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LA FINANCEpour tousConstruire des systmes financiers inclusifsGroupe consultatif dassistance aux pauvresLE CGAP : 10 ANS DEXPRIENCELA FINANCEPOUR TOUS1818 H Street NWWashington, D.C. 20433tats-UnisTl. : 1.202.473.6479Tlc. : 1.202.522.3744www.cgap.orgLa construction de systmes financiers incluant les pauvresest la prochaine grande tape franchir pour le dveloppe-ment et la finance. Cet ouvrage prsente quelques pistessrieuses qui donnent rflchir sur les moyens d'y parvenir.Mark Malloch BrownNations UniesCet ouvrage prsente la nouvelle vision de la microfi-nance. Dans un langage simple, il dcrit les enseignementsque le CGAP et dautres acteurs du milieu du dveloppementont pu tirer ces dix dernires annes sur la construction desystmes financiers accessibles tous. Ce nest ni un manueltechnique ni une chronique de lhistoire de la microfinance. laide de multiples sources dinformation, on dcrit la situa-tion du secteur de la microfinance dans son tat actuel, lesperspectives et les dfis venir.Ce livre permet aux lecteurs de comprendre rapidementquelles sont les incidences pratiques des systmes financiersaccessibles tous, en prsentant un tat des lieux de nosconnaissances actuelles, de ce quil reste dcouvrir et desmoyens de sinformer de faon plus dtaille.En commenant par des questions essentielles sur les clientsde la microfinance (Qui sont-ils ? Quels services financiersveulent-ils obtenir ? Quels sont les effets des services financierssur leur quotidien ?), l'ouvrage examine tous les chelons dusystme financier. Il illustre les interventions qui fonctionnent,celles qui sont sans effet, et dcrit les domaines dans lesquels ilfaut parfaire les connaissances. En se concentrant sur les prati-ques et les modles prometteurs, l'ouvrage prsente un pano-rama des moyens mettre en uvre pour crer des systmesfinanciers qui, terme, offriront un accs tous.HelmsISBN 978-2-89035-398-5Brigit HelmsAccs (pine o.47) 30/06/06 17:22 Page 1Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page iAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page iiLA FINANCE pour tousConstruire des systmes financiers inclusifsGroupe consultatif dassistance aux pauvresLE CGAP : 10 ANS DEXPRIENCEBrigit HelmsAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page iiiCatalogage avant publication de Bibliothque et Archives CanadaHelms, BrigitLa finance pour tous : construire des systmes financiers inclusifsTraduction de : Access for all.Publ. en collab. avec : Banque mondiale.Comprend des rf. bibliogr. et un index.ISBN 2-89035-398-21. Microfinance Pays en voie de dveloppement. 2. Crdit Pays en voie de dvelop-pement. 3. Services financiers Pays en voie de dveloppement. 4. Pauvres Pays envoie de dveloppement. 5. Microfinance Politique gouvernementale Pays en voie dedveloppement. I. Banque mondiale. II. Titre.HG178.33.D44H4514 2006 332.1091724 C2006-940891-2Les ditions Saint-Martin bnficient de laide de la SODEC pour lensemble deleur programme de publication et de promotion.Les ditions Saint-Martin sont reconnaissantes de laide financire quelles reoiventdu gouvernement du Canada qui, par lentremise de son Programme daide au dve-loppement de lindustrie de ldition, soutient lensemble de ses activits ddition.Montage : DVAGDpt lgal : Bibliothque nationale du Qubec, 3e trimestre 2006Imprim au Qubec (Canada)2006 The International Bank for Reconstruction and Development / THE WORLD BANK1818 H Street, N.W., Washington, D.C. 20433, tats-Unis, Tlphone (1) 202-473-1000,www.worldbank.org, courriel : feedback@worldbank.orgPubli par : 2006 Les ditions Saint-Martin inc.5000, rue Iberville, bureau 203Montral (Qubec) H2H 2S6 Tl. : 514-529-0920Tlc. : 514-529-8384st-martin@qc.aira.comwww.editions-saintmartin.comMembre de CoopscoLes informations, interprtations et conclusions figurant dans le prsent ouvrage sontcelles des auteurs et ne refltent pas ncessairement lopinion du Conseil dadministra-tion de la Banque mondiale ou des tats que ses membres reprsentent.La Banque mondiale noffre aucune garantie quant lexactitude des donnes prsentes ausein de cet ouvrage. Les frontires, couleurs, intituls et autres informations figurant sur lescartes de cet ouvrage ne refltent aucun jugement de la part de la Banque mondiale quant austatut juridique de quelque territoire que ce soit ni une acceptation des dites frontires.Tous droits rservsAucune partie de ce livre ne peut tre reproduite ou transmise sous aucune forme oupar quelque moyen lectronique ou mcanique que ce soit, par photocopie, enregistre-ment ou par quelque forme dentreposage dinformation ou systme de recouvrement,sans la permission crite de lditeur.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page ivTable des matiresAvant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .viiRemerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .ixLe Groupe consultatif dassistance aux pauvres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .xiPrincipes cls de la microfinance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .xiiiChapitre 1. Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1Chapitre 2. Les clients pauvres et faible revenu . . . . . . . . . . . . . . . . . . .19Chapitre 3. Les prestataires de services financiers: le niveau micro . . . . .39Chapitre 4. Linfrastructure financire: le niveau mso . . . . . . . . . . . . . .65Chapitre 5. Ltat: le niveau macro . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .83Chapitre 6. Les sources de financement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .105Chapitre 7. Dfis transversaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .127Chapitre 8. Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .157Postface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .163Conseils de lecture et sites internet recommands . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .165Rfrences bibliographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .169Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .181vAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page vAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page viAvant-proposL a finance pour tous est plus quun slogan. Depuis 10 ans, les plus grandes agencesdaide internationale du monde cooprent sous les auspices du Groupe consultatifdassistance aux pauvres (CGAP) et consacrent personnel, fonds et un nombre infinidheures mettre en place des systmes financiers dits plus inclusifs, cest--dire dessystmes financiers qui servent aussi les pauvres.Les efforts dploys par ce consortium et par ses nombreux partenaires rseaux,bailleurs de fonds, institutions de microfinance sont sans prcdent. travers sespublications, ses missions de formation et ses campagnes de sensibilisation, le CGAP acontribu crer un consensus quasi-universel autour des principes fondamentauxdun systme financier accessible tous: de la rglementation et de la surveillance auniveau des pouvoirs publics, une politique du prix juste au niveau de la clientle, enpassant par un engagement en faveur de la publication et de la diffusion de linforma-tion financire de la part des institutions.Tous ensemble, nous avons cr ce consensus en le fondant sur une volont derecherche cohrente, en le dotant doutils oprationnels pratiques et en lappuyantdun effort de communication soutenu lgard du public. Tous les participants ceteffort ont contribu la professionnalisation de la microfinance, une activit considre ses dbuts comme marginale, dordre charitable mme, par les professionnels de lafinance. Dans le mme temps, nous avons aid la microfinance sortir des salles deconfrence des agences daide internationale et pntrer les salles de runion desconseils dadministration des banques commerciales et des dcideurs politiques.Les Principes cls de la microfinance labors par le CGAP qui recommandentnotamment ladoption, par les pays bailleurs de fonds, de politiques plus ralistes enmatire de microfinance ont t cautionns et soutenus par le Groupe des Huitnations les plus industrialises, tout comme par les gouvernements de divers pays endveloppement. La reine Rania de Jordanie en a fait lassise de son activit de prsi-dente de linitiative de microfinance du CGAP pour le monde arabe.Dans le monde entier, les bonnes pratiques en microfinance sont en train dedevenir les pratiques standard. Prs de 600 institutions de microfinance rendentcompte de leur activit et de leurs rsultats sur le site du Microfinance InformationeXchange (MIX), le portail dinformation cr par le CGAP et devenu le Bloombergde la microfinance, offrant ainsi une image raliste dun secteur de la microfinancesoucieux de transparence, de rentabilit long terme et de croissance. On observemme que les institutions de microfinance figurent dsormais dans les analyses desagences de notation traditionnelles.En termes defficacit de laide, les membres du CGAP ont accept de se soumettre des revues croises, tout en effectuant des efforts sans prcdent et des choix difficilesviiAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page viidans le but damliorer leur soutien au dveloppement du secteur financier: ils unis-sent leurs capitaux pour garantir la mise en uvre des bonnes pratiques, se concertentau sujet de ladoption dun format commun de publication de linformation financireet laborent et appliquent des directives concertes sur les bonnes pratiques, aussi bienau niveau du sige que sur le terrain.Jusque-l, le tableau est saisissant. Alors que la microfinance se composait gnrale-ment ses dbuts de projets fortement subventionns, elle met dsormais en jeu descentaines de prestataires de microfinance oprant de manire rentable sous les formesinstitutionnelles les plus diverses et offrant une gamme tendue de services financiers transferts de fonds, dpts, assurance une clientle pauvre toujours plus impor-tante. On ne peut plus douter que la microfinance soit entre au rang des activitsreconnues lorsque lon retrouve parmi les intervenants des banques commerciales,nationales et internationales, attires par les excellents rendements de la clientlepauvre et par les conomies de cots et la rduction des risques que permettent lesnouvelles technologies dans le domaine de linformation et de la prestation de services.On peut citer de nombreux exemples. Au Kenya, la Equity Bank procde chaquemois 18 000 ouvertures de comptes auprs de la clientle pauvre. La K-Rep bank,une ancienne ONG de petite taille, est devenue une banque commerciale partentire et affiche lun des taux de croissance les plus levs du pays. Grce sesalliances avec des institutions de microfinance et des ONG, la ICICI Bank en Inde sestenrichie de 1,2 million de clients de microfinance au cours des trois dernires annes.Au Mexique, Compartamos nest plus une institution finance par des bailleurs defonds mais une institution financire agre servant plus de 400 000 clients, une habi-tue des marchs obligataires locaux.Ces institutions doivent leur succs leurs pratiques saines, lutilisation de normessolides et lengagement de leurs dirigeants. Mais ces institutions ne doivent pas faireoublier lessentiel. Prs de 3 milliards de personnes restent prives de laccs unproduit financier de base: un prt qui leur permettrait de financer une microen-treprise ou une urgence mdicale, un endroit sr o dposer leurs conomies, unmcanisme fiable de transfert de fonds, y compris au-del des frontires nationales.Alors que le CGAP clbre ses dix premires annes au service du secteur de lamicrofinance, nous conservons intact notre engagement en faveur dune expansionmajeure de laccs aux services financiers. Cest le thme du prsent ouvrage, quireprend et explore les 10 ans dune exprience partage par le personnel du CGAP etses partenaires. Au fil des pages, le lecteur dcouvrira les raisons pour lesquelles unetelle expansion est importante, les obstacles qui en bloquent la ralisation et lesnombreux signes favorables qui suggrent que cette expansion est non seulementpossible, mais quelle est mme porte de notre effort.Bien au-del dun simple recueil des expriences et des conclusions du CGAP aucours de la dcennie coule, ce livre entame un nouveau chapitre pour la poursuitede notre uvre. Nous vous invitons venir y travailler avec nous.ELIZABETH LITTLEFIELDPrsidente-directrice gnrale Groupe consultatif dassistance aux pauvresviii La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page viiiRemerciementsLe prsent ouvrage reflte lexprience collective du CGAP, une organisa-tion dont lactivit consiste garantir aux pauvres laccs aux services finan-ciers qui permettent damliorer leur existence.Les ides prsentes dans ces pages ont merg du CGAP au fil des dixdernires annes, mais elles refltent galement une discussion permanenteau sein de lensemble de la communaut de la microfinance.Ce sont les efforts et lengagement communs de nos 31 membres dona-teurs qui rendent possible lactivit du CGAP et sa contribution la mise enplace de systmes financiers accessibles tous. Leur soutien a donn auCGAP la possibilit de senrichir de lexprience des intervenants de lamicrofinance et de partager cette exprience avec lensemble du secteur.Beaucoup des ides et des exemples qui figurent dans La finance pourtous sont galement issus de leur exprience. Plusieurs dentre eux ontgalement apport leur assistance en assurant la relecture du prsentouvrage, notamment Kate McKee de lU.S. Agency for InternationalDevelopment (USAID), Nimal Fernando de la Banque asiatique de dve-loppement, ainsi que Frank deGiovanni de la Fondation Ford qui je doisdes remerciements pour le temps quil a consacr la relecture intgrale dece livre pendant ses vacances dt.Ce livre sappuie sur la recherche et la rflexion originales de plusieursesprits remarquables du CGAP. Jaimerais remercier Elizabeth Littlefield, BobChristen, Syed Hashemi, Martin Holtmann, Jennifer Isern, Alexia Latortue,Tim Lyman, Xavier Reille, Rich Rosenberg, Ousa Sananikone, Eric Duflos,Rani Deshpande, Patricia Mwangi et Gautam Ivatury. Je dois des remercie-ments particuliers Jasmina Glisovic-Mezieres et Hannah Siedek en raisonde leur recherche et de leur soutien inpuisables lors de llaboration duprsent ouvrage. Cet effort naurait pas pu tre men terme sans leur curio-sit insatiable.Un grand nombre dautres experts ont particip gnreusement la relec-ture du document. Jaimerais remercier Monique Cohen, Kathryn Imboden,David Porteous, Stuart Rutherford, Beth Rhyne, Alex Silva et Graham Wrightpour leur expertise dont ils nous ont fait profiter. Je suis en outre reconnais-sante Jeanette Thomas, Maggie Dugan et Andrew Mainhart des commen-taires quils mont offerts.ixAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page ixMme si jaccepte lentire responsabilit de ses erreurs, omissions etdistorsions, le prsent ouvrage reprsente vritablement luvre de len-semble du personnel du CGAP. Grce lui, les 10 annes que je viens de passerau CGAP ont t les plus enrichissantes de ma vie professionnelle.x La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page xLe Groupe consultatif dassistance aux pauvresP lus de 3 milliards de pauvres souhaitent avoir accs aux services financierslmentaires essentiels pour faire face aux conditions prcaires de leurexistence.La mission du CGAP est duvrer au sein des pays en dveloppement poury mettre en place des systmes financiers qui soient accessibles tous, dessystmes qui servent la population tout entire et pas simplement une minus-cule minorit. Pourquoi? Parce que nous avons t tmoin des rsultats expo-nentiels de la microfinance. Nous avons constat de quelle faon laccs auxservices de prt et de dpt a aid des millions de personnes merger de lapauvret.Pour de nombreux pauvres dans le monde, la microfinance est efficace.Mais si nous voulons atteindre les milliards de personnes supplmentaires quipourraient retirer un bnfice des services financiers, il nous faut largir laccs ces services une chelle nettement plus ambitieuse. Nous devons convaincreles banques commerciales et les institutions non financires que la clientlepauvre et faible revenu reprsente un projet commercial rentable.Le monde pour lequel nous uvrons ne voit plus la microfinance commeun secteur marginal ou crneau particulier: dsormais, les pauvres y sontconsidrs par le systme financier de leur pays comme des clients importants,et une gamme varie dinstitutions financires offre aux pauvres un accspermanent aux diffrents services financiers dont ils ont besoin. Nous croyonsque la microfinance fait partie intgrante dun systme financier comptitif etdiversifi, source dinnovation et de croissance pour tous les segments de lasocit.Le CGAP constitue une source mondiale dinformation offrant normes,outils oprationnels, formation et prestations dexpertise-conseil en microfi-nance. Ses 31 membres qui comprennent des bailleurs de fonds bilatraux,multilatraux et privs se sont donn pour mission de mettre en place dessystmes financiers plus accessibles aux pauvres.xiAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page xiAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page xiiPrincipes cls de la microfinanceLe CGAP est un consortium de 31 organisations daide au dveloppement publiques etprives qui uvrent de concert pour largir laccs des pauvres aux services financiers,en soutenant la microfinance. Les principes suivants ont t labors et promus par leCGAP et ses 31 membres bailleurs de fonds, et adopts en outre par les chefs dtat duGroupe des Huit lors du Sommet du G8 le 10 juin 2004 (Sea Island, Gorgie, tats-Unis).1. Les pauvres ont besoin de toute une gamme de services financiers et nonpas seulement de prts. Outre le crdit, ils dsirent disposer de produitsdpargne, dassurance et de transfert dargent.2. La microfinance est un instrument puissant de lutte contre la pauvret.Les mnages pauvres utilisent les services financiers pour augmenterleurs revenus, accumuler des biens et se prmunir contre les chocsextrieurs.3. La microfinance est le moyen de mettre des systmes financiers auservice des pauvres. La microfinance ne pourra accomplir tout sonpotentiel que si elle est intgre au cur du systme financier gnraldun pays.4. Il est possible et ncessaire dassurer la viabilit financire de la microfi-nance pour pouvoir toucher un grand nombre de pauvres. moinsdadopter une politique tarifaire leur permettant de couvrir leurs cots,les prestataires de microfinance seront toujours limits par la prcaritdes subventions offertes par les bailleurs de fonds et les gouvernements.5. La microfinance implique la mise en place dinstitutions financireslocales permanentes capables dattirer des dpts locaux, de lesconvertir en prts et de fournir dautres services financiers.6. Le microcrdit nest pas toujours la solution. Dautres types dassistancepeuvent tre plus appropris pour les populations qui sont si dmuniesquelles ne disposent pas de revenus ni de capacit de remboursement.7. Le plafonnement des taux dintrt est nfaste pour les pauvres qui ilrend plus ardu laccs au crdit. Il est plus coteux daccorder un grandnombre de prts de faible montant que quelques prts importants. Leplafonnement des taux dintrt empche les institutions de microfinancexiiiAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page xiiide couvrir leurs cots et rduit par consquence loffre de crdit dispo-nible pour les pauvres.8. Les pouvoirs publics doivent faciliter la prestation de services finan-ciers, mais non les fournir directement. Les pouvoirs publics ne fontpratiquement jamais de bons prteurs, mais ils peuvent crer un envi-ronnement politique propice.9. Les financements des bailleurs de fonds doivent complter les capitauxdu secteur priv, ils ne doivent pas les remplacer. Ils doivent tre uneassistance temporaire au dmarrage dune institution jusquau momento elle peut faire appel des sources prives de financement, telles queles dpts.10. Le manque de capacits institutionnelles et humaines constitue le prin-cipal obstacle. Les bailleurs de fonds doivent consacrer leur assistance aurenforcement des capacits.11. La microfinance est plus performante lorsquelle mesure et publie ses rsultats. Non seulement la publication des tats financiers permetaux intervenants dvaluer les cots et les bnfices dune institution,mais elle permet celle-ci damliorer son rendement. Il est ncessaireque les institutions de microfinance publient des rapports fiables etcomparables sur leur rendement financier (par ex., taux de rembourse-ment des prts et de recouvrement des cots) et sur leur rendementsocial (par ex., importance et niveau de pauvret de la clientle pauvreservie).xiv La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page xivChapitre 1IntroductionNous voulons que la pauvret devienne un concept du pass. Ce cri deralliement galvanise les chefs dtat et lopinion publique des pays dve-lopps comme jamais auparavant.Nous vivons une nouvelle re durant laquelle les conversations des dnersen ville, de Seattle Stuttgart en passant par Sydney, portent rgulirementsur les moyens de lutter contre la pauvret: commerce quitable, rductionde la dette et accroissement de laide internationale. Ces dbats de fond sonteffectivement essentiels pour une rduction long terme de la pauvret. Maispour les 3 milliards de personnes qui subsistent avec moins de 2 dollars parjour, laccs aux services financiers les plus lmentaires peut constituer unlment crucial de lallgement de la pauvret.La plupart des habitants des pays en dveloppement, cest--dire la majorit dela population mondiale, na pas accs des services financiers formels. Trs peudentre eux bnficient dun compte dpargne, dun prt ou dun moyenpratique de transfrer des fonds. Ceux qui parviennent, par exemple, ouvrir uncompte bancaire doivent souvent se contenter dune qualit de service infrieure.En quoi cela devrait-il nous concerner? Parce que le manque daccs auxservices financiers empche les populations pauvres et faible revenu deprendre des dcisions quotidiennes qui semblent videntes la plupart desconvives de ces dners. Comment vais-je rgler les frais de scolarit de monenfant, ou mme acheter ses manuels scolaires, lan prochain? O trouverlargent ncessaire pour enterrer un membre de ma famille? Comment fairepour envoyer de largent depuis la capitale o jhabite ma famille au fin fondde la campagne? Comment financer la rparation des fuites du toit?Comment faire pour acheter le stock darticles ncessaire un commerce?Les services financiers destins aux pauvres, souvent regroups sous le nomde microfinance, ne peuvent pas rsoudre tous les problmes causs par lapauvret. Mais ils peuvent aider placer des ressources et des moyens entre lesmains des pauvres et des personnes faible revenu eux-mmes, en leurdonnant la capacit de prendre ces dcisions quotidiennes et de ngocier eux-mmes leur sortie de la pauvret. Le potentiel est norme, tout comme lesobstacles qui laccompagnent.Le prsent ouvrage se propose dapporter une solution ces problmes. Cestgalement la mission principale du Groupe consultatif dassistance aux pauvres1Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 1(CGAP), un consortium de bailleurs de fonds qui sest donn comme objectif defaire progresser la microfinance.1 La vision du CGAP est celle dun monde danslequel tous les pauvres, o quils soient, bnficient dun accs permanent unventail de services financiers offerts par diffrents prestataires et au moyendune gamme varie de mcanismes de prestation. Cest un monde dans lequelles habitants pauvres et faible revenu des pays en dveloppement ne sont plusconsidrs comme relevant dune clientle marginale mais comme une clientlecentrale et lgitime des systmes financiers de leur pays.En dautres termes, cette vision dbouche sur des systmes financiers accessi-bles tous, qui reprsentent le seul moyen de toucher largement les popula-tions pauvres et faible revenu. Pour atteindre cet objectif, il est ncessairedadopter des approches diversifies: il nexiste pas de solution unique effi-cace. Il convient dutiliser des mcanismes diffrents pour placer des servicesfinanciers diffrencis la porte des divers groupes de population qui ny ontpas droit lheure actuelle. Cette vision ne pourra devenir une ralit qu lacondition dabattre les murs rels et imaginaires qui sparent encore lamicrofinance de lunivers infiniment plus vaste des systmes financiers.Une brve histoire de la microfinance2Depuis environ 10 ans, la microfinance a connu un rythme acclr dvolu-tion et dexpansion partir du crneau relativement troit du crdit lamicroentreprise, en passant par le concept plus complet de la microfinance(qui inclut une gamme de services financiers destins aux pauvres, notam-ment lpargne, les instruments de transfert dargent et lassurance) pouraboutir au dfi immense que reprsente la mise en place de systmes finan-ciers accessibles tous (voir la figure 1.1).Les ides et les aspirations qui sous-tendent la microfinance ne sont pasnouvelles. Cela fait des sicles que des petits groupes informels offrentpargne et crdit dans le monde, du Ghana au Mexique en passant par lIndeet dautres pays. En Europe, ds le dbut du 15e sicle, lglise catholique avaitcr des boutiques de prt sur gage pour offrir une solution autre que celledes prteurs taux usuraire. Tout au long du 15e sicle, ces boutiques de prtsur gage se sont implantes dans toutes les zones urbaines europennes. Lespauvres ont galement leur disposition, depuis des gnrations, des institu-tions de crdit et dpargne qui offrent des services financiers une clientleque ngligeaient traditionnellement les banques commerciales. Cr au dbutdu 18e sicle, le Systme de fonds de prt irlandais (Irish Loan Fund) en est un2 La finance pour tous1. On trouvera des informations plus compltes au sujet du CGAP sur le sitewww.cgap.org.2. La prsente section reprend les informations des publications de Zeller, PromotingInstitutional Innovation in Microfinance : Replicating Best Practices Is Not Enough ;Wenner, Lessons Learned in Rural Finance, The Experience of the Inter-American DevelopmentBank ; Cunningham, Microfinance : Flavour of the Month or Practical DevelopmentAlternative ? ; Hollis, Women and Microcredit in History : Gender in the Irish Loan Funds ;et Lhriau, Prcis de rglementation de la microfinance.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 2exemple prcoce (et durable). Durant les annes 1840, ce systme comptaitenviron 300 caisses en Irlande.Au dbut du 19e sicle, lEurope connut lmergence dtablissementsdpargne et de crdit plus importants et plus formels, destins principalementaux populations pauvres rurales et urbaines. Cest en Allemagne qua t conuela cooprative financire. Elle devait aider la population rurale se librer delemprise des prteurs et amliorer ses conditions dexistence. Le mouvement adbut en France en 1865 et au Qubec en 1900. Beaucoup des cooprativesfinancires existant lheure actuelle en Afrique, en Amrique latine et en Asiesont issues du mouvement europen. Un autre exemple prcoce est celuidIndonesian Peoples Credit Banks (BPR), cr en 1895 et devenu le systme demicrofinance le plus important en Indonsie, o il compte prs de 9000 agences.Au dbut du 20e sicle, on a vu apparatre de nouvelles formes dtablisse-ments dpargne et de crdit en milieu rural, en Amrique latine et ailleurs.Ces initiatives financires en milieu rural visaient moderniser le secteur agri-cole, mobiliser lpargne improductive, accrotre linvestissement grceau crdit et diminuer loppression des relations fodales qui se nourrissaientde lendettement. Dans la plupart des cas, ces nouvelles banques destines laclientle pauvre nappartenaient pas aux pauvres eux-mmes, contrairement ce qui avait t le cas en Europe, mais des organismes dtat ou desbanques prives. Avec le temps, ces institutions sont devenues inefficaces et,parfois, sujettes la corruption.Entre les annes 1950 et les annes 1970, les gouvernements et les bailleursde fonds privilgiaient loffre de crdit agricole aux petits paysans et auxpaysans marginaliss dans lespoir de relever leur productivit et leur revenu.Ces efforts dlargissement de laccs au crdit agricole sappuyaient sur lesinstitutions financires publiques de dveloppement, ou dans certains cas lescoopratives dagriculteurs, pour accorder des prts des taux dintrt inf-rieurs ceux du march. Ces programmes de prts subventionns chouaientla plupart du temps. Les banques de dveloppement rural ne pouvaient pasrecouvrer leurs cots tant donn les taux dintrt subventionns. Les clientsne sefforaient pas rellement de rembourser leurs prts car ils traitaient cesprts comme des cadeaux de ltat. Par consquent, ces institutions voyaientleur capital sroder et, dans certains cas, disparatre. Dans le pire des cas, cesfonds narrivaient mme pas jusquaux pauvres. Ctait souvent les agricul-teurs financirement plus laise et dots dinfluence qui en bnficiaient.Au mme moment, les annes 1970 voyaient la naissance du microcrdit.Au Bangladesh, au Brsil et dans quelques autres pays, des programmes ontcommenc daccorder des prts aux femmes entrepreneurs pauvres. sesdbuts, le crdit accord aux microentreprises tait fond sur le prt solidairedans le cadre dun groupe dont chaque membre se portait garant du rembour-sement de tous les autres membres. On peut citer parmi les pionniers dumicrocrdit la Grameen Bank au Bangladesh, qui tait lorigine une exp-rience du professeur Muhammad Yunus, ACCION International, qui vit lejour en Amrique latine avant de stendre aux tats-Unis et en Afrique, et laSelf-Employed Womens Association Bank en Inde, qui est une banque appar-Introduction 3Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 34 La finance pour tousFIGURE 1.1 Lhistoire de la microfinanceDepuis toujoursDes groupes informels dpargne et de crdit fonctionnent depuis des sicles dans les rgions du monde en voiede dveloppement.Le Moyen geEn Europe, un moine italien cre la premire boutique de prt sur gage en 1462 pour lutter contre les prati-ques usuraires. En 1515, le pape Lon X autorise les boutiques de prt sur gage facturer des intrts pourcouvrir leurs cots de fonctionnement.18e sicleJonathan Swift cre le Systme de fonds de prt irlandais, qui accorde des prts de petit montant auxfermiers pauvres qui nont pas de garantie offrir. Au plus fort de son activit, le systme fournit chaqueanne des prts 20% de lensemble des foyers irlandais.19e sicleLe concept de la cooprative financire est mis au point par Friedrich Wilhelm Raiffeisen et ses disciples enAllemagne. partir de 1865, le mouvement coopratif progresse rapidement lintrieur de lAllemagne etdans dautres pays dEurope, dAmrique du Nord et finalement dans les pays en dveloppement.Dbut du 20e sicleDes formes adaptes de ces modles commencent faire leur apparition dans certaines zones ruralesdAmrique latine.Les annes 19501970Les efforts dlargissement de laccs au crdit agricole sappuient sur les institutions financirespubliques de dveloppement, ou coopratives de fermiers, ce qui permet davoir accs des prtsconcessionnels pour offrir la clientle des crdits des taux dintrt infrieurs ceux du march.Ces banques de dveloppement voient sroder la plus grande partie de leur capital : les taux subven-tionns quelles utilisent ne leur permettent pas de couvrir leurs cots et notamment le cot duneforte proportion de non-remboursement.Dbut des annes 1970Le microcrdit voit le jour : des programmes exprimentaux octroient des prts minuscules desgroupes de femmes pauvres pour quelles puissent investir dans des microentreprises. Les pion-niers du secteur comprennent la Grameen Bank au Bangladesh, ACCION International, quidmarre en Amrique latine, et la Self-Employed Womens Association Bank en Inde.Les annes 1980Les programmes de microcrdit qui fonctionnent dans le monde entier amliorent les mthodolo-gies dorigine. Des microprteurs, tels que la Bank Rakayat Indonesia, dfient les raisonnementstraditionnels dans le domaine du financement des activits des pauvres. Des taux dintrt calculspour assurer le recouvrement des cots et un taux lev de remboursement leur permettent deraliser leur viabilit long terme et de rejoindre de nombreux clients.Dbut des annes 1990Le terme microfinance commence remplacer le terme microcrdit : le secteur ne selimite plus au simple crdit, mais comprend galement lpargne et dautres services, tels quelassurance et les transferts dargent.AujourdhuiLes cloisons qui sparaient la microfinance traditionnelle et lensemble du systme finan-cier commencent sestomper. Dans certains pays, les banques et dautres intervenantscommerciaux sintressent la microfinance. Le nouvel ordre du jour est de mettre enplace des systmes financiers qui servent aussi les pauvres.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 4tenant une association de femmes. Ces institutions poursuivent leur carriremagnifiquement de nos jours et leur exemple a incit de nombreuses autresorganisations imiter leur russite.Durant les annes 1980, les programmes de microcrdit sur la plante ontamlior les mthodologies dorigine et dfi les raisonnements traditionnels ausujet du financement des activits des pauvres. En premier lieu, des programmesbien grs ont pu dmontrer que les pauvres, et particulirement les femmes,remboursaient leurs prts de faon plus fiable que les clients plus aiss empruntantauprs de banques commerciales. En deuxime lieu, ils ont prouv que les pauvrestaient dsireux et capables de payer un niveau de taux dintrt suffisant pourpermettre aux institutions de microfinance (IMF) de recouvrer leurs cots. UneIMF qui couvre ses cots peut devenir une entreprise viable capable de mobiliser lesdpts, de contracter des emprunts commerciaux et dattirer des capitaux. Elle peuttoucher un grand nombre de clients pauvres sans tre gne par une source limiteet incertaine de subsides accords par des gouvernements ou des organismes bail-leurs de fonds. La Bank Rakayat Indonesia (BRI) est un exemple notoire de ce quipeut se produire lorsquune IMF veille recouvrer ses prts et couvrir ses cots. Lesystme dagences villageoises de BRI rpond lheure actuelle plus de 30 millionsdpargnants et demprunteurs faible revenu.Durant les annes 1990, les organismes et rseaux de dveloppement inter-national ont affich un enthousiasme grandissant pour ladoption de la micro-finance comme stratgie de lutte contre la pauvret. La microfinance sestpropage dans de nombreux pays o de multiples IMF rpondaient auxbesoins des microentrepreneurs et des foyers pauvres. Ces progrs tendaienttoutefois se concentrer dans les zones urbaines ou dans les zones rurales forte densit de population.Au dbut des annes 1990, le terme microfinance a commenc supplanter le terme microcrdit pour dcrire une gamme de services finan-ciers destins aux pauvres, dont le crdit, lpargne, lassurance et les instru-ments de transfert dargent.Afin de rejoindre une clientle pauvre toujours plus importante, les IMF etleurs rseaux ont t de plus en plus nombreux suivre une stratgie decommercialisation, devenant ainsi des socits but lucratif capables demobiliser plus de capital et de devenir des lments plus permanents dusystme financier. Lune des principales tendances actuelles est la volont decrer et de dvelopper des institutions robustes et non plus de mettre en placedes mcanismes doctroi de fonds des groupes spcifiques.La microfinance aujourdhuiLes russites accomplies par la microfinance en 30 ans sont extraordinaires.Elle a apport la preuve que les pauvres sont des clients viables, elle a cr ungrand nombre dinstitutions robustes organises autour du financement desactivits des pauvres et elle a commenc attirer lattention des investisseursprivs. Mais en dpit de tous ces succs, il reste encore un long chemin parcourir si lon veut offrir laccs aux services financiers tous ceux qui enIntroduction 5Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 5ont besoin. De manire plus spcifique, trois objectifs dfinissent lhorizon deloffre de services financiers destins aux pauvres:1. Augmenter loffre de services financiers de qualit de faon servir uneclientle plus vaste (chelle)2. Atteindre des segments de population toujours plus pauvres et plus loi-gns (porte) 3. Diminuer les cots des clients comme ceux des prestataires de servicesfinanciers (cots)La question est la suivante: Comment surmonter ces obstacles? Rponse:Ces services financiers destins aux pauvres doivent devenir partie intgrantedu systme financier gnral de chaque pays.Tout comme le terme microcrdita t supplant par le terme microfi-nance durant les annes 1990, nombreux sont ceux qui prconisent dsormaislabandon du terme microfinance. Ils soutiennent quil ne sera possible desurmonter les obstacles numrs prcdemment que lorsque toutes sortes deprestataires de services financiers et pas seulement les spcialistes du secteur admettront que la clientle pauvre et faible revenu constitue un projet commer-cial viable. Ils estiment que le prfixe micro donne limpression de quelquechose de petit ou de marginal. Mais la microfinance daujourdhui ne devrait passe trouver marginalise ou relgue au sein dune niche troite du systme finan-cier. Le march potentiel, qui reprsente la majorit des habitants du monde envoie de dveloppement, est tout simplement trop considrable.On peut certainement se rjouir que lintgration au sein de lensemble dusystme financier ait dmarr (encore que le processus savre ingal suivantles rgions ou les pays). Les cloisons qui sparaient la microfinance tradition-nelle du systme financier global commencent sestomper. Un grandnombre dIMF spcialises ddies aux populations pauvres continuent dac-crotre leur chelle. Les banques commerciales et autres institutions finan-cires formelles sefforcent dlargir leur clientle des segments plus pauvrespour rejoindre des clients plus dmunis et plus isols. Lorsque ces diffrentesinstitutions se rencontrent au milieu du terrain , elles semblent promettrede servir toujours plus de clients potentiels.Il nexiste malheureusement pas de base de donnes assez complte pourvaluer la taille du march, actuel ou potentiel, en matire de services financiersauprs de la clientle pauvre et faible revenu. Pour commencer avoir uneide de la dimension de ce march, le CGAP vient deffectuer une enquteauprs de toute une srie dinstitutions financires qui ciblent les clients troppauvres pour tre servis par les banques commerciales traditionnelles.3Ces institutions banques publiques agricoles ou de dveloppement,caisses postales; mutuelles dpargne et de crdit; autres banques dpargne;banques communautaires ou rurales faible capital et IMF spcialises detoutes sortes ont en commun la caractristique davoir un double objectifde rsultat. Elles ont pour dessein de cibler les segments plus pauvres dumarch, mais elles veulent galement couvrir leurs cots et mme raliser un6 La finance pour tous3. Christen, Rosenberg et Jayadeva : Financial Institutions with a Double BottomLine : Implications for the Future of Microfinance.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 6bnfice. Les travaux de recherche du CGAP rvlent le chiffre tonnant de750 millions de comptes dpargne et de prts.Le fait que le nombre de comptes existants semble dj trs lev nindiquepas que le travail est achev et que les pauvres bnficient dj de systmesfinanciers efficaces. Au contraire, si lon revoit ce chiffre en tenant compte descomptes inactifs et des clients dtenant plusieurs comptes, ces 750 millions decomptes peuvent ne plus concerner que (tout au plus) 500 millions de clientsactifs, ce qui ne constitue quune fraction du march potentiel de 3 milliardsde pauvres. En outre, la qualit des services offerts par certaines institutionslaisse dsirer lorsque lon considre les besoins vritables de la clientlepauvre et faible revenu. Laccs ne se limite pas louverture dun seulcompte bancaire. Il sagit galement du niveau de commodit et de scuritde ce compte. Il faut galement que les services considrs soient tarifs demanire quitable, quils correspondent aux besoins de la clientle et quilssoient offerts par une institution robuste qui survivra suffisamment longtempspour aider ses clients grer leurs questions financires. Mme si denombreuses institutions ne russissent pas encore fournir laccs gnral des services financiers de qualit, elles reprsentent une possibilit consid-rable de rejoindre un nombre lev de clients pauvres.Les donnes de la figure 1.2 et du tableau 1.1 refltent une forte concentrationdes comptes, aussi bien dun point de vue gographique quen termes de typedinstitutions prestataires. Prs des trois quarts des comptes ont t ouverts auprsde banques publiques (dont les caisses postales). Paralllement, 84% de tous lescomptes sont en Asie, et plus de la moiti dentre eux sont situs dans deux pays:la Chine et lInde. Dune manire gnrale, ce sont les IMF, les coopratives finan-cires et les banques rurales qui ont fait les efforts les plus prononcs pour fournir une clientle pauvre et faible revenu des services financiers de qualit et acces-sibles. Le tableau 1.2 prsente une analyse statistique au niveau mondial, et plusparticulirement de ces institutions plus spcialises.Introduction 7FIGURE 1.2 Rpartition gographique des comptesMoyen-Orient et Afrique du Nord 7%Europe et Asie centrale 3%Amrique latine et Carabes 2%Afrique subsaharienne 4%Asie et Pacifique 84%Source: Christen, Rosenberg et Jayadeva: Financial Institutions with a Double Bottom Line : Implications for the Future ofMicrofinance.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 78La finance pour tousTABLEAU 1.1 Total des comptes de prt et dpargne (en milliers)aCoopratives Banques dtat Nombre de et mutuelles Banques agricoles, de Caisses Pourcentage comptes parIMF de crdit rurales dveloppement postales Total du total centaine dhabitantsAsie et Pacifiqueb 107255 14579 17677 140752 277388 557651 84 17Moyen-Orient et Afrique du Nord 1422 11 n.d. 30712 16525 48670 7 13Afrique subsaharienne 6 246 5940 1117 634 12 854 26791 4 4Europe et Asie centrale 495 5692 n.d. 28 11 503 17718 3 5Amrique latine et Carabes 5156 8620 162 81 179 14198 2 3Total 120574 34842 18956 172207 318449 665028 100 13Source : Christen, Rosenberg et Jayadeva : Financial Institutions with a Double Bottom Line : Implications for the Future of Microfinance.a Ces chiffres ne comprennent pas les caisses dpargne (non postales) dont le nombre de comptes ntait pas disponible. Les auteurs de la recherche ont mis lhypothse que les caisses dpargne non postales ajouteraient 150 millions,ce qui porterait le total de tous les comptes des tablissements financiers non traditionnels bien plus de 750 millions.b Chine et Inde inclues: Chine = 156 924 ; Inde = 187 812.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 8TABLEAU 1.2 Implantation rgionale de la microfinance dans le mondeRgionAsieCaractristiques gnrales du secteur de la microfinance Tendances Le secteur asiatique de la microfinance se caractrise par une forte orienta-tion sociale. Les zones rurales forte densit de population sont privilgies. quelques exceptions prs, les institutions de microfinance offrent surtout ducrdit aux entreprises (plutt quune gamme diversifie de services financiers). Le secteur de la microfinance rentable des deux gants asiatiques, la Chine etlInde, est trs peu important si on le compare limportance de leur popula-tion, en grande partie en raison de lingrence historique de ltat au sein dusecteur financier. Le Bangladesh et lIndonsie sont des gants du point de vue de la microfi-nance. Mais ils ont adopt des approches compltement diffrentes : Au Bangladesh, les microcrdits dont bnficient les 24,6 millions de clientsde la microfinance proviennent en gnral dONG de grande taille et dautresIMF traditionnelles qui privilgient laspect social de leur mission.a Lacteur principal du secteur de la microfinance indonsien est la BRI, la plusimportante IMF du monde historiquement et lheure actuelle. La BRI est unesocit affilie dune banque publique restructure, ayant fait rcemment lobjetdune privatisation partielle, et qui fonctionne sur une base plus commerciale.bLAsie en chiffresCoopratives Banques Toutes lesfinancires ONG et IMF institutionsNbre demprunteurs (en milliers) 11,2 96,0 248,3 119,3Montant brut du portefeuille de prts (millions de $) 2,3 12,7 59,0 29,9Encours de prt par emprunteuren % du RNB par habitant 28,9 17,1 91,6 48,5Montant dpos par pargnanten % du RNB par habitant 6,1 25,0 34,0 25,6Rendement des actifs 8,9 -4,5 1,0 -0,7Cots par emprunteur ($) 37,9 32,0 75,0 50,0Remarque : Toutes les donnes figurant dans les tableaux sont des moyennes ; BRI = Bank Rakayat Indonesia; ECA = Europe de lEst et Asiecentrale; RNB = revenu national brut; IMF = institution de microfinance; IFNB = institutions financires non bancaires; ONG = organisationnon gouvernementale. Ces tableaux utilisent les donnes fournies par un petit groupe dinstitutions ayant communiqu ces renseignements une ou plusieurs bases de donnes existantes et ne refltent donc pas lactivit de lintgralit du secteur de la microfinance pour chaquergion. Les tableaux comportent des donnes correspondant aux moyennes institutionnelles dans les pays en dveloppement. Des donnesproviennent galement dun entretien effectu avec Adrian Gonzalez, analyste de recherche, le CGAP/The MIX, sur la base de donnes commu-niques par des IMF pour lexercice 2003 au Microbanking Bulletin (MBB)-11, dans le cadre du rapport sur la Campagne du Sommet duMicrocrdit de 2004 (uniquement en ce qui concerne le nombre demprunteurs) et le Mix Market.a. Forum sur le crdit et le dveloppement, 19, 23, 248 ; entretien par messagerie lectronique avec Iftekhar Hossain, expert-conseil. b. Robinson: The Future of Commercial Microfinance Industry in Asia, 3.Introduction 9 Dernirement, la microfinance en Inde acommenc voluer, quelques banquescommerciales se joignantaux groupes communau-taires traditionnels den-traide (self-help groups)pour offrir des servicesfinanciers la clientlepauvre. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 9TABLEAU 1.2 Implantation rgionale de la microfinance dans le monde (suite)RgionAmrique latineCaractristiques gnrales du secteur de la microfinance Tendances LAmrique latine est la rgion du monde o la tradition de viabi-lit commerciale de la microfinance est la plus ancienne. La plupart des clients de microfinance de la rgion ont recours des institutions soumises la rglementation. Dans certains pays, la concurrence est intense, notamment enzone urbaine. Cette concurrence a entran une baisse notable des taux din-trt dans certains pays: en Bolivie, par exemple, les taux din-trt ont plong de 50%, en moyenne, vers le milieu des annes1990, 21% en 2004.cLAmrique latine et les Carabes en chiffresCoopratives Banques Toutes lesfinancires ONG et IMF institutionsNbre demprunteurs (en milliers) 12,6 17,0 36,0 21,0Montant brut du portefeuille de prts (millions de $) 35,2 10,1 36,9 22,1Encours de prt par emprunteuren % du RNB par habitant 72,2 47,3 71,7 58,4Montant dpos par pargnanten % du RNB par habitant 30,9 55,3 213,4 129,3Rendement des actifs -0,3 -1,0 1,4 -0,1Cots par emprunteur ($) 156,2 150,3 224,7 176,1Remarque: Toutes les donnes figurant dans les tableaux sont des moyennes; BRI = Bank Rakayat Indonesia; ECA = Europe de lEst et Asiecentrale; RNB = revenu national brut; IMF = institution de microfinance; IFNB = institutions financires non bancaires; ONG = organisationnon gouvernementale. Ces tableaux utilisent les donnes fournies par un petit groupe dinstitutions ayant communiqu ces renseignements une ou plusieurs bases de donnes existantes et ne refltent donc pas lactivit de lintgralit du secteur de la microfinance pour chaquergion. Les tableaux comportent des donnes correspondant aux moyennes institutionnelles dans les pays en dveloppement. Des donnesproviennent galement dun entretien effectu avec Adrian Gonzalez, analyste de recherche, le CGAP/The MIX, sur la base de donnes commu-niques par des IMF pour lexercice 2003 au Microbanking Bulletin (MBB)-11, dans le cadre du rapport sur la Campagne du Sommet duMicrocrdit de 2004 (uniquement en ce qui concerne le nombre demprunteurs) et le Mix Market.c. Gonzalez-Vega et Ibarnegaray: Las Microfinanzas en el Desarrollo del Sistema Financiero de Bolivia, 92.10 La finance pour tous Mme si la majorit des institutionsfinancires privilgient loffre de micro-crdits, les plus dynamiques mettent la disposition de leurs clients unegamme de services financiers de plusen plus diversifie, y compris lpargneet la gestion de transferts dargentinternationaux et domestiques. En dpit du niveau de pntration dumarch et de la diversification desservices offerts dans certains pays, lespossibilits sont considrables dans lespays les plus vastes encore largementdpourvus dactivits de microfinance(Mexique et Brsil, par exemple), dansles villes dimportance secondaire etdans les zones rurales.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 10TABLEAU 1.2 Implantation rgionale de la microfinance dans le monde (suite)RgionAfrique subsaharienneCaractristiques gnrales du secteur de la microfinance Tendances Dune manire gnrale, le secteur africain de la microfinance est peudvelopp et affiche des cots oprationnels plus levs que dans lesautres rgions. Dans la plupart des pays dAfrique, seule une trs petiteminorit de la population possde un compte bancaire. Mme dans lco-nomie la plus dveloppe, celle de lAfrique du Sud, la moiti de la popu-lation adulte na pas accs aux services bancaires, et limmense majoritdes petits travailleurs indpendants des deux autres poids lourds conomi-ques, le Kenya et le Nigeria, sont non bancariss. Ils ne sont que 11%et 10% respectivement possder un compte bancaire dans ces pays.d Les coopratives financires constituent le modle dominant en Afriquefrancophone et touchent plusieurs centaines de milliers de clients. En Afrique anglophone (en dehors de lAfrique du Sud) et dans les payslusophones, il existe galement un grand nombre de coopratives finan-cires, mais les ONG spcialistes de la microfinance y jouent un rle plusimportant que dans les autres parties du continent.LAfrique subsaharienne en chiffresCoopratives Banques Toutes lesfinancires ONG et IMF institutionsNbre demprunteurs (en milliers) 11,6 17,9 24,3 17,4Montant brut du portefeuille de prts (millions de $) 4,3 2,3 4,5 3,7Encours de prt par emprunteuren % du RNB par habitant 144,6 59,9 140,1 115,9Montant dpos par pargnanten % du RNB par habitant 32,7 25,0 85,6 49,8Rendement des actifs -1,6 -16,8 -3,9 -7,3Cots par emprunteur ($) 136,9 256,1 346,3 237,7Remarque: Toutes les donnes figurant dans les tableaux sont des moyennes; BRI = Bank Rakayat Indonesia; ECA = Europe de lEst et Asiecentrale; RNB = revenu national brut; IMF = institution de microfinance; IFNB = institutions financires non bancaires; ONG = organisationnon gouvernementale. Ces tableaux utilisent les donnes fournies par un petit groupe dinstitutions ayant communiqu ces renseignements une ou plusieurs bases de donnes existantes et ne refltent donc pas lactivit de lintgralit du secteur de la microfinance pour chaquergion. Les tableaux comportent des donnes correspondant aux moyennes institutionnelles dans les pays en dveloppement. Des donnesproviennent galement dun entretien effectu avec Adrian Gonzalez, analyste de recherche, le CGAP/The MIX, sur la base de donnes commu-niques par des IMF pour lexercice 2003 au Microbanking Bulletin (MBB)-11, dans le cadre du rapport sur la Campagne du Sommet duMicrocrdit de 2004 (uniquement en ce qui concerne le nombre demprunteurs) et le Mix Market.n.d. = non disponibled. Oxford Analytica, South Africa: Banking the unbanked proves viable et Africa: Low banking penetration constrains growth.Introduction 11 Les banques commencent entrer sur le march.On peut citer en exem-ples Equity Bank auKenya et la Teba Bank enAfrique du Sud. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 11TABLEAU 1.2 Implantation rgionale de la microfinance dans le monde (suite)RgionEurope de lEst et Asie centraleCaractristiques gnrales du secteur de la microfinance Tendances Les rgions de lEurope de lEst et de lAsie centrale viennent dedcouvrir la microfinance et on y constate une domination des ONGet des autres institutions privilgiant loffre de crdit (malgr quel-ques exceptions importantes telles que les banques de ProCreditimplantes dans plusieurs pays et qui offrent une gamme diversifiede services). La microfinance sest dveloppe de faon diffrente dans cettergion par rapport au reste du monde. Un niveau plus lev derevenu et dinstruction explique en partie la taille plus importantedes prts accords dans la rgion. Il est intressant de constater parailleurs que les institutions ont pu y raliser leur indpendancefinancire plus rapidement que dans le reste du monde.LEurope de lEst et lAsie centrale en chiffresCoopratives Banques Toutes lesfinancires ONG et IMF institutionsNb. demprunteurs (en milliers) 0,7 5,2 5,1 4,8Montant brut du portefeuille de prts (millions de $) 1,3 4,2 12,4 7,0Encours de prt par emprunteuren % du RNB par habitant 52,8 77,6 264,6 144,3Montant dpos par pargnanten % du RNB par habitant 87,2 n.d. 92,9 89,6Rendement des actifs -0,2 -0,1 1,9 0,6Cots par emprunteur ($) 392,6 263,7 362,0 309,8Remarque: Toutes les donnes figurant dans les tableaux sont des moyennes; BRI = Bank Rakayat Indonesia; ECA = Europe de lEst et Asiecentrale; RNB = revenu national brut; IMF = institution de microfinance; IFNB = institutions financires non bancaires; ONG = organisationnon gouvernementale. Ces tableaux utilisent les donnes fournies par un petit groupe dinstitutions ayant communiqu ces renseignements une ou plusieurs bases de donnes existantes et ne refltent donc pas lactivit de lintgralit du secteur de la microfinance pour chaquergion. Les tableaux comportent des donnes correspondant aux moyennes institutionnelles dans les pays en dveloppement. Des donnesproviennent galement dun entretien effectu avec Adrian Gonzalez, analyste de recherche, le CGAP/The MIX, sur la base de donnes commu-niques par des IMF pour lexercice 2003 au Microbanking Bulletin (MBB)-11, dans le cadre du rapport sur la Campagne du Sommet duMicrocrdit de 2004 (uniquement en ce qui concerne le nombre demprunteurs) et le Mix Market.e. MIX: Benchmarking Microfinance in Eastern Europe and Central Asia.12 La finance pour tous Les obstacles les plus importants latteinte de la viabilit lavenir sontle niveau lev des cots et laffran-chissement de la dpendance vis--visdes bailleurs de fonds qui doit treremplace par la mise en relationavec les systmes financiers. Dans cette rgion, la microfinanceoffre encore des possibilits significa-tives dexpansion de la clientle enfaveur des segments de populationplus pauvres et plus isols.eAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 12TABLEAU 1.2 Implantation rgionale de la microfinance dans le monde (suite)RgionMoyen-Orient, Afrique du NordCaractristiques gnrales du secteur de la microfinance Tendances 70% des IMF du Moyen-Orient et de lAfrique du Nord sont desONG et dpendent de bailleurs de fonds. La microfinance y est largement perue dans une perspective carita-tive et non pas comme pouvant procder dun systme financiergnral. Cependant, les banques commerciales de la rgion (notamment engypte) commencent cibler le march en lanant des produitsdestins la clientle pauvre.Le Moyen-Orient et lAfrique du Nord en chiffresCoopratives Banques Toutes lesfinancires ONG et IMF institutionsNbre demprunteurs (en milliers) 1,6 29,6 4,7 22,7Montant brut du portefeuille de prts (millions de $) n.d. 6,9 2,1 6,1Encours de prt par emprunteuren % du RNB par habitant n.d. 17,4 35,7 20,6Montant dpos par pargnanten % du RNB par habitant n.d. 2,4 0,8 2,1Rendement des actifs n.d. 85,9 258,4 116,4Remarque: Toutes les donnes figurant dans les tableaux sont des moyennes; BRI = Bank Rakayat Indonesia; ECA = Europe de lEst et Asiecentrale; RNB = revenu national brut; IMF = institution de microfinance; IFNB = institutions financires non bancaires; ONG = organisationnon gouvernementale. Ces tableaux utilisent les donnes fournies par un petit groupe dinstitutions ayant communiqu ces renseignements une ou plusieurs bases de donnes existantes et ne refltent donc pas lactivit de lintgralit du secteur de la microfinance pour chaquergion. Les tableaux comportent des donnes correspondant aux moyennes institutionnelles dans les pays en dveloppement. Des donnesproviennent galement dun entretien effectu avec Adrian Gonzalez, analyste de recherche, le CGAP/The MIX, sur la base de donnes commu-niques par des IMF pour lexercice 2003 au Microbanking Bulletin (MBB)-11, dans le cadre du rapport sur la Campagne du Sommet duMicrocrdit de 2004 (uniquement en ce qui concerne le nombre demprunteurs) et le Mix Market.n.d. = non disponible.f. www.mixmarket.orgIntroduction 13 La microfinance est en expansionrapide et affiche un taux moyen decroissance annuelle de 50%, mmesi lessentiel de cette croissanceconcerne deux pays seulement: leMaroc, o deux IMF rejoignent plusde 300 000 clientsf, et lgypte, oles banques commerciales cherchent toucher des segments infrieursde clientle.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 13 lintrieur de chaque rgion, les pays affichent des modles de croissancetrs divergents. Les marchs des pays mergents, tels que lInde, le Brsil etlAfrique du Sud, constitueront probablement des terrains fertiles pour lex-primentation de nouvelles mthodes conues pour toucher de grandsnombres de pauvres. Ils sont tous dots dune infrastructure financire et nonfinancire trs dveloppe, ainsi que doptions technologiques avances. Lesinvestisseurs privs saffrontent fbrilement au seuil de ce march. On peutciter les exemples de la ICICI Bank, qui est en train dimplanter en zone ruraleplus de 2 000 bornes internet qui fourniront une gamme limite de servicesfinanciers dans lInde tout entire, et de la banque Caixa, qui est en train dac-corder des franchises de services financiers par lintermdiaire de prs de14 000 kiosques de loterie, supermarchs et magasins locaux au Brsil.4Certains praticiens de la microfinance prdisent que ces pays survoleront latrajectoire traditionnelle de la microfinance et utiliser une approche pluscommerciale qui dbouchera immdiatement sur loffre massive de services,permettant ainsi de modifier les conditions dexistence de millions (peut-trede centaines de millions) de clients pauvres et faible revenu. linverse, des pays dj habitus la microfinance, tels que la Bolivie,lOuganda et le Bangladesh, vont probablement connatre un type de crois-sance diffrent. La microfinance y jouit dj dun beau succs, certainssegments de march affichant une certaine saturation pour quelques types deservices financiers. Il reste nanmoins des groupes importants de populationnon touchs, par exemple dans les rgions rurales les plus isoles de la Bolivieet de lOuganda. Mme si ces pays ne connaissent pas le rythme de croissancespectaculaire des pays dmarrage ultra-rapide , leur pass dinnovateurssuggre quils pourraient dvelopper de nouvelles manires de servir lespauvres et les rgions rurales les plus excentres.Dautres pays en sont encore au tout dbut du processus dapprentissage etde croissance. Ces pays (notamment les pays en situation daprs-conflit), quiincluent par exemple certains pays africains et du Moyen-Orient, bnficie-ront des progrs raliss ailleurs. Dans la mesure o ces pays partent de zro,il leur sera peut-tre donn dviter les erreurs de leurs prdcesseurs.Beaucoup sont caractriss par un gouvernement faible, des systmes finan-ciers fragiles et des infrastructures (rseaux routier et de tlcommunication)limites. Le dfi consiste profiter des leons, de lnergie et de lexpertisedes conomies croissance plus rapide pour aider ces pays dfaillants mettreen place des systmes financiers efficaces pour la majorit pauvre.14 La finance pour tous4. La ICICI Bank achemine les services en ligne par le biais de bornes internet danslInde rurale en juin 2005 : www.finextra.com; Littlefield et Rosenberg, Microfinanceand the Poor: Breaking Down the Walls between Microfinance and Formal Financeet Ivatury, Using Electronic Payments to Build Inclusive Financial Systems.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 14Linfrastructure dun systme financier accessible tous Lors du sommet de 2004 Sea Island (Gorgie) aux tats-Unis, le G8 a adoptles Principes cls de la microfinance labors par le CGAP. Le prsent ouvrageconvertit ces principes en une infrastructure dbouchant sur un systme finan-cier accessible tous. Cette infrastructure prend en compte le fait que lim-mense majorit des populations exclues ne jouira de laccs aux services finan-ciers que si des services financiers conus pour les pauvres sont intgrs chacun des trois niveaux du systme financier: niveau micro, niveau mso etniveau macro (voir la figure 1.3). En fin de compte, lintgration lintrieurdu systme financier pourrait ouvrir les marchs financiers la majorit deshabitants des pays en dveloppement, y compris des clients plus isols et pluspauvres que ceux touchs lheure actuelle.Clients. Les clients pauvres et faible revenu occupent le centre du systmefinancier. Leurs besoins en services financiers sont lorigine des actions desintervenants tous les autres niveaux.Micro. La base des systmes financiers reste les prestataires de services finan-ciers qui servent directement les clients pauvres et faible revenu. Les presta-taires de services oprant au niveau micro varient infiniment, depuis lesprteurs informels ou les clubs dpargne jusquaux banques commerciales,en passant par tous les autres types dtablissements.Mso. Ce niveau intermdiaire comprend linfrastructure financire de baseainsi que la gamme de services ncessaires pour rduire le cot des oprations,largir la porte, renforcer les comptences et assurer la promotion de la trans-parence auprs des prestataires de services financiers. Il regroupe une grandediversit dintervenants et dactivits: auditeurs, organismes de notation,rseaux professionnels, associations professionnelles, centrales des risques,systmes de transfert et de paiement, technologie informatique, prestataires deIntroduction 15FIGURE 1.3 Un systme financier accessible tousNIVEAU MACROLgislation, rglementation et supervisionNIVEAU MSOServices dassistance et infrastructureNIVEAU MICROPrestataires de services financiers CLIENTSAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 15services techniques et formateurs. Ces intervenants peuvent dborder des fron-tires nationales et fonctionner lchelle rgionale ou mondiale.Macro. Lexistence dune infrastructure lgislative et politique approprie estncessaire au succs et la prennit de la microfinance. Les principaux inter-venants au niveau macro sont les banques centrales, les ministres des financeset autres instances publiques nationales.Bien que jusqu prsent la microfinance ait t fortement dpendante desfinancements des bailleurs internationaux, la vision de systmes financiersincluant les pauvres rpond un objectif de mise en place de marchs natio-naux, sur lesquels un grand nombre de prestataires solides et durables sedisputent une clientle de personnes pauvres et faible revenu. Dans lidal,ces prestataires de services financiers assureraient leur financement auprs desources domestiques: dpts du public ou investissements achemins par lin-termdiaire des marchs financiers. Mme si de nombreuses institutions ontrussi mobiliser des fonds lchelle nationale, les capitaux internationauxcontinueront davoir un rle pour largir laccs aux services financiers. Enfait, les capitaux internationaux peuvent se rvler utiles tous les niveaux dusystme financier micro, mso et macro lorsquil sagit de dmarrer etdacclrer le processus de mise en place dun systme national.Le prsent ouvrageLe prsent ouvrage dcrit ce que nous, au CGAP, ainsi que dautres spcia-listes du domaine du dveloppement, avons appris au cours des 10 annescoules au sujet de la mise en place de systmes financiers accessibles tous.Il ne sagit pas dun manuel technique. Ce nest pas davantage une chroniquehistorique de la microfinance. Il se propose par contre de rassembler dessources dinformation disparates pour offrir au lecteur non spcialiste unedescription de la situation actuelle de la microfinance, ainsi que des opportu-nits et des dfis qui se prsentent son horizon.Le prsent ouvrage explique les implications concrtes dun concept assezconfus les systmes financiers accessibles tous en dveloppant ce quenous savons dj, ce quil nous faut encore dcouvrir et o nous pouvonsobtenir des renseignements supplmentaires.Le chapitre 2 commence avec une discussion au sujet des clients qui sont aucur de la rflexion. Il pose des questions (et y rpond en partie): Qui sontles clients de la microfinance? Quel type de services financiers dsirent-ils? Etquel est limpact des services financiers sur leur existence?Les chapitres 3, 4 et 5 examinent tour tour les niveaux micro, mso etmacro du systme financier. Chaque chapitre offre une prsentation gnraledes diffrents intervenants chaque niveau, ainsi que des informations sur cequi est efficace, ce qui ne lest pas et ce qui reste apprendre. Ces chapitresdcrivent des pratiques et des modles prometteurs, avec quelques avertisse-ments concernant certains risques potentiels.16 La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 16Le chapitre 6 analyse les rles respectifs des sources de financement inter-nationales et nationales. Il dmontre quil est important que chaque finan-ceur identifie ses points forts relatifs et limite ensuite ses activits de finance-ment celles pour lesquelles il possde un avantage comparatif.Ces six chapitres offrent des suggestions cruciales sur la faon de traiter lesnouveaux dfis lis lchelle, la porte et les cots de loffre de services finan-ciers aux pauvres. Le chapitre 7 examine cinq questions qui contribuent gale-ment repousser lhorizon financier: des problmes dont la solution sembleparticulirement insaisissable, ou des scnarios trs prometteurs mais encorehors de porte. Ces nouveaux dfis comprennent loptimisation de la techno-logie, une meilleure exploitation des transferts dargent des migrants et autrestransferts, la pntration des segments de march occups par les paysans etautres clients des zones rurales enclaves, la mesure du rendement social et laprotection des consommateurs pauvres. La rsolution de ces questions et dau-tres questions fondamentales abordes par le prsent ouvrage permettra dedboucher sur des systmes financiers ouverts qui raliseront la promesse delaccs pour tous.En dernier lieu, le chapitre 8 rsume ce que nous avons appris, puis exposeles dfis qui se prsentent nous.Introduction 17Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 17Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 18Chapitre 2Les clients pauvres et faible revenuPour quun systme financier soit vritablement accessible tous, il doitsatisfaire les besoins de tous les individus aptes utiliser avantageusementdes services financiers, et les pauvres font partie de ce groupe. Les personnespauvres des pays en dveloppement, comme tout le monde, ont besoin dac-cder une vaste gamme de services financiers pratiques, souples et dun prixraisonnable. Cette simple observation a transform la thorie et la pratique dela microfinance de ces dix dernires annes. Une meilleure connaissance dela demande de la clientle actuelle (et potentielle) a motiv lvolution dumicrocrdit la microfinance et, plus rcemment, des services financiersaccessibles tous.Jadis, deux caractristiques marquaient la microfinance: (1) une concen-tration sur le crdit aux microentreprises (des petits prts pour satisfaire lesbesoins de fonds de roulement des entrepreneurs); et (2) une approche deprestation de services de crdit largement domine par loffre. Par cons-quent, des services de crdit trs peu diversifis ont attir un segment de clien-tle galement troit. Aujourdhui, on reconnat de plus en plus que toutes lespersonnes pauvres ne sont pas ncessairement des entrepreneurs, maisquelles ont effectivement besoin et usent de divers services financiers. Le dficonsiste comprendre et satisfaire cette demande parmi les populations deplus en plus pauvres et de plus en plus isoles.La reconnaissance de la diversit des personnes exclues des services financiers(et pas seulement les microentrepreneurs) a des incidences considrables sur lacration de systmes financiers accessibles tous. Les agriculteurs peuvent avoirbesoin de crdit pour des intrants agricoles, mais aussi dun endroit sr pourmettre de ct les recettes de leurs rcoltes, quils pourront utiliser durant lespriodes creuses. Les retraits ont besoin dun systme fiable pour recevoir leurpension. Les ouvriers dusine ont besoin quon les aide assurer le quotidienentre les jours de paie. En bref, ces clients divers ncessitent des services finan-ciers divers. Ces services vont des prts durgence ou du crdit hypothcaire aucrdit la consommation, aux services de dpt de toute sorte, jusquauxmthodes de transfert de fonds et aux produits dassurance.19Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 19Le prsent chapitre aborde les questions suivantes: Qui sont les clients?Quel est leur niveau rel de pauvret? Quels services financiers les clientspauvres veulent-ils et comment les utilisent-ils? Quel est limpact des servicesfinanciers sur la vie des personnes pauvres?Les caractristiques des clients de la microfinanceIl existe deux faons de considrer la premire question (Qui sont lesclients?). Dabord, les clients potentiels dpassent largement le cadre desmicroentrepreneurs, car ils comprennent toutes les personnes exclues desservices financiers formels. On les appelle parfois les non bancariss. Parmices clients potentiels figurent, par exemple, les agriculteurs, les ouvriers dusineet les retraits, et dautres individus. Ils varient de la catgorie des trs pauvres celle des non pauvres vulnrables. Bien que lon connaisse mal cet universde clients potentiels, le nombre de mnages exclus est certainement norme,mme dans les pays industrialiss. Aux tats-Unis, par exemple, un pays o lesystme financier est bien dvelopp, selon les estimations, plus de 50 millionsde personnes ne possdent pas de compte en banque.1Nous disposons de plus de renseignements sur les clients actuels de la micro-finance. En gnral, les clients de la microfinance sont de petits entrepreneursindpendants, travaillant souvent domicile. Dans les zones rurales, ils sont depetits agriculteurs; ils peuvent aussi mener de petites activits gnratrices derevenus, comme la transformation alimentaire et le petit commerce. Dans leszones urbaines, la population touche est souvent plus varie et comprend nonseulement les marchands ambulants mais aussi les propritaires de boutiques,les fournisseurs de services, les artisans, etc. Dans certains cas, des diffrencesrgionales prvalent en ce qui concerne la clientle. En Amrique latine et enAfrique de lEst, la microfinance traditionnelle est centre principalement surles entrepreneurs urbains ou quasi urbains, pour la plupart des commerants.En Asie du Sud, de nombreux programmes se concentrent sur les femmesrurales qui commencent peine des activits gnratrices de revenus. Lencadr2.1 prsente lhistoire de trois clients de la microfinance.Ces dernires annes, de nombreux dbats ont fait rage sur le niveau depauvret des clients de la microfinance, valu par rapport aux mesures stan-dard de pauvret, comme le seuil de pauvret ou le nombre de personnesvivant avec moins de un ou de deux dollars par jour. Ce dbat a revtu desformes diverses. Dabord se pose la question morale de laction auprs desplus pauvres: la microfinance ne devrait-elle pas tre considre comme uneactivit de lutte contre la pauvret ciblant les plus pauvres parmi les pauvres?De nombreux praticiens dAsie du Sud et plusieurs organisations non gouver-nementales (ONG) internationales adoptent cette approche. La deuximeforme est une question de politique dintrt public. En raison du fait que lessubventions de bailleurs de fonds remplissent une fonction importante dansle financement de la microfinance, les autorits ne devraient-elles pas exiger20 La finance pour tous1. Anft, A New Way to Curb Poverty, 8.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 20que les fonds publics aillent ceux qui sont dans le plus grand besoin?Lencadr 2.2 dcrit le cas prcis de lAgence amricaine pour le dveloppe-ment international.La plupart des clients actuels de la microfinance semblent se situer autourdu seuil de pauvret ou juste en-de (voir figure 2.1). Les indigents, cest--dire les mnages qui reprsentent les 10% de mnages les plus pauvres, nesont gnralement pas des clients du microcrdit, mais ceux qui sont plusfortuns ne le sont pas non plus. La plupart des clients tombent dans la cat-gorie des modrment pauvres (soit la moiti suprieure des mnagesvivant en dessous du seuil de pauvret). Cependant, certains mnages extr-mement pauvres participent aux programmes de microfinance, ainsi que lesnon pauvres vulnrables (ceux qui se situent juste au-dessus du seuil depauvret et risquent de glisser en dessous). On dfinit comme extrmementpauvres les mnages qui figurent parmi les 10 50% des mnages les pluspauvres parmi ceux vivant en dessous du seuil de pauvret, et les non pauvresvulnrables comme ceux qui vivent au-dessus du seuil de pauvret mais quirisquent de glisser vers la pauvret.2Ce profil des clients de la microfinance traditionnelle a t consolid pardes recherches fondes sur des mthodes qualitatives et quantitatives pourcomparer les clients de sept IMF des non-clients dans quatre pays (Bolivie,Bangladesh, Ouganda et Philippines). Le tableau 2.1 rend compte des rsul-tats de la recherche qualitative.3 La recherche a confirm ce qui suit: La plupart des clients proviennent de foyers modrment pauvres et defoyers non pauvres vulnrables, certains clients de foyers extrmementpauvres participant galement; Les programmes qui ciblent de faon explicite les couches les plus pauvresde la population comprennent gnralement un plus fort pourcentage declients provenant de mnages extrmement pauvres; et Les mnages indigents sont hors de la porte des programmes de microfinance.Les donnes rapportes spontanment par 2 931 IMF et recueillies par leSommet du microcrdit suggrent quune plus grande part des clients trs pauvresLes clients pauvres et faible revenu 212. Sebstad et Cohen, Microfinance, Risk Management, and Poverty, 4.3. Ibid, 3, 30.FIGURE 2.1 O se situent les clients pauvres de la microfinance?Indigents Extrmement Modrment Non pauvres Non pauvres Nantispauvres pauvres vulnrablesSeuil de pauvretSource : Cohen, The Impact of Microfinance.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 2122 La finance pour tousLes clients de la microfinance sont dune trs grandediversit mais ils partagent tous une mme caract-ristique: ils ont tous besoin dune gamme deservices financiers pour les aider organiser leur viefinancire, accumuler des actifs, se prmunir contreladversit et saisir certaines occasions. Voici quel-ques histoires typiques.Prudence est vendeuse sur le march de Karatina auKenya et membre de plusieurs associationsdpargne informelles ou merry-go-rounds, commeon les appelle dans ce pays. Elle utilise ces diff-rentes tontines des fins diffrentes: lune delle,dont elle peroit la leve une fois par mois, lui sert payer les frais de scolarit de ses petits-enfants (dontelle soccupe depuis que leurs parents sont morts dusida); elle en utilise une autre, qui lui verse unesomme utile chaque semaine, pour rapprovi-sionner son talage au march. En plus, elle estmembre dune autre tontine qui lui permet de bn-ficier priodiquement de petits prts court termelorsquelle en a besoin, et dont le montant total estrparti entre les membres du groupe juste avantNol (lan dernier, elle a reu 109 dollars pendant lapriode des ftes). Elle appartient aussi une asso-ciation informelle dassurance obsques pourgarantir que sa dpouille mortelle sera transportejusqu son village natal aprs sa mort. Prudencegarde chez elle quelques dollars et une vache quiconstitue une pargne bloque long terme, dontson frre prend soin dans son village natal. Enfin,elle a aussi contract un prt auprs de Faulu, uneIMF knyane, quelle utilise pour faire des amliora-tions dans sa maison en vue de louer quelques cham-bres pour lui garantir des revenus rgulierslorsquelle sera vieille.Amina est une femme au foyer de Pathrail auBangladesh. Elle dpend fortement de ses voisinspour ses services financiers. Elle leur prte de lar-gent et leur en emprunte tour tour, ce qui cre unenchevtrement complexe dententes mutuelles.Cependant, ces ententes peuvent tre imprvisi-bles, car quelquefois les voisins nont pas dargent prter ou exigent un prix beaucoup plus lev.Parfois, elle prouve certaines difficults rcu-prer de largent quelle a prt dautrespersonnes. Amina est elle aussi membre dune asso-ciation dpargne, auprs de laquelle elle emprunteseulement lorsque les voisins ne peuvent pas laider.Cette association dpargne est dissoute juste avantle festival dEid, et lui apporte ainsi une somme utilejuste au moment propice. Amina cache une petitesomme conomise dans une tirelire (quelle cachede son mari dans le toit de chaume de sa maison)dont elle se sert seulement en cas durgence. Elleemprunte aussi auprs de lIMF BURO, Tangail, pourfinancer le commerce de pousse-pousse de son mariet pour des urgences qui ne peuvent tre couvertespar des moyens plus informels. Amina envisage derecourir lun des produits dpargne contractuellede BURO pour conomiser en vue du mariage de safille, un vnement qui arrivera selon elle dans cinqans environ.Marcelino a t contraint de fuir son village de lacampagne colombienne il y a quelques annes, enraison des menaces que faisait peser la gurilla surla scurit de sa famille. Avec environ 300 dollars enespces et pas grand-chose de plus, avec sa famille,il a rejoint des milliers dautres personnes BarrioNelson Mandela, un bidonville situ aux portes deCarthagne, lune des plus belles villes de laColombie. Marcelino tait rsolu trouver de lar-gent pour amliorer les conditions de vie de safamille. Ils vivaient dans une tente en plastique,ce quil trouvait inacceptable. LIMF FundacinMario Santo Domingo a ouvert un programme decrdit dans la zone, dans le but prcis daider desmigrants comme Marcelino. Avec son premierprt de 95 dollars, il a ouvert une petite boutique. peine un an plus tard, Marcelino tient laboucherie la plus prospre du quartier. Grce auxbnfices dgags par le magasin, il a dmnag safamille et vit maintenant dans une maison en btonsur la route principale. La maison, qui comporte unepetite devanture et un comptoir, fait galementoffice de magasin.ENCADR 2.1 Prudence au Kenya, Amina au Bangladesh et Marcelino en ColombieSources: Pour les articles concernant Prudence et Amina: Wright, Understanding and Assessing the Demand for Microfinance, 1, 2; etpour Marcelino, www.accion.org.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 22est servie. Ces institutions rapportent que les deux tiers de leurs clients se situentbien en-de du seuil de pauvret ou vivent avec moins de un dollar par jour.4Lusage de lOutil dvaluation de la pauvret du CGAP souligne le fait que,en gnral, les IMF qui sefforcent de rejoindre les personnes trs pauvres attei-gnent leur cible. Par exemple, au Npal, la Nirdhan Uttan Bank Ltd. cible active-ment les femmes trs pauvres. Une valuation de la pauvret ralise par cetteorganisation a rvl que cette dernire atteignait des clients qui, en moyenne,taient plus pauvres que la population gnrale de ses zones dintervention.5La prestation de services financiers un plus grand nombre de clientsplus pauvres et plus isols que ceux touchs actuellement pose un dfi laLes clients pauvres et faible revenu 234. Daley-Harris, State of the Microcredit Summit Campaign Report 2004, 3.5. www.microfinancegateway.org/poverty/pat/closer.html.Tout au long de lhistoire de la microfinance, laquestion du ciblage de la clientle est demeureune question brlante. Par ciblage, on entend lerecours des mthodes prcises pour identifier lespauvres (par exemple en recherchant la propritdactifs comme un toit en tle ou des chaussures, ouen procdant une classification participative parniveau de richesse, au moyen de laquelle la commu-naut tablit elle-mme qui est pauvre et qui nelest pas). Il nest pas surprenant de constater queles institutions qui ciblent les pauvres tendent atteindre des clients plus pauvres. Ceci est un bonargument en faveur du ciblage, tout au moins pourles institutions dont la mission fondamentale estdessayer datteindre les personnes trs pauvres. Lesopposants au ciblage avancent que choisir decibler exclusivement les plus pauvres revient direaux clients: selon notre enqute, vous ntes passuffisamment pauvres; allez-vous-en, traversez unecrise grave dans votre foyer et revenez nous voirlorsque vous serez vraiment parmi les plus pauvresdentre les pauvres ce moment-l, nous nousoccuperons de vous.aInversement, la prestation de services financiers une plus large gamme de clients peut permettre deservir un plus grand nombre de personnes trspauvres sur une base permanente. Une clientle plusdiverse peut faciliter latteinte de la viabilit finan-cire, ce qui peut se traduire en retour par une meil-leure porte. Les institutions qui couvrent leurs cotsen combinant la prestation de prts plus importants moindre cot des individus moins pauvres et deprts trs petits, plus coteux, des personnes pluspauvres, peuvent attirer des capitaux plus importantset connatre une croissance plus rapide.Cette stratgie qui consiste diversifier le risque aumoyen dun portefeuille vari peut permettre dat-teindre de nombreuses personnes pauvres, tout enpermettant aussi ceux qui sont moins pauvres(mais qui demeurent exclus et vulnrables) dob-tenir des services.En septembre 2003, le CGAP a lanc un dbat surune nouvelle lgislation amricaine qui imposeraitlallocation dune certaine part des fonds delAgence amricaine pour le dveloppement inter-national (USAID) des partenaires ciblant les pluspauvres (que lon dfinit comme ceux vivant avecmoins de un dollar par jour ou appartenant lamoiti infrieure vivant en dessous du seuil depauvret dun pays). De plus, les partenaires seraientcontraints de prouver quils ont rejoint cette popu-lation en utilisant un outil fiable de mesure de lapauvret. Les partisans de cette lgislation jugentquil est ncessaire de recourir des mesures obliga-toires pour compenser les pressions financires et degestion quotidiennes susceptibles dcarter leciblage des pauvres de la liste des priorits des IMF.Cependant, les adversaires de cette lgislationrpondent que de telles directives augmentent lescots de prestation des services des IMF, ce quientrave leurs activits au service des pauvres et detoutes les autres personnes ventuellement exclues.ENCADR 2.2 Cibler ou ne pas cibler?a. Wright et Dondo, Are You Poor Enough? Client Selection by MicroFinance Institutions, 5.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 2324 La finance pour touscommunaut de la microfinance. Il nest pas toujours ais datteindre lespersonnes trs pauvres, et il est particulirement difficile de le faire dunefaon durable. Le fait que les clients actuels vivent gnralement autour duseuil de pauvret indique quil est ncessaire dinnover pour mieux rpondreaux besoins dune gamme plus vaste de clients potentiels, qui stend despersonnes extrmement pauvres aux personnes non pauvres vulnrables.Comment les personnes pauvres utilisent les services financiersLes personnes pauvres ont besoin dune gamme complte de services finan-ciers, quelles obtiennent pour la plupart auprs de sources informelles (voirau chapitre 3 une description des prestataires de services financiers tantformels quinformels). Elles ont besoin de plusieurs types de services diff-rents pour rsoudre une vaste gamme de problmes financiers diversespriodes. Louvrage rvolutionnaire de Stuart Rutherford, The Poor and TheirMoney, indique quil existe trois types dvnements principaux qui ncessi-tent des dpenses suprieures aux sommes habituellement la porte desmnages: les vnements du cycle de vie, les besoins durgence et les possibi-lits dinvestissement.6Les vnements du cycle de vie comprennent ceux qui arrivent une fois dansla vie (naissance, mariage, dcs) et les vnements rcurrents (les frais descolarit, les ftes comme Eid ou Nol, les rcoltes) que rencontrent tous lesmnages. Au Bangladesh et en Inde, le systme de la dot rend le mariage desfilles trs coteux. Dans certaines rgions dAfrique, lenterrement desparents dcds peut revenir assez cher. Parmi les autres vnements du cyclede vie figurent la construction dun logement, le veuvage, la vieillesse et lesouhait de lguer une somme consquente aux hritiers. En gnral, il estpossible de prvoir ces obligations, mme si lon ne connat pas toujours laTABLEAU 2.1 Quels sont les clients rejoints par les institutions de microfinance?Philippines Ouganda Bolivie Bangladesh (CARD) (UWFT) (4 programmes) (BRAC)Indigents Ngligeable Ngligeable Ngligeable Ngligeable Extrmement pauvres Certains Peu Presque pas ~40%Modrment pauvres Nombreux Nombreux Nombreux ~35%Non pauvres vulnrables Certains Nombreux Nombreux ~25%Source: CGAP, Microfinance and Risk Management: A Client Perspective.Remarque : CARD = Centre for Agriculture and Rural Development; UWFT = Uganda Womens Finance Trust; BRAC = Bangladesh RuralAdvancement Committee.6. Les paragraphes suivants sinspirent largement de: Rutherford, The Poor and TheirMoney, 8. Une traduction franaise a t publie sous le titre Comment les pauvres grentleur argent, d. Gret-Karthala, 2002Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 24Les clients pauvres et faible revenu 25date exacte. La conscience de lapproche de ces dpenses est une source degrande anxit pour de nombreuses personnes.Parmi les besoins durgence figurent les crises dordre personnel comme lamaladie ou les accidents, la mort dun soutien de famille ou la perte dunemploi, ou encore le vol. Nombreuses sont les urgences sur lesquelles lesmnages ne peuvent exercer aucun contrle, comme la guerre, les inonda-tions, les incendies, les cyclones et (dans le cas des rsidents des bidonvilles) ladmolition au bulldozer de leurs maisons par les autorits. Toutes cesurgences occasionnent un besoin soudain de liquidits.Certaines possibilits dinvestissement dans une entreprise, un terrain ou desbiens dquipement mnager se prsentent aussi priodiquement. Les inves-tissements commerciaux ne sont quun type dinvestissement susceptibledtre ralis par les pauvres. Ces derniers souhaitent aussi investir dans desarticles chers qui apportent un certain confort la vie, comme un meilleurtoit, de meilleurs meubles, un ventilateur, un tlviseur. Bien entendu, il fautde largent pour raliser ces investissements. Les clients pauvres nont pas seulement besoin de crdit. lheure actuelle, lecrdit aux microentreprises (qui sert couvrir les frais dexploitation despetites entreprises) est le produit principal offert par la plupart des IMFspcialises. Pour rpondre leurs besoins varis, les clients sont contraintsdadapter le microcrdit plusieurs utilisations. Bien trop souvent, cettepratique est loin dtre adquate. Par consquent, il faut davantage que lemicrocrdit pour mobiliser les ressources ncessaires pour faire face auxvnements du cycle de vie, aux urgences et aux occasions qui se prsentent.Les personnes pauvres doivent disposer dune gamme doptions qui vont ducrdit (au-del du financement de leurs entreprises) lpargne, aux facilitsde transfert dargent jusqu plusieurs produits dassurance. La Equity Bank,au Kenya, est un exemple de banque qui a rencontr un certain succs auprsde sa clientle de personnes pauvres et faible revenu car elle offre desservices divers. Elle a connu une croissance exponentielle depuis quelle aintroduit des systmes informatiss en 2000 et quelle offre une gammecomplte de services financiers, notamment des prts agricoles, des prts dur-gence, des avances sur salaire, des prts dappui au dveloppement dentre-prise, des comptes dpargne ordinaires et contractuels (par lesquels lesclients peuvent pargner dans un but particulier) et des produits de transfertdargent. En quatre ans seulement, la clientle de la Equity Bank a grossi de75 000 prs de 450 000 individus; cette tendance sest maintenue en 2005,anne durant laquelle, pour le premier trimestre seulement, environ 50 000nouveaux clients ont ouvert des comptes.7La figure 2.2 illustre le lien existant entre les besoins financiers typiques etles services financiers offerts aux mnages pauvres et faible revenu. Crdit. La rvolution de la microfinance a t marque par lintroduc-tion de mthodologies de crdit qui dmontrent que les personnes pauvres7. Wright, Understanding and Assessing the Demand for Microfinance, 3, 4.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 25sont bancarisables. Elles peuvent contracter des prts et les rembourser. Enfait, les clients du microcrdit remboursent souvent leurs prts de faon plusfiable que les clients du secteur bancaire commercial. De plus, ils sont disposs payer les taux dintrt gnralement levs que les prestataires sont obligsdimposer pour couvrir les cots (relativement levs) inhrents loffre detrs petits prts, et ils sont en mesure de le faire.Habituellement, ce qui fait le succs du microcrdit, cest la promesse dunaccs permanent au crdit futur qui motive les clients rembourser pourgarantir leur accs ce service. Un autre facteur essentiel de ce succs est lusagede garanties de substitution pour attnuer le risque. Les personnes pauvresnont pas de garanties et cest la principale caractristique qui les exclut dessources formelles de financement. Pour faire face cette situation, certainspionniers de la microfinance ont introduit des systmes de groupes de cautionsolidaire, par lesquels les individus du groupe garantissent les prts des autres.Dautres programmes se basent sur la connaissance de la communaut, par lin-termdiaire dagents de crdit de terrain et sur des formes non tradition-nelles de garantie, comme le btail ou les rfrigrateurs, au lieu de recourir des systmes solidaires. Un autre facteur crucial pour la russite du microcrditest la garantie que les mnages clients disposent dun flux de trsorerie suffisantaujourdhui (au lieu dune projection des flux de trsorerie qui devraient, selonles estimations, surgir de lactivit finance) pour assurer le remboursement desintrts et du principal. Lune des mthodes permettant de sassurer que lesemprunteurs seront en mesure de rembourser leur prt consiste collecter desremboursements modestes et trs frquents, que les mnages peuvent facile-ment prlever sur leur flux de trsorerie rgulier. Cependant, ce mode de remboursement rgulier et frquent prsente certainsinconvnients, particulirement lorsquil sagit des personnes trs pauvres.Quoique cette mthode aide les personnes rembourser leurs prts peu peu, elle ncessite galement un flux de revenus constant. Les vendeurs sur lemarch, qui connaissent une rotation rapide, peuvent effectuer des rembour-sements frquents, tandis que les mnages paysans, qui sont lourdement tribu-26 La finance pour tousFIGURE 2.2 Les clients pauvres ont besoin de services diversUn endroit sr pour conomiserMaladies et autres urgencesScolarit, naissance,mariageDcs, protectiondes actifsAssurancePrts aux microentreprisesFonds de roulementTransferts dargentAccs aux fondsenvoys par lesprochesPensionsVieillessePrts pour les besoinsdurgenceAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 26taires des vicissitudes des cycles de plantation et de rcolte, peuvent les trouverplus difficiles grer. Les remboursements de prts rguliers augmententaussi les cots pour les clients, car ceux-ci consacrent du temps aux runionsrgulires avec leurs groupes ou avec leurs agents de crdit. En reconnais-sance de cette difficult, la Grameen Bank, pionnire des remboursements deprts hebdomadaires rguliers, a commenc assouplir les conditions deremboursement et les chanciers. lavenir, la technologie, comme lesguichets automatiques fonctionnant en permanence ou les services bancairespar tlphone portable, pourrait largir laccs des clients des modes deremboursement accessibles et pratiques.8Les enseignements tirs (tant les russites que les checs) du crdit auxmicroentreprises peuvent sappliquer dautres types de crdit aux personnespauvres. Les personnes pauvres et faible revenu veulent choisir. Cesdernires annes, de nombreuses IMF ont russi introduire des produits decrdit novateurs, notamment les prts lamlioration de lhabitat, les prtsdurgence ou de consommation. Par exemple, en 2000 au Prou, Mibanco aintroduit Micasa, un produit de prt pour lamlioration de lhabitat. Cesprts sont conus pour aider les mnages financer des travaux damliora-tion progressifs dans leurs maisons au lieu den acheter ou den btir denouvelles, comme cest le cas avec le crdit hypothcaire traditionnel. la finde 2004, Mibanco comptait environ 14 000 clients Micasa et possdait unportefeuille de 17,5 millions de dollars et un portefeuille risque ( plus de30 jours) pour Micasa de seulement 2%.9 Cela signifie que seuls 2% du porte-feuille de prt enregistrent des retards de paiement de plus de 30 jours.En dpit des progrs considrables accomplis dans la prestation de servicesde microcrdit des millions de personnes, la plupart des individus pauvresnont toujours pas accs au crdit formel, quils soient des entrepreneurs ounon. Il est probable que lavenir apportera dautres innovations en matire decrdit, par exemple pour lagriculture, les biens de consommation, lesurgences, lhabitat et lducation.pargne. Les personnes pauvres veulent conomiser et beaucoup dentre ellesle font effectivement. Cependant, elles sont limites par les sollicitationsauxquelles sont soumis leurs faible revenu et par un manque de services dedpt. Lpargne, souvent dcrite comme tant la moiti oublie de la micro-finance, est un service financier crucial pour les mnages pauvres et exclus.Les personnes pauvres veulent des services de dpt srs et pratiques, quipermettent de conserver des soldes de faible montant et deffectuer de petitesoprations, et qui offrent un accs facile leurs fonds. En fait, dans le monde,il existe bien plus dpargnants que demprunteurs: lenqute de 2004 duCGAP sur les institutions financires non traditionnelles autour du mondea rvl quil existait quatre fois plus de comptes dpargne que de prts.10Les clients pauvres et faible revenu 278. Voir au chapitre 7 une plus longue description des innovations technologiques dansla prestation de services financiers aux pauvres.9. Brown, Building the Homes of the Poor, One Brick at a Time: HousingImprovement Lending at Mibanco, 5; et entretien avec Cesar Fernndez Fernndez,Directeur du marketing de Mibanco.10. Christen, Rosenberg et Jayadeva, Financial Institutions with a Double BottomLine : Implications for the Future of MicrofinanceAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 2728 La finance pour tousEntre 2000 et 2004, le nombre de comptes dpargne ouverts la BankRakayat Indonesia (BRI) a augment en moyenne de 1 million par an.11 Envenant ouvrir des comptes dpargne en masse, les clients (beaucoup dentreeux sont des personnes pauvres) manifestent concrtement leur intrt.Avec tant dpargnants, pourquoi les experts du dveloppement seconcentrent-ils encore principalement sur le microcrdit? En grande partieparce que lon en sait trs peu sur la prestation, la conception et la praticit detous ces comptes dpargne, plus exactement sur leur degr dadquation relavec les besoins des personnes pauvres. La qualit nest probablement pas trsbonne. Chose plus inquitante peut-tre, il existe relativement peu de personnesdans les courants dominants de la communaut du dveloppement qui consid-rent que lpargne est un facteur cl du dveloppement et de la rduction de lapauvret. En comparaison avec le crdit, peu de ressources ont t consacres autransfert des connaissances et des comptences relatives aux moyens employerpour fournir des services de dpt appropris aux personnes pauvres.Paralllement, de nombreuses banques et dautres acteurs habilits collecter les dpts du public nont pas intgr ce march de faon rsolue. Ilsconsidrent que les cots dadministration de nombreux petits comptes et detrs petites oprations sont prohibitifs. En gnral, ils nont pas investi dans ledveloppement de produit pour faire correspondre leur offre aux besoins desclients pauvres, ni cherch quilibrer les services par dautres offres plus renta-bles. La Grameen Bank est une exception notable, qui a rcemment introduitun certain nombre de services de dpt trs priss dans son ventail de produits,notamment un compte dpargne-retraite. Ce produit satisfait le besoindpargne plus long terme des clients pauvres du Bangladesh, particulire-ment les clients de la Grameen qui, en vieillissant, sont plus attirs par lidedconomiser en prvision de leurs vieux jours. Pour une priode de 10 ans, laGrameen paie 12% dintrt par an, ce qui double presque les dpts desclients. Les pargnants peuvent retirer leur argent en bloc ou percevoir desrevenus mensuels. De nombreux clients ont tant aim la formule quils par-gnent davantage que le minimum requis et, en moins de trois ans, la Grameena mobilis un total de 37,2 millions de dollars de dpts dpargne-retraite.12Le manque de services dpargne appropris fait que la plupart despersonnes pauvres conomisent de faon informelle, par exemple en cachantde largent liquide sous le matelas, en achetant du btail ou des bijoux quipeuvent tre vendus par la suite, en devenant membre de tontines villageoisesou en donnant de largent aux voisins en garde (voir lencadr 2.3 une analysedes pratiques dpargne au Mexique). Linconvnient de ces mthodesdpargne est quelles sont hasardeuses: largent liquide peut tre vol, lesanimaux peuvent tomber malades, le voisin peut senfuir. Elles peuvent aussitre peu liquides. Il est impossible de couper la patte dune vache et de la vendrelorsque lon a seulement besoin dun petit montant en espces.11. Robinson, Why the Bank Rakayat Indonesia Has the Worlds Largest SustainableMicrobanking System, 12.12. Hirschland, Savings Services for the Poor: An Operational Guide, 143.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 28Inversement, ceux qui disposent de choix dpargne plus srs et plusformels en tirent un rel bnfice, ainsi que lconomie gnrale. EnOuganda, une enqute a rvl que ceux qui ont accs aux produits formelsdpargne dans les banques ont pargn trois fois plus que ceux qui ne dispo-saient que de mcanismes informels dpargne. Au Rwanda, plus de un demi-million de petits comptes dpargne a capt 40 millions de dollars en circula-tion en 2001, une somme qui, dans dautres circonstances, serait reste sous lematelas. Les rpercussions nationales de loffre de produits dpargne srs etaccessibles peuvent tre capitales pour le soutien des conomies nationales.13Transferts dargent.14 Lintrt port rcemment aux 126 milliards dedollars de transferts de fonds des migrants destination des pays en dvelop-pement a mis en vidence le besoin pour les personnes pauvres de fairecirculer largent dun endroit un autre.15 Les transferts dargent nenglobentpas seulement les envois de fonds des migrants, cest--dire la part des revenusdes travailleurs migrants envoye aux membres de la famille ou dautresindividus du pays dorigine. Les transferts des migrants peuvent tre domesti-ques ou internationaux.Un trs grand nombre de personnes pauvres ont des proches vivant dans dau-tres villes ou dautres pays; ils ont de grandes difficults pour envoyer ou recevoirde largent. lheure actuelle, il peut coter cher de dplacer de largent dunLes clients pauvres et faible revenu 29Indpendamment de leur situation socioconomique,par lintermdiaire de mcanismes formels et infor-mels, les Mexicains pargnent. La majorit pargne depetits montants pour faire face des besoins courtterme, comme les urgences ou la consommation.Sur les 11 types dpargne cits dans une enqutercente, 2 taient de nature formelle et 9 taientinformels. La plupart des personnes interroges onteu recours une combinaison de produits, pargnantpar exemple dans une banque pour financer un achatde terrain futur ou un autre objectif long terme etdans une tanda (association dpargne et de crditrotative) pour rembourser un prt court terme ouacheter un bien mnager. Trois catgories dpargneont t analyses en profondeur: lpargne financireformelle, lpargne financire informelle au moyen detandas et lpargne en actifs physiques.Lutilisation des instruments dpargne variait enfonction de caractristiques dmographiques. Lespersonnes interroges les plus pauvres, celles quivivaient dans des zones rurales (notamment lesagriculteurs) et les habitants du sud avaienttendance pargner avec des actifs physiques. Laclasse moyenne, les femmes au foyer, les travailleurssalaris, les habitants des villes moyennes et de largion de Bajo prfraient les tandas. Le recoursaux banques tait concentr chez les riches profes-sionnels des zones urbaines et du nord.ENCADR 2.3 Comment les gens pargnent au MexiqueSource: Campos Bolao, El Ahorro Popular en Mxico: Acumulando Activos para Superar la Pobreza.13. UNCDF, Challenges and Prospects in the Mobilization of Domestic Resourcesthrough Microfinancial Intermediation.14. Cette section emprunte beaucoup la note de Isern et Deshpande, Crafting aMoney Transfers Strategy: Guidance for Pro-poor Financial Service Provider.Traduction franaise disponible sous le titre laboration dune stratgie doffre deservices de transfert dargent: lignes directrices destines aux prestataires de servicesfinanciers pour les pauvres, Etude spciale du CGAP, n10.15. Ratha et Maimbo, Remittances: An Economic Force in Many Countries.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 29point A un point B, que ce soit sur un plan international ou national; danscertains cas, pour les personnes pauvres, cest mme dangereux. En plus, il arriveque les destinataires ne voient jamais cet argent. Dans de nombreux pays, ilnexiste tout simplement pas de systme domestique de virements de fonds. AuGhana, par exemple, les tudes de march sur le vaste rseau bancaire rural ontrvl que les clients prouvaient quelques difficults accder aux virementsprovenant des zones urbaines. La criminalit rend la tche particulirement diffi-cile pour les commerants, car ils transportent de fortes sommes dargent liquidepour leurs affaires. En raction cela, la Apex Bank, organisme central de trso-rerie pour les banques rurales ghanennes, a introduit un systme de transfertdont le dlai varie entre 15 minutes et 24 heures. Le programme est en crois-sance rapide, avec quelque 24 000 virements effectus durant la premire annede fonctionnement, ce qui dmontre la forte demande pour ce type de service.Les montants et le nombre doprations ralises dans le cadre de trans-ferts montrent quil y a l un moyen prometteur dintgrer davantage depersonnes au systme financier. Prenant leurs racines dans les communautspauvres, les IMF cherchent de plus en plus former des alliances avec lessocits de transfert dargent, les banques et autres entits pour mettre ladisposition des personnes pauvres des services de virement srs, pratiques etmoins chers (voir au chapitre 7 une description plus dtaille des transfertsdargent des migrants et autres transferts, vritable dfi transversal).Microassurance.16 Rares sont les mnages pauvres qui ont accs desproduits formels dassurance contre des risques comme le dcs dun soutiende famille, les maladies graves ou encore la perte dun actif, notamment lebtail et le logement. Ces chocs sont particulirement ravageurs pour lesmnages pauvres car, lorigine, ces derniers sont plus vulnrables. Lamicroassurance constitue pour les personnes faible revenu une protectioncontre des dangers prcis en change de versements montaires rguliers(primes) proportionnels la probabilit de ralisation et au cot du risque enquestion. Comme pour tout produit dassurance, la mise en commun desrisques permet plusieurs individus ou des groupes de partager les cotsinhrents la ralisation dun risque. Pour bien servir les personnes pauvres,la microassurance doit rpondre aux besoins prioritaires de protectioncontre le risque (en fonction du march, ces personnes peuvent souhaiterune assurance-maladie, une assurance automobile ou une assurance-vie) etelle doit tre facile comprendre et abordable.La microassurance est un nouveau produit et elle demeure au stade expri-mental. Les IMF sont trs intresses fournir des produits de microassuranceen partenariat avec des compagnies dassurance. Les formules existantes demicroassurance qui tentent doffrir de lassurance-vie ou de lassurance-maladie rencontrent certaines difficults assurer leur prennit. Le grandproblme est de trouver le bon quilibre entre loffre dune protectionadquate et dun produit abordable pour les mnages pauvres.30 La finance pour tous16. Cette section cite largement Latortue, Microinsurance: A Risk Management Strategy.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 30Comme lillustre la figure 2.3, plusieurs diffrents types dassurancepeuvent convenir aux clients pauvres et faible revenu. Plus le produit dassu-rance est complexe, plus il est difficile de le mettre en uvre, et moins ilrussit servir les mnages pauvres. Lassurance crdit en cas de dcs est letype le plus commun et garantit que la dette meurt avec le dbiteur.Ce produit sert en fait protger les prteurs, et non les familles, contre ledcs de leurs clients et il est souvent offert directement par les IMF.Lassurance-vie terme ou assurance accidents individuelle est souvent offerteparalllement lassurance crdit en cas de dcs pour protger une famille enLes clients pauvres et faible revenu 31FIGURE 2.3 Les principaux types de produits de microassuranceAssurance crdit en cas de dcsAssurance-vie termeAccidents corporelsAssurance-vie pargneAssurance sur les biens Assurance mixteAgricultureAssurance-maladieSource: Churchill, Microinsurance Products.Degr de complexitFaibleFaiblelevlevDegr de russiteEn 1994, la fdration nationale guatmaltquedes coopratives de crdit (FENACOAC) ainsi queneuf coopratives membres ont fond leur proprecompagnie dassurance, COLUMNA. Aujourdhui,plus dun demi-million de Guatmaltques, laplupart des membres de 35 coopratives de crdit dominance rurale, ont souscrit des polices dassu-rance auprs de COLUMNA. Les membres descoopratives ont une police dassurance-vie quiprotge leur pargne, leurs cotisations et leurssoldes crditeurs. En outre, 54 000 membres ontsouscrit une police de microassurance pour lesservices denterrement et les accidents, dnommePlan de vida Especial.Ce plan est un produit dassurance-vie de groupequi offre une indemnit qui varie entre 1 200dollars et 6 200 dollars en cas de dcs et unmontant supplmentaire pour couvrir les dcsaccidentels et linvalidit. La prime dassurancemodique (qui varie entre 7,80 dollars et 39 dollars)est verse chaque anne. Le produit est commer-cialis et distribu dans les coopratives de crditet tire profit de leur large couverture gogra-phique. Certaines dentre elles vendent la policedassurance lorsquun individu devient membre dela cooprative de crdit ou demande un prt,auquel cas le montant de la police est ajout auprt et est rembours chaque mois. COLUMNA amaintenu son niveau de risque en accord avec sacapacit de solvabilit et a souscrit une rassuranceadquate. Le plan a t rentable; ces quatredernires annes, le bnfice estim du Plan devida Especial a reprsent en moyenne 26% desprimes nettes mises.ENCADR 2.4 Microassurance: Le cas de COLUMNA au GuatemalaSource: Herrera et Miranda, COLUMNA, Guatemala: Good and Bad Practices Case Study.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 3132 La finance pour touscas de dcs dun emprunteur. On peut citer titre dexemple de ce type das-surance la compagnie dassurance amricaine AIG en Afrique de lEst, quiverse une indemnit de 800 dollars en cas de dcs accidentel de lemprunteur,de 400 dollars pour le conjoint et de 200 dollars pour les personnes charge.Lassurance-vie pargne est souvent offerte par les coopratives de crdit etelle encourage lpargne (voir lencadr 2.4 lexemple de COLUMNA auGuatemala). Lassurance sur les biens est presque toujours lie un prt etpeut aider lemprunteur continuer de rembourser son prt au cas o il arri-verait quelque chose ses biens (gnralement du btail). Dans certains cas,la protection inclut le remplacement des biens. Les polices mixtes associentlpargne long terme et lassurance des prts durgence garantis par lessoldes dpargne. Dans ce cas, les primes verses accumulent de la valeur.Delta Bangladesh offre ce type de police.Lassurance agricole est particulirement difficile et il nexiste aucune preuvede programmes viables dans ce domaine. Le problme est que les agriculteursassurs sont moins susceptibles de suivre des pratiques saines et, de ce fait, plussusceptibles de perdre leurs rcoltes. Il est difficile de calculer la probabilit deperte car les facteurs qui influent sur le rendement des rcoltes sont trsnombreux. Paralllement, les primes qui sont abordables pour les agriculteursne sont gnralement pas assez leves pour couvrir les cots administratifs etceux relatifs aux indemnisations. Les innovations rcentes qui associent lassu-rance la pluviosit et dautres conditions climatiques sont encourageantescar elles peuvent tre plus mesurables, objectives et viables.Lassurance-maladie est probablement le produit le plus demand parmiles mnages pauvres et faible revenu; cependant, comme lassurance agri-cole, il est difficile doffrir cette assurance de faon viable. Il existe plusieursmodles diffrents de prestation, et de nombreux observateurs avancent quece type dassurance ne devrait pas tre offert sur une base commerciale, maisquil devrait tre considr plutt comme un droit naturel dans le cadre dunprogramme public de protection sociale. Lassurance-maladie est probable-ment le produit le plus difficile offrir car (1) il requiert la participation duntiers (par exemple le prestataire de soins de sant); (2) un certain nombre deproblmes classiques dassurance se prsentent (ceux qui sont plus suscepti-bles de tomber malades sont aussi plus susceptibles de souscrire lassurance,ceux qui sont assurs sont plus ngligents et abusent des services de sant), cequi accrot le cot de lassurance pour tous les acteurs concerns; et (3) lesseules polices abordables pour les personnes pauvres sont celles qui imposentle plus de restrictions lgard des types davantages offerts.17Limpact des services financiers sur les conditions de vie despersonnes pauvresUn systme financier plus tendu et plus inclusif profite aux personnespauvres tant indirectement, par une croissance accrue, que directement, 17. Churchill, Microinsurance Products.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 32mesure quils accdent aux services dont ils ont besoin. De plus en plus, lesrecherches, dont le nombre grandit galement, dmontrent que des secteursfinanciers plus tendus paulent mieux la croissance et la rduction de lapauvret.18 Lorsque les institutions financires sont efficaces, elles mobilisentde lpargne pour linvestissement; elles facilitent et encouragent les entresde capitaux trangers; enfin, elles garantissent que le capital est employ de lamanire la plus productive possible.19 Tous ces effets aboutissent des niveauxaccrus de croissance conomique. La croissance, son tour, a tendance rduire le niveau de pauvret gnral dans de nombreux pays (bien que larduction de la pauvret ne soit pas garantie lorsque la croissance reste auxmains des personnes plus fortunes).La mesure de limpact direct consiste comprendre quels sont les effets desservices financiers sur les conditions de vie des personnes pauvres et leursfamilles. cet gard, la recherche sest concentre sur le microcrdit. Dans laplupart des cas, et particulirement en ce qui a trait la rduction de la vuln-rabilit, qui est une caractristique constante de la vie des personnes pauvres,les avantages de lpargne et de lassurance nont pas encore t quantifis.tant donn que le microcrdit ne reprsente quune pice du puzzle, lim-pact qui a t dmontr dans ce domaine sous-estime probablement limpactpotentiel dun systme financier accessible tous.Les tudes existantes rvlent en majorit que le microcrdit a produit deseffets positifs sur les emprunteurs. La plupart des tudes ont dcrit la maniredont le microcrdit affectait la personne ou le mnage individuellement,tandis que dautres ont examin limpact du crdit sur la microentreprise oula communaut du client. Les tudes dimpact suggrent quil a eu un impactpositif sur la rduction de la pauvret:20 En Indonsie, les emprunteurs ont augment leurs revenus de 12,9%(contre 3% pour les revenus du groupe tmoin). Une autre enqute sur lesemprunteurs de BRI de lle de Lombok rapporte que les revenus moyensdes clients ont augment de 112% et que 90% des mnages sont au-dessusdu seuil de pauvret (les donnes ont t recueillies en interrogeant 121femmes choisies au hasard parmi les clients qui avaient reu un crdit aumoins une anne avant lentretien). Une enqute des clients de la Society for Helping Awakening Rural Poorthrough Education (SHARE) en Inde a rvl que les trois quarts dentreeux ayant particip au programme pendant plus de deux ans avaientconstat des amliorations considrables dans leur bien-tre conomique(sur la base des sources de revenus, de la possession dactifs productifs, desLes clients pauvres et faible revenu 3318. Voir par exemple lenqute ralise par Levine, Finance and Growth: Theory andEvidence et des recherches rcentes menes par les conomistes de la Banquemondiale Beck, Demirguc-Kunt et Levine, Finance, Inequality and Poverty et aussiHonohan, Financial Development, Growth and Poverty: How Close Are the Links?19. quipe du secteur financier du DFID, The Importance of Financial Sector Development forGrowth and Poverty Reduction, 7.20. Les exemples des paragraphes suivants sont tirs de lexamen de la documentationexistante dans Littlefield, Morduch et Hashemi, Is Microfinance an EffectiveStrategy to Reach the Millennium Development Goals?Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 3334 La finance pour tousconditions de logement et du ratio de dpendance des mnages) et que lamoiti des clients se situait au-dessus du seuil de pauvret. Au Ghana, les clients de Freedom from Hunger ont augment leurs revenusmensuels de 36 dollars, contre 18 dollars pour les non-clients. De plus, lesclients ont considrablement diversifi leurs sources de revenus. Au total,80% des clients disposaient de sources de revenus secondaires par rapport 50% chez les non-clients.Les enqutes incluent non seulement limpact du crdit sur les niveaux derevenus, mais aussi des renseignements sur les modalits selon lesquelles lemicrocrdit peut amliorer, par dautres moyens, les conditions de vie despersonnes pauvres. Par exemple, certaines enqutes examinent la faon dont lemicrocrdit a contribu amliorer les soins de sant, lducation et lalimenta-tion des enfants, ainsi que lautonomisation des femmes (voir encadr 2.5).Quel que soit laspect tudi, de nombreuses recherches concluent quil estimportant davoir accs aux services long terme avant de pouvoir constaterun impact vritable. Il faut du temps et un recours rpt aux services finan-ciers, souvent en conjonction avec dautres services, pour faire chanceler lapauvret. Ce rsultat fait partie des arguments les plus puissants en faveur de laprestation permanente et financirement prenne des services de crdit auxpersonnes pauvres.Avec des rsultats aussi impressionnants, il est tentant de surestimer lepouvoir de la microfinance et de vouloir lui faire rsoudre tous les maux dudveloppement. En fait, la microfinance nest pas la seule solution pour rduirela pauvret. Les services financiers, et particulirement le crdit, ne sont gn-ralement pas appropris pour les indigents (par exemple, ceux qui souffrent dela faim ou qui nont pas de revenus liquides). On oublie parfois que le syno-nyme de crdit est dette. Les prts aux indigents peuvent en fait appauvrir lespauvres si ces derniers nont pas la possibilit de gnrer les flux de trsoreriencessaires pour rembourser les prts. Souvent, les produits de base comme lesaliments, le logement et lemploi sont plus urgents que les services financiers etils devraient tre financs de manire approprie par les pouvoirs publics et lessubventions des bailleurs.21 Il ne faut pas voir en la microfinance un substitut auxinvestissements dans lducation, la sant et les infrastructures essentielles.Certains prestataires, comme le programme Income Generation forVulnerable Groups Development (IGVGD) de BRAC, ont trouv des moyensnovateurs pour conjuguer le crdit, la formation et les programmes de subven-tions publiques (dans ce cas prcis, laide alimentaire) pour aider les femmesextrmement pauvres poser un pied sur le premier barreau de lchelleconomique. Au terme dune priode de 10 ans, les deux tiers du million defemmes (et plus) inscrites au programme nappartiennent plus la classe desindigents et ces femmes sont parvenues devenir des clientes de crdit rgu-lires des programmes de microfinance traditionnelle.2221. Robinson, The Microfinance Revolution. Vol. 1, Sustainable Finance for the Poor, 20.22. Hashemi, Linking Microfinance and Safety Net Programs to Include the Poorest :The Case of IGVGD in Bangladesh 2.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 34Les clients pauvres et faible revenu 35Limpact de la microfinance ne se limite pas lam-lioration du niveau de revenus des clients pauvres.Elle rduit aussi leur vulnrabilit aux chocs et leurpermet de raliser des investissements dans des soinsde sant et de recevoir une ducation de meilleurequalit pour leurs familles. Une tude de limpact dela microfinance sur les Objectifs du millnaire pourle dveloppement a mis en vidence certains desrsultats suivants. Comment laccs aux services financiers amliore-t-il lducation?Un accs accru aux services financiers et des revenusplus levs permettent aux personnes pauvres din-vestir dans lavenir de leurs enfants. Les tudesportant sur limpact de la microfinance sur la scola-risation des enfants ont rvl ce qui suit: Au Bangladesh, presque toutes les filles desmnages clients de la Grameen Bank ont tscolarises, contre 60% des filles des mnagesnon clients. Les niveaux de comptences en du-cation fondamentale (lecture, criture et arith-mtique) parmi les enfants gs de 11 14 ansdans les mnages clients de BRAC ont doubl entrois ans (ils sont passs de 12% en 1992 24%en 1995). Bien entendu, ces programmes seconcentrent prcisment sur lducation en tantque valeur fondamentale et service la clientle. En Ouganda, les clients de Foccas ont dpens untiers de plus que les non-clients pour lducationde leurs enfants.Comment laccs aux services financiers amliore-t-il la sant des femmes et des enfants?Laccs aux services financiers permet aux clients derecourir des soins de sant lorsquils en ont besoin,au lieu dattendre quune maladie atteigne desproportions critiques. Les enqutes rvlent que lesservices financiers ont eu un impact extrmementpositif sur la sant des femmes et des enfants, parti-culirement dans les programmes qui associent lecrdit la formation aux questions de sant: En Bolivie, il a t constat que les clientes deCrdito con Educacin Rural (CRECER) adoptaientde meilleures pratiques dallaitement maternel,appliquaient plus spontanment la thrapie derhydratation pour les enfants souffrant de diar-rhe, et vaccinaient davantage leurs enfants auDTP3 (diphtrie, ttanos et coqueluche). En Ouganda, 95% des clients de Foccas ont bn-fici dun programme de microcrdit alliant desservices financiers des pratiques ducativespour amliorer ltat de sant et la nutrition deleurs enfants, contre 72% chez les non-clients.De plus, 32% avaient essay une technique deprvention du sida, soit deux fois plus que lesnon-clients.Comment laccs aux services financiers contribue-t-il renforcer lautonomie des femmes?La capacit demprunter, dpargner et de gagnerde largent renforce la confiance des femmes enelles-mmes, et leur permet de mieux faire face auxingalits de genre systmatiques. Certaines tudesdmontrent que cette autonomisation revt desformes diffrentes: En Indonsie, les clientes de la Bank RakayatIndonesia (BRI) taient plus susceptibles que lesnon-clientes de prendre des dcisions conjointe-ment avec leurs maris pour dterminer lallocationde largent du mnage, lducation des enfants,lusage de contraceptifs et le nombre denfants. Au Npal, 68% des membres du WomensEmpowerment Program ont dclar quellesprenaient des dcisions sur lachat et la vente debiens, la scolarisation des filles, le mariage desenfants et la planification familiale. En Inde, les clientes de la Self-Employed WomensAssociation (SEWA) organise en syndicat ontexerc des pressions pour obtenir une augmenta-tion de salaire, des droits pour les femmes dans lesecteur informel et le rglement de problmes dequartier. Au Bangladesh, en Bolivie, au Npal, auxPhilippines et en Russie, certaines clientes desprogrammes de microfinance se sont portescandidates des postes dadministrationpublique dans leurs communauts et ont gagnles lections. ENCADR 2.5 Limpact de la microfinance au-del de la faiblesse des revenusSource: Littlefield, Morduch et Hashemi, Is Microfinance an Effective Strategy to Reach the Millennium Development Goals?Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 35Les dbats au sein de la communaut de la microfinance ont port sur laqualit des tudes dimpact. Plusieurs autres facteurs contribuent lamlio-ration (ou la dgradation) du bien-tre dun mnage. Cest la raison pourlaquelle il est difficile de considrer de faon isole limpact de quelquespetits prts. En outre, le succs du recours au microcrdit pour les entre-prises dpend de conditions conomiques locales sur lesquelles les clients etles institutions qui les servent ne peuvent exercer aucun contrle. Les tudesdimpact extrmement rigoureuses et fiables emploient des mthodes scien-tifiques denqute trs chres, et certains experts se demandent si elles envalent linvestissement. Selon eux, le fait que les emprunteurs remboursentles prts puis reviennent pour emprunter de nouveau tmoigne de lutilitet, vraisemblablement, de limpact positif du prt. Inversement, la commu-naut des bailleurs de fonds demande, juste titre, des preuves pour garantirque les subventions dpenses pour mener cette activit rduisent effective-ment la pauvret.Dautres observateurs se proccupent davantage de la faon dont les IMFpeuvent utiliser les donnes dimpact des fins dtude du march, pouramliorer les services quelles fournissent aux pauvres.23 Si une institution seproccupe de rduire la pauvret et comprend limpact que ses services provo-quent sur sa clientle, elle peut alors prendre des mesures pour adapter sesservices actuels ou en introduire de nouveaux pour raliser ces objectifs, et, enfin de compte, amliorer son rendement. Il peut tre avantageux, dun pointde vue commercial, daider les clients amliorer leur situation conomique.24ConclusionLa dfinition des clients de la microfinance stend maintenant toutepersonne nayant pas accs aux services financiers. Les donnes disponiblessur les clients actuels suggrent quun segment relativement troit de clientsest servi par des IMF spcialises. La plupart des clients se situent autour duseuil de pauvret, une petite part provenant des catgories trs pauvres etnon pauvres vulnrables. lheure actuelle, les clients du microcrdit sontprincipalement des entrepreneurs du secteur informel. De nombreux clientspotentiels demeurent exclus.Les clients pauvres ont besoin de services financiers divers, et pas seule-ment de prts court terme pour financer leurs fonds de roulement. Commetout le monde, les personnes pauvres ont besoin daccder une vaste gammede services financiers pratiques, souples et dun prix raisonnable. Selon leursituation, les personnes pauvres ont besoin non seulement de crdit mais ausside produits dpargne, de transfert dargent et dassurance.La microfinance peut constituer un outil puissant de lutte contre lapauvret. Les donnes actuelles concernant limpact de la microfinance sous-36 La finance pour tous23. Voir le site Web de ImpAct: www.ids.ac.uk/impact.24. Le chapitre 7 traite plus en profondeur la question dimpact en tant que facteur clde la mesure du rendement social de la microfinance.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 36Les clients pauvres et faible revenu 37estiment probablement limportance des services financiers pour lespersonnes pauvres car les tudes se concentrent uniquement sur une pice dupuzzle: le microcrdit. Certaines tudes dmontrent quun accs permanent des services durables de microcrdit permet aux personnes pauvres dac-crotre leurs revenus, daccumuler des actifs et de rduire leur vulnrabilitaux chocs extrieurs. La microfinance permet aux membres dun mnage desortir dune situation o ils assurent leur survie au jour le jour, pour planifierleur avenir, investir dans une meilleure alimentation et de meilleures condi-tions de vie, et offrir leurs enfants des soins de sant et une ducation. Si lemicrocrdit lui seul produit un tel impact, alors laccs une gamme deservices plus vaste amliorera probablement les conditions de vie despersonnes pauvres de faon encore plus frappante. Esprons que les tudesmenes lavenir permettront de se faire une ide plus prcise de limpactsupplmentaire des services dpargne, de transfert et dassurance.Cependant, la microfinance, et particulirement le microcrdit, nest pastoujours la solution. Le microcrdit nest pas appropri pour les indigents etles personnes souffrant de la faim, qui ne possdent pas de sources de revenusfiables ou nont pas de moyens de remboursement. Souvent, les petites subven-tions, les amliorations dinfrastructure, les programmes demploi et deformation et dautres services non financiers peuvent mieux se prter lasituation des personnes indigentes.Le dfi pour lavenir est de mieux comprendre les besoins en services finan-ciers des personnes qui sont actuellement exclues du systme financier et detrouver les moyens prsentant une chance de viabilit pour satisfaire cesbesoins. Cependant, il ne suffit pas de mieux comprendre. Il faut traduirecette meilleure connaissance par un accs permanent des services financiersde grande qualit, dun prix abordable et de nature pratique et qui soientofferts par une gamme varie de prestataires de services financiers. Ce nestque lorsque loffre commencera rpondre la demande que les personnespauvres disposeront de moyens pour contrler leur vie financire et tracerleur propre chemin pour sortir de la pauvret. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 37Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 38Chapitre 3 Les prestataires de servicesfinanciers : le niveau micro Un systme financier accessible tous implique lexistence de plusieurstypes de prestataires de services financiers pour rpondre aux besoinsdivers des clients pauvres. Un type unique de prestataire de services financiersne peut suffire la tche. Malheureusement, le manque dinstitutions robusteset comptentes au niveau de loffre au dtail de produits constitue encorelobstacle principal lexpansion des services financiers un nombre plusimportant de pauvres. Les prestataires potentiels de services se distinguent par le caractre plus oumoins formel de leurs activits. Il varie en fonction du degr de sophistication deleur structure organisationnelle et de leur gestion, ainsi que de lintensit ducontrle ou de la supervision exercs dans leur pays. Par exemple, les prestatairestrs informels sont dots dune organisation plus simple (lorsquils en ont une)et ne sont pas superviss par une instance publique, ce qui est lexact oppos desinstitutions formelles. Parmi les tablissements informels se rangent les usuriers,les clubs communautaires dpargne, les collecteurs de dpts et les fournisseurs,commerants et transformateurs de produits et les fournisseurs dintrants agri-coles. Les banques prives et les banques publiques sont les plus formelles. Entreces deux types de prestataires se trouvent les organisations dtenues par leursmembres, les organisations non gouvernementales (ONG) et les institutionsfinancires non bancaires. Prcisons que toutes les institutions ne sinsrent pasde faon parfaitement ordonne dans cette classification gradue (voir la figure3.1). Certaines grosses coopratives, en Afrique et ailleurs, exercent leur activitde faon similaire aux institutions financires rglementes, quelques ONGgantes au Bangladesh possdent chacune des millions de clients et sont pluttformelles, tandis que certaines banques rurales dans des pays comme lesPhilippines et le Ghana sont minuscules et relativement informelles bien quellesrelvent de la rglementation en thorie (sinon dans les faits). Au cours des 25 dernires annes, la microfinance a volu de faon consi-drable, passant des prestataires informels aux prestataires formels. Les IMFspcialises ont dmontr que les pauvres sont bancarisables. lheureactuelle, les institutions formelles sont en train dintgrer rapidement les leons de39Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 3940 La finance pour touslexprience acquise au sujet du traitement bancaire des petites oprations. Ungrand nombre des nouveaux acteurs de la microfinance, tels que les banquescommerciales, possdent dj un rseau dagences bien dvelopp, des systmesde points de vente bien implants comme des guichets automatiques, et la capacitde procder dimportants investissements en technologie qui pourraient mettreles services financiers porte de la clientle pauvre. On observe, de manire crois-sante, lapparition de liens entre les diffrents types de prestataires de services, cequi accrot considrablement les possibilits dexpansion de laccs ces services. Le prsent chapitre offre une description de lunivers des prestataires deservices financiers. Il traite des questions suivantes: lheure actuelle, quelstypes de prestataires de services financiers offrent des services financiers auxclients pauvres et faible revenu? Quelles sont leurs caractristiques, leursforces et leurs carences respectives? Que peuvent-ils accomplir, individuelle-ment ou collectivement, pour toucher un grand nombre de clients pauvres? Le paysage des prestataires de services financiers1Lors de son enqute sur loffre de services financiers formels aux pauvres, leCGAP a identifi les types dinstitutions financires suivants comme servant lesclients faible revenu: banques publiques agricoles et de dveloppement etcaisses postales; institutions dpargne et de crdit dtenues par leursmembres; autres caisses dpargne; banques de proximit faible capital oubanques rurales et diverses IMF spcialises. Ces institutions ont presquetoujours un objectif de rsultat double, car elles ont la fois des objectifsfinanciers et des objectifs sociaux. 1. La prsente section utilise les donnes de louvrage suivant: Christen, Rosenberg etJayadeva, Financial Institutions with a Double Bottom Line : Implications for theFuture of Microfinance. FIGURE 3.1 La gamme des prestataires de services financiersRemarque: AREC = Associations rotatives dpargne et de crdit; ACEC = Associations cumulatives dpargne et de crdit;CVECA = Caisses villageoises dpargne et de crdit autogres; ASF = Associations de services financiers; SHG = Self-help groups (groupes den-traide);ONG = Organisations non gouvernementales; IFNB = Institutions financires non bancaires.Prestataires Organisations Institutions informels associatives ONG financires formellesAmis Usuriers AREC CVECA Institutions ONG IFNB Banques publiques,et famille financires y compris les caisses coopratives postalesCollecteurs ACEC ASF de dpts Banques ruralesCommerants SHG Banques de microfinance spcialises Banques commerciales traditionnellesAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 40Les IMF spcialises notamment les ONG, les institutions financires nonbancaires (IFNB), les banques commerciales spcialises en microfinance etles programmes de microfinance des banques commerciales traditionnelles totalisent environ 18% du total des 750 millions de comptes dpargne et deprt (voir la figure 3.2). Les coopratives financires reprsentent 6%. Lesinstitutions financires publiques, y compris les caisses dpargne postales,sont les plus dominantes et dtiennent environ les trois quarts des comptes. Silon se limite aux prestations de crdit, les IMF sont responsables de 33% desprts (57% si lon exclut la Chine et lInde). Les prestataires de services varient en outre suivant la rgion ou le pays oils oprent. Par exemple, les banques et les IFNB jouissent dune porte plustendue en Amrique latine quailleurs; les coopratives de crdit etdpargne dominent lAfrique de lOuest et centrale, et les banques commu-nautaires (tout particulirement les banques rurales) sont les plus prsentesdans certains pays tels que le Ghana, lIndonsie et les Philippines. Les prestataires informels La plupart des pauvres se procurent des services financiers de faon informelleauprs damis et de voisins, et non auprs des institutions formelles tudies parle CGAP. Il est intressant de noter que ces mcanismes informels fonctionnentselon des approches similaires, quon les tudie au Mexique, au Sngal ou auBangladesh. On peut classer les prestataires de services financiers informels endeux grandes catgories: les prestataires individuels et les clubs et associations.(Il existe quelques exceptions, dans la mesure o le crdit commerant et le prtsur gage sont en gnral offerts par des socits. Ils seront examins plus loin.) Les prestataires informels individuels: usuriers, collecteurs de dpts, prteurs surgage, commerants, transformateurs et fournisseurs dintrants. Le prestataire informelLes prestataires de services financiers : le niveau micro 41Source: Christen, Rosenberg et Jayadeva, Financial Institutions with a Double Bottom Line : Implications for the Future of Microfinance. IMF 18% IMF 18% Coopratives financires 6% Coopratives financires 6% Banques rurales 3%Banques rurales 3%Banques publiques, agricoles, de dveloppement 17%Banques publiques, agricoles, de dveloppement 62%FIGURE 3.2 Comptes dpargne et crdits en cours par type dinstitution Comptes dpargne par type dinstitution Crdits en cours par type dinstitutionCaisses postales56%Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 41le plus courant est un ami ou un proche qui accorde un prt lors dune crise oulorsque lemprunteur pense avoir une bonne affaire en vue. En outre, un certainnombre dindividus gagnent leur vie, compltement ou en partie, en offrant desservices financiers dautres membres de leur communaut. Les usuriers sont peut-tre les plus connus. En dpit de la rputation quileur est faite dexploiter les pauvres, les usuriers offrent en ralit un servicefinancier prcieux au sein de nombreux groupes de population. Certainsobservateurs soutiennent que les prteurs formels ont beaucoup apprendredes usuriers, notamment de leur connaissance du march du crdit, de lins-tauration de relations personnelles avec leurs clients, des mthodes prouvesdvaluation de la capacit de remboursement et du caractre des emprun-teurs potentiels, des procdures doctroi du crdit rapides et faciles offertesdans des endroits pratiques daccs pour les emprunteurs, et du renouvelle-ment du crdit pour les emprunteurs effectuant leurs remboursements dansles dlais. Les usuriers peuvent cependant se rvler trs coteux. Par exemple, un prt dusurier standard aux Philippines obit la rgle du5/6: un prt de cinq pesos contract le matin doit donner lieu unremboursement de six pesos dans la soire. Ce qui reprsente un taux din-trt journalier de plus de 20%.2 Les collecteurs de dpts des individus qui recueillent et conserventlpargne sont frquents dans de nombreuses socits, dont lAsie du Sud etlAfrique de lOuest. Il peut tre difficile de trouver un endroit sr pour dissi-muler son argent. Non seulement les collecteurs de dpts versent rarement unintrt sur les dpts quils collectent, mais ils facturent leur prestation. En Inde,leurs clients acceptent de verser des frais quivalents 30% dintrt annualis la personne qui accepte de conserver leur argent pour eux. Aberrant en appa-rence, ce comportement sexplique par le fait que les pauvres nont tout simple-ment pas dautres bonnes options pour placer leur pargne. En outre, les gensprfrent souvent pargner dans un but prcis, pour rgler des frais de scolaritpar exemple, et ils tirent partie de la discipline impose par les collecteurs dedpts pour sassurer quils satisferont leurs obligations.3Le prt sur gage est une autre forme de crdit informel bien que, dans denombreux pays, il soit devenu plus formel et sujet rglementation. Lesprteurs sur gage octroient des crdits sur garantie. Contrairement aux autresprteurs, cependant, ils prennent possession concrtement de la garantie. Enrgle gnrale, le prt sur gage est constitu dun grand nombre de petitesavances effectues sur des dures relativement brves. Les cots entrans parle traitement, lvaluation et lentreposage de lobjet plac en garantie peuventapparatre levs en comparaison avec le faible montant de la somme prte.Ces cots sont toutefois compenss en partie par le fait que le prteur sur gagene prend pas le temps dvaluer lemprunteur ni dassurer le suivi du prt.4 42 La finance pour tous2. Robinson, The Microfinance Revolution, Vol. 1, 172, 199. 3. Rutherford, The Poor and Their Money, 15. 4. Skully, The Development of the Pawnshop Industry in East Asia, 1. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 42Les prestataires de services financiers : le niveau micro 43Dans les zones dominante agricole tout particulirement, les commer-ants, transformateurs et fournisseurs dintrants constituent une source decrdit importante (que daucuns considrent comme la plus importante)pour les paysans. Le crdit est intgr au sein des relations commerciales enplace. Les prteurs du monde agricole entretiennent dj des relationscommerciales avec les paysans dont ils achtent les produits pour les trans-former ou les vendre, et les fournisseurs dintrants leur vendent dj dessemences et des engrais. Le crdit est accord en liquide ou en nature, sous laforme de semences ou dengrais. Les clients remboursent souvent leur prt envendant leur rcolte avec une dcote ou en acceptant que le montant du prtsoit dduit du produit de la vente de leur rcolte. Le crdit peut tre associ dautres prestations, telles que des conseils fournis par un vendeur dengraissur la meilleure faon dutiliser lengrais. On estime quentre 2001 et 2003 lesplus grosses entreprises agro-industrielles implantes dans le sud du continentafricain ont accord environ 91 millions de dollars de crdit plus de 530 000mnages vivant en milieu rural. Quatre sur cinq des rizeries tudies parlOrganisation des Nations Unies pour lalimentation et lagriculture (FAO)en Inde font crdit aux paysans pour le cot des intrants.5Clubs: Les AREC et les ACEC. Les formes collectives de prestataires informelsde services comprennent les associations rotatives dpargne et de crdit(AREC) et leurs cousines proches, les associations cumulatives dpargne etde crdit (ACEC). Les AREC existent dans le monde entier: on les appelletontines, mais aussi merry-go-rounds au Kenya, tandas au Mexique, chit funds enInde, kibati en Tanzanie et esusu au Nigeria. Elles sont dfinies comme desassociations de participants qui versent une contribution rgulire dans unpot commun. Le contenu du pot est ensuite revers, compltement ou enpartie, chaque participant, tour de rle ou par tirage au sort. Ce sont lesparticipants qui assurent eux-mmes la gestion des fonds. Le mcanisme estsimilaire pour une ACEC, ceci prs que seuls certains des membres contrac-tent des prts, et que le contenu du pot augmente au fil du temps. Les ARECrepartent zro chaque cycle, alors que les ACEC perdurent au cours descycles. Lencadr 3.1 dcrit des exemples dAREC et dACEC en Asie. La prvalence des AREC et des ACEC dans le monde entier suffit dmon-trer toute limportance que leurs participants y attachent. Les AREC et lesACEC possdent de nombreux avantages: elles sont efficaces et dun cot defonctionnement peu lev, elles sont transparentes et faciles comprendrepour leurs participants, elles ne permettent aucune ingrence extrieure etne demandent pas dentreposer des fonds liquides puisque ceux-ci sont trans-frs de participant participant, et le risque de dtournement de fonds estfaible. Elles oprent souvent pendant une dure de temps dtermine afindviter la tenue de registres, les disputes, la fraude et le dtournement au5. Un grand nombre des donnes de ce paragraphe proviennent de louvrage deChristen et Pearce, Managing Risks and Designing Products for Agricultural Microfinance:Features of an Emerging Model, 26. Le chapitre 7 traite de la finance rurale et agricoleplus en dtail comme tant lun des dfis de lavenir. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 4344 La finance pour tousprofit des lites bien places. Daprs un expert, on pourrait raisonnable-ment affirmer que les AREC constituent le mcanisme intermdiaire le plusefficace ce jour, dans la mesure o lpargne dun grand nombre depersonnes est instantanment transforme, sans intermdiaire, en une sommeunique mise la disposition dune seule personne.6Les ACEC sont dotes dun grand nombre des avantages des AREC, et yajoutent une souplesse supplmentaire car elles offrent plus de possibilitsaux membres qui souhaitent emprunter: elles peuvent servir des objectifscomme lassurance et peuvent durer plus longtemps que les AREC. Toutefois,comme les fonds ne sont pas soumis une rotation uniforme, les ACEC nces-sitent plus de comptences en gestion pour bien fonctionner et elles sont plussujettes la fraude. Si lon prend en compte toute la gamme des services financiers informelsdont disposent les pauvres, comment peut-on dire quils nont pas accs auxservices financiers? Le problme est que ces services informels, en dpit de leurattrait et de leur utilit, prsentent de srieux inconvnients. En premier lieu, ilspeuvent tre coteux (tout particulirement dans le cas des prestataires indivi-duels comme les usuriers ou les prteurs sur gage). En deuxime lieu, ils sontsouvent rigides. Par exemple, les AREC et les ACEC imposent de contribuerrgulirement des montants identiques, et lpargne de chaque participant estbloque jusqu ce quil ait son tour accs aux fonds. En troisime lieu, lesAREC peuvent tre trs risques: les participants perdent leur mise lorsque lunLes AREC tirage au sort: Une AREC typique deDhaka (Bangladesh) est gre par un petit bouti-quier. Beaucoup des membres contribuent quand ilsle peuvent, souvent entre les runions, quelquefoispar versements chelonns. Le boutiquier enre-gistre les paiements effectus et relance les retarda-taires. En change de son travail de gestionnaire, ilaccepte de petites sommes des membres. Le tirageau sort permet dviter que lordre dans lequel lesfonds sont distribus paraisse inquitable. chaquecycle, les noms font lobjet dun tirage au sort. Leprocessus du tirage au sort lui-mme gnre uncertain niveau dexcitation et attire une foule despectateurs, ce qui contribue laspect public ettransparent du mcanisme. Les ACEC avec investissement initial: Dans lescollines situes au nord des Philippines, les membresde certaines ACEC neffectuent quune seule contri-bution initiale, souvent assez rduite. Ces investis-sements sont mis en commun et prts des tauxdintrt levs (jusqu 10 ou 15% mensuelle-ment) celui ou ceux des membres qui ont le plusbesoin de liquidits. Comme les emprunteursremboursent leur prt avec un intrt, le fondsaugmente rapidement. Ceux qui effectuent unecontribution au dpart mais ne contractent pasdemprunt voient crotre leur investissement.Certaines ACEC stoppent et rpartissent les bn-fices au bout de trois ans pour rduire les risques.Mme au bout dune dure aussi brve, le capitaldun pargnant qui contribue un investissementinitial de 1 dollar et reoit 15% dintrt mensuelpourrait tre multipli par 133.ENCADR 3.1 Variations sur le thme des AREC et des ACEC Source: Rutherford, The Poor and Their Money, 35, 36. 6. Rutherford, The Poor and Their Money, 52. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 44dentre eux arrte ses contributions aprs avoir eu accs aux fonds. Le systmepeut galement se rvler inadapt si les besoins en liquidits dun membre seproduisent avant (ou aprs) son tour. En outre, les cots peuvent tre fortpeu transparents et difficiles comprendre, comme dans le cas de certainssystmes de crdit grs par des commerants ou des transformateurs agricoles.Tous les services financiers informels sont vulnrables la faillite ou la fraude.Quelle quen soit la raison, corruption, manque de discipline, ou crises gn-rales comme une catastrophe naturelle ou une mauvaise rcolte, les membrespeuvent alors perdre leur argent.7 En dernier lieu, il peut tre mal vu ouhonteux de devoir emprunter sa famille ou ses amis, tout particulirement silemprunteur tombe dans la dpendance dautrui.8Organisations associatives partir des approches russies du systme informel, il sest cr dans le mondede nombreuses formes dorganisations financires associatives. Les mutuellesde crdit ou coopratives dpargne et de crdit sont plus formelles, alors quedautres organisations sont la limite de linformel, bien que la plupart dentreelles bnficient du soutien dorganisations plus formelles. Les organisationsassociatives font en gnral appel lpargne de leurs propres membres commeprincipale source de capitaux. Beaucoup dorganisations associatives (tout parti-culirement les coopratives plus formelles) sont regroupes au sein de fdra-tions au niveau rgional ou national. Ces fdrations peuvent offrir aux coop-ratives fdres des prestations de supervision, de gestion de la trsorerie, derefinancement et de support technique. Grce leurs cots peu levs et auxrelations troites existant entre leurs membres, ces organisations associativesdtiennent peut-tre la cl pour toucher les populations isoles. Bien quils existent depuis des dcennies, les self-help groups (SHG), ougroupes solidaires, de lInde connaissent un intrt accru depuis quelquesannes, car ils apparaissent comme une source de services financiers en milieurural, tout particulirement pour les femmes pauvres. Le modle actuel meten relation des groupes informels de 10 20 personnes avec des sources definancement comme des ONG ou des banques commerciales. Les SHGcommencent par mobiliser lpargne de leurs membres, et si tout se passebien, ils auront peut-tre accs au crdit bancaire. Dune manire gnrale,les SHG touchent les trs pauvres. Des enqutes indiquent que plus de lamoiti des membres de SHG proviennent des groupes de population les pluspauvres: les paysans sans terre et marginaliss. Depuis quelques annes, on observe une croissance exponentielle des rela-tions entre les SHG indiennes et les banques publiques et prives. En 2003, lenombre de SHG ayant tabli des relations avec des banques tait denviron800 000, contre seulement 33 000 en 1999.9 La banque la plus importante enLes prestataires de services financiers : le niveau micro 457. Robinson, The Microfinance Revolution, Vol. 1, 24. 8. Ruthven, Money Mosaics: Financial Choice and Strategy in a West Delhi Squatter Settlement, 19. 9. Srivastava et Basu, Scaling-up Access to Finance for Indias Rural Poor, 2. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 45ce sens est peut-tre la National Bank for Agriculture and Rural Development(NABARD), une organisation bancaire fatire qui a dmarr un programmeassociant banques et SHG en 1992. Lobjectif de la NABARD est dlargirlaccs aux services financiers 20 millions de mnages pauvres dici 2008. Dsle mois de mars 2004, le montant cumul des crdits octroys par linterm-diaire du programme de la NABARD atteignait 867 millions de dollars et impli-quait 560 banques, qui ont pu, grce au programme, accorder des prts 1,1million de SHG servant approximativement 16 millions de mnages pauvres.10De son ct, la Banque Nationale indienne prtait prs de 175 000 SHG en2004, contre environ 12 000 groupes quatre ans auparavant.11En dpit de leur aspect trs prometteur, les SHG sont trs fragiles: unedtrioration, mme lgre, de la qualit de leur portefeuille de prt peutavoir des consquences srieuses pour leur survie. Il arrive que des SHGpousss prter de trop grandes sommes ou crotre trop rapidement nepuissent plus tre capables de fonctionner long terme.12 En outre, la plupartdes SHG offrent des conditions de prt rigides qui ne correspondent pas forc-ment aux besoins de trsorerie de leurs membres ou leur demande deproduits, et les calendriers de remboursement peuvent manquer de souplesse.Les SHG ne mobilisent que de petits montants dpargne, et il sagit pour les-sentiel dune pargne force prliminaire loctroi des prts (par oppositionaux dpts volontaires qui correspondent aux besoins du march des clientspauvres en instruments dpargne).13 En Afrique, les associations de services financiers (ASF) et les caisses villa-geoises dpargne et de crdit autogres (CVECA) reprsentent des varia-tions du modle associatif, et sont prpondrantes surtout dans les zonesrurales isoles. Au dpart, les ASF crent une base de capitaux solide grce lapport en capital des membres, lobjectif tant dutiliser ces fonds proprespour obtenir des prts bancaires au taux dintrt commercial en vigueur. Lescots de dmarrage de ces organisations ont t subventionns par desagences internationales daide au dveloppement (bailleurs de fonds) etleffort de promotion ncessaire leur lancement a t effectu par des ONG.Il est difficile de trouver des donnes exhaustives au sujet des ASF. En 2000, ondnombrait environ 160 ASF oprant dans huit pays et regroupant plus de50 000 actionnaires.14 Des donnes plus rcentes pour le Kenya font tat de67 ASF dissmines dans 18 districts et servant 46 700 membres la fin 2004.15La question de savoir si les ASF peuvent atteindre lautosuffisance (et saffran-chir des subventions des bailleurs de fonds) demeure. Les CVECA, dont la promotion tait assure lorigine par lorganisationfranaise Centre International de Dveloppement et de Recherche (CIDR),ont t conues pour amliorer le modle traditionnel des coopratives46 La finance pour tous10. Voir le site Web suivant : www.nabard.org. 11. Harper et Arora, Small Customers, Big Market: Commercial Banks in Microfinance, 73. 12. Srivastava et Basu, Scaling-up Access to Finance for Indias Rural Poor, 2, 12. 13. Prakash, Pillai, Hashemi et Isern, Self-help Groups in India: Value for Money? 14, 16. 14. Jazayeri, Financial Services Association (FSA): Concept and Some Lessons Learnt, 19. 15. Duursma, Community-Based Microfinance Models in East Africa, 14. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 46dAfrique de lOuest. Les premires CVECA ont vu le jour au Mali vers la findes annes 1980. Dautres CVECA ont t cres sur ce modle au Mali et dansdautres pays africains, chacune adaptant le modle dorigine aux conditionslocales.16 la fin de 2003, les rseaux du CIDR concernaient 220 000 membreset le montant moyen des prts slevait 130 dollars. Presque tous les clientsvivent en zone rurale et 70% des prts concernent des activits agricoles oulies lagriculture.17Les coopratives financires (que lon appelle aussi mutuelles de crdit ou coopratives dpargne et de crdit ) adaptent le principe de la propritdes membres des niveaux de plus en plus formels. Les institutions coopra-tives financires ont commenc apparatre en Europe il y a presque 150 ans,et le mouvement sest dsormais tendu au monde entier, o il touche prs de29 millions de membres vivant dans les pays en dveloppement ou en transi-tion (voir le tableau 3.1).18 Dans de nombreux pays, quelques cooprativesfinancires ont volu de manire devenir des institutions financires impor-tantes et bien tablies. En Afrique de lOuest, ce modle touchait plus de3,7 millions de clients la fin de 2004, pour la plupart dans des cooprativesde crdit. On peut galement donner lexemple du Kenya, o les Savings andCredit Societies (SACCOS) sont considres comme faisant partie intgrante dusystme financier. Dans ce pays, plus de 3 000 SACCOS rejoignent prs de5 millions de membres et des actifs atteignent pratiquement un milliard dedollars.19 En Asie centrale, 72% des emprunteurs de microfinance et 86% destitulaires de comptes de dpt adhrent une cooprative de crdit.20 Les coopratives financires appartiennent leurs membres qui en conser-vent le contrle, et elles sont en gnral but non lucratif. Les membres ontsouvent une caractristique commune: le lieu de travail, dhabitat, de culte, etc.Ces institutions offrent des services financiers: produits dpargne, compteschques, prts, services dassurance et de transfert dargent (bien que les insti-tutions moins solides ou moins importantes ne soient pas en mesure doffrirles services de transfert). Mais au lieu de raliser un profit pour des action-naires (comme le ferait une banque), les mutuelles de crdit et les coopra-tives financires reversent leurs membres une part des revenus excdantleurs cots dexploitation. Ces profits se prsentent sous la forme de divi-dendes distribus aux membres, de taux dintrt plus levs pour lpargneou rduits pour les prts, ou de prestations nouvelles ou amliores. Les diri-geants sont issus des membres eux-mmes, et il arrive que dans les coopra-tives de moindre taille ils soient galement souvent bnvoles. Les dirigeantsbnvoles sont, par dfinition, moins professionnels et cela peut prsenter unrisque pour la viabilit financire de la cooprative. Dans la plupart des coop-Les prestataires de services financiers : le niveau micro 4716. Pearce et Reinsch, Caisses villageoises dpargne et de crdit autogres (CVECA), 13. 17. Entretien effectu par messagerie lectronique avec Rene Chao-Broff, directrice derecherche, Centre international de dveloppement et de recherche. 18. World Council of Credit Unions, www.woccu.org. 19. Ndii: Role and Development of Microfinance and Savings and Credit Cooperatives in Africa, 1. 20. Pytkovska, Overview of the Microfinance Industry in the ECE Region in 2003, 1, 2. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 47ratives financires, chaque membre reoit une voix: le pouvoir nest donc pasfonction du nombre de parts dtenues.21Comme lindique le tableau 3.1, lencours moyen de prt, ou le solde moyendu compte dpargne, des membres des coopratives financires est relative-ment peu lev. Cependant, comme leur base de clientle est assez diversifie,il est difficile de dterminer le nombre rel de pauvres parmi les clients decoopratives financires. Certaines indications montrent que, dans certainspays, la clientle des coopratives financires est au moins aussi pauvre, sinonplus pauvre, que celle dautres IMF plus spcialises (voir lencadr 3.2). Les coopratives financires pourraient toucher une clientle plus pauvre,notamment dans les villes et villages isols. Aux Philippines, par exemple, lescoopratives de crdit jouent un rle important dans le dveloppement deszones rurales (alors mme quelles ont une taille plus importante en zoneurbaine).22 Elles touchent des rgions isoles qui ne sont pas servies par lesbanques et une enqute ralise en 2001 faisait tat de 24 coopratives dont les41 248 clients avaient contract des prts dun encours moyen de 98 dollars.23Deux conditions essentielles doivent tre runies pour permettre la russitedune cooprative financire: (1) le nombre de ses membres doit tre assezfaible pour quils puissent se contrler mutuellement avec facilit (dans le cascontraire, il convient de mettre en place des systmes similaires ceux quutili-sent les institutions financires formelles pour protger les dposants), et (2) cenombre doit tre suffisamment lev pour garantir quun groupe demprun-teurs nets ne puisse pas prendre le contrle de lorganisation. Si ces conditions48 La finance pour tousTABLEAU 3.1 Les coopratives financires dans les pays en dveloppement et en transitionSource: Rapport statistique du World Council of Credit Union, 2003, www.woccu.org. Remarque: NEI = Nouveaux tats Indpendants. Montant Encoursmoyen moyen deCoopratives pargne Prts dpargne/ prt/financires Membres (million $) (million $) membre ($) membre ($)Asie 14 085 6 010 725 10 948 825 1 821 137Afrique 7 856 7 162 689 1 872 1 658 261 231Amrique latine et Carabes 2 113 12 065 323 10 173 9 776 843 810Europe de lEstet NEI 4 606 3 635 513 1 575 1 351 433 372TOTAL 28 660 28 874 250 24 568 13 610 851 47121. Voir le site Web de World Council of Credit Unions, www.woccu.org. 22. Llanto, Micro Finance and Rural Finance Options in the Philippines, 31. 23. Charitonenko, Commercialization of Microfinance, The Philippines, 16. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 48ne sont pas maintenues, il peut en rsulter une certaine instabilit de la coop-rative. Comme pour les autres institutions financires, si la direction ne fait paslobjet dun contrle suffisant, le risque de fraude et autres faits de mauvaisegestion slve dangereusement. En outre, lorsquil se produit un conflit struc-turel entre des emprunteurs (qui prfrent des taux dintrt plus bas et unrythme de remboursement ralenti) et les dposants nets (qui demandent destaux dintrt levs et un placement prudent de leurs dpts), ce sont souventles emprunteurs qui ont gain de cause car ils sont frquemment dots de plusdinfluence et de richesse, ce qui peut dboucher sur une politique de prtrisque et menacer lpargne des membres.24 Une autre cause potentielle dedanger provient des conflits possibles entre les membres lus au conseil dadmi-nistration, qui sont des bnvoles, et les gestionnaires professionnels salaris quipossdent une formation et une exprience techniques. Les prestataires de services financiers : le niveau micro 49Les coopratives financires et les banques ruralesparviennent-elles toucher une clientle aussipauvre que celle des ONG de microfinance spciali-ses? En collaboration avec dautres, le CGAP sestservi de son Outil dvaluation de la pauvret pourvaluer cette question au Sngal et au Ghana.Luniversit du Maryland a effectu des recherchessimilaires au Prou.Ces recherches indiquent que, contrairement ceque lon avait lhabitude de penser, le type institu-tionnel des organisations na pas forcment dim-pact sur le niveau de pauvret de la clientle. Quilsagisse des banques, des coopratives financiresou des ONG, le facteur le plus important sembletre lemplacement de leurs agences.Au Sngal, ltude a conclu que FENAGIE-PECHE,une cooprative polyvalente, comptait dans sa clien-tle la proportion la plus importante de clients trspauvres: les deux tiers de ses clients provenaient dutiers le plus dmuni de la population. FENAGIE-PECHE recrutait ses membres au sein des commu-nauts de pcheurs en milieu rural et slectionnaitdonc des clients qui taient plus pauvres que ceuxdes IMF. Dautres coopratives comme lAgence deCrdit pour lEntreprise Prive (ACEP), la Cooperativeand Mutual Solutions (CMS) et le ProgrammedAppui aux Mutuelles dpargne et de Crdit auSngal (PAMECAS) servent une gamme tenduede clientle, et en raison de leur taille considrable,elles parviennent toucher un nombre de clientspauvres important en chiffres absolus.Au Ghana, lanalyse indiquait que les banquesrurales avaient une porte plus tendue que lesONG. Vingt-six pour cent de la clientle desbanques rurales provenaient des 20% les pluspauvres de la population ghanenne, contre 16%seulement de la clientle des ONG-IMF. Un grandnombre des banques rurales sont implantes dansle nord du pays, rgion o la pauvret est la plusintense et dont les ONG sont en gnral absentes.Au Prou, le Center for Institutional Reform and theInformal Sector (IRIS) de luniversit du Maryland aeffectu une tude auprs de la clientle de six institu-tions financires diffrentes et de groupes de contrle,et a conclu que la cooprative parvenait toucher leplus grand nombre de pauvres au sein de lchantillon,suivie par un rseau rglement de microbanques etune caisse rurale dpargne et de crdit. L encore,lemplacement des agences importait plus que laforme institutionnelle de lorganisation.ENCADR 3.2 Les facteurs institutionnels dterminant la porte de la microfinance auprs des pauvresSources: Entretien effectu par messagerie lectroniqueavec Syed Hashemi, spcialiste en chef, Microfinance, CGAP ; CGAP et Banquecentrale des tats de lAfrique de lOuest (BCEAO). Determining the Outreach of Senegalese MFIs, 2. 24. Ledgerwood, Microfinance Handbook, 103. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 49La ncessit damliorer leur supervision constitue lun des dfis quedevront traiter les futures institutions dtenues par leurs membres, de quelquesorte quelles soient. Dans certains pays, comme ceux de lUnion montaireOuest africaine (UMOA), les coopratives sont places sous la rglementationdes instances bancaires, mais ce nest pas toujours le cas. Par exemple, leMexique vient dadopter une loi qui dlgue la supervision des cooprativesfinancires leurs fdrations. Dans la plupart des pays, les autorits respon-sables du contrle de toutes les sortes de coopratives pas seulement descoopratives financires sont galement responsables de la supervision descoopratives financires. Ces entits ne possdent en gnral pas les comp-tences ncessaires, et labsence gnrale de contrle financier nest pas favo-rable la scurit ni la solidit de ces organisations, ce qui reprsente unproblme encore plus important lorsquelles collectent lpargne des pauvres. En revanche, certaines observations qualitatives au sujet de lOugandasuggrent que lpargne des pauvres court moins de risques si elle est placedans des institutions associatives, mme non rglementes ou mal rglemen-tes, que si elle est confie des mcanismes dpargne informels. Les recher-ches rcentes menes auprs de groupes de discussion ont conclu que la quasi-totalit de la clientle du secteur dpargne informel dclarait avoir subi despertes. loppos, seule une petite partie de la clientle confiant ses cono-mies aux institutions financires formelles et semi-formelles (y compris lescoopratives de crdit) dclarait avoir subi des pertes.25Les organisations non gouvernementales Les ONG ont palli lincapacit des banques servir la clientle pauvre, etelles ont agit en vritable pionnier au sein de la communaut de la microfi-nance. Depuis le milieu des annes 1980, les ONG ont uvr avec un souciaccru de la prennit financire. Bien quon ignore le nombre exact des ONG,le Microcredit Summit Council a recueilli des renseignements au sujet denviron3 000 IMF (des ONG pour la plupart) fournissant des services financiers plus de 80 millions de clients.26 On estime quil pourrait exister jusqu 9000ONG offrant des services financiers dans le monde. Certains ONG se consacrent intgralement, ou presque intgralement, lamicrofinance, tandis que dautres ajoutent la microfinance dautres services.Une ONG peut tre compltement locale ou affilie des rseaux internatio-naux. Parmi les ONG nationales les plus clbres, on peut citer le BangladeshRural Advancement Committee (BRAC), ASA et PROSHIKA au Bangladeshqui, elles trois, affichent le chiffre stupfiant de 5,6 millions de clients. Mais ilexiste des ONG plus petites dans le monde entier. Les rseaux internationauxont jou un rle important dans la propagation de la microfinance, car ils ontparticip la cration et au soutien dONG dans toutes les parties du globe.2750 La finance pour tous25. Wright et Mutesasira, The Relative Risks to the Savings of Poor People, 2. 26. Daley-Harris, State of the Microcredit Summit Campaign Report 2004, 3. 27. Les rseaux internationaux font lobjet dune discussion plus approfondie au chapitre 4. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 50Les prestataires de services financiers : le niveau micro 51Bien que les ONG aient clairement t lavant-garde du mouvement de lamicrofinance, elles sont limites par un certain nombre de contraintes et laplupart en ont t gnes dans leur croissance. On peut faire remarquer parexemple que le taux moyen de croissance du nombre demprunteurs des insti-tutions communiquant leurs donnes dans le cadre du Sommet du micro-crdit tait denviron 15% entre 1999 et 2003.28 Elles sont souvent dpen-dantes de leurs bailleurs de fonds, particulirement celles de taille rduite, carun grand nombre dentre elles ont t cres laide de subventions. Leurstructure de gouvernance nencourage pas la responsabilit fiduciaire, dans lamesure o les membres du conseil dadministration ne reprsentent pas dac-tionnaires ou de propritaires-membres dont linvestissement serait en jeu.Elles ne peuvent offrir quune gamme limite de services financiers. Les ONGne peuvent en gnral pas lgalement mobiliser lpargne; cette fonction estlimite aux banques et autres intermdiaires soumis la rglementation desautorits bancaires. Les 10 annes coules ont rvl deux tendances (en partie contraires)chez les ONG de microfinance: la commercialisation et le dsir de luttertoujours plus intensment contre la pauvret. Certaines des ONG les plus dynamiques ont adopt un comportement deplus en plus commercial. Elles expliquent cette approche, souvent dcritecomme un effort de prennit, par leur dsir de saffranchir de leur dpen-dance envers les bailleurs et de recourir aux sources commerciales de capitaux,ce qui leur permettrait de financer leur croissance et de toucher plus de pauvres.Il est exact que les donnes recueillies auprs du MIX Market suggrent que lesinstitutions prennes (celles qui parviennent couvrir leurs cots grce leursrevenus) touchent une clientle pauvre bien plus importante que les institu-tions non prennes. Sur les 146 ONG communiquant leurs rsultats de 2003 la base de donnes, la moiti seulement (53%) sont prennes, mais ces institu-tions prennes touchent plus de 90% du total de la clientle servie.29La russite de la commercialisation de ces ONG a prouv aux institutionsfinancires formelles que la microfinance est une activit valable et rentable.Mais toutes les ONG ne comprennent pas la commercialisation de la mmefaon. Pour une ONG polyvalente offrant un ventail de services (frquem-ment caractre social), il peut sagir de professionnaliser les activits demicrofinance et de les sparer oprationnellement et financirement desautres prestations offertes.Pour une ONG spcialise, la commercialisation peut impliquer la transfor-mation en intermdiaire financier agr (voir lencadr 3.3). Dans le secteur28. Entretien avec Adrian Gonzalez, analyste de recherche, CGAP/The MIX, partir dela base de donnes du Sommet du microcrdit. 29. Donnes du MIX Market www.mixmbb.org/en/index.html consultes en juillet 2005.On dfinit une institution comme prenne si ses revenus lui permettent de couvrir aumoins 110% de ses cots. Il convient de remarquer que les IMF qui communiquentleurs rsultats au MIX Market sont en moyenne plus rentables que les autres IMF, etque ces conclusions ne doivent pas tre gnralises lensemble des institutionsfinancires servant la clientle pauvre. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 5152 La finance pour tousde la microfinance, le terme transformation dsigne le processus au moyenduquel une organisation but non lucratif, ou une ONG, devient une institu-tion financire soumise la rglementation.30Lvolution vers la commercialisation a conduit certains sinterroger surle risque dune drive de la mission, craignant que les ONG adoptant uncomportement plus commercial tendent dlaisser leur clientle pauvredorigine. Cette inquitude est particulirement ressentie au sujet des IMFPlusieurs ONG se sont transformes en institutionsfinancires formelles, notamment dans certainspays dAmrique latine (Bolivie, Prou), en Europede lEst, au Kenya et maintenant en Ouganda.Jusquici, lexprience montre que le processus detransformation, bien que coteux, permet aux insti-tutions de fournir des services de meilleure qualit,damliorer leur accs aux financements et, en dfi-nitive, daccrotre le nombre de clients quellespeuvent toucher de faon permanente.Le Fondo Financiero Privado para el Fomento aIniciativas Econmicas (FFP-FIE) est une institutionfinancire non bancaire qui a vu le jour en tantquONG en 1984 La Paz (Bolivie). Le FIE envisa-geait depuis le dbut de son existence de devenirune entit financire formelle et la voie lui a touverte lorsque le gouvernement bolivien a crune structure juridique de formalisation de lamicrofinance, intitule Fondos Financieros Privados(FFP, ou Fonds financiers privs). Le processus dedemande tait long et compliqu. Le premierdossier de demande du FIE, dpos en 1995, a trefus, en partie parce que lONG dsirait conserverun rle dominant au sein de lactionnariat de lanouvelle entit financire. Aprs trois nouvellesannes de prparation, le FIE a enfin pu former unFFP (FFP-FIE) en 1998. la fin de lanne, le FFP-FIEcomptait 20 040 emprunteurs actifs et 121 par-gnants, et il affichait un actif total de 17 millions dedollars.a Six ans plus tard, FIE faisait tat de presque45 000 emprunteurs actifs et de 31 000 comptesdpargne, et dtenait un actif de plus de 60 millions de dollars. En 2004, lONG FIE dtenaitpresque la moiti des parts; les autres actionnairesprincipaux comprenaient lAndean DevelopmentCorporation (CAF), OIKOCREDIT, Hivos-TriodosFonds, Vincent Emanuel Burgi et la Direction suissedu dveloppement et de la coopration.bLors de sa cration en 1999, lONG OpportunityBank Montenegro (OBM) prvoyait dj de se trans-former en banque commerciale.c Ds le milieu de2002, OBM tait devenue une banque agre. Elleprocdait des investissements considrables ensystmes informatiques, ressources humaines,oprations bancaires et mobilisation des dpts.Elle consacrait en outre des sommes importantes la rnovation des bureaux de son sige et de sesagences, linstallation de coffres et de matriel descurit, lembauche de personnel et la mise enuvre de nouvelles procdures. En 2003, OBM assu-rait ses cots et affichait 5 700 clients, pour unportefeuille de prs de 17 millions de dollars. Labanque compte au total 13 actionnaires ordinaires.Opportunity International, une organisation amri-caine but non lucratif, dtient 75% des actionsordinaires et la totalit des actions privilgies. Lesactionnaires minoritaires comprennent RaboInvestment Advisory Services (une filiale du groupeRaboBank) et des investisseurs privs hollandais,anglais et amricains.dENCADR 3.3 Expriences de transformation des ONG a. Donnes figurant sur le site www.ffpfie.com; donnes de rendement provenant du MIX Market: www.mixmarket.org.b. Entretien effectu par messagerie lectroniqueavec Enrique Soruco, directeur gnral, Fondo Financiero Privado para el Fomentoa Iniciativas Economicas, Bolivie.c. Exemple tir de louvrage de Coates et Wilson Shrader, Turning an NGO into a Bank. Donnes provenant du site www.opportunity.org.d. Entretien avec Mark Crawford, Directeur financier, Opportunity Bank, Montngro.30. Voir le site Web de ACCION International, www.accion.org/micro_glossary.asp. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 52ayant effectu leur transformation. La rentabilit constitue un objectif essen-tiel pour toutes les institutions financires agres. Certains experts estimentquil nest possible de pratiquer la microfinance de manire rentable quenciblant les clients facilement accessibles, plus riches, qui contractent des prtsplus importants et confient des dpts plus levs. En ce qui concerne ladrive de la mission, les observations ne permettent pas darriver une conclu-sion. Dans certains cas, la taille moyenne des prts augmente mesure quelIMF gagne en exprience et adopte un comportement plus commercial, cequi pourrait tre une indication quelle cible une clientle plus riche, maiscela ne signifie pas ncessairement quelle dlaisse ses clients plus dmunis. Laugmentation de la taille des prts pourrait galement signifier que lesclients existants sont en mesure daccrotre leur endettement. Au fil du temps,une proportion croissante des clients deviennent des clients habituels (par oppo-sition aux nouveaux emprunteurs dont le premier crdit est en gnral assezfaible). Ce phnomne entrane donc une augmentation de la taille moyennedes prts, mme si lIMF ne procde aucune modification stratgique au niveaudu ciblage de sa clientle. Dans dautres cas, comme celui de la CARD Bank auxPhilippines, on observe que la taille moyenne reste trs faible, alors mme quelinstitution demeure rentable et se transforme en banque. Les prts de la CARDBank nont pas dpass le seuil de 20% du revenu national brut (RNB) par habi-tant aux Philippines au cours des dernires annes.31La question de la drive de la mission dbouche directement sur un autresujet de discussion intense parmi les ONG de microfinance: les IMF peuvent-elles rellement toucher des groupes de population trs pauvres et tre renta-bles? On pourrait penser que la relation inverse entre ces deux objectifs estvidente: des clients plus aiss peuvent contracter des prts plus importantsen effectuant un nombre moindre doprations, ce qui peut sembler moinscoteux grer. Certaines institutions parviennent nanmoins raliser cesdeux objectifs. Par exemple, sur les 231 institutions qui ont communiqu leursrsultats en 2003 au MicroBanking Bulletin, 139 taient rentables (y comprisaprs le retrait des subventions des bailleurs de fonds). Parmi ces 139 institu-tions, les 41 ciblant les clients les plus pauvres affichaient une rentabilitmoyenne suprieure celle de lensemble du groupe. Ces 41 institutionstouchaient en outre trois fois plus de clients que les autres institutions finan-cirement prennes runies. En dautres termes, celles que le MIX dsignecomme les institutions servant la partie infrieure du march affichaient demeilleurs rsultats que lchantillon total des institutions communiquant leursrsultats au bulletin.32 Lanalyse dun ensemble de donnes plus rcentes duMIX Market ne rvle aucun lien notable entre la taille des prts et la rentabi-lit. Cela signifie que les institutions dont les prts sont plus importants neLes prestataires de services financiers : le niveau micro 5331. Donnes provenant du MIX Market www.mixmarket.org. 32. Entretien avec Adrian Gonzalez, analyste de recherche, CGAP/The MIX. Distributionrgionale des 41 institutions servant la partie infrieure du march: Asie = 19 (y compris 7 institutions en Asie mridionale); Amrique latine et Carabes = 11;Moyen-Orient et Afrique du Nord = 5; Afrique subsaharienne = 4; Europe de lEst etAsie centrale = 2.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 5354 La finance pour toussont pas forcment plus rentables.33 Ces donnes prouvent quil est possible detoucher les trs pauvres de faon rentable, ou tout au moins quil nest pasforcment moins rentable de servir une clientle plus pauvre. Bien que certaines ONG de microfinance aient opt pour la commerciali-sation, beaucoup dautres sefforcent datteindre une clientle plus dmunieou plus isole, ou des groupes haut risque, tels que les familles affectes parle sida ou les personnes dplaces par des conflits ou des catastrophes natu-relles. Cette approche ne contredit pas forcment leffort de commercialisa-tion et de prennit, mais elle peut reculer le moment o linstitution sera enmesure de couvrir ses cots et devenir rentable tout en travaillant avec ce typede clientle. Beaucoup des ONG (quoique pas toutes) qui ciblent une clientle pluspauvre uvrent par lintermdiaire dorganisations associatives informellesou semi-formelles. Elles suivent souvent aussi le modle du crdit solidaire.Les exemples comprennent les banques villageoises de la Foundation forInternational Community Assistance (FINCA), le modle WORTH de Pact etles programmes MMD (Mata Masu Dubara, Femmes en marche) de CAREInternational. Ces deux derniers programmes fonctionnent plutt comme desSHG et se rapprochent plus des systmes plus informels. La FINCA est le pionnier de la mthode du microcrdit fonde sur lesbanques villageoises. Selon ce modle, 10 50 voisins forment un groupe ausein duquel ils choisissent qui contractera un prt, et pour quel montant. Lataille moyenne des prts schelonne entre 50 et 500 dollars. En 2003, le rseaude la FINCA possdait 15 affilis dans 14 pays des continents amricain, afri-cain et asiatique. La FINCA sert plus de 50 000 emprunteurs par linterm-diaire de plus de 1 800 banques villageoises.34 Au-del mme du nombre declients servis, linfluence du modle bancaire communautaire de la FINCA estreflte par le fait quil a t abondamment imit et adapt. Pact, une ONGinternationale qui se spcialise dans le renforcement des capacits des organi-sations locales, a mis au point un modle de type banques villageoises dans lesud du Npal. En 2003, le montant de lpargne collective tait estim prs de4 millions de dollars.35 La mme anne, le projet MMD de CARE offrait 70 000 femmes pauvres du Niger laccs un systme permanent dpargne etde crdit par lintermdiaire de leurs propres organisations communautaires.36Le Pro-poor Innovation Challenge du CGAP, un concours organis pour lesIMF plus petites et plus rcentes, a rvl un certain nombre dONG uvrantpour toucher une clientle plus dmunie et plus isole. Par exemple, en Inde,lInternational Justice Mission (IJM) a aid des travailleurs affranchis (de las-servissement pour dettes) accder aux services financiers, grce unprogramme pilote associ une IMF locale et qui comprenait une assistance 33. Entretien avec Adrian Gonzalez, analyste de recherche, CGAP/The MIX, partir dedonnes du MIX Market. 34. Voir les sites Web suivants, www.gdrc.org/icm/finca et www.villagebanking.org. 35. Odell, Moving Mountains: Appreciative Planning and Action and Womens Empowerment inNepal, 5. 36. Voir le site Web de CARE USA, www.careusa.org. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 54louverture de comptes dpargne auprs de banques locales pour grer lesfonds de rintgration verss par ltat au moment de leur affranchissement.Au Mexique, Alternativa Solidaria (AlSol) sest alli avec Zurich Internationalpour offrir des prestations de microassurance la clientle vulnrable deltat du Chiapas afin de permettre ses habitants de rgler le cot de lenter-rement de leurs proches dans cette rgion ravage par la violence.37tant donn la double tendance la commercialisation et leffort accrude lutte contre la pauvret, les questions qui se posent aujourdhui sont lessuivantes: quel est exactement le rle des ONG internationales et nationalesau sein du processus de mise en place de systmes financiers accessibles tous? Peuvent-elles servir augmenter le nombre de clients touchs, commedans le cas du Bangladesh, o 60% des 24,6 millions de clients de la microfi-nance sont servis par des ONG financires?38 Dans la mesure o la loi leurinterdit de mobiliser lpargne et quelles nont en gnral pas accs auxsystmes de paiement de leur pays, comment les ONG pourront-elles jamaisoffrir la diversit de services demands par la clientle pauvre? Les contraintesdchelle (gouvernance, dpendance envers les bailleurs de fonds) sont-ellestrop importantes pour tre facilement surmontes? La communaut de la microfinance narrive gure sentendre sur larponse ces questions et sur le rle futur des ONG en tant que prestatairesde services financiers. Il semble nanmoins clair quen vertu de plus de 20 ansdexprience et grce une mission bien ancre de service aux pauvres lesONG possdent un avantage vident sur au moins deux fronts: elles sont mme de trouver des solutions innovantes qui permettent de toucher desgroupes de population de plus en plus pauvres et vulnrables, et de lier cesinnovations des sources de capitaux commerciaux pour accrotre leurchelle. Cette fonction de recherche et dveloppement peut ntre ni rali-sable ni sduisante pour dautres organisations oprant au niveau micro. Les institutions financires formelles Pour une grande part, lexistence mme de la microfinance est attribuable lincapacit ou au refus historique des banques et autres institutions finan-cires formelles de servir les pauvres. Cependant, les institutions financiresformelles, et spcialement les banques qui se sont dotes dobjectifs sociaux,seraient particulirement aptes mettre en place des systmes financiers vri-tablement accessibles tous. Elles disposent souvent dun rseau dagencestendu, de la capacit doffrir une gamme diversifie de services (dont lesproduits dpargne et de transfert dargent) et du capital ncessaire pourinvestir dans les systmes et les comptences techniques. Les institutions finan-cires formelles peuvent tirer parti de ces points forts pour toucher unnombre considrable de pauvres, aussi bien par elles-mmes quen formantdes partenariats avec dautres prestataires de services financiers, y compris lesLes prestataires de services financiers : le niveau micro 5537. CGAP, Pro-poor Innovation Challenge, www.cgap.org. 38. Credit and Development Forum, Microfinance Statistics 19, 23, 248. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 55ONG. Les recherches effectues par le CGAP ont identifi 225 institutionsfinancires formelles uvrant dans le secteur de la microfinance dunemanire ou dune autre.39 Quelles financent des IMF tablies ou forment despartenariats stratgiques avec elles, ou quelles introduisent directement desservices financiers ciblant la clientle pauvre, les institutions financiresformelles sont de plus en plus nombreuses dcouvrir le march. Les institutions financires formelles ne sont toutefois pas toutes sembla-bles. Elles comprennent aussi bien des banques publiques que des banquescommerciales prives, et ces deux catgories sont elles-mmes trs diversifies.Il convient de rappeler le caractre galement formel des coopratives finan-cires, puisque ces organisations sont immatricules, agres et rglementespar des instances publiques, mais ces entits ont dj fait lobjet dune discus-sion la section portant sur lesinstitutions dtenues par leurs membres. Les banques publiques agricoles, de dveloppement, dpargne et les caissespostales. Les banques publiques attirent en gnral un grand nombre dpar-gnants et disposent dune infrastructure dagences tendue. Une enqute duCGAP a rvl lexistence de plus de 400 millions de comptes dpargne dansces banques. Dans de nombreux cas, tout particulirement dans les rgionsrurales, elles reprsentent la seule option formelle dont disposent les pauvres(et tous les autres). Les banques publiques ont souvent t cres dans uneperspective de progrs social ou de dveloppement et, dans de nombreux cas,leur mission consiste en partie servir les pauvres et les personnes privesdaccs au systme bancaire, en gnral dans les zones rurales. Il est donc regrettable que le fonctionnement de la plupart des banques publi-ques laisse dsirer. Elles souffrent de plusieurs carences srieuses: elles sontsouvent encombres dun portefeuille de prts subventionns (frquemmentappropris par une lite), gnes par leur faible taux de recouvrement des prtset par leur dpendance envers les grosses subventions, soumises aux influencespolitiques et elles manquent de ractivit aux besoins de la clientle pauvre.40 Ilexiste cependant des exceptions remarquables, qui laissent esprer que, pourpeu que des conditions satisfaisantes soient runies et maintenues, ces immensesgants endormis pourraient contribuer efficacement largir loffre deservices financiers aux pauvres.41 On peut citer quelques exemples: La division microbancaire de la Bank Rakayat Indonesia (BRI) est la plusgrosse et lune des plus rentables IMF du monde. La BRI est unebanque publique. lheure actuelle, sa clientle compte plus de 30 millionsdpargnants et 3 millions demprunteurs servis par 4200 guichets. Elle futlune des premires banques entrevoir le potentiel offert par la clientle56 La finance pour tous39. CGAP, Review of Commercial Bank and Other Formal Financial Institution (FFI) Participationin Microfinance. 40. Christen, Rosenberg et Jayadeva, Financial Institutions with a Double BottomLine : Implications for the Future of Microfinance, 3, 11; voir la discussion plusapprofondie au chapitre 5 concernant le rle de ltat dans loffre directe et indi-recte de services financiers. 41. On trouvera au chapitre 5 une discussion plus dtaille des facteurs dterminant larussite des banques publiques. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 56Les prestataires de services financiers : le niveau micro 57pauvre, et cela fait 20 ans quelle pratique la microfinance de manirerentable.42 Les rseaux postaux reprsentent, pour des millions de personnes, une sourceprcieuse de services dpargne et de transfert. Au Moyen-Orient et en Afriquedu Nord, par exemple, les caisses postales servent plus de 25 millions depersonnes et contribuent fortement loffre de services en milieu rural,aux fonctionnaires et aux retraits.43 Dans certains pays, comme le Bnin etle Kenya, le nombre de comptes dpargne postaux est gal ou suprieur aunombre total de comptes dpargne ouverts dans toutes les autresbanques.44 La National Microfinance Bank (NMB) de Tanzanie, dote de 115 agencesrurales, a t cre en 1997 lors dune cession dactifs dune banquepublique, la National Bank of Commerce.45 En dcembre 2004, la NMBcomptait plus de un million de dposants, et 145 650 clients emprunteurs.46 LAgricultural Bank of Mongolia (Ag Bank), sous squestre pour cause defaillite en 1999, est aujourdhui une banque privatise solide. Elle estdevenue le prestataire de services financiers rural le plus important du pays,offrant ses produits de dpt et de prt par lintermdiaire de son rseau de379 agences (le plus tendu du pays). En fvrier 2004, Ag Bank comptaitenviron 377 000 comptes de dpt et un portefeuille de 128 000 prts.47Les banques commerciales prives et les IFNB. Quatre types dinstitutions finan-cires prives participent, ou peuvent participer, la microfinance: les petitesbanques communautaires ou rurales, les IFNB, les banques spcialises enmicrofinance et les banques traditionnelles dont les activits comprennent lamicrofinance.48 Les trois premires catgories dinstitutions financires sontles plus susceptibles de traiter la clientle pauvre comme un segment demarch essentiel. Les banques commerciales traditionnelles ont mis plus detemps accepter le potentiel offert par la clientle pauvre. Les banques rurales ou communautaires ont vu le jour dans des pays spci-fiques comme le Ghana, lIndonsie, les Philippines, le Nigeria, la Tanzanie etdautres. Au Ghana, les banques rurales et communautaires appartiennentaux membres de la communaut qui ont fait lacquisition de parts. En 2001, il42. Robinson: Why the Bank Rakayat Indonesia Has the Worlds Largest SustainableMicrobanking System, 4, 5; Harper et Arora: Small Customers, Big Market, 18. 43. Boon, Worldwide Landscape of Postal Financial Services (Middle East and North AfricanRegion), 23. 44. Kamewe: Reinventing Postal Savings Institutions in Africa: A New Role as Large-scale Microfinance Providers. 45. Dressen, Dyer et Northrup, Turning Around State-Owned Banks in UnderservedMarkets, 5867. 46. Entretien avec Robert Dressen, vice-prsident du groupe Economics, Business, andFinance, Development Alternatives, Inc. 47. Voir le site Web de la Banque mondiale, www.worldbank.org. 48. Bien que les IFNB soient par dfinition (et de nom) des institutions non bancaires,elles figurent dans la prsente section sur les banques commerciales avec lesquelleselles prsentent des caractristiques trs similaires du point de vue de la prestation deservices aux clients pauvres. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 5758 La finance pour tousexistait 115 banques rurales et communautaires, comptant plus de 1,2 millionde dposants et 150 000 emprunteurs.49 Aux Philippines, on trouve la foisdes banques rurales, qui sont dtenues titre individuel et organises par lesmembres dune communaut donne, et les banques rurales coopratives, quiappartiennent des coopratives et autres associations de paysans qui en assu-rent lorganisation. Il existe aujourdhui aux Philippines plus de 780 banquesrurales et banques rurales coopratives implantes dans plus de 85% desmunicipalits et villes.50Les IFNB comprennent des tablissements de prt hypothcaire, dessocits de crdit-bail, des socits de crdit la consommation, des compa-gnies dassurance et certains types particuliers dIMF. Quelques-uns de cesintervenants ont manifest un certain intrt pour le march de la microfi-nance, les compagnies dassurance layant fait le plus rcemment (voir len-cadr 3.4). Les IFNB peuvent galement se spcialiser en microfinance. LePrivate Financial Funds de Bolivie, par exemple, comprend cinq institutionsayant octroy plus de 250 000 microprts.51 Dautres exemples comprennentCompartamos au Mexique et Share en Inde. Ces deux organisations onteffectu leur transformation dONG de microfinance en IFNB et cela a tune grande russite pour les deux. Compartamos est lIMF spcialise la plusimportante dAmrique latine: elle rpond environ 310 000 femmes pauvresemprunteuses et affichait plus de 134 millions de dollars dactifs la fin de2004. Share est lune des principales IMF indiennes: prs de 300 000 clients etplus de 16 millions dactifs la fin de juin 2004.52 Du point de vue juridique etrglementaire, il est souvent plus facile dobtenir le statut dIFNB. Mais la loilimite en gnral le type de services que peuvent offrir les IFNB. Par exemple,ni Share ni Compartamos ne peuvent mobiliser lpargne. Les banques de microfinance spcialises comptent aussi bien des ONG oudes IFNB ayant effectu une transformation que des banques qui se consa-crent la microfinance depuis leur cration. La banque de microfinance laplus connue est peut-tre BancoSol en Bolivie. En 1992, lONG de microcrditPRODEM sest associe ACCION International, la Calmeadow Foundation,des banques boliviennes et dautres investisseurs pour crer BancoSol, lapremire banque commerciale prive du monde consacre exclusivement lamicrofinance. En 1997, BancoSol est devenue la premire banque de microfi-nance verser des dividendes ses actionnaires. lheure actuelle, BancoSoltouche plus de 47 000 clients et dtient la part de march la plus importanteen Bolivie. En 2005, ACCION Investments avait rejoint un consortium dinves-tisseurs qui avait acquis 47% des parts de BancoSol.5349. Steel et Andah, Rural and Micro Finance Regulation in Ghana: Implications for Developmentand Performance of the Industry, 6. 50. Charitonenko, Commercialization of Microfinance, The Philippines, 13 et www.rbapmabs.org. 51. Entretien avec Gonzalo Paz, consultant. 52. Entretien, effectu par messagerie lectronique avec Carlos Labarthe, directeuradjoint lexcutif, Compartamos; www.sharemicrofin.com. 53. Voir le site Web de ACCION International, www.accion.org. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 58Les prestataires de services financiers : le niveau micro 59Une nouvelle gnration de banques de microfinance est apparue enEurope centrale et de lEst et dans la Communaut des tats indpendants.En 2003, il stait cr 15 banques de microfinance servant 190 000 emprun-teurs, la KMB Bank en Russie et la ProCredit Bank en Gorgie affichant lenombre demprunteurs le plus important (29 000 et 28 000 respectivement).54On pourrait estimer que laspect le plus intressant de la microfinance danscette rgion relativement nouvelle est sa croissance rapide privilgiant ds ledpart la viabilit. Banco Solidario, une banque de microfinance spcialise situe en qua-teur, a pntr un march fort potentiel: les quatoriens vivant en Espagne eten Italie et qui veulent envoyer de largent leur famille, pargner pour leurretour au pays et y acheter une maison. En 2002, linstitution a lanc un nouveauproduit: mi familia, mi pas, mi regreso (ma famille, mon pays, mon retour), qui apermis plus de 62 000 clients daccder environ 19 000 guichets de venteen Espagne et en Italie pour y effectuer des oprations bancaires avec BancoSolidario.55Une comparaison effectue rcemment entre des IMF agres (et compre-nant la fois des IFNB et des banques) et des banques commerciales situesdans des pays en dveloppement a rvl que les premires sont plus rentablesque les dernires. Les IFNB et banques de microfinance affichaient un taux deLes produits dassurance destins aux pauvres sontencore rares, mais ils sont offerts par les assureursformels, les IMF, les tablissements de soins desant, les coopratives agricoles et de sant,certaines socits traditionnelles (les socits fun-raires, par exemple) et un grand nombre dautresorganisations. Les IMF sont dotes de rseauxtendus et offrent dj des services financiers auxclients pauvres, si bien quil leur serait possible das-sumer un rle plus important dans ce secteur.Certaines IMF, conscientes de leur manque dexp-rience et de comptences techniques en la matire,dcident de sassocier des assureurs profession-nels. Par exemple, FINCA International en Ougandaa form un partenariat avec AIG, une importantecompagnie internationale dassurance et deservices financiers. Les IMF peuvent en outre crerdes participations conjointes avec des assureursformels avec lesquels elles partagent tout la foisles risques et la gestion. Elles sont quelques-unes,comme la Self-Employed Womens Association(SEWA) Bank en Inde, offrir directement desproduits dassurance-maladie et sur les biens. Lemodle dassurance communautaire, selon lequelles souscripteurs dtiennent et grent eux-mmesle rgime dassurance, est en gnral utilis pourlassurance-maladie, comme UMASIDA en Tanzanie.Dans dautres cas, les assureurs traditionnels offrentdirectement leurs services. Par exemple, La Equidad(Colombie) offre aux clients pauvres des policesdassurance sur les biens, et les polices dassurancesur la vie de Delta Life au Bangladesh concernentaussi bien la clientle aise que la clientledmunie.ENCADR 3.4 Les prestataires de microassuranceSources: www.microfinancegateway.org/microinsurance/faq.htm#Q3 et entretien avec Michael McCord, expert en microassurance.54. Pytkovska, Overview of the Microfinance Industry in the ECE Region in 2003, 4. 55. Site Web de Banco Solidario www.banco-solidario.com et entretien effectu parmessagerie lectroniqueavec Juan Carlos P. Peafiel S., Banco Solidario. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 59rendement moyen de lactif de 3,3%, alors que le taux moyen des banquescommerciales tait de 2,1%.56 Ces conclusions sont prsentes la figure 3.3,qui illustre comment les banques de microfinance spcialises affichentsouvent un meilleur rendement que les banques commerciales traditionnellesdans leur propre pays. Il nest pas surprenant que cet tat de fait ait commencdattirer lattention des banques plus traditionnelles. Les banques commerciales traditionnelles ont une exprience relativementrcente en matire doffre de services financiers aux pauvres. Elles prouvent desdifficults mener des activits de microfinance pour plusieurs raisons: leursobjectifs ne ciblent pas forcment la clientle pauvre; elles peuvent ne pasdisposer de la structure organisationnelle, des mthodologies financires et desressources humaines appropries pour sduire et fidliser les clients pauvres;leurs procdures sont trop coteuses pour des oprations de trs faible montantet il arrive que la rglementation leur interdise daccorder des prts non garantis.Un grand nombre de banques se satisfont des marges importantes quellesgnrent dans le cadre de leur activit traditionnelle et nprouvent pas lebesoin de fuir la concurrence sur de nouveaux marchs. Beaucoup dautres,en revanche, surmontent ces obstacles, frquemment en adoptant lesnouvelles technologies, telle loffre de services bancaires au moyen de guichetsautomatiques et de tlphones portables. Comme lillustre la figure 3.4, les banques ont pntr le secteur de lamicrofinance de diverses faons, depuis lengagement limit consistant louerdes bureaux une ONG de microfinance locale (la ProCredit Bank enGorgie) jusqu la dcision de considrer loffre directe de services auxclients pauvres comme lune de leurs activits principales (la Equity Bank auKenya). Dans certains cas, une relation initiale purement ponctuelle oucommerciale avec un prestataire spcialis comme une ONG peut dbouchersur un engagement plus prononc. La ICICI Bank, la deuxime banque de lInde, dote dun actif total denviron33 milliards de dollars en 2004, gre un rseau de 530 agences et guichets et plusde 1 880 guichets automatiques.57 La ICICI Bank a entrepris duvrer dans lamicrofinance grande chelle. Pousse en partie par une rglementation quiimpose toutes les banques daccorder des crdits aux secteurs prioritaires, laICICI Bank a dcouvert le march en 2001 au moyen de prts consentis desIMF spcialises. Elle prvoit galement assurer le financement dun rseau debornes internet villageoises conues comme des points de vente de services finan-ciers, de former un partenariat avec des IMF qui assureront le traitement desprts, et de collaborer avec des entrepreneurs sociaux pour crer des IMF green-field (start-ups de microfinance). La ICICI Bank considre les ONG et autres IMFspcialises comme des partenaires qui peuvent laider toucher les segmentsinfrieurs du march. Aprs deux ans dactivit, le portefeuille de microcrdit de60 La finance pour tous56. Entretien avec Adrian Gonzalez, analyste de recherche, CGAP/The MIX, partir desdonnes des numros 9 et 10 du MicroBanking Bulletin et des notations du RatingFund (pour les IMF) et de BANKSCOPE (pour les banque commerciales). 57. Voir le site Web de la ICICI Bank, www.icicibank.com. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 60Les prestataires de services financiers : le niveau micro 61BancoSol Banques boliviennes Acleda Bank Banques cambodgiennes MiBanco Banques pruviennes K-Rep Bank Banques kenyanes CERUDEB Banques ougandaisesRendement des fonds propres (ROE) du prestataire de microfinance ROE mdian du groupe de pairs pour le pays 0% 5% 10% 15% 20% 25% 30%FIGURE 3.3 Rentabilit relative des banques de microfinance spcialisesSource: BANKSCOPE, www.bankscope.bvdep.com.Remarque: Toutes les donnes sont dates de la fin de 2003. CERUDEB = Centenary Rural Development Bank Ltd.; ROE = Rendement desfonds propres.la ICICI Bank a progress de 16 millions 63 millions de dollars, et la banqueprvoit que son portefeuille puisse atteindre 1 milliard de dollars sur ce march.58Les banques commerciales sont bien positionnes pour investir dans desinnovations technologiques qui peuvent rapprocher les services financiersdu lieu dhabitat ou de travail des pauvres. Il est vraisemblable quil ne serajamais rentable financirement pour une banque douvrir une agence danschaque village. Mais il serait possible dlargir laccs aux services financiers une chelle considrable de faon relativement peu coteuse en offrantces services par lintermdiaire des tlphones portables ou auprs dagentstels que lpicerie du village, une borne tlphonique ou dautres points devente (voir lencadr 3.5). On trouvera des donnes plus dtailles sur lerle des technologies de pointe au sein de la microfinance au chapitre 7:Dfis transversaux. Aussi prometteuse quapparaisse larrive des banques commerciales pourla mise en place de systmes financiers accessibles tous, un grand nombredobservateurs se demandent si ces banques parviendront rellement toucher les clients trs pauvres ou trs isols de faon permanente. Cette question est parfaitement lgitime. Il est vraisemblable que lesclients les plus difficiles atteindre resteront hors de la porte de la plupartdes banques commerciales, pendant un certain temps tout au moins.Toutefois, grce leur vaste infrastructure dagences, leur capacit investir en solutions technologiques novatrices pour comprimer les cotsaffrents la couverture dune clientle nombreuse dont une grande58. ICICI Bank, ICICI Banks Microfinance Strategy: A Big Bank Thinks Small, et Harper etArora, Small Customers, Big Market : Commercial Banks in Microfinance, 112. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 61partie est actuellement prive de laccs aux services financiers lesbanques contribueront sans aucun doute considrablement la mise enplace de systmes financiers accessibles tous. En fait, lavenir, il estprobable quil ne sera possible de toucher la clientle pauvre trs grandechelle quavec la participation des banques, quelles appartiennent ausecteur public ou au secteur priv. Conclusion Lobjectif de la microfinance aujourdhui est de mettre en place des interm-diaires financiers solides au niveau national, qui puissent fournir des servicesfinanciers aux pauvres de faon permanente. Linsuffisance des capacits insti-tutionnelles de dtail constitue encore lobstacle principal loffre de servicesfinanciers aux pauvres. Il est ncessaire dassurer la prennit financire des oprations pourpouvoir couvrir un grand nombre de pauvres de faon permanente.Toutefois, la mise en place dinstitutions financirement viables nest pas unefin en soi. Cest le seul moyen dobtenir un impact bien plus considrableque celui que pourraient financer les bailleurs de fonds et la plupart des62 La finance pour tousFIGURE 3.4 Degr de participation des banques commerciales au secteur des services financiers destins aux pauvres Banque commerciale spcialise en microfinance La banque cre une socit de services en microfinance La banque prend une participation dans une IMFLa banque achte le portefeuille dune IMF et sous-traite certaines activits des IMF Prts de refinancement Location ou partage de locaux La banque assure des fonctions de guichet ou administratives Equity Bank, Kenya Loffre de services aux clients pauvres est lune des principales activits Sogebank, Hati Cration de la socit de services en microfinance Sogesol en 2000 Jammal Trust Bank et Crdit Libanais, Liban Dtient des parts dAmeen, un programme de microfinance de CHF ICICI Bank, Inde Sous-traite des oprations de microfinance des groupes de solidarit et des IMF Raiffeisen Bank, Bosnie Accorde des prts de nombreuses IMF bosniaques Garanti Bankasi, Turquie Grce son rseau dagences, assure des fonctions de guichet pour le compte deMaya Enterprise for Microfinance ProCredit Bank, Gorgie Loue une partie de ses bureaux Constanta, une ONG locale DEGR LEV DE PARTICIPATIONSource: CGAPRemarque: CHF = Cooperative Housing Foundation; IMF = Institution de microfinance; ONG = Organisation non gouvernementale.FAIBLE NIVEAU DE PARTICIPATIONAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 62gouvernements. La prennit permet dassurer la poursuite des activits duprestataire de microfinance et de la prestation de services financiers auxpauvres. Qui plus est, il semble que larbitrage entre la protection des clientstrs pauvres et la viabilit financire soit en ralit moins ardu quau premierabord. Un certain nombre de prestataires financiers parviennent offrir auxclients trs pauvres des services financiers de bonne qualit, et ce, tout enassurant leurs cots. On saperoit en fait que le type de linstitution financire (ONG, banquerurale ou cooprative financire) importe moins, pour toucher la clientletrs pauvre et isole, que dautres facteurs tels que la situation gographiquedes agences et la mission institutionnelle. Aucun type unique de prestataire de services financiers ne peut rpondre tous les besoins de ceux qui restent exclus du systme financier traditionnel.Le tableau 3.2 montre que chaque type de prestataire de services prsenteaussi bien des forces que des faiblesses du point de vue de la mise en place desystmes financiers accessibles tous. Les prestataires de services financiers : le niveau micro 63Conscients de la ncessit de rduire les cots pourpouvoir toucher une clientle plus pauvre, uncertain nombre dinnovateurs explorent les moyensdassocier loffre de services financiers des infra-structures non financires: tlphonie mobile,commerces de dtail, kiosques internet, bureaux deposte et mme guichets de loterie. En voici quel-ques exemples: Au Brsil, Caixa Economica gre 8961 guichets dela loterie fdrale et possde 1 690 agences, cequi lui permet de desservir la totalit des 5 561municipalits brsiliennes. En 2003, linstitutionavait galement install des bornes de vente dans2 250 commerces de dtail (dont des supermar-chs et des pharmacies), o les clients peuventdposer ou retirer de largent sur leur compte dechques ou compte dpargne, effectuer des paie-ments et percevoir des prestations sociales. En Afrique du Sud, Capitec a associ limplantationde ses agences autour des voies de transport (garesferroviaires ou routires, stations de taxis) au lance-ment rapide de cartes de dbit et de guichets auto-matiques dans 200 de ces agences de faon exercer un effet stimulateur sur lpargne despersonnes faible revenu en plus des prts courtterme. Cette initiative a t couronne de succs:entre fvrier et aot 2004, le nombre dpargnantsa bondi denviron 18 000 plus de 60 000. Les socits de tlphonie mobile de plusieurspays africains sont en train de mettre au point desservices bancaires faible cot utilisant la tl-phonie mobile et la technologie des messages-textes, frquemment associs la banque mobile.Rien quen Afrique du Sud, Cellular Onlinednombre dj prs de 19 millions dutilisateurs,dont un trs grand nombre sont des clientspauvres. Ils peuvent utiliser leur tlphoneportable pour vrifier le solde de leur compte,rgler une facture, tre contacts au sujet duneopration, assurer le suivi de leur compte, etc.Les nouvelles technologies informatiques promet-tent de rduire les risques tout comme les cots deprestation. En Bolivie, au Mexique, en Inde et enAfrique du Sud, les banques et les IMF ont adoptcartes puce, dcodeurs dempreintes digitales etassistants numriques personnels.ENCADR 3.5 Canaux de distribution non traditionnels Sources: Littlefield et Rosenberg, Microfinance and the Poor: Breaking Down the Walls between Microfinance and Formal Finance;Reille et Ivatury, IT Innovations for Microfinance; Cellular Online (www.cellular.co.za) et DFID Financial Sector Team, Banking theUnderserved: New Opportunities for Commercial Banks.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 63Les prestataires de services au dtail sont la pierre dassise sur laquelle peuttre difi le reste du systme financier. En uvrant seuls ou en partenariat,les prestataires de services financiers continueront vraisemblablement din-nover tout en fournissant aux pauvres des services financiers qui soienttoujours plus efficients, pratiques et srs. 64 La finance pour tousTABLEAU 3.2 Avantages et inconvnients des diffrents prestataires de services financiers Prestatairesde services Exemples Forces FaiblessesInformel UsuriersARECACECFournisseurs dintrantsOrganisation SHGdtenue par ASFses membres CVECACoopratives financiresONG ONG affilies un rseau internationalONG nationalesInstitutions Banques publiquesfinancires Banques ruralesformelles ou communautaires IFNBBanques commerciales traditionnelles Remarque: AREC = Association rotative dpargne et de crdit; ACEC = Association cumulative dpargne et de crdit;CVECA = Caisses villageoises dpargne et de crdit autogres; ASF = Association de services financiers; SHG = Self-help group (groupe den-traide); ONG = Organisation non gouvernementale; IFNB = Institution financire non bancaire. commode et rapide proche des clients faible cot des opra-tions (AREC et ACEC) accessible aux clientspauvres et isols peut tre risqu et instable envergure limite des oprations rigides (clubs) coteux (usuriers) local faible cot des oprations accessible aux clientspauvres et isols les bnfices profitentaux membres risques au niveau de la gouvernance(risque de mainmise des emprun-teurs nets, domination des grants) dans de nombreux pays, absence devritable supervision financire envergure des oprations limiteaux membres gamme de produits limite connaissent la clientlepauvre mission sociale plus dsireux et pluscapables de prendre desrisques pour innover beaucoup restent dpendants desbailleurs de fonds ventail de services limit: peu oupas dpargne volontaire chelle rduite (sauf Asie mridionale) cot souvent lev des oprations(quelques exceptions majeures) gamme de services tendue importante infrastructuredagences et de points devente fonds propres possdent les ressourcespour investir dans linnova-tion et la technologie lobjectif de profit peut affaiblir lamission sociale il est difficile de toucher la clientletrs pauvre et isole il est frquent que tous les produitsne rpondent pas aux besoins despauvresAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 64Chapitre 4Linfrastructure financire : le niveau msoLes systmes financiers accessibles tous ne sont pas seulement composs declients et de ceux qui les servent directement. Les institutions financiresne peuvent oprer dans le vide. Elles reposent sur une infrastructure ouarchitecture financire qui fonctionne bien et sur un rseau dautres pres-tataires de services. Cest le niveau intermdiaire, appel niveau mso.Quest-ce que le niveau mso, exactement? Au sein de la communaut dela microfinance, le niveau mso est probablement llment le moins biencompris du systme financier. Comme la figure 4.1 lillustre, il comprend lin-frastructure financire proprement dite, les systmes qui visent promouvoirla transparence des rendements des institutions financires, les prestataires deservices techniques qui offrent des services de formation et de conseil, et aussiles associations et rseaux de professionnels. La prsence dun niveau msoefficace est cruciale pour le fonctionnement du systme financier dans sonensemble et, particulirement, pour llargissement de laccs des personnespauvres aux services financiers. Par infrastructure financire, on entend les systmes de paiement et decompensation qui permettent la circulation de fonds entre les institutionsfinancires et facilitent un traitement rapide, fiable et scuris des opra-tions. Les institutions au service des clients pauvres ont besoin daccder ces systmes pour permettre leurs clients de dplacer des fonds dans lepays ou partir de pays trangers. Les systmes dinformation au service de la transparence servent plusieurs objec-tifs. Des renseignements exacts sur le rendement permettent aux gestionnairesde prendre des dcisions rationnelles sur les moyens damliorer leurs opra-tions. Ces renseignements aident aussi les investisseurs valuer les risques etles rendements quand ils prennent des dcisions de financement. Enfin, lesdonnes dtenues sur les clients rduisent le risque et diminuent les cots. Les services dappui technique, lorsquils sont disponibles par lentremise deconsultants locaux ou internationaux et de centres de formation, offrentdes services de conseil, de la formation et un appui au systme pourcomplter et consolider lexpertise existante des institutions financires sur65Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 65des problmes techniques particuliers; ces services consolident galementles connaissances lchelle nationale, rgionale ou mondiale. Ces presta-taires de services apportent aussi une certaine crdibilit la prestation deservices financiers aux personnes pauvres en renforant le professionna-lisme sur le terrain en gnral. Les associations et rseaux professionnels permettent aux institutions desoutenir collectivement des changements de politique et de partager lescots des infrastructures et des services financiers. Au niveau mso, au moins trois questions essentielles font lobjet de dbatsnourris, et elles sont toutes lies la prestation de services. La premire ques-tion est de savoir si linfrastructure et les services doivent tre spcifiques lamicrofinance ou si les comptences en microfinance doivent tre absorbespar des prestataires traditionnels existants qui collaborent plus largement avecles clients du secteur priv. mesure que les marchs de la microfinanceacquirent de lexprience et commencent sintgrer au systme financier,ces prestataires de services traditionnels (comme les agences de notation, lesauditeurs, les consultants en gestion et les instituts de formation bancaire,entre autres) commencent eux aussi sadapter pour satisfaire les exigencesdes institutions financires au service des clients pauvres. Paralllement, desprestataires de services plus importants et souvent plus efficients, comme lesgrands cabinets daudit, peuvent considrer que la microfinance nest pas unmarch viable. Ils peuvent aussi ignorer des dtails sur les oprations de micro-finance pour adapter leurs services en consquence. Souvent, cette situationdonne lieu une offre de services de qualit infrieure (par exemple, lorsqueces prestataires dsignent un personnel junior ou moins expriment poursoccuper de la microfinance). Par consquent, il savre souvent ncessairedintgrer des services spcialiss de microfinance, particulirement lorsquela microfinance nest pas suffisamment intgre au systme financier. La deuxime question concerne le choix des prestataires de services les plusappropris: prestataires nationaux ou internationaux? Le prsent chapitre estfocalis (comme la majeure partie de cet ouvrage) sur ltablissement de systmes66 La finance pour tousFIGURE 4.1 Niveau mso: Infrastructure et services financiersInfrastructure financire Systmes de paiement et de compensationTransparence et information SIG, contrle interne, notation de mesure du rendement, benchmarking, audit, normes de rendement et de publication de linformation financire, supervision/suiviServices dappui technique Formation spcialise, information, conseil sur siteAssociations et rseaux professionnels Plaidoyer politique, diffusion de linformation, renforcement des capacits, suivi du rendement performance, mdiation financireRemarque : SIG = systme dinformation de gestion.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 66Linfrastructure financire : le niveau mso 67financiers nationaux accessibles tous dans les pays en dveloppement. Danscertains pays, particulirement ceux o il existe des marchs de microfinanceconcurrentiels ou fort potentiel, comme la Bolivie et lInde, les prestatairesnationaux dgagent des bnfices apprciables en offrant leurs services aux IMFet dautres institutions financires qui servent les clients pauvres et faiblerevenu. Cependant, les prestataires de services internationaux et nationaux ontrempli une fonction particulirement importante dans ce domaine et, selontoute probabilit, continueront de le faire lavenir. Ceci est vrai particuli-rement pour les organisations qui facilitent lchange dinformation(comme le Microfinance Information eXchange [MIX] et le MicrofinanceGateway); les agences de notation (comme Fitch et Standard & Poors); lesrevendeurs de technologie (comme MicroBanx Systems, LLC, TemenoseMerge et Soft Corporacin); les cabinets de conseil (comme DevelopmentAlternatives, Inc., Chemonics et International Project Consult); et lesrseaux professionnels (comme ACCION International, ADA, le CIDR, leGRET, FINCA International, Womens World Banking, le Centre de microfi-nance (MFC) pour lEurope de lEst et Centrale (ECE) et les Nouveaux tatsIndpendants (NEI) et le Rseau africain de microfinance). Du point de vuedes prestataires de services, servir les grands marchs nationaux oumondiaux permet de raliser des conomies dchelle. Les institutionsfinancires bnficient elles aussi de lchange de connaissances et de tech-nologies avec dautres pays.La troisime question consiste savoir si les services dappui au niveau msodoivent tre fournis uniquement selon les conditions du march, ou sils doiventtre subventionns par les bailleurs de fonds ou les pouvoirs publics. Pourgarantir quils soient disponibles en permanence, plusieurs de ces servicespeuvent, et devraient, tre offerts par le secteur priv des fins commerciales.Cette approche de dveloppement du march rpond une conceptionclaire selon laquelle des prestataires nombreux, concurrentiels et prsents surles marchs locaux offrent une gamme de services des entreprises nombreuseset diverses (y compris les institutions financires).1 Dans beaucoup de pays etrgions, cependant, il existe peu de prestataires de services comptents. La diffi-cult consiste savoir si, et quand, il faut soutenir une offre nouvelle et enexpansion de tels services, et ce, le plus efficacement possible.Compte tenu de la vaste tendue et de la nature relativement nouvelle duniveau mso dans le domaine de la microfinance, lheure actuelle, nous savonspeu de choses des moyens employer pour tablir des services efficaces.Cependant, lavenir, linfrastructure financire, les prestataires de services tech-niques et les rseaux et associations de professionnels joueront un rle de plus enplus important dans lappui aux systmes financiers plus divers et plus complexesqui servent des clients plus pauvres et plus reculs une grande chelle.1. Miehlbradt et McVay, BDS Primer, 12.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 67Systmes de paiementPour garantir que le systme financier fonctionne de faon efficace, il est imp-ratif dutiliser des systmes de paiement srs, efficients et fiables.2 Les systmesde paiement permettent de transfrer des sommes dargent entre les institu-tions financires participantes, des banques pour la plupart. Parmi les instru-ments de paiement figurent les espces, les chques, les chques de voyage, lesmandats, les cartes de crdit et de dbit, les virements et les guichets automati-ques, bref, la plupart des instruments que les habitants des pays industrialisstiennent pour acquis. En ayant accs au systme de paiement, les institutionsfinancires qui servent les personnes pauvres peuvent offrir des services de meil-leure qualit et largir leur prsence dans les zones rurales et recules.Dans beaucoup de pays, le systme de paiement est la proprit des grandesbanques, ce qui restreint leur accs pour les banques plus modestes et dautresacteurs. En fait, ces mmes institutions financires qui sont les plus prochesdes personnes pauvres (comme les banques communautaires ou rurales, lescoopratives dpargne et de crdit, ainsi que les organisations non gouverne-mentales [ONG] de microfinance) nont pas toujours accs aux systmes depaiement de leur pays. Nanmoins, les familles pauvres sont souvent assezmobiles. Par exemple, un matre dcole qui reoit sa paie dans une zonerurale peut souhaiter faire des retraits dpargne lorsquil se rend la capitale.Un microentrepreneur peut prfrer effectuer un remboursement dans unendroit diffrent de celui o le prt a t octroy lorigine. Les institutions quine peuvent proposer des oprations que dans un lieu fixe sont dsavantages.Les systmes modernes de transfert sont caractriss par plusieurs niveauxde sous-systmes lectroniques perfectionns. Les transferts de fonds lectro-niques, plus gnralement les systmes de banque virtuelle, permettentaux clients daccder leurs comptes nimporte quel moment par desguichets automatiques, dacheter des articles avec des cartes de dbit prsen-tes des terminaux points de vente dans leur picerie de quartier, et de rece-voir leur paie au moyen de virements automatiques effectus sur leur comptecourant ou leur compte dpargne. Un commutateur de transferts de fondslectroniques est un systme informatique qui permet dacheminer desmessages lectroniques entre divers appareils au moyen de terminaux et dor-dinateurs interconnects qui forment un rseau. Les institutions financiresutilisent les services de commutateurs et de rseaux souvent en mettant encommun leurs ressources ou en faisant appel des fournisseurs externes, ycompris des entreprises non financires. Enfin, les systmes de rglement bruten temps rel (SRBTR) sont des mcanismes de transfert instantan de fondsde grande valeur, dune banque une autre et au nom de la clientle. Cessystmes utilisent des comptes de rglement la banque centrale pour offrirdes services de transfert de fonds en temps rel et des oprations scurises.Dans de nombreux pays en dveloppement, lconomie fonctionne sur labase de paiements en numraire, et les systmes de paiement lectroniques68 La finance pour tous2. Banque des rglements internationaux Comit sur les systmes de paiement et derglement, Core Principles for Systemically Important Payment Systems, 1.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 68Linfrastructure financire : le niveau mso 69sont peu dvelopps, voire inexistants. Nanmoins, le transfert des connais-sances et de la technologie peut permettre ces pays de se propulser directe-ment dune conomie numraire des systmes lectroniques utilisant destechnologies de pointe.3 Par exemple, si la clientle peut transfrer des fondset effectuer des remboursements par la tlphonie mobile, elle peut se passerentirement des systmes de paiement formels et des guichets automatiques.Lencadr 4.1 prsente des exemples de deux types de transferts de fonds,diamtralement opposs, qui sont en place en Afghanistan et en Ouganda.tant donn que les institutions financires qui servent les personnespauvres ont rarement un accs direct au systme de paiement, elles doiventpasser par les banques prives et les banques dtat. De plus en plus, les IMFtrouvent des moyens novateurs pour forger de nouvelles alliances et offrir desservices financiers de proximit aux mnages pauvres. Par exemple, auNicaragua, la Fundacin para el Apoyo a la Microempresa (FAMA) na pasaccs au systme de paiement. Cette organisation sest jointe un rseau decoopratives rurales dpargne et de crdit pour distribuer les fonds prove-nant de transferts internationaux. Les coopratives dpargne et de crditpeuvent recevoir des transferts de ltranger, mais elles nont pas de prsencedans les zones urbaines. La FAMA propose aux coopratives dpargne et decrdit un moyen daccder aux marchs urbains.4 Des progrs de ce typepermettent desprer une acclration de la mise disposition des servicesfinanciers, comme les transferts de fonds, aux clients trs pauvres et isols, etune diminution des cots des services.Contexte dinformation et de transparenceLa transparence financire est la disponibilit gnrale de donnes perti-nentes, exactes, actualises et comparables sur le rendement des institutionsfinancires.5La transparence est dimportance fondamentale pour btir des systmesfinanciers accessibles tous et de trs grande porte. Elle peut amliorer lerendement des institutions financires. Arms des donnes correctes, lesresponsables peuvent identifier les domaines o il faut apporter des amliora-tions et prendre des dcisions plus judicieuses pour optimiser les oprationsde leurs institutions. La prsence de donnes librement disponibles permetaussi aux responsables de se comparer leurs pairs, ce qui les incite fortement amliorer leur rendement. La transparence attire aussi les financeurs. Des donnes normalises etexactes permettent aux investisseurs privs et aux bailleurs de fonds publics deprendre des dcisions de financement averties. son tour, une participation3. Chatterji, The Domestic Architecture of Financial Sectors in Developing Countries, 10.4. World Council of Credit Unions, A Technical Guide to Remittances: The Credit UnionExperience, et son site Web www.woccu.org/development/remittances/index.php.5. La transparence en matire de performance sociale est aussi importante. Cependant,cette section ne traite que de la transparence financire la question de transparencesociale est traite dune faon transversale au chapitre 7.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 6970 La finance pour tousaccrue des investisseurs permet doffrir les ressources ncessaires pourfinancer une offre, rapidement croissante, de services financiers auxpersonnes pauvres.Enfin, la transparence permet aussi aux clients dtre mieux informs, ce quipourrait intensifier la concurrence entre les prestataires de services financiers mesure que les clients acquirent des connaissances et choisissent de faon judi-cieuse les options qui soffrent eux. Cette concurrence, dynamise par desclients mieux informs, pourrait, terme, diminuer les prix tandis que les pres-tataires de services essaient dattirer les clients avec des taux dintrt plus favo-rables. Les institutions financires qui publient intgralement les donnesconcernant leur rendement financier et leurs taux dintrt sont plus suscepti-bles de gagner la confiance de leurs clients, surtout des dposants.La transparence implique une gamme dactivits, dentits et doutils quivont de la production de linformation et de laudit la publication et luti-lisation de cette information. Comme lillustre la figure 4.2, la transparencefinancire dans la microfinance dpend dun fonctionnement adquat deplusieurs processus diffrents. Les systmes dinformation (parfois dnomms systmes dinformation degestion ou SIG) aident les institutions financires rassembler et publierdes donnes exactes et utiles en temps voulu. Le SIG est la base du spectrede la transparence et, ce stade, la qualit de linformation influe sur tousles autres niveaux.LAfghanistan nest pas dot dun secteur financieren tat de fonctionnement. Un conflit long de plusde 20 ans a entirement boulevers les systmes depaiement nationaux et internationaux. Cette situa-tion de manque a donn lieu lexpansion dunvaste march informel dynamique. Les oprateursde change, ou hawaladars, proposent un moyenrentable, bien organis et pratique deffectuer destransferts dans le pays ou vers ltranger. Selon lesestimations, ce systme dhawala aurait canalis aumoins 200 millions de dollars pour financer les situa-tions durgence, les secours et le dveloppement.Les grosses oprations de plus de 500 000 dollars nesont pas rares et les organismes daide internatio-naux et les ONG ont ralis des oprations indivi-duelles quivalant au double de cette somme.aLes autorits ougandaises, sous limpulsion de laBanque centrale, ont lanc un appel propositionspour encourager les progrs technologiques dans lesystme de paiement national. Un systme de trans-fert de fonds lectroniques (virements-crdits etprlvements automatiques) a t mis en exploita-tion en 2003 et les banques daffaires ont installplus de 120 guichets automatiques dans le pays. Enoutre, deux banques ont mis en place des cartes dedbit qui utilisent des terminaux points de vente, etun prestataire de services a reu un permis de laBanque centrale qui lautorise exploiter un systmede commutation qui relie les guichets automatiqueset, terme, les terminaux points de vente. Plusrcemment encore, la Banque centrale a lanc unsystme de rglement brut en temps rel qui rglerales oprations de grande valeur en temps rel.bENCADR 4.1 Les deux extrmits du spectre: les systmes de paiement en Afghanistan et en Ougandaa. Maimbo, The Money Exchange Dealers of Kabul A study of the Hawala System in Afghanistan, 5.b. Entretien avec Thomas Schuppius, Conseiller en programmes pour lAgence allemande pour la coopration technique (GTZ)/SidaFinancial Systems Development Programme, Bank of Uganda.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 70 Les contrles internes et les audits externes contribuent vrifier la qualit,lintgrit et lexactitude des donnes communiques par les institutionsfinancires. La mesure du rendement permet la direction et des acteurs externes, commeles entits de supervision de banques, les investisseurs ou les clients, de suivre lerendement dune institution financire au cours dune priode donne. Le benchmarking compare les rendements raliss par des institutions simi-laires, par exemple en comparant les performances de plusieurs institu-tions dans des rgions diffrentes ou diffrents niveaux de dveloppe-ment, et ce, pour que les responsables et les autres acteurs puissentconnatre la situation dune institution par rapport ses pairs. Les normes de rendement sont des normes absolues, que les institutionsfinancires cherchent atteindre. Les normes peuvent tre dveloppes partir du benchmarking, mais elles diffrent de ce dernier car elles visent unecible absolue. Les notations sont des valuations indpendantes du risque de crdit ou durisque institutionnel global dune institution financire, sur la base dunemthodologie normalise qui comprend une analyse quantitative et quali-tative. Elles sont souvent utilises par des investisseurs relativement nonavertis pour les aider dans leur choix dinvestissement. Les entits de supervision et les investisseurs utilisent tous les donnescontenues dans le spectre pour dterminer le niveau de risque que prsenteune institution financire donne pour les dposants et pour le systmefinancier tout entier.6Les prestataires de services engags dans la transparence. La transparence et lesavantages quelle apporte dpendent de faon cruciale de loffre dune srieLinfrastructure financire : le niveau mso 71FIGURE 4.2 Le spectre de la transparenceSource: Adaptation de donnes du CGAP.Remarque: SIG = Systmes dinformation de gestion ; MIX = The Microfinance Information eXchange ; CAMEL = Capital, Qualit de lactif,Gestion, Bnfices et Liquidit (outil de diagnostic et de gestion) dACCION International ; PEARLS = Protection, Structure financire effective,Qualit de lactif, Taux de rentabilit et cot, Liquidit et Signes de croissance (ensemble de ratios financiers servant suivre la stabilit finan-cire des coopratives dpargne et de crdit) ; SEEP = Small Enterprise Education and Promotion.SIG Contrle Audit Mesure Benchmarking Normes de Notation Supervision/interne externe du rendement publication du suivirendementConsultants CAMEL MIX CGAP Agences de Autorits(nationaux/internationaux) PEARLS MicroBanking SEEP notation bancaires,Prestataires de services TI Autres outils Bulletin (spcialises et Services de suivi(nationaux/internationaux) dvaluation gnralistes) du MIXAuditeurs6. Miller, The Role of Performance Information in Deepening Microfinance Markets.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 71de services et doutils qui sy rapportent, depuis un logiciel fiable de gestiondinformation des auditeurs et des agences de notation de qualit,jusquaux centrales des risques qui enregistrent lhistorique de crdit de laclientle. Malheureusement, ces services ne sont pas accessibles de la mmefaon aux diverses institutions financires des pays en dveloppement.Services dinformation. Les progiciels bancaires usuels ne sont pas toujoursadapts aux particularits de la microfinance, notamment au grand nombrede petites oprations frquentes imposes par ce secteur. Cependant, les fabri-cants et revendeurs de logiciels spcialiss qui peuvent adapter les logicielsstandard ou dvelopper des produits personnaliss ne sont pas toujours laporte des marchs de microfinance et, parmi les IMF, le niveau dinformati-sation est largement ingal. Les systmes informatiss peuvent influer consid-rablement sur lexactitude et la rapidit de production des donnes sur lerendement, et permettre des gains defficience grce la rationalisation desprocessus (bien quASA au Bangladesh, lune des IMF les plus efficientes dumonde qui fonctionne avec des systmes non informatiss, constitue la grandeexception). La figure 4.3 dmontre que linformatisation amliore considra-blement lefficience des oprations commerciales habituelles, comme ladtection des remboursements en retard ou la prparation dtats financiers.Les institutions qui oprent dans des rgions moins bien informatises pren-nent gnralement plus de temps (quelquefois beaucoup plus de temps) pouraccomplir ces tches essentielles.Audits externes. Souvent, les audits externes dinstitutions financires auservice des pauvres ne parviennent pas communiquer des donnes fiablessur la situation financire de ces institutions. Les cabinets daudit tradition-nels ne connaissent pas la plupart des risques inhrents loctroi dune multi-tude de microprts qui ne sont pas garantis de faon traditionnelle, et ils neconnaissent pas non plus les pratiques de documentation qui, dans ce secteur,sont distinctes de celles qui prvalent dans le secteur bancaire traditionnel.Cest la raison pour laquelle les audits traditionnels peuvent ne pas traduirefidlement le degr rel de risque des IMF. Pour valuer correctement leportefeuille de crdit, les auditeurs devraient se rendre dans les villages et lesquartiers urbains pour analyser lexprience des emprunteurs particuliers,dune faon beaucoup plus approfondie que pour le secteur bancaire tradi-tionnel, et pour vrifier que le portefeuille existe bel et bien conformment ce qui est inscrit dans les registres comptables. Le volume des oprationsassoci la dispersion et lloignement des clients peuvent rendre ce typedaudit assez coteux.Certains auditeurs traitent les IMF comme des organisations de bienfai-sance au lieu dinstitutions bancaires. Cette approche ne peut pas permettrenon plus de dceler les aspects cruciaux des risques inhrents aux oprationsfinancires. Dans ces circonstances, les auditeurs ont tendance se concentrersur la question de savoir si les fonds des bailleurs ont t dpenss convenable-ment, et non sur le fait que linstitution financire, dans son ensemble, aproduit des tats financiers exacts.72 La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 72Les auditeurs doivent investir dans lacquisition de comptences spcialisessils veulent rpondre aux besoins de la microfinance. Cependant, les motiva-tions entreprendre un tel investissement peuvent ne pas tre suffisantes, parti-culirement dans les pays o le march des institutions financires au servicedes pauvres nest pas assez dvelopp pour justifier une pratique spcialise.Notations. En ce qui concerne lvaluation de la solvabilit et la notation,de grands progrs ont t raliss ces dernires annes. Le nombre de nota-tions dIMF est mont en flche. On estime que le nombre de notations etdvaluations dIMF spcialises est pass de 50 par an en 2001 250 par an en2004 (voir la figure 4.4 une rpartition, par rgion, des notations financespar le Fonds de notation).7 En 2001, le CGAP et la Banque interamricaine dedveloppement ont cr le Fonds de notation ( lheure actuelle, laCommission europenne et le gouvernement du Luxembourg sont aussi desbailleurs partenaires). Lobjectif principal du Fonds de notation est de constituer un march pourles services de notation et dvaluation des institutions de microfinance etdamliorer la transparence du rendement, en attirant les investisseurssociaux et commerciaux. Hormis ces notations finances par lintermdiairedu Fonds de notation, plusieurs autres notations sont appeles tre subven-tionnes par dautres bailleurs et investisseurs privs et sociaux. La questionde savoir sil existe un vritable march, libre de subventions, pour les servicesde notation est une source de controverse parmi les agences et autres expertsdu secteur. Sans les subventions des bailleurs, il est impossible de savoir aveccertitude sil existerait une demande suffisante pour soutenir les agences denotation spcialises en microfinance. Linfrastructure financire : le niveau mso 73FIGURE 4.3 Niveau dinformatisation et impact de linfrastructure dinformationImpact de linfrastructure dinformationNiveau dinformatisationEurope Amrique Asie Afrique Moyennede lEst latine du Sud-EstDlai ncessaire (en nombre de jours) pour dtecter les impaysDlai ncessaire (en nombre de jours) pour rdiger un tat financierEurope Amrique Asie Afrique Moyennede lEst latine du Sud-EstSource: CGAP, Survey on Information Infrastructure in Microfinance.7. ADA (Appui au dveloppement autonome), enqute interne non publie, ralisesous les auspices du Fonds de notation et dvaluation pour la microfinance (RatingFund) regroupant plusieurs bailleurs de fonds, qui couvre six agences de notationspcialises dans les institutions de microfinance: PlanetRating, M-CRIL, MicroRate,Microfinanza, CRISIL et ACCION International.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 73Lapparition dagences de notation formelles ou gnralistes dans ledomaine de lvaluation des institutions de microfinance est lun des vne-ments les plus intressants dans ce secteur. Aujourdhui par exemple, 9 des14 agences de notation accrdites par le programme du Fonds de notationsont des agences traditionnelles, notamment les filiales locales, et gnrale-ment indpendantes de cabinets rputs comme Fitch et Standard & Poors.8Cette tendance permet desprer une intgration des services financiers pourles pauvres dans le systme financier global. Centrales des risques. Les centrales des risques reprsentent un autre pilierfondamental de la transparence. Les centrales des risques proposent aux insti-tutions financires et dautres acteurs dchanger des renseignements sur leprofil de remboursement et le niveau dendettement actuel de clients indivi-duels. Les centrales des risques agencent ces renseignements dans des basesde donnes et vendent parfois laccs ces renseignements, moyennant unmontant forfaitaire. Lintgration de la microfinance aux centrales des risquestraditionnelles constitue un exemple de la manire dont les services financierspour les pauvres sintgrent de plus en plus dans le systme financier de diverspays. En fait, les centrales des risques spcialises en microfinance peuventnavoir aucune utilit, car les clients peuvent raliser des oprations auprs deplusieurs types dinstitutions simultanment.Le type dinformation partage par les centrales des risques varie. La formela plus simple est lchange de donnes sur les antcdents dimpays duclient, que lon appelle parfois les listes noires. En Hati par exemple, les74 La finance pour tousFIGURE 4.4 Rpartition gographique des notations finances par le Fondsde notationSource: Le Fonds de notation, www.ratingfund.org.Asie de lEst et Pacifique 5%Afrique subsaharienne 15%Asie du Sud 12%Europe et Asie centrale 14%Amrique latine 48%Moyen-Orient etAfrique du Nord 6%8. Diaz Ortega, CGAP Rating Fund Project Evaluation, 11.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 74institutions financires ont amlior la qualit de leurs portefeuilles de crditen distribuant officieusement et chaque mois des listes noires.9 Dautrescentrales rassemblent des donnes plus compltes sur lhistorique des clientset consignent les bons comme les mauvais antcdents. En Bosnie-Herzgovine par exemple, Long-Range Company (LRC) Kreditni Biro est uneentreprise prive qui a commenc publier des rapports de solvabilit en juin2001. La LRC maintient des donnes sur les clients concernant les crdits etdautres dettes financires; au mois de janvier 2005, cette entit avait publiplus de 3000 rapports de solvabilit.10Les centrales des risques ont pour effet principal de diminuer le risque decrdit pour les institutions. Les centrales des risques diminuent galement lescots dopration du crdit, en rduisant le temps que les institutions finan-cires consacrent valuer les demandes de crdit. Elles peuvent contribuer une plus grande concurrence entre les prestataires de services financiers quisouhaitent tous attirer les clients prsentant le meilleur historique de solvabilitet incitent les emprunteurs rembourser leurs prts (les emprunteurs saventquils peuvent tre rays des marchs de crdit sils ont de mauvais antc-dents).11 Une tude rcente de 123 pays dans le monde rvle que les pays dotsde centrales des risques jouissent dun niveau de dveloppement financier deprs de 9 points suprieur celui de pays qui nen ont pas (ce pourcentage qui-vaut au ratio du crdit accord au secteur priv sur le PIB).12Malgr des avantages importants, dans divers marchs, les institutionsfinancires demeurent rticentes communiquer leurs concurrents de lin-formation concernant leurs clients. En outre, la participation aux centralesdes risques fait peser beaucoup dexigences sur les systmes dinformation desinstitutions financires. De nombreuses IMF sont loin de pouvoir satisfaire ces conditions.La structure et la proprit des centrales des risques peuvent aussi influerfortement sur leur efficience. Les centrales des risques revtent deux formesdistinctes: les systmes volontaires, dirigs par le secteur priv, qui appartien-nent souvent aux institutions financires et aux prteurs qui leur communi-quent leurs donnes, et les registres administrs par les autorits de supervi-sion bancaire ou dautres entits publiques. Les centrales prives prsententcertains avantages car elles peuvent comprendre une gamme plus vaste dins-titutions financires et dautres prteurs. Cependant, elles revtent un carac-tre dexclusivit et appartiennent un groupe restreint dinstitutions finan-cires, ce qui tend diminuer lenvergure de la base de donnes. Les registresexploits par ltat tendent ninclure que les institutions financires rgle-Linfrastructure financire : le niveau mso 759. Haider, Credit Bureaus: Leveraging Information for the Benefit of Microenterprises, 5.10. Au mois de mars 2005, 25 banques, 18 organisations de microcrdit, 2 socits decrdit-bail, 10 compagnies dassurance et 21 socits de services publics (entre autres)avaient fourni et utilis des renseignements provenant de la Long-Range Company(LRC). Entretien avec Senada Havic, directeur gnral, LRC, Bosnie-Herzgovine, 25mars 2005.11. Haider, op. cit., 5.12. Ces donnes et celles prsentes au paragraphe suivant proviennent de louvragepubli par la Banque interamricaine de dveloppement (BID), Unlocking Credit TheQuest for Deep and Stable Bank Lending, 176.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 75mentes et les lois sur le secret bancaire limitent souvent laccs linforma-tion ces seules banques rglementes. Les registres exploits par ltatpeuvent obliger les banques communiquer leurs donnes, ce que les regis-tres privs ne peuvent pas faire. Lencadr 4.2 relate lexprience dun systmepublic au Prou qui a t transform en un systme priv plus ouvert.FormationLa formation technique et le renforcement des capacits demeurent les servicesde niveau mso qui font le plus cruellement dfaut sur la plupart des marchsde microfinance. Les institutions financires dpendent dun ensemble de pres-tataires de services techniques qui offrent au personnel de la formation spcia-lise, de linformation et des services consultatifs sur place dans des domainescomme la planification stratgique et la mise en uvre de systmes dincitationpour les employs. On peut rpartir les institutions financires qui ont besoinde cet appui en deux catgories, chacune rclamant des conditions techniquesqui leur sont particulires: les IMF spcialises, souvent des ONG, qui ontparfois besoin de rehausser leurs comptences en gestion financire et dautrescomptences de nature oprationnelle, et les banques existantes (banques daf-faires, banques postales, etc.) qui doivent gnralement adapter leurs systmes,procdures et comptences professionnelles pour introduire des produitsservant une clientle faible revenu (microfinance).Les services dappui technique couvrent une vaste gamme de sujets, dont: Gestion financire Planification stratgique et Formation du projectionspersonnel de terrain tudes de march Techniques de microcrdit Dveloppement de nouveaux spcialises produits Transformation des ONG Gestion du risqueen institutions rglementes Nouvelles technologies de Cartographie des processus linformation Formation/gestion des ressources Stratgie de marque ethumaines commercialisation Systmes dincitation pour les Dtermination des cots et des employs prixLes services techniques de ce type ne sont pas toujours accessibles aux insti-tutions financires des pays en dveloppement. La croissance rapide et lvolu-tion de la microfinance qui est devenue une activit de plus en plus complexe,qui fait intervenir diverses institutions, divers mcanismes et services financiers,expliquent en partie la pnurie de prestataires de services techniques: il estsimplement difficile de suivre le rythme. Ces services sont souvent offerts pardes spcialistes internationaux financs par les subventions des bailleurs defonds. Lorsquils sont disponibles sur le march local, ils proviennent parfoisdentits publiques nationales ou rgionales, de prestataires du secteur priv(comme les instituts de formation, les cabinets de conseil, les consultants indi-76 La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 76viduels), dONG et dassociations professionnelles. Souvent, les IMF plusgrandes mettent en place des programmes de formation interne qui permet-tent une moindre dpendance aux prestataires externes.Ces dernires annes ont vu apparatre certains programmes de formationde renomme internationale. Le tableau 4.1 en prsente quelques exemples.Rseaux et associationsSur les plans international, national et rgional, divers rseaux et associationsspcialiss sont apparus sur la scne de la microfinance au cours des derniresdcennies. Ces rseaux et associations jouent un rle important au niveaumso en offrant directement des services ou en permettant leurs membresdavoir accs aux services. Ils permettent galement aux prestataires deservices financiers qui servent les pauvres de sexprimer dune seule voix.Dune manire gnrale, les rseaux ou organisations de services derseau sont des organisations bnvoles mondiales ou rgionales dinstitu-tions financires affilies. Le terme association correspond un groupe-ment associatif, qui intervient gnralement lchelle dun pays, mais ilLinfrastructure financire : le niveau mso 77Le systme pruvien de centrales des risques taitlent, obsolte et limit aux banques rglementesjusqu ce que, en 1996, une nouvelle loi autorisele fonctionnement des centrales des risquesprives (Centrales Privadas de Informacin deRiesgos ou CEPIRS). La CEPIRS fournit les mmesrenseignements quoffre la centrale des risquespublique gre par la Superintendance desbanques et de lassurance, plus certaines autresdonnes provenant de la Chambre de commerce,des grands magasins, des entreprises de servicespublics, du fisc, etc. La CEPIRS vrifie galementles adresses, lidentit des employeurs, les condi-tions de logement, les locaux commerciaux, lescartes didentit et ltat civil.Aujourdhui, une seule firme, Infocorp, contrle80% du march avec une base de donnes de plusde 7,5 millions denregistrements mis la disposi-tion de 1 700 clients prteurs. Actuellement, lenombre moyen de consultations par mois est de900 000. Environ 88% des interrogations de la basede donnes rvlent des renseignements sur leclient potentiel, et des renseignements ngatifsdans environ 25 28% des cas. Au mois de mars2005, Infocorp avait intgr plus de 104 IMF (ycompris les caisses municipales, les caisses rurales,les entits de dveloppement des petites etmoyennes entreprises, les coopratives dpargneet de crdit et les ONG), certaines par linterm-diaire du Consorcio de Organizaciones Privadas dePromocin al Desarrollo de la Micro y PequeaEmpresa, ou COPEME (un projet de microfinancefinanc par ltat amricain), et devenait la filialede la centrale des risques amricaine Equifax.Il en rsulte que les banques les plus grandes et lesplus rentables du Prou pntrent rapidement lemarch de la microfinance en accordant des petitsprts (aussi modiques que 100 dollars). Les centralesdes risques qui fonctionnent bien ne sont pas le seulfacteur qui encourage les banques sintroduiredans le systme, mais elles remplissent une fonctionimportante.ENCADR 4.2 La transformation et la modernisation des centrales des risques au ProuSources: University of California et Food and Agriculture Organization Office for Latin America, Credit Bureaus and the RuralMicrofinance Sector: Peru, Guatemala, and Bolivia, v; entretien avec Alfonso Higueras, directeur commercial, Infocorp; et Young,Credit Bureaus in Latin America: Expanding Financial and Other Services to the Base of the Pyramid.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 7778 La finance pour tousTABLEAU 4.1 Exemples de programmes internationaux de formation Programme Lieu Thme central RsultatsMicrofinance Boulder, Colorado, Cours de 3 semaines traitant Ces 10 dernires annes, plus deTraining tats-Unis; les donnes essentielles de la 1 700 personnes de 124 pays ont Institute Turin, Italie microfinance, des tudes de cas, t formes.lanalyse financire, la planification daffaire, la gestion bilantielle et la commercialisation de la microfinance.Microenterprise University of Programme de 3 semaines sur Ces 6 dernires annes, plus de Development Southern New le dveloppement des 525 praticiens de 80 pays et Institute Hampshire, tats- microentreprises (y compris une 300 organisations ont bnfici de laUnis filire spcialise de microfinance), formation.concentr sur le renforcement et lquilibrage des rendements et de limpact financier et social.Bankakademie Francfort, Universit dt de deux semaines Chaque anne depuis 1999,International Allemagne sur les services microbancaires luniversit dt accueille environ lintention des responsables 25 participants; en 2004, les dchelon intermdiaire et 26 participants au cours provenaientsuprieur des institutions de 18 pays diffrents.financires. CGAP Skills for Mondial par Cours de 3 5 jours sur la fin de 2004 et aprs 6 ans, 44Microfinance lintermdiaire de 7 thmes de gestion financire partenaires de formation, institutionsManagers partenaires et oprationnelle, lintention et particuliers avaient dispens lesnationaux des cadres dIMF spcialises. cours dans 11 langues 9700 participants de 48 pays.PlaNet Virtuel Offre 10 modules de formation Depuis 1999, 2900 participants;University internet gratuits en ligne sur les notions 8 modules de formation en anglais,essentielles de microfinance, 10 modules de formation en franais.lanalyse financire, les nouvelles TIC ainsi que la viabilit des IMF.Microfinance Mondial par des Introduit une composante de Depuis mars 2004, plus de 350Management partenariats avec microfinance dans les cursus de tudiants ont suivi les cours optionnelsInstitute (MFMI) 6 programmes de matrise en gestion des affaires de microfinance. Un programme dematrise en gestion (MBA). bourses dtudes a t cr avec lades affaires (MBA).a participation de 6 universits.Sources: Entretien avec Robert Peck Christen, prsident du Boulder Institute of Microfinance Training for Sustainable Development;www.snhu.edu/MDI/; www.international.bankakademie.de; entretien avec Tiphaine Crenn, analyste en microfinance au CGAP; entretien avecMostaq Ahmmed, directeur de la formation et de lappui technique PlaNet Finance; entretien avec Leslie Barcus, Prsident du MicrofinanceManagement Institute (MFMI).a Les partenaires de ce programme, cr par le CGAP et lOpen Society Institute, sont les suivants: The Asian Institute of Management in thePhilippines, The Central American Economic Institute (INCAE) au Costa Rica, The Indian Institute of Management Ahmedabad, The IndianInstitute of Management Bangalore, The Institute for Rural Management at Anand en Inde et luniversit de Prtoria en Afrique du Sud.Chaque institution offre au moins un cours optionnel de gestion des institutions de microfinance chaque anne. Certains programmesoffrent des stages au moyen desquels les tudiants peuvent acqurir une exprience pratique de travail dans les IMF nationales. Entretienavec Leslie Barcus, prsident du MFMI.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 78existe galement certaines associations rgionales et mondiales. Ces rseauxet associations offrent de nombreux avantages leurs affilis et membres: Cesavantages vont de loffre dune plateforme collective de plaidoyer pour unecause commune des dbouchs dapprentissage rciproque et la promo-tion de normes. Comme lillustre le tableau 4.2, les chiffres et la croissanceconsidrable des associations nationales et rgionales montrent eux seulslimportance que leurs membres leur attribuent. Le Small Enterprise Education and Promotion (SEEP) Network est unrseau de rseaux bas en Amrique du Nord et qui appuie le dveloppe-ment des entreprises. Il a identifi cinq grandes catgories de services derseau que les rseaux internationaux ou rgionaux, ou encore les associa-tions nationales, peuvent offrir: Le plaidoyer politique, comme le lobbying et le dialogue politique avec lespouvoirs publics et les entits internationales; cette fonction peut donnernaissance un rseau denvergure nationale; La diffusion dinformation, y compris les rsultats de recherche, le rseau-tage, et la publication et la documentation; Le renforcement des capacits, loffre de services techniques, y compris descours de formation et de lassistance technique; Le suivi du rendement, comme la collecte de donnes sectorielles, lautor-glementation et ltablissement dindicateurs et de normes de rendement lchelle nationale (voir lencadr 4.3 un exemple extrait de lexp-rience du Ghana); et Lintermdiation financire, y compris lintervention en tant quinstitu-tions financires fatires (refinancement) et la distribution des fonds desubventions.13Malgr les grandes diffrences existant entre les rseaux dinstitutions demicrofinance spcialises, on peut observer les caractristiques communes ettendances suivantes: Linfrastructure financire : le niveau mso 7913. Small Enterprise Education and Promotion (SEEP) Network, Global Directory ofRegional and Country- level Microfinance Networks, viii.2003 2004Nombre dassociations 34 47Clientle active totale 4 500 000 15 538 001Nombre de pays o interviennent les associations 45 80Nombre dassociations rgionales 5 6Nombre de rseaux nationaux 29 40Source: Small Enterprise Education and Promotion (SEEP) Network, Global Directory of Regional and Country-level Microfinance Networks.TABLEAU 4.2 Les associations rgionales et nationales de microfinanceAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 7980 La finance pour tous Les rseaux internationaux et rgionaux exercent peu peu un contrle etun rle de gouvernance plus importants auprs de leurs membres; Les membres se transforment de plus en plus en institutions financiresrglementes et formelles; Davantage de rseaux encouragent ladoption de normes de rendement etla transparence financire auprs de leurs membres; et Les rseaux tentent de couvrir un plus fort pourcentage de leurs cotsau moyen de frais imposs aux membres pour la prestation de servicestechniques.14Pour intgrer encore davantage la microfinance au systme financier, lesassociations de banques traditionnelles sintressent de plus en plus aux ques-tions de responsabilit sociale. Souvent, la question des moyens mettre enuvre pour servir les clients plus pauvres et isols est associe cette probl-matique. Par exemple, lassociation mexicaine des banques a relev le dfilanc par le prsident du Mexique et a consenti faire des efforts pouraccrotre laccs aux services financiers des personnes faible revenu. En mars2005, la Banking Association of South Africa a consult le Micro FinanceRegulatory Council (lentit de rglementation de la microfinance) afin quecette dernire laide dterminer le meilleur moyen pour mettre en applica-tion le projet de loi rcemment labor sur le crdit la consommation etprotger les consommateurs du secteur du crdit. En Colombie, lassociationdes banques sest jointe aux affilis du WWB et dautres acteurs pour formerune commission sur la microfinance charge principalement dtudier lesnormes de rendement, les capacits, linnovation et les changements politi-ques dans ce pays.15 Une collaboration similaire est luvre au Mali, o las-sociation de microfinance (APIM/Mali) collabore troitement avec lassocia-tion des banques. Ces deux partenaires ont lintention de crer un centreEn avril 2004, GHAMFIN (Ghanaian MicrofinanceInstitutions Network) a sign un accord de partena-riat avec le Microfinance Information eXchange (MIX)pour amliorer la qualit et la quantit des donnessur les IMF ghanennes. Vingt-et-une institutionspilotes ont t choisies pour participer ce projet.Aujourdhui, ces institutions utilisent Mixmonitor,un logiciel spcialis qui facilite la publication desdonnes financires et qui fait office doutil degestion interne. Au dbut, des difficults ont trencontres cause du manque de comptencesncessaires au sein du personnel pour tablir les indi-cateurs, des mauvaises installations de tlcommuni-cation, de la mdiocrit de linfrastructure internetpour changer de linformation ainsi que desproblmes dexploitation du logiciel.ENCADR 4.3 Le projet sur le rendement et le benchmarking de GHAMFIN Un rseau sattaque la transparenceSource: Entretien avec Clara Fosu, responsable du dveloppement commercial, GHAMFIN.14. Ibid, 14.15. Association mexicaine des banques, Rapport annuel avril 2003-mars 2004; Sizwekazi,Banks, DTI nuke it out; Barry, Allocution de bienvenue la Fdration latino-amricainede banques-Womens World Banking (FELABAN-WWB) Seminar on Microfinance as a NewBanking Opportunity.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 80Linfrastructure financire : le niveau mso 81mixte de formation professionnelle sur les questions de finance et de microfi-nance.16 Seul lavenir dira si ce type dengagement des associations de banquesira plus loin quun geste politique, mais cette tendance est certainementencourageante.ConclusionDiffrents marchs ont besoin de diffrents types dacteurs au niveau mso.Par exemple, dans les pays dots de systmes financiers faibles, dune infra-structure financire fragile et dune exprience limite en matire de microfi-nance, il pourrait savrer prmatur de crer des centrales des risques oudinvestir dans des solutions technologiques complexes. Inversement, desmarchs plus perfectionns ou plus grands peuvent rclamer une largegamme de services concurrentiels pour soutenir le dveloppement du systmefinancier (infrastructure de paiement lectronique, services de conseil, reven-deurs de technologies de linformation et de systmes de points de vente,services de gestion dinformation et appui technique spcialis).Dans de nombreux pays, les systmes de paiement ne permettent pas auxclients pauvres (et dautres clients) de transfrer de largent lintrieur dupays dune faon sre, rentable et efficiente. Nanmoins, les perspectives quisoffrent certains pays de faire un bond technologique et mettre en uvredes systmes avancs de paiement lectronique peuvent contribuer rsoudrece problme lavenir, en offrant potentiellement des services de paiement des centaines de millions dindividus.Loffre de donnes exactes, normalises et comparables sur le rendementfinancier est indispensable pour intgrer la microfinance au systme financier.Les entits de supervision bancaire et les acteurs de la rglementation, les bail-leurs de fonds, les investisseurs et, chose plus importante, les clients pauvresde la microfinance ont besoin de ces donnes pour valuer correctement lesrisques et les rendements. Les IMF spcialises et les banques saccordent deplus en plus sur les normes internationales de publication des tats financiers.Nanmoins, labsence de consensus gnralis sur ladoption de termes, ratioset indicateurs standard demeure un obstacle, particulirement lorsquil sagitde pouvoir comparer les donnes entre les banques et dautres prestataires deservices financiers aux pauvres. Paralllement, la gnration et le partage detoutes ces donnes ncessitent des cots pour les prestataires de services finan-ciers et, au moins court terme, tous ces acteurs ne pourront pas ou nevoudront pas consentir ces efforts. Ils ont besoin de meilleures comptenceset mesures incitatives pour devenir plus transparents.Le manque de capacits humaines et institutionnelles au niveau msodemeure lobstacle principal lextension de laccs aux services financierssur le terrain. Par consquent, il est impratif de garantir la prsence dunnombre adquat de prestataires de services techniques et dtablissements de16. Agence allemande pour la coopration technique (GTZ), Microfinance Associations(MFAs)Their Role in Developing the Microfinance Sector, 44.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 81formation pour consolider les comptences des cadres actuels et futurs ainsique du personnel des institutions financires servant les pauvres.Les rseaux et les associations peuvent optimiser la capacit collective desinstitutions financires amliorer la transparence de leur rendement, conso-lider les comptences techniques et de direction, ngocier avec les prestatairesde services et les bailleurs, et faire pression en faveur de changements politiquespropices la ralisation doprations financires de petite envergure.Le niveau mso du systme financier savoir les prestataires de servicesqui soutiennent la tche des acteurs offrant directement des services finan-ciers aux personnes pauvres comprend un ensemble complexe et diversdintervenants. Pour atteindre une chelle massive avec des systmes finan-ciers accessibles tous, il faut disposer dune meilleure infrastructure finan-cire et de davantage de prestataires de services quil nexiste lheureactuelle dans la plupart des pays. De plus en plus, linfrastructure financire etles prestataires de services traditionnels doivent entreprendre cette tche, aulieu des prestataires spcialiss (et potentiellement marginaliss) de microfi-nance. Le dfi consiste contribuer ltablissement dune infrastructurefinancire plus ouverte et offrir de faon permanente et concurrentielle cesservices de niveau mso dont on a grand besoin.82 La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 8283Chapitre 5 Ltat : le niveau macro La contribution des pouvoirs publics la mise en place de systmes finan-ciers accessibles tous est un sujet controvers. Plusieurs perspectives diff-rentes sont en prsence, et un grand nombre dentre elles connaissent lheure actuelle une volution rapide. La prsence de ltat au sein du secteurde la microfinance est-elle souhaitable de quelque manire que ce soit? Est-ceaux gouvernements eux-mmes de canaliser le crdit vers ceux qui en ontbesoin? Serait-il prfrable que les pouvoirs publics se tiennent le plus loinpossible des activits de microfinance, et quils en laissent le soin au secteurpriv, comme cela sest produit sur dimportants marchs de la microfinancecomme ceux de la Bolivie et du Bangladesh? Le sentiment gnral semble voluer vers lopinion que les gouvernementsont en fait un rle important jouer pour garantir lavnement dun environ-nement politique favorable lessor de la microfinance. Un bon environne-ment permet un ventail de prestataires de services financiers de coexister etde se faire concurrence pour offrir des services de meilleure qualit et moindre cot une grande quantit de clients pauvres. Depuis quelques annes, les gouvernements manifestent un intrtextrme pour la prestation de la microfinance aux pauvres. Par exemple, lespays industrialiss du G8 ont examin la microfinance comme une stratgiede lutte contre la pauvret lors du Sommet de Sea Island (Gorgie) aux tats-Unis en 2004, et ils ont adopt un ensemble de principes de microfinancelabors par le CGAP. Ils ont confi au CGAP la responsabilit dune initiativemondiale en faveur de la microfinance.1 Dans les pays en dveloppementgalement, les gouvernements ont augment leur contribution au domainede la microfinance, pour le meilleur ou pour le pire. Un grand nombredentre eux, tels la Tanzanie et les Philippines, ont introduit des stratgiesnationales de microfinance. Cet intrt accru des gouvernements en place pour la microfinance estfacteur de possibilits tout autant que de risques. Dun ct, un gouvernementbien inform peut mettre en uvre une politique favorable lmergence dins-titutions financires permanentes et prennes au service des pauvres. tout lemoins, il peut liminer les politiques qui font obstacle la microfinance. En1. CGAP, Key Principles of Microfinance .Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 83revanche, limportance accrue de la microfinance risque dentraner unecertaine politisation de son environnement. Pour de nombreux dirigeants, lemicrocrdit consiste donner de largent aux pauvres. Une trop grande impli-cation des pouvoirs publics dans la microfinance pourrait entraner lutilisa-tion de critres politiques, plutt que de critres de gestion raisonnable ducrdit, pour la prise de dcision en matire dattribution des prts ou dim-plantation des agences. En outre, la sphre politique tend privilgier lecrdit, sans prter vraiment attention toute la gamme des services financiersdont les pauvres ont besoin. En gnral, les pouvoirs publics interviennent dans le systme financier au moins trois niveaux: ltat fournit des services financiers directement et indirectement, frquemment endcaissant des crdits des groupes cibls, ou en dirigeant des ressourcesvers des institutions financires par des mcanismes de refinancement (les-sentiel de ces fonds provenant de toute faon des bailleurs de fonds inter-nationaux). Or ltat russit rarement assurer de faon efficace la presta-tion de crdit aux pauvres, mme si les banques publiques (les caissespostales, par exemple) peuvent rencontrer un certain succs dans la mobi-lisation de lpargne et loffre de transferts dargent. le gouvernement adopte une politique dont limpact se fait ressentir sur lesystme financier. Une telle politique peut comprendre des mesures destabilisation macroconomique, la libralisation des taux dintrt ou lins-tauration de rglementations et de rgles de supervision bancaire favori-sant la mise en place dun secteur de microfinance viable. le gouvernement peut adopter une attitude plus volontariste en offrant des incita-tions fiscales, ou en imposant aux institutions financires de servir lespersonnes pauvres ou faible revenu. Cette dernire approche est encore peudocumente, tout particulirement dans les pays en dveloppement. Le prsent chapitre examine le rle des pouvoirs publics dans ces troisdomaines. La participation de ltat loffre de crdit, directe et indirecte Par le pass, les pouvoirs publics (au niveau national comme au niveau local)ont utilis loctroi de crdit pour cibler des secteurs conomiques ou desgroupes de population spcifiques. Ils lont fait directement par linterm-diaire de banques publiques et dautres mcanismes doctroi du crdit admi-nistrs par des instances gouvernementales, et indirectement par linterm-diaire de fonds de redistribution. Dans de nombreux cas, ce sont les capitauxdes bailleurs de fonds internationaux qui ont permis de financer cesprogrammes, ainsi que le budget des gouvernements concerns. La prestation directe de crdit par ltat. Dans lensemble, les programmes deprts administrs par ltat nont pas russi assurer la prestation permanentede services financiers aux pauvres, et ils se sont solds par la liquidationmassive de banques publiques de dveloppement dans les annes 1980 et audbut des annes 1990. Il nen reste pas moins que plus de 40% de la popula-84 La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 84Ltat : le niveau macro 85tion mondiale vit dans des pays o la majorit des actifs bancaires est dtenuepar des banques publiques (ou contrles par ltat). Ces banques continuentdavoir des rsultats dcevants, de ralentir le dveloppement du secteur finan-cier et la croissance conomique, de concentrer le crdit entre les mains dunelite et daugmenter la probabilit et les cots des crises bancaires.2En gnral, les programmes de prt administrs par ltat sont fortementsubventionns. Ces programmes de prts subventionns prsentent au moinstrois inconvnients (lencadr 5.1 offre lexemple dun tel programme en Inde).3 Ils sont vulnrables au clientlisme, car ils encouragent loctroi du crditaux emprunteurs plus aiss (et mieux intgrs politiquement). Il arrive frquemment que les emprunteurs traitent les prts concession-nels de ltat comme des subventions ou des dons, et ils sont moins suscep-tibles de rembourser les prts subventionns. Cela est particulirement vraides pays ayant dj une exprience de mesures dexonration du rembour-sement de prts agricoles ou autres. Pour les programmes de prts subven-tionns au secteur agricole, des taux dimpay atteignant 50% et plus nesont pas rares dans le monde. Le faible taux dintrt impos dans les programmes administrs par lespouvoirs publics signifie que les institutions de prt ne sont pas en mesurede couvrir leurs cots et ne peuvent donc survivre qu laide de subven-tions de la part de ltat ou des bailleurs de fonds. Un grand nombre de programmes de prts administrs par ltat ont gale-ment comme caractristique de se limiter un secteur, une rgion ou ungroupe de population privilgis. Une telle approche signifie que le crdit netouche pas forcment les secteurs les plus dynamiques de lconomie. Pire, lecrdit cibl ne parvient pas toujours aux bnficiaires prvus. Des rechercheseffectues en Thalande ont rvl que, au lieu de profiter aux paysanspauvres, les programmes de prts garantis par ltat profitaient des paysansplus aiss et mieux informs, qui disposaient de contacts personnels avec lesfonctionnaires de lAgence pour le dveloppement et la vulgarisation agri-coles. La mme enqute a indiqu que les prts subventionns avaient tconus par des fonctionnaires dots dexprience dans le secteur agricolemais sans comptences financires, si bien quils ne correspondaient pas vri-tablement aux requtes et aux besoins des paysans pauvres.4Dans quelques cas exceptionnels, ltat a russi jouer un rle efficacedans la prestation de services financiers aux pauvres. Cela est surtout vrai dansles domaines de lpargne et des transferts dargent, secteurs dans lesquels lesbanques, et notamment les caisses dpargne postales, constituent des sourcesprcieuses de services pour les clients pauvres. Comme il est expliqu auchapitre 3, les institutions financires publiques touchent des centaines de2. Caprio et Honohan, Finance for Growth, 124. 3. La prsente discussion, ainsi que les quelques paragraphes suivants, sont repris delouvrage suivant: Helms et Reille, Interest Rate Ceilings and Microfinance: TheStory So Far. 4. Haberberger, Creating and Enabling Environment for Microfinance The Role ofGovernments Experiences from Thailand, 11. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 8586 La finance pour tousmillions de titulaires de comptes, dont un grand nombre sont probablementpauvres. On ne sait cependant pas encore aussi bien si la qualit de cescomptes et services de transfert correspond rellement aux besoins des clientspauvres et faible revenu. Un exemple bien connu de russite par une banque publique est fournipar la Bank Rakayat Indonesia (BRI), souvent dcrite comme le leadermondial des bonnes pratiques en microfinance, qui comptait 31,3 millionsdpargnants et 3,2 millions demprunteurs en 2004.5 Grce la libralisationdes taux dintrt au dbut des annes 1980, la BRI, qui ntait lpoquequune banque publique inefficace et en faillite offrant des prts subven-tionns, sest lance dans la microfinance commerciale titre exprimentalen crant une unit distincte nomme Unit Desas. Cette unit devait devenirune entreprise rentable, permettant la survie financire de la banque toutentire. La banque survcut la tourmente de la crise financire asiatique desannes 19971999, grce lexplosion du nombre de clients ouvrant descomptes dpargne, tandis que le nombre de ses emprunteurs continuait progresser, quoique un rythme plus modr. En 2001, la BRI recevait dune agence internationale une notation derisque plus favorable que celle du pays lui-mme (BBB au lieu de C), principa-lement en raison de lvolution de sa stratgie: linstitution privilgie dsor-mais le crdit aux microentreprises et aux PME par opposition au crdit auxgrosses socits. LUnit Desas de la BRI est reste pratiquement libre de touteDans les annes 1980, le gouvernement indien alanc plusieurs programmes de prt taux bonifi,notamment un Programme de dveloppement ruralintgr ou IRDP (Integrated Rural DevelopmentProgramme). Ce programme souffrait des troisproblmes traditionnellement associs auxprogrammes de prts subventionns: le dtourne-ment des crdits au profit dune lite, un faible tauxde remboursement et sa dpendance envers un fortmontant de subventions. Le taux de recouvrementsur les prts administrs par lIRDP variait de 10 55%. Une tude effectue en 1993 sur le finance-ment rural concluait un taux lev de dtourne-ment des crdits et une ignorance assez gnra-lise des conditions de remboursement. Enrevanche, les principales IMF indiennes (SHARE etBASIX) affichaient des taux de remboursement avoi-sinant les 100%. Dautres enqutes ont rvl quelIRDP tendait privilgier les segments de popula-tion plus aiss et non les groupes plus dmunis.En outre, le programme a absorb plus de 430millions de dollars de subventions entre 1982 et1997, une initiative trs coteuse pour ltat indien,particulirement au vu des rsultats dcevants.ENCADR 5.1 Le cas du Programme indien de dveloppement rural intgr (Indian Integrated Rural Development Programme)Sources: Mahajan et Ramola, Financial Services for the Rural Poor and Women in India : Access and Sustainability; Banque mondiale:Microfinance in India : Issues, Constraints, and Potential for Sustainable Growth; Microfinance Information eXchange,www.themix.org ; et Sharma, Assessment of Rural Poverty in India, www.unescap.org/rural/doc/Beijing_march97/India.pdf. 5. Robinson, Why the Bank Rakayat Indonesia Has the Worlds Largest SustainableMicrobanking System, 4, 5. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 86influence politique et ntait pas tenue dadministrer de programmes de prtsgouvernementaux, un facteur de russite crucial.6 Sa privatisation partielle ennovembre 2003 a permis la BRI de sinscrire en Bourse, et cest la russite deses activits de microfinance qui lui a valu le plus dattention. Lors de lmis-sion initiale, son titre a fait lobjet dune sursouscription et Asia Money adcern la BRI le titre de Meilleure nouvelle valeur cote pour 2003.7Au Brsil, Banco do Nordeste (BN) a dmarr CreditAmigo la fin delanne 1997. Le prsident de la banque dsirait voir la BN devenir un presta-taire de microfinance mondialement renomm et voulait absolument trouverun moyen plus efficace de toucher les pauvres que les lignes de crdit cibles.La croissance exponentielle des dbuts entrana une certaine dtrioration dequalit du portefeuille et de fortes pertes: aprs une formation rapide, leschargs de prt recevaient comme instruction doctroyer le plus de prtspossible, sans avoir le temps dvaluer la capacit de remboursement descandidats, ou dassurer le suivi du portefeuille. Par la suite, la direction de laBN devait adopter une stratgie de croissance plus modre et prudente,bnficiant dun financement important de la Banque mondiale, ainsi quedes prestations de conseil du CGAP et dACCION. En 2002, le programmeCreditAmigo de la BN comptait prs de 119 000 emprunteurs. Bien quelle nesoit pas tout fait labri des pressions politiques (la direction a rcemmentaccept une mesure de plafonnement du taux dintrt impose par le gouver-nement pour des raisons politiques), linstitution continue dtre considrecomme lun des meilleurs prestataires de microfinance au Brsil.8Bien que les russites concernent rarement la prestation de crdit, lesprogrammes de microfinance performants au sein des banques publiques onten commun les principales caractristiques suivantes:9 sparation et autonomie oprationnelles compltes du reste des oprationsde la banque; engagement, de la part des membres du conseil dadministration et desresponsables gouvernementaux, en faveur dune activit de microfinanceprofessionnelle et prenne financirement; quipe de direction de la banque dtermine fournir des services finan-ciers viables aux clients pauvres; Ltat : le niveau macro 876. GTZ, The Challenge of Sustainable Outreach How Can Public Banks Contributeto Outreach in Rural Areas? Five Case Studies from Asia, 12. 7. Entretien avec Marguerite Robinson, consultante indpendante, et Robinson, Whythe Bank Rakayat Indonesia has the Worlds Largest Sustainable MicrobankingSystem. 8. Schonberger et Christen, A Multilateral Donor Triumph over DisbursementPressure, 9; Microfinance Information eXchange (MIX) ; www.themix.org, et entre-tien avec Robert Christen, prsident, Boulder Institute of Microfinance Training forSustainable Development. 9. Certains renseignements proviennent de louvrage publi par GTZ: The Challengeof Sustainable OutreachHow Can Public Banks Contribute to Outreach in RuralAreas? Five Case Studies from Asia. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 87 patience dattendre que les activits se dveloppent (tout particulirement ence qui concerne les prestations de crdit) un rythme de croissance naturel; aucune ingrence politique dans les politiques de prt; libert de fixer les taux dintrt sur les prts ; mcanismes de contrle interne et rglementations appropris pour djouer lafraude possible lintrieur dune structure vaste et dcentralise, notammentdans le cas des agences situes dans des rgions isoles et peu accessibles. Depuis quelque temps, de nombreux gouvernements examinent la possibilitde rintroduire des banques publiques agricoles ou de dveloppement. On peutciter les exemples de lAfghanistan, du Nicaragua, de la Rpublique du Ymen,de la Jordanie et de lAfrique de lOuest. Les gouvernements de ces pays parmidautres sont particulirement intresss par lide de combler le vide en matirede crdit agricole laiss par la fermeture ou la faillite de la gnration de banquespubliques prcdente. Il reste savoir si cette nouvelle gnration de banquesrptera les erreurs des prcdentes et provoquera une distorsion des marchsou si les nouvelles institutions adhreront aux principes de bonnes pratiques quipermettent la cration de marchs nouveaux et favorables aux pauvres.Malheureusement, au vu de lexprience dcrite prcdemment et de facteursstructurels favorisant la politisation de laffectation des crdits, on peut raisonna-blement douter que les annes venir voient lmergence dun grand nombrede banques publiques adeptes des bonnes pratiques. Soutien indirect au moyen de fonds intermdiaires. Il arrive frquemment quungouvernement dcide de diriger indirectement des crdits en direction desecteurs et de groupes de population particuliers, au moyen de fonds interm-diaires qui font parvenir ces ressources aux institutions financires de dtail.10Ces fonds, dcrits quelquefois comme des entits fatires, sont souventtemporaires et lis la mise en uvre de projets spcifiques. Leur aspectcontrovers provient en partie de la probabilit que, en raison de pressionspolitiques, ils soient pousss dcaisser ces capitaux rapidement au lieu dat-tribuer les crdits uniquement aux institutions financires bien tablies ayantdmontr quelles sont capables de les utiliser de manire efficace. En outre, le financement intermdiaire est frquemment lobjet de subven-tions, ce qui signifie que les capitaux provenant de ltat sont offerts un prixinfrieur celui que les institutions financires peuvent ngocier auprs dau-tres sources. Les institutions financires (comme on peut le comprendre)dcident de profiter des fonds subventionns plutt que de recourir unendettement commercial plus coteux ou de mobiliser des dpts (voir len-cadr 5.2 pour le cas de la Bolivie). Le recours aux capitaux publics faciles obtenir et bon march peut crer un obstacle potentiellement majeur uneintgration de la microfinance au systme financier qui passerait par la cra-tion de liens avec les banques et investisseurs nationaux et le recours auxmarchs financiers intrieurs. Au fil du temps, cet obstacle pourrait nuire laviabilit du systme et rtrcir lventail des produits offerts aux pauvres. 88 La finance pour tous10. On trouvera au chapitre 6 des renseignements plus dtaills au sujet des caractristiques,des facteurs de russite et de lenvergure des fonds intermdiaires de refinancement. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 88Ltat : le niveau macro 89Les fonds affichant un meilleur rendement sont gnralement ceux danslesquels les pouvoirs publics jouent un moindre rle de gouvernance et degestion et o les capitaux sont offerts au taux du march ou un taux voisinde celui du march. Au Bangladesh, la Pali Karma Sahayak Foundation(PKSF) est une institution fatire relativement rentable. Elle uvre dans unpays dot dune assez grande quantit dIMF bien tablies, elle a sa disposi-tion une main-duvre bon march et instruite, et son activit prend placedans un environnement relativement indpendant des pressions politiques endpit de son statut dinstitution publique. En outre, lquipe de direction delorganisation a fait de la prennit de linstitution fatire elle-mme lun deses principaux objectifs (ce qui signifie quelle ne risque gure dinvestirauprs dinstitutions de dtail dfaillantes).11 Toutefois, la prsence des capi-taux bon march de la PKSF a probablement retard laccs des pauvres duBangladesh aux services de dpt, bien que le phnomne nait pas fait lobjetde recherches aussi pousses que dans le cas de la Bolivie. Lenvironnement politique Le gouvernement a un rle important jouer dans la mise en place de politi-ques favorables au succs de services financiers prennes pour les pauvres. Ildoit garantir la bonne orientation politique dans trois domaines au moins: la stabilit macroconomique, la libralisation des taux dintrt, et linstauration dune rglementation bancaire et de pratiques de supervision. Dautres politiques ont un impact sur la microfinance, mais leur corrla-tion exacte nest pas aussi bien connue. Ces politiques comprennent la cra-tion dun environnement juridique propice dans les domaines de lapplica-tion des contrats, de limmatriculation des socits, de la saisie des garanties,des droits de proprit et de la fiscalit. Dautres questions occupent en cemoment le devant de la scne de la prestation des services financiers auxclients pauvres: la rglementation affrente au blanchiment dargent et lalutte contre le financement du terrorisme (voir lencadr 5.3). Dautres politiques et dcisions gouvernementales peuvent influencer demanire indirecte, mais importante, la mise en place de systmes financiers acces-sibles tous. On peut citer les politiques relatives aux infrastructures (rseauroutier, ouvrages dart), le dveloppement des tlcommunications et de la tech-nologie, les politiques de sant, dducation et sociales, notamment dans lesdomaines de la protection et des prestations sociales. Dune manire gnrale,plus ces autres services sont labors et plus les risques et les cots affrents auxoprations commerciales seront faibles, et plus leves seront les possibilits din-novation et dexpansion des services financiers. La stabilit macroconomique. Il est probable que le moyen de contribuer leplus efficacement la microfinance pour le gouvernement consiste assurerun taux dinflation peu lev. Linflation rode les fonds propres des institu-11. Levy, Apex Institutions in Microfinance, 17, 20. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 8990 La finance pour toustions financires, complique le recours aux sources de financement, tout parti-culirement lpargne, et augmente la volatilit des taux dintrt, des tauxde change et des autres cours conomiques, dont les salaires. Les institutionsfinancires qui dpendent largement de prts libells en devises sont encoreplus vulnrables aux chocs macroconomiques.12Les pays dans lesquels la microfinance est parvenue se dvelopper (auBangladesh par exemple) sont souvent ceux qui jouissent dune relative stabilitmacroconomique. En Amrique latine, la stabilit relative de linflation expliquela croissance dun pays tel que la Bolivie. En revanche, lincapacit du Brsil sedbarrasser de linflation explique en grande partie la faible prsence de la micro-finance, en dpit de son potentiel norme.13 Dans le mme temps, comme ledmontre lencadr 5.4, une fois que la microfinance est bien tablie dans un pays,elle semble particulirement rsistante aux crises macroconomiques. La libralisation des taux dintrt.14 Il arrive que le gouvernement impose unelimite aux taux dintrt que les prestataires de services financiers peuventfacturer sur leurs prts. Lobjectif de cette limite, appele aussi plafonnement,En Bolivie, lessentiel du microcrdit est offert pardes institutions rglementes qui sont autorises mobiliser lpargne publique. Mais jusqu unepoque rcente, elles ny mettaient gure den-thousiasme. Labondance dargent facile,provenant principalement dinstitutions fatiresadministres par ltat, nincitait pas la mobilisa-tion de lpargne. En ce qui concernait les institu-tions boliviennes rglementes, lpargne consti-tuait une source de financement plus coteuse etplus risque que les capitaux taux subventionn.En novembre 2004, les principales IMF (BancoSol,Caja Los Andes, Fondo Financiero PrivadoPRODEM et FFP-FIE) finanaient entre 44 et 79%de leur portefeuille de prt avec lpargne. Cetteproportion est infrieure (tout particulirementdans le cas de FIE et de Los Andes) celle dautresIMF bien tablies acceptant des dpts dans dau-tres pays: Banco Caja Social (Colombie), BankRakayat Indonesia (BRI) (Indonsie) et OneNetwork Bank (Philippines). Ces dernires institu-tions font tat dun ratio pargne/encours decrdit situ entre 70 et 90%. Paralllement, seulesles IMF boliviennes suffisamment solides pourobtenir lautorisation dagir en tant quinterm-diaires formels ont accs au financement bonmarch des fonds. Il est paradoxal que la relationentre lobtention de lautorisation et laccs aufinancement des organisations fatires ait poureffet de dcourager essentiellement les efforts demobilisation des dpts du public de la part desinstitutions qui seraient prcisment les plus aptes offrir des produits dpargne aux pauvres unechelle considrable.ENCADR 5.2 Bolivie: lexistence de capitaux trop bon march a nui lpargne Sources: Miller, The Paradox of Savings Mobilization in Microfinance: Why Microfinance Institutions in Bolivia Have Virtually IgnoredSavings et Gonzalez-Vega, Microfinance Apex Mechanisms: Review of the Evidence and Policy Recommandations.12. Fernando, Do Governments in Asia Have a Role in Development of Sustainable MicrofinanceServices?, 4. 13. Rhyne, Mainstreaming Microfinance: How Lending to the Poor Began, Grew, and Came ofAge in Bolivia, 205. 14. La prsente section emprunte une grande partie de ses renseignements louvragesuivant: Helms et Reille, Interest Rate Ceilings and Microfinance: The Story So Far. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 90est de protger les consommateurs des prteurs sans scrupules et des taux din-trt excessifs. lheure actuelle, environ 40 pays en dveloppement ou en tran-sition se sont dots dun plafonnement des taux dintrt quelconque (voir letableau 5.1). Malheureusement, en dpit des bonnes intentions qui les motivent, les mesuresde plafonnement des taux dintrt sont nfastes pour les pauvres, car elles dissua-dent les ONG et institutions financires doffrir des services financiers pour defaibles montants. Il est beaucoup plus coteux daccorder un grand nombre depetits prts quune poigne de gros prts, et les gouvernements tablissent engnral les plafonds dintrt dans la perspective des banques commerciales tradi-tionnelles, sans prendre en compte le cot plus lev du microcrdit (lencadrLtat : le niveau macro 91Le blanchiment dargent (qui consiste dissimulerlorigine illgale de fonds obtenus au moyen dactescriminels), tout comme lutilisation du systmefinancier pour financer des oprations terroristes,sont de graves problmes. Cependant, les mesuresde lutte contre le blanchiment dargent et le finan-cement du terrorisme qui ont t instaures aprs le11 septembre 2001 pourraient avoir comme cons-quence imprvue de restreindre laccs des pauvresaux services financiers. Les pays en dveloppementet en transition sefforcent de satisfaire ces rgle-mentations de lutte internationale contre le blan-chiment dargent et le financement du terrorisme(AML/CFT) afin davoir accs aux systmes interna-tionaux de paiement et damliorer leur image surles marchs financiers mondiaux.De telles mesures peuvent nuire la prestation deservices financiers la clientle pauvre, alors mmeque les oprations de ces clients ne prsententgure de menaces pour la scurit. La rglementa-tion relative la connaissance pralable de la clien-tle (know your customer) constitue peut-trelobstacle le plus important pour les prestataires deservices financiers dots dune clientle pauvre.Cette rglementation impose aux institutions finan-cires didentifier leur clientle selon les normesinternationales tablies par la Banque des rgle-ments internationaux de Ble (Suisse). Ces rgle-ments exigent frquemment que les clients prou-vent leur identit au moyen dune carte didentit,dun passeport, dun justificatif de rsidence ouautre. Les institutions financires qui servent uneclientle pauvre peuvent prouver des difficults vrifier lidentit et ladresse de leurs clients,dans la mesure o il peut tre malais pour desclients pauvres habitus au secteur informel deproduire ce type de justificatif. Le problmeconcerne plus particulirement louverture descomptes dpargne de faible montant. Le cot deconformit ce rglement parmi les autres rgle-mentations AML/CFT peut tre tout particulire-ment lev pour les institutions financires servantles pauvres au moyen dun grand nombre dopra-tions de faible montant.En outre, les institutions qui servent une clientlepauvre effectuent surtout des oprations de faiblemontant et ont affaire des individus, et non dessocits ou des groupes. Ce qui signifie quil leurserait donc facile de reprer et didentifier lesmontants plus importants. De ce point de vue, lespauvres constituent une clientle relativement peurisque, et certains experts militent pour que lescomptes de faible montant fassent lobjet dexcep-tions la rglementation, dans le but dviter defaire obstacle laccs des pauvres aux servicesfinanciers.ENCADR 5.3 Limpact potentiel sur la microfinance des rglementations relatives la lutte contre le terrorisme et le blanchiment dargent Source: Isern, Porteous, Hernandez-Coss et Egwuagu, AML/CFT Regulation: What Are the Implications for Financial Service ProvidersThat Serve Poor People?Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 9192 La finance pour tous5.5 explique les raisons pour lesquelles les taux dintrt du microcrdit sontlevs). Ces plafonds peuvent empcher les microprteurs de couvrir leurs cots,ce qui les carte du march (ou les dcourage dy pntrer). Les clients pauvressont donc privs de laccs aux services financiers, moins de retourner vers lesmarchs du crdit informel, tels que les usuriers locaux, ce qui leur revient encoreplus cher. Le plafonnement des taux dintrt peut aussi nuire la clart des cotsdu crdit, car les prteurs ragissent limitation des taux en accompagnant leursservices de frais divers et compliqus. Au Royaume-Uni, le ministre du Commerce et de lIndustrie vient deffec-tuer des recherches pour valuer limpact de linstauration du plafonnementdes taux dintrt. Plusieurs pays ayant adopt un plafonnement des taux din-trt ont t tudis, tels la France, lAllemagne et les tats-Unis. Les cher-cheurs ont conclu que le plafonnement des taux dintrt avait nui auxpersonnes faible revenu, en dpit du fait que ce plafonnement des taux din-trt tait cens les protger. Dans les pays dots dun plafonnement des tauxdintrt, la slection de produits de prt offerts par les institutions financirestait plus limite (et ne rpondait pas aussi bien aux besoins des clients pluspauvres). Cette consquence sur loffre tend rduire la concurrence et loppos du reste du secteur bancaire indonsien(et tout particulirement du segment servant laclientle aise et la clientle commerciale), la BankRakayat Indonesia (BRI) a russi, non seulement survivre, mais afficher un taux de croissance dyna-mique, tout au long de la crise financire qui frap-pait lAsie vers la fin des annes 1990. La BRI naconstat aucune diminution de ses dpts qui ontau contraire augment pour les raisons suivantes: de nombreux clients pauvres ntaient pasaffects directement par la crise montaire, dansla mesure o ils opraient lintrieur de lco-nomie nationale (souvent informelle); les programmes de protection sociale (aidealimentaire, emploi, ducation, etc.) garantis-saient que les pauvres conomiquement actifspouvaient le rester et continuer utiliser lesservices financiers; les pargnants apprciaient cette offre deservices, dautant plus que les comptes dpargnede la BRI paraissaient particulirement srs enraison de la relation de la banque avec ltat ; le niveau lev des taux dintrt compensait enpartie, pour les pargnants, limpact ngatif delinflation et du chmage.Une crise financire peut avoir un effet indirect surles IMF, si le gouvernement dcide de procder une modification de stratgie politique en rac-tion. On peut citer les exemples de la Bolivie, de laColombie et du Mexique, qui ont tous connu descrises financires. Ces crises ont provoqu linstau-ration de nouveaux cadres rglementaires, avecdes consquences plus ou moins favorables. EnBolivie, la crise du milieu des annes 1980 a t lepoint de dpart dune libralisation grandechelle du secteur financier, ce qui a ouvert la route lexpansion et la russite de la microfinance. Lacrise du Mexique vers le milieu des annes 1990 aincit le gouvernement imposer des contrlesbeaucoup plus stricts dans le secteur financier et promulguer une nouvelle loi de microfinance. Leseffets de ces mesures sur laccs des pauvres auxservices financiers nont pas encore t dfinis defaon claire.ENCADR 5.4 Survivre lors des crises macroconomiques en Indonsie et en Amrique latine Sources: Robinson, The Microfinance Revolution. Vol. 2, Lessons from Indonesia; Trigo Loubiere, Devaney et Rhyne, Supervising andRegulating Microfinance in the Context of Financial Sector Liberalization Lessons from Bolivia, Colombia and Mexico.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 92forcer ces clients emprunter plus quils nont besoin, ou faire appel auxsources informelles de crdit.Par exemple, le nombre des personnes reconnaissant avoir obtenu uncrdit auprs de prteurs non agrs ou illgaux tait deux fois plus lev enFrance et en Allemagne quau Royaume-Uni.15Au Nicaragua, on a pu observer une contraction du march aprs ladop-tion par le parlement de plafonds des taux dintrt applicables certainstypes de prteurs, dont les ONG de microfinance en 2001. Le rythme annuelde croissance du portefeuille de ces institutions a chut de 30% moins de2%. Linstauration du plafonnement des taux dintrt a en outre forcplusieurs IMF dserter les zones rurales, o leurs risques et cots dexploita-tion taient plus importants. Ltat : le niveau macro 93TABLEAU 5.1 Le plafonnement des taux dintrt dans les pays en dveloppement et en transition, 2004 Source: Helms et Reille, Interest Rate Ceilings and Microfinance: The Story So Far, 9.Remarque: UEAC = Union des tats dAfrique centrale; UMOA = Union montaire ouest-africaine.a . Le secteur de la microfinance est dot dune rglementation du plafonnement des taux dintrt distincte.b . Les prteurs de microfinance ne sont pas soumis au plafonnement des taux dintrt, ou sont autoriss facturer des frais supplmentaires.c . Le plafonnement des taux dintrt nest applicable quaux institutions et aux personnes ne relevant pas de la rglementation des auto-rits bancaires (y compris les ONG).d . Promulgation en janvier 2004.Contrle du taux dintrt: Lois bancaires investissant la banque centrale du droit de fixer le taux dintrt maximum que peuvent facturer les insti-tutions financires rglementes sur les prts. Ce type de contrle a gnralement t abandonn lors de la libralisation du secteur financier. Limites usuraires: En gnral, il sagit dune disposition du code civil autorisant le gouvernement fixer une limite ce que peuvent facturer lesprteurs du secteur priv. Il arrive que les banques chappent aux lois relatives lusure, mais les ONG de microfinance y sont frquemment soumises. Plafonnement de facto des taux dintrt: Les pressions politiques et la concurrence avec des programmes de prt fortement subventionnspar ltat maintiennent les taux dintrt au-dessous dun niveau spcifi. Certains pays connaissent la fois le contrle des taux bancaires (oulimites usuraires) et des programmes de prt fortement subventionns. Contrle du taux dintrt Limites usuraires Plafonnement de factodes taux dintrtAlgrie Armnie BrsilBahamas Bolivied ChineChine Brsila thiopieLibye Chili IndeMaroca Colombieb LaosMyanmar quateurb PakistanParaguay Guatemala VietnamRp. arabe syrienne HondurasaTunisiea tats indiensUEACb NicaraguacUMOAa Afrique du SudbUruguayRp. du Venezuelac15. Department of Trade and Industry (DTI), The Effect of Interest Rate Controls in OtherCountries. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 9394 La finance pour tousLe plus important reste peut-tre limpact dsastreux que cette loi duNicaragua a eu en termes de transparence des cots facturs la clientle. LesIMF peuvent survivre en appliquant des commissions et frais supplmentairesaux prts offerts, et un grand nombre de ces charges sont difficiles valuerdans leur ensemble. Il devient malais pour la clientle de comprendre le cotvritable dun prt et deffectuer des comparaisons entre diffrents presta-taires. Ce manque de comprhension de la part des consommateurs nuit laconcurrence: lorsque les consommateurs ne peuvent pas valuer la concur-rence, ils ne peuvent pas faire baisser les prix en allant voir ailleurs et enslectionnant le service au meilleur cot. Comparons les cots encourus par deux prteurshypothtiques, Gros-prteur et Microprteur, quiaccordent chacun des prts hauteur de unmillion de dollars. Gros-prteur octroie un seulprt, alors que Microprteur accorde 10 000 prtsde 100 dollars chacun.Le cot du capital et le risque de pertes sur crancesirrcouvrables varient en fonction de la taille duprt. Les prteurs doivent tous deux se procurer1 million de dollars pour financer ces prts etdevront acquitter le mme taux de march, disons10%, pour obtenir ces capitaux. Si lexprience aappris ces deux prteurs quils subissent un tauxdimpays gal 1% du montant de lencours decrdit chaque anne, ils devront tablir une provi-sion pour crances douteuses correspondant cemontant. Les deux prteurs peuvent couvrir le cotde financement et du risque en facturant un intrtde 11% (10% + 1% = 11%) sur les prts quilsoctroient leurs clients.Les cots administratifs ne sont pas proportionnels la taille du prt. Loctroi dun prt unique de1 million de dollars peut coter 30 000 dollars Gros-prteur (3% du montant du prt) en frais depersonnel et autres frais associs lvaluation, audcaissement, au suivi et au recouvrement du prt.Gros-prteur peut couvrir tous ses cots en factu-rant lemprunteur un taux dintrt de 14%(10% + 1% + 3% = 14%).Toutefois, les cots administratifs de Microprteurpour chaque prt de 100 dollars seront nettementplus levs que 3% du montant du prt. Il estprobable que Microprteur ne dpense pas 3 dollarspar emprunteur, mais plutt 20 dollars, ou plus.Gros-prteur na soccuper que dun emprunteurunique, alors que Microprteur doit en grer 10 000qui, la plupart du temps, ne peuvent offrir nigarantie, ni tats financiers, ni rfrences provenantde la base de donnes dune centrale de risque. Ungrand nombre de ces clients peuvent tre analpha-btes. Le dcaissement, aussi bien que le recouvre-ment, des prts accords ce type de clients ncessi-tent un effort de personnel important.Si lon suppose que le prt de Gros-prteur estrembours sur une base trimestrielle, il doit traiterquatre oprations de remboursement par an. Lerythme de remboursement des emprunteurs deMicroprteur est probablement mensuel, ou mmeplus rapide, gnrant au moins 120 000 oprationspar an. Alors que les cots administratifs de Gros-prteur slvent 30 000 dollars par an, ceux deMicroprteur atteignent au moins 200 000 dollars.Sil veut couvrir ce cot, il lui faut facturer 20% dumontant des fonds prts, le taux dintrt totalslevant au moins 31% (10% + 1% + 20% =31%). Prcisons que les cots administratifspeuvent tre encore plus levs dans le cas duneIMF rcemment cre, qui sa petite taille interditde bnficier dconomies dchelle.ENCADR 5.5 Pourquoi les taux dintrt du microcrdit sont-ils plus levs que ceux des prts offerts par les banques commerciales? Source: Helms et Reille, Interest Rate Ceilings and Microfinance: The Story So Far, 2.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 94Ltat : le niveau macro 95Il nen reste pas moins que le cot lev de la microfinance et les pratiquesde prt abusives restent proccupants. La concurrence constitue le moyenvritablement le plus efficace de rduire la fois les cots et les taux dintrtdu microcrdit. Les stratgies favorisant la concurrence entre les diffrentsprestataires de crdit, associes des mesures appropries de protection desconsommateurs (comme la publication intgrale des cots du crdit) sontparticulirement aptes largir la porte du microcrdit prenne tout enprotgeant les intrts des consommateurs.16En Bolivie, par exemple, la concurrence a provoqu une rduction consi-drable des taux dintrt. Le leader du march BancoSol facturait unmontant dintrt et de frais quivalant un taux annuel de 65% lorsquellea commenc ses activits en tant que banque en 1992. Aujourdhui, BancoSolopre dans un environnement fortement concurrentiel et a ramen son tauxdintrt 22%.17 Sur le march relativement rcent mais trs concurrentielde la microfinance cambodgienne, les taux dintrt ont dclin denviron5% 3,5% par mois depuis quelques annes. Dans quelques provinces olactivit des IMF est particulirement florissante, les usuriers ont baiss leurstaux en rponse ceux du march. Linstauration dune rglementation bancaire et de pratiques de supervision.18 Lesujet politique peut-tre le plus dbattu en microfinance depuis 10 ansconcerne lapproche adopter pour la rglementation et la supervision de lamicrofinance. mesure que la microfinance volue, il est probable quelleprogresse vers les institutions agres et supervises par la banque centrale etautres autorits financires. Dans la plupart des pays, cette progression nces-site certaines modifications des rglementations bancaires actuelles. La plupart des gens ont lesprit la rglementation prudentielle quandils pensent la rglementation des institutions financires. La rglementationprudentielle cherche garantir la bonne sant financire des institutionsrglementes afin de prvenir linstabilit financire du systme tout entier etde protger les dposants contre le risque de perte de leur argent. Lorsquuneinstitution autorise recueillir des dpts fait faillite, elle ne peut plusrembourser ses dposants, ce qui peut miner la confiance du grand public etprovoquer des retraits massifs (lorsque les dposants se ruent en masse versleur banque pour en retirer leur argent, causant ainsi la faillite dinstitutionsauparavant solvables). On peut citer comme exemples de rglementationprudentielle les normes dadquation des fonds propres (linstitution finan-cire possde-t-elle un montant de fonds propres suffisant pour faire face une crise?) et les obligations de rserves et de liquidit (sa trsorerie suffira-t-elle rembourser les dposants en cas de crise et de retraits massifs?). Larglementation prudentielle na toutefois pas grand sens si elle nest pasaccompagne de supervision prudentielle. 16. On trouvera au chapitre 7 une analyse de la protection des consommateurs. 17. Entretien avec Julio C. Herbas Gutierrez, directeur, Banco Solidario, S.A. 18. La prsente section emprunte une grande partie de ses renseignements louvragesuivant: Christen, Lyman et Rosenberg, Guiding Principles on Regulation and Supervisionof Microfinance. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 95La supervision consiste effectuer un contrle pour vrifier la conformit auxrglementations prudentielles et prendre les mesures ncessaires pour rtablir lasolvabilit dune institution soumise la rglementation lorsquelle semble ne plustre en conformit. La rglementation et la supervision prudentielles se caractri-sent en gnral par leur complexit, leur difficult, leur cot et leur grandeexigence. Leur mise en pratique exige une autorit financire spcialise. Dans le cas des institutions financires qui recueillent des dpts du public(et qui relvent donc en principe de la rglementation prudentielle), ilconvient dajuster certaines normes de rglementation bancaires pour lesadapter la microfinance (le tableau 5.2 offre des exemples). Il est recommand de ne recourir lapproche plus lourde de la rglemen-tation prudentielle que si le systme financier et largent des dposants encou-rent un risque potentiel. Dans le cas contraire, les normes non prudentielleset lapproche rglementaire doivent suffire. Les rglementations non pruden-tielles comprennent des mesures telles que limmatriculation auprs duneautorit dans un objectif de transparence, la tenue dune comptabilit exacte,la prvention de la fraude et de la criminalit financire et diffrentes mesuresde protection des consommateurs. La rglementation prudentielle ne devraitpas tre applicable aux institutions de microcrdit spcialises qui nacceptentpas de dpts au dtail. Certains pays (tout particulirement les rgimesanciennement communistes) interdisent aux institutions non bancaires nonagres (y compris les ONG) daccorder des prts. Cette restriction inutilepeut avoir pour consquence dempcher toute exprimentation du micro-96 La finance pour tousTABLEAU 5.2 Possibilits dajustement des rglementations prudentielles la microfinance Source: Adapt de louvrage suivant: Christen, Lyman et Rosenberg, Guiding Principles on Regulation and Supervision of Microfinance. Rglementations bancaires standard Obligations de fonds propres minimums Ratios dadquation du capital Limitation des prts non assortis de garantie Enregistrement des biens placs en garantie Obligations imposes aux agences: normes de scu-rit, horaires douverture, compensation quotidiennedes comptes, contraintes relatives lemplacementObligations standard relatives la documentationdes prtsApplication la microfinance Ncessit dun arbitrage entre promotion de la microfinance et capacit raliste de supervision Un niveau plus lev de fonds propres peut tre nces-saire en raison de la volatilit des remboursements Impossible appliquer dans le cas de loctroi decrdits fond sur le profil de lemprunteur Trop coteux pour les prts minusculesRisque de nuire aux innovations qui permettraientune rduction des cots et une offre de services pluspratique la clientle Peut tre trop coteuse et consommatrice de tempspour les prts minuscules Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 96crdit. Dans ce type de situation, des rformes soumettant les prestataires demicrocrdit la rglementation non prudentielle peuvent constituer unmoyen relativement simple et efficace de librer lexpansion du microcrdit grande chelle, comme on a pu le constater en Bosnie et au Maroc. Le cot et les difficults qui caractrisent une supervision prudentielle effi-cace, tout particulirement en ce qui concerne les petites institutions, consti-tuent un sujet particulirement dlicat de lenvironnement politique. Lesautorits de supervision ne disposent souvent que de ressources limites. Lesautorits utilisent lobligation de fonds propres minimums cest--dire lemontant minimum de fonds propres ncessaire lobtention de lagrmentpour limiter le nombre dinstitutions financires soumises cette supervi-sion. Un grand nombre dadeptes de la microfinance estiment que les obliga-tions de fonds propres minimums devraient tre fortement diminues pourles institutions financires servant les pauvres. Dautres affirment que les obli-gations de fonds propres minimums devraient avoir pour objet de limiter laquantit dinstitutions agres au nombre que les instances de supervisionpeuvent contrler de manire raliste. Une situation de supervision inefficacepeut tre pire quune absence totale de supervision, si la clientle pauvre (oula clientle en gnral) en retire un sentiment trompeur de scurit. Cela pos, il est clair que certaines institutions financires de petite taille ouisoles les coopratives dpargne et de crdit, par exemple ne sont pasen mesure de satisfaire aux obligations de fonds propres minimums applica-bles et, mme si elles le pouvaient, il ne serait pas possible dexercer sur ellesun contrle efficace. Cette situation est courante dans le cas des cooprativesfinancires dtenues par leurs membres. Dans certains cas, les autorits ontdcid de laisser ces institutions poursuivre leur activit et recueillir des dptssans agrment ni supervision de la part de linstance de supervision bancaire.Cette dcision procde du raisonnement que, mme en labsence de contrle,ces toutes petites institutions prsentent un risque plutt moindre par rapportaux autres formes dpargne informelle auxquelles la clientle pourrait avoirrecours en cas de fermeture de ces institutions. Cette solution pratique estsusceptible de contribuer donner accs aux services financiers aux clientspauvres et isols qui en seraient autrement exclus. Cependant, les clientsdoivent tre avertis de labsence de contrle des autorits sur la sant de cesorganisations ou sur la scurit de leurs dpts, et agir en consquence. Les experts ne saccordent pas au sujet de la supervision exercer sur lesgrosses coopratives financires. Exception faite des coopratives dAfriquede lOuest (voir lencadr 5.6), beaucoup des coopratives financires ne sontpas contrles par les autorits bancaires. Elles sont en revanche souventsupervises par linstance gouvernementale responsable du contrle de toutesles catgories de coopratives: le ministre de lAgriculture par exemple, oucelui du Dveloppement coopratif. Malheureusement, ces instances poss-dent rarement les comptences financires ncessaires pour faire appliquerles normes prudentielles et ne russissent donc pas garantir la scurit et lasolidit du systme de coopratives financires. Ltat : le niveau macro 97Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 97Certains experts soutiennent que ce rle incombe aux instances de supervi-sion bancaires, dans la mesure o elles sont les seules susceptibles de le fairecorrectement. Dautres sinquitent de voir les autorits bancaires assumer lacharge dune catgorie supplmentaire dintermdiaires financiers, alors mmeque leurs ressources sont dj insuffisantes. Un compromis pourrait consister dlguer la fonction de supervision: linstance de supervision bancaire conser-verait son autorit sur les coopratives, mais confierait une tierce partie (unefdration des coopratives financires par exemple, ou un auditeur indpen-dant) la responsabilit de linspection et de la supervision. Cest lapprocheutilise par le Kirghizistan, pays dans lequel la banque centrale a choisi de dl-guer les tches de supervision une socit prive, et par lIndonsie, o la BRIa reu de la banque centrale la responsabilit de superviser les petites institu-tions villageoises de crdit appeles Bank Kredit Desas (BKD).19Il est encore trop tt pour tirer des conclusions sur lefficacit du modlede dlgation des tches de supervision. Il apparat de plus en plus clairementque cette approche est plus efficace dans les pays o les organisations quisont dlgues les responsabilits de supervision font elles-mmes lobjet duncontrle srieux. Lautosupervision prsente plus de difficults. Elle inter-vient lorsque la supervision est effectue par une entit entirement placesous le contrle des organisations quelle est suppose superviser. Jusquici, lesrsultats ont t dcevants dans pratiquement toutes les situations de pays endveloppement et en transition. Certains pays ont adopt des lois spcifiques pour la microfinance, quiintroduisent des catgories dinstitutions financires compltement nouvellesdu point de vue rglementaire. Ces lois peuvent offrir une option de rempla-cement acceptable lorsquil est difficile ou impossible (souvent pour desraisons politiques) de procder la rforme des lois bancaires en vigueur.Lencadr 5.6 offre des exemples des diffrentes lois spcifiques la microfi-nance en Bolivie, en Afrique de lOuest et en Ouganda. Certains observateurs recommandent la prudence au sujet de la course larglementation de la microfinance qui incite introduire des lois crant denouvelles catgories rglementaires dinstitutions financires de dpt. Ilsrappellent lexprience des marchs de la microfinance florissants en Amriquelatine, au Bangladesh et en Indonsie, o la microfinance a vu le jour et a pros-pr avec succs sans lintervention de rglementation particulire la microfi-nance. Les dangers potentiels sont les suivants: (1) le processus politique demodification de la rglementation peut attirer lattention sur la microfinance etinciter la conception de politiques dfavorables, comme le plafonnement destaux dintrt; (2) une rglementation trop spcifique peut nuire linnovationet la concurrence, et (3) des pressions poussant autoriser un trop grandnombre dinstitutions recueillir des dpts peut entraner la prolifrationdinstitutions de mauvaise qualit.20 Il est prfrable dattendre lexistence dun98 La finance pour tous19. Banque asiatique de dveloppement, The Role of Central Banks in Microfinance in Asiaand the Pacific. Vol. 1. Overview, 57, 59. 20. Christen et Rosenberg, The Rush to Regulate: Legal Frameworks forMicrofinance, 15. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 98Ltat : le niveau macro 99nombre suffisant de candidats solides avant de militer pour une loi spcifique la microfinance (comme cela a t le cas pour la Bolivie et le Prou). Autre risque: les lois spcifiques la microfinance, en particulierlorsquelles spcifient un type institutionnel particulier, peuvent aboutir uneEn Bolivie, une loi spciale applicable aux Fondsfinanciers privs (FFP) autorise les ONG se trans-former en institutions financires spcialises rgle-mentes, habilites mobiliser les dpts et servirdintermdiaires pour les crdits fournis par ltat.Lobligation de fonds propres minimums nest quedenviron 1 million de dollars, au lieu de presque3 millions de dollars exigs des banques (en avril2005). Les FFP sont soumis la mme supervisionprudentielle (ou une supervision encore plus stricte)que les banques, et ces dernires sont contrles parla mme Surintendance bancaire.a La Surintendanceimpose toutes les institutions acceptant des dpts(y compris les FFP) de communiquer leurs tats finan-ciers quotidiennement, une contrainte administrativequi pourrait dissuader les FFP dinvestir les zonesrurales plus isoles ne disposant que dune faibleinfrastructure de tlcommunication.bEn 1993, la Banque centrale pour lAfrique delOuest (BCEAO) a introduit la loi PARMEC (dont lenom provient du projet qui est son origine), quidterminait la rglementation des IMF lintrieurde huit pays membres. La loi PARMEC comprend desnormes prudentielles pour la microfinance, et elleplafonne 27% le taux dintrt que peuvent appli-quer les institutions agres. Cependant, la plupartdes institutions facturent des frais en plus de leurtaux dintrt officiel, ce qui a pour effet de releverle cot effectif pour lemprunteur au-dessus de cettelimite: ces institutions pourraient prouver des diffi-cults survivre si la rglementation affrente auplafonnement tait applique strictement.cLun des pays avoir introduit rcemment unerglementation et une supervision spcialises pourla microfinance est lOuganda. La loi ougandaiseadopte une approche graduelle en dfinissantquatre catgories dinstitutions financires quipeuvent offrir des services de microfinance:Catgorie 1: Les banques commercialesCatgorie 2: Les institutions de crdit (services decrdit uniquement)Catgorie 3: Les institutions de microfinance accep-tant les dpts (IMD), autorises mobiliserlpargne du public et contrles par la Banque delOuganda (la banque centrale)Catgorie 4: Les institutions nacceptant pas lesdpts et les petites institutions associatives, nerecevant de fonds que de leurs membres, nonsusceptibles dtre soumises la rglementation niau contrle des autorits bancaires.Les institutions de la catgorie 3 relvent de la loisur les IMD. Adopte en novembre 2002, la loipermet aux IMD daccepter les dpts du public etde prter leurs clients les fonds ainsi mobiliss.Les IMD peuvent offrir certains types de services,tels que des oprations de change ou des comptescourants, mais uniquement avec lautorisation dela banque centrale. Au-del de la structuregraduelle, laspect le plus intressant de la loi surles IMD est le processus participatif de consulta-tion qui en a permis llaboration. Certains crai-gnaient en effet que lobligation de fonds propresminimums ( la hauteur de 300 000 dollars la finde 2004) ne constitue un obstacle insurmontablepour les petites institutions et se demandaient quefaire au sujet du niveau lev des taux dintrtsur le microcrdit.dENCADR 5.6 Trois approches de rglementation et de supervision spcifiques la microfinance a. Association of financial Entities Specialized in Microfinance (ASOFIN): Regulatory Framework That Governs the Operation of theMicrofinance in Bolivia, 1.b. Miller, The Paradox of Savings Mobilization in Microfinance: Why Microfinance Institutions in Bolivia Have Virtually IgnoredSavings, 16.c. Ouattara, Implementation of the PARMEC Law for Regulation of Microfinance, 4.d. Hannig et Braun: Transforming NGOs: Becoming a Deposit-Taking Financial Intermediary, 9, 20.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 99100 La finance pour tousmarginalisation de la microfinance plutt qu son intgration au sein dusystme financier.Loffre de services financiers pour les pauvres aura probablement une meil-leure chance de stendre si les institutions financires plus importantes, ycompris les banques commerciales, sont appeles participer la microfi-nance. Cest en fait ce qui est en train de se produire dans certains paysdAmrique latine, comme lquateur. Si lon isole compltement la microfi-nance en lui donnant ses propres rgles spcifiques, les acteurs du secteurbancaire formel risquent de ne pas la prendre au srieux. Pire, la loi bancairenormale peut empcher les banques de pntrer ce secteur si la microfinanceest rserve un type particulier dinstitutions.21Ltat peut prendre des mesures dincitation normatives Les gouvernements, tout particulirement dans les pays dvelopps, ont usde la carotte et du bton pour inciter activement, ou forcer, les institutionsfinancires servir les groupes de population privs de laccs aux servicesfinanciers. Il serait intressant de procder des tudes et analyses suppl-mentaires sur lutilisation de cette approche volontariste dans les pays en dve-loppement. Il semble que les gouvernements puissent considrer au moinsquatre modles dincitation: des prts aux secteurs prioritaires ou lobligationde services bancaires minimum, des mesures dincitation rglementaires, leversement des prestations sociales par lintermdiaire de comptes bancaires etla contribution de ltat lpargne des familles pauvres. Les prts aux secteurs prioritaires. Certains pays imposent aux banques deconsacrer une certaine proportion de leur portefeuille de prt des objectifsspcifiques, caractre social le plus souvent. Depuis plus de 35 ans, ltat indiena exig des banques quelles dirigent 40% de leurs crdits vers les secteurs stra-tgiques de lconomie. Les rgles relatives aux secteurs prioritaires ont pourobjet daider les groupes de population dmunis, notamment les pauvres. Il estvrai quun grand nombre des programmes de microfinance existants nauraientpeut-tre pas t crs sans cette obligation, et notamment certains nouveauxprogrammes trs dynamiques de la ICICI Bank. En revanche, le systme faitlobjet de critiques car il empche les banques doctroyer des crdits dans desconditions plus efficaces en termes de risque et de rendement. Les banques sontforces de prter des secteurs prioritaires moins solvables, ce qui ne repr-sente pas la meilleure allocation des ressources aussi bien du point de vue desbanques que de celui de lensemble de lconomie.22En 2002, le gouvernement colombien a demand aux banques dinvestirdans le secteur de la microfinance, la fois directement et indirectement enoctroyant des prts des ONG et des socits financires commerciales. Touten critiquant le principe du ciblage du crdit, en raison de son potentiel de21. Espinosa, Supervision and Regulation of the Microfinance Industry in Ecuador. CaseStudy Paving the Way Forward for Rural Finance: An International Conference on BestPractices, 4. 22. Miller, Political Economy of Directed Credit, 4. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 100Ltat : le niveau macro 101distorsion pour le march, certains experts pensent quune telle stratgiepourrait stimuler lmergence dun march viable de la microfinance.23Les mesures dincitation rglementaires. Certains pays offrent des incitationsformelles aux institutions financires qui acceptent doctroyer des prts oudouvrir des comptes dans certaines communauts spcifiques. On sait quaumoins huit pays ont adopt une loi contenant des mesures dincitation aurinvestissement communautaire: lAustralie, le Brsil, le Canada, lInde, leNigeria, lAfrique du Sud, le Royaume-Uni et les tats-Unis.24 La stratgie laplus connue dans ce domaine est celle de la Loi sur le rinvestissementcommunautaire (Community Reinvestment Act CRA), adopte aux tats-Unis en 1977 dans le but dencourager les institutions financires acceptantdes dpts effectuer des prts dans les communauts mme o elles exer-cent leur activit, et notamment dans les quartiers ou vivent des populations faible revenu. Les prts conscutifs ladoption de la loi CRA ont permis derapprocher un grand nombre de banques de la clientle faible revenu et ontmis plus de 1000 milliards de dollars la disposition des quartiers et groupesdfavoriss, qui sans cela nauraient sans doute pas bnfici dune grandepartie de ces fonds.25Lavenir de la loi CRA est en question dans la mesure o ce ne sont plus lesagences de quartier qui fournissent lessentiel des services bancaires au niveaudu quartier.26 Pour cette raison, un grand nombre dexperts du dveloppementcommunautaire rclament llargissement de la loi CRA dautres catgoriesdinstitutions financires. Dun autre ct, les cots associs la loi CRA sontlevs, tout particulirement pour les institutions de plus petite taille.27Dans le cadre dun programme sud-africain rgi par la Financial SectorCharter, les banques sont incites offrir un compte rudimentaire et simplifiaux clients faible revenu, sous rserve quil soit pratique, peu coteux etfacile utiliser. Le compte Mzansi, cr en octobre 2004, a sduit environ1 million de clients en moins de un an. Lobjectif est de placer des servicesbancaires complets moins de 15 kilomtres de chaque habitant de lAfriquedu Sud, et des guichets automatiques moins de 10 kilomtres.28Le versement des prestations sociales. Dans un nombre croissant de pays, ltatprocde au paiement des diffrents types de prestations par lintermdiaire decomptes bancaires. Ces comptes pourraient, en thorie, donner accs auxbnficiaires toute une gamme dautres services financiers. 23. Trigo Loubiere, Devaney et Rhyne, Supervising and Regulating Microfinance in theContext of Financial Sector Liberalization Lessons from Bolivia, Colombia andMexico, 9. 24. Feltner, A Global Survey of Community Reinvestment Laws: The Obligation of thePrivate Sector to Serve the Underserved in Several Countries, 1. 25. Entretien avec Cheryl Neas, responsable des politiques, National Community CapitalAssociation, avril 2005. 26. Apgar et Duda, The Twenty-Fifth Anniversary of the Community Reinvestment Act: PastAccomplishments and Future Regulatory Challenges, 169. 27. Benston, The Community Reinvestment Act Looking for Discrimination That IsNot There, 10. 28. Peachey et Roe, Access to Finance, 52, et www.southafrica.info/public_services/citizens/consumer_services/mzansi.htm. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 101102 La finance pour tousDepuis quelques annes, le Royaume-Uni a instaur diverses mthodesvisant raliser ce que lon appelle les services bancaires universels, toutparticulirement les comptes courants (ou comptes de chques) pour lespersonnes prives daccs au systme bancaire. Dans cet esprit, ltat a dcidque les prestations sociales seraient verses par voie de transfert automatiquesur un compte bancaire appartenant au bnficiaire. En association avec laposte et les banques, le gouvernement travaille la cration de comptesgratuits et de comptes carte spciaux offerts par la poste, utilisant une cartelectronique plutt que des chques. Dans un autre programme, ltat amricain encourage quant lui lesbanques offrir des comptes de transfert lectroniques permettant deffec-tuer le virement lectronique des prestations fdrales.29 En change, ltatverse aux banques un montant fixe pour chaque ouverture de compte. Cescomptes doivent satisfaire certaines caractristiques de cots (par ex. : le titu-laire du compte ne doit pas tre factur plus de 3 dollars par mois et nest pastenu de maintenir un solde minimum). Ltat mexicain effectue galement leversement des prestations de plusieurs programmes de protection sociale parlintermdiaire de banques publiques et prives, ou dautres organisationsfinancires. On peut citer lexemple du programme Opportunits quifournit plus de 4 millions de foyers des prestations en matire dducation,de sant et de nutrition verses directement en liquide.30Contribution de ltat lpargne. Aux tats-Unis, les comptes de dveloppementindividuel exprimentaux (Individual Development Accounts IDA) donnent droit une contribution des pouvoirs publics, quivalente une ou deux fois le montantdpos par une famille pauvre, voire plus. Ces comptes dpargne sont destins des titulaires pargnant dans un objectif spcifique: lachat dune maison, unprojet dducation suprieure, ou la cration dune entreprise. Les titulairesdoivent effectuer des versements mensuels sur un compte pendant une durecomprise entre un an et quatre ans. Un grand nombre de bnficiaires nontjamais eu de compte dpargne avant douvrir un compte IDA. La clientle cibleregroupe des anciens bnficiaires des programmes de protection sociale, desjeunes dfavoriss, des rfugis, etc. Les institutions financires sont sduites parles composantes dpargne et de formation de la clientle aux notions financires.En 2003, on comptait plus de 500 initiatives de comptes IDA, concernant plus de20 000 pargnants. Certaines observations indiquent que les Amricains pluspauvres tirent moins frquemment parti de cette occasion dpargner que leursconcitoyens moins dfavoriss.31Il existe beaucoup dautres programmes gouvernementaux innovateurs. Ilreste cependant encore beaucoup apprendre en termes de stratgies de29. Peachey et Roe, Access to Finance, 52. 30. Banque mondiale: Mexicos Oportunidades Programme, 1. 31. Comptroller of the Currency Administrator of National Banks: CommunityDevelopments Individual Development Account: An Asset Building Product forLower-Income Consumers, 1; Duflo, Gale, Liebman, Orszag et Saez, SavingsIncentives for Low- and Middle-Income Families: Evidence from a Field Experimentwith H&R Block, 1. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 102promotion et dincitation susceptibles dlargir laccs aux comptes bancaireset autres types de services financiers. Les spcialistes travaillant dans les paysen dveloppement devraient se tenir informs des expriences menes dansles pays dvelopps de faon en utiliser les conclusions pour largir laccsaux services financiers des pauvres et des personnes faible revenu. Conclusion La contribution de ltat la mise en place de systmes financiers accessibles tous est essentielle mais doit tre nuance. Il existe une certaine contradic-tion entre les diffrents rles que peut jouer ltat. De plus en plus, les experts de microfinance et de nombreux responsablesde pays en dveloppement saccordent dire que la meilleure contributionque puisse apporter ltat consiste assurer un environnement politique favo-rable lessor de prestataires de services financiers divers et concurrentiels.Certains pays, comme les Philippines, la Jordanie, la Tanzanie et lOuganda,ont labor des stratgies de microfinance qui dcrivent exactement ce quedevrait tre le rle appropri de ltat par rapport au secteur priv. Mme sitous les pays nont pas forcment besoin darticuler une stratgie nationaleformelle de microfinance, il incombe chaque gouvernement dintgrer lafinance pour les pauvres au sein de ses politiques globales de dveloppement,telles que les rformes du secteur financier et les stratgies de rduction de lapauvret. Ce type de cohrence politique est crucial, tout particulirementdans les pays ayant souffert par le pass dune ingrence exagre de ltatdans lensemble du systme financier et de lconomie. Les mesures les plus favorables que puisse prendre un gouvernementconsistent prserver la stabilit macroconomique, ne pas plafonner lestaux dintrt et viter dintroduire sur le march des distorsions causes parles programmes de prts subventionns non prennes et affaiblis darrirsconsidrables. Les gouvernements peuvent en outre ajuster la rglementationet la supervision du secteur bancaire pour venir en aide la microfinance touten assurant la protection des sommes dposes en banque par les pauvres. Ilspeuvent galement soutenir les services financiers pour les pauvres dans dau-tres domaines: amlioration du cadre juridique relatif lapplication descontrats et aux droits de garantie, mise en place de systmes dadministrationdes titres fonciers concrtement et juridiquement utilisables, garantie dunsystme fiscal quitable pour les diffrents types dinstitutions actives en micro-finance mme si limpact de ces mesures sur les pauvres nest pas aussi biencompris lheure actuelle. Il semble galement que les gouvernements puis-sent jouer un rle utile de promotion, en adoptant une politique de lacarotte et du bton. Il y a dix ans, les experts de microfinance insistaient pour que ltat setienne aussi loin que possible de la prestation directe de microfinance, sap-puyant sur le triste rendement des programmes de crdit de dtail administrspar les pouvoirs publics. Un grand nombre dentre eux ont galementexprim leurs doutes sur la ncessit dinstaurer une rglementation duLtat : le niveau macro 103Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 103secteur de la microfinance. Aujourdhui, il est bien compris que ltat peutapporter une contribution positive la mise en place de systmes finan-ciers accessibles tous. Le dfi venir consiste convaincre les gouverne-ments en faisant valoir non des arguments thoriques, mais des expriencesprouves de russite et dimpact dassumer cette responsabilit dune faonpragmatique et dynamique en vitant de rpter les erreurs du pass. 104 La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 104Chapitre 6Les sources de financementL tablissement de systmes financiers accessibles tous ne se fera pas auto-matiquement. Largent et lappui technique sont des lments cls, bienque la formule demande beaucoup moins dargent et bien plus dappui tech-nique quon ne le pense en gnral.Ces dernires annes ont vu une explosion du nombre et des types desources internationales de financement pour la microfinance. Au-del de lacommunaut traditionnelle des bailleurs de fonds, cest tout un ventail din-vestisseurs motivation sociale qui sest jet dans la mle. Il semble galementque lon prte une attention accrue aux sources domestiques de financement.Dans un monde parfait, dot de systmes financiers accessibles tous, lesmarchs financiers intrieurs des pays en dveloppement fourniraient lamajeure partie du financement destin la microfinance. Dans ce contexte,les prestataires de services financiers se reposeraient sur lpargne du public,les prts du secteur bancaire commercial, les missions obligataires et lesbourses nationales. Les financements domestiques seraient complts,quoique de faon limite, par des ressources de provenance internationale.Cependant, dans la ralit, la plupart des IMF spcialises sont encore loinde sintgrer aux marchs intrieurs. Certains prestataires de services finan-ciers, comme les caisses dpargne publiques et les banques postales, exploi-tent dj les marchs financiers intrieurs (lpargne particulirement),comme quelques grands prestataires spcialiss de services de microfinance.Nanmoins, jusqu maintenant, les subventions internationales ont rempliun rle prpondrant dans le lancement et le renforcement des activits demicrofinance. Les organismes bailleurs de fonds de la scne internationaleont inject des subventions et des prts subventionns pour alimenter le dve-loppement et lexpansion de la microfinance, contribuant ainsi considrable-ment aux trois niveaux du systme financier dcrits jusqu maintenant: lesniveaux micro, mso et macro.tant donn que la microfinance est passe dune activit principalementaxe sur la prestation de crdit aux microentreprises une interventionconcentre sur lmergence de systmes financiers plus accessibles tous, lesbailleurs publics doivent adopter une nouvelle raison dtre en se faonnantle rle le plus constructif possible. La question fondamentale est de savoircomment utiliser au mieux les subventions pour encourager les organismes105Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 105106 La finance pour tousFIGURE 6.1 Lventail des options de financement pour la microfinanceRemarque : IFI = Institutions financires internationales (units dinvestissement des institutions publiques bilatrales ou multilatrales).Social/ Commercial/Public PrivBailleurs de fonds bi- et multilatrauxFondationsIFIFonds privsInvestisseurs commerciauxMarchs financiersintrieursprivs (pour la plupart) offrir aux personnes pauvres des services financiersde qualit, et plus rapidement quils ne le feraient sans intervention.Lventail des options de financement de la microfinance est extrmementdynamique et complexe (voir la figure 6.1). La gamme des financeurs actuelsstend des bailleurs qui ont une mission principalement sociale de rductionde la pauvret (les organismes bailleurs internationaux et les fondations) ceux qui ont des motivations plus commerciales (les investisseurs commer-ciaux et les marchs financiers intrieurs) avec, au milieu, plusieurs formulesintermdiaires. lintrieur de chaque catgorie, il existe de grandes diff-rences. Par exemple, certains investisseurs socialement responsables sont plussociaux tandis que dautres sont plus commerciaux. lavenir, le plus grand dfi pour les financeurs consistera savoir quellessont leurs points forts relatifs pour servir en priorit les segments quils sont lemieux placs pour aider, en fonction de leurs objectifs, de la nature des instru-ments de financement quils offrent, de leur structure de cots, de leurscomptences techniques internes et de leur tolrance au risque. Le prsentchapitre examine les rles, les tendances, ainsi que le potentiel des organismesbailleurs internationaux, dautres investisseurs internationaux et des sourcesde financement domestiques.Les organismes bailleurs internationaux et les fondationsDans le prsent chapitre, le terme bailleur englobe un ventail dorga-nismes daide au dveloppement international, parmi lesquels les catgoriessuivantes: Bailleurs bilatraux des agences de coopration des tats des pays indus-trialiss. Les banques et organisations multilatrales de dveloppement des orga-nismes appartenant aux tats du monde industrialis et en dveloppement,comme la Banque mondiale, les banques rgionales de dveloppement etAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 106les agences des Nations Unies comme le Programme des Nations Uniespour le dveloppement (PNUD) ou le Fonds international pour le dvelop-pement agricole (FIDA). Les fondations des institutions prives, but non lucratif, par linterm-diaire desquelles des ressources prives sont collectes et distribues pourle bien public ou des fins caritatives, comme la fondation Ford, Argidiusou Open Society Institute (OSI). Chaque anne, on estime que ces bailleurs allouent entre 800 millions et1 milliard de dollars des projets de microfinance et de crdit. Selon uneenqute rcente ralise sur les bailleurs membres du CGAP, la Banquemondiale, la Banque asiatique de dveloppement, la Banque interamricainede dveloppement et la Commission europenne figurent parmi les plusgrands bailleurs publics de la microfinance. Selon leurs propres donnes, euxseuls, ces quatre bailleurs dtenaient un portefeuille de microfinance (montantcumulatif encore engag) de 1,8 milliard de dollars la fin de 2003.41Les organismes bailleurs utilisent divers instruments pour appuyer les activitsde microfinance. Les instruments la disposition des bailleurs comprennentlappui politique, lassistance technique (appui aux experts afin quils puissentfournir leurs conseils techniques), les subventions, les prts (qui peuvent treoctroys des taux dintrt subventionns ou au taux du march), les quasi-fondspropres (gnralement des prts taux dintrt modiques qui peuvent treconvertis en fonds propres), les prises de participation dans les institutions habili-tes mettre des actions, et les garanties. Ces instruments sont utiliss selon diff-rentes combinaisons et pour divers types de projets, notamment: le financement des portefeuilles de prt des institutions financires; lapport dun appui technique aux institutions financires et aux tats(souvent dnomm renforcement des capacits); lamlioration de la capacit des institutions financires obtenir leursressources sur les marchs financiers intrieurs en contribuant ltablisse-ment de relations daffaires et de garanties; le renforcement de lensemble des comptences des prestataires de servicestechniques comme les cabinets de conseil ou les tablissements de forma-tion locaux ; lappui aux activits de rseaux et dassociations.Les bailleurs les plus efficaces de la microfinance sont ceux qui peuventfinancer directement des organisations prives dans les pays en dveloppement.Malheureusement, plusieurs bailleurs, particulirement les banques multilat-rales de dveloppement, peuvent collaborer uniquement avec des tats, et gn-ralement au moyen de prts concessionnels. Cet instrument peut convenir desactivits daide traditionnelles comme la construction de routes, dhpitaux etdcoles, mais il est moins utile pour soutenir le systme financier du secteurLes sources de financement 1071. CGAP Charter Reporting 2004. La diffrence entre les 800 millions 1 milliard dedollars par an et ce chiffre, qui correspond aux projets en cours, rside dans le faitque les deux premiers chiffres reprsentent le flux dargent dpens chaque anne,dont une partie sous forme de prts rembourss. Le dernier chiffre correspond aumontant net encore actif la fin de juin 2005. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 107108 La finance pour touspriv. Comme il est dcrit au chapitre 5, la plupart des tats nont pas leur actifun historique brillant en matire doffre de services financiers.Les IMF de dtail (niveau micro) peuvent tre finances soit directementpar le bailleur, soit par lentremise dinstitutions de financement interm-diaires (institutions fatires). Ces filires indirectes sont souvent tablies dansle but de canaliser plus rationnellement les fonds et parfois de fournir unappui technique de multiples institutions financires. Une autre formule decanalisation des fonds souvent utilise est la composante de crdit des projetsmultisectoriels. Lencadr 6.1 explique les raisons pour lesquelles tant lesfonds que les composantes de crdit nont pas t particulirement efficaces.Accrotre lefficacit de laide2. La bonne nouvelle est que les bailleurs int-resss btir des systmes financiers accessibles tous ont travaill darrache-pied pour adopter une position commune sur les moyens mettre en uvrepour agir efficacement. Ces 30 dernires annes, les interventions qui fonc-tionnent pour optimiser limpact des subventions des bailleurs sont appa-rues de faon plus nette. En 1995, les organismes bailleurs ont rig en codeles principes des bonnes pratiques dappui aux IMF. Rcemment, ces orga-nismes ont mis des directives actualises, intitules Building Inclusive FinancialSystems: Donor Guidelines on Good Practice in Microfinance.3 Ce document, auquelle CGAP a contribu en qualit de facilitateur et de rdacteur, dcrit les ensei-gnements tirs des expriences passes et propose aux bailleurs de fonds etautres acteurs de la microfinance certains conseils oprationnels. Lobjectifdes directives est, pour le moins, de faire respecter une sorte de sermentdHippocrate qui obligerait les bailleurs sabstenir de tout mal.La moins bonne nouvelle est que les bailleurs de fonds nappliquent pastoujours ces principes de bonnes pratiques. Une grande partie de largentquils dpensent nest pas efficace, soit parce quelle est retenue dans desmcanismes de financement infructueux et souvent compliqus (par exempledans une institution fatire dtat), soit parce quelle est verse des parte-naires qui ne sont pas tenus pour responsables de son rendement. Danscertains cas, des programmes mal conus ont retard le dveloppement desystmes financiers accessibles tous en introduisant des distorsions sur lesmarchs et en entravant les initiatives commerciales domestiques avec de lar-gent bon march ou gratuit. Les bailleurs ont souvent des difficults adhrer de bonnes pratiques enraison de leur fonctionnement (voir les dtails lencadr 6.2). Les orga-nismes de dveloppement pourraient accrotre considrablement leur impact(mme avec les niveaux actuels de dpenses) en rendant leurs activitsconformes aux bonnes pratiques et en ne scartant pas de celles quils matri-2. Cette section est base sur les ouvrages suivants publis par le CGAP: Building InclusiveFinancial Systems: Donor Guidelines on Good Practice in Microfinance; Helms et Latortue,Elements of Donor Effectiveness in Microfinance: Policy Implications; et Duflos, Helms,Latortue et Siedek, Global Results: Analysis and Lessons.3. En franais: Systmes financiers inclusifs Guide des bonnes pratiques pour les bailleurs defonds dans la microfinance. Les directives prcdentes taient dnommes Micro andSmall Enterprise Finance: Guiding Principles for Selecting and Supporting Intermediaries(connues sous le nom de Livre rose). Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 108Les sources de financement 109Il existe deux types de projets qui, souvent, sont peuefficaces et naboutissent pas des services finan-ciers accessibles aux personnes pauvres de faonpermanente: les institutions fatires (ou fonds derefinancement) et les composantes de crdit (gale-ment connues sous le nom de marges de crdit,fonds de crdit rotatif et fonds de dveloppementcommunautaire). Les institutions fatires et lescomposantes de crdit ont comme caractristiquecommune, mais discutable, le fait quelles permet-tent aux bailleurs de verser des sommes relative-ment leves dans le secteur de la microfinance.Malheureusement, les fortes subventions quellesabsorbent sont rarement justifies par les rsultatsobtenus. Les institutions fatires canalisent des fonds, enapportant ou non des services dappui, en faveur demultiples institutions financires de dtail dans unpays donn ou un march intgr en particulier.(Voir au chapitre 5 une description de la fonction deltat dans la canalisation des ressources provenantdinstitutions fatires.) La plupart des institutionsfatires chouent, car elles sont souvent conuescomme des organes contrls par ltat et parcequelles sont tablies dans des pays dpourvusdune masse critique dinstitutions financiresadquates en mesure dabsorber les ressources. Lesbailleurs de fonds ont souvent recours ce mca-nisme car il semble constituer un moyen facile detransfrer rapidement de fortes sommes dargent.Dans certains cas, les institutions fatires se sontelles-mmes tournes vers loctroi de crdit dedtail lorsquelles ont t cres dans des pays o lademande de capitaux de refinancement est insuffi-sante (cest le cas par exemple de K-Rep au Kenya etde FondoMicro en Rpublique dominicaine). Danscertains cas extrmes, les ressources apportes parles institutions fatires sont fortement concentressur un petit nombre de bonnes institutions finan-cires, voire une seule. Au Salvador par exemple,Banco Multisectorial de Inversiones (BMI) a consacr90% de son portefeuille une seule IMF, FinancieraCalpi (aujourdhui dnomme Banco ProCredit ElSalvador). Les institutions fatires reprsentent un paradoxe:pour bien remplir leur fonction dintermdiation,elles doivent travailler avec un nombre suffisantdinstitutions financires qui soient capables dab-sorber les ressources. Cependant, lorsquun payscompte suffisamment dinstitutions financirescrdibles et prennes, ces dernires peuvent djavoir accs des ressources commerciales. Danscertains cas, les institutions fatires peuvent fairefigure de double emploi ou tre de trop par rapportaux prestataires privs nationaux (au pire). Certainspays, comme lInde, dmontrent que les institutionsfatires peuvent faire la diffrence lorsquun grandnombre de petites institutions financires, qui ontbesoin de ressources tolrantes au risque, rencon-trent des organisations fatires convenablementgres. Dans lensemble cependant, les antcdentsdes institutions fatires ne sont gure brillants. Ilest tout simplement difficile dcarter la politiquedu jeu.Les composantes de crdit sont les ressourcesalloues au crdit dans le cadre de vastes projets debailleurs mens dans dautres secteurs commelagriculture, lducation, la sant ou encore ledveloppement communautaire. Souvent, ellesciblent un groupe de personnes en particulier. Enraison du fait quelles font partie de programmesplus vastes, les composantes de crdit sont souventconues par des individus qui nont pas dexpertisefinancire. Ces personnes confondent souvent lob-jectif consistant transfrer les ressources vers ungroupe particulier avec lobjectif visant offrir desservices financiers qui continueront de profiter auxclients, bien au-del du cycle de vie du projet dubailleur. Ces composantes de crdit peuvent trerapidement dficitaires car les emprunteurs, engnral, ne remboursent pas convenablement(parce quils considrent les prts comme uncadeau de ltat). Par ailleurs, elles cessent defonctionner la fin dun projet, crent des niveauxdendettement insoutenables pour les emprun-teurs, encouragent chez les bnficiaires unedpendance vis--vis du bailleur et font concur-rence aux institutions financires du pays. ENCADR 6.1 La contribution la moins efficace des bailleurs de fondsSources: Clark, Credit Components; CGAP, Apex Institutions in Microfinance; et Levy, Apex Institutions in Microfinance 6, 12.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 109110 La finance pour toussent bien, individuellement et collectivement. Cette approche a bien russi enInde, o les bailleurs ont chacun dfini le meilleur rle quils avaient jouerpar rapport aux autres et au secteur priv. Grce leur souplesse, les bailleursont fourni une base de financement diverse et fiable, laquelle a permis lIMFBASIX dassurer sa croissance long terme. Certains bailleurs bilatraux, enassociation avec la fondation Ford, ont offert des ressources cette institutionfinancire innovatrice, qui lui ont permis de diversifier sa base de finance-ment en attendant des investisseurs commerciaux.4 BASIX sest servi de sonexprience avec les premiers prteurs pour se tailler un profil demprunteurfiable. Le nombre de prts concessionnels a chut de plus de 90% desressources totales dans les premires annes moins de 50% en 2002, tandisque les ressources de provenance indienne (par opposition aux ressourcesinternationales) augmentaient pour avoisiner presque 40%. Positionnement des ressources des bailleurs. Le rle des bailleurs sera amen changer lavenir tandis que progressera le mouvement en faveur de lmergencede systmes financiers accessibles tous. mesure que les marchs gagnent enmaturit, la dpendance vis--vis des ressources provenant des bailleurs diminueraen termes relatifs. Les bailleurs devront trouver de nouveaux moyens pourcomplter, mais non remplacer, les capitaux privs nationaux et internationaux.Les subventions des bailleurs demeureront probablement ncessaires tous leschelons du systme financier. lui seul, le secteur priv ne pourra pas relevertous les dfis poss par lexpansion et lapprofondissement du systme financier,ou du moins il narrivera pas le faire assez rapidement pour rcolter les fruits dudveloppement qui sont ncessaires de faon si urgente. court terme, les inves-tisseurs exclusivement commerciaux pourraient trouver que le cot de prestationdes services financiers est trop lev, le taux de rendement trop faible ou le risquetrop important. Les bailleurs sont ncessaires pour promouvoir linnovation dansla recherche et le dveloppement de nouveaux produits ou de nouvelles techno-logies, amliorer linfrastructure financire, encourager une transparence accruedu rendement et de la concurrence entre prestataires de services financiers dedtail et, enfin, financer la consolidation des comptences tous les niveaux. Lesbailleurs peuvent aussi influer sur les politiques financires nationales et interna-tionales qui permettent des systmes financiers plus accessibles tous dmergeret de se dvelopper.Enfin, les bailleurs devraient tre disposs prendre davantage de risquesque les acteurs privs, car ils peuvent plus aisment absorber les pertes quipourraient survenir. Une meilleure tolrance au risque signifie quils doiventsen tenir financer des institutions que les investisseurs commerciaux ousocialement responsables viteraient.5Investisseurs internationauxLinvestissement international dans la microfinance est la hausse. Les inves-tisseurs internationaux orientation sociale comprennent les investisseurs4. Dileo, Building a Reliable MFI Funding Base: Donor Flexibility Shows Results.5. Jansson, Financing Microfinance Exploring the Funding Side of Microfinance Institutions, 20.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 110Les sources de financement 111publics (cest--dire les units dinvestissement des organismes daide bilat-raux et multilatraux, souvent dnomms institutions financires internatio-nales ou IFI) qui adoptent une approche plus commerciale que les bailleurs, partir de 2002, un groupe compos de 17 agencesbilatrales et multilatrales a lanc un processuspour rpondre cette question. Conjointement avecle CGAP, les responsables des ministres et de cesagences ont entam une srie de revues croises.Ces valuations ont forc les organismes bailleurs regarder la situation en face et analyser leurs forceset faiblesses individuelles. Ils se sont rendu compteque leurs propres processus internes, systmes et inci-tations les empchaient dagir correctement dans ledomaine de la microfinance. Ensuite, les responsa-bles des agences se sont engags dterminer queltait leur avantage comparatif pour ensuite lex-ploiter en collaboration avec les autres. Toutes lesagences se sont mises daccord pour publier les rsul-tats de leur valuation sur internet.aSappuyant sur des entretiens effectus auprs de900 employs dorganismes bailleurs, les revues ontdonn lieu des recommandations concrtes pourla ralisation de changements dans chaque agenceparticipante. Les valuations ont aussi permisdidentifier cinq lments centraux de lefficacitdes bailleurs (dont lensemble est dnomm toilede lefficacit de laide).ENCADR 6.2 Pourquoi les bailleurs ont-ils des difficults adhrer aux bonnes pratiques et soutenir des activits efficaces de microfinance?Ltoile de lefficacit de laideEfficacit Clart et cohrence de la stratgie lorganismesait-il o il se dirige? Sa vision traduit-elle lesbonnes pratiques? Ses actions et programmesconcordent-ils avec cette vision? Fortes capacits du personnel lorganismecompte-t-il un personnel suffisant, avec lescomptences techniques appropries, pourconcevoir et grer de bons programmes? Responsabilit vis--vis des rsultats quel est leniveau de transparence en matire deprogrammes et de rendement? Connaissances pertinentes lorganisme tire-t-ildes enseignements de ses propres expriences etde celles des autres (tant les bonnes que lesmauvaises)? Instruments appropris lorganisme est-il enmesure de travailler directement au niveau dusecteur priv avec le bon type dinstrument?Responsabilit vis--vis des rsultats Clart et cohrencede la stratgieInstruments appropris Fortes capacits du personnelConnaissances pertinentesSource: Helms et Latortue, Elements of Donor Effectiveness in Microfinance: Policy Implications.a. Voir le site du CGAP ladresse www.cgap.org pour en savoir davantage sur les revues par les pairs ralises par les bailleurs de lamicrofinance et sur linitiative globale du CGAP relative lefficacit de laide. Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 111112 La finance pour touset les fonds privs de plusieurs types diffrents (voir au tableau 6.1 la liste desIFI et des fonds privs actifs dans le secteur de la microfinance). Ces fondssont susceptibles daugmenter loffre de financement lorsque les ressourcesdes bailleurs ne sont plus ncessaires mais que celles du secteur commercialne sont pas encore disponibles. Ensemble, les fonds privs et les IFI ont plac1,2 milliard de dollars sous forme de prts, de fonds propres et de garantiesdans environ 500 IMF et coopratives spcialises. Les investisseurs internatio-naux disposeront probablement trs court terme de 650 millions de dollarssupplmentaires pour raliser des placements.6La cration, ces dernires annes, de plus de 50 fonds a attir lattention dela communaut de la microfinance et traduit lenthousiasme naissant pour lamicrofinance. Les investisseurs privs revtent plusieurs formes:7 Les fonds de placement indpendants spcialiss dans la microfinance:Profund, AfriCap Les fonds crs par les rseaux de microfinance et qui y sont associs:ACCION Investments (ACCION Global Bridge Fund, ACCION LatinAmerica Bridge Fund, ACCION Gateway Fund), Opportunity International,Dveloppement International Desjardins (Fonds dinvestissement pour ledveloppement international [FONIDI], le Partnership Fund et le GuaranteeFund) et Internationale Micro Investitionen Aktiengesellschaft (IMI-AG) Les fonds crs par des investisseurs privs, socialement responsables: GrayGhost, Unitus, Andromeda, Triodos, Oikocredit, responsAbility et SocitdInvestissement et de Dveloppement International (SIDI)La forte croissance des investissements internationaux dans la microfinanceest la fois positive et proccupante. Dabord, ces fonds fournissent une vastegamme dinstruments financiers pour rpondre aux besoins de financementdes IMF. Bien que, dans le pass, les IMF aient rencontr des difficults pourobtenir des fonds propres, certains fonds commencent aujourdhui enfournir. Ceci est important car les investisseurs internationaux peuvent avoirun impact positif sur la gouvernance et la gestion des IMF lorsquils en devien-nent actionnaires. Hormis les capitaux emprunts et les fonds propres, lesautres instruments offerts par ces investisseurs comprennent les quasi-fondspropres (prts concessionnels moyen et long terme conus pour trerembourss partir des bnfices, qui sont subordonns dautres prtsassortis de meilleures garanties et qui, dans le cas de la microfinance, peuventtre, terme, inscrits aux fonds propres pour rcompenser un bon rende-ment institutionnel), lachat dobligations, de certificats de dpt et dautresinstruments, enfin les garanties permettant aux institutions financires dob-tenir des prts auprs des banques nationales, dmettre des obligations ouencore de lancer des actions en Bourse.6. Ivatury et Abrams, The Market for Microfinance Foreign Investment: Opportunitiesand Challenges, 4.7. Adapt de Rhyne, Perspectives from the Council of Microfinance Equity Funds, 9.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 112Les sources de financement 113TABLEAU 6.1 Les IFI et les fonds privs qui investissent dans la microfinance IFI Fonds privsMultilatrales Principalement de prt Principalement de placement BAD (Banque africaine Alterfin ACCION Gateway Fundde dveloppement) ASN/Novib Fund (ANF) ACCION AIM BAD (Banque asiatique AWF Development Debt Global Microfinance Facilityde dveloppement) Calvert Foundation AfriCap Microfinance Fund CAF (Corporacin CORDAID (Catholic IMI-AG (Internationale MicroAndina de Fomento) Organization for Relief and Investitionen Aktiengesellschaft) CABEI (Central American Development Aid) La Fayette Participations,Bank for Economic Integration) Creditosud Horus Banque et Finance BERD (Banque europenne pour Dveloppement International La Fayette Investissement (LFI)la reconstruction et Desjardins (Fonds de partenariat, Opportunity International le dveloppement) Fonds FONIDI) Opportunity Transformation BEI (Banque Dexia Microcredit Fund Investmentseuropenne dinvestissement) Deutsche Bank Microcredit ProFund Fonds multilatral dinvestissement Development Fund (DBMDF) SIDI (Socit dInvestissement etde la BID (Banque interamricaine Etimos de Dveloppement International)de dveloppement) Hivos-Triodos Fund SFI (Socit financire LA-CIF (Latin Americaninternationale) Challenge Investment Fund) SII (Socit interamricaine Kolibri Kapital ASAdinvestissement) LuxmintADA Fonds OPEP (Organisation Partners for the Common Gooddes pays exportateurs de ptrole) Fonds rotatif PlaNet Finance Bilatrales Fonds de garantie Fonds mixtes prts/placements AECI (Agence espagnole pour FIG (Fonds International The DOEN Foundationla coopration internationale) de Garantie) Geisse Foundation BIO (Belgiische Investerings ACCION Latin American ICCO (Inter Church OrganizationMaatschappij voor Bridge Fund for Development Co-operation)Ontwikkelingslanden) Microcredit Development Incofin DEG (Deutsche Investitions Fund (Deutsche Bank) Microvestund Entwicklungsgesellschaft) Developpement International NOVIB FMO (Nederlandse Desjardins (Fonds de garantie) OikocreditFinancierings Maatschappij The DOEN Foundation Open Society Institutevoor Ontwikkelingslanden NV) ICCO (Inter Church Rabobank Foundation Finnfund Organization for Development ResponsAbility Global KfW (Kreditanstalt Co-operation) Microfinance Fundfr Wiederaufbau) Incofin Sarona Global Investment Fund OPIC (Overseas Private ASN-NOVIB ShoreCap InternationalInvestment Corporation) Oikocredit Unitus ProParco (filiale de lAFD) Rabobank Foundation Triodos Fair Share Fund SECO/COSUDE Unitus Debt Fund Triodos-Doen Foundation USAID Development Credit Unitus Debt FundAuthority (Agence amricainepour le dveloppement international)Source: Ivatury et Reille, Foreign Investment in Microfinance: Debt and Equity from Quasi-Commercial Investors, 3.Remarque : Plusieurs fonds offrant des prts et des placements proposent aussi des garanties.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 113Dans la majorit des cas (environ 90%), linvestissement internationalprovient directement ou indirectement des ressources publiques. Denombreux fonds privs sont financs par des IFI. Cependant, lapprocheadopte tant par les IFI que par les fonds privs se caractrise par une grandeaversion au risque. Cela se traduit par un taux lev de concentration gogra-phique des investissements et par une offre peu varie dinstruments (voir lafigure 6.2). Environ 87% des ressources sont alloues deux rgions:lEurope et lAsie centrale (IFI) et lAmrique latine (fonds privs). Laconcentration peut tre encore plus forte lorsque les fonds privs et les IFIrivalisent pour financer un groupe restreint dinstitutions financires rgle-mentes et solides. Par exemple, environ un tiers des fonds privs a financ114 La finance pour tousFIGURE 6.2 Rpartition des investissements internationauxSource: Ivatury et Abrams, The Market for Microfinance Foreign Investment: Opportunities and Challenges.Remarque : AFR = Afrique; AEP = Asie de lEst et Pacifique; AEC = Asie de lEst et centrale; ALC = Amrique latine et Carabes; MENA = Moyen-Orient et Afrique du Nord; AS = Asie du Sud.Fonds privsInvestissement par rgion (volume)Instruments utiliss par les fondsIFIPrts Fonds propres GarantiesAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 114Banco Solidario en quateur et Confianza au Prou, et un tiers des IFI aoctroy des fonds propres dans un certain nombre dinstitutions ProCredit enEurope de lEst, dans les Balkans et en Asie centrale.La forte concentration des ressources fait natre le doute en ce quiconcerne lexistence de dbouchs suffisants pour soutenir un si grandnombre de fonds de taille relativement modeste. Certains observateurs annon-cent une consolidation accrue mesure de lvolution du march des fonds etde la diminution des subventions de cration des fonds.8La concentration est aussi forte en ce qui concerne le type dinstrument utilis.La figure 6.2 montre que la majorit de largent est offerte sous forme de prts endevises, ce qui peut occasionner des problmes pour des institutions qui ne sontpas entirement au fait des risques de change ni des mthodes de gestion de cesrisques (voir lencadr 6.3). Triodos Bank et Oikocredit constituent deux exem-ples parmi les prteurs internationaux qui ont mis au point leurs propres mca-nismes pour attnuer le risque de change. Triodos Bank associe les prts accordsen monnaie nationale au swap de devises lorsque cette opration est possible (parexemple, en Indonsie, en Inde, en Afrique du Sud, au Brsil et au Mexique) et,en cas contraire, elle intgre le risque de change dans le taux du prt. Oikocredita tabli un Fonds de gestion du risque de change local (Local Currency Risk Fund,ou LCRF), qui quivaut une assurance qui protge ses prts contre les fluctua-tions des taux de change. Le LCRF utilise les subventions des bailleurs de fondspour garantir que le rendement des prts libells en devises fortes accords par lesprteurs ne tombe pas en-de dun certain niveau. Enfin, certains observateurs se demandent sil existe un conflit dintrtintrinsque dans le cas des fonds qui offrent la fois une assistance technique etun investissement. En particulier, ils se demandent si lassistance technique peutinfluencer ou compromettre le processus de dcision dinvestissement. Lesinvestisseurs ne tolreront-ils des rendements plus faibles que tant quils pour-ront obtenir des subventions pour la prestation de lassistance technique?9Tous les investisseurs internationaux de la microfinance ont une caractris-tique commune: ils sont disposs accepter un rendement plus modeste surleurs investissements en change des avantages sociaux rsultant de la micro-finance. Aussi attrayante que soit la prestation de services financiers auxpauvres pour de nombreux investisseurs vocation sociale, il est probablequun grand nombre dIMF nattireront jamais des investisseurs commerciauxexclusivement proccups par les bnfices. Plus laccent est mis sur le rende-ment dordre social, plus les investisseurs doivent tre disposs prendre desrisques financiers. De mme que les bailleurs devraient permettre leursbnficiaires de subventions et de prts concessionnels de franchir le pas pourrecourir aux investisseurs quasi commerciaux comme les investisseurs privset les IFI, de mme les IFI, munies de leurs ressources publiques de faiblecot, devraient scarter des IMF rglementes quelles ont finances cesLes sources de financement 1158. Goodman, International Investment Funds Mobilizing Investors toward Microfinance, 15;et Ivatury et Abrams, The Market for Microfinance Foreign Investment:Opportunities and Challenges, 9. 9. Goodman, Op. cit., 15.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 115116 La finance pour tousdernires annes pour les encourager tablir des liens avec les marchsfinanciers intrieurs. Cela ncessite de porter une attention accrue la prochaine gnration dins-titutions rentables, de fournir des capitaux pour leur dmarrage et dappuyer ledveloppement ou la transformation de cette nouvelle moisson de champions.10Les institutions financires qui financent une partiede leur portefeuille avec des prts en devises fortescourent le risque de subir des pertes en raison desfluctuations montaires; cependant, ce risque nestpas toujours bien compris. Le risque de change correspond la possibilit duneperte (ou dun gain) lorsque les taux de changevarient. Sur les 216 IMF interroges dans le cadredune enqute de CGAP/Microfinance InformationeXchange (MIX), au moins la moiti comptait desprts en monnaie forte (dollars ou euros). La moitide ces institutions ne se protgeait pas contre (ou negrait pas) le risque de change.Supposons quune IMF emprunte 500 000 dollarssur trois ans un taux dintrt annuel de 10%, lesversements sur intrt tant effectus tous les sixmois. Le taux de change local quivaut 10 MN(units montaires nationales) pour un dollar audbut du prt, mais est dvalu 13,4 MN la finde la dure du prt. Le montant du capital nces-saire pour couvrir le remboursement la fin destrois ans est de 6,7 millions de dollars (par rapportaux 5 millions de dollars initiaux), avec un taux din-trt effectif de 21% par an, soit prs du doubledes 10% initiaux! Les institutions financiresdoivent comparer le taux des sources de finance-ment nationales ces 21% effectifs attribuables auchange, et non au taux de 10% stipul dans lecontrat de prt. Bien entendu, il nest pas toujourspossible de savoir davance quel sera le sens desfluctuations des taux de change. Cest la raison pourlaquelle il est recommand aux institutions finan-cires de grer leur risque de change, car une dva-luation de ce genre peut vritablement endom-mager la position financire dune institution.Elle peut aussi faire du tort aux clients pauvres enaugmentant le cot de la dette trangre, ce quipeut aboutir une augmentation des taux dintrtpratiqus pour couvrir ces cots.Parmi les quelques solutions envisageables pourgrer le risque de change figurent les suivantes: Un prt en monnaie nationale remboursable endevises, assorti dun mcanisme de rserve. Lesemprunteurs rservent une partie du montant duprt pour sassurer quils peuvent couvrir lescots de dvaluation, protgeant de ce fait leprteur contre la dprciation de la monnaienationale sur toute la dure du prt. Des prts adosss en monnaie forte/monnaielocale. Le montant dun prt en dollars (ou eneuros) est dpos dans une banque en devises, etla banque, son tour, octroie un prt en monnaienationale lIMF en se servant du dpt endevises comme garantie. Contrats et swaps terme. Ces produits drivs,offerts sur les marchs financiers, sont des instru-ments purement commerciaux. Dans le cas descontrats terme, les institutions financiresempruntent en devises puis passent dautrescontrats pour bloquer un taux futur, avec lequelelles achteront les devises ncessaires pourrembourser le prt. Les swaps consistent changer des obligations financires avec uneautre partie; par exemple, lchange dun prten devises contre une obligation, en monnaienationale, contracte par un tiers.ENCADR 6.3 Grer le risque de changeSources: Cavazos, Abrams et Miles, Foreign Exchange Risk Management in Microfinance; Featherston, Littlefield et Mwangi, ForeignExchange Risk in Microfinance: What Is It and How Can It Be Managed? 3; et Fernando, Managing Foreign Exchange Risk: TheSearch for an Innovation to Lower Costs to Poor People.10. Goodman, International Investment Funds Mobilizing Investors toward Microfinance, 18;et Ivatury et Abrams, The Market for Microfinance Foreign Investment:Opportunities and Challenges, 12.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 116Marchs des financements nationauxLintgration sans heurt de la microfinance dans les marchs nationaux est lebut final de ltablissement de systmes financiers accessibles tous. Lesressources nationales prsentent au moins trois avantages. En premier lieu, laprsence de services de dpt (une source de financement domestique) estfortement apprcie des personnes pauvres et faible revenu. En deuximelieu, les financements nationaux aident les institutions financires viter lerisque de change. En troisime lieu, ces ressources sont plus susceptibles deprovenir de sources motivation commerciale; par consquent, il ne sagitpas dargent qui aurait t destin un autre emploi social ou de dveloppe-ment si linstitution financire ne lavait pas capt.11La plupart des systmes financiers nationaux connaissent un excs de liqui-dits: les banques ont assez bien russi mobiliser les ressources, en majoritauprs de clients du secteur des entreprises, des institutions et des milieuxfortuns. En fait, nombreuses sont les institutions financires qui servent lespersonnes pauvres et faible revenu, comme les grandes banques dpargne, lesbanques postales et dautres banques et coopratives communautaires, qui repo-sent dj sur les marchs domestiques, notamment les dpts. Le grand nombrede comptes dpargne parmi ces institutions laissent prsager leur potentiel demobilisation de dpts provenant de personnes pauvres et faible revenu, et ce, une chelle massive. Hormis lpargne, les autres sources potentielles de finan-cement nationales pour la microfinance comprennent les emprunts auprs desbanques commerciales, les certificats de dpt et les obligations ainsi que lesfonds propres provenant de fonds privs ou dindividus du pays, et lmissiondactions en Bourse (bien que ces sources nationales de fonds propres ne sesoient pas encore beaucoup concrtises).La plupart des IMF spcialises nont pas encore tir profit comme elles lepourraient des possibilits immenses que prsentent les marchs des finance-ments nationaux. Nombreuses sont celles qui leur prfrent les investisseurstrangers. Une enqute rcente de CGAP/MIX rvle que les IMF et lescoopratives ont cit, parmi les raisons principales qui motivent la recherchedinvestissements trangers au dtriment des sources nationales (voir letableau 6.2), des conditions plus avantageuses, particulirement des taux din-trt nominaux apparemment moins chers. Dans la mesure o plusieurs inves-tisseurs internationaux accompagnent leurs ressources de subventions quel-conques, cette prfrence nest pas surprenante. Souvent, les institutionsfinancires surestiment la modicit relative du prix des emprunts contractsen devises, mais cest parce quelles ne tiennent pas entirement compte durisque de change dcrit dans la section prcdente. Les emprunts internatio-naux prsentent un autre inconvnient, particulirement lorsquils sontsubventionns: ils peuvent diminuer lincitation mobiliser les dpts.Les sources de financement 11711. Ivatury et Abrams, The Market for Microfinance Foreign Investment: Opportunitiesand Challenges, 14.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 117Certaines IMF commencent accder aux sources domestiques de finance-ment. Les IMF rglementes ont commenc se concentrer sur les sourcesnationales de financement et font office de vritables intermdiaires finan-ciers. Nombreuses sont celles qui se sont tournes vers la mobilisation dedpts, qui prsente plusieurs avantages. Dabord, elle permet aux institutionsfinancires de mieux rpondre aux besoins des clients pauvres (et dautresclients) en offrant une gamme de services plus diverse. Elle peut aussi dimi-nuer le cot global du financement et diversifier ses sources. Gnralement,lpargne, mme de faible solde, est relativement stable dans le temps et peutsavrer plus fiable que les bailleurs ou dautres prteurs, qui peuvent changerleurs stratgies ou dcider simplement de ne pas financer.12Au Prou, tandis que les banques commerciales ont pntr le march, lesIMF rglementes se sont efforces de rduire leurs cots pour rester concur-rentielles. Pour ce faire, elles ont eu de plus en plus recours aux dpts audtriment des prts pour financer leur croissance. Entre 1997 et 2003, dans11 IMF pruviennes, la part des dpts vis--vis des actifs totaux est passe de40% 62%.13 LAssociation of Cambodian Local Economic DevelopmentAgencies (ACLEDA) en est un autre exemple (voir la figure 6.3). Cette IMFcambodgienne a augment son nombre dpargnants, qui est pass de 3 800(1,95 million de dollars) en 2001 38 000 (16,1 millions de dollars) en 2004.14118 La finance pour tousTABLEAU 6.2 Les raisons pour lesquelles les institutions et les coopratives de microfinance recherchent les investissements trangersFacteur motivant la recherche Pourcentage des interrogs dclarant que ce facteur estdinvestissement tranger Extrmement important ou Trs important36 IMF rglementes 112 IMF et coopratives non rglementesTaux dintrt plus bas 86% 78%Conditions de garantie plus faciles ou dun montant plus faible 69% 72%Disposition de linvestisseur ngocier 69% 66%chance (dure du prt) 61% 66%Rapidit du dcaissement 56% 65%Aptitude attirer dautres prteurs et investisseurs 56% 60%Meilleur choix de produits 44% 56%Assistance technique fournie avec les capitaux 32% 54%Prestige 31% 40%Source: Enqute de CGAP/MIX sur les besoins de financement dans Ivatury et Abrams, The Market for Microfinance Foreign Investment:Opportunities and Challenges.12. Robinson et Wright, Mobilizing Savings.13. Ivatury et Abrams, The Market for Microfinance Foreign Investment: Opportunitiesand Challenges, 13.14. Fernando, Micro Success Story? Transforming of Nongovernment Institutions into RegulatedFinancial Institutions, 21.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 118Les sources de financement 119FIGURE 6.3 Croissance de lpargne ACLEDA Dc. 01 Dc. 02 Fvr. 03 Avr. 03 Juin 03 Aot 03 Oct. 03 Dc. 03 Fvr. 04Source: Fernando, Micro Success Story? Transforming of Nongovernment Institutions into Regulated Financial Institutions.Nombre de comptes Volume (en millions de dollars US)Cependant, plusieurs institutions financires ont dcouvert quil nest pastoujours si facile de mobiliser lpargne, particulirement celle des clientspauvres. Parfois, la perception dun niveau de cot lev (particulirement lescomptes faible solde), des comptences spcialises ncessaires, du risque dil-liquidit et de lexposition en priode de crise (risque de retraits massifs despargnants), sont des facteurs qui ont diminu lenthousiasme pour la mobilisa-tion des dpts. Les banques ont prouv quelques difficults trouver le bonquilibre entre la demande, exprime par les clients pauvres, dun lieu sr,pratique et accessible pour garder leur argent, et leurs propres exigences enmatire de viabilit financire. Comme lillustre lencadr 6.4, si lon tientcompte des options formelles disponibles dans la plupart des pays en dvelop-pement, un client pauvre pourrait bien prfrer conserver ses espces sous lematelas plutt quouvrir un compte en banque. Pour les institutions financiresrglementes au service des clients pauvres, le dfi consiste prouver les avan-tages commerciaux des dpts. Les institutions financires doivent comprendreles multiples avantages que prsente linvestissement dans la connaissance dumarch, la conception de produits, les systmes et le marketing ncessaires pouroffrir des services de dpt de qualit aux clients pauvres et faible revenu.Les IMF non rglementes dpassent en nombre les IMF rglementes.Elles disposent de peu de choix hormis lemprunt de capitaux trangers car,lgalement, il leur est interdit de mobiliser de lpargne. Souvent aussi, ellessont dotes dune structure de proprit floue qui sme le doute sur lidentitdes personnes dont la responsabilit est engage vis--vis des prts bancaires encas dinsolvabilit. En gnral, les banques du pays sont peu enclines leuraccorder des prts au-del dun ratio dettes/fonds propres de un sur un et ellesexigent souvent des garanties formelles comme une hypothque immobilire.1515. Ivatury et Abrams, The Market for Microfinance Foreign Investment: Opportunitiesand Challenges, 17.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 119120 La finance pour tousPour de nombreuses IMF traditionnelles, le portefeuille de prts constitue le seulactif important. Quelques banques ont accept ces portefeuilles titre de garantie,ce qui pourrait constituer une grande avance dans les pratiques de crditnational pour certaines IMF (voir au chapitre 3 une description dtaille despartenariats entre les banques et les IMF qui ont permis ces dernires dex-ploiter les ressources commerciales). Aprs tout, les activits de microfinance,lorsquelles sont bien excutes, offrent un portefeuille dune assez bonne qualit,et peuvent constituer une garantie suffisamment sre.16 Les partenaires internatio-naux pourraient apporter leur contribution en renforant les comptences desIMF, nombreuses et plus petites, ngocier les conditions de prts, en les prsen-tant aux banques de la place, en rehaussant la fiabilit de leurs partenaires locaux,en amliorant leur gouvernance et, ventuellement, en offrant des garanties (voirla partie relative aux garanties lencadr 6.5).Quelques grandes IMF (pour la plupart, mais pas toutes, des IMF rglemen-tes) ont eu recours aux instruments de crdit sur les marchs financiers natio-naux. Par exemple, Compartamos au Mexique, Mibanco au Prou, et WomensFinmark Trust a examin les caractristiques duncompte en banque typique par rapport la thsau-risation despces domicile. Sur la base duneanalyse portant sur les prix, laccs, les caractris-tiques du produit, la qualit du service et la valeuraccorde aux clients, le bas de laine savre unproduit plus attirant que le compte en banque!Les caractristiques du produit sont la seule cat-gorie dans laquelle le compte en banque lem-porte; pour tre plus prcis, les espces sont bienplus labri dans les banques que sous lematelas, car les parents et les voisins peuventaisment accder cet argent sans autorisation.Tant que les clients prfreront garder leur argentchez eux et recourir dautres mcanismes infor-mels dpargne plutt quouvrir des comptes enbanque, les institutions financires auront desdifficults exploiter les dpts des personnespauvres et faible revenu et en faire leur sourceprincipale de financement.ENCADR 6.4 Les banques peuvent-elles faire renoncer au bas de laine?Caractristiques Qualit Valeur accorde Prix Accs du produit du service au client RESULTATpargne domicile + + 0 0 0(gratuit) ( tout moment) (pas sr, risqu) (autogr)Compte en banque + ? (frais et (heures douverture (sr) (intimidant)commissions) limites)Lgende: + = fort = faible0 = neutre? = inconnuSource: Porteous, Cooperative Banking in Context.16. Gibbons et Meehan, Financing Microfinance for Poverty Reduction, 12.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 120World Banking (WWB) Cali, en Colombie, ont plac des obligations surleurs marchs locaux, en partie sur la base des notations dagences tradition-nelles comme Standard & Poors, Fitch et Moodys.17 BancoSol, IMF pionnirede la transformation en banque, sest inscrite la Bourse de Bolivie et a mislquivalent de 3 millions de dollars en obligations ds 1997. En Europe delEst, les banques de microfinance ProCredit exploitent elles aussi les marchsfinanciers nationaux. Par exemple, en juin 2004, ProCredit Bank (Ukraine) amis 6,8 millions de dollars en obligations dune dure de trois ans.18 Ilimporte de reconnatre que ces investissements ne relvent pas toujours desmarchs purement privs. Ces contrats ont aussi bnfici de garantiespartielles, au dbut tout au moins, de certains bailleurs et de quelques IFI(comme la Socit internationale de financement et lAgence amricainepour le dveloppement international).19Au dbut de 2005, une IMF dnomme Faulu Kenya est devenue lapremire IMF africaine mettre des obligations pour lever des fonds. laBourse de Nairobi, Faulu Kenya a mis lquivalent de 6,7 millions de dollarsen obligations libelles en shillings kenyans, une chance de cinq ans. Lesinvestisseurs principaux regroupent certains fonds de pension, deux institu-tions de refinancement des IMF et deux banques commerciales. Lobligationmise par Faulu Kenya tait garantie en partie par un bailleur, lAgence fran-aise de dveloppement. La garantie couvrait le capital et les intrts de lmis-sion obligataire au profit des investisseurs de Faulu Kenya. La vigilance du public, veille par lmission dobligations arrivant chance au terme de cinq ans, amliorera sans nul doute le rendement deFaulu Kenya, qui a pris des engagements en matire dintrt et de capital. Lesretombes de cette exprience pourraient bnficier la microfinance auKenya et stendre dautres pays tandis que les marchs prennent acte decette nouvelle possibilit dinvestissement.20En ce qui concerne les fonds propres, rares sont les IMF cotes la Boursedes pays o elles sont implantes. En outre, les rsultats sont ingaux dans cedomaine. Au vu de lexprience de BancoSol (Bolivie), il semblerait que cesactions pourraient se vendre un prix infrieur celui des actions desbanques boliviennes traditionnelles, ce qui signifie que le march intrieurpourrait ne pas coter la microfinance aussi srieusement. Dans le mmetemps, de nombreux investisseurs pionniers de la microfinance ont exprimleurs proccupations vis--vis de la dilution ventuelle de la mission sociale encas dlargissement de la proprit (notamment au secteur commercial).21Les sources de financement 12117. Marulanda et Otero, The Profile of Microfinance in Latin America in 10 Years: Vision andCharacteristics, 40; et Conger, To Market, To Market, 22.18. Ivatury et Abrams, The Market for Microfinance Foreign Investment: Opportunitiesand Challenges, 13.19. Jaquand, Finding a Role for Public Donors in the Privatized World of Microfinance.20. Agence de presse Xinhua, France guarantees first microfinance bond issue inAfrica; et Macharia, Faulu Kenya Issues KES 500 Million (US$7 Million) Bond toAssist Poor People: A Journey to the Capital Markets.21. de Sousa-Shields et Frankiewicz, Financing Microfinance Institutions: The Contextfor Transitions to Private Capital , 48, 50.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 121122 La finance pour tousQuelles sont les raisons pour lesquelles, jusqu aujourdhui, seul un petitnombre dIMF spcialises a mis des obligations et lev des fonds propres surla Bourse nationale des valeurs? Et pourquoi un nombre encore plus rduit a-t-il ralis ces oprations sur une base purement commerciale, sans recourir la garantie dune IFI? Faut-il prsumer que beaucoup dautres leur embote-ront le pas et exploiteront cette source potentielle de financement? Mme enAmrique latine, lune des rgions les plus avances en matire dmissionobligataire dans le secteur de la microfinance, certains obstacles demeurent.En premier lieu, les obstacles rglementaires imposs dans certains pays,comme le Prou, barrent la route certains types dinstitutions financires.En deuxime lieu, les marchs de capitaux ne sont pas toujours au fait de lamicrofinance, et les investisseurs peuvent y voir un secteur trop risqu. En troi-sime lieu, les cots inhrents lmission dune obligation sont relativementDepuis les annes 1980, les bailleurs de fondsinternationaux ou les tats ont garanti des prtsoctroys par les banques commerciales aux IMFspcialises, avec des rsultats ingaux. Le but deces garanties est double: (1) aider les IMF accder aux ressources commerciales des banquesqui, en dautres circonstances, ne seraient pas leur porte, et (2) tablir des relations longterme entre les diffrents acteurs du systmefinancier au-del de la dure dune garantie quel-conque. En thorie, ces instruments pourraientcatalyser le dveloppement de marchs deressources nationales. Cependant, la pratique arvl que certains ont russi, alors que dautresont chou, et dautres encore nont pas tchoisis par les IMF et les banques commercialesquils visaient soutenir.Selon les estimations, les garanties de crdit desti-nes la microfinance vont de 300 500 millions dedollars. Le programme de garantie le plus russi dansla microfinance est le fonds relais dACCION LatinAmerica, qui recense plus de 6 millions de dollars degaranties. LAutorit de lUSAID charge du crdit auservice du dveloppement (Development CreditAuthority) a russi tablir les premires relationsentre des IMF solides et des banques au Maroc, enColombie, en Ouganda et en Afrique du Sud.Dautres fonds de garantie sont grs par le rseauinternational Foundation for InternationalCommunity Assistance (FINCA), le Latin AmericanChallenge Investment Fund (LACIF) et la DeutscheBank. Quelques IMF ont galement eu recours desgaranties pour lancer des obligations sur leursmarchs financiers domestiques (par exemple,Compartamos au Mexique, MiBanco au Prou etFaulu Kenya).La cl de la russite de ces programmes semble trela prsence de banques vritablement disposes pntrer de nouveaux marchs ainsi que la concep-tion mme de la garantie. Si une portion tropimportante du prt dune banque une IMF estgarantie, la banque peut ne pas prendre le prt ausrieux, faire preuve de plus de ngligence songard et mettre un terme la relation en labsencede garantie. Les banques doivent participer aurisque dune manire ou dune autre.Paralllement, les garanties peuvent tre lourdes etcoteuses mettre en place. En ce qui concerneltablissement de relations commerciales perma-nentes avec les ressources et les marchs financiersnationaux, limpact dfinitif de ces garanties reste dterminer.ENCADR 6.5 Les garanties peuvent-elles relier les IMF aux marchs des financements nationaux?Sources: Freedman, Designing Loan Guarantees to Spur Growth in Developing Countries, 18; Norell, Emory-Smith et Bruett, HowDo International Networks Manage Grants, Investments, and Loans to Their Partners and Affiliates? 3; et de Sousa-Shields etFrankiewicz, Financing Microfinance Institutions: The Context for Transitions to Private Capital, 6.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 122levs, et les besoins de financement modestes de beaucoup dentits spciali-ses de microfinance peuvent ne pas justifier ces cots.22Dans la plupart des pays en dveloppement, les marchs financiers sontsimplement trop peu dvelopps pour rpondre de gros besoins de finance-ment au-del de la mobilisation des dpts. Dans le secteur bancaire, lemanque de concurrence et le manque defficience font que les ressourcessont chres lorsquelles sont disponibles. La plupart de ces ressources sontdisponibles court terme, et peu de marchs peuvent mettre de tellesressources plus long terme. Il reste encore beaucoup faire pour construireet exploiter intgralement les marchs des financements nationaux et crerdes systmes financiers vritablement accessibles tous.ConclusionLe rseau, de plus en plus complexe, de financeurs nationaux et internationauxoffre une gamme dinstruments financiers qui pourraient servir mettre surpied des systmes financiers plus accessibles tous. Comme lillustre le tableau6.3, chacun de ces instruments offre des perspectives mais impose aussi descontraintes. Dans le mme temps, les financeurs sont chacun dots de pointsforts diffrents et devraient se concentrer sur les segments du march o ils sontles plus pertinents, que ces segments correspondent des IMF de petite taille,non rglementes ou des institutions financires de grande taille, rglemen-tes et fort potentiel. Certains peuvent tre mieux placs que dautres pourcontribuer ltablissement de linfrastructure financire ou pour consolider lacapacit de ltat adopter des dcisions politiques rationnelles. mesure queles sources de fonds commerciales grandissent en nombre, elles apportent uneconcurrence opportune un domaine qui, jusque-l, tait la chasse garde desbailleurs de fonds. Si des financeurs veulent tre plus efficaces en tant quegroupe, ils doivent identifier leurs forces relatives et les exploiter, au lieu deposer des entraves laction des autres ou de dupliquer les efforts.Les subventions des bailleurs de fonds doivent stimuler ou complter le capitalpriv et non le concurrencer. En outre, autant que possible, les subventionsdoivent tre temporaires pour permettre au secteur priv de prendre la relve.Les bailleurs de fonds peuvent supporter un risque accru, entretenir des relationstroites avec les tats et financer des initiatives gnratrices de rendements privsminimaux mais porteuses de grands avantages sur le plan social ou des bienspublics. Par consquent, il est recommand aux bailleurs de fonds de se focalisersur les activits que le secteur priv ne mnera pas. On peut citer des exemplesdactivits appropries des bailleurs de fonds: le processus, long et ardu, de lacration des capacits et comptences humaines, la mise en place dlments delinfrastructure financire comme les agences de notation, les centrales des risqueset les auditeurs, la collaboration avec les tats pour amliorer le cadre juridique etrglementaire, enfin le soutien aux activits exprimentales, particulirement desprestataires de services financiers, qui repoussent les frontires pour toucher despopulations extrmement pauvres ou recules.Les sources de financement 12322. Portocarrero Maisch et Soria, Cmo deberan financiarse las IMF, 54.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 123TABLEAU 6.3 Analyse des diffrents instruments de financement Instrument Acteur Points forts Utilis quand/commentInternationalAppui politique Bailleurs aide ltat prendre des ncessite une expertise spcialise du de fonds dcisions saines et remplir personnel de lorganisme bailleur et une fonction plus constructive des conseillers pour tre utilis correctementAssistance technique Bailleurs renforce les capacits humaines pour tre efficace, elle doit trede fonds si essentielles tous les niveaux; dirige par le march et rpondrecela est lun des plus grands aux besoins des clientsobstacles elle correspond mieux aux bailleursqui peuvent travailler directement avec le secteur privSubventions Bailleurs aident constituer des fonds importantes pour soutenir les niveauxde fonds propres qui peuvent permettre micro, mso et macrode lever des fonds sur les marchs conviennent mieux aux institutionsnationaux et internationaux financires nouvelles/qui prsententun risque en labsence de sources commerciales, vitent de dformer les marchs avec delargent jug trop facilePrts Concessionnels Bailleurs sources dargent bon march vitent le risque de change lorsquilsde fonds pour la microfinance sont libells en devises au cas o dautres options commerciales existent, vitent dintroduire des distorsions sur les marchs domestiques et de dcouragerla mobilisation des dptsCommerciaux Bailleurs de sources de financement pour les pour les institutions maturesfonds, IFI, institutions financires court vitent le risque de changefonds privs de liquidits lorsquils sont libells en devises focaliss sur les activits de au cas o dautres optionsmicrofinance efficientes commerciales existent, vitent dintroduire des distorsions sur les marchs domestiques et de dcouragerla mobilisation des dptsQuasi-fonds Bailleurs de source de financement pour pour les institutions maturespropres fonds, IFI les institutions financires comme les prts concessionnelsPrises de IFI, fonds aident constituer des fonds pour les institutions formelles etparticipation privs propres qui peuvent permettre matures qui vendent des actionsde lever des fonds sur les marchs vitent de concurrencernationaux et internationaux les investisseurs locaux la fonction de gouvernance peut amliorer la gestion gnraleGaranties Bailleurs permettent aux institutions les garanties structures aboutissentde fonds, IFI, financires dexploiter les sources des relations permanentesfonds privs nationales de financement aprs la garantie124 La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 124Les sources de financement 125TABLEAU 6.3 Analyse des diffrents instruments de financement suiteInstrument Acteur Points forts Utilis quand/commentNationalpargne pargnants indpendante des ressources seulement pour les institutionsindividuels externes, bon march ( terme) rglementes certaines institutions peuvent ncessiter une aide pour laborer des produits et des systmes visant diminuer les cots et grer la croissance des dptsPrtsConcessionnels Institutions les institutions fatires, si elles au cas o dautres options commercialesfatires, sont bien conues et administres, existent, vitent dintroduire des programmes peuvent contribuer au distorsions sur les marchs domestiquesde crdit dtat dveloppement des IMF de dtail et de dcourager la mobilisation des dptsCommerciaux Banques intgrent les IMF au systme pour les institutions maturescommerciales financier gnral (bien que tous il est peut-tre ncessaire dtablir desles financements ne soient pas structures dincitation ou des possibles, notamment les ressources partenariats pour initier les relations de plus long terme ncessaires financement entre les banquespour certaines activits comme commerciales et les IMF spcialiseslagriculture)Obligations Investisseurs permettent aux institutions ncessitent la prsence dun marchlocaux financires dexploiter les marchs secondaire suffisamment dvelopp;financiers domestiques tributaires des chocs locaux peuvent ncessiter certaines incitationsinitiales pour dmarrer dans certains marchsFonds propresInvestissements Investisseurs constituent une base de fonds seules les institutions financiresdirects locaux propres qui peut tre exploite agres sont ligiblessur le march domestique vitent que la mission soit perdue de vue largissent la structure de en raison de la dilution de la directiongouvernance et des exigences de lactionnariatBourse Investisseurs permet aux institutions seules les institutions financireslocaux financires dexploiter les agres ont le droit de vendre des marchs financiers domestiques actions sur le march vite que la mission soit perdue de vueen raison de la dilution de la directionet des exigences de lactionnariatAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 125Il se pourrait bien que les investisseurs internationaux deviennent encoreplus importants lavenir mais, lheure actuelle, le march semble tre tropmorcel pour tre prenne. La prolifration de nouveaux fonds, conjugue la taille relativement rduite du march cible, pourrait signifier quil est nces-saire de raliser une certaine consolidation. Lmergence dun grand nombrede fonds privs peut tre le fait dune mode ou signifier que les investisseursinternationaux commencent entrevoir lintrt de la microfinance (bienque larbitrage entre le risque et le rendement ne soit pas encore complte-ment matris). Dautres problmes sont lis la mauvaise gestion du risquede change pour les IMF et la diminution des incitations mobiliser lesressources nationales en raison de lexistence de ressources internationalesdaccs relativement facile.Paralllement, des marchs de financements nationaux solides, particuli-rement en matire dpargne, commencent merger dans certaines rgions.Sils ne sont pas en mesure de rpondre aux besoins financiers de toutes lespopulations dans tous les pays, on peut esprer que le recours aux marchsfinanciers nationaux sacclrera, mesure que la microfinance volue et queles systmes financiers deviennent plus accessibles tous. Les institutionsfinancires rglementes dcouvrent des moyens novateurs et moins onreuxde mobiliser les dpts dun grand nombre de personnes pauvres et faiblerevenu. Les expriences ralises rcemment pour exploiter les marchsfinanciers domestiques par lmission dobligations consolident cettetendance et laissent esprer quelles aideront les institutions financiresservant les clients pauvres consolider leur position financire. Si cestendances se poursuivent, le rsultat final sera un accs aux services financiers grande chelle pour les personnes qui en sont exclues lheure actuelle.La bonne conjugaison des sources nationales et internationales de finance-ment est un sujet de proccupation immdiat pour lavenir de la microfi-nance. Le but recherch est ltablissement dintermdiaires financiers natio-naux solides et la pleine intgration de la microfinance dans les marchsfinanciers des pays en dveloppement. Cependant, ce but est encore loin dedevenir ralit, particulirement lorsque les systmes financiers sont faibles etextrmement peu tolrants au risque. Il est probable que les bailleurs de fondset dautres investisseurs internationaux rempliront un rle important pendantun certain temps encore.126 La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 126Chapitre 7Dfis transversauxLes chapitres antrieurs offrent un instantan de la situation actuelle de lamicrofinance et des dfis relever pour la mise en place de systmes finan-ciers accessibles tous lavenir. Ils offrent des suggestions sur la faon din-nover encore davantage dans le domaine de la microfinance en sattaquant trois dfis fondamentaux: (1) augmenter loffre de services financiers dequalit, de faon servir une clientle plus vaste (chelle); (2) toucher dessegments de population toujours plus pauvres et plus isols (porte) et (3)diminuer les cots des clients comme ceux des prestataires de services finan-ciers (cots).Il convient galement de prendre en compte plusieurs autres sujets quitouchent aux trois niveaux du systme financier et dont lanalyse permettradapporter une rponse aux dfis fondamentaux articuls autour descontraintes dchelle, de porte et de cots. En dpit du nombre lev de cessujets connexes, le prsent chapitre en a slectionn cinq pour une prsenta-tion plus approfondie car, pour chacun dentre eux, le problme prsent estparticulirement ardu et difficile rsoudre et la solution pourrait augmenterles capacits de la microfinance de faon considrable. Dans cette perspective,le prsent chapitre aborde les sujets suivants: Optimisation de la technologie. Parmi les solutions technologiques avan-ces, quelles sont celles qui paraissent les plus prometteuses en termes derduction de cots et daugmentation de la propagation des servicesfinanciers? Meilleure exploitation des transferts dargent. Comment les prestataires deservices financiers peuvent-ils canaliser ces mouvements de capitaux consi-drables pour amliorer les services financiers destins aux pauvres? Accs aux paysans et aux clients des zones rurales isoles. Comment lesprestataires de services financiers peuvent-ils largir loffre de servicesfinanciers de bonne qualit, de faon viable, aux segments de marchencore hors de porte? Mesure du rendement social. Quel est le rendement social de loffre deservices financiers aux personnes pauvres et faible revenu? Protection des consommateurs pauvres. Quels sont les meilleurs moyens degarantir que les consommateurs pauvres et vulnrables ne soient pasvictimes des pratiques dusure abusives et autres prteurs sans scrupules?127Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 127Optimisation de la technologie pour rduire les cots dopration(et amliorer la qualit)La technologie promet de rduire les cots et damliorer la transparence deloffre de services financiers, deux facteurs qui peuvent permettre dlargirlaccs aux services financiers dun grand nombre de clients faible revenu.Une institution qui a russi simplifier et automatiser ses procdures peutoffrir ses services une clientle plus difficile et plus coteuse toucher: ellepeut remplacer le personnel et les agences par des terminaux points de vente(PDV) ou dautres mcanismes similaires. Paralllement, le fait de rduire lefacteur dsagrment fait paratre les relations bancaires plus plaisantes une clientle plus nombreuse. Enfin, la technologie taye les systmes dinfor-mation et de publication de linformation financire qui sont essentiels laprestation efficiente des services financiers.En dpit de laspect prometteur des technologies avances de prestation deservices, un nombre relativement faible dinstitutions financires ont dcidde les mettre en uvre pour toucher la clientle pauvre et faible revenu. Lefait est que les exemples sont encore trop peu nombreux pour permettre deconclure si ces technologies peuvent tre efficaces grande chelle. Ellesprsentent encore plusieurs facteurs dincertitude: cot lev et raret dessolutions technologiques dj en existence, raction incertaine des consom-mateurs la technologie, absence dinfrastructures de communicationlmentaires dans certains pays et carence des politiques gouvernementales.Lventail des technologies applicables la microfinance. Comme lillustre lafigure 7.1, il existe tout un ventail de technologies pouvant aider la presta-tion des services financiers pour les pauvres. Ces technologies comprennent128 La finance pour tousFIGURE 7.1 La carte de la technologieRemarque: GAB = Guichets automatiques bancaires; ANP = Assistants numriques personnels; PDV = Terminaux points de vente.InstitutionAgencesSystmes dinformationAnalyse du crdit ANPConnectivitBornes informatiques dansles villagesPDVGABCartesTlphones portablesClientsBiomtrieAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 128aussi bien les logiciels de soutien aux systmes internes des institutions finan-cires, que les cartes de dbit ou de crdit et les systmes de communicationavec les tlphones portables des clients.On trouvera ci-aprs une brve dfinition des technologies les plus souventutilises dans le secteur de la microfinance:1 Les systmes dinformation: logiciels spcialement conus ou disponibles dansle commerce permettant aux institutions financires dassurer le suivi desoprations et de crer des rapports financiers fiables. Cette tape est fonda-mentale pour la mise en place de toutes les autres applications technologiques. La connectivit: connexions de rseau (par exemple modems, systmes bande large ou satellite) grce auxquelles le personnel et les agencespeuvent communiquer et traiter les oprations en temps rel et qui permet-tent lapprentissage en ligne. Les assistants numriques personnels (ANP): petits ordinateurs de pocheavec lesquels le personnel de terrain peut recueillir des donnes, grer lesdossiers-clients et traiter les prts de faon plus efficace. Lanalyse du crdit: il est possible dautomatiser et damliorer le processusdapprobation du crdit grce une analyse informatise des caractris-tiques et du comportement du demandeur de manire valuer sa volontet sa capacit rembourser. Les guichets automatiques bancaires (GAB): kiosques automatiss quipeuvent dcaisser des espces ou fournir une gamme plus tendue deservices aux titulaires de cartes. Le cot dachat et de fonctionnement desguichets automatiques est relativement lev. La plupart ncessitent uneconnexion rseau et une source de courant fiable. Les terminaux points de vente (PDV): systmes installs en gnral dans lescommerces de dtail, qui peuvent effectuer des transferts lectroniquesdun compte un autre, frquemment laide de cartes.2 La banque virtuelle: capacit deffectuer des oprations bancaires partirde nimporte quel endroit, dans un kiosque internet, par exemple. Ceservice concerne probablement davantage la clientle disposant de revenusplus levs. Les cartes bande magntique et puce: cartes de dbit (ou quelquefoisde crdit) qui sauvegardent des donnes au sujet des clients et du solde deleur compte. Ces cartes permettent aux clients daccder leur compte enligne, en utilisant un guichet automatique ou un terminal point de vente.Les cartes puce sont dotes dune puce lectronique contenant des rensei-gnements complexes, ce qui permet aux clients deffectuer des oprationspar lintermdiaire de terminaux distance qui ne sont pas connects entemps rel avec le serveur central.Dfis transversaux 1291. Les donnes contenues dans la prsente section ont t tires de louvrage suivant :Cracknell, Electronic Banking for the Poor : Panacea, Potential and Pitfalls ; Ivatury, UsingElectronic Payments to Build Inclusive Financial Systems et de la Srie Innovations des TI duCGAP.2. CGAP, Point of Sale for Microfinance: A CGAP Presentation.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 129 La biomtrie: technologie mesurant les caractristiques physiques uniquesdune personne, comme ses empreintes digitales, pour dtecter etconfirmer son identit dans un souci de scurit. Les tlphones portables: des millions de personnes pauvres et faiblerevenu ont accs la tlphonie mobile et les utilisateurs sont de plus enplus nombreux utiliser la messagerie textuelle (200 millions de messagestextes sont envoys chaque jour aux Philippines).3 Grce cette techno-logie, il est possible dadministrer des comptes bancaires virtuels avec unminimum dinvestissements en infrastructure. Les tlphones portablespeuvent galement faire office de terminaux points de vente pour lescommerants, les vendeurs de march et dautres.Les institutions financires peuvent associer ces technologies de diversesfaons pour toucher leurs clients directement ou en collaboration avec dau-tres entits. Les volumes importants doprations ncessaires pour rentabiliserces investissements technologiques (notamment dans le cas des guichets auto-matiques) incitent les institutions financires une utilisation mutuelle deleurs rseaux. En outre, en cooprant avec des agents tels que les commer-ants locaux et les IMF plus petites, les institutions financires peuvent toucherdes clients plus pauvres ou plus isols en zone rurale sans avoir construire uncoteux rseau dagences.Des bnfices pour les clients et les institutions financires. Les systmes de pres-tation fonds sur la technologie peuvent profiter aux clients pauvres, sousrserve quils satisfont six critres essentiels.4 Premirement, il faut que lesclients soient conscients de lavantage quils peuvent retirer de la technologie:une rduction du risque associ au transport de liquidits ou la possibilit detransfrer des fonds une personne ou une autre. Deuximement, les clientsdoivent avoir une certaine familiarit ou ducation vis--vis de la technologie.Troisimement, il est essentiel que cette technologie soit facile utiliser: sielle se rvle trop difficile comprendre ou apprendre, les clients ne lutili-seront pas. Quatrimement, la technologie ne pourra fonctionner que si elletient compte du contexte local (donnes culturelles concernant le sexe, laclasse sociale et le dsir de confidentialit). Cinquimement, il faut que lesclients aient une confiance suffisante pour ne pas craindre que la technologieva les rouler: limpression dun reu la fin de lopration peut renforcercette confiance. Lintroduction de guichets automatiques par Prodem enBolivie est un bon exemple de technologie rpondant ces critres (voir len-cadr 7.1).Le sixime et dernier critre impose que les solutions technologiques soientcorrectement accessibles et dun cot abordable. Si le rseau des points daccsaux oprations auxquels est associe la carte puce est limit gographique-ment, son intrt est moindre pour le client. Paralllement, un rseau tendude guichets automatiques et, dans une moindre mesure, de terminaux points130 La finance pour tous3. Miranda, Philippines: Telecommunications and Broadcasting Market Brief.4. Ces six critres sont dfinis par louvrage suivant: Ivatury, Harnessing Technology toTransform Financial Services for the Poor.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 130Dfis transversaux 131de vente, peut tre si coteux quil ncessite la facturation de frais permettantde couvrir le cot dinvestissement. Il est ncessaire de trouver lquilibre entrela densit du rseau de points daccs et le contrle des cots facturs la clien-tle (ou des frais facturs aux commerants chez qui se rendent ces clients).5Les institutions financires peuvent retirer de nombreux avantages de luti-lisation de la technologie. Une fois que les dirigeants dune institution finan-cire disposent dun bon systme dinformation, ils sont en mesure deprendre des dcisions motives et de publier des rapports fiables conformesaux normes internationales et nationales reconnues. Une telle transparencepeut en outre attirer les financeurs et fournir aux clients des renseignementsimmdiats au sujet de leurs comptes, ce qui permet daccrotre la clientle.La rduction des cots dexploitation constitue peut-tre la contribution laplus importante de la technologie. Une tude vient par exemple de prouverquune opration typique laide dun guichet automatique cote prs de cinqfois moins cher quune opration effectue auprs du personnel de guichet(voir la figure 7.2). Ces estimations de cots sont calcules sur la base dedonnes provenant des tats-Unis, et les cots rels varieraient considrable-ment en fonction du pays, de la relation entre le cot de main-duvre et celuiEn 2002, le Fonds financier priv (FFP) de Prodemen Bolivie a commenc installer des guichetsautomatiques biomtriques, dots de lecteursdempreintes digitales permettant de vrifierlidentit des clients sans recourir la technologiedes numros didentification personnelle (NIP). lintention des clients analphabtes, ces guichetsautomatiques offrent galement des instructionsvocales en trois langues et une interfacegraphique facile utiliser. Ces guichets automati-ques sutilisent avec une carte puce contenantles renseignements appropris au sujet du client,et les oprations sont immdiatement enregistressur la carte. Comme la mise jour des guichetsautomatiques avec le serveur central nest effec-tue que deux fois par jour, Prodem estime cono-miser 800 000 dollars par an en frais de connecti-vit internet. lheure actuelle, Prodem possde52 guichets automatiques, ainsi que 40 terminauxpoints de vente installs dans des stations-serviceet des supermarchs, grce auxquels les clientspeuvent utiliser leur carte puce pour accder leur argent 24 heures par jour, sept jours sur sept.La clientle est satisfaite de ces guichets automati-ques et terminaux points de vente dutilisationfacile et, ds 2003, prs de 50 000 comptesdpargne dots dune carte puce avaient touverts (sur un total de presque 62 000 par-gnants). Les terminaux ont encourag les clients pargner plus souvent, chaque fois quils dispo-saient dun peu dargent liquide, ce qui a permisaux dpts des comptes dpargne traditionnelsde progresser de 102 000 de dollars en 2000 19 millions de dollars en juin 2005.ENCADR 7.1 Les guichets automatiques et la technologie biomtrique de Prodem rpondent aux besoins des clients pauvresSources: Whelan: Automated Teller Machines, 2; www.prodemffp.com; www.sbef.gov.bo; Hernandez et Mugica, What Works:Multilingual Smart ATMs for Microfinance, 2; Miles: Financial Intermediation and Integration of Regulated MFIs, 10 et Entretienavec Eduardo Bazoberry, prsident-directeur gnral, Prodem.5. Cracknell, Electronic Banking for the Poor: Panacea, Potential and Pitfalls, 3.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 131du matriel import (quipement informatique et logiciels), et dautres circons-tances. Les chercheurs ont test les cots relatifs du personnel de guichet et desguichets automatiques dans plusieurs pays des marchs mergents (dont leBrsil, lInde, le Kenya, la Malaisie, le Mexique, le Nigeria et lAfrique du Sud)et, exception faite de lInde, la relation est peu prs la mme.6 La comparaisonrvle le potentiel de rduction des cots quoffre la technologie, un lmentparticulirement important aujourdhui car les institutions financires doiventaffronter des marchs de plus en plus concurrentiels.Les difficults associes la technologie. En dpit de la chute vertigineuse descots de la technologie, et bien quelle soit utilise par les institutions finan-cires de la Bolivie jusqu lInde, les cas de russite sont encore plutt isolsdans le secteur de la microfinance. Plusieurs difficults font encore obstacle ladoption gnralise de la technologie pour tendre rapidement loffre deservices financiers dans les territoires des millions de personnes: Le niveau dalphabtisation et dinstruction de la clientle et du personnel.Une clientle illettre et sans instruction na pas forcment confiance dansla technologie. Les membres du personnel peuvent tre rticents ou malprpars adopter les nouvelles technologies. Il peut tre ncessaire de lesformer cet effet. Linfrastructure. Il est peut tre difficile pour les institutions financiressitues dans les pays dpourvus de rseaux de communication et dlectri-132 La finance pour tous6. Ketley, Davis et Truen, An Inter-country Survey of the Relative Costs of BankAccounts: A Study for Finmark Trust, 1921 et Entretien avec Richard Ketley, direc-teur, Genesis Analytics.FIGURE 7.2 Cots indicatifs selon le moyen utilis pour loffre de serviceSources: BAI.org, selon Ketley, Davis et Truen, An Inter-country Survey of the Relative Costs of Bank Accounts: A Study for Finmark Trust,19 et Ketley et Duminy, Meeting the Challenge The Impact of Changing Technology on MicroFinance Institutions.GuichetierTlphoneCourrierGuichets automatiquesBanque virtuelleinternet/tlphonie mobileAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 132cit fiables de mettre en uvre des solutions technologiques faisant appel la connectivit avec internet, ou mme llectricit. Lenvironnement politique. Au fur et mesure des progrs accomplis par labanque virtuelle, les gouvernements et les autorits de rglementation sef-forcent dvaluer les consquences de ces nouveaux moyens (par exemplele dpt de fonds par le public auprs de petits dtaillants de quartiersdpourvus de toute autorisation formelle pour ce faire). linverse, ltatpeut contribuer largir laccs en mettant en place des systmes natio-naux didentification (numriques ou biomtriques) ou en recourant auxrseaux lectroniques pour procder au paiement des prestations sociales,de retraite et salariales. La capacit des prestataires de services financiers. Les institutions finan-cires, tout particulirement les IMF, nont quune capacit limite dab-sorption de la technologie. En outre, les prestataires de services financiers,quels quils soient, ont tendance prendre en compte leurs propres besoinsau lieu dlaborer des solutions rellement efficaces pour leurs clients. Lexistence de systmes de renseignements fiables. Une institution ne devraitinvestir dans les technologies de prestation de services que si elle sest auparavantdote de systmes de renseignements solides. Or, dans de nombreux marchs,ces systmes ne sont pas disponibles, ou leur laboration est trop coteuse.Si lon peut surmonter ces difficults, le rsultat peut tre stupfiant. Le casdu Brsil est peut-tre le plus prometteur en termes dutilisation de la techno-logie comme moyen de mise en uvre acclre de systmes financiers acces-sibles tous. En quelques annes, quatre banques ont ouvert 8 millions denouveaux comptes en installant la technologie des terminaux points de vente,qui dlivrent des services financiers chez environ 27 000 correspondantsbancaires (supermarchs, dtaillants, kiosques postaux et de loterie).7 Mmesil est difficile dvaluer le degr de pauvret exact de ces clients, les banquesconcernes ont certainement introduit de nouveaux clients dans le systmebancaire. En outre, des recherches rcentes indiquent que prs de la moitides clients des correspondants bancaires dune banque ont un revenumensuel infrieur 80 dollars, alors mme quelle ne cible pas forcment dessegments de clientle pauvres. Aprs un certain temps, mesure que lesbanques brsiliennes commencent cerner les besoins en services financiersdes clients plus pauvres, il est possible quelles commencent introduire desproduits de microfinance plus labors et plus spcifiques.8Une meilleure exploitation des transferts dargentIl est estim que les immigrants des pays en dveloppement travaillant en dehorsde leur pays dorigine renvoient chez eux chaque anne au moins 126 milliardsde dollars.9 Mieux encore, dans la perspective de la mise en place de systmesDfis transversaux 1337. Ivatury, Using Electronic Payments to Build Inclusive Financial Systems.8. Entretien avec Gautam Ivatury, spcialiste en microfinance, CGAP.9. Ratha et Maimbo, Remittances: An Economic Force in Many Countries.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 133financiers accessibles tous, il est probable que les transferts de fonds lint-rieur des frontires soient encore plus importants. La croissance exponen-tielle des transferts dargent et les volumes considrables associs (suprieursaux flux des marchs financiers et lassistance officielle au dveloppementde nombreux pays) ont attir lattention des dcideurs politiques, y compriscelle du G8, des chercheurs, des agences de dveloppement et des institutionsfinancires. Les pauvres et les habitants des rgions rurales isoles sontfrquemment les bnficiaires de ces transferts de fonds, mme si dautressegments de la socit en bnficient galement. Malheureusement, seuleune proportion relativement faible de ces fonds demeure au sein du systmefinancier, car un grand nombre de ces bnficiaires encaissent leur argent etle dpensent immdiatement. Le dfi consiste transformer les bnficiairesde ces transferts en clients bancaires. Cela aiderait les bnficiaires pauvres amliorer la gestion de leur argent et augmenter leurs actifs, et pourrait enoutre constituer une source fiable de fonds et de revenus pour les prestatairesde services financiers.Le flux des transferts dargent aujourdhui.10 On estime que lAmrique latineet les Carabes reoivent plus de transferts dargent transfrontaliers effectuspar des migrants que nimporte quelle autre rgion. Ils sont suivis par lAsiedu Sud, puis le Moyen-Orient et lAfrique du Nord (voir la figure 7.3).11 Lespremiers pays bnficiaires comprennent le Mexique et lInde, tandis que lespays lorigine des plus gros volumes sont les tats-Unis et lArabie Saoudite.Mme si lessentiel des recherches actuelles concernent les transferts dar-gent effectus depuis les pays dvelopps en direction des pays en dveloppe-ment, les migrants transfrent galement un volume considrable dargententre les pays en dveloppement et lintrieur de ceux-ci. Par exemple, lestravailleurs migrants chinois ont expdi 45 milliards de dollars lintrieurde leur pays en 2003. Les transferts intrieurs et rgionaux sont en gnralplus nombreux, et dun montant plus faible, que les transferts nord-sud: lestravailleurs migrants intrieurs et rgionaux des pays en dveloppementsemblent plus pauvres que ceux ayant immigr dans les pays industriels.En ce sens, et dans la perspective de laccs aux services financiers, il serasans doute encore plus important de canaliser les transferts dargent int-rieurs et rgionaux des migrants que les transferts dargent transfrontaliers. Ilest ncessaire de trouver de meilleures solutions pour les transferts dargentnationaux et rgionaux. Mme dans le cas des transferts internationaux, lesystme national de transfert est le dernier maillon reliant les bnficiaireshabitant les zones rurales, par exemple, aux fonds leur parvenant depuis lacapitale.Des systmes formels et informels coexistent pour le transfert de fonds(aussi bien au niveau international qu lintrieur dun pays). Il nest pas134 La finance pour tous10. La prsente section utilise les donnes de louvrage suivant: Isern et Deshpande,Crafting a Money Transfers Strategy: Guidance for Pro-poor Financial ServiceProviders.11. Orozco, Worker Remittances: An International Comparison, 3.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 134surprenant que lessentiel des renseignements disponibles concernent lesmthodes formelles. Le march des transferts dargent individuels est dominpar les socits spcialises de transfert dargent: Western Union, MoneyGramet Vigo Remittance Corporation. Les autres prestataires formels comprennentles banques commerciales, les bureaux de poste, les bureaux de change et lesmutuelles de crdit. Diffrents acteurs dominent diffrents marchs. Parexemple, 70% des transferts dargent de migrants en provenance des tats-Unis et vers lAmrique latine sont effectus par des socits de transfert dar-gent, alors que ce sont les banques qui ont la part de march la plus impor-tante pour les transferts vers des pays tels que la Turquie, lInde et lesPhilippines. En Chine, la poste dplace de gros volumes dargent dans tout lepays.Les systmes informels comprennent tous les transferts transfrontaliers etintrieurs effectus en dehors des entits lgalement immatricules ou rgle-mentes. Les estimations concernant les fonds envoys par lintermdiairedamis, de la famille ou dautres moyens non recenss schelonnent entre40% et 100% des montants expdis au moyen des mcanismes formels. Lesystme de transfert informel le plus frquent est celui du transport de liqui-dits. Dans de nombreux pays, il sest mis en place des systmes trs laborsqui dplacent des montants importants. Ces systmes informels sont particu-lirement actifs en Asie (tout particulirement en Inde et en Chine), auMoyen-Orient et dans certains pays dAfrique tels que le Mali, le Sngal et leSoudan. On peut citer les exemples des hundi (Asie mridionale), fei-chen(Chine), padala (Philippines) et hawala (Moyen-Orient). Beaucoup des exp-diteurs et des bnficiaires prfrent les mcanismes informels qui sontrapides, discrets et se font sans documentation contraignante. Ils sont en outreplus accessibles, tout particulirement pour les expditeurs dpourvus depices didentit, et ils peuvent sembler plus srs car ils mettent en jeu desrelations personnelles.Difficults et potentiel. tant donn les flux considrables de capitaux voya-geant par des systmes internationaux et nationaux de transfert dargent, oDfis transversaux 135FIGURE 7.3 Flux mondiaux des transferts dargent des migrants, par rgion, 2002Source: Orozco, Worker Remittances: An International Comparison, 3.Amrique latine et CarabesAsie du SudMoyen-Orient et Afrique du NordAsie orientale et PacifiqueEurope et Asie centraleAfrique mridionaleAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 135se situent les problmes? Ces problmes sont essentiellement au nombrede trois: un problme de cot, un problme de scurit, et labsence deproduits dpargne complmentaires appropris chez les prestataires deservices financiers. Ces difficults relvent du problme plus vaste consis-tant dterminer le meilleur moyen dincorporer ces flux de capitaux, etles personnes pauvres et faible revenu qui les reoivent, au sein du systmefinancier.Les cots des transferts dargent et autres transferts formels des migrantssont en recul depuis quelques annes, mais restent levs dans de nombreuxcas. Par exemple, en 2002, le cot total du transfert de 200 dollars verslgypte ou lInde par lintermdiaire dune socit de transfert dargent attei-gnait prs de 14%. Il est intressant de noter que, comme lindique le tableau7.1, les banques facturent des frais infrieurs ceux des socits de transfertdargent, voire quelquefois nettement infrieurs. Cette diffrence de prixpermet dexpliquer pourquoi les transferts en direction de lAmrique latinesont tellement plus coteux que vers les autres pays du monde, en dpit devolumes plus levs.La plupart des transferts dargent en direction de lAmrique latine et desCarabes sont encore effectus par lintermdiaire de socits de transfertdargent, bien que les banques commencent intervenir sur ce crneau.12Dautres facteurs pourraient permettre de diminuer les cots: une augmen-tation de la concurrence sur ce march, lintroduction de systmes de paie-ment plus efficaces permettant aux fonds de circuler plus librement et unemeilleure diffusion de linformation aux consommateurs au sujet des optionsexistantes.13136 La finance pour tousTABLEAU 7.1 Cot dun transfert de 200$ vers quelques pays, effectu par des banques et des socits de transfert dargent (STA)Source: Orozco, Worker Remittances: An International Comparison, 10.a. Moyenne de lchantillon total, y compris des pays ne figurant pas dans ce tableau.Pays Banque STAPhilippines 8,0% 10,3%Inde 6,0% 13,8%Grce 6,8% 9,5%Portugal 3,4% 12,3%Turquie 3,1% 9,5%Moyennea 7,0% 12%12. Orozco, Workers Remittances: An International Comparison, 15, 16.13. World Economic Outlook, Globalization and External Imbalances.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 136Les systmes informels de transfert dargent des migrants sont peut-tremoins coteux, mais ils prsentent des risques de perte ou de retard et sontassocis dautres dangers, notamment le blanchiment dargent ou le finan-cement du terrorisme.14 Nombreux sont les utilisateurs de ces systmes infor-mels qui ont t victimes de vols ou de retards. Dans de nombreux pays, il estrisqu de transporter des sommes en liquide. Les transporteurs informels nesont pas forcment fiables, certains dcidant par exemple dutiliser une partiedes fonds convoys pour payer la rparation de leur vhicule ou dautres frais.Depuis quelques annes, on observe un dclin de la confiance accorde auxmcanismes informels.La transition des mcanismes informels vers lutilisation de prestataires deservices financiers peut saccompagner dune rduction de cot et duneamlioration de la scurit. Cependant, on ne peut russir intgrer lespersonnes pauvres et faible revenu au sein du systme financier par destransferts de fonds que si lon comprend de quelle faon les bnficiaires utili-sent les fonds reus. Un certain nombre dtudes ont indiqu que la majoritdes transferts transfrontaliers dargent de migrants servent la consommationde base des mnages (environ 80%). Les dpenses consacres lducation, la sant ou lamlioration de la nutrition en absorbent encore 5 10%. Lesautres priorits concernent les investissements dans un terrain, un logementou du btail en vue dun retour dfinitif au pays, les vnements sociaux, leremboursement de prts et lpargne. La relation avec lpargne est particu-lirement intressante dans le cadre de la mise en place de systmes financiersaccessibles tous. Entre 6 et 10% du montant des transferts dargent demigrants vers lAmrique latine sont verss sur des comptes dpargne dansune banque ou une mutuelle de crdit.15Un grand nombre de prestataires de services financiers qui servent dj lespersonnes pauvres et faible revenu ont commenc discerner et saisir lepotentiel reprsent par les transferts internationaux, rgionaux et nationauxpour sduire de nouveaux clients. Souvent, ces institutions peuvent largirleur offre la population environnante, offrir des prestations moins coteuseset plus sres et associer les prestations de transfert dargent pour les migrants dautres services financiers dsirs par leurs clients.Une option que peuvent utiliser les prestataires de services financiers, quelsquils soient, est de passer des contrats avec des socits de transfert dargent.Les socits de transfert dargent possdent le savoir-faire et les systmes nces-saires pour transfrer les fonds sur les plans international et national, ainsique des rseaux de points de service bien implants dans les pays dorigine desfonds. Les institutions financires tout particulirement celles qui servent laclientle pauvre apportent quant elles leur proximit avec un grandnombre de bnficiaires de transferts. Par exemple, la Kenya Post OfficeSavings Bank (KPOSB) collabore avec la Western Union depuis 10 ans. CeDfis transversaux 13714. On trouvera au chapitre 5 une prsentation de limpact, sur les finances des pauvres,des mesures de lutte contre le blanchiment dargent.15. Intercooperation, Remittances, the Money of the Migrants, 2.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 137138 La finance pour toussystme concerne les transferts internationaux et nationaux et relie plus de160 000 agents dans plus de 190 pays. La KPOSB organise rgulirement desvnements publicitaires pour les Kenyans vivant aux tats-Unis.16Les banques peuvent devenir les correspondants de banques internatio-nales situes dans dautres pays ou rgions. Afin de diminuer le cot de cestransferts de banque banque pour le client final, certaines institutions finan-cires regroupent les montants correspondant un jour ou plusieurs joursen un seul envoi. Ces exemples comprennent la FONKOZE Hati, CityNational Bank of New Jersey aux tats-Unis, Banco Solidario en quateur etles banques dpargne espagnoles.17Un autre mcanisme est celui de linitiative mondiale associant les WorldCouncil of Credit Unions (WOCCU) avec MoneyGram, Travelex et la VigoRemittance Corporation. LInternational Remittance Network (IRnet) de laWOCCU permet aux rseaux de coopratives dpargne et de crdit de distri-buer les transferts dargent des migrants aux clients relativement pauvres etisols des pays en dveloppement. Les clients peuvent utiliser IRnet pourenvoyer de largent depuis une mutuelle de crdit aux tats-Unis vers desmutuelles et autres partenaires situs dans tout lhmisphre occidental,lAustralie et certains pays dAsie, dAfrique et dEurope. Les mutuelles decrdit participantes peuvent offrir dautres services aux clients effectuant destransferts dargent.18La technologie prsente une autre option pour diminuer le cot des trans-ferts dargent des migrants et autres transferts, tout en permettant dassocierces flux dautres services financiers destins aux clients pauvres (voir lasection prcdente Optimisation de la technologie pour rduire les cotsdopration au sujet des applications de la technologie avance). Les tl-phones portables sont dj utiliss cet effet dans des pays tels que lesPhilippines, les mirats Arabes Unis, le Mozambique et lAfrique du Sud. Enoutre, les services de transfert dargent des migrants utilisant un systme decarte gagnent en popularit, tout particulirement en Amrique latine, rgiondu monde o le plastique est trs utilis. Par exemple, la socit Visa sest asso-cie avec des banques partenaires en Colombie, en Rpublique dominicaine,en quateur, au Salvador, au Mexique et au Prou. On peut galement citerlexemple de lassociation forme entre le rseau de microfinanceOpportunity International et MasterCard pour introduire une carte dont lenom marie les deux marques: Opportunity Card.19Larrive de nouveaux acteurs sur le march des transferts dargent desmigrants transfrontaliers et nationaux, de mme que les partenariats forms16. Voir le site Web suivant : www.postbank.co.ke; Kabbucho, Sander et Mukwana, Passingthe Buck, Money Transfer Systems : The Practice and Potential for Products in Kenya, 12 etSander, Capturing a Market Share, Migrant Remittance Transfers and Commercia-lisation of Microfinance in Africa, 8.17. Isern et Deshpande, Crafting a Money Transfers Strategy: Guidance for Pro-poorFinancial Service Providers, 11.18. Intercooperation, Remittances, the Money of the Migrants, 2; www.woccu.org.19. USAID/AMAP et DFID, Card-Based Remittance Services, 5.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 138Dfis transversaux 139entre diffrentes entits et lapplication de la technologie, pourraient largirlaccs aux services financiers des personnes exclues du systme bancaire.Limpact de cette volution sur la vie des pauvres dpend de la capacit desprestataires de services offrir des services de paiement et de transfert debonne qualit et cot modr, paralllement aux autres services financierssouhaits par les personnes pauvres et faible revenu.Accs aux paysans et aux clients des zones rurales isolesLe financement agricole a une longue histoire dans les pays en dveloppe-ment. Malheureusement, les premiers modles de crdit agricole ont nette-ment chou dans loffre dun accs permanent aux services financiers.20 Enoutre, en dehors des zones forte densit de population dAsie, le microcrdittraditionnel na pas vraiment russi pntrer les zones rurales. Dans laplupart des pays en dveloppement, les dcideurs politiques admettent lexis-tence dune carence importante de loffre de services financiers dans lesrgions rurales. Par ailleurs, les trois quarts de la population mondiale subsis-tant avec moins de un dollar par jour vivent en milieu rural, un fait quirenforce lurgence de trouver une solution pour offrir des services financiersprennes de bonne qualit dans les zones rurales.Les services financiers dans les zones rurales: la terminologie. Il existe unecertaine confusion au sujet des dfinitions de la finance rurale et agricole,tout particulirement en ce qui concerne la clientle pauvre.21 Le terme finance rurale dsigne les services financiers offerts et utiliss dans les zonesrurales, quel que soit le niveau de revenus des utilisateurs. La finance agri-cole est un sous-ensemble de la finance rurale dont lobjet est le financementdes activits agricoles, comme les prts destins financer lachat dengrais oula vente de rcoltes, ou les produits dassurance conus pour rpondre auxbesoins spcifiques des paysans et travailleurs agricoles. Le terme microfi-nance dsigne les services financiers destins aux personnes pauvres et faible revenu, et elle comprend les segments infrieurs de la finance rurale etagricole (voir la figure 7.4).Trois types de prestataires assurent en gnral la prestation de servicesfinanciers aux mnages ruraux et agricoles. En premier lieu, les prteurs agri-coles traditionnels (qui sont souvent des banques agricoles publiques ou dedveloppement, et quelquefois des coopratives financires) offrent des prtsadapts aux cycles de trsorerie irrguliers et aux relations commercialesspcifiques des paysans, mais ces institutions souffrent frquemment decarences au niveau de la gestion financire et des taux de remboursement. Endeuxime lieu, les IMF, pour leur part, affichent une certaine russite de leursproduits de prt traditionnels et obtiennent souvent des taux de rembourse-ment plus levs. Toutefois, elles offrent des prts minuscules, dont les20. On trouvera une prsentation plus dtaille sur ce sujet au chapitre 5.21. Ces dfinitions proviennent de louvrage suivant: Pearce, Financial Services for theRural Poor.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 139remboursements frquents et rguliers ne correspondent pas aux fluctuationsde la trsorerie de la plupart des exploitations agricoles familiales ( moinsquelles naient plusieurs sources de revenus, comme on lobserve parexemple au Bangladesh).Enfin, la principale source de financement du secteur agricole dans laplupart des pays nest ni une banque, ni une cooprative, ni une IMF. Enralit, les paysans font appel leurs propres ressources ou celles de leurfamille, ou obtiennent le financement de leur activit auprs de leurs relationscommerciales. Ces prestataires comprennent les fournisseurs dintrants agri-coles (les vendeurs dengrais, par exemple), les commerants et les entre-prises de transformation.Ces prestataires plus informels comprennent les besoins financiers despetits agriculteurs et peuvent leur offrir le financement correspondant auxfluctuations de leur trsorerie. Toutefois, le cot vritable de ce type de crditnest pas forcment transparent: quel est le taux dintrt dans le cas dunchange dengrais aujourdhui contre une portion de la rcolte future dupaysan lan prochain?22Il est important de faire observer que la plupart des familles paysannes nedpendent pas dune seule source de revenu agricole. Pour survivre, lesmnages ruraux pauvres sefforcent de diversifier leurs sources de revenus. Ilen dcoule que le crdit agricole nest pas forcment le principal service finan-cier dont ont besoin ces mnages. Dautres services peuvent tre tout aussiessentiels dans la perspective des diverses stratgies utilises par ces mnagespour accumuler des actifs et minimiser leur vulnrabilit: un endroit sr oconserver des liquidits (aprs la rcolte, par exemple), des produits de trans-140 La finance pour tousFIGURE 7.4 La terminologie de la microfinance ruraleSource: Pearce, Financial Services for the Rural Poor.22. Christen et Pearce: Managing Risks and Designing Products for Agricultural Microfinance:Features of an Emerging Model, 50.MicrofinanceSecteur financierFinance agricoleFinance ruraleAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 140fert fiables pour recevoir les fonds envoys par des proches installs dans lacapitale ou ltranger, diffrents produits dassurance.23Difficults. Pourquoi est-il si difficile de servir les zones rurales de faondurable? Les zones rurales prsentent un certain nombre de difficults spci-fiques pour les prestataires de services financiers.24 Dispersion de la demande. La faible densit de la population dans denombreux pays signifie que loffre de services financiers doit couvrir delongues distances. Les prestataires de services financiers ont donc du mal toucher cette clientle dune manire qui soit abordable en terme de cot. Niveau lev des cots dinformation et dopration. Le manque dinfra-structures (routes, tlcommunications) et de donnes relatives la clien-tle (ni documents didentit, ni rfrences sur lhistorique de crdit)augmente le cot des oprations. Faiblesse de la capacit institutionnelle des prestataires financiers dusecteur rural. Le manque de candidats instruits et bien forms dans lespetites communauts rurales fait obstacle lembauche de personnel etaugmente les cots. Caractre saisonnier dun grand nombre dactivits agricoles et longuespriodes de maturation pour dautres. En raison de la nature fluctuantedes revenus agricoles, la demande de crdit varie au fil des saisons, emp-chant les prestataires de formuler des prvisions dactivit. Risques spcifiquement associs lactivit agricole. Intempries, animauxnuisibles et maladies, fluctuations des prix et accs limit aux fournisseurset aux marchs sont autant de risques associs lactivit agricole. Cesrisques peuvent en outre frapper un grand nombre de mnages pauvres aumme moment, ce qui peut avoir un impact dsastreux sur le prestataire deservices financiers. Dans les zones faible revenu, ces risques sont encoreplus levs. Absence de biens pouvant tre placs en garantie. Mauvaise dfinition desdroits de proprit et dusage de la terre, procdures denregistrementcoteuses et prolonges, systme judiciaire alatoire: tous ces facteurs fontquil est rarement possible de produire une garantie fiable dans les zonesrurales pauvres.Ces difficults augmentent encore le risque et le cot subis par les presta-taires de services financiers. Toutes ces difficults sont dautant plus svresquun grand nombre de mnages dans une rgion donne peuvent treaffects au mme moment par le mme vnement contraire. Par exemple,des conditions mtorologiques dfavorables affecteront tous les exploitantsagricoles de la rgion, de mme que tous ceux dont lactivit non agricolecompte principalement sur une clientle dagriculteurs. Par ailleurs, linten-sit de la pauvret dans les zones rurales, associe au manque dactifs quipourraient attnuer limpact des chocs dfavorables, font que leurs habitantsDfis transversaux 14123. Evans et Ford, A Technical Guide to Rural Finance, 2.24. Pearce, Financial Services for the Rural Poor.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 141142 La finance pour toussont encore plus vulnrables face ce qui pourrait constituer une crisesurmontable pour leurs concitoyens vivant en milieu urbain.25Surmonter les obstacles. Un certain nombre de prestataires de services finan-ciers ont imagin des faons innovatrices de surmonter les nombreux obsta-cles, attnuer les risques et les cots de loffre de services financiers perma-nents aux mnages pauvres des zones rurales, tout particulirement auxfamilles exerant une activit agricole. Une analyse rcente de 30 approchesparticulirement prometteuses a mis jour les 10 conseils suivants pour loffrerussie de crdit aux mnages agricoles.26 Dissocier les remboursements de lutilisation du prt. Les prestataires ontpu nettement augmenter les taux de remboursement en prenant encompte, au moment de lvaluation de la capacit rembourser, lintgra-lit des activits du mnage, cest--dire un certain nombre dactivits gn-ratrices de revenus et de stratgies financires labores pour faire face de nombreuses obligations. Par exemple, Caja los Andes et FondoFinanciero Privado PRODEM (Bolivie) et Financiera Calpi (Salvador)naccordent pas de prts aux foyers dont lactivit agricole se limite untype ou deux de rcoltes et qui ne peuvent pas compter sur un revenu nonagricole. Recourir aux mthodes de prt fondes sur le profil de lemprunteur(garantie de groupe, biens non traditionnels accepts en garantie) lors dela slection des emprunteurs, du choix des conditions de prt et du recou-vrement des prts. Lvaluation technique de la production agricole et desmarchs ne suffit pas. En Ouganda, la Centenary Rural Development Bankaccepte des garanties non agricoles: garanties personnelles, terrainsdpourvus de titre, articles mnagers et matriel professionnel. Fournir des mcanismes dpargne. On observe que les mnages exerantune activit agricole sont bien plus nombreux pargner qu empruntersi on leur offre des comptes de dpt appropris qui les aident cono-miser en prvision de la priode de soudure avant la rcolte. En Thalande,la Bank for Agriculture and Agricultural Cooperatives (BAAC) est passepeu peu de banque de prt agricole banque indpendante plus diversi-fie offrant toute une gamme de produits de dpt. En 2003, la BAACcomptait 5 millions de clients pargnants, dont 2,7 millions avaient reu unprt.27 Diversifier le risque de portefeuille. Il est frquent que les institutionsrentables octroient des prts diffrents types de mnages agricoles, parexemple des clients exerant plusieurs activits agricoles ou non agricoles,ou vivant dans dautres rgions, ce qui protge leur portefeuille de prtscontre les risques agricoles et naturels. Par exemple, la suite dEl Nio et25. Miller, Twelve Key Challenges in Rural Finance, 1, 2.26. Ces renseignements (de mme que la prsente sous-section) proviennent de lou-vrage suivant: Christen et Pearce, Managing Risks and Designing Products for AgriculturalMicrofinance: Features of an Emerging Model.27. Haberberger, Creating an Enabling Environment for Microfinance The Role ofGovernments: Experiences from Thailand.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 142dune pidmie survenus vers la fin des annes 1990 et au dbut des annes2000, Caja Rural San Martn, au Prou, a amlior la qualit de son porte-feuille en le diversifiant de manire y inclure non seulement les prts auxcultivateurs de riz, mais galement des prts aux microentreprises, au loge-ment et la consommation. Ajuster les conditions des prts et les dlais de remboursement de faon prendre en compte la nature cyclique des mouvements de trsorerie et levolume des investissements typiques du milieu agricole, tout en continuant exiger des remboursements, quel que soit le succs ou lchec dune acti-vit agricole particulire. Par exemple, la Small Farmer CooperativePrithvinagar (Npal) a allong la dure de ses prts agricoles et introduitune priode de grce et des dlais de remboursement correspondant auxfluctuations de trsorerie de la culture du th. Inclure des termes contractuels qui associent le soutien technique lutilisa-tion dintrants spcifiques afin de rduire le risque de prix, de renforcer laqualit de la production et de contribuer garantir les remboursements, toutparticulirement dans les cas o la qualit ou la quantit dune rcolte parti-culire constitue une proccupation fondamentale: pour les commerantsagricoles ou les transformateurs par exemple. Une socit affilie au troi-sime fabricant mondial de tracteurs du monde Mahindra Shubhlabh(MSSL) aide les paysans indiens accder au crdit en agissant commeagent pour les banques, incitant les banques fournir des prts aux paysans,et travaillant avec les acheteurs agro-industriels dans le cadre dune entente trois: la banque, lacheteur et MSSL comme fournisseur dintrants agricoles. Adosser la prestation de services financiers linfrastructure institution-nelle existante ou la technologie en place, comme les guichets automati-ques, afin de rduire les cots dopration des prestataires de services finan-ciers et des clients dans les communauts isoles. Par exemple, lIMFgorgienne Constanta exerce son activit dans des centres de servicetemporaires, tels que des bureaux lous dans les agences de banqueslocales, afin de rduire son cot dexpansion au sein des zones rurales. Accorder des prts des organisations associatives (des associations depaysans, par exemple) afin de rduire les cots dopration ( conditionque lassociation puisse administrer les prts de faon efficace). Certainesde ces organisations (les mutuelles de crdit, par exemple) peuvent gale-ment tre elles-mmes des prestataires de services financiers viables.LUnion des Banques Populaires du Rwanda (UBPR) finance par exempledes coopratives de producteurs de caf en intgrant des paysans auxbanques populaires locales.28 Recourir aux produits dassurance bass sur des indices rgionaux, dont lesindemnisations sont lies par exemple la pluviosit de la rgion ou auxcours des matires premires, pour assurer une protection contre lesrisques lis au crdit agricole. Bien que les exemples de russite soientrares, lexprience initiale de la cooprative tanzanienne de cafDfis transversaux 14328. Evans et Ford, A Technical Guide to Rural Finance, 9.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 143144 La finance pour tous(Kilimanjaro Native Cooperative Union ou KNCU) est prometteuse car ellea russi se protger des fluctuations de cours laide dinstruments finan-ciers qui garantissent un cours minimum du caf aux paysans. Isoler les dcisions relatives au crdit de lingrence politique. Mme lesprogrammes les mieux conus et les mieux grs ne peuvent survivre si legouvernement ordonne un moratoire des remboursements ou une autremesure irrflchie. Par exemple, la remise de dettes accorde en 1999 par legouvernement costaricain a considrablement affaibli le taux de rembourse-ment des crdits de Financiera Trisan octroys des paysans au moyen dunsystme de carte de crdit pour lachat de produits agrochimiques.Lencadr 7.2 illustre le cas dune institution malgache qui a mis en uvreavec succs plusieurs de ces conseils. Bien que de nombreux prestataires deservices financiers aient suivi ces principes, cette dmarche reste difficile accomplir. Les obstacles multiples sont encore si forts que la majorit des habi-tants des zones rurales sont toujours exclus des services financiers formels. mesure que ces trois types de prestataires (prteurs agricoles traditionnels,IMF et partenaires agroindustriels) continuent dchanger les connaissancesacquises de lexprience, ils laboreront de nouvelles techniques permettantdintgrer des groupes toujours plus importants de pauvres ruraux au sein dusystme financier.Mesure du rendement socialAujourdhui, un grand nombre de gens pensent quil faudrait mesurer lerendement social de la microfinance. En vertu du raisonnement que mesurerquelque chose revient encourager sa ralisation, les adeptes dune mesuredu rendement social sefforcent de parvenir un quilibre entre la transpa-En 1993, des paysans des Hautes Terres du centrede Madagascar ont cr les Caisses dpargne etde Crdit Agricole Mutuels (CECAM). En mai2003, le rseau comptait approximativement52 000 membres. La CECAM a conu cinqproduits de crdit correspondant aux diversbesoins de financement des mnages agricoles.Les prts agricoles financent la culture ou lle-vage, et les conditions de remboursement sontstructures pour correspondre au cycle de trso-rerie des mnages agricoles.Le systme de location-vente aide les petits produc-teurs, artisans ou commerants acheter desmachines agricoles, du matriel ou dautres biens deproduction. Les prts communautaires de stockageen grenier aident les paysans stocker leur rcoltedans un entrept commun, de faon obtenir un prixplus lev. En cas de crise, un prt durgence offreune meilleure option que le recours aux usuriers. Lesprts commerciaux aux coopratives agricolespermettent de financer la fourniture dintrants ainsique la cueillette, le stockage et la commercialisationen commun des produits des membres.ENCADR 7.2 Madagascar, la CECAM offre une gamme de prts aux familles exerant des activits agricolesSource: Fraslin, CECAM: A Cooperative Agricultural Financial Institution Providing Credit Adapted to Farmers Demand in Madagascar, 3, 4.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 144rence du rendement financier et la transparence de lautre rsultat spci-fique la microfinance: la satisfaction des objectifs sociaux.29Les gouvernements et bailleurs de fonds du secteur public veulent dmon-trer que largent des contribuables consacr la microfinance permet de faireune diffrence dans les conditions dexistence des pauvres. Le fait dvaluerles bnfices sociaux des diffrentes sortes de programmes de dveloppementpermet galement de dcider quelle est la meilleure faon de distribuer lesfonds publics. Un groupe de plus en plus important dinvestisseurs privsoprant dans une optique sociale prennent leurs dcisions dinvestissementdans la perspective dun objectif de rendement double: ils acceptent unrendement financier moindre condition que le rendement social compensela perte de profit. Bien que ce compromis soit infiniment moins prcis quonne le pensait auparavant, lamlioration des renseignement disponibles ausujet de la dimension sociale de lquation offre ces investisseurs un niveaude confort plus lev pour effectuer leurs choix dinvestissement. Les institu-tions financires elles-mmes considrent frquemment le rendement socialcomme un lment essentiel de leur mission et une meilleure gestion desdonnes relatives cet aspect de leur activit devrait les aider mieux servirleurs clients. En 2005, un groupe de 30 rseaux de microfinance, prestatairesde services financiers, bailleurs de fonds et autres intervenants parmi les plusdynamiques se sont engags formellement valuer, dcrire et amliorerla gestion de leur rendement social et des organisations auxquelles ils appor-tent leur soutien.30En mme temps, il convient de faire remarquer que lessentiel de lactionen faveur de normes de rendement social est attribuable aux bailleurs defonds et investisseurs sociaux internationaux, ainsi quaux destinataires bn-ficiant de leurs concours financier. mesure que la microfinance sintgreraau systme financier gnral, et que le financement priv gagnera eninfluence, on peut se demander si lattention porte limpact social resteraune proccupation essentielle. Dans un grand nombre de contextes, les insti-tutions financires dcouvrent que les clients trs pauvres reprsentent unmarch intressant en lui-mme et non pas un segment de march servirdans une perspective sociale. Cela signifie que toutes les institutions nont pasforcment besoin de mesurer le rendement social de la faon dfinie dans cechapitre. Notons quil nexiste pas dapproche universelle dans le domaine durendement social.Dfinir le rendement social. Les leaders du secteur de la microfinance ontdfini le rendement social comme la traduction effective des objectifssociaux dune institution (actions, mesures de correction, rsultat).31 lheure actuelle, il nexiste pas de normes ni de cadre mondialement acceptsDfis transversaux 14529. Social Performance Task Force in Microfinance, What Is Social Performance?www.microfinancegateway.org/resource_centers/socialperformance.30. CGAP, More than 30 Organizations Sign Social Performance Pledge, 3.31. Social Performance Task Force in Microfinance: Promoting Social Performance inMicrofinance: Toward a Double Bottom Line. www.microfinancegateway.org/resource_centers/socialperformance.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 145pour la publication des rsultats du rendement social en microfinance. Enfait, chercheurs universitaires, experts, investisseurs et institutions financiresque le sujet intresse sont en train de convenir de mthodes qui permettraientde mesurer le rendement social. Il convient dexaminer au moins trois niveauxde rendement:32Structurer les oprations en fonction de la mission. Au niveau de la concep-tion, il est important de dterminer si linstitution financire a dfini samission sociale clairement, et si les services offerts et les mthodes de travailemployes sont cohrents avec sa mission sociale. Par exemple, si lobjectifofficiel dune institution financire est de servir les travailleurs agricoles sansterre en milieu rural, elle doit pouvoir offrir des produits dpargne facile-ment accessibles sur leur lieu de travail le jour de la paie. Au mme niveau, onpeut galement sinterroger sur les mcanismes utiliss par les institutionsfinancires pour cibler et identifier les mnages pauvres. Une institution peutdcider par exemple de cibler les mnages vivant dans des habitations recou-vertes dun toit de chaume (au lieu dun toit en tuiles) dans une rgion parti-culire, pour garantir quelle touche une clientle pauvre. linverse, on peutgalement se demander si certaines procdures en place ont pour effet dli-miner les pauvres que le prestataire sefforce de toucher (lobligation defournir une garantie, par exemple).33Quelques projets internationaux sefforcent lheure actuelle de dfinir etde tester des indicateurs ce niveau, notamment lInitiative sur les indicateursde rendement social mise en uvre par les membres du Comit dchange,de Rflexion et dInformation sur les Systmes dpargne-Crdit (CERISE) enFrance.34 Loutil dvaluation de la pauvret du CGAP est un autre outil quipeut tre utilis aussi bien par des tiers (bailleurs de fonds) quau niveauinterne par la direction dune institution.35Toucher la clientle cible. Au niveau suivant, la question primordiale est desavoir si une institution financire parvient toucher les groupes quelle adcid de cibler. Il peut tre trs difficile et coteux dobtenir une mesure fiabledu degr rel de pauvret dun individu. Quel que soit leur statut sociocono-mique, la plupart des gens rpugnent communiquer des renseignements ausujet de leur revenu, et il est donc peu probable que des questions directes puis-146 La finance pour tous32. On trouvera au chapitre 2 une prsentation plus dtaille de deux de ces niveaux:ralisation de lobjectif (qui est touch?) et impact (comment laccs aux servicesfinanciers amliore-t-il les conditions dexistence des pauvres?). 33. Les avantages et inconvnients de lapproche visant cibler la clientle sont prsentsau chapitre 2.34. Voir, par exemple, Zeller, Lapenu et Greeley: Social Performance IndicatorsInitiative (SPI) : Final Report, et www.cerise-microfinance.org. Le rseau CERISEcomprend quatre organisations franaises de soutien la microfinance uvrant danstoutes les rgions du monde en dveloppement: LIRAM (Institut de Recherches etdApplications des Mthodes de Dveloppement, Paris), le CIDR (CentreInternational de Dveloppement et de Recherche, Autrches), le GRET (Groupe deRecherche et dchanges Technologiques, Paris) et le CIRAD (Centre de CooprationInternationale en Recherche Agronomique pour le Dveloppement, Montpellier).35. Voir le site Web : www.microfinancegateway.org/content/article/detail/14196.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 146sent aboutir des rsultats satisfaisants. Devant ce problme, certains cher-cheurs ont choisi dvaluer les niveaux de consommation comme indication duniveau de revenu. Certains autres utilisent dautres indicateurs concernant diff-rents aspects socioconomiques de la pauvret (recensement de certains actifs,tels quune tlvision, ou valuation des conditions de logement).En raison de la complexit qui caractrise la mesure du degr de pauvretde leur clientle, un grand nombre dinstitutions financires choisissent depublier des donnes relatives au montant des oprations. Le raisonnement estalors que plus un client est pauvre, plus le montant de son prt ou de soncompte dpargne sera faible. Il a ainsi t cr un indicateur comparable,bien quimparfait, exprim en proportion du revenu national brut (RNB).Le MicroBanking Bulletin, une publication du Microfinance InformationeXchange (MIX), estime que les institutions dont le prt moyen par emprun-teur est infrieur 20% du RNB par habitant servent le segment infrieurdu march: en raison de la taille relativement faible de leurs prts, il estsuppos quelles touchent une clientle plus pauvre.36 Un grand nombre dex-perts doutent que la taille des prts reflte rellement le degr de pauvret dela clientle: en effet, elle peut tre plus fonction de la stratgie dune IMF oude caractristiques de sa clientle (autres que le degr de pauvret) incitantles clients demander des prts moins importants.Au-del du montant de lopration considre, deux autres approchespermettent de mesurer le degr de pauvret des clients: les mesures relatives ouabsolues. Les mesures relatives de la pauvret comparent la clientle dune insti-tution financire avec un autre groupe offrant des caractristiques similaires.Par exemple, lOutil dvaluation de la pauvret du CGAP utilise des critresindicatifs pour valuer le revenu (dpenses dhabillement et de chaussures,frquence des repas, consommation daliments de luxe, accs llectricit, leau potable et aux services de voirie, proprit de terre ou autres biens) et vri-fier le degr de pauvret de la clientle de microfinance par comparaison avecdautres habitants du mme village ou du mme quartier.37 Les mesures abso-lues de la pauvret comparent la clientle avec des normes nationales ou inter-nationales de pauvret, comme le seuil national de pauvret ou le seuil deconsommation de 12$ par jour. Un projet actuel de lUSAID consiste laborer des outils de mesure de la pauvret du mme type.38Il est de plus en plus frquent que les institutions financires et les rseauxintroduisent des cartes ou fiches dvaluation du rendement social poursurveiller les niveaux absolu et relatif de pauvret de leur clientle. Desrecherches rcentes indiquent que les modles dvaluation bass sur desrenseignements faciles observer et obtenir des clients sont relativementfiables et peuvent se rvler moins coteux que dautres outils de mesure dela pauvret de la clientle.39 Le rseau de microfinance le plus important,Dfis transversaux 14736. MicroBanking Bulletin, Introduction to the Peer Groups and Tables, 31, 32.37. CGAP, Assessing the Relative Poverty of Microfinance Clients: A CGAP OperationalTool, 2.38. On trouvera au chapitre 2 une prsentation plus dtaille de cette initiative.39. Schreiner, Poverty Scorecard for the Philippines, 1.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 147ACCIN International, mesure les caractristiques des clients que ses IMFaffilies ont slectionns pour un prt.40 Lencadr 7.3 dcrit lexprience dePrizma, une IMF bosniaque qui utilise une carte dvaluation de la pauvret etde limpact.Parvenir un impact. Le troisime niveau de rendement social est le plusdifficile mesurer, alors quil est celui qui reflte le mieux le concept de rende-ment social: limpact. Limpact reprsente les amliorations concrtes appor-tes aux conditions dexistence des clients pauvres en raison de leur accs auxservices financiers.41 Depuis longtemps, la question se pose de savoir si lesvaluations et mesures de limpact ont pour objet de prouver limpact ouplutt damliorer la qualit des services financiers offerts aux pauvres. Engnral, les bailleurs de fonds et autres financeurs extrieurs dsirent apporterla preuve de limpact social et conomique de la microfinance. Toutefois,pour mener une tude rigoureuse permettant disoler vritablement limpactde la microfinance dun grand nombre dautres variables, il faut des annes etdes ressources importantes.En revanche, un grand nombre dIMF et de rseaux prnent lutilisationde mthodes simples et faciles manier que peuvent employer les praticiensqui dsirent comprendre limpact de leurs services sur leur clientle. Ungrand nombre dIMF utilisent ces mthodes pour mieux comprendre et admi-nistrer leur rendement social. Ces mthodes sont peut-tre moins rigoureusesque les tudes plus exhaustives, mais elles offrent des donnes prcieuses surla clientle et permettent aux institutions financires damliorer la concep-tion de leurs produits.En fin de compte, la controverse opposant prouver et amliorer seraprobablement rsolue lorsque lon reconnatra la fois limportance destudes dimpact plus importantes et plus rigoureuses (probablement finan-ces par des bailleurs) effectues de faon priodique, et celle des versionsallges que les institutions financires peuvent intgrer au sein de leursoprations. Lencadr 7.4 prsente les initiatives qui traitent des mthodesmoins rigoureuses, mais nanmoins plus pratiques, de mesure de limpact.Le problme de la standardisation. Il a t relativement facile pour la commu-naut de la microfinance dinstituer des normes de description et de publica-tion des rsultats financiers. Comme lexplique le chapitre 4, ces normesfinancires sont de plus en plus conformes aux normes nationales et interna-tionales de comptabilit. On ne peut pas forcment compter sur le mmedegr de standardisation en ce qui concerne le rendement social, car il estdifficile de trouver des mesures appropries, fiables et comparables dun pays lautre. Le contexte est propre chaque pays. Par exemple, le type de mat-riau utilis pour couvrir le toit dune maison peut constituer un indicateur depauvret trs utile en Asie du Sud, mais il pourrait navoir aucune signification148 La finance pour tous40. Rhyne, Maintaining the Bottom Line in Investor-Owned Microfinance Organi-zations, 15.41. On trouvera au chapitre 2 une prsentation de limpact des services financiers sur lesconditions dexistence de la clientle pauvre.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 148en Afrique du Sud. Paralllement, si on force les institutions financires utiliser les mmes variables dans leurs rapports dactivit, cela pourrait lesdtourner de leur activit fondamentale.42Un grand nombre des initiatives mentionnes dans le prsent chapitre ontpour objet de rsoudre le problme de la standardisation. En outre, un groupede six banques de microfinance leaders en Asie, en Afrique et en Amriquelatine a entrepris de rsoudre ces difficults au moyen dune collaborationavec la Dutch Triodos Bank et la Global Reporting Initiative (GRI). Ellesprvoient utiliser les recommandations de la GRI pour publier les donnesconcernant limpact social et environnemental de leurs activits.43Une autre approche consisterait demander aux institutions financires deraliser leurs objectifs et de satisfaire leur mission, au lieu dinsister pourquelles se conforment des normes universelles. Une telle approche pourraitmieux correspondre lide quun ensemble diversifi de prestataires deservices financiers est ncessaire si lon veut pouvoir rpondre la demandenorme des clients potentiels non servis lheure actuelle. Il est probable queDfis transversaux 149Prizma, une IMF bosniaque, a labor une cartedvaluation de la pauvret et de limpact (Povertyand Impact Scorecard) pour surveiller le niveau depauvret des mnages qui composent sa clientleen fonction dun certain nombre dindicateursautres que le revenu. Prizma peut effectuer unecomparaison de sa clientle avec des normes natio-nales, car quatre des indicateurs que surveille lins-titution (proprit automobile, niveau dinstructionde la femme, taille du mnage et proprit dematriel audio) figurent galement dans lesenqutes nationales sur les mnages. En outre, cesindicateurs refltent prcisment les valeurs cultu-relles du peuple. Par exemple, la musique est unaspect extrmement important de la vie desBosniaques et ces derniers sefforcent toujoursdsesprment de possder un appareil stro: sonabsence dun foyer est donc un bon indicateur depauvret dans ce contexte.La carte dvaluation permet Prizma decomprendre diffrents types de clients: lesnouveaux clients, les clients long terme et lesanciens clients. La carte dvaluation aide Prizma mesurer lvolution des conditions dexistence de saclientle au fil du temps. Prizma a slectionnplusieurs indicateurs pour son formulaire dedemande de prt, de faon valuer le degr depauvret de chaque client lors de son premiercontact avec la banque, puis lors de chaquenouvelle demande de prt. Ces renseignementsfont partie de lensemble des rapports habituels etaident la direction diviser le march en segmentset rflchir au positionnement de sa stratgie,tout en surveillant limpact et les risques affrents certains types de clients. La carte dvaluation serten outre calculer le montant des mesures dincita-tion financire des quipes et des membres dupersonnel de lorganisation.ENCADR 7.3 Prizma mesure le rendement socialSources: Schreiner, Matul, Pawlak et Kline, The Power of Prizmas Poverty Scorecard: Lessons for Microfinance; Pawlak and Matul,A Promising Approach to Social Performance Management et Entretien avec Katarzyna Pawlak, directrice adjointe et responsable dela recherche, Centre de Microfinance pour lECE et les NI.42. Simanowitz, Social Performance, Poverty and Organizational Learning: Institu-tionalizing Impact in Microfinance, 12.43. Voir le site Web : www.globalreporting.org/news/updates/article.asp?ArticleID=379.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 149150 La finance pour tousdes institutions diffrentes se fixeront des missions sociales diffrentes maiscomplmentaires. Par exemple, certains prestataires de services financierspeuvent ne pas stre dots dun mandat social explicite, mais constater nan-moins que la prestation de services financiers aux pauvres constitue un projetcommercial profitable. Un grand nombre des points dfinis au prsentchapitre seront probablement sans objet du point de vue de ces prestataires.Pour les actionnaires et les bailleurs de fonds qui privilgient le rendementsocial, une suggestion serait dlaborer un systme daudit social qui vrifie lessystmes de linstitution et tablit un rapport en fonction des points de rf-rence dfinis par linstitution elle-mme.44 Au bout du compte, il est probableque le meilleur moyen dont disposent les actionnaires et les bailleurs de fondsPlusieurs initiatives consistent laborer des mtho-dologies dtude dimpact faciles utiliser pour lesIMF. On peut citer par exemple les Outils AIMSdvelopps par lun des programmes de lUSAID. Ilsagit dun ensemble de cinq outils que peuventutiliser les institutions financires pour recueillir lesrenseignements sur les clients ncessaires lvalua-tion dimpact et aux tudes de march. Des tudespilotes menes dans le monde entier ont indiquque ces outils gnrent des donnes prcieuses ausujet de la clientle en termes de satisfaction, dau-tonomisation et dimpact.aLe projet Imp-Act, financ par la Fondation Ford,a permis la mise en uvre dun certain nombrede mthodes faciles utiliser pour valuer lim-pact obtenu par plus de 30 IMF, avec des rsultatspositifs. En outre, le projet a tudi le rapportcot-efficacit de la mesure et de la gestion durendement social auprs de quatre organisa-tions: Organizacin de Desarrollo EmpresarialFemenino (ODEF) au Honduras, Small EnterpriseFoundation (SEF) en Afrique du Sud, FINRURALen Bolivie, et Prizma en Bosnie-Herzgovine. Cestudes ont confirm que le fait de mesurer lerendement social dans un objectif de gestiontait en soi profitable car cela encourageaitlamlioration du rendement financier et social,permettant de conserver les bons clients pluslongtemps et de lancer des produits correspon-dant mieux aux besoins de la clientle. Parexemple, lODEF a relev son taux de fidlisationde clientle de 12% entre 2002 et 2003, et leportefeuille de linstitution a augment den-viron un tiers la suite de lintroduction des prtsindividuels.bEn dernier lieu, le CGAP et la Fondation Ford se sontassocis 35 institutions financires situes dansdiffrents pays pour dvelopper et tester des indi-cateurs simples qui refltent les cibles dfinies parles Objectifs de Dveloppement du Millnaire entermes de revenu, de sant et dducation. Le Projetdes indicateurs sociaux contrlera le rendementsocial des IMF en surveillant lvolution des condi-tions dexistence sociales et conomiques de leurclientle sans chercher tablir de liens de causa-lit. Le projet sarticule autour de cinq questions :(1) les IMF touchent-elles les trs pauvres ? (2) lesmnages qui composent la clientle augmentent-ilsleur revenu et leurs actifs ? (3) le nombre denfantsscolariss augmente-t-il ? (4) les conditions sani-taires sont-elles en amlioration? et (5) les femmesgagnent-elles en autonomie?cENCADR 7.4 Les initiatives dvaluation de limpacta. www.usaidmicro.org/componen/aims/activities/tools.asp et Simanowitz, A Review of Impact Assessment Tools, 12.b . www.ids.ac.uk/impact.c . Donnes provenant du CGAP, CGAP Investment Committee Proposal, Project : Developing Social Indicators for Financial Institutions: Monitoring Progress on the MDGs.44. Idem, 12.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 150pour responsabiliser les institutions financires au sujet de leur rendementsocial est dimposer aux dirigeants ladoption dun objectif de rendementdouble.45Tant que les dcideurs (et ceux qui bnficient des rsultats finan-ciers) se soucient de satisfaire les objectifs sociaux, tels que toucher lesmnages trs pauvres ou vivant dans des rgions rurales isoles, ou augmenterle revenu de leur clientle, on peut conclure que le potentiel du rendementsocial sera probablement ralis.Protection des consommateurs pauvres46Dans de nombreux pays, les observateurs se proccupent de limpact du suren-dettement, du niveau lev des taux dintrt et des pratiques abusives imposesaux emprunteurs pauvres. Mais il nexiste pour linstant que peu danalyses surla faon dappliquer la protection des consommateurs aux services financierspour les pauvres. La prsente section tudie laspect du crdit, bien que laprotection des consommateurs concerne galement les services de dpt.Dfinition de la protection des consommateurs. La protection des consommateursregroupe tous les moyens ncessaires pour protger les intrts des consomma-teurs (dans le cas de la microfinance, il sagit en gnral des emprunteurspauvres des pays en dveloppement) et les aider comprendre leurs droits pourquils puissent prendre des dcisions raisonnes et intelligentes. Les mesurestypiques de protection des consommateurs comprennent les obligations depublication des conditions contractuelles, les rgles et interdictions relatives auxpratiques de prt, les mcanismes de traitement des rclamations et des conflits,et la formation des consommateurs (voir la figure 7.5).Obligations de publication des conditions contractuelles. la base dungrand nombre de mesures de protection des consommateurs se trouve lapublication adquate des conditions contractuelles du prt. Des lois relatives cette publication existent dans de nombreux pays. Elles imposent en gnralaux prteurs dindiquer clairement les taux dintrt et les conditions contrac-tuelles du prt dans le contrat et les autres documents publics.Lorsque les emprunteurs peuvent examiner des donnes comparables etfacilement accessibles, il leur est possible de comparer les diffrents produitsavant de prendre une dcision. Une telle situation peut galement stimuler laconcurrence sur les prix et rduire les cots et le niveau des taux dintrt. Lapublication des conditions contractuelles du crdit reste toutefois un lmentcomplexe dans la mesure o la nature changeante des conditions de prt, desstructures de remboursement et des frais rendent les comparaisons particuli-rement difficiles pour le microcrdit.Rgles et interdictions relatives aux pratiques de prt. Ces lois et rglemen-tations interdisent certains types de pratiques de prt. Elles peuvent sappliquerDfis transversaux 15145. Rhyne, Maintaining the Bottom Line in Investor-Owned Microfinance Organiza-tions, 17.46. Sauf mention contraire, la prsente section sinspire exclusivement de louvragesuivant: Porteous et Helms, Protecting Microfinance Borrowers.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 151FIGURE 7.5 Les lments de la protection des consommateurs nimporte quelle tape du cycle de crdit, mais concernent le plus souventles processus doctroi du prt et de recouvrement, les deux tapes durantlesquelles les consommateurs sont les plus vulnrables.Les rgles peuvent limiter le degr de pression utilis par les prteursenvers les emprunteurs potentiels pour les inciter contracter un emprunt, etinterdire des techniques de recouvrement juges trop coercitives ou nonappropries. En sus des pnalits imposes directement par les pouvoirspublics, les consommateurs peuvent faire valoir leurs droits des dommages-intrts en raison dinfractions ces rgles. Par exemple, lorsquun tablisse-ment de prt la consommation dAfrique du Sud a recours des pratiquesinterdites par la loi, tout emprunteur concern par cette infraction peut seprvaloir de linvalidit du contrat de prt, se dbarrassant ainsi de toute obli-gation lgale de remboursement.Les rgles de protection des consommateurs ont frquemment pour objetde protger les consommateurs contre les frais et taux dintrt excessifs.Certains gouvernements sefforcent de contrler ce risque par des loisusuraires tablissant un plafonnement des taux dintrt. Les mesures deplafonnement des taux dintrt sont assez controverses. Il peut tre politi-quement impossible dtablir un plafond suffisamment lev pour prendre encompte les cots administratifs extrmement importants associs loctroi etau recouvrement de prts minuscules. Une consquence du plafonnementpeut donc tre de rduire laccs des pauvres aux services de crdit, car lesprestataires de services viables ne pourront pas dcider dentreprendre ou deconserver une activit de microcrdit si les taux dintrt sont fixs un niveautrop faible pour leur permettre de couvrir leurs cots.47152 La finance pour tousSource: Renseignements provenant de louvrage suivant: Porteous et Helms, Protecting Microfinance Borrowers.Obligations de publication des conditionscontractuellesRgles et interdictionsrelatives aux pratiques de prt Mcanismes de traitement des rclamations/conflitsGestion financirelmentaireComprhensiondes taux dintrtComprhension de linflationducation duconsommateur tablissement du budget dumnage47. On trouvera une prsentation plus dtaille au chapitre 5 et dans louvrage suivant:Helms et Reille, Interest Rate Ceilings and Microfinance : The Story So Far.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 152Les mcanismes de traitement des rclamations et des conflits. Un prteurdonn peut affecter des membres de son personnel au traitement des rclama-tions de sa clientle, et les organes professionnels peuvent crer des bureaux oudes instances consacrs la rsolution des problmes que les consommateurs neparviennent pas rsoudre directement avec les institutions financires. EnAfrique du Sud, le Micro Finance Regulatory Council (MFRC) a cr un centredappel avec numro sans frais pour relier les consommateurs formulant unerclamation des agents responsables de lanalyse des rclamations et des abusprsums.48 Ce type de systme dactivation de la loi partir de rclamations estune manire peu coteuse dappliquer les rgles, mais un grand nombre de caset de pratiques dabus ne sont ni signals ni observs.Lducation des consommateurs. Tout particulirement dans les pays indus-trialiss, les efforts dducation des consommateurs sont considrs comme rele-vant dune stratgie essentielle qui sous-tend tous les autres lments de protec-tion des consommateurs. Pour tre efficaces, les mesures de protection desconsommateurs, telles que les obligations de publication des conditions contrac-tuelles, les rgles affrentes aux pratiques de prt et les mcanismes de traite-ment des rclamations, requirent une certaine ducation des consommateursau sujet des produits et de leurs droits. Lducation des consommateurs enseigneaux clients comment se procurer les renseignements appropris au sujet de leursoptions de crdit et dpargne afin quils puissent prendre des dcisions senses.La plupart des programmes dducation des consommateurs sont offertspar des organisations non gouvernementales (ONG) et leur financement estassur par des fondations philanthropiques. Par exemple, la FondationCitigroup est en train dlargir son activit dans ce domaine en finanant desONG tout autour du monde hauteur de prs de 10 millions de dollars paran.49 En Ouganda, lAssociation of Microfinance Institutions of Uganda(AMFIU), lUganda Protection Consumer Association (UCPA) et le FinancialSector Deepening Project Uganda (FSDU) se sont associs pour dmarrerune initiative dducation des consommateurs. Lobjectif de cette initiative estdduquer la clientle de microfinance (ou la clientle prospective) au sujetde ses droits: recours, droit un traitement digne, transparence de linforma-tion, pourvoi juridique, protection lencontre des pratiques commercialestrop agressives, des procdures de recouvrement abusives et ainsi de suite. Lesconsommateurs sont galement duqus au sujet de leurs responsabilits,comme leurs obligations de remboursement.50Problmes relatifs aux mesures dexcution. Alors mme quun grand nombrede gens acceptent le principe des mesures de protection des consommateurs,les mthodes dapplication sont lobjet de vives controverses. En gnral, ilexiste deux approches distinctes:Dfis transversaux 15348. Voir le site Web du Micro Finance Regulatory Council : www.mfrc.co.za.49. On trouvera des donnes plus compltes sur le site de la Fondation Citigroup:www.citigroup.com/citigroup/corporate/foundation.50. Musinguzi, Micro-Finance See Training as Key.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 153154 La finance pour tous Une autorglementation de la part de la profession: Les institutions dunsecteur ou dune industrie forment une association qui souscrit un code don-tologique volontaire, convient de mcanismes de supervision et de contrlepour assurer la conformit au code et dcide des consquences entranes parune infraction au code, la radiation de lassociation, par exemple. Une surveillance assure par ltat: Une instance publique de rglementa-tion, telle quune agence de protection des consommateurs, est habilite garantir lapplication de la loi considre.Lautorglementation est souvent plus souple et plus pragmatique que lasurveillance exerce par une agence publique. Dans le cas de la microfinance,lautorglementation est moins susceptible dentraner des mesures excessivesqui pourraient rduire laccs aux services financiers et plus susceptible defavoriser une expansion de laccs long terme. Cependant, un inconvnientmajeur procde du fait quune fois quune institution a t radie de lassocia-tion pour infraction au code, lassociation ne peut plus exercer dautorit son endroit. Cette institution peut donc poursuivre des pratiques abusives sanscraindre de sanction. En outre, une association de prteurs peut avoir intrt ne pas adopter certaines rgles qui pourraient tre favorables aux consom-mateurs mais tre trs peu pratiques pour les prteurs.LEngagement en faveur des consommateurs (Pro-Consumer Pledge) adopt la fin de 2004 par les institutions membres dACCIN International et duMicroFinance Network (MFN) est un exemple dautorglementation. Legroupe de travail du MFN responsable des politiques de dfense des consomma-teurs a conu ce texte dengagement et sefforce en ce moment de documenterles bonnes pratiques mesure que les membres le mettent en pratique.51 De lamme manire, le rseau SEEP a rcemment document ses expriences dau-torglementation appliques la protection des clients de la microfinance.52Contrairement lapproche de lautorglementation, lapproche de lasurveillance par ltat de lapplication des lois sur la protection des consomma-teurs peut savrer lourde et bureaucratique. Cette approche ncessite desressources humaines et financires importantes pour vrifier la conformit etfaire suivre les rclamations de procdures efficaces dinvestigation. En raisonde leur mandat, les autorits de rglementation peuvent comprendre les objec-tifs de protection des consommateurs de faon troite, et risquer de faireobstacle lexpansion de laccs bancaire ceux qui en sont exclus. Toutefois,la rglementation par ltat prsente certains avantages. Elle est moins suscep-tible de distorsion par intrt de la part des prteurs; elle dispose doutils dap-plication plus puissants et elle peut exercer son autorit sur toutes les institu-tions, quelles soient ou non membres dune association professionnelle.Chacune de ces deux approches offre des avantages et des inconvnients,et aucune ne constitue une solution universelle. Lorsque la surveillance parltat est cense se substituer compltement lautorglementation, la51. On trouvera des donnes plus compltes sur le site du Microfinance Network:www.mfnetwork.org.52. McAllister, Trust through Transparency.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 154balance penche vers une surveillance excessive. La consquence peut en trede dcourager la concurrence et en fin de compte de limiter laccs auxservices des pauvres. En conclusion, il semble quil conviendrait dadopterune approche associant les deux mthodes.Lavenir. La protection des clients de la microfinance est un sujet quil neconvient plus dignorer. Dans les pays o les pressions politiques en faveur delapplication de nouvelles mesures de protection sont fortes, les autorits derglementation et les dcideurs politiques devraient examiner soigneusementlimpact que peuvent avoir de telles mesures, court terme comme longterme. Mme dans les pays o les pratiques abusives ne reprsentent pasencore un problme pour les consommateurs, des efforts dducation desconsommateurs pourraient rduire, dfaut de les liminer compltement,les pressions futures en faveur dun excs de rglementation. Les institutionsfinancires devraient envisager dadopter des engagements ou des codesvolontaires qui garantissent la protection efficace des consommateurs et unenvironnement favorable ces derniers.ConclusionCes cinq points compltent et recoupent les problmes plus importants djdcrits dans cet ouvrage qui se posent au niveau des clients, aux niveaux micro,mso et macro, et au niveau des sources de financement. Si on les considreensemble, ces dfis transversaux offrent des perspectives sur la manire derelever les dfis fondamentaux venir: raliser une expansion une chellemassive, toucher une clientle toujours plus pauvre et plus isole, et rduireles cots (voir le tableau 7.2).Ces questions sont galement bien sr lies entre elles. Par exemple, lafinance rurale et les transferts dargent des migrants ncessitent tous deuxlutilisation des nouvelles technologies pour raliser une expansion grandechelle, toucher une clientle plus pauvre et plus isole, et rduire les cots.Lducation des clients est essentielle pour que les solutions technologiquessoient acceptes par les clients pauvres. La technologie peut jouer un rleimportant pour valuer le rendement social. Le rendement social et la protec-tion des consommateurs constituent, de bien des faons, deux aspects dunemme question: le rendement social concerne la faon dont les institutionsfinancires obtiennent de meilleures donnes au sujet de leur clientle, et laprotection des consommateurs passe par une meilleure information desclients au sujet des institutions financires.Lvolution rapide de ces dfis transversaux (et de lensemble du secteur dela microfinance) signifie que, chaque jour, de nouvelles possibilits surgissentpour largir lhorizon de la finance. Plus tt ces questions seront rsolues parla communaut du dveloppement international, les gouvernements et defaon primordiale les prestataires de services financiers eux-mmes, plus ttle rve de systmes financiers vritablement accessibles tous deviendra ralit.Dfis transversaux 155Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 155156La finance pour tousTABLEAU 7.2 Les dfis transversaux sont lis aux dfis fondamentaux de lavenirMieux exploiter les transferts dargent des migrants Toucher les paysans et les Mesurer le rendement Protger les consommateursOptimiser la technologie et autres transferts clients des rgions isoles social pauvresRaliser une expansion Appliquer les solutions Exploiter les transferts dargent Amliorer la qualit et Attirer plus de capitaux et de Amliorer la comprhension des grande chelle technologiques pour des migrants pour toucher lefficacit de la finance rurale dpts grce une publication options financires pour plus delexpansion des services plus de gens afin dlargir loffre de transparente des rsultats gens grce aux initiativesfinanciers services financiers et du rendement dducation des consommateurssocialToucher une clientle Recourir la technologie pour Aider les mnages pauvres et Rsoudre le problme de loffre Offrir aux institutions financires Informer les pauvres sur la meilleureplus pauvre et plus quil devienne financirement ruraux grer les transferts de services financiers dans les linformation dont elles ont faon dutiliser les services financiersisole possible de toucher les habitants dargent des migrants, et zones rurales besoin pour mieux servir leur pour les aider surmonter leurdes rgions trs isoles y superposer loffre dautres clientle pauvre rticence pntrer lunivers services financiers dont ils ont de la banquebesoin Rduire les cots Rduire les cots pour Rduire les cots de transfert Comprimer les cots et Utiliser des donnes Renforcer la concurrence,atteindre le principal objectif dargent des migrants et autres rduire les risques associs relatives au rendement qui reprsente le moteur defficacitde lapplication des technologies transferts en collaborant avec afin de toucher de faon social de faon ce que les le plus important, pour protgeravances la microfinance les banques au lieu des socits durable les clients pauvres services correspondent mieux et informer les consommateursde transfert dargent et isols aux besoins de la clientle et rduire les cots dopration pour les clients.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 156Chapitre 8ConclusionLa microfinance est un outil puissant de la lutte contre la pauvret. Un accsaux services financiers peut aider les clients pauvres et faible revenu augmenter et stabiliser leurs revenus, accumuler des actifs et investir dansleur propre avenir. En outre, les progrs raliss ces 30 dernires annes ontdmontr que la microfinance peut effectivement toucher un grand nombrede personnes pauvres plus efficacement que nous ne laurions espr. Cepotentiel implique que, aussi longtemps que nous vivrons, dans le monde endveloppement, les personnes pauvres et faible revenu pourront bnficierdun accs permanent aux services financiers dont elles ont besoin. leurtour, ces services financiers largissent la gamme de choix qui soffre auxclients pour rsoudre tout un ventail de problmes financiers, et permettentgalement aux personnes pauvres de gravir le premier barreau de lchellequi leur permettra de sortir de la pauvret en posant leurs propres conditions.En fait, lorsque les financeurs internationaux et nationaux, les tats et lesprestataires de services financiers sengagent en faveur dune vision mettanten scne des systmes financiers accessibles tous, les rsultats sont sensation-nels. Prenons lexemple du Cambodge. Il y a moins de 15 ans, il naurait paspu exister denvironnement plus hostile la microfinance. Vingt ans de trou-bles civils ont dtruit le systme financier. une poque, mme largent a taboli. Aujourdhui, le Cambodge recense 17 banques (trangres et locales,prives et publiques), y compris une banque de microfinance mondialementreconnue, la Association of Cambodian Local Economic DevelopmentAgencies (ACLEDA) Bank. Ce qui tait, au dbut, un ensemble dinitiatives depetite envergure, isoles et tributaires des bailleurs de fonds, est devenu unsystme financier compos dinstitutions rentables, rglementes, qui serventprs de 400 000 clients pauvres.1Malgr les ralisations considrables et les histoires exemplaires commecelle-ci au Cambodge, le but consistant atteindre la majorit de la popula-tion mondiale qui demeure exclue des services financiers nest toujours pasconcrtis. lavenir, les populations et les organisations qui sefforcent derepousser les frontires de la finance devront faire face des questions1571. Flaming, Duflos, Latortue, Nayar et Roth, Country Level Effectiveness andAccountability Review: Cambodia, 3.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 157pineuses: La microfinance ralisera-t-elle son plein potentiel? Les systmesfinanciers deviendront-ils vritablement accessibles tous? Laccs pour toussera-t-il une ralit? Le prsent ouvrage avance que lon peut rpondre cesquestions par laffirmative, condition de surmonter un certain nombredobstacles interdpendants, qui ont t examins tout au long des chapitresprcdents.Historiquement, les IMF ont principalement offert du crdit une gammerelativement restreinte de microentrepreneurs dont les revenus avoisinent leseuil de pauvret de leur pays. Cependant, tous les types de clients pauvres et faible revenu ont des besoins qui vont au-del des prts court terme pourfinancer le fonds de roulement de leur entreprise. Comme tout le monde, ilssouhaitent bnficier dune gamme de services financiers (lpargne, les trans-ferts dargent, les produits dassurance et, effectivement, le crdit de toute sorte)pratiques, souples et dun prix raisonnable. Cependant, la microfinance, etparticulirement le microcrdit, nest pas toujours la solution. Elle ne peutrsoudre tous les maux de la pauvret et ne peut certainement pas remplacer lesinvestissements dans les services de base comme la sant et lducation.Il est crucial de mieux comprendre les besoins de la clientle, mais celanest pas suffisant. Les exigences des clients ne seront satisfaites qu condi-tion de traduire ces connaissances par loffre de services financiers de qualit,dun prix abordable et de nature pratique, par une gamme de prestataires (leniveau micro). Les prestataires de services financiers revtent diverses formes,qui vont des usuriers informels et des tontines de quartier aux banquescommerciales, en passant par toute une gamme dacteurs intermdiaires.Pour toucher en permanence un grand nombre de clients pauvres, ces presta-taires de services financiers doivent couvrir leurs cots dexploitation. En fait,selon certaines donnes disponibles, bien quelles ne constituent quunepartie relativement modeste du nombre total des institutions en prsence, lesinstitutions financires prennes touchent la majorit des clients servis (aumoins en ce qui concerne les institutions financires du secteur priv). Deplus, la prennit est une garantie que les clients pauvres auront un accspermanent ces services. lheure actuelle, il est acquis que le compromis raliser entre le ciblage des pauvres et la viabilit financire est moins arduque lon ne pensait.Aucune catgorie de prestataire de services financiers ne peut elle seulesatisfaire les besoins divers de tous ceux qui sont privs daccs aux services.Dans les pays en dveloppement, la plupart des personnes pauvres et faiblerevenu, et mme celles appartenant la classe moyenne, ont recours uneforme ou une autre de financement informel. Cependant, les prestatairesinformels manquent souvent de scurit, offrent une gamme restreinte deservices financiers, et ne peuvent vritablement influencer les conditions devie que dun petit nombre de personnes vivant dans leurs environs immdiats.Les institutions financires plus grandes et plus formelles bnficient derseaux de distribution tendus, dune gamme plus large de clients ainsi quede la capacit dexploiter des marchs de financements nationaux et din-vestir dans des formules technologiques avances, susceptibles de diminuer158 La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 158les cots des services pour les clients pauvres. Cependant, elles ne se dotentpas forcment de la mission ou des systmes ncessaires pour atteindre desclients trs pauvres ou reculs. Dans un systme financier accessible tous, cesdiffrents prestataires se bousculent et rivalisent pour attirer des clientspauvres, et ce, dans les quartiers urbains mmes et les villages reculs o cesclients habitent.Si les prestataires de services financiers sont les lments de fondation surlesquels repose le reste du systme financier, alors le ciment qui maintient ceslments est linfrastructure financire (le niveau mso). Cette infrastructureest constitue des systmes qui permettent les paiements lectroniques, desprestataires de services comme les auditeurs, les agences de notation, lesservices de conseil, les revendeurs de technologies appliques aux points devente et la gestion de linformation, ainsi que des associations profession-nelles. Au sein de la communaut de la microfinance, limportance et limpactdu niveau mso sont probablement les lments les moins bien compris. Cequi est clair, par contre, cest quil faudra disposer dune meilleure infrastruc-ture financire et de davantage de prestataires de services quil nen existe lheure actuelle dans la plupart des pays. De plus en plus, cest linfrastructurefinancire traditionnelle et les prestataires de services techniques qui devrontentreprendre cette tche, au lieu des acteurs spcialiss de la microfinance.Au lieu de voir en la microfinance un crneau marginal et peu rentable pourleurs services, les prestataires de services techniques sengageront de plus enplus dans ce secteur commercial et y verront une perspective dexpansionattrayante. Dans de nombreux pays, les systmes de paiement sont inadquats car ils nepermettent pas aux clients pauvres de transfrer de largent dune faon sre,efficiente et un prix raisonnable. En tirant profit des avances de la commu-nication, de nombreux pays pourraient utiliser la technologie (comme la tl-phonie mobile) pour rsoudre ce problme que partagent des centaines demillions de personnes. Lexistence de donnes exactes, normalises et compa-rables sur le rendement financier est indispensable pour intgrer la microfi-nance au systme financier global. Les entits de rglementation et de super-vision bancaire, les bailleurs de fonds, les investisseurs et, chose plusimportante, les clients pauvres de la microfinance eux-mmes ont besoin deces donnes pour valuer correctement les risques et les rendements. Lamauvaise nouvelle est que beaucoup de ces prestataires de services financiersne respectent pas les normes de publication de linformation financire. Labonne nouvelle est que les IMF spcialises, les banques et les organismesinternationaux commencent saccorder sur ces normes. tous les chelons du systme financier, les comptences techniques sontinsuffisantes, ce qui constitue une contrainte majeure llargissement delaccs aux services financiers. Par consquent, il est impratif de garantir laprsence dun nombre suffisant de consultants, formateurs et universitairesqualifis, mme de consolider les comptences des employs actuels et futursdes institutions financires et des hauts responsables comptents de ltat. Lesrseaux et les associations peuvent aider les prestataires de services financiersConclusion 159Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 159 amliorer la transparence de leur rendement, consolider les comptencestechniques et de gestion, ngocier avec les prestataires de services et les finan-ceurs, et plaider en faveur des changements politiques qui favorisent laccsaux services financiers. lavenir, dans les systmes financiers accessibles tous, la jeune relve du secteur considrera que la prestation de services finan-ciers aux personnes pauvres est une filire professionnelle prestigieuse etpassionnante et sefforcera dacqurir les comptences adquates pour entirer profit.Les prestataires de services financiers, tout comme linfrastructure finan-cire, sont touchs par les dcisions politiques adoptes par les tats des paysen dveloppement. En fait, ces dernires annes, le rle de ltat dans laconstruction de systmes financiers accessibles tous, cest--dire du niveaumacro, est devenu un sujet controvers. Les experts de la microfinance ontconstamment cherch dissuader les tats doffrir directement des servicesde microfinance et nombreux sont ceux qui se sont montrs sceptiques quant la ncessit de rglementer la microfinance dans tous les contextes. Pourleur part, les tats nont pas toujours t en accord avec cette consigne.Aujourdhui, la fonction positive de ltat est une chose bien comprise. Le rle le plus constructif de ltat est de favoriser un climat qui permette un ensemble divers de prestataires de services financiers de se dvelopper etde se concurrencer. En particulier, les tats sont les plus utiles lorsquils main-tiennent une stabilit macroconomique, quils libralisent les taux dintrt,et quils sabstiennent dintroduire des distorsions sur le march en appli-quant des programmes de crdit non viables, subventionns et qui enregis-trent de forts taux dimpays. Les tats peuvent aussi modifier leurs rglemen-tations du secteur bancaire et leurs structures de supervision pour faciliter lesactivits de microfinance, tout en protgeant les dpts des personnespauvres. Les tats pourraient peut-tre par ailleurs remplir un rle utile depromotion en offrant des incitations fiscales ou en exigeant que les institu-tions financires servent les personnes pauvres ou faible revenu, bien quelon ne connaisse pas assez bien ces types de politiques pour prvoir leurimpact final dans les pays en dveloppement.Une chose est sre: les tats subissent une pression constante pour utiliserla microfinance comme une solution rapide pour distribuer de largent divers groupes de population. Idalement, les tats pourraient peu peujuger que les pauvres ne sont pas seulement bancables, mais aussi desclients lgitimes du systme financier, par opposition aux bnficiaires desuvres de charit.Il est impossible dtablir automatiquement des systmes financiersaccessibles tous: les progrs, tous les niveaux, requirent de largent et,chose plus importante, un appui technique. Le rseau, de plus en pluscomplexe, de financeurs nationaux et internationaux, offre du soutienfinancier pour lexpansion de laccs aux services financiers. Cependant,pour que cela se concrtise, les financeurs doivent identifier leurs avan-tages comparatifs et les exploiter, au lieu de poser des entraves lactiondes autres ou de dupliquer les efforts. Pour tre efficaces, les subventions160 La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 160des bailleurs de fonds internationaux doivent stimuler ou complter lecapital priv, et non le concurrencer. Rcemment, certains investisseursinternationaux orientation plus commerciale sont devenus plus impor-tants dans le secteur de la microfinance et conserveront cette position lavenir. Lmergence, ces dernires annes, dun grand nombre de fonds,suggre que les investisseurs internationaux commencent entrevoir lin-trt de la microfinance (bien que, jusqu prsent, la majorit de largentprovienne encore de sources publiques et nait pas une vocation stricte derentabilit maximale). Dans un monde parfait, la microfinance serait finance principalement pardes sources domestiques comme les dpts publics, les prts bancaires, les mis-sions dobligations et les prises de participation. Ces sources nationales de finan-cement commencent merger dans certains pays. Les institutions financiresrglementes dcouvrent des moyens moins coteux de mobiliser les dptsdun grand nombre de personnes pauvres. Certaines expriences rcentesvisant exploiter les marchs financiers nationaux au moyen dmissions obli-gataires en Amrique latine et au Kenya confortent cette tendance. Bien quilsoit toujours ncessaire de disposer de sources internationales pour complterces ressources domestiques sur de nombreux marchs, lintgration auxmarchs des financements nationaux offre aux personnes exclues aujourdhuile meilleur espoir dobtenir lavenir un accs aux services financiers. En fin de compte, la myriade de problmes interdpendants tous lesniveaux du systme financier donne lieu trois enjeux centraux qui dfinis-sent la frontire de la finance: changer dchelle pour largir laccs desmilliards dautres individus; toucher des clients plus pauvres et plus reculs;et, rduire les cots. ct de cela, quelques questions supplmentairesposent des dfis particulirement ardus tout en offrant un potentiel consid-rable. Parmi ces questions figurent lutilisation optimale de la technologie,lexploitation des transferts dargent des migrants et des envois transfronta-liers, la porte des services auprs des agriculteurs et des clients ruraux habi-tant des zones recules, la mesure du rendement social et la protection desconsommateurs pauvres.Les progrs rapides enregistrs dans la gestion de ces dfis cls illustrent lanature extrmement dynamique de la microfinance. En fait, alors que cesecteur est pass du microcrdit la microfinance puis aux systmes financiersaccessibles tous, il a subi une transformation et une volution si rapides quilest difficile de le reconnatre, tant la situation prvalant il y a 5 10 ans achang. Dans de nombreux pays, les clients pauvres et faible revenu sontdj en train dtre intgrs leurs systmes financiers: en Inde et au Brsil, deux marchs colossaux en puissance, les banquescommerciales exprimentent la microfinance. Elles forgent des alliancesavec des agents aussi divers que les chanes de supermarchs, les bureauxde loterie et les stations-service (Brsil) ainsi quavec des entrepreneurslocaux comme les titulaires de franchises et les IMF communautaires(Inde). Bien quelles soient relativement rcentes, ces expriences promet-tent datteindre, trs rapidement, un grand nombre de clients pauvres.Conclusion 161Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 161 Les marchs plus traditionnels de la microfinance comme la Bolivie, leBangladesh et lOuganda deviennent plus concurrentiels, ce qui pousse lesprestataires de services financiers innover en rendant leurs produits plusconviviaux (Bangladesh), en largissant la gamme de services quilspeuvent offrir grce la transformation des organisations non gouverne-mentales en intermdiaires agrs (Bolivie, Ouganda) et en introduisantdes progrs technologiques conomiquement avantageux comme lesguichets automatiques intelligents qui permettent aux personnes illettresdaccder plus aisment des services bancaires de base (Bolivie). Des pays aussi divers que lAfrique du Sud, les Philippines et le Kenya intro-duisent aujourdhui des services bancaires accessibles par la tlphoniemobile, ce qui pourrait permettre aux clients pauvres de dposer de lar-gent, de rembourser des prts, de payer des factures et de transfrer delargent des parents sans tre obligs de quitter leur village ou douvrirdes comptes bancaires formels. Les centrales des risques traditionnelles dans des pays aussi divers que laBosnie, le Prou et Hati ont intgr les emprunteurs du secteur du micro-crdit dans leurs bases de donnes. Les bailleurs et les investisseurs montrent quils sont de plus en plus sensi-bles lefficacit de leurs interventions et prts adhrer aux formulesqui fonctionnent pour largir laccs des personnes pauvres et faiblerevenu aux services financiers.Ces exemples, et dautres, contribuent ouvrir le chemin pour tous ceuxqui suivront. Si ces progrs peuvent se matrialiser dans des pays qui sontextrmement diffrents, cela est donc possible nimporte o. En travaillant deconcert, les prestataires de services financiers, les tats et la communaut dudveloppement international peuvent concrtiser le rve des systmes finan-ciers vritablement accessibles tous. 162 La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 162PostfaceEn mars 2005, je suis alle consulter mon courrier lectronique dans uncybercaf de fortune, dans une petite ville du nom de San Pablo La Lagunaaux Philippines. Un petit garon, pieds nus, qui devait avoir environ neuf ans,tait assis ct de moi et surfait sur internet. Jai alors soudainement prisconscience de ce que nous entendions par accs.Cette exprience ma porte effectuer quelques recherches sur les originesdinternet. Javais environ neuf ans lorsque ARPANET est n. Peu de gens sensouviennent, mais ARPANET tait la forme embryonnaire de notre internet dau-jourdhui, reliant quatre ordinateurs htes et dot dune envergure trs modeste.Grce un processus dinnovation constante, au dbut des annes 90, la toile, ouWeb, est apparue. Sa croissance fut exponentielle et le nombre dhtes passarapidement de 1 million 2 millions entre 1992 et 1993 seulement. Aujourdhui,internet offre des services multiples que beaucoup de gens tiennent pour acquis(comme laccs au Web, le courrier lectronique et les protocoles de transfert defichiers), compte plus de 140 fournisseurs daccs et prs de un milliard dusa-gers, ce qui reprsente plus du double du nombre enregistr il y a tout juste cinqans.1 Le service est devenu plus accessible, moins cher et moins lourd.Les systmes financiers ont suivi une trajectoire similaire. Il y a 25 ou 30 ans,le microcrdit voyait le jour (la phase ARPANET). Il existait relativement peudhtes dans un petit nombre de pays-cls comme le Bangladesh,lIndonsie et la Bolivie. En 2005, lquivalent du Web venait tout juste dtreinvent: les bases taient jetes par lentremise dune masse critique de pres-tataires de services financiers possdant le savoir-faire pour servir une clientlepauvre et faible revenu, et ce, dune faon viable et permanente. Le nombrede personnes pauvres servies par ces prestataires crot de jour en jour. lavenir, la gageure sera de parvenir une expansion radicale, semblable celle du rseau internet.Si, de nos jours, la ralisation de systmes financiers accessibles toussemble constituer un but impossible atteindre, on aurait pu en dire autantdinternet il y a 25 ans. Nous naurions jamais pu esprer que des enfants dequartiers pauvres, dans une petite ville comme San Pablo La Laguna, pour-raient se rendre dans un cybercaf et surfer sur le Net. Ceci dmontre que lechangement peut arriver rapidement. La prochaine gnration pourrait vivredans un monde o tous les gens qui ont besoin de services financiers y ontaccs. son tour, cet accs contribuera, quoique modestement, lmergencedun monde o la pauvret appartient effectivement au pass. 1631. Voir le site Web suivant : www.internetworldstats.com/stats.htm.Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 163Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 164Conseils de lecture et sitesinternet recommandsGnralChristen, Robert P., Richard Rosenberg et Veena Jayadeva. Financial Institutions with aDouble Bottom Line: Implications for the Future of Microfinance. tude spcialeCGAP No 8. Washington, D.C.: CGAP, juillet 2004.Consultative Group to Assist the Poor (CGAP). Principes-cls de la microfinance. Disponible surle site www.cgap.org.Site Web du Groupe consultatif dassistance aux pauvres (CGAP), www.cgap.org.Littlefield, Elizabeth et Richard Rosenberg. Microfinance and the Poor: Breaking Downthe Walls between Microfinance and Formal Finance. 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Gautam Ivatury,Spcialiste en microfinance, CGAP, juillet 2005.Richard Ketley, Directeur, Genesis Analytics, septembre 2005.Carlos Labarthe, P-DG, Compartamos, avril 2005.Michael McCord, Expert en microassurance, fvrier 2005.Cheryl Neas, Responsable des politiques, National Community Capital Association, avril2005.Katarzyna Pawlak, Directrice adjointe et responsable de la recherche, Centre deMicrofinance (MFC) pour lEurope de lEst et Centrale (ECE) et les Nouveaux tatsIndpendants, juin 2005.Gonzalo Paz, consultant, mars 2005.Juan Carlos P. Peafiel S., Chef des produits pour les populations migrantes, BancoSolidario, janvier 2005. 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aussiMicroassurancecrdit, 31maladie, 32, 59vie, 31-32AUDIT, 70, 72-73externes, 71-72AUTONOMISATION, 35AUTORGLEMENTATION, 154AUTOSUPERVISION, 98BBAILLEURS, efficacit des, 111rle des, 110BANCO CAJA SOCIAL, 90BANCO DO NORDESTE, 87BANCO MULTISECTORIAL DE INVERSIONES, 109BANCO PROCREDIT EL SALVADOR, 109BANCO SOLIDARIO, 59, 115, 138BANCOSOL, 58, 90, 95, 121BANGLADESH, 3, 9, 21-22, 28, 32, 35, 39, 41,44, 50, 72, 83, 89, 98, 140, 162, 163Proshika, 50BANGLADESH RURAL ADVANCEMENTCOMMITTEE (BRAC), 34, 35, 50BANK FOR AGRICULTURE AND AGRICULTURALCOOPERATIVES (BAAC), 142BANK KREDIT DESAS (BKD), 98BANK RAKAYAT INDONESIA, 5, 9, 28, 33, 35,56, 86-87, 90, 92, 98Unit Desas, 86BANKING ASSOCIATION OF SOUTH AFRICA, 80BANQUE ASIATIQUE DE DVELOPPEMENT, ix, 107BANQUE INTERAMRICAINE DE DVELOPPE-MENT, 107 Voir aussi Fonds de notationBANQUE MONDIALE, 87, 106-107BANQUEcommerciale, 13, 56-57, 99, 121-122, 158postale, 76, 105, 117rgionale de dveloppement, 106rurale ou agricole, 6, 39-41, 49, 56-58, 63, 88, 139virtuelle, 68, 129181Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 181BANQUES MULTILATRALES DE DVELOPPE-MENT, 106-107BASIX, 86, 110BENCHMARKING, 69-71, 80BNIN, 57BIOMTRIE, 130-131BLANCHIMENT D'ARGENT, 89, 91, 137BOLIVIE, 10, 21, 35, 52, 63, 67, 83, 89-90,92, 95, 98-99, 121, 130-131, 162, 163BOSNIE-HERZGOVINE, 75, 97, 162BRAC Voir Bangladesh Rural AdvancementCommitteeBRSIL, 10, 63, 87, 90, 115, 132-133, 161BRI Voir Bank Rakayat IndonesiaCCAISSESpostales, 7, 40, 56, 57, 85rurales, 77CAISSES D'EPARGNE ET DE CRDIT AGRICOLEMUTUELS (CECAM), 144CAISSES VILLAGEOISES D'PARGNE ET DECRDIT AUTOGRES (CVECA), 46-47CAJA LOS ANDES, 90CAMBODGE, 157CAPACITS, 111, 133institutionnelles, 141renforcement des, xiv, 54, 76, 79, 107CARD BANK, 53CARE INTERNATIONAL, 54CARTE puce, 63, 129-131de crdit, 68, 129, 144de dbit, 70. 129CENTENARY RURAL DEVELOPMENT BANK, 142CENTRALE DES RISQUES, 74-75, 77, 81, 123 -Voir aussi Transparence, RisquesCENTRALES PRIVADAS DE INFORMACIN DERIESGOS (CEPIRS), 77CENTRE INTERNATIONAL DE DVELOPPEMENTET DE RECHERCHE (CIDR), 46-47, 67CERISE - Voir Comit d'change, deRflexion et d'Information sur les Systmesd'Epargne-CrditCGAP Voir Groupe consultatif d'assistanceaux pauvresCHINE, 7, 41, 135CIDR Voir Centre International deDveloppement et de RechercheCOLOMBIE, 80, 92, 121-122, 138COLUMNA, 32COMIT D'CHANGE, DE RFLEXION ETD'INFORMATION SUR LES SYSTMESD'EPARGNE-CRDIT (CERISE), 146COMMISSION EUROPENNE, 107COMMUNITY REINVESTMENT ACT (CRA), 101COMPARTAMOS, 58, 120, 122COMPTENCES, 110acquisition de, 73renforcement des, 81, 159techniques, 159-160CONCURRENCE, 10, 60, 70, 92, 94-95, 109-110, 123, 151, 155, 161CONFIANZA, 115CONNECTIVIT, 129CONTRLE FINANCIER, 39, 49, 98absence de, 50, 97CONTRLE INTERNE, 71mcanismes de, 88COOPRATIVE, 3, 31-32, 39, 41, 46-47, 49-50, 58, 98, 112, 118, 140agricole ou rurale, 59, 69, 144communautaire, 117d'pargne et de crdit, 31, 45, 68-69, 77, 97, 138financire, 3-4, 7, 9, 11, 13, 41, 47, 48, 50, 56, 63, 97, 139CORRUPTION, 3CRDIT, xiii, 2-4, 6, 9, 12, 25, 36, 43, 84-86,100, 105, 137, 140, 152 Voir aussiMutuelles de crditagent de, 26-27agricole, 3-4, 88, 139-140analyse du, 129composantes de, 109marge de, 109CRISE, 119financire asiatique, 92macroconomique, 90, 92CVECA Voir Caisses Villageoises d'pargneet de Crdit Autogres (CVECA)DDCAISSEMENT, 94DELTA LIFE, 59DPTScertificats de, 112, 117182 La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 182collecteurs de, 42mobilisation des, 52, 88, 117-119, 123, 161scurit des, 97DEUTSCHE BANK, 122DVELOPPEMENT INTERNATIONAL, AIDE AU, 106EMIRATS ARABES UNIS, 138ENCOURS, 48PARGNE, 2-4, 25, 27, 32, 36-37, 44, 46-47,49-50, 57, 90, 102, 105, 118, 126, 131, 137,142, 153, 158en actifs physiques, 29financire formelle et informelle, 29mobilisation de l, 51, 58, 119QUATEUR, 100, 138EQUIFAX, 77EQUITY BANK, viii, 11, 25FFAULU KENY, 121-122FFP Voir Fonds financiers privsFINCA Voir Foundation for InternationalCommunity Assistance (FINCA)FLUX, 138de capitaux, 135, 136des marchs, 134FOCCAS, 35FONDATION FORD, 107, 110, 150FONDO FINANCIERO PRIVADO PARA ELFOMENTO A INICIATIVAS ECONMICAS (FFP-FIE), 52FONDOMICRO, 109FONDS - Voir aussi Notation, fonds dede crdit rotatif, 109de dveloppement communautaire, 109de pension, 121de placement indpendants, 112intermdiaires, 88les plus performants, 89privs, 113-114, 117, 126propres, 89, 95, 97, 99, 107, 112, 117,119, 121FONDS D'INVESTISSEMENT POUR LE DVELOP-PEMENT INTERNATIONAL [FONIDI], 112FONDS FINANCIERS PRIVS (FFP), 99, 131FONDS INTERNATIONAL POUR LE DVELOPPE-MENT AGRICOLE (FIDA), 107FONKOZE, 138FOUNDATION FOR INTERNATIONAL COMMUNITYASSISTANCE (FINCA), 54, 59, 122FUNDACIN PARA EL APOYO A LAMICROEMPRESA (FAMA), 69GG8, 15, 83, 134GORGIE, 59GHANA, 34, 39, 41, 49, 57GLOBAL REPORTING INITIATIVE (GRI), 149GOUVERNANCE, 51, 89amliorer la, 120GRAMEEN BANK, 3-4, 27-28, 35GROUPE CONSULTATIF D'ASSISTANCE AUXPAUVRES (CGAP), vii-xi, xiii, 2, 6-7, 15-16,23, 27, 40-41, 56, 83, 87, 107-108, 111,116-117, 150fonds de notation, 73outil d'valuation de la pauvret, 23, 49, 146Pro-Poor Innovation Challenge, 54GUATEMALA, 31-32GUICHETS AUTOMATIQUES, 27, 40, 60, 68-70,101, 129-132, 143HHATI, 74, 162HYPOTHQUE Voir Prt hypothcaireIICICI, viii, 14, 60, 100IFI Voir Institutions financires internationales IFNB Voir Institutions financires nonbancaires IMF Voir Institutions de microfinanceINDE, 3, 7, 9, 35, 41-43, 63, 67, 109-110,115, 132, 135-136, 161 Voir aussi Self-Employed Women's Associationchit funds, 43INDIVIDUAL DEVELOPMENT ACCOUNTS(IDA), 102INDONESIAN PEOPLE'S CREDIT BANKS, 3INDONSIE, 3, 9, 33, 35, 41, 57, 98, 115,163 Voir aussi Bank Rakayat IndonesiaINFLATION, 90, 92Index 183Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 183INFOCORP, 77INFORMATION - Voir aussi Systmes dinformationdiffusion d', 79INFRASTRUCTURE FINANCIRE, 65, 82INSTITUTIONSde microfinance acceptant les dpts, 99fatires, 109financires formelles, 55-56INSTITUTIONS DE MICROFINANCE (IMF), xiv, 5-7, 21, 23, 30-31, 36, 39-41, 48, 52-54, 56, 59-60, 69, 72-73, 76-77, 81, 89-90, 92-95, 105,108-109, 112, 115-118, 120, 122-123, 130,133, 139-140, 144, 147--149, 158-159, 161appui aux, 108INSTITUTIONS FINANCIRES INTERNATIONALES(IFI), 111-115, 122INSTITUTIONS FINANCIRES NON BANCAIRES(IFNB), 41, 57-59INTEGRATED RURAL DEVELOPMENTPROGRAMME (IRDP), 86INTERNATIONAL JUSTICE MISSION (IJM), 54INTERNET, 60, 63, 129, 163JJORDANIE, 88, 103KKENYA, 11, 46-47, 52, 57, 60, 121, 132, 161-162 Voir aussi Equity Bankmerry-go-rounds, 43KENYA POST OFFICE SAVINGS BANK(KPOSB), 137-138KIRGHIZISTAN, 98KMB BANK, 59K-REP, viii, 109LLA EQUIDAD, 59LATIN AMERICAN CHALLENGE INVESTMENTFUND (LACIF), 122LIBRALISATIONdes taux d'intrt, 84, 89-90, 160du secteur financier, 92LOCAL CURRENCY RISK FUND (LCRF), 115LOTERIE, BUREAU OU GUICHET DE, 63, 161MMACRO, 16, 83, 105, 155, 160MACROCONOMIE Voir Stabilit macrocono-miqueMALAISIE, 132MALI, 47, 80, 135MARCHSdistorsion des, 88, 103, 108intrieurs ou nationaux, 105, 121, 126, 161MAROC, 97, 122MCANISMEde rserve, 116de supervision et de contrle, 154MSO, 15-16, 65-67, 76, 81-82, 105, 155, 159MEXIQUE, 10, 41, 50, 63, 80, 92, 115, 120,132, 138tandas, 43MIBANCO, 27, 120, 122MICASA, 27MICRO, 15-16, 39, 55, 81, 105, 108, 155, 158MICRO FINANCE REGULATORY COUNCIL(MFRC), 80, 153MICROASSURANCE, 30-31, 55, 59MICROBANKING BULLETIN, 53MICROCRDIT, xiii, 3-6, 19, 21, 28, 33-34,90, 94, 97, 139, 152, 163 Voir aussiSommet du microcrditprofil des clients, 26, 36MICROENTREPRISE, viii, 2-4 19, 25, 27, 33,68, 86, 105, 143MICROFINANCE, vii-ix, xi, xiv, 3, 6, 14, 16,19, 21, 23, 27, 35-37, 39-41, 47, 49-54, 56-58, 60-61, 63, 65-68, 70, 72-74, 76-77, 79-84, 86-93, 95-96, 98-99, 101, 103-113, 115,117-118, 120-123, 126-129, 132-133, 138,144-149, 151, 153-155, 157-162caractristiques de la, 9-13, 20histoire de la, 2, 4lois sur la, 98marginalisation de la, 100objectif de la, 62principes cls de la, xiiiprofil des clients, 21-22, 24rurale, 140MICROFINANCE INFORMATION EXCHANGE(MIX), vii, 51, 53, 67, 116-117, 147MICROFINANCE NETWORK (MFN), 154MIX Voir Microfinance Information eXchange184 La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 184MOBILISATION Voir Dpts, pargneMOZAMBIQUE, 138MUTUELLES DE CRDIT, 47, 143NNATIONAL BANK FOR AGRICULTURE ANDRURAL DEVELOPMENT (NABARD), 46NATIONAL MICROFINANCE BANK (NMB), 57NPAL, 35, 54, 143NICARAGUA, 69, 88, 94NIGERIA, 11, 57, 132esusu, 43NIRDHAN UTTAN BANK LTD, 23NOTATION, 71, 73agences de, 66, 72, 123Fonds de, 73-74OOBJECTIFS DE DVELOPPEMENT DUMILLNAIRE, 35, 150OBLIGATIONS, 112, 116-117, 121-122, 126, 161OIKOCREDIT, 52, 115ONE NETWORK BANK, 90ONG Voir Organisation non gouvernementaleOPPORTUNITY BANK MONTENEGRO (OBM), 52OPPORTUNITY INTERNATIONAL, 138ORGANISATION DES NATIONS UNIES POURL'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE (FAO), 43ORGANISATION NON GOUVERNEMENTALE(ONG), 20,39, 50-56, 58, 60, 63, 70, 76-77,91, 96, 99-100, 153OUGANDA, 21, 35, 50, 52, 70, 98-99, 103,122, 142, 162PPALI KARMA SAHAYAK FOUNDATION (PKSF), 89PARTICIPATION DE L'ETAT, 84PAUVRET, 147-149, 157lutte contre la, xiii, 36, 51, 55, 83, 103, 157mesures absolues de la, 147rduction de la, 28, 106seuil de, 21, 33-34, 147PAYS EN DVELOPPEMENT, 4, 48, 76, 91, 98,100, 103, 107, 119, 123, 126, 133-134, 139,158, 160PERFORMANCE Voir RendementPROU, 49, 52, 76-77, 118, 120, 122, 138, 162PHILIPPINES, 21, 39, 41-42, 44, 48, 53, 57-58, 83, 103, 130, 135, 138, 162PME, 86PORTEFEUILLE, 61, 87, 100, 116, 142croissance du, 93de crdit, 72, 75de prts, 46, 56-57, 100, 107POSTAUX, KIOSQUES, 133PRTS la consommation, 27, 152adosss, 116agricoles, 25, 85concessionnels, 4, 85, 107, 110, 112, 115d'urgence, 25, 27, 32, 144en devises, 116hypothcaire, 58, 119sur gage, 2, 4, 41-42subventionns, 85, 103PRIZMA, 148-149PROCREDIT BANK, 59, 60, 115, 121PRODEM, 58, 90, 131, 142PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LEDVELOPPEMENT (PNUD), 107PROSHIKA, 50PROTECTIONdes consommateurs, 127, 151-155, 161sociale, 32RRABOBANK, 52RECOUVREMENT, 94RGLEMENTATION, 39, 51-52, 88, 91, 95, 98-99, 103, 133, 151, 154-155, 159AML/CFT, 91bancaire, 89normes de, 96prudentielle, 95-96, 99RENDEMENT, 69, 72, 80, 111-112, 160amliorer le, 36des institutions financires, 69financier, xiv, 81, 159mesure du, 71normes du, 71, 79RENDEMENT SOCIAL, xiv, 127, 144-145, 148-149, 151, 155Initiative sur les indicateurs de, 146RPUBLIQUE DOMINICAINE, 138RISQUES, 44, 65, 71, 75, 89, 93, 95-96, 100,122, 126, 141, 159de change, 115-117de pertes sur crances, 94Index 185Accs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 185financiers, 115rduction des, 130tolrance aux, 106, 109-110SSALVADOR, 138SAVINGS AND CREDIT SOCIETIES (SACCO), 47SEEP Voir Small Enterprise Education andPromotion NetworkSELF-EMPLOYED WOMEN'S ASSOCIATION(SEWA), 3, 35, 59SELF-HELP GROUPS (SHG), 9, 45-46SNGAL, 41, 49, 135FENAGIE-PECHE, 49Programme d'appui aux mutuelles d'pargne et de crdit au Sngal (PAMECAS), 49SERVICES FINANCIERS POUR LES PAUVRES Voir MicrofinanceSEWA Voir Self-Employed Women'sAssociationSHARE, 86SHG Voir Self-help groupsSMALL ENTERPRISE EDUCATION ANDPROMOTION NETWORK (SEEP), 79, 154SMALL ENTERPRISE FOUNDATION (SEF), 150SOCIT D'INVESTISSEMENT ET DEDVELOPPEMENT INTERNATIONAL (SIDI), 112SOCIT INTERNATIONALE DE FINANCEMENT, 121SOMMET DU MICROCRDIT, 21, 50-51SOUDAN, 135STABILIT MACROCONOMIQUE, 84, 89-90,103, 160STANDARDISATION, 148-149SUPERVISION, 96bancaire, 98, 159instances de, 98prudentielle, 97, 99SWAPS, 115-116SYSTMES bande large, 129d'information, 70, 129, 133d'information de gestion (SIG), 70de paiement, 68-70, 91de rglement brut en temps rel (SRBTR), 68TTANZANIE, 57, 83, 103kibati, 43TAUX D'INFLATION, 89TAUX D'INTRT, 3-4, 10, 26, 46-47, 49, 70, 85,88, 90-92, 94-95, 99, 116-117, 140, 151-152plafonnement des, 87, 91-93, 98, 103du microcrdit, 92modiques, 107subventionns, 3volatilit des, 90TAUX DE CHANGE, 116fluctuations des, 115-116TEBA BANK, 11TLPHONES PORTABLES, 27, 60-61, 63, 69,129-130, 138, 159TERMINAUX POINTS DE VENTE (POS), 128-131, 133THALANDE, 85, 142TRANSFERTS D'ARGENT OU DE FONDS, xiii, 10,19, 25, 36, 47, 55, 68-69, 85, 127, 133-138, 158socits de, 136TRANSPARENCE, 65, 69-71, 73-74, 80-81,128, 160de la performance financire, 70, 82,110, 145TRIODOS BANK, 112, 115, 149TURQUIE, 135UU.S. AGENCY FOR INTERNATIONALDEVELOPMENT (USAID), ix, 122, 147, 150Outils AIMS, 150UMASIDA, 59USAID Voir U.S. Agency for InternationalDevelopmentUSURIERS, 39, 41-42, 158 Voir aussi Prtssur gageWWOCCU Voir World Council of Credit UnionsWOMEN'S EMPOWERMENT PROGRAM, 35WOMEN'S WORLD BANKING (WWB), 67, 121WORLD COUNCIL OF CREDIT UNIONS(WOCCU), 138, 150ZZURICH INTERNATIONAL, 55186 La finance pour tousAccs pour tous corrig-6 30/06/06 17:46 Page 186LA FINANCEpour tousConstruire des systmes financiers inclusifsGroupe consultatif dassistance aux pauvresLE CGAP : 10 ANS DEXPRIENCELA FINANCEPOUR TOUS1818 H Street NWWashington, D.C. 20433tats-UnisTl. : 1.202.473.6479Tlc. : 1.202.522.3744www.cgap.orgLa construction de systmes financiers incluant les pauvresest la prochaine grande tape franchir pour le dveloppe-ment et la finance. Cet ouvrage prsente quelques pistessrieuses qui donnent rflchir sur les moyens d'y parvenir.Mark Malloch BrownNations UniesCet ouvrage prsente la nouvelle vision de la microfi-nance. Dans un langage simple, il dcrit les enseignementsque le CGAP et dautres acteurs du milieu du dveloppementont pu tirer ces dix dernires annes sur la construction desystmes financiers accessibles tous. Ce nest ni un manueltechnique ni une chronique de lhistoire de la microfinance. laide de multiples sources dinformation, on dcrit la situa-tion du secteur de la microfinance dans son tat actuel, lesperspectives et les dfis venir.Ce livre permet aux lecteurs de comprendre rapidementquelles sont les incidences pratiques des systmes financiersaccessibles tous, en prsentant un tat des lieux de nosconnaissances actuelles, de ce quil reste dcouvrir et desmoyens de sinformer de faon plus dtaille.En commenant par des questions essentielles sur les clientsde la microfinance (Qui sont-ils ? Quels services financiersveulent-ils obtenir ? Quels sont les effets des services financierssur leur quotidien ?), l'ouvrage examine tous les chelons dusystme financier. Il illustre les interventions qui fonctionnent,celles qui sont sans effet, et dcrit les domaines dans lesquels ilfaut parfaire les connaissances. En se concentrant sur les prati-ques et les modles prometteurs, l'ouvrage prsente un pano-rama des moyens mettre en uvre pour crer des systmesfinanciers qui, terme, offriront un accs tous.HelmsISBN 978-2-89035-398-5Brigit HelmsAccs (pine o.47) 30/06/06 17:22 Page 1Table des matiresAvant-proposRemerciementsLe Groupe consultatif dassistance aux pauvresLe Groupe consultatif dassistance aux pauvresPrincipes cls de la microfinanceChapitre 1. IntroductionChapitre 2. Les clients pauvres et faible revenuChapitre 3. Les prestataires de services financiers: le niveau microChapitre 4. Linfrastructure financire: le niveau msoChapitre 5. Ltat: le niveau macroChapitre 6. Les sources de financementChapitre 7. Dfis transversauxChapitre 8. ConclusionPostfaceConseils de lecture et sites internet recommandsRfrences bibliographiquesIndex /ColorImageDict > /JPEG2000ColorACSImageDict > /JPEG2000ColorImageDict > /AntiAliasGrayImages false /DownsampleGrayImages true /GrayImageDownsampleType /Bicubic /GrayImageResolution 300 /GrayImageDepth -1 /GrayImageDownsampleThreshold 1.50000 /EncodeGrayImages true /GrayImageFilter /DCTEncode /AutoFilterGrayImages true /GrayImageAutoFilterStrategy /JPEG /GrayACSImageDict > /GrayImageDict > /JPEG2000GrayACSImageDict > /JPEG2000GrayImageDict > /AntiAliasMonoImages false /DownsampleMonoImages true /MonoImageDownsampleType /Bicubic /MonoImageResolution 1200 /MonoImageDepth -1 /MonoImageDownsampleThreshold 1.50000 /EncodeMonoImages true /MonoImageFilter /CCITTFaxEncode /MonoImageDict > /AllowPSXObjects false /PDFX1aCheck false /PDFX3Check false /PDFXCompliantPDFOnly false /PDFXNoTrimBoxError true /PDFXTrimBoxToMediaBoxOffset [ 0.00000 0.00000 0.00000 0.00000 ] /PDFXSetBleedBoxToMediaBox true /PDFXBleedBoxToTrimBoxOffset [ 0.00000 0.00000 0.00000 0.00000 ] /PDFXOutputIntentProfile () /PDFXOutputCondition () /PDFXRegistryName (http://www.color.org) /PDFXTrapped /Unknown /Description >>> setdistillerparams> setpagedevice