Morasse, véronique (2013). Locus de contrôle et prise de décision relative à la carrière au secondaire

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    26-Dec-2014

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1. UNIVERSIT DU QUBEC MONTRAL LE RLE DU LOCUS DE CONTRLE SUR LA PRISE DE DCISION RELATIVE LA CARRIRE DLVES DE LA QUATRIME ET DE LA CINQUIME SECONDAIRE ACTIVIT SYNTHSE DIRIGE PRSENTE COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA MATRISE EN CARRIROLOGIE PAR VRONIQUE MORASSE DCEMBRE 2013 2. TABLE DES MATIRES REMERCIEMENTS ................................................................................................................. 4 SOMMAIRE ............................................................................................................................. 5 INTRODUCTION .................................................................................................................... 7 PREMIER CHAPITRE - PROBLMATIQUE ........................................................................ 9 1.1 Les problmatiques scolaires lordre denseignement secondaire ............................... 9 1.2 Les problmatiques du choix de carrire ...................................................................... 11 1.3 Rle du conseiller en orientation dans les coles secondaires ...................................... 14 1.4 tudes portant sur le locus de contrle ......................................................................... 18 DEUXIME CHAPITRE CADRE THORIQUE .............................................................. 23 2.1 Travaux de Gati sur la prise de dcision relative la carrire ...................................... 23 2.2 Principaux outils de Gati concernant la prise de dcision relative la carrire ............ 25 2.2.1 Le Career Decision-making Difficulties Questionnaire (CDDQ) .......................... 25 2.2.2 Le Career Decision-Making Profile (CDMP) questionnaire................................. 33 2.3 Conception de la notion de locus de contrle en orientation ........................................ 44 2.3.1 Locus de contrle dans la psychologie................................................................... 44 2.3.2 chelles dvaluation du locus de contrle ............................................................ 46 2.3.3 Linternalit............................................................................................................ 47 2.3.4 Locus de contrle et dveloppement de carrire .................................................... 48 TROISIME CHAPITRE OBJECTIF DE RECHERCHE.................................................. 53 QUATRIME CHAPITRE - MTHODOLOGIE ................................................................. 54 4.1 Type de recherche ......................................................................................................... 55 4.2 Stratgie dchantillonnage ........................................................................................... 55 4.3 Instruments utiliss ....................................................................................................... 57 4.4 Mthode de collecte de donnes ................................................................................... 58 3. 4.5 Traitement des donnes................................................................................................. 59 4.6 Analyse des donnes ..................................................................................................... 59 4.7 thique .......................................................................................................................... 60 CINQUIME CHAPITRE - PRSENTATION ET INTERPRTATION DES RSULTATS ................................................................................................................................................ 62 5.1 Nulle chance, ni destin .................................................................................................. 64 5.2 Juste un peu de chance et de destin ............................................................................... 64 5.3 Chance et destin incontrlables, parcours incontrlable ............................................... 65 5.4 Llve en tant que matre de son avenir ...................................................................... 67 5.5 La chance et le destin comme influences positives sur un parcours professionnel ....... 69 5.6 Aucun contrle sur son environnement ........................................................................ 70 5.7 Influence de Dieu .......................................................................................................... 72 SIXIME CHAPITRE DISCUSSION ................................................................................ 74 6.1 Nulle chance, ni destin .................................................................................................. 74 6.2 Juste un peu de chance et de destin ............................................................................... 75 6.3 Chance et destin incontrlables, parcours incontrlable ............................................... 75 6.4 Llve en tant que matre de son avenir ...................................................................... 76 6.5 La chance et le destin comme influences positives dans un parcours professionnel .... 77 6.6 Aucun contrle sur son environnement ........................................................................ 77 6.7 Influence de Dieu .......................................................................................................... 78 CONCLUSION ....................................................................................................................... 81 BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................. 85 ANNEXE1 Certificat dthique ........................................................................................... 93 4. REMERCIEMENTS tape finale et combien exigeante, la ralisation dun essai demande un investissement total de la part de celui qui le rdige, mais galement de tous ceux qui gravitent autour de lui. Sans les encouragements de mon entourage, sans leur comprhension, leur disponibilit et leur prsence, je ne serais pas parvenue, jen suis persuade, produire et surtout terminer un tel document. Plus prcisment, jaimerais remercier ma petite maman, qui par son dvouement, sa patience, son calme et sa bonne humeur ma apport tout le soutien dont javais besoin pour mamener gravir, une une, les tapes qui mont men la russite de mes tudes. Elle a su me montrer, depuis que je suis toute petite, quel point le succs dpend des efforts et de la persvrance que lon met dans tout ce qui est entrepris. Maman, merci! Merci aussi mon papa, qui sa manire bien discrte, a toujours gard un il sur lvolution de mon travail. Merci de ton intrt et de tes encouragements! Merci Guillaume, mon complice, mon amoureux, qui ma soutenu de toutes les manires possibles travers ce long parcours universitaire. En acceptant de faire de nombreux compromis, il ma permis de minvestir pleinement dans ce grand projet. Merci pour tes encouragements et ton support! Merci mes grandes surs et ma petite sur de mavoir cout parler de mon essai de trop nombreuses reprises! Votre coute a t prcieuse. Finalement, merci Louis Cournoyer, qui ma pouss, peut-tre mme sans le vouloir, prendre part des projets auxquels je naurais jamais pens participer, mais qui mont permis dvoluer, de grandir. Merci de mavoir donn lopportunit dcrire un essai sur un thme qui me rejoignait particulirement! 5. SOMMAIRE De nombreux facteurs ont t rpertoris comme tant susceptibles dinfluencer la prise de dcision lie la carrire. La motivation, le degr de scolarit, les intrts, les aptitudes, linfluence de lentourage et le facteur montaire sont quelques-uns des plus connus. Le concept de locus de contrle, abord tout dabord principalement par Julian B. Rotter, reprsente galement lun de ces facteurs. Possiblement moins connue du grand public, cette variable reprsente toutefois un intrt notable dans la communaut scientifique. Force est dadmettre que le nombre douvrages labordant ne cesse de crotre, dmontrant ainsi la richesse que reprsente la comprhension du locus de contrle dans le fonctionnement de ltre humain. Afin de valider quel lien peut tre tabli entre la prise de dcision lie la carrire et le locus de contrle, il est question, dans le cas du prsent crit, de dcrire le rle du locus de contrle sur la prise de dcision relative la carrire dlves de la quatrime et de la cinquime secondaire. Pour ce faire, les rsultats sont bass sur un chantillon de 45 entretiens semi-dirigs (n=45), auxquels 23 filles et 22 garons ont particip. Au niveau de la scolarit, ils sont rpartis ainsi : 20 tudient en quatrime secondaire, et 25 tudient en cinquime secondaire. Plus prcisment, 12 filles et 8 garons de quatrime secondaire, et 11 filles et 14 garons de cinquime secondaire ont t rencontrs. Suite une analyse qualitative ralise laide des verbatim de ces entretiens, 7 grands thmes ont t dgags, cest--dire nulle chance, ni destin, juste un peu de chance et de destin, chance et destin incontrlables, parcours incontrlable, llve en tant que matre de son avenir, la chance et le destin comme influences positives dans un parcours professionnel, aucun contrle sur son environnement et finalement influence de Dieu. Les rsultats dmontrent que contrairement ce quaffirme la thorie, cest--dire que le locus de contrle peut tre qualifi dinterne ou dexterne, il devrait tre catgoris davantage selon une gradation. Les propos tenus par les lves sont remplis de nuances, et permettent sans aucun doute daffirmer que oui, le locus joue un rle sur la prise de dcision de 6. carrire, mais pas seulement en termes de je sens que jai le contrle sur ma dcision versus je sens que je nai aucun contrle sur ma dcision . 7. INTRODUCTION Effectuer un choix de carrire fait partie du rle de ltudiant. En effet, que celui-ci ait envie ou non de prendre cette dcision, quil sy sente prt ou non, quil ait lappui de son entourage ou non, ou encore quil ait une ide bien arrte sur un choix de profession ou non, il devra, un jour ou lautre, dcider de son avenir professionnel. Il va de soi que plusieurs facteurs influenceront ce choix Alors que certains endossent leur dcision et mettent toute leur nergie dans latteinte de leurs objectifs, dautres donnent plutt limpression de sen remettre au destin ou la chance, en esprant, un jour ou lautre, avoir ce qui pourrait tre nomm un clair de gnie . Ce facteur est appel locus de contrle. La vise de cet essai est donc de dcrire le rle du locus de contrle dans la prise de dcision lie la carrire. Dans un premier temps, cet essai dresse un portrait des problmatiques vcues par les jeunes tudiant au secondaire et des problmatiques lies leur choix de carrire, pour ensuite expliquer le rle du conseiller en orientation dans les coles secondaires. Afin de dmontrer limportance du locus de contrle dans la littrature scientifique, plusieurs recherches qui ont t menes en lien avec ce concept sont ensuite prsentes. Le deuxime chapitre dcrit son tour les fondements thoriques des principaux questionnaires qui ont servi produire celui administr aux lves qui ont particip ltude. La prise de dcision relative la carrire y est donc dcrite selon la perspective de Gati. La notion de locus de contrle est subsquemment analyse selon plusieurs auteurs. Le troisime chapitre nonce lobjectif de la recherche, alors que le quatrime explique la mthodologie utilise pour raliser ltude, selon une approche qualitative. Les rsultats sont prsents dans le chapitre cinq, suite au regroupement en thmes des propos tenus par les lves rencontrs. Afin de comparer ces rsultats ceux de la littrature dite scientifique, la discussion constitue le sixime chapitre. titre de conclusion de cet essai, ses limites sont exposes de manire favoriser des pistes de recherches qui pourraient 7 8. ventuellement conduire une comprhension encore meilleure du rle du locus de contrle dans la prise de dcision lie la carrire. 8 9. PREMIER CHAPITRE - PROBLMATIQUE 1.1 Les problmatiques scolaires lordre denseignement secondaire Sil est une valeur qubcoise dont on ne peut nier limportance, cest bien lducation. Depuis plus de 70 ans, de nombreux efforts ont t dploys par les gouvernements qui se sont succds et ce, dans le but de favoriser laccessibilit scolaire. Le premier pas a eu lieu le 26 mai 1943 (Guay, s.d.), lorsque la frquentation scolaire est devenue obligatoire pour les enfants de 6 14 ans. En 1956, la cration du cours secondaire public, qui s'adresse aux jeunes gs de 12 16 ans, a son tour ouvert la porte au gouvernement de Jean Lesage qui impose, dans les annes soixante, la frquentation scolaire obligatoire jusqu lge de 16 ans (Lvesque, 2010). Ainsi, tel quindiqu par le MELS (2005) : si, la fin des annes 50, nous tions peu nombreux nous rendre lcole au-del du primaire, cest maintenant tout prs de 100 % des jeunes qui la frquentent jusqu lge de 16 ans (p.5). Alors que la problmatique de laccessibilit scolaire semble dsormais chose du pass, une nouvelle problmatique fait son entre : le dcrochage scolaire. Ces propos, tenus dans un document du Conseil permanent de la jeunesse intitul Raccrocher lcole aux besoins des jeunes (1992) sont loquents : Les lves sont trop souvent des consommateurs passifs, tenus par une loi, dutiliser pendant plus de dix ans un produit scolaire qui correspond peu leur image et sur lequel ils nont rien dire. Il est donc peu surprenant que 35% dentre eux dlaissent lcole en cours de route (p.20). Selon le ministre de lducation du Qubec (2002), le taux de dcrochage scolaire se dfinit donc comme tant la proportion de la population qui ne frquente pas lcole et qui na pas obtenu de diplme du secondaire (p.101). Par ailleurs, il est fort important de distinguer les notions de dcrochage scolaire et dabandon scolaire, puisque celles-ci ne sont pas quivalentes : le dcrochage est une 9 10. interruption qui n'est pas ncessairement dfinitive (Ministre de lducation, 2000, p.1), alors que labandon scolaire lest. Selon Ibrahima (2012) plusieurs facteurs reprsentent les causes du dcrochage scolaire : Caractristiques individuelles (sexe, statut dimmigrant, langue maternelle, exprience scolaire, personnalit et habitudes de vie); Facteurs interpersonnels (isolement social, rejet par les pairs); Facteurs familiaux (structure familiale, valorisation de lcole par les parents); Facteurs institutionnels (structure et organisation scolaire et soutien des adultes lcole); Facteurs sociologiques (diffrences culturelles, rapports de classe); Facteurs socioconomiques (revenu familial, scolarit de la mre, dfavorisation socioconomique) (p. 1). Ltude des facteurs explicatifs du dcrochage scolaire semble tre lune des grandes contributions ayant conduit sa lutte. En connaissant les facteurs pouvant causer une situation de dcrochage, il devient ncessairement plus facile dagir afin de le diminuer, ce qui est appuy par de nombreuses statistiques. Par exemple, pour lanne 1979-1980, le taux de dcrochage scolaire 19 ans tait de 40,5 %, alors que pour 1999-2000, il tait estim 19,8 %. (Conseil permanent de la jeunesse, 2002). Quelques annes plus tard, en 2003-2004, ce sont 28% des jeunes de 20 ans et moins qui nont pas obtenu leur diplme dtudes secondaires (MELS, 2006). Encore aujourdhui, malgr toutes les mesures mises en place, le dcrochage scolaire demeure lev : en 2011, ce taux tait de 10,1% (Le Qubec conomique, 2012). Bref, quoique significativement moins lev aujourdhui quil ne ltait il y a 30 ans, le taux de dcrochage scolaire demeure toujours alarmant en raison des consquences parfois dsastreuses quil implique. En effet, un jeune dcrocheur fait face dimportants obstacles, particulirement face la prise de dcision lie la 10 11. carrire. Sachant que de 1990 2009, le nombre demplois occups des personnes nayant pas de diplme dtudes secondaires a diminu de 412 000, une baisse de 44,7% (MELS, 2010, p.110), il est facile de simaginer que les possibilits demploi sont largement limites pour la personne non diplme. Ainsi, pour le dcrocheur, llaboration dun projet professionnel est un processus laborieux, puisque la prise de dcision lie la carrire se trouve complexifie par un parcours scolaire court. Pour llve qui reste sur les bancs dcoles, effectuer un choix de carrire nest pas non plus une mince tche. En effet, de nombreuses statistiques, tudes, recensions, etc. dmontrent que la prise de dcision de carrire des jeunes qui persvrent lcole est source dinquitudes et de remises en question. Cest ce qui sera prsent dans la section qui suit. 1.2 Les problmatiques du choix de carrire Les problmatiques lies au choix de carrire ont dimportantes rpercussions sur les lves de cinquime secondaire quant leur choix de programme dtudes postsecondaires. Par exemple, 75% des lves de la cinquime secondaire nont aucune ide de leur orientation en dbut danne scolaire (Landry, 1995; cit dans Sauv, 2004, p.18), alors qu la fin du secondaire, parmi ceux qui souhaitent tudier au collge, 59,4% sont indcis quant leur choix de carrire (CPJ, 1992). Dix ans plus tard, les statistiques ne sont gure plus encourageantes : Prs des trois quarts des lves de cinquime secondaire nauraient pas dide, semble-t-il, de leur orientation lorsquils amorcent cette dernire anne de leurs tudes secondaires (Conseil suprieur de lducation, 2002, p.28). Le rapport de la Fdration des cgeps, publi en 1999, fait tat dun constat similaire en mentionnant que bon nombre d'lves ne prennent vraiment connaissance des orientations et des contenus de leurs nouveaux programmes que dans les premires semaines de leurs tudes collgiales. Pour plusieurs d'entre eux, le premier choix ne sera donc pas dfinitif (p. 53). galement, ce sont plus du tiers des tudiants qui effectuent un changement 11 12. de programme lors de leurs tudes collgiales, provoquant ainsi une prolongation de la dure prvue de leurs tudes (Fdration des cgeps, 1999). De plus, la prise de dcision des jeunes de cinquime secondaire par rapport leur choix de programme dtudes collgiales semble souvent de lordre dune dcision htive plutt que dune dcision rflchie : le nombre de jeunes qui sinscrivent dans un programme en attendant de choisir parce quils ne savent pas vers quelle profession sorienter est rvlateur (Bergeron, Brien, Cyr et DelisleLaberge, 1997 p.19). Dailleurs, le ministre de lEnseignement suprieur et de la Science (MESS) (1992), dans son rapport intitul Les changements de programmes au collgial, affirme quau collge, cest un tudiant sur trois (35,9%) qui change de programme. En 2004, le Ministre de lducation publie un rapport indiquant que prs de 36 % des nouveaux inscrits de la cohorte 1997 ont effectu un changement de programmes au cours de leurs tudes collgiales ; une proportion de 4 % est attribuable aux lves initialement inscrits en session daccueil ou de transition (p.21). De plus, malgr une rcente amlioration des taux de russite au collgial, seulement 41 % des nouveaux inscrits aux programmes pruniversitaires obtiennent leur diplme dans les deux annes prvues et un total de 68 % lobtiennent deux ans aprs ce dlai (Ministre de lducation, 2009, p.2). Finalement, selon Bgin (2000), environ le quart de la population tudiante ne connat pas rellement la raison de sa prsence au cgep (p.15), et est incertaine de son choix (Le Qubec conomique, 2012). Bref, les problmatiques lies au choix de carrire sont nombreuses et complexes. Forer (1953, cit dans Bujold et Gingras, 2000), considre le choix professionnel comme lexpression de la personnalit (p.77). Fournier, Drapeau et Thibault (1995), suite une importante recension des crits, mettent en vidence 12 13. limportance de considrer les intrts de la personne, son degr de connaissance du march du travail, la clart de son concept de soi, sa capacit tre actif dans sa recherche demploi, ses aptitudes, son niveau de scolarit, sa capacit prendre des dcisions, son niveau destime de soi, ses motivations ainsi que ses aspirations comme facteurs individuels susceptibles daffecter linsertion socio-professionnelle (p.110-111). Ainsi, un individu prsentant certaines lacunes au niveau des concepts nomms ci-haut aura des chances de vivre une problmatique quelconque lie la prise de dcision de carrire. Bujold et Gingras (2000), suite ltude de diffrents modles dcisionnels, suggrent qu une bonne dcision de carrire semble tre lindice dun degr appropri de maturit vocationnelle (p.334). Ainsi, la personne qui fait preuve de maturit vocationnelle saura faire face aux difficults lies au choix de carrire de manire prendre la bonne dcision. Cest Super (1955, 1957, cit dans Poirier et Gagn, 1984) qui a le premier introduit le concept de maturit vocationnelle, qui est dfinit comme tant la congruence entre son comportement observ et l'acquittement de certaines tches associes son stade de dveloppement (p. 86), ou encore comme le niveau atteint par l'individu sur le long continuum allant de l'exploration au dclin (Marceau, 1981, p. 319). Ce niveau est dtermin partir des cinq dimensions suivantes : orientation vers un choix professionnel, information et planification, consistance du choix professionnel, cristallisation des traits, sagesse du choix professionnel (Marceau, 1981, p.319). Ces cinq dimensions rappellent vaguement les quatre sources principales de problme qui sont susceptibles selon Gati (1986) (traduit par Gingras et Bujold, 2000, p.323), dintervenir dans le processus de dcision li la carrire : Le manque dinformation concernant les caractristiques du preneur de dcision ou les options scolaires et professionnelles; Le manque de ressources (par exemple le manque de temps ou dargent pour recueillir linformation requise; 13 14. Les limites, sur le plan cognitif du preneur de dcision qui doit accumuler et traiter linformation; Le manque de structure (ou labsence dun cadre de rfrence) pour reprer et traiter linformation pertinente . Gati et Saka (2001), en affirmant que la prise de dcision par rapport son avenir est, particulirement pour ladolescent, une dcision complexe prendre, ne pouvaient mieux rsumer la difficult de beaucoup de jeunes effectuer un choix. Une autre variable venant influencer le choix de carrire, et dont il est question ici, est le locus de contrle. Fournier et St-Onge (1995), Fournier et Jeanrie (1999) et Fournier (2001) ont dailleurs men diverses recherches portant sur ce concept en lien avec linsertion socio-professionnelle, et par le fait mme le choix de carrire dans le but de mieux comprendre ses rpercussions. La section 1.4 prsente une varit dtudes portant sur le locus de contrle. Toutefois, avant dy parvenir, il convient daborder le rle du conseiller en orientation dans les coles secondaires. Connaissant la nature de leurs tches et la problmatique des jeunes concernant leur prise de dcision lie la carrire, il va de soi de sattarder lvolution du rle du conseiller en orientation et de son champ de pratique travers les annes. 1.3 Rle du conseiller en orientation dans les coles secondaires Cest au moment o le Qubec traverse lune des pires crises conomiques de son histoire que lorientation scolaire et professionnelle se fraie tranquillement un chemin dans les murs des Qubcois. En effet, de 1930 1945, les promoteurs de l'orientation scolaire et professionnelle s'efforcent d'asseoir le mtier sur des bases scientifiques, en crant les premiers instituts spcialiss et en dlimitant les conceptions qui alimentent la pratique de cette profession (Mellouki et Beauchemin, 1994). Cest ainsi que petit petit, lorientation a su se tailler une place de choix au sein de ses diffrents champs de pratique (entreprises prives, 14 15. commissions scolaires, milieux communautaires, etc.). Bien loin des pratiques initiales qui peignaient plus souvent quautrement limage dun conseiller en orientation comme tant un expert qui suggre des choix la personne aprs avoir fait un diagnostic en tenant compte de ses aptitudes et des exigences des diffrentes professions (Conseil suprieur de lducation (2002, p.11), le conseiller dorientation a dsormais de multiples outils sa porte visant soutenir la clientle dans sa dmarche dorientation. Il se trouve, selon la Classification nationale des professions, que les conseillers d'orientation et les conseillers en information scolaire et professionnelle conseillent les tudiants inscrits et ventuels sur leur formation scolaire, leur carrire et leur dveloppement personnel, et coordonnent les services de counseling offerts aux tudiants, aux parents, aux enseignants, aux membres de la facult et au personnel. Ils travaillent dans des commissions ou conseils scolaires, des universits et collges, des instituts de formation technique, des tablissements correctionnels et des organismes gouvernementaux (Ressources humaines et Dveloppement des comptences Canada, 2013). En somme, le conseiller en orientation accompagne la personne qui rclame ses services dans une dmarche visant lui permettre de faire un choix clair. Par lutilisation de comptences relationnelles appropries, lapport dinformations directement lies la demande et lutilisation doutils psychomtriques, le conseiller offre un service personnalis. La personne qui le consulte dans le but de faire un choix scolaire et professionnel est donc en droit de sattendre recevoir de tels services. Dans cette optique, il serait souhaitable que les jeunes frquentant lcole secondaire considrent les professionnels uvrant dans le domaine de lorientation comme tant des personnes ressources de premier choix pour toutes questions relies leur expertise. Toutefois, le conseil permanent de la jeunesse (CPJ) (1992 a) souligne dans son tude limportance du questionnement des jeunes au sortir du secondaire en regard de leur avenir professionnel (p.10). Rivire (1996) souligne galement les normes difficults que doivent affronter les tudiants lorsquil leur 15 16. faut dfinir leur orientation scolaire [] (p.25). Lors de la tenue du Sommet du Qubec et de la jeunesse en lan 2000, les jeunes sexpriment leur tour quant aux services dorientation scolaire qui leur sont offerts : leur critique est svre : trop peu (de soutien) et trop tard (dans le parcours scolaire) (Ministre de lducation, 2002 a, p.10). Bref, il apparat que les services offerts par les conseillers en orientation en milieu secondaire sont mconnus ou mal utiliss. Question de comprendre davantage la porte que peut avoir un conseiller en orientation sur le cheminement scolaire et professionnel dun jeune, la prsentation des besoins des jeunes en matire dorientation est prsente ci-dessous. La pyramide fait tat de trois catgories de besoins : Figure 1 Modles des besoins en orientation Besoins particuliers intervention clinique Besoins distinctifs aide et accompagnement Besoins gnraux outils, information, support Source : Matte, L. 2010. L'orientation: rpondre ou non aux besoins des lves . En ligne. . 16 17. Tel quindiqu sur le site de lOCCOQ (s.d.): Dans le milieu scolaire, cela se traduit par un accompagnement personnalis du jeune dans sa dcouverte de lui-mme, lexploration concrte et active du monde de linformation scolaire et professionnelle et du march du travail, la confirmation de son projet professionnel et sa ralisation . De manire plus pointue, le champ dexercice du conseiller en orientation se rsume ainsi : valuer le fonctionnement psychologique, les ressources personnelles et les conditions du milieu, intervenir sur lidentit ainsi que dvelopper et maintenir de stratgies actives dadaptation dans le but de permettre des choix personnels et professionnels tout au long de sa vie, de rtablir lautonomie socioprofessionnelle et de raliser des projets de carrire chez ltre humain en interaction avec son environnement ( Ordre des conseillers et conseillres dorientation du Qubec, 2010, p.3). Le fonctionnement psychologique est particulirement intressant dans le cas prsent, puisquil rfre la prise en compte des caractristiques de la personne, de lorganisation dynamique de son exprience ainsi que de leurs effets sur sa vie quotidienne (Ordre des conseillers et conseillres dorientation du Qubec, 2010, p. 6). Ainsi, en sattardant cette dimension plus particulirement, un conseiller en orientation pourrait tre en mesure didentifier si son client prsente un locus de contrle davantage interne ou externe, et ainsi adapter ses interventions. De plus, en ayant explor davantage lventail de comptences que possdent un conseiller en orientation, il apparat quun de ses rles est sans contredit de soutenir un jeune dans sa prise de dcision lie la carrire. Tel que le mentionne Gadassi, Gati et Dayan (2012): Les dcisions de carrire peuvent tre abordes comme un cas particulier de la prise de dcision en gnral. Ainsi, l'un des principaux rles des conseillers en orientation est de guider leurs clients dans le 17 18. processus de prise de dcision, en les aidant prendre des dcisions plus efficacement (p.612, traduction libre). De manire mieux comprendre linfluence du locus de contrle sur diffrentes thmatiques, la section suivante fait tat de plusieurs tudes en lien avec le locus de contrle. 1.4 tudes portant sur le locus de contrle Le locus de contrle apparat comme une variable individuelle cl au sein de nombreuses tudes. Les recherches se multiplient dans le but de mieux comprendre son influence sur des thmes plus varis les uns que les autres. Par exemple, en 1992, De Man, Leduc et Labrche-Gauthier ont ralis une tude dans le but de valider la version franaise de linventaire des expriences de vie auprs des adolescents . Cet inventaire comporte 57 questions, et est une mesure dauto-valuation de plusieurs facteurs, cest--dire lestime de soi, le locus de contrle, lanomie, la dpression et lge. Les chercheurs ont mis lhypothse quil y aurait une association ngative entre les rsultats obtenus linventaire et lestime de soi, et des associations positives avec le locus de contrle externe, lanomie, la dpression et lge. Afin de confirmer ou dinfirmer cette hypothse, 110 tudiants francophones gs entre 11 et 18 ans et de niveau secondaire ont pris part la recherche. Cest lchelle de Levenson (1981) qui a t utilise dans le but dvaluer le locus de contrle. En ce qui concerne cette variable, les rsultats ont dmontr que les adolescents croyant que la chance contrle le droulement de leur vie dcrivent des degrs de stress ngatif plus levs (De Man, Leduc et Labrche-Gautier, 1992, p. 278). Bressoux et Pansu (1998), ont ralis une recherche sur lintervention de la norme dinternalit dans les pratiques dvaluation scolaire, selon un chantillon de 400 lves et de 18 enseignants. Le but de leur tude tait de vrifier, si toutes 18 19. choses tant gales par ailleurs, lvaluation que portent les enseignants sur la valeur scolaire de leurs lves varie selon linternalit de ces derniers (p. 21). Leur tude a dmontr que les enseignants ont tendance favoriser les lves qui choisissent des explications internes, mais pour lvaluation en mathmatiques seulement. De plus, ils sont parvenus la conclusion que ceux qui performent le mieux au niveau scolaire sont galement les plus internes. En 2004, Carden, Bryant et Moss ont ralis une tude appele Locus of control, test anxiety, academic procrastination, and achievement among college students . Les chercheurs ont administr 114 tudiants trois outils diffrents, cest-dire lchelle interne-externe du locus de contrle, lchelle de procrastination et le test danxit de performance. Les rsultats ont dmontr que les tudiants ayant un locus de contrle interne faisaient moins preuve de procrastination au niveau acadmique et prsentaient un niveau plus faible danxit que les tudiants ayant un locus de contrle externe (Carden, Bryant et Moss, 2004, p.582, traduction libre). En 2005, Gagn a men une tude auprs de 134 tudiants du Collge Ahuntsic. En distribuant un questionnaire compos dune section sociopdagogique et dune section compose de lchelle Multidimensionnelle de Dubois (1985), Gagn en est venu la conclusion que les tudiants ayant un LOC interne ont de meilleurs rsultats acadmiques que leurs homologues externes (p.68). De plus, lhsitation face au choix dorientation professionnelle est davantage prdominante chez les sujets externes (42,1%) que chez les tudiants internes (24,7%) (p.53). En 2006, Paquet a son tour men une tude : Relation entre locus of control, dsir de contrle et anxit . La recherche avait deux objectifs principaux, cest--dire tudier la relation entre lanxit-trait et la dimension interne du locus de contrle, et porter une attention particulire sur la relation entre lanxit-trait et lcart entre la dimension interne du locus de contrle et le dsir de contrle (p.99). 19 20. Pour ce faire, Paquet sest bas sur un chantillon de 120 tudiants qui ont complt un questionnaire. Il en a tir la conclusion quil existerait une relation entre le dsir de contrle, lanxit et le locus de contrle, mais que ces relations ne sont pas prsentes pour toutes les dimensions du locus de contrle (p.102). Selon le chercheur, il existerait une relation ngative entre la dimension interne du locus de contrle et lanxit-trait, de mme quentre le dsir de contrle et lanxit-trait. Finalement, aucune relation significative entre lcart entre les dimensions dsir de contrle, dimension interne du locus de contrle et anxit-trait na t dmontre. Paquet, Lavigne et Vallerand (2012), ont quant eux ralis une tude intitule Validation dune chelle courte et multidimensionnelle de locus de contrle spcifique au travail (MLCST) . Le but de la recherche tait de valider une chelle de locus de contrle 4 facteurs sadressant spcifiquement au domaine du travail. Lchantillon des chercheurs tait compos de 239 employs du systme hospitalier franais. Les conclusions tires de cette tude dmontrent que cette chelle reprsente un outil intressant permettant dtudier les processus de contrle dans le domaine du travail et cela de manire plus complte que les chelles unidimensionnelles prcdemment employes (p.5). Dans leur tude, Ginevra, Nota, Soresi et Gati (2012), confirment, tel quils lavaient anticip, que les adolescents dcids et indcis diffrent dans plusieurs des dimensions du questionnaire CDMP1. Plus prcisment, ce sont les lves dcids qui ont rapport un lieu de contrle plus interne et un plus grand engagement (plus d'efforts investis dans le processus et une prise de dcision finale plus rapide), qui ont moins tendance procrastiner ou consulter d'autres personnes. Cela dmontre que les adolescents dcids envisagent leur prise de dcision de carrire diffremment des adolescents indcis (p.383, traduction libre). 1 Voir cadre conceptuel 20 21. En 2012, Gati, Gadassi et Mashiah-Cohen publiaient une tude ayant pour objectif dvaluer les validits convergente ( qui vise explorer la mesure dans laquelle le CDMP possde un construit similaire ce quvaluent les mesures traditionnelles de la prise de dcision lie la carrire (Gati, Gadassi et MashiahCohen, 2012, p.3, traduction libre) ) et incrmentielle ( qui vise vrifier si le CDMP prsente un avantage par rapport aux autres instruments qui mesurent le mme construit (Gati, Gadassi et Mashiah-Cohen, 2012, p.3, traduction libre)) du Career Decision-making Profile (CDMP). Pour ce faire, deux tudes ont t ralises. Pour la premire, 423 personnes ont particip la recherche en rpondant au CDMP et au VDSI (Vocational Decision Style Indicator), qui taient disponibles sur le site internet isralien Future Directions . En ce qui a trait la deuxime tude, 427 personnes ont rpondu au CDMP de mme quau GDMS (General Decision-Making Style questionnaire), toujours en se rendant sur le site Future Directions . Le but de la recherche tait donc de comparer les rsultats obtenus par les participants au CDMP ceux obtenus au VDSI et au GDMS. Fait intressant en ce qui a trait aux rsultats : dans la deuxime tude, lintuition sest rvle tre associe ngativement avec le locus de contrle. Ceci a t qualifi dinattendu par les auteurs, puisque ce rsultat ne concorde pas avec certaines conclusions tires dautres recherches. De plus, les chercheurs ont constat l'avantage du CDMP par rapport au VDSI pour prdire les tapes de lindividu dans son processus de prise de dcision lie la carrire (Gati, Gadassi et Mashiah-Cohen, 2012, p.2, traduction libre). En ce qui a trait aux objectifs de recherche, les rsultats obtenus sont les suivants : les deux tudes supportent la validit convergente et incrmentielle du CDMP. Il apparat donc que le locus de contrle est une variable fortement utilise dans les domaines relis la psychologie. Dailleurs, plusieurs tudes ont dmontr que le locus de contrle a un lien avec la prise de dcision. Toutefois, peu de recherches ont fait tat de rsultats autres que ceux qualifiant le locus de contrle 21 22. dinterne ou dexterne. De ce fait, le prsent crit vise dcrire le rle du locus de contrle dans la prise de dcision relative la carrire. 22 23. DEUXIME CHAPITRE CADRE THORIQUE Ayant produit de nombreux crits sur le processus de prise de dcision relative la carrire, Itamar Gati est lauteur chercheur tout dsign sur lequel se baser afin dtablir les concepts du prsent crit, puisquil est reconnu mondialement pour ses travaux en lien avec ce thme. Ses recherches lui ont permis de prsenter une approche dlimination squentielle dans la prise de dcision de carrire (Gati, 1986), dtudier les compromis lis la carrire (entre autres Gati (1993)), de sintresser aux diffrences dans la prise de dcision de carrire entre les femmes et les hommes (Gati, Osipow et Givon, 1995), et bien plus encore. Deux des questionnaires crs et valids par Gati ont ici t utiliss comme principaux lments du cadre thorique, soient le Career Decision-making Difficulties questionnaire (CDDQ) et le Career Decision-making Profile (CDMP). Tel que le disent Bujold et Gingras (2000) : les travaux de ce chercheur sur le thme de la prise de dcision apportent une contribution certaine ce domaine de recherche et de pratique (p.325). Aprs avoir abord la prise de dcision selon Gati, les travaux de Rotter (1954, 1982) viendront situer le concept de locus de contrle. Ce chapitre sera conclu par un parcours de luvre de Fournier, dans le but de servir dappui la conception de la notion de locus de contrle en orientation scolaire. 2.1 Travaux de Gati sur la prise de dcision relative la carrire Itamar Gati est chercheur au dpartement de psychologie de lUniversit hbraque de Jrusalem. Ses travaux de recherches portent principalement sur la prise de dcision. Les dimensions danalyse de la prise de dcision entre autres dveloppes ici sont le Career Decision-making Difficulties questionnaire (CDDQ) et le Career Decision-making Profile (CDMP). 23 24. Selon Gati, Krausz et Osipow (1996), les dcisions lies la carrire ont des caractristiques qui sont communes un grand nombre de dcisions. En effet, une personne qui doit prendre une dcision devra choisir un certain nombre dalternatives qui seront considres en fonction de lvaluation et de la comparaison de nombreux attributs ou aspects. En plus de ces caractristiques communes, les dcisions lies la carrire possdent galement des caractristiques uniques : Premirement, le nombre dalternatives potentielles est souvent assez large (par exemple en raison des employeurs potentiels, du choix de ltablissement scolaire, etc.). Deuximement, une grande quantit dinformations est disponible pour chaque alternative. Troisimement, un grand nombre d'aspects (par exemple, la dure de la formation, le degr d'indpendance, le type de relation avec les gens) est ncessaire pour caractriser les occupations et les prfrences de l'individu de manire dtaille et significative. Quatrimement, lincertitude joue un rle majeur en ce qui concerne les caractristiques de l'individu et la nature de son futur choix de carrire. (Gati, Krausz et Osipow, 1996, p. 511, traduction libre). Gati et Asher (2001) ont divis le processus dcisionnel en trois tapes, cest-dire la prslection (Prescreening), lexploration en profondeur (In-Depth Exploration) et le choix (Choice). Pour Gati et Tal (2008, cit dans Ginevra, Nota, Soresi et Gati, 2012), il est question dindcision de carrire lorsque lindividu a de la difficult entrer dans le processus de prise de dcision, ou une ou plusieurs des tapes numres prcdemment. Gati (2011) diffrencie toutefois lindcision et les difficults lies la prise de dcision quil classe en 4 catgories : Le moment auquel elles surviennent (avant ou pendant lengagement actuel dans le processus de prise de dcision lie la carrire); La source de la difficult (cognitive ou affective); Limpact de la difficult sur la dcision (bloque le processus ou guide vers une dcision moins optimale); Le type dintervention requis pour surmonter la difficult (p.2, traduction libre). 24 25. Ces distinctions proposes par Gati sont fort pertinentes prendre en considration pour tout intervenant travaillant avec des problmatiques touchant aux difficults de prise de dcision ou encore lindcision. En effet, elles permettent de nuancer le qualificatif donn en ce qui a trait la dcision / indcision. 2.2 Principaux outils de Gati concernant la prise de dcision relative la carrire Les sections suivantes visent prsenter deux questionnaires labors par Gati, cest--dire le Career Decision-making Difficulties Questionnaire (CDDQ), et le Career Decision-Making Profile (CDMP) questionnaire. 2.2.1 Le Career Decision-making Difficulties Questionnaire (CDDQ) La description du CDDQ de mme que diffrentes recherches ayant port sur ce questionnaire sont prsentes dans les prochaines sections. 2.2.1.1 Description de linstrument Le CDDQ est un outil bas sur la taxonomie propose par Gati et al. (1996), qui repose entre autres sur le modle de la prise de dcision de carrire idale. Pour quune dcision de carrire soit qualifie didale , plusieurs conditions doivent tre respectes (Gati, Osipow, Krausz et Saka, 2000, p.100, traduction libre) : tout dabord, la personne doit tre consciente du besoin de prendre une telle dcision. Par la suite, elle doit tre prte prendre ce genre de dcision, et finalement, elle doit avoir la capacit de prendre la bonne dcision (cest--dire une dcision qui est base sur un processus appropri et qui est compatible avec ses buts et ses ressources). 25 26. Pour ces auteurs, toute dviation de la prise de dcision de carrire idale est considre comme une difficult potentielle qui peut affecter le processus de prise de dcision de la personne selon ces options: 1) en empchant lindividu de prendre une dcision et 2) en conduisant lindividu une dcision de carrire moins optimale (Gati, Osipow, Krausz et Saka, 2000, p.100, traduction libre). Le CDDQ a t dvelopp par Gati dans le but de localiser et didentifier le domaine spcifique de difficults rencontres par chaque client dans son processus de prise de dcision li la carrire. La taxonomie des difficults de la prise de dcision de carrire selon Gati (2011) se regroupe en 3 niveaux de catgorisation : manque de prparation, manque dinformation et information incohrente (voir tableau page suivante : adaptation du texte de Gati, 2011, p.3-4, traduction libre). 26 27. Niveau de catgorisation Manque de prparation (Lack of Readiness) Manque dinformation (Lack of information) Sous-niveaux de catgorisation Description Manque de motivation Un score lev reflte un manque de (Lack of motivation) volont prendre une dcision. Un score lev reflte une difficult Indcision (Indecisiveness) gnrale prendre des dcisions. Un score lev reflte une perception Croyances dforme du processus de prise de dysfonctionnelles (Dysfunctional Beliefs) dcision de carrire, et des attentes irrationnelles et des penses dysfonctionnelles vis--vis celui-ci. Manque dinformation Un score lev reflte un manque de propos du processus de connaissances sur la faon de prendre une dcision rflchie, et plus prcisment un prise de dcision (Lack of information about the manque de connaissances en ce qui Decision Making Process) concerne les tapes dun processus de prise de dcision de carrire. Manque dinformation Un score lev reflte une situation o un individu sent quil n'a pas assez propos de soi (Lack of Information about the dinformations sur soi-mme (par exemple Self) par rapport ses habilets, ses prfrences au niveau de la carrire). Manque dinformation Un score lev tmoigne d'un manque d'informations concernant les possibilits propos des professions (Lack of Information about de carrire, cest--dire quelles Occupations) alternatives existent et /ou quelles sont les caractristiques de ces alternatives. Manque dinformation Un score lev reflte un manque propos de la manire d'informations sur les moyens dobtenir de dobtenir de linformation linformation supplmentaire ou de laide (Lack of Information about pouvant faciliter la prise de dcision. Ways of Obtaining Information) Information incohrente Information non (Unreliable Information) (Inconsistent Information) Conflits internes (Internal Conflicts) fiable Un score lev indique que l'individu sent qu'il a des informations contradictoires sur lui-mme ou propos des professions envisages. Un score lev reflte un tat de confusion interne. Ce conflit interne peut provenir de la difficult faire des compromis entre les nombreux facteurs que lindividu considre comme importants lorsque certains de ces facteurs sont incompatibles entre eux. 27 28. 2.1.1.2 Recherches menes en lien avec le CDDQ Une recherche intitule Validity of the career decision making difficulties questionnaire counselee versus career counselor perceptions est prsente, dans un premier temps, dans cette sous-section. En lan 2000, Itamar Gati, Samuel H. Osipow, Mina Krausz et Noa Saka ont men une recherche dans le but dexaminer la validit du CDDQ. Pour ce faire, les chercheurs ont tabli deux critres : un critre comportemental et un critre bas sur le jugement de conseillers en orientation. En ce qui a trait au premier critre, les chercheurs dsiraient savoir si les personnes qui souhaitent recevoir des conseils relis la carrire diffrent dans la nature et l'ampleur de leurs difficults et ce, en comparaison un groupe de jeunes adultes provenant dune tude de Gati et al. ralise en 1996 (Gati, Osipow, Krausz et Saka, 2000, p. 102, traduction libre). Dans un premier temps, les chercheurs souhaitaient tablir la structure des difficults impliques dans le choix de carrire des individus participant la recherche. Cette structure a par la suite t compare la structure hypothtique du CDDQ. Les chercheurs ont alors test l'hypothse selon laquelle les personnes souhaitant tre aides feraient tat de difficults plus grandes que ne le ferait un groupe gnral de jeunes adultes (Gati et al., 1996) dans toutes les catgories de difficults sauf le manque de motivation, dans laquelle ils sont censs rapporter moins de difficults que les autres (Gati, Osipow, Krausz et Saka, 2000, p.102, traduction libre). Le deuxime critre visait recueillir les jugements des conseillers ports sur les difficults de prise de dcision de carrire des personnes faisant appel leurs services. Ceci a permis danalyser et de comparer le modle de difficults de prise de dcision relie la carrire de 95 personnes ayant reu les services des conseillers par rapport au jugement de ces derniers. Plus prcisment, les jugements des conseillers 28 29. ont t obtenus par rapport aux 10 catgories de difficults de la prise de dcision de la taxonomie. Par la suite, ces jugements ont t compars aux rsultats de lautovaluation des difficults vcues par les participants la recherche, qui a t complte laide du CDDQ (Gati, Osipow, Krausz et Saka, 2000, p.103, traduction libre). L'hypothse selon laquelle il existe une corrlation positive entre le jugement des conseillers et lauto-valuation des aids a ainsi t teste. En rponse lhypothse, des corrlations positives et significatives ont t notes entre les scores des participants sur les chelles du CDDQ et les jugements des conseillers, mais ces corrlations se sont avres plus faibles que prvu. Toutefois, les rsultats ont dmontr que le modle de difficults dans la prise de dcision de carrire des participants de cette tude tait similaire celui du modle thorique, et reproduisait les conclusions de l'chantillon isralien de Gati et al. (1996) (Gati, Osipow, Krausz et Saka 2000, p.109, traduction libre). Cette conclusion vient donc confirmer la validit du CDDQ. Selon ltude de Gati, Osipow, Krausz et Saka (2000), le CDDQ offre de multiples possibilits dintervention : Un conseiller en orientation pourrait ladministrer un client, avant leur premire rencontre, de manire mieux cibler ses interventions. Le CDDQ pourrait galement tre utilis dans le but dobtenir une valuation globale des difficults dun individu, ou encore dobtenir une valuation plus prcise des trois grandes catgories de difficults, ou des 10 catgories de difficults spcifiques (Gati, Osipow, Krausz et Saka, 2000, p. 111, traduction libre). En 2001, Gati et Saka ont men une tude intitule High school students career-related decision-making difficulties, dans le but dexaminer les difficults lies la prise de dcision de carrire parmi 1843 adolescents israliens devant choisir une high school (9ime anne), une high school avec cours optionnels (10ime anne), ou encore une carrire militaire. 29 30. Le but de ltude tait de caractriser et de catgoriser les diffrents types de difficults lies la prise de dcision de carrire rencontres par les adolescents dIsral, et qui sappuient sur le modle thorique gnral danalyse de ces difficults rcemment propos par Gati, Krausz, and Osipow (1996) (Gati et Saka, 2001, p.331, traduction libre). Ltude visait galement amliorer la comprhension des conseillers en orientation par rapport aux difficults rencontres par les adolescents dans leurs choix dtudes et de carrire (Gati et Saka, 2001, p.332, traduction libre). La base thorique de la recherche de Gati et Saka est fonde sur la taxonomie des difficults de la prise de dcision de carrire, dveloppe lors de la construction du Career Decision-making Difficulties Questionnaire (CDDQ) par Gati et al. (1996), dans lequel chacune des difficults des 10 catgories est reprsente par un nonc. Ainsi, en tudiant un chantillon de jeunes adultes Amricains et Israliens, Gati et al. (1996) ont trouv que la structure empirique des 3 catgories majeures et des 10 catgories spcifiques tait grandement similaire la structure thorique illustre cidessous (Gati et Saka, 2001, p.333, traduction libre) : 30 31. Difficults lies la prise de dcision de carrire Avant le processus Durant le processus Manque de prparation en raison Dun manque de motivation De lindcision Manque dinformations propos De croyances dysfonctionnelles Du processus de prise de dcision De soi Des professions Information incohrente en raison De la manire dobtenir de linformation Dinformations non fiables De conflits internes De conflits externes Figure 2 Taxonomie des difficults lies la prise de dcision de carrire (Gati et Saka, 2001, p.333, traduction libre) 31 32. Dans ltude de Gati et Saka (2001), chaque aspect de la taxonomie des difficults initialement propose par Gati et al. (1996) a t adapt et rvis afin de correspondre davantage aux difficults rencontres par les lves adolescents israliens, ce qui a permis de construire un questionnaire galement adapt. Cette nouvelle structure des difficults a tout dabord t examine de manire empirique, pour tre ensuite compare la taxonomie thorique originale. Ceci a permis de vrifier si, pour chacune des trois situations de dcision, les difficults de prise de dcision taient adquatement reprsentes par les 10 catgories proposes par Gati et al. (1996), et si les relations empiriques entre les catgories ressemblaient la taxonomie thorique (Gati et Saka, 2001, p.333, traduction libre). Les rsultats obtenus pour la 9e anne suggrent qu'il existe une distinction entre les difficults qui sont rencontres avant la prise de dcision de carrire et celles qui apparaissent lors du processus. Pour la 10e anne, la structure empirique sest avre tre trs similaire celle obtenue pour les lves de 9e anne, et similaire mais non identique au modle thorique sur lequel repose le questionnaire. Finalement, en ce qui concerne les rsultats obtenus pour la 11e anne, la structure empirique obtenue est trs semblable celle du modle thorique prsent dans la figure 2. La grande similitude entre la structure labore pour les 9e, 10e et 11e annes dans ltude de Gati et Saka (2001) et la structure thorique propose par Gati et al. (1996) fournit un excellent soutien aux proprits psychomtriques de cette dernire. Par ailleurs, les rsultats suggrent que le CDDQ puisse tre utilis pour valuer adquatement les catgories systmatiques de difficults qui partagent des traits communs tels que la cause, le timing, l'impact, ou les interventions requises (Gati et Saka, 2001, p.339, traduction libre). Plus prcisment, le CDDQ peut tre utilis dans le but de procder lvaluation des besoins de groupes dits particuliers. Par exemple, selon les auteurs, les conseillers uvrant en milieux scolaires peuvent utiliser le CDDQ pour faciliter l'identification de groupes d'lves qui ont des 32 33. difficults lies l'une des trois grandes catgories prsentes dans la figure 2, et qui pourraient, par le fait mme, bnficier du mme type dintervention. Finalement, le CDDQ permet dvaluer les rsultats des interventions qui visent rduire les difficults lies la prise de dcision de carrire, que celles-ci proviennent des 3 grands sources de difficults ou encore des 10 catgories de difficults spcifiques (Gati et Saka, 2001). Si les diffrentes dimensions du CCDQ peuvent mettre en relief la manire dont les individus construisent leur regard de soi et du monde, notamment selon un locus de contrle interne ou externe, cest un autre outil de Gati, le CDMP (Gati, 2011), qui traite plus spcifiquement de cette question. 2.2.2 Le Career Decision-Making Profile (CDMP) questionnaire La description du CDMP de mme que diffrentes recherches ayant port sur ce questionnaire sont prsentes dans les prochaines sections. 2.2.2.1 Description de linstrument Le but du CDMP (Gati, 2011) est de fournir de linformation propos de la manire dont les individus ont tendance prendre leurs dcisions de carrire (p.1, traduction libre). Ici, Gati prfre parler de profil de prise de dcision de carrire plutt que de style de prise de dcision, tout dabord parce que le terme profil indique quil sagit dun concept complexe et multidimensionnel plutt que d'un seul trait dominant. Deuximement, parce quun style de prise de dcision de carrire suggre que les caractristiques de la personnalit sont de la plus haute importance, alors que le profil de prise de dcision de carrire suggre que la personnalit et la situation de la personne influencent son comportement de prise de dcision (Gati, 2011, p.2, traduction libre). 33 34. Bref, Gati, Landman, Davidovitch, Asulin-Peretz, et Gadassi (2010) ont affirm que l'utilisation d'une seule tiquette pour caractriser la faon dont les individus prennent leur dcision lie la carrire (par exemple, rationnelle, intuitive, dpendante; Harren, 1979) et base sur le style de prise de dcision dominant de l'individu constitue une simplification excessive. Au contraire, ils ont suggr d'utiliser des profils multidimensionnels pour caractriser la faon dont les individus prennent des dcisions de carrire (Ginevra, Nota, Soresi, Gati, 2012). Dans leur tude de 2010, Gati, Landman, Davidovitch, Asulin-Peretz et Gadassi ont dmontr que la dimension Information processing (traitement de l'information) comprend la fois les styles rationnels et intuitifs, qui se veulent des ples opposs de la mme dimension (Gati, Gadassi et Mashiah-Cohen, 2012, p. 3, traduction libre). Cependant, selon une tude de Krieshok, Black et McKay (2009, cit dans Gati, Gadassi et Mashiah-Cohen, 2012), les processus intuitifs de la prise de dcision ne sont pas l'oppos des processus rationnels. De plus, en consultant une tude de Mashiah-Cohen (2010, cit dans Gati, Gadassi et Mashiah-Cohen, 2012), qui mentionne que l'aspect intuitif de la prise de dcision n'avait pas t suffisamment reprsent dans le modle original du CDMP, Gati a choisi dajouter une douzime dimension son questionnaire: l'intuition. Plusieurs tudes ont t menes dans le but de vrifier les proprits psychomtriques du CDMP dans sa version originale comportant 11 dimensions. Deux tudes ont conclu que la cohrence interne du questionnaire, la fiabilit, la structure interne, la validit de construit et interculturelle, se sont avres quivalentes la fois pour la version hbraque et la version anglaise du questionnaire (Gadassi et al., 2012 et Gati et al., 2010) (Gati, Gadassi et Mashiah-Cohen, 2012, p.3, traduction libre). Plus tard, la cohrence interne, la fiabilit test-retest, la structure et la stabilit sur la base dune anne entire des 12 dimensions du CDMP ont t testes par Gati et Levin (2012) (Gati, Gadassi et Mashiah-Cohen, 2012, p.3, 34 35. traduction libre). Gati et Levin (2012) ont dmontr que la disposition des individus dans leur groupe par rapport aux diffrentes dimensions du CDMP ne change pas beaucoup en deux semaines. De plus, bien que des changements sur une priode de 1 an se soient produits, ils sont considrs comme tant ngligeables ou faibles. Bref, les profils obtenus au CDMP par les individus ont obtenu une meilleure fidlit test-retest de 2 semaines de mme quune meilleure stabilit sur une priode de 1 an que les dimensions du CDMP (Gati et Levin, 2012, p.399, traduction libre). Ces rsultats sont donc compatibles avec ceux de la recherche ralise par Gadassi et al. (2011). Les 12 dimensions du CDMP (Gati, 2011) sont : Information gathering (collecte dinformations), Information processing (traitement de linformation), Locus of control (locus de contrle), Effort invested in the process (efforts investis dans le processus), Procrastination (procrastination), Speed of making the final decision (vitesse laquelle la dcision finale se prend), Consulting with others (consultation avec les autres), Dependence on others (dpendance envers les autres), Desire to please others (dsire de plaire aux autres), Aspiration for an ideal occupation (aspiration trouver un travail idal), Willingness to compromise (volont faire des compromis), et using intuition (recours lintuition). En plus de ces 12 dimensions, le CDMP comprend galement un nonc "warm-up" et deux noncs de validit, qui permettent de sassurer que les individus ne rpondent qu'aprs avoir lu correctement chaque nonc et surtout, quils ne rpondent pas au hasard. 35 36. 2.2.2.2 Recherches menes en lien avec le CDMP En 2012, Gadassi, Gati et Dayan publiaient une tude intitule The Adaptability of Career Decision-Making Profiles. Le modle du CDMP a t dvelopp sur la base des sept noncs suivants (Gati et al, 2010) : Les individus font des choix de carrire de diffrentes faons ; L'approche de l'individu dans son processus de prise de dcision de carrire peut tre mieux dcrite par un profil multidimensionnel que par un trait dominant unique (ou un style) ; Chaque dimension du modle du CDMP reprsente un continuum entre deux ples le long desquels les individus peuvent tre caractriss ; Bien que les dimensions ne soient pas indpendantes, chacune contribue la description de la faon dont les individus prennent leurs dcisions de carrire ; Comme de nombreuses mesures de personnalit, les dimensions ne peuvent tre combines pour produire un seul score total ; En fonction de la dimension, un ple est souvent plus adapt pour la prise de dcision que l'autre ; Alors que certaines dimensions sont principalement lies la personnalit, d'autres sont plus situationnelles (cest--dire principalement affectes par la tche des dcisions spcifiques auquel l'individu est confront) (p. 613, traduction libre). Des recherches antrieures (Gati et al, 2010, Gati et Levin, 2012) ont appuy les cinq premiers noncs numrs ci-haut, ainsi que la validit convergente et incrmentielle par rapport aux prcdents modles de style de prise de dcision de carrire (Gati, Gadassi & Mashiah -Cohen, 2012) (Gadassi, Gati et Dayan, 2012, p.613, traduction libre). Lobjectif de la recherche tait de tester quel ple de chaque dimension propose par Gati est le plus adapt (Gadassi, Gati et Dayan, 2012). Le concept dadaptabilit de la prise de dcision de carrire est dfinit ainsi : la capacit prendre des dcisions de carrire aprs avoir examin suffisamment les informations ncessaires la dcision, sans retard inutile chaque tape ou la fin du processus (Gadassi, Gati et Dayan, 2012, p.613, traduction libre). 36 37. Trois critres ont t utiliss dans le but de dterminer quels ples des dimensions du CDMP sont les plus adapts. Le premier critre tait les corrlations de ces dimensions avec les facteurs du questionnaire Les difficults de la prise de dcision de carrire relies la personnalit et aux motions (EPCD) (Saka et Gati, 2007; Saka, Gati et Kelly, 2008). Ce questionnaire comprend trois facteurs qui sont considrs comme conduisant des difficults chroniques, omniprsentes dans la prise de dcision de carrire, cest--dire des visions pessimistes, lanxit et le concept de soi et de lidentit non cristalliss (Gadassi, Gati et Dayan, 2012, p.613, traduction libre). Gadassi, Gati et Dayan (2012), en se basant sur le fait que des niveaux plus levs de difficults lies aux troubles motionnels et de personnalit, tel que mesur par l'EPCD, entravent le processus de prise de dcision de carrire (Gati, Asulin-Peretz, et Fisher, 2012; Saka et Gati, 2007) et sont associes des niveaux infrieurs dauto-efficacit dans la prise de dcision de carrire, un locus de contrle davantage externe, et comme faisant moins avancer le processus de prise de dcision de carrire (Gati et al., 2011) (Gadassi, Gati et Dayan, 2012, p.613, traduction libre), ont mis l'hypothse quune corrlation ngative avec l'EPCD indiquerait que le ple suprieur de la dimension est le plus adapt. Le deuxime critre d'valuation de l'adaptabilit des dimensions du CDMP tait l'inventaire de personnalit NEO (NEO-PI), qui est bas sur le modle Big Five des facteurs de personnalit de Costa et McCrae (1992). Ce sont cinq facteurs relis la manire dont la personnalit dun individu peut tre caractrise qui composent ce modle : Le facteur Nvrosisme indique la tendance d'un individu prouver de la dtresse psychologique et de l'instabilit motionnelle ; le facteur Extraversion comprend divers traits comme la sociabilit, l'activit et la tendance ressentir des motions positives comme la joie et le plaisir ; 37 38. le facteur Ouverture l'exprience inclut une tendance la curiosit artistique et intellectuelle, ainsi que la flexibilit comportementale et interpersonnelle; le facteur Agrabilit indique la tendance d'un individu avoir confiance aux autres, tre sympathique et coopratif ; le facteur Conscience indique une tendance l'ordre, la discipline, la dlibration, la fiabilit et la comptence d'un individu (Costa et McCrae, 1989, 1992, cits dans Gadassi, Gati et Dayan, 2012, p.614, traduction libre). Une hypothse a t mise par rapport cet inventaire de personnalit : un niveau infrieur de Nvrosisme et des niveaux plus levs en ce qui a trait l'Extraversion et la Conscience indiqueraient une plus grande adaptabilit des dimensions CDMP (Gadassi, Gati et Dayan, 2012, p.614, traduction libre). Les auteurs de la recherche nont toutefois mis aucune hypothse spcifique en ce qui a trait aux facteurs Agrabilit et Ouverture lexprience. Le troisime critre visant valuer l'adaptabilit des dimensions du CDMP correspond au stade o se situe l'individu par rapport son processus de prise de dcision de carrire. Pour ce faire, les chercheurs ont class chaque participant dans lune des catgories suivantes : dcid, en partie dcid, ou indcis, en fonction de la propre valuation de lavancement du processus de prise de dcision de carrire du dit participant. Une autre hypothse a alors t mise, cest--dire que les personnes qui sont plus dcides ont un profil de prise de dcision de carrire plus adapt, et donc le ple de la dimension qui est le plus frappant dans le groupe le plus dcid est galement le plus adapt (Gadassi, Gati et Dayan, 2012, p.614, traduction libre). Afin de raliser leur recherche, et surtout dans le but de tester les trois hypothses dcrites ci-dessus, Gadassi, Gati et Dayan (2012) ont recrut leurs participants parmi des jeunes adultes se trouvant dans une phase de transition, cest-dire juste avant quils ne dbutent des tudes suprieures ou une formation 38 39. postsecondaire. Les chercheurs ont recrut les 383 participants en publiant des annonces sur des sites internet et des forums en ligne israliens, de mme que dans des magasins. La version du CDMP qui a t utilise comprend 33 noncs reprsentant les 11 dimensions du CDMP. Pour chaque question, les participants devaient valuer, sur une chelle de type Likert en 7 points, jusqu quel point ils taient d'accord avec lnonc (1 = ne sont pas d'accord du tout, 7 = fortement d'accord). La recherche de Gadassi, Gati et Dayan (2012) est la premire tudier l'adaptabilit des dimensions du CDMP, et plus prcisment, quel ple de chaque dimension est le plus adapt (Gadassi, Gati et Dayan, 2012, p.619, traduction libre). Selon ces auteurs, mettre l'accent sur l'adaptabilit des dimensions spcifiques plutt que sur un style global est particulirement important : des donnes rcentes provenant de Gati et al. (2012) ont dmontr la contribution unique du CDMP dans la comprhension du processus de prise de dcision de carrire, et ce, en comparaison avec des instruments traditionnels dvaluation des styles de prise de dcision de carrire (Gadassi, Gati et Dayan, 2012). En ce qui a trait aux rsultats de recherche, la majorit des hypothses mises par les chercheurs ont t entirement ou partiellement appuyes par les rsultats. Plus prcisment, une collecte d'information plus complte, un traitement plus analytique de l'information, un locus de contrle plus interne, des efforts investis, des niveaux infrieurs de procrastination, une plus grande rapidit de la dcision finale, moins de dpendance aux autres, et moins de dsir de plaire aux autres ont t trouvs comme tant les ples adaptatifs (Gadassi, Gati et Dayan, 2012, p.619, traduction libre). Les chercheurs ont galement conclu que les facteurs de personnalit gnraux, cest--dire ceux mesurs par le NEO-PI, sont moins importants dans le 39 40. processus dcisionnel de carrire que les facteurs de personnalit qui sont spcifiquement associs au processus de prise de dcision de carrire, cest--dire ceux mesurs par l'EPCD (Gadassi, Gati et Dayan, 2012). Ce rsultat met donc en vidence l'importance d'utiliser des instruments de prise de dcision de carrire spcifiques dans les processus d'orientation professionnelle (Gadassi, Gati et Dayan, 2012, p.619, traduction libre). Les rsultats de cette tude, quoique mene auprs dun chantillon de participants israliens, trouvent galement cho en Amrique du Nord. En effet, des tudes antrieures ont compar des chantillons provenant de ces deux populations, et ont dmontr que les difficults de prise de dcision de carrire temporaires et envahissantes sont assez similaires dans ces deux cultures (Gati et al., 1996; Saka et al., 2008), tout comme les profils de prise de dcision de carrire des jeunes adultes (Gati et al., 2010) (Gadassi, Gati et Dayan, 2012, p.620, traduction libre). Les conclusions de ltude de Gadassi, Gati et Gayan (2012) peuvent tre utiles de plusieurs manires aux conseillers, surtout en ce qui a trait la planification des interventions de carrire. Par exemple, la recherche fournit de l'information savoir quel ple de chaque dimension est le plus adapt, et peut donc apporter de prcieux renseignements afin de dterminer quelle stratgie pourrait tre la meilleure utiliser pour accompagner le client. Bref, en tant conscient du profil de prise de dcision de la carrire d'un client, il est possible dadapter les interventions de counseling de manire plus sensible au client spcifique (Gati et al., 2010) (Gadassi, Gati et Dayan, 2012, p.620, traduction libre). Une autre recherche en lien avec le CDMP est intitule Career DecisionMaking Profiles of Italian Adolescents (Journal of Career Assessment), et ses principales implications sont prsentes subsquemment. Le but de ltude tait de tester les proprits psychomtriques de la version italienne du CDMP auprs dadolescents (Ginevra, Nota, Soresi et Gati, 2012, p.375, traduction libre). La 40 41. version traduite en italien a t administre 1835 adolescents participants. Chacun tait invit rpondre aux 36 noncs du CDMP, toujours en utilisant une chelle de type Likert en 7 points. Afin de prendre part officiellement ltude, les participants devaient se prsenter des activits d'orientation en milieu scolaire, o ils ont eu complter une batterie de tests. Avant tout chose, Ginevra, Nota, Soresi et Gati (2012) rappellent la taxonomie des difficults de prise de dcision de carrire fondes sur la thorie de la dcision, labore par Gati, Krausz, et Osipow (1996) : Cette taxonomie tablie une distinction entre les difficults qui peuvent survenir avant d'essayer de prendre une dcision (par exemple, le manque de prparation en raison de la faible motivation, l'indcision gnrale, les croyances dysfonctionnelles) et celles qui mergent alors que le processus de dcision est en cours (par exemple, le manque d'informations sur le processus, sur soi et sur les professions; informations incohrentes en raison de l'information non fiable ou interne et les conflits externes) (Ginevra, Nota, Soresi et Gati, 2012, p.376, traduction libre). En plus de lobjectif de recherche principal, lun des objectifs de ltude tait de comparer les diffrences entre les profils CDMP des garons et des filles, ainsi que des jeunes qui taient dcids ou indcis quant leur avenir (Ginevra, Nota, Soresi et Gati, 2012, p.377, traduction libre). Les conclusions obtenues sont les suivantes: Les filles ont tendance investir plus de temps et d'efforts dans le choix des tches (entre autres Gati et al, 2010), sont plus influences par les autres quand elles prennent une dcision (entre autres Gati et al, 2010) et sont plus lentes que les garons prendre leur dcision finale (entre autres Gati et al, 2010) (Ginevra, Nota, Soresi et Gati (2012, p.377, traduction libre). 41 42. Les rsultats de ltude de Ginevra et al. (2012) ont finalement dmontr que ces diffrences qualifiaient non seulement les participants de la recherche de Gati et al. (2010), mais galement lchantillonnage italien. En ce qui concerne la cohrence interne et la validit de construit, les rsultats ont dmontr que le CDMP est une mesure psychomtrique adquate pour dcrire les diffrences individuelles dans la manire dont les dcisions de carrire sont prises, ce qui est semblable la version originale hbraque et tats-unienne du CDMP (Gati et al., 2010) (Ginevra, Nota, Soresi et Gati, 2012, p.383, traduction libre). Une analyse a galement permis dappuyer la structure des 11 dimensions du CDMP. La grande conclusion tire de cette analyse est que les rsultats des chelles ne doivent pas tre combins en un seul score total. Cela soutient que la faon dont les individus prennent leur dcision de carrire doit tre dcrite en termes de profil multidimensionnel plutt quen termes d'un seul style ou score (Ginevra, Nota, Soresi et Gati, 2012, p.383, traduction libre). La compatibilit de la structure de la version italienne du CDMP avec celle obtenue partir des chantillons des tats-Unis et dIsral fournit un support pour la validit et ce, malgr le fait que la fiabilit de la cohrence interne de quelques chelles tait davantage infrieure ce qui tait espr, en plus dtre infrieure celles des autres versions du questionnaire. Les auteurs attribuent cette diffrence, du moins en partie, au fait que les participants taient plus jeunes que ceux de ltude de Gati et al. (2010) (Ginevra, Nota, Soresi et Gati, 2012, p.384, traduction libre). Autre rsultat intressant : Parmi les stratgies utilises par les participants italiens, israliens et tats-uniens, la dimension dpendance face aux autres a obtenu le score le plus faible, tandis que la dimension aspiration pour une profession idale est celle ayant obtenu le plus haut score. Dans les trois contextes culturels diffrents, la tendance dlguer la responsabilit de la dcision 42 43. aux autres est assez faible (Ginevra, Nota, Soresi et Gati, 2012, p.384, traduction libre). videmment, ltude de Ginevra et al. (2012) comporte galement des implications pratiques. De par lvaluation multidimensionnelle de la prise de dcision de carrire quil permet, le CDMP est un outil fort appropri dans le but dvaluer la manire dont les individus abordent et grent leur dcisions de carrire. Tel que mentionn par les chercheurs : Cela peut aider les praticiens accorder une attention particulire aux clients avec des profils moins avantageux , d'encourager la rflexion sur les avantages et les inconvnients associs ces modles, et stimuler leurs clients faire usage de stratgies qui peuvent tre plus efficaces dans la tche dcisionnelle laquelle ils sont confronts (Ginevra, Nota, Soresi et Gati, 2012, p. 384, traduction libre). En rsum, le CDMP, en permettant de tester l'efficacit des interventions d'orientation professionnelle dont le but est d'amliorer les comptences dcisionnelles (Ginevra, Nota, Soresi et Gati, 2012, p. 385, traduction libre), et le CDDQ, qui peut tre utilis dans le but dvaluer l'efficacit des interventions visant rduire les difficults de prise de dcision de carrire (Gati et al., 1996) (Ginevra, Nota, Soresi et Gati, 2012, p. 385, traduction libre), constituent deux outils fort pertinents par rapport lvaluation de la prise de dcision. En tenant compte des objectifs du CDDQ et du CDMP, qui sont de localiser et identifier le domaine spcifique de difficults rencontres par chaque client dans son processus de prise de dcision li la carrire et de fournir de linformation propos de la manire dont les individus on tendance prendre leurs dcisions de carrire ,il ne peut tre quintressant de jumeler les deux approches de manire tudier le rle du locus de contrle sur la prise de dcision relative la carrire , objectif du prsent crit. Dailleurs, tel que soulign par Fournier et St-Onge (1995) : la prise de dcision est une dimension centrale investiguer parce que les dcisions 43 44. apparaissent de toute vidence relies au locus de contrle et au pouvoir personnel que s'accorde l'individu dans ses dmarches d'orientation et d'insertion socioprofessionnelle (p.351). 2.3 Conception de la notion de locus de contrle en orientation Cette section prsente, dans un premier temps, les origines du locus de contrle, ce qui permettra de situer les grandes lignes de ce concept provenant de la psychologie. Diffrentes chelles dvaluation du locus de contrle seront par la suite prsentes, ainsi que la notion dinternalit. Pour terminer ce chapitre, le locus de contrle en lien avec le dveloppement de carrire sera abord. 2.3.1 Locus de contrle dans la psychologie Le concept de locus de contrle, qui dcoule de la thorie de lapprentissage social, a t cr par Rotter en 1954. Rotter y explique le contrle interne versus le contrle externe des renforcements, cest--dire que le contrle des vnements dpend de lindividu pour celui qui se prte des explications internes, alors que le contrle des vnements ne dpend pas de lindividu pour celui qui se prte des explications externes (Dubois, 1987). De faon plus prcise, Rotter dfinit le locus de contrle ainsi : When a reinforcement is perceived by the subject as following some action of his own but not being entirely contingent upon his action, then, in our culture, it is typically perceived as the result of luck, chance, fate, as under the control of powerful others, or as unpredictable because of the great complexity of the forces surrounding him. When the event is interpreted in this way by an individual, we have labeled this a belief in external control. If the person perceives that the event is contingent upon his own behavior or his own relatively permanent characteristics, we have termed this a belief in internal control (Rotter, 1982, p.171-172). 44 45. Selon Rotter (1954), plusieurs facteurs dterminent les probabilits quun individu se comporte de telle ou telle manire: the occurrence of a behavior of a person is determined not only by the nature or importance of goals or reinforcements but also by the persons anticipation or expectancy that these goals will occur(p.102). titre dexemple, Dubois (1987) explique que lachat dun billet de loterie est motiv par lattrait du gain, ce qui reprsente un renforcement positif, et par lespoir de gagner, qui reprsente une expectation. Selon lauteure, il semblerait toutefois que pour que le renforcement ait un effet sur lexpectation, il devra tre considr par lindividu comme tant li son comportement (relation causale). Toutefois, pour Rotter (cit dans Dubois, 1987), afin de rendre compte des choix comportementaux, plusieurs lments doivent tre pris en compte, et non pas seulement la reprsentation du lien conduite-renforcement. Ces variables sont le type de comportement lui-mme, la situation, la nature du renforcement (positif ou ngatif), sa valeur pour lindividu, les expriences et les expectations antrieures. Rotter (1975, 1990, cit dans Fournier, 2001), prvient dailleurs des dangers de conceptualiser et dinterprter linternalit et lexternalit dune manire qui laisserait entendre que les comportements dune personne interne ne peuvent tre lis qu des lments positifs et souhaitables (good guy) et ceux dune personne externe, qu des lments ngatifs et non dsirables (bad guy) (p.370). Bref, la variable contrle interne-externe des renforcements exprime la part respective accorde par lindividu aux facteurs situationnels (caractristiques particulires des situations) et dispositionnels (les donnes inhrentes lindividu dans ces situations) dans la dtermination des renforcements (Dubois, p.37-38). 45 46. 2.3.2 chelles dvaluation du locus de contrle Le premier instrument de mesure visant mesurer les diffrences individuelles en matire de contrle a t cr par Phares en 1955. Deux ans plus tard, James dveloppait un outil dans la continuit de celui de Phares, et qui porte le nom dchelle de James Phares. Il faudra attendre 1966 pour que Rotter labore lchelle de contrle Interne-Externe de Rotter, qui a t inspire par trois objectifs : Crer un instrument dadministration facile; faiblement reli la dsirabilit sociale (cest--dire peu sensible la tendance qui consiste choisir les noncs socialement approuvs et susceptibles de donner une image de soi positive et conforme); permettant dvaluer une expectation gnrale de contrle travers un ensemble trs vari de situations et de domaines . (Dubois, 1987, p. 65). Les travaux de Rotter ont inspir grand nombre dauteurs dans la cration de nouvelles chelles ddies aux enfants et adolescents, comme celles, pour nen nommer que quelques-unes, de Nowicki et Strickland (1973, cits dans Dubois, 1987) de Nowicki et Duke (1974, cits dans Dubois, 1987) et de Stephen et Delys (1973, cits dans Dubois, 1987) de mme que des chelles pour adultes, dont les plus connues sont sans doute celles de Levenson (1973, cit dans Dubois, 1987). Pour Levenson (cit dans Dubois, 1987), la croyance selon laquelle le monde est rgi par le hasard et lalatoire devrait tre distingue de la croyance selon laquelle le monde est ordonn et prdictible sous le contrle dautres tout-puissants. En effet, selon lauteur, la possibilit de contrle par lindividu nest pas la mme dans les deux cas (Dubois, 1987). Son chelle de mesure se distingue donc de celle de Rotter en ce sens o Levenson distingue trois types dexpectations: les expectations en un contrle interne (chelle I), les expectations en un contrle dautres toutpuissants (chelle P), et les expectations en une absence de contrle (chelle C). 46 47. 2.3.3 Linternalit Ce sont Jellison et Green (1981, cits dans Bressoux et Pansu, 1998), qui ont dvelopp la notion de norme d'internalit suite leur constat que la culture occidentale prfre les individus internes. Les auteurs ont donc ralis diverses expriences visant dmontrer quil existe bien une dsirabilit sociale lie linternalit. Leurs principaux rsultats sont les suivants (cits dans Dubois, 1987) : Les individus (ici des tudiants) accordent une plus grande valeur aux explications internes puisquils jugent favorablement ceux des leurs qui fournissent le plus grand nombre de rponses internes lchelle de Rotter et jugent plus dfavorablement ceux qui en fournissent le moins (premire tude); Les individus sont conscients de cette valorisation puisquils en tiennent compte dans leurs stratgies dauto-prsentation : les rponses quils font lchelle de Rotter diffrent lorsquils rpondent comme un tudiant moyen ou lorsquils rpondent en leur nom propre (consigne classique). Leurs rponses sont significativement plus internes dans ce dernier cas (deuxime tude); Ils en tiennent galement compte lorsquon leur demande de rpondre pour donner une image soit positive, soit ngative deux-mmes (troisime tudes) : linternalit est alors associe la production dune image positive deux-mmes (p. 172). Ainsi, en apportant les preuves que les individus accordent linternalit une valeur positive, Jellison et Green ont incontestablement montr que les explications internes en matire de contrle des renforcements font bien lobjet dune dsirabilit sociale (Dubois, 1987, p.173). De plus, comme le mentionne Dubois (1987): les explications internes en matire de contrle des renforcements 1) sont bien lexpression privilgie de groupes sociaux favoriss, 2) font lobjet dacquisition durant le dveloppement et 3) sont socialement dsirables (p.175). C'est Beauvois (1984) (cit dans Bressoux et Pansu, 1998) qui a systmatis la notion de norme d'internalit, en intgrant dans une mme perspective les 47 48. croyances caractristiques du LOC et les infrences caractristiques des attributions causales (p.20). Pour Beauvois (cit dans Dubois, 1987), lerreur fondamentale dcrite par les thoriciens de lattribution, la prdominance des explications internes aussi bien que les phnomnes dillusion en matire de reprsentation de la dtermination des renforcements, sans oublier les ractions internalisantes aux catastrophes, font intervenir un mme biais : la surestimation du poids de lacteur (p.174). Ce biais se traduit par un refus dadmettre que les comportements dun individu puissent tre contrls par des influences externes et que le hasard puisse intervenir dans ce qui lui arrive. Fournier (2001), critique toutefois le fait que la mise en valeur de la norme dinternalit responsabilise outrance le sujet en regard des vnements qui lui arrivent, un peu comme si la responsabilit dun vnement devait tre attribue soit au sujet (LOC interne), soit lenvironnement (LOC externe), ce qui laisse peu de place une analyse qui privilgierait la notion de co-responsabilit pour comprendre les vnements qui surviennent dans la vie de lindividu (p.380). Cette critique est intressante puisquelle rend compte de la facilit apposer une tiquette lindividu. Soit la personne se sent en contrle de la situation et sy engage, soit elle se laisse porter par la chance, le hasard, le destin. Pourtant, tout intervenant agissant auprs dindividus amens prendre des dcisions sait que la question nest pas de savoir si tout est noir ou blanc, mais plutt de chercher les nuances afin de trouver la couleur de chacun. 2.3.4 Locus de contrle et dveloppement de carrire Il a t dmontr prcdemment que le locus de contrle peut influencer de nombreuses variables. Mais quel lien peut tre fait entre le locus de contrle et le dveloppement de carrire? Dans un premier temps, Dubois (1987) mentionne que : 48 49. Dune faon gnrale, les individus qui se caractrisent par une orientation interne de leur LOC sont aussi ceux qui 1) russissent le mieux lcole, luniversit et dans leur mtier 2) semblent tre plus motivs par la russite 3) tmoignent dune certaine efficacit dans le recueil et lutilisation de linformation 4) utilisent leurs expriences antrieures comme sources dinformation (p.117) . Bref, il semblerait quun individu prsentant un locus de contrle interne soit, dune certaine manire, avantag par rapport la russite de son cheminement scolaire et professionnel. son tour, Genevive Fournier, chercheure et directrice du Centre de recherche et dintervention sur lducation et la vie au travail (CRIEVAT), sest intresse, dans plusieurs de ses travaux, au concept de locus de contrle en lien avec le dveloppement de carrire, cest--dire le choix professionnel et linsertion socioprofessionnelle. Quelques-uns de ses travaux majeurs sont prsents ici. Fournier (2001) a men une recherche afin de mieux connatre les croyances de contrle de jeunes en difficult dinsertion socioprofessionnelle et de dvelopper une intervention qui colle leur ralit et leur permet de dvelopper un certain pouvoir daction dans cette situation (p.379). Ses diverses analyses lui ont permis de constater que la grande varit de croyances mises par des jeunes de 16 25 ans ne pouvaient tre simplement classes selon les catgories interne/externe. Lauteure a ainsi cr une typologie des croyances comprenant cinq catgories distinctes du locus de contrle : Lorsque ces cinq catgories de croyances sont compares entre elles, la reprsentation de lieu de contrle marque une progression selon laquelle, au point de dpart, la ralit quimpose lextrieur et qui aline laction et la responsabilisation, se diversifie au fur et mesure que la perception de contrle sintriorise, offrant ainsi un plus grand nombre dopportunits et une plus grande temporalit daction aux individus. Les croyances les plus externes, les croyances dfaitistes (lindividu est dtermin par le contexte ou les autres), se situent une extrmit du continuum et les 49 50. croyances les plus internes, les croyances pro-actives (lindividu reconnat la fois limpact de ses efforts personnels et des contingences environnementales sur les vnements de sa vie), sont lautre extrmit. Trois autres catgories de croyances sinsrent entre ces deux ples : les croyances de dpendance (lindividu est dtermin par la chance et le hasard), les croyances de prescription (lindividu est dtermin par les prescriptions et les normes sociales) et les croyances dautoresponsabilisation (lindividu reconnat une contingence troite entre ses actions et les rsultats quil obtient) (p.379). Fournier (2001, p.371) appuie les propos de Marks (1998) selon lesquels les croyances de contrle internes et externes varient trs souvent chez un mme individu selon les sphres de vie spcifiques, ses diverses expriences et son contexte de vie et ce, en fonction des valeurs vhicules par les milieux frquents par cet individu. De nombreuses tudes nord-amricaines cites dans Fournier (2001) ont permis dtablir des liens significatifs entre lexternalit et lappartenance un groupe minoritaire ou socioconomiquement moins avantag (Gurin, Gurin et Morrison, 1978; Levenson, 1981; Wenzel, 1993; Fink et Hjelle (1973), Mirels et Garret (1971) Nowicki et Duke (1983) Young et Shorr 1986; Lachman et Weaver, 1998). Les conclusions provenant de chacune de ces tudes sont identiques : Plus la personne a un niveau dducation lev et appartient une classe socioconomiquement favorise, plus elle obtient des scores levs dinternalit. linverse, moins elle est scolarise et plus elle appartient une classe sociale socioconomiquement dfavorise, plus elle entretient des croyances de contrle externes (Fournier, 2001, p.372). Dans leur article duquer le locus de contrle vocationnel par le truchement des croyances , Fournier et St-Onge (1995), prsentent les conclusions dune recherche quelles ont mene durant trois ans et qui se basait sur lnonc suivant : l'adoption d'un locus de contrle interne ou externe est un lment dterminant de la motivation du sujet s'occuper ou ne pas s'occuper de son orientation et/ou de son dveloppement vocationnel (p.355). Cette tude portant sur le locus de contrle 50 51. vocationnel, Fournier et St-Onge on dfinit ce concept comme tant la disposition de l'individu se considrer comme le principal agent de sa vie professionnelle et par la conviction de pouvoir dfinir et ngocier son propre avenir (Fournier, 1992b, cit dans Fournier et St-Onge, 1995, p.352) . partir des croyances nonces par les jeunes impliqus dans leur recherche, les auteures ont identifi diffrents niveaux dexternalit ou dinternalit du locus de contrle quelles ont classs en cinq types, rejetant ainsi le principe dichotomique de locus de contrle (externe/interne). Les trois premires classes se situent au niveau des croyances de contrle externe et regroupent les croyances dfaitistes (niveau extrmement externe), les croyances de dpendance (niveau externe) et les croyances de prescription (niveau plus ou moins externe). Les deux dernires classes se situent quant elle au niveau des croyances de contrle interne, cest--dire les croyances d'auto-responsabilisation (niveau interne) et les croyances pro-actives (niveau trs interne). On constate ainsi que le locus de contrle vocationnel marque une progression selon laquelle, au point de dpart, la ralit qu'impose l'extrieur et qui aline l'action et la responsabilisation, se diversifie au fur et mesure que le locus de contrle s'intriorise, offrant ainsi un plus grand nombre d'opportunits et une plus grande temporalit d'action aux individus (Fournier et StOnge, 1995, p.355). Cette classification en cinq niveaux reprsente, pour les auteurs, une possibilit dvolution fort intressante pour un individu, puisquen changeant de niveau petit petit, la personne acquiert dj du pouvoir personnel et de la motivation agir et ce, mme si c'est encore pour les autres, au moins l'action apparat-elle possible (Fournier et St-Onge, 1995, p.355). En 1995, Fournier dirigeait la conception du projet Interagir- une stratgie efficace dorientation et dinsertion socioprofessionnelle. Ce programme a pour but 51 52. dintervenir sur les croyances de lindividu pour laider dans ses difficults dorientation et dinsertion professionnelle (p.9), et galement dduquer et daccrotre le locus de contrle vocationnel des participants (p.79) . Fournier dmontre quune personne qui croit que son succs est en partie raison de son investissement personnel sengagera davantage dans sa dmarche quun individu qui sen remet uniquement des circonstances extrieures, au hasard, au destin, etc. Selon un locus de contrle davantage interne ou externe, la personne, au fil de ses expriences, renforcera ses croyances par rapport son pouvoir daction ou au contraire par rapport son sentiment dimpuissance vis--vis son environnement. Bref, en adoptant de plus en plus dattitudes proactives, la personne utilise et accrot son locus de contrle interne. Si lindividu opte pour une attitude dfaitiste, il devient la victime du quotidien, des vnements, de lenvironnement. En donnant lextrieur tout le pouvoir sur lui, en nutilisant pas les ressources de son milieu, il ne peut plus exercer de contrle sur ce quil vit tant personnellement que professionnellement. Cette personne possde un locus de contrle externe (Fournier, 1995, p.55). Dans le but daider un individu accrotre son pouvoir personnel et acqurir un locus de contrle personnel et vocationnel, Fournier suggre une exploration approfondie de son identit personnelle et professionnelle. Dubois (1987), cite par Fournier (1995, p.42), propose son tour que cest en reconnaissant ce quelle veut privilgier dans sa vie que la personne pourra dvelopper un locus de contrle plus interne. Le locus de contrle apparat donc comme tant un concept phare dans la comprhension des facteurs lis linsertion socioprofessionnelle, mais galement dans la prise de dcision en gnral. 52 53. TROISIME CHAPITRE OBJECTIF DE RECHERCHE Il va sans dire que de nombreuses variables peuvent influencer la prise de dcision relative la carrire des jeunes de quatrime et de cinquime secondaire. Le niveau de motivation, le soutien des proches, un projet de carrire bien dfini, les rsultats scolaires, pour ne nommer que celles-l, sont toutes des variables pouvant jouer un rle lorsque vient le temps, pour un jeune, de dcider. videmment, pour le conseiller en orientation qui uvre auprs dune clientle dge secondaire prsentant une difficult sorienter, certains facteurs sont plus faciles que dautres travailler. Par ses connaissances du domaine de la psychologie, sa crativit, sa comprhension du fonctionnement psychologique et son coute, le conseiller pourra apporter son soutien au jeune qui, par exemple, est dmotiv, a de la difficult noncer un projet professionnel, manque dinformations scolaires, etc. Bref, en aidant le jeune dcouvrir ses intrts, ses aptitudes, ses traits de personnalits, son mode de fonctionnement, etc., le conseiller en orientation pourra apporter un appui considrable. Toutefois, une variable fort importante, et encore peu tudie en carrirologie, peut galement venir influencer les interventions auprs dun client. En effet, selon que le jeune prsente un locus de contrle interne ou externe, lappui apport par le conseiller en orientation sera bien diffrent. Il serait effectivement peu efficace dagir dune manire identique envers un jeune qui sent quil na aucun contrle sur son environnement (locus de contrle externe) versus celui qui au contraire, sent quil a du contrle (locus de contrle interne). Ainsi, lobjectif gnral de la prsente recherche est de dcrire le rle du locus de contrle sur la prise de dcision relative la carrire dlves de la quatrime et de la cinquime secondaire. 53 54. QUATRIME CHAPITRE - MTHODOLOGIE Les donnes utilises ici proviennent dun projet de recherche command principalement par une Commission scolaire de la rive nord de Montral. Ltude est intitule Le processus de prise de dcision relative la carrire chez des lves de 4e et de 5e secondaire de la Commission scolaire de Laval. Ce projet comporte 3 objectifs principaux : 1) Identifier les critres de prise de dcision relativement la carrire dlves de la quatrime et de la cinquime secondaire; 2) Cerner les principales difficults qui interfrent et les facteurs qui influencent la prise de dcision relativement la carrire dlves de la quatrime et de la cinquime secondaire; 3) Dcrire les liens possibles entre son profil de prise de dcision relative la carrire et de celui des difficults rencontres sur la capacit dlves de la quatrime et de la cinquime secondaire construire un projet professionnel clair (Cournoyer et Lachance, 2012). La recherche a t mene par Louis Cournoyer et Lise Lachance, tous deux professeurs au dpartement dducation et de pdagogie, section carrirologie, avec la collaboration de deux auxiliaires de recherche, Claire de Lorimier et Vronique Morasse. Ltude regroupe deux approches : cest--dire lapproche quantitative et lapproche qualitative. Dans le cadre du prsent essai, seule lanalyse qualitative a t utilise dans le traitement des donnes. La section mthodologie est divise en 7 sections : le type de recherche, la stratgie dchantillonnage, les instruments utiliss, la mthode de collecte de donnes, le traitement des donnes, lanalyse des donnes, et lthique. 54 55. 4.1 Type de recherche Le type de recherche utilis pour cet essai est de type qualitatif. Selon Gaudreau (2011, p.82), la recherche qualitative suit un raisonnement inductif; la thorie est dgage des rsultats . Cest par une analyse thmatique que lobjectif de la prsente recherche, qui est de dcrire le rle du locus de contrle sur la prise de dcision relative la carrire, pourra tre ralis. Ce type danalyse est ralis laide dune grille danalyse, qui est lensemble organis des thmes danalyse diviss en sous-thmes, sous-sous-thmes, etc. (Gaudreau, 2011, p. 209). Les donnes sont donc traites de faon brute , en ce sens o aucune donne ne sera transforme; elles proviennent intgralement dentretiens semi-dirigs raliss pralablement. Bien que la recherche ait permis damasser des donnes quantitatives et qualitatives, seules les donnes provenant des entretiens ont t utilises pour le prsent crit. Cest pourquoi les rsultats ont t analyss selon une mthode qualitative, et non pas selon une mthode mixte (provenant dune analyse qualitative et quantitative). 4.2 Stratgie dchantillonnage la demande des diffrents partis ayant command la recherche intitule Le processus de prise de dcision relative la carrire chez des lves de 4e et de 5e secondaire de la Commission scolaire de Laval, la slection des coles secondaires devait se faire de manire slectionner des coles appartenant des niveaux socioconomiques diffrents. Des dmarches ont donc t entreprises auprs des diffrents tablissements denseignement secondaire de Laval afin de slectionner les milieux dsirant participer ltude. Le chercheur responsable de la recherche a contact certaines directions dcole ayant pralablement manifest leur intrt prendre part au projet afin de leur expliquer limplication leur tant demande pour assurer une participation russie. Chaque cole devait slectionner un enseignant qui accepterait de prendre une priode de classe afin que les lves puissent complter le 55 56. questionnaire. Cet enseignant devenait donc la rfrence contacter afin dtablir un horaire de passation des questionnaires. Une fois ces premiers contacts raliss par M. Cournoyer, la responsabilit dtablir un horaire a t transmise lune des auxiliaires de recherche. Trois coles ont pris part au projet : lcole X (deux groupes de quatrime secondaire et trois groupes de cinquime secondaire), lcole Y (deux groupes de quatrime secondaire et quatre groupes de cinquime secondaire) et lcole Z (deux groupes de quatrime secondaire et deux groupes de cinquime secondaire). En tout, six groupes de quatrime secondaire et neuf groupes de cinquime secondaire ont rempli les questionnaires, pour un total de quinze groupes. Une auxiliaire de recherche a planifi pour chacune des coles une rencontre par classe visant tout dabord expliquer le projet de recherche aux lves et leur remettre un formulaire de consentement. Le formulaire devait tre sign par llve de mme que par un de ses parents, afin dautoriser lutilisation des donnes du questionnaire complt par llve de mme quune ventuelle participation un entretien. Par la suite, lors de la deuxime rencontre, les lves devaient remplir le questionnaire. La passation des questionnaires de recherche a t assure par les deux auxiliaires de recherche. La rcupration des formulaires de consentement a t effectue lors de la deuxime rencontre. Grce la collaboration des enseignants impliqus, il a t possible de rcuprer certains formulaires en dehors des heures de classe. Lchantillon a t constitu partir dune stratgie dchantillonnage alatoire stratifi, selon le sexe et la scolarit. Un total de 400 lves ont complt le questionnaire. Sur ce nombre, 327 questionnaires ont t dclars valides2. Il est rappeler que la recherche comportait deux tapes : la premire consistait la passation des questionnaires, la deuxime tait de rencontrer un chantillonnage prvu de 40 lves en entretien priv semi-dirig. Ainsi, lorsque tous les groupes des trois coles participantes ont t rencontrs et que les questionnaires ont tous t 2 Tous les questionnaires o une ou des rponses taient manquantes, de mme que tous ceux o plus dune rponse une mme question ont t inscrites ont t jugs invalides. 56 57. complts, certains lves ont t contacts par tlphone afin de planifier une rencontre visant participer un entretien. Une fois de plus, les entretiens se sont drouls durant les heures de classe (parfois durant lheure du dner), mais cette foisci dans un local priv afin de prserver la confidentialit. Les entretiens ont t mens par les deux auxiliaires de recherche. 16 candidats ont t rencontrs lcole X, 18 candidats lcole Y et 11 candidats lcole Z, pour un total de 45 entretiens, plutt que 40 (ce sont donc ces 45 lves qui constituent lchantillonnage du prsent crit). Les lves ont t slectionns de manire respecter les 4 critres suivants: 1- Avoir remis le formulaire de consentement sign 2- tre de diffrentes origines ethniques (selon la rpartition pour chacun des milieux) 3- Rencontrer 50 % de filles et 50 % de garons 4- Respecter un ratio reprsentatif des chantillonnages de 4e et 5e secondaire. Au final, ce sont 23 filles et 22 garons qui ont particip aux entrevues individuelles. En ce qui a trait au niveau de scolarit des lves au moment de leur participation au projet de recherche, 20 des 45 participants tudiaient en quatrime secondaire, cest--dire 12 filles et 8 garons, alors que 25 tudiaient en cinquime secondaire, cest--dire 11 filles et 14 garons. 4.3 Instruments utiliss Le questionnaire administr aux tudiants combine le Career DecisionMaking Profile questionnaire (Gati et al., 2010) et le Career Decision-Making Difficulties (Gati, Krausz et Osipow, 1996), tous deux en version francophone. Le CDMP comporte 39 noncs selon une chelle Likert de 7 choix de rponses alors que le CDMD comporte 34 noncs selon une chelle Likert de 9 choix de rponses. 57 58. Le questionnaire final prsent aux lves comportait 104 questions rpondre selon une chelle Likert de 9 choix de rponses. Un guide dentretien a t cr par Louis Cournoyer et Lise Lachance, tous deux professeurs lUniversit du Qubec Montral et chercheurs, dans le but dassurer une uniformit dans les questions poses. Les entretiens ont tous t enregistrs laide dun enregistreur vocal. Le guide dentretien est compos de 42 questions. 4.4 Mthode de collecte de donnes Les questionnaires ont t complts durant les heures de cours des lves, sous la supervision des deux auxiliaires de recherche. Ds le dbut de la priode, les lves recevaient les explications ncessaires afin dtre en mesure de complter correctement le questionnaire. Les lves taient invits inscrire sur leur questionnaire un pseudonyme compos dun mot et dun chiffre afin dtre en mesure didentifier, lors des entrevues, le questionnaire appartenant llve rencontr. Les lves qui avaient des questions devaient lever la main de manire prserver un climat de calme et surtout devaient conserver le silence, afin de favoriser des conditions de passation optimale. La collaboration de chaque enseignant a t sollicite afin de conserver la discipline. Une fois la dernire copie rcupre, les tudiants taient remercis de leur participation. De plus, un rappel concernant limportance de rapporter le formulaire de consentement sign tait effectu, de manire sassurer du plus haut taux de participation possible. La mme procdure a t applique dans les 15 groupes qui ont particip au projet de recherche. Les lves qui ont accept dtre interviews ont t rencontrs durant les heures de classe. Au dbut de chaque entretien, trois lments taient rappels au participant, cest--dire, les objectifs de la recherche, la dure et le but de lentrevue. 58 59. Il a galement t rappel que la confidentialit des rponses et de lidentit mme du participant seraient prserves. Les rponses fournies par les lves lors de la passation du questionnaire font lobjet dune analyse quantitative, alors que les rponses obtenues lors de lentretien sont analyses de faon qualitative. Toutefois, dans le cas du prsent crit, seules les donnes provenant des entretiens font lobjet dune analyse. 4.5 Traitement des donnes En ce qui a trait aux donnes quantitatives, chaque donne des questionnaires a t compile dans un tableau Excel, cest--dire que la rponse de chaque lve chacune des questions y a t enregistre. Afin danalyser les entretiens, ceux-ci ont dabord t retranscrits dans le logiciel Word. Par la suite, les donnes ont t classes dans diffrents nuds (ou catgories) selon la nature des propos tenus par llve. Le logiciel qui a t utilis est NVivo version 9. Dans le but de prserver la confidentialit des rponses, seul le pseudonyme crit par llve a servi lidentification des questionnaires et des entretiens. 4.6 Analyse des donnes Lanalyse des donnes qualitatives a eu lieu en quatre temps. Gaudreau (2011) les rsume ainsi : Le codage qui a lieu en dcoupant le corpus en segments numrots qui correspondent aux units de sens; le classement, quand les noncs apparents sont rassembls en distinguant les groupes les uns des autres; la catgorisation, lors que la catgorie dappartenance des noncs est tablie et dsigne par un thme et un sous-thme; et linterprtation constante qui agit travers le codage, le classement et la catgorisation (p.218). 59 60. Ces tapes tires du livre de Gaudreau (2011) sont tout fait reprsentatives de la procdure ayant t applique ici afin de raliser lanalyse des donnes. Plus prcisment, une fois ltape des entretiens franchie, chacun dentre eux a t transcrit, de manire produire ce qui est appel un verbatim. Ainsi, chaque entretien reprsente un verbatim, ce qui fait quune fois ce processus termin, 45 verbatim (pour 45 entretiens) ont t crs. Par la suite, la lecture de ceux-ci, les propos tenus par les lves ont t classs par catgories, en fonction de la nature mme de leurs commentaires; cette classification a t ralise en utilisant le logiciel NVivo 9. De ce fait, il est devenu beaucoup plus facile de faire des liens entre chacune des rponses fournies par les lves. Cest ce qui a entre autres permis de crer un nud nomm locus de contrle, do proviennent lensemble des donnes utilises ici. Une fois ces donnes rcupres, elles ont t divises selon des thmes et sous-thmes regroupant les propos ayant la mme signification, le mme sens. Bref, ce sont chacune de ces tapes de lanalyse des donnes qui ont permis de gnrer les rsultats prsents ici. 4.7 thique Avant toute chose, un certificat dthique a t mis en juin 2012 par le Comit institutionnel dthique et de la recherche avec des tres humains de lUQAM, de manire sassurer que toutes les tapes du projet de recherche (protocole de recherche) soient ralises dans le respect des rgles thiques. Par la suite, un formulaire de consentement devait tre sign par tous les lves de mme que par leurs parents, puis devait tre rapport aux auxiliaires de recherche. Seules les donnes des questionnaires ayant t jumels un formulaire de consentement ont t utilises pour la recherche. De mme, seuls les lves ayant donn leur accord de participation un entretien ont pu tre contacts. Les questionnaires et les entretiens ont t identifis laide dun pseudonyme et dun chiffre. Il est donc impossible de retracer les coordonnes dun lve ayant particip au projet de recherche. Toutes les 60 61. donnes en lien avec le projet de recherche ont t dposes dans un fichier DROPBOX. Ainsi, seuls les intervenants concerns avaient accs aux informations lies la recherche. De plus, autant les chercheurs que les auxiliaires de recherche sont conscients de limportance de prserver la confidentialit. Ainsi, aucune donne ne sera partage sans lautorisation des personnes en cause. 61 62. CINQUIME CHAPITRE - PRSENTATION ET INTERPRTATION DES RSULTATS Dans ce chapitre, les rsultats de recherche sont prsents et analyss, ce qui a t ralis par une analyse thmatique. Cette section vise spcifiquement rpondre lobjectif de la prsente recherche, qui est de dcrire le rle du locus de contrle sur la prise de dcision relative la carrire dlves de la quatrime et de la cinquime secondaire. Pour ce faire, un tableau rcapitulatif des thmes et des sous-thmes abords par les lves ayant accept de participer lentrevue est dabord prsent. Par la suite, afin de mieux comprendre la distinction entre les diffrents thmes et sous-thmes, ceux-ci sont dfinis et appuys par des extraits provenant des dits entretiens. Il est prciser que la majorit des extraits proviennent de deux questions que les lves ont eu rpondre lors de la passation du questionnaire, et qui se trouvaient galement dans le guide dentretien. Ces questions sont les suivantes : Je ne suis pas le seul responsable des rsultats de mes dcisions. Le destin et la chance auront galement une incidence sur ma future carrire , et Les facteurs qui sont hors de mon contrle (par exemple, le destin) exercent une influence importante sur mes choix de carrire et leurs retombes . Ainsi, suite au tableau rcapitulatif, les propos des lves (en lien avec la signification quils accordent au locus de contrle) seront illustrs en fonction des catgories des thmes et des sous-thmes noncs. Ceci permettra danalyser le rle jou par le locus de contrle par rapport la prise de dcision relative la carrire des lves. 62 63. Rsum des thmes et sous-thmes abords par des lves de 4e et 5e secondaire Thmes Sous-thmes Nulle chance, ni destin Juste un peu de chance et de destin Chance et destin incontrlables, parcours incontrlable Le risque des accidents Le risque des catastrophes Llve en tant que matre de son avenir Efforts investis Le choix responsable La chance et le destin comme influences positives dans un parcours professionnel La chance et le destin en tant que facteurs de dcouvertes La chance et le destin en tant que crateurs dopportunits Aucun contrle sur son environnement Aucun contrle sur les rsultats scolaires et les comptences de soi et des autres Les inluctables chances et destin pour atteindre des sommets Influence de Dieu Chacun des thmes et des sous-thmes noncs dans le tableau est repris dans les pages qui suivent de manire dtailler quel contenu ils englobent. 63 64. 5.1 Nulle chance, ni destin Pour certains lves, la chance et destin ne sont en aucun cas des facteurs dinfluence sur leur parcours de vie. Bien a na pas tout le temps rapport moi je pense, le destin et la chance pfft! Trs peu pour moi (INT 1) Ce que je vais faire plus tard, cest moi qui va choisir et cest grce moi si a va fonctionner alors la chance et le destin nauront rien voir avec a. (MDLS 18) Mais le choix en tant que tel cest le destin ou la chance a a aucun rapport pour moi. (MDLS 3) Bref, ils ne croient aucunement que la chance et le destin pourraient venir teinter, que ce soit positivement ou ngativement, leurs dcisions. 5.2 Juste un peu de chance et de destin Selon plusieurs lves, la chance et le destin sont sources dinfluences, mais de faon non significative seulement, cest--dire quils croient en lexistence dune part dinfluence extrieure qui chappe au contrle individuel. mais en mme temps, comme jvous ai dit, y a rien qui arrive pour rien dans la vie . Pis euh Jpense que a a quand mme euh pas beaucoup, beaucoup dimportance, mais a a quand mme un minimum de (LEB 10) Bien en gnral cest souvent nous qui prend les dcisions et on est pas seul l-dedans mais cest nous qui a le dernier mot. Mais cest sr quil y a toujours un peu dincertitude doncIl y a toujours une chance de hasard l donc cest sr comme le destin, la chance a va avoir une incidence. (INT 2) 64 65. Jsuis daccord, parce que cest pas vrai que cest moi qui sera le seul responsable du rsultat de mes dcisions. Y a plusieurs facteurs qui viendront soit maider ou me nuire. Comme, par exemple, cqui est cit ici : le destin et la chance. (LEB 5) Euh Moi, je trouve que je suis le seul respon le seul responsable de mes dcisions, mais je trouve que le hasard peut aussi jouer un peu le rle sur nos dcisions (MDLS 7) En somme, pour certains, la chance et le destin peuvent tre parfois des lments dinfluence, mais sans tre des dterminants davenir. Llve prfre ici parler de chance et de destin en tant que facteurs, parmi dautres, pouvant jouer un rle dans la prise de dcision. 5.3 Chance et destin incontrlables, parcours incontrlable Alors que pour certains lves la chance et le destin ne sont pas ou peu synonymes dinfluence, pour dautres, ce sont deux facteurs trs significatifs. En effet, plusieurs ont mentionn que des vnements incontrlables pourraient survenir et venir influencer la prise de dcision lie la carrire. Dans tous les cas, ces vnements taient ou bien relis aux accidents automobiles, ou bien relis lavnement dune catastrophe naturelle. Les propos des lves en lien avec les accidents automobiles dmontrent que les squelles causes par ce type daccident pourraient avoir dimportantes consquences sur leur avenir professionnel, principalement par les limitations physiques dont ils pourraient tre responsables. Parce que je peux pas tout calculer mme siCest a, parce que mettons je sais pas mettons jarrive et je me fais frapper par un accident dauto, bien cest pas prvu l, je veux dire a sera pas les mmes options de mtier. (LEB 15) 65 66. Bien la chance, des fois oui elle peut choisir ta carrire, des fois a change, ta vie peut changer. Par exemple, bien disons un exemple je me fais frapper par une voiture, je deviens handicap, il y a une grande liste de mtiers que je ne pourrais plus faire cause de a, alors la chance, bien je trouve quelle joue un rle. (MDLS 16) Parce que oui, cest vrai, a peut arriver par exemple, un accident ou peu importe pis que admettons euh jsuis paralyse l. Cest sr que cest plate, mais en mme temps, jvais toujours marranger pour faire quand mme quelque chose que jveux faire mme si jsuisadmettons, jnai plus de jambes ou peu importe l, jvais quand mme marranger pour le faire. (MDLS 1) Dun autre ct, certains lves croient que lavnement dune catastrophe naturelle pourrait venir influencer leur prise de dcision lie la carrire, soit en leur faisant prendre conscience dun intrt ou dune passion exploiter mme un mtier, ou encore en faisant office de contrainte forant un changement de plans. mon Dieu! Il y a eu une catastrophe naturelle dans tel pays et tu ressens le besoin daller aider les gens, bien pourquoi quau lieu de te diriger je sais pas moi vendeur dordinateur, pourquoi tu te dirigerais pas dans quelque chose qui est plus humanitaire, quelque chose qui est plus social, quelque chose qui aide les gens si cest quelque chose qui te rejoins. (INT 10) admettons que le destin il dcide que je sais pas moi, quil y a un ouragan ou quelque chose du genre, bien cest sr que je vais avoir des choix admettons de carrire admettons que je voulais aller luniversit en Floride et quil y a un ouragan mais a va influencer mes choix de ne plus y aller parce quil y a eu un ouragan et cest tout saccag l. Mais cest sr que et je vais en choisir mettons une autre universit mais cest sr que a influencer mes choix et mon futur en quelque sorte l sur a. (INT 11) Bref, certains lves croient que la chance et le destin seront responsables dvnements incontrlables qui viendront, directement ou indirectement, jouer un rle dans le parcours professionnel, et par le fait mme sur leur prise de dcision lie la carrire. 66 67. 5.4 Llve en tant que matre de son avenir Sans nier linfluence de la chance et du destin, llve reconnat ici quil est le principal responsable de son avenir, soit en mentionnant clairement quil doit fournir les efforts ncessaires pour atteindre le niveau de russite souhait, soit en favorisant un choix responsable. En ce qui a trait aux efforts investis, llve reconnat que pour assurer latteinte de ses objectifs, il devra fournir les efforts ncessaires (exemples : tudier, faire des recherches, complter les dmarches ncessaires, etc.) il y a toujours des imprvus qui peuvent arriver. Il y a toujours quelque chose qui peut changer le cours de ma vie si on veut, de mes choix; mais pour moi bien moi je crois en moi beaucoup, dans le sens que je pense que je peux avoir un grand impact sur mon avenir et que si je fais les efforts et que je fais ce quil faut, je vais men aller pas mal dans ce que je voulais aller dans le fond. (INT 7) Bien parce que dans un sens, peut-tre que oui il y a comme la chance et tout mais dans un autre, je me dis quil y a comme cest nous de faire en sorte que a arrive. Genre cest nous de bien travailler et comme de donner tous les efforts pour que ce quon veut qui arrive, arrive justement. Mais dans un autre, oui quand mme il y a de la chance. (LEB 12) Bien je suis pas mal le seul, je veux dire je veux minformer de toutes les affaires qui mintressent donc mais cest juste moi daller disons dans les bibliothques, chercher des livres pour minformer dans les domaines que je veux. Cest pas vraiment le destin qui il va pas avoir un livre qui va me tomber sur la tte et (MDLS 14) parce que oui, peut-tre que le destin et la chance vont mdonner ts, lopportunit de faire ts cque jveux faire, mais en mme temps, y a beaucoup de moi l-dedans l, jveux dire. Beaucoup de travail, de patience (LEB 4) La rflexion de llve qui reconnat sa propre responsabilit dans ses prises de dcision porte principalement sur le fait quil ne peut pas tout laisser entre les 67 68. mains de la chance et du destin. Au contraire, il prfre assumer sa part dans latteinte de ses objectifs. Cest sr quil y a le destin et il y a de la chance l dans la vie, cest comme la loterie mais je suis sre que si on est on est responsable de nos actes mais cest nous qui fait des dcisions alors on doit assumer en quelque sorte. Alors je pense quon est plus responsable sur nos dcisions que le destin et la chance. Cest juste des petits facteurs dans la vie je pense, oui. (INT 11) Parce que oui je crois au destin mais en mme temps il y a une partie que cest vraiment comme cest de notre ressort si on veut et le destin peut jouer quelque chose l-dessus, mais pour ce qui est de mon choix de carrire a cest moi qui choisis mais a veut pas dire que je vais rentrer l mais cest quand mme mon choix, cest moi qui voudrais faire a. (INT 8) Ben le seul responsable, cest moi. Ben Je suis je suis Oh ! Mon Dieu !... Euh ouais. Moi jdirais oui. Cest sr, la chance a un rapport parfois, parfois tu deviens chanceux, des affaires comme a Mais sinon cest cest moi qui sera responsable des rsultats. (LEB 3) Mais, jchoisis ma carrire, cest moi qui las choisie. Cest pas ldestin qui ma dit : Ah, va l-dedans . Cest pas le destin qui a choisi dune certaine faon que lui va aller l-dedans. Fait que voil, on va y mettre le choix dans tte. Cest Jai dcid que jmen allais ldedans Cest Cest mon choix. Donc a a aucun rapport avec le destin ma faon defaire mes choix, jpense. (MDLS 3) En rsum, certains lves considrent quils sont matres de leurs dcisions, en ce sens o ils choisissent de sinvestir pleinement et de plein gr dans leur processus de dcision. Pour ce faire, ils feront les efforts ncessaires, simpliqueront dans chacune des tapes de leur dmarche menant la prise de dcision, agiront de manire responsable (cest--dire en sattribuant la responsabilit de leurs actes), et seront en mesure de se reconnatre comme tant garants de leurs rsultats. 68 69. 5.5 La chance et le destin comme influences positives sur un parcours professionnel Llve reconnat que la chance et le destin peuvent tous deux influencer positivement son cheminement de carrire. Par exemple, pour lui, les rencontres, les opportunits, diffrents vnements, etc. peuvent tous conduire la dcouverte de nouveaux horizons jamais envisags auparavant. Plus particulirement, llve reconnat que la chance et le destin peuvent tre sources de dcouvertes, en tant, selon lui, des initiateurs de rencontres et dvnements inattendus. Je pense que le destin souvent a laide faire des choix Aussi mon plan de carrire je le fais comme parce que il sest pass des vnements dans ma vie qui font quaujourdhui je suis une telle personne et cette personne-l elle fait que je vais tre plus attire vers un tel mtier quun autre l. (INT 10) Parce que je dois prendre beaucoup de dcisions par moi-mme, mais je pense aussi que parfois a peut tre une question de chance ou de destin aussi. Cest un peu comme le cas de mon pre qui aujourdhui enseigne au primaire, cest pas une question de dcision, cest pas une question de talent ou de manque de talent non plus, cest les circonstances qui lont men bien qui lont comme dplac dcole en cole. Et je crois que a pourrait marriver aussi, mais cest aussi jai une importante part donc cest assez moiti/moiti. (INT 3) Je suis vraiment daccord avec a, dans le sens quon a bien beau prendre des dcisions, il y a des choses qui arrivent quon na pas dcides que a arriverait, donc des imprvus. La chance et le destin en sont pour beaucoup l-dedans, donc jai eu un exemple la journe carrire, une infirmire en formation, elle au dbut elle voulait devenir mdecin et dans le fond ce qui est arriv cest quelle est tombe malade et elle est tombe en amour avec le mtier dinfirmire et aprs a elle a continu ses tudes en infirmire aprs avoir gurie. Donc je trouve que cest un bon exemple, dans le sens quelle avait pas prvu dtre malade mais a la fait quelle fait ce quelle aime maintenant. (INT 8) 69 70. De plus, certains lves considrent que la chance et le destin jouent un rle dans les opportunits qui se prsenteront tout au long de leur parcours (personnel et professionnel). Parce que dans le sens o, euh la chance a toujours euh un certain une certaine euh un certain poids dans lfond Exactement un certain poids sur cqui pourrait arriver parce que des fois, tas tas une belle opportunit parce que tas t au bon endroit, au bon moment, fait que je me dis quil faut quand mme un peu de chance l-dedans aussi. (MDLS 4) Euh ben, jpense que la la chance, cest sr que des fois a peut avoir un effet, tre au bon moment au bon endroit. Quand quelquun mettons vient de quitter un poste pis l, y a un poste qui se libre, mais comme, jtrouve que a va quand mme euh la chance, ben cest sr que toi aussi tas, on a chacun euh des responsabilits l-dessus (MDLS 8) Le destin et la chance Cest sr que jpeux changer dcarrire nimporte quandMais ldestin pis la chance Pt-tre quy a une opportunit qui va souvrir en quelque part pour que jchange un ptit peu mais (LEB 2) Pour certains lves, la chance et le destin sont donc considres comme des influences positives qui permettent dlargir leurs possibilits en provoquant des rencontres ou des vnements imprvus, mais qui auront une grande porte sur leur avenir. 5.6 Aucun contrle sur son environnement Llve reconnat quil ne peut pas contrler certains aspects de son environnement. Llve considre quil na aucune emprise sur les rsultats scolaires des autres lves ou sur leurs comptences en gnral, et en consquence, cest une 70 71. question de destin et de chance sil est en mesure dtre admis dans le programme de son choix ou de se dmarquer au niveau de lemploi. L je parle de la cote R, admettons si je peux pas tre accepte, sil y a quelquun qui a plus de chance que moi parce quil a eu 0.1 cote R de plus que moi, mais sinon (INT 6) Mais cest vrai que bien la grande partie moi je trouve que cest toi, mais il y aura toujours une partie qui sera pas sous ton contrle l, a va tre tu sais pas ce qui peut arriver dans la vie ou bien tu vas tomber sur quelquun, je sais pas, qui a peut-tre les mmes comptences que toi et a va jouer par dautre chose que juste la comptence, blabla et les diffrents facteurs de la vie. Donc je pense que oui, le destin et la chance quelques fois aussi a peut avoir une incidence. Peut-tre que quelquun a le mme CV que moi ou plusieurs mais je rponds juste __ parce que les deux sont pareils puis la chance va faire que cest pas moi ou a va tre moi et le destin va faire que non, a va tre plus lautre et (MDLS 15) Pis jcrois en la chance, comme si tas dla chance, a srait genre tas t accept dans ton programme : tas dla chance. Oui jai dla chance. (MDLS 3) Dans une autre optique, certains lves considrent la chance et le destin comme tant inluctables, cest--dire que leur seul espoir de percer au niveau professionnel sera li ces deux facteurs. Parce quen tant que pianiste, tu as cest pas juste ton talent qui fait en sorte que tu vas tre de renomme mondiale ou juste locale, cest aussi ta manire de ta promotion, la publicit et tout. Si tu tombes sur quelquun qui va faire comme il faut la promotion de toi ou non, a dpend de plein de facteurs comme a. (INT 4) Quand jai rpondu ces questions-l, a jmen souviens, y avait le football dans ma tte. Pis jme suis dit le destin a srement un rle ldedans. Cest a (LEB 3) Ainsi, certains lves considrent leur prise de dcision lie la carrire comme tant tributaire des autres. En nayant pas de contrle sur les rsultats et les 71 72. comptences des autres de mme que sur les possibilits de rencontrer une personne qui sera en mesure de leur ouvrir des portes, certains lves accordent une part importante la chance et au destin. Ils incombent ainsi une part de leur russite des facteurs extrieurs. 5.7 Influence de Dieu Les croyances en un tre suprieur sont galement synonymes dinfluence pour certains lves. Ben. Moi jsuis moi jcrois comme, cest pas juste moi qui va dcider. Comme, si Dieu veut que jvas en Arts, jvais aller en Arts. Pis comme, si y veut que jvas pis que jfasse plaisir ma mre, jvas aller en Pharmacie. Cest vraiment pas juste moi, jpense. Jsais pas. (MDLS 5) Ce type de croyances dmontre clairement que llve qui sen remet une divinit pour effectuer se prise de dcision prsente un locus de contrle externe. Suite lidentification des thmes et sous-thmes lis aux propos mis par 45 jeunes de quatrime et cinquime secondaire, un constat simpose : le locus de contrle de ces lves ne peut tre qualifi uniquement dinterne ou dexterne. En effet, les 7 thmes dgags des entretiens sont beaucoup plus complexes. Tout dabord, le premier thme abord, cest--dire nulle chance, ni destin , dmontre que llve ne croit aucunement en linfluence de ces deux facteurs. Par la suite, la lecture du thme juste un peu de chance et de destin , les propos des lves illustrent que la chance et le destin peuvent venir jouer un rle par rapport leur avenir, sans toutefois tre les uniques facteurs dinfluence. Le thme suivant, titr chance et destin incontrlables, parcours incontrlable , dmontre que certains lves ont conscience que des vnements (incontrlables) peuvent se produire et ainsi modifier leur trajectoire initialement dessine. Le thme 4, llve en tant que 72 73. matre de son avenir , appuie les propos des lves qui se considrent comme tant les principaux acteurs de leur avenir. Pour ce faire, ils constatent limportance des efforts fournir afin datteindre les rsultats souhaits, et se responsabilisent quant aux dcisions prendre. Le cinquime thme, la chance et le destin comme influences positives dans un parcours professionnel , souligne quel point certains lves font confiance la vie pour leur faire vivre des expriences ou des rencontres inattendues, qui agiront alors comme facteurs de changement visant un mieux-tre, et surtout un meilleur accomplissement de leur potentiel. Le thme suivant, aucun contrle sur son environnement , rvle que certains lves sont soucieux que les rsultats et comptences des autres restreignent leurs possibilits davenir professionnel. De plus, pour certains dentre eux, la possibilit de percer au niveau professionnel serait dpendante de la chance et du hasard. Bref, pour ces lves, la prise de dcision lie la carrire sera grandement influence par les autres. Finalement, les croyances religieuses, prsentes sous le thme influence de Dieu , soulignent que peu dlves remettent leur choix professionnel entre les mains dune puissance suprieure. Tous ces thmes et sous-thmes justifient que le locus de contrle joue un rle, bien que diffrent pour chacun, dans la prise de dcision lie la carrire. 73 74. SIXIME CHAPITRE DISCUSSION La section analyse et interprtation des rsultats a permis de dgager les grands thmes lis au locus de contrle des 45 lves de quatrime et de cinquime secondaire, rencontrs lors dentretiens raliss au cours du projet de recherche Le processus de prise de dcision relative la carrire chez des lves de 4e et de 5e secondaire de la Commission scolaire de Laval. La prsente section vise comparer ces rsultats ceux de la littrature scientifique noncs dans la problmatique et le cadre conceptuel. Ainsi, il sera possible de constater les similitudes et les lments distinctifs entre les deux. 6.1 Nulle chance, ni destin Tout dabord, pour certains lves, la chance et le destin ne sont pas des facteurs pouvant influencer leur prise de dcision. En effet, selon eux, ces concepts sont tout simplement inexistants. Se sentant totalement en contrle de leur destine, le locus de contrle de ces lves pourrait donc tre qualifi dinterne. En comparant leurs croyances celles dfinies par Rotter (cit dans Dubois, 1987) par rapport aux individus qui ont locus de contrle externe qui sont ceux qui croient que les renforcements obtenus ont une origine chappant totalement au contrle de lindividu, car dus au hasard, la chance, ou dautres touts-puissants (Dubois, 1987, p.95), il est vident que les ides nonces par ces lves sont loppos mme de cette dfinition. Il est ainsi possible dmettre lhypothse que le locus de contrle des lves qui ne croient pas en la chance et le destin ne jouera pas de rle dans leur prise de dcision lie la carrire. 74 75. 6.2 Juste un peu de chance et de destin Dans ce deuxime thme, les propos tenus par les lves dmontrent que oui, la chance et le destin peuvent jouer un rle dans la prise de dcision, mais jusqu un certain point seulement. Lemplacement du locus de contrle de ces jeunes, sil tait positionn sur lchelle interne-externe de Rotter, se trouverait fort probablement au centre, formant un quilibre parfait. Dans la littrature scientifique, peu dtudes ont fait tat de tels rsultats. Contrairement ltude de Fournier et St-Onge (1995), dont les rsultats suggraient lexistence de cinq types de croyances ( les croyances dfaitistes, les croyances de dpendance, les croyances de prescription, les croyances dauto-responsabilisation, les croyances pro-actives (p.352)), la recherche ici mene tend dmontrer quune chelle interne-externe gradue permettrait davantage de prciser o se situe le locus de contrle dun individu dont la pense ne se trouve pas aux extrmits dune chelle de mesure du locus de contrle, et surtout, ce que cela signifie rellement. Est-ce quune telle position suggre lindcision? Un manque de connaissance de soi? Une difficult saffirmer? Etc.? 6.3 Chance et destin incontrlables, parcours incontrlable Pour plusieurs lves, la chance et le destin sont considrs comme deux lments qui pourraient tre nomms botes surprises . Ces lves sont conscients que des facteurs hors de leur contrle (comme la chance et le destin) pourraient tre responsables de changements importants autant dans leur prise de dcision lie la carrire que tout au long de leur parcours professionnel. La dfinition du locus de contrle qui se trouve dans le texte de Gati, Landman, Davidovitch, Asulin-Peretz et Gadassi (2009) et qui va ainsi: the degree to which individuals believe they control their occupational future and feel that their decisions affect their career opportunities, or that 75 76. these are mainly determined by external forces such as fate or luck (p.280), rsume trs bien la pense de ces lves qui croient que leurs opportunits lies la carrire seront certainement influences par ce que ces auteurs nomment des forces extrieures . Il convient toutefois de nuancer les propos des lves. Il serait facile, de prime bord, de penser que ceux-ci ont un locus de contrle externe, et quils pourraient avoir tendance se positionner en tant que victimes de la chance et du destin . Cependant, la lecture attentive des ides nonces par les lves, il apparat quils ne se fieront pas sur les probabilits de lavnement dun vnement imprvu pour prendre leur dcision lie la carrire, mais quils prendront plutt une dcision, qui sera, par la suite, possiblement modifie par ce mme vnement. Cette prcision est fort importante, puisquelle dmontre que non seulement le locus de contrle peut jouer un rle dans la prise de dcision la carrire, mais quil peut galement engendrer la croyance quil pourrait venir interfrer dans un parcours professionnel. 6.4 Llve en tant que matre de son avenir Les rsultats dgags par ce thme dmontrent que pour certains lves, se sont les efforts investis et la prise de responsabilits qui seront les principaux facteurs venant influencer leur prise de dcision lie la carrire. Bien loin dattendre un coup de pouce de la chance et du destin, ces lves prfrent prendre les choses en main pour sassurer dune dcision leur image, reprsentative de leurs prfrences, et qui saura les satisfaire. Ces jeunes semblent ainsi en mesure de dployer leurs qualits au service de leur prise de dcision lie la carrire, ce qui correspond manifestement un locus de contrle interne, puisque inversement, tel que mentionn par Saka, Gati et Kelly (2008), those with an external locus of control may be less likely to actively pursue solutions to problems and challenges (p.405). Bref, les propos de ces auteurs signifient quun individu ayant un locus de contrle externe sera moins port 76 77. simpliquer activement face aux problmes pouvant surgir sur sa route. Ceci dmontre donc, tel que mentionn, que les jeunes qui agissent en tant que matre de leur avenir auraient un locus de contrle interne plutt quexterne. 6.5 La chance et le destin comme influences positives dans un parcours professionnel Pour dautres lves, la chance et le destin sont des crateurs de dcouvertes et dopportunits. tre au bon endroit au bon moment est certainement reprsentatif du lien quils entretiennent avec ces facteurs incontrlables. Ces lves considrent que la chance et le destin pourraient, dune certaine faon, intervenir de manire leur faire dcouvrir des possibilits inattendues, et qui viendraient changer favorablement leur prise de dcision initiale lie la carrire. Donc, pour ces lves, il ne sagit pas de laisser entre les mains de la chance et du destin leur prise de dcision lie la carrire, mais bien de laisser la porte ouverte aux nouvelles opportunits. 6.6 Aucun contrle sur son environnement Dans ce thme, les propos des lves expriment que la chance et le destin seront les grands responsables de latteinte de leurs objectifs scolaires ou professionnels. La prise de dcision de ces jeunes est donc fortement lie des facteurs incontrlables. Bien quils semblent sinquiter de la performance des autres, qui pourrait les empcher, par exemple, dtre admis dans le programme de leur choix, ils ne mentionnent en aucun cas la notion defforts supplmentaires.... un peu comme sils se pliaient la dcision impose par le hasard. Ces lves semblent donc prts accepter de renoncer leurs projets, puisque la chance et le destin les auront placs en comptition vis--vis des individus plus forts. Cela fait penser aux rsultats de ltude mene par Ginevra, Nota, Soresi et Gati (2012), qui mentionnent que 77 78. decided students reported a more internal locus of control and greater commitment (investing more effort in the process and making the final decision more quickly), less of a tendency to procrastinate, or consult with others (p.383). En effet, dune manire ou dune autre, ces lves sont dans lattente : ou bien ils attendent de connatre les rsultats des autres afin de prendre une dcision lie la carrire, soit ils sont dans lattente quun individu dcouvre leurs talents et les propulse vers les sommets. 6.7 Influence de Dieu Le dernier thme, influence de Dieu , dmontre que les croyances religieuses, de par limportance que leur accorde llve, seront les uniques facteurs lis la prise de dcision de carrire. Bien que ce thme rejoigne un petit nombre dlves seulement, il nen demeure pas moins fort intressant, et soulve plusieurs questionnements, ne serait-ce que sur la manire dintervenir auprs dun lve qui sen remet une puissance suprieure pour prendre sa dcision lie la carrire. Cette phrase tire de ltude de Saka, Gati et Kelly (2008): perceiving a lack of control over the process and outcomes may lead to both indecision and indecisiveness because it reinforces the perception that it is not worth investing in the process, and thus it decreases personal motivation (p.405) rsume bien les inquitudes qui pourraient tre manifestes face un lve qui dmontrerait un locus de contrle externe. Les enjeux lis la motivation et linvestissement personnel dans la prise de dcision lie la carrire, mentionns par Saka, Gati et Kelly, sont beaucoup trop importants pour tre passs sous silence. Que faire pour quun lve arrive se sentir concern par son choix professionnel? Voil qui mriterait une attention particulire Fournier et Jeanrie (1999), ont tir cette conclusion de leur tude: while analysing the young peoples statements on the basis of the orientation of their 78 79. feeling of control, it quickly became obvious that their beliefs included nuances that did not easily fit into the traditional internal / external dichotomy (p.84). En la comparant avec les rsultats obtenus dans la prsente recherche, une chose est certaine : cela ne pourrait mieux rsumer les conclusions tires des propos des 45 lves stant exprims par rapport au locus de contrle. En effet, ce serait une erreur de reprsenter ce concept sur une chelle ne comportant que deux ples : interne et externe. Les propos des lves dmontrent que le locus de contrle est certes une variable considrable dans la prise de dcision lie la carrire, mais quelle ne peut tre comprise qu travers toutes ses nuances. Au final, les 7 thmes qui rassemblent les propos tenus par les lves par rapport au locus de contrle dmontrent quune chelle gradue permettrait une meilleure reprsentation de cette variable. En effet, bien que les rsultats dmontrent que certains lves se trouvent aux extrmits de lchelle de locus de contrle (le thme nulle chance, ni destin reprsenterait le ple interne, et le thme influence de Dieu reprsenterait le ple externe), les 5 autres thmatiques proposent une conception plus nuance de la mesure du locus de contrle. En ce qui a trait au nombre de mesures, ou encore au nombre de divisions recommandes visant donner un titre limportance accorde au locus de contrle (autre quinterne ou externe) de chacun, cela reste valider, puisque pour crer une chelle reprsentative de lensemble des perceptions entretenues par les lves, cet essai seul nest pas suffisant; il devrait tre corrobor par dautres recherches. En effet, les rsultats du prsent crit ne permettent pas dmettre une telle recommandation. Dautres tudes seraient ncessaires pour parvenir laborer une chelle de mesure du locus de contrle adapte la ralit des jeunes de quatrime et de cinquime secondaire. Toutefois, afin de reprsenter les rsultats obtenus dans la prsente tude, les 7 grands thmes regroupant les rponses des lves sont positionns sur un continuum interneexterne (voir figure 2), de manire visualiser ce quoi pourrait ressembler une 79 80. chelle de locus de contrle qui mettrait davantage en lumire les nuances nonces Locus de contrle interne Influence de Dieu Aucun contrle sur son environnement La chance et le destin comme influences positives dans un parcours professionnel Chance et destin incontrlables, parcours incontrlable Juste un peu de chance et de destin Llve en tant que matre de son avenir Nulle chance, ni destin en lien avec ce concept. Locus de contrle externe Figure 3 Reprsentation des 7 grands thmes sur un continuum interne-externe Cette reprsentation est bien entendu hypothtique, puisque tel que mentionn ci-haut, le prsent crit ne permet pas dtablir prcisment quel endroit, sur une chelle de locus de contrle, les thmes obtenus devraient tre positionns. 80 81. CONCLUSION Le domaine de lorientation scolaire et professionnelle permet de dcouvrir et de travailler avec chaque facette dune personne. De par son caractre unique, chaque individu rencontr prsente une complexit propre son vcu et sa personnalit. En reconnaissant la diffrence de chacun, il peut sembler complexe dmettre des thories qui seraient applicables tous. ce sujet, en ayant appuy le prsent crit sur la conception du locus de contrle de Rotter, qui qualifie le locus dinterne ou dexterne, il tait fort intressant de valider si cette dichotomie serait suffisante pour dcrire le rle du locus de contrle dans la prise de dcision lie la carrire. Force est dadmettre, par la richesse des propos des lves rencontrs, quil sagit l dune sur-simplification. Pour en arriver ce rsultat, plusieurs tapes ont t ncessaires. Tout dabord, afin de bien comprendre une partie de la ralit des jeunes de quatrime et cinquime secondaire, la problmatique a permis dnoncer les difficults vcues ces ordres denseignement, et leurs impacts sur leur prise de dcision lie la carrire. En abordant le rle des conseillers en orientation qui uvrent au secondaire, il a t dmontr que par la dfinition mme de leur rle, ils sont en mesure dintervenir au niveau du fonctionnement psychologique de leurs clients, permettant ainsi de les accompagner afin de mieux comprendre, dans le cas qui nous intresse, la manire dont le locus de contrle joue un rle dans leur prise de dcision. Le cadre conceptuel est venu situer les bases thoriques sur lesquelles cet crit sappuie, et ont permis de saisir plus prcisment ce que signifient les concepts de prise de dcision et de locus de contrle . Les rsultats de recherche sont le produit dune tude mene auprs dtudiants de quatrime et cinquime secondaire de la commission scolaire de Laval. Aprs avoir ralis 45 entretiens semi-dirigs, les entrevues ont t transcrites. Les verbatim ainsi crs ont permis de faire une analyse des donnes de manire regrouper selon des thmes, les propos des lves en ce qui a trait au locus de contrle. Cette analyse devait permettre de rpondre lobjectif 81 82. suivant : dcrire le rle du locus de contrle sur la prise de dcision relative la carrire dlves de la quatrime et de la cinquime secondaire. Les grands thmes font ressortir la varit de rles que joue le locus de contrle sur la prise de dcision. En effet, alors que pour certains le locus ne reprsente aucunement un facteur dinfluence, dautres sont prts accorder une divinit religieuse la libert de prendre une dcision leur place. Quoique ces deux rsultats se situent aux deux ples thoriques du locus de contrle, dautres lves ont apport des rponses se situant davantage au centre. Cest le cas des lves qui ont mentionn devoir prendre leurs responsabilits et investir de nombreux efforts afin datteindre leurs objectifs, sans toutefois nier que la chance et le destin puissent venir contrecarrer (positivement ou ngativement) leurs plans. Dautres lves ont galement mentionn quun vnement incontrlable (un accident automobile ou une catastrophe naturelle), pourrait avoir une grande influence sur leur parcours professionnel. Certains considrent galement que la vie leur apportera un lot de rencontres improbables, qui viendront modifier leur trajectoire initiale prvue. Pour dautres, ce sont les comptences et les rsultats des autres qui seront porteurs de leur dcision. Il est donc difficile pour eux de prendre une dcision, puisquelle sera totalement dpendante de ces deux conditions. Finalement, dautres lves ont affirm croire juste un peu en la chance et le destin. Tel que mentionn prcdemment, cela correspond une position parfaitement centre entre un locus de contrle interne et externe. Bien que ces rsultats soient intressants, la prsente tude possde plusieurs limites. Tout dabord, une premire limite se reflte dans le fait que ce sont deux, et non pas une auxiliaire de recherche qui ont ralis les entretiens. Ainsi, il tait difficile dassurer une uniformit parfaite dans la manire de conduire les entretiens. Toutefois, tant donn lobligation de respecter le guide dentretien , les mmes questions ont t poses aux 45 lves ayant particip ltape de lentrevue. Ensuite, il est pertinent de se questionner sur la reprsentativit des propos tenus par ces 45 lves. En effet, ce sont 400 lves qui ont rempli un questionnaire. De ce nombre, 82 83. 327 questionnaires ont t jugs valides. Ainsi, ce sont 13,76 % des lves qui ont t interviews. Ce nombre est-il suffisant pour pouvoir gnraliser les conclusions de la prsente tude lensemble des lves de quatrime et cinquime secondaire du Qubec? Cela resterait dmontrer! Troisimement, sur lensemble des questions poses lors des entretiens, seulement deux concernaient directement le locus de contrle . Un questionnaire portant uniquement sur cette variable pourrait donc tre intressant utiliser lors dune prochaine tude, question de voir si un plus grand nombre dnoncs permettrait dapporter encore plus de prcisions et de varits dans les rponses des lves. De plus, le questionnaire administr aux lves (dont certains noncs ont t repris dans le guide dentretien ), a t traduit librement. De ce fait, il est possible que certaines questions aient t lgrement dcales de leurs sens original, causant ainsi une interprtation errone. Enfin, les conditions de ralisation des entretiens nont pas t optimales en tout temps. En devant composer avec la ralit du milieu scolaire secondaire, certains lves ont t rencontrs sur lheure du dner. Ainsi, certains devaient manger en mme temps que de rpondre aux questions, par moments la cloche sonnait ou une annonce lintercom venait interrompre le fil de penses de llve, la porte du local tait parfois ouverte par erreur, etc. Bref, tous ces facteurs constituaient des lments pouvant tre perturbateurs pour llve (et pour lintervieweur!), causant ainsi des rpercussions sur la qualit des rponses fournies par llve. Si la notion de locus de contrle a t fortement tudie en lien avec plusieurs variables, le fait de dcrire le rle du locus de contrle sur la prise de dcision lie la carrire demeure tout de mme novateur. Bien que Fournier (2001), Fournier et Jeanrie (1999), Fournier et St-Onge (1995) et Fournier, Drapeau et Thibault (1995) se soient intresss, selon divers angles, au locus de contrle vocationnel, peu dtudes qubcoises font tat de connaissances en lien avec cette variable. videmment, des tudes trangres fournissent de prcieuses informations sur la manire dont le locus de contrle influence le comportement humain. Toutefois, il 83 84. serait trs pertinent de poursuivre ces recherches dans la ralit qubcoise. En sinspirant de certains travaux de Gati et de ses collaborateurs, qui visent valider, entre autres, certains des questionnaires quils ont crs en des versions autres que celle originale, il serait certainement possible de puiser de nouvelles informations, et de faire de nouvelles dcouvertes en ce qui a trait au rle du locus de contrle dans la prise de dcision lie la carrire. Il ne reste qu esprer que des chercheurs continueront mettre leur savoir au profit de la grande science de lorientation, de manire ce que le travail des conseillers en orientation soit le mieux adapt possible aux diffrentes ralits de leurs clients. Qui sait, peut-tre quun jour les liens entre la prise de dcision de carrire et les diffrentes variables linfluenant deviendront dune telle vidence que les difficults lies la dcision, ou encore tout simplement lindcision, pourront tre traites aussi facilement et rapidement que le temps de les nommer. 84 85. BIBLIOGRAPHIE Alaphilippe, Daniel, et Grard Chasseigne. 1993. Construction dune chelle de reprsentation du contrle chez les personnes ges. LAnne psychologique, vol. 93, p. 269-282. En ligne. Perse Revues Scientifiques:. Consult le 29 juillet 2013. Bgin, Luc. 2000. Lcole orientante: La formation de lidentit lcole. Qubec: ditions Logiques, 111p. Bergeron, Christine, Lyne Brien, Marius Cyr et Louise Delisle-Laberge. 1997. 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