardez votreinterlocuteur la racine du nez, entre les deux yeux; vous constaterez d'abord que cetteattention vous empche d'parpiller vos ides, le concentre et les rend plus fortes. Deplus, ce regard ainsi pos fait pntrer votre conviction chez la personne qui vousparlez. C'est un excellent moyen de suggestion.N'oubliez jamais ce point essentiel: alors que le regard hypnotique est dur, brutal,inquisiteur, domine avec arrogance et cherche surtout se faire obir, heurtant lessentiments, pntrant avec effraction dans l'intimit de la pense, le regard magntiqueest plein de douceur et soutenu par une certaine majest. Il convient, pour exercer toutesa puissance, qu'il s'accompagne d'un port noble, de gestes mesurs, d'une intelligencevive. Le regard magntique ne veut pas commander mais convaincre pour se rendre utile.Il doit donc reprsenter une force au repos, paisible, toujours sre d'elle-mme etconfiante en l'avenir.La Concentration mentale Que l'homme s'efforce de purifier ses penses, Ce qu'un homme pense, il l'est: voill'antique secret. Maitrayana. A sa pense vacillante, mobile, difficile contenir, difficile matriser, l'hommeintelligent impose la mme rectitude qu'un faiseur de flches une flche. Dhammapada. On juge qu'un homme est capable de grandes choses par l'attention qu'il apporte auxplus petites. Tacite. Regarde au dedans des choses: prends garde de te tromper sur la qualit, sur lemrite de chaque objet. Marc-Aurle. Ne te laisse pas entraner sans rflexion par les paroles et les actes d'autrui. Parle etagis seulement quand ta raison t'aura indiqu le parti le plus sage. La dlibration,213obligatoire avant l'action, t'vitera ainsi les actes draisonnables. Ce qui vraiment rendl'homme malheureux, c'est de parler et d'agir sans rgle ni mesure. Pythagore (Vers d'or recueillis par Lysis). II n'est pas de grandes actions suivies qui soient l'oeuvre du hasard et de la fortune;elles drivent toujours de la combinaison et du gnie. Rarement on voit chouer lesgrands hommes dans leurs entreprises les plus prilleuses. Regardez Alexandre, Csar,Annibal, le grand Gustave et autres; ils russirent toujours. Est-ce parce qu'ils ont dubonheur qu'ils deviennent ainsi de grands hommes ? Non; mais parce qu'tant de grandshommes, ils ont su matriser le bonheur. Quand on veut tudier les ressorts de leurssuccs, on est tout tonn de voir qu'ils avaient tout fait pour l'obtenir. Napolon(Paroles recueillies par Las Cases. Mmorial de Sainte Hlne, 14 novembre). La facult de ramasser toute son intelligence, toute sa volont, tout son entendementsur une pense ou une action dtermine est une des plus prcieuses que l'homme puissepossder. W, W. Atkinson. La Force Pense. Penser ! Ah ! voil la difficult: celui qui ne rflchit pas trouve tout ce qu'il al'habitude de voir parfaitement naturel; il nat, vit, puis meurt sans s'tre demandpourquoi il y a quelque chose. Par contre, le moindre incident qui ne ressemble plus ceux de sa banale existence l'affole. II en est autrement de celui qui pense, et lemoindre insecte, le dernier brin d'herbe, la plus petite cellule du vgtal ou du corps desanimaux sont l'objet de ses mditations et de son admiration. Docteur Paul Gibier. Analyse des choses.LA CONCENTRATION MENTALEL'attention, son importance dans tout phnomne psychologique. Les deux tempsdu rythme mental: concentration et isolement. Les distractions d'Edison. L'attention, critrium de l'intelligence. L'attention spontane. Ses rpercussionsvasomotrices. Influence de l'attention sur les fonctions respiratoire et cardiaque. Action sur le systme musculaire. Influence rciproque des mouvements et del'attention. La lecture de la pense par l'activit musculaire inconsciente. Notretravail musculaire et notre travail mental sont comme deux roues dentes engrenes l'unesur l'autre. L'attention volontaire; comment la pousser son maximum. La matrisedes mouvements inconscients. Premier exercice. Deuxime exercice. Troisimeexercice. Quatrime exercice. Cinquime exercice. Sixime exercice. Septime exercice. Huitime exercice. Neuvime exercice. Dixime exercice. La concentration mentale dans toutes les circonstances de la vie courante. Le214rythme mental et ses rpercussions heureuses sur les rythmes organiques. Les tiroirsmentaux . Apprenez regarder, voir, observer, Rsum.Aprs nous tre occups de rtablir l'quilibre de notre organisme physique et de lemaintenir en parfaite sant, grce une alimentation rationnelle, une respiration biencomprise, des exercices physiques doux; aprs avoir dmontr comment nous pouvonsacqurir la matrise personnelle grce l'auto suggestion motionnelle et un regardmagntique puissant, abordons la troisime partie de notre dveloppement, celle qui nousdonne les moyens de parfaire l'ducation des phnomnes suprieurs de l'esprit.La qualit primordiale, celle qui est la base de toutes nos facults psychiques etmentales, est l'attention. Sans elle, notre esprit n'arriverait qu'imparfaitement laconnaissance des objets, et presque point leur utilisation. Attention, mmoire,raisonnement, jugement, sont des facults entirement lies.Que notre attention ait toute sa force et aussitt toutes nos facults psychiquesprennent leur essor. Au contraire, notre attention est-elle dfectueuse, intermittente ? Nosautres facults ne rpondent plus nos dsirs.Qu'est-ce donc, au juste, que l'attention ? C'est la facult que possde notre esprit de seconcentrer sur un objet et d'en saisir, avec plus ou moins de rapidit et d'exactitude, tousles caractres et tous les rapports. Le seul nonc de cette dfinition nous dmontrel'importance capitale de l'attention dans toutes les oprations de l'esprit.C'est en dveloppant l'attention que l'on parvient le mieux, et le plus srement dvelopper la mmoire, comme nous le verrons dans le chapitre consacr cette facult.En effet, si notre esprit ne voit que d'un regard distrait les objets ou les connaissances quilui sont prsents, il n'entrevoit que quelques aspects, ne leur dcouvre aucuneparticularit saillante, et, de ce fait, ne peut en conserver qu'un souvenir flou. Aucontraire, si celui qui doit garder la mmoire d un fait ou d'un objet a intensifi sa forced'attention, il a pris du mme coup l'habitude d'associer les ides, et le fait ou la chose,dont il doit enregistrer la notion, entre dans son esprit comme un tre vivant et en sortiraarm de toutes pices, le cas chant, C'est ce qui avait fait dire aux Grecs, nos matresen toute beaut, que les Muses, c'est--dire les productions ou les inspirations de l'esprit,taient filles de Mnmosyn, la mmoire. Magnifique et charmant symbole de notre plande dveloppement.L'attention contribue aussi nous assurer une plus grande matrise sur nous-mme. Eneffet, quel est celui qui s'effare et prend peur la moindre alerte ? N'est-ce pas l'impulsifqui, comme l'enfant, prend ses dsirs et ses craintes pour des ralits ? Qu'une auto fasseretentir bruyamment sa corne, il sursaute et, si vous lui montrez qu'il ne courait aucundanger, il vous rpondra: J'avais cru... Je n'avais pas fait attention. En effet, c'est dumanque d'attention que viennent la plupart de ces sensations exagres. Un coup d'iljuste, jet sur les faits par une personne assez matresse d'elle-mme, ramne auxproportions de la ralit l'pouvantail souvent anodin par quoi nous nous tions laissssurprendre.Si mme le danger est rel, c'est encore celui qui ne s'affole pas, qui sait cultiver etconcentrer son attention qui verra le premier la chance de salut, toujours possible dansles pires choses, et qui saura en tirer profit. C'est cette attention, pousse son maximum215d'intensit, que nous allons tudier sous le nom de concentration mentale.Quand nous aurons acquis cette connaissance, nous tudierons l'tat psychiqueinverse, la dtente complte de l'esprit que nous nommons isolement.A toute priode d'effort, doit succder une priode de calme, de repos, pendantlaquelle les organes rcuprent les forces qu'ils viennent de dpenser durant l'action.C'est la Loi du Rythme. Nous ne saurions mieux rgler ces priodes de travail et de reposque sur l'exemple du cur, l'organe le plus dlicat et le plus essentiel de notre organisme.Cet organe se contracte pour envoyer le sang jusqu'aux parties les plus loignes ducorps, puis il se dtend, ce qui constitue pour lui la priode de repos. Il en est de mmepour notre esprit. Il faut lui demander, quand il est l'uvre, une grande somme detravail, mais il est ais de comprendre que cette tension ne peut pas s'terniser, si l'ontient garder sa sant. A cet effort devra succder un repos qui sera proportionnel lasomme de travail donne. Ce repos se trouve dans le sommeil naturel et, mieux encore,dans l'isolement. En effet, ce dernier tat donne l'esprit la possibilit de se dtendre, dene penser rien on du moins de se reposer sur une ide sans importance, d'un ordre toutdiffrent de celle qui nous a occups.Ne pas s'arrter temps prsente de graves dangers. Ceux qui ne savent pas s'isoler,qui ne peuvent mettre un frein leur activit, sont souvent victimes de cet tat de choses.La pense qui les proccupe s'attache leur esprit et envahit toute la conscience. Bientt,elle tourne l'obsession. Que d'hommes d'affaires domins par un flot d'ides sans cesseen bullition finissent lamentablement ! La neurasthnie les guette. Et bien des vies quis'annonaient magnifiques ont t gches par ignorance de la loi du Travail et du Repos.Sans aller jusqu'au dsarroi mental, l'effort intense est cause de distractions. Et certainessont fatales. On l'a vu par l'exemple de Curie qui a trouv la mort dans un stupideaccident de voiture. Pensif, toujours proccup par ses recherches scientifiques, il a tbouscul par un vhicule en traversant une chausse. Sans doute, il aurait vit cette fintragique et prmature si sa pense avait t moins absorbe. Un tel savant qui disparatest un grand deuil pour la science. Cet accident ne serait pas survenu si Curie, le pre dela radioactivit, avait connu l'art de se reposer. De tels exemples nous montrent combiencette connaissance est indispensable.Les distractions d'Edison, qui n'ont fort heureusement jamais eu des consquencesaussi malheureuses, sont cependant clbres. MM. Albert Keim et Lumet rapportentl'pisode suivant de la vie du clbre inventeur amricain.Le fait s'est pass Boston. Dans cette ville, pleine d'coles et d'Universits, maisaussi trs ouverte la vie industrielle, on s'occupait beaucoup, ce moment, des travauxde Morse et de la tlgraphie en gnral. Un jour, le directeur d'une cole s'adresse aubureau tlgraphique de la Western Union pour avoir un confrencier bien au courant, dela question, et assez sr de son sujet pour en parler de manire se faire couter avecplaisir d'un jeune auditoire. Edison, choisi pour cette causerie, est ravi de l'accepter,d'abord parce que le thme lui est familier, ensuite parce que l'auditoire des coliers luiest sympathique, et aussi c'tait ses dbuts et le futur inventeur tait loin d'tremillionnaire pour joindre son traitement quelque profit supplmentaire. Acqurir216des livres et des appareils pour continuer ses tudes tait pour lui une douce perspective.Le jour de la confrence arrive, mais contre toute attente, Edison ne parait pas. Lesjeunes gens s'impatientent. Bref, l'heure passant, un de ses amis part sa recherche.Jugez de son tonnement: non sans peine, il trouve Edison sur un toit. Le clbreinventeur tait en train de poser un fil tlgraphique ! En prparant sa causerie, une idenouvelle lui tait venue. Il avait d'abord rsolu le problme sur le papier, puis, emportpar le dsir de faire pratiquement la preuve, il tait mont sur le fate de l'immeuble. L,entirement ses essais, il avait oubli totalement son auditoire.....Ces distractions ont t si frquentes dans la vie d'Edison que le magicien de Manlo-Park est considr, outre-Atlantique, comme l'homme le plus distrait du monde. Il lui estarriv, comme on le cite d'Ampre et de plusieurs savants, de porter une lettre la bote,et, arriv devant la poste, regardant l'heure, de mettre sa montre dans la bote aux lettreset de ne s'apercevoir du changement qu'en voulant faire entrer de force l'enveloppe dansson gousset.Mais il est une distraction d'Edison qui dpasse peut-tre toutes les autres. Elle luiadvint le jour mme de son mariage, Sa femme en fut la victime. Il tait mari depuisquelques heures, avec une femme qui lui tait chre, et il tait des plus heureux.Toutefois, il ne lui fut pas possible de passer toute cette journe sans entrer dans sonlaboratoire. Ses recherches le passionnaient. Le soir, une heure tardive, un amid'Edison, passant devant la maison fut extrmement surpris de voir de la lumire filtrerau-dessous des fentres. Il entra et fut plus tonn encore en trouvant son illustre amiabsorb, comme d'habitude, par ses expriences. Voyons, Tom, lui dit-il familirement, vous n'y pensez pas. Il est plus de minuitet vous devriez tre chez vous ? II est si tard que cela ? dit l'inventeur surpris. Pass minuit ! c'est tonnant. Mais,j'y pense, je suis mari de tout l'heure et l'on peut s'inquiter chez moi. Ma foi, j'auraisbien d rentrer plus tt. Heureusement pour le grand homme, sa jeune femme tait capable de le comprendre etd'excuser ses distractions qui sont la ranon de son gnie et le petit ct amusant, maisparfois pnible, de sa gloire. Madame Edison fut toujours pour lui une compagneparfaite, passionne pour ses ides.Nous voyons par l de quelle utilit peuvent tre la concentration et l'isolement. Laconcentration mentale, bien comprise, offre la possibilit d'duquer des enfantsparesseux, ou distraits, ou qui manquent de mmoire, parce qu'on n'a pas encore su leurfaire attacher une ide chacun des mots qu'ils enregistrent sans y rien comprendre,comme font des perroquets. Nous rendrons galement service des adultes qui ne sontpas en tat de matriser leur inconscient. L'habitude que nous leur faisons prendre de laconcentration mentale leur donne la possibilit de considrer un fait, un vnement, uneide d'un simple coup d'il. Ainsi, chaque notion prend sa valeur relle. Elle n'est plusdcuple, comme dans la peur, par une imagination drgle. Et, du mme coup,disparaissent toutes les rpercussions dsastreuses d'une motivit maladive. Nousarrivons cette matrise avec un minimum d'effort quand nous comprenons lemcanisme crbral. D'autre part, l'habitude de contrler notre activit musculaire estpour nous un appui prcieux.217En montrant l'importance de l'attention, nous avons dit qu'elle est la base de toutes lesoprations de l'esprit. Voici un fait qui dmontre qu'elle peut tre un critrium del'intelligence. Un leveur de singes, dit Darwin, qui achetait la Socit zoologique des espcescommunes au prix de 5 livres (125 francs, au cours d'avant guerre) la pice, en offrait ledouble, la condition de pouvoir les garder quelques jours chez lui, afin de faire sonchoix. Quand on lui demanda comment il pouvait, en si peu de temps, voir si tel singeserait un bon acteur, il rpondit que tout dpendait de leur pouvoir d'attention. Si,pendant qu'on parlait ou expliquait quelque chose un singe, son attention tait aismentdistraite par une mouche sur le mur ou quelque autre bagatelle, le cas tait dsespr.Essayait-on, par des punitions, de faire agir un singe inattentif, l'animal devenait rtif. Aucontraire, un singe attentif pouvait toujours tre dress. Sans vouloir comparer les coliers des singes, nous pouvons dire qu'il en est demme pour eux et pour nous. Il faut tudier attentivement et s'efforcer de juger la valeurdes ides qui pntrent dans notre champ mental. En procdant ainsi, : nous apprendronscertainement mieux et plus vite que celui pour qui cette tude, entreprise contre cur etcontinue sans got, sera une sorte de pensum fastidieux.Ecoutez une confrence, lisez un livre : si votre attention est distraite, si vous neprenez pas la peine de suivre l'orateur qui peut-tre ne parle pas assez loquemment pourtenir en bride l'intrt fugitif, si vous lisez avec le pouce , comme disait l'abb dePradt, il ne vous restera rien de la confrence ou de la lecture. Les mots vous effleureront peine; les ides qu'ils voquent ne pntreront pas dans votre conscience. Vous aurezdpens votre temps en pure perte et c'est toujours un tort et un prjudice pour vous.Il est tellement vrai, comme nous l'avons dit, que l'attention a une grande autorit surnos rflexes et qu'elle est le gage de notre matrise personnelle, que c'est une base surlaquelle on se fixe pour l'examen auquel sont soumis nos aviateurs avant de recevoir leurcertificat d'aptitude. Dans le dangereux travail qu'ils choisissent, une minute d'inattentionpeut tre suivie d'une chute mortelle. On a vu, pendant la guerre, que les attaquesariennes dont ils taient l'objet taient terribles et foudroyantes. Au cours de la bataille,ils ne devaient pas un seul moment se laisser dconcerter. En toute lucidit ils devaientdcider ou de survoler l'adversaire, ou de l'affronter avec la mitrailleuse ou de lesurprendre par une manuvre hardie. Pour connatre le degr de matrise de nos futurspilotes de l'air et, par consquent, leur force d'attention, puisque les deux facults sontconnexes, on place sur leur poitrine un sphygmographe qui enregistre les troubles de leurrythme pulmonaire. Ensuite, au cours d'une conversation, on tire l'improviste un coupde revolver prs de leur oreille. Plus la force d'attention est grande, plus le jeune hommeest attach aux paroles qu'on prononce et moins la raction qu'il prouve ce bruitinattendu sera grande et durable. Celui qui est matre de son attention commande sonmotivit.L'attention spontaneEtudions de plus prs le mcanisme psychologique de l'attention.218Elle prsente deux formes : une forme spontane, une forme volontaire. L'attentionspontane, naturelle, est la forme fondamentale, primitive de l'attention. L'autre, aucontraire, est le rsultat d'une ducation, d'un entranement. Nous allons les tudiertoutes deux, car, pour obtenir compltement l'attention volontaire, il faut parfaitementconnatre le jeu de l'attention spontane. Il nous est facile dtudier celle-ci par sesmanifestations motrices.Ribot dit: L'attention sous ses deux formes, n'est pas une activit indtermine, unesorte d'acte pur de l'esprit, agissant par des moyens mystrieux et insaisissables, sonmcanisme est essentiellement moteur, c'est--dire qu'elle agit toujours sur des muscleset par des muscles, principalement sous la forme d'un arrt. Toute ide a tendance se traduire en acte: c'est un fait sur lequel nous reviendronslonguement en traitant de la suggestion. Tout tat intellectuel est accompagn demanifestations physiques dtermines, dit Ribot, et Setcheneff ajoute d'autre part: pasde pense sans expression. Mais si l'ide peut se traduire en actes ou amener uneaugmentation de mouvements, elle peut, dans certains cas, dterminer un rsultat oppos,une dtente, un relchement musculaire, quelquefois une inhibition motrice complte. Les rpercussions physiques de l'attention peuvent, dit encore Ribot, se ramener trois groupes: phnomnes vaso-moteurs, phnomnes respiratoires et phnomnesmoteurs d'expression. Examinons tout d'abord les phnomnes vasomoteurs:Nos vaisseaux sont sous la dpendance de notre systme nerveux grand sympathique.Les nerfs qui commandent ces vaisseaux sont de deux ordres: nerfs vasodilatateurs,ayant pour mission de dilater veines et artres, et nerfs vasoconstricteurs dont le rle estde les contracter. L'ide, l'attention spontane, ont des rpercussions sur ces deux sortesde nerfs. Nerfs vasodilatateurs: qu'une vive motion nous surprenne joie, colre,crainte nous rougissons. Un afflux sanguin s'est fait la peau. Pourquoi ? Toutsimplement parce que les nerfs vasodilatateurs ont t affects, ils ont dilat lesvaisseaux capillaires de la rgion cutane. Il en est rsult uns appel de sang en quantitsuffisante pour que la masse en apparaisse au travers des tissus.Si nous accomplissons un travail crbral considrable, notre tte se congestionne,devient lourde, nos yeux s'injectent de sang. Le phnomne s'est produit tout doucement,d'une faon presque sournoise, mais s'il se fait brutalement, d'un seul coup et qu'unvaisseau cde cette pousse, c'est l'apoplexie dont on connat les graves consquences.Influence vidente de la pense, de l'effort crbral sur les nerfs vasomoteurs. La circulation sanguine, dit Maudsley, est plus active dans l'organe crbral pendantqu'il travaille que pendant le repos. Nous sommes donc autoriss dire que l'attention, ense portant sur un ensemble d'ides, a pour effet d'acclrer la circulation dans lesubstratum nerveux de ces ides. C'est prcisment ce qui arrive, lorsqu'une ide s'estfortement empare de l'esprit; elle maintient dans le cerveau une circulation active qui nepermet pas de se reposer et de s'endormir. Des motions peuvent arriver au mme effet. Dites brusquement et avec autorit, ungrand nerveux: Oh, vous rougissez ! et vous le verrez s'empourprer.219Le phnomne inverse peut tout aussi bien se produire. La pense agit trs nettementsur les nerfs vasoconstricteurs. Une motion pnible, une mauvaise nouvelle, une longueattente, un sentiment de crainte, un surmenage crbral, surtout s'il se produit aux heuresordinaires du sommeil, nous fonf plir par inhibition ou extnuation. Le premier de cesphnomnes, s'il est assez marqu, peut entraner la mort ou tout au moins de gravessyncopes. On a vu des personnes s'vanouir de frayeur, et des mres mourir subitementen apprenant tout coup la perte d'un tre cher, leur enfant, leur mari.Les rpercussions de l'attention sur les fonctions respiratoires, et par contre coup sur lecur, sont aussi nettes. Sous l'influence de la pense, de l'motion, le rythme respiratoirechange, il se ralentit et subit parfois un arrt temporaire. C'est un effet qui peut provenir un moindre degr d'une attention soutenue trop longuement. Le billement qui soulignecette fatigue est l'effet du ralentissement de la respiration. Souvent aussi, en pareil cas,nous produisons une inspirations prolonge pour renouveler amplement l'air de nospoumons. Nous sommes obligs de lutter et nous faisons plusieurs inspirationsprofondes. C'est ce que nous voyons se produire pour quantit d'hommes de lettres,dhommes d'affaires qui s'adonnent des travaux crbraux de trop longue baleine et quise sentent, aprs ce surmenage, le besoin de respirer pour dcongestionner leur cerveausurmen. Ils sortent, ne ft-ce qu'une demi-heure, ils respirent largement et leur tte sedgage de l'afflux sanguin qui l'alourdit. Ils se retrouvent bientt dans leur tat normal.Le soupir est un autre phnomne du mme ordre. Il est un signe de fatigue, que celle-ci soit physique ou morale. Nous en voyons l'exemple chez les coureurs. Ils arrivent aubut dans un tat complet d'puisement et le premier signe de leur fatigue se montre sur larespiration. Non seulement leurs muscles sont dans un tat de flaccidit extrme, maisleur respiration est diminue, presque suspendue et cette diminution d'activit a uncontre-coup sur les vaisseaux qui se contractent et donnent au visage une pleur souventcadavrique.Un fait analogue se produit quand l'attention, l'motion, sont pousses leur plus hautdegr. Elles amnent une immobilit temporaire des muscles. Le Docteur Sikorski dit l'tonnement, ou plutt l'motion qui accompagne le processus psychique de l'attention,est surtout caractris par la suspension momentane de la respiration, phnomne quisaute aux yeux quand on est accoutum la respiration acclre des enfants. Inversement, une motion peut acclrer le rythme pulmonaire.Envisageons maintenant l'action que la pense, en gnral, et l'attention soutenue, enparticulier, exercent sur notre systme musculaire.Il est d'observation courante que les grands nerveux gesticulent beaucoup. Ils ont uneactivit crbrale dsordonne, en rapport avec leurs gestes qui sont plus nombreux, plusamples et plus violents qu'il n'est utile l'expression de leurs penses. Au contraire,l'honune magntique, capable de commander aux autres et lui-mme, fait peu de gestes:il domine ses rflexes, il les dirige et ne leur permet d'agir que s'il en voit l'utilit. Onraconte mme de certains hommes suprieurs des faits qui prouvent que leur attentiontoujours prsente, toujours en veil, si elle sent l'agitation musculaire les gagner, parsuite de la colre ou de la contrarit, savent en tirer parti, au mieux de leur intrt220prsent. Quand Bonaparte signa les prliminaires de Leoben, il tait extrmement jeuneet entour des plnipotentiaires autrichiens qui voulaient profiter envers lui de lasupriorit de leur ge et de leurs habitudes diplomatiques. Le gnral n'tait pas de force ce jeu-l, et il sentit, aprs plusieurs heures de discussion, une violente colre s'emparerde lui. Craignant de n'en pas tre matre, il jugea bon de la driver de faon en tirerparti. Il saisit un prcieux cabaret de porcelaine qui se trouvait sur la table, le jeta terreen s'criant:imageFig.. 79 et 80.Vos penses, nos sentiments, nos motions se manifestent sur notre visage.Lorsque nous prtons attention, le muscle frontal entre en jeu.L'expression du rire faux, est produit par la contraction du muscle grand zygomatique. Je vous briserai tous comme cela. Aprs ce mouvement, son calme tait revenu,mais celui des antiques diplomates tait parti; ils avaient srieusement peur de cemilitaire qui les tenait dans sa main. Ils signrent des conditions beaucoup plusavantageuses qu'ils n'en auraient accept une heure avant.L'habitude de certaines penses, de certains sentiments, cre sur notre visage et dansnos mouvements, des habitudes qui se rpercutent sur la forme mme et qui ont donnnaissance aux sciences d'observation. Il serait curieux de faire une tude des musclesexpressifs, mais ce serait sortir du cadre que nous nous sommes impos. Il est cependantdes muscles dont le jeu traduit trs nettement nos tats d'me. Le Docteur Duchenne (deBoulogne) a provoqu, par l'lectricit, la contraction isole d'un certain nombre demuscles de la face sur un homme atteint d'anesthsie et il a fix par la photographie lesrsultats de ses expriences. Il a constat qu'il suffit souvent de la contraction d'un seulmuscle pour exprimer une motion, chaque tat affectif produisant une seulemodification locale. Ainsi, le Docteur Duchenne a tabli que le frontal est le muscle del'attention, l'orbiculaire suprieur des paupires le muscle de la rflexion, le pyramidal lemuscle de la menace, le grand zygomatique le muscle du rire, le sourciller le muscle de ladouleur, le triangulaire des lvres le muscle du mpris, etc...imageFig. 81 et 82. La face est bien le cadran des sentiments.En se contractant, le muscle triangulaire des lvres donne l'impression de tristesse.Dans la douleur, c'est le muscle sourciller qui entre en action.Toute la physiognomonie est base sur l'tude de modifications de ce genre, et il yaurait beaucoup prendre dans les travaux des spcialistes dans cette forme derecherches. D'aprs ce que nous venons de voir, nous ne pouvons que conclure avec euxque le visage est le reflet de nos penses ou que, plus exactement, suivant l'expressionpopulaire, la lame modle le fourreau. Une tude qui a t moins souvent faite est celle des gestes et par consquent de221l'influence de la pense sur les mouvements de notre corps. Ribot cite les remarques etles calculs de Galton, qui a observ un auditoire de cinquante personnes pendant uncours ennuyeux. Les mouvements apprciables de l'auditoire taient en moyenne dequarante-cinq par minute, environ un par personne et trs nettement apparents.L'attention du public ayant t veille, le nombre des mouvements diminua de moiti etles mouvements qui se produisirent furent plus modrs, plus brefs et la fois plusrapides.Cette action de la pense chez des personnes normales est moins visible parce qu'elleest contenue par la volont et par les exigences de l'ducation. Chez les nerveux qui n'ontpas le contrle de leurs rflexes, cette action se trouve multiplie et, de ce fait, plusapparente. Leur pense, toujours en bulition, maintient leurs muscles dans une activitconstante. Les maniaques, constate Griesinger, peuvent faire, pendant un temps parfoistrs long, une dpense de force musculaire laquelle un homme sain ne suffirait pas. Onles voit passer des semaines et des mois entiers presque sans sommeil, en proie unefureur violente, et la seule explication de cette norme dpense musculaire semble trecelle-ci: par suite d'une anomalie de la sensibilit des muscles, ces malades n'ont pas lesentiment de la fatigue. J'ai connu une malheureuse perscute qui est reste pendant plus de trois mois sansprendre presque aucun repos. Elle ne se dshabillait jamais. Proccupe sans cessed'ennemis imaginaires, elle tait en proie une activit crbrale qui ne cessait aucunmoment de la journe. Elle semblait vivre par miracle dans un surmenage constant. Uneautre perscute, s'imaginant poursuivie par des malfaiteurs occultes quil'influenceraient, l'envoteraient, s'ils connaissaient son domicile, changeait d'htelchaque nuit, afin que l'on ne put savoir o elle couchait. Pour dpister ses perscuteursimaginaires, elle ne passait donc jamais deux nuits de suite au mme endroit, aussitransportait-elle avec elle tous les objets auxquels elle tenait. Le tout tait plac dans unegrande valise de voyage, bourre crever et dont elle ne se sparait jamais. Comme tousles perscuts, la malheureuse dormait trs peu, toujours aux aguets du mal qu'on voulaitou qu'on pouvait lui faire. Aussi, ds le petit jour, elle repartait avec sa valise, une valiselourde mme pour un homme, et se remettait en courses vers un autre quartier de lacapitale. Un homme robuste n'aurait pas tenu cette existence: elle la supportaitparfaitement, trouvant dans son obsession des forces musculaires hors de proportionavec son temprament l'tat normal.Si notre attention se manifeste au-dehors par des mouvements musculaires,inversement, nous pouvons remarquer que les mouvements musculaires agissent surl'activit crbrale.Binet admet cette hypothse que les mouvements de la face, du corps, des membres etles modifications respiratoires qui accompagnent l'attention sont les conditionsncessaires, les lments constitutifs, les facteurs indispensables de l'attention. Lespectateur naf qui s'ennuie l'Opra, dit-il, parce qu'il ne comprend rien la musique,devient toute attention, s'il se produit un brusque changement de dcor. C'est--dire quel'impression visuelle a produit instantanment une adaptation des yeux et de tout lecorps. Sans cette convergence organique, l'impression s'vanouirait rapidement. 222De nombreux exemples journaliers manifestent cette influence rciproque desmouvements et de l'attention. Si nous nous sentons mal dispos pour travailler, noustirons nos bras et nos jambes avec l'ide assez juste que ces mouvements nousdgourdiront non seulement les muscles mais l'esprit. Le matin, au saut du lit, noussentons-nous mal veills, la tte lourde encore du travail de la veille ? Nous prouvonsle besoin de bailler pour nous mettre en train, pour sentir nos ides plus claires. Cela estfrquent, mais ce n'est pas ainsi que nous aurons une me matresse du corps qu'elleanime . Souvenez-vous de Napolon. Jamais, peut-tre, homme n'eut une tellepuissance de travail. C'est qu il savait voir toute chose, la classer avec mthode et lareprendre quand il estimait en avoir besoin. Ses priodes de sommeil taient des pluscourtes, mais, il l'a dit mille fois lui-mme et Las Cases le rapporte dans le Mmorial deSainte-Hlne, son sommeil tait profond et rparateur. En outre, s'il avait un moment delibert dans la journe, il se refusait toute pense et, ft-ce dans un fauteuil, sur unechaise, ou dans sa tente en campagne, il s'endormait pour la dure du temps dont ildisposait. Sa volont tait si parfaitement matresse de son corps qu'il s'veillait juste l'instant qu'il avait fix et retrouvait instantanment toute sa prsence d'esprit, toutes lesides et connaissances qui lui taient ncessaires pour le travail du moment. Le seuldfaut cet gard de ce grand homme tait de ne pas comprendre que tout lemonde n'avait pas la mme rsistance que lui et d'exiger de ses ministres et de sessecrtaires la mme somme de travail qu'il tait lui-mme en mesure de donner.Une marche rapide, une course acclre font affluer le cours des ides et de la parole.Elles produisent ce que Bain appelle une ivresse mcanique . C'est pourquoi lescoliers se trouvent beaucoup plus aptes au travail aprs une rcration au grand air oils ont pris un exercice violent qu'aprs un repos pass lire ou discuter pour fairecomme les grands . Il faut exiger des enfants des exercices musculaires; ceux-cirtablissent les rythmes respiratoire et circulatoire et permettent ensuite l'attention de seconcentrer compltement et avec une plus grande facilit.Dans les moments de fatigue, de dpression, de proccupation, plus d'un confrenciera retrouv la matrise de soi-mme et de son auditoire en faisant quelques pas, quelquesgestes qui ont vivifi le cours de ses penses. Le geste souligne et porte l'ide: l'orateurparle alors avec force et nettet, il fait plus d'impression qu'il n'en aurait fait endemeurant immobile.Faire quelques pas sur l'estrade, accomplir des gestes, tracer des figures au tableauamne une excitation crbrale et cette stimulation a bien souvent russi des orateursfatigus, court d'ides. Ces mouvements ont ranim leur afflux crbral et leur ontdonn des vues nouvelles, peut-tre seulement le temps de les trouver avec la sensationque le public perdait moins patience. Mais, en dfalquant ce dernier facteur toutsuggestif, il est certain que le mouvement et la pense ont de profonds points de contact.Sans parler des quakers d'Amrique et d'Angleterre qui, saisis par une inspirationsoudaine, taient pris de tremblements nerveux et prophtisaient, on a vu des exemplespresque aussi frappants.Un orateur connu a une mthode trs originale d'valuer la dure et l'importance de sesdiscours. A qui l'interroge sur ces points, il rpond: Ma confrence durera dixkilomtres. Et, si l'on s'tonne de cette singulire manire d'valuation, il ajoute: Quand j'ai une confrence faire, je m'en vais la campagne, je rassemble mes ides, et223je parle en marchant, peu prs comme je parlerais devant mes auditeurs. Comme j'ai unpas trs rgulier, je sais, en regardant les bornes kilomtriques, quelle sera la longueur dema confrence. Aujourd'hui j'ai fait dix kilomtres. D'autre part, voyez cet colier qui se trouve embarrass devant un problme ou toutautre travail, il fait mille mouvements inconscients, mais qui aident la concentration deson attention; il se prend la tte, se gratte le nez, tortille ses cheveux. Subitement, il sefrappe le front. Qu'a-t-il trouv ? Peut-tre une erreur, mais coup sr une solution.Ces mouvements inconscients peuvent, dans certains cas, avoir une grande intensit etprsenter les caractres les plus frappants. Le Docteur Hack Tuke nous a reprsent leclbre Sir Philip Francis marchant avec rapidit, comme s'il poursuivait une ide.Soudain, il s'arrtait court, se redressait de toute sa hauteur, tendait le bras et prononaitquelques mots de sentence ou quelque belle citation. Les personnes de sa famille, quicependant taient bien habitues ces arrts subits d'une marche mesure, ces alles etvenues qu'il aimait faire dans toute la longueur et dans tous les sens de son petitappar.tement, tressaillaient elles-mmes quelquefois de la vhmence de ses clats.Quant aux trangers, ils en taient absolument transports. .Tous les mouvements inconscients ne sont pas aussi nettement caractriss: il en estqui sont presque imperceptibles. C'est sur leur observation que se basent tous lesphnomnes truqus de la lecture de pense telle qu'elle se pratique dans les thtres.Certains oprateurs sont arrivs dans ce genre une tonnante prcision ( On trouveratoutes prcisions au sujet des trucs employs pour simuler la lecture de pense dans lestudes suivantes: Comment on truque la transmission de pense; La lecture rapide de lapense; Une exprience de suggestion mentale (Henri Durville, imprimeur-diteur). Desliseurs de pense peuvent dire une personne quel est le mot leur nom par exemple auquel elle pense. Le procd est bien simple: l'oprateur dispose d'un alphabet qu'il adessin sur une grande feuille de papier ou sur un tableau noir. Il faut, d'autre part, que lespectateur pense fortement son nom, le voie nettement en son esprit, le dcomposelettre par lettre. On commence par la premire lettre. L'oprateur tient de sa main droitela mme main du spectateur et la promne au-dessus de l'alphabet. Ds qu'il passe au-dessus de la lettre qui a t pense, la main du guide a un lger tressaillement, une trsfurtive crispation, promptement saisie par l'oprateur. La premire lettre tantdcouverte, on recommence la mme opration pour la lettre suivante. Et ainsi de suite.Les rflexes musculaires traduisent la pense; il en est de mme des demi-sourires quichappent une personne sur qui l'on a cach un objet quand le chercheur est en bonnevoie de le dcouvrir, brle , comme disent les enfants.Nous avons tudi plusieurs liseurs de penses et refait nous-mme, bien souvent, laSocit Magntique de France ces expriences. Elles sont trs faciles reproduire si on asoin de choisir comme tmoin une personne trs motive. Un des liseurs, Bellini, quenous avons suivi de trs prs, accomplissait des actes relativement compliqus. Ilpouvait, par exemple, si telle tait notre volont secrte, prendre une table, la retournerles pieds en l'air et poser une chaise dessus; enlever une carte d'un portefeuille et laporter une autre personne galement dsigne; retirer une bague une dame et la passerau doigt d'un monsieur plac quelque distance. Pour raliser chaque exprience, Bellinifermait les yeux, ce qui lui donnait une meilleure concentration mentale. Il est curieux de224dtailler la srie d'actes accomplis par le liseur pour raliser sa pntration de pense. Sinous prenons l'exprience de la bague enleve des doigts d'un auditeur et replace dansla main d'un autre spectateur, nous voyons que Bellini entranait tout d'abord son guideau milieu de la salle; il l'entranait trs rapidement et, quand il sentait une rsistanceinconsciente et involontaire dans la main qu'il tenait, il s'arrtait: l se trouvait lapersonne ou la chose sur laquelle devait s'exercer son action. Il entrait aussitt dans lerang de spectateurs, allait, venait, talonnait, et ds que les mouvements involontaires deson guide lui signalaient qu'il tait au but, il s'arrtait devant un spectateur. C'tait l qu'ilfallait accomplir un acte prcis. Pour le dcouvrir, il agissait par limination: il touchaitsuccessivement le chapeau, les cheveux, la fourrure, le corsage, les bras, les mains.Eprouvait-il un lger mouvement en passant devant la main ? II redoublait d'attention. Acette main se trouvait une bague, il la prenait. Que faire de cette bague ? La porterquelque part ? O ? Ici la main tenue redevenait inerte et le liseur de penses s'en allait:il faisait brusquement quelques pas par-ci, par-l et l'insensible rsistance qu'il sentaitd'un ct lui montrait la direction prendre. Il s'y engageait rsolument. La main leretenait-il bientt ? La personne qui donner l'anneau tait l, tout prs. Chercher le rangde chaises o se trouvait la personne dsigne, devenait jeu d'enfant. Il tait vitedcouvert par le mme procd. Bellini y pntrait, trouvait la personne et, plac devantelle, faisait rapidement une srie de gestes dont chacun liminait une possibilit d'action:placer la bague dans une poche, etc... Il prenait ensuite la main. Son guide tait-ilsatisfait ? Aussitt il mettait l'anneau un doigt et les applaudissements du publicl'avertissaient qu'il avait russi.Plusieurs savants se sont proccups d'enregistrer scientifiquement ces mouvementsinconscients et de les tudier ainsi. Nous avons dit au dbut du prsent Cours qu'undispositif la fois simple et ingnieux a t imagin cet effet par le Docteur d'Allonnes.Nous n'y reviendrons pas ici.Chevreul avait dj mis en valeur ces mouvements inconscients sous l'empire de lapense. Il avait observ qu'un pendule compos d'un fil mtallique et d'un objet pesant,tenu la main, oscille au-dessus de certains corps, le mercure par exemple, bien que lamain demeure, en apparence, immobile. Il mit une lame de verre entre le pendule et lemercure et vit que les oscillations, d'abord uniformment retardes, finissaient pars'arrter. Comprenant que le mercure ne devait rellement pas tre la cause dumouvement de ce pendule, il fixa plus fortement la main qui tenait celui-ci, au lieu de secontenter de soutenir le bras. Le rsultat fut qu'il ne se produisit plus aucune oscillation,que le mercure fut ou non couvert par une lame de verre. Chevreul en conclut qu'unmouvement musculaire inconscient produisait ces oscillations qui l'avaient embarrass. Ilne se trompait pas, non plus qu'il ne se trompait quand il se souvnt de s'tre trouv dansun tat particulier pendant que ses yeux suivaient le mouvement du pendule. L'ide dubalancement du pendule, qui lui semblait une association d'ides ncessaire cet appareilavait dtermin ce mouvement involontaire. Il prit la prcaution de se bander les yeux et,quelle que ft la position de son bras et de sa main, les oscillations ne se produisirentjamais plus.Ses observations l'avaient donc amen constater que, si le pendule soutenu par lamain au-dessus de certains corps, se meut et dcrit des oscillations d'une tenduetoujours croissante, et si le mouvement dcroit et finit par cesser lorsqu'on, met une lamede verre ou tout autre objet entre ce corps et le pendule, cela tient ce que l'on s'attend 225ce que cet effet se produira. Le pendule s'arrte ds que la main cesse de se mouvoir ouque les yeux de l'exprimentateur sont bands. Il est donc compltement dmontr queces oscillations sont cres par l'association d'ides qui unit la pense d'oscillation cellede pendule. Cette association d'ides a pour rsultat d'engendrer le mouvementmusculaire inconscient qui se traduit visiblement par les oscillations du pendule.Etudiant le problme du pendule et de la baguette divinatoire appliqus la recherchedes eaux souterraines et des gites mtallifres, Chevreul eut toutefois tort de conclureque les mouvements sont ds uniquement la pense de l'oprateur. La question estbeaucoup plus complexe. Mais l'tude approfondie des mouvements inconscients estutile connatre; il y a l une mine des plus curieuse exploiter, car certains phnomnespsychiques comme les mouvements de table obtenus avec contact, l'critureautomatique des mdiums, etc... n'ont en ralit d'autre cause. .Notre travail musculaire et notre travail mental sont donc comme deux roues dentesengrenes l'une sur l'autre. Qu'une des roues se meuve, immdiatement elle entrane laseconde, L'impulsion peut d'ailleurs provenir de l'une ou l'autre roue, soit du domainemusculaire, soit du domaine mental.Nous avons montr, jusqu'ici que l'ide a une action motrice. Inversement, on a vu,sous le coup d'une ide trs forte, d'une motion, la force musculaire disparatrecompltement,Une frayeur, une mauvaise nouvelle coupent les jambes. C'est en partant de ceprincipe que l'hypnotiseur arrive si facilement empcher son sujet de marcher, deparler, de se lever de sa chaise, d'accomplir un acte habituel. Pour obtenir cette inhibitionde l'activit musculaire, l'oprateur agit sur l'attention. Il impose violemment sa pense l'hypnotis qui, sous l'effet du choc motionnel, perd contenance, se trouble, chancelle.L'effet est d'autant plus net et rapide que le sujet est plus nvros donc plus rceptif et que l'oprateur sait manier la suggestion motionnelle.Mais l'action suggestive intense, le traumatisme psychique dtermin volontairementpar l'hypnotiseur n'est pas seul produire une perturbation profonde dans le champmental. Le travail crbral habituel, s'il est extrme, peut suspendre compltementl'activit de certains muscles. Nous n'en voulons pour preuve que l'expression hagarde etatone que l'on voit aux personnes surmenes, proccupes, qui ne comprennent pasimmdiatement ce qui leur est dit; leurs muscles relchs montrent bien un manqued'attention.Le mcanisme de l'attention nous tant connu, apprenons maintenant nousconcentrer volontairement, c'est--dire fournir, dans un laps de temps dtermin, uneffort crbral.L'attention volontaireL'attention volontaire, nous l'avons dit, est un rsultat de l'ducation. Elle dpend d'unentranement. C'est une facult acquise par une sorte de dressage. Nous devons tendre 226obtenir de cette attention le maximum de rendement dans un temps donn. Nous enconstaterons l'utilit en vue de la matrise de nous-mme ainsi que du dveloppement desfacults suprieures de l'esprit. Quelles que soient nos facults innes, si nous nousconsidrons sans partialit, nous nous rendons compte que l'attention volontaire est leproduit d'un entranement personnel ou ducatif. Regardez l'enfant dans la premirepartie de sa vie: il n'est capable que d'attention spontane. Ce n'est que par la suite, etavec la collaboration de ses ducateurs, s'ils sont rellement capables de la dvelopper,qu'il acquiert une excellente attention volontaire, qu'il observe avec fruit les phnomnesqui l'entourent.Pour dvelopper en nous cette facult si prcieuse, nous devons d'abord nous souvenirdu mcanisme de l'attention spontane et de la dfinition qu'en donne Ribot, en nousfixant sur ses caractristiques: Dans le cas d'attention spontane, le corps entierconverge vers son objet, les yeux, les oreilles, quelquefois les bras, tous les mouvementss'arrtent. La personnalit est prise, c'est--dire que toutes les tendances de l'individu,toute son nergie disponible visent un mme point. L'adaptation physique et extrieureest le signe de l'adaptation psychique et intrieure. La convergence c'est la rduction l'unit se substituant la diffusion des mouvements et des aptitudes qui caractrise l'tatnormal. Ainsi prsente, cette attention, pousse ses extrmes limites, peut provoquer desrpercussions dont nous ne sommes pas les matres et nous devons justement duquernotre attention en vue de les viter. Ce qu'il faut, c'est obtenir de nos facults psychiquesle meilleur rendement tout en vitant les troubles dont nous avons parl au dbut de cechapitre : la pleur, le rougissement, la congestion de la tte, l'augmentation du rythmecardiaque ou pulmonaire, les contractions musculaires inutiles. Ces rpercussionsorganiques ragissent sur le cerveau et nous privent de nos facults psychiques aumoment o nous en avons besoin.L'entranement que nous vous prconisons a donc un double but: donner votre partiementale le plus grand rendement possible et, en mme temps, viter les ractionsorganiques toujours nuisibles.Cherchons d'abord matriser nos mouvements inconscients :Maudsley a dit: Celui qui est incapable de gouverner ses muscles est incapabled'attention. On ne saurait mieux dire. Pour se rendre compte de la justesse de cetteobservation, il suffit de considrer les grands nerveux qui gesticulent, frappent des mainset des pieds, s'emportent, sursautent la moindre motion. Leur cerveau est toujours enaction, mais en action dsordonne. Ils sont sans cesse en proie un torrent d'ides quicourent dans leur cerveau comme un film sur l'cran cinmatographique: aucune iden'est capable de les arrter, ou plutt ils ne sont en tat d'en arrter aucune. Aussi, nonseulement le jour, mais la nuit, leurs muscles sont sans cesse agits de mouvements plusou moins conscients: ils se tournent et retournent dans leur lit et leur inconscient,toujours en travail, leur donne sans cesse des rves. Donc, pour arriver la concentrationmentale, il est ncessaire tout d'abord d'imposer le calme vos ractions musculairesinconscientes ou tout au moins involontaires.Voici deux exercices indiqus par M. Hector Durville dans son Magntisme personnel227qui seront trs utiles dans ce but.Premier exercice. Tenez-vous droit sur votre chaise, la tte ferme, le mentondvelopp et les paules aussi effaces que possible. Elevez latralement le bras droitjusqu' la hauteur de l'paule; tournez la tte droite en regardant le bout des doigts et enmaintenant le bras dans sa position horizontale pendant une minute au moins. Faites lamme exprience avec le bras gauche et, quand vous serez arriv des mouvements aisset prcis, augmentez la dure de jour en jour. Accroissez le temps de 1 2 minutes, puisde 2 3, jusqu' 5.imageFig. 83. Le contrle de notre activit musculaire,Noire activit mentale et notre activit musculaire sont en troite corrlation. Si nousvoulons acqurir des facults mentales puissantes, apprenons imposer silence nosmuscles. Voici un premier exercice qui tend assurer la parfaite matrise de nosmembres suprieurs.Deuxime exercice. Prenez un verre d'eau, tenez-le entre les doigts et tendez lebras bien en face de vous. Immobilisez-le autant que possible, de manire viter auverre toute trpidation. Augmentez la dure de l'exprience de la mme manire et dansla proportion indique prcdemment. C'est dessein que nous donnons des exercices trs simples. Beaucoup d'lves sontdsireux de se soumettre, ds le dbut, des entranements compliqus. C'est une erreurqui peut amener de srieuses dceptions. Il est ncessaire de suivre la voie du simple aucompliqu. Il faut, en toute chose procder mthodiquement. C'est la seule condition quipuisse nous assurer des rsultats certains et durables. D'ailleurs, ces deux exercices nesont que des procds de dbut: vous pouvez par la suite les compliquer votre fantaisie,leur en substituer d'autres.imageFig. 84. Autre exercice de contrle musculaire.Tenant un verre d'eau devant soi, le bras bien tendu, s'efforcer par une concentrationmentale d'arrter tout mouvement involontaire. Le contrle mental est parfait lorsque lasurface de l'eau est immobile.En voici quelques-uns, titre d'exemple:Troisime exercice. Placez-vous contre un mur, le dos bien appliqu lamaonnerie, le corps bien droit, la poitrine bien dgage en avant, les jambes bientendues, les talons touchant le mur, les bras tombant le long du corps. Respirez biencalmement et largement. Ensuite, sans changer la position du corps, levez de terre lajambe droite, de manire ce que le poids du corps porte sur la jambe gauche. Cherchez maintenir votre quilibre. Celui-ci tant obtenu, levez vos bras le long du mur, jusqu'228ce que vous ayiez atteint l'horizontale, puis abaissez-les, en rglant le mouvementd'lvation et d'abaissement sur votre rythme respiratoire.imageFig. 85. La matrise de nos gestes.L'tre magntique possde la parfaite matrise de ses muscles, de ses paroles, de sespenses. Cet exercice tend donner le contrle sur la totalit de notre activitmusculaire.Redoublez d'attention afin d'associer parfaitement le mouvement des bras avec lacadence respiratoire. Lorsque vous dilatez vos poumons, levez vos bras et laissez-lesdescendre lentement pendant que vos poumons se vident d'air. Cherchez bien rythmerle mouvement. Seuls les membres suprieurs et la cage thoracique doivent y prendrepart. Le corps doit toujours demeurer appliqu contre le mur sans bouger en aucunesorte. Au dbut, cet exercice prsente quelque difficult, mais il devient ais par la suite,surtout si nos articulations sont souples. Il est excellent pour augmenter notre contrlemusculaire et, par l'effort crbral qu'il ncessite, pour dvelopper notre concentrationmentale.imageFig. 86. La matrise de nos gestes.Le corps conserve la position de la prcdente figure. Tout en maintenant sonquilibre l'tre qui veut devenir magntique lve lentement ses bras. La difficult dumouvement exige un puissant effort de concentration mentale.Cet exercice peut tre modifi de la faon suivante:Quatrime exercice. Le corps restant dans la mme position, bien droit ettoujours appuy au mur que les talons ne doivent pas quitter, levez lentement la jambedroite de faon ce que tout le poids du corps repose sur le pied gauche. Puis, associezun mouvement d'lvation des bras votre rythme respiratoire, seulement, au lieud'lever vos bras en suivant le mur, comme dans le prcdent exercice, levez-les devantvous, bien droits, bien parallles. Levez-les jusqu' ce qu'ils soient verticaux de chaquect de votre tte.Cet exercice est plus difficile que le prcdent en ceci qu'il peut, si l'on n'y prendgarde, entraner la chute du corps en avant; c'est justement ce que vous devez viter.Toute votre attention doit tendre vous maintenir contre le mur, malgr votre positionpeu stable. Pendant que vous levez les bras, emplissez vos poumons au maximum etrejetez l'air mesure que vos bras descendent. Il faut un mouvement rgulier, calme, sanseffort apparent.Vous aurez peut-tre, au dbut, quelque peine raliser cet exercice. Ceci dpend dela corpulence, de la souplesse des articulations. Nos jeunes lves l'excuteront avecaisance et mme avec plaisir. Les personnes ges et celles qui souffrent de rhumatismesou de toute autre maladie qui occasionne une gne articulaire, vouloir accomplir ce quileur paratra un tour de force, risqueraient des chutes fcheuses; ils auront donc avantage229 se contenter des deux premiers exercices.Le rythme pulmonaire, on s'en souvient, est le rsultat d'un travail musculaire qui meten uvre le diaphragme, les muscles pectoraux, intercostaux, etc. On s'efforcerad'obtenir un jeu pulmonaire parfait, car ce rythme, nous l'avons vu, est en relation troiteavec notre attention. Que celle-ci soit affecte brusquement par la peur et notrerespiration s'en ressent aussitt. Il s'ensuit des troubles ou tout au moins des mouvementsirrguliers du cur. Les battements sont gnralement augments. Donc, respironsamplement et avec une rgularit d'horloge. Lewes a dit trs justement: Acqurir lepouvoir d'attention c'est apprendre faire alterner les ajustements mentaux avec lesmouvements rythmiques de la respiration. Ne dit-on pas, d'ailleurs, d'un tre qui pensesuperficiellement qu'il est incapable d'une uvre de longue haleine ? Assurer nospoumons un fonctionnement harmonieux, c'est possder une des conditionsindispensables une parfaite concentration mentale.On comprendra donc de plus en plus l'intrt que prsente la respiration profonde etrythme, et nous ne saurions trop en conseiller la pratique.Voici un exercice qui combine les avantages de la respiration profonde et de laconcentration mentale.Cinquime exercice. Le mur contre lequel vous vous adossiez pour lesprcdents exercices ne vous est plus utile maintenant. Vous faites ce cinquime exerciceau milieu de la pice. Vous partez de la position accroupie, et vous vous levezgraduellement jusqu' la station verticale. Pendant toute la dure de l'exercice, les brassont le long du corps, le buste est droit, la poitrine bien dgage en avant, la ttelgrement projete en arrire. Vous inspirez l'air pendant l'lvation de votre corps etvous l'expirez pendant le retour la position accroupie.Voici le dtail de ces deux temps.Elvation. De la position accroupie, vous vous relevez progressivement jusqu' lastation debout. Pendant ce mouvement, vos bras qui taient le long de votre corpsdcrivent un demi-cercle pour venir se placer verticalement de chaque ct de la tte.Pendant que vous vous relverez et que vos membres suprieurs, toujours bien tendus,accompliront ce mouvement, ayez soin de faire entrer la plus grande quantit d'air dansvos poumons. Les mouvements des membres et la dilatation de la cage thoraciquedoivent se faire progressivement, sans coup, comme sans arrt.Vous compterezmentalement 10 secondes pour remplir vos poumons; puis, mesure de l'entranement,vous augmenterez progressivement le temps de l'inspiration qui sera port 15, 20, et 30secondes. Cette dure de 30 secondes nous parat tre un maximum, car il peut tredangereux de la dpasser, surtout pour les personnes prdisposes aux troublescirculatoires.Rappelons ici la recommandation que nous avons dj faite au sujet de la respirationprofonde: il ne faut pas comprimer violemment l'air dans les poumons, ce qui, distendantdmesurment les alvoles pulmonaires, pourrait dtermilicr dans les organismes230prdisposs des troubles congeslifs, des maux de tte, des tourdissements, voire mmedes vertiges d'une certaine gravit. L'air doit pntrer pour ainsi dire de soi-mme, du faitque la cage thoracique augmente d'amplitude par l'abaissement du diaphragme et lesoulvement des ctes. Ne jamais chercher contraindre violemment les organes, mais,si l'on tente de dpasser le rsultat obtenu, il faut s'arrter la premire gne, lamoindre sensation pnible et recommencer, le soir ou le lendemain la mme heure, enprocdant toujours avec une grande douceur et un rythme trs calcul.Abaissement. Pour ce deuxime temps, le corps quitte la station debout pourretrouver la position accroupie. Pendant qu'on flchit les genoux, on fait redescendrelentement les bras tendus de chaque ct du corps. Au cours de ce mouvement, onrejette lair contenu dans les poumons en comptant mentalement le mme temps que lona compt pendant le mouvement prcdent : 10 secondes au dbut, puis 15, 20, 25, 30secondes. La recommandation faire pour ce mouvement, en ce qui concerne larespiration, est la mme que prcdement : il faut laisser agir les muscles de la poitrine etnon pas chasser brusquement lair contenu dans les poumons. Si on laisse retomberdoucement, de leur propre poids, les ctes reviennent leur place initiale et lair sortsans hte de la poitrine.Pour que cet exercice soit aussi complet que salutaire, il faut donc bien se reprsenterses deux temps : 1 lvation du corps et de ses bras en mme temps que lon dilate sespoumons ; 2 abaissement des bras et du corps, mesure quon rejette lair inspir.Cet entranement amne un meilleur rythme respiratoire, fortifie et dveloppelattention du fait quon sefforce de compter mentalement, avec une rgularitdhorloge, le nombre de secondes atteindre pour chaque temps de lexercicerespiratoire. Le fait de compter a une importance, car cest sur lui quest bas le rythmesans lequel lexercice est dun bien moindre profit pour notre organisme : aussi devons-nous compter bien galement, sans prcipitation, sans distraction. Au dbut, vouspourrez vous aider dun chronomtre ou, mieux, dun mtronome. Vous pratiquez cetexercice, pendant 10 minutes environ, le matin en vous levant et le soir au moment devous coucher, quand vous ne porterez plus sur vous que des vtements lches. Il est bonaussi de vous habituer le faire devant une fentre largement ouverte, surtout pendant lasaison chaude.Quand vous aurez acquis, par les exercices que nous venons dindiquer, un meilleurcontrle de votre activit musculaire et de votre rythme pulmonaire, vous pourrez vousperfectionner par lexercice suivant, indiqu par M. Hector Durville dans Magntismepersonnel.Sixime exercice. Faire une sorte de collier avec une centaine de perles qui nesoient pas top serrs les unes contre les autres. Ce collier tant fait, prendre pour tche,en le tenant dans les deux mains, de dplacer chaque perle de gauche droite en lescomptant. Porter sur cet acte son attention, toute sa volont, pour ne pas penser autrechose et tcher de dplacer le plus possible de perles dans un temps donn. Moins onlaissera errer sa pense, plus on dplacera de perles pendant ce temps. Il est bon decompter 5 600 dplacements, par exemple, de se rendre compte du temps que l'on y met231et de chercher chaque fois, en mettre le moins possible. Voici maintenant d'autres exercices exigeant un effort plus considrable d'attention:imageFig. 87. Autre exercice de contrle musculaireS'efforcer de tourner ses pouces en sens contraire. Pour tre excut fidlement, cetentranement exige une attention trs soutenue.Septime exercice. Chercher tourner les deux pouces en sens inverse. Runirses deux mains devant soi, en croisant les doigts, puis dcrire un petit cercle avec lepouce droit, en s'efforant de le faire le plus rgulier possible. Ensuite, pendant que cepouce tourne, faire avec le pouce gauche un mouvement analogue, mais en sens oppos.Au dbut, les mouvements s'embrouillent vite, les distractions amnent des arrts dansles mouvements, mais, mesure que la concentration mentale devient meilleure, quel'attention se dveloppe, on russit de mieux en mieux cet exercice qui est excellent pourse rendre compte de l'effort mental dploy. Nous le conseillons nos lves : ils devronts'y entraner afin de le faire rgulirement. Dans la suite, ils arriveront une rgularit,parfaite et ce mouvement qui leur prsentait une grande difficult au dbut, ilsl'accompliront presque sans y penser: le mouvement sera devenu automatique.Huitime exercice. Cet exercice est du mme ordre que le prcdent, mais, aulieu de mettre en jeu les pouces, on l'excute avec les deux mains dont les doigts sontallongs et runis en pointe. On tient ses mains devant soi, l'une en face de l'autre, unefaible distance, les doigts runis en forme de cne. La main droite dcrit un cercle de 20centimtres de diamtre environ, et l'on tend le faire le plus rgulier possible, toujoursd'un rythme uniforme. Ce rsultat obtenu, et tout en continuant le mouvement de rotationavec la main droite, on dcrit un cercle analogue avec la main gauche, mais en tournanton sens inverse.imageFig. 88. Un exercice du mme ordre.Ce ne sont plus les pouces qui sont prsentes l'un en face de l'autre. Ici, les deuxmains, dont ]es doigts sont runis en cne, dcrivent des cercles trs rguliers. Lesdplacements s'effectuent, comme dans la prcdente figure, en sens contraire.Cet exercice prsente aussi une certaine difficult: il exige une grande attention, maison devra s'efforcer de le raliser parfaitement. On y arrivera aprs un nombre d'essaisd'autant moins nombreux que l'effort crbral aura t plus soutenu.Neuvime exercice. Les deux exercices prcdents permettent de diriger sapense dans le but d'assurer chaque main un mouvement circulaire en sens oppos.Voici qui est plus difficile: faire d'une main un mouvement circulaire et de l'autre, enmme temps, un mouvement rectiligne.232S'asseoir devant une table et, de la main droite, dcrire sur le dessus du meuble uncercle de 15 20 centimtres de diamtre. S'efforcer de le faire assez lentement, trsrgulirement, sur un rythme toujours le mme. Puis, pendant que la main droitecontinue dcrire ce cercle, faire avec la main gauche sur la table nn mouvementrectiligne de va-et-vient. Ce mouvement devra tre trs net, le champ de dplacement dela main gauche sera de 20 30 centimtres.imageFig. 89. Exercice devant la table.La difficult s'accrot mesure de l'entranement. Tandis que la main droite dcrit uncercle, la main gauche excute un mouvement rectiligne de va et vient. Cet exercice, quin'est pas sans difficults, dveloppe puissamment l'attention.Au dbut, il sera difficile de faire ces deux mouvements en mme temps, car on atoujours tendance faire le mme mouvement des deux mains, la main droite imposantgnralement son mouvement la main gauche. L'effort mental devra viser bienexcuter les mouvements rotatoire et rectiligne. Cet exercice dveloppe puissammentl'attention et on devra le pratiquer jusqu' russite parfaite.Les coliers font, par jeu, une variante de cet exercice: ils se frappent d'une main ledessus de la tte, tandis que, d'un mouvement circulaire, ils se frottent le ventre avecl'autre main.Dixime exercice. Donnons un dernier exercice qui nous permettra d'apprciertrs exactement par un chiffre la force de notre attention et de suivre parconsquent, chaque jour, le dveloppement des facults suprieures de notre esprit.Il s'agit, en partant du nombre 100, de compter haute voix, en dcroissant: 99, 98, 97,etc., jusqu' 1, en comptant rgulirement, au rythme de la seconde. Cet exercice quiparat simple, ncessite cependant une relle concentration mentale. Il ne faut pas tredistrait pour l'accomplir convenablement, car, si on se laisse entraner par une idetrangre, on commence par ralentir le rythme, puis on s'arrte de compter. On s'aperoitbientt de cet arrt: il faut alors chercher se rappeler le nombre auquel on s'est arrt.On recommence en repartant de 100 et on essaie de dpasser le nombre auquel on s'estarrt prcdemment. Si l'on note soigneusement les points d'arrts, on saura chaque jourmathmatiquement la force de son attention et les progrs que notre entranement faitfaire cette facult. Avoir soin de compter au rythme de la seconde, trs rgulirement.Lorsqu'on aura trs bien compt de 100 1, bien rgulirement, sans arrt, onaugmentera la difficult en partant de 200, de 500, de 1.000, par exemple. Cet exerciceest excellent en ce sens surtout qu'il permet d'apprcier, trs exactement par un chiffre, ladure, l'intensit de notre effort crbral.Ces exercices prparatoires ayant t excuts avec un plein succs, on cherchera mieux se concentrer dans son; travail et dans toutes les circonstances de la vie courante.Nous indiquerons dans un autre chapitre comment on dveloppe la mmoire, par une233meilleure concentration mentale et en s'efforant de faire des associations d'ides. Ici,nous envisagerons l'importance de l'attention relativement au travail. Une personnedistraite, qu'un rien amuse et dtourne du principal objet de son attention, est incapabled'un travail suivi et a donc peu de chance de russir dans ce monde o les conditions dutravail sont chaque jour plus difficiles. Au contraire, celui qui tudie son travail, qui yapplique toute sa force et toute sa pense est l'homme qui doit russir, car non seulementson travail est mieux fait, mais, le connaissant davantage, il y trouve de nouveaux motifsd'intrt. L'on fait bien seulement ce qui nous intresse.Trs dveloppe, la concentration mentale nous permet de fournir un travail dix foisplus considrable que celui qui est fait comme au hasard. Tous ceux qui sont arrivs des situations prpondrantes sont gnralement des tres qui ont commenc dans la vieavec peu ou point de capitaux, mais ils se sont adonns compltement tout ce qu'ilsfaisaient et, si nous consultons directement ou par leurs mmoires les grands inventeurs,les multimillionnaires, comme Edison, Carnegie, Rockfeller et les autres, dont les dbutsfurent trs difficiles, ils nous diront tous que c'est force de travail et d'attention qu'ilsont conquis cette fortune qui est le but de tant de dsirs. Quand on demandait Newtoncomment il avait trouv la gravitation universelle il avait coutume de rpondre: C'esten y pensant toujours. On ne trouve rien moins et c'est un bien mauvais calcul decompter sur le hasard. Seul l'effort, l'effort crbral surtout, donne la possibilit d'arriverau but que nous nous sommes assign. Certes cette concentration constante a sesinconvnients, sur lesquels nous aurons revenir en traitant de l'isolement, mais ce sontdes cueils que l'on peut viter avec un peu de prudence et il n'en reste pas moins vraique, plus nous sommes attentifs, mieux nous faisons notre travail et, consquemment,plus nous augmentons nos chances de succs.Les exercices que nous venons de vous indiquer ont augment votre facult deconcentration. Apprenez maintenant appliquer cette force vos besoins et surtout votre travail. Apprenez penser exclusivement ce que vous faites.Etes-vous employ ? Efforcez-vous de remplir votre tche comme si elle vous taitpersonnelle. N'imitez pas les immortels Ronds de Cuir de Courteline, qui, en entrant leur bureau, le plus tard possible, n'ont qu'une seule ide: le moment du dpart. Encore lehtent-ils par tous les moyens possibles, et mme en avanant les aiguilles de lapendule ! Ce n'est pas un bon calcul. Vous avez avantage, au contraire, donner tous vossoins votre besogne car, si vous vous intressez vtre travail, vous produirez plus etmieux et vous avez grande chance, si un emploi suprieur au vtre se trouve vacant, quevos suprieurs pensent vous pour le remplir, puisque vous leur avez donn satisfactiondans ce qu'ils attendaient de vous. C'est ainsi que l'on s'lve dans les emplois, et biendes paIrons y font plus d'attention que vous ne pensez.imageFig.. 90. N'imitez pas cet employ distraitL'employ dsordonn, sans cesse proccup de son heure de dpart, qui pense plus ses distractions qu' son travail est le type parfait de l'tre qui choue dans la vie. Lesuccs se mrite. Sachons prter attention aux moindres faits et cette habitude aura desrpercussions immenses sur toutes nos facults psychiques et mentales.234On se rappelle le dbut de la prodigieuse fortune de Jacques Laffitte. Il sortait de chezRothschild qui lui avait refus un emploi et, marchant les yeux baisss, il vit dans la courune pingle. Il se baissa, la prit et la piqua au revers de son habit. Le financier l'avaitregard s'loigner et remarqua ce geste. Il en conclut, avec raison, que celui qui l'avaitfait, dans un moment d'inquitude et de dconvenue, serait capable d'attention dans sontravail, jusque dans les petites choses: il le fit appeler, lui confia un poste important et legarda chez lui jusqu'au temps o Laffitte s'tablit son compte. Il fit ainsi sa fortune.Sans attendre des vnements aussi sensationnels, nous pouvons tre srs que c'esttoujours tout bnfice de faire son devoir aussi compltement que possible, de s'ymontrer ponctuel, assidu et sans distractions.imageFig. 91. Le dsordre mne l'insuccs.Pour russir dans la vie, il faut des facults psychiques puissantes, des qualits relles:de l'attention, du jugement, de la mmoire, de l'ordre; il faut montrer une applicationsoutenue ; il faut mettre en uvre une volont calme, persvrante, toujours gale elle-mme. Il faut plus encore: de l'honntet, de la droiture.Etes-vous votre propre matre ? Ouvrier tabli, petit patron, commerant, industriel,avocat, mdecin ou de toute autre carrire ? L, vous rencontrerez encore plus defacilits pour sortir , car votre effort ne sera pas limit par la volont d'un patron et leprofit en sera tout entier pour vous-mme. Pensez au but que vous voulez atteindre, ayez-en une conception trs nette, cherchez dcouvrir le sentier qui y mne, prvoyez lesobstacles, les tournants, les difficults. Vous verrez que votre effort crbral chaque jourrenouvel, vous fera franchir les tapes. Vos efforts seront d'abord couronns de succspartiels et cela suffira pour le moment vous inspirer confiance. Les obstacles nemanqueront pas, certes, mais, avec de la rflexion, de la volont, vous apprendrez franchir les uns et contourner les autres; votre attention vous enseignera la fois lahardiesse et la patience. En effet, une tude approfondie de votre plan vous auradmontr que votre route ne saurait se faire en plaine, mais quelle est pre et ardue. Vousen saurez d'avance les montes et les descentes et l'espoir, la certitude du succs finalvous feront supporter les difficults transitoires. Le dveloppement des facultssuprieures de votre esprit vous aura conduit tirer chaque jour un meilleur parti descirconstances mme pnibles qui toutes vous conduisent vers le mme but.L'attention donne l'ordre, et l'ordre est une qualit indispensable au succs. De l'ordredans ses affaires, sur son bureau, dans ses papiers. La meilleure image de cet ordre, cesont les meubles amricains o tout a une place, o les classeurs et les casiers nouspermettent de faire presque automatiquement la besogne si souvent fastidieuse duclassement. Les documents se trouvent, par le fait mme, mis en sries et groups de tellesorte qu'il nous est presque impossible de ne pas trouver en temps utile le document, quenous cherchons. Il nous suffit d'avoir un rpertoire, des rappels, des tables. C'est l'imagede notre travail et de la mthode que nous devons-lui appliquer.Lorsque vous tes au travail, ne pensez qu' ce que vous faites, suivant le vieil adagelatin: Fais ce que tu fais. Donc, laissez la porte de votre bureau tous les sujets dedistraction: la pense de l'ami que vous venez de rencontrer et qui vous a cont de si235joyeuses histoires, oubliez le riant soleil qui vous invite la promenade : l'heure n'en estpas encore venue, pensez seulement vos affaires et, pour vous mettre en bon tat detravail, rythmez votre respiration.Nous avons vu que, si l'attention est pousse ses dernires limites, elle peut avoir desrpercussions organiques. C'est justement ce qu'il faut viter, car la force nerveuse qui sedpense pour donner une suractivit inutile et mme dangereuse notre respiration dansle cas qui nous occupe, nous fera dfaut tout l'heure, si nous voulons l'employer dansnotre labeur. Rythmez votre respiration, respirez calmement, largement, sans effort.L'habitude que vous en aurez prise en faisant vos exercices d'entranement, vous serad'un secours prcieux car vous aurez maintenant la bonne coutume de dilatercompltement vos poumons et de respirer dans les meilleures conditions possibles, sansmme y porter attention. Ce rythme respiratoire ragira sur votre cur; votre circulationse trouvera du mme coup rgularise et vous viterez ainsi les troubles congestifs, lespesanteurs de tte, les gnes de la poitrine qui rsultent si souvent d'un travail crbralsoutenu, si on n'a pas la prcaution d'en prvenir les effets par l'hygine respiratoire. Les rythmes cardiaque et pulmonaire bien rgls, vitez maintenant les ractionsmusculaires inconscientes. Asseyez-vous confortablement de manire ce que vousn'ayiez souffrir d'aucune contraction des muscles. Vos jambes doivent tre appuyes etvos bras bien dtendus, sans quoi tout l'effort musculaire qui rsultera pour vous depositions gnantes sera un effort inutile perdu pour votre travail.Le corps ainsi prpar, commencez votre travail. Tout votre effort crbral doit ytendre, mais y tendre calmement. Il n'est d'aucune utilit de plisser le front, de tendre lepoing, d'agiter la plume ce qui n'a d'autre rsultat que d'amener de fcheuses tachesd'encre. Non: un effort continu, mais sans manifestations extrieures. Que le calmemane de vous, et vous serez tonn; lorsque vous aurez pratiqu ce mode deconcentration, de voir avec quelle facilit vous pourrez soutenir l'effort de votre esprit.Dessinez-vous ? Vous aurez mieux russi qu' l'ordinaire. Avez-vous fait des colonnesde chiffres ? Vous aurez mieux calcul, plus rapidement, sans erreur, car les erreursproviennent gnralement de l'inattention, et l'inattention n'existe plus chez vous. Vousprendrez mme un certain plaisir faire vos chiffres qui vous ennuyaient tant autrefois. Ilen sera de mme pour tout. Ecrivez-vous ? Vous trouverez des ides, l'inspiration vousviendra, car la concentration vous permettra de mettre profit les acquisitionsantrieures, les souvenirs directs, ce que vous croyiez oubli. C'est dans ce sens queBaudelaire a pu dire: L'inspiration, c'est de travailler tous les jours. C'est votreattention, stimule par votre volont qui vous donnera le rsultat attendu. Vous vousrendrez compte que vous n'avez plus besoin, pour produire, des excitants si nuisibles lasant auxquels vous vous tiez peut-tre accoutum: le caf, la cigarette. Ils ne vousintoxiqueront plus et vous aurez trouv dans votre attention le stimulant ncessaire.Donnez-vous compltement votre travail, mais donnez-vous avec mthode.Pratiquez la mthode des tiroirs mentaux. Ce que c'est ? Vous l'imaginez dj, par laressemblance de notre esprit avec les bureaux dits amricains. Un tiroir est destin tellechose, un autre telle autre, et ainsi de suite. Tout est en ordre, mticuleusement plac.236Si vous avez besoin d'un souvenir, d'une date, d un fait, d'un nom, mentalement vousouvrez le tiroir dans lequel les dates, les noms, les faits de cet ordre sont enregistrset vous trouvez immdiatement le renseignement qui vous est ncessaire. Imaginez unemaison quelconque ayant toutes ses pices classes: Personnel, Vente, Matriel, etc. Sivous avez besoin de rpondre la rclamation d'un client, ce n'est pas dans le tiroir duPersonnel, ni dans celui du Matriel que vous trouverez la notion utile: c'est dans le tiroirVente. S'il vous est utile de comparer divers prix qui vous ont t proposs pourl'acquisition d'une machine crire, vous irez tout droit au tiroir: Matriel, sans vousproccuper des autres. Vous avez toutes vos pices en place, et vous les trouvez sanseffort.C'est ainsi que vous devez travailler mentalement, toutes vos pices se rapportant aumme travail se trouvant classes ensemble dans votre esprit, dans un ordre parfait. Vossouvenirs, vos ides, vos projets, vos tudes, seront rassembls dans votre mmoirecomme dans les tiroirs d'un meuble o vous pourrez les consulter aisment. Leurs fiches,ce sont des associations dides, comme nous le verrons dans notre chapitre sur ledveloppement de la mmoire. Votre concentration mentale vous permettra de la sorte deretrouver aisment tout ce qui peut vous tre utile et votre travail en sera grandementfacilit.Ce travail achev, fermez vos tiroirs et n'y pensez plus. Passez autre chose etreposez-vous; prenez de la distraction. Vous avez fourni un effort et, celui-ci termin,vous devez changer compltement l'orientation de vos ides. Demain par exemple, quandvous reviendrez votre bureau, vous n'aurez qu' ouvrir le mme tiroir , pourreprendre le travail de la veille l'endroit o vous l'avez laiss.Pour celui qui s'est habitu ce mode de travail, il ne saurait en exister d'autre et celadevient un jeu de chercher et de trouver une image dans les tiroirs de son cerveau.L'ide appele se prsente votre esprit avec beaucoup d'autres qui peuvent lui treasocies.Cet exercice est excellent pour tout le monde, mme pour ceux qui voluent dans undomaine restreint, mais il est indispensable ceux qui ont des affaires multiples et quidoivent tre envisages sous des faces diffrentes. On prend l'habitude de les varier, dese reposer de l'une par l'autre, de se dire: Demain, de telle heure telle heure, je feraitelle chose , de s'occuper d'une chose dtermine une heure fixe, et le moment d'aprs, une chose toute diffrente, et ainsi de suite jusqu' la fin de la journe. On peut ainsifaire beaucoup plus de travail et, chaque chose se faisant en son temps, sans empiter surles autres, on excute beaucoup mieux, ce qu'on fait en toute libert d'esprit.Une fois le travail fini, il faut prendre l'habitude de fermer tous les tiroirs et de neplus penser rien. Il semble que, de la sorte, on arrive enfermer toutes ses penses,toutes ses proccupations mme, on gote mieux ensuite les plaisirs de la vie de familleou les distractions que l'on s'accorde.Ce n'est pas seulement dans le cours des affaires que vous avez avantage faire uneffort de concentration. Dans la vie courante, vous devez aussi cultiver votre attention,vous devez apprendre regarder autour de vous. Peu de gens savent regarder; beaucoupne sont pas capables de reconnatre les chemins par lesquels ils passent frquemment. Ils237s'garent sans cesse. Pourtant, lorsqu'on est un peu attentif, rien n'est plus facile que deretrouver telle maison dans un quartier ou une ville o l'on est pass une seule fois. Ilfaut s'entraner se souvenir de l'orientation des grandes voies, de leur circulation, deleurs rapports les unes avec les autres; regarder les moindres choses, une boutique unpeu caractristique qui peut servir de point de repre, un immeuble pouvant servir derappel une bifurcation, c'est une banque, une glise, une maison de style, un monument.Nous ne nous plaons ici qu'au point de vue de l'attention, toutes ces perceptions sevalent pour cela. C'est ainsi que font les chauffeurs et les cochers de fiacres dans les citspopuleuses. Celui qui les imite dans cet exercice finit par y prendre un vritable plaisir.On peut aussi, en se promenant, examiner avec attention les personnes que l'onrencontre, noter soigneusement la coupe et la couleur de leurs vtements, la forme deleurs chaussures, le teint de leur visage, la couleur de leur chevelure, leur attitude, leursgestes, leurs manires, etc., en les comparant des personnes dj connues. Faites-enautant pour les choses et vous obtiendrez vite non seulement la facult de voirrapidement mais aussi celle de vous souvenir longtemps de ce qui est tomb sous vosregards.Si vous pratiquez avec soin les exercices que nous avons indiqus, vous acquerrezassez facilement une parfaite concentration de vos efforts, vous dvelopperezprogressivement les facults suprieures de votre esprit: jugement, mmoire,raisonnement. Mais il n'est pas de si bonne chose qui ne puisse avoir des dfauts. Il fautviter d'tre la victime de son propre effort crbral. Il faut donc maintenant apprendrel'art du repos crbral qui consiste dans l'isolement. Il faut savoir s'isoler, c'est--dire,aprs une priode suffisante de travail, donner votre esprit une priode de dtente sanslaquelle il serait surmen et ne tarderait pas succomber la peine.Sans arriver de si graves extrmits, la fatigue qui rsulte d'une tension nerveuse troplonguement supporte ou trop intense dans un temps donn peut causer des ennuis qui nesont pas sans prsenter quelques dangers si l'on n'a auprs de soi personne qui veille surnous pour obvier aux suites fcheuses de nos distractions. C'est ce qui arriva Edison, autemps o il travaillait la mise au point de son invention du tlgraphe quadruplex. Saproccupation devenait une vritable hantise et c'est ce qui amena la petite scnesuivante, raconte avec beaucoup dhumour par MM. Keim et Lumet: Edison tait tellement obsd par la conception de son appareil qu'il en oubliait nonseulement de manger, de boire et de dormir, mais encore de payer ses impts. En consquence, il reut un avis l'invitant passer le lendemain au bureau dureceveur. Dans le cas contraire, une amende lui serait inflige, comme tout contribuablercalcitrant. Le lendemain matin, Edison s'arracha non sans peine son laboratoire et se prsentaau City Hall o il dt suivre les gens assez nombreux qui tenaient un avertissementanalogue. Lorsque vint son tour, il tait absorb par son quadruplex. Eh bien, voyons, jeune homme, lui dit l'employ, faites attention. Quel est votrenom ? II fit tellement attention qu'il rpondit, en regardant son interlocuteur d'un air238tranquille: Je ne sais pas. Sans essayer de rveiller sa mmoire, un autre contribuable prit sa place... Ensuite, ilfut trop tard: Edison dt payer l'amende, mais la dcouverte de son appareil l'indemnisaplus que largement. Rien, autant que les dcouvertes magnifiques d'Edison ne mritait une fin aussiheureuse, mais, vous qui ne pouvez peut-tre vous attendre ce que vos distractionsvous deviennent une source de profit, vous devez vous accoutumer ne pas les laisser serendre matresse de votre pense et de votre temps. Une excessive proccupation vousamne cet tat fcheux et, pour en viter les consquences, vous devez, aprs avoirtudi la science du travail vous pntrer de la ncessit du repos.RsumL'attention est la facult matresse que nous trouvons la base de tous les phnomnespsychiques. Si notre attention est bonne, nous prenons bonne note de toutes lessensations, nous observons tout ce qui nous entoure sans oublier un dtail, si infime qu'ilsoit. Ces constatations nous permettent de juger les objets, de les comparer entre eux, denous en souvenir, de manire trouver, au moment o nous aurons besoin de cesnotions, une image nette et prcise de tout ce que nous avons vu. Si nous manquonsd'attention ou si cette facult est dfectueuse, nos facults mentales se trouvent faibles etsans effet.Le travail crbral doit suivre un rythme constant si nous voulons qu'il donne sonplein effet. De mme que le cur se contracte et se dtend selon un rythme suivi, lecerveau doit, alternativement, travailler et se reposer. La priode de travail du cerveau,quand elle est porte son maximum, nous la nommons concentration mentale. Il estdonc ncessaire, si nous voulons produire un effort utile, d'apprendre nous concentrer, ramasser toutes nos puissances mentales, mais, le moment venu, il faut savoir aussi sereposer. A la concentration mentale s'oppose une priode d'isolement.Dans le prsent chapitre, nous avons seulement envisag la priode active: laconcentration mentale. Celle-ci se prsente sous deux formes: elle est volontaire ouinvolontaire. Nous devons tudier la forme involontaire pour en savoir et en combattreau besoin les effets, spcialement les rpercussions sur nos vaisseaux sanguins qui sontrgis par les nerfs vaso-moteurs. Ce sont ces filets nerveux qui nous font rougir ou plirsuivant nos motions. Ce sont eux encore qui troublent nos fonctions respiratoire etcardiaque.Notre travail mental et notre travail musculaire sont comme deux roues dentes quis'engrnent l'une sur l'autre. Toute modification qui atteint l'une des roues a sesrpercussions sur l'autre. Exemple, les grands nerveux qui ne sont matres ni de leurssensations ni de leurs impulsivits se rpandent en gestes sans cause, en mouvementsinconsidrs qui sont l'indice de leur tat. Leur activit mentale est excessive et drgle;de mme leurs gestes, leur travail musculaire surtout leur travail involontaire sontsemblables au mouvement de leurs ides. Au contraire, l'tre magntique est matreabsolu de ses gestes, de ses penses, de ses rflexes.239Pour obtenir la concentration mentale, dans la meilleure acception de ce terme, forceest, en premier lieu, de matriser les mouvements inconscients qui sont la fois l'image etla cause frquente de nos impulsivits intrieures. L'homme magntique ne fait pas degestes qui ne soient contrls par la volont; il ne prononce pas de paroles inutiles. IIapprend diriger son rythme respiratoire dont les effets ont de profondes actions sur sessensations internes. L'tre qui respire d'une manire profonde et rythmique est calme. Ilfaut donc s'entraner ce rythme respiratoire et en mme temps la matrise desmouvements musculaires. Tenir son bras tendu horizontalement et le maintenir ainsipendant quelques minutes par un acte de pense. Porter bras tendu un verre plein d'eauet l'immobiliser ainsi devant soi, de manire ce que pas une goutte d'eau ne se rpande.Placer son corps bien droit le long du mur et s'efforcer tenir son quilibre sur un pied etdivers exercices que nous vous avons indiqus.Si vous transportez ensuite votre attention sur des sujets d'un ordre plus lev, vousarriverez obtenir une parfaite discipline mentale.L'Isolement Chaque soir avant de t'endormir, fais ton examen de conscience, repasse plusieursfois dans ton esprit les actes de ta journe et demande-toi: qu'ai-je fait ? Ai-je bienaccompli mon devoir en toutes choses ? Examine ainsi successivement chacune de tesactions. Si tu dcouvres que tu as mal agi, rprimande-toi svrement; si tu as tirrprochable, sois satisfait. Pythagore (Vers d'or recueillis par Lysis). II est un sport spirituel: celui du silence. Modrer notre bavardage nous accoutume ne livrer nos semblables que des paroles utiles et choisies. Ce nous empche de nuirepar la mdisance. Et cela nous exerce trs bien constituer une vie intrieure qui a sessecrets et ne les livre pas. Le trsor des secrets, des opinions occultes, enrichit notreconscience et lui vaut de la personnalit. Paul Adam.L'ISOLEMENTL'activit psychique inconsciente. Les ides qui nous obsdent. Lescristallisations psychiques pathologiques. La contemplation et l'extase. L'isolement. En quoi consiste cet tat psychique. a) Dtente musculaire. b)Monodisme. Recharge de nos centres nerveux au cours de l'isolement et dusommeil. Utilit de savoir se reposer. L'exemple de Napolon. Sarah Bernhardt etl'habitude qu'elle avait de s'isoler. Edison; sa facult de travail. Comment on peut, volont, entrer dans le sommeil naturel. Rsum.240Toute priode active doit tre suivie d'une priode de repos. A une priode deconcentration mentale doit correspondre une priode de cette dtente de l'esprit que nousappelons isolement.C'est tort que le langage courant oppose l'tat de concentration mentale l'tat dedistraction, car ce mot peut prter une quivoque. Ce mot voque tort la pense del'tre distrait et celui-ci est l'tre incapable d'arrter sa pense sur un point dtermin; sonattention est instable. Il passe malgr soi d'une ide une autre et cette continuellemobilit est assimilable, dans bien des cas, un tat maladif. Il faut aussi considrercomme distraits ceux qu'une longue tension absorbe et fatigue au point de leur faireoublier tout ce qui leur est utile et mme ncessaire. Nous avons dj cit des faitstragiques imputables cette forme de distraction, comme la mort de M. Curie, cras parun camion dans la rue, pendant qu'il marchait absorb dans la pense de ses travaux encours. Il y a des distractions plus plaisantes. Edison, par exemple jetant sa montre dans labote aux lettres au lieu de la missive qu'il s'efforait machinalement de faire entrer dansson gousset, ou Ampre proccup de la solution d'un problme, crivant ses quationssur le dos d'un fiacre qui partit au milieu de l'opration commence, la grande joie desbadauds. Ces distraits par excs de concentration n'en sont pas moins des tres trsintelligents, mais bien des gens sont ports tout confondre et c'est ce qu'il faut viter.Notre attention, nous l'avons dit, doit tre exerce volontairement. Il est utile, au coursdu travail auquel nous nous astreignons, qu'elle parvienne son plus haut degr, mais,ds que notre besogne est acheve, il ne faut pas que cet tat de tension persiste contrenotre gr. Nous devons obtenir la complte matrise de cette facult aussi bien que desautres, et, quand le moment du repos est venu, nous devons pouvoir imposer une dtente notre esprit, un calme o les proccupations de tout lheure ne puissent intervenir.C'est quelquefois plus difficile qu'il ne semble premire vue, mais on y arrive avec dela persvrance.Pour se rendre compte de cette difficult, que chacun se rappelle celles qui lui ont tcres par un air, un air de romance stupide, vaguement cout dans la rue et qui nouspoursuit dans notre travail, dans nos penses, dans notre repos mme. On veut bannircette ide parasite, mais elle est tenace, elle s'incruste malgr vous, vous obsde, vousincommode. Vous en riez. Vous dtes: C'est plus fort que moi... et c'est ce quicondamne cette obsession. Rien ne doit tre plus fort qu'une volont calme, bienentrane, une pense toujours sre d'elle-mme.Dans un autre ordre d'ides, si vous avez un examen passer, surtout si cet examen estpour vous d'une certaine importance, vous y pensez tout instant, cette ide ne vousquitte pas, vous en rvez la nuit, quand cette ide acharne vous accorde un moment desommeil. Vous craignez votre jury, vous imaginez chacun de vos juges; leur pense vousharcle; leurs noms s'imposent votre esprit; vous ne pouvez songer votre travail. Lapeur s'installe dans votre esprit et l'obsession en est accrue, il y a l de quoi vous fairemanquer votre examen et cela arrive quelquefois.Il en est de mme dans les sentiments les plus intimes et qui semblent ne devoir treque la cause de notre bonheur. Etes-vous amoureux ? Il vous est impossible de penser autre chose qu' l'objet de votre tendresse, la joie de le revoir demain ou dans cette241journe et, de cette pense constante, mme si vous avez une absolue confiance danscelle que vous aimez, il vous vient des images hostiles, des penses de jalousie qui vousferont souffrir si vous les tenez secrtes et qui feront souffrir l'autre si vous les luicommuniquez.Etes-vous dans les affaires ? Qui n'a jamais t obsd jusqu'au malaise physique parl'ide d'une chance difficile ? Bien des jours l'avance, cette pense vous hante, vousfatigue: ici encore, la crainte est le fruit de cette obsession. Vous en perdez l'apptit et, sicette hantise doit durer longtemps, il est possible que vous en prouviez une grandefatigue nerveuse. Le surmenage, la neurasthnie avec tout son cortge d'ides noiresviennent souvent de ces proccupations tenaces.Dans la vie, ceux qui ont russi ont port dans tous les moments de leur existence unepense d'action, de travail obstin; ils n'ont jamais oubli ce qui tait le but de leursefforts. Alfred de Vigny a dit: Qu'est-ce qu'une grande vie ? Une pense de tajeunesse ralise dans l'ge mr. Cela est certainement la vrit, mais pour que cettepense puisse tre mene bien et conduite jusqu' sa parfaite ralisation, il faut, commenous le disions plus haut, arriver notre but sans que la fatigue d'un effort inconsidr oumal compris nous empche, une fois le travail accompli, d'en cueillir et d'en goter lesfruits. Aprs avoir appris l'art du travail, il est indispensable que nous pratiquions l'art durepos.En effet, si la prdominance de l'attention est absolue, il s'en suit un trouble psychique.C'est un pouvoir tyrannique qui dtruit en nous toute activit ne se rapportant pas au butassign. C'est, des degrs divers mais qui peuvent trop facilement tre franchis, l'idefixe simple, l'obsession, les phobies. Au-del, la suspension de tout travail crbral aubnfice d'une seule pense, donne la contemplation, l'extase.J'ai connu un jeune homme qui, dans la rue, n'avait pas d'autre proccupation que decompter les lettres aux devantures et qui s'absorbait compltement dans cette besognesaugrenue. Les traits de psychiatrie sont remplis de ces exemples.Tamburini cite le fait suivant: Un tudiant en droit, issu de parents nvropathes, taitdomin par la pense constante de connatre lorigine, le pourquoi et le comment ducours forc des billets de banque. Cette pense retenait son attention qui, tendue chaque instant, l'empchait de s'occuper de toute autre chose, sinterposait entre lemonde extrieur et lui et, quelques efforts qu'il ft pour s'en dbarrasser, il lui taitimpossible d'y parvenir. S'estimant incapable, malgr de longues rflexions et demultiples recherches tentes pour rsoudre ce problme, de se livrer tout autre travailmental, il tomba dans un tel tat de tristesse et d'apathie qu'il voulut interrompre le coursde ses tudes. Son sommeil tait incomplet et interrompu; souvent, il passait des nuitsveill, toujours absorb dans son ide dominante. Il faut noter dans ce cas unphnomne trs singulier: par suite de la tension continuelle de son esprit sur leproblme des billets de banque et du cours forc, il finit par avoir toujours devant lesyeux l'image des billets eux-mmes, avec toutes leurs varits de forme, de grandeur etde couleur. L'ide, avec ses incessantes rptitions et son intensit, en vint avoir uneforce de projection qui l'galait la ralit. Mais lui, il avait toujours pleine conscienceque les images qui taient devant ses yeux n'taient qu'un jeu de son imagination. 242Cette ide fixe se dveloppe d'autant mieux que le terrain est plus longuement prpar.Il est vident que l'ide fixe prvaudra plus facilement dans la pense d'un homme dontles hrdits sont nvropathiques. Mais cet tat de rceptivit peut tre cr par unegrande fatigue nerveuse acquise, par des excs de toute sorte, que ce soient des excs deplaisirs ou de travail et en particulier de travail intellectuel qui prend davantage sur lesrserves nerveuses. La consquence que vous pouvez tirer de cette constatation, c'est quevous devez arriver la parfaite matrise de vous-mme, la rglementation harmonieusede votre travail, de manire ce que l'exagration dans ce sens ne devienne pas non plusnuisible votre sant. Mais ce cas est de beaucoup le moins frquent. Les grandsnerveux le sont plus souvent par l'excs des plaisirs que par l'excs de leurs travaux et ilsnous enseignent par le mauvais tat o ces plaisirs les ont plongs goter avec sobritles joies qui nous sont permises, et, surtout, ne jamais faire appel, mme dans le butlouable d'accrotre notre facult de travail, ce que l'on est convenu d'appeler les poisonsde la volont, ces excitants qui ne nous donnent une excitation passagre qu'audtriment de notre propre fonds.Pour nous rendre compte des troubles qui sont causs dans notre organisme par uneide fixe et obstine, tudions ceux que l'on nomme improprement les maladesimaginaires. Ils ne sont peut-tre pas atteints, au dbut, du mal dont ils croient tre lavictime, mais la pense du cancer, par exemple, ou de la tuberculose est si forte dans leuresprit qu'ils finissent par prouver non seulement les sensations qui pourraient treimputables leur tat d'esprit, par auto suggestion mais encore les symptmesextrieurs et visibles, d'une manire si frappante que d'excellents mdecins, mme aprsl'examen le plus minutieux, s'y sont tromps et n'ont reconnu leur erreur qu'en suivantattentivement le cours de la maladie. Il va de soi que ces sortes de maladies, d'originepurement morale ou motionnelle, sont plus faciles gurir que celles qui viennentrellement du mauvais fonctionnement ou de la lsion des organes. Elles cdent souventavec une extrme facilit sous l'influence de la suggestion raisonne et plus encore de lasuggestion motionnelle.Dans le domaine social, l'ide fixe n'est pas moins dangereuse : les terreurs, lescraintes, les haines qu'elle suggre peuvent amener les consquences les plus funestes.Au point de vue purement maladif, un trouble assez frquent et extrmement douloureuxest l'agoraphobie ou crainte des espaces vides. Cette crainte, qu'on rencontre chezcertains nvropathes, peut se borner une sensation pnible quand ceux-ci doiventtraverser de vastes espaces dcouverts. Mais si cette maladie prend une forme plus aigu,elle peut pousser le malade un vritable affolement qui lui fait prendre sa course travers la place, sans faire aucune attention aux dangers courus. On peut affirmer qu'uneforte proportion des accidents d'auto ou de voiture est due des affols de ce genre quise sont prcipits sous les roues, comme un homme atteint de vertige se jette dans unprcipice.Enfin, cette incommodit peut tre pousse si loin qu'elle donne non seulement lasensation d'horreur des espaces vides quand on doit les traverser pied, mais qu'elleoccasionne des troubles douloureux qui peuvent avoir des rpercussions sur le cur,l'intestin ou la vessie par le seul fait de voir ces espaces. Il existe des personnes, trsrares heureusement, que cette sensation rend tellement malades qu'elles ne peuventtraverser les grandes places ou les larges avenues que dans une voiture, les storesbaisss.243Si nous sortons du domaine organique pour entrer dans celui de la pense, dusentiment, de l'imagination, nous trouverons les perscuts de divers genres, qui sont lesvictimes parfois trs dangereuses pour la socit de leurs propres ides fixes. Il y ades folies causes par le doute, que ce soit le doute sentimental, le doute religieux, ledoute sous quelque forme qu'il se prsente. Chez les natures impulsives, cette formed'esprit peut avoir des suites tragiques. Un tre qui croit voir, par suite d'un doute quis'impose dans son esprit, crouler tout le systme philosophique ou religieux sur lequel ila bti son existence peut se porter des actes violents sur les personnes qui reprsententcette ide et qu'il imagine l'avoir tromp volontairement ou involontairement. C'est ainsique fut jete la bombe de Barcelone qui fit tant de victimes, dans une inoffensiveprocession. Les ides anarchistes la propagande par le fait heureusement tombeen dsutude tait devenue, pour certains, une ide fixe. Qui a suivi le procs d'EmileHenry a pu constater que c'tait un jeune homme remarquable. Refus aux examens del'Ecole polytechnique, il avait pris la socit en haine et, au lieu de chercher dans uneautre carrire un dbouch pour ses facults, il s'tait adonn compltement auxdoctrines homicides qui le conduisirent jeter une bombe dans un caf voisin de la gareSaint-Lazare o il tua et blessa de paisibles consommateurs, sans autre tort ses yeuxque de reprsenter la foule moutonnire, incapable de se diriger soi-mme. D'autres, sousl'empire d'une impulsion de ce genre ou d'une autre, sont devenus meurtriers, voleurs ou,ne voulant pas cder leur funeste tentation, se sont suicids.C'est encore ce qui arrive frquemment pour ceux que l'on appelle les perscuts .Ils se figurent tre en butte la haine de personnages rels ou imaginaires. Cespersonnages, ou ceux qui reprsentent l'ide de perscution leur cervelle malade, sontsouvent en danger ct de ces personnes, cependant bonnes dans leur tat naturel et quiredeviennent souvent elles-mmes avec des soins intelligents donns temps pour ne paslaisser la folie devenir incurable.La contemplation est un tat plus profond encore d'ide fixe, mais celui-ci peut donnerdes phnomnes d'autant plus intressants qu'ils sont plus rares et mritent d'tre tudis.Carpenter dit: Avant l'invention du chloroforme, les patients supportaientquelquefois de violentes oprations sans donner aucun signe de douleur et, aprs, ilsdclaraient qu'ils n'avaient rien senti, ayant concentr leur pense, par un puissant effort,sur quelque sujet qui les captivait compltement. Bien des martyrs ont souffert la tortureavec une parfaite srnit qu'ils n'avaient, de leur propre aveu, aucune difficult maintenir. Leur attention extatique tait tellement remplie par les visions batinques quise prsentaient leurs regards ravis, que les tortures corporelles ne leur causaient aucunedouleur. Chez les mystiques, en effet, la concentration mentale peut amener des formes trsdiverses d'exaltation des facults psychiques. On a vu, dans ces tats, des personnes trssimples et nullement prpares prononcer d'admirables discours, crire des ouvragesremarquables et que l'on n'aurait pas attendus d'elles dans leur tat normal. Il en est qui,dans l'tat de contemplation, possdent la facult de vision distance ou qui peuventprophtiser l'avenir. Ces dons sont mme plus frquents chez les sensitifs et les simplesqui, ne discutant pas avec leur sensation, se mettent inconsciemment dans ltat rceptifle plus favorable. Cette contemplation, cet tat de ravissement peut suspendre les facults244sensorielles. On a vu, dans ces moments d'exaltation religieuse, les mystiques se faired'importantes mutilations sans apparence de douleur. Les Assaouahs de l'Algrie et duMaroc, les Yogis de l'Inde se font des blessures qui, sur tout autre, seraient d'une extrmegravit et qui, chez eux, dans ces moments, laissent trs peu de traces apparentes.C'est dans le mme esprit que les martyrs enduraient, sans douleur, les supplices lesplus atroces : il est certain que beaucoup d'entre eux, dans l'exaltation de leur foi, nesentaient mme pas les coups qui leur taient ports. Cette insensibilit n'est d'ailleurspas dpendante de la doctrine. Les sorciers, poursuivis au Moyen-Age, montraient lamme impassibilit dans les tortures. Ctait aux yeux des magistrats chargs d'instruirel'affaire un signe de leur culpabilit: on disait que le dmon les avait"marqus du signede taciturnit et qu'il tait impossible de leur arracher, mme par les plus abominablesinventions de l'esprit humain, ni un cri, ni une parole.Porte sa plus haute tension, l'attention arrive l'extase. L'extase, dit Brard, est une exaltation vive de certaines ides qui absorbenttellement l'attention que les sensations sont suspendues, les mouvements volontairesarrts, l'action vitale mme, souvent ralentie. Alfred Maury s'explique plus clairement : Une diffrence de degr spare l'extase del'action de fixer avec force une ide dans l'intelligence. La contemplation impliqueencore l'exercice de la volont et le pouvoir de faire cesser la tension extrme de l'esprit.Dans l'extase, qui est la contemplation porte sa plus haute puissance, la volontsusceptible, la rigueur, de provoquer l'accs, est impropre le suspendre. En extase, la sensibilit et la facult de locomotion sont momentanment abolies. C'estle signe caractristique de cet tat. Qn peut produire exprimentalement l'extase dans lesommeil magntique et nous reviendrons dans la suite de notre Cours, sur cette phase dusomnambulisme. Disons seulement ici que toute l'attention du sujet endormi estaccapare par une vision que vous lui avez suggre par un simple geste. Vous avez jointses mains pour lui donner des ides religieuses. Si ces ides sont puissantes sur lecerveau de votre sujet, vous le verrez suivre des visions angliques ou divines dontl'expression peut tre trs belle, mme chez un sujet illettr. A ce moment, le sujetchappe entirement la suggestion verbale du magntiseur. Il faut l'veiller ou tout aumoins le faire passer dans un autre tat pour changer le cours de ses penses et fairecesser la vision.Le fakir se plonge par sa seule volont dans cet tat qui obnubile chez lui toutesensation physique au profit de l'activit psychique. Absorb par ses penses mystiques,il se place entre deux brasiers sans en ressentir la brlure; couch sur unc planche garniede clous trs effils, il continue ses prires sans percevoir aucune douleur. Ces faits sontconstants et beaucoup de voyageurs, de retour des Indes, les ont dcrits.Certes, on peut mieux utiliser son effort crbral et nous ne voyons pas l'utilit dufakirisme dans une socit comme la ntre o toutes les nergies, sous l'impulsion de lancessit, sont tendues vers un but pratique, ncessairement utilitaire. Dans cesconditions, il nous sera plus profitable d'acqurir une plus grande matrise de nos facultsque de nous tendre sur un matelas de clous et nous aurons besoin de toute notre activitcrbrale pour accomplir notre devoir quotidien sans devenir victime de nous-mmes,sans tomber sous la domination des phobies, des terreurs nerveuses, de toutes les245incommodits qui naissent du surmenage. Apprenez donc vous isoler.S'isoler, c'est arrter son gr toute son activit crbrale, c'est tendre ne pluspenser.Comment parvenir cet tat de calme mental ? Mon pre, Hector Durville en donne lemoyen en termes aussi nets que pratiques, dans son Magntisme personnel: Se retirer dans une chambre demi obscure, loin du bruit, pour ne pas s'exposer tre drang. II faut se placer confortablement, assis dans un fauteuil ou, mieux encore,tendu sur une chaise longue ou sur un lit, les paupires abaisses sans effort sur lesglobes oculaires et les poings demi-ferms. L, il faut dtendre compltement sesmuscles, de la faon la plus absolue; et, dans le plus grand calme, faire un effort mental,d'abord pour attirer soi les forces du dehors, ensuite pour arrter l'mission des penses.La bouche doit tre ferme sans que les lvres soient serres, et la respiration doitlentement se faire par le nez seulement. Le champ de la conscience doit tre entirementferm et il faut repousser ds qu'elle parat, toute pense, quelle qu'elle soit. imageFig. 92. Yogi lentrainement.Accroupi entre deux brasiers, le sage hindou mdite sur les vrits ternelles. Il estinsensible aux flammes qui caressent scn corps.Cet exercice est trs difficile pratiquer, surtout dans les premiers temps; mais, quandon a vaincu toutes les difficults qui nous entravent dans ce repos de la pense, il procureune sensation trs agrable de bien-tre, de calme, de dtente, qui te toute lassitude,toute tension d'esprit, quel que soit le travail auquel on s'est auparavant livr.Comme le dit trs judicieusement Hector Durville: II est indispensable ceux quiveulent acqurir de grands pouvoirs et goter la joie et la satisfaction que procure lersultat du travail accompli . Il faut se soumettre, le plus rgulirement possible, desexercices rigoureux, deux ou trois fois par jour, pendant 4 5 minutes d'abord, ensuitependant un temps plus long, qui peut varier d'un quart d'heure une heure. Au sortir de cet tat, qui cesse peu prs instantanment, ds qu'on veut le fairecesser, on est transform au point de vue physique. S'il a dure pendant 20 25 minuteson est presque aussi bien repos qu'aprs une nuit d'excellent sommeil. Cest surtout le souvenir de l'activit musculaire qui ragit sur l'activit mentale. Illaisse dans notre esprit une sorte de trpidation, des images actives qui sont: lentes disparatre et difficiles abolir. Mais, ds que l'on est arriv matriser ce souvenir, on ala complte matrise de son activit mentale.Il faut donc, dans la pratique, pour obtenir l'isolement:1. Vous proccuper de votre activit musculaire qui doit tre remplace, aussi bienmatriellement que dans ses rpercussions internes, par le plus grand calme possible. Ilest ncessaire, cet effet, de donner son corps, une attitude couche ou tout au moinstendue, de manire restreindre l'effort musculaire son minimum, car de cette dtente246musculaire nat l'apaisement die lesprit;2. Chercher ensuite arrter le travail crbral sur une seule ide; naturellementpas une ide active, ni une pense pnible, mais une ide de calme, de dtente, de repos,de tranquillit, au besoin, se suggrer l'ide de repos: Je ne pense rien, je suis calme.Examinons ces deux points en dtail:a). Dtente musculairePour obtenir cette dtente, asseyez-vous confortablement dans un fauteuil ou, mieuxencore, tendez-vous sur un lit ou une chaise longue. Desserrez vos vtements, afin querien ne puisse vous causer une sensation de gne. Respirez profondment, largement,mais doucement et sans effort. Nous avons dj maintes fois expos la ncessit de cessoufies amples et rythms qui nous apportent de l'extrieur les lments de notre force.La poitrine doit s'emplir fond, sans effort et retomber lentement, de son propre poids.Ce rsultat obtenu, dtendez les muscles du ventre et des membres, de manire ce quevous sentiez votre corps, non comme une personne active, mais comme un poids mort,inerte. Aprs quelques respirations, cette sensation se produit de soi-mme, votre corpsvous parat plus pesant; il vous semble que, si on soulevait un de vos membres, ilretomberait comme une pierre, sans qu'aucun effort de vos muscles puisse ou veuille leretenir. Cette sensation ne doit ni vous effrayer ni vous surprendre: c'est justement celleque vous devez ressentir.Si vous prouvez quelque difficult dtendre vos muscles pratiquez l'exercicesuivant. Il vous permettra d'obtenir le rsultat dsir. Avant de songer dtendre toutvotre corps cherchez imposer silence aux muscles de vos bras : le droit, par exemple.Etant debout, tendez le bras horizontalement puis, comptez jusqu' 10, au rythme de laseconde et, au moment prcis o vous arriverez 10, relchez votre bras. Si la dtentemusculaire est bien faite et complte, instantanment votre membre, comme un objetinerte, tombera de son propre poids le long du corps. Vous n'y arriverez peut-tre pas dupremier coup. Il vous faudra persvrer, vous entraner, et surtout chercherl'instantanit. Au dbut, si la main et l'avant-bras se trouvent dtendus et retombent deleur propre poids, il arrivera; souvent que les muscles de l'paule et du bras resterontencore crisps et maintiendront le bras en l'air. C'est cette tendance qu'il vous fautcombattre. Vous devez parvenir une dtenite complte, instantane, de tout le membre.Renouvelez votre entranement, persvrez dans votre essai et vous parviendrez soi butfix vos efforts.imageFig. 93. Pratique d'e l'isolement.Le mieux, pour s'isoler, est de s'asseoir confortablement dans un fauteuil ou, mieuxencore, de s'allonger sur une chaise longue. Rytnmer sa respiration, dtendre tous sesmuscles et arrter son travail crbral sur une pense simple.Vous, recommencerez alors votre entranement avec l'autre bras et lorsque les deux247membres se dtendront instantanment votre volont et sans aucune rsistance; vousferez le mme exercice em levant les deux bras pour les laisser tomber en mme temps,sans qu'ils opposent aucune rsistance, ni l'un, ni l'autre. Ils retomberont avec unensemble parfait si votre entranement est excellent.Vous pouvez varier et mme faciliter cet exercice. Lorsque vos bras sont allongsdevant vous, faites les soutenir par quelqu'un qui les maintiendra tout simplement avecdeux doigts placs sous les poignets. Cette personne comptera de 1 10, trsrgulirement au rythme de la seconde et, en prononant le nombre 10, elle retireraimmdiatement le soutien. Si vos muscles sont bien dtendus, si vous en possdezcompltement la matrise, vos deux membres retomberont instantanment de leur proprepoids. Pour que cet exercice soit bien fait et vous donne tout le profit que vous devez enretirer, vos bras doivent tomber de tout leur poids, lourdement, comme un corps inanim,sans que vos paules retiennent le mouvement si peu que ce soit.Lorsque vous saurez dtendre vos bras, reprenez l'exercice d'isolement prcdemmentdcrit en vous asseyant dans un fauteuil ou en vous tendant le plus confortablementpossible sur votre lit ou une chaise longue. Dtendez alors vos membres infrieurs,dtendez tout votre corps, respirez amplement et sans fatigue. Que le calme soit lacaractristique de votre corps. Il doit tre pour vous comme une chose inerte. C'est unesensation qui ne doit pas vous tre nouvelle. Vous l'avez prouve parfois au dbut dusommeil, surtout quand vous tiez la fois fatigu et excit, comme aprs la chasse outout autre exercice violent, mais o l'esprit tait galement actif.b). Le monodisme.Aprs avoir obtenu le calme de votre corps, cherchez augmenter le calme de votreesprit. Tendez arrter le cours de vos ides et, par une auto suggestion calme et douce,dites-vous, par la pense: Maintenant que tous les muscles de mon corps sont dtendus,je cherche calmer mon esprit , Et, toujours par la pense, rptez-vous doucement, surun rythme de plus en plus lent et d'un ton intrieur de plus en plus faible et espac: Jesuis calme... de plus en plus calme... calme... calme..... II est inutile, et mme contraire votre dessein, de chercher des suggestions compliques, car elles absorberaient votrepense et la dtourneraient du calme qui est votre principal but. Un seul mot suffit: calme. Rptez-le de plus en plus faiblement des intervalles de plus en plus espacs,tout en respirant largement, mais sans effort: calme... calme.. . calme..... calme.........cal..... me...... Vous pouvez faciliter le monodisme en pensant du noir. Voyez, par la pense, unpoint noir, une tache noire et fixez-la assidment mais doucement. Vous pouvezgalement vous reprsenter l'image d'un mur noir et fixer doucement mais constamment,par la pense, votre regard sur cette surface noire. Ou bien encore imaginez une longuegalerie vote, noire, une sorte de long tunnel qui se prolonge jusqu' la porte du regardet que vous ne sauriez imaginer autrement que rempli d'ombre. Mais il est craindre que,si des penses parasites surviennent, elles semblent alors entrer dans la galerie et endisperser l'ombre favorable au repos du corps et de l'esprit. L'image visuelle perd alorsson pouvoir et l'isolement devient sensiblement plus difficile. Le mieux, pour beaucoup,248est de contempler un rond noir par la pense.imageFig. 94. Cration du monodisme.La difficult est d'arrter l'esprit sur une seule ide, une ide calme, reposante. On setrouvera bien, tout en conservant les yeux clos et le corps dtendu, d'imaginer par lapense un cercle noir. On le considrera doucement, sans effort.On peut avantageusement remplacer cette image mentale du noir, du tunnel, par uneimage plus riante. Par exemple, on voque une scne la campagne, qui vous ramne l'esprit un agrable souvenir, qui vous suggre des penses agrables sans surexciterl'attention. On se rappelle, si vous voulez, un dimanche dans le bois, le clair soleil sur lajeune campagne verte, le lger souffle de brise qui agitait mollement les feuilles etinvitait au repos comme le chant d'une berceuse.La prairie est habite par des moutons, beaucoup de moutons, qui marchent lentementparmi les herbes ou qui sont couchs sur le sol. Aprs cette image assez vaste,restreignez la pense sur un dtail du paysage, les moutons, par exemple, qui passentcomme des nuages, moutonnant jusqu'au lointain ou bien revoyez les feuilles berces detel ou tel arbrisseau et sentez-vous, comme elles, berc doucement dans la paisiblelumire de l'aprs-midi printanier.Ceci n'est qu'une image entre mille pour vous faire comprendre que l'ide sur laquellevous devez arrter votre esprit avant d'en arriver au vide parfait, au repos absolu doit treune ide calme, une image plaisante qui ne vous occasionne aucun tourment, mais vousincite au repos, avec une douceur, une langueur agrable, capable de vous faire oublierles proccupations plus ou moins pnibles dont vous tes lass dans votre viequotidienne.Si vous avez une bonne mmoire musicale, vous pouvez de mme arrter votreattention sur un air jadis entendu, un de ces airs doux et charmeurs qui amnent votreesprit les images vagues et flottantes qui prdisposent au songe. Le seul danger de lamusique est dans un afflux d'images, car l'image, pour vous donner le rsultat que vousdsirez, doit tre le plus simple possible et ne changer en aucun dtail. C'est cettemonotonie qui vous amnera dans cet apaisement, cette absence de pense qu'est levritable isolement.Si l'action auditive est plus intense que l'action visuelle et que vous ne disposiez pasd'un mtronome, vous pouvez y suppler en coutant le tic-tac d'une pendule ou d'unemontre, ou encore le lger ronflement d'un bec de gaz allum. En mme temps que vouscouterez ce bruit, vous devrez vous rpter, avec une ferme douceur, l'auto suggestiondont nous avons dj parl: Je sais calme... de plus en plus calme..... calme... calme...cal...me.., Et ce n'est pas forcment le sommeil que vous obtenez de la sorte, ce peuttre un tat de calme intrieur, de dtente complte. Vos sens ne sont pas ferms. Unemouche vient-elle se peser sur votre visage ? Vous la sentez parfaitement, mais elle nedrange ni vos sensations, ni vos penses. Vous tes parfaitement matre de votresystme nerveux, vous dominez vos impulsions. Vos sens plus affins peroivent mieuxqu' l'ordinaire. Vous entendez avec beaucoup plus d'acuit, mais les bruits ne vous249affectent plus. Vous n'prouvez aucun sursaut. La sensation, l'motion mme sont dosespar votre volont; vous en tes matre.Quelques lecteurs de notre Cours nous ont crit pour nous exposer leur inquitudedans le cas suivant: dsireux de rcuprer des forces, ils ont tent de s'isoler et, quand ilssont arrivs crer en eux le monodisme, ils se sont trouvs plongs dans le sommeilnaturel. La peur leur est alors venue de se trouver incapables de pratiquer cet isolementque nous considrons comme si fructueux. Il n'en est rien. Ceux qui, dans un moment defatigue, ont essay de s'isoler avant d'avoir acquis un entranement suffisant, n'ont pas tre surpris du sommeil qui les a gagns. Ce sommeil est le simple et naturel effet de leurfatigue; il est rparateur et c'est la ncessit o se trouve l'organisme de rparer ses forcesqui l'a impos au dormeur malgr soi. Le sommeil, a dit avec raison un grand philosophe,est le sommet de l'activit humaine, puisque c'est par lui que l'homme prend la forced'agir et il le compare la paix qui suit la victoire. On ne saurait mieux dire et, pourreprendre la phrasologie de la science mdicale, nous dirons que le sommeil opre larecharge de vos centres nerveux.imageFig. 93. Une image mentale, qui prdispose au sommeil naturel.Yeux ferms, le corps bien dtendu, la respiration ample et rythme, voquer devantson intellect un troupeau de moutons qui se perd l'horizon.Il est trs bon que, dans les premiers temps de votre entranement, vous puissieztrouver de la sorte un moment de bon et profond sommeil. Si vous craignez que cettepriode se prolonge et fasse tort vos occupations quotidiennes, faites-vous veiller entemps utile par une personne de votre famille ou par un simple rveil. Il ne faut, en aucuncas, lutter contre l'envie de dormir. Vous arriverez d'ailleurs facilement limiter lesommeil au temps qui vous est convenable. Quand votre entranement sera parfait, vousutiliserez chaque soir cet tat d'isolement pour parvenir au sommeil naturel. Sitt dansvotre lit, vous dtendrez vos muscles, vous respirerez amplement et sans effort, vousarrterez votre travail mental et vous vous endormirez promptement. Vous jouirez d'unenuit paisible et le matin vous trouvera avec un esprit dgag de tout souci, prt l'action.A mesure de vos entranements, l'isolement, qui vous a paru tout d'abord si difficile obtenir se produira votre volont et vous en savourerez tous les bienfaits. Durant lajourne, vous arrterez votre activit psychique aussi compltement que possible, dans lalimite de temps que vous vous serez fixe. Ceci vous arrivera partir du moment o lesommeil ne viendra plus contrarier vos tentatives. Et cela est encore tout naturel; laproduction involontaire du sommeil normal n'est pas le signe de quelque dfautd'entranement; c'est simplement la preuve de l'tat de dpression o vous vous trouvezmomentanment. Cdez au sommeil quand il vous accable et ce sommeil vous ramneradans un dlai rapproch cet quilibre nerveux qui est le but de vos efforts.Pour prendre un exemple matriel et frappant, songez que votre organisme estproducteur d'une nergie nerveuse, d'une sorte d'lectricit assimilable celle queproduisent les anguilles lectriques. Quand l'anguille a donn sa dcharge, elle est250absolument inoffensive pendant un assez long moment; il est ncessaire, pour qu'ellepuisse donner une nouvelle secousse, que ses accumulateurs lectriques se trouvent denouveau remplis. Il en est de mme pour nous, quand nous avons beaucoup travaill.Nous avons besoin d'un temps de repos, temps plus ou moins long selon notretemprament, notre tat de sant et la somme d'efforts que nous avons fournis. Pour nousdvelopper magntiquement; et psychiquement, nous avons besoin de toutes nos forces,c'est pourquoi vous auriez tort de vous refuser le sommeil qui vous vient, en cherchantl'isolement. Il vous ramnera la force et le calme qui vous procureront la matrise devous-mme, cet lment ncessaire et souverain du bonheur.Quelques minutes d'isolement reposent d'une faon insouponnable. Avez-vous faitune longue course pied, des efforts musculaires de n'importe quel genre ? Une demi-heure de cet tat d'isolement vous redonne des forces nouvelles. Etes-vous fatigumoralement ou psychiquement ? Votre travail intellectuel vous a-t-il alourdi,congestionn la tte ? Vous excutez le mme exercice et, aprs quelques instants, toutepesanteur a disparu : vous voil le corps souple, la tte libre, l'esprit dispos et prt continuer l'effort commenc. Il faut avoir prouv cette sensation dlicieuse de calme, debien-tre, pour se rendre compte que c'est le seul moyen de dlassement parfait qui soit notre porte.Son utilit ? Elle est trs grande.Exemples: Vous tes dans les affaires et vous venez de fournir un effort considrable:votre tte est lourde, vos tempes battent, votre respiration est courte et agite. Vous voustendez et vous restez quelques minutes dans l'tat que nous venons de dcrire. Aprs untemps trs court, vous voici remis de vos fatigues, de nouveau gai et joyeux. Avant deconnatre cette mthode si simple, vous ne sortiez peut-tre de votre bureau que pourvous mettre table. Maintenant, avant le repas, vous vous isolez quelques minutes etvous voici aussi bien dispos que le matin au saut du lit. Non seulement, votre tatphysique se trouve amlior, mais vous vous tonnez du changement qui survient dansvotre esprit. Vous tiez nerveux et irascible, proccup. Ds que le rythme est rtablidans votre corps, votre caractre reprend ou acquiert un calme qui tonne votreentourage. Qu'a-t-il fallu pour cela ? La connaissance d'une loi, celle du rapport quiexiste entre l'activit musculaire et l'activit crbrale. Qui donc serait assez ennemi desoi-mme pour se refuser cet isolement si ncessaire ?L'isolement prdispose au sommeil et peut, si on le dsire, l'amener. Napolon, prispar de multiples travaux, s'accordait trs peu de temps pour le sommeil, mais, cesommeil, il le prenait au moment o il en avait besoin, quel que fut le lieu o il setrouvait. Bien plus, il en limitait la dure par la force de sa volont. Entre deux audiencesou deux travaux trs diffrents, il s'endormait volont et se rveillait instantanment,non seulement l'heure qu'il avait fixe, mais encore avec les ides aussi nettes etreposes que s'il ne s'tait jamais assoupi. Il se remettait au travail avec une nettet devue et de mmoire qui a toujours tonn ceux qui travaillaient avec lui, pourtant admisquotidiennement collaborer ses cts.Constant, le valet de chambre de l'Empereur, cite dans ses Mmoires divers cas decette facult surprenante qui donnait l'Empereur tant de matrise sur lui-mme. 251L'Empereur, rapporte-t-il, dormait quelquefois un quart d'heure, une demi-heure sur lechamp de bataille, lorsqu'il tait fatigu ou qu'il voulait attendre plus patiemment lersultat des ordres qu'il avait donns. (Constant. Mmoires intimes de Napolon 1er, Paris s. d., p. 356. )Dans le Mmorial de Sainte-Hlne, Las Cases qui a vcu d'aussi prs que possible lesdernires annes de lEmpereur cite des faits du mme ordre: II arrivait souvent l'Empereur, dans le cours de ses campagnes, qu'on le rveillaitsubitement pour des circonstances instantanes; il se levait aussitt; on n'et pas devin ses yeux qu'il venait de dormir; il donnait ses dcisions ou dictait des rponses avec lamme clart, la mme fracheur d'esprit que si c'et t en tout autre moment. C'est cequ'il appelait la prsence d'esprit d'aprs minuit: elle tait complte et extraordinaire chezlui. Il est arriv, dans ces circonstances, qu'on l'a rveill peut-tre jusqu' dix fois dansla mme nuit, et on le trouvait toujours rendormi, parce qu'il n'avait pas encore satisfaittout son besoin de sommeil. Se vantant un jour de cette facilit de sommeil, et du peuqu'il lui en fallait, un de ses ministres (le gnral Clarke), celui-ci lui rponditplaisamment: C'est bien ce qui nous dsole. Sire; car c'est souvent nos dpens; il nousen descend parfois quelque chose. Sarah Bernhardt avait dvelopp chez elle la mme facult et profitait de l'isolementpour rparer les forces qu'elle dpensait sans compter aussi bien dans l'administration deson thtre et de ses tournes, que dans la cration de ses rles, qui sont le ct le plusclatant, mais non le moins pnible, de son blouissante carrire.Quand l'illustre tragdienne avait donn un effort qui et suffi terrasser de plusjeunes et, en apparence de plus robustes qu'elle, souvent, aprs les crasantes rptitionsde l'aprs-midi, elle s'tendait sur sa chaise longue, fermait sa porte tout le monde ets'isolait quelques instants. A ce moment, elle tait de sa pense toutes lesproccupations, si multiples cependant, de sa vie de directrice et de comdienne, et seplongeait dans le vide absolu du cerveau. Quelques minutes aprs, elle avait retrouvtoute la puissance de son gnie. Sa fatigue tait dissipe; elle tait prte pour lareprsentation du soir. Quand elle tait trs fatigue physiquement, il lui arrivait depratiquer cet isolement au cours d'un entracte, aprs avoir fait son changement decostume, de manire ce que la pense de ce changement ne vienne pas l'importuner dun souci trop immdiat. Ds qu'il tait temps de rentrer en scne, elle revenait elle-mme, la mmoire aussi sre, l'esprit aussi prsent que si elle n'avait jamais prouvaucune lassitude.Quand la grande Sarah jouait deux fois dans la mme journe, en matine et en soire,il ne lui restait gure de temps pour s'isoler comme elle avait besoin de le faire. Elleprofitait alors de la traverse de Paris qu'elle tait oblige de faire pour rentrcr chez elleet s'isolait dans son auto, soit l'aller, soit au retour. Ce dernier moment lui tait le plusprofitable car il prcdait immdiatement le rude effort donner. Il est vraisemblable quecette pratique de l'isolement a servi dvelopper puissamment le gnie naturel del'artiste. En effet, personne plus que Sarah Bernhardt n'a connu des triomphes clatants,n'a mu et troubl les foules les plus diverses. Sa voix, son geste, toute sa personneirradiait une puissance motionnelle qui n'a jamais t dpasse. Les grandes252tragdiennes qui l'ont devance, surtout celles qui comme Marie Dorval, par exemple, oula Malibran dans la musique, mettaient comme Sarah toute leur me dans leur jeu etfaisaient pleurer en rpandant de vraies larmes, ces grandes verseuses d'motion sontmortes jeunes, ayant puis dans leur art toutes les ressources de leur nergie sensitive.Au contraire, Sarah Bernhardt est morte fort ge, sans avoir jamais cess de jouer, dejouer aussi bien avec son cur qu'avec son talent. C'est que si la grande artiste avait lafacult de donner, elle avait aussi dvelopp en elle le pouvoir de rcuprer sa forcenerveuse. C'est par ce dveloppement si ncessaire tous qu'elle a pu atteindre un geavanc, en conservant aussi grande que dans sa jeunesse cette puissance d'motion, cettegrce, cette sensibilit qui l'ont fait adorer de tous les publics.Edison a fait de mme. Dans le feu d'un travail urgent, il a pu rester 24 heures sansprendre d'autre repos que quelque demi-heure de dtente qu'il s'accordait, sans sedshabiller, sur la chaise longue de son laboratoire. Cette demi-heure de repos termine,il revenait ses expriences avec des forces nouvelles et ne semblait aucunement fatigu. Lorsqu'il poursuivait le cours de ses expriences, nous disent MM. Keim et Lumet, ilne bougeait pas de son laboratoire et se couchait sur une table. Quelques livres luiservaient d'oreiller. Ce lit improvis lui suffisait amplement, car il tait capable de'dormir n'importe quelle heure, vite et bien, sans rve. ( A. Keim et L. Lumet. - Les grandshommes.- Edison, Paris, s. d. (1913). Le confortable qu'il accorda par la suite ces reposhtifs vint de la tendre sollicitude de Mme Edison.II ne faut pas cependant abuser de cette mthode. Pendant le sommeil, nous rparonsles forces dpenses, nous remplaons nos cellules nerveuses uses. Plus notre sommeilest parfait, profond, plus il est rparateur. Mais il est peu de personnes qui dorment bien.Beaucoup ont des rves, des cauchemars, manifestations d'un cerveau qui continue sontravail alors qu'il devrait se reposer. Dans ces conditions, le sommeil ne rend pas l'organisme les services qu'il doit en attendre. Apprenez donc dormir, dormir aussittque vous le voulez. Ce dernier point n'est pas le plus facile. Beaucoup de personnes ontde la difficult s'endormir; on ne les berce pas, mais elles se bercent l'esprit, cherchent se fatiguer, s'tourdir. Elles lisent, absorbent leur esprit, jusqu' ce qu'une fatigueexcessive les accable. C'est un moyen, sinon dangereux, du moins trs fatiguant pourl'organisme. D'autre part, ceux qui ont recours des soporifiques s'intoxiquent, lsentleurs cellules nerveuses. Ces soporifiques absorbs sous forme de cachets, de pilules,etc... procurent le sommeil pendant un temps donn, mais si vous voulez que l'effet secontinue, vous devez, pour vaincre l'accoutumance de l'organisme sa raction,augmenter sans cesse la dose. De mme, celui qui lit pour s'endormir lira de plus en pluslongtemps, de plus en plus tard. Le sommeil, sans cesse retard, ne viendra plus qu'aupetit jour, lorsque les meilleures heures de la nuit seront coules. II s'ensuivra un tatconstant de surexcitation nerveuse.Et pourtant, on peut s'endormir volont. Il ne faut que s'y entraner et le sommeilvous prend aussitt qu'on le dsire. L'insomnie la plus tenace peut tre vaincue. Il suffitd'arrter le travail crbral, donc de s'isoler, comme nous en avons donn le moyen.S'tendre bien allong sur le lit, viter les positions plies, recroquevilles qui gnent lacirculation; puis respirer largement, calmement; se dtendre, rendre le corps aussi inerteque possible, afin que son activit ne soit pas une source d'excitation pour le cerveau. Ce253rsultat une fois obtenu, il faut crer en soi le monodisme: puisque l'on ne peut arrtertout travail crbral, il faut penser une chose simple, un site agrable. Ce procd estle plus propice nous suggrer des sensations de calme. Il suffit de nous rpter l'autosuggestion de repos : je suis bien... de plus en plus calme... mes membres sedtendent ... mon cerveau se calme... sommeil... sommeil..... som..... .meil...... Aprsquelques essais srieusement faits dans la pense que ce moyen est bon et qu'il vousdonnera le repos, vous arriverez vous plonger volont dans le sommeil. Ce ne serapas une vague somnolence, mais un vritable sommeil rparateur. Ce sommeil tantprofond sera sans rve.A mesure que vous apprendrez mieux vous isoler, vous arriverez dormir pluscalmement, vous donner un repos meilleur et plus profitable. Ce bon repos aura sarpercussion au rveil. Une fois bien repos, vous n'aurez plus besoin, le matin, d'tirervos membres, de vous frotter les yeux; vous n'prouverez plus ce sentiment de lassitudequi rend, beaucoup, le lever si pnible. Au contraire, votre esprit sera joyeux, votrecorps dispos, votre tte bien libre; vous vous sentirez le corps et l'intelligence prts fournir la somme de travail qu'exigera votre journe. Vous vous dcouvrirez mme desforces que vous ne souponniez pas; vous serez gai, heureux, content. Le travail ne vousparatra plus alors une tche disproportionne avec vos forces, puisque vous saurezqu'aprs toute priode de travail, vous vous accorderez le repos ncessaire.imageFig. 96. Pour amener rapidement le sommeil naturel.Il sufft de s'isoler et d'arrter tout son travail mental sur ce mot: Sommeil qu'onrptera mentalement le plus doucement possible. Le corps doit tre dtendu, larespiration ample et bien rythme. L'habitude de cette autosuggestion permet d'entrer ensommeil en quelques minutes.Ainsi rendu l'activit et la sant, le travailleur n'a plus qu'une pense: amliorer sonsort et celui de ceux qui l'entourent. Il dsire le bonheur de tous et son labeur ne luiparat plus aride, car le voyant avec les yeux de l'homme sain, il comprend mieux que ceteffort est profitable tout le monde, que la prosprit d'un pays est faite de toutes lesactivits individuelles unies dans une pense commune.Pour arriver ce rsultat, pour utiliser vos forces au mieux de vos intrts personnelset de l'intrt collectif, votre corps est devenu un parfait instrument au service de votrevolont discipline. En vous, c'est cette volont, claire sans cesse par de nobles ethautes penses, qui devrait toujours diriger. Pourtant, il n'en est pas toujours ainsi. Votreinconscient sort sauvent de son rle de sous-directeur et veut commander en son nompropre. C'est un cueil contre lequel il faut remdier. Ceci nous amne vous parler de lamatrise de soi.RsumUne vrit se dgage du prsent chapitre. En chaque chose nous devons nous rappeler254l'inluctable loi du rythme.De mme que les jours et les nuits se succdent, notre cerveau doit connatre despriodes peu prs gales sinon en dure, du moins en intensit, de travail et derepos. Nous ne sommes pas toujours matres de nos heures de repos, mais ce que nouspouvons faire, c'est pratiquer l'isolement, qui est le repos idal. Cet isolement estl'apaisement le plus complet possible de notre esprit. Si nous voulions le pratiquerabsolument, nous devrions arriver supprimer toute pense, toute image de notre esprit.Cela est fort difficile, surtout pour les nouveaux adeptes. S'il est impossible d'arrterentirement l'idation, on peut du moins, aux heures de repos, s'efforcer d'arrter sonesprit sur une pense unique, sur une ide calme, agrable, capable de gnrer dans notreesprit des images proches du sommeil, qui nous donnent la paix la plus doue etdtendent, notre organisme.Rappelons encore une fois qu'une intime corrlation existe entre l'activit musculaireet l'activit crbrale. Donc, pour obtenir le repos de l'esprit, il est bon que nousdtendions aussi notre corps. Ils sont comme deux rouages monts l'un sur l'autre. Toutemodification apporte au premier ragit sur le second.Donc, si nous voulons pratiquer avec utilit l'isolement, il nous faut:1. D'abord imposer silence au travail musculaire, prendre, sur un fauteuil ou unechaise longue, une attitude qui mette les muscles dans un relchement aussi complet quepossible;2. Limiter notre activit crbrale une pense secondaire, aussi diffrente quepossible de nos occupations habituelles. Il faut que cette pense soit doue et agrable,de manire diminuer les proccupations courantes. Elle ne doit avoir rien de communavec notre travail coutumier dont il faut s'abstraire avant tout.Apprenez dtendre vos muscles par les exercices que nous vous avons indiqus.C'est la partie la plus facile de votre tche. Ensuite, tout en fermant les yeux, tchezd'obtenir le monodisme en fixant votre pense sur un cercle noir. Cette sensation fixe,ajoutez-y encore en vous rptant mentalement: Je suis calme... trs calme... de plus enplus calme. Vous arriverez cet tat de repos qui vous retrempera pour la lutte.Le soir, un repos, un isolement du mme ordre est la meilleure prparation possiblepour obtenir promptement un sommeil paisible et rparateur. Chassez de votre esprit lesides parasites en rptant mentalement, sur un rythme lent, appropri votre dsir: Sommeil.. . sommeil. .. profond sommeil. . . Pour avoir le sommeil le plus calme et leplus rapide, on peut encore crer en soi l'ide du noir, du tunnel, de l'ombre profondedont toute ide est bannie. Si vous trouvez cette sensation trop sombre ou trop triste,crez un monodisme diffrent sur une image calme et joyeuse, comme celle d'untroupeau de moutons dans une campagne verte et riante. Ds que vous avez cr cetteimage reposante, la paix de l'esprit vous amne un sommeil doux, profond, rparateur.Sachez concentrer votre pense dans le travail, donner alors tout l'effort dont vous tescapable; mais, quand il vous est loisible de vous reposer, faites le aussi compltementque vous le pourrez. De l'quilibre entre votre travail et votre repos dpend le bonfonctionnement de votre cerveau. Dans le repos, drivez vos penses dans un ordred'ides tout diffrent de votre travail, que ce soit un plaisir honnte, les arts, la musique,un beau spectacle ou la contemplation de la nature. Et le soir, la tche accomplie, sachez255vous plonger volontairement dans le sommeil dont vous avez besoin.La Matrise de soi On aurait beau, dans une bataille, vaincre des millions d'hommes, se vaincre soi-mme est la plus grande victoire. Par l'activit virile, l'effort vigilant, la paix de l'me et l'empire sur soi-mme, le sagepeut se faire une le que les flots ne submergent pas. Tenez-vous vous-mme en rnes, comme un homme tient en rnes un ardentcoursier. Dhammapada Sache bien que tu dois apprendre dominer tes passions, tre sobre, actif, chaste.Ne te mets jamais en colre. Pythagore (Vers d'or recueillis par Lysis). Portez vos ennuis comme vos vtements, ngligemment. Shakespeare. Quand on connat son mal moral, il faut soigner son me comme on soigne son brason sa jambe. Napolon. Quand on est matre de soi on est matre du monde. Nietzsche. Celui qui est son propre roi jouit de se gouverner lui-mme et n'envie rien auxmonarques de la terre. Sir Thomas Broxn. La colre est la fois le plus aveugle, le plus violent et le plus vil des conseillers. Sgur. II est aussi difficile de fixer des ides nettes dans une me agite par la peur, que debien crire sur un papier qui tremble. Locke.256LA MAITRISE DE SOILa synthse psychologique. Les troubles de l'inconscient. Le nervosisme. Troubles psychiques de l'motivit: facults perverties, exaltes, diminues oususpendues. Troubles sensitifs. Troubles sensoriels: oue, vue, odorat. Troublesmoteurs. Troubles organiques: fonctions digestwe, respiratoire, circulatoire, Troubles vaso-moteurs: a) vaso-dilalation, b) vaso-constriction. Rpercussions duchoc motionnel sur les principaux organes: larynx, foie, reins, vessie, utrus, peau.Action sur les scrtions. Effet de l'motivit sur l'conomie humaine. Vers lamatrise de soi. La cure organique. Comment duquer l'inconscient. Commentrenforcer la conscience. Art de parler en public. Actions rflexes: vomissementsincoercibles de la grossesse, mal de mer, etc. Les troubles d'intoxication: tabac, caf,alcool, morphine, opium, cocane, etc... Rsum.L'une des premires ncessits de notre entranement, c'est d'obtenir le parfaitquilibre de notre organisme. Certes, ce n'est pas une tche aise. Mais, quelles quesoient les difficults que nous rencontrons, qu'elles proviennent de notre hrdit,d'habitudes, d'un pli psychique que nous subissons depuis un temps plus ou moinslong, nous pouvons tre certain que notre volont et notre persvrance amliorerontprogressivement le rendement de l'usine humaine. Aussi, pour que ce travail soit moinslong et moins pnible, devons-nous bien connatre cette usine dont nous voulons tre lematre. Il nous faut tudier ses machines et les forces qui les mettent en mouvement.L'usine humaine est un ensemble bien complexe. Les trois lments qui la constituent corps, conscient et inconscient ragissent les uns sur les autres. Toute modificationapporte l'une des parties a sa rpercussion sur les autres.L'homme, nous l'avons dit, et nous devons y insister nouveau, peut tre compar une vritable usine. Elle comprend trois parties: tout d'abord un ensemble d'organesmatriels, groups selon leurs fonctions qui ont chacune un rle spcial dans l'conomie:systmes digestif, circulatoire, respiratoire... Ces systmes tirent des aliments (solides etliquides) et de l'air, les lments ncessaires l'entretien des organes et la fabricationde la force nerveuse indispensable pour faire fonctionner ces organes au mieux desintrts de l'usine.Mais cette machine humaine, inerte par elle-mme, possde, pour la mettre en actionet en diriger le travail, un directeur et un sous-directeur. Le directeur, c'est le moi , leconscient, qui tient ses bureaux dans le cerveau et ses annexes; c'est l o convergentles impressions sensorielles, l d'o il transmet ses ordres par l'intermdiaire des nerfs.La tche est considrable. Aussi ce directeur est-il second par un sous-directeur, unesorte de supplant, qui a son sige dans le systme nerveux grand sympathique. C'est lui,en ralit, qui fait fonctionner l'usine, mais le rle de ce sous-directeur est celui d'unautomate; il doit excuter les ordres du directeur et ne jamais prendre d'initiative. Cesupplant du directeur, c'est le moi automatique, l'inconscient.Une parfaite entente est ncessaire entre le directeur et le sous-directeur, mais il n'en257est pas toujours ainsi. Parfois, sous une impulsion non soumise au contrle du cerveau, lesous-directeur s'affole et son activit draisonnable drgle le fonctionnement de l'usine.Non seulement, il gne le directeur dans son rle de commandement, mais il perturbe letravail des sous-ordres, trouble les fonctions organiques. Tel est le mcanisme de toutesles motions venues de la crainte, de l'anxit, des ides noires, de la peur, dubgaiement, du trac, des phobies... Dans ces diffrents cas, le sous-directeur est toujoursaffect plus ou moins profondment; il entrave le directeur dans son action, et de l vientun dsordre invitable dans les fonctions de l'usine humaine, comme nous allons le voiren dtail.Notre sous-directeur manque-t-il de rflexion ? Nous voyons la colre apporter sestroubles dans la conscience et jusque dans l'organisme. Cde-t-il ses impulsions ? Il nesait plus rsister l'attrait dangereux du tabac, de l'alcool, des stupfiants tels quemorphine, cocane, ther, opium, qui dtruisent lentement parfois, mais srement, lapersonnalit humaine, crent en elle des besoins irrsistibles.L'usine humaine est fort complique. Nous en avons tudi, sparment pour plus declart, les trois lments constitutifs au dbut de ce Cours et, pour le perfectionnement deces trois lments constitutifs, nous avons divis notre entranement en trois stadess'adressant chacune de ces parties:1. Entretenir au mieux nos organes par une alimentation judicieusement comprise,une respiration ample, des exercices physiques doux;imageFig. 97. Le pessimisteA remuer sans cesse ses ides sombres, le pessimiste perd le got de l'action. Que debelles heures attendent celui qui veut se ressaisir ! Pour sortir de l'ombre, il fautcomprendre le rle de la pense. Notre conscience est un champ fertile: semons-y debeaux espoirs et la rcolte sera magnifique.2. Donner notre sous-directeur le plus de force possible, grce l'autosuggestion motionnelle et au regard magntique;3. Augmenter l'autorit de notre directeur, son savoir, par une surveillance, uneattention soutenue, pousse aussi loin que possible par la concentration, qui est unepriode de tension laquelle doit succder une priode de calme, de repos, de dtenteque nous avons appele isolement.De tout cela, nous n'avons fait jusqu'ici qu'une tude spare. Nous avons envisag lefonctionnement normal ou anormal de chacune des parties. Il nous reste voir lefonctionnement de l'ensemble et les parties agissant l'une sur l'autre, pour une actioncommune. Notre tude, qui serait incomplte sans cela, ne pouvait tre faite plus-tt, caril fallait connatre sparment chacun des lments avant de les voir l'uvre et, d'autrepart, si nous n'avons pas su les rendre tous trois suffisamment forts, nous n'arriveronsjamais l'quilibre ncessaire au dveloppement harmonieux de nos facults. C'estl'omission de ce soin qui a induit en erreur bien des crateurs de mthodes psychiques;ils n'ont pas su viter cet cueil; ils ont dsquilibr la machine humaine en dveloppantdmesurment une de ses parties au dtriment des deux autres. Nous allons voir258comment et pourquoi cette erreur peut tre funeste.imageFig. 98. L'envie irrsistible de fumerVoici un besoin dont il faut se dfaire. L'tre humain ne doit pas tre le jouet de dsirsqui surgissent des parties les plus obscures de l'inconscient. Le plus grand bonheur del'tre humain, c'est de se sentir libre !Imaginez une usine possdant tout le matriel dsirable, les machines les plusrcentes, des courroies toutes neuves, des matires premires de la meilleure qualit,mais sans directeur ni sous-directeur, ou avec des chefs incapables. Le fonctionnementde toutes ces belles machines, manquant de direction utile et technique, se fera au hasardet l'usine marchera vers la faillite. Il en est ainsi de nombre d'affaires, entreprises avecbeaucoup d'argent mais sans connaissances suffisantes; c'est le cas, pour l'usine humaine,lorsqu'on suit des mthodes qui ne se proccupent que des organes sans se soucier duconscient et de l'inconscient.imageFig. 99. Le dcouragement,II n'est pas un tre dcourag, dprim, anxieux qui ne puisse retrouver la parfaitepossession de lui-mme. Il faut se redresser devant le destin et dire: Je veux ! Et lesbelles heures ne se font point attendre.Prenez maintenant un directeur aussi capable que vous pouvez l'imaginer, maisdonnez-lui une machinerie dtriore, encrasse et retirez-lui le sous-directeur ncessairepour rpartir le travail aux ouvriers et leur faire excuter en dtail les plans de ladirection. Ici, encore, les affaires pricliteront. C'est l'erreur de ceux qui veulentdvelopper l'tre humain en ne s'occupant que de l'esprit, sans tenir compte du corps etde l'inconscient. Si on laisse les fonctions matrielles se dsorganiser faute de soin,l'ensemble ne marchera jamais bien.De mme, de bonnes machines, surveilles par un sous-directeur capable mais sansaucune direction technique ne donneront pas l'usine l'extension laquelle elle est peut-tre appele. Un directeur est ncessaire pour prendre les initiatives, donner les ides,assurer les dbouchs.Afin que le rendement soit parfait, il est ncessaire que les trois lments rpondent aubut pour lequel ils ont t crs. Nous ne pouvons donc obtenir un fonctionnementnormal de l'usine humaine que si nous contrlons toutes les parties de notre organisme:corps, conscient, inconscient.imageFig. 100. La peur.Trembler, sursauter au moindre bruit occasionne des dperditions de forces nerveusesqui portent atteinte l'quilibre psychique.259Etudions d'abord les troubles qui peuvent affecter notre inconscient et rpercuter saforce aveugle sur les oprations de l'esprit. Leurs causes sont nombreuses, mais ellestiennent surtout aux motions, aux chocs extrieurs, que notre sous-directeur enregistre faux et qui crent les troubles nerveux: tension excessive, craintes, impulsions, tristessessans motif ou disproportionnes avec celui qui les fait natre, colres, peurs, timidit,bgaiement, trac, phobies. Ce peut tre aussi le directeur qui, sous la tentation d'un bien-tre fallacieux, d'une excitation passagre, se laisse aller aux excitants, aux poisons de lavolont. Et bientt l'inconscient prend l'habitude de son poison et ne peut plus s'enpasser. Le malade ne peut plus rsister la tentation de sa morphine ou de son opium.Les faiblesses du directeur envers son sous-directeur amnent des rpercussions fatalesau bon fonctionnement de l machine humaine. Il en est de mme dans les cas ol'homme cde des impulsions irraisonnes qui deviennent irrsistibles si elles ne sontpas combattues.imageFig. 101 Le nervosismeNombreuses sont les personnes qui ne savent pas matriser leurs nerfs. Uneinoffensive souris qui passe inopinment et la femme nerveuse s'affole... Sous l'influenced'une cause aussi futile, on a vu de grands nerveux dfaillir. Le sexe fort, d'ailleurs, n'estpas exempt de ces faiblesses.Tel le kleptomane qui envie le bien d'autrui et qui, s'il ne reoit pas les utilesdirections qui le dtournent de s'approprier ce qui appartient aux autres, s'accoutume cder ce penchant funeste et finit par en supporter les redoutables consquences. Ilexiste une kleptomanie momentane, dpendant d'un tat physiologique, la kleptomaniedes femmes enceintes. Par suite de leur tat de grossesse, il est certaines femmes trsnerveuses qui cdent limpulsion de voler tel ou tel objet, gnralement comestible.Il y a lieu d'ajouter encore ces causes, qui viennent perturber l'quilibrephysiologique et psychique, certaines actions rflexes. La surexcitation d'un organe peutse rpercuter sur un autre, avant mme que la conscience ait eu le temps d'intervenir. Telest le cas des vomissements incoercibles de la grossesse. L'excitation de l'utrus sepropage jusqu'aux centres qui innervent l'estomac, amne une surexcitation de cetorgane, d'o crampes, nauses, suivies gnralement de vomissements. Le mal de mer, lemal de chemin de fer, la trpidation, le balancement amnent, par rpercussion, uneexcitation de l'estomac qui produit les mmes effets.On le voit, les causes sont nombreuses qui portent atteinte notre quilibre. Les effetsqui en rsultent sont naturellement trs nombreux. Nous allons les tudier plus en dtail.Si nous surmenons notre organisme, nous arrivons un tat de tension, d'excitationnerveuse o les faits et les sensations prennent une importance disproportionne leurobjet. Le nerveux ne peut supporter, sans bondir, le bruit inattendu d'un objet qui tombeou d'une porte qui se ferme violemment. Le bruit des voitures dans la rue lui estinsupportable. Une odeur dsagrable, une saveur amre ou acide, une mouche qui se260pose sur sa peau, une souris qu'il voit passer l'improviste, lui font pousser des cris, fairedes soubresauts qui dmontrent qu'il n'est pas en pleine possession de soi-mme.Certains petits faits quotidiens lui causent un agacement, une irritation sans mesure, entout cas sans rapport avec des vnements si minimes. Certes, il s'agit ici de ladisposition d'esprit d'un grand nerveux, d'un nvropathe, toujours port exagrer lesfaits et leurs consquences. Pour ce malade, la moindre motion devient une excitationimprieuse: c'est l'oppression, l'affre, l'anxit, l'angoisse, troubles heureusement assezrares quand ils se rapportent une toute petite cause, mais plus frquents que l'on nepense quand il s'agit de causes plus importantes.Regardons autour de nous. Que de gens ne sont pas en tat de ragir contre la craintepurile de malheurs que rien ne fait prvoir, contre telle ou telle impression pnible dontles rpercussions dpassent toute vraisemblance, qui, pour un motif insignifiant selaissent aller , la crainte, la tristesse, aux ides noires. S'ils ne ragissent, ces idesnoires gagnent de la force, deviennent une vritable anxit. L'anxieux, qui n'a plus laforce de ragir contre la tendance de son esprit, s'appesantit tout instant davantage surles possibilits de malheurs ou d'accidents et, cdant ses troubles, il les aggrave encore.Le Docteur Hack Tuke dit trs justement, en parlant des hypocondriaques: Larflexion, et spcialement la rflexion anxieuse, relative aux sensations corporelles, lesaggrave jusqu' les rendre morbides et peut donner naissance une foule de dsordresimaginaires. Etudions le mcanisme de ces sensations sur un fait connu, celui de la peur. Admettezque vous ne pouvez entrer dans une pice noire sans en tre gn, oppress. Si votredirecteur, c'est--dire votre systme nerveux conscient, intervient avec nergie, voussurmonterez votre sensation pnible; vous pntrerez dans la pice et vous vousapercevrez aisment qu'elle ne contient rien d'anormal. Peu peu, vous arriverez vousaccoutumer et vous ne sentirez plus aucune gne dans des conditions identiques. Sil'effet de la peur se porte votre larynx, elle vous fait bredouiller, bgayer et vous avezbesoin de toute votre nergie pour arriver dominer cette impression dsagrable.Le directeur ne parvient pas toujours mettre le sous-directeur la raison. Beaucoupde carrires thtrales, qui s'annonaient pleines de succs, ont t brises, ds leurdbut, par un trac insurmontable. Le traquer ne peut raisonner; son inconscient s'affole;il ragit sur les organes, couvre le visage de rougeur, fait trembler la voix, serrel'estomac, agite les jambes, amne des ractions intestinales et vsicales, cause enfin lesactions les plus diverses et les plus importunes, mme l'vanouissement. Et pourtant, si letraquer savait, il se gurirait lui-mme !Si ce dsaccord entre le directeur et le sous-directeur de notre usine s'exagre encore,nous arrivons aux vritables maladies nerveuses, aux phobies qui sont des peursirraisonnes et pousses leur paroxysme. Tel, prouve l'agoraphobie ou terreur desvastes espaces et ne peut traverser une place sans s'affoler, tel autre souffre declaustrophobie et ne peut rester dans une pice ferme o il lui semble qu'il va touffer.Ces phobies se prsentent sous les formes les plus varies: peur de certains aspects, decertaines couleurs, du noir, par exemple (le malade souffre passer sous un tunnel, nepeut rester dans une pice la nuit sans lumire...) ; peur des fleuves, de certains animaux,de certaines plantes, de certaines ides et tant d'autres formes qu'il faudrait un volumepour numrer et classer.261Contrairement ce qu'on pense habituellement, les causes tristes et dprimantes nesont pas les seules qui puissent rendre malades des nerveux. Ce n'est pas seulement ledsespoir ou la crainte qui peuvent causer des obsessions, mais aussi la joie, l'esprance,l'orgueil, une confiance excessive en soi-mme.Combien cdent galement des impulsions ! Ceux-l laissent s'installer en eux destics, des manies, de mauvaises habitudes. Chez d'autres, la colre les emportespontanment, sans mme qu'ils s'accordent le temps de discuter si l'offense qui les ablesss est relle.Nous nous laissons entraner fumer, boire, sans voir que nous prenons unehabitude qui peut devenir un besoin sans cesse croissant; nous commenons par cder,parce que nous y voyons un passe temps, et c'est seulement quand nous sommes horsd'tat de diriger notre inconscient, quand la conscience elle-mme est en infriorit, quenous nous apercevons de notre faute. L'habitude est prise; elle s'impose nous comme untyran et nous nous imaginons que rien ne pourra la combattre. Quelle erreur !Une telle habitude, dangereuse pour le tabac et l'alcool, l'est davantage encore pour lespoisons de la volont: morphine, cocane, ther, opium. On est tent, soit par la douceurde ne pas souffrir, soit par le snobisme stupide qui s'attache certaines drogues. Etquand, insensiblement, l'habitude nous a domins, nous ne pouvons plus rsister l'tatde besoin que nous avons cr.Etudions maintenant, plus en dtail, les rpercussions auxquelles notre impulsivitpeut donner lieu. Si graves soient-elles, nous verrons bientt qu'on peut y remdier.Nous envisagerons successivement les troubles psychiques, sensitifs, moteurs etorganiques de l'motivit.Troubles psychiques de l'motivitSous l'influence d'une motion, de ce que certains psychologues appellent l'motion-choc , certaines facults psychiques sont perverties, exaltes ou diminues. Parfoismme, si le choc motionnel est trop grand, toute activit psychique est suspendue; noussommes hors d'tat de penser et d'agir.Facults perverties. Sous le coup de certaines motions, de la peur, du trac, del'anxit, la raison subit une sorte d'ivresse. Un tumultueux vertige s'empare de l'espritcrant une sorte de dlire; les ides fuient, les paroles deviennent incohrentes; c'est unefolie momentane.Facults exaltes. Si toute l'attention se concentre sur un seul point, une ide quisemble planer au-dessus de la vie ordinaire, c'est l'absorption complte, l'extase.Facults diminues. Une motion violente, le trac, spcialement, peut rompre lasynthse psychique, enlever compltement la mmoire; c'est l'amnsie. Nos ides fuient.Nous sommes incapables de fixer notre pense, incapables de parler, d'associer des ides,de raisonner: un seul objet, celui de l'motion, nous occupe, au point mme de nousaffoler. Ne voit-on pas, en cas de danger, des personnes fuir en avant vers le danger262mme qu'elles veulent viter ?Facults suspendues. Si le choc motionnel est ressenti violemment, il peut fairetomber le nvros en lthargie. Toutes les fonctions crbrales sont alors suspendues;c'est le cas de la dormeuse de Thenelles qui, voyant arriver les gendarmes, se crutmenace d'arrestation et tomba dans un sommeil qui dura plus de vingt ans. Elle nes'veilla que pour mourir. Pendant le sommeil, la tuberculose avait fait ses ravages et lemal tait incurable. Les cas de sommeil spontan qui durent des mois sont innombrables.Troubles sensitifs de l'motivitCes troubles sont extrmement nombreux et ils sont gnralement connus, mais noussommes forcs d'y revenir et de les tudier en dtail pour en bien faire saisir lemcanisme. La plupart du temps, ils agissent sur la sensibilit gnrale, la rendant plusaigu (hyperesthsie), ou plus faible (anesthsie), ou pervertissent les sensations(paresthsie), ou encore les rendent douloureuses, mme quand elles n'ont point deraison de l'tre (dysesthsie).Le Docteur Hack Tuke, qui a tudi trs minutieusement les rapports du corps et del'esprit, a dit: I. La concentration de la pense sur une partie du corps peut y dterminer uneaugmentation d'afflux sanguin et, par suite, en augmenter la sensibilit. Si, l'ide, semle une forte motion, les effets sont encore plus remarquables. Si l'ide n'est pasdirige sur une partie spciale, l'tat d'motion produit, dans l'organisme en gnral, lasensibilit aux impressions: par exemple, le bruit devient insupportable, la peau estirritable, etc. II. Si la pense est fortement diminue d'une partie du corps, spcialement parune mqtion, la sensibilit diminue dans cette partie. Si les fonctions crbraless'exercent pendant que l'intelligence est absorbe dans une occupation profonde,l'individu n'a pas conscience des impressions gnrales faites sur les nerfs sensoriels.Une motion qui absorbe cause le mme effet. III. Les motions peuvent dterminer des sensations, soit en excitant directementles centres sensoriels et l'extrmit encphalique des nerfs de la sensation, soit enproduisant dans telle ou telle partie du corps des modifications vasculaires d'o rsultel'excitation des nerfs sensitifs leur terminaison priphrique. IV. Toute sensation, gnrale ou spciale, produite dans le corps par les agentsexternes peut tre aussi produits par des tats internes d'motion qui affectent les centressensoriels. Cette sensation, l'esprit la rapporte au point du corps o se termine le nerfsensoriel spcialement mis en cause. ( Hack Tuke. Le Corps et l'Esprit, Paris,1886. )Pour ne pas allonger notre tude, nous ne citerons, titre d'exemple, que quelques casd'anesthsie motive.Le Docteur Wilks rapporte le cas d'une jeune fille prs de laquelle il avait t appel.A la suite d'une grande frayeur, elle avait eu une attaque d'hystrie et tait tombe dans263un tat o elle paraissait avoir compltement perdu le sens du toucher. On citerait desmilliers de cas analogues. Beaucoup de nvropathes, sous le coup d'une motion, sontdevenus insensibles; on les pique, on les brle, ils ne sentent que le contact et encorepas toujours mais aucune douleur.Les convulsionnaires de Saint-Mdard taient galement insensibles. Carr deMontgeron (Carr de Montgeron. La Vrit sur les miracles oprs l'intercession, deM. de Paris et autres appelans; Continuation des dmonstrations de miradcs, 2 vol., Paris,1737-1741. ) a donn le rcit des tortures auxquelles, sur leur propre demande, lesconvulsionnaires taient soumis, sans qu'ils manifestassent aucun effet apprciable.Le Docteur Calmeil nous dit au sujet de Nisette, l'une de ces convulsionnaires: Ellefut battue sur la tte avec uns bche, puis avec quatre bches, puis elle se fit tirer lesquatre membres... Ensuite, deux hommes sont monts sur elle; ensuite un seul hommesur son dos, deux autres lui ont tir les bras en haut; on lui a donn l'estrapade. On lui atir les bras et les jambes, une personne tant sur son estomac, on l'a suspendue par lespieds; ensuite balance par les bras et les jambes, un homme tant sur son dos; puis on l'atourne en broche, ensuite tire par les quatre membres, deux personnes tirant aussi pardessous les paules. Ce tiraillement a dur longtemps parce qu'il n'y avait que sixpersonnes tirer... Ensuite, on lui a donn l'estrapade, la sape la muraille l'ordinaire;puis on l'a foule aux pieds, quinze personnes la fois. Et dans tous ces supplices volontaires, dont la cruaut dconcerte l'imagination, cettefemme n'a laiss paratre aucune sensibilit.La suggestion impose, ainsi que nous le verrons dans la suite de cette tude, peutamener des perturbations profondes dans la sensibilit. Chez les grands nerveux,l'anesthsie ainsi provoque peut tre assez complte pour qu'ils ne ressentent aucuneffet de piqres profondes ou d'incisions srieuses. Certains sujets, endormis parsuggestion, ont pu endurer, sans aucune sensation, de petites oprations commel'extraction de dents, l'ouverture d'abcs, sans l'intervention du chloroforme ou d'autresanesthsiques. Sur les grands nerveux, on a pu mme aller plus loin, couper un doigt,faire un accouchement, etc. Par contre, on peut exalter la sensibilit d'un sujet dans lesmmes conditions. Si l'on applique sur la peau dun sujet suggestible un objet latemprature normale en lui suggrant qu'il est trs chaud, il ressentira la brlure.Sur les sens, les modifications sont aussi nettes.Sur l'oue. L'motion peut trs sensiblement diminuer la perception auditive etmme, chez certains grands nerveux, supprimer compltement l'audition. Nous entrouvons de nombreux cas dans les ouvrages mdicaux.Le Docteur Pettigrew cite, d'aprs Astley Cooper, un cas de surdit cause par unefrayeur dans les circonstances suivantes: Une enfant de 10 ans, pour faire ses devoirs,eut besoin de tailler son crayon d'ardoise; elle allait la nuit dans la classe pour prendreson canif, lorsqu'une de ses compagnes l'effraya en se cachant derrire une porte. Elle eutune trs grande peur et fut prise de mal de tte. Le lendemain, elle devint sourde etcontinua de l'tre au point de ne pas entendre les paroles dites haute voix. AstleyCooper la vit trois mois aprs l'accident, elle continuait d'tre dans un dplorable tat desurdit. 264Le Docteur Dalby a observ plusieurs cas de surdit cause par une influence mentale.Au Congrs international de 1881, o il prsidait la section des maladies de l'oreille, ildclara; Je sais des personnes, en apparence bien portantes, qui ont presquecompltement perdu l'oue, les unes en voyant subitement mourir un trs proche parent,les autres en recevant une mauvaise nouvelle. Chez quelques femmes, les causes dumme accident ont t : la frayeur produite par l'appel un incendie, une alarme due l'introduction des voleurs dans la maison, le spectacle effrayant d'un homme qui secoupait la gorge; une fois, ce fut la rception imprvue d'une belle et grosse fortune.Dans tous les cas, la facult d'entendre tait parfaitement intacte jusqu'au moment de lacatastrophe; immdiatement aprs, la surdit tait profonde et, suivant toute probabilit,le changement avait t instantan. Le professeur Ball cite le fait suivant de surdit arrive la suite d'une violente colre: En mai 1879, C. D.., g de 26 ans, de bonne sant habituelle, se met violemment encolre, la suite d'une discussion avec sa belle-mre. Il rentre chez lui tout tremblantd'motion et veut raconter sa femme ce qui s'est pass, mais, sa grande surprise, ilconstate qu'il est sourd et muet: il ne peut ni parler ni entendre ce qu'on dit. Effray decet tat, il crit sur un morceau de papier le nom et l'adresse d'un mdecin, prouvant ainsisa lucidit d'esprit, Le lendemain, quatre heures de l'aprs-midi, la facult de parler luifut subitement rendue. Il resta cependant sourd des deux cts et priv de sensibilit duct gauche. Les sens du got et du toucher taient abolis du mme ct. L'acuitvisuelle tait affaiblie. Il y avait un peu de paralysie faciale gauche, et le bras gauchetait faible. La langue tait galement dvie gauche. Le malade recouvra subitementl'usage de ses sens quelques jours aprs. Le professeur Bail explique ce fait par unspasme ou crampe des vaisseaux qui amne une ischmie crbrale.Par suggestion impose, on peut diminuer l'acuit auditive et mme rendre sourds lesgrands neryeux. Nous reviendrons sur ce fait en tudiant la suggestion au point de vueexprimental.Sur la vue. L'motion peut amener des troubles de la vision, comme elle en cre surles autres sens. La frayeur, par exemple, peut donner des hallucinations. Les personneseffrayes croient voir, dans l'obscurit, des formes qui les impressionnent. Si le vent faitremuer un rideau, elles imaginent et finissent par voir quelque personnage cachderrire; leur esprit troubl voque mille histoires absurdes de voleurs. De mme, dansles bois, au soir ou dans la nuit, elles imagineraient voir des hommes la place d'arbresbien inoffensifs dont leur terreur dforme la silhouette.Le Docteur Braid, qui l'on doit la dcouverte de l'hypnotisme, rapporte le faitsuivant: Deux capitaines de vaisseaux marchands, arrivs au port en mme temps, allrenttous deux se loger dans leur htellerie habituelle. Mais la matresse de maison leur ditqu'elle tait dsole de ne pouvoir leur rendre service en cette circonstance, parce que laseule chambre dont elle pt disposer pour eux contenait le corps d'un individu qui venaitde mourir. Prfrant rester dans cette htellerie, n'importe quelles conditions, pluttque d'aller ailleurs, ils proposrent de coucher dans la chambre mme o reposait lecorps. Les capitaines s'tant mis au lit, l'un d'eux, qui tait grand hbleur, entama la265conversation avec son compagnon et lui demanda s'il avait jamais eu l'occasion dedormir dans la mme chambre qu'un cadavre. Non , rplique l'autre. Alors, reprit lepremier, savez-vous ce fait remarquable que toujours aprs minuit, dans ce cas-l, lachambre se remplit d'oiseaux qui volent de tous cts et chantent d'une maniremerveilleuse ? Le compagnon exprima sa surprise; mais, presque aussitt, il fut tmoinde la ralisation du fait. Au moment o la lumire fut teinte, une explosion de bruitsmusicaux se produisit comme si la chambre et t rellement pleine d'oiseaux. Lenovice, effray, non seulement les entendit, mais finit par dclarer qu'il les voyait volerdans toutes les directions et qu'il les sentait tomber sur lui. En peu d'instants, il entradans une surexcitation telle que, sans mme prendre le temps de s'habiller, il se prcipitaen bas de la maison et raconta le fait aux gens trs tonns; il affirmait que la chambretait rellement pleine d'oiseaux, qu'il pouvait le certifier d'aprs le tmoignage de sessens, car non seulement il les avait entendus, mais encore il avait vu et avait senti toutcontre lui le battement de leurs ailes. II avait, en effet, entendu du bruit, car son compagnon avait imit le chant des oiseauxen se servant d'un pipeau plong dans l'eau. La perception auditive avait amenl'hallucination visuelle.L'obscurit, l'excitation apporte aux nerfs par l'espoir d'un fait merveilleux favorisentles perturbations sensorielles. Ainsi dans les sances mdiumniques, bien des personnesqui ont perdu un tre cher et qui ont le trs vif dsir de se retrouver en rapports avec luicroient le voir, mme quand il ne s'est produit aucune manifestation quelconque. Nous nenions pas la ralit de certains phnomnes mdiumniqucs, mais il est certain que lespersonnes non averties, mues par l'espoir de retrouver un disparu sont dans un tatnerveux qui favorise l'hallucination. Il y a donc l une cause d'erreur possible qu'il estncessaire d'carter de toute exprimentation scientifique.Cela est tellement vrai que l'on peut crer des hallucinations par simple suggestion: ilsuffit d'affirmer un sujet hypnotisable qu'il voit telle chose, particulirement une chosesusceptible de le frapper: un ange ou un serpent, pour qu'il le voie et bientt l'affirme. Lasuggestion est seule en cause dans ce fait.Sur l'odorat. Voici un fait trs curieux cit par le Docteur Hack Tuke: Au momento, sous le rgne de Charles Ier, le Parlement tait en lutte avec le Roi, la rumeurpublique parla de graves complots et l'assemble fut prvenue qu'il s'en prparait undestin faire sauter tous ses membres. Ce complot n'existait pas. Pendant qu'on lednonait l'assistance, quelques membres se levrent, trs inquiets, et notamment deuxdputs trs corpulents. Leurs poids fit rompre une planche de la galerie; ce craquementfut tel qu'on crut la ralisation du complot et que John Ray se mit crier qu'il sentait lapoudre. Il en rsulta une panique au Parlement et dans Londres, et aussitt une banded'hommes arms marcha sur Wesminster pour dfendre l'assemble contre cetteprtendue conspiration des poudres. Par suggestion, nous pouvons crer des hallucinations de l'odorat comme nous enavons obtenu de la vue. Il en est ainsi d'ailleurs pour le got et le toucher. C'est mmeune des expriences les plus frappantes et les plus faciles que l'on ralise en suggestion,comme nous le verrons dans le chapitre consacr cet ordre de phnomnes.266Etudions maintenant les troubles moteurs.Troubles moteurs de l'motivit.L'motion peut donner, selon la cause agissante et son intensit, et aussi selon l'tat deraction de la personne:1. Soit des contractions et dtentes musculaires coordonnes; ce sont lesmouvements ordinaires, mais ils se font en dehors de notre contrle;2. Soit des contractions irrgulires ou excessives: spasmes, convulsions,quelquefois des contractions fixes (contracture partielle ou gnrale) ;3. Soit une perte de la facult motrice ou paralysie.Dans le premier cas, il s'agit de contractions et de dtentes d'une tendue normale,mais elles se produisent spontanment, sans laisser la personne qui en est affecte letemps de rflchir.Sur la face, appele le cadran des sentiments , nos contractions subites traduisentnos tats d'me avant mme que nous cherchions les exprimer par la parole. Unemotion gaie nous fait rire spontanment; modre, elle fait panouir la bouche en unsourire. La tristesse fixe nos traits dans un certain pli trs reconnaissable. Si l'tat d'mepersiste, s'accentue, il fige les contours, donne une figure tourmente ou extasie, selonl'motion qui nous envahit.L'motion peut faire natre des mouvements indpendants de la volont. Le DocteurTodd dit mme qu'elle peut mettre en action un ct de la face, alors mme qu'uneparalysie a soustrait ce ct l'influence de la volont; elle peut exciter des mouvementsdans les membres, alors mme que la volont est sans pouvoir sur eux .Dans la colre, nous brandissons le poing avant que l pense de frapper ait pris forcedans notre esprit; nos narines se dilatent, nous serrons les mchoires.Le Docteur Weir Mitchell rapporte un exemple de spasme des paupires d'originepsychique. Il concerne une dame, timide depuis son enfance, rougissant aisment, quitait fort gne devant les trangers. L'affection des yeux, nous dit le Docteur Weir Mitchell, lui vint aux bains de mer.Elle s'asseyait table pour diner lorsqu'elle remarque que, comme elle tait nouvellevenue, on l'observait. Elle en fit la remarque son mari et fut immdiatement prise d'uneviolente contracture des paupires et, dans cet tat, on dut l'emporter hors de table. Cephnomne s'tant produit une fois, la rptition de la cause premire amena un nouvelaccs, et enfin cette dame fut dans l'impossibilit de prendre ses repas dans la salle manger commune. C'est donc l'motion qui causa la maladie; puis ce fut l'obsessiontyrannique d'un souvenir dsagrable qui renouvela et entretint le mal. Nous russmesnanmoins obtenir de la malade qu'elle allt dner sans lever les yeux et qu'elleaffrontt le dsagrment lger que semblait lui causer le bruit des conversations. En finde compte, la confiance lui revint aprs une sorte de traitement qui consista en un longvoyage en Europe, o elle fut souvent expose aux ennuis qui lui avaient caus la267premire attaque. II est vrai que le Docteur Weir Mitchell a publi cette observation en1881 et qu' cette poque on ne connaissait pas la rducation psychique. Quelquessances de suggestion motionnelle auraient certainement suffi pour gurir la malade.Le Docteur Hack Tuke cite une observation due au Docteur Althaus. Il s'agit d'unedame, qui, la suite d'un accident dont elle fut tmoin dans la rue, fut prise d'unecontracture du cou et de la nuque, contracture des muscles trapze et sterno-cldo-mastodien gauches. Tout d'abord, les contractions furent lgres, elles ne survenaientque si la malade tait surexcite, si elle tait en socit, si on lui parlait. La maladiedevint de plus en plus pnible: il n'y avait pas de douleur, moins que les contractions nefussent particulirement violentes. Le Docteur Althaus dit que, dans ce fait, l'influencede l'motion sur la production du tremblement et des spasmes tait frappante. La maladetrouvait qu'elle souffrait beaucoup moins quand elle tait seule, dans une pice obscure;mais si elle se sentait observe, si elle voyait qu'elle tait un objet d'tonnement et depiti, elle allait bien plus mal. Elle vitait donc la socit et c'tait avec beaucoup dedifficult qu'on, lui faisait quitter sa chambre o elle interceptait tout accs la lumire.Dans la fureur, les ailes du nez se relvent, la respiration devient rapide et saccade,les sourcils se froncent. On s'indigne, le corps prend de soi-mme l'attitude de la lutte, onest prt attaquer son ennemi, on le toise des pieds la tte d'un air de dfi sans mmepenser ce qu'on fait. La tte se dresse et tous les muscles du corps sont contracts.La peur donne des jambes . Celui qui s'affole devant le danger mme inexistant commence par fuir, il bouscule, il crase tout ce'qui lui fait obstacle. Il trouve en lui-mme, sur le moment, des forces inattendues; il dfonce les portes, remue des meublespesants, saute des obstacles qu'il aurait pu croire infranchissables dans son tat normal.Par contre, dans d'autres cas, le mme sentiment entrave les mouvements, gne la parole,donne du bgaiement, du balbutiement, des hoquets quelquefois extrmement pnibles.Il existe mme un hoquet spasmodique des grands nerveux trs caractristique et quiprovient de l'motion.La joie fait sauter, danser, courir, gesticuler avec les bras, battre des mains et milleautres manifestations bien connues. La dauleur, au contraire, abat gnralement; lessanglots, les gmissements, les longs soupirs entrecoups viennent de troublesrespiratoires indpendants de la volont. Les grands nerveux dpassent ce stade; on lesvoit se tordre les mains, grincer des dents, s'arracher les cheveux, se frapper le front, etc.,etc...Du fait de l'motion, l'activit musculaire est-elle considrablement augmente ? Elleproduit des convulsions, de la contracture gnrale. Ces manifestations spasmodiquespeuvent tre suivies de rechutes: le rire de la joie, les cris de la frayeur, le simplesouvenir d'une crise antrieure frappant fortement l'imagination peuvent donner l'hystrique une nouvelle crise au cours de laquelle le sujet se dbat, crie, mord, se meten arc de cercle. Il en est de mme pour les grands nerveux: l'motion dtermine chezeux des tremblements, des convulsions, parfois la chore ou danse de Saint-Guy; cettedernire maladie, si elle se manifeste dans un milieu sensible, comme un pensionnat dejeunes filles ou de jeunes gens l'ge de la pubert, peut crer de vritables pidmies.On a vu des troubles de ce genre se produire dans des proportions encore plus vastes.Quand, aprs la condamnation du Jansnisme, le diacre Paris mourut en odeur desaintet, bien que partageant les opinions interdites, son tombeau devint une sorte de268plerinage o l'on vit de rels miracles et o les fidles exalts la fois par leur croyanceet par la perscution, tombaient en de vritables crises nerveuses, do le nom de convulsionnaires. .Les contractions limites un organe sont les plus frquentes, que ce soient lacontraction des muscles de l'il qui le rend fixe, hagard, ou des crampes du larynx, del'estomac.Une contracture gnrale mme se produit chez les nvropathes sous le coup d'unemotion violente, mais c'est un fait assez rare.Le Docteur Crichton rapporte, d'aprs Bonet, le cas suivant: Georges Gorkatzh,soldat polonais dserteur, qui avait quitt son rgiment dans l't de 1677, fut dcouvert,au bout de quelques jours, dans un cabaret de bas tage o il buvait et se divertissait fort.Au moment d'tre arrt, il fut saisi d'une telle terreur qu'il poussa un grand cri et perditimmdiatement l'usage de la parole. Amen devant la cour martiale, il fut incapabled'articuler un mot; bien plus, il devint alors aussi immobile qu'une statue et semblan'avoir conscience de rien. Dans la prison o on le conduisit, il ne put ni manger, niboire. On le menaa d'abord, puis on essaya de l'apaiser, de le calmer: tous les effortsrestrent inutiles. Il resta insensible et immobile. On fit tomber ses fers, on le sortit deprison, il ne remua pas davantage. Il passa ainsi vingt jours et vingt nuits pendantlesquels il ne prit aucune nourriture et n'eut aucune vacuation. Il s'affaissagraduellement et mourut. C'est par une forte commotion ou traumatisme psychique que l'hypnotiseur plonge lesujet en rigidit complte, si relle que plaant la tte sur une chaise et les pieds surl'autre, il peut supporter un poids. Nous reviendrons sur ce phnomne en tudiantl'hypnotisme, mettant nos lves en garde contre les dangers qu'il prsente, car le sujetn'est pas un mannequin, mais un organisme vivant, un tre humain, digne de soins.L'motion, nous le voyons, peut rendre les muscles plus actifs, les contracter, mais ellepeut les relcher d'autant mieux que le choc motionnel est plus fort et le sujet plusnerveux. Dans les cas o il y a diminution de l'activit musculaire, nous voyons lesmuscles sphincters de la vessie ou de l'intestin se relcher et amener soit l'urine, soit lesmatires, sans que, dans les cas de crainte violente, notre volont puisse s'y opposer. Demme, la crainte ou la joie peuvent nous priver de l'usage de nos membres infrieurs: les jambes molles , les jambes casses sont un phnomne que tout le monde aprouv dans les motions violentes.Pour tudier le mcanisme de ce fait, dites brusquement et avec autorit, un sujethypnotisable: Vous tes incapable de dire votre nom... votre gorge se serre... se serre deplus en plus... vous tes incapable de dire votre nom... et, malgr tous ses efforts, il nepourra articuler un mot. Cette exprience est facile faire et sans aucun danger; elledmontre bien l'action de l'motivit sur les nerfs moteurs.Les troubles moteurs tant connus, il nous reste voir les rpercussions organiques.Troubles organiques de l'motivit269Le choc motionnel peut affecter, non seulement l'innervation sensitive et motrice,mais toutes les fonctions, puisqu'elles sont places sous la dpendance des nerfs.Fonction digestive. L'motion serre la gorge et l'oesophage; l'angoisse contractel'estomac, donnant la sensation d'une barre pesant fortement sur cet organe. Qu' tablenous apprenions une nouvelle impressionnante, nous perdons l'apptit. Les enfants nepeuvent diner le soir o on les mne au spectacle, tant l'attente de ce plaisir leur caused'excitation. Les scrtions physiques peuvent tre suspendues. Une odeur ftide peutcauser des nauses, des vomissements; certains aspects curants ont le mmersultat.L'action sur l'intestin est aussi nette, les mouvements pristaltiques qui facilitent ladigestion et servent l'expulsion des dchets peuvent tre augments et la fonctionperturbe, d'o rsulte la diarrhe de cause nerveuse ou psychique.Fonction respiratoire. Elle est soumise l'motion et ses consquences: dans lechagrin ou la colre, nous avons une respiration irrgulire, saccade; nous sommesoppresss; nous prouvons le besoin de prendre l'air. Cette sortie l'air libre a pour butinvolontaire de ranimer la respiration dont le rythme a t altr.Fonction circulatoire. Le cur, organe trs dlicat, subit avec violence les contre-coups de l'motion. Un rien vient souvent modifier son rythme. A la moindre motion,notre cur bat, et non seulement le rythme est augment mais il devient irrgulier,saccad. Une forte commotion, la frayeur et mme la joie peuvent amener un arrt,provoquer une syncope. Chez le dentiste, on se trouve mal en voyant sa dent arrache,bien que l'on ne souffre plus. Beaucoup d'tudiants en mdecine n'ont pu poursuivreleurs tudes parce qu'ils ne pouvaient s'accoutumer la vue du sang, la dissection descadavres. Ceux qui ne parviennent pas dominer leur rpugnance sont obligs derenoncer la chirurgie. Il est des mdecins connus rputs, qui sont gns la pensed'ouvrir un simple abcs.Une commotion trs forte peut amener une syncope qui, se prolongeant, donne lamort. De nombreux mdecins ont constat la mort de personnes qu'une frayeur, causeparfois par une mauvaise plaisanterie, avait tues immdiatement. Dans d'autres cas, lamme solution demande un temps plus long. Sous le coup d'un chagrin, on se laisseabattre, les fonctions diminuent, s'arrtent, on dprit, on meurt trs rellement dechagrin.Le Docteur Hack Tuke rapporte d'aprs la Gazetta medica di Torino et le MdicalTimes and Gazette, l'observation suivante: Un chef de station des chemins de fer italiens, g de 55 ans, homme de santrobuste, fut un matin rveill par des gens qui lui apprirent que sa station avait t pille.Il sentit si vivement le poids de sa responsabilit qu'il tomba immdiatement malade etmourut dans les 24 heures. Ni les paroles de ses chefs, ni les encouragements de safamille n'avaient pu le tranquilliser. Il tait tomb dans une prostration extrme; il avaitl'estomac si troubl qu'il vomissait tout ce qu'on lui donnait; sa voix tait caverneuse; lepouls tait trs faible, il conserva sa connaissance jusqu' la fin. L'administration des chemins de fer, dans une circulaire ses employs, raconta lesfaits et rendit hommage l'honorble susceptibilit manifeste par le dfunt. Elle dcidaque la veuve jouirait d'une pension parce que son mari avait trouv la mort dans270l'exercice mme de ses fonctions. L'exploitation des chemins de fer tant entre les mainsdu gouvernement, la Cour des comptes qui devait faire appliquer cette dcision, soulevades difficults et dcida que la veuve recevrait seulement une indemnit de 2.000 fr.Celle-ci en appela de cette dtermination injuste, et Laura, professeur de mdecine lgale l'Universit de Turin, fut charg d'examiner la question et de faire un rapport enconsquence. Il en fit un fort long dont nous ne donnons ici que les conclusionsprincipales: 1. La science admet pleinement qu'une motion mentale soudaine puisse causerla mort dans un court, intervalle de temps et mme immdiatement chez des personnesdoues d'une sant robuste; 2. Les phnomnes physiques produits par une cause morale de ce genreindiquent une perturbation profonde du systme nerveux; 3. La preuve qu'il y a dans le cas prsent une connexion intime entre l'motionmentale et la terminaison fatale se trouve dans ce fait mme que, la veille au soir, le sujettait parfaitement bien portant et que, lorsqu'on vint le tirer d'un sommeil tranquille enlui annonant la triste nouvelle, il tomba immdiatement malade. Comme l'on saitqu'avant cette maladie, il avait les fonctions du cur en bon tat, on ne peut assigneraucune autre cause que l'motion l'ensemble des symptmes qui se sont produits; 4. Le fait que le dcs ne s'est produit que 24 heures aprs ne prouve pas qu'il yait eu une autre cause que l'motion mentale. Dans des cas analogues ceux par exempleo la mort est cause par la foudre ou par un empoisonnement elle est ordinairementsubite: mais chez quelques individus, elle est un peu diffre. Les motions mentalesn'agissant pas toujours avec la mme force, elles rencontrent des degrs variables dersistance; enfin, elles peuvent agir dans des conditions trs diverses que l'tat prsent dela science ne nous permet pas d'apprcier exactement. Le professeur Laura concluait donc que cet homme tait incontestablement mortd'motion. La Cour se rendit son opinion et la pension fut accorde la veuve.La rpercussion peut quelquefois n'tre pas immdiate. Une personne vient d'couterun orateur; elle n'a pas t mue par les paroles entendues. Elle part et les ides luireviennent quelque temps aprs et provoquent des troubles.Les ractions du ct du cur s'tendent aux vaisseaux qui en dpendent. Veines etartres sont sous la dpendance des nerfs dits vaso-moteurs, ayant pour mission soit dedilater, (nerfs vasodilatateurs), soit, au contraire, de resserrer les vaisseaux (nerfsvasoconstricteurs). L'motion agit avec force sur ces deux sortes de nerfs.a) Troubles de vasodilatation. Un sentiment de pudeur, de honte ou de colre nousfait rougir. Par quel processus ? Tout simplement parce que l'extrmit des vaisseauxsanguins s'est trouve subitement dilate et qu'un afflux s'est produit sous la peau.Lorsque ce rougissement devient trop frquent, il donne au grand nerveux une vritablephobie, l'eurolophobie. Celui qui en souffre est malade de l'ide de rougir. Il s'empourpred'avance. Il vit avec cette pense obsdante, il n'ose se montrer nulle part dans la craintede rougir. Il cherche les causes de sa susceptibilit nerveuse et se croit atteint d'unemaladie de cur; il n'a cependant dans bien des cas aucune lsion organique. Cettephobie, pousse ce degr extrme est fort rare, mais qui peut se vanter de n'avoir jamaisrougi ?271La colre nous fait voir rouge , bleu , de l l'origine de certaines expressionscourantes. On dit galement, pour exprimer un vif tonnement : en rester bleu , dansles cas de surprise, n'y voir que du bleu et dans la frayeur une peur bleue . Cescolorations insolites proviennent de troubles congestifs de l'il. On peut aussi voirdouble ou plusieurs images du mme objet comme, la suite d'une violente commotion,d'une gifle on voit trente-six chandelles. Si la vaso-dilatation est extrme, il en rsulte de la congestion et celle-ci peut tremortelle si on a quelque prdisposition l'artriosclrose: la congestion devient ici coup de sang. Ces maladies peuvent tre d'une extrme gravit. Si elles se produisent sur le cerveau,c'est la congestion crbrale amenant l'apoplexie, la paralysie (hmiplgie, paraplgie...).Si le fait se produit dans les vaisseaux pulmonaires, il peut y avoir rupture d'un vaisseau,crachement de sang plus ou moins important. Franois Foscari, doge de Venise, mourutsubitement d'hmoptysie en 1547 en entendant la cloche de Saint Marc annoncerl'avnement de son successeur.Le Docteur Sweetser cite, d'aprs Broussais, le fait d'une dame qui tant couche surune pelouse, sentit tout coup qu'une grenouille, chappe des pattes d'un oiseau deproie, lui tait tombe sur la poitrine. Elle fut immdiatement prise d'une hmorragiepulmonaire si abondante qu'elle en mourut en quelques minutes.L'hmorragie aurait pu affecter d'autres formes tout aussi dangereuses. C'est ainsi quel'on a vu des hmorragies utrines se produire la suite d'une grande motion et amenersoit la mort, soit des dsordres extrmement graves.Passons aux phnomnes inverses:h) Phnomne de vasoconstriction. Si, par un mouvement contraire, nos vaisseauxse resserrent sous le coup d'une violente motion, le sang se trouve refoul vers lesparties profondes et nous devenons ples, livides.De tels effets de vasodilatation et de vasoconstriction sont obtenus facilement chez lesgrands nerveux. Par suggestion impose on fait volont rougir ou plir le sujetsuggestible. Nous verrons dans quelles limites et par quels procds lorsque noustudierons les phnomnes de la suggestion.Passons maintenant aux autres organes.Larynx. Une motion nous coupe la voix. Nous voudrions parler, mais notre gorgese serre, nous bgayons; c'est un phnomne souvent observ sur des personnes quiprouvent un grand contentement, un soldat dcor sur le champ de bataille, un artisteflicit par un matre dont l'opinion lui est prcieuse.Les choses peuvent aller plus loin et, chez le nvros, la facult de parler peut tresupprime compltement pendant un certain temps.Le Docteur Todd rapporte ce fait: Le malade, avait 50 60 ans, il tait d'untemprament irritable et hypocondriaque. Un soir, dans sa famille, il se mit parler d'unsujet sans importance sur lequel un des assistants prit trop fortement parti contre lui; ilrpliqua avec force; son interlocuteur rpondit: il finit par s'exciter au point de perdre272compltement la facult de parler... Le malade se servait parfaitement de ses muscles, iltait compltement matre des mouvements des pieds et des mains; il put signer unchque et ses facults mentales semblaient intactes, mais il ne pouvait parler et, quand ilessayait de le faire, sa tentative n'aboutissait qu' un cri. L'aphasie persista une semaine.Le malade se rtablit alors et, quand il se fut remis parler, l'usage de la parole lui revintentirement en peu de temps. Le Docteur Skey relate un cas d'aphonie d'origine motive: Il s'agit d'une jeunefemme d'environ vingt ans qui avait aisment les mains et les pieds froids. Pendant queje lui parlais de sa sant, j'eus l'imprudence de lui faire remarquer une souris qui couraitsous la table au bout de la chambre. Elle poussa un cri d'inquitude et perdit aussitt lafacult d'articuler les mots, si bien que je dus m'approcher et mettre l'oreille tout prsd'elle pour pouvoir l'entendre. Le terrible auteur de cet accident ayant pay de sa viel'audace qu'il avait eue de s'introduire, la dame, au bout d'une heure, recouvra l'usage dela voix. Foie. Trs souvent, l'motion amne des rpercussions du ct du foie. Le chocmotionnel contracte la vsicule biliaire qui expulse la bile dans le tube digestif. Cettebile peut tre rejete immdiatement par la bouche sous forme de vomissements biliaires.Si, au contraire, elle passe dans l'conomie, c'est la jaunisse.Le Docteur Watson a crit: II est certain que les troubles de l'esprit jouent un rlemarqu: la colre, la crainte, l'inquitude ont souvent amen la jaunisse. M. North aobserv un fait o une fille-mre, au moment o l'on dcouvrit fortuitement qu'elle venaitd'avoir un enfant, devint jaune en peu d'instants. Un jeune mdecin de nos amis eut unevague attaque de jaunisse intense qu'il est impossible d'attribuer autre chose qu' soninquitude trs grande et bien inutile au sujet d'un examen qu'il tait sur le point depasser. Reins et Vessie. L'motion dtermine souvent une suractivit rnale, d'olimination abondante d'urine et rejet au dehors par contractions de la vessie.Quelquefois, le rsultat de l'motion est inverse: rtention d'urine et mme suspension dutravail de filtrage du rein.Utrus. L'motion, ici encore, dtermine des contractions qui peuvent avoir dessuites trs graves. Chez des femmes nerveuses une motion violente peut amener unaccouchement prmatur.Peau. Les contractions des muscles peaussiers amnent le phnomne bien connusous le nom de chair de poule . La terreur ou la colre agissent sur les muscles desfollicules pileux, les soulve, les cheveux se dressent sur la tte . La peur peut aussiperturber les fonctions de la peau, crer des ruptions: urticaire motif, acn d'originenerveuse, etc.Scrtions. L'motion, suivant les tempraments, les augmente ou les diminue.Voici quelques faits des plus typiques et des plus connus:Glandes lacrymales: les larmes viennent aux yeux dans la douleur.Glandes mammaires: une motion arrte la scrtion du lait et force les nourrices interrompre l'allaitement.Glandes salivaires: la colre en augmente la scrtion: on cume. Avons-nous un vif273dsir devant une table bien garnie ? La salive nous vient la bouche.Glandes stomacales: une motion peut suspendre le ch-misme gastrique et perturber ladigestion.Scrtions urinaires: dans le trac, l'incontinence d'urine est frquente et pnible.Scrtions intestinales: la peur, le trac les augmentent, d'o diarrhe profuse.Scrtions biliaires: nous avons vu qu'elles sont augmentes.Fonctions gnitales. Chez lhomme, l'motion amne la diminution ou mme lasuppression de la scrtion des glandes testiculaires. C'est sur ce fait qu'est basel'opration de sorcellerie appele nud de l'aiguillette , qui consiste empcher lemari de remplir le devoir conjugal, en lui faisant redouter cet effet du pouvoir d'unjeteur de sorts.Les motions peuvent avoir des effets encore plus considrables sur l'conomiehumaine. On a vu des cas d'amaigrissement brusque, de diabte passager et mmedurable, le blanchissement instantan ou du moins trs rapide des cheveux sous le coupd'une terreur ou d'une angoisse, mme dans un trs jeune ge. Voici entre autres, unexemple de ce fait une jeune fille de 17 ans, partie la campagne avec son pre, dans unendroit o les secours taient impossibles se procurer, vit mourir son pre, subitementpris d'une hmorragie pulmonaire. Ses cheveux blanchirent entirement au cours de lanuit.Le Docteur Hack Tuke reproduit une observation des plus curieuse faite par leDocteur Parry, mdecin-major aux Indes. Il s'agit d'un cipaye rvolt, pris par les troupesanglaises en 1858 et qu'on allait fusiller, Tout coup un soldat s'aperoit que lachevelure du captif grisonnait vue d'il, et appelle de ce ct l'attention du major;celui-ci put suivre les progrs de la dcoloration qui devint complte dans le temps quedura l'interrogatoire de ce malheureux, environ une demi-heure. L'motion peut mme agir sur la constitution intime du sang. Ne dit-on pas, aprs unefrayeur, qu'on a le sang tourn ? C'est de cette rvolution que proviennent lesaffections de la peau conscutives un traumatisme nerveux: acn, boutons, urticaired'origine psychique. Le lait des nourrices subit une action identique. C'est pourquoi il estdangereux la sant des petits enfants aprs une motion violente. On a vu desnourrissons allaits dans ces conditions dfectueuses atteints d'intoxications graves.Le Docteur Wilks note: On entend dire que la crainte fait tourner le sang. Je croisque c'est littralement exact. J'ai vu tant de cas d'anmie, quelques-uns mortels, seproduire la suite d'un grave branlement du systme nerveux, que je n'ai aucun doute ce sujet. L'motion met l'organisme en tat de moindre rsistance. Aprs un choc nerveux, ilparat certain que les microbes ont plus de prise sur l'organisme.Le Docteur P. Bonnier, parlant des rpercussions de l'anxit, dit: La dfensemicrobicide fait faillite sur certains points du corps ou vis--vis de certaines espcesmicrobiennes qu'elle ne sait plus digrer et apparaissent les furoncles, l'acn, souvent endes rgions bien dfinies du corps. Beaucoup de maladies infectieuses ont ainsi profit274de la porte entrouverte et le malade ne s'y trompe pas, devant l'ignorance et l'ironiqueincrdulit du mdecin; c'est bien telle anxit, telle peur, telle proccupation trop forteou trop continue qui l'a mis bas et a fait de lui un terrain de culture pour telle espcemicrobienne qu'il et dfie en tat normal de rsistance. Tout mdecin sait que la peurpeut donner des diarrhes profuses, mais il ne comprendra gure le rle de la peur dans lapathognie de la fivre typhode ou ses dangers en cas d pidmie cholrique. Celui-ci aeu une forte motion et les bras lui en sont tombs . Chez cet autre, c'est la rsistancediaphylactique qui a mis bas les armes et le microbe semble avoir pris de la virulencevis--vis de lui alors que c'est lui qui a perdu sa virulence l'gard du microbe. Et ce qui vient l'appui de cette ide, c'est que la suggestion peut, dans une trs largemesure, si elle est applique judicieusement, en augmentant la confiance du malade, luiredonner des forces pour un meilleur combat contre l'envahissement microbien. Bien destuberculeux un degr avanc, subissant l'influence heureuse de leur entourage, d'amisaffectionns ou s'tant fait aider par la suggestion bien comprise d'un suggesteur ontretard l'chance fatale. Mme dans les cas considrs comme les plus graves, lapense, qu'elle vienne de l'extrieur sous forme de suggestion impose ou raisonne ouqu'elle vienne de soi-mme sous la forme d'auto suggestion consciente, donne desrsultats que l'on peut considrer comme extraordinaires mais qui n'en sont pas moinsrels. Nous avons pu personnellement prolonger pendant des mois en certains caspendant plusieurs annes des cancreux dont les mdecins attendaient la mort enquelques jours. Et, fait trs apprciable, notre suggestion motionnelle permettait nonseulement au malade de lutter contre les lments pathognes, mais encore de ne plussouffrir.Si l'motion peut amener des troubles graves, il est certain que, par un mcanismeinverse, une motion de nature diffrente peut combattre des lsions mme trsprofondes. Dans notre chapitre sur l'auto suggestion motionnelle dans la cure desmaladies, nous avons dit que notre pre, Hector Durville, s'tait guri lui-mme, par uneffort de pense, d'un cas trs grave d'urmie brightique par insuffisance.Vers la matrise de soiNe plus tre motif ! Ne plus subir d'impulsions ! Se dgager de l'emprise desdrogues ! Combien le dsirent ? Beaucoup, certes. Mais beaucoup, surtout parmi ceuxqui souffrent d'un mauvais entranement psychique, se laissent aller la pense de leurfaiblesse ingurissable. Ils s'ancrent dans l'esprit cette conception fausse, et sachant qu'ilsont us sans rsultat de pilules ou de cachets, qu'ils ont essay empiriquement de segurir et qu'ils n'y ont pas russi, ils se laissent envahir par le dcouragement. Ilss'estiment incurables et agissent comme s'ils l'taient. Rien ne peut tre plus funeste quecette disposition d'esprit.imageFig. 102. L'attelageC'est l'image de l'tre humain: la voiture (corps) est mue par le cheval (inconscient)sous la direction du cocher (conscient).275C'est une profonde et coupable erreur de dire: C'est plus fort que moi . Cette parole,la pense qui l'accompagne, paralyse d'avance votre effort. Vous agissez avec la certitudede la dfaite, c'est comme si vous vous liiez vos jambes avant de vouloir marcher. Car nel'oubliez pas, la pense est une force puissante, mais c'est vous de savoir la diriger.L'lectricit, par exemple, rend de grands services ou commet bien des dgts. De mme,si vous ancrez dans votre cerveau l'ide fixe de l'inutilit de vos efforts, quoi que vousfassiez, vous ne russirez pas. Rien qu'en pensant ce que vous voulez faire, votre peude volont s'exacerbe, vous tes sans ressort, ni vigueur. Mais si, au contraire,connaissant les lois psychiques, vous avez compris la force d'une pense toujours tendue,dirige dans le mme sens, vous avez alors une puissance active, constructive,quilibrante. Vous puisez en vous-mme les ressources susceptibles de vous gurir.La condition essentielle pour mener bien vos efforts, c'est d'envisager la questiond'abord dans son ensemble, puis dans ses dtails.imageFig. 103. Le cheval s'emporteC'est le mcanisme du trac: l'inconscient a des ractions que le conscient ne peutdominer.Nous avons vu que l'tre humain se compose de trois parties: le Corps, le Conscient etl'Inconscient et que toutes trois sont solidaires. Toute cause qui agit sur une partie a sesrpercussions sur les deux autres. Pour bien nous graver ces notions dans l'esprit,reprenons la comparaison du Docteur Encausse: comparons l'homme un attelage. Lecorps est la voiture, inerte par elle-mme; le conscient est le cocher; l'inconscient est lecheval. Si la voiture est encrasse, vieillie, use, les efforts du cheval et du cochern'arriveront pas un rsultat excellent. Que le cheval soit rtif, le cocher n'arriveraqu'avec peine en obtenir quelque chose. Si le cocher est ivre ou malade, il criera,gesticulera et c'est le cheval qui le guidera sa fantaisie.C'est l'image de ce qui se passe dans l'attelage humain lorsque nous ne sommes pas enpossession d'une parfaite synthse. Dans l'motion, l'inconscient, c'est--dire le cheval,ne remplit pas son office; loin d'obir au cocher, il entrane l'attelage au gr de safantaisie; il s'emballe, s'affole, d'o perturbations psychologiques et organiques. Leconducteur n'exerce plus son contrle et la voiture, cahote, bouscule, est bien vite enmauvais tat.Admettez au contraire que votre matrise est parfaite, comme il vous est possible del'obtenir. Votre attelage, est en parfait tat, en bon ordre de marche. Vos impulsions neviennent plus entraver les plans harmonieux que vous avez construits. Votre jugementdvelopp, libr de tout ce qui pouvait le fausser entranera vos forces affectives etimpulsives vers tout ce qui est beau, noble et juste. La route est libre qui mne vers lesplus hauts sommets. Vous la suivez avec joie.A dater d'aujourd hui, ami lecteur, tenez bien en mains les rnes de votre attelage. Nepermettez pas votre inconscient de vous faire dvier de la route. Ne vous exagrez pasles difficults de cette entreprise. Soyez convaincu, au contraire, que le rsultat est276certain. Ne restez pas en arrire, mais allez de l'avant sans vous dcourager. La russitecouronnera certainement vos efforts.C'est donc dcid ! Vous connaissez la cause qui vous empche de possder lesqualits que vous enviez, de devenir cet tre qui respire le calme, le succs, le bonheur.L'ide de faire l'effort ncessaire, les penses qui vous ont conduit pratiquer votreentranement sont dj un commencement de russite: il ne faut pas vous arrter en sibeau chemin.Pour vous, d'ailleurs, la tche ne sera peut-tre pas aussi difficile que vous l'imaginez.Pourquoi ? C'est que le dessein que vous avez form montre que vous n'tes pas dnude volont. Il se peut que votre contrle volontaire soit seulement en dficit momentan.Alors rien n'est plus facile que votre entreprise.Bien rares, d'ailleurs, sont ceux qui sont entirement dsarms pour la lutte. Ceux quine peuvent lutter seuls contre la dissociation de leur personnalit sont des affaiblis quisupportent le poids d'une lourde tare hrditaire ou qui se sont impos une tare par unelongue intoxication. Et pourtant, ceux-l mme ne doivent pas dsesprer ! Leur volontest insuffisante, on peut l'augmenter; chancelante on peut lui donner appui. Les grandsdprims ont avantage se faire suggrer. Mais il faut faire appel cette forme desuggestion que nous appelons la suggestion motionnelle, elle seule permet de rtablirl'quilibre rompu. Ds que le malade a retrouv des forces, il faut user de suggestionraisonne. Cette ducation de la volont doit tre faite l'tat de veille, afin que lavolont et la conscience y participent et en profitent.Il existe toutefois certains cas trs exceptionnels o les troubles ont t crs par unfait accidentel: peur d'un oiseau, d'une mare d'eau, d'un prcipice... qui a cr une phobie,une ide fixe, une obsession. Il faut avant tout remonter la cause. Tout traitement quis'adresse l'effet est vou un chec certain. Pour trouver cette cause, surtout quand lechoc motionnel remonte un certain nombre d'annes et que le malade l'a totalementoubli, il est utile de plonger celui-ci en tat d'hypnose. Le sommeil provoqu, surtout lesommeil magntique, exaltant les facults psychiques est propre faire revivre les faitsoublis. Autre avantage: l'hypnose augmente la permabilit psychique. D'o facilitpour le psychologue de ramener la cause sa vritable proportion, de faire natre desmotions heureuses qui viendront dtruire les Souvenirs pnibles.Mais, nous le rptons, ceux qui ne peuvent lutter eux-mmes contre leurs impulsionssont infiniment rares. La cure est d'autant plus rapide et durable que la conscience yprend part. Donc, le meilleur est de se gurir par son propre effort.Beaucoup, dont les phobies sont limites ou dont la volont ne cde qu'en certainesoccasions, qui sont faibles devant un apritif ou un alcalode quelconque ne sont pasentirement dpourvus de volont: ils peuvent dans d'autres circonstances se montrerd'un courage extrme. Ils ont donc une volont relle, mais elle est instable et maldirige. Ils ne manquent pas de ressort mais il faut les remonter, les quilibrer.Un signe qui ne trompe pas, ce point de vue, c'est que le phobique se rendparfaitement compte de l'inanit de sa crainte: tel homme qui s'vanouit devant unegoutte de sang est capable d'un acte d'hrosme ds qu'une pense extrieure luil'empche de penser l'objet de sa crainte. Tel, qui fait preuve dans ses travaux degrande activit, d'initiative et des qualits les plus remarquables se croit sans force277devant le dsir de fumer. Et pourtant il passera des journes entires sans fumer si sestravaux l'absorbent au point de ne pas le laisser penser cela. Il ne faut pas que celui quiest atteint d'une phobie se croie un dshrit d la volont: il y eut de trs grandshommes atteints de ces incommodits nerveuses: le marchal de Turenne ne pouvaitsupporter l'odeur des roses et le Prince Noir d'Angleterre, qui fut un rude guerrier, nepouvait souffrir la vue d'un chat. Tous deux savaient cependant que les roses et les chatsne leur feraient aucun mal.Ce n'est toutefois pas une raison pour garder un sentiment de peur. Le phobique peutgurir. Qu'il essaie. Et aprs quelques semaines, il sera surpris du changement apport sa nervosit. La tche est plus difficile pour ceux qui souffrent d'une lourde tarehrditaire, mais on peut aider, soutenir, rduquer ceux-l, amliorer progressivementleur tat.La Cure organiqueOccupons-nous d'abord d'une partie essentielle de notre traitement, mettons toute lamachine humaine, tous les rouages qui le composent en bon tat de fonctionnement.Nous en avons donn le moyen dans les chapitres consacrs l'alimentation, larespiration et l'exercice physique. Rappelons-en les grandes lignes.Le sdentarisme et la suralimentation sont, nous l'avons vu, les deux grandes causes deneurasthnie et d'arthritisme. Ce sont elles qui surmnent, surchauffent, encrassent nosorganes, Donc, veillez votre alimentation; il faut qu'elle soit saine et normale. C'est iciqu'il est ncessaire de se rappeler que l'excs est un dfaut. Il est bon que cettealimentation soit base vgtarienne et vous devez viter tous les excitants quels qu'ilssoient, mme ceux qui passent couramment pour ne prsenter aucun danger, comme lecaf et le tabac. L'eau doit tre prfre toute boisson. Les repas doivent tre pris desheures rgulires, sans hte surtout et avec la prcaution de bien mcher vos aliments.Evitez les alcools de tout genre, spcialement les apritifs o l'alcool voit son redoutablepouvoir encore augment par celui des essences et qui, tombant dans l'estomac vide, estimmdiatement ml l'conomie o rien ne peut attnuer ses ravages. Tous les alcoolssont d'ailleurs mauvais et celui qui en a pris l'habitude devrait se rappeler constammentcette sage parole : l'alcool fait vivre celui qui le vend et tue celui qui le boit. . N'usezpas de mdicaments. Il est toujours malsain de convertir son estomac en laboratoire.Point de gouttes, de cachets, de pilules. Les substances toxiques sont rarement salutaires.Faites de la respiration profonde, ample, mais doue: 10 minutes de respirationcombine des exercices mesurs, au saut du lit et autant au moment de se coucher, deprfrence devant la fentre ouverte. Il est bon aussi de vous habituer respirerlargement dans tous les instants de la journe.Exercices doux. Il est bon de faire chaque jour de la marche au grand air, avant etaprs le travail. Elle remplace avantageusement les meilleurs et les pires apritifs et, enmme temps, elle rtablit la circulation altre par les travaux de la journe. Il ne fautd'ailleurs rien exagrer. La fatigue, l'excs d'efforts est un moyen de rompre votrequilibre; comme tous les autres excs, il jette dans le torrent circulatoire plus de cellules278uses que vos organes ne peuvent en liminer. C'est de leur station dans les tissus quersulte la courbature, mais, si vous n'atteignez pas ce moment, les exercices stimulentvos fonctions et favorisent vos liminations.Evitez tout surmenage intellectuel. L'abus des plaisirs mondains, empitant sur lesnuits de sommeil, est une cause de fatigue: dormez tt et veillez-vous de mme.Compltez la cure organique par des douches que vous pouvez trs bien vous donnervous-mme, sans installation coteuse. Et activez vos fonctions intestinales par deseffleurages doux que vous pratiquerez vous-mme sur la paroi abdominale. Ceseffleurages doivent tre faits sec avec la main droite pose bien plat, qui suivra letrajet du gros intestin c'est--dire en faisant tourner la main autour de l'ombilic (nombril).Commencer sur le ct droit du ventre, remonter la hauteur des fausses ctes,redescendre gauche, passer sur le bas-ventre et recommencer de 10 15 fois. Ceseffleurages n'ont pas besoin d'tre appuys. Trs doux, ils activent le mouvement del'intestin, augmentent la puissance de ses contractions (mouvements pristaltiques etanti-pristaltiques) et, par consquent, favorisent l'limination des dchets alimentaires.Ils devront tre excuts le matin au saut du lit, avant le petit djener et le soir aumoment de se coucher. Comme ils seront faits trs lgrement, ils ne risquent pas degner la digestion. Vous aurez galement avantage vous frictionner sec tous lesmuscles du corps et spcialement des membres. Faites toutes les manipulations desextrmits vers le cur pour activer le retour du sang veineux au cur. Cette pratique,constamment observe, active et rgularise la circulation.En suivant cette ligne de conduite, vous renforcerez vos organes, vous rtablirezprogressivement vos fonctions. Mme des malades atteints de longue date par destroubles de l'intestin ou de l'estomac ou de tout autre organe, se sont bien souventtonns de noter un changement trs notable, en suivant des indications si simples. Ceux-mme qui sont les plus lourdement chargs en fait de tares hrditaires amliorerontcertainement leur tat en les mettant en pratique.Il ne faut aucunement ngliger cette cure organique. Sans elle l'ducation psychiqueserait vaine.Donc, ayez toujours prsents l'esprit ces mots: alimentation saine, respiration ample,exercices physiques doux. Ils sont les gages de votre sant physique.Mais la cure organique seule serait, nous l'avons dit, absolument insuffisante. En effet,la plus belle voiture, en parfait tat, ne pourrait rien faire sans le cheval et le cocher.C'est donc aussi l'inconscient et le conscient que vous devez mettre en tat de remplirleur tche.Comment duquer l'inconscient.Nous avons vu au dbut de ce Cours que c'est notre systme nerveux inconscient(grand sympathique) qui fait jouer nos organes. La conscience, la volont n'y prennentaucune part. Toutes les fonctions de notre corps: digestion, respiration, circulation,s'accomplissent notre insu. Elles remplissent d'autant mieux leur rle que nos centresnerveux sont abondamment remplis d'nergie. Cette nergie, vous ne devez donc pas la279gaspiller; vous devez viter toutes les causes qui vident lentement vos plexus nerveux.Cherchez obtenir un parfait contrle sur vos sens, ne pas exagrer vos sensations.Vous devez aussi tendre diminuer vos actes rflexes.Les perceptions exagres, dmesurment grossies, puisent peu peu votre influxnerveux et vous rendent irritables, ce qui amne des explosions nerveuses qui vousfatiguent encore plus.L'ducation du regard, telle que nous l'avons enseigne, vous permet d'avoir un regardferme, fixe, sans brutalit. Elle vous donne aussi la possibilit de ne pas regarder malgrvous vers un but que vous n'avez pas choisi.Pour l'oue, inspirez-vous des conseils que donne Hector Durville dans sonMagntisme personnel: II est de toute ncessit de s'habituer tous les bruits auxquelsnous sommes constamment exposs pour ne pas tre impressionns dsagrablement.Pour cela allez dans tous les endroits o l'on fait du bruit qui vous dplait avec laconviction bien arrte de ne pas en tre incommod, et vous serez tonn que d'autres,plus intenses que ceux qui vous sont habituellement dsagrables, ne vous fontabsolument rien. Si vous avez peur du tonnerre ouvrez votre fentre au moment del'orage et dites-vous que vous entendez ses grondements les plus formidables sanstrembler, et une fois encore vous serez surpris de ne pas en tre affect. Accoutumez-vous supporter les mauvaises odeurs.Accommodez-vous, de mme, de mets peu dlicats ou qui vous paraissentdsagrables. C'est un exercice de volont moins pnible qu'il ne semble et que l'onrussit trs bien.Entranez-vous dominer en vous la sensation des contacts qui vous paraissentantipathiques. Lorsque vous devez, par suite de vos relations, serrer la main d'unepersonne qui ne vous est pas sympathique, entranez-vous surmonter votre rpulsion;faites effort; que votre raison domine l'impulsion de vos nerfs. Vous russirez d'autantmieux que vous considrerez ce fait comme un exercice de volont.Il faut que vous deveniez entirement matre de vos sens.imageFig. 104. L'accs de tracAu moment d'entrer en scne, des ides parasites font irruption dans la conscience del'artiste. Celui-ci est pris subitement de la crainte irraisonne de mal dire, mal chanter,mal jouer. Vue angoisse l'treint. Nul n'a ressenti ces troubles motionnels sans en garderun pnible souvenir. L'ducation psychique, telle que nous l'enseignons, permet deconserver intact, tout moment, le parfait contrle de soi-mme.C'est, nous l'avons dit, un excellent moyen de rgulariser le travail de l'inconscient.Mais, une fois que vous serez assez matre de vos sensations pour n'tre ni gn nidomin par elles, vous dirigerez cette matrise dans le sens de l'effort que vous voulezentreprendre, de l'uvre que vous vous tes fixe. Il faut vous entraner agir par vous-mme et tcher de vous donner les qualits que vous manquent, ou la force ncessaire l'excution du projet que vous avez choisi. Dans ce cas, c'est un trs mauvais procd280que s'terniser mditer sur les dfauts que l'on possde: l'essentiel n'est pas de lesconnatre, mais de les perdre. Le meilleur procd cet effet, nous l'avons dj dit, est devous placer devant une glace et de prendre l'attitude de la personne que vous voudrieztre. Le fait de jouer un rle peut sembler puril ceux qui n'en ont pas senti les effetsheureux, mais, si vous voulez russir, nous pouvons dire que cette auto suggestionmotionnelle est la clef du succs.Pour cela, nous le rptons, il faut faire abstraction complte du dfaut que l'onredoute, agir comme s'il n'existait pas. Si vous tes craintif, traqueur, ne dites pas: Jen'aurai plus le trac . Le mot trac, lui seul, rveille dans votre esprit le souvenir funestede vos peurs et des sensations dprimantes qui les accompagnent. Dites, au contraire: Je suis fort et sr de moi-mme . Prenez l'attitude de celui qui a de l'aplomb, sanseffronterie. Ne tombez pas dans l'excs oppos, ne devenez pas arrogant par excs detimidit, mais, d'autre part, ne vous laissez pas dmonter et quand vous allez chezquelqu'un, surtout pour une conversation qui peut vous tre utile, dites-vous bien: Jesuis sr de mon droit et des bonnes raisons que j'ai pour le dfendre. Rien ne pourra mefaire perdre ce sentiment de la justice, et je me conduirais mal si je me laissais dmonterpar ceux qui ont moins de droits et plus d'audace que moi. Renouvelez cette auto suggestion souvent, matin et soir, pendant 10 ou 15 minutes. Cen'est pas trop pour accoutumer votre inconscient au rle que vous voulez lui faireassumer, pour lui imposer un pli psychique . L'auto suggestion du soir est meilleure etplus utile encore que celle du matin. En effet, celle-ci vous donne du courage, du ton pour les travaux de la journe, mais celle que vous pratiquez en vous couchant serpercute dans votre sommeil. L'inconscient, qui est le domaine du rve, a enregistrcette image et la conserve. Souvenez-vous qu'enfant vous appreniez facilement vosleons en les relisant au moment de vous endormir. Au rveil, vous tiez surpris de lessavoir beaucoup mieux que la veille. C'est que l'auto suggestion continue votre travail votre insu.Dans le jour, tes-vous en prsence d'une personne avec qui vous avez affaire ? Vousvous sentez quelque motion, quelque timidit. Ne craignez pas d'user du regardmagntique: regardez votre interlocuteur la racine du nez. Ce sera pour vous unexcellent support de volont et cette fixation, en retenant votre attention, vous empchetoute distraction. Toutefois gardez en cela comme en tout la mesure des biensances: neroulez pas des yeux froces, n'ayez pas l'air de vouloir fasciner votre interlocuteur; vousvous rendriez odieux ou ridicule. Il suffit que votre regard soit doucement pos laracine du nez avec l'expression et le sentiment d'une attention soutenue.Trs rapidement, cette auto suggestion renforcera votre volont, donnera plus de fixit vos penses. Elle vous permettra de contenir vos motions. Une brusque colre, unenthousiasme dbordant, un sentiment extrme occasionnent une dperdition desnergies nerveuses. Voyez l'hystrique dans sa crise: il semble avoir des rserves deforces inpuisables, mais, une fois sa crise passe, il est abattu, dsempar, prostr. Lacolre, la peur, l'enthousiasme sont moins dangereux, mais, se rptant plus souvent, ilspeuvent aussi puiser vos rserves de forces. C'est vous de matriser vos motions.Suivez nos sages conseils et vous goterez cette joie infinie d'tre vous-mme en touteoccasion.281Comment renforcer la conscience.Nous avons montr dans un prcdent chapitre que l'attention est la base de tous lesphnomnes de l'esprit. Si vous tiez plus attentif vous vous laisseriez beaucoup moinsaller aux motions spontanes. Vous prendriez le temps de rflchir, de raisonner.Contractez-en l'habitude. Poussez votre attention ce maximum d'intensit que nousavons appel concentration mentale. Quand vous aurez pratiqu les exercices que nousvous avons conseills vous vous apercevrez que vos efforts n'auront pas t vains. Vousne cderez plus aveuglment vos impulsions. Vos motions n'auront plus sur vosfonctions organiques aussi bien que sur vos penses leur rpercussion douloureuse.Il nous faut ici dtruire une erreur souvent manifeste dans les questions que l'on nouspose: matriser sa sensibilit, ce n'est pas la dtruire. Apprendre monter cheval, cen'est pas tuer le cheval; c'est apprendre le diriger, ne pas tre men par lui o l'on n'apas envie d'aller. Matriser ses sensations, c'est viter leurs rpercussions mauvaises,leurs exagrations morbides. Les tres magntiques vibrent autant et mme beaucoupplus que les autres quand ils jugent convenable de se laisser aller leur motion. Il estdes hommes et des femmes normaux, d volont trs dveloppe, des tres magntiquesdans toute l'acception du mot qui pleurent au thtre sur des douleurs fictives. Ils saventparfaitement que ces douleurs sont fausses, mais la beaut de l'expression, la ralit oudu moins la possibilit du fait, amne les larmes parce que leur esprit est en tat dedtente. Mais qu'un malheur rel les touche, ils ne se contenteront pas comme les grandsnerveux, de donner leur malheur, aux malheurs de leurs semblables, des larmes striles;ils refouleront dans leur cur leur motion et ils rassembleront leurs forces pour trouverune solution aux ennuis au lieu de gmir inutilement dessus. Il faut autant de sensibilitet beaucoup plus de courage, de force d'me pour agir ainsi.Pour rendre votre volont matresse de votre corps qu'elle anime, vous devez aussisavoir vous isoler, c'est--dire plonger votre esprit dans le calme le plus completpossible. Angoisss, agits, impulsifs, apprenez vous isoler et vous retrouverez lecalme de l'esprit !L'Art de parler en publicLes quelques indications que nous venons de donner et qui s'inspirent surtout dedonnes gnrales, sont valables pour la plupart des cas qu'il nous sera possible derencontrer dans la vie courante. Nous croyons cependant ncessaire de nous appesantirsur certains points qui prsentent une importance particulire.Nous envisagerons d'abord l'art, chaque jour plus rpandu, de parler en public et lesempchements, qui se produisent cet gard, empchements auxquels l'ducationpsychique apporte une solution aussi complte que possible. Le sujet est vaste; il faudraitun volume pour le considrer sous tous ses aspects, tant du, point de vue de l'inspirationque de l'locution, mais ce n'est pas ce but que nous nous proposons aujourd'hui.Cependant, il est toujours bon et possible de se perfectionner dans l'art de la parole quiest si ncessaire de nos jours.282L'locution d'un homme naturellement loquent est souvent entrave par quelquedfaut de prononciation dont la connaissance, grossie par l'impulsivit de celui qui ensouffre, lui apparat comme un obstacle infranchissable. Celui qui souffre de ce dfaut etqui redoute, non sans cause, les railleries de son auditoire, doit se rappeler l'exemplefameux de Dmosthnes. On sait que cet illustre orateur souffrit d'abord d'une locutionlourde et embarrasse. Mais Dmosthnes savait qu'il avait dire des choses importantespour sa patrie, aussi, dsireux avant toute chose de possder une voix et une diction quirpondissent la hauteur de ses penses, il s'exera, le long de la mer, dominer de savoix le bruit des flots, et pour vaincre quelque difficult de parole, il faisait cetentranement avec des cailloux dans la bouche. On sait les rsultats merveilleux auxquelsil parvint.On n'en demande pas autant tous ceux qui parlent en public. Pourtant ceux-cidoivent dominer leurs craintes et leurs dfauts. Il faut donc, avant d'aborder la tribune del'homme politique ou le verre deau du confrencier, s'exercer d'abord devant des chaisesvides.imageFig. 103. Dmosthnes harangue les flots de la mer (Fresque d'Eugne Delacroix)N'imaginez cependant pas que l'auditoire vous soit inutile. Au contraire. Par l'autosuggestion laquelle il vous contraint, il vous accoutume prendre devant un publicmoins idal une attitude ferme et correcte. C'est en vous regardant dans une glace placeau fond de la salle o vous haranguerez une foule de chaises, que vous vous apercevrezdes dfauts de votre tenue et que vous vous habituerez y remdier. Tel, parl la ttetrop penche, drobant ainsi son visage aux assistants qui prouvent toujours le besoinde voir le regard de celui qui leur parle. Certains, par nervosit, font des gestesdisproportionns et inutiles dont ils se dferont ds qu'ils s'en seront aperus. D'autres,au contraire, parlent sans bouger ou les mains dans leurs poches, ce qui leur donne unaspect de mauvaise tenue ou de froideur. Si l'orateur novice se produisait en public avantd'avoir perdu ces fcheuses habitudes, il risquerait un chec qui pourrait, pour peu qu'ilft timide, mettre fin sa carrire, tandis que dans la libert de la solitude, il a tout leloisir de rectifier son attitude et d'acqurir la science dune parole agrable et des gestesharmonieux.La certitude o il se trouve alors de se tenir parfaitement lui donne l'assurance pourdire en public ce qu'il n'aurait pas os auparavant, quelle qu'en ft l'utilit. Il s'habitue tenir le public sous le magntisme rayonnant de son regard et, de la sorte, il acquiert surson auditoire une influence qu'il n'avait pas autrement.Napolon, qui avait expriment toutes les manires de s'adresser au public, le savaitbien. L'Empereur, parlant du danger qu'il avait couru aux Cinq-Cents lors de brumaire,l'attribuait militairement au seul local de l'Orangerie, o il avait t oblig d'entrer parune des extrmits, pour en parcourir la longueur. Le malheur fut, disait-il, que je ne pusme prsenter de front; je fus contraint de prter le flanc. (Las Cases. Mmorial deSainte Hlne (relation des 18-19 novembre)283Tout en vous efforant d'avoir des gestes prcis et gracieux, il vous est ncessaired'acqurir la direction de votre regard qui, pour bien des orateurs, est une cause de gne.Ne considrez pas le premier rang des auditeurs. Dans les dbuts surtout, s'ils changentquelques paroles, vous tes facilement port les interprter comme une critique devotre discours, et cela vous enlve de l'assurance. Regardez, au contraire, dans le fond dela salle. Vous y trouverez un double avantage; d'abord, il en rsultera pour vous une sorted'isolement l'gard des premiers rangs et puis, vous vous rendrez compte de la portede votre voix et de votre locution. Il est, en effet, de toute ncessit que votre dictionsoit assez nette et votre voix assez forte pour que tout le monde vous entende. Si donc lesauditeurs des derniers rangs sont obligs de prendre peine pour vous suivre, il faut quevous leviez le ton et donniez une prcision toujours plus grande votre locution. Vousn'articulerez jamais trop bien et, sans chercher des effets de thtre, vous devez vousefforcer de faciliter tous la comprhension de vos discours.imageFig. 106. Pour apprendre parler en publicII est utile de s'entraner devant des chaises vides. S'adresser au public idal comme sion tait en prsence d'une foule nombreuse.Reste la question du discours lui-mme. Bien rares sont les orateurs-ns qui, ds lespremires fois, peuvent se livrer une improvisation brillante. Ne comptez pas sur unetelle chance. Au dbut, crivez compltement tout ce que vous avez dire. Devant voschaises vides, entranez-vous lire haut ce que vous avez crit. Ce n'est qu'au moment ovous serez sr de lire sans embarras ni dfaillance que vous pourrez aborder le public.Cette premire tude vous rend la confiance et vous permet encore de soigner vos gesteset votre voix. Quand vous aurez pris l'habitude de la lecture haute voix, que voussaurez lui donner de la vie par des intonations varies, sous vous sparer du texte crit,entranez-vous le quitter des yeux par instants. Ensuite, quand vous serezcompltement matre de vos moyens, vous vous contenterez d'un plan o serontbrivement marqus les points que vous ne voulez pas omettre et les citations que vousavez l'intention de faire. C'est dj un travail considrable, car ce plan, quand il estsuffisamment dtaill, est une confrence laquelle ne manquent que lesdveloppements oratoires. Ce n'est que beaucoup plus tard que vous pourrez parler votre gr, n'importe quand et n'importe o, avec quelques indications jetes sur un boutde papier. Mais ne vous bercez pas de l'espoir d'arriver trop vite ce rsultat complet.C'est le fait d'un confrencier trs habile, de mme que l'improvisation, et vous serezlongtemps avant d'y parvenir, si vous y parvenez.Naturellement, il importe que votre confrence, qu'elle soit crite ou parle, ait unetenue d'ensemble et prsente des ides condenses habilement et bien lies. Il faut quevotre plan prsente d'abord une introduction o vous prparez votre auditoire aux idesque vous lui prsentez comme but votre causerie. Vous dveloppez ensuite ces ides,appuyant vos dires sur les faits qui les dmontrent, sur les citations des auteurs clbresqui en ont dj trait et dont les opinions corroborent les vtres. Vous devez aussi fairejustice des objections qui pourraient vous tre opposes, les dtruire avec courtoisie pourvos adversaires, mais sans faiblesse pour les donnes qui vous semblent fausses. Quand284vous avez dbattu tous les points de votre tude, que vous avez dmontr pleinement lebien fond de vos assertions, que vous avez rduit les objections nant, il ne vous resteplus qu' conclure, c'est--dire que, sous une forme brve et saisissante, vous groupez lesarguments dont vous vous tes servi, et vous en tirez l'enseignement qu'ils comportent:une ligne de conduite meilleure, une direction plus assure, des conseils qui seront utiles ceux qui vous coutent et qui votre parole doit tre salutaire.Parvenu au sommet de son art, l'orateur s'empare de ses auditeurs par deux voies: lecerveau, qu'il intresse et convertit ses opinions; le cur qu'il meut jusqu'l'enthousiasme, jusqu'aux plus belles, aux plus nobles rsolutions. II est ncessaired'alterner ces deux effets pour influencer tour tour crbraux et sentimentaux.Pour intresser le cerveau, il est ncessaire de possder de la concision, de la clart, unenchanement logique des ides. Il faut, que, depuis l'exposition de vos prmisses, votredduction soit conduite avec ordre et mthode jusqu' la conclusion. Il faut que voustonniez ceux qui vous coutent en leur prsentant la question sous un jour sans cesseimprvu, afin que l'attention qu'on vous accorde ne se fatigue pas. Il faut que vousdonniez vos paroles le piquant de la surprise par des images hardies et pittoresques, desaperus originaux. Il ne faut cependant rien outrer cet gard et, quel que soit le plaisirque vous avez dire des choses ingnieuses, n'oubliez jamais que votre parole doitsurtout tre profitable. Vous devez toujours rester clair pour tous les membres de votreauditoire et vos dductions ne doivent jamais cesser de se suivre avec une logiqueimplacable.Vous devez, par instants, captiver l'attention par un fait prcis, une anecdote plaisanteou poignante, conte avec simplicit et saveur, qui donne votre parole le mme attraitqu'un livre tire de sa brillante illustration.II est ncessaire aussi que vos arguments soient prsents sous une forme persuasivequi se communique tous vos auditeurs. Crez-vous un leit-motiv sur lequel vousreviendrez toujours, sorte de clou qui, sous une forme rsume, groupe vos paroles pourles faire pntrer dans le cerveau de votre public.Evitez avec soin toute longueur, tout ce qui risquerait de causer de l'ennui. C'est l leplus grave dfaut que vous devez viter. Si vous laissez l'attention vous quitter, ne ft-cequ'un moment, le charme est rompu qui liait vos auditeurs vos paroles; ils se parlentl'un l'autre; ils cessent de suivre votre pense; vous perdez toute prise sur eux; c'est ceque vous devez viter tout prix.Comme la chane de l'Hercule gaulois qui sortait de sa bouche pour lier ceux quil'entendaient, votre confrence doit tre forme de mallons, de sortes d'anneauxentrelacs les uns dans les autres et qui ne peuvent se dissocier sans dtruire toute votreuvre. Il en est de vos arguments et de vos paroles comme des pierres d'un difice; ce nesont pas toujours les plus apparentes qui sont les plus utiles; celui qui manque d'en suivreune partie ne sait plus se reconnatre dans l'unit de votre plan et, au bout de peu detemps, il est compltement spar de vous. Il faut que vos paroles construisent danschaque esprit un difice inbranlable pour qu'il puisse baser sur cet enseignement une vienouvelle et plus saine.En ce qui concerne le cur, si vous voulez faire vibrer le public, il est ncessaire quevous vibriez vous-mme. Il faut donc, avant de vous adresser la sensibilit d'un public,285que vous ayez dvelopp votre propre sensibilit, que vous l'ayez domine, pour ladiriger et l'extrioriser dans les conditions qui sont utiles la manifestation des idesjustes. Rien ne vous est plus ais, quand vous vous tes pntr de notre mthode d'autosuggestion motionnelle, que d'acqurir les qualits qui pourraient vous faire faute cetgard. C'est seulement votre cur qui peut mouvoir d'autres curs. Il faut qu'il ait vibr toutes les motions nobles pour savoir dgager le ct moral des ides mises, pour enfaire clore l'amour de nos semblables, cet altruisme sans lequel toute action est illusoireet vaine. Il faut que vous aimiez profondment votre prochain pour parler avec motionet utilit des ides de paix, d'humanit, de fraternit qui soulvent les masses, lesconduisent vers le bien avec les ailes enflammes de l'enthousiasme.L'orateur qui a vaincu toutes les difficults ne songe plus l'entranement qu'il s'estimpos. Ds ses premires paroles, il s'empare de son public; il l'intresse sa pense, lesubjugue par ses motions, le fait vibrer l'unisson de ses convictions. Il a la matriseabsolu de ceux qui l'coutent.Il ne lui est plus ncessaire de prparer ses discours. Il a des penses classes avec unetelle nettet qu'il peut y faire appel aussitt quil le croit ncessaire. Il peutinstantanment improviser sur n'importe quel sujet qui lui est habituel.L est le sommet de l'art, mais c'est un sommet bien difficile atteindre. Il y faut del'acquis, de vastes connaissances qui permettent une grande varit dans les associationsd'ides. Il faut aussi une grande habitude du public pour perdre la sujtion du trac et pourconnatre aussi les cordes vibrantes par lesquelles on saisira le cur de la foule. Pouragir ainsi avec certitude, il faut, en dehors des connaissances acquises, se sentir soi-mme en possession d'un magntisme suprieur. Notre mthode offre le moyen d'arriver ce rsultat; mais, nous le rptons, il faut un entranement srieux pour l'acqurir.Les Actions rflexes.Les actes rflexes sont ceux que nous excutons sans que le cerveau en ait conscience.La sensation qui devrait arriver au cerveau s'arrte un centre secondaire, et elle ydtermine un trouble. Ainsi, chez la femme enceinte, l'excitation de l'utrus se transmetd'un centre nerveux un centre voisin, celui qui anime l'estomac, et l'excitation se traduitpar des contractions violentes qui dterminent les vomissements incoercibles. Laconscience n'a pas le temps de s'y opposer. Pourtant, et c'est un fait que nous avonsconstat souvent, la femme enceinte peut trs bien faire passer les vomissements par lamthode d'auto suggestion motionnelle que nous prconisons, aide de la respirationprofonde et un rgime alimentaire appropri. Si la jeune mre est trop nerveuse pourdominer ses troubles, elle se fait aider par une suggestion douce et, en peu de temps, elleest dbarrasse de ce fatigant malaise.Cette forme de vomissement nerveux n'affecte pas seulement les femmes. Leshommes, nerveux ou fatigus, y sont accessibles aussi. Napolon y fut soumis, tmoincette anecdote que nous rapporte Constant, valet de chambre de lEmpereur : Dans une certaine occasion, dit Napolon, et la suite d'une longue discussion,Corvisart dsireux de me parler pice en mains, eut l'abomination, la sclratesse, de286m'apporter Saint-Cloud, dans son mouchoir de poche, un estomac, et cette horrible vueme fit rendre l'instant mme tout ce que j'avais dans le mien. ( Constant. Mmoires intimes de Napolon Ier, Paris, s. d., p. 208. )imageFig. 107. Les vomissements incoercibles de la grossesse. Ces troubles rflexes cdent par une rducation psychique bien comprise.II ne faut pas imaginer que l'motivit soit le contraire de la volont. Ces deux facultsse trouvent frquemment unies, toutes deux avec une grande puissance. Nous sommesune dualit dont les termes ne sont pas toujours d'accord. Notre conscient ne peut pas,mme quand il est trs fort, dominer toujours l'inconscient. On a vu de grands hommesdous d'une volont trs puissante et qui, n'ont jamais pu mater compltement leurinconscient. Napolon, qui n'a jamais senti son cur battre, avait pourtant d'autrestroubles en fonction de l'inconscient: II se rongeait souvent les ongles, mais lgrement; c'tait un signe d'impatience et deproccupation , dit Constant. Il tait aussi sujet des tics nerveux: L'Empereur, dans ses moments ou plutt dans ses longues heures de travail et demditation avait un tic particulier qui semblait tre un mouvement nerveux et qu'ilconserva toute sa vie ; il consistait relever frquemment et rapidement l'paule droite,ce que les personnes qui ne lui connaissaient pas cette habitude interprtaientquelquefois en un geste de mcontentement et de dsapprobation, cherchant avecinquitude en quoi et comment elles avaient pu lui dplaire. Pour lui, il n'y songeait paset rptait coup sur coup le mme mouvement sans s'en apercevoir. (id., p. 208).imageFig., 108. Le mal de chemin de ferLa trpidation du tram provoque chez certaines natures trs nerveuses des troubles quipeuvent tre apparents aux vomissements de la grossesse.Sans chercher des personnalits aussi remarquables, nous avons constamment sous lesyeux des troubles du mme genre, qui peuvent tre apparents aux vomissementsincoercibles de la grossesse. Nous connaissons le mal de chemin de fer qui est caus parla trpidation du train. Certaines personnes dlicates, les enfants en particulier, ensouffrent jusqu'au vomissement. Beaucoup de femmes se trouvent assez srieusementincommodes quand elles sont obliges d'tre assises dos la machine, subissant reculons le mouvement du train. Le paysage qui se droule par la portire leur imposeune fatigue oculaire qui leur est pnible.imageFig. 109.Le mal d'ascenseur.287Bien des personnes prouvent dans l'ascenseur, surtout au moment de la descente, uneangoisse pnible. La respiration ample et rythme aide d'une autosuggestionmotionnelle nous permet de garder tout notre contrle.Le mal d'ascenseur est du mme genre. Beaucoup de nerveux nullement malades, parailleurs, prouvent une sorte d'angoisse quand ils sont dans un ascenseur. Dj le fait dese sentir emprisonns dans cette cage troite leur cause quelque gne, et la sensation dedescendre y ajoute la crainte particulire d'une chute accidentelle qui pourrait tredangereuse.On arrive fort aisment rduire toutes ces incommodits par notre mthode derespiration ample et profonde qui apporte tant de calme aux centres nerveux, et par lasuggestion ou l'auto suggestion motionnelle qui les fortifie contre les impulsivitsdouloureuses.Autre affection infiniment dsagrable: le mal de mer. Ici, le trouble arrive trevritablement inquitant. Ds que le navire quitte le port, que le balancement des vaguescommence se faire sentir, les victimes du mal de mer commencent plir, subir desvertiges, des blouissements, des maux de tte, des mouvements rflexes des vaso-moteurs constricteurs qui amnent une sensation de froid, la contraction de l'pigastre,une grande gne respiratoire, des tremblements et, enfin, des nauses, des vomissementsqui laissent le malade sans contrle et sans force.II est possible de gurir le mal de mer. Nous avons fait de nombreuses expriencesqui, toutes, ont t couronnes de succs.Lorsqu'on est trs sujet ces troubles si pnibles, on doit se prparer plusieurs joursavant la traverse. Avant d'entreprendre ce voyage, il est important que le corps soit enparfait tat. Moins le systme nerveux sera intoxiqu, moins il sera irritable. Donc, unebonne semaine avant d'embarquer, il faut s'astreindre un rgime svre: ne pas mangerde viande le soir, en prendre extrmement peu midi. Il faut supprimer nergiquementtous les excitants, se refuser absolument, vin, caf, tabac, plus forte raison les alcools etautres excitants.Naturellement, les exercices de gymnastique du matin et du soir seront faitsquotidiennement, de mme que l'auto suggestion motionnelle devant la glace. Onrenforcera ce traitement par l'exercice suivant:S'entraner chaque jour l'exercice de la balanoire. Le vertige de la balanoire etcelui du mal de mer sont analogues. En combattant le premier, on est matre du second. Ilfaut donc s'entraner au moins pendant huit jours sur la balanoire, s'entranerdoucement, rgulirement, en prenant surtout garde sa manire de respirer. C'est l lepoint capital. Tous ceux qui subissent une angoisse ont une respiration courte,dfectueuse, qui n'obit pas un rythme constant. Ils ne peuvent gurir que s'ils arrivent une respiration rythmique, rgulire, profonde, l'abri des variations qui sont toujourssi cruellement pnibles. L'entranement de la balanoire est parfait pour rgulariser lerythme et se prparer aux dplacements du bateau.288imageFig. 110. Un entranement prparatoire pour combattre le mal de mer.Le vertige de la balanoire et celui provoqu par le balancement du bateau ne sont passans analogie. On peut tre matre du second en s'entranant dominer le premier. On s'yprendra quelques jours avant d'embarquer. Avoir soin de rythmer sa respiration avec lesmouvements de monte et de descente de la balanoire.Ce qu'il faut, la balanoire c'est rythmer exactement les deux temps de la respirationsur les mouvements de monte et de descente. Quand la balanoire monte, il faut emplirses poumons d'air, les gonfler au maximum. Pendant la descente, laisser les poumons sedgonfler.Il est essentiel de bien rythmer sa respiration. Celui qui respire bien est matre de sesrflexes; il ne subit ni vertige, ni tourdissement, ni angoisse; il domine les troublespossibles.Pendant l'exercice de la balanoire, il ne faut regarder ni le sol, ni ses pieds, mais unpoint fixe, trs loin, la ligne d'horizon. Ne pas fermer les yeux.Aprs quelques jours de cet entranement, surtout si l'on est aid, stimul par un guideexpert et amical, on a bien vite fait d'tre son aise. On peut s'embarquer sur un bateauou sur un navire, partir sans aucune crainte. Le mal de mer n'a aucune prise sur celui quis'est entran ainsi.Quand on se trouve dans la barque, le point essentiel est encore de savoir respirer.C'est la constriction cause par l'angoisse, et que les premires douleurs aggravent, quiamne les troubles srieux. On s'en aperoit plus facilement encore sur une petite barqueque la houle secoue plus ostensiblement qu'un paquebot de fort tonnage. Si l'on n'enveut pas prouver les incommodits, il faut gonfler ses poumons quand la barque monteet rejeter l'air pendant qu'elle descend. Les poumons s'accoutument vite cet exercice.Il faut encore viter de regarder la mer trop prs de soi, et moins encore le fond de labarque ou le pont du navire. Tout ce qui prcise au regard le balancement de la mer estde nature veiller des ides et des impressions contraires au but poursuivi. Il fautregarder au loin la ligne d'horizon comme nous avons vu pour la balanoire. Il est bongalement de chercher un drivatif ses inquitudes par n'importe quel procd. Lechant est l'un des plus efficaces, parce qu'il contraint celui qui le pratique un rythmerespiratoire. Nous l'avons expriment souvent. Nous partions en bande, avec des amis,pour une excursion assez loigne, nous chantions des churs, nous regardionsl'horizon; la gaiet qui rgnait nous empchait de songer au mal de mer, le chant nousforait respirer, aussi arrivions-nous bon port, sans que personne ait souffert, mmeceux qui taient malades ordinairement.On voit par ce simple expos que le mal de mer se combat aisment. Il n'y faut qu'unpeu de bonne volont.On entend dire frquemment qu'il faut manger pour chapper au mal de mer, mais c'estune opinion erronne. Il n'y a nul motif valable pour alourdir un estomac bien asseztroubl de lui-mme. De mme, nous estimons que c'est une erreur de se sangler. On peut289s'asseoir confortablement sur un fauteuil ou une chaise longue, s'tendre sur sa couchette.Porter des vtements lches qui n'imposent aucune constriction. Il faut, nous ne saurionstrop le rpter, bien rythmer sa respiration et, mme si l'on sent quelque trouble, ne pass'affoler, mais continuer rgulariser le rythme respiratoire. Le calme de la traverse estassur par ces simples prcautions.Les grands motifs qui sont malades surtout de la crainte de souffrir, qui craignent dene pouvoir se matriser une fois sur le paquebot, peuvent se faire suggrer quelques joursde suite avant le dpart. Cette suggestion l'tat de veille car le malade possibleapporte sa propre volont en aide celle du suggesteur sera raisonne ou mieuxmotionnelle. On se trouvera trs bien du magntisme qui est le meilleur calmant dusystme nerveux.imageFig. 111 Au gr des flots !Viennent roulis et tangage ! Celui qui s'est balanc sans trouble peut se laisseremporter par le frle esquif ! Il accorde ses deux temps respiratoires aux mouvements demonte et de descente de la barque et il fixe la ligne d'horizon. Il reviendra de sonexcursion sans avoir eu le mal de mer.Les Troubles d'intoxication.(Tabac, caf, alcool, morphine, opium, cocane, etc)A ct des moti