De la fabrique des héros à la fabrique du territoire, le ?· prétendant au sommet de l’Everest…

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82 83 De la fabrique des hros la fabrique du territoire, le cas du Solukhumbu dans la rgion de lEverest, Npal tienne JACQUEMET Doctorant en gographie UMR 5139 PASSAGES Universit Bordeaux Montaigne etienne.jacquemet@cnrs.fr Rsum de la communication : travers lexemple de la rgion du Solukhumbu (Npal), cet article sintresse la faon dont lespace, et plus particulirement lEverest, participent la production de hros, et comment, en retour, les hros quils soient himalayistes, sherpas ou mme trekkeurs contribuent transformer cet espace. En effet, la figure du hros ne saurait se borner une incarnation purement promthenne de lindividu. Le dveloppement des nouvelles technologies et dInternet, la mondialisation et laccroissement des mobilits, tant des visiteurs trangers que des sherpas, offrent la personne plus anonyme et ordinaire de nouvelles possibilits dactions pour construire sa lgende, non seulement par ses propres exploits, mais aussi et surtout par la ralisation de projets altruistes et utiles au dveloppement du territoire. Mots-cls : hros ; Everest ; Sherpas ; himalayisme ; dveloppement du territoire JACQUEMET tienne, 2016, De la fabrique des hros la fabrique du territoire, le cas du Solukhumbu dans la rgion de lEverest, Npal , Colloque DocGo JG13 Hros, mythes et espaces. Quelle place du hros dans la construction des territoires ? , 15 octobre 2015, Universit Bordeaux Montaigne, Pessac, pp. 83-94. mailto:etienne.jacquemet@cnrs.fr84 Introduction Les reprsentations communes autour des figures hroques saccordent gnralement sur des schmes centrs sur lindividualit ou les aptitudes propres des protagonistes hross. Le hros est un homme ou une femme daction caractris(e)s par sa bravoure, son excellence ou son esprit daventure. Son image renvoie la mythologie, au demi-dieu, au personnage lgendaire auquel on prte un courage et des exploits remarquables , celui qui se distingue dans le domaine des armes ou par sa force de caractre (Le Robert, 1979, p. 925). Cette vision trs culturelle occulte toutefois un trait majeur qui est celui de lmanation profondment collective et altruiste du hros. En effet, le hros, en tant quindividualit esseule nexiste pas. Bien que frquemment asocial ou solitaire, le hros nexiste que parce quil est raccord une entit sociale quil sert et qui en retour le considre comme tel. Deux lments sont donc indispensables pour produire un hros : lindividu lui-mme et le groupe quil reprsente et auquel il vient en aide. Au-del de ses qualits extraordinaires, le hros joue un rle dterminant : celui duvrer pour la condition humaine (Faliu et Tourret, 2007). En triomphant de redoutables preuves et en dfendant un corpus de valeurs, le hros endosse la responsabilit de sauver une communaut en pril. Fictif ou rel, il nest pas un seul hros qui nait pas uvr en faveur dune cit, dune nation ou de lhumanit. Ainsi, entre lAntiquit et la Rvolution, quil soit demi-dieu, Saint ou monarque fondateur, le hros est un personnage minemment guerrier et manichen, n de la volont des Dieux dans le but de protger les hommes et leurs cultes religieux. Port par lesprit des Lumires, le hros participe ensuite la construction de sa nation. Figure de rsistance aux envahisseurs, il devient un grand Homme par le combat quil mne pour la libert, lgalit et lunit de son pays. Aprs la Seconde Guerre mondiale, celui-ci se dtourne des conflits et sengage au profit de luttes pacifistes. Le hros devient humaniste. Avec lavance des technologies de linformation et de la communication, il se mondialise et btit sa lgende grce aux mdias. Il, ou dsormais elle, trouve sexprimer dans lhumanitaire, la politique, ainsi que les dfis aventureux ou sportifs. Dans des socits qui prnent la performance, la figure du hros rpond ainsi parfaitement au besoin des individus de projeter leur imaginaire au travers de modles dexcellence (ibid.). De la mme faon, si les approches historiques et sociales permettent de comprendre les contextes dans lesquels les hros prennent vie, et de saisir limportance que ceux-ci jouent dans la progression morale, politique et sociale de groupements humains, elles tendent toutefois ngliger un lment pourtant obvie que reprsente le champ spatial du hros. En effet, si les hros naissent et vivent pour et travers les socits, ceux-ci sont eux-mmes indubitablement rattachs aux espaces peupls par ces socits. En 1939, Saint-Exupry crivait : jai trahi mon but si jai paru engager admirer dabord les hommes. Ce qui est admirable dabord, cest le terrain qui les a fonds (p. 211). Ainsi, la rgion npalaise de lEverest, le Solukhumbu, est un terrain particulirement intressant pour clairer la faon dont lespace participe la production du hros et comment, en retour, celui-ci peut transformer le territoire en rponse des attentes sociales particulires. Dans une premire partie, nous nous intresserons dabord au rle de lEverest en tant quentit spatiale dans le processus dhrosation. Nous verrons toutefois que le sens commun du hros ne se rduit pas forcment limage de lhomme promthen. Il peut galement inclure certains types de touristes par la faon dont ils se mettent en scne grce lutilisation des nouvelles technologies. En tudiant les trajectoires et les ralisations de diffrentes personnalits, nous verrons ensuite que bien au-del de leurs exploits sportifs sur lEverest, les hros du Solukhumbu btissent souvent leur lgende par lintensit avec laquelle ils participent la construction du territoire. Du hros lanti-hros, il ny 85 a pourtant quun pas. La manire avec laquelle les hros influent sur la rorganisation socioconomique de lespace peut en effet devenir prjudiciable. Dans un troisime temps, compte tenu des volutions contemporaines tant de lhimalayisme, du tourisme, que du contexte politique et socioconomique local et national, nous nous demanderons si le Solukhumbu nest pas en train de se gripper la fois comme fabrique de hros mais aussi comme fabrique de territoire. 1. Parce quil est l . De lhimalayiste au trekkeur, la rgion du Solukhumbu comme fabrique de hros Parce quil est l , avait rpondu le britannique George Mallory aux journalistes du New York Times qui, en 1923, lui demandaient pourquoi il tenait tant gravir lEverest (Raspaud, 2003). Cest par ces quatre mots probablement les plus clbres de lhistoire de lalpinisme que lon peut en partie comprendre pourquoi le Solukhumbu apparait comme un espace beaucoup plus favorable que nimporte quel autre dans la production de personnages contemporains lgendaires. 1.1. Le rle de lEverest dans le processus dhrosation Du haut de ses 8 848 mtres, lEverest, baptis Sagarmatha par les Npalais1, apparait comme loprateur central dans lmergence de nombreux et illustres hros. Afin de bien saisir pourquoi, il est essentiel de rappeler que le terrain de jeu de lalpinisme implique dabord que le pratiquant sexpose, par dfinition, volontairement une configuration de contraintes naturelles dautant plus dangereuse que le milieu reste irrductiblement incertain (Boutroy, 2006, p. 592). Or, lincertitude, les risques et les difficults dune ascension saccroissent mesure que lalpiniste gagne en altitude. Mme sil ne fait pas partie des 8 000 m 2 les plus techniques et les plus dangereux3, par son altitude absolue, lEverest dmultiplie naturellement lexposition et lengagement du grimpeur par rapport la plupart des autres montagnes. Il y a ainsi une attitude tout fait hroque ce que des hommes cherchent se confronter ce que les montagnes leurs proposent de plus extrme et de plus dangereux. Car si le risque nest pas lobjectif explicite de ces ascensions exotiques, lhypothse est quil nen constitue pas moins un ingrdient incontournable (ibid.). Lalpiniste gravissant lEverest doit en effet progresser dans un environnement particulirement hostile : crevasses et chutes de sracs4 lors des nombreuses traverses de lice-fall5, risques davalanches dans la Combe ouest , pentes raides lors de la remonte de la face ouest du sommet du Lhotse et enfin, corniches pic sur les 200 derniers mtres de larte sommitale. Sous des conditions atmosphriques extrmes, le grimpeur fait galement face de nombreux prils (perditions, gelures, hypothermies) que les lments (froid glacial et vents violents) amplifient sil se trouve dans une tempte ou surpris par la nuit6. Enfin, avec laltitude, le prtendant au sommet de lEverest sexpose la rarfaction de latmosphre qui rend nimporte quel effort beaucoup plus pnible et qui ralentit les processus mentaux. Au-del de 7 500 mtres, le grimpeur sengage dans la zone de la mort (Wyss-Dunant, 1952 in Dickinson, 1998) o 1 Ce nom signifierait La montagne dont le front touche les cieux . 2 En rfrence aux 14 sommets de la plante suprieurs 8 000 mtres daltitude. 3 En 2008, le ratio entre le nombre dascensions russies et de dcs sur les flancs de lEverest tait de 5,70 contre 37,91 lAnnapurna ou encore 23,27 sur le K2 (8000ers.com, 2015). 4 Blocs de glaces provoqus par la rupture du glacier lendroit dun changement dinclinaison de pente. 5 Langue glaciaire en perptuel mouvement dune hauteur de 600 mtres. 6 Voir le clbre rcit de John Krakauer sur la tragdie de 1996 durant laquelle huit ascensionnistes prirent. 86 seulement 30 % de loxygne disponible au niveau de la mer subsiste. Il accroit par consquent les risques dhypoxie dont les consquences sont souvent mortelles. Lensemble des dangers au-devant desquels se rendent les himalayistes faisaient ce titre dire lalpiniste suisse Erhard Lortan, que rentrer dun 8 000 ctait tre un survivant (Lortan in Aymon, 2011). Dun point de vue plus symbolique encore, il y existe une dimension tout fait mystique dans le fait de gravir lEverest. Aprs avoir demand la permission aux Dieux dentreprendre lascension de la montagne lors dune puja7, parvenir et revenir du sommet de Chomolungma8, participe pour lalpiniste au sentiment d lection (Canetti, 1966 in Raspaud, 2003), cest--dire au fait de devenir soi-mme un demi-dieu. Lorganisation des premires expditions et les rcits qui en sont tirs nchappent pas non plus un registre minemment guerrier. Partant de Katmandou, les grimpeurs devaient dabord lever une arme de porteurs pour acheminer le matriel au pied de la montagne. Une fois parvenu au camp de base, ils menaient le sige et dessinaient un plan pour livrer bataille avant de partir pour lassaut final (Hunt, 1953). Toutefois, lascension du toit du monde ne reprsente pas seulement le combat de lhomme contre ladversit de la montagne. Mme sils sen dfendent gnralement, en gravissant lEverest, nombre dhimalayistes prennent finalement part une ascension dans laquelle lesprit de lalpinisme est largement dpass par celui de la comptition (Raspaud, 2003). Lorsquen avril 1953 lexpdition du Colonel John Hunt, dont font partie Hillary et Tenzing, parvient au camp de base, voil trente-deux ans (et neuf expditions) que les britanniques tentent de conqurir lEverest. Aprs la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne, en faillite tente en effet de raffirmer sa supriorit militaire, conomique, mais aussi alpine et technologique, face aux alpinistes autrichiens, franais, italiens et suisses qui se disputent frntiquement les autres 8 000 (ibid.). Aprs sa victoire sur lEverest, Hillary est anobli par la Reine, il devient un hros dans son pays et demeure ce jour lune des personnalits prfres des No-zlandais, mme dix ans aprs sa mort. De son ct lInde, tout juste indpendante, voit dans lexploit de Tenzing un formidable pied-de-nez adress aux britanniques9 : Nepal (and India) have gone complety mad of Tenzings success and he has become almost a god. Unfortunately the Communists have been trying to get Tenzing to say that he got to the top first and dragged me up. They have been trying to discredit the expedition and make political capital out of it so things have really hummed! 10 (Hillary, 1999, p. 48). 1.2. Quand lhomme ordinaire devient hros Sitt lensemble des 8 000 conquis, les grandes popes et hros nationaux ont laiss place aux hros de la performance et du mrite. LEverest, qui conserve une dimension universelle, devient une montagne talon. Des hommes et des femmes venus du monde entier tentent de faire tomber une srie de records plus ou moins valeureux et retentissants : premire ascension sans oxygne, record du nombre dascensions, ascension la plus rapide, et leurs drives en fonction de lge, du sexe, de la nationalit, du handicap, etc. Ces ascensions se combinent dans des possibilits 7 Clbration bouddhiste visant protger les alpinistes avant leurs ascensions. 8 Nom sherpa de lEverest signifiant Desse mre-du monde . 9 Tenzing habite en effet Darjeeling. Il serait n au Tibet mais a vcu au Khumbu lorsquil tait enfant. 10 Le Npal (et lInde) se sont pris de la victoire de Tenzing et il est devenu presquun Dieu. Malheureusement les Communistes ont essay de faire dire Tenzing quil tait arriv le premier au sommet et quil mavait tran jusquau sommet. Ils ont essay de discrditer lexpdition et den faire un enjeu politique tel point que les bruits ont commenc se rpandre. 87 encore plthoriques mais de plus en plus striles et limites. Lheureux dtenteur dun record dcroche nanmoins sa part duniversalit. Il peut esprer devenir le hros de lentreprise, de la communaut ou de la cause quil reprsente et qui parfois le sponsorise. Lhrosation se dmocratise. Pourtant, Sagarmatha nattire pas que des alpinistes. Depuis les annes 1970 et lessor du trekking11, plusieurs dizaines de milliers de touristes viennent chaque anne marcher dans les traces de grands himalayistes et dans un cadre naturel devenu mythique. Mais laccs jusquau belvdre du Kala Patar (5 550 mtres), qui offre la si prcieuse et spectaculaire vue sur lEverest, nest pas forcment la porte de nimporte quel quidam. Pour nombre de touristes, et notamment ceux issus de pays mergents Brsil, Chine, Inde , la dcouverte de la marche en altitude se fait parfois au prix dun certain engagement physique et financier dans un cadre, la haute montagne, o le danger nest en aucun cas annihil (avalanches, temptes de neige, tremblements de terre)12. Considrant que lexploit est chaque fois personnel (Lortan in Aymon, 2011) ou que ce qui rend hroque [cest d] aller en mme temps au-devant de ses plus grandes douleurs et de ses plus hauts espoirs (Nietzsche, 1882, p. 128), le processus dhrosation pourrait ainsi ne pas se limiter lhimalayisme. Le dveloppement des nouvelles technologies de linformation et de la communication corrobore dailleurs nettement ce point de vue. Profitant de lextension locale des rseaux lectriques, tlphoniques ou dInternet, une trs large proportion de trekkeurs visite dsormais le Solukhumbu quips de camras embarques initialement destines aux pratiques extrmes. Dbut avril, David, jeune brsilien de 22 ans13, sest ainsi muni dune perche selfies au bout de laquelle un appareil dune clbre marque lenjoint devenir [lui aussi] un hros . Arriv Lukla par les airs, il a pu filmer son atterrissage sur lun des altiports jugs par les internautes comme le plus dangereux du monde. Il part dsormais vivre au camp de base de lEverest le temps de lexpdition de ses amis. Comme beaucoup dautres randonneurs, il aura, au cours de sa marche, souvent loccasion de se mettre en scne devant un pont suspendu, un yak ou une paroi vertigineuse. Chaque jour il essaiera de publier ses vidos sur les rseaux sociaux. On voit ainsi comment le Solukhumbu, en tant quespace physique et la toile Internet, en tant quespace virtuel, deviennent des supports permettant aux trekkeurs de btir leur propre lgende en capturant et en partageant ce qui est cool ou spectaculaire. 2. Le rle des hros dans la fabrique du territoire De la corde Hillary-Tenzing Apa ou Ang Rita Sherpa14, de Pasang Lhamu Junko Tabei15, le Solukhumbu compte de trs nombreux hros. Peu dgagent toutefois la mme aura. Quel lment distingue le super-hros du hros, et le hros du hros ordinaire ? Comment expliquer par exemple quHillary ait profondment marqu lhistoire du Solukhumbu, voire du Npal, 11 Pratique touristique consistant visiter des pays exotiques par la marche pied. 12 En octobre 2014, 43 personnes sont mortes et 50 autres portes disparues lors dune tempte sur le circuit des Annapurna (Sawer et al., 2014). Le printemps suivant, les rgions touristiques du Langtang et du Manaslu furent dvastes par un puissant sisme. 13 Rencontr Lukla au cours dun terrain de recherche au printemps 2015. 14 Respectivement, recordmen du monde du nombre dascensions de lEverest avec et sans oxygne. 15 Premire femme et premire npalaise au sommet de lEverest en 1993. Cette dernire dcdera au cours de la descente. 88 lendroit mme o pour un exploit tout aussi impressionnant, Reinold Messner16 ne cultive localement quune relative indiffrence ? Nous formulons ici lhypothse que sont considrs comme les plus grands hros non pas ceux qui ont accompli les exploits les plus remarquables mais ceux qui les accompagne dun projet humaniste permettant de transformer un territoire. 2.1. De laventurier lhumanitaire : limpact dHillary sur le territoire En 1959, aprs une traverse de lAntarctique, Hillary revient au Solukhumbu et interroge son sirdar17 Urkein sur lavenir de ses amis Sherpas. Our children lack education. Our children have eyes, but they cannot see. What we need more than anything is a school in Khumjung village. 18 (Hillary, 1999, p. 244). En effet, cette poque, les Sherpas vivent encore principalement de lagriculture. Ils pratiquent de faon subsidiaire llevage et le commerce avec le Tibet, via le col Nangpa, au nord-ouest du Solukhumbu. Toutefois ces activits ne leur permettent en aucun cas datteindre un niveau de vie suprieur (Furer-Haimendorf, 1980). Confins situs lcart de la capitale, le Solukhumbu na dailleurs jamais rellement reu la moindre considration du pouvoir central. En 1961, en construisant la premire de ses vingt-sept coles, Hillary entend donc amliorer les conditions de vie des communauts locales en leur permettant de prendre une part plus active dans la gestion de leurs affaires. Car Hillary pressent le potentiel touristique de la rgion. Il sait que bientt des foules dtrangers voudront voir Sagarmatha. Il estime que lducation permettra aux Sherpas dencadrer et de tirer les meilleurs bnfices possibles du tourisme (Luger, 2000). Pour Lhakpa Sherpa19, originaire du petit village de Thamo, aujourdhui tudiant en biologie luniversit de Katmandou, le dveloppement du tourisme et lapparition de llectricit comme des nouvelles technologies ont eu un impact considrable sur la rgion. Mais le rle dHillary pour laccs lducation a t plus important encore : un-educated people dont care about technologies if they cant read! Hillary allowed us to manage our destinies, thats why we consider him as a God! 20. Ang Jangbu, Lhakpa Nuru et Mingma Norbu, respectivement premier Sherpa devenir pilote de ligne, mdecin et directeur du Parc National de Sagarmatha, constituent sans aucun doute les russites les plus emblmatiques de ce nouveau systme dducation dans la rgion. Edmund Hillary contribue au dveloppement du Solukhumbu jusqu ses 83 ans. laide de lHimalayan Trust la fondation quil a cre en 1960 , il construit deux hpitaux, douze cliniques, plusieurs ponts et le premier rseau dadduction en eau de nombreux villages (Hillary, 1999). En 1964, pour acheminer le matriel ncessaire la construction de lhpital de Khunde, il amnage un altiport prs du hameau de Lukla, ce qui vite ainsi un pnible et long travail aux porteurs. Larodrome devient par la suite la porte dentre quasi exclusive pour les visiteurs se rendant dans la rgion. Ils sont seulement 20 en 1964, et plus de 2000 dix ans plus tard (Nepal et al., 2002). Mais Hillary sinquite de la menace que les trekkeurs et alpinistes, ainsi que leurs porteurs, deux fois plus nombreux, font peser sur lenvironnement : accumulation de dchets et dforestation lies au recours massif au bois pour les campements. En 1976, avec laide du World Wild Fund (WWF), 16 Premire ascension de lEverest sans oxygne et premire en solitaire. Il deviendra par la suite le premier homme gravir les quatorze 8 000 . 17 Leader dune quipe de sherpas. 18 Nos enfants manque dinstruction. Nos enfants ont des yeux mais ne peuvent pas voir. Ce dont nous avons le plus besoin possible est une cole au village de Khumjung. 19 Guide-interprte de lauteur au cours dun sjour de recherches au printemps 2015. 20 Les personnes qui ne sont pas alles lcole nutilisent pas les nouvelles technologies puisquelles ne savent pas lire. Hillary nous a permis de devenir les acteurs de nos propres destines, cest pourquoi nous le considrons comme un Dieu. 89 Hillary prend une part active dans la cration du Parc National de Sagarmatha. Cette structure se heurte cependant de nombreuses rsistances de la part de la population locale car les rglementations, limage dune rserve, limitent laccs des Sherpas au bois de chauffe et aux pturages dont ils ont justement besoin pour dvelopper le tourisme. Hillary perd ainsi un grand nombre de ses soutiens Sherpas : Hillary first brought sugar to the lips of the Sherpas, but he is now throwing salt in their eyes 21 (Sherpa C. in Russ-Ramsay et Keiser B., 2003, p. 107). Il faudra de longues annes et toute la pdagogie du prcurseur Mingma Norbu, le dfenseur de lHimalaya , pour russir concilier conservation et intrts des populations. Saving nature need not take place at the expense of people 22. Dans la ligne dune conservation naturelle visage humain (ibid., p. 150), il cre en 1991 la premire ONG environnementale de la rgion, le Sagarmatha Pollution Control Committee, qui mne de nos jours les trs mdiatiques campagnes de sensibilisation et de lutte contre les dchets dans la rgion comme sur les pentes de lEverest. Le Solukhumbu, un territoire largement transform par Edmund Hillary Conception et ralisation : Jacquemet ., 2015 2.2. Sherpas, les vrais hros de lEverest 23 Le Parc National de Sagarmatha attire chaque anne plus de 30 000 visiteurs et regroupe environ 300 lodges24 (Ministry of Culture, Tourism & Civil Aviation, 2014). Lamnagement 21 Hillary a commenc par apporter du sucre aux Sherpas, maintenant il leur jette du sel dans les yeux. 22 Sauver la nature ne doit pas se faire au dpend des populations locales. 23 Daprs le titre du film ponyme de Senn F., Thapa H. et Onegger O., 2009. 24 Lieu dhbergement pour trekkeurs, mi-chemin entre refuge et auberge. 90 dinfrastructures pour le transport arien, initi par Hillary, tout comme lamlioration des conditions daccueil et dhbergement (avec lapparition de llectricit), ont jou un rle considrable dans cette mise en tourisme et donc dans les changements territoriaux. Mais le formidable succs de la rgion doit galement beaucoup aux qualits propres des porteurs daltitude dont la majorit est issue de lethnie Sherpa25 ainsi quau regard quont port sur eux les diffrentes gnrations dhimalayistes. Ds 1921, date laquelle ils sont pour la premire fois employs dans les expditions, les Sherpas se distinguent en effet par leur loyaut, leur bonhomie et leur endurance remarquable. Leur travail, indispensable la russite des ascensions, leur attire une sympathie non-dnue de sentiments paternalistes et colonialistes (Raspaud, 2003). Dans les rcits quils rapportent de leurs expditions, les himalayistes qualifient ainsi les Sherpas de petits hommes robustes, gais et courageux (Hunt, 1953). Le lgendaire sourire de Tenzing fait le tour du monde et pse dans limaginaire collectif. La culture de cette ethnie, base sur les enseignements du bouddhisme, trs proche de celle des Tibtains, renvoie galement une vision exotique et positive qui entretient la fascination des occidentaux. Avec le dveloppement des expditions commerciales et la professionnalisation des mtiers de lhimalayisme (Boutroy, 2006), la figure du sherpa continue de susciter respect et admiration. Dans un documentaire produit en 2009, les sherpas sont ainsi prsents comme les vrais hros de lEverest . Des hros anonymes, dvous et comptents, prts mettre leur vie en danger, anne aprs anne, pour que de riches touristes puissent parvenir au sommet (Senn et al., 2009). Dans les annes 1990 et 2000, les records dun certain nombre de Sherpa comme Apa ou Ang Rita ( le lopard des neiges ) contribuent galement accroitre la renomme et renforcer la visibilit de cette communaut sur la scne internationale. Linversion des rapports de domination avec les occidentaux ne manquent cependant pas dexacerber un fallacieux sentiment de supriorit de la part de certains Sherpas. Des rivalits naissent entre Sherpas et autres professionnels du tourisme daventure (trangers ou issus dautres ethnies), non seulement sur la montagne, mais aussi dans les villages des valles situs en contrebas (Beillevaire, 2012 ; Jolly et Shakya, 2015). 3. Lorsque lavenir du hros interroge lavenir du territoire Nous avons vu comment lEverest en tant que montagne et symbole a particip la production de nombreux hros, et comment, en retour, ces hros ont modifi le Solukhumbu. Mais ce territoire est-il toujours propice la production de grands hros compte-tenu de la dmocratisation de lhimalayisme ? Par ailleurs, si les touristes trangers participent effectivement remodeler le territoire, dans quelle mesure ces transformations sinscrivent-elles dans une perspective vritablement altruiste ? 3.1. Marchandisation et dconstruction du mythe de Sagarmatha Aussi dou et audacieux soit-il, il parat dsormais difficile pour un alpiniste de se dmarquer sur les pentes de Sagarmatha. la fin de lanne 2013, lascension du sommet de lEverest avait en effet t russie 6 871 fois (Himalayandatabase, 2015). Comme la parfaitement montr Nadir 25 Par glissement smantique, ils donneront plus tard leur nom aux sherpas (s minuscule) qui dsigne lensemble des guides et porteurs quel que soit leur ethnie dappartenance. 91 Dendoune dans son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), la banalisation de lEverest laisse penser quavec une volont suffisamment forte et lutilisation de bouteilles doxygne, nimporte qui peut finalement entreprendre et russir cette ascension. Comme la reproduction dune uvre dart participe sa dsincarnation (Benjamin, 1935), laura des ascensions sur lEverest sest volatilise du fait de leur multiplicit. Par ailleurs, le caractre commercial des expditions ces vingt dernires annes, notamment sur lEverest26, ne manque pas dtre rgulirement stigmatis. Si Edmund Hillary disait sattendre ce quun drame pareil celui de 1996 se produise (2003), dautres grands noms de lalpinisme ont pu voquer parfois crment la perte dthique et de valeurs dans cette nouvelle forme dhimalayisme. Rien voir avec lalpinisme : on ne grimpe pas, on se tire aux cordes. On na plus aucune autonomie : on ne cherche pas son itinraire, on nassure plus le travail de progression soi-mme. Sans respect de la montagne, cet himalayisme ressemble un viol collectif... (Trommsdorff in Carrel, 2009). Au retour du Lhotse, Erhard [Lortan] envoie un texte amer au magazine espagnol Desnivel. Il estime que lalpinisme perd son identit et le sens de lthique, quil sloigne de laventure et entre dans une phase de dclin. Il parle du cirque qui dresse son chapiteau au pied de lEverest" et de la tristesse quil a ressentie devant "ce spectacle lamentable (Buffet, 2013, p. 157). Enfin, de rares exceptions prs, lexploit ne rside plus dans ltablissement de records sur les sommets de plus de 8 000 mtres. Lhrosme en Himalaya tient dsormais dans la ralisation de premires ascensions sur des montagnes moins hautes, mais par des voies extrmement techniques et sans apport artificiel doxygne. 3.2. La fuite des hros Certains auteurs se sont galement interrogs sur lincidence du tourisme dans le maintien des systmes sociaux et politiques locaux (Fisher, 1990 ; Sacareau, 1997). Many of us are beginning to realize trekking is actually beginning to hinder the progress of the Sherpa people, luring away virtually every young man with leadership qualities for much of the year. It is hard to get any Sherpas to work for the park or teach school or to seek a political career. As a result we no longer have role models like the first Sherpa teachers at the Khumjung school who inspired the students. 27 (Sherpa L. in Russ-Ramsay & Keiser B., 2003, p. 126). Pour les guides et porteurs daltitude, il est en effet plus judicieux de sinstaller Katmandou pour prendre pied dans le business du trekking et des expditions. Cest plus facile de devenir guide de montagne lorsquon vient de Katmandou que quand on a grandi dans un village. Katmandou on a accs aux ordinateurs et beaucoup de contacts avec les trangers. [] Les climbing sherpas qui vivent Katmandou ont de belles opportunits pour gagner de largent et pour se forger un meilleur avenir rapporte le sirdar Norbu Sherpa (Senn et al., 2009). Quelle que soit la force avec laquelle elles se sont implantes dans le systme touristique local, il est dsormais plus opportun pour les 26 92% des ascensions du sommet ont eu lieu entre 1993-2013 (Himalayandatabase.com & 8000ers.com, 2015). 27 Beaucoup dentre nous ralisons que le trekking commence en fait entraver le dveloppement du peuple Sherpa, en drainant virtuellement chaque jeune homme, avec des qualits de leader, en dehors du territoire une grande partie de lanne. Il est difficile de recruter des Sherpas pour travailler dans le Parc ou enseigner lcole ou de raliser une carrire politique. De fait, nous navons plus de modle comme les premiers enseignants Sherpas de lcole de Khumjung qui inspiraient les lves. 92 familles Sherpas denvoyer leurs enfants suivre une scolarit Katmandou, voire des tudes ltranger, quau Solukhumbu. Il sagit enfin de considrer la situation des Sherpas, comme dautres communauts dailleurs, au regard du contexte politique national. Dans un pays sans Constitution, marqu par limpotence et la corruption de son systme administratif et politique, lobtention dun visa pour ltranger apparait comme une alternative extrmement convoite. Apa28, je comprends pourquoi il est parti vivre aux tats-Unis, le Gouvernement na eu aucune considration pour des gens comme lui ! rsume ainsi un commerant de Namche Bazar29. Pour ces raisons, lmigration dun certain nombre de Sherpa pourrait rduire les chances de rvler localement de nouvelles personnalits. Toutefois, limportance de ce phnomne ncessite dtre quantifie. Aucune tude na par ailleurs t mene sur la faon dont les Sherpas expatris reviennent et simpliquent mme temporairement dans la vie de leur territoire dorigine. Aprs-tout, la tte dune fondation pour le petit village de Tham, Apa Sherpa est-il peut-tre plus efficace depuis Salt-Lake-City ? 3.3. Le hros mondialis au secours du territoire On aurait tort de croire enfin que les interactions entre trangers quils soient trekkeurs ou alpinistes et population locale, se limitent uniquement des relations superficielles, marchandes et intresses, sans rels apports pour le territoire. Depuis des annes, les Sherpas ont reu des visiteurs du monde entier, ils ont eux-mmes accru leurs mobilits, ils se sont confronts des cultures diffrentes et ont parfois tiss de vritables liens avec certains clients. Les relations interpersonnelles noues par les guides avec des touristes trangers peuvent avoir des effets plus durables lchelle, non plus seulement de lindividu, mais celle de sa communaut. En effet, bon nombre de projets de dveloppement, raliss linitiative danciens touristes tablis dans les grands centres urbains de lEurope, des tats-Unis ou du Japon en relation avec des guides, ont vu le jour dans des valles recules, palliant les insuffisances dun tat dfaillant (Sacareau, 2012). La rgion de lEverest compte ainsi de nombreuses ONG et associations trs actives dans les domaines de lnergie, de la formation aux mtiers de la montagne et du tourisme, de lducation ou de la sant. Louverture de lhpital Pasang Lhamu Nicole Niquille, en 2005, en est un trs bon exemple. En 1986, Nicole Niquille devient la premire femme guide suisse. Aprs plusieurs expditions en Himalaya, elle est victime dun accident et perd une partie de sa motricit. Elle ouvre une auberge dans le Valais o elle emploie Ang Gelu Sherpa, le frre de lhrone Pasang Lhamu, premire npalaise atteindre le sommet de lEverest en 1993. Dcde au cours de la descente, Pasang Lhamu, mettait sa notorit au service de lempowerment des Npalaises. Aprs sa disparition, son mari ouvre une fondation son nom mais celle-ci uvre avec des moyens financiers trs limits. Touche par cette histoire, Nicole dcide dinvestir largent de son assurance et de mobiliser des donateurs pour financer la construction dun hpital dans le bourg de Lukla (Buffet, 2013). Aujourdhui, cet hpital moderne et bien quip couvre un bassin de population de 10 000 personnes et les soins y sont gratuits pour les femmes. 28 Le recordman du nombre dascensions de lEverest. 29 Interview ralise lors dun sjour de recherche au printemps 2015. 93 Conclusion Le processus dhrosation nest pas lapanage des crivains ou des historiens. La gographie, science de lhomme et de lenvironnement peut, elle aussi, avoir son mot dire sur la construction des figures hroques. Lexemple du Solukhumbu montre en effet clairement quil faut aussi prendre en considration lespace rel mais aussi virtuel pour comprendre comment naissent les hros. Les hros sancrent non seulement dans des temporalits mais aussi dans des spatialits que lon pourrait qualifier de limitatives. Cest--dire dans des contextes prsentant un degr dhostilit, physique ou morale, a priori peu favorable lexpression optimale des capacits et liberts dun individu ou dune socit. Et cest aussi prcisment par lintensit avec laquelle les hros (s) affranchissent (de) ces limites dans le cas de la rgion de lEverest, en mettant leurs exploits au service du dveloppement du territoire que lespace devient rvlateur de laura vritable des hros. 94 Bibliographie BEILLEVAIRE S., 2012, Les travailleurs du Khumbu originaires du village de Bung, Solukhumbu, Npal, Paris, Universit Paris Diderot, Mmoire de Master, 89 p. BENJAMIN W., 1935, Luvre dart lpoque de sa reproductibilit technique, Paris, Allia (d. 1955), 96 p. 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Parce quil est l . De lhimalayiste au trekkeur, la rgion du Solukhumbu comme fabrique de hros1.1. Le rle de lEverest dans le processus dhrosation1.2. Quand lhomme ordinaire devient hros2. Le rle des hros dans la fabrique du territoire2.1. De laventurier lhumanitaire : limpact dHillary sur le territoire2.2. Sherpas, les vrais hros de lEverest 3. Lorsque lavenir du hros interroge lavenir du territoire3.1. Marchandisation et dconstruction du mythe de Sagarmatha3.2. La fuite des hros3.3. Le hros mondialis au secours du territoireConclusionBibliographieFilmographie et donnes dorganismes