Charles Baudelaire & Edvard ?· Charles Baudelaire & Edvard Munch Baudelaire comme Munch ont vu leurs…

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    12-Sep-2018

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  • Charles Baudelaire & Edvard Munch

    Baudelaire comme Munch ont vu leurs uvres marques par le scandale. En 1857 le recueil en vers Les Fleurs du Mal fit lobjet

    dune violente critique, comme celle du journaliste littraire Gustave Bourdin qui dans le Figaro crivit Lodieux y ctoie

    lignoble ; le repoussant sy allie linfect ; jamais on ne vit mordre ou mcher autant de seins en si peu de pages ; jamais on

    nassista semblable revue de dmons, de ftus, de diables, de chloroses, de chats et de vermines. Ce livre est un hpital ouvert

    toutes les dmences de lesprit, toutes les putridits du cur.

    Certains textes furent condamns pour atteinte la morale, Baudelaire dut accepter de les retirer du recueil pour que celui-ci

    soit de nouveau publi.

    Munch fut galement en butte aux critiques de ses contemporains ; lors dune exposition en 1892, le critique dart Adolf

    Rosenberg crit ces tableaux ne sont que barbouillages bcls, de sorte quil semble difficile dy distinguer quelque chose qui ait

    figure humaine.

    Le symbolisme

    On considre Baudelaire comme un prcurseur du symbolisme littraire. Ce mouvement correspond une tendance esthtique

    qui sinscrit en raction au ralisme et surtout au naturalisme et ses drives scientifiques. Pour les symbolistes, le monde

    concret nest quune apparence et le but de lart ne peut tre la simple reproduction du rel. Il lui faut au contraire rechercher

    et comprendre le monde cach qui contient le vritable sens. Les symbolistes sintressent donc tout un univers mystrieux,

    fait de signes et symboles. Baudelaire initie la dmarche en produisant une posie voquant les profondeurs de lme, les

    pulsions ais aussi par la thorie des correspondances, la synesthsie.

    La fonction du pote est de traduire par le langage potique et des associations indites les messages symboliques du monde.

    En art, le symbolisme se place dans la continuit du Romantisme qui abordait dj les sujets tranges et les tourments

    intrieurs. Il mise sur une reprsentation subjective du monde car influence par le psychique du peintre.

    Edvard Munch fait le lien avec le mouvement symboliste et le mouvement expressionniste qui suit. Techniquement, Munch est

    tourn vers lexpressionnisme mais thmatiquement, sa peinture est symboliste : pour lui la nature nest pas uniquement ce

    qui est visible lil, cest aussi les images que lme sen est faite, les images derrire la rtine.

    Des thmes communs chez Baudelaire et Munch.

    Ils concernent tout ce qui se cache derrire les apparences : lantagonisme du vice et de la vertu, la cruaut, la luxure, la

    nvrose, le reve, le fantastique, limaginaire, ltrange, lsotrisme, lau-del, la solitude et la mort.

    Lexpressionnisme

    Dans cette mthode, la ressemblance nest pas lobjectif. Le peintre modifie dlibrment les couleurs et les dtails. Dans une

    de ses lettres, Vincent Van Gogh explique comment il a peint le portrait dun ami.

    Jexagre le blond de sa chevelure, jarrive aux tons orangs, aux chromes, au citron ple. Derrire la tte, au lieu de peindre un

    mur banal du mesquin appartement, je peins linfini, je fais un fond simple du bleu le plus riche, le plus intense, que je puise

    confectionner et par cette simple combinaison la tte blonde claire sur ce fond bleu riche, on obtient un effet mystrieux

    comme ltoile dans lazur profondcertains ne verront dans cette exagration que de la caricature.

    Effectivement, dans la caricature on exagre certains traits pour parvenir exprimer lide quon sen fait. Cest ce mme

    principe qui guide les peintres comme Van Gogh et Edvard Munch. Il ne sagit plus de dformer la nature dans un but

    humoristique mais dans dautres buts : transmettre ladmiration, lamour, la crainte etc. Nos sentiments influencent la manire

    dont nous voyons les choses et le souvenir que nous en avons.

    Dans le clbre tableau Le Cri dEdvard Munch, il sagit dexprimer la transformation de nos sensations sous leffet dune

    motion soudaine. Toutes les lignes convergent apparemment vers la bouche, le dcor semble lunisson avec langoisse du

    personnage ; le visage dont les traits sont simplifis voque une tte de mort et une impression de violente angoisse se dtache

    sans quon lucide le mystre de cette peur.

    La peinture expressionniste scarte dfinitivement de toute idalisation, dans les thmes comme dans le traitement du sujet :

    on nembellit pas ce qui est reprsent. Lhonnte de lartiste est dans sa volont montrer galement la souffrance, la

    pauvret, la maladie ne pas vouloir faire que du Beau .

  • Femme et muse, une crature ambivalente

    Chez Baudelaire, la femme est perue comme une porte vers lidal ; elle permet au pote de quitter le monde rel brutal,

    angoissant et dcevant pour un monde de beaut, de luxe, de srnit. Elle est alors un tre chaleureux, bienveillant, auprs

    duquel le pote peut se ressourcer.

    Mais elle peut tre galement un tre cruel et insensible, cause de souffrances et dchec, un tre vnneux porteuse de mort.

    Baudelaire oscille entre une figure fminine maternelle et tendre et une figure sensuelle et envotante.

    On retrouve cette dualit de la femme dans luvre de Munch : sensualit et sduction, invitation au voyage mais aussi

    souffrance et jalousie.

    uvres de Baudelaire

    Les Fleurs du mal, Section Spleen et idal 1857

    La Chevelure

    Parfum exotique

    Linvitation au voyage

    Lhymne la beaut

    A une Madone

    Le Vampire

    Le Spleen de Paris, 1869

    Le dsir de peindre

    Les bienfaits de la Lune

    Un hmisphre dans une chevelure

    Le galant tireur

    uvres de Munch

    Amants dans les vagues

    Tete dhomme dans les cheveux dune femme

    Madone

    Le Vampire

    Jalousie I, Jalousie II

    Sparation I

    Homme et femme

    Mlancolie, spleen et angoisse existentielle

    Les uvres de Baudelaire et de Munch sont profondment marques par la mlancolie et langoisse. On retrouve chez les deux

    hommes une enfance difficile marqu par la mort (le pre pour Baudelaire) la mre puis la jeune sur pour Munch et une

    relation complexe la figure paternelle, pour Baudelaire avec la relation conflictuelle avec son beau-pre le gnral Aupic et

    pour Munch avec son pre dpressif. Baudelaire traverse trs jeune des phases dpressives, la plus forte fait suite au procs des

    Fleurs du Mal qui laffecte cruellement. Il est mis sous tutelle pour contrebalancer ses excs en tous genres (alcool, drogues etc.)

    tandis que Munch se bat contre ses dmons intrieurs, doit faire un sjour en clinique psychiatrique aprs des crises de paranoa

    et dhallucinations.

    Ils ont tous deux un rapport la solitude et la foule qui traduit leur mal tre et leur angoisse. Incompris, les artistes voient leur

    mlancolie accentue par le rejet des hommes. Dans le monde rel, ils sont comme prisonniers, en isolement parmi des

    individus qui ne les comprennent pas.

    uvres de Baudelaire

    Les Fleurs du mal, Section Spleen et idal 1857

    LEnnemi

    La Cloche fle

    Spleen I, II, III, IV

    Semper eadem

    LAlbatros

    Le Spleen de Paris, 1869

    uvres de Munch

    Inger au bord de leau

    Mlancolie

    Le Soir sur lavenue Karl Johan

    Le Cri

    Angoisse

    Les foules

    Le Confiteor de lartiste

    A une heure du matin

    Any where out of the world

    Bibliographie

    Histoire de lart, E.H. Gombrich

    Dossier pdagogique Lunivers de Munch , Muse des Beaux arts de Caen

    Les Fleurs du mal, Le Spleen de Paris, Baudelaire