"Marolles: Trajectoires, identités, territoire" Livret 10

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    29-Mar-2016

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Durant prs de deux mois, 25 habitants des Marolles ont particip des ateliers artistiques bass essentiellement sur la marche, la photographie et lcriture. Des mots ont merg comme pompiers de la lune, chaleur humaine, Los Marolles, Limace Mystique, promiscuit, luttes pour le logement, opration matelas, propret, territoire confisque, privatis, dpendance, action sociale, mancipation, associations, esprit bruxellois, commmorations latinistes, Vieux-March, le promoteur et sa fidle pouse la bureaucratie, le complot, laccueil, la tolrance, lascenseur, le paradis et une corde pour la nuit Cette richesse vcue est ici prsente compos de photos, de morceaux dmes choisis, de chair, de sang, de matire potique et singulire desprits tapageurs.

Transcript

  • Michelno

    .10

    Nous voici ici Rue Notre Seigneur. Jusque n du XVIIme sicle, au moment de la passion du Christ, on proposait un condamn mort de jouer la passion du Christ. Il devait faire le chemin de croix et il tait cruci. Sil rchappait, il avait la vie sauve.

    Les gens avaient la vie dure lpoque. Il y a un garon qui habitait ici dans la rue. Qui avait t condamn mort et sa sur la persuad de tenter sa chance : Joue le rle du Christ et si tu survis tu auras la vie sauve . Ce brave garon a ni par accepter, il a jou la passion du Christ. Il a t

    Carnet 1

  • cruci et a survcu.

    Ces copains de truanderies prtendent quil a jur le nom de Dieu jusqu la n de ses jours.

    Mais o est-ce quon est ici ?

    Michel : Et bien nous sommes devant ma galerie la Girafe qui est ici au fond de lalle.

    Elle existe depuis 20 ans. Elle a t cre par une dame qui sappelle Stefania Unwin

    Nowak qui est allemande originaire de Pologne. Quand elle a pris sa pension en 1989, elle a mont une galerie ici Bruxelles et Berlin pour permettre de jeunes artistes davoir une exprience ltranger. Et la particularit des deux galeries, cest quelles sont mcnes et quelles ne demandent pas dargent aux artistes. Elles paient tous les frais.

    Il y a 3 restaurants dans la Rue Notre Seigneur, donc

    La Grande Porte trs vieux restaurant o on mange la soupe loignon, des ballekes, du poulet la Kriek, Stoemp saucisses, saucisses-lard.

    La grande porte cest un endroit important parce que la personne pour jai repeint lappartement rue Notre-Seigneur adore la Grande Porte et tous les 3 mois on vient manger un steak frites.

    Cest une sorte de rituel ?

    Oui un rituel important. Parce que pour mon collgue, qui est franais, pour lui un vrai repas au restaurant cest un steak frites.

    Vous avez beaucoup damis belges maintenant ou vous tes toujours en contact avec la diaspora franaise ?

    Jai plusieurs amis mais je suis en contacts avec des belges et des gens de toutes

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  • les nationalits, puisquici dans le quartier il y a toutes les nationalits. En plus la galerie la Girafe, on accueille rgulirement des artistes trangers. Donc je suis souvent entour dtrangers.

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    Ici ce sont les Brigittines, un centre culturel ddi au mouvement et au son. Elles ont t rhabilites. Ils ont construit une partie contemporaine avec exactement le mme volume. Certains naiment pas mais moi jadore.

    Recyclart cest un projet

    culturel mais cest galement un projet de rinsertion sociale puisquil y des ateliers bois et acier.

    Jose : Est-ce que ce sont eux qui ont fait ces bancs ?

    Michel: oui et juste en face il y a le petit terrain de ptanque et le mobilier urbain du terrain de ptanque a t conu par un designer de la Drme, Lopoldine Roux. Et le premier concours de ptanque ralis par Recyclart, je faisais parti dune quipe franaise, Lopoldine, son pre de passage Bruxelles et un marseillais.

    Quel lien tu as avec les Tanneurs?

    Je suis arriv sur le quartier au moment du montage du spectacle du Grand Bal des Marolles. Une de mes collgues de la galerie de la Girafe jouait dans le spectacle. Donc on a dcid de monter une exposition autour du spectacle la Girafe. Comme dans le bal des Marolles, ce ntait que des gens qui vivaient dans le quartier et bien jai fait la connaissance de tout le monde.

    Cela a permis une intgration?

    Oui a ma permis de connatre travers ce spectacle, lhistoire du

    quartier. Puisque les gens racontaient leur histoire et celle du quartier.

    Cela fait 09 ans que je vis ici et 14 ans que je connais le quartier puisqu il y a 14 ans jtais artiste la Girafe. Donc je venais rgulirement. L Maintenant je suis vraiment un Maro un habitant des Marolles.

    Comment on devient Marollien ? Il y a des rites ?

    Mais on devient marollien le jour o on se dit, Chez nous cest ici !

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  • 6Tu tes rveill un matin et pouf ?

    Mais non cest pas un matin, cest petit petit que tout cela arrive. On lie connaissance avec des gens : son picier, avec les tenanciers de ses magasins. Et puis il y a un moment o lon se dit ben non je nai plus envi de dmnager. Ici jai envi dy rester.

    Parce quau dbut quand on arrive, on se dit bof a manque de verdure ici !

    Quest-ce qui te lie le plus au quartier ?

    En fait ce sont les gens. Jen connais qui vendent au Vieux March, les caissires du Delaize, jai des amis qui habitent le quartier comme Guy qui vit ici depuis pas mal dannes. Cest surtout les gens qui font quon est bien dans un quartier.

    Il y a un ct village ici. Par exemple je peux pas allez faire les courses dans le quartier sans rencontrer deux ou trois personnes que je connais. Voil les gens se connaissent encore.

    Et pourtant dans ma rue qui nest pas grande, la rue Notre-Seigneur, il y a quand mme une dizaine de nationalits reprsentes : anglais, allemands, franais, irlandais, des italiens ou espagnoles. On se voit rarement mais on se dit bonjour.

    Quand ils ont lanc la fte des voisins, javais organis un apro la girafe et envoyer linvitation aux voisins pour mieux apprendre se connatre et jai eu une douzaine personnes de la rue qui sont venues. Et ctait sympathique. Certains je ne les avais jamais vu. Mais ils

    avaient envi de rencontrer leur voisin de rue. Et depuis chaque anne on fait un ptit apritif et cest chaque fois une personne dirente qui invite.

    Est-ce que le quartier a chang pour toi ?

    Ah oui je trouve que le quartier a fort chang. En 1989 quand je suis venu dans le quartier je suis venu avec des gens qui connaissaient bien Bruxelles et le quartier tait beaucoup plus pauvre quil ne lest maintenant. Au milieu des annes 90, beaucoup de

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  • 8maisons ont t rachetes parfois par des promoteurs trangers. Apparemment des promoteurs sudois venaient ici achets des appartements pour les retaper. Deux types de populations vivent dans le quartier, il ya beaucoup de logement sociaux et des immeubles assez grand standing.

    Dans le quartier nous avons trois restaurants sociaux, Nativitas, Poverello et le Comit de la Samaritaine. En fait il y a normment de structures qui viennent en

    aide aux plus dmunis. Il y a une trs forte demande ici. Nous sommes dans une des zones de Bruxelles les plus denses aux niveaux structures sociales.

    Jose : Et nalement quest-ce que tu aimes dans le quartier

    Michel : Le ct village. Par exemple je peux pas allez faire les courses dans le quartier sans rencontrer deux ou trois personnes que je connais. Voil les gens se connaissent encore.

    Dans ma rue qui nest pas grande, la rue Notre-Seigneur, il y a quand mme une dizaine de nationalits reprsentes : anglais, allemands, franais, irlandais, des italiens ou espagnoles. On se voit rarement mais on se dit bonjour.

    Quand ils ont lanc la fte des voisins, javais organis un apro la girafe et envoyer linvitation aux voisins pour mieux apprendre les connatre et jai eu une douzaine personnes de la rue qui sont venues. Ctait

    sympathique. Certains je ne les avais jamais vu. Mais ils avaient envi de rencontrer leur voisin de rue. Et depuis chaque anne on fait un ptit apritif et cest chaque fois une personne dirente qui invite.

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