Demain comme Jamais 10.47

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    10-Mar-2016

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...SITE WEB :: http://demain-comme-jamais.toile-lib... Je travaille actuellement l'criture d'une pice de thtre... Il y est question de notre perception du monde par nos souvenirs, nos idaux... Poursuite onirique dans le monde Veugle; contrainte de la CoMdia et d'un dictateur n'acceptant qu'un ordre, le sien... Brumes, contes et myths au travers des yeux d'un homme encore Veugle... Travail en volution, construction d'histoires se chevauchant, se compltant, flot dans un temps dform.

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  • Demain comme jamais 10.47.docx : Date : 2009-03-21 Pages : 45 / Mots : 19529 // LAL NC . ME CONTACTER : 7 rue Anatole France 78110 Le Vsinet // Site : http://demain-comme-jamais.toile-libre.org

    Demain Comme Jamais 10.47.Docx >> http:/demain-comme-jamais.toile-libre.org >> vincent.bonnefille@gmail.com 1

    1

    PROLOGUE

    H2 va et vient travers des rangs de chaises identiques. Les yeux ferms, comme si

    aveugle (si possible jusqu ce quindiqu), il ttonne pour se dplacer ; au sol de la laine.

    Quand le public est assis des H0 (groupe dindividus unis, identiques, ayant un sac o 5

    ranger leurs journaux) rentrent et retirent les chaises. H1 (Grand CoMdiateur, dicta-

    teur omniprsent) les presse de sortir et les suit. H2 stonne de ne plus trouver de

    chaises, PF ("Petite Fille" est vtue dun large costume lenglobant toute entire dans

    une poche pleine de pelotes de laine) rentre la sortie des autres et se place derrire H2

    au devant de la scne elle ne le touche pas. (Voir les croquis des costumes sur le site / fin du 10

    document. NB : Mme dcor/agencement qu la fin.)

    H2 ne sadressant pas au public justement install : Jai 8 ans, je vois encore devant

    moi Puis quelques docteurs ont affirm que cela ne durerait pas alors, 10

    ans, me voil parti pour le Franklinzin, petite bourgade o vivait seul un oncle

    un ami quelquun de connu de mes parents du moins je crois. Jai pris le train 15

    pour la premire fois Il est magnifique, merveilleux mme le plus beau de

    tous les trains qui naient jamais exist Souvenirs de gamin dj nourris

    dimaginaire dinventions blotties, pioches au fond dun sac. H1 et un H0 (nu-

    mro "4") rentrent chacun de leur ct sur la scne ils sont en fond et ne perturbent

    en rien H2 et PF au premier plan (H2 continue de parler). H1 croise lautre, ils vont cha-20

    cun l do sen vient lautre De lintrieur il me semble le sentir rugir comme

    font les chats la veille des neiges. On me bouscule pour monter. Les portes en

    fracas, le brouhaha, les appelles... Elle s'loigne avec les bruits dj convertis au

    silence ! Je restais l, assis sur une sorte de banquette rembourre de

    mousse aux extrmits froides, glaces mme (dcouvre ce qui lentoure par le 25

    touch). Des H0 rentrs progressivement lentourent sans bruit. Pas un bruit (ou si-

    lence). Puis il me semble qu'il y eut un lan en avant, indcis. Je suis seul pour la

    premire fois de ma vie. Ma voix rsonne les autres sloignrent avec les pas,

    les bousculades. Le calme raisonne celui qui lcoute. Les reflets des rails traver-

    sent mon oreille Les secousses incessantes du wagon, chaque cris du dehors, 30

    chaque silence, chaque frisson, chaque parfum... H1 sort 4 des coulisses et le

    pousse violemment. 4 est moins vtu qu sa prcdente apparition au contraire de H1

    Ils ne font pas de bruit, H2 est dans ses penses. Les H0 rentrs avec H1 entourent H2

    sans le toucher. Et pour moi tant de vitesse, dindcision capter, garder l,

    tout contre. Sy retrouver dans ce chaos : des films de westerns, et dindiens, 35

    des dparts, des images. Le sol siffla pour la cent trente-quatrime fois, alour-

    dissant mon corps sous le poids du temps et de l'ivresse fulgurante dun pay-

    sage... invention de mouvements verdoyants le temps dfile. (Courte pause o il

    Distribution + costumes la fin du document !

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    semble sendormir debout) Les H0 sortent (et donc 4 galement). PF, qui ne touche H2,

    sapproche le plus possible de lui (derrire pour limage). Jai chaud et 40

    PF/voix off : O allons-nous ?

    H2 : Attend ! O es-tu ? Comment es-tu entre ? Je

    PF : Avec toi Cela fait bien longtemps que je t'observe. Je peux

    masseoir maintenant ?

    H2 (mfiant) : Non ! 45

    PF : Bien, comme tu veux. Dis, tu te souviens o nous nous rendons ? (Attend sa

    rponse) Alors ?

    H2 : Mon pre m'a dit...

    PF : Bien ! Si tu prfre discuter tout seul (Fait mine de partir.) Et puis je ne suis

    pas vraiment inconnue. (H2 ne fait signe et regarde ailleurs) Faites votre guise 50

    H2 : Cest que je ne me souviens pas de vous !

    PF : Tu aurais pu moublier, moi ? Non, mme mon visage, tu le connais... sans le

    voir ni leffleurer ! Quel naf tu fais Tu ne veux plus de moi ?

    H2 : Pourquoi faire ? Pourquoi t'oublier, pour quoi

    PF : Il y en a qui rvent de moublier Pour voir quelle question ! 55

    H2 : Tu n'as qu' partir, je te laisserai, va !

    PF : On ne se dbarrasse pas de moi comme a ! Et si je de restais plante l ?

    H2 : Cest pour cela que nous partons Nous partons ? Je ne sais mme plus si

    nous rentrons ou si nous nous en allons.

    PF : Je ne sais pas... Quelle heure penses-tu qu'il soit ? (Elle ferme les yeux pour 60

    lcouter.)

    H2 attentif : Cest comme quand quand papa va bientt retourner travailler

    pour les machines qui lui font peur.

    PF (dtails habillant lOncle cf. costumes) : Tout fait ! Il met son gros blouson

    marron, serre ses chaussures Il ajuste sa casquette en lembrassant Elle est 65

    toute des images qui lui restent de a Elle a la peur quil

    H2 : Elle dpose un sandwich au fond de sa poche il voit ces traces de boue

    PF : Et les fleures sur le papier peint. Pour une fois en avance pour

    H2 : En avance ? Les cours ! Maman jy vais mon sac je suis en retard

    PF (place de la mre) : Calme toi ! Voil, du calme, regardes-moi ici l bien. 70

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    H2 : Tu vas faire le voyage avec moi ? Il est long, tu sais mais mais Loncle sera

    content de te voir ! Jespre quon arrive bientt.

    PF : En tout cas je ne partirai pas sans toi Et arrte : je ne suis pas ta mre !

    H2 : Ils savent que tu es l ? Qui sont-ils pour que je sois l avec toi ? Quas-tu

    fais ? Pourquoi ce voyage 75

    PF le coupe : Tu nas pas le savoir Tu m'as invite monter ici, t'accompa-

    gner en quelques sortes. Et, mme si tu leur disais, ils ne t'couteraient pas. Ils

    ont peur Oh regarde, le cloch, la tour Nous arrivons Veugle ! (Regarde par la

    fentre.)

    H2 : cette poque-l, je lui disais "tu" ( tu es dit avec PF). Elle tait ma petite 80

    sur avant de faire partie de moi. Pause. Immobile le train ouvrit ses portes...

    PF : 2 minutes darrt en bordure du quai attention la fermeture des portes !

    H2 : J'ai entendu ce mme frottement de tle rouille qu'au dpart, qu

    larrive. Elle m'avait laiss des cendres (Elle lui donne une pelote de laine tire de

    sa poche puis scarte.) Rentrer chez soi. Au pied dun chne en feu aux racines 85

    baignes dencre ou de mots volant en fume si loin dj.

    PF : Prends a et, quand tu voudras te souvenir de moi, serres-la trs fort contre

    ton cur. (H2 sort une pelote de laine de sa poche.)

    H2 : Cest doux !

    PF : Oh a vient de chez nous Je te laisse, on m'atend. H2, joueur, serre la pelote 90

    contre lui puis la tend vers PF en essayant de la trouver pour la toucher Jai plus le

    temps Lui arrive [ Lui fait rfrence H1 omniprsent et est accompagn dune

    mimique quand il est nomm (H1 a ce toc inconscient)]

    H2 touche PF avec la pelote. Diminution progressive de la lumire : Je suis rentr ! Il y a

    de la lumire ici, ma chambre est grande (parle moins fort) tout le monde dort 95

    PF en sloignant : Il ny a plus que toi ici ( lcart elle se rapproche doucement de H2

    alors que la lumire revient et que H2 cherche autour de lui). Loncle nest pas encore

    l Mais nes pas magnifique ? a ne te rappelle rien ? On est dj venu ici

    H2 : Je ne sais pas de quoi parles-tu ?

    PF : Quels sont ces couleurs qui tentourent ? Et ce souffle, cette 100

    H2 : Je

    PF : Tout seul enfin te voil ! Pause, H2 ne parle pas. O allons-nous ?

    H2 : Nous

    PF : Ne soit pas si timide avec moi Tu trouve a orang, pourpre, corail ?

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    H2 : Non ! 105

    PF : Cest beau ?

    H2 : Oui !

    PF : Quy a-t-il ?

    H2 : Du calme

    PF : O ? 110

    H2 : Loin de tout !

    PF : Tu aimes cet

    H2 : Oui

    PF : Et cette Primalodrodonna ?

    H2 : Oui ! 115

    PF : Tu mens ! Tu nen a jamais vu !

    H2 : Cest un mlange de Primanelade du Granth mridionale et dune Dronna

    des terres Thlrines

    PF : Tu mas manqu, cest si silencieux ici, si vide sans toi.

    H2 est tout essouffl et sassoit puis se recroqueville en boule, il est dans le contact avec 120

    lui-mme, avec son corps PF se rapproche de lui, elle le rassure puis elle place son dos

    contre le sien (comme chacun dun ct dune porte ferme ils ne se touchent pas).

    H2 ttonnant : Ne h ! Toi, reste, je suis derrire la porte !

    PF : Nous attendons loncle, montons la garde ! Tout va bien de ton ct ?

    H2 regarde derrire lui, colle son oreille contre celle de PF : Il Tu lentends, il ronfle ! 125

    PF : Quand pourrons nous la franchir, entrer ? De ce ct tout est calme Tu

    cest vrai quil ronfle ! Tu es l ?

    H2 : Il est assis dans son fauteuil en cuir rembourr. Il ne le quitte presque plus.

    PF : Pourquoi donc ? Il naime plus le soleil ?

    H2 : En fait il est fatigu ou peut-tre Cest quil nen a plus besoin, plus envie. 130

    PF : Tout autour un cercle aux fes des cendres ici tout autour de lui ?

    H2 : Il Il est seul, abrit des lueurs des leurres

    PF : Emmitoufl dans sa robe de nuit loin des leurres.

    H2 : Oui Tout autour, une robe de suie et des toiles dessiner

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    PF + (avec) H2 : destiner deviner 135

    PF : Tu vois que tu te souviens de toute cette

    PF se lve, fait quelques pas, attentive quelque chose de lextrieur (coulisses).

    H2 : Cest eux ? Eux ils ne mont pas quitt, je men souviens. (Ils se dirigent cha-

    cun un bout de la scne, vrifier si quelquun vient en symtrie.)

    PF : Ils ont condamn portes et caveaux pour eux il nexiste rien au-dedans 140

    Lui a dcrt, ils ont entendu puis suivi la dance Tout le monde sest ds-

    habit, ds-intim, appelle a comme tu veux ! Il ny aurait plus de secret, ils sont

    partis. On dirait des abris avec leurs fentres, leurs portes barricades de

    lextrieur pas du vide . -Cf. plus bas, ordre denfermement partie 4)-

    PF et H2 : Sans moi tu nes rien leurs yeux 145

    PF : LOncle a raison tu nes pas comme eux.

    H2 : Il devait tre bon quand je lai connu (Rflchi un instant) on nattend pas

    linconnu avec cette envie tenace qui me tient ici, dans mon oubli, ttonnant.

    PF : Tu es homme de Veugle sil ya quelquun qui va se souvenir et donner un

    son sa vie cest bien toi ! Ce pauvre oncle Et pourtant ce ntait pas un ca-150

    deau ! Tu ne le reconnaitrais pas. -- cf. PARTIE 4, loncle infect) --.

    H2 : Je ne sais pas si je pourrai me rinventer demain

    PF : Tu lcheras ma main pour voir de tes propres ailes All viens nous avons

    bien assez attendu, rentrons !

    H2 : Je taime ! Je taime ! Je taime ! 155

    PF en sloignant quand il lappelle : Moi aussi H2 la cherche. Elle tente de sen loi-

    gner puis, aprs un long silence : Contente toi de cette Primaldor a ira.

    H2 : Et comment tout cela finira-t-il ?

    PF : Cest toi de voir ! Je sais juste que tout commena ainsi, dans ce wagon.

    H2 : Nous allons 160

    PF : Aveugles, plus que jamais Elle observe H2 absorb, pensif tu retomberas sur

    terre ! Tu me semble si fou, dans ton monde

    H2 hsitant : Je sais

    PF (H2 laccompagne) : La guerre clate Bangkok au 7 de la rue de Batheft,

    Prague, une oie se maquille la vie continue. Le train en partance marque un 165

    arrt ou boissons fraches vous sont agrable bar vous souhaite un joyeux parmi

    nous 2 minutes darrt bordure du voyage sil vous plait

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    PF sort et trois H0 (dont 4) rentrent sur scne. H1 retire une pelote de la poche de 4 puis sort. 4 est un temps dboussol, apeur ; H1 rentre et lhabille comme les autres H0 puis il observe H2. 170

    H2 : Je finissais ma phrase en serrant ce bout de laine, cette pelote, comme si stait ma vie des odeurs de dparts. Comme si tout tait l, au creux de ma main la peau de ma paume pose. Les gens portaient des chapeaux aux formes. Ils taient dans leurs villes affubls de cette joie de se reconnatre ainsi les uns les autres. Autres formes cousues sur leurs ttes. Comment 175 maccueilleraient-ils, moi, sans tte couverte ? (Il observe les H0 un moment) Je ne suis personne. Tous les matins Lui parle et rveille ces ttes perdues dans les toiles quils ne regardent jamais Alors que moi je ne les oublie pas ces mortes (H1 sort. Pause durant laquelle les H0 sassoient, dos au public, prs dun cran blanc qui descend leur niveau). Ils lcoutent (H1 est lcran.) Lui est cou-180 t, comme un de ses contes qui nous inspire, qui nous guide mme. Et tout les matins ils coutent leur histoire, ils sinspectent pour savoir, pour sinstruire. Ils sinforment, ils suni-forment dun haut de forme, ils se dforment, se rfor-ment Veugle je prenais le temps dinscrire au grand chne quelques signes sans noms ni hypothse, sans soucis ni avis Elle elle tait l, cest sr ! Avec 185 moi, perdu dans mes calcules sans rsultats, dans mes constructions sans fonda-tions loin, assez loin (avec les H0 dans les coulisses) : nulle part . H2 : Le soleil changeait aussi souvent de robe que les pierres changent de sou-venirs. Un jour, alors que je dormais, elle est revenue. Elle ntait presque plus 190 Comme morte ? Je ne veux pas leur ressembler ! Cest a que jai d lui dire. Eux ils ont rpondu : (avec les H0) Rendors toi si on ne te plait pas ! (Lcran steint -H1 disparait-. H2 se couche. Les H0 lisent debout, peuvent sortir/rentrer sur scne, sans bruit, identiques, imperturbables. 4 ramnage les chaises en une seule ligne/range comme sur un quai, face aux railles.) 195

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    PREMIRE PARTIE

    Lcran sallume, prsence de H1 mme si non prsent, H2 se lve, apeur et reste de-

    bout tourn vers les coulisses... Dialogue entre les deux H0 : numro "1" et "2". 4 sest

    assis lcart, absorb dans sa lecture (absent). 200

    Cf. Ce passage sur le quai est vu diffremment par H2 en PARTIE 5 o il en raconte un avant et un aprs : mise en situa-tion, autre temporalit. Des lumires dans les mmes tons sont bienvenues.

    1 : Tu viens, on sassoit. Il y a de la place, l, un peu plus loin.

    2 : Attend, on ne se met pas trop loin non plus

    1 lui tendant un journal : Tiens ! 205

    2 : Merci jallais loublier. Comme que donc, dit donc que je suis absent ! (Lcran

    steint.)

    1 : Il a lair bien triste, celui-l ! Tu ne trouves pas ? (H2)

    2 : O ? Lautre, l ? Assis sa place (parle de 4) ? Dailleurs lis puis plutt, on

    naura peut-tre pas le temps sur le trajet ! 210

    1 : Non l, le grand, debout, derrire la ligne (H2). Il regarde lheure

    2 : Bien oui, sur le quai dune gare

    1 : Attends ! Tu crois quil nous a vus ?

    2 : Mais

    1 : Il nous a vus ? 215

    2 : Je pense que Lui il le voit alors lui il peut nous voir Cest dans lordre de ces

    choses ! Arrte un peu : On (Lui) va nous entendre, calme-toi tu veux ?!

    1 : Il est louche ! Il narrte pas de regarder autour de lui Et puis, il tient

    quelque chose au niveau de son ventre. Avoue que cest bizarre de se tenir

    comme a, face un public, sur un quai ! 220

    2 : Tu as raison, il est mme trs trange vtu ainsi ! Lis, on ne devrait pas sen

    occuper ! (Lis un titre) Les Plums prennent leurs ailes ! Nouvelle entente, 85

    1 parlant moins fort : Il a encore reluqu lhorloge Je ne le sens pas, ce type je ne

    le sens pas !

    2 : Tu veux appeler la scurit ? H1 apparait lcran. Le train, il arrive dans deux 225

    minutes.

    1 : Il fait un pas en avant !

    2 : Pas la peine de me marcher sur les pieds

    1 : Il lui reste une minute Regarde comme il se tient prs du bord.

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    2 : Tu penses quoi ? Tu devrais sortir plus souvent, au moins tinformer des 230

    1 : Je suis bien mieux chez moi regarder et couter Jaime pas sortir ! Lui nous

    parle, on un tour dhori Il a encore regard lheure et dans le tunnel !

    2 : Il est anxieux ou en retard ! Cest vrai que cest trange

    1 : Il va sauter

    2 : Un suicide ? Les trains sarrtent avant ! Timagines pas sinon : on narriverait 235

    jamais lheure !

    1 : Il a une bombe !

    H2 parle en mme temps que ce qui suit : Les chaises sont dplaces dans lagitation par

    les H0 puis dautres (nomms uniquement H00 pour partager les H0 en 2 groupes),

    venus des coulisses sassoient, le calme revient quand H1 rentre sur scne. Ils se mettent 240

    lire leurs journaux (Extinction des lumires le temps que le public soit calme, attentif :

    variable). H1 va et vient.

    Voix off (H2) : Mme sous la torture je parlerai Quon comprenne ce qui sest

    pass ! Cest ce que jaurais d faire ds mes premiers pas ici bas crier.

    H1 parle H2 qui est pensif : Ceux qui sont debout se sont rassis (H0, assis, se rel-245

    vent puis se rassoient) Et tout ce bruit a dj agit quelques branches sur les

    cimes, lointaines comme elles sont ! De temps d'aujourd'hui on n'a pas vu d'en-

    tendre a. Il y a eu certains rveurs, des clowns en pate, des analphabtes, des

    tourdis, touffs, neutraliss par le Mdia (Futur HD qui peut tre interprt par

    un H00) : essouffls (Il clate de rire puis tourne autour de H2, lausculte puis donne 250

    une leon au public. Il est la fois excit et fier.) L'Homme est assis devant moi,

    aveugle. Il n'a ni lecture ni pense avec lui. Bonne cachte, ingnieux silences Il

    n'a rien, et c'est bien triste de le voir surgir dans le silence en cette fin de jour-

    ne. Il n'est pas si jeune que a. Il a pris sa tte entre ses mains. Il n'a plus que sa

    tte porter vu qu'il n'a rien apport ! Il y a le Liberta et le CityParici qui 255

    viennent de paratre ! Il n'a rien de tout cela. Cf. PARTIE 5 H1 parle des rveurs disparus puis, dans ce qui suit de donnes prcises connues de H0

    (Dit avec les H0/H00 et depuis les coulisses et/ou sur scne) On se va toujours, portant

    la lecture sous le bras... (Feuillette un journal) pour voir je dirais... une guerre

    une famine quelques titres et mots pour instruire la journe. Par exemple ce 260

    matin, (Les H0 sont au courant de ces informations. H2 dicte et crit selon quil est sur

    scne ou lcran) on compte 56 arrestations, 2 interpellations, 3 dlits non trai-

    ts. Il y a eut 19 inaugurations. On compte 68 points de naissance et donc,

    comme je vous lexpliquais tout lheure, chose toujours inexplique : 1 dcs.

    Quelques offres davenir, 53 abandons dont 3 graves. 69 directives en cours 265

    d'abrogation... Il loupe quelque chose ! Ses yeux sont tout mouills ! Il ne pleut

    pas au dehors. Tout est clair dehors. (Un arrt en station : nom du lieu, de la gare,

    annonc par H1. PF rentre, se met son aise, sans se soucier de H1 sur scne et lcran.

    H0/H00 rentrent et sortent.) Trois hommes vont entrer. Ils vont sassoir comme le

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    font les gens qui vont pour tre assises (les H00/H2 sassoient). Ils ouvrent yeux 270

    page une comme le font tous les gens qui ouvrent un journal page une. Il est as-

    sis, lui aussi. On ouvre son journal ! Merci. Tout va comme tout va, ils vont ! Ils

    sont tous tombs sur la fameuse demande d'emplois qui va nourrir l'espoir du

    soir. Ils ont tout le temps qu'ils veulent Nous le trouverons. H1 sort.

    275

    H0/H00/PF : Peut-tre aura-t-il disparu ? (Lcran steint PF se met face H2,

    H0/H00 sortent pour rentrer avec des habits quils font essayer PF imperturbable.)

    H2 et PF (dit ensemble) : Tu vas disparaitre. Je me nettoie le visage a fait de-

    puis ce matin, depuis tout lheure. Jai mis une autre chemise quon ne me re-280

    connaisse pas. Une belle chemise. Jai regard le miroir et celui qui sy trouvait

    ma surement fix, lui aussi dans les yeux peut-tre ? Je me suis assis, sans

    loublier ce temps sest il arrt, dans cette bulle de savon la vanille ? Qua-

    t-elle vu, elle qui me regarde, qui mobserve ? Suis-je beau ? Suis-je lgant au

    moins ? Elle a tourn le regard cest a ? Elle a baiss les yeux pour les reposer 285

    sur ses genoux ? Elle sest nettoy le visage sans se poser sur mon nez, ma

    joue, mon oreille en soubliant dun coin dil. Le soleil se reflte sur lcran et

    toute sa chaleur pntrante emplie mon corps comme il le fait des fois avec les

    caves, les chausses, les entrepts par cette fentre perche qui ne sattend

    plus tre traverse. (Les H0, rentrs, sassoient, les regardent.) Les larmes pour 290

    nettoyer le visage et que le soleil entre, sil peut, sil na pas trop peur de moi

    Changer les choses, tre soi-mme un/une autre. Se regarder en face/farce

    choisir. Je me serais noy pour changer de peau a naurait rien chang Jai t

    lche si tu savais. Regarde, ils sagitent dj ! Je te laisse cette fois. - Cf. Recherche de H2 par H1 ainsi que cette mascarade sont prsentent en PARTIE 4. 295

    H1 (voix off) les H0/H00 rentrent PF sort : Il est parmi nous. Il sest assis comme font

    toutes les personnes en sasseyant Euh Il respire Il a les yeux ouverts

    Comme nous Mais il na de lecture ni dide. Il transite. Il est dailleurs, vtu

    dailleurs, pensant dailleurs. Si vous le rencontrez merci de nous le prserver. 300

    Excusez le pour ce dsagrment. Tous se tournent vers H2, assith, et, ds quil bouge,

    font mine de ne pas lavoir vu. (H1 reprend en parlant de H2 depuis lcran) : Il... (H1

    marque une pause et annonce le nom dune gare imaginaire : des H0 sortent/rentrent

    transitent.) Il ne bouge pas. Il n'a pas de journal. Le CoMdian : Un il sur le

    monde ! en kiosque ce matin Ils sont seuls. H1 annonce le terminus : tout le 305

    monde sort sauf H2 et un H0 -dans le rle de Machin cf. partie suivante-.

  • 10 >> vincent.bonnefille@gmail.com

    DEUXIME PARTIE

    Machin : Les voyageurs en partance pour Uruk-mre suivent le protocole (Suite

    rapide de chiffres spars par les points sans changement dintonation.) 310

    1.1.3,6.3,3.33.3.3.3.3,3.3.3.12.3.3.3,3,3.3.33.3.3.12.3.3.3,3.3.3,3.3.3.12.3.3.3,3

    H2 : Jai peur de mtre mal fait comprendre Elle est partie partie Il y a

    quoi deux, trois, cinq jours ? Je ne sais plus Je me disais que comme on ne se

    connait pas vous auriez peut-tre une ide ? Vous me semblez serviable !

    Machin : Une double portion avec 315

    H2 : Les gens nont pas dide cest pour a que Dabord qui tes vous ?

    Machin : La machine frites.

    H2 : Vous tes nombreuses en ce moment ? Jaime bien vous voir : la grande fa-

    mille Cest bien vous que jai demand mon chemin l, au coin ? Si, l juste en

    bas vous partez en voyage ? Si cest le cas hors de question que je te retarde ! 320

    Machin : Les menus maxi 1 et maxi 3 sont en rduction.

    H2 : Vous avez je veux dire tuTu as appris a o ?

    Machin : La PatateCorporation version 5.2.2.3.2.2.2.3.3.6.6.3.33.3.33.3.3.3.33

    H2 : Bien a lair marrant en tout cas.

    Machin : Trois Patatodes pour une portion simple 3 pour 1 ! 325

    H2 : Et vous avez pens faire autre chose. Je me sens si seul Jai envie de

    Machin : Clisodium, Soufrure de sulfate ardissium doubliliascompordic

    damidon calbouditien primaire soulsifi en 22,5 Milililitre de clispodien fondu !

    H2 : Non jy ai pens aussi mais il y a tant de choses voir dans le monde ! Je

    Machin (le coupant) : Je ne pense pas, jobis : commandez et vous aurez ce que 330

    vous voulez ! Un sourire vermeil sur une glace la vanille, des

    H2 : Bon conseil ! Mon vieux mais vous avez raison ! Du plaisir, des parfums !

    Machin : Votre commande est prte si vous voulez.

    H2 : Tu toujours le mot pour dire ! Dommage queux ne te soient reconnais-

    sant ! Je viens juste darriver ici, je suis si trange ! Tu ten sors toi ? 335

    Machin : Veuillez renifler votre carte. Bon apptit ne rend pas la journe-

    monnaie-bonne-faire--point. (En sortant) Et, entre nous, ils te disent mort... pour

    ce que a change !

    H2 alors que PF rentre : Laisse-moi un peu parmi eux. Jai le droit de voir

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    PF : Comme tu veux mais ne tarde pas trop alors, cest plus prudent 340

    H2 : Laisse-moi ! Jen ai assez, va-t-en ! Ils mobservent, eux ils ne partent pas !

    PF sort. Depuis les coulisses, ou dans le public H0 annoncent la crie des titres de jour-

    naux dont CityParici , Liberta puis ils rentrent sur scne, vont et viennent.

    H2 est au milieu deux, assis, et dfaisant la pelote que lui avait donne PF en la sortie

    du train dit : Je ne sais pas ce qui m'arrive... Je me suis rveill et je ne me rap-345

    pelle de de si peu de choses en fait. Si seulement je pouvais tre sr davoir

    oubli quelque chose... Ah si... quand mme, Je me souviens que c'tait bien.

    Elle ma laiss a je laime (il sert la pelote contre lui, les H0 se calment, se mettent

    son niveau).

    Des passages o deux textes se mlangent (entre H0 et H00), doivent tre penss ainsi : 350

    un groupe vient complter lautre, le dformer, lui et son propos Les souvenirs ouverts

    vont disparatre et sunifier en empchant toute rinterprtation (H1 y veille).

    H00/H0 : Et si dehors javais oubli un trombone ? Si des arbres ? Je cours ! Le

    ciel est si adorable sourire au vent Je sens tout mon souffle tout mon corps,

    lherbe sous mes pieds Je crie ! Je chute Le vent crpite par l'interrupteur. 355

    Les grandes avenues se vident avec le soir qui monte. Un parfum d't qui se

    rappelle de sa fin sempare de son paule. Des odeurs d'herbes, d'un chant pre

    reposs l'odeur/oreille, d'une chanson qui peut entendre/attendre. Deux

    grands bras de sourires flottant dans cette cafeteria dserte. Et... Il n'y a rien...

    Tout est propre. Le vent siffle et joue dans ce sommeil qui se veut d'un hiver 360

    d'hier. Juste comme a... Retour total de la lumire, coupure. Les H0/H00 se remettent

    lire en marchant en allant et venant.

    H1 par lcran (avec les H0/H00) : Les nouvelles donnes ont fait de la banque Nam-bruss une banque du prsent davenir : 60% de la population aurait rcemment pu rpondre positivement cette affirmation... (Pause, il appuie pour annoncer la 365 nouvelle station : on se lve, sort, rentre.) Il fait 644F en cabine et 30C en extrieur.

    H2 mi-voix comme sil oubliait : Je me suis lev et j'ai... j'ai... H1 coupe H2,

    lempche davancer, de finir sa phrase, de penser.

    H1 : Un homme se serait vad cette nuit de sa chambre. Il est comme vous. Si 370

    vous le trouvez, merci de me le signaler au plus vite. Il serait assis et habill. Il na

    pas de journal avec lui et voyage seul. Les H0/H00 sobservent discrtement, craintifs.

    Lcran (prsence de H1) steint : agitation des H0/H00. H1 rentre sur scne, discret.

    H0 et H00 + H1 ce qui les divise, les nerve, ils parlent vite : Le vent crpite dans

    linstant. Il n'y a personne dehors. Le parfum humide d'un t qui rappelle sa fin. 375

    Le silence lancine et tout se vide. Marcel rentre et Lui l'entend / lattend. Le noir

    cri du ciel ; il pleut ! Et il n'y a rien... absolument rien. Le vent siffle et joue,

    sesclaffe dans ce sommeil outrag. C'est tout. Il est entr et par l'interphone

    chuchota : Silence, rien ici : que le son d'un acte qui oublie dj sa fin. Les

    H0/H00/H1 sortent. 380

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    H2 : Je suis retourn sous le grand chne pour y enterrer ce que Lui ne com-

    prendrait pas pour garder la mmoire de quoi se souvenir : quand nous au-

    rons oubli je nai pas fait de carte boussole.

    PF rentre et dpose une dizaine de pelotes de laine ses pieds (elle les sort de sa poche : son costume) et les H0/H00 se jettent dessus comme affams. 385

    H2 : Ah te revoil. Comment cest passe ta journe ?

    PF : Je je laisse tomber, cest puisant de tout porter et puis Elles ne mappartiennent plus (elle montre les pelotes prsentes dans sa poche) Et puis vois comme ils sont affams ! Ils nen ont pas eu depuis longtemps Je suis fatigue de me battre Je pensais que loncle rentrerait et puis quavec toi jirais de 390 lavant Je fanfaronne, je messouffle, je hurle, je pleure, jespre et je finis par me demander pour quoi : rien ne vient, rien nadvient.

    H0/H00 se dispersent sur la scne avec leurs pelotes.

    H2 : a ne te suffit plus ? Je ne tai reconnue quil ya peu et jai limpression que le temps a pris une pause que je nai au fond jamais quitt Veugle. Moi aussi 395 javance ttons (il se dplace, les H0/H00 le gnent, font obstacle, immobiles, H2 en vite certains), je me cogne sur les coins de tables, me fait bousculer par les portes mentaux ; une fois jen ai frapp un ! Tu me guides, reste !

    PF : Ecoute, ils vont tout brler, tout a Et je les regarde sagiter, comme tu le fais quand tu discutes avec la machine frites. a me change, tout change Il y a 400 juste que a ne me ressemble pas de men proccuper. H0/H00 laissent H2 airer.

    H2 : Mais cest a tout a, toute cette agitation, ces dbiles chroniques qui se bousculent. (Silence) Toi aussi alors tu nen peux plus ? Que nous est-il arriv ? Cest pass si vite et mal, a reste coinc l, dans la grrra la gorge.

    PF : Oui, tel un retour de vacances. Le temps ne sest pas arrt, regardes-les ! 405 H0/H00 sadressent H2 : Vous vous tes peut-tre tromp de canaris. Vous au-riez d dire que c'tait le plus beau jour de votre vie jusque l. Vous oubliez tou-jours l'essentiel et mes biscuits ! (Ils lui tendent des MdiaCaments quil ne prend pas.) Vous pourriez raconter, continuer... prciser... sans tout dvoiler... 410 mais dites-le maintenant... Ce temps qui vous connat nattend pas.

    H2/PF : Et je n'ai rien dis cette merveille/de cette ralit qui me... (Rflexion, ils se regardent, court silence.) Que demain/hier nexiste plus.

    H00/H0 +H1 (la Co-Mdia, grande loquence que les H0/H00 suivent affols) : Bienve-nue parmi nous Un oubli magnifique, des absences formidables ! La Grande 415 CoMdia vous salut, splendides portes fermes, belles craintes, belles cages, heureuses fausses et cachots ! Nous allons murer tout a Et puis pourquoi ne pas choisir la couleur tant que vous y tes ? Laissez-nous/vous faire ! PF les bousculant : Laissez-le ! Vous ne connaissez rien de lui du reste ! 420 H0/H00 +H1 : Un rire dans le silence, un sourire, un il qui me cherche, des

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    larmes/lames je mcoule lger, au sol vert. Mon cur sur lherbe un il qui me cherche, mon cur qui me traverse, un rire qui mveil. Je suis tout pr-sent Le souffle cour, je regarde jchappe, jai le cur qui bat, la tte ici. Un 425 silence puis un son, un mot, un il qui me cherche, un sourire Jai peur ! Ils sortent. H2 : Peut-tre que ton seul combat est de vivre Je ne veux pas paraitre condes-cendant, ni te juger : vie ton ide, soit comme bon te semble avec tout ce 430 bordel quils veulent brler ! Si ce que tu dis est vrai je te suis ! (Long silence. H2 et PF sassoient distance, ils se font dos) Je ne te comprends pas toujours, le monde est comme a, autre, terriblement diffrent, parfois dstabilisant (PF vient le couper : elle le sert dans ses bras, dos au public.) Reste, que je ne sois pas rentr sans raison 435

    PF (toute seule) : La guerre clate Bangkok au 7 de la rue de Batheft, Prague, une oie se maquille Deux serviteurs ont prt allgeance la reine cuillre des serviettes plies dessert un 17/20 toute ladministration des choux la crme qui dcernent un 15/20 tous les ftards aux cernes protubrantes La guerre 440 entre les oies et leurs gaveurs de Prague prend fin dans un coincement daile et quelques plumes en moins Quelques nains de jardins aspirent devant chez eux des vacances la plage et conformment la lgislation qui interdit dlever la voix publique dans les jardins anglais aux pelouses en polyurthane revenue la mode dans la confection despaces verts automatiss Je tai 445 H1 criant de lextrieur/depuis lcran : Sortez ! PF senfuit et H2 svanouit, les H0/H00 rentrs le retiennent, lassoient en finissant damnager le dcor... PF rentre et lui met une pelote de laine dans la poche en lui adressant un adieu. (Tout cela est vu du public.)

    450

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    TROISIME PARTIE

    Les H0/H00 installent un dcor d'intrieur : une chaise, un tabouret, une table basse, un

    coffre alcool (dcors plus rempli dobjets)...

    H0/H00 (discrets) Il a pris un caf trop noir... Bisou, mon gros nous nous nous-nounours. PF revient sur scne, apporte un verre deau et des MdiaCalements. Elle 455 sest change : elle ne garde de son costume que la robe rouge quelle avait apparente sous son costume (autre perception de PF : PF2 ). Elle fait des pelotes de couleur et tire le fil de la pelote de H2 reste dans sa poche. Elle sassoit devant lui avant son rveil.

    Un H0 embrasse H2 sur la joue, ce qui le rveille en sursaut.

    H2 ouvre ses yeux ferms jusque l : Il sest pass que ctait beau 460

    PF2 : Et c'est tout a qui t'a rveill ?

    H2 qui nest plus aveugle : Aurais-je veill ? Il ya l-bas un soleil qui ne veut de mal personne

    PF2 : Comment le soleil pourrait-il vouloir du mal aux gens.

    H2 : Si jy tais rentr me protger Il prend des MdiaCaments. 465

    PF2 avec H2 : Mais il ny a rien dans la demeure reste tranquille ! Tu me ra-conte toujours tes rves au rveil Avec le temps que tu passe dormir cest une seconde vie ! Et puis dabord comment es-tu rentr ? Tu sais bien : cest ferm ! (Elle va vrifier dans les coulisses si les portes sont verrouilles.) a va

    H2 : Je tu y tais toi aussi. All, je sais que ctait toi ! Jai fix le soleil dans tes 470 yeux et puis plus rien, du rouge, de la lumire puis je suis l, linter

    PF2 : Ma main sur ton paule ? Tu ne te souviens plus o nous en sommes ? Allons bon ! Arrte tes MdiaCalements si a te met dans ces tats !

    H2 : Tu es sortie aujourdhui ? Il fait beau sur les cimes. Je peux te tutoyer ?

    PF2 : Cest que 475

    H2 : Tu crois quils vont nous trouver. Ils se rappellent de nous ? PF remet son cos-tume sur scne (fait parti du dcor/dans une armoire). Loncle va-t-il sen sortir ? Hein ? Sil y a une chose dont je me souviens cest quil avait promis que nous retournerions au chne, avec lui a te dit quelque chose le le chne ? son retour Et oh, y a quelquun ? Tu le cache o dis ? Il est 480

    PF : Il est au front, la porte de la Grande Co-Mdia. Il na jamais t aussi seul se sentir battre le cur. Quand tas disparu il sest engag pour savoir. Avec ton dpart et les nouvelles du dehors qui son filtres on Mais tu Tu pleur ?

    H2 : De l'eau, reste longtemps dans mes yeux a dcid de voir dehors, ailleurs, en esprant... peut-tre que c'est cela... 485

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    PF : Cest moi qui fais couler tes yeux Tu nes plus Veugle vois ce qui ta tou-jours t refus, tout ce que le soleil ta laiss de libert imaginer les choses ton image (elle prend les mains de H2 et les pose sur son visage) oublier, te dgui-ser tu es de retour. La lumire va en diminuant.

    H2 : a na pas chang alors ? Jimaginais tout cela en plus grand ! 490

    PF : Si, lui il a chang ce regard et celui l, et lautre ou celui-ci ! (Parlant des ob-jets lenvironnant.) Ils tobservent, tous, tourns vers toi. Tout le monde te dvi-sage, tu le sens qui te respire et eux qui se rpondent en ta prsence

    H2 (dans lobscurit) : Cest vrai a na pas chang. Tu

    PF : Ces larmes il va ; il va rentrer, pousser la porte. Quand tu as dcid de par-495 tir il... Tu vas les essuyer et voir clair pour de bon ?

    H2 : Il faut choisir. Alors quelle va pour le serrer dans ses bras : retour immdiat d'une lumire trs forte... Ils restent serrs lun contre lautre, les H0/H00 investissent lespace.

    H1 affol depuis lcran -cf. Partie 1- (avec les H0/H00) : Trois nouveaux complexes et deux dcouvertes sont prsents nouvellement en page 8 et 12, dans leurs ru-500 briques respectives. On note galement une nette amlioration des censeurs et des CoMdiateurs, des spectateurs (H0/H00 reprennent leurs journaux, terrifis, et lisent voix haute les prvisions mtorologiques H1 les accompagne) 60 F pour 35 C, temps orageux, prvision de tempte ascendante par nord-nord-est-sud-ouest Les conseils sont : rester calfeutr chez soi nadresser la parole personne, pas 505 mme ses voisins Consolider portes et fentres laide nimporte quoi (H1 sort. Les H0/H00 poursuivent) Cyclone : vent agit trs agit, trs trs agit en quart nord-nord-sud-sud. Il est galement conseill de dormir jusqu nouvel ordre ! (H2 sert la pelote, lumire moins forte, tous se rapprochent de lui.)

    H0 et H00 : Je dois retourner au chne dterrer les trsors que jai cach Me rappeler 510 du got de loubli, de la patience de labsence et retrouver le plaisir de parler des langues mortes (Ils sortent sauf 4 absorb dans sa lecture.)

    PF : Joublie parfois (La lumire revient doucement jusqu la fin de sa rplique. Ils reprennent leur conversation). Quand je dors, je laisse toutes mes craintes, dlivre au-del des rives eaux des rives, sans barrages... Veugle, libre. 515

    H2 : Je ne sais pas ce qui mattend, jai tout laiss quand ils mont trouv mais je vais de lavant. Je ne sais plus ce qui ma pouss dans ce train, au dpart et toi tu as

    4 : Aux dernires nouvelles un complexe htelier serait implant dans les bas-fonds de la ville. Toute rbellion sest dissipe

    H2 : Mais taisez vous ! Allez sortez, oust ! 520

    PF : Ils pensent que loncle est mort

    H2 : Le serait-il ? Il est si loin quon ne le voit plus

    PF : Il est lautre bout de Veugle, aux confluents de la Trizda et du Ritzianta

  • 16 >> vincent.bonnefille@gmail.com

    H2 : Il se penche pour voir si un message, de nous, ne glisse entre les flots

    PF : Il va bien hein Mais ils 525

    H2 : Qui ? Qui sont-ils la fin ils vont, ils viennent, ils vivent dans un monde de papier Ils sont dsillusionns, ils ont peur de la magie : dis moi !

    PF : Reste ici le patron mattend Ils iront brler ces terres Veugle, clairer cages et puits secrets ! Dnicher savoirs et entourloupes, tout voir pour voir pouvoir. Je nen ai pas pour longtemps, juste reste ici, je reviens. 530

    PF sort en mme temps que rentre HD vtu dune cape rversible blanche et noir.

    H2 ferme les yeux et ne la pas vu entrer : Tu me manques. Cf. H2 sans PF avec Machin / 0H partie 4 ou encore sa mfiance envers PF dans le PROLOGUE .

    HD aprs un court silence : Dj, je viens de faire mon entr !

    H2 : Qui tes-vous ? Comment tes vous rentr ? 535

    HD sallumant une cigarette : Je peux massoir ?

    H2 : Non !

    HD : Vous navez pas vous en faire Elle va vous laisser la retrouver votre mmoire elle je ne sais Vous lattendez depuis longtemps ?

    H2 : Quest-ce que vous y connaissez ? 540

    HD : Vous attendez ici, jen dduis que, jeune que vous

    H2 : Elle Il ne me manquait plus grand-chose pour me souvenir, elle fait exprs ? Elle vient, elle me dit quelques mots puis se sauve

    HD : Ah ! Et elle sen est alle, je vois ! Vous tes seul avec moi bien sr.

    H2 : Je Je ne suis mme pas sr de la reconnatre. Elle vous a dis quelque 545 chose ?

    HD : Elle est partie il y a longtemps ? Une clope ? Non, vous ne fumez pas, cest juste ! Moi lamour a me fait fumer ! Attendez un instant. (Il met en place les quelques lments de dcor quil apporte dans une mle. Il a un calepin, il note sans arrt.) -Cf. PARTIE 4 H1 changeant le dcor dun H0 (4)-. 550

    H2 : Et tout a a a toujours t l ?

    HD : Cette chaise je viens de lamener elle est ne avant votre arrive bien sr !

    H2 : Avant ctait moi qui Elle ne serait pas entre sans ma permission en gnral je loubliais ! Tout cela tait plus cachotier, prudent, secret, 555 compliqu H0/H00 rentrent.

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    HD : Vous savez jy ai veill ! Bon bien heu Prenez donc du StriconBarfiol 6500 Quelque chose comme 2 non 3 Stripoliozthamines de Milon en Mthase 34 sans A33 100 dosettes par paquet, venez me voir quand vous nen aurez plus Cest dans la poche ! Ah et aussi une injection de Crio-560 donne (pelle Criodonne) en 9 millilitres. a ira ou je vous le note ? a ira ! La vie sera plus douce !

    HD/H0 et H00 : Il est dj 8 heures a vous dirait, un th ? Ah non Cest juste, vous ne buvez pas de th ? Tais-toi ! Une glace, alors ? Ah non, vous naimez pas les glaces ! Voulez-vous voulez vous asseoir ? Non, cest juste, 565 vous vous sentez mieux debout dehors ! Vous allez bien ? Vous avez faim ? Assez ! Es que a vous fait mal on dirait ! (H2 prend des MdiaCa-ments.) Extinction progressive de la lumire le temps de la prochaine rplique. HD sera sorti.

    570

    H0/H00/[avec H2] : Il est entr, et de mmoire on ne s'en souvenait pas. [On a es-

    say de se souvenir] si on s'tait souvenu... [Mais le temps qu'on] se souvienne,

    nous, nous, nous, nous avions oubli. Oubli la rponse, la question qui devait

    suivre. Puis nous-nous sommes rveills. Et Lui aussi Et, dans ce jardin, nous

    avons oubli les biscuits... Ou plutt nous n'tions pas invits. [Marcel est arriv 575

    de l'autre ct, heureux, merveilleux dans son costume, fidle lui-mme, tran-

    quille...] lheure du th. Et il n'a rien dit, plongs dans cet clat de soleil. Depuis,

    nous, nous nous, nous, nous, nous, nous ne savons plus. Et il a prfr tout ou-

    blier : ce qui resterait. La grande btisse

    PF (rentre et les coupe) : Un avenir crit il y a longtemps dj, ne vous moquez pas 580

    de lui ! Sortez ! (Les H0/H00 obissent.)

    H2 (ne voit pas PF, ailleurs) : Je nai pas os lui dire quel point

    PF : Tu te souviens de ces pas Tu dansais si bien. Tu tais si beau.

    H2 : Tout a ma donn faim tre entour a creuse Madame la chaise, si vous

    voulez bien vous assoir (La sert dans ses bras. Puis va se prparer un sandwich.) Je 585

    crve la dalle, jai faim, manger (comique, il ne se contrle pas, comme terrestre, ani-

    mal) ! Cf. 0H tentant H2 (P4) ou H1 donnant manger aux H0 (P5) .

    PF (lui tourne autour mais il continue dagir sans y tre perceptif, elle ne le touche pas) :

    Tu te souviens hein ? De cet air de piano ? Jen frisonne en Jtais comble ! Tu

    mas manqu. Quand jai su quils tavaient retrouv Je regardais si tu navais 590

    pas cris un mot. Jai laiss toute la poussire sur les meubles, les murs les

    portes ouvertes en grand.

    H2 : Et bien oui, y-avait bien du monde ici ! Peut-tre est-il temps de faire un poil

    de rangement, de me donner un visage amical, me sentir ici chez moi.

    PF : Toute cette poussire pour rien pas une lettre sur cette paisseur de toile 595

    tendue comme lenfance. Tu te souviens ? Silence, il sassoit.

  • 18 >> vincent.bonnefille@gmail.com

    H2 : Depuis mon retour ici jai Madame la chaise jai Merci de me ternir tte,

    dtre toujours l, de ne pas avoir fuit quand je vous ai reconnue.

    PF souffle sur une vitre pour y crire un mot (sur la bue) : Je suis l Arrte donc de

    te moquer de moi, viens me serrer dans tes bras, all ! 600

    H2 se cogne et fait tomber un objet du dcor, PF se cache.

    HD rentre nerv avec les H0 et H00 : Alors eux... vous les entendez ! (Il rallume

    l'cran l'arrire... sur lequel apparat H1) Bisou mon gros nounours ! Et tche d'tre

    un peu seul ! Je reviens (il sort, PF sapproche de H2).

    PF : Coucou 605

    H2 : Tu pars, tu reviens Jai pleur et jai rencontr du monde, Mme la chaise

    Jaurais bien aim que tu me les prsente ! Tu avais peur quelle me fasse des

    avances ? Tu mas manqu quand mme.

    PF : Ces restes de toi qui coulent (Touche son visage, mime des larmes) Elle, elle,

    elle (goute par goute)... a fait mal ? Ils tont fait mal ? 610

    H2 : Je... Tu as srement raison Mais a soulage ; l grrrr grra

    PF : Ah oui la gorge... Tas raison je ne me sauverai plus, je te dois bien a.

    H2 : Et si je me rveillais comme eux hein ? Si partir navait servi rien ? Cette

    poque me fatigue (Il ne trouve pas de mots alors il se frappe la main, violemment

    sur quelque chose de dur) a fait mal Cette table (ou autre lment) 615

    PF : Cest une tasse pied et oreilles !

    H2 : Une table !

    PF : Un porte manteau, quel idiot !

    H2 : Une table ! Assez !

    PF : Tu es bientt un homme dis moi ! Tu devrais voir dehors Ils se lvent pour 620

    rpter ce quils ont rpt la veille et cest ainsi un beau refrain. Ils ont trouv

    leur rythme, leurs pas, leurs costumes Tu my vois, hein ?

    H2 : Ils ne peuvent pas rentrer Ce nest pas ici que se joue leurs vies. Pour moi

    ce nest que

    = H2/PF/H0 et H00 qui sortent aprs leur rplique et rentrent pour la rpter. = 625

    Sur... Saut... Suspend. Des gens... 630 Me veulent... Pressant le pas. Que tout avance...

  • Demain Comme Jamais 10.47.Docx >> http://demain-comme-jamais.toile-libre.org 19

    Poum, Poum, Poum ! Du meilleur au pire ? 635 Est-il mieux d'attendre... Que ma tte s'en remette... Et que tout reprenne place... Pour rflchir ce qui me vient... Voir ce qui a ma rive n'advient ? 640 Passeur des passs, des sources. S'asseoir et se voir en reflet... Soi, ici, la barre pos, fort. Attente... attendrissante... Attendre... Attendre... 645 Attentes... tendues... Ou sourire ou prir ? Ou sourire de souffrir ? Un sas avant des passs D'tre d'autre rive en visage ? 650 Prsage du naufrag... s'aborder ? D'autres rides au passage... y aller ? Partir ou s'abandonner aux siens, seul. De construire comme pr vu... survivre... D construire, courir et mourir... se sentir libre... 655

    Ou oublier au masculin et sans e ... l'oublie ? Des rives en visage o se nicher et crire dans lge... Inspirer avant d'exprimer... Exprimer sans respirer ? Comme une pause en suspension sur de l'abysse qui prend. Poudrire poussireuse... oublieuse des oubliettes mche. 660 Sur un lit de mots qu'on prend pour des cailloux... des grains... Du temps paus, allong, sur la grve, la peau sale, toute sable. Ces montagnes, belles majests, face l'inconnue des horizons ns... Ces grains au sol aux vents et terres azures tenaient face, un silence. Et les plus grands rduits au nombre de leur taille... passs, passif, ici. 665 Du temps natre... n'tre plus rien, une masse, sans couleur... Une autre rive... une rivale qui s'clate de rire au rocher. Qui s'entend vivre dans une vague ivresse tangue... Comme les gens mlangs d'tres... houle. Poum, Poum, Poum, Poum ! 670 Ce on qui n'est rien... Ces mlanges... Ces sons... Cessons. Ce con. 675 Qu'on. Ce on. Con. On.

    = PF et H2 sallongent pour sendormir = 680

    LOncle vtu dune chemise de nuit encombrante, dune casquette verte et dun sac (croquis) sadresse aux H0/H00 : Allez, dgagez, y a personne qui coute vos conne-ries (les H0/H00 se couchent pour dormir). Il a besoin de temps avec elle, avec lui-mme, elle avec lui. Vous comprenez ? Il na pas besoin dintermdiaire, vous vous prenez pour qui, des Mdiateurs ? Entre lui et quoi ? Ils vont sen sortir, 685

  • 20 >> vincent.bonnefille@gmail.com

    arrtez juste de de de rabcher tout ce coulis de conneries ! Je sais pas, retour-nez dans vos journuls de papier ! Il sen dmerde bien bien mieux que moi ren-tr de Veugle. Il ne rentrera jamais, il nest pas rentr. Vous me dgoutez leur tourner autour comme sils taient dj mort ! Il na aucune raison de sabandonner, de vous ressembler en quoi que ce soit Je vous ai prvenu. 690 Noutrepassez pas vos privilges de dserteurs scaphandriers en eau trouble. Laissez les respirer ! Votre oncle qui vous aime tant Bisous. (Il sort.)

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    QUATRIME PARTIE

    H1 (depuis lcran mais entre galement sur scne en criant) : Silence ! Silence ! Si-lence ! Les groupes terroristes ont, cet aprs-midi, tent de renverser lEtat ins-695 taur par par moi et votre coopration dvoue. La nouvelle est grande : Le Mdiateur a rsolu cette discontinuit protubrante afin de vous assurer le calme qui nous est requis pour le bon droulement des alinas communicatifs de lordre et du silence. Merci pour votre concentration. Votre dvou CoMdia-teur Entre vous et les mondes : Recto-Verso ! (H1 sort en mme temps que les 700 H0/H00 Seul 4 reste sur scne absorb par autre chose, assis dans un fauteuil.) H2 : Jai fondu en larmes recolor ce reste de moi, ce reste dun mois dt un pass si lointain. Un trsor nourri lombre dun chne trop bavard. Je suis reve-nu ma chambre, et j'y ai dormi il me semble. (H2 sassoit recroquevill dans le fond 705 de la scne, il sendort. Les lumires steignent compltement ainsi que l'cran.) Cf. PARTIE 1 quand H1 cherche H2 et quavec PF il se nettoie le visage . Ce qui suit : PF aidant H2 voir / HD / 0H

    H0/H00 rentrent changer le dcor au fur et mesure que 4 et H1 (rentr) se parlent.

    H1 : Bonjour lami 710

    4 : Que me voulez-vous ?

    H1 : Je passais dans le coin

    4 : Vous passiez dans le coin

    H1 : Je me suis dis pourquoi ne pas passer voir mon ami ? Je sais a fait long-

    temps. Jaurais pu tlphoner, javais envie de te voir ! Pourquoi tlphoner ? Je 715

    suis content de te trouver, ten a chang de coupe, de quartier, de magnifique

    dcoration !

    4 : Je suis cest que je viens demmnager, ce nest pas moi tout a...

    H1 : Content de me voir ?

    4 : Oui cest a je suis vraiment content ! Mais pourquoi venir me voir moi Jai 720

    H1 : Non ne craignez rien ! Vous aimez les antiquits ce que je vois

    4 : Oui, en effet mais en ce moment, croyez moi, je me mets au got du jour

    Jai mme

    H1 : Envisag de changer de dcor.

    4 : Oui oui oui Jaime 725

    H0 et H00 sactivent davantage, 4 est au devant de la scne avec H1, il ne les voit pas.

    H1 lit dans un livre ou une feuille et complte la phrase de 4 : bien la cramique, les

    rfrigrateurs chroms, les chasses deaux organises, les cartouches dencre

    indlbiles, les pichets de biles heureuses, les conservatoires de muses dshabil-

    les, les missives, les lampes de chevs, les honoraires achevs, les constitutions 730

  • 22 >> vincent.bonnefille@gmail.com

    barbantes, les allocutions spectrale du mercredi, les contentieux religieux, les

    crissements de portes, les animaux quon peut fredonner, les temples de chev

    4 : Jai limpression Les H0/H00/H1 le fixent, ahuris, 4 se tait.

    H1 : Vous aimez les dners en familles et leurs cravates rigidement ennuyeuses,

    les combats de PDG, les agglomras de salmonelles, les espces disparues, les 735

    climats drgls, les zones de cinquantaine

    4 : Je

    H1 : Oubliez les espces disparues, a date ! Et puis vont-elles se souvenir de

    vous ? Permettez-moi den douter ! (Reprend sa lecture.) Les zones de cinquan-

    taine, les consoles de lectures numrises, les nouvelles histoires au prhistoires, 740

    les chants Mdiatiques, les champagnes sans alcool, les viers intgrs, les

    meubles en formica, les contres plaqus, les sculptures sur PVC, les tentatives

    dvanouissement dans la nature, les meurtres leau de vie, les cristaux li-

    quides, les mariages obligs, lindustrie pharmaceutique, les MdiaCalements,

    les CoMdiens, les infrastructures pour futurs dlinquants, les poses porte-745

    mentaux, les cigares retardement, les cancers et sagittaires avancs, les nuits

    des master Poker, le catch les jours de pluie, les conduits daration, les cou-

    tilles, les spaghettis au curry, les couteurs aux portes, les micros, les macros, les

    conditionnements en petits caractres, les uvres de Mac Merilles, les requtes

    aux magistratures, Praha. Tien je note a ! Praha, les PV gnreux, les luttes dis-750

    sipes, les combats annihils, les allumettes trempes, les cacahoutes au ched-

    dar, les sentiments artificiels, les contrles polics, les propagandes marketing,

    les glasses sans teint ni saveur, les salades sans vrit, les portes serviettes, les

    portes automatises, les espaces confins, la glace la vanille, les parfums au

    formole, les convives de morgue, les combattants dculotts, les conventions 755

    appliques la carte le water polo, les sweat-shirts trous, les barbecues avec

    vos amis le dimanche, la messe, la trbenthine en sachets, les sages femmes et

    leurs vices, la conduite accompagne, les contrles dhuissiers, le travail, la pa-

    trie, les condamnation pour silence en tat de conscience, les autodafs, la re-

    connaissance des suprmatie, les calidoscopes, les autarcies, le beurre sucr, 760

    les navets, les potages surgels la tlvision, les paractamols

    4 : Vous

    H1 : Oui ? Vous ntes pas daccord ?

    4 : Si si Bien sr je

    H1 : Alors quai-je pu oublier ? Ne vous inquitez pas voyons ! HD rentre. 765

    4 : Vous Il me semble Vous nauriez pas rpt les paractamols ? Cela mest

    proscrit

  • Demain Comme Jamais 10.47.Docx >> http://demain-comme-jamais.toile-libre.org 23

    H1 : Ordonn ds aujourdhui par lordonnance que voici (HD lui tend) ! Vous

    voyez quon se connat bien. Au fait, bel intrieur, high-tech ! (Les H0/H00 ont

    chang le dcor.) 770

    4 : Vous tes un frre pour moi

    H1 : Un ami, rien de plus tien, signe donc cet ordre mdical.

    4 : Tout de suite Voil !

    H1 confiant la feuille/livre 4 : Dieu !

    4 : bientt alors ! Il regarde derrire sil na rien oubli (comme sur le dpart). 775

    H1 et 4 sortent chacun de leur ct ; H1 rentre discrtement. HD ausculte H2 quil va

    chercher au fond de la pice sans le rveiller puis sort.

    H0/H00 +H1 : On a essay de se souvenir si On s'tait souvenu... Mais le temps quOn se souvienne, nous, nous, nous, nous avions oubli. Marcel tenait cette petite balle bleue quil voudrait laisser. Et nous nous sommes veills. Une 780 vague de sourires dgoulinant par la plaie Des boulevards solitaires des traces de pas dans le vide. Marcel n'a rien dit. Depuis, nous nous, nous, nous, nous, nous, nous ne savons plus. Et il prfre tout oublier Nous, oublis de ses parcs verts et ses ciels bleus. Gardez vous dy retourner ! H1 sort, et eux sassoient partout sur scne, attendent sans bruit... 785

    Loncle rentr du mme ct que H1 et sadresse plutt PF que H2 (Ils dorment tou-jours) : Mais vraiment hideuse cette dco ! Tu sais ce qui me fait le plus rire ? Je veux dire en dehors de tes pitreries instables ! Non, tu ne vois pas ? Mais si al-lons, tu ne vois plus que a ce silence lancinant qui tu cause Tu tennui, je sais que tu tennui. Je suis moi-mme rest un moment airer ici, trifouiller les 790 interrupteurs pour crer une gamme de clics parfaitement chromatiques : la cui-sine, le salon, le deuxime du salon ct du buffet, les chiottes, la lampe de chevet, celle de la table basse, lentre Je passe de temps en temps voir ce que tu trafique, comment tes journes se remplissent, comment tu te charge du temps. Et sil ntait pas l ? Hein, que ferais tu ? Tu sais trs bien ce quil y a de-795 hors mme les yeux ferms ! Tu es comme eux, je sais que a te dgote. At-tend je le rpte : tu es comme eux ! Tu remplis le temps qui se contient entre le point A et B entre hier et demain alors que lun sloigne lautre approche. Tu gesticule, tu tagasse, tu rve, tu invente, tu es amoureuse, tu espre, tu hais Bref tu fais ton super march. Ils te dgoutent parce quils nont plus de oh tu 800 ne veux pas que je te le dise ? Allons, tu es une grande fille, intelligente et belle ce quon dit, je suppose que a doit tre vrai en quelques sortes. Ils veulent ou-blier leurs bvues et toi tu propose de belles vues Oui tu tennui en crever dennui ! Puis peu peu Oh non je ne veux pas te dire ce quil en est vous tes si mignon ensemble ! Bon alors bientt ma belle : Gros bisous, ton oncle (il 805 sort)

    H2 se rveille, garde les yeux ferms, prend un caf, sallume une cigarette quil crase aussi tt. Il sassoit, se relve de suite puis cherche quelque chose quil ne trouve pas. Il trbuche sur un H0 immobile.

    H2 : Il n'y avait personne l'intrieur. Alors, j'ai cout le rpondeur bande. 810

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    PF : Vous n'avez pas de nouveaux messages. Les H0 peuvent faire un cho discret.

    H2 : Original, je me suis dit. (Il va prendre des MdiaCaments, H0 et H00 sortent.) Aucune nouvelle du dehors des cimes, des hommes et leurs hauts de forme de la

    Rpondeur (voix artificielle) : Vous n'avez aucun nouveau message

    Voix (PF2) : Nabami... Nabami ? Dcroche, s'il te plat ! Il faut qu'on se revoie pour 815 en parler... au parc Heligs. Prends soin de toi. Bisou, mon gros nounour... rap-pelle-moi... Cf. Cest ainsi que 4 le nomme en PARTIE 5 (0H en parlait plus haut). H2 parle du parc en PARTIE 5

    PF (que H2 ne la voit/regarde pas) en sortant : Marcel, continue. (H2 lignore et ne la regarde pas du tout) Je sais que tu as besoin de temps mais nous ne tattendrons pas encore longtemps ! Ecoutes, cest important nous avons assez fuit comme 820 a. Nous serons le refaire si a drape, si cest invivable mais il faut essayer ! -- Abandon de PF : cf. HD / Machin --

    H2 (trbuche sur un H0 aprs que les autres se soient loigns) : Des prises qui sloignent mon regard : quel souque ici ! Aprs stre assis, au calme : Tes bien pomm a cest sr ! H2 dbute un dialogue avec lui-mme : 0H (monologue). 825

    0H : Et tu as bien eu raison de faire appel toi.

    H2 : Quoi ? (Courte pause) Vous-tes revenu ?

    0H : On n'est jamais mieux servi par soi que par soi-mme ! Tu as du doute en toi ? Rappelles-toi !

    H2 : En fait tu me connais dj : je nen sais plus grand-chose, tout est l, au 830 creux de ma main (sort la pelote de sa poche), encore assez pour tre Jai tout laiss pour venir te voir, tout ! Et toi tu te contente de me dire que le problme est dtre parti Veugle. Quel ingrat tu fais !

    0H, dtach, peu accueillant, dsagrable : Le problme est plutt que tu te sou-viennes, de moi Lui ne va pas apprcier ! Tu imagine vraiment avoir dormi pour 835 chapper une voix ? Ce caf ne t'a pas arrt... Je regarde ? (Il se penche dans une direction, vers les coulisses ct cour) Non ! Crois-moi, cest fort inutile... La Grande CoMdia a dress ses drapeaux, et plus personne ne le conteste. Tous, except toi, parti Veugle, seul et trop tt, temps... tu veux juste rentrer chez toi ! Tu nas plus besoin delle. Elle nest quun mensonge qui laissera place ta 840 libert ! La vraie : celle de voir cette bate cruaut, ce condens de CoMdiens en tutus !

    H2/0H sassoit, sallume une cigarette que seul 0H fume. 0H : Dpass tant de choses sont passes Toute cette poussire !

    H2 : Pour quoi tre venu ici ? Je ne sais mme plus do je viens Vous vous ? 845

    0H : Cest a ta grande question ? Ecoute, tu mes sympathique et tout Pour

    moi taurais jamais d partir ! Je sais, ttais quun gosse Tu ne me crois pas !

    Elle sest bien foutue de ta gueule ! (Courte pause.) Rend-la moi la balle bleue.

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    H2 : Non, je lui rendrai Cest que je nai confiance quen elle pour garder, re-

    garder ce qui me suit, ce que je suis Jai besoin delle face la cruaut que vous 850

    rendez au monde ! (Ferme les yeux un court instant.)

    0H : Mais il est ainsi fait, plus nu que dur, poignant ! Cette chaise (se frappe viole-

    ment contre une chaise), ce visage Veugle tu as vu le monde ainsi, ttons

    Ouvre les tes petits yeux, (les H0 portent manger) mange toi cette belle pltre et

    remplis toi la panse, serre moi tout contre toi ! a colle, a pue, cest comme a ! 855

    (H2 ne voulant pas manger les H0/H00 rentrent tous sur scnes et se ruent, sempiffrent.) Cf. H2 affam (P3), H1 donnant manger aux H0/H00 (P4) pour les persuader .

    H2 : Pousses-toi, tu me fatigues ! Rouge ou blanc

    0H : Un peu dhonntet, te barrer na pas t facile fuir !

    H2 : Pauvre gamin prsomptueux Laissez-moi cette part obscure o tu te ca-860

    chais je ne veux pas tavoir sans cesse sur le dos !

    0H : Vraiment ? Tous ces checs ? Toutes ces mascarades qui ttripent ? Rend la

    moi et tu seras ce quil en est ce que tu as quitt pour elle !

    H2 : Sans ces masques, je ne suis rien ! Alors laisse moi je nai plus envie de te

    voir ! Je ne veux plus de ces ralits futiles, de ces matins o l'on m'appelle Mar-865

    cel, de ces nuits o j'ai tellement hte de me rveiller que je ne dors plus...

    0H : Allez !

    H2 : Je ne veux pas souffrir de me retrouver dans les bras dun autre.

    0H : Laisses-la moi la balle, la pelote, le truc

    H2 : Non ! 870

    0H : Je la dcolorer

    H2 : Non !

    0H : Ah vraiment

    Les H0/H00 rajoutent des meubles au dcor jusqu rendre la scne inexploitable, comme

    un grenier o tout sentasse, beaucoup de laine. 875

    H0/H00 : Cette fois, je ne pense pas que tu puisses oublier. Quest-ce quoublier sinon renatre ailleurs, sans soi pour se porter, pour se dporter, se reprocher, se rapprocher, se reprocher ?

    H2 : Oui, de lenfance de labsence. Sans hier, sans demain libre de ne pas ltre ! Laisse la moi moins que 880

    0H : Non je, je je Je nai rien oubli : tout est l, a ttonne !

    H0/H00 (ensemble ainsi que H2) : Puis vivre, courir, slancer au jardin libre, au soleil sans nous, sous le soleil et un ciel tout simplement : les pieds

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    par terre, dans lherbe, scouler scrouler rver rveiller les pierres tombes terre Et si prsent, tomb, quil y reste la terre tombale. 885

    H2 : Lui, que ta-t-il dit sur moi, sur elle, ces pays qui lui sont inconnus ?

    0H : Ils me nomment Marcel Cest elle qui tu nous dois ce nom ridicule (il est trs nerv) ! Ce que tu veux dpoussirer sans peur, a, tu ny connais rien ! Alors coute bien : je ne vais pas te laisser entrer si facilement Personne ne vient plus voir ce quil a laiss derrire lui ! Voir le soleil en face te brlerait moins les 890 ailes que tout ce que nous allons, ensemble, ouvrir Tout ce que tu as abandon-n pour Veugle est l. Cf. sur le prnom : PF sur le rpondeur puis par 1 dcouvrant H2 (P4), puis 4 (P5)

    H2 : Tout, vraiment ? (0H une mimique/cigarette fume que lui seul utilise.)

    0H : Et il ny a ni de grand ni de petit de petit ou de plus grand

    H2 : De grand ou de plus grand 895

    0H/H2 (avec un H0 ou H2) : Tas raison Bon me regarde pas comme a ! Oui jaurais pu ranger jai tellement de temps perdre ! Tout est l, sans diffrence Une lumire la barque, un son dautomne la cannelle, la douceur dune nappe amidonne Les tartes dores au four sur une crme pleine damour (se mime en train den manger les yeux ferms) 900

    0H (le coupant) : On ne peut retourner dans son avenir Il vaut mieux oublier. Ce ne sont que choses dpasses ! On mappelle Marcel ici, comment elle tappelait dj ? Je ne me souviens plus, a mallait bien.

    H2 : Continuez, ne vous arrtez pas, jen veux encore ! Sil vous plait !

    0H (agac) : Moi, je suis spcialis dans le pass Pas de rves quelle appelle 905 rvlations cratrices ou lvations Mais dans les antiquits de pous-sire, les parchemins de mensonges, les passes-passes et les clefs rouilles, les sortilges, les sorties de secours Enfin, tous ces trucs-l ! Alors, ne venez pas me salir le plancher ! Il y en assez de ce monopole high-tech. Je suis un artisan : vous pensez quon peut survivre, nous, face la monte du march de lautre 910 continent ? Ah ! Cest quil faut se rendre compte, mnsieur, que bientt il ny aura plus le choix si on se laisse marcher sur les pieds !

    H2 (hausse le ton comme au milieu dune foule) : Mais si !

    0H / H2 : Mais nan Mais nan Mais si *+

    0H : Mais nan, vous pensez que lavenir se fera sans nous ? Vous y croyez, vous, 915 tout a ? Lui me fait bien rire ! Il faut choisir ses rves Moi, je ne fais pas dans le raccommodage ! L-dessus, je te laccorde, elle a raison ! Cest soit blanc soit rouge ! Tout ce qui est rest depuis la chute de la tour jusqu lessor de la Grande CoMdia Tout est l, sous vide, pr-usag, arriv par mes secrets Libre toi de tout dfaire ou de ten dfaire ! Jy jetterai bien un petit coup dil, 920 ce nest pas la curiosit qui manque !

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    H2 : Tu la veux je nen ais plus besoin, toi si ! Remballe tout a je me suis rele-v ailleurs, dans des bras plus calmes, une peau plus libre je vais my essayer.

    0H : Vous nen reviendrez pas Offres rduites pour les moins de 6 mois et les synesthtes. Dailleurs, si vous en connaissez ils se font plutt rare, et jai tou-925 jours ador me lier eux ce tissage visage quils mettent au monde. Ma carte de visite, au cas o ! (Il lui tend H2 une carte quil fait tomber ses pieds et quil ramasse.) Demande-lui, elle, si tu veux rentrer. Elle pourra peut-tre taider ? ! Tu veux rentrer maintenant que nous tavons sorti dans ce beau jardin ?

    H2 : Je Silence ! 930

    0H : Taurais mieux fait de cadenasser tout a ! Tout enterrer plutt que de te sauver. En finir ! Je suis l ! Lui me disait : il va essayer de te charmer et tout

    H2 : Du silence

    0H : Pour imaginer ? De la fuite ! Pass sous le nez : fuite !

    H2 : Deux grandes portes ont fait face Deux imposantes gardiennes de mys-935 tres. Oui, du mystre et cette voix pour se subvenir ses mmoires : passeuse.

    0H dstabilis : Toutes les Trs belle dcoration... Toutes les demandes sont d'abord... Joli mobilier... Tu vas devoir sentir...

    0H se met une claque, sallume une cigarette : Quel ingrat ! Je peux vous tutoyer ? Moi qui t'ai tant vol, pill, menti, viol, saccag, estampill... te laissant partir, 940 hop l ! J'esprais la reconnaissance d'un pareil service. Cette raction quont les gens m'tonne toujours. Voir quel point ceux qui ont peur de moi peuvent tre si inconsidrment prts me tourner le dos alors que nous nous nous, nou-nours, nous nous nous-nous connaissons, que je les connais si bien...

    H2 : Vous ne tiendrez plus longtemps : vous navez mme plus de prnom ! 945

    0H : C'est l tout mon pouvoir de nen avoir aucun. Et puis on passe mieux les frontires quand on peut se charger de babioles au retour. Cest Carl qui le di-sait je sais que tu ten souviens le cher Papa, le gant des foires. Tu te trim-balles avec un ouvre-bote et quelques coupe-ongles et tu restes plant deux jours au poste expliquer tes relations avec ton picier la veille du 950 jour de la Pque... Non, toi, si tu veux .

    H2 : Vous avez les poches pleines Vous tenez trop vous, votre poussire vous ressemble vous navez plus prise sur moi ! (Il se met une claque et poursuit) Un coin lombre, Veugle Tant de portes fermes ! Une courgette cleptomane, une paire de chaussons paume, des phares brouillard 955

    PF (rentre elle se jette dans ses bras) : Excuse-moi !

    H2 : Les portes sont ouvertes, je nai plus de raison dentrer. Reprenez tout ce fatras, ces chaises et autres demoiselles, je nen ai pas besoin tu es l.

  • 28 >> vincent.bonnefille@gmail.com

    CINQUIME PARTIE 960

    H0 (4) place des pelotes de laine blanche dans toutes les poches. H2 garde la sienne.

    PF : Continues dy croire Nous y sommes presque. Lcran redescend doucement

    clair (vide). Le dcor dintrieur est retir progressivement et vue plutt qu la fin de

    la rplique (il n y a pas de coupure temporelle !) Les H0/H00 vaquent mais restent unis et

    attentif quand il sagit de parler On est plus si nombreux. 965

    H2 (H0/H00 rajoutent des dtails visuels ses souvenirs Cf. PROLOGUE On peut imagi-

    ner quelque chose compltement fou, des marionnettes, de la musique, la fte) : Puis je

    me suis rveill 21 ans. Je me souviens de ce jour o avec papa nous nous

    sommes rendus la grande fte du village. Il y avait tant de monde pour notre si

    petite ville. Pour la premire fois de ma vie je dcouvrais les pavs de nos rues 970

    invisibles, pitins par tant d'inconnus. Mon papa m'a emmen manger ces

    nuages roses qui collent aux doigts. J'en ai mis dans ces oreilles toutes poilues

    parce que je fais trop de bruit. Puis nous avons continu tout droit sur l'alle

    principale borde darbres taills en pice. Et je ne sais plus trs bien... Il m'a re-

    pos au sol. Je me suis agripp sa jambe comme il aime que je fasse. Je savais 975

    qu'il tait heureux de mavoir son ct. A midi le soleil s'est plac au dessus de

    nos ttes. Mon papa me fait de l'ombre avec sa main. Les gens le regardent.

    Mon papa aime bien qu'on le regarde, il dit. Mais ces yeux taient tout bazar. Je

    ne sais pas trop ce que c'tait, mais mon papa il avait l'air ailleurs comme a... si-

    lencieux, des gens, des bousculades, des cris puis le calme, comme quand on se 980

    lve le matin et qu'on pensait tre parti de la chambre. Et, pour finir, il a plu un

    temps, de trs trs trs grosses grosses gouttes sont tombes sur mon nez et j'ai

    ternu... c'tait froid et la barbe papa a toute fondue.

    H0/H00 tous +H1 (rentr) : Quest-ce quoublier sinon renatre ailleurs ? Sans soi pour se dporter, pour se supporter, se dtacher, se dpasser ? Puis courir au jardin Au de-985 hors dehors tout simplement : les pieds dans lherbe, les yeux dans ce vert, dans les cieux, scouter sessouffler Rver rveiller ce qui tiens, ici, dans le creux de sa main. Les cris uss dun fou foul par un pied lumineux. Les H0/H00 sortent.

    H2, avec H1 qui lobserve : Puis je me suis rveill 18 ans cette fois. Avec ce re-gard nouveau port sur Veugle et ses remparts. Je n'ai pas oubli qu'il tait plus 990 grand que moi, c'tait un gant... Et c'est ainsi qu'il m'abandonna pour faire les foires, attirer le passant. La cage tait l et les gens le regardaient : fires dune libert acquise. Mon pre tait heureux et ils taient certains quil rflchissait leur arrogance Mon pre aimait me raconter cette histoire. Il disait quen tre regarder avait fait de lui un gardien. Un pre comme lui a nexiste pas (H1 sort) ! 995 Il est tout dans son monde, prchant la parole folle, annonant qu'il sauvera ceux et celles qui y croient, l, depuis sa cage aux barreaux scis. H2 sort et rentre aussi tt en marchant reculons montr du doigt par 1 et 2 (qui rentrent).

    2 : On en a trouv un dehors ! 1000

    1 : Encore un ? O donc ? (Ambigit sur leur rle Sont-ils l pour le soutenir ?)

  • Demain Comme Jamais 10.47.Docx >> http://demain-comme-jamais.toile-libre.org 29

    2 : Hors zones pardi ! (Ils sont tout excits.)

    1 : Ah ! Et pas de journaux non plus, je suppose ?

    2 et 1 : Eh bien, non !

    1 : Ton nom ? Cf. la question du prnom (P4) par PF sur le rpondeur puis par 0H deux fois, par 4 (P5) . 1005

    2 : Tu te rappelles de ton nom ?

    3 (H2) : Nom/Non ? Nombreg ? Nomingo ? Nabam ?

    1 : Quel visage te donne-ton ? On ten a donn un avant ta naissance normale-

    ment. Moi cest Aujourdhui cest Simon De La Costa del Triton !

    3 : Heu non, je ne crois pas. 1010

    1 : Il na pas honte notre ami ? (3, hsitant secoue la tte dans tous les sens)

    H2 (3) : Marcel ? Marcel !

    2 : Un miracul !

    1 : Oui, regarde, ils ont bien d le raser ! (il montre le costume de H2 avec de courts

    bouts de laine colors). Moi je ne me savais mme plus aimer quand je men suis 1015

    sauv ! En tout cas Triton et moi mme sommes ravis de tavoir rencontr !

    2 : Je ladore, cette petite. Pas toi, camarade ?

    1 : Viens l voyou que je tembrasse !

    2 : Oui il est mignon ce chri mais attend, attend ! Combien de doigts ?

    H2 (rflchit puis, face son oubli dcide dinventer quelque chose) : Douze ! 1020

    1 : Et l ? (Joueur, en montre davantage.)

    H2 : Quatre ! (Sans rflchir et tout aussi joueur.)

    1 et 2 vont pour serrer/retenir H2 dans leurs bras mais PF prend sa place et H2 se relve.

    H2 : (Le texte soulign indique que les 1 et 2 ragissent ou laccompagnent). Un clat

    de lune, deux toiles, quatre chaises, deux messieurs, huit fentres, trois hori-1025

    zons, neuf nuages (Regard automatique, comme une liste, un constat dcoup, sans

    lien entre les choses vues Toute la suite dfile devant ses yeux, trs vite. PF, 1 et 2 se

    sont assit et coutent H2.) Puis lentement. Il est assis pour mieux se pencher. Les

    lumires argents dfilent dans le noir crissement de mtal. Les portes s'ou-

    vrent. Le froid cynisme den dehors se couche ses yeux. Il lve la tte ! Le vent 1030

    est seul jouer sur le quai. Seul visiter les rues toutes ruisselantes d'un silence

    qui a mu et qui a pris du corps il a plut et cette odeur rsonne dans les

    courses de la ville qui vieillit dans la nuit. Il part regarder, prdisant, persistant,

    conqurant La trombe d'inconscience qui endort le temps s'attache au regard

    de cette lucarne la lune perche. Elle a le regret bleu et l'il marron Mar-1035

  • 30 >> vincent.bonnefille@gmail.com

    moneuse la lune ! Marmoneuse, la lune ! Elle claire peine de sa main cette

    chose qui penche... ce tranchant regard perdu dans l'inconnu (parle de lui-mme),

    dans ce reflet d'absence qui est sien. Il a raison. L'ombre est l, porte par la

    lune ni prsente, ni absente, ni diffrente, quitte des regards. Point aveugle sur

    lhorizon somnoleuse, lumineuse, obnubileuse, homme de bille heureuse 1040

    H1 rentre avec les H0/H00 restant : Un seul mot aujourdhui : Ceux qui sont debout se

    sont rassis. Et tout ce bruit a dj agit quelques branches sur les cimes. De temps d'au-

    jourd'hui on n'a pas vu d'entendre a. Il y a eu certains rveurs, des clowns en pate, des

    analphabtes, des tourdis, touffs, neutraliss par le Mdiateur : essouffls Il n'a ni

    lecture ni pense avec lui. Il se penche encore sur cette page de top, ce supplment Il 1045

    est le premier ici, en cette matine. Il y a le Liberta et le CityParici sont sortis (il

    sort et eux restent). Cf. PARTIE 1 H1 a dj eu ces propos.

    4 que H2 ncoute pas : On a une place ! Des annes de lutte, de conflit,

    dhumiliations de refus sourds Et quils veulent notre avis !

    PF se lve brusquement. 1 et 2 sont encor assis : Comment cela ? 1050

    4 un papier la main : Ils disent vouloir reconstruite et compter avec nous

    H1 et HD depuis lcran alors que 4 lit leur message : Nous voulons faire lumire

    sur nos divergences passes.

    2 : Quest-ce que cest que ce bordel ?

    1 : Ils arrtent tout ? Les coupes ? Les 1055

    4 : Ils veulent reconstruire un rapport de tolrance et douverture ! Finies tes

    runions secrtes dans ces caches sordides Jai la tte pleine de poussire

    respirer ici ! Je me rappelle peine : le soleil, il change de couleurs selon les sai-

    sons ? Vivement quon lise quelques titres, quon soit dans la vie, la vraie !

    1 et 2 : Oui ! Regarde ce que tu nous propose (montre H2). 1060

    PF : Pourquoi arrter ? Quel intrt a-t-il ce soleil tout lumineux et blanc ?

    2 : Adieu les utopies Nous allons de lavant : nos rves se ralisent prsent !

    4 : Plus besoin de penser tout bas ce quon aimerait ne pas avoir crier Le

    monde nous attend, sortons le serrer dans nos bras !

    1 regarde H2 : Vous voulez y aller les rejoindre ? Sortir et rclamer une parution 1065

    du prsent ? Cest a quils offrent, non ? Ils offrent leur libert et ses rgles que

    Lui seul conteste pour son confort du dimanche ! Et si ctait un pige ?

    2 : Rclamons des otages !

    4 : Cest prvu dans ce dit contrat ! (Indique le passage concern dans les journaux.)

    1 : Cest pour demain que je me bas ! 1070

  • Demain Comme Jamais 10.47.Docx >> http://demain-comme-jamais.toile-libre.org 31

    PF : Moi aussi ! Pour demain

    2/4 : Allons-y ! (H2 est toujours dans ces penses)

    PF : La libert pour laquelle je me bas Ma libert na pas de fin !

    4 : Alors, pourquoi se cacher ici, fuir ? (Il distribue les tractes.) Pourquoi esprer

    sans cesse ce qui l, notre porte ? Pourquoi attendre dtre enfin heureux ? 1075

    PF : Ne lisez pas Leurs places Vous allez prendre leurs places dans leurs mas-

    carades Et Lui ou lui (montre lcran, H1, et H2) Vous devez choisir lun des

    deux ! Il a besoin de nous de ces passs quil porte Ces temps des passs qui

    lemportent de moments quil apporte Pour natre de nouveau.

    4 : Et nous ? On ne peux pas se nourrir despoir 1080

    PF : Il maime ! Il vous aime et bientt il naura plus honte de ces choses quil

    dterrera pour nous nourrir, nous rendre nos regards.

    Tous (sauf PF et H2) : Cest aujourdhui que nous aurons le temps

    PF : On ne doit pas le laisser disparaitre ! Cest tout ce quil reste de (Les autres

    sortent et elle va pour les retenir sans finir sa phrase) Attendez ! Allez parler avec 1085

    eux, quils aient de quoi discuter et sanimer Il ny a chez vous que la culture

    intime, limpalpable, la folie, le secret, lunique, lhumanit de Veugle Bientt

    des plus-values

    1 : Nais pas si peur Il est peut-tre temps de le laisser affronter ce qui

    lentoure de le laisser comme prvu et pour de bon. Nous avons dj tant at-1090

    tendu de lui (montrant H2). Lui na peut-tre pas tord le monde est ainsi fait.

    PF : Attendez jusqu demain pour lui pour nous deux quil se souvienne de

    de(ux) main(s) tendu(es) vers lui ! Aprs je vous le laisse.

    Tous sassoient, Ils commencent lire, PF est dbout, elle observe H2 qui se lve. Cf. Mme amnagement quau dbut de la premire partie 1095

    Derrire H2 et PF H1 vient lancer de la nourriture aux H0/H00 Ils sont affams, se battent. Cf. H2 sabandonnant la nourriture (P3) et quittant PF 0H invitant H2 manger (P4) .

    H2 se souvient cf. PARTIE 1, sur le quai : Il y a deux choses que jai vues la nuit de mon re-

    tour. Lune ma dplu Jtais perdu. En mme temps une irascible envie de com-

    prendre le monde, de retrouver mes repres, dtre chez moi, pieds terre, re-1100

    trouvant des racines me pris. Ce qui ma plut par la suite fut de sentir mon corps,

    de lui donner sa forme, de me rendre lourd, de me retrouver. Jai pris une grande

    respiration car toute fois ctait une premire que de sentir mon cur battre et

    mes mains rugueuses, mes doigts anguleux, mes paules larges accueillant le

    souffle dun tre affol, seul, comme parachut en Terra Incognita... Je me rappel-1105

    lerai toujours de cette machine frite si polie, si courtoise avec moi, du regard des

    gens, des autres, de cette grouille, de cette valse prcipite Puis du silence aprs

    la tempte dans ces couloirs vids, nus dans une rsonnance sourde. Une horloge

  • 32 >> vincent.bonnefille@gmail.com

    bien aiguise trnant sur le quai, appelant les chos dans son balancement qui

    paraissait encore si lent dans cette prcipitation humaine et qui, en se drivant, 1110

    lavait laisse seule, articulant deux au plus cinq mots dans une constante tranquil-

    lit... Reine ; la voil fantme. Cest cet instant prcis quil me sembla quelle gar-

    dait un il sur ce temple que le silence lui dressait. Des hommes et quelques

    femmes rentrrent bientt, sans bruit, nettoyant, lustrant cette vague laisse du

    temps, ce pitinement marre basse, apprciant le calme avant la tourmente. 1115

    Des hommes habitant la parenthse, en faisant plus quune amie, la prservant

    comme pour la voir se refermer leur dpart, quand les lieux seraient de nouveau

    vide, avant la tempte. Ils sont revenus puis repartis, puis de retour ils

    sclissrent, arrivant pour sen aller

    PF avec H2 : L'homme tomba, par hasard, sur ce bout qu'il cherchait pour se re-1120

    faire. Il alla la rue rclamer son d mais nul parmi la foule ne l'couta Il ny avait

    personne. Juste une masse affole par de pareils secrets divulgus. Un reflet de ce

    qui lui tait apparu depuis Veugle On le prit pour un fou qui oubliait de se taire.

    Ils le laissrent l, inconscient, dpouill.

    Les H0/H00 : vous entendre nous ne vous aurions pas cout ? Pour quoi 1125

    lcouter ? Laisse le finir tu veux !

    H2 avec les H0/H00 : Ils prirent les paroles et les choses que Lui ne veut plus croire

    et les offrirent un fou dans une foire un fou que l'on prendrait pour un fou,

    notre tour.

    PF : Un gant, un trange personnage qui faisait peur aux femmes, aux enfants 1130

    comme aux hommes tous gaux.

    H2 : Lui entreprit dveiller ceux qui suivirent ce fou en tentant de se retourner.

    PF et H2 : On (Lui) ouvrit les yeux de ceux qui sendormaient (H1/HD rentrent et

    bousculent ceux qui dorment puis ils sortent tous sauf H2/PF qui se sont rapproch lun de

    lautre, assis dans un coin) Par crainte. Alors, il leva les yeux sur le monde impla-1135

    cable qui frappait sa porte. labri de la lune, compagne fidle Marmoneuse

    Avec lui, la terre en sang promit de garder l'cart du soleil cette triste justice faite

    aux hommes et aux femmes de Veugle. Seul avec un bout de ficelle baignant dans

    ses restes

    H1 depuis lcran ainsi que des H0/H00, ouvrent leurs journaux, se redressent. 1140 Cf. PARTIE 1 : Les H0/H00/H1 se rptent et cela sera rpt Tout est revenu

    H1 (avec les H0/H00) : Ce matin, on compte 56 arrestations, 2 interpellations, 3 d-

    lits non traits. Il y a eut 19 inaugurations. On compte 68 points de naissance et

    donc, comme je vous lexpliquais tout lheure, chose toujours inexplique : 1 d-

    cs. Quelques offres d'emploi, 53 abandons dont 3 graves. 69 directives en cours 1145

    d'abrogation... Tout est revenu au point de dpart. Tout est en place pour dmar-

    rer une nouvelle journe ponctue de nouvelles croustillantes, de dcouvertes

    surprenantes. Je suis sr quen fin les gaveurs doies Prague ont retrouvs satis-

    faction et que plus encore la principaut des Plums sempare de son prsent sta-

  • Demain Comme Jamais 10.47.Docx >> http://demain-comme-jamais.toile-libre.org 33

    tut. Aujourdhui il fait beau. Il ne pleut pas. Aujourdhui les gens sont de bonne 1150

    humeur. La banque Nambrus clbre ses 35 ans et ses 98 pour cent dadhrant

    globaux. Aujourdhui tout le monde arrivera lheure : ni suicide ni embouteil-

    lages : tout marche comme sur des roulettes ! Il loupe quelque chose ! Ses yeux

    sont tout mouills ! Il ne pleut pas au dehors. Tout est clair dehors. Il annonce une

    station et sort. 1155

    4 sadresse H2 : Dans le monde daujourdhui, vous navez pas votre place, M.

    Komindo Nabami. Il brle quelque chose : identit de papier. Ils passent devant une

    tombe imaginaire. H2 est devant, assis, face au public. 4 sort.Cf. PARTIE 1 et

    H2 : Cest comme si ces mots rsonnaient encore et toujours dans ma tte pour

    la premire fois. Comme si 1160

    PF (voix off comme un souffle. Sur scne elle est derrire H2 et semble le guider sans le

    toucher) : Tu tappelle Marcel

    H2 : () Comme sils ne mappartenaient pas vraiment Comme sils taient dun

    autre pass l, devant moi. H1 apparat sur scne et aide H2 sortir en le tenant par

    lpaule ! 1165

    PF ne sinterposant pas : Je mappel Marcel ! Elle se rend compte quelle est seule et

    sallume une cigarette quelle teint aussi tt, laisse passer un peu de temps.

    4 et H00 lisant, absorbs : Votre nom, cest Komindo Nabami ! Cf. PARTIE 4 1170

    H2 rentre en courant la rencontre de PF : Marcel ! (Ils sassoient ensemble.)

    2 : Appelez-vous comme bon vous semble Silence ils se remettent lire.

    H2 : Oh vous (Il se met lcart.) Pauvres mecs ! (Long silence 1/2/4 lisent). Abruti,

    sagouin, strombonistes cradin ! Alcarvans ! (*+ Il semporte, PF essaye de le retenir.)

    1175

    1 : Nous savons quel furent nos erreurs Tout est crit ici, conscience indlbile !

    2 : Nous nous nous nous Nous ne vous voulons aucun mal !

    H2 : Vous ne voulez rien du tout ! Je prfrerais que tu maime et que tu me hais

    la seconde daprs, quon se demande ce qui te passe par la tte ! 1180

    1 (avec 2) : Si, la paixLentente Cest cela que nous voulons !

    H2 avec PF: Regardez-moi ! Regarde-moi ! Vous ne vous souvenez mme plus de

    moi, de notre fin tout les deux ! Cest vous toi que je veux parler ! 1185

    1 et 2 : On coute PF Tient la tte de 1 pour quil lait oriente vers lextrieur.

    H2 (faisant de mme avec 2) : Et l, 5 centimtres au-dessus ? Vous ne savez plus

    ce que cest que la haine, la guerre, lunion, lamour 1190

  • 34 >> vincent.bonnefille@gmail.com

    1/2 : Si, attendez (Sindiquant rciproquement un endroit sur la page) Ah cest ici !

    Vous voyez ?

    H2 : Mais lchez moi ces (PF passe derrire eux et met des pelotes colores dans

    leurs poches.) a cest de lamour ! 1195

    PF vient fermer les yeux de H2 avec ses mains et chuchote : Imaginez lillisible Con-

    naissez loccult coutez les cris de derrire les portes des chteaux forts

    1 et 2 sortent en courant et 1 fait tomber son journal. PF garde ferms les yeux de H2 et

    laide sassoir face au public sur lavant de la scne PF retire ses mains et H2 a les 1200

    yeux ferms. Ils sendorment, elle a une main pose sur ses yeux.

    Oncle (qui rentre aprs quelques silences) : Jai bien rflchis et comme au-

    jourdhui est un autre jour je suis venu mexcuser, tu sais, pour lautre fois

    davoir claqu la porte je ne voulais pas te faire de peine. Dailleurs je nai pas

    claqu la porte je suis parti, cest tout, comme si non rien ne comptait, ni hier 1205

    ni demain. Ni toi ni elle rien ! Cest drle de parler de a, tu nen cause jamais

    avec lui Du point A. Enfin il ten parle mais je suis sr que Tu ne lui a jamais

    demand de le faire, quel mauvais garon ! Sois sr dune chose mon petit : tu

    es une ordure au milieu des autres moi je men rappelle de ce point A de non

    retour, de premier dpart : Tu dcouvriras lamour puis la mort . (Prenant le 1210

    journal que 1 a fait tomber.) Cest toute cette crasse quils abandonnent pour se

    concentrer sur le propre prsent pas leur propre prsent, le propre prsent

    calibr pour se dfiler paisiblement, se dfier au temps. Control is control ,

    Past is under control , auquel jajoute No Futur ce qui garantis de ne pas

    se prendre la tte dessus si on y pense bien car on y pense, de ce fait, plus du 1215

    tout ! Un genre de rempart, un intermdiaire, un filtre Ah on a tant de choses

    rattraper. Gesticule, amuse toi, coute ce qui tentoure, ce que tu es Tu me

    souviendras temps, on se regardera en face. Bon, allez : Gros bisous, ton oncle

    qui vous aime (Il sort).

    H0/H00 (parlent ensemble) accompagns de H1 (rentrs) : Tout est revenu au point 1220

    de dpart. Tout est en place pour dmarrer une nouvelle journe ponctue de

    nouvelles croustillantes, de dcouvertes surprenantes. Je suis sr quen fin les ga-

    veurs doies Prague ont retrouv satisfaction et que plus encore la principaut

    des Plums sempare de son prsent statut. Aujourdhui il fait beau. Il ne pleut

    pas. Aujourdhui les gens sont de bonne humeur. La banque Nambrus clbre ses 1225

    35 ans et ses 98 pour cent dadhrant globaux. Aujourdhui tout le monde arrivera

    lheure : ni suicide ni embouteillages : tout marche comme sur des roulettes !

  • Demain Comme Jamais 10.47.Docx >> http://demain-comme-jamais.toile-libre.org 35

    SIXIME PARTIE [[[ Je pense supprimer cette partie, UN AVIS ? ]]]

    PF change de costume sur scne. 1230

    H2 se rveillant et voyant PF : Bonjour Ma femme habitait ici avant Moi aussi,

    dailleurs, je my suis habitu...

    PF2 : Ctait il y a long temps ?

    H2 : Elle vous ressemblait Si si, vraiment.

    PF2 : Je Vous vous voyez souvent ? 1235

    H2 : mon avis vous devriez sortir davantage : vous avez raison il ne faut pas se

    forcer. Quoi de neuf sinon ? Je vois que vous navez rien chang aux habitudes de

    la maison elle est toujours claustrophobe ? On lui en a fait voir des dcora-

    teurs, des poseurs de fentres Mon dieu quelle affaire ! Nous laissions les

    portes grandes ouvertes pour larer et ne rien changer sa poussire, ne pas la 1240

    perturber vous voyez ? Ainsi elle se sent comme chez elle ! Les voisins ont eu du

    mal ladmettre mais si vous voulez mon avis on est bien mieux ici ! Leur mai-

    son, l, ct, elle elle a tout dune nymphomane, et avec tout le PVC quils

    ont rajout on dirait une junkie ! Enfin cela ne me regarde pas vraiment, jai

    pass lge dcouter les portes ! En tout cas cest un plaisir de faire votre con-1245

    naissance ! Comme ma femme et moi on laisse les portes grandes ouvertes, cest

    aussi pour le retour de loncle, et bien il y a des visites, des fois des ratons la-

    veurs Vous navez rien du raton laveur, ces petites btes saccagent tout ! Nos

    voisins nous on dit :

    PF2 (avec H2) il serait plus simple de fermer portes et fentres Vous ne 1250

    croyez pas ?

    H2 : Vous ny pensez pas ! Je leur ai offert un caf, ils lont refus !

    PF2 : Toujours pas de caf, alors comme tu veux. As-tu quelque chose me

    raconter de ta journe ?

    H2 : Tien pourquoi ne pas aller au Parc Heligs il est deux pas dici si on passe 1255

    en courant les voisins ne nous verrons mme pas ! Cf. PF en parle (P4) .

    PF2 : Tu y es retourn nest-ce pas ? (H2 hoche de la tte, gn comme le serait un

    enfant face un inconnu) Vous ne devriez pas prendre ces choses-l ! Les les

    MdiaCaments a va vous couper du monde !

    [[[ Je garderais la suite, dans ce cas H2 se rveillerai ici ]]] 1260

    H2 : Mes MdiaCalements ! Il parle doucement et, pendant ce temps, sans passer

    devant lui, les H0/H00 retirent le dcor intrieur : ouverture, plus de lumire H2 se

    prend un verre pour avaler ses MdiaCaments et PF remet son costume.

    PF : Loncle

  • 36 >> vincent.bonnefille@gmail.com

    H2 : Laisse-moi ! 1265

    PF : Il

    H2 : Il est grand le parc, immense, jai failli my perdre Je passe par-dessus les

    grilles maintenant. (Courte pause.) Avant avant elle poussait la porte. Il me pa-

    rait si vide sans elle a prsence emplir mon monde : celui qui mtait rser-

    v. Tant de vide maintenant 1270

    PF : Chut Tu ny tais jamais all sans nous Lonc

    H2 : Tu crois quils ont coup les arbres, hein ?

    PF : Je ne sais pas. Quelle importance ? Tu ne les as vus Je veux dire tu ne

    H2 : Jy ai enterr ton cur je crois que ctait le tien ! Ils taient hauts et pro-

    tecteurs. L je ny ai rien vu de tel ! 1275

    PF : Rien ne change plus, les rves des enfants svaporent et Non cest faut, ils

    ont les leurs. Ils les gardent et souvent ils ne savent pas que ce sont des rves.

    Pourquoi cela les tonnent plus de voir leur hros tomber en pleures que

    dtriper des alines en plastique ? a ne colle pas, tout doit coller leur imagi-

    naire, un imaginaire de ralit ! Cest comique au fond ! 1280

    H2 : Jamais je ne le reconnaitrais si je le voyais dans les rues avec sa robe

    dtoiles

    PF : Les histoires nauront plus lenvie de se cacher sous les lits Les hommes

    bleus dserteront nos villes pour senterrer avec leurs trsors Ils se sont dj

    sauvs, cest mon avis ! Nous avons vcu toute notre vie ensemble. Nous nous 1285

    nous, nous Loncle est peut-tre en vie alors. Il va franchir le palier, il va

    H2 : Arrte avec a. Il est trop tard Le rideau est tomb La Grande CoMdia

    est seul public ses reprsentations

    PF : Depuis le dbut je cherche temmener avec moi. Que jai pu tre Arrte

    de raconter toutes ces histoires ! Tu y crois toi ce dlire. 1290

    H2 : Tout finira Tout sera fini Tout est fini. Nous arrivons au point de dpart.

    PF : Arrte-moi toutes ces conneries ! Jai cru quen me voyant tu te souviendrais

    de ton nom et de ces deux mots enfouis sous terre Je voulais que personne ne

    te dise comment vivre ici !

    H2 : Je voulais juste me souvenir que je les avais enterrs Tu comprends ? Ils 1295

    appartiennent un autre temps ! Aujourdhui

    PF : Loncle

    H2 : Il maimait ? Je veux dire il ne doutait pas

    PF : Il sest battu toute sa vie sans jamais prendre le repos et lattente en ami.

  • Demain Comme Jamais 10.47.Docx >> http://demain-comme-jamais.toile-libre.org 37

    H2 : Il devait tre bon Je me rappelle de sa casquette 1300

    PF : Comment savais-tu quelle tait verte ?

    H2 : Je je lai dcid, seul. Elle me manque elle aussi. Cest la seule chose de lui

    que je pourrais reconnaitre maintenant que je ne suis plus Veugle. Cest pour

    elle que je suis parti Le retrouver, aller de lavant. (H2 rend la pelote PF, elle

    sort.) Merci. (Il sassoit lcart.) 1305

    H0/H00 accompagns de H1 (rentrs) : Tout est revenu au point de dpart. Tout est

    en place pour dmarrer une nouvelle journe ponctue de nouvelles croustil-

    lantes, de dcouvertes surprenantes. Je suis sr quen fin les gaveurs doies

    Prague ont retrouvs satisfaction et que plus encore la principaut des Plums

    sempare de son prsent statut. Aujourdhui il fait beau. Il ne pleut pas. Au-1310

    jourdhui les gens sont de bonne humeur. La banque Nambrus clbre ses 35 ans

    et ses 98 pour cent dadhrant globaux. Aujourdhui tout le monde arrivera

    lheure : ni suicide ni embouteillages : tout marche comme sur des roulettes !

    1315

  • 38 >> vincent.bonnefille@gmail.com

    SEPTIME PARTIE

    H2 (Le texte soulign indique que le peuple parle : voix extrieure. HD est sur scne or-

    chestrer, danser, courir : effervescence.) : On sest affirm. On a chant que rien

    ne serait plus comme avant. 90% de la population a cru ce rve si bleu. (Souli-

    gn : Pas forcment dis cest ce qui peut tre jou sur scne.) Et on a dpos des di-1320

    zaines de pelotes de laine dun bleu prussien (si le costume le permet des pelotes

    sont dcoupes de ce dernier) Des brouettes emplies de ces belles pelotes bleues

    bringuebales, bondissantes de ces fils fuyards qui sen mlent, qui sen

    fuient Des enfants qui rient. Un amour inconditionnel pour lavenir ou plutt

    une joie du prsent une satisfaction bate ! Des enfants crient tant ils sont 1325

    tous heureux, l, jouer avec ces bouts dlaine qui sentassent dans les rues et

    qui enflent qui enflent qui enflent Ils ont laiss leurs esprances diriges

    par eux, se sentant plus que jamais souds, unis dans ces idaux...

    HD est accompagn par de plus en plus de monde (H0/H00 sortent, rentrent) : Hier,

    nous vous promettions le changement Aujourdhui, je vous promets de ne plus 1330

    faire les erreurs passes ! Hier est dpass Les craintes de le revivre ont fait de

    nous des hommes angoisss et fatigus de tout ce bagage affligeant De tous

    ces souvenirs macabres, qui, toujours plus vieux soient-ils, nous sont reprochs

    comme aux premiers jours Je vous promets la diffrence permanente Un ou-

    bli des mots dchec pour des horizons accueillants : une vie russie ! (Ils se pla-1335

    cent au fond de la scne et crent une chane, rptent les mmes mouvements.)

    2 et 3 (H2) qui taient spectateurs

    2 : En somme, ils avaient bien raison l-haut Une nouvelle re commence ! Une

    re de miracles prns par des miraculs qui sen prennent aux dieux.

    3 : Odieux Tas bien raison On ne peut pas rester les bras croiss les en-1340

    tendre, les voir, maintenant si heureux face au drame quils btissent.

    2 : Ils dfoncent les portes, ils dmurent Que tout soit transparent. Dtruire ces

    espaces de libert, nos cachtes !

    1 : Aveugle, il fait nuit Cest beau

    3 : Une flamme crpitement nocturne. 1345

    1 : H dis h ? Tu cest vrai que cest beau (Silence.)

    2 : Nous ne sommes plus trs nombreux.

    3 : Que vont-ils faire de toutes ces pelotes ?

    1 : Ils vont tisser, repiquer, dcouper

    2 : Et celui qui les fait rver (Lui) portera ce manteau dhistoires tisses entre les 1350

    hommes Chaque matin les mmes nouvelles oublies dans la nuit.

  • Demain Comme Jamais 10.47.Docx >> http://demain-comme-jamais.toile-libre.org 39

    5 : Tant de bonheur !

    3 : Au diable !

    5 : Enfin (cris de joie alors quil se spare de ses pelotes de laine) ! (1 et 2 empchent 3

    de se battre avec 5 qui ne comprend rien.) 1355

    1 : A quoi bon ? Laisse-le !

    3 : Ils ne voient rien venir Rien. Face un grand au brouillard.

    1 : Et Lui leur a tout pris en leur promettant la lune

    3 : Ils ne la regardent plus. Ils sont presss . Elle est belle ce soir, la lune.

    2 : Elle doit se sentir mal aime par tout eux qui loublient cette sphre . 1360

    3 : Alors, cest fini ? Les farces, les inepties, les choses de la vie, les interdits, les

    nuits de fte et doubli passagre, les courses aprs son ombre? les folies de la

    vie qui la rendent

    1 : Vivante !

    3 : Ces histoires qui font vivre debout, ces savoirs et ces doutes de toujours ce 1365

    silence

    2 : Ces mots qui lanaient les journes des hommes dans linconnu prsent.

    1 : On devrait y aller, rejoindre Veugle, il est encore temps ! Prend tes affaires

    3 : Et si on dormait ?

    1 : Bonne ide ! 1370

    2 : Comme les ours. Et on reviendrait voir, un sicle ou deux plus tard, si tous les

    fous sont morts ou rveiller les derniers Debout les petits choux ! Debout, de-

    bout, debout, debout, debout, debout, debout

    1 : Des comme nous il ny en aura plus beaucoup ! Les autres ours auront trois

    oreilles au moins et des palmes au bout des pates arrire ! 1375

    3 : Jaime les ours ! Ils sont si doux dans leurs grottes entendre le temps passer,

    dessiner sur les murs des histoires rves

    2 : Vous croyez que les ours, ceux qui dorment tu penses quils sont plus intelli-

    gents ou plus heureux ?

    3 : Dors, et tu verras bien ! 1380

    1 : Ils doivent ruminer leurs histoires et imaginer leurs futures conqutes amou-

    reuses, sinspirant du vide qui les protge de ces yeux ferms pour dessiner

    comme aux parois des grottes

  • 40 >> vincent.bonnefille@gmail.com

    3 : Et sentir les poils qui leur poussent sur le dos (Ils sont trs joueurs)

    1 : Sur les oreilles Cest l quils sont le plus long leur rveil ? 1385

    3 : Srement ! Mais ils ont tellement voyag, vu vagabondant dans des restes

    davenir.

    5 : Jaimerais bien tre coiffeur dours Jai toujours voulu aider les ours.

    2 : Je pense que a pousse mieux sur les paules Cest plus pratique les paules

    poilues 1390

    4 : Cest plus utile les paules poilues pour les ours

    1 : Mme pour les albinos ou ceux aux yeux bleus !

    5 : Cest beau, les yeux des ours

    3 : Surtout, lorsquils ont les yeux bleus et quand a mange du caramel la caca-

    houte 1395

    1 : Cest bon les cacahoutes pour les moustaches (Ils sendorment tout souriant).

    Oncle : Tu tes rveill petit chanceux, tu es l, de retour et tu ne sais mme pas

    si tu es partis, si tu es nat ici juste des clics et des clacs dinterrupteurs. Clic

    clac. Tu nas pas le cran de te rappeler de moi, tespre y arriver avec eux quit-

    ter ce point Veugle pour voir combien ten a bav Je veux bien mais pas 1400

    tout seul quand mme : je pensais que je valais mieux que a. Allez du nerf :

    accomplis toi, souviens toi, soit toi-mme ! Je repasserai, et arrte de compter

    sur eux, ils mappartiennent autant en A quen B : la boucle est boucle ! Et

    comme je le pensais ce qui teffraye en eux cest toi, tu toublie ta faon ca-

    ch dans des conte Veugle Je ne ten veux pas, prend ton temps. Gros bisous, 1405

    ton oncle (1 et 2 sortent. 5 restera couch jusqu la fin de la pice, en retrait. Futur

    H2 : Epilogue .)

    Voix off (HD) forte : La Grande Co-Mdia ! Laissez nous rentrer !

    Oncle : Je dois y aller : bienvenue chez toi. (Sort discrtement.)

    HD : Allez Je nen aurai pas pour long temps ! 1410

    H2 (3, Paniqu) : Cest que jtais en train en train oui de dormir.

    HD : Il se fait tard Je me suis toujours demand ce quil y avait dans cette b-

    tisse (H2 le fait rentrer, HD est charg de valises/males vides.)

    H2 : Vous venez pour quelles raisons ?

    HD : Ah cest vous ! Jolie, trs belle dcoration. Je croyais que nous tions 1415

    daccord ! Je vous ai attendu la boutique, a fait un mois de a. Vous dormiez ?

    H2 : C'est--dire que

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    HD : Oui les Mdicaments Il vous en reste ?

    H2 : Quels Mdicaments ?

    HD : Vous tes venu me voir Je savais que la dose tait trop forte ! 1420

    H2 aprs rflexion : Ah oui vous enqutiez sur mon pass, a fait longtemps je nai

    pas besoin de vous Jai mieux faire maintenant.

    HD : Ne dites pas de sottises ! Je venais juste vous dire de diminuer les doses pres-

    crites : vous devriez vous vous sentirez mieux avec la moiti. Je vous redonne ma

    carte de visite, tenez... 1425

    H2 : Je

    HD : Cest la seule chose faire pour retrouver votre vue et votre sang froid.

    H2 : Je ne suis plus Veugle depuis que jai retrouv cette formidable capacit

    quest la vision Jai tout perdu, elle est partie, vous avez ce que vous vouliez,

    sortez dici avant que je ne vous fende le crne en deux ! 1430

    HD : Vous ny voyez pas plus clair je ne parlais pas de mon visage mais de ce bout

    de ficelle qui pend par votre poche. Cest toujours aussi flou pour vous Une der-

    nire petite question : Pourquoi vous obstinez vous garder cette casquette ?

    H2 : Prenez le reste je nen ai plus besoin Partez maintenant !

    HD : Vous navez besoin de rien dautre si non de courage A propos o est-elle 1435

    donc passe vous savez, celle que vous aviez perdue !

    H2 : Sortez je vous prie. Ce fut un plaisir de faire votre connaissance.

    H0 et H00 ouvrent leurs journaux, H2 sassoit parmi eux. Pendant quils parlent HD retire

    les lments du dcor et les met dans une male/valises quil laisse sur scne le reste est

    sorti par les coulisses. Il sort son tour. 1440

    H0/H00 accompagns par H1 : Tout est revenu au point de dpart. Tout est en

    place pour dmarrer une nouvelle journe ponctue de nouvelles croustillantes,

    de dcouvertes surprenantes. Je suis sr quen fin les gaveurs doies Prague ont

    retrouvs satisfaction et que plus encore la principaut des Plums sempare de

    son prsent statut. Aujourdhui il fait beau. Il ne pleut pas. Aujourdhui les gens 1445

    sont de bonne humeur. La banque Nambrus clbre ses 35 ans et ses 98 pour cent

    dadhrant globaux. Aujourdhui tout le monde arrivera lheure : ni suicide ni

    embouteillages : tout marche comme sur des roulettes ! (Ils sortent.)

  • 42 >> vincent.bonnefille@gmail.com

    PILOGUE 1450

    H2 : Avec le temps les instants se firent mmoire, nous nous installions dans

    notre nouvelle vie, lombre. Nous ne formions plus quun. Elle connut les bat-

    tements dun cur, le froid du vent sur sa peau, la conscience du poids de ses

    os, de la tension de ses muscles. Une concentration une prsence spontane

    qui fait dun acte une ralit qui se rpond en consquence Un jour on a d 1455

    partir. Jai pris mes affaires, une casquette je suis parti, dserteur de mon nou-

    veau chez moi. Jai dis dieux toutes les demoiselles que javais rencontr ici.

    H2 sort alors tout le monde rentre sur scne, PF puis les autres. Elle remplie les valises...

    PF rentre en courant : Marcel ? Tu es dj parti ? All ne joue pas a, on na pas

    le temps ils ne vont pas tarder Je pars pour le Franklinzin. Je me suis vraiment 1460

    dsole Reste si tu veux, oublie-moi ! Je me sens si

    2 : vide On sait. Seule aussi.

    PF aprs un moment : Alors, pourquoi navoir rien fait ? Quesque je vous ai fait ?

    4 : Comme tu las dis, il ny a rien faire ; tu es seule matre ici Voyons qui

    dautre que toi aurais pt inventer pareils mystres et CoMdies ? Tu tennuyais 1465

    tant que a ? Nous ne sommes pas la hauteur de tes craintes ? Tu tais libre.

    PF : Marcel viens, on sen va ! Et vous laissez nous rentrer Veugle en paix !

    HD : Il ne ten voudra pas tant que a si tu loubli il nattend que a !

    PF : Jespre bien, quil soit plus libre encore ! Jai juste

    1 : ...peur ? Non tu nas pas peur, tu ne fais que rpter ces mots. 1470

    PF : Pourquoi mabandonner ? Lui je ne voulais pas quil me reconnaisse quon

    recommence comme avant, quon se souvienne de loncle Il y arrivera ds qu

    4 : Et cest cela quil a fait panser toutes ces plaies penser un oncle, une fa-

    mille, partir. Nous, ici prsent, navons jamais perdu le nord, nous attendions

    PF : Quattendez-vous alors ? Que je me lasse dtre l me battre contre Je 1475

    hais ce que vous tes, votre regard ces

    H1 : Un regard autre, cest a que vous nous demandez : avoir un ennemi qui soit

    pire que vos maux et lun des ntres ne plus souffrir seule !

    2 : Vous vous tes accrochs, lun lautre, changeant des mots do vous ve-

    niez. Il tobserve quand tu lobserve. Il te quitte quand tu le quitte ! Tu es tombe 1480

    amoureuse dun des ntres... Tu vas fuir pour un nouveau dpart.

    PF : Cest absurde ! Et quels

  • Demain Comme Jamais 10.47.Docx >> http://demain-comme-jamais.toile-libre.org 43

    4 : Vous tiez les petits derniers amusant notre galerie ! Nous tavons suivie

    une poque, rveurs Va-t-en prsent ! Nous avons tout ce quil nous faut sans

    que tu viennes tout compliquer ! Ne me force pas nier que je tai aime. 1485

    PF : Partir o ? Pour

    1 : Vous avez cinq minutes pour dbarrasser le planch. Partez ensemble si vous

    voulez, le chemin est encore long mais mais Mais loncle sera content de te

    voir !

    H1 : Laissez nous, il est temps de tenir chacun promesse Ici tout est en place 1490

    pour commencer sans vous : un prsent sans regrets. Bonne chance toi ! (Les

    H0/H00 se prparent disposer des chaises comme au tout dbut du PROLOGUE

    identique , en retrait. Ils restent lcart coutant H2 Tout est dispos son dpart.)

    H2 rentre en courant (avec PF) : Et si dehors javais oubli quelque chose ? Si Dans

    le jardin. Je cours. Le ciel est plus beau que tous les ciels Je sens tout mon 1495

    souffle, tout mon corps, lherbe sous mes pieds Je cris ! Jai le souffle court je

    regarde jchappe, jai le cur qui bat Un rire dans le silence, un sourire, un

    il qui me cherche, des larmes je mcoule lger, au sol vert. Mon cur sur

    lherbe un il qui me cherche, mon cur qui me traverse, un rire qui mveille.

    Je suis tout prsent Le souffle cour, je regarde jchappe, jai le cur qui se 1500

    bat, la tte ici. Un silence puis un son, un mot, un il qui me cherche, un soupir

    Le vent qui vibre, la terre sous les pieds je mcoule lger, au sol vert. Un rire

    mveille. Le souffle cour, je regarde jchappe, jai le cur sans questions

    Lheure y est, la terre sous les pieds, le vent qui siffle, un oiseau qui passe, les

    mains entrent dans les cheveux Mon cur sur lherbe un rire qui vermeil, 1505

    mon cur qui courbe encore, qui tourne sous le soleil, le ciel si bleu. Et jy suis,

    pour de bon. Dans le jardin. Je cours. Le ciel est plus beau que tous les ciels je

    mcroule Plus de questions, juste le temps qui ne sen pose plus. Rien entre

    moi et le prsent, plus rien juste moi, lui devant moi, le soleil, une main dans

    les cheveux, du vert dans les yeux. Mon cur y va Jai toujours Javais ou-1510

    bli a me manque Laisse-moi sortir ! Jai fix le soleil (Les H0/H00 placent les

    chaises comme indiqu plus tt.)

    PF : Viens, ils ne nous croient plus partons pour notre libert.

    H2 : Fuir une fois encore ? Jamais

    PF : Tu es dj regarde o nous en sommes, tu ne vois pas ? Je suis dsole. 1515

    H2 : Et le chne ? Les autres Ils ont besoin de notre secours.

    PF : Allons-nous en chacun de notre ct, refaire nos vies arriver bon port,

    poser pieds terre esprer que le soleil brle nos ailes dans la grande chute.

    H2 : Et mon prnom tu mas promis un PF lui fait signe de se taire.

    PF : Vivre o nos pas ne sont encore tracs, o survivre... Et qui sait, nos chemins 1520

    se recroiseront peut-tre un jour ! H2 et PF sortent chacun dun ct.

  • 44 >> vincent.bonnefille@gmail.com

    H0 et H00 +H1 : Personne nest sorti de la grande btisse Les plus fous atten-

    dent aux pieds des grands chnes On fut fort sage et libra les quelques secrets

    qui pouvaient rconcilier les hommes page 50 56 et 80. On descendit, pour

    finir, protger les rves et enseigner le pass qui fut cach aux hommes avec 1525

    des mots que lavenir ne recommence pas ! Tout est revenu au point de dpart.

    Tout est en place pour dmarrer une nouvelle journe ponctue de nouvelles

    croustillantes, de dcouvertes surprenantes. Renatre chaque jour. (Ils sortent

    tous. Mme lumire quau prologue. [PROLOGUE] 5 reste couch jusquau dpart du pu-

    blic (Cf. Vux de dormir comme des ours, 5 est rest lcart) 1530

  • Demain Comme Jamais 10.47.Docx >> http://demain-comme-jamais.toile-libre.org 45

    H2 PF

    H1

    H0 / H00 (pens pour 4)

    HD (peut tre un H00)

    Loncle (peut tre un H0)

    DISTRIBUTION Pens pour 7-10

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