Enquete Sur Le Terrain

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    29-Jun-2015

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Stphane Dufour, Dominic Fortin et Jacques HAMELRespectivement assistants de recherche en sociologie lUniversit de Montral, dune part, et sociologue, dpartement de sociologie, Universit de Montral, dautre part.(1991)Lenqute de terrain en sciences sociales.Lapproche monographique et les mthodes qualitativesUn document produit en version numrique par Jean-Marie Tremblay, bnvole, professeur de sociologie au Cgep de Chicoutimi Courriel: jean-marie_tremblay@uqac.ca Site web pdagogique : http://www.uqac.ca/jmt-sociologue/ Dans le cadre de: "Les classiques des sciences sociales" Une bibliothque numrique fonde et dirige par Jean-Marie Tremblay, professeur de sociologie au Cgep de Chicoutimi Site web: http://classiques.uqac.ca/ Une collection dveloppe en collaboration avec la Bibliothque Paul-mile-Boulet de l'Universit du Qubec Chicoutimi Site web: http://bibliotheque.uqac.ca/Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)2Politique d'utilisation de la bibliothque des ClassiquesToute reproduction et rediffusion de nos fichiers est interdite, mme avec la mention de leur provenance, sans lautorisation formelle, crite, du fondateur des Classiques des sciences sociales, Jean-Marie Tremblay, sociologue. Les fichiers des Classiques des sciences sociales ne peuvent sans autorisation formelle: - tre hbergs (en fichier ou page web, en totalit ou en partie) sur un serveur autre que celui des Classiques. - servir de base de travail un autre fichier modifi ensuite par tout autre moyen (couleur, police, mise en page, extraits, support, etc...), Les fichiers (.html, .doc, .pdf, .rtf, .jpg, .gif) disponibles sur le site Les Classiques des sciences sociales sont la proprit des Classiques des sciences sociales, un organisme but non lucratif compos exclusivement de bnvoles. Ils sont disponibles pour une utilisation intellectuelle et personnelle et, en aucun cas, commerciale. Toute utilisation des fins commerciales des fichiers sur ce site est strictement interdite et toute rediffusion est galement strictement interdite. L'accs notre travail est libre et gratuit tous les utilisateurs. C'est notre mission. Jean-Marie Tremblay, sociologue Fondateur et Prsident-directeur gnral, LES CLASSIQUES DES SCIENCES SOCIALES.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)3Cette dition lectronique a t ralise par Jean-Marie Tremblay, bnvole, professeur de sociologie au Cgep de Chicoutimi partir de :Stphane Dufour, Dominic Fortin et Jacques Hamel Lenqute de terrain en sciences sociales. Lapproche monographique et les mthodes qualitatives. Montral : Les ditions Saint-Martin, 1991, 183 pp. [Livre diffus dans Les Classiques des sciences sociales avec l'autorisation conjointe de M. Jacques Hamel et de la maison d'dition, Les ditions Saint-Martin, par lintermdiaire de Mme Jeannine Messier-LaRochelle, accorde respectivement les 9 fvrier 2010 et 7 janvier 2011]Courriels : jacques.hamel@umontreal.cajeannineml@fides.qc.ca.Polices de caractres utilise : Comic Sans, 10 points. dition lectronique ralise avec le traitement de textes Microsoft Word 2008 pour Macintosh. Mise en page sur papier format : LETTRE (US letter), 8.5 x 11) dition numrique ralise le 13 fvrier 2011 Chicoutimi, Ville de Saguenay, province de Qubec, Canada.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)4RemerciementsNous remercions M. Jacques Hamel, sociologue lUniversit de Montral, de nous avoir accord sa permission pralable de diffuser ce livre dans Les Classiques des sciences sociales.Courriel: jacques.hamel@umontreal.caNous sommes particulirement reconnaissants la maison ddition qubcoise, Les ditions Saint-Martin, de Montral, de nous avoir accord, le 7 janvier 2011, son autorisation de diffuser ce livre dans Les Classiques des sciences sociales, bien que celuici soit toujours disponible auprs de lditeur.Jeannine Messier-LaRochelle, Adjointe l'dition, Responsable des droits et permissions Les ditions Saint-Martin, Montral, Qubec. Courriel: jeannineml@fides.qc.ca. Site web: http://www.stmartin-decarie.com/accueil.aspx.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)5Stphane Dufour et Dominic Fortin sont assistants de recherche en sociologie lUniversit de Montral, dune part, et Jacques Hamel est sociologue au dpartement de sociologie lUniversit de Montral.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)6Stphane Dufour, Dominic Fortin et Jacques HamelLenqute de terrain en sciences sociales.Lapproche monographique et les mthodes qualitatives.Montral : Les ditions Saint-Martin, 1991, 183 pp.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)7[6]Donnes de catalogage avant publication (Canada)Stphane Dufour, Dominic Fortin, Jacques Hamel Enqute de terrain en sciences sociales : l'approche monographique et les mthodes qualitatives : bibliographie annote. ISBN 2-89035-185-8 1. Sciences sociales - Mthodologie - Bibliographie. 2. Sciences sociales - Recherche sur le terrain - Bibliographie. 3. Sciences sociales - Recherche - Bibliographie. 4. Sciences sociales - Mthodologie. I. Fortin, Dominic, 1967- . II. Hamel, Jacques, 1956. III. Titre.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)8Cet ouvrage a bnfici de l'aide financire du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada dans le cadre de son programme de subventions gnrales administr par le Vice-dcanat la recherche de l'Universit de Montral.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)9[181]Table des matiresQuatrime de couverture RemerciementsChapitre 1. L'approche monographique1. L'tude monographique : une dfinition 2. Bref rappel historique de ltude monographique en anthropologie et en sociologie a. b. c. d. Bronislaw Malinowski et l'observation participante La tradition monographique en France Les tudes monographiques de Lon Grin L'cole de Chicago et l'tude monographique3. Le conflit des mthodes 4. La critique des tudes monographiques de E.C. Hughes et H. Miner 5. lments pour un dbat sur l'tude monographique a. b. c. d. Le problme de la thorie et de sa vrification Le statut des matriaux de terrain La description monographique et le dcoupage de l'exprience sociale Brves considrations sur le passage du local au globalLenqute de terrain en sciences sociales (1991)10Chapitre 2. Bibliographie sur l'enqute de terrain en sciences sociales1. Ouvrages relatifs la monographie sociale a. Ouvrages thoriques et mthodologiques b. Histoire de la monographie sociale cole de Le Play Ouvrages de Le Play et de son cole : bibliographie rduite au minimum Ouvrages de Lon Grin et tudes critiques Ouvrages relatifs l'cole de Le Play cole de Chicago Ouvrages classiques de Chicago : monographies, tudes de cas et tudes de communaut Ouvrages de la nouvelle cole de Chicago Ouvrages relatifs l'cole de Chicago (incluant la nouvelle cole) Ouvrages de E. C. Hughes et tudes critiques2. Monographie sociale : bibliographie gnrale a. tudes monographiques du Qubec et tudes de cas b. tudes monographiques gnrales : bibliographie indicative3. tudes de cas et tudes de communaut (Community Studies) a. Considrations thoriques et mthodologiques b. tudes de cas : Bibliographie indicative c. tudes de communaut : ouvrages classiquesLenqute de terrain en sciences sociales (1991)11Chapitre 3. Enqutes ou expriences de terrain (fieldwork) 1. Ouvrages thoriques, mthodologiques et techniques 2. Relations enquteur-enqut : points de vue pratiques et thiques 3. Observations : thories et mthodes a. Observations : considrations gnrales b. Observation participante 4. Entretien ou entrevue : considrations mthodologiques et pratiques 5. Analyse des matriaux : documents personnels et archivesChapitre 4. La description : problmes et mthodes 1. Ouvrages thoriques et mthodologiques 2. La construction de l'explication 3. Les problmes d'critureChapitre 5. Les mthodes qualitatives 1. Ouvrages de mthodologie qualitative : bibliographie gnrale 2. Le conflit des mthodes a. Mthodes qualitatives vs quantitatives b. Micro/macro sociologie : local vs global c. Subjectivit vs objectivit IndexLenqute de terrain en sciences sociales (1991)12Lenqute de terrain en sciences sociales. Lapproche monographique et les mthodes qualitatives.Quatrime de couvertureRetour la table des matires Cet ouvrage a pour objet l'tude monographique en sciences sociales et l'enqute de terrain qui la rend possible. De faon plus gnrale, il touche aux diverses mthodes qualitatives privilgies en sociologie, en anthropologie et dans les autres, disciplines des sciences sociales. Il constitue un guide bibliographique de premier choix pour ceux et celles s'intressant aux crits en sciences sociales ou qui ont recours aux mthodes constituant l'tude monographique, telle l'observation participante, l'entretien semi-directif, le recueil et l'analyse de documents personnels et d'archives, la relation enquteurenqut, les problmes de l'objectivit, la distinction rnicro-macro sociologique, etc. L'tude bibliographique est prcde d'un essai-synthse qui, la lumire de la recherche faite dans le domaine de la mthodologie qualitative des 20 dernires annes, fait le point et met en relief les problmes et les difficults reconnus l'tude monographique et aux mthodes qualitatives. Ce livre s'adresse autant aux profanes en la matire qu'aux spcialistes des sciences sociales. Il constitue un premier ouvrage de rfrence sur le sujet.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)13Jacques Hamel est professeur au Dpartement de sociologie de l'Universit de Montral. Il a publi divers crits sur la mthodologie qualitative. Stphane Dufour et Dominic Fortin sont assistants de recherche en sociologie l'Universit de Montral.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)14[7]Lenqute de terrain en sciences sociales. Lapproche monographique et les mthodes qualitatives.RemerciementsRetour la table des matires Ce livre s'appuie en premier lieu sur un intrt commun envers la mthodologie qualitative en sociologie et en anthropologie, plus particulirement envers l'enqute de terrain, privilgie au cours des recherches et des enseignements assurs par Jacques Hamel. Si celui-ci avait entam de premires incursions dans la littrature consacre ce sujet, les recherches ncessaires l'tablissement de la prsente bibliographie ont exig qu'elles soient faites de concert avec ces jeunes chercheurs, dvous et enthousiastes, que sont Stphane Dufour et Dominic Fortin. Le projet initial de cet inventaire bibliographique a pris corps au cours de multiples conversations avec ces derniers et suite au premier survol des crits publis en ce domaine effectu par Stphane Dufour, Dominic Fortin s'est joint lui et ensemble ils ont uvr sans relche durant deux ts pour le mener bien. Nous voudrions exprimer ici notre gratitude ceux grce qui cette bibliographie a pu tre mise au point et qui, a cette fin, nous ont gnreusement offert leur concours. Les bibliothcaires Jihad Fahrat et Jerry Bull de la Bibliothque des lettres et des sciences humaines de l'Universit de Montral ont apport un soutien immdiat aux recherches entreprises par nos soins et des conseils aviss. La patience et la diligence manifestes devant des demandes compliques mritent des remerciements sincres. Plus largement, bien des lments de cette bibliographie ont tLenqute de terrain en sciences sociales (1991)15acquis au cours d'une coopration quotidienne que leurs expriences ont richement alimente. [8] Gilles Houle s'est intress notre ouvrage alors qu'il tait encore l'tat embryonnaire et montrer un intrt le publier dans la collection de publications qu'il dirige. Il nous a aid bnficier d'une qualit d'accs un diteur dont la comptence ne nous tait connue que par la qualit des ouvrages publis par ses soins. En plus des remarques et critiques apportes au texte de prsentation de la bibliographie, Gilles Houle a su donner des conseils judicieux quant sa mise en forme, afin qu'elle soit agrable et facile consulter. Qu'il soit remerci pour ses ides et suggestions, proposes avec une bonne humeur constante. Nous devons beaucoup aux remarques faites par les lecteurs d'un premier tat du manuscrit, et tout particulirement Lon Bernier de l'Institut qubcois de recherche sur la culture, Jean-Michel Chapoulie de l'cole normale suprieure de Saint-Cloud, Denise Couture du Dpartement de sociologie de l'Universit de Montral, velyne Desbois du CNRS de Paris, Hughes Dionne de l'Universit du Qubec Rimouski, Nicole Gagnon du Dpartement de sociologie de l'Universit Laval, Paul Sabourin du Dpartement de sociologie de l'Universit de Montral et Franoise Zonabend du Laboratoire d'anthropologie sociale du Collge de France. Qu'ils sachent qu' travers leurs valuations, maintes fois lues et relues, ils sont devenus pour nous les partenaires d'un ouvrage dont le calibre est d leurs propos clairants et opportuns. Nous leur exprimons notre gratitude pour nous avoir consacr leur temps et apport leur exprience. La directrice du Dpartement de sociologie de l'Universit de Montral, Danielle Juteau, nous a accord son appui ds les premiers moments de notre projet de recherche et la vigueur de son soutien a su convaincre les autorits de l'Universit de Montral et du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada de consentir les crdits ncessaires sa mise sur pied et son droulement. Qu'elle soit donc remercie d'avoir ralli notamment Yves Murray et Miklos Zador, du Vice-dcanat la recherche de l'Universit de Montral, aux besoins financiers de cette recherche. Nous tenons remercier ces derniers pour les rapports cordiaux qu'ils ont manifests notre endroit.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)16Les services de Lise Lambert du Centre d'information et d'aide la recherche aux fins de la gestion des fonds reus ont t grandement [9] apprcis. Ils ont t offerts et assurs avec gentillesse et courtoisie. Lise Lambert a su faire les arrangements ncessaires et apporter son avis afin que le droulement des oprations administratives s'effectue sans accrocs. Nous la prions de recevoir nos remerciements. Micheline Varin, secrtaire administrative du Dpartement de sociologie de l'Universit de Montral, a su tre la complice indispensable de l'entreprise complique et lourde que s'avre tre la dactylographie d'une bibliographie. La reconnaissance que nous pouvons lui tmoigner ne saurait effacer compltement les tracas administratifs causs par les permissions donnes de bnficier des services_ du personnel sous sa responsabilit. Un trs grand merci pour un dvouement constant auquel nous avons t si rapidement habitus qu'il risquait de ne plus nous apparatre comme exceptionnel. Nos derniers mots de remerciements auraient d tre en fait les premiers. Nous voudrions remercier celles qui, au cours des dernires annes, ont eu la lourde et redoutable tche de mettre au net les diffrents tats du manuscrit avec une patience et des soins experts constants malgr parfois des dlais prcipits. La rapidit exige en maintes occasions n'a jamais entam la qualit des soins et la bonne humeur de Chantal Ct, Micheline Dessurault, Lucie Lvesque et Mireille Loiseau. Nous ne voudrions pas manquer d'voquer l'importance de leurs services, sans lesquels des ouvrages comme celui-ci ne pourraient pas exister. Nous tenons leur exprimer toute notre gratitude pour leur soutien et leur travail qui font que cet ouvrage leur appartient en bonne partie. Notre profonde reconnaissance va aussi Gilles Simard, qui s'est avr un conseiller informatique hors pair et dont les conseils et les interventions ont fait en sorte que les nombreuses oprations informatiques ncessaires l'laboration et la prsentation de la bibliographie se sont droules de faon harmonieuse. Un trs grand merci donc pour les apports en cette matire, fournis avec gnrosit. Jocelyn Charron a particip la mise en forme finale de la bibliographie et ses soins experts ont t grandement apprcis. Merci Dominique Boucher pour la rvision linguistique qu'elle a faite du texte de prsentation. [10]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)17Nos remerciements vont enfin Katia Mayer du Centre d'information et d'aide la recherche du Dpartement de sociologie de l'Universit de Montral pour les conseils techniques quant la prsentation de la bibliographie qu'elle a offerts tout au long de sa prparation.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)18[11]... la mthode est la fois expressive de la dmarche subjective du penseur et du contenu objectif de ce qui est pens. Mais c'est en dernire analyse par ce contenu que la mthode est fonde puisque si la mthode exprime la dmarche de la pense, celle-ci exprime la nature de ce qui est pens.Maurice Godelier, Rationalit et irrationalit en co-nomie, tome II, Paris, Franois Maspero, 1969, p. 34.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)19[13]Lenqute de terrain en sciences sociales. Lapproche monographique et les mthodes qualitatives.Chapitre 1Lapproche monographiqueRetour la table des matires [15] La monographie connat prsentement un regain de faveur aprs une forte perte d'intrt dans les sciences sociales. La prsente bibliographie en apporte une preuve clatante, en ce qu'elle tmoigne la fois du foisonnement actuel des monographies et des travaux de rflexion qu'elles ont suscits sur leurs aspects thoriques et mthodologiques. Mais cette bibliographie ne saurait prtendre l'exhaustivit. Certes l'essentiel s'y retrouve, mais les choix prsidant son laboration ont fait en sorte que divers titres ont t limins ou ignors. Il convient, en ouverture de cet ouvrage, d'expliciter ces choix et de prciser les raisons qui ont motiv cette bibliographie. L'absence d'outil bibliographique sur la monographie en ses diffrents lments - comme l'enqute de terrain, l'observation participante, la nature des matriaux recueillis, etc. - constitue la principale raison qui a entran la mise au point de la prsente bibliographie. La richesse des considrations thoriques et mthodologiques sur ce sujet et, de faon plus gnrale, sur les mthodes qualitatives en sciences sociales peuvent, grce cette bibliographie, apparatre de faon convaincante.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)20Cette bibliographie a t conue la manire d'un guide pratique destin mettre en relief l'ensemble des lments de l'tude monographique la lumire de considrations thoriques, mthodologiques et proprement techniques. Le rpertoire bibliographique prsent dans les prochaines pages n'est donc pas un plat inventaire des crits sur la monographie. Il est organis de telle faon que l'tude monographique est envisage dans tous ses lments, depuis l'enqute de terrain qui la [16] fonde jusqu'aux problmes concrets de l'criture d'une monographie, avec des dtours vers des rflexions thoriques quant au statut des matriaux empiriques directement ou indirectement recueillis durant l'enqute de terrain, jusqu' la fidlit de la restitution faite par voie monographique de tous objets d'tude viss par les sciences sociales. Suivant la dfinition qui en est aujourd'hui donne, l'tude monographique semble chapper de telles considrations tant les monographies faites dans les premires heures de l'anthropologie, par exemple, semblent avoir t ralises en l'absence de toute exigence de rigueur. Il faut cependant y regarder deux fois avant de conclure que les considrations lies cette exigence de rigueur ne touchent pas l'tude monographique. La prsente bibliographie, qui comporte des rubriques consacres aux rflexions thoriques et mthodologiques au sein de la tradition des tudes monographiques, invite sans contredit les dcouvrir ou les revoir. L'invitation est d'autant opportune que la mosaque de ces considrations thoriques et mthodologiques peut alimenter de faon fconde les dbats quant la vise et la dmarche de l'tude sociologique comme des tudes faites dans les diverses disciplines des sciences sociales. La prsente bibliographie n'est donc pas destine qu'aux partisans de l'tude monographique en sociologie, en anthropologie, en ethnologie et dans les autres disciplines des sciences sociales. Elle revt un intrt gnral du fait qu'elle cerne des problmes thoriques et mthodologiques avec lesquels ces disciplines sont aux prises et qu'elles ne parviennent gure, pour l'heure, rsoudre de manire dfinitive. Cette bibliographie et le texte d'introduction qui la prcde constituent donc un survol de ces problmes et des rponses apportes par la recherche en pistmologie, en thorie et en mthodologie des sciences sociales des 20 dernires annes. La recherche faite durant cette priode, inventorie dans cet ouvrage, est par ailleurs mise en perspective par le rappel des ouvrages classiques lis la tradition des tudes monographiques en anthropologie et en sociologie. La priode privilgie corres-Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)21pond essentiellement aux annes marques par un regain d'intrt pour l'tude monographique et le retour en force de l'approche biographique dans ces disciplines 1 . [17] Prenant acte, au gr de nos recherches bibliographiques, du nombre fort lev de publications en cette matire, nous avons t contraints de faire des choix, souvent difficiles, mais dfinis par la vise de notre travail. Les crits teneur mthodologique ont t ainsi nettement privilgis par rapport aux ouvrages - articles ou livres - pratiques ou aux rcits d'enqute de terrain et d'exprience d'tude monographique, l'exception d'uvres rputes classiques. Les crits mthodologiques permettent d'apprcier avec nettet les moyens et les dmarches prconiss en vue de parvenir l'explication caractrisant toute tude sociologique. Si les rcits d'enqute de terrain 2 , faits habituellement sous forme d'un journal, comportent certaines indications quant la thorie et la mthodologie privilgies, celles-ci ne sont pas explicites en dtail. C'est pourquoi il nous est apparu opportun de mettre davantage l'accent sur les crits o la mthodologie lie la monographie sociale occupe une place de premier choix. Les titres inventoris dans cette bibliographie sont accessibles en langues franaise et anglaise, avec des accents divers sur les traditions europenne et amricaine de l'tude monographique. Les travaux qubcois ont une position privilgie en cette matire, tant souvent au carrefour des influences amricaine et franaise. La socit qubcoise fut d'ailleurs maintes fois le terrain d'lection d'tudes monographiques faites par des observateurs franais, des sociologues et anthropologues amricains 3 , dont les influences ont normment compt dans l'dification de la12 3Essentiellement la priode des annes 1970 1990. Sur le regain d'intrt pour la monographie, voir Franoise Zonabend, Du texte au prtexte. La monographie dans le domaine europen , tudes rurales, 87-88,1985, pp. 33-38. Un exemple de ces rcits est le livre de Paul Rabinow, Un ethnologue au Maroc, Paris, Hachette, 1980. Voir notamment Horace Miner, Saint-Denis : un village qubcois, Montral, Hurtubise HMH, 1985 [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.] ; Everett C. Hughes, Rencontre de deux mondes, Montral, Boral Express, 1972. [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)22sociologie et l'anthropologie au Qubec 4 . La prsente bibliographie dresse un bilan rapide de ces tudes et de leurs apports. Les rubriques sous lesquelles apparaissent les rfrences bibliographiques suivent l'ordre des tapes constituant l'tude monographique, depuis ses pralables jusqu' son terme final sous la forme d'une description [18] dont la teneur et la porte explicatives sont discutes. La rpartition des titres dans cet ordre permet donc ainsi de mettre en relief les diffrents lments et les diffrentes tapes constituant la dmarche d'tude monographique.1. L'tude monographique : une dfinitionRetour la table des matires Cette bibliographie a donc pour principal sujet l'tude monographique. Mais nous nous sommes contents jusqu'ici de dfinitions sommaires de la monographie. Il convient maintenant d'en donner une dfinition plus prcise. Cette tche constitue cependant un vritable dfi tant la monographie se prte diffrentes dfinitions. Par monographie , on entend, dans les domaines de l'anthropologie et de la sociologie, la dmarche d'tude d'un phnomne ou d'une situation relatifs une socit dtermine, impliquant une enqute de terrain et l'observation directe (in situ) propices reconstituer ce phnomne ou cette situation dans sa totalit. L'enqute de terrain dsigne l'ensemble des interventions pratiques du chercheur dans un milieu social donn destines saisir empiriquement l'objet de son tude. L'enqute de terrain est certes faite d'observations in situ mais elle ne s'y rduit cependant pas puisqu'elle intgre, divers titres, le recueil de tmoignages d'informateurs de terrain et la collecte et le dpouillement d'archives, de journaux, de documents crits de toutes sortes. L'enqute de terrain, associe de pareille faon l'observation4Sur cette influence, voir Marcel Fournier et Gilles Houle, La sociologie qubcoise et son objet : problmatiques et dbats , Sociologie et socits, XII, 2, octobre 1980, pp. 21-43.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)23directe, ncessite un contact immdiat et de longue dure avec le terrain impliqu dans l'tude. La mission d'tude sur le terrain de l'anthropologue, faite en milieux exotiques et s'chelonnant sur plusieurs annes, en est l'exemple classique. La situation ou le phnomne constituant l'objet d'tude est, par ailleurs, considr comme en mouvement, et l'tude monographique le dfinit non pas comme un fait social existant comme chose pour reprendre les mots d'mile Durkheim, mais comme des actions collectives et des processus sociaux qui peuvent tre en partie apprhends travers des interactions directes, et dont le sens vcu par les agents n'est ni donn d'avance, ni susceptible d'tre [19] nglig 5 . L'objet d'tude est donc saisi travers les interactions directes du chercheur avec son terrain d'enqute, et la restitution empirique qu'il en fait repose sur les informations de premire main provenant du recueil de propos en situation, d'observations directes, de descriptions fournies par les acteurs lis au phnomne ou la situation sous tude. L'tude monographique peut comprendre le recueil de rcits biographiques, d'entretiens non dirigs et l'analyse de documents premire vue incongrus, tels des photographies et des cartes de ville. La mosaque des informations ressortant de ces matriaux permet donc de considrer l'objet d'tude dans sa totalit, selon un souci visant explicitement le saisir sous toutes ses facettes. La monographie est, suivant cette dfinition classique, une sorte de prsentation la plus complte et la plus dtaille possible de l'objet 6 tudi . Cette conception de la monographie a acquis ses lettres de noblesse en anthropologie. Elle est du reste la pierre angulaire des recherches sociologiques de l'cole de Chicago, dont il sera question plus loin. L'tude monographique peut tre dfinie comme dcoulant directement de l'enqute de terrain et de l'observation participante propres l'anthropologie mais, au sein de la sociologie, elle ne s'y rduit cependant pas, ainsi qu'il sera montr plus loin. Elle donne lieu une description extrmement fine et exhaustive de l'objet tudi, le plus souvent sous la forme de l'tude approfondie d'un cas. Le rappel historique de la tradition monographique dans ces disciplines fera ressortir les carac-5 6Jean-Michel Chapoulie, Everett C. Hughes et le dveloppement du travail de terrain en sociologie , Revue franaise de sociologie, XXV, 1984, p. 584. F. Zonabend, op. cit., p. 33.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)24tristiques de l'enqute de terrain et de l'observation participante sur lesquelles s'chafaude l'tude monographique. [20]2. Bref rappel historique de l'tude monographique en anthropologie et en sociologieRetour la table des matires S'il est ncessaire d'pingler des noms et des coles la monographie ainsi dfinie, il faut sans nul doute retenir ceux de Bronislaw Malinowski, Frdric LePlay et des membres de l'cole de Chicago. L'histoire de la monographie tourne autour de ces noms et il convient de s'y arrter d'entre de jeu pour saisir les heurs et malheurs de l'tude monographique en sociologie et en anthropologie. Si la prsentation des heurs et malheurs de la monographie se prsente ici sous la forme d'une trame, il importe de noter que l'histoire de l'apoge, du dclin puis du retour en force de l'tude monographique a connu son rythme propre suivant les disciplines, sociologique et anthropologique, et les traditions, franaise et anglo-saxonne, considres. C'est ce qui sera montr prsent.a. Bronislaw Malinowski et l'observation participanteEn vue d'chapper la Premire Guerre mondiale, Bronislaw Malinowski, Autrichien d'origine polonaise, se rfugie dans les archipels mlansiens et vit pendant trois ans dans les les Trobriand. Ce sjour forc est rapidement l'occasion, pour l'anthropologue qu'il aspire tre, de premires observations de cette population locale, d'us et coutumes trangers, extrieurs sa propre personne qui, nots avecLenqute de terrain en sciences sociales (1991)25soin, donneront lieu la fameuse srie d'ouvrages comprenant Argonauts of theWestern Pacific 7 .Cette enqute de terrain de Malinowski, en fait, donne naissance l'anthropologie moderne et l'observation participante y reoit ses premires lettres de noblesse. Suivant la perspective de l'anthropologie de l'poque, Malinowski se donne pour tche d'inventorier la culture de la socit sous observation dans ses moindres traits. Par culture, Malinowski [21] comprend les comportements communs, les croyances et les rituels marquant la vie de cette socit dans ses diverses facettes. La culture peut certes tre apprhende par l'observation attentive des comportements des acteurs de la socit tudie et des rituels qu'ils partagent, mais cette observation ne saurait suffire. En effet, l'tude de la culture implique que soit compris le sens donn par les acteurs eux-mmes leurs comportements, leurs croyances et aux rituels prvalant dans leur socit. L'observation doit donc tre participante au sens o la mise en vidence d'une culture requiert la participation d'informateurs de terrain qui, par la description qu'ils font de leurs propres comportements, permet d'en comprendre prcisment le sens. Elle est participante, de surcrot, du fait que l'observateur prend part lui-mme aux comportements et rituels qu'il observe en tant qu'anthropologue. La dfinition de l'observation participante est, suivant la perspective inaugure par Malinowski, fort simple. Selon lui, il suffit l'observateur de s'insrer progressivement au sein de la population locale, au gr de contacts rguliers s'talant sur un long laps de temps, de se mler sa vie ordinaire et sa culture, en vitant de les perturber par sa prsence ou par les exigences de ses observations. Le recours des informateurs-cls, avec lesquels le contact troit est acquis, permet le recueil de propos en situation propices clairer les observations directes de la culture. Les observations et informations de premire main doivent tre soigneusement notes dans des carnets de terrain dont l'organisation doit videmment favoriser la restitution fidle des traits de la culture tudie. L'organisation des observations et des informations au sein des carnets de terrain est videmment tributaire des propos des informateurs et de la comprhension premire qu'en a l'anthropologue sur le terrain.7Bronislaw Malinowski, Les Argonautes du Pacifique occidental, Paris, Gallimard, 1963. [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)26L'tude des cultures doit tre faite, dans ces conditions, au sein de populations locales, de petites communauts dont le caractre homogne met en relief leurs traits particuliers de faon condense et dans des conditions de simplicit. Le village (ou la tribu) s'avre cet gard un lieu d'observation privilgi de la culture puisqu'en raison de sa faible taille et de son caractre homogne, les traits caractristiques de la culture se rvlent sous la forme d'une totalit. Marcel Maget a fort [22] bien soulign les vertus du village en tant que lieu d'observation de la culture dfinie comme des comportements communs, des croyances et rituels propres un groupe social ou une socit. Le village est un lieu de prdilection pour l'enqute monographique. Il n'a pas, en effet, un volume tel qu'il dpasse les capacits d'absorption d'un seul chercheur qui mme en cas de spcialisation peut tenir une vue synoptique individualisante de l'ensemble du groupe. La faible diffrenciation culturelle permet de saisir l'ensemble des significations ayant valeur actuelle 8 .Le village, alliant l'poque des premiers anthropologues ces caractres d'homognit de la vie sociale et de faible densit de la population, recle immdiatement des vertus pratiques pour les fins de l'tude monographique en ce qu'il est en soi un grossissement de tous les traits et de tous les caractres de la culture . Les tudes anthropologiques sont lgion dans cette veine d'tude monographique de villages, au point de confrer des vertus mthodologiques au village. Celui-ci est, dans cette veine, considr en tant qu'observatoire de premier choix pour saisir la culture ou la vie sociale tudie dans sa totalit. Ce en quoi le village s'apparente, pour ainsi dire, la poupe russe suivant les remarques d'Edmund. Leach sur le sujet. On suppose qu'un systme social existe l'intrieur d'une aire gographique plus ou moins arbitrairement dfinie ; que la population comprise dans ce systme social a une seule culture ; que le systme social est uniforme. Ainsi l'anthropologue peut choisir une localit de la taille qui lui convient et tudier en dtail ce qui s'y passe ; de cette tude, il espre tirer des conclusions sur les principes d'organisation rgissant cette localit particulire. partir de ces conclusions, il formule des gnralisations qui feront l'ob-8Marcel Maget, Guide dtude directe des comportements culturels, Paris, CNRS, 1953, p. 57.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)27jet d'un livre sur l'organisation de cette socit considre comme un tout 9 . [23] Les vertus attribues au village de ce point de vue ont t cependant mises en cause rcemment en ce que le village napparat plus aujourd'hui l'observatoire par excellence pour atteindre la culture ou la vie sociale des socits modernes dans leur totalit. En effet, les premires monographies ont principalement port sur des socits insulaires de petites dimensions dans lesquelles les individus se trouvaient en situation d'interaction directe et constituaient des groupes rels pratiquement enferms l'intrieur d'isolats gographiques, les relations avec des groupes extrieurs ces socits tant restreints et pisodiques 10 . Or, dans de pareilles conditions, la culture, voire la vie sociale, tait relativement homogne, peu diffrencie, et ce caractre homogne tait notamment fond dans l'ordre de la simplicit des interactions entre les individus, c'est--dire des rapports sociaux valant tant l'chelle d'un lieu physique comme le village qu' l'chelle globale de la socit elle-mme. L'entre de ces socits dans la modernit, grce la gnralisation des changes conomiques, la cration des moyens de communication modernes, la dterritorialisation 11 des habitudes de vie et des institutions, a fait clater ce caractre homogne de la culture ou de la vie sociale. Leur complexit est telle aujourd'hui qu'il est difficile de prtendre que l'tude de cette culture ou de cette vie sociale peut se faire dans leur totalit dans le cadre physique et gographique dfinissant un village.9Edmund Leach, Les Systmes politiques des hautes terres de Birmanie, Paris, Maspero, 1972, p. 87.10 Patrick Champagne, Statistique, monographie et groupes sociaux , dans tu11des ddies Madeleine Grawitz, Genve, Dalloz, 1982, p. 8.Sur cette notion de dterritorialisation , voir Pierre Rosanvallon, Le Capitalisme utopique, Paris, Seuil, 1979.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)28b. La tradition monographique en FranceRetour la table des matires L'anthropologie ne s'est gure soucie de ce problme, qui dtermine pourtant d'entre de jeu la valeur de la monographie locale. La dfinition de l'objet tudi peut-elle, dans un contexte moderne, tre tablie par le dcoupage fourni par l'cologie, la gographie ou l'organisation politique d'une socit ? C'est tout le problme du choix de l'observatoire [24] pour les fins de l'tude monographique qui est pos ici. Quel est donc l'objet concret (un groupe, un lieu, une institution, etc.) dont l'tude monographique permet d'atteindre la vie sociale moderne dans sa totalit ? La tradition monographique en sociologie s'est, entre autres choses, tablie dans cette qute d'un objet dont le dcoupage serait d'ordre sociologique, dfini suivant les prrogatives de cette discipline, peine naissante l'poque des premires monographies. C'est sous l'initiative de Frdric LePlay qu'en France, de 1855 1885, sont mises en chantier les premires monographies sociologiques, lesquelles visaient essentiellement dfinir les types principaux de production et les modes de reproduction familiale qui leur taient associs 12 . L'tude monographique de petits groupes sociaux, surtout des familles ouvrires ou paysannes, est privilgie cette fin. L'objet tudi n'est donc plus un lieu physique mais une unit sociale permettant de rvler les traits particuliers de la socit de l'poque. Le choix de la famille ouvrire n'est aucunement fortuit chez LePlay. En effet, la famille est, sur le plan biologique, l'unit de production et de reproduction des conditions physiques d'existence de cette socit, comme de toute socit d'ailleurs. La famille ouvrire est, de surcrot, au sein des socits capitalistes, l'unit sociale par excellence, puisque la condition ouvrire caractrise la vie sociale constitutive de ces socits. L'tude monographique de la famille ouvrire issue des mutations de la famille paysanne, elle-mme tudie avec minutie dans les monographies de LePlay, permet ainsi de saisit, par leur comparaison mutuelle, les tenants et aboutissants du capitalisme au sein de la famille et, par voie de consquence, de la vie sociale en gnral. Les tudes monographiques de LePlay sont d'ailleurs tablies en vertu du principe12 F. Zonabend, op. cit., p. 34.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)29mthodologique suivant lequel l'tat d'une socit peut se livrer partir de l'tude systmatique d'une unit micro-sociale convenablement choisie 13 . LePlay revendique donc cette option mthodologique qu'une socit peut tre observe et saisie dans ses traits caractristiques au [25] dpart d'un objet concret dment choisi pour les fins de l'tude monographique. L'tude monographique chez LePlay, comme au sein de l'observation participante de Malinowski, implique le concours d'informateurs privilgis, appels autorits sociales qui, titre de cur, notables, etc., sont des tmoins directs de la vie sociale susceptibles d'ajouter des sries d'informations relatives l'environnement des familles tudies. L'tude monographique de la famille ouvrire permet aussi de prendre en compte le budget familial, les moindres rentres d'argent et les moindres sommes consacres la nourriture, l'habillement, au logement, l'entretien, la sant, l'instruction; bref, les moyens ncessaires la production et la reproduction de cette unit biologique et sociale. L'option quantitative propre l'tablissement du budget familial ne disqualifie cependant pas les vertus qualitatives que reconnat LePlay l'observation directe, puisque c'est elle qui fonde l'tude monographique de la famille ouvrire. Suite aux nombreuses monographies rdiges par lui-mme et ses disciples, LePlay dmontre, avec force dtails, que ce qu'il appelle la famille-souche constitue la forme de la famille la plus susceptible d'assurer la stabilit des socits. La famille-souche, comme d'ailleurs les autres types de famille chez LePlay, est principalement dfinie par le droit d'hritage qui, dans le cas qui nous occupe, est confr lan mle de la famille. Dans ce contexte, donc, les biens de la famille reviennent de droit au fils an, qui en fait jouir son pouse, ddommage ses germains et accepte de veiller l'entretien de ses parents. Or ce droit d'hritage va carrment l'encontre du code civil napolonien qui, en cette matire, prvoit le partage gal des biens de famille. Le retour ce droit d'anesse prconis par LePlay lui vaut rapidement d'tre tax de ractionnaire. Les tudes monographiques faites par ses propres partisans rvlent par ailleurs que la famille-souche n'assure pas forcment la stabilit de la socit, surtout la socit13 Bernard Kalaora et Antoine Savoye, Les Inventeurs oublis, Paris, Champ Vallon,1989, p. 46.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)30que LePlay appelle de ses vux, une socit conforme la doctrine sociale de l'glise catholique. Les travaux de ses propres partisans vont l'encontre des conclusions des tudes monographiques que LePlay prtend avoir conduites pourtant avec rigueur. Aussi, les principes mmes prsidant leur [26] dfinition deviennent-ils immdiatement suspects. Ses lves Edmond Demolins et Henri de Tourville vont les amender sur divers points. En rejetant d'abord l'objet d'tude constamment privilgi chez LePlay, savoir la famille ouvrire, pour le remplacer par le groupement humain , terme dsignant autant une collectivit, voire une communaut, que l'ensemble des activits qui s'y droulent, plus prcisment leur embotement, l'imbrication de ces activits ou de ces faits sociaux dterminant la vie au sein du groupe ou de la communaut. L'tablissement des budgets de famille est aussi rejet, et ce rejet de Demolins et Tourville n'est en rien redevable une opposition la quantification inhrente au calcul budgtaire mais plutt la teneur de ce calcul qui, leur avis, n'est pas d'ordre sociologique. En effet, comment mesurer le regroupement des activits au sein de la famille par la simple considration des montants des revenus et des dpenses lis la production et la reproduction de la famille ? partir de cette critique, Tourville va s'employer constituer une nomenclature des faits sociaux suivant laquelle les faits sociaux sont rpartis en 25 grandes classes, elles-mmes subdivises en autant de rubriques qu'il existe de traits ou types diffrents d'un fait social dont chacun correspond un ordre de problmes allant du simple au complexe. Le schma suivant permet de considrer de faon dtaille la constitution de cet inventaire des faits sociaux, de la vie du groupement social (voir schma 1).Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)31[27] Schma 1 La nomenclature des faits sociaux de Henri de Tourville - Sol et eaux * Situation gographique de la famille et superficie tudie * Relief et contours du sol * Terrains et eaux 1- Le lieu - Sous-sol - Air - Productions les vgta* Saisons * Accidents atmosphriques * Steppes * Forts et vgtation * De la terre * Des eaux * Pturage - Simple rcolte * Pche ctire * Chasse, pche fluviale, cueillette * Culture en communaut - Extraction 2- Le travail * Culture petite et grande * Culture fragmentaire * Mines et forts * la main - Fabrication * moteurs * vent * eau, au bois, la houille * Par portefaix - Transports * Par animaux de bt ou de trait * Par glissage * Par vapeur, etc. 25- Le rang de la race- Productions animalesLenqute de terrain en sciences sociales (1991)32[28] Face cette nomenclature, Edmond Demolins, pourtant alli de Tourville, ne tarde pas lui adresser les mmes reproches faits par ce dernier LePlay, savoir que les faits sociaux du groupement humain sont, par cette nomenclature comme au sein de l'tablissement du budget familial, mis sur un mme plan sans que puissent tre dfinis les relations et les liens de causalit entre eux. Ces rpercussions sociales , suivant ses mots, doivent tre considres pour que l'tude monographique soit proprement explicative d'un point de vue sociologique. Sans quoi elle n'est que description anecdotique sans vritable intrt pour l'explication sociologique laquelle doit aspirer l'tude monographique. En France, l'influence de LePlay s'efface ds le tournant du sicle. Si les continuateurs de son uvre en France ont eu, somme toute, peu d'impact, ils sont en voie d'tre considrs aujourd'hui comme des inventeurs oublis 14 . Les disciples de LePlay sont aussi roumains, russes, anglais, amricains et qubcois. Tous ont eu souffrir, divers degrs, des critiques dont ont fait l'objet les principes de l'tude monographique dfinis par les soins de LePlay. Selon ces critiques, il est permis de penser que la conception de la monographie de la famille de LePlay reflte, divers titres, ses proccupations et ses engagements civiques, politiques et religieux, principalement la promotion qu'il entend faire de la doctrine sociale de l'glise pour guider la modernisation de la socit. En effet, selon lui, seule la doctrine sociale de l'glise peut permettre cette modernisation sans que celle-ci ne suscite les mfaits qu'il observe par ses monographies sur la famille. La mthode de LePlay apparat ainsi tributaire de ses propres convictions politiques et religieuses et, prise en tau entre celles-ci, elle fait l'objet d'un discrdit fond sur l'absence d'objectivit et de rigueur. Les principes de cette mthode ne feraient qu'alimenter des positions ractionnaires, en matire de droit d'hritage, par exemple, ce qui tmoignerait d'une conception prime de la famille voire, de faon plus gnrale, d'une vision anachronique des temps modernes. Les torts imputs cette mthode, souvent de manire injuste 15 , ont enlev tout intrt l'uvre de LePlay en France.14 Bernard Kalaora et Antoine Savoye, Les Inventeurs oublis, Paris, Champ Vallon, 15 Bernard Kalaora et Antoine Savoye, La mutation du mouvement le playsien ,1989.Revue franaise de sociologie, XXVI, 2, avril-juin 1985, pp. 257-276.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)33[29]c. Les tudes monographiques de Lon GrinRetour la table des matires L'influence de l'uvre de LePlay se manifeste dans les premires tudes monographiques du Qubec faites par Lon Grin, le premier sociologue qubcois, qui s'en est d'ailleurs ouvertement rclam sans pour autant tre d'accord avec tous les principes dfinissant la monographie de famille chez LePlay. Grin vise nanmoins tablir une tude monographique de la famille rurale, en ce qu'elle est une caractristique dominante de la socit canadienne-franaise de son poque. Certes cette socit a dj connu de premiers embryons d'urbanisation et d'industrialisation, que Grin n'ignore pas, mais pour lui la famille rurale s'avre la forme par excellence de la vie sociale des Canadiens franais. S'il a centr son intrt sur la famille rurale , crit Jean-Charles Falardeau dans la prface L'habitant de Saint-Justin, c'est qu'il y voyait le microcosme partir duquel pouvaient tre infres certaines donnes fondamentales de la totalit de la socit 16 . Les premires tudes consacres par Grin au Canada franais 17 , portant surtout sur l'histoire de la colonisation l'poque de la Nouvelle-France, montrent que le lien tabli entre la terre et la famille constitue le pivot de la vie rurale et, par consquent, la pierre angulaire de la socit canadienne-franaise. Le domaine plein paysan - le domaine taill la mesure des besoins d'une famille d'habitant... est la pierre de vote de tout l'difice social du Canada franais 18 .16 Jean-Charles Falardeau, Esquisse de ses travaux , dans Lon Grin, L'habi-tant de Saint-Justin, Montral, Presses de l'Universit de Montral, 1968. 17 Ces premires tudes sont runies dans Aux sources de notre histoire, Montral,Fides, 196818 L. Grin, Le type conomique et social des Canadiens, Montral, ditions de l'Ac-tion canadienne-franaise, 1938, p. 81. [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)34Face pareil constat, l'tude en profondeur de la famille rurale s'avre primordiale et c'est pour cette raison que Grin, aussitt rentr de son sjour en France auprs de LePlay et de ses disciples, l't de 1886, dcide de s'installer SaintJustin afin d'entreprendre sa premire monographie rurale. Grin s'inspire pour ce faire de la mthode de LePlay dite des monographies de famille , acquise directement auprs de lui, plus exactement, de son principe de base selon lequel [30] l'tude monographique doit circonscrire l'existence d'une famille choisie comme typique d'un milieu et de considrer celle-ci dans tous ses aspects. L'observation participante trouve chez Grin une place de premier choix dans la dmarche dfinissant l'tude monographique de la famille Casaubon de Saint-Justin. Grin est cependant enclin d'y ajouter la nomenclature des faits sociaux privilgie par Henri de Tourville non pas parce que Grin met en doute, comme ce dernier, les vertus de rigueur et de systmaticit de l'observation participante, mais parce que cette nomenclature permet d'atteindre des informations d'un autre ordre que celles fournies par l'observation. Grin modifie d'ailleurs passablement cette nomenclature des faits sociaux en lui donnant un caractre nettement sociologique, suivant en cela la critique qu'en a faite Edmond Demolins, pourtant l'alli de Tourville dans leur opposition la monographie de famille tablie selon les principes de LePlay. Fidle aux critiques d'Edmond Demolins, Grin prconise une nomenclature des faits sociaux tablie base de groupements donnant lieu, ds lors : [...] un nouveau schma analytique comprenant quinze classes de groupements significatifs dont chacun remplit une fonction sociale ncessaire. Huit de ces groupements se rattachent la vie prive : famille, atelier, commerce, professions, cole, glise, voisinage, associations; les autres, la vie publique : commune (ou paroisse), union de communes (comt), cit, province, tat, tranger. Chaque socit locale donne devra tre tudie par rapport aux groupements qu'elle inclut ou avec lesquels elle est en relation 19 . Ce schma anime l'tude monographique que Grin entreprend de la famille Casaubon de Saint Justin. Il permet de rvler que le cycle de vie et l'organisation de cette famille rurale sont dtermins par trois objectifs principaux, savoir : 1) constituer un domaine (ou une terre ) dont l'tendue est en harmonie avec la somme de la main d'uvre pouvant tre fournie par les membres de la famille; 2) le19 J.-C. Falardeau, Esquisse de ses travaux , op. cit., p. 20.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)35maintenir intact d'une gnration l'autre et 3) veiller l'tablissement d'un hritier et subvenir aux besoins primordiaux des membres de la famille appels, de gr ou de force, quitter ce domaine. La famille constituait [au Canada franais] un atelier agricole . Elle devait tre suffisamment nombreuse pour [31] exploiter seule la terre avec une technologie rudimentaire et pour pourvoir tous ses besoins essentiels. Rciproquement, la terre devait tre suffisamment vaste pour nourrir et vtir la famille et aider les membres-migrants. Ce fragile quilibre terrefamille comportait une dramatique condition : la transmission, chaque gnration, du bien familial intgral un seul hriter membre de la famille 20 . Ceci est le modle lmentaire de la famille canadienne-franaise tabli par l'tude monographique d'une famille de Saint-Justin considre par Grin comme typique. Cette famille, dfinie suivant ce modle, implique l'autorit formelle du pre et suppose une interdpendance de ses membres faisant en sorte que les liens sociaux qui priment dans la socit canadienne-franaise sont essentiellement constitus des rapports de parent. Parce qu'il existe cette interdpendance entre ses membres et que psent sur elle les alas quant la transmission des biens, commencer par la terre, il apparat Grin que la famille canadienne-franaise n'est pas du type de la famille-souche de LePlay, celui qui, selon lui, assure la stabilit de toutes socits. La famille rurale canadienne-franaise est plutt de type quasi communautaire car les liens qui la dfinissent prsident l'organisation de la culture de la terre et, de surcrot, l'organisation de la vie sociale de la paroisse qui, cette poque, est le cadre dans lequel celle-ci s'intgre dans tous ses aspects essentiels. Si ce type de famille tend favoriser un degr de solidarit entre ses membres, en contrepartie, la forte dpendance suscite par la famille constitue un vritable frein toute initiative individuelle, principalement l'initiative dont peuvent faire preuve ses membres en matire conomique. S'il leur arrive de manifester de l'initiative c'est par suite de ncessits et non de l'ducation familiale 21 . La famille ne peut pas tre un haut lieu d'ducation propice l'initiative puisqu'elle enserre ses membres dans une dpendance envers la terre dont ils ne sont librs, pour la plupart d'entre eux, qu'au moment de son hritage. Forcs alors de la quitter, hormis l'hritier, les membres de la famille sont ds lors peu enclins manifester un intrt20 Idem. 21 Ibid, p. 26.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)36et des initiatives pouvant assurer une prosprit la terre familiale. En dehors de [32] celle-ci, les membres de la famille se retrouvent dans des mtiers et travaux o ils sont placs dans une pareille position de dpendance, tellement ils sont peu disposs dmontrer un esprit d'initiative, voire un esprit d'entreprise. Ce constat est fond par la comparaison faite par Grin du type de famille quasi communautaire prvalant au Canada franais avec celui de la famille anglo-saxonne que E. Demolins propose d'appeler famille particulariste dans son ouvrage quoitient la supriorit des Anglo-Saxons 22 dont s'inspire Grin dans son tude monographique de l'habitant de Saint-Justin. Cette comparaison s'impose puisque, depuis le Conqute anglaise, l'influence anglo-saxonne se manifeste directement dans l'histoire de la socit canadienne-franaise. La famille o le pre dispose de l'autorit suprme a connu dans son histoire une transformation radicale par suite de conditions gographiques et techniques rendant possible une agriculture fonde l'chelle individuelle, laquelle se sont massivement adonns les Anglo-Saxons. La forme individuelle que prend l'agriculture et le type de famille qui l'accompagne stimulent l'esprit d'entreprise et ce, en son sein mme. La famille favorise chez ses membres l'entranement l'initiative. Les membres de cette famille auront l'aptitude se crer, en simple mnage, un domaine indpendant, isol, en pays neuf. Les enfants seront mme empresss, srement heureux, de s'loigner du foyer paternel pour tenter fortune en pays tranger. Dans de telles circonstances, le pre reste sans successeur spcial parmi ses enfants. Menac de rester seul, il s'efforcera d'en retenir un auprs de lui et de se l'associer. Le mode de succession, ici n'est pas, contrairement ce qu'avait cru LePlay, une cause mais une consquence. 23Il apparat, par consquent, Grin que ce n'est pas tant le mode de transmission du patrimoine familial qui, comme chez LePlay, fonde la distinction entre les diffrents types que le mode d'ducation familiale, l'un tant communautaire et favorisant peu l'initiative, l'autre [33] individualiste et suscitant l'esprit d'entreprise. L'tude monographique de l'habitant de Saint-Justin rvle parfaitement les22 Edmond Demolins, quoi tient la supriorit des Anglo-Saxons, Paris, Firmin23 J.-C. Falardeau, Le sens de l'uvre sociologique de Lon Grin , op. cit., p. 27.Didot et Cie, s.d.[Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)37dfauts de l'ducation familiale, typique de la famille rurale quasi communautaire et, donc, du Canada franais puisque celle-ci en est la pierre angulaire. Ces dfauts sont par ailleurs mis en relief la lumire de l'tude de E. Demolins sur la famille rurale anglo-saxonne. Les rsultats de son tude monographique sur la famille rurale canadiennefranaise et les considrations de E. Demolins propos de la famille anglo-saxonne inspirent Grin une position publique en faveur de l'tablissement d'un systme d'ducation susceptible de donner des assises l'esprit d'entreprise et l'initiative individuelle au sein de la famille canadienne-franaise. Car l'absence de cet esprit d'entreprise et de l'initiative individuelle marque l'infriorit des Canadiens franais par rapport aux Anglo-Saxons vivant dans la province de Qubec, faisant en sorte que son avenir leur chappe. Grin renoue, par cet engagement public, avec luvre de son matre LePlay, dont on a vu prcdemment que les monographies de famille faites par ses soins alimentaient des positions politiques, dcries par ailleurs. L'uvre de Grin a donn lieu toutes sortes de rserves, autant propos de ses monographies de famille que des engagements politiques qui en dcoulent. Les principes mthodologiques prsidant l'tablissement de ses tudes monographiques ont suscit peu d'intrt, y compris le principe de porter au jour les traits caractristiques d'une socit partir d'un objet d'tude comme, chez lui, la famille rurale, typique du Canada franais. La sociologie contemporaine au Qubec accorde, de faon gnrale, peu de crdit ce genre d'tude dont la mthodologie semble se confondre un bricolage parfaitement vocateur de ses dbuts au Qubec. Ce bricolage mthodologique est d'ailleurs associ l'image pittoresque que les premiers sociologues qubcois se donnaient de leur propre socit. Les propos de Nicole Laurin traduisent de faon loquente le regard critique jet aujourd'hui sur l'uvre de Lon Grin et, plus particulirement, sur ses tudes monographiques. Il n'est pas facile de lire les habitants de Grin sans cder la nostalgie du paradis perdu, l'enfance nationale et celle de chacun. Car l'tude descriptive [de la socit] tient, chez [34] Grin, du roman familial... Le paysan de Saint-Justin ou d'ailleurs, c'est le grand-pre de la campagne, les longues vacances de l't. Avec l'oncle bcheron dans un plan du dcor, laLenqute de terrain en sciences sociales (1991)38cousine religieuse aperue de profil et les bandes d'enfants qui courent dans les prairies, les herbes au bord du fleuve 24 .Les reproches de cet ordre sont lgion et faits dans des termes encore plus svres. Selon ceux-ci les tudes monographiques de Grin ne comportent pas de principes mthodologiques suffisamment explicites et rigoureux pour ne pas susciter l'impression que la description faite de la famille rurale relve en fait du roman ou d'un tableau de la socit canadienne-franaise tout droit sorti de l'imagination de son auteur.L'habitant de Saint-Justin est peu lu aujourd'hui et l'uvre de Grin dans sonensemble est relgue de premires recherches sociologiques peu sres sur le plan de la rigueur et sur celui de la fidlit de leurs rsultats la ralit de la socit dcrite. Ceci est accentu par le fait que les monographies de Grin relvent d'un bricolage mthodologique maintenant rvolu en sociologie et en anthropologie. Pourtant celles-ci sont autant de descriptions irremplaables pour saisir la socit canadienne-franaise de cette poque. Un dbat devrait s'engager sur ce point, la faveur duquel les premires monographies pourraient certainement gagner des lettres de noblesse. Ce dbat revt son importance puisque le Canada franais ou, de prfrence, le Qubec, a t le terrain d'lection de chercheurs amricains, venus y faire des tudes monographiques. Ces chercheurs taient, pour la plupart, associs l'Universit de Chicago, le haut lieu de la monographie sociale et, par ricochet, des mthodes qualitatives aux tats-Unis.24 Nicole Laurin-Frenette, La sociologie des classes sociales au Qubec de LonGrin nos jours , dans Georges-Henri Lvesque, Guy Rocher et al., Continuit et rupture. Les sciences sociales au Qubec, tome II, Montral, Presses de l'Universit de Montral, 1984, pp. 532-533. [Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)39[35]d. L'cole de Chicago et l'tude monographiqueRetour la table des matires Car la monographie sociale occupe aussi une place de premier choix dans les premires enqutes sociales faites aux tats-Unis, la fin du XIXe sicle et au dbut du XX' sicle, par des travailleurs sociaux et les premiers sociologues amricains. Ces premires enqutes portent sur de petites communauts locales et des quartiers urbains o rsident depuis peu des populations rurales et migres. L'insertion de ces populations dans ces nouveaux cadres de vie provoquent de srieux problmes de chmage, de pauvret, de dlinquance et de violence. La ville de Chicago tait, au dbut du sicle, aux prises avec de tels problmes. Ces problmes, accentus dans ce cas par de fortes vagues d'immigration et une urbanisation extrmement rapide, avaient surtout intress les travailleurs sociaux. Mais ceux-ci, peu enclins s'y confronter directement, sur le terrain, les avaient surtout envisags travers des donnes statistiques officielles provenant du service d'hygine public et des documents de seconde main de toutes sortes, dont divers crits juridiques. L'analyse de ces matriaux tait rarement confronte au spectacle de la misre et de la violence qu'offrait pourtant la ville de Chicago cette poque. Sous l'initiative de William I. Thomas, bientt rejoint par Robert Park, sont mises en chantier, par le dpartement de sociologie de l'Universit de Chicago, un ensemble d'tudes de terrain donnant immdiatement lieu toute une srie de monographies sur ces divers problmes de pauvret, de dlinquance et de dviance. La formation journalistique de Robert Park, alors dj g de 50 ans, inspire certainement la dmarche suivie dans ces enqutes de terrain. L'tude monographique doit d'ailleurs faire preuve, selon lui, d'une rigueur et d'une systmaticit qui font dfaut aux crits journalistiques. Les procds journalistiques sont nanmoins conservs. Ainsi, Park incite fortement ses tudiants dpasser les documents officiels et aller se frotter aux situations de pauvret et de dviance, carte de la ville et carnet de notes en mains. Le recueil de propos en situation, sous forme d'entretiens ouverts et de matriaux deLenqute de terrain en sciences sociales (1991)40toutes sortes, tels des papiers journalistiques et des documents personnels comme des lettres, est aussi prconis. L'incitation au recueil de documents de cette [36] facture fait cho aux principes d'tudes de William Isaac Thomas, dont l'association avec Florian Znaniecki va donner lieu l'enqute sur les immigrants polonais, ThePolish Peasants 25 , devenue classique, prcisment fonde sur les lettres changespar les Polonais immigrs en Amrique avec leurs parents ou leurs proches rests au pays. L'tude de ces lettres rvle la conception qu'ils se font de leur parcours en terre d'exil, les heurts qui y sont rencontrs et, de faon rtrospective, le regard jet sur leur vie d'autrefois dans leur pays d'origine. L'Universit de Chicago devient rapidement un haut lieu des tudes monographiques aux tats-Unis et fait cole au sens o il existe une harmonie entre les positions thoriques et mthodologiques de chacun des membres de son dpartement de sociologie. Ce dpartement runit notamment Ernest W. Burgess, Herbert Blumer, Louis Wirth, Robert Redfield et Everett C. Hughes, tous fortement influencs par la psychologie sociale de George H. Mead. Il existe entre eux diverses filiations aux plans intellectuel et personnel dont rend compte le prochain tableau (voir schma 2). Everett C. Hughes, Louis Wirth, Robert Redfield et Herbert Blumer ont t nagure de la mme promotion du premier dpartement d'anthropologie et de sociologie de l'Universit de Chicago et ils ont tous t les lves de Robert Park, professeur au dpartement depuis 1916, et de G. H. Mead. Everett C. Hughes hrite d'ailleurs de la chaire de ce dernier lors de sa mort et il se charge de la publication des uvres compltes de Robert Park peu aprs son dcs. Robert Redfield est le gendre de Robert Park qui il voue une profonde admiration, reprenant son compte ses principes d'tudes sur le terrain, eux-mmes tributaires de l'enqute biographique de Thomas et Znaniecki auxquels Redfield a dj t expos par l'entremise de l'enseignement d'Ernest Burgess. Il existe donc, dans ces conditions, une indniable communaut d'intrts et de relations qui font du dpartement de sociologie de l'Universit de Chicago une cole, bien que le terme napparaisse qu'en 1940. Avant cette date, ses membres et ses hritiers [37] plus ou moins lointains prfrent parler de tradition ou de style de Chicago .25 William I. Thomas et Florian Znaniecki, The Polish Peasants in Europe and Ame-rica, Chicago, University of Chicago Press, 1918-1920 (5 vol.).Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)41Schma 2 Filiations des membres de l'cole de ChicagoLa communaut d'intrts s'exprime, en premier lieu, par l'objet privilgi dans les tudes monographiques qui y sont faites, savoir les problmes sociaux dus aux consquences de l'urbanisation et de l'immigration. La ville est d'ailleurs considre, sur ce plan, comme un vritable laboratoire 26 , offrant une rplique en miniature des problmes valant de faon gnrale au sein de la socit. La forme de la ville dtermine, de quelque manire, aux yeux des partisans de cette cole, ces problmes, au sens o elle les produit tout en tant partie prenante. [38] Ce point de vue donne d'ailleurs lieu une perspective thorique appele cologie urbaine . Selon cette perspective, l'volution sociale, lie au passage d'une petite localit simple une ville d'importance o la vie sociale acquiert un degr lev de complexit, doit tre explique par l'intgration qui est faite par toute communaut humaine des effets de26 Voir Yves Grafrneyer et Isaac joseph, La ville-laboratoire et le milieu urbain ,dans L'cole de Cbicago, naissance de lcologie urbaine, Paris, ditions Champ urbain, 1982, pp. 6-52.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)42l'urbanisation et de l'industrialisation selon les ressources cologiques dont elle dispose, telles celles fournies par l'environnement naturel, la culture des groupes ethniques en prsence, la diffusion d'innovations extrieures, etc. Les tudes monographiques visent saisir en quelque sorte l'intgration faite de ces ressources cologiques l'chelle d'une petite localit en voie d'urbanisation ou d'un quartier d'une ville dj aux prises avec les problmes qu'elle implique et auxquels doivent tre apports les remdes qui s'imposent par les apports possibles des ressources cologiques de ces milieux urbains. Ces tudes monographiques s'inspirent sur un plan mthodologiques des crits de George H. Mead, eux-mmes influencs par la philosophie pragmatique de Dewey, suivant lesquels la vie sociale, dfinie comme un processus ou un mouvement, ne peut tre saisie qu' condition de s'y insrer et de comprendre les significations qui lui sont attribues par ses propres acteurs. Selon cette perspective, crit Jean Poupart, une vraie connaissance des ralits sociales passe par une exploration de l'intrieur du vcu des individus 27 . L'exploration de ce vcu ou, de prfrence, l'exprience immdiate des acteurs sociaux, est explor diffremment selon qu'il s'agit d'une enqute sociologique ou d'une enqute faite par les prposs des services sociaux, comme c'tait le cas jusque-l dans la ville de Chicago. La dmarcation s'tablit avec nettet ds les premires tudes monographiques de E. C. Hughes. En effet, l'tude sociologique de la dviance ou de la violence, par exemple, ne doit pas, selon lui, se rduire une relation d'aide, voire la compassion; elle doit permettre d'expliquer ces problmes en tant que processus relatifs une socit donne, c'est--dire comme parties et produits de la vie de cette socit. [39] L'enqute de terrain est bien sr privilgie cette fin. L'observation in situ, les entretiens ouverts, le recueil de divers documents crits y trouvent une place de premier choix. L'insistance de E. C. Hughes sur l'observation directe ne dcoule cependant pas, comme chez Robert Park, d'une exprience de journalisme mais d'une familiarit avec l'observation participante de l'anthropologie difie sur les premires tudes de B. Malinowski. Hughes reconnat son accord avec les principes de cette27 Jean Poupart, Alvaro Pirs et al., Les mthodes qualitatives et la sociologieamricaine , Dviance et socit, 7, 1, 1982, p. 67. [Voir les textes dAlvaro Pires en mthodologie disponibles dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)43dmarche de terrain visant mettre en vidence les traits caractristiques d'une culture ou de la vie sociale tudie. Ces principes, impliquant d'entre de jeu un contact direct avec le terrain et une prise en considration des significations que donnent les acteurs sociaux de leur propre exprience immdiate, sont en parfaite harmonie avec l'induction analytique prconise par Thomas et Znaniecki, deux hautes figures de l'cole de Chicago, selon laquelle les hypothses de travail dterminant l'tude monographique peuvent, de proche en proche, tre suscites et vrifies par les matriaux empiriques recueillis sur le terrain. L'tude monographique prend corps au sein d'une dmarche inductive o les faits empiriques constituant l'objet tudi sont mis en lumire par les propos en situation des acteurs, alimentant et donnant relief l'explication sociologique dfinie par cette tude. Car l'objet tudi par la sociologie n'est pas de purs faits, des choses, mais d'emble une exprience recelant des significations et des symboles intervenant dans les interactions des acteurs sociaux et dfinissant leur point de vue sur celles-ci. L'tude sociologique, dans la perspective de l'interactionnisme symbolique privilgie par George H. Mead, et, plus forte raison l'tude monographique, est donc contrainte de considrer ce point de vue des acteurs sociaux en vue de saisir leur exprience immdiate constituant l'objet tudi. Howard Becker, disciple de l'cole de Chicago, a parfaitement exprim cette position, dveloppe avec force au dpartement de sociologie de l'Universit de Chicago depuis 1920. Pour comprendre la conduite d'un individu, on doit savoir comment il percevait la situation, les obstacles qu'il croyait devoir affronter, les alternatives qu'il voyait s'ouvrir devant lui ; on ne peut comprendre les effets du champ des possibilits, [40] des sous-cultures de la dlinquance, des normes sociales et d'autres explications de comportement communment invoqus, qu'en les considrant du point de vue de l'acteur 28 .S'il convient de prendre en considration le point de vue des acteurs, cest parce qu'il est immdiatement prsent parmi les matriaux de terrain, que ce soient des propos recueillis en situation ou des documents crits comme des lettres. L'tude monographique, ainsi qu'on l'a vu plus haut, s'chafaude sur de tels matriaux, de sorte que le point de vue des acteurs intervient au sein de l'tude sociologique de l'objet tudi. Comment s'opre, ds lors, le passage des matriaux de terrain rece28 Howard Becker, Biographie et mosaque scientifique , Actes de la rechercheen sciences sociales, 62-63, 1986, p. 106.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)44lant ce point de vue, leur construction sous forme d'une thorie sociologique ? En d'autres mots, de quelle manire et jusqu' quel point l'tude monographique s'inspire-t-elle de ce point de vue ? Quel est le statut qui lui est reconnu de cette faon ? Le traitement qui lui est rserv lors de ce passage est-il dfini dans une dmarche rigoureuse et objective qui ne dcoule pas seulement de la personnalit sociale, intellectuelle, psychologique du chercheur ? Ce passage est certes assur au sein mme de l'tude monographique mais il reste, somme toute, fort peu explicit dans les monographies de l'cole de Chicago et semble relever d'un bricolage thorique qui sera bientt l'objet de nombreux griefs. Ce sera l'occasion d'un conflit relatif aux mthodes dont la sociologie et les sciences sociales en gnral sont encore aujourd'hui tributaires. L'cole de Chicago est au cur de ce conflit bien que ses enjeux la dpassent et touchent les principes de base de l'tude sociologique. La valeur de l'tude monographique y est nanmoins mise en cause et, du mme coup, le prestige dont jouit l'cole de Chicago depuis le dbut du sicle.3. Le conflit des mthodesRetour la table des matires Car la suprmatie de l'cole de Chicago ne fait aucun doute au sein de la sociologie amricaine jusqu'en 1935. L'tude monographique est certes au premier rang des mthodes de cette sociologie, mais elle ne [41] soppose pas l'enqute statistique, ces deux approches tant privilgies soit de faon complmentaire, soit de faon exclusive mais rarement de faon concurrente. Les mthodes statistiques ont droit de cit au sein de l'tude monographique, qui conserve toutefois son caractre propre une enqute de terrain. L'cole de Chicago domine les rseaux des institutions et des mdias universitaires et revendique hautement cette premire place lors des colloques de l'American Sociological Society, dans l'American journal of Sociology, la principale revue de sociologie aux tats-Unis, et chez les bailleurs de fonds. L'cole de Chicago est ainsi le vritable lieu d'animation de la vie intellectuelle dans le domaine de la sociologie et, par consquent, la monographie apparat la voie mthodologique par excellence de cette discipline.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)45L'enqute statistique a nanmoins gagn du terrain en sociologie, principalement l'Universit Columbia de New York, sous l'impulsion de Franklin H. Giddings et de ses tudiants 29 , dont William Ogburn. La rivalit s'installe rapidement entre cette institution et l'cole de Chicago dont l'enjeu porte prcisment, mais pas exclusivement, sur les mthodes. En effet, si les mthodes statistiques taient parfaitement autorises dans le cadre de l'tude monographique, ce n'tait qu' titre d'outils de recensement utiles pour dcrire l'objet tudi. Le dveloppement de ces mthodes Columbia va faire d'elles une batterie de techniques visant de faon imprieuse l'explication proprement dite, donnant lieu au surplus une prvision. La contestation de la pertinence de l'tude monographique se manifeste Columbia mais aussi, assez curieusement, au sein mme de l'cole de Chicago, puisqu'en 1927 William Ogburn, lve de R H. Giddings et partisan convaincu des mthodes statistiques, y est engag pour faire connatre l'utilit des statistiques aux tudiants gradus de sociologie. Les vertus des mthodes statistiques y sont alors clairement exposes avec une insistance particulire sur leur capacit de vrifier une ide thorique sans laquelle la sociologie ne saurait prtendre [42] au titre de science, au mme titre que les sciences exprimentales. L'allocution qu'il prononce, en 1930, titre de prsident de l'American Sociological Society, annonce ouvertement cette prfrence. Selon lui, pour avoir une valeur scientifique, une ide doit tre formule de faon pouvoir tre dmontre ou prouve [...] Dans cette tape future de la sociologie scientifique, la vrification sera vnre presque comme un ftiche [...] On ne doit jamais oublier que la science se dveloppe par accrtion, par accumulation de petits morceaux de nouvelles connaissances . Cela exige que tout sociologue [soit] statisticien 30 . La vrification de thories sociologiques exige que soient rprimes les dispositions et attitudes subjectives du chercheur dans l'tablissement de son tude qui,29 Giddings et ses tudiants formaient le F.H.G. Club , qui se caractrisait parson esprit anti-Chicago et par une prfrence marque pour les statistiques en opposition aux tudes de cas . (Alvaro P. Pirs, La mthode qualitative en Amrique du Nord : un dbat manqu (1918-1960) , Sociologie et socits, XIV, 1, avril 1982, p. 19.)30 Cit par Christopher Bryant, Le positivisme instrumental dans la sociologieamricaine , Actes de la recherche en sciences sociales, 78, juin 1989, pp. 6566.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)46dans pareilles conditions, doivent tre soumises des contrles stricts, voire tenues en suspicion. Il faudra discipliner l'esprit si fortement qu'on devra s'abstenir des plaisirs fantaisistes de l'intellect lors du processus de vrification ; toute rfrence l'thique et aux valeurs (sauf dans le choix des problmes) devrait devenir tabou; et nous devrons invitablement passer la plupart de notre temps accomplir des tches difficiles, ennuyeuses, tristes et routinires 31 .Les propos d'Ogburn trouvent un cho dans la thse d'un de ses tudiants, Samuel Stouffer. Celui-ci, dans les larges extraits publis sous la forme d'un article 32 , montre que l'emploi des mthodes statistiques peuvent aboutir des rsultats assez proches de ceux des tudes monographiques mais de faons conomique et rapide et dans des conditions d'tude satisfaisant les exigences de la vrification qui se font jour cette poque dans la sociologie amricaine, y compris au sein de l'cole de Chicago, au dtriment de l'tude monographique par consquent. Car ce parti pris pour la vrification va rapidement susciter la [43] dfinition d'une nouvelle dmarche d'tude en sociologie, afin que cette discipline puisse enfin revendiquer son titre d'tude parfaitement contrle, de science. Cette dmarche, d'une part, doit d'abord s'appuyer, voire se fonder, sur une thorie ou des hypothses en vue d'expliquer un problme social donn. La mise l'preuve de cette thorie ou des hypothses qui en dcoulent s'opre au sein d'une dmarche dductive passible d'oprations techniques susceptibles d'en dmontrer le bien-fond sans qu'interviennent : divers biais dus au chercheur ou au contexte empirique. D'autre part, cette dmarche s'carte, pour ainsi dire, de tout contact direct avec le contexte empirique, relatif l'insertion du chercheur en son sein suivant, par exemple, les principes de l'observation participante, juge peu rigoureuse et sujette aux vidences de sens commun. Cette dmarche juge secondaires ou triviales les donnes de terrain et tablit une dmarcation trs nette entre celles-ci et la thorie sociologique proprement dite.31 William Ogburn, "The Folkways of a Scientific Sociology", Publications of the 32 Samuel Stouffer, "Experimental Comparison of a Statistical and a Case HistoryAmerican Sociological Society, 24, 1930, cit par Christopher Bryant.Technique of Attitude Research", Publications of the American Sociological Society, 25, 1931, pp. 154 et suivantes.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)47Sans entrer vritablement dans l'histoire de la sociologie amricaine, il n'est pas inutile de rappeler que cette dmarcation marque le dbut de l'institutionnalisation de la sociologie avec la mise au point de ses premires thories gnrales dues principalement Talcott Parsons. La thorisation en sociologie acquiert donc une sorte de position suprme, marquant de ce fait une rupture par rapport l'enqute de terrain, associe ds lors des vidences banales susceptibles de distraire l'explication sociologique de la rigueur qui doit l'animer. La valeur de cette explication est donc fonction des rgles et outils dfinis dans la thorie, lesquels impliquent, en quelque sorte, une rupture d'avec le sens commun, c'est--dire d'avec les significations qu'attribuent les acteurs sociaux a leur propre exprience. Ce sens commun est et doit tre tenu pour suspect dans l'laboration de la thorie sociologique puisqu'il recle des lments empiriques, de fausses vrits qui compromettent sa valeur et sa rigueur. L'tude monographique fait videmment l'objet de nombreuses critiques de ce point de vue, puisque ce sens commun, cet univers de significations propres l'exprience immdiate des acteurs sociaux, constitue le fondement empirique de la thorie sociologique visant l'expliquer. Il apparat ainsi difficile de vrifier la valeur de cette thorie, [44] puisqu'elle relve de significations chappant aux exigences de la thorisation proprement dite. La monographie est par ailleurs rejete parce que la valeur de gnralit de la thorie ou de l'explication sociologique qui est propose par cette tude de cas n'est pas suffisamment assure. Comment, en effet, un cas particulier peut-il expliquer un problme dans sa gnralit ? plus forte raison, comment atteindre a cette gnralit en l'absence de considrations sur la reprsentativit du cas tudi ? Le conflit qui oppose ouvertement les membres de l'cole de Chicago au corps professoral de l'Universit Columbia de New York porte prcisment sur ces points, relatifs la dfinition de l'tude sociologique du point de vue des mthodes en prsence. Il va cependant rapidement dgnrer en une lutte Politique entre ces deux institutions pour le contrle des moyens financiers et des mdias susceptibles de leur assurer une position hgmonique et de faire triompher leurs principes mthodologiques.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)48La querelle clate au grand jour l'occasion de la rencontre annuelle de l'American Sociological Society de 1935 33 , durant laquelle la mainmise de l'cole de Chicago sur cette association, ses colloques et sa revue, l'American journal of Sociology, est vertement dnonce. Les membres de l'Universit Columbia, pour y chapper, crent d'ailleurs une nouvelle revue, l'American Sociological Review, et des rseaux de collaboration dans lesquels les mthodes statistiques sont mises en vedette. L'emprise de l'cole de Chicago est dnonce avec force et, dans le feu de cette opposition, l'tude monographique est mise en cause, voire rejete, en raison de ses points faibles, certes, mais surtout cause de son appartenance exclusive cette cole. Les reproches faits l'tude monographique en tant que mthode ne sont d'ailleurs souvent que des arguments politiques visant a saper la position de premier plan de l'cole de Chicago au sein des universits amricaines. La suprmatie de l'cole de Chicago s'rode bientt, et l'tude monographique suscite de moins en moins d'intrt. Le recours aux [45] mthodes statistiques apparat dsormais ncessaire toute tude sociologique, dfinie suivant les exigences de prcision et de vrification du positivisme instrumental dcoulant de ces mthodes. L'tude sociologique doit tre dsormais une exprimentation contrle au mme titre que les expriences de laboratoire dans les sciences exprimentales, ce que l'intervention des mthodes statistiques semble permettre. Or, assez curieusement, les principes de pareilles mthodes sont tacitement entrins par les partisans de l'cole de Chicago, de sorte que le statut et les rgles de l'tude monographique se trouvent dfinis dans leur orbite mme. L'tude monographique devient ainsi une tude exploratoire, une pr-enqute devant donner lieu une tude statistique susceptible de vrifier ou falsifier une thorie et un modle gnral d'explication. Si nagure la monographie tait une tude sociologique en soi, dsormais elle n'est qu'un point de dpart exigeant d'tre confort par une thorie dj tablie qui vrifie sa valeur de gnralit. De sorte qu'il y a ici un renversement dans le passage des matriaux de terrain leur construction sous forme d'une thorie sociologique. Si, dans la tradition de l'cole de Chicago, la thorie tait chafaude sur la base des matriaux de terrain, dans la perspective des mthodes statistiques, c'est la thorie qui met en relief, voire vri33 L'American Sociological Society devient en 1958 l'American Sociological Asso-ciation notamment afin d'viter les ambiguts de son sigle, puisque ASS signifie, en anglais, ne .Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)49fie la valeur des donnes empiriques. Ce renversement est sans aucun doute relatif l'apparition, durant les annes 30, des premires thories gnrales dans la sociologie amricaine, principalement celle de Talcott Parsons, dont la mise l'preuve consacre en quelque sorte les vertus scientifiques de cette discipline 34 . Les prtentions acquises de ce point de vue font en sorte que la sociologie devient abstraite, dtache du contexte empirique, peu encline y fonder ses modles statistiques. Paul Lazarsfeld, illustre reprsentant des enqutes statistiques faites Columbia, va jusqu' dire qu'il peut passer des heures jouer avec des modles mathmatiques , que les donnes en elles-mmes ne l'intressent gure et que, du reste, l'intrt c'est de les manipuler par des instruments statistiques 35 . L'accent est donc mis sur la capacit de ces modles vrifier les thories en vue d'prouver leur valeur de gnralit. [46] L'tude monographique n'a pas de telles vertus : s'difiant sur la base d'un cas particulier, elle peut difficilement mesurer la valeur de gnralit d'une thorie, si ce n'est l'aune du cas lui-mme. Les partisans de la monographie, y compris ceux de l'cole de Chicago, en viennent mesurer la valeur d'une tude monographique selon qu'elle satisfait ou non aux exigences de la vrification des mthodes statistiques. Dans de telles conditions, la monographie est progressivement envisage, dans la meilleure des hypothses, comme une tude heuristique prscientifique et non plus comme une forme de connaissance valide en elle-mme, telle que considre auparavant Chicago 36 .34 Nicolas Herpin, Les sociologues amricains et le sicle, Paris, PUF, 1973. 35 Cit par Patrick Champagne, op. cit., p. 5. 36 Alvaro P. Pirs, op. cit., p. 17.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)504. La critique des tudes monographiques de E.C. Hughes et H. MinerRetour la table des matires La monographie connat donc son heure de gloire dans la sociologie amricaine avec l'cole de Chicago. Le conflit des mthodes qui clate entre les partisans de cette cole et ceux des mthodes statistiques font en sorte que la monographie perd de son intrt et ce, ds le dbut des annes 40. La querelle propos de la monographie sociale, comme d'ailleurs des mthodes qualitatives dans leur ensemble, semble se drouler au nom d'une rigueur qui serait mieux assure par la mise en uvre de ces mthodes statistiques. Si, effectivement, le conflit des mthodes se rattache cette question, il se droule sur un terrain proprement politique, o le principal enjeu renvoie la position hgmonique que visent occuper l'Universit Columbia et l'cole de Chicago au sein des institutions universitaires amricaines. Il est difficile, de ce fait, d'tablir si les critiques portes envers la monographie sociale sont parfaitement justifies sur un plan proprement mthodologique ou si elles ne sont pas plutt partie prenante de rapports de force entre des institutions universitaires dont les enjeux sont videmment d'un autre ordre que mthodologique 37 . [47] Quoi qu'il en soit de la teneur exacte de cette querelle - politique ou mthodologique - il est sans doute intressant de reprendre les critiques de la monographie tablie selon la tradition de l'cole de Chicago la lumire des tudes monographiques faites au Qubec. Car le Qubec, ou le Canada franais, ainsi qu'on l'appelait autrefois, a t le terrain d'lection de plusieurs tudes monographiques faites par les hautes figures de cette cole que sont Horace Miner et Everett C. Hughes. Sans qu'il ne soit question d'exposer dans le dtail les rsultats de leurs tudes, les monographies de Miner et Hughes seront envisages ici du point de vue des critiques faites de l'tude monographique, prcdemment souleves, afin d'en mesurer la37 Voir sur ce point, Martin Bulmer, The Chicago School of Sociology, Chicago, Uni-versity of Chicago Press, 1984.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)51justesse et, plus largement, d'tablir la rigueur des principes mthodologiques prsidant sa dfinition. Les points en jeu dans le fameux conflit des mthodes dans la sociologie amricaine, et constituant la matire des critiques faites de l'tude monographique, tournent essentiellement autour de : 1. l'absence de reprsentativit de cette tude, plus particulirement du cas servant d'observatoire au problme ou au phnomne social constituant l'objet d'tude; 2. l'absence de rigueur manifeste autant dam le recueil, la constitution et l'analyse des matriaux empiriques donnant lieu l'tude monographique. Cette absence de rigueur est lie au problme de l'intervention de la subjectivit dans cette tude, autant d'ailleurs celle du chercheur luimme que celle des informateurs de terrain. Si ces deux points rsument la critique faite de l'tude monographique, il faut bien reconnatre qu'ils constituent, plus largement, les problmes les plus saillants de toute tude sociologique, pour lesquels d'ailleurs les recherches contemporaines en mthodologie sociologique n'ont pas apport de vritables solutions, malgr des progrs en ce domaine que nous allons discuter plus loin. Pour l'heure, la discussion de ces problmes sera engage la lumire des monographies faites nagure du Qubec dans la tradition de l'cole de Chicago. L'absence de reprsentativit semble, premire vue, caractriser la monographie telle que la conoivent, par exemple, H. Miner et E.C. Hughes, puisque celle-ci s'tablit partir d'un cas, d'un observatoire [48] pour tudier un phnomne ou un problme social. Le choix de l'observatoire pose d'abord problme. En effet, en quoi le choix d'un village comme Saint-Denis de Kamouraska chez Miner ou d'une petite ville comme Drummondville chez Hughes permet-il de rendre compte de ce qu'est le Canada franais de cette poque dans sa totalit ? Ce reproche semble d'autant justifi que le choix de cet observatoire semble se faire sans vritables considrations ou critres susceptibles de lui assurer une valeur de reprsentativit. Pourquoi, en fait, Saint-Denis de Kamouraska ? Et Drummondville ? Si ce n'est que ces lieux, ces cas, sont choisis en fonction d'une conception, pour ne pas dire d'une thorie , implicite cependant, enfermant le Canada franais dans une image pittoresqueLenqute de terrain en sciences sociales (1991)52ne correspondant pas la ralit de cette socit. C'est ce que souligne, sa manire, Nicole Laurin propos des monographies du Qubec de l'cole de Chicago. La localit, et plus exactement la paroisse, remplace alors [avec l'cole de Chicago] la famille comme microcosme [de la socit]. La parent s'parpille, le sociologue est baladeur; Saint-Denis, Belle-Anse, Saint-Justin, lle d'Orlans... on profite tandis qu'il en reste de l'air de la campagne et des indulgences des processions. Car les ravages du dveloppement s'tendent 38 .La critique faite ici avec une pointe d'humour tient au fait que pendant que les chercheurs de l'cole de Chicago faisaient la monographie de petites localits rurales, comme Saint-Denis, le Qubec tait par ailleurs en voie d'urbanisation et d'industrialisation rapides, que l'observation de ces petites localits ne permettait pas de rendre compte. La critique d'Arnaud Sales de ces monographies est encore plus svre. Selon lui, le choix des localits privilgies par ces chercheurs amricains est partie prenante d'une position politique consacrant l'emprise des tats-Unis sur le dveloppement conomique du Qubec ou du Canada franais. En effet, la description de la vie rurale canadienne-franaise dans les termes d'une socit traditionnelle, et donc retardataire par rapport au contexte nord-amricain ambiant, justifie en quelque sorte la prsence amricaine pour assurer sa modernisation. [49] De ce fait, l'laboration de ces monographies et d'autres tudes faites par des chercheurs amricains, anthropologues et sociologues en l'occurrence, est bien intgre la dialectique ennoblissement du colonisateur - abaissement du colonis 39 . La reprsentativit des cas donnant lieu ces monographies n'apparat pas ainsi assure. Mais, en fait, ces cas ne comportent pas une valeur reprsentative de quoi ? La rponse cette question, en apparence banale, permet justement d'attribuer une valeur de reprsentativit l'tude monographique. Cette question et la rponse qui doit lui tre donne ne sont pas propres l'tude monographique. Elles s'imposent pour toutes les tudes sociologiques, ainsi qu'il sera montr plus loin.38 Nicole Laurin-Frenette, op. cit., p. 534. 39 Arnaud Sales, La bourgeoisie industrielle au Qubec, Montral, Presses de l'Uni-versit de Montral, 1979, p. 147. La critique de A. Sales concerne plus particulirement la monographie de E.C. Hughes et l'tude de Norman W. Taylor, L'industriel canadien-franais et son milieu [Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT], dans Ren Durocher et Paul-Andr Linteau (ds), Le retard du Qubec et linfriorit conomique du Canada franais, Boral Express, 1971, pp. 43-74.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)53Les reproches adresss aux monographies de l'cole de Chicago sur le plan de leur reprsentativit passent sous silence l'objectif poursuivi par leurs auteurs quant l'tude qui y est faite du Qubec (ou du Canada franais). Les propos de Horace Miner sont pourtant clairs sur ce point et prciss ds l'introduction de son ouvrage. L'tude dans ce volume [a pour objectif] la description ethnographique de la culture rurale canadienne-franaise telle qu'elle s'est le mieux conserve. [...] Pour rpondre aux exigences de cette tude, nous avons cherch une communaut agricole tablie depuis longtemps et ayant conserv une grande partie de son ancienne culture. Saint-Denis correspondait en tous points ces exigences. D'autres paroisses au Qubec, bien que plus isoles physiquement sont de fondation plus rcente ou dpendent d'une conomie diversifie. Des paroisses parmi les plus anciennes comptent des rsidents anglais l'anne longue ou durant l't, et on les a de ce fait limines. D'autres encore, tant proximit de grandes villes, se sont spcialises dans certaines productions agricoles. La [50] paroisse de Saint-Denis a t choisie parce qu'elle ne prsentait aucun de ces inconvnients 40 .Le choix de Saint-Denis de Kamouraska n'est donc pas fortuit, compte tenu de l'objet mme de l'tude monographique de Horace Miner qui est la culture, objet par excellence de l'anthropologie laquelle il souscrit. Ce village s'avre un observatoire de premire qualit pour tudier la culture rurale canadienne-franaise dans ses traits caractristiques. Le choix de ce village relve, a cet effet, d'une vritable stratgie mthodologique pour atteindre cette culture rurale telle qu'elle s'est le mieux conserve dans une socit dont la culture a chang par ailleurs. Que des changements soient intervenus dans la culture rurale canadienne-franaise, Miner le reconnat mais ceux-ci ne sont pas viss par son tude et, de ce fait, Saint-Denis de Kamouraska constitue l'observatoire parfait de cette culture rurale. Le choix de cette localit, de ce petit village, manifeste en quelque sorte une stratgie mthodologique pour atteindre cette culture rurale traditionnelle dans des conditions d'tude idales. L'explicitation de cette stratgie mthodologique confre de surcrot une valeur de reprsentativit au village de Saint-Denis en regard de l'objet de l'tude vise par H. Miner, savoir la culture rurale telle qu'elle s'est le mieux conserve .40 Horace Miner, St-Denis : un village qubcois, Montral, Hurtubise HMH, 1985,p. 19. [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)54Le choix du cas privilgi pour les fins de l'tude monographique n'est donc pas fait en l'absence de principes et de considrations mthodologiques faisant en sorte qu'il relverait du hasard ou d'une dcision arbitraire de la part du chercheur. Le choix du cas manifeste au contraire une vritable stratgie mthodologique dont l'explicitation permet prcisment de lui attribuer une valeur de reprsentativit par rapport l'objet de l'tude poursuivie. La mauvaise rputation de la monographie quant la valeur de reprsentativit des cas retenus pour l'tude de phnomnes sociaux provient de la tradition monographique de l'anthropologie du folklore, des us et coutumes encore particulirement vivante dans le domaine de l'anthropologie franaise. Ces tudes ont pour principal [51] but de cartographier des institutions ou des formes de parlers coutumiers, de recenser les types d'habitat traditionnels ou les motifs des contes populaires, ou encore de rassembler, rgion par rgion, les croyances et les rituels jalonnant jadis les ges de la vie ou le calendrier festif 41 . Selon l'anthropologue franaise Franoise Zonabend : C'est ainsi que de macroscopiques les recherches [monographiques] devinrent microscopiques et que d'uniformises, elles devinrent uniques, singulires, personnelles, d'o la critique, si souvent adresse ce genre d'entreprises, portant sur l'absence de reprsentativit des groupes tudis 42 .Suivant ces propos, la valeur de reprsentativit n'mane pas en soi du groupe ou du cas tudi mais de l'objet d'tude pouvant tre observ par ce biais qu'est le groupe ou le cas considr pour les fins de l'tude monographique. Les monographies labores selon la tradition de l'cole de Chicago chappent ces reproches touchant la valeur de la reprsentativit puisque celle-ci est en tout temps explicite la lumire de l'objet d'tude. Ce dont la monographie de Horace Miner a prcdemment donn la preuve. L'absence de rigueur est, par ailleurs, maintes fois invoque propos de l'tude monographique, au point o celle-ci est, semble-t-il faite dans un manque total d'objectivit. Ce manque est d principalement l'intervention de la subjectivit, autant celle des informateurs de terrain sollicits pour le recueil d'informations de premire main que la subjectivit du chercheur faisant monographie. L'intervention de la41 Franoise Zonabend, Du texte au prtexte , op. cit., pp. 33-34. 42 Ibid, p. 35.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)55subjectivit est comprise au sens de la mdiation des ides, des penses, des reprsentations et des valeurs des informateurs et du chercheur compromettant la reconstitution exacte des faits dfinissant le phnomne, l'objet tudi. Sans engager immdiatement la discussion sur la fameuse notion d'objectivit en sociologie et, plus gnralement, dans les sciences sociales, il convient au pralable de considrer de prs la dmarche prsidant l'dification d'une tude monographique. La monographie [52] d'E.C. Hughes, Rencontre de deux mondes, ouvrage classique de l'cole de Chicago, permet de l'illustrer de faon patente. Son tude monographique des consquences de l'industrialisation sur la petite ville du Canada franais qu'est Drummondville en 1933 s'appuie sur des statistiques officielles, sur le dpouillement d'archives et de journaux, sur des tmoignages recueillis par lui-mme et par sa femme et enfin sur des observations en direct de la vie ordinaire au sein de cette localit en voie de profonds changements. Les matriaux de seconde main, tels les statistiques officielles, les pices d'archives et les journaux, donnent lieu un premier aperu de cette situation du changement dans laquelle s'insre Drummondville. Ces matriaux sont autant de pices d'un puzzle dont l'assemblage s'tablit partir de l'objet d'tude que sont les mtamorphoses de cette localit sous l'impact d'une industrialisation due des capitaux trangers. La composition du puzzle dessine le fond de scne 43 constituant, en quelque sorte, le portrait de la situation rvle par les registres officiels des institutions politiques, civiques, religieuses, scolaires, etc. Les informations contenues dans ces registres sont dj organises suivant les besoins de ces institutions et Hughes, de ce fait, n'en privilgient qu'une partie dans certains cas et, dans d'autres cas, les informations retenues sont mises en relief par les hypothses thoriques acquises d'autres tudes sociologiques, comme celles de Lon Grin et Horace Miner, et d'tudes en sciences politiques, en dmographie et en gographie faites par Raoul Blanchard, N.B. Hurd et J.B. Cameron. Ceci montre combien l'tude sociologique de Hughes s'tablit en harmonie avec les autres disciplines des sciences sociales que sont la gographie humaine, la dmographie et les sciences politiques dont la conjugaison permet d'clairer son objet d'tude en ses diffrents aspects.43 C'est le titre de la premire partie de l'ouvrage de E.C. Hughes. [Livre disponibledans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)56L'intervention de ces clairages thoriques est donc dtermine au premier chef par l'objet tudi, savoir les impacts d'une industrialisation trangre dans une localit comportant une culture homogne, et de ce fait ne renvoie pas un bricolage thorique dont la vise n'est pas clairement explicite. L'intervention de ces divers clairages thoriques permet E.C. Hughes de prendre un premier recul face aux [53] informations qui, en dpit qu'elles soient dj organises selon les besoins des institutions dont elles proviennent, sont nanmoins mises contribution, suivant la distance critique que lui procurent ces divers clairages thoriques pour constituer la toile de fond de son tude sociologique. Les propos recueillis directement auprs d'informateurs de terrain, de mme que les observations directes de la vie ordinaire, permettent de donner Hughes un second recul face aux informations officielles et, de surcrot, aux hypothses thoriques retenues pour les clairer et pour clairer les informations provenant de l'enqute de terrain. Les reculs tablis face aux informations officielles, aux hypothses thoriques retenues et aux informations de terrain sont essentiellement assurs par leur comparaison mutuelle faite au sein mme de l'tude monographique et qui donne lieu la description de l'objet qui y est vis. Si donc la subjectivit du chercheur et celle des informateurs de terrain sont prsentes dans l'tude monographique, leur intervention est explicite selon les rgles fournies par la mthode comparative. Ce point est soulev avec force dtails dans l'tude qu'a consacre Jean-Michel Chapoulie l'uvre de E.C. Hughes. La mthode comparative n'est pas seulement un moyen qui permet au chercheur de terrain de parvenir un point de vue objectivant sur ses propres activits et ainsi exercer un certain contrle sur celles-ci. Elle est galement linstrument principal qui lui permet de se dgager des reprsentations constitues de l'objet qu'il tudie, et de celles, particulirement prgnantes, qui sont associes au point de vue pratique [celui des acteurs sociaux] qui lui est familier. La dmarche comparative est ainsi utilise par Hughes, non des fins dmonstratives, mais pour construire des catgories analytiques dgages des jugements de valeurs constitus et des catgories utilises par les [acteurs] eux-mmes des fins pratiques 44 .44 Jean-Michel Chapoulie, Everett C. Hughes et le dveloppement du travail deterrain en sociologie , Revue franaise de sociologie, XXV, 1984, pp. 599-600.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)57La mthode comparative permet donc de saisir, par les effets de contraste qu'elle suscite, l'objet d'tude tel qu'il est dfini dans les propos [54] des informateurs de terrain et tel qu'il est construit par le chercheur pour l'expliquer d'un point de vue sociologique. L'intervention de la subjectivit des informateurs de terrain et celle du chercheur y sont donc clairement diffrencies et, de surcrot, l'articulation qui en est faite dans l'tude monographique apparat avec nettet. Les reproches adresss l'tude monographique quant l'absence prsume d'une valeur reprsentative et d'une rigueur mthodologique semblent peu fonds, a tout le moins quant aux monographies tablies selon la tradition de l'cole de Chicago dont Horace Miner et Everett C. Hughes sont les titulaires mrites. Les premires critiques de la monographie sociale ont t faites dans la feu d'un conflit des mthodes en sociologie davantage anim par des motifs touchant la suprmatie d'institutions universitaires qu'aux vertus des mthodes en jeu. L'tude monographique n'est pas pour autant sans dfauts, lis l'tat de dveloppement de la sociologie et de la mthodologie sociologique l'poque o ce conflit des mthodes clate, sonnant ses dernires heures de gloire. L'essor des mthodes quantitatives qui s'ensuivit ont marqu sans nul doute un rapide dclin de l'tude monographique en sociologie et dans la plupart des disciplines des sciences sociales, l'exception de l'anthropologie o elle est demeure en vogue. Cet essor a par ailleurs permis des progrs indniables dans le domaine de la mthodologie sociologique, qui n'ont cependant pas effac les problmes et les limites que comportent ces mmes mthodes quantitatives. Dnoncs au dbut des annes 60 avec une vigueur rappelant la virulence du conflit des mthodes connu 30 ans auparavant, les problmes et limites reconnus aux mthodes quantitatives ont suscit un regain d'intrt envers la monographie et, plus gnralement, les mthodes qualitatives dont l'histoire de vie est l'exemple par excellence 45 .45 Pour un exemple de cette critique et de sa teneur, voir Daniel Bertaux, Poursortir de l'ornire no-positiviste , Sociologie et socits, VIII, 2, 1976, pp. 119-133; L'imagination sociologique , Recherches sociologiques, XVI, 2, 1985, pp. 269-279.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)58[55]5. lments pour un dbat sur l'tude monographiqueRetour la table des matires Ce retour vers la monographie et les mthodes qualitatives en sociologie et dans les sciences sociales est l'occasion privilgie pour soulever les questions et les problmes qu'elles posent pour les fins de l'tude sociologique ou, de faon plus gnrale, de l'explication vise par les sciences sociales. Ce sont ces questions et problmes, tout le moins quelques-uns d'entre eux, que nous souhaitons aborder maintenant, la lumire de la recherche faite dans le domaine de l'tude monographique et de la mthodologie qualitative dont l'ampleur, la diversit et les acquis sont rvls dans la bibliographie prsente dans cet ouvrage. L'histoire de la mthodologie sociologique et, plus particulirement, le fameux conflit des mthodes en sociologie, ont parfaitement rvl que les questions et problmes mthodologiques de cette discipline ne peuvent tre convenablement abords, encore moins rsolus, par une opposition entre les mthodes quantitatives et les mthodes qualitatives. Envisags dans cette perspective, les problmes mthodologiques de la sociologie ne provoquent que des dbats manqus , qui sont autant d'occasions rates pour que cette discipline puisse manifester des progrs quant la rigueur dont elle peut faire preuve. Il est cependant bien difficile d'aborder ces problmes sans voquer le fameux conflit des mthodes o nagure ils ont t en jeu et de le reprendre nouveaux frais. C'est ce que nous allons nanmoins tenter de faire prsent.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)59a. Le problme de la thorie et de sa vrificationRetour la table des matires Les enjeux du conflit opposant les partisans de l'tude monographique telle que conue par l'cole de Chicago ceux des mthodes statistiques privilgies l'Universit Columbia ont impos toute tude sociologique l'exigence de la vrification d'une thorie. En effet, selon cette exigence, toute tude sociologique doit s'amorcer partir d'une hypothse thorique, acquise d'une revue de la littrature sociologique [56] consacre au sujet tudi, et dont la vrification par l'tude d'un objet dtermin, phnomne ou problme social, constitue la preuve de sa valeur explicative. Cette exigence s'inspire de la dmarche dductive qui anime le protocole exprimental des tudes en laboratoire. Dans cette perspective, toute science doit reconstruire les faits, c'est--dire leur donner un sens dans le champ d'une thorie, d'un systme d'hypothses et, partir d'un ensemble de procdures d'examen, de mthodes d'analyse 46 . Si cette dmarche dductive vaut et s'avre la dmarche classique de la vrification de toutes thories scientifiques, que celles-ci relvent du domaine des sciences exprimentales ou de celui des sciences sociales, elle n'efface pas pour autant le fait, extrmement banal premire vue, qu'avant d'tre vrifie une thorie doit d'abord tre constitue. En d'autres termes, une thorie ou une hypothse thorique a, son origine, merg de l'tude d'un objet ou d'un cas empirique dont la dmarche n'est et ne peut pas tre dfinie de faon dductive. L'histoire et l'pistmologie des sciences reconnaissent parfaitement aujourd'hui qu' il n'y a pas de recette, de "mthode" scientifique ou d'algorithme connu de la dcouverte scientifique : on ne connat pas de procdure mcanique permettant d'engendrer une hypothse ou une thorie partir de certains faits observs en une srie finie d'tapes 47 . Toute thorie s'appuie, a son origine, sur un objet ou un cas particulier46 Maurice Godelier, Les sciences de lhomme et de la socit en France, Paris, La 47 Pierre Jacob, Prsentation , dans pistmologie, lge de la science (vol. II),Documentation franaise, 1982, p. 24. Paris, Odile Jacob, 1989, p. 10.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)60dont l'tude en profondeur donne naissance une ou des hypothses thoriques ventuellement susceptibles d'une vrification auprs d'autres objets ou cas afin d'en mesurer la valeur de gnralit. La vrification de la thorie ou d'une hypothse thorique ne doit donc pas faire oublier que la mise au point de celle-ci est l'aboutissement d'une dmarche dont la gnalogie se prte mieux une approche historique que logique 48 . L'accent mis sur la vrification de la thorie, au cur mme du conflit sur les mthodes, a sans nul doute pass ce point sous silence. telle enseigne que la thorie ne semble pas s'difier sur [57] les faits empiriques mais constitue un ensemble de propositions ou d'hypothses thoriques, abstraites devant tre vrifies par ces faits en vue de mesurer la gnralit de leur valeur explicative. Or c'est pourtant la description empirique des faits qui permet de produire les bonnes questions thoriques, celles qui, partir d'un fait insolite, comme disait Bachelard, permettent d'accder la dcouverte de la structure gnrale d'un domaine de la ralit 49 . L'accent mis sur la vrification de la thorie pose problme de faon encore plus pousse quand pareil accent suggre que la thorie s'oppose aux faits empiriques et, de surcrot, aux significations qui peuvent leur tre attribues. Le statut suprme qui lui est ainsi accord incite penser que la thorie doit se dmarquer radicalement des faits empiriques en ce sens qu'elle doit aller l'encontre de l'exprience immdiate puisque l'objectif premier de la thorie est de la saisir sur autre plan que celui de son immdiatet. Cela doit se manifester avec plus de vigueur dans le domaine de la sociologie et des autres sciences sociales car l'exprience sociale vise par ces disciplines est immdiatement constitue des significations des acteurs sociaux eux-mmes.48 Ibid., p. 11. 49 Maurice Godelier, Les sciences de I'homme et de la socit en France, op. cit., p.25.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)61b. Le statut des matriaux de terrainRetour la table des matires De ce fait, la thorie sociologique doit s'opposer aux significations attribues par les acteurs sociaux leur propre exprience immdiate. Ces significations sont considres dans cette perspective en tant que sens commun dont le statut a reu en sciences sociales, et plus particulirement en sociologie, de nombreuses dfinitions plus ou moins pjoratives. Le sens commun y est ainsi, de proche en proche, dfini comme vidences banales, reflets dforms de la ralit, fausse conscience ou conscience fausse 50 . L thorie a prcisment pour objectif de contourner ces vidences banales pour atteindre une explication qui puisse tre rigoureusement dmontre. L'tude monographique perd [58] son intrt dans cette veine. Car la description empirique des faits sociaux qui la caractrise s'inspire du sens commun et, donc, de ce fait, l'tude monographique n'est et ne peut tre que la systmatisation d'vidences banales leve au rang de thorie. L'exigence pose aux sciences sociales, la sociologie notamment, de contourner les vidences banales, le sens commun pour tout dire, na jamais t autant affirme que dans le structuralisme redevable l'uvre de Claude Lvi-Strauss. La reprsentation scientifique de la ralit sociale, crit Maurice Godelier, ne sort pas par "abstraction" des reprsentations [ou significations] spontanes ou rflchies des individus. Elle doit au contraire contester les vidences de ces reprsentations pour faire apparatre la logique interne cache de la ralit sociale... Ce refus de prendre les rapports sociaux visibles pour il "la" ralit sociale est galement le fait de C. Lvi-Strauss qui fonde son analyse structurale sur un refus de tout prsuppos empiriste 51 Il en dcoule, par consquent, que : [...] le problme de la connaissance scientifique est donc de trouver ses points de dpart qui ne peuvent pas tre les reprsentations spontanes que50 Gilles Houle, Histoires et rcits de vie : la redcouverte oblige du sens com-51 Maurice Godelier, Le marxisme dans les sciences humaines , Raison prsente,mun , dans Danielle Desmarais et Paul Grell (ds), Les rcits de vie, Montral, ditions Saint-Martin, 1986, pp. 35-51. 55, 1980, p. 111.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)62se font les individus de leurs rapports, reprsentations qu'ils utilisent chaque jour pragmatiquement pour produire et reproduire leur existence au sein de ces rapports et ces rapports eux-mmes. La plupart du temps, ces reprsentations sont l'vidence mme pour les individus qui agissent au sein de leurs rapports et sur leurs rapports, mais qui en sont prisonniers 52 .Dans pareille perspective, les significations immdiatement attribues par les acteurs sociaux leur propre exprience sociale ne peuvent d'aucune faon constituer le point de dpart de la thorie puisque ces significations ou reprsentations ne permettent pas d'atteindre la logique interne cache de la ralit sociale . Ces significations immdiates font cran et la thorie doit donc, dans de telles conditions, dpasser ces vidences pour saisir la ralit sociale qui s'y trouve [59] en quelque sorte dissimule. Claude Lvi-Strauss a risqu le mot d inconscient pour caractriser ce fait que les significations attribues par les acteurs sociaux leur propre exprience sociale ne permettent pas de rendre compte des proprits des rapports sociaux constituant cette exprience immdiate. La mise jour de ces proprits exige l'intervention de modles thoriques, l'exemple des modles logicomathmatiques dont Lvi-Strauss a recours pour dgager la structure des systmes de parent, des mythes, des manires table, etc. 53 , et, de ce fait, les expliquer sur un autre plan que celui des significations qui leur sont immdiatement attribues. L'tude monographique revt ainsi peu d'intrt pour les fins de l'explication qui, dans cette optique, doit s'tablir sur un plan impermable aux significations attribues par les acteurs sociaux leur exprience. Or ces significations ou, pour tre bref, le sens commun, intervient en premire force dans l'tude monographique, par le souci qui y est manifest de recueillir les propos en situation des acteurs et de considrer avec attention toutes sortes de matriaux qui, dans leur facture, renvoient derechef aux significations des acteurs sociaux eux-mmes, savoir des crits intimes, des lettres, des papiers personnels. La valeur de la monographie peut ds lors tre mise en dficit puisque l'tude faite de la ralit ou de l'exprience sociale repose trop directement sur des matriaux ne recelant que des vidences52 Maurice Godelier, D'un mode de production l'autre : thorie de la transi53 Sur l'uvre de C. Lvi-Strauss, voir l'ouvrage remarquable de Mireille Marc-tion , Recherches sociologiques, XII, 2, 1981, pp. 172-173.Lipiansky, Le structuralisme de Lvi-Strauss, Paris, Payot, 1973.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)63banales, voire un sens commun envisag comme fausse conscience ou conscience fausse. Si la critique envers l'tude monographique a t extrmement svre sur ce point, elle a pourtant pass sous silence le fait que l'ensemble des matriaux empiriques dont procde toute tude sociologique comporte, des degrs divers, les significations que les acteurs sociaux attribuent leur propre exprience sociale. En effet, ces significations interviennent autant dans un rcit auto-biographique, une lettre ou dans les rponses fournies un questionnaire, bien que dans ce dernier cas un contrle sur celles-ci soit plus strictement assur. Ce contrle n'enlve cependant rien au fait que les significations des [60] acteurs interviennent dans les rponses qu'ils apportent aux questions poses au sujet de leur exprience sociale, de la ralit sociale laquelle ils sont partie prenante. Le statut pjoratif confr aux significations des acteurs sociaux, et donc aux matriaux qui les reclent, pose problme puisque toute tude sociologique reposerait en dernire analyse sur des vidences banales ou une conscience fausse de la ralit sociale . Comment, en pareille condition, est-il possible d'atteindre rigoureusement la vritable ralit sociale en prenant pour point de dpart des matriaux dont le contenu est dfini selon un statut pjoratif ? Ce statut pjoratif peut donc difficilement tre accol aux matriaux empiriques dont procde toute tude sociologique et, par consquent, aux significations immdiatement attribues par les acteurs sociaux leur exprience sociale. Les rcentes recherches sur l'idologie et le sens commun tendent d'ailleurs montrer que la valeur de ces significations est relative cette exprience sociale 54 . En pareil cas, un statut pjoratif peut difficilement leur tre confr puisque ces significations constituent la connaissance immdiate qu'ont les acteurs sociaux de leur exprience ou de la ralit sociale .54 Outre l'article remarquable de Gilles Houle prcdemment cit, voir les critsde Maurice Godelier sur l'idologie, particulirement La part idelle du rel. Essai sur l'idologique , L'Homme, XVIII, 3-4, 1978, pp. 41-5 3 o M. Godelier pose la question suivante : si l'idologie est dfinie comme illusion ou fausset, illusion ou fausset pour qui ? Pas pour ceux qui y croient et qui tiennent cette idologie comme seule vraie et qui dtermine leur connaissance du monde. Ces propos de Godelier sont nettement plus nuancs que ceux rapports auparavant au sujet du structuralisme de Lvi-Strauss.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)64Ces significations des acteurs sociaux interviennent ainsi d'entre de leu dans l'ensemble des matriaux empiriques mobiliss pour les fins de toute tude sociologique, qu'ils aient t recueillis sur le vif ou non. La dcouverte des proprits des rapports sociaux, expliquant selon C. Lvi-Strauss l'exprience sociale sur un autre plan que le plan immdiat des significations des acteurs sociaux, renvoie donc l'tude qui est faite de ces matriaux pour les y faire apparatre. [61]c. La description monographique et le dcoupage de l'exprience socialeRetour la table des matires L'tude de ces matriaux empiriques doit d'abord tre faite suivant cette vise reconnue par C. Lvi-Strauss la sociologie et, plus gnralement, aux sciences sociales, qui est d'expliquer l'exprience immdiate des acteurs sociaux du point de vue des proprits des rapports sociaux qui la constituent. Ceci exige d'abord que cette exprience immdiate, saisie travers divers matriaux empiriques, soit dcoupe en un objet d'tude propre rvler les proprits des rapports sociaux qui en sont constitutifs. Par objet d'tude, on entend ici ce dont peuvent construire des modles [thoriques], manipulables selon des rgles explicites, et coordonnables des preuves spcifiquement dfinies et codifies 55 . En fait, il s'agit de rduire les matriaux empiriques accumuls en un objet d'tude permettant d'accder aux proprits des rapports sociaux constituant l'exprience immdiate des acteurs sociaux. Cette rduction obit donc un dcoupage guid par cette vise, caractrisant au mieux l'tude sociologique. Pour tre bref, cette rduction s'opre par un dcoupage au sein des matriaux empiriques de toutes les informations relatives aux rapports sociaux dfinissant l'objet vis par l'tude sociologique. Ce dcoupage se complique du fait que les informations contenues dans les matriaux empiriques sont tablies selon les significations attribues par les acteurs la55 Gilles-Gaston Granger, Peut-on assigner des frontires la connaissance scien-tifique ? , dans Rene Bouveresse (d.), Karl Popper et La science aujourdhui, Paris, Aubier, 1989, p. 57.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)65 ralit sociale ou, de prfrence, leur exprience immdiate. La mise jour des proprits des rapports sociaux exige de ce fait que l'objet d'tude permettant de les rvler soit dcrit tel qu'il se trouve dfini au sein de ces significations immdiates qui se manifestent dans les matriaux empiriques privilgis. La dcouverte des proprits empiriques des rapports sociaux requiert donc cette description permettant d'tablir la manire dont l'objet d'tude, dtermin selon cette vise, est dfini concrtement, au sein mme de l'exprience des acteurs sociaux et des significations qu'ils lui attribuent immdiatement. [62] La monographie revt d'emble un intrt cet effet puisque, suivant la dfinition qui lui est accole de faon classique, elle s'avre tre l'tude descriptive par excellence. La monographie constitue de fait une sorte de prsentation la plus complte et la plus dtaille de l'objet tudi assure par un souci de totalisa-tion au niveau de l'observation, de la reconstruction et de l'analyse des objets abords 56 . La monographie est donc, en ce sens, l'tude idale pour saisir au mieux la manire dont l'objet d'tude vis par le chercheur, sociologue ou anthropologue en l'occurrence, est dfini ou tabli au sein des significations des acteurs sociaux Par la description de cet objet faite au gr de l'tude. Cette description est faite dans un mixte de langage des sciences sociales et du langage de la vie quotidienne 57 permettant de saisir en acte la manire dont le chercheur construit dans son langage thorique l'objet de son tude immdiatement dfini dans le langage de la vie quotidienne, c'est--dire au sein des significations qu'attribuent les acteurs sociaux leur propre exprience et qui, de ce fait, en constituent le sens commun. Le passage de l'exprience ou de la ralit sociale dfinie au sens des significations qui lui sont immdiatement attribues par les acteurs sociaux l'exprience sociale telle que vise et dtermine par la thorie sociologique est donc explicitement assur par la description que l'tude monographique rend possible dans des conditions idales. La minutie et la profondeur de la description monographique permettent ainsi de saisir les assises empiriques de la thorie dans le mme temps que peut tre clairement saisie la manire dont les faits empiriques56 Franoise Zonabend, op. cit., p. 35. 57 Jean-Michel Chapoulie, Everect C. Hughes et le dveloppement du travail deterrain en sociologie , op. cit,, p. 594.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)66sont dfinis sur le plan thorique. Si la description n'est pas en soi une explication exigeant dans tous les cas, selon C. Lvi-Strauss, l'intervention de modles abstraits, thoriques - elle s'avre nanmoins oblige afin de dfinir prcisment les assises empiriques sur lesquelles la thorie va sdifier. La monographie acquiert de ce fait une importance cruciale dans le domaine de la sociologie, et des autres sciences sociales, en ce qu'elle s'avre une tude descriptive de premire force. Les propos de lpistmologue Gilles Houle soulignent fort bien ce point. [63] [...] les thories explicatives connues et qui font l'envie des sciences sociales ont toutes t prcdes de thories descriptives sur lesquelles elles ont pu s'appuyer. L'cole de Chicago reste une rfrence essentielle sur ce point, par l'explicitation ds lors rendue possible des rgles de description et dont la monographie, par la varit des donnes utilises notamment, reste le meilleur exemple. La monographie considre comme thorie et mthode descriptives ne relve alors plus de la prhistoire de la sociologie 58 . L'tude monographique ne va donc pas l'encontre de la dtermination de modles thoriques en sciences sociales; elle la permet dans les meilleures conditions. Considre de cette faon, la monographie revt un intrt immdiat pour les fins mme de l'explication en sociologie et dans les autres sciences sociales. Si, par ailleurs, toute thorie explicative se prsente sous forme de modle, c'est que l'explication dtermine sous cette forme a une valeur de gnralit et n'est donc pas le fait d'un cas particulier. Or la monographie s'avre, par dfinition, l'tude en profondeur d'un cas particulier. Comment, ds lors, peut-elle parvenir une explication sous forme d'un modle thorique ? Et ayant de ce fait une valeur de gnralit ? Ces questions impliquent un retour au fameux. Le problme de la reprsentativit du cas tudi par voie monographique et de la valeur de gnralit des rsultats de pareille tude monographique.58 Gilles Houle, op. cit., p. 45.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)67d. Brves considrations sur le passage du local au globalRetour la table des matires L'tude monographique semble faire dfaut sur ces deux points du fait qu'elle ne repose que sur l'tude d'un cas particulier. La porte de l'tude n'est donc relative qu' celui-ci et, de ce fait, elle ne peut s'avrer que microscopique. Envisage dans cette perspective, l'tude monographique ne permet que de saisir un caractre singulier, propre au cas tudi, faisant de la monographie l'tude micro-sociologique [64] par excellence. L'tude d'autres cas permet ventuellement de pallier aux limites, voire aux dfauts, de pareille tude micro-sociologique puisque la comparaison possible des cas donne relief au caractre singulier saisi au sein d'une premire tude. Ceci est, somme toute, la position la plus communment admise en sociologie ce sujet. Elle est mme entrine par des sociologues qui, comme Anthony Giddens, par exemple, rcusent avec force la fameuse distinction micro/macrosociologique. Les tudes monographiques - comme, par exemple, en anthropologie, la traditionnelle recherche sur le terrain mene dans une communaut de petite taille - ne sont pas des tudes qui, en elles-mmes, se prtent la gnralisation; pourtant, elles peuvent s'y prter sans grande difficult lorsque leur nombre est suffisant pour permettre de juger de leur caractre typique 59 . La porte microscopique attribue l'tude monographique est donc ici essentiellement lie au fait que celle-ci est tablie en l'absence d'un nombre suffisant de cas, selon les mots de A. Giddens. Le problme ici est de dterminer prcisment le nombre de cas pour qu'il s'avre suffisant. Combien en faut-il cet effet ? La porte de l'tude monographique est-elle mieux fonde si celle-ci s'appuie sur deux, dix ou cent cas ? Cette porte devient-elle immdiatement macroscopique du fait que l'tude monographique repose sur plus d'un cas ? Les questions relatives la porte de l'tude monographique impliquent, d'entre de jeu, un retour aux problmes et considrations prcdemment exposs 59 Anthony Giddens, La constitution de la socit, Paris, Presses universitaires deFrance, 1987, p. 50.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)68propos de la valeur de la reprsentativit des cas tudis. Sans qu'il n'est besoin ici de les rpter, il y a t vu que, dans le feu du conflit des mthodes en sociologie, l'accent mis sur le nombre de cas considr a fait en sorte que le problme du statut confr tout cas pour les fins d'une tude sociologique, qu'elle relve ou pas d'une approche monographique n'a pas t pos. Il est apparu que la dfinition de ce statut rside dans la vise mme de cette tude. Que vise-t-on prcisment expliquer par ce ou ces cas ? Si le problme du nombre de cas importe dans la dfinition de toute tude sociologique, [65] il ne saurait se poser au premier chef Il ne saurait, de surcrot, dterminer en lui-mme la dfinition de cette tude. En d'autres mots, malgr son importance, la dfinition de toute tude sociologique n'est pas rductible au problme du nombre. Si la vise de l'tude prside la dfinition du nombre de cas qu'il convient de privilgier, il est alors fond de penser qu'une tude sociologique peut s'difier partir d'un seul cas, condition que celui-ci puisse s'avrer suffisant pour satisfaire cette vise. Le caractre suffisant du cas ne s'exprime pas ici en termes de nombre mais selon les qualits ou vertus mthodologiques reconnues au cas privilgi. Le clbre anthropologue Clifford Geertz a parfaitement rsum ce point dans ses propos sur les vertus mthodologiques du village, jadis considr comme terrain d'lection de l'anthropologie. La formulation la meilleure [du] type de structure villageoise [recherche par les anthropologues] est peut-tre de la reprsenter en recourant au modle de l'intersection de plans d'organisation sociale thoriquement distincts. [...] Un village n'est pas un hameau ni un groupe frquentant une mme glise, mais un exemple concret d'intersection de diffrents plans d'organisation sociale, dans un lieu dfini de manire large 60 .Le village, suivant les qualits pouvant lui tre confres sur un plan mthodologique, l'poque des premiers anthropologues tout le moins 61 , se rvle tre un observatoire de premier choix pour saisir les diffrents plans d'organisation sociale qui, dam leur intersection, se manifestent dans leurs caractristiques ou proprits60 Clifford Geertz, Form and Variation in Balinese Village Structure, American 61 Suivant ce qui a t voqu prcdemment, ceux-ci ont bnfici du fait que lesAnthropologist, 61, 6, Dcembre 1959, cit par Patrick Champagne, op. cit., p. 11.socits constituant le terrain d'lection de leur monographie taient, leur poque, homognes et relativement simples.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)69les plus saillantes. L'explication sur le plan des proprits des rapports sociaux, pour reprendre les mots de C. Lvi-Strauss, peut donc tre atteinte par l'tude d'un cas, l'exemple d'un village. L'explication ressortant de cette tude doit tre envisage ds lors comme explication macrosociologique non pas en tant qu'explication microsociologique, comprise [66] au sens d'une explication rduite l'chelle de la particularit du cas considr. Les qualits mthodologiques reconnues au cas dterminent ainsi sa valeur reprsentative suivant la vise de l'tude. Cette valeur reprsentative du cas est de surcrot explicite par la description qui en est faite au sein de l'tude monographique. La dfinition de la reprsentativit est donc ici assure dans des conditions idales puisque la monographie, par dfinition, est l'tude descriptive par excellence tellement la profondeur et le souci de totalisation y sont de premier ordre. L'anthropologue Franoise Zonabend remarque ce sujet que : L'approche monographique offre seule la possibilit de prciser les conditions sociologiquement pertinentes de la reprsentativit, puisque s'attachant dcrire les processus concrets de la formation des [rapports] sociaux ou de l'volution des institutions, elle met jour les facteurs les plus importants, les moments de rupture les plus dterminants, du moins pour chaque objet tudi 62 .La reprsentativit voque ici est d'ordre sociologique, c'est--dire qu'elle est tablie au sein d'une thorie sociologique premire de l'objet tudi dont la description faite en dtail et avec un souci de totalisation en constitue l'explicitation. La profondeur de la description caractrisant l'tude monographique permet donc que la dfinition de la reprsentativit de l'objet tudi se manifeste avec prcision puisqu'il est ainsi possible de saisir immdiatement, en acte peut-on dire, en quoi l'objet tudi est reprsentatif de la socit vise dans l'explication. La reprsentativit est de ce fait assure par l imagination sociologique manifeste dans les choix et tactiques mthodologiques privilgis dans la dtermination du cas ou, plus justement, de l'objet tudi. La porte de l'tude monographique est de surcrot fonde par ces choix et tactiques dont les vertus mthodologiques peuvent tre saisies en acte dans la description qui y est faite de l'objet tudi.62 Franoise Zonabend, op. cit., p. 35.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)70Le passage du local au global, anim par la mise jour de singularits, est alors compris en son sens dfini en mathmatiques et dans [67] l'pistmologie des sciences et dont la position de Ren Thom, introduite par sa fameuse thorie des catastrophes , rend compte avec finesse. Cet extrait d'une entrevue accorde par le clbre mathmaticien rsume simplement une position par ailleurs fonde sur un raisonnement pistmologique qu'il faut du reste renoncer prsenter ici dans le dtail. Jean Petitot : Quel rapport faites-vous entre l'opposition lment/agrgat et l'opposition local/global ? En quoi la notion de singularit y est-elle cruciale ? Ren Thom : Il y a une raison trs simple qui justifie l'importance de la notion de singularit. C'est l'un des deux outils dont dispose le mathmaticien pour passer du local au global. Or toute dduction exige un passage du local au global. Ces deux outils vont d'ailleurs en sens inverse. Le premier, qui va du local au global, est celui du prolongement analytique. Et il ne faut pas se dissimuler que toutes les mthodes existantes de prdiction quantitative reposent en dernire analyse sur lui. Le second outil, qui va du global au local, est prcisment celui des singularits. Dans une singularit on concentre en un point un tre global que l'on peut reconstituer par dploiement ou dsingularisation. Jean Petitot : Il y a l un renversement de connotations smantiques. La singularit devient le bon objet aprs avoir t traditionnellement le mauvais objet. Pour vous ce sont les singularits qui structurent les phnomnes. Ren Thom : Oui. Les singularits sont pour moi le squelette du phnom-ne 63 .Si ces choix et tactiques dterminent l'objet tudi comme tant reprsentatif de la socit vise, la porte de l'tude s'avre donc macroscopique par les vertus mthodologiques qui se manifestent par ces choix et tactiques. La dfinition de sa reprsentativit sociologique confre une porte l'objet ou au cas privilgi, faisant en sorte que son tude monographique permet d'atteindre une explication sur le plan des proprits des rapports sociaux et, donc, de ce qui prdomine [68] l'chelle globale de la socit. L'objet tudi, par les vertus mthodologiques qui lui sont accoles au gr de l'explicitation des choix et tactiques prconiss, devient en63 Jean Petitot, Interview de Ren Thom , Mathmatiques et sciences humaines,XV, 59, automne 1977, p. 31.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)71quelque sorte un prototype exprimental si, ici, un rapprochement est permis avec les expriences de laboratoire des sciences exactes ou des sciences de la matire. Car, en effet, qu'est donc un prototype exprimental en ces domaines si ce n'est un dispositif, des instruments et des machines dont la dfinition thorique et mthodologique, voire technique, de leur utilisation reprsente la matire vivante ou inanime constituant l'objet d'tude. La matire est ainsi reprsente en miniature dans ce prototype exprimental au sens o celui-ci, de par sa dfinition, reposant sur des choix et tactiques thoriques et mthodologiques, la reproduit cette chelle dans sa globalit. Ce prototype exprimental condense, par exemple, la matire vivante, la nature, une chelle extrmement locale, rduite, de telle manire qu'il soit ds lors possible d'en saisir et d'en expliquer les proprits qui, cette chelle, font saillies. Suivant sa dfinition, le prototype exprimental permet d'atteindre la singularit de l'objet tudi, faisant en sorte qu'il assure le passage du local au global ncessaire son explication. La singularit est donc caractrise comme concentration du global dans le local. La singularit n'y est pas ainsi considre en son sens courant d'un caractre particulier un fait, une espce ou une chose. Elle y est envisage ici comme caractrisant un fait, une espce ou une chose. C'est bien en cela que la position du clbre mathmaticien manifeste le renversement de connotations smantiques voqu prcdemment par Jean Petitot. Faisant cho la position de R. Thom, il apparat l'pistmologue des sciences Gilles-Gaston Granger que la dmarche prsidant la dcouverte des singularits et au passage du local au global peut se rsumer trois mots : dcrire, comprendre et expliquer. Pour bien dcrire, il faut comprendre , crit Thom. Mieux encore, ajouterions-nous, une telle description vise expliquer. Par ce mot d'explication nous entendons ici le rapport du local au global, sur lequel le mathmaticien a si justement insist. On a vu dj qu'il caractrise la singularit comme concentration du global dans le local. Mais il suggre plus [69] gnralement que la dmarche thorique s'oppose la dmarche pragmatique comme la vise de problmes globaux, rsoudre par rduction des situations locales typiques, s'oppose la vise de problmes locaux, rsoudre par des moyens globaux... Il reconnat dans la science elle-mme cette double orientation. Mais [la thorie] telle qu'il l'entend, supposerait essentiellement leLenqute de terrain en sciences sociales (1991)72mouvement qui est celui de la connaissance qualitative par excellence et qui part des singularits pour y dceler et y redployer le global 64 .Il importe de revenir brivement sur ces trois mots associs cette dmarche qui, selon Granger, est celle de la connaissance scientifique qualitative par excellence. La description doit tre comprise comme la mise en vidence d'un tout et son dcoupage en parties. L'instrument de cette opration de reprage est un canevas, ou rseau abstrait, convenablement adapt la mise en place des fragments du puzzle et la reconstitution du tout au moyen de ses parties 65 . Comprendre suppose assurment dj quelque description suffisamment adquate et prcise, ft-elle sommaire. Mais on ne comprend la forme que si l'on tablit les relations et les contraintes qui associent les parties en lesquelles la description a dcoup le tout. Un dcoupage qui serait seulement descriptif pourrait bien tre tout fait arbitraire; un dcoupage comprhensif exige que des relations apparaissent entre les morceaux 66 .Enfin, expliquer, c'est insrer ce systme dans un systme plus vaste dont dpendent ventuellement sa gense, sa stabilit et son dclin 67 , faisant en sorte que les relations et contraintes associant les parties sous forme du tout sont ellesmmes comprises dans leur singularit, au sens prcdemment voqu. Chaque partie, comme le tout du reste, peut alors tre saisie au sein du passage du local au global [70] puisque la nature singulire des relations et contraintes qui les associent est porte au jour dans ce qui s'avre tre, selon Granger, une description comprhensive dfinissant au mieux ce qu'est une explication. Cette description comprhensive suppose la prsence d'une thorie pour que soit atteinte et dtermine la singularit de ces relations et contraintes puisque celles-ci se manifestent sur un plan abstrait, c'est--dire le plan des proprits de ces relations et contraintes associant les parties au tout.64 Gilles-Gaston Granger, Pour la connaissance philosophique, Paris, ditions Odile 65 Ibid., p. 117. Le canevas dont il est ici question est dfini comme rseau abs-Jacob, pp. 116-117.66 Idem. 67 Ibid. pp. 117-118.trait en ce sens quil est dj le fait de choix et de tactiques dordres thorique et mthodologique suivant ce que nous avons prcdemment expos.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)73L'tude monographique s'avre parfaitement en harmonie avec ces trois matres-mots que sont dcrire, comprendre et expliquer caractrisant toute dmarche qualitative. En effet, l'objet tudi est dcrit et compris au mieux dans pareille tude, considre comme tude descriptive de premire force, et les choix et tactiques prsidant sa dfinition permettent de dfinir de faon prcise le passage du local au global assurant l'explication ainsi acquise une valeur de gnralit. * * *L'expos qui s'achve ici va sans contredit l'encontre de la dfinition classique de l'tude monographique et de l'enqute de terrain qui la rend possible. Cette tude est rpute de peu d'intrt, puisque chappant prsumment aux contraintes imposes par les exigences de la rigueur et ne pouvant, de soi, receler la porte ncessaire une tude sociologique. La monographie a certes fait les frais du conflit des mthodes en sociologie mais une tradition de monographies misant sur la valeur pittoresque des lieux, des individus, des institutions et des vnements 68 a aussi contribu sa perte de crdit. La bibliographie prsente dans les prochaines pages veut expressment montrer que l'tude monographique en sociologie, en anthropologie et dans les autres sciences sociales ne peut tre confine cette tradition de monographies en dpit du fait qu'elle soit encore vivante aujourd'hui. L'ampleur et le calibre des crits mthodologiques sur la monographie et sur l'enqute de terrain tmoigne sans nul doute de recherches [71] de pointe sur des sujets communs aux mthodes quantitatives et aux mthodes qualitatives auxquelles se rattache l'tude monographique. Qu'il s'agisse du problme de l'objectivit, de celui de la reprsentativit, de la distinction micro-macro sociologique, etc., ces sujets font l'objet de maintes considrations que la prsente bibliographie incite connatre et parcourir. Elle s'avre, en somme, un vritable carrefour o un dbat peut s'engager sur l'tude monographique et les mthodes qualitatives qui lui sont associes. Ce dbat concerne, de faon plus gnrale, la mthodologie de la sociologie, voire des sciences sociales; c'est pourquoi la bibliographie des ouvrages prsente dans68 Pour connatre cette tradition monographique, outre le texte de Franoise Zona-bend maintes fois mentionn, voir Christian Bromberger, Monographie dans Pierre Bonte et Michel Izard (ds), Dictionnaire de l'ethnologie et de lanthropologie, Paris, Presses universitaires de France, 1991, pp. 484-486.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)74cet ouvrage revt un intrt immdiat pour tous ceux et celles uvrant dans ces disciplines, que ce soit titre de chercheurs, d'enseignants, de praticiens ou d'tudiants. Car cette bibliographie numre et prsente, dans de nombreux cas, des ouvrages dont la teneur pistmologique, thorique, mthodologique voire pratique est susceptible de remdier aux problmes et aux difficults lis toute enqute de terrain, comprise ici dans un sens extrmement gnral. La prsente bibliographie contient principalement les titres des publications articles ou livres - parues en franais et en anglais au cours des 20 dernires annes dans les domaines de la sociologie, de l'anthropologie, de la criminologie, de l'histoire et de la politologie. La totalit de ces publications a t d'abord considre grce des index spcialiss et des banques de donnes informatises qui ont permis un premier inventaire. Voici la liste des index et banques de donnes consults :Francis; Sociofile; Bulletin signaltique (ethnologie, sociologie et philosophie); Sociological Abstract; Historical Abstract; Annual Review of Anthropology.Le premier survol des publications rpertories grce ces index et banques automatises a t suivi d'un dpouillement manuel systmatique au terme duquel la prsente bibliographie a t mise au point. Ce dpouillement manuel a donn lieu une consultation rapide des [72] ouvrages retenus et l'inventaire de leur propre bibliographie, crant ainsi une espce de systme de vases communicants qui a permis de dgager les crits les plus souvent cits ou mentionns et, de ce fait, pouvant tre reconnus comme incontournables. Ce rappel bibliographique vise mettre en relief les traditions thoriques et mthodologiques dont sont tributaires les crits publis au cours des 20 dernires annes. La lecture des ouvrages inventoris a, par ailleurs, permis de jeter des ponts entre ceux-ci, donnant ainsi naissance une bibliographie dont la dfinition pouvait tre visse de faon cohrente. Cette cohrence est renforce par la prsence de descripteurs sous divers titres. Ces descripteurs contiennent un bref rsum de l'ouvrage en question, souvent accompagn de commentaires ou de recommandations.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)75Les titres qui font l'objet de commentaires, et principalement ceux qui sont ici conseills, sont pour la plupart faciles trouver dans le rseau des bibliothques universitaires et collgiales au Qubec. La bibliographie d'un domaine aussi vaste que l'tude monographique considre dans ses divers aspects thoriques et pratiques, lis eux-mmes la mthodologie qualitative en sciences sociales, peut difficilement prtendre l'exhaustivit. Nous nous sommes cependant efforcs de dgager l'essentiel sans nul doute par la conception que nous nous faisons de la monographie, de ses vertus pour les fins de l'tude sociologique et de nos propres prfrences face la mosaque des perspectives thoriques et mthodologiques offertes dans les sciences sociales. Nous souhaitons que cette bibliographie, tout en refltant notre point de vue, saura rendre compte de la diversit des positions sur l'tude monographique et inciter les mieux connatre.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)76[73]Lenqute de terrain en sciences sociales. Lapproche monographique et les mthodes qualitatives.Chapitre 2Bibliographie sur l'enqute de terrain en sciences socialesL'approche monographique et les mthodes qualitativesRetour la table des matiresLenqute de terrain en sciences sociales (1991)77[75]1. Ouvrages relatifs la monographie socialeRetour la table des matires Sous cette rubrique apparaissent les titres des ouvrages relatifs la monographie sociale comprise au sens d'une dmarche visant la reconstitution et l'analyse d'un objet d'tude. L'approche monographique implique, de faon gnrale, l'enqute de terrain, l'observation participante, l'entrevue en profondeur, etc., qui sont l'objet de prochaines rubriques.Ouvrages thoriques et mthodologiquesLes titres rpertoris sous cette rubrique sont des ouvrages abordant de faon thmatique les fondements thoriques et mthodologiques de la monographie sociale. Ceux-ci sont mis en relief en regard des problmes gnraux de la sociologie.AUG, Marc, BONTE, Pierre, ECHARD, Nicole et GODELIER, Maurice et al. Ethnologie et fait religieux. Table ronde , Revue franaise de sociologie, XlX, 4, octobre-dcembre 1978 : 571-584.BROMBERGER, Christian Monographie , dans Pierre Bonte et Michel Izard (ds), Dictionnaire del'ethnologie et de l'anthropologie, Paris, PUF, 1991 : 484-486.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)78[76] CERNEA, M. Le village roumain : sociologie des recherches sur les communauts rurales , Archives internationales de sociologie de la coopration, 37,1975 : 183192. Prsentation des recherches roumaines de sociologie rurale depuis 1860, suivie d'une bibliographie slectionne. L'auteur distingue 5 tapes qualitativement diffrentes dans les recherches monographiques partir des critres suivants : but de la recherche, slection des objets d'tude, base thorique, mthodes et techniques utilises.CHAMPAGNE, Patrick La restructuration de l'espace villageois , Actes de la recherche en scien-ces sociales, 3, 1975 : 43 -67.CHAMPAGNE, Patrick Statistique, monographie et groupes sociaux , dans tudes ddies Ma-deleine Grawitz, Genve, Dalloz, 1982 : 3-16.L'auteur propose ici une rflexion sur la dichotomie statistique/monographie en regard des groupes sociaux. Selon lui, une telle opposition entre les mthodes fait cran aux vritables problmes sociologiques, dont notamment la nature des groupes sociaux.CHARMES, Jacques La monographie villageoise comme dmarche totalisante , Revue tiers-monde, 14, 55, 1973 : 639-652.Les tudes de communauts villageoises visent, sur la base d'investigations approfondies, dgager les lois gnrales d'volution auxquelles seraient soumises les dites communauts. Ds lors, l'auteur propose une discussion sur le type de rsultat qu'il est possible d'obtenir ainsi.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)79COPANS, Jean La monographie en question , L'Homme., 6, 3, 1966 : 120-124.CRESSWELL, Robert et GODELIER, Maurice La problmatique anthropologique , dans Outils d'enqute et danalyse an-thropologique, Paris, Franois Maspro, 1976 : 17-24.Importance du rle prcurseur du travail de la monographie, tapes mthodologiques de ce travail, et place de la thorie dans une telle recherche. Mais volution dans la conception de la monographie, qui, pour ne pas dboucher sur une globalit futile , doit contenir la formulation prcise d'une problmatique qui en constituera la trame. [77] CUVILLIER, Armand La mthode monographique , dans Introduction la sociologie, Paris, Armand Colin, 1967 : 115 -122.DION, Michel Des monographies en sociologie , dans M. Jollivet (d.), Les collectivits rurales franaises, t. 2 : Socits paysannes ou luttes de classes au village ?, Paris, Armand Colin, 1974 : 91-129. Texte fort intressant sur la place de l'approche monographique en sociologie. L'auteur, dans un premier temps, classe les monographies en trois groupes : totale, comparative et exemplaire. Ensuite, certains travaux de la sociologie rurale sont analyss du point de vue de leur thorie implicite et de leur dmarche.MAHO, J. tudier et rtudier un village europen , Archives de l'observationcontinue du changement social, 3, 1980 : 41- 55.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)80SAUTTER, G. L'tude rgionale. Rflexions sur la formule monographique en gographie humaine , L'Homme, 1, 1, 1961 : 77-89.TIVANT, Sophie Les tudes de "communaut" et la ville : hritage et problmes , Sociolo-gie du travail, 25, 2, 1983 : 243-257.Les community studies reprsentent une tendance importante dans la rflexion sociologique et ont donn lieu une production abondante dam les annes 1950-1965; actuellement on remarque un certain regain d'intrt pour ce genre d'tude. L'auteure pose ici les problmes thoriques soulevs par pareille tude travers une analyse bibliographique.VIGNET-ZUNZ, Jacques Prsupposs scientifiques de la monographie rurale : une illustration , LaPense, 187, 1976 : 67-73.ZONABEND, Franoise Du texte au prtexte. La monographie dans le domaine europen , tudesrurales, 97-98, janvier-juin 1985 : 33-38.Excellent texte (un peu court toutefois) qui soulve les qualits de l'approche monographique et notamment sur le plan de la reprsentativit. L'auteure soutient qu'une telle dmarche permet de dfinir en quoi le cas est reprsentatif sociologiquement.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)81[78]b. Histoire de la monographie socialeRetour la table des matires La monographie sociale est envisage dans son dveloppement historique, rsum ici aux traditions de l'cole de Le Play et de l'cole de Chicago au sein desquelles la monographie a acquis ses lettres de noblesse. La tradition franaise de l'cole de Le Play comprend l'uvre du premier sociologue qubcois Lon Grin dont l'influence a t dterminante dans les premires tudes du Qubec. De mme faon, l'influence de l'cole de Chicago sur la sociologie qubcoise est aussi marque par un accent mis sur l'uvre du sociologue amricain Everett C. Hughes.cole de Le Play Ouvrages de Le Play et de son cole : bibliographie rduite au minimum.BUREAU, PaulLa science des murs. Introduction la mthode sociologique, Paris, Bloudet Gay, 1926 (2e dition).COCHIN, Augustin Les ouvriers europens. Rsum de la mthode et des observations de Mon-sieur Le Play, Paris, Duniol, 1856.CURZON, Emmanuel Parent deFrdric Le Play. Sa mthode, sa doctrine, son uvre, son esprit d'aprs ses crits et sa correspondance, Paris, H. Oudin, 1889.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)82DESCAMPS, Paul Cours de mthode de science sociale , La science sociale, nov. 1912, nov. 1913, dc. 1914, mai 1918, nov. 1919. Ces leons sur la mthode en sciences sociales exposent de manire simple et relativement complte l'approche monographique telle que prconise par l'cole de Le Play. Par exemple, l'utilisation des donnes statistiques (rf. budget familial), l'observation d'un milieu social, etc. [79] DESMOLINS, Edmond L'enqute permanente , La rforme sociale, Tome II, 1881 : 5-6.DU MAROUSSEM, PierreLes enqutes. Pratique et thorie, Paris, Alcan, 1900.LE PLAY, FrdricLes ouvriers europens, Paris, Imprimerie impriale, 1855.LE PLAY, FrdricLa mthode sociale, Tours, Mame, 1879 (rdition : Mridiens-Klincksieck,1989). Rdition intgrale de l'ouvrage dit en 1879, avec une prsentation d'Antoine Savoye. Le Play expose ici sa mthode d'investigation, relate les circonstances personnelles et historiques de son laboration et rappelle les conclusions auxquelles il aboutit.LE PLAY, FrdricF. Le Play daprs lui-mme. Vie, mthode, doctrine. Notices et morceaux choisis, Paris, Giard et Brire, 1906 (Auburtin, F. d.).Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)83PRIEUR, Prosper Introduction au cours de mthode d'observation sociale , La science so-ciale, mai 1886 : 393-410.TOURVILLE, Henri de La science sociale est-elle une science ? , La science sociale, janvier 1886 : 9-21; fvrier 1886 : 97-109; avril 1886 : 289-304; dcembre 1886 : 493-516. Ouvrages de Lon Grin et tudes critiquesGRIN, Lon Monographie du Canada , La science sociale, avril 1891, novembre 1894.GRIN, Lon Aperu d'un enseignement de la science sociale : l'objet , La science so-ciale, avril 1912 : 1-64.[80] GRIN, Lon La vulgarisation de la science sociale chez les Canadiens franais , Mmoi-res de la Socit royale du Canada, 2e srie, XI, 1906 : 67-87.GRIN, Lon Deux familles rurales de la rive sud du Saint-Laurent. Les dbuts de la complication sociale dans un milieu canadien-franais , Mmoires de la So-cit royale du Canada, 3e srie, Il, 1908 : 25 -65.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)84GRIN, Lon La science sociale. Aperu d'une mthode simple d'observation, d'tude et d'enseignement , Mmoires de la Socit royale du Canada, 3e srie, III, 1909 : 129-166.GRIN, Lon La sociologie : le mot et la chose , Mmoires de la Socit royale du Cana-da, 3e srie, VIII, 1914 : 321-356.GRIN, Lon L'observation monographique du milieu social , Revue trimestrielle cana-dienne, dcembre 1931 : 1-12. (Ce texte a donn lieu un opuscule.)Les renseignements obtenus par la propre initiative du chercheur (ses observations personnelles) ont plus de valeur, selon l'auteur, que tout ce que l'on peut tirer des livres les plus savants, les mieux crits, ne serait-ce que parce qu'ils sont de premire main, i.e. la substance mme du milieu social qui est tout particulirement le champ d'action des sciences sociales. Voici donc, en bref, l'ide centrale de ce classique qubcois.GRIN, Lon La famille canadienne-franaise, sa force, ses faiblesses. Le paysan de Saint-Irne, hier et aujourd'hui , Revue trimestrielle canadienne, XIX, mars 1932 : 35-63. [Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]GRIN, Lon Le chiffre et la statistique en science sociale , Revue trimestrielle cana-dienne, XIX, septembre 1932 : 235-251.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)85GRIN, LonAux sources de notre histoire, Montral, Fides, 1946. [Texte disponible dansLes Classiques des sciences sociales. JMT.] [81]GRIN, LonLe type conomique et social des Canadiens. Milieux agricoles de tradition franaise, Montral, Fides, 1948 (2e dition). [Texte disponible dans LesClassiques des sciences sociales. JMT.]GRIN, Lon L'habitant de Saint-Justin , dans Jean-Charles Falardeau, Philippe Garigue et Lon Grin, Lon Grin et l'habitant de Saint-Justin, Montral, Presses de l'Universit de Montral, 1968 : 51 - 146. Une des premires monographies d'une communaut rurale du Qubec. partir d'une typologie dveloppe par les sociologues de l'cole de LePlay, l'auteur fait une description des lieux, de l'organisation du travail, du type de proprit, du type de famille, etc.ASSIER-ANDRIEU, Louis Fonder le Canada ? (Note sur l'anthropologie historique de Lon Grin) , dans volution et clatement du monde rural. France-Qubec, XVII-XXI sicle, Montral, d. E.H.E.S.S. et P.U.M., 1986 : 353-358.CARRIER, R.P.Le sociologue canadien Lon Grin, 1863-1951, Montral, Bellarmin, 1960.[Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)86FALARDEAU, Jean-Charles Lon Grin : une introduction la lecture de son uvre , Recherches so-ciographiques, 1, 2, avril-juin 1960 : 123-160. [Texte disponible dans LesClassiques des sciences sociales. JMT.]FALARDEAU, Jean-Charles Prsentation de Lon Grin et de son uvre , dans Jean-Charles Falardeau, Philippe Garigue et Lon GRIN, Lon Grin et l'habitant de Saint-Justin, Montral, Presses de l'Universit de Montral, 1968 : 11-48. Ouvrages relatifs l'cole de Le PlayARNAULT, France Frdric Le Play, de la mtallurgie la science sociale , Revue franaisede sociologie, XXV, 3, 1984 : 437-457[82] ASSIER-ANDRIEU, Louis Le Play et la famille souche des Pyrnes : politique, juridisme et science sociale , Annales E.S.C., mai-juin 1984 : 495-512.BODARD-SILVER, Catherine (ed.)F. Le Play. On Family, Work and Social Change, Chicago, University of ChicagoPress, 1982.BROOKE, MichaelLe Play : Engineer and Social Scientist, London, Longmann, 1970.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)87BUISAN, Georges Une lecture ethnographique de Le Play. La vie Cauterets au XIXe sicle , dans Lavedan et pays Toy, 17, 1985-1986 : 41-67.CLEMENT, Marcel Quelques remarques sur la mthodologie sociale de Le Play , dans Roger Grand (sous la direction de), Recueil dtudes sociales, Paris, ditions A. et J. Picard et Cie, 1957 : 21-28.DAUPHIN, C. et PEZERAT, P. Les consommateurs populaires dans la seconde moiti du XIX, sicle travers les monographies de l'cole de Le Play , Annales E.S.C., 2-3, mars-juin 1975.KALAORA, Bernard et SAVOYE, Antoine La mutation du mouvement le playsien , Revue franaise de sociologie, XXVI, 2, 1985 : 257-276.KALAORA, Bernard et SAVOYE, AntoineLes inventeurs oublis, Paris, Champ Vallon, 1989 (Collection milieux).Le Play apparat comme un auteur inclassable . Cit dans des ouvrages de sociologie, d'histoire, d'conomie politique et de gographie humaine, il appartient en propre aucune discipline, mais plutt la communaut des sciences sociales tout entire. Oubli pendant un certain temps, il bnficie d'une reconnaissance tardive et son influence est grande; les auteurs s'efforcent de comprendre les raisons de cette occultation et de cette vogue actuelle, travers son oeuvre et celle de ses continuateurs, durant la priode de l882 1945. Selon les auteurs, cette priode est une source exceptionnelle de comprhension, non seulement des sciences sociales mais galement [83] de la socit franaise vis--vis desquelles elles jouent le rle d'analyseur.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)88POLIN, Raymond Monographie et synthse d'aprs Le Play , dans Les Convergences dessciences sociales et l'esprit international, Paris, Hartmann, 1938 : 246-251.SAVOYE, Antoine Les continuateurs de Le Play au tournant du sicle , Revue franaise desociologie, XXII, 3, 1981 : 315-344.TREANTON, Jean-Ren Faut-il exhumer Le Play ? Ou les hritiers abusifs , Revue franaise desociologie, XXV, 3, 1984 : 458-483. partir des diffrents ouvrages ou articles rcents consacrs Le Play, l'auteur met l'accent sur la sociologie empirique de ce prcurseur et les limites de sa mthode qui, selon l'auteur, est le vritable apport de Le Play la sociologie, contrairement ses doctrines.cole de Chicago Ouvrages classiques de Chicago : monographies, tudes de cas et tudes de communautANDERSON, NelsThe Hobo : The Sociology of the Homeless Man, Chicago, University of Chicago Press, 1923. Une des premires recherches empiriques menes Chicago. Dans une premire partie l'auteur tablit le contexte thorique du vagabondage, ensuite il fait une description dtaille du style de vie du vagabond.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)89BURLEIGH DAVIS, A. et GARDNER, MaryDeep South, Chicago, University of Chicago Press, 1941.CAVAN, Ruth S.Suicide, Chicago, University of Chicago Press, 1928.[84] CRESSEY, Paul-G.The Taxi-Dance Hall, Chicago, University of Chicago Press, 1932.FARIS, Robert E.L. et DUNHAM, H.W.Mental Disorders in Urban Areas, Chicago, University of Chicago Press,1965.FRAZIER, F.E.The Negro Family in the United States, Chicago, University of Chicago Press,1939.PALMER, VivienField Studies in Sociology : A Student's Manual, Chicago, University of Chicago Press, 1928.PARK, Robert Ezra, BURGESS, Ernest W. et McKENZIE, RoderickThe City, Chicago, University of Chicago Press, 1925.Ouvrage programmatique des premires tudes faites Chicago. Notamment sur le statut thorique de la ville comme objet d'tude.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)90PARK, Robert Ezra "Murder and the Case Study Method", American journal of Sociology, 36, 3, 1930 : 447-454.PARK, Robert EzraRace and Culture, Glenc, The Free Press, 1950.PARK, Robert EzraHuman Communities. The City and Human Ecology, New York, Free Press,1952.PARK, Robert EzraSociety, Glenc, Free Press, 1955.PARK, Robert Ezra et BURGESS, Ernest W. (eds)Introduction to the Science of Sociology, Chicago, University of ChicagoPress, 1969 (3e dition).SHAW, Clifford A.The Jackroller. A Delinquent Boy's Own Story, Chicago, University of Chicago Press, 1930. [85] Il s'agit de l'histoire de la vie d'un voleur qui fait les poches des individus ivres. En plus, ce livre contient une partie sur l'histoire de ce voleur vue par les institutions dans lesquelles il est pass. Enfin, cette histoire est mise contribution pour comprendre le milieu social et la dlinquance Chicago.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)91SHAW, Clifford A. "Case Study Method", Publications of the American Sociological Society, 21, 1926 : 149-157.SHAW, Clifford A. The Natural History of a Delinquent Career, Chicago, University of Chicago Press, 1931.SHAW, Clifford A.Brothers in Crime, Chicago, University of Chicago Press, 1938.SHAW, Clifford A. et McKAY, H.D. Social Factors in Juvenile Delinquency, Washington, US Printing Office, 1939.SHAW, Clifford A. et McKAY, H.D.Juvenile Detinquency and Urban Areas, Chicago, University of Chicago Press,1942.SUTHERLAND, E.H.The Professional Thief, Chicago, University of Chicago Press, 1937.SUTHERLAND, E.H.White Collar Crime, New York, Dryden, 1949.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)92THOMAS, William I. et ZNANIECKI, FlorianTbe Polish Peasant in Europe and America, Chicago, University of ChicagoPress, 1918-1920 (5 volumes). Ouvrage classique de la sociologie amricaine dont l'objet d'tude porte sur les migrants polonais. partir de lettres et d'histoires de vie, les auteurs veulent comprendre le comportement des polonais en Amrique. Comportement qui, cette poque, faisait problme (alcoolisme, criminalit, etc.) dans des milieux comme la ville de Chicago.TRASHER, Frederic M. The Gang : A Study of 1313 Gangs in Chicago, Chicago, University of Chicago Press, 1927. [86] WIRTH, LouisThe Ghetto, Chicago, University of Chicago Press, 1928. (En franais, LeGhetto, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 1980.) tude portant sur les Juifs de Chicago. L'auteur s'intresse aux rapports sociaux existants entre les juifs et d'autres groupes ethniques, aux transformations de leur culture et la mobilit sociale de ce groupe dans un processus de dveloppement urbain. L'tude, concernant trois gnrations, vise principalement les processus d'isolement, d'assimilation et de conscience de soi.ZNANIECKI, FlorianThe Metbod of Sociology, New York, Farrar & Rinehart, 1934.ZORBAUGH, Harvey H.The Gold Coast and tbe Slum, Chicago, University of Chicago Press, 1929.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)93 Ouvrages de la nouvelle cole de ChicagoBECKER, Howard S. "A Note on Interviewing Tactics", Human Organization, 12, 4, 1954 : 31-32.BECKER, Howard S. "Interviewing Medical Students", American journal of Sociology, 62, 1956 : 199-201.BECKER, Howard S. et Blanche GEER "Participant Observation and Interviewing : A Comparison", Human Organiza-tion, 16, 3, 1957 : 28-32.BECKER, Howard S. et Blanche GEER "Participant Observation and Interviewing : A Rejoinder", Human organiza-tion, 17, 2, 1958 : 39-40.BECKER, Howard S. "Problems of Inference and Proof in Participant Observation", American So-ciological Review, 23, 6, 1958 : 652-660 (traduction [87] franaise MarcelDrulhe, Cahiers du Centre de recherches sociologiques, 5, fvrier 1987 : 5782). L'auteur essaie de dcrire le travail analytique de l'enqute de terrain, caractristique de l'observation participante, d'abord pour faire ressortir le fait que cette technique consiste en quelque chose de plus que l'immersion pure et simple dans des donnes et l'acquisition d'aperus . Cet examen peut aussi servir stimuler ceux qui travaillent avec ces techniques ou des techniques semblables afin qu'ils essaient de raliser une systmatisation et une formalisation plus grande des diverses oprations qu'ils privilgient : ainsi la recherche qualitative peut devenir une recherche plus scientifique et moins un type artistique d'essai.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)94BECKER, Howard S., GEER, Blanche, HUGHES, Everett C. et STRAUSS, Anselm L. Boys in White. Student Culture in Medical School, Chicago, The University of Chicago Press, 1961.BECKER, Howard S.Outsiders, New York, Free Press, 1963 (traduction franaise Paris, A.M. Mtaill, 1985). L'auteur prsente une approche nouvelle de la dlinquance qui prend en compte la fois le point de vue des dviants et celui des entrepreneurs de morale et des agents de la rpression. Dans la postface crite pour l'dition franaise, l'auteur analyse les raisons du succs de son livre.BECKER, Howard S. "Problems in the Publication of Field Studies", dans A.J. Vidich, J. Bensman et M.R. Stein (eds), Reflections on Community Studies, New York, Wiley, 1964 : 267-284.BECKER, Howard S. "Social Observation and Social Case Studies", International Encyclopedia ofthe Social Sciences, Londres, Collier-Macmillan, 11, 1968 : 232-238.BECKER, Howard S., GEER, Blanche et HUGHES, Everett C. Making tbe Grade : Tbe Academic Side of Collge Life, New York, Wiley, 1968.BECKER, Howard S. Sociological Work. Method and Substance, Chicago, Aldine, 1970.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)95[88] BECKER, Howard S. Biographie et mosaque scientifique , Actes de la recherche en sciencessociales, 62/63, juin 1986 : 105-110.CICOUREL, Aaron V.Method and Measurement in Sociology, New York, Free Press, 1964.En tant qu'thnomthodologue, A. Cicourel aborde ici les prceptes lis cette approche. Cependant, les chapitres sur l'enqute de terrain et l'interview sont d'ordre gnral et constituent donc une bonne introduction sur ces sujets.CICOUREL, Aaron V.The Social Organization of juvenile justice, New York, Wiley, 1968.GLASER, Barney G. "The Constant Comparative Method of Qualitative Analysis", Social pro-blems, 12, 1965 : 436-445.GLASER, Barney G. et STRAUSS, Anselm. L.The Discovery of Grounded Theory : Strategies for Qualitative Research,Chicago, Aldine, 1967. Ouvrage important de la nouvelle cole de Chicago. Les auteurs laborent une dmarche qui vise lier l'analyse des donnes empiriques un cadre thorique rigoureux. Selon eux, la thorie doit tre construite partir des donnes empiriques, renversant ainsi le point de vue qui va de la thorie aux donnes empiriques.GLASER, Barney G. (ed)Organization Careers, Chicago, Aldine, 1968.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)96GLASER, Barney G. et STRAUSS, Anselm L.Time for Dying, Chicago, Aldine, 1968.GLASER, Barney G. et STRAUSS, Anselm L.Status Passage, Chicago, Aldine, 1971.GLASER, Barney G.Theoritical Sensitivity., Advances in the Methodology of Grounded Theory,Mill Valey, Sociology Press, 1978. [89] STRAUSS, Anselm L.Social Organization and Medical Work, Chicago, University of Chicago Press,1985.STRAUSS, Anselm L.Qualitative Analysis for Social Scientists, Cambridge, Cambridge UniversityPress, 1987. Ouvrages relatifs l'cole de Chicago (incluant la nouvelle cole)BAKER, P.J. "The Life Histories of W.I. Thomas and Robert E. Park", American journal ofSociology, 79, 2, 1974 : 243-260.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)97BALLIS, L.B. "The "Chicago School" of American Sociology, Symbolic Interactionism, and Race Relations Theory", dans J. Rex et D. Mason (eds), Theories of Race andEthnic Relations, Cambridge, Cambridge University Press, 1986 : 281-298.BERTAUX, Daniel W.I. Thomas Chicago, 1893-1920 , dans Histoires de vie ou rcits depratiques ? Mthodologie de l'approche biographique en sociologie, Paris,CORDES, mars 1976 : 1-86. Chapitre d'un ouvrage renotyp faisant l'historique de l'cole de Chicago travers l'uvre de Thomas. L'auteur rend compte du contexte des sciences sociales lors de la parution de The Polish Peasant et nous fait part des conceptions thoriques et de la philosophie sociale de Thomas.BLUMER, Herbert An Appraisal of Thomas and Znaniecki's the Polish Peasant in Europe and America, New York, Social Science Research Council, 1939.BRESLAU, Daniel L'cole de Chicago existe-t-elle ? , Actes de la recherche en sciences so-ciales, 74, septembre 1988 : 64-65.[90] BRESLAU, Daniel La science, le sexisme et l'cole de Chicago , Actes de la recherche ensciences sociales, 85, novembre 1990 : 94-95.BULMER, Martin "Chicago Sociology and the Society for Social Research : A comment", Jour-nal of the History of the Behavioral Sciences, 19, 1983 : 353-357.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)98BULMER, MartinThe Chicago School of Sociology, Chicago, University of Chicago Press, 1984.L'auteur vise laborer une rinterprtation de la sociologie de l'cole de Chicago depuis les 20 dernires annes. Il centre la discussion sur le dveloppement ventuel des dpartements de sciences sociales de cet universit. Le thme principal est l'augmentation des recherches sociales empiriques qui y sont faites et les conditions institutionnelles, l'intrieur et l'extrieur de l'universit, qui favorisent ce dveloppement.BULMER, Martin "The Chicago School of Sociology : What is a "School" ?", History of Sociolo-gy, 5, 2, printemps 1985 : 61-77.BURNS, L.R. "The Chicago School and the Study of Organization Environment Relations",Journal of the History of the Behavioral Sciences, 16, 4, 1980 : 342-358.CAREY, J.-T.Sociology and Public Affairs. The Chicago School, Beverly Hill, Sage Publications, 1975.CAVAN, Ruth S. "The Chicago School of Sociology 1918-1983", Urban Life, 11, 4, 1983 : 407420.CHAPOULIE, Jean-Michel Prface , dans Howard S. Becker, Outsiders, Paris, A-M Mtaill, 1985 : 9-22.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)99DEBRO, Julius "Dialogue with Howard Becker", Issues in Criminology, 5, 2, t 1970 : 159179. [91] DINER, Steven J. "Department and Discipline : The Department of Sociology at the University of Chicago (1892-1920)", Minerva, 13, 4, 1975 : 514-553.DUBIN, Steven C., BULMER, Martin et CRESSEY, Paul-G. "Dance Halls", Urban Life, 12, 1, avril 1983 : 74-119. Prsentation d'un article indit de Cressey sur la mthodologie d'une des premires tudes sur le terrain effectues par des membres de lcole de Chicago. Cet article ainsi que les deux articles de prsentation examinent la nature problmatique de la recherche par observation participante dans les annes 20, en particulier les problmes de mthode et d'engagement moral.FARIS, Robert E.L.Chicago Sociology 1920-1932, Chicago, University of Chicago Press, 1967.GRAFMEYER, Yves et JOSEPH, Isaac (sous la direction de) L'cole de Chicago. Naissance de l'cologie urbaine, Paris, Aubier (ditions du Champ urbain), 1979. Objet d'une urbanisation sans prcdent, la ville de Chicago des annes 20 constitue un gigantesque laboratoire social . Fascins par le comportement de l'homme dans son nouveau milieu urbain, Park, Burgess, McKenzie et Wirth jettent les bases d'une approche cologique de la ville : la ville comme modle spacial et comme ordre moral . Groupes sociaux, territoires, sgrgation; mobilit; rseaux de relations, mentalits, sociabilit : pour la premire fois, la ville est pense comme socit, comme culture et, finalement, comme tat d'esprit.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)100HERPIN, NicolasLes sociologues amricains et le sicle, Paris, PUF, 1973.Premire partie : historique de la sociologie amricaine et expos de quelques orientations thoriques importantes (culturalisme, fonctionnalisme, etc.). Deuxime partie : tude de la sociologie empirique qui permet de vrifier les thses de la premire partie. Un chapitre traite spcialement de la sociologie de la dlinquance juvnile, de ses diverses approches et analyses. L'auteur conclut sur la crise actuelle de la sociologie amricaine en montrant que la conception traditionnelle est fortement remise en question.HUNTER, A. "Why Chicago ? The Rise of the Chicago School of Urban Social Science",American Behavioral Scientist, 24, 1980 : 215 -227.92KURTZ, L.R.Evaluating Chicago School : A Guide to the Literature, with an Associated Bibliography, Chicago, University of Chicago Press, 1984.LAPERRIERE, Anne Pour une construction empirique de la thorie : la nouvelle cole de Chicago , Sociologie et socits, XIV, 1, avril 1982 : 31-41. C'est pour briser l'enfermement de la sociologie empirique dans les techniques de mesure des variables sociales et rpondre au sousdveloppement de la thorisation sur le social que la nouvelle cole de Chicago a vu le jour la fin des annes 50 aux tats-Unis. Son objectif : dvelopper une approche systmatique, ouverte et empirique la construction de thories sociales rpondant la fois la richesse de la ralit sociale et aux exigences d'une dmarche rigoureuse.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)101LENGERMANN, Patricia-Mado "Robert E. Park and the Theoretical Content of Chicago Sociology : 19201940", Sociological Inquiry, 58, 4, automne, 1988 : 361-377.LINDSTROM, Fred B. (ed) "Waving the Flag for Old Chicago", Sociological Perspectives, 31, 3, juillet 1988 (numro spcial).LOFLAND, Lyn H. (ed) "Reminiscences of Classic Chicago : The Blumer-Hughes Talk", Urban Life, 9, 3, 1980 : 251-281. Transcription d'une rencontre entre Herbert Blumet et Everett Hughes ralise l'initiative d'un groupe phmre baptis les clandestins de l'cole de Chicago.MARTIN, P.Y. et TURNER, B.A. "Grounded Theory and Organizational Research", Journal of Applied Beha-vioral Science, 22, 2, 1986 : 141-157.RMY, Jean et VOYE, Liliane L'cole de Chicago , dans La ville et l'urbanisation, Belgique, Duculot, 1974 : 156-192.SMITH, DennisThe Chicago Scbool, A Liberal Critique of Capitalism, Londres, MacmillanEducation, 1988. [93] L'auteur prsente l'cole de Chicago en montrant que ses forces et ses faiblesses illustrent bien les tensions existant entre le libralisme et le capitalisme amricains. Il expose les ides des thoriciens de l'cole et dresseLenqute de terrain en sciences sociales (1991)102un parallle avec des mouvements europens comme ceux de l'cole de Francfort.THOMAS, Jim (ed)The Chicago School. : The Tradition and the Legacy, Urban Life, 11, 4, 1983(numro spcial). Ouvrages de E.C. Hughes et tudes critiquesHUGHES, Everett C.The Growth of an Institution : Tbe Chicago Real Estate Board, The Societyfor Social Research, Series II, Monograph 1 (Thse de Ph. D. de Hughes, 1928, rdite par Arno Press en 1979).HUGHES, Everett C.French Canada in Transition, Chicago, University of Chicago Press, 1934.(Traduction franaise par J.C. Falardeau : Rencontre de deux mondes. La cri-se dindustrialisation du Canada Franais, Montral, Les ditions du BoralExpress. [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.] tude monographique de la localit de Drummondville, au Qubec, devenue un classique du genre. L'auteur vise dcrire et expliquer l'impact de la modernisation sur la socit canadienne-franaise qui, son avis, se complique d'un problme ethnique . En effet, l'urbanisation et l'industrialisation de ce milieu qu'est Drummondville (nomm dans le livre Cantonville), comme partout ailleurs au Qubec, sont principalement dues la venue d'industries anglophones.HUGHES, Everett C. Programme de recherches sociales pour le Qubec , Cahiers de l'coledes sciences sociales de l'Universit Laval, 2, 4, 1943.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)103HUGHES, Everett C. et McGILL-HUGHES, HelenWhere Peoples Meet : Racial and Ethnic Frontiers, Glenc, Illinois, FreePress, 1952 (rdition par Greenwood en 1981).HUGHES, Everett C. et al.Cases on Field Work, Chicago, University of Chicago Press, 1952.[94] HUGHES, Everett C. et BENNEY, Marc "Of Sociology and the Interview : Editorial Preface", American Journal ofSociology, 62, 2, 1956 : 137-142.HUGHES, Everett C., McGILL-HUGHES, Helen et DEUTSCHER, IrwinTwenty Thousand Nurses Tell Their Story, Philadelphia, Lippincott, 1958.HUGHES, Everett C.Men and Their Work, Glencoe (Illinois), Free Press, 1958 (republi parGreenwood en 1981).HUGHES, Everett C. "The Study of Occupations", dans Robert K. Merton, L. Broom et L.S. Cottrel (eds), Sociology Today, New York, Basic Books, 1959 : 442-458.HUGHES, Everett C. "Introduction : The Place of Field Work in the Social Research", dans B. Junket, Field Work : An Introduction to the Social Science, Chicago, University of Chicago Press, 1960 : V-XV.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)104HUGHES, Everett C. "The Humble and the Proud : The Comparative Studies of Occupations", TheSociological Quarterly, 11, 2, 1970 : 147-156.HUGHES, Everett C. "Teaching as Field Work", The American Sociologist, 5, 1, 1970 : 13-18.HUGHES, Everett C.The Sociological Eye : Selected Papers, Chicago, Aldine, 1971.HUGHES, Everett C. "Who Studies Whom ?", Human Organization, 33, 4, 1974 : 327-334.CHAPOULIE, Jean-Michel Everett C. Hughes et le dveloppement du travail de terrain en sociologie , Revue franaise de sociologie, XXV, 1984 : 582-608. [95] crit de haut calibre. L'article analyse dans son contexte social, institutionnel et intellectuel une des tapes importantes de l'introduction en sociologie de l'observation directe et, plus gnralement, du travail de terrain (fieldwork). En s'appuyant sur les essais de mthode d'E. C. Hughes et sur divers tmoignages, l'article dgage les caractristiques de la formule de recherche propose et illustre par Hughes l'Universit de Chicago. Les recherches en sociologie du travail ralises par Hughes offrent un exemple d'analyses mobilisant l'enqute de terrain.FAUGHT, Jim "Presuppositions of the Chicago School in the Work of Everett C. Hughes",American Sociologist, 15, 2, 1980 : 72-82.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)105PENEFF, Jean Notes sur E. C. Hughes et la pdagogie du fieldwork dans la sociologie amricaine , Sociologie du travail, 26, 2,1984 : 228-230.SIMPSON, I.H. et CHINOY, E. "Symposium Review on E. C. Hughes : Continuities in the Sociology of Everett C. Hughes. Review of the Sociological Eye", Sociological Quarterly, 13, 4, 1972 : 547-565.2. Monographie sociale : bibliographie gnraleRetour la table des matires Les titres apparaissant sous cette rubrique sont des exemples concrets d'tudes monographiques faits de localits permettant l'analyse de socits dans leur ensemble ou d'objets particuliers tels des problmes sociaux comme la pauvret, le chmage, la famille, etc. Cette rubrique vise donner un bref aperu des tudes monographiques possibles.a. tudes monographiques du Qubec et tudes casALPALHAO, J.A. et DA ROSA, V.M.P.Les Portugais du Qubec. lments danalyse socio-culturelle, Ottawa, ditions de l'Universit d'Ottawa, 1979.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)106BEAUCHESNE, PierreMonographie dune communaut jeannoise, Montral Universit de Montral(Th. M.Sc.), 1969. [96] BEAUREGARD, YvesBtir un village au Qubec, Montral, Libre Expression, 1981.DUMONT, Fernand et MARTIN, YvesL'analyse des structures sociales rgionales, Qubec, Presses de l'UniversitLaval, 1963. [Livre en prparation dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]FORTIN, AndreHistoires de familles et de rseaux. La sociabilit au Qubec dhier demain,Montral, ditions Saint-Martin, 1987.GAUTHIER, MadeleineLes jeunes chmeurs, Qubec, IQRC, 1988.GRELL, Paultude du chmage et de ses consquences : les catgories sociales touches par le non-travail, Montral, Groupe d'analyse des politiques sociales, 1985.JEAN, Bruno Un ouvrier du textile , Recherches sociographiques, XXII, 1, 1976 : 73114.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)107LEMIEUX, VincentParent et politique. L'organisation sociale dans l'le dOrlans, Qubec,Presses de l'Universit Laval, 1971.LETELLIER, MarieOn n 'est pas des trous dcul, Montral, Parti Pris, 1971.MINER, HoraceSt-Denis, a French-Canadian Parish, Chicago, University of Chicago Press,1939. (Traduction franaise par douard Barsamian et Jean-Charles Falardeau, Saint-Denis : un village qubcois, Montral, Hurtubise HMH, 1985.) [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.] L'tude dam ce volume avait un triple objectif. la description ethnographique de la culture rurale canadienne-franaise traditionnelle telle qu'elle s'est le mieux conserve; l'analyse de la structure de la socit; et l'examen des facteurs responsables du changement culturel allant dans le sens de l'urbanisation et de l'anglicisation. Les deux premiers aspects sont fondamentaux pour l'laboration d'un diagnostic adquat du troisime. Les faits propres la priode tudie, les modalits et les causes du changement social au Canada franais, ont t dgags de l'histoire de l'ensemble de la socit [97] qubcoise dans l'analyse intensive d'une seule paroisse, SaintDenis-de-Kamouraska.MOREUX, ColetteFin dune religion ? Monographie dune paroisse canadienne-franaise, Montral, Presses de l'Universit de Montral, 1969. [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]MOREUX, ColetteDouceville en Qubec : la modernisation dune tradition, Montral, Presses del'Universit de Montral, 1982. [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)108Dans le cadre de la sociologie des petites communauts, l'auteure se propose d'tudier ce que Douceville (nom fictif) reprsente en tant que communaut et s'interroge pour savoir si elle est apte devenir le lieu thorique d'une problmatique sociologique pour les fins de l'explication de la socit qubcoise.MORIN, Louis Un cadre de la fonction publique. Histoire de vie , Recherches sociogra-phiques, XIV, 2, mai-aot 1973 : 229-268.RIOUX, MarcelDescription de la culture de l'le Verte, Ottawa, Muse national du Canada,1954 (bulletin 133). L'le Verte reprsente le premier maillon d'une srie d'tudes sur le Qubec, devant conduire une connaissance prcise de la culture de cette entit ethnique. Le caractre archaque de cette communaut de pcheurs, son insularit et sa simplicit structurale ont pouss l'auteur y commencer son tude de la culture canadienne-franaise. En effet, l'auteur pense qu'il faut d'abord connatre les lments les plus simples et les plus archaques de cette culture avant d'valuer ses changements subis dans les milieux plus urbaniss de cette socit. De plus, selon l'auteur, passer du simple au complexe permet d'inclure dans ses rsultats une vue d'ensemble des phnomnes socio-culturels se droulant dans la socit qubcoise, envisage ici comme une unit culturelle.RIOUX, MarcelBelle-Anse, Ottawa, Muse national du Canada, 1957.SVIGNY, RobertLe Qubec en hritage, la vie de trois familles montralaises, Montral, ditions Saint-Martin, 1979. Dans ce livre, s'inspirant la fois de ses expriences de chercheur et d'animateur, et s'inspirant aussi de sa double fonction en psychologie et en sociologie, l'auteur reprend le thme de l'alination pour rendre compte de laLenqute de terrain en sciences sociales (1991)109signification ou du sens que trois couples montralais donnent leurs expriences. [98] Au terme de ces trois analyses, l'auteur prsente sous le mode de l'essai, quelques rflexions sur l'image de soi et la socit qubcoise.VERDON, MichelAnthropologie de la colonisation au Qubec : le dilemme d'un village du Lac St-Jean, Montral, Presses de lUniversit de Montral, 1973. [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.] Monographie d'une communaut rurale qubcoise dite de colonisation (le terme est employ dans le sens d'occupation et dfrichement des terres par des colons qui s'tablissaient dans des rgions encore vierges). partir des postulats de l'anthropologie sociale, l'auteur prsente les principales coordonnes de la structure socio-culturelle du Qubec. Il montre comment le colon amnage son territoire, comment il produit et consomme et comment il organise sa vie sociale et cognitive. Il analyse de manire approfondie le systme de parent et le systme religieux et pose des jalons pour une tude de la personnalit de base des Qubcois.b. tudes monographiques : gnral. Bibliographie indicativeRetour la table des matires AUBRAC (L)tude ethnologique, linguistique, agronomique et conomique d'un tablissement humain, Paris, ditions du CNRS, 6 vol. 1970-1982.AUG, MarcLa traverse du Luxembourg, Paris, Hachette, 1985.AUG, MarcUn ethnologue dans le mtro, Paris, Hachette, 1986.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)110BOUCHARD, GrardLe village immobile. Sennely-en-Sologne au XIIIe sicle, Plon, Paris, 1972.L'intention de ce livre, en ouvrant l'observation les perspectives les plus larges, est de reconstituer, dans leur originalit propre mais aussi dans leurs implications, les structures d'un village solognot d'Ancien Rgime : effort de reprsentation dont l'auteur annonce le programme en le situant d'emble dans une problmatique totalisante.CERNUSCHI-SAI.KOFF, SefaminaLa ville du silence : tude socio-anthropologique de la commune de Comacchio en Italie, Paris, ditions de la Maison des Sciences de l'Homme, 1987.[99] JOLAS, Tina, PINGAUD, Marie-Claude, VERDIER, Yvonne et ZONABEND, FranoiseUne campagne voisine - Minot, un village bourguignon, Paris, ditions de laMSH, 1991.LE ROY LADURIE, EmmanuelMontaillou, village occitan de 1294 1324, Paris, Gallimard, 1975. partir d'un document d'poque, le registre d'inquisition de Jacques Fournier, l'auteur a crit une monographie trs complte d'un village franais au XIVe sicle. Il relate les dtails de la vie quotidienne, les conflits et les alliances qui se forment, analyse la structure sociale. L'hrsie cathare forme le pivot central de cet ouvrage autour duquel s'ordonnent de grands thmes d'tude - l'enfance, la mort, la culture, la famille, le folklore, les coutumes.LINHART, RobertL'tabli, Paris, ditions de Minuit, 1978.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)111MALINOWSKI, BronislawLes Argonautes du Pacifique occidental, Paris, Gallimard, 1963. [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]MORIN, EdgarLa mtamorphose de Plozenet. Commune de France, Paris, Fayard, 1967.MYRDAL, JanUn village de la Chine populaire, Paris, Gallimard, 1964.WYLIE, Laurence WilliamUn village du Vaucluse, Paris, Gallimard, 1979 (traduction de Cline Zins).Ce livre est plus qu'un compte rendu anecdotique. Il marque l'importance de voir comment les dtails quotidiens et les incidents imprvus prennent place dans le sens gnral que l'on donne la vie. Plus d'un rcit de la France rurale ont fait connatre le pittoresque de ce milieu parce que les comportements perus ne sont pas vue en relation un modle connu. Dans ce livre, l'auteur tente, par une description systmatique de leur culture, de dcrire les personnalits sociales vivant au sein d'un tel milieu.ZONABEND, Franoise La mmoire longue, Paris, PUF, 1980. Deux mmoires perptuellement imbriques rythment le temps du village. L'une collective plonge aux origines de la communaut, l'autre, familiale, repre partir des gnalogies est ponctue par les vnements qui jalonnent [100] une vie. L'une et l'autre ignorent l'Histoire et tissent un temps singulier immobile o le groupe se retrouve identique lui-mme. C'est cette mmoire longue que l'auteure a observe en notant le droulement de la vie quotidienne familiale et l'activit d'un village de Bourgogne.ZONABEND, FranoiseLa presqu'le au nuclaire, Paris, ditions Odile Jacob, 1989.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)1123. tudes de cas et tudes de communaut(Community Studies)Retour la table des matires Les tudes de cas et de communaut se diffrencient des tudes monographiques en ce qu'elles portent sur des objets renvoyant explicitement des localits, des communauts ou des institutions par rapport des objets d'tude comme, par exemple, des problmes sociaux. Les frontires tablies entre les tudes de cas, les tudes de communaut et les tudes monographiques sont vagues et font l'objet de diverses considrations dans les ouvrages prsents ici. Les nuances apportes ont des incidences sur les propositions thoriques et mthodologiques privilgis. La prsente rubrique fait place des exemples concrets d'tudes de cas et d'tudes lies la tradition amricaine des Community Studies.a. Considrations thoriques et mthodologiquesARENSBERG, Conrad M. "The Community Study Method", American journal of Sociology, 60, 2, 1954 : 109-124.BELL, Colin et NEWBY, HowardCommunity Studies, New York, Praeger Publishers, 1972.BELL, Colin et NE'WBY, Howard (eds)The Sociology of Community. A Selection of Readings, London, Frank Cassand Co. Ltd., 1974.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)113Ces deux ouvrages de Bell et Newby apportent des considrations tant thoriques (qu'est-ce qu'une communaut ?) que mthodologiques (peut-on parler [101] d'une reconstitution empirique totale d'une communaut ?), et pratiques (comptes rendus d'enqute de terrain) sur les tudes de communaut.BLUMER, Martin "The Rejuvenation of Community Studies ? Neighbours, Networks and Policy", Sociological Review, 33, 3, 1985 : 430-448.CHIVA, IsaacRural Communities. Problems, Methods and Types of Research, Paris, UNESCO, 1958.COOLEY, C.H. "Case Study of Small Institutions as a Method of Research", Publications ofthe American Sociological Society, 22, 1927 : 123-132.DE BRUYNE, Paul et al. Les tudes de cas , dans Dynamique de la recherche en sciences sociales, Paris, PUF, 1974 : 211-214.DION, Michel Idalisme et matrialisme dans la sociologie concrte : des tudes de communaut lethnoscience , dans Sociologie et idologie, Paris, ditions sociales, 1973 : 17-56.GARDEN, Maurice, GUILLAUME, Pierre, LACAVE, Michel et al.L'esprit des lieux : localits et changement social en France, Paris, ditionsdu CNRS, 1986.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)114HAKIM, Catherine "Case Studies", dans Research Design. Strategies and Choices in tbe Designof Social Research, London, Allen & Unwin, 1987 : 61-75.HAMEL, Jacques Pour la mthode de cas : considrations mthodologiques et perspectives gnrales , Anthropologie et socits, 13, 2, 1989 : 59-72. [Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.] Cet article vise poser dans des termes neufs et fconds la valeur de l'approche monographique, de l'tude de cas, qui connat aujourd'hui un regain de faveur dans les sciences sociales. Il est montr que la monographie ne peut tre aucunement limite l'approche microscopique, mais qu'elle permet bien d'atteindre la gnralit. [102] HILLERY, George A. jr. "Definitions of Community : Areas of Agreementio, 20, 1955 : 111 123.MITCHELL, J.-Clyde "Case and Situation Analysis", Sociology Review, 51, 2, 1983 : 187-211. L'auteur argue que l'tude de cas peut parfaitement valoir, au plan de la reprsentativit, pour les fins de l'explication sociologique. L'auteur fait une typologie des divers usages de l'tude de cas : pour illustrer une proposition; pour dcrire une situation; pour approfondir l'tude d'une situation ou d'un phnomne.QUEEN, Stuart A. "Round Table on the Case-Study Method of Sociological Research", Publica-tions of the American Sociological Society, 22, 128, 1927 : 225-227.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)115REDFIELD, RobertThe Little Community, Chicago, University of Chicago Press, 1956.SANDERS, Irwin T. "The Social Reconnaissance Method of Community Study", Research in RuralSociology and Development, 2, 1985 : 235-255.VIDICH, Arthur J., BENSMAN, Joseph et STEIN, Maurice R. Reflections onCommunity Studies, New York, Wiley, 1964.VOVELLE, Michel De la biographie l'tude de cas , Sources. Travaux et histoire, no 3-4, 1985 : 191-198.WILSON, Tom P. "A Case Study in Qualitative Research ?", Social Science Information Stu-dies, 1, 4, 1981 : 241-246.YIN, Robert K.Case Study Research Design and Method, Beverly Hills, Sage Publications,1984. Ouvrage remarquable. Ce livre constitue une vritable introduction la mthode de cas et s'avre cette fin un ouvrage proprement pdagogique. En effet, les divers types d'tude de cas sont d'abord diffrencis, puis sont [103] ensuite dfinis les vises (principalement, la constitution ou la vrification d'une thorie), les critres et les modalits de recueil et d'analyse des donnes en vue de mettre en vidence la configuration empirique d'un objet dtermin. L'ouvrage contient des tableaux rcapitulatifs et des exercices utiles la matrise de cette mthode.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)116tudes de cas : Bibliographie indicativeBERTAUX, Daniel et BERTAUX, Isabelle WianeTransformations et permanence de l'artisanat boulanger en France, Paris,Cordes, 1982 (vol. 1).BERTAUX, Daniel et BERTAUX, Isabelle WianeL'apprentissage en boulangerie dans les annes 20 et 30, Paris, Cordes, 1984(vol. 2).BURGUIERE, AndrBretons de Plozvet, Paris, Flammarion, 1975.Plozvet, commune bretonne de 3 800 habitants fait l'objet ici d'une tude de cas. L'tude a comme objectif d'analyser les transformations conomiques et sociales de cette commune. Le livre contient un chapitre sur la mthodologie adopte lors de l'enqute de terrain.CATANI, Mauricio et MAZE, SuzanneTante Suzanne. Une histoire de vie sociale, Paris, Librairie des Mridiens,1982.CAVAN, SherriLiquoir License, Chicago, Aldine, 1966.CRESSEY, Donald R. (ed)Change, New York, Holt, 1961.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)117CROZIER, MichelPetits fonctionnaires au travail, Paris, d. du CNRS, 1955.GOULDNER, AlvinPatterns of Industrial Bureaucracy, New York, Free Press, 1954.[104] HOLDAWAY, SimonInside the British Police : A Force at Work, Oxford, Blackwell, 1982.HOLLINGHEAD, A.B.Elmtown's Youth, New York, John Wiley, 1949.HUMPHREYS, LaudTearoom Trade : Impersonal Sex in Public Places, Chicago, Aldine, 1975 (2edition). Ouvrage qui concerne les problmes lis l'homosexualit et plus prcisment la pratique du sexe oral dans les toilettes publiques. La deuxime dition comporte une partie mthodologique fort intressante sur le rle de l'observateur.JACOBS, James B.Stateville The Penitentiary in Mass Society, Chicago, University of ChicagoPress, 1977. tude portant sur un pnitencier; l'auteur dgage les liens existant entre les formes d'autorit et la socit globale. Appendice fort intressant sur les conditions d'observation en milieu carcral.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)118JEFFERYS, M. et SACHS, H.Rethinking General Practice : Dilemmas in Primary Medical Care, London andNew York, Tavistock, 1983LACEY, C.Hightotwn Grammar : The School as a Social System, Manchester, Manchester University Press, 1970.LEIN, L.Families Witbout Villains. : American Families in an Era of Change, Lexington,D.C. Heath & Co, 1984.LEWIS, OscarLes enfants de Sanchez, Paris, Gallimard, 1972 (traduction franaise de Cline Zins). [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.] Un classique de l'anthropologie racontant l'histoire d'une famille pauvre de Mexico. partir des histoires de vie des membres de cette famille, l'auteur fait une description des divers aspects de la vie du proltariat mexicain.LEWIS, OscarUne mort dans la famille Sanchez, Paris, Gallimard, 1973.[105] LIEBOW, E.Tally's Corner : A Study of Negro Streetcorner Men, Boston, Little Brown &Co., 1967. Les donnes de base de cette tude ont t recueillies auprs de l' homme de la rue , entre janvier 1962 et juillet 1963, dans le cadre d'un projet de recherche : "Child Rearing Practices Among Low Income Families in the District of Columbia". L'objectif de ce projet consiste, de faon gnrale, dterminer et comprendre les problmes des populations urbaines bas revenu et, particulirement, de la population noire, principalement tou-Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)119che par ces problmes. L'auteur, par cette approche de terrain, rend compte de divers rapports vcus par cette population, offrant ainsi une vision empirique de ce phnomne.METZ, D.L.Running Hot : Structure and Stress in Ambulance Work, Cambridge, AbtBooks, 1981.PETONNET, ColetteOn est tous dans le brouillard, Paris, Galile, 1979.PETONNET, ColetteEspaces habits, Paris, Galile, 1983.RUBINSTEIN, JonathanCity Police, New York, Ballantine, 1974 (2e dition).SPRADLEY, James P. et MANN, Brenda J.Les bars, les femmes et la culture. Femmes au travail dans un monde d'hommes, Paris, PUF, 1979 (traduction franaise par Odette Gagn).La vie d'un bar amricain est tudie ici avec la mme rigueur, avec la mme ingniosit, que les anthropologues mettent tudier une socit primitive. Outre qu'il se lit avec intrt, ce livre offre une mine de renseignements empiriques sur la rpartition des rles masculins et fminins dans un lieu prioritairement rserv aux hommes : le bar; en l'occurrence le Brady's situ Oakland.VERDIER, YvonneFaons de dire, faons de faire : la laveuse, la couturire, la cuisinire, Paris,Gallimard, 1979.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)120 partir de l'tude des gestes et fonctions de trois femmes ayant des rles sociaux diffrents remplir dans le village, l'auteure montre comment, par leur exprience individuelle, elles prennent la mesure du temps par la priodicit de leur corps. [106] WHYTE, William F. Human Relations in the Restaurant Industry, New York, McGraw-Hill, 1948.WILLIS, Paul E.Learning to Labour, Westmead, Saxon House, 1977.tude ethnographique ayant comme objet les jeunes d'un quartier ouvrier et leur rapport au travail et l'cole. Aprs avoir fait une description des pratiques et des attitudes qui caractrisent ces jeunes de ce point de vue, l'auteur avance l'hypothse que les diverses formes de rsistance et de subversion vis--vis l'cole sont des moyens par lesquels la reproduction sociale est assure, sans contrainte ni endoctrinement.WILLIS, Paul E.Profane Culture, London, Routledge and Kegan Paul, 1978.tudes de communaut : ouvrages classiquesCAPLOW, Thodore et al.Middletown Families : Fifty Years of Change and Continuity, Minneapolis,University of Minnesota Press, 1982. Ouvrage qui fait suite au deux tudes monographiques des Lynd. Voulant tudier les changements survenus dans les 50 dernires annes, les auteurs constatent que c'est la continuit et non le changement qui caractrise les familles de cette petite ville.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)121COX, K.R. et JOHNSON, R.J.Conflict, Politics and the Urban Scene, Harlow, Longman, 1982.GANS, Herbert J.The Urban Villagers : Group and Class in the Life of Italian-Americans, NewYork, Free Press, 1962.GANS, Herbert J.The Levittowners. Ways of Life and Politics in a New Suburban Community,New York, Randon House, 1967.LYND, Robert S. et LYND, Helen M.Middletown : A Study in Contemporaty American Culture, New York, Harcourt Brace, 1929. [107] LYND, Robert S. et LYND, Helen M.Middletown in Transition, New York, Harcourt Brace, 1937.Un classique de la sociologie amricaine et plus spcifiquement de l'approche culturaliste. L'ouvrage fait la description d'une petite ville amricaine et a comme objectif de saisir les facteurs de changement et d'adaptation celui-ci, dans un contexte d'industrialisation.REDFIELD, RobertTopaztlan, a Mexican Village, Chicago, The University of Chicago Press, 1930.REDFIELD, RobertThe Folk Culture of Yucatan, Chicago, The University of Chicago Press, 1941.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)122TAUB, R.P. et al.Paths of Neighbourhood Change : Race and Crime in Urban America, Chicago,University of Chicago Press, 1984.VIDICH, Arthur J. et BENSMAN, JosephSmall Town in Mass Society, Princeton (New jersey), Princeton UniversityPress, 1958.WARNER, Lyoyd W.Yankee City Series, New Haven, Yale University Press, 5 vol., 1941, 1942,1945, 1947, 1959. Un classique de la sociologie amricaine qui a comme objectif de saisir les transformations sociales partir d'un village de la cte est des tats-Unis.WHYTE, William F.Street Corner Society. The Social Structure of an Italian Slum, Chicago,University of Chicago Press, 1981. (3e dition de l'ouvrage de 1943, avec de nouvelles annexes de mthode) tude monographique d'un quartier italien de Boston. Parti avec l'ide trs vague de raliser une tude de communaut, l'auteur fait l'analyse, dans un premier temps, des reprsentations des jeunes chmeurs de ce milieu et, dans un deuxime temps, il analyse les organisations de racket . Ouvrage fort intressant par son originalit mthodologique et les discussions qu'elle soulve, notamment du point de vue de la participation du chercheur...YOUNG, Michael et WILLMOTT, PeterLe village dans la ville, Paris, Centre Georges Pompidou, 1983. (Traductionfranaise par Anne Gotman et Bernard d'Hellencourt)Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)123[108)Lenqute de terrain en sciences sociales. Lapproche monographique et les mthodes qualitatives.Chapitre 3Enqutes ou expriences de terrain(fieldwork)Retour la table des matires L'exprience de l'enqute de terrain, classique en anthropologie, est prsente dans tous ses aspects, savoir l'enqute de terrain proprement dite, l'observation et l'entretien destins la reconstitution empiriques d'un objet d'tude.1. Ouvrages thoriques, mthodologiques et techniquesLa premire rubrique runit des ouvrages abordant les problmes thoriques, mthodologiques et proprement techniques lis l'enqute de terrain et les solutions apportes afin que celle-ci puisse tre faite de faon rigoureuse.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)124ADAMS, Richard et PREISS, Jack (eds)Human Organization Research : Field Relations and Techniques, Homewood(Illinois), Dorsey Press, 1960. Bon ouvrage d'introduction sur l'enqute de terrain. Les articles prsents concernent l'quipe de recherche, la relation de cette dernire avec le mcnat, le recueil des donnes par interview, l'observation et l'criture des notes de terrain. [109] BACHMANN, Christian Les sciences sociales et les msaventures du travail de terrain , Annalesde Vaucresson, 19, 1982 : 1-12.BAKER, Therese L. "Field Research and Observational Studies", dans Doing Social Research, New York, McGraw-Hill Book Company, 1988 : 228-251.BENNET, John W. "A Survey of Technics and Methodology in Field Work", American SociologyReview, XIII, 1948 : 672-689.BENSMAN, Joseph et VIDICH, Arthur J. "Social Theory in Field Research", American journal of Sociology, 65, 6, mai 1960 : 577-584. Les auteurs discutent de la place de la thorie dans une dmarche de terrain. Selon eux, l'enqute de terrain ne doit pas donner lieu des faiblesses thoriques mais, au contraire, le protocole de cette enqute exige de rigoureuses considrations thoriques.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)125BOURDIEU, Pierre Prface , dans Paul Rabinow, Un ethnologue au Maroc, Paris, Hachette, 1988 : 11-14.BOUVIER, PierreLe travail au quotidien, Paris, PUF, 1989 (coll. Sociologie d'aujourd'hui).Empruntant les outils de l'anthropologie, l'auteur mne une enqute dont le terrain est le mtro de Paris et celui de New York. L'tude comparative propose a pour objet les reprsentations attribues au travail par les diffrents personnels de ces socits de transport souterrain. Ce livre est vritablement un ouvrage pionnier dans le domaine.BULLETIN DE LA SOCIT SUISSE D'ETHNOLOGIE Problmes de la recherche sur le terrain vus par des jeunes ethnologues ,Bulletin de la socit Suisse de technologie, 1976 (numro spcial).BURGESS, Robert G. (ed.)Field Research : A Sourcebook and Field Manual, London-Boston, G. Allen &Unwin, 1982. [110] Aprs une brve introduction de l'auteur, ce manuel regroupe un ensemble de textes choisis et regroups en neuf sections abordant les problmes rencontrs au cours d'une recherche sur le terrain : choix d'une technique, stratgies, observation participante, enregistrement des donnes, etc.BURGESS, Robert G. (ed)Field Methods in the Study of Education, London, Falmer Press, 1985.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)126CAMPBELL, Donald T. "The Informant in Qualitative Research", American Journal of Sociology, 60, 1955 : 339-342.CHAPIN, Franois StuartField Work in Social Research, New York, The Century Co, 1920.CHRISTINAT, Jean-Louis Problmes de terrain ou l'exprience ethnographique , Bulletin de la so-cit suisse des Amricanise, 44, 1980 : 39-48.CLIFFORD, James "Fieldwork, Reciprocity and the Making of Ethnographic Texts", Man, 15, 1980 : 518-532.COPANS, Jean Le mtier d'anthropologue , l'Homme, 7, 4, 1967 : 84-91.CRESSWELL, Robert Recherche empirique et empirisme , dans Marc Sauter (sous la direction de), L'homme, hier et aujourdhui, recueil dtudes en hommage Andr Le-roi-Gourhan, Paris, Cujas, 1973 : 753-761.DE LA SOUDIERE, Martin L'inconfort du terrain , Terrain, 11, novembre 1988 : 94-105.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)127DOUGLAS, Jack D.Investigative Social Research : Individual and Team Field Research, BeverlyHills and London, Sage Publications, 1976.EASTERDAY, Lois, PAPDEMAS, Dinna, SCHORR, Lauma et al. "The Making of a Female Research : Role Problems in FieldWork", Urban Li-fe, 6, 3, 1977 : 333-348.[111] EMERSON, Robert M. "Observational Field Work", Annual Review of Sociology, 7, 1981 : 351-378.EMERSON, Robert M.Contemporary Field Research, Boston, Little Brown, 1983.EVERHART, Robert B. "Between Stranger and Friend : Some Consequences of Long-Term Fieldwork in Schools", American Educational Research Journal, 14, 1, 1977 : 1-15.FABRE, Daniel L'ethnologue et ses sources , Terrain, 7, octobre 1986 : 3-12.GARDNER, Burleigh B. et WHYTE, William Foote "Methods for the Study of Human Relations in Industry", American Sociolo-gical Review, 11, 1946 : 506-512.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)128GARRIGUES, Emmanuel Le temps du terrain et le temps comme terrain , L'Homme et la socit, 4, 90, 1988 : 51-62.GEER, Blanche "First Days in the Field", dans P.E. Hammond (ed), Sociologist at Work : Es-says on the Craft of Social Research, New York, Basic Books, 1964 : 322344.GENEST, Serge (sous la direction de)La passion de l'change : terrains danthropologues du Qubec, Chicoutimi,Gatan Morin diteur, 1985. [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.] Recueil d'articles concernant des expriences de terrain d'anthropologues du Qubec. Ouvrage rassurant en regard des problmes que tous rencontrent ou ont rencontrs (mme les plus chevronns) lors d'une enqute de terrain. Les relations avec la population tudie, avec les informateurs, etc., y sont abordes.GLAZER, Myron "Field Work in an Hostile Environment : A Chapter in the Sociology of Social Research in Chile", Comparative Education Review, 10, 1966 : 367-376. [112] GLAZER, MyronThe Research Adventure : Promise and Problems of Fieldwork, New York,Random House, 1972.GRAWITZ, Madeleine Les techniques vivantes , dans Mthodes des sciences sociales, Paris, Dalloz, 1979 : 697-979.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)129GRAY, Paul-S. "Exchange and Access in Field Work", Urban Life, 2, 3,1980 : 309-311.GREENHOUSE, Carol-J. "Anthropology at Home : Whose Home ?", Human Organization, 44, 3, 1985 : 261-264.GUBRIUM, JaberAnalyzing Field Reality, London, Sage Publications, 1988.GUBRIUM, Jaber et David SILVERMANThe Politics of Field Research, London, Sage Publications, 1989.GUIART, Jean Rflexions sur la mthode en ethnologie , Cahiers internationaux de socio-logie, 45, 15, juillet-dcembre 1968 : 81-98.GUTWIRTH, Jacques Pour la mthode ethnologique , dans Marc Sauter (sous la direction de),L'homme, hier et aujourdhui, recueil dtudes en hommage Andr LeroiGourhan, Paris, Cujas, 1973 : 775-783.HABENSTEIN, Robert W. (ed)Pathways to Data : Field Methods for Studing on Going Social Organizations,Chicago, Aldine, 1970.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)130Recueil d'articles sur le travail de terrain dans les organisations. L'article de Becker et Geer sur leur exprience en milieu hospitalier est intressant, notamment du point de vue de la relation observateur-observ.HAMMERSLEY, Martyn et ATKINSON, PaulEthnography : Principles in Practice, New York, Tavistock, 1983.Livre fort intressant et notamment le chapitre sur l'criture. De plus, la bibliographie du livre est annote. [113] HEBERLE, Rudolf "In Praise of Field Work : An Autobiographical Note", Zeitschrift fur Sozio-logie, 11, 2, 1982 : 105-112.HOLY, Ladislav et STUCHLIK, MilanActions, Norms and Representations, Foundations of Anthropological Inquity,Cambridge, Cambridge University Press, 1983.JOHNSON, John M.Doing Field Research, New York, Free Press, 1975.JONGMANS, D.G. et GUTKIND, P.C. 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SHIPMAN (ed), The [114] Organisation and Impactof Social Research, London, Routledge & Kegan Paul, 1976 : 63-88.LACOSTE, Yves Divers problmes propos de l'enqute et du terrain , Hrodote, 8, 1977 : 3-20.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)132LIEBERHERR, Franoise et al. Quelques dimensions d'une collectivit rurale de montagne : enqute sur le terrain et rflexions , Cahiers de lISSP, Universit de Neuchtel, 2, septembre 1980.LINDENFELD, Jacqueline Ethnologie urbaine et ethnographie de la communication; prliminaires une tude sur les places marchandes , Langage et socit, 30, 1984 : 3-28.LOFLAND, John "Styles of Reporting Qualitative Field Research", The American Sociologist, 9, 1974 : 101-111.LOUREAU, Ren Jeanne Favret : l'implication sur le terrain , dans Marx ou pas, rflexionssur un centenaire, Paris, tudes et documentation internationales, 1986 : 8084.LOUREAU, RenLe journal de recherche. Matriaux dune thorie de l'implication, Paris, Mridiens Klincksieck, 1988.MAGET, MarcelGuide dtude directe des comportements culturels, Paris, CNRS, 1953.Livre intressant pour les recettes de travail qu'on y retrouvent. L'auteur discute des diffrents points l'tude lors d'une reconstitution monographique (gographie des lieux, mode de production, croyance, dmographie, etc.) et des techniques permettant cette reconstitution (lnumration, la cartographie, l'entretien, etc.).Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)133MEAD, Margaret "More Comprehensive Field Methods", American Anthropologist, 35, 1933 : 1-15. [115] MONJARDET, Dominique Terrain et thorie : faut-il se garder de mettre les pieds dans l'entreprise , Sociologie du Sud-est, 33-34, 1982 : 2 1-30. L'auteur pose ici le problme d'une construction des catgories socioprofessionnelles et conclut qu'il est difficile d'escamoter l'analyse sociologique des pratiques lies aux emplois.MO, Linn "Is Field Work Scientific ?", Munich Social Science Review, 1, 1979 : 5-17. L'auteur tudie ici l'utilisation du raisonnement inductif utilis dans la plupart des recherches sur le terrain. Dans un deuxime temps, il tudie la rigueur requise pour les fins de la collecte et de l'analyse des donnes.MURPHY, John-W. "Qualitative Methodology, Hypothesis Testing and the Needs Assessment",Journal of Sociology and Social Welfare, 10, 1, 1983 : 136-147.NEWBY, Howard "In the Field : Reflections on the Study of Suffolk Farm Workers" dans Colin Bell et Howard Newby (eds), Doing Sociological Research, London, Allen & Unwin, 1977 : 108-129.PAOLI-ELZINGRE, Martine Questions de terrain. Qu'est-ce que je fais quand je suis sociologue , dans crits dailleurs. Georges Bataille et les ethnologues, Paris, ditions de la Maison des sciences de l'homme, 1987 : 75-81.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)134PETONNET, Colette Mthodologie ethnologique en milieu urbain : un groupe espagnol , dans Marc Sauter (sous la direction de), L'homme, hier et aujourdhui, recueildtudes en hommage Andr Leroi-Gourhan, Paris, Cujas, 1973 : 457-468.POWDERMAKER, HortenseStranger and Friend, New York, Norton, 1966.POWDERMAKER, Hortense "Field Work", International Encyclopedia of the social Sciences, Londres, Collier-Macmillan, vol. 5, 1968 : 418-424. [116] PULMAN, Bertrand Le dbat anthropologie/psychanalyse et la rfrence au terrain , Cahiersinternationaux de sociologie, 80, janvier-juin 1986 : 5-26.La notion de terrain joue un rle central dans le discours des anthropologues, en particulier pour dfinir la spcificit de l'anthropologie par rapport d'autres disciplines. L'auteur examine, travers les exemples de Malinowski et Lvi-Strauss, comment ces derniers ont utilis la rfrence au terrain l'occasion de leurs dbats avec la psychanalyse.QUELOZ, Nicolas La notion de terrain et le recueil des donnes en sociologie , Cahiers deNSSP, no 5, septembre 1984 : 121-135.SALAMONE, Frank A. "Epistemological Implications of Fieldwork and their Consequences", Ameri-can Anthropologist, 81, 1979 : 46-60.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)135SCHATZMAN, Leonard et STRAUSS, Anselm S.Field Research. Strategies for a Natural Sociology, Englewood Cliffs (NewJersey), Prentice Hall, 1973. Livre fort intressant; les auteurs proposent une dmarche d'enqute de terrain complte allant d'une dfinition de la notion de terrain la communication des rsultats, en passant par le premier contact avec le terrain. Bibliographie annote en fin de chapitre.SCOTT, Richard W. "Field Work in a Formal Organization : Some Dilemmas in the Role of Observer", Human Organization, 22, 2, 1963 : 162-168.SIEBER, Sam D. "The Integration of Fieldwork and Survey Methods", American Journal ofSociology, 78, 6, 1973 : 1335-1359.TAYLOR, Steven et BOGDAN, Robert "A Qualitative Approach to Community Adjustment", dans R.H.Bruininks, C.E. Meyers, B.B. Sigford et K.C. Larkin (eds), De institutionalization and Commu-nity Adjustment of Mentally Retarded People, Washington, American Association on Mental Deficiency, 1981.VIDICH, Arthur J. et BENSMAN, Joseph "The Validity of Field Data", Human Organization, 13, 1, 1954 : 20-27. [117] WARREN, Carol A.B. et RASMUSSEN, Paul K. "Sex and Gender in Field Research", Urban Life, 6, 1977 : 349-370.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)136WARREN, Carol A.B.Gender Issues in Field Researcb, Londres, Sage Publications, 1988.L'intention de ce petit volume est de rsumer comment le genre (gender) du chercheur influe sur les issues de la recherche sociale, la fois en anthropologie et en sociologie. Selon l'auteure, il est vital de comprendre la place que prend le genre dans la vie sociale et dans les sciences sociales. Le premier chapitre est donc consacr ce sujet; le second traite du genre et des rapports sociaux engags dans le travail de terrain ; le troisime concerne plutt les rapports entre le genre et la connaissance scientifique; enfin, l'auteure termine par quelques avertissements et conseils sur le sujet.WAX, Rosalie "Twelve Years Later : An Analysis of Field Experience", American Journal ofSociology, 63, 1957 : 133-142.WAX, RosalieDoing Fieldwork : Warnings and Advice, Chicago, University of Chicago Press,1971.WEBER, Florence Une pdagogie collective de l'enqute de terrain , tudes rurales, 107108, juillet-dcembre 1987 : 243-249.WERNER, Oswald et SCHPFLE, Mark G.Systematic Fieldwork. Vol. 1 : Foundations of Ethnography and Interviewing;Vol. 2 : Ethnographic Analysis and Data Management, Beverly Hills, Sage Publications, 1987.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)137WHYTE, William-F. et KING-WHYTE, K.Learning from the Field : A Guide from Experience, Beverly Hills - London New Delhi, Sage Publications, 1984.WILLIAMS, Thomas RhysField Methods in the Study of Culture, New York, Holt, Rinehart and Winston, 1967.ZELDITCH, Morris jr. "Some Methodological Problems of Field Studies", American Journal of So-ciology, 67, 1962 : 566-576.[118]2. Relations enquteur-enqut : points de vue pratiques et thiquesRetour la table des matires Parmi les problmes de l'enqute de terrain, le rapport de l'observateur a l'informateur de terrain donne lieu diverses considrations mthodologiques, pratiques et thiques lis principalement l'observation participante, l'immersion du chercheur en milieu exotique et l'objectivit que le chercheur doit manifester en pareilles circonstances.BABCHUCK, Nicholas "The Role of the Researcher as Participant Observer and Participant as Observer in the Field Situation", Human Organization, 21, 3, 1962 : 225-228.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)138BAIN, Robert K. "The Researcher's Role : A Case Study", Human Organization, 9, 1, 1950 : 23-38.BARNES, J.A. "Some Ethical Problems in Modern Field Work", British Journal of Sociology, 14, juin 1963 : 118-134.BULMER, Martin (ed.)Social Research Ethics, London, Macmillan, 1982.Ce livre met contribution divers auteurs, donnant lieu une discussion sur l'thique dans la recherche sociale, et particulirement sur le dbat concernant l'observation participante cache ou secrte.CASSELL, Joan "Risk and benefit to subjects of fieldwork", American Sociology, 13, 1978 : 134-143.CASSELL, Joan "Ethical Principles for Conducting Fieldwork", American Antbropology, 82, 1, 1980 : 28-4 1. Discussion des diffrents modles de recherche sur le terrain et de leurs implications thiques. Analyse de la relation observateur-informateur. Comparaison de la dontologie anthropologique et des rglementations existant pour la recherche biomdicale et psychologique. [119] CASSELL, Joan et WAX, Murray (ed.) Ethical Problems of Fielwork., Social Problems, 27, 1980 : 259-378 (numro spcial).Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)139COFFIELD, F. et BORRILL, C. "Entre and exit", Sociology Review, 31, 3, 1983 : 520-545. Les auteurs dcrivent l'chec d'une tude de terrain. Elle devait tre conduite par observation participante parmi un groupe d'adolescents socialement dfavoriss mais les tentatives pour nouer des rapports avec les jeunes se sont avres impossibles.CORDONNIER, Rita (sous la dir.) Chercheurs et informateurs, Bulletin de l'Association franaise des anthro-pologues, bulletin no 34, dcembre l988 (numro spcial).DINGWALL, Robert "Ethics and Ethnography", Sociological Review, 28, 4, 1980 : 871-891.DUSTER, Troy, MATZA, David et WELLMAN, David "Field Work and the Protection of Human Subjects", American Sociologist, 14, 3, 1979 : 136-142.FAVRET-SAADA, Jeanne et CONTRERAS, JoseCorps pour corps. Enqute sur la sorcellerie dans le Bocage, Paris, Gallimard,1981.GAST, Marceau et PANOFF, Michel (sous la dir.)L'accs au terrain en pays tranger et outre-mer, Paris, LHarmattan, 1986.GOLDE, Peggy (ed.)Women in tbe Field : Anthropological Experiences, Chicago, Aldine, 1986 (2edition).Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)140Cet ouvrage est un recueil d'articles de femmes anthropologues qui ont t confrontes au travail de terrain dans diverses socits exotiques. Ces enqutes de terrain les ont amenes considrer l'influence de leur sexe dans la dfinition de leur sujet d'tude et de leur relation avec les populations appartenant aux cultures tudies.HOMAN, Roger et BUINER, Martin (collab.) "The Ethics of Covert Methods", British Journal of Sociology of Education, 31, 1, 1980 : 46-65. [120] Rflexion critique sur l'utilisation par l'auteur de l'observation participante dguise dans une recherche mene au sein d'une communaut de pentectiste de l'Ancien jour . Examen des problmes thiques deux niveaux : personnel et professionnel. Article suivi d'un commentaire de M. Blumer.JORION, Paul "Quelques rflexions sur les conditions de l'enqute de terrain en anthropologie sociale", Revue de l'Institut de sociologie, 4, 1974 : 619-639.MALINOWSKI, BronislawJournal dethnographe, Paris, Seuil, 1985 (coll. Recherches anthropologiques).MAYONI, Joseph R. "Eager Visitor, Reluctant Host : The Anthropologist as Stranger", Anthropo-logia, 25, 2, 1983 : 221-249.MONTANDON, Cloptre Problmes thiques de la recherche en sciences sociales : le cas d'une tude en milieu carcral , Revue suisse de sociologie, 9, 2, 1983 : 215-233.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)141L'auteure prsente quelques-uns des principes thiques adopts dans certains pays, puis examine les compromis rendus ncessaires par la pratique de la recherche. Elle dcrit ensuite partir d'une tude mene en milieu carcral genevois les problmes particuliers qui se sont poss.MURPHY, Michael D. "Rumors of Identity : Gossip and Report in Ethnographic Research", HumanOrganization, 44, 2, 1985 : 132-137.NEWBOLD, Adams R. "Ethical Principles in Anthropological Research : One or Many ?", Human Or-ganization, 40, 2, 1981 : 155-160.O'KANE, F. Gens de la terre, gens du discours : terrain, mthode et rflexion dans l'tude d'une communaut de montagne et de ses migrs , InformationS.E.G./S.S.E., 2, 1981 : 3-5.PENEFF, Jean "Reflexions : Fieldwork in Algeria", Qualitative Sociology, 8, 1985 : 65-78. [121] POWDERMAKER, HortenseStranger and Friend, New York, Norton, 1967.PUNCH, MauriceThe Politics and Ethics of Fieldwork, Beverly Hills, Sage Publications, 1986.Cet ouvrage, qui fait partie d'une collection sur la mthodologie qualitative en sciences sociales, est consacr au travail sur le terrain. L'auteur envisage les politiques de ce type de collecte de donnes, les problmes thiques qu'il pose et relate son exprience personnelle d'immersion.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)142RABINOW, PaulUn ethnologue au Maroc, Paris, Hachette, 1988 (coll. Histoire des gens).L'auteur porte ici ses rflexions sur le travail de terrain; il s'interroge prcisment sur les relations entretenues avec l'informateur , envisageant la fois le contenu dit et entendu et la difficult de comprendre la morale des autres .RIOUX, MarcelAnecdotes saugrenues, Montral, L'Hexagone, 1989.Cet essai prsent sous forme de chroniques relate les aventures et msaventures de l'auteur au cours de ses multiples enqutes de terrain. Les faits qui y sont prsents expriment leur faon des diffrences de culture, de murs, de langue ou de comportements sociaux . Rapports avec humour, ces anecdotes saugrenues offrent un point de vue pratique sur la relation enquteur-enqut.ROSE, Dan "On the Ethnographic Touch", Dialectical Anthropology, 12, 1, 1987 : 105124.ROUE, Michle-Marie "Rockn roll et ethnologie : une question de mthode", Raison prsente, 69, 1984 : 43-55.RYNKIEWICH, M.A. et SPRADLEY, James P. (eds)Ethics and Anthropology : Dilemmas in Fieldwork, New York, Wiley, 1976.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)143SHAFFIR, William B., STEBBINS, Robert A. and TUROWETZ, Allen (eds)Fieldwork Experience. Qualitative Approach to Social Research, New York,St. Martin's Press, 1980. [122] SHAFFIR, William B. "Some Reflections on Approaches to Fieldwork in Hassidic Communities",The Jewish Journal of Sociology, 27, 2, 1985 : 115-134.Dans le cadre de sa recherche sur le terrain dans les communauts hassidiques, l'auteur s'interroge sur les dilemmes thiques intrinsques ce type de mthode.SMITH, Carolyn D. et KORNBLUM, William (eds)In the Field. Research on the Field Research Experience, New York, Praeger,1989. Recueil de textes sur des expriences de terrain d'anthropologues et de sociologues. Diviss en quatre parties, les articles concernent tant la prise de contact avec les informateurs, le statut confr au chercheur sur le terrain, la question de l'objectivit que le rle de l'observateur.SRINIVAS, M.-N., SHAH, A.-M., RAMAS-WAMY, E.-A. (eds)The Fieldworker and the Field. Problems and Challenges in Sociological Investigations, Delhi, Oxford University Press, 1979.STODDART, Kenneth "The Presentation of Everyday Life : Some Textual Strategies for "Adequate Ethnography"", Urban Life, 15, 1, 1986 : 103-121.STYLES, Joseph "Outsider/Insider : Researching Gay Baths", Urban Life, 8, 2, 1979 : 135152.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)144TRICE, H.M. "The Outsider's Role in Field Study", Sociology and Social Rerearch, 41,1,1956 : 27-32.TURNER, William H. "The Black Ethnographer : "At Home" in Harlan : A Commentary and Research Reponse to Stephenson and Greer", Human Organization, 45, 3, 1986 : 279-282.3. Observations : thories et mthodes.Retour la table des matires Les titres regroups sous cette rubrique concernant l'observation en sciences sociales dans ses multiples modalits : participante, directe, [123] locale, flottante, etc. Ces diverses modalits sont traites dans leurs aspects mthodologiques et selon leurs qualits respectives.Observations : considrations gnrales.BAILEY, Kenneth D. "Observation", dans Methods of Social Research, London, Collier Macmillan Publishers, 1987 : 239-271 (3e dition).Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)145BICKMAN, Lonard La rcolte des donnes 1. Les mthodes d'observation , dans Claire Selltiz, Lawrence Wrightsman et Stuart W. Cook (ds), Les mthodes de re-cherche en sciences sociales, Montral, HRW, 1976 : 247-265.BERNARD, Jessie "Observation and Generalization in Cultural Anthropology", American Journalof Sociology, 50, 1945 : 284-291.BOGDAN, Robert C.Observing in Institutions, Syracuse, Human Policy Press, 1972.BOSK, Charles L.Forgive and Remember. Managing Medical Failure, Chicago, University of Chicago Press, 1979.CASSELL, Joan "The Relationship of Observer to Observed in Peer Group Research", HumanOrganization, 36, 4, 1977 : 412-416.CHOMBART DE LAUWE, Paul Le rle de l'observation en sociologie , Revue de l'Institut de sociologie, 33, 1, 1960 : 27-43. Dans cet article, l'auteur souligne grand trait la place qu'occupe l'observation dans les sciences sociales. Il expose divers aspects mthodologiques qui la caractrisent en prcisant la ncessit d'tablir des liens avec d'autres aspects de la recherche.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)146DE GERANDO, Joseph-Marie Considrations sur les diverses mthodes suivre dans l'observation des peuples sauvages , dans J. Copans et J. Jamin, Aux origines [124] de l'an-thropologie franaise, Paris, Le Sycomore, 1978 : 127-169.DELLA BERNARDINA, Sergio quation personnelle et statut de l'observateur dans la tradition ethnologique , Sociologie du Sud-Est, 59-69, janvier-dcembre, 1989 : 7-26.DUVERGER, Maurice L'observation directe intensive , dans Mthodes des sciences sociales, Paris, PUF, 1961 : 250-312.ERICKSON, Kai T. "A Comment on Disguised Observation in Sociology", Social Problems, 14, 1967 : 366-373.GOLD, Raymond L. 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[125] LOUBET DEL BAYLE, Jean-Louis Les problmes de l'observation , dans Introduction aux mthodes dessciences sociales, Toulouse, Privat, 1986 : 27-35 (2e dition).LOUBET DEL BAYLE, Jean-Louis L'observation des groupes , dans Introduction aux mthodes des sciencessociales, Toulouse, Privat, 1986 : 95-101 (2e dition).McCALL, George J. "Systematic Field Observation", Annual Review of Sociology, 10, 1984 : 263282.MICHAELS, James W. "Systematic Observation as a Measurement Strategy", Sociological Focus, 16,3, 1983 : 217-226.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)148MICHIELS-PHILIPPE, Marie-Paule (d.)L'observation, Paris, Delachaux et Niestl, 1984 (2e dition).PETONNET, Colette L'observation flottante. L'exemple d'un cimetire parisien , L'Homme, XXI, 4, 1982 : 37-47. Rester disponible sans fixer l'attention sur un objet d'tude prcis : telle est la mthode de l'observation flottante , mise l'preuve au cimetire du Pre-Lachaise, le phnomne de la rencontre et de l'usage du lieu public apparaissent ainsi sous un jour nouveau.REISS, Albert J. jr. "Systematic Observations of Natural Social Phenomena", dans Herbert Costner (ed), Sociological Methodology, San Francisco, Jossey-Bass, 1971 : 3-33.RILEY, Matilda White et NELSON, Edward E. (eds)Sociological Observation : A Strategy for New Social Knowledge, New York,Basic Book inc, Publishers, 1974.ROTH, Julius A. "Comments on Secret Observations", Social Problems, 9, 1961 : 283-284. [126] STOCKING, George W. jr. (ed.)Observers Observed : Essays in Ethnographic Fieldwork, Madison, WisconsinUniversity Press, 1983.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)149TREMBLAY, Marc-Adlard La technique d'observation , dans Initiation la recherche dans les scien-ces sociales, Montral, McGraw-Hill, 1968 : 287-309. [Livre disponible dansLes Classiques des sciences sociales. JMT.]TURKLE, SherryThe Second Self : Computers and Human Spirit, New York, Simon and Schuster, 1984.WHYTE, William Foote "Observation Field Methods", dans M. Vahoda, M. Deutsch et S. W. Cook (eds), Research Methods in Social Relations, New York, Holt, 1951 : 493-513 (volume II). L'observation constitue la mthode de base de collecte des donnes dans l'tude des relations sociales. L'auteur prsente en dtail les principes sur lesquels reposent l'utilisation de l'observation participante. Au cours de ses expriences de terrain, l'auteur a utilis cette mthode afin d'tudier les relations sociales observes au sein de divers milieux tels l'usine et les bandes de rue (the street gang).B. Observation participanteRetour la table des matires ADLER, Patricia A. et al. "The Politics of Participation in Field Research", Urban Life, 14, 4, 1986 (numro spcial).Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)150ALTHABE, Grard Le terrain au prsent. Propos enregistrs , dans L'ethnologue et son terrain, Tome I, Les ans , Bulletin de lAssociation Franaise des Anthro-pologues, 29-30, 1987 (paru en 1988) : 43-50.ANDERSON, I.G. et LEE, J.R.E. 'Taking Professor Gluckman Seriously : The Case of Participant Observation", dans R. Frankenberg (ed), Custom and Conflict in British Society, Manchester, Manchester University Press, 1982 : 286-312. [127] AKTOUF, Omar La mthode de l'observation participante , dans A. Chanlat et M. Dufour (sous la direction de), La rupture entre l'entreprise et les Hommes, Sherbrooke, ditions Qubec/Amrique, 1985 : 243-286.BECKER, HOWARD S. Problmes d'infrence et de preuve dans l'observation participante , Ca-hiers du centre de recherches sociologiques, 5, fvrier 1987 : 57-82 (traduitet prsent par Marcel Drulhe).BLALOCK, Hubert M. Observation par participation , dans Introduction la recherche sociale, Belgique, Duculot, 1973 : 60-67.BOGDAN, Robert C.Participant Observation in Organizational Settings, Syracuse UniversityPress, 1972.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)151BOURDIEU, Pierre Sur l'objectivation participante , Actes de la recherche en sciences so-ciales, 23, septembre 1978 : 67-69.BRUYN, Severyn T. "The Methodology of Participant Observation", Human Organization, 22, 3, 1963 : 224-235.BRUYN, Severyn T.The Human Perspective in Sociology. The Methodology of Participant Observation, Englewood Cliffs (New Jersey), Prentice-Hall, 1966.L'auteur de ce livre aborde dans ses discussions des problmes importants, confrontant le social et les sciences psychologiques, il essaie ainsi de rpondre la question suivante : comment tudier l'humain ?BULMER, Martin "When is Disguise justifield ? Alternatives to Covert Participant Observation", Qualitative Sociology, 5, 4, 1982 : 251-264.CHESLER, Mark et SCHMUCK, Richard "Participant Observation in a Super Patriot Discussion Group", Journal ofSocial Issues, 19, 2, 1963 : 18-30.[128] CLASTER, Daniel S. et SCHWARTZ, Howard "Strategies of Participation in Participant Observation", Sociological Me-thods and Research, 1, 1, 1972 : 65-96.Discussion propos des techniques d'observation participante en sciences sociales et analyse critique de 5 stratgies de participation (obtention des donnes; choix et interprtation des comportements observs; identification psychologique avec les personnes observes; mise en rapport desLenqute de terrain en sciences sociales (1991)152concepts thoriques avec les donnes d'observation; formulation d'hypothses). L'analyse de chaque stratgie est illustre par des exemples concrets d'observation.DEAN, John P. "Participant Observation and Interviewing", dans J.T. Doby (ed), An Intro-duction to Social Research, Harrisburg, Stackpole, 1956 : 225-252.ESU-BWANA, Kibwenge et NQUBSIM, Npeynka Question de mthodologie : sorcellerie et observation participante , Eth-nopsychologie, 34, 1, janvier 1979 : 21-30.FAVRET-SAADA, JeanneLes mots, la mort, les sorts : la sorcellerie dans le Bocage, Paris, Gallimard,1977. L'auteure, dans un travail ethnographique, a choisi d'enquter sur la sorcellerie contemporaine dans le Bocage de l'Ouest. Son exprience est donc prsente dans ce livre, offrant ds lors un point de vue empirique fort intressant. Son rapport au monde de la sorcellerie alimente particulirement les rflexions sur la mthode d'observation participante en milieu tranger, voire inconnu. Ouvrage remarquable en voie de devenir un classique de l'ethnologie.FINE, Gary A. et GLASSNER, Barry "Participation Observation with Children : Promise and Problems", Urban Li-fe, 8, 2, 1979 : 153-174.FORTIN, Andre L'observation participante : au cur de l'altrit , dans Jean-Pierre Deslauriers (sous la direction de), Les mthodes de la recherche qualitative, Qubec, Presses de l'Universit du Qubec, 1987 : 23-33.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)153L'auteure dmontre qu'au fond l'observation participante repose sur une intuition fort simple : pour connatre une socit, un milieu, un phnomne social, il faut s'en approcher et le comprendre de l'intrieur. Bien qu'elle [129] n'ait pas t exempte d'agressions conceptuelles, cette technique tente de respecter l'environnement social tudi. Elle prsume que les personnes et les collectivits possdent une intention dpendante de celle du chercheur et qu'il est important de la connatre. L'auteure donne des indications mthodologiques et discute de la question toujours pineuse de l'engagement du chercheur dans le milieu de la recherche.FORTIN, Andre Au sujet du savoir , dans Jean-Pierre Deslauriers et Christiane Gagnon (sous la direction de), Entre le savoir et l'action : choix thiques et mthodo-logiques, Chicoutimi, Universit du Qubec Chicoutimi, 1987 : 47-74.FRIEDRICHS, Jurgen et LDTKE, HarmutParticipant Observation : Theory and Practice, Farnborough, Saxon House,1975. Ce livre concernant la mthodologie en sciences sociales prsente, de faon spcifique, une mthode empirique : l'observation participante. Les auteurs analysent la fois, les fondations thoriques de cette mthode, ses problmes pratiques et les possibilits de son application en rfrant des exemples, spcialement de rcentes tudes de terrain.GLASER, Edward M. et BACKER, T.E. "A Look at Participant Observation", Evaluation, 1, 3, 1973 : 46-49.HARRIS, John Richard "A Participant Observer Study : The Everyday Life of a Group of Delinquant Boys", Adolescence, 9, 33, 1974 : 31-48.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)154HESSELBACH, J. "Participant Observation as a Technique in Observing Decision-Making", So-ciology Ruralis, 12, 2, 1972 : 162-166.HILBERT, Richard A. "Covert Participation Observation : On its Nature and Practice", Urban Life, 9, 1, 1980 : 51-77.JACOB-PANDIAN, E.T. "Participant Observation, Liminality, and the Science of Man", InternationalJournal of Contemporary Sociology, 12, 3-4, 1975 : 167-180.[130] JACOBS, Glenn (ed.)The Participant Observer, New York, G. Braziller, 1970.JANES, Robert W. "A Note on Phases of the Community Role of the Participant Observer",American Sociological Review, 26, 1961 : 446-450.JARVIE, I.C. "The Problem of Ethical Integrity in Participant Observation", Current An-thropology, 10, 5, 1969 : 505-508.JORGENSEN, Danny L.Participant Observation : A Methodology for Human Studies, Beverly Hills,Sage Publications, 1989.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)155KENEN, Regina "Soapsuds, Space and Sociability. A Participation Observation of the Laundromat", Urban Life, 11, 2, 1982 : 163-183.KLUCKHOHN, Florence R. "The Participant-Observer Technique in Small Communities", The AmericanJournal of Sociology, 46, 1940 : 331-343.KOLAJA, Jiri "Contribution to the Theory of Participant Observation", Social Forces, 35, 1956 : 159-163.LOHMAN, Joseph D. "The Participant Observer in Community Studies", American Sociological Re-view, 2, 6, 1937 : 890-898.McCALL, George J. et SIMMONS, Jerry L. (eds)Issues in Participant Observation, Massachussetts, Addison-Wesley, 1969.MILLER, Stephan M. "The Participant Observer and Over-Rapport", American Sociological Review, 17, 1, 1952 : 97-99. [131] PLATT, Jennifer "The Development of the "Participant Observation" Method in Sociology : Origin, Myth and History", Journal of the History of the Behavorial Scien-ces, 19, 4,1983 : 379-393.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)156tude gnalogique du terme observation participante dont les acceptions ont vari depuis ses premires dfinitions au sein des ouvrages sociologiques des annes 30. En tant que mthode, elle a t principalement dfinie, dans les annes 50, par H. Becker et E.C. Hughes, dans un contexte disciplinaire extrmement diffrent de celui des annes 30. cette poque, les enqutes sociologiques mobilisaient de faon exclusive soit les tudes de cas soit les tudes statistiques. Ceci a chang et la combinaison des mthodes est maintenant admise; l'alternative tude qualitative/tude quantitative est ici pose dans les termes observation participante/enqute statistique.SCHWARTZ, Morris S. et GREEN SCHWARTZ, Charlotte "Problems in Participant Observation", American Journal of Sociology, 60, 4,1955 : 343-354.SNOW, David A. "The Disengagement Process : A Neglected Problem in Participant Observation Research", Qualitative Sociology, 3, 2, 1980 : 100-122.SPRADLEY, James P.Participant Observation, New York, Holt, Rinehart and Wilson, 1980.Ce livre traite exclusivement de l'observation participante; prsente, en termes d'objectifs spcifiques atteindre, les diverses tapes de cette mthodologie d'apprhension du rel, et les illustre abondamment l'aide de textes tirs de recherches empiriques.SULLIVAN, Moritmer A. jr., QUEEN, Stuart A. et PATRICK, Ralph C. "Participant Observation as Employed in the Study of a Military Training Program", American Sociological Review, 23, 1958 : 660-667.TROW, Martin "Comment on Participant Observation and Interviewing : A Comparison", Hu-man organization, 16, 3, 1957 : 33-50.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)157[132] VIDICH, Arthur J. "Participant Observation and the Collection and Interpretation of data",American Journal of Sociology, 60, 4, 1955 : 354-360.WAX, Rosaline H. "Observation : Participant Observation", International Encyclopedia of tbeSocial Sciences, Londres, Collier-Macmillan, vol. 11, 1968 : 238-240.Entretien ou entrevue : considrations mthodologiques et pratiquesRetour la table des matires L'entrevue est considre dans les ouvrages suivants selon diverses considrations mthodologiques, assurant son succs et sa rigueur, mais aussi, pour y parvenir, selon des conseils pratiques quant la sollicitation de l'entrevue, l'ambiance propice une bonne relation avec l'interview et la qualit du matriel technique mobilis pour les fins de l'entrevue.ABRAHAMS, Jean-JacquesLhomme au magntophone, Paris, Le Sagittaire, 1976.ARON-SCHNAPPER, Dominique et HANET, Daniel DHrodote au magntophone : sources orales et archives orales , AnnalesE.S.C., janvier-fvrier 1980 : 183-199.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)158BAILEY, Kenneth D. "Interview Studies", dans Methods of SocialResearch, New York, Collier Macmillan Publishers, 1987 : 173-209 (3e dition).BALCH, George J. et HOFSTETTER, Richard La rcolte des donnes II. Questionnaires et interviews , dans Claire Selltiz, Lawrence Wrightsman et Stuart W. Cook (ds), Les mthodes de re-cherche en sciences sociales, Montral, HRW, 1976 : 288-326.[133] BANAKA, William H.Training in Depth Interviewing, New York, Harper & Row, 1971.BECKER, Theodore M. et MEYERS, Peter R. "Empathy and Bravado : Interviewing Reluctant Bureaucrats", Public OpinionQuarterly, 38, 1974-1975 : 605-613.BEVIS, Joseph C. "Interviewing with Tape Recorders", Public Opinion Quarterly, 13, 1950 : 629-634.BLANCHET, Alain pistmologie critique de l'entretien d'enqute de style non directif ,Bulletin de psychologie, XXVI, 358, novembre-dcembre 1982 : 187-194.BLANCHET, Alain et al.L'entretien dans les sciences sociales, Paris, Dunod, 1985.La complexit et l'ambivalence de l'entretien non directif sont abordes dans ce livre. Notamment, l'interaction enquteur-enqut, la notion de neu-Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)159tralit, aborde d'un point de vue pistmologique, et la formation l'entretien.BOLSTER, B. et SPRINGBEI'T, B.M. "The Reaction of Interviewers to Favorable and Unfavorable Information",Journal of Applied Psychology, 45, 1961 : 97-103.BONNAIN, Rolande et ELEGOET, Fanch Les archives orales, pour quoi faire ? , Ethnologie franaise, VIII, octobre-dcembre 1978 : 348-355.BUCHER, Rue et al. "Tape Recorded Interviews in Social Research", American Sociological Re-view, 21, 3, 1956 : 359-364.CANNEL, Charles F. et KAHN, Robert L. L'interview comme mthode de collecte , dans Lon Festinger et Daniel Katz, Les mthodes de recherche dans les sciences sociales, Paris, PUF, 1963 : 385-436. [134] CAPLOW, Thodore Techniques d'enqute , dans L'enqute sociologique, Paris, Armand Colin, 1970 : 203-222.CHABROL, Claude qui parle-t-on dans un entretien d'enqute ? , Connexions, 3 8, 1982 : 107-121.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)160CORBIN, Marie "Problems and Procedures of Interviewing", dans J.M. and R.E. Pahl, Mana-gers and Their Wives, Londres, Allen Lane, The Penguin Press, 1971 : 286306.CUNNINGHAM-BURLEY, Sarah "Rules, Roles and Communicative Performance in Qualitative Research Interviews", International Journal of Sociology and Social Policy, 5, 3, 1985 : 6777.DAUNAIS, Jean-Paul L'entretien non directif , dans Benoit Gauthier (sous la direction de) Re-cherche sociale, Qubec, Presses de l'Universit du Qubec, 1984 : 248275. Article fort intressant, qui donne un rapide aperu de la place de l'entretien dans une recherche, des caractristiques d'une telle approche (notamment la question de la non-directivit), de l'attitude mthodologique que l'entretien suppose (l'coute, la conversation, etc.), de la relation interviewer-interview et de quelques lments techniques appropris l'entrevue (dmarrage de l'entrevue, prsentation du thme de recherche, etc.).DEAN, John P. et WHYTE, William Foote "How do you Know if the Informant is Telling the Truth ?", Human Organiza-tion, 17, 2, 1958 : 34-38.DE SANTIS, Grace "Interviewing as Social Interaction", Qualitative Sociology, 2, 3, janvier 1980 : 72-93.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)161DEUTSCHER, Irwin "Public and Private Opinions : Social Situations and Multiple Realities", dans S.Z. Nagi et R.G. Corwin (eds), The Social Context of Research, New York, Wiley, 1972 : 323-340. [135] DEXTER, LewisElite and Specialized Interviewing, Evanston, Northwestern UniversityPress, 1970.DEXTER, Louis Anthony "Role Relationships and Conceptions of Neutrality in Interviewing", AmericanJournal of Sociology, 62, 1956 : 153-157.DIJKSTRA, Will "How Interviewer Variance can Biais the Results or Reserach on Interviewer Effects", Quality and Quantity, 17, 3, 1983 : 179-187.DORRA, Hughette et MILLET, GrardComment mener un entretien individuel, Paris, Dunod, 1975. Petit livre quidonne des conseils pratiques sur l'entre en communication, les types de comportement en communication, les biais, etc.DOUGLAS, Jack D.Creative Interviewing, Londres, Sage Publications, 1984.GAGNON, Nicole et HAMELIN, JeanL'histoire orale, Saint-Hyacinthe, Edisem, 1978.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)162GARRET, AnnetteInterviewing. Its Principles and Methods, New York, Family Service Association of America, 1942.GHIGLIONE, Rodolphe et MATALON, Benjamin Comment interroger ? Les entretiens , dans Les enqutes sociologiques, Paris, Armand Colin, 1978 : 57-92.GORDEN, Raymond L. Interviewing : Strategy, Techniques, and Tactics, Homewood, The Dorsey Press, 1969.GRELON, Andr Interviewer , Langage et socit, 4, mai 1978 : 41-62.GUITTET, AndrL'entretien : techniques et pratiques, Paris, Armand Colin, 1983.[136] HERAUX, Pierre et DESHAIES, Denise Interview et pouvoir langagier , Cahiers internationaux de sociologie, vol. LXXXIX, juillet-dcembre 1985 : 313-333. Le prsent texte prsente sommairement : 1) le cadre de la recherche entreprise sur l'analyse d'interviews de couples qubcois, et qui essaie de dterminer les rapports de pouvoir tels qu'ils apparaissent dans l'change particulier que constitue l'interview; 2) quelques rsultats, dont certains ont une porte mthodologique gnrale.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)163HYMAN, Herbert "Interviewing as a Scientific Procedure", dans D. Lerner et H.D. Lasswell (eds), The Policy Sciences : Recent Development in Scope and Method, Stanford (California), Stanford University Press, 1951 : 203-216.HYMAN, HerbertInterviewing in Social Research, Chicago, University of Chicago Press, 1954.JOUTARD, Philippe Historiens vos micros ! Le document oral, une nouvelle source pour l'histoire , L'Histoire, no 12, mai 1979 : 106-112.KAHN, Robert L. et CANNELL, Charles F. The Dynamics of Interviewing : Theory, Technique and Cases, New York, John Wiley and Sons, 1957.KANDEL, Liliane Rflexions sur l'usage de l'entretien, notamment non directif , pistmo-logie sociologique, vol. 13, 1972 : 25-46.Insr dans un ensemble d'articles intitul : L'opinion et sa raison , ce texte fait l'historique de l'entretien non directif et plus prcisment de l'entretien thrapeutique jusqu' l'entretien de recherche. Lauteure dgage aussi les prsupposs thique et pistmologique de la non-directivit.KUHN, M.H. "The Interview and the Professional Relationship", dans A. Rose (ed), HumanBehavior and Social Processes, London, Routledge and Kegan Paul, 1962 : 193206.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)164LACOSTE-DUJARDIN, Camille La relation d'enqute , Hrodote, vol. 8, 1977 : 21-76. [137] En sciences sociales, peu de chercheurs semble s'interroger au sujet du processus par lequel les rsultats ont t obtenus. Selon l'auteur, cet acte premier sur lequel se fonde toute la recherche en sciences sociales demeure ignor. Il convient donc, selon lui, de dcrire les conditions prcises de l'exprience de recherche, - de la relation d'enqute - afin de s'ouvrir la discussion et aux critiques.LEGRAS, Daniel Quelques contributions la mthodologie de l'entretien non directif d'enqute , Bulletin du C.E.R.P., XX, 2, 1971 : 131-141.LEOMANT, Christian et LEOMANT, Nicole Rcits de vie de jeunes dlinquants et pratiques de chercheurs , Annalesde Vaucresson, 19, 1982 : 14-26.LEZNOFF, Maurice "Interviewing Homosexuals", American Journal of Sociology, 62, 1956 : 202204.LIEBERHERF, Franoise L'entretien, un lieu sociologique , Revue suisse de sociologie, 2, 1983 : 391-406. Par analogie avec l'acte mdical, l'auteure dfinit l'entretien comme acte sociologique. La relation enquteur-enqut se joue selon des rapports de force produits dans la pratique sociale. Mais contrairement l'acte mdical, le demandeur 'enquteur) avec son savoir intellectuel et thorique est dans une situation de domination. Dans ces conditions, comment faire une bonne entrevue ?Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)165LOUBET DEL BAYLE, Jean-Louis Les interviews , dans Introduction aux mthodes des sciences sociales, Toulouse, Privat, 1986 : 36-45 (21 dition).MAITRE, Jacques Sociologie de l'idologie et entretien non directif , Revue franaise desociologie, XVI, 1975 : 248-256.MEASOR, L. "Interviewing : A Strategy in Qualitative Research", dans R.G. Burgess (ed),Strategies of Educational Research., Qualitative Methods, London, FalmerPress, 1985 : 55-77. [138] MERTON, Robert K., FISKE, Marjorie et KENDALL, PatriciaThe Focused Interview : A Manual of Problems and Procedures, New York,Columbia University Press, 1952 (2e dition).MICHELAT, Guy Sur l'utilisation de l'entretien non directif en sociologie , Revue franaisede sociologie, XVI, 1975 : 229-247.Trs bonne rflexion sur l'utilisation de l'entretien non directif comme mthode d'analyse des phnomnes sociaux. Aprs avoir soulev les problmes inhrents au postulat d'une telle mthode, savoir le passage par l'individu pour atteindre les modles culturels intrioriss, fauteur critique l'utilisation de l'analyse de contenu courante (type Berelson), pour proposer un modle qui part de l'hypothse que tout lment de l'entretien a, y compris les dtails, au moins une signification.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)166MISHLER, Elhot G.Research Interviewing.- Context and Narrative, Cambridge, Harvard University Press, 1986.NAHOUM, Charles Tactique et "erreurs" au cours de l'entretien , dans L'entretien psycholo-gique, Paris, PUF, 1975 : 141-172.OAKLEY, Ann "Interviewing Women : A Contradiction in Terms", dans H. Roberts (ed),Doing Feminist Research, London, Routledge and Kegan Paul, 1981 : 30-61.PAGE, Helen E. "Dialogic Principles of Interactive Learning in the Ethnographic Relationship", Journal of Anthropological Research, 44, 2, 1988 : 163-181.PAUL, Benjamin "Interview Technique of Interactive and Field Relationships", dans A.L. Kroeber (ed), Anthropology Today, Chicago, University of Chicago Press, 1953 : 430-451.PAUZE, laineTechniques dentretien et dentrevue, Montral, Modulo, 1984.[139] PLATT, Jennifer "On Interviewing One's Peers", British journal of Sociology, 32, 1,1981 : 7591.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)167POIRIER, Jean, CLAPIER-VALLADON, Simone et RAYBAUT, PaulLes rcits de vie; thorie et pratique, Paris, PUF, 1983 (collection le sociologue). Mme si cet ouvrage concerne plus particulirement les rcits de vie, la deuxime partie La pratique de l'enqute est d'ordre assez gnral pour intresser ceux qui travaillent partir d'entrevue. On y aborde les problmes, par exemple, du choix du matriel (le choix du magntophone, du microphone, etc.), et du traitement du matriel (rgles de la transcription, mise en ordre du rcit, etc.).RAVIS-GIORDANI, Georges De l'utilisation des tmoignages oraux : aspects dontologiques , Ethnolo-gie franaise, VIII, octobre-dcembre 1978 : 356-358.RICHARDSON, Stephen A. et al.Interviewing : Its Forms and Functions, New York, Basic Book, 1965.Ouvrage qui concerne les diverses facettes de l'usage de l'interview. Notamment, la place d'une telle mthode en sciences sociales, les divers types d'interview, la composition des questions, les facteurs influenant les rponses, etc.RIESMAN, David et BENNEY, Marc "The Sociology of the Interview", Midwest Sociologist, 18, 1956 : 315.RIESMAN, David et BENNEY, Marc "The Interview in Social Research", American Journal of Sociology, 62,1956 : 137-252.SAHUC, Louis L'entretien : introduction l'art dcouter, Toulouse, Privat, 1976.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)168[140] SIMON, Michel L'entretien non directif en sociologie, propositions pour un dbat , Bulle-tin Centre Analyse, Discours, Universit de Lille, 3, 1974 : 18-35.SIMONOT, Michel Entretien non directif, entretien non prstructur : pour une validation mthodologique et une formalisation pdagogique , Bulletin de psychologie, XXXIII, 343, novembre-dcembre 1979 : 155-164.SMIGEL, Erwin O. "Interviewing a Legal Elite : The Wall Street Lawyer", American Journal ofSociology, 64, 1958 : 159-164.SPECTOR, M. Rflexions sur l'tude des personnalits connues , Crime et justice, 7/8, 3/4, 1979-1980 : 214-219.SPRADLEY, James P.The Ethnographic Interview, New York-Toronto, Holt, Rinehart and Winston,1979.TREMBLAY, Marc-Adlard La technique de l'entrevue , dans Initiation la recherche dans les scien-ces humaines, Montral, McGraw-Hill, 1968 : 311-359. [Livre disponible dansLes Classiques des sciences sociales. JMT.]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)169TROGNON, Alain Remarques sur les effets compars de l'entretien non directif et du questionnaire sociologique , Bulletin de psychologie, XXI, 3 34, mars-avril 1978 : 430-435.WHYTE, William Foote "Interviewing for Organizational Research", Human Organization, 12, 2, 1953 : 15-22.WHYTE, William Foote "On Asking Indirect Questions", Human Organization, 15, 4, 1957 : 21-23.WOODSIDE, Moya "The Research Interview", Sociological Review, 37, 1945 : 28-35.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)170[141]5. Analyse des matriaux : documents personnels et archivesRetour la table des matires Dans une enqute de terrain, le recours des matriaux crits est maintes fois privilgi et leur analyse implique diverses considrations mthodologiques prsentes dans les ouvrages suivants.ALTHEIDE, David L. "Ethnography Content Analysis", Qualitative Sociology, 10, 1, 1987 : 65-77.ANGELL, Robert C. "A Critical Review of the Development of the Personal Document Method in Sociology, 1920-1940", dans ; Louis Gottschalk et al. (eds), The Use of Per-sonal Documents in History, Anthropology and Sociology, New York, SocialSciences Council, 1945 : 177-232.ANGELL, Robert C. et FREEDMAN, Ronald L'emploi des documents, des archives, des recensements et des indices , dans Lon Festinger et Daniel Katz (ds), Les mthodes de recherche dansles sciences sociales, Paris, PUF, 1963 : 350-377.Ce chapitre est consacr l'utilisation, au sein de la recherche scientifique, de certaines catgories de faits rassembls par d'autres personnes que le chercheur lui-mme. Ces donnes, aussi nombreuses que varies, sont accessibles grce l'existence d'archives et de documents officiels qui se rapportent divers aspects de la vie sociale. Elles offrent l'unique moyenLenqute de terrain en sciences sociales (1991)171d'atteindre des situations sociales passes et certaines situations prsentes.BERGIER, Jean-Franois Histoire conomique, histoire des entreprises et archives d'entreprises. Plaidoyer pour un instrument de travail , dans Mlanges d'tudes conomi-ques et sociales offerts Claudius-P. Terrier, Genve, Publications de la Facult des sciences conomiques et sociales de l'Universit de Genve, XIX, 1968 : 23-32.BROT, Isabelle. et CHOMEL, Vital Les archives d'entreprises en France , Gazette des archives, 84, 1974 : 9-35. [142] CAPLOW, Thodore L'observation et l'analyse documentaire , dans L'enqute sociologique, Paris, Armand Colin, 1970 : 184-202. L'auteur de ce chapitre nous fait part de ses considrations personnelles sur l'analyse documentaire et sur l'observation. Prcisment, ses rflexions portent sur les diffrents types de documents, de l'analyse de ceux-ci, de l'utilisation des sources officielles et du dnombrement.DAMPIERRE, ric de Le sociologue et l'analyse des documents personnels , Annales, 3, 1957442-454.DESBOIS, velyne L'observation au pied de la lettre : carnets et lettres, des matriaux pour l'enqute sur le terrain , Information sur les sciences sociales, 27, 3, 1988 : 461-480.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)172DUVERGER, Maurice L'observation documentaire , dans Mthodes des sciences sociales, Paris, PUF, 1961 : 93-171.GILLE, Bertrand Les archives d'entreprise , Revue Historique, T. 208, 1952 : 185204. L'auteur essaie de dmontrer l'importance des sources de documentation conomique d'origine prive, en prcisant de quoi elles sont composes et le parti qu'on peut en tirer.GRAWITZ, Madeleine Les techniques documentaires , dans Mthodes des sciences sociales, Paris, Dalloz, 1979 : 619-690.GOTTSCHALK, Louis R., KLUCKHOHN, Clyde et ANGELL, Robert C.The Use of Personal Documents in History, Anthropology and Sociology, NewYork, Social Science Research Council, 1945.JEQUIER, Franois Comment utiliser les archives d'entreprises ? Aspects mthodologiques, thiques et pratiques , Bulletin du Dpartement dhistoire conomique de laFacult des Sciences conomiques et sociales de l'Universit de Genve, 4,1973-1974 : 20-25. [143] JEQUIER, Franois Les archives d'entreprise : ce que l'historien dsire obtenir , Revue euro-penne des sciences sociales (Cahiers Vilfredo Pareto), 15, 40, 1977 : 87-118.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)173Le recours aux archives prives, et plus particulirement celles des entreprises, est indispensable l'histoire conomique et sociale et ncessite de la part de l'historien un certain nombre de dmarches que l'auteur expose dans cet article. Cela implique une collaboration entre archivistes, entrepreneurs et historiens dont les traditions existent dj aux tats-Unis, en Angleterre, au Danernark, en Allemagne et en Hollande.LOUBET DEL BAYLE, Jean-Louis L'observation documentaire , dans Introduction aux mthodes des scien-ces sociales, Toulouse, Privat, 1986 : 102-120.L'auteur, ici, propose quelques points de repre en voquant quelques grandes catgories de documents particulirement importants. Ensuite, il examine les techniques d'analyse et de traitement de ces documents.NEVEUX, Hughes Sur les donnes historiques , Revue de synthse, IV, 1-2, 1986 : 39-51.PITT, David C.Using Historical Sources in Anthropology and Sociology, New York, Holt, Rinehart & Winston, 1972. L'intention de ce livre est de considrer les perspectives par lesquelles les documents historiques sont, ou peuvent tre, utiliss par l'anthropologie et la sociologie culturelle et sociale. L'auteur s'intresse spcialement aux documents pouvant tre intgrs au travail de terrain traditionnel et dans les mthodes de recherche en vigueur dans les deux disciplines.PLATT, Jennifer "Evidence and Proof in Documentary Research : Some Specific Problems of Documentary Research", The Sociological Review, 29, 1, 1981 : 31-52.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)174TREMBLAY, Marc-Adlard L'utilisation des documents , dans Initiation la recherche dans lessciences humaines, Montral, McGraw-Hill, 1968 : 211-286. [Livre disponibledans Les Classiques des sciences sociales. JMT.] [144] VIDALENC, Jean Les archives d'entreprises et leur intrt pour l'histoire , Gazette desarchives, 73-74, 1971 : 83-91.WOLF, K.H. "The Collection and Organization of Field Materials : a Research Report",Ohio Journal of Science, 52, 1952 : 49-61.ZACHARY, Gussow et TRACY, George S. "The Use of Archival Materials in the Analysis and Interpretation of Field Data", American Anthropologist, 73, 1-3, 1971 : 695-709.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)175[145]Lenqute de terrain en sciences sociales. Lapproche monographique et les mthodes qualitatives.Chapitre 4La description : problmes et mthodesRetour la table des matires La description dcoule, de quelque manire, de l'tude monographique. Sous cette rubrique sont runis des titres o l'accent est mis sur la ncessit de la description dans la dfinition de l'explication thorique en sciences sociales. Ceci est voqu la lumire des travaux de l'pistmologie de ces sciences et, aussi, de l'pistmologie des sciences exprimentales.1. Ouvrages thoriques et mthodologiquesSi la ncessit de la description est reconnue, l'approche monographique s'avre particulirement opportune, condition que les rgles qui les dfinissent soient explicites, les ouvrages suivants traitent de ce problme.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)176BERNIER, Lon et PERRAULT, IsabelleL'artiste et l'uvre faire, Qubec, IQRC, 1985.Cet ouvrage porte les marques d'une patiente dmarche de comprhension de la pratique des arts originant d'une enqute de terrain auprs de peintres, de sculpteurs et de graveurs. Respectant la squence de ces rencontres, et maintenant l'unit biographique de chaque entrevue, ce livre rend fidlement les propos tenus par ces crateurs sur leur propre pratique. labore en marge de ces rcits singuliers, l'analyse des auteurs se prsente comme une longue dfinition de l'artiste professionnel, dfinition qui se veut aussi l'amorce d'une sociologie de l'individu. [146] BERNIER, Lon Les conditions de la preuve dans une dmarche qualitative base de rcits de vie , dans Jean-Marie Van Der Maren (sous la direction de), L'interpr-tation des donnes dans la recherche qualitative, Montral, Facult dessciences de l'ducation, 1987 : 7-20.DENZIN, Norman K. "Thick Description", dans Interpretative Interactionism, London, Sage Publications, 1989 : 83-103.GRANGER, Gilles-Gaston Thorie et exprience , dans Jean de la Campagne (d), Philosopher, Paris, Seuil, 1979 : 341-351.HOLLANDER, A.N.J. Dan "Social Description : The Problem of Reliability and Validity", dans D.G. Longmans and P.C.W. Gutkind (eds), Anthropologist in the Field, Assen, Netherlands, Van Gorcum, 1967 : 1-34.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)177HOULE, Gilles Histoires et rcits de vie : la redcouverte oblige du sens commun , dans Danielle Desmarais et Paul Grell (ds), Les rcits de vie, Montral, ditions Saint-Martin, 1986 : 35-51. Dans cet article, l'auteur soulve diverses questions du point de vue de ce que serait une mthodologie gnrale en sciences sociales. Ici, les histoires et rcits de vie sont considrs la fois comme matriaux d'analyse, comme technique et mthode de recherche et comme problmatique thorique. L'ide essentielle de ce texte est la redcouverte du sens commun .KRISHNARAO, B. "The Descriptive Method in Social Research", Sociologia Bulletin, 10, 2, septembre 1961 : 46-52.LOUBET DEL BAYLE, Jean-Louis La description , dans Introduction aux mthodes des sciences sociales, Toulouse, Privat, 1986 : 124-146.MATALON, Benjamin Les descriptions , dans Dcrire, expliquer, prvoir, Paris, Armand Colin, 1988 : 105-120. [147] PHARO, Patrick Problmes empiriques de la sociologie comprhensive , Revue franaise desociologie, 26, 1, 1985 : 120-149.QUERE, Louis (sous la dir.)La description, un impratif ?, Paris, Centre d'tude des mouvements sociaux, EHESS, 1985, 2 tomes.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)178Il s'agit ici d'un ouvrage de deux tomes : dans le premier, les auteurs discutent du problme particulier de la description en sciences sociales, li au caractre auto-descriptif et auto-interprtatif du sujet; dans le second, les auteurs se penchent plus particulirement sur la description sociologique et linguistique en considrant le problme des catgorisations.QUERE, Louis La vie sociale est une scne , dans Le parler frais dErving Gofman, Paris, Les ditions de Minuit, 1989 : 47-82.RUWET, Nicolas Linguistique et sciences de l'Homme , Esprit, novembre 1963 : 564-577.SACKS, J. "Sociological Description", Berkeley Journal of Sociology, 8, 13, 1963 : 1-17.SMITH, Dorothy E. "On Sociological Description : A Method from Marx, Human Studies, 4, 4, 1981 : 313-337.2. La construction de l'explicationRetour la table des matires La construction de l'explication, rside dans la dfinition thorique qui est faite de la description empirique de l'objet d'tude acquise par voie monographique. Ce passage de l'empirie la thorie fait l'objet des propos des textes suivants.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)179BALANDIER, Georges L'exprience de l'ethnologue et le problme de l'explication , Cahiers in-ternationaux de sociologie, 21, juillet-dcembre 1956 : 114-127. [Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.] [148] BAWIN-LEGROS, Bernadette Du type d'explication possible au choix d'une mthode relle : le cas particulier de la mobilit sociale des femmes travers le rcit d'une recherche ,Sociologie et Socits, 14, 1, 1982 : 53 -63.Dans le grand dbat qui oppose mthodes qualitatives et quantitatives, il semble qu'on ait souvent nglig la question fondamentale qui est celle du type d'explication que l'on recherche sur un objet dfini. Cet article montre, travers un exemple, les problmes thoriques, mthodologiques ou pistmologiques rencontrs et causs par l'absence de construction d'un objet de recherche.BROWN, RobertExplanation in Social Science, London, Routledge and Kegan Paul, 1963.Dans ce livre, l'auteur s'efforce de rpondre des questions fort importantes en sciences sociales : comment faire le rapport entre l'explication, l'observation et la description ? En quels sens l'explication des sciences sociales est-elle vritablement une explication ? S'il y a diffrentes mthodes d'explication, quels rapports existent-ils entre elles ? Quelles formes prennent ces rapports en sciences physiques ? Quels rles jouent les mthodes d'explication dans les sciences sociales ?DESCOLA, Philippe L'explication causale , dans Les ides de l'anthropologie, Paris, Armand Colin, 1988 : 11-59. Excellente rflexion sur l'explication causale en anthropologie. Aprs avoir prcis la notion de causalit, l'auteur analyse les objections classiques faites ce type d'explication (objections empiriste et culturaliste), pour finalement tudier les variantes du principe de causalit (causalits fonctionnalistes, causalits structurales).Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)180GIROD, Roger Le passage de la description l'explication dans le cadre de la sociologie concrte , Cahiers internationaux de sociologie, 21, 1956 : 100-113.GRANGER, Gilles-Gaston. L'explication dans les sciences sociales , dans L'explication dans lessciences, Paris, Flammarion, 1973 : 147-165.GRENIER, Line Sous la rubrique des objets perdus, une rflexion mthodologique sur le racisme , Sociologie et Socits, XV, 2, 1983 : 147-153. [149] La recherche sur le racisme est confronte, d'abord et avant tout, des problmes d'ordre mthodologique, lis la dfinition d'un objet d'tude et aux rgles de sa construction. La rflexion ici amorce concerne d'une part la thorisation priori que constitue lutilisation du terme racisme comme dfinissant l'objet rel d'une recherche et d'autre part, la ncessit de rhabiliter le sens commun, comme ralit constitutive du racisme sociologique et de son explication dont ce racisme ordinaire recle les fondements empiriques.GURVITCH, Georges La crise de l'explication en sociologie , Cahiers internationaux de sociolo-gie, 21, 1956 : 3-18.MIGUELEZ, Roberto L'explication en ethnologie , Information sur les sciences sociales, 8, 3, juin 1969 : 27-58. partir de l'analyse d'un exemple particulier d'explication fourni par la recherche comparative, l'auteur propose de montrer qu'un problme pistmologique crucial - celui de la constitution du fait - dtermine un champ deLenqute de terrain en sciences sociales (1991)181possibilits logiques l'intrieur duquel deux formes d'explication ethnologique sont concevables. [Texte en prparation dans Les Classiaues des sciences sociales. JMT.]MOECKLI, Gustave L'explication dans les sciences sociales , Cahiers Vilfredo Pareto, 3, 1964 : 29-60.PIAGET, Jean L'explication sociologique , tudes sociologiques, Genve, Droz, 1967 : 1599.PIRES, Alvaro P. Analyse causale et rcits de vie , Anthropologie et socits, 13, 3, 1989 : 37-58. Un des objectifs de cet article est de contribuer au dveloppement de la rflexion thorique sur l'analyse causale dans les recherches qualitatives et, par ricochet, l'lucidation de la problmatique de la causalit en sciences sociales. L'auteur traite du rle des questions paradigmatiques dans l'analyse causale et indique deux cheminements possibles pour l'imputation causale : a) la description de la structure (interne) du systme et de ses effets de premier ordre, b) la description des effets (observables) de deuxime ordre.RAMOGNINO, Nicole Pour une approche dialectique en sociologie , Sociologie et socits, XlV, 1, 1982 : 83-95. [150] Trois dimensions (symbolique, historique et concrte) traversent la matrialit sociale, conue comme processus. La pratique sociologique - via ses mthodologies quantitatives et qualitatives et ses modles thoriques fonctionne par rduction - ou ddialectisation de ces dimensions : du symbolique la signification ou l'interprtation; de l'historique une vision du temps conu comme espace rel ou analytique; du concret (sujet sociologique) la structure ou acteurs sociaux. Ces rductions sont cependant ncessai-Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)182res; les observations dpendent des conditions mmes de la recherche le travail pralable sur les formes quantitatives ou signifiantes, sous lesquelles apparat la matrialit sociale. L'analyse dialectique ne peut tre, alors, considre que comme une tape ultrieure de la recherche; elle procdera par critique des rsultats ddialectiss obtenus, et par leur transformation redialectisante, l'aide des outils connus de la logique dialectique.VAN PARIJS, P. La syntaxe de l'explication dans les sciences sociales , Recherches socio-logiques, VII, 2, 1977 : 211-244.3. Les problmes d'critureRetour la table des matires La rigueur de l'tude monographique se manifeste, pour une part, par les modalits et la prcision de l'criture inhrente la description et l'explication de l'objet d'tude acquises par cette voie. Ceci est abord dans des textes lis l'criture en sociologie, en histoire, en littrature.BECKER, HOWARD S. et RICHARDS, PamelaWriting for Social Scientist : How to Start and Finish your These, Book, or Article, Chicago, University of Chicago, 1986.S'appuyant sur sa propre exprience d'auteur, H. Becker fait des suggestions et livre des conseils pratiques pour la rdaction d'articles, de thses ou d'ouvrages.BERTAUX, Daniel crire la sociologie , Information sur les sciences sociales, 18, 1, 1979 : 725.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)183L'auteur oppose le discours scientifique celui de nature non scientifique : littrature, philosophique, histoire, ethnographie; et s'interroge sur les rapports entre littrature et sociologie. [151] BROWN, RichardA Ptic for Sociology. Toward a Logic of Discovery for the Human Sciences,New York, Cambridge University Press, 1977. (Traduction franaise de Rmi Clignet, Clefs pour une potique de la sociologie, Paris, Actes/Sud, 1989.) L'objet de ce livre est de dmontrer qu'une vision esthtique du mode de connaissance sociologique - une potique pour la sociologie - peut contribuer surmonter les contradictions mthodologiques des sciences sociales contemporaines et par l mme des pratiques de leurs chercheurs. Ce projet vise essentiellement doter la pense sociologique d'une rflexibilit pistmologique en vitant les piges de l'absolutisme et du solipsisme.CERTEAU, Michel deL'criture de l'histoire, Paris, Gallimard, 1975.CLIFFORD, James De l'ethnologue comme fiction : Conrad et Malinowski , tudes rurales, 97-98, 1985 : 47-67.GIBBAL, Jean-Marie De l'exprience la fiction , Cahiers de sociologie conomique et culturel-le, 7, 1987 : 11-18.GRATALOUP, Nicole L'criture thorique , La Pense, 274, mars-avril 1990 : 47 -61.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)184JAMIN, Jean Le texte ethnographique. Argument , tudes rurales, 97-98, janvier-juin 1985 : 13-24. Introduction au problme d'criture ethnographique : reconnaissance des genres, rgles de composition, dlimitation de l'chelle de l'objet, implications socio-politiques du texte; possibilit de la dmarche ethnographique l'gard du monde contemporain.LABRIE, VivianPrcis de transcription de documents d'archives orales, Qubec, Institutqubcois de recherche sur la culture, 1987 (collection instruments de travail, no 4). partir d'une exprience concrte de transcription de documents ethnographiques - principalement des contes, chansons, entrevues -, on tente ici d'amorcer une discussion sur ce sujet en proposant une rflexion sur le problme de la transcription; des exemples de diffrentes solutions adoptes par les chercheurs; une procdure utilisable pour une transcription premire de [152] documents d'archives ; des exemples d'ajustement de cette procdure divers types de documents oraux ; des indications pour la simplifier.PERROT, Martyne et SOUDIERE, Martin de la Le masque ou la plume ? Les enjeux de l'criture en sciences sociales , In-formation sur les sciences sociales, 27, 3, 1988 : 439-460.SIMONS, Herbert (ed.)Rhetoric in Human Sciences, Londres, Sage Publications, 1988.VAN MAANEN, JohnTales of the Field. On Writing Ethnography, Chicago, The University of Chicago Press, 1988. Cet ouvrage prsente les techniques rhtoriques et la stylistique utilise pour prsenter les rsultats de terrain.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)185VIDAL, Daniel La sociologie et son criture , dans Problmes dpistmologie des scien-ces sociales, Paris, Centre d'tude des mouvements sociaux, 1983 : 34-47.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)186[153]Lenqute de terrain en sciences sociales. Lapproche monographique et les mthodes qualitatives.Chapitre 5Les mthodes qualitativesRetour la table des matires L'approche monographique est partie prenante des mthodes qualitatives en sciences sociales. Il convient donc de prsenter les questions plus gnrales souleves par la monographie sociale - notamment celles touchant la reprsentativit, l'objectivit, la gnralit, etc. - et qui constituent les enjeux des dbats mthodologiques actuels.1. Ouvrages de mthodologie qualitative : bibliographie gnraleCes questions font les frais de discussions dans toutes sortes d'ouvrages, notamment des ouvrages gnraux, o elles sont abordes du point de vue de l'histoire du dveloppement des sciences sociales, des querelles entre institutions universitaires (ex. : la dispute entre l'cole de Chicago et l'Universit Colombia aux USA), et de considrations relatives l'observation participante, l'entrevue, etc.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)187AKTOUF, OmarMthodologie des sciences sociales et approche qualitative des organisations,Qubec, Presses de l'Universit du Qubec, 1987. [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]BHERER, Harold et al.Le renouveau mthodologique en sciences humaines : recherche et mthodes qualitatives, Chicoutimi, Universit du Qubec Chicoutimi, 1985.[154] BLANCHET, Alain, GHIGLIONE, Rodolphe et MASSONNAT, JeanLes techniques denqute en sciences sociales : observer, interviewer, questionner, Paris, Dunod, 1987.BLAXTER, Mildred (sous la direction) "The Analysis of Qualitative Data : A Symposium", Sociological Review, 27, 4, 1979 : 649-827 (numro spcial).BOGDAN, Robert C. et BIKLEN, Sari KnoppQualitative Research for Education : An Introduction to Theory and Methods, Toronto, Allyn and Bacon, 1982.BOUDON, Raymond Les mthodes qualitatives , dans Les mthodes en sociologie, Paris, PUF, 1976 : 86-123.BOUVIER, Jean-Claude, BREMONDY, Henry-Paul, JOUTARD, Philippe et al.Tradition orale et identit culturelle. Problmes et mthodes, Paris, ditionsdu CNRS, 1980.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)188BRYMAN, AlanResearch Methods and Organization Studies, London, Unwin Hyman, 1989.BULMER, Martin "The Value of Qualitative Methods", dans Social Science and Social Policy, London, Allen & Unwin, 1986 : 180-203.BURGESS, Robert (ed.)Strategies of Qualitative Research : Qualitative Methods, London, FalmerPress, 1985. Ce livre fait le point sur diverses approches utilises dans la recherche sur le terrain; examine les techniques de recherche privilgies dans le travail de terrain (observation participante, interview informelle ou non structure et matriels documentaires); analyse les problmes qui surviennent au cours de la recherche de terrain et en quoi ces problmes sont lis l'exprience de terrain du chercheur.COLE, Stephen "Qualitative Research", dans The Sociological Method, Chicago, Rand McNally, 1976 : 160-219. [155] CONRAD, Peter et REINHARZ, Shulamit (eds) Computers and Qualitative Data. Qualitative Sociology, 7, 1, printemps et t, 1984 (numro spcial).CRESSWELL, Robert et GODELIER, Maurice (sous la direction de)Outils denqute et danalyse anthropologiques, Paris, Franois Maspero,1976.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)189DENZIN, Norman K.Sociological Methods : A Sourcebook, New York, McGraw Hill, 1978.DENZIN, Norman K.The Research Act : A Theoretical Introduction to Sociological Methods,New Jersey, Prentice-Hall, 1989.DESLAURIERS, Jean-Pierre (sous la direction de)Larecherchequalitative :rsurgenceetconvergence,Chicoutimi,GRIR/UQAC, 1985.DESLAURIERS, Jean-Pierre L'analyse en recherche qualitative , dans Cahiers de recherche sociologi-que, 5, 2, automne 1987 : 145-152.DESLAURIERS, Jean-Pierre (sous la direction de)Les mthodes de la recherche qualitative, Qubec, Presses de l'Universitdu Qubec, 1987. Dans ce recueil, les contributions contenu plus gnral en ctoient d'autres plus techniques portant sur la recherche-action, l'enqute conscientisante, l'intervention sociologique, l'histoire de vie, l'analyse de contenu, l'observation participante, le groupe nominal. Chaque auteur prsente une analyse critique de la recherche qualitative, ce qui n'exclut ni la sympathie ni la capacit de saisir les limites de ce courant de recherche.DESLAURIERS, Jean-PierreRecherche qualitative, guide pratique, Montral, McGraw-Hill, 1991 (collection Thema).Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)190DRASS, Kniss A. "The Analysis of Qualitative Data. A Computer Program", Urban Life, 9, 3, 1980 : 332-353. [156] FAURE, Guy-Olivier Mthodes qualitatives , dans Jean Cazeneuve (sous la direction de), La so-ciologie, Paris, CEPL, 1975 : 300-315.FILSTEAD, William J.Qualitative Methodology : Firsthand Involvement with the Social World, Chicago, Markham, 1970 Ce livre a deux intentions : premirement, examiner quelques facettes de l'approche mthodologique de la ralit sociale, prcisment de la mthodologie qualitative et deuximement, mettre en cause celles qui mesurent tout et ne comprend rien. Ce recueil d'articles cerne l'ensemble de l'approche qualitative : rle du travail de terrain, collecte de donnes, analyse des donnes, problmes de validit, problmes d'thique.FUJIMA, Joan Hideko, STAR, Susan Leigh et GERSON, Elihu M. Mthodes de recherche en sociologie des sciences : travail, pragmatisme et interactionnisme symbolique , Cahiers de recherche sociologique, 5, 2, automne 1987 : 65-85.GAGNON, Nicole et HAMELIN, Jean Le mtier d'historien , dans LHomme historien, Saint-Hyacinthe, Edisem, 1979 : 27-51.GOULD, Meredith. (ed.) Innovative Sources and Uses of Qualitative Data, Qualitative Sociology, 8, 4, hiver 1985 : 201-406 (numro spcial).Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)191GRIAULE, MarcelMthodes de l'ethnographie, Paris, PUF, 1957.HAKIM, Catherine "Qualitative Research", dans Research Design. Strategies and Choices in theDesign of Social Research, London, Allen & Unwin, 1987 : 26-35.HORTH, RaynaldL'approche qualitative comme mthodologie de recherche en science de l'ducation, Rimouski, Les ditions de Mer, 1986.HOULE, Gilles (sous la direction de) La sociologie : une question de mthodes ? , Sociologie et socits, XIV, 1, avril 1982 (numro spcial). [157] La dmarche d'explication sociologique ne trouve-t-elle pas ses limites dans la diversit mme des mthodes de recherche utilises ? Les possibilits d'une mthodologie gnrale en sociologie sont-elles relles ou illusoires ? Ne vaudrait-il pas mieux parler en fait d'une mthodologie gnrale des sciences sociales et de l'histoire, voire des sciences humaines ? L'opposition classique des mthodes qualitatives et quantitatives est-elle irrductible, ou ne recouvrirait-elle pas au contraire la difficult essentielle de la sociologie particulirement dans la dfinition de l'objet de sa recherche ? Autant de questions auxquelles sont convis rpondre les collaborateurs de ce numro.HOULE, Gilles Le sens commun comme forme de connaissance : de l'analyse clinique en sociologie , Sociologie et socits, XIX, 2, octobre 1987 : 77-86. [Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)192HOULE, Gilles, LASVERGNAS, Isabelle, LAFERRIERE, Therse et al, La contribution des approches qualitatives aux sciences humaines : dbats actuels dans Cahiers de recherche sociologique, 5, 2, automne 1987 : 107138.KUHNS, Eileen Pease et MARTORANA, S.V. (sous la direction de)Qualitative Methods for Institutional Research, San Francisco, Jossey-BassInc., 1982 (New Directions for Institutional Research Series, 34, 2).LAPERRIERE, Anne (sous la direction de) L'autre sociologie , Cahiers de recherche sociologique, 5, 2, automne 1987 (numro spcial).LECLERC, GrardL'observation de lhomme : une histoire des enqutes sociales, Paris, Seuil,1979. La premire partie concerne l'observation des groupes et analyse, sur une priode allant de 1800 nos jours, l'objet anthropologique conu de faon statique, diffrents moments et dans diffrentes situations : classes sociales et groupes ethniques, le temps tant celui de la rvolution industrielle et de l'imprialisme. La deuxime partie, consacre aux processus sociaux, analyse l'objet anthropologique du point de vue dynamique. L'auteur rappelle le cadre historique de la mise en place du systme moderne d'observation (cration de la statistique criminelle en 1830-1840 et des indicateurs sociaux partir de 1860). [158] LESSARD-HBERT, Michelle, GOYETTE, Gabriel et BOUTIN, GraldRecherche qualitative : fondements et pratiques, Montral, ditions Agenced'Arc inc., 1990.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)193LOFLAND, JohnAnalyzing Social Settings, Belmont (California), Wadsworth, 1971.Un bref et accessible guide sur la collecte et l'analyse des donnes qualitatives. L'auteur met ici moins l'accent sur des considrations thoriques que techniques (les tapes de l'analyse, l'organisation des matriaux, etc.).LOFLAND, JohnDoing Social Life : The Qualitative Study of Human Interaction in Natural Settings, New York, Wiley, 1976.Ce volume est divis en trois chapitres : le premier rend compte des principes d'tude qualitative par stratgies d'interaction; le second passe en revue les tudes qualitatives par stratgies d'interaction organises en termes d'chelle stratgique et situationnelle - le temps, l'espace, la population et l'quipement impliqus; enfin, le troisime chapitre isole les stratgies d'interaction utilises dans quatre situations d'tude empirique.MADGE, JohnThe Tools of Social Science, London, Longmans, 1953.MAXWELL, Albert ErnestAnalysing Qualitative Data, London, Wiley, 1961.MILES, Matthew B. et HUBERMAN, Michael A.Qualitative Data Analysis : A Sourcebook of New Methods, Beverly Hills,Sage Publications, 1984.MORTON-WILLIAMS, J., JONES, S. et al.Applied Qualitative Research, Aldershot, Gower, 1985.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)194MOUTON, J. "Contemporary Philosophies of Science and the Qualitative Paradigm in the Social Sciences", The South African Journal of Sociology, 16, 3, 1985 : 8189.PATTON, M.Q.Qualitative Evaluation Methods, Londres, Sage Publications, 1980.[159] PELTO, Pertti J. et PELTO, Gretel H.Antbropological Research, Cambridge, Cambridge University Press, 1978.POISSON, YvesLa recherche qualitative en ducation, Qubec, Presses de l'Universit duQubec, 1990.POUPART, Jean et LABRECQUE, Marie-Christine Bibliographie : mthodologie qualitative , Crime et/and justice, 7/8, 3/4, 1979-1980 : 248-261.POUPART, Jean La mthodologie qualitative en sciences humaines : une approche redcouvrir , Apprentissage et socialisation, 4, 1, 1981 : 41-47.POUPART, Jean, RAINS, P. et PIRES, Alvaro Les mthodes qualitatives et la sociologie amricaine. Dviance et soci-t, 7, 1, 1983 : 63-91.Les auteurs prsentent les diffrentes tapes du dveloppement des mthodes qualitatives aux tats-Unis, puis les crits consacrs aux mthodes de recherche qualitative en dgageant particulirement l'influence deLenqute de terrain en sciences sociales (1991)195linteractionnisme symbolique. Ils examinent enfin les nouvelles perspectives thoriques dveloppes en Europe.RATCLIFFE, John W. "Notions of Validity in Qualitative Research Methodology", Knowledge, 5, 2, 1983 : 147-167.REINHARZ, Shulamit et CONRAD, Peter (eds) Qualitative Sociology in International Perspective, Qualitative Sociology, 11, 1 et 2, printemps/t 1988 (numro spcial).SCHWARTZ, Howard et JACOBS, Jerry Qualitative Sociology : A Method to the Madness, New York, Free Press, 1979. partir des thories sur la construction de la ralit, les auteurs examinent successivement les mthodes de la sociologie de la vie quotidienne, l'observation participante, les histoires de vie et lethnomthodologie.SERVIER, JeanMthodes de l'ethnologie, Paris, PUF, 1986 (coll. Que sais-je ?).[160] SILVERMAN, DavidQualitative Methodology and Sociology., Describing the Social World, Aldershot, Gower, 1985.SMITH, Robert B. et MANNING, Peter K. (eds)Qualitative Metbods. Volume II of Handbook of Social Science Methods,Cambridge, Harper and Row, 1982.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)196TAYLOR, Steven J. et BOGDAN, Robert C.Introduction to Qualitative Research Methods : The Search for Meanings,New York, John Wiley & Sons, 1984 (seconde dition). Aprs avoir pass en revue les diffrentes thories sur lesquelles se fondent les mthodes de recherche qualitatives, les auteurs tudient plus particulirement, dans une premire partie, l'observation participante et l'interview non directif Dans une seconde partie, ils donnent des conseils sur la faon de rdiger des comptes rendus de recherche et prsentent un certain nombre de travaux bass sur les mthodes qualitatives.VAN DER MAREN, Jean-Marie et PAINCHAUD, Gisle (ds)Actes du colloque sur les objets et mthodologies en recherche qualitative,Montral, Facult des sciences de l'ducation (Universit de Montral), 1984. Suite d'articles tmoignant du nombre croissant de mthodes qualitatives la disposition des chercheurs spcialiss dans la sociologie des organisations. L'intention est de montrer l'utilit de ces mthodes. Trois types d'articles : les paradigmes ethnographiques, les techniques d'interview et d'observation en profondeur sur le terrain, les articles qui se distinguent par la nouveaut des thmes explors.VAN DER MAREN, Jean-Marie (d)L'interprtation des donnes dans la recherche qualitative, Montral, Facult des sciences de l'ducation, 1987.VAN MAANEN, John (ed.) Qualitative Methodology, Administrative Science Quarterly, 24, 4, 1979 : 519-671 (numro spcial).VAN MAANEN, John, DABBS, James M. jr. et FAULKNER, Robert R.Varieties of Qualitative Research, Londres, Sage Publications, 1982.[161]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)197VAN MAANEN, John (ed)Qualitative Metbodology, Beverly Hills, Sage Publications, 1983.Cette srie d'articles rompt avec les contraintes des mthodologies traditionnelles, en dveloppant de nouvelles techniques de recherche et d'approches innovatrices afin de comprendre le fonctionnement et les fonctions des organisations sociales. Individuellement, ces articles offrent, de manire concise, des guides pratiques rendant compte des tendances mthodologiques actuelles; de plus, ils couvrent les vises de ces nouvelles tendances dans le domaine de la recherche organisationnelle.WALKER, Robert (ed.)Applied Qualitative Research, Aldershot, Hants, Gower, 1985.WODS, Jacek (sous la direction de) Problmes de la sociologie qualitative, Varsovie, Universit de Silsie, 1987.2. Le conflit des mthodesRetour la table des matires La mthodologie en sciences sociales donne lieu des disputes entre partisans des mthodes qualitatives et mthodes quantitatives. Les enjeux de ces querelles renvoient aux distinctions micro/macro sociologique, subjectivit/objectivit, etc., abords dans les ouvrages runis sous cette rubrique. Certains de ces ouvrages prsentent les difficults et avantages respectifs de ces mthodes, recelant pour certains d'entre eux, une convergence thorique et pratique possible entre ces mthodes pour les fins de l'explication en sciences sociales.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)198a. Mthodes qualitatives vs quantitativesRetour la table des matires BOUDON, Raymond Les fausses querelles de mthodes , dans Les mthodes en sociologie, Paris, PUF, 1976 : 17-30.BRYMAN, Alan "The Debate About Quantitative and Qualitative Research : A Question of Method or Epistemology ?", British Journal of Sociology of Education, 35, 1, 1984 : 75-92. [162] BRYMAN, AlanQuantity and Quality in Social Research, London, Allen & Unwin, 1988.CIPRIANI, Roberto Quantit et qualit dans l'analyse sociologique : faux dilemme ou dbat idologique dans la connaissance scientifique ? , Revue de l'Institut de so-ciologie, no 1-2, 1985 : 181-189.COMBESSIE, Jean-Claude propos de mthodes : effets d'optique, heuristique et objectivation ,Bulletin de mthodologie sociologique, 10 avril 1986 : 4-24.L'auteur s'appuie sur l'exemple d'une recherche sociologique dans l'Espagne rurale, pour montrer que les deux approches, qualitative et quantitative sont par leur nature mme inextricablement entrecroises et complmentaires. Adopter une approche au dtriment de l'autre, c'est biaiser le type de phnomnes que l'on puisse analyser et prdterminer le type de rsultats produits.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)199COOK, T.D. et REICHARDT, C.R.Qualitative and Quantitative Methods in Evaluation Research, Beverly Hills(California), Sage Publications, 1979.DESROSIERES, Alain L'opposition entre deux formes d'enqute : monographie et statistique , dans Martine Segalen (sous la direction de), Antbropologie Sociale et Ethno-logie de la France, Louvain-La-Neuve, Peeters, 1989 : 211-213.GLASSNER, Barry et MORANO, Jonathan D. (eds)The Qualitative-Quantitative Distinction in the Social Sciences, Boston,Klumer Academic Publishers, 1989 (Boston Studies in the Philosophy of Science 112).GRANGER, Gilles-Gaston Modles qualitatifs, modles quantitatifs dans la connaissance scientifique , Sociologie et socits, XIV, 1, avril 1982 : 7 -14. L'volution de la prise de conscience de la nature profonde de la pense scientifique pourrait tre symbolise, trs schmatiquement, par trois devises, dont chacune rinterprte d'une certaine manire et rectifie la prcdente. On a d'abord proclam qu'il n'y avait de science que de l'universel; [163] puis, qu'il n'y avait de science que du mesurable. Nous devrions dire aujourd'hui : il n'y a de science que du structurable. Profession de foi qui ne rcuse nullement les deux prcdentes, mais les relativise, et donne un sens nouveau l'universel et au mesurable. C'est de cette manire qu'il conviendrait, selon l'auteur, de reconnatre le rle et la place des modles qualitatifs dans la pense scientifique.GRANGER, Gilles-Gaston Connaissance qualitative, connaissance quantitative , dans Pour la connais-sance philosophique, Paris, Odile Jacob, 1988 : 93-122.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)200HOULE, Gilles Prsentation , Sociologie et socits, vol. XIV, no l, avril 1979 : 3-6.LEDRUT, Raymond Le qualitatif et le quantitatif , dans Recherches sociologiques, XVI, 2, 1985-229-236. L'auteur soutient que les mthodes qualitatives et quantitatives sont complmentaires. Selon lui, les mthodes qualitatives permettent la sociologie l'interprtation et la comprhension auxquelles n'accde jamais le quantitatif, pourtant ncessaire la mise en place, l'exploitation et la validation du qualitatif.LEMEL, Y. Le sociologue des pratiques du quotidien entre l'approche ethnographique et l'enqute statistique , conomie et statistique, 168, 1984 : 5-11.PIRES, Alvaro La mthode qualitative en Amrique du Nord : un dbat manqu (19181960) , Sociologie et socits, vol. XIV, no 1, avril 1982 : 15-29. Cet article propose une rflexion sur les causes de l'abandon de la mthodologie qualitative dans la sociologie nord-amricaine. Par le biais de cette analyse historique, ce texte entend, entre autres, contribuer offrir des bases diffrentes au dbat actuel. En effet, il attire l'attention sur le fait qu'un vritable dbat mthodologique entre les approches qualitative et quantitative commence peine tre entam. Courte bibliographie la fin du texte.PIRES, Alvaro Deux thses errones sur les lettres et les chiffres , Cahiers de recher-che sociologique, 5, 2, automne 1987 : 87-106.[164]Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)201POUPART, Jean Mthodologie qualitative : une source de dbats en criminologie , Crimeet/and justice, 1979-80 : 248-261.TREND, M.-G. "On the Reconciliation of Qualitative and Quantitative Analysis : A Case Study", Human Organization, 4, 1978 : 345-367.WILSON, Thomas P. "Qualitative "versus" Quantitative Methods in Social Research", Bulletin demthodologie sociologique, 10, 1986 : 25-51.b. Micro/macro sociologie: local vs globalRetour la table des matires ALEXANDER, Jeffrey C., GIESEN, Bernhard, MUNCH, Richard et SMELSER, Neil J. (eds).The micro-macro link, California, University of Califomia Press, 1987.Ce volume rend compte d'une nouvelle tendance dans la pense sociologique. Chaque essai propose en effet d'tablir un lien entre deux traditions distinctes de la thorie sociologique, le microscopique - lequel s'appuie sur l'individu et sur l'interaction entre les personnes - et le macroscopique, lequel se concentre sur les institutions, le culturel et les valeurs sociales.BARBICHON, Guy Culture et universalit du particulier , dans Martine Segalen (sous la direction de), L'autre et le semblable, Paris, Presses du CNRS, 1989 : 159-182.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)202BROMBERGER Christian Du grand au petit. Variations des chelles et des objets d'analyse dans l'histoire rcente de l'ethnologie de la France , dans I. Chiva et U. Jeggle (sous la dir.), Ethnologie en miroir. La France et les pays de langue allemande, Paris, ditions de la Maison des Sciences de l'Homme, 1987 : 67-94.CASTEL, L. Robert Institutions totales et configurations ponctuelles , dans Le parler frais d'Erving Goffrnan, Paris, Les ditions de Minuit, 1989 : 31-44. [165] COLLINS, Randall "Micromethods as a Basis for Macrosociology", Urban Life, 12, 2, 1983 : 184202.COLLINS, Randall "The Micro Contribution to Macro Sociology", Sociological Theory, 6, 2, 1988 : 242-253.CORNAERT, Monique et SAINT-BLANCAT, Chantal Le local et la contemporanit : interfrences micro et macrosociologiques , Espaces et Socits, 4-5, 1988 : 277-291 (nouvelle srie). Les auteurs abordent la socit partir des phnomnes locaux, mais prendre comme repre le local fait natre une inquitude : comment imaginer que ce qui se trouve localement, travers les entits classiquement associes au local, et leurs cheminements - destines d'une ville, conflits d'une famille ou d'une entreprise - ouvriront un accs la comprhension des mouvements socitaux, des dmarches des macro-acteurs, de l'tat, des multinationales ?Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)203DECOSTER, Michel Lois, modles et dterminisme sociologiques , Revue de l'Institut de so-ciologie, no 1-2, 1985 : 191-206.EISENSTADT, Shmuel Noah et HELLE, Horst Jurgen (eds)Perspectives on Sociological Theory, vol. 1. Macro-Sociological Theory. Vol. 2, Micro-Sociological Theory, Beverly Hills, Sage Publications, 1985.FERRAROTTI, Franco La biographie comme interaction et La socialit de l'individu , dansHistoire et histoires de vie, Paris, Librairie des Mridiens, 1983 : 47-58 et59-65.FINE, Gary AlanOn the Macrofoundations of Microsociology : Meaning, Order and Comparative Context, Minneapolis, Dep. Sociology, University Minnesota, 1988.GEERTZ, CliffordSavoir local, savoir global : les lieux du savoir, Paris, PUF, 1986.[166] Ce recueil rassemble des essais consacrs des observations gnrales et thoriques sur l'volution de l'anthropologie, ses mthodes et ses rsultats ainsi que sur sa signification dans la culture moderne.GIDDENS, Anthony Contre la distinction "micro/macro" : l'intgration sociale et l'intgration systmique , dans La constitution de la socit, Paris, PUF, 1988 : 194-200.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)204GINZBURG, Carlo Prface , dans Le fromage et les vers, Paris, Flammarion, 1982 : 7-29.GINZBURG, Carlo et PONI, Carlo La micro histoire , dans Andr Jacob (sous la direction de), L'univers phi-losophique, Tome 1, Paris, PUF, 1989 : 1316-1319.GULICK, John "The Essence of Urban Anthropology : Integration of Micro and Macro Research Perspectives", Urban Anthropology, 13, 2-3, 1984 : 295-306.HARGREAVES, A. "The Micro-Macro Problem in the Sociology of Education", dans R.G. Burgess (ed), Issues in Educational Research : Qualitative Methods, London, Falmer Press, 1985 : 21-47.JAVEAU, Claude La richesse du singulier , Socit, 6, automne 1989 : 229-241. Dans cet article, l'auteur plaide, contre l'obsession quantitativiste de l'chantillon reprsentatif, en faveur d'une approche comprhensive qui reconnat l'intrt cognitif de l'tre singulier, notamment en rfrence avec la mthode biographique pratique en sociologie.KILANI, Mondher Une dfinition de l'anthropologie : l'articulation du local et du global , dans Introduction l'anthropologie, Suisse, ditions Payot Lausanne, 1989 : 33-40.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)205KNORR-CETINA, K. et CICOUREL, Aaron C. (eds)Advances in Social Theory and Methodology : Toward an Integration of Micro- and Macro-Sociologies, Boston, Routledge & Kegan Paul, 1981.[167] Aprs une priode au cours de laquelle la sociologie tait scinde en micro- et en macrosociologie, on tend de plus en plus fondre ces deux approches. Dans cet ouvrage, un certain nombre de sociologues font cette synthse mais chacun dans un domaine qui lui est propre : l'interaction sociale, la linguistique, les rapports de l'humain son environnement, etc.KEMENY, Jim "Perspectives on the Micro-Macro Distinction", The Sociological Review, 24, 4, november 1976 : 731-752.LAWLER, Edward J., RIDGEWAY, Cecilia et MARKOVSKY, BarryStructural Social Psychology and Micro-Macro Linkages, Iowa, Dept. Sociology, University Iowa, 1989.MIGUELEZ, Roberto L'articulation du gnral et du particulier : une approche mthodologique dans le champ des sciences sociales , Philosophiques, XI, 2, octobre 1984 : 251-275.MILLER, Diane L. "Ritual in the Work of Durkheirn and Goffman : The Link Between the Macro and the Micro", Humanity and Society, 6, 2, mai 1982 : 122-134.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)206TURNER, J.H. "Theoretical Strategies for Linking Micro and Macro Processes : An Evaluation of Seven Approaches in Macro-Micro Linkages", Western SociologicalReview Logan, 14, 1, 1983 : 4-15.WILEY, Norbert "The Micro-Macro Problem in Social Theory", Sociological Theory, 6, 2, 1988 : 254-261.YOGEV, A., ARCHER, M. et al. "Linking Micro and Macro Perspectives in the Sociology of Education", RevueInternationale de Sociologie, 23, 1, 1987 (numro spcial).Les quatre articles prsents ici ont en commun le problme des liens tablir entre les niveaux micro et macro. Les deux premiers traitent de problmes thoriques, les deux suivants, de problmes mthodologiques. Le premier article de chaque paire fait la critique des prcdentes tentatives [168] ralises dans le domaine. Le second article est une tude de cas donnant des exemples de sujets prcis mis en relation.c. Subjectivit vs objectivitRetour la table des matires BITTNER, Egon "Objectivity and Realism in Sociology", clans G. Psathas (ed.), Phenomenologi-cal Sociology, New York, John Wiley and Sons, 1973 : 109-128.BOROS, Alexander "Being Subjective as a Sociologist", Journal of Applied Sociology, 5, 1988 : 15-31.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)207BOURDIEU, Pierre Thorie de la pratique , dans Esquisse dune thorie de la pratique. Prcd de : Trois tudes dethnologie Kabyle, Genve, Droz, 1972 : 155-267.BOURDIEU, Pierre Objectiver l'objectivation , dans Le sens pratique, Paris, Les ditions de Minuit, 1980 : 51-70.BRYANT, Christopher Le positivisme instrumental dans la sociologie amricaine , Actes de la re-cherche en sciences sociales, 78, juin 1989 : 64-74.BUSINO, Giovanni L'objectivit dans les sciences humaines , dans Evandro Agazzi (d.),L'objectivit dans les diffrentes sciences, Fribourg, ditions UniversitairesFribourg Suisse, 1987.COUCH, Carl J. "Objectivity : A Crutch and Club for Bureaucrats/Subjectivity : A Haven for Lost Souls ", The Sociological Quarterly, 28, 1, 1987 : 105 - 118.DeLAGUNA, Frederica "Some Problems of Objectivity in Anthropology", Man, 57, 1957 : 179-182. [169] DEVEREUX, GeorgesDe l'angoisse la mthode, Paris, Flammarion, 1980 (coll. Nouvelle bibliothque scientifique).Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)208DIESING, Paul "Subjectivity and Objectivity in the Social Sciences", Philosophy of the So-cial Sciences, 2, 2, 1972 : 147-165.GOFFI, J.Y. L'histoire est-elle irrmdiablement subjective ? , Revue de l'Enseigne-ment Philosophique, 31, 6, 1981 : 36-43.GUIBERT-SLEDZIEWSKI, G. Pour une pistmologie du sujet historien , La Pense, 257, 1987 : 75-80.KIRK, Jrme et MILLER, MarcReliability and Validity in Qualitative Research, Londres, Sage Publications,1986. Premier volume d'une nouvelle collection consacre aux mthodes et aux concepts de la recherche qualitative dans les sciences sociales. Cette monographie porte sur l'objectivit de la recherche qualitative value en termes de validit et de fiabilit.KOHN, Ruth Canter L'objectivit et la subjectivit , dans Les enjeux de l'observation, Paris, PUF, 1982 : 89-97.MAQUET, Jacques J. "Objectivity in Anthropology", Current Anthropology, 5, 1964 : 47-55.MOONEY, Edward F. "Living with Double Vision : Objectivity, Subjectivity and Human Understanding", Inquiry, 31, 2, 1988 : 223-244.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)209RILEY, Gresham "Partisanship and Objectivity in the Social Sciences", American Sociologist, 6, 1971 : 6-12.WATIER, Patrick La comprhension et le point de vue subjectiviste , Revue des sciences so-ciales de la France de l'est, 15, 1986-1987 : 180-191.[170] Ce texte est issu d'une rflexion sur les conditions et les limites de la mthode utilise dans un texte antrieur. Les auteurs avaient tent de comprendre la manire dont un individu (Agns dans ce cas) usait de rfrences multiples s'imbriquaient plusieurs plans de ralit. Il s'agissait pour cette personne de saisir le sens et d'agir contre les maladies et les malheurs qui la frappaient. Dans ce prsent texte, les auteurs dveloppent le postulat du point de vue subjectiviste pour comprendre le sens qu'Agns attribuait ses actes. Ce postulat leur apparat le plus efficace pour saisir le sens vis subjectivement par Agns, sans prtendre qu'il soit le seul.Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)210[171]Lenqute de terrain en sciences sociales. Lapproche monographique et les mthodes qualitatives.INDEXRetour la table des matiresA ABRAHAMS, Jean-Jacques; 132 ADAMS, Richard; 108 ADLER, Patricia A. et al; 126 AKTOUF, Omar; 127,153 ALEXANDER, Jeffrey C.; 164 ALPALHAO, J.A.; 95 ALTHABE, Grard; 126 ALTHEIDE, David L.; 141 ANDERSON, I.G.; 126 ANDERSON, Nels; 83 ANGELL, Robert C.; 141, 142 ARCHER, M.; 167 ARENSBERG, Conrad M.; 100 ARNAULT, France; 81 ARON-SCHNAPPER, Dominique; 132 ASSIER-ANDRIEU, Louis; 81, 82 ATKINSON, Paul; 112 AUBRAC (L'); 98 AUG; 98 AUG, Marc; 75, 98 B BABCHUCK, Nicholas; 118 BACHMANN, Christian; 109BACKER, T.E.; 129 BAILEY, Kenneth D. ; 123, 132 BAIN, Robert K.; 118 BAKER, P.J.; 89 BAKER, Therese L.; 109 BALANDIER, Georges; 147 BALCH, George J.; 132 BALLIS, L.B.; 89 BANAKA, William H.; 133 BARBICHON, Guy; 164 BARNES, J.A.; 118 BAWIN-LEGROS, Bernadette; 148 BEAUCHESNE, Pierre; 95 BEAUREGARD, Yves; 96 BECKER, HOWARD S.; 127, 150 BECKER, Howard S.; 86, 87, 88 BECKER, Theodore M.; 133 BELL, Colin; 100 BENNET, John W.; 109 BENNEY, Marc; 94, 139 BENSMAN, Joseph ; 102, 107, 109, 116 BERGIER, Jean-Franois; 141 BERNARD, Jessie; 123 BERNIER, Lon; 145, 146 BERTAUX, Daniel; 89, 83, 150 BERTAUX, Isabelle Wiane; 103 BEVIS, Joseph C.; 133Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)211BHERER, Harold; 153 BICKMAN, Lonard; 123 BIKLEN, Sari Knopp; 154 BITTNER, Egon; 168 BLALOCK, Hubert M.; 127 BLANCHET, Alain; 133, 154 BLAXTER, Mildred; 154 BLUMER, Herbert; 101 BLUMER, Martin; 101 BODARD-SILVER, Catherine; 82 BOGDAN, Robert; 116 BOGDAN, Robert C.; 123, 127, 154, 160 BOLSTER, B.I.; 133 BONNAIN, Rolande; 133 BONTE, Pierre; 75 BOROS, Alexander; 168 BORRILL, C.; 119 BOSK, Charles L.; 123 BOUCHARD, Grard; 98 BOUDON, Raymond; 154, 161 BOURDIEU, Pierre; 109, 127, 168 BOUTIN, Grald; 158 BOUVIER, Jean-Claude; 154 [172] BOUVIER, Pierre; 109 BREMONDY, Henry-Paul; 154 BRESLAU, Daniel; 89, 90 BROMBERGER, Christian; 75, 164 BROOKE, Michael; 82 BROT, Isabelle; 141 BROWN, Richard; 151 BROWN, Robert; 148 BRUYN, Severyn T.; 127 BRYANT, Christopher; 168 BRYMAN, Alan; 154, 161, 162 BUCHER, Rue; 133 BUISAN, Georges; 82 BULLETIN DE LA SOCIT SUISSE D'ETHNOLOGIE; 109 BULMER, Martin; 90, 91, 118, 119, 127, 154 BUREAU, Paul; 78 BURGESS, Ernest W.; 84 BURGESS, Robert; 154 BURGESS, Robert G.; 109, 110BURGUIERE, Andr; 103 BURLEIGH DAVIS, A.; 83 BURNS, L.R.; 90 BUSINO, Giovanni; 168 C CAMPBELL, Donald T.; 110 CANNEL, Charles F.; 133 CANNELL, Charles F.; 136 CAPLOW, Thodore; 106, 134, 142 CAREY, J.-T.; 90 CARRIER, R.P.; 81 CASSELL, Joan; 118, 119, 123 CASTEL; 164 CATANI, Mauricio; 103 CAVAN, Ruth S. 83 CAVAN, Sherri ; 103 CERNEA, M.; 76 CERNUSCHI-SALKOFF, Sefamina; 98 CERTEAU, Michel de; 151 CHABROL, Claude; 134 CHAMPAGNE, Patrick; 76 CHAPIN, Franois Stuart; 110 CHAPOULIE, Jean-Michel; 90, 94 CHARMES, Jacques; 76 CHESLER, Mark; 127 CHINOY, E.; 95 CHIVA, Isaac; 101 CHOMBART DE LAUWE, Paul; 123 CHOMEL, Vital; 141 CHRISTINAT, Jean-Louis; 110 CICOUREL, Aaron C.; 166 CICOUREL, Aaron V.; 88 CIPRIANI, Roberto; 162 CLAPIER-VALLADON, Simone; 139 CLASTER, Daniel S.; 128 CLEMENT, Marcel; 82 CLIFFORD, James; 110, 151 COCHIN, Augustin; 78 COFFIELD, F.; 119 COLE, Stephen ; 154 COLLINS, Randall; 165 COMBESSIE, Jean-Claude; 162Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)212CONRAD, Peter; 155, 159 CONTRERAS, Jose; 119 COOK, T.D.; 162 COOLEY, C.H.; 101 COPANS, Jean; 76, 110 CORBIN, Marie ; 134 CORDONNIER, Rita; 119 CORNAERT, Monique; 165 COUCH, Carl J.; 168 COX, K.R.; 106 CRESSEY, Donald R.; 103 CRESSEY, Paul-G.; 84, 91 CRESSWELL, Robert; 76, 110, 155 CROZIER, Michel; 103 CUNNINGHAM-BURLEY, Sarah; 134 CURZON, Emmanuel Parent de; 78 CUVILLIER, Armand; 77 D DA ROSA, V.M.P.; 95 DABBS, James M. jr.; 160 [173] DAMPIERRE, Eric de; 142 DAUNAIS, Jean-Paul; 134 DAUPHIN, C.; 82 DE BRUYNE, Paul; 101 DE GERANDO, Joseph-Marie; 123 DE LA SOUDIERE, Martin; 110 DE SANTIS, Grace; 134 DEAN, John P.; 128, 134 DEBRO, Julius; 90 DECOSTER, Michel; 165 DeLAGUNA, Frederica; 168 DELLA BERNARDINA, Sergio; 124 DENZIN, Norman K.; 146,155 DESBOIS, Evelyne; 142 DESCAMPS, Paul; 78 DESCOLA, Philippe; 148 DESHAIES, Denise; 136 DESLAURIERS, Jean-Pierre; 155 DESMOLINS, Edmond; 79 DESROSIERES, Alain; 162 DEUTSCHER, Irwin; 94, 134 DEVEREUX, Georges; 169DEXTER, Lewis; 135 DEXTER, Louis Anthony; 135 DIESING, Paul; 169 DIJKSTRA, Will; 135 DINER, Steven J.; 91 DINGWALL, Robert; 119 DION, Michel; 77, 101 DORRA, Hughette; 135 DOUGLAS, Jack D.; 110, 135 DRASS, Kniss A.; 155 DU MAROUSSEM, Pierre; 79 DUMONT, Fernand; 96 DUNHAM, H.W.; 84 DUSTER, Troy; 119 DUVERGER, Maurice; 124, 142 E EASTERDAY, Lois; 110 ECHARD, Nicol; 75 EISENSTADT, Shmuel Noah; 165 ELEGOET, Fanch; 133 EMERSON, Robert M.; 111 ERICKSON, Kai T.; 124 ESU-BWANA, Kibwenge; 128 EVERHART, Robert B.; 111 F FABRE, Daniel; 111 FALARDEAU, Jean-Charles; 81 FARIS, Robert E.L.; 84, 91 FAULKNER, Robert R.; 160 FAURE, Guy-Olivier; 156 FAVRET-SAADA, Jeanne; 119, 128 FERRAROTTI, Franco; 165 FILSTEAD, William J.; 156 FINE, Gary Alan; 128 FINE, Guy Alan; 165 FISKE, Marjorie; 138 FORTIN, Andre; 96, 128, 129 FRAZIER, F.E.; 84 FREEDMAN, Ronald; 141 FRIEDRICHS, Jurgen; 129 FUJIMA, Joan Hideko; 156Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)213G GAGNON, Nicole; 135, 156 GANS, Herbert J.; 106 GARDEN, Maurice; 101 GARDNER, Burleigh B.; 111 GARDNER, Mary; 83 GARRET, Annette; 135 GARRIGUES, Emmanuel; 111 GAST, Marceau; 119 GAUTHIER, Madeleine; 96 GEER, Blanche; 87, 111 GEERTZ, Clifford; 165 GENEST, Serge; 111 GRIN, Lon; 79, 80, 81 GERSON, Elihu M.; 156 [174] GHIGLIONE, Rodolphe; 135, 154 GIBBAL, Jean-Marie; 151 GIDDENS, Anthony; 166 GIESEN, Bernhard; 164 GILLE, Bertrand; 142 GINZBURG, Carlo; 166 GIROD, Roger; 148 GLASER, Barney G.; 88 GLASER, Edward M.; 129 GLASSNER, Barry; 128, 162 GLAZER, Myron; 111, 112 GODELIER, Maurice; 75, 76, 155 GOFFI, J.Y.; 169 GOLD, Raymond L.; 124 GOLDE, Peggy; 119 GORDEN, Raymond L.; 135 GOTTSCHALK, Louis R.; 142 GOULD, Meredith; 156 GOULDNER, Alvin; 103 GOUPIL, Georgette ; 124 GOYETTE, Gabriel; 158 GRAFMIYER, Yves; 91 GRANGER, Gilles-Gaston; 146, 148, 162, 163 GRATALOUP, Nicole; 151 GRAWITZ, Madeleine; 112, 142 GRAY, Paul-S.; 112GREEN SCHWARTZ, Charlotte; 131 GREENHOUSE, Carol-J.; 112 GRELL, Paul; 96 GRELON, Andr; 135 GRENIER, LINE; 148 GRIAULE, Marcel; 156 GUBRIUM, Jaber; 112 GUIART, Jean; 112 GUIBERT-SLEDZIEWSKI, G.; 169 GUILLAUME, Pierre; 101 GUITTET, Andr; 135 GULICK, John; 166 GURVITCH, Georges; 149 GUTKIND, P.C.; 113 GUTWIRTH, Jacques; 112 H HABENSTEIN, Robert W.; 112 HAKIM, Catherine; 101, 156 HAMEL, Jacques; 101 HAMELIN, Jean; 135, 156 HAMMERSLEY, Martyn; 112 HANET, Daniel; 132 HARGREAVES, A.; 166 HARRIS, John Richard; 129 HEBERLE, Rudolf; 113 HELLE, Horst Jurgen; 165 HERAUX, Pierre; 136 HERPIN, Nicolas; 91 HESSELBACH, J.; 129 HILBERT, Richard A.; 129 HILLERY, George A. jr.; 102 HOFSTETTER, Richard; 132 HOLDAWAY, Simon; 104 HOLLANDER, A.N.J. Dan; 146 HOLLINGHEAD, A.B. ; 104 HOLY, Ladislav; 113 HOMAN, Roger; 119 HORTH, Raynald; 156 HOULE, Gilles; 146, 156, 157, 163 HUBERMAN, Michael A.; 158 HUGHES, Everett C.; 87, 93, 94 HUMPHREYS, Laud; 104 HUNTER, A.; 91Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)214HYMAN, Herbert; 136 J JACOB-PANDIAN, E.T.; 129 JACOBS, Glenn; 130 JACOBS, James B.; 104 JACOBS, Jerry ; 159 JAMIN, Jean; 151 JANES, Robert W.; 130 JARVIE, I.C.; 130 JAVEAU, Claude; 166 JEFFERYS, M.; 104 [175] JEQUIER, Franois; 142, 143 JOHNSON, John M.; 113 JOHNSON, R.J.; 106 JOLAS, Tina; 99 JONES, S.; 158 JONGMANS, D.G.; 113 JORGENSEN, Danny L.; 130 JORION, Paul; 120 JOSEPH, Isaac; 91 JOUTARD, Philippe; 136, 154 JUNKER, Buford H.; 113 K KAHN, Robert L.; 133, 136 KALAORA, Bernard; 82 KANDEL, Liliane; 136 KARP, Ivan; 113 KATZ, Daniel; 113 KEMENY, Jim; 167 KENDALL, Martha B.; 113 KENDALL, Patricia; 138 KENEN, Regina; 130 KERTZER, David L; 113 KING-WHYTE, K.; 117 KIRK, Jrme; 169 KLUCKHOHN, Clyde; 142 KLUCKHOHN, Florence R.; 130 KNAPP, Mark L.; 124 KNORR-CETINA, K.; 166 KOHN, Ruth Canter; 124, 169KOLAJA, Jiri; 130 KORNBLUM, William; 122 KOURGANOFF, Michle; 113 KRISHNARAO, B.; 146 KUHN, M.H.; 136 KUHNS, Eileen Pease; 157 KURTZ, L.R.; 92 L LABRECQUE, Marie-Christine; 159 LABRIE, Vivian; 151 LACAVE, Michel; 101 LACEY, C.; 104; 113 LACOSTE, Yves; 114 LACOSTE-DUJARDIN, Camille; 136 LAFERRIERE, Thrse; 157 LAPERRIERE, Anne; 92, 124, 157 LASVERGNAS, Isabelle; 157 LAWLER, Edward J.; 167 LE PLAY, Frdric; 79 LE ROY LADURIE, Emmanuel; 99 LECLERC, Grard; 157 LEDRUT, Raymond; 163 LEE, J.R.E.; 126 LEGRAS, Daniel; 137 LEIN, L.; 104 LEMEL, Y.; 163 LEMIEUX, Vincent; 96 LENGERMANN, Patricia-Mado; 92 LEOMANT, Christian; 137 LEOMANT, Nicole; 137 LESSARD-HBERT, Michelle; 158 LETELLIER, Marie; 96 LEWIS, Oscar; 104 LEZNOFF, Maurice; 137 LIEBERHERR, Franoise; 114, 137 LIEBOW, E.; 105 LINDENFELD, Jacqueline; 114 LINDSTROM, Fred B.; 92 LINHART, Robert; 99 LOFLAND, John; 114, 158 LOFLAND, Lyn H.; 92 LOHMAN, Joseph D.; 130Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)215LOUBET DEL BAYLE, Jean-Louis; 125, 137, 143, 146 LOUREAU, Ren; 114 LDTKE, Harmur ; 129 LYND, Helen M.; 106, 107 LYND, Robert S.; 106,107 M MADGE, John; 158 MAGET, Marcel; 114 [176] MAHO, J.; 77 MAITRE, Jacques; 137 MALINOWSKI, Bronislaw; 99, 120 MANN, Brenda J.; 105 MANNING, Peter K.; 160 MAQUET, Jacques J.; 169 MARKOVSKY, Barry; 167 MARTIN, P.Y.; 92 MARTIN, Yves; 96 MARTORANA, S.V.; 157 MASSONNAT, Jean; 154 MATALON, Benjamin; 135, 146 MATZA, David; 119 MAXWELL, Albert Ernest; 158 MAYONI, Joseph R.; 120 MAZE, Suzanne; 103 McCALL, George J.; 125, 130 McGILL-HUGHES, Helen; 93, 94 McKAY, H.D.; 85 McKENZIE, Roderick; 84 MEAD, Margaret; 114 MEASOR, L.; 137 MERTON, Robert K.; 138 METZ, D.L.; 105 MEYERS, Peter R.; 133 MICHAELS, James W.; 125 MICHELAT, Guy; 138 MICHIELS-PHILIPPE, Marie-Paule; 125 MIGUELEZ, Roberto; 149, 167 MILES, Matthew B.; 158 MILLER, Diane L.; 167 MILLER, Marc; 169 MILLER, Stephan M.; 130MILLET, Grard; 135 MINER, Horace; 96 MISHLER, Elliot G.; 138 MITCHEU, J.-Clyde; 102 MO, Linn; 115 MOECKLI, Gustave; 149 MONJARDET, Dominique; 115 MONTANDON, Cloptre; 120 MOONEY, Edward F.; 169 MORANO, Jonathan D.; 162 MOREUX, Colette; 97 MORIN, Edgar; 99 MORIN, Louis; 97 MORTON-WELLIAMS, J.; 158 MOUTON, J.; 158 MUNCH, Richard; 164 MURPHY, John-W.; 115 MURPHY, Michael D.; 120 MYRDAL, Jan; 99 N NAHOUM, Charles; 138 NELSON, Edward E.; 125 NEVEUX, Hughes; 143 NEWBOLD, Adams R.; 120 NEWBY, Howard; 100, 115 NQUBSIM, Npeynka; 128 O O'KANE, F.; 120 OAKLEY, Ann; 138 P PAGE, Helen E.; 138 PAINCHAUD, Gisle; 160 PALMER, Vivien; 84 PANOFF, Michel; 119 PAOLI-ELZINGRE, Martine; 115 PAPDEMAS, Dinna; 110 PARK, Robert Ezra; 84 PATRICK, Ralph C.; 131 PATTON, M.Q.; 158Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)216PAUL, Benjamin; 138 PAUZE, Elaine; 138 PELTO, Gretel H.; 159 PELTO, Pertti J.; 159 PENEFF, Jean; 95, 120 PERRAULT, Isabelle; 145 [177] PERROT, Martyne; 152 PETONNET, Colette; 105, 115, 125 PEZERAT, P.; 82 PHARO, Patrick; 147 PIAGET, Jean; 149 PINGAUD, Marie-Claude; 99 PIRES, Alvaro; 159, 163 PIRES, Alvaro P.; 149 PITT, David C.;143 PLATT, Jennifer; 131, 139, 143 POIRIER, Jean; 139 POISSON, Yves; 159 POLIN, Raymond; 83 PONI, Carlo; 166 POUPART, Jean; 159, 164 POWDERMAKER, Hortense; 115, 121 PREISS, Jack; 108 PRIEUR, Prosper; 79 PULMAN, Bertrand; 116 PUNCH, Maurice; 121 Q QUEEN, Stuart A.; 102, 131 QUELOZ, Nicolas; 116 QUERE, Louis; 147 R RABINOW, Paul; 121 RAINS, P.; 159 RAMAS-WAMY, E.-A.; 122 RAMOGNINO, Nicole; 149 RASMUSSEN, Paul K.; 117 RATCLIFFE, John W.; 159 RAVIS-GIORDANI, Georges; 139 RAYBAUT, Paul; 139 REDFIELD, Robert; 102, 107REICHARDT, C.R.; 162 REINHARZ, Shulamit; 155, 159 REISS, Albert J. jr.; 125 RMY, Jean; 92 RICHARDS, Pamela; 150 RICHARDSON, Stephen A.; 139 RIDGEWAY, Cecilia; 167 RIESMAN, David; 139 RILEY, Gresham; 169 RILEY, Matilda White; 125 RIOUX, Marcel; 97, 121 ROSE, Dan; 121 ROTH, Julius A.; 125 ROUE, Michle-Marie; 121 RUBINSTEIN, Jonathan; 105 RUWET, Nicolas; 147 RYNKIEWICH, M.A.; 121 S SACHS, H.; 104 SACKS, J.; 147 SAHUC, Louis; 139 SAINT-BLANCAT, Chantal; 165 SALAMONE, Frank A.; 116 SANDERS, Irwin T.; 102 SAUTTER, G.; 77 SAVOYE, Antoine; 82, 83 SCHATZMAN, Leonard; 116 SCHMUCK, Richard; 127 SCHOEPFLE, Mark G.; 117 SCHORR, Lauma; 110 SCHWARTZ, Howard; 128, 159 SCHWARTZ, Morris S.; 131 SCOTT, Richard W.; 116 SERVIER, Jean; 159 SVIGNY, Robert; 97 SHAFFIR, William B.; 121, 122 SHAH, A-M.; 122 SHAW, Clifford A.; 84, 85 SIEBER, Sam D.; 116 SILVERMAN, David; 160 SIMMONS, Jerry L.; 130 SIMON, Michel; 140 SIMONOT, Michel; 140Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)217SIMONS, Herbert; 152 [178] SIMPSON, I.H.; 95 SMELSER, Neil J.; 164 SMIGEL, Erwin O.; 140 SMITH, Carolyn D.; 122 SMITH, Dennis; 92 SMITH, Dorothy E.; 147 SMITH, Robert B.; 160 SNOW, David A.; 131 SOUDIERE, Martin de la; 152 SPECTOR, M.; 140 SPRADLEY, James P.; 105, 121, 131, 140 SPRINGBETT, B.M.; 133 SRINIVAS, M.-N.; 122 STAR, Susan Leigh; 156 STEBBINS, Robert A.; 121 STEIN, Maurice R.; 102 STOCKING, George W. jr.; 126 STODDART, Kenneth; 122 STRAUSS, Anselm L.; 87, 88, 89 STRAUSS, Anselm S.; 116 STUCHLIK, Milan; 113 STYLES, Joseph; 122 SULLIVAN, Moritmer A. jr.; 131 SUTHERLAND, E.H.; 85 T TAUB, R.P.; 107 TAYLOR, Steven; 116 TAYLOR, Steven J.; 160 THOMAS, Jim; 93 THOMAS, William L.; 85 TRVANT, Sophie; 77 TOURVILLE, Henri de; 79 TRACY, George S.; 144 TRASHER, Frederic M.; 85 TREANTON, Jean-Ren; 83 TREMBLAY, Marc-Adlard; 126, 140, 143 TREND, M.-G.; 164 TRICE, H.M.; 122 TROGNON, Alain; 140 TROW, Martin; 131TURKLE, Sherry; 126 TURNER, B.A.; 92 TURNER, J.H.; 167 TURNER, William H.; 122 TUROWETZ, Allen; 121 V VAN DER MAREN, Jean-Marie; 160 VAN MAANEN, John; 152, 160, 161 VAN PARIJS, P.; 150 VERDIER, Yvonne; 99, 105 VERDON, Michel; 98 VIDAL, Daniel; 152 VIDALENC, Jean; 144 VIDICH, Arthur J.; 102, 107, 109, 116, 132 VIGNET-ZUNZ, Jacques; 77 VOVELLE, Michel; 102 VOYE, Liliane; 92 W WALKER, Robert; 161 WARNER, Lyoyd W.; 107 WARREN, Carol A.B.; 117 WATIER, Patrick; 169 WAX, Murray; 119 WAX, Rosalie; 117 WAX, Rosaline H.; 132 WEBER, Florence; 117 WELLMAN, David; 119 WERNER, Oswald; 117 WHYTE, William F.; 106, 107 WHYTE, William Foote; 111, 126, 134, 140 WHYTE, William-F.; 117 WILEY, Norbert; 167 WILLIAMS, Thomas Rhys; 117 WILLIS, Paul E.; 106 [179] WILLMOTT, Peter; 107 WILSON, Thomas P.; 164 WILSON, Tom P.; 102 WIRTH, Louis; 86Lenqute de terrain en sciences sociales (1991)218WODS, Jacek; 161 WOLF, K.H.; 144 WOODSIDE, Moya; 140 WYLIE, Laurence William; 99 Y YIN, Robert K.; 102 YOGEV, A.; 167YOUNG, Michael; 107 Z ZACHARY, Gussow; 144 ZELDITCH, Morris jr.; 117 ZNANIECKI, Florian; 85, 86 ZONABEND, Franoise; 77, 99, 100 ZORBAUGH, Harvey H.; 86Fin du texte

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