Grammaire Francaise Dussouchet Ocr

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    25-Nov-2015

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J. DUSSOUCHET Professeur de grammaire au lyce Henri IV. COURS PRIMAIRE DE Grammaire Franaise Thorie 1134 Exercices 133 Rdactions RDIG CONFORMMENT AUX PROGRAMMES OFFICIELS ET COMPLT PAR DES NOTIONS DE COMPOSITION ET DE VERSIFICATION UNE HISTOIRE DES LITTRATURES ANCIENNES ET MODERNES AVEC DES EXTRAITS DES PRINCIPAUX CRIVAINS COURS SUPRIEUR ET COMPLMENTAIRE BREVET LMENTAIRE A V E R T I S S E M E N T Ce livre, destin au Cours suprieur et au Cours complmen-taire de nos coles, s'inspire de la mme mthode que les cours prcdents. La Partie thorique, trs courte (135 pages peine sur 448), est pourtant trs complte. Les rgles, toujours dduites des exemples, sont condenses dans une formule claire et facile rete-nir, et suivies, lorsqu'il y a lieu, d'un Commentaire en petit texte. Une histoire rsume de la langue franaise, des notions d'tymologie usuelle, une tude succincte des familles de mots, des homo-nymes, des synonymes, des gallicismes, etc., prcdent la grammaire proprement dite. Cette disposition permet de rendre ds le dbut plus intressants et plus varis les exercices sur chaque partie du discours. Nous avons particulirement insist sur l'tude de la proposition: nous avons pass en revue et rsolu maints petits problmes d'ana-lyse des mots, et notre thorie de l'analyse des propositions est conforme, en tous points, aux prescriptions de l'arrt ministriel du 25 juillet 1910 concernant, la nomenclature grammaticale. Les Exercices, au nombre de 1 134, comprennent : 292 Groupes de mots ou de phrases dtaches pour l'application immdiate de la rgle. 232 Textes suivis sur l'orthographe de rgles et l'orthographe d'usage. Ces morceaux, emprunts pour la plupart aux Comptes rendus des examens du brevet lmentaire, sont accompagns de nombreuses questions d'intelligence et de grammaire, conform-ment l'arrt ministriel du 8 aot 1903. 402 Exercices de grammaire et de vocabulaire sur les familles de mots, sur le sens propre et le sens figur, les homonymes, les synonymes, sur l'analyse, etc. 75 Exercices d'locution pour l'explication des ides et des mots, pour la construction des phrases, etc. 133 Rdactions, lettres, rcits, descriptions, questions de morale, petites analyses littraires, etc. Tous ces exercices sont diviss en deux sries. Nous comprenons sous le nom d'Exercices complmentaires ceux qui visent la fois plusieurs points de la grammaire et demandent des connaissances plus tendues. Enfin nous avons donn dans la dernire partie : 1 Des Notions de composition, de versification et de littrature; 2 Un Abrg d'histoire littraire avec extraits des auteurs cits ; 3 Une liste complte des homonymes, une liste de paronymes, de synonymes et de familles de mots. Nous avons remercier, en finissant, M. Roy, directeur de l'cole communale et du Cours complmentaire de Saint-Maur-des-Fosss (Seine), qui nous a prt, pour l'ensemble de ce travail et surtout pour le choix et la composition des Exercices, le prcieux concours d'un sens pdagogique trs clair et d'un labeur infatigable. GRAMMAIRE FRANAISE COURS SUPRIEUR INTRODUCTION HISTOIRE DE LA LANGUE FRANAISE I. Gographie. La langue franaise comprend tout le domaine de la France actuelle, l'exception d'une seule province, la Bretagne, o plus d'un million d'habitants parlent une langue connue sous le nom de bas breton et qui est d'origine celtique. A cette exception importante on peut en ajouter quelques autres : 1 dans les dpartements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, 1100 000 habitants parlent l'alsacien, d'origine germanique; 2 dans le dpartement du Nord, 175000 habitants parlent le flamand, galement d'origine germanique; 3 dans le dparte-ment des Basses-Pyrnes, 140 000 habitants parlent le basque, idiome fort ancien dont l'origine est inconnue; 4 dans le dpar-tement des Pyrnes-Orientales (ancienne province du Roussillon), plus de 270 000 habitants parlent le catalan, driv du latin; 5 enfin, dans l'le de Corse, plus de 200 000 habitants parlent un dialecte trs voisin du gnois. Ajoutons que la plupart des habitants des rgions que nous venons de citer sont aujourd'hui bilingues et qu' ct de leur langue rgionale, ils parlent le franais. 2. Si le domaine de la langue franaise ne s'tend pas sur tout le territoire actuel de la France, en revanche il comprend l'tranger plusieurs territoires importants : une partie de la Belgique, le Luxembourg, la Suisse romande, les hautes valles du Pimont et les les Normandes qui appartiennent l'Angleterre. Il faut y ajouter, hors d'Europe, les colonies anglaises du Canada et de l'le Maurice, la rpublique d'Hati, qui ont conserv l'usage du franais; sans parler de nos propres colonies (Antilles franaises, Algrie, Tunisie, Guyane, Sngal, Cochinchine, Madagascar, Congo, etc.). En rsum, la langue franaise est parle par 60 000 000 d'hommes environ. 3. Dans toute l'tendue de notre territoire, tous les gens cul-tivs parlent le franais; tous les paysans comprennent le fran-ais, mais parlent des patois assez diffrents les uns des autres et mme du franais. A ce point de vue on peut diviser la France en deux grandes rgions, peu prs limites par une ligne qui irait de l'embou-chure de la Gironde au cours de l'Ain. Au nord de cette ligne six groupes de patois : le normand, le poitevin, le picard, le wallon, le lorrain, le bourguignon-champenois. Ce sont les patois franais. Au sud de cette ligne, les patois sont plus vivants et plus rpan-dus; ce sont : le gascon, le limousin, l'auvergnat, le languedocien et le provenal. On a donn ces patois le nom commun de putois provenaux. 4. Introduction du latin en Gaule. Chacun sait que les premiers habitants de la Gaule, notre connaissance, furent les Gaulois, qui parlaient une langue de la famille celtique, c'est--dire parente des idiomes que nous entendons aujourd'hui, en France, dans la bouche des Bas-Bretons, et, en Angleterre, dans l'Ecosse, l'Irlande et le pays de Galles. Dans le premier sicle avant l're chrtienne, les Romains, sous la conduite de Csar, conquirent la Gaule et la rduisirent en pro-vince romaine. Bien suprieurs aux Gaulois par la science et la civilisation, les Romains, quoique moins nombreux, imposrent aux vaincus la langue latine avec le joug romain, de mme que nous imposons peu peu le franais aux Arabes d'Algrie. 5. Mais Rome, comme en France aujourd'hui, il y avait deux langues en prsence : 1 celle du peuple et des paysans, le latin vulgaire, en un mot; 2 celle des savants, des crivains et des lettrs, que l'on dsigne sous le nom de latin classique ou latin littraire. Toutes deux employaient souvent des mots diffrents pour exprimer la mme ide : tandis que le latin classique, par exemple, disait equus, pour signifier un cheval, le latin vulgaire disait caballus, d'o nous avons fait le franais cheval; tandis que le latin classique disait via, le latin vulgaire disait camminus, d'o nous avons fait chemin C'est naturellement le latin vulgaire que les soldats romains, apportrent aux paysans gaulois; et, ds les premiers sicles de notre re, il avait supplant le celtique par toute la Gaule, l'ex-ception de l'Armorique et de quelques points isols. Celui-ci disparut donc de la Gaule en laissant cependant quel-ques faibles traces de son passage. On peut citer comme emprunts au celtique : alouette, bec, bouleau, bruyre, claie, dune, grve, jarret, lande, lieue, quai, etc. C'est un total d'un peu plus de trente mots. Nous devons aussi au celtique notre ancien mode de numration par 20 (six-vingts, quinze-vingts, quatre-vingts, etc.). 6. Langue romane. Ds le cinquime sicle, le latin vul-gaire transform par la prononciation gauloise, renforc par une foule de mots germaniques, commence apparatre comme une langue distincte, que les savants du temps appellent ddaigneu-sement lingua romana rustica (c'est--dire le latin rustique, celui des paysans), d'o nous avons fait la langue romane pour dsigner ce nouvel idiome. Quant aux Barbares germains qui envahirent la Gaule, ils aban-donnrent l'allemand pour adopter la langue des Gallo-Romains qu'ils avaient vaincus. Bien des motifs expliquent comment les Franks abandonnrent le francique pour le latin : en premier lieu, le petit nombre des vainqueurs, la grande supriorit intellectuelle des vaincus, enfin la conversion des Franks au christianisme. 7. Mais si le germanique ne parvint pas supplanter la langue romane, il la fora adopter un grand nombre de mots germa-niques. Ces mots reprsentent les catgories d'ides les plus diverses : cependant la guerre, la navigation, la chasse y prennent la part la plus considrable. 8. Langue d'ol et langue d'oc. De mme que le latin vulgaire donna en Gaule le franais, en Italie il devint l'italien, en Espagne l'espagnol. En France mme, le latin vulgaire, la langue romane, se partagea en deux grands groupes spars par une ligne imaginaire qui irait de la Gironde Lyon. Au nord de cette ligne il donna la langue d'ol ou franais; au sud, il donna la langue d'oc ou provenal. Ces noms proviennent de l'habitude, frquente au moyen ge, de dsi-gner les langues par le signe d'affirmation oui : les termes de langue d'ol et de langue d'oc viennent de ce que oui se disait ol au nord, oc au midi, Le pote italien Dante crivait vers la fin du XIIIe sicle : Les uns affirment en disant oc; les autres (les Italiens), si; d'autres, ol. 9. Dialectes de la langue d'oc. La langue d'oc com-prenait : l'ouest, le gascon, qui se rapproche de l'espagnol; dans les Pyrnes-Orientales, le catalan; dans l'Aude et l'Hrault, le languedocien; au nord, le limousin, l'auvergnat et le rouergat assez proches du franais; l'est, le provenal et le dauphinois, enfin le savoyard, qui se rattache aussi aux dialectes du sud de la langue d'ol, avec lesquels il forme un groupe intermdiaire que l'on a appel franco-provenal. Tous ces dialectes ont t parls et crits jusqu'au XIVe sicle; mais la sanglante guerre des Albi-geois et la dfaite du Midi portrent un coup fatal la langue d'oc En 1272, le Languedoc passe la France, et l'introduction du franais suit de prs cette annexion. 10. Dialectes de la langue d'ol. La langue du nord. la langue d'ol, tait son tour partage en plusieurs dialectes. Chaque province avait des mots particuliers, des tournures propres; chaque idiome provincial tendait devenir une langue part. On y distingue cependant l'est le groupe champenois-bourgui-gnon et le lorrain; au nord le wallon; au nord-ouest le picard et plus au sud le normand; au sud-ouest le poitevin et le saintongeais; au centre le franais ou dialecte de l'Ile-de-France. 11. Tant que les rois captiens, humbles seigneurs de l'Ile-de-France et de l'Orlanais, restent dpourvus de toute influence hors de leur domaine royal (c'est--dire depuis le Xe sicle jusqu'au XIIe), le dialecte franais n'a, hors de ces deux provinces, aucune noto-rit. Mais ds le XIIe sicle les rois de France commencent s'agrandir aux dpens de leurs voisins : ils s'annexent successive-ment le Berry (1101), la Touraine (1203), la Normandie (1204), la Champagne (1284), la Picardie (1463), et apportent avec eux, dans ces nouvelles provinces, le dialecte de l'Ile-de-France, le fran-5 ais, qui remplace alors dans chacune d'elles les dialectes indignes, et ne tarde point, tant la langue du roi, tre adopt comme un modle de bon ton 12. Rebelle cette invasion, le peuple seul, dans chaque pro-vince, garde son ancien dialecte et refuse d'accepter le franais. Les patois que nous trouvons aujourd'hui dans les campagnes de la Normandie, de la Picardie, de la Bourgogne, etc., ne sont donc point, comme on le croit communment, du franais litt-raire corrompu dans la bouche des paysans ; ce sont les dbris des anciens dialectes provinciaux que les vnements politiques ont fait dchoir du rang de langues crites celui de patois. Ces dialectes de la langue d'oil, surtout le normand et le picard, ont laiss de nombreuses traces en franais. Ex. : normand et picard : bent, bercail, bouquet, caillou, camus, caille, flaque, pouliche, quai, trique, etc. 13. Rsum de l'histoire du franais populaire. En somme, on voit que le franais n'est nullement form des dbris du celtique, et l'on peut ainsi rsumer son histoire : le latin vulgaire, transport en Gaule par les soldats de Csar, touffe promptement la langue indigne, le celtique, et donne naissance, par de lentes et insensibles transformations, un idiome nouveau, la langue romane, auquel les Barbares ajoutent un certain nombre de mots germaniques relatifs au rgime fodal, la guerre, la chasse. De cette langue romane, assez diverse suivant les rgions, un dialecte, celui de l'Ile-de-France, supplanta peu peu tous les autres et devint au XIVe sicle la langue franaise. 14. Mots d'origine trangre et d'origine savante. A ce fonds ancien de la langue, qu'on appelle le franais popu-laire, sont venues s'adjoindre, du XIIe au XIXe sicle, deux cat-gories de mots nouveaux : mots d'origine trangre, mots d'ori-gine savante. 1. Mots trangers. Les mots trangers, ont t imports par diverses circonstances politiques, dont les principales sont : 1 Au XIIIe sicle, les croisades et le commerce avec l'Orient, qui ont introduit chez nous un petit nombre de mots arabes ou orientaux : alcali, alcool, algbre, amiral, caf, chle, chiffre, chec, gazelle, girafe, hasard, magasin. matelas, nacre, orange, safran, sultan, taffetas, turban, zro, etc. 2 Au XVIe, nos guerres d'Italie et l'influence de la Renaissance, qui nous ont apport plus de cinq cents termes d'origine italienne, surtout de guerre et d'art : affront, alerte, arlequin, arquebuse, balustre, banque, barricade, bastion, bilan, bombe, bourrasque, boussole, bravade, cabinet, caporal, carafe, caricature, cartouche, charlatan, citadelle, colonel, escrime, fantassin, fresque, lazzi, etc. 3 Au XVIIe, l'influence de l'Espagne sur la cour de Louis XIII, qui nous donna quelques mots espagnols : abricot, alcve, alezan, anchois, camarade, casque, caramel, chocolat, cigare, pagneul, guitare, hamac, jonquille, mrinos, parade, etc. 4 Nos guerres avec l'Allemagne au XVIIe et au XVIIIe sicle, qui ont import : balle, bire, blocus, boulevard, cauchemar, espigle, gangue, halte, havresac, houx, kpi, obus, rosse, sabre, valser, etc. 5 Enfin, dans notre sicle, les relations d'industrie, de com-merce, de socit, qui furent la cause premire d'une invasion de mots anglais, tels que : bol, break, budget, cabine, clown, club, confortable, dock, jury, lingot, moire, pamphlet, paquet, rail, speech, sport, tilbury, verdict, whist, yacht, etc. Ajoutons encore que nous devons l'Asie les mots : bambou, cangue datura, lama, palanquin, banane, casoar, jasmin, lilas, paria, brahme, cornac, jungle, orang-outang, th, etc. Et l'Amrique : acajou, caman, colibri, ouragan, sapajou, ananas, canot, condor, palissandre, tapioca, cacao, caoutchouc, jaguar, quinquina, tomate, etc. 15. II. M o t s s a v a n t s . A ct du franais populaire, qui est l'uvre du peuple, et des mots trangers imports en France par les circonstances politiques, il faut distinguer une troisime couche de mots, celle qui a t cre par les savants depuis le XIe sicle et qui s'augmente tous les jours. Ce franais des savants se compose de mots emprunts directement par eux soit au grec (comme autopsie, anthropologie, microscope, cosmographie), soit au latin (comme relation, proportion, prmditation, prcession, coordination, etc.). Cette importation de mots grecs et latins, postrieure la naissance de la langue et trs considrable du XIIIe au XVe sicle, grce l'influence des clercs et au dveloppe-ment de la connaissance du latin, a t surtout excessive au XVIe si-cle, o les rudits de la Renaissance forgrent ainsi plusieurs mil-liers de mots nouveaux, parfois mal forms, et dont un grand nombre fut proscrit par Malherbe et les grands crivains du XVIIe sicle. 16. Doublets. La formation de notre langue est donc le rsultat d'une double action : l'action populaire et l'action savante. Ces deux actions, s'exerant d'une manire indpendante, ont sou-vent tir deux ou plusieurs mots franais du mme mot latin. Ainsi foison et fusion viennent tous deux de fusionem; mais le premier a t form par le peuple, le second par les savants. Ces doubles drivations d'un mme mot s'appellent des doublets. En voici quelques exemples MOT LATIN acrem, cumulare, decimam, fragilem, hospitalem, legalitatem, liberare, mobilem, rigidum, strictum, MOT POPULAIRE aigre, combler, dme, frle, htel, loyaut, livrer, meuble, raide, troit, MOT SAVANT cre, cumuler. dcime. fragile. hpital. lgalit. librer. mobile. rigide. strict. 17. Mots d'origine historique, onomatopes. -En dehors de l'influence du latin et des langues trangres, le franais a cr quelques mots emprunts des souvenirs histo-riques, ou forms par imitation des sons. De l deux classes de mots, peu nombreux du reste : les mots d'origine historique et les onomatopes. 1 Les mots d'origine historique dsignent presque toujours des importations nouvelles : par exemple, les toffes, madras, indienne, nankin, mousseline, cachemire, calicot, perse, damas, andrinople, rouennerie, gaze, etc., de Madras, Inde, Nan-kin, Mossoul, Cachemire, Calicut, Perse, Damas, Andrinople, Rouen, Gaza, lieux o ces tissus furent fabriqus pour la premire fois; des vgtaux : dahlia, fleur ddie au botaniste Dahl, par Cavanilles, en 1789; cantaloup, melon rcolt Cantaluppo, villa des papes, aux environs de Rome; fuchsia, plante ainsi appele cause de Lonard Fuchs, botaniste bavarois du XVIe sicle; magnolier, arbre import en France par Pierre Magnol (1715); camlia, plante importe du Japon en Europe par le P. Camelli; nicotine, suc vnneux du tabac qu'on appela d'abord nicotiane, cause de J. Nicot (1530-1600) qui introduisit le tabac en France, etc.; des inventions : guillotine, macadam, mansarde, stras, ainsi nommes d'aprs leurs inventeurs, le docteur Guillotin, l'ing-nieur anglais Mac Adam, l'architecte Mansard, le joaillier Stras. On peut encore citer : jrmiade, allusion aux lamentations du prophte Jrmie; cognac, curaao, guine, qui indiquent la provenance; cordonnier (pour cordouanier), proprement qui travaille le cuir de Cordoue ; etc. 2 Les onomatopes sont des mots forgs pour imiter un son, un geste; par exemple : les cris d'animaux, croasser, japper; la parole humaine, babiller, caqueter, chuchoter, marmotter; divers bruits naturels, clapoter, croquer, crac, fanfare, glouglou, flic flac, pan pan, etc. ; quelques interjections, bah, qui donne bahir; hue, qui donne huer, etc.; le langage des enfants, qui redoublent volontiers la syllabe principale d'un mot : fanfan (d'enfant), papa, maman, etc. 18. Statistique de la langue franaise. La dernire dition (1878) du Dictionnaire de l'Acadmie franaise contient environ 32 000 mots; sur ces 32 000 mots, 20 000 sont d'origine savante ou d'origine trangre; 12 000 seulement composent ce que nous appelons le franais d'origine populaire. Sur ces 12 000 mots, 9000 environ, tels que pauvrette, faiblir, maigrir, EXERCICES EXERCICES. BUT ET DFINITION DE LA GRAMMAIRE 19. Nous parlons l'aide de propositions, qui sont com-poses de mots, et les mots leur tour sont composs de sons et d'articulations que l'on reprsente par des lettres. 20. La grammaire est la runion des rgles suivies par une langue pour former les mots, modifier leur forme et les runir en propositions. TUDE DES MOTS DES SONS ET DE L'ALPHABET 21. Mots. Pour parler et pour crire on se sert de mots. 22. Lettres. Ces mots sont forms d'un ou de plusieurs sons, qu'on reprsente dans l'criture par des signes appels lettres. 23. Alphabet. On compte vingt-six lettres en franais : a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z. La runion de toutes ces lettres s'appelle alphabet. 24. Il y a deux sortes de lettres : les voyelles et les consonnes. 25. Voyelles. On appelle voyelle un son qui peut se prononcer sans le secours d'aucun autre. Il y a six voyelles en franais : a, e, i, o, u, y. 26. Toutes les voyelles peuvent tre brves ou longues selon qu'on les prononce vite ou lentement. Ainsi : a est long dans pte et bref dans patte. e bte jette. i gte petite. o cte note. u flte butte. 27. Voyelles nasales. Toute voyelle suivie de deux consonnes dont la premire est m ou n (comme 0 dans tomber ou conter) est prononce en partie par le nez, et est appele pour cette raison voyelle nasale. 28. Il en est de mme quand n ou m terminent le mot, comme dans an, en, vin. ton, un, daim, nom, etc. 29. Trois sortes d'e. Il y a trois sortes d'e : L'e muet, qui se prononce peine, comme dans : table, porte, scierie. L'e ferm, qui se prononce la bouche presque ferme, comme dans : caf, bont, cocher, chanter, nez. L'e ouvert, qui se prononce la bouche plus ouverte, comme dans : terre, mer, enfer, procs, succs. 30. Y . L ' Y dans le corps d'un mot et prcd d'une voyelle se prononce comme deux i : pays, moyen, joyeux (qui se pro-noncent pai-is, moi-ien, joi-ieux). \ Dans tous les autres cas il se prononce comme u n i : yeux, analyse, jury. REMARQUE. Dans les mots Bayard, Bayonne, bruyre, Cayenne La Fayette, Mayence, Mayenne, mayonnaise et quelques autres, l'y quoique prcd d'une voyelle, se prononce comme i dans aeul. 31. Diphtongues. On appelle diphtongue la runion de deux ou trois voyelles qui se prononcent par une seule mission de voix, comme ui dans huile. Ui, compos des voyelles u et i, est une diphtongue. Les principales diphtongues sont ia, i, io, ieu, oi, ui, oua, oue, oui. Ex. : piano, pied, pioche, lieu, loi, lui, etc. 32. Consonnes. On appelle consonne ou articula-tion un son qui varie suivant les mouvements de la langue, des lvres, etc. Il y a vingt consonnes qui sont : b, c, d, f, g, h, j , k, l, m, n, p, q, r, s, t, v, w, x, z. 33. Ch, ph , th . Il faut ajouter ces vingt lettres les con-sonnes composes ch, ph, th, que l'on entend dans chanvre, philo-sophie, thme. 34. Les consonnes peuvent se produire en arrire dans le palais ou l'arrire-bouche, contre les dents, entre les lvres, sur les bords ou l'extrmit de la langue. De l quatre sortes de consonnes : C, K, Q, G, H, consonnes qui se produisent dans le palais, sont pour cette raison appeles palatales. T, D, S, Z, N, L, R, consonnes qui se prononcent contre les dents, sont pour cette raison appeles dentales. P, B, F, V, M, consonnes qui se produisent l'aide des lvres, sont pour cette raison appeles labiales. Ch, j , consonnes qui se produisent l'extrmit de la langue, sont pour cette raison appeles marginales. 35. H. La consonne h est muette ou aspire. Elle est muette lorsqu'elle ne se fait pas sentir dans la pro-nonciation. Ex. : l'homme, l'habitude (qu'on prononce comme s'il y avait l'omme, l'abitude). Elle est aspire lorsqu'elle empche l'lision, comme dans la haine, ou la liaison, comme dans les hros. 36. S y l l a b e s . On appelle syllabe une voyelle seule ou jointe d'autres lettres qui se prononcent d'un seul coup. Ainsi bon n'a qu'une syllabe, i-gno-rant en a trois. 37. On appelle : MONOSYLLABE, un mot d'une syllabe : un, bon, point. DISSYLLABE, un mot de deux syllabes : classe, che-val. TRISSYLLABE, un mot de trois syllabes : -co-le, cha-ri-t. POLYSYLLABE, en gnral, un mot de plusieurs syllabes : la-bou-reur hi-ron-del-le, d-so-b-is-san-ce. On appelle syllabe muette celle qui est termine par un e muet, comme me dans j'aime. 38. Signes orthographiques. Les signes orthographiques sont : les accents, le trma, l'apostrophe, la cdille et le trait d'union. 39. Accents. Il y a trois sortes d'accents : l'accent aigu, l'accent grave et l'accent circonflexe. L'accent aigu ( ') se met sur les ferms : bont, caf, t. Mais on n'en met pas sur l'e ferm de rocher, chanter, nez. L'accent grave (`) se met sur les ouverts : mre, progrs. Mais on n'en met pas sur l'e ouvert de terre, mer. L'accent grave se met aussi sur (prposition), sur dans o (adverbe) et sur dans de, dj, voil, etc. L'accent circonflexe (^) se met sur les voyelles longues : pte, fte gte, cte, flte. 40. Trma. Le trma (.. ) se place sur les voyelles e, i, u, lors-qu'elles doivent tre prononces sparment : cigu, mas, Sal. 41. Apostrophe. L'apostrophe (') marque la suppression des voyelles a, e, i, devant un autre mot qui commence par une voyelle ou une h muette : l'pe, l'honneur, j'arrive, s'il vient. 42. Cdille. La cdille () se place sous le c devant a, o, u, pour lui donner le son de s : faade, leon, reu. 43. Trait d'union. Le trait d'union (-) sert runir plu-sieurs mots en un seul : chef-lieu, arc-en-ciel. EXERCICES 44. tymologie. L'tymologie est l'explication du sens propre des mots. On arrive au sens propre des mots par l'tude des divers lments dont ils sont composs. Les divers lments qui composent les mots sont : la racine et les affixes. 45. Racine. On appelle racine l'lment primitif d'un mot, la syllabe qui reprsente l'ide originelle. Ainsi, dans mortel, mort est la racine. Il faut soigneusement distinguer le radical de la racine. Le radi-cal est le mot dpourvu de ses dsinences de genre, de nombre, de temps, de mode, etc. Ainsi, dans finir, fin est la fois la racine et le radical; mais dans d finissons, fin est la racine, et dfin iss le radical, auquel on ajoute la dsinence verbale ons pour marquer la premire personne du pluriel. 46. Affixes. Les affixes sont les lments qui s'ajou-tent au radical pour en modifier le sens et former des mots nouveaux. On les divise en deux classes : les prfixes et les suf-fixes. Prfixes. Les prfixes sont les particules qui pr-cdent le radical, comme d dans dfinir. Suffixes. Les suffixes sont les particules qui suivent le radical, comme ir dans dfinir. 47. En s'ajoutant au radical, les prfixes forment des mots composs; les suffixes forment des mots drivs. De l deux procds de formation de la langue franaise : 1 la composition, 2 la drivation. 48. L'ensemble de tous les drivs et composs qui pro-viennent d'une mme racine ou d'un mme radical constitue une famille de mots. 49. Les mots composs peuvent tre forms non seule-ment par l'addition d'un prfixe un mot simple, comme dlier, renier, mais encore par la runion de plusieurs mots simples, comme loup-cervier, contre-coup. I. COMPOSITION DES NOMS 50. Noms. Le franais cre des noms nouveaux l'aide de mots dj existants, en runissant : 1 Soit deux noms : borne-fontaine, fourmi-lion, oiseau- mouche, timbre-poste, etc.; 2 Soit un nom et un adjectif ou un participe : bas-relief, basse-cour, libre-change, morte-saison, etc. ; 3 Soit un v e r b e et son c o m p l m e n t : abat-jour, cache-nez, cure-dent, porte-monnaie, garde-manger, laissez-passer, ou-dire, etc. ; 4 Soit un nom et un mot i nva r i ab l e : sous-prfet, avant-coureur, aprs-midi, etc. ; 5 Soit un v e r b e et un a d v e r b e ou un adjectif employ adverbialement : rveille-matin, passe-partout, gagne-petit, etc.; 6 Soit deux noms avec une prpos i t ion : arc-en-ciel, il-de-buf, tte--tte, etc. La prposition est parfois sous-entendue : timbre-poste. Certains mots n'entrent dans aucune des catgories prc-dentes; tels sont : sot-l'y-laisse, quant--soi, sauve-qui-peut, etc. RDACTION. 51. Adjectifs. On forme des adjectifs composs en runissant : 1 Soit deux adjectifs : sourd-muet, aigre-doux. 2 Soit un adjectif et un adverbe ou un adjectif pris adver-bialement : bien-aim, maladroit, clairvoyant. 3 Soit un verbe et son c o m p l m e n t : tout-puissant, fainant, vermoulu. 52. Verbes. On forme des verbes composs en faisant suivre ou prcder le verbe d'un nom ou d'un adjectif. Tels sont : boule verser, (verser en boule) ; bour soufler, (souffler et le radical boud (comparer bouder) qui exprime une ide de gonflement) ; col porter, (porter au cou) ; main tenir, (tenir avec la main) ; manuvrer, (faire uvre de la main); sau poudrer, (poudrer de sel, en lat. sal), etc. 53. La composition par les prfixes est de beaucoup la plus importante. 54. Les principaux prfixes sont : ab (abs, av, a), ad (a, ac, af, ag, al, an, ap, ar, as, at), ant, bn (bien), bis (bi), circum (circon), cis, com (con, col, cor, co), contra (contre), dis (dif, di, ds, d), en (em), entre, ex (, es, ef), extra, fors, in (im, il, ir), inter, intro, male, ms, mi, non, ob, outre, par, pour, pr, pro, re, rtro, sous, sub (suc, suf, sug, sup, su), super, sur, sus, trans (tra, trs, tr), tri, ultra, vice. COMPOSITION DES ADJECTIFS ET DES VERBES COMPOSITION DES ADJECTIFS ET DES VERBES. 55. A b (abs, av, a) marque l'loignement, le point de dpart, la cause : absence (tre loin de), s'abstenir (se tenir loin de), aveugle (ab-oculus, sans yeux), abrger (rendre bref). 56. A d (par abrviation a ou ac, af, ag, al, an, ap, ar, as, at, d'aprs la consonne initiale du mot compos), marque le rappro-chement, la tendance : amener, accrotre, adopter, afficher, aggra-ver, allonger, annoter, apprendre, arriver, assiger, atteindre. 57. Ant signifie avant et ne se trouve que dans quelques mots : antcdent, antdiluvien. 58. Bn (en franais bien) a donn bndiction, bnvole; bienfait, bienheureux, bienveillant (pour bien veuillant ou voulant). 59. B i s (et bi) signifie deux fois et a form bisaeul, biscornu, biscuit, bivalve. 60. C i r c u m (en franais circon) signifie autour : circumnaviga-tion, circonscrire, circonvenir. 61. C i s signifie en de et a form cisalpin, cisjuran. 62. Com (en composition com, con, col, cor, co) signifie avec, ensemble. On le trouve dans combattre, compre, confrre, con-citoyen, consentir, collatral, correspondre, corrompre, coaccus. 63. Contra (en franais contre) marque tantt l'opposition, tantt le retour, l'change; il a form contradiction, contrebande, contrefaon, contrle (pour contre-rle). 64. Dis (dif, di; et en franais : ds, d) marque sparation, cessation. On le trouve dans les mots disjoindre, disparatre, difforme; divaguer; dsaveu, dsobir; dbarquer, dchoir, d-colorer, dpayser. 65. En (ou em) signifie dans et sert former une foule de mots : encablure, enchaner, etc.; embarquer, empocher, etc. 66. Entre marque l'ide de rciprocit et signifie aussi moiti. 11 sert former les mots : entre cte, entre-dtruire, entremler entrevoir, etc. 67. Ex (, es, ef), ordinairement rduit dans les mots d'ori-gine populaire, marque l'extraction, l'augmentation, l'accomplis-sement de l'action. On le trouve dans les mots : barber, denter, essouffler, effeuiller, exhausser, exposition. Ex, au sens moderne de jadis, est d'un emploi frquent : ex-ministre, ex-professeur. 68. Extra, en dehors de, se trouve dans peu de mots : extra-fin, extraordinaire. PRFIXES BN, BS, CIRCUM, ETC. 69. Fors ou For, quelquefois Hors, ou Hor (du lat. foris, signifie hors de) : forbannir, forfaire, forcen (anc. forsen, hors du sens), faubourg (anc. fran. forsbourg, en dehors de l'enceinte); hormis. 70. In (im, il, ir) a tantt le sens prpositionnel dans : injecter, importer, imposer, illuminer, irruption; tantt le sens ngatif : innocent (lat. nocens, nuisible), impatient, illettr, irrgulier. 71. Inter, qui signifie entre, a pass en franais dans les mots : interdiction, interrompre, interjection, interrgne. 72. Intro, qui signifie en dedans, ne se trouve que dans les mots : introduire, introduction. 73. Mal (en franais mal, mau) outre le sens de mauvais a aussi le sens ngatif ; il se trouve dans maldiction, malfice, mal-adroit, malgr; maudit. 74. Ms (du latin minus, moins) par abrviation m, a un sens diminutif ou pjoratif. On le trouve dans les mots : msintel-ligence, msallier, mcontent, mcrant (vieux participe de croire), etc. 75. Mi (du latin mdium, moiti) a form les mots : minuit, milieu. 76. Non a form les mots : nonchalant (de chaloir, tre chaud, ardent), nonobstant, nonpareil. 77. Ob (oc, op) a le sens de ngation, d'opposition. Il a form les mots : objecter, obstacle, occuper, opprimer. 78. Outre, signifie au del et marque l'excs : outrecuidance (cuider, vieux mot, croire), outrepasser. PRFIXES FORS, IN, INTER, ETC. 79. Par marque le superlatif, et souvent exprime aussi l'ide latine de per (au milieu de). On le trouve dans les mots : parachever, parfaire, parcourir, etc. 80. Pour signifie en avant et sert former quelques composs : pourchasser, poursuivre, etc. 81. Pr signifie avant, en avant. On le trouve dans : prdis-poser, prlever, prposer, prtablir, prvenir, prvoir, etc. 82. Pro (forme latine de pour) se trouve dans les mots : prolonger, produire, progression, projeter, etc. 83. Re et R marquent renouvellement, redoublement, retour en arrire. En voici des exemples : rabattre, ravoir, raccorder, rebtir, remonter, ragir, etc. 84. Rtro (en arrire) se trouve dans rtrograder, rtrospectif, etc. 85. Sous (et sou) sert former les mots soustraire, soulever, souvenir, etc. 86. Sub (suc, suf, sug, sup, su), prfixe latin qui signifie au-dessous, se trouve dans : subdiviser, succder, suffixe, supprimer, supposer, sujet, etc. PRFIXES PAR, POUR, P R , P R O , RE, ETC. 87. Super (en franais sur) a le sens d'au-dessus; il a form quelques mots : superficie, superfin, superflu. 88. Sur (forme franaise du prcdent) employ comme adverbe marque l'excs; comme prposition, il garde son sens originel d'au-dessus de : surbaiss, suraigu, surveiller, sursaut, survenir, etc. 89. Sus (du latin susum, en haut) se trouve dans les mots : susmentionn, susnomm, suspendre, susceptible, etc. 90. Trans (tra, tres, tr) signifie au del et se trouve dans les mots : transmettre, traduire, tressaillir, trpas, etc. 91. Tri (en franais tr) signifie trois et a form : trpied, triangle, trident, tricolore. 92. Ultra (au del) s'emploie pour marquer l'exagration : ultra-royaliste, ultramontain. 93. Vice (du latin vice, la place de) sert former les mots : vice-amiral, vice-recteur, et par abrviation : vicomte. PRFIXES SUPER, SUR, S U S , T R A N S , ETC. 94. Accent tonique. Nous allons maintenant tudier la drivation des noms, des adjectifs, des verbes et des adverbes. Mais il importe de faire auparavant une remarque gnrale sur la drivation en franais : On ne prononce jamais avec la mme force toutes les syllabes d'un mme mot; ainsi, quand nous disons : marchez, cherchons, nous prononons la dernire syllabe plus fortement que la pre-mire, tandis qu'au contraire dans marche, cherche, nous appuyons sur la premire, parce que la dernire syllabe est muette. Cette lvation de la voix sur une syllabe particulire dans chaque mot s'appelle accent tonique, et la syllabe qui reoit cette lvation de la voix, cet accent tonique, s'appelle la syllabe accen tue ou tonique. Les autres syllabes du mot sont dites inaccen tues ou a tones . Ainsi, dans aimable, ma est la syllabe accentue, ai et ble sont inaccentues, sont atones; dans charretier, tier est accentu, char et re sont atones. 95. En franais l'accent n'occupe toujours qu'une de ces deux places ; la dernire syllabe, quand la terminaison est masculine (chanteur, aimer, finir); l'avant-dernire, quand la terminaison est fminine (raide, porche, voyage). 96. Quand un mot simple, tel que chandelle (qui est accentue sur el), donne un mot driv tel que chandelier (qui est accentu sur ier), la syllabe el, qui tait accentue dans le mot simple, de-vient naturellement inaccentue dans le mot driv, et e perd alors dans chandelier le son plein qu'il avait dans chandelle. De mme, pour rendre sonore au prsent de l'indicatif l'e muet des infinitifs app-e-ler, rej-e-ter, ach-e-ter, p-e-ler, m-e-ner, tantt le franais double la consonne (j'appelle, je rejette) et donne ainsi l'e plus de sonorit; tantt il place un accent grave sur l'e : j 'achte, je ple, je mne. 97. Souvent cet affaiblissement du son de la voyelle a amen le changement de la voyelle elle-mme : ainsi ai, qui est accentu dans faim, est inaccentu dans le driv famine. Cette rgle explique pourquoi la diphtongue i de livre est devenue e dans l e vraut, et pourquoi l'on dit l e vrette et non l i vrette. Cette alter-nance de la voyelle accentue et de la voyelle atone se retrouve dans un grand nombre de mots : ainsi cheval e rie, ptiss e rie, veng e resse, ct de cheval ie r, ptiss ie r, veng eu r; et dans les verbes acqu rir, t e nir, v e nir, ct de acqu ie rs, l ie ns, v ie ns; m ou rir, m ou voir, p ou voir, ct de m eu rs, m eu s, p eu x; de mme on a vil e nie, m e notte, p a nier, ct de vil ai n, m ai n, p ai n, etc. ACCENT TONIQUE DERIVATION 98. L e franais forme des m o t s d r ivs en ajoutant des suf-fixes aux mots dj existants . Ains i de colonne on forme colon-nade avec le suffixe a d e , de laver, lavage avec le suffixe age . I. - DRIVATION DES NOMS 99. 1 DRIVATION PAR LES SUFFIXES. Les principaux suffixes qui servent former des noms sont : ade, age, aie, ail, am (aine), aire, aison (ison), al, ance, ande (ende), ant (ent), ard, at, ateur, ation (ition), atoire,ature,, e, er (ier),eric, esse, eur (isseur),euse (isseuse), ie, ien, is, ise, isme, iste, ment, oir (oire), on, t, (t ou it), ure; auxquels il faut ajouter les suffixes diminutifs : aille, as, asse, eau (elle), et (ette), on (illon, eron), ot, ule. 100. Ade. Ce suffixe exprime ordinairement une runion d'objets de mme espce, comme barricade, balustrade (runion de bar-riques, de balustres) ; ou l'action et le rsultat de l'action, comme passade, promenade. 101. Age marque ordinairement : soit une collection d'objets de mme espce : herbage, feuillage (collection d'herbes, de feuilles), soit un tat : veuvage, esclavage (tat de veuve, d'esclave), soit enfin simplement le rsultat de l'action, brigandage, ple-rinage (rsultat de l'action du brigand, du plerin), 102. A i e indique ordinairement une collection d'objets :aunaie, chtaigneraie, chnaie. 103. Ai l marque le lieu, l'instrument : pouvantail, ventail, portail. 104. A in (fm. aine) dsigne : soit des personnes : chapelain (qui dessert une chapelle), chtelain (qui habite un chtel, un chteau), soit des noms collectifs: quatrain (quatre), neuvaine (neuf jours de prires), vingt aine, trentaine. 105. Aire marque l'agent et sert former des mots comme mousquetaire, bibliothcaire, molaire, etc. 106. Aison (ison). Ces suffixes marquent ordinairement l'action; mais il faut noter que ison s'ajoute surtout aux verbes du 2e groupe, et aison aux autres verbes : comparaison, ter-minaison, liaison, pendaison, garnison, gurison, trahison, etc. DRIVATION DES NOMS. 107. Ance est le suffixe que le franais ajoute au radical du participe prsent pour en former un nom : de naissant, vengeant, obissant, etc., il tire naissance, vengeance, obissance. De mme croissance, surveillance, croyance, alliance, viennent des participes croissant, surveillant, croyant, alliant. 108. Ande et ende sont deux suffixes latins qui ajoutent au mot l'ide de devant tre : multiplicande (qui doit tre multipli), dividende (qui doit tre divis). 109. Ant et ent sont deux suffixes du participe prsent latin; on les retrouve dans fabricant, adhrent. 110. Ard : on le retrouve dans billard, de bille; brassard, de bras; cuissard, de cuisse; canard, de cane; et au fminin dans poularde, de poule, etc. 111. At () marque la dignit, la profession : marquisat, gnralat, cardinalat, de marquis, gnral, cardinal. Anciennement, on se servait non de at, mais de , qui avait le mme sens : comt, de comte; duch, de duc; vch, d'vque. 112. Ateur (eur en franais populaire) marque l'agent : libr-ateur, conservateur. 113. Ation ou ition (rduits souvent tion, ion). Ce suffixe n'est que le suffixe aison (ison) sous une forme latine (ationem, itionem). Il marque l'action exprime par le verbe : fondation, abolition, inclination, tradition, etc. 114. Atoire a donn oire, oir en franais populaire : conser-vatoire, laboratoire. 115. Ature a donn ure en franais populaire : tablature, courbature. 116. e marque la quantit contenue dans le mot simple : as-siette, gorge, plate, bouche, signifient proprement plein l'assiette, la gorge, le plat, la bouche; e sert marquer aussi diverses parties de la journe : matine (de matin), soire (de soir). SUFFIXES AT , ATEUR, ATION, ATOlRE, ATURE, , E. 37 117. Er, ier sert former : 1 soit des noms de vgtaux : poi-rier (poire), pommier (pomme), cerisier (cerise), citronnier (citron); 2 soit des noms de mtiers : potier (qui fait des pots) chamelier (de charnel, ancienne forme de chameau), huissier (gardien de l'huis, terme de notre vieille langue, qui signifie porte, et qui est rest dans l'expression judiciaire, audience huis clos, o le public n'entre pas) ; 3 soit des noms de rceptacles : encrier, sablier (o l'on place l'encre, le sable). 118. Erie marque l'tat, la situation, le local o s'exerce une industrie, souvent cette industrie mme. C'est en ralit un suf-fixe compos de ie et de ier ou eur rduits er. Cependant le fran-ais a ajout par analogie ce suffixe* des noms qui n'taient ter-mins ni en eur, ni en ier, comme lampiste, lampisterie, espiglerie, fourberie, effronterie, loterie. 119. Esse marque la qualit. Mais cette forme unique a rem-plac en franais deux suffixes latins, dont l'un servait former le fminin des noms : tigresse, princesse, et l'autre crer des noms abstraits tirs des adjectifs : faiblesse, bassesse. SUFFIXES ER, 1ER, ERIE, ESSE. 12o. Eu r (isseur). Ce suffixe, trs fcond en franais, marque l'agent ou la qualit et s'ajoute surtout au radical du verbe en er ou ir pour former des mots nouveaux. Pour les verbes en ir, comme finir, finissons, on intercale iss entre le radical et la terminaison : chasseur, danseur, changeur, diviseur, btisseur, blanchisseur, envahisseur, etc. Il sert aussi former des mots tirs des adjectifs ou des noms : douceur, fracheur, grandeur, largeur, ampleur, snateur. 121. Euse (isseuse). Ce suffixe est le fminin de eur et de eux : berceuse; repasseuse, faucheuse, batteuse, moissonneuse, balayeuse, ouvreuse, veilleuse. 122. le marque la qualit, la profession, le pays : maladie, Normandie. 123. ien indique la profession, la secte. Il sert aussi former des noms de peuples, de familles, de races : milicien, musicien, pharmacien, grammairien, paroissien, Nubien, Autrichien, Nor-vgien, Italien, Parisien, Mrovingien. 124. Is. Ce suffixe marque le rsultat de l'action exprime par le verbe :hachis est proprement ce qu'on a hach; de mme gchis de gcher, cliquetis de cliqueter, coulis de couler, (pont-) levis de lever, logis de loger, abatis de abattre, roulis de rouler, etc. 125. Ise est une autre forme du suffixe esse : il s'ajoute de mme aux adjectifs pour marquer l'tat ou la qualit : franchise, friandise, gourmandise, marchandise, etc. 126. Isme marque une opinion politique, philosophique ou religieuse, une tournure propre telle ou telle langue. On le trouve dans : catholicisme, royalisme, protestantisme, fatalisme, pdantisme, gallicisme, etc. 127. Iste. Ce suffixe, proche parent du prcdent, marque l'emploi, la conviction, et s'ajoute au radical des noms ou des verbes en iser : algbriste, capitaliste, monarchiste, etc. 128. Ment . Ce suffixe marque le rsultat de l'action exprime par le verbe et s'ajoute au radical du verbe, en intercalant un e euphonique: ainsi de hurler, on tire hurl-e-ment; d'abattre, abatt-e-ment; de vtir, vt-e-ment; de consentir, consent-e-ment. 129. Font exception les verbes en ir et en re qui intercalent iss ou ss entre le radical et la terminaison. Ainsi rugir et accrotre, qui font l'imparfait rug-iss-ais, accroi-ss-ais, font de mme leurs drivs en ss : rug-iss-ement, accroi-ss-ement, tandis que rendre et consentir font je rendais, consentais, et, par suite, rendement, consentement. DB1VAT10N DES NOMS. 130. O i r (oire) indique l'endroit o se passe l'action exprime par le verbe : parl oir (l'endroit o l'on parle), ou l'instrument qui sert accomplir l'action : rasoir, nageoire, mchoire (ce qui sert raser, nager, mcher). Pour les verbes en ir (du type finir), il faut intercaler iss: rtir, polir, font rt-iss-oire, pol-iss-oir, non rt oire, poloir, parce que ces verbes font l'imparfait rt-iss-ais, pol-iss-ais. 131. O n forme des noms l'aide des verbes ayant l'infinitif en er, comme dans brouillon, de brouiller; plongeon, de plonger. 132. T (t ou it). Ce suffixe marque la qualit et s'ajoute aux adjectifs pour former des noms abstraits: fermet, lgret, nettet; facilit, timidit. 133. U r e marque le rsultat de l'action exprime par le verbe : blessure de blesser, parure de parer, serrure de serrer, allure de aller. On ajoute ure au radical du verbe, sauf pour les verbes en ir qui intercalent iss, ainsi moisir, meurtrir, brunir, bouffir, font mois-iss-ure, meurtr-iss-ure, brun-iss-ure, bouff-iss-ure. Ce suffixe s'ajoute aussi aux adjectifs : froid ure, droiture, dou-blure, courbure, verdure, etc. DRIVATION DES NOMS. 134. SUFFIXES DIMINUTIFS. Il nous reste tudier une classe particulire de suffixes, ceux qui marquent la diminution et que l'on appelle pour cette raison des suffixes diminutifs. Tels sont, par exemple, illon dans ngrillon (petit ngre) ou eau dans chevreau (petite chvre); illon, eau, qui diminuent le sens du nom simple ngre, chvre, sont des diminutifs. Les suffixes diminutifs, ou simplement les diminutifs, sont au nombre de sept :aille, as, el (eau, elle), et (ette, elet), on (illon, eron), ot. 135. A i l l e diminue le sens du nom simple en y ajoutant sou-vent une ide de dprciation et de mpris : valetaille (de valet), ferraille (de fer), etc. 136. A s , a s s e , ajoutent souvent aussi au nom simple une ide de dprciation : pltras (de pltre), coutelas (de coutel, ancienne forme de couteau), paperasse (de papier), paillasse (de paille), etc. 137. Eau (au fminin elle) : chevreau (de chvre), dindonn eau (de dindon), lionceau (de lion), baleineau (de baleine), etc., et au fminin prunelle (de prune), rondelle (de rond), margelle (de marge). 138. Souvent mme le franais intercale, entre le mot simple et la terminaison eau, un nouveau diminutif, le suffixe et, ce qui donne ainsi au nom une double diminution : un jeune loup, par exemple, sera non pas un louveau, mais un louv-et-eau. De mme que bel est une forme plus ancienne que beau, de mme ce suffixe eau tait el l'origine de la langue, d'o le fminin en elle. Cette vieille forme a souvent persist ct de la nouvelle dans les mots drivs : ainsi chtel ain, batel ier, oisel eur , ont gard la forme du vieux franais chtel, batel, oisel, pour ch t eau , b a t e a u , o i seau . SUFFIXES A I L L E , AS , EAU. 139. Et, e t te , marquent la diminution, mais sans y ajouter aucune ide de dprciation ou de mpris; ainsi : jardinet (petit jardin), cochet (petit coq); de mme avec le fminin ette : chan-sonnette (chanson), maisonnette (maison). Quand on veut marquer un degr encore plus faible que celui qui est exprim par et, on ajoute et le diminutif eau, qui tait el dans le vieux franais; on intercale alors cet el entre le nom et le diminutif : ainsi tarte a donn, non pas tart-ette, mais tart-elette. 140. O n , que nous avons vu plus haut, est souvent employ comme diminutif : raton (petit rat), chaton (petit chat), non (petit ne), ourson (petit ours), fleuron (fleur). Mais d'ordinaire on se trouve renforc par un autre diminutif, qui est tantt ill, comme dans carp-ill-on (petite carpe), tantt er, comme dans mouch-er-on (de mouche). 141. O t se retrouve dans : lot, de le; angelot, de ange; gou-lot, de gueule. 142. Ule se trouve dans des mots de formation savante ov ule, globule, gland ule, etc.; souvent il est prcd d'un c : corpuscule, pellicule, animalcule, etc. SUFFIXES ET, ON, OT, ULE 143. La drivation des noms peut aussi avoir lieu, sans le secours des suffixes, par les adjectifs, par les verbes, par les participes. 144. I. DRIVATION PAR LES A D J E C T I F S . Le franais emploie comme noms quelques adjectifs en plaant simplement l'article devant. Ces mots ainsi forms sont en gnral des noms abstraits du masculin : beau, faible, fort, haut, riche, vrai, juste, etc., donnent le beau, le faible, le fort, le haut, etc. 145. II. DRIVATION PAR LES V E R B E S . Le franais forme des noms drivs l'aide des verbes de deux manires. 1 En employant l'infinitif comme nom : ainsi devoir, souvenir, rire, toucher, vouloir, etc., deviennent le devoir, le souvenir, le rire, etc., 2 En retranchant le suffixe verbal er, ir ou re : ainsi oublier, aider, accorder, rtir, rabattre, etc., donnent oubli, aide, accord, rt, rabat, etc. 146. III . DRIVATION PAR LES PARTICIPES. Le franais forme des noms en employant comme nom le participe prsent. Ex. : Tranchant, servant, commenant, etc., donnent : le tranchant, le servant, le commenant, etc. 147. Le franais cre des noms nouveaux l'aide du participe pass : ainsi de reu, d, fait, rduit, participes passs de rece-voir, devoir, faire, rduire, il tire un reu, un d, un fait, un rduit. 148. Mais c'est surtout former des noms fminins que sert cette drivation : une tranche, une vole, une entre, une vue, une battue, une crue, une tenue, une revue, etc., viennent du participe pass fminin de trancher, voler, entrer, voir, battre, crotre, tenir, revoir, etc., et notre langue possde plusieurs cen-taines de noms forms sur ce modle. DRIVATION SANS SUFFIXES. 149. Le franais forme des adjectifs drivs en ajoutant un mot simple un des suffixes : able, ain, ais (aise), al (el), ard (arde), tre, aud, , er, esque, et, eux, ible, if, in, ique, ois, ot, u. 150. Able. Ce suffixe marque la possibilit, la qualit : appli-cable, remarquable, serviable, pouvantable. 151. Ain. Ce suffixe sert former quelques adjectifs qui peuvent aussi tre employs comme noms : mondain, hautain, certain. 152. A i s (fm. aise) sert former surtout des noms de peuples, d'habitants : Franais, Irlandais, Marseillais, Milanais. 153. A i (ou el). Ce suffixe signifie qui tient la nature de : colossal, pyramidal, colonial, oriental. La seconde forme a le mme sens : additionnel, mortel. 154. Ard (fm. arde) a un sens dprciatif : criard, bavard. 155. tre marque dprciation, diminution : blanchtre, bleutre. 156. A u d marque exagration en mal de telle ou telle qualit et s'ajoute surtout aux adjectifs : lourdaud, courtaud. 157. marque la possession et sert former une trentaine d'adjectifs qu'il ne faut pas confondre avec les participes passs des verbes en er : affair, azur, toil, perl, ail, g, titr. 158. E r ou ier (fm. re). Ce suffixe marque la qualit et s'ajoute surtout aux noms : gaucher, passager, mensonger; princier, jour-nalier; hospitalier, fourragre, cochre, routire. 159. Esque marque la qualit : romanesque, chevaleresque. 160. E t marque diminution et est souvent renforc par el (elet) : doucet, rouget, propret; aigrelet, rondelet. 161. Eux (fm. euse). Ce suffixe, un des plus usits de notre langue, marque la qualit, la possession : bourbeux, hasardeux, courageux, honteux, pierreux, poudreux, marcageux. SUFFIXES A B L E , AIN, A I S , A L , ETC. 162. Ible. Ce suffixe est une autre forme du suffixe able dj tudi plus haut; il marque la possibilit, la qualit : admissible, corrigible, lisible, exigible, faillible, paisible. 163. If sert former des adjectifs tirs des verbes et marquant l'action, la facult d'agir : offensif, pensif, tardif, inventif. 164. In marque l'origine, la qualit : salin (sel, en latin sal), cristallin, enfantin, blondin. 165. Ique. Ce suffixe marque l'origine, la qualit, et s'ajoute surtout aux mots savants termins en ie, comme acadmie, chi-mie, etc. On le trouve dans les mots : arabique, algbrique, syllabique, priodique, monarchique, volcanique. 166. O i s marque le lieu d'habitation, d'origine, et sert former surtout des noms de peuples : Sudois, Gaulois, bourgeois. 167. O t marque diminution, bellot, plot, vieillot. 168. U marque la possession : barbu, bossu, chevelu, touffu. SUFFIXES ET, EUX, IBLE, IF, ETC. 186. Ot. U. Avec ces suffises formez des adjectifs drivs des mots suivants : beau, touffe, ple, bosse, branche, vieux, poil, barbe, pointe, herbe, fourche, crpe, ventre, tte, corne, croc, bourre, mousse, feuille patte. 169. Le franais forme des verbes drivs en ajoutant les ter-minaisons verbales er et ir ou les suffixes iser, oyer, des noms ou des adjectifs dj existants. Ainsi de bombe on forme bomber, de jaune, jaunir; de pote, potiser; de foudre, foudroyer. Ces terminaisons ne s'ajoutent pas seulement aux mots simples, mais aux mots drivs ou composs; ainsi bombe donne bombarde, d'o l'on tire bombarder; fou (fol) donne foltre, d'o l'on tire foltrer. Le mot simple content donne le compos mcontent, qui avec la terminaison verbale fait mcontenter; de mme, chemin donne le driv cheminer et le compos acheminer, etc. 170. E r semble plus spcialement rserv aux noms : bomber, gorger, sabler, sabrer, meubler, barber, englober, brancher. Cependant un certain nombre de verbes en er sont aussi tirs d'adjec-tifs; tels sont : affol er, pur er, jalous er. 171. Ir s'ajoute surtout aux adjectifs pour former des verbes nouveaux; par exemple, mince, rond, ferme, etc., donnent : amin-cir, arrondir, affermir. Cette terminaison est renforce par un c dans les mots suivants : durcir, clair cir, raccour cir. 172. Iser s'ajoute aux noms et aux adjectifs et indique ordi-nairement que la qualit marque par l'adjectif passe au compl-ment : civil iser, favor iser, centraliser, aromatiser, martyr iser, gal iser. 173. O y e r . Ce suffixe s'ajoute surtout aux noms et marque l'action du mot primitif; ainsi coud oyer, c'est pousser avec le coude; guerroyer, c'est faire la guerre, etc. On le trouve dans : charroyer, foudroyer, rudoyer, tournoyer. On trouve aussi la forme ayer, eyer, ier, dans bg ayer, grass eyer, planch eier. 174. Les verbes, comme les noms et les adjectifs, peuvent aussi prendre un sens diminutif en intercalant entre le radical et la terminaison verbale les suffixes asse, on, ot. 175. A s s e : crevasser, p a s s e r . 176. O n : chantonner, grisonner, mchonner. 177. O t : frisotter, trembloter, vivoter. SUFFIXES ASSE, ON, OT. 178. On forme des adverbes drivs On ajoutant aux adjectifs fminins le suffixe ment, mais les adjectifs en ant, ent, changent cette finale en am, em. Les adverbes ainsi forms marquent la manire. Tels sont : adroitement, amrement, agilement, admi-rablement, constamment, lgamment, prudemment, loquemment, etc. 179. Le grec nous fournit la plupart des mots nouveaux que les besoins scientifiques ou industriels de notre temps introduisent journellement dans la langue. Ces mots sont tantt forms de deux mots simples, comme migraine, de hmi-cranion (mot mot demi-crne) ; tantt d'un mot simple prcd d'un prfixe, ainsi theatron (thtre), prcd de amphi (autour), nous a donn amphithtre. 180. Les mots grecs le plus souvent employs dans la composi-tion par les mots simples sont : ar (air), agros (champ), algos (douleur), anmos (vent), anthrpos (homme), archaios, (ancien), arch (pouvoir), aristos (suprieur), astron (astre), autos (soi-mme), baros (pesanteur), biblion (livre), bios (vie), cacos (mauvais), cphale (tte), chronos (temps), cosmos (monde), crateia (force), dmos (peuple), g aster (estomac), g (terre), graphia (description), hippos (cheval), hydr (eau), isos (gal), lithos (pierre), logos (science), mtron (mesure), micros (petit), monos (seul), ncros (mort), nos (nouveau), nomos (loi), orthos (droit), phagein (manger), pherein (porter), philos (ami), polis (ville), poly (plusieurs), phobos (crainte), phs (photos) (lumire), prtos (premier), scopia (vue), techn (art), tl (loin), thos (dieu), thermos (chaleur), zon (animal), etc. 181. Ces mots ont donn des composs tels que aro lithe, agro nome, anmo mtre, anthropo logie, archo logie, astro logie, astro nomie, auto cratie, baro mtre, bibliophile, bio graphe, caco graphie, chrono mtre, cosmo graphie, en cphale, go graphie, go mtrie, hydro phile, micro mtre, ncro logie, ortho graphe, phil anthrope, philo logie, poly syllabe, thermo mtre, zoo lithe, zoo logie. 182. Mais en grec, comme en latin, la composition est bien plus abondante par les prfixes. Les principaux sont : a, amphi, ana, anti, apo, archi, cata, dia, dis, dys, en, pi, eu, hyper, hypo, mta, para, pri, pro, pros, syn. 183. A marque privation, ngation : acphale (sans tte), aptale (sans ptale), atome (qu'on ne peut couper), atonie (sans force), etc. 184. Amphi a une double origine : amphi (autour) et amph (deux); de l deux sens diffrents : 1 amphithtre-, 2 am-phi bie. 185. A n a signifie travers, contre, diffremment : anachorte, anagramme. 186. Anti (contre, l'oppos) donne : antiphrase, antarctique, antagoniste, etc. 187. Apo (en fr. ap ou aph) marque l'loignement : apoge, aphlie, etc. 188. Archi marque la supriorit, la suprmatie : archevque, archange, etc. 189. C a t a (contre, en bas) donne : catalepsie, catalogue, cata-combes, etc. 190. Dia ( travers, compltement) donne : diamtre, dialecte, diaphane, diaphragme, etc. 191. Dis (en fr. dis et di) marque le redoublement : diptre, dipode, dissyllabe, etc. 192. Dys (difficile, mal) a donn : dyspepsie, dysenterie, etc. 193. En (en fr. em et en) a donn : embolie, emphase, enthou-siasme, etc. 194. pi (en fr. pi, ph, v) signifie vers, sur. Ex. : phmre, piderme, pidmie, pi gramme, vque, etc. 195. Eu (en fr. eu et ev) signifie bien, bon. On le trouve dans : Eugne, eucharistie, euphonie, vangile, etc. 196. Hyper (au-dessus de, l'excs) a form : hyper bole, hyper-trophie, etc. 197. Hypo (au-dessous de) a form hypocrisie, hypo thque, etc. 198. Mta signifie aprs, au del, en changeant. Ex. : mtaphysique, mtamorphose, etc. 199. Para (en fr. para et par) signifie ct, au del. Ex. : paragraphe, paralysie, etc. 200. Pri (autour de) se trouve dans primtre, priphrase pristyle, priode, etc. 201. Pro (vers, en avant) a donn : problme, programme, etc. 202. Pros (vers) a donn : prosodie, proslyte, etc. 203. Syn (en fr. syn et syl, sym, sy) signifie avec, ensemble, et a form les mots : syntaxe, synonyme, syllabe, sympathie, sym-trie, systme, etc. 204. La langue scientifique doit encore au grec deux suffixes : ose et ite. Ose (grec osis) indique l'ensemble des affections qui peuvent atteindre la partie du corps indique par le radical : dermatose (maladie de la peau), gastrose (maladie de l'estomac), nvrose (maladie des nerfs). Ite (grec itis) indique une maladie inflammatoire : bronchite, hpatite, laryngite, pharyngite, mningite. Ite (grec its) dsigne des minraux : anthracite, alunite. RECAPITULATION. RCAPITULATION. 205. On appelle famille de mots la runion de tous les mois qui se rattachent une mme racine. Ainsi terre est un mot primitif qui a donn naissance aux mots : terrer, terreau, terrasse, dterrer, souterrain, etc. Ces mots drivs ou composs tirs d'une racine unique {terre) forment ce qu'on appelle une famille de mots. 206. En rsum, nous avons vu qu'on arrive au sens propre des mots en tudiant les lments dont ils sont forms, c'est--dire la racine et les affixes. Mais il ne suffit pas toujours de dcomposer un mot et d'en con-natre les divers lments pour en bien comprendre le sens; ce sens a vari, parfois mme ds l'origine. En empruntant la plus grande partie de son vocabulaire au latin, notre langue ne s'est pas contente d'un calque servile, d'un simple mot mot; elle a aussi fait une part l'imagination. Tantt elle n'a pris que le sens figur de l'expression latine : ainsi scrupulus, le petit caillou qui, entr dans la chaussure, blesse le pied du marcheur, est devenu le scrupule, l'inquitude d'une conscience timore; stipulari, qui signifiait rompre la paille (stipula), a donn stipuler, arrter par un contrat, parce qu'on rom-pait une paille quand on faisait une convention. Parfois le sens s'est tellement dtourn de son origine, qu'on a peine renouer la chane entre le mot primitif et le mot driv; ainsi bureau, dimi-nutif de bure, dsignait autrefois une toffe grossire. Cette toffe, qui recouvrait d'ordinaire une table crire, a fini par donner son nom au meuble, la pice mme o l'on crit, enfin aux personnes qui s'y runis-sent. Cadran, qui dsignait autrefois le plan toujours carr (quadrantem) du cadran solaire, continue dsigner le plan ordinairement rond de nos horloges. Le sens s'est aussi tendu : l'origine, buisson ne dsignait qu'un fourr de buis; cabriole, le saut de la chvre (capriola); camelote, une toffe en poil de chameau; lange, lanire, une toffe ou une courroie de laine; linge, linceul, une toffe de lin; acharner, c'tait donner aux chiens ou aux faucons le got de l chair, par suite les exciter; attraper, c'tait prendre dans une trappe; l'huissier tait d'abord celui qui ouvre l'huis (la porte); le dlur (anc. dleurr) tait le faucon qui ne se laissait plus prendre au leurre; le trompeur dsignait le charlatan qui appelle le public son de trompe; et la toilette, qui dsigne aujourd'hui l'habillement, la parure, l'action de se nettoyer, de se vtir, enfin le meuble garni de tout ce qui sert la parure, la propret, n'offrait que l'ide d'une petite toile, d'une petite serviette de toile; ce sens primitif se retrouve encore dans la toilette des tailleurs, morceau de toile qui sert envelopper leur ouvrage. Souvent aussi le sens s'est restreint, rtrci : harnais, qui dsignait l'quipement du cheval et du cavalier, ne dsigne plus que celui du cheval ; crin s'appliquait galement aux cheveux de l'homme et au poil des ani-maux; maquignon s'appliquait aux marchands en gnral, il est aujour-d'hui rserv aux marchands de chevaux; tout ce qu'on mangeait s'appelait viande (du latin vivenda, ce dont on peut vivre), maintenant ce mot est restreint au sens de chair; ramoner, c'tait nettoyer avec un balai fait de petites branches ou ramons, aujourd'hui c'est seulement nettoyer la che-mine. 207. On voit que la comparaison, la mtaphore, ont jou un grand rle dans ces variations de sens, et il ne faudrait pas croire que l'esprit en tait 1. Voyez Dictionnaire tymologique de A. Brachet, introduction; la Vie des mots, A. Darmesteter; Essai de smantique, M. Bral. toujours exclu. Ainsi : la feuille d'arbre donna son nom la feuille de papier, grce la minceur qui les caractrise toutes deux; le blier, le mouton, qui frappent du front, devinrent la machine de guerre qui battait les tours, la masse de fer qui sert enfoncer les pieux; le cap est maintenant la tte (caput) qui s'avance dans la mer; le goupillon, qui lanait l'eau bnite, rappela la queue du renard (goupil en vieux fr.); le chasseur qui s'embar-rassait dans les ronces, le raisonneur qui s'embrouillait dans son raisonne-ment, furent compars au cheval qui s'embarrasse dans son licou ou chevtre, et l'on dit qu'ils s'enchevtraient', la limite, le commencement d'un pays fit penser au front et s'appela la frontire; la large, bouclier des Gaulois, rduit une petite plaque de mtal munie d'un verrou, est devenue chez les Franais modernes une petite targe, une targette; enfin, un assemblage de branches, de rameaux, s'appela d'abord un ramage; puis le nom s'tendit au chant des oiseaux perchs sur la rame, et de l au babil des enfants; le sens primitif a subsist dans : une toffe ramages. HOMONYMES. PARONYMES. SYNONYMES. ANTONYMES. 67 1. HOMONYMES. 208. Les homonymes sont des mots qui se prononcent de la mme manire, bien qu'ils n'aient pas la mme signifi-cation, comme abaisse et abbesse, amande et amende. Bien diffrents des synonymes, qui n'ont entre eux qu'une ressemblance de sens, les homonymes ne se ressemblent que par le son. 209. Voici quelques exemples d'homonymes [1 ]: 1. Abord, n. m., accs, voisinage. Abhorre, v. : il abhorre. 2. Air, n. m., fluide, vent. Air, n. m., physionomie, manire. Aire, n. f., surface. Aire, n. f., nid de l'aigle. re, n. f., poque. Erre, v. : il erre. Haire, n. f., chemise de crin. Hre, n. m., pauvre diable. Erre, n. f., train, allure : aller grand'erre. 3. Amande, n. f., fruit. Amende, n. t., peine pcuniaire. Amende, v. : il s'amende. 4. Vain, adj., qui n'a pas de consistance. Vainc, du verbe vaincre. Vin, n. m., jus du raisin. Vingt, adj. numral. Vint, du verbe venir. 5. Ver, n. m., insecte. Vair, n. m., fourrure blanche et grise. Vert, adj., de la couleur de l'herbe. Verre, n. m., verre boire, verre vitre. Vers, n. m., assemblage de mots mesurs et cadencs selon certaines rgles. Vers, prposition. 1. Voir la fin du volume la liste complte des homonymes. HOMONYMES, HOMONYMES. 210. On appelle p a r o n y m e s les mots dont la prononciation est assez voisine pour qu'on soit expos les confondre, tel que gote et goutte, mtin et matin, etc. On appelle aussi p a r o n y m e s des mots qui ont une ressemblance de son encore plus loigne, tels que anoblir et ennoblir, consommer et consumer. De l, deux classes de p a r o n y m e s : les paronymes prochains et les paronymes loigns. 2 1 1 . Voici des exemples de paronymes prochains : 1. Bailler, donner bail. Biller, ouvrir largement la bouche. 2. Boite, du verbe boiter. Bote, n. f., petit coffre. 212 . Voici quelques exemples de paronymes loigns : 1. Abstraire, faire abstraction. Distraire, dtourner l'esprit. 2. Appareiller, ordinairement mettre la voile. Apparier, assortir par couple. 213- On appelle synonymes [1] des mots qui ont entre eux de grandes ressemblances de sens. Cependant, les mots dits synonymes n'ont jamais un sens identique. Ainsi abattre, dmolir, renverser, ruiner, dtruire, sont syno-nymes; mais, en remontant leur signification primitive, on voit que chacun de ces mots ajoute une ide particulire l'ide gn-rale de faire tomber. Abattre, c'est jeter bas; dmolir, c'est jeter bas une construction; renverser, c'est mettre l'envers ou sur le ct; ruiner, c'est faire tomber par morceaux; dtruire, c'est faire disparatre ce qui avait t agenc, construit. 1. Voir la fin du volume une liste de paronymes et de synonymes. SYNONYMES. SYNONYMES. SYNONYMES. SYNONYMES. SYNONYMES. SYNONYMES. 214. On appelle antonymes ou contraires des mots qui ont un sens oppos. Ainsi beaut est l ' antonyme de laideur. Chaque mot franais a presque toujours un ou plusieurs con-traires dans la langue; la liste en serait donc trop longue pour trouver ici sa place. En voici cependant quelques exemples : abaisser, relever, antipathie, sympathie, abondance, disette, audace, timidit, acheter, vendre, accorder, refuser, accuser, dfendre, achever, commencer, affirmer, nier, affection, haine, ancien, nouveau, assembler, disperser, augmenter, diminuer, barbarie, civilisation, belliqueux, pacifique, blmer, approuver, bonheur, malheur, bont, mchancet, clair, obscur, construire, dtruire, court, long, flexible, rigide, habilet, maladresse, joli, laid, noir, blanc, orgueilleux, modeste, rcompense, punition, strile, fcond. ANTONYMES. ANTONYMES. FIGURES DE GRAMMAIRE 215. On appelle figures de grammaire des manires de parler qui s'cartent de la construction ordinaire de la phrase. 216. Les figures de grammaire les plus usites sont : l'inversion, l'ellipse, le plonasme, la syllepse. 1 L'inversion est une transposition, un changement dans l'ordre grammatical des mots ou des phrases. Ex. : A tous les curs bien ns, que la patrie est chre! L'ordre grammatical serait : Que la patrie est chre tous les curs bien ns ! C'est une inver-sion de mots A qui venge son pre, il n'est rien d'impossible. Pour : Il n'est rien d'impossible qui..., etc. C'est une inversion de phrase. L'inversion est surtout usite en posie; en gnral elle soutient la phrase potique et lui donne une marche plus ferme et plus noble. 2 L'ellipse est le retranchement de quelques termes nces-saires la construction, mais inutiles au sens. Ex. : Le crime fait la honte, et non pas l'chafaud; c'est--dire l'chafaud ne fait pas la honte. Cette figure donne presque toujours une grande rapidit au discours; mais pour que l'ellipse soit bonne, il faut que l'esprit puisse facilement suppler les mots sous-entendus. 3 Le plonasme est le contraire de l'ellipse : c'est une sura-bondance de mots inutiles pour le sens, mais qui donnent plus de force la phrase. Ex. : Je l'ai vu, dis-je, vu, de m e s propres yeux vu, ce qui s'appelle vu. De mes propres yeux est un plonasme qui donne plus d'nergie l'expression en insistant sur l'ide. Le plonasme est un dfaut quand il n'est qu'un surcrot de mots inu-tiles. C'est ainsi qu'on ne doit pas dire : monter en haut, descendre en bas. 4 La syllepse consiste faire accorder un mot, non avec celui auquel il se rapporte grammaticalement, mais avec celui que l'esprit a en vue. Ex. : La plupart croiront que le bonheur est dans la richesse; la plupart, signifiant la plus grande part ou partie, est en ralit au singulier, mais le verbe s'accorde avec le compl-ment sous-entendu : des hommes. On cite encore comme exemple de syllepse cette phrase de Bossuet : Quand le peuple hbreu entra dans la terre promise, tout y clbrait leurs anctres. PLONASME. SYLLEPSE. INVERSION. ELLIPSE. FIGURES DE GRAMMAIRE. [A lire et consulter par les lves de 2e Anne] 217. On appelle gallicismes les idiotismes de la langue fran-aise, c'est--dire les faons de s'exprimer propres notre langue, et qui prsentent quelque particularit Cette particularit d'expression peut se trouver soit dans le sens figur, soit dans la construction syntaxique de la phrase. Ainsi cette proposition: Il a le cur sur la main, n'a rien qui rpugne notre syntaxe; mais l'image hardie qu'elle voque est propre au franais et serait intraduisible dans toute autre langue. C'est un gallicisme de figure. Au contraire, dans : J'ai entendu dire cela votre pre, chaque mot a son sens propre, la phrase n'a rien de figur; mais est expltif et presque impossible expliquer grammaticalement. C'est un gallicisme de syntaxe. 218. Gallicismes de syntaxe. Ces gallicismes sont presque tous des phrases expltives, ou des formes elliptiques, qu'il faut redresser et complter si l'on veut les analyser. Ainsi : Coiff la Titus, aux enfants d'douard, la malcontent, etc., signifie coiff la faon de Titus, des enfants d'douard, d'un malcontent[1], etc. Fait la diable, fait la manire du diable. Mon me est un gallicisme euphonique : mon est mis pour ma. Cela ne laisse pas de nous inquiter : ici laisse a le sens de cesser, de s'abstenir, de discontinuer, et est par consquent verbe intran-sitif. Si j'tais que de vous est mis pour si j'tais vous, et que de est expltif. Ce que c'est que de nous : phrase expltive; de est surabondant. Il n'y voit pas : ici y est expltif. Il y va de notre salut, c'est--dire notre salut est en jeu. Se fcher tout de bon, c'est--dire srieusement, tout fait. Il a tenu bon, c'est--dire il a rsist. Avoir beau faire, avoir beau dire, c'est--dire agir ou parler en vain. La bailler bonne ou belle quelqu'un, c'est--dire essayer de lui en faire accroire. A la queue leu leu, c'est--dire la queue loup loup (leu signi-fiant loup en picard), la suite les uns des autres. 219. Gallicismes de figure. Ces gallicismes pro-viennent le plus souvent d'une ellipse, d'un plonasme ou d'une 1. Les malcontents, nom donn ceux qui, aprs la Saint-Barthlmy, se grou-prent autour du duc d'Alenon, et qui portaient les cheveux presque ras. inversion. Il faut alors, pour les analyser, suppler l'ellipse, re-trancher le plonasme, faire disparatre l'inversion et surtout bien dgager le sens figur. Ainsi battre la campagne, qui se dit d'un malade en dlire, est une mtaphore qui rappelle les chasseurs ou les soldats ennemis qui courent les champs. Voici quelques exemples de gallicismes de figure : 1 En t re chien e t loup, au petit jour, le soir ou le matin, quand le temps est si sombre qu'on ne saurait distinguer un chien d'avec un loup. 2 N e p lus savo i r o donner de la t te . Donner de la tte signifie au propre frapper, heurter de la tte; au figur, ne plus savoir o donner de la tte signifie donc ne plus savoir o frapper, ne plus savoir que faire. 3 B a t t r e q u e l q u ' u n p la te cou tu re , c'est--dire le battre compltement, au point d'aplatir les coutures de son habit. 4 Monte r s u r s e s g r a n d s c h e v a u x , se mettre en colre, montrer de la svrit dans ses paroles. Cette expression remonte au temps de la che-valerie. On distinguait alors deux espces de chevaux : le palefroi et le des-trier. Le palefroi tait le cheval de parade ; le destrier, le cheval de bataille, plus grand et plus fort que le palefroi. Quand un chevalier montait sur son destrier, c'tait pour la bataille ou le tournoi. De l le sens de se mettre en colre. 5 C h a c u n a s a m a r o t t e . La marotte tait une espce de sceptre sur-mont d'une tte et garni de grelots; c'est l'attribut de la Folie et c'tait celui des fous des rois. Cette locution signifie donc chacun a sa folie. 6 A v o i r m a i l l e pa r t i r avec q u e l q u ' u n , c'est--dire avoir un diffrend avec quelqu'un, s'explique facilement grce l'histoire de la langue. La maille, monnaie de billon carre qui avait cours sous les rois captiens, tait la plus petite de toutes les monnaies; quand on voulait la partir (la partager), on ne pouvait que se quereller, puisqu'il n'y avait aucune unit montaire au-dessous d'elle. Du reste ce mot maille, qui entre aujourd'hui dans plusieurs gallicismes, tait autrefois d'un usage courant et signifiait un demi-denier. On dit encore un pince-maille, n'avoir ni sou (autrefois ni denier) ni maille, etc. 7 Un homme de sac et d e corde. On enfermait les condamns dans un sac li par le haut avec une corde : de l le sens de sclrat, de bandit. 8 M n a g e r l a chvre et le chou, rappelle le conte o un bate-lier doit passer dans son bac un loup, une chvre et un chou, et il ne doit les passer que sparment. Quel moyen de prserver la chvre du loup ou le chou de la chvre? 9 tre sur les dents, c'est--dire tre accabl de fatigue. Le cheval est sur les dents quand, fatigu, il appuie ses dents sur le mors. 10 Parler f r a n a i s c o m m e une v a c h e e s p a g n o l e . En ce sens, vache est, dit-on, une corruption de Basque, dont un ancien nom est voce. Comme il y a des Basques en France et en Espagne, on a dit d'abord parler franais comme un Basque espagnol. 11 Prendre sans vert rappelle un jeu autrefois en usage au mois de mai. Ceux qui le jouaient devaient porter, tout le mois, une feuille verte, cueillie le jour mme; chaque joueur pris sans tre muni de cette feuille tait puni de quelque amende. De l l'expression prendre sans vert, c'est--dire prendre au dpourvu. 12 On en mettrait la main au feu. Allusion aux anciennes preuves par le feu. On mettrait la main au feu pour une personne ou une chose, sr d'avance que la main ne brlerait pas, de mme que ne brlait pas, croyait-on, la main de l'innocent. 13 A bon chat bon rat, c'est--dire bien attaqu, bien dfendu. 14 Une bonne moiti, une bonne lieue, c'est--dire largement la moiti, largement une lieue. 15 Rompre en visire, rompre sa lance dans la visire du casque de son adversaire (comme Montgommery Henri II, en 1559); au figur, attaquer, contredire brusquement quelqu'un en face. On voit par ces exemples que la plupart de nos gallicismes de figure sont des expressions venues de notre vieille langue et dtournes peu peu de leur sens primitif. On les emploie et on les cite tout propos aujour-d'hui, en comprenant d'instinct le sens gnral et figur qu'elles repr-sentent; mais on serait souvent bien en peine de les analyser et de rendre raison de chacun des termes pris part. GALLICISMES DE FIGURE. GALLICISMES DE FIGURE. GALLICISMES DE FGUli. DE LA PONCTUATION 220. L a ponctuation sert distinguer, au moyen de diff-rents signes, les phrases ou les membres de phrase. Les signes de ponctuation sont : la virgule ( , ) , le point-virgule ( ; ), les deux-points (:), le point (.), le point d'interrogation (? ) , le point d'exclamation ( !), les points de sus-pension (...)*les parenthses (( )), les guillemets ( ) et le tiret ( - ) . 221. L a virgule (,) sert sparer les sujets, les at t r ibuts , les complments de mme nature, les verbes, quand ces mots ne sont pas unis par et, ni, ou. E x . : Le mulet, l'ne, le cheval, sont des quadrupdes. Le chien est doux, caressant, fidle. Le bois du pommier, du poirier, du merisier est employ en bnisterie. L'attelage suait, soufflait, tait rendu. L a virgule sert encore sparer les mots mis en apostrophe, les appositions et tout membre de phrase qu 'on peut retran-cher sans nuire au sens. E x . : Jean, sois plus attentif. Marie, lve laborieuse, sera rcompense. Ces roses, que j ' a i cueillies, sont belles. R E M A R Q U E . On met une virgule pour remplacer un verbe sous-entendu. Ex. : On a toujours raison; le destin, toujours tort. 222. L e point-virgule ( ; ) sert sparer des membres de phrase d'une certaine tendue, mais lis entre eux par le sens. E x . : L'estime des sots n'est rien; l'estime des gens d'esprit, peu de chose; l'estime des honntes gens est la seule dont on puisse tre fier. (O. FEUILLET. ) 223. Les deux-points ( : ) annoncent : 1 Une citation. E x . : Pythagore disait : Mon ami est un autre moi-mme . 2 Une numration. E x . : Voici les cinq parties du monde : l'Europe, l'Asie, l'Afrique, l'Amrique et l'Ocanie. 3 L e dveloppement de l'ide contenue dans le membre de phrase prcdent. E x . : Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde : On a souvent besoin d'un plus petit que soi. 224, Le point (.) se me t la fin d'une phrase. E x . : L'oisi-vet est la mre de tous les vices. 225. Le point d'interrogation (?) se met la fin d'une phrase qui renferme une demande, une question. Ex. : O est-il? Qu'est-il devenu? 226. Le point d'exclamation (!) se met la fin d'une phrase qui marque la surprise, la terreur, la joie, l'admiration Ex. : Au voleur! au feu! quelle joie! et aprs les interjections : hlas! ah! etc., except aprs : ma patrie! 227. Les points de suspension (...) indiquent une rti-cence, une interruption. Ex. : Je devrais sur l'autel o ta main sacrifie, Te.... Mais du prix qu'on m'offre il me faut contenter. RACINE. Dans une citation, ils indiquent qu'on passe quelques mots inutiles. 228. La parenthse (( )) sert enfermer les mots qui forment au milieu de la phrase un sens distinct et isol. Ex. : La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom), Faisait aux animaux la guerre. L A FONTAINE. 229. On dit qu'on ouvre la parenthse, quand on se sert du premier signe ((), et qu'on la ferme, quand on se sert du second ()). 230. Les guillemets ( ) se mettent au commencement et la fin d'une citation. Ex. : Sur son lit de mort, Louis XIV s'adressant son arrire-petit-fils disait : Pour avoir trop aim la guerre, j'ai fait le malheur du royaume . 231. Le tiret (- ) sert, dans un dialogue, indiquer le changement d'interlocuteur, et remplacer les mots : dit-il, rpondit-il. Ex. : Est-ce assez? dites-moi; n'y suis-je point encore? Nenni. M'y voici donc? Point du tout. M'y voil? Vous n'en approchez point. LA FONTAINE. DE LA PONCTUATION. DE LA PONCTUATION LES MOTS LA PHRASE 232. Diffrentes espces de mots. Il y a neuf espces de mots en franais : le nom, l'article, l'adjectif, le pronom, le verbe, l'adverbe, la prposition, la conjonction, l'interjection. 233. Mots variables. Le nom, l'article, l'adjectif, le pronom, le verbe sont des mots variables, c'est--dire des mots dont la terminaison peut changer. Ex. : Le, les; cheval, che-vaux; chante, chantons; etc. 234. Mots invariables. L'adverbe, la prposition, la conjonction, l'interjection sont des mots invariables, c'est--dire des mots dont la terminaison ne peut pas changer. Ex. : Souvent, pour, mais, ah! (Ces mots s'crivent toujours ainsi.) 235. Phrase. La phrase est une runion de mots formant un sens complet. Elle est comprise entre deux points. 236. Fonctions des mots dans la proposition. Le nom peut tre : sujet, attribut, mis en apostrophe, mis en apposition ou com-plment d'un nom, d'un adjectif, d'un pronom, d'un adverbe, complment direct ou complment indirect d'un verbe. Le pronom qui remplace le nom, et l'adjectif, le verbe l'infinitif, le participe, etc., quand ils sont employs comme noms, ont la plupart des fonctions du nom. L'article se rattache toujours au nom. L'adjectif qualificatif peut tre pithte ou attribut. Employ comme adverbe, il forme un complment de manire. Le pronom a les mmes fonctions que le nom et de plus il est par-fois employ d'une manire expltive, c'est--dire surabondante. Le verbe rattache au sujet l'attribut et le complment. L'adverbe est le plus souvent complment exprimant une circon-stance. La prposition et la conjonction servent unir les mots ou les propositions. L'interjection est un mot isol, une exclamation. 237. Proposition. On appelle proposition l'expression d'une pense, d'un jugement. Ainsi quand nous disons : Le chien est utile, nous faisons une proposition. 238. On compte ordinairement dans une phrase autant de pro-positions qu'il y a de verbes un mode personnel, exprims ou sous-entendus. Ainsi dans la phrase : Le chien est utile, il n'y a qu'une seule proposition. Mais dans : Je crois que le chien est utile, quand il garde la maison, il y a trois propositions. 239. Incise. On appelle incise une proposition ordinairement peu tendue, qui peut tre intercale dans une autre proposition. Ainsi, dans : L'argent, dit le sage, ne fait pas le bonheur, la proposition dit le sage est une proposition incise ou intercale. L'incise se met entre deux virgules. 240. Coordonnes. On dit que les propositions sont coor-donnes quand elles sont unies par une conjonction, sans que l'une soit ncessaire pour complter le sens de l'autre, comme dans : Mon pre est juste et sa bont est infinie. 241. Proposition elliptique. Une proposition est dite elliptique quand il y a un ou plusieurs mots sous-entendus. Ainsi, dans : vous parlez comme mon frre; comme mon frre est une proposition elliptique, parce que parle est sous-entendu : vous parlez comme mon frre (parle). 242. Il y a trois sortes de propositions : la proposition ind-pendante, la proposition principale et la proposition subor-donne. 1 La proposition indpendante est celle dont le verbe ne dpend d'aucune autre proposition et qui a par elle-mme un sens complet. Ex. : Le chien est utile. 2 La proposition principale est celle dont dpendent d'autres propositions, qu'on appelle propositions subor-donnes. Ex. : Je crois que le chien est utile. (Je crois est une proposition principale.) 3 La proposition subordonne est celle qui s'ajoute la proposition principale ou une autre proposition pour en complter le sens. Ex. : Je crois que le chien est utile. J'entends le chien qui aboie. (Que le chien est utile et qui aboie sont des subordonnes.) PROPOSITIONS. PROPOSITIONS. PROPOSITIONS. 243. Formes des propositions subordonnes. Les propositions sont subordonnes : 1 Lorsqu'elles se rattachent au verbe d'une autre proposition par une conjonction, une locution conjonctive, un mot interrogatif. Ex. : Je veux que vous veniez. Il lit pendant que vous jouez. Dites-moi quelle heure il est. 2 Lorsqu'elles se rattachent un nom ou un pronom d'une autre proposition par un pronom relatif. Ex : On aime l'enfant qui travaille. 244. Fonctions des propositions subordonnes. La proposition subordonne remplit le plus souvent les fonctions suivantes : 1 Complment direct d'objet. Ex. : Je crois que vous aimez la lecture. Dites-moi qui est cet homme. 2 Complment indirect d'objet. Ex. : Chaque jour, il faut songer que la mort approche. 3 Complment exprimant une circonstance. Ex. : Nous com-mencerons quand vous arriverez (circ. de temps). Lisez plus haut afin qu'on entende mieux (circ. de but). 245. La proposition subordonne peut tre aussi : 1 Complment du nom ou du pronom. Ex. : C'est cet lve qui aura le prix; c'est lui dont je parle. 2 Complment d'un adjectif ou d'un adverbe. Ex. : je suis heureux que vous veniez; il est plus fort que vous ne croyez; il travaille mieux qu'on ne le dit. 3 Sujet d'une autre proposition. Ex. : Il est certain que je partirai demain. 4 Attribut d'une autre proposition. Ex. : Mon sentiment est que vous avez raison. 5 Apposition d'une autre proposition : On n'est pas toujours heureux par le fait qu'on est riche. REMARQUE. Au point de vue de la forme des propositions subordon-nes, il convient de mentionner encore la proposition participe et la pro-position infinitive, celle-ci, d'ailleurs, rare. Ex. : Les parts tant faites, le lion parla ainsi (la premire partie de la phrase est une proposition participe; le nom parts en est le sujet). On entend les chevaux hennir l'curie (la seconde partie de la phrase est une proposition infinitive dont le sujet (les chevaux) est, en outre, complment du verbe qui prcde [entend), condition indispensable, d'ail-leurs, pour qu'il y ait une proposition infinitive). PROPOSITIONS SUBORDONNES. PROPOSITIONS SUBORDONNES. PROPOSITIONS SUBORDONNES, 246. Termes de la proposition. Une proposition renferme : 1 Sujet et verbe : Jules travaille; 2 Sujet, verbe et attribut : Jules est studieux; 3 Sujet, verbe et complment : Jules fait son devoir. Quand je dis : Venez, le sujet vous est sous-entendu. 247. Le sujet indique l'tre qui est ou qui fait quelque chose. Ex. : Jules est studieux, il travaille (Jules et il sont sujets). Le verbe indique que l'on est ou que l'on fait quelque chose. Ex. : Jules est studieux, il travaille (est et travaille sont des verbes). L'attribut indique la qualit attribue au nom. Ex. : Jules est studieux (studieux est attribut). Le complment est un mot ou un groupe de mots qui s'ajoutent soit au sujet, soit au verbe, soit l'attribut pour en complter le sens. Ainsi dans : Le travail de l'abeille est utile l'homme, de l'abeille est complment du sujet le travail, l'homme est complment de l'attribut utile. Dans : L'abeille butine le miel sur les fleurs, le miel est complment direct d'objet du verbe butine et les fleurs est com-plment indirect de lieu de ce verbe. 248. Appos i t i on . On appelle apposition un nom qui s'ajoute aux diffrents termes de la proposition comme une sorte d'adjectif; par exemple, fils de Charlemagne, dans : Louis, fils de Charlemagne, fut surnomm le Dbonnaire. 249. Mot m i s en a p o s t r o p h e . On appelle mot mis en apostrophe un mot ou des mots qui ne se rattachent aucun des termes de la proposition; par exemple, mes amis, dans : Mes amis, il faut qu'on s'entr'aide; et Rodrigue dans : Rodrigue, as-tu du cur? SUJET . VEBBE ATTRIBUT COMPLMENT. SUJET VERBE ATTRIBUT COMPLMENT. 250. L'analyse nous apprend dcomposer une phrase, c'est--dire en considrer isolment les mots ou/les propo-sitions pour tudier la forme et la fonction des mots, la nature et la fonction des propositions. 251. Il y a deux sortes d'analyses : l'analyse des mots et l'analyse des propositions. I. ANALYSE DES MOTS 252. L'analyse des mots sert faire connatre la forme des mots et indiquer leur fonction dans la phrase. 1 La forme des mots, c'est--dire s'ils sont noms, adjectifs ou verbes, articles ou pronoms, etc., et aussi s'ils sont du masculin ou du fmi-nin, au singulier ou au pluriel, etc.; 2 La fonction des mots, c'est--dire s'ils sont sujets ou compl-ments, etc. ANALYSE DES MOTS. ANALYSE DES MOTS. ANALYSE DES MOTS ANALYSE DES MOTS. 253. L'analyse des propositions sert faire connatre la nature et la fonction des propositions, ainsi que le rapport des mots entre eux dans la mme proposition. Tou te proposition renferme les termes suivants : 1 Sujet et verbe; 2 Sujet, verbe et attribut; 3 Sujet, verbe et com-plment (voir 246). 254. Sujet. Il convient de remarquer que le sujet peut tre : 1 un nom : Bayard fut un hros. 2 un pronom : Je suis laborieux. 3 un infinitif : Mentir est honteux. 4 un mot employ comme nom : Les paresseux sont mpriss. Le bless est expirant. Un peu suffira. REMARQUE. Nous avons vu 245 que le sujet peut mme tre une proposition : Ex. : Il est certain qu'il partira demain. 255. On appelle sujet, dans l'analyse des propositions, le sujet accom-pagn de ses complments, c'est--dire de tous les mots qui lui sont unis avec ou sans prposition et qui servent complter l'ide qu'il reprsente. Ainsi dans : les bons a m i s sont rares, le cheval de mon pre est beau, les bons amis, le cheval de mon pre sont les sujets des propositions. 256. Verbe. Il convient de remarquer que, outre le verbe tre, les verbes comme sembler, paratre, devenir, rester, passer pour, tre regard comme, etc., peuvent tre suivis de l 'a t t r ibut : Pierre est docile, la vie parait courte. 257. Attribut. Il convient de remarquer que l 'a t t r ibut peut tre : 1 un nom : Bayard fut un hros. 2 un adjectif ou un participe : Je suis laborieux; vous me semblez rsolu bien travailler. 3 un pronom : L'lve bavard est celui-l. 4 un infinitif : Tricher n'est pas jouer. 5 un mot invariable : Ce sera bien. 6 une expression qui a le sens d 'un adjectif : Ces bls sont en herbe. La maison est louer. REMARQUE. L'attribut est attribut du sujet dans les exemples prc-dents, mais il existe aussi des attributs de complment. Ex. : Je le crois riche. Qui t'a couronn roi? Riche, attribut de le; roi, attribut de t'. 257 bis. On appelle attribut, dans l'analyse des propositions, l'attribut accompagn de ses complments, c'est--dire de tous les mots qui lui sont unis avec ou sans prposition et qui servent complter l'ide qu'il repr-sente. Ainsi dans : Le cheval est u t i le l ' h o m m e , ce livre est ce lu i de mon frre, ces mots, utile l'homme, celui de mon frre, sont les attributs des propositions. ANALYSE DES PROPOSITIONS. DU NOM Fermier Cheval Voiture. 258. Le nom est un mot qui sert nommer les personnes, les animaux ou les choses. Ex. : fermier, cheval, voiture. Quand je dis : Le fermier attelle le cheval la voiture, je nomme : une personne : le fermier; un animal : le cheval; une chose : la voiture. Ces trois mots fermier, cheval, voiture sont des noms. 259. Il y a deux sortes de noms : le nom commun et le nom propre. Le nom commun est celui qui convient toutes les per-sonnes, tous les animaux ou toutes les choses de la mme espce, comme enfant, chien, fleuve. Le nom propre est celui qui ne convient qu' une per-sonne, un animal ou une chose prise en particulier, comme Louis, Mdor, Seine. 260. La premire lettre d'un nom propre doit tre une majuscule ou grande lettre. 261. Noms concrets, noms abstraits. Les noms servent dsigner tous les tres. Parmi ces tres, les uns sont des tres ou des objets qui tombent sous nos sens, c'est--dire que nous pouvons voir ou toucher : les noms qui les dsignent sont des noms concrets : homme, Paul, cheval; les autres sont des ides ou des sentiments et ne peuvent tre ni vus ni touchs; les noms qui les dsignent sont des noms abstraits, paresse, courage, lenteur. 262. Noms collectifs. On appelle noms collectifs ceux qui expriment un assemblage, une collection de personnes, d'animaux ou de choses, comme foule, troupeau, multitude. 263. Noms composs. On appelle noms composs des noms forms de plusieurs mots qui ne dsignent qu'une seule et mme chose, comme chef-d'uvre, arrire-pense. mm. NOM NOM. DU GENRE DANS LES NOMS. Le pre, la mre. Le lion, la lionne. 264. Le genre est la diffrence, la distinction que l'on fait entre les tres mles ou femelles. Il y a en franais deux genres : le masculin et le fminin. Il y avait en latin un troisime genre, le neutre, dont nous retrouve-rons dans notre langue quelques traces dans les pronoms. (Voir page 212.) FORMATION DU FMININ DANS LES NOMS. Marchand, marchande. Berger, bergre. Paysan, paysanne. Prince, princesse. Chanteur, chanteuse. 265. On forme le fminin des noms en ajoutant un e muet au masculin : marchand, marchande; villageois, villageoise; cousin, cousine. 266. Les noms termins en er forment leur fminin en re, avec un accent grave : berger, bergre; ouvrier, ouvrire. 267. La plupart des noms termins par n et t redoublent cet n et ce t au fminin : paysan, paysanne; chat, chatte; comdien, comdienne. 268. Les noms en ain, in et quelques noms en an font exception cette rgle : Romain fait Rom aine; cous in, cousine; fais an, fais ane; Persan, Persane, etc., sans redoubler l'n. 269. Une vingtaine de noms forment leur fminin en ajoutant esse au masculin : ngre, ngresse; hte, htesse; prince, princesse. 270. Les noms termins en eur forment leur fminin : En euse, comme chanteur, chanteuse; buveur, buveuse; En ice, comme directeur, directrice; ambassadeur, ambassadrice; En esse, comme chasseur, chasseresse; docteur, doc-toresse. Cette finale esse ne s'ajoute qu' huit ou neuf mots en eur : bailleur, dfendeur, demandeur, enchanteur, pcheur, auxquels il faut ajouter devin, dont une forme peu usite, devineur, a donn devineresse. Vendeur, fait vendeuse et venderesse, chasseur fait chasseuse et chasseresse. 271. Les noms tels que auteur, crivain, peintre, profes-seur, etc., qui dsignent des professions le plus souvent exer-ces par des hommes, manquent d'une forme distincte pour le fminin. On dit une femme auteur, une femme peintre, etc. 272. On emploie parfois des noms compltement diffrents pour dsigner les deux sexes : homme, femme; pre, mre; cheval, jument, etc. La plupart des animaux n'ont qu'un seul nom, masculin ou fminin, pour dsigner le mle et la femelle. Ainsi l'on dit : le rossignol, la grive, le geai, le renne, la girafe, etc. Pour prciser le genre on est oblig d'ajouter le mot mle ou femelle et de dire : le rossignol mle, le rossignol femelle', la girafe mle, la girafe femelle, etc. 273. Les noms canard, compagnon, dindon, mulet, vieil-lard, etc., ont pour fminin : cane, compagne, dinde, mule, vieille, etc. FORMATION DU FMININ. NOMS DES DEUX GENRES. MASCULIN. 274.. Aide, celui qui aide. Aune, arbre. Cartouche, ornement de ' sculpture, etc. Crpe, toffe de deuil, lgre et comme frise. Critique, celui qui juge les uvres d'art. Enseigne, officier de marine. Finale, morceau d'ensemble qui ter-mine une symphonie. Garde, celui qui garde; soldat de la garde. Greffe, lieu o l'on conserve les pices d'un procs; anciennement poinon pour crire. Guide, personne qui conduit; modle. Livre, volume, ouvrage. Manche, poigne d'un instrument, d'un outil. Manuvre, ouvrier qui travaille de ses mains. Mmoire, tat de sommes dues; pl. rela-tion historique. Mode, manire d'tre. Moule, modle creux qui doit donner une forme une matire en fusion. Mousse, jeune apprenti marin. Office, service, charge; crmonie de l'glise. Page, j . homme au service d'un seigneur. Paillasse, bouffon. Parallle, comparaison entre deux per-sonnes, deux choses; cercle de la sphre. Pendule, poids suspendu oscillations rgulires. Physique, constitution naturelle de l'homme. Pole, fourneau; voile. Poste, fonction, emploi; lieu o l'on est plac. Pourpre, couleur d'un beau rouge; ma-ladie. Relche, repos, suspension de travail, de reprsentation thtrale. Solde, complment d'un payement; marchandises dfrachies vendues au rabais. Somme, sommeil. Souris, action de sourire. Statuaire, artiste qui fait des statues. Tour, action de tourner; machine de tourneur; trait de ruse. Trompette, celui qui joue de la trom-pette. Vague (adj. pris comme nom), chose indfinie. FMININ. Aide, assistance; celle qui aide. Aune, ancienne mesure. Cartouche, charge d'arme feu. Crpe, pte frite. [ Critique, art de juger. Jugement port sur une uvre. Enseigne, marque; drapeau. Finale, dernire syllabe ou dernire let-tre d'un mot. Garde, action de garder; femme qui soigne les malades. Greffe, action de greffer; il d'une branche qu'on insre dans une autre branche. Guide, lanire pour diriger les chevaux. Livre, ancien poids, ancienne monnaie. Manche, partie du vtement qui couvre le bras. Manuvre, action de manuvrer. Mmoire, facult de se souvenir. Mode, manire de s'habiller, d'agir, etc. Moule, coquillage de mer. Mousse, plante; cume. Office, chambre o l'on range tout ce qui dpend du service de la table. Page, un des cts d'un feuillet de papier. Paillasse, sac plein de paille pour les lits. Parallle, ligne parallle une autre. Pendule, horloge. Physique, science qui tudie la proprit des corps. Pole, ustensile de cuisine. Poste, administration publique pour le transport des lettres; relais de che-vaux pour voyager. Pourpre, teinture rouge violace; toffe teinte en pourpre; dignit de souve-rain, de cardinal. Relche, en marine, action de relcher; un endroit o l'on peut relcher. Solde, paye des soldats. Somme, total; quantit d'argent; far-deau. Souris, petit animal rongeur. Statuaire, art de faire des statues. Tour, monument trs lev; pice du jeu des checs. Trompette, instrument vent. Vague, renflement produit par le vent sur les eaux. MASCULIN. Vapeur, bateau marchant l'aide de la vapeur. Vase, ustensile pour contenir les liqui-des, etc. Voile, toffe destine couvrir, cacher quelque chose. FMININ. Vapeur, liquide amen par la chaleur l'tat gazeux. Vase, bourbe. Voile, toile attache aux voiles d'un na-vire; le navire lui-mme. Aigle, amour, orgue, dlice, chose, couple. 275. Aigle, au propre et au figur, est du masculin : L'aigle est fier et courageux. Cet homme est un aigle. Aigle est du fminin quand il dsigne l'aigle femelle et dans le sens d'enseigne militaire et d'armoiries : Les aigles romaines. 276. Amour et orgue sont du masculin au singulier : un bel amour, un grand orgue; et du fminin au pluriel : de belles amours, de grandes orgues. Au pluriel, on tolre le masculin : de beaux amours, de grands orgues. 277. Dlice et d l i ces sont deux mots diffrents; le premier, peu usit, est masculin singulier; le second est fminin pluriel : un dlice enivrant, de grandes dlices. 278. Chose (dans quelque chose de...) est toujours suivi d'un adjectif masculin. Ex. : Voil quelque chose de fcheux. Mais on dira : Quelque chose que je lui ai dite, je n'ai pu le con-vaincre, parce qu'ici quelque chose signifie quelle que soit la chose que, etc. 279. Couple est du masculin quand il dsigne deux tres unis. Ex. : Un couple d'amis, un heureux couple. Il est du fminin quand il signifie simplement le nombre deux. Ex. : Une couple d'ufs. GENRE DE QUELQUES NOMS. Foudre, Pques, Gens. 280. Foudre, feu du ciel, est du fminin. Ex. : La foudre sillonne les nues. Il est du masculin dans les expressions figures. Ex. : Un foudre de guerre; un foudre d'loquence. Foudre dans le sens de grand tonneau est du masculin. Ex. : Un foudre de bire. 281. Pques peut s'employer au masculin ou au fminin. Ex. : A Pques prochain ou Pques prochaines. Mais il est fminin dans Pques fleuries (le dimanche des Rameaux). Il est aussi fminin au singulier quand il dsigne la fte des Juifs : Faire la pque. Les mots automne, enfant, hymne, uvre, priode et quelques autres sont aussi des deux genres. Orge est maintenant toujours du fminin. 282. Gens, au pluriel, signifie en gnral les personnes et veut au fminin l'adjectif qui le prcde immdiatement. Ex. : Les bonnes gens; quelles gens tes-vous? Mais il veut au masculin l'adjectif qui le suit ou qui ne le prcde pas immdiatement. Ex. : Les gens de ce pays sont bons; ces gens sont tous ennuyeux. Heureux les gens qui travaillent! Tous les gens que foi vus. On tolre actuellement dans toutes les constructions, l'accord de l'ad-jectif au fminin avec le mot gens. Ex. : Instruits ou instruites par l'exprience, les vieilles gens sont souponneux ou souponneuses. GENRE DE QUELQUES NOMS. GENRE DE QUELQUES NOMS. DU NOMBRE DANS LES NOMS. Un homme, une gerbe. Des hommes , des gerbes. 283. L e nombre est la diffrence, la distinction que l'on fait entre une chose seule et plusieurs choses runies. 284. Il y a deux nombres : le singulier et le pluriel. Un nom est au s i n g u l i e r quand il ne dsigne qu'une seule personne, un seul animal ou une seu le chose, comme : l'homme, le chien, la gerbe. U n nom est au pluriel quand il dsigne plusieurs per-sonnes, plusieurs an imaux ou plusieurs choses, comme : les hommes, les chiens, les gerbes. 285. On forme ordinairement le pluriel des noms en ajoutant un S au singulier. E x . : Un homme, des hommes; un enfant, des enfants. 286. Les noms termins au singulier par s, x, z, ne changent pas au pluriel. E x . : Un fils, des fils; une voix, des voix; un nez, des nez. FORMATION DU PLURIEL. FORMATION DU PLURIEL EN X, EN AL ET EN AIL. Des noyaux, des feux, des bijoux. Des chevaux, des bals, des ventails, des t ravaux. 287. Les noms termins au singulier par au ou par eu prennent X au pluriel. Ex. : Un noyau, des noyaux; un bateau, des bateaux; un feu, des feux. Il faut excepter landau, sarrau et bleu qui prennent s au pluriel : des landaus, des sarraus, des bleus. 288. Les sept noms suivants termins en ou prennent un x au pluriel : un bijou, des bijoux; un hibou, des hiboux; un caillou, des caillou x; un joujou, des joujou x; un chou, des chou x; un pou, des pou x. un genou, des genou x. Les autres noms en ou prennent un s au pluriel. Ex. : Un clou, des clous; un verrou, des verrous. 289. La plupart des noms termins au singulier par al font aux au pluriel. Ex. : Un cheval, des chevaux; un mal, des maux. 290. L e s noms bal, cal, carnaval, chacal, festival, rgal, for-ment leur pluriel en als avec un s. Ex. : un bal, des bals; un cal, des cals; un carnaval, des carnavals, etc. 291. Les noms termins en ail forment leur pluriel avec un s. E x . : un ventail, des ventail s; un portail, des portails. Mais bail, corail, mail, soupirail, travail, vantail, vitrail font leur pluriel en a u x : Des baux, des coraux, des maux, des soupiraux, des travaux, des vantaux, des vitraux. Bestiaux sert de pluriel btail. EXERCICES. PLURIEL DES NOMS BN A L ET EN AIL. NOMS A DOUBLE PLURIEL. Aeuls et aeux. Ciels et cieux. ils et yeux. 292. Aeul, dans le sens d'anctres, a pour pluriel aeux. Ex. : Les Gaulois sont nos aeux. Mais, pour dsigner le grand-pre paternel et le grand-pre maternel, il fait aeuls. Ex. : Cet enfant a encore ses deux aeuls. 293. Ciel fait au pluriel cieux. Ex. : Les toiles brillent dans les cieux. Il fait ciels : 1 En terme de peinture : Ce peintre fait bien les ciels; 2 Dans le sens de climat : Nice est sous un des beaux ciels de l'Eu-rope; 3 Dans les expressions ciels de lit, ciels de carrire. 294. il fait yeux. Ex. : J'ai mal aux yeux. On dit aussi au figur : les yeux du pain, du bouillon, du fromage, etc. Mais on emploie ils et non yeux pour dsigner de petites lucarnes appeles ils-de-buf, ainsi que quelques plantes (ils-de-chvre) et certaines pierres prcieuses (ils-de-serpent, ils-de-chat). 295. Travail fait travaux : Il a termin ses travaux. Quand il dsigne une machine destine maintenir les chevaux vicieux, il fait au pluriel travails. 296. Ail fait au pluriel aulx dans le langage ordinaire. Il a des aulx dans son jardin; mais en botanique on pr-fre ails. AEUX, CIEUX, YEUX 297. Quelques noms ne s'emploient qu'au singulier. Ce sont : 1 Des noms de mtaux : argent, platine. 2 Des noms abstraits : la modestie, la justice, la candeur. 3 Des noms de sciences et d'art : Y agriculture, la chimie, V astronomie. 4 Des mots em-ploys comme des noms : le beau, le vrai, le boire, le manger. 298. Tmoin ne prend pas la marque du pluriel au commen-cement d'une phrase et dans l'expression : tmoin : Tmoin les blessures qu'il a reues. Je vous prends tous tmoin, 299. Certains noms au contraire ne s'emploient qu'au pluriel, tels sont : abois, aguets, armoiries, arrrages, catacombes, dcombres, dpens, entrailles, fianailles, frais, funrailles, matriaux, murs, obsques, tnbres, vivres, etc. 300. Parfois le mme mot change de sens suivant qu'il est employ au singulier ou au pluriel. Ainsi, assise, pierre qui sert de base un mur; assises, session d'une cour criminelle. Ciseau, instrument de menuisier, de sculpteur; ciseaux, instrument de tailleur. Lunette, verre destin grossir les objets; lunettes, double verre destin aider la vue, etc. NOMS INVARIABLES. PLURIEL DES NOMS TRANGERS. Des accessits , des musums , des in-folio. 301. Les noms tirs des langues trangres prennent la marque du pluriel lorsqu'un long usage les a rendus tout fait franais. Ainsi l'on crit au pluriel : des album s, des accessit s, des pensum s, des spcimen s, des zro s, des num-ros, des alinas, des allluias, etc. REMARQUE. Cette rgle s'applique surtout aux noms que l'Aca-dmie a dj franciss par l'emploi des accents; par exemple tnor, mmento, musum, dbet, etc. Carbonaro, dilettante, lazarone, font au pluriel en franais comme en italien : carbonari, dilettanti, lazaroni. 302. Cependant on crit sans s les noms composs, comme : des ex-voto, des in-folio, des post-scriptum, etc. ACCESSIT. MUSUM. IN-FOLIO. PLURIEL DES NOMS COMPOSS. Chef-lieu, arc-en-ciel, coffre-fort. 303. On appelle noms composs des noms forms de la runion de deux ou plusieurs mots, comme chef-lieu, arc-en-ciel, coffre-fort. On peut aussi supprimer le trait d'union et crire : chef lieu, arc en ciel, coffre fort. 304. Quand les noms composs sont crits en un seul mot, comme portemanteau, contrevent, ils suivent la rgle du plu-riel des noms simples : des portemanteaux, des contrevents. Il faut excepter gentilhomme, bonhomme, monsieur, qui font au plu-riel : gentilshommes, bonshommes, messieurs. REMARQUE. Le nom et l'adjectif peuvent seuls prendre la marque du pluriel : tout autre mot : verbe, adverbe, prposition, reste inva-riable. 305. Si le nom compos est form de deux noms, ils prennent tous deux la marque du pluriel. Ex. : Un chef-lieu, des chefs-lieux; un chou-fleur, des choux-fleur s. Il faut excepter les reine s-Claude, etc. Dans les noms composs d'un mot tranger et d'un nom, ce dernier seul prend la marque du pluriel : des lectro-aimants, des Gallo-Romains; des Anglo-Saxons, des tragi-comdies, etc. 306. Si les deux noms sont unis par une prposition, le premier seul prend la marque du pluriel. Ex. : Un arc-en-ciel, des arcs-en-ciel; un chef-d'uvre, des chefs-d'uvre. Quand la prposition est sous-entendue, la rgle reste la mme : Un htel-Dieu, des htel s-Dieu, un timbre-poste, des timbres-poste (c'est--dire pour la poste). Il faut excepter les mots coq--l'ne, pied--terre, tte--tte, etc., dont les deux noms restent invariables. (Ces mots supposent toujours une ellipse : des propos o l'on passe du coq l'ne, des endroits o l'on met pied terre; des entretiens tte tte.) 307. Si le nom compos est form d'un nom et d'un adjectif, ils prennent tous deux la marque du pluriel. Ex. : Un coffre-fort, des coffres-forts; une basse-taille, des basses-tailles. II faut en excepter quelques locutions telles que grand'mre, terre-plein, chevau-lger (proprement cheval-lger). Dans ces mots, le pluriel se forme comme pour les noms composs crits en un seul mot, c'est--dire que le dernier mot prend seul la marque du pluriel : des grand'mres, des terre-pleins, des chevau-lgers. PLURIEL DES NOMS COMPOSES. Serre-frein, contre-coup, passe-partout. 308. Si le nom compos est form d'un nom et d'un verbe, le nom seul prend la marque du pluriel. Ex. : Un serre-frein, des serre-freins; un prte-nom, des prte-noms. Il faut excepter les mots tels que : abat-jour, brise-glace, casse-tte, coupe-gorge, couvre-feu, crve-cur, gagne-pain, perce-neige, pse-lait, porte-drapeau, porte-monnaie, porte-montre, prie-Dieu, trouble-fte, etc., qui s'crivent au pluriel comme au singulier. On dcompose ainsi ces mots : un instrument qui abat le jour, qui brise la glace, etc. De l leur invaria-bilit. 309. Font aussi exception les mots composs avec le verbe garder, tels que garde-chasse, garde-meuble, etc. Garde prend un s au pluriel lorsque le mot dsigne une personne, un gar-dien : un garde-chasse, des gardes-chasse; mais il reste inva-riable quand il dsigne un instrument, un objet : un garde-manger, des garde-manger. Les noms composs qui ont dj s au singulier ne changent pas au pluriel : un brise-lames, un compte-goutte s, un gobe-mouches, un porte-allumettes, un porte-liqueurs, un vide-poches, un presse-papiers, etc., c'est--dire qui brise les lames, qui compte les gouttes, etc. 310. Si le nom compos est form d'un nom et d'un mot invariable, le nom seul prend la marque du pluriel. Ex. : Un contre-coup, des contre-coups; un avant-coureur, des avant-coureurs; un vice-prsident, des vice-prsidents. 311. Le nom compos reste invariable s'il n'est form ni d'un nom ni d'un adjectif. Ex. : des in-douze, des passe-partout, des va-et-vient. 312. En rsum, pour former le pluriel des noms composs qui sont, la plupart du temps, des expressions elliptiques, il faut avant tout examiner le sens qu'ils expriment. Ainsi l'on crira des serre-tte, parce qu'on n'y serre qu'une tte, mais un chasse-mouches, parce que ce balai sert chasser les mouches; des abat-jour, parce qu'ils abattent le jour, mais un porte-clefs, parce qu'il porte plu-sieurs clefs. PLVRISL DBS NOMS COMPOSS. PLURIEL DES NOMS COMPOSS. PLURIEL DES NOMS PROPRES. Les Corneilles, les Bourbons, les Amriques. 313. Les noms propres de personnes ne prennent pas la marque du pluriel. Ex. : Les deux Corneille taient frres. On tolre maintenant que les noms propres prcds de l'article pluriel prennent la marque du pluriel. Ex. : Les deux Corneille s. Mais ils prennent la marque du pluriel lorsqu'ils sont employs comme noms communs. Ex. : Les Corneilles, les Racines sont rares (c'est--dire les potes comme Corneille, comme Racine). 314. De mme on crira toujours avec un s : La famille des Bourbons, des Conds. Le muse possde des Raphal s, des Rembrandt s. On exceptera cependant des noms propres comme La Bruyre, La Fontaine, Le Brun, dont la forme mme exclut l'ide du pluriel. 315. Les noms propres de pays prennent toujours la marque du pluriel : Les deux Guine s, les deux Amriques. PLURIEL DES NOMS PROPRES. 148 ACCORD ET COMPLMENT DU NOM. La reine mre. La main de Paul. 316. Quand deux noms dsignent la mme personne ou la mme chose, le second s'accorde avec le premier en genre et en nombre. Ex. : La reine mre; les soldats laboureurs; Turenne est un hros; Jeanne d'Arc est une hrone. Dans ces exemples, le second nom est apposition ou attribut. 317. On appelle complment d'un nom le mot qui com-plte le sens de ce nom l'aide des prpositions de, , en, dans, etc. Ainsi dans : la main de Paul, un fusil aiguille, une maison en briques, l'arrive dans la ville, la lutte pour la libert; de Paul est le complment de main; aiguille est le compl-ment de fusil; en briques, le complment de maison; etc. 318. Le complment d'un nom se met, selon le sens, au singulier ou au pluriel. Ainsi l'on crira au singulier : marchand de lait (qui vend du lait), et au pluriel marchand de pommes (qui vend des pommes); un fruit noyau (qui a un noyau); mais un fruit ppins (qui a des ppins). Mais on crira indiffremment au singulier ou au pluriel : Des habits de femme ou de femme s. Des confitures de groseille ou de groseille s. Des femmes en bonnet blanc ou en bonnets blancs. Des marchandises de toute espce ou de toute s espce s. I ACCORD ET COMPLMENT DU NOM. ACCORD ET COMPLMENT DU NOM. ACCORD ET COMPLMENT DU NOM. ACCORD ET COMPLMENT DU NOM. HCAP1TULAT10N DV NOM. RCAPITULATION DV NOM. RCAPITULATION DU NOM. RCAPITULATION DU NOM RCAPITULATION DU NOM. RECAPITULATION DU NOM. DE L'ARTICLE Le pre, la mre , les enfants. Un pre, une mre , des enfants. 319. L'article est un mot qui se met devant le nom pour indiquer s'il est pris dans un sens dfini, indfini ou partitif. Ex. : Le pre, la mre, les enfants (sens dfini). Un pre, une mre, des enfants (sens indfini). Manger du pain, de la viande (sens partitif). L'article prend le genre et le nombre du nom auquel il se rapporte. Il y a trois sortes d'articles : l'article dfini, l'article ind-fini et l'article partitif. 320. L'article dfini est : Le pour le masculin singulier : le soleil. La pour le fminin singulier : la lune. pour le masculin pluriel : les jours. pour le fminin pluriel : les nuits. 321. L'article dfini se met devant les noms dont le sens est dtermin, comme cheval dans : Le cheval de mon pre est noir. Article dfini lid. Article dfini contract. 322. L'article dfini le, la est lid devant les mots com-menant par une voyelle ou une h muette et s'crit alors avec une apostrophe ('). Ex. : l'enfant, l'histoire (pour le enfant, la histoire). 323. L'article dfini est contract quand le ou les est combin avec les mots et de. Les articles dfinis contracts sont : Au, mis pour le Du, mis pour de le Aux, mis pour les. Des, mis pour de les. 324. Au et du se mettent devant les noms masculins singuliers commenant par une consonne ou une h aspire. Ex. : Au pre, au hros, du pre, du hros. Aux et des se mettent au pluriel devant tous les noms, qu'ils commencent par une voyelle ou par une consonne. Ex. : Aux enfants, des mres. ARTICLE LID. ARTICLE CONTRACT. 325. L'article indfini est : Un pour le masculin singulier : un pre. Une pour le fminin singulier : une mre, pour le masculin pluriel : des pres. pour le fminin pluriel : des mres. 326. L'article indfini se met devant les noms dont le sens est vague, peu prcis, comme oiseau dans : L'aigle est un oiseau, L'article dfini sert dsigner des objets connus ou donns pour tels; l'article indfini sert dsigner un objet dont il n'a pas encore t ques-tion ou un tre considr sparment parmi ceux de son espce. Il ne faut pas confondre un article indfini avec un adjectif numral. Le premier n'exprime qu'une indication vague, sans aucune ide d'unit ou de plura-lit : un matre doit tre patient, c'est--dire tout matre doit tre, etc. Le second sert marquer la quantit : il y en a un ou deux. ACCORD DE VARTICLE. ACCORD DE L'ARTICLE. 332. L'article partitif est : Du, de l' pour le masculin singulier : du pain, de l'argent. De la pour le fminin singulier : de la viande. Des pour le pluriel des deux genres : prenez des livres de la bibliothque; cueillez des roses de votre jardin. 333. L'article partitif se met devant les noms qui dsignent une partie d'un tout, une certaine quantit indtermine. Quand le nom pris dans un sens partitif est prcd d'un adjectif, l'ar-ticle se remplace par la prposition de : Je mange de bon pain ; de bonne viande; de bons fruits. Cependant on tolre : du bon pain, de la bonne viande, des bons fruits. REMARQUE. Il ne faut pas confondre du, de l', de la, article partitif, avec du , d e l', d e la, article dfini. Ex. : Le got du vin, de l'alcool, de l a bire (article dfini); donnez-moi du vin, de l'alcool, de la bire (article partitif). Des peut tre article dfini, indfini ou partitif. Ex. : Le got des fruits (article dfini); achetez d e s fruits (article indfini, pluriel de un); achetez d e s fruits de ma rcolte (article partitif, c'est--dire de les fruits de ma rcolte ou parmi ceux de ma rcolte). On voit que le sens partitif de des est caractris ici par le complment. Quant de qui remplace l'article devant les noms partitifs prcds d'un adjectif, comme dans : Je mange de bon pain, il faut l'analyser; de, prposition, mis pour du, article partitif se rapportant pain, masculin singulier. 166 EMPLOI DE L'ARTICLE DEVANT PLUS, MOINS, MIEUX. 334. Devant les adverbes plus, moins et mieux on emploie le, la, les quand il y a comparaison avec un autre objet. Ex. : La rose est la plus belle des fleurs. Les gazelles sont les plus agiles des quadrupdes. Mais le peut rester invariable lorsqu'on veut exprimer une qualit porte au plus haut degr, sans aucune ide de com-paraison. Ex. : Cette rivire n'a pas dbord, mme quand elle a t le plus haute. ARTICLE DEVANT PLUS, MOINS, MIEUX. REVISION PB L'ARTICLE. REVISION DE L'ARTICLE. DE L'ADJECTIF Le cheval blanc. Mon cheval. 335. L'adjectif est un mot que l'on ajoute au nom pour en prciser le sens. Ainsi, quand on dit cheval blanc, blanc prcise le sens de cheval en faisant connatre comment est le cheval : blanc est un adjectif. Quand on dit mon cheval, mon prcise aussi le sens de cheval, en indiquant l'animal qui m'appartient : mon est aussi un adjectif. 336. On distingue six sortes d'adjectifs : les adjectifs quali-ficatifs, numraux, dmonstratifs, possessifs, indfinis et interrogatifs. ADJECTIFS QUALIFICATIFS Le cheval blanc. Le chien fidle. 337. Les adjectifs qualificatifs expriment la qualit, c'est--dire la manire d'tre. Ex. : le cheval blanc, le chien fidle. 338. Ces adjectifs prennent les deux genres et les deux nombres. Ex. : grand, fminin grande; grand, pluriel grand s. ADJECTIF QUALIFICATIF. ADJECTIF QUALIFICATIF, FORMATION DU FMININ DANS LES ADJECTIFS. 173 Un homme savant, une femme savante. 339. Pour former le fminin des adjectifs on ajoute un e muet au masculin. Ex. : Un homme savant, une femme savante. Un fils poli, une fille polie. 340. Quand l'adjectif est dj termin au masculin par un e muet, il ne change pas au fminin. Ex. : Un chemin large, une rue large. Un pre juste, une mre juste. 341. Les adjectifs aigu, ambigu, contigu, exigu, suraigu, prennent au fminin un e surmont d'un trma (). Ex. : Cri aigu, douleur aigu. 342. Les adjectifs termins en el, eil, ul, en, et, on, ot, s, doublent au fminin la consonne finale l, n, t, s, avant de prendre l'e muet. Ex. : cruel cruelle. bon bonne. pareil pareille. sot sotte. nul nulle. g r a s grasse. ancien ancienne. gros grosse. muet muette. pais paisse. 343. Cependant les adjectifs niais, ras, gris, dvot, idiot, manchot, etc., font niaise, rase, grise, dvote, idiote, manchote, sans redoubler la consonne finale. Fat et dispos n'ont pas de fminin. 344. Beau, nouveau, fou, mou, vieux, font au fminin belle, nouvelle, folle, molle, vieille. Ces adjectifs font aussi, au masculin, bel, nouvel, fol, mol, vieil, devant un nom commenant par une voyelle ou une h muette. DU FMININ DANS LES ADJECTIFS. Un bateau lger, une barque lgre. 345. Les adjectifs en er ne redoublent pas la consonne finale, mais changent au fminin er en re avec un accent grave sur l'e. Ex. : lger lgre. premier premire. passager passagre. rgulier rgulire. 346. Six adjectifs en et ne redoublent pas la consonne finale, mais prennent un accent grave sur l'e qui prcde le t. Ex. : complet compl te. inquiet inqui te. concret concr te. replet repl te. discret discr te. secret secr te. 347. Les adjectifs termins par x changent cet x en se au fminin. Ex. : affreux affreuse. joyeux joyeuse, heureux heureuse. jaloux jalouse. DU FMININ DANS LES ADJECTIFS. Un garon rieur, une fille rieuse. Un air plaintif, une voix plaintive. 348. Les adjectifs en e u r forment leur fminin de quatre manires : 1 Les uns suivent la rgle gnrale et ajoutent un e au masculin : meilleur, meilleure, antrieur, antrieure; 2 D 'aut res , et ce sont les plus nombreux, changent e u r en euse : voleur, voleuse, trompeur, tromp euse; 3 D 'aut res changent e u r en e r e s s e : vengeur, veng eresse. 4 D 'au t res enfin changent t e u r en t r i c e : conducteur, conductrice; consolateur, consolatrice. 349. Les adjectifs termins par f forment leur fminin en changeant f en v e . E x . : bref, brve; craintif, craintive; neuf, neuve. 350. E X C E P T I O N S . Quelques adjectifs forment leur fminin d'une manire irrgulire. Ains i : F a u x , roux , d o u x font au fminin fausse, rousse, douce. B l a n c , f ranc , sec , f r a i s font au fminin blanche, franche, sche, frache. T u r c , publ ic , c a d u c changent c en que au fminin : turque, publique, caduque G r e c fait grecque. Hbreu fait au fminin hbraque qui ne se dit que des choses. Long fait longue, ob long , oblongue. Bn in , m a l i n font au fminin bnigne, maligne, favor i , coi, font favorite, coite T i e r s fait tierce. DU FMININ DANS LES ADJECTIFS. FORMATION DU PLURIEL DANS LES ADJECTIFS. Des enfants sages. Des devoirs oraux. 351. On forme le pluriel des adjectifs en ajoutant un S au singulier, comme dans les noms. Ex. : Un homme grand, des hommes grands; un enfant sage, des enfants sages. 352. Quand l'adjectif est termin au singulier par s ou x , il ne change pas au pluriel. Ex. : un arbre gros, des arbres gros; un homme heu-reux, des hommes heureux. 353. Les adjectifs termins en eau font leur pluriel en eaux. Ex. : Un fruit nouveau, des fruits nouveaux. 354. Les adjectifs termins en eu et en ou prennent s au pluriel : bleu, bleu s; fou, fou s; mais hbreu fait hbreu x. REMARQUE. L'adjectif tout perd le t au pluriel : tous. 355. Les adjectifs termins en al font leur pl. en aux. Ex. : Un devoir oral, des devoirs oraux. DU PLURIEL DANS LES ADJECTIFS. COMPARATIF. SUPERLATIF. Plus noir. Trs noir. 356. L'adjectif est au comparatif quand il exprime la qua-lit avec une ide de comparaison. 357. On forme le comparatif en ajoutant plus l'adjectif, quand on veut marquer la supriorit : Mon cheval est plus noir que le vtre; moins, quand on veut marquer l'infriorit : Mon che-val est moins noir que le vtre; aussi, quand on veut marquer l'galit : Mon cheval est aussi noir que le vtre. 358. REMARQUE. Bon, mauvais, petit, ont pour comparatifs meilleur, pire, moindre. On dit aussi plus mauvais, plus petit; mais on ne dit pas plus bon. 359. L'adjectif est au superlatif quand il exprime la qualit au plus haut degr : Mon cheval est trs noir (superlatif absolu). Voici le plus noir de vos chevaux (superlatif relatif). 360. On forme le superlatif soit avec trs, bien, fort, extrme-ment, etc., soit avec le plus, le moins, le mieux, etc. Nous avons encore en franais quelques comparatifs latins qui ont peu prs perdu chez nous le sens du comparatif, mais qui ne peuvent tre prcds de plus; ce sont : majeur, mineur, antrieur, intrieur, citrieur, infrieur, postrieur, ultrieur, extrieur, suprieur. La langue franaise a aussi form quelques superlatifs en issime, l'imitation des Latins : srnissime, richissime, rarissime, illustrissime, etc. Telle est l'origine du mot gnralissime. COMPARATIF SUPERLATIF ACCORD DE L'ADJECTIF QUALIFICATIF 183 Le pre est bon. La mre est bonne. 361. L 'adject i f se me t au mme genre et au mme nombre que le nom ou pronom auquel il se rapporte. E x . : Le pre est bon, la mre est bonne, ils sont bons. 362. L 'adject i f qui se rapporte plusieurs noms se met au pluriel. E x . : Le riche et le pauvre sont gaux devant la loi. 363. Si les noms sont de diffrents genres, l 'adjectif se met au masculin pluriel. E x . : Le pre et la mre sont prudents, 364. Quand deux ou plusieurs noms marquent une gradation et qu 'on veut spcialement fixer l 'a t tent ion sur le dernier, on donne l 'adjectif le genre et le nombre de ce der-nier nom : Cet lve a montr un zle, une application tonnante. ACCORD DE VADJECTIF QUALIFICATIF. ACCORD DE L'ADJECTIF APRS A V O I R L'AIR. 365. Aprs l'expression avoir l'air, l'adjectif s'accorde, d'aprs le sens, avec le mot air ou avec le nom prc-dent. Ainsi l'on pourra dire : Cette femme a l'air contente ou content; parce que l'adjectif content peut s'appliquer aussi bien la femme qu' l'air, la mine. Mais on dira : Cette femme a l'air sourde, parce que sourde ne peut s'appliquer qu' la femme. 366. REMARQUE. Plusieurs adjectifs, selon qu'ils sont placs avant ou aprs le nom, prennent une signification diffrente; en voici quelques exemples : Air faux, c'est--dire hypocrite, dissimul. Faux air, c'est--dire apparence. cr iva in m c h a n t , c'est--dire mordant. Mchant crivain, c'est--dire sans talent. H o m m e bon, c'est--dire qui a de la bont. Bon homme, c'est--dire qui a de la bonhomie, de la navet. H o m m e b rave , c'est--dire courageux. Brave homme, c'est--dire bon et obligeant. H o m m e g r a n d , c'est--dire de haute taille. Grand homme, c'est--dire suprieur aux autres. H o m m e honnte , c'est--dire poli. Honnte homme, c'est--dire qui a de la probit. H o m m e pauvre , c'est--dire qui n'est pas riche. Pauvre homme, c'est--dire qui inspire de la piti. L iv re t r i s te , c'est--dire qui porte la tristesse. Triste livre, c'est--dire mauvais. M e r haute , c'est--dire quand la mare est monte. Haute mer, c'est--dire la mer loin du bord. T e r m e s p r o p r e s , c'est--dire convenables au sujet. Propres t e r m e s , c'est--dire les mmes termes sans y rien changer. Voix c o m m u n e , c'est--dire sans distinction. Commune voix (d'une), c'est--dire l'unanimit. ACCORD DB QVBLQVBS ADJECTIFS ACCORD DE L'ADJECTIF QUALIFICATIF, 187 Des cerises aigres-douces. Des enfants courtvtus. 367. Lorsqu'un adjectif compos est form de deux adjectifs ou d'un adjectif et d'un participe, les deux parties s'accordent avec le nom. Ex. : Des cerises aigres-douces. On tolre maintenant que les adjectifs composs comme court-vtu mort-n, nouveau-n, nouveau-venu, premier-n, dernier-n, etc., s'crivent en un seul mot ; ils suivent alors la rgle gnrale. Ex. : Des enfants courtvtus, une brebis mortne, une fille nouveaune. Les participes passs ci-joint, ci-inclus, qui forment une sorte d'adjectif compos, restent invariables quand ils sont placs 1 en tte de la phrase; 2 dans le corps de la phrase devant un nom non dtermin : Ex. : Ci-joint la lettre de votre pre Vous trouverez ci-inclus copie de sa lettre. La rgle est la mme pour approuv, attendu, except, non compris, oui, pass, suppos, vu. On tolre maintenant l'accord facultatif pour tous ces participes : ci-joint ou ci-jointes les pices demandes, je vous envoie ci-joint ou ci-jointe copie du mmoire. 368. Les adjectifs employs adverbialement restent inva-riables. Ex. : Elles chantent juste; ces livres cotent cher REMARQUE. Aprs les verbes tre, sembler, devenir, paratre, l'adjectif n'est jamais employ adverbialement. Ex . : Nos parents nous sont chers. ACCORD DE QUELQUES ADJECTIFS. Nu, demi, franc, grand, possible. 369. Nu. L'adjectif nu joint au nom par un trait d'union reste invariable. Ex. : Bu-pieds, nu-tte. Dans tout autre cas, il s'accorde avec le nom en genre et en nombre. Ex. : Les pieds nus ; la tte nue ; la nue proprit1. On tolre aussi nus pieds, nue tte. 370. Demi. L'adjectif demi joint au nom par un trait d'union reste invariable. Ex. : Une demi-livre, une demi-heure. On tolre aussi une demie heure, des demies heures. Plac aprs le nom, il s'accorde en genre, mais reste au singulier. Ex. : Une livre et demie; deux heures et demie. Demi, plac aprs un nom au pluriel, reste au singulier, parce qu'il s'accorde, en ralit, avec le nom sous-entendu pris au sin-gulier. Ex. : Deux heures et demie. 371. Demi employ comme nom est du masculin. Ex. : Deux demis valent un entier. Mais, quand ce mot signifie la moiti de l'heure, il est du fminin. Ex. : Cette horloge sonne les demies. Demi employ comme adverbe est toujours invariable. Ex. : Une femme demi-morte, des yeux demi ferms. Mi et semi sont des adverbes et par consquent toujours inva-riables. Ex. : La mi-janvier, mi-jambe; une ouverture semi-circulaire. 372. Franc, dans franc de port, est invariable quand il prcde le nom. Ex. : Vous recevrez franc de port la lettre que je vous envoie. Plac aprs le nom, il s'accorde. Ex. : Cette lettre est franche de port. Cependant on tolre l'accord ou l'invariabilit dans tous les cas. 373. Grand reste invariable dans quelques locutions, telles que grand'mre, grand'route, grand 'messe, grand'chose. 374. Possible, prcd de le plus, le moins, le mieux, etc., forme une locution adverbiale et reste invariable : Il a rassembl le plus de livres possible. 1. La nue proprit est la proprit d'un bien sans les revenus. ACCORD DE QUELQUES ADJECTIFS. NOMS ET ADJECTIFS DSIGNANT LA COULEUR. Des robes olive. Des yeux bleu fonc. 375. Les noms employs comme adjectifs pour dsigner la couleur restent invariables. Ex. : Des toffes noisette, des robes olive, des rubans ponceau. On crit cependant des robes roses, parce que rose est devenu un vritable adjectif. Il en est de mme pour mauve : des rubans mauves. 376. Deux adjectifs runis pour dsigner la couleur restent invariables. Ex. : Des cheveux chtain clair, des yeux bleu fonc (c'est--dire d'un chtain clair, d'un bleu fonc). COMPLMENT DE L'ADJECTIF. Avide de louanges. Utile l 'homme. 377. On appelle complment d'un adjectif le mot qui complte le sens de cet adjectif. Ainsi, dans : avide de louanges, utile l'homme, louanges est le complment de avide; homme, le complment de utile. Le complment de l'adjectif peut tre aussi un infinitif : curieux de voir, habile prvoir, etc. Quand l'adjectif exprime une comparaison, la proposition incomplte commenant par que est le complment du comparatif. Ex. : Il est plus savant (ou moins savant, ou aussi savant) que Pierre. Que Pierre est le complment du com-paratif. FONCTIONS DE L'ADJECTIF QUALIFICATIF. Le vrai mrite est modeste. 378. L'adjectif qualificatif pithte, attribut, employ comme nom, comme adverbe. L'adjectif qualificatif s'appelle pithte quand il est joint au nom sans l'interm-diaire d'un verbe; dans le cas contraire, il s'appelle attribut. Ainsi dans : Le vrai mrite est modeste, vrai est une pi-thte, modeste un attribut. 379. Mais l'adjectif qualificatif peut tre employ comme nom et il remplit alors les mmes fonctions que le nom dans la proposition. Ex, : Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire (sot, adjec-tif, employ comme nom, est d'abord sujet, puis complment direct d'objet). La main du riche doit tre secourable (riche, adjectif employ comme nom, est complment d'un nom). 380. L'adjectif qualificatif, employ comme adverbe, modifie alors le verbe et joue le rle d'un complment de cir-constance. Ex. : chanter juste, parler haut, voir clair, coter cher. FONCTIONS DE VADJECTIF QUALIFICATIF. ADJECTIFS NUMRAUX. Quatre enfants. Le premier bateau. 381. Les adjectifs numraux marquent le nombre, l'ordre ou le rang. Ex. : Quatre enfants, le premier bateau. Quand on dit quatre enfants, le premier bateau, les mots quatre et premier servent marquer le nombre des enfants et l'ordre des bateaux. Quatre et premier sont des adjectifs numraux. Il y a deux sortes d'adjectifs numraux : les adjectifs numraux cardinaux et les adjectifs numraux ordinaux. 382. On appelle adjectifs numraux cardinaux ceux qui expriment le nombre ou la quantit, comme un, deux, trois, quatre, zro, dix, cent, mille, etc. Ex. : Deux hommes; trois soldats; dix chevaux, 383. On appelle adjectifs numraux ordinaux ceux qui marquent l'ordre, le rang, comme premier, second ou deuxime, troisime, quatrime, dixime, centime, etc. Ex. : Le premier homme; le quatrime enfant. Les adjectifs numraux ordinaux se forment des adjectifs num-raux cardinaux l'aide de la terminaison ime : douzime, trentime, centime. On dit nanmoins premier, second, mais dans l'adjectif compos on dit unime, deuxime, vingt-unime, vingt-deuxime. 384. Noms de nombres. Aux adjectifs numraux il faut rat-tacher : 1 Les noms de nombres qui marquent une certaine quantit, tels que dizaine, centaine, douzaine, millier, million, milliard, etc. 2 Les noms ou adjectifs qui indiquent une ide de multiplication, tels que : le double, double; le triple, triple; le quintuple, quintuple; le sextuple, sextuple; le dcuple, dcuple, le centuple, centuple, etc. 3 Les noms qui marquent la partie d'un tout, la fraction d'un entier : le quart, le tiers, le demi, le dixime, le centime, etc. 385. Les adjectifs ordinaux s'accordent en genre et en nombre avec le nom auquel ils se rapportent. Ex. : Les pre-mires maisons; la seconde ville; la trentime anne. 386. Les adjectifs ordinaux indiquent l'ordre, le rang; mais, par exception, on emploie les nombres cardinaux pour dsi-gner le rang d'un souverain dans une dynastie, les jours du mois, l'heure, le chapitre d'un livre, etc. : Le deux avril, le trois juillet (non le deuxime avril, le troisime juillet); ADJECTIFS NUMRAUX. Charles douze (non Charles le douzime); il est trois heures (et non pas la troisime heure); chapitre quatre (et non pas chapitre quatrime). Toutefois, l'adjectif premier fait exception dans deux cas, ou plutt reprsente seul la rgle (Franois premier, le premier juil-let), et n'a point t supplant par un. 196 ADJECTIFS NUMRAUX CARDINAUX. Vingt. Cent. Mille. 387. Les adjectifs numraux cardinaux sont invariables, except un, vingt et cent, Un fait au fminin une. Ex. : Deux coffres et une bote. 388. Vingt et cent s'crivent avec un s lorsqu'ils sont prcds d'un autre nombre qui les multiplie. Ex. : Quatre-vingts hommes, deux cents soldats. Ils sont invariables quand ils sont suivis d'un autre nombre. Ex. : Quatre-vingt-trois, deux cent trente. Ils sont encore invariables lorsqu'ils sont employs comme adjectifs numraux ordinaux. Ex. : Page quatre-vingt, l'an huit cent (c'est--dire page quatre-vingtime, Van huit centime.) (On tolre le pluriel de vingt et cent dans tous les cas : Ex. : Quatre-vingts-trois, deux cents trente; Van mil neuf cents; quatre-vingts-dix, etc.) 389. Mille est invariable : quatre mille francs. Mais on peut l'crire mil ou mille quand il exprime la date de l'anne, le millsime. Ex. : L'an mille neuf cent ou Van mil neuf cent. 390. Mille, signifiant une mesure de chemin, est un nom et prend la marque du pluriel. Ex. : Deux milles d'Angleterre font un peu plus de trois kilomtres. VINGT. CENT. MILLE. ADJECTIFS DMONSTRATIFS. Ce bl, cet homme, cette plaine. 391. Les adjectifs dmonstratifs servent montrer la personne, l'animal ou la chose dont on parle. Ex. : Ce bl, cet homme, cette plaine. 392. Les adjectifs dmonstratifs sont : Ce, cet, pour le masculin singulier : Ce livre, cet homme. Cette pour le fminin singulier : Cette table. Ces pour le pluriel des deux genres : ces livres, ces tables. REMARQUE. On met cet au lieu de ce devant les mots qui commencent par une voyelle ou une h muette : cet enfant, cet homme. ADJECTIFS POSSESSIFS. Mon p r ix , m a couronne. 393. Les adjectifs possessifs servent marquer la possession. Ex. : Mon prix, ma couronne. Les adjectifs possessifs sont : Masculin. Fminin. Pluriel (des 2 genres). Mon, Notre I Ma, Notre, I Mes, Nos, ton, votre, ta, votre, tes, vos, son, leur. sa, leur. ses, leurs. 394. Mon, ton, son s'emploient au fminin, au lieu de ma, ta, sa, devant un mot qui commence par une voyelle ou une h muette : mon me, ton image, son histoire. Votre, vos s'emploient par respect au lieu de ton, ta, tes. Ainsi, l'on dit, en s'adressant une seule personne : votre cheval, votre chapeau; vos chevaux, vos chapeaux. 395. Les adjectifs possessifs, mon, ton, son, etc., se rem-placent par l'article quand il s'agit d'une chose insparable de la personne, et quand le sens de la phrase indique clai-rement le possesseur. Ex. : J'ai la jambe enfle; J'ai mal la tte (et non pas ma jambe, ma tte). 396. Quand le possesseur est indiqu par le pronom rflchi se, l'article est de rigueur la place de l'adjectif possessif : Il s'arrache les cheveux. Rarement on supprime se : Il arrache ses cheveux. 397. Le nom de l'objet possd, prcd de leur, se met tantt au sin-gulier, tantt au pluriel, selon que le nom contient l'ide de singulier ou de pluriel. Ex. : Les villageois sortent de leurs maisons (les maisons d'eux). Mon pre et ma mre sortent de leur maison (la maison d'eux). Mais on peut dire indiffremment : Ils ont t leur chapeau ou leurs chapeaux; les cochers sont sur leur sige ou leurs siges, etc. ADJECTIFS POSSESSIFS. ADJECTIFS INDFINIS, INTERROGATIFS. Aucune lettre. Quelle heure est-il? 398. Les adjectifs indfinis indiquent que le nom est employ d'une manire vague, indfinie. Ex. : Aucune lettre n'est arrive, quelque malheur nous menace. 399. Les adjectifs indfinis sont : aucun, autre, certain, chaque, maint, mme, nul, plusieurs, quel, quelque, quelconque, tel, tout. REMARQUE. Certain est adjectif indfini quand ii signifie un, quelque, comme dans certain homme, certain renard. Lorsqu'il signifie sr, assur, il est adjectif qualificatif, comme dans j'en suis certain. Il est pronom indfini dans : certains le pensent. 400. Les adjectifs interrogatifs marquent une inter-rogation. Ex. : Quelle heure est-il? quels devoirs avez-vous? Les adjectifs interrogatifs sont : quel, quelle, quels, quelles. Ces mots peuvent tre aussi adjectifs exclamatifs : Quel malheur ! ADJECTIFS INDFINIS, INTERROGATIFS. CHAQUE. MME. 203 Chaque. Mme. 401. Chaque tant un adjectif et chacun tant un pro-nom, on ne doit pas employer chaque sans le faire suivre d'un nom. Ex. : Chaque pays a ses usages. Il faut dire : Ces fruits valent un franc chacun, et non chaque. 402. Mme est adjectif ou adverbe. 1 Mme est adjectif, et par consquent variable lorsqu'il se rapporte un nom ou un pronom. Ex. : Les mmes hommes, les hommes eux-mmes. 2 Mme est adverbe, et par consquent invariable, quand il modifie un verbe ou un adjectif. Ex. : Les mres aiment mme les dfauts de leurs enfants. Les guerres mme justes sont toujours regrettables. 403. Mme, quand il est plac aprs plusieurs noms, peut s'accorder avec le dernier ou rester invariable. Ex. : Les vieillards, les femmes, les enfants mmes ou mme furent gorgs. CHAQUE. MME. QUELQUE. QUEL QUE. 404. Quelque est adjectif ou adverbe. 1 Quelque est adjectif, et par consquent variable, quand il se rapporte un nom. Ex. : Quelque temps, quelque mal, quelques hommes, quelques bonnes mres. 2 Quelque est adverbe, et par consquent invariable, quand il modifie un adjectif, un participe ou un adverbe. Ex. : Quelque puissants qu'ils soient; quelque grands que vous soyez (c'est--dire si puissants que..., si grands que...). Quelque ne modifie pas toujours l'adjectif qui le suit; ainsi on crira avec un s : quelques grands efforts qu'il ail faits; quelques vains lauriers que promette la guerre, etc. Ici quelque se rapporte efforts et lauriers. 405. Quelque est encore adverbe, et par consquent invariable, quand il est suivi d'un adjectif numral. Ex. : J'ai rencontr quelque vingt personnes; il vivait quelque cent ans avant J.-C. (c'est--dire environ vingt per-sonnes, peu prs cent ans). 406. Il ne faut pas confondre quelque avec la locution quel que, qui s'crit en deux mots et qui est toujours suivie d'un verbe au subjonctif. Ex. : Quel que soit votre bonheur; quelles qu'aient t vos infortunes. Quel s'accorde alors avec le nom auquel il se rapporte. QUELQUE. QUEL QUE. 407. Tout est adjectif ou adverbe. 1 Tout est adjectif, et par consquent variable, quand il se rapporte un nom ou un pronom. Ex. : Toute femme; je les ai tous vus; toute honnte per-sonne. 2 Tout est adverbe, et par consquent invariable, quand il modifie un adjectif, un participe ou un adverbe. Il a, dans ce cas, le sens de quelque, tout fait. Ex. : Tout utile qu'elle est, la richesse ne fait pas le bonheur (c'est--dire quelque utile que..., etc.). L'anne tout entire, des journes tout entires. On dit de mme : Ces gens sont tout yeux, tout oreilles, c'est--dire ne sont qu'yeux et qu'oreilles. 408. Tout, plac devant un adjectif ou un participe fminin commenant par une consonne ou une h aspire, prend l'accord. Ex. : Elle est toute surprise; elles taient toutes honteuses. 409. Tout, suivi de l'adjectif autre, varie quand il se rapporte un nom exprime ou sous-entendu : Demandez-moi toute autre chose; toute autre et t effraye (c'est--dire toute chose autre..., toute femme autre). Mais il reste invariable quand il se modifie l'adjectif autre et qu'il est prcd ou suivi de un, une : Londres est tout autre chose que Paris (c'est--dire une chose tout fait autre); Donnez-moi une tout autre rponse. Dans ce cas, tout signifie tout fait. 410. Tout s'emploie aussi avec la signification de chaque; alors il n'est pas suivi de l'article. Ex. : Toute peine mrite salaire; tout homme est sujet la mort. Dans ce cas, tout s'accorde avec le nom qui, d'aprs l'Acadmie, peut se mettre au singulier ou au pluriel : tout moment, de toute part, de toute sorte, de tout ct, tout propos, de tout point, en tout point, en toute occasion, toute heure, etc. On crit aussi : tous moments, de toutes parts, de toutes sortes, etc. wqr. RCAPITULATION DES ADJECTIFS. ADJECTIFS (6 sortes) 1 Qualificatifs. 2 Numraux. 3 Dmonstratifs. 4 Possessifs. 5 Indfinis. 6 Interrogatifs. ANALYSE 411. Fonctions des adjectifs dans la proposition. Les adjectifs qualificatifs, numraux, dmonstra-tifs, possessifs, indfinis et interrogatifs prcisent le sens du nom; l'adjectif qualificatif est pithte ou attribut. Quand certains adjectifs sont employs comme noms, ils peuvent remplir les mmes fonctions que le nom, c'est--dire tre sujets, attributs, complments, etc. RCAPITULATION DES ADJECTIFS. RCAPITULATION DES ADJECTIFS. DU PRONOM Paul est tourdi; ma i s il deviendra raisonnable. 412. Le pronom est un mot qui tient la place du nom. Le pronom prend le genre et le nombre du nom dont il tient la place. REMARQUES. 1 Dans H fait chaud; cela est mal, les pronoms il et cela ne remplaant ni un nom masculin, ni un nom fminin, sont du genre neutre. (Voir REMARQUE n 414.) 2 Les pronoms prennent diffrentes formes selon leur genre, leur nombre ou leur fonction (cas sujet ou cas compl-ment) : Paul est tourdi, mais il (cas sujet) deviendra raisonnable; ma mre arrive, je la (cas compl. dir.) vois; je lui (cas compl. ind.) crirai une lettre; l'enfant qui (cas sujet) est l; l'enfant que (cas compl. dir.) je vois, etc. 413. Il y a six sortes de pronoms : Les pronoms personnels, les pronoms dmonstratifs, les pronoms possessifs, les pronoms relatifs, les pronoms interrogatifs et les pronoms indfinis. 414. REMARQUE SUR LE GENRE DES PRONOMS. Le pronom est du masculin ou du fminin, selon le genre du nom qu'il remplace. Mais quand un pro-nom ne dsigne ni une personne, ni un animal, ni une chose dtermine, on dit qu'il est du genre neutre. Voici quelques exemples de pronoms du genre neutre : Il fait chaud; Il est bon d'tre charitable; Je vous le dis; tes-vous souf-frante? Oui, je le suis; Vous venez avec moi, j 'en suis content; il faut tra-vailler : songez-y; C'est beau; Ceci ou cela me convient; Lisez ce que vous voulez; ce qui vous plat; je n'ai rien vous dire; quoi tes-vous bon? A chacun le sien. DU PRONOM. PRONOMS PERSONNELS. Je sais que tu lui cris. 415. Les pronoms personnels dsignent les personnes en indiquant le rle que ces personnes jouent dans le dis-cours. Ex. : Je sais que tu lui cris. Dans cette phrase il y a trois personnes : La premire est celle qui parle : je sais. La seconde, celle qui l'on parle : tu cris. La troi-sime, celle de qui l'on parle : lui. 416. Les pronoms personnels sont : Singulier : Pluriel : 1 r e personne : Je , me, moi. Nous . 2e T u , te, toi. Vous . 3e Il, elle, lui, le, la, soi. Ils, e l l e s , eux, les, leur. Des deux nombres : 3 e personne : Se, en, y. 417. Pour donner plus de force l'expression, on joint aux pronoms personnels l'adjectif mme; on a alors les pro-noms composs : moi-mme, toi-mme, lui-mme, nous-mmes, etc. 418. Vous s'emploie par politesse au lieu de tu; mais l'adjectif reste au singulier. Ex. : Paul, vous tes sage. 419 . Nous s'emploie parfois la place de je, soit comme marque d'au-torit : Nous dcrtons; soit dans le langage familier : On Va rprimand souvent, mais nous sommes opinitre. Alors l'adjectif reste au sin-gulier. Le pronom est expltif dans Prends-moi ce livre. PRONOMS PERSONNELS. 216 PRONOMS PERSONNELS LE, L A , LES, LEUR, E N , Y . Les lves travaillent, le ma t re les loue. Il leur donne leurs pr ix . 420. Le, la, les, pronoms, ressemblent le, la, les, arti-cles. Mais le, la, les, pronoms, ne sont jamais suivis d'un nom. Ainsi dans : Les lves travaillent, le matre les loue, le premier les est article parce qu'il se rapporte lves; le second les est pro-nom parce qu'il tient la place de lves. 421. Quand le pronom le reprsente un nom dtermin, il s'accorde avec ce nom : tes-vous la malade? Je la suis. tes-vous les soldats qui ont battu l'ennemi? Nous les sommes. Mais le pronom le est du genre neutre et reste invariable quand il reprsente un adjectif ou un nom pris adjectivement. Ex. : Madame tes-vous malade? Je le suis. tes-vous soldats? Nous le sommes. 422. Leur est pronom lorsqu'il signifie eux, elles; il accompagne alors le verbe et ne prend jamais d's. Ex. : Il leur parle. Leur est adjectif lorsqu'il signifie d'eux, d'elles, et peut alors prendre- la marque du pluriel. Ex. : Il leur donne leurs prix. Dans cette phrase, le premier leur est pronom, parce qu'il tient la place de lves; le second leurs est adjectif, parce qu'il se rapporte prix. 423. Le, la, les, leur, pronoms, sont toujours placs avant ou aprs un verbe : je te la donne, prends-la; dis-leur que je leur accorde cette faveur. 424. En est pronom lorsqu'il est mis pour de lui, d'elle, d'eux, etc. Ex. : J'aime cet enfant et /"en suis aim. En est adverbe quand il signifie de l. Ex. : J'en viens; il est prposition quand il signifie dans. Ex. : Je suis en France. 425. Y est pronom quand il signifie cette chose, ces choses, cela. Ex. : L'affaire est importante, j'y donnerai tous mes soins. Y est adverbe quand il signifie ici, l. Ex. : Tu y cours. 426. Lorsqu'on parle des animaux ou des choses, il faut se servir de prfrence des pronoms en, y, et non des pro-noms de lui, d'elle, d'eux, lui, elle. Ex. : Cet arbre est grand on en ferait un mt. Cette chaise est casse, j'y ferai remettre un pied (et non je lui ferai remettre un pied). 427. Se, soi, s'appellent aussi pronoms rflchis parce qu'ils rappellent toujours le sujet de la proposition. Ex. : On a souvent besoin d'un plus petit que soi. PRONOMS PERSONNELS. EMPLOI DES PRONOMS PERSONNELS. 428. Si le verbe l'impratif a deux pronoms pour complments, l'un direct, l'autre indirect, le complment direct se place le pre-mier. Ex. : Dites-le-moi. Montrez-la-lui. Mais le complment indirect s'nonce le premier: l A v e c les pronoms nous, vous : Apportez-nous-le; 2 Quand le sens est ngatif : Ne me te dites pas. 429. Lui et leur font exception et se placent aprs le pronom employ comme complment direct. Ex. : Ne le lui dites pas; Ne la leur montrez pas. 430. Soi s'emploie au lieu de lui, elle : 1 Aprs un pronom indfini (on, chacun, personne, etc.) : O n ne doit jamais parler de soi . 2 Aprs un verbe impersonnel ou un infinitif. Ex. : Il faut penser soi. t re toujours content de soi est une sottise. 3 Avec un nom de chose au singulier : Cette faute entrane aprs soi bien des regrets. Si le nom est au pluriel, on ne peut employer soi : Ces fautes entranent aprs elles bien des regrets (et non entranent aprs soi). EMPLOI DES -PRONOMS PERSONNELS. EMPLOI DES PRONOMS PERSONNELS. 431. Quand le pronom remplace deux ou plusieurs noms de personnes grammaticalement diffrentes, il se met la pre-mire personne, s'il y en a une; sinon il se met la deuxime. Ex. : Vous, lui et moi, nous sommes fort gs; toi et lui, vous tes malheureux. 432. Moi, toi, lui, eux, soi s'emploient comme sujets : 1 Quand ils sont mis en apposition devant un pronom de la mme personne. Ex. : Toi tu travailles et moi je joue; je vous le dis, moi. 2 Quand ils sont unis avec un nom. Ex. : Mon avocat et moi sommes de cet avis. 3 Pour marquer une opposition : Lui pense ainsi, mais eux pensent autrement. 4 Dans les propositions elliptiques. Ex. : Pensez-vous comme moi? (s.-ent. je pense). On a souvent besoin d'un plus petit que soi (s.-ent. est). EMPLOI DES PRONOMS PERSONNELS. PRONOMS DMONSTRATIFS Mon cheval est moins beau que celui -c i . 433. Les pronoms dmonstratifs remplacent le nom en montrant la personne, l'animal ou la chose dont on parle. Ex. : Mon cheval est moins beau que celui-ci. 434. Les pronoms dmonstratifs sont ; Singulier : Pluriel : Ce, ceci, cela, Celui, celle, Ceux, Celles. Celui-ci, celui-l Ceux-ci, ceux-l, Celle-ci, celle-l, Celles-ci, celles-l. Dans le style familier cela se contracte en a : Donnez-moi a. Les pronoms ce, ceci, cela sont du genre neutre. 435. REMARQUES. Ce est pronom et du neutre: lLorsqu'il accompagne un verbe. Ex. : Ce doit tre son frre. Est-ce lui ? 2 Lorsqu'il est plac devant les pronoms qui, que, quoi, dont. Ex. : Je ferai ce que vous voudrez. Ce est adjectif dmonstratif, quand il est plac devant un nom. Ex. : Ce livre. 436. Il ne faut pas confondre se, pronom personnel, avec ce, adjectif ou pronom dmonstratif. Se peut tre remplac par soi, lui, elle, eux, elles. Ex. : Ce lilas se fane (c'est--dire : Ce lilas fane soi). Ce malade se plaint (c'est--dire : Ce malade plaint lui). PRONOMS DMONSTRATIFS. EMPLOI DES PRONOMS DMONSTRATIFS. Celui-ci. Celui-l. 437. Les pronoms dmonstratifs celui, ceux, celle, celles sont toujours suivis d'un pronom relatif ou d'un com-plment. Ex. : Cet lve est celui qui aura le premier prix. Les dfauts de Henri IV taient ceux d'un homme aimable; ses vertus taient celles d'un grand homme. 438. Celui, celle, ceux celles ne peuvent pas tre suivis d'un simple adjectif ou d'un participe. Ainsi, au lieu de dire : J'ai lu votre lettre et celle destine mon frre, il faut dire avec le relatif : J'ai lu votre lettre et celle qui est destine mon frre. 439. Dans une phrase o il y a deux noms noncs, les pro-noms dmonstratifs celui-ci, celle-ci, ceux-ci, celles-ci, servent dsigner le dernier nom exprim; celui-l, celle-l, ceux-l, celles-l servent dsigner le premier. Ex. : Cicron et Dmosthne furent deux grands orateurs; celui-ci (Dmosthne) tait grec, celui-l (Cicron) tait romain. 440. Lorsque ceci, cela sont mis en opposition, ceci d-signe l'objet qui est le plus prs de nous, et cela l'objet qui en est le plus loign. Ex. : Prenez ceci, laissez cela. 441. Ceci s'applique aussi ce qui va suivre, cela ce qui prcde, dans les phrases telles que : N'oubliez pas ceci : aide-toi, le ciel t'aidera. L'orgueil est un grand dfaut, retenez bien cela. CELUI-CI, CELUI-LA, CECI, CELA PRONOMS POSSESSIFS. Ce livre est plus beau que le vtre. 442. Les pronoms possessifs remplacent le nom en marquant la possession. Ex. : Ce livre est plus beau que le vtre. 443. Les pronoms possessifs sont : 444. REMARQUE. Les adjectifs possessifs notre, votre, ne prennent pas d'accent circonflexe et accompagnent un nom. Les pronoms possessifs le ntre, le vtre, prennent un accent circonflexe et remplacent un nom. Ex. : Nous n'avons plus notre cheval; mais vous avez le vtre. Le v t re , la v t re , les v t r e s s'emploient par politesse au lieu de le lien, la tienne, les tiens. Ainsi l'on dit en s'adressant une seule personne : Voici mon cheval, mais je prfre le vtre; voici mes chevaux, mais je prfre les vtres. Singulier. le mien, la mienne, le tien, la tienne, le sien, la sienne, le ntre, la ntre, le vtre, la vtre, le leur, la leur. Pluriel. les miens, les miennes, les tiens, les tiennes, les siens, les siennes, les ntres, les ntres, les vtres, les vtres, les leurs. les leurs. EMPLOI DES PRONOMS POSSESSIFS. Un mien cousin; la maison est tienne. 445. Les pronoms possessifs remplacent le nom; cependant ils peuvent quelquefois tre joints un nom : un mien cousin; la maison est tienne; Au travers d'un mien pr certain non passa. (RACINE. ) Ils sont alors de vritables adjectifs. 446. Le mien et le tien peuvent, s'employer au neutre au singulier pour indiquer ce qui appartient chacun. Ex. : Deux frres ne devraient jamais distinguer le tien et le mien. 447. Les pronoms possessifs s'emploient aussi comme noms au pluriel pour dsigner les parents, les amis. Ex. : Toi et les tiens; vous et les vtres; moi et les miens, etc. PRONOMS RELATIFS. Le chne que j'ai vu est grand. 448. Les pronoms relatifs unissent le nom ou le pro-nom dont ils tiennent la place avec le membre de phrase qui les suit. Ex. : Le chne que j'ai vu est grand. 449. Les pronoms relatifs sont : qui, que, quoi, dont, o (invariables) et lequel (qui varie en genre et en nombre) : SINGULIER Masculin : Fminin : lequel, laquelle, duquel, de laquelle, auquel, laquelle. PLURIEL Masculin : Fminin : lesquels, lesquelles, desquels, desquelles, auxquels, auxquelles. Le pronom relatif o ne se dit que des choses et peut tre pr-cd des prpositions par, de, jusque. Il a, dans ce cas, le sens de auquel, dans lequel, etc. Ex. : Le pays o je suis n. Quoi est toujours du genre neutre. Dans ce qui ..., ce que .... ce dont..., qui, que, dont sont du neutre. 450. Le mot que le pronom relatif reprsente est appel son antcdent. Ainsi dans : Le chne que j'ai vu, chne est l'ant-cdent de que. 451. REMARQUE. Que est pronom lorsqu'il peut tre remplac par lequel, laquelle, lesquels, lesquelles. Ex. : Voici la rose que j'ai cueillie (c'est--dire laquelle j 'a i cueillie). Que est adverbe lorsqu'il signifie combien ou seulement. Ex . : Que de belles roses j'ai cueillies ! Ne lisons que de bons livres. Que est conjonction lorsqu'il ne signifie ni lequel ni combien. Ex. : Je crois que vous tes heureux. QUI, QUE, QUOI, DONT, LEQUEL. PRONOMS INTERROGATIFS. Qui tes-vous? Lequel prfrez-vous? 452. Les pronoms qui, que, quoi, lequel, etc. servent gale-ment interroger ; on les appelle alors pronoms interrogatifs. E x . : Qui tes-vous? Que demandez-vous? A quoi tes-vous bon? Voici deux accuss, lequel est coupable? 453. L e s pronoms interrogatifs n 'ont pas d'antcdent. 454. Qui interrogatif ne dsigne que des personnes et peut tre sujet, complment ou attribut. Ex. : Qui a fait cela? Qui accuse-t-on? De qui parlez-vous? Qui est-il? Qui tes-vous? 455. Que interrogatif ne dsigne que des choses et est du neutre. Il peut tre attribut et complment direct ou indirect. Ex. : Que se passe-t-il? Que demandez-vous? Que sert-il de parler sans ncessit? 456. Lequel, laquelle, lesquels, etc., employ interrogativement, peut tre sujet ou complment. Ex. : Lequel de ces lves est le plus studieux? Lequel prfrez-vous? Avec lequel des deux tes-vous venu? EMPLOI DES PRONOMS RELATIFS. C'est toi qui parles, c'est nous qui coutons. J'aime les sciences auxquelles je m'applique. 457. Le pronom relatif est toujours du mme genre, du mme nombre et de la mme personne que son antc-dent. Ex. : C'est toi qui parles, c'est nous qui coutons. 458. Qui peut s'employer sans antcdent comme sujet et comme complment; dans ce cas, il ne s'applique qu'aux per-sonnes et est toujours du masculin singulier. Ex. : Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aeux. A qui venge son pre il n'est rien d'impossible. Choisis qui tu voudras. 459. Qui prcd d'une prposition peut s'employer comme complment indirect; mais alors il ne se dit que des personnes ou des choses personnifies. Ex. : L'enfant qui tout cde est le plus malheureux (et non l'enfant auquel...). 0 rochers escarps! je n'ai que vous qui je puisse me plaindre. 460. Que s'emploie comme complment direct d'objet : L'homme que vous avez vu; les livres que vous lisez. Que s'emploie aussi comme complment indirect exprimant une circonstance : Vanne qu'il fit si froid; du temps que les btes par-laient (c'est--dire durant laquelle..,, dans lequel...). 461. Lequel, laquelle, lesquels, lesquelles, etc., pr-cds d'une prposition, se disent surtout des choses. Ex. : Les sciences auxquelles je m'applique (et non les sciences qui...). 462. Quoi ne se dit que des choses et s'emploie ordinairement comme complment indirect avec ce, rien, etc., comme antcdent. Il est toujours du neutre. Ex. : Ce quoi nous pensons; c'est en quoi vous vous trompez; il n'est rien quoi je ne sois dispos. L'antcdent est souvent sous-entendu. Ex . : Voici quoi je pense; dites-moi en quoi je peux vous servir. 463. Dont, quand il marque l'origine, l'extraction, la sortie ne se dit que des personnes. Ex. : La famille illustre dont il descend; la maison dont je sors (ici maison signifie race, famille). 464. D'o marque l'extraction, la sortie, mais ne se dit que des choses. Ex. : Le pays d'o je viens; la maison d'o je sors (ici maison signifie habitation, demeure). D'o s'emploie aussi au lieu de dont pour marquer une conclu-sion : C'est un fait d'o je conclus (et non pas : dont je conclus). EMPLOI DES PRONOMS RELATIFS. EMPLOI DES PRONOMS RELATIFS PRONOMS INDFINIS. Quelqu'un est venu; on nous l'a dit. 465. Les pronoms indfinis dsignent une personne ou une chose d'une manire vague, indfinie, Ex. : Quelqu'un est venu; on nous Va dit. 466. Les pronoms indfinis sont : on ou Von, chacun, autrui, personne, rien, quelqu'un, quiconque, l'un, Vautre, tout, cer-tain, plusieurs, etc. 467. Le mot personne est un p ronom et du masculin lorsqu'il n'est accompagn ni de l'article ni d'aucun adjectif. Ex. : Personne n'est venu. Autrement il est un nom du fminin. Ex. : Cette personne est venue. 468. Le mot rien est pronom neutre lorsqu'il n'est accompagn ni de l'article ni d'un adjectif. Ex. : Je n'ai rien vu. Le mot rien est un nom masculin lorsqu'il est accompagn de l'article ou d'un adjectif. Ex. : Un songe, un rien, tout lui fait peur. 469. Les adjectifs indfinis aucun, autre, certains, nul, tel, tout, plusieurs, etc.. peuvent s'employer sans tre suivis d'un nom et deviennent alors pronoms indfinis. Ex. : Plusieurs ont pleur; tout est perdu, etc. 470. Certain est pronom indfini au pluriel, quand il signifie quel-ques-uns. Ex. : Certains l'affirment. Autrement il est adject if indfini . Ex. : Certain homme, cer-tain auteur; ou adjectif qualificatif. Ex. : J'en suis cer-tain. 4 7 1 . Tel, employ comme pronom, a le sens de celui et ne se dit pas au pluriel. Ex. : Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera. PRONOMS INDFINIS. EMPLOI DES PRONOMS INDFINIS. Les abeilles bt issent chacune sa ou leur cellule. 472. Le pronom chacun plac avant le verbe se construit avec son, sa, ses. Ex. : Chacun doit parler son tour. 473. Lorsque chacun est plac aprs le verbe, il se con-struit indiffremment avec son, sa, ses, ou avec leur, leurs. Ex. : Remettez ces livres-l chacun sa ou leur place. Les abeilles btissent chacune sa ou leur cellule. 474. La locution l'un l'autre exprime la rciprocit et prend les deux genres et les deux nombres. Ex. : Ils s'aiment l'un l'autre. Elles se nuisent les unes aux autres. Dans ce cas l'un est sujet et l'autre est complment direct 011 indirect. 475. L'un et l'autre n'expriment pas la rciprocit, mais simplement l'ide de deux personnes ou de deux choses. Ex. : Ils sont malades l'un et l'autre. 476. Le pronom on est ordinairement du masculin singu-lier; mais, lorsqu'il dsigne une femme, l'adjectif qui s'y rap-porte se met au fminin : A votre ge, ma fille, on est bien curieuse. Aprs et, si, ou, on met Von au lieu de on : Si /'on savait tout. A moins que on ne soit suivi de le, la, les : Qu'il parle et on lcoutera; si on le savait. CHACUN, L'UN L'AUTRE, L'UN ET L'AUTRE, ON. RCAPITULATION DES PRONOMS. 1 Personnels. 2 Dmonstratifs. 3 Possessifs. 4 Relatifs. 5 Interrogatifs. 6 Indfinis. PRONOMS (6 sortes), RCAPITULATION DES PRONOMS. RCAPITULATION DES PRONOMS. DU VERBE Le cheval est utile. Le loup mange l'agneau. 477. Le verbe est un mot qui marque que l'on est ou que l'on fait quelque chose. Ex. : Le cheval est utile; le loup mange l'agneau. Dans cette phrase : Le cheval est utile, le mot est est verbe, le mot utile est attribut; le mot cheval est sujet. Dans : Le loup mange l'agneau, le mot mange est verbe; le mot loup est sujet; le mot agneau est complment d'objet, c'est--dire le mot sur lequel porte l'action exprime par le verbe mange. 478. REMARQUE. On considre comme locutions verbales les expressions formes d'un verbe et d'un nom employ sans article, comme avoir faim, avoir soif, avoir peur, avoir soin, avoir droit, prendre part, chercher querelle, faire grce, rendre compte, tenir tte, faire face, etc., qui ont le sens de verbes simples et ne se dcomposent pas dans l'analyse. On considre aussi comme locutions verbales les expressions formes de deux verbes dont le premier est employ comme auxiliaire de l'infinitif. Ex. : Je dois partir, je vais crire, il laisse tomber, il fait venir, il vient de sortir, etc. DU VERBE. SUJET. Le berger garde le troupeau. 479. On appelle sujet le mot reprsentant la personne ou la chose qui est ou qui fait quelque chose. Quand on dit : Le berger garde le troupeau, le mot berger, qui indique celui qui fait l'action de garder, s'appelle sujet du verbe. 480. REMARQUE. Le sujet peut tre : un nom, un mot employ comme nom, un pronom, un infinitif. (Voir 254.) 481. On reconnat le sujet d'un verbe en faisant devant ce verbe la question : qui est-ce qui? pour les personnes et les animaux, et qu'est-ce qui? pour les choses. Ex. : Le matre parle. L'encre est noire. Qui est-ce qui parle? le matre. Matre est sujet de parle. Qu'est-ce qui est noire? l'encre. Encre est sujet de est. SUJET. ATTRIBUT. Le chien est docile. 482. On appelle attribut le mot ou l'expression qui indique la qualit attribue au nom. Ex. : Le chien est docile : docile est attribut de chien. Cet homme passait pour un savant : savant est attribut de homme. Cet enfant est en colre : en colre est attribut de enfant. Dans Je le crois riche : riche est attribut du complment le. 483. L 'a t t r ibu t peut tre ; un nom, un adjectif, un pronom, un infinitif, un participe, un mot invariable, ou une expression jouant le rle d'un adjectif. L'attribut du sujet est ordinairement joint au sujet par le verbe tre ou par l'un des verbes sembler, devenir, paratre, passer pour, rester, demeurer, tre regard comme, etc. (Voir 257.) 484. L'attribut, quand il est mot variable, s'accorde tou-jours en genre et en nombre avec le mot auquel il se rapporte. Ex. : L'herbe est verte; ces nombres sont gaux. COMPLMENT DIRECT. Jean donne du pain. 485. On appelle complment d'un verbe le mot qui com-plte l'ide exprime par ce verbe. Ex. : Jean donne du pain. 486. Le verbe peut avoir deux sortes de complments; le complment direct et le complment indirect. 487. Le complment direct complte la signification du verbe directement, c'est--dire sans le secours d'un autre mot : Jean donne du pain. Pain est un complment direct. On dit, dans ce cas, que pain exprime l'objet de l'action marque par donne; pain est donc complment direct d'objet, c'est--dire le mot sur lequel porte directement l'action exprime par le verbe donne. 488. On reconnat le complment direct d'objet en faisant aprs le verbe la question qui? ou quoi? pour trouver l'objet de l'action. Ex. : Paul aime son pre. Paul aime les fruits. Paul aime qui? son pre. Pre est compl. direct d'objet. Paul aime quoi ? les fruits. Fruits est compl. direct d'objet. COMPLMENT DIRECT. COMPLMENT INDIRECT. Jean donne du pain au pauvre. 489. Le complment indirect est celui qui complte la signification du verbe par un moyen indirect, c'est--dire avec le secours de certains mots, tels que , de, etc., qu'on appelle, prpositions. Ex. : Jean donne du pain au pauvre. Pauvre est un complment indirect. 490. On reconnat le complment indirect d'un verbe en faisant aprs ce verbe les questions qui ? ou quoi ? de qui ? ou de quoi ? par qui F ou par quoi ? pour qui ? ou pour quoi ? etc. Ex. : Je parle Pierre. Je parle qui ? Pierre. Pierre est complment indirect de parle. (On pourrait dire ici que Pierre est complment indirect d'objet.) Le complment indirect peut tre aussi un pronom ou un verbe l'infinitif. Ex. : Qui vous a dit cela? Je lis pour m'instruire. Vous et instruire sont complments indirects. NOTA. Chacun des pronoms me, te, se, nous, vous peut tre un cas complment indirect sans tre construit avec une prpo-sition. Ex. : On me le donne; tu nous enverras ce livre. Les pronoms lui, leur, en, y sont toujours complments indirects. COMPLMENT INDIRECT COMPLMENT EXPRIMANT LA CIRCONSTANCE. Jean donne du pain au pauvre avec plaisir. 491. Parfois un complment, gnralement indirect, s'ajoute au verbe pour exprimer une circonstance de lieu, de temps, de manire, de cause, de prix, etc. Ex. : Jean donne du pain au pauvre avec plaisir. Plaisir est, dans ce cas, complment indirect de manire. 492. On reconnat le complment de circonstance en faisant aprs le verbe la question o ? quand ? comment ? pourquoi ? combien, etc. Ex. : Je me promne le matin la campagne. Je me promne quand? le matin. Matin, compl. de temps O? la campagne Campagne, compl. de lieu. 493. Deux ou plusieurs verbes peuvent avoir un compl-ment commun, si ces verbes n'exigent pas des complments de forme diffrente : L'enfant doit chrir et respecter ses parents. Dans cette phrase, parents peut servir de complment la fois aux deux verbes chrir et respecter, parce qu'on dit chrir quel-qu'un, respecter quelqu'un. Mais on ne dira pas : L'enfant doit obir et respecter ses parents, parce qu'obir veut un complment indirect; il faut alors expri-mer les deux complments part en disant : L'enfant doit res-pecter ses parents et leur obir. COMPLMENT EXPRIMANT LA CIRCONSTANCE. RADICAL. TERMINAISON. NOMBRES. PERSONNES. 494. Radical, terminaison. On distingue dans les verbes deux parties distinctes : le radical et la terminaison. 1 Le radical est la partie du mot qui ne change pas dans les verbes conjugaison rgulire. 2 La terminaison est la partie du mot qui s'ajoute au radical pour indiquer les divers changements de nombres, de personnes, de modes, de temps. Ainsi, dans je march-e, nous march-ons, vous march-erez, le radi-cal est march..., et les syllabes ...e, ...ons, ...erez qui suivent le radical sont des terminaisons. 495. Nombres. Les verbes ont deux nombres : le sin-gulier : je marche, tu lis, il mange; le pluriel : nous mar-chons, vous lisez, ils mangent. 496. Personnes. L'action qu'exprime le verbe peut tre faite, soit par la personne qui parle, soit par la personne qui l'on parle, soit par la personne de qui on parle. Il y a donc trois personnes dans les verbes : 1re pers. Je suis. Nous sommes. 2e pers. Tu es. Vous tes. 3e pers. Il est. Ils sont. MODES. 497. Le mode est la manire dont le verbe prsente l'tat ou l'action qu'il exprime. Il y a six modes en franais : Vindicatif, le conditionnel, l'impratif, le subjonctif, l'infinitif et le participe 1 Le mode indicatif indique simplement que l'action a lieu, a eu lieu ou aura lieu. Ex. : Je marche, tu lisais, il crira. 2 Le mode conditionnel indique que l'action aurait lieu, si une certaine condition, exprime ou sous-entendue, tait remplie. Ex. : Je sortirais, s'il faisait beau. 3 Le mode impratif exprime le commandement. Ex. : Marche, lisons, coutez. 4 Le mode subjonctif prsente l'action d'une manire douteuse, parce qu'elle dpend toujours d'une autre action. Ex. : Je veux que tu viennes. 5 Le mode infinitif prsente simplement l'action d'une manire vague, de temps indtermin, sans distinction de nombre ni de personne. Ex. : Lire, faire, remplir. 6 Le mode participe tient la fois du verbe et de l'adjec-tif. Ex. : Aimant, aim. 498. Le mode infinitif et le mode participe, qui n'indiquent pas les personnes, sont dits modes impersonnels ; les autres modes, qui indiquent les personnes, sont dits modes personnels. TEMPS. Je marche, j'ai march, je marcherai. 499. Le temps est la srie des formes que prend le verbe pour marquer quel moment se fait la chose dont on parle. Il y a trois temps principaux : le prsent, le pass et le futur. 500. Le prsent marque que l'action se fait au moment o l'on parle. Ex. : Je marche aujourd'hui. 501. Le pass marque que l'action a t faite. Ex. : J'ai march hier. On distingue cinq sortes de passs : l'imparfait, le pass simple, le pass compos, le pass antrieur et le plus-que-parfait. 1 L'imparfait exprime une action actuellement passe, mais qui ne l'tait pas encore quand une autre s'est faite : Je lisais quand vous tes entr. 2 Le pass simple exprime une action faite une poque dter-mine, compltement passe au moment ou l'on parle : Je lus hier toute la journe. 3 Le pass compos exprime une action faite une poque indtermine, sans prcision : J'ai lu ce livre autrefois. 4 Le pass antrieur exprime une action faite immdiate-ment avant une autre galement passe : Quand j'eus lu ce livre, je sortis. 5 Le plus-que-parfait exprime une action faite avant une autre galement passe : J'avais lu ce livre quand je sortis. REMARQUE. L'impratif pass indique qu'une action doit tre accomplie avant un temps dtermin : Ayez fini dans une heure; ayons tout rgl avant quatre heures. 502. Le futur marque que l'action se fera. Ex. : Je mar-cherai demain. On distingue deux sortes de futurs : le futur simple et le futur antrieur. 1 Le futur simple marque simplement que l'action se fera : Je lirai ce livre. 2 Le futur antrieur marque que l'action se fera avant une autre qui est faire : J'aurai lu ce livre quand vous viendrez. TBMPS. VERBES AUXILIAIRES. J 'a i a im. Je suis a im. 503. On appelle auxiliaires les verbes tre et avoir, lors-qu'ils aident conjuguer les autres verbes. Ex. : Je suis venu, j ' a i dormi. On appelle temps simples les temps conjugus sans l'auxiliaire tre ou avoir. Ex. : J'aime, j'aimais, que j'aime. On appelle temps composs les temps conjugus avec l'auxiliaire tre ou avoir. Ex. : J'ai aim, je serais aim. 504. R E M A R Q U E . Avoir et tre sont auxiliaires dans j 'ai aim, je suis aim; mais ils ne sont plus auxiliaires dans j 'ai un cheval, je suis content. Ai marque alors la possession comme le ferait le verbe possder; suis marque l'existence. 505. On peut considrer comme auxiliaires certains verbes tels que devoir, aller, venir de, faire, laisser, falloir, etc., construits avec un infi-nitif comme dans ces locutions verbales Il devait venir; je vais sortir; il vient de parler; je lui fais faire son devoir; il laissa tomber sa proie {sa proie, compl. dir. d'objet de laissa tomber). (Voir 478.) VERBES AUXILIAIRES. 506. CONJUGAISON DU VERBE AVOIR. INDICATIF [J'ai, j'eus, j'aurai un prix] PRSENT [aujourd'hui] 3' ai T u as Il ou elle a Nous avons Vous avez Ils ou ( Elles ) n t IMPARFAIT F avais T u avais Il avai t Nous avions Vous aviez Ils avaient PASS SIMPLE [hier] J ' eus T u eus Il eut Nous emes Vous etes Ils eurent FUTUR [demain] J' aur ai T u auras Il aura Nous aurons Vous aurez Ils auront PASS COMPOS [J'ai eu Tu as eu Il ou elle a eu Nous avons eu Vous avez eu Ils ou ( Elles ) n t eu PLUS-QUE-PARFAIT [J'avais eu T u avais eu Il avai t eu Nous avions eu Vous aviez eu Ils avaient eu PASS ANTRIEUR J'eus eu T u eus eu Il eut eu Nous emes eu Vous etes eu Ils eurent eu FUTUR A N T R I E U R J'aur ai eu Tu auras eu Il aura eu Nous aurons eu Vous aurez eu lls auront eu CONDITIONNEL [J'aurais un prix, si je travaillais] PRSENT P A S S 1 J ' aur ais J 'aur ais eu T u aurais Tu aurais eu Il aurait II aurait ' eu Nous aurions Nous aurions eu Vous auriez Vous auriez eu Ils auraient [Ils auraient eu IMPRATIF [Aie un prix] PRSENT PASS Aie Aie eu Ayons Ayons eu A y e z A y e z eu SUBJONCTIF [Il faut que j'aie, que j'aie eu un prix] PRSENT PASS Que j ' aie Que j ' a ie eu Que tu aies Que tu aies eu Qu'il ait Qu'il ait eu Que n. ayons Que n. ayons eu Que v. ayez Q u e vous ayez eu Qu'ils aient Qu'ils aient eu [Il fallait que j'eusse, que j'eusse eu un prix] IMPARFAIT PLUS-QUE-PARFAIT Que j ' eusse Que j 'eusse eu Que tu eusses Que tu eusses eu Qu'il et Qu'il et eu Que n. eussions Que n. eussions eu Que v. eussiez Que v. eussiez eu Qu'ils eussent Qu'ils eussent eu INFINITIF [Avoir un prix est honorable] PRSENT PASS Avoir | Avoir eu PARTICIPE [L'enfant ayant eu un prix mrite des loges] PRSENT PASS A y a n t | A y a n t eu PARTICIPE PASS E u ; fm. eue. 1.Autre forme du conditionnel pass: J'eusse eu; tu eusses eu; il et eu; nous eussions eu; vous eussiez eu; ils eussent eu. EXERCICES. VERBES AUXILIAIRES. 507. CONJUGAISON DU VERBE TRE. INDICATIF [Je suis, je fus, je serai sage] PRSENT PASS aujourd'hui] COMPOS Je suis I J'ai t Tu es T u as t Il ou elle est Il ou elle a t Nous sommes Nous avons t Vous tes Vous avez t Ils ou ) Ils ou ) Elles \ s o n t Elles \ o n t e t IMPARFAIT PLUS-QUE-PARFAIT J ' tais J 'avais t Tu tais T u avais t Il tait Il avai t t Nous tions Nous avions t Vous tiez Vous aviez t Ils taient Ils avaient t PASS SIMPLE PASS [hier] A N T R I E U R Je fus I J'eus t Tu fus Tu eus t Il fut Il eut t Nous fmes Nous emes t Vous ftes Vous etes t Ils furent Ils eurent t FUTUR FUTUR [demain] A N T R I E U R Je ser ai J 'aur ai t T u seras T u auras t Il sera Il aura t Nous serons Nous aurons t Vous serez Vous aurez t Ils seront Ils auront t CONDITIONNEL [Je serais sage, si j'tais en classe] [J'aurais t sage, si j'avais t en classe] PRSENT PASS 1 Je ser ais J 'aur ais t T u serais T u aurais t Il serait Il aurait t Nous serions Nous aurions t Vous seriez Vous auriez t Ils seraient Ils auraient t I IMPRATIF [Sois sage] PRSENT PASS Sois Aie t Soyons Ayons t Soyez A y e z t SUBJONCTIF [Il faut que je sois, que j'aie t sage] PRSENT PASS Que je sois Que j ' a i e t Que tu sois Que tu aies t Qu'il soit Qu' i l ait t Que n. soyons Que nous ayons t Que v . soyez Que vous ayez t Qu'ils soient Qu'ils aient t Il fallait que je fusse, que j'eusse t sage] IMPARFAIT PLUS-QUE-PARFAIT Que je fusse Que j 'eusse t Que tu fusses Que tu eusses t Qu'il ft Qu'i l et t Que n. fussions Que n. eussions t Que v . fussiez Que v . eussiez t Qu'ils fussent Qu'ils eussent t INFINITIF [Tu dois tre sage] PRSENT PASS tre Avoi r t PARTICIPE [Paul, tant sage, travaille bien] PRSENT PASS tan t A y a n t t PARTICIPE PASS INVARIABLE t. 1. Autre forme du conditionnel pass : J'eusse t; tu eusses t; il et t; nous eussions t; vous eussiez t; ils eussent t. EXERCICES CONJUGAISON. Aimer finir rompre. 508. Conjuguer un verbe, c'est en donner la suite les diffrents temps tous leurs nombres et toutes leurs per-sonnes. 509. Au point de vue de la conjugaison, les verbes de forme active sont rpartis en trois groupes: Au premier groupe appartiennent les verbes qui ont l'in-dicatif prsent termin par e et l'infinitif prsent par er (aimer, chanter, etc.). Au deuxime groupe appartiennent les verbes l'infinitif en ir qui ont l'indicatif prsent termin par is et le parti-cipe prsent en issant (finir, grandir, etc.). Au troisime groupe appartiennent tous les autres verbes (recevoir, rompre, perdre, conclure, acqurir, cueillir, etc.). Le franais comprend (si l'on prend pour base le Dictionnaire de l'Aca-dmie) environ 4 000 verbes simples (nous laissons de ct les composs) dont 3 600 se terminent en e r (type aimer); 330 en ir (avec l'imparfait en issais (type finir); 28 en ir (avec l'imparfait en ais), 13 verbes en oir et 50 verbes en re, qui constituent le 3e groupe des verbes envisags au point de vue de leur conjugaison. Le premier groupe comprend donc lui seul les quatre cinquimes des verbes franais. Comme on l'a vu ( 169), notre langue cre des verbes l'aide des noms et des adjectifs, en ajoutant aux premiers la terminaison er : fte, fter, gant, ganter, lard, larder, camp, camper; en ajoutant aux seconds la terminaison ir : maigre, maigrir, cher, chrir, bleu, bleuir, ple, plir. Les verbes en er s'augmentent des verbes nouveaux for-ms avec les noms, les verbes en ir (type finir) s'augmentent des verbes nouveaux forms avec les adjectifs; les conjugaisons de ces sortes de verbes sont donc des conjugaisons vivantes puisqu'elles se prtent encore chaque jour de nouvelles formations. Les verbes en ir, qui n'intercalent pas iss entre leur radical et leur ter-minaison, et les verbes en oir et en re sont, au contraire, incapables de s'augmenter de verbes nouveaux et, depuis l'origine de la langue, le fran-ais n'a pas ajout un seul verbe de ce groupe au petit nombre de ceux que le latin lui avait lgus. Les conjugaisons de ces sortes de verbes peu-vent donc, bon droit, tre appeles conjugaisons mortes. EXERCICES. CONJUGAISON. PREMIER MODLE DE CONJUGAISON. 510. V E R B E Aimer. (Radical aim Terminaison er.) INDICATIF [ J'aime, j'aimai, j'aimerai le travail] PRSENT PASSE [aujourd'hui] COMPOS J' a i m e J'ai a i m T u a imes T u as a i m Il ou elle aim e Il ou elle a aim Nous a imons Nous avons a i m Vous a i m e z Vous avez a i m Ils ou ) Ils ou ) Elles ) a i m e n t |Elles ) o n t a i m IMPARFAIT PLUS-QUE-PARFAIT J ' aim ais J 'avais aim T u aim ais T u avais aim Il aim ait Il ava i t a i m Nous a imions Nous avions a i m Vous a i m i e z Vous aviez a i m Ils aim aient Ils avaient a i m PASS SIMPLE PASS [hier] A N T R I E U R J' a i m a i J'eus a i m T u aim as T u eus aim Il a i m a II eut a i m Nous aim mes Nous emes aim Vous aim tes Vous etes aim Ils a imren t Ils eurent a i m FUTUR FUTUR [demain] A N T R I E U R J ' a i m e r a i J 'aurai a i m Tu a i m e r a s T u auras a i m Il a i m e r a II aura a i m Nous a i m e r o n s Nous aurons a i m Vous a i m e r e z Vous aurez a i m Ils a i m e r o n t Ils auront a i m CONDITIONNEL [J'aimerais le travail si j'tais bien portant] PRSENT PASS 1 J' aim er ais J 'aurais aim Tu aim er ais T u aurais aim Il aim er ait Il aurait aim Nous aim er ions Nous aurions aim Vous aim er iez Vous auriez aim Ils aim er aient Ils auraient a i m IMPRATIF [Aime le travail] PRSENT PASS Aim e Aie aim Aim ons Ayons aim A i m ez A y e z aim SUBJONCTIF [Il faut que j'aime, que j'aie aim le travail] PRSENT PASS Q. j ' a i m e Que j ' a ie a i m Q. tu aim es Que tu aies aim Qu'i l a i m e Qu'i l ait a i m Q. n. aim ions Que n. ayons aim Q v . aim iez Que v. ayez aim Qu'ils aim ent Qu'ils aient aim [Il fallait que j'aimasse, que {'eusse aim le travail] IMPARFAIT PLUS-QUE-PARFAIT Q. j ' a imasse Que j 'eusse a i m Q. tu aim asses Que tu eusses aim Qu'il aim t Qu'il et aim Q. n. aim assions Que n. eussions a i m Q. v . a imass i ez Que v. eussiez a i m Qu'ils aim assent Qu'ils eussent aim INFINITIF [Tu dois aimer le travail] PRSENT PASS A i m er. Avoi r aim PARTICIPE [Les lves aimant, ayant aim le travail sont heureux] PRSENT PASS A i m ant A y a n t aim PARTICIPE PASS PASSIF A i m ; fm. a im e. 1. Autre forme du conditionnel pass : J'eusse aim; tu eusses aim; il et aime; nous eussions aim ; vous eussiez aime; ils eussent aim. PREMIER GROUPE DES VERBES. REMARQUES SUR CERTAINS VERRES. 267 Mener , je mne. Cder , je cde. Appeler , j ' appe l le . Jeter, je jette. Pe rce r , nous perons. Venger , nous vengeons. 511. Les verbes comme mener, cder, qui ont un e muet ou un ferm l'avant-dernire syllabe de l'infinitif, chan-gent cet e muet ou cet ferm en ouvert lorsqu'il est suivi d'une syllabe muette : mener, cder, rvler, complter, abrger, font je mne, je cde, je rvle, je complte, j'abrge. Cependant les verbes qui ont un accent aigu l'infinitif le gardent au futur et au conditionnel : cder, je cderai, je cderais. 512. Les verbes suivants en eler, eter, redoublent la con-sonne l ou t devant un e muet et font : j'amoncelle, je jette-rai, etc. : amonceler. canneler, denteler, fureter, rteler, appeler, caqueter, empaqueter, haleter, renouveler, atteler, carreler, ensorceler, javeler, ressemeler, banqueter, chanceler, peler, jeter, ruisseler, bosseler, ciseler, tinceler, morceler, souffleter, briqueter, colleter, feuilleter, museler, tacheter, cacheter, dchiqueter, ficeler, niveler, voleter. 5 1 3 . Acheter, becqueter, bourreler, breveter, celer, crocheter, dcolle-ter, dmanteler, carteler, pousseter, tiqueter, geler, harceler, inquiter, marteler, modeler, peler, font exception la rgle et se bornent prendre un accent grave sur l'e : je cle, il gle, nous achterons, etc. 514. Les verbes comme percer, effacer, tracer, etc. prennent une cdille sous le c toutes les fois que cette lettre est devant un a ou un 0 : je perais, nous effaons. 515. Les verbes comme venger, manger, loger, etc., prennent e muet aprs le g toutes les fois que cette lettre est devant un a ou un 0 : je vengeais, nous mangeons. 516. Dans les verbes en er, ier, comme crer, prier, les voyelles , i font partie du radical. Ces verbes font donc je cre, je crerai, je prierai; que nous crions, que nous pri ions, etc. 517. Les verbes en oyer, uyer, comme employer, essuyer, changent l'y en i devant un e muet : je coudoie, j'emploie, j'essuie, etc. REMARQUES SUR CERTAINS VERBES. 518. Les verbes en ayer, eyer, comme payer, grasseyer, gardent ordinairement partout l'y : je paye, je payerai, je grasseye, je grasseyerai. Cependant les verbes en ayer peuvent changer l'y en i la troisime personne du singulier et la troisime personne du pluriel du prsent de l'indicatif, ainsi qu'au futur et au pr-sent du conditionnel. Ex, : Elle balaie. Il balaiera. Ils paient. Elle paierait. On peut aussi crire : je paierai, j'essaierai, etc. REMARQUES SUR CERTAINS VERBES. REMARQUES SUR CERTAINS VERBES. DEUXIME MODLE DE CONJUGAISON. 519. V E R B E FINIR. (Radical fin Terminaison ir.) INDICATIF [Je finis, j'ai fini, je finirai mon devoir) PRSENT PASS [aujourd'hui] COMPOS Je fin is J'ai fin i T u finis T u as fini Il ou elle fin it Il ou elle a fin i Nous finissons Nous avons fini Vous fin iss ez Vous avez fin i Ils ou Ils ou Elles finissent E l l e s n t fini IMPARFAIT PLUS-QUE-PARFAIT Je finissais J 'avais fini T u fin iss ais T u avais fin i Il fin iss ait Il ava i t fin i Nous finissions Nous avions fini Vous fin iss iez Vous aviez fin i Ils fin iss aient Ils avaient fin i PASS SIMPLE PASS [hier] A N T R I E U R Je fin is (J'eus fin i T u fin is Tu eus fin i Il finit Il eut fini Nous fin mes Nous emes fin i Vous fin tes Vous etes fin i Ils finirent Ils eurent fini FUTUR FUTUR [demain] A N T R I E U R Je fin ir ai J'aurai fin i T u fin ir as T u auras fin i Il finira Il aura fini Nous finirons Nous aurons fini Vous fin ir ez Vous aurez fin i Ils finiront Ils auront fini CONDITIONNEL [Je finirais mon devoir, si j'avais le temps] PRSENT PASS 1 Je fin ir ais J'aurais fin i T u fin ir ais T u aurais fin i Il fin ir ait Il aurait fini Nous finirions Nous aurions fini Vous fin ir iez Vous auriez fin i Ils finiraient Ils auraient fini IMPERATIF [Finis, aie fini ton devoir] PRSENT PASS F i n i s Aie fini Fin iss ons Ayons fin i Fin iss ez Ayez fin i SUBJONCTIF [Il faut que je finisse, que j'aie fini mon devoir] PRSENT PASS Q. je finisse Que j ' a ie fini Q. tu fin iss es Que tu aies fin i Qu'il finisse Qu'il ait fini Q. n. fin iss ions Que nous ayons fin i Q. v. fin iss iez Que vous ayez fin i Qu'ils finissent Qu'ils aient fini [Il fallait que je finisse, que j'eusse fini mon devoir] I M P A R F A I T P L U S - Q U E - P A R F A I T Q. je finisse Que j 'eusse fini Q. tu finisses Que tu eusses fini Qu'il fint Qu'il et fini Q. n. fin issions Que n. eussions fin i Q. v . finissiez Que v . eussiez fini Qu'ils fin issent Qu'ils eussent fin i INFINITIF [Finir son devoir est bien] P R S E N T PASS Fin ir Avoir fini PARTICIPE [On loue les lves finissant, ayant fini leurs devoirs] P R S E N T PASS Fin iss ant A y a n t fin i P A R T I C I P E PASS PASSIF F i n i ; fm. fin ie. 1. Autre forme du conditionnel pass : J'eusse fini ; tu eusses fini : il et fini ; nous eussions fini; vous eussiez fini; ils eussent fini. DEUXIME GROUPE DES VERBES. REMARQUES SUR CERTAINS VERBES. 520. Bnir a deux participes, bni, bnie, e t bnit, bnite : ce dernier, qui n'est plus aujourd'hui qu'adjectif, est usit seulement dans le langage religieux : pain bnit, eau bnite. 521 . Fleurir a deux formes, l 'une rgulire, fleurissant, l 'autre irrgulire, florissait, florissant, qui s 'emploie au figur dans le sens de briller, prosprer. 522. Har ne s'crit sans trma qu 'au singulier de Vindi-catif prsent : je hais, tu hais, il hait, et la deuxime per-sonne du singulier de l ' impratif : hais. Les verbes en ir qui n'intercalent pas, comme finir, la syllabe iss aprs le radical (finissons, finissant), sont classs parmi les verbes du troisime groupe. (Voir page 279.) T R O I S I M E MODLE DE CONJUGAISON. 523. V E R B E ROMPRE. (Radical romp Terminaison re.) INDICATIF [ Je romps, je rompis, je romprai le silence] PRSENT PASS [aujourd'hui] COMPOS Je r o m p s J'ai r o m p u Tu r o m p s Tu as r o m p u Il ou elle romp t Il ou elle a romp u Nous rompons Nous avons r o m p u Vous r o m p e z Vous avez r o m p u Ils ou ) Ils ou } Elles rompent E l les o n t r o m P u IMPARFAIT PLUS-QUE-PARFAIT Je rompa i s J 'avais r o m p u T u r o m p a i s T u avais r o m p u Il rompa i t Il avai t r o m p u Nous romp ions Nous avions romp u Vous r o m p i e z Vous aviez r o m p u Ils romp aient Ils avaient romp u PASS SIMPLE PASS [hier] A N T R I E U R Je rompis J'eus r o m p u T u rompis T u eus r o m p u Il rompi t Il eut r o m p u Nous romp mes Nous emes romp u Vous romptes Vous etes r o m p u Ils romp irent Ils eurent romp u FUTUR FUTUR [demain] A N T R I E U R Je rompr ai J 'aurai romp u Tu rompr as Tu auras romp u Il r o m p r a Il aura r o m p u Nous romprons Nous aurons romp u Vous rompr ez Vous aurez romp u Ils rompront Ils auront r o m p u CONDITIONNEL [Je romprais le silence, si c'tait ncessaire] PRSENT PASS 1 Je rompra is J'aurais r o m p u T u rompra is Tu aurais rompu Il rompra i t Il aurait r o m p u Nous rompr ions N. aurions romp u Vous rompr iez V . auriez romp u Ils rompraient Ils auraient r o m p u IMPRATIF [Romps le silence] PRSENT PASS R o m p s Aie romp u R o m p o n s Ayons r o m p u Romp ez A y e z romp u SUBJONCTIF [Il faut que je rompe, que j'aie rompu le silence] PRSENT PASS Que je r o m p e Que j ' a i e r o m p u Que tu r o m p e s Que tu aies u Qu'il r o m p e Qu'il ait u Que n. rompions Que n. ayons u Que v . r o m p i e z Que v. ayez u Qu'ils rompen t Qu'ils aient u [Il fallait que je rompisse, que j'eusse rompu le silence] IMPARFAIT PLUS-QUE-PARFAIT Que je rompisse Que j 'eusse r o m p u Que tu rompisses Que tu eusses u Qu'il r omp t Qu'il et u Que n. romp issions Que n. eussions u Que v . rompiss iez Que v . eussiez u Qu'ils rompissent Qu'ils eussent u INFINITIF [Rompre le silence est parfois ncessaire] PRSENT PASS R o m p r e Avoi r r o m p u PARTICIPE [En rompant le silence on rend parfois service] P R S E N T PASS R o m p a n t A y a n t r o m p u PARTICIPE PASS PASSIF R o m p u ; fm. romp ue. 1. Autre forme du conditionnel pass : J'eusse rompu; tu eusses rompu; il et rompu; nous eussions rompu; vous eussiez rompu; ils eussent rompu. TROISIME GROUPE DES VERBES. REMARQUES SUR CERTAINS VERBES. 524. Remarques sur certains verbes du troisime groupe. 1 Les verbes dont le radical est termin par un d, comme entendre, coudre, perdre, mordre, gardent le d la troisime personne du singulier du prsent de l'indicatif : il entend, il cou d, il per d, il mord. Dans ce cas, le d tient lieu de t. 2 Les verbes en indre et en soudre perdent le d aux deux premires personnes du singulier du prsent de l'indi-catif : je crain s, je pein s, tu absous; la troisime personne, ils s'crivent rgulirement : il craint, il peint, il absout. 3 Les verbes en atre et en otre, comme connatre, crotre, prennent l'accent circonflexe sur i chaque fois que cet i est suivi d'un t : il connat, il crot, je connatrai, tu crotras. 4 Plaire, complaire, dplaire, prennent un accent circonflexe la 3e personne du singulier du prsent de l'indi-catif : il plat, il complat, il dplat. 5 Tous les verbes en e ndre prennent un e, sauf rp a ndre et p a ndre qui s'crivent avec un a. 6 Il ne faut pas confondre les verbes l'infinitif en ire avec les verbes l'infinitif en ir qui se conjuguent comme finir. Tous les verbes en ire (except bruire, crire, maudire et rire) ont leur participe prsent termin par sant (prononc zant) : conduire, conduisant, luiire, luisant. 7 Il ne faut pas confondre les participes passs cru (du verbe croire) et cr (du verbe crotre); ce dernier a un accent circonflexe. TROISIME GROUPE DES VERBES. 525. Remarques sur certains verbes du troisime groupe (Suite). 1 Les verbes comme recevoir, apercevoir, etc., prennent une cdille sous le devant 0, u : j'aperois, je reus. 2 Pouvoir, valoir, vouloir, se terminent par un x la premire et la deuxime personne du prsent de l'indi-catif : je peux, tu peux; je vaux, tu vaux; je veux, tu veux. Dans ce cas l'x tient lieu de s. 3 Pouvoir et voir prennent deux r au futur simple et au prsent du conditionnel : je pourrai, je verrai; je pourrais, je verr ais. 4 Devoir, redevoir, mouvoir, prennent un accent circonflexe sur l'u du participe pass masculin : d, red, m. REMARQUES SUR LA CONJUGAISON. 526. REMARQUES GNRALES SUR LES GROUPES DE V E R B E S . On a vu, par les leons et les exercices qui prcdent, que : 1 Le 1 e r groupe des verbes de forme active, considrs au point de vue de leur conjugaison, comprend les verbes en er dont la premire personne du singulier de l'indicatif prsent se termine par e. Ex. : aimer, chanter (j'aime, je chante). On peut appeler ce 1e r groupe de verbes le groupe des verbes en e. 2 Le 2e groupe des verbes de forme active comprend les verbes en ir dont la premire personne du singulier de l'indicatif prsent se termine par is et qui ont le participe prsent en issant. Ex. : finir, grandir (je finis, je grandis, finissant, grandissant). On peut appeler ce 2e groupe de verbes le groupe des verbes en is. 3 Le 3e groupe des verbes de forme active, envisags quant leur conjugaison, comprend : 1 les verbes en ir qui n'intercalent pas dans leur conjugaison iss entre leur radical et leur terminaison (et qui ont le participe prsent en ant). Ex. : mentir, sentir, partir, dormir, courir, mou-rir, tenir, venir, acqurir, etc., qui font la premire personne du singulier de l'indicatif prsent : je men s, je sen s, je par s, je dor s, je cour s, je meur s, je tien s, je vien s, j'acquier s, etc. ; 2 les verbes en oir comme voir, recevoir, apercevoir, qui font la premire personne du singulier de l'indicatif prsent : je vois, je reois, j'aperois, etc.; 3 les verbes en re, comme rompre, conclure, paratre, lire, crire, mettre, etc., qui font la premire personne du singulier de l'indi-catif prsent : je romps, je conclus, je parais, je lis, j'cris, je mets, etc. On peut appeler ce 3e groupe de verbes le groupe des verbes en s. Dans certains verbes, toutefois, l'x tient lieu de s. : je peu x, je vau x, je veu x. REMARQUE. Quelques verbes en ir, comme cueillir, offrir, ouvrir, souffrir, etc., rangs dans le 3e groupe, ont, dans leur conjugaison, cer-taines terminaisons des verbes du 1er groupe : je cueill e, j'offr e, tu ouvre s, il souffr e, cueille (impratif), etc. Cueillir et ses composs ont aussi le futur en erai : je cueillerai. Mais ils se distinguent des verbes du 1er groupe dans la plupart de leurs temps : je cueill is, j'offr irai, que j'ouvr isse, etc. Le verbe vaincre s'crit la 3e personne du singulier de l'indicatif pr-sent : il vainc, sans t. VERBES CONJUGUS INTERROGATIVEMENT. Aiment-ils? Aurais-je reu? 527. Pour conjuguer un verbe interrogativement, on met le pronom sujet aprs le verbe dans les temps simples : Aiment-ils? Recevez-vous? ou aprs l'auxiliaire dans les temps com-poss : Ai-je aim? Aurais-je reu? REMARQUE. Les verbes ne peuvent se conjuguer interrogati-vement qu'au mode indicatif et au mode conditionnel. 528. Quand le verbe est termin par un e muet la pre-mire personne du singulier du prsent de l'indicatif, on remplace cet e muet par l'e ferm. Aim-je? 529. Quand le verbe est termin par une voyelle la troi-sime personne du singulier du prsent de l'indicatif, on met un t entre le verbe et le pronom: Aime-t-il? A-t-il? Aimera-t-il? REMARQUE. On peut aussi crire sans trait d'union entre le verbe et le pronom : aiment ils, aurai je reu, ai je aim, recevez vous, aime-t-il, aimera-t il. Mais on le maintient dans aim-je, puiss-je, etc. 530. Pour conjuguer un verbe ngativement, c'est--dire avec la ngation ne... pas, ne... point, il suffit : 1 Pour les temps simples, d'intercaler ne entre le pronom et le verbe : je ne veux pas, tu ne veux pas, etc. 2 Pour les temps composs, de placer le mot pas ou point entre l'auxiliaire et le participe : je n'ai pas voulu, je n'aurais pas voulu, etc. Dans les verbes conjugus la lois interrogativement et ngati-vement, le pronom s'unit au verbe avec ou sans trait d'union. Ex. : N'aimez-vous pas votre mre? Ne savent-ils pas leur leon? (Ou n'aimez vous pas.... Ne savent ils pas..., etc.) 531. Quand la tournure interrogative est dsagrable l'oreille, comme dors-je, vends-je, veux-je, etc., on se sert de la locution est-ce que. Ex. : Est-ce que je dors? est-ce que je vends? est-ce que je veux? VERBES CONJUGUS INTERROGATIVEMENT. TERMINAISONS COMMUNES. Terminaisons (communes tous les verbes) IND. COND. SUBJ. IMPAR. FUTUR PRES. PRES. PRES. 1re p ais, ai, ais, e, 2e p. s, ais, as, ais, es, 38 p ait, a, ait, e, 1 r e p. ons, ions, ons, ions, ions, 28 p. ez iez, ez, iez, iez, 3e p. ent, aient, ont, aient, ent. 282 TERMINAISONS COMMUNES. I N D . C O N D . S U B J . I M P A R . FUTUR P R E S . P R E S . P R E S . 38 p ait, a, ait, e, 1re p. ons, ions, ons, ions, ions, 2e p. ez iez, ez, iez, iez, 3e p. ent, aient, ont, aient, ent. 532. Prsent de l'indicatif. La deuxime personne du singulier du prsent de l'indicatif se termine par un s : Tu aimes, tu finis, tu reois, tu romps. Rappelons que tu peux, tu vaux, tu veux font exception. 533. La troisime personne du prsent de l'indicatif se ter-mine souvent par un t : il finit, il reoit, il rompt. Les verbes en er font exception : il chante, il loue, n'ont pas de t. Mais ce t reparat dans le verbe conjugu interrogativement : chante-t-il ? aime-t-il ? Dans quelques verbes, comme il perd, il rend, il vend, etc., le t est remplac par un d. 534. Les trois personnes du pluriel sont ordinairement termines en ons, ez, ent. 535. Imparfait. Dans tous les verbes, les termi-naisons de l'imparfait sont les mmes : ais, ais, ait, ions, iez, aient. 536. Pass simple. Le pass simple a un t la troi-sime personne, sauf dans les verbes en er : il aima. Ce t reparat dans la tournure interrogative : aima-t-il? Il y a toujours un accent circonflexe sur la premire et la deuxime personne du pluriel : nous aimmes, vous retes. 537. Futur. Dans tous les verbes, on forme le futur de la mme manire, c'est--dire en ajoutant l'infinitif du verbe le prsent de l'indicatif du verbe avoir (ai, as, a, etc.) : d'o aimerai, as, a. Mais au pluriel on retranche av : aimer (av) ons, aimer-(av)ez, etc. Dans les verbes en oir, on retranche oi : devoir, je devrai; recevoir, je recevrai. Exceptions : je pourvoirai, je prvoirai. Les verbes avoir et savoir font j'aurai, je saurai, par le chan-gement de v en u. TERMINAISONS COMMUNES. 283 538. Conditionnel prsent. On forme le conditionnel (comme le futur) d'une manire identique pour tous les verbes: c'est--dire en ajoutant ais, ait, ions, iez, aient l'infinitif du verbe. On dit : je devrais, je recevrais, j'aurais, je saurais, etc. 539. Impratif. La deuxime personne du singulier de l'impratif se termine par un e (et non par es) dans les verbes en er : chante, aime; ainsi que dans les verbes avoir, savoir, cueillir, offrir, ouvrir, tressaillir et leurs composs, qui font aie, sache, cueille, offre, ouvre, tressaille. Mais l's reparat devant un mot commenant par une voyelle, tel que y ou en. Ex. : Chante s-en une partie, cueille s-en. Aller, qui fait va l'impratif, prend aussi un s comme dans va s-y. Tous les autres verbes ont leur impratif singulier termin pars : finis, reois, romps. 540. Imparfait du subjonctif. L'imparfait du subjonctif a tou-jours un accent circonflexe la 3e personne du singulier : qu'il aimt, qu'il fint, etc. 541. Temps composs. Pour former les temps composs on em-ploie les auxiliaires avoir ou tre avec le participe pass. Avoir et tre perdent alors leur sens propre de possder, d'exis-ter, et ne marquent plus que le temps. REMARQUES SUR LES VERBES. REMARQUES SUR LES VERBES. REMARQUES SUR LES VERBES. REMARQUES SUR LES VERBES. REMARQUES SUR LES VERBES. RCAPITULATION DU VERBE Personnes Nombres Modes Temps. Verbes AVOIR. auxiliaires. . . . TRE. VERBE. 1 Verbes du type AIMER : Prsent en e. Conjugaison. 2 Verbes du type FINIR. Prsent en is. (3 groupes de verbes) 3 Tous l e s a u t r e s v e r b e s . pa rtic ipe en issant. Conjugaison interrogative : aim-je? aima-t-il ? 542. Fonctions du verbe l'infinitif dans la pro-position. Le verbe l'infinitif, employ comme nom, peut tre sujet, attribut, complment d'un nom ou d'un adjectif, complment d'un verbe, etc. Ex. : Mentir (sujet) est honteux; le moment de partir (compl. d'un nom) est arriv; il sait jouer (compl. direct), etc. DU VERBE. RCAPITULATION, RCAPITULATION DU VERBE. FORME ACTIVE ET SENS TRANSITIF. 293 Le loup mange l'agneau; le bon colier obit son matre. 543. F O R M E A C T I V E . L e verbe la f o r m e ac t ive pr-sente une act ion fa i te par le sujet. Dans : Le loup mange l'agneau, l 'action de manger est fai te par le sujet le loup : ce sujet le loup est agissant; il joue un rle actif. On dit alors que leverbe mange est la f o r m e a c t i v e . Quand je dis : Le loup bondit sur sa proie, le verbe bondir, qui marque une action faite par le sujet, est galement un verbe la f o r m e ac t i ve . 544. Les verbes employs la forme active sont t r ans i t i f s ou in t rans i t i f s . 545. Un verbe la forme active est t rans i t i f quand l 'act ion faite par le sujet passe sur un complment direct ou indirect d'objet : E x . : Le matre rcompense cet lve; le bon colier obit son matre. Dans : Le matre rcompense cet lve, le verbe rcompense est dit transitif direct, parce que l'action faite par le sujet passe sur un complment direct d'objet. Dans : Le bon colier obit son matre, le verbe obit est dit transitif indirect parce que l'action faite par le sujet passe sur un complment indirect d'objet. FORME ACTIVE ET SENS TRANSITIF. FORME PASSIVE. 295 L'agneau a t mang par le loup. 546. FORME PASSIVE. Un verbe est la forme passive quand il exprime une action subie, supporte par le sujet Ex. : L'agneau a t mang par le loup. 547. Tout verbe transitif peut tre employ la forme pas-sive la condition que ce verbe ait un complment direct d'objet. Manger est verbe actif dans : le chat mange la souris; il devient verbe passif dans : la souris est mange par le chat. On voit que, pour faire passer une phrase de l'actif au passif, on prend le complment direct d'objet de la forme active pour en faire le sujet de la forme passive. 548. Le verbe la forme passive se conjugue l'aide de l'auxiliaire tre, suivi d'un participe pass, qui est l'attribut du sujet et qui s'accorde avec lui. Ex. : Je suis aim, elle est aime, ils sont aims, etc. FORME PASSIVE FORME PASSIVB 549. MODLE D E CONJUGAISON : TRE AIM. INDICATIF [Je suis, je jus, je serai aim par mes parents] PRSENT PASS [aujourd'hui] COMPOS Je suis aim J 'ai t aim Tu es aim Tu as t aim Il est aim Il a t aim N . sommes aim s N . avons t aim s Vous tes aim s Vous avez t aim s Ils sont aim s Ils ont t aim s IMPARFAIT PLUS-QUE-PARFAIT J'tais aim J 'avais t aim T u tais aim T u avais t aim Il tait aim Il ava i t t a i m Nous tions aim s N . avions t a i m s Vous tiez aim s V . aviez t aim s Ils taient aim s Ils avaient t a i m s PASS SIMPLE PASS [hier] A N T R I E U R Je fus aim J'eus t aim T u fus aim T u eus t aim Il fut aim Il eut t aim Nous fmes aim s N . emes t aim es Vous ftes aim s V . etes t aim es Ils furent aim s Ils eurent t aim s F U T U R F U T U R [demain] A N T R I E U R Je serai aim J 'aurai t aim Tu seras aim T u auras t aim Il sera aim Il aura t aim Nous serons aim s N . aurons t aim s Vous serez aim s V . aurez t aim s Ils seront aim s Ils auront t aim s CONDITIONNEL [Je serais aim par mes parents si j'tais laborieux] PRSENT PASS 1 Je serais aim J 'aurais t aim T u serais aim Tu aurais t aim Il serait aim Il aurait t aim N . serions aim s N. aurions t aim s Vous seriez aim s V. auriez t aim s Ils seraient aim s Ils auraient t aim s IMPRATIF | Sois aim par les parents] PRSENT PASS Sois aim Aie t aim Soyons aim s Ayons t aim s Soyez aim s A y e z t aim s SUBJONCTIF [Il faut que je sois, que j'aie t aim par mes parents] PRSENT PASS Que je sois aim Que j ' a i e t aim Que tu sois Que tu aies t aim Qu il soit Qu'i l ait t aim Q. n. soyons s Q. n. ayons t aim s Que v. soyez s Que v . ayez t aim s Qu'ils soient s Qu'ils aient t aim s [Il fallait que je fusse, que j'eusse t aim par mes parents] IMPARFAIT PLUS-QUE-PARFAIT Q. je fusse aim Que j 'eusse t a i m Q. tu fusses Q. tu eusses t Qu'il ft Qu'il et t Q. n. fussions s Q. n. eussions t s Q. v . fussiez s Q. v. eussiez t s Qu'ils fussent s|Qu'i ls eussent t s INFINITIF [Il faut tre aim de ses parents] PRSENT PASS tre aim Avo i r t aim PARTICIPE [tant aim de ses parents, il est heureux] PRSENT PASS tan t aim A y a n t t aim PARTICIPE PASS Aim ; fm. aim e. 1. Autre forme du conditionnel pass : J'eusse t aim, tu eusses t aim, il et t aim, nous eussions t aimes, vous eussiez t aims, ils eussent t aims. FORME PASSIVE FORME ACTIVE ET SENS INTRANSITIF. Paul dort; le chien aboie. 550. Un verbe la forme active est intransitif quand ce verbe suffit lui seul pour exprimer l'action faite parle sujet. Ex. : Paul dort, le chien aboie. Dans Paul dort, le verbe dort exprime entirement l'action faite par le sujet Paul; cette action reste dans le sujet; elle ne passe pas sur un complment d'objet. Il en est de mme dans : Le chien aboie. Le verbe aboyer suffit pour exprimer compltement l'action qu'il reprsente et pour indi-quer ce que fait le sujet le chien. Les verbes dort et aboie sont des verbes intransitifs. 5 5 1 . REMARQUE. Un verbe peut tre intransitif avec un compl-ment exprimant la circonstance. Ex. : Le chien aboie avec force. 552. Les temps composs des verbes intransitifs sont forms tantt avec l'auxiliaire tre, tantt avec l'auxiliaire avoir, Ex. : Je suis arriv, j'ai dormi. 553. Quelques v e r b e s in t rans i t i f s se conjuguent toujours avec l'auxiliaire tre. Exemples : aller, arriver, dcder, clore, mourir, natre, venir, partir, et leurs composs. D'autres, tels que courir, dormir, languir, marcher, vivre, suc-comber, etc., ne prennent que l'auxiliaire avoir. D'autres enfin, tels que descendre, passer, tomber, accourir, de-meurer, disparatre, apparatre, rester, etc., prennent tantt avoir et tantt tre, selon qu'on veut exprimer une action ou un tat. Ex. : Il a pass en Afrique au mois de mai (c'est--dire : C'est au mois de mai qu'il a fait l'action d'aller en Afrique). Il est pass en Afrique depuis vingt ans (c'est--dire : Il est rsidant en Afrique depuis vingt ans). 554. Lorsque ces verbes s'emploient au sens transitif, ils prennent naturellement l'auxiliaire avoir : Il a mont l'escalier. Nous avons descendu nos livres. Il a pass la rivire. Quelques verbes comme demeurer, chapper, expirer, rester, convenir, changent d'auxiliaire en changeant de sens. Par exemple convenir (dans le sens de plaire) prend l'auxiliaire avoir : Ce discours ne m'a pas convenu; mais, dans le sens de faire une convention, il prend l'auxiliaire tre : Nous sommes convenus d'agir ainsi. 555. Dans les verbes intransitifs conjugus avec tre, le par-ticipe pass s'accorde toujours avec le sujet du verbe. Ex. : Il est arriv, elle est arrive, ils sont arrivs, etc. FORME ACTIVE ET SENS INTRANSITIF. Il ne faut pas confondre un verbe intransitif conjugu avec tre, comme il est venu, il est rest, avec un verbe la forme passive, comme il est blm, il est pris. Le verbe intransitif est au temps pass, le verbe la forme passive au temps prsent. FORME ACTIVE ET SENS INTBANSITIF. VERBE INTRANSITIF. 556. MODLE DE CONJUGAISON : TOMBER. Radical tomb Terminaison er. INDICATIF [Je tombe, je tombai en chemin) PRSENT PASS [aujourd'hui] COMPOS Je tombe Je suis t o m b Tu tomb es T u es tomb I l tomb e Il est tomb Nous tomb ons N . sommes t o m b s Vous tomb ez Vous tes tomb s Ils Ils s o n t tomb s Elles tombent Elles sont tomb es IMPARFAIT PLUS-QUE-PARFAIT Je tomb ais J 'tais tomb Tu tomb ais Tu tais tomb Il tomb ait Il tait tomb Nous tomb ions N. tions tomb s Vous tomb iez V . tiez tomb s Ils tomb aient Ils taient tomb s PASS SIMPLE PASS [hier] A N T R I E U R Je tomb ai Je fus tomb Tu tomb as T u fus tomb Il tomb a Il fut tomb Nous tomb mes N. fmes tomb s Vous tomb tes Vous ftes tomb s Ils tombren t Ils furent t o m b s FUTUR FUTUR [demain] A N T R I E U R Je tomb er ai Je serai tomb T u tomb er as Tu seras tomb Il t o m b e r a Il sera t o m b Nous tomb er ons N . serons tomb s Vous tomb er ez Vous serez tomb s Ils tomb er ont Ils seront tomb s CONDITIONNEL [Je tomberais en chemin, si je n'y prenais garde] P R S E N T P A S S 1 Je tomb er ais Je serais tomb Tu tomb er ais T u serais tomb Il t o m b e r a i t Il serait t o m b Nous tomb er ions N. serions tomb s Vous tomb er iez V . seriez tomb s Ils tomb er aient Ils seraient tomb s IMPRATIF [Ne tombe pas en chemin] P R S E N T P A S S Tomb e Sois tomb Tomb ons Soyons tomb s Tomb ez Soyez tomb s SUBJONCTIF [Il ne faut pas que je tombe, que je sois tomb en chemin] PRSENT PASS Q. je tomb e Que je sois tomb Q. tu tomb es Que tu sois tomb Qu'il tombe Qu'il soit t o m b Q. n. tomb ions Q. n. soyons tomb s Q. v . tomb iez Q. v . soyez tomb s Qu'ils tomb ent Qu'ils soient tomb s [Il ne fallait pas que je tombasse, que je fusse tomb en chemin] IMPARFAIT PLUS-QUE-PARFAIT Q. je tomb asse Que je fusse tomb Q. tu tomb asses Q. tu fusses tomb Qu'il tomb t Qu'il ft tomb Q. n. tomb assions Q. n. fussions tomb s Q. v . tomb assiez Q. v. fussiez tomb s Qu ils tomb assent Qu'ils fussent tomb s INFINITIF [Il ne faut pas tomber en chemin] PRSENT PASS Tomb er tre tomb PARTICIPE [Les soldats tombant en chemin sont recueillis par l'ambulance] PRSENT PASS Tomb ant | tan t tomb PARTICIPE PASS Tomb ; fm. Tomb e 1. Autre forme du conditionnel pass : Je fusse tomb, tu fusses tomb, il ft tomb, nous fus-sions tombs; vous fussiez tombs, Ils fussent tombs. FORME ACTIVE ET SENS INTRANSITIF. FORME ACTIVE ET SENS INTRANSJT1F. FORME PRONOMINALE. Il se flatte. Je me rappelle cette date. 557. FORME PRONOMINALE. Un verbe est employ la forme pronominale quand il se conjugue avec deux pro-noms de la mme personne. Ex. : Il se flatte je me rappelle cette date ils se battent cela se vend cher. 558. Quand l'action se reporte, se rflchit sur le sujet, on appelle ce verbe pronominal rflchi. Ainsi, il se flatte, tu te blesses, je me rappelle, sont des verbes pronominaux rflchis (il flatte lui, tu blesses toi, je rappelle mol). Quand plusieurs sujets font l'un sur l'autre l'action marque par le verbe, ce verbe s'appelle pronominal rciproque. Ainsi, dans : Le loup et le chien se battent, se battent est un verbe pronominal rciproque (ils se battent l'un l'autre). Mais il y a des verbes employs la forme pronominale qui ne sont ni rflchis, ni rciproques. Ex. : S'emparer, s'enfuir, s'vanouir, se repentir, s'crou-ler, etc., qui ont toujours la forme pronominale; s'apercevoir de, se douter de, s'attendre , etc.; se vendre, se louer, etc. On ne peut pas dire, en effet : j'empare moi, tu enfuis toi, il croule soi, etc. De mme quand je dis : Cette viande se vend cher, on ne peut pas tourner par : Cette viande vend soi-mme cher. 559. Voici les principaux verbes ayant toujours la forme pronominale : s'abstenir, s'accouder, s'accroupir, s'adonner, s'agenouiller, s'agriffer, s'aheurter, s'arroger, se blottir, se cabrer, se ddire, se dfier, se dmener, se dsister, s'bahir, s'crier, s'crouler, s'emparer, s'empresser, s'en aller, s'enqurir, s'enquter, s'vader, s'vanouir, s'vertuer, s'extasier, se gargariser, se gendarmer, s'ingnier, s'ingrer, se mfier, . se mprendre, se moquer, s'opinitrer, se parjurer. se ratatiner, se raviser, se rebeller. se rcrier, se rfugier, se remparer, se rengorger, se repentir, se souvenir, etc. 560. Les verbes la forme pronominale se conjuguent avec deux pronoms; ces pronoms doivent toujours tre de la mme FORME PRONOMINALE. personne, puisque c'est le sujet qui supporte lui-mme l'ac-tion qu'il accomplit (je me lve, tu te nuis, etc.). Cependant il n'y a qu'un seul pronom l'impratif, l'infi-nitif et au participe : repens-toi, se repentir, se repentant, s'tant repenti. 561. Les verbes la forme pronominale forment toujours leurs temps composs avec l'auxiliaire tre. Ex. : Nous nous sommes repentis; elles se seront blmes. FORME PRONOMINALE. VERBE LA FORME PRONOMINALE. 562. MODLE DE CONJUGAISON : SE REPENTIR INDICATIF [Je me repens, je me repentis,] [je me repentirai de ma faute] PRSENT PASS [aujourd'hui] . COMPOS Je me repen s Je me suis repent i T u te repen s T u t 'es i Il se repen t Il s'est i N . n. repent ons N . n sommes is V v . repent ez Vous v . tes is Ils se repentent Ils se sont i s IMPARFAIT PLUS-QUE-PARFAIT Je me repent ais Je m'tais repent i T u te repent ais Tu t 'tais i Il se repent ait Il s'tait i N. n. repent ions N. n. tions is V . v . repent iez V . v . tiez i s Ils se repentaient Ils s'taient i s PASS SIMPLE PASS [hier] A N T R I E U R Je me repent is Je me fus repent i T u te repent is Tu te fus i Il se repent i t Il se fut i N . n. repent mes N. n. fmes i s V . v . repent tes V . v. ftes i s Ils se repent irent Ils se furent is FUTUR FUTUR [demain] A N T R I E U R Je me repent ir ai Je me serai repent i Tu te repent ir as Tu te seras i Il se r e p e n t i r a Il se sera i N. n. repent ir ons N. n. serons is V . v . repent ir ez V . v. serez is Ils se r epen t i r on t Ils se seront i s CONDITIONNEL [Je me repentirais si j'avais commis une faute] PRSENT PASS 1 Je me r e p e n t i r a i s Je me serais repent i T u te repent ir ais Tu te serais i Il se repent ir ait Il se serait i N . n. repent ir ions N. n. serions is V . v . repent ir iez V . v. seriez is Ils se repent ir aient Ils se seraient is IMPRATIF [Repens-toi de ta faute] PRSENT PASS [ Repen s-toi. [Inusit.] Repent ons-nous. Repent ez-vous . SUBJONCTIF [Il faut que je me repente, que je me sois repenti de ma faute] PRSENT PASS Q. je me repente Q. je me sois repent i Q. tu te repentes Q. tu te sois i Qu'il se repente Qu'i l se soit i Q. n. n. repentions Q. n. n. soyons is Q. v . v . repent iez Q. v . v . soyez is Qu'ils se repentent Qu'ils se soient is [Il fallait que je me repentisse, que je me fusse repenti de ma faute] IMPARFAIT PLUS-QUE-PARFAIT Q. j . me repentisse Q. je me fusse repent i Q. tu te repent isses Q. tu te fusses i Qu'il se repent t Qu'il se ft i Q. n. n. repent issions Q. n. n. fussions is Q. v . v . repent issiez Q. v . v . fussiez is Q.'ils se repentissent Qu'ils se fussent is INFINITIF [Il faut se repentir de sa faute] PRSENT Se repent ir PASS S'tre repenti PARTICIPE [L'enfant se repentant de sa faute mrite son pardon] PRSENT Se repent ant. PASS S'tant repent i. PARTICIPE PASS R e p e n t i ; fm. repent ie . 1. Autre forme du conditionnel pass : Je me fusse repenti, tu te fusses repenti, il se ft repenti, nous nous fussions repentis, vous vous fussiez repentis, ils se fussent repentis. Radical repent | Terminaison ir. FORME PRONOMINALE. FORME PRONOMINALE. VERBE IMPERSONNEL. Il neige. Il pleut. Il tonne. 563. Le verbe impersonnel exprime une action qu'on ne peut attribuer aucun sujet, aucune personne dter-mine. Ex. : Il neige, il pleut, il tonne. 564. Le verbe impersonnel ne s'emploie qu' la troisime personne du singulier, et il est toujours prcd du pronom neutre il. Ce verbe est aussi appel verbe unipersonnel, parce qu'il n'a qu'une seule personne. 565. REMARQUE. Outre les verbes impersonnels par nature, comme il pleut, il neige, on peut employer imper-sonnellement d'autres verbes. Ex. : Il fait beau; il convient d'obir; il y a longtemps. 566. MODLE D E CONJUGAISON : TONNER Radical tonn | Terminaison er INDICATIF PRSENT PASS COMPOS Il tonn e | Il a tonn IMPARFAIT Il tonn ait PASS SIMPLE Il tonn a FUTUR tonn er a PLUS-QUE-PARFAIT Il avait tonn PASS ANTRIEUR Il eut tonn FUTUR ANTRIEUR Il aura tonn CONDITIONNEL PRSENT PASS Il tonn e rait Il aurait tonn PASS (2e forme). Il et tonn SUBJONCTIF PRSENT PASS Qu'il tonn e Qu'il ait tonn IMPARFAIT Qu'il tonn t PLUS-QUE-PARFAIT Qu'il et tonn INFINITIF Tonn er PASSE Avoir tonn PARTICIPE PRESENT Tonn ant PASSE Ayant tonn PASS Tonn . VERBE IMPERSONNEL. PARTICULARITS DE CONJUGAISON. 567. Un certain nombre de verbes ne se conjuguent pas exactement d'aprs les modles prcdents de conjugaison des verbes la forme active : (aimer; finir; rompre). Dans les verbes qui se conjuguent exactement sur ces modles, le radical reste invariable et les terminaisons seules changent selon les temps, les modes et les personnes (chanter, chantons, chanterai] grandir, grandissais, grandirions). Au contraire, dans certains verbes, le radical ne s'crit pas de la mme manire tous les temps (tenir, je tiens, vouloir, veuillez, je veux; savoir, sache, je sus, etc.). 568. REMARQUE. On appelle verbe dfectif un verbe qui manque de certains modes, de certains temps ou de certaines personnes. PARTICULARITS DE CONJUGAISON DE CERTAINS VERBES CLASSS PAR ORDRE ALPHABTIQUE AVEC LES PRINCIPALES DIFFICULTS DE LEUR CONJUGAISON Absoudre , Ind. prs. j 'absous, il absout, n. absolvons, ils absolvent; Im-parf. j 'absolvais ; pas de pass simp. ; Fut. j 'absoudrai. Cond. prs, j 'absoudrais. lmpr. absous, absolvons, absolvez. Subj. prs. que j 'absolve, que n. absol-vions. Pas d'Imparf. du subj. Part. absolvant, absous, absoute. abstenir (s ') , comme tenir. accroire, comme croire, usit seu-lement l'inf. prs. accrotre, comme crotre, mais le part. pass. (accru) ne prend pas d'accent circonflexe. acqurir , Ind. prs. j 'acquiers, il acquiert, n. acqurons, ils acquirent; Imparf. j 'acqurais ; Pass simp. j 'acquis ; Fut. j 'acquerrai. Cond. prs. j 'acquer-rais. Impr. acquiers, acqurons, ac-qurez. Subj. prs. que j 'acquire, qu'il acquire, que nous acqurions, qu'ils acquirent; Imparf. que j 'acquisse, que n. acquissions. Part. acqurant, ac-quis, acquise. P o u r l e c h a n g e m e n t d e r a d i c a l : a c q u ie rs, a c q u r a n t v o y . A c c e n t t o n i q u e . aller, Ind. prs. je vais, tu vas, il va, a. allons, ils vont ; Imparf. j ' a l la i s ; Pass simp. j ' a l l a i ; Pass comp. je suis all {on dit aussi, en employant le verbe tre, j ' a i t) ; Fut. j ' i rai . Cond. prs. j ' irais. Impr. va, allons, allez. Subj. prs. que j 'ail le, que n. allions, qu'ils aillent; Imparf. que j 'allasse, que n. allassions. Part. allant, all, alle. Ce verbe a emprunt ses temps diffrents verbes latins (vado, ire, et peut-tre adnare ou allare); de l ses changements de radical. a s s a i l l i r , Ind. prs. j 'assaille, n. as-saillons; Imparf. j 'assaillais, n. assail-lions ; Pass simp. j 'assaillis ; Fut. j 'assail-lirai. Cond. prs. j 'assaillirais. Impr. assaille, assaillons, assaillez. Subj. prs. que j 'assaille, que n. assail-lions, qu'ils assaillent; Imparf. que j'assaillisse, que n. assaillissions. Part. assaillant, assailli, assaillie. a s s e o i r , Indic. prs. j 'assieds, il as-sied, n. asseyons, ils asseyent; Imparf. j 'asseyais, n. asseyions; Pass simp. j ' a s -sis ; Fut. j 'assirai (on dit aussi j 'asseyerai, n. asseyerons). Cond. prs. j 'assirais (on dit aussi j 'asseyerais, n. asseyerions, etc.). Subj. prs. que j 'asseye, que noua asseyions, qu'ils asseyent; Imparf. PARTICULARITS DE CONJUGAISON. que j'assisse, que n. assissions. Part. asseyant, assis, assise. Ce verbe se conjugue aussi de la ma-nire suivante : Ind. prs. j 'assois (sans e intrieur), n. assoyons, ils assoient; Imparf. j 'assoyais; Fut. j 'assoirai, etc.). astreindre, comme peindre. atteindre, comme peindre. Boire, Ind. prs. je bois, n. buvons; Imparf. je buvais; Pass simp. je bus; Fut. je boirai. Cond. prs. je boirais. Impr. bois, buvons, buvez. Subj. prs. que je boive, que n. buvions; Im-parf. que je busse, que n. bussions. Part. buvant, bu, bue. Le compos imboire n'est plus usit qu'au participe pass imbu : tre imbu de mauvais principes. bouillir, Indic. prs. je bous, il bout. n. bouillons; Imparf. je bouillais; Pass simp. je bouillis; Fut. je bouillirai. Cond. prs. je bouillirais. Impr. bous, bouillons, bouillez. Subj. prs. que je bouille, qu'il bouille, que n. bouillions; Imparf. que je bouillisse, que n. bouil-lissions. Part. bouillant, bouilli, bouillie. braire, ce verbe ne s'emploie gure (dit l 'Acadmie) qu' l'infinitif et aux troisimes personnes de l'indicatif pr-sent, du futur et du conditionnel : braire, il brait, ils braient, il braira, ils brai-ront, il brairait, ils brairaient. bruire, ce verbe n'a que les formes suivantes : bruire, il bruit, il bruissait, ils bruissaient. Bruyant (form de bruire, comme fuyant de fuir) est plutt au-jourd'hui un adjectif qu'un participe prsent. Ceindre, comme peindre. chaloir, vieux mot qui ne s'emploie qu'impersonnellement et ne se dit gure que dans cette phrase : Il ne m'en chaut (je ne m'en soucie gure). choir (tomber), ce verbe ne s'emploie qu' l'infinitif et dans un petit nombre de cas ; Fut. il cherra. Part. pas. chu. clore, ce verbe n'a que : le part. pass clos, close; les trois personnes du singu-lier du prs. de l'indic. je clos, tu clos, il clt; le fut. je clorai, etc.; le cond. prs. je clorais, etc.; l'impr. sing. clos; le subj. prs. que je close et les temps composs. conclure, Ind. prs. je conclus, n. concluons; Imparf. je concluais, n. con-cluions; Pass simp. je conclus; Fut. je conclurai. Cond. prs. je conclurais. Impr. conclus, concluons, concluez. Subj. prs. que je conclue, que n. con-cluions, qu'ils concluent; Imparf. que je conclusse, que n. conclussions. Part. concluant, conclu, conclue. conduire, Ind. prs. je conduis, n. conduisons; Imparf. je conduisais; Pass simp. je conduisis; Fut. je conduirai. Cond. prs. je conduirais. Impr. conduis, conduisons, conduisez. Subj. prs. que je conduise, que n. condui-sions; Imparf. que je conduisisse, que nous conduisissions. Part. conduisant, conduit, conduite. confire, Ind. prs. je confis, n. con-fisons; Imparf. je confisais; Pass simp. je confis; Fut. je confirai. Cond. prs. je confirais. Impr. confis, confisons, confisez. Subj. prs. que je confise, que n. confisions; Imparf. inusit. Part. confisant, confit, confite. connatre, Ind. prs. je connais, il connat, n. connaissons; Imparf. je con-naissais; Pass simp. je connus; Fut. je connatrai. Cond. prs. je connatrais, Impr. connais, connaissons, connais-sez. Subj. prs. que je connaisse, que n. connaissions; Imparf. que je con-nusse, que n. connussions. Part. connaissant, connu, connue. conqurir, comme acqurir. construire, comme conduire. contraindre, comme craindre. contredire, comme dire, except la 2 e pers. du plur. de l'ind. prs. v. contredisez, et de l'impr. contredisez. coudre, Ind. prs. je couds, il coud, n. cousons; Imparf. je cousais; Pass simp. je cousis ; Fut. je coudrai. Cond. prs. je coudrais. Impr. couds, cou-sons, cousez. Subj. prs. que je couse, que n. cousions; Imparf. que je cou-sisse, que n. cousissions. Part. cou-sant, cousu, cousue. courir, Ind. prs. je cours, il court, n. courons; Imparf. je courais; Pass simp. je courus; Fut. je courrai. Cond. prs. je courrais. Impr. cours, cou-rons, courez. Subj. prs. que je coure, qu'il coure, que n. courions ; Imparf. que je courusse, que n. courussions. Part. courant, couru, courue. Outre courir, notre vieille langue avait aussi la forme courre, qu'on retrouve dans chasse courre (chasse courir). couvrir, comme ouvrir. craindre, Ind. prs. je crains, il craint, n. craignons; Imparf. je crai-gnais; Pass simp. je craignis; Fut. je craindrai. Cond. prs. je craindrais. Impr. crains, craignons, craignez. Subj. prs. que je craigne, que n. crai-gnions; Imparf. que je craignisse, que n. craignissions. Part. craignant, craint, crainte. croire, Ind. prs. je crois, il croit, PARTICULARITS DE CONJUGAISON. n. croyons, ils croient; Imparf. je croyais, n. croyions; Pass simp. je crus; Fut. je croirai. Cond. prs. je croirais. Impr. crois, croyons, croyez. Subj. prs. que je croie, que n. croyions, que vous croyiez, qu'ils croient; Imparf. que je crusse, que n. crussions. Part. croyant, cru, crue. crotre, Ind. prs. je cros, il crot, n. croissons; Imparf. je croissais; Pass simp. je crs; Fut. je crotrai. Cond. prs. je crotrais. Impr. cros, crois-sons, croissez. Subj. prs. que je croisse, que n. croissions; Imparf. que je crusse, que n. crussions Part. crois-sant, cr, crue. cueillir, Ind. prs. je cueille, n. cueillons; Imparf. je cueillais, n. cueil-lions ; Pass simp. je cueillis ; Fut. je cueil-lerai. Cond. prs. je cueillerais. Im-pr. cueille, cueillons, cueillez. Subj. prs. que je cueille, que n. cueillions; Imparf. que je cueillisse, que n. cueillis-sions. Part. cueillant, cueilli, cueillie. cuire, comme conduire. Dchoir, Ind. prs. je dchois, n. dchoyons, ils dchoient; pas d'Imp.; Pass simp. je dchus; Fut. je dcherrai, Cond. prs. je dcherrais. Impr. dchois, dchoyons dchoyez. Subj. prs. que je dchoie, que n. dchoyions qu'ils dchoient; Imparf. que je d-chusse, que nous dchussions. Part. dchu, dchue, pas de part. prs. (On dit aussi au futur, je dchoirai, n. d-choirons, et au cond. je dchoirais, n. dchoirions). dcrotre, comme crotre, mais le Part. pas. (dcru) ne prend pas d'accent circonflexe. ddire, comme dire, except la 2e pers. du plur. de l'Ind. prs. v . ddisez, et de l'Impr. ddisez. dduire, comme conduire. dfaillir, ce verbe ne s'emploie qu'aux temps composs et aux temps simples suivants : Ind. prs. je dfaille, n. dfaillons, v. dfaillez, ils dfaillent; Im-parf. je dfaillais, n. dfaillions; Pass simp. je dfaillis, n. dfaillmes; Fut. (peu usit), je dfaudrai. Cond. prs. (peu usit), je dfaudrais. Subj. prs. que je dfaille. Imparf. que je dfail-lisse. Part. prs. dfaillant. dteindre, comme peindre. dtruire, comme conduire. devoir, Ind. prs. je dois, n. devons, v. devez, ils doivent; Imparf. je devais, n. devions; Pass simp. je dus, n. dmes; Fut. je devrai, n. devrons. Cond. Prs. je devrais, n. devrions. Impr. dois, devons, devez. Subj. prs, que je doive, que n. devions; Imparf. que je dusse, que n. dussions; Part. devant, d, due. dire, Ind. prs. je dis, il dit, n. disons, v. dites, ils disent; Imparf. je disais ; Pass simp. je dis; Fut. je dirai. Cond. prs. je dirais. Impr. dis, disons, di-tes, Subj. prs. que je dise, que n. disions; Imparf. que je disse, que n. dis-sions. Part. disant, dit, dite. Le compos redire est le seul qui fasse la 2 e pers. du plur. en tes : vous redites. Les autres suivent la rgle gnrale : vous contredisez, vous ddisez. Maudire redouble l's : nous maudi ss ons, vous maudi ss ez. dissoudre, comme absoudre. distraire, comme traire. dormir, Ind. prs. je dors, n. dor-mons; Imparf. je dormais; Pass simp. je dormis; Fut. je dormirai. Cond. prs. je dormirais. Impr. dors, dormons, dormez. Subj. prs. que je dorme, que n. dormions; Imparf. que je dormisse, que n. dormissions. Part. dormant, dormi. choir, ce verbe se conjugue sur d-choir. Il n'est usit qu'au Part. prs. chant; au part. pass. chu; la 3 e per-sonne du prs. de l'indic. il choit; au pass simp. j ' chus; au fut. j 'cherrai ; au cond. prs. j 'cherrais; l'imparf. du subj. que j 'chusse. clore, ce verbe n'a que les formes suivantes : Ind. prs. il clt, ils closent. Fut. il clora. Cond. prs. il clorait. Subj. prs. qu'il close, qu'ils closent. Part. pass. clos, close. crire, Ind. prs. j 'cris, il crit, n. crivons, ils crivent; Imparf. j 'crivais Pass simp. j ' cr iv is ; Fut. j 'crirai . Cond. prs. j 'crirais. Impr. cris, crivons, crivez. Subj. prs. que j 'crive, que n. crivions; Imparf. que j'crivisse, que n. crivissions. Part. crivant, crit, crite. lire, comme lire. mettre, comme mettre. mouvoir, comme mouvoir, mais le Part. pas. (mu) n'a pas d'accent cir-conflexe. empreindre, comme craindre. enduire, comme conduire. enfreindre, comme peindre. enqurir (s'), comme acqurir. ensuivre (s'), comme suivre, mais n'est usit qu'aux 3es pers. : il s'ensuit, elles s'ensuivent. envoyer, Ind. prs. j'envoie, il envoie, n. envoyons, ils envoient; Imparf. j 'envoyais , n. envoyions; Pass simp. j ' envoya i ; Fut. j 'enverrai. Cond. prs. j 'enverrais. Impr. envoie, envoyons, I envoyez. Subj. prs. que j 'envoie, que PARTICULARITS DE CONJUGAISON. n. envoyions, qu'ils envoient; Imparf. que j 'envoyasse, que n. envoyassions. Part. envoyant, envoy, envoye. preindre, comme peindre. quivaloir, comme valoir. teindre, comme peindre. treindre, comme peindre. exclure, comme conclure. Faillir, plusieurs temps de ce verbe tels que le prs. de l'ind., l'imparfait et le futur, sont peu usits. Ind. prs. je faux, il faut, n. faillons, ils taillent; Imparf. je taillais, n. faillions; Pass simp. je faillis; Fut. je faudrai. Cond. prs. je faudrais. Impr. (peu usit). Imparf. du subj. que je faillisse, que n. faillissions. Part. faillant, failli. faire, Ind. prs. je fais, n. faisons, v. faites, ils font; Imparf. je faisais; Pass simp. je fis; Fut. je ferai. Cond. prs. je ferais. Impr. fais, faisons, faites. Subj. prs. que je fasse, que n. fassions; Imparf. que je fisse, que n. fissions. Part. faisant, fait, faite. falloir, Ind. prs. il faut; Imparf. il fallait; Pass simp. il fallut; Pass comp., il a fallu; Fut. il faudra, Cond. prs. il faudrait. Subj. prs. qu'il faille; Imparf. qu'il fallt. Part. fallu. Le radical de ce verbe prend un d euphonique au futur et au condi-tionnel. Il en est de mme pour tenir, venir, valoir, vou-loir, etc. feindre, comme craindre. frir (frapper), n'a conserv que le participe pass fru. L'infinitif est rest dans l'expression sans coup frir. fleurir, il a deux formes : l'une rgulire, fleurissais, fleurissant; l'autre irrgulire, florissais, florissant. forfaire, usit seulement l'inf. et au part. pass, forfait. frire, ce verbe, outre le prs. de l'inf. a aussi les trois personnes du sing. du prs. de l'ind., je fris, tu fris, il frit; le fut. je frirai; le cond. prs. je frirais; la seconde personne du sing. de l'impr. fris; le part. pas. frit, frite. On supple aux temps et aux personnes qui manquent en plaant le verbe faire devant l'infinitif frire; n. faisons frire, v. faites frire. fuir, Ind. prs. je fuis, n. fuyons, ils fuient; Imparf. je fuyais, n. fuyions; Pass simp. je fuis; Fut. je fuirai. Cond. prs. je fuirais. Impr. fuis, fuyons, fuyez. Subj. prs. que je fuie, que n. fuyions, qu'ils fuient; Imparf. que je fuisse, que n. fuissions. Part. fuyant, fui, fuie. Geindre, comme craindre. gsir (tre couch). Ce verbe n'est plus en usage l'infinitif; on emploie seulement : il gt, n. gisons, ils gisent, il gisait, gisant. Ci-gt veut donc dire : ici est couch. instruire, comme conduire. interdire, comme dire, except la 2 e pers. du plur. de l'Ind. prs. v . inter-disez, et de l'Impr. interdisez. i s s i r , n'est en usage qu'au Part. pas. issu, issue. En blason, on emploie le part. prs. issant. Joindre, Ind. prs. je joins, il joint, n. joignons; Imparf. je joignais; Pass simp. je joignis; Fut. je joindrai. Cond. prs. je joindrais. Impr. joins, joignons, joignez. Subj. prs. que je joigne, que n. joignions; Imparf. que je joignisse, que n. joignissions. Part. joignant, joint, jointe. Lire, Ind. prs. je lis, n. lisons; Im-parf. je lisais; Pass simp. je lus; Fut. je lirai. Cond. prs. je lirais. Impr. lis, lisons, lisez. Subj. prs. que je lise, que n. lisions, qu'ils lisent; Imparf. que je lusse, que n. lussions. Part. lisant, lu, lue. luire, ce verbe au part. pass. fait lui. Il n'a ni Pass simp., ni imparf. du subj. Pour les autres temps il se conjugue comme nuire. Maudire, Ind. prs. Je maudis, n. maudissons; Imparf. je maudissais, n. maudissions; Pass simp. je maudis, n. maudmes; Fut. je maudirai. Cond. prs. je maudirais. Impr. maudis, maudissons, maudissez. Subj. prs. que je maudisse; Imparf. que je mau-disse, que tu maudisses, qu'il maudt. Part. maudissant, maudit, maudite. mdire, comme dire, except la 2 e pers. du plur. de l 'ind. prs. vous m-disez, et de l'Impr. mdisez. mentir, Ind. prs. je mens, n. men-tons; Imparf. je mentais; Pass simp. je mentis; Fut. je mentirai. Cond. prs. je mentirais. Impr. mens, mentons, mentez. Subj. prs. que je mente, que n. mentions; Imparf. que je men-tisse, que n. mentissions. - Part. men-tant, menti. messeoir, comme seoir. mettre, Ind. prs. je mets, n. met-tons; Imparf. je mettais; Pass simp. je mis; Fut. je mettrai. Cond. prs. je mettrais. Impr. mets, mettons, mettez. Subj. prs. que je mette, que n. mettions; Imparf. que je misse, PARTICULARITS DB CONJUGAISON. que n. missions. Part. mettant, mis, mise. m o u d r e , Ind. prs. je mouds, tu mouds, il moud, n. moulons, v. moulez, ils moulent; Imparf. je moulais; Pass simp. je moulus; Fut. je moudrai. Cond. prs. je moudrais. Impr. mouds, moulons, moulez. Subj. prs. que je moule, que n. moulions, qu'ils moulent; Imparf. que je moulusse, que n. mou-lussions. Part. moulant, moulu, moulue. mourir, Ind. prs. je meurs, il meurt, n. mourons, ils meurent; Imparf. je mourais; Pass simp. je mourus; Fut. je mourrai. Cond. prs. je mourrais. Impr. meurs, mourons, Subj. prs. que je meure, que n. mourions, qu'ils meurent; Imparf. que je mou-russe, que n. mourussions. Part. mou-rant, mort, morte. mouvoir, Ind. prs. je meus, n. mouvons, ils meuvent ; Imparf. je mou-vais ; Pass simp. je mus; Fut. je mou-vrai. Cond. prs. je mouvrais. Impr. meus, mouvons, mouvez. Subj. prs. que je meuve, que n. mouvions, qu'ils meuvent ; Imparf. que je musse, que n. mussions. Part. mouvant, m, mue. Pour la diffrence de radical entre meurs et mourons, meus et m ou vons, voy . Accent tonique. Natre, Indic. prs. je nais, il nat, n. naissons; Imparf. je naissais; Pass simp. je naquis; Fut. je natrai. Cond. prs. je natrais. Impr. nais, naissons, naissez. Subj. prs. que je naisse, que n. naissions; Imparf. que je naquisse, que n. naquissions. Part. naissant, n, ne. nuire, Indic. prs. je nuis, n. nui-sons; Imparf. je nuisais; Pass simp. je nuisis; Fut. je nuirai. Cond. prs. je nuirais. Impr. nuis, nuisons, nuisez. Subj. prs. que je nuise, que n. nui-sions; Imparf. que je nuisisse, que n. nuisissions. Part. nuisant, nui. Offrir, Indic. prs. j 'offre, n. offrons; Imparf. j 'offrais; Pass simp. j 'offris; Fut. j'offrirai. Cond. prs. j'offrirais. Impr. offre, offrons, offrez. Subj. prs. que j'offre, que n. offrions; Imparf. que j'offrisse. Part. offrant, offert, offerte. oindre, comme joindre. our (entendre), ce verbe n'est usit qu' l'in fin. prs. our; au part. pass, ou; au pass simp. j 'ous , tu ous, etc. ; l'imparf. du subj. que j 'ousse, que tu ousses, etc. ouvrir, Ind. prs. j 'ouvre , n. ou-vrons; Imparf. j ' ouvra is ; Pass simp. j ' ouvr i s ; Fut. j 'ouvrirai . Cond. prs. j 'ouvrirais . Impr. ouvre, ouvrons, ou-vrez. Subj. prs. que j 'ouvre , que n. ou-vrions; Imparf. que j 'ouvrisse, que n. ouvrissions. Part. ouvrant, ouvert, ouverte. P a t r e , Ind. prs. je pais, il pat, n. paissons; Imparf. je paissais; Fut. je patrai. Cond. prs. je patrais. Im-pr. pais, paissons, paissez. Subj. prs. que je paisse, que n. paissions. Part. paissant. Ce verbe n'a point de pass simp. ni d'imparf. du subj. p a r a t r e , Ind. prs. je parais, n. pa-raissons; Imparf. je paraissais; Pass simp. je parus ; Fut. je paratrai. Cond. prs. je paratrais. Impr. parais, paraissons, paraissez. Subj. prs. que je paraisse, que n. paraissions; Imparf. que je parusse, que n. parussions. Part. paraissant, paru, parue. partir, Ind. prs. je pars, n. partons; Imparf. je partais; Pass simp. je par-tis; Fut. je partirai. Cond. prs. je partirais. Impr. pars, partons, partez. Subj. prs. que je parte, que n. par-tions; Imparf. que je partisse, que n. partissions. Part. partant, parti, partie. Ce verbe avait primitivement le sens de partager, qui subsiste dans la locution avoir maille partir ( partager) avec quelqu'un. peindre, Ind. prs. je peins, n. pei-gnons; Imparf. je peignais; Pass simp. je peignis ; Fut. je peindrai. Cond. prs. je peindrais. Impr. peins, peignons, peignez. Subj. prs. que je peigne, que n. peignions; Imparf. que je peignisse, que n. peignissions. Part. peignant, peint, peinte. plaindre, Ind. prs. je plains, n. plaignons; Imparf. je plaignais; Pass simp. je plaignis; Fut. je plaindrai. Cond. prs. je plaindrais, Subj. prs. que je plaigne, que n. plaignions; Imparf. que je plaignisse, que n. plaignissions. Part. plaignant, plaint, plainte. plaire, Ind. prs. je plais, tu plais, il plat, n. plaisons; Imparf. je plaisais; Pass simp. je plus; Fut. je plairai. Cond. prs. je plairais. Impr. plais, plaisons, plaisez. Subj. prs. que je plaise, que n. plaisions; Imparf. que je plusse, que n. plussions. Part. plaisant, plu. pleuvoir, Ind. prs. il pleut; Im-parf. il pleuvait ; Pass simp. ilplut ;Fut. Il PARTICULARITS DE CONJUGAISON. pleuvra. Cond. prs., il pleuvrait. Subj. prs. qu'il pleuve; Imparf. qu'il plt. Part. pleuvant, plu. poindre (piquer ou commencer), comme joindre. Ce verbe ne s'emploie gure qu' l'infinitif prsent et au futur. pourvoir, comme voir; mais le pass simp. est je pourvus, le fut. je pour-voirai, le cond. prs. je pourvoirais. pouvoir, Ind. prs. je peux ou je puis, il peut, n. pouvons, ils peuvent; Im-parf. je pouvais; Pass simp. je pus; Fut. je pourrai. Cond. prs. je pourrais. Impr. inusit. Subj. prs. que je puisse, que n. puissions, Imparf. que je pusse, que n. pussions, Part: pou-vant, pu prdire, comme ddire. prendre, Ind. prs. je prends, tu prends, il prend, n. prenons, v. prenez, ils prennent; Imparf. je prenais; Pass simp. je pris ; Fut. je prendrai. Cond. prs. je prendrais. Impr. prends, prenons, prenez. Subj. prs. que je prenne, que n. prenions, qu'ils prennent; Imparf. que je prisse, que n. prissions. - Part. prenant, pris, prise. prvaloir, comme valoir; except au Subj. prs. que je prvale, que n. pr-valions. prvoir, comme voir, except au Fut. je prvoirai, n. prvoirons, et au Cond. prs. je prvoirais, n. prvoirions. promouvoir, usit seulement aux temps composs : j ' a i promu, etc., et la forme passive : ils sont promus. Qurir, usit seulement l'Infinitif. Ravoir, n'est usit qu'au Prs. de l'infinitif. redire, comme dire. refaire, comme faire. repatre, comme patre; il a de plus un Pass simp. je me repus, n. n. re-pmes, et un Part. pas. repu, repue. requrir, comme acqurir. rsoudre, Ind. prs. je rsous, il rsout, n. rsolvons, ils rsolvent; Im-parf. je rsolvais; Pass simp. je rsolus; Fut. je rsoudrai. Cond. prs. je rsou-drais. Impr. rsous, rsolvons, rsol-vez. Subj. prs. que je rsolve, que n. rsolvions; lmparf. que je rsolusse, que n. rsolussions. Part. rsolvant, rsolu ou rsous (on dit ainsi brouil-lard rsous en pluie), rsolue ou r-soute. ressortir, comme sortir dans le cas de sortir de nouveau. Mais quand il signifie tre du ressort de, il se conjugue comme finir; je ressortis, nous ressort iss ons, etc. ressouvenir (se), comme venir. I restreindre, comme craindre. reteindre, comme craindre. rire, Ind. prs. je ris, n. rions; Im--parf. je riais, n. riions; Pass simp. je ris; Fut. je rirai. Cond. prs. je rirais. Impr. ris, rions, riez. Subi. prs. que je rie, qu'il rie, que n. riions; Imparf. que je risse, que n. rissions. Part, riant, ri. Saillir, dans le sens de sauter, l'ait au futur : je saillirai; dans le sens de s'avancer en dehors, tre en saillie, il saillera. satisfaire, comme faire. savoir, Ind. prs. je sais, n. savons, ils savent ; Imparf. je savais ; Pass simp. je sus; Fut. je saurai. Cond. prs. je saurais. Impr. sache, sachons, sachez. Subj. prs. que je sache, que n. sachions, qu'ils sachent; Imparf. que je susse, que n. sussions. Part. sa-chant, su, sue. Le futur saurai est pour sa v rai, comme aurai est pour a v rai. L'autre participe prsent savant est maintenant employ comme adjectif. sentir, Ind. prs. je sens, n. sentons; Imparf. je sentais; Pass simp. je sen-tis; Fut. je sentirai. Cond. prs. je sentirais. Impr. sens, sentons, sentez. Subj. prs. que je sente, que n. sen-tions; Imparf. que je sentisse. Part. sentant, senti, sentie. seoir, ce verbe, dans le sens d'tre convenable, s'emploie encore dans cer-tains temps, et toujours la troisime personne du sing. ou du plur. ; il sied, ils sient, il seyait, il sira, il si-rait, etc. servir, Ind. prs. je sers, n. servons, lmparf. je servais; Pass simp. je servis; Fut. je servirai. Cond. prs. je servirais. Impr. sers, servons, ser-vez. Subj. prs. que je serve, que n. servions; Imparf. que je servisse, que n. servissions. Part. servant, servi, servie. sortir, Ind. prs. je sors, n. sortons; Imparf. je sortais; Pass simp. je sortis; Fut. je sortirai. Cond. prs. je sorti-rais. Impr. sors, sortons, sortez. Subj. prs. que je sorte, que n. sortions; Imparf. que je sortisse, que n. sortis-sions, qu'ils sortissent. Part. sortant, sorti, sortie. souffrir, Ind. prs. je souffre, n. souffrons; Imparf. je souffrais; Pass simp. je souffris; Fut. je souffrirai. PARTICULARITS DE CONJUGAISON. Cond. prs. je souffrirais. Impr. souf-fre, souffrons, souffrez. Subj. prs. que je souffre, que n. souffrions; Imparf. que je souffrisse, que n. souf-frissions. Part. souffrant, souffert, soufferte. sourdre (sortir de terre, se dit en parlant des sources), ne s'emploie qu' l'inf. prs. et la 3 e pers. du prs. de l'ind. suffire, Ind. prs. je suffis, tu suffis, il suffit, n. suffisons, v. suffisez, ils suf-fisent; Imparf. je suffisais; Pass simp. je suffis, n. suffmes; Fut. je suffirai, n. suffirons. Cond. prs. je suffirais, n. suffirions. Impr. suffis, suffisons, suffisez. Subj. prs. que je suffise, que n. suffisions; Imparf. que je suffisse, que n. suffissions. Part. suffisant, suffi. suivre, Ind. prs. je suis, n. suivons; Imparf. je suivais; Pass simp. je sui-vis; Fut. je suivrai. Cond. prs. je suivrais. Impr. suis, suivons, suivez. Subj. prs. que je suive, que n. sui-vions; Imparf. que je suivisse, que n. suivissions. Part. suivant, suivi, suivie. Taire , Ind. prs. je tais, il tait, n. tai-sons, ils taisent; Imparf. je taisais; Pass simp. je tus; Fut. je tairai. Cond. prs. je tairais. Impr. tais, taisons, taisez. Subj. prs. que je taise, que n. taisions; Imparf. que je tusse, que n. tussions. Part. taisant, tu, tue. teindre, comme peindre. tenir, Ind. prs. je tiens, il tient, n.tenons, ils tiennent; Imparf. je tenais; Pass simpl. je tins, il tint. n. tnmes ils tinrent; Fut. je tiendrai. Cond. prs. je tiendrais. Impr. tiens, tenons, tenez. Subj. prs. que je tienne, que n. tenions, qu'ils tiennent; Imparf. que je tinsse, qu'il tnt, que n. tinssions. Part. tenant, tenu, tenue. Pour la diffrence de radical entre tiens et tenons, voy. Accent to-nique. traire, Ind. prs. je trais, il trait, n. trayons, v. trayez, ils traient; Imparf. je trayais, nous trayions; Fut. je trairai. Cond. prs. je trairais. Impr. trais, trayons, trayez. Subj. prs. que je traie, que n. trayions, que v. trayiez, qu'ils traient. Part. trayant, trait, traite. Ce verbe n'a point de pass simp. ni d'imparf. du subjonctif. tressaillir, Ind. prs. je tressaille, n. treissaillons ; Imparf. je tressaillais. n. tressaillions, Pass simp. je tres-saillis; Fut. je tressaillirai. Cond. prs. je tressaillirais. Impr. tressaille, tressaillons, tressaillez. Subj. prs. que je tressaille, que n. tressaillions; Imparf. que je tressaillisse, que n. tressaillissions. Part. tressaillant, tressailli. Vaincre, Ind. prs. je vaincs, il vainc, n. vainquons, ils vainquent; Im-parf. je vainquais, Pass simp. je vain-quis; Fut. je vaincrai. Cond. prs. je vaincrais. Impr. vaincs, vainquons, vainquez. Subj. prs. que je vainque, que n. vainquions; Imparf. que je vain-quisse, que n. vainquissions. Part. vainquant, vaincu, vaincue valoir, Ind. prs. je vaux, il vaut, n. valons; Imparf. je valais; Pass simp. je valus; Fut. je vaudrai. Cond. prs. je vaudrais. Impr. vaux, valons, valez. Subj. prs. que je vaille, que n. valions, qu'ils vaillent; Imparf. que je valusse, que n. valussions. Part. valant, valu, value. venir, Ind. prs. je viens, il vient, n. venons, ils viennent; Imparf. je venais; Pass simp. je vins, n. vnmes; Fut. je viendrai. Cond. prs. je viendrais. Subj. prs. que je vienne, que n. venions, qu'ils viennent; Imparf. que je vinsse, qu'il vnt, que n. vinssions. Part. venant, venu, venue. Pour la diffrence de radical entre viens et venons, voy. Accent to-nique. vtir, Ind. prs. je vts, il vt , n. v-tons, ils vtent ; lmparj. je vtais ; Pass simp. je vtis; Fut. je vtirai. Cond. prs. je vtirais. Impr. vts, vtons, vtez. Subj. prs. que je vte, que n. vtions; Imparf. que je vtisse, que n. vtissions. Part. vtant, vtu, v-tue. vivre, Ind. prs. je vis, n. vivons, ils v ivent ; Imparf. je vivais ; Pass simp. je vcus; Fut. je vivrai. Cond. prs. je vivrais. Impr. vis, vivons, v ivez . Subj. prs. que je vive, que n. vivions, qu'ils v ivent ; Imparf. que je vcusse, que n. vcussions, qu'ils vcussent. Part. vivant , vcu, vcue. voir, Ind. prs. je vois, il voit, n. voyons, ils voient; Imparf. je voyais, n. voyions ; Pass simp. je vis ; Fut. je ver-rai. Cond. prs. je verrais. Impr. vois, voyons, voyez. Subj. prs. que je voie, que n. voyions, qu'ils voient; Imparf. que je visse, qu'il vt, que n. vis-PARTICULARITS DE CONJUGAISON. sions, qu'ils vissent. Part. voyant, vu, vue. vouloir, Ind. prs. je veux, il veut, n. voulons, ils veulent; Imparf. je vou-lais; Pass simp. je voulus; Fui. je vou-drai. Cond. prs. je voudrais. Impr. veux (ou veuille), voulons (ou veuillons), voulez (ou veuillez). Subj. prs. que je veuille, que n. voulions, qu'ils veuil-lent; Imparf. que je voulusse, que n. voulussions. Part. voulant, voulu, voulue. Outre le participe voulant, ce verbe en avait autrefois un second, veuillant, qu'on retrouve altr dans bien veillant, mal veillant. RCAPITULATION. Formes Verbe Sens 1 active. 2 passive. 3 pronominale. impersonnel. transitif. Intransitif. EXERCICES EXERCICES. EXERCICES. EXERCICES EXERCICES. EXERCICES. EXERCICES. ACCORD DU VERBE AVEC LE SUJET, Mon frre lit, vous chantez. Le frre et la sur lisent. 569. Le verbe se met au mme nombre et la mme per-sonne que son sujet. Ex. : Mon frre lit; vous chantez. Lit est la 3e personne du singulier, parce que son sujet frre est la 3e personne du singulier. Chantez est la 2e personne du pluriel, parce que son sujet vous est la 2e personne du pluriel. 570. Quand il y a deux sujets au singulier, on met le verbe au pluriel. Ex. : Le frre et la sur lisent. Lisent est au pluriel parce qu'il a pour sujets frre et sur, deux singuliers qui valent un pluriel. 571. Quand les sujets sont de diffrentes personnes, s'il y a une premire personne, le verbe se met la premire personne du pluriel. Ex. : Vous et moi nous sommes contents. S'il n'y a pas de premire personne, le verbe se met la seconde personne du pluriel. Ex. : Vous et lui vous tes sages. ACCORD DU VBRBB. 330 ACCORD DU VERBE AVEC LE SUJET. La plupart crivent trop vite. 572. Aprs la plupart, le plus grand nombre, une infinit de, et les adverbes de quantit beaucoup, peu, moins, assez, trop, etc., le verbe se met au pluriel. Ex. : La plupart crivent trop vite. Beaucoup se trompent. 573. Plus d'un veut le verbe au singulier, bien que ce mot veille l'ide du pluriel. Ex. : Plus d'un brave mordait la poussire. 574. L e verbe peut se mettre au s ingul ier ou au pluriel aprs plusieurs sujets qui forment une numrat ion ou qui sont unis par comme, ainsi que, de mme que, etc. E x . : Un regard, un serrement de main suffit ou suffisent pour relever le courage du malheureux. La vrit, comme la lumire, est inaltrable ou sont inaltrables Le chat, ainsi que le tigre, est un carnivore ou sont des carnivores. ACCORD DU VERBE. ACCORD DU VERBE AVEC LE SUJET. Ni l'un ni l'autre ne viendront. 575. Le verbe se met ordinairement au pluriel aprs deux sujets unis par ni ou par ou. E x . : Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux. Le courage ou le bonheur ont pu faire des hros. Mais si l'ide qu'exprime le verbe ne peut tre attribue qu' l'un des deux sujets, le verbe se met au singulier. Ex. : Ni Pierre ni Andr ne sera premier dans cette composition. Corneille ou Racine est l'auteur de ces vers. 576. Le verbe se met au pluriel aprs ni l'un ni l'autre s'il y a action commune des deux sujets. E x . : Ni l'un ni Vautre ne viendront; et au singulier si l 'action ne peut tre attribue qu ' l 'un des deux sujets. E x . : Ni l'un ni l'autre n'obtiendra le premier prix. 577. L'un et l'autre employ comme sujet veu t ordinai-rement le verbe au pluriel. E x . : L'un et l'autre sont morts. Le pluriel est de rigueur quand l'un et l'autre, ni l'un ni l'autre sont placs aprs le verbe : Ils voulurent l'un et Vautre tenter la fortune. Ils n'obtiendront le prix ni l'un ni l'autre. 578. Mais l'un ou l'autre veu t le verbe au singulier. x . : L'un ou l'autre a raison. ACCORD DU VERBE AVEC C E SUJET. C'est vous. Ce sont eux. 579. L e verbe tre prcd de ce (c'est, c'tait, etc.) reste au s i n g u l i e r quand il est suivi d'un ou plusieurs noms au singu-lier. E x . : C'est la pluie et le brouillard qui attristent l'Angleterre. Le verbe tre prcd de ce reste encore au singulier quand il est suivi d'un pronom de la premire ou de la seconde personne du pluriel. Ex. : C'est nous qui sommes coupables. C'est vous qui venez. 580. Quand les noms sont au pluriel ou quand les pronoms sont la troisime personne du pluriel, le verbe tre se met de prfrence au pluriel. Ex. : Ce sont les gnraux qui dirigent les soldats Ce sont eux qui m'ont accus. ACCORD DU VERBE EMPLOI DES MODES. EMPLOI DES MODES DANS LES PROPOSITIONS SUBORDONNES. [Seulement lire et consulter.] 581. Le verbe de la proposi t ion subordonne est ordinairement au subjonctif; mais il peut tre aussi l'indicatif ou au conditionnel. 582. 1 P ropos i t i ons s u b o r d o n n e s rattaches par une conjonc-tion, une locution conjonct ive ou un m o t interrogat i f . Le verbe de la proposition subordonne se met ordinairement l'indicatif ou au condi-tionnel aprs une conjonction s i m p l e ou un m o t interrogat i f . Ex. : Je viendrai quand il vous plaira. Savez-vous o il est? Le verbe de la proposition subordonne se met ordinairement au subjonc-tif aprs une locution conjonct ive : Je me lve avant qu'il fasse jour; il marche bien, quoiqu'il soit boiteux. Mais cette rgle n'est pas absolue et elle comporte un certain nombre d'exceptions, que nous devons indiquer. 583. Les locutions conjonctives qui suivent veulent toujours aprs elles l'indicatif ou le conditionnel : A mesure que, ainsi que, attendu que, aussi bien que, aussitt que, autant que, de mme que, depuis que, ds que, durant que, outre que, parce que, pendant que, tandis que, vu que. Ex. : Il avance mesure que vous reculez; il partira aussitt que vous serez parti, e tc . Il avancerait mesure que vous reculeriez; il partirait aussitt que vous seriez parti; etc. 584. Les locutions conjonctives de faon que, de manire que, de sorte que, en sorte que, si ce n'est que, sinon que, tellement que, se construisent tantt avec l'indicatif, tantt avec le subjonctif. 1 Elles se construisent avec l'indicatif quand la phrase exprime un fait positif, certain : Cet enfant s'est conduit de telle sorte que ses parents sont contents. 2 Elles se construisent avec le subjonctif quand la phrase exprime un fait douteux, et qui pourrait bien ne pas avoir lieu : Faites en sorte qu'il vienne; conduisez-vous de telle sorte que tout le monde soit content de vous. 585. Les locutions conjonctives qui suivent veulent toujours aprs elles le subjonctif : Afin que, moins que, avant que, en cas que, bien que, de peur que, de crainte que, loin que, non que, pour que, pour peu que, pourvu que, jusqu' ce que, quoique, si peu que, sans que, soit que, suppos que. Ex. : J'irai le voir avant qu'il parte. La terre ne s'puise jamais, pourvu qu'on sache la cultiver. 586. Lorsque deux propositions sont unies par la conjonction que, le second verbe se met tantt au subjonctif, tantt l'indicatif, selon l'ide exprime par le premier verbe. EMPLOI DES MODES. 587. On emploie le subjonctif : 1 Aprs les verbes qui expriment le doute, le dsir, la crainte, la surprise, la supposition, la volont, la possi-bilit. Ex. : Je doute qu'il sache sa leon. Je dsire qu'il vienne. Je crains qu'il ne parte. Je suis surpris que vous soyez arriv. Je suppose qu'il lise ce livre. Je veux qu'il sorte. 2 Aprs les verbes employs interrogativement ou accompagns d'une ngation. Ex. : Croyez-vous qu'il parte? Pensez-vous qu'il vienne? Je ne prtends pas qu'il sorte. Je ne prsume pas qu'il soit arriv. 3 Aprs les verbes impersonnels il faut, il importe, il convient, il est pos-sible, etc., et en gnral aprs tous ceux qui expriment la volont, la sup-position, le doute. Ex. : Il faut qu'il vienne. Il importe qu'il soit ici. Il convient qu'il sorte. Il est possible qu'il dorme, etc. 588. Mais on emploie l'indicatif mme aprs les verbes qui expriment la supposition, la volont, lorsqu'on considre la chose dont il s'agit comme trs probable. Ex. : Je suppose qu'il Ht le livre que vous lui avez prt. Je prtends qu'il est l. 589. La rgle est la mme aprs un verbe conjugu interrogativement ou accompagn d'une ngation, lorsqu'on considre la chose dont il s'agit comme certaine ou trs probable. Ainsi l'on dira : Croyez-vous enfin que Louis est arriv? (parce que l'on regarde comme certaine l'arrive de Louis). Vous ne dites pas que Jacques est mon ami (parce que j'affirme que Jacques est mon ami). 590. On emploie encore l'indicatif aprs les verbes impersonnels, tels que il est certain, il est probable, il est clair, qui expriment la certitude, la probabilit, etc. Ex. : Il est certain que la terre est gele. Il est pro-bable que le ciel s'claircira. La ngation dtruisant la certitude ou la probabilit les mmes verbes conjugus ngativement voudraient aprs eux le subjonctif. Ex. : Il n'est pas certain que la terre soit gele. Il n'est pas probable que le ciel s'claircisse. 5 9 1 . Propositions subordonnes rattaches par un pronom rela-tif. Aprs un pronom relatif dans les phrases qui expriment la volont, le dsir, le doute, la ngation, l'interrogation, le verbe de la proposition subordonne se met au subjonctif. Ex. : Je veux un serviteur qui m'obisse. Connaissez-vous quelqu'un qui soit vraiment heureux? Allez dans une retraite o vous soyez tranquille. 592. Le verbe se met galement au subjonctif quand le pronom relatif est prcd du mot seul ou d'un superlatif. Ex. : Votre frre est le seul qui soit habile. Il est l'homme le plus adroit que je connaisse. 593. Ces deux rgles ne souffrent d'exceptions qu'au cas o le verbe de la proposition subordonne ou de la proposition principale renferme une affirmation absolue : Ex. : J'ai trouv un serviteur qui m'obit. Allez dans cette retraite o vous serez tranquille. De ces deux hommes c'est le plus adroit que je connais. EMPLOI DES TEMPS DU SUBJONCTIF. 337 [Seulement lire et consulter.] 594. Si le verbe de la proposition principale est au pr-sent ou au futur de l'indicatif, le verbe de la proposition subor-donne se met : 1 Au prsent du subjonctif quand l'action est encore faire. Ex. : Je dfends qu'il vienne. Je dfendrai qu'il vienne demain Il est le seul qui soit prt. Ce sera le seul qui soit prt. 2 Au pass du subjonctif quand l'action est dj faite. Ex. : Je doute que vous ayez pu le faire. Je douterai toujours que vous ayez pu le faire hier. C'est le seul qui ait t prt. Ce sera le seul qui ait t prt. 595. Si le verbe de la proposition principale est l'un des temps du pass, le verbe de la proposition subordonne se met : 1 l'imparfait du subjonctif quand l'action est encore faire. Ex. : Je voulais qu'il vnt. J'aurais voulu qu'il vnt demain. Je voulais un serviteur qui ft dvou. J'aurais voulu un serviteur qui ft dvou. 2 Au pius-que-parfait du subjonctif quand l'action est dj faite. Ex. : Je ne savais pas que vous eussiez dj lu ce livre. Je n'aurais pas voulu qu'il et fait cette dclaration hier. C'tait la seule lettre que j'eusse reue. Il aurait t le seul lve que j'eusse rcompens. 596. REMARQUE. Si le verbe de la proposition principale est au conditionnel prsent, le verbe de la proposition subordonne se met galement bien au prsent ou l'imparfait du subjonctif. Ex. : Il faudrait qu'il vienne ou qu'il vnt. 597. Ces rgles ne souffrent qu'une exception : Quand la phrase exprime l'ide d'une condition, on se sert dans la proposition subordonne du prsent, de l'imparfait ou du plus-que-parfait du subjonctif, selon le temps de la proposition exprimant la condition. Ex. : Je ne crois pas qu'il le fasse si on le lui dfend. Je ne crois pas qu'il le ft si on le lui dfendait. Je ne croirai jamais qu'il l'et fait si on le lui avait dfendu. CONCORDANCE DES TEMPS. PROPOSITION PROPOSITION PRINCIPALE SUBORDONNE T e m p s prsent Prsent du Subjonctif. Qu'il le fasse. ou futur , Je doute, je douterai. Pass du Subjonctif. Qu'il Fait fait. T e m p s p a s s s . Imparfait du Subjonctif. Je doutais, je doutai, j'ai) Qu'il le ft. dout, j'avais dout, j'aurai) Plus-que-parfait du Subjonctif. dout, j'aurais dout. Qu'il l'et fait. Prsent du Conditionnel. Je douterais. Prsent ou Imparfait du Subjonctif. Qu'il le fasse ou qu'il le ft. EMPLOI DU SUBJONCTIF. DU VERBE. RECAPITULATION. RCA PJTULAT10N. LE PARTICIPE. Des enfants caressant leur mre. Des enfants caressants. 598. Le participe est un mode du verbe qui tient, qui participe, la fois, du verbe et de l'adjectif. Il y a deux sortes de participes : le participe prsent et le participe pass. 599. Le participe prsent se termine toujours en ant et est invariable. Ex. : Des enfants caressant leur mre. Employ comme adjectif, le participe prsent est dit adjec-tif verbal, et s'accorde avec le nom. Ex. : Ces enfants sont caressants; Cette personne est obligeante. 600. Le participe prsent marque l'action et est ordi-nairement : 1 Accompagn d'un complment direct ou indirect. Ex. : Les marteaux frappant l'enclume; les lves sortant de la classe. 2 Prcd de la prposition en. Ex. : Ils sortent en riant. 3 Suivi d'un adverbe. Ex. : Une fille obissant bien; des esprits agissant toujours. 601. L'adjectif verbal marque l'tat et est ordinairement : 1 Accompagn du verbe tre. Ex. : celle fleur est charmante. 2 Prcd d'un adverbe. Ex. : Une fille bien obissante; des esprits toujours agissants. Quand le sens n'indique pas clairement s'il doit y avoir accord, on peut volont laisser invariable ou faire accorder la forme en... ant. Ainsi l'on crira galement bien : Des sauvages vivent, errant ou errants dans les bois. Le participe prsent employ comme nom prend naturellement la marque du pluriel : Des passants, des tranchants, des dbitants. Il ne faut pas confondre les participes prsents, tels que fabri-quant, ngligeant, adhrant, diffrant, extravaguant, etc., avec les adjectifs ou noms verbaux : fabricant, ngligent, adhrent, diffrent, extravagant, etc. Les premiers sont rgulirement for-ms, par le franais, des verbes fabriquer, ngliger, adhrer, diffrer, extravaguer. Les seconds sont de vritables adjectifs tirs directement du latin. DU PARTICIPE. PARTICIPE PRSENT. ADJECTIF VERBAL. PARTICIPE PRSENT. ADJECTIF VERBAL. PARTICIPE AVEC L'AUXILIAIRE T R E . 347 La porte ouverte, les fentres fermes. Les enfants sont a ims. Les hirondelles sont part ies. 602. Quand le participe pass est joint au nom sans l'aide d'un auxiliaire, il s'accorde toujours avec ce nom en genre et en nombre. Ex. : La porte ouverte, les fentres fermes. 603. On tolre que certains participes passs, comme except, attendu, pass, ci-inclus, ci-joint, suppos, vu, etc., placs avant le nom, s'accordent avec ce nom ou restent invariables. Ex. : Excepte ou except sa mre. Passe OU p a s s l 'poque, e t c . (Voir page 187.) Mais l'accord est de rigueur quand ces mots sont placs aprs le nom. Ex. : Sa mre excepte, l'poque passe, etc. 604. Le participe pass employ avec l'auxiliaire tre s'accorde avec le sujet en genre et en nombre. Ex. : Les enfants sont aims. Les hirondelles sont parties. 605. Dans les verbes impersonnels conjugus avec tre, le participe, s'accordant avec le sujet apparent il et non avec le sujet rel, ne change jamais. Ex. : Il est survenu une tempte. Il est arriv des malheurs. PARTICIPE AVEC L'AUXILIAIRE TRE. PARTICIPE AVEC L'AUXILIAIRE TRE. PARTICIPE AVEC L'AUXILIAIRE AVOIR. Voici les fleurs que j ' a i coupes. Ces enfants ont bien march . 606. Le participe pass employ avec l'auxiliaire avoir s'accorde avec son complment direct d'objet quand il en est prcd. Ex. : Voici les fleurs que j'ai coupes. Que de services je lui ai rendus! Quelle rponse a-t-il faite? 607. Le participe pass reste toujours invariable quand le complment direct d'objet suit le participe au lieu de le pr-cder, ou quand il n'y a pas de complment direct d'objet. Ex. : J'ai port la lettre; j'ai vu des roses; nous avons vu et entendu. Quand le complment direct d'objet est un nom collectif, le participe pass peut volont s'accorder avec le collectif ou avec le compl-ment du collectif. Ex. : La foule d'hommes que j'ai vue ou vus. 608. Les verbes intransitifs, n'ayant jamais de com-plment direct d'objet, le participe pass de ces verbes con-jugus avec avoir est toujours invariable. Ex. : Ces enfants ont bien march. 609. Quelques verbes sont employs tantt comme intran-sitifs, tantt comme transitifs. Lorsqu'ils sont employs comme transitifs directs, leur participe pass peut varier. Ainsi on crira avec accord : Cet homme nous a fidlement servis (c'est--dire a servi nous, comp. dir. d'objet). Voil les chagrins que vous a valus votre paresse. Les dangers que j'ai courus sont nombreux. Mais on crira sans accord : Ces livres nous ont beaucoup servi (c'est--dire ont servi nous). Les deux heures que j'ai couru m'ont essouffl. Dix mille francs! cette maison ne les a jamais valu (dix mille francs, compl. de prix). 610. Le participe pass des verbes vivre, dormir, rgner, coter, est tou-jours invariable. Ex. : Les jours qu'on a vcu dans l'oisivet sont perdus. Les heures qu'elle a dormi l'ont repose, etc. (c'est comme s'il y avait : pendant lesquels on a vcu..., pendant lesquelles elle a dormi; jours et heures ne sont pas des complments directs d'objet). 611. Les verbes impersonnels conjugus avec avoir n'ayant point de complment direct d'objet, leur participe pass est invariable. Ex. : il a neig, il a plu, il a tonn. Le participe pass des verbes employs comme verbes imper-sonnels reste galement invariable. Ex. : Les grandes chaleurs qu'il a fait. Les inondations qu'il y a eu. PARTICIPE AVEC L'AUXILIAIRE AVOIR. PARTICIPE AVEC L'AUXILIAIRE AVOIR 354 PARTICIPE DES VERBES A LA FORME PRONOMINALE. La maison s'est croule. Elle s 'est leve. Elles se sont nui. 612. Les verbes pronominaux non rflchis, tels que s'crouler, s'emparer, s'vanouir, se cabrer, se repentir, etc., font toujours accorder leur participe pass avec le sujet. Ex. : La maison s'est croule; nous nous sommes vanouis; elle ne s'est aperue de rien ; les bls se sont bien vendus cette anne. Le verbe s'arroger, qui a un complment direct d'objet, suit la rgle n 613. 613. Dans les verbes pronominaux rflchis ou rcipro-ques, l'auxiliaire tre tant mis pour avoir, le participe pass suit les rgles du participe pass avec avoir, c'est--dire qu'il s'accorde avec son complment direct d'objet quand ce complment le prcde. Ex. : Elle s'est leve, ils se sont levs (c'est--dire : elle a lev elle, ils ont lev eux). 614. Quand le complment direct d'objet suit, le participe du verbe pro-nominal reste naturellement invariable. Ex. : Elle s'est brl le doigt (elle a brl le doigt elle). Mais on dira avec accord : Elle s'est brle au doigt (c'est--dire elle a brl elle au doigt). 615. Les verbes transitifs indirects employs la forme pronominale ont leur participe toujours invariable puis-qu'ils n'ont pas de complment direct d'objet. Ex. : Bien des rois se sont succd sur le trne. Elles se sont nui (c'est--dire : ont succd eux, ont nui elles). PARTICIPE DES VERBES A LA FORME PRONOMINALE PARTICIPE DES VERBES A LA FORME PRONOMINALE. PARTICIPE DES VERBES A LA FORME PRONOMINALE. PARTICIPE PASS SUIVI D'UN INFINITIF. Ces femmes, je les ai entendues chanter. 616. Quand le participe est suivi d'un infinitif, il s'accorde s'il a pour complment direct d'objet le nom ou pronom qui prcde. Ex. : Ces femmes, je les ai entendues chanter (c'est--dire j'ai entendu ces femmes chantant). Mais il reste inva-riable s'il a pour complment direct d'objet l'infinitif qui suit. Ex. : Les romances que j'ai entendu chanter, c'est--dire j'ai entendu chanter ces romances). Les fruits que je me suis laiss prendre. (On tolre actuellement l'accord ou l'invariabilit dans tous les cas : Les romances que j'ai entendu ou entendues chanter; les fruits que je me suis laiss ou laisss prendre.) 617. Le participe t'ait suivi d'un infinitif constitue une locution verbale dans laquelle le participe fait est toujours invariable. 618. Les participes d, pu, voulu, etc., sont invariables lorsqu'on peut sous-entendre un verbe aprs eux. Ex. : Je lui ai rendu tous les services que j'ai pu et que j'ai d (sous-entendu lui rendre). . Je lui ai lu tous les livres qu'il a voulu (sous-entendu que je lusse). Mais on crira : J'ai pay les sommes que j'ai dues. PARTICIPE PASS SUIVI D'UN INFINITIF. PARTICIPE PASS SUIVI D'UN INFINITIF REMARQUES SUR L'ACCORD DES PARTICIPES. Des services, personne ne m'en a rendu. Le peu de nourriture qu'il a prise ou pris. 619. Le participe pass prcd de en reste invariable. Ex. : Des services, personne ne m'en a rendu. L'accord a lieu quand le pronom en est prcd d'un adverbe de quantit. Ex. : Plus il a eu de livres, plus il en a lus. Autant il a attaqu d'ennemis, autant il en a vaincus. 620. Quand le, pronom neutre, signifiant cela, prcde le participe, celui-ci est toujours invariable. Ex. : Elle est plus malade que je ne l'aurais cru (c'est--dire j'aurais cru cela, savoir qu'elle tait malade). 621. Le participe pass prcd de la locution le peu varie selon le sens de cette locution : 1 Lorsque le peu signifie une quantit petite mais suffi-sante, le participe s'accorde avec le nom. Ex. : Le peu de nourriture qu'il a prise l'a sauv (c'est--dire cette quantit de nourriture, si petite qu'elle ft, a suffi pour le sauver). 2 Lorsque le peu signifie l'insuffisance, le manque, le par-ticipe reste invariable. Ex. : C'est le peu de nourriture qu'il a pris qui a caus sa mort (c'est--dire c'est la trop petite quantit de nourriture qui, etc.). REMARQUES SUR LES PARTICIPES. REMARQUES SUR LES PARTICIPES. REMARQUES SUR LES PARTICIPES. RCAPITULATION DU PARTICIPE. 622. Fonctions du participe dans la proposition. Le parti-cipe employ comme nom peut tre : sujet, attribut, complment, etc. Ex. : L'ignorant (sujet) est malheureux; le paresseux est toujours un ignorant (attribut); les vieillards regrettent le pass (compl. direct d'objet), etc. 623. Le participe employ comme adjectif peut tre pithte du nom ou en tre l'attribut. Ex. : Les enfants polis et obligeants (pi-thte de enfants) sont aimables; mes enfants, vous serez polis et obligeants (attribut de vous). 624. Le participe prsent prcd de en est un complment indirect de manire. Ex. : Ils se rchauffent en jouant (compl. ind. de man.). RCAPITULA T10N. DU PARTICIPE. DE L'ADVERBE Le livre court vite. La rose est trs belle. 625. L'adverbe est un mot invariable qui sert modifier la signification du verbe, de l'adjectif ou d'un autre adverbe. Quand on dit : Le livre court vite; la rose est trs belle, le mot vite marque comment court le livre; le mot trs marque combien la rose est belle. Le mot vite et le mot trs sont des adverbes. REMARQUE. L'adverbe joue le rle d'un complment exprimant la circonstance (lieu, temps, manire, etc.). 626. On distingue des adverbes de lieu, de temps, de manire, de quantit, d'affirmation, de ngation et de doute. 627. Les principaux adverbes de lieu sont : ici, l, y, ou, en, loin, ailleurs, de, del, partout, , dessus, dedans, dehors, etc. Ex. : Je partirai d'ici pour aller partout o tu voudras; restez l; allons ailleurs. 628. Les principaux adverbes de temps sont : quand, depuis, souvent, toujours, maintenant, jamais, aujourd'hui, demain, encore, hier, jadis, alors, longtemps, enfin, etc. Ex. : J'irai demain; il lit toujours. 629. Les principaux adverbes de manire sont : bien, mal, ainsi, comme, plutt, exprs, etc. Il faut joindre ces adverbes ceux qui se forment l'aide d'un adjectif fminin auquel on joint la terminaison ment. Ex. : Il mourut courageusement (c'est--dire d'une manire courageuse); il vcut sagement (c'est--dire d'une manire sage) ; il agit prudemment; il parle savamment. 630. Les adverbes de manire en ment peuvent, comme les adjectifs dont ils drivent, tre employs au comparatif et au superlatif : clairement, plus clairement, trs clairement ou le plus clairement. 631. Les adjectifs employs comme adverbes de manire ont galement le comparatif et le superlatif : chanter juste, plus juste, t r s juste ou le plus juste. 632. Les adverbes de manire bien et mal forment leur comparatif et leur superlatif irrgulirement : bien fait au comparatif mieux, au superlatif le mieux (ou trs bien); mal fait pis ou plus mal, le pis ou le plus mal (ou trs mal). Il ne faut pas confondre pis adverbe avec pire adjectif comparatif de mauvais : Il n'est pire eau que l'eau qui dort. DE L'ADVERBE. 633. Les principaux adverbes de quantit sont : assez, trop, peu, beaucoup, trs, tant. 634. Les principaux adverbes d'affirmation sont : oui, certes, vraiment, etc. Ex. : Viendrez-vous? Oui. Cette pense est vrai-ment belle. 635. Les principaux adverbes de ngation sont : non, ne, pas, point, rien. Ex. : Non, je ne veux pas. Nous n'avons rellement que deux adverbes de ngation, non et ne; les autres mots, tels que pas, point, goutte, etc., ne sont que des noms (un pas, un point, une goutte), employs adverbiale-ment, comme termes de comparaison. 636. Les principaux adverbes de doute sont : peut-tre, proba-blement. Ex. : Il sera probablement ici demain. Peut-tre est une ellipse pour cela peut tre, ce qui nous explique pourquoi l'on peut mettre que aprs cet adverbe. Ex. : Peut-tre que je viendrai, c'est--dire cela peut tre que je..., etc. 637. REMARQUE. Des adverbes peuvent quelquefois s'employer interrogativement : Combien tes-vous? O allez-vous? etc. DB L'ADVERBE. LOCUTIONS ADVERBIALES. 638. On appelle locution adverbiale une runion de mots quivalant un adverbe. Ex. : A l'envi, au del, tout fait, etc. Les principales locutions adverbiales sont : contre-temps, au dehors, en de, sans cesse, demi, au-dessus, ici-bas, sens dessus dessous, l'envi, au-dessous, ne... pas, sur-le-champ, peu prs, au del, ne... que, tour tour, prsent, d'abord, ple-mle, tout coup, propos, de suite, peu peu, tout fait, etc. 639. De suite, tout de suite. De suite signifie sans inter-ruption, l'un aprs l'autre. Ex. : Il ne peut dire deux mots de suite. Tout de suite signifie immdiatement, sans attendre. Ex.: Partons tout de suite. 640. Plus tt, plutt. Plus tt en deux mots signifie avant, exprime une ide de temps et est l'oppos de plus tard. Ex.. : Il est arriv plus tt que vous. Plutt en un seul mot exprime une ide de prfrence. Ex. : Plutt la mort que le dshonneur. 641. Tout coup, tout d'un coup. Tout coup signifie soudainement, et tout d'un coup signifie en une seule fois. Ex. : Tout coup je me sentis frapp; la maison s'est croule tout d'un coup. 642. On supprime pas et point aprs ne, quand la phrase ren-ferme une expression telle que nul, personne, jamais, etc., dont le sens est ngatif. Ex. : Je ne vois personne; il ne vient jamais; nul ne l'coute. REMARQUE. Dans l'analyse des propositions, les locutions com-paratives adverbiales plus ... que, aussi ... que, autant que, comme, moins ... que, etc., subordonnent la seconde proposition la pr-cdente pour complter la comparaison. Ainsi dans : Paul est plus savant que Pierre, la locution plus ... que unit la principale : Paul est plus savant la subordonne elliptique complment d'ad-jectif : que Pierre (n'est savant) qui complte la comparaison. DE L'ADVERBE. N E DANS LES PROPOSITIONS SUBORDONNES. 643. On peut volont supprimer ou employer la ngation ne dans les propositions subordonnes dpendant des verbes ou des locutions suivantes : Empcher, dfendre, viter que, etc. Ex. : Dfendre qu'on vienne, ou qu'on ne vienne. Craindre, dsesprer, avoir peur, de peur que, etc. : De peur qu'il aille ou qu'il n'aille. Douter, constater, nier que, etc. Ex . : Je ne doute pas que la chose soit vraie ou ne soit vraie. Il tient peu, il ne tient pas , il s'en faut que, etc. Ex. : Il ne tient pas moi que cela se fasse ou ne se fasse. 644. On peut aussi supprimer ou employer la ngation ne aprs les comparatifs et les mots indiquant une comparaison : autre, autre-ment que, etc. Ex. : L'anne a t meilleure qu'on l'esprait ou qu'on ne l'esprait. Les rsultats sont autres qu'on le croyait ou qu'on ne le croyait. 645. De mme, aprs les locutions moins que, avant que. Ex. : A moins qu'on accorde le pardon ou qu'on n'accorde le pardon. 646. Fonctions de l'adverbe dans la proposition. Dans la proposition, l'adverbe peut tre attribut, compl-ment d'un nom ou d'un adjectif, complment exprimant la circonstance. Ex. : C'est assez (attrib.); la fte de demain (compl. d'un nom) sera belle; le sage vit content de peu (compl. d'un adjec-tif); cet lve a rpondu parfaitement (compl. de manire). DE L'ADVBRBB. DE LA PRPOSITION Je parle Pierre . Je viens de Paris. 647. La prposition est un mot invariable qui sert unir un mot son complment. Ex. : Je parle Pierre; je viens de Paris; le livre de Paul 648. Les principales prpositions sont : , contre, ds, envers, parmi, sous, aprs, dans, devant, hors, pendant, sur, avant, de, durant, malgr, pour, vers, avec, depuis, en, outre, sans, voici, chez, derrire, entre, par, selon, voil. 649. REMARQUE. 1 Il ne faut pas confondre , prposition, avec a, troisime personne du singulier du verbe avoir; , prpo-sition, est marqu d'un accent grave. Ex. : Il monte cheval; a, verbe, n'a pas d'accent et peut tre remplac par avait, aura, aurait, etc. Ex. : Il a un livre. 2 Ds, prposition, prend un accent grave. Ex. : Il se lve ds l'aurore; des, article, n'a pas d'accent. Ex . : Les feuilles des arbres. 650. On appelle locution prpositive une runion de mots quivalant une prposition. Les principales locutions prpositives sont : cause de, au dedans de, auprs de, jusqu', ct de, au-dessous de, autour de, le long de, afin de, au-dessus de, en face de, loin de, force de, au-devant de, faute de, prs de, l'gard de, au lieu de, grce , quant , travers, au prix de, hors de, vis--vis de, etc. DE LA PRPOSITION. EMPLOI DE QUELQUES PRPOSITIONS. 377 651. De est expltif dans les expressions comme : la ville de Paris, rien de nouveau, vingt hommes de tus, il est honteux de mentir, etc. 652. Durant peut se placer avant ou aprs son compl-ment : durant une heure ou une heure durant. Durant est en ralit un participe prsent du verbe durer. On dit de mme : pendant le procs et le procs tant pendant. 653. Au travers est toujours suivi de la prposition de. Ex. : Il se fit jour au travers de l'arme ennemie. A travers n'en est pas suivi. Ex. : Il marchait travers les pines. 654. Il ne faut pas confondre prs de avec prt . Prs de signifie sur le point de ou cot de. Ex. : Il est prs de sortir; je suis prs de ma mre. Prt est un adjectif et signifie dispos . Ex. : Il est prt sortir. 655. Voici annonce ce qu'on va dire. Ex. : Voici ce que je vous apporte : une histoire, une grammaire et un atlas. Voici se met aprs un pronom : le voici, nous voici. Voil rappelle ce qu'on vient de dire. Ex. : Travaillez, voil ce que je vous rpterai sans cesse. La langue franaise a tir de son propre fonds des prpositions l'aide des noms, des adjectifs et des verbes. Ex. : malgr, sauf, voici, voil (pour vois-ici, vois-l), attendu, except, durant, pendant, etc. Les locutions prpositives sont formes, pour la plupart, soit l'aide de noms, soit l'aide d'adverbes, suivis de la prposition de : en face de, force de, faute de, loin de, autour de, au-devant de, vis--vis de, etc. DE LA PRPOSITION. DE LA CONJONCTION Le cheval et le buf sont utiles. 656. La conjonction est un mot invariable qui sert runir deux mots de la mme espce ou deux propositions. Ex. : Le cheval et le buf sont utiles; aimons Pierre puisqu'il est bon. 657. Les principales conjonctions sont : car, cependant, comme, donc, et, lorsque, mais, nanmoins, ni, or, ou, pourquoi, puis, puisque, quand, que, quoique, si, sinon, toutefois, etc. 658. REMARQUES. 1 Que est pronom relatif quand il signifie lequel, laquelle, lesquels, lesquelles. Ex. : L'enfant que j'aime. Que est adverbe lorsqu'il signifie combien. Ex. : Que je suis content! Que est conjonction lorsqu'il sert joindre deux membres de phrase. Ex. : Je crois que Pierre est sage. 2 O, adverbe, marque le lieu et prend un accent grave. Ex. : Je sais o vous allez. Ou, conjonction, signifie ou bien et ne prend pas d'accent. Ex. : Mon frre ou moi. 3 Si est adverbe lorsqu'il signifie tant, tellement. Ex . : La France est si belle! Dans les autres cas il est conjonction. Ex. : Je sortirai si le temps est beau. 659. On appelle locution conjonctive une runion de mots quivalant une conjonction. Les principales locutions conjonctives sont : afin que, ainsi que, alors que, moins que, aprs que, attendu que, au moins, au reste, avant que, bien que, de mme que, de peur que, depuis que, de sorte que, ds que, en effet, jusqu' ce que, ou bien, parce que, par consquent, pendant que, pour que, pourvu que, sans que, selon que, soit que, tandis que, vu que, etc. DE LA CONJONCTION. CONJONCTIONS DE COORDINATION DE SUBORDINATION. DE LA CONJONCTION. EMPLOI DE QUELQUES CONJONCTIONS. 664. Que forme avec la ngation ne une locution adverbiale quivalant seulement. Ex. : Un loup n'avait que les os et la peau. (LA FONTAINE. ) 665. Ne que suivi de de prend le sens de tout l'heure, l'instant. Ex. : Il ne fait que de rentrer (c.--d. il rentre l'instant). 666. Quand, quant . Quand, conjonction, signifie quoique, lorsque. Ex. : Je viendrai quand mme il pleuvrait. Je partirai quand j'aurai fini. Quant suivi de est une locution prpositive qui signifie pour, en ce qui concerne, l'gard de. Ex. : Quant moi, je n'en ferai rien. 667. Parce que, par ce que. Parce que (en deux mots) signifie par la raison que. Ex. : Je me tais, parce que j'ai tort. Par ce que (en trois mots) signifie par la chose que, d'aprs la chose que. Ex. : Je suis averti par ce que mon pre m'a dit (c'est--dire par cela que mon pre m'a dit). 668. Quoique, quoi que. Quoique (en un seul mot) signifie bien que. Ex. : Quoique paresseux, il russit assez bien. Quoi que (en deux mots) signifie quelle que soit la chose que. Ex. : Quoi que vous disiez, il fait la sourde oreille. DE L'INTERJECTION Hol! h! descendez. 669. L'interjection est un cri, une exclamation. Quand on dit : Hol! h ! descendez. Ah! prenez garde! ces mots hol! h! ah! sont des cris, des exclama-tions. On appelle ces mots des interjections. 670. Les principales interjections sont : Pour exprimer la joie : Ah ! bon ! la douleur : Ae! ah! hlas ! la crainte : Ha ! h ! ho ! l 'admira t ion : Ah! eh ! oh ! l 'avers ion : Fi! fi donc! le soulagement : Ouf ! Pour encourager : Allons ! courage ! Pour appeler : Hol ! h ! 671. Il faut ajouter cette liste un grand nombre de mots qui s'emploient comme interjections, tels que : peste, misri-corde, ferme, soit, suffit, etc. Les termes employs dans le langage familier et dans le style comique, tels que : jarni, morbleu, palsambleu, corbleu, diantre, etc., ne sont que des jurons o le nom de Dieu et de diable a t dessein dfigur, supprim ou remplac par bleu: jarnibleu (je renie Dieu); morbleu (mort de Dieu) ; palsambleu (par le sang de Dieu) ; cor-bleu (par le corps de Dieu); diantre (diable), etc. De mme morguienne, mordienne sont pour morgui, mordi (mort de Dieu). DE L'INTERJECTION. NOTIONS DE COMPOSITION 672. On appelle composition 1 action de composer, c'est--dire d'exprimer et de disposer convenablement ses ides sur un sujet donn. La composition comprend l'invention, la disposition, l'locution ou le style. 673. L'invention consiste trouver un sujet et les ides qui s'y rapportent. D'ordinaire les lves n'ont qu' travailler sur un sujet donn; il faut donc d'abord bien comprendre ce sujet; puis se reprsenter les diverses circonstances : le temps, le lieu, les personnes, etc. ; enfin noter au passage les ides qui s'offrent l'esprit. 674. La disposition est l'art de mettre en ordre ses ides. Quelque sujet qu'on traite, il faut d'abord faire un plan, c'est--dire fixer la place des diverses parties du dveloppement et l'en-chanement naturel qui les lie les unes aux autres. Tout ouvrage doit avoir un commencement, un milieu et une fin. 675. Dans un discours, le c o m m e n c e m e n t s'appelle exorde. Dans une pice de thtre, c'est l'exposition. Dans tout ouvrage le milieu est la partie importante, celle qui comporte le plus de dveloppement. La fin doit tre le rsum ou la conclusion de l'ouvrage. Dans un discours c'est la proraison. Mais ces trois parties commencement, milieu et fin ne doivent pas tre isoles les unes des autres. Il faut qu'elles s'enchanent et qu'on passe naturellement de l'une l'autre par des transitions 676. L'locution ou le style. Ces mots dsignent tous deux la manire de s'exprimer, mais locution s'applique surtout l'expression de la pense par la parole, et style 1 l'expression de la pense par l'criture. 677. Il faut que le style s'adapte naturellement au sujet trait; il sera donc simple, tempr, sublime, selon que la pense sera familire, lgante ou gracieuse, touchante ou terrible. La simplicit ne doit pas tre de la platitude ou de la trivialit; l'affterie, la prciosit sont les excs de l'lgance et de la grce; le sublime ne doit pas tomber dans l'emphase. 1. Style vient du latin stylus, espce de poinon dont les anciens se servaient pour crire sur des tablettes de cire. QUALITS GNRALES DU STYLE. 678. Les qualits gnrales du style sont : la clart, la correc-tion, la prcision, la concision, le naturel, la noblesse et l'harmonie. 1 La clart est la principale qualit du style; quand on crit il faut avant tout se faire comprendre. Le dfaut contraire la clart est l'obscurit; 2 La correction consiste construire les phrases selon les rgles de la grammaire et n'employer que des mots usits dans la bonne langue courante; 3 La prcision consiste rendre chaque ide par l'expres-sion juste, sans dtails inutiles; 4 La concision nous fait employer le moins de mots pos-sible pour exprimer notre pense. Elle donne de la fermet au style; mais exagre, elle produit l'obscurit; 5 Le naturel est la simplicit, l'absence d'affectation. On y arrive en crivant comme on sent, comme on parle, sans recherche des mots ambitieux, ni des constructions extraordinaires; 6 La noblesse est une certaine dignit du style qu'on obtient en vitant toute expression basse ou vulgaire; 7 L'harmonie est un concours, une suite de sons agrables l'oreille. On doit viter avec soin la rencontre de certains sons qui semblent se heurter dans la phrase; cependant on dispose parfois les mots de manire imiter par les sons ce que ces mots reprsentent : l'essieu crie et se rompt. Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos ttes? (RACINE.1) C'est ce qu'on appelle harmonie imitative. FIGURES 679. On entend par figures certaines manires de parler qui ajoutent plus de force, de vivacit, de grce l'expression de la pense. On distingue les FIGURES DE GRAMMAIRE, les FIGURES DE MOTS, et les FIGURES DE PENSES. 1 FIGURES DE GRAMMAIRE 680. Les figures de grammaire modifient la construction grammaticale : 1 En changeant l'ordre des mots (inversion); 2 en retranchant quelques termes ncessaires la construction, mais inutiles au sens (ellipse); 3 en accumulant des mots inutiles au sens, mais qui donnent plus de force la phrase {plo-nasme); 4 en faisant accorder un mot, non avec celui auquel il se rapporte, mais avec celui que l'esprit a en vue (syllepse). MTAPHORE. MTONYMIE. Nous n'insisterons pas sur ces figures de grammaire qui ont dj t traites ( 216). 2 FIGURES DE MOTS 681. Les figures de mots consistent dtourner les mots de leur sens propre pour leur en donner un autre plus nouveau et plus frappant. Les figures de mots tiennent aux mots, aux expressions mmes; si on les change, la figure disparat. On les appelle aussi tropes (du grec trep, je tourne). Les principales figures de mots, ou tropes, sont : la mtaphore et la mtonymie. 1 La mtaphore (du grec mtaphora, transposition) fait passer un mot de son sens propre un autre sens qui lui est appli-qu par comparaison. Par exemple, si l'on dit : Cond s'lance comme un lion sur les Espagnols, il y a comparaison; mais si l'on dit : Cond, ce lion, s'lance sur les Espagnols, il y a mtaphore. Cette figure est d'un usage frquent, mme dans le langage familier. On dit : une parole claire, un rayon d'esprance, bouil lant de colre, voler au combat, etc. 2 La mtonymie (du grec metonumia, changement de nom) consiste prendre : La cause pour l'effet : Bacchus pour le vin; Crs pour les moissons, etc. L'effet pour la cause : boire la mort dans une coupe empoisonne, c'est--dire le poison qui donne la mort. Le contenant pour le contenu : boire une carafe, c'est--dire le contenu d'une carafe. Le signe pour la chose signifie : la robe, pour la magistrature; la couronne pour la royaut. Le lieu o une chose se fait pour la chose elle-mme; du bor-deaux, du Champagne, du gruyre, pour du vin de Bordeaux, de Champagne, du fromage de Gruyre, etc. L'abstrait pour le concret : La jeunesse est souvent tourdie, c'est--dire les jeunes gens sont souvent tourdis. Le possesseur pour la chose possde : Cet homme a t incendi. Le souverain pour la monnaie frappe son effigie : Un louis, un napolon. La rhtorique connat bien d'autres figures de mots; nous n'en citons ici que trois pour mmoire : 1 La catachrse (du grec catachrsis, abus) est une mtaphore nces-saire l'expression d'une ide pour laquelle il n'y a pas de mot dans la langue. Ainsi le mot glace signifiant en propre la surface unie de l'eau ALLUSION. ANTITHSE. COMPARAISON. gele, on a, faute d'un autre mot, appel glace le verre poli d'un miroir. On dit de mme par catachrse : une plume de fer, le ciel de lit, une feuille de papier, les yeux du bouillon, etc. 2 La synecdoque ou synecdoche, (du grec sunecdoch, comprhension), est une espce de mtonymie qui consiste prendre le moins pour le plus ou le plus pour Je moins. Par exemple : Le genre pour l'espce : les mortels, pour les hommes. La partie pour le tout : cent voiles, pour cent vaisseaux. Le singulier pour le pluriel : le Franais est brave, c'est--dire les Fran-ais sont braves. La matire pour la chose qui en est faite le fer, pour l'pe; l'airain, pour le canon. 3 L'antonomase (du grec antonomasis, substitution du nom) consiste employer : Un nom commun pour un nom propre : l'orateur romain, pour Cicron; l'aigle de Meaux, pour Bossuet. Un nom propre pour un nom commun : un Crsus, pour un homme fort riche; un Mcne, pour un protecteur des lettres. 3 FIGURES DE PENSEES 682. Les figures de penses consistent dans la pense mme, dans le tour et le mouvement qu'on donne ses ides. Nous avons vu que la figure de mots disparat si le mot lui-mme est chang ; on peut changer les mots sans que la figure de pense cesse de subsister. Les principales figures de penses sont : l'allusion, l'antithse, la comparaison, l'euphmisme, la gradation, l'hyperbole, l'im-prcation, l'ironie, la priphrase, la prosopope, la rticence. 1 L'allusion veille par l'ide qu'on exprime une ide qu'on n'exprime pas : Son livre est d'agrments un fertile trsor, Tout ce qu'il a touch se convertit en or, dit Boileau en parlant d'Homre, et ce dernier vers fait allusion au roi Midas, qui avait reu des dieux le pouvoir de convertir en or tout ce qu'il touchait. 2 L'antithse consiste opposer les mots aux mots, les pen-ses aux penses pour leur donner plus de force par le contraste. Ex. Et mont sur le faite, il aspire descendre. (CORNEILLE.) Le temps, cette image mobile De l'immobile ternit (J.-B. R O U S S E A U . ) Pour rparer des ans l'irrparable outrage. ( R A C I N E . ) 3 La comparaison consiste rapprocher les objets pour en marquer les ressemblances; c'est le contraire de l'antithse. La 390 EUPHMISME. GRADATION. HYPERBOLE. ETC. comparaison est ordinairement amene par l'une des expressions ainsi, comme, tel que, de mme que, etc. Ex. : Cet enfant est gai comme un pinson. Les deux objets compars s'appellent les termes de la comparaison. C'est enfant et pinson dans l'exemple prc-dent. 4 L'euphmisme est une sorte de priphrase qui voile, sous des expressions adoucies, les ides tristes ou dsagrables. Ainsi : Ils ont vcu, pour ils sont morts. 5 La gradation consiste accrotre ou diminuer graduel-lement les ides, les images, comme on le fait pour les couleurs dans la peinture. Il y a gradation ascendante quand chaque terme est plus fort que le prcdent; et gradation descendante quand chaque terme est plus faible que le prcdent. Un souffle, une ombre, un rien, tout lui donnait la fivre. (LA FONTAINE.) 6 L'hyperbole exagre l'expression d'une ide pour la faire mieux entendre. J'ai vu, dit-il, un chou plus grand qu'une maison; Et moi, dit Vautre, un pot aussi grand qu'une glise. (LA FONTAINE.) 7 L ' imprca t ion est une maldiction inspire par la fureur ou le dsespoir. On cite parmi les belles imprcations celles de Camille contre Rome dans l'Horace de Corneille. Rome, l'unique objet de mon ressentiment ! et celles de Joad contre Mathan dans l'Athalie de Racine. Sors donc de devant moi, monstre d'impit ! 8 L' i ronie est une sorte de raillerie par laquelle on exprime le contraire du sentiment qu'on prouve ou de l'ide qu'on veut faire entendre. On dit familirement; c'est un beau coup que vous avez fait l, pour : c'est une maladresse que vous avez faite. Oreste furieux contre sa destine dit dans l'Andromaque de Racine : Oui, je te loue, ciel, de ta persvrance ! 9 La priphrase consiste dsigner les choses sans les nommer, l'aide de plusieurs mots ou circonlocutions. Ainsi : le Jardin de la France, pour la Touraine; la Ville ternelle, pour Rome sont des priphrases. 10 La prosopope donne la vie et la parole aux tres inani-ms, aux absents, aux morts. On cite souvent la fameuse prosopo-pe de Fabricius dans le Discours sur les Lettres de J.-J. Rousseau : Fabricius ! qu'et dit votre grande me, si pour votre malheur rappel la vie..., etc. LITTRATURE. 1 1 L a rt icence est une interruption brusque de la phrase, qui donne plus de force ce qu 'on voula i t dire, en affectant de le taire : Je devrais sur l'autel o la main sacrifie Te.... Mais du prix qu'on m'offre il faut me contenter. ( R A C I N E . Athalie.) LITTRATURE 683. On appel le l i t trature l 'ensemble des product ions l i t t-raires considres diverses poques et chez diffrents peuples . Les product ions l i t traires se divisent en deux grandes classes : les ouvrages en vers et les ouvrages en prose. On appelle vers, en franais, une suite de mots ry thme et me-sure su ivan t le nombre de syl labes . On appelle prose une forme de discours non assujett ie la me-sure et au r y t h m e du vers . N O T I O N S D E V E R S I F I C A T I O N 684. La versification est l'art ou la manire de faire des vers. On appelle v e r s une srie de mots arrangs suivant une cadence dter-mine. On appelle mesure le nombre dtermin de syllabes que l'on compte dans un vers. On appelle rime le retour du mme son la fin de deux ou de plusieurs vers. 685. Mesure. Le vers franais est syllabique, c'est--dire que l'on compte les syllabes sans s'inquiter si elles sont longues ou brves. Compter le nombre de syllabes qui composent un vers, c'est le scander. Une syllabe muette ne compte pas la Un du vers, ni dans l'intrieur du vers quand elle est lide. Dans les imparfaits et les conditionnels, les trois dernires lettres ent ne comptent pas dans la mesure : voulaient, voudraient. Il en est de mme au pluriel du subjonctif dans les auxiliaires, qu'ils aient, qu'ils soient. lesquels sont monosyllabes. 686. Quand deux voyelles se rencontrent dans l'intrieur d'un vers, il se produit soit une lision, soit un hiatus. 687. lision. L'lision est le retranchement d'une syllabe. L'e muet la fin des mots, quand il est immdiatement suivi d'une voyelle ou d'une h muette, ne compte pas dans la mesure du vers : on dit alors qu'il y a lision. Ex. : Prtez-moi l'un et l'autre uns oreille attentive. (RACINE) . DE LA VERSIFICATION. 688. Les mots comme vie, joie, rise, vue, etc., qui ont un e muet pr-cd d'une voyelle, ne peuvent entrer dans le corps du vers qu' condition d'lider cet e muet. Ex. : Vous prenez pour gnie une ardeur de rimer. (BOILEAU.) Hector tomba sous lui. Troie expira sous vous. (RACINE.) Si l'lision ne peut avoir lieu, comme dans les joies, les destines, ils voient, ils prient, etc., o l'e muet est protg par une consonne finale, ces mots n'ont d'autre place qu' la fin du vers. Ex. : J'entends dj frmir les deux mers tonn es De voir leurs flots unis au pied des Pyrnes. (BOILEAU.) 689. Hiatus. On appelle hiatus la rencontre d'une voyelle finale, autre que e muet, avec la voyelle initiale d'un mot suivant. L'hiatus est interdit; ainsi l'on ne peut dire dans un vers : tu es, tu auras, il va Paris, si elle veut. 690. La conjonction et suivie d'une voyelle fait galement hiatus, parce que le t ne se prononce pas. Ainsi l'on ne peut dire en vers : sage et heu-reux, et il vient. 691 . Csure. La csure est un repos de la voix l'intrieur du vers aprs une syllabe fortement accentue. 692. La csure doit toujours suivre une syllabe accentue. Une syllabe muette ne peut donc jamais se trouver la csure. Ainsi le vers suivant serait vicieux : L'ingrat, il me laisse cet embarras funeste. 11 devient rgulier si l'on met, en transposant les mots : Il me laisse, l'ingrat, cet embarras funeste. (RACINE.) 693. Rime. On appelle rime l'uniformit de son et d'articulation dans la syllabe tonique de deux mots. Ainsi belle rime avec rebelle, loisir avec plaisir, destine avec fortune. 694. La rime est dite masculine quand elle a lieu entre deux syllabes non suivies d'un e muet. Ex. : C'est pour toi que je marche; accompagne mes pas Devant ce fier lion qui ne te connat pas. (RACINE.) La rime est dite fminine quand les deux syllabes sont suivies d'un e muet ou d'un quivalent : ent, es, qui ne compte pas dans la mesure. Ex. : Mon pre mille fois m'a dit dans mon enfance Qu'avec nous tu juras une sainte alliance. (RACINE.) 695. R E M A R Q U E . Les troisimes personnes du pluriel de l'imparfait et du conditionnel en aient sont ranges parmi les rimes masculines. Au contraire voient, croient, dploient, essaient, dans lesquels l'e compte pour une syllabe, et allient, oublient, etc., forment des rimes fminines. 696. Enjambement. Lorsque le sens ne se complte pas la fin du vers, il faut rejeter quelques mots au commencement du vers suivant : c'est ce qu'on appelle emjambement, POSIE LYRIQUE. POSIE PIQUE. 697. Vers de diffrentes mesures. Les vers franais peuvent avoir de une douze syllabes. Le vers de douze syllabes s'appelle aussi vers alexandrin, ou grand vers, ou vers hroque. Le vers de dix syllabes s'appelle aussi dcasyllabe. 698. On appelle vers libres les vers dans lesquels on entremle diff-rentes mesures. Dans ces sortes de vers, les rimes sont ordinairement mles. Les churs d'Esther et d'Athalie, les Fables de La Fontaine sont crits en vers libres. I. LA POSIE 699. On distingue cinq sortes (le posie : la Posie lyrique, la Posie pique, la Posie dramatique, la Posie didactique, la Posie lgre. 700. La Posie lyrique est celle qui comprend tous les pomes susceptibles d'tre chants. Elle tait ainsi appele parce que les Grecs chantaient les vers en s'accompagnant de la lyre. La posie lyrique comprend l'Ode, l'Hymne, la Chanson auxquels on peut rattacher les Chants nationaux, les Churs des tragdies, l'Elgie, les Cantates, etc. 701. La Posie pique clbre une lgende nationale ou un fait historique, auquel elle mle le merveilleux, c'est--dire qu'elle fait intervenir des dieux, des desses, etc., ct des hros ou des personnages qu'elle met en scne. On comprend d'aprs cela que le pome pique ait russi sur-tout dans les socits primitives o le merveilleux pouvait tre cru. Les principales popes sont l'Iliade et l'Odysse d'Homre, l'Enide de Virgile, la Pharsale de Lucain, la Chanson de Roland, la Divine Comdie du Dante, le Roland furieux de l'Arioste, les Lusiades de Camons, la Jrusalem dlivre du Tasse, le Paradis perdu de Milton, la Messiade de Klopstock. Quand un pote traite un sujet frivole ou de peu d'importance, dans le ton solennel et avec les grands vers de l'pope, il fait un pome Hro-comique. Dans ce genre on cite le Lutrin de Boileau. 702. La Posie dramatique est celle qui reprsente sur le thtre une action vraie ou imaginaire. Dramatique vient du mot grec drama, qui veut dire action. La posie dramatique comprend trois genres principaux : la Tragdie, la Comdie et le Drame. La Tragdie est une pice de thtre en vers, dans laquelle figurent des personnages illustres, qui est propre exciter la ter* POSIE DRAMATIQUE. POSIE DIDACTIQUE. reur et la piti, et qui se termine ordinairement par un vnement funeste. La Comdie est la reprsentation des caractres et des murs des hommes, ou simplement d'une suite d'incidents plaisants. A ct de la comdie se trouve le Vaudeville, comdie lgre o le dialogue est entreml de couplets chants. Le Drame est une pice de thtre en vers ou en prose, d'un genre mixte entre la tragdie et la comdie. On appelle Mlodrame un drame ml de musique. 703. Une rgle gnrale commune la tragdie, la comdie et au drame, c'est que l'action soit une. Autrefois elle devait se passer en un jour et dans un mme lieu. C'est ce qu'on appelait la rgle des trois units : unit d'action, de temps, de lieu. Boileau l'a for-mule dans ces deux vers : Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli Tienne jusqu' la fin le thtre rempli. (Art potique.) Cette rgle troite subie regret par nos potes classiques, n'est plus observe aujourd'hui que pour l'unit d'action. 704. La Posie didactique est celle qui se propose d'instruire le lecteur, de lui enseigner quelques vrits utiles. Les Gorgiques de Virgile, l'Art potique d'Horace, l'Art potique de Boileau sont des pomes didactiques. On peut rattacher ce genre : L'Eptre, qui est une lettre en vers sur un sujet moral ou litt-raire ; La Satire, qui critique ou tourne en ridicule les vices des hommes ou les dfauts d'une uvre littraire; La Fable, ou Apologue, qui est un rcit allgorique destin faire accepter une vrit morale. 705. On appelle Posies fugitives de petites pices de vers que leur peu d'tendue et l'actualit du sujet semblent destiner un oubli rapide. On range parmi les posies fugitives : l'Idylle, sorte de petit pome sur un sujet champtre; l'glogue, posie pastorale en forme de dialogue; le Sonnet, le Rondeau, le Triolet, la Ballade, le Madrigal, l'pigramme, etc. II. LA PROSE 706. La prose se divise en cinq genres principaux : l'loquence, l'Histoire, la Philosophie, la Lettre, le Roman. LOQUENCE. HISTOIRE. PHILOSOPHIE. 1 L'loquence est la facult de bien dire et de persuader. Cette facult est le plus souvent naturelle; cependant elle peut tre aussi acquise, et la Rhtorique donne les rgles qui peuvent aider former l'orateur. Le genre oratoire comprend : L'loquence politique, qui traite des grands intrts du pays; L'loquence de la chaire, qui comprend les sermons, les oraisons funbres, les pangyriques; L'loquence du barreau, qui comprend les plaidoyers, les rqui-sitoires, les mercuriales ou discours de rentre des tribunaux; L'loquence acadmique comprend les discours prononcs lors de la rception d'un nouveau membre l'Acadmie, les loges des savants ou des littrateurs dcds, etc. 2 L'Histoire est le rcit des vnements de la vie d'un peuple. Ce genre, outre l'histoire proprement dite, comprend : les Chro-niques, rcits des vnements contemporains; les Mmoires, qui ont pour objet de raconter des vnements auxquels l'auteur lui-mme s'est trouv ml ; les Biographies, rcits de la vie et des travaux des personnages connus; les Annales, rcits des vnements anne par anne. 3 La Philosophie s'occupe de la recherche de la vrit, elle tudie le principe et la raison des choses. Parmi les philoso-phes, on range les Moralistes qui crivent des Penses, des Maximes, des Rflexions, des Portraits, etc. 4 La Lettre est un crit qu'on adresse une personne absente, pour lui communiquer ce qu'on ne peut lui dire de vive voix; c'est donc une sorte de conversation distance qui peut prendre tous les tons et traiter tous les sujets. 5 Le Roman est une uvre d'imagination, en prose, o l'auteur cherche exciter l'intrt, soit par la singularit des aventures, soit par la peinture des murs et des passions. On peut rattacher au roman le Conte, o le merveilleux joue un rle, et la Nouvelle, qui n'est qu'un court rcit de quelque aventure intressante. ABRG D'HISTOIRE LITTRAIRE 707. Notre langue n'est que du latin dfigur, transform dans la suite des sicles. D'un autre ct la littrature latine a emprunt la plupart de ses formes et de ses sujets la littrature grecque. Il est donc naturel de faire prcder l'histoire de la littrature franaise par un coup d'il sur la littrature grecque et sur la litt-rature latine. I. L I T T R A T U R E GRECQUE 708. POSIE PIQUE. Homre . Les plus anciens monuments de la littrature grecque sont l'lliade et l'Odysse, deux pomes piques attribus Homre. On ne sait rien de la vie, ni mme de l'origine du pote. Certains auteurs le font natre Smyrne ou Chios, vers l'an mille avant notre re, et la Priam aux pieds d'Achille. Le grand Priam entre sans tre aperu; il s'arrte prs d'Achille, saisit ses genoux et baise les mains terribles, homicides, qui lui ont tu plus d'un fils.... Achille est stupfait en apercevant Priam semblable aux dieux. Les autres aussi sont frapps de stupeur, et se regardent entre eux. Priam supplie Achille en ces mots : Souviens-toi de ton pre, Achille gal aux dieux. Il est du mme ge que moi, et sur le funeste seuil de la vieillesse. Et peut-tre des peuples voisins l'assigent et l'accablent, et il n'y a personne pour carter de lui la guerre et la mort. Mais du moins, en entendant dire que tu vis, il se rjouit dans son cur, et de plus il espre tous les jours qu'il reverra son cher fils revenu de Troie. Pour moi, je suis le plus infortun des hommes; car j 'avais engendr des fils trs braves, dans la vaste Troie, et pas un d'eux ne me reste. J'en avais cinquante, quand vinrent les fils des Achens; la plupart ont pri sous les coups imptueux de Mars. Mais celui qui seul me restait, qui dfendait la ville et nous-mmes, voil que tu l'as tu nagure, comme il combattait pour son pays; tu as tu Hector! C'est cause de lui que je viens en ce moment vers les vaisseaux des Achens, pour le racheter de tes mains; et j'apporte une immense ranon. Eh bien, respecte les dieux, Achille, et aie piti de moi, en souvenir de ton pre. Je suis plus plaindre que lui, car j 'a i eu le courage de faire ce que n'a jamais fait un autre mortel vivant sur la terre : j ' a i approch de ma bouche la main de l'homme qui a tu mes enfants. Il dit; et, Achille en songeant son pre, sent natre le besoin de pleu-rer. Il prend par la main le vieillard et l'carte doucement de lui. Tous deux se livrent leurs souvenirs : Priam regrette Hector, et pleure abon-damment, prostern aux pieds d'Achille. Achille, son tour, pleure sur son pre, et parfois aussi sur Patrocle. Et leurs gmissements remplis-sent les demeures. HOMRE. (Iliade, chant X X I V , vers 447 et suivants.) LITTRATURE GRECQUE. tradition le reprsente vieux et aveugle, errant de ville en ville et chan-tant ses vers. Quelques critiques ont contest l'existence mme d'Homre, et prtendu que ces deux pomes n'taient qu'une collection de chants com-poss par des ades inconnus. L'Iliade est un pome pique en 24 chants. Elle a pour sujet la colre d'Achille contre Agamemnon, le chef des Grecs accourus au sige de Troie. Le hros dpouill de sa part de butin, refuse de combattre dsormais, s'enferme dans sa tente et assiste impassible aux dsastres des Grecs. Il ne sort de son inaction que pour venger la mort de son ami Patrocle et tuer Hector, le plus fier soutien de la ville assige. Le vieux Priam vient dans la tente d'Achille pour racheter le corps de son fils, et le pome se ter-mine par les funrailles du hros troyen. L'Iliade est une pope guerrire o le pote, dans une langue souple et harmonieuse, nous peint les rudes combats, les passions violentes, la foi nave d'un sicle encore presque barbare. L'Odysse est aussi un pome pique en 24 chants. C'est le rcit des aventures d'Ulysse (en grec Odusseus) et de son retour dans sa patrie Ithaque, dix ans aprs la prise de Troie. Le hros, d'abord retenu par la desse Calypso, aborde enfin dans l'le des Phaciens. Il y est bien accueilli, grce la jeune Nausicaa, fille du roi Alcinos; il raconte ses htes les dangers qu'il a courus chez les Cyclopes, dans le palais de la magicienne Circ. Les Phaciens le transportent Ithaque o le hros est reconnu par son fils Tlmaque, par le porcher Eume, par son chien Argus. Il tue les prtendants qui aspiraient la main de Pnlope et se fait enfin reconnatre de sa fidle compagne et de son vieux pre Larte. Ces longs et intressants rcits de voyage, ces aventures dramatiques ou touchantes, ces pisodes si varis donnent l'Odysse un charme pntrant. 709. T R A G D I E . Aprs la posie pique, la posie lyrique, sorte de posie chante et souvent accompagne de danses, assouplit la langue et prpare la voie la posie scnique. Des chants et des churs clbrs en l'honneur de Bacchus sortent peu peu la tragdie et la comdie. L'une et l'autre ont la mme origine potique et religieuse : le chant, d'abord solennel ou grossier, tourne l'action et le drame se constitue, ici pom-peux et grave, l joyeux et satirique. La tragdie se rsume dans trois grands noms : Eschyle, Sophocle, Euripide. Eschyle (526-456 avant J.-C.) est considr comme le pre de la tragdie grecque. Il avait compos 80 pices environ; il n'en reste que 7, parmi lesquelles on cite surtout l'Orestie, suite de 3 pices sur le mme sujet : le meurtre d'Agamemnon, la punition de Clytemnestre et les remords d'Oreste. Eschyle excelle peindre les catastrophes fatales et la puissance inexorable du destin; son style grave, majestueux, s'lve souvent jusqu'au sublime. Sophocle (495-406) avait compos une centaine de tragdies : sept seulement sont arrives jusqu' nous : dipe-roi, dipe Colone, Antigone, etc. Ses personnages sont plus hommes que ceux d'Eschyle; ils ont leurs passions, leurs caractres, et excitent plus vivement la piti ou l'admiration. Euri-pide (480-406) est le peintre des passions et le plus pathtique des potes. Il avait compos 75 tragdies; nous en possdons 18, dont les principales LITTRATURE GRECQUE sont : Mde, Andromaque, Alceste, Iphignie Aulis, Hippolyte. Racine s'est inspir de ces deux dernires pices pour son Iphignie et sa Phdre. Son style est lgant et facile, avec lui la tragdie se fait plus humaine et plus tendre, et compatit toutes les souffrances de la passion. 710 . COMDIE. La comdie, ne des ftes de Bacchus, comme la tragdie, fut d'abord un chant licencieux qui ouvrait le banquet (comos) en l'honneur du dieu. Plus tard elle devint satirique et bouffonne et brilla Athnes au Ve sicle avec Aristophane. Aristophane avait compos 54 comdies; 11 seulement ont survcu : il faut citer les Nues, les Gupes (imites par Racine dans les Plaideurs), les Grenouilles, Plutus. La plu-part sont des pamphlets politiques crits avec une audace inoue et une verve incomparable. 7 1 1 . HISTOIRE. Les anciennes lgendes o l'imagination avait plus de part que le souci de la vrit s'accommodaient du langage des potes : le vers donnait la fable un charme de plus. Mais du jour o l'on se proc-cupa d'avoir des rcits vrais et srieux, la prose seule put tre employe. Hrodote, n vers 484, aprs les guerres mdiques, a racont dans un style simple et naf la lutte de la Grce contre les Perses. Son ouvrage, divis en neuf livres, abonde en digressions, en lgendes merveilleuses. L'auteur, qui avait beaucoup voyag, a rattach son sujet l'histoire de chacun des peuples trangers dont il parle et la description de leur pays. Il a eu pour continuateur Thucydide (.471) qui, ddaignant la crdulit de son prdcesseur, a racont la Guerre du Ploponse non en pote, mais en moraliste et en homme d'Etat. Il juge et explique les vnements avec une vracit scrupuleuse et dans un style nerveux et concis. 7 1 2 . PHILOSOPHIE. Les premiers philosophes grecs avaient cherch dans la nature l'explication de l'origine des tres; mais lorsque la religion traditionnelle fut discrdite, les sophistes parurent qui proclamrent que sur toute chose on peut soutenir le pour et le contre. C'est contre eux que s'leva Socrate (469), le vritable fondateur de la philosophie. Il eut deux disciples illustres: Xnophon et Platon. Xnophon (435-355), a compos des ouvrages d'histoire; les Hellniques, l'Anabase, ou retraite des Dix Mille, la Cyropdie, ou ducation de Cyrus; des traits philosophiques : le Banquet, les Entretiens mmorables de Socrate, etc. Dans un style souple, plein de grce, il expose avec simplicit les conseils d'une sagesse pra-tique; il aime l'ordre, la rgle, le bon sens. Platon (427-347) a publi de nombreux dialogues o son matre Socrate est toujours le principal interlocuteur : le Criton, le Phdon, la Rpublique, les Lois, etc. Tous ont une merveilleuse varit de ton et de style; tous enseignent, dans une prose admirable, la morale la plus leve et la plus pure. 7 1 3 . Ar i s to t e (384-322), n Stagyre, colonie grecque sur la cte de la Macdoine, fut le plus illustre disciple de Platon; c'est avant tout un profond philosophe et un savant universel. Il enseignait en se promenant, de l le nom de pripatticien. Il nous reste de lui : la Logique, l'Histoire des animaux, la Potique, etc. Il avait t le prcepteur d'Alexandre. LITTRATURE LATINE. 7 1 4 . LOQUENCE. Chez les Grecs, disait Fnelon, tout dpendait du peuple et le peuple dpendait de la parole. C'est d'abord Athnes, grce la constitution dmocratique de la ville et aux progrs de la philosophie et de l'histoire, que l'loquence se dveloppe et arrive au plus haut point de perfection avec Dmosthne (385-322), qui a t surnomm le prince des orateurs et a bien mrit son surnom. Ses plaidoyers et ses harangues sont des chefs-d'uvre d'une logique puissante et d'une loquence pas-sionne, mais ses discours politiques expriment avec une force et une noblesse incomparables les ides d'honneur, de devoir, de patrie. Ses principaux discours sont les Philippiques, qui sont diriges contre l'en-nemi de la Grce, Philippe de Macdoine, et le Discours de la Couronne. 7 1 5 . Aprs la chute d'Athnes et l'asservissement de la Grce aux Mac-doniens, l'antique patrie des arts et des lettres semble avoir perdu sa fcondit. On peut encore citer Plutarque (50-120 ap. J.-C.), la fois moraliste et historien, qui a laiss des uvres morales, et les Vies paral-lles des hommes illustres de la Grce et de Rome. Ce dernier ouvrage a t popularis en France par la traduction d'Amyot. Partout l'auteur montre une me honnte, et surtout sincrement attache sa patrie. II. LITTRATURE LATINE. 716. La littrature romaine est ne de la littrature grecque. C'est vers le milieu du IIIe sicle avant notre re que Rome se mit aux leons des Grecs et essaya de les imiter ou plutt de les copier dans l'pope, la tra-gdie, la satire. 7 1 7 . COMDIE. La comdie conserva du moins une originalit relative et arriva de bonne heure la perfection avec Plaute et Trence. Plaute (227-184) d'abord entrepreneur de spectacles, puis commerant, puis ma-nuvre dans un moulin, enfin pote comique, nous a laiss vingt pices inspires du grec; les principales sont l'Amphytrion, imit par Molire, l'Aulularia, qui est l'original de V Avare de Molire, etc. Dans toutes ces pices, l'intrigue est vivement mene, les caractres sont pris sur le vif; le dialogue est plein d'une verve, souvent trop libre, mais toujours amu-sante. Trence (185-159), n Carthage, nous a laiss six pices d'un style plus lgant, d'un ton plus dlicat que celui de Plaute, mais avec moins de force comique. Citons l'Andrienne, Phormion, imit par Molire dans les Fourberies de Scapin; les Adelphes, o Molire a pris la donne de l'cole des maris, etc. 7 1 8 . LOQUENCE. Pendant que la langue potique brillait au thtre avec Plaute et Trence, la prose se montrait surtout dans l'loquence; sans rien perdre de la force et de la vhmence propres aux luttes du Forum, elle prenait de la souplesse et de l'clat; enfin Cicron (106-43) l'amenait la perfection. Ce grand orateur a excell dans tous les genres : plaidoyers, harangues politiques, uvres didactiques, uvres philosophi-ques; il a tout trait en matre et atteint partout la perfection; sa prose LITTRATURE LATINE. est reste le type du latin classique. On cite ses plaidoyers contre Verrs; ses discours politiques contre Catilina; ses traits de rhtorique et de philosophie : les Tusculanes, le Trait des devoirs, la Rpublique, les Dia-logues sur l'amiti, et sur la Vieillesse, etc. 7 1 9 . HISTOIRE. C'est seulement aprs Cicron que l'histoire fit son apparition Rome avec Tite-Live. Csar (100-44), dans ses Commen-taires, Salluste, dans Jugurtha, avaient dj donn l'exemple d'une l-gante concision. Tite-Live (50 av. J.-C.-19 ap. J.-C.) par l'ampleur de son uvre, par sa sincrit, son impartialit, et surtout par la drama-tique motion avec laquelle il a reproduit les grandes luttes intestines de la Rpublique, a t l'historien national du peuple romain et le plus grand prosateur de son temps. Ses Annales comprenaient 142 livres partags en dcades; il nous en reste 35. Tacite, n sous les empereurs, (54-119 ap. J.-C.) est un penseur profond, un historien perspicace. Son style, ner-veux, pittoresque est d'une extrme concision. Il a crit : les Murs des Germains, les Annales, etc. 720. POSIE. A la fin de la rpublique romaine, la posie est repr-sente par Lucrce; au commencement de l'empire, par Virgile et Horace. Luc rce (95-51), dans son pome De la nature des choses, a expos, avec un enthousiasme inspir de la doctrine d'picure, l'origine du monde et des socits. 7 2 1 . V i r g i l e (70-18 av. J.-C.), n Andes, prs de Mantoue, est le plus Neptune calme la tempte. Cependant aux mugissements des flots courroucs Neptune s'aperut que la tempte avait t dchane, et la mer remue jusque dans ses profon-deurs : le dieu vivement mu, lve son front calme la surface des eaux, et, promenant ses regards sur la plaine liquide, il voit la flotte d'ne disperse sur toute la mer, et les Troyens accabls par les flots et par les torrents qui tombent du ciel. Il appelle lui les vents Eurus et Zphire, et leur parle en ces termes : Est-ce donc votre origine qui vous inspire une pareille audace? Osez-vous bien, sans mon ordre, vents tmraires boule-verser le ciel et la terre, et soulever ces masses normes? Je devrais vous mais mieux vaut calmer d'abord l'agitation des flots. Dsormais je rserve vos mfaits un autre chtiment. Ainsi parle Neptune, et, en un instant, il calme la fureur des vagues, dissipe les nuages amoncels, et ramne le soleil. De mme, on voit sou-vent une sdition clater dans un grand peuple, et la multitude trans-porte de colre, faire voler pierres et brandons, mais qu'en cet instant vienne paratre un homme recommandable par sa pit et les services rendus au pays, la foule se tait, et, immobile, lui prte une oreille atten-tive : il parle, et sa parole matrise les esprits et adoucit les curs. Ainsi tombe tout le bruit des vagues, aussitt que le dieu, jetait les yeux sur la mer, et portant la srnit devant lui, lance ses coursiers, et abandonne les rnes son char qui vole sur les eaux. V I R G I L E . (nide, chant I.) LITTRATURE FRANAISE. 401 grand pote de cette poque. Venu Rome, il entra en relations avec Mcne qui le recommanda Auguste. Ses premires uvres sont les Bucoliques ou glogues. Il crivit ensuite les Gorgiques, pome didac-tique en 4 chants sur l'agriculture. Enfin, la prire d'Auguste, il composa l'Enide et y travailla douze ans; la mort le surprit avant qu'il ait pu y mettre la dernire main. Dans ce pome pique, l'auteur raconte les aven-tures d'ne qui, aprs la prise de Troie, erra longtemps sur les mers et vint enfin s'tablir en Italie, o il fonda Albe, le berceau de l'empire romain. Virgile excelle dans l'expression des affections tendres : l'amiti, l'amour, la reconnaissance ; et son style est partout d'une irrprochable perfection. Horace (65 av.-8 ap. J.-C.), contemporain et ami de Virgile, jouissant comme lui de la faveur d'Auguste et de Mcne, a compos des odes, des satires et des ptres. L'ptre aux Pisons est un modle de got et de bon sens, dont Boileau s'est souvent inspir dans son Art Potique. 722. Nous citerons encore Phdre (30 av. J.-C.-44 ap. J.-C.), fabu-liste de talent, qui a mis en vers les fables du grec Esope et que notre La Fontaine a de beaucoup dpass, mme en le traduisant. 723. PHILOSOPHIE. Snque (3-67 ap. J.-C.). Philosophe stocien, n Cordoue, prcepteur de Nron, a compos de nombreux traits de morale : de la Brivet de la vie, de la Tranquillit de l'me, des Bienfaits, etc. Son style, qui a du trait et de la concision, vise un peu trop l'effet et recherche les pointes, l'antithse. 724. A cette poque, les sciences, encore dans l'enfance, ont un illustre reprsentant, Pline l'ancien (23-79 ap. J.-C.), n Cme, qui mourut en voulant voir de prs l'ruption du Vsuve. Il a compos en 67 livres une Histoire Naturelle, qui est une vritable encyclopdie de toutes les connaissances de son temps. III. LITTRATURE FRANAISE 725. Nous diviserons l'tude de la littrature franaise en cinq grandes priodes; le Moyen ge, la Renaissance, le dix-septime, le dix-huitime et le dix-neuvime sicle. I. - MOYEN GE 726. On sait qu'aprs la Conqute de la Gaule par Jules Csar (50 av. J.-C.), l'usage du latin y devint gnral. De ce latin modifi par la prononciation gauloise, et envahi par une foule de mots germaniques, naquit la longue une langue nouvelle qu'on appela la langue romane. Les premires traces de cette vieille langue se trouvent dans les lexiques, ou glossaires de Reichenau et de Cassel et dans les fameux serments de Strasbourg, que prtrent Louis le 402 CHANSON DE ROLAND. VILLEHARDOUIN. JOINVILLE. Germanique son frre Charles le Chauve, et l'arme de Charles le Chauve Louis le Germanique (842,. 727. POSIE. Du XIe au XIIIe sicle se dveloppe une litt-rature originale, une posie lyrique, gracieuse et brillante, une posie pique grandiose dont la Chanson de Roland reste l'expression la plus parfaite. C'est une chanson de geste, c'est--dire un pome pique dont le sujet est emprunt notre histoire natio-nale. Elle raconte en 4 000 vers la dfaite et la mort de Roland, neveu de Charlemagne, Roncevaux, dans une gorge des Pyr-nes; puis la vengeance que l'empereur tira du tratre Ganelon et des Sarrasins victorieux. L'auteur en est inconnu. 728. Mais l'esprit chevaleresque s'affaiblit et l'esprit bourgeois, prompt la satire, donne naissance au Roman de Renart, vritable pope burlesque compose par diffrents potes du XIIe et du XIIIe sicle. Le hros, le mystificateur universel, c'est le goupil surnomm Renart, person-nification de l'esprit de ruse et de fourberie; sa victime ordinaire est le loup (Ysengrin). Le Roman de la Rose se divise en deux parties : la premire, par Guillaume de Lorris (1236), est le code de l'amour courtois; la seconde, par Jean de Meung (1275), est une violente satire du temps. 729. HISTOIRE. L'histoire ne fut d'abord qu'un rameau dtach des chansons de geste. Villehardouin (1150-1213) est le premier qui ait adopt la prose et dgag dfinitivement l'his-toire du roman de chevalerie. Il a racont simplement la Conqute de Constantinople, rcit de la quatrime croisade laquelle il a pris part comme diplomate et comme soldat. Joinville (1224-1319), aprs avoir t le fidle compagnon de saint Louis, en Egypte, raconte, 85 ans, l'histoire de ce grand roi avec un aban-don plein de grce et dans un style pittoresque. 730. Au sicle suivant, les historiens ne sont plus, comme Villehardouin et Joinville, seulement des conteurs de belles prouesses, mais des crivains bien informs qui se montrent dj soucieux d'une certaine critique. On peut citer Jean Froissart (1337-1410), chroniqueur de profession. Il a voyag en Angleterre, en Italie, en Flandre, etc., pour rassembler les matriaux de ses chroniques qui embrassent trois quarts de sicle, de 1325 1400. Aprs lui vient C o m m i n e s (1445-1509), un diplomate qui rai-sonne en philosophe sur les vnements raconts dans ses Mmoires Chambellan de Charles le Tmraire, puis attach Louis XI, dont il fut l'ami, il estime surtout les gens habiles. 731. THTRE. Le thtre au moyen ge a produit des FROISSART. COMMINES. VILLON. uvres nombreuses, drames et comdies. Le drame liturgique est n dans l'glise au XIe sicle et fut d'abord reprsent dans le sanctuaire mme, aux ftes solennelles. Au XVe sicle, apparaissent les Mystres, pices dont le sujet tait emprunt l'Ecriture Sainte ou la Vie des Saints et qui taient joues par une association, dite des Confrres de la Passion; ces reprsentations furent inter-dites en 1545. Au XIVe sicle, la puissante corporation de la Basoche, forme des clercs des procureurs au Parlement, s'adonne aux reprsentations dramatiques, surtout celles des moralits et des farces. La Farce de matre Pathelin est le chef-d'uvre de ce genre. Les sotties taient des comdies satiriques reprsentes par la libre et joyeuse compagnie des Enfants sans souci. Les sotties furent interdites par Franois Ier ds 1540. 732. POSIE LYRIQUE. La posie lyrique la fin du moyen ge a pour reprsentant Franois Villon (1431-1463), cit avec loge par Boileau. Le sentiment qui domine dans ses vers c'est une piti touchante pour les pauvres gens et une crainte douloureuse de la vieillesse et de la mort. Son uvre capitale, le Grand Testament (1461), contient de belles ballades, dont la plus clbre est La Ballade des dames du temps jadis. II. - LA RENAISSANCE 733. Le XVIe sicle est une des priodes les plus importantes de notre histoire littraire. Nos auteurs, affins par le contact de l'Italie, vont enfin comprendre et imiter les chefs-d'uvre de l'antiquit grecque et latine. C'est le sicle de la Renaissance, c'est--dire du renouvellement des lettres franaises. C'est aussi le sicle de la Rforme qui ouvre aux esprits des horizons nouveaux et leur fait contracter des habitudes de libre examen et de discussion. 734. POSIE. Clment Marot (1495-1544) est le seul pote original de la premire moiti du XVIe sicle. Sans tre un novateur, il s'lve bien au-dessus de ses contemporains par la facilit, le naturel, la grce et la dlicatesse de ses meilleures posies. Il excelle dans l'pigramme, le rondeau, le madrigal, et surtout les ptres badines. Deux fois emprisonn comme protes-tant, il dut enfin chercher un asile Genve, puis Turin o il mourut. C'est Clment Marot qui marque la transition entre le moyen ge et la Renaissance. Aprs lui, Ronsard (1524-1585), par la force du talent, par l'clat du succs, est le matre incon-test de la posie du XVIe sicle. Il tait le chef d'un groupe de potes, Baf, Du Bellay, Belleau, Jodelle, etc., qui s'appelaient eux-mmes la Pliade et qui rvaient de donner la France une litt-rature gale aux chefs-d'uvre grecs qu'ils admiraient. Il a CLMENT MAROT. RONSARD. publi des Odes, des sonnets, des lgies et un pome pique la Franciade. Les deux Richesses. Riche ne suis, certes, je le confesse, Bien n pourtant, et nourri 1 noblement : Mais je suis lu du peuple et gentillesse 2 Par tout le monde, et dit-on : C'est Clment. Maints vivront peu, moi ternellement. Et toi tu as prs, fontaines et puits, Bois, champs, chteaux, rentes et gros appuis. C'est de nous deux la diffrence et l'tre. Mais tu ne peux tre ce que je suis : Ce que tu es, un chacun le peut tre. CLMENT MAROT. La Rose. Mignonne, allons voir si la rose O vrayment marastre Nature, Qui, ce matin, avoit desclose 3 Puisqu'une telle fleur ne dure Sa robe de pourpre au soleil, Que du matin jusques au soir ! A point perdu, ceste vespre 4, Donc, si vous me croyez, mignonne, Les plis de sa robe pourpre Tandis que vostre age fleuronne Et son teint au vostre pareil. En sa plus verte nouveaut, Las ! voyez comme, en peu d'espace, Cueillez, cueillez votre jeunesse : Mignonne, elle a dessus la place, Comme ceste fleur, la vieillesse Las! L a s 5 ! ses beautez laiss cheoir Fera ternir vostre beaut. RONSARD. Sonnet. Quand vous serez bien vieille, au soir, la chandelle, Assise auprs du feu devisant et filant. Direz, chantant mes vers et vous merveillant : Ronsard me clbrait du temps que j'tais belle. Lors vous n'aurez servante oyant 6 telle nouvelle, Dj sous le labeur demi sommeillant, Qui au bruit de mon nom ne s'aille rveillant, Bnissant votre nom de louange immortelle. Je serai sous la terre et, fantome sans os, Par les ombres myrteux 7, je prendrai mon repos; Vous serez au foyer une vieille accroupie, Regrettant mon amour et votre fier ddain. Vivez, si m'en croyez, n'attendez demain; Cueillez ds aujourd'hui les roses de la vie. RONSARD. 1. lev. 2. Noblesse, comparez gentilhomme. 3. Desclose, entr'ouvert. 4. Vespr , soire. 5. Las! Hlas! 6. Oyant, entendant. 7. Myrteux, l'ombre des myrtes des Champs-lyses, dans les Enfers des anciens. RABELAIS. MONTAIGNE. MALHERBE. 405 735. PROSE. La renaissance de la prose au XVIe sicle est aussi rapide que celle de la posie. Le franais ne se contente plus des longs romans d'aventures; il va devenir la langue des philo-sophes, des savants, des historiens, et son vocabulaire y gagnera en souplesse et en tendue. Rabelais (1495-1553), n Chinon, a mrit d'tre mis au nombre de nos grands crivains par l'abon-dance extraordinaire de son vocabulaire, par ses ides neuves et hardies, par son style la fois lgant et familier. Il est l'auteur d'une sorte de roman allgorique, la Vie de Gargantua et de Pan-tagruel, tissu d'aventures bouffonnes, qui recouvre une satire profonde des vices, des ridicules et des abus de son temps. Aussi rudit que Rabelais, mais moins exubrant, Montaigne (1533-1592), n prs de Bergerac, a compos sous le titre d'Essais, un ouvrage en trois livres, galement remarquable par l'originalit de la pense et de la forme, crit dans le ton d'une causerie vive et familire et traitant sans ordre dtermin les plus hautes ques-tions de la philosophie morale. Sa devise favorite est : Que sais-je? III. DIX-SEPTIME SICLE 736. On divise le XVIIe sicle en deux priodes : la premire, qui va de 1600 1660, comprenant le rgne de Henri IV et les minis-tres de Richelieu et de Mazarin; la seconde, qui s'tend de 1660 la mort de Louis X I V (1715). C'est cette dernire qui a particuli-rement mrit le titre de Sicle de Louis XIV. Premire priode (1600-1660). 737. POSIE L Y R I Q U E . Malherbe (1550-1628), n Caen, occupe une grande place dans l'histoire de notre littrature. Aussi grammairien que pote, il a voulu corriger les hardiesses de Ronsard et de la Pliade et faire prvaloir quelques rgles dictes par le juste sentiment de la simplicit, de l'harmonie; il a proscrit Consolation Du Perrier. Ta douleur, Du Perrier, sera donc ternelle ! Et les tristes discours Que te met en l'esprit l'amiti paternelle, L'augmenteront-toujours ! Le malheur de ta fille au tombeau descendue, Par un commun trpas, Est-ce quelque ddale o ta raison perdue Ne se retrouve pas? ACADMIE FRANAISE. l 'hiatus et l ' en jambement , exig que l 'hmist iche ft ne t tement marqu ; il a impos la richesse des r imes, la noblesse des expres-sions, enfin banni nombre de mots emprunts au grec, au lat in , l ' i talien, l 'espagnol . Comme pote , il ne s'est exerc que dans le genre ly r ique ; plusieurs de ses Stances et de ses Odes sont remarquables . 738. Les rformes de Malherbe ne pouvaient atteindre qu'au matriel de la langue; l'influence des salons allait faire l'ducation du got et donner par suite au franais un tour plus fin, plus dlicat. L'Htel de Ram-bouillet o trnaient la marquise de Rambouillet, et sa fille, la belle Julie d'Angennes, tait alors le rendez-vous de tous les gens d'esprit distin-gu : Balzac, Vaugelas, Benserade, Mlle de Scudry, La Rochefoucauld, Voiture, etc. 739. A ct de ce cnacle indpendant naissait un salon officiel, l'Aca-dmie franaise, institue par Richelieu en 1635. C'tait d'abord une socit de lettrs qui, l'exemple des habitus de l'htel de Rambouillet, mais dans un but exclusivement littraire, se runissaient chez Conrart pour s'entretenir de nouvelles, de belles-lettres, et lire leurs ouvrages avant de les publier. Sous le nom d'Acadmie franaise, le cardinal voulut ta-blir cette Compagnie comme la rgle vivante, l'arbitre souverain du bon usage et du bon got. Il lui donna une organisation, des statuts et lui Je sais de quels appas son enfance tait pleine : Et n'ai pas entrepris, Injurieux ami, de soulager ta peine Avecque son mpris. Mais elle tait du monde, o les plus belles choses Ont le pire destin : Et rose, elle a vcu ce que vivent les roses, L'espace d'un matin. La mort a des rigueurs nulle autre pareilles; On a beau la prier, La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles, Et nous laisse crier. Le pauvre en sa cabane, o le chaume le couvre Est sujet ses lois; Et la garde qui veille aux barrires du Louvre N'en dfend point nos rois. De murmurer contre elle, et perdre patience. Il est mal propos : Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science Qui nous met en repos. MALHERBE. DESCARTES. PASCAL. 407 confia la mission de rdiger un Dictionnaire de la langue franaise; Chape-lain en fit le plan. 740. P H I L O S O P H I E . Descartes (1596-1650), n la Haie, en Toura ine , et mor t en Sude, o il ava i t t a t t i r par la reine Christ ine, a renouvel l ' tude de la philosophie e t des mathmat iques . Il est sur tout clbre par son Discours de la Mthode (1637), le premier chef -d 'uvre de notre prose franaise. Sa philosophie, le cartsianisme consiste douter provisoire-ment de tout pour reconstruire l 'difice sur de nouvel les bases en ne se fiant qu ' l ' v idence . 7 4 1 . Pasca l (1623-1662), n C le rmont -Fer rand , donna, ds son enfance, c o m m e Descar tes , des marques d 'une ap t i tude excep-tionnelle a u x mathmat iques . Il dfendit le Jansnisme contre les a t taques des Jsuites par les clbres Lettres provinciales (1656-1657) . Quand il mourut , trente-neuf ans, il laissa les f ragments d 'un grand ouv rage qui ont t publis sous le nom de Penses. Son s ty le , plein d 'une fine ironie dans les Provinciales, est hardi , tourment et souven t subl ime dans les Penses. 742. T R A G D I E . Depuis la premire tentative de tragdie classique faite par Jodelle en 1552, ce genre tait devenu, grce surtout Alexandre Hardy (1570-1632), plus dramatique et plus intressant pour la foule, mais la composition en tait toujours confuse et complique. D'ailleurs, l'in-fluence de l'Italie et de l'Espagne se faisait sentir chez tous les crivains de l'poque et entachait le got avec les pointes d'esprit, les concetti et la dclamation. L ' h o m m e d a n s l'infini. Que l'homme contemple donc la nature entire dans sa haute et pleine majest; qu'il loigne sa vue des objets bas qui l'environnent, qu'il re-garde cette clatante lumire mise comme une lampe ternelle pour clai-rer l'univers; que la terre lui paraisse comme un point, au prix du vaste tour que cet astre dcrit, et qu'il s'tonne de ce que ce vaste tour lui-mme n'est qu'une pointe trs dlicate l'gard de celui que les astres qui roulent dans le firmament embrassent. Mais si notre vue s'arrte l, que l'imagination passe outre : elle se lassera plus tt de concevoir que la nature de fournir. Tout ce monde visible n'est qu'un trait imperceptible dans l'ample sein de la nature. Nulle ide n'en approche. Nous avons beau enfler nos conceptions au del des espaces imaginables, nous n'enfantons que des atomes au prix de la ralit des choses : c'est une sphre infinie dont le centre est partout, la circonfrence nulle part. Que l'homme tant revenu soi considre ce qu'il est au prix de ce qui est; qu'il se regarde comme gar dans ce canton dtourn de la nature; et que, de ce petit cachot o il se trouve log, j'entends l'univers, il apprenne estimer la terre, les royaumes, les villes et soi-mme son juste prix. Qu'est-ce qu'un homme dans l'infini? PASCAL. (Penses.) CORNEILLE. BOILEAU. 743. Pierre Corneille (1606-1684), n Rouen, a t notre premier et notre plus grand pote tragique. Il fit reprsenter une comdie, Mlite, en 1629, puis il donna successivement : Clandre, la Veuve, la Galerie du Palais, etc. Enfin parut le Cid (1636), le premier chef-d'uvre de notre thtre. Le sujet, emprunt l'Es-pagne, n'tait pas neuf, mais Corneille y montrait la passion aux prises avec le devoir, et prtait ses personnages un langage hroque et des traits sublimes inconnus jusqu'alors. C'est par le mme mrite que brillent surtout les tragdies d'Horace, de Cinna, de Polyeucte, reprsentes de 1640 1643 et qui valurent l'auteur le surnom de Grand. Les pices qui suivirent furent moins heu-reuses. Tout le thtre de Corneille a pour caractre essentiel l'hrosme et l'lvation du sentiment. C'est une vritable cole de vertu; les hommes y sont toujours reprsents non pas tels qu'ils sont, mais tels qu'ils devraient tre. Deuxime priode (1660-1715). 744. C'est la priode vraiment classique de notre histoire litt-raire. La littrature subit le prestige de Louis X I V et accepte spontanment sa souveraine influence. C'est le temps des satires et des ptres de Boileau, des tragdies de Racine, des comdies de Molire, des lettres de Mme de Svign, des prdications et des crits de Bossuet, de Bourdaloue et de Fnelon. 745. POSIE. Boileau-Despraux (1636-1711) se donna pour mission de combattre les mauvais crivains qui se Les diffrents ges de l'homme. Le temps, qui change tout, change aussi nos humeurs, Chaque ge a ses plaisirs, son esprit et ses murs. Un jeune homme, toujours bouillant dans ses caprices, Est prompt recevoir l'impression des vices, Est vain dans ses discours, volage en ses dsirs, Rtif la censure, et fou dans les plaisirs. L'ge viril, plus mr, inspire un air plus sage, Se pousse auprs des grands, s'intrigue, se mnage, Contre les coups du sort songe se maintenir, Et loin, dans le prsent regarde l'avenir. La vieillesse chagrine incessamment amasse, Garde, non pas pour soi, les trsors qu'elle entasse; Marche, en tous ses desseins, d'un pas lent et glac; Toujours plaint le prsent et vante le pass; Inhabile aux plaisirs dont la jeunesse abuse, Blme en eux les douceurs que l'ge lui refuse. BOILEAU. (Art potique, III.) MOLIRE. trouvaient alors en possession de la faveur publique. Il a crit douze Satires et douze Eptres, un pome hro-comique, le Lutrin et un Art potique en quatre chants, dans lequel il trace avec mthode les rgles de la posie. Esprit solide plutt que brillant, Boileau doit tre respect pour son talent de pote, la sret de son got, et la noblesse de son caractre. 746. Molire (1622-1673) est le plus grand des comiques franais. Acteur et pote entran vers le thtre par un got irr-sistible, il courut la province pendant douze ans, revint Paris et y donna d'abord les Prcieuses ridicules (1659). Encourag par le succs il fit reprsenter un grand nombre de comdies, les unes en Chrysale. Vos livres ternels ne me contentent pas ; Et, hors un gros Plutarque mettre mes rabats, Vous devriez brler tout ce meuble inutile, Et laisser la science aux docteurs de la ville ; M'ter, pour faire bien, du grenier de cans, Cette longue lunette faire peur aux gens, Et cent brimborions dont l'aspect importune; Ne point aller chercher ce qu'on fait dans la lune, Et vous mler un peu de ce qu'on fait chez vous, O nous voyons aller tout sens dessus dessous. Il n'est pas bien honnte, et pour beaucoup de causes, Qu'une femme tudie et sache tant de choses. Former aux bonnes murs l'esprit de ses enfants, Faire aller son mnage, avoir l'il sur ses gens, Et rgler la dpense avec conomie, Doit tre son tude et sa philosophie. Nos pres, sur ce point, taient gens bien senss, Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez Quand la capacit de son esprit se hausse A connatre un pourpoint d'avec un haut-de-chausse. Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien ; Leurs mnages taient tout leur docte entretien, Et leurs livres, un d, du fil et des aiguilles, Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles. Les femmes d' prsent sont bien loin de ces murs : Elles veulent crire, et devenir auteurs; Nulle science n'est pour elles trop profonde, Et cans beaucoup plus qu'en aucun lieu du monde; Les secrets les plus hauts s'y laissent concevoir, Et l'on sait tout chez moi, hors ce qu'il faut savoir. M O L I R E . (Femmes savantes, acte II.) RACINE. vers, les autres en prose; les plus clbres sont: L'cole des Maris, L'cole des femmes, Le Misanthrope, L'Avare, Tartufe, Le Bourgeois Gentilhomme, Les Femmes savantes, Le Malade imaginaire. C'est pendant la reprsentation de cette dernire pice qu'il fut saisi d'une crise qui devait l'emporter, le 17 fvrier. Sa profonde con-naissance du cur humain, sa verve comique entranante, sa langue libre, hardie et toujours naturelle lui assurent le premier rang parmi les auteurs comiques de tous les temps. 747. Jean Racine (1639-1699), n la Fert-Milon, a t avec Corneille le plus grand de nos potes tragiques. Son premier chef-d'uvre, Andromaque, est de 1667. Puis viennent l'amusante comdie des Plaideurs et les tragdies : Britannicus, Mithridate, Phdre (1677), etc. A cette poque, il renona au thtre et ce n'est qu' la prire de Madame de Maintenon qu'il composa plus Songe d'Athalie. Un songe (me devrais-je inquiter d'un songe?) Entretient dans mon cur un chagrin qui le ronge. Je l'vite partout, partout il me poursuit. C'tait pendant l'horreur d'une profonde nuit : Ma mre Jzabel devant moi s'est montre Comme au jour de sa mort pompeusement pare. Ses malheurs n'avaient point abattu sa fiert; Mme elle avait encor cet clat emprunt Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage Pour rparer des ans l'irrparable outrage : Tremble, m'a-t-elle dit, fille digne de moi, Le cruel Dieu des Juifs l'emporte aussi sur toi. Je te plains de tomber dans ses mains redoutables, Ma fille. En achevant ces mots pouvantables, Son ombre vers mon lit a paru se baisser, Et moi je lui tendais les mains pour l'embrasser; Mais je n'ai plus trouv qu'un horrible mlange D'os et de chair meurtris et trans dans la fange, Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux Que des chiens dvorants se disputaient entre eux. ... Dans ce dsordre mes yeux se prsente Un jeune enfant couvert d'une robe clatante, Tel qu'on voit des Hbreux les prtres revtus. Sa vue a ranim mes esprits abattus; Mais lorsque, revenant de mon trouble funeste, J'admirais sa douceur, son air noble et modeste, J'ai senti tout coup un homicide acier, Que le tratre en mon sein a plong tout entier. - RACINE. (Athalie, acte II.) LA FONTAINE. BOSSUET. tard, pour les jeunes filles de St-Cyr, Esther (1689) et Athalie (1691). Le style de Racine est lgant, harmonieux; de ses uvres se dgage un charme pntrant qui n'exclut cependant ni la force ni la grandeur. 748. La Fontaine (1621-1695), n Chteau-Thierry, a laiss un recueil de Fables qui lui a valu une place parmi nos plus grands potes. Les sujets de ces fables sont le plus souvent emprunts sope et Phdre; mais il a agrandi son sujet et a fait de la fable, comme il le dit lui-mme, une ample comdie cent actes divers . Son style est plein d'une grce badine et d'une mali-cieuse bonhomie. 749. PROSE. La prose, renouvele par Descartes, brille d'un aussi vif clat que la posie, Bossuet, Bourdaloue, Fnelon, Mas-sillon, La Rochefoucauld, La Bruyre et bien d'autres donnent notre langue une perfection qu'elle n'avait jamais atteinte. 750. LOQUENCE. L'loquence de la chaire arrive son apoge avec Bossuet (1627-1704). N Dijon, il fut prcepteur du fils de Louis XIV, et vque de Meaux. Il a crit le Trait de la connaissance de Dieu et de soi-mme, le Discours sur l'histoire universelle, etc. Mais il est surtout clbre par ses Sermons et ses Oraisons funbres. On cite entre autres celles de Henriette de France, de Henriette d'Angleterre et du grand Cond. Son Cond Rocroy. A la veille d'un si grand jour, et ds la premire bataille, il est tranquille, tant il se trouve dans son naturel; et on sait que le lendemain, l'heure marque, il fallut rveiller d'un profond sommeil cet autre Alexandre. Le voyez-vous comme il vole, ou la vic-toire, ou la mort? Aussitt qu'il eut port de rang en rang l'ardeur dont il tait anim, on le vit presque en mme temps pousser l'aile droite des ennemis, soutenir la ntre branle, rallier les Franais demi vaincus, mettre en fuite l'Espagnol victorieux, porter partout la terreur, et tonner de ses regards tincelants ceux qui chappaient ses coups. Restait cette redoutable infanterie de l'arme d'Espagne, dont les gros bataillons serrs, semblables autant de tours, mais des tours qui sauraient rparer leurs brches, demeuraient inbranlables au milieu de tout le reste en droute, et lanaient des feux de toutes parts. Trois fois le jeune vainqueur s'effora de rompre ces intrpides com-battants; trois fois il fut repouss par le valeureux comte de Fontaines, qu'on voyait port dans sa chaise, et, malgr ses infirmits, montrer qu'une me guerrire est matresse du corps qu'elle anime; mais enfin il faut cder. C'est en vain qu'au travers des bois, avec sa cavalerie toute frache, Beck prcipite sa marche pour tomber sur nos soldats puiss : le prince l'a prvenu, les bataillons enfoncs demandent quartier, mais la victoire va devenir plus terrible pour le duc d'Enghien que le combat. Pendant qu'avec un air assur, il s'avance pour recevoir la parole de ces braves gens, ceux-ci, toujours en garde, craignent la surprise de quelque nouvelle attaque; leur effroyable dcharge met les ntres en furie; on ne voit plus que carnage; le sang enivre le soldat, jusqu' ce que ce grand prince, qui ne put voir gorger ces lions comme de timides brebis, calma les courages, et joignit au plaisir de vaincre celui de pardonner. BOSSUET. (Oraison funbre du prince de Cond.) FNELON. LA ROCHEFOUCAULD. style, vif dans les sermons, atteint au sublime dans les oraisons funbres. Son rival dans la chaire, Bourdaloue (1632-1704), n Bourges, est surtout remarquable par la vigueur de sa logique. Son galit continue, sa diction chtie, ses allusions piquantes aux personnages de son temps l'ont fait prfrer Bossuet par ses contemporains. Plus tard Mass i l l on (1663-1742), n Hyres, vque de Clermont, mrita par ses Sermons d'tre compt au nombre de nos meilleurs prdicateurs. On cite particulirement son Petit Carme, et, parmi ses Oraisons funbres, celle de Louis XIV. 751. Fnelon (1651-1715), n dans le Prigord, suprieur Bourdaloue et Massillon, a t l'un des plus grands prosateurs du XVIIe sicle. Il s'tait fait connatre par un Trait de l'ducation des filles, lorsqu'il fut nomm prcepteur du duc de Bourgogne, fils du grand Dauphin (1689) ; c'est pour lui qu'il crivit ses Fables, ses Dialogues des morts et peut-tre son Tlmaque o se trouvent bien des critiques indirectes du gouvernement de Louis XIV. Relgu dans son archevch de Cambrai, il crivit le Trait de l'existence et des attributs de Dieu, la Lettre l'Acadmie ou Lettre sur les occupations de l'Acadmie franaise, et divers autres ouvrages. Son style simple, coulant, semble avoir emprunt au grec cette grce lgante qu'on a appele l'atticisme. 752. MORALISTES. On appelle ainsi les auteurs qui crivent sur les murs, sur les travers ou les prjugs des hommes. La Rochefoucauld (1613-1680), n Paris, est un moraliste. Dans un livre clbre, les Maximes, il s'est efforc de prouver que, dans toutes ses actions, l'homme n'obit qu' l'amour-propre La grotte de Calypso. La grotte de la desse tait taille dans le roc, en vote pleine de rocailles et de coquilles; elle tait tapisse d'une jeune vigne qui tendait ses branches souples galement de tous cts. Les doux zphyrs conser-vaient en ce lieu, malgr les ardeurs du soleil, une dlicieuse fracheur : des fontaines coulant avec un doux murmure sur des prs sems d'ama-rantes et de violettes, formaient en divers lieux des bains aussi purs et aussi clairs que le cristal. Mille fleurs naissantes maillaient les tapis verts dont la grotte tait environne. L, on trouvait un bois de ces arbres touffus qui portent des pommes d'or et dont la fleur, qui se renouvelle dans toutes les saisons, rpand le plus doux de tous les parfums. Ce bois semblait couronner ces belles prairies et formait une nuit que les rayons du soleil ne pouvaient percer. L, on n'entendait jamais que le chant des oiseaux ou le bruit d'un ruisseau qui, se prcipitant du haut d'un rocher, tombait gros bouillons pleins d'cume, et s'enfuyait au travers de la prairie. FNELON. (Tlmaque.) LA BRUYRB. Mme DE SVIGN. et l ' in tr t personnel . L a B r u y r e (1645-1695) , n Pa r i s , est aussi un moral is te , mais moins pessimiste que L a Roche fou -cauld. P rcep teur du petit-fils du grand Cond, il publia sur la socit d 'alors une suite d 'observa t ions et de portrai ts o r ig inaux , int i tuls les Caractres, ou les murs de ce sicle. C 'es t un des l ivres les mieux cri ts , les plus fins et les plus var is de notre l angue . 753. Mme d e S v i g n (1626-1696) a laiss des Lettres, L e g o u r m a n d . Cliton n'a jamais eu en toute sa vie que deux affaires, qui est de dner le matin et de souper le soir; il ne semble n que pour la digestion; il n'a de mme qu'un entretien : il dit les entres qui ont t servies au dernier repas o il s'est trouv; il dit combien il y a eu de potages, et quels potages; il place ensuite le rt et les entremets; il se souvient exactement de quels plats on a relev le premier service; il n'oublie pas les hors-d'uvre, le fruit et les assiettes; il nomme tous les vins et toutes les liqueurs dont il a bu; il possde le langage des cuisines autant qu'il peut s'tendre, et il me fait envie de manger une bonne table o il ne soit point; il a sur-tout un palais sr, qui ne prend point le change, et il ne s'est jamais vu expos l'horrible inconvnient de manger un mauvais ragot ou de boire un vin mdiocre. C'est un personnage illustre dans son genre et qui a port le talent de se bien nourrir jusqu'o il pouvait aller; on ne reverra plus un homme qui mange tant et qui mange si bien ; aussi est-il l'arbitre des bons morceaux, et il n'est gure permis d'avoir du got pour ce qu'il dsapprouve. Mais il n'est plus : il s'est fait du moins porter table jusqu'au dernier soupir; il donnait manger le jour qu'il est mort; quelque part o il soit, il mange; et, s'il revient au monde, c'est pour manger. LA BRUYRE. (De l'homme.) L e s f o i n s . Vous savez qu'on fait les foins; je n'avais pas d'ouvriers; j 'envoie dans cette prairie, que les potes ont clbre, prendre tous ceux qui travaillaient, pour venir nettoyer ici; vous n'y voyez encore goutte; et, en leur place, j'envoie mes gens faner. Savez-vous ce que c'est que faner? Il faut que je vous l'explique : faner est la plus jolie chose du monde, c'est retourner du foin en batifolant dans une prairie; ds qu'on en sait tant, on sait faner. Tous mes gens y allrent gaiement; le seul Picard me vint dire qu'il n'irait pas, qu'il n'tait pas entr mon service pour cela, que ce n'tait pas son mtier, et qu'il aimait mieux s'en aller Paris. Ma foi! la colre m'a mont la tte. Je songeai que c'tait la centime sottise qu'il m'avait faite; qu'il n'avait ni cur, ni affection; en un mot, la mesure taif comble. Je l'ai pris au mot, et, quoi qu'on m'ait pu dire pour lui, je suis demeure ferme comme un rocher, et il est parti. C'est une justice de traiter les gens selon leurs bons ou mauvais services. Si vous le revoyez, ne le recevez point, ne le protgez point, ne me blmez point, et songez que c'est le garon du monde qui aime le moins faner, et qui est le plus indigne qu'on le traite bien. MME DE SVIGN. DE RETZ. SAINT-SIMON. pour la plupart adresses sa fille, Mme de Grignan. Ces lettres crites avec une verve, un esprit tincelants, racontent tous les vnements dont la cour et la ville taient le thtre et sont une image fidle de la socit du temps. 754. MMOIRES. A dfaut de l'histoire, le XVIIe sicle en lgue la postrit les matriaux dans une longue suite de Mmoires dont plusieurs ont une relle valeur littraire. Il faut citer ceux du cardinal de Retz, et surtout ceux de Saint-Simon (1675-1755,) qui a laiss des Mmoires sur les dernires annes du rgne de Louis XIV et sur la Rgence. Le style souvent incorrect, est toujours nergique et clatant; l'auteur dpeint ses person-nages avec une nettet, une profondeur, une passion qui l'ont fait comparer Tacite. IV. DIX-HUITIME SICLE 755. Au XVIIIe sicle, la littrature ne s'occupe plus uniquement de la peinture des passions et des caractres; elle va se mler aux discussions, aux luttes de toutes sortes, et devenir une arme de combat. On crira pour dtruire les prjugs, les superstitions, les abus, pour rpandre les ides de justice, de bienfaisance, de progrs matriel et moral. 756. PROSE. Voltaire (1694-1778), n Paris, fit repr-Charles XII. C'est peut-tre le seul de tous les hommes, et jusqu'ici le seul de tous les rois, qui ait vcu sans faiblesse; il a port toutes les vertus des hros un excs o elles sont aussi dangereuses que les vices opposs. Sa fer-met, devenue opinitret, fit ses malheurs dans l'Ukraine, et le retint cinq ans en Turquie : sa libralit, dgnrant en profusion, a ruin la Sude; son courage, pouss jusqu' la tmrit, a caus sa mort; sa jus-tice a t quelquefois jusqu' la cruaut, et, dans les dernires annes, le maintien de son autorit approchait de la tyrannie. Ses grandes qualits, dont une seule et pu immortaliser un autre prince, ont fait le malheur de son pays. Il n'attaqua jamais personne; mais il ne fut pas aussi prudent qu'implacable dans ses vengeances. Il a t le premier qui ait eu l'ambi-tion d'tre conqurant sans avoir l'envie d'agrandir ses tats : il voulait gagner des empires pour les donner. Sa passion pour la gloire, pour la guerre et pour la vengeance, l'empcha d'tre bon politique, qualit sans laquelle on n'a jamais vu de conqurant. Avant la bataille et aprs la vic-toire, il n'avait que de la modestie; aprs la dfaite, que de la fermet, dur pour les autres comme pour lui-mme, comptant pour rien la peine et la vie de ses sujets, aussi bien que la sienne; homme unique plutt que grand homme, admirable plutt qu' imiter. Sa vie doit apprendre aux rois combien un gouvernement pacifique et heureux est au-dessus de tant de gloire. VOLTAIRE. (Histoire de Charles XII,) VOLTAIRE. MONTESQUIEU ROUSSEAU. senter en 1718 sa tragdie d'dipe dont le succs fut trs grand. Forc de s'exiler en Angleterre la suite d'une querelle avec le chevalier de Rohan, il y publia La Henriade, pome pique en 10 chants. Rentr en France en 1729, il se mit combattre les prjugs de son temps et de son pays, dfendit la libert de con-science, prcha la tolrance, l'galit de tous devant la loi; mais s'attaqua violemment la religion. Il donna entre autres ouvrages les tragdies de Brutus, Zare, Alzire, Mrope, L'Orphelin de la Chine, Tancrde; l'Histoire de Charles XII, les Lettres philoso-phiques, ou Lettres sur les Anglais; Le Sicle de Louis XIV, etc. Voltaire avait d'abord sjourn en Champagne chez Mme du Chtelet et, de 1750 1753, en Prusse, la cour de Frdric II. Quand il se fut dfinitivement tabli dans sa terre de Ferney, il donna encore de grandes uvres historiques et dramatiques, et par ses Lettres, par ses opuscules, exera sur l'opinion en Europe une vritable royaut. De retour Paris, accueilli avec enthou-siasme, il y mourut le 30 mai 1778. Esprit universel, Voltaire a abord tous les genres, mais il excelle surtout dans la prose o son style est simple, naturel, d'une vivacit incroyable, d'une clart absolue. 757. Montesquieu (1689-1755), n au chteau de la Brde, prs de Bordeaux, a publi trois ouvrages clbres : les Lettres persanes, les Considrations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur dcadence, l'Esprit des lois. Le premier est une espce de roman satirique par lettres; les deux autres sont des tudes de politique o il compare entre elles les lgislations des diffrents peuples anciens et modernes, et en fait ressortir l'esprit gnral. 758. Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), n Genve, se fit connatre trente-huit ans par la publication d'un discours paradoxal et brillant sur cette question propose par l'acadmie de Dijon : Si le rtablissement des sciences et des lettres a contribu corrompre ou purer les murs , Rousseau voulut dmontrer que la civilisation avait t plus nuisible qu'utile l'humanit. Cette mme ide fait encore le fond de plusieurs de ses ouvrages : le Discours sur l'origine et les fondements de l'ingalit parmi les hommes, la Lettre d'Alembert sur les spectacles, le Contrat social o il s'efforce de dmontrer que l'tat politique conforme la nation est la rpublique et non pas la monarchie; mile ou de l'ducation o il affirme que l'enfant doit tre livr lui-mme, sa propre nature qui est essentiellement bonne. Il a aussi crit un roman : Julie ou la Nouvelle Hlose, des Confessions et les Rve-BUFFON. DIDEROT. ries d'un promeneur solitaire. Les plus belles pages de Rousseau lui ont t inspires par son amour ardent pour la nature, et c'est lui que se rattachent plusieurs crivains descriptifs de notre temps. D'un autre ct, ses rvoltes contre la socit, ses hardies conceptions politiques servies par une loquence enflamme ont eu une grande influence sur la Rvolution franaise 759. Buffon (1707-1788), n Montbard, intendant du Jardin du roi (Jardin des Plantes), a crit une Histoire naturelle, gale-ment remarquable par l'clat des descriptions, par l'ordre qui pr-side cette vaste composition et par l'exactitude des moindres dtails. Ce livre peut passer pour un des chefs-d'uvre de notre langue. Citons encore son fameux Discours sur le style, prononc lors de sa rception l'Acadmie franaise. 760. Diderot (1715-1784), n Langres, conut et organisa la grande uvre de l'Encyclopdie, publie avec la collaboration du gomtre d'Alembert. Il resta pendant vingt ans le rdacteur principal et l'intrpide directeur de cette immense publication, laquelle collaborrent aussi Voltaire, Condillac, Helvtius, d'Hol-bach, Turgot, Buffon, etc. Cette lourde tche ne l'empcha pas de publier de nombreux ouvrages : le Neveu de Rameau, le Paradoxe sur le comdien, etc. Ses comptes rendus des salons de peinture (salons qui datent de 1673) inaugurrent en France un genre nou-veau : la critique d'art. Le lac de Bienne. Les rives du lac de la Bienne sont plus sauvages et romantiques que celles du lac de Genve, parce que les rochers et les bois y bordent l'eau de plus prs; mais elles ne sont pas moins riantes. S'il y a moins de cul-ture de champs et de vignes, moins de villes et de maisons, il y a aussi plus de verdure naturelle, plus de prairies, d'asiles ombrags, de bocages, des contrastes plus frquents et des accidents plus rapprochs. Comme il n'y a pas sur ces heureux bords de grandes routes commodes pour les voi-tures, le pays est peu frquent par les voyageurs, mais il est intressant pour des contemplatifs solitaires qui aiment s'enivrer loisir des charmes de la nature, et se recueillir dans un silence que ne trouble aucun autre bruit que le cri des aigles, le ramage entrecoup de quelques oiseaux, et le roulement des torrents qui tombent de la montagne. Ce beau bassin, d'une forme presque ronde, enferme dans son milieu deux petites les, l'une habite et cultive, d'environ une demi-lieue de tour, l'autre plus petite, dserte et en friche, et qui sera dtruite la fin par les trans-ports de terre qu'on te sans cesse pour rparer les dgts que les vagues et les orages font la grande.... ROUSSEAU. (Rveries d'un promeneur solitaire.) BERNARDIN DE SAINT-PIERRE. CHNIER. MIRABEAU. 761. B e r n a r d i n de S a i n t - P i e r r e (1737-1814), n au Havre, alla d'abord l'Ile de France ou Maurice en qualit d'ing-nieur. A son retour, li avec Rousseau, comme lui enthousiaste de la nature, il crivit le rcit de son voyage et publia ensuite l'Arcadie, sorte de pome en prose, les tudes de la nature, les Harmonies de la nature. Dans tous ces ouvrages, mais surtout dans son immortel roman de Paul et Virginie, il fait preuve d'un merveilleux talent de description. 762. THTRE. Le thtre, o Voltaire n'a vu qu'un moyen de pro-pager ses ides philosophiques, sourit un moment aux gracieux badinages de Marivaux dans Le Jeu de l'amour et du hasard, L'preuve, etc., puis prend le ton du pamphlet politique avec Le Barbier de Sville et Le Ma-riage de Figaro, de Beaumarchais, qui fait applaudir par la bourgeoisie, mme par la noblesse, de violentes rclamations contre l'ingalit sociale : Parce que vous tes un grand seigneur, vous vous croyez un grand gnie;... vous vous tes donn la peine de natre, rien de plus.... 763. POSIE. Cette priode est assez pauvre en potes. La posie lyrique a cependant quelques reprsentants clbres : Jean-Baptiste Rousseau, Lebrun, Louis Racine, et surtout Andr Chnier (1762-1794), n Constantinople, d'un pre franais et d'une mre grecque. Il a compos des Idylles, des lgies o l'on retrouve tout le charme des plus dlicates inventions du gnie grec. Il composa aussi des Iambes contre la Terreur qui svissait alors. Arrt et condamn mort, il fut excut le 25 juillet 1794. Son frre, Marie-Joseph Chnier, a compos quelques tragdies dans un style dclamatoire : Charles IX, Henri VIII, Caus Gracchus, etc. 764. LOQUENCE. L'loquence de la chaire, florissante au sicle prcdent, tend disparatre au milieu des convulsions politiques de cette poque, mais l'loquence de la tribune renat et produit un grand orateur, Mirabeau (1749-1791), n prs de Nemours. Dput du tiers aux tats gnraux, il affirma son gnie et son autorit ds les premires sances de cette assemble et contribua l'abolition des privilges de l'ancien rgime. Il mourut au moment o il se rapprochait de la royaut dont il ne voulait pas la chute. V. DIX-NEUVIME SICLE 765. Au XIXe sicle, la littrature, aprs la tourmente rvolution-naire, va subir, elle aussi, sa rvolution. Une sorte de renaissance se produit; les jeunes auteurs, les romantiques, rejettent rsolu-ment les thories traditionnelles, les rgles surannes; les sciences prennent chaque jour plus d'importance et contribuent donner CHATEAUBRIAND. Mme DE STAL. l'histoire, la critique une prcision inconnue jusqu'alors; enfin va rgner une force puissante, universelle : le journalisme. 766. PROSE. Deux grands crivains se dgagent de la foule : Chateaubriand et Mme de Stal. Chateaubriand (1768-1848), n Saint-Malo, migr, combattit l'Empire et se montra, aprs la Restauration, comme ministre, comme ambassadeur, comme polmiste, le serviteur dvou de la monarchie. Il est l'un des cri-vains qui ont exerc le plus d'influence sur la littrature, dans la premire moiti du XIXe sicle. Ses plus importants ouvrages sont : le Gnie du Christianisme o il montre que le christianisme est une source fconde de l'art et de l posie; trois romans : Atala, Ren, les Aventures du dernier des Abencrages, et la belle pope en prose des Martyrs. Aprs sa mort on a publi ses Mmoires d'Outre-tombe. La richesse de son imagination, l'clat de ses des-criptions sont incomparables. 767. Mme de Stal (1766-1817), fille de Necker, ministre de Louis XVI , fut le disciple enthousiaste des philosophes et surtout de Rousseau, elle protesta contre l'Empire et passa la plus grande partie de sa vie en exil. Elle a crit deux romans : Delphine et Corinne ou l'Italie, et divers ouvrages de politique et de philoso-phie, notamment De l'Allemagne. Les F r a n c s . Tout l'appareil de l'arme romaine ne servait qu' rendre l'arme des ennemis plus formidable, par le contraste d'une sauvage simplicit. Pars de la dpouille des ours, des veaux marins, des aurochs et des sangliers, les Francs se montraient de loin comme un troupeau de btes froces. Une tunique courte et serre laissait voir toute la hauteur de leur taille, et ne leur cachait pas le genou. Les yeux de ces barbares ont la couleur d'une mer orageuse; leur chevelure blonde, ramene en avant sur leur poitrine, et teinte d'une liqueur rouge, est semblable du sang et du feu. La plupart ne laissent crotre leur barbe qu'au-dessus de la bouche, afin de donner leurs lvres plus de ressemblance avec le mufle des dogues et des loups. Les uns chargent leur main droite d'une longue frame, et leur main gauche d'un bouclier qu'ils tournent comme une roue rapide; d'autres, au lieu de ce bouclier, tiennent une espce de javelot nomm angon, o s'enfoncent deux fers recourbs; mais tous ont la ceinture la redoutable francisque, espce de hache deux tranchants dont le manche est recouvert d'un dur acier : arme funeste que le Franc jette en poussant un cri de mort, et qui manque rarement de frapper le but qu'un il intr-pide a marqu. Ces barbares, fidles aux usages des anciens Germains, s'taient forms en coin, leur ordre accoutum de bataille. CHATEAUBRIAND. (Les Martyrs.) LAMARTINE. 768. POSIE. Lamartine (1790-1869), n Mcon, devint clbre par la publication des Premires Mditations potiques, recueil aussi remarquable par la sincrit et l'lvation des senti-ments que par l'harmonieuse perfection des vers. On retrouve les mmes qualits dans les Nouvelles Mditations, les Harmonies potiques, Jocelyn, etc. Ses meilleurs ouvrages en prose sont : le Voyage en Orient, l'Histoire des Girondins, Genevive, Graziella. Ces uvres, prose et vers, se distinguent par la majest et l'harmonie de la forme, l'lvation de la pense, et la tendre mlan-Retour au pays natal. vallons paternels, doux champs, humble chaumire, Au bord penchant des bois suspendue aux coteaux, Dont l'humble toit cach sous les touffes de lierre, Ressemble au nid sous les rameaux ; Gazons entrecoups de ruisseaux et d'ombrages, Seuil antique o mon pre, ador comme un roi, Comptait ses gras troupeaux rentrant des pturages, Ouvrez-vous, ouvrez-vous ! c'est moi. Oui, je reviens toi, berceau de mon enfance, Embrasser pour jamais tes foyers protecteurs. Loin de moi les cits et leur vaine opulence ! Je suis n parmi les pasteurs. Enfant, j'aimais comme eux suivre dans la plaine Les agneaux pas pas, gars jusqu'au soir; A revenir comme eux baigner leur blanche laine Dans l'eau courante du lavoir. J'aimais les voix du soir dans les airs rpandues, Le bruit lointain des chars gmissant sous leur poids, Et le sourd tintement des cloches suspendues Au cou des chevreaux dans les bois. Beaux lieux, recevez-moi sous vos sacrs ombrages! Vous qui couvrez le seuil de rameaux plors, Saules contemporains, courbez vos longs feuillages Sur le frre que vous pleurez. Reconnaissez mes pas, doux gazons que je foule, Arbres que dans mes jeux j'insultais autrefois; Et toi qui loin de moi te cachais la foule, Triste cho, rponds ma voix. Je ne viens pas traner dans vos riants asiles Les regrets du pass, les songes du futur : J'y viens vivre, et, couch sous vos berceaux fertiles, Abriter mon repos obscur. LAMARTINE. (Mditations potiques.) VICTOR HUGO. colie des sentiments. lu dput en 1833, il devint membre du gouvernement provisoire en 1848 et rentra dans la vie prive aprs les vnements de 1851. 769. Victor Hugo (1802-1885), n Besanon, fut le plus grand gnie potique du XIXe sicle. Il publia 18 ans un premier recueil d'Odes et Ballades, puis un second en 1826. Le drame de Cromwell avec sa prface retentissante parut en 1827. Dans cette prface Victor Hugo crivit une sorte de manifeste du romantisme. Cette cole voulait secouer le joug des anciennes conventions : suppression de la rgle des trois units (d'action, de temps et de Oceano nox. Oh 1 combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans ce morne horizon se sont vanouis! Combien ont disparu, dure et triste fortune! Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune, Sous l'aveugle Ocan jamais enfouis ! Combien de patrons morts avec leurs quipages! L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages, Et d'un souffle il a tout dispers sous les flots : Nul ne saura leur fin dans l'abme plonge. Chaque vague en passant d'un butin s'est charge; L'une a saisi l'esquif, l'autre les matelots! Nul ne sait votre sort, pauvres ttes perdues! Vous roulez travers les sombres tendues, Heurtant de vos fronts morts des cueils inconnus. Oh! que de vieux parents, qui n'avaient plus qu'un rve Sont morts en attendant tous les jours sur la grve Ceux qui ne sont pas revenus! Bientt des yeux de tous votre ombre est disparue. L'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre sa charrue? Seules, durant ces nuits o l'orage est vainqueur, Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre, Parlent encor de vous en remuant la cendre De leur foyer et de leur cur! O sont-ils les marins sombres dans les nuits noires? 0 flots, que vous savez de lugubres histoires! Flots profonds, redouts des mres genoux! Vous vous les racontez en montant les mares, Et c'est ce qui vous fait ces voix dsespres Que vous avez le soir quand vous venez vers nous! VICTOR HUGO. (Les Rayons et les Ombres.) MUSSET. lieu), mlange sur la scne du comique au tragique, du beau au laid ou au grotesque; recherche de la vrit historique, des costumes authentiques, versification plus libre, etc. Le succs de ses drames Hernani, Le Roi s'amuse, Ruy-Blas, Les Burgraves, etc.) fut parfois contest, mais nul pote lyrique ne s'est lev plus haut, n'a fait preuve d'un talent plus souple, plus vari, d'une imagination plus riche que Victor Hugo dans Les Orientales, Les Feuilles d'au-tomne, Les Chants du crpuscule, Les Voix intrieures, etc., et la posie pique dans les temps modernes, en France, n'a rien pro-duit de comparable La Lgende des Sicles. Victor Hugo a crit aussi plusieurs ouvrages en prose, notamment Le Rhin, et des romans : Notre-Dame de Paris, Les Misrables, etc. 770. Musset (1810-1857), n Paris, a chant les faiblesses et les souffrances de son poque avec une poignante motion; il a donn en vers Namouna, le Spectacle dans un fauteuil, des Posies nouvelles, et en prose des Comdies et Proverbes, la Confession d'un enfant du sicle, des Contes et Nouvelles, et diverses tudes d'art et de littrature. Les paysans aux jeux de Bade. L'abreuvoir est public, et qui veut vient y boire. J'ai vu les paysans, fils de la Fort Noire, Leurs btons la main, entrer dans ce rduit.; Je les ai vus penchs sur la bille d'ivoire, Ayant travers champs couru toute la nuit, Fuyards dsesprs de quelque honnte lit; Je les ai vas, debout, sous la lampe enfume, Avec leur veste rouge et leurs souliers boueux, Tournant leurs grands chapeaux entre leurs doigts calleux, Poser sous les rteaux la sueur d'une anne, Et l, muets d'horreur devant la Destine, Suivre des yeux leur pain qui courait devant eux ! Dirai-je qu'ils perdaient? Hlas ! ce n'tait gures. C'tait bien vite fait de leur vider les mains. Ils regardaient alors toutes ces trangres, Cet or, ces volupts, ces belles passagres, Tout ce monde enchant de la saison des bains, Qui s'en va sans poser le pied sur les chemins. Ils couraient, ils partaient, tout ivres de lumire, Et la nuit sur leurs yeux posait son noir bandeau. Ces mains vides, ces mains qui labourent la terre, Il fallait les tendre, en rentrant au hameau, Pour trouver ttons les murs de la chaumire, L'aeule au coin du feu, les enfants au berceau. A. DE MUSSET. (Posies nouvelles.) A. DE VIGNY. THOPHILE GAUTIER 771. Alfred de Vigny (1799-1863), n Loches, philosophe plutt pessimiste, excelle dans l'analyse et la peinture des senti-ments. Son uvre comprend les Pomes antiques et modernes; deux drames : Chatterton et La Marchale d'Ancre; deux romans: Cinq-Mars et Servitude et grandeur militaires. 772. Aprs ces quatre grands potes, il faut encore citer Tho-phile Gautier (1811-1872), n Tarbes, l'un des plus fervents romantiques. Il a publi plusieurs recueils de posies, dont le plus remarquable est : maux et Cames, o chaque pice est en effet cisele comme une pierre fine. Il a laiss aussi des rcits de voyages et des romans : Le Capitaine Fracasse, Le Roman de la Momie, etc. La m o r t d u l o u p . Il s'est jug perdu, puisqu'il tait surpris, Sa retraite coupe et tous ses chemins pris; Alors il a saisi, dans sa gueule brlante, Du chien le plus hardi la gorge pantelante, Et n'a pas desserr ses mchoires de fer, Malgr nos coups de feu qui traversaient sa chair, Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles, Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles, Jusqu'au dernier moment o le chien trangl, Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roul; Le loup le quitte alors et puis il nous regarde. Les couteaux lui restaient au flanc jusqu' la garde, Le clouaient au gazon tout baign dans son sang, Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant. Il nous regarde encore, ensuite il se recouche Tout en lchant le sang rpandu sur sa bouche, Et, sans daigner savoir comment il a pri, Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri. A L F R E D DE V I G N Y . (Posies, Calmann-Lvy, dit.) P r e m i e r sourire du printemps. Tandis qu' leurs uvres perverses Les hommes courent haletants, Mars qui rit, malgr les averses, Prpare en secret le printemps. Pour les petites pquerettes Sournoisement, lorsque tout dort, Il repasse les collerettes Et cisle des boutons-d'or. Sur le cresson de la fontaine O boit le cerf, l'oreille au guet De sa main cache il grne Les grelots d'argent du muguet. Sous l'herbe, pour que tu la cueilles, Il met la fraise au teint vermeil, Et te tresse un chapeau de feuilles Pour te garantir du soleil. Puis, lorsque sa besogne est faite Et que son rgne va finir, Au seuil d'avril tournant la tte Il dit : Printemps, tu peux venir i T H . G A U T I E R . (Posies, Charpentier, dit.) POTES. HISTORIENS. ROMANCIERS. 773- Quelques autres crivains mritent d'tre cits aprs ces grands potes. Ce sont, avec des talents divers : Casimir Delavigne, auteur des Messniennes et de pices de thtre : Les Vpres Siciliennes, Louis XI, Les Enfants d'douard; Branger, le chansonnier populaire; Auguste Barbier, l'nergique auteur des Iambes; Brizeux, le pote de la Bre-tagne; Leconte de Lisle, auteur des Pomes antiques et des Pomes barbares; etc. Nous ne pouvons passer sous silence les trois auteurs suivants : S u l l y -P r u d h o m m e , l'auteur des preuves; des Solitudes, etc., F r a n o i s Coppe , auteur du Passant, de Severo Torelli, du Luthier de Crmone, etc., J o s - M a r i a de Hrd ia , qui excella dans le sonnet. 774. HISTOIRE. L'histoire et la critique littraire ont t renouveles au XIXe sicle par quelques crivains de premier ordre : Augustin Thierry : Dix Ans d'tudes historiques, Rcits des temps mrovingiens ; Michelet : Histoire de France, Rvolution Franaise, etc.; Thiers : Histoire de la Rvolution, du Consulat et de l'Empire; Henri Martin : Histoire de France. 775. LOQUENCE. L'loquence parlementaire se dveloppe sous le gouvernement constitutionnel, puis sous la Rpublique. Citons Guizot, Thiers, Montalembert, Berryer, Jules Favre, Gambetta, Jules Simon, etc. 776. ROMAN. Le roman est cultiv par Balzac, Alexandre Dumas pre, Prosper Mrime, George Sand, X. Marmier, Octave Feuillet, Cherbuliez, Edmond About, Alphonse Daudet, etc. 777 . T H T R E . La comdie a pour reprsentants Scribe, mile Augier, Alexandre Dumas fils, Labiche, Victorien Sardou, Pailleron, etc. Enfin le drame hroque nous offre deux noms : Henri de Bornier et Edmond Rostand L'aurore La nue tait d'or ple; et, d'un ciel doux et frais, Sur les jaunes bambous, sur les rosiers pais, Sur la mousse gonfle et les safrans sauvages, D'troits rayons filtraient travers les feuillages. Un arome lger d'herbe et de fleur montait; Un murmure infini dans l'air subtil flottait : Chur des esprits cachs, mes de toutes choses, Qui font chanter la source et s'entr'ouvrir les roses; La mer tait sereine, et sur la houle claire L'aube vive dardait sa flche de lumire ; La montagne nageait dans l'air blouissant Avec ses verts coteaux de mas mrissant, Et ses cnes d'azur, et ses forts berces Aux brises du matin sur les flots lances; Et l'le, rougissante et lasse du sommeil, Chantait et souriait aux baisers du soleil. LECONTE DE LISLE. (Pomes barbares, Lemerre, dit.) LISTE DES PRINCIPAUX HOMONYMES. A A, P. avoir, , prp., ah! interj., as, v. avoir, ha! interj. abaisse, v. abaisser, abbesse (d'un cou-vent). ache, plante, hache (tranchante). hache, P. hacher. aie, P. avoir, ais, planche. es, v. tre, est, p. re, haie (d'pines) hais, v. har. air, vent, air, manire, air, musique, aire, place, aire, nid, re, poque, erre, allure, erre, v. errer, haire , chemise de crin, hre, sans fortune. alli, uni, allier, faire alliance, Allier, rivire, h allier (le), buisson pais. amande, fruit, amende, peine. anche (de clarinette). hanche, os du bas-sin. ancre (4e navire), ancre, v. ancrer, encre (pour crire). appas, attraits, appt, amorce. aprs, prp., apprt, prparatif. are, mesure, arrhes, gages, art, mthode. hart, lien. au, pour le, aulx, plur. d'ail, eau, liquide, haut, lev, ho, interj., , interj., oh, interj., os (du corps). auspice, prsage, auspices, protection, hospice, refuge. autan, vent, autant, adv., tant, v. ter. avant , prp., avent (de Nol). B B a h ! interj., bas, peu lev, bas, chaussure, bt, selle, bats, v. battre. bai, rouge brun baie, golfe, baie, fruit, bey (de Tunis). bar, poisson, Bar, ville, bard, civire, barre (de bois), barres, v. barrer. bire, cercueil, bire, boisson. bon (de poste), bon, adj., bond, saut . bourg, village, bourre (de fusil), bourre, P. bourrer. C Cal, durillon, cale (de navire), cale, v. caler, cale, support, Calle (la), en Algrie. Caen, ville, camp (d'une arme), kan, march, quand, adv. et conj., quant , prp. chaos, confusion, cahot (d'une voi-ture). cane, f. de canard, canne, bton, Cannes, ville, canne, v. canner car, conj., carre, v. carrer, quart d'heure. cent, dix fois dix, gang (des mines), sans, prp., sens, v. sentir, sens, sens dessus des-sous. cep (de vigne). ces, adj. dm., saie, vtement, sais, v. savoir, sept, six plus un, ses, adj. poss. cerf, quadrupde. serf, esclave, serre (chaude) serre (d'aigle), serre, v. serrer, sert, v. servir. cet, adj. dm., cette, adj. dm., Cette, ville, Seth, fils d'Adam chane (de fer), chne, arbre. chair (humaine), chaire, prcher, cher, chri, Cher, rivire, chre, nourriture. champ, terrain, chant (des oiseaux). chas (d'une aiguille), chat, quadrupde, schah (de Perse). chaume, paille, chaume, v. chaumer. chme, v. chmer. chaud, non froid, chaux (Ave). chur (de chanteurs), cur (humain) cire (d'abeille), cirre (de la vigne) sire, seigneur. clause (d'un trait), dose, ferme. clore, v. fermer, chlore, gaz. coin (de fer), coing, fruit. col (de chemise), colle (de pte), colle, v. coller. comptant , v. comp-ter, content, satisfait, contant, v. conter. compte, calcul, compte, v. compter, comte, litre, conte, rcit, conte, v. conter. coke, charbon, coq, oiseau, coque, coquille. cor, instrument, cor, durillon, corps (humain), cors (du cerf). cote, taxe, cotte, jupe, quote, part. cou (de cygne), coud, v. coudre. coup, choc, cot, pr ix. cour (de ferme), cours, v. courir, courre, poursuivre, cours (d 'un fleuve), cours (de chimie), court, peu long, court, v. courir. crains, v. craindre, craint, v. craindre, crin (de cheval). crot, v. crotre. croit, v. croire, croix (de fer), croix (d'honneur). cuir, peau, cuire, v. cuire. D Dais (d'un trne), d ( coudre), d ( jouer), des, p. de les, ds, prp., dey (d'Alger). dans, prp., dent (pour manger). date, poque, date, v. dater, datte, fruit. dceler, rvler, desceller, arracher, desseller, ter la selle. dcent, modeste, descend, v. descen-dre. dcor, ornement, dcore, v. dcorer. dpare, v. dparer, dpart (d'un voyageur). dpend, v. dpendre, dpens, frais. dfaire, dtruire, dfre, v. dfrer. dferre, v. dferrer. dessein, intention, dessin, trac. devin, qui prdit, devins, v. devenir, devint, v. devenir. diffrant, v. diffrer, diffrend, dml, diffrent, dissem-blable. doigt (de la main), dois, v. devoir, doit, v. devoir. dom, titre d'honneur, don, prsent, donc, conj., dont, pron. relat. dore, v. dorer, dors, v. dormir, dort, v. dormir. douer, pourvoir, dou, v. douer, Douai, ville. E gard, dfrence, gare, v. garer. cho, son. cot, quote-part. enceigne, v. enceindre, enseigne, drapeau, enseigne, porte-drapeau, enseigne, y. ensei-gner. ente, greffe, hante, v. hanter envi, l'envi, envie, dsir, envie, v. envier. phore ( Sparte), effort (musculaire) tai, appui, taie, v. tayer tais, v. tre, tait , v. tre, t, v. tre, t, saison. taim, laine fine, tain, mtal, teins, v. teindre, teint, v. teindre. tang, amas d'eau, tant, v. tre, tend, v. tendre. tre, verbe, tre (suprme), htre, arbre. exaucer (des vux), exhausser (un mur). F Faim (avoir faim), feins, v. feindre, feint, v. feindre, fin, rus, fin, extrmit. faire, crer, fer, mtal, Fre (la), ville, ferre, v. ferrer. faite, v. faire, fate, sommet, faites, v. faire, fte, rjouissance. fard (sur les joues), phare, feu fixe. fasse, v. faire, face, visage, fasce (de l'cu). faut, v. falloir, faux, pas vrai, faux (du faucheur). fausse, v. fausser, fausse, fm. de faux, fosse (profonde). fi, interj., fie, v.fier, fit, v. faire. fiction (fabuleuse), fixions, v. fixer. fil, a coudre, file, range, file, v. filer. foi, confiance, foie, viscre, fois, une fois, Foix, ville, comt. fond (de sac), fond, v. fondre, fonds, proprit, font, v. faire, fonts (baptismaux). for, tribunal, fore, v. forer, fors, except, fort, robuste, fort, forteresse. frai (de poisson), frais, froid, frais, dpenses, fraye, v. frayer. G Gard, rivire, gare, v. garer, gare (de chemin de fer) gare ! interj. gai, joyeux, gu (d'une rivire), guet, surveillance. grce, agrment, grce, faveur, Grasse, ville, grasse, fm. de gras, graisse, v. graisser, graisse (de porc), Grce, contre. Gray, ville, gr, bonne volont, grs, pierre dure. gure, peu, guerre, lutte. H Hrault, rivire, hraut (d'armes), hros, demi-dieu. heur, bonne fortune, heure (du jour), heurt, choc, Eure, rivire. haute, fm. de haut, hte, qui loge , te, v. ter. hle, v. hler, hle (de la mer), hale, v. haler, halle, march. I Il, pron., le, de Jersey, Ill rivire, Ille, rivire, lsle, rivire. Jarre, grand vase, jars, mle de l'oie. Mais, noir et luisant, jet (d'eau), geai, oiseau. L Lac (d'eau douce) laque (s.f.),gomme, laque (s. m.), de Chine. lai, petit pome, lai, laque, laid, difforme, laie (du sanglier). lait (de chvre), l (d'une toffe), legs (d'un testateur), les, art., lez, prs de. leur, adj. poss., leurre, tromperie, leurre, v. leurrer. Nice, champ clos, lisse, v. lisser, lisse, uni, poli. lie, v. l i e r , lie (de vin). lis, v. lire, lit, couche lire, v. lire, lyre, instrument. M Mein (le), rivire. main, organe, maint, plusieurs. mai, mois, maie, ptrin, mais, conj., mes, adj. poss., mets, nourriture, mets, p. mettre. matre, possesseur, mestre (de camp), mtre, mesure, mettre, placer. maire (du village). mer (du Nord), mre (de l'enfant) mal, douleur, mal, adv., malle, coffre. mi, en musique, mi, moiti, mie (du pain), mis, v. mettre, mit, v. mettre. mil, millet, mil, mille, mille, dix fois cent, mille, mesure. mire de canon, mire, p. mirer, mirent, p. mettre, [myrrhe, parfum. mord, p. mordre, mors, frein, mort, fin de la vie, Maur (St-), ville, Maure, peuple. mou, pas dur, moud, p. moudre, moue, grimace, mot, vin doux. mur, muraille, mure, v. murer, mr, point, mre (du mrier). N Noie, v. noyer, noix (du noyer). ni, conj., nie, v. nier, nid (des oiseaux). noy, v. noyer, noyer, submerger, noyer, arbre noix. nui, v. nuire, nuit, obscurit, Nuits, ville. O Oing, graisse de porc, oint, consacr, Ouen (St-), ville. or, conj., or, mtal, Aure, valle, hors, except. ou, conj., o, adv., aot, mois, boue, bche, houx, arbre vert. P Pat , v. patre, pais, v. patre, paix, tranquillit. paye , salaire, paye , v. payer. pain, aliment, peins, v. peindre, peint, v. peindre, pin, arbre. pair, gal, pair (de France), paire, couple, perd, v. perdre, perds, v. perdre, pre (de l'enfant), pers, vert-bleu. pan (d'un mur), paon, oiseau, pends, v. pendre, pend, v. pendre. panser (une plaie), penser, rflchir. par, prp., pare, v. parer, pars, v. partir, part, partie, part , v. partir. parc, bois, Parque (des enfers), parque, v. parquer pause, repos, pause, v. pauser, pose, v. poser, pose (d'un tapis). peine, v. peiner, peine, douleur, pne, verrou, penne, grosse plume. peuh! interj., peu, adv., peut, v. pouvoir, peux, v. pouvoir. pic, en pointe, pic, montagne, pic, oiseau, pique, lance, pique, carte jouer, pique, v. piquer. pinon (sur la peau), pinons, v. pincer, pinson, oiseau. pie, oiseau, pis, adv., plus mal, pis (de la vache). plaid, cossais, plaid, plaidoirie, plaie, blessure, plais, v. plaire, plat, v. plaire. plain, uni, plat, plains, v. plaindre, plaint, v. plaindre, plein, rempli. pla in te , gmissement, plinthe (de menui-serie). plan, surface plane. plan (de campagne) plant (de vigne). plu, v. plaire, plu, v. pleuvoir, plus, adv., plus, v. plaire, plut , v. pleuvoir. poids, pesanteur, pois, lgume, poix, rsine brle, pouah! interj. poing, main ferme. point, v. poindre, point, ngation, point (d'appui). point (d'interroga-tion). police, v. policer, police, surveillance, polisse, v. polir. pond, v. pondre, ponds, v. pondre, pont (sur la rivire) porc, cochon, pore (de la peau), port (de mer). Pau, ville, peau (de chvre), pot, vase, P, fleuve. prs, prp., prt, dispos, prt (d'une somme). prie, v. prier, pris, v. prendre, pris, v. prendre, prix, valeur. provin (de la vigne), Provins, ville, provint , v. provenir pu, v. pouvoir, pue, v. puer, pus, v. pouvoir, pus (d'une plaie). puis, adv., puis, p. pouvoir, puits, rservoir d'eau, Puy , ville. Q Quoi, pron., coi, immobile. R Raie, poisson, rais, de roue, R, le, rets, filet, rez (de chausse). raisonner, rflchir. rsonner, retentir. rang (d'arbres), rends, v. rendre, rend, v. rendre, raine, grenouille, reine, souveraine, rne, guide, renne, quadrupde, Rennes, ville. ri, v. rire, ris, le rire, ris (de veau), ris (d'une voile), ris, v. rire, rit, v. rire, riz, graine. rauque, enrou, roc, rocher, Roch (Saint), roque (je), aux checs. romps, v. rompre, rompt, v. rompre, rond, cercle, rond, circonfrence. roue, v. rouer. roue (d'une voiture), roux, jaune-rouge. S Saigne (du bras), saignez, v. saigner, ceignez, v. ceindre, sain, en bon tat, saint, consacr, sein, milieu, seing, signature, Sein, le, ceins, v. ceindre, ceint, v. ceindre, cinq, quatre et un. saine, fm. de sain, scne, (d'un th-tre), Seine (fleuve), cne (de Jsus-Christ). sale, malpropre, sale, v. saler, salle, grande pice. satire, pice de vers, satyre, anc. demi-dieu. saur, sch et sal, saure, jaune brun, sors, v. sortir, sort, v. sortir, sort, destine. saut, bond, sceau, grand cachet, Sceaux, ville, seau, vase, sot, sans esprit. scel, sceau, em-preinte, scelle, v. sceller, sel (de cuisine), selle (d'un cavalier), selle, v. seller, cle, v. celer. celle, fm. de celui. sellier (fait des sel-les), cellier (pour le vin). serein, pur, calme, serin, oiseau. session (d'une as-\ semble). cession, abandon. si, conj., si, en musique, scie, pour scier, sis, situ, six, cinq et un, ci, pour ici. signe, indication, cygne, oiseau. site, pittoresque, cite, v. citer, Scythe, peuple, soi, pron., soie, fil d'un ver, sois, v. tre, soit, conj., souhait, vu, dsir. sol, terrain, sol (en musique), sole, poisson, sole (d'un cheval). son, adj, poss., son, bruit, son (du bl), sont, v. tre. souri, v. sourire, souris, v. sourire, souris, petit animal, souris, rire lger, sourit, p. sourire. soufre (jaune), soufre, p. soufrer, souffre, P. souffrir soupir, respiration, soupire, v. soupirer. statue [de marbre), statue, p. statuer, statu (quo), mme tat, statut, rglement. suie (de chemine), suis, v. tre et suivre, suit, v. suivre. sur, prp., sur, acide, sr, certain. T Taie (d'oreiller), tait, v. taire, tes, adj. poss., tt, tesson. tain (d'une glace), teins, v. teindre, teint, v. teindre, teint, coloris, Tain, ville, thym, plante, tin, support, tin, plante. tins, v. tenir, tint, v. tenir. tante, sur du pre. tente, pavillon, tente, p. tenter. tard, pas assez tt, tare, dfaut, tare, p. tarer. teinte, nuance, teinte, P. teindre, tinte, P. tinter, tntes, v. tenir. tan (du chne), tant , adv., taon, grosse mouche, temps, dure, tends, v. tendre, tend, v. tendre. taire, garder le silence, ter, troisime fois, terre, notre globe. tirant, p. tirer, tyran, matre absolu. thon, poisson, ton, adj. posses., ton, manire, tonds, v. tondre, tond, v. tondre. taure, gnisse, tords, v. tordre, tord, v. tordre, tore, moulure, tors, tordu, tort, erreur. toue, petit bateau, tous, plur. de tout , toux (sche). Abcs, amas de pus, accs, abord, appro-che. accident, vnement, incident, ce qui sur-vient. adjonct ion, addi-tion, injonction, ordre. affermer (une terre), affirmer (un fait). tour, btiment, tour, d'un tourneur. tour ( tour), tourd, poisson, Tours, ville. tournoi (militaire), tournoie , v. tour-noyer, tournois, monnaie. trace, du v. tracer, Thrace, anc. contre. tribu, peuplade, tribut, impt. troc, change, troque, v. troquer. trop, adv., trot (d'un cheval), tu, pron., tu, v. taire, tue, v. tuer, tus, v. taire, tut, v. taire. V Vain, prsomptueux, vaincs, v. vaincre, affil, qui a le fil, effil, mince, allong. affluence, foule, influence, ascendant. allger (le poids), allgir, amincir. allocation (d'une somme), allocution , harangue. vainc, v. vaincre, vin (de raisin), vingt , deux fois dix,\ vins, P. venir, vint, v. venir. vaine, fm. de vain, veine, vaisseau sanguin. van, corbeille, vends, p. vendre, vend, v. vendre, vent , air, souffle. vante, v. vanter, vente, v. venter, vente (de marchandises). vau , vau-l'eau, Vaud , canton suisse, vaux , plur. de val, vaux , v. valoir, veau (d'une vache), vos, adj. poss. vair, fourrure, ver (de terre), verre (transparent), vers (d'un pote), vers, prp., vert, couleur d'herbe, allusion, qq. chose, illusion, erreur. ameublement, mobilier. ameublissement (des terres). appareiller, mettre la voile, apparier, unir par paire. apurer (un compte), vert, fourrage. veut, v. vouloir, veux, v. vouloir, vu, souhait. vice, dfaut, vice, la place de, vis (de pressoir), visse, v. visser, visse, v. voir. voie, chemin moyen, voie, v. voir, vois, v. voir, voix (humaine). vol, p. voler, voler, drober, volet (d'une fentre). vautre, v. vautrer, vtre, pron. voue, p. vouer, vous, pron. Z Zphire, vent per-sonnifi dans la mythologie. zphir, vent doux. purer (la literie). avnement, arrive, vnement, circon-stance importante. Charrier, voiturer. charroyer, transpor-ter. coasser, crier, en parlant des gre-nouilles. Principaux Paronymes. croasser, crier, en parlant des cor-beaux. colorer (un menson-ge), colorier (une es-tampe). confirmer, assurer, conformer, rendre conforme. conjecture, opinion, conjoncture, circon-stances, consommer , d-truire, consumer, brler. continuation (de la guerre), continuit (du tra-vail). coralline, coquillage, cornaline, agate rouge. cymbale (retentissante), timbale, gobelet. Dcocher, lancer, dcrocher, dtacher. dgoter, de dgot, dgoutter, de goutte. discuter, dbattre, disputer, contester. charde (dans la chair), charpe (du maire). corcer (un chne), cosser (des pois). claircir (un fait), clairer (l'escalier). effraction, fracture, infraction, violation. galer (un rival), galiser (un che-min). mersion, rappari-tion, immersion, plon-geon. minent, lev, imminent, mena-ant. enduire (de gou-dron), induire (en erreur). pancher (son coeur), tancher (le sang). ruption (d'un vol-can), irruption (de la foule). vasion, fuite, invasion, envahisse-ment. volution (de troupes), r v o l u t i o n (de 1789). excursion (en forl), incursion (en pays ennemi). exporter, porter dehors, i m p o r t e r , intro-duire. Flairer, sentir, fleurer, exhaler. Gradation (descen-dante), graduation (d'un thermomtre). Inculper, accuser, inculquer, graver. infecter, empester, infester, ravager. Lacune, vide, lagune, lac. Pdale (de bicy-clette) . ptale (de fleur). plier (une lettre), ployer (une bran-che,) portion, partie, potion, remde. prcder, devancer, procder, provenir de. prposition, mot in-variable, proposition, juge-ment. prescrire, imposer, proscrire, chasser. prvenir, avertir, provenir, rsulter. Recouvrer (la vue), recouvrir (une mai-son). repartir (en voyage), rpartir (une som-me). risque, danger, rixe, querelle. Sarcler (un champ), cercler (une bar-rique). s ta lac t i te , concr-tion pierreuse la vote d'un souter-rain. stalagmite, concr-tion sur le sol d'un souterrain. Vnneux (suc), venimeux (serpent). verdeur (de la jeu-nesse). verdure (des prs). Synonymes les plus usuels. Abaisser, rabaisser, ravaler, dgrader, dprimer, avilir, humilier. Abattement, accablement, langueur, dcouragement, dsespoir. Abattre, renverser, ruiner, dtruire. Abolir, abroger, rvoquer, casser, infirmer, annuler. Abondance, aisance, richesse, opulence. Abrg, sommaire, prcis, rsum, extrait, analyse, manuel, somme. Acaritre, hargneux, querelleur. Acclrer, presser, hter, dpcher, expdier. Accompagner, escorter, suivre. Accorder, runir, raccommoder, rconcilier. Accoutrement, habillement, habit, vtement. Accusateur, dnonciateur, dlateur. Achev, parfait, fini, accompli, consomm. Activit, vitesse, rapidit, clrit, vlocit, promptitude, diligence Adoucir, modrer, temprer, mitiger, modifier. Affirmer, assurer, confirmer, attester, certifier, prtendre, avancer, soute-nir, garantir, rpondre, promettre. Affreux, horrible, laid, hideux, effroyable, pouvantable. Agriculteur, cultivateur, colon, Aigre, acide, acerbe, cre, acrimonieux, amer, rude, pre, austre. Air, mine, physionomie, visage, port, prestance, maintien, conte-nance. Ajustement, parure, toilette. Aliment, nourriture, subsistance. Alliance, confdration, coalition, ligue, parti, faction, cabale, intrigue, brigue, complot, conspiration, conjuration. Allure, marche, dmarche. Amas, tas, monceau. Ambassadeur, envoy, dput. Ambigu, quivoque, louche, amphibologique. Amour, tendresse, inclination, amiti, affection, attachement. Amusement, plaisir, jeu, divertissement, rcration, rjouissance. Analogie, ressemblance, similitude, conformit. Anctres, prdcesseurs, devanciers. Ancien, antique, vieux. Anciennement, autrefois, jadis. Angoisse, anxit, transe. Antrieur, prcdent, antcdent. Apaiser, calmer, pacifier. Apathie, indolence, indiffrence, insensibilit. Apologie, dfense, justification. Appt, amorce, leurre, embche, pige, lacs, filet, rets. Apprendre, enseigner, instruire, informer. Approbation, suffrage, consentement, permission, autorisation, agr-ment. Appui, aide, assistance, secours. Aptitude, talent, penchant, inclination, got, capacit, disposition. Assembler, joindre, unir. Attention, application, rflexion, mditation. Attrist, contrist, afflig, fch, mortifi. Augmenter, accrotre, agrandir, tendre, grossir, enfler. Austre, svre, rigoureux, rude, dur. Autorit, puissance, empire, pouvoir, influence, ascendant, crdit. Avare, attach, intress, sordide, ladre, chiche, mesquin, avaricieux. Avr, juste, vrai, vritable. Avertissement, avis, conseil. Avis, opinion, sentiment, pense. Avis, prudent, circonspect. Balbutier, bgayer, bredouiller. Barbarie, cruaut, frocit, inhumanit. Bataille, combat, action. Belliqueux, guerrier, militaire, martial. Besoin, pauvret, disette, indigence, misre, ncessit, dnuement. Bizarre, trange, extraordinaire, rare, singulier. Blafard, livide, hve, blme, ple. Blmer, dsapprouver, rprouver, condamner, dsavouer, censurer, criti-quer, fronder rprimander, reprendre, corriger. Bonheur, plaisir, bien-tre, batitude, prosprit, flicit. Bont, bnignit, bienveillance, bienfaisance, douceur, mansutude, huma-nit, philanthropie, charit. Bourg, bourgade, village, hameau. Bourrasque, orage, tempte, ouragan, tourmente. Bout, extrmit, fin. Brigand, larron, fripon, voleur, escroc, filou. Cacher, celer, taire, dissimuler, dguiser, couvrir, voiler, envelopper, pallier, farder. Calme, tranquillit, paix, repos, quitude. Caprice, fantaisie, humeur, boutade, saillie. Caresser, flatter, cajoler, flagorner, amadouer. Carnage, boucherie, massacre, tuerie. Cas, circonstance, conjoncture, occasion, occurrence. Casser, rompre, briser, fracasser. Catalogue, liste, rle, nomenclature, dnombrement, tat, mmoire, inven-taire, rpertoire. Caverne, grotte, antre, tanire. Changeant, variable, inconstant, lger, volage, versatile. Changement, variation, mutation, vicissitude, rvolution, innova-tion. Changer, changer, troquer, permuter. Char, chariot, charrette, vhicule. Charme magie, enchantement, conjuration, sort, sorcellerie, sortilge, malfice, ensorcellement, fascination. Chtier (le style), revoir, retoucher, corriger, limer, polir. Chemin, route, voie. Circonfrence, circuit, enceinte, enclos, tour. Clair, vident, manifeste, public, notoire. Clart, lueur, lumire, clat, splendeur. Cur, courage, valeur, vaillance, bravoure, intrpidit, hardiesse. Commandement, ordre, prescription, prcepte, injonction. Commencement, naissance, origine, source. Commun, ordinaire, vulgaire, trivial. Compassion, commisration, misricorde, piti. Concours, affluence, foule, presse, multitude. Constant, ferme, stable, inbranlable, inflexible. Construire, btir, difier, lever. Contestation, diffrend, dml, dispute, discussion, controverse, dbat. altercation, querelle, conflit, lutte, combat, guerre, bisbille, noise, gra-buge, rixe. Continuer, persister, persvrer. Conversation, entretien, colloque, confrence, dialogue. Cte, bord, rive. Court, bref, concis, laconique, succinct, sommaire, abrg. Crainte, apprhension, inquitude, alarme, peur, pouvante, effroi, frayeur, terreur. Crime, faute, forfait, pch, dlit. Danger, pril, risque, hasard. Dcadence, ruine, chute, renversement. Dclarer, annoncer, dcouvrir, manifester, rvler, dvoiler, dceler. Ddier, consacrer, vouer. Dlicatesse, finesse, subtilit, pntration, sagacit, perspicacit. Dlivrer, affranchir, dbarrasser, dgager, dptrer, dfaire. Dmesur, norme, excessif, immodr, outr, exorbitant, mons-trueux. Dnigrer, noircir, discrditer, dcrier, diffamer, dshonorer. Dsert, inhabit, solitaire, sauvage. Dsirer, souhaiter, vouloir, soupirer, convoiter. Dessein, intention, rsolution, volont, propos, parti. Dtestable, abominable, excrable. Dtruire, exterminer, abolir, anantir. Dvaster, ravager, dsoler, ruiner, saccager, infester. Diffrence, dissemblance, distance, disproportion, ingalit, disparit, va-rit, diversit, distinction, sparation. Diffrer, tarder, retarder, reculer, remettre, renvoyer. Difficult, obstacle, empchement, embarras, opposition, rsistance, bar-rire, traverse, entraves, anicroche, accroc. Distinguer, discerner, dmler. Docte, rudit, habile, savant, lettr, instruit. Dommage, tort, prjudice, dtriment. Don, prsent, gratification, cadeau. Durable, permanent, constant, stable. carter, loigner, dtourner, sparer. meute, sdition, mutinerie, insurrection, rbellion, rvolte, soulvement, troubles. Emploi, ministre, charge, office, fonction. Entendre, comprendre, concevoir. Enterrement, convoi, obsques, funrailles. Enthousiasme, exaltation, transport, ravissement. Environner, entourer, envelopper, ceindre, enceindre, enclore, enfermer. quit, justice, droiture. Erreur, garement, sophisme, malentendu, illusion, mprise, mcompte, bvue, prjug, prvention. Esclave, captif, prisonnier. Estimer, valuer, apprcier, priser. tablir, instituer, fonder, riger. ternel, perptuel, continuel, immortel, sempiternel. tourdi, vapor, vent, cervel, imprudent, inconsidr, malavis. vnement, accident, aventure. vident, certain, sr, assur, positif, formel, authentique, constant, indu-bitable, incontestable. Exactitude, justesse, prcision. Exciter, provoquer, aiguillonner, stimuler, animer, encourager. Faux, fallacieux, menteur, mensonger, trompeur, insidieux, captieux. Flexible, souple, docile. Fondement, base, appui, soutien, support, pivot. Fracas, tumulte, vacarme, bruit. Gter, corrompre, dpraver, pervertir. Gmissement, plainte, lamentation, complainte, jrmiade, dolance. Gouvernement, administration, rgime, rgie, rglement, direction, conduite, gestion, maniement, intendance. Habilet, art, industrie, savoir-faire, adresse, dextrit, entregent, poli-tique, souplesse, finesse, finasserie, raffinement, subtilit, ruse, artifice, astuce, perfidie. Habitude, coutume, usage, accoutumance, us. Haine, antipathie, loignement, aversion, dgot, rpugnance, malveillance, inimiti, animosit, ressentiment, rancune. Hardiesse, audace, tmrit, effronterie. Histoire, annales, fastes, archives, chroniques, mmoires, commentaire, relation. Honnte, civil, poli, affable, gracieux, courtois. Honte, dshonneur, infamie, turpitude, ignominie, opprobre. Illustre, clbre, fameux, renomm. Image, figure, portrait, effigie. Imperfection, faute, dfaut, dfectuosit, vice, ridicule. Imptueux, fougueux, vhment, emport, violent. Impie, irrligieux, incrdule. Impt, imposition, tribut, contribution, taxe. Inaction, inactivit, inertie, oisivet, loisir, dsuvrement. Inattention, inadvertance, mgarde, mprise. Incapacit, insuffisance, inaptitude, inhabilet, maladresse, gaucherie. Incertitude, doute, indcision, irrsolution, perplexit. Incommode, fcheux, importun. Innarrable, ineffaable, indicible, inexprimable. Inespr, inattendu, inopin, imprvu. Inflexible, inexorable, impitoyable, implacable. Joli, mignon, gentil, gracieux. Luxe, faste, magnificence, somptuosit, splendeur, pompe. Maison, chteau, htel, palais, maisonnette, chaumire, cabane, hutte, cahute, baraque, bicoque, chalet, villa, cottage. Mal, peine, douleur, souffrance, amertume, tourment, affliction, dsola-tion, tristesse, mlancolie, chagrin, ennui, malaise, inquitude, dplaisir, mcontentement. Malheur, infortune, adversit, disgrce, misre, dtresse, accident, revers, chec, traverse, calamit, catastrophe, dsastre, msaventure. Mauvais, mchant, malicieux, malin. Obscur, sombre, tnbreux. Offense, injure, affront, insulte, outrage, indignit, avanie, incartade, algarade. Orgueilleux, superbe, suffisant, prsomptueux, avantageux, important, glorieux, vain, ddaigneux, fier, haut, hautain, altier, imprieux, Arro-gant, rogne, insolent. Prodige, miracle, merveille. Proscrire, bannir, exiler, relguer, confiner. Rcompense, prix, rmunration, rtribution, honoraires, salaire, paye, solde, gages, appointements, traitement, moluments, pension. Redemander, rclamer, revendiquer. Redonner, rendre, restituer, remettre. Regret, repentir, repentance, remords. Strile, infcond, infertile, infructueux, ingrat. Stupide, hbt, imbcile, idiot, inepte, sot, insens, fou, draisonnable, absurde, extravagant, niais, nigaud, bent, badaud, dadais, bte, abruti, ne, ignorant, balourd, lourdaud. Surpris, tonn, constern, tourdi, confondu, interdit, dconcert, stupfait, abasourdi, stupfi, penaud, merveill, bahi, baubi. Tombe, tombeau, spulcre, spulture. User, employer, se servir. Vrai, droit, loyal, franc, sincre, cordial, ouvert, rond, simple, naf, ingnu, candide, innocent. Exemples de familles de mots. A g i r (du latin agere). Radical, ag, act, ig : agir, agissant, agent, agence, agenda, agile, agilit, agilement, agiter, agitateur, agitation, ragir; acte, actes, acteur, actrice, actif, activit, activement, inactif, inactivit, action, actionnaire, actionner, raction, ractionnaire, ractif, rtroactif, rtroaction, exaction, exact, exactitude, exacteur, exactement, rdacteur, rdaction, actuel, actuellement, entr'acte, trans-action; exiger, exigible, exigibilit, exigeant, exigence, exigu, exigut, rdiger, transiger, prodigalement, prodigue, prodigalit, prodiguer, prodige, prodigieuse-ment, prodigieux. Arc (du latin arcus) : arcade, arceau, arche, archet, archer, franc-archer, aron, dsaronner, arc-boutant, arc-doubleau, arc-en-ciel; arquer, arquebuse, arquebuser, arquebusade, arquebusier, arquebuserie ; arbalte, arbaltrier. Autre (du latin aller) : autrui, altruisme, autrement, autrefois; altrer, altrant, altrable, inaltrable, altration, dsaltrer; alterne, alterner, alter-nant, alternat, alternatif, alternativement, alternation; subalterne. Sa igner (du latin balneare). Radical bain, baign, baln : bains, baigner, baigneur, baignoire ; balnaire, balnation. Battre (du latin batuere) : bat, batte, battage, battant, batteur, batteuse, batterie, battoir, battu, battue, batture; batail, bataille, batailler, batailleur, bataillon; abattre, abatage, abatis, abattement, abatteur, abattoir, abatture, abat-son, abat-vent, abat-voix; combattre, combat, combattant, combativit; dbattre, dbat; s'battre, bat, battement; rabattre, rabat, rabattage, rabat-teur, rabat-joie ; rabattre. B o i r e (du latin bibere, en latin populaire biberare, faire boire). Radical boi, buv, breuv, bib : boisson, dboire, emboire, embu, pourboire; buvable, imbu-vable, buvard, buvet te , buvetier, buveur, buvoter ; breuvage, abreuver; abreuvement, abreuvoir ; biberon, imbiber, imbibition, imbu. C a m p (du latin campus). Radical camp, champ; camper, campement, dcamper, campagne, campagnard, campagnol; champ, champtre, Champagne, cham-pignon, champart, champarter, champarteur. C d e r (du latin cedere, cessum, s'en aller, abandonner). Radical ced, cess : cdant, accder, concder, dcder, excder, intercder, prcder, procder, rtro-cder, succder; antcdent, excdant ; prcdent, procd, prdcd, proc-dure; cession, cessionnaire, concession, concessionnaire; accs, accessible, inaccessible, accessoire, accessit, antcesseur, anctre, dcs, prdcs, excs, excessif, excessivement; intercesseur, intercession, prdcesseur, procession, pro-cessionnaire, processionnel, processionnellement, procs, processif; succs, insuccs, successeur, succession, successif, successivement. C h a i r (du latin caro, carnem). Radical char, car : charnage, charnel, charnel-lement, charneux, charnier, charnu, charnure; charogne; charcutier, charcuterie, acharner, acharnement, dcharn, charn, charnement, charnoir, charnure; carn, carnage, carnassier, carnassire, carnation, carnaval, carnier, Carnivore; incarn, incarnat, incarnadin, incarnation. C h v r e (du latin capram). Radical chev, capr, cabr; chvre, chevreau, chevrier, chevrette, chevreuil, chvrefeuille, chevroter, chevrotin, chevrotement, chevrotant; caprice, capricieux, capricieusement, capricorne; cabri, cabriole, cabriolet, cabrioleur. C l a i r (du lalin clarus). Radical clair, clar : clairement, clairet, clairire, clairon; claire-voie, clair-obscur, clairsem, clairvoyant, clairvoyance, clair, clairer, clairage, claireur, claircir, claircie, claircissement; clart, clarifier, cla-rification, clarine, clarinette; dclarer, dclaration, dclaratif. C u r (du lalin cor, cordis) : curer, curement, cordial, cordialement, cordialit, cordiforme; accorder, accord, accordable, accordailles, accordeur, accordoire, concorde, concorder, concordance, concordat; dsaccord, dsaccorder; discorde, discorder, discord, discordant, discordance ; raccorder, raccord; courage, courageux, courageusement; dcourager, dcouragement, encourager, encou-ragement. C r o i r e (du latin credere, creditum). Radical croi, cr, cred : accroire, dcroire, croyant, croyance, croyable, incroyable; crance, crancier, mcrant; credo, crdule, incrdule, incrdulit, crdibilit, crdit, crditer, crditeur; accrditer; dcrditer; discrditer, discrdit. C u i r (du latin corium). Radical cuir, cor : cuirasse, cuirasser, cuirassier; coriace; excorier, excoriat ion; corroyer, corroyage, corroyeur; courroie, cure (pour cuire). D e n t (du latin dens, dentem) : dentaire, dental, dent, denteler, dentel, den-telle, dentellire, dentelure, dentier, dentiste, dentition, denture; dentifrice, dentirostres ; adenter, adent; chiendent; cure-dents; denter, dent, endenter, endent ; surdent, trident. D e u x (du latin duos). Radical deux, duo, double, dupl : deuxime, deuxime-ment ; duo, duel, duelliste, dualit, dualisme; double, doubler, doublet, dou-blement, doublon, doublure; ddoubler, ddoublement, redoubler, redoublement; duplicata, duplicit, rduplication. D i r e (du latin dicere, dictum). Radical dis, d ic t : diseur, mdisant, mdisance; dicton, diction, dictionnaire; bnir, bnisseur, bndiction, bndicit, bnit. bnitier, benot, bndict in, contredire, contradicteur, contradiction, contradic-toire; ddire, ddit ; dit, dicter; indicible, interdire, interdiction, interdi t ; mau-dire, maldict ion; prdire, prdiction; redire, redite; susdit. crire (du latin, scribere, scriptum). Radical : cri, scri : crit, criture, criteau, critoire, crivain, crivassier; dcrire, rcrire; scribe, conscrit, conscrip-tion; circonscrire, circonscription; descriptif, description; inscrire, inscription; manuscrit; prescrire, prescription, proscrire, proscription, proscripteur, proscrit, rescrit; souscrire, souscription, souscripteur, suscription; transcrire, transcrip-tion, transcripteur. Faire (du latin facere, factum). Radical fai, foc, fec, fic : faisable, faiseur, fainant, fainanter, fainantise; affaire, affairer, bienfait, bienfaiteur, bienfai-sance; contrefait, contrefaire; dfaire, dfaite; forfait, forfaiture; malfaire, mal-faisant, malfaiteur, mfait; parfaire, parfait; parfaitement, imparfait, imparfaite-ment; refaire, refait; satisfaire, satisfait; facteur, facture, manufacture, faon, faonner, contrefaon, contrefacteur; facile, facilement, facilit; perfection, imperfection, perfectionner, rfection, rfectoire; artifice, artificier, artificiel, artificiellement, bnfice, bnficier, bnficiaire; difice, malfice, sacrifice; difficile, difficilement. Lier (du latin ligare, ligatum). Radical : lie, lig : liant, liaison, liaisonner, liane, liasse, lien, lieur, liure; alli, alliance, all iage; dlier; msallier, msalliance; rallier, ralliement, relier, relieur, reliure; obliger, obligation, obligatoire, obli-geance, obligeamment, obligeant; dsobliger, dsobligeant, dsobligeance, dsobligeamment; religion, religieux, religieusement, religionnaire, coreligionnaire; irrligion, irrligieux, irrligieusement. Lire (du latin legere, lectum). Radical li, lig, lect : lire, relire, lire, rlire, liseur, lisible, lisiblement, illisible; intelligent, intelligence, intelligemment, intelligible, intelligiblement, inintelligent, inintelligence, inintelligible; msin-telligence; ligible, rligible, ligibilit, inligible; lite, lu; diligent, diligem-ment, diligence; colliger, ngliger, ngligent, ngligence, ngligemment; col-lecte, collection, collecteur, collectif, collect ivement; collge, collgien, collgial; lgion, lgionnaire; lecteur, leon, lgende, lgendaire; lecteur, lectorat, lectif, lectoral, lection; lgant, lgance, lgamment; intellect, intellectif, intellec-tue l ; dilection, prdilection, slection; cueillir, accueillir, recueillir, recueille-ment ; accueil, recueil, cueil lette; rcolte, rcolter; sacrilge, sortilge. Main (du latin manus). Radical main, mon, men : mainleve, mainmise, main-morte, maintenir, maintenant, maintien; manier, maniable, maniement, mani-pule, manipuler, manipulateur, manipulation ; remanier, remaniement ; manuvre, manuvrer ; manuel, manuellement, manucure, manufacture, manufacturier, manumission, manutent ion; menotte, emmenotter. Muer (du latin mutare, changer) : mue, muable ; commuer, commuable ; immuable; remuer, remuage, remuant, remuement; mutabilit, immutabili t, commutation, commutatif, incommutable, incommutabilit, permuter, permu-tation, permutable, permutant ; transmutation. Ordre (du latin ordo, ordinis). Radical ordr, ordon, ordin : dsordre, sous-ordre, contre-ordre; ordonner, ordonnance, ordonnancer, ordonnancement; ordonnateur, coordonner, dsordonn, subordonner, subordonn, insubordonn; ordinal, ordinaire, extraordinaire, ordinairement, extraordinairement; ordina-tion, ordinand, ordinant, coordination, subordination, insubordination. Part (du latin partem) : partage, partager, partageable, partageant, copartageant, partir, parti, partisan, partie, partance, partiel, partiellement, partitif, partition, part icipe; parcelle, parcellaire; particule, particulier, particulirement, particulariser, particularit, partial, impartial, partialit, partiellement, impar-tialit, impartiellement; dpartir, dpart, dpartement, dpartemental; rpartir, rpartiteur, rpartition; repartir, repartie. Plier (du latin plicare). Radical pli, ploi, pliq : pliage, plieur, plioir; dplier, replier, repli, rempli, pliant; ployer, dployer, dploiement; employer, emploi, employ, remployer, remploi; appliquer, application, applicable, appliqu, inappliqu; compliquer, complication, complice, complicit; expliquer, explica-tion, explicateur, explicatif, explicite, explicitement; impliquer, impliqu, impli-cation, implicite, implicitement; rpliquer, rplique; simple, simplicit, simplifier, simplification, multiple, multiplier, multipliable, multiplication, multiplicateur, multiplicande, multiplicit. Poser (du latin pausare, avec emprunt ponere, positum) : posage, pose, pos, posment, poseur, position, positif, positivement, positivisme, positiviste, poste, postal, postier, postillon, posture; apposer, apposition, aposter, apostille, apostiller; apposer, apposition, composer, composite, composition, compositeur, com-posteur ; dposer, dposant, dpositaire, dposition, dponent, dpt; disposer, disposition, dispositif, disponible, disponibilit, dispos; dcomposer, dcomposition; entreposer, entrepositaire, entreposeur, entrept; exposer, exposant, exposition; imposer, imposant, imposable, imposition, imposteur, imposte, impt; indisposer, indispos, indisposition; interposer, interposition; juxtaposer, juxtaposition; opposer, opposant, opposable, opposite, opposition ; prposer, prpos, prpositif prposition, prvt, prvtal, prvt, prdisposer, prdisposition, prsupposer, prsupposition; proposer, proposable, proposition, propos; reposer, repos, reposoir, recomposer, recomposition; rimposer, rimposition; supposer, supposable, supposition, suppt, superposer, superposition; transposer, transpositeur, trans-position. Presser (du latin premere, pressum). Radical, press, prim, prein : presser, presse, pressier, pressoir, pression, pressure, pressurer, pressurage; rpression, rpressif, suppression; compresse, compression, compressif, compressible, compressibilit, incompressible, incompressibilit; oppresseur, oppressif, oppression, oppresser, dpression; expression, exprs, expressment, expressif, expressivement; empress, empressement; impression, impressionner, impressionnable, rimpression; rprimander, rprimande, rprimer, supprimer, comprimer, opprimer, dprimer; exprimer, exprimable, inexprimable; imprimer, imprimeur, imprimerie, rimprimer; preindre, preinte, empreindre, empreinte. Rgir (du latin regere, rectum). Radical, reg, rig, rec, roi : rgent, rgence, rgenter, rgie, rgisseur, rgime, rgiment; enrgimenter; rgle, rgler, rgle-ment, rglementer, rglementaire, rglette, rgleur, rgule, rgulier, rgulire-ment, rgulariser, rgularisation, rgularit, rgulateur, drgler, drglement; irrgulier, irrgulirement, irrgularit; corriger, corrigible; diriger, diri-geable; riger, rigible; incorrigible, incorrigibilit, recorriger; rigidit; cor-rect, correctement, correcteur, correctif, correction, correctionnelle, correctionnellement; direct, directeur, directement, directoire, direction, directrice; recteur, rection; incorrect, incorrectement, incorrection, indirect, indirectement; recteur, rectorat, rectoral; rectangle, rectangulaire, rectifier, rectification, rectiligne, rectitude; droit (doublet de direct), droitement, droitier, droiture; roi, roitelet, royal, royalement, royaliste, royaume, royaut; rgale, rgalien, rgicide; rgion, rgional; reine; rgne, rgner, rgnicole, interrgne. Sang (du latin sanguis, sanguinis) : sanguin, sanguinaire, sanglant, sanguino-lent, sanguine, sangsue, ensanglanter, exsangue, consanguin, consanguinit; saigner, saignement, saigne, saigneur. Sel (du latin sal). Radical sel, sal, sau : sel; salant, salade, saladier, salage, salaire, salari, salaison, saler, saleron, saleur, salire, salin, saline, saloir, salure; salicoque, salifiable; salptre, salptrer, salptrier, salptrire; dessaler, ressaler; sauce, saucer, saucire, saucisse, saucisson; sauner, saunage, saunier, saunerie; saugrenu, saumtre, saupiquet, saupoudrer. Seoir (du latin sedere, sessum). Radical se, si, sed, sid, ses, sig : seoir, sant, sance, asseoir, biensant, biensance, malsant, messeoir, messant, messance, prsance, rasseoir, surseoir, sursance; sis, assis, assise, assises, assiette, rassis, sursis; sdentaire, obsder, possder; assidu, assidment, assiduit, dissident, dissidence, insidieux, insidieusement, obsidional, prsider, prsident, prsidence, prsidial ; rsider, rsident, rsidence, rsidu, subside, subsidiaire, subsidiairement; sessile, session, obsession, possession, possessif, possessoire; sige, siger; assiger, assigeant, assig. Sept (du latin septem) : septime, septimement, septante, septennaire, septen-nal, septennalit, septennat, septembre, septembriseur, septentrion, septentrional, septimanie; septuor, septuple, septupler, septuagnaire, septuagsime; semaine, semainier. Spectacle (du latin spectaculum, venu lui-mme de spectare, frquentatif de specio, spectum, voir, regarder). Radical spect, spec, spic : spectateur, spectatrice, spectre, spectral; aspect, circonspect, circonspection, expectant, exportation, inspecter, inspecteur, inspection, perspective, prospectus; respect, respectable, respectif, respectivement, respectueux, respectueusement, irrespectueux, irrespec-tueusement, rtrospectif, suspecter, suspect; espce, spcial, spcialement, sp-cialit, spcieux, spcifier, spcification, spcifique, spcimen; spculer, spcula-teur, spculatif, spculation; pice, picier, picerie; aruspice, auspice, fron-tispice, perspicace, perspicacit ; dpit, dpiter, rpit; suspicion, soupon, soup-onner, souponneux. T e m p s (du latin tempus, temporis) : temps, contretemps, printemps, printanier, quatre-temps; temporaire, temporairement; temporiser, temporiseur, tempo-risation, temporisateur; temporel, temporellement, temporalit; contemporain, contemporanit. Ter re (du latin terra) : terrain, terrasse, terrasser, terrassement, terrassier, terrestre, terreux, terrien, terrier, terreau, terrer, terrine, terrine, terrir, terri-toire, territorial; atterrir, atterrage, atterrissage, atterrissement, atterrer, dterrer, enterrer, enterrement, parterre, souterrain, Mditerrane, terre-neuve, terre-noix, terre-plein. Valoir (du latin valere, adjectif validus). Radical val, vaill, vau : valoir, valable, valeur, valeureux, value; valuer, valuation; quivaloir, quivalent, qui-valence; prvaloir; valide, validit, invalide, valider, invalider, convalescent, convalescence, valtudinaire, vaillant, vaillamment, vaillance; vaurien, ravauder, ravaudage, ravaudeur, ravaudeuse, ravauderie. Vivre (du latin vivere, victum) : vivres, vivant, vif, vivace, vivacit, viveur, vivement, vivoter; aviver, raviver, revivre; vie, viable, viabilit; vital, vitalit, vivifier, vivifiant, vivification, revivifier, revivification, vivisection, vivipare; survivre, survivant, survivance, survivancier, survie, victuailles; avitailler, avitaillement, ravitailler, ravitaillement; viande, viander, viandis, vivandier, vivandire, convier, convive. Voix (du latin vox, vocem) : voyelle; vocal, vocaliser, vocalisation, vocalises, vocable, vocatif, vocation, vocabulaire, vocifrer, vocifration ; convoquer, convocation, quivoque, quivoquer; vocation; invoquer, invocation; provoquer, provocation, provocateur; rvoquer, rvocation, rvocable, irrvocable; avocat, avocasser, avocasserie. TABLE ALPHABTIQUE TABLE ALPHABTIQUE. TABLE ALPHABTIQUE, TABLE DES MATIRES Prface. Histoire de la langue fran-aise 1 But et dfinition de la grammaire 11 Des sons et de l 'alphabet . . . . 12 Notions d'tymologie usuelle. . 16 Composition 17 Accent tonique 31 Drivation 33 Mots tirs du grec 58 Familles de mots 64 Variations de sens 65 Homonymes. Paronymes. - Synonymes. Antonymes . . 67 Figures de grammaire. . . . . 81 Gallicismes 84 Ponctuation . . . . . . . . . 90 Espces de mots 94 Propositions . . . 95 Sujet, verbe, attribut, compl-ment 103 Analyse des mots . 106 Analyse des propositions. . . . 1 1 1 D u nom 114 Nom commun, nom propre. . . 1 1 4 Noms concrets, noms abstrai ts . 114 Noms collectifs, noms composs. 114 Du genre dans les noms. . . . 118 Formation du fminin. . . . . 119 Noms des deux genres. . . .' . 122 Genre de quelques noms. . . . 124 Du nombre dans les noms. . . 129 Formation du pluriel. . . . . 129 Noms double pluriel. . . . . 134 Noms invariables. . . . . . . 136 Pluriel des noms trangers. . . 138 Pluriel des noms composs. . . 140 Pluriel des noms propres. . . . 146 Accord et complment du nom. 148 Rcapitulation du nom. . . . 153 De l'article 159 Article dfini 159 Article lid, article contract. . 160 Article indfini 162 Accord de l'article 163 Article partitif 165 Article devant plus, moins, mieux 166 Rvision de l'article 168 D e l'adjectif 170 Adjectifs qualificatifs 170 Formation du fminin dans les adjectifs qualificatifs . . . . 173 Formation du pluriel dans les adjectifs qualificatifs. . . . 179 Comparatif. Superlatif. . . 181 Accord de l'adjectif qualificatif. 183 Noms et adjectifs dsignant la couleur 190 Complment de l'adjectif. . . 191 Adjectif qualificatif, pithte, attribut, etc 192 Adjectifs numraux 194 Adjectifs dmonstratifs 198 Adjectifs possessifs 199 Adjectifs indfinis 201 Adjectifs interrogatifs 201 Fonctions et analyse des adjec-tifs . 209 Rcapitulation des adjectifs. . 209 Du pronom 212 Pronoms personnels 214 Emploi des pronoms personnels. 219 Pronoms dmonstratifs. . . . 223 Pronoms possessifs. . . . . . 227 Pronoms relatifs 229 Pronoms interrogatifs 231 Pronoms indfinis 235 Rcapitulation des pronoms. . 239 Du verbe 242 Sujet 244 Attribut 246 Complment direct 247 Complment indirect 249 Complment exprimant la cir-constance 251 Radical, terminaison, nombres, personnes 253 Modes 254 Temps . 255 Verbes auxiliaires. . . . . . . 257 Verbe avoir 258 Verbe tre 260 Conjugaison 262 Verbes en e 265 Remarques sur les verbes du premier groupe 267 Verbe en is 271 Remarques sur les verbes du deuxime groupe 273 Troisime groupe des verbes. . 274 Remarques sur les verbes du troisime groupe 275 Verbes conjugus interrogativement 280 Terminaisons communes. . . . 282 Rcapitulation du verbe. . . . 289 Forme active et sens transitif. . 293 Forme passive 295 Forme active et sens intransitif. 299 Forme pronominale Verbe impersonnel Particularits de conjugaison. . Exercices sur les verbes. . . . 320 Accord du verbe avec le sujet. . 328 Emploi des modes dans les subordonnes 335 Emploi des temps du subjonctif. 337 Rcapitulation gnrale du verbe 340 Le participe 343 Participe prsent. Adjectif verbal 343 Participe pass avec l'auxiliaire tre 347 Participe pass avec l'auxiliaire avoir . . 350 Participe pass des verbes la forme pronominale . . 354 Participe pass suivi d'un infinitif . 3 5 8 Participe pass prcd de en, . 361 Participe pass prcd de le peu. 361 Fonction du participe dans la proposition 365 Rcapitulation du participe. . 365 De l'adverbe 368 De la prposition 375 De la conjonction . . . . . . 379 De l'interjection 384 Notions de composition . . . 386 Qualits gnrales du style. . . 387 Figures de mots 388 Figures de penses 389 Littrature 391 Notions de versification. . . . 391 La posie 393 La prose 394 Abrg d'histoire littraire . 396 Littrature grecque 396 Littrature latine 399 Littrature franaise. Moyen ge 401 Renaissance . . 403 Dix-septime sicle 405 Dix-huitime sicle 414 Dix-neuvime sicle 417 Liste des principaux homo-nymes 424 Principaux paronymes . . . . 429 Synonymes les plus usuels. . . 430 Exemples de familles de mots. . 433 Table alphabtique : 1 Extrai ts ; 2 Sujets de rdaction 442