HISTOIRES DE VIE, HISTOIRE DE VILLE - reddot/demo/documents... la diversit des trajectoires rsidentielles

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    HISTOIRES DE VIE, HISTOIRE DE VILLE Une lecture rtrospective des interactions migration-urbanisation Dakar

    --- TEXTE PROVISOIRE : Version Document de travail (30 Octobre 2011) ---

    David Lessault et Christophe Imbert (CNRS/Migrinter-Poitiers)

    Rsum Comment tudier les changements urbains actuels dans une phase de peuplement de la ville o les migrations internes et internationales alimentent de moins en moins la croissance urbaine ? Alors que les lments de cette transition urbaine ont surtout t tudis dans dautres continents (Europe, Inde, Amrique latine), ils demeurent peu abords en Afrique. A partir des donnes biographiques de lenqute MAFE-Sngal (2008), notre objectif est dtudier lvolution rcente des dynamiques du peuplement de lagglomration de Dakar. Pour y parvenir, nous dveloppons ici une approche biographique du changement urbain rcent centre sur les trajectoires rsidentielles. Cette premire exploration aboutit identifier certaines tendances des recompositions urbaines en cours (autonomisation de certains secteurs de banlieue, changement des zones daccueil des migrants internes, relocalisation prfrentielle des migrants internationaux) qui orienteront nos futures recherches.

    Introduction Comment tudier les changements urbains actuels dans une phase de peuplement de la ville o les migrations internes et internationales alimentent de moins en moins la croissance urbaine ? Alors que les lments de cette transition urbaine ont surtout t tudis dans dautres continents (Europe, Inde, Amrique latine), ils demeurent peu abords en Afrique. A Dakar, certaines tendances dmographiques suggrent que la capitale politique conomique du pays serait parvenue un nouveau stade de peuplement. Celui-ci serait caractris notamment par une croissance dmographique plus endogne et marque par la prdominance des phnomnes de redistribution des populations urbaines. Le stade de peuplement actuel interviendrait alors en rupture avec les mcanismes qui avaient prvalu jusqu prsent et qui avaient promu une lecture de la ville ouest-africaine en termes de migrations vers la ville et dinsertion urbaine des migrants dans la ville (Antoine et al, 1995 et 2001, Bocquier, 2000). Le passage dune priode durbanisation dtermine par les migrations internes et les migrations internationales vers la ville une priode davantage marque par lintensification des mobilits intra-urbaines (CETUD, 2001) et inter-urbaines (ANSD, 2006) situerait ainsi Dakar un niveau avanc de la transition urbaine (Zelinski, 1971). Ces changements perceptibles dans les composantes de lurbanisation dakaroise saccompagnent galement dune volution rcente des expressions spatiales de la croissance urbaine. Depuis la ville coloniale jusqu la mtropole ouest-africaine , les travaux successifs conduits par des Gographes1 permettent didentifier trois grandes priodes dexpansion urbaine (Lessault, 2005). Si les deux premires priodes ont principalement consist en ltalement priphrique dune ville aux horizons plats , la dernire, beaucoup

    1 Seck, 1968 ; Vernire, 1972 ; Dubresson, 1979 ; MBow, 1992 ; Salem, 1998

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    moins connue, se singularise par la rapidit des transformations de lespace dj urbanis. Dune part, la fin des espaces constructibles disponibles correspond une phase de densification du bti et des logements, de verticalisation relative de lhabitat (Lessault et al, 2011) et de poursuite de ltalement urbain malgr le ralentissement du rythme de croissance dmographique et les contraintes nouvelles imposes par des localisations rsidentielles de plus en plus excentres (Lessault, Sakho, 2008). Dautre part, en inquation avec la nature des besoins du plus grand nombre, la dernire dcennie est marque par la mise en place de projets durbanisme, souvent impulss par lEtat, valorisant lesthtisme de la Corniche et des quartiers centraux et leur accessibilit par la construction dune autoroute page.

    Carte 1. Principales phases de lexpansion urbaine Dakar

    Auteurs : D.Lessault et J.Maillardet, 2005

    A ce stade de nos travaux, lobjectif est dabord de dcrire lvolution rcente des dynamiques du peuplement urbain Dakar. Il convient pour cela de : (1) considrer les mobilits intra-urbaines en lien avec les migrations, ce qui est gnralement peu prsent dans les grandes enqutes menes en Afrique dans la recherche francophone et, qui ne franchissent pas souvent les portes de la ville pour se focaliser presque exclusivement sur les trajectoires migratoires ou professionnelles ; (2) promouvoir une approche biographique du changement urbain rcent centre sur les trajectoires rsidentielles. Ce faisant, nous chercherons valuer la diversit des trajectoires rsidentielles de la population dakaroise. Etudiant la mobilit rsidentielle, nous serons dabord attentifs la proportion des stables dans lagglomration. La stabilit rsidentielle sera ici value par la part des individus qui effectuent lintgralit de leur trajectoire dans lagglomration de Dakar soulignant ainsi le caractre de plus en plus endogne du peuplement, puis sera observe au sein des secteurs urbains pour identifier, le cas chant, des espaces de plus forte rtention rsidentielle . Pour les plus mobiles , nous nous intresserons lorientation gographique des trajectoires. Les trajectoires centrifuges sont-elles prdominantes ? Conduisent-elles plutt vers les espaces priurbains ou les banlieues denses ? Observe-t-on galement des mouvements centriptes, de retours des priphries vers les parties centrales de

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    lagglomration ? A travers la lecture des trajectoires articulant aussi les espaces extrieurs lagglomration (intrieur du Sngal et tranger), nous interrogeons dans une certaine mesure la fonction des espaces rsidentiels : lobservation des trajectoires permet-elle didentifier des lieux dancrage, de passage dans lagglomration ? On peut en effet se demander sil existe au sein de lagglomration dakaroise des espaces de redistribution interne des populations, des espaces privilgis daccueil des migrants internes, ou bien encore de relocalisation prfrentielle des migrants internationaux. Nous prsentons dans un premier temps les sources de donnes utilises et la mthode mise en uvre pour dcrire et contextualiser - a minima - les trajectoires rsidentielles. Dans un deuxime temps, nous exposons les principaux rsultats exploratoires qui mettent en vidence la diversit des trajectoires rsidentielles et permettent didentifier des processus de recompositions urbaines approfondir.

    Sources de donnes Donnes biographiques de lenqute MAFE (2008) : dcrire les trajectoires rsidentielles Les donnes produites rcemment, en 2008, dans le cadre de lenqute MAFE-Sngal permettent partiellement de saffranchir de certaines contraintes. Elles offrent en effet lopportunit, au niveau individuel, de traiter simultanment plusieurs formes de mobilits des Dakarois (Migrations internationales, migrations internes et mobilits intra-urbaines) dans une dimension longitudinale. Le soin relatif apport la collecte de donnes go-localises dans lespace urbain doit permettre, dans une certaine mesure, daffiner ltude des mobilits en lien avec les transformations de la ville. MAFE2 est, lorigine, un programme denqute transnationale qui porte sur quatre pays : le Sngal, la France, lEspagne et lItalie. Si elle contient une information statistique originale sur plusieurs formes de mobilits spatiales des Sngalais, lenqute a pour vocation initiale de produire de nouvelles donnes quantitatives concernant les migrations internationales et leur impact sur le dveloppement du pays dorigine. Pour des raisons de cot, lchantillon au Sngal est limit la rgion administrative de Dakar qui regroupe environ un quart de la population nationale, soit deux millions et demi dhabitants. Lchantillon probabiliste est stratifi trois niveaux. La base de sondage est dabord constitue par le recensement national du Sngal ralis en 2002 par lAgence Nationale de la Statistique. 60 districts de recensement ont t tirs de faon alatoire. Puis, au sein de chaque district 20 mnages ont t slectionns aprs une opration de ractualisation permettant dintgrer les changements intervenus dans les mnages entre la date du recensement et la date de lenqute. Au total, 1149 mnages ont t enquts Dakar afin de recueillir des informations sur la taille et la composition des mnages, de collecter des informations concernant chacun des membres du mnage et des donnes sur lhabitat et les conditions de vie des familles. Ce travail prparatoire a permis de reprer les individus ligibles pour lenqute biographique3. 2 Pour en savoir plus www.mafe.ined.fr 3 Lobjectif de ce type denqute est de collecter, de faon standardise, des histoires de vie. Il sinspire des questionnaires biographiques dj raliss dans certaines capitales africaines ( Dakar en 1989 et 2001 ; Bamako en 1992, Yaound en 1996, Antananarivo en 1998 et Lom en 2000) et en France (Triple Biographie ; Biographie et entourage). Ces enqutes avaient pour but dtudier lvolution des conditions dinsertion urbaine dans les villes prcites en sinspirant au plan mthodologique de lenqute biographique ralise en 1981 par l'INED (Courgeau et al. 1989). Le principe de base de ces enqutes tait de reconstituer rtrospectivement lensemble des vnements familiaux (mariages, naissances/dcs des enfants), professionnels (inactivits et activits) et migratoires (mobilits spatiale et rsidentielle) vcus par un individu donn, de sa naissance jusqu'au moment de la collecte des donnes.

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    La population cible de lenqute est la mme quel que soit le pays de lenqute (Sngal, France, Italie, Espagne). Pour la rgion de Dakar, comme ailleurs en Europe, il sagit des hommes et des femmes remplissant certaines conditions :

    Etre n au Sngal et avoir nationalit sngalaise. Le critre du lieu de naissance permet dexclure de lchantillon les sngalais ns en Afrique mais en dehors du Sngal (par exemple ceux qui sont ns en Cte dIvoire, au Gabon etc.) et les descendants de migrants sngalais ns en Europe cest dire les migrants de la seconde gnration. Le critre de la nationalit est utilis pour exclure de lchantillon les descendants dexpatris qui ont nanmoins pu se socialiser au Sngal (par exemple, les guinens, les capverdiens etc.)

    Avoir au moins 25 ans au moment de lenqute. La fixation dun seuil dge minimal est lie au fait que les questionnaires individuels sont des questionnaires biographiques. Pour que des analyses pousses puissent tre menes, il faut que les histoires de vie collectes soient suffisamment longues. En liminant les individus de moins de 25 ans de lchantillon, on renforce les effectifs utiles lanalyse.

    Lenqute mnage ralise dans la premire phase de ltude a servi de base de sondage pour le tirage dun sous chantillon dindividus aprs stratification. Dans chaque mnage, les individus de la population cible ont t classs en trois strates (1) Migrants de retour dont lge de dpart est suprieur 18 ans (2) conjoints de migrant mais non migrants de retour (3) autres cas. Puis, un tirage alatoire a t ralis, par mnage, de deux migrants de retour maximum, de deux conjoints de migrant non migrants de retour maximum et dun autre individu non migrant.

    Au total, 1067 individus ont t interrogs, parmi lesquels figurent 195 migrants de retour. Elle concerne presque autant dautant dhommes que de femmes, des individus gs de 24 77 ans. La moyenne dge de lchantillon est de 41 ans. Ralis sur une base et des caractristiques rgionales, lchantillon sngalais est jug reprsentatif de la rgion de Dakar et non pas de la population sngalaise dans son ensemble (Beauchemin et al, 2007). Donnes du recensement sngalais (RGPH 2002) : caractriser des types despaces rsidentiels Le dernier recensement de la population et de lhabitat du Sngal (RGPH) sest droul en 2002. Les donnes portant sur les mnages permettent dclairer la situation de lhabitat Dakar lchelle des communes darrondissement. Nous dcrivons ici les principales variables retenues pour caractriser les espaces rsidentiels de lagglomration dakaroise. Les variables choisies comme tant les plus pertinentes sont : la taille du mnage, le type de logement, les mode et statut doccupation, la localisation gographique (distribution par communes darrondissement) ; une srie laquelle nous avons ajout deux variables assez discriminantes : le raccordement lgout (quartiers viabiliss) et la nature du sol du logement (carrelage). Cest la combinaison de ces diffrents lments en types despaces rsidentiels qui contribuera par la suite donner aux individus (dans ltude ultrieure de leurs trajectoires rsidentielles rcentes ) une position sociale et une position rsidentielle (Bonvalet, 1998). Taille du mnage Dans le recensement, le mnage est dfini comme un ensemble dindividus apparents ou non, vivant dans la mme unit d'habitation et qui se reconnaissent sous l'autorit d'un mme chef" (Antoine et al., 2001). Ainsi dfini, ce concept recouvre, non seulement, les liens dappartenance la famille (Mbokoo ou parent) mais aussi un certain mode de vie sur le plan rsidentiel (ndeukeudoo cest partager la mme habitation). Le chef de mnage (ou Borom

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    Kr, en Wolof)4 est la personne de rfrence c'est--dire la personne partir de laquelle on peut identifier les autres membres de lunit domestique. Le terme de chef de mnage est donc une notion dclarative qui implique l'existence d'une relation de dpendance entre ledit chef et les autres membres de son mnage. Le mnage englobe les descendants et les allis mais aussi lensemble des groupes "satellites" qui forment le mnage. Il n'est pas exclu qu'un mnage puisse tre constitu d'un ou de plusieurs noyaux familiaux. Lorsqu'il s'agit de plusieurs noyaux, on distingue le noyau principal et les noyaux secondaires. Le noyau principal est celui du chef de mnage (CM) c'est--dire le noyau de la personne de rfrence alors que les noyaux secondaires sont ceux de ses enfants, neveux, frres ou cousins vivant lintrieur de la concession avec leurs familles. Dans lensemble les mnages dakarois sont le plus souvent des mnages de grande taille. Dans la rgion, la taille moyenne des mnages est denviron 8 personnes. Le modle le plus rpandu Dakar demeure celui de la famille largie o plusieurs gnrations dindividus cohabitent dans la mme unit dhabitation. Sous leffet de la crise conomique qui persiste au Sngal et des prix levs de la location Dakar, on peut penser que ce modle est amen se renforcer davantage. Certaines familles peuvent tre tentes de garder les jeunes membres actifs de la famille le plus longtemps possible pour assurer les dpenses collectives du mnage (Diagne, Lessault, 2007). Si les liens entre la taille du mnage et les conditions socio-conomiques des familles restent ambigus, une enqute rcente (Antoine et al, 2001) indique que lon retrouve les mnages les plus grands chez les classes moyennes et aises et les plus petits chez les classes pauvres et trs pauvres. Types de logement Pour rendre compte de la diversit des logements dans lesquels vivent les mnages dakarois, le recensement sngalais identifie quatre grands types dhabitat5 : la case traditionnelle, la baraque , la maison individuelle (basse ou tage) et lappartement en immeuble. La maison basse correspond au type de logement prdominant Dakar (65.2% du parc de logement). Les modes de production du logement l'oeuvre sont directement responsables de cette situation. Ainsi, la verticalisation de l'habitat et la production d'appartements en immeubles ou de maisons tage(s) sont longtemps rests marginaux Dakar o le processus d'urbanisation s'est ralis travers une expansion horizontale rapide. En l'absence de production de logement social ou d'accs des systmes de financement, l'auto-construction de la maison individuelle correspond aux ressources, trs limites, du plus grand nombre (Bonvalet, Dureau, 2000). Mais le caractre volutif des constructions permettant aux familles d'taler la construction dans le temps, en fonction des ressources et rentres d'argent souvent irrgulires, a plus rcemment modifi en partie la situation. Il est ainsi possible d'ajouter un ou plusieurs tages, utiles lorsque la famille s'agrandit, quand on souhaite exercer une activit commerciale ou encore louer une partie de son logement (Bonvalet, Dureau, 2000). La multiplication des maisons plusieurs tages et la diffusion du phnomne aux espaces de banlieue contribuent ainsi modifier les paysages urbains Dakar (Lessault et al, 2011). En effet, selon le recensement 27.4% du parc de logements dakarois est constitu de maisons tage(s) ; et seulement 2.4% des mnages rsident dans des appartements. Prs d'un tiers du parc de logements dakarois est donc d'allure verticale , ce qui traduit bien le processus de 4 Appel traditionnellement Borom Kr en wolof (ce qui signifie propritaire de la maison en franais), le chef de mnage est au Sngal, le principal responsable de la famille. Il en est aussi le principal pourvoyeur de ressources. De ce fait, son autorit sapplique lensemble des membres de lunit domestique. 5 On pourra tre tonn que lhabitat de cour, trs rpandu en Afrique de louest napparaisse pas dans les catgories de logement utilises dans le recensement. Pourtant, celui-ci est bien prsent Dakar, en particulier dans les noyaux villageois traditionnels lebous. Visiblement, les concepteurs du recensement ont distribu lhabitat de cour dakarois dans la catgorie maison individuelle ; l aussi, lhabitat de cour a souvent pris de la hauteur et il est courant que les btiments entourant la concession soient surlevs dun ou deux tages usage locatif.

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    verticalisation engag dans la capitale dakaroise. La faible proportion de baraques (3.2%) et de cases (0.6%) observe confirme galement l'achvement du phnomne de durcification de l'habitat relev dans le cadre d'enqutes antrieures (RGPH 1955 ; RGPH 1988 ; Antoine, 1989 et 2001). Elle tmoigne aussi d'une nette amlioration de la qualit gnrale des constructions qui vient temprer certains discours sur la prolifration des bidonvilles dans la capitale sngalaise. Ainsi de manire trs schmatique, on retrouve les plus fortes proportions de maison basse en banlieue est de Dakar et en zone pri-urbaine et inversement un habitat individuel plus vertical (maisons tage) dans le centre, le pricentre et la banlieue centrale. On peut y voir un lien avec lanciennet du peuplement, les quartiers les plus consolids tant aussi ceux dans lesquels la verticalisation est la plus active. Plus minoritaire, lhabitat en baraque est plutt dissmin dans les anciens quartiers centraux ou bien plus concentr dans certains quartiers pauvres de Dakar : Colobane, Dalifort et Mdina Gounass notamment. Par ailleurs, dans le centre, le quartier du Plateau et les quartiers rsidentiels de Fann et Point E concentrent la faible proportion dimmeubles vocation rsidentielle de la capitale. Mode et statut doccupation Dans les statistiques fournies sur l'occupation rsidentielle, le recensement distingue les mnages propritaires (ou en co-proprit) de leurs logements, ceux qui vivent en location ou qui sont hbergs ou logs par lemployeur. Les rsultats du recensement montre quen 2002 le statut doccupation le plus rpandu Dakar est celui de locataire (49.4%). Viennent ensuite, les mnages propritaires (41.8 %). On remarquera que les mnages qui se dclarent hbergs (2.9%) ou logs par lemployeur (1.6%) sont trs peu nombreux Dakar. Le taux de proprit Dakar est nettement en dessous de la moyenne observe pour le reste du pays o l'crasante majorit des mnages sngalais est propritaire de son logement. La location reste un phnomne rserv aux plus grandes villes secondaires et surtout la capitale au sein de laquelle l'accs la proprit immobilire est particulirement difficile. Sous l'effet de la demande en terrains btir et de la saturation des rserves foncires dans la presqu'le du Cap Vert devenir propritaire d'un logement est progressivement devenu difficile. Dans la plupart des cas, l'accs ce statut est uniquement rendu possible aujourdhui pour les plus modestes dans les extensions illgales situes en priphrie de la ville (Lessault, 2005). La forte proportion de mnages locataires est aussi rvlatrice des difficults que rencontrent, actuellement, les mnages pour accder la proprit foncire. Cette situation est rendue plus difficile par la baisse des rserves foncires Dakar6, la spculation foncire et la modicit des revenus des mnages. Pour se loger, les mnages sont souvent obligs de sorienter vers le march locatif ou vers la priphrie. Les mnages propritaires sont prdominants dans le secteur priurbain ( front durbanisation actuel dune part - Keur Massar, Malika, Mbao - communauts rurales dautre part) et dans les quartiers pricentraux anciens (de type Grand Dakar). A contrario, les secteurs du Plateau, Dieuppeul et de Ouakam (prs de laroport) dans les parties centrales, de Patte dOie et HLM Grand Mdine dans la banlieue centrale affichent des taux de proprit relativement bas. La location y est plus dveloppe quailleurs. Fait plus remarquable, certaines communes de la banlieue plus loigne o la production du logement est largement le rsultat de lauto-construction de maisons individuelles, connaissent des taux de mnages locataires particulirement levs. Cest le cas de Tivaouane Diacksao et de faon encore plus 6 La saturation de lespace urbain constitue une limite objective de la planification urbaine Dakar. Pour bien comprendre cette situation, il faut se rappeler que la rgion de Dakar avec seulement 0,3 % (550 km2 de la superficie du pays, Dakar concentre 22 % de la population du Sngal.

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    surprenante de Mdina Gounass qui demeure lun des quartiers des plus insalubre et des plus pauvre de la capitale. La distribution spatiale du march locatif pouse ainsi relativement bien les principaux axes structurants les transports Dakar. Et, sa diffusion dans certains secteurs de la banlieue est constitue certainement un enjeu important des mobilits internes lagglomration. En ce qui concerne loccupation physique des logements, les taux doccupation sont valus en rapportant le nombre de personnes prsentes dans le mnage au nombre de pices usage dhabitation. Les taux les plus levs sont observs dans les secteurs o les mnages locataires sont plus concentrs. Toutefois, la situation est plus complexe car on observe galement des taux doccupation importants dans le secteur priurbain, l o paradoxalement la densit du bti est la plus faible et o les taux de propritaires sont les plus forts. Traitement des donnes : deux approches complmentaires A partir de ces deux sources, nous avons opr deux types de traitements complmentaires permettant la description des trajectoires rsidentielles des Dakarois. Le premier a consist analyser les trajectoires entires des individus depuis leur naissance jusquau moment de lenqute. Le second, dcrit ci-aprs, visait la construction dune typologie de trajectoires rcentes par la mthode dappariement optimal. Dans le but de mieux inscrire les trajectoires dans lespace, nous avons opt pour deux modes de dcoupage de lagglomration de Dakar. Lun rend compte de lorganisation sectorielle mise en vidence par les grandes phases de lexpansion urbaine (Lessault, 2005). Lautre repose sur la construction dune typologie des communes darrondissement (CAH) selon les caractristiques principales de lhabitat Dakar en 2002 (taille des mnages, types de logement, mode et statut doccupation, amnits). Cest partir de ces diffrents niveaux dobservation et dchelles danalyse que nous dcrivons les trajectoires rsidentielles.

    Tableau 1. Traitements des trajectoires rsidentielles

    Description des trajectoires rsidentielles Modes de dcoupage de lespace Mthode 1 : analyse descriptive de trajectoires Avantage : Observation de trajectoires compltes (de la naissance au moment de lenqute) Limite : comparaison entre individus limite par effet gnration (dcalage de calendriers)

    Par grands secteurs urbains de Dakar (Centre, Pricentre, Banlieue Ouest, Banlieue Centre, Banlieue Est, Priurbain, Rufisque) et, Sngal Hors Dakar et Hors Sngal Intrt : tient compte de lhistoire de lexpansion urbaine

    Mthode 2 : Appariement optimal Inconvnient : Typologie de Morceaux de trajectoires (1984-2008) Mthode dappariement optimal Intrt : possibilit de comparer les trajectoires rcentes de tous les individus pour la mme priode

    Par types despaces rsidentiels (CAH sur les communes darrondissement de Dakar) Intrt : caractrise mieux et une chelle plus fine les types despaces rsidentiels

    Lanalyse de squences (priode 1984-2008) Le recours la mthode dappariement optimal a ici pour objectif dclairer le lien entre les trajectoires rsidentielles et le changement urbain Dakar. Le choix de la priode observe est pertinent au regard de notre hypothse centrale selon laquelle Dakar aurait atteint depuis les

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    annes 1980 un nouveau stade de peuplement plus endogne et caractris par des processus de redistributions internes des populations dans lespace urbain. 1984 constituera lanne du dbut dobservation des trajectoires rsidentielles ce qui permet davoir des trajectoires non censures pour tous les enquts. La typologie obtenue ne sera donc pas reprsentative de trajectoires compltes mais nous clairerons les rsultats obtenus au moyen des indicateurs fournis par lanalyse des trajectoires entires (tableau 1). Concernant le traitement gographique des localisations, nous avons ralis une Classification par Ascendance Hirarchique (CAH) sur les communes darrondissement de Dakar partir des donnes du recensement prsentes prcdemment. Il sagit de dvelopper une approche biographique contextuelle o un tat correspond un contexte de rsidence dfini par la CAH. On interprtera donc, en connaissance de cause, les rsultats obtenus puisquen labsence de donnes contextuelles rtrospectives (intercensitaires par exemple) le contexte est dfini par rapport la situation mdiane de 2002 pour toute la priode caractrisant la trajectoire (1984-2008).

    Carte 2. Rsultat de la CAH par communes darrondissement de Dakar

    On considre donc dans ce qui suit les trajectoires rsidentielles sur la priode 1984-2008. Afin dexplorer la diversit des trajectoires, une classification des trajectoires rsidentielles est ralise par une mthode dappariement optimal ou Optimal Matching Analysis (Robette, 2011). Chaque bout de trajectoire individuelle (parties 1984-2008) est considr comme une squence dcrite par une suite dtats correspondant au type despace rsidentiel dans lequel rside chaque enqut. La mthode dappariement optimal propose une classification sur la

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    base de mesures de distances entre couples de squences. Elle implique en amont des choix (cot des indel et matrices de substitution) (Robette, 2011).

    ETAT une anne donn : lieu de rsidence

    Code pour loptimal matching

    Centre dense 1

    Pricentre trs quip sous occup 2

    Pricentre quip forte prdominance de

    maisons tage

    3

    Banlieue proche avec petits mnages 4

    Banlieue lointaine avec grands mnages sous

    quipe

    5

    Banlieue lointaine avec trs grands mnages 6

    Priurbain sous-quip avec prdominance de

    propritaires

    7

    Sngal hors Dakar 8

    Afrique hors Sngal 9

    Reste du Monde 10

    Description des squences les plus frquentes (se rfrer au tableau prcdent pour la numrotation des tats ; 1 squence = 1 succession de 25 tats)

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    Ici on voit par exemple que les squences les plus frquentes sont les plus stables (36%). Nous y reviendrons au moment des analyses.

    Pour le calcul des distances entre squences, il faut convenir dabord dune matrice de substitution consistant calculer le cot du passage dun tat un autre. Dans notre cas, les tats provenant dune CAH, on a calcul les distances entre les 7 premiers types en nombre dcarts-types standardiss. Ces distances allant de 8 45, on a ensuite convenu pour les tats en dehors de Dakar, une mme substitution avec les autres tats de 50 pour le Sngal hors Dakar, de 100 pour un autre pays africain et de 200 pour le reste du Monde. La valeur de ce dernier chiffre vise reprsenter de faon raliste le capital social et financier ncessaire pour une migration en Europe. matrix sub = tat n1:0,23,23,18,36,40,43,50,100,200\ tat n2:23,0,9,19,33,31,32,50,100,200\ tat n3:23,9,0,13,22,26,29,50,100,200\ tat n4:18,19,13,0,17,21,23,50,100,200\ tat n5:36,33,22,17,0,10,13,50,100,200\ tat n6:40,31,26,21,10,0,8,50,100,200\ tat n7:43,32,29,23,13,8,0,50,100,200\ tat n8:50,50,50,50,50,50,50,0,100,200\ tat n9:100,100,100,100,100,100,100,100,0,200\ tat n10:200,200,200,200,200,200,200,200,200,0 Aprs avoir convenu des cots de substitution, il faut ensuite ajuster les cots dIndel : plus le cot est lev, plus les cots de substitution commanderont la typologie, plus le calendrier des squences sera considr ; a contrario, cest lordre des squences qui sera mis en avant lorsque les cots dIndel sont bas. On considre les cots Indel comme levs lorsquils atteignent la moiti du cot maximal de substitution, donc ici 100. Aprs plusieurs tentatives, nous avons opt pour un cot Indel de 150 : cest donc le calendrier des squences qui sera privilgi pour rapprocher les squences.

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    Figure 1. Typologie des trajectoires rsidentielles rcentes

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    Principaux rsultats Les rsultats sont ici prsents selon les deux registres adopts pour les traitements : dabord en observant les trajectoires compltes par grands secteurs de rsidence des habitants, puis en dcrivant les trajectoires partielles (1984-2008) dont les types principaux sont dfinis par la mthode dappariement optimal. 1 Une grande part de stables dans Dakar 36% des individus ont effectu lintgralit de leur trajectoire dans lagglomration de Dakar (Figure 2). Cest un indicateur de stabilit rsidentielle sexprimant par une certaine captivit dans les mmes types despace de rsidence. Privilgiant souvent la mobilit on en oublie souvent dobserver les stables dont on voit ici quils reprsentent un stock important, et ce dans tous les quartiers, mais des degrs divers.

    Figure 2. La part des stables

    On remarque en effet une plus grande stabilit chez les habitants du Centre de Dakar et Rufisque. A linverse, les habitants des secteurs priphriques ont davantage chang despaces rsidentiels dans Dakar (Figure 3). Cette tendance est particulirement marque chez les habitants des espaces priurbains et de la banlieue centre. Les habitants de la banlieue Est sont quant eux plus stables .

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    Figure 3. Nombre despaces rsidentiels occups

    Lobservation des trajectoires individuelles rcentes (Figure 1) montre bien que la plupart des individus ont effectu la majorit de leur parcours au sein du mme type despace rsidentiel. Les trajectoires majoritairement effectues en priphries, en banlieue proche ou dans le centre sont largement dominantes dans les profils dcrits. 2 Trajectoires centrifuges prsentes mais pas prdominantes La lecture du graphique rvle dabord une certaine stabilit des habitants des secteurs depuis 1984 (Figure 4). Il rvle aussi lexistence de trajectoires centrifuges, mais dont limportance varie selon les secteurs. Par exemple, on peut voir ici que 33% des personnes prsentes dans le centre en 2008 y taient dj en 1984. En revanche, 25% dentre eux se retrouvent dans le pricentre et 17% en Banlieue Centre. 30% des habitants du priurbain taient en banlieue est en 1984 et prs dun quart rsidait dans le dpartement de Dakar. Fait notoire plus de 80% des habitants de la banlieue Est rsidaient dj dans ce secteur en 1984. Une situation qui se distingue de celle des habitants de la banlieue Centre dont une proportion non ngligeable rsidait en 1984 dans les parties centrales et dans la banlieue Est. On peut aussi noter ltonnante stabilit des habitants de Rufisque dont la plupart vivait dj dans la ville en 1984.

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    Figure 4. Rpartition des secteurs de rsidence en 2008 dans chacun des lieux de prsence en 1984

    Au regard de la typologie obtenue (Figure 1), on observe surtout les trajectoires rsidentielles centrifuges rcentes du Centre dense vers les banlieues proches et le priurbain et, des banlieues lointaines vers le priurbain. 3 Rares mais existantes trajectoires centriptes En sens inverse, malgr leur faible proportion, on ne peut ignorer certaines trajectoires centriptes qui sorientent principalement de la banlieue centre vers le pricentre et du pricentre vers le centre. Plus de 10% des habitants du pricentre rsidaient dans la banlieue centre en 1984 (Figure 4) et, on remarque galement quelques rares trajectoires rcentes du pricentre vers le centre (Figure 1). 4 Des quartiers daccueil qui changent pour les migrants internes Si la part des habitants comptant dans leurs trajectoires une migration interne reste assez homogne selon les secteurs de rsidence (plus de 40% - Figure 5), on observe la lecture des trajectoires rcentes, une volution des quartiers daccueil (Figure 1). Alors que les migrants internes arrivs Dakar dans les annes 1990 investissaient davantage la banlieue proche et lointaine (quartiers consolids), les migrants internes arrivs plus rcemment sinstallent davantage dans le secteur priurbain en construction (voir les deux derniers profils de Figure 1).

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    Figure 5. Rpartition par secteurs des trajectoires migratoires

    5 Des relocalisations diffrentielles aprs migration internationale Aprs un sjour ltranger, on remarque que les migrants se localisent de manire prfrentielle dans le Centre, le Pricentre et la banlieue Est (Figure 5). Les rsultats soulignent toutefois des nuances selon la rgion de migration. Les migrants de retour dEurope sinstallent davantage dans les parties centrales de lagglomration alors que les migrants de retour dAfrique investissent plus des secteurs plus priphriques, en particulier la banlieue Est, le priurbain et Rufisque (Figure 5). La lecture des trajectoires rcentes (Figure 1) est galement riche denseignements. Les retours au Centre sont plus frquents aprs de courts sjours ltranger. Et, surtout on observe que les migrants de retour ne se relocalisent dans le type despace rsidentiel duquel ils sont partis. Les migrants partis du Centre se retrouvent assez frquemment en banlieue ou en priurbain leur retour. Et, ceux qui sont partis du priurbain se relocalisent frquemment dans la banlieue proche.

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    Elments de conclusion 1. Que retenir de ces descriptions et vers quelles pistes nouvelles nous tourner ? Au-del de la diversit des trajectoires rsidentielles mise en vidence par nos rsultats, nous insistons ici sur les dynamiques soulignes par lanalyse. En effet, la lecture des trajectoires rsidentielles, quelques tendances sont bien perceptibles : - Lautonomisation de certains secteurs comme la Banlieue Est de lagglomration centre sur Pikine et Rufisque (trajectoires rsidentielles) qui fonctionnent avec des migrations internes et avec lextrieur de la ville. Cet espace correspond davantage au Dakar populaire . - Dautres secteurs fonctionnent davantage de faon solidaire : il sagit du Centre, du Pricentre et de la Banlieue centre. Cet espace correspond aussi aux limites administratives du dpartement de Dakar et en quelque sorte la ville moderne . - Lespace priurbain se positionne en situation intermdiaire : la fois li la banlieue Est mais fonctionnant aussi avec des migrations internes et internationales. - Enfin, on observe une volution des zones daccueil des migrants, de plus en plus priphriques avec le temps. Il conviendrait maintenant dapprofondir ces premiers rsultats exploratoires. Plusieurs pistes sont envisages court et moyen terme : 2. Approfondir la comprhension des trajectoires rsidentielles - Affiner le profil des stables et des mobiles par sexe, ge (ou gnration), niveau dinstruction, catgorie socio-professionnelle - Etoffer la typologie des trajectoires rsidentielles par lintgration de nouvelles variables (changement des statuts doccupation rsidentielle, changement de type de logement, co-rsidence etc.) - Construire des modles explicatifs sur la mobilit rsidentielle (analyses multi-varies) 3. Identifier et cibler des secteurs caractristiques du changement urbain et conduire de nouvelles recherches sur le terrain

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    Bibliographie Agence Nationale de la Statistique et de la Dmographie (2006), Rsultats du troisime recensement gnral de la population et de lhabitat 2002, Rapport national de prsentation, Rpublique du Sngal, 123p. Antoine Ph, Bocquier Ph., Fall A.S, Guisse Y.., Nanitelamio J., Les familles dakaroises face la crise, Dakar, IFANCAD, ORSTOM, CEPED, 1995, 209 p. Antoine Ph., Oudraogo D., Pich V., (1998), Trois gnrations de citadins au Sahel, trente ans d'histoire sociale Dakar et Bamako, Harmattan, coll. Villes et entreprises . Bocquier Ph., Traore S. (2000), Urbanisation et dynamique migratoire en Afrique de louest, La croissance urbaine en panne, Paris, LHarmattan, Coll Villes et Entreprises, 148p. Bertrand M., 2006, Mobilits et ancrages. Mtropoles en perspective en Afrique de l'Ouest francophone et anglophone , Dossier prsent en vue de l'Habilitation diriger des Recherches, 3 vol., Paris X Nanterre, 270p Conseil Excutif des Transports Urbains de Dakar (2001), Enqute sur la mobilit, le transport et les services urbains Dakar (EMTSU), Rapport final danalyse prsent par le groupe SYSCOM, 211p. Denis E., Moriconi-Ebrard F.(2010), Africapolis, Dynamiques de lurbanisation, 1950-2020, Approche gostatistique Afrique de louest, Rapport de ltude, 124p. Dureau F., Dupont V., Lelivre E., Lvy J.P., Lulle Thierry, 2000, Mtropoles en mouvement, Une comparaison internationale, Paris, IRD, Anthropos, collection villes, 656 p. Le Bris E., Marie A., Osmont A., Sinou A., 1987, Famille et rsidence dans les villes africaines, Paris, LHarmattan (Coll. Villes et entreprises) Le Bris E., 1981, Contenu gographique et contenu social de la notion de rsidence. Quelques rflexions partir de rsultats denqutes biographiques effectues Lom (Togo) et Accra (Ghana), Cahiers dEtudes Africaines, vol 21, n81-83, pp129-174 Lelivre E., Levy-Vroelant Cl (dir.), 1992, La ville en mouvement : habitat et habitants, Paris, LHarmattan (Villes et entreprises), 357p. Lalou R., Ndione B., 2005, Tendances rcentes des migrations internationales dans le Sngal urbain : Existe-t-il une dynamique de quartier ? Les exemples de Dakar, Touba et Kaolack. Marseille : Laboratoire Population-Environnement-Dveloppement, 31 p. (Documents de Recherche. Srie Migrations, dynamiques dmographiques et environnement) Lessault D. (2005), Priurbanisation et recompositions socio-spatiales Dakar. Evolution des stratgies rsidentielles dun systme mtropolitain ouest-africain, Thse de Doctorat de Gographie, Universit dOrlans, 334p. Lessault D., Beauchemin C., Sakho P. (2011), Migrations internationales et conditions dhabitat des mnages Dakar, Population, n1, Vol 66, pp197-227

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    MBow LS., 1992, Croissance et mobilits urbaines Dakar, Thse de Doctorat de Gographie, Paris-Nanterre Ouadreogo D., Pich V., 1995, Linsertion urbaine Bamako, Paris, Khartala, 206p. Osmont A., 1987, Stratgies familiales, stratgies rsidentielles en milieu urbain : un systme rsidentiel dans lagglomration dakaroise , Famille et rsidence dans les villes africaines Robette N. (2011), Explorer et dcrire les parcours de vie: les typologies de trajectoires, Manuel Les clefs pour , CEPED, 86 p. Salem G., La sant dans la ville : gographie dun petit espace dense, Pikine(Sngal), Paris, Karthala, 1998, 360p. Seck A., Dakar, mtropole ouest-africaine, IFAN-Dakar, 516p, Thse dEtat de Gographie Paris, 1968. Tall M. 2000, Les investissements immobiliers Dakar des migrs sngalais, Thse de Gographie, Universit Louis Pasteur, Strasbourg, France, 553p Vernire M., Dakar et son double Dagoudane Pikine : volontarisme dEtat et spontanit populaire dans lurbanisation du Tiers Monde. Formation et volution des banlieues dakaroises , Comit des travaux historiques et scientifiques, Mmoire de la section de Gographie n7, Bibliothque nationale de Paris, 1972, 278p.

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