Asthme : gènes de cellules épithéliales et réponse au traitement

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    06-Jul-2016

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  • 18 // REVUE FRANCOPHONE DES LABORATOIRES - JANVIER 2008 - N398

    Asthme : gnes de cellules pithliales et rponse au traitementLasthme est une pathologie inamma-toire complexe des voies respiratoires. Elle implique plusieurs acteurs de lim-munit inne, mastocytes et osinophiles notamment, et sexprime par une hyper-sensibilit bronchique divers stimuli tels air froid, mtacholine, histamine. Cette rponse inammatoire est coordonne par des lymphocytes T auxiliaires de type 2, producteurs dinterleukine : IL-4, IL-5 et IL-13. Daprs des travaux rcents, ce cortge de cytokines agirait autant pour recruter les osinophiles et les mastocytes que pour moduler lactivit des cellules musculaires lisses et des cellules pithlia-les bronchiques. Laltration des fonctions pithliales se traduit en particulier par une activation des rponses immunes innes, la production accrue de mucus et la scrtion de mdiateurs solubles, actifs sur les cellules constituant le tissu msenchymateux sous-jacent.Le traitement symptomatique de lasthme sappuie sur lusage de corticostrodes per voie os ou inhals. Si lon sait que les

    corticostrodes ont une action majeure sur la rduction des phnomnes inammatoi-res, leur activit sur les cellules pithliales bronchiques reste lusive. Ltude conduite par John V. Fahy et coll. (Universit de Sidney, Australie) sest intresse aux altrations de ces cellules pithliales dans lasthme. Utilisant une micropuce ADN, les auteurs ont analys le prol dexpression global de cellules pi-thliales prleves par bronchoscopie sur larbre respiratoire de patients asth-matiques non traits, de patients asth-matiques sous corticostrodes, de sujets fumeurs et non fumeurs : 42 asthmati-ques non-fumeurs, 28 patients contrle et 16 fumeurs non asthmatiques prsentant des signes obstructifs mineurs des voies respiratoires.Les rsultats publis confirment que

    7 gnes pithliaux au moins sont sp-ciquement surexprims chez les patients asthmatiques. Trois dentre eux sont rpri-ms chez les patients qui rpondent cor-rectement aux corticostrodes. Le niveau

    dexpression lev de lun de ces gnes, FKBP51, est associ une mau-vaise rponse aux cor-ticostrodes. Des exp-riences complmentaires conrment que les cellu-les pithliales sont des cibles importantes de la

    rponse inflammatoire qui caractrise lasthme. Lanalyse des gnes rguls lors de linammation, ou en rponse aux traitements, devrait permettre de mieux apprhender la contribution exacte de ces cellules lasthme et de dnir terme de nouvelles approches thrapeutiques.

    Woodruff P.G. et al., Proc. Nat. Acad. Sci. USA 104(40) (2007) 15858-15863.

    7 gnes pithliaux sont surexprims chez les patients asthmatiques

    Une protection naturelle contre lulcre de BuruliLulcre de Buruli est une atteinte cutane svre due Mycobacterium ulcerans, entra-nant une destruction de la peau et des tissus mous qui gnre de larges ulcres localiss le plus surtout aux jambes et aux bras. Les traitements anti-mycobact-riens sont efcaces la phase prcoce de linfection. Au-del, les patients doivent subir une intervention chirurgicale avec greffe de peau. Le nombre de cas diagnostiqus ces dernires annes place cette infection en troisime position des mycobactrioses, derrire tuberculose et lpre. Elle svit surtout dans les zones intertro-picales humides, notamment en Afrique de lOuest. La bactrie nest pas naturellement prsente chez lhomme. Elle serait plutt hberge au sein de biolms,

    ou dans les glandes salivaires de certains insectes aquatiques. Bien que le mode de transmis-sion de Mycobacterium ulce-rans lhomme fasse encore dbat, Laurent Marsollier et coll. (Institut Pasteur) ont suggr en 2002 que cer-tains insectes aquatiques sont la fois hte naturel et vec-teur, en trans-mettant la bac-trie lhomme par piqre. Ces auteurs avaient prcdem-ment not que des sujets vivant au voisinage denvironnements aquatiques dveloppaient moins frquemment des ulcres. Do

    lhypothse que des piqres dinsectes non contamins pour-raient protger, du moins par-tiellement, contre M. ulcerans.

    Reconstituant un cosystme arti-ficiel en utilisant comme vecteurs une punaise aqua-t ique du genre Naucoris, ils ont vrifi leur hypo-thse en exposant des souris des piqres ou des extraits de glandes salivaires de punai-ses non infectes. De fait, ces souris

    ne montrent aucune lsion lors de la piqre ultrieure dune punaise contamine. Les auteurs ayant collect des srums humains dans une rgion

    endmique du Bnin pour recher-cher la prsence danticorps contre des composants des glandes sali-vaires dinsectes deau douce ont montr que les sujets exposs, sans avoir dvelopp de lsions, ont un haut titre danticorps. Conclusion : la piqre dinsectes aquatiques non contamins indui-rait une rponse immune qui pr-viendrait la transmission ultrieure de Mycobacterium ulcerans par insecte vecteur. Cette dcouverte assez tonnante ouvre la porte un nouveau mode de prvention de lulcre de Buruli.

    Marsollier L., Deniaux E., Brodin P., Marot A., Wondje C.M., Saint-Andre J.P., Chauty A., Johnson C., Tekaia F., Yeramian E., Legras P., Carbon-nelle B., Reysset G., Eyangoh S., Milon G., Cole S.T., Aubry J., PLoS Med. 4(2) (2007) e64

    La piqre dinsectes aquatiques non contamins induirait une rponse immune prventive

    Asthme : gnes de cellules pithlialeset rponse au traitement

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