Fiche Modiano

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    18-Oct-2015

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Sárdi Krisztina Fiche de lecture Littérature française contemporaine le 30 décembre 2011 I. Vie de l’auteur et son œuvre Jean Patrick Modiano est né le 30 juillet 1945 à Boulogne-Billancourt d'un père juif italien (Albert Modiano) et d'une mère flamande, débarquée à Paris en 1942. Son enfance se déroule dans une atmosphère particulière : entre l'absence de son père — au sujet duquel il entend des récits troubles — et les tournées de sa mère actrice, il effectue sa scolarité de collège en pension. Cela le rapproche de son frère, Rudy, qui meurt de maladie à l'âge de dix ans (les ouvrages de Patrick Modiano lui sont dédiés de 1967 à 1982). Cette disparition annonce la fin de l'enfance de l'auteur, qui gardera une nostalgie marquée de cette période. Il fait ses études à l'école du Montcel à Jouy-en-Josas, au collège Saint-Joseph de Thônes (Haute-Savoie), puis au lycée Henri-IV à Paris. Ayant pour professeur particulier de géométrie Raymond Queneau, il décroche son baccalauréat à Annecy, mais n'entreprend pas d'études supérieures. Introduit par Queneau dans le monde littéraire, Patrick Modiano a l'occasion de participer à des cocktails donnés par les éditions Gallimard. Il y publiera son premier roman en 1967, La Place de l'Étoile. En 1973, il écrit le scénario de Lacombe Lucien, un film de Louis Malle dont le sujet est un jeune homme sous l'Occupation qui s'engage dans la milice après avoir vainement tenté de rejoindre le maquis. La sortie du film en janvier 1974 déclenche une polémique par l'absence de justification du parcours du personnage. Le 12 septembre 1970, Patrick Modiano épouse Dominique Zehrfuss, leurs témoins sont Queneau et André Malraux. Ses deux filles sont Zina (1974) et Marie (1978) aux laquelles il dédie son livre, Une jeunesse (1981). L’ensemble de son œuvre a deux thèmes majeurs : la quête de l'identité, ainsi que l'impuissance à comprendre les désordres, les mouvements de la société. Ce qui produit un phénomène où le narrateur se trouve presque toujours en observateur, subissant et essayant de trouver un sens aux nombreux événements qui se montent devant lui, relevant des détails, des indices, qui pourraient éclaircir et constituer une identité. Modiano se montre parfois comme un archéologue de la mémoire. Certaines pages sont travaillées de façon à sembler être écrites par un détective ou par un historiographe. Autre obsession modianienne, la période de l'Occupation allemande. Romans · 1968 : La Place de l'Étoile (Prix Roger Nimier et Prix Fénélon). · 1969 : La Ronde de nuit · 1972 : Les Boulevards de ceinture (Grand prix du roman de l'Académie française) · 1975 : Villa triste (Prix des libraires) · 1977 : Livret de famille · 1978 : Rue des boutiques obscures (Prix Goncourt) · 1981 : Une jeunesse · 1981 : Memory Lane (avec des dessins de Pierre Le-Tan) · 1982 : De si braves garçons · 1985 : Quartier perdu · 1986 : Dimanches d'août · 1988 : Catherine Certitude (avec le dessinateur Sempé) · 1988 : Remise de peine · 1989 : Vestiaire de l'enfance · 1990 : Voyage de noces · 1991 : Fleurs de ruine · 1992 : Un cirque passe · 1993 : Chien de printemps · 1996 : Du plus loin de l'oubli · 1997 : Dora Bruder · 1999 : Des inconnues · 2001 : La Petite Bijou · 2003 : Accident nocturne · 2005 : Un pedigree · 2007 : Dans le café de la jeunesse perdue · 2010 : L'Horizon Scénarios · 1974 : Lacombe Lucien, de Louis Malle · 1983 : Une jeunesse de Moshé Mizrahi (d'après son roman) · 1995 : Le Parfum d'Yvonne de Patrice Leconte, adaptation de Villa Triste · 1995 : Le Fils de Gascogne de Pascal Aubier · 2001 : Te quiero de Manuel Poirier, adaptation de Dimanches d'août · 2003 : Bon Voyage de Jean-Paul Rappeneau · 2006 : Charell de Mikhael Hers, moyen-métrage d'après De si braves garçons Préfaces · 1980 : préface aux Cahiers de Malte Laurids Brigge, de Rainer Maria Rilke. Seuil, coll. "Points-roman" n°7. · 2008 : préface au Journal, d'Hélène Berr. Éditions Tallandier. · 2009 : préface au roman A l’ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque, Éditions Stock. Prix · 1968 : Prix Roger Nimier et le Prix Fénélon pour La Place de l'Étoile · 1972 : Grand prix du roman de l'Académie française pour Les Boulevards de ceinture. · 1976 : Prix des libraires pour Villa triste · 1978 : Prix Goncourt pour Rue des boutiques obscures. · 2011 : Prix de la BnF et Prix Marguerite Duras, pour l'ensemble de son œuvre II. Résumé et l’analyse du récit Un roman d’apprentissage, une longue quête de l'identité: Louis et Odile, les deux personnages, nous apparaissent comme s'ils sortaient du rien, Louis fils d'un coureur de vélo disparu, sans famille, sans un métier et sans perspectives, Odile, fille seule et perdue dans une gare parisienne, chanteuse vivant d'expédients. Et pourtant, ils rencontrent des personnages qui les aident à sortir de cette condition sans espoirs: Bellune, Brossier, Bejardy, chacun a eu son passé troublé, se livre à des commerces douteux, se réfuge dans la mémoire du passé où dans le miracle de la jeunesse éternelle. Sans avoir l'infinie tristesse, le monde de ces personnages n'est pas gai du tout. Même si Louis et Odile finiront par vivre une vie tranquille avec leurs enfants dans les Alpes (on apprend ça au début du roman, l'histoire est racontée comme un flash-back), une petite mélancolie s'empare inévitablement du lecteur. Un couple simple (comparable à celle de Paul et Virginie) sans ostentation, sans passion, un amour simple. Un duo. Odile et Louis s’aiment éperdument, mais on ne sait pas si leur relation a quelque chose de charnel. Le texte présente un amour chaste entre les deux. Les deux protagonistes sont des figures sublimants et attachants qui perdent leur innocence, vendent leur jeunesse pour vivre d’un jour à l’autre. Ils ont dû grandir trop vite. Or, le roman est un souvenir de jeunesse, l’ensemble des photos en mouvement...le film de la jeunesse de chacun qu’on a tant d’envie de revivre, repasser. III. Critique « Modiano plonge son lecteur dans le climat mi-ombre mi-lumière d’une jeunesse parisienne. Et si ces protagonistes prétendent vivre à distance respectueuse de la capitale, lui, tout au contraire, tisse son récit avec des fils de trame urbaine. Car, s’il ne cesse, dans Une jeunesse comme dans tant d’autres récits, de sillonner rues et carrefours, ce n’est pas seulement pour revenir sur les lieux d’un début d’existence : il s’agit, défi autrement complexe, de recomposer inlassablement, avec les instruments de la poésie urbaine, un paysage mémoriel dont les variantes font sens. Dans ces récits d’apprentissage contrastés que son nombre de ses textes, Modiano virtuose de l’étape figurée en quelques traits. Combien de haltes suggérées dans des chambres d’hôtel pour jeunesse fugueuse, fauchée et vagabonde, où l’on se jette tout habillé en travers du lit. Est-un hasard si la scène de la reconnaisance amoureuse d’Une jeunesse se déroule dans un hôtel minable de la porte de Champerret où loge la jeune fille [...] Tout est dit d’un âge orphelin de réconfort affectif. Tout est décrit, à travers la logique du geste ordinaire, d’un monde de contraintes auquel on ne saurait résister. » Sources : http://clubdesrats.forumr.net/t4272-patrick-modiano-france - état de 2 décembre 2011 http://lemonde-dans-leslivres.cowblog.fr/une-jeunesse-patrick-modiano-3041019.html - état de 2 décembre http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Modiano - état de 2 décembre 2011 Le Magazine Littéraire (dossier Modiano), No. 490. Octobre 2009. � Julien, Anne-Yvonne, Lieux dits – Poétique d’une quête, Le Magazine Littéraire, No. 490. Octobre 2009, p. 86.

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