A Handbook for Practitioners, 2009 --French

  • Published on
    10-Mar-2016

  • View
    241

  • Download
    9

DESCRIPTION

Mainstreaming Poverty-Environment Linkages into Development Planning: a Handbook for Practitioners, 2009

Transcript

  • Lenvironnement au service des OMD

    LINTEGRATION DES LIENS ENTRE PAUVRETE ET ENVIRONNEMENT DANS LA PLANIFICATION DU

    DEVELOPPEMENT: Manuel de bonnes pratiques

    Initiative Pauvret-Environnement du PNUD-PNUE

  • UNEP

    Cette publication a te imprime sur du papier non chlor fait de fibres

    de canne sucre (60%) et de fibres mixtes certifies FSC (40%). Elle a te imprime dans

    le cadre de la norme ISO 14001:2004. Les encres utilises sont base vgtale.

  • LINTEGRATION DES LIENS ENTRE PAUVRETE ET ENVIRONNEMENT DANS LA PLANIFICATION DU

    DEVELOPPEMENT: Manuel de bonnes pratiques

    Initiative Pauvret-Environnement du PNUD-PNUE

    Lenvironnement au service des OMD

  • LInitiative Pauvret-Environnement (IPE) du Programme des Nations Unies pour le dveloppement (PNUD) et du Programme des Nations Unies pour lenvironnement (PNUE) est un programme mon-dial gr par lONU qui vise soutenir les efforts nationaux dintgration des liens entre la pauvret et lenvironnement dans la planification du dveloppement national. LIPE offre une assistance technique et financire aux partenaires gouvernementaux en vue de ltablissement de programmes de renfor-cement des institutions et des capacits et de la ralisation dactivits pour faire face aux problmes particuliers suscits par larticulation pauvret-environnement.

    Lintgration des liens entre pauvret et environnement dans la planification du dveloppement: Manuel de bonnes pratiques est aussi disponible en ligne sur le site www.unpei.org.

    Publi en mars 2009 2009 PNUD-PNUEISBN: 978-92-807-2962-7Numro de travail: DRC/1084/NAProduit par le Centre Pauvret-Environnement du PNUD-PNUEDirecteurs de publication: Philip Dobie et John HorberryRdacteur/Coordonnateur du projet: Sophie De ConinckTraduction: Office des Nations Unies NairobiConception graphique: Nita Congress

    Photographies de la couverture: Ramasseurs de caoutchouc, Thalande C. Petrat PNUE; Pcheurs dans le parc national du Banc dArguin, Mauritanie Mark Edwards/Still Pictures

    Photographies au dbut des chapitres:1. Enfant arrosant un arbre dans la cadre dun projet de reboisement, village de Barsalogho (Burkina

    Faso) Mark Edwards/Still Pictures2. Femmes aymara vendant des lgumes, El Alto (Bolivie) Sean Sprague/Still Pictures3. Famille nomade installant des cellules solaires prs dune yourte, Zuunmod prs dOulan-Bator

    (Mongolie) Hartmut Schwarzbach/argus/Still Pictures4. Femmes schant des piments au soleil, Madhya Pradesh (Inde) Joerg Boethling/Still Pictures5. Homme transportant de leau et de la nourriture au travers dune zone inonde, Chibuto

    (Mozambique) Per-Anders Pettersson PNUE/Still Pictures6. Ouvrires agricoles moissonnant du bl, Rajasthan (Inde) Mark Edwards/Still Pictures7. Femme en cano prs dune exploitation forestire, Nigria Mark Edwards/Still Pictures

    Par dollar, on entend ici le dollar amricain.

    La prsente publication peut tre reproduite, en totalit ou en partie, sous nimporte quelle forme, des fins ducatives ou non lucratives, sans autorisation spciale du dtenteur des droits dauteur, condi-tion quil soit fait mention de la source. Le Centre Pauvret-Environnement du PNUD-PNUE souhaiterait que lui soit communiqu un exemplaire de tout ouvrage o la prsente publication est mentionne comme source. La prsente publication ne peut tre ni revendue ni utilise dautres fins commercia-les sans lautorisation crite pralable du PNUD et du PNUE.

    Les vues exprimes dans la prsente publication sont celles des auteurs et ne refltent pas ncessaire-ment les vues du PNUD et du PNUE. Les appellations gographiques utilises dans le prsent rapport et la prsentation des lments qui y figurent nimpliquent de la part de lditeur ou des organisations participantes aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires ou zones ou de leurs autorits, ni quant au trac de leurs frontires ou limites.

    Si des efforts raisonnables ont t faits pour assurer que le contenu de la prsente publication soit factuellement correct et adquatement rfrenc, le PNUD et le PNUE ne sauraient tre tenus pour res-ponsables de lexactitude ou de lexhaustivit de ce contenu ni des pertes ou prjudices qui pourraient rsulter directement ou indirectement de son utilisation, notamment de sa traduction dans des langues autres que langlais.

  • iii

    Table des Matires

    Remerciements l__

    Avant-propos _n

    Chapitre 1. A propos du manuel '1.1 Objectif (1.2 Public Cible (1.3 Structure )

    Chapitre 2. En quoi consiste lintgration des liens entre pauvret et environnement ? +2.1 Dnition du concept dintgration des liens entre pauvret et

    environnement ,2.2 tude des liens entre pauvret et environnement -2.3 Importance du capital naturel dans la richesse des pays faible revenu '(2.4 Importance des changements climatiques pour lintgration des liens entre

    pauvret et environnement ')

    Chapitre 3. Une approche de lintgration des liens entre pauvret et environnement '+3.1 Une approche programmatique ',3.2 Rle des parties prenantes et de la communaut du dveloppement ((

    Chapitre 4. Identifier les points dentre et dvelopper largumentaire (/4.1 valuations prliminaires: Comprendre les liens entre pauvret et

    environnement )&4.2 valuations prliminaires: Comprendre les contextes gouvernementaux,

    institutionnels et politiques )*4.3 Sensibiliser et constituer des partenariats *&4.4 valuer les besoins de renforcement des institutions et des capacits *)4.5 tablir des mcanismes oprationnels pour une intgration durable *+

  • iv

    Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques */5.1 Utiliser les valuations intgres des cosystmes pour collecter des donnes

    spciques au pays +&5.2 Utiliser les analyses conomiques pour collecter des donnes spciques au

    pays ++5.3 Inuer sur les processus dlaboration des politiques ,)5.4 laborer des mesures oprationnelles et en estimer le cot -'5.5 Renforcer les institutions et les capacits: apprendre par la pratique -,

    Chapitre 6. Relever les dfis de la mise en uvre .'6.1 Intgrer les questions de pauvret et denvironnement dans le systme national de

    suivi .(6.2 Budgtiser et nancer des mesures en faveur de la rduction de la pauvret et de

    lenvironnement .-6.3 Soutenir les mesures oprationnelles aux niveaux national, sectoriel et

    infranational /-6.4 Renforcer les institutions et les capacits: faire de lintgration des liens entre

    pauvret et environnement une pratique courante '&(

    Chapitre 7. Conclusion et prochaines tapes '&-

    Abrviations et acronymes '&/

    Glossaire '''

    Rfrences '('

    Index '(/

    Encadrs2.1 Faits et chiffres illustrant les liens entre pauvret et environnement -2.2 Intgration de ladaptation aux changements climatiques dans la planication du

    dveloppement national ')3.1 Liste des rsultats attendus de la prise en compte des liens entre pauvret et

    environnement '.3.2 Initiatives des organismes des Nations Unies et leurs contributions possibles

    lintgration des liens entre pauvret et environnement (,4.1 Importance des services cosystmiques pour le bien-tre humain et la croissance

    conomique pro-pauvres )'4.2 Comprendre les liens entre pauvret et environnement: La communaut

    sexprime )(4.3 Questions utiles pour valuer les liens entre pauvret et environnement ))4.4 Importance de limplication des parties prenantes: Stratgie nationale de

    croissance et de rduction de la pauvret, Rpublique-Unie de Tanzanie )-4.5 Questions utiles pour valuer les contextes gouvernementaux, institutionnels et

    politiques )/

  • v4.6 Implication novatrice des mdias dans la sensibilisation: Campagne mene au Viet Nam sous le titre de Pas de pulvrisation prcoce *'

    4.7 Questions utiles pour ltablissement des mcanismes oprationnels *-5.1 Pourquoi des valuations intgres des cosystmes sont-elles ncessaires ? +&5.2 Comment les changements climatiques inuent-ils sur les services

    cosystmiques ? +'5.3 Modlisation des changements climatiques +)5.4 valuation portant sur la chane de montagnes situe au nord de la Trinit-et-

    Tobago +*5.5 Exemples de dpenses publiques pour lenvironnement ayant un rapport cots-

    avantages lev +.5.6 Estimation de la valeur des services de protection des ctes fournis par les

    cosystmes de mangroves: lexemple dOrissa (Inde) +/5.7 Utilisation de lvaluation environnementale stratgique pour intgrer les liens

    entre pauvret et environnement dans la Stratgie de rduction de la pauvret du Ghana ,,

    5.8 Intgration des liens entre pauvret et environnement dans le processus dlaboration de la Stratgie de rduction de la pauvret et de dveloppement conomique du Rwanda ,.

    5.9 Intgration des liens entre pauvret et environnement dans le processus dlaboration du DSRP au Bangladesh ,/

    5.10 tablir le cot dune intervention visant valuer la qualit de leau -+5.11 Visites dtude: De Rpublique-Unie de Tanzanie en Ouganda et dOuganda au

    Rwanda --5.12 Rle de la formation formelle dans les processus dlaboration des politiques:

    Burkina Faso et Kenya --6.1 Critres de slection des indicateurs pauvret-environnement .+6.2 Intgration et suivi des indicateurs pauvret-environnement dans le cadre de

    la Stratgie de rduction de la pauvret et de dveloppement conomique du Rwanda .,

    6.3 Elments incitant les institutions environnementales participer aux cadres de dpenses moyen terme ..

    6.4 Financement des aires protges en Namibie /(6.5 Les donnes collectes conduisent une augmentation des budgets des institutions

    environnementales /(6.6 Laugmentation des recettes conduit une augmentation des budgets pour les

    institutions environnementales /*6.7 valuation environnementale stratgique du tourisme mexicain /.6.8 valuation des mesures oprationnelles: instruments conomiques cibls sur

    lnergie, leau et lagriculture au service des pauvres en Ouganda //6.9 Kenya: Intgration de lenvironnement dans la planication du dveloppement au

    niveau des districts '&'6.10 Renforcement des institutions et des capacits par le biais de processus nationaux

    de dveloppement '&+

  • vi

    Graphiques2.1 Exemples dinteractions positives et ngatives entre la pauvret et

    lenvironnement /2.2 Interactions entre les services cosystmiques, le bien-tre humain et la rduction

    de la pauvret '&3.1 Approche programmatique de la prise en compte des liens entre pauvret et

    environnement '-3.2 Relations entre lapproche programmatique et le cycle de planication du

    dveloppement national '-3.3 Rles des diverses parties prenantes dans les rsultats environnementaux

    favorables aux pauvres ((4.1 Composantes des contextes gouvernementaux, institutionnels et politiques )*4.2 Diffrents aspects du renforcement des capacits **4.3 Structure de gestion du programme pour lInitiative Pauvret-Environnement au

    Malawi *,5.1 Aligner lapproche analytique avec le cadre gnral dlaboration des politiques ,-6.1 Instruments de planication et de budgtisation en Ouganda .-6.2 Asymtrie des niveaux dimplication dans les mcanismes dtablissement du

    DSRP et de budgtisation ./

    Tableaux2.1 Contributions de lenvironnement la ralisation des OMD ''2.2 Rpartition de la richesse nationale par type de capital et groupe de revenu '(3.1 Enjeux et possibilits lis la collaboration avec les acteurs gouvernementaux (*3.2 Enjeux et possibilits lis la coopration avec les acteurs non

    gouvernementaux (+4.1 Points dentre possibles pour lintgration des liens entre pauvret et

    environnement dans la planication du dveloppement national ),4.2 Rsum: Que signie Identier les points dentre et dvelopper

    largumentaire ? *.5.1 Principales tapes dans la dnition et lutilisation des donns conomiques par

    pays ,(5.2 Intgration des liens entre pauvret et environnement dans les processus

    dlaboration des politiques -&5.3 Mesures oprationnelles concernant lenvironnement, par catgorie -'5.4 Principales tapes de llaboration des mesures oprationnelles conformes au

    document directeur -*5.5 Approches de renforcement des institutions et des capacits: lapprentissage par la

    pratique -.5.6 Possibilits de renforcement des institutions et des capacits dans le cadre de

    lintgration des liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques -/

    5.7 Rsum: Que signie lintgration dans les processus dlaboration des politiques ? .&

    6.1 Intgration des liens entre pauvret et environnement dans les mcanismes de budgtisation /,

    6.2 Principales tapes dans la mise en uvre des mesures oprationnelles '&&6.3 Rsum: Que signie Relever les ds de la mise en uvre ? '&,

  • Remerciements

    Le prsent manuel a t tabli grce au soutien financier fourni par nos partenaires pour le dveloppement: la Coopration belge au dveloppement, le Ministre danois des affaires trangres, le Dpartement irlandais des affaires trangres, la Commission europenne, le Ministre norvgien des affaires trangres, le Ministre espagnol des affaires trangres et de la coopration, lAgence sudoise de protection de lenvironnement, lAgence sudoise de coopration internationale au dveloppement et le Dpartement pour le dveloppement international du Royaume-Uni.

    Ce manuel a t dvelopp grce aux contributions et expriences des praticiens qui, luvre dans les pays en dveloppement, sont confronts la ncessit dintgrer les liens entre pauvret et environnement dans la planification du dveloppement national. On soulignera en particulier les contributions individuelles en provenance du Bhoutan,du Burkina Faso, du Kenya, du Malawi, du Mali, de la Mauritanie, du Mozambique, du Rwanda, de lOuganda, de la Rpublique-Unie de Tanzanie et du Viet Nam.

    Le manuel a t labor par le Centre Pauvret-Environnement du PNUD-PNUE, sous la direction de Philip Dobie et de John Horberry. Sophie De Coninck a coordonn les recherches et la rdaction, avec laide de Miia Toikka et de Caitlin Sanford, et en troite collaboration avec des collgues de lInitiative Pauvret-Environnement du PNUD-PNUE: Jonathan Duwyn, Gabriel Labbate, Razi Latif, Angela Lusigi, Nara Luvsan, Henrieta Martonakova, Sanath Ranawana, David Smith, Louise Sorensen et Paul Steele.

    Nous remercions aussi toux ceux qui ont particip lexamen du manuel et en particu-lier Steve Bass (Institut international pour lenvironnement et le dveloppement), Yatan Blumenthal (PNUE), Peter Brinn (Agreco), Paul Driver (Consultant), Sergio Feld (PNUD), Marianne Fernagut (Envalue), Alex Forbes (IPE Kenya), Linda Ghanim (PNUD), Moun-kaila Goumandakoye (PNUE), Peter Hazelwood (World Resources Institute), Rose Hogan (IPE Ouganda), Usman Iftikhar (PNUD), Joseph Opio-Odongo (PNUD), Jean-Paul Penrose (Consultant), Kerstin Pfliegner (Consultant), Esther Reilink (PNUE), Nilvo Silva (PNUE) et Dechen Tsering (PNUE).

    vii

  • viii

    Nous voudrions en outre adresser nos remerciements Nita Congress qui a conu le manuel; Noah Scalin qui a imagin la couverture et John Dawson et Karen Holmes qui se sont chargs de ldition.

    Toute autre contribution et exprience dont pourraient faire part les praticiens travaillant dans les pays seront utiles. Les commentaires ou questions peuvent tre envoys ladresse suivante:

    Facility.unpei@unpei.orgUNDP-UNEP Poverty-Environment FacilityUN Gigiri Compound, United Nations AvenueP.O. Encadr 30552-00100, Nairobi, Kenya

  • Avant-propos

    La communaut internationale se proccupe depuis longtemps du dveloppement durable et de la rduction de la pauvret. Plus de deux dcennies se sont cou-les depuis que le Rapport Brundtland a pour la premire fois, en 1987, dcrit le concept de dveloppement durable qui devait tre assur, pour partie, en intgrant la gestion de lenvironnement dans la planification conomique et la prise de dci-sion. Compte tenu des incidences probables des changements climatiques sur les plus pauvres et les plus vulnrables du monde et des tensions sans prcdent auxquelles sont soumis les cosystmes mondiaux et leur aptitude contribuer lamlioration des conditions de vie de milliards dtres humains, la ncessit dacclrer les efforts pour intgrer lenvironnement dans les actions de rduction de la pauvret na jamais t aussi grande.

    Lexprience continue de tmoigner de la contribution vitale quune meilleure ges-tion de lenvironnement peut apporter lamlioration de la sant, du bien-tre et des moyens de subsistance, en particulier pour les plus pauvres. Pour crer le type de monde que nous souhaitons, pour lutter contre la pauvret, pour encourager la scurit et pour prserver les cosystmes dont dpendent les moyens de subsistance des plus dmunis, la croissance conomique pro-pauvres et la prservation de lenvironnement doivent tre places sans quivoque au cur de nos politiques, systmes et institutions les plus fondamentaux.

    Lun des moyens de parvenir cet objectif est lintgration des liens entre pauvret et environnement. Il sagit essentiellement de prendre en compte ces liens dans lesmcanismes et institutions gouvernementaux, de faon modifier la nature mme de la culture et des pratiques dcisionnelles. En gnral, cette intgration doit intervenir au sein de la stratgie de dveloppement ou de rduction de la pauvret dun pays et influer sur la faon dont sont conus les diffrents aspects de la prise de dcisions conomiques. Ce nest quainsi quil est possible de placer le double impratif de la croissance conomique pro-pauvres et de la durabilit environnementale au cur de toutes nos actions.

    Le prsent manuel vise servir de guide aux chefs de file et aux praticiens qui sat-tlent la tche difficile que reprsente lintgration des liens entre pauvret et envi-ronnement dans la planification du dveloppement national. Il sappuie sur un grand nombre dexpriences collectes au niveau des pays et sur les multiples enseignements accumuls par le Programme des Nations Unies pour le dveloppement et le Pro-gramme des Nations Unies pour lenvironnement dans les travaux quils mnent avec

    ix

  • xles gouvernements en particulier les ministres de la planification, des finances et de lenvironnement pour soutenir les efforts dintgration des interactions complexes entre la rduction de la pauvret et lamlioration de la gestion de lenvironnement dans la planification et la prise de dcision au niveau national. Le manuel bnficie aussi des connaissances et de lexprience dautres acteurs du dveloppement, en particulier le Partenariat Pauvret-Environnement.

    Nous esprons que tous ceux qui, sur le terrain, semploient dj intgrer les liens entre pauvret et environnement, ou commencent rflchir aux enjeux venir trouve-ront ce guide utile. Celui-ci nest pas conu comme un simple recueil dinformations et de conseils, mais doit aussi et surtout servir de source dencouragement et dinspiration dans la ralisation dune mission qui peut parfois tre dcourageante et frustrante, mais qui revt une importance critique pour le bien-tre futur des pauvres et des plus vulnra-bles du monde.

    Angela CropperOfficer-in-ChargeDivision of Regional CooperationUnited Nations Environment Programme

    Veerle VandeweerdDirectorEnvironment and Energy GroupUnited Nations Development Programme

  • 9^Wf_jh['

    1

    Les moyens de subsistance et le revenu des mnages pauvres dpendent dans une trs large mesure des ressources naturelles et de lenvironnement. Les pauvressont plus vulnrables face aux catastrophes naturelles, comme les scheresses et les inondations, et aux incidences des changements climatiques. Plus gnralement,les ressources naturelles, comme les forts et les pcheries, revtent une plus grandeimportance pour le revenu national et la richesse des conomies en dveloppement.

    Ainsi, un environnement sain et productif contribue sensiblement au bien-tre humainet un dveloppement conomique favorable aux pauvres. Des cosystmes intactset performants fournissent des services comme lapprovisionnement en denresalimentaires, eau, combustibles et fibres ainsi que la rgulation du climat dont dpen-ddent l les natiions et lles populla itions pour tiirer un revenu d de llag iricullture, d de lla pchhe, ddu tourisme et dautres activits. Il est de plus en plus reconnu que lutilisation cologique-ment rationnelle des services cosystmiques et des ressources naturelles constitue un lment cl dun dveloppement conomique durable et de lamlioration du bien-trehumain et une condition ncessaire la ralisation des Objectifs du Millnaire pour le dveloppement (OMD). Ces liens et dautres entre la pauvret et lenvironnement sont ttududiiss plplusus e enn ddtatailil d dananss lele c chahapipitrtree 22.

  • Chap

    itre

    1.

    A p

    ropo

    s du

    man

    uel

    2

    1.1 ObjectifLobjectif du prsent manuel est de fournir des indications pratiques, tape par tape, sur la faon dont les gouvernements et les autres acteurs nationaux peuvent prendre en compte les liens entre la pauvret et lenvironnement dans la planification du dvelop-pement national. Lintgration des liens entre pauvret et environnement dans lla-boration des politiques, la budgtisation et la mise en uvre aux niveaux national, sectoriel et infranational est un processus itratif. Il sagit dun effort pluriannuel et multipartite visant tirer parti de la contribution de lenvironnement au bien-trehumain, la croissance conomique pro-pauvres et la ralisation des Objectifs duMillnaire pour le dveloppement. Cet effort suppose de travailler avec une palette dac-teurs gouvernementaux et non gouvernementaux et dautres acteurs dans le domaine du dveloppement.

    Le manuel dcrit une approche programmatique de lintgration des liens entre la pauvret et lenvironnement dans la planification du dveloppement, mise au point par lInitiative Pauvret-Environnement (IPE), quont engage conjointement le Programmedes Nations Unies pour le dveloppement (PNUD) et le Programme des Nations Unies pour lenvironnement (PNUE) afin de fournir une assistance technique et financire aux pays dans ce domaine. Cette approche est fonde dans une large mesure sur lexp-rience accumule par lIPE dans la fourniture dune aide aux gouvernements de divers pays du monde pour larticulation pauvret-environnement, essentiellement en Afriqueet dans la rgion Asie-Pacifique, ainsi que sur certains enseignements tirs par dautres acteurs du dveloppement, notamment les membres du Partenariat Pauvret-Environ-nement. Elle est conue comme un modle flexible pouvant tre adapt aux circons-tances nationales pour orienter le choix des activits, pratiques, mthodologies et instruments en fonction de la situation particulire des pays. Elle comprend lestapes suivantes:

    s Identier les points dentre et dvelopper largumentaire

    s Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    s Relever les ds poss par la mise en uvre

    Lengagement des parties prenantes doit intervenir tout au long du processus, depuis le dbut jusqu llaboration, la mise en uvre et le suivi des politiques. Chaque lment successif tire parti des travaux prcdents, mais lordre chronologique nest pas fixe. Lintgration des liens entre la pauvret et lenvironnement est plutt un processus it-ratif dans lequel les activits peuvent avoir lieu paralllement ou dans un ordre diffrent de celui prsent ici, eu gard aux priorits et besoins particuliers des pays.

    1.2 Public CibleLe public cible du manuel comprend essentiellement les champions du processus dint-gration et les praticiens travaillant au niveau des pays.

    s Les champions sont des praticiens qui prennent la responsabilit de prner lint-gration des considrations relatives la pauvret et lenvironnement dans la pla-nication du dveloppement aux niveaux national, sectoriel et infranational. Il peut sagir notamment de dcideurs de haut niveau et de responsables gouvernementaux qui joueront le rle dambassadeurs pour les questions relatives larticulation pau-vret-environnement.

  • Chapitre 1. A propos du m

    anuel

    3

    s Parmi les praticiens gurent les parties prenantes au sein du gouvernement (cabi-net du chef de ltat, organes chargs de lenvironnement, du nancement et de la planication, organismes sectoriels et infranationaux, partis politiques et parlement, bureau national de statistique et systme judiciaire), les acteurs non gouvernemen-taux (socit civile, universits, entreprises et industrie, public en gnral et commu-nauts locales et mdias) et les acteurs du dveloppement dans les secteurs de lenvi-ronnement, du dveloppement et de la lutte contre la pauvret.

    Un deuxime groupe de personnes intresses est celui des agents des organismes des Nations Unies, notamment les coordonnateurs rsidents des Nations Unies et les quipes de pays qui uvrent la ralisation des priorits de dveloppement avec les autorits nationales. Leurs travaux impliquent souvent la prise en compte des liens entre la pauvret et lenvironnement et le prsent manuel vise guider et structurer ces efforts.

    1.3 StructureLe manuel est divis en plusieurs chapitres, ainsi quil est indiqu ci-aprs. Ces chapitres peuvent tre consults individuellement suivant les intrts et les besoins des utilisa-teurs qui se reporteront aux autres sections du manuel le cas chant. Les principaux messages sont mis en vidence tout au long du texte et de nombreux exemples sont prsents.

    Le chapitre 2 dcrit les principaux concepts intressant lintgration des liens entre pauvret et environnement, notamment la contribution de lenvironnement au bien-tre humain, la croissance conomique pro-pauvres et la ralisation des Objectifs du Millnaire pour le dveloppement.

    Le chapitre 3 prsente une vue densemble de lapproche dintgration, dcrivant les diverses activits inhrentes chacune de ses trois tapes. Il souligne le rle des parties prenantes et de la communaut du dveloppement, notamment des expriences et des initiatives du PNUD et du PNUE.

    Les chapitres 4 6 dtaillent les trois composantes de lapproche programmatique. Chaque chapitre propose des conseils, des rfrences et des illustrations et prsente en conclusion des ralisations et des exemples.

    Le chapitre 4 donne des conseils pour la prparation de leffort dintgration, quisuppose la dtermination des points dentre et le dveloppement dun argumentaire lintention des dcideurs. Il explique comment mener bien les activits pertinentes, notamment les valuations initiales de la nature des liens entre pauvret et environne-ment, et met en vidence la ncessit de comprendre les contextes gouvernementaux, politiques et institutionnels du pays; sensibiliser et dvelopper des partenariats au sein du gouvernement et au-del; valuer les besoins de renforcement des institutions et des capacits et mettre au point des modalits de travail pour un effort soutenu dintgration des liens entre pauvret et environnement.

    Le chapitre 5 dcrit comment intgrer les liens entre pauvret et environnement dans llaboration des politiques. Il donne des indications sur la faon de collecter des don-nes par pays en utilisant des techniques comme les valuations intgres des cosyst-mes et les analyses conomiques. Il fournit aussi des informations sur la faon dutiliser ces donnes pour influer sur llaboration des politiques et pour mettre au point les mesures oprationnelles et en estimer le cot.

  • Chap

    itre

    1.

    A p

    ropo

    s du

    man

    uel

    4

    Le chapitre 6 contient des conseils sur la faon de rpondre aux dfis de la mise en uvre. Il examine les moyens dintgrer les liens entre pauvret et environnement dans les systmes nationaux de suivi; de participer aux processus de budgtisation et dassu-rer le financement des mesures; de soutenir les mesures aux niveaux national, sectoriel et infranational; et de renforcer les institutions et les capacits ncessaires long terme.

    Le chapitre 7 rassemble les conclusions et prsente lintention du PNUD, du PNUE et de leurs partenaires des propositions de travaux futurs dans le domaine de lintgration des liens entre pauvret et environnement.

    On trouvera aussi dans le prsent manuel une liste des abrviations et des acronymes, un glossaire et une section prsentant les rfrences.

  • 9^Wf_jh[(

    5

    Contenu s Dfinit le concept dintgration des liens entre pauvret et environnement (section 2.1)

    s Explique lintrt de cette intgration pour le bien-tre humain, une croissance cono-mique favorable aux pauvres et la ralisation des OMD (section 2.2)

    s Met en vidence la contribution apporte par le capital naturel la richesse des pays faible revenu (section2.3) ainsi que limportance des changements climatiques pour int-gration des liens entre pauvret et environnement (section 2.4)

    Principaux messages s La prise en compte des liens entre pauvret et environnement est un processus itratif,

    pluriannuel et multipartite

    s Lenvironnement contribue sensiblement au bien-tre humain, une croissance cono-mique favorable aux pauvres et la ralisation des OMD

    s Le capital naturel reprsente une part relativement importante de la richesse des pays faible revenu

    s Ladaptation aux changements climatiques fait partie intgrante de leffort darticulationdes objectifs en matire de pauvret et denvironnement

  • Chap

    itre

    2.

    En q

    uoi c

    onsi

    ste

    lint

    gra

    tion

    des

    lien

    s en

    tre

    pauv

    ret

    et e

    nvir

    onne

    men

    t?

    6

    2.1 Dfinition du concept dintgration des liens entre pauvret et environnement Le dveloppement durable dpend dans une large mesure de la prise en compte efficace des proccupations environnementales dans la planification et la prise de dcisions co-nomiques, processus connu sous le nom dintgration de lenvironnement. Les efforts mens ds les annes 90 pour assurer lintgration de lenvironnement dans la planifi-cation nationale par exemple par le biais des documents de stratgie de rduction de la pauvret (DSRP) visaient assurer la prise en compte dans les dcisions et les plans conomiques des priorits environnementales et de lincidence des activits humaines sur les services et actifs environnementaux.

    Les donnes disponibles amnent penser que ces tentatives initiales dintgration de lenvironnement dans la planification nationale ont eu des rsultats partags. Daprs une srie dtudes influentes de la Banque mondiale, la plupart des DSRP adopts par les pays les plus pauvres du monde dans les annes 90 nont pas suffisamment pris encompte la contribution de lenvironnement la rduction de la pauvret et la crois-sance conomique (Boj et Reddy 2003; Boj et al. 2004).

    Conscients de cette situation, les autorits nationales et les acteurs du dveloppe-ment ont consacr une plus grande attention lintgration de lenvironnement dans les DSRP, en accordant un intrt particulier la prise en compte des interactions entre la pauvret et lenvironnement et au dveloppement dun argumentaire sur tla contribution de lenvironnement au bien-tre humain, la croissance conomique pro-pauvres et la ralisation des OMD lintention des ministres responsables de la planification du dveloppement national.

    Dfinition: Intgration des liens entre pauvret et environnement

    Lintgration des liens entre pauvret et environnement dans les mcanismes de prise de dci-sion, de budgtisation et de mise en uvre aux niveaux national, sectoriel et infranational est un processus itratif. Il sagit dun effort pluriannuel et multipartite qui implique de travailler avec les acteurs gouvernementaux (cabinet du chef de ltat, organismes chargs de lenvironnement,du financement et de la planification, organismes sectoriels et infranationaux, partis politiques et parlement, bureau national de statistique et systme judiciaire), les acteurs non gouvernemen-taux (socit civile, universits, entreprises et industrie, public en gnral et communauts etmdias) et les acteurs du dveloppement.

    Lintgration de lenvironnement et la prise en compte des liens entre pauvret etenvironnement sont deux processus qui peuvent se chevaucher dans certaines condi-tions, mais on a davantage prt attention ces dernires annes lobjectif essentiel derduction de la pauvret et la contribution capitale quune rationalisation de la gestionde lenvironnement peut apporter lamlioration des moyens de subsistance et de lagnration de revenus pour les pauvres et dautres groupes vulnrables, notamment lesfemmes et les populations marginalises.

    Ces efforts sont dautant plus urgents que laide au dveloppement revt de plus en plus laforme dune aide sectorielle et budgtaire gnrale, une moins grande partie des apportsfinanciers tant expressment rservs des projets environnementaux spcifiques. Il estdonc plus ncessaire que jamais de persuader les organismes financiers et de planificationquallouer des ressources rares lamlioration de la gestion de lenvironnement est indis-pensable pour venir en aide aux plus dmunis et lutter contre la pauvret.

  • Chapitre 2. En quoi consiste lintgration des liens entre pauvret et environnement?

    7

    2.2 tude des liens entre pauvret et environnement Les conditions de vie des populations pauvres peuvent tre considrablement amlio-res par une rationalisation de la gestion de lenvironnement. Sont prsents ci-aprs certains concepts permettant de mieux comprendre la nature des interactions entre pauvret et environnement, notamment en montrant la contribution que lenvironne-ment peut apporter au bien-tre humain, une croissance conomique favorable aux pauvres et la ralisation des OMD.

    On trouvera dans lencadr 2.1 des faits et chiffres sur le tandem pauvret-environ-nement. Dautres exemples sont fournis tout au long du manuel (voir en particulier les chapitres 4 et 5). La porte et la diversit de ces exemples mettent en vidence lacontribution importante de lenvironnement au bien-tre humain et la rduction de la pauvret.

    Contribution de lenvironnement aux moyens de subsistance, la capacit de rsistance, la sant et au dveloppement conomique Les interactions entre la pauvret et lenvironnement peuvent tre reprsentes de nombreuses manires, notamment sous la forme de leur incidence sur les moyens de subsistance, la capacit de rsistance face aux risques environnementaux, la sant et le dveloppement conomique.

    s Moyens de subsistance. Les cosystmes fournissent des services (notamment des services dapprovisionnement tels que la nourriture et leau, des services de rgula-tion tels que la rgulation des inondations et des maladies, des services culturels tels que les bnces rcratifs et esthtiques et des services de soutien ncessaires tous les autres services cosystmiques, comme la formation des sols), dont dpen-dent de faon disproportionne les conditions de vie et la satisfaction des besoins fondamentaux des populations pauvres. Celles-ci sont aussi tributaires de lenvironne-ment pour la gnration de revenus dans des secteurs comme lagriculture, la pche, la sylviculture et le tourisme, par le biais des marchs formels et informels. Les

    s En Amrique latine et en Asie du Sud-Est, 100% des pauvres vivant avec moins de 1dollarpar jour sont exposs la pollution de lair dans les habitations.

    s Au Bangladesh, plus de 95% de la population utilisent des combustibles solides, comme le charbon de bois et le bois de feu, pour couvrir leurs besoins en nergie.

    s En Bolivie, plus de 80% de la population des zones rurales sont pauvres, ce qui les rend parti-culirement tributaires de lenvironnement dont dpendent leurs moyens de subsistance.

    s Au Burkina Faso, 92% de la population active sont employs dans lagriculture et la pche et leurs conditions de vie dpendent en consquence de la gestion durable de ces ressources.

    s Dans le centre du Viet Nam, les mnages pauvres sont ceux qui ont mis le plus de temps rcuprer aprs les inondations catastrophiques de novembre1999, ntant pas en mesure de financer de la main-duvre pour les aider nettoyer leurs champs et reprendre leur produc-tion agricole.

    Source: PNUD et al. 2005.

    Encadr 2.1 Faits et chiffres illustrant les liens entre pauvret et environnement

  • Chap

    itre

    2.

    En q

    uoi c

    onsi

    ste

    lint

    gra

    tion

    des

    lien

    s en

    tre

    pauv

    ret

    et e

    nvir

    onne

    men

    t?

    8

    moyens de subsistance peuvent tre durables ou ne pas ltre, suivant la faon dont lenvironnement est gr.

    s Capacit de rsistance face aux risques environnementaux. Les pauvres sont plusvulnrables face aux catastrophes naturelles, comme les inondations et les sche-resses, les effets des changements climatiques et dautres chocs environnementaux qui menacent leurs moyens de subsistance et nuisent la scurit alimentaire. Lamlioration de la gestion des ressources environnementales, comme les forts, accrot la capacit de rsistance des populations pauvres et de leurs moyens de sub-sistance face aux risques environnementaux.

    s Sant. Les conditions environnementales sont lorigine dune grande partie des risques sanitaires auxquels sont exposs les pauvres. Les facteurs de risques envi-ronnementaux, comme lexposition professionnelle aux produits chimiques et la pollution de lair lintrieur des habitations due lutilisation par les mnages de combustibles solides, jouent un rle dans plus de 80 % des maladies rgulirement signales par lOrganisation mondiale de la sant. Au niveau plantaire, prs dun quart de lensemble des dcs et de lincidence totale des maladies peut tre attribu lenvironnement. Pas moins de 13 millions de dcs pourraient tre vits chaque anne en rendant lenvironnement plus sain (Prss-stn et Corvalan 2006). Lam-lioration de la sant dcoulant dune amlioration des conditions environnementales contribue aussi une amlioration des moyens dexistence, du dveloppement co-nomique et de la capacit de rsistance face aux risques environnementaux.

    s Dveloppement conomique. La qualit de lenvironnement contribue directement et indirectement au dveloppement conomique et lemploi. Ces contributions sont par-ticulirement importantes dans les pays en dveloppement dans des secteurs commelagriculture, lnergie, les forts, la pche et le tourisme.

    Les interactions entre la pauvret et lenvironnement sont dynamiques et spcifiquesau contexte, refltant lemplacement gographique, lchelle spatiotemporelle et lescaractristiques conomiques, sociales et culturelles des individus, des mnages et desgroupes sociaux. En particulier, le sexe et lge du chef de mnage (homme ou femme,adulte ou jeune) constituent des facteurs cls, influant sur ces interactions.

    Les interactions entre la pauvret et lenvironnement peuvent tre positives ou ngati-ves, crant des cercles vertueux ou vicieux pour la prservation de lenvironnement etla rduction de la pauvret (graphique 2.1). Si des arbitrages peuvent tre ncessaires, la prise en compte de ces interactions vise assurer le meilleur quilibre possible entre laprservation de lenvironnement et la rduction de la pauvret dans lintrt des pauvreset de la protection de lenvironnement long terme.

    Services cosystmiques et bien-tre humainComme on la not propos des moyens de subsistance (examins plus haut), les tres humains dpendent des cosystmes pour une large gamme de services. Un instru-ment utile pour examiner les liens entre pauvret et environnement est lvaluation des cosystmes pour le Millnaire, tude scientifique de pointe mene par plus de 1 300 experts dans le monde entier de 2001 2005 sur la situation des cosystmes mondiaux et des services quils fournissent. Cette valuation a permis de passer en

  • Chapitre 2. En quoi consiste lintgration des liens entre pauvret et environnement?

    9

    Prservation de lenvironnement

    Rduction de la pauvret

    Graphique 2.1 Exemples dinteractions positives et ngatives entre la pauvret et lenvironnement

    Gagnantes-Perdantes

    Gestion de lenvironnement excluant les communauts locales (par exemple, absence dun partage des avantages, dislocation des communauts)

    Gagnantes-Gagnantes

    Moyens de subsistance durables (par exemple, agriculture, sylvi-culture, pche durables, gestion des cosystmes, adaptation aux changements climatiques)

    Perdantes-Perdantes

    Absence ou inadquation de la gestion de lenvironnement avec une incidence ngative sur les pauvres (par exemple, absence dadaptation aux changements climatiques, mauvaise hygine environnementale)

    Perdantes-Gagnantes

    Moyens de subsistance court terme (par exemple, surpturage, surpche, dboisement)

    revue les consquences de lvolution des cosystmes pour le bien-tre humain et ses conclusions fournissent une base scientifique pour une action en faveur des cosys-tmes et de lutilisation durable de leurs services.

    Le graphique 2.2, tir de lvaluation des cosystmes pour le Millnaire, dcrit la rela-tion entre la gestion de lenvironnement et la rduction de la pauvret. Comme le mon-tre ce graphique, les modifications des dterminants indirects de lvolution des cosys-tmes (cadre droit suprieur), comme la population, la technologie et les modes de vie, influent sur les dterminants directs (cadre infrieur droit), comme les prises de poisson ou lutilisation dengrais. Les changements ainsi provoqus dans les cosystmes et les services quils fournissent (cadre infrieur gauche) ont une incidence sur le bien-tre humain (cadre suprieur gauche). Ces interactions ont lieu la fois dans le temps et dans lespace. Par exemple, une augmentation de la demande de bois duvre dans une rgion peut conduire une dgradation du couvert forestier dans une autre, ce qui son tour peut entraner une plus grande frquence ou intensit des inondations le long dun cours deau local. Au niveau mondial, les modes de production et de consommation et les missions de gaz effet de serre dun pays contribuent aux changements climati-ques et influent indirectement sur les pays et les populations partout dans le monde, en particulier sur les plus pauvres dentre elles. Diffrentes stratgies et interventions peuvent tre appliques de nombreux endroits de ce cadre pour amliorer le bien-tre humain et prserver les cosystmes (M 2005).

  • Chap

    itre

    2.

    En q

    uoi c

    onsi

    ste

    lint

    gra

    tion

    des

    lien

    s en

    tre

    pauv

    ret

    et e

    nvir

    onne

    men

    t?

    10

    La pertinence des interactions entre la pauvret et lenvironnement pour la ralisation des OMDLa contribution de lenvironnement la rduction de la pauvret et au bien-tre humain peut aussi tre exprime dans loptique des OMD, comme le montre le tableau 2.1.

    Graphique 2.2 Interactions entre les services cosystmiques, le bien-tre humain et la rduction de la pauvret

  • Chapitre 2. En quoi consiste lintgration des liens entre pauvret et environnement?

    11

    Objectif Interactions pauvret-environnement

    Pauvret

    1. Rduirelextrme pauvret et la faim

    s Les stratgies concernant les moyens dexistence et la scurit alimentaire des mnages pauvres dpendent gnralement directement de la sant et de la productivit des cosys-tmes ainsi que de la diversit des services quils fournissent

    s Les mnages pauvres ptissent souvent de droits peu srs sur la terre, leau et les ressources natu-relles, dun accs insuffisant linformation et aux marchs et dune participation limite aux dci-sions qui influent sur leur accs aux ressources et sur leurs possibilits dutilisation de celles-ci, ce qui nuit leur aptitude utiliser les ressources environnementales de faon durable pour amliorer leurs moyens dexistence et leur bien-tre

    s La vulnrabilit face aux risques environnementaux comme les inondations, les scheresses et les incidences des changements climatiques compromet les moyens dexistence des populations et les stratgies dadaptation, limitant ainsi leur aptitude sortir de la pauvret et viter dy tomber

    galit des sexes et ducation

    2. Assurerlducationprimaire pour tous

    3. Promouvoirlgalit des sexes et lautonomisation des femmes

    s La dgradation de lenvironnement contribue alourdir la charge pesant sur les femmes et les enfants (en particulier les filles) en augmentant le temps pass aller chercher de leau et du bois de chauffe et rduisant en consquence le temps dont elles disposent pour lducation oudes activits de gnration de revenus

    s Lintgration de questions intressant lenvironnement dans les programmes de lenseigne-ment primaire peut influer sur le comportement des jeunes et de leurs parents, favorisant ainsi des moyens de subsistance durables

    s Les femmes ne jouent souvent quun rle limit dans la prise de dcision, que ce soit au niveau communautaire ou au niveau national, ce qui les empche de se faire efficacement entendre, enparticulier dexprimer leurs proccupations environnementales

    s Les femmes ont souvent des droits ingaux et un accs peu sr la terre et aux ressources natu-relles, ce qui limite les possibilits quelles ont daccder des actifs productifs

    Sant

    4. Rduire lamortalit infantile

    5. Amliorer lasant maternelle

    6. Combattrele VIH/sida, lepaludisme etdautres maladies

    s Les maladies lies leau et lassainissement (comme la diarrhe) et les infections respira-toires aigues (dues essentiellement la pollution de lair lintrieur des habitations) sont deux des principales causes de la mortalit des moins de cinq ans

    s Les consquences quont sur la sant des femmes la pollution de lair lintrieur des habita-tions et le transport de lourds fardeaux deau et de bois de chauffe peuvent nuire leur apti-tude procrer et entranent de plus grands risques de complication durant les grossesses

    s Le paludisme qui tue tous les ans un million denfants de moins de 5ans selon les estimationspeut tre exacerb par le dboisement, la perte de biodiversit et la mauvaise gestion de leau

    s Jusqu un quart de la charge de morbidit au niveau mondial est lie des facteurs environne-mentaux essentiellement la pollution de lair et de leau, linsuffisance de lassainissement etles maladies vecteur; les mesures visant prvenir les consquences pour la sant des facteurs environnementaux sont importantes et sont souvent plus efficaces par rapport aux cots que letraitement des maladies qui en rsultent

    s Les risques environnementaux, comme les catastrophes naturelles, les inondations, les sche-resses et les effets des changements climatiques en cours, influent sur la sant humaine et peuvent mettre des vies en pril

    Partenariat pour le dveloppement

    8. Mettre en place un partenariatmondial pour ledveloppement

    s Les ressources naturelles et la gestion durable de lenvironnement contribuent au dveloppe-ment conomique, aux recettes publiques, la cration demplois dcents et productifs et la rduction de la pauvret

    s Les pays en dveloppement, en particulier les petits tats insulaires, ont des besoins particu-liers en matire daide au dveloppement, notamment pour accrotre leur capacit dadap-tation aux changements climatiques et pour faire face dautres enjeux environnementaux,comme la gestion de leau et des dchets

    Sources: Adapt de DFID et al. 2002 et OMS 2008.

    Tableau 2.1 Contributions de lenvironnement la ralisation des OMD

  • Chap

    itre

    2.

    En q

    uoi c

    onsi

    ste

    lint

    gra

    tion

    des

    lien

    s en

    tre

    pauv

    ret

    et e

    nvir

    onne

    men

    t?

    12

    2.3 Importance du capital naturel dans la richesse des pays faible revenuUn autre aspect important de la contribution de lenvironnement au bien-tre humain et une croissance conomique favorable aux pauvres tient au rle du capital naturel dans la richesse des nations, surtout celle des pays faible revenu. Les ressources naturelles, en particulier les terres agricoles, les minraux se trouvant dans le sous-sol ainsi que le bois duvre et dautres ressources forestires, reprsentent une part relativement plus importante de la richesse nationale dans les conomies moins dveloppes (Banque mondiale 2006). Le bien-tre des pays faible revenu est donc plus tributaire des res-sources naturelles nationales (tableau 2.2).

    Les responsables ne doivent pas perdre de vue limportance de la qualit de lenvironne-ment et des ressources naturelles en tant quactifs qui peuvent tre prservs ou am-liors par une gestion rationnelle ou puiss par une mauvaise gestion. Ainsi, ltude des moyens doptimiser la gestion et lutilisation des actifs environnementaux doit faire partie intgrante de la planification du dveloppement national. Limportance du capital naturel dans la plupart des conomies en dveloppement souligne les difficults lies la prise en compte des interactions entre la pauvret et lenvironnement, compte tenu des enjeux conomiques et politiques considrables et des priorits souvent conflictuel-les des diverses parties prenantes concernant laccs, lutilisation et le contrle des actifs environnementaux.

    Capital naturel Capital produit Capital immatriel

    Total$ par

    habitantPart en %

    $ parhabitant

    Parten %

    $ parhabitant

    Parten %

    Pays faible revenu 1 925 26 1 174 16 4 434 59 7 532

    Pays revenu intermdiaire 3 496 13 5 347 19 18 773 68 27 616

    Pays de lOCDE haut revenu 9 531 2 76 193 17 353 339 80 439 063

    Monde 4 011 4 16 850 18 74 998 78 95 860

    Source: Banque mondiale 2006.Notes: Tous les montants en dollars sont exprims au taux de change nominal. Les Etats ptroliers ne sont pas pris en compte. OCDE: Organisation de coopration et de dveloppement conomiques.

    Tableau 2.2 Rpartition de la richesse nationale par type de capital et groupe de revenu

  • Chapitre 2. En quoi consiste lintgration des liens entre pauvret et environnement?

    13

    Lexamen de la vulnrabilit dun pays face aux incidences des changements climatiques est un aspect indispensable de la prise en compte des liens entre pauvret et environnement dans la pla-nification du dveloppement national. Parmi les questions que les dcideurs doivent prendre en considration figurent lincidence des changements climatiques sur la pauvret et la croissance etles stratgies potentielles dadaptation ces changements dans limmdiat et plus long terme.

    Les types deffets possibles des changements climatiques et leur gravit varient suivant les payset les rgions. Pour tre efficace, lintgration des liens entre pauvret et environnement doit aumoins permettre de:

    s Identifier les groupes de population, les rgions et les secteurs actuellement les plus menacs (en raison, par exemple, de la pauvret, de labsence de dveloppement ou de la dgradation existante des ressources naturelles)

    s Examiner la vulnrabilit des stratgies de dveloppement et des programmes sectoriels encours face la variabilit du climat et tudier les options disponibles pour renforcer leur capacitde rsistance

    s Etudier les moyens de prendre en compte les incidences des changements climatiques prvusdans les dcisions de planification du dveloppement afin de minimiser les risques et de ren-forcer la capacit de rsistance

    Lenjeu dans le cadre de lintgration des liens entre pauvret et environnement est de faireprendre davantage conscience aux dcideurs des changements climatiques, de mettre en vi-dence les aspects des conomies nationales qui sont les plus sensibles aux risques et vulnrabili-ts du moment et de dvelopper les capacits nationales ncessaires des analyses continues des risques futurs et des stratgies dadaptation possibles.

    Encadr 2.2 Intgration de ladaptation aux changements climatiques dans la planification du dveloppement national

    2.4 Importance des changements climatiques pour lintgration des liens entre pauvret et environnementNombre des pays qui souffrent des chocs les plus importants lis aux changements climatiques sont des pays faible revenu. Dans ces pays, lamlioration de la gestion de lenvironnement peut rduire lincidence des vnements climatiques extrmes et faciliter le redressement aprs de tels vnements (McGuigan, Reynolds et Wiedmer 2002). Lencadr 2.2 dcrit certains des aspects essentiels de lintgration des liensentre pauvret et environnement et de ladaptation aux changements climatiques dans la planification du dveloppement national.

  • 9^Wf_jh[)

    15

    Contenu s Prsente une approche programmatique de lintgration des liens entre pauvret et envi-

    ronnement (section 3.1)

    s Examine le rle des parties prenantes et de la communaut du dveloppement (sec-tion3.2)

    Principaux messages s Une intgration russie exige avant tout limplication dun grand nombre de parties pre-

    nantes, dont les divers efforts peuvent tre tays et relis par ladoption dune approcheprogrammatique

    s Cette approche est un modle flexible qui contribue orienter le choix des activits, des pratiques, des mthodes et des instruments ncessaires, compte tenu de la situationparticulire du pays

    s LeLe d drrououlelemementnt c chrhrononolologogiqiqueue d dee ll apapprprocochehe n neestst p pasas r rigigididee etet i ill yy aa dede n nomombrbreueusesessinteractions entre les activits

    s LeLess chchefefss dede fi filele v vararieierorontnt d duunn papaysys l laaututrere e ett vvenentutuelellelemementnt n nee seserorontnt p pasas l leses m mmmeses tout au long du processus

    s UUne troiite collll baboratiion avec l les acteurs d du ddvelloppement est iindidispensablble pour assurer la ppertinence et lefficacit de linitiative et ppour gg nrer un appppui ppolitiqque, , tech-nique et financier

  • Chap

    itre

    3.

    Une

    app

    roch

    e de

    lin

    tgr

    atio

    n de

    s lie

    ns e

    ntre

    pau

    vret

    et

    env

    iron

    nem

    ent

    16

    3.1 Une approche programmatique Lobjectif de lintgration des liens entre pauvret et environnement est dassurer que les principales activits de ltat, le dveloppement national, les stratgies de rduction de la pauvret et la planification et linvestissement aux niveaux sectoriel et infranatio-nal prennent en compte la contribution de lenvironnement au bien-tre humain, une croissance conomique favorable aux pauvres et la ralisation des OMD.

    Lapproche programmatique de lInitiative Pauvret-Environnement du PNUD et du PNUE recommande de rpartir en trois phases le processus de prise en compte des liens entre pauvret et environnement dans la planification du dveloppement national:

    s Identier les points dentre et dvelopper largumentaire, an de prparer le terrain lintgration

    s Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlabora-tion des politiques, an dassurer leur prise en compte dans les processus en cours,comme les DSRP ou les stratgies sectorielles, sur la base des donnes spciques au pays

    s Relever les ds de la mise en uvre, an dassurer lintgration des liens entre pau-vret et environnement dans les processus de budgtisation, de mise en uvre et de suivi

    Le graphique 3.1 reprsente les activits pouvant avoir lieu dans le cadre des efforts dintgration.

    Lutilisation de cette approche peut contribuer une hirarchisation des activits dans un contexte national spcifique et une apprhension plus complte de la faon dont les diffrentes mesures et techniques peuvent tre conjugues pour arriver au rsultat souhait aux diffrents stades de la conception ou de la mise en uvre de la planifica-tion du dveloppement (graphique 3.2). Elle peut aussi contribuer structurer les pro-grammes adopts par les pouvoirs publics de faon prendre en compte efficacement les liens entre pauvret et environnement en longue priode souvent en tirant parti des activits plus diverses et de plus courte dure entreprises par les multiples parties prenantes.

    Comme not dans le premier chapitre, cette approche programmatique doit tre envi-sage comme un modle flexible destin orienter le choix des activits, techniques, mthodes et instruments dans un contexte national particulier. Suivant le contexte et les progrs collectifs raliss jusque l concernant la prise en compte des liens entre pau-vret et environnement dans le pays, certaines activits peuvent tre mises en uvre de

    Exemples: Approche itrative

    s La mise au point dindicateurs pauvret-environnement sappuie sur les objectifsfixs dans les documents directeurs lors de ltape dintgration des liens entre pau-vret et environnement dans les processus dlaboration des politiques.

    s Le systme de suivi vise collecter les donnes ncessaires lintgration des liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques.

    s La budgtisation dpend de la mise au point des mesures oprationnelles et delestimation de leurs cots.

  • Chapitre 3. Une approche de lintgration des liens entre pauvret et environnem

    ent

    17

    Graphique 3.1 Approche programmatique de la prise en compte des liens entre pauvret et environnement

    Identifier les points dentreet dvelopper largumentaire

    Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les

    processus dlaboration des politiques

    Relever les dfis de lamise en uvre

    Implication des parties prenantes et coordinationavec la communaut du dveloppement

    Acteurs gouvernementaux, non gouvernementaux et du dveloppement

    Comprendre les interactionsentre la pauvret et lenvironnement

    Comprendre les contextesgouvernementaux

    institutionnels et politiques

    Consensus et engagementnational

    valuation des besoinsMcanismes oprationnels

    Apprentissage par la pratique Faire de lintgrationune pratique courante

    valuation intgre des cosystmesAnalyse conomique

    Aux niveaux national (DSRP/OMD),sectoriel et infranational

    Intgration des questionsde pauvret et denvironnement

    dans le systme de suivi

    Aux niveaux national, sectorielet infranational

    Aux niveaux national, sectorielet infranational

    Mise au point des mesuresoprationnelles et estimation

    de leurs cots

    Renforcement des institutionset des capacits

    Renforcement des institutionset des capacits

    Renforcement des institutions et des capacits

    Soutien aux mesuresoprationnelles

    Appui financier aux mesuresoprationnelles

    Budgtisation et financement

    Collecte de donnes et indicateurs

    Collecte de donnes spcifiques au pays

    Influence sur llaborationdes politiques

    valuations prliminaires

    Sensibilisation et constitution de partenariats

    Graphique 3.2 Relations entre lapproche programmatique et le cycle de planification du dveloppement national

    Intgrer les liens entrepauvret et environnement

    dans les processus dlaboration des politiques

    Dterminationde lagenda

    politique

    Identifier les points dentre et dvelopper largumentaire

    Relever les dfis de lamise en uvre

    des politiques

    Mise en uvreet suivi

    PLANIFICATION DUDEVELOPPEMENT

    NATIONAL

  • Chap

    itre

    3.

    Une

    app

    roch

    e de

    lin

    tgr

    atio

    n de

    s lie

    ns e

    ntre

    pau

    vret

    et

    env

    iron

    nem

    ent

    18

    Identifier les points dentre et dvelopper largumentaire

    9 Adoption de points dentre pour lintgration des liens entre pauvret et environnement et prise en compte de la feuille de route correspondante dans le plan de travail de la phase sui-vante de linitiative

    9 Les principaux ministres (par exemple environnement, finances, planification) concerns parles points dentre convenus sont membres du comit de pilotage ou de lquipe spciale char-ge de linitiative dintgration des liens entre pauvret et environnement

    9 Les chefs de file assurent la liaison avec les mcanismes de coordination des donateurs dans le pays 9 Les activits mettre en uvre en collaboration avec les ministres des finances et de la plani-fication ou les ministres sectoriels comptents sont incorpores dans le plan de travail pour laphase suivante de linitiative

    Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    9 Des donnes spcifiques au pays sont collectes sur la contribution de lenvironnement aubien-tre humain et la croissance conomique favorable aux pauvres

    9 Les liens entre pauvret et environnement sont pris en compte dans les documents de travailproduits durant le processus dlaboration des politiques vis (par exemple documents pro-duits par les groupes de travail du DSRP ou issus des processus de planification sectoriels etinfranationaux pertinents)

    9 La protection de lenvironnement figure en tant que priorit dans la version finale des docu-ments directeurs mis au point dans le cadre du processus dlaboration des politiques vis (DSRP, stratgie relative aux OMD, plan sectoriel ou infranational pertinent)

    Encadr 3.1 Liste des rsultats attendus de la prise en compte des liens entre pauvret et environnement

    faon acclre et dautres peuvent tre sautes; leur ordre chronologique nest pas non plus rigide. Chaque phase sappuie sur les activits et les travaux raliss antrieurement dans le pays. Il sagit dun processus itratif, avec de nombreuses interconnections entre les activits. Lengagement des parties prenantes, la coordination avec la communaut du dveloppement et le renforcement de la capacit institutionnelle sont des lments indispensables dans toutes les phases, depuis le dbut jusqu llaboration, la mise en uvre et le suivi des politiques.

    Cette approche offre aussi un cadre lintgration de problmes denvironnement spcifi-ques comme les changements climatiques, la gestion des produits chimiques, la gestion durable des terres, la consommation et la production durables et la gestion des ressources en eau dans la planification du dveloppement national. Lencadr 3.1 donne une listedes rsultats auxquels doit aboutir son application.

    Identifier les points dentre et dvelopper largumentaire Ce groupe dactivits prpare le terrain lintgration. Il sagit, dune part, daider les pays mettre en vidence les rsultats environnementaux souhaitables du point de vue

    ( suivre)

  • Chapitre 3. Une approche de lintgration des liens entre pauvret et environnem

    ent

    19

    9 Les mesures oprationnelles en faveur de la rduction de la pauvret et de lenvironnementsont chiffres par les ministres des finances et de la planification, les ministres sectoriels et les organismes infranationaux

    Relever les dfis de la mise en uvre

    9 Les indicateurs pauvret-environnement bass sur les documents directeurs de la planification du dveloppement national sont intgrs dans le systme national de suivi

    9 Les crdits budgtaires allous aux mesures en faveur de la rduction de la pauvret et delenvironnement des ministres autres que le ministre de lenvironnement et des organismes infranationaux sont augments

    9 Les dpenses publiques au titre des mesures en faveur de la rduction de la pauvret et de lenvironnement des ministres autres que celui de lenvironnement et des organismes infrana-tionaux sont accrues

    9 Les contributions verses dans le pays par les donateurs en faveur de la rsolution des pro-blmes de pauvret et denvironnement sont augmentes

    9 Lintgration des questions de pauvret et denvironnement devient partie intgrante desprocessus, procdures et systmes gouvernementaux et administratifs (par exemple circulairesbudgtaires, examens systmatiques des dpenses publiques lies lenvironnement et autresprocdures et systmes administratifs)

    Rsultats long terme

    9 Les institutions et les capacits pour lintgration des liens entre pauvret et environnement long terme sont renforces

    9 Les conditions pour un progrs simultan de la protection de lenvironnement et de la rduc-tion de la pauvret sont amliores

    Encadr 3.1 Liste des rsultats attendus de la prise en compte des liens entre pauvret et environnement (suite)

    de la rduction de la pauvret ainsi que les points dentre dans le processus de plani-fication du dveloppement et, de lautre, de dvelopper un argumentaire pour justifier limportance de lintgration des interactions entre pauvret et environnement. Ces tra-vaux initiaux doivent donc avoir lieu avant le lancement de linitiative dans son intgra-lit. Parmi les principales activits, on peut citer les suivantes:

    s Raliser des valuations prliminaires. La prise en compte des liens entre pauvret et environnement dans la planication du dveloppement national commence par la ralisation dvaluations de la nature de ces interactions et de la vulnrabilit du pays face aux changements climatiques ainsi que dautres valuations permettant de mieux comprendre les contextes gouvernementaux, institutionnels et politiques du pays. Ces valuations visent galement dnir des rsultats environnementaux favorables aux pauvres atteindre ainsi que des facteurs relatifs la gouvernance, aux institutions et au dveloppement qui inuent sur la planication et la prise de dcision aux niveaux national, sectoriel et infranational. Il importe aussi de com-prendre les modalits oprationnelles des gouvernements, des donateurs et de la socit civile qui dterminent les priorits de dveloppement. Ces valuations prli-

  • Chap

    itre

    3.

    Une

    app

    roch

    e de

    lin

    tgr

    atio

    n de

    s lie

    ns e

    ntre

    pau

    vret

    et

    env

    iron

    nem

    ent

    20

    minaires permettent aux pays didentier les bons points dentre et les chefs de lepossibles pour lintgration des questions relatives la pauvret et lenvironnement.

    s Sensibiliser et constituer des partenariats. Les valuations prliminaires dcritesci-dessus fournissent les informations ncessaires pour sensibiliser les dcideurs et mettre au point des arguments convaincants en faveur de la constitution de partena-riats au niveau gouvernemental et au-del. Ds le dpart, la priorit consiste impli-quer les ministres des nances et de la planication responsables du dveloppement conomique et faire participer les institutions environnementales au processus de planication.

    s valuer les institutions et les capacits. En complment des valuations prlimi-naires, doivent tre ralises des valuations rapides des besoins de renforcement des institutions et des capacits. Cette activit aide les pays rationaliser leffort din-tgration des liens entre pauvret et environnement, en sappuyant sur les capacits institutionnelles nationales et locales.

    s tablir des mcanismes oprationnels. Ltablissement de mcanismes opration-nels mme de soutenir un effort long terme de prise en compte des interactions entre la pauvret et lenvironnement est une activit prparatoire essentielle qui sup-pose un engagement de la part des participants dans les ministres de la planication et des nances et dans les organismes soccupant de lenvironnement. Les dispositifs mis en place doivent favoriser le consensus entre les participants de diverses origines en matire de prise en compte des interactions entre la pauvret et lenvironnement.

    Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiquesCette phase de lapproche programmatique vise la prise en compte de ces liens dans llaboration des politiques et les mesures oprationnelles correspondantes. Il sagit de cibler un processus spcifique comme llaboration dun plan de dveloppement national ou dune stratgie sectorielle identifi prcdemment comme point dentre. Ces activits sappuient sur les travaux raliss antrieurement, en particulier les va-luations prliminaires, la sensibilisation et la constitution de partenariats, et sont notam-ment les suivantes:

    s Collecter des donnes spciques au pays. Des tudes analytiques cibles sontentreprises pour complter et approfondir les valuations prliminaires an de mettre en vidence la nature des interactions entre la pauvret et lenvironnement dans le pays. Ces tudes permettent de justier plus avant limportance de linitiative et contribuent examiner la question de points de vue diffrents. Il peut sagir dva-luations intgres des cosystmes et danalyses conomiques utilisant de grandes quantits de donnes nationales pour cerner les contributions spciques de lenvi-ronnement et des ressources naturelles lconomie nationale et au bien-tre humain dans le pays.

    Les effets probables des changements climatiques doivent tre pris en compte dans ces tudes, en utilisant des analyses supplmentaires, comme les valuations de la vulnrabilit et de la capacit dadaptation et en prenant en considration le contenu des communications nationales et des programmes nationaux dadaptation labors au titre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ainsi que des enseignements tirs lors de leur laboration.

  • Chapitre 3. Une approche de lintgration des liens entre pauvret et environnem

    ent

    21

    s Inuer sur les processus dlaboration des politiques. Les donnes spciques aupays qui sont collectes servent de base rationnelle aux efforts mens pour inuer sur les processus dlaboration des politiques qui sont viss. Grce ces donnes, les spcialistes sont mieux mme de mettre en vidence les priorits et de formuler les arguments ncessaires pour avoir une incidence sur les processus en question (comme les DSRP, les OMD ou les plans sectoriels) et les documents qui en sont issus. Il y a lieu cet effet de saligner sur les mcanismes de gouvernance dtermi-nant les processus, ce qui peut ncessiter de simpliquer dans les mcanismes institu-tionnels qui y sont lis, tels que les groupes de travail et les dispositifs de participation des parties prenantes, ainsi que dassurer la coordination avec les donateurs concer-ns. Parmi les rsultats des processus dlaboration des politiques qui sont viss gurent les objectifs et cibles stratgiques et sectoriels, soutenus par des stratgies de mise en uvre.

    s laborer des mesures oprationnelles et en estimer le cot. Une fois que lesliens entre pauvret et environnement ont t intgrs dans le document direc-teur, les efforts darticulation se poursuivent avec llaboration et le chiffrage initial des mesures. Ces mesures peuvent tre des interventions systmiques (comme les mesures scales) ou elles peuvent avoir une optique plus troite, comme les inter-ventions sectorielles (ciblant, par exemple la lgislation agricole, la promotion des nergies renouvelables ou la conservation des zones protges) ou les interventions infranationales (visant une rgion spcique du pays).

    s Renforcer les institutions et les capacits. Le renforcement des institutions et descapacits concerne lensemble de linitiative darticulation et implique un dveloppe-ment des capacits tactiques, y compris le partage des rsultats analytiques, ltablis-sement de notes dorientation politique, un apprentissage sur le terrain et des types plus formels de formation. En outre, des projets de dmonstration peuvent illustrer au niveau local la contribution de lenvironnement lconomie, tout en renforant les institutions et les capacits nationales.

    Relever les dfis de la mise en uvreLa dernire srie dactivits, la plus soutenue, vise rendre oprationnelle lintgration des liens entre pauvret et environnement en simpliquant dans les processus de budg-tisation, de mise en uvre et de suivi. Parmi ces activits qui ont pour objectif dassurer que larticulation pauvret-environnement devienne une pratique courante dans le pays figurent notamment les suivantes:

    s Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans le systme de suivi. Lin-tgration de ces liens dans le systme de suivi national permet au pays de suivre les tendances et lincidence des politiques ainsi que les questions mergentes, comme les changements climatiques. En sappuyant sur les objectifs et cibles sectoriels spci-ques inclus dans le DSRP ou des documents similaires, les principales priorits sont de dnir des indicateurs pauvret-environnement appropris, damliorer la collecte et la gestion des donnes et dintgrer pleinement les liens entre pauvret et environ-nement dans le systme national de suivi.

    s Budgtiser et nancer des mesures en faveur de la rduction de la pauvret et de lenvironnement. Cette activit vise limplication dans les processus de budgtisationan de sassurer que ceux-ci tiennent compte de la valeur conomique de la contri-bution de lenvironnement lconomie nationale et la croissance conomique

  • Chap

    itre

    3.

    Une

    app

    roch

    e de

    lin

    tgr

    atio

    n de

    s lie

    ns e

    ntre

    pau

    vret

    et

    env

    iron

    nem

    ent

    22

    pro-pauvres et que les mesures associes la prise en compte des liens entre la pau-vret et lenvironnement soient nances. Les pouvoirs publics doivent aussi laborer des options de nancement, notamment amliorer la base nancire nationale des institutions et des investissements lis lenvironnement.

    s Soutenir les mesures oprationnelles aux niveaux national, sectoriel et infrana-tional. Cette activit suppose la collaboration avec les organismes sectoriels et infra-nationaux, an damliorer leur aptitude prendre en compte les liens entre pauvret et environnement dans leurs travaux et de mettre en uvre efcacement les mesures aux diffrents niveaux.

    s Renforcer les institutions et les capacits. An de renforcer les institutions et les capacits long terme, il est indispensable de faire de larticulation pauvret-environ-nement une pratique courante des processus, procdures et systmes gouvernemen-taux et administratifs tous les niveaux.

    3.2 Rle des parties prenantes et de la communaut du dveloppementUne intgration russie exige la participation dun grand nombre de parties prenantes, notamment les acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux et la communaut du dveloppement au sens large (y compris les organismes des Nations Unies) oprant dans le pays. Motiv essentiellement par les rsultats environnementaux favorables aux pauvres qui doivent tre obtenus, tout effort dintgration doit tre fond sur une analyse attentive et une comprhension des rles des diffrentes parties prenantes dans les processus de dveloppement du pays et des meilleurs moyens de les complter, comme indiqu dans le graphique 3.3. Il sagit notamment de tenir compte du fait que les parties prenantes ont des intrts diffrents et que certaines dentre elles pourraient ne pas tre aussi favorables que dautres la prise en compte des liens entre pauvret et environnement, lamlioration de la gestion de lenvironnement et aux rformes favorables aux pauvres. Il est indispensable de comprendre ce qui motive les diverses parties prenantes et de dterminer comment mettre au point les arguments appropris qui permettront de satisfaire les diffrents intrts.

    Graphique 3.3 Rles des diverses parties prenantes dans les rsultats environnementaux favorables aux pauvres

  • Chapitre 3. Une approche de lintgration des liens entre pauvret et environnem

    ent

    23

    Acteurs gouvernementaux et non gouvernementauxLeffort dintgration implique la coopration dun grand nombre dacteurs gouverne-mentaux qui suscitent chacun des enjeux et opportunits importants tout au long du processus (tableau 3.1).

    Une dcision cruciale prendre tt dans le processus consiste dterminer quel orga-nisme public dirigera leffort darticulation. tant donn les liens troits existants entre larticulation pauvret et environnement et la planification nationale du dveloppement, le Ministre de la planification ou des finances, agissant en collaboration avec les institu-tions environnementales, sera gnralement un choix logique.

    Les acteurs non gouvernementaux peuvent jouer un rle central pour faire progresser lintgration des liens entre pauvret et environnement dans la planification du dve-loppement national et on trouve parmi eux de puissants dfenseurs de cette approche. Impliquer ces acteurs, y compris les communauts locales, fait partie intgrante de lini-tiative dintgration et doit tre un objectif tout au long du processus. Parmi les difficul-ts qui peuvent tre rencontres lorsquon cherche impliquer les acteurs non gouver-nementaux figurent notamment le manque de sensibilisation, la faiblesse des capacits et les intrts conflictuels concernant les mesures visant lenvironnement et la pauvret (tableau 3.2).

    Communaut du dveloppement

    Harmonisation, alignement et coordination

    Conformment au Programme daction dAccra (2008), la Dclaration de Paris surlefficacit de laide (2005) et la Dclaration de Rome sur lharmonisation (2003), les acteurs du dveloppement semploient amliorer lharmonisation, lalignement et la coordination de leur aide aux gouvernements des pays en dveloppement (Banque mondiale 2008; OCDE 2005; Harmonisation de laide 2003). Il importe dassurer que les efforts dintgration sinscrivent dans les mcanismes existants de coordination des donateurs. Cela suppose notamment une coopration avec les groupes de donateurs concerns et les donateurs individuels, afin dassurer que les oprations dintgration sont conformes aux principes convenus dharmonisation, dalignement et de coordina-tion du pays.

    Soutien politique, financier et technique

    Une troite collaboration et un troit dialogue avec les divers acteurs du dveloppement sont indispensables non seulement pour assurer la pertinence et lefficacit de linitia-tive dintgration, mais aussi pour obtenir un soutien politique et financier.

    Les dpenses des donateurs au titre de lenvironnement nont pas augment au mme rythme que les budgets globaux daide. En outre, ces dpenses nont pas t aussi coordonnes que les efforts faits dans les autres secteurs (Hicks et al. 2008). Labsence de coordination et dappropriation par les donateurs rduit la possibilit dune appro-che plus stratgique et unifie de la gestion de lenvironnement et de la rduction de la pauvret. Pour mettre en place un programme dintgration totalement efficace, il est donc indispensable de renforcer le soutien larticulation pauvret-environnement au sein des groupes de donateurs travaillant dans les diffrents secteurs ou domaines (par exemple changements climatiques).

  • Chap

    itre

    3.

    Une

    app

    roch

    e de

    lin

    tgr

    atio

    n de

    s lie

    ns e

    ntre

    pau

    vret

    et

    env

    iron

    nem

    ent

    24

    Acteur Enjeux Possibilits

    Cabinet du chef de lEtat

    s Doit faire face de nombreuses priorits

    s Peut tre confront des intrts conflictuels

    s Faire de cet acteur un chef de file

    s Lui donner un rle directeur dans leffort din-tgration

    Partis politiques s Ne sont pas directement impliqus dans laplanification du dveloppement

    s Peuvent ntre que peu sensibiliss aux pro-blmes denvironnement

    s Peuvent tre confronts des intrts conflic-tuels

    s Utiliser le processus lectoral pour sensibiliser problmes de pauvret et denvironnement

    s Faire de ces questions un thme des cam-pagnes politiques

    Parlement s Nest souvent pas impliqu toutes lesphases de la planification du dveloppement national

    s Peut ntre que peu sensibilis aux problmesdenvironnement

    s Peut tre confront des intrts conflictuels

    s Renforcer son rle lgislatif

    s Encourager son rle de sensibilisation, en parti-culier pour la budgtisation

    s Cooprer avec (ou contribuer crer) des comi-ts sur les questions de pauvret et denviron-nement (par exemple sur laccs la terre)

    Systmejudiciaire

    s Peut ntre que peu sensibilis aux problmesdenvironnement

    s La mise en application des lois peut ne pastre efficace

    s Peut tre confront des intrts conflictuels

    s Dvelopper des synergies avec les lois concer-nant la bonne gouvernance (par exemple lacorruption, le commerce illicite et la fraudefiscale)

    Organismes definancement etde planification

    s Les liens avec les institutions environnemen-tales peuvent tre distendus

    s Lenvironnement nest pas ncessairementconsidr comme une priorit pour le dve-loppement conomique et la rduction de lapauvret

    s Faire de ces organismes des chefs de file (par exemple par le biais des secrtaires permanentset autres hauts fonctionnaires)

    s Leur donner un rle directeur dans leffort dintgration (avec des institutions environne-mentales)

    s Dvelopper les synergies avec les mesures de recouvrement des recettes (par exemple luttecontre la corruption, la fraude fiscale)

    Institutions environnemen-tales

    s Risquent de navoir que de faibles capacitsfinancires, humaines et de direction

    s Peuvent tre focalises sur des projets pluttque sur la planification du dveloppement

    s Peuvent avoir une approche axe sur la pro-tection plutt que sur lutilisation durable delenvironnement

    s Utiliser leur expertise, y compris dans le do-maine du suivi et des changements climatiques

    s Dvelopper les possibilits quelles ont desacquitter de plusieurs tches (par exemplesensibilisation et coordination)

    s Dvelopper des synergies (par exemple avec les obligations dcoulant des accords multila-traux sur lenvironnement)

    Ministressectoriels etorganismesinfranationaux

    s Peuvent avoir des capacits insuffisantesdans le domaine de lenvironnement

    s Le manque de financements des organes in-franationaux peut conduire une utilisationexcessive des ressources naturelles

    s Les units environnementales ont gnra-lement peu de liens avec la planification dudveloppement

    s Les soutenir pour quils sacquittent de leurs rles dans la planification du dveloppement

    s Tirer parti du fait que certains de ces orga-nismes soccupent directement dactifs envi-ronnementaux (pche, forts)

    s Les encourager prendre en compte les liens entre pauvret et environnement dans lesplans et budgets

    Bureau nationalde statistique

    s La collecte et la gestion des donnes sontparfois dficientes

    s Les donnes sur la pauvret et lenvironne-ment ne sont gnralement pas saisies dansles enqutes normales

    s La capacit de produire des informations pertinentes peut tre faible

    s Dvelopper des indicateurs pauvret-environ-nement et les intgrer dans le systme de suivinational

    s Renforcer la capacit de collecter, grer etanalyser les donnes sur les interactions entre la pauvret et lenvironnement

    Tableau 3.1 Enjeux et possibilits lis la collaboration avec les acteurs gouvernementaux

  • Chapitre 3. Une approche de lintgration des liens entre pauvret et environnem

    ent

    25

    Acteur Enjeux Possibilits

    Organisationsde la socit civile

    s Leur capacit peut tre faible, en particulier en ce qui concerne la participa-tion la planification dudveloppement national

    s Elles ne sont souvent pasimpliques dans toutes lesphases de la planificationdu dveloppement national

    s Utiliser leur expertise, y compris pour faire face aux problmesdgalit entre les sexes dans le domaine de lenvironnement

    s Tenir compte des ralits locales et des voix des communautslocales transmises par le biais de ces organisations

    s Encourager leur rle dans la collecte et le partage dinformations ainsi que dans la sensibilisation, depuis les dcideurs jusquaux communauts locales

    s Les encourager dans leur rle de surveillance (par exemple en favorisant la transparence et la responsabilit)

    s Les transformer en champions de larticulation pauvret-environ-nement

    Institutionsuniversitaireset derecherche

    s Elles peuvent ne pas tre en phase avec les processus nationaux de planification du dveloppement

    s Leur capacit de produiredes informations perti-nentes peut tre faible

    s Utiliser leur expertise, en particulier en ce qui concerne la collectede donnes, lanalyse des liens entre pauvret et environnementet la collecte de donnes spcifiques au pays

    s Favoriser la constitution dquipes interdisciplinaires

    s Encourager la coopration Sud-Sud et Nord-Sud (jumelage)

    Entreprises et industrie

    s Peuvent considrer la gestion et la lgislationdans le domaine de lenvi-ronnement (par exemple valuation de limpact surlenvironnement) commedes obstacles leurs activits

    s Attnuer leffet de leurs activits qui ont un impact important sur la pauvret et lenvironnement (par exemple extraction minire,forts, services hydriques)

    s Tirer parti de leur potentiel majeur de connaissances

    s Tirer parti de leur potentiel majeur dinvestissement

    s Axer lattention sur lefficacit des ressources et la consommation et la production durables (par exemple, nergie durable, efficacithydrique, gestion intgre des ressources en eau)

    Public en gnral, com-munauts lo-cales et petits agriculteurs et pcheurs

    s Leur aptitude faire en-tendre leur voix peut tre faible ou inexistante

    s Ils nont gnralement pasde liens avec les proces-sus de planification dudveloppement au niveau national

    s Inclure les groupes les plus pauvres de la population

    s Prendre en compte les voix des plus pauvres lors de la dfinitiondes rsultats de leffort darticulation pauvret-environnement

    s Utiliser leurs connaissances des questions de pauvret et denvi-ronnement sur le terrain

    Mdias s Nont pas ncessairement les connaissances et lat-tention voulues en ce qui concerne les questions de pauvret et denvironne-ment

    s Nont pas ncessairement toute leur libert dexpres-sion

    s Tirer parti de leur rle dans la dfinition des opinions des dci-deurs et du public en gnral

    s Travailler avec eux pour encourager limplication du public dans la planification du dveloppement national

    s Collaborer avec eux pour entrer en contact avec les communauts

    s Leur fournir des informations scientifiques et politiques connexes

    Tableau 3.2 Enjeux et possibilits lis la coopration avec les acteurs non gouvernementaux

  • Chap

    itre

    3.

    Une

    app

    roch

    e de

    lin

    tgr

    atio

    n de

    s lie

    ns e

    ntre

    pau

    vret

    et

    env

    iron

    nem

    ent

    26

    A long terme, la collaboration avec les acteurs du dveloppement peut conduire un accroissement du nombre dacteurs participant linitiative et versant des contributions pour une intgration continue des liens entre pauvret et environnement grce divers instruments par exemple sous la forme dune approche sectorielle.

    Tout effort darticulation de la pauvret et de lenvironnement bnficiera aussi de lex-pertise technique des donateurs, des organisations non gouvernementales (ONG) inter-nationales et des instituts de recherche actifs dans les domaines de lenvironnement, du dveloppement et de la rduction de la pauvret.

    Systme des Nations Unies

    La coopration, la coordination et lharmonisation entre les organismes des Nations Unies sont importantes la fois pour accrotre lefficacit et pour susciter le soutien politique ncessaire aux travaux de ces organismes dans les pays. Lorsquun organisme des Nations Unies ou plusieurs soutiennent une initiative dintgration des liens entre pauvret et environnement, le programme doit tre incorpor dans le Plan-cadre des

    Initiative de soutien aux OMD du PNUD. Cette initiative vise mobiliser rapidement dans lensemble du PNUD et du systme des Nations Unies lappui technique ncessaire pour aider les gouvernements des pays en dveloppement raliser les OMD. Elle permet doffrir un ensemblede services qui peuvent tre adapts au stade de dveloppement et aux besoins de chaque pays,aux niveaux national et local, dans trois domaines dintervention: ltablissement de diagnosticsfonds sur les OMD, lvaluation des besoins et la planification; llargissement des possibilitsdaction, avec une estimation des cots; et le renforcement des capacits nationales.

    Partenariat PNUD-PNUE sur les changements climatiques et le dveloppement. Ce partena-riat vise aider les pays en dveloppement atteindre un dveloppement durable face lvolu-tion du climat. Il a deux objectifs essentiels: incorporer ladaptation aux changements climatiques dans les plans de dveloppement nationaux et les cadres de coopration des Nations Unies; etaider les pays accder des crdits carbone et des technologies propres. Le Partenariat assure la prise en compte des proccupations lies aux changements climatiques dans les stratgies dedveloppement national, grce une action sur trois fronts, impliquant les stratgies nationalesde dveloppement, la programmation par pays des Nations Unies et des projets pilotes.

    Initiative de partenariat PNUD-PNUE sur la gestion rationnelle des produits chimiques. Cepartenariat aide les pays valuer leur rgime national pour la gestion rationnelle des produits chimiques, laborer des plans pour faire face aux lacunes existant dans ces rgimes et am-liorer la prise en compte de la gestion rationnelle des priorits en matire de produits chimiquesdans les discours nationaux relatifs au dveloppement et les programmes de planification. Il est actuellement actif en Ouganda, dans lex-Rpublique yougoslave de Macdoine et en Zambie.

    Programme du PNUE relatif la consommation et la production durables. Ce programmevise encourager la consommation et la production durables auprs des dcideurs publics et privs. Les activits entreprises ont pour but de favoriser un traitement et une consommation desressources naturelles plus cologiquement rationnelles sur lensemble du cycle de vie. Ce faisant,on sefforce dempcher que la croissance de la production et de la consommation ne conduise

    Encadr 3.2 Initiatives des organismes des Nations Unies et leurs contributions possibles lintgration des liens entre pauvret et environnement

    ( suivre)

  • Chapitre 3. Une approche de lintgration des liens entre pauvret et environnem

    ent

    27

    Encadr 3.2 Initiatives des organismes des Nations Unies et leurs contributions possibles lintgration des liens entre pauvret et environnement (suite)

    un puisement des ressources et la dgradation de lenvironnement. Cette approche offre denombreuses possibilits, comme la rduction des cots de production, la cration de nouveaux dbouchs et emplois, la prvention de la pollution et le passage des technologies efficaces etcomptitives.

    Programme collaboratif des Nations Unies pour la rduction des missions issues de la dforestation et de la dgradation des forts dans les pays en dveloppement (ONU-REDD).Ce programme est men en collaboration entre lOrganisation des Nations Unies pour lalimen-tation et lagriculture, le PNUD et le PNUE et vise la gestion durable des forts pour protger les intrts des communauts, tout en contribuant la rduction des missions de gaz effet de serre. Lobjectif immdiat est dvaluer la mesure dans laquelle des systmes de paiements et le soutiendes capacits peuvent gnrer les incitations ncessaires des rductions durables et mesurablesdes missions, tout en maintenant les autres services cosystmiques fournis par les forts. Il sagit notamment damener tous les niveaux dadministration contribuer llaboration de stratgiesnationales pour la rduction des missions issues de la dforestation et de la dgradation des forts.

    Initiative Pauvret-Environnement (PNUD-PNUE). Cette initiative soutient les programmesmens par les pays pour intgrer les interactions entre la pauvret et lenvironnement dans la planification du dveloppement au niveau national. Au moment de la rdaction de la prsente publication, elle tait active au Bhoutan, au Burkina Faso, au Kenya, au Malawi, au Mali, en Mauri-tanie, au Mozambique, au Rwanda, en Ouganda, en Rpublique-Unie de Tanzanie et au Viet Nam. Elle vise aider les pays tout au long de leffort dintgration, depuis la ralisation des valuations prliminaires jusqu la mise en uvre des mesures oprationnelles. Les pays peuvent bnficier dune assistance financire et technique pour tablir des quipes spciales bases dans linstitu-tion ou les institutions gouvernementale(s) chef(s) de file et raliser des activits adaptes leursituation particulire. LInitiative Pauvret-Environnement fournit un cadre pour tenir compte simultanment des divers problmes environnementaux comme les changements climatiques,la gestion des produits chimiques, la gestion durable des terres, la consommation et la production durables et la gestion des ressources en eau.

    Nations Unies pour laide au dveloppement, le Programme Unis dans laction (le caschant) et les programmes de travail des organismes participants (Groupe des Nations Unies pour le dveloppement, 2007).

    En tant quorganisme chef de file des Nations Unies dans le domaine du dveloppement et de la rduction de la pauvret, le PNUD se trouve dans une position stratgique pour encourager lintgration de lenvironnement dans les plans nationaux de dveloppement avec le gouvernement et les autres partenaires. Au sein du PNUD, il importe dassurer que les pratiques concernant la rduction de la pauvret et lnergie et lenvironnement soient toutes deux mises au service dun tel effort. Les autres organismes des Nations Unies actifs dans le pays sont aussi des partenaires potentiels grce leur expertise technique et leurs programmes et rseaux.

    Les praticiens travaillant sur lintgration des liens entre la pauvret et lenvironnement peuvent chercher tablir des partenariats avec les initiatives des Nations Unies dcrites dans lencadr 3.2.

  • 9^Wf_jh[*

    2929

    Contenu s Donne des orientations sur lvaluation des liens entre la pauvret et lenvironnement

    (section 4.1)

    s Examine les valuations des contextes gouvernementaux, institutionnels et politiques dun pays (section 4.2)

    s Passe en revue les activits de sensibilisation et de constitution de partenariats (section4.3)

    s Prsente les valuations des besoins de renforcement des institutions et des capacits(section 4.4)

    s Met en lumire les modalits oprationnelles pour un effort durable dintgration (sec-tion 4.5)

    Principaux messages s Identifier les rsultats environnementaux favorables aux pauvres sur lesquels il faut se

    concentrer ainsi que les points dentre pour lintgration des liens entre pauvret et envi-ronnement dans la planification du dveloppement national

    s SSensibibililiiser ett constitittuer d des parttena iri tats pour f f iaire comprenddre lle b biien-ffo dnd dde l lii tntgratition

    s Impliquer ds le dpart les ministres des finances et de la planification et faire participer les institutions environnementales aux processus de planification du dveloppement national

    s Comprendre quels acteurs institutionnels ont des rles essentiels jouer et peuvent tresprp tts s dedeveenir dedes s chc efe s s dede filee dde e linttgrg atatioon dedes s liene s s ene trt e e papauvu reett eet t ene viroonneme ene tt

  • Chap

    itre

    4.

    Iden

    tifie

    r les

    poi

    nts

    den

    tre

    et d

    vel

    oppe

    r la

    rgum

    enta

    ire

    30

    4.1 valuations prliminaires: Comprendre les liens entre pauvret et environnement Gnralement, la premire tape dun effort darticulation de la pauvret et de lenvi-ronnement consiste entreprendre une valuation prliminaire de la situation environ-nementale et socio-conomique du pays. Un objectif est de dterminer la nature des liens entre pauvret et environnement dans le pays. Un autre est de dfinir les rsultats environnementaux favorables aux pauvres sur lesquels doit porter leffort dintgration et de dvelopper des arguments pour commencer justifier le bien-fond dune telle initiative. Grce cette valuation, les acteurs impliqus dans linitiative commencent mieux comprendre dans loptique de leur propre secteur ou organisation infranatio-nale les enjeux environnementaux du pays, les interactions entre la pauvret et lenvi-ronnement et la pertinence de ces interactions pour les priorits nationales.

    ApprocheCes valuations prliminaires des liens entre pauvret et environnement sont fondes essentiellement sur les informations existantes. Il sagit donc de collecter des informa-tions auprs des sources existantes et de mobiliser lexpertise locale. Les lments prendre en compte sont les suivants:

    s tat de lenvironnement. Passer en revue et rassembler les informations sur ltat de lenvironnement et sur les enjeux environnementaux actuels et mergents, comme les changements climatiques.

    s Situation socio-conomique. Passer en revue les donnes de rfrence sur la pau-vret et ltat socio-conomique de la population, notamment les donnes ventiles par ge, sexe et emplacement gographique.

    s Liens entre pauvret et environnement. Mettre en vidence les liens entre pauvretet environnement (par exemple les principaux services cosystmiques, la scurit alimentaire, la vulnrabilit face aux effets des changements climatiques, la dfores-tation, les moyens de subsistance des hommes et des femmes) en tenant compte despriorits nationales de dveloppement (encadr 4.1).

    s Liens entre pauvret et environnement au niveau sectoriel. Comprendre la per-tinence de lenvironnement pour le bien-tre humain et la croissance conomique pro-pauvres et les secteurs de dveloppement, comme lagriculture, les forts, leau et lassainissement, le dveloppement industriel, la sant, le commerce, les transports, lnergie, lducation et le tourisme.

    Exemples: La force des liens entre pauvret et environnement au niveau sectoriel

    s Agriculture. Les informations sur lrosion des sols et son impact ngatif sur la productivitagricole peuvent susciter lintrt du secteur agricole et des communauts concernes.

    s Tourisme. Documenter les conomies ou les revenus potentiels gnrs par lcotourismeet les aires protges peut contribuer justifier la ncessit de larticulation pauvret-environnement.

    s Gestion des dchets. Comprendre comment la gestion intgre des dchets rduit les rpercus-sions dune limination inapproprie des dchets sur la sant humaine et les ressources en eau eten terre peut influer sur llaboration des politiques et la budgtisation au niveau sectoriel.

  • Chapitre 4. Identifier les points dentre et dvelopper largumentaire

    31

    s Rsultats environnementaux favorables aux pauvres. Sappuyer sur les observa-tions ci-dessus et utiliser des mthodes comme lanalyse des problmes et des parties prenantes pour dnir les rsultats environnementaux favorables aux pauvres qui pourraient orienter leffort darticulation de la pauvret et de lenvironnement. Relier ces rsultats aux problmes de dveloppement prioritaires au niveau national et aux efforts existants du pays dans le domaine de la pauvret et de lenvironnement. Les rsultats environnementaux favorables aux pauvres identis ici seront exploits pour ltablissement des modalits oprationnelles dune intgration durable de len-vironnement (voir section 4.5).

    s Cameroun. Situe dans une zone aride la pluviosit irrgulire, la plaine inondable de Waza Logone est un cosystme trs productif et une zone critique pour la biodiversit. Quelque130000personnes y vivent et dpendent de ses ressources pour leur revenu de base et leursubsistance. Or, cette plaine inondable a t dgrade par de grands projets dirrigation mis enuvre sans tenir dment compte des incidences sur les cosystmes des milieux humides. Des actions pilotes ont t engages pour restaurer les services cosystmiques fournis par la plaine inondable. Sur la base des rsultats obtenus, les experts estiment que la totale restauration des cycles dinondation naturels se traduirait par des avantages conomiques supplmentaires delordre de 1,1million de dollars 2,3millions de dollars par an, soit 50dollars de valeur ajouteconomique chaque anne pour chaque membre de la population locale tributaire de la plaine inondable pour sa subsistance (Emerton 2005).

    s Kenya. La chane de montagnes de lAberdare dans le centre du Kenya fournit un large ventail de biens et services cosystmiques indispensables aux moyens de subsistance et au bien-tre de millions de personnes. Le mode de vie dun Kenyan sur trois dpend dune manireou dune autre des pluies, des rivires, des forts et de la faune et de la flore sauvages desmontagnes Aberdare. Cinq des sept plus grands fleuves du Kenya prenant leur source dans cette chane de montagnes fournissent leau et lnergie hydrolectrique des millions dagriculteurs et sept grandes villes en aval. Plus de 30% de la production de th du pays et 70% de sa produc-tion de caf viennent des pentes et des collines de lAberdare. La ville de Nairobi et ses 3millionsdhabitants dpendent entirement de leau en provenance de la chane de montagnes. Plus de350000 de personnes visitent le Parc national dAberdare et sa rserve forestire chaque anne, gnrant des recettes de quelque 3,8milliards de schillings kenyans (prs de 50millions dedollars) (PNUD-PNUE Kenya2008).

    s Npal. Environ un tiers de la population mondiale vit dans des pays souffrant dun stresshydrique modr lev, ayant des incidences disproportionnes sur les pauvres. Compte tenude laccroissement actuellement prvu de la population humaine, du dveloppement industrielet de lexpansion de lagriculture irrigue au cours des deux prochaines dcennies, la demande en eau devrait atteindre des niveaux qui rendront difficile la satisfaction des besoins essentielsde lhomme. Au Npal, lirrigation au goutte--goutte faible cot sest rvle tre une solutiondoublement gagnante pour les agriculteurs dpourvus de ressources et pour lenvironnement.Pour 13dollars par kit dirrigation seulement, les agriculteurs peuvent obtenir une amliorationde leur rendement de 20 70% en apportant un volume suffisant deau leurs cultures au bon moment et en conomisant de leau dautres fins. Sur une priode de trois ans, linvestissementdun agriculteur peut gnrer une augmentation des gains de 570 dollars (SIWI 2005).

    Encadr 4.1 Importance des services cosystmiques pour le bien-tre humain et la croissance conomique pro-pauvres

  • Chap

    itre

    4.

    Iden

    tifie

    r les

    poi

    nts

    den

    tre

    et d

    vel

    oppe

    r la

    rgum

    enta

    ire

    32

    s Avantages et cots de laction et de linaction. Estimer les avantages de linves-tissement dans une meilleure gestion de lenvironnement pour les pauvres et pour lconomie en gnral. Estimer les cots encourus du fait dune gestion mdiocre de lenvironnement et de la dgradation environnementale qui en rsulte. Estimer le rapport cots-avantages des investissements dans la gestion de lenvironnement ou la rentabilit des investissements et estimer le manque gagner pour ltat.

    Les praticiens de lintgration des liens entre pauvret et environnement doivent sap-puyer sur les travaux analytiques existants, comme les valuations de lenvironnement et les faits, chiffres et tudes disponibles. Ils doivent tirer parti des connaissances des parties prenantes nationales, des acteurs non gouvernementaux et des communauts locales (encadr 4.2). Ils peuvent aussi demander que soient raliss des travaux sup-plmentaires (par exemple des analyses de problmes) ou des tudes cibles sur les contributions conomiques potentielles, afin de justifier le bien-fond dun effort natio-nal dintgration des liens entre pauvret et environnement.

    Les participants des sessions de planification communautaire dans trois districts duKenya tmoignent de lincidence des liens entre pauvret et environnement au niveaulocal:

    Les ramasseurs de sable mont dpouill de toute mon exploitation. Tout le sol fertile a t emport dans le lac et jai t oblig dabandonner lexploitation. Je ny suis revenu que lorsque le responsable de lenvironnement de district a stopp lextraction du sable dans la zone. Je peux maintenant faire quelques cultures, bien que tout le sol fertile ait t perdu. Agricultrice, district de Bondo

    Je voudrais navoir jamais dracin les cafiers de mon exploitation. Ils permettaient de retenir le sol, ce qui nest pas le cas des cultures vivrires et des arbres exotiques que nous avons plants maintenant. Agriculteur g, Nord du district de Muranga

    Pour pouvoir survivre, nous abattons des arbres illgalement, nous produisons dumiel et nous cultivons dans la fort. Lagriculture est beaucoup plus facile le long des fleuves car leau est proche. Villageois, Sud du district de Meru

    Je suis un pcheur. Avant, lorsque je sortais pcher, mon bateau tait plein au bout de six heures. Aujourdhui on nattrape plus rien ou peut-tre un kilo de poisson valant peu prs 50schillings kenyans [moins de 1dollar]. Nos dpenses journalires sont suprieures 100schillings kenyans. Jai honte de ne mme pas pouvoir aujourdhui vous offrir un poisson. Pcheur, District de Bondo

    Source: IPE PNUD-PNUE Kenya 2007.

    Encadr 4.2 Comprendre les liens entre pauvret et environnement: La communaut sexprime

    Autres pistes dorientation: QuestionsPlusieurs questions peuvent aider les acteurs gouvernementaux valuer et com-prendre les liens entre pauvret et environnement (encadr 4.3).

  • Chapitre 4. Identifier les points dentre et dvelopper largumentaire

    33

    Moyens de subsistance et sant

    s Quelle est la taille de la population dont les moyens de subsistance dpendent des res-sources naturelles et des services cosystmiques ? Combien demplois ou de possibilitsde gnration informelle de revenu les secteurs des ressources naturelles (par exemple sylvi-culture et pche) et dautres secteurs productifs sappuyant sur lenvironnement (par exemplehydrolectricit, agriculture et tourisme) fournissent-ils, en particulier aux plus pauvres ?

    s Quelles sont les incidences directes sur la sant et la productivit de la pollution de lair, du sol et de leau ainsi que les cots correspondants de linaction ? Que faut-il faire pourrduire ces cots ? Quels seraient les investissements requis pour engager une action ?

    Risques environnementaux et changements climatiques

    s La population et lconomie du pays sont-elles vulnrables face aux risques environnemen-taux, comme les inondations, les scheresses et les changements climatiques ? Quels sont les effets et les cots des risques environnementaux (comme les inondations ou la pollution) sur la sant, les moyens de subsistance et la vulnrabilit ?

    s Quelle est la vulnrabilit du pays face aux effets des changements climatiques ? Le pays etsa population ont-ils la capacit de sadapter aux changements environnementaux qui pourraientaccompagner lvolution du climat ? Quels travaux (le cas chant) ont t raliss pour valuerles incidences potentielles des changements climatiques et sy adapter ? Le pays a-t-il mis en placeune politique de rduction des risques de catastrophe qui tienne compte des proccupations lies aux changements climatiques ?

    Dveloppement conomique

    s Dans quelle mesure les principaux secteurs des ressources naturelles du pays contribuent-ils la croissance ? Dans quelle mesure les ressources naturelles sont-elles utilises comme intrants dans dautres secteurs de production ? Quel pourcentage du produit intrieur brut ces secteurs reprsentent-ils ? Cette mesure tient-elle compte des marchs informels et quelle est limportance de ceux-ci ?

    s La croissance du pays et les objectifs de rduction de la pauvret sont-ils menacs par les incidences de la dgradation persistante et insidieuse de lenvironnement ? On pourrait citer, par exemple, la baisse long terme de la productivit agricole due lrosion des sols.

    Comprhension gnrale des liens

    s Comprend-on prcisment les liens entre pauvret et environnement (par exemple entermes de scurit alimentaire ou daccs au bois de chauffe, des abris et de leau potable)dans le pays ?

    s Comment les divers groupes dmographiques (hommes et femmes, diffrent groupes dge, diffrents groupes de revenu) bnficient-ils ou sont-ils affects par ces questions et interac-tions (en termes de sant, de capacit de rsistance, de moyens de subsistance, de possibilits de revenu, demploi) ?

    Source: Adapt de DFID 2004a.

    Encadr 4.3 Questions utiles pour valuer les liens entre pauvret et environnement

  • Chap

    itre

    4.

    Iden

    tifie

    r les

    poi

    nts

    den

    tre

    et d

    vel

    oppe

    r la

    rgum

    enta

    ire

    34

    4.2 valuations prliminaires: Comprendre les contextes gouvernementaux, institutionnels et politiques Les valuations prliminaires supposent aussi lexamen des contextes gouvernemen-taux, institutionnels et politiques du pays (graphique 4.1). Cette valuation contribue une comprhension complte et partage de la situation qui sert son tour de base lidentifica-tion des points dentre les plusefficaces pour lintgration des liens entre pauvret et environ-nement dans les plans nationaux de dveloppement. Elle permetaussi aux pays de mettre en vi-dence les partenaires et chefs de file potentiels pour larticulationpauvret-environnement.

    Sans la comprhension acquise dans le cadre de ces valuations prliminaires des diffrents contextes, les acteurs gouverne-mentaux lanant un effort darti-culation pauvret-environnement pourraient gravement se mprendre sur laptitude du pays sengager dans le processus.

    ApprocheLvaluation commence par mettre en vidence les divers processus, institutions, acteurs, mandats, politiques existantes et autres facteurs qui influent sur leffort dint-gration des liens entre pauvret et environnement.

    s Processus de planication. Comprendre les processus de planication qui dter-minent les priorits du pays en matire de dveloppement et denvironnement est un aspect vital de lvaluation. Parmi les processus pertinents peuvent gurer les stratgies (DSRP, plans nationaux de dveloppement, stratgies nationales de dve-loppement durable, stratgies relatives aux OMD, stratgies sectorielles), plans dac-tion (plans daction nationaux sur lenvironnement, programmes daction nationauxdadaptation) et les processus budgtaires (cadres de dpenses moyen terme, exa-mens des dpenses publiques).

    s Institutions et acteurs. Un aspect galement vital de lvaluation est lidentication des divers institutions et acteurs au sein du gouvernement, du secteur non gouverne-mental et de la communaut du dveloppement au sens large ainsi que lanalyse de leurs activits. Identier les partenaires mme de fournir un appui technique, nan-cier et politique leffort dintgration est indispensable. Les possibilits dimpliquer ces partenaires doivent tre tudies ce stade.

    s Mandats et processus dcisionnels. Il est indispensable de bien connatre la faondont les pouvoirs publics laborent et approuvent les politiques, les budgets et les mesures connexes. Il importe en particulier de savoir dans quelle mesure le minis-tre de lenvironnement peut tre impliqu dans llaboration des politiques inities

    Graphique 4.1 Composantes des contextes gouvernementaux, institutionnels et politiques

    CabinetChef du

    gouvernementMinistres

    Parlement

    Composantepolitique

    PartisisTransparencece

    ResponsabilitLutte contre la

    corruptionLuttes de pouvoir

    Composante

    institutionnelle

    Composantegouvernementale

    MinistresMinSystmeslgislatifs

    et judiciairesProcdures

    Mandats

  • Chapitre 4. Identifier les points dentre et dvelopper largumentaire

    35

    par dautres ministres qui ont des incidences signicatives sur lenvironnement (par exemple le plan du secteur agricole). Comprendre les relations de pouvoir informelles est aussi essentiel leffort dintgration.

    s Politiques et initiatives existantes. Il importe de dresser un bilan des principaux politiques, programmes et projets de dveloppement aux niveaux national et secto-riel (agriculture, sant, commerce, ducation, dveloppement industriel, production propre et environnement) ainsi que des initiatives lies aux changements climatiques qui intressent leffort darticulation pauvret-environnement et de mettre en vi-dence les priorits conictuelles.

    s Gouvernance et situation politique. Gnralement, les ressources naturelles sont une source importante de la richesse nationale et les diffrents acteurs et institutions ont souvent des priorits conictuelles concernant laccs ces ressources ou le contrle de leur utilisation. Il est indispensable dtre conscient des facteurs politiques qui peuvent inuer sur leffort dintgration, soit positivement, soit ngativement, et de les comprendre. Parmi ces facteurs gurent la transparence des dcisions concernant la gestion des ressources naturelles et les incidences correspondantes sur la distribution (WRI 2005). Une valuation de la qualit des systmes lgislatifs et judiciaires, de ltat de droit et de la lutte contre la corruption dans le pays est aussi ncessaire dans cette optique. En outre, les pays doivent tenir compte daspects poli-tiques dterminants court terme, comme les lections venir, les modications des mandats ou missions, la concurrence ventuelle entre les organismes et les minis-tres et dautres facteurs de gouvernance.

    Analyser les informations

    Lvaluation prliminaire est fonde sur une analyse des informations contenues dans des sources comme les directives de planification et de budgtisation, les politiquesnationales et sectorielles, les stratgies des acteurs du dveloppement dans le pays et les programmes de rforme. Les dficits dinformation doivent tre identifis et nots.

    Exemple: Intrt pour la gouvernance de lenvironnement en Rpublique-Unie de Tanzanie

    Comme beaucoup dautres pays en dveloppement riches en ressources naturelles,la Rpublique-Unie de Tanzanie est confronte des problmes de gouvernanceenvironnementale pour la rgulation de laccs ces ressources et leur utilisation. Par exemple, un rapport rcent a estim que seulement 4 15% des recettes publiques attendues des districts forestiers du sud du pays taient en fait recouvres. Ce rapport ainsi que les titres des journaux sur labattage illicite ont incit le gouvernement et lesdonateurs redoubler defforts pour remdier au problme des recettes forestires non recouvres. La lumire a pu aussi tre faite sur dautres dficiences de la gouver-nance environnementale, notamment labsence de contrles effectifs ou les mthodesde chasse et de pche destructrices (par exemple la pche la dynamite). Lattention porte ces problmes de gouvernance environnementale a permis la Rpublique-Unie de Tanzanie de mieux intgrer les liens entre pauvret et environnement dans sa stratgie de rduction de la pauvret et dans son soutien budgtaire gnral pour lequel des objectifs sectoriels ont t mis au point.

  • Chap

    itre

    4.

    Iden

    tifie

    r les

    poi

    nts

    den

    tre

    et d

    vel

    oppe

    r la

    rgum

    enta

    ire

    36

    Les valuations prliminaires exigent des interactions avec un large ventail de parties prenantes; il peut sagir notamment de dbats et dateliers cibls avec des institutions publiques et des fonctionnaires divers niveaux ainsi quavec des acteurs non gouver-nementaux et la communaut du dveloppement.

    Les informations collectes peuvent tre prsentes sous la forme dune analyse des atouts, des faiblesses, des possibilits et des menaces au niveau national en lien avec larticulation pauvret-environnement. Les rsultats de cet exercice peuvent tre repro-duits dans un court rapport afin dorienter et de structurer les activits ultrieures dint-gration des liens entre pauvret et environnement.

    Identifier des points dentre et champions potentiels

    Lanalyse dcrite plus haut permet aux acteurs gouvernementaux de comprendre le positionnement des questions relatives la pauvret et lenvironnement dans le pro-gramme daction publique et didentifier les points dentre les plus efficaces ainsi queles possibilits dintgration des liens entre pauvret et environnement dans la planifi-cation du dveloppement national. On trouvera dans le tableau 4.1 des exemples despoints dentre possibles.

    Lvaluation contribue aussi identifier et impliquer les acteurs qui peuvent jouer un rle dambassadeur de leffort darticulation pauvret-environnement. Parmi les exemples de champions potentiels, on peut citer les suivants:

    s Organismes gouvernementaux, comme le bureau du chef de ltat et les ministres de la planication et des nances

    s Ministres sectoriels, organismes infranationaux et parlement

    s Acteurs non gouvernementaux, y compris les mdias et les groupes de femmes

    s Acteurs du dveloppement

    s Individus, y compris les ministres, les secrtaires permanents et autres hauts fonc-tionnaires

    Niveaux de planification Points dentre

    Gouvernement national etministres intersectoriels

    Document de stratgie de rduction de la pauvret

    Plan national de dveloppement

    Stratgie nationale de dveloppement fonde sur les OMD

    Processus dallocation des ressources budgtaires nationales (parexemple cadre de dpenses moyen terme, examens des dpenses publiques)

    Ministres sectoriels

    Stratgies, plans et politiques sectoriels (par exemple plan du secteur agricole)

    laboration des budgets sectoriels

    Examens des dpenses publiques

    Autorits infranationales

    Politiques de dcentralisation

    Plans de district

    laboration des budgets infranationaux

    Tableau 4.1 Points dentre possibles pour lintgration des liens entre pauvret et environnement dans la planification du dveloppement national

  • Chapitre 4. Identifier les points dentre et dvelopper largumentaire

    37

    Lexprience de la Rpublique-Unie de Tanzanie dcrite dans lencadr 4.4 tmoigne de la mesure dans laquelle limplication des acteurs gouvernementaux et de la socit civile et la participation des mdias peuvent faire une diffrence dans la place accorde aux ques-tions de pauvret et denvironnement dans le programme de dveloppement national.

    La porte, ltendue et le calendrier dexcution des valuations prliminaires doivent rester limits, afin de pouvoir raliser court terme les objectifs didentification des points dentre et de dveloppement dun argumentaire. Plus tard dans leffort dint-gration, les valuations prliminaires seront compltes par un travail analytique en profondeur visant influer sur les processus dlaboration des politiques concerns (voir sections 5.1, 5.2 et 5.3).

    Autres pistes dorientation: Questions et sourcesLencadr 4.5 contient plusieurs questions auxquelles les pays doivent essayer de rpondre dans le cadre de lvaluation prliminaire des contextes gouvernementaux, institutions et politiques.

    Encadr 4.4 Importance de limplication des parties prenantes: Stratgie nationale de croissance et de rduction de la pauvret, Rpublique-Unie de Tanzanie

    La Stratgie nationale de croissance et de rduction de la pauvret de la Rpublique-Unie de Tan-zanie, connue sous son acronyme kiswahili MKUKUTA, sert de cadre de dveloppement national. Le principal point dentre pour lintgration des liens entre pauvret et environnement dans laMKUKUTA a t lexamen des dpenses publiques de 2004 qui a mis en lumire la valeur cono-mique de lenvironnement.

    Se faire le dfenseur de lintgration des liens entre pauvret et environnement. En Rpu-blique-Unie de Tanzanie, les champions ont jou un rle dterminant dans le discours politiquesur lenvironnement et dans la constitution de partenariats daction. Au dbut des annes90, un groupe multipartite dintellectuels a estim que les problmes denvironnement devaient figurerdirectement dans lordre du jour politique. En 1995, ce groupe a rdig un manifeste environne-mental quil a utilis pour convaincre tous les partis politiques. Daucuns considrent que ce mani-feste a contribu la cration dun nouveau Dpartement de lenvironnement grande visibilitau sein du Bureau du Vice-Prsident et a influ sur les discussions politiques ultrieures.

    s Les mdias ont appel lattention sur les incidences environnementales potentielles des grands projets, soulignant les consquences pour les moyens de subsistance de la populationet encourageant une plus grande implication du public. Avec lamlioration par les mdias de la porte et de la qualit de leur couverture des liens entre pauvret et environnement, lesproccupations environnementales ont commenc de se propager jusquau niveau commu-nautaire. Par exemple, les mdias ont insist sur labattage excessif de bois qui provoque lvi-dence lappauvrissement des communauts locales tributaires des forts ainsi que des pertesde revenu au niveau national.

    s Le Bureau du Vice-Prsident a coordonn laction et promu la problmatique environnemen-tale un niveau lev et non sectoriel. Son implication a persuad le Ministre des finances dassumer la responsabilit de la prise en compte des problmes lis la pauvret et lenvi-ronnement dans le programme daction central de ltat. Durant le processus dlaboration des politiques, le Bureau du Vice-Prsident a tabli et prsid le Groupe de travail du secteur envi-

    ( suivre)

  • Chap

    itre

    4.

    Iden

    tifie

    r les

    poi

    nts

    den

    tre

    et d

    vel

    oppe

    r la

    rgum

    enta

    ire

    38

    ronnemental, conformment au mandat de veiller ce que les mcanismes gouvernementauxsoient bien informs des problmes denvironnement.

    s Les parlementaires ont t rgulirement informs afin de sassurer quils gardent une appro-priation du projet et restent responsables de son succs.

    s Les organisations locales ont ax leur attention sur lenvironnement et ses liens avec lesmoyens de subsistance de la population, alors que les ONG environnementales plus tablies,qui par le pass tendaient se consacrer exclusivement aux problmes denvironnement, sesont intresses aux questions de dveloppement et de rduction de la pauvret, ce qui leur apermis dappeler lattention du public sur lenvironnement et ses liens avec la pauvret.

    s Un large ventail de secteurs au sein de ltat ainsi que la socit civile et le citoyen ordinaireont t invits continuellement apporter des contributions.

    s Les partenariats avec les organismes de dveloppement ont t dans une large mesure favori-ss par le gouvernement.

    Enseignements. Parmi les enseignements tirs de cette exprience, on peut citer les suivants:

    s Le recours une approche fonde sur de larges consultations sest rvl efficace pour am-liorer lappropriation de leffort dintgration des liens entre pauvret et environnement tous les niveaux de la socit. Limplication de la socit civile a aussi assur la prise en compte des problmes dgalit entre les sexes tous les stades.

    s Le succs de larticulation pauvret-environnement a t proportionnel la capacit des parties prenantes de travailler de faon concerte les unes avec les autres et avec les intrts extrieurs.

    s Larticulation pauvret-environnement est dans une large mesure un processus politique et ins-titutionnel et il est donc peu probable que cet objectif soit ralis seulement par des moyenstechniques ou par un seul projet ou initiative.

    Source: Adapt de Assey et al. 2007.

    Encadr 4.4 Importance de limplication des parties prenantes: Stratgie nationale de croissance et de rduction de la pauvret, Rpublique-Unie de Tanzanie (suite)

    Pour mener cette valuation prliminaire des contextes gouvernementaux, institution-nels et politiques, les pays peuvent sinspirer des sources dinformation et des analyses existantes, notamment les suivantes:

    s Lanalyse environnementale par pays de la Banque mondiale est un instrument appliqu en amont qui suppose des tudes institutionnelles et de la gouvernance et vise intgrer les considrations denvironnement dans les DSRP et les stratgies daide aux pays.

    s Les prols environnementaux par pays de la Commission europenne sappuientsur des examens de la politique environnementale et des cadres lgislatifs et institu-tionnels.

    s Les indicateurs de la gouvernance mondiale de la Banque mondiale sont dis-ponibles pour 212 pays et territoires pour 1996-2006; ces indicateurs couvrent six dimensions de la gouvernance: lexpression et la responsabilisation, la stabilit poli-tique et labsence de violence, lefcacit de ltat, la qualit rglementaire, ltat de droit et le contrle de la corruption.

  • Chapitre 4. Identifier les points dentre et dvelopper largumentaire

    39

    Processus

    s Quels sont les points dentre possibles pour influer sur les processus de dveloppement natio-naux et sectoriels ? Comment peut-on tirer pleinement parti de ces points dentre pour essayerdinfluer sur les processus de planification du dveloppement national un stade ultrieur deleffort darticulation pauvret-environnement ?

    s Quelles sont les composantes des processus pertinents de planification du dveloppement national et sectoriel ?

    s Quels sont le calendrier et les modalits oprationnelles pour la rvision ou la rdaction desprocessus pertinents de planification du dveloppement ? Quand et comment les objectifs et lespriorits sont-ils fixs ou rviss, les mesures mises au point, lvaluation des cots et la budgtisa-tion tablies et le cadre de suivi mis en place ?

    s Comment les processus de planification nationale sont-ils relis aux processus de planificationsectorielle et infranationale ?

    Institutions et acteurs

    s Quelles institutions publiques dirigent les processus de planification nationale et sectorielle ?Comment leur travail est-il organis?

    s Quels sont les mcanismes (par exemple groupes de travail, consultations, mcanismes de coordination de laide au dveloppement) par le biais desquels les autres institutions publiques peuvent participer ? Quen est-il des acteurs non gouvernementaux ? Est-il nces-saire de contribuer mobiliser dautres acteurs ?

    s Quelle est lefficacit des mcanismes existants ? Y-a-t-il lieu de les amliorer ou de les dve-lopper plus avant ?

    s Le ministre de lenvironnement est-il habilit intervenir dans llaboration des politiquesayant des consquences pour lenvironnement qui sont inities par dautres institutions publiques (par exemple le ministre de lagriculture) ?

    s Quels sont les partenaires potentiels du dveloppement dans le pays ? Comment peuvent-ils contribuer larticulation pauvret-environnement ?

    Gouvernance

    s Quelles sont ltat de la gouvernance et la situation politique dans le pays et comment peuvent-ils influer sur leffort dintgration ? Y-a-t-il des tensions ou des conflits concernant lesressources naturelles ? La libert de la presse est-elle assure ? Les plus pauvres ont-ils leur mot dire ?

    s Les processus dlaboration des politiques et des dcisions sont-ils efficaces et transparents ? Existe-t-il des mcanismes de responsabilisation ? Quelle est la qualit des systmes lgislatifs etjudiciaires ? Comment ltat de droit est-il appliqu ? Comment la corruption est-elle contrle ?

    Encadr 4.5 Questions utiles pour valuer les contextes gouvernementaux, institutionnels et politiques

    s Dautres portails Internet, comme le systme dinformation sur les prols environ-nementaux par pays du PNUE et les prols par pays du World Resources Institute, fournissent aussi des informations utiles pour comprendre les contextes gouverne-mentaux, institutionnels et politiques dun pays.

  • Chap

    itre

    4.

    Iden

    tifie

    r les

    poi

    nts

    den

    tre

    et d

    vel

    oppe

    r la

    rgum

    enta

    ire

    40

    4.3 Sensibiliser et constituer des partenariatsLes valuations prliminaires constituent une base solide partir de laquelle une action de sensibilisation peut tre mene au sein du gouvernement et auprs des acteurs non gouvernementaux, du public en gnral et de la communaut du dveloppement au sens large. Il sagit ici de susciter un consensus et un engagement au niveau national et dtablir des partenariats pour larticulation pauvret-environnement.

    ApprocheLapproche en matire de sensibilisation et de constitution de partenariats est fonde sur le partage des conclusions des deux valuations prliminaires la fois lvaluationdes liens entre pauvret et environnement et lvaluation des contextes gouvernemen-taux, institutionnels et politiques comme lillustre le cas du Bhoutan.

    Partager les rsultats des valuations prliminaires

    Les valuations prliminaires doivent tre diffuses largement au sein de lappareil tatique, notamment le cabinet du Chef de ltat, les organismes chargs de lenviron-nement, des finances et de la planification, les organismes sectoriels et infranationaux, les partis politiques et le parlement, le bureau national de statistique et le systme judiciaire.

    Des consultations ou ateliers nationaux peuvent tre organiss pour sensibiliser divers groupes, y compris la socit civile, les universits, les entreprises et lindustrie, le public en gnral et les communauts locales, ainsi que les mdias et les acteurs gouvernemen-taux. Une autre mthode efficace de sensibilisation consiste organiser des visites sur le terrain pour illustrer limportance des liens entre pauvret et environnement. Des pro-grammes dchange avec des pays voisins ayant lexprience dune intgration russie des liens entre pauvret et environnement peuvent aussi tre utiles (voir section 5.5).

    Exemple: Le Bhoutan reconnat la contribution de lenvironnement au dveloppement national

    LInitiative Pauvret-Environnement du PNUD et du PNUE soutient les efforts dint-gration des liens entre pauvret et environnement dans la planification nationale et dans les secteurs critiques pour lconomie du Bhoutan. Afin datteindre cet objectif, lquipe de lIPE a uvr avec les principaux fonctionnaires de ltat pour faire prendre conscience de ces liens et de leurs relations avec le dveloppement conomique. Lespouvoirs publics ont labor des directives et organis des ateliers dans le cadre de cet effort. Pour complter ces activits, le Gouvernement australien a mis en uvre un programme de renforcement des capacits afin de former aux concepts darticulationune quipe de responsables originaires de certains organismes gouvernementaux. Unrsultat notable est la dcision prise par la Gross National Happiness Commission du Bhoutan (organisme national charg de la planification et du dveloppement auplus haut niveau) de se faire lavocat de larticulation, semployant intgrer les consi-drations de pauvret et denvironnement dans tous les plans de dveloppementsectoriels. Un haut responsable a not Il est regrettable que lenvironnement ait tconsidr par le pass comme un problme sectoriel au Bhoutan. Mais ce nest plus lecas aujourdhui.

    Source: IPE PNUD-PNUE 2008a.

  • Chapitre 4. Identifier les points dentre et dvelopper largumentaire

    41

    Le cas de la campagne Pas de pulvrisation prcoce mene au Viet Nam reprsente une utilisa-tion novatrice des techniques de communication pour amliorer la prise de conscience des pro-blmes lis lenvironnement et la rduction de la pauvret. En 1994, le Ministre de lagricul-ture et du dveloppement rural du Viet Nam et lInstitut international de recherche sur le riz ontlanc une campagne destine assurer des rductions importantes de lutilisation des pesticides par les riziculteurs dans le delta du Mkong. Visant 2millions de mnages ruraux, la campagnea permis daccrotre la sensibilisation des agriculteurs aux problmes lis aux pesticides, notam-ment les problmes quils posent pour la sant et lenvironnement.

    Dans le cadre de la campagne, on a utilis des messages la radio, des dpliants et des posters ainsi que des activits sur le terrain pour encourager une utilisation responsable des pesticides par les agriculteurs. Il ressort des enqutes de suivi que la campagne sest traduite par une rduction de moiti de lutilisation des pesticides. Les recherches quantitatives et qualitatives rigoureuses menes avant de fixer les objectifs de communication ont jou un rle dterminant. Ces recherches ont eneffet permis aux organisateurs de la campagne de mettre au point avec succs des messages nova-teurs et de choisir les instruments mdiatiques appropris pour cibler laudience voulue.

    La campagne la radio sest depuis lors transforme en un feuilleton pisodes diffus sur deuxchanes. Il sagit dune approche rcrative de lducation, qui a donn de bons rsultats dansdautres domaines, comme la sensibilisation au VIH/sida et le changement social.

    En 2003, les partenaires ont dcid de tirer parti de leur exprience pour dvelopper la campagne et y inclure des informations visant aider les agriculteurs optimiser leur utilisation de semences et dengrais.

    Source: PNUE et Futerra Sustainability Communications 2005.

    Encadr 4.6 Implication novatrice des mdias dans la sensibilisation: Campagne mene au Viet Nam sous le titre de Pas de pulvrisation prcoce

    Impliquer les mdiasLimplication des mdias mrite souvent une attention particulire et il peut tre souhaitable de semployer expressment faire mieux connatre aux journalistes les liens entre pau-vret et environnement et les encourager rendre compte de ces questions. Les grands organes dinformation (presse, radio et tlvision) peuvent tre des instruments efficaces pour atteindre les audiences vises, y compris les communauts locales. Les questions rela-tives lgalit entre hommes et femmes doivent tre prise en compte dans llaboration des messages, afin quils puissent tre dlivrs par les voies les plus appropries et les plus sensibles culturellement. Les expriences nationales tmoignent de limportance des mdias dans la sensibilisation aux problmes de pauvret et denvironnement (encadr 4.6).

    Outre une implication en dbut dinitiative, les mdias doivent continuer de partici-per tout au long de leffort dintgration (par exemple par le biais de communiqus de presse rguliers et de programmes radio).

    Impliquer les partenaires potentiels

    Pour russir, un effort soutenu dintgration des liens entre pauvret et environnement exige des partenariats avec la communaut du dveloppement, notamment les insti-tutions internationales de financement, les donateurs multilatraux et bilatraux et les ONG internationales et nationales. Les partenariats avec les acteurs du dveloppement reprsentent une contribution importante et permettent de gnrer des initiatives conjointes et de tirer parti des financements disponibles dans le pays aux fins de larti-culation pauvret-environnement.

  • Chap

    itre

    4.

    Iden

    tifie

    r les

    poi

    nts

    den

    tre

    et d

    vel

    oppe

    r la

    rgum

    enta

    ire

    42

    Pour constituer des partenariats, il est indispensable daller au-del de la simple informa-tion des diverses parties prenantes. Des efforts particuliers doivent tre faits pour attirer lattention des partenaires potentiels, en utilisant des arguments cibls sur leurs intrts propres, afin de bien faire comprendre lutilit de lintgration des liens entre pauvret et environnement. Les informations rassembles dans les valuations prliminaires sontutiles dans cette optique.

    Autres pistes dorientation: SourcesLes pays souhaitant sensibiliser et mettre en place des partenariats peuvent sappuyer sur plusieurs mthodes et instruments existants ainsi que sur les expriences dj accu-mules par dautres.

    Plusieurs pays ont russi utiliser les mdias et dautres instruments de communica-tion pour sensibiliser de divers groupes. Parmi les mthodes utilises figurent des notes dorientation politique, des bulletins dinformation nationaux et rgionaux et des pro-grammes radio.

    On trouvera davantage dinformations dans Communication et durabilit: Comment mettre en place des campagnes publiques efficaces (PNUE et Futerra Sustainability Com-munications 2005), un guide lintention des responsables et des spcialistes en commu-nication. Disponible en anglais, en franais et en espagnol, ce guide contient une diversit de conseils, dides et dtudes de cas de diffrentes rgions du monde qui peuvent tre adapts aux besoins en communication des diffrents pays.

    Pour ce qui est des partenariats, la Bote outils du partenariat (Tennyson 2003) ttire parti de lexprience de ceux qui ont pris linitiative de partenariats novateurs. Il prsente de faon concise les lments indispensables un partenariat efficace et est disponible en six langues.

    Exemple: Les ministres sassocient pour stopper la dgradation environnementale au Mozambique

    Au Mozambique, les ministres responsables de lenvironnement et de la planification ont contri-bu ensemble la rduction de la pauvret en permettant une communaut de stopper ladgradation de lenvironnement au niveau local. Dans le cadre de laide apporte par lIPE auMinistre de la planification et du dveloppement et au Ministre de la coordination des affaires environnementales, un projet pilote a t lanc pour faire face un problme environnemen-tal spcifique identifi par une communaut locale dans la ville de Madal. Durant la saison despluies, les maisons et les routes taient souvent totalement dtruites par leau, ce qui mettaitgrandement en pril les moyens de subsistance. Lquipe de lIPE a aid la communaut locale mettre en vidence la cause essentielle du problme lrosion des sols puis la soutenue dansla mise en uvre dactions correctrices. En plantant des arbres et en stabilisant les rives du fleuve,lrosion des sols a t considrablement rduite. Constatant les rsultats, le coordonnateur duprojet de lIPE au Ministre de lenvironnement a not: Les communauts peuvent rsoudre leursproblmes environnementaux grce des initiatives locales si la population est bien informe etforme, car elle a alors une attitude positive et proactive et peut se rendre compte des avantages pour son bien-tre. Un bnficiaire du projet a observ: Linitiative a permis de sensibiliser lesvillageois aux problmes de lenvironnement et de mieux comprendre comment lenvironnement peut influer sur la gnration de revenus.

    Source: IPE PNUD-PNUE 2008a.

  • Chapitre 4. Identifier les points dentre et dvelopper largumentaire

    43

    4.4 valuer les besoins de renforcement des institutions et des capacits Pour mettre au point une initiative dintgration des liens entre pauvret et environne-ment qui soit bien implante dans les capacits institutionnelles nationales et locales, il est indispensable dvaluer les besoins en matire de renforcement des institutions et des capacits. Cette valuation doit tre axe sur les capacits existantes et leurs points forts et faibles dans loptique de lintgration. Lobjectif est de tenir compte des besoins de renforcement des institutions et des capacits dans le cadre de linitiative et dassurer limplication efficace de tous les acteurs. Lvaluation des besoins doit couvrir la foisles enjeux immdiats et ceux qui apparaitront dans les phases ultrieures.

    ApprocheLvaluation des besoins cherche dabord dterminer le degr de comprhension par les acteurs nationaux des liens entre pauvret et environnement et apprcier la mesure dans laquelle il existe une prise de conscience lmentaire commune pouvant aider les diverses institutions gouvernementales et non gouvernementales tablir et maintenir des relations de travail fructueuses aux fins de lintgration des liens entre pauvret et environnement. Cette prise de conscience commune doit couvrir les aspects concernant lgalit des sexes ainsi que les aspects sectoriels. Suivant les rsultats obtenus, lvaluation des besoins peut ensuite mettre en lumire les options disponiblespour renforcer et amliorer la comprhension des questions de pauvret et denviron-nement dans des contextes spcifiques. Aprs quoi, elle doit procder un examen des capacits toutes les phases du cycle de planification.

    Lvaluation doit tre axe sur les capacits et les besoins au niveau des organisations notamment les ministres de lenvironnement, de la planification et des finances et les principaux ministres sectoriels ainsi quaux niveaux institutionnel et socital plus large, et non au niveau individuel. Par exemple, la capacit dun pays de sadapter aux incidences des changements climatiques doit tre value, en examinant les moyens dont disposent diverses institutions, le niveau dinformation et les ressources disponi-bles, la volont politique de faire face au problme et la connaissance des risques poten-tiels. Les institutions et les capacits doivent aussi tre values par rapport aux activits futures du processus darticulation pauvret-environnement, notamment lengagement participatif, lanalyse et la dfinition dune vision, la formulation de politiques, la gestion oprationnelle et le suivi des liens entre pauvret et environnement. Ces concepts sont illustrs dans le graphique 4.2.

    Initialement, lvaluation des besoins doit se fonder sur les valuations prliminaires desliens entre pauvret et environnement et des contextes gouvernementaux, institution-nels et politiques (voir sections 4.1 et 4.2). Elle doit aussi sappuyer sur les besoins dj identifis ainsi que sur tous les programmes existants de renforcement institutionnel axs sur lenvironnement, y compris ceux raliss par les acteurs du dveloppement, comme le Fonds pour lenvironnement mondial (FEM), la Banque mondiale, la Commis-sion europenne et lOrganisation des Nations Unies. Sur la base de cet examen initial, des valuations cibles supplmentaires peuvent tre ralises selon les besoins, eu gard en particulier aux organismes soccupant de lenvironnement, des finances et de la planification. Les chefs de file en matire de pauvret et denvironnement peuvent opter pour une autovaluation, qui peut tre appuye de faon indpendante, ou recher-cher lappui extrieur dorganisations se spcialisant dans ce domaine pour valuer leurs besoins institutionnels et en capacits.

  • Chap

    itre

    4.

    Iden

    tifie

    r les

    poi

    nts

    den

    tre

    et d

    vel

    oppe

    r la

    rgum

    enta

    ire

    44

    Autres pistes dorientation: SourcesPlusieurs mthodes et outils se sont rvls efficaces pour valuer les capacits insti-tutionnelles et ils peuvent tre utilises comme sources pour concevoir lvaluation la mieux adapte au pays.

    s Le UNDP Capacity Assessment Methodology Users Guide du PNUD fournit aux praticiens intresss une vue densemble de lapproche du PNUD en matire de dve-loppement et dvaluation des capacits ainsi que des conseils tape par tape pour mener une valuation des capacits en utilisant le cadre dvaluation des capacits du PNUD et les outils correspondants (PNUD, 2007).

    s Le Resource Kit for National Capacity Self-Assessment prsente une approche pro-gressive lintention des quipes nationales qui mnent leur propre autovaluation des capacits, en utilisant divers instruments. Ce kit a t mis au point pour aider les quipes de projets qui ralisent des autovaluations nationales des capacits avec lappui du FEM, mais il peut tre utilis plus largement. Il rappelle les diffrentes tapes, tches et instruments que les pays peuvent adapter leurs propres priorits et ressources (Programme dappui mondial du FEM, 2005).

    s Lquipe de travail de lOrganisation de coopration et de dveloppement co-nomiques (OCDE) sur la gouvernance et le dveloppement des capacits pour les ressources naturelles et la gestion de lenvironnement met au point une nouvelletmthodologie pour les valuations des capacits. Cet instrument identiera plusieurs paramtres pour valuer la capacit des organismes gouvernementaux de mener certaines tches centrales en matire de gestion de lenvironnement, notamment les conditions pralables politiques, juridiques et organisationnelles; la capacit danalyse des problmes et dlaboration des politiques sur la base des faits; la capacit de pla-nication stratgique et dlaboration du droit; la capacit de mise en uvre des poli-tiques; la capacit de faciliter la coopration et la participation publique; la capacit de fournir des services et de grer linfrastructure environnementale; et la capacit de sacquitter de fonctions administratives (OCDE 2008b).

    Graphique 4.2 Diffrents aspects du renforcement des capacits

    Source: Steve Bass, chercheur principal, Institut international pour lenvironnement et le dveloppement 2008.

    INTEGRATION DES LIENS ENTRE

    PAUVRETE ETENVIRONNEMENT

    Les dfis de lamise en uvre

    Amliorer lesinstitutions, linformation

    et la gouvernance

    Amliorer linvestissement dans la gestion

    de lenvironnement

    Soutenir les droits et prrogatives des pauvres en

    matire denvironnement

    Niveau individuel

    Les quatre niveauxfondamentaux

    dvaluation des capacits

    Conditions habilitantesgnrales

    Niveau des secteurset des autres rseaux

    Niveau desorganisations

    Capacits techniquesspcifiques

    Engagementparticipatif

    Suivi et apprentissage

    d fiGestion des financementset des oprations

    Formulation despolitiques/stratgies

    Analyse et vision

    Dveloppement des capacits: Obtenir, renforcer, connecter,

    matriser, adapter et maintenirles principales capacits

  • Chapitre 4. Identifier les points dentre et dvelopper largumentaire

    45

    Exemple: Acteurs non gouvernementaux impliqus dans les comits et groupes de travail

    Argentine. Le pays a lanc un processus visant mettre en place un plan de consommation et de production durables qui devait servir de base lintgration de ces questions. Initialement, trois groupes de travail reprsentant le gouvernement, lindustrie, les ONG et les milieux univer-sitaires ont t tablis pour aider identifier les domaines prioritaires. A partir de ces groupes de travail, un comit consultatif a t cr pour guider llaboration et la mise en uvre du plan dans le pays. Ultrieurement, le comit consultatif a t institutionnalis aux termes dune rsolution signe par le Ministre de lenvironnement. LArgentine a depuis tabli une Division de la consom-mation et de la production durables relevant de ce ministre.

    Maurice. Lors de llaboration de son programme national en faveur de la consommation et de la production durables, Maurice a reconnu le rle important jou par les mdias dans la promotion de la gestion de lenvironnement. Les journalistes qui couvrent rgulirement les problmes den-vironnement dans les deux journaux les plus populaires de Maurice ont t invits participer auxcomits consultatifs ou groupes de travail se consacrant llaboration du programme. Leur partici-pation a permis la publication rgulire darticles sur le sujet, contribuant ainsi sensibiliser lopinion publique du pays. La presse a t aussi largement implique dans la promotion dactivits pilotes.

    4.5 tablir des mcanismes oprationnels pour une intgration durableLobjectif de cette activit est de permettre aux institutions environnementales et aux ministres des finances et de la planification de collaborer efficacement entre eux et avec les principaux ministres sectoriels, les organismes infranationaux, les acteurs non gouvernementaux et la communaut du dveloppement.

    ApprocheCette activit suppose la clarification des rles et des responsabilits des divers insti-tutions et acteurs gouvernementaux et la dfinition des dispositifs institutionnels et de gestion ncessaires la poursuite de cet effort.

    Dispositifs institutionnels aux niveaux politique et technique

    Les acteurs gouvernementaux concerns doivent tout dabord dfinir les dispositifs ins-titutionnels ncessaires pour mener bien un effort dintgration des liens entre pau-vret et environnement et dcider quelle(s) institution(s) servira(ont) de chef(s) de file. En gnral, le ministre de la planification ou des finances est lentit la mieux quipe pour mener cet effort, en troite collaboration avec les institutions environnementales.

    Le gouvernement peut aussi tablir un comit directeur comprenant des reprsen-tants de haut niveau des institutions environnementales, des ministres de la planifi-cation et des finances, des ministres sectoriels, des organismes infranationaux et des acteurs non gouvernementaux qui dfinira les orientations stratgiques et politiques. Cette fonction pourrait tre confie un mcanisme existant, comme un groupe de tra-vail du secteur de lenvironnement ou lquivalent. Un inconvnient dans ce cas est que les organismes existants peuvent avoir une optique trop troite et ne pas reprsenter les approches participatives plus larges qui caractrisent la pratique actuelle en matire darticulation pauvret et environnement.

    Au niveau technique, le gouvernement peut tablir un comit technique ou une quipe spciale quil chargera de mener bien les activits et les tches quimplique un effort

  • Chap

    itre

    4.

    Iden

    tifie

    r les

    poi

    nts

    den

    tre

    et d

    vel

    oppe

    r la

    rgum

    enta

    ire

    46

    dintgration des liens entre pauvret et environnement. Les modalits oprationnelles (frquence des runions, mandats, composition, incitations participer) de ce comit ou de cette quipe doivent tre clairement dfinies ds le dpart.

    Les comits peuvent ensuite mettre en place des modalits de travail pour dterminer la faon dont ils contribueront au processus de planification du dveloppement national, notamment par le biais des groupes de travail thmatiques, des runions des parties pre-nantes, des mcanismes de coordination des donateurs, de llaboration de documents de travail ou de notes dorientation ou la liaison avec lquipe de rdaction de la politi-que ou de la stratgie de dveloppement national.

    Cadre de gestion

    Le gouvernement, en troite collaboration avec les acteurs du dveloppement, doit concevoir un cadre de gestion commun (voir graphique 4.3pour un exemple concernant le Malawi). Il peut sagir dun accord sur la (les) institution(s)gouvernementale(s) chef(s) de file, les ressources humaines consacrer leffort dintgra-tion (par exemple personnesresponsables, quipe tablir) et les dispositifs financiers (par exemple budgets, mcanismes de reddition des comptes, sources des fonds). Dautres dispositifs pertinents, pourltablissement de rapports, lesuivi et lvaluation et laccs lassistance technique peuvent aussi tre prciss dans le cadre de gestion.

    Il est indispensable dallouer des ressources humaines suffisantes la mise en uvre quotidienne de leffort dintgration. Lexp-rience a montr que pour tre efficace une initiative de ce type exige souvent une quipe de trois personnes base dans l (les) institution(s) gouvernementale(s) chef(s) de file et compose dun gestionnaire ou coordonnateur, dun conseiller technique (international ou national) et dun assistant administratif se consacrant cet effort plein temps.

    Ces divers mcanismes oprationnels compltent ou renforcent les institutions et capaci-ts existantes et les processus connexes. Plus tard dans leffort dintgration, des ensei-gnements peuvent tre tirs afin de faire de larticulation pauvret-environnement une pratique courante dans les processus, pratiques, procdures et systmes gouvernemen-taux et institutionnels (voir section 6.4).

    Graphique 4.3 Structure de gestion du programme pour lInitiative Pauvret-Environnement au Malawi

  • Chapitre 4. Identifier les points dentre et dvelopper largumentaire

    47

    Dispositifs institutionnels s Les dispositifs institutionnels et oprationnels dj mis en place pour la planification du dvelop-

    pement national sont-ils adapts aux objectifs darticulation de la pauvret et de lenvironnement (parexemple groupes de travail, consultations, mcanismes de coordination de laide au dveloppement) ?Faut-il dvelopper, complter ou amliorer les dispositifs oprationnels cette fin ? Comment ? Parexemple, qui doit faire partie dun comit directeur ou technique pour larticulation pauvret-environ-nement et quelles doivent tre les modalits oprationnelles dun tel comit ?

    s Faut-il continuer mobiliser les acteurs nationaux autres que ceux actuellement impliqus dans le processus de planification du dveloppement national ? Lesquels ?

    s Quels nouveaux dispositifs sont ncessaires pour contribuer aux processus de planificationdu dveloppement national et les influencer (groupes de travail thmatiques, runions des parties prenantes, mcanismes de la coordination de laide au dveloppement, laboration dedocuments de travail ou de notes dorientation, liaison avec lquipe de rdaction dun docu-ment ou dune stratgie de dveloppement au niveau national)?

    Cadre de gestion s Quelle(s) institution(s) gouvernementale(s) doit(vent) servir de chef(s) de file ? Qui est respon-

    sable ? Comment le travail sera-t-il organis et coordonn au quotidien ?

    s Quels sont les dispositifs de gestion ncessaires pour mener avec succs un effort dintgra-tion des liens entre pauvret et environnement (ressources humaines, mobilisation de finance-ments et de ressources, suivi et valuation) ?

    Plan de travail s Quels sont les rsultats environnementaux favorables aux pauvres et les questions environ-

    nementales et de dveloppement sur lesquels lattention doit tre concentre ?

    s Quels sont les points dentre, les produits et les activits ? Qui est responsable de chaqueactivit ? Quel est le calendrier ?

    s Quel est le budget ?

    Encadr 4.7 Questions utiles pour ltablissement des mcanismes oprationnels

    Plan de travail

    L(les) institution(s) gouvernementale(s) chef(s) de file et ses (leurs) partenaire(s) doit (vent) examiner conjointement les principaux rsultats des valuations et des activits ralises antrieurement ainsi que leurs implications pour leffort national darticulation pauvret-environnement. Ils doivent convenir des rsultats obtenir dans le domaine de lenvironnement pour favoriser les pauvres ainsi que des points dentre et desproduits, activits, responsabilits, calendrier et budget pour la phase ultrieure. Le plan de travail correspondant doit dresser un bilan des efforts existants dans le domaine de larticulation pauvret-environnement dans le pays et des partenaires possibles et tenir compte des questions environnementales et de dveloppement prioritaires, notamment la rduction de la pauvret, la gnration de revenus et la croissance durable.

    Autres pistes dorientation: QuestionsLes dispositifs institutionnels et administratifs tablis dpendent dans une large mesure des conditions nationales, notamment les contextes gouvernementaux, institutionnels et politiques, les parties prenantes et les sources des fonds. Les rponses aux questions poses pour valuer les contextes gouvernementaux, institutionnels et politiques qui figu-rent dans lencadr 4.5 devraient faciliter leur mise au point. En outre, l(les) institution(s)gouvernementale(s) chef(s) de file doit (vent) envisager les questions de lencadr 4.7.

  • Chap

    itre

    4.

    Iden

    tifie

    r les

    poi

    nts

    den

    tre

    et d

    vel

    oppe

    r la

    rgum

    enta

    ire

    48

    Ralisations Exemples

    -mune des liens entre pauvret et environnement

    s Contribution des secteurs environnementaux (par exemple forts, pche et tourisme) la croissance conomique

    s Analyse des liens sectoriels entre la pauvret et len-vironnement (voir, par exemple, Borchers et Annecke 2005)

    s Niveau de revenu des pauvres directement li lenvi-ronnement

    Comprhension gnrale et commune des contextes gouvernementaux, institutionnels et politiques

    s tat des lieux ou rapport sur les contextes gouver-nementaux, institutionnels et politiques (voir, par exemple, IPE PNUD-PNUE, Rwanda 2006b)

    Points dentre dans le processus de planification s DSRP

    s Politique nergtique nationale

    s Examen des dpenses publiques

    Consensus sur leffort darticulation pauvret-environne-ment et appropriation de cet effort

    s Le ministre de la planification joue un rle de chef de file dans leffort darticulation pauvret-environne-ment

    Positionnement de leffort darticulation pauvret-envi-ronnement par rapport aux initiatives parallles

    s Leffort darticulation de la pauvret et de lenviron-nement est soutenu dans le cadre des programmes existants des donateurs dans le pays

    Renforcement de la collaboration et des partenariats au niveau national

    s quipe de travail interministrielle responsable de la ralisation des activits et des tches impliques par leffort darticulation de la pauvret et de lenvironne-ment

    Champions de la pauvret et de lenvironnement s Cabinet du Chef de ltat

    s Secrtaires permanents et autres hauts fonctionnaires des ministres sectoriels

    Comprhension globale des besoins de renforcement des institutions et des capacits

    s Rapport dautovaluation des capacits

    Dispositifs institutionnels et de gestion pour une initia-tive darticulation

    s Ressources humaines et financires alloues leffort

    Implication des parties prenantes et de la communaut du dveloppement

    s Leffort darticulation de la pauvret et de lenvironne-ment fait partie du programme de travail du groupe de coordination des donateurs

    Tableau 4.2 Rsum: Que signifie Identifier les points dentre et dvelopper largumentaire?

  • 9^Wf_jh[+

    49

    Contenu s Passe en revue les moyens de collecter des donnes spcifiques au pays au moyen des

    valuations intgres des cosystmes et des analyses conomiques (sections 5.1 et 5.2)

    s Dcrit les moyens dintgrer les questions relatives la pauvret et lenvironnement dans un processus dlaboration des politiques en ciblant un point dentre identifi (section 5.3)

    s Met en vidence les principaux aspects de llaboration des mesures oprationnelles correspondantes et de lestimation de leurs cots (section 5.4)

    s Rsume les lments intressant le renforcement des institutions et des capacits (section 5.5)

    Principaux messages s Utiliser des donnes spcifiques au pays pour cerner les priorits et dvelopper laurgumen-

    taire ncessaire pour simpliquer efficacement dans le processus dlaboration des politiques

    s Saligner sur le calendrier et les modalits du processus dlaboration des politiques et cocoopoprrerer a avevecc leless grgrououpepess dede t traravavailil s secectotoririelelss, l leses d dononatateueursrs e ett leless auautrtreses p parartitieses p prerenanantnteses

    s Faire en sorte que le document directeur finalement tabli comporte des objectifs et cibles fonds sur les liens entre pap uvret et environnement et des stratggies de mise enuvre soutenant ces objectifs

    s llababororerer l leses m mesesurureses o oppraratitiononnenelllleses d dccououlalantnt d deses d dococumumenentsts d dirirececteteururss etet e enn esestitimemerr lelecot afin dinfluer sur le processus budgtaire

    s Renforcer les institutions et les capacits grce notamment un apprentissage par lapratiique tout au l long dde l leffffort d diintgra ition

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    50

    5.1 Utiliser les valuations intgres des cosystmes pour collecter des donnes spcifiques au paysLes valuations intgres des cosystmes servent de passerelle entre la science et la politique, en fournissant des informations scientifiques sur les consquences de lvolu-tion des cosystmes pour le bien-tre humain, sous une forme directement pertinente pour llaboration des dcisions et la mise en uvre.

    Pour garantir la pertinence du point de vue oprationnel, il faut veiller dfinir la porte et lobjectif dune valuation intgre des cosystmes en troite consultation avec lesdcideurs comptents. La crdibilit scientifique est assure en impliquant les meilleurs scientifiques de diverses disciplines et en soumettant le rsultat des valuations un examen rigoureux.

    On trouvera dans lencadr 5.1 dautres explications de lutilit des valuations intgres des cosystmes.

    ApprocheLvaluation des cosystmes pour le Millnaire sert de cadre pour mettre en vidence les liens entre les services cosystmiques et le bien-tre humain et permet de dter-miner leur valeur en termes montaires le cas chant. Arms de donnes sur la valeur dune fort, dune zone humide ou dun bassin versant par exemple, les dcideurs peuvent mieux concevoir des politiques et des pratiques tenant pleinement compte de la valeur de la nature et des services quelle fournit (M 2007).

    Lapproche la plus complte de lvaluation intgre des cosystmes est fonde sur la mthodologie gnrique utilise dans lvaluation des cosystmes pour le Millnaire pour raliser des valuations plusieurs niveaux. Les principales tapes sont notamment les suivantes:

    Les valuations intgres des cosystmes peuvent remplir utilement les fonctions suivantes:

    s Identifier les priorits daction et analyser les arbitrages, en montrant commentdes gains dans certains services peuvent tre obtenus au dtriment de pertes dansdautres

    s Donner des indications sur les consquences probables des dcisions touchant les cosystmes

    s Mettre en vidence les diffrentes options privilgier pour raliser les objectifs de dveloppement humain et de durabilit

    s tablir un cadre et fournir des instruments pour lvaluation, la planification et la gestion

    s Servir de repre pour les valuations futures et orienter les recherches venir

    Source: PNUE et UNU 2006.

    Encadr 5.1 Pourquoi des valuations intgres des cosystmes sont-elles ncessaires ?

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    51

    s valuation de ltat et de lvolution des cosystmes et de leurs services. Cettevaluation suppose lanalyse des conditions, de la distribution gographique et des tendances de loffre et de la demande de services cosystmiques; de la capacit des cosystmes dassurer ces services; et des incidences des modications des cosys-tmes sur la fourniture de services.

    s laboration des scnarios futurs. Les scnarios envisageables pour lavenir dans la zone value fournissent des descriptifs qualitatifs tays par des modles quantita-tifs pour illustrer les consquences des diverses modications possibles des facteurs sous-jacents, des services cosystmiques et du bien-tre humain.

    s Examen des actions possibles. Les actions passes et en cours sont values an de gnrer un ensemble doptions et de choix pratiques pour une amlioration de la gestion des cosystmes dans lintrt du bien-tre humain et dune croissance co-nomique favorable aux pauvres.

    La forme des valuations intgres des cosystmes doit tre dtermine par plusieurs principes clefs du cadre de lvaluation des cosystmes pour le Millnaire et par lexp-rience des pays.

    s Les valuations doivent tre axes sur la population. Si lvaluation des cosys-tmes pour le Millnaire reconnat que les cosystmes ont une valeur intrinsque, sa proccupation essentielle est la maximisation du bien-tre humain aujourdhui et terme. Elle sintresse donc aux incidences sur la distribution des diffrents groupes de population (dnis selon lge, le sexe et la localisation gographique) et montre quune interaction dynamique existe entre les populations et les cosystmes. Lac-tion humaine suscite des changements dans les cosystmes qui entranent leur tour des modications du bien-tre humain. Lencadr 5.2 prsente des exemples des cosystmes et de leurs services affects par les changements climatiques imputables lactivit humaine.

    Les cosystmes et les services affects par les changements climatiques sont notam-ment les suivants:

    s cosystmes marins et ctiers: pcheries, rgulation du climat, protection contre les temptes/les inondations, transport, eau douce et cycle des nutriments, tou-risme, valeur culturelle

    s Forts et zones forestires: pollinisation, nourriture, bois duvre, rgulation de leau, lutte contre lrosion, produits mdicinaux, tourisme, valeur culturelle

    s Zones arides: conservation de lhumidit des sols, cycle des nutriments, nourriture, fibre, pollinisation, eau douce, eau et rgulation du climat, tourisme, valeur culturelle

    s cosystmes de montagne: eau douce, nourriture, plantes mdicinales, risques natu-rels et rgulation climatique, aire de rpartition des animaux, tourisme, valeur culturelle

    s cosystmes cultivs: nourriture, fibre, combustibles, pollinisation, cycle des nutri-ments, lutte contre les nuisibles, eau douce

    Source: WRI 2008.

    Encadr 5.2 Comment les changements climatiques influent-ils sur les services cosystmiques ?

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    52

    s Les valuations doivent tre intgres. Une valuation intgre des cosystmes comporte des analyses environnementales, sociales et conomiques de ltat actuel des services cosystmiques et de leur potentiel futur. Elle fournit des informations sur une srie de facteurs, la faon dont ils interagissent pour inuer sur les cosys-tmes et comment la modication dun cosystme affecte tout un pan de services cosystmiques.

    s Les valuations doivent tre multidisciplinaires. Il vaut mieux coner les valuations intgres des cosystmes une quipe dexperts multidisciplinaire, compose de sp-cialistes de lenvironnement, de sociologues, dexperts en matire dgalit des sexes, dconomistes et de spcialistes des sciences politiques. Ceux-ci peuvent avoir des points de vue diffrents et des faons diffrentes dapprcier les interactions entre les cosystmes et le bien-tre humain, ce qui amliore lvaluation globale et ses rsultats.

    s Les valuations doivent tre participatives. Une valuation intgre des cosys-tmes doit tre fonde sur une approche participative et mene en troite collabora-tion avec les dcideurs et les acteurs dont les activits sont affectes par ses rsultats. Le choix des questions et les types de connaissances utilises pour lvaluation peu-vent tendre avantager certaines parties prenantes au dtriment dautres. Lutilit de lvaluation est donc dautant plus grande que lon a identi et rsolu les distorsions structurelles que sa conception peut comporter.

    s Les valuations doivent prendre en compte les connaissances disponibles. Lintgra-tion efcace des diffrents types de connaissances dans une valuation peut la fois amliorer les rsultats et faciliter leur adoption par les parties prenantes, qui peuvent apporter des connaissances importantes pour lvaluation physique de la zone et du contexte (par exemple, populations autochtones, communauts marginalises, femmes).

    s Les valuations doivent se situer diffrents niveaux. Les efforts doivent sinscrire dans une chelle spatio-temporelle qui couvre la fois les processus naturels associs au problme examin et les acteurs qui inuent sur les changements cette chelle. Lunit dintrt fondamentale est lcosystme lui-mme (par exemple, les bassins versants, la nature ltat sauvage, les routes migratoires). Les informations spciques un site ne peuvent pas toujours tre agrges pour analyser les tendances nationales ou mondiales. En entreprenant des valuations diffrents niveaux, local, national ou rgional, on peut obtenir nanmoins des indications sur les tendances ou les processus plus larges. Pour ce qui est de la dimension temporelle, des projections et scnarios des changements climatiques (encadr 5.3) peuvent venir tayer lvaluation.

    s Les valuations doivent tre utiles llaboration des politiques. La zone gogra-phique couverte par lvaluation doit tre identie avec soin. Il doit sagir dune zone importante pour les dcideurs politiques concerns par le processus dintgration. An dobtenir les rsultats les plus prcis possibles dans le cadre dune valuation intgre des cosystmes, la zone choisie doit tre une zone o des informations et donnes signicatives sont aisment disponibles. La principale fonction de lvaluation est de synthtiser les informations disponibles en combinant diffrentes sources de donnes formelles et informelles, qualitatives et quantitatives. Enn, des contraintes budg-taires peuvent aussi limiter la zone de lvaluation.

    s Les valuations doivent tre ralises en temps opportun. tant donn que lesvaluations intgres des cosystmes fournissent des donnes spciques aux pays qui peuvent tre utilises pour les activits de plaidoyer et de sensibilisation et pour convaincre les dcideurs de limportance dune gestion durable de lenvironnement, elles

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    53

    La communaut du dveloppement travaille depuis longtemps sur des projections des changements climatiques et la construction de scnarios. Parmi les principauxmodles de scnarios en matire de climat, on peut citer le Modle climatique mon-dial, le Modle de rduction dchelle statistique, le Systme de modlisation du climat rgional PRECIS (dterminant les tendances climatiques rgionales pour les tudes dimpact) et MAGICC/SCENGEN (Modle pour lvaluation des gaz effet de serreinduits par les changements climatiques/Gnrateur de scnarios sur le climat au niveau rgional).

    Nombre des efforts dploys par la communaut du dveloppement ont vis au ren-forcement des institutions et des capacits. Par exemple, le Service mtorologique duRoyaume-Uni a entrepris des formations cibles sur la modlisation des changements climatiques lintention des pays en dveloppement. Le renforcement des institutionset des capacits en matire de modlisation des changements climatiques permetdtablir des scnarios en matire de climat qui viennent tayer les valuations int-gres des cosystmes et gnre des connaissances scientifiques favorisant une prise en compte durable des liens entre pauvret et environnement.

    Encadr 5.3 Modlisation des changements climatiques

    doivent prcder la mise en uvre du processus dlaboration des politiques que leffort dintgration cherche inuencer (voir section 5.3). Toutefois, les informations gnres au cours de lvaluation peuvent tre utilises tout moment pour inuer sur les proces-sus de planication en cours ou futurs (par exemple, processus d'laboration des poli-tiques, processus budgtaires ou processus de planication au niveau infranational).

    Autres pistes dorientation: Sources et exemplesUne valuation intgre des cosystmes synthtise les informations existantes. Il est logique de commencer en examinant les ouvrages existants, notamment les travaux scientifiques et semi-scientifiques ayant fait lobjet dun examen par les pairs. Les bases de donnes dtenues par les dpartements gouvernementaux ou les instituts de recherche, comme le Centre mondial de lagroforesterie et le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale, contiennent de nombreuses informations non publies. Cependant, compte tenu du manque information concernant les services cosystmiques et leurs liens avec le bien-tre humain, il est souvent ncessaire de ras-sembler de nouvelles donnes sur le terrain, dutiliser des modles et de tirer parti des connaissances locales. Les cadres danalyse sexospcifique, qui fournissent tape par tape des outils pour dterminer les profils dactivit, daccs et de contrle des femmes et des hommes, peuvent tre utiles dans la collecte de nouvelles donnes et lanalyse des donnes existantes. Pour plus d'information, les praticiens peuvent se reporter aux ouvrages suivants:

    s Les cosystmes et le bien-tre humain: La conduite et lutilisation des valuations intgres Manuel de formation (PNUE et UNU 2006), disponible en anglais, franais et portugais

    s The Millennium Ecosystem Assessment: A Toolkit for Understanding and Action (M 2007)

    s Les cosystmes et le bien-tre humain: Synthse (M 2005)

    s Les services cosystmiques: Guide pour les dcideurs (WRI 2008)

    s The Millennium Assessment Manual (PNUE-WCMC, paratre, 2009).

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    54

    Lencadr 5.4 dcrit lapproche de lvaluation intgre des cosystmes utilise par la Trinit-et-Tobago.

    Contexte. La chane de montagnes du nord est un cosystme complexe qui couvre environ 25% de la superficie terrestre de lle de la Trinit. Ses bassins de captage sont les principales sourcesdeau douce de lle et participent au contrle des inondations dans les zones de basse altitudeen contrebas. La chane de montagnes constitue un espace vital pour lhabitat et lagriculture; est importante pour lcotourisme et les activits rcratives; offre des possibilits de pche artisanaleen eau douce et dans les eaux ctires/maritimes; peut servir de refuge; contribue la rgulation du climat local; et est lorigine dautres activits conomiques issues de labattage du bois, de lachasse aux animaux sauvages et de la fabrication daliments partir des produits forestiers autres que le bois.

    Facteurs de changement. Parmi les nombreux facteurs entranant des changements de lcosys-tme dans la chane de montagnes du nord, on peut citer lurbanisation, lamlioration de lhabitat,la culture sur brulis et dautres pratiques agricoles et de dbroussaillage non durables ainsi quunedemande accrue dactivits rcratives. La plus grande variabilit des schmas climatiques entrane une modification des services de rgulation du ruissellement. Lextraction minire, lagriculture etla sylviculture non rglementes sont autant dactivits qui ont contribu au dclin de la chane.Parmi les autres menaces, il faut relever les feux de forts, une utilisation non durable grandissantedes terres des fins rcratives et des rgles et politiques dficientes en matire damnagement duterritoire. Sur lensemble de lle, les ressources en eau douce sont menaces par la dforestation et lapollution. Linfrastructure dfaillante de distribution de leau est responsable de pertes deau de 50 60 % avant datteindre les consommateurs.

    Approche de lvaluation. Lvaluation sest appuye sur les ouvrages scientifiques publis, complts par des contributions professionnelles et des points de vue communautaires. Elle a pass en revue successivement la fort, les ressources en eau douce et les ressources ctires. Labiodiversit et lutilisation des terres ont t values en tant que thmes transversaux dans len-semble des sous-systmes. La valeur dagrment des sous-systmes a t examine tout au longde lvaluation et plusieurs niveaux.

    Actions possibles. Daprs les prvisions, la conversion, la dgradation et le dclin des services cosystmiques vont se poursuivre sauf si des mesures appropries sont mises en uvre pour contrler les facteurs de changement. Lvaluation recommande le rexamen des politiques exis-tantes et llaboration de nouvelles politiques de gestion durable, en particulier:

    s Lamnagement de la partie orientale de la chane des fins de conservation s Une rvision des normes de pente et des courbes de niveau pour la construction de logements

    dans la section occidentale s Llaboration de plans damnagement physique lchelle locale compatibles avec le plan

    gnral pour la chane septentrionale s La prsentation par lexcutif et le lgislatif de propositions pour les zones et espces sensibles s Limposition de redevances dutilisation et damendes pour violation des rgles afin de gnrer

    des recettes pour certains sites de loisir s Lapplication de processus dcisionnels multilatraux et multipartites s La promotion du suivi, de lvaluation et des recherches universitaires dans la rgion

    Source: Autorit de gestion de lenvironnement de la Trinit-et-Tobago 2005.

    Encadr 5.4 valuation portant sur la chane de montagnes situe au nord de la Trinit-et-Tobago

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    55

    5.2 Utiliser les analyses conomiques pour collecter des donnes spcifiques au paysLobjectif de cette activit est de dmontrer grce aux analyses conomiques lim-portance de lenvironnement pour une croissance conomique pro-pauvres, le bien-tre humain et la ralisation des OMD, afin dinfluer sur les processus d'laboration des poli-tiques et budgtaires.

    Les arguments conomiques sont parmi les plus puissants pour convaincre les dcideurs de limportance de la durabilit environnementale dans la ralisation des priorits dedveloppement. Les analyses conomiques quantifient la contribution apporte par lenvironnement lconomie dun pays en termes de recettes, de cration demplois et dutilisation directe et indirecte des ressources par la population. En dmontrant les valeurs multiples de lenvironnement, exprimes en termes montaires et en termes non montaires plus gnraux, ces analyses peuvent aider convaincre les dcideurs que la gestion durable de lenvironnement les aidera atteindre les objectifs de dveloppement.

    Approche La contribution de lenvironnement peut tre illustre la fois en interprtant diffrem-ment les donnes existantes (par exemple, pourquoi la gestion des bassins versants et de captage est importante pour lhydrolectricit) et en collectant et analysant de nou-velles donnes (par exemple, sur la dpendance des mnages pauvres lgard des res-sources naturelles; le cot des rpercussions des changements climatiques). Les valeurs marchandes formelles des ressources naturelles (valeur des pcheries ou des produits durables pour certains pays) peuvent tre mises en vidence, tout comme les valeurs marchandes informelles (importance de la viande de brousse pour les conomies locales de certaines parties de lAfrique).

    Des efforts particuliers doivent tre faits pour dmontrer limportance conomique des services cosystmiques qui ne passent pas par les marchs, comme la valeur de la vgtation ctire dans la prvention des inondations causes par les temptes. Des techniques conomiques peuvent tre utilises pour estimer ces valeurs non marchan-des, mettant ainsi en vidence la valeur invisible des services cosystmiques et lescots lis leur dgradation.

    Il peut tre utile de relier les facteurs environnementaux aux indicateurs conomiques connus des dcideurs, comme le produit intrieur brut (PIB), les recettes dexportation et les donnes de mortalit et morbidit lies la dgradation de l'environnement. Une fois que ces relations sont tablies, elles peuvent aider justifier les dcisions sur lint-gration des liens entre pauvret et environnement dans llaboration des politiques et la budgtisation.

    Les principaux indicateurs conomiques et leurs interactions avec la pauvret et lenvironnement

    Les interactions entre la pauvret, lenvironnement et les principaux indicateurs de lconomie et du bien-tre peuvent tre dmontres divers niveaux.

    s PIB et croissance du PIB. Pour exprimer la contribution de lenvironnement lco-nomie nationale en termes de PIB, on peut utiliser des donnes informelles pour montrer la vraie valeur des ressources naturelles ou bien appliquer des approches plus sophistiques qui prennent en compte la valeur des dommages causs lenvi-ronnement et de lpuisement des ressources naturelles dans le calcul des vritables

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    56

    conomies ralises (cest--dire en dduisant la valeur de ces pertes des conomies brutes) (Hamilton 2000). Par exemple, labattage du bois fournit des revenus immdiats mais, si le bois est exploit de faon non durable, les ux de recettes seront rduits et ces-seront terme en raison de lpuisement des ressources forestires du pays. Lapproche des cots de la dgradation de lenvironnement a contribu justier le bien-fond de la gestion durable des ressources naturelles au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (Sarraf 2004), au Ghana (Banque mondiale 2007a), au Nigria (DFID 2004b) et ailleurs.

    s Indicateurs macroconomiques de production. La contribution de lenvironnement lconomie nationale peut aussi tre exprime laide dindicateurs macrocono-miques de production par exemple en mettant en vidence le niveau des exporta-tions venant des secteurs lis lenvironnement comme le tourisme.

    Exemples: Environnement et PIB

    s En Afrique de lOuest, la pche peut reprsenter jusqu 15 17% du PIB national et jusqu 25 30% des recettes dexportation (OCDE 2008a).

    s Au Cambodge, la pche gnre 10% du PIB (BAD 2000).

    s Au Ghana, les cots au niveau national de la dgradation de lenvironnement reprsentent,selon les estimations, 9,6% du PIB (Banque mondiale 2007a).

    s En Tunisie, les cots bruts des dommages lenvironnement reprsentent 2,7% du PIB, alorsquen gypte ils reprsentent 5,4% du PIB (Sarraf 2004).

    Exemples: Environnement et emploi

    s Au Brsil, le dernier recensement agricole a montr quun emploi rural est cr pour 8 hectares cultivs par des petits agriculteurs, alors que les grandes exploitations mcanises ne crent quunemploi par 67 hectares en moyenne. On estime quun demi-million de personnes sont employesdans le pays dans le secteur des biocarburants ou de la biomasse (Renner, Sweeney et Kubit 2008).

    s En Chine, on estime que, respectivement, 600000 et 226000 personnes sont employes dans les secteurs de lnergie solaire et des biocarburants/de la biomasse (Renner, Sweeney et Kubit 2008).

    s En Inde, le remplacement dans 9 millions de mnages des poles traditionnels par du matrielde cuisson fond sur des technologies de pointe utilisant la biomasse pourrait crer 150000emplois, sans compter ceux gnrs par la collecte de la biomasse ou les plantations de bio-masse. A New Delhi, lintroduction dici 2009 de 6100 bus aliments au gaz naturel comprim devrait crer 18000 emplois nouveaux (Renner, Sweeney et Kubit 2008).

    s Quelque 23 % des plus de 130 000 mnages ruraux de la Papouasie-Nouvelle-Guine tirent leurs revenus de la pche. Dans les les du Pacifique, un grand nombre de femmes tirent un avan-tage conomique de la pche, soit directement soit indirectement en travaillant dans des activi-ts connexes comme la vente, lexportation et la commercialisation du poisson (BAD 2001).

    s Emploi. Dterminer le nombre demplois gnrs par certaines activits environne-mentales est une autre faon dutiliser des arguments conomiques. De nombreusesactivits conomiques qui dpendent des ressources naturelles sont informelles, temps partiel, saisonnires ou de subsistance. De ce fait, ces sources demploi sontrgulirement sous-values dans les donnes conomiques nationales et peuventmme ne pas apparatre dans nombre destimations plus formelles de lemploi.

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    57

    s Recettes publiques. Les ressources naturelles sont une source importante de richesseet, si elles sont bien gres, elles peuvent gnrer des recettes scales importantes pour les pays faible revenu. Malheureusement, ce potentiel peut rester largement virtuel en raison de la faiblesse des incitations marchandes, de linadquation des subventions pour lextraction des ressources naturelles (par exemple, prts faible taux pour lin-dustrie du bois en Indonsie), du niveau articiellement bas des taxes sur lutilisation des ressources naturelles, de labsence de mesures dapplication (par exemple, fraude scale sur les rcoltes licites et illicites) ou de politiques conictuelles. Une amlioration de la gestion de lenvironnement peut donc tre une source importante de recettes publiques supplmentaire, qui peuvent tre consacres la rduction de la pauvret en mme temps que dautres sources de recettes (voir section 6.2).

    s Dpenses publiques. La perte de services cosystmiques ou de ressources natu-relles peut rendre ncessaire une augmentation des dpenses publiques. On consi-dre souvent que la perte de ressources naturelles na que des incidences limites, car beaucoup de ces incidences ne sont pas intgralement valorises par le march. Lutilisation de techniques conomiques pour quantier ces valeurs non marchandes peut servir justier la ncessit dune meilleure gestion de lenvironnement (enca-dr 5.5). Diverses techniques comme lanalyse cots-avantages, lanalyse de lefca-cit-cot et le taux de rentabilit peuvent servir valuer les investissements poten-tiels et identier les meilleurs (voir section 5.4).

    s Moyens de subsistance des pauvres. On dispose de plus en plus de donnes mon-trant que les moyens de subsistance des mnages pauvres dpendent dans une trs large mesure des ressources naturelles. Les femmes sont particulirement tributaires des ressources naturelles pour leurs revenus et leurs moyens de subsistance. Les enqutes sur les revenus des mnages, qui sont rgulirement entreprises dans les pays pour dterminer les seuils de pauvret, peuvent constituer une source de don-nes et dinformations trs ables sur les liens entre pauvret et environnement. Il est utile, par exemple, de savoir combien de temps les mnages, les femmes et les hommes passent trouver du bois de chauffe et de leau.

    Exemples: Contribution de lenvironnement aux moyens de subsistance

    s En Inde, les ressources naturelles fournissent jusqu 5 milliards de dollars par an aux mnages pauvres soit le double des apports daide reus par le pays (Beck etNesmith 2001).

    s On estime que plus dun milliard dhabitants des pays pauvres dpendent desforts pour leurs moyens de subsistance (UICN 2007).

    s Plus de 90 % des personnes vivant dans une pauvret extrme sont tributairesdes forts pour une partie de leurs moyens de subsistance. Or, la couverture fores-tire mondiale a diminu de 20% au moins depuis la priode pragricole (Banquemondiale 2004b; PNUD et autres 2000).

    s Sant des pauvres. Des facteurs environnementaux comme les maladies dorigine hydrique et la pollution de lair lintrieur des habitations dont certains peuvent tre aggravs par les changements climatiques contribuent dans une trs large mesure aux dcs de millions denfants chaque anne et la mauvaise sant mater-nelle. La quantication de la charge environnementale des maladies cest--dire le

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    58

    nombre de maladies lies des risques environnementaux doit faire partie int-grante de lintgration des liens entre pauvret et environnement. Lutilisation de lindice des annes de vie corrig des maladies, qui associe les charges dues au dcs et linvalidit en un seul indice, permet de comparer les effets sur la sant de divers facteurs de risques environnementaux et non environnementaux (Prss-stn et Cor-valan 2006). Elle permet aussi dexprimer en termes montaires la charge environne-mentale des maladies, comme le cot total pour lconomie nationale de la perte de productivit, des traitements mdicaux supplmentaires, etc.

    Bnin. Les investissements dans un programme de contrle biologique entrepris au dbut desannes 90 pour stopper la prolifration de la jacinthe deau, une plante exotique (non indigne) envahissante, ont eu dimportantes retombes positives. Au plus fort de linfestation, les moyens de subsistance de quelque 200000 personnes ont t affects par une rduction estime de 84millions de dollars par an du revenu tir de la pche et du commerce (SIWI 2005). Le programme de contrle et le recul correspondant des dommages causs lenvironnement par la jacinthedeau ont eu comme effet positif une augmentation annuelle du revenu de plus de 30 millionsde dollars. Avec un cot du programme d peine plus de 2 millions de dollars (valeur actualise nette), le rapport cots-avantages de linvestissement a t norme (NORAD 2007).

    Indonsie. Une tude des avantages et des cots de la conservation des rcifs par rapport aux pratiques existantes a montr que la conservation a un taux de rentabilit considrable, allant de1,5 plus de 50, en fonction de lintervention (Cesar 1996).

    Madagascar. Les investissements dans un nouveau rgime de gestion destin remdier la surexploitation des pcheries de crevettes Madagascar ont gnr dapprciables dividendes.Un nouveau programme de permis de longue dure changeables a t mis en place en 2000et semble fonctionner. Le rapport cots-avantages de cette intervention est estim 1,5 (Rojat,Rojaosafara et Chaboud 2004).

    Ouganda. Le marais de Nakivubo, proche de la capitale Kampala, fournit divers services cosys-tmiques, notamment la purification des eaux uses et la rtention des matires nutritives. Des tudes conomiques montrent que ces services ont une valeur de 1 1,75 million de dollars par an, pour un cot annuel li la conservation de la capacit de la zone humide de fournir ces ser-vices de seulement 235000 dollars. Ainsi, les investissements qui protgent les services des zones humides sont trs rentables, tout en conomisant ltat des dpenses considrables au titre desmesures quil lui faudrait prendre pour attnuer la pollution de leau et liminer les dchets, ce qui constitue un argument convaincant pour dissuader toute poursuite du drainage de cette zonehumide prcieuse (Emerton et Bos 2004).

    Sri Lanka. Il ressort des analyses conomiques que les investissements dans la protection des zones humides de Muthurajawala, au nord de la capitale Colombo, ont eu une rentabilit de 8 millions de dollars par an, soit environ 2600 dollars par hectare et par an. Lattnuation des inondations explique environ les deux tiers de ces retombes positives, les autres dcoulant du traitement des eaux uses industrielles (22 %), de la production agricole et des pcheries enaval (7 %), du bois de chauffe, de la pche, des activits de loisir et rcratives, du traitement deseaux uses domestiques et de lalimentation en eau douce (4%). Plus de 30000 personnes en majorit des habitants pauvres des bidonvilles et des mnages de pcheurs bnficient de ces services (Emerton et Bos 2004).

    Encadr 5.5 Exemples de dpenses publiques pour lenvironnement ayant un rapport cots-avantages lev

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    59

    s Capacit de rsistance des pauvres face aux risques environnementaux et aux changements climatiques. Le climat et le temps ont des incidences directes et indirectes importantes sur la vie humaine et les moyens de subsistance, alors que les vnements climatiques extrmes, comme les fortes pluies, les inondations et les ouragans, peuvent avoir de trs graves consquences. Lvolution du climat inue aussi sur les moyens de sub-sistance de la population, comme les troupeaux, les rcoltes et laccs aux services de base, et affecte galement les maladies transmises par leau et par des vecteurs comme les moustiques (Prss-stn et Corvalan 2006). Exprimer la valeur de lenvi-ronnement en termes montaires et non montaires pour ce qui est de la rsistance aux risques climatiques et aux autres risques peut aider convaincre les dcideurs de limportance de la prise en compte des liens entre pauvret et environnement (par exemple, impacts sur la sant, lagriculture et dommages aux infrastructures), comme le montre lencadr 5.6.

    Exemples: Risques environnementaux

    s Environ 600 000 dcs sont survenus travers le monde la suite de catastrophes naturelleslies au climat dans les annes90. Environ95% dentre eux ont eu lieu dans des pays pauvres.

    s En Europe, les tempratures anormalementleves de lt 2003 ont t associes plus de 35 000 dcs supplmentaires par rapport aux annes antrieures.

    s Au Venezuela, les inondations de dcembre 1999 dans Caracas et aux alentours ont tu environ 30 000 personnes, vivant pour la plu-part dans les bidonvilles situs sur les pentes exposes.

    Source: Prss-stn et Corvalan 2006.

    Le Professeur Saudamini Das de lUniversit de Delhi a tudi le rle des mangroves pour rduire les pertes en vies humaines et les destructions entranes par les cyclones.Elle a conclu que si toutes les forts de paltuviers qui existaient en 1950 avaient t intactes durant le super cyclone qui a frapp ltat indien dOrissa en octobre 1995, environ 92 % des prs de 10000 dcs auraient t vits. De plus, sans les mangrovesqui existent actuellement, le total des pertes en vies humaines aurait t de 54% pluslev.

    Mme Das a estim que la valeur conomique de ces services de protection durant le super cyclone a t denviron 1,8 million de roupies (43000 dollars) par hectare. Tenant compte de la probabilit de trs fortes temptes Orissa sur la base de lexprience des trois dernires dcennies, elle a calcul que la valeur dun hectare de terre avec des forts de paltuviers intactes tait denviron 360000 roupies (8600 dollars), alors quunhectare de terre avec des mangroves clairsemes vaut 200000 roupies (5000 dollars)sur le march. Le cot de la rgnration dun hectare de fort de paltuviers est den-viron 4500 roupies (110 dollars), tandis que le cot de construction dun abri en cas decyclone dans ltat de Orissa est de 3 millions de roupies (71000 dollars).

    Source: SANDEE 2007.

    Encadr 5.6 Estimation de la valeur des services de protection des ctes fournis par les cosystmes de mangroves: lexemple dOrissa (Inde)

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    60

    Principes fondamentaux

    Lapproche consistant utiliser les analyses conomiques pour convaincre les dcideurs de limportance de lintgration des liens entre pauvret et environnement sarticule autour de plusieurs principes fondamentaux, fonds sur le savoir-faire et lexprience en matire danalyses conomiques et environnementales.

    s Commencer par les processus que lon cherche inuencer et les indicateurs que lon cherche valuer. Il faut au dpart sattacher bien comprendre les processusque lon cherche inuencer. Dans cette optique, des conomistes familiers des fac-teurs de croissance, des nances publiques et de lemploi ainsi que des interactions avec lenvironnement sont indispensables. Souvent, il suft dutiliser des approches simples, tirant parti des donnes et informations existantes, comme les valuations par-ticipatives de la pauvret, les examens des dpenses publiques et les recettes scales.

    s Faire participer les dcideurs et les experts de diffrentes disciplines. Il est recom-mand dtablir des quipes multidisciplinaires comportant des conomistes, des sp-cialistes de lenvironnement, des experts de lgalit des sexes, des analystes de llabo-ration des politiques et des hommes et des femmes venant des communauts locales.

    s Utiliser des outils largement familiers. Lexercice sera probablement dautant plusefcace que lon utilise des outils inspirs de ceux qui sont dj largement familiers aux dcideurs soccupant de la planication du dveloppement au niveau national, comme les valuations de la pauvret des mnages, les valuations conomiques, les analyses cots-avantages ou les analyses cots-efcacit. Dune faon gnrale, les modles plus simples sont prfrables aux modles plus complexes, du moins tant quune analyse de base na pas t mene.

    s Sassurer que les utilisations de lenvironnement sont durables. Certaines analyses partent de lhypothse que les utilisations existantes ou prvues de lenvironnement sont durables par exemple, que les personnes qui tirent parti des produits forestiers nendommagent pas les forts ou que les bcherons clandes-tins peuvent tre taxs hau-teur de leurs coupes relles. Ces hypothses sont souvent fausses. Il faut veiller ce que les analyses soient fondes sur une utilisation vritable-ment durable des services cosystmiques.

    s Ne pas surestimer les interactions positives entre pauvret et environnement.Si la valeur des interactions positives entre pauvret et environnement est souvent sous-estime, il ne faut pas non plus la surestimer. Ces interactions sont complexes et les simples relations de cause effet sont rares. Parfois les synergies sont videntes, mais souvent il est plus raliste de sattendre devoir faire des arbitrages. La dpen-dance lgard de ressources naturelles dgrades risque parfois denfermer les plus dmunis dans un cercle vicieux de la pauvret. Dans ce cas, la meilleure rponse peut

    Exemple: Incidences de la dforestation terme

    La diminution de loffre de bois de chauffe est une consquence immdiate de la dforestation.Cette diminution peut entraner une baisse de la frquentation scolaire des filles, qui doivent consacrer plus dheures et se dplacer plus loinde leur habitation pour ramasser du bois de chauffe. Elle peut aussi aggraver les maladies infantiles et la malnutrition, au cas o les mna-gent ragissent en passant moins de temps bouillir de leau et cuisiner, ce qui se traduit parune eau moins sre et un rgime moins nutritif.

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    61

    tre la mise en uvre de mesures rduisant cette dpendance, comme le soutien aux migrations assorti dune aide ceux qui restent. Ce type de mesures est dans lintrt des pauvres et la surestimation des droits sur lenvironnement peut aller lencontre du but recherch.

    s Tenir pleinement compte de la complexit des interactions entre lenvironne-ment et lconomie. Ces interactions sont complexes et varient avec le temps. Lesincidences peuvent tre positives et ngatives, court et long terme, macro et micro-conomiques. Par exemple, dans la ralisation des analyses conomiques,il importe de saisir pleinement ltendue des avantages conomiques obtenus ou perdus. Si la mesure des incidences immdiates est la premire des priorits, les incidences ultrieures (parfois appeles incidences de deuxime ou troisime rang) doivent aussi tre prises en compte.

    s Envisager une prsentation cartographique des rsultats. Des donnes ventilesau niveau sous national peuvent utilement tre prsentes sous la forme de cartes reliant dans lespace la situation socio-conomique, ltat de lenvironnement et les cosystmes. Ces informations peuvent ensuite tre utilises an de mieux dnir les buts et objectifs; servir de base llaboration, au chiffrage et la hirarchisation des mesures oprationnelles; inuer sur le processus de budgtisation; et suivre la mise en uvre des mesures. Bien que des cartes soulignant les liens entre pauvret et environnement aient rarement t utilises, lexprience des cartes de la pau-vret donne penser que de tels outils prsentent des possibilits intressantes pour inuer sur la planication nationale du dveloppement. Par exemple, au Nicaragua, la Stratgie de renforcement de la croissance et de diminution de la pauvret a large-ment mis contribution les cartes de la pauvret pour rpartir les investissements de plus de 1,1 milliard de dollars raliss sur une priode de cinq ans (Henninger et Snel2000).

    Autres pistes dorientation: tapes suivre Dans le cadre dune initiative darticulation de la pauvret et de lenvironnement, une approche tape par tape de lanalyse conomique peut tre utile (tableau 5.1).

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    62

    Tableau 5.1 Principales tapes dans la dfinition et lutilisation des donns conomiques par pays

    tape Actions recommandes pour lintgration des liens entre la pauvret et lenvironnement

    1. Dfinir lesobjectifs delanalyse

    s Dfinir une hypothse de travail et des objectifs clairs pour lanalyse. s Prciser les rsultats attendus et dterminer la faon de les utiliser pour influer sur le processus

    dlaboration des politiques ou de budgtisation

    2. Dfinir laporte et lecalendrier delanalyse

    s Se concentrer sur la faon dont lutilisation durable de lenvironnement contribuera la ralisationdes priorits de dveloppement; par exemple, si la scurit alimentaire est une priorit, lanalyseconomique doit souligner la faon dont une agriculture respectueuse de lenvironnement peutcontribuer cet objectif

    s Faire en sorte que lanalyse tienne compte des marchs informels s Faire en sorte que les considrations sexospcifiques soient prises en compte s Faire les choses au moment opportun; le respect du calendrier est un lment critique car lanalyse

    doit influer sur un processus dlaboration des politiques ou de budgtisation

    3. Dterminerlapproche

    s Dterminer lapproche approprie eu gard lobjectif et la porte de lanalyse et aux ressources disponibles (par exemple, analyse des cosystmes, approche cots-avantages, valuation cono-mique, analyse du cycle de vie ou tudes de cas)

    4. Concevoirlanalyse

    s Dresser le bilan des donnes et ouvrages existants afin de mettre en vidence les lacunes dinfor-mation et collecter les informations manquantes au besoin (par exemple, par le biais denqutessur le terrain, dentretiens ou dtudes de cas)

    s Dterminer la valeur gnrale ou les avantages des ressources naturelles par rapport aux prioritsnationales (par exemple, croissance conomique, PIB, emploi, exportations, revenu des mnages, rduction de la pauvret)

    s valuer lvolution et les modifications des ressources naturelles au fil du temps et en fonction dediffrents scnarios dutilisation dans des secteurs spcifiques (par exemple, agriculture, forts, eau)

    s Mesurer les cots de la dgradation de lenvironnement dans ces diffrents scnarios

    s Estimer les cots des mesures requises pour amliorer ou prserver les ressources naturelles et les avantages quelles procurent

    s Analyser les cots et les avantages pour les diffrents secteurs, scnarios, mesures et ressourcesnaturelles, exprims par rapport aux priorits nationales

    5. Raliserlanalyse

    s tablir des quipes multidisciplinaires pour mener les tudes; assurer limplication des diverses parties prenantes (hommes et femmes, diffrents groupes socioconomiques et diffrents lieux gographiques)

    s Utiliser le processus danalyse conomique comme instrument pour renforcer la capacit desinstitutions (par exemple, gouvernement, instituts de recherche et socit civile) dentreprendredes tudes de la situation conomique et de sen approprier les rsultats; parmi les exemples dap-proches de renforcement des capacits figurent notamment les suivantes:

    Jumelage (coopration entre les organisations nationales et leurs homologues dautres pays ou des institutions internationales)

    Formation formelle et apprentissage par la pratique (voir section 5.5)

    6. Dvelopperles argumentset faire passerles messages

    s Mettre en vidence les principaux messages et tablir des arguments convaincants s Dterminer le meilleur moyen (en termes de format, calendrier et circonstances) de prsenter les

    rsultats de ltude

    s Prsenter un rsum des donnes collectes (de peut-tre deux quatre pages) et les principauxmessages expliquant clairement les rsultats de ltude et leur incidence sur les processus viss;un rapport qui identifie simplement les liens entre les priorits denvironnement et de dveloppe-ment est insuffisant

    s Ne pas attendre les rsultats complets pour prsenter les donnes; des donnes plus labores sur les interactions peuvent tre prsentes un stade ultrieur

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    63

    5.3 Influer sur les processus dlaboration des politiquesLobjectif de cette activit est dassurer une prise en compte optimale des questions de pauvret et denvironnement dans une politique nationale ou sectorielle globale, afin de pouvoir influer effectivement sur la mise en uvre par exemple par le biais de la bud-gtisation et des mesures aux niveaux sectoriel ou infranational (voir chapitre 6). A court terme, linfluence exerce sur un processus dlaboration des politiques se traduit par une prise de conscience croissante de la contribution de lenvironnement au bien-tre humain et la croissance conomique pro-pauvres; une amlioration de la coopration entre les organismes financiers, de planification, sectoriels et infranationaux; et la prise en compte dobjectifs, cibles et stratgies de mise en uvre lis lenvironnement et la pauvret dans les documents directeurs.

    ApprocheLapproche utilise pour influer sur les processus dlaboration des politiques est la fois pratique et analytique. Elle sappuie sur les activits prcdentes, notamment les va-luations prliminaires (voir sections 4.1 et 4.2) et la collecte de donnes spcifiques au pays (voir sections 5.1 et 5.2).

    Participer aux mcanismes institutionnels et politiques

    Pour convaincre les dcideurs de prendre en compte dans leurs travaux les liens entre pauvret et environnement, il est indispensable de comprendre ces travaux, y compris les tapes et procdures parallles, et davoir accs aux individus impliqus.

    s Comprendre le contexte et le processus politiques. Outre la bonne connaissancedu contexte global et des liens entre la pauvret et lenvironnement (voir sections 4.1 et 4.2), il est aussi indispensable de bien apprhender le processus dlaboration des politiques qui est vis, notamment le calendrier, la feuille de route ou les diffrentes tapes, les rles des diffrents acteurs et les rsultats attendus. Il importe galement dtre inform des objectifs sectoriels dterminant pour partie les priorits nationales long terme.

    Exemple: Aspects intressant la pauvret et lenvironnement intgrs dans le Plan daction pour llimination de la pauvret de lOuganda

    Les aspects intressant la pauvret et lenvironnement intgrs dans le Plan daction pour llimination de la pauvret de lOuganda sont notamment les suivants:

    s nergie, bois de chauffe et dforestation

    s rosion des sols et bonne gestion des activits agricoles, des produits agrochimiques,de la lutte intgre contre les nuisibles et des engrais

    s Proprit foncire

    s Hygine de lenvironnement

    s ducation et sensibilisation

    s Transport

    s Zones humides

    Source: MFPED 2004.

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    64

    s Simpliquer dans le proces-sus. Pour pouvoir inuer sur un processus, il faut y partici-per. Plus la participation com-mence tt, plus les chances sont grandes dinuer sur les rsultats. En outre, il importe darriver un accord entre les acteurs gouvernementaux comptents (institution chef de le et autres secteurs et institutions infranationales participantes) sur la faon dont larticulation pauvret-environnement sintgre dans le calendrier et la feuille de route du processus vis. Les modalits oprationnelles du processus et la place accorde larticulation pauvret-environnement dtermineront la porte de leffort dintgration et le calendrier dans lequel cet effort peut sinscrire.

    s Responsabilit et appropriation. Linstitution chef de le du processus dlaborationdes politiques doit tre responsable de la prise en compte des liens entre pauvret et environnement et faire sien cet effort. Dans ces conditions, le message doit venir, par exemple, des organismes de planication ou de nancement et pas seulement des acteurs environnementaux. Linstitution chef de le peut ensuite arrter les modalits de travail ncessaires et exiger lintgration des liens entre pauvret et environne-ment dans les rapports des institutions sectorielles et infranationales.

    s Se faire le champion de lintgration des liens entre pauvret-environnement. Les processus dlaboration des politiques impliquent de nombreux acteurs et mcanismes, comme les groupes de travail et les groupes de rdaction. Les champions de lintgration doivent participer chacun de ces mcanismes et coordonner leur action avec celles din-dividus inuents. Leur engagement doit intervenir la fois un niveau politique lev et un niveau technique, de faon convaincre les divers acteurs dintgrer efcacementles liens entre pauvret et environnement dans leurs travaux et soutenir leur action cetgard. La constitution de partenariats avec des acteurs gouvernementaux et non gou-vernementaux et des acteurs du dveloppement peut beaucoup contribuer mobiliserdavantage de dfenseurs de lintgration et contribuer sa russite (voir chapitre 3).

    Exemple: Convertir des hauts fonctionnaires kenyans en champions de lintgration

    Deux visites dans la partie septentrionale aride du Kenya, auxquelles ont t spcialement convis de hauts fonctionnaires et de hauts responsables dorganismes daide, ont beaucoup contribu conver-tir ces dcideurs, qui avaient jusque l accord une attention insuffisante aux questions intressant les terres arides, en dardents dfenseurs de la prise en compte des besoins et des proccupations des communauts pastorales vivant dans ces zones dans la stratgie de rduction de la pauvret du pays.La plupart de ces responsables, y compris le chef du secrtariat du DSRP, ne staient jamais rendusdans cette rgion auparavant. Ces visites ont permis aux responsables du Trsor de mieux appr-hender les aspects des problmes lis la pauvret et lenvironnement auxquels sont confrontesles communauts pastorales et daccrotre leur intrt pour les zones arides en gnral. Elles ont t organises par le Pastoralists Thematic Group, en collaboration avec le secrtariat du DSRP.

    Source: PNUD, PNUE et GM 2007.

    Exemples: Moyens de participer au processus

    s Avoir accs aux groupes de travail et lquipe de rdaction de faon plaider la cause delenvironnement

    s Avoir accs aux institutions sectorielles etinfranationales lorsquelles prparent leurs contributions

    s Avoir accs au groupe de travail charg demettre au point le contenu environnemental

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    65

    s Mcanismes de coordination. La collaboration et la coordination avec les acteurs soccupant dautres questions transversales, comme lgalit des sexes ou le VIH/sida, sont utiles pour crer des synergies et viter la concurrence. En outre, les organismes spcialiss soccupant de questions complexes, comme les changements climatiques, doivent tre troitement associs au processus dintgration des liens entre pauvret et environnement.

    s Cibler la communication. Il importe de bien connatre le groupe cible et de bien pr-parer les arguments les plus mme de le convaincre, en adaptant les messages en consquence. Pour tre efcace, une communication exige un message clair et concis et sa rptition frquente (notamment dans le cadre de runions ponctuelles, de prsentations et de participation des groupes de travail sectoriels). De brves notes dorientation politique visant un public spcique, comme les groupes de travail sec-toriels, sont plus mme de faire passer le message que de longs rapports. Le travail des mdias, de brves sessions de formation et des visites sur le terrain concernant les problmes de pauvret et d'environnement peuvent aussi faire partie de cet effort.

    Recours lanalyse stratgique

    Un deuxime axe de cette approche concerne le recours lanalyse stratgique afin dinfluer sur le processus dlaboration des politiques et daccrotre la priorit accorde aux questions intressant la pauvret et lenvironnement.

    s Adapter les travaux analytiques au processus. Les rsultats des donnes spciquesau pays (voir sections 5.1 et 5.2) et les valuations ou tudes existantes doivent tre adaptes des ns de sensibilisation ou utiliss comme contributions au processus. Dautres travaux analytiques peuvent se rvler ncessaires pour montrer comment lintgration des liens entre pauvret et environnement contribue aux objectifs glo-baux de la politique et dnir des cibles ou des stratgies de mise en uvre spci-ques pour inclusion dans le document directeur. Dans lun ou lautre cas, les travaux analytiques doivent tre adapts au processus dlaboration des politiques et son contexte. Souvent, il nest pas possible de mener des analyses complexes et des argu-ments analytiques simples ou des exemples concrets peuvent se rvler trs utiles.

    Dans la pratique, les travaux analytiques revtent souvent la forme de consultations avec des experts, dans le cadre notamment dateliers de spcialistes ou dautres par-ties prenantes, pour examiner la pertinence des questions intressant la pauvret et lenvironnement pour le processus dlaboration des politiques qui est vis et pour rchir aux objectifs et stratgies de mise en uvre quil convient dinclure dans le document directeur. Ces consultations doivent tre fondes sur les travaux antrieurs et faciliter la prparation des contributions du secteur environnemental au processus dlaboration des politiques.

    Selon le temps et la volont ncessaires pour mener bien une approche qui peut tre plus longue et plus complexe, les parties prenantes intresses peuvent raliser une valuation stratgique environnementale ou recourir llaboration intgre des politiques pour le dveloppement durable.

    Par valuation environnementale stratgique, on entend un ensemble dapprochesanalytiques et participatives qui visent intgrer les considrations environnementales dans les politiques, plans et programmes et dterminer les chevauchements entreles proccupations environnementales et les proccupations conomiques et sociales(OCDE 2006a). Utilise dans le contexte de larticulation pauvret-environnement,

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    66

    cette valuation peut aussi tre utile pour procder un examen systmatique dun processus ou dun document directeur an didentier les contributions pouvant intresser le tandem pauvret-environnement et dnir en consquence les priorits (encadr 5.7).

    Llaboration intgre des politiques pour le dveloppement durable est un pro-cessus qui associe les principaux objectifs du dveloppement durable, du dvelop-pement conomique, de la rduction de la pauvret et de la protection de lenviron-nement dans des actions stratgiques. Elle stend au-del du stade de lvaluation et couvre lensemble du processus, y compris la xation du programme de travail, la formulation des politiques, la prise de dcision, la mise en uvre et lvaluation (PNUE 2008a). Lorsque le contexte le permet, les lments pertinents de ce cadre peuvent tre appliqus leffort darticulation pauvret-environnement.

    s Aligner lapproche analytique avec le cadre dlaboration des politiques. Lap-proche analytique doit tre aligne sur la structure du document directeur vis. Par exemple, un document directeur peut sarticuler autour dobjectifs ou de piliers (comme le dveloppement durable, la bonne gouvernance et la rduction de la vuln-rabilit) ou tre fond sur les programmes sectoriels prioritaires. Il peut aussi couvrir des questions transversales et prsenter des cibles ou des stratgies de mise en uvre.

    Historique et objectifs. Tout en mettant laccent sur le rle de la dgradation environnemen-tale dans la pauvret, la Stratgie de rduction de la pauvret du Ghana, publie en fvrier 2002,traitait globalement lenvironnement comme une simple question sectorielle. En outre, nombre des politiques proposes dans cette stratgie reposaient sur lutilisation des ressources naturelles,risquant de se traduire par dimportants dommages environnementaux.

    Les autorits ont dcid de procder une valuation environnementale stratgique pour favori-ser lintgration des liens entre pauvret et environnement dans le cadre dune version rvise dela Stratgie de rduction de la pauvret. Cette valuation visait dterminer les risques et les pos-sibilits du point de vue de lenvironnement des politiques lies la Stratgie et mettre en vi-dence les mesures appropries pour faire en sorte que la gestion rationnelle de lenvironnement serve de base une croissance durable pro-pauvres et la rduction de la pauvret au Ghana.

    Approche. Lvaluation, qui a dbut en mai 2003, comprenait deux lments: une valuation des-cendante, avec les contributions de 23 ministres; et une tude ascendante au niveau des districtset des rgions. Les ministres ont t familiariss avec les processus dvaluation environnementalestratgique et conseills sur la faon dincorporer lenvironnement dans la formulation des politiques.

    Rsultats. Les directives de planification ont t rvises pour intgrer les liens entre pauvret etenvironnement au niveau des districts et des secteurs. Lvaluation environnementale stratgique sest vu accorder un rang plus lev de priorit afin damliorer les mcanismes par lesquels les politiques sont traduites en budgets, programmes et activits. Lvaluation a aussi modifi latti-tude des responsables de la planification et de la budgtisation, les encourageant rechercherdes possibilits doublement gagnantes pour lintgration de lenvironnement dans les politiques,plans et programmes. Lquipe dvaluation a contribu directement la rdaction de la Stratgie de rduction de la pauvret 2006-2009.

    Source: OCDE 2006a.

    Encadr 5.7 Utilisation de lvaluation environnementale stratgique pour intgrer les liens entre pauvret et environnement dans la Stratgie de rduction de la pauvret du Ghana

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    67

    Le graphique 5.1 illustre la faon dont les questions relatives la pauvret et lenvi-ronnement peuvent tre incorpores dans un document directeur quatre niveaux:

    1. Lier les questions intressant la pauvret et lenvironnement aux principaux objec-tifs ou piliers du document et semployer faire de lenvironnement lui-mme un objectif ou un pilier ou un lment majeur dun autre objectif ou pilier (comme la gnration de revenus ou la croissance conomique)

    2. Prendre en compte lensemble des interactions entre la pauvret et lenvironne-ment qui intressent les autres questions transversales

    3. Intgrer ces liens dans les stratgies sectorielles de mise en uvre prioritaires

    4. Travailler avec les secteurs pour identier des cibles pertinentes et faire en sorte quelles gurent dans le cadre de suivi (voir section 6.1)

    Lenvironnement est souvent trait comme une question transversale dans un docu-ment directeur. Lintrt de cette approche est que les problmes environnementaux sont considrs comme pertinents pour tous les aspects de la politique. Cependant, le traitement en tant que question transversale peut signier que lenvironnement ne fait pas lobjet dun chapitre ou dune section identiable dans le document. Dans ce cas, il peut devenir invisible et ne pas se voir accorder de priorit dans le proces-sus de budgtisation et la mise en uvre (voir chapitre 6).

    Dans lidal, la structure du document directeur doit tre conu de faon que lam-lioration de la gestion de lenvironnement puisse tre considre la fois comme une question transversale et comme un objectif identiable part entire.

    Graphique 5.1 Aligner lapproche analytique avec le cadre gnral dlaboration des politiques

    Autres pistes dorientation: tapes et exemplesPour influer sur un processus dlaboration des politiques, il importe de combiner vision stratgique et flexibilit tactique et de participer avec persvrance. Les encadrs 5.8 et 5.9 prsentent des expriences spcifiques en matire dintgration des liens entre pau-vret et environnement au Rwanda et au Bangladesh, respectivement. Le tableau 5.2donne un exemple des divers points dentre pour assurer cette intgration dans un processus dlaboration des politiques.

    Lintgration russie des questions intressant la pauvret et lenvironnement dans le document directeur prpare le terrain la mise en uvre des mesures budgtaires et oprationnelles aux niveaux national, sectoriel et infranational. Mme aprs que les interactions entre la pauvret et lenvironnement ont t intgres dans un document

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    68

    Contexte. En janvier 2006, le Rwanda a lanc la formulation de son deuxime DSRP, la Stratgiede rduction de la pauvret et de dveloppement conomique (SRPDE). Un grand nombre departies prenantes y compris les acteurs du dveloppement, la socit civile et dautres groupesintresss ont t invites ds le dpart participer au processus. Il a t reconnu que lenvi-ronnement tait une question transversale intgrer dans la SRPDE et que, dans le pass rcent,les problmes environnementaux avaient reu un rang lev de priorit au plus haut niveaupolitique. Cependant, les capacits disponibles dans le secteur taient assez faibles et un impor-tant soutien technique tait ncessaire pour une intgration russie des liens entre pauvret et environnement.

    Implication des champions de larticulation pauvret-environnement. Tout au long du pro-cessus de formulation, une quipe du Rwanda, avec laide de lIPE du PNUD-PNUE, a soutenu tousles secteurs intresss. Elle a ainsi particip llaboration et lexamen des cadres logiques de lensemble des secteurs devant servir de base la stratgie, contribu au processus de rdaction,rdig des sections pour certains chapitres, particip aux dbats sur le suivi et lvaluation et exa-min plusieurs versions pralables de la SRPDE. Une contribution essentielle a t la prsentationaux responsables de notes dorientation politique soulignant limportance de lenvironnementpour le bien-tre humain et la croissance conomique dans le contexte du Rwanda. Cet exercicea t trs intense et a exig des interactions continues avec la fois les acteurs du secteur et les responsables. Souvent, les champions et le personnel de lIPE ont d couvrir plusieurs runionssimultanment. Il sest rvl efficace de rpter les mmes messages dans diffrents contextes, de prparer des outils spcifiques aux secteurs et de tenir beaucoup de runions en tte ttepour faire passer les messages.

    Rle essentiel des ministres de la planification et des finances. Ces ministres ont prsid le groupe de travail sur les questions transversales, qui a servi de cadre important pour convaincre de la ncessit daccorder une place importante aux liens entre pauvret et environnement dans la SRPDE.

    Utilisation de donnes spcifiques au pays. Nombre des donnes utilises ont t collectesexpressment pour cet exercice dans le cadre de diffrentes valuations, notamment une valua-tion intgre des cosystmes et une analyse des cots conomiques de la dgradation environne-mentale (voir sections 5.1 et 5.2). Sagissant des analyses conomiques, deux types dinformation ont eu un impact particulier: lestimation du cot pour le gouvernement de lutilisation de diesel dans laproduction dlectricit (65000 dollars par jour), en raison de la dgradation de la zone humide de Ruez et de la rduction correspondante de la production hydrolectrique (UIE 2006); et lestimation des pertes pour lconomie nationale de lrosion des sols, values prs de 2% du PIB.

    Rsultat. Dans la version finale de la SRPDE, lenvironnement est la fois un objectif part entire et une question transversale. La stratgie prvoit plusieurs priorits et activits environnementalesau niveau sectoriel, comme la suppression des droits limportation pour favoriser les nergiesrenouvelables et lefficience nergtique, lcotourisme de luxe, les mesures de conservation des sols(par exemple, techniques de terrassage et dagroforesterie pour lutilisation durable des terres) et lestechniques de collecte et de stockage de leau pour lagriculture.

    La russite de leffort dintgration sest aussi traduite par une importante augmentation des cr-dits budgtaires au secteur de lenvironnement afin dassurer la mise en uvre des mesures op-rationnelles, y compris dans la formulation des plans de dveloppement au niveau des districts.

    Encadr 5.8 Intgration des liens entre pauvret et environnement dans le processus dlaboration de la Stratgie de rduction de la pauvret et de dveloppement conomique du Rwanda

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    69

    Contexte. La prparation du premier DSRP du Bangladesh a t un long processus, qui a dbut par llaboration dun DSRP intrimaire en 2002 et sest acheve par la prsentation de la version finale du DSRP en 2005. Durant cette priode, un appui technique a t fourni pour lintgration de lenvironnement, initialement par le seul Dpartement pour le dveloppement international du Royaume-Uni, puis en consultation avec lAgence canadienne de dveloppement internationalet la Banque mondiale.

    Appui technique. Mme si aucun appui technique na t fourni avant novembre 2002, cest--dire aprs que la version finale du DSRP intrimaire eut dj t produite, laide internationalea jou un rle important pour faire comprendre le bien fond de lintgration des liens entrepauvret et environnement et pour soutenir la prise de dcision concernant la forme que doivent revtir les questions intressant la pauvret et lenvironnement dans le DSRP

    Importance des relations personnelles et institutionnelles. Linitiative a dbut sous la tutelle conjointe du secrtaire permanent responsable des affaires environnementales du Gouvernement du Bangladesh et du conseiller environnemental rsident du Dpartement pour le dveloppe-ment international du Royaume-Uni. Leur premire action a t dorganiser un atelier au cours duquel il a bien t prcis aux chefs de dpartement du gouvernement que lon attendait deux quils soutiennent et encouragent leffort dintgration des liens entre pauvret et environnement.

    Sadapter lvolution des circonstances. Le dpart des deux responsables mentionns plus haut a fini par freiner la dynamique. En outre, le sentiment sest dvelopp dans les milieuxgouvernementaux quil sagissait dune initiative des donateurs. Aprs la publication du DSRPintrimaire, la responsabilit de son laboration a t transfre au Dpartement des relations extrieures de la Division conomique gnrale. Ce transfert a entran une rupture importante dans le processus, avec une nouvelle srie dauteurs et une modification de lapproche globale du document.

    Importance de limplication des parties prenantes. Linitiative a couvert une palette dactivits destines consolider lengagement des promoteurs de lapproche pauvret-environnement,de lquipe de rdaction et des dpartements gouvernementaux. Parmi ces activits ont figurltablissement dune quipe de spcialistes locaux, des consultations, la prparation dun rapportet, enfin, la prsentation dun rsum au Ministre de lenvironnement.

    Rsultat. Le rsultat de cet effort considrable a t dcevant. Dans la version finale du DRSP,laction concernant lenvironnement sest trouve rduite une stratgie dappui, dont le premier projet prsentait les proccupations denvironnement simplement en termes de conservation (aspects verts) et de pollution (aspects bruns). Grce de nouvelles contributions des dona-teurs, certaines amliorations sont intervenues. Rtrospectivement, il semble avoir t difficile de faire comprendre que les moyens de subsistance des pauvres du Bangladesh sont totalement tributaires des ressources naturelles qui ont t dgrades par une gestion inadapte et qui sonttrs vulnrables face aux risques naturels et aux changements climatiques.

    Ce rsultat souligne combien il importe dutiliser le concept de liens entre pauvret et envi-ronnement au lieu du seul concept d environnement ds la premire phase dune initiativedintgration.

    Source: Paul Driver, consultant indpendant, 2008.

    Encadr 5.9 Intgration des liens entre pauvret et environnement dans le processus dlaboration du DSRP au Bangladesh

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    70

    tape Actions recommandes pour lintgration des liens entre pauvret et environnement

    1. Comprendre le processusdlaboration des politiques

    s Bien comprendre lensemble du processus (calendrier, feuille de route, diffrentestapes, acteurs et rsultats attendus)

    2. Devenir partie int-grante du processus

    s Essayer dtre impliqu ds le dpart, ct des acteurs gouvernementaux et dudveloppement, dans le processus dlaboration des politiques

    s Saisir les occasions qui soffrent de faire comprendre limportance des liens entre la pauvret et lenvironnement et de leur prise en compte dans le document directeur

    s Etudier la possibilit quun donateur apporte des financements expressment pourla prise en compte des liens entre pauvret et environnement au sein du processusdlaboration des politiques

    3. tablir des comits etcontribuer llaboration du projet de documentdirecteur

    s Identifier les principaux intervenants dans la prparation de lavant-projet de docu-ment directeur (organisme gouvernemental chef de file, comit de rdaction central et autres comits consultatifs) et cooprer avec eux pour influer sur la structure dudocument directeur et le processus de rdaction

    s Travailler avec les champions de lintgration dans les principales institutions s tablir les modalits de travail ncessaires avec linstitution chef de file de faon que les

    liens entre la pauvret et lenvironnement soient bien pris en compte; lenvironnement peut tre considr comme une question transversale ou un secteur part entire.

    s tablir des mcanismes de coopration et de coordination avec les acteurs travaillantsur les autres questions transversales (parit, VIH/sida)

    4. Agir dans le cadre delatelier de lancement de lapolitique

    s Utiliser cette occasion pour faire ressortir limportance de lintgration des liens entrepauvret et environnement dans le document directeur, afin dassurer ladhsion dugouvernement et des autres parties prenantes; lutilisation efficace des mdias peut contribuer cet effort

    s Identifier les acteurs non gouvernementaux et leur implication possible dans leprocessus; assurer linclusion de divers groupes de parties prenantes (diffrents ges, niveaux conomiques, sexes) latelier

    5. Aider les secteurs et les autres institutions gou-vernementales prparer leurs contributions

    s Travailler avec les secteurs et les autres institutions gouvernementales pour dtermi-ner leurs priorits et contributions au processus

    s Cooprer rgulirement avec les secteurs concerns (ou tous les secteurs) pour faireen sorte que limportance des liens entre pauvret et environnement soit refltedans les cibles spcifiques et les stratgies de mise en uvre incorpors dans leurscontributions crites

    6. Contribuer aux consul-tations publiques au niveau des districts

    s Sensibiliser le public aux questions de pauvret et denvironnement s Aider les communauts identifier les liens entre pauvret et environnement qui

    concernent leur bien-tre et leurs moyens de subsistance

    7. Contribuer la rdac-tion du document directeur

    s Cooprer directement avec lquipe de rdaction pour faire en sorte que les liens entre lapauvret et lenvironnement soient compris, correctement reprsents et adquatement in-tgrs dans le document directeur, en examinant et commentant les projets de document

    8. Participer aux consulta-tions publiques et aux ateliersdexamen consacrs au projetde document directeur

    s Renforcer les liens entre la pauvret et lenvironnement dans le cadre de consultations pu-bliques et dateliers dexamen afin dassurer ladhsion des organismes gouvernementaux

    s Utiliser les partenariats avec les acteurs non gouvernementaux et les mdias

    9. Contribuer la rvisionfinale du projet de docu-ment directeur

    s Cooprer avec lquipe de rdaction de faon que les rvisions tiennent bien comptedes interactions entre la pauvret et lenvironnement

    10. Tirer parti de la runion/atelier de prsentation dudocument directeur final

    s Encourager une action future sur la base des questions intressant la pauvret et lenvironnement mises en lumire dans le document directeur

    Tableau 5.2 Intgration des liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    directeur, le travail est loin dtre termin; la coopration avec tous les principaux acteurs doit se poursuivre pour prserver la dynamique gnre tout au long du proces-sus dlaboration des politiques (voir section 5.4 et chapitre 6).

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    71

    5.4 laborer des mesures oprationnelles et en estimer le cotDans le document directeur figurent les objectifs, les cibles et gnralement les stra-tgies de mise en uvre pour les raliser. Lactivit suivante consiste laborer les mesures oprationnelles spcifiques destines soutenir ces objectifs, cibles et strat-gies et estimer leurs cots, afin quelles puissent tre prises en compte dans les bud-gets nationaux, sectoriels et infranationaux et que les sources de financement nces-saires leur mise en uvre puissent tre identifies (voir section 6.2).

    Dans ce contexte, il faut entendre par mesures la fois des interventions spcifiques soutenant la mise en uvre des documents directeurs ainsi que des rformes sectoriel-les ou publiques plus larges destines rgler des questions comme laccs la terre et la proprit foncire et la participation des citoyens au processus dcisionnel. Un large ventail de mesures oprationnelles peuvent tre utilises par les gouvernements, depuis les rglementations jusquaux instruments fonds sur le march, comme on peut le voir dans le tableau 5.3.

    Labsence de mesures hirarchises et tarifes est lune des principales raisons pour lesquelles les priorits environnementales noccupent pas une place de premier plan dans les budgets gouvernementaux et donc ne sont pas mises en uvre. Pour persuader les dcideurs de faire appliquer des mesures concrtes pour faire face aux problmes denvironnement et de pauvret, il faut quils sachent quel sera le cot de ces mesures et quel est leur rapport efficacit-cot.

    Approche

    Pour laborer les mesures oprationnelles et estimer leurs cots, il faut travailler avec les acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux divers niveaux et comprendre les divers types de cots.

    Rgulations,normes etcontrles

    Applicationdirecte par les

    autorits

    Participation dupublic et du secteur

    priv Recours aux marchs Cration de marchs

    s Normes

    s Interdictions

    s Permis etquotas

    s Zonage

    s Responsabilit

    s Recours lgal

    s Rglementa-tion flexible

    s Infrastructure environnemen-tale

    s Zones ou parcsco-industriels

    s Parcs nationaux, aires protgeset installations rcratives

    s Rhabilitation des ecosystems

    s Participation du public

    s Dcentralisation

    s Divulgation dinfor-mations

    s Eco-tiquetage

    s Accords volontaires

    s Partenariats publics-privs

    s Suppression dessubventions prjudi-ciables

    s Taxes et droits envi-ronnementaux

    s Redevances dutili-sation

    s Systmes de consigne

    s Subventions cibles

    s Auto-surveillance (comme les normesISO 14000)

    s Droits de proprit

    s Permis et droits chan-geables

    s Programmes de com-pensation

    s Achats verts

    s Fonds dinvestissement dans lenvironnement

    s Fonds de dmarrage etincitations

    s Paiement pour les ser-vices cosystmiques

    Source: PNUE 2007a.Note: ISO: Organisation internationale de normalisation.

    Tableau 5.3 Mesures oprationnelles concernant lenvironnement, par catgorie

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    72

    Cooprer avec les parties prenantes divers niveaux

    Que la gestion de lenvironnement soit considre comme un objectif individuel ou comme une question transversale dans le document directeur, une budgtisation et un financement spcifiques pour les mesures relatives la pauvret et lenvironnement doivent tre identifis. Llaboration des mesures oprationnelles et lestimation de leurs cots doivent donc tre troitement coordonnes avec laide de spcialistes du budget et des finances, des ministres des finances et de la planification, des ministres secto-riels et des organismes infranationaux, afin dassurer que les mesures sont alignes et prises en compte aux divers niveaux de la budgtisation lors de la phase ultrieure (voir section 6.2).

    En outre, plusieurs domaines daction, comme leau et lassainissement, les problmes urbains et la gestion des ressources naturelles, relvent des organismes sectoriels et infranationaux. Ces organismes ont donc un rle central jouer dans llaboration des mesures oprationnelles et lestimation de leurs cots.

    Les acteurs non gouvernementaux et les acteurs du dveloppement ayant une exp-rience de lconomie et de lestimation des cots doivent participer au processus. Parexemple, la coopration avec des conomistes des universits ou des organisations de recherche nationales peut tre souhaitable.

    Les entreprises et lindustrie ont aussi un rle important jouer. Premirement, si beau-coup de ressources naturelles (pcheries ou eau) sont des biens publics sur lesquels il peut tre difficile dattribuer des droits de proprit, plusieurs services comme leau potable, lassainissement et la gestion des dchets peuvent tre fournis par des acteurs privs, comme cest le cas dans certains pays industrialiss.

    Exemples: Mesures oprationnelles

    s Gestion durable des terres et des ressources naturelles: rforme foncire natio-nale; rvision des droits daccs, contrle et partage des avantages pour les res-sources foncires, forestires ou naturelles; tablissement dun systme de gouver-nance et dun systme juridique pour la gestion des terres; gestion communautaire;reboisement

    s Agriculture durable: terrassage; cultures intercalaires; utilisation plus rationnelledes engrais; irrigation plus efficace et stockage de leau de pluie; amlioration delentreposage et du transport

    s Gestion des catastrophes: systmes dalerte rapide; programmes de gestion desrisques; programmes participatifs de prvention; systmes dassurance pro-pauvres

    s Adaptation aux changements climatiques: renforcement des capacits de pr-visions climatiques; systmes de pturage mixte; reboisement avec des espces adquates; gestion intgre des zones ctires

    s nergie durable: production dnergies renouvelables; mesures de lefficacit ner-gtique; modes de transport alternatifs durables

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    73

    Deuximement, mme lorsque ces services sont plus facilement fournis par ltat (en raison des dysfonctionnement du march ou pour des motifs daccs quitable aux services de base), les entreprises et lindustrie restent nanmoins la cible des mesures tablissant des incitations conomiques et rglementaires (par exemple, interdictions, normes et permis et droits changeables pour la pche ou les missions) qui sont des-tines faire face certains problmes intressant la pauvret et lenvironnement (voir tableau 5.3 et section 6.2).

    Compte tenu du grand nombre de parties concernes, le processus dlaboration et de tarification des mesures oprationnelles bnficie lvidence dune approche participa-tive qui peut contribuer forger des liens avec les processus dlaboration des politiques et de budgtisation, les partenaires et les groupes viss.

    Comprendre les divers types de cots

    Lors de llaboration et de la tarification des mesures oprationnelles, il importe de comprendre les diffrents types de cots, y compris les cots de transition, les cots politiques, les cots en capital et les cots oprationnels.

    s Pour les mesures de rforme (par exemple, la dcentralisation, la suppression des subventions prjudiciables), la plupart des cots nanciers sont des cots transitoires et des cots oprationnels. Ceux-ci peuvent couvrir la formation du personnel, le recrutement et la rmunration des nouveaux agents ainsi que la mise en uvre et le suivi des rformes. Si ces rformes ont un cot nancier, le cot impliqu par la cra-tion dune dynamique politique du changement reste le principal problme.

    s Pour les mesures de gestion, comme les aires protges, le contrle ou la rglemen-tation, les principaux cots sont oprationnels et couvrent les rmunrations dans le secteur public et dautres dpenses rcurrentes (comme le transport et le suivi). Les budgets pour les activits de formation et de renforcement des capacits peuvent aussi tre pertinents.

    s Pour les mesures dinfrastructure, comme leau et lassainissement et les installa-tions de traitement des dchets, il sagit de cots relativement directs en capital et de cots oprationnels. Mme si les cots en capital et les cots oprationnels de ces ser-vices peuvent tre en partie couverts par les utilisateurs (par le biais des redevances dutilisation de leau par exemple), ltat doit souvent prendre en charge les princi-paux investissements en capital.

    Si lon ne sintresse quaux besoins dinvestissement, on risque de juger le succs seu-lement en termes daspects financiers. Le financement est indispensable et lenviron-nement a souffert dun manque dinvestissements, mais des investissements relative-ment faibles cots peuvent avoir une forte rentabilit, notamment dans le domaine de leau et de lassainissement. Par exemple, les investissements visant accrotre laccs lalimentation en eau et lassainissement ont une rentabilit trs leve, avec des rapports cots-avantages de lordre de 4 14, ce qui les rend extrmement attractifs du point de vue de linvestissement social (PEP 2005; Hutton et Haller 2004).

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    74

    Autres pistes dorientation: tapes et exemplesLes mesures oprationnelles doivent tre identifies, mises au point, hirarchises et choisies sur la base de lefficacit-cot, des rapports cots-avantages et des rpercus-sions sur les pauvres. Une approche en cinq tapes est propose au tableau 5.4 et on trouvera dans lencadr 5.10 un exemple des diffrentes tapes de lestimation du cot dune mesure visant valuer la qualit de leau.

    Actions recommandes pour lintgration des liens entre pauvret et environnement

    1. Identifier les mesures (lors de la prparation du document directeur)

    s Envisager des mesures sur la base des objectifs, cibles et stratgies de mise en uvreidentifis dans le document directeur

    s Inclure des mesures gnriques dans le document directeur

    2. Mettre au point les mesures (suite ltablissement du document directeur)

    s Dfinir les caractristiques plus spcifiques des mesures

    s Identifier les objectifs des mesures

    s Dfinir la porte, le calendrier et la couverture gographique

    3. Estimer le cot desmesures

    s Tarifer chaque mesure sur la base des caractristiques dfinies dans ltape prcdente;par exemple, le calendrier de la mesure permet la comptabilisation de facteurs, commeles effets de linflation ou une ventuelle dvaluation montaire

    s Dterminer le montant des dpenses consacres des mesures similaires pour validerlestimation du cot

    s tablir une fourchette de variation du cot estim

    s valuer la capacit dabsorption de lorganisme dexcution

    4. Hirarchiser les mesures

    s Prendre en considration les consquences pour les pauvres, les rapports cots-avan-tages et lefficacit-cot

    s Passer en revue les mesures ou activits existantes ou planifies des acteurs gouverne-mentaux et des acteurs du dveloppement pour cerner les possibilits de cooprationet viter les chevauchements; utiliser les runions de coordination des donateurs pour faciliter cette tape

    5. Choisir les mesures s Choisir les interventions qui sont les plus adaptes (par exemple, rforme politique oupublique ou infrastructures) et les plus mme de russir

    s Ne pas perdre de vue lefficacit-cot, les rapports cots-avantages ainsi que les cons-quences pour les pauvres

    s Mentionner ces interventions dans les annexes du DSRP, la stratgie relative aux OMDou dautres documents similaires

    s Dcrire les lments spcifiques de lintervention, dans la mesure o ils sont dvelop-ps, dans les stratgies ou plans sectoriels et dautres documents comme les documentsde programmes

    s laborer un plan de suivi pour le processus de budgtisation et de mise en uvre

    Tableau 5.4 Principales tapes de llaboration des mesures oprationnelles conformes au document directeur

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    75

    Le Projet du Millnaire des Nations Unies a mis au point une srie de prsentations et dinstruments de calcul des cots lappui de la mthodologie dvaluation des besoinspour les OMD (PNUD n.d.). Les secteurs actuellement couverts sont la sant, lducation, lnergie, lgalit des sexes et leau et lassainissement. Les prsentations donnent une vue densemble de la planification fonde sur les OMD et couvrent certains domaines techniques. Chaque instrument de tarification est accompagn dun guide dutilisation et est adapt aux besoins spcifiques des pays.

    Identifier les interventions possibles pour amliorer la qualit de leau, par exemple, protec-tion des bassins de captage en amont afin de rduire les charges en nutriments et la pollution,systmes de traitement des eaux uses et suivi de la qualit de leau sur la base de normes.

    Identifier la porte, le calendrier et la couverture gographique. Ltablissement dobjectifs de couverture quantitatifs pour chaque mesure contribuera assurer que la mesure sera ralise.Par exemple, les pays pourraient avoir prciser la part des eaux uses urbaines qui doit subir untraitement pour satisfaire aux normes minimums de qualit de leau et de bien-tre humain.

    Estimer les cots. Lenveloppe des ressources ncessaires est estime en rpondant, par exemple, aux questions suivantes:

    s Quels sont les cots de la protection des bassins de captage ?

    s Quel volume deaux uses doit faire lobjet dun traitement pour satisfaire la norme minimumde qualit de leau ? Quels sont les cots unitaires du traitement des eaux uses ?

    s Avec quelle frquence la qualit de leau doit-elle tre contrle ? Combien cela cote-t-il ?

    Rpondre ces questions permet destimer les besoins totaux en ressources financires et leur rpartition dans le temps. Par exemple, si llaboration de normes de qualit et le renforcementdes capacits ncessaires leur mise en uvre supposent dimportants cots de dmarrage,davantage de ressources (pour certains domaines dintervention) seront alors ncessaires au dbut du projet.

    Vrifier et examiner les rsultats. Les estimations de cot peuvent tre valides en vrifiantles rsultats de lexercice de chiffrage par rapport ceux obtenus dans dautres pays connaissant une situation socioconomique et environnementale analogue. Cette comparaison permet ausside dterminer la fourchette de variation du cot estim. Enfin, la capacit dabsorption de lorga-nisme dexcution de la mesure doit tre examine

    Encadr 5.10 tablir le cot dune intervention visant valuer la qualit de leau

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    76

    5.5 Renforcer les institutions et les capacits: apprendre par la pratiqueCette activit vise renforcer de manire tactique les institutions et les capacits nces-saires pour assurer lintgration des liens entre pauvret et environnement long terme.

    ApprocheLapproche en matire de renforcement des institutions et des capacits consiste tirer parti des diverses tapes du processus pour sensibiliser et fournir une exprience pra-tique directe aux parties prenantes intresses.

    Ce faisant, il importe de cibler les organismes exerant des responsabilits dans le principal processus dlaboration des politiques ayant des consquences sur la pauvret et lenvironnement et de faire en sorte que les mesures oprationnelles soient engages une fois que ce processus est achev.

    Un large ventail dapproches, devant tre adaptes au contexte particulier de chaque pays, peuvent tre utilises pour tirer parti des possibilits offertes tout au long du pro-cessus. En gnral, il est recommand dassocier diffrentes approches. Par exemple, un soutien technique peut tre complt par des visites dtude (encadre 5.11) ou prcd dune formation formelle (encadr 5.12) et suivi dun apprentissage par la pratique et deconseils. Le soutien technique peut tre apport la fois dans le cadre dquipes multi-disciplinaires et doprations de jumelage (coopration entre les organisations nationaleset leurs homologues dautres pays) afin damliorer la qualit, le contenu national ainsi que laccs une expertise de pointe.

    Il est indispensable de consacrer suffisamment de ressources humaines au travail quo-tidien ncessaire la coordination de linitiative. Il sest rvl appropri dtablir une quipe travaillant temps plein et compose dun responsable, dun conseiller technique (international ou national) et dun assistant administratif pour sacquitter efficacement de cette tche dans le contexte de lIPE. Il est essentiel que cette quipe constitue unepartie intgrante de lentit gouvernementale chef de file, par exemple le ministre des finances ou de la planification.

    Linclusion dun conseiller technique dans lquipe a t trs utile au Kenya, au Rwanda et en Rpublique-Unie de Tanzanie. Le conseiller technique contribue au renforcementdes institutions et des capacits de plusieurs faons, et notamment:

    s Fournit des avis techniques dans le domaine des liens entre pauvret et environne-ment

    s Apporte des contributions politiquement neutres au processus, y compris des mes-sages et des avis cibls

    s Partage ses connaissances des instruments analytiques spciques concernant les liens entre pauvret et environnement

    Bien que la rotation du personnel puisse tre un problme court terme, tablir une quipe charge de lintgration des liens entre pauvret et environnement est une mesure ncessaire pour renforcer les institutions et les capacits plus long terme.

    Le tableau 5.5 prsente diverses approches pour assurer un renforcement des institu-tions et des capacits.

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    77

    Burkina Faso. Le Burkina Faso a fait appel une quipe de lUniversit dHarvard pour former les membres des groupes de travail sur lenvironnement et les ressources naturelles en vue de laprparation du processus dlaboration de la Stratgie de rduction de la pauvret.

    Kenya. Au Kenya, des organisations, comme OXFAM, Action Aid et Arid Lands Resource Mana-gement Programme, ont parrain les membres du Pastoralists Thematic Group pour quils par-ticipent un cours spcial sur le processus dlaboration du DSRP organis lInstitute of Deve-lopment Studies du Royaume-Uni. Cette formation a permis au groupe dacqurir la confiancencessaire et les connaissances voulues pour apprhender et traiter les enjeux techniques etprofessionnels de la formulation du DSRP. En outre, lemplacement stratgique du Programme degestion des ressources des terres arides au sein du Bureau du Prsident du Kenya a permis auxparticipants dobtenir laccs aux organes dcisionnels essentiels de ltat.

    Source: PNUD, PNUE et GM 2007.

    Encadr 5.12 Rle de la formation formelle dans les processus dlaboration des politiques: Burkina Faso et Kenya

    La coopration Sud-Sud sous la forme de visites dtude a permis de recueillir de nouveaux pointsde vue et a favoris lapprentissage.

    Des responsables de la Rpublique-Unie de Tanzanie ont tudi lexprience de lOuganda pour dterminer leur propre stratgie de rduction de la pauvret et de dveloppement (MKUKUTA). Ils se sont rendus en Ouganda pour se rendre compte par eux-mmes de la faon dont ce pays avait rvisson Plan daction pour lradication de la pauvret, et plus particulirement pour dterminer le rle jou par son Groupe sur lenvironnement et les ressources naturelles. La Rpublique-Unie de Tanzaniea tir parti de cette exprience pour tablir son propre Groupe de travail sur lenvironnement.

    Plus tard, une dlgation de lOuganda a effectu une mission au Rwanda pour tirer parti de lex-prience de ce pays dans lintgration des liens entre pauvret et environnement dans les proces-sus de planification du dveloppement national. Le Rwanda a rcemment achev sa Stratgie derduction de la pauvret et de dveloppement conomique, dans laquelle les liens entre pau-vret et environnement ont t efficacement pris en compte. Au moment de la visite, lOuganda engageait le processus dexamen de son Plan daction pour lradication de la pauvret. Parmi lesprincipales observations tires de cette visite dtude, on peut citer les suivantes:

    s Quand lenvironnement est considr la fois comme un secteur part entire et comme une question transversale dans la stratgie de planification nationale, un fondement solide existepour lintgration des liens entre pauvret et environnement dans lensemble de la stratgie.

    s Un rle actif du Ministre des finances et de la planification conomique, qui est le ministre en charge du processus de SRPDE, est essentiel pour une intgration des liens entre pauvret et environnement dans tous les secteurs.

    s Le processus exige une participation permanente des responsables techniques de lenvironne-ment au cours de ses diverses tapes, y compris pour sensibiliser et dvelopper les capacits.

    s Un soutien politique de haut niveau, des institutions fortes et une culture de respect des lois sont des lments clefs de la promotion de pratiques durables du point de vue de lenvironnement auRwanda, comme lillustre lintroduction effective dune interdiction des sacs en plastique.

    Sources: PNUD, PNUE et GM 2007; Gouvernement ougandais 2008.

    Encadr 5.11 Visites dtude: De Rpublique-Unie de Tanzanie en Ouganda et dOuganda au Rwanda

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    78

    Problmes Possibilits

    Apprentissagepar la pratique

    s Importante rotation du personnel s Le personnel a de multiples priori-

    ts et tches

    s Peut impliquer que seule une r-forme administrative limite seraentreprise, alors quune rformesystmique du secteur publicpourrait tre ncessaire

    s tablir une quipe se consacrant lintgration des liens entre pauvret et environnement prsente de multiplesavantages

    s Les systmes de gestion de la qualit ou de lenvironne-ment axs sur lapprentissage par la pratique (par exemple,normes ISO 9000 et 14000) peuvent encourager uneamlioration continue de larticulation pauvret-environ-nement

    s Peut tre applique tous les types de qualifications et decomptences

    quipes pluri-disciplinaires (par exempleenvironne-ment, sociolo-gie, conomie, parit, sciencepolitique)

    s Les spcialistes des diffrentesdisciplines ne parlent gnrale-ment pas la mme langue

    s La concurrence peut exister entreles diffrentes disciplines

    s Ltablissement et la gestiondquipes pluridisciplinaires peu-vent prendre plus de temps

    s Impliquer les dcideurs politiques dans la conception, la mise en uvre et le partage des rsultats des valuationsintgres des cosystmes et des analyses conomiquesamliore la qualit et limpact de ces tudes

    s Le partage des expriences et des connaissances avec desacteurs travaillant sur dautres problmes transversaux,comme lgalit des sexes ou le VIH/sida, permet des progrsplus rapides de lapprentissage

    s Des quipes pluridisciplinaires renforcent les comptences interpersonnelles

    s Des quipes pluridisciplinaires amliorent la qualit des tudes

    Travailler avecles acteurs nongouvernemen-taux, y comprisles commu-nauts

    s Certains acteurs peuvent ne pasavoir les connaissances de basepour participer au processus

    s Impliquer diffrents groupes auniveau des communauts exigedu temps et des ressources

    s Impliquer les acteurs non gouvernementaux nationaux (par exemple les instituts universitaires et de recherche) dans la conception, la mise en uvre et le partage desrsultats des valuations intgres des cosystmes et desanalyses conomiques amliore le contenu et la qualit de ces tudes

    s Tirer parti de lexprience et des connaissances des po-pulations autochtones, des communauts marginalises,des femmes et des citoyens prpare mieux prendre en compte la dimension de la pauvret et facilite lappropria-tion nationale de leffort

    Jumelage s Peut prendre plus de temps tablir et grer

    s Peut conduire des tensions entreles organismes qui collaborent

    s Facilite la coopration Sud-Sud et Nord-Sud s Peut conduire des partenariats long terme s Permet daccder lexpertise de pointe en matire denvi-

    ronnement disponible de par le monde

    s Renforce les comptences interpersonnelles

    Formationformelle

    s Une fois la formation acheve,il ny a souvent pas de suivi etdorientation

    s Peut tre thorique et ne pas per-mettre lapplication des conceptsaux cas pratiques intressant les stagiaires

    s Trs adapte des sujets techniques, comme lvaluationintgre des cosystmes ou les changements climatiques

    Visites dtude s Une fois la visite acheve, il peut ne pas y avoir de suivi et dorien-tation

    s Facilite la coopration Sud-Sud s Renforce les comptences interpersonnelles

    Soutien tech-nique

    s Une fois la mission acheve, ilpeut ne pas y avoir de suivi et dorientation

    s Donne accs lexpertise de pointe disponible dans lemonde entier

    s Les experts techniques peuvent introduire une perspectivepolitiquement neutre

    s Renforce lapprentissage par la pratique

    Tableau 5.5 Approches de renforcement des institutions et des capacits: lapprentissage par la pratique

    Note:Note: ISO: Organisation internationale de normalisation.ISO: Organisation internationale de normalisation.s

  • Chapitre 5. Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    79

    Possibilits

    1. Collecter des donnesspcifiques au pays parle biais des valuationsintgres des cosystmes (voir section 5.1)

    s Impliquer les dcideurs et les acteurs non gouvernementaux nationaux (par exemple instituts universitaires et de recherche) dans la conception, la mise en uvre et le partage des rsultats des valuations intgres des cosystmes

    s Promouvoir le jumelage avec les acteurs gouvernementaux et les acteurs non gouvernementaux internationaux (par exemple universits, ONG et instituts derecherche)

    s Tirer parti de lexprience et des connaissances des populations autochtones, descommunauts marginalises, des femmes et des citoyens

    s Encourager la constitution dune quipe pluridisciplinaire regroupant divers experts,y compris dans les domaines de lenvironnement, de la sociologie, de lgalit des sexes et des sciences politiques

    s Partager les rsultats avec les commissions gouvernementales et les entits ind-pendantes comptentes, par exemple sur la planification, la performance de ltat

    2. Collecter des donnesspcifiques au pays parle biais des analysesconomiques (voirsection5.2)

    s Impliquer les dcideurs et les acteurs non gouvernementaux nationaux (par exemple les instituts universitaires et de recherche) dans la conception, la mise en uvre et le partage des rsultats des analyses conomiques

    s Promouvoir le jumelage avec les acteurs gouvernementaux et les acteurs non gouvernementaux internationaux (par exemple universits, ONG et instituts derecherche)

    s Amliorer les connaissances sur les divers types danalyses conomiques dispo-nibles et leurs incidences

    s Sensibiliser la contribution de lenvironnement au bien-tre humain et la crois-sance conomique pro-pauvres

    3. Influer sur les processusdlaboration des politiques (voir section 5.3)

    s Sensibiliser aux problmes de pauvret et denvironnement, y compris aux rsultats des valuations intgres des cosystmes et des analyses conomiques

    s Encourager le partage dexprience et lapprentissage avec des acteurs travaillant dans dautres domaines transversaux, comme lgalit des sexes ou le VIH/sida

    s Encourager le partage dexprience et lapprentissage avec des acteurs du dve-loppement, des secteurs et dautres parties prenantes, y compris les vigies de lasocit civile

    s Renforcer les capacits de sensibilisation et de communication (rdaction de notesdorientation politique, prsentation verbale)

    s Acqurir de lexprience dans lutilisation dune valuation environnementale strat-gique et dans llaboration intgre des politiques pour le dveloppement durable

    4. laborer des mesuresoprationnelles et en estimerle cot (voir section 5.4)

    s Mieux connatre les types de mesures oprationnelles qui sont disponibles et lescritres permettant de choisir les plus adaptes

    s Mieux connatre les mthodes et les instruments de calcul des cots, tout en assu-rant la mme attention la quantification des avantages probables

    s Encourager le partage dexprience et lapprentissage avec les acteurs du dvelop-pement, les secteurs et les autres parties prenantes

    Tableau 5.6 Possibilits de renforcement des institutions et des capacits dans le cadre de lintgration des liens entre pauvret et environnement dans les processus dlaboration des politiques

    Autres pistes dorientation: Principales possibilitsOn trouvera dans le tableau 5.6 un rsum des principales possibilits de renforce-ment des institutions et des capacits durant les activits entreprises pour assurer lintgration.

  • Chap

    itre

    5.

    Int

    grer

    les

    liens

    ent

    re p

    auvr

    et

    et e

    nvir

    onne

    men

    t dan

    s le

    s pr

    oces

    sus

    dl

    abor

    atio

    n de

    s po

    litiq

    ues

    80

    Ralisation Exemples

    Donnes scientifiques spcifiques au pays rassembles dans le cadre des valuations int-gres des cosystmes

    s Natures Benefits in Kenya: An Atlas of Ecosystems and Human Well-Being (Bienfaits de la nature au Kenya: un atlas des cosys-tmes et des conditions de vie) (WRI 2007)

    Donns conomiques spcifiques au paysfaisant apparatre la contribution de lenvironne-ment au bien-tre et la croissance conomique pro-pauvres

    s Economic Analysis of Natural Resource Management in Rwanda(Analyse conomique de la gestion des ressources naturelles au Rwanda) (IPE PNUD-PNUE Rwanda 2006a)

    Prise de conscience et comprhension satisfai-santes des problmes denvironnement et de pauvret divers niveaux

    s Poverty and Environment newsletter (Bulletin dinformation surtla pauvret et lenvironnement) (Gouvernement de la Rpu-blique-Unie de Tanzanie 2005b, 2006)

    Collaboration et partenariats au niveau national s Effort dintgration codirig par les ministres de la planifica-tion et de lenvironnement

    Acteurs environnementaux participant pleinement au processus dlaboration des politiques

    s Groupe de travail du secteur de lenvironnement faisant partie intgrante du processus dlaboration des politiques

    Questions relatives la politique et lenviron-nement intgres dans les documents directeurs

    s Integrating Sustainability into PRSPs: The Case of Uganda(Intgrer les questions de durabilit dans les DSRP: le cas delOuganda) (DFID 2000)

    Mesures oprationnelles labores et tarifes s Rforme de la fiscalit de lenvironnement prte tre lance

    Institutions et capacits renforces par lap-prentissage par la pratique et le renforcement tactique des capacits

    s changes entre les pays (par exemple Ouganda et Rwanda,Ouganda et Rpublique-Unie de Tanzanie)

    Implication des parties prenantes et des acteurs du dveloppement

    s Mdias couvrant la question

    s Acteurs non gouvernementaux faisant formellement partie du processus dlaboration des politiques

    s Collaboration avec les instituts nationaux de recherche sur lintgration des liens entre pauvret et environnement

    Tableau 5.7 Rsum: Que signifie lintgration dans les processus dlaboration des politiques ?

  • 9^Wf_jh[,

    81

    Contenu s Traite de lintgration des questions de pauvret et denvironnement dans le systme

    national de suivi (section 6.1)

    s Explique comment participer au processus de budgtisation et accder aux options de financement (section6.2)

    s Propose des solutions pour appuyer la mise en uvre des mesures oprationnelles (section 6.3)

    s Examine la possibilit de faire de lintgration une pratique courante (section 6.4)

    Principaux messages s Mettre en place des mesures oprationnelles pour donner suite lintgration des liens

    entre pauvret et environnement dans llaboration des politiques

    s Concevoir des indicateurs fonds sur les cibles figgurant dans les documents directeurs afinde les incorporer dans le systme de suivi

    s Renforcer la collecte et la geg stion des donnes

    s Assurer le financement des mesures oprationnelles en faveur de la rduction de la pau-rvretet etet d dee llenen iviroronnnnememenentt

    s CoCollllababororerer a avevecc leless ororgaganinismsmeses n natatioionanauxux, sesectctororieielsls e ett ininfrfrananatatioionanauxux p pouourr rerenfnfororcecerr lala mise en uvre des mesures opprationnelles

    s FaFairiree dede l laartrticicululatatioionn dede l laa papauvuvrerett e ett dede l leenvnvirirononnenemementnt u unene p parartitiee ininttgrgranantete d deses p proro-cessus, pratiques, procdures et sysy tmes gog uvernementaux et administratifs appuyay nt laplp anification future du dvelopppep ment national

  • Chap

    itre

    6.

    Rele

    ver l

    es d

    fis

    de la

    mis

    e en

    uv

    re

    82

    6.1 Intgrer les questions de pauvret et denvironnement dans le systme national de suivi Le systme national de suivi contribue dterminer les progrs raliss par rapport aux objectifs des documents directeurs et la mise en uvre des stratgies et mesures op-rationnelles; il facilite aussi la mise en vidence des mesures correctrices qui peuvent se rvler ncessaires, des domaines o elles sont ncessaires et des formes quelles doivent revtir. Le systme peut couvrir des secteurs comme lagriculture ou la sant, ou des questions transversales comme la pauvret.

    Lobjectif gnral de lintgration des questions intressant le tandem pauvret-envi-ronnement dans le systme de suivi est daccrotre la probabilit dune mise en uvre efficace des lments pertinents figurant dans les documents directeurs et des stratgies et mesures connexes, et notamment de:

    s Assurer un suivi et tablir des rapports sur une base rgulire. Si les questions de pauvret et denvironnement sont incorpores dans le systme national de suivi, il est plus facile de dterminer les progrs accomplis vers la ralisation des objectifs, cibles et stratgies de mise en uvre gurant dans les documents directeurs (par exemple le DSRP ou une stratgie sectorielle). Lincorporation de ces questions dans le systme de suivi contribue aussi entretenir et amliorer la comprhension des liens entre pauvret et environnement et de la faon dont ils peuvent tre mesurs (voir section 4.2). Leffort peut galement porter sur la prise en compte des proccu-pations de pauvret dans les rapports rguliers sur ltat de lenvironnement, qui peu-vent dailleurs tre prvus par la lgislation nationale.

    s Inuer sur les processus dlaboration des politiques. Le suivi des questions depauvret et denvironnement permet aux dcideurs et aux responsables de la mise en uvre de dmontrer lincidence des mesures oprationnelles mises en place, de par-tager les enseignements, doprer des ajustements dans les politiques et dorienter le budget et lallocation des ressources.

    Le suivi contribue aussi une meilleure articulation des politiques et des mesures concernant les questions de pauvret et denvironnement et permet didentier les problmes mergents sur lesquels devront porter les documents directeurs futurs et les mesures de mise en uvre correspondantes. Par exemple, le suivi des interven-tions visant ladaptation aux changements climatiques ainsi que de la capacit din-uer sur les politiques futures devient de plus en plus pertinent dans nombre de pays.

    ApprochePour cette activit, lapproche consiste suivre les questions de pauvret et denviron-nement dans le cadre du systme national existant, mettre au point des indicateurs pauvret-environnement et travailler en troite collaboration avec le bureau national de statistique et les autres institutions impliques dans le suivi.

    s Le suivi de la pauvret et de lenvironnement dans le cadre du systme national.Les questions de pauvret et denvironnement et leurs incidences pour laction des pouvoirs publics doivent tre suivies dans le cadre du systme national en place pour contrler la performance des diverses stratgies de mise en uvre nationales, sec-torielles et infranationales, notamment celles intressant la rduction de la pauvret et la ralisation des OMD. La promotion des liens entre les processus dlaboration

  • Chapitre 6. Relever les dfis de la mise en

    uvre

    83

    des politiques et le processus de suivi est indispensable lamlioration de ces deux aspects de la planication du dveloppement national.

    s Les indicateurs pauvret-environnement. Les indicateurs oprationnels sont le prin-cipal instrument de lintgration des questions de pauvret et denvironnement dans le systme national de suivi. Ces indicateurs sont gnralement mis au point dans le cadre de recherches et de consultations approfondies et sont utiliss pour mesurer les progrs raliss dans les volets pauvret et environnement dune politique.

    s Coordination et renforcement du bureau national de statistique et des institu-tions connexes. Lintgration des questions de pauvret et denvironnement dans le systme national de suivi exige la coordination avec divers acteurs. Le bureau natio-nal de statistique est gnralement responsable de la collecte et de lanalyse globales des donnes pour rpondre aux besoins identis et dnis aux niveaux national, sectoriel et infranational. Les ministres de lducation, de leau et de la sant peu-vent avoir chacun des systmes complets de suivi et dinformation et collecter des donnes rgulires au niveau local. Les organismes environnementaux (par exemple lInstitut mtorologique national) peuvent collecter des donnes pertinentes sur ltat de lenvironnement et les problmes mergents, comme les changements clima-tiques. Cette rpartition des responsabilits pour le suivi des questions de pauvret et denvironnement met en vidence limportance dun solide mcanisme de coordina-tion, an dviter les doubles emplois et de renforcer et complter les systmes exis-tants, comme les activits denqute et de recensement rgulires.

    Dans cette optique, les capacits existantes du bureau national de statistique, des ministres de la planication, des ministres sectoriels et des autres organismes de collecte des informations y compris les instituts environnementaux, la socit civile et les institutions universitaires doivent tre renforces, la coordination doit tre amliore et le partage des informations doit faire lobjet dun traitement prioritaire.

    Exemples: Indicateurs pauvret-environnement

    s Pourcentage de mnages et de secteurs utilisant le bois de chauffe comme source dnergie

    s Part des sources dnergie renouvelables dans loffre nationale dnergie

    s Nombre de mnages ayant accs de petites sources dnergie renouvelables au niveau local

    s Pourcentage de communauts locales vivant autour de zones humides apportant une contri-bution critique lcotourisme ou aux activits rcratives

    s Nombre de mnages bnficiant dun accs lgal des ressources biologiques pouvant trecommercialises

    s Pourcentage de mnages pauvres vivant moins de 30minutes dune source deau fonction-nelle et sre

    s Nombre de personnes touches par des risques et des catastrophes environnementaux (par exemple inondations, scheresses et vnements lis au climat).

  • Chap

    itre

    6.

    Rele

    ver l

    es d

    fis

    de la

    mis

    e en

    uv

    re

    84

    Autres pistes dorientation: tapes et exemplesPour assurer lintgration des questions de pauvret et denvironnement dans le sys-tme national de suivi, plusieurs tapes doivent tre franchies et adaptes aux circons-tances locales.

    s Examen des ouvrages et des donnes dexprience dautres pays. Lexamen dou-vrages sur le sujet contribue identier les questions prendre en compte pour lin-tgration des liens entre pauvret et environnement dans un systme de suivi. Il met aussi en vidence les indicateurs pouvant dj tre couverts dans les systmes de collecte de donnes priodiques et systmatiques.

    s Organiser des consultations. Les consultations aux diverses phases du processusdoivent couvrir aussi bien les producteurs que les utilisateurs de donnes an dva-luer la demande de donnes et danalyses, ou de la susciter, et dencourager les liens entre les dcideurs et ceux qui fournissent linformation.

    s Analyser les priorits nationales. Les priorits nationales et les objectifs en matire de pauvret et denvironnement ainsi que les stratgies de mise en uvre couvertes dans les documents directeurs doivent tre mis en vidence, an que lintgration des questions de pauvret et denvironnement dans le systme de suivi soit lavenir totalement en phase avec les processus de prise de dcision et dallocation budgtaire et inue sur ces processus (voir sections 5.3 et 6.2).

    s Analyser les systmes de suivi existants. Les systmes de suivi de la pauvret igno-rent souvent les liens avec lenvironnement, alors que les systmes de suivi de len-vironnement tendent ne pas prendre en compte les incidences sur la pauvret des changements environnementaux. Lvaluation des systmes nationaux de suivi et des systmes associs de collecte et de gestion des donnes fournit des informations essentielles pour lintgration. Il sagit notamment danalyser la disponibilit, la qua-lit et la pertinence des sries de donnes existantes pour le suivi de la pauvret et delenvironnement (par exemple la ventilation par sexe); la qualit et la pertinence des indicateurs existants de pauvret et de lenvironnement; les rles et responsabilits; et les fournisseurs potentiels de donnes pour le suivi de la pauvret et de lenviron-nement.

    s Identier et valuer les indicateurs pauvret-environnement possibles. Lidenti-cation des indicateurs possibles doit tre un exercice participatif et sappuyer sur les tapes prcdentes (voir chapitre 5). Comme on la dj mentionn, les indicateurs doivent tre totalement aligns sur les documents, comme le DRSP, qui servent de cadre la mise en uvre des politiques. Ils doivent tre mesurs aux niveaux natio-nal, sectoriel et infranational, an dassurer que les diverses incidences sont bien prises en compte.

    s Choisir un nombre limit dindicateurs. Une grande diversit dindicateurs pau-vret-environnement sont disponibles ce stade du travail dintgration. Il ne faut en retenir quun petit nombre, de caractre stratgique, pouvant tre suivis de faon ra-liste et mme dinuer de faon efcace sur les processus futurs dlaboration des politiques. Les critres indiqus dans lencadr 6.1 peuvent faciliter cette slection.

    s Intgrer les indicateurs pauvret-environnement dans le systme de suivi. Il y a diverses manires dintgrer les indicateurs aux niveaux national, sectoriel et infra-national par exemple durant les examens priodiques du systme national de suivi de la pauvret ou du systme de suivi des OMD et dans le cadre des systmes

  • Chapitre 6. Relever les dfis de la mise en

    uvre

    85

    s Mesurables, objectifs et fiables. Les indicateurs doivent pouvoir tre exprims en termesquantitatifs. Leur calcul doit pouvoir tre reproduit avec des rsultats similaires. Les donnesdoivent tre de bonne qualit et disponibles. Une amlioration des systmes existants de col-lecte des donnes doit tre envisage si ncessaire.

    s Comparables et sensibles aux changements. Les indicateurs doivent faciliter lvaluation entre diffrentes situations et diffrentes priodes et permettre de dtecter les variations, do limportance dune collecte rgulire de donnes.

    s Pertinents du point de vue de llaboration des politiques. Les indicateurs doivent tre utiles pour llaboration des politiques. Ils doivent tre aligns sur les priorits nationales, lesdocuments directeurs et dautres cadres dcisionnels.

    s Multiobjectifs. Les indicateurs doivent tre pertinents pour divers acteurs ou problmes dedveloppement, y compris les questions sectorielles, les OMD et les accords multilatraux sur lenvironnement.

    s Sensibles au problme dgalit des sexes. Les indicateurs doivent tre sensibles au pro-blme dgalit des sexes et les donnes qui les constituent doivent pouvoir tre ventiles parsexe, de faon faciliter la ralisation danalyses sexospcifiques.

    s Faciles utiliser. Les indicateurs doivent tre faciles comprendre, interprter et communi-quer. Leur nombre doit tre limit et ils doivent tre structurs selon un cadre logique.

    s Efficaces par rapport aux cots. Les indicateurs doivent tre mesurs pour un cot abordable.Les considrations concernant la gestion et lanalyse futures des donnes doivent tre prisesen compte lorsquils sont choisis. Des indicateurs de remplacement (par exemple prsence decertaines espces de poisson pour mesurer la qualit de leau) peuvent tre utiles.

    s Dpendants du contexte, de lpoque et du lieu. Les indicateurs ne valent que pour le contexte dans lequel ils sont conus. Ils ont de ce fait une porte gographique limite (locale, nationale ou internationale).

    s Agrgeables. Il doit tre possible dagrger les indicateurs concernant deux plusieurs zonesgographiques pour arriver des valeurs rgionales ou nationales.

    Sources: Adapt de lIPE PNUD-PNUE; PNUD 2008b; PNUD 2008b; Gouvernement de la Rpublique-Unie de Tanzanie 2005a.

    Encadr 6.1 Critres de slection des indicateurs pauvret-environnement

    permanents de recensement ou de suivi systmatique des donnes. Le processus implique le renforcement des systmes existants pour saisir, analyser et diffuser des informations sur les questions de pauvret et denvironnement. Il suppose aussi la mise au point de donnes de base pour ces nouveaux indicateurs (voir encadr 6.2).

    s Renforcer les institutions et les capacits. Les institutions et les individus doivent savoir comment laborer et utiliser des indicateurs pauvret-environnement et com-ment collecter, analyser et grer les donnes (rvision des enqutes, stockage et ges-tion des donnes et systme dinformation gographique). La collaboration avec la Division de statistique de lOrganisation des Nations Unies, des instituts de recherche et des universits peut tre un bon point de dpart dans cette optique. Documenter le processus dintgration des liens entre pauvret et environnement dans le systme de suivi est aussi requis.

  • Chap

    itre

    6.

    Rele

    ver l

    es d

    fis

    de la

    mis

    e en

    uv

    re

    86

    s Diffuser rgulirement les rsultats des analyses. Lintgration des liens entre pau-vret et environnement dans le systme national de suivi est un processus itratif, qui vise informer les dcideurs et les responsables de la mise en uvre des interactions entre pauvret et environnement, de leur volution et de lincidence des mesures oprationnelles an dapporter les ajustements ncessaires aux politiques et budgets. La coopration avec un large ventail dacteurs doit tre maintenue an de prserver le niveau de sensibilisation et dobtenir des informations en retour.

    s Examiner rgulirement le systme de suivi. Obtenir des informations en retour des utilisateurs et des producteurs de donnes facilite lanalyse priodique des besoins, des indicateurs, des sources de donnes et des lacunes et permet damlio-rer progressivement la dimension pauvret-environnement du systme de suivi sur la base de lvolution des besoins, des circonstances et des moyens (par exemple tech-nologie et ressources nancires).

    Contexte. Les institutions environnementales du Rwanda ont coordonn llaborationdindicateurs pauvret-environnement et dune stratgie pour leur suivi dans le cadrede la Stratgie de rduction de la pauvret et de dveloppement conomique du pays.

    Approche. Ce processus a comport les tapes suivantes:

    s Examen des ouvrages sur les rsultats des enqutes nationales

    s Participation aux runions et aux ateliers des groupes de travail sectoriels de laSRPDE

    s Entretien avec le personnel technique dans diffrents secteurs et ministres

    s Mise en vidence des liens entre pauvret et environnement

    s tablissement de critres de slection par exemple mesurabilit, possibilit dta-blir des donnes de rfrence

    s Mise au point dune liste dindicateurs valus pour leur pertinence par rapport auxquestions prioritaires

    s tablissement de catgories dindicateurs et identification des sources de donnes et de leur disponibilit

    s Choix des indicateurs inclure dans le systme de suivi de la SRPDE

    Rsultats et tapes futures. Cet exercice a fait comprendre aux dcideurs la ncessitdindicateurs concernant la pauvret et lenvironnement, mais cela ne suffit pas. Lesindicateurs sont un instrument qui doit tre continuellement amlior sur la base des enseignements pratiques. Ils doivent contribuer faire passer des messages de faon influer sur la prise de dcision dans les secteurs pertinents. Une action dynamique desensibilisation est donc tout aussi importante que la qualit des indicateurs et devrafaire lobjet dun effort particulier lavenir.

    Encadr 6.2 Intgration et suivi des indicateurs pauvret-environnement dans le cadre de la Stratgie de rduction de la pauvret et de dveloppement conomique du Rwanda

  • Chapitre 6. Relever les dfis de la mise en

    uvre

    87

    Graphique 6.1 Instruments de planification et de budgtisation en Ouganda

    STRATEGIE/PLAN BUDGET

    NIVEAUINFRANATIONAL

    NIVEAUSECTORIEL

    NIVEAUNATIONAL

    Source: Wilhelm et Krause 2007.

    Plans de dveloppement

    Plan daction pour lradication de la pauvret

    Plans stratgiques sectoriels

    Documents cadres budgtaires,budgets annuels et plans de travail

    Cadre de dpenses moyen terme, document cadre budgtaire national;

    informations servant de base au budget;budget annuel

    Cadre de dpenses moyen terme au niveau sectoriel et documents cadres

    budgtaires sectoriels

    6.2 Budgtiser et financer des mesures en faveur de la rduction de la pauvret et de lenvironnementNombre des mesures dintgration des liens entre pauvret et environnement sont sous-finances et dpendent des donateurs extrieurs. La budgtisation et le financement de ces mesures visent assurer les fonds ncessaires pour mettre en uvre les stratgies et atteindre les objectifs dfinis dans les documents directeurs, y compris des ressources financires nationales.

    Les mesures dintgration exigent des investissements des secteurs public et priv. Sil y a des cas o la cration de dbouchs commerciaux permet aux entreprises et lindus-trie de financer des interventions, nombre de problmes environnementaux sont encore ngligs par le secteur priv en raison de dysfonctionnements du march. Les finance-ments publics restent donc indispensables.

    Les principaux mcanismes de dpense publique sont les budgets nationaux, sectoriels et infranationaux. Dans les sources de financement entrent les recettes fiscales et non fiscales, comme les redevances dutilisation, les droits reues au titre des permis et licen-ces sur les ressources naturelles et les redevances de stationnement.

    ApprochePour cette activit, lapproche consiste simpliquer dans les mcanismes de budgtisation divers niveaux et amliorer la contribution de lenvironnement aux finances publiques.

    Simpliquer dans les mcanismes de budgtisation

    Pour simpliquer dans les mcanismes de budgtisation, il faut que ceux-ci soient bien compris; que la coordination soit assure avec les mcanismes parallles dlaboration des politiques; et que la socit civile, les donateurs et les organismes sectoriels et infra-nationaux soient associs.

    s Comprendre les mcanismes et y participer. Comme dans leffort visant inuersur laboration des politiques (voir section 5.3), simpliquer dans les mcanismes debudgtisation exige de bien comprendre ces mcanismes et dy participer diverses phases et niveaux, tout en utilisant les outils pertinents. Les mcanismes de budgti-sation se situent aux niveaux national, sectoriel et infranational (graphique 6.1). Dans

  • Chap

    itre

    6.

    Rele

    ver l

    es d

    fis

    de la

    mis

    e en

    uv

    re

    88

    certains pays, comme lOuganda, la budgtisation commence au niveau du district ou du village, ce qui est utile pour prendre en compte les priorits urgentes. Dans dautres pays, comme lrythre, le budget est dcid au niveau du cabinet et les fonds sont distribus en consquence; les ministres ont aussi leurs propres budgets, qui contribuent au budget global. Les mcanismes de budgtisation dun pays peu-vent impliquer des cadres de dpenses moyen terme trois ou cinq ans; la partici-pation des acteurs environnementaux ces cadres peut avoir des retombes positives importantes (encadr 6.3).

    Pour simpliquer, il faut respecter le calendrier et les pratiques budgtaires et se conformer aux normes du ministre des nances ou de la planication. Il sagit din-tervenir par le biais des instruments oprationnels des mcanismes de budgtisation,comme les groupes consultatifs des divers comits budgtaires. Les enseignements tirs de la budgtisation dans loptique de lgalit des sexes peuvent tre utiles la budgtisation dans loptique des liens entre pauvret et environnement.

    s Coordiner avec les processus parallles dlaboration des politiques. La coordi-nation avec les processus dlaboration des politiques est critique et complexe et implique une multitude dinstitutions et dacteurs participant diverses initiatives dans le cadre des processus de planication et de budgtisation. Le graphique 6.2 illustre les formes typiques dimplication dans les mcanismes de budgtisation et dtablissement du DSRP.

    Bien que la situation varie dun pays lautre, le ministre de la planication est gnralement trs impliqu dans le mcanisme dtablissement du DSRP, ce qui est moins le cas du ministre des nances et de la socit civile. Inversement, le minis-tre des nances est fortement impliqu dans le processus budgtaire, le ministre de la planication jouant un moindre rle. Le parlement a aussi une implication peu importante dans le processus budgtaire, alors que la socit civile a une inuence relativement plus faible. L o les ministres de la planication et des nances sont des entits institutionnelles spares, il ny a pas dincitation automatique une forte

    s Plus grande prvisibilit budgtaire permettant aux institutions de planifier avec plus de certi-tude des programmes pluriannuels

    s Meilleure planification stratgique et gestion grce une fixation plus fine des priorits et ltablissement de programmes pluriannuels chiffrs pour raliser ces priorits

    s Meilleur systme de fixation des objectifs et des indicateurs de performance pour tablir des procdures de suivi crdibles

    s Planification financire de meilleure qualit et plus exacte: la perspective moyen terme de labudgtisation est particulirement intressante pour les actions environnementales, qui rev-tent souvent un caractre long terme

    s Augmentation de la demande doutils conomiques et financiers efficaces pour laborer des programmes bien chiffrs, les organismes environnementaux devant faire la preuve dune utili-sation rationnelle des ressources disponibles

    Source: Petkova et Bird 2008.

    Encadr 6.3 Elments incitant les institutions environnementales participer aux cadres de dpenses moyen terme

  • Chapitre 6. Relever les dfis de la mise en

    uvre

    89

    coordination entre eux. En outre, tant donn que le parlement et le cabinet tendent tre moins impliqus dans le mcanisme dtablissement du DSRP, ils ont aussi tendance moins se focaliser sur les priorits de ce document directeur lorsquils examinent le budget (Wilhelm et Krause 2007).

    Comme pour lintgration des liens entre pauvret et environnement au niveau de llaboration des politiques (voir section 5.3), il est impratif de collaborer avec les principaux acteurs qui dterminent le budget et dutiliser leur mode dexpression. Les analyses conomiques ciblant des secteurs ou des questions spciques (voir sec-tion 5.2) peuvent contribuer dvelopper les arguments ncessaires pour convaincreles organismes sectoriels et infranationaux et le ministre des nances. Lestimation du cot des mesures oprationnelles ralise un stade antrieur (voir section 5.4)

    Graphique 6.2 Asymtrie des niveaux dimplication dans les mcanismes dtablissement du DSRP et de budgtisation

    BUDGET

    Source: Wilhelm et Krause 2007.

    DSRP

    Parlement

    SOCIETE

    Groupes de la socit

    civileElectorat

    POUVOIR EXCUTIFNiveau politique

    Niveau technique

    Ministre de la

    planification

    Ministredes

    finances

    Cabinet

    Prestataires etministres sectoriels

    Parlement

    SOCIETE

    Groupes dela socit

    civileElectorat

    POUVOIR EXCUTIFNiveau politique

    Niveau technique

    Ministre de la

    planification

    Ministredes

    finances

    Cabinet

    Ministres etprestataires sectoriels

    Forte implication Implication modre Faible implication

    Exemple: Budgtisation pour lenvironnement en Ouganda

    Aprs leffort ralis pour intgrer lenvironnement dans son DSRP, lAutorit nationale de gestion de lenvironnement de lOuganda a saisi une occasion qui soffrait dintgrer lenvironnement dans le budget national. Une date butoir essentielle pour la finalisation du budget tait imminente etle directeur excutif de lAutorit a appel le directeur du budget au Ministre des finances pour lui expliquer limportance de lenvironnement pour le dveloppement et les cots de linaction. Ledirecteur du budget a t convaincu et a immdiatement accept lide dajouter des directivesrelatives lenvironnement dans la circulaire budgtaire. Depuis lors, le directeur du budget a interpell les acteurs environnementaux pour quils prsentent des propositions plus concrtes,dtailles et chiffres partir desquelles les interventions environnementales doivent trehirarchises par secteur et administrations locales. Son leadership a t extrmement positif et prsage dun avenir positif pour les efforts dintgration en Ouganda.

    Source: IPE PNUD-PNUE 2008a.

  • Chap

    itre

    6.

    Rele

    ver l

    es d

    fis

    de la

    mis

    e en

    uv

    re

    90

    apporte des lments utiles dans le contexte de budgtisation. En outre, assurer uneimplication politique forte et de haut niveau est indispensable la russite de lint-gration des liens entre pauvret et environnement au niveau de la budgtisation.

    On notera que si lenvironnement est considr comme un problme transversal dans le DSRP ou dans un autre document directeur, il ny aura pas ncessairement de nancements spciques pour les mesures intressant la pauvret et lenvironne-ment. En fait, le nancement de ces mesures sera sans doute rparti dans lensemble des secteurs et organismes infranationaux. Dans ces conditions, il est dautant donc plus indispensable de collaborer troitement avec les divers acteurs par exemple par le biais des groupes de travail sectoriels ou des organismes infranationaux de faon sassurer que les nancements pour les interventions pauvret-environne-ment ne soient pas oublis dans le budget national.

    s Mobiliser la socit civile et le public. Gnralement, la socit civile joue un rlerelativement important dans le mcanisme dtablissement du DSRP (par exemple par le biais des valuations participatives), mais elle na quune inuence limite sur le budget, encore que sonimplication puisse tre accrue. Si des donnes de plus enplus nombreuses montrent que laction de la socit civile favorise souvent la budgtisa-tion dans loptique de lgalit des sexes, une action similaire en faveur de la budgtisa-tion dans loptique des liens pauvret-environnement doit encore voir le jour. La demande du public et le soutien politique en faveur dinvestissements environnementaux favorables aux pauvres pourraient conduire un net regain dintrt pour la prise en compte des liens entre pauvret et environnement par exemple dans les cas de risques environnementaux et de catastrophes, comme les inondations.

    s Coordiner et travailler avec les donateurs. Nombre de questions relatives aux liens entre pauvret et environnement continueront dtre nances par les donateurs moyen terme. Lappui de ces derniers doit donc tre accru, soit expressment, soit par le biais du soutien budgtaire gnral, an de donner au ministre de lenviron-nement et aux ministres sectoriels les moyens dintgrer les liens entre pauvret et environnement dans leurs travaux.

    Le soutien au budget et le soutien sectoriel sont des formes de nancement de plus en plus utilises par les donateurs, mais cette pratique est parfois critique car elle peut conduire ignorer les problmes denvironnement. La solution rside dans le passage des formes novatrices de nancement conjoint par des groupes de dona-teurs. Un renforcement de la coordination des nombreuses sources extrieures de fonds (comme le FEM) avec le budget national et les autres sources de nancement des donateurs serai aussi souhaitable.

    tant donn que le soutien budgtaire sera fourni conformment aux priorits du DSRP ou dun document directeur quivalent, les problmes intressant les liens entre pauvret et environnement doivent tre intgrs dans les documents directeurs (voir section 5.3). En outre, comme dans le cas de la Rpublique-Unie de Tanzanie,

    Exemple: Investissement dans ladaptation aux changements climatiques au Viet Nam

    Laugmentation significative des catastrophes naturelles au Viet Nam en 2007 a conduit les pou-voirs publics dcider dlaborer immdiatement un programme cibl dinvestissement ax sur ladaptation aux changements climatiques.

  • Chapitre 6. Relever les dfis de la mise en

    uvre

    91

    les champions doivent travailler avec les gouvernements et les donateurs pour inclure les indicateurs pauvret-environnement (voir section 6.1) dans les cadres dvaluation des performances des gouvernements et des donateurs an que toute lattention vou-lue soit accorde ces questions.

    s Sensibiliser la ncessit dun nancement appropri aux niveaux sectoriel et infranational. Les organismes sectoriels et infranationaux jouent un rle essentiel dans la prestation de services environnementaux et la gestion environnementale. Les efforts faits pour encourager les mesures en faveur de la rduction de la pauvret et de lenvironnement ont rencontr des succs partags, en partie parce quun grand nombre dorganismes infranationaux nont ni la capacit ni les ressources nancires ncessaires et quils ne sont pas forcment focaliss sur la rduction de la pauvret. En particulier, linsufsance des nancements dont disposent les autorits locales peut les inciter exploiter au maximum court terme les ressources naturelles an de collecter des recettes pour couvrir leurs dpenses de fonctionnement. Lexprience de la Namibie avec les aires protges montre que le succs de ce type daction dpend du renforcement des nancements allous cette n (encadr 6.4).

    Comprendre la contribution de lenvironnement aux finances publiques

    Comme le montre le cas de la Namibie (encadr 6.4), la valorisation de la contribution conomique des ressources naturelles et de leurs cots de remplacement lorsquelles sont puises peut influer sur llaboration des politiques, la budgtisation et le finan-cement des questions intressant la pauvret et lenvironnement (voir section 5.2). Elle peut aussi contribuer limiter lpuisement des ressources et accrotre le recou-vrement des recettes. Une valorisation efficace exige le renforcement des capacits des organismes charges de lenvironnement, de la planification et du financement ainsi que des organismes sectoriels et infranationaux pour leur permettre de suivre et prvoir cette contribution et la faon dont elle peut tre amliore par exemple par le biais dun examen des dpenses publiques et de la comptabilit environnementale (encadr 6.5).

    Accrotre les recettes tires de lenvironnement

    Le secteur de lenvironnement peut apporter une plus grande contribution aux finances publiques grce laugmentation des recettes pouvant dcouler du recours des instruments fonds sur les mcanismes de march et dune gestion durable de lenvironnement.

    Exemple: Prise en compte de lenvironnement dans le cadre dvaluation des performances de la Rpublique-Unie de Tanzanie

    En Rpublique-Unie de Tanzanie, o les donateurs fournissent une aide directe au budget den-viron 600millions de dollars par an, il tait impratif dassurer quune partie de cette aide soitconsacre la protection de lenvironnement. Les autorits nationales, avec le soutien de certains donateurs, ont mis au point des indicateurs environnementaux pour le cadre dvaluation des per-formances outil qui permet de mesurer les rsultats obtenus grce laide budgtaire directe. Linclusion de ces indicateurs a contribu accrotre la priorit accorde lenvironnement et a incit le gouvernement se proccuper de ses propres rsultats environnementaux.

    Source: Assey et al. 2007.

  • Chap

    itre

    6.

    Rele

    ver l

    es d

    fis

    de la

    mis

    e en

    uv

    re

    92

    Contexte. Les tudes ont soulign que le tourisme en particulier celui mettant en exergue lafaune sauvage du pays est lun des secteurs dactivit les plus importants de la Namibie. Defait, les achats de services par les touristes trangers se sont levs, selon les estimations, envi-ron 3100dollars namibiens en 2003, reprsentant quelque 24% des exportations totales de bienset services du pays. Bien que le systme daires protges de la Namibie revte une grande valeurconomique en raison des revenus directs et indirects quil gnre par le biais du tourisme et des activits drives de la faune sauvage, sa gestion a t trs tributaire de crdits budgtaires beau-coup trop limits. Compte tenu de la pnurie de fonds, le systme daires protges a eu du mal respecter ses objectifs de conservation et a fait lobjet de peu dinvestissements.

    Approche. Afin de favoriser des apports de ressources plus adquats pour une amlioration dela gestion des aires protges, le Ministre de lenvironnement et du tourisme, avec lappui du FEM et du PNUD, a estim les valeurs conomiques associes au systme des aires protges afin dutiliser cette information comme base de la planification des investissements dans le systmeau cours des prochaines dcennies.

    Rsultats. Daprs ltude, la contribution des parcs lconomie nationale est de 1 2milliards de dollars namibiens. La dmonstration de la contribution conomique des parcs a conduit une augmentation des financements de base, qui ont t ports de 50 110millions de dollars nami-biens. Cette augmentation devrait son tour gnrer un taux de rentabilit positif de 23%.

    Ltude a mis en lumire la ncessit de bien comprendre les cots, la contribution conomique et les sources potentielles de revenu vritablement associs aux parcs. Elle a aussi montr que la survie et le succs du systme daires protges dpendent de plus en plus du renforcement de leur finan-cement. Dans ces financements doivent figurer notamment des subventions internationales et des financements de ltat mais il faut aussi tirer davantage parti de la valeur dutilisation directe existante et potentielle. Ltude a conclu quil tait indispensable de mettre en place des mesures dincitation,notamment de faire en sorte que lAgence dexploitation des parcs puisse conserver les recettes.

    Source: Turpie et al. 2004.

    Encadr 6.4 Financement des aires protges en Namibie

    Cambodge. Le Dpartement des pches a t en mesure de dmontrer que la contribution decette activit au PIB tait de 10%. Cette analyse a t dterminante pour persuader le Ministredes finances daccorder au secteur de la pche une plus grande part des crdits publics et une plus grande priorit dans les dialogues avec les donateurs (DAfD 2000).

    Pakistan. Des donnes ont t prsentes au cabinet montrant des avantages dune amlioration de lassainissement et de lalimentation en eau potable plus levs que les cots de fourniture de ces services. Le cabinet a immdiatement approuv laugmentation des investissements danslalimentation en eau et lassainissement.

    Rpublique-Unie de Tanzanie. Le Ministre des finances a accru les crdits budgtaires destins lenvironnement, qui sont passs de plus dun milliard de schillings tanzaniens en 2005-06 prs de 5,5milliards de schillings tanzaniens en 2006-2007, sur la base dune tude des dpensespubliques qui a fait apparaitre une perte annuelle de 1million de dollars dans ce secteur. Cettetude a estim que des investissements supplmentaires taient ncessaires, compte tenu de leurcontribution importante aux revenus et aux moyens de subsistance des mnages (PNUD, PNUE et GM2007; Assey et al. 2007).

    Encadr 6.5 Les donnes collectes conduisent une augmentation des budgets des institutions environnementales

  • Chapitre 6. Relever les dfis de la mise en

    uvre

    93

    Exemples: Paiements pour les services cosystmiques

    s Afrique. Les compagnies touristiques paient les communauts pour quelles prot-gent la faune sauvage locale.

    s Costa Rica. Le gouvernement utilise une fraction de limpt sur lnergie pour com-penser les agriculteurs qui fournissent des services de conservation des forts.

    s tats-Unis dAmrique. Une partie des factures deau des mnages New York est utilise par la Compagnie des eaux pour compenser les agriculteurs des zones voi-sines qui assurent des services de protection des bassins versants.

    Les institutions environnementales doivent semployer accrotre le montant des recettes quelles collectent afin damliorer les actions en faveur de lenvironnement et dautres secteurs prioritaires du dveloppement, comme la sant et lducation, tout en assurant la gestion durable des ressources naturelles. Dans certains cas, elles sont en mesure de recouvrer leurs propres impts et redevances, qui peuvent tre rinvestis dans lamlioration de la gestion. Dans beaucoup daires protges, une partie des droits dentre est rutilise pour la gestion des parcs. Dans plusieurs pays africains ayant de riches zones de pche en haute mer, une part des droits verss par les flottes trangres sont rservs la rglementation des pcheries. Ces redevances dutilisation constituent une sorte de rforme fiscale environnementale.

    Les rformes fiscales environnementales supposent un large ventail dinstruments fiscaux et de tarification qui peuvent aider les pays collecter des recettes, tout en crant des incitations la protection de lenvironnement et au soutien des efforts de rduction de la pauvret par exemple en finanant des infrastructures qui amliorent laccs des pau-vres leau, lassainissement et aux services nergtiques. Les rformes fiscales environ-nementales peuvent donc aussi tre considres comme des mesures oprationnelles (voir section 5.4 et 6.3), car elles influent sur la faon dont lenvironnement est gr.

    Les autorits peuvent recourir des instruments fonds sur les mcanismes du marchafin de susciter une augmentation des recettes, de financer des investissements qui auraient autrement ncessit des dpenses publiques (par exemple des installations de production dnergies renouvelables) ou de crer des incitations une gestion durable de lenvironnement. Les paiements pour les services cosystmiques et les changes de droits dmission sont deux exemples de ces mcanismes.

    Les paiements pour les services cosystmiques, aussi connus sous le nom de paie-ments pour les services environnementaux, concernent divers dispositifs par le biais desquels les bnficiaires des services cosystmiques compensent les prestataires de ces services. Il peut sagir de dispositifs marchands entre des acheteurs et des vendeurs consentants, une grande entreprise prive ou publique pouvant servir dintermdiaire, ou bien alors de paiements induits par ltat (WWF 2008).

    Le Mcanisme pour un dveloppement propre tabli dans le cadre du Protocolede Kyoto de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques permet aux pays industrialiss ayant pris des engagements de rduction des missions dinvestir dans des projets qui rduisent les missions des pays en dveloppement au lieu de procder eux-mmes des rductions des missions plus coteuses. Dans la pratique, cela signifie que les pays industrialiss financent des investissements dans le

  • Chap

    itre

    6.

    Rele

    ver l

    es d

    fis

    de la

    mis

    e en

    uv

    re

    94

    domaine des nergies renouvelables (par exemple nergie olienne, hydronergie, bio-masse), lamlioration des processus industriels et lefficacit nergtique, lamlioration de la gestion des dchets ou lagriculture dans les pays en dveloppement.

    Le Mcanisme pour un dveloppement propre revt un caractre entirement commer-cial, impliquant des contrats entre les entits polluantes et celles qui peuvent compen-ser les missions un moindre cot. Le rsultat est que les participants au mcanisme recherchent invitablement la manire la plus efficace par rapport au cot de gnrer des crdits carbone, ce qui les amne gnralement privilgier les processus indus-triels de grande chelle ou dautres pratiques forte consommation de carbone. Les pauvres ont donc peu de moyens de bnficier directement du mcanisme. En outre, les rgles, procdures et mthodologies du Mcanisme pour un dveloppement propresont complexes, limitant la participation (jusquici) une poigne de pays relativement avancs. En 2006, plus de 90 % des projets ne bnficiaient qu cinq pays revenuintermdiaire et conomies mergentes (PNUD 2006).

    Si le Mcanisme pour un dveloppement propre est le mcanisme officiel dchange de crdits carbone entre pays industriels et pays en dveloppement, ces derniers disposentdautres moyens pour tirer avantage de la squestration du carbone. Vu le trs grand nombre de possibilits existant aujourdhui au niveau mondial dobtenir des finance-ments au titre de la lutte contre les changements climatiques, ils doivent renforcer leurs institutions et leurs capacits de faon mieux comprendre et interagir avec les institu-tions globales engages dans le domaine.

    La faon dont les recettes sont partages entre les diffrents niveaux dadministrationpose question. Rserver les recettes des taxes sur la pollution ou lextraction des res-sources naturelles aux secteurs ou organismes infranationaux qui les collectent peut sti-muler les efforts de recouvrement, amliorer le soutien public en faveur de cette fiscalit et contribuer la prvisibilit des financements de ces institutions. Mais cette pratique ne favorise ni lquit, ni lefficience dans lallocation des ressources entre les secteurs et les rgions et se traduit par la marginalisation des questions denvironnement dans le processus budgtaire central (OCDE 2007).

    Si les recettes gnres par les institutions environnementales vont au trsor public, elles peuvent toutefois contribuer justifier un niveau plus lev de crdits budgtaires pour le secteur de lenvironnement (encadr 6.6) ou convaincre les dcideurs dinves-tir dans des mesures oprationnelles long terme intgrant les liens entre pauvret et environnement.

    Bangladesh. Grce laugmentation des recettes recouvres au titre de la dlivrance de permis et de limposition damendes aux entreprises industrielles dans le cadre de la lutte contre la pollution, le Ministre de lenvironnement a plus que tripl ses recettes par rapport 2007. Fort de ces bons rsultats, il a convaincu le Trsor dallouer des crdits pour lembauche de 1000 fonctionnaires supplmentaires.

    Sri Lanka. En grant ses plantations de faon plus rentable, le Dpartement des forts a t en mesure de rduire considrablement ses ponctions sur les recettes publiques.Son aptitude gnrer des recettes lui a permis dobtenir des crdits budgtaires plusimportants du Trsor.

    Encadr 6.6 Laugmentation des recettes conduit une augmentation des budgets pour les institutions environnementales

  • Chapitre 6. Relever les dfis de la mise en

    uvre

    95

    Exemples: Pertes financires lies la fraude fiscale et la corruption

    Niveau mondial. Au niveau mondial, lexploitation illicite des forts reprsente, daprs les estimations, plus dun dixime du total des changes mondiaux de bois, pour une valeur dau moins 15milliards de dollars par an (Brack 2006). De mme, la valeur de la pche illicite, non dclare et non rglemente dans les pays en dveloppement estestime entre 4,2milliards et 9,5milliards de dollars (MRAG 2005).

    Cambodge. Daprs une estimation de 1997, le montant des pots-de-vin verssaux fonctionnaires publics dans les administrations des forts et des terres slevait 200millions de dollars par an, alors que les recettes publiques tires des activits lgales dexploitation des forts ntaient que de 15millions de dollars (PNUD et al. 2003).

    Indonsie. Il ressort des recherches que lexploitation illicite des forts lest de Borno se traduit par des pertes de recettes fiscales de 100millions de dollars chaqueanne (CIFOR 2006).

    Papouasie-Nouvelle-Guine. La riche industrie de la pche au thon du Pacifique souffre dune forte fraude fiscale. En Papouasie-Nouvelle- Guine, le cot de la pche illicite, nondclare et non rglemente est suprieur 30millions de dollars par an (MRAG 2005).

    Faire face la fraude fiscale et la corruption

    Les efforts visant rduire la fraude fiscale et la corruption peuvent considrablement accrotre les financements disponibles pour les mesures en faveur de la rduction de la pauvret et de lenvironnement, comme le montrent les exemples ci-aprs. Il faut, dans cette optique, assurer un respect plus strict des rgles aussi bien au niveau des socits qui extraient des ressources naturelles quau sein de ladministration.

    Les projets impliquant les bnficiaires, dont la population concerne supporte une par-tie des activits, peuvent aussi contribuer une rduction de la corruption et au main-tien des cots un bas niveau. La gestion collective des forts est courante dans nombre de parties du monde, des groupes dutilisateurs locaux recevant une partie des fruits de lexploitation du bois duvre et des produits non ligneux. De mme, la gestion collec-tive des pches se dveloppe, avec des rsultats trs satisfaisants au Cambodge, alors que des efforts dans ce sens sont faits au Bangladesh.

    Autres pistes dorientation: Principaux points dentreOn trouvera dans le tableau 6.1 des conseils pour s'impliquer dans les mcanismes de budgtisation.

  • Chap

    itre

    6.

    Rele

    ver l

    es d

    fis

    de la

    mis

    e en

    uv

    re

    96

    Point dentre Actions recommandes pour lintgration des liens entre pauvret et environnement

    Rapport dexcutiondu budget des exercices financiersprcdents

    s valuer et examiner les crdits budgtaires existants et le niveau des dpenses au titre des mesures en faveur de la rduction de la pauvret et de lenvironnement dans le ministrede tutelle, les secteurs et les organismes infranationaux

    s Utiliser les rsultats dun examen public indpendant des dpenses environnementales oudautres analyses conomiques pour influer sur lexamen global des dpenses publiques

    s Vrifier si le budget prvu pour financer les mesures en faveur de la rduction de la pau-vret et de lenvironnement a t effectivement reu et si les mesures envisages ont t mises en uvre

    s Comparer les dpenses avec les besoins financiers initiaux afin de mettre en vidence les dficits de financement

    s Cooprer troitement avec les secteurs et les acteurs infranationaux; organiser des groupes de travail ou des runions consultatives pour examiner et prparer les rapports budgtaires, sectoriels et infranationaux concernant les mesures et les problmes lis lapauvret et lenvironnement

    Circulaires etdirectives budgtaires

    s Intgrer les directives pour la budgtisation des activits lies la pauvret et lenviron-nement dans la circulaire budgtaire du ministre des finances; au besoin, intgrer de nou-veaux codes budgtaires pour les dpenses lies lenvironnement dans ces documents

    Prparation desbudgets sectoriels etinfranationaux

    s Fournir une aide la budgtisation des questions de pauvret et denvironnement, y com-pris lvaluation des recettes tires des ressources naturelles chaque niveau

    s Faire en sorte que les organismes infranationaux bnficient de financements adquats,afin dviter une surexploitation des ressources naturelles au niveau local

    Rvision des budgetssoumis

    s Les organismes sectoriels et infranationaux soumettent leurs budgets au ministre desfinances qui les examine ensuite de concert avec dautres ministres; assurer une bonne comprhension des liens entre la pauvret et lenvironnement tous les niveaux afin que les organismes nationaux, sectoriels et infranationaux puissent prvoir dans leurs budgets des crdits pour faire face ces priorits

    Choix des secteursou programmesprioritaires et crditsbudgtaires

    s Encourager linclusion de mesures en faveur de la rduction de la pauvret et de lenviron-nement dans les budgets des secteurs et programmes prioritaires; les domaines prioritaires occupent une place part dans lallocation des ressources et peuvent aussi faire lobjet dune protection spciale en cas de rduction en cours danne des dcaissements budg-taires (Wilhelm et Krause 2007); les activits dans les domaines prioritaires sont suivies plustroitement durant la mise en uvre

    s Assurer une augmentation des crdits budgtaires dans le secteur de lenvironnement lui-mme; sans une contribution et une assistance technique plus importantes de ce secteur,lintgration des liens entre la pauvret et lenvironnement ne sera pas durable

    Examen et approbation par leparlement

    s Promouvoir la transparence et la divulgation dinformations budgtaires au parlement etau public; encourager la vrification de lexcution du budget et des rsultats ainsi que desnouveaux crdits budgtaires

    Excution du budgetet gestion desdpenses

    s Une fois que les fonds ont t rpartis, appliquer de bonnes pratiques en termes de gestiondes dpenses

    s Vrifier que les dpenses publiques aboutissent aux rsultats escompts et contribuent une stratgie cohrente pour la ralisation des objectifs en matire de pauvret et denvi-ronnement

    Systmedtablissement derapports et de suivibudgtaire

    s Faire en sorte que le systme de suivi de lexcution du budget comporte des indicateurs pour suivre les progrs en matire dintgration des liens entre pauvret et environnement

    s Veiller ce que les indicateurs restent simples mais adapts aux besoins des utilisateursafin quils puissent faciliter ltablissement des rapports futurs, la prise de dcision ou desmesures correctrices dans les mcanismes dlaboration des politques et de budgtisation

    Tableau 6.1 Intgration des liens entre pauvret et environnement dans les mcanismes de budgtisation

  • Chapitre 6. Relever les dfis de la mise en

    uvre

    97

    6.3 Soutenir les mesures oprationnelles aux niveaux national, sectoriel et infranationalPour que les efforts dintgration raliss dans le cadre des mcanismes dlaboration des politiques et de budgtisation portent leurs fruits, il est ncessaire de soutenir lamise en uvre des mesures oprationnelles qui ont t prcdemment identifies et dont les cots ont t estims (voir section 5.4).

    Le principal objectif de cette activit est dassurer que ces mesures sont mises en uvre de manire efficace et que le budget allou aux questions de pauvret et denvironne-ment est bien excut. Un autre but est de veiller lintgration et lapplication des mesures oprationnelles dans lensemble des programmes et activits connexes aux niveaux national, sectoriel et infranational. Enfin, il faut faire en sorte que les enseigne-ments soient tirs du suivi et de lvaluation.

    ApprochePour cette activit, lapproche consiste fournir un soutien technique et cooprer avec les acteurs gouvernementaux et du dveloppement aux niveaux national, sectoriel et infranational durant les diverses phases de la mise en uvre, comme on peut le voir ci-aprs:

    s Planication des mesures oprationnelles, y compris la dnition dun plan de mise en uvre, la rpartition des rles, la constitution de partenariats et lvaluation des mesures (encadr 6.7)

    s Mise en uvre des mesures oprationnelles, avec notamment limplication des par-ties prenantes, des efforts de sensibilisation et le renforcement des institutions et des capacits (par exemple pour la gestion des programmes, la gestion nancire et la gestion de lenvironnement)

    s Suivi et valuation des mesures oprationnelles, avec notamment un suivi nancier et une valuation des enseignements (encadr 6.8)

    s Dveloppement plus grande chelle de mesures oprationnelles, y compris en reproduisant et largissant la porte des mesures oprationnelles qui se sont rvles efcaces

    Autres pistes dorientation: tapes et exemplesLe tableau 6.2 prsente les diffrentes tapes du processus de mise en uvre desmesures oprationnelles et les actions engager pour intgrer les liens entre pauvret et environnement. Ces tapes doivent tre adaptes au contexte particulier; suivant les circonstances, elles peuvent intervenir paralllement ou dans un ordre diffrent.

    Lencadr 6.9 prsente une initiative destine soutenir llaboration de plans dac-tion de districts dans le domaine de lenvironnement au Kenya. Ces plans mettent enlumire limportance de la constitution de partenariats, de limplication des parties prenantes, du renforcement des institutions et des capacits, de la prise en compte des enseignements tirs et de lutilisation des possibilits offertes de reproduire leffort.

  • Chap

    itre

    6.

    Rele

    ver l

    es d

    fis

    de la

    mis

    e en

    uv

    re

    98

    Contexte. Le tourisme reprsente environ 9% du PIB du Mexique. Cest la troisimesource de devises trangres du pays (10800millions de dollars par an), qui a attir plus de 52millions de visiteurs nationaux et 20millions de visiteurs internationaux en2004. Cependant, si elle nest pas associe des investissements et une planification durables, la croissance du tourisme peut menacer les ressources mmes sur lesquelleselle est fonde. Dans ltude sur le tourisme de 2002, la qualit de lenvironnement lun des facteurs dterminants du choix des destinations touristiques est llment qui a reu la note la plus basse. Le Plan national de dveloppement du Mexique pour2001-2006 a soulign la ncessit dun dveloppement conomique respectant la qualit de vie et lenvironnement.

    Approche. Un processus dvaluation environnementale stratgique du secteur du tourisme a t lanc afin de formuler et de mettre en uvre une politique durablepour le pays. Afin dassurer la participation et lengagement les plus larges possiblesdes diffrents secteurs, un Groupe de travail technique intersectoriel a t tabli,compos de reprsentants des secteurs du tourisme, de lenvironnement, des forts,de leau et du dveloppement urbain ainsi que des ministres de lintrieur et des finances. Ce Groupe de travail a tabli des priorits sectorielles, un plan daction pour la mise en uvre et des indicateurs de suivi moyen terme. Il a depuis t institutionna-lis sous le nom de Commission intersectorielle du tourisme.

    Principaux avantages. Cette valuation a eu plusieurs retombes positives:

    s Elle a fourni des donnes fondes sur lenvironnement pour favoriser la prise de dci-sions en connaissance de cause. Elle a identifi les possibilits et les contraintes envi-ronnementales associes diffrents scnarios de croissance, ainsi que les prioritscompatibles avec une optimisation des avantages du tourisme sans surexploitation delenvironnement.

    s Cette approche a permis la participation de tous les secteurs et parties prenantes concerns. Le Groupe de travail a donn loccasion des parties ayant des mandatsdiffrents sur les ressources naturelles et sur dautres questions de prendre des enga-gements durables et darriver des accords dans une perspective long terme.

    s Les rsultats des travaux analytiques servent de base une politique de dveloppe-ment durable du tourisme.

    Source: Banque mondiale 2005, cite dans OCDE 2006b.

    Encadr 6.7 valuation environnementale stratgique du tourisme mexicain

  • Chapitre 6. Relever les dfis de la mise en

    uvre

    99

    Contexte. LOuganda a commenc dvaluer son Plan daction pour lradication de la pauvret et de formuler le prochain, qui sappellera Plan national de dveloppementquinquennal. Dans le cadre de la formulation du Plan, des groupes de travail secto-riels ont t chargs de gnrer des donnes qui influeront sur le choix des actions prioritaires. Le Groupe de travail sur le secteur de lenvironnement et des ressourcesnaturelles a fait raliser une tude sur lutilisation des instruments conomiques dans la gestion de lenvironnement.

    Cas 1: Promotion de nouvelles sources dnergie pour llectricit et la cuisine. En 2006-2007, le Ministre des finances a exempt de la taxe la valeur ajoute le gaz de ptrole liqufi afin de le rendre moins cher comme source dnergie de rechange pour llectricit et la cuisine. Cette mesure visait aider les pauvres, mais, tant donn queseulement 2,3% de la population rurale utilisaient de llectricit, du gaz de ptrole liqufi ou de la paraffine pour la cuisine, les chances que cette subvention aide les pauvres taient faibles. En outre, lUganda Revenue Authority a perdu 3,4milliards de schillings ougandais(2.1millions de dollars) de recettes sur une anne. Aprs valuation, il a t recommandde rintroduire la taxation et dutiliser les recettes pour financer des activits, comme laplantation darbres, qui peuvent bnficier lenvironnement et aux pauvres.

    Cas 2: Mettre en uvre le principe pollueur-payeur pour limiter la pollution de leau. En 1998, le gouvernement a introduit une redevance pour le rejet des eaux uses, allant de 0 13millions de schillings ougandais (0 7000dollars) suivant la demande biologique doxygne. Ces redevances visaient encourager linvestissement dans des technologies moins polluantes. Cependant, la lgislation prvoyait seulement que les entreprises pouvaient senregistrer pour des permis de rejet. En consquence, malgr lacroissance conomique, seulement 27entreprises se sont enregistres sur environ 200initialement identifies. La lgislation actuelle doit donc tre modifie pour faire en sorte que tous les grands pollueurs de leau soient tenus de demander des permis de rejet.

    Cas 3: Rvision d'incitations peu efficaces de promotion de gains de productivit favorables aux pauvres dans lagriculture. En 2005-2006, le Ministre des financesa dfiscalis les intrts perus par les tablissements financiers accordant des prts aux personnes travaillant dans lagriculture, afin de les inciter prter ce secteur. Pourfavoriser encore davantage les oprations de crdit des banques, le ministre a pro-pos en 2006-2007 que les dpenses, les pertes et les crances douteuses au titre des prts ce secteur soient dductibles de limpt. Rien nindique que ces mesuresaient eu des retombes favorables sur lenvironnement. En outre, seulement 1,8% desmnages ruraux empruntent auprs de sources formelles et 4,5% auprs de sources semi-formelles. tant donn que les agriculteurs pratiquant une petite agriculture de subsistance reprsentent 70% des pauvres, il est peu probable que cette politique ait eu une incidence significative sur la pauvret. Il est donc recommand de collecter des donnes sur les utilisations spcifiques des prts consentis au secteur agricole afin denvaluer limpact. Le transfert de certains des allgements dimpt aux institutions demicrofinancement, qui ont le plus de chances de prter aux pauvres des zones rurales,serait sans doute justifi. Les dductions fiscales que les banques demandent au titre de leurs dpenses et de leurs pertes dans le secteur agricole doivent tre contrles.

    Source: IPE PNUD-PNUE Ouganda 2008.

    Encadr 6.8 valuation des mesures oprationnelles: instruments conomiques cibls sur lnergie, leau et lagriculture au service des pauvres en Ouganda

  • Chap

    itre

    6.

    Rele

    ver l

    es d

    fis

    de la

    mis

    e en

    uv

    re

    100

    tape Actions recommandes pour lintgration des liens entre pauvret et environnement

    1. laborer unplan de mise enuvre

    s laborer la mesure conformment aux priorits nationales en matire de pauvret et denviron-nement et aux priorits sectorielles identifies dans le document directeur considr (voirsec-tion 5.4)

    s valuer les lments de la mesure qui concernent lenvironnement et la pauvret, par exemplegrce une valuation stratgique de lenvironnement ou un autre type danalyse

    s Inclure des informations sur la mesure, les objectifs, le calendrier, la porte, les tches, les par-ties prenantes, les partenaires et le suivi et lvaluation

    2. Rpartirclairement lesrles

    s Bien apprhender la structure institutionnelle et le processus dcisionnel

    s Prvoir des tches spcifiques, comme ltablissement de rapports et la prestation de services

    3. Constituer despartenariats

    s Travailler avec des partenaires mme de fournir des conseils, des avis ou une assistance tech-nique durant la mise en uvre

    s Assurer la coordination avec des initiatives ou des projets qui ont des objectifs similaires

    4. Impliquer lesparties prenantes,sensibiliser etrenforcer les institutions et les capacits

    s Impliquer les parties prenantes pour encourager la qualit, le consensus et lappropriation

    s Sensibiliser par le biais de campagnes dans les mdias, afin dlargir le cercle des personnes touches par la mesure

    s Utiliser les institutions et les ressources humaines et techniques nationales pour assurer la viabilit long terme

    s Fournir un appui technique pour la gestion des programmes et la gestion financire

    5. Faire le suivi s Assurer un suivi sr et collecter des informations en retour sur la faon dont la mise en uvreprogresse, notamment grce un contrle des dpenses

    s Raliser une tude ou une valuation mi-parcours avec laide du personnel, des praticiens et des acteurs impliqus dans la mise en uvre; utiliser les conclusions et les recommandationspour influer sur les tapes de la mise en uvre qui restent raliser

    s Utiliser des analyses comparatives pour encourager les organes infranationaux adhrer auxpolitiques et directives sectorielles et amliorer la prestation de services

    6. valuer lesenseignements

    s valuer les avantages de la mesure du point de vue de la rduction de la pauvret et de la pro-tection de lenvironnement; assurer que les enseignements tirs soint pris en compte dans les mcanismes pertinents, y compris llaboration des politiques et la budgtisation

    s Faire appel des valuateurs extrieurs pour soulever des questions risquant davoir t ngli-ges par les personnes en place

    s Partager les enseignements tirs avec les responsables de llaboration et de la mise en uvrede la mesure; utiliser ces enseignements pour influer sur la faon dont les interventions futures sont ralises

    s Recourir des audits pour accrotre la responsabilit

    7. Reproduirelintervention

    s Dvelopper ou reproduire les mesures qui se sont rvles efficaces dans un domaine ou unsecteur, en collaborant avec les autres organismes sectoriels ou infranationaux

    Sources: Kojoo 2006; ODI 2004; OCDE, EUWI et WSP 2007.

    Tableau 6.2 Principales tapes dans la mise en uvre des mesures oprationnelles

  • Chapitre 6. Relever les dfis de la mise en

    uvre

    101

    Encadr 6.9 Kenya: Intgration de lenvironnement dans la planification du dveloppement au niveau des districts

    Lintgration des liens entre pauvret et environnement au Kenya a impliqu notam-ment un soutien llaboration de plans daction environnementaux dans trois des neuf districts du Millnaire (expansion du projet des villages du Millnaire qui vise dmontrer que lAfrique rurale peut raliser les OMD grce un dveloppementinduit par la communaut): district de Bondo (province de Nyanza), nord du district de Muranga (province centrale) et sud du district de Meru (province orientale).

    Approche. Les plans daction ont t mis au point conformment aux plans de dveloppement des districts de 2009-2013. Leur laboration a comport les aspects suivants:

    s Planification communautaire, en collaboration avec le World Wide Fund for Nature (WWF)

    s Formation des membres du Conseil de lenvironnement de district, retraites etvisites sur le terrain

    s Rdaction de plans daction environnementaux de district sur la base des rsultats obtenus

    s Missions conjointes du Ministre de la planification et du dveloppement national,de lAutorit nationale de gestion de lenvironnement et de lInitiative Pauvret-Envi-ronnement du PNUD et du PNUE

    s Atelier des parties prenantes pour examiner le projet et laborer une matrice demise en uvre

    s Finalisation des plans eu gard aux rsultats des ateliers et aux commentaires de lAutorit nationale de gestion de lenvironnement

    s Prparation du budget

    s Approbation des plans par le Comit excutif de district

    Bien que certains plans soient plus complets que dautres, le projet a permis daccumu-ler une exprience trs prcieuse et a t tendu dautres districts.

    Enseignements tirs. Parmi les enseignements tirs de cette action, on peut citer lessuivants:

    s Une approche ascendante est difficile, vu que les priorits communautaires nont pas t prises en compte dans le processus de planification au niveau des districts.

    s Ce sont les acteurs locaux qui sont les mieux placs pour fournir un appui aux com-munauts et pour faciliter la planification au niveau des districts.

    En outre, les interactions entre lenvironnement et la planification ont t renforcesgrce au soutien commun des diffrentes institutions.

    Source: Wasao 2007.

  • Chap

    itre

    6.

    Rele

    ver l

    es d

    fis

    de la

    mis

    e en

    uv

    re

    102

    6.4 Renforcer les institutions et les capacits: faire de lintgration des liens entre pauvret et environnement une pratique couranteLobjectif de cette activit est de sassurer que les liens entre pauvret et environnement continueront dtre pris compte terme, une fois que leffort initial sera achev. Lin-tgration de ces questions doit tre une caractristique durable de llaboration des poli-tiques, de la budgtisation, de la mise en uvre et du suivi. Plus prcisment, il sagit dinscrire cette intgration dans les systmes gouvernementaux et institutionnels et de faire mieux comprendre aux personnes qui travaillent dans ces systmes comment elles peuvent amliorer la performance publique et raliser les objectifs concernant la pau-vret et lenvironnement.

    ApprocheCette activit ncessite de bien comprendre les facteurs qui ont permis la russite des efforts prcdents et de ceux qui ont entran des checs ainsi que des processus, pra-tiques, procdures et systmes gouvernementaux et administratifs, afin de mettre au point une approche long terme destine faire de lintgration des liens entre pau-vret et environnement une pratique courante.

    Bilan des efforts prcdents

    Il faut commencer par dresser un bilan de tous les efforts entrepris pour renforcer les institutions et les capacits depuis le dbut de linitiative dintgration des liens entre pauvret et environnement. On citera notamment cet gard lvaluation des besoinsen matire de renforcement des institutions et des capacits ralise durant leffort initial (voir section 4.4) ainsi que les expriences et les enseignements accumuls grceaux tches ralises prcdemment (voir section 5.5).

    Analyse des processus gouvernementaux et institutionnels et laboration dune stratgie

    Tirant parti des informations rassembles tout au long du processus, il y a lieu de dbu-ter llaboration de la stratgie par une analyse solide des processus, pratiques, proc-dures et systmes appliqus rgulirement par les gouvernements et les institutions afin de bien enraciner les efforts prcdents dintgration des liens entre pauvret et envi-ronnement et de rendre cette pratique durable. Les principaux lments prendre en compte dans cette stratgie sont notamment les suivants:

    s Points dentre rcurrents. Parmi les points dentre rcurrents ou les processus rguliers gurent, entre autres, la rvision des documents directeurs, comme le DRSP, la stratgie nationale de dveloppement et les stratgies des plans sectoriels et infranationaux. Lintgration des liens entre pauvret et environnement dans les tudes relatives aux mcanismes nationaux dallocation budgtaire (cadres de dpenses moyen terme) est aussi indispensable an dobtenir des rsultats long terme.

    s Mcanismes de coopration interinstitutionnelle. Des mcanismes propres assurer une implication long terme des organismes chargs de lenvironnement, du nancement, de la planication et des organismes sectoriels et infranationaux doivent tre mis en place. Ces mcanismes peuvent notamment revtir la forme de groupes de travail thmatiques et de runions de parties prenantes ou encore sappuyer sur les comits gouvernementaux existants ou les mcanismes de coordi-nation des donateurs. De nouvelles structures peuvent ainsi tre cres ou bien des

  • Chapitre 6. Relever les dfis de la mise en

    uvre

    103

    mcanismes existants peuvent tre utiliss. Les modalits de fonctionnement de ces mcanismes (frquence des runions, mandat, composition) doivent tre dnies.

    s Rles, ressources humaines et mcanismes de responsabilisation. Les diversorganismes gouvernementaux doivent procder une rpartition des rles (droits et responsabilits) et des ressources humaines au sein de leurs institutions et dnir les mcanismes de responsabilisation et les incitations correspondantes. Ltablissement

    Exemples: Procdures et systmes

    s Circulaires budgtaires s Consultations des parties prenantes, examens par les pairs et examens des dpenses s Formation du personnel s tablissement de rapports et suivi s Commissions parlementaires

    Exemples: Ressources humaines

    s En Rpublique-Unie de Tanzanie, la loi de 2004 sur la gestion de lenvironnement exige que tous les ministres et organismes sectoriels tablissent des units de len-vironnement, mais cette obligation na pas encore t suivie deffets.

    s Dans nombre de pays, des responsables de lenvironnement travaillent au niveau des districts. Il importe de les soutenir dans la coordination de leurs efforts et danslacquisition des comptences et ressources ncessaires.

    Exemples: Approches et instruments

    s Documents de travail ou notes dinformation politique rguliers s tudes et rapports des dpartements s Audits nationaux et programmes de suivi s Instruments de communication s valuations environnementales stratgiques et tudes dimpact sur lenvironnement

    Exemples: Mcanismes institutionnels

    s Au Malawi, le Comit Central a pour mandat de vrifier toutes les nouvelles poli-tiques afin dassurer leur cohrence.

    s En Ouganda, lAutorit Nationale pour la Planification coordonne tous les mca-nismes de planification.

    dunits responsables de lenvironnement dans les ministres sectoriels et les orga-nismes infranationaux, ou le renforcement des units existantes, sont indispensables une intgration efcace des liens entre pauvret et environnement.

    s Procdures et systmes. Lintgration des liens entre pauvret et environnement dans les procdures et systmes gouvernementaux et administratifs et dans les orga-nismes pertinents est une tape ncessaire pour obtenir des rsultats long terme.

  • Chap

    itre

    6.

    Rele

    ver l

    es d

    fis

    de la

    mis

    e en

    uv

    re

    104

    s Approches et instruments. Il est aussi recommand dutiliser de faon systmatique certaines approches et instruments pour suivre les progrs et sensibiliser la question de lintgration des liens entre pauvret et environnement.

    Autres pistes dorientation: ExemplesLe succs de cette dernire activit dpend dans une large mesure de lexprience natio-nale et du niveau dappropriation atteint tout au long de leffort dintgration.

    En outre, les rformes publiques en cours pourraient tre utilement mises profit, notamment pour renforcer la responsabilit et les partenariats. Nombre dacteurs du dveloppement organisent des formations et fournissent des outils pour le renforcement des institutions et des capacits et les pays intresss peuvent utiliser ces instruments ou cooprer avec ces partenaires dans les domaines o cela est ncessaire. Lencadr 6.10 fournit des exemples de pays qui ont tir parti de processus nationaux de dveloppe-ment pour renforcer leurs institutions et capacits.

  • Chapitre 6. Relever les dfis de la mise en

    uvre

    105

    Afrique du Sud: Les femmes analysent le budget et le parlement tient compte de leur avis.La Womens Budget Initiative passe en revue les crdits dans lensemble des secteurs et value sils sont adquats pour rpondre aux engagements politiques. Fonde sur la collaboration entre leparlement et les organisations de la socit civile, cette initiative comporte un lment de sensi-bilisation important, en particulier pour ce qui est des questions dgalit des sexes. Outre quelledmontre comment ce type de partenariat peut accrotre la responsabilit et la transparence des dpenses publiques, elle fait la preuve que lexpertise de la socit civile peut complter les capa-cits publiques et, ce faisant, renforcer la formulation des politiques de manire gnrale.

    quateur: Le dialogue national permet dtablir un consensus sur le dveloppement durable.Dans le cadre de Dialogue21, les outils dinformation et de communication ont dlimit un espacepublic au sein duquel se sont rassembles les forces sociales, politiques, gouvernementales et co-nomiques soucieuses du dveloppement durable. Regroupant leurs efforts, des individus trs diversont dgag un consensus face la crise, renforant la confiance et favorisant une modification des comportements, jusque-l empreints de mfiance et conflictuels. Les organismes extrieurs ont jou un rle de facilitateur, utilis des instruments daide flexibles et adaptables, tir parti des pratiques des institutions locales et instaur la confiance entre les diffrents groupes. Cette exprience peut servir de modle et tre reproduite dans dautres tats fragiles ou en situation de post-crise.

    Kenya: La politique environnementale renforce lintgration. La politique environnementalea t labore en 2008 par un comit directeur national compos dexperts de lenvironnementet du dveloppement. La participation des parties prenantes du gouvernement, de la socitcivile, des communauts et des milieux politiques a t assure au moyen de groupes de travailthmatiques et de consultations. La politique labore vise renforcer les liens entre le secteur environnemental et le dveloppement national. La mise en uvre dpendra des plans et bud-gets sectoriels. Laccent est donc mis sur le renforcement des institutions environnementales, et notamment sur leur collaboration avec les organismes financiers et de planification.

    Mozambique: Un budget efficace favorise la reconstruction aprs les inondations. Suite aux inondations et aux cyclones de 2000 et 2001, les pouvoirs publics ont tabli un programme dereconstruction, dmontrant leur leadership et leur aptitude rallier la communaut internationale et sacquitter de leurs missions de manire efficace et transparente. Cette solide dtermination a incit les donateurs sengager fournir des ressources importantes et intervenir dans une large mesure par le biais des mcanismes nationaux, notamment le budget. Cette dmarche a contribu son tour renforcer la responsabilit et la transparence, tout en vitant des dispositifs de financementcomplexes. Une quipe de travail parlementaire a galement permis dassurer la responsabilit des autorits, non seulement lgard de leurs partenaires extrieurs, mais aussi lgard des lgislateurs.

    Rpublique-Unie de Tanzanie: Des incitations durables pour les agents de la fonction publique contribuent amliorer la prestation de services. Les pouvoirs publics et les donateurs ont joint leurs efforts pour institutionnaliser un systme dincitations au sein de la fonction publique. Le plan d'Amlioration Cible et Acclredes Salaires, qui fait partie intgrante du programme glo-bal de rforme de la fonction publique, vise rpondre aux problmes poss par linsuffisance desincitations incorpores dans les structures salariales dans le contexte plus large de la rforme des rmunrations. Destin remdier au manque de motivation et rpondre la ncessit de dve-lopper les capacits, ce systme vise les agents qui ont la plus grande incidence sur la prestation deservices. Il donne la possibilit aux donateurs dharmoniser leurs pratiques sur la base des pratiques nationales et contribue la rduction des distorsions sur le march du travail local.

    Sources: Lopes et Theisohn 2003; IPE, PNUD-PNUE n.d.

    Encadr 6.10 Renforcement des institutions et des capacits par le biais de processus nationaux de dveloppement

  • Chap

    itre

    6.

    Rele

    ver l

    es d

    fis

    de la

    mis

    e en

    uv

    re

    106

    Ralisations Exemples

    s Indicateurs des liens entre pauvret et environnement de la Rpublique-Unie de Tanzanie (Gouvernement de la Rpublique-Unie de Tanzanie, 2005a)

    Intgration des liens entre pauvret et environnement dans le systme de suivi, notamment dans la collecte et la gestion des donnes

    s Rwanda: Poverty-Environment Indicators and Strategy for Monitoring Them within the Framework of the EDPRS (Indicateurs des liens entre pauvret et environnement et stratgie de suivi de ces indicateurs dans le document de stratgie de rduction de la pauvret) (IPE PNUD-PNUE,Rwanda, 2007a)

    Budgtisation et financement en faveur de la rduction de la pauvret et de lenvironnement

    s Rwanda: Mainstreaming Environmental Issues into Budget Framework Papers: Users Manual (Intgration des questions denvironnement dans les documents cadres budgtaires de lOuganda: Manuel lintention des utilisateurs) (IPE PNUD-PNUE, Ouganda 2007)

    s Augmentation des recettes tires du secteur de lenvi-ronnement

    s Mesures oprationnelles en faveur de la rduction de la pauvret et de l'environnement budgtises et finances divers niveaux

    s Excution du budget pour lintgration des liens entre pauvret et environnement, en accord avec le plan

    Mesures oprationnelles en faveur de la rduction de la pauvret et de lenvironnement efficaces

    s Politique agricole

    s Plans de district intgrant les liens entre pauvret et environnement

    s Reproduction de mesures oprationnelles efficaces

    Intgration des liens entre pauvret et environnement dans les pratiques, procdures et systmes gouverne-mentaux et administratifs comme pratique courante

    s Rwanda: Guidelines for Mainstreaming Environment into the Economic Development and Poverty Reduction Strategy (Directives pour lintgration de lenvironne-ment dans la Stratgie de rduction de la pauvret et de dveloppement conomique) (IPE PNUD-PNUE, Rwanda2007b)

    s Mandats, tablissement de rapports et suivi, forma-tion, circulaires budgtaires

    s Stratgie pour le renforcement des institutions et des capacits long terme

    Implication des parties prenantes et de la communaut du dveloppement

    s Organismes infranationaux, secteur priv et commu-nauts locales

    Tableau 6.3 Rsum: Que signifie Relever les dfis de la mise en uvre ?

  • 9^Wf_jh[-

    107

    Compte tenu de lexprience accumule jusquici, lintgration des liens entrepauvret et environnement exige, pour tre efficace, une approche programma-tique soutenue et adapte aux conditions nationales. Le cadre propos ici com-prend trois composantes, dont chacune suppose une srie dactivits pour lesquelles un ensemble de pratiques, mthodologies et instruments peuvent tre utiliss:

    s Identier les points dentre et dvelopper largumentaire: dterminer les condi-tions de lintgration, cest--dire comprendre les liens entre pauvret et environne-ment ainsi que les contextes gouvernementaux, institutionnels et politiques, an de dnir les rsultats environnementaux favorables aux pauvres quil convient de pri-vilgier, de trouver les points dentre dans la planication du dveloppement et de ddvellopper l les arguments ncessaiires pour conv iaincre d de lla nces isi t d de lliin tgratiiondes liens entre pauvret et environnement.

    s Intgrer les liens entre pauvret et environnement dans les processus dlabora-tion des politiques: prp ene drd e e ene ccomo ptpte e lees s ququesestit ono s s inttreessssana t t laa ppauauvretet etet leenvi-ronnement dans un processus dlaboration des politiques en cours, comme un DSRPou une stratgie sectorielle, sur la base de donnes spciques au pays.

    s Relever les ds de la mise en uvre: assurer lintgration des liens entre pauvretet environnement dans la budgtisation, la mise en uvre et le suivi et faire de cetteintgration une pratique courante.

  • Chap

    itre

    7.

    Conc

    lusi

    on e

    t pro

    chai

    nes

    tap

    es

    108

    Lapproche programmatique recommande dans le prsent manuel doit tre considre comme un modle flexible destin orienter le choix des activits, pratiques, mthodes et instruments utiliser dans une situation nationale particulire.

    Elle fournit aussi un cadre flexible pour les travaux en cours et futurs dans le domaine de lintgration des liens entre pauvret et environnement. En troite collaboration avec leurs partenaires, le PNUD et le PNUE prvoient de tirer parti de ce manuel et dautres documents dorientation dans trois domaines:

    s Les travaux analytiques ncessaires pour soutenir lintgration des liens entre pau-vret et environnement, comme les valuations des besoins en matire de renforce-ment des institutions et des capacits, les valuations intgres des cosystmes, les analyses conomiques, les valuations environnementales stratgiques, lestimation des cots et la budgtisation

    s Lintgration des liens entre pauvret et environnement du point de vue dun enjeu environnemental particulier, comme les changements climatiques, la gestionrationnelle des produits chimiques, la gestion durable des terres, la consommation etla production durables et la gestion des ressources en eau

    s Lintgration des liens entre pauvret et environnement cible sur des secteurs de dveloppement prioritaires comme la sant, lagriculture, la pche, la gestion des terres, la sylviculture, leau et lassainissement, les transports et lnergie, le dvelop-pement industriel, le commerce et lducation

    Des efforts dintgration des liens entre pauvret et environnement dans la planification du dveloppement national tant en cours dans un nombre croissant de pays, la quan-tit dexpriences et denseignements accumuls augmentera rapidement et de faon exponentielle. Pour maintenir les informations jour, le PNUD et le PNUE prvoient dactualiser le prsent manuel et de fournir des documents dorientation et techniques connexes. Pour accder aux autres documents publis par lquipe IPE du PNUD-PNUE, veuillez consulter le site www.unpei.org.

    Il faudra du temps et un effort soutenu pour que les proccupations concernant les liens entre pauvret et environnement jouent un rle central dans la planification du dve-loppement et la mise en uvre. Mais, dans nombre de pays, les chefs de file font des progrs significatifs: les organismes environnementaux tenus gnralement lcart de laction de dveloppement ont trouv des points dentre dans les processus dlabora-tion des politiques au niveau national, la contribution de lenvironnement a t systma-tiquement prise en compte dans les DSRP, des arguments conomiques ont t utiliss pour convaincre les dcideurs daccrotre linvestissement et des organismes sectoriels cls ont pris en compte les liens entre pauvret et environnement dans leurs program-mes au niveau sous-national.

    Les praticiens doivent persvrer dans cette voie, car leur travail contribue assurer que lenvironnement et les ressources naturelles sont grs de manire rduire la pauvret, encourager le dveloppement conomique durable et favoriser la ralisation des objectifs du Millnaire pour le dveloppement.

  • Abrviations et acronymes

    DSRP Document de stratgie de rduction de la pauvretIPE Initiative Pauvret-EnvironnementFEM Fonds pour lenvironnement mondialMDP Mcanisme pour un dveloppement propreMKUKUTA Stratgie nationale pour la croissance et la rduction de la pauvret

    (Rpublique-Unie de Tanzanie)OCDE Organisation de coopration et de dveloppement conomiquesOMD Objectif du Millnaire pour le dveloppementONG Organisations non gouvernementalesPIB Produit intrieur brutPNUD Programme des Nations Unies pour le dveloppementPNUE Programme des Nations Unies pour lenvironnementSRPDE Stratgie de rduction de la pauvret et de dveloppement conomique

    (Rwanda)

    109

  • 111

    Glossaire

    Acteur non gouvernemental. Tout acteur qui ne fait pas partie de ltat, au sens large, y compris les reprsentants de la socit civile, des universits, des entreprises et de lindustrie, le public en gnral et les communauts locales, ainsi que les mdias. Voir aussi Socit civile et Parties prenantes.

    Adaptation aux changements climatiques. Ajustement des systmes naturels ouhumains en rponse des stimuli climatiques prsents ou futurs ou leurs effets, afin den attnuer les consquences dommageables ou den exploiter les retombes bnfi-ques. Divers types dadaptation peuvent tre distingues, notamment ladaptation antici-pe ou ractive et ladaptation autonome et planifie.

    Analyse cots-avantages. Analyse comparative de la valeur actualise des flux cono-miques des avantages et des cots dune activit, dun projet, dun programme ou dune mesure sur une priode dtermine (horizon temporel). Des limites sont fixes cette analyse afin dindiquer les effets qui sont couverts. Les rsultats de lanalyse cots-avan-tages sont gnralement prsents sous la forme dune valeur actualise nette, dun rap-port cots-avantages et ou dun rapport de rentabilit interne, qui est le taux auquel la valeur actualise des avantages est exactement gale la valeur actualise des cots. Si le taux de rentabilit interne est plus lev que le cot du capital ou quun taux dintrt prdtermin, le projet, le programme ou la mesure oprationnelle est rentable (Dixon et Sherman 1991). Voir aussi Analyse conomique.

    Analyse cots-efficacit. Technique danalyse qui vise estimer les avantages et seconcentre sur les moyens datteindre un objectif au moindre cot. Cette approche est gnralement utilise pour des projets, des programmes et des politiques sociaux ou environnementaux, pour lesquels les avantages de la ralisation dun objectif sont diffi-ciles valuer ou identifier (Dixon 2008; Dixon et Sherman 1991). Voir aussi Analyse conomique.

    Analyse conomique. Processus dtude et dexplication au sens large des tendances,des phnomnes et des informations qui revtent un caractre conomique. Lanalyse conomique peut quantifier la contribution que lenvironnement apporte lconomie dun pays, par le biais des recettes, de la cration demplois et de lutilisation directe et indirecte des ressources par la population. En dmontrant les valeurs multiples de len-vironnement, exprimes la fois en termes montaires et en termes non montaires, lanalyse conomique peut contribuer persuader les principaux responsables que la gestion durable de lenvironnement les aidera raliser les objectifs de dveloppement, comme la rduction de la pauvret, la scurit alimentaire, ladaptation aux changements

  • 112

    climatiques et dautres mesures du bien-tre humain. Voir aussi Analyse cots-avantageset Analyse cots-efficacit et valuation montaire environnementale.

    Approche programmatique. Approche moyen ou long terme qui couvre une srie dactivits se compltant les unes des autres dans le but de crer des synergies et dob-tenir des rsultats long terme.

    Attnuation des changements climatiques. Intervention humaine visant rduire les sources ou renforcer les puits des gaz effet de serre. (GIEC 2009).

    Budgtisation. Mcanisme par lequel sont dcids le montant des dpenses publiques engager dans les annes ou lanne venir et leur rpartition. Le mcanisme de bud-gtisation diffre normment dun pays lautre et comprend plusieurs volets: examen, prparation, soumission, rpartition, approbation, excution et suivi et tablissement des rapports budgtaires (Economist 2009). Voir aussi Cadre de dpenses moyen terme.

    Cadre de dpenses moyen terme. Systme de budgtisation comprenant une esti-mation descendante des ressources globales disponibles pour des dpenses publiques moyen terme compatibles avec la stabilit macroconomique; une estimation ascendante du cot de la mise en uvre des politiques, existantes et nouvelles; et un cadre conciliant ce cot avec les ressources globales. Ce cadre est moyen terme car il fournit des donnes sur une base prospective pour lexercice budgtaire (n + 1) et pour les exercices suivants (n + 2 et n + 3). Il sagit dun cadre qui se rpte chaque anne et vise rduire les ds-quilibres entre ce qui est finanable et ce qui est demand par les ministres. Le terme utilis diffre suivant les pays; outre le cadre de dpenses moyen terme , dautres expressions peuvent tre utilises, notamment le cadre de dpenses pluriannuelles, le bud-get pluriannuel, le budget prvisionnel, les estimations pluriannuelles et les estimations prvisionnelles (Petkova et Bird 2008). Voir aussi Budgtisation.

    Champion (chef de file) (de lintgration pauvret-environnement). Praticienqui prend la responsabilit de prner lintgration des considrations relatives la pau-vret et lenvironnement dans la planification du dveloppement aux niveaux national, sectoriel et infranational. Parmi les champions peuvent figurer des dcideurs de haut niveau et des responsables gouvernementaux qui servent dambassadeurs de lintgra-tion des liens entre pauvret et environnement.

    Changements climatiques. Variation statistiquement significative de ltat moyen du climat ou de sa variabilit, persistant pendant une priode prolonge (gnralement des dcennies ou plus). Dans son article premier, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques dfinit les changements climatiques comme des change-ments de climat qui sont attribus directement ou indirectement une activit humaine altrant la composition de latmosphre mondiale et qui viennent sajouter la variabi-lit naturelle du climat observe au cours de priodes comparables . La Convention faitainsi une distinction entre les changements climatiques attribuables lactivit humaine altrant la composition de latmosphre et la variabilit du climat imputable des cau-ses naturelles (GIEC 2009).

    Communication nationale. Rapport national la Confrence des Parties la Conven-tion-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Dans ces communica-tions sont prsents essentiellement des informations sur les missions de gaz effet de serre et leur suppression ainsi que des dtails sur les activits de mise en uvre de la Convention. Gnralement, elles contiennent aussi des informations sur la situation nationale, lvaluation de la vulnrabilit, les ressources financires et le transfert de

  • 113

    technologies ainsi que lducation, la formation et la sensibilisation du public. Le Fondspour lenvironnement mondial fournit une assistance financire aux pays non inscrits lannexe 1 pour ltablissement de leurs communications nationales (CCNUCC 2008c).

    Comptabilit environnementale. Prise en compte de la valeur de lenvironnement la fois dans la comptabilit nationale et dans la comptabilit des socits. Par comptabi-lit nationale, on entend les comptes physiques et montaires des actifs environnemen-taux et les cots de leur puisement ou de leur dgradation. La comptabilit des socits dsigne gnralement laudit environnemental mais peut aussi couvrir le cot de lim-pact sur lenvironnement des activits dune socit (OCDE 1997).

    Consommation et production durables. Production et utilisation de biens et de ser-vices pour rpondre aux besoins fondamentaux et assurer une meilleure qualit de vie, tout en minimisant lutilisation des ressources naturelles, des matriaux toxiques et des missions de dchets et de polluants sur le cycle de vie de faon ne pas compromettre laptitude de lenvironnement rpondre aux besoins des gnrations futures (Ministre norvgien de lenvironnement 1994).

    Croissance conomique favorable aux pauvres (pro-pauvres). Croissance quibnficie aux pauvres en termes absolus, compte tenu de son taux et de son profil de distribution (Kraay 2003; Banque mondiale 2007b). Ignorer la qualit de la croissance et en particulier lrosion des actifs environnementaux des pauvres nuit la croissance elle-mme et son efficacit dans la rduction de la pauvret, mme si les gains cono-miques court terme peuvent tre accrus (DFID et al. 2002).

    Dveloppement durable. Dveloppement qui rpond aux besoins du prsent sans compromettre laptitude des gnrations futures faire face leurs propres besoins (Brundtland 1997). Le dveloppement durable est indissociable de la durabilit cono-mique, de la durabilit environnementale et de la durabilit sociale, qui peuvent tre assures en grant rationnellement le capital physique, naturel et humain (PNUE 2007b).

    Dveloppement conomique. Changement qualitatif et restructuration de lconomie dun pays au gr des progrs technologiques et sociaux. Le principal indicateur du dve-loppement conomique est laugmentation du produit intrieur brut (PIB) par habitant (ou du produit national brut par habitant), refltant une augmentation de la productivit conomique et du bien-tre matriel moyen de la population dun pays. Le dveloppement conomique est troitement li la croissance conomique (Banque mondiale 2004a).

    Document directeur. Plan stratgique de haut niveau couvrant lensemble des objec-tifs, cibles et stratgies de mise en uvre. Parmi les exemples de documents directeurs figurent les documents de stratgie de rduction de la pauvret (DSRP), les stratgies relatives aux Objectifs du Millnaire pour le dveloppement et les stratgies et plans sectoriels et infranationaux.

    Document de stratgie de rduction de la pauvret. Document rdig par le pays et son initiative, qui sert de base laide de la Banque mondiale et du Fonds montaireinternational ainsi quaux oprations dallgement de la dette dans le cadre de lInitia-tive pour les pays pauvres trs endetts. Un DSRP dcrit les politiques et programmes macroconomiques, structurels et sociaux dun pays visant encourager la croissance ainsi que les objectifs, les politiques, les interventions et les programmes en faveur de la rduction de la pauvret (PNUE 2007b). Les DSRP dcrivant les objectifs, politi-ques, interventions et programmes nationaux sont considrs comme des documents directeurs.

  • 114

    Durabilit environnementale. Aptitude des ressources naturelles et environnemen-tales et des services cosystmiques contribuer au bien-tre humain long terme. Se proccuper de la durabilit environnementale, cest reconnatre non seulement les retombes sur lenvironnement aujourdhui mais aussi la ncessit de prserver un capi-tal naturel suffisant pour rpondre aux besoins futurs (WRI 2005).

    Dysfonctionnement du march. Situation dans laquelle les rsultats du march ne sont pas efficients. Il y a dysfonctionnement du march lorsque les prix ne refltent pas intgralement les vritables cots ou avantages sociaux. Dans ce cas, une solution fon-de sur le march se traduit par une allocation inefficiente ou socialement peu souhaita-ble des ressources. Si les avantages des aires protges sont sous-estims, par exemple, on protgera une superficie de la zone moindre que ne le justifieraient les considrations sociales (OCDE 1997; Dixon et Sherman 1991).

    change de crdits carbone. Approche fonde sur le march pour la ralisation dobjectifs environnementaux et permettant ceux qui rduisent leurs missions de gaz effet de serre au-dessous du niveau requis dutiliser ou dchanger les rductions en excdent pour compenser les missions dune autre source lintrieur ou lex-trieur du pays. En gnral, les changes peuvent intervenir entre des entreprises, au niveau national et au niveau international. Le deuxime rapport dvaluation du Groupeintergouvernemental dexperts sur lvolution du climatique a adopt pour convention lutilisation du mot permis pour les systmes dchange nationaux et du mot quota pour les systmes dchange internationaux. En vertu de larticle 17 du Protocole deKyoto, les changes de droits dmission viennent en complment des mesures prises au niveau national pour remplir les engagements chiffrs de limitation et de rduction des missions pris par les Parties vises lannexe b du Protocole (GIEC 1995, CCNUCC 1998). Voir aussi Mcanisme pour un dveloppement propre.

    cosystmes. Systme complexe o des organismes vivants (plantes, animaux et micro-organismes) interagissent avec leur environnement physique pour former une unit fonctionnelle (M 2005). Les limites des cosystmes sont arbitraires et dpendent plutt de lobjet de la question scientifique, de gestion ou politique considre. Ainsi, un cosystme peut se limiter un lac ou un bassin de captage ou stendre une rgion tout entire (WRI 2005).

    Environnement. Les composantes biologiques (biodiversit) et non biologiques dumonde naturel et les interactions entre elles, qui ensemble soutiennent la vie sur terre. Lenvironnement fournit des biens (voir aussi Ressources naturelles) et des services (voir aussi Services cosystmiques) utiliss pour la production alimentaire, lnergie et les matires premires. Il reoit et recycle aussi partiellement les dchets de lconomie et est une source importante dacti-vits rcratives, de valeurs spiri-tuelles et esthtiques et dautres amnits (DFID et al. 2002). Par ailleurs, il est soumis des risques, comme les catastrophes naturelles, les inondations et les scheresses ainsi qu des dgra-dations (par exemple rosion des sols, dboisement)

    Ressources naturelles

    Services cosystmiques

    Environnement

  • 115

    Estimation de cot (tarification). Processus dvaluation, par le biais destimations, de modles mathmatiques et de la prvision des besoins futurs, du cot de la mise en uvre dune mesure oprationnelle spcifique ou de la ralisation dun objectif ou dune cible par le biais dun ensemble de mesures oprationnelles.

    tude dimpact sur lenvironnement. tude ralise pour dterminer les inciden-ces probables sur lenvironnement (positives et ngatives) dun projet, afin dvaluer les diffrentes options possibles et de mettre en place des plans dattnuation des effets sur lenvironnement dun projet risquant davoir des incidences ngatives importantes (PNUE 2007b).

    valuation de la pauvret des mnages. Collecte et analyse de donnes sur lesdterminants de la pauvret. Dans ces donnes figurent de plus en plus des facteurs environnementaux, comme laccs leau et lnergie (Brocklesby et Hinshelwood 2001).

    valuation des capacits. Analyse des capacits actuelles par rapport aux capacitsfutures souhaites, lobjectif tant de mieux comprendre les atouts et les besoins dans ce domaine et de formuler des stratgies de renforcement des capacits (PNUD 2007). Voiraussi Renforcement des institutions et des capacits.

    valuation des cosystmes pour le Millnaire. valuation globale des cosyst-mes du monde et des consquences de leurs modifications pour le bien-tre humain, dont la ralisation a t demande par le Secrtaire gnral de lOrganisation des Nations Unies. De 2001 2005, plus de 1 300 experts partout dans le monde y ont contribu. Leurs conclusions permettent de disposer dune analyse scientifique de pointe de ltat et de lvolution des cosystmes mondiaux et des services quils four-nissent ainsi que des bases scientifiques indispensables la mise en uvre des mesures requises pour les conserver et les utiliser de faon durable. Ce travail a t achev en 2005 avec la publication dun rapport (M 2005, 2007).

    valuation montaire environnementale. Processus consistant attribuer unevaleur montaire aux biens et services environnementaux qui nont pas de prix accepts ou dont les prix marchands sont fausss. Il existe un large ventail de techniques dva-luation adaptes aux diffrents besoins (par exemple, techniques fondes sur les enqu-tes, variations de la production, mthode des prix hdonistes et marchs suppltifs) (Dixon 2008; Dixon et Sherman 1991). Voir aussi Analyse conomique.

    valuation environnementale stratgique. Ensemble dapproches analytiques et participatives qui visent intgrer les considrations denvironnement dans les politi-ques, plans et programmes et valuer les interactions avec les considrations cono-miques et sociales. Ce type dvaluation sappuie sur une varit dinstruments adapts au contexte ou au processus auquel elle est applique (OCDE 2006a). Utilise dans le contexte de lintgration des liens entre pauvret et environnement, une valuation envi-ronnementale stratgique peut aussi tre utile dans le cadre dun examen systmatique dun processus ou dun document directeur afin didentifier les incidences relatives sur la pauvret et lenvironnement et daffiner les priorits en consquence.

    valuation intgre des cosystmes. valuation de ltat et de lvolution dun cosystme; des services quil fournit (par exemple, eau potable, nourriture, produits forestiers et contrle des inondations); et des options de restauration, de conservation ou damlioration de lutilisation durable de cet cosystme, grce des mthodes int-gres de recherche fondes sur les sciences sociales et naturelles (M 2005).

  • 116

    laboration intgre des politiques pour le dveloppement durable. Cadre deprise en compte des principaux objectifs du dveloppement durable dveloppement conomique, rduction de la pauvret et protection de lenvironnement dans llabora-tion des politiques. Llaboration intgre des politiques pour le dveloppement durable va au-del de lvaluation et couvre lensemble du processus, y compris la fixation du calendrier, la mise au point des mesures, la prise de dcision et la mise en uvre et lvaluation (PNUE 2008a).

    Examen des dpenses publiques. Examen du budget de ltat visant habituellement, eu gard aux proccupations du secteur public en gnral, analyser et prvoir les recet-tes fiscales; dterminer le niveau et la composition des dpenses publiques; valuer la rpartition des crdits entre les secteurs et au sein des secteurs (agriculture, ducation, sant, routes); et passer en revue les entreprises publiques financires et non financi-res, la structure de gouvernance et le fonctionnement des institutions publiques (Banque mondiale 2007b).

    Indicateurs pauvret-environnement. Mesure des liens entre la pauvret et lenvi-ronnement, que ces liens reprsentent des relations causales entre la pauvret et lenvi-ronnement ou quils dcrivent la faon dont les conditions environnementales influent sur les moyens de subsistance, sur la sant et sur la capacit de rsistance des pauvres face aux risques environnementaux ainsi que sur le dveloppement conomique de manire plus gnrale.

    Intgration. Processus visant prendre en compte systmatiquement une valeur, une ide ou un thme donn dans tous les domaines dun travail ou dans tous les aspects dun systme. Lintgration implique un processus itratif de changement dans la culture et les pratiques des institutions (DFID et al. 2002).

    Intgration de lenvironnement. Intgration des considrations environnementales dans les politiques, programmes et oprations afin dassurer la durabilit et de mieux harmoniser les proccupations environnementales, conomiques et sociales (Commis-sion europenne 2007).

    Intgration des liens entre pauvret et environnement. Processus itratif deprise en compte des liens entre pauvret et environnement dans llaboration des politiques, la budgtisation et la mise en uvre aux niveaux national, sectoriel et infra-national. Il sagit dun effort pluriannuel et multipartite tmoignant de la contribution de lenvironnement au bien-tre humain, la croissance conomique favorable aux pauvres et la ralisation des Objectifs du Millnaire pour le dveloppement. Il exige la coop-ration avec les acteurs gouvernementaux (cabinet du chef de ltat, organismes chargs de lenvironnement, du financement et de la planification, organismes sectoriels et infranationaux, partis politiques et parlement, bureau national de statistique et systme judiciaire), les acteurs non gouvernementaux (socit civile, milieux universitaires, entre-prises et industrie, public en gnral et communauts locales et mdias) et les acteurs du dveloppement.

    Jumelage. Cadre par lequel des organisations peuvent travailler avec leurs homologuesdun autre pays ou dune rgion diffrente dans un intrt mutuel, grce un change direct dexpriences nationales et de bonnes pratiques. Le jumelage est normalementutilis comme mcanisme pour le renforcement des institutions et des capacits et le dveloppement des structures administratives, des ressources humaines et des com-ptences en matire de gestion ncessaires pour administrer ou mettre en uvre une action ou un projet spcifique. Il peut comprendre des visites dtude et des changes

  • 117

    dexperts, mais il peut aussi intervenir par la voie lectronique change par Internet dexpriences nationales (Commission europenne 2008).

    Liens entre pauvret et environnement. Relations troites existant entre les fac-teurs de pauvret et denvironnement, tels quelles sont refltes dans les moyens de subsistance, la rsistance face aux risques environnementaux, la sant et le dvelop-pement conomique. Les liens entre pauvret et environnement sont dynamiques et spcifiques au contexte, dpendant de lemplacement gographique, de lchelle et des caractristiques conomiques, sociales et culturelles des individus, des mnages et des groupes sociaux. Le sexe et lge du chef de mnage (femme ou homme, adulte ou jeune) constituent des facteurs cls influant sur ces liens (Brocklesby et Hinshelwood 2001; PNUD et Commission europenne 2000; IPE PNUD-PNUE 2007).

    Mcanisme pour un dveloppement propre. Mcanisme tabli en vertu du Proto-cole de Kyoto, qui permet aux pays industrialiss ayant contract un engagement de rduction des gaz effet de serre dinvestir dans des projets qui rduisent les missions dans les pays en dveloppement plutt que de raliser eux-mmes des rductions des missions plus coteuses. Dans la pratique, les pays industrialiss financent, dans les pays en dveloppement, des investissements dans les domaines de lnergie renouvela-ble (nergie olienne, hydrolectricit et biomasse, par exemple), de lamlioration des processus industriels et de lefficacit nergtique, de lamlioration de la gestion des dchets (gaz de dcharges, par exemple) ou de lagriculture (CCNUCC 2008a). Voir aussichange de crdits carbone.

    Mesure oprationnelle. Intervention visant soutenir les nouvelles politiques ou lesmodifications des politiques existantes, ainsi que les rformes sectorielles (par exemple, politique agricole) et publiques (par exemple, participation au processus dcisionnel) plus larges, afin damliorer la gestion de lenvironnement au service des pauvres. Les mesures oprationnelles peuvent tre mises en uvre aux niveaux national, sectoriel et infranational.

    Moyens de subsistance. Actifs et activits requis pour sassurer de quoi vivre. Dans les actifs entrent les comptences et les capacits des individus (capital humain), les biens fonciers, lpargne et les quipements (capital naturel, financier et physique, respective-ment) ainsi que les groupes de soutien formels ou les rseaux informels qui soutiennent les activits entreprises (capital social). Un moyen de subsistance est durable sil permet de faire face et de de se remettre des situations de stress et des chocs et de conserver ou daccrotre ses capacits et ses atouts, court et long terme, sans mettre en danger la base de ressources naturelles (DFID 2001).

    Paiement pour les services cosystmiques/environnementaux. Tout dispositif par lequel les bnficiaires des services cosystmiques compensent les prestataires de ces systmes. Les systmes de paiement peuvent consister en un arrangement mar-chand entre des acheteurs et des vendeurs consentants, par lintermdiaire dune grande entit prive ou publique, ou bien tre induit par ltat (WWF 2008).

    Partie prenante. Toute partie implique dans une activit particulire, notammenttout groupe ou individu qui a un intrt dans lactivit en question. Parmi les parties prenantes figurent les acteurs gouvernementaux (cabinet du chef de ltat, organis-mes chargs de lenvironnement, du financement ou de la planification, organismes sectoriels et infranationaux, partis politiques et parlement, bureau national de statis-tique et systme judiciaire), les acteurs non gouvernementaux (socit civile, milieux universitaires, entreprises et industrie, public en gnral et communauts locales et

  • 118

    mdias) et la communaut du dveloppement. Voir aussi Socit civile et Acteur non gouvernemental.

    Pauvret. Concept multidimensionnel de dnuement, dsignant labsence de revenus et dautres moyens matriels; un accs insuffisant aux services sociaux de base, comme lducation, la sant et leau potable; labsence de scurit personnelle; limpossibilit de participer aux processus politiques ainsi quaux dcisions affectant leurs vies; et lex-trme vulnrabilit face aux chocs extrieurs (DFID et al. 2002).

    Planification du dveloppement national. Ensemble dactivits allant de lla-boration dun plan jusqu sa mise en uvre et visant organiser le dveloppement conomique autour dun cadre cohrent dobjectifs et de moyens. Dans le contexte de lintgration des liens entre pauvret et environnement, la planification dsigne les travaux prparatoires (par exemple, la ralisation des valuations et la mise en place de mcanismes de travail); llaboration des politiques (y compris les rformes publiques et les mesures oprationnelles); ainsi que la budgtisation, le suivi et la mise en uvre, divers niveaux: national, sectoriel et infranational.

    Point dentre. Possibilit dinfluer sur les dcideurs afin quils intgrent les questionsde pauvret et denvironnement dans le processus considr. Parmi les points den-tre possibles, on peut citer la formation ou la rvision dun document de stratgie de rduction de la pauvret, un plan de dveloppement national, une stratgie nationale de dveloppement fonde sur les Objectifs du Millnaire pour le dveloppement ou les processus de mise en uvre connexes. Llaboration ou la rvision de stratgies ou plan sectoriels, comme un plan sectoriel agricole, constitue une autre possibilit. De mme, le dbut du processus national dallocation budgtaire (par exemple examen des dpenses moyen terme) ou le lancement des mcanismes de consultation nationaux pertinents peuvent se rvler un excellent point dentre pour lintgration des liens entre pauvretet environnement.

    Praticiens. Toute partie prenante, gouvernementale ou non gouvernementale, acti-vement implique dans les domaines de lenvironnement, du dveloppement et de la rduction de la pauvret.

    Produit intrieur brut (PIB). Valeur de lensemble des biens et des services produits sur le territoire dun pays donn, quelle que soit la nationalit des producteurs (Dixon et Sherman 1991).

    Programme daction national dadaptation. Processus par lequel les pays les moinsavancs dfinissent les activits prioritaires mener pour rpondre leurs besoins urgents et immdiats concernant ladaptation aux changements climatiques. Ce pro-gramme tient compte des mesures correctrices dj mises en place au niveau commu-nautaire et en tire parti pour mettre en vidence les activits prioritaires. Le Fonds pour lenvironnement mondial est le mcanisme de financement des programmes dactionnationaux dadaptation (CCNUCC 2008b).

    Rapport cots-avantages. Rapport entre les avantages actualiss et les cots actuali-ss dune activit, dun projet, dun programme ou dune mesure oprationnelle. Si ce rapport est gal un ou plus, la valeur actualise des avantages est suprieure la valeur actualise des cots; lactivit, le projet, le programme ou la mesure oprationnelle gnre donc des avantages nets, cest--dire est rentable (Dixon et Sherman 1991). Voir aussi Analyse cots-avantages.

  • 119

    Rforme fiscale environnementale. Impts, taxes et tarifs destins amliorer lagestion environnementale, y compris les taxes sur lexploitation des ressources naturel-les (par exemple, forts, minerais, pche), les redevances et les droits dutilisation (par exemple, redevances sur leau, tarifs des parkings, permis ou licences pour lutilisation de ressources naturelles ou de lenvironnement), les taxes ou redevances sur les mis-sions polluantes (par exemple, pollution atmosphrique) et les rformes des subventions (par exemple, sur les pesticides, leau et lnergie).

    Renforcement ou dveloppement des institutions et des capacits. Processus par lequel les aptitudes des individus, des organisations et des socits sacquitter de fonctions, rsoudre des problmes et fixer et raliser des objectifs de manire dura-ble sont tablies, renforces, adaptes et prserves au fil du temps. Il sagit de gnrer des interactions et des valeurs qui permettront aux individus, aux organisations et aux socits damliorer leur performance et de raliser leurs objectifs de dveloppement. Cet effort peut ncessiter des changements au sein dun tat, de la socit civile ou du secteur priv ainsi que des changements dans les processus qui renforcent la coop-ration entre les diffrents groupes de la socit. Le dveloppement des capacits est un concept plus large que le dveloppement organisationnel, car il vise lensemble du systme, de lenvironnement ou du contexte dans lequel les individus, les organisations et la socit oprent et interagissent. Voir aussi valuation des capacits.

    Ressources naturelles. Actifs naturels (y compris les matires premires) se trouvant dans la nature et pouvant tre utiliss pour la production ou la consommation conomi-ques (OCDE 1997). Voir aussi Environnement ett Services cosystmiques.

    Suivi des liens entre pauvret et environnement. Mesures et observations conti-nues et rgulires des liens entre pauvret et environnement, par exemple pour des actions de mise en garde et de contrle (OCDE 1997).

    Services cosystmiques. Les bienfaits que les hommes obtiennent des cosystmes. Ces services comprennent notamment:

    s les services dapprovisionnement. Les produits que procurent les cosystmes, tels que les ressources gntiques, la nourriture et les bres et leau douce

    s les services de rgulation. Les bienfaits dcoulant de la rgulation des processus lis aux cosystmes, tels que la rgulation du climat, de leau et de certaines maladies humaines

    s les services culturels. Les bienfaits non matriels que procurent les cosystmes travers lenrichissement spirituel, le dveloppement cognitif, la rexion, les loisirs et lexprience esthtique, tels que les systmes de savoir, les relations sociales et les valeurs esthtiques

    s les services de soutien. Les services ncessaires la production de tous les autres services fournis par les cosystmes, tels que la production de biomasse, la produc-tion doxygne atmosphrique, la formation et la rtention des sols, le cycle des l-ments nutritifs, le cycle de leau et loffre dhabitat

    Lespce humaine, si elle est protge des changements environnementaux grce la culture et la technologie, est fondamentalement tributaire des services cosystmiques (M 2005). Voir aussi Environnement et Ressources naturelles.

    Socit civile. Composantes sociales et civiques volontaires de la socit. En 1992, la Confrence des Nations Unies sur lenvironnement et le dveloppement, les

  • 120

    gouvernements sont convenus de dfinir comme suit les principaux groupes de la socit civile: agriculteurs, femmes, communauts scientifique et technologique, enfants et jeunes, populations autochtones et leurs communauts, travailleurs et syndicats,entreprises et industrie, organisations non gouvernementales et autorits locales. Depuis lors, le concept de socit civile a continu dvoluer, avec des vues diffrentes sur la faon dont il doit tre dfini. Pour ce qui est du domaine de lenvironnement, on peut distinguer les aires dintervention de la socit civile suivantes: prestation de services; reprsentation, plaidoyer et contribution politique; renforcement des capacits et fonc-tions sociales (PNUE 2004). Voir aussi Acteur non gouvernemental et Partie prenante.

    Valeur actualise nette. Valeur prsente des avantages et des cots dun projet,dun programme ou dune mesure oprationnelle stalant sur une priode dtermine. Un taux dactualisation est utilis pour rduire les avantages ou les cots futurs leur quivalent du prsent. La valeur actualise nette est exprime en termes montaires et indique limportance des avantages nets gnrs par un projet au fil du temps. Une valeur actualise nette suprieure zro implique des avantages positifs nets (Dixon et Sherman 1991). Voir aussi Analyse cots-avantages.

    Valeur de transmission. Avantage personnel ou social tir par la prsente gnrationde la transmission dune ressource aux gnrations futures pour quelles puissent en bnficier. Les valeurs de transmission sont lune des raisons pour lesquelles les zones naturelles ou les espces sont protges par une gnration pour les gnrations futures (Dixon et Sherman 1991).

    Vritables conomies. conomies (revenu non utilis pour la consommation cou-rante) ralises une fois que lpuisement des ressources naturelles et les dommages environnementaux sont dduits des conomies brutes dun pays (Banque mondiale 2004a).

  • 121

    Rfrences

    Assey, Paschal, Stephen Bass, Blandina Cheche, David Howlett, George Jambiya, Idris Kikula, Servacius Likwelile, Amon Manyama, Eric Mugurusi, Ruzika Muheto et Longinus Rutasitara. 2007. Environment at the Heart of Tanzanias Development: Lessons from Tanzanias National Strategy for Growth and Reduction of Poverty (MKUKUTA). NaturalResources Issues Series No. 6. Londres: Institut international pour lenvironnement et le dveloppement (www.unpei.org/PDF/TZ-Environment-heart-of-dev.pdf, consult le 22 fvrier 2009).

    BAD (Banque asiatique de dveloppement). 2000. Country Economic Review: Cambodia (www.adb.org/Documents/CERs/CAM/cam0101.asp, consult le 23 fvrier 2009).

    . 2001. The Contribution of Fisheries to the Economies of Pacific Island Countries (www.adb.org/documents/reports/contribution_fisheries_pacific_economies/contribution_fisheries.pdf, consult le 23 fvrier 2009).

    Banque mondiale. 2004a. Au-del de la croissance conomique: Glossaire (www.worldbank.org/depweb/french/beyond/global/glossary.html, consult le 25 fvrier 2009).

    . 2004b. Sustaining Forests: A Development Strategy. Washington: Banque mondiale.

    . 2005. Program Document for Mexico Second Programmatic Environment Development Policy Loan. Washington: Banque mondiale.

    . 2006. Where is the Wealth of Nations? Measuring Capital for the 21st Century.Washington: Banque mondiale.

    . 2007a. Ghana Country Environment Analysis Report. Washington: Banque mondiale.

    . 2007b. What Is Pro-Poor Growth? (http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/TOPICS/EXTPOVERTY/EXTPGI/0,,contentMDK:20292383~menuPK:524081~pagePK:148956~piPK:216618~theSitePK:342771,00.html, consult le 26 fvrier 2009).

    . 2008. Troisime Forum de haut niveau sur lefficacit de laide: Programme daction dAccra (http://siteresources.worldbank.org/ACCRAEXT/Resources/4700790-1217425866038/AAA-4-SEPTEMBER-FINAL-16h00.pdf, consult le 26 fvrier 2009).

    Beck, T. et C. Nesmith. 2001. Building on Poor Peoples Capacities: The Case of Common Property Resources in India and West Africa. World Development 29(1):119133.t

    Boj, J., K. Green, S. Kishore, S. Pilapitiya et R. C. Reddy. 2004. Environment in Poverty Reduction Strategies and Poverty Reduction Support Credits. Document de travail No. 102. Washington: Banque mondiale.

    Boj, J. et R. C. Reddy. 2003. Status and Evolution of Environmental Priorities in the Poverty Reduction Strategies: An Assessment of Fifty Poverty Reduction Strategy Papers.Document de travail No. 93. Washington: Banque mondiale.

    Borchers, M. et W. Annecke. 2005. Poverty-Environment-Energy Linkages in Rwanda. Note dinformation tablie pour le Programme des Nations Unies pour lenvironnement par Sustainable Energy Africa (www.unpei.org/PDF/Rwanda-Pov-env-energy-linkages.pdf, consult le 22 fvrier 2009).

  • 122

    Brack, D. 2006. Illegal Logging Briefing Paper. Londres: Chatham House.

    Brocklesby, M. A. et E. Hinshelwood. 2001. Poverty and the Environment: What the Poor Say An Assessment of Poverty-Environment Linkages in Participatory Poverty Assessments. Swansea (Royaume-Uni): University of Wales Swansea, Centre for Development Studies.

    Brundtland, G., ed. 1987. Notre Avenir tous: Rapport de la Commission mondiale sur lenvironnement et le dveloppement (t www.worldinbalance.net/agreements/1987-brundtland.php, consult le 26 fvrier 2009).

    CCNUCC (Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques). 1998. Protocole de Kyoto la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (http://unfccc.int/resource/docs/convkp/kpeng.pdf, consult le 25 fvrier 2009).

    . 2008a. About Clean Development Mechanism (CDM) (http://cdm.unfccc.int/about/index.html, consult le 25 fvrier 2009).

    . 2008b. National Adaptation Programmes of Action (http://unfccc.int/national_reports/napa/items/2719.php, consult le 26 fvrier 2009).

    . 2008c. Rapports nationaux (http://unfccc.int/national_reports/items/1408.php,consult le 26 fvrier 2009).

    Cesar, H. 1996. The Economic Value of Indonesian Coral Reefs. Washington: Banque mondiale.

    CIFOR (Centre de recherche forestire internationale). 2006. The Future of Indonesias Forests(www.cifor.cgiar.org/PressRoom/MediaRelease/2006/2006_04_26.htm, consult le 25 fvrier 2009).

    Commission europenne. 2007. Manuel dintgration de lenvironnement (http://ec.europa.eu/teuropeaid/multimedia/publications/publications/thematic/environmental-integration-handbook_fr.htm, consult le 26 fvrier 2009).

    . 2008. Jumelage pour le dveloppement (www.eudevdays.eu/Files/media/Pages/tJumelage/regles_jum_en.pdf, consult le 26 fvrier 2009).

    DFID (Department for International Development). 2000. Integrating Sustainability into PRSPs: The Case of Uganda. Key Sheet on Sustainable Development, Issue 4 (www.unpei.org/PDF/influencingpolicyprocesses/Integrat-sustainability-PRSPs-Uganda.pdf, consult le 24 fvrier 2009).

    . 2001. Sustainable Livelihoods Guidance Sheets (www.nssd.net/pdf/sectiono.pdf, consult le 26 fvrier 2009).

    . 2004a. Contribution of the Environment and Natural Resources to Pro-Poor Growth: A Checklist Examining These Issues within a Poverty Reduction Strategy (www.unpei.org/PDF/preliminaryassessments/Contribution-Env-Nat-Res-Pro-Poor-Growth.pdf, consult le 22 fvrier 2009).

    . 2004b. Environmental Sustainability Factsheet (www.dfid.gov.uk/pubs/files/tenvironment-factsheet.pdf, consult le 23 fvrier 2009).

    DFID (Department for International Development), CE (Commission europenne), PNUD (Programme des Nations Unies pour le dveloppement) et Banque mondiale. 2002. Linking Poverty Reduction and Environmental Management: Policy Challenges and Opportunities. Washington: Banque mondiale.

    Dixon, J. A. 2008. Setting Priorities for Improved Environmental Management: Putting Together the Lessons of the EEDP Course. Expos. Washington: Banque mondiale.

    Dixon, J. A. et P. B. Sherman. 1991. Economics of Protected Areas: A New Look at Benefits and Costs. East-West Centre: Island Press.

    Economist. 2009. Dictionary of Economic Terms. The Economist (www.economist.com/research/tEconomics/searchActionTerms.cfm?query=budget, consult le 26 fvrier 2009).

    EIU (Economic Intelligence Unit). 2006. Country Profile: Rwanda.

    M (valuation des cosystmes pour le Millnaire). 2005. Les cosystmes et le bien-tre humain: Synthse. Washington: Island Press.

  • 123

    . 2007. The Millennium Ecosystem Assessment: A Toolkit for Understanding and Action.Washington: Island Press.

    Emerton, L. 2005. Values and Rewards: Counting and Capturing Ecosystem Water Services for Sustainable Development. Water, Nature and Economics Technical Paper 1:4347. Gland (Suisse): Union internationale pour la conservation de la nature.

    Emerton, L. et E. Bos. 2004. Value: Counting Ecosystems as an Economic Part of Water. Gland(Suisse) et Cambridge (Royaume-Uni): Union internationale pour la conservation de la nature.

    Environmental Management Authority of Trinidad and Tobago. 2005. Report of the Assessment of the Northern Range, Trinidad and Tobago: People and the Northern Range. Dans: State of the Environment Report for Trinidad and Tobago 2004.

    FEM (Fonds pour lenvironnement mondial) Programme dappui mondial. 2005. Resource Kit for National Capacity Self-Assessment. New York: PNUD.

    GIEC (Groupe dexperts intergouvernemental sur lvolution du climat). 1995. DeuximeRapport dvaluation du GIEC: Changements climatiques 1995 (www.ipcc.ch/pdf/climate-5changes-1995/ipcc-2nd-assessment/2nd-assessment-en.pdf, consult le 25 fvrier 2009).

    . 2009. Glossaire (www.ipcc.ch/glossary/index.htm, consult le 25 fvrier 2009).

    GNUD (Groupe des Nations Unies pour le dveloppement). 2007. CCA and UNDAF Guidelines. New York: Programme des Nations Unies pour le dveloppement (www.undg.org/?P=232, consult le 22 fvrier 2009).

    Gouvernement ougandais. 2008. NEMA/UNEP Study Visit to Rwanda 2829 January 2008: Study Visit Report. Kampala: Gouvernement ougandais.

    Gouvernement de la Rpublique-Unie de Tanzanie. 2005a. The Development of Indicators of Poverty-Environment Linkages. Rapport final. Gouvernement de la Rpublique-Unie de Tanzanie, Bureau du Vice-Prsident (www.unpei.org/PDF/Blandina-Final-PEIrpt.pdf, consult le 24 fvrier 2009).

    . 2005b. Poverty and Environment: Vol. 1. Gouvernement de la Rpublique Unie de Tanzanie, Bureau du Vice Prsident (www.unpei.org/PDF/TZ-PEINewsletterVol1.pdf, consult le 24 fvrier 2009).

    . 2006. Poverty and Environment: Vol. 2. Gouvernement de la Rpublique Unie de Tanzanie, Bureau du Vice Prsident (www.unpei.org/PDF/TZ-PEINewsletterVol2.pdf, consult le 24 fvrier 2009).

    Hamilton, K. 2000. Sustaining Economic Welfare: Estimating Changes in Per Capita Wealth.World Bank Policy Research Working Paper No. 2498. Washington: Banque mondiale.

    Harmonisation de laide. 2003. Dclaration de Rome sur lharmonisation. Rome (Italie), 25 fvrier 2003 (www.aidharmonization.org/ah-wh/secondary-pages/why-RomeDeclaration, consult le 26 fvrier 2009).

    Henninger, N. et M. Snel. 2002. Where Are the Poor? Experiences with the Development and Use of Poverty Maps. Washington: World Resources Institute et Arendal (Norvge): PNUE/GRID-Arendal.

    Hicks, Robert L., Bradley C. Parks, J. Timmons Roberts et Michael J. Tierney. 2008. GreeningAid? Understanding the Environmental Impact of Development Assistance. New York:Oxford University Press.

    Hutton, G. et L. Haller. 2004. Evaluation of the Costs and Benefits of Water and SanitationImprovements at the Global Level. (Genve ): Organisation mondiale de la sant.

    IPE PNUD-PNUE (Initiative Pauvret-Environnement). 2007. Note dorientation sur lintgration de lenvironnement dans la planification du dveloppement national. Nairobi(Kenya): PNUD.

    . 2008a. Environment, Climate Change and the MDGs: Reshaping the Development Agenda A Poverty Environment Partnership Event in Support of the UN High Level Event on the MDGs. Nairobi (Kenya): PNUD.

  • 124

    . 2008b. Indicateurs Pauvret-Environnement. Nairobi (Kenya): PNUD.

    . n.d. Process of Developing a National Environment Policy for Kenya: At a Glance (www.unpei.org/PDF/kenya-developing-national-env-policy.pdf, consult le 25 fvrier 2009).

    IPE PNUD-PNUE (Initiative Pauvret-Environnement) Kenya. 2007. Voices from the Field: Bondo, Meru South and Muranga North Districts.

    . 2008. Economic Assessment of the Role of the Environment and Renewable Natural Resources in Economic Growth and Poverty Reduction in Kenya. Projet de rapport, mars 2008.

    IPE PNUD-PNUE (Initiative Pauvret-Environnement) Malawi. 2008. Malawi Poverty-Environment Initiative Annual Meeting. Prsentation au PNUE, 6 mai 2008.

    IPE PNUD-PNUE (Initiative Pauvret-Environnement) Ouganda. 2007. Mainstreaming Environmental Issues into Budget Framework Papers: Users Manual. Kampala: IPE Ouganda.

    . 2008. Economic Instruments for Promoting Sustainable Natural Resource Use, Environmental Sustainability and Response to Climate Change.

    IPE PNUD-PNUE (Initiative Pauvret-Environnement) Rwanda. 2006a. Economic Analysis of Natural Resource Management in Rwanda (www.unpei.org/PDF/Rwanda-Economic-Analysis.pdf, consult le 24 fvrier 2009).

    . 2006b. Environment and Poverty Reduction in Rwanda: An Assessment (www.unpei.torg/PDF/Rwanda-Env-Poverty-Reduction2006.pdf, consult le 22 fvrier 2009).

    . 2007a. Poverty-Environment Indicators and Strategy for Monitoring Them within the Framework of the EDPRS. Kigali (Rwanda): Rwanda Environmental Management Authority.

    . 2007b. Guidelines for Mainstreaming Environment into the Economic Development and Poverty Reduction Strategy. Kigali (Rwanda): Rwanda Environmental Management Authority.

    Kojoo, C. A. 2006. Guidelines for Integrating Sustainability Considerations in Sectoral Policies Using the Integrated Assessment and Planning Model. Projet de rapport de consultant soumis lAutorit nationale de gestion de lenvironnement dans le cadre du projet IAP.

    Kraay, A. 2003. When Is Growth Pro-Poor? Washington: Banque mondiale.

    Lopes, C. et T. Theisohn. 2003. Ownership, Leadership and Transformation: Can We Do Better for Capacity Development? New York: PNUD.

    McGuigan, Claire, Rebecca Reynolds et Daniel Wiedmer. 2002. Poverty and Climate Change: Assessing Impacts in Developing Countries and the Initiatives of the International Community. Londres: London School of Economics Consultancy Project for The Overseas Development Institute.

    Ministre ougandais des finances, de la planification et du dveloppement conomique. 2004. Poverty Eradication Action Plan 20042007. Kampala (Ouganda).

    Milledge, Simon H, Ised K. Gelvas et Antje Ahrends. 2007. Forestry, Governance and National Development: Lessons Learned from a Logging Boom in Southern Tanzania. Cambridge(Royaume-Uni): TRAFFIC International.

    Ministre norvgien de lenvironnement. 1994. Report of the Symposium on Sustainable Consumption, 1920 1994, Oslo.

    MRAG (Marine Resources Assessment Group Ltd). 2005. Review of Impacts of Illegal, Unreported and Unregulated Fishing on Developing Countries. Londres: MRAG.

    NORAD (Agence norvgienne de coopration pour le dveloppement). 2007. The Economic Case for Investing in Environment: A Review of Policies, Practice and Impacts of Relevance to Norwegian Partner Countries.

    OCDE (Organisation de coopration et de dveloppement conomiques). 1997. Glossaire des statistiques de lenvironnement. Srie des tudes mthodologiques F, No. 67. Paris: OCDE.

  • 125

    . 2005. Dclaration de Paris sur lefficacit de laide: Appropriation, harmonisation,alignement, rsultats et responsabilit mutuelle. Forum de haut niveau, Paris, 28 fvrier 2 mars 2005 (www.oecd.org/dataoecd/0/27/34504737.pdf, consult le 26 fvrier 2009).

    . 2006a. Lvaluation gouvernementale stratgique: Guide de bonnes pratiques dans le domaine de la coopration pour le dveloppement. Lignes directrices et ouvrages de rfrence du CAD. Paris: OCDE.

    . 2006b. Recommandation du Conseil sur les bonnes pratiques de gestion des dpenses publiques denvironnement (www.oecd.org/dataoecd/10/46/38787377.pdf, consult le 25 fvrier 2009).

    . 2007. Dpenser mieux pour lenvironnement. Synthse de lOCDE: OCDE.

    . 2008a. Fishing for Coherence in West Africa: Policy Coherence in the Fisheries Sector inSeven West African Countries. Paris: OCDE.

    . 2008b. quipe de travail de lOCDE sur la gouvernance et le dveloppement des capacits pour la gestion des ressources naturelles et de lenvironnement: Troisime runion, fvrier 2008. Paris: OCDE.

    OCDE (Organisation de coopration et de dveloppement conomiques), EUWI (European Union Water Initiative) et WSP (Water and Sanitation Program). 2007. AlternativeTools and Methodologies to Support Policy Dialogue on Finance Strategy for Water and Sanitation (www.oecd.org/dataoecd/51/47/38681995.pdf, consult le 25 fvrier 2009).

    ODI (Overseas Development Institute). 2004. From Plan to Action: Water Supply and Sanitation for the Poor in Africa. ODI Briefing Note (www.odi.org.uk/publications/briefing-papers/2004/water-supply-sanitation-poor-africa.pdf, consult le 25 fvrier 2009).

    OMS (Organisation mondiale de la sant). 2008. Public Health and Environment and Quantifying Environmental Health Impacts (www.who.int/topics/environmental_health/en/, consult le 22 fvrier 2009).

    Petkova, Nelly et Neil Bird. 2008. Public Environmental Expenditure within Multi-Year Budgetary Frameworks: Preliminary Findings. Prsentation lquipe de travail de lOCDE sur la gouvernance et le dveloppement des capacits pour la gestion des ressources naturelles et lenvironnement.

    PNUD (Programme des Nations Unies pour le dveloppement). 1997. General Guidelines for Capacity Assessment and Development (http://mirror.undp.org/magnet/cdrb/GENGUID.thtm, consult le 26 fvrier 2009).

    . 2006. The Clean Development Mechanism: An Assessment of Progress. New York: PNUD.

    . 2007. Capacity Assessment Methodology Users Guide. New York: PNUD.

    . n.d. Poverty Reduction: MDG Tools and Research (www.undp.org/poverty/tools.htm#top, consult le 24 fvrier 2009).

    PNUD (Programme des Nations Unies pour le dveloppement) et Commission europenne. 2000. Attacking Poverty While Protecting the Environment: Towards Win-Win Policy Options.New York: PNUD.

    PNUD (Programme des Nations Unies pour le dveloppement), PNUE (Programme des Nations Unies pour lenvironnement), Banque mondiale et Institut des ressources mondiales (WRI). 2000. World Resources 20002001: People and Ecosystems The Fraying Web of Life. Washington: WRI.

    . 2003. World Resources 20022004: Decisions for the Earth Balance, Voice, and Power. Washington: WRI.

    . 2005. World Resources 2005: The Wealth of the Poor Managing Ecosystems to Fight Poverty. Washington: WRI.

    PNUD (Programme des Nations Unies pour le dveloppement), PNUE (Programme des Nations Unies pour lenvironnement) et MM (Mcanisme mondial de la Commission dudveloppement durable). 2007. Generic Guidelines for Mainstreaming Environment with aParticular Focus on Sustainable Land Management. Projet. New York: PNUD.

  • 126

    PNUE (Programme des Nations Unies pour lenvironnement). 2002. Capacity Building forSustainable Development: An Overview of UNEP Environmental Capacity Development Activities. Nairobi (Kenya): PNUE.

    . 2004. Natural Allies: UNEP and Civil Society (www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=468&ArticleID=4622&l=en, consult le 25 fvrier 2009).

    . 2007a. LAvenir de lenvironnement mondial. Nairobi (Kenya): PNUE.

    . 2007b. List of Acronyms and Glossary Terms (www.unep.org/dec/onlinemanual/Resources/Glossary/tabid/69/Default.aspx?letter=S%20, consult le 26 fvrier 2009).

    . 2008a. An Operational Manual on Integrated Policymaking for Sustainable Development (IPSD) (www.unep.ch/etb/events/2007TechDiscusOManual1415May.php, consult le 23 fvrier 2009).

    . 2008b. SCP Indicators For Developing Countries: A Guidance Framework. Nairobi(Kenya): PNUE.

    PNUE (Programme des Nations Unies pour lenvironnement) et Futerra Sustainability Communications. 2005. Communicating Sustainability: How to Produce Effective Public Campaigns. Nairobi (Kenya): PNUE.

    PNUE (Programme des Nations Unies pour lenvironnement) et UNU (Universit des NationsUnies). 2006. Ecosystems and Human Well-Being: Conducting and Using Integrated Assessments A Training Manual. Nairobi (Kenya): PNUE.

    PNUE-WCMC (Programme des Nations Unies pour lenvironnement Centre mondial de surveillance continue de la conservation de la nature). A paratre, 2009. Millennium Assessment Manual.

    PPE (Partenariat Pauvret-Environnement). 2005. Investing in Environmental Wealth forPoverty Reduction. New York: PNUD.

    Prss-stn, A. et C. Corvalan. 2006. Preventing Disease through Healthy Environments: Towardsan Estimate of the Environmental Burden of Disease. Paris: Organisation mondiale de la sant.

    Renner, Michael, Sean Sweeney et Jill Kubit. 2008. Green Jobs: Towards Sustainable Work in a Low Carbon World. Nairobi (Kenya): PNUE.

    Rojat, D., S. Rojaosafara et C. Chaboud. 2004. Co-Management of the Shrimp Fishery inMadagascar. Japon: IFFET Proceedings.

    SANDEE (South Asian Network for Development and Environmental Economics). 2007. Mangroves A Natural Defense against Cyclones: An Investigation from Orissa, India.SANDEE Policy Brief No. 24-07.

    Sarraf, M. 2004. Assessing the Costs of Environmental Degradation in the Middle East and NorthAfrica Region. Environment Strategy Notes No. 9. Washington: Banque mondiale.

    SIWI (Stockholm International Water Institute). 2005. Making Water a Part of Economic Development: The Economic Benefits of Improved Water Management and Services.Rapport demand par les Gouvernements norvgien et sudois pour la Commission du dveloppement durable.

    Tennyson, R. 2003. The Partnering Toolbook. International Business Leaders Forum (IBLF), the Global Alliance for Improved Nutrition (GAIN), International Atomic Energy Association, PNUD. New York: PNUD.

    Turpie, J., Glenn-Marie Lange, Rowan Martin, Richard Davies et Jon Barnes. 2004. Economic Analysis and Feasibility Study for Financing Namibias Protected Areas. AnchorEnvironmental Consultants, Fonds pour lenvironnement mondial, PNUD Namibie. Windhoek (Namibie): PNUD Namibie.

    UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). 2007. Climate ChangeBriefing: Forests and Livelihoods Reducing Emissions from Deforestation and Ecosystem Degradation (REDD) (http://cmsdata.iucn.org/downloads/climate_change_forest.pdf, consult le 23 fvrier 2009).

  • 127

    Wasao, S. 2007. Integrating Environment into Development Planning at District Level. Prsentation lIPE PNUD-PNUE Kenya.

    Wilhelm, V. A. et P. Krause, eds. 2007. Minding the Gaps: Integrating Poverty Reduction Strategies and Budgets for Domestic Accountability. Washington: Banque mondiale.

    WRI (World Resources Institute). 2005. Environmental Mainstreaming: Applications in the Context of Modernization of the State. Washington: WRI.

    . 2007. Natures Benefits in Kenya: An Atlas of Ecosystems and Human Well-Being.Washington: WRI.

    . 2008. Ecosystem Services: A Guide for Decision Makers. Washington: WRI.

    WWF (World Wide Fund for Nature). 2008. Payment for Ecosystems Services (www.worldwildlife.org/science/projects/ecosystemserv/item1987.html, consult le 25 fvrier 2009).

  • 129

    A

    Acteurs gouvernementauxenjeux et possibilits lis la collaboration

    avec les 24exemple 116

    Acteurs non gouvernementauxdnition 111enjeux et possibilits lis la coopration avec 25

    Afrique 2, 55, 56, 93, 101, 105Afrique du Sud 105Amrique latine 7Analyses cots-avantages 111Analyses cots-efcacit 111Analyses conomiques 20, 55, 58, 60, 61, 68,

    78, 79, 89, 96, 108dnition 111

    Apprentissage (par la) pratique 49, 62, 76, 78, 80. Voir aussi Renforcement des capacits et des institutions

    Approche programmatique 16, 112Approche programmatique de lintgration des

    liens entre pauvret et environnement 17relation avec le cycle de planication du dve-

    loppement national 17Argentine 45Asie 2Asie du Sud-Est 7

    B

    Bangladesh 7, 67, 69, 94, 95Banque mondiale 6, 38, 43, 69, 113Bnin 58Bhoutan vii, 27, 40Bolivie 7Brsil 56Budgtisation 2, 4, 6, 16, 21, 24, 30, 35, 39,

    55, 61, 62, 63, 66, 67, 72, 73, 74, 87, 88, 89, 90, 91, 95, 96, 97, 100, 102, 107, 108, 112, 116, 118

    dnition 112Burkina Faso 7, 27, 77

    C

    Cadre de dpenses moyen terme 34, 36, 88,102, 112

    Cambodge 56, 92, 95Cameroun 31Capital naturel 12, 114, 117Champions (chefs de le) de lintgration des

    liens entre pauvret et environnement 36,37, 64, 68, 70, 91

    dnition 2, 112Changements climatiques

    adaptation aux 9, 26, 33, 72, 90, 111attnuation des 112dnition 112et les services cosystmiques 51Importance pour lintgration des liens entre

    pauvret et environnement 13modles 53

    Chine 56Commission europenne 38, 43Communication nationale 112Confrence des Nations Unies sur lenvironne-

    ment et le dveloppement 119Coopration

    Nord-Sud 25, 78Sud-Sud 25, 77, 78

    Corruption 24, 35, 38, 39, 95Costa Rica 93Crdits carbone 26, 94, 114, 117Croissance conomique pro-pauvres (favorables

    aux pauvres), dnition 113

    D

    Dclaration de Paris sur lefcacit de laide 23Dclaration de Rome sur lharmonisation 23Dveloppement conomique, dnition 113Division de statistique de lOrganisation des Na-

    tions Unies 85Document de stratgie de rduction de la pauvre-

    t, dnition 113

    ?dZ[n

  • 130

    Durableagriculture 72consommation et production 18, 25, 26, 27,

    108, 113croissance 47, 66dveloppement 6, 113

    Dysfonctionnement du march, dnition 114

    E

    conomies (vritables) 120cosystmes, dnition 114galit des sexes 11, 43, 52, 60, 65, 75, 78, 79,

    85, 88, 90, 105laboration intgre des politiques pour le dve-

    loppement durable 65, 66, 79, 116Enfants 11, 57, 120Environnement

    dnition 114tude dimpact 53, 115tudes dimpact 103rforme de la scalit 80, 119

    Environnemental (aux) ou environnementale (les)comptabilit 113durabilit 55, 114valuation 115rforme scale 119

    quipes pluridisciplinaires 78, 79. Voir aus-si Renforcement des capacits et des institutions

    Estimation du cot (des cots) (chiffrage) 21, 26, 68, 72, 74, 89, 108

    tats-Unis dAmrique 93Europe 59valuation de la pauvret des mnages 115valuation des besoins 26, 43, 75, 102valuation des capacits 44valuation des cosystmes pour le Millnaire 8,

    9, 50, 51, 115valuation environnementale stratgique 65, 66,

    98, 115du tourisme mexicain 98

    valuation intgre des cosystmes 50, 5053, 115

    valuations prliminaires 19, 20, 27, 30, 34, 36, 37, 40, 42, 43, 63

    Examen des dpenses publiques 37, 48, 91, 116Ex-Rpublique yougoslave de Macdoine 26

    F

    Femmes 6, 11, 30, 33, 36, 41, 52, 53, 56, 57, 60, 62, 78, 79, 105, 120. Voir aussi Egalit des sexes

    Financement. Voir BudgtisationFonds montaire international 113Fonds pour lenvironnement mondial 43, 113, 118Formation formelle 62, 76, 77, 78. Voir aus-

    si Renforcement des capacits et des institutions

    Fraude scale 24, 57, 95

    G

    Gestion des catastrophes 72Ghana 56, 66Groupe intergouvernemental dexperts sur lvo-

    lution du climatique 114

    I

    Inde 56, 57, 59Indicateurs pauvret-environnement 19, 24, 83,

    84, 85, 86, 91, 106, 116critres de slection 85exemple 83

    Indice des annes de vie corrig des maladies 58

    Indonsie 57, 58, 95Initiative de partenariat PNUD-PNUE sur la ges-

    tion rationnelle des produits chimiques 26Initiative de soutien aux Objectifs du Millnaire

    pour le dveloppement du Programme desNations Unies pour le dveloppement 26

    Initiative Pauvret-Environnement (IPE) duPNUD-PNUE 2, 16, 27, 40, 42, 48, 68, 76,80, 101, 108

    Initiative pour les pays pauvres trs endetts 113Intgration, dnition 116Intgration de lenvironnement 116Intgration des liens entre pauvret et environne-

    ment 2021dnition 116et initiatives des Nations Unies 2627rle des parties prenantes et du dveloppe-

    ment communautaire dans 22

    J

    Jumelage 25, 76, 79, 116. Voir aussi Renforce-ment des capacits et des institutions

    K

    Kenya 27, 31, 32, 64, 76, 77, 80, 97, 101, 105

    L

    Liens entre pauvret et environnementdnition 117tude des 7faits et chiffres 7pertinence pour les Objectifs du Millnaire

    pour le dveloppement 10

    M

    Macdoine, ex-Rpublique yougoslave de 26Madagascar 58Malawi 27, 46, 103Mali 27Maurice 45Mauritanie 27

  • 131

    Mcanisme pour un dveloppement propre 93, 94, 117

    Mcanismes du march 93Mesures oprationnelles

    catgories 71dnition 117laboration et estimation du cot 7175exemples 72

    Mexique 98Moyen-Orient 56Moyens de subsistance

    dnition 117durable 9, 11

    Mozambique 27, 42, 105

    N

    Namibie 91, 92Npal 31Nigria 56

    O

    Objectifs du Millnaire pour le dveloppement (OMD) 2, 3, 113, 116, 118

    contribution de lenvironnement la ralisa-tion des 10

    Organisation de coopration et de dveloppe-ment conomiques (OCDE) 44

    Organisation des Nations Unies pour lalimenta-tion et lagriculture 27

    Organisation mondiale de la sant 8Ouganda 26, 27, 58, 63, 77, 80, 87, 88, 89, 99,

    103, 106

    P

    Paiements pour les services cosystmiques 93dnition 93, 117exemples 93

    Pakistan 92Papouasie-Nouvelle-Guine 56, 95Partenariat Pauvret-Environnement 2Partenariat PNUD-PNUE sur les changements

    climatiques et le dveloppement 26Parties prenantes

    dnition 117importance de limplication 37, 69rle dans la communaut du dveloppement

    2228Pauvret, dnition 118Pays, types de

    faible revenu 12, 13, 57de lOCDE haut revenu 12en dveloppement 8, 11, 12, 23, 26, 27, 53,

    93, 94, 95, 117petits tats insulaires 11revenu intermdiaire 12, 94

    Plan-cadre des Nations Unies pour laide au dve-loppement 26

    Plan d'Amlioration Cible et Acclredes Salai-res 105

    Planication du dveloppement nationaldnition 118et approche programmatique de lintgration

    des liens entre pauvret et environnement 17

    intgration des changements climatiques dans la 13

    points dentre pour lintgration 36Points dentre 16, 18, 19, 20, 34, 36, 37, 39,

    47, 48, 67, 95, 102, 107, 108, 118Populations autochtones 52, 78, 79, 120Populations et communauts marginalises 6,

    52, 78, 79Praticiens, dnition 118Produit intrieur brut (PIB), dnition 118Programme collaboratif des Nations Unies pour

    la rduction des missions issues de la d-forestation et de la dgradation des forts dans les pays en dveloppement 27

    Programme daction dAccra 23Programme du PNUE relatif la consommation

    et la production durables 26Programmes daction nationaux dadaptation

    34, 118Programme Unis dans laction de lOrganisa-

    tion des Nations Unies 27

    R

    Rapport cots-avantages 118Renforcement des capacits. Voir Renforcement

    des institutions et des capacitsRenforcement des institutions. Voir Renforce-

    ment des institutions et des capacitsRenforcement des institutions et des capacits

    20, 21, 7679dnition 119dimensions 44valuation des besoins en matire de 4344

    Rpublique-Unie de Tanzanie 27, 35, 37, 38, 76,77, 80, 90, 91, 92, 103, 105, 106

    Ressources naturelles, dnition 119Rwanda 27, 48, 67, 68, 76, 77, 80, 86, 106

    S

    Services cosystmiques 119dnition 119effets des changements climatiques sur les 51liens avec le bien-tre humain et la pauvret

    31paiements pour. Voir Paiements pour les servi-

    ces cosystmiquesSocit civile, dnition 119Soutien technique 68, 76, 97. Voir aussi Renfor-

    cement des capacits et des institutionsSri Lanka 58, 94Stratgie de rduction de la pauvret et de dve-

    loppement conomique (SRPDE) (Rwanda) 68, 86

  • 132

    Stratgie de rduction de la pauvret (Ghana) 66

    Stratgie nationale de croissance et de rduction de la pauvret (MKUKUTA) (Rpublique-Unie de Tanzanie) 37, 77

    Suivi de la pauvret et de lenvironnement 82, 84

    Suivi des liens entre pauvret et environnement 43, 119

    Suivi et valuation 47, 97Systme national de suivi 21, 8286

    T

    Trinit-et-Tobago 54

    V

    Valeur actualise nette 58, 111, 120Valeur de transmission 120Venezuela 59Viet Nam 7, 27, 41, 90Visites dtude 76, 77, 116. Voir aussi Renforce-

    ment des capacits et des institutions

    W

    Womens Budget Initiative (Afrique du Sud) 105World Wide Fund for Nature (WWF) 101

    Z

    Zambie 26

  • Centre Pauvret-Environnement du PNUD-PNUEP.O. Box 30552 - 00100 Nairobi (Kenya)Tlcopie: +254 20 762 4525Courriel: facility.unpei@unpei.orgSite Internet: www.unpei.org

    Lexprience continue de tmoigner de la contribution vitale quune meilleure

    gestion de lenvironnement peut apporter lamlioration de la sant, du dve-

    loppement conomique, des moyens de subsistance et de la capacit de rsis-

    tance face aux risques environnementaux, notamment des plus pauvres. Pour

    crer le type de monde que nous souhaitons, pour lutter contre la pauvret et

    pour prserver les cosystmes dont les plus dmunis dpendent, la croissance

    conomique pro-pauvres et la protection de lenvironnement doivent tre places

    sans quivoque au cur de nos politiques, systmes et institutions les plus fon-

    damentaux.

    Lun des moyens de parvenir cet objectif est lintgration des liens entre pau-

    vret et environnement. Il sagit essentiellement de prendre en compte ces

    liens dans les processus et institutions gouvernementaux, de faon modifier la

    nature mme de la culture et des pratiques dcisionnelles.

    Le prsent manuel vise servir de guide tous ceux qui, sur le terrain, contri-

    buent la tche difficile que reprsente lintgration des liens entre pauvret et

    environnement dans la planification du dveloppement national. Il sappuie sur

    un grand nombre dexpriences collectes au niveau des pays et sur les multiples

    enseignements accumuls par le Programme des Nations Unies pour le dve-

    loppement et le Programme des Nations Unies pour lenvironnement dans les

    activits quils mnent avec les gouvernements en particulier les ministres

    de la planification, des finances et de lenvironnement pour soutenir les efforts

    dintgration des interactions complexes entre la rduction de la pauvret et

    lamlioration de la gestion de lenvironnement dans la planification et la prise de

    dcision au niveau national.

    ISBN: 978-92-807-2962-7DRC/1084/NA

    Tl: (254 20) 7621234Fax: (254 20) 7623927

    E-mail: uneppub@unep.orgweb: www.unep.org

    www.unep.orgProgramme des Nations Unies pour lenvironnement

    P.O. Box 30552 Nairobi, 00100 Kenya