De l’économie informelle à l’économie populaire ?· Web viewL’objectif des travaux est d’étudier…

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    11-Sep-2018

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De lconomie informelle lconomie populaire solidaire :De lconomie informelle lconomie populaire solidaire:Concepts et pratiquesOdile CastelCREM, Facult des Sciences EconomiquesUniversit de Rennes 1RsumCest au dbut des annes 1970 que les conomistes ont forg le concept dconomie informelle pour les pays du Tiers-monde. Cependant, le dbat pistmologique tend estomper ds les annes 1990. Il en dcoule un dcalage croissant entre les tudes empiriques et le soubassement thorique. Aujourdhui, la diversit et lhtrognit du contenu que recouvre la notion dconomie informelle sont telles que cette catgorie smantique ne peut plus fonctionner comme un concept. Mais, aussi bien dans les grandes mtropoles du Tiers-monde que dans les zones rurales, des expriences de cration dactivits conomiques gnratrices de revenus sont mises en uvre par les populations dans un esprit de solidarit sans pourtant tre dclares aux autorits. Un nouveau concept dconomie populaire solidaire est entrain dtre forg. Peut-il tre appliqu dans le contexte des pays du Nord?Lconomie informelle est une ralit massive lchelle du monde. Malgr les difficults la mesurer, on estime quelle emploie 60 70% de la population active en Afrique, 50% en Asie, autour de 35% en Amrique latine, 20 30% en Europe de lEst et 5 10% en Europe occidentale et en Amrique du Nord. (Lautier, 2006). Sa thmatique est donc particulirement importante dans les pays du Sud, dune part parce que cest l quelle est le plus massivement prsente; dautre part parce que cette conomie sest vue, depuis une quinzaine dannes, assign une fonction sociale par les institutions nationales ou internationales: crer des emplois, lutter contre la pauvret; enfin parce que certaines de ses activits tendent former une conomie populaire solidaire porteuse dun dveloppement conomique alternatif. Cela nempche pas quelle existe galement dans les pays du Nord, dune part, du fait de la tolrance des pouvoirs publics face au non-respect du droit par les employeurs de certaines branches (btiment, restauration...); et dautre part, du fait que certaines activits illicites sont par nature informelles, au Nord comme au Sud (trafic de drogue, contrebande...)On observe donc que les activits que recouvre le concept dconomie informelle sont trs htrogne, ne permettant plus cette catgorie smantique de fonctionner comme un concept dautant plus quil existe un dcalage grandissant entre les tudes empiriques et le soubassement thorique qui na pas t renouvel. En consquence, lobjet de cet article est dessay de tracer de nouvelles pistes, afin denclencher un renouvellement des dbats thoriques sur les activits conomiques dites informelles des pays du Sud et de voir sils peuvent tre appliqus aux pays du Nord. Les concepts dconomie populaire et dconomie populaire solidaire peuvent nous aider aller dans ce sens. videmment, les activits dveloppes au sein de lconomie populaire et de lconomie populaire solidaire sont souvent non dclares, se pose alors les enjeux de leur reconnaissance institutionnelle.1. tat des lieux sur les dbats relatifs au concept dconomie informelle dans lconomie du dveloppementLa notion dconomie informelle fut employe pour la premire fois dans une tude de Keith Hart (1973) sur le Ghana dont les rsultats furent prsents ds 1971. Le Bureau international du travail (BIT) reprit le terme dans un rapport publi en 1972 sur la situation de lemploi urbain au Kenya dans le cadre du Programme mondial de lemploi lanc en 1969. Le concept dconomie informelle prend naissance. Il englobe des travailleurs pauvres, exerant un travail pnible, dont les activits conomiques ne sont ni reconnues, ni enregistres, ni protges, ni rglementes par les pouvoir publics et qui sont caractrises par: une facilit daccs; une utilisation par les entreprises de ressources locales; des technologies forte intensit de main-duvre; une proprit familiale des entreprises; une petite chelle de production des marchs de concurrence non rglement; des qualifications acquises hors du systme scolaire officiel.Ainsi, la gense du concept dconomie informelle est lie lobservation, dans les villes des pays en voie de dveloppement, de lexistence dactivits productives non dclares. On explique alors lexistence de cette conomie informelle par lincapacit de lconomie moderne absorber toute la main-duvre urbaine.Le terme informel, qui va trs rapidement se populariser pour dsigner lensemble dactivits productives de petites tailles de nature trs diverse (production, commercialisation, financement ), renvoie lide de labsence de forme prcise. Le terme anglais informal signifie irrgularit ou sans crmonie, il renvoie donc labsence de caractre officiel et pas forcment labsence de forme. Cest pourquoi certaines approches prfrent parler dconomie non structure (Charmes, 1980 ; Nihan, 1980 ; Sethuraman, 1976). On utilise aussi le terme dconomie non officielle (Archambault et Greffe, 1984), expression qui semble plus proche de la signification de langlais informal. Dautres auteurs pour porter laccent sur la participation active des populations ces activits utiliseront les termes spontan, populaire: le dveloppement spontan (Lachaud et Penouil, 1985), conomie populaire (De Soto, 1994), ou encore associent les deux: conomie populaire spontane (De Miras, 1984; Morice, 1985).Pour saisir la porte du concept dconomie informelle en conomie du dveloppement, il est intressant de montrer les apports des diffrentes approches thoriques de lconomie informelle, pour ensuite dresser un rapide aperu de lvolution des thmes de recherche sur lconomie informelle.1.1. Les diffrentes approches thoriques de lconomie informelleLes diffrents travaux sur lconomie informelle peuvent tre rattachs trois grands courants de pense: les analyses inspires de la thorie no-classique de la concurrence, les analyses du courant structuraliste et les analyses socio-conomiques.Dans les analyses inspires de la thorie no-classique, deux approches orthodoxes peuvent tre distingues.La premire, qui sinscrit dans le projet no-libral, voit dans lconomie informelle la ralisation idale de la concurrence pure et parfaite. Le secteur informel urbain est le lieu du dveloppement de la concurrence pure et parfaite qui est empche de se dployer dans le secteur moderne vu les multiples entraves cres par ltat: protectionnisme, mesures lgales, bureaucratie excessives, rigidit des salaires Cet ensemble de mesures permet le maintien de barrires lentre qui empchent le march de fonctionner de manire comptitive. Pour chapper ces entraves, lesprit dentreprise universel, se dploie la marge des rgles lgales, afin de contourner ces barrires lentre. Lconomie populaire est une manifestation dun capitalisme aux pieds nus (De Soto, 1994).La deuxime, dans la ligne des modles dualistes (Lewis, 1954), considre lapparition de lconomie informelle comme une nouvelle manire de penser lhtrognit des structures des conomies. Des dfinitions multicritres sont alors avances. Dinspiration no-classique, ces modles ne supposent pas une subordination entre lconomie formelle et lconomie informelle, ces conomie sont en concurrence (Nihan, 1980; Charmes, 1990 ; Lachaud, 1990).Dans le courant structuraliste, deux thses ont t dveloppes: la thse marginaliste et la thse fonctionnaliste.Dans la thse marginaliste, lconomie informelle est identifie au segment du march du travail le moins productif et aux rmunrations les plus faibles auquel participe la main-duvre excdentaire qui na pas accs lconomie formelle ou qui en est expulse (Mezzara, 1984). Dans ce cas, il sagit dun secteur parasitaire, essentiellement tertiaire o se rfugient pour survivre les travailleurs en excs par rapport aux besoins de lindustrie. Ces activits (services domestiques, personnels, gardiennage, petits dtaillants) reprsentent une consommation improductive de revenu accapar par certains groupes (fonctionnaires, grands propritaires). Ainsi, lconomie informelle dveloppe une conomie de subsistance qui ne participe pas au processus daccumulation globale (Urmeneta, 1988). Dans cette perspective, lconomie informelle forme de marginaux est voue rgresser sous leffet de la croissance conomique globale et de labsorption croissante de la main-duvre par lconomie formelle (Tokman, 1990). ventuellement, la frange suprieure de lconomie informelle (secteur volutif de Hugon, 1980) peut tre modernise grce des politiques de soutien ces units volutives. Dans cette perspective, il faut encourager cette conomie se lgaliser, respecter les conditions de protection du travail, il faut lui apporter les moyens financiers ncessaires son dveloppement.La thse fonctionnaliste (Moser, 1978; Gallissot, 1991) reconnat lexistence de connexions entre lconomie informelle et formelle, mais en termes de fonctionnalit par rapport laccumulation capitaliste: il y a surexploitation de lconomie informelle par lconomie formelle. Dans ce cas, les travailleurs de lconomie informelle jouent un rle favorable pour la valorisation du capital. En effet, ils fournissent des biens et des services des prix infrieurs ceux de lconomie moderne qui diminuent le cot de reproduction de la force de travail et donc des salaires dans lconomie formelle. En cas de sous-traitance, il y a un transfert direct de surplus de lconomie informelle vers lconomie formelle. Ainsi, bien que non juridiquement salaris, les travailleurs de lconomie informelle peuvent tre considrs comme des quasi-salaris en situation de surexploitation. Par-l mme lconomie informelle constitue une modalit de fonctionnement du systme capitaliste dans les pays en dveloppement.Dans les analyses socio-conomiques plus rcentes (Nyssens, 1996; Gaiger, 1999a et 2000; Defourny et al., 1998), certaines activits de lconomie informelle sont le rsultat dun comportement conomique non capitaliste, dun comportement fond sur la rciprocit et la redistribution. Il sagit du dveloppement dinitiatives locales dhybridation des ressources marchandes, non-marchandes et non montaire. Dans lconomie informelle, certaines activits entretiennent des rapports avec lconomie formelle capitaliste, pour les unes de subordination plus ou moins importants (commercialisation de produits de lconomie formelle, sous-traitance), pour les autres de concurrence (ateliers de production), alors que dautres activits se placent dans des niches l o lconomie formelle capitaliste narrive pas, pour rpondre aux besoins non satisfaits des populations. Dans cette perspective, lconomie informelle est reconnue comme sujet actif sur le plan conomique travers la consolidation dune conomie populaire qui ne peut tre rduite un ensemble de stratgies de survie, mais devient un ensemble de vritables organisations conomiques stables, gnratrices demploi et de revenus.Dans le cadre de ces diffrentes approches thoriques de lconomie informelle, les thmes de recherche ont suivi la mme volution.1.2. volution des thmes de recherche sur lconomie informelleLes premiers travaux dans les annes 1970 cherchent dcrire lconomie informelle par ltablissement de critres multiples visant caractriser les activits de cette conomie. Les activits conomiques sont alors intgres dans lconomie informelle lorsquelles correspondent aux critres suivants: peu de barrires lentre; ratio capital/travail peu lev; techniques de production simple; niveau de qualification faible des travailleurs; petite chelle des activits; faible capacit daccumulation; proprit familiale; rapport sociaux non salariaux; opration la marge de la loi; peu de protection du travail Lobjectif est de distinguer, dune part, les activits dconomie informelle de celles de lconomie formelle; et, dautre part, de celles de lconomie traditionnelle; mais aussi, de mettre en vidence les diffrences de dynamisme entre les activits de lconomie informelle: celles pouvant atteindre un niveau daccumulation du capital suffisant pour leur permettre dintgrer lconomie formelle (secteur volutif); celles qui ne sont que des activits de survie court terme (secteur involutif). Ces travaux dbouchent sur la construction de typologies (Charmes, 1982; Hugon, 1980).Les travaux des annes 1980 vont plus sintresser aux relations entre lconomie informelle et lconomie formelle. Ils porteront, dune part, sur les flux de main-duvre entre les deux conomies; et, dautre part, sur les liens conomiques (concurrence, sous-traitance, distribution, exploitation) entre ces deux conomies. Lobjectif est de dcel avec finesse les activits de lconomie informelle qui peuvent terme incorporer lconomie formelle avec lappui de politiques publiques cibles. Ces travaux dboucheront sur des propositions dactions et de politiques publiques.Les travaux des annes 1990 se focaliseront alors sur les programmes dappui lconomie informelle que les pouvoirs publics doivent mettre en uvre. Cest dans le cadre de ces travaux que lconomie informelle obtient une reconnaissance de la part des institutions nationales ou internationale par la prise en compte de leurs fonctions sociales de cration demploi et de lutte contre la pauvret. Lobjectif des travaux est dtudier la mise en uvre de ces programmes et dvaluer leurs rsultats qui se rvleront souvent dcevants (Bodson, 1995). Paralllement le succs de la banque des pauvres (Grameen Bank) amnera de nombreux auteurs sintresser la micro finance et aux systmes financiers dcentraliss qui navaient pas fait lobjet dtudes approfondies dans les dcennies prcdentes. Le maintien, voire laccroissement de lconomie informelle qui devait soit disparatre sous limpact de la croissance conomique (activits de survie), soit incorporer lconomie formelle (activits volutives) amnent les auteurs rflchir sur les fondements de ces activits. Laccent est mis alors par certains auteurs sur une caractristique particulire de certaines activits qui ne relveraient pas de la rationalit capitaliste, mais dune rationalit sociale. Cet article sinscrit dans cette perspective.Ainsi durant 30 ans, comme le signalait dj De Miras en 1990, les apports empiriques et descriptifs se sont multiplis lenvie sur le thme de lconomie informelle, alors que le dbat pistmologique tendait sestomper, ds la fin des annes 1980. Durant les annes 1990, le renouvellement thorique na pas t non plus de mise. Il en a dcoul un dcalage croissant entre la prolifration des tudes empiriques et statistiques et le soubassement thorique qui ne sest pas fondamentalement renouvel. Actuellement, on lutilise le concept dconomie informelle pour dsigner les activits licites non dclares dans les pays du Sud, le travail au noir et les ateliers clandestins dans les pays du Nord (Adair, 1985), lchange de services, la contrefaon, le commerce quitable et les trafics de drogues et darmes (Gourvitch, 2002)). La diversit et lhtrognit du contenu que recouvre le concept dconomie informelle sont telles aujourdhui que cette catgorie smantique ne peut pas fonctionner comme un concept.Pour surmonter limpasse dans lequel se trouvent les dbats thoriques sur lconomie informelle dans les pays du Sud, il faudrait sortir dfinitivement de la dcomposition des conomies des pays du Sud en secteurs dactivits, en dautres termes sortir dune vision structurelle de ces conomies. En effet, pendant longtemps, lconomie des pays du Sud na t pense que comme la juxtaposition de trois conomies: lconomie formelle, lconomie informelle et lconomie traditionnelle. Il est aussi important den finir avec la confusion entre activits licites et activits illicites quentretient aujourdhui le concept dconomie informelle, bien qu sa cration il ne concernait que les activits licites. Pour cela, le concept dconomie populaire est trs intressant explorer, dautant plus qui recouvre aussi les activits dconomie populaire solidaire. Ces deux concepts: conomie populaire et conomie populaire solidaire pouvant acqurir une dimension universelle, car ils sadaptent aussi bien aux contextes des pays du Sud quaux contextes des pays du Nord2. Vers des concepts fonds au Sud, adaptables au NordComme nous venons de le signaler, lconomie informelle est caractrise par sa diversit. Elle regroupe des choses aussi diverses que: le petit commerce fixe ou ambulant; lartisanat de production (meubles, outils, confection, btiment...); les services personnels (rparation, prteurs sur gages, soin des vtements, domesticit qui est la premire forme demploi fminin non agricole dans le monde...); les services collectifs (transport, tontines, micro-crdit, mutuelles de sant, coopratives...); des activits illicites (narcotrafic, vol, contrebande, voire tueurs gages...). Cette liste, non exhaustive, pose problme la notion dconomie informel. La seule chose que ces activits ont en commun est justement de ne pas tre formelles. Lconomie informelle est aussi caractrise par sa forte htrognit, notamment des relations qui se nouent en son sein. Certes, la solidarit sy dploie sans doute plus fortement quau sein des activits formelles: solidarit familiale, religieuse, ethniques, solidarit au sein de bandes, de gangs ou de groupes de quartier. Mais cela nempche quune grande partie de lconomie informelle est marque par une extrme violence: concurrence arme et meurtrire (pas seulement dans le commerce de drogue), exploitation sauvage sans limites dhoraires et de disponibilit (particulirement des apprentis et des domestiques), violences physiques (meurtres, viols) et symboliques fortes. Il faut donc faire le trie.Dans un premier temps, il faut distinguer les activits illicites des activits licites; ces dernires forment lconomie populaire. Puis, dans un deuxime temps, il faut distinguer parmi les activits licites, celles qui sont marques par une extrme violence de celles qui se fondent sur des liens de solidarit; ces dernires forment lconomie populaire solidaire.2.1. Lconomie populaireOn entend par conomie populaire lensemble des activits conomiques et des pratiques sociales dveloppes par les groupes populaires en vue de garantir, par lutilisation de leur propre force de travail et des ressources disponibles, la satisfaction des besoins de base, matriels autant quimmatriels. (Sarria Icaza et al., 2006) Depuis les annes 1980, le terme dconomie populaire est utilis pour faire rfrence aux activits dveloppes par ceux qui sont exclus du monde du travail salari et par les travailleurs qui, cause de bas salaires, cherchent dans le travail indpendant un complment leur revenu.Traditionnellement on dcompose lconomie populaire en deux conomies: lconomie familiale et lconomie conviviale. Lconomie familiale tait autrefois la composante la plus importante de lconomie et assurait lessentiel des activits de production. Son dclin relatif est d au dveloppement de lconomie de march et au dveloppement de lconomie sociale (assurance maladie, retraites, chmage, services sociaux...). Les principaux travaux raliss dans le cadre de lconomie familiale sont: la transformation des achats alimentaire en biens de consommation (repas); les activits de services telles que le mnage et les travaux de couture, le jardinage, le bricolage et les petites rparations; les activits de service la personne comme la garde des enfants, la garde des malades et des personnes ges, le transport des personnes; mais aussi des activits plus commerciales ou de services telles que laide lexploitation familiale agricole ou artisanale (rcolte de production agricoles, petite comptabilit, accueil et renseignements des clients...). La production de cette conomie familiale peut tre autoconsomme ou vendu sur le march, gnralement au noir, aussi bien dans les pays du Sud que dans les pays du Nord.La deuxime composante traditionnelle de lconomie populaire est lconomie conviviale. Elle semble trs proche de lconomie familiale, mais tourne vers les autres. Il sagit dune forme de dons gratuits qui prennent en charge une partie de la vie sociale et conomique. Elle est donc constitue pour lessentiel par des activits dentraide, danimation sociale et de loisir hors de la famille et ne donnant pas lieu une quelconque rmunration au sens de lconomie formelle. Cette forme dconomie peut prendre appui sur des structures associatives plus ou moins organises (association de quartier, organisations religieuses, syndicales ou politiques, communautaires ou ethnique...). Les principaux travaux raliss dans le cadre de lconomie conviviale sont: les services rendus des voisins ou des personnes ges ou handicapes (rseaux dentraide, systmes dchange local); la production de petits objets et daliments vendus lors de ftes et coup de main leur organisation; la participation gratuite lorganisation et au droulement dactivits culturelles, syndicales, politique, communautaire.Dans les annes 1990, les consquences sociales des politiques dajustement structurel pour les pays du Sud, la dtrioration des conditions de vie des plus pauvres dans les pays du Nord ont clair de faons diffrentes les activits dconomie populaire. On a alors assist la prolifration des stratgies de survie individuelles et collectives. Au-del des coopratives et des groupes de production communautaire, essentiellement dans les pays du Sud, on a observ un grand nombre de petites units conomiques organises familialement ou avec deux ou trois partenaires aussi bien dans les pays du Nord que du Sud. Nobtenant pas une activit sur le march formel du travail, et devant faire face au chmage structurel et aux autres processus dexclusion sociale, les acteurs de lconomie populaire organisent leur activit, individuellement ou en association, en comptant sur leur propre force de travail. Ils crent des stratgies de survie, ils visent non seulement lobtention de gains montaires et dexcdents qui puissent tre changs sur le march, mais aussi la cration de conditions qui facilitent laccs des lments fondamentaux dans le processus de formation humaine, tels que la socialisation des savoirs ou de la culture, la sant, lhabitation. Comptant avec lappui de rseaux primaires et communautaires du vivre ensemble, les initiatives dconomie populaire peuvent tre individuelles, familiales ou associatives, ces dernires pouvant tre nommes groupe de production communautaire, production associe, association, cooprative..., principalement non dclares dans les pays du Sud comme dans les pays du Nord, elles peuvent ltre dans les pays du Nord.Lconomie populaire est donc compose dactivits de production associe, de micro entreprises familiales et dinitiatives individuelles. Dans ces trois catgories, les activits sont des niveaux daccumulation diffrents: le niveau de croissance, le niveau de subsistance et le niveau de survie (tableau 1).Tableau 1: Lconomie populaireProduction associeMicro entreprises familialeInitiatives individuellesNiveau de croissanceSudAteliers autogrsAteliers productifs Chauffeurs de taxi NordSCOP: cooprative ouvrire de productionTravail non dclar dans lentreprise familialetravailleurs indpendantsNiveau de subsistanceSudGroupes dachatPetits magasinsPetites rparationsDomesticitNordSystmes dchange localTravail non dclar dans lentreprise familialeTravail au noir chez des particuliersNiveau de survieSudCuisines collectives au ProuRcolte des dchetsVendeurs de rueNordCuisines collectives au QubecMendicit familialeSaltimbanques des ruesSources: inspir de Louis Favreau (2004), Quest-ce que lconomie informelle, lconomie populaire et lconomie sociale et solidaire, Observatoire en conomie sociale de lOutaouais, Qubec, Canada, www.uqo.ca/observer/, 6p.Deux prcisions doivent tre apportes ce tableau. Dabord, les SCOP qui sont des activits de production associe font bien partie de lconomie populaire, mais pas de lconomie informelle puisquelles sont dclares. Ensuite, les travailleurs indpendants (initiatives individuelles dconomie populaire dans les pays du nord) prennent souvent le statut de profession librale pour tre en rgle avec la lgislation, mais ils peuvent aussi tre non dclars, notamment le dveloppement des nouvelles technologies de linformation et des communications (NTIC) avec le dveloppement du tltravail et du travail domicile complexifie les schmas traditionnels du travail non dclar. Ces travailleurs indpendants sont des sous-traitants dentreprises de lconomie formelle. Ainsi, lconomie populaire peut prsente des caractristiques qui sopposent la rationalit conomique capitaliste. Les travailleurs de lconomie populaire nchangent pas leur force de travail pour un salaire. Les travailleurs ayant la proprit individuelle ou associative des moyens de production, le principe est lutilisation de leur propre force de travail pour garantir leur subsistance immdiate. En effet, lconomie populaire ne se caractrise pas par linvestissement en capital, mais par linvestissement dans la force de travail, le travail consistant le principal facteur de production. Dans cette perspective, lconomie populaire inclut toutes les units de production qui ne vivent pas de lexploitation du travail dautrui, ni ne peuvent vivre de la richesse accumule (Coraggio, 1991, p.36). En consquence, il sagit plutt dacteur mettant en uvre des stratgies de subsistance, de mme que des rseaux sociaux, misant sur le facteur travail et la coopration entre pairs plutt que sur le facteur capital et lesprit dentreprise inscrit dans une logique marchande (Favreau, 2004). Certains segments de lconomie populaire, notamment la production associe, ont des caractristiques que lon peut mettre en parallle avec les spcificits de lconomie solidaire, lconomie solidaire tant lensemble des activits conomiques soumis la volont dun agir dmocratique o les rapports sociaux de solidarit priment sur lintrt individuel ou le profit matriel (Eme et al., 2006, p.303).Premirement, la primaut du travail sur le capital dans lorganisation socio-conomiquea des consquences sur la logique de fonctionnement de ces units: type daccumulation, redistribution du surplus, relations de travail... Lentreprise dconomie populaire, avant de se situer dans une approche de type capitaliste, est dveloppe pour rpondre aux besoins de ses membres via la gnration de revenus et via les services et les biens rpondant aux demandes de la population. (Nyssens, 2004)Deuximement, la coopration entre les parties prenantes est vue comme inhrente la manire dont les problmes sont abords et rsolus. Cette cohsion provient des liens qui unissent les membres (le groupe tant frquemment prexistant linitiative conomique) et est lie un territoire bien dfini.Troisimement, certaines initiatives dconomie populaire se dveloppent galement grce une prise de conscience sociale qui sintgre dans un projet de transformation de la socit. En effet, bien quelles soient fondamentalement centres sur laspect conomique, ces initiatives se fixent des objectifs qui vont au-del de leur objectif conomique: la recherche de consolidation dune identit populaire; la participation active des processus de changement des structures politiques et sociales; lamlioration de la qualit de vie de leurs membres.Enfin, la grande majorit des dynamiques collectives ancres au sein de lconomie populaire sont tout fait autonomes, ceci nexclut nullement quil ne peut y avoir de liens, par exemple avec les pouvoirs publics, mais, quen dernier ressort, le pouvoir de dcision appartient aux membres de lorganisation.Ainsi, au sein de lconomie populaire dans les pays du Sud, comme dans les pays du Nord, bien que cette dynamique soit plus forte dans les pays du Sud, on voit merger une conomie populaire solidaire.2.2. lconomie populaire solidaireLconomie populaire peut, si elle est en croissance, devenir une entreprise du secteur priv; mais elle peut aussi devenir une entreprise de lconomie solidaire (coopratives, mutuelles, associations), car, certaines conditions, elle participe dune stratgie dorganisation collective en sinscrivant dans la construction de systmes dchange local et dans une plus grande coopration entre pairs au niveau du travail. Lconomie populaire est donc aujourdhui de plus en plus examine dans sa relation avec cette famille de dynamiques socio-conomiques et lon commence voquer la notion dconomie populaire solidaire.Dans les pays du Sud, les travailleurs exclus du march du travail formel, au travers de leur auto-organisation, crent de plus en plus dinitiatives de lconomie populaire solidaire qui forment des groupes de production caractre familial ou communautaire. Mise en uvre par des populations trs pauvres, celles-ci doivent mobiliser les ressources (financires, relationnelles, savoir-faire, informations) de leur groupe de parent ou de leur communaut. Ces initiatives solidaires ne recherchent pas la maximisation du profit, lorsquelles dgagent des surplus, ceux-ci sont distribus au sein du groupe. Lexemple cit par Guneau (1998) est ce titre trs illustratif: les femmes commerantes maliennes utilisent leurs bnfices entretenir des rseaux sociaux de parent, dethnie et de clientle. Les relations sociales sont donc utilises comme un placement conomique rentable. Ce systme est considr comme bien plus sr quune capitalisation des bnfices dont on nest jamais certain de lissue. Ces initiatives solidaires sont guides par des intentions sociales, parfaitement rationnelles, car fondes sur des objectifs et des moyens, non centres sur la maximisation du profit, mais sur dautres motivations: reconnaissance sociale, informations, communication, animation de quartier, du village Il nest pas possible, comme le signale De Melo Lisboa (2000), de caractriser ces initiatives solidaires uniquement comme des productions petite chelle ou de faible niveau technologique. Par exemple,Manos del Uruguai au Brsil est form par plus de 1000 producteurs artisans qui cherchent obtenir une meilleure qualit de leur produit travers lamlioration du design et par ladoption de nouvelles technologies automatisant certains processus de production. Actuellement, ils exportent plus de 50% de leur production.Par ailleurs, comme le fait remarquer Gaiger (1999b), on constate un changement progressif dans la manire dvaluer ces expriences. Il y a quelques annes, elles taient vues comme des rponses urgentes, ponctuelles, effet palliatif, ou comme un simple soulagement face des situations de pauvret et de misre. Actuellement, une nouvelle interprtation merge qui, tout en admettant quelles restent des rponses ncessaires des demandes urgentes, y voit en outre une base pour la reconstruction dun tissu social dans lequel vivent les plus dmunis. La force de ces initiatives solidaires rside dans le fait de combiner, de faon originale, lesprit dentreprise recherche de rsultats par loptimisation planifie des facteurs productifs humains et matriels et lesprit solidaire de telle manire que la coopration fonctionne comme vecteur de rationalisation conomique, produisant des effets tangibles et des avantages rels, comparativement une action individuelle (Gaiger, 1998).Ainsi, la rciprocit lintrieur du groupe et les changes de marchs lextrieur sont les 2 formes les plus manifestes dintgration qui prvalent dans les initiatives solidaires. Les changes rciproques renforcent les sentiments dinterdpendance dans le groupe, mais lindividu ne se trouve en aucune manire absorb par le groupe et il peut occasionnellement tre le seul bnficiaire dun comportement rciproque, car aucun pouvoir central et suprieur ne renforce lunit du tout. En raison de ce manque de centralisme, il existe une combinaison de 2 types de comportements qui peuvent alterner et trouver un cadre naturel dans la dichotomie entre le groupe et son environnement. Une telle socit possde un double facis, une alternance de formes de rciprocits et de formes dindividualisme. Quand le premier facis celui du groupe est privilgi, le comportement conomique est un comportement de rciprocit; quand le second facis se manifeste, lchange et le march dominent la scne (Benet, (1957) 1975). Dans les pays du Nord, le dveloppement de systmes dchange local (SEL) montre que lconomie populaire solidaire y est aussi bien prsente.Depuis le milieu des annes 1980 sont apparues et se sont dveloppes des associations grce auxquelles, localement et hors des circuits habituels des transactions prives marchandes, leurs membres changes des services et des biens par le biais dune unit de compte interne. Les premiers SEL sont apparus en 1983 Vancouver (Canada). Depuis, on compte plus de mille SEL travers le monde, notamment en Grande-Bretagne, au Canada, en Australie, Nouvelle-Zlande, Pays-Bas, Italie, France, Suisse...Le mouvement des SEL est n de la volont de constituer de nouveaux rapports lconomique, bass sur un certain nombre de principes dont la reconnaissance de lautre et de ses savoir-faire ainsi que le primat du local contre lconomie mondialise. Aussi, dans bien des SEL, le principe dgalit des rmunrations des services et des savoir-faire est revendiqu, en faisant attention de toujours laisser la libert aux membres dappliquer une autre chelle de valeur sils le souhaitent.Les enqutes de terrain (Malandrin, 1998) montrent que les SEL rassemblent une forte proportion de personnes en situation matrielle prcaire (entre 40 et 60% selon les SEL) et quils fonctionnent comme des structures renforant les liens sociaux: accs la consommation, entraide et solidarit de proximit, largissement des relations sociales, revalorisation de soi et de savoir-faire ngligs... Limpact ne peut pas se mesurer en termes daugmentation de revenu, mais plutt en petits plus qui facilitent le quotidien et surtout en une intgration dune manire valorisante un rseau de relations interpersonnelles o la socialisation ne dpend plus de lutilit des comptences (comme dans le monde du travail salari), mais du partage de ses savoirs et/ou de ses passions. Chaque SEL dite rgulirement un catalogue rassemblant les offres et les demandes de biens et de services des adhrents. Par ce biais, les membres peuvent se rencontrer et ainsi se mettre daccord sur lchange (service effectuer ou type de bien, montant en units locales ...). Une fois lchange ralis, les deux personnes remplissent une reconnaissance de dette (un bon dchange). Ce papier est constitu de 3 volets: lun est envoy aux animateurs du SEL, les deux autres sont pour la comptabilit des changistes, cela permet ainsi de crditer et de dbiter les comptes dunits locales des deux membres, comptes dont les soldes ngatifs et positifs sont plafonns. On peut donc ici bien se rendre compte quil ne sagit nullement du retour au troc que certain ont voulu voir, mais bien dun systme dendettement multilatral. En effet, la logique du SEL rside dans la compensation dynamique des dettes et des crances, entre tous les membres du SEL.Ltude de la fixation de la valeur des biens ou des services changs montre que le prix nest pas la variable centrale, mais une estime de lautre. Ainsi, au-del des changes qui passent par le SEL, laccent est mis sur la cration de rseaux de relations et dentraide afin damliorer le quotidien, tant social que matriel. En effet, aprs un temps dapprentissage ncessaire la construction de relations de confiance, les changes ne passent plus par les bons dchanges, mais se font directement entre les membres. Ainsi, participer un SEL est un moyen de se rapproprier son quotidien. Les SEL rinventent un espace commun o les phnomnes dits conomiques sont rinsrs dans un contrle politique dmocratique puisque le contrle du groupe se fait par lui-mme: lautocontrle et la responsabilit individuelle sont privilgis (contrle des changes, des dbits et crdits), on parle de systme dducation local. Cette intgration sexprime alors par le resserrement des liens entre les diffrents membres, passant graduellement de relations socitaires des relations de type communautaire; le choix dappartenir un SEL peut alors dpasser le motif conomique prvalent lors de lentre au sein du SEL (accs aux biens et services).Ainsi, organisant de nouvelles formes dchange, les SEL recrent du lien social par le biais de monnaies locales qui permettent des gens du mme quartier, dune mme ville ou dun mme canton de se rencontrer, changer et former ainsi des contacts et des rseaux de convivialit. Malgr la prsence doutils similaires ceux du march (monnaie, prix, catalogue, offre, demande...), les SEL sont loin dintroduire une logique marchande dans le tissu des relations de coups de main. Ils mettent bien plutt en jeu une forme dchange qui renoue avec la rciprocit et qui sinsre dans une volont de la part des membres de crer une faon plus humaine de consommer, dchanger et de produire.Mais cette consommation, ces changes et ces productions sont non dclars, ils ne sont donc assujettis ni la TVA, ni aux cotisations sociales. Cest de lconomie informelle mise en uvre par les populations elles-mmes. Cest de lconomie populaire au sein de laquelle se dveloppent des liens de solidarit. Cest de lconomie populaire solidaire. Cependant, elle pose problme la justice. Par exemple, en septembre 1996, dans un village de lArige, deux adhrents du SEL ont aid un troisime rparer son toit. Aprs dnonciation dun voisin et enqute de la gendarmerie, les trois adhrents ont t poursuivis pour travail clandestin et utilisation de travailleurs clandestins, condamns par le tribunal de Foix (le 06/01/1998) 2000 Francs (300 euros) damende, puis relaxs en appel Toulouse le 17/09/1998, car les conditions caractrisant un travail clandestin ntaient pas runies. Ce procs fait aujourdhui jurisprudence. En France, ladhrent dun SEL est exonr de TVA et dimpt sur les transactions raliss que dans la mesure o il sagit dune activit non rptitive et ponctuelle, type coup de main et nentrant pas dans le cadre de sa profession. Ainsi, actuellement, les SEL reprsentant un systme relativement marginal la limite du systme conomique et ne favorisant que des changes entre particuliers, la tolrance administrative semble tre la rgle. Mais, si le systme stend, intgrant des professionnels, ltat pourrait alors y tre moins favorable. En effet, si dans le cadre du SEL, ladhrent se livre une activit rptitive ou entrante dans le cadre de son mtier, il doit la dclarer aux organismes concerns. Sil est pay en grains de sel, peut-il faire sa dclaration en grains de sel et payer ses impts en grains de sel? Ce qui est apparu tout au long du procs des adhrents du SEL arigeois, cest le relatif dsarroi du tribunal devant cette forme indite de solidarit, non pas prive, mais collective, cest--dire organise et politise. Au centre des dbats se trouvaient des questions sur les formes darticulation entre solidarit nationale et solidarit locale, sur ce qui devait relever du bien commun, de la suprmatie de lintrt gnral sur lintrt particulier. Toutes choses que le travail clandestin nvoque jamais (Laacher, 2000).Lenjeu de la reconnaissance institutionnelle de ces initiatives dconomie populaire solidaire au Sud et des activits dveloppes au sein des SEL dans les pays du Nord est bien l. Elle leur permettrait de sortir de la clandestinit et de devenir des activits de lconomie sociale et solidaire au mme titre que les activits des coopratives, des mutuelles et des associations.ConclusionSi le concept dconomie informelle nest plus dactualit, celui dconomie populaire peut nous permettre de repenser le travail non dclar dans une nouvelle perspective. Notamment dans les initiatives collectives, il peut tre le fondement dune conomie populaire solidaire qui encastre lconomique dans le social et ouvre la voie vers une autre conomie: associer pour entreprendre autrement (Demoustier, 2001). Sil est vrai que des initiatives dconomie populaire sont parfois prises comme une option personnelle ou de groupe pour des motivations mercantiles; dans le monde de lconomie populaire, cette option est minoritaire, voire marginale et inexistante dans le monde de lconomie populaire solidaire. Dans la grande majorit des cas, ces initiatives sont la seule possibilit de survie pour des millions de familles, quelles soient la source unique ou complmentaire du revenu familial. Cest pourquoi les interrogations sur le sens et les stratgies dans le domaine de la reconnaissance institutionnelle de ces initiatives doivent veiller ne pas aider, volontairement ou involontairement, reproduire la pauvret rgnante. Par extension, il faut veiller galement ce quelles ne soient pas quau service dune reproduction dulcore du systme global de production des ingalits sociales, et donc, des conditions de travail et de vie vcues par les porteurs de ces activits dconomie populaire. Ainsi, il ne faut surtout pas agir comme si, se sortir de la pauvret tait de la seule responsabilit des couches populaires ou comme si, cette sortie dpendait exclusivement de leurs efforts et de leur capacit entreprendre. Ce serait accepter lide dun tat minimum. Ce serait donc dresponsabilis ltat et les principaux acteurs et mcanismes du systme dominant qui justement, gnrent les situations de pauvret dans lesquelles ces activits dconomie populaire et dconomie populaire solidaire mergent et se gnralisent.BibliographieAdair P. (1985), L'conomie informelle : figures et discours, ditions anthropos, paris, 180p.Archambault E., et Greffe X. (1984), Les conomies non officielles, La dcouverte, Paris, 248p.Benet F. ((1957) 1975), les marchs explosifs dans les montagnes berbres, in K. Polanyi et C. Arensberg, "Les systmes conomiques dans l'histoire et dans la thorie", Larousse Universit, Paris, p.195-216.BIT (1972), Employment, Incomes and Equality. A Strategy for Increasing productive Employment in Kenya. OIT, Genve.Bodson P. (1995), Politiques d'appui au secteur informel dans les pays en voie de dveloppement, conomica, Paris, 196p.Charmes J. 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