Gestion urbaine et environnement : lexemple de ... ? Gestion urbaine et environnement : ... morphologie

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    12-Sep-2018

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Gestion urbaine et environnement :lexemple de Ouagadougou(Burkina Faso)Georges Compaor* et Idrissa Kabor**Le Burkina Faso connat une urbanisation relativement modre.Selon le recensement de dcembre 1985, le taux d'urbanisations'levait 12,7 pour cent (en tenant compte des seize centressecondaires de plus de 10.000 habitants). Avec les 119 localits de plusde 5.000 habitants, ce taux dpasse peine 27 pour cent. Des payscomme la Cte-d'Ivoire, le Ghana, le Sngal prsentaient au mmemoment des taux de 45 50 pour cent.Cependant la taille et le nombre des centres urbains ne cessent decrotre : cinq villes en 1975 lors du premier recensement gnral de lapopulation, dix-huit en 1985. Des donnes rcentes (INSD, 1995),donnent un effectif de 634 479 Ouagadougou la capitale, et 268 926 Bobo-Dioulasso, la deuxime ville, principales agglomrationsurbaines du Burkina-Faso (Tableau 1). Selon les estimations actuellesde l'Institut National de la Statistique et de la Dmographie (lesdonnes du recensement gnral de la population et de l'habitation dedcembre 1996 n'tant pas encore disponibles), la population deOuagadougou est value 911 780 habitants en 1996 soit 49,3 pourcent de la population urbaine nationale, un taux d'accroissementmoyen de 6,8 pour cent. Ouagadougou et Bobo-Dioulasso regroupent70 pour cent de la population urbaine nationale. Toutefois, les tauxd'urbanisation n'ont pas beaucoup progress : 14 pour cent en 1991, et16,2 pour cent en 1994 (INSD, 1996a). La population burkinabe estdonc encore fortement rurale.- 80-*Universit de Ouagadougou, BP 7021, Burkina Faso**INSD, BP 374, Ouagadougou, Burkina FasoLivre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page80Ouagadougou, la capitale est le ple le plus dvelopp avec unearmature urbaine assez complte, des activits et des fonctions diver-sifies (Compaor G., 1990). Le dveloppement urbain est ici plusperceptible qu'ailleurs, il en est autant des problmes ; quipementsinsuffisants et inadapts, marginalisation des populations dmunies,destruction du patrimoine naturel, forte croissance dmographique.Les problmes d'urbanisation et d'environnement sont d'actualit,mais ils se posent diffremment selon les villes.Tableau 1 : volution de la population urbaine de 1960-1961 1994, Burkina FasoSource : INSD, 1996aDans le monde en dveloppement, ils sont plus complexes etpernicieux, alors que les moyens disponibles ne permettent pas de lesjuguler. Gestion urbaine et environnement sera examine partirde l'exemple de Ouagadougou, ville sahlienne en pleine croissance.La dynamique urbaineLes aspects dmographiquesDu gros bourg qu'elle tait, il y a environ une trentaine d'annes,Ouagadougou est devenue progressivement une agglomrationimportante, mais sans jamais galer les autres capitales sous-rgionales telles que Lagos, Accra, Abidjan et Dakar. Elle n'a pasconnu en fait une croissance spectaculaire au cours de sa lentevolution. Elle concentre cependant la moiti de la population urbainenationale. Ce poids dmographique a certainement eu un impact surl'espace urbain.- 81-Villes du sud et environnementBurkina Faso OuagadougouPriode Population Taux Taux Populationurbaine durbanisation daccroissement urbaine( %) annuel (%)1960-61 290 874 4,7 59 1261975 362 610 6,4 3,7 172 6611985 1 011 074 12,7 10,8 441 5141991 1 287 285 14,0 4,5 634 4791994 1 521 079 16,2 5,0Livre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page81L'afflux de population rurale aprs l'Indpendance a modifi lamorphologie du paysage urbain. Cet afflux est inhrent une fortenatalit (45 pour mille) combine une immigration rurale massive.Les taux d'accroissement intercensitaire pour la priode 1975-1985 et1985-1996 soit respectivement 9,7 et 6,8 pour cent, corroborent cedynamisme dmographique urbain (Tabl.1).Malgr une tendance la baisse depuis une dcennie, la croissancede Ouagadougou se maintient toujours un niveau lev. ce rythmeannuel (6,8 pour cent), cette agglomration doublera sa population aubout d'une dizaine d'annes. Or, depuis 1927, tous les lotissements deOuagadougou se sont faits sans plan d'urbanisation. L'autoritpublique n'a pas pu contrler l'extension urbaine trs rapide, encoremoins la matriser. N'est-ce pas la caractristique de beaucoup devilles africaines et mme de celles du Tiers-Monde, marques par lacroissance et le dveloppement de l'habitat spontan en priphrie dela ville ? Cela justifie que soit mise en place une politique urbainecohrente.Les aspects spatiauxL'volution spatialeSur le plan spatial, l'essor de la ville a connu un tournant dcisif aucours des annes 80. Au cours de cette priode, des lotissementsmassifs ont eu lieu pour rpondre d'une part, aux besoins pressants deterre btir d'une population en croissance rapide et d'autre part,garantir un meilleur assainissement la ville. Entre 1960 et 1980, lespouvoirs publics n'ont loti que 1.040 ha, portant la ville lotie de 520 1.560 ha. Au cours de la mme priode les quartiers d'habitantsspontans s'talaient sur prs de 4.900 ha soit 71 pour cent de l'espaceurbain o habitaient 60 pour cent des citadins. la mme anne (1980), l'habitat urbain dans son ensemblesouffrait de graves insuffisances. Le tableau 2 montre bien l'tat deslieux et l'ampleur des actions entreprendre. Si pendant longtempsl'espace urbain s'est rduit au noyau central, l'volution actuelleimprime une nouvelle physionomie (figure 1). La ville a largementdbord ses limites administratives pour intgrer les villages environ-nants dans son espace urbain. Au cours de la dcennie 70, l'troitessede l'espace urbain facilitait relativement les activits de voiries. Avecl'essor actuel et les moyens conomiques disponibles, la gestionurbaine devient un problme crucial et interpelle aussi bien lespopulations que le pouvoir public. Les implantations anarchiques del'habitat et des dpotoirs observs et l, sont des exemples de cettesituation proccupante particulirement dans les secteurs gogra-phiques priphriques.- 82-Livre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page82Figure 1 : volution spatiale de la ville de Ouagadougou de 1960 1990Tableau 2 : Rpartition des logements selon le degr de confort et les matriauxutilissSource : groupe Huit-BCEOM, 1989La marginalisation des secteurs priphriquesL'avnement de la rvolution daot 1983 sous l'impulsion du jeunecapitaine Thomas Sankara, marque le dbut d'une re nouvelle pour- 83-Villes du sud et environnementNorme Matriaux Equipement %Bonne qualit Durables Eau-lectricit 13Assez bonne Durables ou mixtes Eau et/ou lectricit 15qual. (banco+ciment) WCQualit moyenne Mixtes ou banco WC, rarement en eau 25Mauvaise qualit Prcaire (banco) Absence d'eauet d'lectricit 4716% sans WCLivre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page83l'amnagement urbain national. Le Discours d'Orientation Politique(D.O.P) du 02 octobre 1983 est fort loquent ce sujet : Dans ledomaine de l'habitat, des mesures importantes devront tre prisespour tablir des loyers raisonnables, procder au lotissement rapidedes quartiers spontans, dvelopper sur une grande chelle laconstruction de maisons d'habitation modernes en nombre suffisant etaccessibles aux travailleurs .Deux textes fondamentaux voient le jour : l'ordonnancen84/050/CNR/PRES du 4 aot, portant organisation agraire etfoncire au Burkina Faso, et le dcret de son applicationn85/404/CNR/PRES du 4 aot 1985. De grandes rformes sont alorsentreprises. Ce fut d'abord la cration d'un Domaine Foncier National,constitu par toutes les terres situes dans les limites du territoirenational. Ltat est donc le seul propritaire foncier, les chefscoutumiers n'ont donc plus aucun droit sur la terre.Chaque individu ne peut dsormais bnficier que dun titre dejouissance sur la parcelle de terrain que l'Etat lui a octroye. Ce titrelui permet d'difier des constructions destines l'habitation et leurdpendance. Cela se traduit concrtement par l'impossibilit pourl'individu de vendre une parcelle de terrain non mise en valeur parceque appartenant l'Etat, puisque de fait le bnficiaire n'est paspropritaire mais usufruitier. Seule la valeur des investissementsoprs sur une parcelle est prise en compte lors des transactionsimmobilires.Le nouveau pouvoir met galement en place des structures d'am-nagement, de gestion et l'laboration d'instruments d'amnagement.Un Schma Directeur d'Amnagement et d'Urbanisme (SDAU), estainsi tabli et adopt en 1986. Il vise matriser le dveloppement dela ville de Ouagadougou jusqu' l'horizon 2 000. De nouvelles limitessont fixes. Elles englobent les quartiers spontans priphriques dontla plupart ne faisaient pas partie de la ville dans ses limites adminis-tratives de 1955, date de la cration de la commune de Ouagadougou.En 1984, la ville fut divise en 30 secteurs gographiques, d'o ladislocation des 66 quartiers, privant ainsi leurs chefferies de leursassises territoriales traditionnelles (Marie A, 1986). partir de 1984, les actions sont surtout centres sur la politique del'habitat. Ainsi commencrent des lotissements de grande envergure.Pour aller vite, on appliqua ce qui fut appel l'poque la mthoded'amnagement progressif (M.A.P).Elle consiste quiper progressivement les secteurs nouvellementlotis : ouverture de voies d'accs, construction de drains principauxpour l'vacuation des eaux pluviales, installation de bornes fontaineset de postes d'eau autonome, lectrification...- 84-Livre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page84Dans ce cadre, en 1984, l'objectif de procurer une parcelle de terrain usage d'habitation tout mnage burkinab s'est traduit par unecampagne de lotissement dans la priphrie de Ouagadougou : 65.000parcelles de terrain couvrant une superficie de 3 000 hectares, furentdgages au profit des citadins. Elles sont essentiellement localisesdans les anciennes zones occupes jadis par l'habitat spontan.La plupart des btiments administratifs et commerciaux, tablisse-ments scolaires et structures sanitaires et des quipements deproduction (eau, lectricit, tlphone etc.) sont en grand nombre aucentre-ville, en dpit des efforts dploys pour quiper les secteurspriphriques. L'amnagement spatial en cours souffre donc denombreuses insuffisances.Pourtant, Ouagadougou se caractrise par son tendue : 19 272 ha.(M.T.P.H.U, 1994), un faible pourcentage de construction et unedensit relativement faible (100 hab/ha). Cette situation entranevidement l'installation de nombreux services infrastructuraux pourpeu d'habitants, cest--dire, des cots d'quipement particulirementlevs. Dans chaque secteur de la ville existe le plus souvent quelquesmarchs, un certain nombre d'coles primaires et secondaires, desformations sanitaires, une salle de cinma On arrive ainsi laconclusion qu'en fait Ouagadougou malgr son extension rcentecontinue de diriger l'ensemble de la ville partir d'un noyau initialsans pouvoir conforter le reste.Le grand projet Ouaga 2 000 (M.T.P.H.U, 1984) en coursd'excution l'extrme sud de la ville, dans les secteurs 15,16 et 30(figure 2), verra la naissance d'un deuxime ple urbain quicontribuera attnuer le poids crasant du centre-ville actuel.Actuellement, prs de la moiti des formations sanitaires, et destablissements secondaires, et 40 pour cent des marchs urbains sesont tablis dans le centre-ville.Une telle distribution des quipements urbains n'est acceptable quedans la mesure o la ville est de petite dimension, les dplacementsentre le centre et la priphrie tant minimiss.Mais l'extension de Ouagadougou entrane une exagration desdistances entre le centre ville et la priphrie : 15 km de rayonenviron, distance trop grande pour tre parcourue pied, alors que lestransports en commun sont faiblement dvelopps. Cette dficiencedes transports publics explique le dveloppement du transportindividuel. En revanche, ce serait le manque de moyens financiers quiexpliquerait le foisonnement des deux roues Ouagadougou.En outre, l'accroissement rapide de la population amne les citadins solliciter intensivement les mmes quipements l'intrieur d'une- 85-Villes du sud et environnementLivre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page85zone limite. Le centre ville est en mouvement continu : perptuel-lement sollicites, les infrastructures risquent de vieillir trsrapidement. Sans rayonnement positif sur l'ensemble de l'espaceurbain, son aire d'influence serait relativement restreinte.Les quipements urbainsL'quipement de base fait dfaut en priphrie : l'Office National desEaux et de l'Assainissement (ONEA) et la Socit Nationaled'Electricit du Burkina (SONABEL) y sont peu reprsents. Cela setraduit par des difficults majeures d'approvisionnement en eaupotable et d'clairage des populations rsidentes. Les routes sont trsdgrades, rendant les transports en commun difficiles.L'adduction d'eauLe rseau d'eau potable de Ouagadougou, est celui de l'OfficeNational de l'Eau et de l'Assainissement (ONEA), mais il couvrait peine la moiti des besoins urbains en 1990. L'ONEA n'a pas encore pumettre en place un vritable rseau d'adduction d'eau en dehors dequelques bornes fontaines, pompes manuelles et postes d'eau- 86-Figure 2 : secteurs gographiques 89Livre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page86- 87-Villes du sud et environnementautonome implants htivement pour faire face une demandepressante en eau des secteurs priphriques. Ouagadougou compteenviron 30.000 abonnes l'eau et 400 bornes fontaines et postes d'eau(forages).Plus de 60 pour cent de ses quipements isols sont concentrs aucentre ville. Dans les secteurs priphriques restructurs, les femmescontinuent donc de se diriger vers les puits traditionnels aux eaux dequalit douteuse. Pour pallier ces insuffisances, le commerce d'eau esteffectu par des jeunes gens de quatorze vingt ans. L'eau est venduede porte porte raison de 30 FCFA la barrique de 200l, lorsque l'eauest abondante (juillet-janvier) et entre 200 et 500 FCFA en saisonsche. Le service de ces nombreux revendeurs ravitaillait 37 pour centde la population (DGUT, 1994). Au regard des modes d'approvision-nement existants et surtout des cots pratiqus, l'accessibilit l'eaudemeure un problme proccupant. Un branchement particulier de5 m cote 90 000 FCFA au consommateur depuis avril 1994, noncomprises l'avance sur consommation et la location du compteur. Tousces facteurs, expliquent en partie la tendance la baisse de lapprovi-sionnement en eau potable de la capitale (tableau 3).Tableau 3 : volution de la consommation d'eau potable OuagadougouSource : Rapport d'activits 1993/ONEA, juillet 1994 la trame d'accueil du secteur 20 amnag pour accueillir lespopulations dguerpies du secteur 14, ancien quartier loti maisinsalubre, le problme d'eau est permanent. La distance empchait leNature 1992 1993 cart (%)Consommation totale (m3) 8 124 834 8 985 790 +11Branchements privs (m3) 6 261 170 5 909 656 -6Poste d'eau autonome (PEA) 281 181 195 509 -58Bornes fontaines (m3) 1 863 664 2 880 625 +55Consommations spcifiques- par habitant : 1/hab/j 29 26 -12- par abonn : 1/hab.j 820 743 -10- par borne fontaine : 1/hab.j 13580 20446 +51- par poste d'eau autonome 27513 19130 -44Livre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page87raccordement au rseau d'eau de la ville car la pression et t tropfaible la trame. Les forages donnrent peu de rsultat, car la nappephratique est pauvre (substratum cristallin granitis).Sur seize forages, six n'avaient pas d'eau et sur les 10 restants, 3seulement avaient un dbit suffisant (5 m3/heure et plus), pour trequips de postes autonomes ds fvrier 1989 (Dimbarre C., 1990). En1990, la situation s'est lgrement amliore puisque 5 postes d'eau et5 bornes fontaines ont t installs. La production d'eau potable estcependant faible, peine 13.000 m3 d'eau par an soit environ 1,5l/jour/habitant. L'eau potable insuffisante, est complte par celle despuits ou des mares voisines. Ces quelques exemples illustrent lednuement des anciens quartiers d'habitat spontan et l'ampleur desoprations d'quipement entreprendre.LlectricitL'lectricit parat un luxe. Ouagadougou consomme prs de 60 pourcent de l'nergie nationale produite par la Socit Nationale dlec-tricit (SONABEL), cependant, le taux de desserte du rseaulectrique reste faible. La SONABEL semble hsiter devant desoprations massives d'lectrification cause du faible pouvoir d'achatde la population. Le cot lev du KW/h (86 FCFA) et celui des instal-lations domestiques (200.000 FCFA minimum) cartent beaucoup decitadins. Sur un total de 86 497 abonns en 1994, la part deOuagadougou reprsentait prs de 45 pour cent, soit 37 pour cent desmnages urbains. L'analyse des rsultats de l'enqute prioritaire surles conditions de vie des mnages (INSD, 1996 b), a rvl que 68 pourcent des mnages de Ouagadougou utilisent la lampe ptrole commemode d'clairage principal. Pour l'instant, l'alimentation lectriqued'envergure et de l'clairage public se font attendre.Les transports urbainsLes services de voirie et ceux de transport public prsentent denombreuses dfaillances. Les rues sont jonches de dtritus ; dsl'hivernage, l'absence de caniveaux de drainage des eaux pluvialesprovoque une rapide dgradation des voies cause d'un intenseruissellement. Aux secteurs 29 et 30, cette dgradation est siimportante que des espaces routiers sont interrompus par endroit. Entaxi ou en bus, les liaisons entre le centre-ville et la priphrie ne sontgure aises. Le bus dessert tous les secteurs de la ville, mais il s'agitbeaucoup plus d'une ligne de pntration qu'un vritable rseau de busbien hirarchis l'intrieur des secteurs.- 88-Livre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page88De ce fait, les dplacements intra-urbains s'oprent pniblement,malgr des cots relativement acceptables (100 FCFA la course).Quant aux taxis, ils n'ont d'existence que le nom : tat mcaniquedfectueux, lenteur exagre, cot du transport fluctuant (150 500FCfA la course) selon l'heure de la journe et la destination, et jamaisconnu l'avance. Au total, les anciens quartiers spontans devenusnouveaux secteurs restructurs attendent souvent un quipementminimal. Le renforcement de leurs infrastructures serait un lmentimportant d'une politique de l'habitat qui toucherait le plus grandnombre .La gestion de lenvironnementL'vacuation des eaux uses et de ruissellementLes interactions entre les tablissements humains et leur environ-nement se manifestent particulirement travers l'vacuation deseaux uses et de ruissellement. La rapide croissance urbaine deOuagadougou les nombreuses activits urbaines, entranent le rejetd'importantes quantits d'eaux uses par des canaux ciel ouvertdans des conditions dangereuses pour la sant.Les eaux du canal du Mogho-Naba se jettent dans le barrage n 2qui communique avec le barrage n 3. Ces deux barrages alimentent laville en eau potable.En outre, les eaux des mares sont pauvres en poissons : seulesquelques espces ont russi s'adapter au milieu : clarias, polyptres,tilapias et les formes naines barbus parce que leurs eaux sontpollues.Le rseau public de collecte des eaux uses est largement insuffisant.En dehors des drains principaux, au centre ville, il n'en existe pas etla priphrie en est dpourvu. Pourtant, c'est l que l'on observe lesfortes concentrations de population. Faute de voirie, ces canauxreoivent en plus des eaux uses ou de ruissellement, des dtritusdivers qui achvent de les remplir. L'Enqute Dmographique de1991, a rvl que 81 pour cent de la population des villes vacuaientles eaux uses dans la rue.En outre, le lessivage des murs construits en terre crue entranedans les caniveaux une charge trs leve en sables et argiles qui lesobstruent. Les insectes vecteurs de maladies prolifrent dans lesmarigots et les caniveaux saturs et obstrus avec pour consquence ledveloppement des maladies lies l'insalubrit. l'intrieur des habitations, les installations d'vacuation des eauxuses sont rares. La plupart du temps, quand elles existent, elles ont- 89-Villes du sud et environnementLivre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page89t construites par le chef de mnage lui mme. Il s'agit plutt dessimples fosses que de vritables systmes de tout l'gout .Rudimentaires, des fosses se remplissent vite, et il faut les viderfrquemment. On attend alors le soir pour le faire. Les eaux sales sontverses ciel ouvert dans les caniveaux, sur la chausse, dans la rue.Les claboussements des vhicules, la divagation des animaux etprincipalement des porcs, les jeux des enfants demi-nu dans les ruesdes quartiers traditionnels crent dans ces conditions, des risques decontamination trs grands. Malgr les interdictions et les mesures dela municipalit, ces pratiques extrmement dangereuses ne peuventcesser.La pollution des eauxPourtant ces rejets polluent les canaux de surface. Les analyseschimiques des eaux opres aux barrages n3 et de Loumbila sontrvlatrices dune pollution permanente (Tableau 4).Tableau 4 : Analyse chimique des eauxLes eaux uses de Ouagadougou sont bicarbonates sodiques, ellessont donc conformes aux terrains cristallins caractristiques duPlateau Central. La trs forte teneur en chlore (CL) et les diffrencesde concentrations ioniques entre les mesures de Ouaga n3 le 13/08/84- 90-Lac Ouaga n3 Ouaga n3 LoumbilaDate 13/08/84 14/03/85 14/03/85Ca++ ion calcium 16,9 10,1 9,7Mn+++ ion manganse 3,41 6 3,5Na+ ion sodium 20,6 24,5 2,5K+ ion potassium 19,9 20 7,5Si+ ion silicium 0,19 - -HCO3 acide carbonique 122 91,5 55,6SO4-- sulfate 6,6 5 5CI- chlore 19 25,5 0,7N03- ion nitrate - 0,5 1,5N.B. Ces ions sont exprims en mg/l et les sommes en mili-quivalents Les analyses ontt effectues au CGR de Thonon les bains et au laboratoire d'hydrologie de l'universitPierre et Marie Curie de Paris. (Travaux de Poda jean NOEL, hydrobiologiste CNRST).Livre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page90et le 14/03/85 sont lies aux variations saisonnires (dilution ensaisons des pluies -aot- et forte vaporation en saison sche -mars-).Les concentrations ioniques leves des eaux du barrage n3 deOuagadougou comparativement celles de Loumbila (tous les deuxbarrages tant sur les mmes terrains cristallins) traduisentl'influence nette des rejets urbains sur les eaux des barrages n1, 2 et3 de Ouagadougou.L'abondance de l'ion potassium (K+) renforce cette hypothse. Laforte teneur en acide carbonique (HCO3) est un indice de l'influenceurbaine(UNESCO-MAB, 1985. La dcomposition des matiresorganiques charries par les eaux de ruissellement en est la source. Enrelation avec la pollution de l'atmosphre, il y a toutes sortes defumes qui se dgagent aussi bien des activits conomiques quedomestiques. La combustion des produits ptroliers et des orduresdiverses riches en oxyde de carbone (CO) et en dioxide de carbone(CO2), prouve qu'ils sont toxiques.La destruction du couvert vgtalLe bois constitue la premire source d'nergie des mnagesburkinabe. Ouagadougou, le bois reprsente 76 pour cent desdpenses nergtiques ; l'lectricit, 0,5 pour cent, et le reste par lesproduits ptroliers et le gaz. 3 pour cent seulement des mnagesurbains utilisent d'autres combustibles que le bois.La consommation en bois par habitant et par jour tait de l'ordre de1,18 kg en 1990 soit une consommation journalire de 454.000 kg.Aujourd'hui, ce volume doit tre multipli par deux, voire davantage.La couverture de ces besoins entrane la destruction annuelle de14.000 ha de terrains surexploits et laisss l'rosion autour deOuagadougou et de Bobo-Dioulasso.La dgradation de plus de la moiti de ces terrains est due l'appro-visionnement de Ouagadougou en bois. Un million de m3 de boisconsomm aux environs de Ouagadougou correspond une coupe blanc de 10.000 ha de savane.On aboutit un dsquilibre cologique marqu par une intenserosion suite au dboisement intensif et , la disparition progressivede certaines espces animales et vgtales.Le problme prend de l'ampleur cause des dimensionsconomiques du phnomne : le commerce du bois apporte quotidien-nement plus de 4,5 millions de FCFA de contribution conomique laville.L'influence du Ouagadougou s'exerce fortement sur ses alentours- 91-Villes du sud et environnementLivre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page91immdiats (50 km) et mme lointain. La dgradation progressive ducouvert vgtal devient alors un problme proccupant. Elle rsultepour une bonne part des interfrences des activits humaines sur lacouverture vgtale de type savane, donc particulirement sensible.L'agriculture et l'levage qui utilisent encore des mthodes tradi-tionnelles d'exploitation contribuent pour beaucoup au dboisement et l'rosion. Une bonne partie des citadins mnent encore des activitsagricoles intenses autour de la ville. Mais les terres priphriquesjadis voues l'agriculture, sont de plus en plus occupes par l'habitat.Les agriculteurs urbains doivent donc se dplacer toujours plus loinpour trouver de nouvelles terres agricoles. Ce mouvement perptuel aabouti des paysages dnuds parsems d'arbres protgs auxenvirons immdiats de Ouagadougou Butyrospernum parkii (karit),Parkia biglobosa (nr) mais constamment exposs l'rosion olienneet pluviale.Les dchets solidesHistorique de la gestion des dchets solidesLa croissance de la ville de Ouagadougou a considrablementperturb le systme ancien de gestion des ordures. Avant 1988, ellerelevait de la voirie ou services municipaux. L'agrandissement del'espace urbain et la production accrue de dchets divers, cause delaugmentation rapide de population urbaine, ont vite dbord lescapacits de gestion de la voirie. Ainsi naissait l'Office National desServices d'Entretien, de Nettoyage et d'Embellissement (ONASENE).Par la suite, des structures administratives ont t cres en vued'une meilleure gestion de l'environnement : la direction de laprvention des pollutions et des nuisances, la direction de l'ducationpour la sant et l'assainissement enfin, la direction du contrle desmaladies transmissibles.Initialement, l'ONASENE avait le monopole de la gestion desdchets solides municipaux. Mais trs vite, il s'est vu dbord par lesprestations honorer. Il devait donc recourir des entreprises privesauxquelles il rtrocdera une partie de ses activits.Les intervenants actuels partir de 1990 les institutions prives intervenant dans le domainede l'assainissement se sont multiplies. Cinq des douze (12)entreprises agres par l'ONASENE sont fonctionnelles (Tableau 5).L'ONASENE et la Division conomique relvent du secteur public.- 92-Livre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page92Source : CREPA, 1992.Ces entreprises agres interviennent surtout dans le centre-villeavec des camions, camionnettes et tracteurs. ct d'elles, cohabitentdes intervenants informels qui oprent l'aide de charrettes etbrouettes pour le ramassage des ordures. Ce secteur informel decollecte des ordures s'occupe essentiellement de la pr-collecte auniveau des mnages. Les dchets solides sont vacus des lieux de pr-collecte vers les dpotoirs sauvages (tas d'immondices), les bacspublics. L'vacuation hors de la ville est le fait des services publics.Mais valorisation des dchets dans l'agriculture va faire natred'autres agents d'vacuation.- 93-Villes du sud et environnementIntervenantsOffice National desServices d'Entretien deNettoyage etdEmbellissement(ONASENE)DIVISIONECONOMIQUEService d'Entretien desLocaux et Gazon(SELG)Service d'Entretien etde Nettoyage (SENET)Service Nouveau(NOVA SERVICE)Bureau d'Entreprise desConstructions etd'Entretien desBtiments (BECEB)Express Prcooprativedu Faso (ECOFA)Matriel4 Tracteurs agricolesavec remorquePelles, Fourchettes4 Multi-bennes4 Bennes basculantes1 ChargeusePelles, Fourches1 Bche2 Fourgonnettes1 BchePelles, Fourches1 Bche1 ISUZU TXPelles, Fourches1 Tracteur agricoleavec remorqueModalitsModedintervPorte portebacsdpotoirssauvages--Porte portePorte portePorte portePorte porteNbemp22260309680705tatAmortiMauvaisBonBon-BonBonFrqhebd2222322Qhebdm321663048324210Tableau 5 : tat des ressources des services de gestion des dchets solides OuagadougouLivre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page93L'analyse du tableau 5 montre que les services de ramassage desordures sont en nombre rduit et ne disposent que de moyensmatriels et humains limits. Il en rsulte des insuffisances dans lacollecte des ordures (Figures 3 et 4) : seulement 33 pour cent desdchets sont vacus hors de la ville (CREPA, 1992). La prsence destas d'immondices ou des dpotoirs anarchiques principalement dansles secteurs priphriques en est la cause, mais il ne faut pas perdrede vue que les dchets vacus hors de la ville, sont souvent dverssdans les champs pri-urbains l'tat brut. Il en est de meme des bouesde vidange.Le mode d'vacuation des orduresOuagadougou a produit en 1993 un volume de 172 350 tonnes dedchets solides (DGUT, 1994), mais la couverture de collecte atteint peine 30 pour cent. La collecte et l'vacuation relvent de la Divisionconomique du Haut Commissariat et de l'Office National des Servicesd'Entretien, de Nettoyage et d'Embellissement (ONASEN) avec unquipement sommaire. Le systme repose sur 115 bacs dissminsdans les secteurs, sept camions multibennes et de quelques bennestasseuses.- 94-Figure 3 : Ramassage des dchetsLivre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page94L'Arrondissement de Baskuy a t privilgi dans les oprations decollecte et de ramassage parce qu'il est le plus peupl des cinq arron-dissements qui composent la Commune de Ouagadougou. Il concentreplus de 60 pour cent de la population urbaine.Il existe un autre systme appel systme de tas au sol dans lessecteurs priphriques qui consiste rassembler les ordures en un lieudonn par secteur pour faciliter la rotation des camions de ramassage.Un tel quipement est nettement insuffisant pour couvrir les besoinsdes 83 000 mnages urbains, de ce fait, ces deux structures soustraitent l'activit avec les secteurs priv et informel. Le ramassage sefait de porte porte au moyen de petits engins motoriss ou decharrettes tractes par des nes.Les donnes de l'Enqute Dmographique de 1991 et de l'EnqutePrioritaire 1993, ont montr qu'en milieu urbain, le mode d'vacuationdes ordures le plus frquent est le dbarras sur les tas d'immondicesou dpotoirs anarchiques (Tableau 6). L'utilisation de la poubelle, dubac ou de la dcharge publique n'est pas encore ancre dans leshabitudes des populations. Mais c'est sans doute parce que leurnombre est insuffisant que les tas d'immondices prolifrent. Comme lervlent certaines tudes, c'est faute de mieux que l'on se dbarrassede ses ordures de faon anarchique (CREPA, 1993).- 95-Villes du sud et environnementFigure 4 : Gestion des dchetsLivre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page95Ces ordures trouvent une utilit judicieuse auprs des populationspriphriques pour la fertilisation des champs de cultures pri-urbains ; les ordures y sont dverses par des camions bennes de sixm3 environ, raison de 1 500 2 000 FCFA.Ces prix sont pratiqus nettement avant la saison des pluies,autrement, au dbut de l'hivernage, lorsque les activits champtrescommencent, les prix fluctuent entre 2 000 et 3 500 FCFA.Tableau 6 : Mode dvacuation des orduresSource : INSD, 1995 et 1996.Ce commerce relve aussi bien de particuliers que d'agents duservice public, chargs d'vacuer les ordures hors de la ville, et quiprofitent de cette situation pour se faire un peu d'argent lors de leurmultiple rotation.Lagriculture urbaine et lutilisation des orduresLa situation de l'agriculture urbaineSur le plan des activits, la ville de Ouagadougou se caractrise parun secteur informel important (MEINE, 1986), mais les revenus despopulations sont en gnral bas. Le Salaire MinimumInterprofessionnel Garanti (SMIG) de 24 918 FCFA en 1994 en est lereflet. Beaucoup de citadins se trouvent dans ce cas dans une situationprcaire. L'une des rponses cet tat de fait, se traduit par ledveloppement d'une agriculture urbaine priphrique, source d'am-lioration du revenu.En mme temps, cette agriculture contribue labsorption d'unepartie des dchets urbains. Ainsi, on pourrait parler d'une nouvelleforme de gestion des ordures de la ville la faveur de cette activit- 96-PoubelleImmondiceIncinrationFosseBacDchargeAutreTotalUrbain26,646,36,26,81,89,83,1100Rural2,183,62,04,80,10,47,0100Burk Faso5,678,32,65,10,31,76,5100Ouaga/B20,733,6-15,8-22,87,9100Urbain15,450,3-15,8-22,87,9100Rural1,967,7-8,5-4,813,7100Burk Faso5,167,9-8,5-4,813,7100Mode d'vacuationdes ordures Milieu de rsidence 1991 Milieu de rsidence 1993mnagresLivre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page96primaire. On y produit des crales telles que le petit mil, le sorgho etle mas ; des lgumineuses l'exemple du haricot et des olagineuxcomme l'arachide. En outre, les cultures marachres occupent uneplace importante parmi les activits de saison sche. De l est n uncommerce actif aux mains des femmes. Ainsi, entre la ville et sapriphrie se sont tisses des relations trs troites dans ce domainepour son approvisionnement en produits marachers.La stratgie providentielleL'vacuation des ordures par des particuliers se fait dans l'informel.Un tas d'ordures est ramass parce qu'on en a besoin quelque part. Orce tas est encombrant et gnant pour les populations surtoutriveraines du dpt. Se dbarrasser de ses ordures et vacuer lesdpts est difficile compte tenu de la lenteur de la voirie et des cots.Les particuliers qui transportent les ordures vers les champssoulagent les populations d'une nuisance et leur permettentd'amliorer leur production.L'utilisation des dchets apparat comme une providence car lespopulations n'ont souvent pas les moyens financiers suffisants pourfertiliser leurs champs de culture partir d'engrais chimiquesproduits sur place ou imports.La gestion des dchets dans un tel cycle est un fait du hasard et sesimplications premires sont bnfiques. En voulant satisfaire desbesoins, savoir ceux de l'assainissement de l'environnement(vacuation des ordures) et de l'amlioration de la production, s'estinstaure une forme particulire de gestion des ordures qui s'estimpose la population. L'utilisation des ordures dans les champs deculture, est une valorisation des dchets, et elle amliore considra-blement la production : les populations sont unanimes le reconnatre.On estime plus du double la production sur une mme superficieaprs pandage des divers dchets. Vu sous cet angle, on peut doncparler d'une stratgie providentielle, mais cela ne doit occulter l'effort poursuivre par les individus et la municipalit pour l'amliorationconstante de la qualit du cadre de vie.Les consquences de telles pratiques urbaines sur l'environ-nement et les hommesvacuer les ordures de la ville vers la priphrie est une ncessit.Mais on se rend compte que pour les besoins de production, certainsdpotoirs anarchiques de la ville sont privilgis d'autres en raisonde la composition de leurs dchets (pouvoir fertilisant). Ainsi certainsquartiers sont mieux assainis que d'autres (Figures 2 et 3).- 97-Villes du sud et environnementLivre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page97L'pandage des ordures dans les champs de culture ne rpond aucune norme de l'assainissement et leur dcomposition peut tresource de contamination des sols de faon irrversible. La manipu-lation de ces ordures se fait mains nues donc sans aucune protection.Dans ces conditions d'insalubrit totale, l'homme qui manipule cesordures peut dvelopper certaines maladies telles que celles de la peau,les parasitoses etc. Dbarrasser les populations urbaines de leursordures en vue d'amliorer leur environnement et les utiliser aussitt l'tat brut des fins agricoles, n'est pas dnu de tout danger.De plus, l'pandage des ordures dans les champs donne un nouveaupaysage qui se caractrise par la prsence de morceaux de mtaux et dematires plastiques, de tessons de bouteille, parpills sur un vasteespace. plus ou moins brve chance, ces espaces deviennent malsainset incultes. Par ailleurs, travailler dans ces milieux n'est pas ais,l'individu tant expos des piqres diverses pouvant favoriser le ttanos.ConclusionLes aspects que nous venons d'voquer ne poussent pas l'optimisme. Les problmes soulevs se ramnent presque tous desfacteurs dynamiques (croissance dmographique), qui, imbriqus dessituations stagnantes comme la pauvret urbaine, la reproduction desmodes de vie ruraux en milieu urbain (agriculture, consommationd'nergie primaire) immobilisent les efforts de dveloppement. Lesdifficults rencontres semblent les consquences de problmesmajeurs qui se manifestent de cette manire dans le milieu urbain.Comment rsoudre l'extension spatiale urbaine, sans matriser lacroissance dmographique rapide, et sans lever le niveau de vie ? Lesdifficults de la gestion urbaine lies la pauvret du pays et desindividus, rendent les mesures correctives alatoires dans la prser-vation de l'environnement.Pourtant, la question d'environnement, sant et dveloppementdurable quel que soit le milieu considr, et particulirement le milieuurbain, est une donne fondamentale qui doit guider les programmeset politiques de dveloppement. Certains comportements des citadins(pollution des eaux, insalubrit des habitations) sont lies l'inca-pacit des pouvoirs publics d'asseoir une politique urbaine cohrente.Ils aggravent ainsi le dfaut d'infrastructures socio-collectives. Unegestion saine de l'environnement devrait tre perue comme un moyende prserver le dveloppement des villes et la sant des hommes. cetitre, l'implication de chaque individu dans la sauvegarde de l'envi-ronnement est indispensable pour offrir aux futures gnrations unpatrimoine sain et prospre.- 98-Livre de 53 109:Livre de 53 109 23/08/09 14:00 Page98BIBLIOGRAPHIECOMPAORE G., 1990 La rnovation des centres urbains : le cas de Ouagadougou -matriser ledveloppement urbain en Afrique Subsaharienne - (coll. intern.), Ouagadougou, 1er dc.1990.CREPA/CIEH/IAGU, 1992 Environnement et dveloppement des villes africaines. Contribution lagestion des dchets solides. 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