le rapport final du projet

  • Published on
    05-Jan-2017

  • View
    214

  • Download
    0

Transcript

  • Intgration et Valorisation des Comptences

    V I T A R

    Valorisation Identit Transfert Autonomie Ralisations

    RAPPORT DEVALUATION FINALE

    Ralis par Susanna Marin

    sous la direction dAltay Mano

    Septembre 2004

    Avec le soutien du Fonds Social Europen et le Ministre des Affaires Sociales et de

    la Sant de la Rgion Wallonne.

    1

  • SOMMAIRE

    INTRODUCTION

    1. CADRE INSTITUTIONNEL ET CONCEPTUEL DU PROJET

    2. LES OBJECTIFS POURSUIVIS EN REGION WALONNE

    3. LES ACTIVITES MISES EN UVRE ET RESULTATS OBTENUS

    3.1. Activits pour linsertion socioprofessionnelle en faveur du public cible

    3.1.1. Le recrutement des stagiaires

    3.1.2. La formation structure sur site

    3.1.3. Laccompagnement des stagiaires

    3.2. Activits pour la cration et la diffusion de nouvelles pratiques

    professionnelles

    3.2.1. Llaboration de nouvelles connaissances concernant le public cible et

    de nouveaux outils et mthodes daccompagnement

    3.2.2. La transmission et diffusion des connaissances

    3.3. Activits pour la cration dune agence de dveloppement et de transfert de

    comptences en Wallonie

    4. LA COORDINATION

    4.1. Le Partenariat De Dveloppement du projet (PDD)

    4.2. Lvaluation niveau national

    5. CONCLUSIONS

    6. RECOMMANDATIONS

    2

  • INTRODUCTION

    Ds 2001, la Direction Gnrale des Affaires Sociales et de la Sant (DGASS) de la Rgion

    wallonne a assur la coordination gnrale du projet VITAR dans le cadre du programme

    dinitiative communautaire EQUAL subsidi par le Fonds Social Europen. Le Partenariat De

    Dveloppement (PDD) de ce projet a dur quatre ans (de 2001 2004) et son objectif tait

    dexprimenter des nouvelles pratiques professionnelles de valorisation identitaire, de

    transfert de comptences et dinsertion socioprofessionnelle de demandeurs demploi

    originaires dAfrique subsaharienne, habitant en Wallonie et soumis des discriminations

    importantes malgr leurs niveaux de qualification, souvent levs. Ce partenariat (voir

    coordonnes en annexe 1) tait compos des institutions suivantes :

    - Le Carrefour Interculturel Wallon (CIW) Namur, coordination administrative et

    financire.

    - LInstitut de Recherche, Formation et Action sur les Migrations (IRFAM) Lige,

    coordination pdagogique, valuation interne et accompagnement des stagiaires.

    - Le Collectif de femmes (CF) Louvain-la-Neuve, accompagnement des stagiaires.

    - Le Centre Rgional de Verviers dIntgration des personnes trangres ou dorigine

    trangre (CRVI) Verviers, accompagnement des stagiaires.

    - Centre dAction Interculturelle (CAI) Namur, accompagnement des stagiaires.

    Instigateur des concepts de valorisation identitaire et professionnelle des travailleurs migrants,

    ainsi que de la notion de transfert de comptences, lIRFAM tait charg de la mise en uvre

    concrte de laccompagnement des stagiaires sur Lige ainsi que de lvaluation interne,

    continue et formative de lexprience, de sa modlisation et de sa documentation.

    Lvaluation a donn lieu plusieurs rapports internes et diverses interventions

    mthodologiques destines amliorer les activits dveloppes par les acteurs partenaires.

    Nous prsentons ici le rapport final de cette valuation dont le but est de fournir une

    description des activits menes ainsi quune lecture analytique de lensemble des activits et

    des produits, en vue de la modlisation de lexprience. Cette modlisation consiste ressortir

    les rsultats saillants de linitiative pilote et de faire des propositions pour transposer les

    acquis vers dautres populations et zones gographiques, voire vers dautres secteurs

    3

  • dactivit conomique. Le prsent rapport se clturera donc par des recommandations

    destination notamment des intervenants de linsertion socioprofessionnelle et des dcideurs.

    Les informations ncessaires la rdaction de ce rapport ont t obtenues travers

    lobservation participante des actions, la triangulation des diffrentes observations, lanalyse

    des documents internes, les entretiens des acteurs, les groupes de discussion, les

    questionnaires davis et lexamen de la trajectoire individuelle des stagiaires. Tous les acteurs

    du programme VITAR ont particip lvaluation interne. Les rsultats de celle-ci ont t

    transmis de manire continue lors des runions du PDD et des sances collectives avec les

    stagiaires et ont fait lobjet dun rapport intermdiaire interne en mai 2003.

    1. CADRE INSTITUTIONNEL ET CONCEPTUEL DU PROJET

    Initialement le projet VITAR prend son inspiration dune tude commande lIRFAM par le

    Ministre des Affaires Sociales et de la Sant de la Rgion wallonne propos de la prsence

    et du degr dintgration de la population africaine subsaharienne en Wallonie (VITA :

    Valorisation Identitaire, Transfert, Autonomie). Cette tude a donn lieu une publication en

    lan 2001, Valorisation et transfert des comptences des Africains de Wallonie 1.

    VITA-R se veut tre un projet pilote de Ralisations pratiques sur le march de lemploi en

    faveur de ce public spcifique. Il sagit, ds lors, de mettre en application les ides proposes

    dans cet ouvrage savoir, laccompagnement des travailleurs africains qualifis dans le cadre

    de projets professionnels, de cration demploi ou de transfert de comptences vers les pays

    dorigine, par exemple.

    L'hypothse centrale est que l'insertion socioprofessionnelle d'un certain nombre d'immigrants

    africains est possible grce la valorisation de leurs comptences, leurs ressources et rseaux

    communautaires, leurs connaissances culturelles et linguistiques particulires, leurs savoirs et

    savoir-faire professionnels et scientifiques dans des secteurs d'emploi, tels la cration

    dentreprises en Belgique, la participation des initiatives interculturelles et socio-ducatives

    dans le monde associatif et la coopration au dveloppement des pays africains.

    1 J. GATUGU, A. MANO, S. AMORANITIS (2001), Valorisation et transfert des comptences : lintgration des migrants au service du co-dveloppement. Le cas des Africains de Wallonie, Paris : L'Harmattan, coll. "Logiques sociales".

    4

  • Pendant la priode prparatoire du projet (doctobre 2001 mars 2002) les partenaires ont

    ralis lidentification des ressources internes, lappareillage de celles-ci et la dfinition

    collective des orientations stratgiques du projet VITAR.

    Une deuxime phase (de mars 2002 dcembre 2003) a consist mener laction concrte : il

    sagissait de la mise en place dun dispositif de formation en tronc commun de 306 heures

    compose de contenus interculturels, de gestion de projets et dentreprises et dune initiation

    aux notions de valorisation identitaire et professionnelle, ainsi quaux questions de transfert

    de comptences2. Cette formation pouvait tre complte par des stages en entreprise, des

    stages dimmersion linguistique ou des formations complmentaires (utilisation du matriel

    informatique, criture de projets, prparation dun plan comptable ou laboration dun

    budget). A lissue de la formation et jusque la fin des activits (en septembre 2004) les

    stagiaires ont bnfici dun accompagnement individualis dans la ralisation de leurs

    projets. Certains dentre eux remplissant les conditions dligibilit dfinies par le PDD, ont

    galement bnfici dun soutien financier pour la ralisation dtudes de faisabilit dans

    diffrents pays trangers.

    Les partenaires du PDD VITAR ont galement prospect les filires ou niches demploi

    possibles et donc prpar laprs-formation, cest--dire la priode des stages, de suivi et

    dinsertion socioprofessionnelle. Des contacts divers ont t pris en Belgique, en Wallonie en

    particulier et en Afrique.

    Dans le cadre du programme dinitiative communautaire EQUAL, le projet VITAR

    comportait galement un volet transnational dont lobjectif principal tait la ralisation de

    produits tels que le site Internet prsentant les diffrents projets nationaux EQUAL dans trois

    rgions dEurope (Andalousie, Lombardie et Wallonie) ; la bibliothque virtuelle HERMES

    sur les migrations en Europe ; llaboration dindicateurs dinsertion socioprofessionnelle des

    migrants dans les trois rgions... Les activits menes par le partenariat transnational sont

    dtailles dans le rapport dactivits de la Coordination gnrale du projet VITAR (DGASS).

    2 Par valorisation identitaire nous entendons la reconnaissance des caractristiques et des aspirations spcifiques des stagiaires. La valorisation identitaire passe par la reconnaissance administrative et symbolique des capacits et savoir-faire rels des personnes (), par la reconnaissance sa juste valeur dventuels avantages relatifs que cette population recle, notamment en ce qui concerne des emplois ncessitant, par exemple, des relations avec le continent africain ou la population immigre. Le transfert des comptences des immigrants vers les rgions dorigine est une forme particulire de valorisation identitaire et professionnelle des immigrs dans leur pays daccueil. (GATUGU et al. P. 25-26). Le transfert de comptences suppose la mobilisation de lensemble de savoirs, savoirs-faire, savoir-faire faire et savoir faire savoir de ce public.

    5

  • 2. LES OBJECTIFS POURSUIVIS EN REGION WALLONNE

    Trois objectifs ont t poursuivis par le projet VITAR :

    Objectif 1 : Faciliter linsertion socioprofessionnelle dun certain nombre dafricains

    subsahariens habitant en Wallonie grce la valorisation de leurs comptences

    dans des secteurs de lemploi tels que le commerce international et la

    coopration au dveloppement, la cration dentreprise et les activits

    socioculturelles.

    Objectif 2 : Crer et diffuser auprs des professionnels du secteur, un modle de nouvelles

    pratiques dinsertion socioprofessionnelle spcifiques pour ce public.

    Objectif 3 : Crer une agence de dveloppement et de transfert de comptences en

    Wallonie.

    3. LES ACTIVITES MISES EN UVRE ET RESULTATS OBTENUS

    3.1. Activits mises en place pour linsertion socioprofessionnelle en faveur du

    public-cible (Objectif 1)

    3.1.1. Le recrutement des stagiaires

    Le recrutement des stagiaires sest ralis en deux phases :

    - Une premire phase daccueil et de recrutement (action 1 - 2002) a permis de

    toucher les personnes potentiellement intresses par le projet VITAR. Plus de

    80 personnes y ont particip et, sur base des fiches individuelles rcoltes, 77

    profils ont t rpertoris. Il sagissait dune majorit dhommes (78%) avec

    une moyenne de 42 ans, originaires notamment de la Rpublique

    Dmocratique du Congo (54%), du Burundi et du Rwanda, naturaliss ou

    bnficiant dun sjour permanent pour la plupart. Concernant le niveau

    dtudes, ils taient surtout porteurs dun diplme du niveau secondaire (88%)

    et suprieur (75%).

    6

  • Les statuts professionnels des candidats taient pour la plupart prcaires :

    mergeant au CPAS (38%) ; au chmage (28%), dont la majorit non

    indemniss ; des travailleurs (20%), avec des sous-statuts pour la plupart ; des

    tudiants (7%) ; 63% navaient jamais travaill en Europe.

    Parmi ces 77 candidats, 51% souhaitaient raliser leur projet dans le pays

    dorigine et 28% en Belgique. Les projets proposs portaient surtout sur des

    actions de coopration au dveloppement (40%) et sur la cration dentreprise

    (36%).

    - La phase de slection (action 2 - 2002) a identifi 59 stagiaires sur base des

    critres tablis par le PDD : tre africain subsaharien rsidant en Wallonie, tre

    porteur dun projet professionnel dans les secteurs commercial, socioculturel,

    ou de la coopration au dveloppement ; avoir un diplme dtudes

    suprieures et enfin possder un accs inconditionnel lemploi en Belgique.

    Les rgles strictes de slection tablies au dpart ont d tre adaptes car le public considr

    est un public trs mouvant. Par ailleurs, le critre de diplme suprieur fut celui qui a t le

    moins respect dans la mesure o la capacit des stagiaires a produire des projets et sy

    investir savre indpendante de leur niveau de diplme. En revanche, le critre de stabilit de

    sjour doit tre imprativement respect pour permettre aux stagiaires un panouissement sur

    le march de lemploi.

    Au cours du projet et aprs divers abandons, dautres stagiaires nayant pas suivi la formation

    ont t encadrs galement par les partenaires de proximit. Au total, le projet VITAR a

    touch 77 stagiaires, dont 59 ont bnfici de laccompagnement rgulirement.

    3.1.2. La formation structure sur site

    La priode de formation a dbut en septembre 2002 et sest finalise en mars 2003, soit une

    priode de sept mois, elle fut dispense trois groupes de stagiaires dans trois rgions en

    Wallonie : Lige/Verviers, Namur et Louvain-La-Neuve.

    7

  • Les formations ont fait appel des formateurs membres du PDD (IRFAM, CAI et CF) ainsi

    qu des experts extrieurs, dont certains venant dAfrique.

    Trois modules de formation ont t proposs lensemble des stagiaires :

    - Valorisation identitaire et professionnelle et transferts de comptences : intgration

    des migrants au service du co-dveloppement , propos par lIRFAM. Ce module de

    30 heures a abord des sujets tels que le potentiel oubli des comptences des

    Africains vivant en Wallonie ; lintgration des ralits du Sud (Afrique) et du Nord

    (Wallonie) et la valorisation des comptences du migrant ; le transfert de comptences,

    concrtement, ce que cest et ce que ce nest pas ; les obstacles dici, du point de vue

    des Africains et les obstacles de l-bas, du point de vue des Africains ; lapprciation

    de lide de transfert de comptences par des Africains de l-bas, etc.

    - Dveloppement, intgration et interculturalit , propos par le CAI. Les objectifs de

    ce module de 30 heures taient de faire prendre conscience de son positionnement par

    rapport son identit, par rapport au concept de dveloppement, ainsi que par rapport

    un contexte institutionnel ; de donner des outils d'analyse des politiques de

    dveloppement et de permettre aux participants de situer et de modifier leur projet

    dans l'axe personnel-politique-culturel. La question de la gestion de conflits a t

    galement aborde.

    - Notions de cration et de gestion de projets et dentreprises , propos par le CF et le

    Centre dEtudes et de Formation sur la PME (CEF-PME). Dans ce module de 246

    heures, il a t question de donner aux participants des outils indispensables au

    montage et llaboration de projets dauto-prise en charge ; une aide et un soutien

    dans la recherche dinformations et des stratgies pour entreprendre. Un appui dans la

    rdaction du plan dentreprise ont aussi t dispenss de faon individuelle ou

    collective (aide dans la recherche dinformations, test et vrification des ides

    dentreprise, suivi et valuation des projets, recherche dquipements et des

    partenaires, mise en rseaux, soutien et appui au dmarrage, mise en contacts avec des

    programmes complmentaires).

    Lors de la formation, les stagiaires ont rpondu un test de comptences (forces et faiblesses).

    Sils navaient pas les comptences ncessaires pour le dveloppement de leur projet, on leur

    8

  • conseillait de suivre des formations complmentaires offertes par le dispositif VITAR et de

    chercher des partenaires qui runissent les comptences dont ils manquaient ou encore

    dadapter leur projet leurs comptences. Cest le cas, par exemple, de certains stagiaires de

    Verviers qui ont rorient leurs projets de dveloppement vers des projets associatifs (coles

    de devoirs, notamment) car il y avait beaucoup de pdagogues dans ce groupe.

    A lissue de la formation, les accompagnateurs ont comptabilis 47 projets au total. Une

    rorientation des projets a eu lieu pendant cette priode. En effet, aprs la formation, certains

    stagiaires ont pris conscience de limportance de sinsrer dabord en Belgique avant

    dentreprendre un projet dans le pays dorigine et, en consquence, ils ont chang de projet,

    allant plutt vers la cration de leur propre emploi.

    Lors de lvaluation intermdiaire ralise aprs la formation, dbut 2003, 54% des stagiaires

    ont rpondu au questionnaire (N=32). Les rsultats les plus positifs de cette valuation sont :

    - 59% affirmaient que la formation avait rpondu leurs attentes (des outils pour la

    cration et la gestion dune entreprise, des outils pour aller de lavant, la concrtisation

    de projets, etc.).

    - La qualit du module de formation sur la gestion des entreprises.

    - Lchange dexpriences, le climat relationnel et la qualit des contenus thoriques.

    - Le niveau de satisfaction gnrale aprs la phase de formation allait de satisfaisant

    trs satisfaisant .

    - 60% des stagiaires conseilleraient de participer ce projet dautres personnes.

    Les difficults les plus importantes concernant la formation, soulignes par les acteurs du

    projet (stagiaires, formateurs et coordinateurs) lors de lvaluation intermdiaire sont :

    - La prcipitation, les changements dagenda, la prolongation de la formation

    - Les difficults de coordination et de gestion de la formation de trois groupes en mme

    temps sur trois villes.

    - Les retards dans la gestion des dossiers sociaux des stagiaires (remboursement de

    dplacements)

    - La communication entre les acteurs du projet.

    - Les diffrentes conceptions de la coopration au dveloppement en prsence.

    9

  • - Le manque de clart des objectifs et des moyens.

    - Une distorsion entre les attentes des stagiaires et le processus qu'ils ont rencontr.

    En effet, le fait davoir dmarr les trois groupes de formation en mme temps dans trois sites

    diffrents, a rendu la tche de coordination et de gestion de la formation plus difficile et a

    prolong la dure de formation prvue pour les stagiaires.

    Certaines difficults sont lies la coordination pdagogique : au dpart les formateurs ne se

    connaissaient pas et ne connaissaient pas les contenus des autres modules ; diffrentes

    reprsentations concernant la coopration au dveloppement Nord-Sud co-existaient ; il

    existait un manque de clart des objectifs pour les stagiaires (par ex. certains stagiaires ne

    savaient pas si limplantation des projets devait se faire en Belgique ou dans leur pays

    dorigine, alors que les deux possibilits existaient)...

    Ces difficults sont en partie la cause de plusieurs abandons cette phase du projet. Pour le

    futur, l'organisation pratique du dispositif doit tre allge en prvoyant l'avance des

    concertations entre formateurs et les documents ncessaires pour tablir un climat de

    confiance et d'engagement mutuels (par exemple, concernant les conventions morales entre

    les stagiaires et le PDD VITAR, les contrats de formation avec le FOREM, les contrats de

    stage, ).

    La distorsion entre les attentes des stagiaires au dpart (des financements de la part du

    Ministre, un emploi ) et le processus qu'ils ont rencontr (demande d'un projet labor,

    d'une certaine dynamique, ) pourrait expliquer en partie les insatisfactions, frustrations,

    dcouragements ainsi que le taux d'abandon ou de faible rgularit observ.

    Par rapport aux attentes que certains stagiaires avaient concernant le soutien financier, il faut

    tenir compte de linfluence psychologique de lhistoire entre le Congo et la Belgique. Le

    changement du systme nimplique pas ncessairement le changement des reprsentations. Il

    faut tenir compte galement de la reprsentation de certains stagiaires concernant les

    institutions politiques en rapport avec celles quils ont pu connatre dans leurs pays dorigine

    (rgimes totalitaires o les ministres ont un pouvoir certain).

    Pendant le processus, une certaine dose dagressivit chez les stagiaires a t souligne par les

    formateurs et accompagnateurs (revendications fulgurantes, accusations, etc.). Une hypothse

    10

  • explicative de cette situation serait quils se sentent lasss socialement cause de la non

    reconnaissance du statut quils avaient au pays dorigine et quils ont perdu en Europe.

    A lissue de la formation, les stagiaires avaient manifest les besoins suivants :

    Besoins Nombre de stagiaires Accompagnement dans la recherche dun emploi 35 Contrats articles 603 20 Voyages dtudes en Afrique 18 Soutien financier 10 Accompagnement dans la rdaction du projet 9 Formations en langues 7 Formations complmentaires 6 Containers pour lenvoi de matriel en Afrique 5 Stages en entreprise 4 Voyages dtudes en Belgique / Europe 4 Locaux pour tablir des coles de devoirs 3

    Ltablissement de cette liste de besoins a permis aux membres du PDD de rguler

    laccompagnement ainsi que de prciser loffre daccompagnement du projet VITAR (ce qui

    pouvait tre soutenu financirement et ce qui ne pouvait pas ltre ; par exemple, le cot des

    containers pour lAfrique ntait pas un poste ligible). Lors de tout le processus il a fallu

    prciser et reprciser auprs des stagiaires cette offre et, jusqu la fin du projet, certains

    stagiaires ne connaissaient pas encore les possibilits offertes tant en termes

    daccompagnement quen termes financiers.

    Ce bilan a permis galement de raliser une estimation budgtaire pour la rpartition du

    budget global du dispositif. Grce cela des rajustements du budget ont t raliss,

    notamment en ce qui concerne le montant consacr aux frais des stagiaires, celui-ci a t

    augment et, aprs ngociations avec les responsables de lAgence du FSE, des voyages

    dtude en Afrique sont devenus ligibles pour la premire fois dans un projet europen.

    3.1.3. Laccompagnement des stagiaires

    Laccompagnement ne doit pas tre considr comme une tape isole du reste dactivits

    (formation, stages, etc.) mais comme une dimension transversale et continue du projet : il

    3 Initiative dconomie sociale mise en uvre par les Centres Publiques dAide Sociale (CPAS). Aide par la mise au travail, permettant terme aux personnes de rintgrer le circuit de la scurit sociale.

    11

  • commence ds la priode de slection des stagiaires et continue tout au long de la formation

    pour sintensifier pendant la priode de rdaction et de ralisation des projets. Nanmoins,

    dans le projet dorigine il tait prvu que laccompagnement commence de manire linaire

    aprs la formation, cest--dire, en mars 2003 et quil se termine en dcembre 2003. La ralit

    a confirm notre premire hypothse et, ds lors, laccompagnement sest prolong jusque la

    fin du projet en septembre 2004, voire aprs la fin du projet par les partenaires dont cette

    fonction fait partie de leurs missions (CAI, CRVI ou CF).

    Les stages et les formations complmentaires font partie de la priode daccompagnement. Ils

    sont considrs comme un pas supplmentaire intervenant dans la ralisation du projet,

    comme une mise en pratique momentane permettant d'accrotre ses savoirs et savoir-faire

    dans le domaine concern par le projet.

    Laccompagnement des stagiaires comprend galement le lobbying des projets auprs

    dorganismes financiers alternatifs pour lobtention de crdits. Cette action se poursuivra en

    novembre 2004, sous forme de table ronde mettant ensemble les stagiaires porteurs dun

    projet bancable et des responsables dorganismes de financement alternatif, tels que

    CREDAL, TRIODOS, etc.

    Au total, 77 stagiaires, dont 59 taient rguliers, ont bnfici dun suivi individualis dans la

    rdaction de leurs projets, la recherche de financements, de partenariats 15 stagiaires ont

    abandonn le dispositif en cours de route, soit parce quentre-temps ils avaient trouv un

    emploi, soit parce que le dispositif ne rpondait pas leurs attentes, soit pour des raisons

    familiales. En mme temps, des stagiaires porteurs de projet nayant pas suivi la formation ont

    rejoint le groupe des stagiaires et ont bnfici galement de laccompagnement.

    54% des stagiaires ayant bnfici de laccompagnement ont rpondu au questionnaire

    dvaluation finale (N=32). Au vu des rsultats de lvaluation finale, les attentes nourries

    vis--vis de VITAR au dpart de celui-ci de la part des stagiaires taient, par ordre

    dimportance :

    - un soutien financier pour ltude de faisabilit du projet personnel (62%) et un soutien

    dans la recherche de subsides (58%) ;

    - la cration dun emploi (54%), laccs un emploi (50%), le transfert de comptences

    vers le pays dorigine (42%) ;

    - la ralisation dun stage utile son projet (50%)

    12

  • - la conscientisation des pouvoirs belges la situation des travailleurs africains

    immigrs (46%).

    Les rsultats les plus positifs de cette valuation finale sont :

    - 69% des stagiaires considrent que le projet rpond un vritable besoin.

    - 65% le conseilleraient dautres personnes.

    - 62% expriment une satisfaction vis--vis du projet, due notamment :

    o une aide concrte grce VITAR : cration de son emploi (23%), changement de statut professionnel (8%), cration de nouveaux partenariats (15%), un

    soutien institutionnel utile (15%), possibilits de transfert de comptences vers

    le pays dorigine (15%), possibilits de stages utiles au projet personnel (8%) ;

    o une meilleure connaissance des ralits du march de lemploi belge, une meilleure comprhension des difficults des travailleurs africains en Belgique,

    une prise de conscience de ses atouts sur le march du travail, une

    reconnaissance sociale (20%) ;

    o une plus grande adaptation des structures belges au cas des travailleurs immigrs africains qualifis et une plus grande conscientisation des pouvoirs

    publics belges sur la spcificit de ces travailleurs (17%).

    - 50% affirment que leur projet a t modifi pendant la dure de VITAR, notamment le

    lieu de lactivit envisage (46%), les besoins en termes de ressources financires et

    autres (42%), le public cible (38%) et les besoins auxquels le projet tente de rpondre

    (31%).

    - Selon 62% des personnes, ces modifications sont des effets directs du dispositif

    VITAR venant des membres du PDD (46%), des autres stagiaires VITAR (27%), de sa

    propre initiative et sa capacit mieux apprhender les ralits conomiques du Sud et

    du Nord (15%) ou de lextrieur du projet VITAR (8%).

    Selon les accompagnateurs, les effets qualitatifs de VITAR sur les acteurs sont :

    - Le dveloppement dune connaissance et dune comprhension plus approfondie des

    difficults et des ressources spcifiques de ce public et des capacits en matire de

    gestion de la diversit au sein des quipes partenaires.

    13

  • - La mise en rseau avec des institutions extrieures au projet (comme le CPAS, le

    FOREM, des ONG, etc.) sensibilises aux difficults du public Africain.

    - La sensibilisation de la population belge quant aux ressources et difficults

    rencontres par ce public spcifique, travers des actions de diffusion des rsultats

    (interviews, prsence de la TV dans les sminaires, articles dans des journaux, sites

    Internet, ).

    - Le changement de certaines politiques : par exemple, les CPAS acceptent que des

    stagiaires avec un contrat article 60 puissent le raliser en partie en Afrique ; des

    voyages dtude en Afrique sont devenus ligibles pour la premire fois dans un projet

    du Fonds Social Europen ; lancienne politique au niveau fdral et rgional

    d Aide au retour sest transforme en aide au transfert de comptences .

    - La cration de systmes dentraide entre stagiaires dans la rdaction des projets et la

    recherche dinformation.

    Les difficults les plus importantes concernant laccompagnement, soulignes par les acteurs

    du projet (stagiaires, accompagnateurs et coordinateurs) lors de lvaluation finale sont :

    - La communication entre les diffrents acteurs du projet : les diffrentes conceptions de la culture administrative, du fonctionnement des projets europens, du fonctionnement des ministres belges, du mode dexpression des insatisfactions

    - Lcriture de projets selon le canevas propos en formation.

    - Lidentification des besoins rels des stagiaires.

    - La gestion des demandes des stagiaires en matire d'accompagnement et de valorisation socioprofessionnelle.

    - La mconnaissance de la dimension sociopsychologique des acteurs en prsence.

    - La conception d'une modalit d'accompagnement adapte pour des projets en balance.

    Pour les accompagnateurs, cette exprience pilote a t une occasion de dvelopper des

    comptences spcifiques lies laccompagnement de ce public cible (v. annexes 3 et 4). Cet

    accompagnement sest avr une tche complexe pour des acteurs de linsertion

    socioprofessionnelle nayant pas ou peu dexprience dans le domaine de la coopration au

    dveloppement ou la cration dentreprise, par exemple. Lexprience a montr, galement, la

    ncessit de les former des aspects lis la dimension psychosociologique de ce public et la

    communication interculturelle.

    14

  • VITAR a gnr par certains de ces aspects diverses insatisfactions et tensions tant au sein de

    certaines quipes partenaires qu'entre celles-ci. La plus grande de ces frustrations tait de voir

    les projets des certains stagiaires stagner.

    L'valuation du projet VITAR a apprci certaines causes institutionnelles de ces

    insatisfactions. Le travail d'valuation fournie a ainsi montr, outre des problmes de

    coordination et de communication entre les quipes, notamment, la difficult pour les

    institutions partenaires de comprendre les besoins vritables des stagiaires. Par ailleurs, on

    note galement une certaine difficult grer les demandes des stagiaires en matire

    d'accompagnement et de valorisation socioprofessionnelle.

    Si, lors de la priode daccompagnement, diverses initiatives d'insertion socioprofessionnelle

    proposes par les stagiaires taient avances, voire trs avances et en voie de finalisation,

    dautres taient encore assez peu labores, en cours de rdaction et mme de gestation. La

    grande difficult se trouvait dans la conception d'une modalit d'accompagnement pour ces

    projets en balance.

    Il tait indispensable galement de faire une analyse approfondie du profil, des demandes et

    des modes de fonctionnement des stagiaires eux-mmes. Le terrain en matire

    daccompagnement des bnficiaires durant cette priode a t un observatoire intressant

    pour ce fait. Or, il s'avre que laccompagnement des candidats VITAR doit dans certains cas

    tenir galement compte de leur ralit de vie et trajet migratoire depuis l'Afrique pour clairer

    leur positionnement par rapport la question de linsertion socioprofessionnelle en Belgique.

    En dautres termes, il faut intgrer dans les dmarches des accompagnateurs le fait que ces

    personnes ont fait lobjet dune disqualification sociale et professionnelle importante durant le

    processus migratoire, une involution qui peut les rendre trs revendicatifs, voire agressifs

    lorsquils formulent leurs besoins professionnels. Il s'agit pour une large part des individus

    ayant connu une relgation sociale importante en Belgique et n'ayant pas pu le corriger

    spontanment : par exemple, des hauts cadres de l'Afrique centrale devenus des exclus

    sociaux en Belgique...

    Cette dimension est d'autant plus marque que les contacts avec des personnes du mme profil

    en Afrique permettent de constater le contraste comportemental quand bien mme des assists

    sociaux en Belgique gagnent plus en argent que les hauts cadres en fonction en Afrique. Les

    personnes en Afrique sont dmunies mais gardent un statut qui leur permet de jouir d'une

    15

  • confiance fondamentale, d'un lan, tandis que la personnalit de l'Africain de Belgique,

    relgu social, se trouve souvent lamine...

    Il existe donc une dimension de soutien psychologique importante absolument revaloriser

    dans les approches daccompagnement. Augmenter simplement les moyens allous aux

    stagiaires -pour rpondre leurs revendications- pourrait paradoxalement aggraver ces

    reprsentations vindicatives tournes vers le pays d'accueil et les effets dvastateurs de

    l'assistanat social.

    Par exemple, les comptences exploiter sur le march de l'emploi ne sont pas toujours celles

    auxquelles pensent spontanment les participants, savoir trs souvent leurs comptences

    acadmiques. Du reste, le march cibler n'est pas non plus celui imagin au dpart, c'est--

    dire une insertion directe dans un poste responsabilit au sein d'une institution par exemple.

    Le trajet migratoire et les preuves qu'il impose aux personnes font exister d'autres

    comptences psychosociales et interculturelles galement valorisables dans certaines niches

    du march de l'emploi. Aussi, les candidats doivent d'abord eux-mmes apprendre

    reconnatre et valoriser ces capacits.

    Il ressort des diverses missions effectues par lIRFAM en Afrique (Togo, Bnin, Burundi,

    R.D.C.) quune des pistes importantes approfondir pour les intellectuels participant

    VITAR semble tre, s'agissant de la coopration au dveloppement, le transfert, par exemple

    vers des entits institutionnelles situes en Afrique centrale, des "comptences de citoyens"

    voluant dans un monde multiculturel et pluraliste. Or, un tel besoin est criant dans les pays

    des Grands Lacs vivant actuellement une difficile transition vers la paix. Ces comptences

    interculturelles valorises dans le cadre de projets ducatifs, par exemple, seraient trs

    apprcies par des programmes de soutien la dmocratisation des pays d'origine des

    stagiaires VITAR.

    En consquence, il s'agira l'avenir de dvelopper une structure daccueil, dcoute et

    daccompagnement sociopsychologique avec des professionnels de l'insertion socio-

    conomique capables d'absorber l'expression des frustrations et des angoisses lies cette

    relgation sociale. Il se posera invitablement la question de la formation et du soutien

    professionnel accorder ces accompagnateurs professionnels. Force est de constater quun

    tel profil d'accompagnateur est rare. Tant les partenaires du projet VITAR que d'autres

    oprateurs en insertion socioprofessionnelle, comme le FOREM et les CPAS, par exemple,

    16

  • rencontrent diverses difficults dans ce domaine. Ainsi que l'exprience actuelle le montre,

    ces institutions sont demandeuses pour dvelopper une approche positive de "l'Africain

    immigr". VITAR a ainsi prouv sa capacit enclencher des processus qui visent

    interroger et transformer les systmes d'accueil et d'intgration des personnes trangres ou

    dorigine trangre en fonction de leurs propres caractristiques et non en fonction d'une

    conception a priori de l'intgration. En guise d'exemple, on considrera les situations

    administratives paradoxales qui condamnent au chmage, qui ne reconnaissent pas les

    diplmes, qui proposent des primes pour des retours impossibles ou peu utiles, qui offrent des

    postes et des statuts peu motivants des personnes avec exprience, etc.

    Peut-tre faut-il travailler, l'avenir, les dimensions proprement professionnelles et d'insertion

    sociale, uniquement et dans un second temps, avec des Africains qui ont su dpasser les

    obstacles psychologiques et frustrations mentionns, ayant russi "l'interface entre les

    mondes"...

    Les travaux de Michle Vatz-Laaroussi de l'Universit de Sherbrooke au Canada sur la

    valorisation des parcours migratoires pourraient ici se rvler utiles, dans le sens o le

    contentieux entre les institutions d'un pays d'accueil comme la Belgique et les reprsentants

    de rgimes dchus d'Afrique centrale pourrait tre dpassionn et des voies positives de

    coopration avec ces personnes pourraient tre recherches travers une pdagogie de la paix,

    un entranement la communication non-violente, etc.

    Un sminaire organis par l'IRFAM en fvrier 2004 a permis M. Vatz-Laaroussi, ainsi qu'

    d'autres experts internationaux de montrer que la dynamique vcue dans le pays dorigine est

    dterminante par rapport la dynamique que le migrant mettra en place au pays daccueil : il

    s'agit de considrer la personne dans son historicit, par rapport ces difficults, mais

    galement tant persuad que dans un trajet il existe toujours de russites. La question

    centrale est ds lors : comment articuler ce pass d'ailleurs un futur d'ici ?

    Effets quantitatifs du dispositif VITAR sur les trajectoires des stagiaires Le tableau ci-aprs prsente de faon synthtique le nombre de stagiaires ayant bnfici des diffrentes actions mises en place par le dispositif VITAR :

    Phases du dispositif VITAR Nbre de stagiaires

    %

    Recrutement 77 Formation 59 Accompagnement 77

    17

  • Accompagnement de faon rgulire 59* Formations complmentaires 56 Stages 18 31 Stages dimmersion linguistique 4 7 Voyages d'tudes de faisabilit 29 49 Projets identifis 54 92 Projets parvenus au PDD pour agrment 28 47 Projets ayant obtenu un avis favorable du PDD 25 42 Projets ayant obtenu un soutien financier de VITAR 25 42 Projets ncessitant un crdit pour leur ralisation 28 47 Emplois rmunrs 21 36 Contrats article 60 10 17 Activits rgulires caractre professionnel non rmunre 4 7

    * les pourcentages sont calculs par rapport au nombre de stagiaires rguliers.

    Les 77 stagiaires comptabiliss dans laccompagnement sont des personnes diffrentes

    celles qui avaient t recrutes au dpart du projet car ce public est trs mouvant, il y a eu des

    abandons et des nouvelles inscriptions en cours de route. Egalement, les 59 stagiaires ayant

    bnfici de faon rgulire de laccompagnement sont des personnes distinctes de celles

    ayant suivi la formation.

    Certains stagiaires ont suivi des formations complmentaires en fonction des besoins de leurs

    projets : comptabilit, informatique de gestion, coopration internationale, coordination des

    coles de devoir, animateur dcole de devoirs, agriculture, agrgation, multimdia,

    journalisme 49% des stagiaires ont ralis des tudes de faisabilit en vue davoir des

    informations additionnelles afin de complter leur projet par une tude sur le terrain. 31% des

    participants ont ralis des stages, soit dans les associations faisant partie du Partenariat de

    dveloppement du projet VITAR, soit dans des entreprises. 7% ont ralis des stages

    dimmersion linguistique dans diffrents pays (Angleterre, Allemagne).

    A lissu de la priode daccompagnement, 54 projets ont t identifis, dont 28 sont parvenus

    au Partenariat De Dveloppement du projet VITAR (voir liste en annexe 2), dont 25 ont

    obtenu un soutien financier de celui-ci.

    Les 25 projets soutenus par le PDD se ventilent, selon une rpartition sectorielle, de la

    manire suivante : 11 projets dans le secteur agricole ; 6 projets en lien avec des services ; 4

    projets dans le secteur des Nouvelles Technologies Informatiques et de la Communication

    (NTIC) ; 2 projets dans le secteur de la Sant ; 1 projet en relation avec le domaine de ltude

    et de la recherche. Selon une rpartition gographique, on dnombre une majorit en Afrique :

    18

  • 12 projets au Congo ; 4 en Belgique ; 4 au Burundi ; 1 au Rwanda ; 1 au Togo ; 1 au

    Cameroun ; 1 au Gabon et 1 au Sngal.

    Quelques projets sont rajouter cette liste pour comptabiliser une trentaine de projets

    finaliss ou en voie de finalisation la fin du programme VITAR, en comprenant notamment

    des ralisations dans le secteur social en Belgique (coles de devoirs, crches). En effet,

    certains projets des stagiaires ne sont pas parvenus au PDD pour diverses raisons : insertion

    professionnelle, pas de projet crit, rdaction pas finalise ou non conforme au canevas tabli,

    pas besoin dun soutien financier pour un voyage dtudes Nanmoins, certains ont

    bnfici de laccompagnement et se sont dvelopps autrement. Nous prsentons ci-aprs

    quelques exemples de ces trajectoires des stagiaires.

    En 2002, Madame Z. sest inscrite dans VITAR avec un projet de dveloppement nord-

    sud ax sur la commercialisation, en Belgique, de produits artisanaux africains

    fabriqus par les femmes de la rgion des Grands Lacs. Son objectif principal tait de

    crer son propre emploi et, en mme temps, elle manifestait le besoin daider ses

    partenaires africains couler leurs produits en Afrique et en Belgique ainsi que

    dtablir des contacts avec dautres associations, notamment de femmes tablies en

    Afrique. Madame Z. a suivi lentiret de la formation VITAR et a bnfici

    rgulirement dun suivi de son projet. Lors du dispositif VITAR, Madame Z. a suivi

    plusieurs formations complmentaires : Internet et traitement de texte au FOREM ;

    Economie sociale et gestion dentreprise lInstitut de Dveloppement Europen de

    lEconomie Sociale ; formation de formateurs en alphabtisation Lire et Ecrire. A

    lissue de la formation, elle souhaitait dvelopper un projet dans le secteur associatif

    plutt que dans le commercial. Ds lors, elle a rdig un projet de cration dcole de

    devoirs en Belgique (deux autres stagiaires avaient dvelopp galement des projets

    dans ce secteur) et a ralis un stage dans une cole de devoirs. Emergeant du CPAS,

    Madame Z. remplissait les conditions pour accder un contrat article 60. Des

    dmarches ont t entreprises par les membres du PDD dans ce sens et Madame Z. a

    t engage avec un contrat article 60 temps plein chez Lire et Ecrire en tant

    quanimatrice en cole de devoirs, ceci pour une priode de 18 mois. Depuis son

    engagement, elle na plus travaill sur la rdaction de son propre projet qui tait

    pratiquement finalise. Ce parcours lui a permis dacqurir des comptences en tant

    quanimatrice dcole de devoirs et dactivits extrascolaires ainsi que de prendre

    conscience de certaines ralits du march de lemploi en Belgique, notamment la

    19

  • difficult de crer un emploi rmunr via une cole de devoirs. A lissue de VITAR,

    les besoins de Madame Z. se situent surtout au niveau dun accompagnement pour

    prparer laprs article 60 .

    Madame Y. na pas particip la formation mais bien laccompagnement. Dabord

    elle a mis sur pied une halte garderie bnvolement et a suivi une formation en accueil

    de la petite enfance. Ensuite elle a eu accs un contrat article 60 dans une asbl qui

    dveloppe un projet de garderie denfants.

    Monsieur X. sest inscrit dans VITAR avec un projet de lutte contre lexode rural au

    Congo. Il a particip lentiret de la formation VITAR ainsi qu

    laccompagnement. A lissue de la formation, il souhaitait dvelopper deux nouveaux

    projets commerciaux, visant surtout la cration de son emploi en Belgique. Aprs

    maintes dmarches pour le dmarrage de lun et de lautre projet, un des deux a

    dmarr de faon bnvole, avec l'aspiration daccder un article 60. Entre-temps,

    Monsieur X. a refus un poste de coordinateur temps plein avec possibilit de dure

    indtermine dans un projet en lien avec le sien.

    En septembre 2004, 36% des stagiaires ayant particip au dispositif VITAR bnficient dun

    emploi rmunr ; 17% ont eu accs des contrats article 60 et 7% ont dvelopp une activit

    rgulire caractre professionnel non rmunre. A ce propos, il est important de souligner

    limportance dune insertion sociale pour certains stagiaires qui taient plutt la recherche

    dune reconnaissance sociale que professionnelle (par exemple, des personnes relativement

    ges rencontres dans lchantillon des stagiaires se sont orientes vers des postes

    honorifiques et bnvoles dans lassociatif, laction sociopolitique, laction citoyenne).

    3.2. Activits mises en place pour la cration et la diffusion de nouvelles pratiques

    professionnelles (Objectif 2)

    3.2.1. Elaboration de nouvelles connaissances concernant le public cible et de nouveaux

    outils et mthodes daccompagnement

    Tout au long du projet, les partenaires ont dfini leurs objectifs et ont chang autour de leurs

    conceptions respectives (sur lintgration, le transfert de comptences, la valorisation

    20

  • identitaire et professionnelle, la coopration au dveloppement, etc). Ils ont galement dfini

    ensemble le profil des stagiaires bnficiaires du dispositif, les contenus de formation, les

    mthodes de suivi, les critres dvaluation, etc.

    Cette exprience pilote a permis de dcouvrir dautres caractristiques de ce public dont il

    faut tenir compte lors de laccompagnement : abattement psychologique gnral d la non

    insertion, discriminations multiples vcues spcifiquement par les femmes, public dcroch,

    chmeurs de longue dure, motivations diversifies vis--vis de linsertion

    socioprofessionnelle, perte de statut social par rapport au pays dorigine, enlisement dans

    lassistanat, etc.

    Une commission pdagogique sest constitue en cours de projet afin de traiter en profondeur

    les aspects spcifiques concernant laccompagnement des stagiaires.

    Cette commission a labor un document afin de clarifier la procdure suivre dans

    laccompagnement des stagiaires et lagrment de projets (voir annexe 3). Cette dmarche a

    eu ses forces (clarifier les rles de chacun) et ses faiblesses (lourdeur procdurale). Elle a d

    tre rajuste notamment en ce qui concerne les recommandations faites aux stagiaires :

    dabord elles se faisaient oralement et suite des difficults dans la communication, il a t

    dcid de les raliser par crit afin de rduire les malentendus.

    Cette commission pdagogique a labor un document reprenant une analyse des pratiques

    professionnelles des accompagnateurs VITAR ainsi que les principales difficults rencontres

    par ceux-ci (voir annexe 4).

    Paralllement, lIRFAM a ralis deux tudes complmentaires pour documenter le

    partenariat et, au-del, les intervenants en insertion socioprofessionnelle. La premire tude

    consiste en un travail de synthse de la littrature sur la migration et la coopration au

    dveloppement et permet de dvelopper une vision plus positive et plus efficace du travail des

    intervenants en insertion socioprofessionnelle avec le public spcifique Africain subsaharien.

    La seconde tude fait le bilan dautres projets dinsertion socioprofessionnelle de chercheurs

    demploi africains en Wallonie et montre que dans les 15 institutions observes, les

    intervenants en insertion socioprofessionnelle ne prennent pas en compte la spcificit de ce

    public dans leurs pratiques dinsertion.

    21

  • 3.2.2. La transmission et diffusion des connaissances

    Lensemble des synthses produites est diffuse vers les membres du partenariat et vers les

    intervenants tiers. Cette transmission sest ralise grce aux stratgies suivantes :

    - La publication darticles dans des revues spcialises et dans divers sites web.

    - Le colloque international Valorisation identitaire et professionnelle : transfert de

    comptences des personnes trangres ou dorigine trangre qui sest tenue Lige

    le 9 mai 2003.

    Ce colloque s'est attach dvelopper diffrents axes de rflexion en prsentant, dans

    un premier temps les prsupposs thoriques et mthodologiques des dmarches de

    valorisation identitaire et de transfert de comptences sur le march de l'emploi. Il a,

    ensuite, prsent des valuations d'actions concrtes ayant concern en Wallonie des

    publics immigrs. Des interlocuteurs privilgis, porteurs d'expriences d'autres pays

    dont le Togo, l'Espagne et l'Italie, ont galement t invits prsenter leurs mthodes

    et rsultats, de faon susciter une discussion sur ces concepts. Les actes de ce

    colloque sont disponibles sur le site produit dans le volet transnational du projet :

    www.equal-alameda.org.

    Au total, 120 personnes ont particip au colloque, dont 35 % ont rpondu au

    questionnaire dvaluation labor par la commission dvaluation transnationale. Les

    participants ont donn leur apprciation, sur une chelle de 1 10 (1 tant "trs

    mauvais" et 10 "excellent") par rapport l'organisation/logistique et les thmatiques.

    Les contenus et les thmatiques abords ont t valus entre 6 et 10 par 90% des

    participants et lorganisation et la logistique ont t values galement entre 6 et 10

    par 92% des participants.

    - La diffusion des actions du projet VITAR travers le site www.equal-alameda.org

    ainsi qu travers le site de lIRFAM www.irfam.org

    22

    http://www.equal-alameda.org/http://www.equal-alameda.org/http://www.irfam.org/

  • - Le sminaire de diffusion finale du volet national du projet VITAR, le 16 novembre

    2004, qui comprend galement une bourse projets (rencontre des stagiaires porteurs

    dun projet avec des reprsentants dorganismes de financement alternatif,

    dadministrations et diffrentes ONG). Les actes de ce sminaire et les rsultats de la

    bourse projets seront accessibles dans le site de la coordination administrative

    www.ciweb.be

    - Par ailleurs lensemble des rapports et tudes raliss par lIRFAM sera prsent dans

    un recueil publi aux ditions de lHarmattan en 2005.

    Ces activits ont permis aux accompagnateurs des stagiaires de dvelopper une connaissance

    et une comprhension plus approfondie des difficults et des ressources spcifiques de ce

    public ; des processus d'accompagnement vers l'emploi ad hoc ; des capacits en matire de

    gestion de la diversit ; des pratiques professionnelles novatrices en matire dinsertion

    socioprofessionnelle et la mise en rseau avec des institutions extrieures au projet (comme le

    CPAS, le FOREM, des ONG, etc.) sensibilises aux difficults du public africain. Par

    exemple, le CPAS de Namur a accept des articles 60 extraterritoriaux. Enfin, les cellules

    emploi des Centres Rgionaux dIntgration ont dvelopp une connaissance du terrain et une

    exprience utile et ils vont continuer travailler de la sorte.

    3.3. Activits mises en place pour la cration dune agence de dveloppement et de

    transfert de comptences en Wallonie (Objectif 3)

    La cration dune agence de coopration au dveloppement en Wallonie devait assurer la

    prennit des nouvelles pratiques de valorisation et de transfert de comptences du public

    cible. Cette agence devait prfigurer une faon innovante de grer, partir dinterventions

    locales, des flux migratoires internationaux dans leurs liens au dveloppement conomique,

    dans le respect des personnes concernes et dans lintrt mutuel des rgions dorigine et

    daccueil.

    Bien que la cration de cette agence ait t rgulirement discute au cours des runions du

    PDD, il a t dcid de patienter encore quelques mois avant de prendre des initiatives. Il

    23

    http://www.ciweb.be/

  • sagissait dailleurs dun objectif long terme prvu pour 2006 et les conditions ne semblaient

    pas runies aprs les trois premires annes de lexprience.

    Cependant, linstigation de lIRFAM, une nouvelle asbl, du nom de TRANSFAIREs, a t

    cre en 2002, dont lobjectif est lintgration socioprofessionnelle des migrants et la

    valorisation de leurs comptences via le transfert de celles-ci. TRANSFAIREs introduit ainsi

    une autre modalit dintgration de ces populations, dans le champ social belge en crise de

    solutions adquates au chmage qui frappe particulirement les migrants dits surqualifis

    originaires de lAfrique subsaharienne. Il est important de prciser que, pour cette ONG, le

    transfert ne signifie pas le retour mais plutt la mobilisation des comptences. En ce sens, il

    rime avec plusieurs allers et retours, voire avec le tltravail.

    Il existe galement la Cellule d'Appui pour la Solidarit Internationale Wallonie (CASIW,

    www.casiw.be) Namur, cre en 2003 par la Rgion wallonne dans le cadre du Contrat

    d'Avenir pour la Wallonie Actualis (CAWA) "Poursuivre et amplifier", et plus prcisment

    de sa vingtime mesure concrte qui vise notamment "promouvoir dans tous les domaines

    l'implication citoyenne et le partenariat". La CASIW dpend de la Division des Relations

    internationales (DRI) du Ministre de la Rgion wallonne et collabore avec tous les services

    de l'Espace international Wallonie-Bruxelles et avec la Cellule Relations internationales du

    Cabinet du Ministre-Prsident du Gouvernement wallon.

    Cette cellule constitue une des axes du programme d'actions du Contrat d'Avenir exprimant la

    volont du Gouvernement wallon de "Promouvoir l'implication citoyenne et le partenariat

    associatif en matire de coopration au dveloppement". Elle a pour objectif gnral de

    promouvoir en Wallonie l'implication citoyenne et le partenariat associatif en matire de

    coopration internationale au dveloppement. Cela implique notamment : d'accrotre la

    sensibilisation aux problmes des pays en dveloppement ; de promouvoir la participation

    citoyenne cette politique ; et de diversifier le panel d'acteurs wallons qui participent aux

    programmes et aux projets de coopration internationale. Il s'agit d'un service dconcentr de

    ladministration internationale qui aura pour mission d'aider de nouveaux acteurs wallons de

    la coopration dans la conception de leurs projets, de les conseiller, les guider dans la

    construction de leurs dossiers et la mise en uvre de leurs projets, et de les orienter vers les

    bailleurs de fonds adquats.

    24

    http://www.casiw.be/

  • 4. LA COORDINATION

    4.1. Le Partenariat De Dveloppement du projet (PDD)

    Le Partenariat De Dveloppement du projet (PDD) sest runi pendant tout le processus afin

    dassurer un suivi intensif. Au total, 53 runions du PDD ont eu lieu de 2001 2004.

    Cette instance a t le lieu privilgi des prises de dcision en collgialit. Cest l, en partie,

    que la rgulation de ltat davancement du projet sest ralise. Ces runions ont galement

    servi identifier les problmes spcifiques du public sur le march de lemploi, sensibiliser

    les acteurs, les convaincre dactions, prciser les objectifs, etc.

    La mise en rseau de partenaires a permis la ralisation dune exprience pilote dans laquelle

    tant le secteur public que le secteur priv et associatif ont port et dvelopp ensemble des

    actions et des efforts pour aboutir des rsultats concrets en fonction dobjectifs communs.

    Gnralement, il y a un dcalage entre les attentes des dcideurs politiques et administratifs et

    les intervenants de terrain. Par ce projet, ils ont pris conscience de part et dautre des besoins

    respectifs, des logiques dintervention et daction et des modalits de fonctionnement de

    chacun dentre eux.

    Par ailleurs, au niveau des oprateurs de terrain, leur mise en rseau et en partenariat a

    conditionn la ralisation du projet dans le sens o ils sont intervenus chacun en fonction de

    leurs rles et spcificits et mthodologies dapproche dans le champ dintervention quest le

    secteur de lintgration et de limmigration. De plus, la logique de dveloppement et de

    ralisation de VITAR est base sur la complmentarit entre eux tant au niveau de la

    formation quau niveau de laccompagnement des bnficiaires. Sans cette volont ou cette

    ncessit de travailler ensemble, de par la nature du projet, celui-ci naurait mme pas pu

    dbuter.

    Chacun des partenaires a donc pu amliorer sa comptence travailler en partenariat mais

    aussi sa facult de ngocier avec lautre, de lever les obstacles communs et de trouver

    ensemble des solutions tout en tirant des enseignements pour la suite et en rorientant ses

    interventions, toujours en visant des rsultats au niveau des stagiaires.

    25

  • La cration plus tardive que prvu du CIW, et le transit par le CAI des ressources financires

    et humaines ncessaires la coordination, a cr une situation institutionnelle parfois difficile

    comprendre tant de lintrieur que de lextrieur du PDD. Cela a ncessit de nombreuses

    clarifications tous niveaux (Agence FSE, partenaires transnationaux, collaborateurs...) sans

    pour autant entraver le fonctionnement et la gestion des dossiers et des actions menes.

    Lors de lvaluation intermdiaire, les partenaires ont exprim quelques difficults vcues au

    sein du PDD. Celles-ci taient lies :

    - lexistence de diffrentes coordinations (confusion de rles) ;

    - la communication (malentendus, problmes de gestion de la diversit interne au PDD,

    mconnaissance des partenaires, dcisions prises hors des runions du PDD, manque

    de relais de linformation) ;

    - la gestion du projet (gestion des imprvus, surcharge de travail, retards dans les dlais,

    manque de transparence du budget, dbordement des aspects organisationnels,

    dossiers sociaux des stagiaires...)

    Les partenaires ont nanmoins russi surmonter ces difficults et travailler ensemble tout

    en rectifiant certains de ces disfonctionnements pour aller vers le but partag : linsertion des

    stagiaires.

    4.2. Lvaluation au niveau national

    Lvaluation interne du projet VITAR sest ralise de faon ngocie entre les partenaires

    sous la coordination de lIRFAM. Un systme dvaluation a t conu par le coordinateur

    pdagogique et valid par les membres du PDD. Il s'agit d'un modle d'valuation utile tous

    les acteurs du projet qui a permis lamlioration continue des actions en cours.

    Les techniques de recueil et danalyse dinformation utilises ont t :

    - lobservation participante (des runions prparatoires, des formations, des runions

    dvaluation, des sminaires de diffusion, des sances collectives avec les stagiaires et

    les pouvoirs publics, etc.) ;

    26

  • - la triangulation des diffrentes informations recueillies par plusieurs observateurs ;

    - lanalyse des documents (rapports dactivits de chaque partenaire ; procs-verbaux

    des runions du PDD et des runions pdagogiques ; rapports dvaluation

    intermdiaires, etc.) ;

    - les entretiens semi-structurs des coordonnateurs, formateurs et accompagnateurs et

    les groupes de discussion avec les stagiaires ;

    - les questionnaires davis (les questionnaires dvaluation intermdiaire et finale

    complts par les stagiaires (v. annexe 5 et 6) ; les questionnaires dvaluation des

    sminaires thmatiques)

    - lexamen de la trajectoire de chaque stagiaire (fiches individuelles des stagiaires (v.

    annexe 6) ; les tableaux de bord daccompagnement des stagiaires (v. annexe 7) ;

    procs-verbaux des runions pdagogiques et de coordination sur ltat davancement

    des stagiaires, etc.).

    Tous les acteurs du projet (stagiaires, accompagnateurs, membres du PDD) ont particip ce

    processus.

    Les rsultats des valuations ont t transmis de manire continue lors des runions du PDD

    et lors des sances collectives avec les stagiaires et ont fait lobjet dun rapport intermdiaire

    interne en mai 2003.

    Ce processus dvaluation formative a t utile notamment pour :

    - clarifier les rles de chacun, notamment des diffrentes coordinations,

    - mettre au point un systme de communication adapt aux diffrentes caractristiques

    des partenaires (par exemple, communiquer par mail, tlphone ou fax en fonction de

    linterlocuteur),

    - clarifier les procdures suivre par les acteurs en les mettant par crit,

    - constituer une commission pdagogique pour traiter en profondeur les aspects

    concernant laccompagnement des stagiaires en dehors des runions du PDD,

    - clarifier le budget disponible pour les stagiaires et faire une rpartition financire plus

    proche de la finalit du projet,

    - clarifier la notion daccompagnement, etc.

    27

  • 5. CONCLUSIONS

    Les intentions du projet VITAR taient de faciliter linsertion socioprofessionnelle dun

    certain nombre dafricains subsahariens habitant en Wallonie grce la valorisation de leurs

    comptences dans des secteurs de lemploi tels que le commerce international et la

    coopration au dveloppement, la cration dentreprises et les activits socioculturelles. Il

    visait galement la cration et la diffusion auprs des professionnels du secteur des nouvelles

    pratiques dinsertion socioprofessionnelle spcifiques ce public. A long terme, VITAR

    devait finaliser par la cration dune agence de dveloppement et de transfert de comptences

    en Wallonie.

    A lissu du projet, nous constatons que les deux premiers objectifs du projet ont t poursuivis

    par les partenaires, tandis que le dernier est rest en suspens. En effet, aucune activit

    concrte na t mise en place de la part des partenaires pour le dveloppement de cette

    agence.

    Les rsultats atteints au cours de cette exprience pilote peuvent tre synthtiss comme suit :

    - Dveloppement des capacits de gestion de la diversit au sein du PDD.

    - Contribution au changement de certaines politiques : par exemple, les CPAS acceptent

    que des stagiaires avec un contrat article 60 puissent le raliser en partie en

    Afrique ; le FSE admet comme frais ligibles les dpenses effectues en Afrique alors

    quil sagit dun fonds europen ; lancienne politique au niveau fdral et rgional

    d Aide au retour sest transforme en aide au transfert de comptences .

    - Contribution la promotion d'une politique de valorisation des ressources spcifiques

    des migrants sur le march de l'emploi auprs de dcideurs, des structures

    administratives et des entreprises.

    - Contribution la sensibilisation de la population belge vis--vis des difficults

    rencontres par ce public spcifique (non quivalence des diplmes, discrimination

    lemploi, difficults dobtenir des crdits dans le systme bancaire ordinaire, etc.)

    28

  • travers diverses actions de diffusion des rsultats (interviews, prsence de la TV dans

    les sminaires, articles dans des journaux, sites Internet, )

    - Organisation dun espace-rencontre entre stagiaires porteurs dun projet avec des

    organismes de financement alternatif afin de leur faciliter laccs des crdits.

    - Soutien financier des stages en entreprise pouvant ouvrir des portes pour lengagement

    ultrieur des stagiaires.

    - Valorisation des stagiaires ayant abouti leur projet lors des diffrents vnements

    publics du projet (confrences, articles, ...).

    - Soutien dans la recherche dun emploi pour les stagiaires ne souhaitant pas dvelopper

    leur propre projet.

    - Transmission des rsultats dautres spcialistes de linsertion socioprofessionnelle

    (CPAS, FOREM, ...)

    6. RECOMMANDATIONS

    Recommandations lintention des professionnels de linsertion socioprofessionnelle

    Se tenir prt se questionner sur son identit, sur ses propres comptences.

    Se former en matire de gestion de la diversit, aborder la thmatique de lidentit et

    des chocs culturels, identifier et dvelopper ses propres comptences interculturelles.

    Dfinir une mthodologie d'identification, de validation et d'valuation de

    comptences transfrables. Constituer une banque de donnes des projets, des moyens

    matriels et des ressources humaines et associatives ou institutionnelles en la matire,

    notamment rpertorier et former des agents de transferts de comptences.

    29

  • Cibler beaucoup plus les porteurs de projet au dpart, par la dfinition de critres de

    recrutement et par lidentification de comptences.

    Associer les stagiaires au processus depuis le dbut, les considrer comme des

    partenaires.

    Introduire dans le projet les initiatives de transfert de comptences venant des pays du

    Sud.

    Considrer laccompagnement comme une dimension continue qui commence avant

    mme le dmarrage du projet et qui va au-del de la clture de celui-ci.

    Dfinir une dmarche d'accompagnement et de soutien de candidats agents de

    transferts; modliser cette dmarche et la diffuser sous forme de formation des

    acteurs professionnels participant au projet.

    Organiser des concertations/intervisions entre les formateurs et entre les

    accompagnateurs avant, pendant et aprs la formation. Faciliter lchange

    dexpriences et lanalyse de situations individuelles.

    Organiser les modules de formation sur un seul site la fois, afin de diminuer la dure

    de la formation. Dvelopper une mthode de formation active adapte aux adultes

    universitaires en contexte multiculturel ingalitaire.

    Approfondir la thmatique de lidentit et des chocs culturels dans le module de

    formation communication interculturelle , en faisant rfrence la ncessit de

    grer la diversit existante au sein mme du dispositif. Amener les stagiaires

    identifier et dvelopper leurs comptences interculturelles.

    Etablir des synergies entre les professionnels de linsertion socioprofessionnelle.

    Rpartir le budget en fonction des objectifs poursuivis et rendre visible cette

    rpartition depuis le dbut du projet, vis--vis de tous les partenaires. Clarifier loffre

    30

  • du projet VITAR vis--vis des accompagnateurs et des stagiaires : ce quil peut offrir

    et ce quil ne peut pas offrir, ce qui est soutenu financirement ou pas, etc.

    Plutt que dattribuer la tche dvaluation un seul partenaire, constituer une

    commission dvaluation interne intgrant un membre de chaque partenaire du PDD,

    afin de diminuer les rsistances.

    Crer pour le PDD un systme de communication par Intranet, ceci afin dobtenir une

    fluidit de communication.

    Crer des liens entre le volet national du projet et le volet transnational afin de

    bnficier mutuellement des produits raliss.

    Faire appel des personnes insres ayant vcu les mmes difficults dinsertion que

    les bnficiaires (Parrainage par les pairs).

    Poursuivre laccompagnement des migrants au-del de la priode de financement du

    projet ou les confier des structures comptentes pour raliser ce type de travail.

    Recommandations lintention des stagiaires

    Se tenir prt se questionner sur son identit, sur ses propres comptences.

    Exploiter linformation sur Internet, les NTIC et loutil informatique.

    Sinformer sur la composition du paysage institutionnel belge et europen.

    Se renseigner sur le fonctionnement de ladministration belge : par exemple, comment

    communiquer dans une hirarchie administrative ? (passer dabord par les

    administratifs qui connaissent le dossier avant de sadresser directement un

    Ministre).

    31

  • Identifier ses comptences spcifiques en lien avec le dveloppement de son projet et

    les valoriser.

    Se fdrer afin daccder plus aisment des crdits ou faire appel une institution

    solvable qui pourrait runir diffrents porteurs de projets et se porter garante vis--vis

    des organismes financiers.

    Recommandations lintention des dcideurs politiques

    Les ingrdients dune action de valorisation identitaire et de transfert de comptences doivent

    tre fonction du profil des stagiaires. L'exprience VITAR montre que si certains participants

    sont dsireux de se lancer dans la cration d'entreprises, d'autres prfrent des fonctions

    salaries, alors que dautres encore sont la recherche d'un statut plus que d'un emploi

    rmunrateur. Ainsi nous suggrons :

    La constitution d'un fonds de soutien des porteurs d'entreprises et de projets de

    dveloppement. Ce fonds pourrait fonctionner l'image des fondations prives : une

    premire aide rduite permettant d'approfondir le projet et une seconde aide appuyant

    la ralisation. Ce qui suppose des modalits d'valuation en Afrique, si des projets y

    sont localiss, et en Europe. Il s'agirait galement d'intresser divers pouvoirs et

    structures de financement. Le candidat lui-mme serait invit co-financer l'action.

    La constitution d'une rserve d'emploi APE ou autres pour ceux qui dsirent occuper

    une fonction salarie. Ces emplois pourraient notamment concerner les tches de

    transmission des situations observes en Afrique (ducation au dveloppement, etc.)

    ou tches dj mentionnes plus haut : commercialisation, reprsentation, transferts du

    sud vers le nord, etc. Dans le champs de l'activit conomique, une collaboration est

    initier avec des entreprises d'emploi intrimaire qui pourraient centraliser les offres et

    les demandes en direction de l'Afrique dans un esprit de transfert de comptences.

    Il s'agit galement de mentionner la possibilit de cooprer avec des immigrs dj

    insrs professionnellement qui, travers des structures associatives ou

    32

  • communautaires, sont intresss remplir des tches de solidarit tant vers l'Afrique

    que vers d'autres localisations.

    Il sagit en outre de sensibiliser les administrations et les associations soutenir les

    profils de type VITAR et tenir compte de leur spcificit, ainsi que de sensibiliser les

    dcideurs pour quils favorisent lassouplissement de la lgislation susceptible

    dinfluencer la gestion pratique et concrte des projets (par exemple, assouplir les

    conditions des articles 60 dans les CPAS, afin de rendre possibles les voyages dans le

    pays dorigine).

    Un effort spcifique dinformation et de sensibilisation devra cibler le secteur de la

    coopration au dveloppement.

    Il serait opportun que les administrations offrent aux porteurs de projets la recherche

    de crdits quils soient Africains ou non un systme de garantie.

    33