Magazine SOURCE hiver 2012

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Magazine SOURCE Hiver 2012

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    Le magazine de leau au Qubec

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    Cest lhiver, on gle deboues !

    Neige en hiver dversement au printemps ?

    La biomthanisation des bouesmunicipales : un procd plusque jamais dactualit

    www.magazinesource.cc

    PierrePaymentENTREVUE avec

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    Limportancedu partage des connaissances

  • Tous droits rservs.Dro i ts d au teur e t d ro i ts de reproduct ion : tou te demande de reproduct ion do i t t re achemine MAYA communication et marketing aux coordonnes figurant ci-dessus. Les opinions et les ides contenues dans les articles nengagent la responsabilit que de leurs auteurs. La publication dannonces et de publicits ne signifie pas que le magazineSOURCE recommande ces produ i ts e t se rv ices . Convent ion de la poste -pub l ica t ions no 411225 91. Retourner toute correspondance ne pouvant tre livre au Canada aux coordonnes figurant ci-dessus. Dpt lgal : 1e trimestre 2005. ISSN 1712-9125. Le magazine SOURCE est publi 3 fois lan.

    EAUX USES

    CEST LH I VER, O N GLE D EBOUES !

    SUR LE RADAR

    N E I G E EN H IVER DVERSEM ENT AU PR I NTEM PS ?

    INSTRUMENTATION

    M ESU RE D ES N ITRATES-N ITR ITES

    TECHNOLOGIE

    LA B I O MTHAN ISATI O N D ES BO U ES M U N I C I PALES : U N PRO CD PLUS Q U E JAMA IS DACTUAL IT

    chroniques

    tte--tte

    L E N V E R S D U D C O R

    L E S A M I S D E S O U R C E 33

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    diteur et rdacteur en chef :Andr Dumoucheladumouchel@maya.cc

    Chroniqueurs :John CiganaMarc-Andr DesjardinsDominique DodierFrance GauvreauFranoise Petitpain-Perrin

    Direction artistique :MAYA communication et marketing

    Designer graphique :Sylvain Malbeuf (SymaPub)

    Photos de la page couverture et de lEntrevue :Sbastien Arbour www.arbourphoto.com

    Rvision linguistique :Annie Talbot

    Impression :Carpe diem

    Coordination des ventes :Grgory PratteTl. : 450 508-6959gpratte@maya.cc

    Abonnementet administration :MAYA communication et marketing457, monte Lesage Rosemre (QC) J7A 4S2Tlphone : 450 508-1515 info@magazinesource.ccwww.magazinesource.cc

    GESTION HUMAINE DES RESSOURCES 30

    SOMMAIRE

    LES BONS

    CONTACTS

    Entre 25 et 35 % des maladies gastro-intestinales taient attribuables leau potable. Leau qui a t teste dans cestudes correspondait aux normes de qualit du temps. Quand jai commenc travailler sur le sujet, mon hypothse taitque moins de 5 % des maladies de ce type taient causes par des virus se retrouvant dans leau potable. Les rsultats sesituaient donc bien au-del des projections. Les investisseurs ont fortement ragi, bien sr. Cest ce qui explique quil y a eudeux tudes ; personne narrivait croire ce que nous avancions.

    Pierre Payment

    Le magazine de leau au Qubec

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    Ce magazine est imprimsur papier contenurecycl

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    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 20124

  • Partage des connaissancesJe connais le docteur Payment depuis des

    annes. Il a dailleurs sign plusieurs chroniquesdans ces pages au fil des ans et je suis certainque plusieurs dentre vous ont apprci sa faonhabile de vulgariser et de ddramatiser ce quebien dautres scientifiques svertuent monter enpingle pour le plus grand plaisir des mdiasdinformation gnralistes en mal de nouvellessensationnalistes.

    Or, cette sommit de la sant publique tirera bientt sa rvrence.Calme, prpar et serein, il a lintention de tourner compltement lapage sur un pan entier de sa vie. Passionn de la nature et decivilisations anciennes, il a lintention de sy consacrer. Jusque-l, riende particulier, me direz-vous ; le Qubec foisonne de baby-boomerspartis la retraite trop tt.

    Mais l o jy vois un grave problme, cest en ce qui concerne letransfert des connaissances. De son propre aveu, Pierre Payment, quia uvr dans le milieu pendant plus de 40 ans, a amass une sommecolossale de donnes et de statistiques dans son laboratoire qui,rappelons-le, fermera en mme temps quil franchira les portes delInstitut Armand-Frappier pour la dernire fois en tant que salari.Lorsque je lui ai demand ce quil adviendra de ces donnes siprcieuses, il ma dit le plus calmement du monde quelles seretrouveraient au recyclage.

    Cette situation me dsole et me frustre. Comment se fait-il que, dansune socit dite avance en termes de communications, des mesuresne soient pas mises en place pour sassurer que ce savoir si chrementacquis soit transfr ceux qui prendront la relve ? Notre socit a-t-elle vraiment le luxe de sans cesse recommencer zro ? Bien sr, cenest pas la fin du monde. Il me semble cependant que nous avons le

    devoir dassurer le transfert des connaissances, que ce soit dans descas comme celui-ci ou en entreprise, comme le souligne habilementnotre chroniqueuse Dominique Dodier, ou encore simplement dans lavie de tous les jours avec nos ans. Ce qui est vieux nest pasncessairement inutile, bien au contraire.

    En attendant, je tiens souhaiter Pierre une belle retraite, enesprant quelle sera active et quil ne passera pas son temps au sous-sol regarder Deux filles le matin

    Nouvelle TV Parlant de tl et de sous-sol, pour tre en lien avec la nouvelle

    tendance en communication, nous avons dcid de lancer un toutnouveau site Internet de webtl ddi au dveloppement durable. Sansprtention et de faon trs crative, le site Dans mon sous-sol proposeraune panoplie de clips regroups par thmatique touchant lindustriede lenvironnement. La gestion de leau ne sera pas en reste avec lasrie Le monde de petit Tom. Mettant en vedette des spcialistes delindustrie, ils traiteront de thmes aussi varis quintressants sous formedditoriaux ou danecdotes. Certains ragiront aux propos alors quedautres se rgaleront de la folie de notre mise en scne. Une choseest certaine, les clips ne laisseront personne indiffrent !

    Bien des gens ont dj manifest leur enthousiasme grossir lesrangs de cette webtl o le rire, le plaisir et linformation se ctoierontde faon quelquefois irrvrencieuse, mais jamais mchante ! Dunouveau contenu vido sajoutera de semaine en semaine afin destimuler notre industrie.

    Le lancement officiel du site www.dansmonsoussol.tv se fera loccasion du Salon des technologies environnementales du Qubecles 13 et 14 mars prochains. Nous y aurons dailleurs un stand. Veneznous y saluer !

    Andr Dumouchel

    Pour une faon diffrente de partager les connaissances

    Solutions et innovations en gestion de leau

    Le MBBR AnoxKaldnes combin avec la connaissance, le dveloppement et lexpertise de John Meunier Inc., vous assure dune solution optimise, intgrant la lire complte ainsi que la mise niveau dinstallations existantes. Plus de 600 installations travers

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    Procd MBBR : comment le rendre plus compact et plus performant

    Mercredi 14 mars 2012 13h30

    ditorial

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    adum

    ouch

    el@

    may

    a.cc

  • quel endroit avez-vous grandi ?Je suis n dans le quartier Hochelaga, mais mon pre a achetune maison Ahuntsic dans les annes 1950, quand javais deuxans. Jtais lan dune famille de six enfants. Devant la maison,il y avait le domaine Saint-Sulpice. Pour moi, ctait la nature ; jepartais my promener, jtais fascin par tout ce que jy voyais :des mantes religieuses, des couleuvres... Jaimais les insecteset les plantes.

    quel ge avez-vous commenc vous intresservraiment la nature ?Je ne saurais pas dire quel ge exactement, mais jtais encoreau primaire. Enfant, jtais plutt ermite. Je lisais beaucoup,jaimais particulirement les livres de sciences et je dvorais lesencyclopdies. Au Collge Saint-Ignace, o jai fait mon coursclassique, j'ai fait partie du cercle des Jeunes Naturalistes. ama donn loccasion de toucher un peu tout, de dcouvrirlensemble des sciences naturelles.

    Y avait-il dans votre famille des gens qui cultivaientun grand intrt pour la nature ?Non, pas vraiment. Mon pre a t employ des postes tandisque ma mre avait mis fin ses tudes en cinquime anne ;ctaient des gens intelligents qui nous ont laisss faire des tudes.Sur lle de Montral, on slectionnait les premiers de classe dansles coles catholiques primaires et on les envoyait faire destests dintelligence. partir de cette slection, on formait desclasses et on nous permettait daller suivre le cours classiqueen milieu lac peu de frais. Imaginez, 30 premiers de classesensemble ! Jtais plus prs du cancre que du gnie dans cettenouvelle configuration.

    tait-ce frustrant pour vous ?Oui, bien sr. Il faut dire que jarrivais de trs bons rsultatsdans les cours qui m'intressaient, mais jtais incapable defournir l effort ncessaire dans les autres domaines.Heureusement, au fil du cheminement, il y avait de plus en plusde sciences au programme et jai pu augmenter ma moyenne.Puis, la fin de mon cours classique, je suis devenu biologisteau parc du Mont-Tremblant. Nous tions trois biologistes ; nous

    SCIENTIFIQUE DE RENOM, PIERRE PAYMENT SESTFORG UNE RPUTATION ENVIABLE DANS LE

    DOMAINE DE LA SANT PUBLIQUE. MTHODIQUE ETTRS RIGOUREUX, IL A DVELOPP UNE EXPERTISETOUTE PARTICULIRE LIE LA MICROBIOLOGIE DE

    LENVIRONNEMENT. SES TRAVAUX DE RECHERCHEONT FAIT DE LUI LA RFRENCE EN MATIRE DE

    MICROORGANISMES PATHOGNES DANS LES EAUX

    POTABLES ET USES.

    LAUBE DE LA RETRAITE, LE DR PAYMENT ESTSEREIN. IL QUITTERA SON POSTE LINSTITUTARMAND-FRAPPIER DANS QUELQUES SEMAINESPOUR SE CONSACRER SA PASSION DE TOUJOURS

    QUEST LA NATURE.

    COMMENT CES INTRTS DE RECHERCHEONT-ILS PRIS FORME ? QUE PENSE-T-IL DU RLEDES SCIENTIFIQUES ? QUE RPOND-T-IL AUDISCOURS ALARMISTE DE CERTAINS DE

    SES CONFRRES ?

    LE MAGAZINE SOURCE LA RENCONTRPOUR VOUS.

    Entrevue ralise par Andr Dumouchel

    PierrePayment

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    Limportance du partagedes connaissances

  • arrivions en mai, avec les brlots, les maringouins et les mouches noires, alors quil y avaitencore de la neige. Nous devions rpertorier, inventorier la faune et la flore du parc pendantlt, ce que jai fait pendant deux ans.

    Et pourquoi navez-vous pas continu uvrer dans cette discipline ?Jarrivais au bac et je morientais en sciences biologiques avec lintention de devenirentomologiste. Puis, jai dcroch un emploi dt chez un parasitologue. Cest l que jai appris travailler avec encore plus petit, soit le microscopique. Jai continu ce travail temps partielpendant trois ans tout en poursuivant mes tudes.

    O avez-vous fait vos tudes ? lUniversit de Montral. Il y avait aussi des docteurs qui travaillaient sur des virus humains,parmi eux le Dr Pavilanis, qui ma demand si je voulais faire une matrise. Quand jai tinvit travailler ici, lInstitut Armand-Frappier, mon objectif tait de devenir chercheur, maisje navais pas de plan clair. Tout est arriv un peu comme dans un jeu de dominos, une choseen a entran une autre, toujours au bon moment.

    Avec le recul, que pensez-vous du nouveau systme dducation par rapport au cours classique et au systme qui tait en place quand voustiez tudiant ? Je pense que le cours classique tait quelque chose de trs positif qui sest perdu. On nousenseignait alors penser, agir, sans nous bourrer le crne. Aujourdhui, on remarque quily a souvent un manque de culture gnrale, ce qui donne ltudiant une vision rduite dumonde. En voulant duquer le plus grand nombre luniversit, le systme fait en sorte quily a parfois des gens qui ne sont pas leur place dans leur domaine dtudes. Par exemple,il faut avoir de la dextrit, de lagilit pour travailler dans un laboratoire. Pour les tester, jedemande parfois des tudiants de visser et dvisser 20 fois une vis dans un boulon. ame donne une bonne ide de leur capacit cet gard. Or, a ne suffit pas ; il faut encoretre capable de rflexion scientifique. Avec le systme actuel, on peut russir avec des notesde 60 % comme de 90 % et obtenir au bout du compte le mme diplme. a donneforcment des quipes de chercheurs de niveaux diffrents, alors que lancien systme avaittendance ne garder que les meilleurs.

    Que pensez-vous de la vulgarisation et de la dmocratisation de la science ?Avec Internet, on assiste une rosion, une dgradation continue de la qualit de linformationscientifique. Il y a des articles dont on se demande comment ils ont pu tre publis tellementle contenu est fantaisiste ! Mais ce nest pas tonnant; mme les rviseurs abaissent leursexigences. Cest presque de la shot gun research. Cest difficile dy retrouver la bonne scienceet les articles de qualit.

    Que suggrez-vous pour remettre un peu dordre et de srieux dans le mondescientifique ?Cest difficile de renverser cette tendance parce que cest tout le systme universitaire quitend se dgrader. Il y a de bons professeurs qui sont forcs de faire de la recherche pourpouvoir gagner leur vie dcemment, et inversement. Je pense que les bons enseignants devraientpouvoir exercer sans se soucier dtre galement chercheurs et que les chercheurs nedevraient pas non plus avoir enseigner pour boucler leurs fins de mois. On se retrouveavec de mauvais chercheurs et de mauvais professeurs parce que la majorit des gens sontincapables dassumer aussi bien les deux tches, celles-ci tant fort diffrentes bien quecomplmentaires. On obtiendrait peut-tre de meilleurs rsultats en faisant comme avant,cest--dire en laissant luniversit aux professeurs et les centres de recherche aux chercheurs.

    Pourquoi nest-ce plus le cas aujourdhui ? On a dcid que luniversit tait lendroit o devait se faire la recherche. Lobjectif taitdaugmenter les connaissances en sciences. Le pari, ctait quon allait faire plus de dcouverteset quainsi la recherche serait mieux finance, que ce soit en pharmacie, en gnie, etc. Cestdailleurs vrai quil sen fait, mais en mme temps on a surcharg les universits avec la recherche.En obligeant le monde de la recherche fusionner avec le monde universitaire, on cre entreautres un manque de cohsion parmi les quipes de recherche. Une quipe de chercheursqui se concentre exclusivement sur la recherche, qui a donc un bagage de connaissanceset des contacts avec dautres chercheurs susceptibles de pouvoir laider atteindre son but,cest prcieux.

    Quelle est la part de lquipe dans le succs des recherches ?Le succs repose sur la dynamique du groupe. Cest dailleurs souvent une lacune. Lescarrires sont atomises et les chercheurs travaillent dabord lvolution de leur carrire.Les scientifiques sont souvent des cavaliers solitaires.

    Revenons votre entre lInstitut, qui sappelait cette poque lInstitut demicrobiologie et dhygine de lUniversit de Montral...Au dpart, ctait situ sur la rue Saint-Denis, puis lUniversit a dmnag sur la montagne.Le groupe de recherche devenant de plus en plus important, Armand Frappier et Duplessis

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  • www.dansmonsoussol. tv est un site

  • ont alors achet la terre sur lle Jsus ; le groupe sy est install en 1967 parce quil y avaitles animaux dont il avait besoin. Il y avait alors des curies, 300 ou 400 moutons, et aussipendant un certain temps des milliers de singes, quand on travaillait sur le vaccin contrela grippe. Les plus vieux parmi les gens du voisinage se souviennent srement quune foisdes singes staient chapps pendant leur transport lInstitut et se promenaient dansles arbres ! Donc, en 1970, jai intgr un groupe de recherche qui tait bien tabli et quifaisait du diagnostic virologique humain.

    Et sur quelle maladie ce groupe travaillait-il ?Quand je suis venu faire ma matrise ici, on travaillait sur la rubole. On devait observercomment ce virus se dveloppait dans les cellules, par microscopie lectronique.

    Quel tait ltat des recherches sur la rubole ce moment-l lchelle internationale ?On commenait comprendre que ctait un virus qui provoquait des malformations silinfectait une femme dans les trois premiers mois de la grossesse. Donc, il fallait absolumentcrer un vaccin ou du moins des tests diagnostiques. Ma matrise portait plus particulirementsur le vaccin, et je lai faite en six mois.

    Ctait rapide !Je dormais parfois ici, travaillant 24 heures en continu. Je devais prlever des chantillonstoutes les heures pour analyser le dveloppement du virus. Alors, comment faire autrement ?Ce sont de beaux souvenirs.

    Avez-vous eu un mentor au cours de votre carrire scientifique ?Oui, Dr Pavilanis , un virologiste lituanien qui avait t engag par Armand Frappier et quiest arriv ici dans les annes 1950. On dit quil est le pre de la virologie au Qubec. Il estdailleurs devenu directeur scientifique. Cest lui qui ma invit faire ma matrise. Jai eu unediscussion avec lui un jour je lui ai dit : Je crois que je vais aller faire ma mdecine aprsma matrise. Il ma demand pourquoi. Je lui ai rpondu que de cette faon je comprendraismieux ce que je faisais. Il ma rpondu : Soyez un bon virologiste et trouvez un bon mdecincomme collgue et discutez plutt ensemble. Cest exceptionnel de trouver quelquun qui peutbien faire les deux. Cest lui aussi qui ma engag pour mon doctorat ; il ma envoy auxtats-Unis, et les liens que jai crs au Texas mont servi toute ma vie. Il savait que je devaisaller voir ailleurs pour tre un bon chercheur, pour dvelopper des contacts, un rseau.

    Quavez-vous fait au Texas ?Pendant un an, chez le Dr Melnick, jai travaill sur deux sujets : les virus dans le sang et lesvirus dans leau. Ctait en 1974. Le seul virus dans le sang quon connaissait tait lhpatiteB. Aujourdhui, bien sr, on connat le VIH, celui de lhpatite C et tous les autres. Dr Melnicktait un virologiste de renomme internationale, il sy connaissait bien. Quand je suis revenu lInstitut, jai commenc travailler sur lhpatite A. Avec mes collgues, on dveloppait desmthodes de diagnostic en virologie pour les maladies humaines et animales. Jtais untouche--tout.

    Quest-ce qui vous faisait vibrer dans tout a ?La collaboration. On avait de grandes tables et, le matin, nous nous retrouvions une dizainede virologistes au caf : on discutait, on schangeait des conseils, et mme ceux qui faisaientdes mots-croiss dans leur coin avaient loreille tendue. Cest souvent dans le cadre de ces

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  • changes que prenaient naissance les projets et collaborations sur tel ou telsujet en particulier. Ctait un partage dides et une mise en commun desexpertises ; une grande partie du travail se faisait finalement grce cettecollaboration. Il y avait des passionns, des acharns qui pouvaient mener desrflexions scientifiques en profondeur.

    Le nom de lInstitut a chang souvent au fil des annes...Il est dabord pass dInstitut de microbiologie et dhygine de lUniversitde Montral lInstitut de microbiologie et dhygine de Montral. Le mot universit a t dlaiss parce quon navait plus de liens rels avec elle.Puis, les annes 1974-1975 ont vu la cration de lUniversit du Qubec. Nousavons t le premier Institut y tre intgr. Il a fallu nouveau changer lenom. tant donn qu ce moment-l le Dr Frappier prenait sa retraite, lInstituta t renomm lInstitut Armand FrappierUniversit du Qubec en son honneur.

    Quest-ce qui vous a motiv vous fixer en virologie alors que vosintrts taient si diversifis au dpart ? Javais fait une demande de fonds au Conseil de recherches mdicales pourtravailler sur les virus dans le sang, plus prcisment les hpatites. Mais toutle monde autour de moi disait quil tait trs difficile dobtenir des boursescanadiennes pour ce domaine de recherche et quil tait prfrable de lorgnerdu ct des tats-Unis. Jai donc chang de sujet de recherche pour commencer travailler sur les virus dans leau. Nous avons commenc avec les virus dansleau dgout, sur les plages, les parasites, les bactries, jusqu leau potable.Dans les annes 1980, on trouvait des virus dans leau potable Pont-Viau, Montral... Je me suis mis en qute de savoir si leau potable rendait les gensmalades; a ma pris 10 ou 15 ans de ma carrire. Jai trouv de bonspistmologistes avec qui jai fait deux tudes, et jai continu travailler surles mthodes de dtection des parasites en parallle.

    Qui a investi pour soutenir ces annes de recherche et qui sestoccup de trouver le financement ?Principalement Sant Canada, USEPA aux tats-Unis, La Gnrale des eauxen France et la fondation de lAmerican Water Works Association. Cest moiqui ai men les ngociations. Comme dans nimporte quel autre domaine, lesinvestissements sont faits sur la base de lenchre, en quelque sorte ; il suffitquune institution commence financer un projet pour que les autres suivent.Et comme ces recherches concernaient la sant publique, lintrt a t suffisantpour soutenir financirement les recherches. Mais le succs dune recherchecomme celle-l ne repose pas seulement sur largent. Beaucoup de gens sesont impliqus, notamment les infirmires qui soccupaient de faire remplir lesquestionnaires aux malades quon suspectait davoir t infects par leau.

    Et quels ont t les rsultats de ces tudes ?Entre 25 et 35 % des maladies gastro-intestinales taient attribuables leau

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  • LE MYSTRE DE LA PAGE 13

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    LE MYSTRE DE LA PAGE 13

  • Combien de langues parlez-vous ?Je parle le franais et langlais. Et puis unpoquito espaol, mais cest anecdotique.

    Si vous deviez habiter un autreendroit que le QubecQuelque part en France, possiblement enNormandie.

    Sur une le dserte, quel livreaimeriez-vous lire ?Aucun. Mes intrts seraient uniquementtourns vers la nature.

    Est-ce que ce serait diffrent pour la musique ?Non, pour moi, la nature est ma musique.

    Quel est votre artiste prfr enmusique ?Je nai ni artiste favori ni chanson favorite enparticulier. Comme je suis Poisson, jechange souvent davis sur ce type dequestions. Pour moi, cest en fonction dumoment. Mais ces temps-ci, jaimebien ce que fait Ba.

    potable. Leau qui a t teste dans ces tudes correspondait aux normes dequalit du temps. Quand jai commenc travailler sur le sujet, mon hypothsetait que moins de 5 % des maladies de ce type taient causes par des virusse retrouvant dans leau potable. Les rsultats se situaient donc bien au-deldes projections. Les investisseurs ont fortement ragi, bien sr. Cest ce qui expliquequil y a eu deux tudes ; personne narrivait croire ce que nous avancions.Nous avons observ de plus prs ce qui se passait avec les filtres dans les usinesde filtration deau. Il y avait bel et bien, de temps autre, des parasites quirussissaient djouer ces barrires, comme le Cryptospridium qui tait devenuplus rsistant. Nous avons aussi constat que ltat du rseau ntait pas parfait.Cest donc vers ces deux aspects-l les filtres et la qualit du rseau quese sont concentr les efforts et amliorations. lheure actuelle, ce taux a tramen entre 10 et 15 %.

    Donc, vous ne faites pas partie des scientifiques alarmistes en ce qui concerne les risques dpidmie ?Non, pas du tout. Je serais alarmiste sil y avait 200 pidmies par anne. Onapprend toujours des pidmies, il faut en tirer les leons. Par exemple, lors dunepidmie srieuse avec des milliers de malades comme Milwaukee, lesscientifiques se sont rendu compte quils avaient commis une erreur grave. Enladmettant, on peut faire en sorte quelle ne se reproduise plus. Mais il ne fautpas exagrer non plus.

    Que voulez-vous dire ?Il se dveloppe en ce moment une tendance qui fait la promotion de la purettotale de leau, et cest exagr. Les risques sont toujours prsents de manirealarmiste. On nanalyse pas les donnes en rapport avec dautres dangers quinous entourent. Entre janvier et mars, on se retrouve parfois avec 40 %, voire50 % de la population ayant une gastro entrite. Il sagit le plus souvent du mmemicrobe que lon retrouve dans leau. En effet, on peut soutenir que certainespersonnes pourraient boire de leau, attraper la gastro, comme on dit, et en mourir.Mais a reprsente un risque au pourcentage infime. Frquenter une garderiereprsente un risque dinfection beaucoup plus lev !

    Vous prendrez donc votre retraite en avril. Sagira-t-il dune vraieretraite ou poursuivrez-vous vos activits scientifiques ?Je vais srement continuer tre professeur honoraire pendant un an, car jaiencore quelques tudiants suivre. Jai aussi un projet qui me tient cur surlanalyse de risques, avec le Rseau canadien de leau, qui prendra fin en avril.

    Et en quoi consistait ce projet ?Cest un projet sur quatre ans qui fait la promotion, en quelque sorte, du QMRA(Qualitative Micro Risks Assessment), une mthode de plus en plus utilise. Ilsagit de prsenter le modle aux scientifiques et de sassurer de leurcomprhension du modle de risque en vue dune uniformisation de son usage.

    Au moment de votre dpart la retraite, que pensez-vous de ltatactuel de la science ?On est pass dun mouvement lent, persistant, un mouvement frntique etsans but. Les temps dexprimentation et de validation sont de plus en plus courts.Cest lattrait de la nouveaut qui prime. Il faut toujours suivre la course auxnouveaux modles en termes de nouvelles technologies. On observe le mmephnomne pour lensemble des sciences, lesquelles suivent ce mouvementhyperactif aux dpens de la qualit des recherches et des articles. Cest lacourse la primeur. Mme pour les informations, cest comme a ; elles sontdiffuses avant dtre valides. Auparavant, quand on voulait publier un article,a pouvait prendre deux, trois ans avant quil soit approuv, le temps de validerles informations. Une fois publi, il allait nourrir la littrature scientifique.Aujourdhui, les articles sont approuvs avant mme que les expriences ne soienttermines ! En mme temps, laccs linformation est meilleur que jamais ; cestlenvers de la mme mdaille. Il y a beaucoup plus dinformations disponibles,accessibles en un temps record, mais beaucoup moins de rvision, de contrlede la qualit de linformation. Et en gnral, les gens ont aussi un esprit critiquebeaucoup moins dvelopp, pourtant essentiel une bonne lecture desinformations.

    Avez-vous lintention de devenir consultant pendant votre retraite ?Non, je ne crois pas. Mes amis qui se sont lancs dans cette aventure monttous dit quon nest plus jour partir du moment o on arrte de pratiquer, moins davoir les moyens de participer aux congrs, aux grandes runions. Maisje nai pas lintention de faire a pendant ma retraite !

    Avez-vous des plans prcis, des intrts que vous voudriezdvelopper pendant votre retraite ? Je suis passionn par les fossiles, lastronomie. Les insectes ? Peut-tre quejy reviendrai, quoique que ma fascination soit moins grande maintenant. Je suisaussi trs intress par lgyptologie, les vieilles civilisations, la manire dontles hommes vivaient dautres poques. Je crois que jirai visiter les grands sitesfossilifres en Gaspsie et en Alberta.

    Daprs vous, quels sont les dfis lis la gestion de leau auQubec ?Le premier dfi est dappliquer la Politique nationale de leau pour favoriser laprotection des sources. Puisquon sait maintenant do viennent lesmicroorganismes qui causent des problmes de sant publique, il faut agir sansdlai.

    Monsieur Payment, merci beaucoup

    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 201214

    Il se dveloppe en ce moment une tendance qui fait la promotion de lapuret totale de leau, et cest exagr.Les risques sont toujours prsents de manire alarmiste.

    On LE cuisine pour vous!

  • Avez-vous un quelconque intrt pour la politique ?Pas beaucoup. Mon ct scientifique teinte sans aucun doute maperception. Je trouve que le monde politique actuel fait beaucoup depromesses et ralise peu de projets. Jai aussi limpression que lamanipulation est trs grande et dune certaine faon, jen suis un peudgot.

    Vous considrez-vous de gauche ou de droite ?Jai fait un test sur le site Internet de Radio-Canada [la Boussolelectorale] dernirement, et malgr plusieurs tentatives, je suistoujours au milieu. Pour moi, la notion gauche/droite ne sappliquepas. Je suis davantage intress par les projets auxquels je crois, peuimporte le parti politique qui les porte.

    prouvez-vous du respect pour un quelconque politicien actuel ou pass ?Oui, pour Lester B. Pearson. Il fait partie de ces politiciens qui avaient des projets.

    Vous considrez-vous comme un libre penseur ?Oui, et nessayez surtout pas de minfluencer ! [Rires.]

    Que pensez-vous de la tarification de leau par le biais de compteurs ?Je nai jamais voulu partager publiquement mon opinion sur le sujet,car je crois quil me manque trop dinformation. Nanmoins, je suis laise de dire que je suis en faveur pourvu que les compteurs soientutiliss des fins de gestion et non de taxation dtourne.

    tes-vous consquent dans vos actions quotidiennes en matire denvironnement ?Jessaie, mais a demeure un combat. Si je prends lexemple delarrosage de mes fleures en t, je trouve trs difficile de rsister l'envie de les arroser en priode de scheresse alors que jai mis troisans les faire pousser. Bien sr, je peux ventuellement me doterdun baril de pluie, mais quelquefois, au moment o a arrive, latentation dtre dlinquant est trs forte. [Rires.]

    Buvez-vous leau du robinet ?Toujours !

    Si vous pouviez retourner en arrire, feriez-vous le mme choix de carrire ? Ma carrire sest joue comme un jeu de dominos. Je nai pasvritablement choisi mon parcours. Jai eu la chance dans ma viedtre pouss par des gens dans le sens de ma nature et de ma faon de penser.

    Avez-vous des regrets sur le plan professionnel ?Oui. Jai fait confiance des gens qui mont du. Mais en mmetemps, cest normal parce que la vie est ainsi faite.

    On LE cuisine pour vous!

    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 2012 15

  • Le jeudi 1er septembre dernier se tenaitau Club de golf Glendale de Mirabel la7e dition du tournoi annuel de votre

    magazine SOURCE. Les prvisionsmtorologiques annonaient une journe

    ensoleille et cest heureusement ce quoi ont eu droit les participantsde cette classique ayant foul le magnifique parcours lite du Glendale. Les

    traditionnels chapelets sur la corde linge ont assurment fait le travail !

    Cest donc avec un soupir de soulagement que les organisateurs ont accueilliles nombreux participants de ce tournoi qui comportait une multitude deconcours, dont celui du plus long coup de dpart, propos par un remarquableOralien ! Par la suite, bires importes et trio jazz attendaient les golfeurs. Ilsont galement eu la chance de trouver chaussure leurs pieds, puisque lecabinet juridique Sodavex commanditait la distribution de superbeschaussures de golf Callaway.

    La soire sest poursuivie avec un succulent repas arros de vin et ponctu denombreux prix de prsence de valeur. Les participants ont de plus eu droit unspectacle dcapant du magicien Vincent C.

    Il est noter quencore une fois, le tournoi sest droul guichet ferm.La prochaine dition de votre tournoi se tiendra le jeudi 6 septembre 2012.Serez-vous des ntres ?

    Les sourires taient au rendez-vous pouraccueillir les invits.

    Serge Chouinard remarque que le logo deKemira nest pas sur laffiche des

    commanditaires. Un dtail qui peut se rgler si facilement

    Les participants ont pu se rgaler avec lesucculent brunch volont surtout ceux

    qui en ont plus long remplir !

    Lentreprise Inpak nous prsentait son toutnouveau camion sous lil avis denombreux experts de lindustrie.

    Aprs la visite des Tltubbies lan dernier,ctait au tour des Oraliens de venir saluer les

    golfeurs de lenvironnement.

    Quelle ne fut pas la surprise de cet Oraliende retrouver son frre sur terre.

    Marc Larivire a toujours rv de porter untel casque. Il ne pouvait pas rater

    pareille occasion !

    Les golfeurs prenaient beaucoup de temps avantde quitter le trou no 1. Avec un tel accueil, il est

    facile de comprendre pourquoi.

    En fin stratge, Jean-Franois Bergeron a suchoisir les bonnes enveloppes. Il na

    malheureusement rien gagn cette anne.

    Pour la traditionnelle photo de quatuor,lquipe de Sodavex a troqu les btons pour

    un sandwich. Une dcision savoureuse.

    Pour lquipe de Filtrum, limportant est desuivre la ligne. a semble bon birdie !

    Raliser un superbe coup devant le regardattentif de ses amis et dun Oralien,

    a na pas de prix.

    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 201216

    phot

    os s

    tudi

    o O

    ncle

    J.

  • Un GRAND MERCI nos prcieux commanditaires

    Aucun golfeur na os plonger dans la piscine, ce qui na pas

    empch le cocktail dtre une grande russite.

    Les participants ont eu la chance de faire du rseautage et de belles

    rencontres.

    tout a au son de notre talentueux trio jazz.

    Gregory Pratte, au dveloppement des affairesdu magazine, avait une grande surprise offrir

    aux gens lors de la soire.

    Aprs avoir russi mettre ses jambesderrire la tte, il a mis au dfi

    lassemble de limiter.

    Mais quelles taient les chances quil y aitquelquun dautre capable de le faire Sachezque lhomme lastique se cache chez Newalta.

    Rien de mieux que de chanter Cline deblues dOffenbach pour casser la voix

    ou les oreilles !

    ce qui na pas empch les gens desourire. Il faut dire que gagner un beau prix

    offert par IPL, a aide toujours !

    Une nouvelle quipe a t sacre championnedu tournoi. Son secret ?

    Une petite tape sur les fesses pour sencourager !

    Lquipe compose de Philippe Ct,Sbastien Lafontaine, Gary Gagn et

    ric Paquin avait fire allure.

    Pour faire ragir la foule, le trs talentueuxmagicien Vincent C. na pas hsit sortir un

    lapin de son chapeau.

    ni mme se percer la langue avec unebroche sous lil la fois amus et dgot de

    Karine Gaudreau. Magie !

    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 2012 17

  • n a beau parler de changements climatiques et derchauffement plantaire, lhiver, il fait froid ! Remarquez quepour les amateurs de sports dhiver, cest parfait. Par contre,

    quon aime la saison ou non, les tempratures froides hivernalesapportent leur lot de dsagrments et rendent franchement la viede tous les jours un peu plus complique.

    En contrepartie, lhiver comporte des attraits, et pas juste pour sesmagnifiques paysages. En effet, les tempratures froides peuventfaciliter la dshydratation des boues en raison de leffet conditionnantdu gel-dgel.

    Le gel-dgel : une mthode de conditionnement des boues

    Aussi surprenant que cela puisse paratre, le gel-dgel conditionneles boues et facilite leur dshydratation aussi bien que lajout depolymres. Pour vous en convaincre, prenez un chantillon deboues liquides et mettez-le au conglateur. Une fois les bouescompltement geles, sortez lchantillon du conglateur et laissez-le dgeler temprature ambiante. Lorsque lchantillon seratotalement dgel, vous observerez une sparation entre lesmatires solides et leau surnageante, exactement comme si vousaviez mis un polymre dans les boues. Selon la nature des boues,le surnageant sera plus ou moins clair, mais la sparation desboues sera bien relle. Si vous versez ensuite lchantillon ainsiconditionn dans un entonnoir muni dun filtre, vous remarquerezque le filtrat se draine facilement, ce qui permet aux boues sur ledessus du filtre de sasscher.

    En pratique, pour profiter du gel-dgel naturel, on a gnralementrecours un lit de schage dans lequel les boues sont pompesdurant lautomne. Pendant lhiver, les boues glent pour ensuitedgeler au printemps. La majeure partie de leau contenue dansles boues scoule vers le bas et est vacue par le rseau dedrainage du lit de schage. Les boues dshydrates continuentde sasscher par vaporation et peuvent ainsi atteindre des siccitstrs leves.

    Comment a marche ?

    Pour comprendre comment le gel-dgel peut conditionner lesboues, il importe de rappeler que les boues sont constitues dunephase liquide et dune phase solide : leau et les flocs de boues.Les flocs de boues sont forms de particules agglomres defaon plus ou moins lche, tandis que leau comprend quatrefractions distinctes, dfinies selon leur lien avec la phase solide :

    1. Leau libre constitue la plus importante partie de la phaseliquide. Elle entoure les flocs de boues, mais nen fait paspartie.

    2. Leau interstitielle est emprisonne lintrieur des flocs deboues. Elle nest pas lie chimiquement la phase solide, maisse dplace avec les flocs.

    3. Leau de surface constitue une couche relativement minceautour des particules qui composent les flocs de boues. Cetteeau adhre aux particules par des forces de surface.

    4. Leau lie constitue un film trs mince immdiatement lasurface des particules, sous leau de surface. Cette eau estlie chimiquement la phase solide.

    Lorsque des boues glent, cest leau libre qui gle en premier lieu. mesure que la glace se dveloppe, les flocs de boues sontdplacs en avant du front de glace. Lorsque la masse des flocsaccumuls devant le front de glace devient trop importante pourtre repousse plus avant, ils sont emprisonns dans la glace lintrieur de petites alvoles, et le front de glace continue saprogression. Avec le temps, leau interstitielle et leau de surfacecontenues dans les flocs emprisonns finissent par geler. Cetteprogression de la glace lintrieur des alvoles comprime lesflocs et provoque la coagulation des particules. Aprs le dgel, lesdiffrentes fractions deau ( lexception de leau lie) se retrouventsous forme deau libre qui se draine facilement.

    Le conditionnement par gel-dgel est efficace pour tous les typesde boues pourvu quelles aient compltement gel. Il modifieirrversiblement leur structure et produit un rsidu granulairehydrophobe et peu odorant.

    Le cas de Lac-Etchemin

    Lac-Etchemin, cela fait plus de 15 ans que lon a recours augel-dgel pour dshydrater les boues de dphosphatation chimiqueaccumules dans les tangs. linitiative du responsable de la stationdpuration, M. Stphan Mimault, la municipalit a mis en place en1994 un lit de schage conu pour traiter les boues par gel-dgel.Au lieu de vidanger la totalit des boues accumules dans les tangsen une ou deux oprations, ce qui aurait ncessit un lit de trsgrandes dimensions, la municipalit a judicieusement choisi dtalerles vidanges dans le temps, minimisant ainsi la taille de louvragedont la surface de filtration est de 450 m2. De 1994 2006, lamunicipalit a procd sans interruption la vidange annuelledenviron 500 m3 de boues chimiques. Les boues, dont la siccitmoyenne est de 3,5 %, sont typiquement pompes lautomnedans le lit de schage situ proximit des tangs. Durant lhiver,la municipalit procde au dneigement de la surface du lit afindassurer le gel complet des boues. Au printemps, aprs le dgel,les boues dshydrates, dont la siccit excde dj 30 %, sontlaisses sur le lit o elles continuent de sasscher. Les bouessont rcupres seulement lautomne suivant, ce qui vite quela vgtation ne sinstalle la surface du mdia filtrant. Leur siccitmoyenne est alors de plus de 75 %.

    Lac-Etchemin nest pas la seule municipalit au Qubec qui sestdote dun lit de schage pour dshydrater ses boues dpuration laide du gel-dgel. Dautres municipalits ont suivi cet exempleavec succs. Larrive du GotubeMD est venue accrotre lventaildes solutions pour la dshydratation des boues dtangs ars.Comme cette solution implique le recours un sac poreux qui permetde contenir les boues liquides, il nest plus ncessaire de disposerdun lit de schage conventionnel (avec digues ou murets), ce quidiminue considrablement les cots de construction associs. Enrevanche, il faut conditionner chimiquement les boues pompesdans le GotubeMD, ce qui nest pas ncessaire lorsquon disposedun lit de schage par gel-dgel. Finalement, si les boues sontdshydrates laide dun GotubeMD, il est malgr tout recommandde leur faire subir un cycle de gel-dgel ( lintrieur du sac), cequi permet daccrotre encore leur siccit.

    Avec toutes ces vertus, une conclusion simpose : le gel-dgeldes boues, cest cool !

    CEST LH IVER, ON GLE DEBOUES !

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    Marc-Andr Desjardinsing., Ph.D.,vice-prsident, division EnvironnementAXOR Experts-Conseils inc.mdes j a rd i n s@axo r . c om

    O

    E A U X U S E S

    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 201218

  • La puret de la neigemile Nelligan, le plus connu des potes qubcois, de lavisde plusieurs, commence son uvre Soir dhiver avec ces deuxvers : Ah ! comme la neige a neig ! / Ma vitre est un jardin

    de givre. Voil la force du pote. En deux phrases anodines, il rsumeparfaitement les hivers du Qubec : il neige (et souvent beaucoup !),il fait froid, il y a de la glace, du givre sur nos vitres et dans nos rues.Il ressort de ces deux phrases un sentiment de puret. Dailleurs,beaucoup dexpressions populaires associent la neige linnocenceet la puret : tre blanc comme neige , cest tre innocent. Mmele grand Shakespeare, dans Hamlet, affirme que la neige et la glacesont pures : Serais-tu aussi chaste que la glace et aussi pure quela neige, tu nchapperais pas la calomnie.

    Neige pure ou pollue ?Trs bien, laissons aux potes et aux crivains le droit daffirmer quela neige est symbole de puret. La neige, par dfinition, nest-elle riende plus que de leau pure transforme en flocons ? Les analysesphysico-chimiques indiquent que la contamination de la neige

    commence bien avant quelle ne touche le sol. Lors des prcipitations,les flocons de neige sont exposs aux polluants atmosphriques etabsorbent ceux-ci. Dailleurs, la neige absorbe beaucoup plus decontaminants que la pluie, car le flocon offre une plus grande surfaceque la goutte de pluie et sa chute est beaucoup plus lente, donnantautant de temps aux contaminants dtre absorbs. Tout le monde sedoute que la gadoue de la fin du printemps nest pas dune puretabsolue, mais mme la neige la plus blanche tombe en janvier recleune quantit impressionnante de constituants. Voici la liste nonexhaustive des contaminants contenus dans les neiges uses tabliepar le MENVIQ (anctre de lactuel MDDEP) en 1991 : chlorures,sodium, calcium, ferrocyanures, huiles et graisses, phosphates, matiresen suspension et mtaux lourds (zinc, fer, chrome, cadmium, etc..). Unesoupe chimique inattendue !

    Les dversements de neiges uses aux cours deau interditsNotons que jusqu la fin des annes 1980, laffirmation que la neigetait pure tait admise par lensemble de la socit, allant mmejusqu' en influencer nos choix techniques et technologiques. Cetteneige, trs souvent, se retrouvait tout simplement dpose dans lescours deau. Cest uniquement en 1988 que le ministre delEnvironnement du Qubec a mis de lavant sa politique sur lliminationdes neiges uses. Cette politique visait essentiellement interdire toutdchargement de neiges uses dans les cours deau partir de 1997.

    John Ciganaing., M.Sc. A.vice-prsident, Dveloppementdes affaires et marketingJohn Meunier inc. filiale de VeoliaWater Solutions & Technologiesj c i g a n a@johnmeun i e r . c om

    NE IGE EN H IVER DVERSEMENT AU PR INTEMPS ?

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    S U R L E R A D A R

    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 201220

    [] mme la neige la plus blanche tombe en janvier recle une quantitimpressionnante de constituants

  • N E I G E E N H I V E R D V E R S E M E N T A U P R I N T E M P S ?

    Que faire de toute cette neige ?!Bon an mal an, les municipalits du Qubec reoivent entre 200 et350 cm de neige au sol. Pour lensemble des municipalits duQubec, il est estim que ce sont environ 90 millions de m3 de neigequi doivent tre limins tous les hivers.

    Les modes dlimination de la neige use se regroupent en deuxgrandes catgories : le dpt terrestre ; le dversement, lorsque possible, des neiges uses dans le

    rseau dgout.

    Les deux modes ont leurs avantages et inconvnients.

    Le dpt de neige est la moins chre des solutions en termes decot dexploitation, mais demande beaucoup despace. Pour dverserles neiges uses, deux mthodes sont prsentement utilises : lesfondeuses neige dune part et les chutes (mcanises ou non) lgout dautre part. Les fondeuses neige requirent un apportcalorifique externe, ce qui en rend lutilisation prohibitive pour lestrs gros volumes traiter. Les chutes neige ont aussi leurscontraintes : elles doivent tre conues de faon minimiser lesblocages dans lgout et doivent doser les quantits de neige quiatteignent lgout en fonction de la capacit de transport et de lacapacit calorifique des eaux uses.

    Limpact sur les dversements des rseaux combins ?

    Toutefois, les techniques de dversement des neiges uses lgoutpossdent un avantage indniable et fondamental par rapport au dpt

    terrestre : elles retirent de lenvironnement des volumes considrablesde neiges uses lors des mois faible pluviosit, soit grosso modode novembre mars, et lorsque les gouts et les stations dpurationspeuvent accueillir ces volumes additionnels sans problme.

    Les dpts neige ne font quaccumuler les neiges uses. Tousces volumes de neige seront appels fondre au printemps, aumoment mme o la pluviosit est plus importante. Les goutsrecevront donc non seulement la pluie normale du printemps,mais aussi un apport additionnel provenant de ces neiges usesqui fondent et entranent avec elles des sdiments et des matiresen suspension. On se retrouve alors dans une situation o il faudragrer des volumes deaux uses importants, pouvant causer desdbordements dgouts si la capacit hydraulique du rseau estatteinte... alors quil aurait t bien plus simple de rgler cettesituation en amont, lors des mois dhiver, et non au printemps.

    Les normes du Conseil canadien des ministres de lEnvironnement,publies en 2009, spcifient la nouvelle stratgie pancanadiennepour les eaux uses municipales. Certes, le document introduit desnormes de rejets atteindre pour les eaux uses, mais limpactnfaste des dbordements unitaires sur le milieu rcepteur y estclairement mentionn. Un des objectifs de cette stratgiepancanadienne est de naccepter aucune augmentation desdbordements dgouts unitaires attribuables aux oprations dedveloppement urbain. Sil continue de neiger entre deux et troismtres tous les hivers au Qubec, il faudra peut-tre songer grerdiffremment nos neiges uses en les introduisant dans les goutsds lhiver afin dviter quelles noccasionnent, bien malgr elles,des dversements inopins lors des orages du printemps

    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 201222

  • es nitrates (NO3-) et les nitrites (NO2-) sont des ions prsentsde faon naturelle dans lenvironnement. Ils sont le rsultat dunenitrification de lion ammonium (NH4+), prsent dans leau et

    le sol, qui est oxyd en nitrites par les bactries du genreNitrosomonas, puis en nitrates par les bactries du genre Nitrobacter(Sant Canada, 1992). Les nitrates sont trs solubles dans leau ;ils migrent donc aisment dans la nappe phratique lorsque lesniveaux excdent les besoins de la vgtation. La toxicit desnitrates rsulte de leur rduction en nitrites et de la formation demthmoglobine dune part, et de leur contribution possible lasynthse endogne de composs N-nitross dautre part.

    Les concentrations de nitrates et de nitrites dans leau peuventtre exprimes sous forme de nitrates (ou nitrites) ou sous formedazote. Ainsi, 1 milligramme de nitrates par litre (mg/l de NO3-)quivaut 0,226 mg de nitrates, sous forme dazote, par litre(mg-N/l). Dans le cas des nitrites, 1 mg/l quivaut 0,304 mg-N/l(Conseil national de recherches Canada, 1995).

    SourcesLa prsence de nitrates dans leau de consommation estprincipalement attribuable aux activits humaines (Sant Canada,1992). Lutilisation de fertilisants synthtiques et de fumiers, associeaux cultures et llevage intensifs, favorise lapparition de nitratesdans leau. Les installations septiques dficientes de mme que ladcomposition de la matire vgtale et animale peuvent aussitre des sources de nitrates dans leau. Le risque de contaminationest plus important si le sol recouvrant la nappe deau est vulnrable(ex. : sablonneux) et si la nappe est peu profonde (puits de surface).

    Concentrations dans leau potableLa concentration de nitrates dans leau potable peut tre classeselon quatre catgories :

    1. infrieure 0,2 mg-N/l (aucune influence humaine); 2. entre 0,21 et 3,0 mg-N/l (influence possible des activits

    humaines); 3. entre 3,1 et 10 mg-N/l (influence trs nette des activits

    humaines, mais sans impact apparent sur la sant);4. suprieure 10 mg-N/l (impact majeur des activits humaines

    et effets possibles sur la sant).

    Normes qubcoisesLe Rglement sur la qualit de leau potable prvoit une norme de10 mg-N/l (quivalent 45 mg/l de NO3-) lorsque les nitrates etles nitrites sont doss simultanment (annexe I du rglement).Cependant, lorsque les nitrites sont mesurs sparment des nitrates,leur concentration ne doit pas excder 1 mg-N/l (quivalent 3,2 mg/lde NO2-) (MDDEP, 2001, mise jour le 1er janvier 2012).

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    L

    France GauvreauB.Sc., directrice gnraleHanna Instruments Canada inc.f ra n c eg@hannacan . c om

    I N S T R U M E N T A T I O N

    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 2012 23

    MESURE DES N ITRATES-N ITR ITES

  • M E S U R E D E S N I T R AT E S - N I T R I T E S

    La performance de losmose inverse peut toutefois tre affecte par la turbidit de leaude mme que par la prsence de fer, de manganse et de silice.

    En conclusion, la prsence des nitrates et des nitrites dans leau potable est quasiinvitable dans le contexte environnemental actuel. Aussi, une analyse priodique deces derniers paramtres est essentielle. Le choix de la technologie de mesure de cesderniers reviendra loprateur/technicien de laboratoire en fonction des besoinsspcifiques et en fonction de critres conomiques, de recherche de prcision et/oude simplicit dopration.

    Mthodes danalyse

    Comme cest le cas pour plusieurs paramtresphysico-chimiques analyser dans leau potable,les mthodes danalyse offertes par lesdiffrents manufacturiers sont multiples, desbandelettes danalyse (mthode la moinscoteuse, mais imprcise) aux systmes decontrle en continu (mthode la plus onreuse)en passant par les trousses chimiques (un peuplus onreuses que les bandelettes, maisgalement un peu plus prcises) et lesinstruments portatifs et/ou de laboratoire. Lamthode privilgie par lAgence de protectionenvironnementale amricaine (la United StatesEnvironmental Protection Agency) est sanscontredit la photomtrie (colorimtrie). Quelquesmodles de photomtres (simple paramtreou multiparamtres) offrant diffrentes gammesde mesure sont offerts tant pour la mesuredes nitrates que pour la mesure des nitrites. Lesnitrates sont gnralement mesurs grce laddition dun ractif spcifique en conformitavec la mthode dite de rduction de cadmiumalors que les nitrites sont gnralement mesursgrce laddition dun ractif spcifique enconformit avec la mthode dite de diazotisation.Afin de mesurer les nitrates, loption de mesure laide dun instrument portatif ou de laboratoirepouvant accepter une lectrode ion slectifpeut galement tre envisage. Cette option,plus coteuse mais offrant une plus grandeprcision, implique des manipulations plusdlicates que la photomtrie et prsente unevulnrabilit certaines interfrences, dont latemprature, ce qui est non ngligeable enpriode hivernale.

    Mesures de contrle

    En cas de dpassement des normes, lestechniques de traitement par change dions etosmose inverse sont privilgies afin de permettreun enlvement efficace des nitrates et des nitritesdans leau potable (Sant Canada, 1992; USEPA,1989). Lchange dions est une technique quiutilise une rsine sur laquelle sont fixs des ionschlorures. La rsine libre des ions chloruresdans leau et ceux-ci sont remplacs par lesnitrates et nitrites. Lefficacit dchange varieentre 75 % et 99 %. Laffinit de la rsine pourles ions sulfates tant plus grande que cellepour les nitrates et nitrites, le cot et lefficacitdenlvement de ces derniers est influenc parla prsence dions sulfates dans leau. Latechnique de traitement par osmose inverseutilise une membrane semi-permable permettantde retirer un grand nombre dions inorganiques,incluant les nitrates et les nitrites. Cette techniquepermet lenlvement de plus de 95 % desnitrates et nitrites, et ce, un cot raisonnable.

    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 201224

    Tableau 1. Influence des activits humaines et impact sur la sant de diffrents niveaux de nitrates dans leau

    Concentration de nitrates dans leau potable (mg/l) < 0,2 0,21 3,0 3,1 10 > 10

    Influence des activits humaines Non Possible, mais Certaine, mais Certaine, avec impact mineur avec impact modr impact majeur

  • LA B IOMTHAN ISATION DES BOUES MUN IC I PALES : UN PROCD PLUS QUE JAMAIS DACTUALIT

    Pourquoi cette technologie plus que centenaire est-elle de nouveau dactualit ?

    es quantits de boues gnres par le traitement des eauxrsiduaires municipales augmentent partout dans le monde, etleur devenir constitue un vritable casse-tte pour les oprateurs

    dusines et les municipalits. titre dexemple, au Qubec, lesbiosolides municipaux reprsentaient 910 000 tonnes en 2007.Devant ce constat, la biomthanisation suscite un regain dintrt,dautant quun certain nombre de paramtres environnementaux etconomiques voluent :

    - la volont de rduire les consommations dnergie fossile pourlimiter les missions de gaz effet de serre ;

    - la mise en place dincitations financires pour le rachat dnergieverte ;

    - la mise en place de rglementations visant rduire la fractionorganique des dchets enfouis et encourager le recyclage dela matire organique ;

    - laugmentation du cot des nergies ; ce titre, on peut rappelerque la consommation dlectricit dune usine de traitement des

    eaux quipe dun traitement biologique peut reprsenter jusqu30 % des frais dexploitation, de sorte que le bilan annuel delusine est trs sensible lvolution des cots de lnergie.

    Dans ce contexte, la biomthanisation se rvle une solution gagnante.En effet, si lon compare les missions de CO2 globales avec cellesdautres filires de traitement des boues, on saperoit que nonseulement la biomthanisation produit un biogaz valorisable pouvantse substituer la consommation dune nergie fossile, mais quen outreelle permet de diminuer les quantits de boues et donc les missionsde gaz effet de serre lies leur transport, leur stockage et leurenfouissement. La biomthanisation se rvle galement trsintressante dans le cas dun schage de boues par la possibilit demettre en place une synergie nergtique tout en permettant unlissage des variations de la qualit de la boue avant schage grceau temps de sjour des boues dans le biomthaniseur.

    Quest-ce quun biomthaniseur ?Un biomthaniseur est une enceinte ferme dont la tempratureest contrle gnralement 35 C (on parle alors de traitementmsophile) et dans laquelle sont admises les boues paissies uneconcentration de 50 g/l.

    Dans cette enceinte sans oxygne, un vritable cosystme debactries se dveloppe qui transforme la matire organique complexeen biogaz riche en mthane par lintermdiaire dtapes dhydrolyse,dacidogense et de mthanogense. Cette dernire tape est lefait d organismes mthanognes appels Archaea. Cesmicroorganismes ont un temps de ddoublement pouvant allerjusqu 10 jours.

    Franoise Petitpain-Perrindirectrice techniqueDegrmont limitef ra n c o i s e . p e t i t p a i n . p e r r i n@deg remon t . c om

    L

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    T E C H N O L O G I E

    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 2012 27

  • L A B I O M T H A N I S AT I O N D E S B O U E S M U N I C I P A L E S : U N P R O C D P L U S Q U E J A M A I S D A C T U A L I T

    Lactivit des Archaea est directement lie la temprature : 35 C, le temps desjour de la boue est de lordre de 20 jours.

    Il est galement possible de travailler avec des tempratures plus leves (autour de50 C), ce qui permet de rduire le volume des racteurs.

    Mais quelles performances peut-on attendre de la biomthanisation des boues municipales ?Lefficacit de la biomthanisation se mesure par le facteur de rduction de la fractionvolatile (correspondant la matire organique) prsente dans les boues et qui se traduitpar la production du biogaz.

    Cette efficacit est lie au type de boues traiteret est donc indissociable du type de traitement deau: les boues issues de la dcantation primairecontiennent en proportion moins de matireorganique ; par contre, cette fraction organiquesera trs bien mthanise. Les boues biologiquescontiennent une fraction plus importante dematires volatiles correspondant aux cellules desbactries puratrices; toutefois, cette matireorganique est beaucoup plus difficile atteindreen mthanisation.

    titre dexemple, dans une boue provenant dunedcantation primaire, la fraction de matireorganique est gnralement comprise entre 55 et75 %, et le pourcentage dabattement de cettematire volatile est de lordre de 50 60 %. Il enrsulte au final une diminution de la matire desboues pouvant atteindre 45 %.

    La production de biogaz se situe entre 0,9 et1,1 Nm3 par kilogramme de matire volatile limi-ne. Ce biogaz contient une quantit de mthanegnralement comprise entre 60 et 65 %.

    Le biogaz a un potentiel nergtique qui dpendde sa composition en mthane ; il est de 5550 kcalpar Nm3 pour un biogaz ayant 65 % de mthane.

    Cette nergie peut tre utilise par lusine detraitement des eaux rsiduaires. Brl en chaudire,le biogaz permet au minimum le chauffagencessaire au processus de biomthanisation etdes locaux, mais aussi le chauffage dun fluidethermique ncessaire au schage des boues.

    Combustible dun moteur de cognration, le biogazpeut tre en partie transform en nergie thermiqueet en partie en nergie lectrique.

    Aprs un traitement plus complet, le biogaz peutsoit tre inject dans un rseau de gaz, soit utilispour alimenter des vhicules.

    Une technologie ancienne qui donne lieu des dveloppements innovantsSi les performances de la biomthanisationdpendent troitement de la ligne de traitementdes eaux, il faut galement tre conscient que labiomthanisation a un impact sur ledimensionnement de la ligne de traitement deseaux. En effet, la dshydratation des boues digresgnre un filtrat ou un centrat riche en azote eten phosphore qui retourne en tte de traitementet qui peut reprsenter de 10 15 % des charges traiter de lusine.

    Pour limiter limpact de ces charges sur ledimensionnement douvrages existants, diffrentestechnologies nouvelles se dveloppent. Lammoniumconcentr peut tre trait de faon spare pard-ammonification grce la matrise des bactriesAnammox, permettant ainsi de diminuer de plusde 60 % le besoin en nergie pour transformerlammonium en azote gazeux. Le phosphore, quant lui, peut tre prcipit de faon contrle sousforme de granules de struvite et valoris commeengrais chez les ppiniristes.

    La biomthanisation est donc sur toute la lignerespectueuse de notre environnement ! Le magazine de leau au Qubec

    SOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 201228

  • Les organisations ne peuvent pas compter sur un nombre limitdemploys pour prserver leurs connaissances institutionnellesvitales. Par consquent, elles doivent trouver des moyens deprserver les connaissances tacites et de les rendre accessiblesaux futurs travailleurs [].

    Hewitt & associs (2006)

    e march du travail a beaucoup chang au cours des derniresannes. Aujourdhui, les entreprises doivent rester concurrentielles tous les points de vue : rentabilit, ressources humaines,

    processus, technologies, etc. Concrtement, il sagit de faire plus avecmoins. Dans un contexte de mondialisation, les entreprises procdent divers amnagements, allant des nouvelles solutions technologiquesaux changements de gouvernance afin de demeurer dans la course.Considrant ce besoin, le travail se mtamorphose. Auparavant, letravail tait surtout mcanique et opratoire, avec des instructionsprcises. Les travailleurs excutaient leurs tches selon des directivesbien dfinies. Aujourdhui, les emplois requirent des comptencesdites intellectuelles, cest--dire des comptences qui allient savoir-faire et savoir-tre.

    Mais la mtamorphose ne sarrte pas l. La pnurie de main-duvre dans diverses industries et les dparts la retraite deplusieurs milliers de travailleurs ne font que compliquer les choses.Car ces personnes possdent une connaissance, un savoir et descomptences inestimables, voire stratgiques, qui finissent par seperdre sans une stratgie de transfert des savoirs. Commentconserver ces connaissances ainsi que toute lexpertise noyaude la russite de lentreprise quun travailleur a acquises au fildes annes ?

    Plusieurs solutions sont la disposition des employeurs dtermins assurer le transfert des connaissances la relve : la retraiteprogressive ainsi que la rembauche des retraits commecontractuels ou consultants, temps partiel ou sur une basesaisonnire, peuvent tre envisages comme des moyens defaciliter le transfert des connaissances. Ces moyens visent deuxobjectifs : maintenir le nombre de ressources et les forces demain-doeuvre aussi longtemps que possible et ainsi prserver lesconnaissances et comptences cls pour assurer le succs futurde lorganisation.

    LE TRANSFERT DU SAVO IR :PASSAGE OBLIG POUR LA SURV I E DE LENTREPR ISE

    Dominique Dodierdirectrice gnraleEnviroComptencedom i n i q u e . d o d i e r@env i ro c ompe t e n c e s . o rg

    GESTION HUMAINE DES RESSOURCES

    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 201230

    LLes employeurs qui comptent un grandnombre demploys la veille de la retraitedoivent trouver des moyens de prserverleurs connaissances organisationnellesavant le dpart de ceux-ci.

  • Les employeurs qui comptent un grand nombre demploys laveille de la retraite doivent trouver des moyens de prserver leursconnaissances organisationnelles avant le dpart de ceux-ci. Lamajorit des organisations ne pourront rcuprer toutes lesconnaissances perdues lors des dparts la retraite. Les raisonsvoques : manque de temps ou de budget, de sorte que lon ngligela formation.

    Le transfert des connaissances est une solution qui aide mainteniret amliorer lefficacit et la rentabilit long terme des organisations.Cest un processus qui demande tre planifi.

    Or, aujourdhui encore, peu dentreprises ont mis en place un telprocessus et les outils facilitant le transfert des connaissances entreemploys. Les nouveaux employs ou les nouveaux travailleursfrachement diplms devront faire une srie dessais, erreurs etexprimentations au lieu de bnficier directement des connaissanceset du savoir de ceux qui sont passs par ce processus il y a djplusieurs annes.

    Nombre de solutions soffrent vous pour amliorer le transfertdes connaissances au sein de votre organisation. Il faut au moinsentreprendre une rflexion rapide sur le transfert des connaissanceset se poser les bonnes questions afin que la dmarche soitfructueuse. Voici les questions que vous devriez vous poser commegestionnaire : Est-ce que lentreprise comprend bien les enjeux du

    transfert des connaissances ? La direction voit-elle lutilit du transfert des connaissances ?

    Le transfert des connaissances fait-il partie des priorits delorganisation ?

    Lorganisation a-t-elle les bons outils de transfert desconnaissances sa disposition ?

    Y a-t-il quelquun dans lorganisation qui prendra le dossiersous sa responsabilit ?

    Est-ce que cette personne connat et matrise le concept dutransfert des connaissances ?

    Qui sont court et moyen termes les employs quipartiront la retraite ?

    Dans une tude mene auprs de 348 entreprises de 5 secteurs(foresterie et exploitation forestire; fabrication de produits chimiques;fabrication de matriel de transport ; grossistes-distributeurs demachines, de matriel et de fournitures ; services de conseils engestion et de conseils scientifiques et techniques), on constate quedes pratiques de gestion des connaissances ont t adoptes afindamliorer lavantage concurrentiel. La perte demploys cls de mmeque la perte de parts de march ont motiv les entreprises mettreen place des solutions.

    Bnfices du transfert dans les organisations1Amliorer la performance grce : un meilleur apprentissage et une meilleure intgration des

    nouvelles ressources ; une rduction des cots ou des risques lorsquil y a change

    de dcouvertes relatives des solutions externes ; une meilleure prise de dcision en matire de production ; une amlioration de lefficacit organisationnelle ; une amlioration de la satisfaction au travail.

    Favoriser linnovation grce : lamlioration de la qualit et de la rentabilit des projets et des

    interventions ; laccroissement de la capacit dinnovation par lentremise de

    lamlioration et la dcouverte de solutions ; lamlioration des relations avec lenvironnement.

    Prparer la relve grce : lamlioration du travail coopratif et des changes entre les

    employs ; la conservation de la culture, de lexprience et de lexpertise

    dans lentreprise.

    Entreprendre une dmarche de transfert des connaissances devientncessaire pour la prennit de nos organisations. Celles quiemboteront le pas seront devant la parade et srement plusconcurrentielles.

    Pour de plus amples renseignements sur le sujet et desformations offertes, visitez www.envirocompetences.org .

    1. tude mene par Lysanne Raymond, en collaboration avec Robert Parent, LiseDesmarais et Louise Leclerc, Laboratoire de recherche sur la dynamique du transfertde connaissances, Facult dadministration, Universit de Sherbrooke.

    L E T R A N S F E R T D U S A V O I R : P A S S A G E O B L I G P O U R L A S U R V I E D E L E N T R E P R I S E

    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 201232

  • LES BONS

    CONTACTS

    L E S A M I S D E S O U R C E

    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 2012 33

  • Sources : Lquipe de SOURCE

    TOUTES NOS CONDOLANCES

    Le C.I.Eau tenait son 3e souper-bnfice le 13 octobre dernier. Prs de 300 intervenants de lindustrie de leau ont particip lvnement. La somme de 34 500 $a t amasse au profit de ce muse de leau interactif, notamment grce au soutien de prcieux commanditaires. Une vido a dailleurs t ralise pour remercierces derniers. Mettant en vedette deux enfants et plusieurs personnalits du milieu de leau, la vido produite par lquipe de Dans mon sous-sol a provoqu bien desrires lors de sa prsentation durant la soire. Le succs a t tel quelle a t vue prs de 700 fois sur YouTube, et ce, sans la moindre promotion. Elle est maintenantdisponible au www.dansmonsoussol.tv. Pour participer au vif succs que reprsente le C.I.Eau, communiquez avec Andr Perreault au 450 963-6463.

    LAVEZ-VOUSVISIT ?

    LE GRANDSUCCSDES PETITS

    Vous tes curieux ? Voici quelques explications. Cesttrs simple. Il sagit dun emplacement publicitairepositionn la page 13 de chaque dition du magazineSOURCE. Sur cette page 13 est affich un code QRcomme celui sy trouvant actuellement. Le code QR,lorsquil est scann au moyen dun tlphone intelligent,vous dirigera vers la page Internet du choix de la personneayant remport lenchre du numro prcdent. Cesten fait une faon originale de donner ladresse dunsite Internet. Les lecteurs ne disposant pas dun mobileintelligent peuvent tout de mme visualiser le messagevia leur navigateur favori. Vous aimeriez diriger leslecteurs du prochain numro vers un site de votrechoix ? Rendez-vous la page 13 et allez miser !

    M. Hoang Van Hoi est dcd lge de 63 ans lautomne dernier. Trs prsent dans le domaine de leau au Qubec, M. Hoanga travaill pendant plus de 20 ans avec Gabriel Meunier pour ensuite joindre les rangs de lentreprise Mabarex titre dassociet vice-prsident ingnierie o il voluait depuis les 16 dernires annes. Il a galement t confrencier et auteur de plusieurspublications spcialises. Nos plus sincres condolances lquipe de Mabarex et la famille du dfunt.

    ITT Corporation ne change pas de nom, mais il en vaautrement pour le volet li au traitement de leau delentreprise qui a t constitu en une compagnieinternationale distincte appele Xylem.

    ITT WATER &WASTEWATERDEVIENT XYLEM

    Le printemps est nos portes. Avez-vous commenc frotter vos btons ?

    Noubliez pas demettre votre tournoi

    de golf annuel lagenda. Cette

    anne, le tournoi setiendra le jeudi

    6 septembre, toujoursau prestigieux Clubde golf Glendale,

    Mirabel. Serez-vousdes ntres ?

    ASTIQUEZVOS BTONSDE GOLF ! Un vent de folie soufflera bientt sur lindustrie de

    lenvironnement. Lquipe de MAYA.cc lancera untout nouveau site Internet qui ne laissera personneindiffrent loccasion du Salon des technologiesenvironnementales du Qubec. Nomm Dans monsous-sol, le site proposera des clips vidoinformatifs trs originaux qui vous ferontassurment sourire. Tournes sans prtention, lescapsules ont pour but de vous renseigner sur ce quise passe dans lindustrie. Venez faire un tour dansnotre sous-sol au www.dansmonsoussol.tv !

    Le magazine de leau au QubecSOURCE VOL. 7 NO 3 HIVER 201234

    L E N V E R S D U D C O R

    UN SITE QUI A DU PANACHE !

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    Traitement des eaux et des bouesWater and Sludge Treatment Tratamiento de aguas y lodos

    2021, rue HalpernSt-Laurent (Qubec) H4S 1S3 CanadaTl. (514) 334-6721 Fax : (514) 332-1775E-mail : mabarex@mabarex.comWeb : www.mabarex.com

    Double ou triple la capacit puratoire des bassins existants Rendements levs mme forte charge Rencontre les normes de rejet les plus svres (DBO5 N-NH3) Rsiste aux chocs toxiques et hydrauliques Fiche technique du MDDEP

    Nos spcialistes ont ralis ici, plus dinstallations que quiconque de lits fluidiss en traitement municipal, industriel et lixiviats.

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