Bardèche Maurice - Nuremberg Ou les faux monayeurs Tome 2

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    28-Nov-2015

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<ul><li><p>Maurice Bardche </p><p>Nuremberg II ou les Faux Monnayeurs </p><p>AAARGH </p></li><li><p> 2</p><p>Nuremberg II ou les Faux monnayeurs, de Maurice Bardche, est paru Paris, en 1950, aux ditions Les Sept Couleurs (Achev d'imprimer le 8 dcembre 1950, sur les presses de l'imprimerie Andr Martel Givors). L'auteur est dcd en 1998. Ce texte a t affich sur Internet des fins purement ducatives, pour encourager la recherche, sur une base non-commerciale et pour une utilisation mesure par le Secrtariat international de l'Association des Anciens Amateurs de Rcits de Guerre et d'Holocauste (AAARGH). L'adresse lectronique du Secrtariat est : aaarghinternational@hotmail.com. L'adresse postale est: PO Box 81475, Chicago, IL 60681-0475, USA. </p></li><li><p> 3</p><p>Epigraphe </p><p>Ceux qui manient ou l'pe ou la plume pour leur pays ne doivent penser </p><p>QU'A BIEN FAIRE, comme disaient nos pres, et ne rien accepter, pas mme la </p><p>gloire, que comme un heureux accident. Honor de Balzac, Les Paysans. </p><p>PREFACE </p><p>Ceci est un livre de circonstance. Si j'avais de la vanit littraire, je dirais que je refuse de le reconnatre. Il m'a t impos. Je n'ai t matre ni de la matire, ni de la composition, ni mme du style. Il fallait qu'il ft srieux, mesur, incolore, et qu'il traitt certains sujets de prfrence d'autres. Je n'tais pas libre de sa longueur, il fallait qu'il ne dpasst pas certaines limites. Je n'tais mme pas libre de ne pas le publier. Voici pourquoi. J'ai crit il y a deux ans un livre intitul Nuremberg ou la Terre Promise qui a t saisi parce qu'il contenait des vrits dsagrables. J'ai t accus d'avoir fait l'apologie du meurtre. A cette occasion, on a crit beaucoup de sottises. Je ne puis en rester l. Je n'ai pas de journal pour rpondre quand on affirme en 200 000 exemplaires que j'ai applaudi aux camps de concentration. Je ne puis en appeler au jugement du lecteur puisqu'on l'empche de lire mon livre. Quand je rectifie, on n'insre pas. Il ne me reste qu'un moyen, c'est de faire connatre ma dfense. Je n'ai pas de chance et le procs au cours duquel je pouvais m'expliquer ne vient jamais. J'aurais voulu rserver au Tribunal la primeur des documents que j'ai faire connatre et qui ont t runis son intention. Mais puisque ceci n'a pas t possible, c'est le public que je suis forc d'instituer juge, non pas de ma cause, elle n'importe gure, mais de celle de la vrit. On trouvera donc l toutes les belles choses que j'avais l'intention de dire aux magistrats de la XVIIe Chambre l'occasion de mon procs. J'ai une excuse pour publier ce volume: c'est qu'on n'y parle pas de moi ni de mon livre. Le lecteur y trouvera essentiellement des renseignements et des jugements curieux qu'on a cachs jusqu'ici autant qu'on le pouvait, et on le pouvait assez bien, aux bonnes gens de ce pays. Et, aprs tout, ce serait trop beau pour les gens en place si les procs n'avaient pas un revers: ils obligent l'accus se dfendre. Ils l'obligent aussi se procurer des </p></li><li><p> 4</p><p>preuves. Et finalement on rouvre le dbat qu'on voulait touffer. Nuremberg ou la Terre Promise n'tait rien d'autre qu'un commentaire du procs publi par les autorits militaires allies et des documents annexs cette publication. J'avais accept la documentation du Tribunal, et, en l'tudiant j'avais montr qu'elle avait une valeur douteuse. Mais je n'y avais oppos aucune documentation: quelques exceptions prs qui taient l pour prouver qu'il existait une autre documentation et que par consquent on aurait d en tenir compte. J'avais raisonn, j'avais analys, j'avais compar ce qu'on me disait ce que j'avais vu: et le livre que j'avais fait ne contenait rien d'autre, en somme, que les ractions d'un homme honnte devant le procs de Nuremberg. Mais puisqu'on m'accusait de mauvaise foi, il fallait bien que je montre que je n'tais pas un monstre ni un fou, que d'autres avaient eu des doutes, pareils aux miens, qu'ils les avaient exprims et parfois aussi vivement que moi, enfin que les documents, mesure que nous les connaissions en plus grand nombre, donnaient plus de solidit la thse que j'avais soutenue. J'entrepris ce travail. Il m'amena constater l'ampleur des protestations qui s'lvent depuis quatre ans contre cette cynique falsification de tous les principes du Droit. C'tait un rsultat, mais ce n'tait pas assez. En continuant mon enqute, je vis que la documentation tait beaucoup plus abondante que je n'avais cru, qu'elle commenait sortir plus tt que je ne l'avais espr, et que, pour chaque page que j'avais crite et qui ne s'appuyait que sur l'analyse, on pouvait trouver aujourd'hui toutes sortes de preuves qui montraient qu'elle s'appuyait aussi sur la ralit. Ce n'est pas seulement comme monstruosit juridique que l'opinion mondiale dnonce aujourd'hui le procs de Nuremberg, c'est comme altration de l'Histoire. On nous dsigne aujourd'hui une moiti du monde comme le thtre d'atrocits exactement semblables celles qu'on reprochait aux Allemands: les juges d'hier sont devenus des accuss, et l'on n'est mme pas sr que cette vertueuse indignation ne soit pas en ralit, comme dans l'opration prcdente, le prlude quelque autre chose. Tout le monde commence montrer son vrai visage. Les langues se dlient, les juges se jettent la tte leurs propres crimes. Ils parlaient d'humanit et de vertu, et pendant le mme temps, sous leurs yeux, sur leurs ordres, on faisait cent cinquante millions d'Europens dsarms ce qu'ils reprochaient aux accuss d'avoir fait dans les circonstances les plus dramatiques de la guerre. Les camps de concentration avaient seulement chang de matres. A deux cents mtres du tribunal, les gardiens de Julius Streicher lui faisaient manger de force ses excrments, et dans toutes les villes d'Allemagne des milliers d'tres humains mouraient sur les routes, arrachs aux villages qu'ils habitaient depuis des sicles, vieillards, femmes enceintes, enfants jets ple-mle dans des convois de la mort bien pires que ceux dont on parlait tant, et dans toutes les tourbires d'Allemagne des prisonniers et des blesss qui avaient combattu loyalement pour leur pays crevaient par dizaines de milliers, parqus sans abri, sans couverture, sans nourriture, et se jetant avec des hurlements de fou sur les mitraillettes de leurs gardiens pour en finir plus vite. Les juges parlaient du droit et de la justice, et, pendant le mme temps, sous leur domination, des centaines de milliers d'enfants mouraient lentement dans des caves suintantes, grelottant de fivre et de faim, ils mouraient de faim et de froid, exactement assassins par les dcrets du vainqueur. Et les correspondants de notre presse, de notre bonne presse, si humaine, si chrtienne, riaient de voir des veuves de gnraux, muettes et macies, errer comme des mendiantes, parce que, pour la premire fois qu'il y a des armes en guerre, on interdisait aux vaincus de payer la pension des officiers tus au combat. On pilla de toutes les faons, on vola tout ce qui pouvait tre vol. Quand un </p></li><li><p> 5</p><p>Allemand n'avait qu'un pole, on lui prenait son pole, quand un paysan n'avait plus qu'un cheval on lui prenait son cheval. Dans des villes entirement dtruites on fit loger des familles de gendarmes ou de Juifs dans des villas de vingt pices et on rquisitionna des htels entiers pour en faire des clubs sans visiteurs. Les gnraux passaient la frontire avec des autos remplies crever de manteaux de fourrure et de Leicas, d'toffes et de chaussures, qu'ils revendaient ensuite au march noir. Tout ce qui avait envie de gagner de l'argent malproprement vint en Allemagne. On prenait tout. On ne ranonnait mme pas, on se conduisait en marchand de tapis: des officiers gueule de Levantins changeaient des jugements et des ausweis contre des argenteries de famille. Les industriels voyaient plus loin: ils transformrent en ferraille des usines de jouets, d'horlogerie ou d'instruments chirurgicaux en les baptisant fabrications de guerre. Toutes les machines qui pouvaient aider reconstruire ce pays effroyablement et inutilement dtruit furent entasses sur les bords des canaux sous prtexte que ce qui sert faire du bton peut servir un jour fabriquer des tanks. Ce que les bombes n'avaient pas fait, la haine froide, l'imbcillit et le got de dtruire pour dtruire, le firent. On arracha l'Allemagne de l'Europe comme on arracherait un il un esclave captif: et le vainqueur s'amusait passer ses doigts dans l'orbite pour bien s'assurer que la blessure ne gurirait jamais. Le dossier de l'occupation allie en Allemagne est exactement ignoble. Ce n'est mme pas de la haine, car la haine loyale a sa grandeur. C'est quelque chose d'abject et de sournois o se mlent le pillage, l'escroquerie, le trafic d'influence, la dpravation sexuelle, la bassesse, l'hypocrisie, la peur. Et une odeur de pourriture levantine s'lve de ce charnier. Cela n'a mme pas la grandeur de la rage et du sac. Cela mle l'horreur quelque chose de louche et de mercantile: on aperoit partout le profil de l'usurier et du trafiquant. Mais les consciences se rveillent peu peu. Il existe dans tous les pays du monde une race d'hommes qui n'a pas accept le rgne du mensonge et l'avnement des affranchis. On m'a appris la dcouvrir. C'est eux que je veux rendre hommage. Et je remercie mes juges de m'avoir donn l'occasion de ne pas dsesprer de l'espce humaine. Il serait trop long de citer ici tous ceux qui, bien avant moi, se sont levs contre l'injustice du procs de Nuremberg. Ds la fin du procs, des intellectuels et des journalistes anglo-saxons protestrent. Les campagnes de la Chicago Tribune, les lettres ouvertes au Times signes d'crivains et de professeurs d'Universit anglais, la campagne du journal canadien Le Devoir, une trs belle protestation d'un grand intellectuel portugais, le Dr Pimienta, des articles de la presse espagnole, presque toute la presse sud-africaine, un grand nombre de priodiques argentins firent entendre les premires voix libres. Elles furent assez fortes pour qu'un personnage officiel des Etats-Unis, le Snateur Taft, qui fut un des candidats du parti rpublicain la Prsidence, prt position publiquement contre le jugement de Nuremberg dans un discours retentissant prononc devant les tudiants et les professeurs de Kenyon College. Cependant, un journal sud-africain, Die Nuwe Orde, n'hsitait pas publier en premire page, dans un encadrement de deuil, la liste de ceux qu'il appelait les martyrs de Nuremberg. Peu de temps aprs, paraissaient les premires tudes d'ensemble sur les travaux du Tribunal Militaire International. Presque la mme poque, le duc de Bedford en Angleterre et P.O. Tittmann aux Etats-Unis faisaient paratre deux brochures extrmement violentes et fort solidement documentes. Un professeur de Droit de l'Universit de Londres, le Dr H.A. Smith, leur apportait dans une srie d'importants articles l'appui de son autorit. </p></li><li><p> 6</p><p>Puis vinrent des tudes plus longues, mais tout aussi svres: l'hypocrisie des vainqueurs, le mensonge fondamental de l'accusation, la faiblesse de sa position juridique, la bassesse de certains procds et de certains arguments taient vigoureusement mis en lumire dans des ouvrages d'un ton peut-tre plus modr que les premiers sursauts de 1946, mais fonds sur une tude attentive et ferme. En Angleterre, le public fit un accueil trs favorable au Commentaire sur Nuremberg de Montgomery Belgion qui fut rdit un an plus tard avec d'importantes additions, sous le titre La Justice des Vainqueurs. Au Portugal, le professeur Joo das Regras faisait paratre une tude importante sous le titre Un Nouveau Droit international, la fin de laquelle on trouverait rimprime la clbre lettre du Dr Pimienta. En Italie, un Pre jsuite, le P. Lener, arrivait des conclusions analogues dans son livre Crimini di guerra. En France, Manuel de Diguez prenait position dans son essai La Barbarie commence seulement qui reut le Prix de la Libert. En Suisse, le pasteur Jacques Ellul exprimait les mmes ides dans une importante tude de la revue Verbum Caro. Et ds lors, le mouvement ne fit que s'tendre. Le brigadier-gnral J.H. Morgan publie The Great Assize. Le major gnral Fuller peut crire dans son livre Armament and History quelques-unes des condamnations les plus accablantes contre les Allis, le grand journaliste anglais F.A. Voigt n'est pas moins net dans ses articles du Nineteenth Century and After, le professeur H.A. Smith runit ses diffrentes tudes dans un essai sur La Crise de la Loi internationale, un anonyme fait paratre en Angleterre Advance to Barbarism, et, tout rcemment encore, un crivain fort connu aux Etats-Unis, Mrs Freda Utley, expliquait le procs de Nuremberg peu prs dans les mmes termes que moi. Je m'excuse de ne pouvoir tout citer: il faudrait tendre indfiniment cette liste. Mais ces noms suffisent montrer, je suppose, combien la position du gouvernement franais est excentrique lorsqu'il prtend empcher qu'on dise Paris ce que tout le monde a sur les lvres dans les pays qui sont encore libres. Cependant, on se proposait d'autres doutes. Non seulement les principes sur lesquels tait fond le verdict de Nuremberg paraissaient inadmissibles, mais on se demandait aussi si les Allis avaient bien le droit de faire un tel procs, et s'ils n'taient pas, eux aussi, coupables de crimes de guerre. A mesure qu'on connaissait mieux cette guerre, on accusait davantage leur conduite de la guerre. Des critiques militaires anglo-saxons, comme Liddell Hart ou Voigt, des gnraux anglais comme le gnral Morgan ou le gnral Fuller, des personnalits ecclsiastiques, n'hsitrent pas se montrer aussi svres pour les bombardements allis que pour les camps de concentration hitlriens. On s'avisa que la guerre l'Est s'tait droule dans des conditions extrmement diffrentes de celles des guerres prcdentes, que la vie humaine et les biens humains n'y avaient pas du tout la mme valeur que celle qu'on y attache en Occident, et qu'il s'agissait de part et d'autre d'une espce de guerre barbare o tout le monde avait employ des procds de destruction inconnus jusqu'ici, que tout cela se passait dans un autre monde, auquel il tait peut-tre injuste et certainement vain d'appliquer les rgles et les lois de la vie de l'Occident. A cette vue nouvelle des choses, on ajoutait des documents au moins troublants. Un ancien correspondant de guerre du front de Malaisie racontait dans la revue Atlantic que les troupes amricaines achevaient les blesss japonais et rapportaient leurs fiances des coupe-papier sculpts dans des tibias et des bracelets dcoups dans des crnes: ces dtails rappelaient fcheusement les abat-jour en peau humaine autour desquels on avait fait tant de bruit. D'autre part, le gouvernement polonais de Londres, dans une srie de publications qu'il fut impossible d'ignorer, dnonait les atrocits commises par les Russes sur les ressortissants polonais. Et, un peu plus tard, le </p></li><li><p> 7</p><p>gnral Anders, dans une tude rigoureuse et accablante sur l'affaire de Katyn, prenait le Tribunal International de Nuremberg en flagrant dlit de falsification. De leur ct, un certain nombre d'crivains franais dcrivaient les atrocits de la Rsistance et les assassinats de l'puration. La...</p></li></ul>

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