le rapport final du projet

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    05-Jan-2017

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Intgration et Valorisation des Comptences V I T A R Valorisation Identit Transfert Autonomie Ralisations RAPPORT DEVALUATION FINALE Ralis par Susanna Marin sous la direction dAltay Mano Septembre 2004 Avec le soutien du Fonds Social Europen et le Ministre des Affaires Sociales et de la Sant de la Rgion Wallonne. 1 SOMMAIRE INTRODUCTION 1. CADRE INSTITUTIONNEL ET CONCEPTUEL DU PROJET 2. LES OBJECTIFS POURSUIVIS EN REGION WALONNE 3. LES ACTIVITES MISES EN UVRE ET RESULTATS OBTENUS 3.1. Activits pour linsertion socioprofessionnelle en faveur du public cible 3.1.1. Le recrutement des stagiaires 3.1.2. La formation structure sur site 3.1.3. Laccompagnement des stagiaires 3.2. Activits pour la cration et la diffusion de nouvelles pratiques professionnelles 3.2.1. Llaboration de nouvelles connaissances concernant le public cible et de nouveaux outils et mthodes daccompagnement 3.2.2. La transmission et diffusion des connaissances 3.3. Activits pour la cration dune agence de dveloppement et de transfert de comptences en Wallonie 4. LA COORDINATION 4.1. Le Partenariat De Dveloppement du projet (PDD) 4.2. Lvaluation niveau national 5. CONCLUSIONS 6. RECOMMANDATIONS 2 INTRODUCTION Ds 2001, la Direction Gnrale des Affaires Sociales et de la Sant (DGASS) de la Rgion wallonne a assur la coordination gnrale du projet VITAR dans le cadre du programme dinitiative communautaire EQUAL subsidi par le Fonds Social Europen. Le Partenariat De Dveloppement (PDD) de ce projet a dur quatre ans (de 2001 2004) et son objectif tait dexprimenter des nouvelles pratiques professionnelles de valorisation identitaire, de transfert de comptences et dinsertion socioprofessionnelle de demandeurs demploi originaires dAfrique subsaharienne, habitant en Wallonie et soumis des discriminations importantes malgr leurs niveaux de qualification, souvent levs. Ce partenariat (voir coordonnes en annexe 1) tait compos des institutions suivantes : - Le Carrefour Interculturel Wallon (CIW) Namur, coordination administrative et financire. - LInstitut de Recherche, Formation et Action sur les Migrations (IRFAM) Lige, coordination pdagogique, valuation interne et accompagnement des stagiaires. - Le Collectif de femmes (CF) Louvain-la-Neuve, accompagnement des stagiaires. - Le Centre Rgional de Verviers dIntgration des personnes trangres ou dorigine trangre (CRVI) Verviers, accompagnement des stagiaires. - Centre dAction Interculturelle (CAI) Namur, accompagnement des stagiaires. Instigateur des concepts de valorisation identitaire et professionnelle des travailleurs migrants, ainsi que de la notion de transfert de comptences, lIRFAM tait charg de la mise en uvre concrte de laccompagnement des stagiaires sur Lige ainsi que de lvaluation interne, continue et formative de lexprience, de sa modlisation et de sa documentation. Lvaluation a donn lieu plusieurs rapports internes et diverses interventions mthodologiques destines amliorer les activits dveloppes par les acteurs partenaires. Nous prsentons ici le rapport final de cette valuation dont le but est de fournir une description des activits menes ainsi quune lecture analytique de lensemble des activits et des produits, en vue de la modlisation de lexprience. Cette modlisation consiste ressortir les rsultats saillants de linitiative pilote et de faire des propositions pour transposer les acquis vers dautres populations et zones gographiques, voire vers dautres secteurs 3 dactivit conomique. Le prsent rapport se clturera donc par des recommandations destination notamment des intervenants de linsertion socioprofessionnelle et des dcideurs. Les informations ncessaires la rdaction de ce rapport ont t obtenues travers lobservation participante des actions, la triangulation des diffrentes observations, lanalyse des documents internes, les entretiens des acteurs, les groupes de discussion, les questionnaires davis et lexamen de la trajectoire individuelle des stagiaires. Tous les acteurs du programme VITAR ont particip lvaluation interne. Les rsultats de celle-ci ont t transmis de manire continue lors des runions du PDD et des sances collectives avec les stagiaires et ont fait lobjet dun rapport intermdiaire interne en mai 2003. 1. CADRE INSTITUTIONNEL ET CONCEPTUEL DU PROJET Initialement le projet VITAR prend son inspiration dune tude commande lIRFAM par le Ministre des Affaires Sociales et de la Sant de la Rgion wallonne propos de la prsence et du degr dintgration de la population africaine subsaharienne en Wallonie (VITA : Valorisation Identitaire, Transfert, Autonomie). Cette tude a donn lieu une publication en lan 2001, Valorisation et transfert des comptences des Africains de Wallonie 1. VITA-R se veut tre un projet pilote de Ralisations pratiques sur le march de lemploi en faveur de ce public spcifique. Il sagit, ds lors, de mettre en application les ides proposes dans cet ouvrage savoir, laccompagnement des travailleurs africains qualifis dans le cadre de projets professionnels, de cration demploi ou de transfert de comptences vers les pays dorigine, par exemple. L'hypothse centrale est que l'insertion socioprofessionnelle d'un certain nombre d'immigrants africains est possible grce la valorisation de leurs comptences, leurs ressources et rseaux communautaires, leurs connaissances culturelles et linguistiques particulires, leurs savoirs et savoir-faire professionnels et scientifiques dans des secteurs d'emploi, tels la cration dentreprises en Belgique, la participation des initiatives interculturelles et socio-ducatives dans le monde associatif et la coopration au dveloppement des pays africains. 1 J. GATUGU, A. MANO, S. AMORANITIS (2001), Valorisation et transfert des comptences : lintgration des migrants au service du co-dveloppement. Le cas des Africains de Wallonie, Paris : L'Harmattan, coll. "Logiques sociales". 4 Pendant la priode prparatoire du projet (doctobre 2001 mars 2002) les partenaires ont ralis lidentification des ressources internes, lappareillage de celles-ci et la dfinition collective des orientations stratgiques du projet VITAR. Une deuxime phase (de mars 2002 dcembre 2003) a consist mener laction concrte : il sagissait de la mise en place dun dispositif de formation en tronc commun de 306 heures compose de contenus interculturels, de gestion de projets et dentreprises et dune initiation aux notions de valorisation identitaire et professionnelle, ainsi quaux questions de transfert de comptences2. Cette formation pouvait tre complte par des stages en entreprise, des stages dimmersion linguistique ou des formations complmentaires (utilisation du matriel informatique, criture de projets, prparation dun plan comptable ou laboration dun budget). A lissue de la formation et jusque la fin des activits (en septembre 2004) les stagiaires ont bnfici dun accompagnement individualis dans la ralisation de leurs projets. Certains dentre eux remplissant les conditions dligibilit dfinies par le PDD, ont galement bnfici dun soutien financier pour la ralisation dtudes de faisabilit dans diffrents pays trangers. Les partenaires du PDD VITAR ont galement prospect les filires ou niches demploi possibles et donc prpar laprs-formation, cest--dire la priode des stages, de suivi et dinsertion socioprofessionnelle. Des contacts divers ont t pris en Belgique, en Wallonie en particulier et en Afrique. Dans le cadre du programme dinitiative communautaire EQUAL, le projet VITAR comportait galement un volet transnational dont lobjectif principal tait la ralisation de produits tels que le site Internet prsentant les diffrents projets nationaux EQUAL dans trois rgions dEurope (Andalousie, Lombardie et Wallonie) ; la bibliothque virtuelle HERMES sur les migrations en Europe ; llaboration dindicateurs dinsertion socioprofessionnelle des migrants dans les trois rgions... Les activits menes par le partenariat transnational sont dtailles dans le rapport dactivits de la Coordination gnrale du projet VITAR (DGASS). 2 Par valorisation identitaire nous entendons la reconnaissance des caractristiques et des aspirations spcifiques des stagiaires. La valorisation identitaire passe par la reconnaissance administrative et symbolique des capacits et savoir-faire rels des personnes (), par la reconnaissance sa juste valeur dventuels avantages relatifs que cette population recle, notamment en ce qui concerne des emplois ncessitant, par exemple, des relations avec le continent africain ou la population immigre. Le transfert des comptences des immigrants vers les rgions dorigine est une forme particulire de valorisation identitaire et professionnelle des immigrs dans leur pays daccueil. (GATUGU et al. P. 25-26). Le transfert de comptences suppose la mobilisation de lensemble de savoirs, savoirs-faire, savoir-faire faire et savoir faire savoir de ce public. 5 2. LES OBJECTIFS POURSUIVIS EN REGION WALLONNE Trois objectifs ont t poursuivis par le projet VITAR : Objectif 1 : Faciliter linsertion socioprofessionnelle dun certain nombre dafricains subsahariens habitant en Wallonie grce la valorisation de leurs comptences dans des secteurs de lemploi tels que le commerce international et la coopration au dveloppement, la cration dentreprise et les activits socioculturelles. Objectif 2 : Crer et diffuser auprs des professionnels du secteur, un modle de nouvelles pratiques dinsertion socioprofessionnelle spcifiques pour ce public. Objectif 3 : Crer une agence de dveloppement et de transfert de comptences en Wallonie. 3. LES ACTIVITES MISES EN UVRE ET RESULTATS OBTENUS 3.1. Activits mises en place pour linsertion socioprofessionnelle en faveur du public-cible (Objectif 1) 3.1.1. Le recrutement des stagiaires Le recrutement des stagiaires sest ralis en deux phases : - Une premire phase daccueil et de recrutement (action 1 - 2002) a permis de toucher les personnes potentiellement intresses par le projet VITAR. Plus de 80 personnes y ont particip et, sur base des fiches individuelles rcoltes, 77 profils ont t rpertoris. Il sagissait dune majorit dhommes (78%) avec une moyenne de 42 ans, originaires notamment de la Rpublique Dmocratique du Congo (54%), du Burundi et du Rwanda, naturaliss ou bnficiant dun sjour permanent pour la plupart. Concernant le niveau dtudes, ils taient surtout porteurs dun diplme du niveau secondaire (88%) et suprieur (75%). 6 Les statuts professionnels des candidats taient pour la plupart prcaires : mergeant au CPAS (38%) ; au chmage (28%), dont la majorit non indemniss ; des travailleurs (20%), avec des sous-statuts pour la plupart ; des tudiants (7%) ; 63% navaient jamais travaill en Europe. Parmi ces 77 candidats, 51% souhaitaient raliser leur projet dans le pays dorigine et 28% en Belgique. Les projets proposs portaient surtout sur des actions de coopration au dveloppement (40%) et sur la cration dentreprise (36%). - La phase de slection (action 2 - 2002) a identifi 59 stagiaires sur base des critres tablis par le PDD : tre africain subsaharien rsidant en Wallonie, tre porteur dun projet professionnel dans les secteurs commercial, socioculturel, ou de la coopration au dveloppement ; avoir un diplme dtudes suprieures et enfin possder un accs inconditionnel lemploi en Belgique. Les rgles strictes de slection tablies au dpart ont d tre adaptes car le public considr est un public trs mouvant. Par ailleurs, le critre de diplme suprieur fut celui qui a t le moins respect dans la mesure o la capacit des stagiaires a produire des projets et sy investir savre indpendante de leur niveau de diplme. En revanche, le critre de stabilit de sjour doit tre imprativement respect pour permettre aux stagiaires un panouissement sur le march de lemploi. Au cours du projet et aprs divers abandons, dautres stagiaires nayant pas suivi la formation ont t encadrs galement par les partenaires de proximit. Au total, le projet VITAR a touch 77 stagiaires, dont 59 ont bnfici de laccompagnement rgulirement. 3.1.2. La formation structure sur site La priode de formation a dbut en septembre 2002 et sest finalise en mars 2003, soit une priode de sept mois, elle fut dispense trois groupes de stagiaires dans trois rgions en Wallonie : Lige/Verviers, Namur et Louvain-La-Neuve. 7 Les formations ont fait appel des formateurs membres du PDD (IRFAM, CAI et CF) ainsi qu des experts extrieurs, dont certains venant dAfrique. Trois modules de formation ont t proposs lensemble des stagiaires : - Valorisation identitaire et professionnelle et transferts de comptences : intgration des migrants au service du co-dveloppement , propos par lIRFAM. Ce module de 30 heures a abord des sujets tels que le potentiel oubli des comptences des Africains vivant en Wallonie ; lintgration des ralits du Sud (Afrique) et du Nord (Wallonie) et la valorisation des comptences du migrant ; le transfert de comptences, concrtement, ce que cest et ce que ce nest pas ; les obstacles dici, du point de vue des Africains et les obstacles de l-bas, du point de vue des Africains ; lapprciation de lide de transfert de comptences par des Africains de l-bas, etc. - Dveloppement, intgration et interculturalit , propos par le CAI. Les objectifs de ce module de 30 heures taient de faire prendre conscience de son positionnement par rapport son identit, par rapport au concept de dveloppement, ainsi que par rapport un contexte institutionnel ; de donner des outils d'analyse des politiques de dveloppement et de permettre aux participants de situer et de modifier leur projet dans l'axe personnel-politique-culturel. La question de la gestion de conflits a t galement aborde. - Notions de cration et de gestion de projets et dentreprises , propos par le CF et le Centre dEtudes et de Formation sur la PME (CEF-PME). Dans ce module de 246 heures, il a t question de donner aux participants des outils indispensables au montage et llaboration de projets dauto-prise en charge ; une aide et un soutien dans la recherche dinformations et des stratgies pour entreprendre. Un appui dans la rdaction du plan dentreprise ont aussi t dispenss de faon individuelle ou collective (aide dans la recherche dinformations, test et vrification des ides dentreprise, suivi et valuation des projets, recherche dquipements et des partenaires, mise en rseaux, soutien et appui au dmarrage, mise en contacts avec des programmes complmentaires). Lors de la formation, les stagiaires ont rpondu un test de comptences (forces et faiblesses). Sils navaient pas les comptences ncessaires pour le dveloppement de leur projet, on leur 8 conseillait de suivre des formations complmentaires offertes par le dispositif VITAR et de chercher des partenaires qui runissent les comptences dont ils manquaient ou encore dadapter leur projet leurs comptences. Cest le cas, par exemple, de certains stagiaires de Verviers qui ont rorient leurs projets de dveloppement vers des projets associatifs (coles de devoirs, notamment) car il y avait beaucoup de pdagogues dans ce groupe. A lissue de la formation, les accompagnateurs ont comptabilis 47 projets au total. Une rorientation des projets a eu lieu pendant cette priode. En effet, aprs la formation, certains stagiaires ont pris conscience de limportance de sinsrer dabord en Belgique avant dentreprendre un projet dans le pays dorigine et, en consquence, ils ont chang de projet, allant plutt vers la cration de leur propre emploi. Lors de lvaluation intermdiaire ralise aprs la formation, dbut 2003, 54% des stagiaires ont rpondu au questionnaire (N=32). Les rsultats les plus positifs de cette valuation sont : - 59% affirmaient que la formation avait rpondu leurs attentes (des outils pour la cration et la gestion dune entreprise, des outils pour aller de lavant, la concrtisation de projets, etc.). - La qualit du module de formation sur la gestion des entreprises. - Lchange dexpriences, le climat relationnel et la qualit des contenus thoriques. - Le niveau de satisfaction gnrale aprs la phase de formation allait de satisfaisant trs satisfaisant . - 60% des stagiaires conseilleraient de participer ce projet dautres personnes. Les difficults les plus importantes concernant la formation, soulignes par les acteurs du projet (stagiaires, formateurs et coordinateurs) lors de lvaluation intermdiaire sont : - La prcipitation, les changements dagenda, la prolongation de la formation - Les difficults de coordination et de gestion de la formation de trois groupes en mme temps sur trois villes. - Les retards dans la gestion des dossiers sociaux des stagiaires (remboursement de dplacements) - La communication entre les acteurs du projet. - Les diffrentes conceptions de la coopration au dveloppement en prsence. 9 - Le manque de clart des objectifs et des moyens. - Une distorsion entre les attentes des stagiaires et le processus qu'ils ont rencontr. En effet, le fait davoir dmarr les trois groupes de formation en mme temps dans trois sites diffrents, a rendu la tche de coordination et de gestion de la formation plus difficile et a prolong la dure de formation prvue pour les stagiaires. Certaines difficults sont lies la coordination pdagogique : au dpart les formateurs ne se connaissaient pas et ne connaissaient pas les contenus des autres modules ; diffrentes reprsentations concernant la coopration au dveloppement Nord-Sud co-existaient ; il existait un manque de clart des objectifs pour les stagiaires (par ex. certains stagiaires ne savaient pas si limplantation des projets devait se faire en Belgique ou dans leur pays dorigine, alors que les deux possibilits existaient)... Ces difficults sont en partie la cause de plusieurs abandons cette phase du projet. Pour le futur, l'organisation pratique du dispositif doit tre allge en prvoyant l'avance des concertations entre formateurs et les documents ncessaires pour tablir un climat de confiance et d'engagement mutuels (par exemple, concernant les conventions morales entre les stagiaires et le PDD VITAR, les contrats de formation avec le FOREM, les contrats de stage, ). La distorsion entre les attentes des stagiaires au dpart (des financements de la part du Ministre, un emploi ) et le processus qu'ils ont rencontr (demande d'un projet labor, d'une certaine dynamique, ) pourrait expliquer en partie les insatisfactions, frustrations, dcouragements ainsi que le taux d'abandon ou de faible rgularit observ. Par rapport aux attentes que certains stagiaires avaient concernant le soutien financier, il faut tenir compte de linfluence psychologique de lhistoire entre le Congo et la Belgique. Le changement du systme nimplique pas ncessairement le changement des reprsentations. Il faut tenir compte galement de la reprsentation de certains stagiaires concernant les institutions politiques en rapport avec celles quils ont pu connatre dans leurs pays dorigine (rgimes totalitaires o les ministres ont un pouvoir certain). Pendant le processus, une certaine dose dagressivit chez les stagiaires a t souligne par les formateurs et accompagnateurs (revendications fulgurantes, accusations, etc.). Une hypothse 10 explicative de cette situation serait quils se sentent lasss socialement cause de la non reconnaissance du statut quils avaient au pays dorigine et quils ont perdu en Europe. A lissue de la formation, les stagiaires avaient manifest les besoins suivants : Besoins Nombre de stagiaires Accompagnement dans la recherche dun emploi 35 Contrats articles 603 20 Voyages dtudes en Afrique 18 Soutien financier 10 Accompagnement dans la rdaction du projet 9 Formations en langues 7 Formations complmentaires 6 Containers pour lenvoi de matriel en Afrique 5 Stages en entreprise 4 Voyages dtudes en Belgique / Europe 4 Locaux pour tablir des coles de devoirs 3 Ltablissement de cette liste de besoins a permis aux membres du PDD de rguler laccompagnement ainsi que de prciser loffre daccompagnement du projet VITAR (ce qui pouvait tre soutenu financirement et ce qui ne pouvait pas ltre ; par exemple, le cot des containers pour lAfrique ntait pas un poste ligible). Lors de tout le processus il a fallu prciser et reprciser auprs des stagiaires cette offre et, jusqu la fin du projet, certains stagiaires ne connaissaient pas encore les possibilits offertes tant en termes daccompagnement quen termes financiers. Ce bilan a permis galement de raliser une estimation budgtaire pour la rpartition du budget global du dispositif. Grce cela des rajustements du budget ont t raliss, notamment en ce qui concerne le montant consacr aux frais des stagiaires, celui-ci a t augment et, aprs ngociations avec les responsables de lAgence du FSE, des voyages dtude en Afrique sont devenus ligibles pour la premire fois dans un projet europen. 3.1.3. Laccompagnement des stagiaires Laccompagnement ne doit pas tre considr comme une tape isole du reste dactivits (formation, stages, etc.) mais comme une dimension transversale et continue du projet : il 3 Initiative dconomie sociale mise en uvre par les Centres Publiques dAide Sociale (CPAS). Aide par la mise au travail, permettant terme aux personnes de rintgrer le circuit de la scurit sociale. 11 commence ds la priode de slection des stagiaires et continue tout au long de la formation pour sintensifier pendant la priode de rdaction et de ralisation des projets. Nanmoins, dans le projet dorigine il tait prvu que laccompagnement commence de manire linaire aprs la formation, cest--dire, en mars 2003 et quil se termine en dcembre 2003. La ralit a confirm notre premire hypothse et, ds lors, laccompagnement sest prolong jusque la fin du projet en septembre 2004, voire aprs la fin du projet par les partenaires dont cette fonction fait partie de leurs missions (CAI, CRVI ou CF). Les stages et les formations complmentaires font partie de la priode daccompagnement. Ils sont considrs comme un pas supplmentaire intervenant dans la ralisation du projet, comme une mise en pratique momentane permettant d'accrotre ses savoirs et savoir-faire dans le domaine concern par le projet. Laccompagnement des stagiaires comprend galement le lobbying des projets auprs dorganismes financiers alternatifs pour lobtention de crdits. Cette action se poursuivra en novembre 2004, sous forme de table ronde mettant ensemble les stagiaires porteurs dun projet bancable et des responsables dorganismes de financement alternatif, tels que CREDAL, TRIODOS, etc. Au total, 77 stagiaires, dont 59 taient rguliers, ont bnfici dun suivi individualis dans la rdaction de leurs projets, la recherche de financements, de partenariats 15 stagiaires ont abandonn le dispositif en cours de route, soit parce quentre-temps ils avaient trouv un emploi, soit parce que le dispositif ne rpondait pas leurs attentes, soit pour des raisons familiales. En mme temps, des stagiaires porteurs de projet nayant pas suivi la formation ont rejoint le groupe des stagiaires et ont bnfici galement de laccompagnement. 54% des stagiaires ayant bnfici de laccompagnement ont rpondu au questionnaire dvaluation finale (N=32). Au vu des rsultats de lvaluation finale, les attentes nourries vis--vis de VITAR au dpart de celui-ci de la part des stagiaires taient, par ordre dimportance : - un soutien financier pour ltude de faisabilit du projet personnel (62%) et un soutien dans la recherche de subsides (58%) ; - la cration dun emploi (54%), laccs un emploi (50%), le transfert de comptences vers le pays dorigine (42%) ; - la ralisation dun stage utile son projet (50%) 12 - la conscientisation des pouvoirs belges la situation des travailleurs africains immigrs (46%). Les rsultats les plus positifs de cette valuation finale sont : - 69% des stagiaires considrent que le projet rpond un vritable besoin. - 65% le conseilleraient dautres personnes. - 62% expriment une satisfaction vis--vis du projet, due notamment : o une aide concrte grce VITAR : cration de son emploi (23%), changement de statut professionnel (8%), cration de nouveaux partenariats (15%), un soutien institutionnel utile (15%), possibilits de transfert de comptences vers le pays dorigine (15%), possibilits de stages utiles au projet personnel (8%) ; o une meilleure connaissance des ralits du march de lemploi belge, une meilleure comprhension des difficults des travailleurs africains en Belgique, une prise de conscience de ses atouts sur le march du travail, une reconnaissance sociale (20%) ; o une plus grande adaptation des structures belges au cas des travailleurs immigrs africains qualifis et une plus grande conscientisation des pouvoirs publics belges sur la spcificit de ces travailleurs (17%). - 50% affirment que leur projet a t modifi pendant la dure de VITAR, notamment le lieu de lactivit envisage (46%), les besoins en termes de ressources financires et autres (42%), le public cible (38%) et les besoins auxquels le projet tente de rpondre (31%). - Selon 62% des personnes, ces modifications sont des effets directs du dispositif VITAR venant des membres du PDD (46%), des autres stagiaires VITAR (27%), de sa propre initiative et sa capacit mieux apprhender les ralits conomiques du Sud et du Nord (15%) ou de lextrieur du projet VITAR (8%). Selon les accompagnateurs, les effets qualitatifs de VITAR sur les acteurs sont : - Le dveloppement dune connaissance et dune comprhension plus approfondie des difficults et des ressources spcifiques de ce public et des capacits en matire de gestion de la diversit au sein des quipes partenaires. 13 - La mise en rseau avec des institutions extrieures au projet (comme le CPAS, le FOREM, des ONG, etc.) sensibilises aux difficults du public Africain. - La sensibilisation de la population belge quant aux ressources et difficults rencontres par ce public spcifique, travers des actions de diffusion des rsultats (interviews, prsence de la TV dans les sminaires, articles dans des journaux, sites Internet, ). - Le changement de certaines politiques : par exemple, les CPAS acceptent que des stagiaires avec un contrat article 60 puissent le raliser en partie en Afrique ; des voyages dtude en Afrique sont devenus ligibles pour la premire fois dans un projet du Fonds Social Europen ; lancienne politique au niveau fdral et rgional d Aide au retour sest transforme en aide au transfert de comptences . - La cration de systmes dentraide entre stagiaires dans la rdaction des projets et la recherche dinformation. Les difficults les plus importantes concernant laccompagnement, soulignes par les acteurs du projet (stagiaires, accompagnateurs et coordinateurs) lors de lvaluation finale sont : - La communication entre les diffrents acteurs du projet : les diffrentes conceptions de la culture administrative, du fonctionnement des projets europens, du fonctionnement des ministres belges, du mode dexpression des insatisfactions - Lcriture de projets selon le canevas propos en formation. - Lidentification des besoins rels des stagiaires. - La gestion des demandes des stagiaires en matire d'accompagnement et de valorisation socioprofessionnelle. - La mconnaissance de la dimension sociopsychologique des acteurs en prsence. - La conception d'une modalit d'accompagnement adapte pour des projets en balance. Pour les accompagnateurs, cette exprience pilote a t une occasion de dvelopper des comptences spcifiques lies laccompagnement de ce public cible (v. annexes 3 et 4). Cet accompagnement sest avr une tche complexe pour des acteurs de linsertion socioprofessionnelle nayant pas ou peu dexprience dans le domaine de la coopration au dveloppement ou la cration dentreprise, par exemple. Lexprience a montr, galement, la ncessit de les former des aspects lis la dimension psychosociologique de ce public et la communication interculturelle. 14 VITAR a gnr par certains de ces aspects diverses insatisfactions et tensions tant au sein de certaines quipes partenaires qu'entre celles-ci. La plus grande de ces frustrations tait de voir les projets des certains stagiaires stagner. L'valuation du projet VITAR a apprci certaines causes institutionnelles de ces insatisfactions. Le travail d'valuation fournie a ainsi montr, outre des problmes de coordination et de communication entre les quipes, notamment, la difficult pour les institutions partenaires de comprendre les besoins vritables des stagiaires. Par ailleurs, on note galement une certaine difficult grer les demandes des stagiaires en matire d'accompagnement et de valorisation socioprofessionnelle. Si, lors de la priode daccompagnement, diverses initiatives d'insertion socioprofessionnelle proposes par les stagiaires taient avances, voire trs avances et en voie de finalisation, dautres taient encore assez peu labores, en cours de rdaction et mme de gestation. La grande difficult se trouvait dans la conception d'une modalit d'accompagnement pour ces projets en balance. Il tait indispensable galement de faire une analyse approfondie du profil, des demandes et des modes de fonctionnement des stagiaires eux-mmes. Le terrain en matire daccompagnement des bnficiaires durant cette priode a t un observatoire intressant pour ce fait. Or, il s'avre que laccompagnement des candidats VITAR doit dans certains cas tenir galement compte de leur ralit de vie et trajet migratoire depuis l'Afrique pour clairer leur positionnement par rapport la question de linsertion socioprofessionnelle en Belgique. En dautres termes, il faut intgrer dans les dmarches des accompagnateurs le fait que ces personnes ont fait lobjet dune disqualification sociale et professionnelle importante durant le processus migratoire, une involution qui peut les rendre trs revendicatifs, voire agressifs lorsquils formulent leurs besoins professionnels. Il s'agit pour une large part des individus ayant connu une relgation sociale importante en Belgique et n'ayant pas pu le corriger spontanment : par exemple, des hauts cadres de l'Afrique centrale devenus des exclus sociaux en Belgique... Cette dimension est d'autant plus marque que les contacts avec des personnes du mme profil en Afrique permettent de constater le contraste comportemental quand bien mme des assists sociaux en Belgique gagnent plus en argent que les hauts cadres en fonction en Afrique. Les personnes en Afrique sont dmunies mais gardent un statut qui leur permet de jouir d'une 15 confiance fondamentale, d'un lan, tandis que la personnalit de l'Africain de Belgique, relgu social, se trouve souvent lamine... Il existe donc une dimension de soutien psychologique importante absolument revaloriser dans les approches daccompagnement. Augmenter simplement les moyens allous aux stagiaires -pour rpondre leurs revendications- pourrait paradoxalement aggraver ces reprsentations vindicatives tournes vers le pays d'accueil et les effets dvastateurs de l'assistanat social. Par exemple, les comptences exploiter sur le march de l'emploi ne sont pas toujours celles auxquelles pensent spontanment les participants, savoir trs souvent leurs comptences acadmiques. Du reste, le march cibler n'est pas non plus celui imagin au dpart, c'est--dire une insertion directe dans un poste responsabilit au sein d'une institution par exemple. Le trajet migratoire et les preuves qu'il impose aux personnes font exister d'autres comptences psychosociales et interculturelles galement valorisables dans certaines niches du march de l'emploi. Aussi, les candidats doivent d'abord eux-mmes apprendre reconnatre et valoriser ces capacits. Il ressort des diverses missions effectues par lIRFAM en Afrique (Togo, Bnin, Burundi, R.D.C.) quune des pistes importantes approfondir pour les intellectuels participant VITAR semble tre, s'agissant de la coopration au dveloppement, le transfert, par exemple vers des entits institutionnelles situes en Afrique centrale, des "comptences de citoyens" voluant dans un monde multiculturel et pluraliste. Or, un tel besoin est criant dans les pays des Grands Lacs vivant actuellement une difficile transition vers la paix. Ces comptences interculturelles valorises dans le cadre de projets ducatifs, par exemple, seraient trs apprcies par des programmes de soutien la dmocratisation des pays d'origine des stagiaires VITAR. En consquence, il s'agira l'avenir de dvelopper une structure daccueil, dcoute et daccompagnement sociopsychologique avec des professionnels de l'insertion socio-conomique capables d'absorber l'expression des frustrations et des angoisses lies cette relgation sociale. Il se posera invitablement la question de la formation et du soutien professionnel accorder ces accompagnateurs professionnels. Force est de constater quun tel profil d'accompagnateur est rare. Tant les partenaires du projet VITAR que d'autres oprateurs en insertion socioprofessionnelle, comme le FOREM et les CPAS, par exemple, 16 rencontrent diverses difficults dans ce domaine. Ainsi que l'exprience actuelle le montre, ces institutions sont demandeuses pour dvelopper une approche positive de "l'Africain immigr". VITAR a ainsi prouv sa capacit enclencher des processus qui visent interroger et transformer les systmes d'accueil et d'intgration des personnes trangres ou dorigine trangre en fonction de leurs propres caractristiques et non en fonction d'une conception a priori de l'intgration. En guise d'exemple, on considrera les situations administratives paradoxales qui condamnent au chmage, qui ne reconnaissent pas les diplmes, qui proposent des primes pour des retours impossibles ou peu utiles, qui offrent des postes et des statuts peu motivants des personnes avec exprience, etc. Peut-tre faut-il travailler, l'avenir, les dimensions proprement professionnelles et d'insertion sociale, uniquement et dans un second temps, avec des Africains qui ont su dpasser les obstacles psychologiques et frustrations mentionns, ayant russi "l'interface entre les mondes"... Les travaux de Michle Vatz-Laaroussi de l'Universit de Sherbrooke au Canada sur la valorisation des parcours migratoires pourraient ici se rvler utiles, dans le sens o le contentieux entre les institutions d'un pays d'accueil comme la Belgique et les reprsentants de rgimes dchus d'Afrique centrale pourrait tre dpassionn et des voies positives de coopration avec ces personnes pourraient tre recherches travers une pdagogie de la paix, un entranement la communication non-violente, etc. Un sminaire organis par l'IRFAM en fvrier 2004 a permis M. Vatz-Laaroussi, ainsi qu' d'autres experts internationaux de montrer que la dynamique vcue dans le pays dorigine est dterminante par rapport la dynamique que le migrant mettra en place au pays daccueil : il s'agit de considrer la personne dans son historicit, par rapport ces difficults, mais galement tant persuad que dans un trajet il existe toujours de russites. La question centrale est ds lors : comment articuler ce pass d'ailleurs un futur d'ici ? Effets quantitatifs du dispositif VITAR sur les trajectoires des stagiaires Le tableau ci-aprs prsente de faon synthtique le nombre de stagiaires ayant bnfici des diffrentes actions mises en place par le dispositif VITAR : Phases du dispositif VITAR Nbre de stagiaires % Recrutement 77 Formation 59 Accompagnement 77 17 Accompagnement de faon rgulire 59* Formations complmentaires 56 Stages 18 31 Stages dimmersion linguistique 4 7 Voyages d'tudes de faisabilit 29 49 Projets identifis 54 92 Projets parvenus au PDD pour agrment 28 47 Projets ayant obtenu un avis favorable du PDD 25 42 Projets ayant obtenu un soutien financier de VITAR 25 42 Projets ncessitant un crdit pour leur ralisation 28 47 Emplois rmunrs 21 36 Contrats article 60 10 17 Activits rgulires caractre professionnel non rmunre 4 7 * les pourcentages sont calculs par rapport au nombre de stagiaires rguliers. Les 77 stagiaires comptabiliss dans laccompagnement sont des personnes diffrentes celles qui avaient t recrutes au dpart du projet car ce public est trs mouvant, il y a eu des abandons et des nouvelles inscriptions en cours de route. Egalement, les 59 stagiaires ayant bnfici de faon rgulire de laccompagnement sont des personnes distinctes de celles ayant suivi la formation. Certains stagiaires ont suivi des formations complmentaires en fonction des besoins de leurs projets : comptabilit, informatique de gestion, coopration internationale, coordination des coles de devoir, animateur dcole de devoirs, agriculture, agrgation, multimdia, journalisme 49% des stagiaires ont ralis des tudes de faisabilit en vue davoir des informations additionnelles afin de complter leur projet par une tude sur le terrain. 31% des participants ont ralis des stages, soit dans les associations faisant partie du Partenariat de dveloppement du projet VITAR, soit dans des entreprises. 7% ont ralis des stages dimmersion linguistique dans diffrents pays (Angleterre, Allemagne). A lissu de la priode daccompagnement, 54 projets ont t identifis, dont 28 sont parvenus au Partenariat De Dveloppement du projet VITAR (voir liste en annexe 2), dont 25 ont obtenu un soutien financier de celui-ci. Les 25 projets soutenus par le PDD se ventilent, selon une rpartition sectorielle, de la manire suivante : 11 projets dans le secteur agricole ; 6 projets en lien avec des services ; 4 projets dans le secteur des Nouvelles Technologies Informatiques et de la Communication (NTIC) ; 2 projets dans le secteur de la Sant ; 1 projet en relation avec le domaine de ltude et de la recherche. Selon une rpartition gographique, on dnombre une majorit en Afrique : 18 12 projets au Congo ; 4 en Belgique ; 4 au Burundi ; 1 au Rwanda ; 1 au Togo ; 1 au Cameroun ; 1 au Gabon et 1 au Sngal. Quelques projets sont rajouter cette liste pour comptabiliser une trentaine de projets finaliss ou en voie de finalisation la fin du programme VITAR, en comprenant notamment des ralisations dans le secteur social en Belgique (coles de devoirs, crches). En effet, certains projets des stagiaires ne sont pas parvenus au PDD pour diverses raisons : insertion professionnelle, pas de projet crit, rdaction pas finalise ou non conforme au canevas tabli, pas besoin dun soutien financier pour un voyage dtudes Nanmoins, certains ont bnfici de laccompagnement et se sont dvelopps autrement. Nous prsentons ci-aprs quelques exemples de ces trajectoires des stagiaires. En 2002, Madame Z. sest inscrite dans VITAR avec un projet de dveloppement nord-sud ax sur la commercialisation, en Belgique, de produits artisanaux africains fabriqus par les femmes de la rgion des Grands Lacs. Son objectif principal tait de crer son propre emploi et, en mme temps, elle manifestait le besoin daider ses partenaires africains couler leurs produits en Afrique et en Belgique ainsi que dtablir des contacts avec dautres associations, notamment de femmes tablies en Afrique. Madame Z. a suivi lentiret de la formation VITAR et a bnfici rgulirement dun suivi de son projet. Lors du dispositif VITAR, Madame Z. a suivi plusieurs formations complmentaires : Internet et traitement de texte au FOREM ; Economie sociale et gestion dentreprise lInstitut de Dveloppement Europen de lEconomie Sociale ; formation de formateurs en alphabtisation Lire et Ecrire. A lissue de la formation, elle souhaitait dvelopper un projet dans le secteur associatif plutt que dans le commercial. Ds lors, elle a rdig un projet de cration dcole de devoirs en Belgique (deux autres stagiaires avaient dvelopp galement des projets dans ce secteur) et a ralis un stage dans une cole de devoirs. Emergeant du CPAS, Madame Z. remplissait les conditions pour accder un contrat article 60. Des dmarches ont t entreprises par les membres du PDD dans ce sens et Madame Z. a t engage avec un contrat article 60 temps plein chez Lire et Ecrire en tant quanimatrice en cole de devoirs, ceci pour une priode de 18 mois. Depuis son engagement, elle na plus travaill sur la rdaction de son propre projet qui tait pratiquement finalise. Ce parcours lui a permis dacqurir des comptences en tant quanimatrice dcole de devoirs et dactivits extrascolaires ainsi que de prendre conscience de certaines ralits du march de lemploi en Belgique, notamment la 19 difficult de crer un emploi rmunr via une cole de devoirs. A lissue de VITAR, les besoins de Madame Z. se situent surtout au niveau dun accompagnement pour prparer laprs article 60 . Madame Y. na pas particip la formation mais bien laccompagnement. Dabord elle a mis sur pied une halte garderie bnvolement et a suivi une formation en accueil de la petite enfance. Ensuite elle a eu accs un contrat article 60 dans une asbl qui dveloppe un projet de garderie denfants. Monsieur X. sest inscrit dans VITAR avec un projet de lutte contre lexode rural au Congo. Il a particip lentiret de la formation VITAR ainsi qu laccompagnement. A lissue de la formation, il souhaitait dvelopper deux nouveaux projets commerciaux, visant surtout la cration de son emploi en Belgique. Aprs maintes dmarches pour le dmarrage de lun et de lautre projet, un des deux a dmarr de faon bnvole, avec l'aspiration daccder un article 60. Entre-temps, Monsieur X. a refus un poste de coordinateur temps plein avec possibilit de dure indtermine dans un projet en lien avec le sien. En septembre 2004, 36% des stagiaires ayant particip au dispositif VITAR bnficient dun emploi rmunr ; 17% ont eu accs des contrats article 60 et 7% ont dvelopp une activit rgulire caractre professionnel non rmunre. A ce propos, il est important de souligner limportance dune insertion sociale pour certains stagiaires qui taient plutt la recherche dune reconnaissance sociale que professionnelle (par exemple, des personnes relativement ges rencontres dans lchantillon des stagiaires se sont orientes vers des postes honorifiques et bnvoles dans lassociatif, laction sociopolitique, laction citoyenne). 3.2. Activits mises en place pour la cration et la diffusion de nouvelles pratiques professionnelles (Objectif 2) 3.2.1. Elaboration de nouvelles connaissances concernant le public cible et de nouveaux outils et mthodes daccompagnement Tout au long du projet, les partenaires ont dfini leurs objectifs et ont chang autour de leurs conceptions respectives (sur lintgration, le transfert de comptences, la valorisation 20 identitaire et professionnelle, la coopration au dveloppement, etc). Ils ont galement dfini ensemble le profil des stagiaires bnficiaires du dispositif, les contenus de formation, les mthodes de suivi, les critres dvaluation, etc. Cette exprience pilote a permis de dcouvrir dautres caractristiques de ce public dont il faut tenir compte lors de laccompagnement : abattement psychologique gnral d la non insertion, discriminations multiples vcues spcifiquement par les femmes, public dcroch, chmeurs de longue dure, motivations diversifies vis--vis de linsertion socioprofessionnelle, perte de statut social par rapport au pays dorigine, enlisement dans lassistanat, etc. Une commission pdagogique sest constitue en cours de projet afin de traiter en profondeur les aspects spcifiques concernant laccompagnement des stagiaires. Cette commission a labor un document afin de clarifier la procdure suivre dans laccompagnement des stagiaires et lagrment de projets (voir annexe 3). Cette dmarche a eu ses forces (clarifier les rles de chacun) et ses faiblesses (lourdeur procdurale). Elle a d tre rajuste notamment en ce qui concerne les recommandations faites aux stagiaires : dabord elles se faisaient oralement et suite des difficults dans la communication, il a t dcid de les raliser par crit afin de rduire les malentendus. Cette commission pdagogique a labor un document reprenant une analyse des pratiques professionnelles des accompagnateurs VITAR ainsi que les principales difficults rencontres par ceux-ci (voir annexe 4). Paralllement, lIRFAM a ralis deux tudes complmentaires pour documenter le partenariat et, au-del, les intervenants en insertion socioprofessionnelle. La premire tude consiste en un travail de synthse de la littrature sur la migration et la coopration au dveloppement et permet de dvelopper une vision plus positive et plus efficace du travail des intervenants en insertion socioprofessionnelle avec le public spcifique Africain subsaharien. La seconde tude fait le bilan dautres projets dinsertion socioprofessionnelle de chercheurs demploi africains en Wallonie et montre que dans les 15 institutions observes, les intervenants en insertion socioprofessionnelle ne prennent pas en compte la spcificit de ce public dans leurs pratiques dinsertion. 21 3.2.2. La transmission et diffusion des connaissances Lensemble des synthses produites est diffuse vers les membres du partenariat et vers les intervenants tiers. Cette transmission sest ralise grce aux stratgies suivantes : - La publication darticles dans des revues spcialises et dans divers sites web. - Le colloque international Valorisation identitaire et professionnelle : transfert de comptences des personnes trangres ou dorigine trangre qui sest tenue Lige le 9 mai 2003. Ce colloque s'est attach dvelopper diffrents axes de rflexion en prsentant, dans un premier temps les prsupposs thoriques et mthodologiques des dmarches de valorisation identitaire et de transfert de comptences sur le march de l'emploi. Il a, ensuite, prsent des valuations d'actions concrtes ayant concern en Wallonie des publics immigrs. Des interlocuteurs privilgis, porteurs d'expriences d'autres pays dont le Togo, l'Espagne et l'Italie, ont galement t invits prsenter leurs mthodes et rsultats, de faon susciter une discussion sur ces concepts. Les actes de ce colloque sont disponibles sur le site produit dans le volet transnational du projet : www.equal-alameda.org. Au total, 120 personnes ont particip au colloque, dont 35 % ont rpondu au questionnaire dvaluation labor par la commission dvaluation transnationale. Les participants ont donn leur apprciation, sur une chelle de 1 10 (1 tant "trs mauvais" et 10 "excellent") par rapport l'organisation/logistique et les thmatiques. Les contenus et les thmatiques abords ont t valus entre 6 et 10 par 90% des participants et lorganisation et la logistique ont t values galement entre 6 et 10 par 92% des participants. - La diffusion des actions du projet VITAR travers le site www.equal-alameda.org ainsi qu travers le site de lIRFAM www.irfam.org 22 http://www.equal-alameda.org/http://www.equal-alameda.org/http://www.irfam.org/- Le sminaire de diffusion finale du volet national du projet VITAR, le 16 novembre 2004, qui comprend galement une bourse projets (rencontre des stagiaires porteurs dun projet avec des reprsentants dorganismes de financement alternatif, dadministrations et diffrentes ONG). Les actes de ce sminaire et les rsultats de la bourse projets seront accessibles dans le site de la coordination administrative www.ciweb.be - Par ailleurs lensemble des rapports et tudes raliss par lIRFAM sera prsent dans un recueil publi aux ditions de lHarmattan en 2005. Ces activits ont permis aux accompagnateurs des stagiaires de dvelopper une connaissance et une comprhension plus approfondie des difficults et des ressources spcifiques de ce public ; des processus d'accompagnement vers l'emploi ad hoc ; des capacits en matire de gestion de la diversit ; des pratiques professionnelles novatrices en matire dinsertion socioprofessionnelle et la mise en rseau avec des institutions extrieures au projet (comme le CPAS, le FOREM, des ONG, etc.) sensibilises aux difficults du public africain. Par exemple, le CPAS de Namur a accept des articles 60 extraterritoriaux. Enfin, les cellules emploi des Centres Rgionaux dIntgration ont dvelopp une connaissance du terrain et une exprience utile et ils vont continuer travailler de la sorte. 3.3. Activits mises en place pour la cration dune agence de dveloppement et de transfert de comptences en Wallonie (Objectif 3) La cration dune agence de coopration au dveloppement en Wallonie devait assurer la prennit des nouvelles pratiques de valorisation et de transfert de comptences du public cible. Cette agence devait prfigurer une faon innovante de grer, partir dinterventions locales, des flux migratoires internationaux dans leurs liens au dveloppement conomique, dans le respect des personnes concernes et dans lintrt mutuel des rgions dorigine et daccueil. Bien que la cration de cette agence ait t rgulirement discute au cours des runions du PDD, il a t dcid de patienter encore quelques mois avant de prendre des initiatives. Il 23 http://www.ciweb.be/sagissait dailleurs dun objectif long terme prvu pour 2006 et les conditions ne semblaient pas runies aprs les trois premires annes de lexprience. Cependant, linstigation de lIRFAM, une nouvelle asbl, du nom de TRANSFAIREs, a t cre en 2002, dont lobjectif est lintgration socioprofessionnelle des migrants et la valorisation de leurs comptences via le transfert de celles-ci. TRANSFAIREs introduit ainsi une autre modalit dintgration de ces populations, dans le champ social belge en crise de solutions adquates au chmage qui frappe particulirement les migrants dits surqualifis originaires de lAfrique subsaharienne. Il est important de prciser que, pour cette ONG, le transfert ne signifie pas le retour mais plutt la mobilisation des comptences. En ce sens, il rime avec plusieurs allers et retours, voire avec le tltravail. Il existe galement la Cellule d'Appui pour la Solidarit Internationale Wallonie (CASIW, www.casiw.be) Namur, cre en 2003 par la Rgion wallonne dans le cadre du Contrat d'Avenir pour la Wallonie Actualis (CAWA) "Poursuivre et amplifier", et plus prcisment de sa vingtime mesure concrte qui vise notamment "promouvoir dans tous les domaines l'implication citoyenne et le partenariat". La CASIW dpend de la Division des Relations internationales (DRI) du Ministre de la Rgion wallonne et collabore avec tous les services de l'Espace international Wallonie-Bruxelles et avec la Cellule Relations internationales du Cabinet du Ministre-Prsident du Gouvernement wallon. Cette cellule constitue une des axes du programme d'actions du Contrat d'Avenir exprimant la volont du Gouvernement wallon de "Promouvoir l'implication citoyenne et le partenariat associatif en matire de coopration au dveloppement". Elle a pour objectif gnral de promouvoir en Wallonie l'implication citoyenne et le partenariat associatif en matire de coopration internationale au dveloppement. Cela implique notamment : d'accrotre la sensibilisation aux problmes des pays en dveloppement ; de promouvoir la participation citoyenne cette politique ; et de diversifier le panel d'acteurs wallons qui participent aux programmes et aux projets de coopration internationale. Il s'agit d'un service dconcentr de ladministration internationale qui aura pour mission d'aider de nouveaux acteurs wallons de la coopration dans la conception de leurs projets, de les conseiller, les guider dans la construction de leurs dossiers et la mise en uvre de leurs projets, et de les orienter vers les bailleurs de fonds adquats. 24 http://www.casiw.be/4. LA COORDINATION 4.1. Le Partenariat De Dveloppement du projet (PDD) Le Partenariat De Dveloppement du projet (PDD) sest runi pendant tout le processus afin dassurer un suivi intensif. Au total, 53 runions du PDD ont eu lieu de 2001 2004. Cette instance a t le lieu privilgi des prises de dcision en collgialit. Cest l, en partie, que la rgulation de ltat davancement du projet sest ralise. Ces runions ont galement servi identifier les problmes spcifiques du public sur le march de lemploi, sensibiliser les acteurs, les convaincre dactions, prciser les objectifs, etc. La mise en rseau de partenaires a permis la ralisation dune exprience pilote dans laquelle tant le secteur public que le secteur priv et associatif ont port et dvelopp ensemble des actions et des efforts pour aboutir des rsultats concrets en fonction dobjectifs communs. Gnralement, il y a un dcalage entre les attentes des dcideurs politiques et administratifs et les intervenants de terrain. Par ce projet, ils ont pris conscience de part et dautre des besoins respectifs, des logiques dintervention et daction et des modalits de fonctionnement de chacun dentre eux. Par ailleurs, au niveau des oprateurs de terrain, leur mise en rseau et en partenariat a conditionn la ralisation du projet dans le sens o ils sont intervenus chacun en fonction de leurs rles et spcificits et mthodologies dapproche dans le champ dintervention quest le secteur de lintgration et de limmigration. De plus, la logique de dveloppement et de ralisation de VITAR est base sur la complmentarit entre eux tant au niveau de la formation quau niveau de laccompagnement des bnficiaires. Sans cette volont ou cette ncessit de travailler ensemble, de par la nature du projet, celui-ci naurait mme pas pu dbuter. Chacun des partenaires a donc pu amliorer sa comptence travailler en partenariat mais aussi sa facult de ngocier avec lautre, de lever les obstacles communs et de trouver ensemble des solutions tout en tirant des enseignements pour la suite et en rorientant ses interventions, toujours en visant des rsultats au niveau des stagiaires. 25 La cration plus tardive que prvu du CIW, et le transit par le CAI des ressources financires et humaines ncessaires la coordination, a cr une situation institutionnelle parfois difficile comprendre tant de lintrieur que de lextrieur du PDD. Cela a ncessit de nombreuses clarifications tous niveaux (Agence FSE, partenaires transnationaux, collaborateurs...) sans pour autant entraver le fonctionnement et la gestion des dossiers et des actions menes. Lors de lvaluation intermdiaire, les partenaires ont exprim quelques difficults vcues au sein du PDD. Celles-ci taient lies : - lexistence de diffrentes coordinations (confusion de rles) ; - la communication (malentendus, problmes de gestion de la diversit interne au PDD, mconnaissance des partenaires, dcisions prises hors des runions du PDD, manque de relais de linformation) ; - la gestion du projet (gestion des imprvus, surcharge de travail, retards dans les dlais, manque de transparence du budget, dbordement des aspects organisationnels, dossiers sociaux des stagiaires...) Les partenaires ont nanmoins russi surmonter ces difficults et travailler ensemble tout en rectifiant certains de ces disfonctionnements pour aller vers le but partag : linsertion des stagiaires. 4.2. Lvaluation au niveau national Lvaluation interne du projet VITAR sest ralise de faon ngocie entre les partenaires sous la coordination de lIRFAM. Un systme dvaluation a t conu par le coordinateur pdagogique et valid par les membres du PDD. Il s'agit d'un modle d'valuation utile tous les acteurs du projet qui a permis lamlioration continue des actions en cours. Les techniques de recueil et danalyse dinformation utilises ont t : - lobservation participante (des runions prparatoires, des formations, des runions dvaluation, des sminaires de diffusion, des sances collectives avec les stagiaires et les pouvoirs publics, etc.) ; 26 - la triangulation des diffrentes informations recueillies par plusieurs observateurs ; - lanalyse des documents (rapports dactivits de chaque partenaire ; procs-verbaux des runions du PDD et des runions pdagogiques ; rapports dvaluation intermdiaires, etc.) ; - les entretiens semi-structurs des coordonnateurs, formateurs et accompagnateurs et les groupes de discussion avec les stagiaires ; - les questionnaires davis (les questionnaires dvaluation intermdiaire et finale complts par les stagiaires (v. annexe 5 et 6) ; les questionnaires dvaluation des sminaires thmatiques) - lexamen de la trajectoire de chaque stagiaire (fiches individuelles des stagiaires (v. annexe 6) ; les tableaux de bord daccompagnement des stagiaires (v. annexe 7) ; procs-verbaux des runions pdagogiques et de coordination sur ltat davancement des stagiaires, etc.). Tous les acteurs du projet (stagiaires, accompagnateurs, membres du PDD) ont particip ce processus. Les rsultats des valuations ont t transmis de manire continue lors des runions du PDD et lors des sances collectives avec les stagiaires et ont fait lobjet dun rapport intermdiaire interne en mai 2003. Ce processus dvaluation formative a t utile notamment pour : - clarifier les rles de chacun, notamment des diffrentes coordinations, - mettre au point un systme de communication adapt aux diffrentes caractristiques des partenaires (par exemple, communiquer par mail, tlphone ou fax en fonction de linterlocuteur), - clarifier les procdures suivre par les acteurs en les mettant par crit, - constituer une commission pdagogique pour traiter en profondeur les aspects concernant laccompagnement des stagiaires en dehors des runions du PDD, - clarifier le budget disponible pour les stagiaires et faire une rpartition financire plus proche de la finalit du projet, - clarifier la notion daccompagnement, etc. 27 5. CONCLUSIONS Les intentions du projet VITAR taient de faciliter linsertion socioprofessionnelle dun certain nombre dafricains subsahariens habitant en Wallonie grce la valorisation de leurs comptences dans des secteurs de lemploi tels que le commerce international et la coopration au dveloppement, la cration dentreprises et les activits socioculturelles. Il visait galement la cration et la diffusion auprs des professionnels du secteur des nouvelles pratiques dinsertion socioprofessionnelle spcifiques ce public. A long terme, VITAR devait finaliser par la cration dune agence de dveloppement et de transfert de comptences en Wallonie. A lissu du projet, nous constatons que les deux premiers objectifs du projet ont t poursuivis par les partenaires, tandis que le dernier est rest en suspens. En effet, aucune activit concrte na t mise en place de la part des partenaires pour le dveloppement de cette agence. Les rsultats atteints au cours de cette exprience pilote peuvent tre synthtiss comme suit : - Dveloppement des capacits de gestion de la diversit au sein du PDD. - Contribution au changement de certaines politiques : par exemple, les CPAS acceptent que des stagiaires avec un contrat article 60 puissent le raliser en partie en Afrique ; le FSE admet comme frais ligibles les dpenses effectues en Afrique alors quil sagit dun fonds europen ; lancienne politique au niveau fdral et rgional d Aide au retour sest transforme en aide au transfert de comptences . - Contribution la promotion d'une politique de valorisation des ressources spcifiques des migrants sur le march de l'emploi auprs de dcideurs, des structures administratives et des entreprises. - Contribution la sensibilisation de la population belge vis--vis des difficults rencontres par ce public spcifique (non quivalence des diplmes, discrimination lemploi, difficults dobtenir des crdits dans le systme bancaire ordinaire, etc.) 28 travers diverses actions de diffusion des rsultats (interviews, prsence de la TV dans les sminaires, articles dans des journaux, sites Internet, ) - Organisation dun espace-rencontre entre stagiaires porteurs dun projet avec des organismes de financement alternatif afin de leur faciliter laccs des crdits. - Soutien financier des stages en entreprise pouvant ouvrir des portes pour lengagement ultrieur des stagiaires. - Valorisation des stagiaires ayant abouti leur projet lors des diffrents vnements publics du projet (confrences, articles, ...). - Soutien dans la recherche dun emploi pour les stagiaires ne souhaitant pas dvelopper leur propre projet. - Transmission des rsultats dautres spcialistes de linsertion socioprofessionnelle (CPAS, FOREM, ...) 6. RECOMMANDATIONS Recommandations lintention des professionnels de linsertion socioprofessionnelle Se tenir prt se questionner sur son identit, sur ses propres comptences. Se former en matire de gestion de la diversit, aborder la thmatique de lidentit et des chocs culturels, identifier et dvelopper ses propres comptences interculturelles. Dfinir une mthodologie d'identification, de validation et d'valuation de comptences transfrables. Constituer une banque de donnes des projets, des moyens matriels et des ressources humaines et associatives ou institutionnelles en la matire, notamment rpertorier et former des agents de transferts de comptences. 29 Cibler beaucoup plus les porteurs de projet au dpart, par la dfinition de critres de recrutement et par lidentification de comptences. Associer les stagiaires au processus depuis le dbut, les considrer comme des partenaires. Introduire dans le projet les initiatives de transfert de comptences venant des pays du Sud. Considrer laccompagnement comme une dimension continue qui commence avant mme le dmarrage du projet et qui va au-del de la clture de celui-ci. Dfinir une dmarche d'accompagnement et de soutien de candidats agents de transferts; modliser cette dmarche et la diffuser sous forme de formation des acteurs professionnels participant au projet. Organiser des concertations/intervisions entre les formateurs et entre les accompagnateurs avant, pendant et aprs la formation. Faciliter lchange dexpriences et lanalyse de situations individuelles. Organiser les modules de formation sur un seul site la fois, afin de diminuer la dure de la formation. Dvelopper une mthode de formation active adapte aux adultes universitaires en contexte multiculturel ingalitaire. Approfondir la thmatique de lidentit et des chocs culturels dans le module de formation communication interculturelle , en faisant rfrence la ncessit de grer la diversit existante au sein mme du dispositif. Amener les stagiaires identifier et dvelopper leurs comptences interculturelles. Etablir des synergies entre les professionnels de linsertion socioprofessionnelle. Rpartir le budget en fonction des objectifs poursuivis et rendre visible cette rpartition depuis le dbut du projet, vis--vis de tous les partenaires. Clarifier loffre 30 du projet VITAR vis--vis des accompagnateurs et des stagiaires : ce quil peut offrir et ce quil ne peut pas offrir, ce qui est soutenu financirement ou pas, etc. Plutt que dattribuer la tche dvaluation un seul partenaire, constituer une commission dvaluation interne intgrant un membre de chaque partenaire du PDD, afin de diminuer les rsistances. Crer pour le PDD un systme de communication par Intranet, ceci afin dobtenir une fluidit de communication. Crer des liens entre le volet national du projet et le volet transnational afin de bnficier mutuellement des produits raliss. Faire appel des personnes insres ayant vcu les mmes difficults dinsertion que les bnficiaires (Parrainage par les pairs). Poursuivre laccompagnement des migrants au-del de la priode de financement du projet ou les confier des structures comptentes pour raliser ce type de travail. Recommandations lintention des stagiaires Se tenir prt se questionner sur son identit, sur ses propres comptences. Exploiter linformation sur Internet, les NTIC et loutil informatique. Sinformer sur la composition du paysage institutionnel belge et europen. Se renseigner sur le fonctionnement de ladministration belge : par exemple, comment communiquer dans une hirarchie administrative ? (passer dabord par les administratifs qui connaissent le dossier avant de sadresser directement un Ministre). 31 Identifier ses comptences spcifiques en lien avec le dveloppement de son projet et les valoriser. Se fdrer afin daccder plus aisment des crdits ou faire appel une institution solvable qui pourrait runir diffrents porteurs de projets et se porter garante vis--vis des organismes financiers. Recommandations lintention des dcideurs politiques Les ingrdients dune action de valorisation identitaire et de transfert de comptences doivent tre fonction du profil des stagiaires. L'exprience VITAR montre que si certains participants sont dsireux de se lancer dans la cration d'entreprises, d'autres prfrent des fonctions salaries, alors que dautres encore sont la recherche d'un statut plus que d'un emploi rmunrateur. Ainsi nous suggrons : La constitution d'un fonds de soutien des porteurs d'entreprises et de projets de dveloppement. Ce fonds pourrait fonctionner l'image des fondations prives : une premire aide rduite permettant d'approfondir le projet et une seconde aide appuyant la ralisation. Ce qui suppose des modalits d'valuation en Afrique, si des projets y sont localiss, et en Europe. Il s'agirait galement d'intresser divers pouvoirs et structures de financement. Le candidat lui-mme serait invit co-financer l'action. La constitution d'une rserve d'emploi APE ou autres pour ceux qui dsirent occuper une fonction salarie. Ces emplois pourraient notamment concerner les tches de transmission des situations observes en Afrique (ducation au dveloppement, etc.) ou tches dj mentionnes plus haut : commercialisation, reprsentation, transferts du sud vers le nord, etc. Dans le champs de l'activit conomique, une collaboration est initier avec des entreprises d'emploi intrimaire qui pourraient centraliser les offres et les demandes en direction de l'Afrique dans un esprit de transfert de comptences. Il s'agit galement de mentionner la possibilit de cooprer avec des immigrs dj insrs professionnellement qui, travers des structures associatives ou 32 communautaires, sont intresss remplir des tches de solidarit tant vers l'Afrique que vers d'autres localisations. Il sagit en outre de sensibiliser les administrations et les associations soutenir les profils de type VITAR et tenir compte de leur spcificit, ainsi que de sensibiliser les dcideurs pour quils favorisent lassouplissement de la lgislation susceptible dinfluencer la gestion pratique et concrte des projets (par exemple, assouplir les conditions des articles 60 dans les CPAS, afin de rendre possibles les voyages dans le pays dorigine). Un effort spcifique dinformation et de sensibilisation devra cibler le secteur de la coopration au dveloppement. Il serait opportun que les administrations offrent aux porteurs de projets la recherche de crdits quils soient Africains ou non un systme de garantie. 33

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