Prévention au travail - Hiver 2012

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    09-Mar-2016

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Le magazine Prvention au travail est publi par l'Institut de recherche Robert-Sauv en sant et en scurit du travail (IRSST) et la Commission de la sant et de la scurit du travail (CSST).

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Intgration scuritaire des nouveaux travailleurs dans le secteur minier Tous y gagnentHiver 2012 Volume 25, no 1Publi par la CSST et lIRSSTw w w . c s s t . q c . c awww. i r s s t . q c . c aMortels angles mortsRecherche lIRSSTSommaireUn magazine pour qui, pour quoi ?Prvention au travail sadresse tous ceux et celles qui ont un intrt ou un rle jouer dans le domaine de la sant et de la scurit du travail. Son objectif consiste fournir une information utile pour prvenir les accidents du travail et les maladies professionnelles. Par des exemples de solutions pratiques, de portraits dentreprises, et par la prsentation de rsultats de recherches, il vise encourager la prise en charge et les initia-tives de prvention dans tous les milieux de travail.17Recherche lIRSSTIntgration scuritaire des nouveaux travailleurs dans le secteur minier Tous y gagnent7 Mortels angles mortsBip, bip, bip, lalarme de recul dun quipement lourd retentit. Un travailleur se trouve derrire le camion. La collision ne pardonne pas. Depuis septembre 2007, sept travailleurs sont morts sur les chantiers heurts par un vhicule qui reculait.Dossier3436ReportagesNouvelles mesures rglementaires pour la scurit des monteurs de charpentes mtalliquesInspectez souvent, mais pas nimporte comment !38Les mammouths sont disparus, pas le stress !40La productivit chez Tarkett : une affaire de prventionMot du prsident Vient de paratre Cherchez lerreur Lcaillage dans les minesTour du monde en SSTDroits et obligations Ladministrateur dune personne moraleAgenda dici et dailleursSant et scurit en imagesLes accidents nous parlent Coinc entre un camion de livraison et un systme de pompageEn raccourci PerspectivesEntrevue avec Alain Ouellette Cherchez lerreur Les corrections44341516323354643Rubriques2123Bruit et vibrationsUne premire tude exhaustive dans le secteur minier 24Substitution des solvantsUn site Web pour trouver des solutions appropries26 ProtecPoPour une meilleure protection cutane27 Boursire Nathalie Lanctt Universit de SherbrookeQualit de vie et maintien en emploi des personnes ayant des troubles mentaux graves28 Actualits SommaireBoulangeries artisanalesMieux connatre les effets de lexposition aux poussires de farine6Bruit et vibrationsUne premire tude exhaustive dans le secteur minier Mot du prsidentCest avec enthousiasme que jai accept, en novembre dernier, le poste de prsident du conseil dadministration et chef de la direction de la CSST et de prsident du conseil dadministration de lIRSST. La mission de la CSST est importante, non seulement parce quelle touche directement les individus dans une des sphres centrales de leur vie, leur travail, mais aussi parce quelle contribue au dveloppement conomique du Qubec.Un des volets de cette importante mission est la prvention au travail, qui sauve des vies, vite des lsions professionnelles, permet damliorer la productivit des entreprises et profite, en dfinitive, lensemble de la socit. En appliquant des mesures de prvention et des mthodes scuritaires de travail, les employeurs assurent aussi lattraction et la rtention de la main-duvre ainsi que la motivation et la mobilisation de leur personnel. Pour russir, les entreprises ont besoin demploys bien forms et motivs. Elles ont aussi besoin demploys travaillant en toute scurit. Bref, la prvention, jen suis convaincu, est socialement indispensable et conomiquement rentable.En matire de sant et de scurit du travail, la loi prvoit que les employeurs comme les employs ont des obligations et des responsa-bilits. Cest pourquoi la CSST continuera miser sur la prise en charge par les milieux de travail et sur la collaboration de tous. Les em-ployeurs et les travailleurs sont en effet les mieux placs pour intgrer la gestion de la sant et de la scurit du travail dans leur quotidien. La CSST et ses partenaires poursuivront galement leurs interventions dans lensemble des milieux de travail, particulirement dans les milieux plus dangereux et auprs des clients plus risque.En 2012, la CSST poursuivra ses activits de prvention afin que la sant et la scurit du travail (SST) devienne une priorit pour les employeurs, les travailleurs et la collectivit. Un nouveau volet de la campagne publicitaire visant positionner la SST comme une valeur de socit verra le jour ce printemps. Il faut continuer largir le rseau porteur de cette valeur afin quelle devienne un consensus social. Une vritable culture de prvention ne pourra survenir et perdurer que si les Qubcois sont engags envers la cause de la scurit du travail. Il en va de la sant et de la vie de tous les tra-vailleurs qubcois. Personne ne devrait perdre la vie en essayant de la gagner.Parce que le Qubec daujourdhui a plus que jamais besoin de tous ses travailleurs, la sant et la scurit du travail doit tre une valeur que nous partageons.Michel DesprsPrsident du conseil dadministration et chef de la direction de la CSSTHiver 2012 | Volume 25, no 1Le magazine Prvention au travail est publi par la Commission de la sant et de la scurit du travail (CSST) et lInstitut de recherche Robert-Sauv en sant et en scurit du travail (IRSST).Prsident du conseil dadministrationet chef de la direction de la CSST,et prsident de lIRSSTMichel DesprsSECTION CSST www.preventionautravail.comDirectrice des communications et des relations publiques par intrimCarole ThbergeChef du Service de la cration, de la publicit, des publications et des mdias lectroniques Daniel Legault Rdactrice en chefJulie MlanonCollaborateursMarie-ve Bilodeau, Catherine Deslauriers, Louise Girard, Chantal Laplante, Valrie Leve, Nicolas Mazellier, Diane Mrineau, Myriam Perron, Marie-Claude Poirier, Fanny Provenal, Anna Rozanova, Guy Sabourin, Claire Thivierge, Andr TurcotRvisionTranslatex Communications +Direction artistique, production et retouche numrique des photosMarie-Eve Bilodeau SECTION IRSST www.irsst.qc.ca/prevention-au-travailPrsidente-directrice gnrale de lIRSSTMarie LarueDirecteur des communications et de la valorisation de la rechercheLouis LazureRdactrice en chefMarjolaine ThibeaultCollaborateursPhilippe Bha, Lino Cipresso, Benoit Fradette, Martin Gagnon, Loraine Pichette, Claire Thivierge, Maura TomiDirection artistique, production et retouche numrique des photosHlne CamirandValidation des photographies et des illustrationsJean-Franois Deshaies, Denis Leblanc, Jasmin Mercier, Claude Rochon, Mario St-Pierre, Andr TurcotPhoto de la page couvertureDavid PulgarImpressionImprimeries Transcontinental inc. ComptabilitIsabelle Lachance AbonnementsService aux abonns 30, rue Ducharme Gatineau (Qubec) J8Y 3P6 Tl. 1 877 221-7046 CSST-IRSST 2011La reproduction des textes est autorise pourvu que la source en soit mentionneet quun exemplaire nous en soit envoy :CSST1199, rue De Bleury C. P. 6056Succursale Centre-villeMontral (Qubec) H3C 4E1Tl. 514 906-3061, poste 2185Tlc. 514 906-3016Site Web : www.csst.qc.caIRSST505, boulevard De Maisonneuve OuestMontral (Qubec) H3A 3C2Tl. 514 288-1551Tlc. 514 288-7636Site Web : www.irsst.qc.caDpt lgalBibliothque et Archives nationales du QubecISSN 0840-7355 3Prvention au travailHiver 2012Photo : Roch ThrouxSommaireVient de paratreVous pouvez vous procurer la plupart de ces documents au bureau de la CSST de votre rgion. Vous pouvez galement les consulter, les tlcharger ou les commander partir du site www.csst.qc.ca/publications. 4 Prvention au travailLcaillage dans les mines par Julie MlanonHiver 2012Par Chantal LaplanteSemaine de la sant et de la scurit en agriculture du 7 au 14 mars 2012 Jai le pouvoir dagir - Accueillir Former Superviser DC 900-199 AfficheCette affiche illustre le thme de la Semaine de la sant et de la scurit en agriculture pour 2012 : Jai le pouvoir dagir Accueillir Former Superviser .Accueillir Former Superviser pour le secteur agricoleDC 200-984 GuideCe guide propose une dmarche de prvention pour aider accueillir, former et superviser les travailleurs agricoles en matire de sant et de scurit du travail (SST). Aide-mmoire Accueil dun nouveau travailleur pour le secteur agricoleDC 200-983 FeuilletCette fiche vise aider les produc-teurs agricoles planifier et raliser laccueil dun nouveau travailleur de manire lui transmettre linforma-tion de base et les principales rgles de (SST). Au verso, on trouve deux documents essentiels la gestion de la sant et de la scurit. Rapport de formation pour le secteur agricole DC 100-1642 Bloc-notesCet outil, mis la disposition des producteurs et des superviseurs agricoles, vise les aider structurer et grer la formation des travailleurs afin quils puissent effectuer leurs tches de faon scuritaire. Jai le pouvoir dagir Accueillir Former Superviser DC 700-704 SignetCe signet explique comment se procurer gratuitement sur notre site Web la collection des cahiers concernant laccueil, la formation et la supervision des travailleurs agricoles en matire de sant et de scurit du travail (SST). RDITIONSErgonomie la manutention des pneusDC 500-291-1 FeuilletCe feuillet informe sur lutilisation des quipements et sur les bonnes mthodes de travail, surtout en ce qui a trait aux techniques de soulvement appropries pour la manutention des pneus en tablissements.Scurit des machinesDC 200-16002-1 GuideCe guide traite de la prvention des phnomnes dangereux dorigine mcanique. On y dcrit les mthodes de suppression la source des phnomnes dangereux ou de rduction de ces phnomnes ainsi que la faon de sen protger en utilisant des protecteurs fixes.Obligations relatives aux documents constituerDC 100-357-8 DpliantChaque anne, les employeurs dont les activits sont classes dans plus dune unit de classification doivent constituer un ou des docu-ments, selon le cas, avant de transmettre leur Dclaration des salaires. Le dpliant indique lemployeur qui doit produire ces documents, quels sont les renseignements quils doivent contenir et quel moment ils doivent tre constitus.Parlons assurance, taux de prime 2012DC 100-313-18 DpliantCe dpliant dcrit les modes de tarification de la CSST, explique com-ment stablit le taux moyen provincial et prcise le rle de la CSST.Abattage manuel, 2e ditionDC 200-633-6 BrochureCe guide explique les mthodes scuritaires dabattage manuel et est conforme la formation donne aux travailleurs forestiers. Il tient compte des modifications apportes aux Rglement sur la sant et la scurit du travail. Il comprend en outre deux nouvelles sections portant sur les rgles suivre en cas dorage ou en prsence dun ours.Mode demploi du dfibrillateur externe automatis (DEA)DC 100-1149-2 FeuilletCe feuillet, qui sert daide-mmoire, fournit le mode demploi en 10 tapes du dfibrillateur externe automatis (DEA).DC 900-199 (2011-11)Accueillir Former SuperviserSemaine de la sant et de la scurit en agriculture du 7 au 14 mars 2012ai le pouvoir dagirDC200-983 (2011-11)ai le pouvoir dagiraide-mmoire accueil dun nouveau travailleurpour le secteur agricole6certificat dengagementCertificat par lequel les employeurs du secteur de lagri-culture sengagent prvenir les accidents du travail chez leurs employs et leur famille en mettant en application des mesures appropries.Commandez gratuitement ou tlchargez votre certificat au www.csst.qc.ca/agriculture.fiche agriculture - obligations lgales en sant et scurit du travailCette fiche prsente un rsum des obligations lgales des employeurs et des travailleurs du secteur de lagriculture en matire de sant et de scurit du travail.Commandez gratuitement ou tlchargez votre fiche agriculture au www.csst.qc.ca/agriculture.je mengage en sant et scuritJai inform mes employs et ma famille de mes engagements et jai obtenu leur adhsion.Exploitation agricole : Propritaires ou actionnaires : Date : afficher et rviser annuellementCERTIFICAT DENGAGEMENT EN SANT ET SCURIT DU TRAVAILPour protger mes employs et ma famille au travail, je mengage :identif ier les dangers et analyser les risques en collaboration avec mes employs et ma famille ;tablir les priorits et mettre en place les correctifs ;liminer sans dlai tous les dangers pouvant entraner des blessures ou des maladies graves, ou causer un dcs ;informer, former et superviser mes employs et ma famille af in quils accomplissent leurs tches en toute scurit ;vrif ier rgulirement leff icacit des correctifs mis en place ; discuter rgulirement de sant et de scurit avec mes employs et ma famille.Autres engagements :DC900-164 (2009-12)je mengage en sant et scuritDC500-301 (2009-12)ObligatiOns gnrales de lemplOyeur2Lemployeur doit prendre les mesures ncessaires pour protger la sant et la scurit des travailleurs. cette fin, il doit notamment :- Identifier, contrler et liminer les risques pour la sant et la scurit des travailleurs.- Sassurer que lexploitation agricole est amnage et quipe de faon protger le travailleur.- Informer les travailleurs des risques que leurs tches prsentent pour la sant et la scurit et des rgles de scurit respecter.- Former les travailleurs sur les mthodes de travail scuritaires, leur montrer comment excuter les tches et sassurer quils ont bien compris.- Sassurer que les travailleurs appliquent les mthodes de travail scuritaires et respectent les consignes de scurit.- Fournir gratuitement les quipements de protection individuelle ncessaires et sassurer que les travailleurs les portent.- Fournir des quipements, des outils, des machines et du matriel scuritaires et en bon tat, et sassurer quils le demeurent.- Contrler la tenue des lieux.- Fournir des installations sanitaires, leau potable, un clairage, une aration et un chauffage convenables.- Veiller au contrle et llimination des contaminants.premiers secOurs et premiers sOins3Organiser les premiers secours et les premiers soins conformment la LATMP.rappOrt crit - avis daccident4Informer la CSST par le moyen de communication le plus rapide de tout vnement entranant le dcs dun travailleur, la perte totale ou partielle dun membre ou un traumatisme physique important, des blessures telles que plusieurs travailleurs les ayant subies ne pourront pas accomplir leurs fonctions pendant un jour ouvrable ou des dommages matriels de 150 000 $ ou plus. ObligatiOns du travailleur5Le travailleur doit prendre les mesures ncessaires pour protger sa sant, sa scurit et son intgrit physique ainsi que celles des autres personnes qui se trouvent sur les lieux de travail ou proximit. cette fin, il doit notamment :- Participer lidentification et llimination des risques.- Appliquer les mthodes de travail scuritaires et respecter les consignes de scurit.- Porter les quipements de protection individuelle requis.- Prendre connaissance du programme de prvention sil en existe un.- Collaborer avec le responsable de la sant et de la scurit du travail.En tant quemployeur ou travailleur En agriculture,je connais mEs obligations lgales En sant Et scurit du travail1Parce que le Qubec a besoin de tous ses travailleurswww.csst.qc.caai le pouvoir dagirDC200-984 (2012-01)Parce que le Qubec a besoin de tous ses travailleurswww.csst.qc.ca5Accueillir Former Superviser pour le secteur agricole5Cherchez lerreur5Prvention au travailPhoto : Hugo LacroixLcaillage dans les mines par Julie MlanonHiver 2012Dans cette mine, deux travailleurs sondent le terrain pour ensuite enlever les roches dangereuses qui peuvent se dtacher du plafond et des murs de la galerie. Lopration, appele purgeage ou caillage, se pratique avec une barre dcaillage. Au son, les travailleurs peuvent dtecter les roches ou les parties de roches pouvant se dtacher. Pendant quOlivier fait ce travail, son compagnon, Jol, en profite pour prendre de lavance pour le boulonnage. Olivier et Jol ont volontairement accept de jouer les imprudents. Pouvez-vous dire quelles sont les erreurs commises dans le prsent scnario ?Voir la solution aux pages 46 et 476 Prvention au travail Hiver 2012Tour du monde en SSTLe stress, obligatoirement valuLes entreprises italiennes doivent dorna-vant valuer les risques psychiques, no-tamment les facteurs de stress lis au travail. LInstitut national dassurance contre les accidents du travail considre que la problmatique sest largie lim-pact pathologique de certains aspects de lorganisation du travail sur les individus qui ne sont pas capables de rpondre aux attentes dont ils font lobjet. Dans un pre-mier temps, les entreprises doivent proc-der une valuation fonde sur les statistiques daccidents, les congs de ma-ladie, les plaintes formules par les sala-ris, les horaires et les roulements. Lvaluation se fait sur des groupes homo-gnes de travailleurs, par exemple qui oc-cupent la mme fonction. Si cette premire analyse rvle des situations risque, on passe une deuxime valua-tion plus approfondie qui intgre lanalyse de lorganisation du travail au moyen de groupes cibles, dentretiens structurs ou de questionnaires.Une rforme en SSTEn 2011, le ministre de lEmploi de Grande-Bretagne a lanc une vaste rforme du systme de sant et de scurit du travail. Les mesures visent recentrer la sant et la scurit du travail sur la gestion des risques professionnels. Ainsi, les inspections seront concentres sur les endroits plus haut risque, cest--dire les entreprises plus dangereuses et les employeurs dj pris en dfaut. De plus, les employeurs devront payer les frais de lenqute mene par les inspecteurs. Par ailleurs, un registre de consultants en sant et scurit du travail a t cr. Il a t labor par le Health and Safety Executive (HSE) et par un rseau dorganismes pro-fessionnels. Son but ? liminer les consultants non qualifis et responsables de recommandations inappro-pries. Finalement, la rforme prvoit une simplification de la lgislation concernant la sant et la scurit du travail. Par exemple, la Grande-Bretagne pourrait nenregistrer les accidents qu partir de plus de sept jours darrt, contre trois actuellement.Universit de la sant et de la scurit du travailEn septembre 2011, une nouvelle univer-sit, la Pacific Coast University for Workplace Health Sciences (PCU-WHS), qui se spcialise dans la scurit du tra-vail, la radaptation et la gestion de lin-validit, a ouvert ses portes Port Alberni sur lle de Vancouver en Colombie- Britannique. Pour linstant, elle offre des cours en ligne 1 200 tudiants et orga-nise des ateliers sur le campus pour des reprsentants des services des ressources humaines et de lindemnisation des acci-dents du travail. Elle prvoit accueillir sa premire cohorte dtudiants en sep-tembre 2012. Bien que certains tablisse-ments scolaires offrent des programmes et des cours sur la scurit du travail, la promotion de la sant, la gestion des in-validits et la radaptation, la cration de cette universit, unique en son genre, fa-vorise une approche globale et intgre de ces domaines interdisciplinaires.Pour une bonne utilisation des machinesEn Allemagne, lInstitut pour la scurit et la sant au travail de lAssurance sociale allemande des accidents du travail et ma-ladies professionnelles (IFA) a lanc un site Internet destin prvenir les acci-dents lis la neutralisation des disposi-tifs de protection des machines. Le site, www.stop-defesting.org, en allemand et en anglais, sadresse aussi bien aux fabri-cants et aux vendeurs quaux utilisateurs des machines. Le fabricant peut dter- miner les mauvaises utilisations possibles de la machine ds sa construction. Le ven-deur apprend comment conseiller au mieux les clients et lutilisateur est in-form des raisons et des consquences des manipulations de dispositifs de pro-tection. En 2006, lIFA avait ralis une en-qute montrant quun tiers des dispositifs de protection des machines taient neu-traliss par les oprateurs soucieux dac-clrer le processus de travail. Sources : Centre de documentation de la CSST, Eurogip, PCU-WHS Par Julie MlanonPhotos : iStockDossierPhoto : David PulgarMortels angles mortsPar Valrie LeveBip, bip, bip, lalarme de recul dun quipement lourd retentit. Pourtant, le technicien qui circule sur le chantier pour inspecter les travaux larrire du camion ne ragit pas. Dans sa cabine, le camionneur ne le voit pas. Il recule son vhicule sur le travailleur. La collision ne pardonne pas. Ce scnario sest droul en 2010 sur le chantier de lautoroute 50. En fait, depuis septembre 2007, sept travailleurs sont morts sur les chantiers, heurts par un vhicule qui reculait. Les travailleurs de la construction ne sont pas les seuls prir de la sorte. Chez les boueurs aussi, la situation est dramatique, plusieurs ont perdu la vie la suite dune manuvre de recul. Il ne fait pas bon travailler larrire dun quipement lourd.8 Prvention au travail Dossier8 Hiver 2012 Sur les chantiers, la scne est rcurrente. Pour diffrentes raisons, un vhicule recule. a peut tre pour prendre position devant un quipement ou devant un site dentreposage de mat-riaux , illustre Claude Rochon, ingnieur et expert la Direction gnrale de la prvention-inspection et du partenariat de la CSST. Dans un chantier en longueur, si le camionneur rate laire dentreposage, pour viter de sortir et refaire le tour, il recule , poursuit-il. Au mme moment, un arpenteur, surveillant, techni-cien circule pied et se fait mortellement heurter par le vhicule. Dans le milieu municipal, des scnes similaires et pareillement tragiques se produisent. En 2003, au cours dune opration de d-neigement, un camionneur qui reculait pour se positionner ct dune souffleuse na pas vu le signaleur qui tait dans son angle mort. Quant au signaleur, le camion arrivait dans son dos. Normalement, les camions neige nont pas reculer pour ve-nir au niveau de la souffleuse et cette situation est rare. Il nen va pas de mme pour les camions ordures, particulirement quand le chargement des poubelles se fait par larrire. Le camion se dplace pour permettre lboueur davoir moins defforts faire lorsquil lance le sac ordures dans la trmie. Il recule normment , insiste Manon Trudel, conseillre en prvention lAssociation sectorielle transport et entreposage (ASTE). Dautres fois, cest lamnagement urbain, une ruelle troite ou un cul-de-sac, qui oblige le camion reculer. Comme sur les chantiers, il y a risque daccident si lboueur est pied duvre larrire du camion. Sur la voie publique sajoute une autre composante, celle des ci-toyens. Le conducteur doit alors par-tager son attention entre le cycliste qui se faufile sur le trottoir, la ma-man qui emmne ses enfants lcole et les boueurs. Mais il ne peut avoir dyeux partout. De plus, si un citoyen surgit linsu du conduc-teur et sous-estime le danger reprsent par langle mort, il risque de se mettre lui-mme en situation prilleuse. Les scnes se rptent et, chaque fois, les causes des accidents impliquant des manuvres de recul convergent. Sur les chantiers de construction, les enqutes de la CSST pointent souvent du doigt une gestion de la circulation dficiente. Un camion qui recule sur un demi-kilomtre, cest une aberration et, si le travailleur doit se dplacer sur le trajet des camionneurs, il y a un conflit , dplore Claude Rochon. La prsence dune personne dans un angle mort est une autre des causes daccident mises en vidence par la CSST. Ces accidents sont en lien avec les angles morts, la zone o le conducteur ne peut pas voir , confirme Diane Ct, conseillre technique lAssociation paritaire pour la sant et la scurit du travail, secteur affaires municipales (APSAM). Et, sur les chantiers de construction, il y a des vhicules avec un angle mort beaucoup plus important que pour un vhicule de promenade , poursuit-elle. cause de langle mort pouvant aller jusqu 100 pieds en arrire, tous les travailleurs dans la zone dlimite par cet angle mort ne sont pas vus par le conducteur , appuie Claude Rochon. Langle mort peut prendre des valeurs trs larges, stendant sur les cts des vhicules, voire devant dans les cas des pelles mcaniques. Le site Web de lAPSAM fournit dailleurs des liens pour ju-ger de ltendue de langle mort pour plu-sieurs types de vhicules.Langle mort explique peut-tre que le conducteur nait pas vu le travailleur, mais comment concevoir que celui-ci nait pas vu le camion ? Chacun est absorb dans sa tche. Avec le bruit am-biant, ils rentrent dans leur bulle , explique Claude Rochon. Lar-penteur regarde fixement dans une direction, le technicien du sol examine le terrain. On trouve cette mme concentration, ce mme isolement des vnements extrieurs chez les boueurs. Manon Trudel voque le cas dun boueur quelle a suivi pendant son La premire piste de solution est dliminer le danger la source, ce qui revient restreindre les manuvres de recul.9Prvention au travailHiver 2012travail : I l navait pas vu les huit voitures qui taient passes tellement il tait concentr sur les sacs. Attentifs leur travail, ils font abstraction de leur environnement.Et lalarme sonore de recul ? Soit ils ne lentendent pas, soit ils y sont accoutums et ny ragissent plus. Lenvironnement bruyant dun chantier de construction peut masquer lalarme sonore, dautant plus quen raison de ce bruit ambiant nombre de travailleurs accusent une perte dacuit auditive. Sur les chantiers routiers en forte activit, un quipement lourd peut reculer environ toutes les trois minutes, a devient incessant , poursuit Claude Rochon. Il devient difficile de savoir do vient lalarme et les travailleurs ny prtent plus attention. Lalarme fait partie de leur paysage sonore.Ces causes rcurrentes des accidents dcoulant des manuvres de recul indi-quent aussi les pistes de solutions. La pre-mire est dliminer le danger la source, ce qui revient restreindre les manuvres de recul. Un autre ensemble de solutions concerne la scurisation de langle mort par lutilisation dune aire de recul o aucune personne ne doit tre prsente, par un signaleur qui contrle la manuvre ou par des aides technologiques. Sur les chantiers : grer les manuvres de recul la CSST, la frquence des accidents lis aux manuvres de recul sur les chantiers a interpell le Comit de rvision du Code de scurit pour les travaux de construc-tion. Un projet de modification rglemen-taire est en cours dlaboration pour encadrer de faon plus scuritaire ces manuvres lintrieur dun plan de circu-lation. Dans le code actuel, larticle 2.8.1 mentionne bien le plan de circulation, mais ne donne aucune prcision sur les manu-vres de recul. Un tel plan de circulation devrait, dune part, limiter les manuvres de recul et, dautre part, empcher la prsence simul-tane de camions et de travailleurs pied au mme endroit . Autrement dit, les manuvres de recul et le travail pied de-vraient tre circonscrits dans des aires d-dies, spares et balises. Les manuvres de recul sont gnralement effectues l o les camions chargent ou dchargent des matriaux. Concrtement, explique Claude Rochon, lentre du chantier, le camion doit tre pris en charge. Le conduc-teur doit savoir o il doit aller pour ses t-ches. Quelquun qui recule sur un chantier ne devrait pas improviser . La difficult est dadapter ce plan de circulation en fonction de la grandeur du chantier et de lvolution des travaux. mesure que le chantier avance, les aires de recul et la signalisation doivent suivre.videmment, certaines oprations n-cessitent quun travailleur uvre autour dun camion avec le risque dtre dans langle mort. Cest l quentre en jeu le Sur les chantiers de construction, les enqutes de la CSST pointent souvent du doigt une gestion de la circulation dficiente. Photo : iStock Sur la voie publique sajoute une autre composante, celle des citoyens. Le conducteur doit alors partager son attention entre le cy-cliste qui se faufile sur le trottoir, la maman qui emmne ses enfants lcole et les boueurs. Photos : iStockCherchez lerreur10 Prvention au travail DossierHiver 2012signaleur de chantier, qui fera le lien entre la zone de langle mort et le conducteur quil guidera laide dun fanion. La com-munication entre le signaleur et le conduc-teur devient primordiale. Le conducteur ne doit jamais perdre des yeux le signaleur qui doit lui-mme rester visible du chauffeur en tout temps. Si le contact visuel est rompu, le conducteur doit arrter son ca-mion. Dautant que le signaleur est aux premires loges pour se faire heurter par le camion. Le signaleur lui-mme est en danger, souligne Claude Rochon, il y a des cas daccidents avec des signaleurs. Construction DJL et Sintra montrent lexempleCertaines entreprises, branles par des ac-cidents conscutifs une manuvre de recul, mettent en application des mesures de scurit pour mieux encadrer le danger dune telle manoeuvre.Cest le cas de Sintra, une entreprise dinfrastructures routires active lchelle de la province. On a eu un accident il y a deux ans, avec un surveillant de chantier, un dur moment , voque Michel Cloutier, le directeur sant scurit de lentreprise. Depuis, Sintra a mis laccent sur ce type daccident en planifiant la circulation et en formant les travailleurs. Cest le surinten-dant sur le chantier qui planifie, pas des thoriciens dans un bureau , prcise Michel Cloutier. Serge Veilleux est le surintendant du chantier que mne Construction BML, une division de Sintra, sur la route 185 entre Rivire-du-Loup et Cabano. Cest lui qui prpare le plan de cir-culation et qui spcifie les entres et sor-ties, les zones de dchargement pour le camionnage en vrac et les zones de charge-ment pour les gros camions hors-route qui chargent le matriel dblay et les gravats. Lorsquun camion arrive pour livrer des matriaux, il est reu par une personne qui accuse rception de la marchandise et lui indique la zone de dchargement. En mme temps, cette personne donne des consignes au conducteur dun bouteur si-tu sur la zone de dchargement. son tour, le conducteur du bouteur accueille le camionneur, lui indique o dcharger ses matriaux et supervise la manuvre de recul sans sortir de son vhicule. La zone de chargement, quant elle, est insre dans une boucle pour viter les manuvres de recul. Le camion avance jusqu la pelle m-canique, reoit les matriaux et continue tout droit sur la boucle. Des panneaux ba-lisent ces zones. Planifier, cest aussi synchroniser le plan de circulation avec lavancement des tra-vaux. Cest un combat quotidien, observe Serge Veilleux, car le chantier est volutif. Sur la route 185, le chantier fait effective-ment 15 km de long. Alors les zones de chargement et de dchargement se dpla-cent et les panneaux indicateurs doivent suivre. Cest le premier dfi, confirme Michel Cloutier. Le chantier est vivant, il y a une volution normale des tches. Ce nest rien dexceptionnel, cest juste la logique. Toutes les deux semaines, une pause s-curit rappelle la procdure aux travailleurs du chantier tandis quun comit de chantier informe tous les intervenants, visiteurs et sous-traitants qui ont affaire sur le chantier.Construction DJL a aussi dvelopp son plan de circulation pour scuriser la co- activit entre machines et travailleurs. Le charg de projet planifie la circulation des travailleurs, du public et de la machinerie alors que le contrematre applique le plan. La particularit de lentreprise est lhomme-trafic , une fonction venue dEurope. De son poste, il voit les camion-neurs arriver et dirige les manuvres quand machines et humains coexistent, mais, contrairement au signaleur de chantier, il nest pas seulement attitr Type de chantier14 Chantier routierChantier rsidentiel2autre chantier (piste cyclable, ponceau, foss, dpt) 4Type dactivits du travailleur dcd8 gestion et support (surintendant, arpenteur, technicien)travail pied duvre 4conduite dquipement lourd44 signalisation ou installation de la signalisationType dquipement en manuvre de recul12 Camion bennePelle mcanique3Camion de service ou citerne32 BulldozerProfil des accidents lors de manoeuvres de recul dquipement lourd survenus en construction de 1995 2011 (20 accidents)11Prvention au travailHiver 2012aux manuvres de recul , explique ric Gilbert, responsable sant scurit dans lentreprise.Collecte des ordures : lboueur est aussi le signaleurPour les boueurs ou les dneigeurs qui cir-culent sur des kilomtres de voie publique, le plan de circulation se calque sur la carte routire. Ils nont dautre choix que de sui-vre la route, en respectant le Code de scu-rit routire. tant donn la nature du travail, il est aussi difficile de sparer laire de travail pied de la pri-p h r i e d u c am i o n . Lboueur partage nces-sairement lespace avec le camion auquel il est atta-ch. Le signaleur devient alors la pice matresse de la scurit du travail lar-rire du camion.Pour la collecte dor- dures, un des meilleurs moyens de restreindre les manuvres de recul est sans doute le camion chargement latral avec un bras assist1. Nul besoin dun boueur qui circule pied larrire du camion. Il peut encore surgir quelque citoyen inat-tentif mais le bras articul rduit aussi les manuvres que le camion doit effectuer pour se placer vis--vis de la poubelle. a vite normment daccidents , confirme Manon Trudel. Lorsque la collecte dordures est effec-tue avec des camions chargement ar-rire, la situation se complique, puisque ces camions sont susceptibles de reculer et que des travailleurs pied circulent dans les parages immdiats du camion. Tout comme sur les chantiers de construction, un signaleur doit faire le lien entre le conducteur et langle mort et diriger la manuvre de recul. Mais, la grande dif-frence des chantiers, le signaleur et le tra-vailleur pied, en loccurrence lboueur, sont la mme personne. Il remplit les deux rles , affirme Manon Trudel. Et il doit porter un dossard, pour tre le plus vi-sible possible.En tout temps, il est interdit quun travailleur soit sur le marchepied pendant que le camion recule, car une ven- tuelle chute peut tre fatale. Il doit donc descendre avant que le camion recule et scarter de sa trajectoire. De l, il dirige la manuvre. Par signes, il indique au chauf-feur de reculer puis darrter son vhicule proximit des sacs dordures. ce moment-l, le signaleur devient boueur. Si un aide-boueur est prsent, il doit descen-dre du marchepied et se mettre en dehors de la trajectoire jusqu larrt du camion. LASTE consolide son message de pr-vention et met en garde lboueur contre 1. Le choix dun camion avec bras assist, guide publi par lASTE, lAPSAM, lIRSST. http://www.aste.qc.ca/upload/aste/publications/201061610531-2.pdf Planifier, cest aussi synchroniser le plan de circulation avec lavancement des travaux.Photo : Axel Drainville En tout temps, il est interdit quun travailleur soit sur le marchepied pendant que le camion recule, car une ventuelle chute peut tre fatale. Photo : Association sectorielle transport et entreposage Dossier12 Prvention au travail Hiver 2012toutes circonstances susceptibles de le faire tomber larrire du camion : un marchepied glac, un nid-de-poule, un mouvement prcipit sur la chausse ge-le. Elle a regroup toutes les mesures de scurit du mtier dboueur sur une vido que chacun peut visionner ou tlcharger gratuitement partir du site Web de lAssociation : www.aste.qc.ca.En ville, les obstacles, les vhicules ou le mobilier urbain complexifient encore lop-ration. Ils gnent laccs aux poubelles, rduisent les marges de manuvre du conducteur ainsi que les zones hors- trajectoire o les boueurs peuvent se rfugier pendant que le camion recule.Cependant, dans certains quartiers, une interdiction de stationner synchronise avec la collecte des ordures facilite la tche des conducteurs de camion et diminue les risques. Cest l une dcision municipale qui peut rduire la dangerosit des manuvres de recul.BFI Canada : formation des boueurs en circuit banalisBFI Canada opre une flotte de camions chargement latral et arrire et collecte les ordures rsidentielles et commerciales. On a dj eu un accident mortel, un boueur qui est dcd en 2008, voque Guy Lachance, directeur pour la sant et la scurit au travail pour la rgion du Qubec. Toutes les consignes ont t re-vues aprs l accident . Selon Guy Lachance, la cause des accidents pendant les manuvres de recul est le manque de communication entre le conducteur et le signaleur. BFI Canada a aussi dfini une procdure pour le dchargement des ca-mions au site denfouissement. son arri-ve, le chauffeur est dirig vers la zone de recul et le signaleur dirige la manuvre. Le signaleur est matre du chantier. Ce nest pas au chauffeur dcider, sans savoir si un travailleur nest pas larrire du ca-mion , insiste Guy Lachance.BFI Canada met un soin particulier en-seigner ces procdures ses boueurs. La formation et des rappels mensuels sont obligatoires. Particularit de lentreprise, la formation nest pas seulement thorique. Un circuit banalis permet de la mettre en pratique. Cest trs inhabituel et trs ori-ginal par rapport dautres entreprises, qui font travailler directement leurs employs sans formation , reconnait Manon Trudel. Une fois sur la route, des superviseurs vrifient que les boueurs suivent les procdures correctement. Si ce nest pas correct, lboueur retourne lcole et il y a un avis disciplinaire qui peut aller jusquau congdiement , ajoute Guy Lachance. Lalarme sonore, un accessoire obligatoire pas toujours efficaceToutes ces mesures pour planifier la circu-lation sur les chantiers de construction et pour sassurer quun signaleur supervise la manuvre de recul nexcluent pas lutilisa-tion dune alarme de recul ou dun klaxon automatique pour la marche arrire. Le Code de scurit pour les travaux de construction lexige pour certains vhicules sur les chantiers de construction. Mais son efficacit est relative. Elle a ses limites, puisquelle na pu empcher certains acci-dents de se produire. On compte sur un accessoire, pas toujours efficace, qui donne un faux sentiment de scurit , estime Claude Rochon. Outre laccoutumance, la banalisation de lavertissement par les tra-vailleurs, les problmes dacuit auditive ou le bruit ambiant, lalarme sonore prsente un autre dfaut : le son est parfois mal transmis larrire du vhicule. Pour prot-ger des conditions agressives du chantier, on linstalle souvent lintrieur du chssis ou derrire le pare-choc, alors quelle devrait toujours tre oriente vers larrire et visible. Si le son est projet au sol, explique Claude Rochon, il y a une rverb-ration et une zone proche du camion o le son est plus faible. En consquence, quand le camion sapproche, le son de lalarme diminue et, si le travailleur pied ne prte pas attention au mouvement rel du camion, il peut avoir limpression que le camion sloigne. Le niveau sonore peru ne dcrot donc pas uniformment avec la distance larrire du camion, ce qui rend sa localisation difficile.Pour pallier cette mauvaise relation entre le niveau sonore de lalarme et la distance, lIRSST, en collaboration avec lUniversit dOttawa, tudie un autre type dalarme qui, selon son fabricant anglais, ne prsenterait pas ce dfaut de propagation. Accidents et solutionsDenis Leblanc, ingnieur et chef dquipe la Direction gnrale de la prvention-inspection et du partenariat de la CSST, rappelle que le ramassage des ordures doit se faire en appliquant des procdures scuritaires de travail, y compris la formation et la supervision des travailleurs et linterdic-tion des manuvres de recul lorsquun travailleur se trouve sur le marchepied du camion . Toutefois, il fait remarquer qutant donn que des accidents mortels impliquant des manuvres de recul de camions de collecte ordures sont encore survenus rcemment au Qubec, la CSST se penche actuellement sur ce dossier pour trouver des solutions en vue dliminer le danger la source. Ces solutions vous seront prsentes dans un prochain numro de Prvention au travail. Histoire suivre Lalarme auditive nest pas suffisante. Il faut plutt penser une combinaison avec, par exemple, une alarme visuelle. Photo : Denis Bernier13Prvention au travailHiver 2012Elle serait plus facilement localisable et oc-casionnerait moins de nuisance pour les personnes qui demeurent proximit dun chantier. Par contre, elle ne remdierait pas au problme daccoutumance. Bien quelle gnre le mme nombre de dcibels que lalarme standard, elle ne fait pas plus de bruit. Son principe est dmettre sur une large bande de frquences allant principa-lement de 700 4 000 Hz, alors que lalarme standard nmet qu une seule frquence aux environs de 1 250 Hz. Au lieu de faire bip, bip, elle fait pshiit, pshiit , tente dimiter Hugues Nlisse, chercheur lIRSST. Hugues Nlisse et ses collgues de lUniversit dOttawa ont compar cette alarme large bande avec lalarme stan-dard pour en vrifier les avantages avancs par le fabricant. Dans un premier volet, les chercheurs ont mesur le champ acoustique larrire du camion. Les rsultats confirment que la propagation du son est plus rgulire et uniforme, ce qui devrait aider localiser le son et mieux estimer la distance du camion.Dans un deuxime volet, ils ont valu la perception de lalarme par des sujets hu-mains. Ceux-ci devaient notamment effec-tuer des tches de localisation sonore, mais aussi rpondre des questions plus subjectives, comme le sentiment durgence que leur induit la perception de lalarme. Pour cette deuxime partie de ltude, les rsultats ne sont pas encore dfinitifs, le rapport de ltude devant sortir au cours de lanne.Cependant, mme si cette alarme sav-rait plus efficace, elle ne peut garantir elle seule des manuvres de recul scuritaires. Lalarme auditive nest pas suffisante, es-time Hugues Nlisse. Il faut plutt penser une combinaison avec, par exemple, une alarme visuelle. Cela rejoint lavis de Claude Rochon. Lquation entre le manque de vision du conducteur et ce quentend le travailleur nest pas correcte, argumente-t-il. Lalarme, on devrait voir a comme une permission de reculer. De fait, lalarme avertit les travailleurs pied dun danger, mais napporte aucune information visuelle au conducteur. Elle tend reporter sur les travailleurs pied la responsabilit dviter le danger, sans per-mettre au conducteur de vrifier que lar-rire de son camion est bel et bien dgag. Une camra lessai chez les pompiersEn complment lalarme sonore, une camra peut tre installe larrire du ca-mion et relayer limage sur un cran dans la cabine du camionneur. Elle rquilibre les responsabilits entre camionneurs et pitons, car elle donne au conducteur la responsabilit de sassurer quil ny a per-sonne dans le champ de la camra. BFI Canada a quip 85 % de ses ca-mions de camras et tous les conducteurs devraient bientt bnficier de ce support technologique. Pour voir larrire de leur camion, i ls disposent donc des miroirs et de lcran reli la camra. Les yeux du chauffeur doivent tre en bala-yage entre les miroirs et lcran , indique Guy Lachance.La Ville de Beloeil a aussi quip quatre de ses vhicules durgence de camras. Les situations peuvent tre difficiles sur les lieux dintervention o il y a des obstacles, beaucoup de personnel autour des vhicules, lespace est restreint, il peut y avoir un enfant le vhicule fait des manuvres avance-recule , dcrit Michel Houde, chef de division, planification des secours la Ville de Beloeil. On a choisi une camra avec vision nocturne, cran couleur et micro. Pour cette initiative, la Ville tait candidate dans la catgorie Organismes publics au concours Prix innovation 2010 organis par la CSST. La camra tient dans un botier de deux pouces sur trois pouces. Elle est installe larrire du vhicule et sactionne automatiquement quand la marche arrire est enclenche. Elle permet alors de voir du pare-choc jusqu cinq mtres en arrire du vhicule. Comme la vitesse de ces vhicules pendant leur manuvre est presque nul le , Michel Houde estime que le champ de vi-sion est suffisant pour permettre au La Ville de Beloeil a quip quatre de ses vhicules durgence de camras. La camra est instal-le larrire du vhicule et sac-tionne automatiquement quand la marche arrire est enclenche. Zone de dtection et de mesuresVhicule Cette figure illustre la rgion conique situe larrire dun vhicule et lintrieur de laquelle les mesures de niveau de bruit sont souvent pri-ses et o la dtection de personnes doit avoir lieu.Photos : Service de scurit incendie, Ville de BeloeilSource : Bilan de connaissances sur les dispositifs de dtection de personnes lors des manoeuvres de recul des vhicules dans les chantiers de construction, IRSSTLalarme sonorenviterait pas forcment quun camion re-cule sur un travailleur. Alarmes, camras, metteurs chacune de ces technologies peut viter certains types daccident, elles peuvent se compl-ter, accrotre la scurit, mais aucune ne semble universelle. Et si les boueurs taient formsPlan de circulation, procdures de recul et dispositifs dalarme ou de dtection ne scuriseront les manuvres de recul que sils sont tays par une formation des travailleurs. Sur les chantiers de construction, les travailleurs reoivent un cours de scurit obligatoire gr par lASP Construction. Ce cours inclut un module de scurit routire qui aborde la notion dangle mort et dcrit les rgles de travail du signaleur et lutili-sation de lalarme de recul. Dans le milieu municipal, certains cols bleus doivent ga-lement suivre ce cours. LAPSAM diffuse aussi de linformation sur les systmes de dtection et favorise le rseautage entre les villes pour que chacune sinspire des expriences des autres. La formation des boueurs, bien quobli-gatoire, se rvle beaucoup plus lacunaire. Certaines entreprises se contentent de donner quelques rudiments de scurit leurs nouveaux travailleurs avant de les en-voyer sur les routes. La formation donne par lASTE sadresse aux boueurs comme aux conducteurs.Par ailleurs, Manon Trudel constate que les boueurs sont jeunes, mme trs jeunes. Ils font souvent partie des tra-vailleurs cibls par la CSST, cest--dire les moins de 24 ans , rapporte Manon Trudel. Un vhicule qui recule et un travailleur dans langle mort : la situation parat sim-ple et le danger, facile liminer. Cest oublier la diversit et la complexit des cir-constances entourant les manuvres de recul. Cest oublier la frquence des manuvres de recul grer dans la jour-ne et la vitesse de travail des boueurs. Deux facteurs qui augmentent probable-ment le risque derreur et donc daccident. Sur les chantiers, Claude Rochon es-time que le meilleur gage de scurit est le plan de circulation. La phrase cl ? Grer la circulation et ne pas sen remet-tre seulement un systme lectronique ou un signaleur. Photo : Axel Drainville14 Prvention au travail DossierHiver 2012conducteur darrter le vhicule temps sil voit une personne larrire. Il fait aussi remarquer quil est possible de jumeler plusieurs camras pour augmenter le champ de vision aussi bien en largeur quen profondeur. Les conducteurs nont eu aucun mal sy adapter. Lcran est sur le chemin de leur regard quand ils balayent lespace vers le miroir. Ils lont adopt et on ne leur enlvera pas a , soutient Michel Houde. La camra, si elle est un plus, nest pas encore lultime solution. Quant son utili-sation sur les vhicules de la construction, elle dpend de sa rsistance aux conditions rigoureuses qui prvalent sur les chan-tiers : les chocs, le froid en hiver, la chaleur sur lasphalte en t. Michel Houde fait cependant remarquer que les vhicules durgence se dplacent sur les lieux des incendies et que les conditions y sont svres galement. Des metteurs pour arrter le vhiculeParmi la panoplie des solutions technolo-giques qui peuvent scuriser le travail dans les angles morts, il existe des dtecteurs dobstacles ou dhumains. En 2005, lIRSST a publi un bilan de connaissances1 sur ces dispositifs et valu la possibilit de les uti-liser sur un chantier. Pour Claude Rochon, le principal problme est celui des fausses alarmes. Le dispositif doit avertir le conduc-teur de la prsence de tout individu larrire de son vhicule sans signaler de fausses prsences. Un nombre trop lev de fausses alarmes minerait la confiance du conducteur dans le dispositif. Il tendrait alors banaliser les avertissements tout comme les travailleurs pied banalisent lalarme sonore. Selon le rapport de lIRSST, le taux de fausses alarmes devrait tre infrieur 10 % pour que le dispositif soit efficace. Enfin, outre les dispositifs de dtection installs bord du vhicule, il existe aussi des metteurs qui permettent au tra-vailleur pied de commander lui-mme larrt du camion distance. Si le sur-veillant du dneigement est tomb et que le conducteur ne le voit pas, il peut arrter la souffleuse , explique Diane Ct. Plu-sieurs municipalits ont quip ainsi leurs souffleuses et le dispositif pourrait sre-ment sadapter aussi aux camions ordures. Cependant, ce dispositif suppose que le travailleur pied voie le camion arriver sur lui. Or, au dire de Claude Rochon, les tra-vailleurs pied sur les chantiers nont pas toujours conscience du va-et-vient des vhicules autour deux. Un tel dispositif Sur les chantiers, le meilleur gage de scurit est le plan de circulation Un travailleur guide la manoeuvre de recul du camion vers lasphalteuse.1. Bilan de connaissances sur les dispositifs de dtection de personnes lors des manoeuvres de recul des vhicules dans les chantiers de construction.Droits et obligations15Prvention au travailHiver 2012 Une personne sur un chantier de construction ex-cute seule des travaux en hauteur sur la bordure dun im-meuble de 15 tages, sans porter de harnais de scurit. Un inspecteur passant par l voit la situation dangereuse et intervient, puisque cette personne ne prend pas les me-sures ncessaires pour protger sa sant, sa scurit ou son intgrit physique, comme le prvoit larticle 49(2) de la Loi sur la sant et la scurit du travail (L.R.Q. c. S-2.1, ci-aprs LSST). Linspecteur apprend par la suite que la per-sonne est un administrateur de la compagnie XYZ. Ladministrateur soutient quen raison de son statut, il nest pas soumis aux obligations du travailleur prvues par la LSST, puisquil est exclu de la notion de travailleur, comme le dfinit larticle 1 de cette loi. Or, il pourrait tre tonn dapprendre ltendue des droits et obligations qui sont prvus par la loi. Nous verrons donc de quelle manire ladministrateur est soumis la LSST et quels sont les droits et obligations qui lui sont impartis.Le statut de ladministrateurLarticle 1 de la LSST dfinit la notion de travailleur et exclut spcifiquement un administrateur dune personne morale, sauf sil agit ce titre en raison dune dsignation par les travailleurs. Dans le cas soumis plus haut, il sagit dun administrateur qui na pas t dsign par les travailleurs et qui nest donc pas vis par cette exception. Toutefois, les articles 7 et 8 de la LSST prvoient quune personne exclue de la dfinition de travailleur, tel un ad-ministrateur, est soumise aux obligations dun travailleur lorsquelle ex-cute un travail sur un lieu de travail.Par le truchement de ces articles, ladministrateur qui excute des tra-vaux en hauteur doit se conformer aux obligations que la loi impose aux travailleurs et excuter son travail de faon scuritaire. Les droits et les obligationsLes obligations du travailleur se trouvent larticle 49 de la LSST. Il y en a six que ladministrateur qui effectue un travail sur un lieu de travail doit respecter : (1) il doit prendre connaissance du programme de prvention, (2) il doit prendre les mesures ncessaires pour protger sa sant, sa scurit et son intgrit physique, (3) il ne doit pas mettre en danger la sant, la s-curit ou lintgrit physique des autres travailleurs sur le lieu de travail ou proximit de celui-ci, (4) il doit se soumettre aux examens de sant exi-gs par la LSST et ses rglements, (5) il doit participer lidentification et llimination des risques daccidents du travail et de maladies profession-nelles sur le lieu de travail et (6) il doit collaborer avec le comit de sant et de scurit ainsi quavec toute personne charge de lapplication de la loi et des rglements qui en dcoulent.En contrepartie, ladministrateur jouit de certains droits accords au tra-vailleur en raison de larticle 11 de la LSST, qui le prvoit spcifiquement.Ainsi, ladministrateur a notamment le droit davoir des conditions de travail qui respectent sa sant, sa scurit et son intgrit physique. Il a droit des services de formation, dinformation, dentranement ainsi qu des conseils en matire de sant et de scurit. Il peut bnficier de services de sant prventifs et curatifs en fonction des risques auxquels il peut tre expos. Sil se soumet un examen de sant en cours demploi quexigent la LSST ou ses rglements, il aura le droit de recevoir son salaire.Par ailleurs, ladministrateur ne peut exercer un droit de refus de tra-vailler pour cause de danger lgard de sa sant, sa scurit ou son int-grit ou de celles dune autre personne qui pourrait tre expose un semblable danger. Cette situation sexplique par le fait que larticle 11 de la LSST, qui accorde des droits, omet expressment de renvoyer aux articles 12 31, qui dfinissent les conditions dexercice du droit de refus. Il faut donc en dduire que le lgislateur voulait exclure ce droit, ce qui va de soi, puisque ladministrateur est plutt celui qui donne les ordres dexcuter un travail plutt que celui qui en reoit. Ladministrateur dune personne moralePar Catherine Deslauriers, stagiaire en droitPhoto : Getty ImagesAgenda dici et dailleurs16 Prvention au travailCentre patronal de sant et de scurit du travail du QubecFormations :15 et 16 mars 2012 Montral (Qubec)Scurit des machines17 fvrier 2012 23 mars 2012 Montral (Qubec)Scurit lectrique17 fvrier 2012 Montral (Qubec)20 mars 2012 Qubec (Qubec)Code criminel du Canada et lois en SST : obligations et consquences aux manquements21 mars 2012 Montral (Qubec)Cadenassage24 fvrier 2012 Montral (Qubec)Sous-traitance : responsabi-lits en SST du donneur douvrage1er mars 2012 Montral (Qubec)Sanctions disciplinaires et SST6 mars 2012 Montral (Qubec)Problmes de sant mentale au travail ? Votre gestion fait partie de la solution !13 mars 2012 Montral (Qubec)Le Rglement sur la sant et la scurit du travail (RSST)21 mars 2012 Montral (Qubec)Btir une culture en SST Un plus pour lentreprise !3 avril 2012 Montral (Qubec)4 avril 2012 Qubec (Qubec)Alcool et drogues en milieu de travail4 et 5 avril 2012 Montral (Qubec)Scurisation et matrise du risque sur les presses Renseignements www.centrepatronalsst.qc.ca1er et 2 mai 2012Lvis (Qubec)Colloque ASSTSASRenseignements www.asstsas.qc.ca/evene-ments/colloque-asstsas.html22 mars 2012 Laval (Qubec) 7 juin 2012 Montral (Qubec)Colloque sur les risques lectriques ASFETMSessions publiques de formation SST :7 mai 2012Qubec (Qubec)Utilisation scuritaire des lingues et des ponts roulants8 mai 2012Qubec (Qubec)Utilisation scuritaire de chariots lvateurs10 mai 2012Qubec (Qubec)SIMDUT11 mai 2012Qubec (Qubec)Transport des matires dangereusesRenseignements www.asfetm.com vnements de la CSST28 mars 2012 Valleyfield (Qubec)21e Colloque en sant et scurit du travail et remise des Grands Prix sant et scurit du travail24 avril 2012 Qubec (Qubec)7e Gala national des Grands Prix sant et scurit du travail25 avril 2012 Qubec (Qubec)Forum sant et scurit du travail 20121er mai 2012 Laval (Qubec)Remise des Grands Prix sant et scurit du travail23 mai 2012 Saint-Jean-sur-Richelieu (Qubec)Remise des Grands Prix sant et scurit du travail Renseignements www.csst.qc.ca12 avril 2012Qubec (Qubec)Colloque APSSAP : Orchestrez votre leadership en sant et scurit du travailRenseignements www.apssap.qc.ca/nous-joindre/22-apssap/23-stephane-st-laurent Hiver 201226 au 29 avril 2012Lisboa (Portugal)6th EORNA congressRenseignements www.eornacongress.euIllustration : Philippe BhaAlors quils allaient entreprendre une tude exploratoire sur les conditions facilitant lintgration scuritaire des nouveaux travailleurs dans le secteur minier, des scientifiques de lIRSST en ont profit pour instaurer des conditions facilitant le transfert des connaissances qui en dcouleraient vers les milieux de travail. Histoire de la participation des partenaires un projet de recherche par eux-mmes.Intgration scuritaire des nouveaux travailleurs dans le secteur minier Tous y gagnentPlus encore sur le site Web de la section Recherche lIRSST : www.irsst.qc.ca/prevention-au-travailBruit et vibrationsUne premire tude exhaustive dans le secteur minier Boulangeries artisanalesMieux connatre les effets de lexposition aux poussires de farineActualitsAussiRecherche lIRSST18 Prvention au travail Hiver 2012R e c h e r c h e l I R S S T Il y a quelques annes, Jean Dro-let, alors directeur de lAssociation paritaire pour la sant et la scurit du travail du secteur minier (APSM), approche lise Ledoux, chercheure lIRSST, qui vient de donner une confrence sur lintgration scuritaire des jeunes travailleurs en entreprise. Le sujet a veill son intrt, car le milieu des mines est en plein essor, alors que toute une gnration demploys sapprte partir la retraite. Les besoins de main-duvre sont donc levs et lindustrie embauche un grand nombre de nouveaux travailleurs. Dune part, le secteur minier, qui figure parmi les plus touchs sur le plan des lsions et des maladies professionnelles, souhaite am-liorer cette situation ; dautre part, lInsti-tut veut sassurer de l util it et de lutilisation des rsultats de la recherche par les milieux de travail. La table est mise pour officialiser la collaboration entre les deux organisations cet effet. Plus tard, la Commission des partenaires du march du travail (CPMT) et le Comit sectoriel de la main-duvre (CSMO) Mines y ajoutent leurs efforts en cofinanant le projet. Puis, des chercheurs de lUniversit Laval et de lUniversit du Qubec Montral (UQAM) se joignent galement lquipe.Afin dinstaurer un contexte favorable la ralisation de la recherche et dorga-niser le rseau de partenaires ds son laboration, les chercheurs sadjoignent aussitt la contribution du conseiller en valorisation Charles Gagn, du Service de valorisation de la recherche et des rela-tions avec les partenaires, de lIRSST.Le transfert des connaissances, une prioritLquipe de ce service de lInstitut a notamment pour mandat de soutenir le transfert des rsultats de la recherche vers les milieux de travail, un objectif qui repose notamment sur la construction et le maintien de rseaux o tous les acteurs concerns par un projet sont reprsents. Une grande part de cette tche de rseautage relve du conseiller en valorisation : identifier les partenaires concerns par la problmatique tout en sassurant de la diversit des points de vue et respecter le fonctionnement paritaire dans le contexte de la SST au Qubec; obtenir l engagement des personnes et des organisations, et assu-rer des interactions frquentes entre les partenaires et lquipe de recherche. Tout cela prend du temps, mais les retombes en valent la peine. Nous avons voulu nous associer ce projet ds le dbut, indique Andr Lavoie, directeur des communications et des affaires publiques lAssociation minire du Qubec (AMQ), lun des partenaires cls de ltude. Nous avons donc invit plusieurs reprises les mem-bres de lquipe de recherche rencon-trer nos gens des ressources humaines dans les mines afin de les impliquer dans le projet. Une telle collaboration avec lIRSST nous est apparue rapidement une excellente opportunit de continuer mobi-liser nos membres autour de ce grand dfi que reprsentent la sant et la scurit du travail dans notre secteur dactivit .Pierre Thibault, directeur des Services techniques lAMQ, explique limpor-tance de cette faon de faire : Les com-pagnies minires souhaitent participer aux recherches, mais elles veulent tre tenues au courant afin de pouvoir faire les ajustements ncessaires en cours de projet. Cest une condition essentielle. Cest de cette faon que nous travaillons dans tous nos projets et dans ce cas-ci, nous sommes trs satisfaits. Premire-ment parce que lindustrie a trs bien collabor. Deuximement, parce que lIRSST nous a vraiment fait part de lvo-lution de la recherche au fur et mesure. On a mme commenc faire certaines amliorations dans nos milieux de travail.Une grande part de la tche de rseautage, cest : identifier les partenaires concerns par la problmatique en sassurant de la diversit des points de vue, et respecter le fonctionne-ment paritaire dans le contexte de la SST au Qubec ; obtenir lengagement des personnes et des organisations, et assurer des interactions frquentes entre les partenaires et lquipe de recherche.Photo Association minire du QubecLindustrie minire repose sur le savoir et sur la technologie. Ici, sur une foreuse jumbo utilise pour le forage des gale-ries souterraines. Dans une mine, on travaille en quipe ; le nouveau doit sintgrer vite et ce nest pas donn tout le monde. Moi, mon travail comme prsident de syndi-cat, cest de faire comprendre aux plus expriments quils ont t jeunes eux aussi et quils ont appris grce leurs collgues plus anciens. Actuellement, lintgration des nouveaux travailleurs nest plus comme par les annes passes. Cest, mon avis, le nouveau dfi du secteur minier. Avant, quand les compagnies mini-res embauchaient quelquun, celui-ci commenait au bas de lchelle. Il appre-nait le mtier graduellement pour mon-ter les chelons. Maintenant, avec la pnurie de main-duvre et les gros pro-jets actuels, les compagnies minires ont beaucoup de pression pour former du personnel rapidement. Il faut sassurer de ne pas passer dtape. Jai t vraiment impressionn de constater comment les chercheurs comprennent les nouveaux travailleurs. Cest trs complexe, et nous ne connaissons pas toutes les ficelles. Moi, a ma ouvert les yeux. LIRSST nous a vraiment fait part de lvolution de la recherche au fur et mesure. On a mme commenc faire certaines amliorations dans nos milieux de travail. Pierre Thibault, directeur des services techniques lAssociation minire du Qubec.19Prvention au travailHiver 2012R e c h e r c h e l I R S S TUn solide ancrage dans le milieuPendant plusieurs mois, la crise finan-cire ralentit lembauche dans lindustrie minire, mais donne aux chercheurs le temps dapprofondir leurs connaissances du milieu alors quils y mnent une tude exploratoire. Avec Charles Gagn, ils met-tent ce dlai profit pour mieux cerner les besoins des mines en matire dint-gration des nouveaux travailleurs et pour tablir les bases dune relation solide avec les partenaires. LIRSST ralise ces fins une tude exploratoire qui brosse un por-trait1 de la situation de cette intgration. Cette recherche sert aussi mieux dfi-nir les paramtres dune autre, plus pous-se, actuellement en cours, et le contexte dans lequel elle devrait tre effectue.Le boom minier qui suit redonne du souffle au projet initial et dcuple les besoins de lindustrie, laquelle recom-mence embaucher.Le secteur minier en pleine transformationAndr Racicot, prsident du local 9291 du Syndicat des mtallos, se porte volon-taire lorsquil entend parler du projet lors dune runion du conseil dadministration de lAPSM. Je me suis engag dans le comit de suivi de la recherche parce que de plus en plus de travailleurs partent la retraite et de nombreux jeunes entrent sur le march du travail. la mine o je travaille, la moiti des travailleurs ont un an, un an et demi, au maximum cinq ans dexprience. Quand un vieux mineur entre dans une galerie, poursuit-il, seulement en regardant ltat du terrain, il peroit pas mal les risques, tandis quun jeune ne les voit pas. Aussi, dans notre secteur, nous fonctionnons avec des primes au rende-ment, ce qui fait que les jeunes ont parfois tendance couper les coins ronds, sexposer des risques sans savoir, parce quils nont pas lexprience des mineurs expriments. Sylvie Ouellet et lise Ledoux font tou-tes deux partie de lquipe de recherche de lIRSST. Mme Ledoux raconte : Le directeur de lASPM nous disait que les membres de comits de SST de ces entreprises savaient quils devaient chan-ger leur faon daborder les questions de SST avec les nouveaux travailleurs, mais ignoraient comment le faire. Cest ce besoin-l quil nous fallait rpondre. Sa collgue Sylvie Ouellet poursuit : Cinq entreprises participent notre tude terrain. Dans une premire phase, nous documentons le processus dint-gration des nouveaux employs qui est dj en place dans lentreprise. Dans une deuxime phase, nous faisons des observations sur le terrain, aux postes de travail mmes. Notre objectif est de proposer des pistes damlioration aux processus existants, puis de dgager des lments susceptibles dalimenter toutes les autres entreprises du mme secteur. Nous cherchons les facteurs qui facilitent ou, au contraire, limitent la transmission des savoirs entre les travailleurs dexp-rience et les novices lintrieur de lentreprise. Nous voulons, en fait, recenser les situations daction caractristiques du mtier, explique la chercheure, les choses importantes considrer pour une entre-prise qui veut intgrer un nouveau travailleur en toute scurit. Prenons lexemple de la gestion de la circulation. Dans une mine, il y a toujours des vhicules qui circulent et il y a des choses importantes quun mineur doit absolument pouvoir faire ou savoir pour viter les accidents. Lentreprise doit mettre en place les conditions pour que Photo Association minire du QubecLes ressources humaines constituent un dfi de taille pour le secteur minier : deux travailleurs inuits la mine Raglan (Xstrata Nickel), dans le Nunavik.1. Nouveaux travailleurs miniers, Accorder int-gration et SST , Prvention au travail, vol. 24, no 2, printemps 2011, p. 17-19. R e c h e r c h e l I R S S T20 Prvention au travail Hiver 2012chaque travailleur sache comment cet aspect-l fonctionne. titre de conseiller en valorisation, Charles Gagn, joue le rle dinterm-diaire et de faci l itateur entre les chercheurs et les partenaires du milieu. Avant mme dapprocher qui que ce soit, nous avons fait un travail de base pour documenter les rseaux existants du secteur et dterminer les partenaires que nous devions joindre. Nous avons eu notamment la chance de pouvoir comp-ter sur M. Jean Drolet, qui a port le projet sur de nombreux fronts. Nous sommes alls chercher un engagement formel de la part de toutes les organi- sations concernes. Nous avons organis des rencontres avec tous les organismes partenaires et les chercheurs, pour prsenter le projet. Nous avons aussi document les besoins et les outils de communication des collaborateurs, pour mieux saisir leurs faons de faire, leurs intrts, etc. Cette faon de fonctionner permet aux partenaires de sapproprier les rsul-tats de la recherche pour les intgrer dans leurs propres mcanismes, au fur et mesure de la ralisation du projet. De cette faon, les membres des organisa-tions sont joints par leurs canaux habi-tuels et les connaissances sont adaptes leur ralit. La tenue de rencontres et les com-munications rgulires tout au long du projet font en sorte que les partenaires sont au courant du droulement et reoivent des rsultats intermdiaires. Cela garde lintrt vivant et facilite le contact. De plus, les connaissances du terrain quont les partenaires alimentent lquipe de recherche. Ces changes permettent de mieux comprendre les enjeux et les ralits du secteur et assu-rent de rpondre aux besoins du milieu. Pour maximiser leffet des rsultats de la recherche, il faut prendre en considra-tion tous ces aspects, ce que permet le comit de suivi. Partenaires et chercheurs se rencon-trent du dbut la fin de ltude, de sa conception jusqu la diffusion des rsul-tats aux entreprises participantes et aux partenaires du secteur. Les partenaires, au dbut, prcise Sylvie Ouellet, nous ont aussi aid dfinir le projet. Par exem-ple, quand nous nous demandions dans quel type dentreprise nous irions, ils nous ont dit quil tait essentiel de prvoir au moins une mine ciel ouvert. Ils ont prcis quil y a plus de mines mca- nises aujourdhui quavant et que cela devrait se reflter dans la planification de notre projet de recherche. Ils nous aidaient, tout au long, valider nos choix. Les rencontres avec le comit de suivi ont donn naissance des changes trs riches et nous ont apport de nombreu-ses connaissances sur le milieu et sur ses particularits. Une relation o tout le monde gagne Nos partenaires, raconte Sylvie Ouel-let, nous ont fourni maintes reprises loccasion daller prsenter notre projet, dans des runions internes, des comits, des colloques, etc. Cela nous aide le faire connatre et nous ouvre des portes. Le fait de rester en contact avec les partenaires et de rencontrer les parties patronales et syndicales nous permet de planifier notre recherche de faon bien lancrer dans les besoins et dans les proccupations du milieu. On sait, ds le dpart, que notre travail va servir. Cela nous amne nous questionner conti-nuellement et cest essentiel notre avis. Par ailleurs, le fait de leur transmettre des rsultats prliminaires cre une dynamique o les gens rflchissent, discutent, pendant toute la dure du projet. Cela fait en sorte qu la fin, les rflexions seront dj amorces, il y aura dj des mesures en place, des budgets ; le milieu sera prt recevoir les rsultats. Progression des activitsLe travail de recherche suit son cours. Les partenaires apprcient que les cher-cheurs partagent leurs recommandations pendant tout son droulement, afin den faire bnficier les membres de lindus-trie et les travailleurs. Michel Blanger, du CSMO, rsume bien lengagement et la volont de son organisation : Nous contribuons au financement de la recher-che et nous entendons aussi soutenir la cration et la mise en place dun pro-gramme standard qui contribuera au transfert intergnrationnel des savoirs de SST la grandeur de lindustrie. Nous sommes prts. Loraine Pichette Les connaissances du terrain quont les partenaires alimentent lquipe de recherche, ce qui permet de mieux comprendre les enjeux et les ralits du secteur et assure de rpondre aux besoins du milieu. Pour maximiser leffet des rsultats de la recherche, il faut considrer tous ces aspects, ce que permet le comit de suivi. Sylvie Ouellet, professionnelle scientifique lIRSST.21Prvention au travailAutomne 2011R e c h e r c h e l I R S S TUne premire tude exhaustive sur les vibrations et le bruit R e c h e r c h e l I R S S T21Prvention au travailHiver 2012que le chercheur Pierre Marcotte. Ainsi, les niveaux sonores peuvent facilement atteindre 120 dBA. Pendant la priode 1998-2003, 458 travailleurs miniers ont dailleurs t indemniss pour surdit profess ionnel le . D autre par t , les travailleurs miniers reprsentent 50 % des cas d indemnisat ion pour le syndrome de Raynaud (un trouble de la circulation sanguine qui affecte les peti-tes artres des extrmits des membres) caus par les vibrations. Pierre Marcotte et ses collgues se sont donc donn comme objectifs diden-tifier les diffrentes sources de bruit et de vibrations, de documenter les niveaux vibratoires et sonores et, enfin, de produire un document dinformation et de sensibilisation pour les oprateurs miniers et leurs employeurs. Ils souhai-taient aussi contribuer dfinir une liste de projets de recherche prioritaires visant lamlioration des conditions de travail dans les mines souterraines. On dispose de peu dinformations sur les niveaux de vibrations globales du corps et du bruit des diffrents quipe-ments quutilisent les travailleurs miniers du Qubec. Une quipe de lIRSST, en collaboration avec le Laboratoire des mines et des sciences minrales (LMSM) de CANMET, a voulu combler cette lacune en procdant la caractrisation des sources vibratoires et sonores pouvant avoir un effet nfaste sur la sant des travailleurs.La Socit de recherche et de dvelop-pement minier (SOREDEM) considre prioritaires lidentification et la caract-risation des sources de vibrations afin damliorer les conditions de travail sous terre. De plus, la communaut scienti- fique reconnat que lexposition prolon-ge des niveaux vibratoires et sonores levs peut avoir des effets sur la sant, dont la surdit professionnelle. Les niveaux de bruit et de vibrations sont trs levs dans les mines , expli-La communaut scientifique reconnat que lexposition prolonge des niveaux vibratoires et sonores levs peut avoir des effets sur la sant, dont la surdit professionnelle. Secteur minier22 Prvention au travail Hiver 2012R e c h e r c h e l I R S S TDes recommandations simples et concrtes Le chercheur a produit un rapport de ses travaux dans lequel il formule certai-nes recommandations, dont les suivantes : la mise au point dun silencieux pour le systme dchappement dair com-prim des rtrocaveuses sur rails et sur roues et des foreuses bquille ; la sensibilisation des travailleurs limportance de porter des protecteurs auditifs et linformation sur la faon adquate de le faire. Lauteur croit en fait quil faudrait tudier la possibilit dutiliser la double protection, cest--dire des bouchons et des coquilles en mme temps, lorsque les niveaux de bruit excdent 110 dBA. la limitation de lutilisation quoti-dienne des rtrocaveuses par les mmes personnes en favorisant les rotations aux postes de travail, et ; lutilisation, le plus possible, de ces quipements en mode tlcommand. Dautres recommandations concer-nent linstallation de siges suspension adapts la dynamique de certaines chargeuses-navettes et de mme que des vhicules de service et de transport, ainsi que lvaluation de leur efficacit dans le cas de ceux qui en sont dj munis. Enfin, la conception de la plateforme daluminium des vhicules pourrait tre amliore pour rduire lexposition aux vibrations globales du corps. Le chercheur estime aussi quil serait prfrable de munir les vhicules de pneus chambre air plutt que de pneus pleins dans le mme but. Les rampes et les galeries devraient aussi tre mieux entretenues pour que leur surface de roulement reste lisse. Le milieu a bien reu les recomman-dations, conclut Pierre Marcotte. Nous avons produit un document de vulgari-sation sur le sujet en collaboration avec CANMET. De plus, jusqu maintenant, les rsultats de la recherche ont t prsents au Colloque sur la sant et la scurit de lAssociation minire du Qubec en 2010 et deux colloques internationaux. Enfin, on discute de la possibilit dun autre projet dtude qui approfondirait certaines des recomman-dations. Benoit FradetteDes rsultats probants Nous avons identifi ce qui causait problme, commente Pierre Marcotte. Par exemple, des quipements alimentation pneumatique, comme les rtrocaveuses sur rails et sur roues de mme que les foreuses bquille, se sont rvls trs bruyants, avec des niveaux dpassant 110 dBA. Nous avons dailleurs t surpris de constater quel point les chappements dair comprim pouvaient produire de tels bruits. En ce qui concerne les vibrations globales du corps, l encore les rtroca-veuses sur rails et sur roues ainsi que les foreuses bquille utilises sur une plateforme daluminium sont en cause, mais galement certaines chargeuses- navettes et certains vhicules de service ou de transport, lorsque lexposition dure huit heures par jour. Parmi cet outillage, les rtrocaveuses produisent les niveaux de vibrations les plus levs. Toutefois, elles sont de moins en moins utilises et peuvent, dans certains cas tre tlcom-mandes , nuance Pierre Marcotte. En ce qui concerne les vibrations main-bras, aucun des quipements va-lus ne se situait dans la zone de risque lev ; la foreuse bquille, connue pour produire de hauts niveaux de vibrations main-bras, a t value dans des tudes prcdentes. Par ailleurs, des siges dun vhicule de transport et de certaines chargeuses-navettes se sont avrs potentiellement problmatiques. Une rtrocaveuse sur rail figure parmi les quipements que les chercheurs ont instruments pour mesurer les niveaux de vibrations produits. Les rtrocaveuses font partie de la machinerie risque lev en ce qui concerne les vibra-tions globales du corps, pour une exposition quotidienne de huit heures. Elles gnrent galement des niveaux de bruit trs levs.Pour en savoir plusMARCOTTE, Pierre, Sylvain OUELLETTE, Jrme BOUTIN, Gilles LEBLANC. valuation des vibrations et du bruit des quipements miniers, Rapport R-682, 197 pages. www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/R-682.pdfOUELLETTE, Sylvain, Pierre MARCOTTE. Exposition des travailleurs miniers aux vibrations et au bruit, Rapport LMSM-CANMET 10-010(J), 44 pages. www.securmine.net/img/10-010J_ Document_informatif_francais.pdfConfrence de Pierre Marcotte sur le sujet : www.irsst.qc.ca/-webtv-evaluation-des-vibrations-bruit-mines.htmlPour en savoir pluswww.irsst.qc.ca/solub/ Nous leur fournissons de la documen-tation spcialise pertinente, prcise Michel Grin, par exemple des aide- mmoire et des listes pour tudier les tches et les procds, des liens menant dautres sites comportant des banques de cas pour quils puissent voir si des situations semblables ont t rsolues ailleurs dans le monde, et de laide pour trouver des fournisseurs. Le site Web Solub devrait permettre ses utilisateurs de dterminer la solution approprie pour leur milieu.tant donn la nature volutive dune question aussi technique que la substi-tution, Solub est appel se modifier. Nous sommes rceptifs aux ractions des utilisateurs, souligne Michel Grin, et aprs avoir laiss passer quelque temps pour voir comment ils sen servent, nous pourrons lamliorer en fonction des interactions, de la mise jour des outils, des rfrences et des nouveauts quon peut trouver dans la littrature scientifi-que. coup sr, les milieux de travail disposent maintenant dun site qui regroupe et simplifie toutes les connais-sances actuelles sur la substitution de solvants, ce qui facilitera la tche de ceux qui choisissent de faire une dmarche de prvention en sant, en scurit et en environnement. Claire Thivierge23Prvention au travailHiver 2012R e c h e r c h e l I R S S T Vouloir remplacer des solvants toxiques ou inflammables par des subs-tances moins dangereuses est certes louable, mais les milieux de travail qui sengagent dans un tel projet dcouvrent parfois que le chemin menant de linten-tion la ralisation est sem dembches. Voil quun site Web peut les guider dans la recherche souvent complexe de pro-duits de substitution appropris, moins dommageables pour les travailleurs et pour lenvironnement.Le nom du site, Solub, voque lide de solubilisation, la principale proprit des solvants, et le fait que le problme pouvant, la plupart du temps tre rsolu, il est donc soluble. labor dans le contexte dun projet de lIRSST, ce nouvel outil lectronique est issu des travaux de Michel Grin, professeur titulaire au Dpartement de sant environnementale et sant au travail de lUniversit de Montral, et de son principal collabora-teur de recherche, Denis Bgin, lesquels tudient la substitution des solvants depuis 20 ans. Attrayant, sobre et convivial, Solub propose une dmarche en neuf tapes bien dfinies, partant de lidentification du problme son tude, en passant par la formation dun comit de substitution menant limplantation et lvaluation des produits de rechange retenus. Chacune delles, illustre par des cas rels, pose une srie de questions. Par exem-ple, sil sagit de dgraisser des surfaces mtalliques, quelle est la nature du substrat nettoyer et de la salissure ? Pourquoi le nettoyage est-il ncessaire et jusqu quel degr de propret faut-il aller ? Dans la majorit des cas, la subs-titution dun solvant ne se fait pas instantanment, explique Michel Grin. Il faut tenir compte des consquences environnementales quelle pourrait avoir, de la sant et de la scurit, des cots, de lefficacit, bref toutes sortes de facteurs entrent en ligne de compte. Un site Web pour trouver des solutions appropriesSinspirant de travaux raliss au Danemark et aux tats-Unis, les scienti-fiques ont pralablement effectu plusieurs tudes de terrain dans des entreprises du Qubec, ce qui leur a permis de valider la dmarche de substi-tution prsente sur le Web. Ce site sadresse surtout aux intervenants en sant et en scurit du travail. Ils ont l toute linformation ncessaire pour faire une dmarche complte et bien la coordonner, affirme le chercheur. Ainsi, une fois le problme dtermin, il faut crer un comit, puis procder avec mthode. So lub const i tue une premire mondiale. Il nexiste pas ailleurs sur la plante de site Web spcialis sur la subs-titution de solvants couvrant lensemble des milieux de travail , signale Michel Grin. tant donn la multiplicit des sources dinformation et des ressources, sans oublier la complexit et la diversit des situations, il tait dans lair du temps dutiliser des outils de transfert de connaissances plus efficaces, dautant plus que les intervenants sur le terrain ne sont pas des spcialistes de la subs-titution , poursuit-il. MM. Grin et Bgin ont donc recens et structur lensemble des donnes parpilles dans dinnom-brables documents pour orienter les intervenants et leur indiquer les points importants considrer afin de leur viter de regretter davoir adopt une solution toute faite quun collgue ou un fournisseur pourrait avoir suggre. Ils ont l toute linformation ncessaire pour faire une dmarche complte et bien la coordonner. Michel Grin24 Prvention au travail Hiver 2012R e c h e r c h e l I R S S T Les farines de bl, de seigle, de kamut ou de lin sont lorigine de dli-cieux produits de boulangerie. Mais pour bon nombre de boulangers et dappren-tis, elles sont aussi la source de probl-mes respiratoires. De 1995 2007, la CSST a indemnis 34 cas dasthme ayant pour agent causal les produits de boulan- geries, grains, produits craliers, etc. , notamment dans le secteur de la boulangerie et de la ptisserie, qui inclut les boulangeries artisanales. Une quipe de lIRSST sest rendue dans certains de ces tablissements artisanaux pour caractriser lexposition aux poussires de leurs travailleurs.La farine : cause dasthme professionnel La farine constitue un des principaux agents causals de lasthme reli au travail, au Qubec et ailleurs dans le monde, derrire les isocyanates , explique Brigitte Roberge, hyginiste du travail lIRSST. Pourtant, jusqu tout rcemment, peu dtudes sur le sujet ont t effectues lchelle qubcoise. Cest dans ce contexte que lquipe de Mme Roberge a visit 11 boulangeries artisanales. Elle y a effectu des prlve-ments la table de faonnage et au ptrin, deux postes o les travailleurs manipulent des farines. Afin de ne pas les gner dans lexcution de leurs tches, les mesures taient prises en poste fixe plutt que dans leur zone respiratoire. Sous la norme, maisLa concentration mdiane value au ptrin est de 4,9 mg/m3 de poussires de farine. Les boulangers et les apprentis qui travaillent la pese et au ptrissage sont exposs aux plus fortes concentra-tions, explique lhyginiste. Nous avons observ de grandes variations dun tablissement lautre, avec des valeurs oscillant entre 0,03 mg/m3 et 17 mg/m3. Parmi les facteurs qui influencent le niveau dexposition, on note la quantit totale de farine utilise, le type de farine, le nombre de ptrins en fonction, le couvercle des ptrins, la ventilation et les pratiques de travail.Pour ce qui est des tches effectues la table de faonnage, o lon fleure la farine pour viter que les ptons ne collent, on a mesur une concentration mdiane de 2,4 mg/m3, avec des valeurs variant entre 0,03 mg/m3 et 8,7 mg/m3. Les mesures se situent en de de la norme qubcoise fixe 10 mg/m3. Par contre, plusieurs tudes ont conclu une augmentation du risque de sensibilisa-tion la farine partir dune concentra-tion de 2 mg/m3 , prcise Brigitte Roberge. La recette dune bonne protectionUn systme de ventilation adquat permet de rduire considrablement la quantit de poussires dans lair. Les pratiques de travail peuvent galement faire une grande diffrence, peu de frais. Problmes de tailleOn peut dterminer la taille des poussires avec certains appareils. Les particules les plus fines (infrieures 10 m) sont habituellement respirables , cest--dire quelles peuvent atteindre la rgion alvolaire des poumons. On peut galement parler de poussires totales, une dfinition exprimentale, puis de la fraction inhalable (100 m ou moins). Selon leur taille, les poussires peuvent se dposer dans les voies respiratoires suprieures ou atteindre les bronches et les alvoles, ce qui peut avoir des effets sur la sant. Les poussires de farine incommodent certains travailleurs en provoquant des ternuements, de la congestion, ou encore des rhinites. Elles peuvent aussi aller jusqu induire des ractions allergiques, cutanes ou respiratoires, et mme de lasthme professionnel. Mieux connatre les effets de lexposition aux poussires de farineBoulangeries artisanalesactuelle base sur la poussire totale est diffrente de celle de la fraction inhala-ble, qui est utilise dans la plupart des autres pays. Ainsi, elle sous-estime une partie plus importante des poussires prsentes . Depuis 2010, dans le cadre de la rvision des normes de lAnnexe 1 du RSST, les poussires de farine sont ltude. Anita Rowan 25Prvention au travailHiver 2012R e c h e r c h e l I R S S T Il est toujours prfrable de rduire les risques la source, rappelle Brigitte Roberge. Par exemple, dmarrer le ptrin basse vitesse et utiliser un couvercle plein avec une petite ouverture plutt quun couvercle grillag peut limiter la quantit de farine qui se retrouve dans la zone respiratoire du boulanger. Lajout de leau la farine plutt que le contraire diminue aussi le taux dempoussire-ment. Une boulangre utilisant un linge humide sur le couvercle du ptrin russissait rduire la quantit de pous-sires. Actuellement, la rglementation qubcoise considre la farine comme une poussire non classifie autrement (PNCA), une appellation regroupant toutes les poussires qui ne sont pas rglementes sous un nom de spcifique. En raison de ses effets, il serait souhai-table que lon associe une valeur de rfrence spcifique la farine, affirme Brigitte Roberge. De plus, la norme Les assaisonnements alimentaires : des mlanges irritantsDans le contexte dune autre tude, lquipe sest rendue dans des usines de fabrication de mlanges dassaisonnements base dpices et dherbes aromatiques. Ces pices et herbes contiennent des substances organiques potentiellement irritantes ou allergnes, tant pour le systme respiratoire que pour la peau. De 1995 2007, la CSST a indemnis neuf cas dasthme survenus dans le secteur des autres industries de produits alimentaires, incluant celui de la production dassaisonnements.Lquipe de recherche a caractris les poussires dans lair de ces usines en termes de poussires totales, de fractions inhalables et respirables, ainsi que la granulomtrie des poussires gnres par diverses tches.Les chercheurs ont bross un tableau des niveaux dempoussirement auxquels les travailleurs sont exposs au cours des diffrentes tapes de fabrication. Ainsi, ils ont relev des valeurs mdianes de 3 mg/m3 aux oprations de mlange et de 7,4 mg/m3 au broyage, ce qui demeure en dessous de la valeur admissible de 10 mg/m3. Les deux procds seffectuent dans un contenant ferm. Cest lors du chargement des matires premires et du dchargement du produit fini, soit lassaisonnement, que des poussires sont libres.Les rsultats obtenus aux postes demballage sont proccupants. Si la concentration mdiane se situe 5,9 mg/m3, on note toutefois un cas o la valeur est de 48 mg/m3, soit presque cinq fois la norme en vigueur. Les ingrdients qui entrent dans la composition des mlanges de mme que les techniques de travail influent sur les quantits de poussires qui se retrouvent dans lair. Parmi les facteurs qui influencent le niveau dexposition : la quantit totale de farine utilise, le type de farine, le nombre de ptrins en fonction, le couvercle du ptrin, la ventilation et les pratiques de travail.Pour en savoir plusROBERGE, Brigitte, Simon AUBIN, Yves CLOUTIER. Caractri-sation des poussires dans les boulangeries artisanales, Rapport R-693, 74 pages. www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/R-693.pdfROBERGE, Brigitte, Simon AUBIN, Yves CLOUTIER. Caractrisation des poussires dans le secteur des assaisonnements alimentaires, Rapport R-694, 58 pages. www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/R-694.pdfROBERGE, Brigitte, ric AUDET, Denyse GAUTRIN. Asthme professionnel Fiche de prvention Boulangerie et ptisserie. Fiche technique RF-507, 6 pages. www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/RF-507.pdfPour en savoir pluswww.irsst.qc.ca/-outil-protecpo.htmlProtecPo LIRSST et son homo-logue franais lINRS ont conu ProtecPo, un logiciel interactif de prslection des matriaux polymres utiliss dans les quipe-men t s d e p r o t e c t i o n individuelle. Cet utilitaire constitue, pour les profes-sionnels de la prvention et des entreprises, un outil daide au choix des mat-riaux les mieux adapts pour la protection cuta-ne, notamment contre les solvants et les mlanges de solvants. Mme si la peau oppose une barrire protectrice entre lenvironnement et le corps, elle demeure fragile et permable. Dans un contexte o llimination dun danger sa source nest pas possible, les travailleurs doivent donc porter des quipements de protection individuelle : gants, cagoules, combinaisons, bottes et vtements de toutes sortes, pour se protger contre les contaminants chimiques, notamment. Or, il arrive que lultime rempart que constitue le port de tels quipements ne suffise pas. Les subs-tances chimiques ou leurs mlanges traversent alors le polymre dont ces protecteurs sont fabriqus et entrent en contact avec la peau. On appelle permation ce processus au cours duquel les produits chimiques, tels que les solvants, se diffusent travers une membrane de protection. Or, le caoutchouc et les plastiques base de polymres utiliss dans la confection des vtements de protection noffrent pas une protection universelle et illimite. Dailleurs, il nexiste pas de matriau com-pltement rsistant toutes les classes de solvants. Leur rsistance tant limite, certains solvants finissent par traverser le vtement et atteindre la peau , commente le chercheur Jaime Lara. Cela explique en partie pourquoi, chaque anne, un b o n n om b r e d e travailleurs se brlent, sintoxiquent ou souffrent de dermatites aprs avoir manipul des substances chimiques ou tre entrs accidentelle-ment en contact avec elles. Des chercheurs se sont donc fix comme objectif de mettre au point un outil pour aider les responsables de la sant au travail et les travailleurs choisir le bon matriau qui entre dans la confection des quipements de protec-tion. Un nouvel outilDes scientifiques de lIRSST et de lInstitut national de recherche et de scurit (INRS) de France ont uni leurs efforts et partag leur expertise afin dlaborer une application informatique qui permet de prdire la rsistance des matriaux polymres dont sont fabriqus les quipements de protection contre certaines substances chimiques ou leurs mlanges. Les rsultats obtenus sont bass sur une modlisation des interac-tions entre les substances chimiques et les polymres, tablie selon la thorie tr idimensionnelle de solubil it de Charles M. Hansen, un expert danois qui a collabor la cration de ce logiciel. Comme il arrive souvent quun travailleur soit expos non pas une seule substance, mais un mlange, les chercheurs en ont tenu compte dans llaboration de ProtecPo, lapplication maintenant disponible sur le Web. Cet outil informatique permet deffec-tuer diffrents types de recherches, que ce soit par substance chimique, seule ou en mlange, par famille chimique ou encore, par un des cinq matriaux poly-mres que ProtecPo peut recommander pour le moment, soit le butyle, le Viton (aussi appel fluorolasto-mre), le latex ou caoutchouc naturel, le noprne et le nitrile. Les rsultats saffichent sous la forme dune liste de matriaux rsistants si la requte est lance pour une subs-tance ou pour un mlange de substan-ces. Pour une recherche par famille de substances, ils indiquent si chaque matriau est rsistant ou non, ou si sa rsistance est intermdiaire. Ainsi, pour dterminer le degr de rsistance du nitrile au contact de solvants de la famille des ctones, ProtecPo dira quil est prfrable, pour quatre composs de cette famille (actone, cyclopentanone, diactone et n-mthyl-2-pyrrolidone), dutiliser des quipements de protection base de butyle. Tous les rsultats obte-nus peuvent tre mmoriss sur une page, tris par ordre chronologique ou par type de recherche et mme sauve-gards dans une liste en format pdf. Cela demeure un logiciel prdictif, qui na pas pour objectif de remplacer les essais de laboratoire, qui constituent la police dassurance idale. Mais, pour les intervenants en sant et en scurit du travail, ProtecPo sera srement un logi-ciel utile permettant de prslectionner les matriaux polymres les plus adquats pour la protection cutane des travailleurs , conclut Daniel Drolet, chimiste lIRSST, qui a plusieurs utilitai-res et logiciels son crdit. Jacques Millette26 Prvention au travail Hiver 2012R e c h e r c h e l I R S S TPour une meilleure protection cutaneIl arrive que lultime rempart que constitue le port dquipements de protection ne suffise pas. Les substances chimiques ou leurs mlanges traversent alors le polymre dont ces quipements sont fabriqus et entrent en contact avec la peau.Le programme de bourses de lIRSSTNathalie Lanctt est une des tudiantes qui bnficient du programme de bourses dtudes suprieures de lIRSST. Les bourses dtudes suprieures et de formation postdoctorale de lInstitut sadressent des candidats la matrise, au doctorat ou au postdoctorat, dont le programme de recherche porte spcifiquement sur la prvention des accidents du travail et des maladies professionnelles ou sur la radaptation des travailleurs qui en sont victimes. Pour obtenir des informations sur le programme de bourses de lIRSST, on peut tlphoner au 514 288-1551, crire bourses@irsst.qc.ca ou visiter le site www.irsst.qc.ca.Nathalie LancttUniversit de SherbrookeQualit de vie et maintien en emploi des personnes ayant des troubles mentaux gravesBoursire Aprs avoir complt un baccalaurat en psycho-logie et une matrise en psychologie sociale, Nathalie Lanctt est aujourdhui doctorante en sciences cliniques la facult de mdecine et des sciences de la sant de lUniversit de Sherbrooke. Jai dcouvert mon intrt pour cette discipline lors dun projet scolaire au cgep , raconte-t-elle. Un maintien au travail plus long ?Le projet de thse de Nathalie Lanctt, sous la direc-tion de Marc Corbire et de Marie-Jos Durand, porte sur la qualit de vie et le maintien en emploi des personnes ayant des troubles mentaux graves qui travaillent dans des entreprises dconomie sociale. La question quelle pose est la suivante : Est-ce que la qualit de vie au travail permet de prdire le maintien en emploi ? On sait, signale Nathalie Lanctt, que pour cette population, lintgration et le maintien en emploi est particulire-ment difficile, surtout dans un emploi rgulier. Les entre-prises dconomie sociale sont cependant une solution pour ces personnes. En effet, celles-ci semblent offrir des avantages qui favoriseraient un haut niveau de qualit de vie et de maintien en emploi. Toutefois, peu dtudes ont valu lefficacit de cette option, do le questionnement de Nathalie Lanctt.Les objectifs spcifiques de la thse de la doctorante sont de comprendre et dcrire ce que signifie la qualit de vie au travail pour les personnes ayant des troubles mentaux graves ; dlaborer un outil pour mesurer le concept de la qualit de vie au travail ; de dterminer la relation entre la qualit de vie gnrale et celle du travail et, finalement, de dterminer si les niveaux de qualit de vie en gnral et du travail contribuent au maintien en emploi. Une mthode en deux volets Jai dabord effectu une tude qualitative afin de comprendre la signification de la qualit de vie au travail. Cette tape ma ensuite permis de dvelopper un questionnaire adapt cette population , indique Nathalie Lanctt. Par la suite, 14 participants ont t recruts dans le but de prendre part des entrevues semi-structures. Quant au volet quantitatif, il sagissait dune tude longitudinale permettant de rpondre aux deux derniers objectifs spcifiques. Pour raliser le premier temps de mesure, la chercheure a rencontr 67 participants qui ont rempli une srie de questionnaires. Six mois aprs le premier temps de mesure, les direc-teurs de ressources humaines ont t contacts afin de nous fournir de linformation au sujet de leur maintien en emploi , rapporte-t-elle.Les rsultats de cette tude ont permis Nathalie Lanctt de faire la lumire sur la qualit de vie au travail des personnes ayant des troubles mentaux graves qui travaillent dans des entreprises dconomie sociale, de crer un outil de mesure de cette qualit de vie et, finalement, de mieux comprendre son influence sur le maintien en emploi dans ces entreprises. La boursire souligne que ces rsultats illustrent le rle important que joue la qualit de vie au travail pour le maintien en emploi des personnes ayant des problmes de sant mentale. Benoit Fradette27Prvention au travailHiver 2012R e c h e r c h e l I R S S T Pour des projets de conception harmonieuxDs la conception de nouvelles installations de travail, il est important de tenir compte des besoins des futurs utilisateurs, des impratifs de la production et des exigen-ces des activits de maintenance afin dliminer la source les risques pour la sant et la scurit des travailleurs, tout en prservant la qualit et lefficacit de la production.Cest le sujet de la vido Harmoniser solutions techniques et activits de travail : cinq pratiques gagnantes pour la gestion des projets de conception. Ce document sadresse aux gestionnaires dentreprise et de projets, aux responsables de la conception dinstalla-tions de production efficaces et scuritaires, ainsi quaux in-tervenants en sant et scu-rit. Elle a t conue la lumire des connaissances et de lexprience de chercheurs en ergonomie de conception, dentreprises innovantes et de professionnels du gnie, de lergonomie, de la sant et de la scur i t . Son propos, appuy par des tmoignages de gestionnaires et dexperts, dmontre limportance de planifier et de concevoir les activits du travail en mme temps que les solutions tech-niques.La vido comporte trois modules. Le premier, Lenjeu: harmoniser les solutions tech-niques et les activits de tra-vail, aborde la problmatique, les enjeux et les avantages de tenir compte, de faon struc-ture et systmatique, de lactivit du travail ds la concep-tion. Le deuxime, La gestion des projets, traite des valeurs de lentreprise et de lengagement de tous les niveaux de la direction les mettre en uvre jusque dans les projets de conception, des indicateurs de performances dfinir ds le dbut, ainsi que des rles et des responsabilits de chacun. Le troisime module, Lergonomie de conception, traite de la ncessit de recourir des outils performants ddis la prise en compte des activits du travail relles tout comme de limportance de laffectation et de la formation des per-sonnes qui interviendront dans le projet.La vido fait dj des adeptes outre-frontire. Jean-Louis Pomain, ergonome lInstitut national de recherche et de scurit de France, en dit ceci : Elle vient combler un man-que doutils de communication sur lergonomie de concep-tion que les seules publications techniques ou scientifiques ne pouvaient couvrir. Pour voir la vido : www.irsst.qc.ca/-outil-cinq-pratiques-gagnantes-pour-la-gestion-des-projets-de-conception.htmlActualitsToutes les publications de lIRSST peuvent tre tlcharges gratuitement de son site Web : www.irsst.qc.ca.Nouvelles publicationsPublication RechercheVido28 Prvention au travail Hiver 2012R e c h e r c h e l I R S S Tvaluer plus rapidement les concentrations de brylliumLes auteurs voulaient mettre au point une mthode plus rapide pour valuer les concentrations du bryllium (Be) dans lair et sur les surfaces de travail. Depuis le dbut des annes 2000, la proccupation face la prsence de Be dans les milieux de travail va croissant. Les intervenants du rseau de la sant font appel aux laboratoires de lIRSST pour documenter sa prsence et lexposition des travailleurs ce mtal. Or, la prparation des chantillons ncessite de nombreuses manipulations et leur analyse, un dlai de plusieurs journes.Sinscrivant dans la programmation thmatique sur la surveillance et le contrle de lexposition des travailleurs au Be, cette tude a permis dlaborer un procd analy-tique spcifique par fluorescence molculaire, plus cono-mique et rapide que la mthode conventionnelle. Dtermination du bryllium dans lair en milieu de travail Mise au point dune mthode danalyse en fluorescence Auteurs : GIGURE, Marie-Claude, Pierre LARIVIRE, Chantal DION, Huu VAN TRA R-700Tlchargement gratuit : www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/R-700.pdf Plus de 200 personnes se sont runies lauditorium de la Grande Bibliothque, lautomne dernier, pour participer au colloque institutionnel qui avait pour thme La perception et la commu-nication du risque en SST. La prvention et la prcaution tant aujourdhui considres comme des outils importants de la gestion des risques, le sujet a suscit un grand intrt. Cet vnement avait pour objectif de sensibiliser les chercheurs et les intervenants limportance de la communication du risque et de les outiller pour quils puissent intervenir de faon efficace dans leur milieu respectif. En ouverture, la prsidente-directrice gnrale de lIRSST, Marie Larue, a situ le thme du colloque en rappelant que le monde de la science et celui des mo-tions ne convergent pas toujours : Il y a souvent un cart entre les donnes scientifiques, la perception que le milieu de travail peut avoir du risque et les actions qui devraient tre poses. Une meilleure gestion de ces carts permettrait de mieux situer les difficults pour les rsoudre. R e c h e r c h e l I R S S T29Prvention au travailHiver 2012Du Rapport Spitzer nos jours : 25 ans plus tardLautomne dernier, scientifiques et praticiens se sont runis pour faire le point sur ltat de la recherche concer-nant la radaptation offerte aux travailleurs atteints une lsion de nature musculo-squelettique et sur les pratiques de retour durable en emploi, afin de pouvoir en dgager des pistes de recherche. Ctait aussi loccasion de souligner le 25e anniversaire de la publication du Rapport du Groupe de travail qubcois sur les affections vertbrales et la sant des travailleurs, appel communment Rapport Spitzer.Le Rseau provincial de recherche en adaptation radap-tation Fonds de recherche du Qubec - Sant (REPAR/FRQS) sest rcemment rorganis pour former des regroupements stratgiques, dont un vou la radaptation au travail, sous la responsabilit de Christian Larivire de lIRSST. Dans le contexte dun partenariat avec lInstitut qui partage sa pr-occupation pour une radaptation efficace et un retour durable la vie professionnelle et sociale, le Regroupement stratgique en radaptation au travail de cet organisme et le Champ radaptation au travail de lIRSST ont organis cet vnement. La littrature cite encore frquemment le Rapport Spitzer comme tant le point de dpart dune nouvelle vision de la problma-tique des soins offrir aux travailleurs blesss et de leur retour au travail. Ce rapport a fait lobjet dune confrence spciale du Dr Michel Rossignol, de lInstitut national dexcellence en sant et en services sociaux (INESSS), qui a rappel ses retombes importantes chez les praticiens et les scientifiques.Les autres confrences du colloque taient rparties en deux blocs, lun portant sur les dterminants de lincapacit et lintervention, lautre sur la composante bio du modle biopsychosocial. Cet vnement a permis de prciser ltat de la recher-che sur la radaptation des travailleurs souffrant de probl-mes musculo-squelettiques et de discuter de pistes de recherches.Il est possible dentendre ou de rentendre cette confrence sur le site IRSST.TV, ainsi que celles qui ont suivi : Le risque et son acceptabilit, Joseph Zayed, responsable du champ de recherche sur les substances chimiques et agents biologiques, IRSST ; Les principes directeurs en communication du risque, Luc Lefebvre, toxicologue, coordonnateur-adjoint, Bureau des mesures durgence, Direction de sant publique, Agence de la sant et des services sociaux de Montral ; thique et analyse des risques : dfis pour les professionnels, dcideurs et citoyens, Marie-Jose Potvin, biothicienne consultante, doctorante, Centre de recherche en thique de lUniversit de Montral (CREUM) ; Rflexion et outils de communication du risque chez Rio Tinto Alcan (Similitudes entre le mtier dhyginiste industriel et le mythe de Cassandre), Marc-Andr Lavoie, conseiller principal, Sant au travail, Rio Tinto Alcan ; Culture en SST du travail et reconnaissance des risques en milieu de travail, Michel Fortin, vice-prsident formation, Fdration de lindustrie manufacturire, CSN.Le colloque de lIRSST sur vido La perception et la communication du risque en SST Les confrences de ces deux vnements peuvent tre entendues : www.irsst.qc.ca/-videos-par-evenement.htmlPortrait de 359 120 analyses Les organismes du rseau qubcois de prvention de la SST prlvent rgulirement des chantillons permettant dvaluer la qualit de lair dans les entreprises. Ces chan-tillons sont ensuite analyss dans les laboratoires de lIRSST. Les rsultats de ces analyses, pour les annes 2001 2008, ont t publis annuellement et les rapports produits ont permis didentifier plusieurs cas de fortes concentrations potentielles dans les grands groupes industriels.Le prsent rapport regroupe tous les rsultats des analy-ses environnementales que les laboratoires de lInstitut ont produits pendant cette priode. Compte tenu de leur fort volume (359 120), les auteurs ont trait les donnes de manire en dgager un portrait dtaill des concentrations de polluants en prcisant les classes industrielles o elles prvalent. Cette faon de faire a prcis la lecture des rsul-tats danalyses et donc, jet un clairage plus percutant sur les situations dexposition values o les substances chimi-ques, considres individuellement, se trouvent fortement concentres. Les rsultats sont prsents selon les classes industrielles de la Classification des activits conomiques du Qubec (CAEQ), par secteur prioritaire de la CSST et par substance. Ce rapport fournit aux chercheurs et aux inter-venants des informations pouvant appuyer de nouveaux axes de recherche et aider prioriser certaines interventions.Le tableau suivant prsente des donnes extraites de lannexe 3 du rapport Substances mesures en plus fortes concentrations selon les classes industrielles impliques et rpartition par rapport la norme, pendant la priode 2001-2008. Ces cinq exemples illustrent la ncessit de poursuivre les dmarches de prvention de lexposition plusieurs subs-tances dans divers milieux de travail.Rsultats des analyses de substances chimiques produites lIRSST pour la priode 2001-2008 Auteurs : OSTIGUY, Claude, Simon MORIN, Gilles BENSIMON, Marc BARIL R-712 Tlchargement gratuit : www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/R-712.pdfDe la silice cristalline dans le sable, le bton, la brique et la prventionLes auteurs de ce rapport ont tudi diffrents aspects de la prsence de silice cristalline dans le secteur de la construction et dress une liste de recommandations visant limiter lexposition des travailleurs cette substance.La silice cristalline est une composante importante des matriaux dusage courant dans le milieu de la construction, dont le sable, le bton et la brique. Or, son inhalation pro-longe des concentrations leves peut causer une mala-die pulmonaire appele silicose. Cette substance est aussi reconnue comme tant cancrogne lorsquelle est inhale et des dcs lui ont t associs. Le domaine de la construction est complexe, avec sa multitude de mtiers, de tches, de mat-riaux et doutils pouvant tre relis lexposition la silice cristalline.Les auteurs ont dress un por-trait gnral de la situation et dtermin les postes et les fonc-tions les plus risque selon leur niveau dexposition cette subs-tance, les moyens de matrise de cette exposition et leur efficacit. Ils ont galement labor une base de donnes sur lexposition aux poussires de silice, en compilant les donnes de la littrature sous une forme que des chercheurs ou des intervenants peuvent utiliser. Des recommandations pour limiter lexposition des travailleurs compltent le rapport. Elles concernent lamlio-ration des moyens techniques et lapplication des rgles de bonne pratique, par exemple ladoption de mthodes de travail permettant dmettre moins de poussires ainsi que le rglage et lentretien des outils et des quipements. cet effet, les auteurs considrent que la formation des travailleurs est essentielle. Ils recommandent aussi que ceux-ci portent une protection respiratoire complmentaire. Ils croient par ailleurs que les recherches devraient se concen-trer sur lamlioration du contrle des missions de silice cristalline et sur la connaissance des niveaux dexposition pour que la protection respiratoire puisse tre utilise cor-rectement dans les situations incontrlables (suprieures aux valeurs limites dexposition) et pour confirmer leffica-cit des moyens de matrise en place.Exposition des travailleurs de la construction la silice cristalline Bilan et analyse de la littrature Auteurs : BEAUDRY, Charles, Chantal DION, Michel GRIN, Guy PERRAULT, Denis BGIN, Jrme LAVOU R-692Tlchargement gratuit : www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/R-692.pdfPour voir une confrence sur le sujet : www.irsst.qc.ca/-webtv-exposition-travailleurs-construction-silice-cristalline.html30 Prvention au travail Hiver 2012R e c h e r c h e l I R S S TClasse industrielle Substance > 100 % Nombre de VEMP rsultats (%) pertinentsGrosses structures Plomb 100,00 28 industrielles Cuivre 82,14 28 Arsenic 85,19 27Industrie des produits Aluminium 87,13 101 chimiques inorganiques Bryllium 84,13 126 dusage industrielIndustrie de la production Bryllium 89,31 552 daluminium de premire Aluminium 74,39 410 fusion Ammoniac 46,74 92Industrie du matriel Bryllium 75,76 66 ferroviaire roulant Aluminium 52,86 70 Plomb 43,24 37 Cobalt 38,46 26 HDI (oligomres 32,50 40 et monomre) Industrie des meubles Poussires de 57,74 627 de maison en bois bois dur et mou Chlorure de 42,19 64 mthylneNouvelles recherchesPesticides - Surveiller lexposition des travailleurs agricoles Les pyrthrinodes figurent parmi les pesticides les plus utiliss en agriculture au Qubec. Pendant leur pandage ou des travaux effectus dans les zones traites, les travailleurs peuvent y tre exposs, mais il existe lheure actuelle peu dinformation sur les doses quils absorbent rellement.Cette tude propose de perfection-ner, de valider et dappliquer une appro-che toxicocintique dvaluation de lexposition ce type de pesticides et les risques qui compromettent la sant des travailleurs. Elle comporte trois tapes : une tude cintique sous surveillance mdicale des volontaires exposs deux des pyrthrinodes les plus utiliss, soit la permthrine et la cypermthrine, un raffinement des modles toxicocintiques et une tude de surveillance biologique en milieu de travail. La chercheure souhaite ainsi dter-miner quelles sont les activits les plus risque, guider des actions de prven-tion et formuler des recommandations pour limiter lexposition des travailleurs aux pyrthrinodes. Dveloppement et application dune approche pour lvaluation de lexposition des travailleurs agricoles aux pyrthrino-des Responsable : Michle Bouchard, Universit de Montral 2010-0009 Sant mentale - Soutenir le retour au travailSappuyant sur les rsultats de plusieurs recherches en matire de sant psychologique au travail finances par lIRSST, cette activit de valorisation consiste produire un guide pour faciliter limplantation dune dmarche intgre de retour et de maintien en emploi la suite dune absence en raison dun problme de sant mentale.Ce guide sadressera aux gestionnaires, aux respon-sables des ressources humaines, aux responsables des programmes daide, aux travailleurs et leurs repr-sentants syndicaux ainsi quaux intervenants en SST.Guide sur les pratiques de soutien au retour au travail la suite dune absence en raison dun problme de sant mentale quipe de recherche : Louise St-Arnaud, Universit Laval; Charles Gagn, IRSST 2011-002231Prvention au travailHiver 2012R e c h e r c h e l I R S S TJacques Millette , Marjolaine Thibeault et Maura Tomi Les effets des sous-produits de dsinfection sur les travailleurs des piscines Bien que les installations aquatiques en milieux scolaire, municipal ou touris-tique comptent un nombre non ngligea-ble de travailleurs, les donnes sur lexposition de ces derniers aux sous-pro-duits de dsinfection des piscines sont rares, voire inexistantes au Qubec.Les chercheurs veulent valuer les niveaux de contamination ambiants et laborer des indicateurs biologiques dexposition pour les trihalomthanes et les acides haloactiques, des composs dont les effets peuvent tre cancrignes et reprotoxiques. cette fin, ils chantillonneront leau et lair de piscines intrieures et ext- rieures des villes de Montral et de Qubec en plus deffectuer des mesures biologiques des contaminants chez les travailleurs. Les rsultats de cette tude permet-tront de mieux caractriser lampleur de lexposition des travailleurs de piscines ces contaminants et, ventuellement, de proposer une mthode de surveillance environnementale et biologique. valuation de lexposition des travailleurs aux sous-produits de dsinfection en piscine au Qubec quipe de recherche : Robert Tardif, Universit de Montral ; Manuel J. Rodriguez, Universit Laval ; Sami Haddad, Universit de Montral 2010-0010Scurit des machines - Interventions en mode de vitesses ou defforts rduits Laccessibilit des pices en mouve-ment est la cause du quart des accidents associs aux machines industrielles. La rglementation stipule que laccs ces pices nest autoris que dans certaines conditions bien dfinies. En particulier, les lments dangereux ne doivent fonction-ner quavec des mesures de scurit accrues, par exemple, des vitesses ou des efforts rduits. Cependant, les valeurs de ces vitesses et efforts rduits ne sont pas connues. la demande de la CSST, fortement appuye par plusieurs partenaires en pr-vention, les chercheurs raliseront un bilan des connaissances sur les condi-tions qui encadrent ce mode de fonction-nement, notamment en rpertoriant les diffrentes valeurs de vitesses et defforts rduits qui se retrouvent dans la littra-ture. De plus, ils analyseront 20 interven-tions dans des entreprises, sur quatre types de machines (robots, presses im-primer, machines dusinage et machines papier ou carton), afin de mieux com-prendre et de caractriser celles qui font appel ces mthodes, mais aussi les moyens de protection prconiss dans la littrature et utiliss sur le terrain.tude sur la scurit des machines lors des interventions en mode de vitesses ou defforts rduits quipe de recherche : Yuvin Chinniah, cole polytechnique de Montral ; Ral Bourbonnire, consultant ; Barthlemy Aucourt, cole polytechnique de Montral 2011-0012Prvention au travail Automne 20113232SommaireSant et scurit en imagesl n clair darc lectrique : comment y survivreCote DV-000754 Dure 16 minutesUn clair darc lectrique est une explosion de feu et de mtal en fusion pouvant survenir pendant des travaux sur des machines sous haute tension. Il sagit dun rel danger pour les professionnels en lectricit travaillant en usine. Le film expose les cau-ses de lclair d'arc lectrique, les dangers quil reprsente ainsi que les moyens de le pr-venir. En plus de discuter planification et analyse des risques lectriques, le film mise sur limportance de former des personnes qualifies pour le travail o llectricit de haut voltage entre en jeu. On sensibilise dailleurs la procdure de cadenassage adopter, aux quipements de protection individuelle favoriser ainsi quaux primtres de scu-rit instaurer pour assurer la protection de tous les travailleurs. labor comme outil de formation, ce film peut tre visionn soit en une seule s-quence, soit visionn par chapitre. Une prsentation PowerPoint ainsi quun guide du formateur sont galement disponibles sur le DVD-ROM afin doptimiser les changes avec les travailleurs.Une production de Coastal Training Technologies Corporation.l Une personne mourra : lhistoire de John MartinCote DV-000756 Dure 22 minutesJohn Martin, jeune mcanicien dans une usine de pa-pier, na jamais hsit contourner les consignes de s-curit jusquau jour o une dcision irrflchie a bien failli lui coter la vie. la suite dune fuite de pompe dun systme sous haute tension et haute pression, le contrematre de lusine propose une mthode de rparation permet-tant de minimiser les pertes de production de lentreprise. Juge risque par certains tra-vailleurs, ceux-ci refusent dexcuter la tche. Le contrematre contacte donc John Martin. Harry, qui travaille avec John, a des doutes concernant leur scurit, mais John semble press de terminer alors Harry baisse la garde. Loprateur de la salle des commandes leur confirme trop rapidement que la valve de la pompe est ferme et un ppin survient Cest alors que tout le contenu liquide de la pompe se dverse sur John, le brle sur 70 % de son corps et lui cause de graves dommages aux yeux. Harry est galement bless, mais il a russi sauter de la plateforme temps. Aprs deux mois de souffrance et plu-sieurs chirurgies, John tmoigne que nos choix et dcisions peuvent avoir de graves consquences sur notre sant long terme, notre famille ainsi que nos collgues. Un ac-cident cause souvent beaucoup de victimes, do limportance de suivre le programme de scurit de notre entreprise et dy instaurer une culture de prvention. Tmoignage dun fait vcu, ce film comporte des images pouvant choquer et tre difficiles regarder. Une production de ERI Safety Videos.Modalits demprunt laudiovidothque de la CSSTLes documents annoncs peuvent tre emprunts gratuitement laudiovidothque de la CSST. La dure du prt est dun mois. Lemprunteur peut passer prendre les documents ou les recevoir par courrier. La CSST paie les frais dexpdition, mais les frais de retour sont la charge de lemprunteur. Le visionnement peut aussi se faire sur place. Vous pouvez communiquer avec nous du lundi au vendredi, de 8 h 30 16 h 30.1199, rue De Bleury, 4e tage, Montral (Qubec) H3B 3J1Tl. 514 906-3760 ou 1 888 873-3160 Tlc. 514 906-3820@ documentation@csst.qc.ca www.centredoc.csst.qc.ca l Information grand public s Information spcialise n Avec document ou guide daccompagnement32 Prvention au travailPar Marie Claude PoirierHiver 2012s Vrification avant dpart : autobus scolaireCote DV-000755 Dure 19 minutesSelon la loi, pour la scurit de tous, il est interdit de rouler bord dun vhicule rou-tier prsentant des dfectuosits majeures. Ce DVD prsente les tapes de vrifications obligatoires pour dtecter des dfectuosits mcaniques dun autobus scolaire. Ainsi, nous suivons une conductrice dautobus scolaire lors de ses vrifications habituelles avant son dpart. Les 12 vrifications obliga-toires selon le Code de scurit routire du Qubec sont dmontres et expliques en dtail. De plus, les lments cls permettant de dceler une dfectuosit majeure sont prciss. La vido est ponctue de tmoi-gnages de conducteurs dautobus et dun contrleur de la Socit de lassurance auto-mobile du Qubec. Limportance de conduire un autobus scolaire en bon tat de marche est mise de lavant. Il est galement possible de trouver dans la mme collection : Vrification avant d-part : autocar et autobus urbain (Cote : DV-340008) ainsi que Vrification avant dpart : camion, tracteur routier et semi-remorque (DV-000736).Une p rodu c t i on d e l a S o c i t d e lassurance automobile du Qubec (SAAQ) et de lAssociation sectorielle transport et entreposage (ASTE).Coinc entre un camion de livraison et un systme de pompage par Claire ThiviergeUn travailleur est cras et meurt des suites de ses blessures. contenu dans le rservoir de rsine. Lem-ployeur est responsable de fixer des nor-mes de scurit pour les activits de ses travailleurs, y compris la rception des ma-tires premires. Or, dans le cas prsent, il stait limit donner ses travailleurs des directives verbales concernant les livrai-sons et leur recommander lutilisation du chariot lvateur prsent dans lentrept, et il ne leur avait pas fourni une description crite de cette mthode de travail. Len-qute a rvl que les deux mmes personnes avaient dj excut la mme opration risque, lors de la livraison prc-dente, pour excuter un transfert direct du produit au rservoir. Mis au courant de cette faon de faire, lemployeur avait n-glig den analyser les risques et navait pas rappel la norme de scurit ses tra-vailleurs. Le programme de prvention de lentreprise devait contenir lidentification des risques des activits de la rception des matires premires, des mthodes de travail sres et des mesures de contrle. Sil avait pu appliquer rigoureusement ce programme, lemploy naurait pas eu improviser une pratique aussi dangereuse. Et il naurait pas perdu la vie en voulant conomiser un peu de temps. Personne-ressource : Andr Turcot, ingnieur et chef dquipe la Direction gnrale de la prvention-inspection et du partenariat de la CSST.Les accidents nous parlent33vhicule. En observant lavant-bras et la main du travailleur dans son rtroviseur gauche, le chauffeur suit ses directives, bra-que ses roues dans la direction indique et recule. Lorsquil perd le travailleur de vue, il immobilise son camion et en descend. Il constate que le travailleur se trouve coinc entre le systme de pompage reli aux r-servoirs et larrire du bac-citerne, dans un espace denviron 12 centimtres de largeur. Le travailleur est transport lhpital, o lon constate son dcs.Quaurait-il fallu faire ?La mthode que lemploy de lentreprise disolation et le chauffeur du camion de livraison ont applique pour transfrer directement le contenu du bac-citerne au rservoir appropri savre trs dangereuse. En plus des contraintes quimplique toute manuvre de recul, surtout dans un es-pace aussi restreint, un autre facteur cru-cial ajoutait au risque, soit la diffrence entre le faible clairage dans lentrept et la lumire du jour, qui nuisait au camion-neur : elle produisait un effet de contre-jour qui brouillait sa vue. Plutt que de procder comme ils lont fait, les deux tra-vailleurs auraient d respecter la consigne de lentreprise ordonnant dutiliser un chariot lvateur pour descendre le bac- citerne du camion et en transfrer le Prvention au travailQue sest-il pass ?Le 15 octobre 2007, vers 12 h 20, un tra-vailleur dune entreprise disolation de la rgion de Lanaudire interrompt son repas et sort de la salle de repos du personnel pour accueillir un chauffeur venu livrer des matires premires qui serviront fabri-quer de la mousse isolante. Le chargement de rsine du bac-citerne et les deux barils dun ractif contenus dans le vhicule doi-vent tre transfrs dans de grands rser-voirs situs dans lentrept. Le travailleur et le camionneur dcident dutiliser un tuyau mesurant 1,83 mtre pour faire le transfert des produits directement du bac-citerne situ dans la bote du camion au rservoir de rsine. Le travailleur entre dans le bti-ment et se place larrire du camion du ct du passager pour guider le chauffeur dans sa manuvre de recul. Celui-ci fait marche arrire dans lentrept, arrte son vhicule et en descend. Le travailleur lui si-gnale que le tuyau est trop court pour re-lier le bac-citerne la pompe de transfert des produits. Pendant quil va chercher le tuyau dair comprim ncessaire pour maintenir la pression permettant de pom-per la rsine, le chauffeur monte dans la bote de son vhicule et, laide dun trans-palette, rapproche le bac-citerne du coin arrire du camion pour faciliter son bran-chement au tuyau de transfert. Il remonte ensuite derrire son volant pendant que le travailleur reprend sa place entre le rser-voir de rsine et larrire gauche du Illustration : Ronald DuReposHiver 2012 La vraie activit fondamentale pour maintenir la sant et la scurit au travail, cest linspec-tion prventive, lance dentre de jeu Dany Mailloux. Sans inspection rgulire et systmatique, on shabitue travailler dans un certain dsordre. On tombe alors dans lignorance et la banalisation des risques. Mais inspecter est une tche dlicate et srieuse qui se planifie et ne simprovise surtout pas. Il faut tre observateur et avoir de la mthode. La rigueur, la constance, le suivi et surtout la rapidit avec laquelle on corrige les carts sont les cls du succs , ajoute Dany Mailloux. Inspecter avec autant de dtermination quon en dploie durant lenqute aprs un drame, rien de tel pour gagner de la crdi-bilit en prvention et, surtout, garder les travailleurs intacts.Lampleur de linspection varie selon la taille de lentreprise, la nature et la complexit des opra-tions. Retenons que les personnes sont fondamentales , souligne Dany Mailloux. Il faut donc porter attention au travailleur en interaction avec son milieu de travail, ses outils et les appareils quil utilise, et pas seulement au matriel dangereux ou dfectueux ou aux matires dltres. Connatre les diff-rents dangers auxquels sont exposs les travailleurs et les faons de prvenir les accidents favorise aussi de bonnes inspections.Il existe diffrents types dinspection. Linspection quotidienne de routine se fait par le travailleur son poste de travail pendant son quart de travail. Cette simple procdure peut rgler prs de 90 % des problmes de scurit dune usine , assure Dany Mailloux. Linspection du service se fait idale-ment par le superviseur, accompagn dun travailleur, frquence rgulire. Linspection spcifique concerne un danger prcis, par exemple incendie, ventilation, structure du btiment, lectricit, plom-berie, quipement de scurit, bruit insolite dun moteur, palettier endommag ou cadenassage, et se fait par une personne spcialise, au besoin ou selon un calendrier. Linspection pralable se fait avant un travail chaud, par exemple avant dutiliser un nouvel appareil non encore scuris, avant une in-tervention en espace clos, avant la mise en place dun nouveau processus de production ou avant de souder. Cest gnralement un superviseur et un spcialiste technique qui sen occupent.Pour toute forme dinspection, on note les dangers et on prend des photos, on corrige quand cest possible, on fait un rapport dinspection, on fait circuler linformation tous, enfin on vrifie que les suivis ncessaires sont faits. Puisque nous nous habituons ce que nous voyons tous les jours autour de nous, cest une bonne ide de confier linspection du service au moins une personne provenant dun autre service , souligne Dany Mailloux.Reportage34 Prvention au travail Hiver 2012Inspectez souvent, mais pas nimporte comment !Par Guy SabourinLinspection des lieux de travail est un moyen de prvention simple visant assurer la scurit des travailleurs. Toutefois, pour que linspection soit efficace, il faut la planifier et la mener avec rigueur. loccasion du Grand Rendez-vous sant et scu-rit au travail 2011, Dany Mailloux, conseiller en prvention lAssociation paritaire de sant et de scurit du travail, secteur imprimerie et activits connexes, a pr-sent une confrence sur la manire de bien prparer une inspection. Diplm comme forma-teur en milieu de travail, en sant et scurit du travail et en mtallurgie, Dany Mailloux comptait une dizaine dannes dexprience en milieu industriel avant dentrer lemploi de lASP imprime-rie comme conseiller en prvention en 2007. ce titre, il est appel fournir aux entreprises du secteur des services dinformation, de formation, de conseil et dassistance en prvention. Ses comptences lui permettent de supporter les employeurs et les tra-vailleurs du secteur de limprimerie en gestion de la prvention, scurit des machines, cadenassage, prvention des troubles musculo-squelettiques et gestion SST des matires chimiques.ReportageInspecter avec autant de dtermination quon en dploie durant lenqute aprs un drame, rien de tel pour gagner de la crdibilit en prvention et, surtout, garder les travailleurs intacts.Photo : ASP Imprimerie35Prvention au travailHiver 2012LASP imprimerie suggre cinq tapes aux inspections. On peut bien entendu les adapter son contexte, ses besoins. La premire consiste tablir les besoins sp-cifiques dinspection. Ce qui veut dire re-censer les risques dans chaque service et les mesures prventives dj tablies, puis dterminer le type dinspection ncessaire ainsi que sa frquence. La deuxime consiste prciser lobjet de linspection : quelles pices dquipement, quels postes de travail, quels comportements ou quel service et tablir la liste de lquipement ou des outils ncessaires pour inspecter. La troisime vise dsigner des inspecteurs comptents et former ceux qui en auraient besoin, puis approuver des firmes externes spcialises, au besoin, pour des inspections particulires (lectri-cit, ventilation, plomberie, incendie, par exemple). La quatrime propose dlaborer une procdure formelle, cest--dire une marche suivre pour prparer, raliser et suivre linspection. On y dtermine les res-ponsabilits de chacun, on monte un regis-tre au sujet des lments inspects et un formulaire pour indiquer les risques dter-mins, on labore les stratgies pour com-muniquer les recommandations et les actions correctives attendues, enfin on as-sure le suivi. La cinquime et dernire tape consiste surveiller lefficacit des inspections. Il est bon dafficher les rsul-tats des inspections et les correctifs appor-ts. On peut galement analyser les rapports dinspection et communiquer les bilans des correctifs au moins une fois par anne. On peut aussi rviser rgulirement les pratiques dinspection et les adapter au contexte changeant, si besoin est, et faire le suivi des actions correctives en sassurant de leur pertinence et de leur maintien.Rien nempche dvaluer linspection en tant que telle. Est-elle bonne ? Permet-elle de corriger toutes les anomalies dtectes ? Les suivis sont-ils rigoureusement faits ? Les actions correctives ont-elle t compltes ? Linspection prvient-elle efficacement les accidents ? Les correctifs ont-ils t mainte-nus dans le temps ? Vous pouvez btir votre propre grille dvaluation de linspection en 10 ou 15 points et accorder des points chacun. Ce qui permet dvaluer si vos inspections prventives sont parfaites ou perfectibles.De la participation de chacunLe travailleur lui-mme participe aux activi-ts dinspection. Il dclare, par exemple, toute anomalie une flaque dhuile sur le plancher o il travaille, une patte de palet-tier tordue et corrige toute situation qui dcoule directement de lui. Il transmet son suprieur ce dont il ne peut soccuper. Il prend les mesures ncessaires pour amliorer la prvention son poste de travail. Larticle 49 de la Loi sur la sant et la scurit du travail (LSST) oblige dailleurs le travailleur collaborer , rappelle le confrencier.Le comit de sant et de scurit parti-cipe aux inspections, analyse le contenu des rapports, cible des activits de prvention pertinentes, mesure la performance des services et contribue amliorer le pro-gramme dinspections prventives.Les superviseurs sassurent de leur ct que les inspections prvues ont bel et bien eu lieu dans leurs services. Ils participent aussi la mise en place de la procdure dinspection. Quand linspection rvle des anomalies, ils agissent tout de suite pour mettre les correctifs en branle. Ils infor-ment et engagent les travailleurs dans les amliorations qui les concernent, en plus de leur transmettre les priorits. Il suivent rigoureusement les recommandations.La direction participe aussi. Larticle 51 de la LSST lui assigne beaucoup de respon-sabilits lgard de la sant et de la scu-rit de ses travailleurs , prcise Dany Mailloux. Elle alloue ce quil faut pour maintenir le programme dinspection en vie : du temps, du personnel, des spcia- listes internes et externes sil le faut, du budget pour corriger rapidement ce qui doit ltre. Cest aussi elle qui dsigne les responsables pour faire les inspections et grer les recommandations. Elle rend for-mels les types dinspection faire et la marche suivre. Elle sassure enfin que les inspections sont bien faites et les recom-mandations, observes.Il va de soi que ceux qui font les inspec-tions doivent donner lexemple en portant tous les quipements de protection exigs dans la zone o ils circulent.Priorits et autres considrationsSil faut sattaquer plusieurs problmes de scurit en mme temps, les plus me-naants seront traits en premier lieu. On dresse une liste. On peut dterminer les priorits avec deux paramtres seulement : la gravit potentielle et la frquence dex-position du travailleur. Il est bon davoir un plan dusine pour quadriller ce quon inspecte, surtout si les lieux sont immenses. Si on y va trop dans le vague, on risque de ne pas bien voir , illustre Dany Mailloux. Il est galement ncessaire de prvenir que telle section de lusine sera inspecte et de prciser la dure prvue de linspection. Linspection prventive cote surtout en temps, mais cest un investissement avec retour, pas une dpense, conclut le confrencier. Pour en savoir plusLASP imprimerie met la disposition de tous diffrents formulaires dinspection et dpliants sur la marche suivre pour faire de bonnes inspections : www.aspimprimerie.qc.ca, onglet publications, puis onglet gestion de la prvention.Photo : iStockLa productivit chez Tarkett : une affaire de prventionPar Myriam PerronInvestir dans la prvention est un choix payant autant sur le plan financier quhu-main. Mais encore faut-il tre prt sinvestir. Voici comment Tarkett, une entre-prise de Farnham spcialise dans la fabrication de couvre-sols, a relev le dfi. Reportage36 Prvention au travail Hiver 2012 Bien que la filiale canadienne du gant franais Tarkett ne fasse pas partie des secteurs haut risque en matire de sant et de scurit du travail (SST), la prvention est au cur de ses proccu-pations. On tente dtre davantage proactif que ractif. Cest--dire que lon se dirige de plus en plus vers la dtermination et lvaluation des risques potentiels daccident, on donne de plus en plus de formation, on sensibilise nos travailleurs aux bonnes mthodes de travail avec la gestion visuelle et on fait des enqutes exhaustives sur les accidents pour en dfinir la cause de base afin de ne plus simplement ragir lorsque survient un problme , explique Monique Denis, ingnieure et chef en amlioration continue en sant et scurit chez Tarkett. Consulter, concerter, cooprerLe programme de prvention des accidents du travail de Tarkett prvoit quun reprsentant des tra-vailleurs soit libr de ses tches au moins deux jours par semaine pour se consacrer la prvention. Tarkett en brefGroupe cr en 2003 (fusion dentreprises)Plus de 130 ans dhistoireLeader mondial dans la fabrication de revtements de sol et de surfaces sportivesPersonnel : 8 800 Centres de production dans le monde : 30Chiffres daffaire : 2,64 G$ Tarkett au QubecUn centre de production situ Farnham, en Montrgie Usine rige en 1930 par Barry & Staines Linoleum Canada LimiteProduit fabriqu : couvre-sols rsilients (vinyle) base de feutre ou de fibre de verrePersonnel : 250Superficie de lusine et des bureaux : 610 067 pi2La productivit chez Tarkett : une affaire de prventionPar Myriam Perron37Prvention au travailHiver 2012Ce reprsentant et huit autres personnes font partie du co-mit paritaire en sant et scurit de lentreprise et se rencontrent une dizaine de fois par anne. Ne faisant plus partie des secteurs prioritaires noncs dans la Loi sur la sant et la scurit au travail, Ta rke t t a tout de mme conserv son comit paritaire en sant et scurit. On voulait que le syndicat soit partie prenante pour trou-ver des solutions, puisquil com-munique directement avec les travailleurs. Ses commentai-res sont essentiels afin de mettre sur pied des actions pour diminuer les r isques daccidents , soutient Monique Denis , qu i vo i t l un be l exemple dentraide. Rcemment, lentreprise a sol-licit lassistance de lAssociation sectorielle paritaire transport et entreposage (ASTE) et de la CSST pour rsoudre le problme de la cohabitation entre pitons et caristes devant circuler dans lusine, souligne Mme Denis : Dans lincertitude, nous pouvons faire appel des experts qui peuvent nous aider trouver des solutions. On discute, on trouve des rponses et on boucle la boucle. Cest trs enrichissant. Jean Martel, inspecteur la CSST, pr-cise que lorganisme ne simmisce pas dans le choix des solutions, mais soutient plutt la dmarche de lentreprise en matire de SST. ce propos, Mme Denis ajoute : La CSST offre aussi une documentation gra-tuite lintention des entreprises, comme des capsules de trois cinq minutes et des documents. Tout est l, notre disposi-tion . Dailleurs, le Centre de documenta-tion de la CSST renferme plus de 150 000 livres, normes, vidos, rapports et articles, tous lis la SST. Lge, facteur de risque ?Les travailleurs de lusine de Farnham pos-sdent en moyenne une vingtaine dan-nes danciennet, ce qui ne signifie pas pour autant une garantie de zro accident. Selon Mme Denis, avec les annes, les tra-vailleurs deviennent moins vigilants par rapport aux risques, banaliss par le quoti-dien. En particulier lorsquil est question des chariots lvateurs. Mario Larose, re-prsentant des travailleurs en sant et s-curit du travail chez Tarkett, confirme : Le problme, cest quon ne considre plus les chariots comme quelque chose qui peut causer des blessures ou la mort. Sur-tout quil y en a beaucoup dans lusine. Ce nest pas comme sil ny en avait quun et qu sa vue tous scartent en vitesse pour le laisser passer. Pourtant, il faut se rappeler que ces engins psent environ 4 500 kg. De plus, certains travailleurs dexp-rience peuvent tre rticents aux change-ments. Aux travailleurs qui disent Jai toujours fait a comme a, pourquoi je changerais ? on tente dexpliquer le pour-quoi des mesures. La sant et la scurit est laffaire de tous. Ce nest pas seulement la personne sur le chariot qui peut tre blesse, mais aussi les pitons tout autour , prcise Monique Denis, qui dsire voir un changement de culture. loppos, la relve peut aussi man-quer de vigilance. Et, comme 54 % de ces accidents surviennent dans les six pre-miers mois de lemploi, chez Tarkett, afin dintgrer de faon scuritaire les nou-veaux travailleurs, on offre une formation dune semaine conue leur intention. De la parole aux actesIl y a quelques annes, le fabricant de couvre-sols a cr une nouvelle ligne de production pour faire place lencre leau. La solution facile aurait t damliorer les procds pour satisfaire les normes qub-coises, mais lencre solvant est plus no-cive pour la sant des travailleurs. Un bon coup, selon Mme Denis, tant sur le plan humain quenvironnemental. Dans lusine, des affiches simples lire montrent de vrais clichs pris en entre-prise. Ct rouge : viter. Ct vert : suivre. Dailleurs, Tarkett privilgie les docu-ments visuels et les dmonstrations, plutt que les exposs magistraux pour faire de la sensibilisation. Par exemple, en cours de formation, les travailleurs peuvent consul-ter articles de journaux, publications, arti-cles sur Internet avec des cas vcus daccident. Ainsi, les travailleurs se rendent compte quils ne sont pas invincibles. Finalement, lentreprise a utilis les services dun ergothrapeute pour offrir des conseils adapts aux divers postes de travail. Selon Jean Martel, cette initiative reprsente un bon moyen de prvenir les troubles musculo-squelettiques chez les travailleurs, sans oublier les conomies dargent : diminution des risques dacci-dents et du taux dabsentisme, hausse de la productivit.Quand prvention rime avec certification lusine de Farnham, on compte aussi ana-lyser tous les risques daccidents et facteurs ayant un effet sur la sant des travailleurs (produits utiliss, bruits, poussire, lumire). On veut galement dcortiquer les tches tape par tape et revoir l interne les procdures, quipements et documents en matire de prvention.En fait, dici cinq sept ans, Tarkett es-pre recevoir la certification WCM (World Class Manufacturing), une certification qui vise amliorer la performance des entre-prises par llimination des pertes. La WCM comprend tous les aspects du processus de production, y compris la sant et la scu-rit du travail. Et, dici 2013, lentreprise pro-jette de recevoir la certification OHSAS (Occupational Health and Safety Assess-ment Series), une certification de type ISO 100 % consacre la sst. Photos : Tarkett Tarkett privil-gie les documents visuels et des affi-ches simples lire.38 Prvention au travail Hiver 2012ReportageReportage Il faut amliorer le bilan de scurit de lindustrie des charpentes dacier, parce que cest encore, de tous les mtiers et professions, celle qui a le taux de cotisation le plus lev la CSST, prcise lingnieur Claude Rochon, de la CSST Qubec, qui soc-cupe des structures mtalliques depuis des annes. Monteur dacier est lun des mtiers les plus risque et les nouvelles mesures rglementaires veulent apporter des solutions. La scurit est parfois encore dficiente sur certains chantiers, dclare Patrick Brub, reprsentant et agent syndical de la section locale 711 pour les mtiers de lacier. Je suis bien daccord avec les rglements plus muscls, mais il faudra sassurer de les faire appli-quer. Jai lu la nouvelle rglementation dun bout lautre et je suis totalement daccord, poursuit-il. Elle rpond un besoin daugmen-ter la scurit dans ce secteur. Il se dit tonn de dcouvrir en-core, en parcourant les chantiers pour faire de la formation, des monteurs de 20 ans dexprience ignorant compltement les rgles de scurit.Parmi les faits saillants des nouvelles dispositions, mentionnons llaboration obligatoire de plans et de mthodes de montage ou de dmontage de toute structure dacier. Ce sera comme un plan IKEA. Cest--dire que la planification de toutes les tapes, dans lordre, pour assembler la structure du dbut la fin, doit figurer sur un plan de montage prpar par le fabricant, mis la disposi-tion des travailleurs et toujours disponible sur le chantier. On y pr-cise notamment les types de boulons, leur diamtre, les soudures, lemplacement des diffrents lments de la charpente et leur mar-que de montage.La toute premire tape, lancrage des poteaux dans le sol fait aussi lobjet dune modification : il faut maintenant au minimum quatre tiges dancrage, dfaut de quoi il faudra prvoir une pro-cdure de montage. Une telle procdure devra aussi tre labore si la position des tiges dancrage nassure pas la stabilit des po-teaux dans tous leurs axes. Le plan du fabricant doit contenir leurs dimensions, leur position, et les dtails ncessaires leur fixation Nouvelles mesures rglementaires pour la scurit des monteurs de charpentes mtalliquesPar Guy SabourinTout faire pour quune charpente mtallique reste stable pendant son assemblage, de la premire colonne la dernire poutre, afin que les travailleurs soient le moins possible exposs des risques, voil lesprit des nouvelles mesures rgle-mentaires entres en vigueur le 5 mai 2011. L o il ny avait que trois articles, on en a ajout 19, le tout formant une nouvelle sous-section (3.24) du Code de scu-rit pour les travaux de construction touchant le montage et le dmontage des charpentes mtalliques. Dix ans de rflexions, de discussions et de rencontres ont finalement abouti des rgles qui rallient aujourdhui les acteurs du milieu des charpentes dacier. Ces nouvelles dispositions ne touchent cependant pas le mon-tage des postes de transformation dnergie, des pylnes et des tours de tlcom-munication, qui sous lautorit dun autre secteur dactivit, a ses propres mesures de scurit. Photo : Via Rail39Prvention au travailHiver 2012et, le cas chant, la stabilit des poteaux. Un ingnieur en vrifiera la conformit sur le chantier avant le dbut des travaux. Cest une tape de plus quil devra pr-voir, mais ventuellement, a deviendra une habitude , croit Marc Beaudoin, direc-teur adjoint, sant et scurit et mutuelle de prvention lAssociation de la construc-tion du Qubec (ACQ). Ce nest pas le mon-teur dacier qui soccupe de cette opration, mais il aura au moins lassurance driger sa structure sur du solide. Autre nouveaut denvergure : un plan de sauvetage. Il faut prvoir et mettre par crit ce qui doit tre fait si un travailleur venait tomber dans le vide et restait sus-pendu son harnais. Lemployeur doit aussi fournir lquipement ncessaire. Ce plan vise le dgagement dun tra-vailleur dans un dlai de 15 minutes ; il fau-dra donc avoir bien pens son affaire et mettre limprovisation de ct , prcise Claude Rochon. En plus, un sauveteur form et capable de secourir un travailleur suspendu doit obligatoirement se trouver sur le chantier. La nature de son travail ne doit compromettre en rien son interven-tion rapide et efficace. Cette mesure en-trera en vigueur en mai 2012 pour donner le temps au milieu de la structure dacier de faire ses devoirs. Des employeurs ont dj commenc demander un coup de main lACQ pour sy prparer. Il sagit dune grande nouveaut sur les chantiers, et on espre que les autres secteurs dactivit exposs aux chutes de hauteur vont adopter cette mesure, explique Claude Rochon. Que les monteurs dacier soient les premiers laborer un tel plan, a sexplique. Ils font des travaux en hauteur et sont souvent seuls sur le chan-tier, avant larrive des autres corps de m-tier. Ils doivent donc pouvoir sorganiser entre eux et avoir prvu quoi faire et com-ment sy prendre si un travailleur reste sus-pendu dans le vide au bout de son harnais aprs tre tomb. tre suspendu sous un pont ou en hauteur durant un certain temps sans bouger peut laisser des squel-les permanentes, si rien nest fait rapide-ment pour dcrocher le travailleur. LACQ travaille de son ct de concert avec le Cen-tre de formation des mtiers de lacier pour que cette information soit diffuse aux futurs monteurs.Laire de travail o sera assise la struc-ture doit avoir t prpare avec soin. Une tche qui revient au matre duvre. Le sol doit tre nivel, bien drain et stable, capable de supporter le poids des appareils de levage et des camions. Le lieu doit tre suffisamment grand pour entreposer les matriaux.Pour la manutention des charges, lan-cienne version du Code exigeait un crochet de montage muni dun linguet de scurit. Il tait souvent attach et ne servait rien, explique Claude Rochon. Il y a donc eu des dcrochages accidentels. Aujourdhui, il faut par consquent un crochet autoblo-quant. Seule une action positive peut louvrir. Il existe aussi des dispositifs de d-crochage distance, par cble ou avec t-lcommande, galement accepts dans les nouvelles dispositions, la condition quils souvrent uniquement lorsquils ne suppor-tent plus le poids de la charge et la suite dune commande douverture. Les capaci-ts minimales et maximales doivent aussi figurer sur le dispositif.Autre grande nouveaut : les poutrelles ne peuvent plus tre juste dposes comme ctait le cas avant. Elles doivent aujourdhui tre boulonnes tout de suite en les dposant sur les poutres, de chaque ct et avec au moins un boulon, pour quelles ne tombent pas sur des tra-vailleurs, comme cest dj arriv. Nous avons eu la collaboration du fabricant ma-jeur de poutrelles au Qubec , se rjouit Claude Rochon. Est galement prcis dans les nouvelles mesures le nombre minimal de rangs dentretoises de montage selon la longueur des poutrelles. Par exemple, il faut deux rangs dentretoises une pou-trelle de 18 30 mtres.Dmonter une structure dacier ne se fait pas non plus nimporte comment. Pour la monter, on suit des plans. Pour la d-monter, il faudra galement un plan din-gnieur qui spcifie, par exemple, quelles connexions seront dfaites en premier et quelles pices seront descendues avant les autres, toujours sans compromettre la soli-dit de la charpente qui reste en place. Lestimation du poids de la structure et de chacune de ses pices est une tape majeure du dmontage , ajoute Claude Rochon. Aussi, lever une charge partir du sol nest pas la mme chose que de la sou-lever partir de 15 mtres dans les airs. Cest pourquoi la charge doit tre calcule et ne peut dpasser 70 % de la capacit maximale de lappareil de levage, y compris les accessoires de levage. Doivent donc figurer au plan le poids et aussi le centre de gravit des lments de charpente et les mesures de protection antichute des travailleurs. En plus de sadapter ces nouvelles dispositions, il faudra aussi sensibiliser tout le monde, croit Marc Beaudoin. Nous avons labor puis distribu sur les chan-tiers 2 000 exemplaires dun document dinformation devenu si populaire quil est en rimpression. La charpente mtallique est un domaine multiples acteurs : concepteurs de charpentes, fabricants, matres duvre, travailleurs. Notre docu-ment clarifie les rles et responsabilits de chacun. Le but de la nouvelle exigence rgle-mentaire ? Fondre une culture de la prven-tion dans lacier. Photo : Via Rail En plus du crochet de levage avec loquet autobloquant, le Code de scurit pour les travaux de construction permet lutilisation dun linguet de scurit en autant quil soit utilis avec une manille ou un anneau en acier forg.Photo : Association de la construction du Qubec Crochet de levage muni dun linguet Crochet de levage muni dun linguet autobloquant4040SommaireLes mammouths sont disparus, pas le stress !Par : Guy SabourinReportage40 Prvention au travail Hiver 2012 Rencontrer lune de ces impressionnantes btes dclenchait une raction de stress chez nos anctres. Car il y avait danger. Sous leffet dune dcharge dadrnaline, ou hormone guerrire , toute leur nergie disponible se mobilisait en leur donnant la force musculaire et toutes les apti-tudes ncessaires pour combattre la bte ou encore pour fuir toutes jambes si lanimal chargeait.Les effets de ladrnaline sont immdiats. Les narines, la gorge et les poumons laissent passer plus dair et les pupilles se dilatent. Lnergie afflue aux muscles, qui agissent. La sensibilit en cas de blessure devient moindre, pour garder la concentration sur laction. Le corps est fin prt ragir. La maison qui brle alors que les enfants dorment tranquillement dclenche exactement la mme raction de stress, qui pourvoit les parents des moyens ncessaires pour affronter la situation.Lors du dernier Grand Rendez-vous sant et scurit au travail, pour bien il-lustrer ce quest le stress, la confrencire Marie-France Marin, doctorante au Centre dtudes sur le stress humain (CESH) du Centre de recherche Fer-nand-Seguin de lHpital Louis-H. Lafontaine, a abondamment utilis lexemple des mammouths, ces lphants couverts dune toison laineuse qui nexistent aujourdhui que sous forme de fossiles. Marie-France Marin est candidate au doctorat lUniversit de Montral en sciences neurologiques sous la supervision de la Dre Sonia Lupien. Depuis son baccalaurat, elle sintresse particulirement aux effets du stress sur la mmoire et les motions. Elle a joint le laboratoire de la Dre Lupien en 2006. De plus, elle est une membre active du Centre dtudes sur le stress humain, o elle simplique dans diffrentes activits de transfert de connaissances au grand public. Notamment, elle est coditrice du Mammouth Magazine et elle est galement implique dans le programme DStresse et Progresse, qui vise duquer les jeunes sur le stress et ses effets.Photo : iStock41Prvention au travailHiver 2012Mais le systme de raction au stress du cerveau humain ne fait aucune diff-rence entre le stress dun danger rel et menaant pour la survie, ce quon appelle un stress absolu, et un stress qui ne me-nace pas lindividu, un stress relatif. Par exemple, celui qui se trouve au cur dun embouteillage sur le pont Champlain qui voit lheure tourner et qui se rend compte quil sera trs en retard sa runion vit aussi un stress. Sa raction physiologique au stress est la mme que sil y avait un mammouth devant lui , prcise Marie-France Marin. Il ny a aucun problme avec le stress aigu, prcise la confrencire. Croiser un mammouth par mois, tout va bien. On a ce quil faut pour laffronter. Mais c est quand on en croise cinq par jour que les pro-blmes risquent de survenir. Les chercheurs pensent que notre systme de rponse au stress nest pas fait pour tre activ constamment. la longue, a peut mme mener lpuisement de lorganisme. Outre quil prcipite ladrnaline, le stress dclenche aussi la scrtion dune autre hormone, qui atteindra le cerveau une dizaine de minutes plus tard : le corti-sol. Il appuie laction de ladrnaline et les deux hormones travaillent cte cte du-rant toute la raction au stress. Le cortisol transforme les sucres et les gras en nergie pour soutenir laction que dclenche ladr-naline. Il mobilise toute lnergie pour la di-riger dans les bons muscles. Si on doit fuir la situation dangereuse, lnergie ira aux muscles des jambes, par exemple. Le corti-sol fait mme ralentir temporairement le travail du systme immunitaire et de la di-gestion pour que la concentration sur lac-tion reste entire. En temps normal, le cortisol maintient lquilibre nergtique du corps. Nous en scrtons plus le matin et moins mesure que la journe avance.Une fois le danger cart, quand le mammouth a t sem ou quand on ap-prend que notre enfant nest pas si malade quon le croyait, la tension diminue. Mais le cortisol doit encore accomplir un dernier travail : il envoie un message de faim au cerveau. Toute cette nergie dpense pour lutter contre le danger, il faut bien la rem-placer. Ce message survient aprs un rel danger, comme un tremblement de terre, mais aussi aprs un embouteillage sur le pont, quon a peru comme une menace , illustre Marie-France Marin.Si ce message de la faim narrive qu loccasion, lors dun stress aigu, pas de problme. Mais sil se rpte cinq fois par jour chez ceux qui souffrent de stress chronique, cest--dire dans des situations menaantes au quotidien ou des situations qui ne font pas craindre pour la survie, mais que lindividu peroit comme mena-antes, des problmes peuvent survenir. Ce qui est nouveau pour lun ne lest pas n-cessairement pour lautre. Le stress est une exprience individuelle et personnelle. Chacun gre son stress diffremment et doit trouver la faon qui lui convient. Notre systme de rponse au stress ne sait pas que nous sommes immobiles dans lautomobile, pris dans un embou-teillage, illustre Marie-France Marin. Il tient pour acquis que nous allons utiliser toute cette nergie mobilise contre lagresseur. Il se croit encore lpoque des mam-mouths. Le stress chronique est associ plu-sieurs problmes. Il peut faire augmenter lindice de masse corporelle, parce quil incite refaire souvent ses rserves dner-gie. Il contribue au risque dobsit autour de la taille, donc autour des glandes surrnales, qui produisent le cortisol et trouvent l une solution pratique pour avoir accs aux rserves dnergie. Il contri-bue au risque de rsistance linsuline, donc du diabte de type 2, parce que le corps a tendance conserver ses rserves de sucre pour se dfendre en prsence de stress rpts. Il augmente le taux de cho-lestrol, le risque cardio-vasculaire et main-tient la tension artrielle leve. Il fait aussi crotre le risque de dpression.En sactivant, le systme de rponse au stress sollicite galement les autres syst-mes par effet domino. Par exemple, la ten-sion artrielle et le taux de sucre sanguin demeurent en tat dalerte, la digestion est plus lente, le systme reproducteur est moins actif, les battements cardiaques augmentent, etc.Tous les tres humains ragissent au stress en prsence dun tremblement de terre ou lors dun accident de la route, dun ouragan, dun tsunami, de leffondrement des tours jumelles, comme en septembre 2001 . Ce stress absolu, directement descendu de nos rencontres avec le mammouth, est un mcanisme extrme-ment prcieux pour nous sauver la vie. Ce genre de stress est toutefois rare dans nos vies daujourdhui.Les autres agresseurs qui conduisent au stress chronique ne sont pas les mmes pour tous. Un individu peut sentir une menace lors dune nouvelle demande du patron, et donc ragir avec du stress, tandis quun autre, pas du tout. Cest le stress relatif et, dans cette catgorie, chacun ses stresseurs. Ce sont les impts, les dettes, un examen, un discours Photo : iStock Celui qui se trouve au cur dun embouteillage qui voit lheure tourner et qui se rend compte quil sera trs en retard sa runion vit aussi un stress.Reportage42 Prvention au travail Hiver 2012prononcer, la pression au travail, la circulation dense, la crainte de la maladie, etc.Les chercheurs du CESH par-lent de quatre ingrdients n-cessaires au stress : CIN Vous sentez que vous navez que peu ou pas du tout de contrle sur la situation. Il se produit quel-que chose de compltement im-prvisible. Cest aussi quelque chose de nouveau que vous navez jamais expriment. Vos comptences ou votre ego sont menacs, mis lpreuve. Un seul de ces quatre ingrdients peut dclen-cher le stress, mais plus il y a dingrdients dans une situation, plus elle est stressante.tre expos ces ingrdients provoque la scrtion dhormones du stress, mais aussi le simple fait de prvoir ces situa-tions. Si un collgue vous rprimande tous les lundis la runion de laprs-midi, vous commencerez ressentir ce stress le matin et mme la veille. Cette anticipation elle seule fait scrter les hormones du stress et maintient donc le corps en tat dalerte. Se dfaire du stress, cest possible ? Nous ne pourrons jamais liminer totale-ment le stress absolu ni le stress relatif de nos vies, lance Marie-France Marin. Mais il y a quelque chose que nous pouvons chan-ger : linterprtation que nous faisons des situations gnratrices de stress. Nous pouvons diminuer le nombre de fois o notre systme de rponse au stress est activ et, par consquent, la libration dhormones du stress et les effets en chane quelles dclenchent. Mme sil ny a ni solution universelle ni rsultat facile, il reste que certains moyens ont fait leurs preuves. Dabord, les solutions rapides pour faire face au stress relatif. La plus accessible : respirer par le ventre, le faire gonfler le plus possible puis relcher lair lentement. Le cerveau reoit imm-diatement le signal de se calmer , assure Marie-France Marin. Chanter fait le mme effet. Utilisez lnergie que votre corps a mobilise pour rpondre au stress ; mar-chez, courez sil le faut, prenez 10 minutes pour lvacuer. a suffit pour faire baisser la tension et le stress. Malgr son air sim-pliste, le rire est un puissant antidote. Faites nimporte quoi qui vous fasse rire. Le stress des rieurs pathologiques, mesur par des chercheurs, est trs bas. Rendre service, tre bon pour quelquun est galement un antidote prouv au stress. Des chercheurs ont constat des bas ni-veaux dhormones de stress durant une bonne action ou pendant que des participants as-sistaient une bonne action de mre Thrsa sur film. De petites actions de bont chaque jour peuvent diminuer notre rponse au stress , assure Marie-France Marin.Les stratgies long terme prennent plus de temps, mais rapportent davantage. Le jour o vous aurez ressenti et vcu un stress, il y a gros parier que vous le ram-nerez la maison et commencerez le ru-miner en allant au lit, souvent le premier moment de solitude de la journe. Les v-nements passs reviennent nous hanter et retardent le sommeil.La solution ? Aussi simple que difficile mettre en uvre : prendre une heure soi chaque jour, sans tl, ni livre, ni Internet, ni stimulation daucune sorte. Du temps simplement pour tre avec soi et rgler tous ses petits problmes, notamment ceux qui dcoulent du stress. Marchez de-hors avec le chien ou seul, par exemple. Prenez un long bain. Pensez aux situations qui vous ont stress et dterminez les in-grdients du stress qui ont caus cette r-ponse de stress. Ensuite, essayez de ddramatiser, tout le moins de mettre le doigt sur lingrdient dlicat, la vritable source du stress. La rsilience, cette capacit rebondir et recourir un plan B lors dune situa-tion stressante, est un autre puissant anti-dote au stress. Votre travail est menac parce que la compagnie ne rcolte plus de contrats, ce qui est trs stressant ? Prenez le contrle et explorez toutes les autres portes qui pourraient souvrir ct travail. Le simple fait dimaginer un plan B donne la sensation de matriser la situation et di-minue limportance de lagent stressant, dans ce cas limprvisibilit, explique Photo : ShutterstockPour en savoir plusCentre dtudes sur le stress humainhttp://www.stresshumain.ca/Marie-France Marin. Mme si le stresseur est toujours l, vous aurez dvelopp votre rsilience. Dans les milieux de travail, lemploy doit reconnatre les situations personnelles et professionnelles qui le stressent et met-tre en place les moyens de diminuer sa r-ponse au stress, explique Marie-France Marin. Par exemple, travailler sur la carac-tristique CIN qui provoque son stress. Lemployeur peut tenter dtre davantage lcoute de ses travailleurs et de trouver ce quoi chaque travailleur est le plus sensi-ble. Par exemple, il faut sassurer de flici-ter pour ses bons coups tout travailleur trs sensible la menace lego. Ou pour-voir dun plan B un salari qui dteste la nouveaut, mais dont on doit changer la tche, en lui fournissant des personnes-ressources pour lpauler. Hommes et femmes ne ragissent pas de la mme faonLes chercheurs ont dcouvert que les hommes ragissent davantage au niveau physiologique face au stress, mais affirment quils en ressentent moins. Tout le contraire des femmes, qui disent volontiers ressentir beaucoup de stress, mais qui sont moins ractives physiologiquement. En fait, tout semble indiquer que le sexe dune personne influence sa sensibilit aux agents stres-sants ainsi que ses rponses de stress. Utilisez lnergie que votre corps a mobilise pour rpondre au stress ; mar-chez, courez sil le faut, prenez 10 minutes pour lvacuer.En raccourci43Prvention au travailHiver 2012Visitez-nous en lignewww.preventionautravail.comErratumDans le dernier numro du Prvention au tra-vail aux pages 44 et 45, lauteure de larticle Dmystifier et dmocratiser le transfert des connaissances est Claire Thivierge et, aux pa-ges 34 et 35, lauteure de larticle Attention : sautage Le monoxyde de carbone, le gaz qui tue est Anna Rozanova.Douze facteurs qui influencent notre sant lre o la sant occupe une place prpondrante dans la socit, il est important de comprendre les facteurs dterminants qui ont une influence sur celle-ci. Passeport Sant en a rpertori 12, voici un rsum de chacun :Lenfance : au-del des besoins primaires, lenvironnement relationnel dun enfant est llment principal qui dterminera les possibilits qui soffriront lui au cours de sa vie. Notre responsabilit en tant quadulte est de loutiller afin quil puisse avoir ac-cs un milieu qui lui permettra de se dvelopper harmonieusement.Lhrdit : si un membre de notre famille a t ou est atteint dune maladie, il est fort probable que des facteurs gntiques sont en cause. Il est possible de prvenir ou de retarder une maladie, en portant une attention particulire nos prdisposi-tions et en adoptant des comportements qui influenceront lvolution des gnes.Linstruction : cest le facteur primordial de ltat de sant et de la prosprit dun pays. La responsabilit incombe autant lindividu qu la socit. Nous pouvons poursuivre notre apprentissage, que ce soit par le milieu scolaire, par la formation continue ou de faon autodidacte.Emploi et conditions de travail : lorsque nous pouvons agir sur nos conditions de tra-vail, notre stress en est diminu dautant. Si notre milieu de travail ne nous satisfait pas, nous devons envisager des solutions. Par exemple, un changement demploi ou une formation approprie peut amliorer nos conditions de travail.La position sociale : au bas de lchelle, les aspects de la vie sont plus ardus. Plus une socit est inquitable, plus les carts sur les tats de sant seront dterminants. Le Danemark est un pays dont nous devrions nous inspirer, car selon les donnes les plus rcentes de lONU, cest un pays o lquit est lavant-plan.La discrimination : la discrimination et lexclusion bases sur des raisons dordre po-litique, racial, religieux, culturel ou sexuel ont des consquences sur la sant. Nous devons promouvoir lquit travers les diffrences quon trouve dans notre socit. Les habitudes de vie : cest le facteur sur lequel nous exerons le plus grand contrle. La meilleure faon damliorer nos habitudes de vie passe par lactivit physique. En tant que socit, nous devons privilgier de saines habitudes de vie, favoriser le transport en commun et multiplier les lieux o exercer des activits physiques.Capacits dadaptation personnelles : plus nos capacits dadaptation sont grandes, moins notre niveau de stress sera lev. Comme ce facteur repose sur nos propres res-sources, nous devons dvelopper nos capacits dautonomie personnelle, pour ainsi amliorer notre tat de sant gnral.Le rseau de soutien : notre rseau social est une ressource primordiale pour affronter les difficults qui surgissent dans la vie. Plus nous avons de personnes et de ressources sur lesquelles nous pouvons compter, moins notre niveau de stress sera lev.Le milieu social : il comprend les multiples rseaux sociaux ainsi quinstitutionnels, les normes sociales et lgales qui rgissent notre socit. Quand la socit favorise la collectivit, elle engendre une vitalit et ce qui en rsulte, cest un meilleur tat de sant gnral.Lenvironnement physique : cest un facteur indpendant de notre volont. Nous pou-vons nanmoins contribuer diminuer la pollution de lair, de leau et du sol, pour amliorer notre environnement physique et notre tat de sant par la mme occasion.Les services de sant : des soins gratuits ou prix trs bas contribuent amliorer grandement ltat de sant de la population, les pays en voie de dveloppement nont malheureusement pas accs des services de sant gratuits, ce qui entrane un taux lev de maladies et de mortalit.Source : Passeportsant.netMaigrir sans tricher : dterminez de faux amisOpter pour les boissons gazeuses dite et les chips rduites en gras conues pour maigrir pourrait en fait faire grossir.En effet, une tude sur les rats, mene par le Department of Psychological Sciences, Purdue University a mon-tr que la version allge des crous-tilles, faite avec de l o lestra , un substitut synthti-que de gras qui ne contient aucune calor ie , peut plutt faire grossir. Quant la prise rgulire des boissons gazeuses dite, San Antonio Longitudinal Study of Aging a rvl la mme tendance. Ces boissons augmentent le tour de taille et le risque dobsit. En ralit, les aliments sucrs ou gras si-gnalent lorganisme un grand apport en ca-lories et provoquent diffrentes rponses physiologiques permettant de grer cet ap-port en calories : scrtion dhormones, sali-vation, etc. Ainsi, nos amis substituts habituent lorganisme leur got. Par cons-quent, il ne lassocie plus avec les calories et, lors de la consommation de vrais gras et des sucres, lorganisme nest plus capable de les identifier et de les liminer par la suite. ceux qui veulent garder la ligne, mfiez-vous des substituts et optez pour des aliments naturellement faibles en gras et en sucre.Source : Passeport SantARMEBPhotos : iStockPerspectives44 Prvention au travail Hiver 2012GE Aviation de Bromont collec-tionne les honneurs pour sa gestion de la sant et de la scurit du travail (SST). En septembre dernier, lusine se classait parmi les cinq laurats du premier concours Canadas Safest Employers, auquel une centaine de socits industrielles ont particip. Elle stait dj dis-tingue en gagnant un Grand Prix qubcois de la qualit en 2010, en figurant parmi les Environment, Health and Safety Leaders de 2007 et 2008, et comme finaliste des Prix innovation de la CSST en 2008. Alain Ouellette, directeur sant, scurit et environnement, explique comment ce fabricant de composants de moteurs davion, qui compte quelque 700 travailleurs, a russi en une quinzaine dannes implanter une vritable culture de la prvention. [Prvention au travail] Votre gestion de la SST se base sur le systme GE Global Star. De quoi sagit-il ?[Alain Ouellette] Cest le systme universel que Gnral lectrique applique toutes ses usines, quelles appartiennent au groupe mdical, celui du transport ou de laviation. Il comprend 21 lments, qui vont de lengagement des gens leur valuation, en passant par le cadenassage et la manipulation des produits chimi-ques. La certification Global Star reconnat lexcellence de la gestion de chacun de ces lments. Lusine de Bromont a t la premire du secteur de laviation au Canada recevoir cette certification en 2005 et nouveau en 2010. Tous les cinq ans, des vrificateurs de diffrentes divisions de GE viennent sur place revoir notre faon de grer les 21 lments du programme. Cest un processus trs rigoureux et le premier audit avait dur quatre jours. Javoue que nous lavions trouv un peu difficile, mais nous en sommes sortis avec beaucoup de fiert. [PT] Vous avez aussi remport un Grand Prix qubcois de la qualit en 2010. Peut-on dire que les mcanismes daccs ces rcompenses se ressemblent ?[AO] On fait souvent un rapprochement entre la gestion de la qualit en g-nral et celle de la SST. Plusieurs des processus reposent sur des notions de ges-tion des comportements. On parvient un niveau de qualit ou de scurit suprieur quand on russit en faire une valeur dans toute lentreprise.Coup de chapeau un as de la prventionPar Claire ThiviergePhoto : Marie-Jose LegaultPrvention au travail 45Hiver 2012[PT] Comment, dans une grande entreprise comme la vtre, parvient-on mobiliser des centaines de per-sonnes autour de la SST ?[AO] La dmarche doit reposer sur un engagement de la direction. La direction de lentreprise sest engage donner aux tra-vailleurs les moyens de prendre leur sant et leur scurit en main. Si on dit une per-sonne quelle doit travailler en scurit, mais que, dans lheure qui suit, elle a be-soin de gants et quon ne peut pas lui en fournir, on nest pas trs crdible. On sest donc engags soutenir les efforts de pr-vention des travailleurs et ils ont march. Cela nous met une pression constante et produit des attentes. Au dbut, on sest de-mand si on avait cr un monstre, mais on sest rendu compte quau contraire on avait cr un tat desprit permettant aux gens de constater que ctait bon pour eux, et non seulement pour lentreprise.[PT] Comment donnez-vous la pa-role aux travailleurs dans le quotidien ?[AO] Notre gestion est trs participa-tive et nous fonctionnons beaucoup en co-mits. Nous avons aussi implant des moyens de communication faciles et sim-ples pour permettre aux travailleurs de soulever des lments de SST qui pour-raient tre dficients ou quon pourrait amliorer. Bon an mal an, on rgle de 650 700 points qui nous sont signals. Les tra-vailleurs le voient, parce que ce sont eux qui les ont crits et quon leur fait un re-tour sur ces points.[PT] Pouvez-vous donner un exemple des moyens mis la porte des travailleurs ?[AO] On a placard un journal kaizen SST dans les locaux de chaque quipe, avec lobjectif que chacune soumette un ou deux points toutes les deux semaines. Les gens peuvent y crire leurs proccupations et les amliorations possibles. En prsence de travailleurs de la production, de gestion-naires, dingnieurs et du directeur, nous revoyons rigoureusement ce journal toutes les deux semaines. Cest simple parce que cest crit et les choses crites nous pous-sent agir. La difficult la fin des annes 1990, cest que les gens disaient quil ne se passait rien en SST, mme si on faisait beaucoup de choses. Sauf que rien ntait document. Aujourdhui , des crits permettent de constater, par exemple, quon a rgl 600 points au cours de lan-ne, et que nous soutenons et amliorons sans cesse notre programme de SST.[PT] Lusine compte plus de 120 ro-bots. La dcision de robotiser des op-rations dcoule-t-elle dun choix de la direction pour favoriser la fois la prvention et la production ?[AO] Bien sr que la robotisation contribue la production, et non seule-ment la prvention. Lorsque nous avons commenc cette dmarche, la fin des an-nes 1990, nous avons cibl des oprations difficiles. Nous avons dabord robotis des applications de forge o les gens devaient travailler dans des postures statiques qui leur causaient des troubles musculo- squelettiques, et dans des tempratures trs leves. La robotisation a limin lquivalent annuel de quelque 40 millions de mouvements risque des oprations de formage. Certains travailleurs trs hypo-thqus parce quils excutaient manuelle-ment ces tches peuvent maintenant revenir au travail, o, plutt que daction-ner une presse, ils actionnent un robot. Cest beaucoup plus simple et beaucoup moins risqu.[PT] Si la recherche de lexcellence en SST est lavantage des employs, la direction en retire-t-elle aussi des bnfices ? [AO] Le bnfice majeur, ce sont des travailleurs en sant. Labsentisme nest jamais un avantage. Le fait de cibler les oprations pour en liminer les risques inhrents nous permet galement de continuer fonctionner avec une popula-tion qui prend de lge, mais amliore aussi notre capacit de production, ce qui rentabilise un peu plus nos oprations. La prvention a des retombes conomiques et ici, chez GE Aviation de Bromont, on la voit comme un investissement.[PT] Quelle est la raction des em-ploys quand vous recevez des prix en SST ?[AO] Ils en tirent une norme fiert, parce quils sont partie prenante des rsul-tats, quils font partie de la solution et parce que nous avons une feuille de route assez bien garnie depuis les cinq dernires annes. Cest deux que viennent les ides damlioration quon met en place. Dix ans aprs avoir introduit le journal kaizen en SST, nous recevons encore un flot continu de suggestions, ce qui est une de mes plus grandes fierts. Au dbut, les besoins taient plus primaires parce que les situa-tions taient plus risque. Aujourdhui, on en est des notions de confort.[PT] Y a-t-il des limites ce quon peut faire en matire de prvention ?[AO] En prvention, plus on en fait, plus on en voit. Le fait dappliquer de nou-velles mthodes ouvre grand la porte une autre dimension. Les occasions de raffine-ment sont l et on en trouve de nouvelles chaque jour. Ici, contrairement ce qui peut se passer ailleurs, les gens adorent le changement et, quand rien ne change, ils se posent des questions. Aussi, la robotisa-tion et lautomatisation nous permettent daccder des productions de plus en plus complexes et de faire des choses qui nous semblaient impossibles il y a 10 ans.[PT] Quel conseil donneriez-vous la direction dune entreprise qui hsite faire un virage en faveur de la prvention ?[AO] Je lui dirais : faites confiance vos gens, engagez-vous et coutez-les. Lorsque nous recevons des prix, les employs en tirent une norme fiert, parce quils sont partie prenante des rsultats, quils font partie de la solution et parce que nous avons une feuille de route assez bien garnie depuis les cinq dernires annes. 464646 Prvention au travail Hiver 2012Cherchez lerreur : solutionLes corrections1 La barre quOlivier utilise est vraiment trop courte !2 Olivier pourra difficilement sonder parce quil porte des protecteurs auditifs qui le protgent du bruit que fait Jol en utilisant une foreuse bquille. Quant Jol, il ne porte pas de protecteurs auditifs, ils sont pourtant ncessaires !3 O est passe la lisse intermdiaire du garde-corps sur la plateforme ? 4 Un des stabilisateurs de la plateforme lvatrice est relev Bonjour la stabilit ! 5 Le treillis mtallique appuy contre la plateforme nest visiblement pas sa place.6 Si un dplacement rapide des mineurs tait ncessaire, il leur serait difficile de le faire en toute scurit en raison de tout cet encombrement sur le plancher de la plateforme. 7 Rien ne retiendrait les lampes frontales si les casques auxquels elles sont fixes venaient tomber.Pour en savoir plusRglement sur la sant et la scurit du travail dans les mines, S-2.1, r.19.1Le Journal des Belmine, no 5, p. 3 DC 600-410-5Le Journal des Belmine, no 8, p. 6-7 DC 600-410-8Le sondage se fait par inspection auditive. Selon larticle 36 du Rglement sur la sant et la scurit du travail dans les mines, pendant que des travaux de sondage sont effectus, il est interdit quiconque duti-liser, prs de la zone de sondage, toute machine ou outil bruyant qui empche le travailleur dentendre le son de sa barre de purgeage . Le travailleur doit pouvoir recon-natre le bruit sourd ou aigu que fait le roc lorsquil est frapp. Donc, le travail doit se faire dans un milieu si-lencieux. Ce qui est impossible si un travailleur proxi-mit actionne une foreuse bquille. Pour le sondage et lcaillage, il faut utiliser des barres bien aiguises et dune longueur approprie. Cest--dire assez longues pour permettre aux tra-vailleurs de les incliner devant eux un angle maximal de 45 degrs par rapport lhorizontale. Ainsi, on se tiendra loign du point de chute des roches. Lcaillage se fait en progressant du bon terrain vers le terrain non caill. De plus, il faut commencer lcaillage au plafond et descendre ensuite sur les murs.Afin de faire une bonne inspection, il est ncessaire davoir un bon clairage, donc de bonnes lampes de mi-neurs. Et, comme il sagit souvent du seul clairage sur place, il ne faut surtout pas quelles tombent et se bri-sent, car les travailleurs se trouveraient ainsi dans lobs-curit complte. Cest pourquoi les deux mineurs portent leur lampe frontale en les assurant avec un cor-don dattache reli leur ceinture. Tous les stabilisateurs de la plateforme lvatrice sont en place, de mme que les lisses du garde-corps arrire. Lespace est dgag de tout ce qui lencombrait et le treillis mtallique de soutnement minier pour le boulonnage est accroch sa place, sur le ciseau.Nous remercions la Mine Casa Berardi ainsi que Nico Charrois, coor-donnateur de sant et de scurit, Stphane Dickey, contrematre, Ghislain Goyette, alors coordonnateur en sant et scurit, et Jasmin Mercier, reprsentant des travailleurs. Nous remercions galement les deux figurants, Jol Bruneau et Olivier Grenier, tous deux mineurs-boulonneurs.Nos personnes-ressources : Claude Ferland, ingnieur et alors conseiller en prvention, secteur mines, Direction gnrale de la prvention-inspection et du partenariat (DGPIP) de la CSST, ainsi que Mar io St-Pie r re et Jean-Frano is Desha ies, tous deux ingnieurs et inspecteurs la Direction rgionale de lAbitibi- Tmiscamingue de la CSST. Coordination : Louise Girard, DGPIP, CSST7641325Les erreursPhotos : Hugo Lacroix47Prvention au travailHiver 2012DC 600-202-121Pour recevoir gratuitement le magazine Prvention au travail, il vous suffit den faire la demande en crivant : secretariatintegral@bellnet.ca ou en tlphonant au numro suivant : 1 877 221-7046.Port de retour garanti par laCommission de la santet de la scurit du travaildu QubecC. P. 1200, succursale TerminusQubec (Qubec) G1K 7E2Poste-publications commerciale 400 62772MERCREDI 25 AVRIL 2012 CENTRE DES CONGRS DE QUBECTous les outils sous la main !Inscrivez-vous au Forum et devenez un leader en sant et scurit quel que soit votre milieu de travail.www.forumsst.comRservez votre place cette soire haute en couleur ! Dcouvrez les hros en sant et scurit du travail.www.grandsprixsst.comMARDI 24 AVRIL 2012 CENTRE DES CONGRS DE QUBEC DCP101-417 (2012-01)Prvention au travail Automne 201122SommaireMERCREDI 25 AVRIL 2012 CENTRE DES CONGRS DE QUBECTous les outils sous la main !Inscrivez-vous au Forum et devenez un leader en sant et scurit quel que soit votre milieu de travail.www.forumsst.comRservez votre place cette soire haute en couleur ! Dcouvrez les hros en sant et scurit du travail.www.grandsprixsst.comMARDI 24 AVRIL 2012 CENTRE DES CONGRS DE QUBEC DCP101-417 (2012-01)DC 600-202-121Pour recevoir gratuitement le magazine Prvention au travail, il vous suffit den faire la demande en crivant : secretariatintegral@bellnet.ca ou en tlphonant au numro suivant : 1 877 221-7046.