Les TIC: une nouvelle opportunit pour le dveloppement des ...

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  • PNUD Tunis

    UNESCO Rabat

    Projet TUN/02/007/A/08/13

    Les TIC : une nouvelle opportunit

    pour le dveloppement des mdias et de leurs contenus

    en Tunisie

    Enqute auprs des dcideurs des mdias

    Remise en ordre stratgique et plan daction

    Rapport final

    Pr. Jamal Eddine NAJI ------------

    Juillet 2003

  • Cette tude a t ralise grce au concours prcieux, de fond et de forme, de lexpert Pr. Ridha NAJAR (consultant national) et la

    bienveillante collaboration des dcideurs interviews et dont la liste nominative est insre en fin de document.

  • La matrise du savoir et des nouvelles technologies de la communication, couple la

    circulation et la diversification de linformation, constituent des variables-cls pour une

    insertion du pays dans un environnement mondial changeant, sur une base qui

    sauvegarde par ailleurs ses valeurs et son identit culturelle .

    (CA. du PNUD et du FNUAP. Doc. Nations Unies. DP/ccf/TUN/2.Nov 2001; p.3)

  • Table des matires

    INTRODUCTION ..................................................................................................5

    LMENTS DE DIAGNOSTIC DU CHAMP DES MDIAS ET DES TIC.............9

    A. Mthode danalyse......................................................................................................................... 14 Axe 1 : Diagnostic global et positionnement de lentreprise (ou institution) de

    communication ...................................................................................................................................... 15 Axe 2 : Objectifs particuliers et moyens pour y parvenir ....................................................... 15 Axe 3 : Attentes et appuis externes .......................................................................................... 16 Axe 4 : Priorisation des blocages et des solutions ................................................................. 17

    B. Constats ........................................................................................................................................... 19 1er Constat : Mesures cloisonnes et peu publicises .................................................................... 21 2me constat : Spcificits du champ pas assez prises en compte................................................ 24 3me constat : Lobstacle du statut lgal de lentreprise ................................................................... 28 4me constat : Le retrait du crdit bancaire priv............................................................................... 30 5me constat : Foss entre le monde de la formation et lentreprise .............................................. 32 6me constat : Mise niveau de lentreprise et de lentrepreneurship ........................................... 42 7me constat : La documentation, lment de contenu marginalis............................................... 47 8me constat : La publicit, un levier redresser .............................................................................. 51 9me constat : Une coopration rgionale et internationale recadrer.......................................... 55 10me constat : Dmarche de concertation et planification long terme ...................................... 61

    BLOCS DACTIVITS POUR UNE STRATGIE NATIONALE DU DVELOPPEMENT DES TIC DANS LE MONDE DES MDIAS.......................63

    A. Objectifs globaux de la stratgie ............................................................................................... 64

    B. Blocs dactivits ............................................................................................................................. 68

    C. Rcapitulatif du Plan dAction Tableaux synoptiques ...................................................... 78 1. Activits par objectif stratgique ............................................................................................... 79 2. Activits par constat de diagnostic............................................................................................ 83 3. chancier et Partenariat.......................................................................................................... 90

    ANNEXES ..........................................................................................................97

    A. Fiche monographique................................................................................................................... 98

    B. Fiche sur le champ des communications................................................................................ 99

    C. Liste des dcideurs interviews ............................................................................................. 103

    D. Bibliographie & Webographie................................................................................................... 106

  • 5

    Introduction

    Cette tude vise retenir des lments de diagnostic et de recommandations

    pratiques pouvant constituer une stratgie densemble et intgre, de promotion

    des technologies de linformation et de la communication (TIC) (1) dans les

    mdias tunisiens. Cette stratgie, spcifique aux TIC dans le champ mdiatique

    (avec tous ses secteurs, y compris la formation), sinscrit dans la logique du

    Plan cadre des Nations Unies pour laide au dveloppement fixant le cadre

    de coopration avec la Tunisie pour la priode de son Xme plan national de

    dveloppement

    (2002-2006).

    La ncessit de dresser un bilan diagnostic de la situation actuelle des TIC dans

    les mdias tunisiens et dy adjoindre la dfinition daxes dinterventions possibles

    qui pourraient faire lobjet dun appui international, notamment un appui du

    PNUD et de lUnesco, dcoule dune orientation relative lobjectif de la

    diversification du contenu de linformation , lui-mme inscrit dans le Plan Cadre

    des Nations Unis au chapitre des questions de bonne gouvernance face aux

    dfis de la mondialisation.

    La capacit de la socit tunisienne pouvoir affronter les mutations

    venir et les dfis de tous ordres que le processus de mondialisation ne

    manquera pas dengendrer dpendra pour une large part de sa facult

    daccder un large ventail dinformations et dinterprter ces dernires.

    La richesse de linformation, tout comme son interprtation, dpendent

    des supports matriels et technologiques mobilisables mais aussi de la

    nature et de la diversit des flux dinformation. Aussi, et par del laccs

    direct linformation disponible sur lInternet, la diversification de

    1 Tout au long de cette tude, labrviation TIC sera utilise au lieu de NTIC .

  • 6

    linformation vhicule par les mdias commande en partie le

    dveloppement dune telle capacit.

    Il est donc prvu que le systme des Nations Unies contribue enrichir et

    diversifier linformation en outillant davantage les mdias cet effet. Dans

    ce domaine, galement, il sagira de permettre aux publications et aux

    chanes de radio et de tlvision dexploiter au mieux linformation

    accessible travers les nouvelles technologies de linformation, grce la

    mise en place de dispositifs et de formations conus cette fin. Les

    institutions du systme des Nations Unies associes une telle initiative

    seront celles les plus concernes par leur mandats (PNUD,

    UNESCO/PIDC et UIT) . (2)

    Cette orientation, donne de cet objectif le descriptif suivant : (3)

    Champ considr : les questions de gouvernance

    Domaines de concentration : linformation et la communication

    Points dentre : la diversification de linformation

    Limpact vis : des mdias davantage outills pour une information riche et diversifie

    Partenaires envisags : PNUD/UNESCO PIDC/UIT

    Cette tude sinsre donc par rapport cet objectif et selon lorientation du

    PNUD de faire de cette organisation le partenaire dun dialogue constructif de

    haut niveau, appuyant la formulation de stratgies nationales de dveloppement

    et clairant notamment les choix et les alternatives possibles (). Plutt que

    dapporter la Tunisie une assistance technique classique, lobjectif pour le

    PNUD, dans un contexte de mondialisation et de transitions multiples, est daider

    le pays matriser son avenir grce une meilleure apprhension dun

    environnement international en mutation acclre et une assimilation des

    2 Confre Plan Cadre des Nations Unies pour laide au dveloppement, Tunisie 2002-2006 . Publication Nations Unies. Bureau de coordination rsident en Tunisie. UNDP (page 36, section 3.2, Chapitre D les questions de gouvernance ). 3 Idem. Tableau synoptique. Page 42.

  • 7

    comptences et du savoir ncessaires son dveloppement (). Lappui du

    PNUD () prendra essentiellement la forme de services consultatifs de nature

    stratgique . (4)

    Dans la perspective de cet appui du PNUD (et des autres agences onusiennes

    concernes), il revenait donc cette tude daboutir des recommandations

    dordre stratgique et un plan daction, privilgiant le long terme, sans carter

    les activits entreprendre durgence ou moyen terme.

    En fait, le plan daction obtenu dgage des pistes davenir mais surtout propose

    une nouvelle mise en ordre des priorits, des constats et des leviers daction,

    tant les intervenants du champ mdiatique tunisien, avec leur tte les pouvoirs

    publics, ont nourri, soutenu ou pris rgulirement, depuis au moins cinq ans,

    linitiative dvaluations, de rformes et didentifications de problmes et de

    solutions. Ltude propose donc une remise en ordre, une autre priorisation

    des problmes et des solutions, qui, dans ce cas, est dicte par limpratif de la

    diversification et de lenrichissement des contenus des mdias au moyen des

    TIC.(5). Une autre priorisation qui, loccasion, ne manque pas dclairer des

    constats nouveaux et de dsigner des pistes nouvelles de solution, et qui se

    propose comme aide la dcision des leaderships concerns par le champ

    mdiatique : essentiellement, le leadership politique, le leadership conomique,

    le leadership de la formation et le leadership de lentreprise.

    Visant donc cet objectif daide la dcision comme rsultat ultime escompt de

    la stratgie daction propose, cette tude sadosse aux acquis dj en place et

    en uvre dans le champ mdiatique tunisien, en termes dutilisations et

    dusages des TIC, pour valuer la situation actuelle la lumire de certaines

    interrogations dont notamment :

    Les mdias tunisiens sont-ils bien outills en technologies de linformation et de la communication ?

    Quels usages font-ils de ces outils ?

    4 Confre Document DP/CCF/TUN2. Conseil dadministration du Programme des Nations Unies pour le dveloppement et du Fonds des Nations Unies pour la population. Deuxime cadre de coopration avec la Tunisie . Nations Unies. 12 novembre 2001 (page 8, paragraphes 24 et 27) 5 Ce terme de priorisation , en usage dans la communication en matire de population, fait rfrence au sens port par le verbe anglais to prioritize (et prioritization).

  • 8

    En usent-ils des fins marginales, y a-t-il une sous utilisation des opportunits quoffrent ces outils ?

    En usent-ils des fins de cration, de diversification et denrichissement des contenus ?

    Ces principales interrogations, qui en ont inspir dautres durant cette enqute,

    ont constitu le cadre de rfrence pour le guide dentretien que ltude a adopt

    pour sonder et faire exprimer les dcideurs interrogs, soit une quarantaine au

    total dans 21 institutions du champs, aussi bien sur la situation prsente des

    recours aux TIC que sur les perspectives davenir de ces recours.

    noter, enfin, quen ciblant, par le moyen de lentretien approfondi, les premiers

    dcideurs dans les mdias et institutions assimiles (monde de la formation,

    administrations publiques ou parapubliques), ltude a pu aussi, loccasion,

    sonder certains des premiers responsables de la mise en uvre de la dcision :

    rdacteur en chef, responsable de direction, chef de service central ou rgional,

    en plus des reprsentants des corporations des journalistes, des diteurs et des

    oprateurs du multimdia et de lInternet.

    La cible de ltude a t ainsi largie conformment lobjectif central de ltude,

    celui de sonder, des fins de diagnostic et de dialogue constructif , les

    rouages dcisionnels qui sont la tte des mdias dans le but dadopter un plan

    daction et de promotion vou permettre aux mdias de mieux matriser les TIC

    et den tirer le meilleur profit.

    Pour en arriver un tel plan, ltude a donc d procder :

    un expos descriptif et analytique de la situation actuelle des mdias et des TIC en Tunisie;

    une slection des constats et propositions daction qui animent les intervenants interrogs;

    la formulation de nouvelles propositions daction tires des conclusions de cette investigation.

  • 9

    lments de diagnostic du champ des mdias et

    des TIC

  • 10

    Pays pr mergent, la Tunisie semble traverser actuellement une phase dcisive

    dans son ambition daccder totalement au rang de pays mergent, dans le

    domaine des communications en loccurrence. (6)

    Le pays, qui a obtenu lorganisation du 2me round du Sommet Mondial sur la

    socit de linformation (Novembre 2005), compte son actif un indniable

    rythme global davance dans le domaine des TIC que nombre dindicateurs et

    de mesures publiques dencadrement et de dveloppement ne manquent pas

    dillustrer, attestant, du mme coup, du volontarisme qui anime ce rythme, au

    plan politique, et de certains rsultats performants quil affiche en comparaison

    avec des pays comparables, lchelle maghrbine, arabe et africaine.

    Rpute pour avoir abrit le premier nud Internet en Afrique (1989, nud

    EARN/BITNET avec liaison X.25), la Tunisie est dans le peloton de tte du

    continent africain et du monde arabe (en constant challenge avec la Jordanie et

    surtout lAfrique du Sud) en matire dexportation du soft. Des exportations qui

    auraient gnr 50 MDT en 2002 grce lactivit de prs de 400 socits de

    dveloppement de logiciels et de solutions informatiques. (7)

    On estime que le secteur des TIC intervient hauteur de 0.2% dans le PIB

    (estim prs de 30 Milliards DT en 2001), et, dans le cadre de son 10me plan

    de dveloppement (2002-2006), la Tunisie se fixe lobjectif fort ambitieux dlever

    cette part 8% du PIB. (8)

    6 Le Bilan Commun de pays (Nations Unies) a montr une Tunisie en transition, avec pour trame de fond essentielle les processus douverture conomique et dadaptation aux impratifs de la mondialisation sur toutes les dimensions de son dveloppement . Plan cadre des Nations Unies. op.cit (page 9). Confre en annexe une fiche comportant les principaux indicateurs conomiques et sociaux du pays. 7 In entretien ralis avec M. Moez Souabni, Pdt de lAssociation Tunisienne de lInternet et du multimdia (ATIM) et PDG de MRS . Lors dune confrence de presse tenue le 22 Mai 2003 pour annoncer la 1ere confrence rgionale dAfrique du Nord des dveloppeurs francophones de logiciels et de solutions informatiques ( Tunis du 26 au 28 juin 2003) le directeur gnral de Microsoft Tunisie, M. Nabil Chebbi dclara prs de 400 socits de dveloppement en Tunisie ont ralis un chiffre daffaires lexportation de logiciels de lordre de 25M US . In Ralits , dition du 29-05-03. 8 In entretien ralis avec M. Nader Yamoun, directeur gnral de Web design , concepteur de Medina (parc dattraction de Carthage qui obtint en 1999 loscar du premier concours tunisien).

  • 11

    La situation du secteur augure donc, en gnral et au regard de certains

    indicateurs, de plusieurs potentialits favorables un meilleur ancrage de la

    Tunisie la socit de linformation que nombre de pays comparables

    (notamment en Afrique et dans le monde arabe). Selon les dernires

    statistiques, 520 000 intervenants consultent en permanence et travaillent avec

    ce nouveau moyen de communication contre uniquement 100 personnes en

    1996 . (9)

    Ces indicateurs et dautres (quon voque en annexe) illustrent, en fait, une

    situation de transition qui peut tre qualifie de critique pour la dissmination et

    lmancipation de la culture des TIC dans le champ mdiatique tunisien. Stade

    critique dvolution, dans la mesure o le diagnostic du terrain rvle des

    mutations qui sont en cours vers plus dquipements et plus dutilisations mais

    dans un contexte professionnel qui accuse, cependant, nombre de tendances

    lourdes dans ses encadrements (lgislatifs, rglementaires, manageriels) et dans

    les comportements des oprateurs (administrations, investisseurs, managers,

    journalistes). Des tendances qui, souvent, font obstacle ou constituent des

    sources de nuisances ou de dperditions pour le rythme davance globalement

    affich par le pays dans le domaine des TIC et de leurs usages.

    Pays partenaire substantiellement soutenu en ce domaine des communications

    et des mdias par le systme onusien et ses agences spcialises (PNUD et

    UNESCO principalement), la Tunisie est, au stade actuel de son volution,

    interpelle au niveau de ses acquis en la matire et de ses choix stratgiques

    long terme si elle veut que son ancrage la socit de linformation mondiale,

    sur fond de mondialisation multisectorielle, soit consquent et efficient laune

    dun dveloppement durable.

    Au titre dun des objectifs du Programme de Coopration entre les Nations Unies

    et la Tunisie (2me cadre 2002-2006), cest--dire lobjectif de linsertion de la

    Tunisie dans lconomie mondiale , le conseil dadministration du PNUD et du

    FNUAP a recommand la ncessit dentreprendre une rflexion prospective

    9 In La Presse du 12 Avril 2003, Tlphone fixe et mobile : stratgie pour lamlioration des prestations par Houda Hafraoui (page 3). Confre en annexe une fiche comportant des indications significatives sur les quipements et les utilisations des TIC en Tunisie.

  • 12

    sur la structuration souhaitable de lappareil productif long terme et quau

    terme de cette rflexion, les dcideurs nationaux, publics et privs, devront tre

    en mesure didentifier un jeu de choix critiques pour le dveloppement long

    terme de lappareil productif, que cela soit au plan des activits dvelopper,

    des technologies matriser, des modes de gestion promouvoir ou des

    ressources humaines dvelopper, entre autres facteurs . (10)

    tant entendu quaussi bien les mdias que les TIC en gnral ont leur rle

    jouer dans la stratgie nationale de dveloppement conomique et social (et

    culturel aussi), le dcideur, dans le champ de la communication, est appel

    faire le virage dcisif que ngocient actuellement les mdias dans lappropriation

    et lexploitation des TIC. Car, ce qui semble dominer dans le diagnostic actuel,

    ressemble une crise de croissance latente, en termes dopportunits

    dinvestissement, de comptences performantes et adaptes aux nouveauts du

    secteur et aussi en termes demplois. (11)

    A priori, il sagit dune situation symptomatique qui, dune part, fait privilgier

    chez les intervenants le court terme sur le long terme et, dautre part, rduit, de

    ce fait, les chances dune harmonisation et dune synergie entre lensemble des

    acteurs et de leurs initiatives pour une plus efficiente mise en uvre des

    objectifs du pays long terme.

    En consquence, cest par rapport un besoin de r-articulation stratgique

    des donnes et des actions accumules ce jour dans le champ des mdias et

    des TIC tunisiens, que le diagnostic du prsent et la planification pour lavenir

    doivent tre clairs et entrepris. Cest--dire dans la perspective dun long

    terme qui suppose coordination, consensus et harmonisation des agendas sur

    les court et moyen termes. Pour lensemble des acteurs, publics et privs,

    professionnels assimils ou partenaires, cette dmarche de long terme dpend,

    10 Confre Document DP/CCF/TUN2. op cit. (page 8, paragraphe 20). Dans le mme paragraphe, on ajoute que la rflexion recommande devrait profiter, en amont, des travaux de prospective et de planification stratgique devant tre entrepris par lInstitut Tunisien des Etudes Stratgiques (ITES) avec lappui du PNUD ayant pour objectif dlaborer des scnarios de dveloppement conomique et social de la Tunisie lhorizon 2030 . 11 Le milieu des jeunes promoteurs du multimdia semble sinquiter de lactuel phnomne de retour au pays de congnres touchs par les redploiements et les compressions chroniques dans les industries des TIC en Europe et en Amrique du Nord.

  • 13

    quant ses rsultats, du degr de volontarisme et de diligence de chacun dans

    la prise de dcision et dans lengagement dactions. Or, les degrs dimplication

    cet gard semblent bien diffrents, voire fort disproportionns, entre les

    diffrents intervenants cls du secteur, notamment entre lEtat et le secteur priv,

    entre mdias publics et mdias privs.

  • 14

    A. Mthode danalyse

    La dimension descriptive de ce diagnostic a t soumise, pour tre complte et

    claire, 41 intervenants, situs des niveaux dcisionnels dans 21 institutions

    mdiatiques et assimiles.

    Pour ce faire, le recours lentretien individuel approfondi semi directif ,

    comme dispositif mthodologique, a t, dans sa forme exploratoire, la

    dmarche centrale. Il sagissait, en loccurrence, dexplorer, essentiellement des

    perceptions, des attitudes et des pratiques concernant un phnomne rcent et

    non encore apprhend suffisamment par des investigations similaires : le

    recours aux TIC.

    Sur la base dun background de connaissances et de documentations

    accumules sur le champ mdiatique tunisien, il a t possible, au cours de cette

    tude, de dpasser les limites de lexploration, pour, soit approfondir avec les

    interlocuteurs lapprhension de certaines ralits connues (comme le dficit du

    recours la documentation, par exemple), soit pour vrifier certains tats rputs

    patents (comme, par exemple, linadquation entre formation et emploi). (12)

    Cette dmarche participative, prenant souvent la forme de conversation, a

    permis de conduire avec les interviews, une rflexion ouverte (aspect semi

    directif) qui rpondait la fois au souci de fixer des lments pour les besoins

    dun tat des lieux, ou diagnostic, et au souci didentifier des valuations portant

    en elles des suggestions ou des recommandations pour lavenir.

    12 Des problmatiques, comme lcart entre formation et emploi en communication, ne sont pas propres la Tunisie. Consulter cet gard limportante tude mondiale ralise en 1999 par le Rseau ORBICOM, en collaboration avec lUnesco, lACDI et Global Knowledge Parternership, loccasion dune confrence internationale organise Montral ( Les connexions du savoir en communication : pour combler lcart entre la formation et lemploi en communication Avril 99. Ltude analyse cette question dans 25 pays de sept rgions, dont la rgion de lAfrique francophone (Maroc, Tunisie, Mauritanie, Sngal, Burkina Faso et Cte dIvoire) tudie par une dizaine de chercheurs sous la direction de Jamal Eddine NAJI. Confre Information Societies: Crises in the making? Diagnostic and strategies for intervention in seven world regions et Les nouveaux partenariats de la communication laube du 21me sicle, stratgies de gouvernance, de technologie, demploi et dapprentissage long terme . Publications Orbicom. Montral. (www.orbicom.uqam.ca).

    http://www.orbicom.uqam.ca

  • 15

    Loutil choisi visait donc associer les interviews dans la dfinition dun

    diagnostic de la situation et dans llaboration de pistes de

    recommandations, double objectif ayant pu finalement atteindre le dialogue

    constructif recherch avec les principaux acteurs du champ.

    En consquence, les axes ouverts, aussi bien sur une dmarche de

    diagnostic que sur une dmarche de recommandations concernant quoi

    faire lavenir pour promouvoir un recours professionnel aux TIC qui soit

    plus large et plus enrichissant pour les contenus, ont t principalement :

    Axe 1 : Diagnostic global et positionnement de lentreprise (ou institution) de communication

    Cet axe visait recueillir la lecture que fait le dcideur du champ de la

    communication national en rapport avec les TIC et la place quil pense occuper

    dans ce champ en tant quoprateur.

    Question 1 : Quel diagnostic national faites-vous du secteur, en gnral, et en

    relation avec le recours aux TIC ?

    Question 2 : Sur quel aspect ou ralit de ce champ insisteriez-vous, tenant

    compte de la position particulire quoccupe votre institution dans le secteur ?

    Question 3 : quel stade estimez-vous tre, en tant quoprateur dans ce

    champ, par rapport lquipement, lutilisation et les usages des TIC ?

    Axe 2 : Objectifs particuliers et moyens pour y parvenir

    Cet axe cherchait rvler si linstitution concerne se dsigne des objectifs,

    terme, dans lacquisition, lutilisation et les usages des TIC et sur quels moyens

    (endognes et exognes) compte-t-elle pour y parvenir.

    Question 1 : Quels sont vos objectifs en matire de TIC ? ( dcliner en objectifs

    spcifiques : quipements, utilisation, usages, formation )

  • 16

    Question 2 : Sur lesquels de vos moyens disponibles comptez-vous pour

    atteindre ces objectifs ?

    Question 3 : Entrevoyez-vous dautres moyens ou pariez-vous sur des moyens

    externes votre institution pour atteindre tel ou tel de ces objectifs ? Lesquels?

    Axe 3 : Attentes et appuis externes

    Cet axe visait non seulement identifier les attentes, les besoins, les conditions,

    voire les pralables, que lintervenant met de lavant pour envisager sa mise

    niveau, terme, au chapitre des TIC, mais galement complter, dune autre

    manire, les valuations, de type diagnostic, que le premier axe visait rcolter

    du point de vue des interviews. Dans ce 3me axe, le but tait de lister les

    attentes (ou les besoins) exprimes lendroit des autres acteurs avec lesquels

    linterview partage le champ, mais aussi, faire prciser chaque oprateur le

    type dappui quil attend de chaque oprateur, notamment ltat et les instances

    publiques en gnral.

    Question 1 : Quelles sont vos attentes pour pouvoir atteindre les objectifs de

    votre institution en matire de TIC ?

    Question 2 : Que retenez-vous principalement comme mesures incitatives dj

    inities au profit de ce domaine par les pouvoirs publics ?

    Question 3 : Quels types dappui attendez-vous prcisment de la part des

    pouvoirs publics ?

    Question 4 : Quelles attentes ou appuis attendez-vous de la part du monde de

    lentreprise mdiatique dans son ensemble ?

    Question 5 : Quels types dattentes/appuis attendez-vous du monde de la

    formation initiale et de la formation continue ?

    Question 6 : Quels types dattentes/appuis attendez-vous de la coopration

    trangre et internationale ?

    Question 7 : Y a-t-il, de votre point de vue, par rapport votre institution, dautres

    attentes/appuis souligner ? Lesquels?

  • 17

    Axe 4 : Priorisation des blocages et des solutions

    Cet axe, comme il est souhaitable dans tout entretien ouvert ou semi directif,

    devait amener linterview rcapituler, par la synthse et la priorisation,

    lensemble de ses dclarations sur le sujet. Lintrt de pouvoir ainsi rcolter

    matire recommandations, a t circonscrit dans trois registres (comportant

    toujours une dimension de diagnostic et une dimension de recommandations

    pour lavenir) :

    Question 1 : Par ordre de priorit (de 1 3 ou de 1 4) que retiendriez-vous,

    dans le cas de votre institution, face la question des TIC :

    Comme blocages?

    Comme projets?

    Question 2 : Par ordre de priorit similaire que souligneriez-vous :

    Comme attentes/appuis vis--vis dautres acteurs dans le champ national ou lextrieur ?

    Comme solutions consquentes sur votre propre mise niveau en matire de TIC ?

    Question 3 : Par ordre de priorit similaire, et aussi sous le sceau de lurgence,

    que suggriez-vous propos des interventions incitatives des pouvoirs publics :

    Mesures dj existantes rformer, largir ou renforcer ? (ordre par degr durgence)

    Mesures nouvelles dcider ? (ordre par degr durgence)

    La notion durgence a t introduite dans cette question, afin de pouvoir, par la

    suite, procder, dans la mesure du possible, une lecture des suggestions selon

    un court, un moyen ou un long terme.

    Par ailleurs, les entretiens ont t conduits selon ces axes mais en prvoyant

    une liste de questions de relance qui ciblaient, de manire plus spcifique,

    certains lments de la problmatique, parfois voqus spontanment par les

    interlocuteurs, mais dautres fois non voqus, auquel cas, ces relances taient

    proposes la rflexion. Ces question cibles portaient ainsi sur :

    La publicit (prive et institutionnelle)

    La question de linvestissement et de ses mcanismes incitatifs

  • 18

    Le crdit bancaire

    La documentation et laccs aux sources

    Les contenus (des mdias classiques et des mdias lectroniques)

    La formation initiale et la formation continue

    Lemploi et les nouveaux mtiers

    Les langues dutilisation des mdias et des TIC

    Lenvironnement professionnel et les conditions de travail sur les TIC

    La question de la distribution et de la commercialisation des produits mdiatiques

    La gestion et le management des mdias et des institutions assimiles

    La question de la rgulation des secteurs du champ et de celui-ci dans sa globalit

    La question des aides la presse

    Le statut lgal de lentreprise de presse

    La question des jeunes promoteurs en nouveaux mdias

    Les questions de la presse spcialise et de la presse rgionale

    Les blocages dordre culturel lendroit du recours aux TIC et aux langues trangres

    La dimension maghrbine

    La coopration trangre bilatrale

    La coopration multilatrale du systme onusien.

  • 19

    B. Constats

    Par rfrence aux donnes de base du pays, sur les plans conomique et

    communicationnel (confre annexes 1 et 2) et ses ambitions au plan de

    larrimage la socit de linformation, la Tunisie semble effectivement

    engage dans un tournant historique comme le dclarent ses autorits

    politiques. (13)

    La Tunisie est en effet dans une phase de rflexion sur les acquis du pays

    depuis le milieu des annes quatre-vingt, en matire dacquisition de matriels

    informatiques, puisque certaines institutions se sont informatises ds les

    premires actions de promotion et dimplantation de ces outils menes

    notamment par lUNESCO (PIDC). Ce fut le cas du CAPJC et de lagence TAP.

    Il sagit dune phase de rflexion sur les acquis, dans le but de redployer toutes

    les capacits et les potentialits du champ de la communication afin de raliser

    un rythme davance systmatique et harmonieux par rapport lobjectif

    poursuivi par les pouvoirs publics : lintgration dune ralit de socit du

    savoir aux plans de dveloppement.

    Lanalyse de ce rythme de progression des TIC dans le champ national des

    mdias et de la communication, aboutit immanquablement relever le rle

    moteur et dcisif que joue depuis deux dcennies le secteur public du fait de

    lengagement volontariste de ltat et mme du Chef de ltat en personne. (14)

    A titre dexemples symptomatiques, les mdias publics sont les plus engags

    dans deux domaines qui sont des plus dterminants pour les meilleurs recours

    13 Formule utilise par M. Abdelwaheb Abdellah, ministre conseiller, porte-parole de la prsidence de la Rpublique lors de la clture de lanne universitaire lIPSI, le 2 juillet 2003. (In Ralits du 10/07/03). 14 Ce caractre se rvle surtout quand on compare la progression des TIC dans les pays comparables la Tunisie, au plan maghrbin notamment. Dans le cas du Maroc, cette progression rvle davantage dimpact dinitiatives du secteur priv, bien que le secteur public y ait sa part, mais moins forte quen Tunisie.

  • 20

    aux TIC : la formation continue et la documentation, deux questions qui sont des

    plus importantes et des plus commentes dans cette tude.

    La formation continue est bien plus prsente et bien plus rgulire lERTT par

    exemple que dans la presse prive, alors que la documentation est un chantier

    prioritaire lagence de presse TAP et elle est mme une activit de pointe,

    moderne et technologiquement bien avance dans lusage des TIC, dans le cas

    de la radio rgionale de Sfax.

    Le rle central dvolu linitiative publique dans le passage la socit de

    linformation est si constant et de spectre si large, quil serait irraliste den

    recommander une quelconque diminution, du moins terme, lhorizon fix par

    lactuel Xme plan de dveloppement du pays.

    Certes, il est indniable quil y a grande ncessit de pousser un plus fort

    engagement du secteur priv (ce que ne semblent pas obtenir suffisamment les

    pouvoirs publics, pour le moment), mais il est indispensable galement

    damliorer limpact et les performances du secteur public, particulirement au

    plan de la coordination de ses initiatives, majoritairement structurantes pour le

    champ dans sa globalit.

    Cette mise niveau de linitiative des pouvoirs publics et la ncessaire

    coordination quelle suppose dcoulent du premier constat quon peut relever

    dans un diagnostic global de la situation des mdias et des TIC en Tunisie.

    Constat quasi-unanimement retenu par les dcideurs interviews.

  • 21

    1er Constat : Mesures cloisonnes et peu publicises

    Sur la dernire anne, ltat a adopt des mesures techniques, rglementaires,

    et des dcisions politiques et conomiques qui ont largement marqu le champ

    communicationnel tunisien par un rythme soutenu, doubl dun souci dclar

    dharmonisation. Nombre de mesures incitatives ont ainsi t introduites dans le

    champ, de manire volontariste, certaines dune pertinence indniable, comme

    linitiative de lordinateur familial ou les avantages tarifaires, fiscaux et de

    crdit octroys aux journalistes pour lacquisition dun ordinateur personnel ou

    aux promoteurs de publinets (cybercafs sans boissons).

    Mais cette politique volontariste et incitative de ltat semble trouver une limite

    dans le fait que les mesures et les initiatives prises lont t selon une dmarche

    sectorielle ou catgorielle, parfois si cloisonne quelle rduit les chances de

    lharmonisation de lensemble, harmonisation originellement cible par les

    pouvoirs publics comme objectif stratgique.

    Sil y a eu, sur les dix ou quinze dernires annes, accumulation de mesures et

    leviers promotionnels pour le champ de la communication, et tout

    particulirement en matire de technologies de linformation, il ny a pas eu

    ncessairement gain dune synergie dynamique ou deffet de convergence

    dimpact entre les diffrentes initiatives et dcisions prises, du fait dune trop

    troite sectorisation des interventions dappui public. Une sectorisation qui,

    dailleurs, peut expliquer pourquoi il subsiste des zones dombre dans

    lensemble que forme la somme de ces mesures quelque peu parpilles et

    cloisonnes. Cest--dire des types dactivits du champ qui, paradoxalement-

    alors que la volont politique existe- sont toujours en attente de mesures

    concrtes ncessaires pour que lensemble gagne en impact, en effet

    multiplicateur et en force dentranement.

    Comme il a t dmontr partout ailleurs, cette dimension de synthse et de

    mise en ordre synergique est particulirement pertinente pour ce qui concerne

    les TIC, aux plans de lquipement (modes et conditions dacquisition,

  • 22

    dinvestissement), de lutilisation (frais dutilisation, conditions daccs,

    techniques et autres), dusage et dappropriation (production de contenus,

    crativit). Or, lparpillement et le relatif cloisonnement ou sectorisation- des

    mesures et initiatives publiques, relevs ce jour, affaiblissent la synergie et la

    porte stratgique souhaites par lEtat dans ses multiples interventions dans le

    champ.

    Dautre part, il semble, bien des gards, quun dficit dinformation et de

    sensibilisation soit pour une part assez importante dans ce cloisonnement ou

    sectorisation. Ou, pour tout le moins, dans la non perception dune stratgie

    globale et intgre par nombre dacteurs concerns par ce types dinterventions

    de lEtat. Il est en effet si frquent de rencontrer un oprateur du champ qui

    dispose de trs peu dinformations sur ces mesures, y compris celles qui

    intressent directement ou de manire spcifique ses propres activits. Comme

    il nest pas de mise parmi les acteurs du champ mdiatique que chacun cherche,

    moyennant un effort de qute dinformation, tirer un gain de synergie en

    couplant ou en recoupant des mesures le visant spcifiquement (ou catgorielle-

    ment) avec des mesures prvues originellement pour soutenir un autre oprateur

    ou un autre secteur du champ.

    Ceci explique peut-tre pourquoi, souvent, chaque acteur du champ ne semble

    inform que sur les mesures qui concernent sa corporation sectorielle. Certains,

    mme, ne retiennent que les mesures qui concernent directement leur

    entreprise. Encore que l aussi, nombre dacteurs ne semblent pas suffisamment

    informs sur tous les dtails de la mesure dont ils croient tre la cible directe. Il

    arrive mme que les bnfices de la mesure tatique ne soient pas

    comptabiliss dans le plan de management de lentreprise. La mesure

    dencouragement tatique ne semble pas tre un paramtre quon intgre

    conomiquement dans la gestion de lentreprise, encore moins quon la

    comptabilise dans les plans de dveloppement et dinvestissement. Une attitude

    qui suggre quau fond, une mesure favorable est compte lactif, titre de

    don , qui peut tre phmre, ou, en tout cas, qui ne suscite pas le besoin

  • 23

    dun management prvisionnel terme, avec perception de la place limite qui

    lui revient dans un ensemble, c'est--dire dans une stratgie nationale.

    Ce dficit dinformation suppose donc que les pouvoirs publics fassent

    davantage la promotion de leurs initiatives et quils expliquent plus largement

    leurs mesures dencouragement auprs de tous les acteurs du champ. Et, aussi,

    quils mettent de lavant les points de complmentarit, de convergence et les

    sources de synergie quon peut identifier dans lensemble du dispositif incitatif et

    qui peuvent tre profitables, un degr ou un autre, plusieurs acteurs la

    fois ou tous les acteurs du champ.

    Mais il reste aussi que ce dficit se fait sentir une chelle plus large, celle qui

    ncessite la sensibilisation du grand public. Car, il semble que les quelques

    campagnes de vulgarisation ponctuelles ou annuelles, les forums, les

    crmonies officielles et les communiqus qui accompagnent lannonce de

    mesures ou dinitiatives publiques ne suffisent pas pour rpandre une

    sensibilit culturelle pour les TIC dans le large environnement tunisien,

    comme dans le vaste environnement du champ de la communication qui est

    compos, entre autres, des dpartements et administrations en charge du

    champ, du monde de lentreprise mdiatique, du monde des professionnels (tout

    profils confondus), du monde de la formation, du monde des affaires, des

    banques, des investisseurs, des commerants, des exportateurs etc.

    Une telle sensibilisation, une large chelle, semble donc faire dfaut alors

    quelle dtermine, pour une part, la mobilisation de tous les acteurs dans la

    stratgie de lEtat pour une meilleure et plus efficiente articulation de celle-ci.

    Car, dans ce domaine plus que dans dautres, une bonne et pertinente

    information peut tre limpulsion dcisive aux engagements et aux choix.

  • 24

    2me constat : Spcificits du champ pas assez prises en compte

    Une quasi-unanimit se dgage parmi les acteurs du champ au sujet de la

    ncessit de consacrer une spcificit pleine et entire du secteur de la

    communication, tant aux plans lgislatif, rglementaire, administratif, politique,

    conomique, quau plan des stratgies nationales dquipement,

    denseignement, de formation continue, dinvestissement et de crdit

    Certes, reconnat-on, cette spcificit est implicitement admise dans les multiples

    mesures incitatives gouvernementales et les initiatives prsidentielles relatives

    lobjectif de socit du savoir . Mais, au regard de certains blocages, de

    certaines lourdes procdures administratives et certaines habitudes au plan

    dcisionnel, le secteur nest pas assez identifi avec toute la singularit de ses

    attentes, de ses enjeux et de son rythme dvolution et dinnovations.

    Autrement dit, on constate que, paralllement la politique volontariste des

    pouvoirs publics pour doter ce champ de mesures exceptionnelles, la mesure

    des dfis que lEtat y a identifis pour lavenir du pays, subsistent des

    procdures et des traditions de gestion administrative, voire des carcans dordre

    institutionnel, qui rgissent ce champ comme sil tait comme nimporte quel

    secteur conomique traditionnel, alors quil est si exigeant en diligence et en

    flexibilit dans les dcisions comme dans les mises en oeuvre.

    La prise de conscience par ladministration publique et par le dcideur

    institutionnel de la spcificit de cette activit nest pas toujours au rendez-vous

    pour suivre le rythme de ces nouvelles technologies, pour ajuster les

    environnements en fonction des effets de ces outils et de leurs contenus, pour

    rformer ou acclrer procdures et prises de dcision, pour anticiper sur les

    innovations en matire dquipement, de genres de contenus, de types de

    mtiers

    Ce quon pourrait appeler dcalage entre une mesure stratgique, procdant

    dune volont politique et dune planification centralise, et une mise en uvre

  • 25

    sur le terrain encore trop permable aux traditions bureaucratiques et aux

    pesanteurs de la procdure administrative et de la comptition entre les

    prrogatives et les dcideurs, affecte nombre de secteurs dans le champ de la

    communication.

    Cest ainsi que, sur le registre de la formation, avec lexemple du principal

    oprateur, lIPSI, la non reconnaissance de cette spcificit a pour consquence

    laffectation en nombre plthorique de bacheliers (700 en premire anne en

    2002), selon un mcanisme automatique, par orientation lectronique qui ne

    tient compte daucun des paramtres spcifiques la formation en journalisme et

    en communication. Si cette spcificit tait retenue valablement (qui imposerait,

    entre autres : lencadrement de cohortes moins nombreuses - de quelques

    dizaines plutt que des centaines lorganisation dateliers matrisables

    pdagogiquement, notamment en matire de formation sur les TIC), lIPSI

    aurait t dispens de lobligation daccueillir ce que le systme dinscription

    universitaire lui affecte maintenant, au mme titre que les autres institutions et

    facults. En consquence, lIPSI pourrait, comme il ne cesse de le demander,

    sanctionner ladmission son premier cycle par un concours dentre qui aurait

    comme critres, au minimum :

    La vocation avre du candidat

    La matrise satisfaisante dau moins une langue trangre, en plus dune parfaite matrise de la langue nationale

    La prise en compte des capacits relles de lencadrement pdagogique disponible lIPSI

    La prise en compte des conditions optimales, du point de vue pdagogique, pour exploiter au mieux les quipements de formation, notamment les TIC (en matire de presse crite, de presse audiovisuelle et en multimdia)

    La prise en compte du paramtre cardinal quest ladquation entre formation et emploi par rapport un march national qui ne peut absorber que quelques dizaines de diplms de lIPSI (40 50 par an) mais offre par contre de srieuses potentialits dans de nouveaux mtiers (attach de presse, relationniste dadministration publique, professionnel en mdias dans les tablissements scolaires).

    La prise en compte de la spcificit du secteur, au plan administratif, cest--dire

    par rapport aux barmes et procdures de la fonction publique, permettrait

  • 26

    lIPSI (tablissement public) davoir un recours consquent, voire systmatique,

    aux professionnels et aux ressources humaines de lentreprise afin damliorer

    les contenus de formation, toffer et professionnaliser lencadrement technique

    et pdagogique, tablir des partenariats avec le march du travail qui soient

    bnfiques ltudiant durant sa formation acadmique (stages, emplois de

    stages). Les procdures administratives qui simposent actuellement lIPSI,

    ne permettent pas ce dernier dtre attractif pour les professionnels, alors que

    dautres secteurs arrivent bnficier de la collaboration de professionnels sous

    le rgime d artisans , par exemple. Lexigence de diplmes universitaires

    pour pouvoir enseigner ou former dans un institut aussi particulier que lIPSI

    devrait donc tre suspendue, dans le cas despce, selon un rgime

    exceptionnel qui prendrait en considration, encore une fois, la spcificit du

    secteur, surtout par rfrence aux impratifs si singuliers de lapprentissage et

    de lutilisation des TIC.

    Lacquisition dquipements en TIC par les mdias publics (radio, tlvision,

    agence) est galement perturbe par manque de prise en compte suffisante de

    la spcificit des ces technologies. La pesanteur administrative bien connue

    dans les administrations publiques, avec leurs tutelles, leurs hirarchies et leurs

    procdures dappels doffres, influe, par les trop longs dlais quelle occasionne,

    sur les plans dquipement comme sur les plans daction.

    Soumises au rythme effrn des inventions technologiques inhrent ces

    technologies, les prvisions dquipements dans certains mdias publics

    (comme la tlvision, confronte lre numrique), sont vite dpasses, le

    temps quelles soient administrativement valides et mises en uvre par telle ou

    telle autorit de dcision ou de tutelle. Rnover un matriel, le remplacer par une

    nouvelle gnration, devient alors une course contre la montre ncessitant

    diligence extrme si on veut que les choix arrts ne soient pas vite dpasss

    par une nime nouveaut, alors que ces choix sont extrmement lourds en

    termes de financement, de formation et de recyclage des personnels Une plus

    grande prise en compte de cette spcificit inhrente au rythme de linvention

  • 27

    technologique propre ce secteur, inciterait une meilleure adquation des

    mcanismes de dcisions, des procdures et des plans de mise en uvre.

    On peut enfin sarrter sur un 3me exemple qui interpelle une meilleure prise en

    compte de la spcificit du secteur et qui est relatif lInternet.

    En admettant, avec nombre de dcideurs mdiatiques, que les mdias doivent

    tre soutenus, dans leur engagement dans les TIC, par une culture ambiante

    acquise au recours ces technologies, on fait de laccs universel au

    cyberespace une condition denvironnement remplir, lchelle de tout le pays.

    En dautres termes, lexploitation des TIC par les mdias dpend aussi de la

    familiarit du public avec un accs simple, universel et performant aux contenus

    de ces TIC, principalement par le biais de lInternet. Cest l encore une

    spcificit prendre en compte, par les pouvoirs publics dabord, pour que

    lenvironnement gnral au pays soit fertilisant pour la dissmination dune

    culture des TIC mme de pousser les mdias y investir, y diversifier leurs

    productions et y innover pour offrir des supports et des contenus un public

    qui, jouissant dun tel accs large et ais, progresserait continuellement dans

    cette nouvelle culture du savoir et, par consquent, influerait positivement sur la

    qualit du travail et de la production des mdias.

  • 28

    3me constat : Lobstacle du statut lgal de lentreprise

    Le saut technologique (et mme culturel ) que reclent les TIC pour

    lentreprise mdiatique, suppose non seulement un management moderne, une

    politique dinvestissement et de dveloppement (notamment des ressources

    humaines, par la formation), mais galement un entrepreneurship moderne, une

    capacit dcisionnelle qui vit et ragit au rythme des TIC, du cyberespace et de

    la socit du savoir plantaire. Or, du fait que la loi (code de la presse)

    naccorde lautorisation de paratre (dans le cas de la presse crite) quaux

    personnes physiques, aux individus, lmergence dun tel entrepreneurship est

    quasiment impossible, estiment nombre de dirigeants de groupes de presse.

    Ayant limit la responsabilit lgale de la parution la personne qui on octroie

    exclusivement lautorisation de paratre, de manire incessible, la loi est perue

    par les faiseurs de presse (souvent vtrans de lre davant linformatisation des

    mdias) comme raison hautement valable pour quils ne saventurent pas

    dans des rformes radicales concernant leurs quipements, leur management,

    leur stratgie daudience et mme leurs contenus. Certains entrepreneurs lient

    mme cette situation aux difficults quils rencontrent dans le secteur bancaire,

    puisque loctroi de crdits devient tributaire de la capacit du propritaire

    lgal dhypothquer des biens personnels.

    Si le pari doit tre fait sur du sang neuf, sur de jeunes dcideurs, familiariss

    avec les TIC et leur culture, il ne pourrait tre gagn que si ce statut lgal de

    lentreprise de presse (laudiovisuel tant un monopole dtat, de fait et non de

    droit puisquune chane prive comme Canal Horizons a pu exister et mettre),

    souvre aux formes modernes de la cration et du management des entreprises

    mdiatiques (actionnariat, socit anonyme, SARL).

    Autrement dit, lavance des TIC et de leurs usages dans lentreprise de presse,

    dpend de cette adaptation ncessaire, au plan lgal (lgislatif et rglementaire),

    du statut de lentreprise pour faciliter lmergence dentrepreneurs et de

  • 29

    stratgies de dveloppement ouverts et confiants en les potentialits et

    promesses de cette nouvelle re technologique.

    Si, donc, il y a ncessit de favoriser une nouvelle culture de lentreprise , o

    les TIC occuperaient une place centrale, il semble que le pralable cela soit un

    changement du statut lgal de lentreprise et donc la rvision du droit de paratre.

    Au vu des investissements ncessaires, on peut largir ce constat relatif au

    statut de lentreprise pour relever aussi que dans le cas des mdias publics,

    comme la radio et la tlvision, la donne de la dcentralisation recle des

    opportunits pour le dveloppement des TIC et de leurs usages. A condition que

    cette dcentralisation ait comme contenu une large autonomie de la dcision en

    matire dinvestissement, dquipements et de recherches et applications. Car, il

    peut arriver (comme dans le cas de Radio Sfax) que la priphrie dveloppe

    davantage que le centre les usages et les applications et dans ce cas il est

    ncessaire que la dcentralisation soit renforce pour que les gains et

    innovations priphriques soient consolids et mme quils fassent modle

    suivre par le central.

    Un statut plus motivant, parce que plus autonome, accord la priphrie,

    adapterait davantage le concept de la dcentralisation aux caractristiques

    propres aux TIC et leurs applications et usages. Sinon, le risque est latent quil

    y ait dysfonctionnements et dcalage (technologique, professionnel) entre les

    acteurs dun mme mdia public, entre la radio nationale et les radios rgionales,

    en loccurrence, le centre peut distancer la rgion ou linverse

    Sadapter aux caractristiques des TIC au point dy plier des stratgies

    dadministration publique et de structuration dorganigrammes et dquilibre des

    prrogatives et des statuts, cest, l aussi, prendre en considration la spcificit

    du secteur de manire consquente et adapte, ncessairement diffrente de la

    faon de faire dans les autres secteurs dintrt public.

  • 30

    4me constat : Le retrait du crdit bancaire priv

    Sil doit tre inscrit galement sous limpratif de la prise en considration des

    spcificits du champ des mdias et des TIC, le crdit bancaire, en gnral, et le

    priv, en particulier, pose en soi un problme majeur ce stade de lvolution

    des TIC en Tunisie.

    Le constat global quen font observateurs et oprateurs, les vtrans des mdias

    classiques, comme les jeunes promoteurs des nouveaux mdias, est quil est un

    joueur en retrait, sinon un partenaire qui dcourage davantage quil nencourage

    les vellits dinvestissements et les ambitions de cration et dinnovation de

    supports et de contenus.

    Certes, les pouvoirs publics nont cess de multiplier les mesures daide cet

    gard, notamment les fonds 21/21 et 26/26, mais, de lavis des oprateurs,

    surtout les jeunes promoteurs, il y a urgence pour rviser ces mesures et ces

    fonds afin den accrotre les volumes et les effets, den assouplir les conditions

    daccs et doctroi, den largir les champs dintrt dans le but de faire merger

    de nouvelles activits et de nouveaux mtiers, ce que ne cessent de mettre en

    perspective les usages des TIC.

    Mais le constat le plus important quon retient sur le registre du crdit

    linvestissement, levier incontournable pour le dveloppement des recours aux

    TIC, est la quasi-fermeture du secteur bancaire priv. Un secteur qui semble

    totalement insensible la spcificit du secteur dans la mesure o il lui applique

    les conditions draconiennes quil impose aux secteurs traditionnels (industrie,

    immobilier, agriculture).

    Refusant dinclure la production du multimdia, par exemple, dans le rgime du

    capital risque, le secteur bancaire priv est somme toute source de

    dcouragement pour les jeunes promoteurs comme pour les mdias classiques

    qui projettent de diversifier leur produits grce aux TIC ou tout simplement qui

    veulent acqurir des quipements nouveaux et performants.

  • 31

    En exigeant une garantie physique (comme lhypothque immobilire), le secteur

    bancaire est gnralement absent comme acteur qui a son rle jouer dans la

    promotion de ce champ conomique davenir pour le pays.

    La conclusion dun tel constat sur la dfaillance du systme bancaire priv en

    matire dinvestissement dans les mdias et les TIC, est quil reviendrait ltat,

    pivot et catalyseur de la promotion du champ, de stimuler, voire dinsuffler aux

    banquiers, par des mesures appropries et certainement concertes, la dose

    dengagement requise par ce champ o se nouent nombre denjeux du

    dveloppement global du pays.

    Autrement, comme le soulignent, dans leur majorit, les oprateurs publics et

    privs, les fonds daide publics linvestissement et tous les mcanismes de

    soutien financier installs par ltat, ne pourraient appuyer et accompagner le

    rythme de dveloppement cibl par tous, quand bien mme ltat procderait

    la refonte et la mise niveau, rendues ncessaires, de ses fonds et

    mcanismes daide et de soutien.

  • 32

    5me constat : Foss entre le monde de la formation et lentreprise

    Il est indniable quil y a insatisfaction globale entre les deux partenaires, le

    monde de lentreprise et celui de la formation.

    Pour le monde de lentreprise, les institutions de formation initiale, lIPSI en tte,

    ont comme faille la base la non implication du monde de lentreprise et ses

    besoins dans les planifications pdagogiques et les contenus de la formation que

    ces institutions dispensent. Tant que lentreprise nest pas un partenaire part

    entire dans tout le processus de formation du journaliste et du communicateur,

    il ne peut y avoir quune inadquation entre les profils forms et les emplois

    offerts sur le march du travail, souligne-t-on presque lunanimit dans les

    deux secteurs.

    Avec lintroduction des TIC et leur avance inexorable, malgr tout, au sein de

    lentreprise mdiatique, le foss entre la formation et lemploi est davantage

    accentu.

    Lentrepreneur incrimine la modeste, voire absente, formation de base

    ncessaire ltudiant journaliste pour se familiariser avec les TIC. Une

    formation qui doit dpasser la simple initiation au clavier de lordinateur,

    actuellement dispense lIPSI, par exemple. Il y a besoin de consolider cette

    formation spcifique pour produire, en fin de cycle de formation, un profil

    totalement et culturellement acquis aux TIC, leur manipulation et leurs

    usages dans le maximum des possibilits que ces outils offrent.

    Lentreprise demande, en mme temps, que le monde de la formation fasse sa

    part dans la dissmination dune culture des TIC parmi sa population et dans

    le campus en gnral. Car, comme cest lavis de plusieurs partenaires du

    champ, lavance des TIC rencontre un frein srieux au plan culturel : impact de

    loralit, domination du march par les journalistes quadra et quinquagnaires,

    recours limit aux TIC dans la vie prive et professionnelle des tudiants et des

    journalistes.

  • 33

    Les dcideurs au sein de lentreprise (directeurs et rdacteurs en chef)

    interpellent, dans le mme sens, le monde de la formation dans le constat quils

    font sur la faible culture gnrale du laurat des instituts spcialiss, un pr-

    requis qui, aux yeux de certains dcideurs de mdias, est le premier critre

    discriminatoire examiner pour dcider de lembauche, et mme le seul critre

    retenir cet effet, selon lavis dautres employeurs. Il est noter que certains

    entrepreneurs incriminent, ce sujet, le monde de la formation spcialise de

    manire trop excessive, alors que lensemble est davis que ce dficit est

    rsoudre plusieurs niveaux (les diffrents niveaux de lenseignement gnral,

    les diffrents canaux et supports de lexpression culturelle dans le pays : livre,

    arts, modes de consommation de produits culturels, etc. ...).

    Nanmoins, le monde de la formation spcialise accepte gnralement

    dadmettre quil a sa part de responsabilit dans le niveau actuel de culture

    gnrale avec lequel le jeune diplm se prsente lentreprise comme

    candidat lembauche.

    De son ct, le monde de la formation estime que lentreprise mdiatique naide

    pas la dissmination de la culture des TIC, dans la mesure o elle se maintient

    volontairement dans un tat de sous-quipement, et en fait un usage limit,

    marginal, peu ou pas du tout influent sur les pratiques et les tches classiques

    du rdacteur et de la chane de fabrication (crite et audiovisuelle).

    quoi bon former intensment et de faon pointue sur ces outils et leurs

    multiples utilisations, si notre laurat sera finalement employ dans un univers

    dentreprise peu ouvert ces technologies et leurs possibilits ? , rsument

    les formateurs.

    Par rapport cette finalit au sein de lentreprise, peu encourageante pour les

    formateurs, les gros investissements que devraient consentir ces derniers pour

    livrer un profil performant en TIC, apparaissent trop coteux et mme

    difficilement envisageables. Situation emblmatique cet gard : la quasi

    impossibilit pour lIPSI, par exemple, doptimiser ce jour lexploitation de son

    parc de 150 postes actuels, par manque de rseau et de cblage au nouveau

  • 34

    sige, de maintenance, de budget pour les logiciels dapplication et surtout pour

    lencadrement. (15)

    Cet aspect dencadrement technique et logistique est mme apprhend

    comme pralable toute rflexion sur la ncessaire rforme des contenus de

    formation sur ces outils qui fait lunanimit.

    Les deux parties reconnaissent, cependant, que sil y a ncessit de repenser

    les contenus de formation spcialise en fonction de lutilisation des TIC, une

    rforme globale de la donne de formation, dans une perspective de meilleure

    adquation entre formation et emploi, repose sur un triptyque pralable, un socle

    de base : la culture gnrale, les langues et les stages dans lentreprise. Sans

    oublier la formation continue qui, elle seule, constitue un levier en soi, cheval

    entre les deux mondes.

    Les enjeux du stage en entreprise

    tant loccasion la plus rgulire, en principe, de rencontre des deux mondes, le

    stage de ltudiant est lillustration la plus symptomatique du foss entre les deux

    partenaires. Ce foss qui spare le monde de lentreprise et celui de la formation

    initiale, sur les aspects du fond (contenus de formation, choix pdagogiques,

    adquation aux besoins du march), nempche pas pour autant des rapports

    continus et mme prennes entre les deux partenaires. Ce que permettent les

    stages des tudiants (stages dt notamment). Sauf que, si ce module (puisquil

    sagit, bien des gards, dun module de formation), est, en rgle gnrale, une

    tradition bien tablie entre les deux mondes (avec rgularit optimale dans les

    mdias publics), il ne manque pas de nourrir la fois des critiques, de part et

    dautre, et des offres damlioration et de promotion, notamment de la part des

    grands journaux, les privs tout particulirement.

    Au chapitre des critiques, on retrouve, du ct du monde de la formation, la

    demande (habituelle, partout dans le monde) dun meilleur encadrement du

    stagiaire par les personnels de lentreprise, dune plus forte assistance motivante

    15 Un don du Prsident de la Rpublique, de plus de 100 postes, a permis lIPSI datteindre ce parc, dbut 2003.

  • 35

    pour les comptences et les ambitions professionnelles du stagiaire. Sil arrive

    quon insiste galement sur la ncessit de rserver au stagiaire un meilleur

    accueil , au plan professionnel et humain, on ne manque pas de regretter que

    lentreprise ne fasse pas assez defforts pour ouvrir au stagiaire toutes les

    opportunits daccder et duser des TIC disponibles (quand elles le sont). Le

    monde de la formation regrette, de manire gnrale, que ltat dquipement en

    TIC et les pratiques quelles supposent, noffrent pas un environnement motivant

    pour que les jeunes recrues, et les stagiaires, deviennent profondment adeptes

    dun recours systmatique ces outils et leurs usages.

    Dun autre ct, certains laurats de lIPSI et des diteurs de presse rgionale,

    relvent que ces stages ignorent quasi-systmatiquement les mdias rgionaux.

    Dune part, parce que linstitution de formation, lIPSI en loccurrence,

    nencourage pas particulirement ce choix et dautre part parce que la petite

    entreprise rgionale est rarement attrayante pour ltudiant, de par les faibles

    motivations professionnelles quelle offre, sa modeste notorit dans le monde

    des mdias et son taux dencadrement quasi nul

    De plus, relve-t-on aussi, le cursus de formation initiale ou classique ne prpare

    pas le stagiaire ce type de presse, cest--dire une formation cible sur le

    journalisme de localier . Bien que les promoteurs des mdias rgionaux

    estiment que le journalisme rgional ou local ne bnficie pas dun engouement

    notoire parmi les jeunes laurats qui sont invariablement sduits par la grande

    presse de Tunis, la capitale.

    Du ct de lentreprise, la priode de stage est, tout compte fait, une sorte de

    preview ou prologue, au vu duquel sont jugs les capacits et potentialits du

    produit des institutions de formation, pour juger sil y a adquation ou non

    entre le profil et les besoins du march. Cest souvent par rfrence aux sjours

    de stagiaires parmi eux que les dcideurs des entreprises identifient ce quils

    identifient dans les modes de formation comme dficits (niveau de culture

    gnrale, matrise des langues, dextrit dans la manipulation des TIC,

    motivation intellectuelle ou vocation pour la profession de journaliste).

  • 36

    La priode de stage est donc un moment critique dans la mesure o il devient un

    enjeu qui dtermine les perceptions, les attitudes et les projets de collaboration,

    entre les deux mondes, celui de la formation et celui de lentreprise. On peut

    donc en dduire que le monde de la formation initiale doit rserver un meilleur

    soin au stage, si important donc pour ses rapports avec le monde de lentreprise.

    Dautant plus que les entrepreneurs, en gnral, ne remettent pas de faon

    radicale, leur offre de stages, et que certains vont mme jusqu proposer que

    ces stages deviennent plus longs, voire, plus intgrs dans la structure des

    cursus de formation, sur toutes les annes de formation et avec effet consquent

    sur le systme dvaluation et dexamens adopt par le monde de la formation.

    Cette proposition ncarte pas dailleurs, le souhait des deux parties de

    dvelopper des stages pr emploi , ce qui nest envisageable, selon certains

    entrepreneurs, que sil y a un vritable cadre de partenariat institu entre les

    deux mondes, faisant de lentreprise un partenaire part entire et influent dans

    les cursus de formation, et non juste une voix plus ou moins consultative dans

    certains rouages de linstitution de formation (cas du comit scientifique de lIPSI

    dans lequel sige le monde de lentreprise).

    Le blocage des langues dutilisation

    Les capacits linguistiques tant des tudiants que des professionnels des

    mdias sont tour tour qualifies de faibles et de dficitaires par les

    entrepreneurs comme par les formateurs. Un sujet de controverse entre les deux

    mondes, sinon dimpasse dans le dialogue que les deux acteurs ne manquent

    pas, loccasion, dtablir face linadquation de plus en plus persistante entre

    les profils et les mtiers crs ou transforms par les TIC.

    De manire rcurrente, aussi bien au niveau des mdias classiques quau niveau

    des TIC, les diffrents oprateurs du champ, formateurs compris, mettent de

    lavant la question des langues, au point, semble-t-il, den faire un obstacle,

    galement, pour le simple accs au cyberespace.

    La question de laccs aux TIC, en gnral, et lInternet en particulier, est

    aborde gnralement sous langle des quipements, de la rticence

  • 37

    culturelle , et rarement sous langle technique et rglementaire. Cependant, elle

    est invariablement lie, chez nombre dacteurs, la capacit linguistique des

    utilisateurs.

    La matrise des langues est souligne comme condition sine qua non pour des

    contenus mdiatiques de qualit et surtout pour assurer un degr minimal de

    professionnalisme chez le journaliste. Professionnalisme qui, sous limpratif

    incontournable de la modernit et du progrs, induit la capacit duser, de faon

    optimale, des nouvelles technologies. Or, ces technologies ne peuvent tre

    matrises et bien exploites que si lusager matrise au minimum une des

    langues prdominantes dans le cyberespace, le franais, en loccurrence,

    premire langue internationale en usage au pays, sans parler de langlais,

    langue dominante dans les contenus offerts sur le cyberespace.

    Du ct de lentreprise, plutt que dexpliquer la sous utilisation de ces

    technologies par des dispositifs techniques contraignants pour laccs, par des

    attitudes culturelles rfractaires ou par un sous-quipement dans

    lenvironnement entrepreneurial, on est enclin expliquer la sous culture du

    journaliste en la matire, par lunilinguisme dominant et entravant (larabe) et par

    la forte rgression du franais, sans parler de la prsence, peine symbolique,

    de langlais dans le monde des mdias.

    Certes, on sinscrit, volontiers, pour lexamen de ce dficit, jug majeur, dans un

    diagnostic global qui accuse cette rgression des langues trangres (dabord le

    franais) au niveau de tout le systme denseignement et de formation, mais on

    noublie pas den grossir les traits et les impacts ngatifs du fait de la spcificit

    du champ des mdias et des TIC. Les langues sont les principaux outils de

    production des contenus mdiatiques, souligne-t-on, et elles sont devenues

    dcisives et discriminatoires avec la nouvelle donne technologique pour la

    communication que constituent les TIC.

    Cette valuation dbouche souvent sur un dilemme difficile cerner par une

    dmarche de planification dactions susceptibles de combler rapidement ce

    dficit qui, aprs tout, ne date pas de longtemps, dix ou quinze ans selon la

    majorit des avis exprims. Ce dilemme est le suivant :

  • 38

    Comment rsoudre un problme crucial pour le secteur de la communication

    alors quil procde dune problmatique structurelle qui affecte lensemble du

    grand dispositif denseignement du pays et quil salimente des dficiences

    diffuses dans tous les secteurs de la vie collective ?

    La logique du raisonnement qui dclare, comme objectif, le dveloppement des

    mdias tunisiens et de leurs contenus par le dveloppement des utilisations et

    des usages des NTIC, doit ncessairement conduire admettre quil y a une

    spcificit prendre en compte dans lexamen de plusieurs obstacles, y compris

    celui-ci, celui de la matrise des langues (arabe compris).

    La matrise des langues est, en fait, perue, aussi bien par les formateurs que

    par les oprateurs mdias, comme le levier nodal pour lamlioration des

    contenus que les TIC sont mme de favoriser par la diversification et

    lenrichissement quelles permettent, du fait dun accs de multiples sources,

    dans lenvironnement national dj, et surtout lchelle de toute la plante,

    grce au cyberespace.

    Alors, il arrive souvent que le monde de lentreprise interpelle celui de la

    formation pour lui attribuer ce dficit de la matrise des langues chez les laurats.

    Alors que les formateurs avancent que la formation de base quils dispensent sur

    ce registre doit obligatoirement, de par la spcificit de ces mtiers et de leurs

    outils, tre relaye par une rgulire formation continue soucieuse de rattraper

    chaque nouvelle tape technologique en combinaison avec des mises niveau

    continuelles des capacit linguistiques du professionnel des contenus et du

    journaliste.

    Quand il arrive que cet argument soit admis par le monde de lentreprise, on

    assiste une domination des modules de langues dans les cycles de formation

    continue, souvent de manire inadapte aux besoins de lentreprise (cas de

    lERTT, notamment). Car on fait appel des spcialistes de linguistique,

    dcriture littraire et autres, qui ne peuvent que reproduire les contenus et la

    pdagogie quils appliquent des publics dtudiants de facults de langues ou

    de lettres. Ce constat dbouche sur un problme de formation de formateurs et

    surtout sur labsence dune stratgie dapprentissage qui puisse, par sa

  • 39

    dmarche, pouser la logique des mdias lheure des TIC : lusage des

    langues est un usage spcifique ( criture mdias ), dpendant dun outil

    (ordinateur), tant au plan de la rdaction, du traitement (fond et forme) quau plan

    de la lecture et de la consultation. Une telle dmarche ne manque pas,

    loccasion, de conforter ceux des dcideurs mdias qui attribuent ce rle

    pdagogique aux instituts de formation, de sorte que le dbat sur cette question

    des langues aboutit souvent un blocage, des impasses, entre ce qui doit

    relever de la formation initiale et ce qui doit tre combl et consolid par la

    formation continue, dans lentreprise ou ailleurs.

    Le faible recours la formation continue

    Comparativement aux pays de la rgion, la Tunisie semble avoir pris le large sur

    cette question de la formation continue dans le domaine du journalisme et de la

    communication, et ce, depuis 20 ans maintenant, ge atteint par le CAPJC en

    2003 et qui est le centre qui attire les candidats la formation continue et au

    recyclage, tous mdias confondus, de tous les pays maghrbins et dun grand

    nombre de pays sub-sahariens et du Moyen Orient. (16)

    La prsence et la rgulire activit de cette institution (sous tutelle de ltat

    Premier ministre), tmoignent amplement de la sensibilit la question de la

    formation continue, sans commune mesure avec ce quil en est dans les pays de

    la rgion.

    On peut donc dire que la formation continue, autre levier soutenu et appuy par

    ltat, fait partie intgrante des activits ordinaires du champ de la

    communication en Tunisie. Au point, dailleurs, que, sans que la demande

    annuelle en stages ne diminue pour le CAPJC, au plan national sentend, des

    mdias ont choisi de mettre sur pied des units de formation continue internes

    leur entreprise. Sauf que, dune part, ce sont des mdias publics (en plus dune 16 En 20 ans, le CAPJC a recrut prs de 6300 stagiaires et participants de 77 nationalits, dont prs de 4680 Tunisiens (75%) et plus de 500 (8%) du reste du Maghreb (220 Marocains, 178 Algriens, 89 Mauritaniens et 16 Libyens. Le reste de lAfrique intervient pour 11% (avec 700), et le reste du monde arabe pour 3% (avec 200)... Il est connu que les premiers contacts quont eu les journalistes tunisiens (et nombre dautres de la rgion et du continent) avec les TIC (lordinateur, la PAO notamment) lont eu au cours de sessions organises par le CAPJC au dbut des annes 1980.

  • 40

    modeste unit Internet cre au sige de lAJT) et dautre part, ce sont quasi-

    exclusivement, des mdias audiovisuels (radio et tlvision).

    Cette situation, qui peut tre enviable du point de vue des pays limitrophes,

    prsente en fait des dysfonctionnements dont les TIC et leurs exigences

    amplifient de plus en plus limpact ngatif sur lentreprise et ses ressources

    humaines, et sur le niveau de professionnalisme, li aux usages des TIC, de

    lensemble des professionnels tunisiens.

    Dj, le premier dysfonctionnement est le fait quau regard des bilans des

    formations du CAPJC et des entreprises, les mdias crits, surtout les grands

    quotidiens, ont un faible score de formation et de recyclage de leurs

    professionnels, eu gard leurs tailles et leurs besoins manifestes de

    dvelopper leurs produits, de les amliorer et surtout de les adapter aux

    multiples opportunits quoffrent les TIC. (17)

    Sil ny a pas dans le monde de lentreprise mdiatique, surtout prive, dattitudes

    rfractaires notoires concernant loffre du CAPJC, il semble quil y a une sous-

    estimation des besoins en formation continue, sinon une perception qui

    napprcie pas sa juste valeur ce volet dans le dveloppement de lentreprise,

    en tant quinvestissement rentable long terme. Il est clair dans certains cas,

    que le gestionnaire des ressources humaines voit en la formation continue et la

    compression momentane des personnels quelle suppose une menace pour ses

    quilibres gnraux qui sont fonds, en rgle gnrale, sur des effectifs fort

    rduits par rapport ce quune gestion, incluant structurellement la formation

    continue, recommanderait et exigerait.

    Mais, quelle que soit la motivation, il reste que leffort de ltat (par le biais du

    CAPJC et ses tarifs amnags et fort comptitifs, par le biais de nombre

    dincitatifs fiscaux, et par lentremise du mcanisme de ristourne de la taxe la

    formation professionnelle) nest pas exploit dans toute sa mesure par les

    17 Selon une enqute mene par le CAPJC auprs dun chantillon de 204 journalistes, plus de 90% ont exprim un besoin de recyclage, mais seuls 32% ont pu bnficier dun stage, en deux ans (dont 63% au CAPJC) et prs de 35% ont cit comme premier obstacle rencontr leur formation permanente le refus de lemployeur . In Note de la Direction Gnrale du CAPJC sur la formation permanente des journalistes. Octobre 2001. (p.9/10).

  • 41

    oprateurs des mdias, particulirement la presse crite, les diteurs privs

    surtout. (18)

    Bnficiant dun centre rayonnement national, rgional et continental confirm

    (CAPJC) et de mesures assez amnages et assez incitatives (taxe la

    formation professionnelle, notamment), les mdias tunisiens prsentent ce

    paradoxe : ils manifestent un faible recours la formation continue. Or les dfis

    et les enjeux quaffronte, en cette phase, le champ communicationnel face aux

    TIC se jouent, pour une grande part, sur ce terrain de la formation continue et du

    recyclage. On na qu voquer le ncessaire passage de laudiovisuel au

    numrique pour sen convaincre.

    En rsum, sur cette importante question, on retient donc que bien que

    disposant dune offre et de mesures encourageantes, lentreprise mdiatique, en

    gnral, (particulirement lentreprise prive) ne fait pas de la formation continue

    une de ses activits systmatiques et rgulires alors quil sagit dun levier

    incontournable dans lappropriation et lutilisation des TIC.

    18 En 1999, les organes de presse tunisiens nont contribu, au titre de la taxe la formation professionnelle (TFP), dans le budget du CAPJC qu hauteur de 8,5%. Idem (p.6).

  • 42

    6me constat : Mise niveau de lentreprise et de lentrepreneurship

    En admettant que le champ mdiatique tunisien passe par une phase de

    profonde mutation du fait de lintroduction des TIC, soutenue par une politique

    volontariste des pouvoirs publics, on admet du mme coup que lentreprise a une

    mise niveau entreprendre. Mise niveau qui, dailleurs, semble accompagner

    intimement ces technologies avec un rythme beaucoup plus acclr que celui

    quimposaient aux mdias les gnrations des technologies prcdentes

    (comme le passage de limpression chaud limpression froid), quel que soit

    le pays ou le contexte du champ en question.

    Dans le cas de la Tunisie, cette mise niveau touche bien entendu, tout dabord,

    lquipement.

    Au niveau de la presse crite, de manire dominante, le taux dquipement en

    TIC est moyen et parfois mme la limite du minimum requis, une fois quon

    dpasse le stade de saisie de textes. Comme cest souvent le cas dans les pays

    de la rgion, la structuration des tches de travail reste conforme la chane de

    fabrication de lre technologique prcdente quand la saisie dfinitive des textes

    et la mise en forme de leurs contenus taient assures par un personnel de

    saisie et de mise en page, souvent moins avis que les linotypistes dantan

    (secrtaires, dactylos reconverties au clavier lectronique sans bagage en rgles

    typographiques, ni en ponctuation, ni en grammaire). De sorte que loutil

    informatique, aux mains du journaliste, quand il peut en disposer, sert de simple

    stylo pour jet de manuscrit

    Dans certaines rdactions et non des moindres cette situation confine mme

    le journaliste, par culture dentreprise ou par tradition de gnration, loin de

    loutil informatique, le maintenant dans la traditionnelle tche de rdiger au stylo

    le manuscrit classique, sans aucune familiarisation avec loutil de saisie ou de

    mise en forme.

    Seule lagence TAP, institution pionnire dans linformatisation de ses

    quipements et outils de production, a dpass ce stade devenu anachronique

  • 43

    au niveau de la saisie de la copie, dsormais totalement confie aux journalistes

    rdacteurs de lagence. Souvent, la gestion et lorganisation du travail sont

    dcales, dune gnration technologique, par rapport aux TIC qui peuvent

    pourtant, et assez souvent, tre prsentes dans lentreprise.

    Il en rsulte aussi que lentreprise se retrouve plus encombre ququipe, par

    deux ou trois gnrations de matriels, dpensant plus defforts dans des

    formules transitoires, hybrides, ou de transferts dune machine une autre

    (dune gnration une autre), qu exploiter au maximum ses quipements

    pour la meilleure production possible (19)

    A ce titre, le service TAP info de lagence TAP reste quand mme loquent,

    dans la mesure o, en labsence dun site Web, avec Extranet et Intranet, ce

    procd ne fait que reproduire le service tlex, sans grands changements pour la

    clientle si ce nest le fait de recevoir le fil sur cran sans les contraintes du

    tlex (papier, maintenance)

    Cette juxtaposition de gnrations technologiques, fort handicapante en soi et

    srieux obstacle un dveloppement consquent des TIC dans les mdias, est

    un problme majeur dans le cas de la presse audiovisuelle. Les transferts dun

    matriel un autre, larrt de production de pices de rechange dun matriel

    dpass, la dispersion et lclatement dun volumineux patrimoine sur diffrents

    supports, de diffrentes gnrations technologiques, pas toujours compatibles,

    posent dnormes problmes dordre technique, financier et au plan de la

    formation des personnels et de leur recyclage. Lheure tant, dans ce secteur de

    la radio et de la tlvision, au passage systmatique au numrique, une mise

    niveau, sur tous ces volets, est un des dfis les plus difficiles relever pour le

    pays.

    La mise niveau de lentreprise mdiatique tunisienne, en relation avec les TIC,

    est galement imprative au plan de la gestion des ressources humaines, de

    lorganisation du travail et de la fabrication du produit.

    19 Ainsi en est-il dun grand groupe de presse populaire exploitant un parc informatique o un Pentium fait bon mnage avec lanctre Apple IIC

  • 44

    Au plan des ressources humaines, le constat principal quon peut faire est quen

    moyenne, les rdactions sont dun effectif rduit, voire mme trs rduit. Certains

    journaux fonctionnent avec trois ou quatre journalistes permanents aids,

    loccasion, par des collaborateurs externes plus ou moins bnvoles. (20)

    Dans le cas de la presse rgionale, lun des plus anciens groupes de cette

    presse, nemploie aucun journaliste permanent (except le fils du fondateur

    propritaire de cette entreprise familiale). (21)

    Si de manire gnrale, les rdactions sont majoritairement domines par des

    diplms de lIPSI, force est de constater que la prsence fminine y est encore

    faible. (22) Ce qui, videmment, ne milite pas en faveur dune plus grande

    diversification des contenus produits par les mdias.

    Cette diversification est galement handicape dans le cas de la presse crite

    par la faiblesse parfois labsence de correspondants rgionaux et locaux, les

    structures moyennes tant principalement des rdactions nationales bases au

    sige du journal, dans la capitale Tunis.

    A cet gard, lagence TAP, qui a un rseau toff de bureaux et correspondants

    rgionaux est certainement handicape dans la diversification de ses contenus

    du fait quelle na pas de correspondants ltranger qui alimenteraient sa

    production sur lactualit internationale avec un regard tunisien , cest--dire,

    un traitement mme dtre en phase avec les attentes et les centres dintrt

    des mdias et des publics tunisiens.

    Sur le plan de lorganisation du travail, le constat saillant dans la majorit des

    mdias est lextrme centralisation de la dcision aux mains du premier dcideur

    qui, engag personnellement, aux yeux de la loi (responsable de publication),

    comme au plan conomique (crdit bancaire), estime, sans doute par prudence,

    20 Dans le cas du groupe Tunis Hebdo, les journalistes sont appels alimenter, en mme temps, toutes les publications du groupe dont deux hebdomadaires, des spciaux dominicaux, en plus de ldition lectronique du groupe. 21 Groupe La Gazette du Sud et Chams Al Janoub, fond par M. Ali Baklouti et dont le fils, diplm de lIPSI, assure la direction du rdactionnel qualimentent certaines collaborations externes. 22 Selon une tude publie par le CREDIF, les professionnelles dans le champ de la presse et de la communication reprsentaient, en 1998/99 autour de 26%, avec des taux de : 22% dans la presse crite, de 30% la TAP et de 40% lERTT.

  • 45

    quil doit dlguer le moins possible des responsabilits incombant aux multiples

    tches de lentreprise. Ce qui rduit considrablement la responsabilisation des

    personnels, les journalistes dabord, artisans des contenus et rcipiendaires, en

    principe, des TIC et de leurs potentialits. Un centralisme et une

    dresponsabilisation qui nencouragent ni la cration ni la recherche, mais, au

    contraire, renforcent le conformisme et la reproduction du traditionnel et de tout

    ce qui ne heurte ou ne menace ni les dsirs ni les intrts du patron.

    Sur le plan de la qualit du produit, alors que les TIC reclent des chances

    formidables denrichissement et de diversification, cette organisation

    victorienne , nencourage ni le journalisme dinvestigation, ni lexploitation des

    apports cachs des nouveaux outils (la recherche documentaire sur Internet, par

    exemple, ou la confection dun support lectronique )

    En bout de ligne, cette atmosphre nest fondamentalement pas propice au

    dveloppement moderne de lentreprise et de sa production au moyen des TIC.

    On peut comprendre, partir de ce constat, les rticences linvestissement,

    la systmatisation de la formation continue, laugmentation des effectifs,

    laventure du multimdia ou ldition lectronique, au Web La recette

    habituelle est le matre mot qui dtermine, dans ce schma, la confection du

    produit, quitte faire plier cette recette et ses limites conventionnelles un

    outil aussi performant que lordinateur ou une source denrichissement aussi

    vaste que le cyberespace.

    On peut trouver une explication cette culture dentreprise , encore en retrait

    par rapport aux TIC, dans le fait que, de manire gnrale, la dcision et

    lencadrement sont domins par une gnration de professionnels qui se sont

    forgs professionnellement bien avant lre de lapparition de ces outils dans les

    mdias (quadragnaires et quinquagnaires).

    Mais quoiquil en soit, la mise niveau globale de lentreprise ne peut ignorer

    lentrepreneurship, visiblement en manque dune profonde mise niveau de sa

    capacit dcisionnelle dans le recours aux TIC et dans llaboration et la

    conduite dune stratgie dentreprise qui soit adapte ces technologies et

    leurs promesses davenir.

  • 46

    En consquence et de manire globale, un impratif de formation de

    lentrepreneur se pose.

    Formation au plan du management en gnral (aspect conomie de

    linformation) et formation cible sur le levier conomique que constituent, pour

    lentreprise, les TIC (quipements, gestion, maintenance, encadrement,

    renouvellement, investissement). Et enfin formation/initiation lutilisation

    personnelle familiarise et intelligente des TIC (ordinateur pour grer,

    communiquer, prospecter, sinformer, consulter, se runir, prendre une dcision,

    commercer).

    Il y a l un vritable besoin structurel de formation continue chez les

    entrepreneurs, patrons, gestionnaires et directeurs de presse visant sortir

    lentreprise, par la volont claire et conseille- de ses dcideurs de ltat

    actuel dans lequel dominent un sous-quipement critique en TIC et un usage de

    ces outils si limit quil na aucune influence durable et structurelle sur les

    pratiques des professionnels, sur la culture de lentreprise, sur les chanes de

    fabrication, sur les contenus et les produits (dans la presse crite comme dans la

    presse audiovisuelle).

    Au pralable, il a y ncessairement une action dinformation et de sensibilisation

    conduire pour initier les entrepreneurs, cibles-cls dans la dcision, la

    culture des TIC et les recruter pour dventuels programmes de formation et

    dinitiation.

  • 47

    7me constat : La documentation, lment de contenu marginalis

    Nombreux sont ceux, parmi les dcideurs des mdias, qui admettent le constat

    selon lequel les contenus sont gnralement pauvres et peu diversifis.

    Sans oublier dincriminer les comptences en langues et la formation technique

    acquises par le journaliste lors de sa formation universitaire, ils identifient comme

    problme majeur et commun tous dans cette question de contenus, la

    dimension des sources en gnral et celle des sources documentaires en

    particulier.

    Il est nanmoins symptomatique de relever que souvent les mdias regrettent les

    faibles contenus que leur offre lagence nationale dinformation et dont tout le

    monde suit avec impatience le projet actuel dinformatisation de sa

    documentation.

    Mais force est de constater que cette sensibilit laspect documentaire, quon

    peut exprimer ainsi lendroit du grossiste national, lagence TAP, ne se

    traduit pas, dans la plupart des mdias, par lexistence dune documentation

    (physique) propre lentreprise, une documentation qui soit riche, organise et

    surtout exploite, de manire systmatique et efficace, par les professionnels

    dans la fabrication de leurs contenus.

    La mme remarque est faire concernant lattitude des mdias et des

    journalistes lgard du Centre de documentation nationale (CDN), puisque ce

    type de clientle est celle qui frquente le moins les services de ce centre et

    celle qui fait rarement appel ses fonds pour toffer ou enrichir les contenus

    (attitude habituelle, remarque-t-on au CDN : quand un journaliste consulte, il

    prcise quil le fait titre personnel, pour les besoins dun travail universitaire,

    par exemple).

    Au regard de ltat actuel du CDN (en attente dun projet dinformatisation de ses

    fonds pour quils deviennent consultables distance et quils soient mieux

    encadrs par du personnel nombreux et qualifi en TIC), de la situation du

    service de documentation lagence (bien que sur le point dtre concrtis,

  • 48

    avec un rcent projet dinformatisation conclu avec lUNESCO), de la situation

    galement de ce secteur lERTT (tablissement confront la complexe et

    coteuse tche de numriser et de standardiser diffrentes gnrations

    technologiques de documents et de supports), et enfin, au vu des pratiques de

    mise en gnral parmi les journalistes, et dans la majorit des mdias, lon est

    amen conclure la ncessit de conduire une mise niveau gnrale de la

    donne documentaire, dans lensemble du champ.

    Des partenaires internationaux, comme lUNESCO, semblent fort disponibles

    pour aider cette mise niveau, cest--dire, engager des actions de

    promotion dune culture de la documentation parmi les journalistes et

    communicateurs, qui romprait avec cette vision dominante qui ne voit dutilit

    dans le recours une documentation quen cas de travail sur le pass et non pas

    comme source pour clairer et crdibiliser une lecture du prsent ou une

    prospection de lavenir, ce qui est le propre dun produit mdiatique.

    Il sagit donc dune perception culturelle qui empche, jusqu prsent et en

    gnral, les auteurs et dcideurs des contenus mdiatiques de grer le

    document, le fonds documentaire, les sources documentaires, proches et

    lointaines, physiques et cyberntiques, comme formant une composante

    indispensable et constitutive du discours mdiatique.

    Certains entrepreneurs vont jusqu demander au monde de la formation de leur

    offrir des journalistes/ documentalistes ou documentalistes/journalistes ,

    par souci de sortir la documentation de la marginalit dans laquelle les rflexes

    et les pratiques de tous les jours la confinent. Soccuper de la documentation

    dans les mdias est peru comme une punition, comme une sanction frappant

    les journalistes non performants . Perception que partagent aussi bien les

    dirigeants dans les mdias que leurs personnels journalistiques.

    Outre ce travail culturel et de changement initier dans les mentalits,

    lendroit de laspect documentaire, on lie souvent cette marginalisation aux

    traditions professionnelles du journaliste tunisien qui font peu de place au

    journalisme de proximit et au journalisme dinvestigation. L, le dbat est nourri

    de part et dautre, entre le monde de lentreprise et le monde de la formation,

  • 49

    chacun reprochant lautre de ngliger dans son mandat de tous les jours de

    favoriser ces deux genres de journalisme qui sont inconcevables sans

    multiplication et sans diversification des sources. Un problme qui interpelle donc

    tant les cursus des formations spcialises que les politiques rdactionnelles des

    entreprises.

    Il y a, certes, lieu de ne point ngliger lincidence dautres donnes et

    paramtres de contexte sur la tenue des contenus, de ce point de vue, comme

    laccs, lgal, libre et pratique, aux sources, aux documents, linformation en

    gnral Mais il y a aussi une sous-exploitation de ce qui est disponible et

    accessible et qui, parfois, peut contenir une richesse infinie. Ce quoffrent, en

    loccurrence, les TIC et lexploitation dInternet.

    Le recours timide, voire marginal, de telles opportunits denrichissement des

    contenus, via le Net, est reconnu par la quasi-majorit des dcideurs et

    professionnels des mdias. Ce qui signifie quil y a une disponibilit chez les

    acteurs sengager volontiers dans une mise niveau profonde de cet aspect si

    spcifique, en termes de diagnostic comme en termes de perceptions et de

    pratiques.

    Du fait de cette unanimit et de la porte dcisive de la donne documentaire sur

    lavenir des contenus et de leur permabilit aux TIC, les mdias tunisiens ont

    besoin dintgrer cet aspect comme un lment denvironnement gnral. Un

    lment dvelopp et entretenu dans lensemble du champ, de manire

    transversale, rig en chantier quotidien dans toutes les mdias et institutions

    partenaires, dans le monde de la formation comme dans celui des institutions

    spcialises (CDN ou autres centres sectoriels) et o le travail documentaire est

    essentiel.

    Ceci nexclut pas des mises niveau verticales, lchelle de chaque acteur du

    champ. Mais pour que la promotion de la documentation soit consquente et

    bien soutenue dans chacune des entreprises et institutions, il est indispensable

    de conduire une action nationale qui encadrerait tous les efforts individuels, afin

    de garantir la cohrence, la synergie, lconomie dchelle dans les quipements

    et les cots de rseautage (procdure fondamentale dans le travail

  • 50

    documentaire) et ancrerait progressivement dans la culture de lentreprise

    mdiatique et chez les professionnels limportance du recours la

    documentation et de son traitement par le biais de ses acquis les plus

    modernes : les TIC.

  • 51

    8me constat : La publicit, un levier redresser

    Levier incontournable dans le dveloppement de tout champ de la

    communication qui veut tre ouvert, libre et comptitif, la manne publicitaire,

    dans le cas de la Tunisie, est la fois un secteur relativement amnag et un

    secteur structurellement dsorganis, linstar, dailleurs, de ce quil en est dans

    les pays de la rgion, notamment au Maroc.

    Le secteur est relativement amnag du fait du rle que sy est donn ltat, au

    moyen de lATCE, agent public dintervention et de rgulation, qui, de lavis des

    entrepreneurs de presse, influe considrablement sur lconomie de linformation

    du pays et mme sur le processus de dveloppement des TIC en Tunisie.

    Grant de manire exclusive la publicit institutionnelle (les insertions accordes

    par les ministres, tablissements publics et assimils), lATCE focalise de

    manire quelque peu dmesure les attentes des mdias privs. Tant les

    publications nationales, rgionales et locales, se tournent vers cet organisme

    pour augmenter leurs recettes publicitaires, alors que - premier paradoxe- la

    publicit institutionnelle distribue par lATCE ne reprsente peine que 20%

    du march , selon son DG.

    Le deuxime paradoxe est que des titres rgionaux sadressent lATCE qui, de

    par son mandat, ne peut faire insrer que des contenus caractre national

    alors que la presse rgionale est suppose avoir un impact local, ce qui suppose

    quelle a tout le loisir de prospecter le march publicitaire rgional et local.

    En fait, ce genre de paradoxes inhrents la place que dtient lATCE (charge

    surtout de la communication et limage du pays lextrieur), rvle la ralit

    profonde du march publicitaire national (gnr 80 % par des annonceurs

    privs) et le type de positionnement quy adoptent les entreprises mdiatiques

    prives.

    La ralit du secteur en gnral est une ralit qui suscite nombre

    dinsatisfactions parmi les mdias crits et lectroniques surtout. Insatisfactions

  • 52

    qui, in fine, sont traduites en demandes aux pouvoirs publics de procder des

    actions dorganisation, dencadrement, de rglementation

    Autrement dit, lhypothse dune autorgulation ou auto organisation de ce

    secteur par lui-mme ou en collaboration avec les oprateurs mdias nest

    nullement en vogue. (23)

    Certains appellent une organisation, voire un assainissement, du march

    publicitaire priv, de ses pratiques et mcanismes, avec le souci dassurer une

    concurrence loyale, une certaine quit (entre supports crits et supports

    audiovisuels, principalement, mais aussi appuyant quelque peu la presse

    rgionale et la presse populaire mieux y accder).

    Dautre part, si, globalement, les titres faible tirage louent les pratiques de

    mise, sous lgide de lATCE, de la publicit institutionnelle ou officielle, on ne

    manque pas dans ce secteur de souhaiter une plus large distribution qui

    profiterait davantage aux priodiques, la presse populaire et mme aux titres

    rgionaux. L, il y a un souhait de dialogue avec lATCE, cest--dire avec les

    pouvoirs publics, ce qui est retenir dans le cadre de la concertation globale que

    les oprateurs et supports souhaitent conduire avec les pouvoirs publics sur

    lensemble du march publicitaire national, afin de le rorganiser et dy

    promouvoir des pratiques et des mcanismes plus profitables tous, dans la

    transparence et la prise en compte des faiblesses spcifiques telle ou telle

    famille de supports (presse crite, par rapport la presse audiovisuelle, presse

    priodique spcialise, presse rgionale).

    Dun autre ct, lATCE a conquis une place et une visibilit de premier plan

    dans le secteur de la presse lectronique, ayant t lorigine, par laide,

    lexpertise ou lhbergement sur son site Web, des premires ditions de cette

    presse dans le pays ( comme le priodique Ralits ). Une action conduite

    sous un mandat dintrt public, limit dans le temps, le temps de lancer le

    mouvement du passage ldition lectronique parmi les mdias classiques.

    Mais ce rle daiguillon lui vaut dtre perue encore aujourdhui comme une

    23 Ce qui est, comparativement, le cas au Maroc, par exemple.

  • 53

    autorit capable de recevoir et de rsoudre les dolances spcifiques ces

    nouveaux mdias.

    Ceux qui ont dj lanc des ditions lectroniques de leurs journaux ou des

    portails dinformation, apprhendent avec inquitude la situation, par exemple,

    de vide juridique qui affecte encore le secteur de linsertion publicitaire sur

    support lectronique. Ce domaine, qui en est ses premiers balbutiements, est

    pour linstant explor par quelques acteurs (notamment la presse spcialise et

    certains quotidiens) titre symbolique, offrant gnralement leurs espaces

    lectroniques gratuitement quelques annonceurs initis, dans un but purement

    dimage de lentreprise. Une pratique promotionnelle qui, pour certains, est un

    pari sur lavenir, dans le sens o elle est susceptible daider lmergence dune

    vritable clientle dannonceurs lectroniques , au-del de la poigne de

    prcurseurs qui sy adonnent pour linstant, sans doute encourags par la

    gratuit de loffre.

    Pour certains jeunes promoteurs de multimdia et START UP, la loi sur le

    commerce lectronique contient implicitement des rgles de conduite et des

    normes. Pour dautres, lATCE pourrait donner le modle suivre, en distribuant

    de la publicit lectronique officielle et en dcidant des rgles et conditions de

    ces insertions.

    En tout cas, pour la majorit des grands oprateurs mdias (quotidiens,

    priodiques), le fait que ce type de publicit ne soit pas encore encadr dun

    point de vue rglementaire spcifique et dtaille (tarification, droits et

    obligations), peut nourrir indfiniment lhsitation, voire la rticence, dans le

    milieu des annonceurs et donc freiner le dveloppement de ce type de

    publications et supports dans le pays. Ce qui, par consquent, rejaillirait sur ltat

    global des utilisations et des usages des TIC.

    Certes, la Tunisie nest pas le seul pays (dans sa rgion, du moins) qui soit dans

    une telle situation concernant ce type de publicit, mais il est admis par nombre

    doprateurs quune clarification des rgles du jeu dans ce domaine ne pourrait

    que profiter une plus grande dissmination de la culture lectronique dans

    le secteur, particulirement dans les milieux des annonceurs et des

  • 54

    entrepreneurs de mdias, et une plus grande familiarisation avec les TIC,

    parmi lensemble des acteurs du champ de la communication nationale.

    Mais, tout compte fait, le constat de tels dysfonctionnements et des attitudes

    diverses, et parfois contradictoires, quelles suscitent chez les diffrents acteurs,

    nempchent pas de relever qu la base, il y a un problme de vision et de

    stratgie daction chez le dcideur mdia face ce problme de publicit, entre

    autres problmes.

    Apparemment, il y a absence dune vision qui admettrait que ce problme est

    avant tout un problme commercial, relevant de la stratgie dentreprise, quelle

    soit crite, audiovisuelle ou lectronique. Ce que soutient fortement lATCE.(24)

    En effet, si on peut admettre quil y a un minimum de rglementation,

    dencadrement et dorganisation que les pouvoirs publics pourraient ou devraient

    assurer, on ne peut ignorer que cest un secteur de conqute de marchs, de

    comptition, de prospection, dinvestissement, de gestion (de services

    commerciaux), de formation (dmarcheurs), etc. Car, seule une stratgie

    commerciale anime par une telle vision pourrait faire reculer les appels

    lassistance systmatique dans lesquels semblent se confiner les mdias en

    demandant ltat (lATCE, le plus souvent) de conduire ces stratgies leur

    place comme autorit et comme arbitre dans un secteur naturellement

    dpendant de la loi de loffre et de la demande.

    Cest dailleurs ce blocage qui semble faire perdurer la stagnation du secteur et

    la faiblesse de ses retombes sur les mdias, en tant que source importante,

    sinon capitale, pour permettre les investissements ncessaires la

    modernisation des entreprises par les quipements en TIC, par le recrutement

    de nouvelles comptences, par la diversification des productions, par la

    formation et le recyclage des personnels, par la conqute de marchs extrieurs

    la Tunisie.

    24 In entretien avec M. Oussama ROMDHANI, DG de lATCE.

  • 55

    9me constat : Une coopration rgionale et internationale recadrer

    Le besoin de recadrer les opportunits offertes ou potentiellement offertes

    par la coopration, ou le partenariat, avec ltranger, se fait sentir chez les

    oprateurs tunisiens cause principalement des vellits du pays lexportation

    et de ses potentialits avres exporter les produits gnrs par les TIC et

    lintelligence humaine quelle requiert. La structure de lconomie du pays y est

    favorable (les exportations interviennent pour 47,6% dans le PIB). (25)

    La place du pays dans lexportation du soft lchelle du continent africain et au

    niveau du monde arabe, ainsi que limportant effectif de jeunes professionnels en

    TIC employs en Europe (France, Belgique, Grande Bretagne, Moyen Orient..),

    sont galement des lments favorables cet gard. Sans oublier la stratgie

    globale du dveloppement du pays qui vient sinscrire dans tous les flux qui

    irriguent la mondialisation, de manire multisectorielle et toutes les chelles.

    Le prolongement naturel du Maghreb

    La premire chelle qui intresse tout naturellement les oprateurs tunisiens est

    bien entendu lchelle maghrbine. Dimension quils invoquent comme

    profondeur stratgique de laquelle dpendrait, sur plusieurs registres des

    industries de la communication, une viabilit consquente du march national et

    son rel dveloppement.

    Perspective dpendante de la sphre politique (qui encadre cet espace de par le

    trait de lUnion maghrbine UMA et de par les relations bilatrales du pays),

    elle interpelle ncessairement le dcideur politique, comme pralable tout

    projet qui manerait directement du monde des mdias et de la communication

    tunisiens. Il y a ncessairement un pralable damnagement politique lchelle

    des gouvernements de ces pays, avec ce que cela suppose comme

    ngociations, mcanismes, cadres formels de coopration, objectifs concerts,

    25 Confre annexe 1 et annexe 2 sur donnes conomiques et donnes du champ mdiatique du pays.

  • 56

    mcanismes daccompagnement, de rgulation, sinon de contrle, de linitiative

    prive, par les gouvernements etc.

    Aussi relve-t-on que les oprateurs mdias tunisiens, dans leur majorit, se

    tournent essentiellement vers le dcideur politique afin de lui demander son

    appui et son soutien pour que, dans le secteur des mdias, les relations

    politiques et conomiques entre les gouvernements (prioritairement entre la

    Tunisie, lAlgrie et le Maroc), facilitent les partenariats, les changes, la

    circulation des produits et des professionnels, les joint-ventures, les dispositifs de

    distribution, de formation, de commercialisation entre les entreprises

    mdiatiques dans la rgion.

    Tant au niveau des tirages des journaux, de la viabilit des stratgies

    commerciales et publicitaires, de la viabilit conomique des investissements (en

    machinerie, en construction et cration de systmes dapplication et

    dexploitation des TIC), que de la formation des ressources humaines et mme

    de lenrichissement des contenus, nombreux sont les entrepreneurs et

    oprateurs tunisiens qui parient sur lespace des trois pays. Pari jug

    indispensable pour atteindre les niveaux de comptitivit et de qualit qui

    consolideraient le dveloppement de leurs mdias, leur passage lre

    lectronique et numrique et leurs ambitions en matire demploi au plan

    national et de rayonnement au plan international (dans leurs environnements

    naturels : lAfrique, le monde arabe et les pays de la Mditerrane, ces

    derniers prsentant, entre autres, des potentialits de clientles importantes

    grce la diaspora tunisienne, maghrbine et arabe).

    Ce raisonnement semble pertinent, quand on examine la stature moyenne de

    lentreprise mdiatique tunisienne, (comme lalgrienne et la marocaine). Mais

    surtout quand on prend en compte la logique premire des nouveaux mdias,

    fonde sur lutilisation des TIC : logique despace de diffusion et mme de

    fabrication compltement ouvert sur le monde, sans frontires infranchissables

    Linvite donc est pour le dploiement dune dmarche dordre politique qui,

    prenant en considration la spcificit du secteur et les perspectives de

    dveloppement de lentreprise nationale, surtout laune des TIC, chercherait

  • 57

    amnager ou dgager, avec les deux autres partenaires maghrbins (ou dans

    le cadre de lUMA notamment lors des rencontres priodiques entre les

    ministres de la communication -) plus dopportunits dchanges, de coopration

    et de partenariats entre les entreprises et institutions mdiatiques.

    Les rares perces quenregistrent jusqu prsent, dans ce sens, les oprateurs

    tunisiens, ont t le fait dinitiatives individuelles (le cas de rencontres de

    rflexion entre priodiques conomiques, linitiative de lhebdomadaire

    lconomiste , par exemple, sans appui ou encouragement consquent de la

    part des autorits politiques et gouvernementales des trois pays invoqus). Il est

    mme symptomatique de constater que quand de telles

    initiatives maghrbines sont inities, elles sont ralises grce des appuis

    de coopration venues de lextrieur de la rgion (organisme europen,

    fondation de telle ou telle institution politique europenne).

    Cest dire combien les pratiques entrepreneuriales des mdias maghrbins

    semblent sous-exploiter et mme ignorer le prolongement naturel que

    constitue, plus que jamais avec les TIC, lespace de la rgion, pour leur activit.

    Le recours cette dimension nest encore qupisodique, intervenant

    loccasion de rares rendez-vous qui clbrent plus une symbolique de

    coopration quune relle et progressive stratgie de dploiement et dinteraction

    consquente et synergique impliquant tous les acteurs de lconomie de

    linformation dans ces pays.

    Le partenariat international

    Le pari, lgitime et raliste, sur le Maghreb ne procde nullement, dans lesprit

    de ses dfenseurs, dune vision rgionaliste troite, bien que cette rgion

    prsente pour la Tunisie et ses potentialits avres en le domaine des TIC, des

    opportunits varies pour lui servir de tremplin pour rayonner (notamment par

    ses exportations) sur le monde arabe et le continent africain, voire sur le pourtour

  • 58

    mditerranen. Lobjectif maghrbin de la Tunisie numrique sinscrit dans

    une optique plus large douverture sur le monde. (26)

    Sauf que ce souci douverture sur lextrieur, des fins de dveloppement des

    capacits et des ambitions de lentreprise mdiatique tunisienne, soulve

    quelques difficults rencontres dans le recours une coopration trangre ou

    internationale.

    Dabord, en rgle gnrale, les oprateurs tunisiens ne sont pas particulirement

    proccups par le recours ce type de coopration, dans leur planification

    davenir ou de dveloppement. Privilgiant davantage une attitude confiante en

    les forces endognes du pays, et, dans certaines limites, en les promesses de

    lespace maghrbin, ils ont, en gnral, des doutes srieux sur lefficience dun

    tel recours.

    Ces doutes procdent en fait de lvaluation faite dexpriences de coopration

    vcues par certains mdias emblmatiques (comme lagence TAP) ou par le

    secteur tunisien dans son ensemble. Des expriences qui, quand elles nont pas

    abouti des impasses ou des choix peu judicieux (notamment en matire dquipements en TIC applications, logiciels ), ont souvent pch de par la

    vision qui prsidait leur finalit chez le partenaire tranger :

    Une vision instrumentaliste qui rduit tout son apport loctroi de matriels et de machineries

    Une vision slective qui dtermine les apports de coopration selon des critres labors en dehors des donnes et objectifs propres au secteur de la communication, au profit dautres domaines dvaluation, notamment dordre politique.

    Nanmoins, sous rserve dune concordance entre les visions et les choix

    partags quant la nature, lampleur, la qualit, la pertinence et la dure

    dune intervention de partenariat, les oprateurs mdiatiques nationaux seraient

    preneurs dune coopration, de prfrence multilatrale (organismes

    internationaux onusiens en tte ou rgionaux, comme lUnion europenne ou

    lOrganisation Internationale de la Francophonie) qui leur semble fort 26 les projets dintgration maghrbins et panarabes ont connu rcemment une certaine impulsion. Il nen demeure pas moins ncessaire pour la Tunisie de rflchir ds prsent sur les stratgies dintgration rgionale long terme, rflexion laquelle le systme des Nations Unies devrait utilement contribuer . In Plan cadre des Nations Unies op.cit (page 23).

  • 59

    souhaitable, voire ncessaire pour renforcer leurs capacits dutilisation, dusage

    et dexploitation des TIC. Avec, comme recommandation daccompagnement, de

    privilgier les actions bnfiques et promotionnelles pour lentreprise en matire

    de ressources humaines (formation), dexpertise technique (audits, diagnostics,

    aides la dcision de choix dinvestissement et dacquisition de matriels), de

    soutien louverture sur la rgion maghrbine : appui lchange dexpertises

    dans la rgion, linstallation de mcanismes de partenariats entre les

    oprateurs des pays de la rgion, la promotion dun march maghrbin de

    supports, de produits, de contenus et de services en matire de TIC (logiciels,

    solutions dapplication, rseautage, publicit).

    Pour autant, les entrepreneurs et dcideurs tunisiens sont conscients quune

    telle dmarche de coopration internationale ne pourrait tre efficiente et dun

    impact rel et durable que si, du ct tunisien, le ncessaire est fait pour rduire

    fondamentalement une srie de blocages dordre administratif et procdural. L,

    lappel est, encore une fois, une prise en considration, par les autorits

    publiques et les rouages dcisionnels des administrations (notamment dans les

    mdias publics), de la spcificit du secteur pour allger les dmarches et

    assouplir les rglements. Surtout, en raison des TIC qui ncessitent des dlais

    fort rduits entre la prise de dcision et la mise en uvre sur le terrain, qui

    imposent aussi des changements de cap opportuns (parfois brusques, coteux

    et radicaux), pour quon ne soit pas dpass technologiquement, pour quon

    reste comptitif ou pour que lentreprise ne senlise pas dans lentretien doptions

    dpasses par le cyberespace (matriels, applications, profils de ressources

    humaines, phases intermdiaires dans la chane de fabrication).

    En fait, les desiderata des acteurs du champ mdiatique tunisien, oprateurs

    publics, oprateurs privs, regroupements de professionnels (comme lATIM ou

    lAJT), institutions spcialises de recherche (comme le CREDIF), de

    documentation (CDN) ou autres, rejoignent lobjectif global du systme onusien

    tel que recadr par le PNUD dans laccord de partenariat conclu avec le

    gouvernement tunisien au titre du Xme Plan de dveloppement du pays : Il ne

    sagit donc plus aujourdhui pour le PNUD dapporter la Tunisie une assistance

  • 60

    technique classique. Lobjectif est plutt, dans un contexte de mondialisation et

    de transitions multiples, daider le pays matriser son avenir grce une

    meilleure apprhension dun environnement international en mutation acclre

    et une assimilation des comptences et du savoir ncessaires son

    dveloppement..(27)

    Un tel objectif appelle nanmoins ladoption dune dmarche fonde sur une

    large concertation et dune planification o le long terme dtermine et inspire le

    court terme qui, pour linstant, semble focaliser dmesurment les projets des

    uns et des autres, au point de rduire et de dformer la vision de lavenir de la

    Tunisie numrique .

    27 In Document DP/CCF/TUN2. CA. PNUD/FNUAP.op.cit. (p.8).

  • 61

    10me constat : Dmarche de concertation et planification long

    terme

    Au plan de la coopration aussi bien avec lextrieur qu lintrieur du champ

    national des communications, un constat global simpose pour rvler un certain

    manque de concertation large et profonde et une indniable dficience de la

    planification long terme qui, si elle semble guider les interventions des pouvoirs

    publics, est gnralement faible ou mme absente au niveau de chacun des

    autres acteurs impliqus dans le champ.

    Particulirement dans le monde de lentreprise o le court terme prdomine dans

    la gestion de lentreprise et toute incitation ou mesure tatique sy soumettent et

    sont perues et exploites en fonction. Il est sr que cela rejoint le dficit

    indniable des entrepreneurs en matire de management et de gestion

    conomique de lentreprise, que celle-ci relve du secteur public ou du secteur

    priv. Mais on peut dire que, la volont politique tant pressante, aiguillonnant

    sans cesse les secteurs du champ et les acteurs, le rflexe du court terme

    motive davantage quil nen faut les ractions, les perceptions, les projets et les

    actions. Dailleurs, cette prdominance du court terme nest pas sans relation

    quasi dialectique avec le cloisonnement, sans impact synergique, qui affecte, in

    fine, lensemble de la stratgie dintervention des pouvoirs publics dans le

    champ.

    En fait, ce constat revient une problmatique de dmarche ou dapproche, du

    moment quune planification stratgique, applique diffrents acteurs,

    diffrents niveaux et avec, en plus, un souci dharmonisation, voire de

    mobilisation collective, exige de la concertation, le dialogue et la ngociation.

    Cest dans ces termes quon peut conclure un problme dapproche. Par leurs

    comportements, domins par les objectifs court terme, et par leurs discours,

    trop sectoriels, troitement colls la ralit singulire de leur propre entreprise,

    les acteurs et oprateurs ne sont manifestement pas habitus dialoguer entre

    eux, se concerter, changer leurs informations et leurs expriences Le

  • 62

    mme dficit semble marquer assez profondment les rapports qutablissent

    avec ltat et les pouvoirs publics, chacun des acteurs, chacune des catgories

    dacteurs ou lensemble des mdias et institutions impliqus dans le champ.

    Il y a donc une dynamisation du dialogue et de la concertation mener tous

    azimuts, car le pays dispose dun certain nombre de mcanismes et dinstances

    qui ont, en principe, ce type de mandat : le Conseil Suprieur de la

    Communication, la Direction gnrale de linformation au Premier Ministre, les

    siges rservs au monde de lentreprise dans les instances dcisionnelles du

    monde de la formation (IPSI, CAPJC) (28)

    Lomniprsence de ltat et de ses interventions volontaristes, les diffrents

    mcanismes et courroies de transmission installs entre les diverses parties du

    champ, devraient profiter une systmatisation du dialogue, des tables de

    concertation et de ngociation qui sont indispensables pour pouvoir orchestrer

    tous les objectifs du pays en le domaine, pour animer, avec lefficience et les

    quilibres requis, une stratgie nationale globale, tout en apportant soutien,

    correction et expertise, aux stratgies individuelles et catgorielles des uns et

    des autres. Le but ultime tant daboutir une planification long terme qui soit

    concerte, claire et source dinspiration pour tout acteur.

    De par leurs enjeux conomiques et socioculturels, leur rythme de mutation

    technologique, et les impacts de leurs utilisations et usages sur les structures du

    champ global de la communication et sur les produits et contenus, les TIC

    ncessitent imprativement cette dmarche continue de concertation et de

    coordination qui garantit, entre autres mesures de scurit et de russite, la

    flexibilit dans les ajustements, le dcloisonnement entre les stratgies

    sectorielles, et loptimisation des moyens et ressources du pays, selon une

    logique dconomie dchelle et labri dimpasses coteuses (choix

    dquipements errons, par exemple) ou dobjectifs irralistes.

    28 Pour simple clairage, on peut voquer le cas du Maroc o, sur dix ans, cette dmarche de large concertation a t fortement installe, par deux grands Etats Gnraux (1993 et 2003), mais avec des rsultats concrets fort limits de lavis de la quasi majorit des acteurs (gouvernement compris), la preuve tant le fait quune stratgie nationale globale et concerte reste toujours un objectif atteindre, objet de dbats depuis une dcennie.

  • 63

    Blocs dactivits pour une stratgie nationale

    du dveloppement des TIC

    dans le monde des mdias

    Plan daction

  • 64

    A partir du diagnostic de la situation du champ des mdias et des TIC, limit

    dix constats majeurs, on peut dduire des lments constitutifs dune stratgie

    nationale, intgre et r articule en fonction dune nouvelle priorisation des

    problmes et des solutions quils appellent et tenant compte de la phase assez

    dlicate par laquelle passe actuellement la Tunisie numrique .

    Cette stratgie, que structure un plan daction, doit tre guide par sept objectifs

    globaux dont lensemble doit sinscrire dans un long terme comme rfrentiel et

    comme guide dinspiration pour toute activit inscrite dans cette stratgie et pour

    tout acteur du champ ou partenaire associ la mise en uvre.

    A. Objectifs globaux de la stratgie

    1. Renforcer, momentanment, le rle pivot rempli jusqu prsent par

    ltat en veillant ce quil souvre progressivement sur des partenariats

    nationaux, par lassociation ses dcisions, planifications et

    interventions, des autres acteurs, notamment du secteur priv.

    En dveloppant les impulsions de ltat dans cette perspective, on doit en

    promouvoir le rle de manire slective, cest--dire en fonction du

    problme pos ou de laspect abord, et selon que son intervention est

    souhaite comme acteur incitateur, dfricheur, coordonnateur, facilitateur ou

    catalyseur.

    Linput ultime recherch, travers cet objectif, est de faire durer le rle de

    locomotive jou par ltat dans lmergence de la Tunisie numrique , le

    temps que tous les acteurs procdent leur mise niveau et deviennent des

    sources dinitiatives relayant ltat et capitalisant au mieux la synergie

    recherche travers la mise en uvre dune stratgie nationale intgre et

    concerte.

    Pour que cette mutation soit mene bon port, il revient ltat, en cette

    phase, darrimer, de la manire la plus complte, les mdias publics

  • 65

    dont il a la charge totale, lre des TIC dans toutes leurs dimensions

    (quipements, accs Internet, utilisation, applications, usages, contenus,

    formation, cration, documentation, rseautage, rayonnement et

    exportation).

    2. Renforcer la culture et les rouages de dialogue et de concertation entre

    tous les acteurs du champ, et, tout particulirement, entre les pouvoirs

    publics et le reste des acteurs. Une concertation qui doit animer le champ

    en amont comme en aval des dcisions prises par les institutions

    constitutionnelles (Prsidence, Gouvernement, Parlement). User, en

    consquence, de toutes les formes porteuses de dbats, de consultation,

    de concertation et de ngociation dans le but de construire des

    partenariats, des contrats programmes, des conventions collectives ou

    toutes formes dengagements partags : sminaires, journes dtudes,

    tables de concertation, audiences publiques ou cibles, groupes de travail

    multipartites, de conseil et dexpertise, etc. La dmarche systmatique doit

    tre une dmarche multi-sectorielle, cherchant toujours largir la

    concertation et limplication de toute partie concerne directement ou

    indirectement, par la question examine.

    3. Promouvoir et diffuser, au sein du monde de lentreprise, une culture

    numrique adapte aux spcificits du monde des mdias et des TIC

    en dveloppant, au sein de lentreprise, la planification stratgique et la

    programmation long terme, lvaluation, la formation, la responsabilisation,

    la concertation, la recherche et linnovation, les techniques commerciales, les

    techniques avances de fabrication de contenus, en exploitant au

    maximum les possibilits offertes par les TIC comme la documentation, la

    numrisation, la mise en rseau

    4. Pousser nouer plus de liens organiques entre le monde de lentreprise

    et le monde de la formation (initiale et continue), en encourageant les

    accords et conventions, en associant chaque partie certaines des

    activits et planifications de lautre, en outillant les deux dinstruments de

  • 66

    mesure, dvaluation, de veille et dajustement pour suivre les mutations

    technologiques, les fluctuations du march de lemploi, ladquation des

    formations avec les emplois et les nouveaux mtiers, les nouveauts en

    matire dapprentissage et de pdagogie et pour aplanir au maximum

    toutes les cloisons dordre administratif et procdural (notamment au

    niveau du recrutement des professionnels par lUniversit). Sachant que

    ces cloisons sparent les deux mondes et les empchent dchanger

    expriences et ressources humaines.

    5. riger la question des ressources humaines en priorit constante chez

    tout acteur du champ en veillant ce que ces ressources soient toujours

    au cur des plans daction et des projets de dveloppement des TIC et

    des entreprises mdiatiques et assimiles; en faisant bnficier ces

    ressources de toute mesure et mode dorganisation qui favoriseraient

    davantage de participation aux dcisions de lentreprise, une plus

    quitable prsence de la femme, une plus large responsabilisation, une

    plus rgulire formation et une plus grande libert pour linitiative et la

    cration.

    6. Amnager et irriguer un environnement favorable au dveloppement

    des TIC dans le monde des mdias, en dveloppant de manire

    transversale et lintrieur de chaque secteur professionnel, notamment au

    moyen des TIC et du cyberespace :

    La recherche, larchivage et la documentation active

    La crativit et la prospective

    Linformation, le rseautage et la sensibilisation de lensemble des

    professions.

    7. Dgager pour la Tunisie numrique des opportunits de

    dveloppement et de rayonnement dans ses environnements

    rgionaux : le Maghreb, lAfrique, le Monde Arabe et lespace mditerranen,

    en favorisant et en soutenant les partenariats, les joint-ventures, la circulation

    des cadres et experts, la dlocalisation dactivits au profit de pays

  • 67

    partenaires dans ces espaces, limplication des comptences tunisiennes

    expatries, lmulation des crateurs nationaux et le recentrage de la

    coopration internationale sur ces ambitions rgionales et

    continentales de la Tunisie.

  • 68

    B. Blocs dactivits

    Par rfrence aux sept objectifs ainsi dgags, et tenant compte des dix

    constats majeurs retenus dans le diagnostic de la situation des TIC dans les

    mdias, on peut dsigner comme blocs dactivits, qui sont autant dobjectifs

    spcifiques de la stratgie propose, une vingtaine au total.

    1. Confier au Conseil Suprieur de la Communication, dans son nouveau

    rle dobservatoire des mdias, et en concertation avec les dpartements

    concerns (Ministre des Technologies de la Communication et des

    Transports notamment), le mandat dhberger et danimer une Commission

    ad hoc, large participation, charge de concevoir une stratgie

    nationale de dveloppement des TIC dans le monde des mdias, de

    planifier sa mise en uvre, de la budgtiser, den suivre les tapes et

    lvaluation et de susciter autour delle la mobilisation et la synergie des

    efforts de tous les acteurs et parties concernes par lvolution des TIC et

    des mdias en Tunisie.

    Cette instance ad hoc veillera, en tout cas, ce quelle reprsente tous

    les acteurs et secteurs concerns, valuer son propre travail

    rgulirement (tous les six mois, au maximum) et faire mettre laccent sur

    la formation des ressources humaines.

    Cette sorte de comit stratgique pourra gnrer des stratgies,

    coordonner les interventions des pouvoirs publics, prospecter, informer,

    accompagner les oprateurs par lexpertise et le conseil, proposer au

    politique les rformes et les ajustements et impulser les rayonnements et les

    exportations tunisiennes en matire de mdias et de TIC, lextrieur du

    pays. Y attribuer aussi le mandat dun guichet unique pour

    linvestissement, le crdit (avec lAPI), la commercialisation et

    lexportation (avec le Cepex).

  • 69

    2. Confier un groupe dexperts juridiques, doprateurs reprsentatifs et

    de spcialistes du champ de la communication, la tche de procder une

    revue systmatique de tous les textes lgislatifs et rglementaires

    rgissant les activits du champ, avec lobjectif dharmoniser ces textes, de

    les mettre jour et de proposer de nouveaux encadrements adapts aux

    nouveauts des TIC et leurs prvisibles transformations en termes de

    droits et obligations, de formes de supports et de contenus, de mtiers A

    cet effet, ce groupe aura examiner trs court terme et dans la

    concertation la plus large avec toutes les parties :

    La rvision de certaines dispositions du code de la presse, dont

    celles relatives au droit de parution pour une personne morale et

    non physique (avec, bien entendu, une obligation lgale

    dexistence dun directeur responsable de la publication ) ;

    La dfinition dune nomenclature des mtiers des mdias et des

    TIC qui pourra tre adopte par les employeurs et les professionnels

    du champ.

    Le balisage du secteur de la publicit et son adaptation aux TIC.

    3. Doter lensemble des intervenants dans le champ de la communication dun

    support dinformation qui consigne, dans le dtail, toutes les mesures,

    textes lgislatifs et rglementaires de rfrence ainsi que les

    mcanismes gnrs par les pouvoirs publics en appui au

    dveloppement des mdias et des TIC. Ce support peut se prsenter sous

    forme de kit constitu dun Prcis imprim et dun CD (en arabe et en

    franais), en plus dun hbergement lectronique, consultable distance,

    auprs dune instance gouvernementale de coordination, comme la Direction

    Gnrale de lInformation auprs du Premier Mministre qui, de par son

    mandat, consigne ce type dinformations et en assure lexplication et la

    diffusion. Dans ce support, on inclura un traitement explicatif, insistant sur

    les complmentarits et les synergies possibles entre les diffrentes

    mesures tatiques.

  • 70

    4. laborer et conduire une stratgie nationale grand public dinformation,

    de vulgarisation et de sensibilisation visant populariser le recours aux

    TIC et donner plus de visibilit certains des dispositifs cls mis la

    disposition de certaines catgories par les pouvoirs publics, notamment

    les jeunes, comme les fonds daide linvestissement, la formation et la

    cration de PME (Fonds 21/21 , 26/26 ) ou comme les technoples, les

    clubs ou foires Internet, les espaces multimdia pour enfants

    5. Au niveau de la formation de base, aprs la nouvelle rforme de lIPSI et

    en partant des nouvelles grilles de formation, il serait judicieux, trs court

    terme, de charger un groupe de travail de mettre plat les programmes

    dtaills dispenss au niveau de chaque cours ou TD, de les passer en

    revue afin de dceler les lacunes, viter les doublons et mieux assurer

    ladquation entre formation et emploi et lintgration des TIC dans le

    monde du journalisme et de la communication.

    Ce groupe, conformment une dmarche de large concertation, devra

    tre reprsentatif, avec lexpertise requise, des personnels de lIPSI, de

    luniversit, des mdias crits, audiovisuels et lectroniques, des socits

    de publicit, des professionnels des contenus virtuels, du CAPJC et des

    principales corporations du champ (journalistes, diteurs, promoteurs de

    supports multimdia). Le groupe aura rexaminer :

    Les modalits et conditions daccs lIPSI en relation avec

    limpratif dune capacit daccueil et dencadrement

    pdagogique de qualit (seuil viable des inscriptions, pr-requis

    exigs, accs sur concours ou non)

    Les contenus dtaills de la formation et les mthodes

    pdagogiques, en troite relation avec les opportunits et les

    nouveauts quapportent les TIC, ainsi quavec les demandes du

    march de lemploi.

    largir davantage, dans le cursus de formation au journalisme, les

    options de spcialisation pour promouvoir notamment, le

    journalisme de localier , le journalisme dinvestigation, le

  • 71

    journalisme scientifique, le journalisme lectronique et les

    techniques de rdaction, de recherche (documentaire et de terrain) et

    de mise en forme que chacun de ces types de journalisme exige.

    Radapter les contenus et les mthodes dapprentissage dispenss

    dans les modules relatifs la matrise des langues, en fondant ces

    enseignements sur lutilisation des TIC pour en exploiter, au

    maximum, les possibilits dinteractivit, de recherche, et

    dapprentissage distance quelles permettent.

    Prparer un projet daccord-cadre entre lIPSI et le monde des

    mdias nationaux et rgionaux portant sur les stages des

    tudiants en cours de formation et sur les stages pr emploi, en

    intgrant la priode de stage au systme dvaluation de ltudiant

    lIPSI et en attribuant lentreprise des prrogatives dordre

    pdagogique et dvaluation cet effet.

    Promouvoir une plus large implication des professionnels et du

    monde de lentreprise dans la vie de lIPSI, aux plans des contenus

    de formation, de lencadrement pdagogique, de llaboration de

    projets davenir et de stratgies, de laccs des laurats au march de

    lemploi, en ramnageant et assouplissant, dans ce but, les

    procdures et les modes de recrutement et de rmunration des

    professionnels du secteur.

    Ouvrir les horizons du monde de travail aux diplms de lIPSI (et de

    lenseignement suprieur en gnral) par lorganisation de cycles de

    formation spcialiss (DESS), en partenariat avec la profession, et

    dont les contenus, les mthodes dapprentissage et les audiences

    sont choisis sur la base du recours le plus large possible aux TIC

    et avec le souci dadapter les profils, forms ces technologies et

    aux mtiers quelles gnrent (secrtariat de rdaction, mise en

    page et dition lectronique, Web master, designer, infographe,

    compograveur, communicateur publicitaire, relationniste, attach de

    presse, spcialiste de mdias scolaires, de mdias locaux, spcialiste

  • 72

    des techniques de traitement et de recherche documentaire,

    notamment sur le Net).

    Dvelopper un enseignement distance, via le Net, qui soit cibl

    sur diffrentes clientles (y compris les professionnels ),

    lintrieur comme lextrieur de la Tunisie. Interactif et payant, cet

    enseignement pourra gnrer des ressources pour lIPSI et constituer

    un support de liaison, dchange et de veille pour que linstitut et

    ses cadres restent en contact permanent avec leurs clientles

    potentielles, avec les milieux professionnels et avec les

    nouveauts des TIC. Cet enseignement, intgr aux activits

    pdagogiques quotidiennes de linstitut, peut tre aussi le meilleur

    espace pour entretenir la culture des TIC au sein de lIPSI et en

    amplifier lintrt aux yeux de tous les personnels de ltablissement.

    Dgager au sein des structures et des activits de lIPSI, une unit de

    recherche qui, comme laboratoire dessai et de cration,

    soccuperait damliorer continuellement les contenus, les

    pdagogies, les usages et applications des TIC lapprentissage

    et aux productions des mdias, dans le but den faire profiter lIPSI

    mais aussi den tirer des produits commercialiser dans le monde

    de la formation et de la formation continue comme dans le monde

    des mdias (logiciels, solutions dapplications, kits de modules cibls

    pour recyclage en entreprise, etc. ).

    6. Au niveau de la formation permanente, sensibiliser, de manire gnrale,

    lentreprise mdiatique se doter, dans son organisation interne, dune

    structure permanente charge de la formation (dpartement, service)

    avec une planification annuelle des besoins de formation permanente de

    toutes les catgories de personnels et une meilleure rentabilisation des

    ressources offertes par le systme de la Taxe la Formation

    Professionnelle; favoriser la conclusion dun accord-cadre entre le monde

    de lentreprise et la principale institution de formation continue du pays,

    le CAPJC, afin, dune part, dassurer une plus grande rgularit du recours

  • 73

    des entreprises la formation permanente et au perfectionnement, et dautre

    part, afin de consolider le CAPJC dans la rgularit de ses ressources

    propres, dlargir ses capacits dintervention et dencadrement et de

    renforcer, enfin, son rayonnement, lchelle rgionale, notamment

    maghrbine o, dj, il peut prtendre, de par ses acquis, devenir un

    centre maghrbin de perfectionnement en matire de mdias.

    7. Rviser les conventions collectives du secteur en vue de rendre

    obligatoire la formation permanente dau moins 25% des personnels de

    lentreprise et de la valider pour lintroduire, en plus de lanciennet, parmi

    les critres de promotion afin de motiver les personnels ;

    8. Monter et dployer, avec lappui de la coopration bilatrale et

    multilatrale, un programme de mise niveau de la formation et des

    connaissances des patrons de presse et entrepreneurs mdias, sur tous

    les registres des activits de lentreprise et tout particulirement sur :

    Les stratgies dinvestissement et de financement

    Les choix et stratgies dquipements, notamment en TIC

    Les stratgies commerciales pour tous les types de supports et de

    produits (produits lectroniques compris)

    La gestion des ressources humaines et les plans de formation

    continue

    La gestion et lexploitation des sources documentaires dont les

    sources du cyberspace

    Linformatisation de toutes les relations lintrieur de lentreprise

    (mise en rseau, Intranet, courrier lectronique)

    Ce programme doit combiner des rendez-vous dinformation et de

    formation (sminaires, journes dtudes, confrences, ateliers de

    dmonstration) mais galement des visites guides dans des entreprises

    performantes, sur un ou plusieurs de ces registres, notamment en Europe,

    au Maghreb et ailleurs selon les possibilits offertes par la coopration

    bilatrale ou internationale.

  • 74

    9. Monter, dans le cadre du CAPJC, et en partenariat avec les entreprises de

    presse (Association des Directeurs de Journaux, ERTT, TAP) et

    lAssociation des journalistes tunisiens (AJT) un programme pluriannuel de

    formation des journalistes lInternet (consultation, recherche, traitement,

    connaissance de la topologie du cyberespace), avec des modules

    spcifiques consacrs la recherche et lexploitation des sources

    documentaires via le Net.

    10. Au niveau de la documentation crite : travers une large concertation et

    sous la tutelle des pouvoirs publics, construire et mettre en uvre un

    schma directeur national en matire de documentation de presse

    consultable et exploitable en ligne par les mdias.

    Dans ce schma, le CDN (Centre de Documentation Nationale), coupl avec

    la documentation de lAgence TAP, pourra constituer le cur dun systme

    national darchivage et de documentation exploitable via le Net.

    Ce schma devra galement comporter, au niveau de chaque entreprise

    mdia, un volet sensibilisation des oprateurs afin que chacun se dote

    dune documentation propre, de prfrence lectronique et ouverte sur toutes

    les sources physiques et virtuelles.

    11. Comme premire tape de ce programme de travail, inviter les autorits de

    tutelle et le partenaire international (lUNESCO) acclrer

    linformatisation de la documentation de lagence TAP, en confiant un

    comit ad hoc de suivi cette mise en uvre, avec limpratif dacclrer

    aussi les programmes de formation des journalistes et des

    documentalistes qui accompagnent ce projet dans le but de faire bnficier

    au plus vite les contenus de la production des richesses de la

    documentation via le Net. Ce qui ncessite aussi dassurer un accs large

    et continu lInternet pour tous les journalistes et documentalistes de

    lagence.

    12. A des fins dmulation et dencouragement, lancer un concours national

    parmi les crateurs de logiciels et de solutions informatiques, au moyen

    dun partenariat entre les oprateurs nationaux et la coopration

  • 75

    internationale (UNESCO notamment) dans le but doutiller les mdias et les

    TIC de logiciels spcifiques la gestion, la formation, lexploitation et le

    traitement (notamment des contenus et des sources documentaires,

    internes lentreprise et externes). Envisager lexportation des crations

    performantes dans les pays de la rgion (Maghreb et Afrique francophone,

    notamment).

    13. Au niveau de la documentation audiovisuelle, relancer et raliser dune

    manire urgente le projet dInstitut National des Archives Audiovisuelles

    (radio, tl et cinma) afin de sauvegarder, numriser et traiter la

    mmoire audiovisuelle et cinmatographique du pays menace par la

    dperdition et par le changement de normes techniques et moyens de

    lecture; veiller former, dans ce cadre, les ressources humaines

    comptentes mme de sauvegarder, dexploiter et de traiter cette

    documentation et de la rendre disponible aux producteurs et aux chercheurs.

    14. partir de lexprience pilote de la phonothque de la radio rgionale

    de Sfax ou celle de radio Monastir, appuyer lERTT, par un partenariat

    impliquant des expertises internationales, dans un projet de cration dun

    logiciel adapt lensemble du rseau radio du pays pour archiver et

    exploiter lectroniquement les diffrents documents sonores disponibles

    dans les chanes nationales et dans les chanes rgionales.

    15. Procder durgence une mise niveau des ressources humaines et

    outils informatiques du CREDIF, par le moyen dun montage de partenariat

    (impliquant lUNESCO, partenaire traditionnel du Centre) afin de :

    toffer et moderniser le parc informatique du Centre

    Soutenir le recrutement de profils permanents en documentation, en

    tudes et recherches, en communication et journalisme

    Dsenclaver le Centre par sa mise en rseau avec les mdias et

    centres similaires (ou travaillant sur le Genre)

    Aider le Centre promouvoir la prsence, le travail et la promotion de

    la femme dans les mdias, et remplir au mieux son mandat

  • 76

    dobservatoire de la condition de la femme, notamment dans le large

    champ des communications

    Rgnrer le site Web du Centre pour le rendre interactif, pour en

    enrichir et largir les contenus et pour le doter au moins dun (e) Web

    master permanent (e)

    Rechercher un sponsoring permanent, acceptable pour le Centre en

    terme dimage et de crdibilit, pour prendre en charge les frais de

    fabrication des supports du Centre et dorganisation de certaines de

    ses activits de sensibilisation et dinformation : revue, tudes, plaquettes,

    ateliers de formation, visites, confrences, sminaires, site Web

    16. Inscrire auprs du PNUD et de lUNESCO, avec un partenariat national,

    comme suite la prsente tude, une tude systmatique sur les CAP et

    attentes de tous les journalistes et communicateurs tunisiens lendroit

    des TIC. Cette tude peut prendre la forme dune enqute utilisant diffrents

    instruments mthodologiques : mailing, entretien par questionnaire,

    dynamique de groupe Elle visera identifier tous les blocages qui

    expliquent le faible usage actuel des TIC par les journalistes et

    communicateurs.

    17. Avec la participation du monde de la formation (IPSI et CAPJC), du monde

    des mdias crits et de ldition lectronique, des instances publiques

    spcialises (Conseil suprieur de la communication, Direction gnrale de

    linformation au Premier ministre notamment) et des corporations (AJT,

    Associations des Directeurs de journaux, ATIM) organiser des journes

    dtudes nationales consacres aux problmes et perspectives de la

    presse rgionale (contenus de proximit, publicit locale, marketing,

    recrutement et formation continue). Une rencontre laquelle on peut associer

    dautres acteurs importants pour la promotion de cette presse, comme les

    secteurs de la publicit, des annonceurs (annonceurs privs et ATCE), de la

    banque et du crdit Le but tant daboutir un agenda concert

    comprenant les mesures et actions dployer par chaque partie

  • 77

    implique pour dvelopper davantage cette presse, et son pendant, la

    presse locale.

    18. Avec lappui et le parrainage du gouvernement, du PNUD et de lUNESCO,

    organiser des journes dinformation, de sensibilisation et de dbats

    ladresse du secteur priv de la banque et du crdit, dans le but de

    promouvoir son apport au dveloppement des investissements dans le

    champ des mdias et des TIC. Ces journes peuvent gnrer un accord

    cadre par lequel ce secteur sengage donner plus de flexibilit et

    dadaptation ses politiques au profit tout particulirement des jeunes

    promoteurs dans le domaine du multimdia et de ldition lectronique.

    19. Organiser, avec lappui des agences onusiennes (et, si possible, lUnion du

    Maghreb arabe) des missions dinformation et de prospective dans les

    pays du Maghreb, au profit des oprateurs mdias tunisiens (notion

    d quipe Tunisie numrique ), en vue de monter des partenariats et des

    changes permanents, et en vue aussi de constituer avec les partenaires

    maghrbins des ples dactivits communes susceptibles de rayonner

    (par lexportation) sur les champs communicationnels environnants

    (Afrique, Monde arabe, Mditerrane).

    20. Lancer, court terme, un portail destin, par ses contenus et ses

    services, mettre en contact les oprateurs et les professionnels des

    mdias et des TIC dans les pays du Maghreb. Le concevoir comme un

    espace pour la circulation de linformation entre les champs des

    communications de ces pays, pour donner de la visibilit aux contenus

    des mdias maghrbins, pour organiser des forums thmatiques entre

    dcideurs de mdias, entre professionnels et journalistes, entre formateurs

    Pour largir les marchs nationaux (distribution de presse, publicit).

    Avec lappui de lUNESCO, cet outil dintgration rgionale, fera appel, pour sa

    conception et son lancement, une quipe de spcialistes des pays de la

    rgion qui peut, dans un premier temps, tre limite de lexpertise de deux ou

    trois pays.

  • 78

    C. Rcapitulatif du Plan dAction Tableaux synoptiques

    Les vingt axes daction retenus sont lis aux sept objectifs globaux, ou

    stratgiques, dsigns au sortir des dix constats majeurs du diagnostic, et

    peuvent tre rcapituls comme ci-aprs.

  • 79

    1. Activits par objectif stratgique

    Axes daction :

    Une commission ad hoc de suivi stratgique des TIC ou comit stratgique (auprs du Conseil suprieur de la Communication)

    Rvision/harmonisation/adaptation des textes lgislatifs et rglementaires

    Dispositif (kit) de supports dinformation/vulgarisation des mesures incitatives de ltat

    Campagne nationale de sensibilisation aux usages des TIC

    Axes daction :

    Programme dinformation et de formation de lentrepreneur

    Schma directeur national de la documentation mdias et pour les mdias

    Mise en uvre acclre de linformatisation de la documentation de la TAP avec programmes de formation

    Programme de formation des journalistes sur Internet et sur la documentation via le Net

    Concours national de cration de logiciels spcifiques aux mdias et aux TIC

    Logiciel dapplication de gestion et dexploitation de la documentation sonore des chanes radio

    Relance du projet de lInstitut National de lAudio-visuel

    Mise niveau des ressources et outils du CREDIF

    Journes dtudes sur la presse rgionale

    2me objectif

    Culture dentreprise arrime aux TIC

    1er objectif

    Rle de ltat, moteur, coordinateur ouvert et catalyseur

    DIALOGUE

    -

    CONCERTATION

    -

    NGOCIATION

  • 80

    Journes dtudes sur linvestissement et le crdit bancaire et accord-cadre avec les mdias

    Portail maghrbin pour rseautage des oprateurs et professionnels.

    Axes daction :

    Revue des programmes de lIPSI (accord cadre avec les mdias sur les stages / cycles DESS / laboratoire de recherche)

    Structure permanente de la formation continue au sein de lentreprise et accord cadre avec le CAPJC

    Formation continue obligatoire dans les conventions collectives et critre de promotion des personnels

    Axes daction :

    Structure permanente de la formation continue au sein de lentreprise et accord cadre avec le CAPJC

    Formation continue obligatoire dans les conventions collectives et critre de promotion des personnels

    Programme de formation des journalistes sur lInternet et sur la documentation informatise

    tude CAP sur les journalistes et communicateurs : blocages et attentes face aux TIC

    4me objectif

    Priorit des ressources humaines (participation,

    responsabilisation, motivation)

    3me objectif

    Liens organiques entre le monde de la formation et le monde de

    lentreprise

    DIALOGUE

    -

    CONCERTATION

    -

    NGOCIATION

  • 81

    Axes daction :

    Schma directeur national de la documentation mdias et pour les mdias

    Mise en uvre acclre de linformatisation de la documentation de la TAP avec programmes de formation

    Programme de formation des journalistes sur Internet et sur la documentation via le Net

    Concours national de cration de logiciels spcifiques aux mdias et aux TIC

    Logiciel dapplication de gestion et dexploitation de la documentation sonore des chanes radio

    Relance du projet de lInstitut National de lAudio-visuel

    Mise niveau des ressources et outils du CREDIF

    tude CAP sur les journalistes et communicateurs : blocages et attentes face aux TIC

    Journes dtudes sur la presse rgionale

    Journes dtudes sur linvestissement et le crdit bancaire et accord-cadre avec les mdias

    Axes daction :

    Missions dinformation et de prospective des entrepreneurs dans les pays du Maghreb

    Portail maghrbin pour rseautage des oprateurs et professionnels.

    6me objectif

    Promotion de la Tunisie numrique lextrieur

    5me objectif

    Un environnement favorable : recherche, documentation,

    cration, prospection, rseautage, sensibilisation, solidarit

    intersectorielle

    DIALOGUE

    -

    CONCERTATION

    -

    NGOCIATION

  • 82

    Comme on le voit, lobjectif transversal de dialogue, concertation,

    ngociation , est un objectif permanent, poursuivi dans tous les axes

    daction, cest--dire, en combinaison avec chacun des six autres objectifs

    stratgiques.

    Dun autre ct, certains des blocs dactivit peuvent concerner plus dun objectif

    stratgique, ce qui explique lapparition, ici, de certains axes dans deux objectifs

    ou plus. Idem dans lexamen, ci-aprs, des axes daction selon les constats du

    diagnostic.

  • 83

    2. Activits par constat de diagnostic

    Face aux dix constats majeurs de diagnostic retenus, les vingt blocs dactivits

    proposs peuvent tre ordonns comme ci-aprs.

    1er Constat : Mesures cloisonnes et peu publicises

    Axes daction :

    1) Une commission ad hoc de suivi stratgique des TIC ou comit stratgique (auprs du Conseil suprieur de la Communication)

    2) Rvision/harmonisation/adaptation des textes lgislatifs et rglementaires

    3) Dispositif (kit) de supports dinformation/vulgarisation des mesures incitatives de ltat

    4) Campagne nationale de sensibilisation aux usages des TIC

    5) Programme dinformation et de formation de lentrepreneur

    6) Journes dtudes sur la presse rgionale

    7) Journes dtudes sur linvestissement et le crdit bancaire et accord-cadre avec les mdias

    8) Missions dinformation et de prospective des entrepreneurs dans les pays du Maghreb

    9) Portail maghrbin pour rseautage des oprateurs et professionnels.

    2me Constat : Spcificits du champ pas assez prises en compte.

    Axes daction :

    1) Une commission ad hoc de suivi stratgique des TIC ou comit stratgique (auprs du Conseil suprieur de la Communication)

    2) Rvision/harmonisation/adaptation des textes lgislatifs et rglementaires

    3) Revue des programmes de lIPSI (accord cadre avec les mdias sur les stages / cycles DESS / laboratoire de recherche)

    4) Structure permanente de la formation continue au sein de lentreprise et accord cadre avec le CAPJC

  • 84

    5) Formation continue obligatoire dans les conventions collectives et critre de promotion des personnels

    6) Programme dinformation et de formation de lentrepreneur

    7) Schma directeur national de la documentation mdias et pour les mdias

    8) tude CAP sur les journalistes et communicateurs : blocages et attentes face aux TIC

    9) Journes dtudes sur la presse rgionale

    10) Journes dtudes sur linvestissement et le crdit bancaire et accord-cadre avec les mdias

    11) Missions dinformation et de prospective des entrepreneurs dans les pays du Maghreb.

    3me Constat : Lobstacle du statut lgal de lentreprise

    Axes daction :

    1) Une commission ad hoc de suivi stratgique des TIC ou comit stratgique (auprs du Conseil suprieur de la Communication)

    2) Rvision/harmonisation/adaptation des textes lgislatifs et rglementaires

    3) Journes dtudes sur la presse rgionale

    4) Journes dtudes sur linvestissement et le crdit bancaire et accord-cadre avec les mdias

    4me Constat : Le retrait du crdit bancaire priv

    Axes daction :

    1) Une commission ad hoc de suivi stratgique des TIC ou comit stratgique (auprs du Conseil suprieur de la Communication)

    2) Rvision/harmonisation/adaptation des textes lgislatifs et rglementaires

    3) Dispositif (kit) de supports dinformation/vulgarisation des mesures incitatives de ltat

    4) Campagne nationale de sensibilisation aux usages des TIC

    5) Journes dtudes sur la presse rgionale

    6) Journes dtudes sur linvestissement et le crdit bancaire et accord-cadre avec les mdias

  • 85

    5me Constat : Foss entre le monde de la formation et lentreprise

    Axes daction :

    1) Une commission ad hoc de suivi stratgique des TIC ou comit stratgique (auprs du Conseil suprieur de la Communication)

    2) Rvision/harmonisation/adaptation des textes lgislatifs et rglementaires

    3) Dispositif (kit) de supports dinformation/vulgarisation des mesures incitatives de ltat

    4) Campagne nationale de sensibilisation aux usages des TIC

    5) Revue des programmes de lIPSI (accord cadre avec les mdias sur les stages / cycles DESS / laboratoire de recherche)

    6) Structure permanente de la formation continue au sein de lentreprise et accord cadre avec le CAPJC

    7) Formation continue obligatoire dans les conventions collectives et critre de promotion des personnels

    8) Programme dinformation et de formation de lentrepreneur

    9) tude CAP sur les journalistes et communicateurs : blocages et attentes face aux TIC

    10) Journes dtudes sur la presse rgionale

    11) Portail maghrbin pour rseautage des oprateurs et professionnels.

    6me Constat : Mise niveau de lentreprise et de lentrepreneurship

    Axes daction :

    1) Une commission ad hoc de suivi stratgique des TIC ou comit stratgique (auprs du Conseil suprieur de la Communication)

    2) Dispositif (kit) de supports dinformation/vulgarisation des mesures incitatives de ltat

    3) Programme dinformation et de formation de lentrepreneur

    4) Structure permanente de la formation continue au sein de lentreprise et accord cadre avec le CAPJC

  • 86

    5) Formation continue obligatoire dans les conventions collectives et critre de promotion des personnels

    6) Schma directeur national de la documentation mdias et pour les mdias

    7) Concours national de cration de logiciels spcifiques aux mdias et aux TIC

    8) Logiciel dapplication de gestion et dexploitation de la documentation sonore des chanes radio

    9) Relance du projet de lInstitut National de lAudio-visuel

    10) Mise niveau des ressources et outils du CREDIF

    11) tude CAP sur les journalistes et communicateurs : blocages et attentes face aux TIC

    12) Journes dtudes sur la presse rgionale

    13) Journes dtudes sur linvestissement et le crdit bancaire et accord-cadre avec les mdias

    14) Missions dinformation et de prospective des entrepreneurs dans les pays du Maghreb

    15) Portail maghrbin pour rseautage des oprateurs et professionnels.

    7me Constat : La documentation, lment de contenu marginalis

    Axes daction :

    1) Une commission ad hoc de suivi stratgique des TIC ou comit stratgique (auprs du Conseil suprieur de la Communication)

    2) Dispositif (kit) de supports dinformation/vulgarisation des mesures incitatives de ltat

    3) Campagne nationale de sensibilisation aux usages des TIC

    4) Revue des programmes de lIPSI (accord cadre avec les mdias sur les stages / cycles DESS / laboratoire de recherche)

    5) Structure permanente de la formation continue au sein de lentreprise et accord cadre avec le CAPJC

    6) Formation continue obligatoire dans les conventions collectives et critre de promotion des personnels

    7) Programme dinformation et de formation de lentrepreneur

    8) Schma directeur national de la documentation mdias et pour les mdias

    9) Mise en uvre acclre de linformatisation de la documentation de lagence TAP avec programmes de formation

  • 87

    10) Programme de formation des journalistes sur Internet et sur la documentation via le Net

    11) Concours national de cration de logiciels spcifiques aux mdias et aux TIC

    12) Logiciel dapplication de gestion et dexploitation de la documentation sonore des chanes radio

    13) Relance du projet de lInstitut National de lAudio-visuel

    14) Mise niveau des ressources et outils du CREDIF

    15) tude CAP sur les journalistes et communicateurs : blocages et attentes

    16) Journes dtudes sur la presse rgionale

    17) Portail maghrbin pour rseautage des oprateurs et professionnels.

    8me Constat : La publicit, un levier redresser

    Axes daction :

    1) Une commission ad hoc de suivi stratgique des TIC ou comit stratgique (auprs du Conseil suprieur de la Communication)

    2) Rvision/harmonisation/adaptation des textes lgislatifs et rglementaires

    3) Dispositif (kit) de supports dinformation/vulgarisation des mesures incitatives de ltat

    4) Campagne nationale de sensibilisation aux usages des TIC

    5) Revue des programmes de lIPSI (accord cadre avec les mdias sur les stages / cycles DESS / laboratoire de recherche)

    6) Structure permanente de la formation continue au sein de lentreprise et accord cadre avec le CAPJC

    7) Formation continue obligatoire dans les conventions collectives et critre de promotion des personnels

    8) Programme dinformation et de formation de lentrepreneur

    9) Journes dtudes sur la presse rgionale

    10) Journes dtudes sur linvestissement et le crdit bancaire

    11) Missions dinformation et de prospective des entrepreneurs dans les pays du Maghreb

    12) Portail maghrbin pour rseautage des oprateurs et professionnels.

  • 88

    9me Constat : Une coopration rgionale et internationale recadrer

    Axes daction :

    1) Une commission ad hoc de suivi stratgique des TIC ou comit stratgique (auprs du Conseil suprieur de la Communication)

    2) Rvision/harmonisation/adaptation des textes lgislatifs et rglementaires

    3) Campagne nationale de sensibilisation aux usages des TIC

    4) Revue des programmes de lIPSI (accord cadre avec les mdias sur les stages / cycles DESS / laboratoire de recherche)

    5) Structure permanente de la formation continue au sein de lentreprise et accord cadre avec le CAPJC

    6) Formation continue obligatoire dans les conventions collectives et critre de promotion des personnels

    7) Programme dinformation et de formation de lentrepreneur

    8) Schma directeur national de la documentation mdias et pour les mdias

    9) Mise en uvre acclre de linformatisation de la documentation de lagence TAP avec programmes de formation

    10) Programme de formation des journalistes sur Internet et sur la documentation via le Net

    11) Concours national de cration de logiciels spcifiques aux mdias et aux TIC

    12) Logiciel dapplication de gestion et dexploitation de la documentation sonore des chanes radio

    13) Relance du projet de lInstitut National de lAudio-visuel

    14) Mise niveau des ressources et outils du CREDIF

    15) tude CAP sur les journalistes et communicateurs : blocages et attentes face aux TIC

    16) Missions dinformation et de prospective des entrepreneurs dans les pays du Maghreb

    17) Portail maghrbin pour rseautage des oprateurs et professionnels.

  • 89

    10me Constat : Dmarche de concertation et de planification long terme

    Chacun des vingt blocs daction est dployer selon cette dmarche

    recommande qui doit consacrer le dialogue, la concertation, la ngociation et la

    planification selon cette vision qui intgre la porte stratgique du long terme.

  • 90

    3. chancier et Partenariat

    Il est entendu quil reviendra aux instances publiques qui encadrent la stratgie

    globale de dveloppement du champ des mdias et des TIC, de dcider

    prcisment et de lchancier et des formes de partenariat dployer pour la

    mise en uvre. Cela pourrait intervenir aprs validation et recommandation du

    Comit Stratgique propos, sur la base, par exemple, des suggestions ci-

    aprs.

    chancier.

    Lchancier quon pourrait retenir pour le lancement de ces vingt activits, et

    pour leur mise en uvre, serait li, la fois la nature de ces activits et leurs

    diffrentes pertinences sur la ralisation de lensemble de la stratgie, et, dans

    une certaine mesure, au terme de lactuel Xme plan de dveloppement

    conomique du pays (2002-2006) et dans la perspective du XIme plan.

    En prenant le terme de 2006 pour une chance de mi-parcours, cest--dire un

    moyen terme, on peut retenir une priode de 18 24 mois comme court terme

    pour achever celles de ces actions dont la mise en uvre peut tre aisment

    enclenche, parce quil y a dj sur le terrain un processus en cours (cas de

    linformatisation de la documentation de lagence TAP, par exemple) ou parce

    quelles sont dterminantes pour la suite du plan daction et pour la mise en

    uvre dautres activits plus lourdes (cas du comit stratgique pour la

    validation et le suivi de cette stratgie, ou cas de laction de sensibilisation et

    dimplication du secteur bancaire et du crdit). En consquence, ce court terme

    aurait comme chance entre dcembre 2004 et juin 2005, car il est souhaitable

    que le virage de cette stratgie soit pris et visible avant le rendez-vous mondial

    de novembre 2005 en Tunisie.

    Pour le long terme, il doit concerner des actions qui, soit exigent une lourde

    technicit runir (comme la rvision des textes lgislatifs et rglementaires ou

    le schma directeur national de la documentation mdias), soit ncessitent de

    longs processus de concertation et de ngociation (comme lintgration, de faon

  • 91

    permanente, de la formation continue dans les structures de lentreprise), ou

    encore parce quelles doivent durer dans le temps pour atteindre une

    accumulation efficiente (cas de la mise niveau de la formation des

    entrepreneurs ou de la campagne nationale de sensibilisation aux usages des

    TIC).

    Court terme (chance dcembre 2004/juin 2005 : 15 24 mois)

    Une commission ad hoc de suivi stratgique des TIC (auprs du Conseil suprieur de la Communication)

    Dispositif (kit) de supports dinformation/vulgarisation des mesures incitatives de ltat

    tude CAP sur les journalistes et communicateurs : blocages et attentes face aux TIC

    Journes dtudes sur la presse rgionale

    Journes dtudes sur linvestissement et le crdit bancaire et accord-cadre avec les mdias

    Mise en uvre acclre de linformatisation de la documentation de lagence TAP avec programmes de formation

    Mise niveau des ressources et outils du CREDIF

    Moyen terme (chancier fin 2006 : 36 40 mois)

    Revue des programmes de lIPSI (accord cadre avec les mdias sur les stages / cycles DESS / laboratoires de recherche)

    Programme de formation des journalistes sur Internet et sur la documentation via le Net

    Concours national de cration de logiciels spcifiques aux mdias et aux TIC

    Logiciel dapplication de gestion et dexploitation de la documentation sonore des chanes radio

    Relance du projet de lInstitut National de lAudio-visuel

    Portail maghrbin pour rseautage des oprateurs et professionnels.

    Missions dinformation et de prospective des entrepreneurs dans les pays du Maghreb

  • 92

    Long terme, chancier : depuis octobre 2003, 40 mois et plus Xme et

    XIme plan de dveloppement (2006-2010)

    Rvision/harmonisation/adaptation des textes lgislatifs et rglementaires

    Campagne nationale de sensibilisation aux usages des TIC

    Programme dinformation et de formation de lentrepreneur

    Structure permanente de la formation continue au sein de lentreprise et accord cadre avec le CAPJC

    Formation continue obligatoire dans les conventions collectives et critre de promotion des personnels

    Schma directeur national de la documentation mdias et pour les mdias

  • 93

    Programmation des activits

    Activits

    Court terme

    Dc.2004 Juin.2005

    Moyen terme

    Fin 2006

    Long terme

    Xme/XIme

    Plan

    1) Comit stratgique

    2) Kit de sensibilisation

    3) tude CAP sur les journalistes

    4) Journes presse rgionale

    5) Journes banque / accord cadre avec mdias

    6) Documentation TAP

    7) Ressources CREDIF

    8) Revue programme IPSI / accord-cadre stages / DESS / laboratoire

    9) Formation sur Internet

    10) Concours N. Logiciels mdias/TIC

    11) Logiciel doc. radios

    12) Relance projet Institut Nat. AV

    13) Portail maghrbin

    14) Missions Maghreb

    15) Rvision juridique

    16) Campagne nationale usages TIC

    17) Formation de lentrepreneur

    18) Structure formation continue

    19) Formation continue obligatoire

    20) Schma directeur documentation

  • 94

    Partenariats

    Au plan de la dtermination des acteurs qui auront la charge de raliser chacune

    des vingt activits, la recommandation pourrait tre de privilgier au maximum le

    montage de partenariats, sachant que, forcment, pour chaque type dactivit il y

    aura un intervenant matre duvre (premier habilit et/ou premier concern),

    des intervenants cls (de lapport desquels dpend fondamentalement la

    ralisation) et des intervenants associs ou associer (ayant une part dintrt

    dans la ralisation dun objectif ou dont lapport soutiendrait un lment favorable

    denvironnement lobjectif vis). Cette catgorisation ou diffrenciation des

    niveaux dintervention et de responsabilit (aux plans financier, technique ou

    dencadrement et daccompagnement) doit rpondre la ncessit de parier sur

    les partenariats, les solutions concertes, les efforts partags (au plan national et

    entre le national et ltranger), afin de soutenir la stratgie par une large

    mobilisation et une constante synergie lchelle de tout le champ des

    communications tunisien.

    Cette approche permettrait aussi de rencontrer lobjectif de coopration tel que

    recadr par le systme onusien (PNUD) et le gouvernement tunisien : un

    accompagnement et un appui au plan des stratgies et non une classique

    assistance technique. (29)

    Ceci tant, tant le dialogue que le plan daction, refltant tous les deux les

    dclarations des 41 dcideurs interrogs, dgagent une prminence indniable

    de la place et du rle que devront jouer trois acteurs dans les mutations

    actuelles, et venir, des mdias et des TIC, et de la relation entre les deux,

    savoir :

    Ltat

    Le monde de lentreprise

    Le monde de la formation

    29 Confre CA. PNUD/FNUAP. Doc/CCF/op,cit

  • 95

    Ces trois acteurs, appels dialoguer, se concerter, au maximum, et

    multiplier les partenariats entre eux, ont trois contenus dterminants pour la

    russite de leurs propres objectifs et pour bien implanter lchafaudage de

    lensemble de la stratgie, savoir :

    La formation

    La documentation

    Le choix des solutions concertes et ouvertes sur le reste des acteurs

    Veillant privilgier dans leurs efforts coordonns ce triptyque, au plan qualitatif,

    les trois principaux acteurs sappuieront sur lalli premier de la stratgie, le

    systme onusien (PNUD et UNESCO en tte), mais aussi sur dautres

    partenaires, lchelle du bilatral, du rgional ou de linternational, soit des

    partenaires ayant une tradition de coopration avec la Tunisie des mdias et des

    TIC, soit de nouveaux allis conqurir.

    Quant aux acteurs nationaux, il sagira den faire, ds le dpart, des allis

    fortement impliqus, par le moyen dune sensibilisation tous azimuts, et surtout

    grce la dmarche douverture et de concertation recommande.

  • 96

    Blocs dactivits par partenariat

    : Matre duvre : Partenaire cl : Partenaire associ

    Axes dactivit

    L

    tat

    Mo

    nd

    e d

    e lE

    ntr

    epri

    se

    Mo

    nd

    e d

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    F

    orm

    atio

    n

    Sys

    tm

    e O

    nu

    sien

    Au

    tres

    asso

    cier

    o

    u

    mo

    bili

    ser*

    1) Comit stratgique

    2) Kit de sensibilisation

    3) tude CAP sur les journalistes

    4) Journes presse rgionale

    5) Journes banque / accord-cadre avec mdias

    6) Documentation TAP

    7) Ressources CREDIF

    8) Revue programmes IPSI / Accord Stages / DESS / Laboratoire

    9) Formation sur Internet

    10) Concours Logiciels mdias/TIC

    11) Logiciel doc. Radios

    12) Relance projet Institut Nat. AV

    13) Portail maghrbin

    14) Missions Maghreb

    15) Rvision juridique

    16) Campagne nationale

    17) Formation de lentrepreneur

    18) Structure formation continue / accord cadre avec CAPJC

    19) Formation continue obligatoire

    20) Schma directeur doc.

    * : On peut citer au plan multilatral : lUMA, la Banque Mondiale, lUnion Europenne, lUnion Africaine, lOrganisation Internationale de la Francophonie, lALESCO, lISESCO, lUER, lASBU; au plan bilatral, les pays du Maghreb, les pays de la mditerrane, plus lAllemagne et la Belgique, les Medias, les coles et instituts spcialiss, les regroupements professionnels (diteurs, imprimeurs, journalistes)

  • 97

    Annexes

    A. Fiche monographique

    B. Fiche sur le champ des communications

    C. Liste des dcideurs interviews

    D. Bibliographie & Webographie

  • 98

    A. Fiche monographique

    Indicateurs de contexte national (30)

    Surface : 162 155 km2

    Population : 9,673 millions

    Femmes : 49,6%

    Croissance dmographique : 1,14%

    Esprance de vie : 72,9 ans

    Taux danalphabtisme : 24,7% (pour les 10 ans et plus)

    Population scolarise : 2 548 448

    Monde urbain : 62%

    PIB : prs de 30 milliards de DT (1 DT = 0,9$ US)

    Part des exportations dans le PIB : 47,6%

    PNB : prs de 29 milliards de DT

    PNB/habitant : 2847 DT

    Taux de pauvret : 4,2%

    SMIG : 200,5 DT.

    30 Sources : Publications et site de l ATCE (www. tunisie.com); site de lInstitut National de la Statistique (www.ins.nat.tn). Donnes de 2001.

    http://www.tunisie.comhttp://www.ins.nat.tn

  • 99

    B. Fiche sur le champ des communications

    Indicateurs du champ global des communications (31)

    1. Mdias

    a) Presse crite

    Titres nationaux : 244 (2002, 91 en 1987)

    Titres trangers : 858 (415 en 1987)

    Agence TAP :

    16 bureaux rgionaux

    fil sur ordinateur (TAP info)

    informatisation des rdactions

    satellite pour rception et diffusion

    b) Audiovisuel

    TV : 2 chanes nationales publiques :

    Canal 7 (gnraliste) : - sur satellite europen depuis

    novembre 92

    - 100 heures de diffusion/semaine dont 65% de production nationale

    Canal 21 : chane jeunes (depuis 1994), 90% de

    production nationale

    Centre de production TV Sfax et units mobiles dans

    certaines radios rgionales : Monastir, Kef, Gafsa,

    Tataouine (informations et petites productions pour

    alimenter la chane nationale)

    31 Sources : DGI au 1er ministre; Agence tunisienne de lInternet www.ati.tn; www.ministres.tn; www.infocom.tn; Agence de promotion de lindustrie (API) : www.tunisieindustrie.net.tn

    http://www.ati.tnhttp://www.ministres.tnhttp://www.infocom.tnhttp://www.tunisieindustrie.net.tn

  • 100

    Radio

    Chane publique nationale en langue arabe : 24h/24

    Chane publique internationale : diffusion 18H/24, 7 jours/7

    en 4 langues (franais, allemand, italien et anglais)

    Chane radio pour jeunes (depuis 1995). Diffusion 18H/24

    Cinq radios rgionales : Sfax, Monastir, Gafsa, Le Kef et

    Tataouine

    c) Corps des professionnels

    Journalistes dtenteurs de la carte professionnelle : 951 (2002; 671

    en 1992)

    Association des journalistes tunisiens (AJT) : 820 adhrents

    Association des diteurs de presse

    Association tunisienne de lInternet et du multimdia (ATIM)

    2. Publicit

    Enveloppe globale (2002) : 50 millions de DT

    Part de la publicit officielle gre par lATCE : 20%

    3. Multimdia et Internet

    a) Dates

    1989, un nud EARN/BITNET a t install en utilisant une liaison X.25.

    1991, la Tunisie a t le premier pays arabe et Africain connect Internet travers l'Institut rgional des sciences informatiques et des tlcommunications (SOTETEL-IT) avec une connexion IP sur une ligne X. 25avec l'Institut nationale pour la recherche en informatique applique (INRIA) en France.

    1993, le rseau national de recherche et de technologie (RNRT) a t cr pour connecter les centres de recherche Tunisiens.

    Jusqu' 1995, l'utilisation de l'Internet tait reste dans un environnement acadmique. Quelques centres de recherches et universits avaient une connexion IP.

    En mars 1996, l'Agence tunisienne d'Internet (ATI) a t cre pour promouvoir les services Internet et la technologie rseau en

  • 101

    Tunisie et servir d'oprateur. Des institutions tunisiennes ont commenc lancer des sites Web d'information gnrale sur la Tunisie. Deux journaux lancent des versions lectroniques de leurs livraisons quotidiennes.

    Aot 2001 Inauguration d'une boucle destin accrotre la capacit d'accs Internet via des cbles sous-marins en fibres optiques et accroissement de la bande passante internationale 75 ,5 Kbps.

    Le Rseau national universitaire (RNU) qui connecte 87 universits dont 21 connectes par LS et qui est gr par le Centre de Calcul Khawarizmi

    Le rseau EDUNET, qui connecte les 337 lyces secondaires (100% des lyces) et40 % des collges prparatoires est gr par l'INBMI. Avant la fin de l'an 2000, le rseau permettra de connecter les collges restants et 550 des4441 coles primaires rparties sur tout le territoire tunisien. On projette de connecter toutes les coles primaires vers la fin de2002

    Le Rseau national de recherche et de technologie (RNRT) a t cr en 1993 et il connecte aujourd'hui les 22 Centres de recherche scientifique. Ce rseau est administr par SOTETEL-IT.

    b) quipements et utilisation

    F.S.I. Type de liaison Nombre de contrats

    Comptes emails

    Nombre des utilisateurs(*)

    RTC monoposte 18.554 38.860 76.500 RTC multipostes - - - X25 - - - ADSL 40 175 600 RNIS 184 580 3.300

    FSI privs

    Lignes spcialises 406 3.025 12.000

    F.S.I. Type de liaison Nombre de contrats

    Comptes emails

    Nombre des utilisateurs(*)

    RTC monoposte 1.250 2.050 4.000 RTC multipostes 52 117 250 X25 2 10 100 ADSL 2 11 50 RNIS 11 34 100

    Agence Tunisienne d'Internet

    Lignes spcialises 106 1.800 3.500 (*) Nombre estim

  • 102

    Tableau rcapitulatif

    Nombre de contrats 22.168

    Nombre des comptes emails 82.208

    Nombre des utilisateurs 534.900

    Nombre des publinets 281

    281 Publinets : 30 000 utilisateurs

    17,5 ordinateurs/100 habitants (dcembre 2002) contre 4,6 en 1992

    66 352 ordinateurs familiaux acquis dont 15 190 subventionns

    par la banque tunisienne de solidarit

    4. Tlphonie

    Lignes fixes : 16,6/100 habitants (septembre 2002) contre 4,6 en

    1992

    GSM : Tunisie Tlcom : 900 000

    2me oprateur GSM (priv) : Tunisiana, depuis dcembre 2002

    (objectif de 500 000 pour 2003).

  • 103

    C. Liste des dcideurs interviews

    Liste des 41 dcideurs et cadres interviews dans 21 institutions

    (Chronologie du 27 janvier au 9 fvrier et du 7 au 16 Avril)

    1. LAgence TAP: M. Mohamed Benazzedine. PDG

    2. Le groupe La Gazette du Sud (Sfax) :

    Ali Baklouti. Directeur fondateur

    M. Anis BAKLOUTI , Rdacteur en Chef, Directeur de

    Symphony (Design& Communication).

    3. Direction Gnrale de lInformation (1er Ministre) : M. Mohamed Zine

    Amara. Directeur Gnral

    4. Conseil Suprieur de la Communication : M. Mustapha Hassan. Prsident

    5. LAssociation des journalistes tunisiens (AJT) : M. Mohamed Bensaleh.

    Prsident

    6. Commission nationale de lUNESCO :

    Mme Fatma Tarhouni. SG

    M. Ahmed Benabdallah. Chef du Service Unesco

    7. LInstitut de Presse et des Sciences de lInformation (IPSI) :

    M. Mohamed Hamdane. Directeur

    M. Ahmed Lamine Aoussa. Directeur des tudes

    M. Ahmed Al Hajji. Secrtaire gnral

    8. LAssociation des Directeurs de journaux : M. Tijani Haddad. Prsident.

    (Prsident de la Commission des affaires politiques et des relations

    extrieures lAssemble nationale).

    9. tablissement de Radiodiffusion tlvision tunisienne (ERTT) :

    M. Mohamed Gontara. DG des chanes de tlvision

    M. Rachid Mabrouk. Coordinateur des informations la radio-

    tlvision

  • 104

    M. Mohsen Dahmouni. Directeur des quipements techniques de la

    TV

    Mme Inas Gdoura. Responsable du plan informatique de lERTT.

    M. Naji Chaari. Ex Directeur du Centre de Formation Continue

    (CFC) de lERTT.

    Mme Ilhem Chaari. Directrice du CFC/ERTT

    10. Groupe Dar Assabah :

    M. Raouf Cheikhrouhou. DG

    Mme Fatma Cheikhrouhou. Directrice des relations extrieures.

    11. Groupe La Presse / Assahafa : M. Moncef Gouja. PDG (un premier

    entretien en cette qualit avant quil ne soit dsign, un mois aprs, la

    tte du quotidien Al Horria)

    12. Centre de la documentation nationale (CDN) :

    M. Mohamed Mahfoud. DG

    Mme Raja Hajji. Chef du dpartement de la communication

    M. Obba Nejib, M. Belhassen Hassan et Mme Dridi Kaaouther.

    Cadres.

    13. Groupe Ralits :

    M. Tab Zahar. PDG

    M. Zyed Krichen. SG de la Rdacteur

    14. Groupe Lconomiste maghrbin & Le Manager : M. Hedi Mechri.

    Directeur fondateur

    15. Groupe Tunis Hebdo & Al Akhbar : M. Walid Ben Youssef. Coordinateur

    excutif, fils du directeur fondateur.

    16. Le Centre Africain de Perfectionnement des Journalistes et

    Communicateurs : M. Ridha NAJAR. DG.

    17. Entreprise multimdia Web Design . M.Nader YAMOUN. DG.

    18. Entreprise multimedia MRS .M. Moez SOUABNI, DG, Prsident de

    lAssociation Tunisienne de lInternet et du Multimdia (ATIM).

    19. LAgence Tunisienne de Communication Extrieure (ATCE) :

    M. Oussama ROMDHANI, DG.

  • 105

    M. Salem Saada,Directeur de la Coopration

    20. Radio rgionale de Sfax :

    M. Abdelkader AGUIR. Directeur.

    Mme Nda Chaari, Responsable de la formation continue

    Le responsable de la cellule Informatique et Internet

    Le responsable de la phonothque

    21. Centre de Recherches, dEtude, de Documentation et dInformation sur la

    Femme (CREDIF) :

    Mme Bouthana GRIBAA, Directrice Gnrale

    Mme Emna SOULA, Directrice de la Communication.

  • 106

    D. Bibliographie & Webographie

    1- Ouvrages et rapports institutionnels Plan Cadre des Nations Unies pour laide au dveloppement, Tunisie 2002-2006 . Publication Nations Unies. Bureau de coordination rsident en Tunisie. UNDP

    Document DP/CCF/TUN2. Conseil dadministration du Programme des Nations Unies pour le dveloppement et du Fonds des Nations Unies pour la population. Deuxime cadre de coopration avec la Tunisie . Nations Unies. 12 novembre 2001.

    Projet de recommandation sur la promotion et lusage du multilinguisme et laccs universel au cyberespace et rapport au Directeur Gnral . Document Unesco (31C/25. 27 Juillet 2001- Confrence Gnrale, 31me session, Paris 2001). Les connexions du savoir en communication : pour combler lcart entre la formation et lemploi en communication Avril 99. Etude mondiale ralise en 1999 par le Rseau ORBICOM, en collaboration avec lUnesco, lACDI et Global Knowledge Parternership, loccasion dune confrence internationale organise Montral sur Lcart entre formation et emploi en communications. Montral. 1999. Information Societies: Crises in the making? Diagnostic and strategies for intervention in seven world regions et Les nouveaux partenariats de la communication laube du 21me sicle, stratgies de gouvernance, de technologie, demploi et dapprentissage long terme . Publications Orbicom. Montral. 1999. Code de la presse. Publications du Secrtariat dEtat linformation. Tunis. 1994 (Arabe et Franais). Introduction au droit de linformation et de la communication en Tunisie , par Mohamed Hamdane. Publications IPSI. Tunis.1996 (en Arabe; 500 pages). Le droit de linformation en Tunisie , par Mohamed Hamdane. Publications CNUDST. Tunis. 1989 (en franais, 413 pages). Presse, radio et tlvision en Tunisie , par Fethi Houidi et Ridha Najar. Maison Tunisienne de lEdition. Tunis. 1983 (331 pages). Economie de linformation en Tunisie , par Mustapha Masmoudi. Publications Dar Essabah. Tunis.1975 (210 pages). Les paradoxes des technologies de linformation, productivit, emploi, formation , par Hadj Benyahia. Publications Orbicom/Unesco. Montral. 2000 (120 pages).

  • 107

    Publications du CAPJC loccasion de son 20me anniversaire (Fvrier 2003). Plaquettes et CD. Tunis.2003. La formation permanente des journalistes : note de la Direction Gnrale . Document CAPJC. Tunis. Octobre 2001(15 pages). Lutilisation dInternet dans les radios et tlvisions arabes , par Dr. Ridha Najar. Publications de lASBU. Tunis. 2002 (en Arabe; 100 pages). Francophonie et enjeux des Inforoutes, le cas du Maghreb , par Ridha Najar. Publications de lACCT (OIF). Paris. 1996.

    2- Documents internes aux Institutions Ralisations du secteur de lInformation (1987-2002). Document interne. DG 1er Ministre (avril 2003, en arabe). A propos des mesures incitatives aux institutions publiques du secteur des technologies de linformation et de la communication . Document interne. Ministre des Technologies, de la Communication et du Transport (mars 2003). Note sur le projet du Plan daction de lobservatoire national de la communication . Document interne. Conseil Suprieur de la Communication (juillet 2002, en arabe). Bilan de la formation de lERTT, saison 1999-2000 . Document du Dpartement de la formation de lERTT. Projets de formation ERTT, annes 2002, 2003, 2004 . Document du Dpartement de la formation de lERTT. 20 ans de formation radio et tlvision Damas . Document du Centre de formation de lASBU, par Dr. Haidar Yazidi (Directeur du Centre). Fvrier 2003. Nomenclature des mtiers tlcommunication, multimdia et Internet . tude dopportunit par CCM Consulting Group. Septembre 2001.

    3- Journal Officiel de la Rpublique Tunisienne (JORT) du :

    2 juin 1988 : Loi 88-61 portant code de la TVA. 7 aot 1990 : Loi 90-76 portant cration de lATCE. 15 dcembre 92 : Loi 92-117 relative la protection du consommateur. 19 fvrier 93 : Loi 93-10 portant loi dorientation de la formation professionnelle. 6 aot 93 : loi organique 93-85 portant amendement du Code de la Presse . 27 dcembre 93 : Loi 93-120 portant code dincitation linvestissement. 25 novembre 94 : Dcret 94-2372 fixant le barme doctroi des ristournes sur la taxe de

    formation professionnelle. 11 juin 96 : - Dcret 96-1046 portant cration du Conseil suprieur de linformatique et des

    tlcommunications - Dcret 96-1047 fixant les attributions du Secrtariat dtat auprs du Premier Ministre charg de linformatique.

  • 108

    2 juillet 96 : Dcret 96-1137 portant modification du dcret relatif la cration du prix Hdi Labidi pour la meilleure production journalistique.

    1er mai 98 : Arrt du Ministre des Communications du 23 Avril fixant les tarifs des services de base dans le domaine de connexion au rseau Internet.

    5 mai 98 : Dcret 98-953 modifiant la loi dorientation de la formation professionnelle. 26 juin 98 : - Arrt du Ministre de la Culture du 2 juin 98 portant approbation du guide des

    investisseurs et des promoteurs privs dans le secteur de la culture - Dcret 98-1305 portant cration de lOffice National des Postes.

    13 avril 99 : Dcret 99-762 fixant le montant, les modalits des encouragements financiers aux auteurs douvrages, aux crateurs et aux inventeurs au titre de leurs publications, crations et inventions.

    25 mai 99 : Dcret 99-1037 relatif au prix Hdi Labidi pour la meilleure production journalistique et au prix Tahar Haddad pour la meilleure uvre mdiatique refltant une image quilibre de la femme.

    11 juin 99 : Dcret 99-1236 portant organisation de ltablissement de la Radiodiffusion Tlvision Tunisienne

    11 juillet 2000 : Dcret portant rattachement du Conseil suprieur de la Communication au Premier Ministre.

    11 aot 2000 : Loi 2000-83 relative aux changes et au commerce lectroniques 25 aot 2000 : Loi 2000-84 relative aux brevets dinvention. 16 janvier 2001 : Loi 2001-1 portant promulgation du Code des tlcommunications. 4 Mai 2001 : Loi organique 2001-43 du 3 Mai 2001 portant amendement du Code de la

    presse. 9 avril 2002 : Dcret 2002-632 fixant les missions du Centre Africain de Perfectionnement

    des Journalistes et Communicateurs, son organisation administrative et financire et les modalits de son fonctionnement.

    7 mai 2002 : Dcret 2002-999 compltant le dcret 89-238 portant cration du Conseil Suprieur de la Communication.

    7 mars 2003 : Arrt du Premier Ministre du 26 fvrier 2003 portant nominations au Conseil scientifique du Centre Africain de Perfectionnement des Journalistes et Communicateurs (CAPJC).

    4- Publications spcialises Limage de la femme dans la socit tunisienne . Publication de lUnion Nationale de la Femme Tunisienne (UNFT). Aot 1995. Tunisie 2003 . Publication ATCE. Novembre 2002. Tunisie : principaux indicateurs conomiques et sociaux . ATCE (1987-2002). Les femmes en Tunisie 2000 . (tude du CREDIF. Tunis 2002. 400 pages). Femmes et Hommes en Tunisie en chiffres . (Publication CREDIF. Tunis 2002. 100 pages). Limage de la femme dans la presse tunisienne . Publication CREDIF. Tunis. fv. 1999. (80 pages). Plaquette Radio Sfax Programmation Radio Sfax . (Grille printemps 2003)

  • 109

    5- Presse (Collections ou spcimens) La Presse As-Sahafa Le Temps As Sabah Le Renouveau Le Quotidien Ralits Femmes et Ralits LEconomiste Maghrbin Le Manager Al Akhbar Tunis Hebdo Gazette du Sud Chams El Janoub LObservateur ( Al Moulahedh ). Tunisie Mdias (revue de lATCE) Femme (revue de lUNFT) Info CREDIF (revue du CREDIF). Nuance

    6- Webographie www.infocom.tn www.tunisietelecom.tn www.poste.tn www.e-dinar.poste.tn www.supcom.mincom.tn www.isetcom.mincom.tn www.ati.tn www.Sotetel.tn www.emaktaba.tn www.appeldoffres.mincom.tn www.pcfamilial.tn www.internetbus.tn www.internet-en-fete.tn www.snt.com.tn www.atim.org.tn www.realites.com.tn www.tunishebdo.com.tn www.webdesign.com.tn www.leconomiste.com.tn www.tunisieindustrie.nat.tn www.ministeres.tn www.tunisie.com (ATCE) www.emploi.nat.tn www.tunisie-competences.nat.tn www.26-26.org www.ati.tn

    www.bibliotheque.nat.tn www.culture.tn www.edunet.tn www.universites.tn www.cnipe.nat.tn www.jeunesse.tn www.capjc.nat.tn www.credif.org.tn www.tunisieinfo.com www.infotunisie.com (Franais) www.akhbar.tn (Arabe) www.tunisiaonline.com (Anglais) www.lapresse.tn www.tunisieinfo.com/LeRenouveau/ www.tunisieinfo.com/alhorria www.radiotunis.com www.tunisiatv.com www.afkaronline.org www.cepex.nat.tn www.ins.nat.tn www.investintunisie.com www.sicad.gov.tn (prestations administratives

    distance) www.tunisiens.tn (Tunisiens ltranger). www.orbicom.uqam.ca

    http://www.infocom.tnhttp://www.tunisietelecom.tnhttp://www.poste.tnhttp://www.e-dinar.poste.tnhttp://www.supcom.mincom.tnhttp://www.isetcom.mincom.tnhttp://www.ati.tnhttp://www.Sotetel.tnhttp://www.emaktaba.tnhttp://www.appeldoffres.mincom.tnhttp://www.pcfamilial.tnhttp://www.internetbus.tnhttp://www.internet-en-fete.tnhttp://www.snt.com.tnhttp://www.atim.org.tnhttp://www.realites.com.tnhttp://www.tunishebdo.com.tnhttp://www.webdesign.com.tnhttp://www.leconomiste.com.tnhttp://www.tunisieindustrie.nat.tnhttp://www.ministeres.tnhttp://www.tunisie.comhttp://www.emploi.nat.tnhttp://www.tunisie-competences.nat.tnhttp://www.26-26.orghttp://www.ati.tnhttp://www.bibliotheque.nat.tnhttp://www.culture.tnhttp://www.edunet.tnhttp://www.universites.tnhttp://www.cnipe.nat.tnhttp://www.jeunesse.tnhttp://www.capjc.nat.tnhttp://www.credif.org.tnhttp://www.tunisieinfo.comhttp://www.infotunisie.comhttp://www.akhbar.tnhttp://www.tunisiaonline.comhttp://www.lapresse.tnhttp://www.tunisieinfo.com/LeRenouveauhttp://www.tunisieinfo.com/alhorriahttp://www.radiotunis.comhttp://www.tunisiatv.comhttp://www.afkaronline.orghttp://www.cepex.nat.tnhttp://www.ins.nat.tnhttp://www.investintunisie.comhttp://www.sicad.gov.tnhttp://www.tunisiens.tnhttp://www.orbicom.uqam.ca

    Table des matires

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