La conference franco-allemande des manuels scolaires

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    10-Jul-2016

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  • 364 SHORT ARTICLES -- BERICHTE -- NOTES

    Kriterien (Schulbew~ihrung, Lehrproben, schriftliche Arbeit) ein Bild machen yon der Erzieherpers6nlichkeit des Prtiflings. Wenn ich auch nicht in der Lage bin, den Grad der Validit~it der Beurteilung in Zahlen nachzuweisen (dazu w~ren lang- fristige Erhebungen tiber die ]3ew~thrung der Lehrer in den Jahrzehnten ihrer Berufst~tigkeit und Vergleiche mit dem seinerzeitigen Pr/ifungsergebnis n6tig), hat sich nach Auffassung der in Hamburg an den Prtifungen ]3eteiligten das angewandte Verfahren bew~hrt.

    Zu erw~Lhnen wXre noch das Problem der Ausscheidung ungeeigneter Lehrer. Sie kann erfolgen durch das Nicht-]3estehen der Prtifung, die nur einmal nach Ablaut eines halben Jahres wiederholt werden kann. Das Ausscheiden erfolgt jedoch nur in wenigen F~llen dutch die Prfifung, meistens geschieht es dutch den Verzicht des Studienreferendars auf die weitere Ausbildung, nachdem ihm Fachleiter nnd Seminarleiter in pers6nlichen Gespfitchen die Aussichtslosigkeit seiner weiteren ]3emtihungen einsichtig gemacht haben.

    WILLI KOELLE, Hamburg

    LA CONFERENCE FRANCO-ALLEMANDE DES MANUELS SCOLAIRES

    En 1954, les services culturels de l'Ambassade de France en R6publique F6d6rale, Mors install6s g Mayence, invitaient le Neuphilologenverband et l'Association des Professeurs de Langues Vivantes ~ une rencontre en vue d'examiner les manuels scolaires de langue fran~aise utilis6s en Allemagne et les manuels d'allemand utilis6s en France. De part et d'autre, une d616gation de dix membres fur constitu6e; les deux d616gations se rencontr~rent k Neustadt (Palatinat).

    Au pr6alable, elles s'6taient communiqu6 mntuellement tous les manuels en ser- vice dans Fun et l'autre pays. I16tait convenu que ces ouvrages seraient examin6s du seul point de rue de l'enseignement de la civilisation; seule 6tait en cause l'image qu'ils donnaient de "l 'autre pays"; leur valeur p6dagogique n'entrait pas dans le champ d'activit6 de la conf6rence. Toutefois, la qualit6 de la langue, fran~aise ou allemande selon le cas, ne pouvait pas ne pas retenir l'attention.

    Ce dessein impliquait donc l'6tude critique des textes de pr6sentation, des notes explicatives, des illustrations, aussi bien que celle du choix et de l'importance relative des auteurs cit6s; il s'appliquait aux manuels proprement dits aussi bien qu'aux textes litt6raires propos6s en lecture aux 61~ves.

    Muni de ces quelques principes de base, chaque membre de la conf6rence de Neustadt pr6senta la critique des ouvrages qui lui avaient 6t6 impartis; chaque expos6 fur suivi d'une discussion. I1 apparut dSs le d6but que ce qui semblait un d6faut aux yeux du rapporteur pouvait, ~ la lumi~re de la discussion, ~tre justifi6 par la perspective de l'enseignement et des m6thodes p6dagogiques dans le pays int6ress6, ou bien par la place de l'ouvrage incrimin6 dans une s6rie, ou encore par la date de sa parution: ainsi, certains manuels fran~ais d'avant-guerre ~taient encore en usage et r6v61aient nne Allemagne 6videmment tr~s diff6rente de celle d'apr~s- guerre; ils ont d'ailleurs, depuis lors, perdu leur place sur le march6 des livres scolaires.

    Grace k ces discussions, la conf6rence de Neustadt fur en mesure d'6noncer quelques recommandations g6n6rales aux auteurs et 6diteurs de manuels scolaires: Selon ces recommandations, un auteur dolt:

    1 ~ Donner du pays voisin et de sa culture une image exacte, objective et aussi complSte que possible,

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    2 ~ Evi ter tout texte susceptible d'6veiller k raveni r des sentiments de haine, de m6pris ou de m6fiance g l '6gard de l 'autre peuple,

    3 ~ Renoncer d6finit ivement aux id6es pr6congues, aux g6n6ralisations tra- ditionnelles et dangereuses (clich6s, st6r6otypes etc.) qui ont pu jusqu'~ pr6sent intoxiquer la jeunesse des deux pays,

    4 ~ Tenant compte du fair que la culture d 'un peuple pr6sente des aspects divers, ne jamais proposer un texte documentaire ou historique, en particul ier s'il comporte une crit ique de l 'autre peuple, sans l 'accompagner d'une introduction ou d'une note qui en pr6cise la valeur relative, et si possible d 'un autre texte permettant de former un jugement objectif; il importera d'6tablir entre les diff6rents groupes de textes un juste 6quilibre pour donner ~ chaque domaine de la vie et de la culture l ' importance qui lui revient,

    5 ~ Rester conscient de la mission culturelle qui est ceUe des professeurs de langues vivantes, et 6carter r6solument tout 616ment trop actuel et de valeur 6ph6m~re qui pourrait faire d6vier l 'enseignement vers le terrain politique,

    6 ~ Accorder dans la mesure du possible la pr6f6rence ~t des textes de haute valeur l itt6raire et culturelle de fagon ~ 6veiller et maintenir chez les $l&ves les principes d 'humanisme qui doivent 6tre communs ~ tous les peuples,

    7 ~ S'assurer pour la r6daction d6finitive de l 'ouvrage l'assistance et l 'avis d 'un coll~gue de l 'autre peuple.

    Ces principes coustitu~rent pour les r6unions ult6rieures de la conf6rence un fil directeur. Depuis Neustadt, une r6union a lieu chaque ann6e (sauf en 1959) alterna- t ivement ell France et en Al lemagne f6d6rale; on y examine les ouvrages parus depuis la pr6c6dente rencontre. On ne s' interdit d'ail leurs pas, bien au contraire, de discuter certaines questions g6n6rales directement li6es ~ l'61aboration des manuels: en 1957 ~ Nancy, il y eut un d6bat sur "les manuels d'enseignement des laugues vivantes et les exigences de la soci6t6 moderne" (sciences, arts, techniques, relations internationales); en 1956 ~ Karlsruhe, le professeur Roethig (Kiel) proposa une doctrine pour ,donner dans les livres scolaires une image exacte et autant que possi- ble suffisante du pays voisin, de sa culture, de sa traditions>. Ainsi, entre les "garde- fous" que sont les recommandations de Neustadt, on a essay6 d'6difier un syst~me coh6rent. Mais de grandes difficult6s sont aussit6t apparues:

    La premiere t ient aux diff6rences de structure et de m6thodes entre les deux syst~mes scolaires. Le r61e de la l itt6rature, par exemple, n'est pas le m6me en Alle- magne et en France; la dur6e des 6tudes secondaires, l'&ge de d6but en langues vivantes, l 'horaire hebdomadaire, le syst~me des examens, sont autant d'616ments divergents auxquels achoppe constamment la recherche d'une doctrine commune. Mais sans doute n'est-i l pas n6cessaire de poursuivre cette recherche ~ tout prix: le sincere d6sir de r6pandre dans les jeunes g6n6rations une meilleure connaissance r6eiproque - d6sir qui n'est pas un voeu pieux au sein de la conf6rence - ne saurait aller jusqu's forcer dans l 'un et l 'autre pays la tradit ion scolaire et les modes de pens6e. J 'a joutera i - mais ce n'est 1~ qu'une opinion personnelle - qu'on ne saurait faire passer sous la m6me toise la culture frangaise et la culture al lemande : alors que la premiere coincide presque toujours avec sa l itt6rature, la seconde ne se refl~te pas enti~rement dans la sienne. Observons enfin clue les r6unions, qui durent g6n6rale- ment deux jours et ne peuvent gu~re se prolonger davantage, ne pernlettent pas de pousser ~ fond les d6bats g6n6raux comme l 'a petrols, par exemple, le colloque de l ' Inst i tut de l 'Unesco pour l 'Educat ion ~ Hambourg, qui, en octobre 1959, a dur6 une semaine.

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    La deuxi&me difficult6 est de faire passer dans les fairs les r6solutions communes. Car les conclusions de la Conf6rence n'engagent que celle-ci; elles ne sauraient 6tre tenues pour contraignantes par les autorit6s scolaires, ni m6me par les associations desquelles 6mane la Conf6rence, mais seulement, A la rigueur, par les romanistes allernands et les germanistes fransais de ces associations.

    Ce serait d6jA, dira-t-on, un beau r6sultat. Mais n'oublions pas que la raison d'6tre et l'objectif essentiel de la Conf6rence est l'am61ioration des manuels scolaires. Ce but ne sera atteint que lorsque les auteurs et les 6diteurs accepteront ou m6me rechercheront l'approbation de la Conf6rence. Actuellement, celle-ci examine des manuels d6jg en service; or il n'existe aucune raison d'esp6rer chez les 6diteurs une bonne volont6 suffisante pour modifier tel manuel clue la Conf6rence aurait jug6 imparfait ou dangereux. Au reste, les expertises effectu6es jusqu'ici ont toujours 6t6 communiqu6es aux 6diteurs, sans aucun effet pratique.

    La suggestion qui vient aussit6t ~ l'esprit est celle-ci: pourquoi ne pas remplacer la critique d'un manuel d6jg lanc6 sur le march6 par l'expertise pr6alable du manu- scrit ? Cette solution a 6t6 jug6e impossible jusqu'ici. En effet, pas plus qu'on ne peut contraindre les 6diteurs ~ remanier leurs ouvrages apr~s le lancement, on ne saurait obliger les auteurs ~ soumettre leurs manuscrits ~ une expertise pr6alable.

    N6anmoins, c'est bien sur cette vole qu'il faudrait d6boucher. La valeur d'une telle expertise ne saurait ~tre contest6e. D'abord parce qu'elle serait coll6giale, et supprimerait ainsi le risque de subjectivit6. Ensuite parce qu'elle comporterait la participation de sp~cialistes des deux nations. Enfin parce que l'exp6rience des membres de la Conf6rence garantit leur comp6tence: chaque ann6e depuis cinq ans, ils ont entendu ou pr6sent6 des rapports sur tousles manuels existant des deux c6t6s du 1Zhin, et particip6 k la discussion de ces rapports; ils sont mieux arm6s que quiconque pour juger un ouvrage, du point de rue qui lear est commun, par r6f6- rence ~ des principes g6n6raux et par comparaison avec les autres ouvrages. Que cette comp6tence soit n6cessaire, on le voit bien en lisant ~k et 1~. des jugements fort surprenants, parfois travestis en "enqu~tes" qui se veulent objectives, sur l'eI1- seignement de la civilisation allemande en France ou sur les auteurs fran~ais utilis6s dans l'enseignement allemand.

    Pour rendre cette expertise acceptable, il reste ~ Iui donner le caract~re d'un "label" assez ind~pendant pour ne point exhaler l'odeur d'un visa de censure, assez prestigieux pour que les auteurs et les 6diteurs aleut int6r~t & l'obtenir. La formule n'est pas facile k trouver, l%us avons cependant l'assurance que l'Unesco, qui d61~gue r6guli~rement un repr6sentant k nos travaux, nous aidera ~ la mettre en pratique.

    En somme, bilan d'impuissance ? Certes non ! Uue telle entreprise ne peut s'appr6- cier ~ ses r6sultats imm6diats. Peut-~tre ne pourra-t-elle jamais porter ~ son cr6dit des effets concrets qu'elle puisse revendiquer incontestablement comme siens, k la mani~re d'une ligue qui obtient le vote d'une loi, ou d'un centre m~dical qui mesure son efficacit6 g la r6gression d'une ~pid6mie. Mais sa force est celle de l'id6e qui l'inspire, qu'elle r6pand dans le milieu corporatif et dans la jeunesse, et qui s'impose de plus en plus: l'id6e qu'il faut renoncer ~ juger les peuples 6trangers ~ travers les lunettes de la tradition, du nationalisme, du pr6jug6, ffit-il favorable. Des enqu~tes r6centes effectu~es k deux ans d'intervalle sur l'opinion fran~aise ~. l'6gard de l'Alle- magne r6v~lent ~ quel point ces jugements se sont assainis d6jk; et surtout, elles r6v~lent que ce processus est beaucoup plus rapide parmi les personnes qui ont

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    fr6quent6 l'enseignement secondairel). N'est-ce pas un puissant encouragement ? Au reste, les rencontres franco-allemandes d'historiens, plus anciennes, ne disposent- elles aussi pour tout moyen d'action que de leur rayonnement moral; mais cela suffit pour que les manuels d'histoire soient d6jk orient6s dans le sens souhait6, au moins en grande partie.

    C'est pourquoi la Conf6rence franco-allemande des manuels scolaires, consciente de ses faiblesses, l'est plus encore de sa n6cessit6, et chemine, vaille que vaille, avec la certitude de r6aliser t6t ou tard son oeuvre d'assainissement et de compr6hension, qui est aussi une oeuvre d'6ducation.

    JEAN-LouIs iV~ORET--BAILLY, Le Mans

    L']~COLE EUROP]~ENNE DE BRUXELLES

    Ouverte dans un h6tel particulier de la rue du Tr6ne t~ ]3ruxelles, l'6cole a ac- cueilli, le 17 septembre 1958, vingt-six 61~ves.

    La d6eision d'ouvrir 1'6cole n'ayant 6t6 prise qu'~ la fin juillet 1958, on ne s'6ton- hera pas que notre institution n'ait dispos6 A la rentr6e scolaire de 1958 que du tiers de ses maitres.

    GrAce k la sympathie des six gouvernements de la Communaut6 europ~enne, grace aussi k Faction efficace des hantes autorit6s des Minist~res des Affaires Etrang~res et de l 'Education nationale des six pays, le personnel enseignant 6tait en place une bonne quinzaine de jours apr~s la rentr6e et nous devions k la diligence du Minist~re beige des Travaux publics, d'etre instal16s darts les locaux rapidement et coquettement am6nag6s.

    Pour cette premiere ann6e de son existence, furent ouvertes k l'~cole: - une classe enfantine (toutes sections r6unies) ; - un enseignement primaire complet de cinq ann6es ~ quatre sections linguistiques; - une premiere classe secondaire pour ehacune des quatre sections linguistiques.

    Compte tenu des difficult6s darts 1esquelles se trouvent les familles italiennes A Bruxelles o~ e11es ne disposent d'aucune 6cole italienne, on ouvrit, d~s novembre 1958, une deuxi~me annie secondaire italienne.

    Les fonetionnaires des Communaut6s install~rent progressivement leurs famiUes ]3ruxelles et, de ce chef, les chiffres de notre population scolaire crfirent eux aussi. An 7 septembre 1958, nous totalisions 26 61~ves. Au 3 novembre 1958, nous totalisions 68 61~ves. Au let d6cembre 1958, nous totalisions 93 61~ves. A la rentr6e de janvier 1959, nous totalisions 117 61~ves. A la rentr6e de PAques 1959, nous totalisions 162 61~ves. A la fin juin 1959, nous totalisions 195 61~ves.

    Je n'ai pas besoin de dire que cette arriv6e presque journali~re de nouveaux 61~ves a pos6 k nos professeurs des problbmes d61icats de r6adaptation que leur d6vouement a heureusement permis de r6soudre.

    On ne s'6tonnera sans doute pas qu'au d6but, un peu d6rout6s par les m6thodes p6dagogiques de leurs coll~gues, priv6s de contacts par suite de la diff6rence des idiomes, certains professeurs se tinrent sur une r6serve faite de timidit6 et d'incerti- rude. Mais d~s le deuxi~me trimestre, tousles professeurs eonstitu~rent une 6quipe

    1) u "'Allemagne", bulletin du "Comit6 Fran~ais d'Echanges avec l'Allemagne Nouvelle", novembre 1959.

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