A la recherche de l’intérêt général - Peuple & ?· personne ayant de l’intérêt pour une éducation…

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  • Universit dt 2012 page 1

    A la recherche de lintrt gnralLducation populaire pour la (re)conqute des biens communs

    50e Universit dt de Peuple et Culture du 30 aot au 2 septembre 2012 Ste

    Ou bien la population prend sa destine en mainet se proccupe de lintrt gnral,guide en cela par des valeurs de solidarit,ou bien cen sera fait de sa destine tout court.Noam Chomsky, Edward Herman,La Fabrique du consentement, 1988

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    sommaire

    Quelques mots sur lorganisation 3Prsentation du thme 4Les Universits de Peuple & Culture 4Les plnires 5Les ateliers dduc pop 14 Les soires et activits culturelles 18Le point de vue des participants 19

    FONDATION MONDESOLIDAIRE

    Avec le soutien des partenaires suivants :

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    Le mouvement Peuple et Culture a organis, du 30 aot au 2 septembre 2012 sa cinquantime Universit dt, sur le thme de lintrt gnral et des biens communs. Un rendez-vous qui a runi les acteurs et sympathisants du rseau Peuple et Culture ainsi que plusieurs personnes extrieures, pour quatre jours de rflexions et productions collectives, dactivits culturelles et de dtente sous le soleil stois !

    Le comit de pilotageLa conception du programme a t mise au point par un comit de pilotage qui sest runi rgulirement entre dcembre 2011 et aot 2012 qui en a assur la coordination en lien troit avec les associations I.PEICC et Boutique dcriture & Co.

    Constitu dune dizaine de membres actifs, salaris et bnvoles, le comit de pilotage avait pour mission de : dbattre des problmatiques aborder et du thme choisi, en prciser les contours et en imaginer les diffrents angles dapproche construire le droulement complet de lUniversit : choix des intervenants, sances plnires et ateliers, soires thmatiques, activits culturelles et de dtente... valider les documents de communication impliquer les associations membres et des partenaires choisis pour une appropriation et une dmultiplication des actions.

    Le lieuCette 50me Universit sest droule au centre du Lazaret, Ste, o nous organisons chaque anne un sminaire de coopration internationale. Ce lieu agrable dispose dune grande salle pour les plnires, de petites salles pour le travail en groupes, dun espace extrieur convivial, et dun accs direct la mer. Dexcellentes conditions pour le travail, lhbergement et la restauration des 140 participants.

    Jaitrouvquilyavaitpasmaldejeunescontrairementlimagequejemefaisaisdumouvement.

    CtaitmapremireuniversitPeupleCulture,jaibeaucoupapprcilensemble.Lecadrequiasonimportanceetlaccueildelastructure:super!

    Q u e l q u e s m o t s s u r l o r g a n i s a t i o n

    LaparticipationdacteursneprovenantpasduchampdelEducationPopulairedonnaituneouverturelarflexion.

    DcouvertedelafamillePeupleetCulture:unegrandepremirepourmoi.Desparcoursdevieontttransmis,dautrescroiss!

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    La notion dintrt gnral est invoque aussi bien au niveau des ins-titutions publiques quau sein des entreprises prives, tant pour jus-tifier laction des associations que celle des pouvoirs publics, la pri-vatisation dun service ou encore la libre concurrence des marchs. Parmi ces propos contradictoires, on ne sait plus vraiment de quoi il sagit rel-lement : que signifient ces brouillages ? A quoi renvoie lintrt gnral ? Qui le produit ? Qui limpose ? Qui le garantit ? Cens tre le fondement de nos institutions et de notre dmocratie, lintrt gnral nest pourtant dfini nulle part.

    On sait en revanche ce quil advient de nos biens communs, dont lintrt gnral est garant. Nous assistons incrdules une privatisation du vi-vant, du savoir et de la culture, la progressive mise en concurrence de tous contre tous. Les biens communs que sont les services et droits fondamentaux comme lducation, la culture ou la sant, mais aussi les ressources naturelles, les rseaux et lnergie, sont mis sous la coupe dintrts particuliers. Le modle actuel rend possible lenrichissement de quelques-uns au prix dun accroissement des ingalits, de lpuisement des ressources naturelles, dune pollution irrversible de notre plante...

    Quelles rsistances pour faire face cette dynamique barbare ? Quelles alternatives pour fonder une relle dynamique de prservation, de par-tage, de construction, de dveloppement des biens communs ? Comment contribuer ce quadviennent de nouvelles rgles qui soutiennent cette dynamique du mieux-vivre ensemble ?

    Ces questions concernent chacun dentre nous et reprsentent par cons-quent un thme de travail et dintervention pour lducation populaire. Il nous semble urgent de prendre le temps dinterroger les conditions dans lesquelles lintrt gnral est dfini, de mettre en lumire les mutations et attaques auxquelles il est soumis, et de raffirmer certains principes fondamentaux susceptibles de fonder durablement une socit plus juste.

    Pourquoi lintrt gnral et les biens communs ? Luniversitjoupourmoiunrledecatalyseur,amapermisdapprofondirmarflexionetderemettreenquestiondeschosesquejeprenaispourvidentes,amaouvertdenouvellesperspectivesetapportunregardnouveausurlintrtgnral.

    Nossocitssontcartelesentrelesdynamiquesdecomptition,dexclusionetdedsintgrationsociales,etlesdynamiquesinversesdecooprationetdemutualisationfocalisessurlaprservationdesbienscommuns.Rechercherlintrtgnral,cestfavorisercesdernires.

    Les Universits de Peuple & CultureLieu de formation et de dbat, les Universits dt de Peuple et Culture proposent un temps de rflexion collective et dapprofondissement mthodologique autour dune question de socit, et sadressent toute personne ayant de lintrt pour une ducation populaire daujourdhui : permanente, cratrice, transformatrice par lintelligence collective et la culture partage, pour tous et tout au long de la vie.Les Universits dt ouvrent des espaces dans lesquels saffinent et se confrontent des analyses, par une rflexion collective exigeante, trs largement ouverte la confrontation de points de vue, dexprimentations, de pratiques.Organises depuis la cration de Peuple et Culture, chaque anne ou tous les deux ans, elles font converger experts et autodidactes, thoriciens et oprationnels, pour vivre la culture, dbattre et sexprimer.Le projet repose sur la prparation collective du thme, des contenus et de leur construction pdagogique par des acteurs du rseau (lus, salaris, bnvoles et partenaires).Invitation confronter des expertises, travaux de recherches, analyses et rcits dexpriences mens lint-rieur et au-del du mouvement Peuple et Culture, les Universits sont un endroit privilgi de production de sens et de repres communs, ncessaires llaboration dactions collectives futures. Elles constituent des moments cls du mouvement.

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    Les plenieres

    Cettepremireinterventionapermisdclaireretdecernerleconcept. Jaibeaucoupapprcilinterventionsurladfinitiondelintrtgnral.YannickBlancasitusespropos,entreautres,danslechampdelducationpopulaire,avoqulesncessitetcontraintesdelvaluation.

    LaprestationdeYannickBlanctaitlahauteurdesattentes.Lhumilitdecettepersonnelhonoreenregarddesescomptencesetdesesresponsabilitsdhieretdaujourdhui.

    Cetteuniversitdtmapermisdemieuxcomprendrecequtaitlintrtgnralgrceauxdiffrentsintervenants:lespointsdevuedunconomiste,dunavocat,dunsociologue...Celanouspermetdelapprhendersurdiffrentspointsdevuemaisaussiavecdesexemplesconcrets.

    Peut-on dfinir lintrt gnral ?Yannick Blanc, Prsident de la FondaChacun sait, mme si cest pour sen plaindre, quil nexiste pas de dfi-nition de lintrt gnral. On peut cependant clairer le sens de la notion en la mettant en regard de notions voisines qui se heurtent la mme difficult : lutilit publique, lutilit sociale, le bien commun. La question nest alors plus de rvler un sens cach mais de mettre en perspective les questions auxquelles lusage de ces notions tente de rpondre. Le pro-fesseur de droit public Vedel affirmait que lintrt gnral est une notion la fois indfinissable et irremplaable tout en la considrait comme lpine dorsale du droit public franais. Il voyait dans la ncessit de sa vrifica-tion permanente par le lgislateur et par le juge administratif le gage de sa vitalit.

    Deux conceptions opposes de lintrt gnral

    La tradition veut que lon oppose deux conceptions de lintrt gnral : la conception librale, qui le considre comme la rsultante du jeu des intrts particuliers, et la conception rousseauiste, qui y voit le fruit de lex-pression de la volont gnrale. Or, lusage que fait le juge administratif ou le juge constitutionnel de lintrt gnral ne se rattache aucune de ces deux conceptions. Le juge nvoque pas lintrt gnral lorsque cela napporterait rien sa dcision ou son argumentation ; il sappuie en revanche sur lui lorsquil manque dlments juridiques pour rendre, et sans doute plus encore, pour motiver sa dcision (D.Truchet, lintrt gnral dans la jurisprudence du Conseil dEtat : retour aux sources et quilibre in Conseil dEtat, rapport public 1999, La Documentation Fran-aise) . Ainsi, lintrt gnral se prsente comme un rgulateur au sens littral du terme, cest--dire comme un instrument permettant de faire va-rier lintensit avec laquelle on applique la norme.

    On peut imaginer lintrt gnral, lutilit publique et lutilit sociale comme les trois cts dun triangle qui sagrandissent mesure que reculent les trois frontires mobiles qui dlimitent respectivement la tutelle de lEtat sur la socit civile, la prvalence du collectif sur lindividu, lhgmonie du march concurrentiel. Mais alors, quel nom donner lespace ainsi gran-dissant dlimit par ce triangle ? Le bien commun, peut-tre...

    En raison de ses origines thologiques, la notion de bien commun a t carte depuis bien longtemps du vocabulaire juridique et politique. Gas-ton Fessard, philosophe jsuite, fondateur de la revue Tmoignage chr-tien, tente quant lui une dfinition ternaire du bien commun, dans la-quelle nous retrouvons presque intacts les trois cts de notre triangle :

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    La parole la salle

    Ilestimportantdinterrogerlemondequenousavonsconstruitetnotrepoquemarqueparunecriseenregardantcommentnousconstruisonslintrtgnral,lebiencommun.

    le bien de la communaut : les biens publics ou autres mis en commun ; la communaut du bien : le caractre effectif de laccs de chacun aux biens communs ; le bien du bien commun : la nature et lquilibre de la relation entre lindi-vidu et la communaut.

    Redonner une dimension politique la notion de bien commun

    Mais cest au pluriel que lexpression biens communs revient en force dans le vocabulaire de lconomie sociale et solidaire avec luvre dEli-nor Ostrom, prix Nobel dconomie en 2009. La dmarche dElinor Ostrom consiste montrer que cette conception des communs repose sur une abstraction sans rapport avec la ralit des communs grs collective-ment, parfois depuis des sicles (comme les rseaux dirrigation ou les pcheries) selon des rgles qui ne sont imposes ni par le march ni par lEtat et qui concilient le droit dusage avec la prservation des ressources. Cette conciliation est rendue possible grce aux valeurs partages par les membres de la communaut. La notion de bien commun prend ainsi une nouvelle dimension politique. Contrairement aux trois notions de notre triangle, il ne sagit pas dun principe abstrait que seul le recours au juge permettrait dadapter la ralit mais dune approche concrte qui, au-del du respect de la loi exprimant lintrt gnral, ncessite lengagement de chacun comme une condition dapplication de la rgle. Ds lors, le rle de lEtat nest pas dnoncer les rgles que les membres dune communaut dutilisateurs - ceux qui mettent en commun leurs connaissances ou leur activit - doivent respecter, mais de crer les conditions qui permettent ceux-ci dlaborer des rgles applicables. Nest-ce pas l lessence mme du projet associatif ?

    On entend aujourdhui de nombreux propos autour de la mtaphore de la pollinisation qui relvent de cette question de lien entre proprit et usage : le propritaire du champ qui demanderait lapiculteur de lui payer la location du champ car il sen sert pour faire pturer ses abeilles, ou lapiculteur qui dit que sil retire ses abeilles, le champ du propritaire nest plus productif du tout. On a donc deux types daccroissement de la ressource, par lusage et reprsente tout l ct de la production apparente. Dans lactivit associative, on nous demande de plus en plus dtre centr sur des choses trs explicites, alors que la richesse des association nest pas le miel explicite mais plus la pollinisation gnrale que a engendre...

    Concernant lvaluation, je suis philosophiquement daccord, mais en pratique je ne suis pas aussi partant pour ce raisonnement. Quand on est dans une entreprise collective, comme lassociation, a fortiori par ce que les individus ne sont pas attachs lassociation aussi fort que jadis, ils continuent tre dans laction collective sils ont une visibilit sur ce quils font ensemble. On a besoin dvaluer, de savoir si ce quon fait sert quelque chose. On a donc besoin de mesurer cela, par certains indicateurs. Mais lerreur est de considrer le chiffre comme un objectif. On se met donc produire du chiffre et non pas de lutilit sociale. Pourquoi le chiffre

    est lexpression de lobjectif et pas loutil de mesure, cela vient du capitalisme financier, cest le prlvement de la richesse sur la production. On en a besoin mais ce nest pas lobjectif. Cest vrai quon sait que les effets des associations vont au-del des objectifs. Les effets sont parfois non mesurables. Lintrt de lvaluation, cest de mesurer mais aussi dexprimer le fait quon sest fix un objectif et quon en a atteint un autre, mme si cela est trs difficile.

    On na pas besoin de dfinir lintrt gnral pour sentendre, on peut sentendre par convention. Le juge na pas besoin de dfinir la notion dintrt gnral, il le fait en se servant dune vidence. Elle est faite dun sens commun. Qui dit procdure de dfinition, dit exercice dune autorit. Il y a des moment o un sens commun simpose. Pour lintrt gnral, on claircit les liens que les notions ont entre elles, sans pour cela les dfinir. Quand on comprend lusage des notions, on en peroit son sens. La dfinition nest pas forcment ncessaire. Pour mener une bataille politique, il est peut-tre ncessaire davoir une dfinition sur laquelle sappuyer. Mais il ne faut pas ftichiser cette notion dintrt gnral au risque davoir un message non perceptible, car la notion est vide. Il faut lenrichir par dautre mots, comme la notion de bien commun, qui se traduit par des enjeux concrets et perceptibles par chacun.

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    Mesure et dmesure de lintrt gnral Table ronde

    Aspects juridiques et techniques de lintrt gnral

    Jetravailleenmilieuassociatifdepuis15ans.Lanotiondintrtgnralesttrssouventaucentredesactionsauxquellesjeparticipe.Ilmapparaissaitdonctrsintressantdenavoiruneconnaissanceplusprciseauxniveauxlgal,collectifetpersonnel.

    Colas Amblard, avocat spcialis dans le droit des associationsLintrt gnral est une notion cl en de droit public, dont la particularit est de permettre la justification dune exception drogatoire au droit. La complexit de cette notion se loge aussi dans le fait que derrire sa traduc-tion juridique se joue des rapports de force politiques.On constate quau fil du temps le primtre dlimitant la notion dintrt gnral sest agrandi, elle est revendique par un grand nombre dentits distinctes. Le problme est que cette diffusion a continu de brouiller la notion : beaucoup sy rfre mais personne ne sait rellement ce quelle est. Cela pose quelques difficults aux juristes. En France on ne cherche pas dfinir la notion dintrt gnral, considrant quelle ne peut tre fige, quelle a un caractre volutif. Si en tant que juriste il faudrait pouvoir la dfinir, en tant que citoyen il est important quelle ne se fige pas, quelle sadapte au contexte, autant que la notion de dmocratie, au risque de glisser vers le totalitarisme. Cest ici la contradiction majeure.

    Deux approches de lintrt gnral sopposent en France. Jusqu la r-volution franaise on dfinissait lintrt gnral exclusivement comme r-sultante de lensemble des intrts dune communaut. Ce rle tait confi aux corps intermdiaires cristallisant les intrts particuliers et reprsen-tant les intrts de certaines catgories de population. Aprs la Rvolution franaise, lEtat, affirmant son autorit, impose une vision de lintrt gn-ral comme suprieur la somme des intrts particuliers, craignant donc le pouvoir des corps intermdiaires.

    Risques lis la multiplicit des entits se revendiquant de lIG

    Aujourdhui, suite divers processus de dconcentration, dcentralisation, multiplication des autorits administratives, une multiplicit dentits repr-sentant lintrt gnral existe : lEtat, lUnion Europenne, les collectivi-ts territoriales, etc. Cette pluralit provoque une fragmentation, un risque datomisation et de contradictions dans les reprsentations accordes cette notion.

    En parallle de cette diversit dimplication des pouvoirs publics dans le traitement de lintrt gnral, il y a aussi lintervention accrue des ac-teurs sociaux, comme les associations, travaillant au dveloppement des expressions populaires et des savoirs citoyens, inscrivant leur actions et engagement dans le cadre de lintrt gnral.

    Lesprsentationsetdiscussionsontpermisderenforcerlavisiondunintrtgnralbassurunecomprhensioncommunedesenjeuxetdesrisquesauxquelsnoussommescollectivementconfronts.

    Cesontdesquestionsquilesturgentdeseposeraujourdhui,tantdonnlvolutiongnraledessocitsdemoinsenmoinstournesverslebiencommunetlasolidarit.

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    Au niveau de la communaut europenne, la notion dintrt gnral sest dfinie en creux par rapport au principe de libre concurrence, prioritaire. La notion sest construite dans linterstice laiss vacant par le march. Au-jourdhui, cest un peu moins vrai. La cour de Justice de la communaut eu-ropenne a assoupli sa jurisprudence, admettant lintrt gnral comme norme juridique, distincte de la libre concurrence. La notion stoffe donc de plus en plus, en sextrayant de la notion de libre-concurrence. Lcono-mique nest plus forcment en opposition avec la norme dintrt gnral.

    Aussi, selon le principe de subsidiarit en droit communautaire, chaque Etat membre peut dfinir lui-mme les exceptions en fonction de sa propre reprsentation de lintrt gnral. Le problme se pose quand lEtat ne le fait pas ou peu. Ce ft le cas de la circulaire Fillon du 18/01/10 en France, enfermant les associations dans les rgles de la libre-concurrence, niant le fait que certaines de leurs activits se situaient hors du champ cono-mique.

    Dans ce contexte de crise de lintrt gnral, terme difficilement identi-fiable tant en droit interne que communautaire, plusieurs pistes de solu-tions existent. On retient par exemple celle de la concertation entre les dif-frentes personnes publiques, entre personnes publiques et associations qui construisent des dispositifs dchanges facilitant le dialogue civil pour la mise en uvre des politiques publiques.

    Qui produit et met en uvre lintrt gnral ?Matthieu Hly, sociologue, matre de confrence lUniversit Paris X NanterreOn observe progressivement le basculement de la notion dintrt gn-ral vers celle dutilit sociale pour qualifier lactivit des associations. Les associations doivent aujourdhui justifier lutilit sociale de chacune de leurs actions, quand on les qualifiait auparavant dintrt gnral pour ce quelles taient. Lutilit sociale qualifie aujourdhui des acteurs privs au service de laction publique. Ce basculement est concomitant de lvolu-tion de lEtat social vers un Etat no-libral, devant faire la preuve de sa performance publique. Cela se traduit par une administration publique qui passe de la recherche de lgitimit la recherche defficacit. Les services conomiques dintrt gnral sont le symbole de ce pas-sage. On parle, pour dsigner les services publics de services non co-nomiques dintrt gnral . Le non-marchand pour lUnion Europenne, les services publics, ne sont pas considrs comme des services cono-miques. Cest une dngation du caractre productif des services publics. On considre que le service public est quelque chose qui cote, qui ne produit pas. De plus, troisime dimension caractrisant lEtat no-libral, le New Public Management , dveloppant les indicateurs de perfor-mances pour les politiques publiques, mises en place par la LOLF. Toute politique publique doit faire la preuve de ses rsultats, disqualifiant ainsi lidologie de lintrt gnral. Cest lintroduction de lefficience budgtaire dans les politiques publiques.

    Le rgne de la commande publique

    Ce changement de paradigmes a des rpercussions sur le lien entretenus entre le monde associatif et lEtat. Il y a premirement un changement de relations financires entre les collectivits publiques et les associations. LEtat social se caractrise par un lien entre la collectivit et lassociation dans le cadre de la subvention, soutenant une initiative prive concourant lintrt gnral. Aujourdhui le rgime de la commande publique pr-vaut, induisant un lien financier diffrent : on procde par un appel doffre, avec un cahier des charges et une valuation des dossiers.

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    La parole la salle

    L-dessus, il est tonnant de constater que le monde associatif, par le biais de la CPCA, quon prsente, et qui se prsente elle-mme comme reprsentante de la socit civile organise, ne prend pas position sur les indicateurs de performance des politiques publiques que les associations doivent mettent en uvre. Pourquoi ne demandent-elles pas prendre la parole sur ces questions ?

    Les relations financires entre Etat et associations sont modifies aussi par les incitations publiques la gnrosit prive. Les politiques publiques en faveur du mcnat dentreprises, renforces par la loi de 2003, incitent les entreprises financer les associations en profitant de dductions fiscales. De mme pour les particuliers.

    Face tout cela il est important de prciser que ce passage de lEtat so-cial lEtat no-libral ne signifie pas ncessairement dsengagement de lEtat vis--vis du monde associatif.

    En ce qui concerne lemploi, le statut de fonctionnaire dans les services publics permet de se dvouer dans les meilleures conditions possibles sa mission dintrt gnral. En parallle de cela, la CPCA qualifie rguli-rement les emplois dans lassociatif (notamment au moment des emplois jeunes) comme des emplois dutilit sociale. Le fonctionnaire a des mis-sions dintrt gnral, justifiant un statut protecteur. Mais le salari asso-ciatif, dans un projet dutilit sociale, doit toujours en faire la preuve. Les salaris associatifs sont aujourdhui environ 2 millions, comme la fonction publique territoriale. Mais la sphre de lemploi dans le milieu associatif ne se limite pas au salariat. Il y le statut du service civique, un statut canada dry , qui a got de lemploi, lodeur de lemploi, lair de lemploi mais nest pas de lemploi. Il y a aussi le bnvolat, objet divisant aujourdhui les as-sociations entre elles. Il y a les associations de bnvoles et les associa-tions employeuses. Avec 2 millions de salaris, comment se fait-il que les employeurs associatifs naient pas leur mot dire dans le dialogue social au niveau interprofessionnel ?

    En outre, pour ce qui est de la cration montaire, le bnvolat fait au-jourdhui lobjet de valorisation comptable. Si le travail associatif produit de lutilit sociale, le travail associatif doit crer de la valeur montaire, alors comment expliquer que les salaris associatifs fassent lobjet de diffren-tiels de rmunration, qu travail gal les salaires soient aussi ingaux ?

    Concernant la LOLF et lvaluation des politiques publiques, il faut valuer leur performance, car cest largent des citoyens qui sont en droit de savoir ce quon a fait de leur argent. La LOLF de 2001 a quelques vertus : elle met de lordre dans les dpenses publiques et donne obligation aux patrons de ladministration de rendre des comptes au Parlement sur les dpenses. Elle a une dimension citoyenne, dmocratique. Il ne sagit pas seulement dvaluer le cot montaire des service publics, mais de savoir aussi tout ce que produit le service public, tout ce qui sest cr avec largent public.

    Il faut rendre des comptes. La question de lvaluation est lie lannualit budgtaire. Si on parle dune vritable efficacit, il y a peu de probabilit pour que ce qui change dans le monde change au 31 dcembre de chaque

    anne. La logique de lobjectif et du rsultat est le modle de la production industrielle. a ne marche pas pour linvention sociale, pdagogique, la recherche, la fabrication de choses dont personne ne sait ce quelles sont avant quelles soient faites. On ne peut donc pas avoir une mesure raisonnable du rel avec des mthodes dvaluation lies au modle industriel.

    Un certain nombre dassociations agricoles (Colibri, FNCIVAM) ont demand une reconnaissance dintrt gnral et ont t dboutes par les services fiscaux, car elles ne rentraient pas dans les critres poss. Cela a provoqu des dbats : dfendre un certain type dagriculture est-ce dfendre lintrt gnral ? Une ptition a t rdige pour dire quune

    utilit sociale est reconnue quand il y a du lien social produisant de lintrt gnral au-del de la production conomique. Mais a cotait cher de rentrer en confrontation avec ladministration fiscale. Et la stratgie adopter tait floue : comment faire pour changer les rglementations, pour inclure la dfense dun certain type dagriculture producteur dintrt gnral ? Comment faire reconnatre une autre vision de lintrt gnral dans la loi ?

    Lessancesplniresmontparuassezintressantesglobalement.LesinterventionsapportaientdesregardscomplmentairessurlIG.

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    Rponse de Mathieu Hly

    Culture, dmocratie et intrt gnral Table ronde

    La culture, produtrice de langage commun et levier dintrt gnral

    Rponse de Colas AmblardAvec le paquet Almunia, le principe de subsidiarit est acquis. Il laisse de ct les petites associations qui peuvent continuer percevoir des subventions publiques sans tre embtes par les rgles de droit communautaire, si a ne dpasse pas 500 000 euros sur trois exercices. Elles restent hors champ concurrentiel. Il sappliquera, mais cest vrai que les Etats et les collectivits, perdant de leur souverainet, tenues par les politiques de rigueur, auront difficilement les moyens de financer.Sur la LOLF, cest vrai que cest choquant de voir que des rseaux associatifs considrent les collectivits comme des guichets, venant chercher leur subvention une fois par an. Les associations doivent tre en mesure de justifier de ce quelles font des subventions publiques. Le problme aujourdhui est que les associations sont crass par le poids de ladministratif. Obliger une association justifier de ce quelle fait de largent public, mais selon quels critres ? Pour le moment, ce nest que quantitatif, et a ne donne pas la bonne mesure de louvrage associatif. Lvaluation ne cherche mesurer que ce qui est mesurable, et cest le problme. Nous navons pas

    les outils pour mesurer la production qualitative des associations, et cest dommage. On ne peut construire de lintrt gnral quen ayant la motivation et lenvie de faire du contentieux, mais aujourdhui les associations nen ont pas les moyens. Il ne faut pas construire lintrt gnral comme la rsultante dun conflit jurisprudentiel. Il faut contractualiser les rapports, tous les points de vue sur lintrt gnral. Il faut ngocier entre toutes les considrations dintrt gnral.

    Pour la LOLF, elle a t pose au nom de lefficience budgtaire, pour rguler la dpense publique, mais il faudrait aussi prendre en compte, pour vrifier que a va bien dans ce sens, les cots lis lvaluation, les cabinets de consultant priv. Lobjectif de justice sociale est discutable. Et enfin, la LOLF comme outil de citoyennet, il faut nuancer, car dans la fixation des indicateurs de la politique de lemploi par linsertion, il ny a pas de dlibration dmocratique sur le choix des indicateurs.

    Nicolas Romas, rdacteur en chef de la revue Cassandre-Hors Champ Lart est une forme de mise en re-lation entre personnes, ayant pour enjeu la production de formes de langages l ou il ny en na pas. Trois fonctions lui sont accordes : thrapeutique, esthtique et poli-tique. Mais le mot mme de culture est aujourdhui fatigu. Il clive, il spare ceux qui sont dedans et dehors. Cest un mot dont lhistoire est monarchique, intimement li au pouvoir en France. Aujourdhui, notre propre culture devient folklore , face une culture industrielle qui prend le dessus. On as-siste une forme de crime organis de la culture. Lindustrialisation des formes culturelles supprime notre capacit dagir sur ces formes, on ne peut que les consommer. Elles ne peuvent voluer en fonction des modes de vies, des particularits du moment, etc. Notre travail aujourdhui, face cela, est de pouvoir inventer de nouveaux mots. A limage du combat des militants cologistes il y a cinquante ans, il sagit de redonner du sens aux mots, pour faire entendre ce que nous enten-dons de la culture, comme lment vital. Le combat est aussi smantique. Il faut inventer des mots.

    Lacrisedesensetlemanquedervescommunsmesemblentdeuxdesgrandsmauxcaractrisantnotrepoque.Etderrirecelasecachentncessairementlesnotionsdebienscommunsetdintrtgnral.

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    Lintrt gnral et la reprsentation

    Lestroisplniresonttdesespaces-tempsdappropriationetderflexionquilaissentquelquestracesintellectuellesnonngligeables!

    Lesapportsdesintervenantsdsembuentlepaysagesansfournirunevueimprenable!Peut-trequelebrouillardservlemoinsdensemaisdanslactionlesmilitantsdevrontprciserleurvocabulaire.Lesdbatsonttformateurs.

    Thomas Coutrot, co-prsident dATTACLes lites nont mme plus le dsir de respecter les formes de la dmocra-tie reprsentative. Avec lexemple de lEurope, nud de la crise actuelle, on peut rappeler le fonctionnement normal dun rgime reprsentatif, sup-pos produire une reprsentation lgitime de lintrt gnral et la faire mettre en uvre par des reprsentants

    Lintrt gnral est la reprsentation lgitime socialement des principes de laction publique : la socit se met daccord sur le fait de considrer laction publique comme visant tel objectif avec tel moyen.

    Dans la construction europenne, un consensus sest cr parmi les lites, partag avec les populations, autour de lide que la guerre ntait plus possible, quil fallait construire des institutions empchant la guerre. Cest une reprsentation de lintrt gnral trs puissante. Cette lgitimation, dans la construction europenne, sest faite au nom de lidal de paix et de la promesse de la croissance conomique. Cette construction sest faite dune faon qui chappait aux mo-dalits habituelles de construction dmocratique.

    Mais la socit est divise, tra-verse par de nombreux clivages. Lide quil y ait un seul intrt g-nral est une ide critique depuis longtemps par le marxisme notam-ment. Engels disait, analysant lEtat comme Etat de classe, que pour tre un Etat de classe, lEtat doit aussi tre autre chose. Autrement dit, pour pouvoir remplir son rle de lgitimation et de direction des af-faires de la bourgeoisie, lEtat doit aussi tre capable de construire des reprsentations partages de lintrt gnral. Lhgmonie nest pas simplement la domination, la coercition des classes dominantes sur les classes domines, cest aussi du consentement. Une dmocratie re-prsentative est un dosage entre la coercition (formatage idologique et mental par les mdias, les lois, la rpression...) et le consentement popu-laire.

    Scession des lites conomiques et politiques

    Aujourdhui, avec le nolibralisme, le march a une force conomique et sociale considrable. Les Etats se sont mis dans une situation de servi-tude volontaire face au march. Il y a donc un dsquilibre aujourdhui : les gouvernants semblent impuissants face au march.

    Certains ont parl dune scession des lites conomiques et politiques nationales, avec la constitution dune lite transnationale, qui sest dta-che des intrts des peuples nationaux, imposant une gouvernance in-ternationale qui nobit plus aux principes de la reprsentation lective. Cette autonomisation des lites conomiques et politiques sest manifes-te notamment par ladoption du trait de Lisbonne, refus par rfrendum en France.

    Face ces tendances a-dmocratiques du systme politique, beaucoup de ractions mergent, de luttes sociales, en Europe et dans le monde. On peut parler aujourdhui, au niveau mondial, dun dbut dinsurrection civique avec le sentiment gnralis quon est face des oligarchies qui

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    La dmocratie participative comme instrument de construction de lintrt gnral

    JaiapprcienparticulierlinterventiondelavocatColasAmblardetcelledusociologueGuillaumeGourgues.Lepremierpoursadensitetlesecondpoursaclartetsonplaisirtransmettre.

    confisquent le pouvoir et ne respectent mme plus les formes de la dmo-cratique reprsentative.

    Que peut-on faire aujourdhui, en Europe, pour sop-poser au rouleau compresseur de laustrit ? Tous les peuples europens sont aspirs dans une spirale menant trs probablement vers la dsagrgation de la zone euro et de lUnion Europenne, et vers la re-monte des nationalismes. Face cela, la proposi-tion dATTAC est de constituer un mouvement social europen, pour peser directement sur les institutions europennes. En Europe, les mouvements populaires sont atomiss. Il sagit donc de construire un intrt gnral europen, partir de la base, des mouve-ments, non pas des lites. Lide est de construire un tribunal europen de la crise cherchant faire sex-primer les citoyens sur ce quest la crise, comment elle nous affecte, et qui sont les responsables, les accuss. Il y a cette ide de donner des formes in-novantes ces types dinitiatives, plus artistiques, di-verses, pour crer de multiples mobilisations locales, rgionales, nationales et europennes, culturellement cratives et conues comme processus europen.

    Guillaume Gourgues, matre de confrence en sciences politiques lUniversit de BesanonLa sociologie politique ne dfinit pas lintrt gnral. Les sociologues po-litiques sintressent plutt ceux qui sen rclament, aux usages sociaux de lintrt gnral. De nombreux acteurs se saisissent de cette notion pour trouver la lgitimit de leur action. Cest une notion dispute, contro-verse, sarticulant avec tous les rgimes politiques, pouvant tre faon-ne dans des directions diffrentes. Pour ce qui est du projet participatif, il se pense dans un objectif dintrt gnral. Mais aujourdhui, comment faire de la dmocratie participative un instrument qui garantisse la construction de lintrt gnral ?

    Tout dabord, la dmocratie participative a t un projet politique thorique et intellectuel, fond sur la base dexpriences concrtes menes. La d-mocratie participative se base sur lide que la dlgation reprsentative de la gestion de lintrt gnral doit cesser. Lintrt gnral nest pas le rsultat dune dlgation un groupe de gens, sa construction doit tre un processus permanent, permettant aux citoyens de simpliquer dans ce qui doit tre rgl par laction publique. Cette vision va lencontre du fonctionnement de la dmocratie reprsentative. Cependant, dans les pro-cessus participatifs, on ne donne pas ceux qui participent un chque en blanc de lintrt gnral : on ne dit pas vous tes nombreux donc vous tes lintrt gnral . Ils doivent dmontrer que leurs revendications ont bien un objectif dintrt gnral.

    Le projet intellectuel et politique de la dmocratie participative a t rema-ni par des logiques de gouvernement. Aujourdhui, et depuis la fin des an-nes 90, la dmocratie participative est de plus en plus un empilement de procdures, de type budget participatif , jurys citoyens , instances consultatives , etc. Dans ces dispositifs, le discours sur lintrt gnral est central : les autorits publiques mettent en place de la participation pour construire lintrt gnral. Ces dispositifs participatifs sintgrent cepen-

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    La parole la salle

    Rponse de Colas Amblard

    dant dans des actions publiques qui restent profondment verticales, trs classiques, ne modifiant pas les rgles de construction de lintrt gnral.

    Les processus participatifs sont gnrale-ment vise managriale. Ils sont devenus lobjet dun march concurrentiel : des op-rateurs privs vendent des dispositifs partici-patifs, les rendant mobilisables par nimporte quel pouvoir public. Dans le mme temps, la rhtorique autour de la dmocratie participa-tive est de moins en moins importante. Par exemple, sur la refonte de la dcentralisation, la dmocratie participative est sortie des dis-cours mais les dispositifs sont tout de mme loeuvre. La participation est la plupart du temps sous contrle : les pouvoirs publics dcident de quoi on dbat, comment et qui dbat.

    Il faut prciser que dans ce contexte, le no-libralisme ne gnre pas moins dinterven-tion publique mais un autre type dinterven-tion publique, qui doit aller de plus en plus vite. Les lites de ce systme aujourdhui se font peur avec des instruments dmocra-tiques, avec ce qui produit du dbat, comme les rfrendums.

    Quelle place pour linitiative populaire ?

    Enfin, sur cette question de la participation comme levier de construction de lIG, une troisime piste de rflexion doit tre explore : la place de linitiative populaire. Le questionnement sur la participation implique un questionne-ment sur la capacit des citoyens faire entendre leur voix dans un rapport conflictuel sur lintrt gnral. Cela questionne de fait larticulation entre au-tonomie, conflit et participation. Chez Rancire, ce qui fait la dmocratie cest lirruption des sans part dans ltablissement des choses et la construc-tion dun ordre. Ils dfinissent une scne commune sur laquelle est discut lintrt gnral. Cest ce que Rancire appelle la cause de lautre : autour dun tort fait quelquun, quelle est la capacit de lautre prendre son parti ? Lintrt gnral ne peut tre pens quaux termes de ce conflit qui permet ceux dont la satisfaction de lintrt impose un progrs, de pouvoir se faire entendre. Le projet participatif doit dpasser lamnagement dun intrt g-nral dcid par dautres. Ces considration rsonnent avec lengouement actuel en France pour ce quon appelle le community organising (avec Alinski notamment) : pour enclencher un processus dmancipation dans les quartiers pauvres, il faut former des leaders dans les communauts pour quils lancent un processus de mobilisation autour de quest-ce qui vous pose problme ? quelles actions peut-on organiser ? . Ce principe se base sur une indpendance vis--vis de lEtat et des subventions.

    Nous sommes aujourdhui la fin dun cycle. La participation est deve-nue une forme de gouvernement. Cest intressant mais ce nest pas une logique de construction de lintrt gnral, comme ce qui fait lintrt du plus grand nombre. Cette critique ne cherche pas non plus tomber, lin-verse, dans lloge de la spontanit : il sagit de rinjecter des initiatives pouvant repenser la participation, comme le statut dinitiative populaire. Est-ce que les lois participatives offrent de relles opportunits de dbat public par les gens eux-mmes ? En Toscane, par exemple, il existe une loi permettant un groupe de citoyens dorganiser un dbat public sur un thme qui le proccupe. Ce pourrait tre le cas en France, par exemple sur le projet de refonte de la dcentralisation.

    Interroger le lien entre lintrt gnral et la notion du plus grand nombre : quelle diffrence avec lintrt majoritaire ou lintrt gnral de demain. Si ce nest limposition de lois de la majorit, quexiste-t-il comme autre alternative, en terme de dmocratie participative ou de dmocratie reprsentative ? La dynamique de la dlgation est dresponsabilisante, dans toutes les communauts. Dans les exercices de contre-pouvoir, il y a de la construction de dmocratie participative, mais la construction de lintrt gnral est moins visible.

    Si on veut satisfaire les intrts de toutes les classes il faut repenser le systme, comment la richesse est distribue, comment les dcisions sont prises. Si on veut vraiment penser lintrt gnral il faut repenser le systme no-libral. Quand on travaille sur les lites politiques, et comment ils construisent lEurope, cest plus que du fatalisme, ce sont des gens qui sont surs que cest la bonne solution, la drglementation cest la bonne solution etc. Ce processus engendrant des ingalits de plus en plus importantes, il faut rouvrir des espaces de dbats publics pour casser les vidences. Lintrt gnral nexiste pas, cest une reprsentation collective. Il existe des reprsentations lgitimes acceptes, plus ou moins majoritairement. Aujourdhui les lites au pouvoir nincarne plus lintrt gnral, plus personne na confiance. Mais nous sommes en manque doutils partags pour reconstruire autre chose. Comment reconstruire une reprsentation partage de ce que devrait tre la socit ? Nous sommes condamns reconstruire du commun partir de lclatement, la diversit, rsultant de la modernit. Il faut essayer, par le dialogue, de reconstruire des relations partages.

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    Les ateliers dEDUC pOP

    Cestuneexpriencetrspertinentequonpeutenplusdirectementinvestirdansnosactions.Susciter la participation citoyenne atelier de rueLassociation I-PEICC de Montpellier, affilie au rseau Peuple et Culture, a propos lanimation dun atelier de rue. Les participants cet atelier ont

    pu dcouvrir en quoi consistait cette dmarche et lprouver ensemble sur une place publique de Ste. Le dispositif dAtelier de rue est un outil de rencontre et dchange dans un espace public (place, rue, parc). Lobjectif est daller la rencontre des passants afin de crer un dbat sur une question visible de tous, de re-cueillir des opinions, des histoires de vie, voire des demandes ou propositions. Lassociation I-PEICC met en uvre ce dispo-sitif dans la cadre de lUniversit du citoyen quelle pilote depuis plusieurs annes. La mise en place de cette dmarche com-porte de nombreux paramtres (reprage des lieux, contraintes techniques, moments propices...) et une organisation collective (comportement avoir avec les passants, paroles rcolter, rpartition des rles...) dcider en amont.Lquipe mobilise met en place diffrents postes pour rcolter au mieux les paroles et les rendre visibles dans lespace pu-blic : certains rcoltent les paroles des passants, dautres sont posts au stand scribe pour crire les phrases accrocher et renseigner sur lassociation et la dmarche, dautres encore occupent le stand changes pour prolonger les entretiens sur des discussions plus informelles et conviviales.

    Une dizaine de participants ont pris part cet atelier ddu-cation populaire pendant deux aprs-midi de cette universit dt. Un aprs-midi a t consacr la prsentation du dispo-sitif par deux animateurs de I-PEICC. Pour le second aprs-midi le groupe a investi une place de Ste, et install une grande banderole, o tait inscrit O est lintrt gnral ? . Quelques Stois et Stoises de passage sur la place ont pu exprimer leur point de vue sur la question. De Cest travailler dans un intrt commun , si les poli-tiques cherchaient lintrt gnral plutt que leur intrt parti-culier a donnerait le bon exemple , la question na pas laiss sans voix ! Les panneaux affichs sur la place ont ensuite t accrochs sur le lieu de lUniversit dt pour permettre tous de pouvoir profiter de cette rcolte de paroles !

    Intrt gnral et citoyennet arpentageComment lire des textes qui semblent, premire vue, compli-qus, voire mme inaccessibles pour des non-initis ? Com-ment y dcouvrir des contenus pertinents, en ne les coupant pas de leurs contextes, mettre au jour les ides exprimes ou sous-jacentes, en tenter des analyses critiques, soumettre celles-ci la discussion, en tirer des ressources pour la vie de tous les jours ? Latelier invitait dcouvrir par soi-mme, en coopration avec un ensemble de personnes, des dmarches pour trouver et collecter des informations utiles, imaginer des hypothses de sens, les vrifier, tablir des cartographies pour donner voir des interactions conceptuelles dynamiques, oser proposer sa propre interprtation de ce que lon a compris.

    Le terme darpentage a t adopt par Peuple et Culture, en rfrence mtaphorique aux oprations, la fois savantes et

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    Jaivraimentapprcilesmomentsdatelierpourladiscussionetlarencontreaveclesautresparticipants.

    Lesateliersetlesactivitsculturellesetdedtenteconstituentunedynamiquederestructurationvoirederinventiondenosmthodes.

    Jaitrouvlesdclinaisonsprsentestrsintressantes.amaouvertdesperspectives.

    exprientielles, de dlimitation et de bornage des terres. Il est aujourdhui pratiqu comme travail collectif dappropriation de textes, selon des approches diffrencies. Larpentage, m-thode base sur les principes de lautoformation, permet de changer notre rapport aux livres et la lecture.

    Cet atelier, anim par Jean-Claude Lucien, membre actif du r-seau Peuple et Culture et crateur de cette dmarche, a runi une dizaine de participants pendant deux aprs-midi autour de louvrage de Pierre Macherey, De lutopie (De lincidence di-teur, 2011).

    Pourquoi sintresser aujourdhui aux discours des utopistes ? Peut-tre parce que ce dont nous manquons le plus, cest prcisment dutopie, sans mme avoir conscience de ce manque. Plus fondamentalement, lutopie ne correspond-elle pas au sentiment diffus que quelque chose ne va pas dans la socit, quoi il faudrait de toute urgence remdier, ce qui fait delle lexpression dun manque ? Comment se tracer un chemin dans le massif touffu, irrgulier, de la tradition utopique, dont les contours sont incertains, comme inachevs ? En faisant front sur ce qui fait principalement son prix : la mise en valeur, porte par son mode dexposition narratif, des dtails, des mille petits riens sur lesquels repose la vie sociale, ses mi-nuties comme les appelle Fourier, grand pote de lutopie. La rflexion utopique fixe son attention, non sur des systmes politiques fournis cls en main, avec leur rigide armature institutionnelle, mais sur les particula-rits, souvent incongrues, qui constituent concrtement le soubassement de lexistence communautaire, quelle prend ras de terre en portant sur elle une vue rasante. Cest ce qui la distingue des grandes spculations de la philosophie politique qui, proccupe par des problmes centraux comme celui du pouvoir, ne sabaisse pas prendre en compte ce type de considrations, dont limportance est cependant cruciale.

    En relisant More, Bacon et Campanella, reprsentants exemplaires de ce quon peut appeler lutopie classique, et Fourier, qui a dvelopp un nou-veau type dutopie sociale propre la modernit, on se donne quelques chances de sorienter dans le ddale de la pense utopique, une pense qui demeure pour nous, y compris dans ses formes les plus anciennes, dune brlante actualit.

    Les participants ont pu dcortiquer au sens propre comme figur louvrage pour comprendre de quoi il tait fait, ce quil comportait de thses, critiques, ce quil gnrait chez les lecteurs de ractions, accords, dsaccords... Pour rendre compte de ces lectures et impressions, les participants ont cr une fresque synthtisant de diffrentes manires le contenu de louvrage.

    Impts et cotisations jeu de solidaritRendre du sens citoyen limpt demande diplomatie, doigt et prudence. Comment rconcilier, susciter lintrt habilement, convaincre, redonner le got de la solidarit aux citoyens ? Comment remettre au cur des dbats lthique louable qui revient limpt ?

    Nous ne savons plus quoi servent nos impts. Nous nous sommes laiss bercer par le chant bien tentant des sirnes librales qui nous assurent depuis de nombreuses annes que moins dimpts sur nos salaires, cest plus dargent dans nos poches . Mais est-on vraiment gagnant au bout du compte ? Emilie de Liamchine, de Peuple et Culture Wallonie-Bruxelles, est venue proposer un jeu de plateau ducatif, Mission impossible ? , qui redonne du sens politique limpt et aux cotisations sociales. Deux profils de personnages se ctoient sur le plateau : ceux qui adhrent au rgime fiscal actuel, qui payent des cotisations sociales et ceux qui

    Lejeudesolidaritmapermisdecomprendredefaonludiquecommentaborderdestoposcomplexesdefaonplussimplessanstresimpliste.

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    Lateliercinmadocumentaireapermisdeschangesentrepersonnesdediffrentesassociationsetdiffrentesgnrations. Touslesfilmsquenousavonsvusdanslecadredelateliercinmamontinterpell.Jesuistrscinphileetjailesentimentquelimageestunbonsupportdducationpopulaire.

    Jaidcouvertlethatre-forum,techniquelafoisefficaceetagrabledegestiondessituationsconflictuelles;quidevraittreenseignedanstouteslescoles!

    Quelles rsistances aux intrts particuliers ? thtre forumDes luttes du Larzac celles de Notre-Dame des Landes au-jourdhui, des mobilisations contre les OGM celles contre le nuclaire, des citoyens sorganisent pour contrer la mainmise dintrts particuliers sur le fonctionnement de nos vies. Com-ment lutter quand quelques intrts particuliers puissants, pre-nant la forme de lobbies industriels, agro-alimentaires, phar-maceutiques, religieux ou financiers, imposent de nouvelles normes sociales au dtriment de lintrt gnral ? Comment sorganiser, comment dconstruire des vidences injustes, subies... et institues ?Le thtre-forum est un entranement se dire quon peut changer les choses et lexprimenter ; prendre conscience de son pouvoir dagir individuel, augment par le collectif. Une dmarche pour nous repenser la construction de lintrt gnral.

    Cet atelier, anim par Linda Dorfers de la compagnie montpelliraine des Nuits partages , a accueilli une quinzaine de participants. Chaque groupe a travaill la mise en scne de situations concrtes o les intrts particuliers prennent le pas sur lintrt gnral. Les participants latelier ont ensuite propos au public de lUniversit un forum sur ces scnes travailles.

    Rver le bien commun cinma documentaireAu-del du tmoignage sur les destructions, souffrances et spoliations que le systme capitaliste inflige lhumanit, le cinma documentaire peut nous interpeller sur le devenir de nos biens communs et interroger, en creux, lintrt gnral. Les participants cet atelier, anim par Patrick Varin, Trajet spectacle, accompagn de Fabien David, ont pu regarder, d-crypter quelques films pour comprendre comment des cinastes engagent leur art et leur sensibilit, et nous engagent rver le bien commun.

    Les films suivants ont t visionns : Chats perchs, Chris Marker, 2004 Mardi, Charly Dupuis, 2008 Un jour pas comme les autres, Mohand Bcou, 2010 Kiosque, Estelle Fredet, 2011

    Les territoires de lintrt gnral penser et agir dans la complexitComment, dans nos territoires de vie, contribuons-nous des actions din-trt gnral ? Cet atelier, anim par Georges Goyet, Union Peuple et Culture, a propos daborder la question du dveloppement et de larti-culation des chelles individuelles, collectives et territoriales. Par le biais de tmoignages et questionnements critiques, le groupe a pu analyser de quelles manires les actions que chacun mne sur son territoire senvisa-gent dans une perspective de construction de lintrt gnral et quelles places y occupent des finalits comme le dveloppement soutenable et la construction dun monde plus juste et plus solidaire.

    exprimentent un rgime sans cotisation sociale. Les vnements ra-listes de la vie quotidienne auxquels les joueurs sont confronts clairent combien la capacit financire y faire face varie trs largement selon le rgime fiscal choisi. la fin du mois (qui correspond, dans le jeu, la fin de la partie), lanimateur compare et distingue les parcours de chacun, or-ganise lchange des savoirs et la confrontation des ides pour construire, pas pas, de lintelligence collective.

    Noussommesconstammentconfrontscettequestionlonousvivons,ausenspropre(amnagementurbain)commeausensfigur:quest-cequinousappartient,tous,etcommentlegrer?

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    Pour Le Pav, lducation populaire doit intervenir sur les trois piliers qui structurent, selon la dfinition de Jau-rs, la dmocratie : Le pouvoir : laction gouvernementale, le politique Le contre-pouvoir : laction exprimentale Le droit : laction syndicale, assurant le registre conflic-tuel des rapports sociaux.

    Alexia Morvan, coopratrice au Pav, propose une d-finition de la dmocratie dans sa thse soutenue en dcembre 2011 : est dmocratique une socit qui se reconnat divise, cest--dire traverse par des contradictions dintrts, et qui se fixe comme modalits dassurer pour chaque citoyen lexpression, lanalyse, la production, la dlibration de ces contradictions, en vue darriver un arbitrage. . Ainsi replace lducation populaire serait alors la pdagogie de la dmocratie.

    Latelier reposait en premier lieu sur des travaux en sous-groupes pour un change sur lune des questions proposes : Lducation populaire doit-elle soccuper uniquement dducation popu-laire ? Lducation populaire doit-elle laisser lcole au Medef ? Convergence des rustres ou des petits-bourgeois ? Quelle stratgie de convergence ? Lintrt gnral est-il une bonne entre pour la transformation sociale ? Est-ce le rle de lducation populaire que de faire de la gestion de conflit ? Lducation populaire doit-elle investir les services publics ?

    Chaque groupe a ainsi tudi et discut lune de ces questions en mul-tipliant les angles danalyse : quel est le problme ? quest-ce que a pourrait tre dans lidal ? Faire des propositions et les hirarchiser, du court-terme au long-terme, du plus urgent au plus important... Poser des interrogations, des contradictions autour de ce qui a t dit. Avant de pr-senter tous le fruit de son travail, chaque groupe a rsum ses question-nements et propositions afin de les traiter collectivement sous forme de dbat mouvant.

    Pour chaque question pose ou proposition effectue, le groupe se posi-tionne dans lespace en rpondant une double interrogation, permettant ainsi de visualiser non seulement si chaque participant est daccord ou pas daccord avec la proposition nonce, mais aussi sil se juge capable ou pas capable de participer personnellement sa rali-sation. Plusieurs groupes se constituent la formulation de chaque ide et la rpartition dans lespace change alors au fur et mesure des interven-tions des uns et des autres, chaque camp pouvant plaider sa cause en donnant des arguments susceptibles de convaincre dautres participants de les rejoindre...

    Trois propositions ont t soumises au dbat mouvant : un animateur doit tre neutre , acheter une action du groupe Casino, aller lAG en se mettant daccord sur une stratgie de sabotage , le prochain thme de lUniversit dt de Peuple et Culture : oser le conflit .Une faon constructive et conviviale pour envisager lavenir collective-ment... et questionner le rle et les moyens que se donnent les acteurs de lducation populaire dans la construction dun monde plus juste et solidaire.

    Ladernirematineaveclateliercommundelibrationdelimaginairemabeaucoupplu,ilafallusemettreenrflexiondemanirecollectiveetconstructive.

    Intrt gnral et ducation populaireAtelier commun de libration de limaginaire anim par Joackim Rebecca, SCOP Le Pav

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    Laconfrencegesticulemontrequelducationpopulaireadebellessemainesdevantelle. Laconfrencegesticuleconstitueunmodedetravailpdagogiquecertainementefficientenducationpopulaire,voireenducationtoutcourt.

    Les soiresCinma-documentaire Etat dlue Pour la premire soire de cette Universit dt, lassociation Agora Peuple et Culture (Isre) a propos la projection du film documentaire Etat dlue , de Luc Decaster, ralis en 2010, suivie dun dbat autour des notions dintrt gnral et de la gestion des biens communs.

    Cest un voyage peu commun auquel nous sommes convis : suivre du-rant plus dun an le cheminement dune lue, Franoise Verchre, Maire et Vice-Prsidente du Conseil Gnral de la Loire-Atlantique charge de lenvironnement. Entre les runions kafkaennes avec des technocrates, une occupation anti-OGM ou un dbat houleux sur un parc olien, dans un rapport singulier avec le ralisateur, llue livre ses rflexions, voque ses dsirs comme ses dboires. Franoise Verchre sinterroge sur la place quelle occupe au sein dinstitutions o le dos rond semble coutumier pour faire carrire. Avec un humour peu commun, elle dpeint un monde o ladversit politique est quasi permanente. Derrire le beau sourire de cette femme qui drange, on sent parfois la solitude

    Confrence gesticule Rurals ou la convergence des rustres Herv Chaplais, SCOP lEngrenage, ToursRurals ou la convergence des rustres est un croquis de vie qui raconte le rural et plus encore la ruralit populaire et ses liens avec les mixits so-ciales issues des exodes et des migrations... Lhistoire dune vieille barrire en bois, de stres de bois, de muse dart contemporain et de verrues.Cette confrence gesticule traite de lopposition rural/urbain comme une de ces fausses oppositions deux balles destines nous divertir, nous dtourner de la disqualification des cultures populaires quelles soient de campagne ou de quartier. Disqualification comme limination pure et simple. Disqualification comme folklorisation et stigmatisation.Mais alors que la casse plus ou moins russie des solidarits populaires se poursuit, certaines populations tentent pourtant de rsister la loi de la jungle nolibrale. Pour prendre ensemble le maquis, les jugements de classe restent encore bien souvent un des obstacles une relle conver-gence des rustres.

    Les activits culturelles et de dtenteLors de ces quatre jours dUniversit dt, de nombreuses activits ont t proposes aux participants en dbut daprs midi pour...

    Balade conte avec Cllia Tavoillot, lOiseau LyreBalade urbaine avec Evelyne Menou et Pauline Orain, I.PEICCAtelier dcriture avec Stphane Page, Boutique dcriture & CoJouer avec Claude Carrara et Valrie Faucon, Maison des Jeux de Gre-noble

    Ste, un port sur lamer avec Jean-Luc Menu, Union Peuple et CulturePouvoir se documenter avec la librairie Lchappe belle .

    JaieuunetendresseparticulirepourlepersonnagefminindEtatdlusquenousavonsregardlevendredisoir.

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    Le point de vue des participants

    Un questionnaire a t adress aux participants pour recueillir leur point de vue sur cette dition 2012. Les lignes qui suivent constituent une syn-thse des rponses obtenues (38 questionnaires nous ont t retourns).

    Luniversit dt 2012 est juge trs russie ou russie pour 3/4 des gens. Lambiance et le lieu daccueil ont t unanimement apprcis, lorganisation apprcie beaucoup ou normment pour plus de 9 personnes sur 10. Lquipe organisatrice est juge formidable et dia-blement sympathique .

    Le thme de lUniversit a t jug pertinent et judicieux pour 3/4 des participants : Cest un sujet dactualit qui mrite claircissements et approfondisse-ments pour rpondre certaines urgences sociales, cologiques, cono-miques, politiques, au moment o on vit une crise conomique, sociale, cologique, mais aussi une crise de sens et un manque de rves com-muns. Parmi ceux qui jugeaient ce thme pertinent avant lUniversit, aucun na chang davis Luniversit a permis de clarifier des notions et prciser le vocabulaire, apprhender la question sous diffrents angles, obtenir des informations supplmentaires.... dsembuer le paysage ouvrir des perspectives. 1/4 des participants na pas jug le thme pertinent et judicieux, car lin-trt gnral est une notion qui recouvre des ralits trop diffrentes, quil sagit dun thme trop vaste, trop conceptuel, pas assez mobilisateur car difficile relier du vcu, du sensible et aux actions de terrain.

    Les plus et les moins de cette Universit dt Les activits culturelles et les soires ont t trs apprcies, en parti-culier la confrence gesticule et le film Etat dElue de Luc Decaster Les plnires et les dbats suite lintervention de Yannick Blanc, de Co-las Amblard et de Guillaume Gourgues ont t majoritairement trs appr-cis. Toutefois la forme classique, le manque de temps pour les changes avec la salle ont pos problme. Parfois trop loignes du cadre de ldu-cation populaire, les interventions ont t jug trop thoriques par un cer-tain nombre de participants. Le cadre, lambiance, les moments informels, le caractre intergn-rationnel ont t vivement appr-cis. Mais la grande densit du pro-gramme na pas permis des temps suffisants pour les changes infor-mels. Les ateliers on t apprcis, mme si certains ont regrett le manque darticulation avec les plnires et le manque de temps de restitution. Latelier-plnire Libration de limaginaire pour la dcouverte dune mthode et la mise en rflexion de manire collective et constructive a suscit un vif intrt.

    Origine des participants Environ la moiti dentre eux est venue titre professionnel et 4/5 sont proches dune associa-tion Peuple et Culture

    53% ont t informs de lUniversit par lUnion, 43% par une association du rseau, 4% par un autre moyen.

    Ils sont venus lUniversit car : investis dans Peuple et Culture (43%), sintressent lduca-tion populaire (30%), ont trouv le thme pas-sionnant (22%)

    Niveau dtude trs lev : 40% de Bac+5 , 21% de Bac + 3, 15% de Bac+ 2, 6% niveau Bac ou infrieur.

    Larencontredenouvellespersonnes,lesretrouvaillesavecdesanciens,latmosphregnraleouverteetamicale...Cestunvraiplaisirdesesentirexister:merci!

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