ANNEXE : COMPLEMENTS D’EPISTEMOLOGIE ?· - épistémologie descriptive (épistémologie spontanée…

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    13-Sep-2018

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  • {O39} THEUREAU J. (1999) Cours des UV SC 23 (Thories et mthodes danalyse de laction & ingnierie) et SH 12(Anthropologie cognitive & ingnierie), UTC/SHT, Compigne (346 p.) (nouvelle dition remanie) Annexepistmologique

    ANNEXE : COMPLEMENTS DEPISTEMOLOGIE

    EPISTEMOLOGIE GENERALE & EPISTEMOLOGIE DE LANTHROPOLOGIECOGNITIVE

    Introduction

    Limportance des questions pistmologiques pour lanthropologie cognitive dcoule de plusieursraisons:- cest une discipline scientifique en constitution;- partir de plusieurs disciplines scientifiques existantes htrognes;- ayant des consquences pratiques sur lhomme et son environnement, donc soumise la pressiondes intrts;- appartenant aux sciences humaines, donc soumise la pression des idologies.

    Cest pourquoi lensemble du cours peut tre considr comme traitant dpistmologie. Cetteannexe a pour but den prciser et rassembler le vocabulaire.

    Lpistmologie gnrale et ses distinctions

    Piaget (1967), dans son introduction au volume logique & connaissance scientifique de LaPleiade, propose quelques distinctions essentielles.

    Il distingue dabord la logique de lpistmologie.

    logique = tude des conditions formelles de vrit.

    pistmologie = tude des conditions d'accession et des conditions constitutives des connaissancesvalables, c'est--dire, pour Piaget, scientifiques.

    Je me limiterai aux connaissances scientifiques, mme si lon peut considrer dautres sortes deconnaissances comme valables, par exemple des vrits mathmatiques, des vrits pratiques, desvrits de foi ou des vrits philosophiques. Ces dernires nobissent pas aux mmes conditions(voir par exemple Granger, 1988, pour les vrits philosophiques).

    Piaget distingue aussi la mthodologie de la logique et de lpistmologie.

    mthodologie = pour un objet ou domaine de connaissances donn, le croisement entre logiqueapplique et pistmologie applique. Dune part, elle na pas une consistance propre. Dautre part,on ne peut parler de logique et dpistmologie sans dborder sur la mthodologie qui estncessaire pour les mettre en oeuvre.

    En ingnierie, on est plus habitu parler de mthodologie que dpistmologie. Pourtant lesmthodes sont seulement des moyens qui aident rassembler un savoir. Elles ne constituent pas unensemble de critres pour savoir de quel savoir il sagit. Elles ne donnent aucun critre de vrit,aucune contrainte factuelle, aucun principe thorique. En rsum, elles ne font pas preuve par elles-mmes.

    L'pistmologie ntant pas formelle est toujours associe, implicitement ou explicitement, uneontologie, cest--dire des considrations sur la nature des choses. Par consquent,lpistmologie d'un objet (ou domaine) de connaissances donn ressort la fois d'une

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    pistmologie gnrale et d'une pistmologie particulire: en fonction des disciplines scientifiques(pistmologie de la physique, pistmologie de la biologie, pistmologie de la sociologie, etc....);en fonction des objets de connaissance eux-mmes (qui peuvent tre au croisement de plusieursdisciplines scientifiques). Ceci permet d'viter plusieurs impasses:- impasse du positivisme = l'pistmologie de la physique tendue tous les objets de connaissance;- impasse d'une sparation mthodologique des disciplines scientifiques: par exemple, la sparationpsychologie / anthropologie par des considrations de mthode (exprimentation de laboratoiredun ct / terrain de lautre) quels que soient les objets considrs;- impasse des modes mthodologiques: par exemple, le structuralisme = application extrieure d'unemthode tous les objets des sciences humaines;- impasse de la distinction entre sciences nomothtiques (sintressant la matire) et sciences idographiques (ou hermneutiques, interprtatives) (sintressant lesprit, lhomme). Cettedistinction caricature la fois les sciences de la matire et les sciences humaines. Toutes les sciencessont nomothtiques, car elles sefforcent de dgager des lois objectives et contraignantes. La libertest un concept philosophique. Toutes les sciences sont aussi hermneutiques, car pour constituer unfait ou le vrifier, il faut en dfinitive trouver ou retrouver dans une intuitioin une abstractionexprime dans un nonc.

    On peut distinguer aussi:- pistmologie interne ( une dmarche scientifique donne)/ externe (en rfrence dautresdmarches scientifiques, voire la dmarche scientifique en gnral);- pistmologie descriptive (pistmologie spontane des chercheurs, que lon peut ventuellementdgager par lanalyse de leur activit)/ normative (idal pistmologique).

    Dans lensemble du cours sont prsents des lments d'une pistmologie interne normative delanthropologie cognitive. Mais il faut noter que cette pistmologie interne intgre en partie unpoint de vue externe, par sa rfrence dautres disciplines, et que cette pistmologie normative,tant enracine dans la pratique dtude et de recherche dun certain nombre de gens, est aussi en cesens descriptive.

    La notion de programme de recherche: noyau / priphrie; pouvoir heuristique; pouvoirde croissance

    La scientificit nquivaut pas fcondit. La science nest pas la recherche. La recherche n'est pasla dfense des avantages acquis, disciplinaires ou catgoriels. La notion de programme derecherche a t propose par I. Lakatos, partir de ces distinctions.

    Notion de programme de recherche

    Cette notion de programme de recherche, avec ses notions de noyau et de ceinture de protectionthoriques et heuristiques et ses critres de pouvoir heuristique (rsistance la contestation de lacommunaut scientifique; constitution de faits nouveaux, avrs ou hypothtiques) et de capacit decroissance (approfondissement du noyau, largissement du domaine, contagion dautresdomaines) nest pas forcment limite la recherche scientifique en sciences physiques et larecherche mathmatique. Elle peut tre tendue, non seulement aux sciences humaines, mais aussi la recherche technologique et mme la recherche philosophique.

    Un programme de recherche est constitu la fois de notions, hypothses et procds heuristiques.

    Dans un programme de recherche, il faut distinguer entre noyau / ceinture protectrice: si le noyauest remis en cause, on change de programme de recherche; si l'on se contente d'amnager la ceintureprotectrice, le programme de recherche continue.

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    Le dveloppement d'un tel programme de recherche peut tre apprci l'aide de deux critres (ousries de critres): pouvoir heuristique et capacit de croissance.

    pouvoir heuristique = produire des faits nouveaux avrs (ex: la comte de Haley repassera tel jour),des faits nouveaux hypothtiques (questions nouvelles ou formulation nouvelle de questionsanciennes) + rsister la contestation de la communaut scientifique (ce qui exige de la provoqueren explicitant les programmes, comme j'explicite ici des thses. Il n'y a rien de plus difficilementcontestable que le flou artistique).

    pouvoir de croissance = enrichissement du noyau et de la ceinture protectrice + extension dudomaine de phnomnes concern par le programme + transfert de ses notions, hypothses etprocds heuristiques d'autres domaines (concepts nomades).

    Selon cette conception, les programmes de recherche naissent (souvent dans la douleur), sedveloppent (paralllement d'autres, plus ou moins complmentaires ou alternatifs), dprissent etmeurent (souvent en se dbattant sauvagement partir des positions institutionnelles acquises durantleur priode de dveloppement).

    Exemple: le programme de la grammaire transformationnelle en linguistique (sachant que pourChomsky il participait la fois de deux disciplines scientifiques, la psychologie et la linguistique).

    Le dbat pistmologique

    Rappelons brivement les termes essentiels du dbat entre Lakatos, Popper, Kuhn et Feyerabend.Pour Popper, il y a dune part lutte mort entre science et non-science (dans laquelle il inclutreligions, marxisme et psychanalyse), dautre part concorde dans la science: en droit, il y a une seulethorie pour un domaine de phnomnes, voire pour une discipline scientifique, qui est soumise des oprations de falsification et quon remplace par une autre lorsquelle est effectivement falsifie.Kuhn complique le schma en introduisant un niveau suprieur celui des thories, le niveauparadigmatique. Ceci lui permet dajouter aux priodes de concorde la Popper des priodes decrise, au cours desquelles il y a lutte mort entre paradigmes concurrents. Lakatos se spare lafois de Popper et de Kuhn en introduisant lide de programmes de recherche, qui peuvent tre plusou moins gnraux (des programmes paradigmatiques aux programmes de recherche particuliers) ettransversaux (des programmes dans une discipline traditionnelle aux programmestransdisciplinaires) et qui possdent les caractristiques nonces plus haut. Pour Lakatos, il y aconfrontation tout instant entre programmes de recherche, en partie complmentaires, en partiealternatifs, et cette confrontation constitue un moteur essentiel de lhistoire scientifique (puisquedfinissant pour lessentiel le pouvoir heuristique de tout programme de recherche). Lakatos donnede nombreux exemples de programmes qui se sont avrs fconds et qui, au dpart, produisaientmoins de faits nouveaux avrs (non falsifis) que dautres qui se sont avrs dans le futurconstituer des impasses (par exemple, celui de Galile ou celui de Wegener). Lide de la lutte mort est donc remplace par celle dun combat la fois permanent, diffus et douteux entreprogrammes de recherche qui coexistent. Ajoutons que Lakatos, par son insistance sur lvaluationdes programmes de recherche en termes de pouvoir heuristique et de capacit de croissance et sur larfrence la communaut scientifique , soppose aussi lanarchisme pistmologique deFeyerabend et son mot dordre anything goes , qui supprime tout autre jugement sur unethorie ou un programme quelconque que celui de lhistoire: les bons sont supposs triompher etles mauvais prir1.

    Il me semble que, si lon gnralise ces ides de Lakatos dautres disciplines que les sciencesphysiques (et les mathmatiques, dont je ne parlerai pas ici) et si lon en tire toutes les 1 Pour Feyerabend, la science est essentiellement artisanale, produite par des artisans du savoir. Si cette image est loin de laralit de lessentiel de la recherche scientifique moderne, elle est proche encore de celle des sciences humaines.

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    consquences, on en arrive supprimer toute pertinence pistmologique aux disciplinesscientifiques constitues. Un programme de recherche est plus ou moins gnral: dun programmeparticulier un programme paradigmatique. Un programme de recherche (particulier ouparadigmatique) peut tre transversal relativement aux disciplines constitues. Un programme derecherche quelconque ne peut tre srieusement contest que par une communaut scientifique adhoc plus ou moins large. Do la notion que jai propos de programme de recherchelargi . Par exemple, si lon me suit, des notions et hypothses sur les cours daction sont contester, dabord par une communaut scientifique rduite aux chercheurs en anthropologiecognitive (avec les diffrents programmes de recherche et paradigmes qui y coexistent), puis, pluslargement, par les chercheurs en sciences cognitives, puis, plus largement encore.... etc... jusqulensemble de la communaut scientifique, et, pendant quon y est, lensemble de lhumanit.

    Evidemment, cette gnralisation et ces consquences de la mthodologie des programmes derecherche de Lakatos constituent plutt une ide rgulatrice, ancre de faon limite dans notrebas monde, quune ralit sociale et institutionnelle. Aujourdhui, cest plutt le disciplinarisme , pendant universitaire du nationalisme , qui domine, avec ses luttes pour lepartage des territoires (y compris ceux nouvellement dcouverts) et sa haine de ltranger qui sestaventur sur tel territoire, sauf sil sassimile ou accepte un statut infrieur. Mais, il me semblequon pourrait montrer, dune part, que tout progrs scientifique passe, dans ce cadre disciplinaire,par les ilots (monodisciplinaires comme transdisciplinaires) de construction, explicitation etconfrontation entre programmes de recherche, dautre part que toute stagnation voire rgressionscientifique passe par le respect des disciplines constitues.

    Eclectisme raisonn & dynamique versus idologique & statique

    Pour rsumer, si lon gnralise les ides de Lakatos, la ncessit pistmologique des disciplinesest donc remplacer par celle dun clectisme raisonn et dynamique . Jentends par l unecoexistence de programmes (y compris paradigmatiques) diffrents donnant lieu explicitation etconfrontation systmatiques sur les points o ces programmes sont encore vivants, cest--dire ontencore quelque chose dire et/ou produire techniquement de neuf, aussi limit que ce soit.Evidemment, un tel clectisme raisonn et dynamique risque tout moment de sombrer dans l clectisme idologique et statique bien connu: la coexistence de choux et de carottesscientifiques recouverte par un discours philosophique cache-misre unificateur.

    Sil est vrai que le dveloppement de la recherche scientifique passe par un combat la foispermanent, diffus et douteux entre programmes de recherche plus ou moins gnraux ettransversaux qui coexistent, donc par une sorte dclectisme, cest encore plus vrai pour unerecherche scientifique articule une recherche technologique, comme celle que nous menons, et cepour deux raisons essentielles.

    Dune part, la contribution scientifique la conception de situations dynamiques, donc complexes,doit aborder le problme de la connaissance scientifique de la complexit. Do un autre problme:celui de linterdisciplinarit . Les formulations ne sont pas innocentes et cette notiondinterdisciplinarit conduit tout droit un improductif rassemblement des ignorants (pourreprendre la formule dAlthusser2). La prcision des paradigmes, objets thoriques et observatoirespermet, daprs moi, de reformuler ce problme en termes plus fconds de complmentarit. Mais, un moment donn, des programmes en partie alternatifs, et mme ressortant ventuellement deparadigmes diffrents, sont amens contribuer scientifiquement la conception des situationsdynamiques, ce qui renforce le caractre diffus et douteux du combat entre ces programmes derecherche.

    2 Cette critique des discours interdisciplinaires tait formule en association avec une critique de lusage purementformel des mathmatiques et une critique de lindistinction entre sciences humaines et philosophie.

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    Dautre part, la partie technologique des techniques3 est en gnral en retard sur la recherchescientifique correspondante. Par exemple, actuellement, la conception centre sur le cours dactionse dveloppe plutt en termes de situation daide laction plutt que daide lapprentissage-dveloppement, de situation daide lacteur individuel plutt que daide la coopration, alors quelapprentissage-dveloppement et la relation individu-collectif sont au centre du programme derecherche fondamental. Par exemple, actuellement, les analyses de cours daction, en termesconstructivistes, dbouchent sur une nouvelle ingnirie des situations dynamiques. Mais elles nedbouchent pas encore, dans ce cadre, sur de nouveaux modles de conception des artefactstechniques, et se contentent dalimenter par des analyses constructivistes des modles de conceptioninformatiques - donc en termes cognitivistes - et de limiter leur porte. Pour quils dbouchent surde nouveaux modles de conception, il faudrait dabord quils donnent lieu des modlesthoriques synthtiques. En tout cas, aujourdhui, la relation entre lanalyse des cours daction,constructiviste, et la conception informatique, cognitiviste, nest pas seulement de combat, mais ausside coopration. Si lon gnralise, on a l une raison supplmentaire du renforcement du caractrediffus et douteux du combat entre programmes de recherche.

    En gnral cet clectisme caractrise plutt les groupes de travail, colloques et congrs divers, parexemple, en ce qui me concerne, ceux en ergonomie, gestion, fiabilit humaine, etc... (versanttechnologique) ou en langage et travail , cognition situe , etc... (versant fondamental). Ilpeut aussi caractriser un lieu de recherche particulier. Dans les deux cas, toute la question est desavoir de laquelle des deux sortes est - ou peut devenir - cet clectisme. Cest - il faut bien le dire -plutt la seconde sorte qui prdomine.

    Il faudrait aussi soulever le problme dventuelles autres conditions de lextension de lamthodologie des programmes de recherche de Lakatos aux sciences humaines, la recherchetechnologique et la recherche philosophique. Par exemple, on peut se demander si la rfrence une communaut scientifique quelconque est suffisante en ce qui concerne les scienceshumaines, sil ne faut pas ncessairement se donner aussi les moyens de la contestation par lesacteurs eux-mmes, surtout lorsque les rsultats scientifiques ont des consquences pratiques. Cesten tout cas ce que je pratique sur le terrain, ce qui rencontre quelquefois des obstacles socio-politiques.

    Critres de scientificit : littralisation de lempirique; relation organique la technique;propositions falsifiables

    En ce qui concerne les programmes de recherche scientifique dans leur diffrence avec lesprogrammes de recherche philosophiques et technologiques, le noyau et la ceinture de protection, demme que leur mode dvaluation (du point de vue du pouvoir heuristique et de la capacit decroissance), doivent obir des critres de scientificit4. Sinon on est confront un cercle vicieux:est scientifique ce qui est produit par des scientifiques institutionnellement reconnus, etc..., selon laritournelle malheureusement courante. Si la scientificit nest pas considre comme une questionde critres, elle se rduit une question de position sociale et institutionnelle, de chercheurs etuniversitaires verbeux dun ct et de praticiens muets de lautre.

    Ces critres de scientificit sont, pour suivre Koyr repris par Milner (1989): littralisation delempirique; production de propositions falsifiables; relation organique avec la technique. Ils sont,

    3 Je distingue ici, dans une technique donne, sa partie technologique, en relation organique avec la recherche scientifique, dureste. Ce reste, lui, mne sa vie indpendamment et peut donc tre aussi bien en avance quen retard sur la recherchescientifique.4 Pour Lakatos, cela va de soi, du fait quil fait demble confiance la communaut scientifique en sciences physiques quipartage ces critres de scientificit, et il nprouve donc pas le besoin de les formuler.

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    selon moi, valables quels que soient les objets thoriques considrs de quelque disciplinescientifique traditionnelle de rattachement que ce soit, y compris ressortant des sciences humaines.

    La littralisation de lempirique (cest--dire que lon use de symboles quon peut et doit prendre la lettre, sans gard ce quventuellement ils dsignent et que des consquences empiriquespuissent suivre du maniement aveugle et rgl de quelques lettres ou symboles). Cest plus que laformalisation, la simple mise en forme. Cette dernire, hormis son intrt esthtique ventuellementpayant (lusage formel des mathmatiques contribue abusivement faire riche - et donc enrichir -,est par nature improductive. Lorsquon se contente de formalisation, on facilite la transmission,lenseignement, mais on ne fait pas de la science. Cest le cas de nombreuses dmarches dans cequon dsigne par sciences humaines , o lon donne des formes lempirique qui nont aucuneconsquence empirique.

    La littralisation de lempirique implique un usage des mathmatiques (quantitatives, mais aussiqualitatives), des plus simples aux plus spphistiques. Un bon exemple de mathmatique simple estcelle du modle tri-fonctionnel des peuples indo-europens, propos par Dumzil. Il littralise(lorsquon reconnat deux seulement des fonctions dans les institutions, les mythes, les popes, onest amen rechercher la troisime ou rviser le modle ou son domaine dapplication), maisnoblige compter que jusqu trois.

    Une proposition falsifiable est une proposition telle que lon puisse construire a priori uneconjonction finie de propositions qui y contredisent et trancher empiriquement cette contradiction.La ralisation de ce critre de scientificit passe en particulier par la construction soigneuse delobservatoire et de sa thorie minimale.

    La notion de falsification diffre de celle de validation. En effet, on ne valide jamais quengativement, mais toujours en relation avec des donnes. Une thorie qui ne prcise pas lesdonnes qui peuvent la falsifier est tout sauf scientifique.

    Considrons plus prcisment le critre de relation organique avec la technique, car il sopposedirectement lide dune science pure . Ce critre dcoule la fois de lpoque (lempirique denotre poque moderne est technique) et du principe de connaissance nonc lorigine parGiambattista Vico selon lequel on ne connat bien que ce que lon produit ou reproduit. Une relationorganique de la science avec la technique diffre dune application de la science, o se maintientl'extriorit entre science et technique.

    Ce critre fait la diffrence entre les astronomies grecque et gyptienne. Il est valable pour toutescience, contrairement l'image populaire du scientifique "pur" (Exemple: en anthropologie,Malinowski (1970): La vrit est que la science commence avec l'application ). Notons cependantque, dans une science et une technologie dveloppes, une division du travail peut s'installer dans uncontinuum d'unit organique entre science et technique du plus scientifique au plus technique. Cen'est pas le cas dans les sciences et techniques jeunes, comme lanthropologie cognitive etl'ergonomie, la gestion, etc....

    Il est relier au critre de production de propositions falsifiables, car: "on ne connait bien quelorsqu'on agit sur" (G. Vico).

    Science, technique, technologie, technique moderne, philosophie

    Quelques distinctions essentielles commandent ce triple programme de recherche.

    La technique, lart, nont a priori rien voir avec la science. En parlant ci-dessus de relationorganique entre science et technique, nous avons en fait dfini une technologie.

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    Dans notre poque moderne, toutes les techniques et arts entretiennent une relation avec latechnique, mais cette relation peut ne pas tre organique. Nous appelons technique moderne unensemble dapplications diverses de lambeaux de sciences diverses, de recettes pratiques et dappelau gnie intransmissible des praticiens-experts. De ce point de vue, par exemple:linformatique, pour autant quelle conoit des machines, est une technologie, mais en tant queconcevant des situations informatises, est une technique moderne; lergonomie est elle aussi unetechnique moderne, mais pointe vers une technologie de la conception de situations.

    De plus, une ventuelle technologie humaine5 (gestion, conomie, ergonomie, etc...) est toujours distinguer cependant soigneusement des sciences humaines avec lesquelles elle entretient unerelation organique. Elle comporte toujours des choix thiques et politiques implicites ou explicitesqui sont premiers relativement ceux qui sont sous-jacents aux sciences correspondantes.

    Une telle technologie humaine est distinguer - cela va sans dire - de la philosophie. Ajoutons queles sciences humaines aussi sont distinguer soigneusement de la philosophie, ce qui est moinsclair de nos jours. En effet, dune part nombre duniversitaires et consultants-experts en scienceshumaines se contentent dnoncer des philosophies locales concrtes - dont certaines sonttout fait intressantes - dont la seule rfrence empirique est leur intuition personnelle. Dautrepart, le rle que jouent actuellement les travaux philosophiques dans la redfinition des sciencescognitives provoquent dans ces dernires un effacement de la distinction.

    Cest, toujours selon moi, condition de faire soigneusement ces distinctions que lon peut faireinteragir mutuellement recherche scientifique en sciences humaines, recherche technologique etrecherche philosophique, et plus gnralement science humaine, technique et philosophie6.

    Programme de recherche fondamental / programme de recherche technologique

    Cette notion de programme de recherche technologique articul des programmes de recherchefondamentaux dcoule du critre de relation organique la technique. Elle est cependant peucourante du fait de l'idologie de sparation entre science et technique.

    Exemple: les programmes de recherche fondamentale en linguistique et les programmes derecherche technologique en pdagogie, didactique des langues, traduction, recherche documentaire,etc...

    Evidemment, pour reformuler ce qu'on a dj crit plus haut, les programmes de recherchefondamentale ne concernent pas que les chercheurs et universitaires, et les programmes de recherchetechnologique ne concernent pas seulement les techniciens. Dans les phases de constitution, il y amme en gnral indiffrenciation totale. Dans les phases de maturit, il y a diffrenciation dans uncontinuum.

    Interdisciplinarit versus complmentarit

    5 Nous disons ventuelle , car il nexiste au mieux aujourdhui que des technologies humaines en voie deconstitution, cest--dire des techniques modernes humaines comportant des lments qui sont en relation organique avec dessciences humaines.6 Joublie volontairement les mathmatiques dans cette affaire, mme si je fais partie des gens qui, dans les scienceshumaines, la fois nen ont pas peur et ne sont pas prts tuer pour eux et par eux leurs objets dtude, car, dans ce cours,nous nen avons parl quen conclusion, lorque nous avons abord les perspectives de modlisation synthtique enanthropologie cognitive.

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    La situation de travail ou de pratique, individuelle et collective, comprenant tant les hommes que lesmachines, les outils, les documents, l'organisation, la formation, l'espace, l'environnement, constitueune totalit complexe et dynamique. Pour ltudier scientifiquement, on a besoin de relier entre euxles objets de connaissance partiels qui dmembrent ce tout dynamique.

    L'appel l'interdisciplinarit ne suffit pas. Sa formule, d'aprs Althusser (1974), c'est: quand onignore quelque chose que tout le monde ignore, par exemple la complexit de la situation de travail,il suffit de rassembler tous les ignorants. La science sortira du rassemblement des ignorants.

    La solution passe d'abord par la prcision des objets de connaissance (ou objets thoriques, pouremployer un autre vocabulaire) (+ ou - partiels; + ou - transversaux ou longitudinaux; + ou -intgrateurs), des observatoires, et l'tablissement des conditions de leur complmentarit. C'est lapremire condition pour que l'interdisciplinarit soit, certes un rassemblement des ignorants, maisqui se donnent les conditions pistmologiques pour sortir de cette ignorance.

    Est-il encore besoin de dire que tous les objets thoriques sont des rductions du rel, qu'il ne s'agitjamais d'tudier scientifiquement un quelconque rel .

    Par conditions de complmentarit entre deux objets thoriques et leurs observatoires, nousentendons les conditions (de recoupement des paradigmes, de construction des objets thoriques,des observatoires et des phnomnologies, voir plus loin quelques prcisions sur ces notions) quileur permettent de donner lieu tude conjointe et de fournir des rsultats intgrables. Cette notionde complmentarit a particulirement t labore par G. Devereux (1985, Ethnopsychanalysecomplmentariste, Flammarion), en ce qui concerne lapproche psychanalytique et lapproche delanthropologie culturelle et de la sociologie.

    D'aprs Devereux (1985, p. 143), en effet: "La question n'est jamais: "A quel moment les individuset les phnomnes individuels cessent-ils d'tre pertinents, et la socit et les phnomnes sociauxprennent-ils une importance exclusive?" Ni, bien entendu, inversement. La question vritable est: "Aquel moment est-ce plus parcimonieux d'utiliser l'approche sociologique plutt que l'approchepsychologique?".

    Remarquons que le complmentarisme, entre psychanalyse dune part, et anthropologie culturelle etsociologie de lautre, propos par Devereux tait possible car psychanalyse, mythologie etsociologie partageaient alors le mme paradigme structuraliste (voir cours 8). Pour que des objetsthoriques et observatoires dune anthropologie cognitive soient complmentaires, il faut aussiquils obissent un mme paradigme, par exemple le paradigme constructiviste.

    Exemples ergonomiques entre interdisciplinarit et complmentarit: Filippi, Grosjean, Joseph,Theureau (1993); Bayart, Borzeix, Lacoste, Theureau (1996).

    Exemples plus lointains: la recherche interdisciplinaire sur le bourg de Plozevet (1957-1967)(sociologie, anthropologie physique et mdicale; anthropologie culturelle; histoire; dmographie); larecherche interdisciplinaire sur la Gare du Nord (1994) (sociologie, smiologie, ethnomthodologieet analyse conversationnelle, gestion scientifique, clairagisme).

    Notions essentielles dpistmologie gnrale

    Ajoutons un ensemble de notions d'pistmologie gnrale. Ces notions d'pistmologie gnrale,lorsqu'on ne les concrtise pas, concernent tous les objets de connaissance possibles, en particuliertous les objets de connaissance qui concernent l'ergonomie. Vous pouvez les trouver de faon plusou moins disperse dans la littrature, condition, comme moi, de les chercher.

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    Vous pourrez vrifier que ces notions et leurs relations dans un systme sont toujours prsentesdans toute dmarche scientifique, mais quelquefois de faon dgnre ou de faon implicite. Dansce dernier cas, les expliciter permet justement d'amliorer la dmarche scientifique en question.

    Je les prsenterai et les illustrerai par un exemple de programme de recherche: celui de la grammairetransformationnelle de Chomsky en linguistique. Ce programmes de recherche est en gnralinconnu des ingnieurs, alors que s'il y a bien quelque chose qui distingue l'homme des autresprimates, c'est bien le langage. S'y intresser nous sort de notre chapelle, ce qui est une condition dela rflexion pistmologique. Ce programme de recherche est moribond, mais a produit en passantnombre d'enseignements pistmologiques utiles aux vivants. S'y intresser, c'est tirer des leons dupass et ne pas rester colls aux dernires publications scientifiques, autre condition de la rflexionpistmologique.

    Paradigme thorique & pistmologique

    Il constitue l'horizon descriptif et explicatif d'un programme de recherche fondamentale.

    Exemple: Chomsky: la linguistique cartsienne (innisme des structures & universalisme) et lesfonctions rcursives.

    Phnomne

    C'est tout ce qui est susceptible la fois d'apparatre dans l'espace et dans le temps et d'tre objetd'exprience humaine (moyennant ventuellement outils et procdures) (Kant).

    Exemple: Chomsky: phnomnes de cration langagire (la crativit infinie du langage) et dejugements de grammaticalit (grammatical / pas grammatical; identit de signification malgrdiffrentes structures de surface; passages entre affirmatif - interrogatif - ngatif).

    Objet thorique gnral/spcifique (domaine de connaissance, substance d'un champ scientifique)

    Contrairement au sens commun, une science donne ntudie pas le rel, mais un objet thorique. Ladfinition dun tel objet thorique est la dlimitation (en quantit: o couper dans une totalit, enparticulier dynamique?; en qualit: jusqu'o peut-on apprendre?) des phnomnes susceptiblesd'une connaissance scientifique (description & explication) possible. Les hypothses qui prsident cette dlimitation ne pourront tre valides que partiellement et indirectement par l'tude desphnomnes ainsi dlimits.

    Exemple ngatif de maldfinition d'un objet = la conduite selon Reuchlin en psychologie = ensemble d'actes (de rponses au sens behavioriste) caractris par l'organisation que leur imposela fin poursuivie, consciemment ou non, rationnellement ou non, par l'organisme .

    Exemple positif: Chomsky: comptence linguistique de l'auditeur-locuteur idal = intuitionlinguistique du sujet parlant.

    Observatoire gnral/spcifique (donnes, ou plutt construits)

    Les procdures et outils de construction des donnes ne sont pas neutres: ils actualisent desthories.

    Un observatoire dpend d'un objet thorique, mais pas seulement. Il dpend aussi d'une thorieminimale venue d'ailleurs = hypothses supplmentaires qui ne seront pas valides du tout parl'observatoire.

  • {O39} THEUREAU J. (1999) Cours des UV SC 23 (Thories et mthodes danalyse de laction & ingnierie) et SH 12(Anthropologie cognitive & ingnierie), UTC/SHT, Compigne (346 p.) (nouvelle dition remanie) Annexepistmologique

    Exemple: Chomsky: observatoire (donnes): nant, selon J. C. Milner. Moins polmiquement, onpeut dire que sa thorie minimale est celle qui prside dj la dfinition de l'objet thorique. PourChomsky (Aspects de la thorie syntaxique, p. 36): Pour la thorie grammaticale, le problmecrucial aujourd'hui n'est pas le manque d'information, mais l'inadquation des thories .

    Phnomnologie

    Elle passe par une mise en suspens provisoire des savoirs et intrts pratiques (y compris les plusvalables) pour considrer la chose mme .

    Elle met en mots ou en schmas la fois des phnomnes observables directement (moyennant lesdivers instruments d'observation) et des phnomnes observables au cours de l'analyse.

    Elle donne la primaut la gnralisation descriptive partir des donnes (construits), mais faitappel aussi la concrtisation d'a priori thoriques.

    Exemple: Chomsky: phnomnologie = notions concernant la structure de surface; transformations;notions concernant la structure profonde.

    Observatoire gnral/spcifique (analyse)

    Il dpend la fois de l'observatoire (donnes) et de la phnomnologie.

    Il concerne des phnomnes dont certains sont au del d'une observation directe (par exemplersultant de comparaisons elles-mmes rendues possibles par la phnomnologie).

    Exemple: Chomsky: le reprage des transformations travers le jeu des exemples et contre-exemples.

    Complexit & complmentarit entre objets thoriques et observatoires diffrents

    Si un objet thorique et un observatoires donns ne peuvent suffire la connaissance dunecomplexit donne, il faut les complter par dautres. Cest possible si ces autres objets thoriqueset observatoires sont complmentaires.

    En effet, face la complexit, l'appel l'interdisciplinarit nest pas une solution mais un problme.Lorsquon le prend pour une solution, sa formule, d'aprs Althusser (1974), est: quand on ignorequelque chose que tout le monde ignore (par exemple la complexit dune situation de pratique oude travail), il suffit de rassembler tous les ignorants. La science sortira du rassemblement designorants .

    Thorie

    Elle comprend la phnomnologie, mais pas seulement: certaines des notions d'une thorie peuventn'avoir aucun correspondant phnomnal.

    Elle donne la primaut l'a priori thorique et la mathmatisation.

    Elle est associe un modle gnral analytique et/ou synthtique thorique.

    Exemple: Chomsky: thorie = grammaire transformationnelle (diffrentes versions successives).Chomsky (Aspects, p. 45): "thorie de l'acquisation du langage et rendre compte des capacitsinnes spcifiques qui rendent possibles une telle acquisation".

  • {O39} THEUREAU J. (1999) Cours des UV SC 23 (Thories et mthodes danalyse de laction & ingnierie) et SH 12(Anthropologie cognitive & ingnierie), UTC/SHT, Compigne (346 p.) (nouvelle dition remanie) Annexepistmologique

    Modle thorique gnral/spcifique analytique

    Exemple: Chomsky: analyse inventive: partir de la structure de surface pour dgager la structureprofonde et les transformations qui font passer de la seconde la premire. Le modle analytique =transformations grammaticales entre structure de surface et structure profonde.

    Outils mathmatiques (horizon de modlisation)

    La mathmatique peut tre simple (ex: ensemble hirarchiss) ou complexe (ex: systmesdynamiques).

    Exemple: Chomsky: fonctions rcursives.

    Modle thorique gnral/spcifique synthtique

    C'est un modle de simulation mathmatique & informatique, constituant ainsi une reprsentation oushma manipulable d'un ensemble de phnomnes.

    Exemple: Chomsky: modle synthtique identique au modle analytique.

    Modle pratique

    C'est un modle synthtique dgnr dont les limites sont traces par la thorie et les modlesthoriques.

    Exemple: Chomsky: automates finis.

    Adquation observationnelle

    Il y a adquation observationnelle lorsque les notions phnomnologiques de l'observation directesont univoques et adquats, c'est--dire prsentent correctement les donnes observes.

    Adquation descriptive

    Il y a alors compte rendu correct de la gnse du phnomne par la thorie, par le schma qu'elle enfait. Il y a alors possibilit de falsification et de prdiction.

    Adquation explicative

    Une explication au sens fort met en rapport un schma du phnomne avec un schma plus ample.Elle diffre de l'explication au sens faible: "laissez moi vous expliquer ce qui s'est pass et vous allezcomprendre" auquel se rduit souvent l'explication historique ou d'analyse ergonomique du travail.

    Alors, la falsification et la prdiction sont plus larges que celles qui sont apportes par l'adquationdescriptive seule.

    Ces trois notions d'adquation ont t prcises par Chomsky. Elles diffrent de l'adquationstatistique.

    Adquation statistique

    Cette dernire articule adquation observationnelle et adquation explicative.

  • {O39} THEUREAU J. (1999) Cours des UV SC 23 (Thories et mthodes danalyse de laction & ingnierie) et SH 12(Anthropologie cognitive & ingnierie), UTC/SHT, Compigne (346 p.) (nouvelle dition remanie) Annexepistmologique

    Exemple: Chomsky: adquation observationnelle, descriptive & explicative; adquation statistiquesecondaire.

    Pouvoir heuristique et de croissance

    Exemple: Chomsky: soumis aux contestations de Piaget, Milner.

    Pour en savoir plus...

    Althusser L. (1974) Philosophie et philosophie spontane des savants, Maspero, Paris.Bayart D., Borzeix A., Lacoste M., Theureau J. (1997) Les traverses de la gare, RATP.Boudon R. (1968) A quoi sert la notion de structure?, Gallimard.Chalmers A.F. (1987) Quest-ce que la science? Rcents dveloppements en philosophie dessciences: Popper, Kuhn, Lakatos, Feyerabend, La dcouverte, Paris.Chomsky N. (1969) La linguistique cartsienne suivi de La nature formelle du langage, Seuil, Paris(traduction franaise).Devereux G. (trad. fr., 1970) Essais dethnopsychiatrie gnrale, TEL, Gallimard, Paris.Devereux G. (1985) Ethnopsychanalyse complmentariste, Flammarion, Paris.Devereux G. (tr. fr., 1982) Psychothrapie dun indien des plaines, Jean Cyrille Godefroy.Devereux G. (1961) Mohave ethnopsychiatry: the psychic disturbances of an indian tribe,Smithsonian Institution Press, Washington.Dosse F. (1991) Histoire du structuralisme T. 1 & 2, ed. La dcouverte.Feyerabend P. (1975) Against method, NLB, London.Granger G.G. (1988) Pour la connaissance philosophique, Editions Odile Jacob, Paris.Granger G.G. (1992) La vrification, Odile Jacob, Paris.Kuhn T. S. (trad. fr., 1970) La structure des rvolutions scientifiques, Flammarion, Paris.Lakatos I. (trad. fr., 1994) Histoire et mthodologie des sciences: programmes de recherche etreconstruction rationnelle, PUF, Paris.Lvi-Strauss C. (1973) Anthropologie structurale 2, Plon, Paris.Milner J. C. (1989) Introduction une science du langage, Seuil, Paris.Piaget J. & coll. (1967) Logique & connaissance scientifique, La Pleiade, Gallimard.Popper K. R. (trad. fr., 1973) La logique de la dcouverte scientifique, Payot, Paris.Tort B. (1974) Bilan de l'apport de la recherche scientifique l'amlioration des conditions detravail, C.N.A.M., Paris.

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