RAPPORT FINAL DE MISSION - ?· RAPPORT FINAL DE MISSION . 2 Sommaire 1. GENERAL 1.1 Calendrier de Mission…

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    Priode dvaluation : 1 juin 20 juin 2003 Charg de mission : Sandra DUrzo, architecte, Responsable de Programmes pour A&D Ce rapport a t produit sur demande de lASTO, financ par France Liberts et soutenu par lIRFED Paris et au Timor. Les propos et commentaires contenus dans le rapport refltent les opinions du charg de mission.

    MISSION DEVALUATION ET DE FAISABILITE en vue du

    projet de promotion des technologies appropries de construction et de valorisation de lconomie du bambou au Timor Oriental

    RAPPORT FINAL DE MISSION

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    Sommaire

    1. GENERAL

    1.1 Calendrier de Mission 1.2 Introduction 1.3 Contexte

    2. LA MISSION 2.1 Mthodologie 2.2 Analyse 2.3 Problmatiques 2.4 Diagnostic et apprciations sur lhabitat 3. LE PROJET BAMBOU 3.1 Etat davancement du projet 3.2 La connaissance et les mthodes 3.3 Les objectifs court terme 3.4 Limpact long terme 3.5 Actions envisages 4. COORDINATION GENERALE 4.1 Coordination avec les activits dveloppes par IRFED-Timor 4.2 Durabilit 4.3 Organigramme des acteurs 5. RECOMMENDATIONS Annexes :

    - Compte rendu des entretiens - Grille dentretien - Carte gographique gnrale

    - Proposition de projet soumise France Liberts - Proposition de projet soumise aux bailleurs (v. anglaise)

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    CALENDRIER de mission Lundi 2 Juin Planification de lagenda de

    mission avec M. Gie Siauw Hotel Colmera, Dili Tel.7233921

    stgie@web.de

    Entretien avec Arch. Miguel

    Fareleira, architecte expert de la banque Mondiale, programme dducation.

    Ministre de lEducation nationale du Timor, Dili Tel. 7234353

    miguel_fareleira@hotmail.com

    Visite du projet de rnovation

    du palais du Gouvernement, avec Arch. Peppe Verdacchi

    Palais du Gouvernement de Timor, Dili

    verdachi@indosat.net.id

    Entretien avec M.Pedro

    Frega, responsable du dpartement de Formation Professionnelle de la Coopration Portugaise

    Instituto Camoes (Centre Portugais) Tel. 7240222

    Pedro.fraga@coopor.tp

    Entretien avec Arch. P.

    Verdacchi, travaillant avec une filire de production de bambou Bali

    Entretien informel

    Prise de contact avec GERTIL,

    dp. de la coopration portugaise/universit de Lisbonne pour la ralisation dquipements publics Responsable : Arch. Hugo Ferreira

    Sige GERTIL, Dili Edificio Acait Av. Presidente N. Lobato

    Mardi 3 juin Visite du Centre National de

    Formation Professionnelle, Tibar, en prsence du directeur M.Pedro Frega

    Tibar, District de Dili

    Visite des projets raliss par GERTIL et ceux en chantier, avec Arch. Hugo

    Dili et alentours Tel. 7233576

    Rencontre avec M.Jean

    Cristo REI, responsable IRFED-Timor

    Dpartement des Transports, Communications et Travaux Publics

    Irfedtimor@hotmail.com

    Mercredi 4 juin

    Entretien avec Pedro Passos, agronome de la Mission Agricole Portugaise

    Tel. 7237610

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    Entretien avec Sara Negrao, INDE

    Tel. 7240767 Inde_timor@hotmail.com

    Entretien avec M. Gilman A.E. Santos, directeur de ETADEP, (ONG locale)

    Sige de ETADEP, Farol, Dili Tel. 7236018

    Etadep2000@yahoo.com

    Jeudi 5 juin Entretien avec deux architectes timorais travaillant sur le Foundamental School Quality Project (FSQP), en quipe avec des architectes internationaux, pour la Banque Mondiale.

    Bureau FSQP, Ministre de lEducation, Dili

    Visite de diffrents projets de

    reconstruction Dili.

    Vendredi 6 Runion de travail avec

    M.Gie Siauw Dpartement des Transports, Communications et Travaux Publics

    Entretien avec M. Chris Walsh,

    charg de projet de la fondation canadienne pour le dveloppement (USC), travaillant sur le bambou.

    Tel. +670.7241832 +670.390325048

    usc_dili @yahoo.com

    Samedi 7 juin

    Visite de la rgion de Ermera, avec M .Joseph Oenarto. Identification des cultures de bambou. Planning de projet

    Ermera

    Dimanche 8 juin

    Visite de Dili et alentours

    Lundi 9 juin Dili- Baucau

    Entretien avec Joo Cristo REI, directeur de IRFED-Timor

    Baucau Tel. 7238045 7238044

    irfedtimor@hotmail.com

    Mardi 10 juin

    Visite de la rgion de Baguia, Quelicai, riches en bambou

    Baguia

    Rencontre avec les chefs des communauts de la rgion

    Baguia

    Mercredi 11 juin

    Los Palos visite du programmes de micro

    Los Palos, Tutuala, Cam

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    11 juin programmes de micro finance et de pche - Irfed Visite de la formation bambou de USC-LAHO

    Baucau

    Jeudi 12 juin

    Visite des communauts Entretien avec M. Rui Gomez, administrateur du subdistrict de Bareque Entretien avec Don Basilio, archevque de Baucau

    Laclubar, Soibada, Cribas, Manehat, Natarbora Baucau

    Vendredi 13 juin

    Manatuto Manatuto

    Samedi 14 juin

    Dili - runions de travail Dili

    Dimanche 15 juin

    Dili

    Dili

    Lundi 16 Juin

    Entretien avec M. Guglielmo Colombo, responsable de UE Runion de travail avec le comit de pilotage du projet bambou ( Joseph Oenarto, G. Siauw, chargs de projets du Ministre des Travaux Publics)

    Dili Dili

    ectimor@arafura.net.au

    Mardi 17 juin

    Dplacement Dili - Denpasar Dili

    Mercredi 18 juin

    Denpasar Denpasar

    Jeudi 19 juin

    Visite Linda Garland, Environmental Bamboo Foundation Visite de latelier bambou de lArch. G. Verdacchi

    Jalan Nyuh Gading, Banjar Nyuh Kuning PO Box 196, Ubud, Bali Tel. 62 (0361)974028 Jl. Gunang Athena #25, Br. Padang Sembu Kelod Kuta, Bali Tel. (62)361-731749

    lindag@denpasar.wasantara.net.id www.lindagarland.com verdachi@indosat.net.id http://cvbali.com

    Vendredi 20 juin

    Retour en Europe Denpasar-Paris

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    1.1.Introduction Lobjectif gnral de cette mission tait dvaluer la faisabilit dun projet li lusage du bambou, principalement dans le domaine de lhabitat. Cette mission prpare galement les activits venir dans lanne, en particulier la ralisation dun projet de dmonstration qui devrait tre construit avant la fin de lanne. Une proposition de projet spare, labor en commun avec les partenaires locaux, prcise lagenda de ce projet. Il est important de souligner que lhabitat en lui-mme est un sujet complexe et transversal, car il simprgne de facteurs socioculturels et conomiques et ne peut en aucun cas se limiter rsoudre des aspects techniques ou spatiaux, que ce soit lchelle de labri individuel ou de la ville. Le regard sur lhabitat des villes et des villages ruraux analyss au Timor ne peut donc pas sabstraire des relations implicites ou explicites entre modes de vie et la construction douvrages physiques, entre besoins rels et solutions adoptes, entre choix politiques et stratgies urbaines. Cest seulement dans cet esprit dintgration de comptences pluridisciplinaires et par laffirmation des approches complmentaires que cette valuation sur lhabitat trouvera son sens, en reprsentant une facette des difficults qui traversent encore ce territoire. 1.2.Contexte: Quelques semaines avant le dbut de cette mission, le 20 mai 2003, le Timor Lorosa'e ftait sa premire anne dexistence. Cette date symbolique concrtise une tape du processus de reconstruction qui, loin davoir combl les besoins de la population locale, permet aux autorits gouvernementales, la coalition internationale, aux acteurs du dveloppement et aux structures de la socit civile de faire tat des acquis et des limites de cette transition dmocratique. La reconstruction d'un territoire rduit l'tat de ruines prend du temps, mais cette anne a vu laboutissement dun certain nombre de projets, notamment dans sa capitale, tant donn que la communaut internationale mne ses actions en particulier Dili. Toutefois, les relations entre les membres de la coalition (forces dinterposition, UNMISET), la coopration internationale et les Timorais n'ont pas t faciles : des tensions, des dceptions, des frustrations ont marqu la premire anne dindpendance Dili et dans les treize districts du territoire. En effet, remettre le pays sur pied n'tait pas chose aise car le passif tait norme. Cette tche immense explique les retards, le rythme trop lent de la reconstruction et, par consquent, l'impatience et le dsenchantement des Timorais. De l'aveu de l'vque de Baucau, Mgr Basilio Nascimento, nous avons mis trop d'espoir dans l'indpendance. Il y a eu une illusion collective chez les gens illettrs. Ils ont cru que tout tomberait du ciel . A Dili, la capitale, de nombreux progrs relvent de lappui conomique extrieur : le Parlement, o sigent les reprsentants des nombreux nouveaux partis politiques timorais, est en place, les diffrents ministres sont en fonction mais manquent encore de certaines infrastructures (rseau tlphonique fixe, outils de travail informatiques..), et plusieurs quipements publics (btiments scolaires, march central, banques, universits, ambassades, htels, centres culturels sur le front de mer) on t rhabilits. On assiste un remplacement progressif des experts internationaux par des locaux (mais la visibilit de la Banque Mondiale et des agences onusiennes est encore trs frappante), les petits commerces fleurissent et des entreprises trangres surtout australiennes, chinoises, et japonaises- simplantent. Des structures issues de la socit civile et des ONG, mme en phase embryonnaire, ont commenc fonctionner. En ville, le rseau de tlcommunication et dlectricit se stabilise, mais les rseaux deau/assainissement sont encore insuffisants pour une population qui tourne autour de 150.000/200.000 habitants. Le Timor-Oriental est donc sur la voie d'une certaine structuration politique et sans doute, dans quelques mois, plusieurs projets seront annoncs par les autorits gouvernementales, en matire dhabitat, dinfrastructures et de dveloppement conomique. Il est vident aussi que beaucoup dentreprises et de multinationales trangres s'intresseront cette demi-le, vu son importance stratgique majeure puisqu'elle joue le rle de frontire entre le sud-est asiatique et le Pacifique Sud et figure comme enjeu-clef pour ses ressources ptrolires. La ngociation sur le soi-disant gap ,

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    limite controverse au large de lAustralie et du Timor, dfinissant le droit dexploitation des plates-formes de ptrole et de gaz, est toujours en cours. Les tensions sociales qui ont marqu la fin de l'anne 2002 se sont en partie rsorbes grce la prsence massive de la coalition internationale et les bataillons de la nouvelle force nationale de dfense, mais la zone de Baucau subit encore des dsordres provoqus par des franges de jeunes marginaliss. Les avis sont partags. A ses yeux, le rsultat de la mission de l'Unmiset (Mission des Nation Unies pour le Timor Oriental) est plus qu'une russite, c'est un modle pour les futures missions de maintien de la paix que les Nations unies seront appeles mettre en place dans le monde . Une runion importante entre les donateurs sest tenue pendant cette mission pour tracer les stratgies et redfinir les priorits du dveloppement. Une rcupration remarquable dans tous les domaines : politique, conomique, social et institutionnel, mais il est vident aussi que ces rsultats restent fragiles, notamment en ce qui concerne les finances publiques, la capacit administrative et la ncessit d'une aide conomique accrue dans la priode venir . 1 Parmi les difficults rencontres tous les niveaux du dveloppement, on doit souligner limpasse linguistique cre par le choix du portugais et du ttum comme langues officielles : lalternance de ces deux langues dans ladministration publique, lutilisation du bahasa indonsia dans les changes oraux, lintroduction subite du portugais dans lenseignement scolaire et professionnel, et la permanence de langlais comme langue privilgie par le milieu international crent des incomprhensions chroniques entre secteurs de la population et une vritable schizophrnie institutionnelle. Toutes les ONG dites urgentistes ont quitt le pays et celles qui oprent aujourdhui soutiennent des programmes dveloppement durable , bass sur une participation active des bnficiaires et une gestion participative des projets, chose pas aise dans un pays o la culture du travail tait nie par les dominations successives. Toute forme cooprative est encore perue avec une certaine mfiance. 2. LA MISSION : 2.1. Mthodologie. Cette mission avait pour objectif de valider un projet damlioration des pratiques de construction au Timor, se concrtisant par un projet de valorisation des techniques du bambou : ceci dans le but de faire voluer le secteur de la construction vers lusage de ressources locales (naturelles et humaines), considr comme indispensable pour contribuer au redmarrage de lconomie. Il sagissait notamment de vrifier la pertinence et les conditions pour la cration dun projet-pilote, identifier les partenaires locaux susceptibles de participer au montage du projet, de vrifier la prsence de bambou de qualit ainsi que lintrt vers un usage plus performant, et dencourager les diffrents acteurs institutionnels dvelopper cette filire de construction.

    Plus particulirement lenqute de terrain devait :

    - Diagnostiquer les acquis en termes de comptences et de capacit mener des projets des acteurs locaux et favoriser une possible articulation/collaboration entre eux.

    - Dfinir sur place le rle de chacun des intervenants du projet, sur la base des secteurs dexpertise complmentaires des partenaires.

    - Valider les contraintes administratives et les dmarches suivre auprs des autorits prdisposes pour la mise en uvre du projet.

    - Elaborer des propositions de programmes et daccords de coopration : valider les objectifs, organiser un calendrier provisionnel des activits mettre en place et faire concorder les modes de ralisation du projet.

    1 Intervention de X. Gusmao, lors de la Confrence Internationale des financeurs, 4-5 juin 2003, Hotel Timor, Dili.

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    - Comprendre la faon dont pourraient tre transmis le savoir-faire et les comptences techniques relatifs au domaine des techniques du bambou.

    - Identifier et mobiliser une ou plusieurs communauts/groupes vulnrables susceptibles de prendre part aux activits de soutien aux techniques de production de lhabitat.

    Cette tude sest droule en trois tapes :

    a. Dili : Rencontre des responsables pour lhabitat des Ministres (Travaux Public et Infrastructures, Education Nationale), entretiens avec les acteurs du dveloppement et les ONG, identification des jeunes professionnels timorais (architectes/ingnieurs) et des universits afin de valider plusieurs niveaux les hypothses de travail. Visite des centres de formation professionnelle dans les alentours et dplacements vers les zones de croissance de bambou (Ermera, Aileu).

    b. Baucau : Slection et enqutes de terrain parmi trois communauts rurales, tmoignant de la diversit existante au sein de la zone et des populations potentiellement concernes par ce projet. Identification des ressources humaines et matrielles.

    - communaut de pcheurs de Com (Lautem)

    - communaut rurale de montagne Baguia (Baucau)

    - communaut agricole de la pleine de Natarbora (Barique, Manatuto)

    c. Bali : Accords de partenariat avec les structures- ressource pressenties et validation des hypothses de travail par lensemble des intervenants du projet.

    Des runions rgulires, aprs chacune des tapes, se sont tenues avec les personnes travaillant directement sur le projet, en particulier avec Gie Siauw et Josef Oenarto, travaillant comme conseillers externes du Ministre des Travaux Publics. Le soutien de lquipe de l IRFED Timor a t essentielle pour la comprhension des ralits locales, les besoins des populations rurales et les enjeux de cette reconstruction, du point de vue timorais. 2.2.Analyse : Lanalyse a privilgi les entretiens avec les personnes-ressource, choisies parmi les: - Chef des soukos des diffrentes communauts rurales. - Reprsentants des districts et responsables locaux. - Reprsentants des organisations internationales (UE, ONU, ONG) , des ONG locales. - Reprsentants des instances gouvernementales. - Architectes et professionnels du cadre bti timorais et les agronomes travaillant directement

    avec les communauts. Les contraintes de temps ont privilgi une analyse qualitative des ressources naturelles et non pas quantitatives. Une tude approfondie des espces de bambou prsentes sur le territoire timorais et de ses caractristiques taxinomiques a t ralise et est disponible auprs de la fondation EBF. Lanalyse produite par cette mission a enqut sur les conditions de plantation et de culture dans les zones pralablement slectionnes, vrifi le savoir-faire et la connaissance technique du bambou dans la production du bti et du mobilier, ainsi que la compatibilit environnementale en vue dun renforcement des espces prsentes. Dautre part, lenqute identifie les acteurs potentiellement intresss dvelopper cette filire, conscients des bnfices conomiques crs par lappropriation des techniques de production dlments de construction en bambou, en tant qualternative viable long terme dans lhabitat et source de revenus court terme.

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    2.3. Problmatiques : Les problmatiques lies au secteur de lhabitat et de son environnement ne sont pas les mmes Dili et dans le reste du pays : le dcalage vident entre les deux, en terme de conditions socio-conomiques et de croissance urbaine, grandit au fur et mesure que la pression dmographique stend vers la ville. Une politique centralise, favorise aussi par limplantation des siges des organisations internationales, cre une double conomie- locale et trangre -, typique des pays ressortissants dune crise humanitaire. Les cooprations bilatrales, notamment portugaises et australiennes, trs prsentes depuis trois ans, ouvrent les portes aux entreprises de construction de leurs pays et limportation des matriaux (bois, ciment, matriaux prfabriqus) . Il est clair quun modle de dveloppement qui se limite emprunter la main duvre timoraise ne satisfait pas le besoin de reprise conomique. Paralllement, la demande croissante de logements dans la capitale et lafflux de la population rurale, imposent des choix stratgiques majeurs concernant lhabitat et la planification urbaine/territoriale tous les niveaux de la socit timoraise. La comprhension des enjeux ce stade du dveloppement, et la sensibilisation des dcideurs vers des choix plus appropris, sont indispensables pour orienter un processus qui autrement deviendra irrversible : titre dexemple, des projets de 20.000 logements en structure prfabrique de tle ondule - de fabrication australienne ont t proposs par des entreprises prives, ne tenant en aucun cas compte des dynamiques locales. 2.4.Diagnostic et apprciations sur lhabitat: Les efforts des acteurs de la solidarit internationale, des institutions gouvernementales et des cooprations bilatrales- notamment la mission portugaise et australienne- en matire de reconstruction de la ville de Dili sont considrables, mais donnent priorit la rhabilitation des principaux btiments publics, en ngligeant des programmes plus cibls sur lhabitat urbain. Le secteur informel, fortement dvelopp aux marges de Dili vers le ct est (route reliant Dili Baucau), surgit au fur et mesure que le flux migratoire se dirige vers la ville, causant dhores et dj des problmes dhygine et de sant lis lhabitat (eau, rseau dassainissement..). Peu de programmes, en dehors de celui dECHO2 en soutien aux populations rfugies, ont fourni un programme daide au logement ou la mise au point dinstruments financiers pour accder des prts pour la rhabilitation du bti. Par ailleurs, suite au dplacement massif dune partie de la population pendant les vnements de 99, les droits de proprit sont parfois ambigus et ne garantissent pas une relle scurit foncire. Parmi les pathologies de lhabitat et celles caractre plus gnral on assiste :

    - L insuffisance dune offre de logement face la demande croissante, notamment Dili . - Limportation de presque tous les matriaux de construction de lIndonsie, a des prix trs

    avantageux par rapport aux produits locaux. - Au recours massif lauto construction assist par des corps de mtier peu ou mal forms. - Au manque de comptences professionnelles et mconnaissance des techniques/processus

    constructif tous les niveaux. - A lintroduction sur le march local de matriaux et produits peu adapts et consquent

    dysfonctionnement de lconomie rgionale. - Au problme linguistique : difficult de communication dans la formation professionnelle

    entre la population bnficiaire et les acteurs de la coopration internationale. - A la centralisation des projets Dili, manque dinfrastructures dans les reste du pays. - A labsence de dveloppement communautaire et faible esprit dinitiative. - Aux problmes environnementaux (rosion des sols, manque de rseau dassainissement qui

    risquent de polluer la nappe phratique moyen terme). Il faut constater quun nombre consquent doprateurs trangers opte pour la reconstruction ddifices qui rpondent uniquement aux orientations des bailleurs de fonds et non pas aux besoins 2 European Comunity Humanitarian Office, charg des programmes dHabitat durgence pour reloger les rfugis et dplacs suite aux crises humanitaires. Elle a t prsente au Timor jusqu la fin de 2002.

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    de la population : ces projets de reconstruction, souvent dirigs par des bureaux de consultants externes ou par des agences trangres, nenvisagent pas lappui darchitectes locaux ni le transfert de comptences entre catgories professionnelles. Plusieurs projets raliss dans cet esprit (coles, orphelinats, centres culturels), ont cr un mcontentement parmi les autorits, conscientes des limites de ce type de dveloppement. Par contre, certains programmes ont amen une rflexion sur les quipements publics, notamment sur les btiments scolaires, en soutien lamlioration des prototypes conus par les agences internationales : parmi ceux qui ont suscit le vif intrt du charg de mission figure le projet financ par Banque Mondiale en faveur de lensemble des coles dans les dpartements timorais3, qui a permis une quipe darchitectes trangers de travailler cte cte avec les architectes timorais. 3. LE PROJET BAMBOU : 3.1. Etat davancement du projet : Avant le dbut de cette tude, de nombreux changes avaient eu lieu entre le charg de mission et plusieurs personnes ressources, lies aux structures gouvernementales, fort intresses par le dveloppement dun projet li lutilisation du bambou dans lhabitat. Parmi celles-ci Gie Siauw, Josef Oenarto et Linda Garland , contacts directement larrive, avaient dj collabor il y a un an sur un projet similaire dans la rgion de Flores. Un travail dappui et de montage de projet sest effectu conjointement pour laborer la proposition de projet ci-jointe. Une petite quipe de personnes a t identifie comme initiatrice du projet, une autre regroupant les personnes charges dintervenir ponctuellement selon leur domaine dexpertise. Par la suite, un travail de rflexion a t men au niveau des lments de mise en uvre, de la gestion, du montage financier et au niveau de la ralisation dun projet-pilote caractre pdagogique et dmonstratif. En effet, ce projet parat intresser un certain nombre dacteurs, parmi lesquels :

    Les fonctionnaires et consultants du dpartement de lHabitat du Ministre des Travaux Publics.

    Les responsables de la formation professionnelle lchelle nationale (en particulier, le Centre de Formation Professionnelle de Tibar, soutenu par la Cooprations Portugaise)

    Les ONG travaillant sur des projets communautaires (en particulier : IRFED, INDE, USC), qui favorisent une approche diffrente de lhabitat.

    Des dpartements universitaires (privs et publics, notamment les facults dArchitecture et dAgronomie)

    Des professionnels indpendants internationaux Des jeunes professionnels timorais

    3.2. La connaissance et les mthodes : Malgr la carence des moyens techniques, un certain savoir-faire li au bambou est prsent parmi la population, notamment dans le contexte rural. La vingtaine despces de bambou que lon trouve au Timor est quasiment rpandue dans lensemble des rgions. Les espces sauvages ( Au Fuik) sont trs communes et rsistantes, mais lon trouve aussi des espces plantes- il y a plusieurs gnrations- utilises pour les parties structurelles de la construction (toitures, lments portants), le mobilier, les partitions internes et les faades de panneaux tisss. Un usage rgulier du bambou se fait aussi dans le secteur agricole, pour le drainage de leau, les canalisations dirrigation des rizires. Il faut souligner que la rcolte du bambou se fait quasi uniquement en fonction des besoins individuels, et non pas en fonction de la commercialisation de cette ressource premire sur un march plus vaste. Il nexiste pas de pratique de plantation ni de culture intensive des espces, et la coupe se fait notamment le long des routes principales, car la difficult daccs de certaines zones implique un cot de transport lev. Cest sur le flanc des montagnes, dans les rgions pluvieuses, que poussent les bambous plus rsistants et exploitables (celles nommes Au laku , Au asper ou Au betun ) : parmi les endroits visits, la zone de Baguia offre des plantations plus homognes et 3 FSQP, Fundamental School Quality Project, initi en 2001.Les premiers 6 btiments sont en cours de ralisation.

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    non contamines, la zone d Ermera plus facile daccs est proximit de Dili. Les prix du bambou varient du simple au triple ou plus (de 50 cents 3 $ la pice de 5 mtres de longueur et diamtre de 15 cm) en fonction de la proximit, des moyens de transport et de la demande. Les propritaires terriens de la rgion de Baguia par exemple, ne disposent daucun moyen de transport vers la ville de Baucau, et doivent donc avoir recours des intermdiaires des cots trs levs : le transport de Dili Baucau de produits en bambou cote environ 30 $, ce qui rend les produits non comptitifs un march dj affaibli par la concurrence des produits imports de lIndonsie (fournitures de plastique, ou de rattan des prix trs modestes). Il est vident entre autres que labsence de traitement du bambou qui empche la prsence de linsecte (le bug du bambou qui se reproduit lintrieur de lcorce), qui affaiblit la structure et la rend inutilisable trs rapidement ; des poisons organiques mais peu performants sont utiliss en milieu rural pour prvenir lintroduction du bug. Mais le seul traitement efficace reste lacide borique, connue et utilise dans les milieux des experts, mais difficilement diffusable dans le contexte timorais large chelle, car le rseau de distribution est limit et encore plutt coteux ( provenance des Etats Unis, de lAustralie ou dex URSS). De nombreuses recherches sont faites par les experts pour trouver une solution plus viable et cologique. En tous cas, il est essentiel de valoriser la filire de bambou en initiant les techniciens aux traitements et aux techniques de stockage, dailleurs plutt faciles mettre en uvre : il sagit de tremper le bambou dans la solution chimique pendant plusieurs semaines (rservoir et pompe installs sous une simple toiture), et de le faire scher lombre et stocker ensuite horizontalement. 3.3. les objectifs court terme:

    - Renforcer un processus constructif matris mais trop peu valoris. - Organiser, former et professionnaliser des groupes dartisans et de techniciens aux modes de

    construction spcifiques du bambou ainsi que de petites entreprises du btiment. - Permettre aux partenaires du projet dengager des ngociations avec les dcideurs au

    niveau institutionnel, ainsi quavec les groupements de fournisseurs de matriaux. - Mettre disposition une quipe internationale de spcialistes qui assure lencadrement

    technique ainsi que la comprhension des enjeux et des bnfices conomiques. - Accompagner la conception et la ralisation des produits en bambou et identifier des

    rseaux de distribution sur le march national et international. - Alimenter, par le rseau international des spcialistes et professionnels du bti, le dbat sur

    lhabitat et les orientations en matire de construction. - Mobiliser les universits internationales (timoraises, indonsiennes, indiennes) en faveur dune

    action conjointe de sensibilisation et diffusion des pratiques du bambou. 3.4. Limpact long terme:

    - Garantir lutilisation dune ressource premire conomiquement viable. - Dynamiser et autonomiser les conomies rgionales, trop dpendantes de Dili, par la

    structuration de filires techniques de construction en milieu rural. - Intgrer le bambou dans la formation professionnelle plus large pour renforcer les initiatives

    existantes en matire dusage des ressources locales (briques de terre stabilise, pierre, mixte).

    - Relier le secteur de la construction celui de lagriculture, en stimulant les cultivateurs intensifier la culture du bambou, sa commercialisation et son emploi grande chelle.

    - Prvenir le problme drosion des sols par la plantation/culture du bambou sur lensemble du territoire.

    - Adapter les mcanismes de micro-crdits habitat aux besoins et capacits des mnages et leur implication individuelle ou collective la filire de bambou.

    - Sauvegarder le patrimoine vernaculaire timorais, par la rappropriation des techniques et mthodes constructives en bois et bambou, caractristiques de cet hritage.

    - Bnficier du savoir-faire du rseau mondial expriment en matire de construction en bambou (EBF, INBAR, plate-forme virtuelle brsilienne) a fin de renforcer le rseau rgional asiatique.

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    3.5. Actions envisages :

    Ralisation effective dun btiment de dmonstration, dfini comme maison-pilote . Assistance technique pendant la priode de ralisation de la maison-pilote. Formation professionnelle dune quipe de techniciens (court-terme). Formation institutionnelle (long-terme). Sensibilisation des dcideurs et promotion. Mobilisation des jeunes professionnels et du milieu universitaire. Diffusion des connaissances par les initiatives qui multiplient la dmarche et les rsultants.

    4. Coordination du projet avec les activits dveloppes par IRFED-Timor : 4.1. Implication : IRFED Timor, parmi dautres partenaires locaux, pourrait bnficier directement de ce projet dans la mesure o la structure serait implique dans :

    La formation technique du responsable du programme de construction et de deux ou trois artisans, choisis parmi les communauts connues par loprateur, au cours de la ralisation de la maison-pilote.

    Lidentification de communauts de bnficiaires potentiels pour la rplication de la formation technique et la ralisation dautres prototypes.

    La dissmination de laction au niveau de ses partenaires locaux, dautres ONGs sensibles cette technique, des dcideurs rgionaux.

    4.2. Durabilit : Le projet envisage des actions sur le long terme pouvant amliorer les modes opratoires de IRFED-Timor par le :

    - Le renforcement de cet oprateur local de dveloppement par la consolidation de ses activits techniques, la stabilisation de son ancrage politico-institutionnel et de sa viabilit financire dans la dure.

    - La mise en rseau de ses activits avec dautres structures locales engages en matire dhabitat et amlioration de sa visibilit auprs des communauts de bnficiaires.

    - Limplication dans le projet de plusieurs secteurs dactivit soutenus par loprateur diffrents stades de sa mise en uvre (en particulier les secteurs de la construction, de la pche et agriculture, et du microcrdit).

    - Larticulation entre la filire de production de briques de terre stabilise et celle du bambou, pour une approche intgre lhabitat focalis sur lemploi de techniques mixtes.

    - Lamlioration de la capacit de rponse aux besoins des plus dmunis en matire dhabitat, notamment auprs des communauts identifies lors de la mission.

    5. Conclusions et Recommandations : La dfinition dun cadre de travail, lidentification des partenaires et la formulation dun agenda soumettre aux financeurs potentiels du projet taient les lments centraux de cette tude. Lenthousiasme pour linitiative et la volont daboutir rapidement un programme concret a anim les partenaires pendant la mission : il est important maintenant de continuer ce travail, en profitant dune mobilisation commune, pour renforcer les partenariats, poser la question des objectifs recherchs par chacun et den dcider les priorits, quil sagisse du chantier de formation technique, de dmonstration, de recherche ou de sensibilisation. Pour chacun dentre eux, les exigences en termes de cots, de rendement, de qualit, dattentes, vont varier et influencer lorganisation et les mthodes de travail mettre en place. Lesprit commun semble en tous cas tre fortement domin par lenvie de dmontrer que lalternative du bambou est possible, ralisable dabord petite chelle et multipliable ensuite dans le reste du pays. Aux yeux du charg de mission, cette approche est recommandable en terme

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    dimpact sur les diffrents secteurs de lhabitat, dans la mesure o le prototype de bambou serait visible par un public largi, vivant ou gravitant autour de la ville de Dili. Le projet pourra aussi amener lIRFED tre un vritable partenaire au niveau rgional, ce qui parat essentiel pour assurer la suite du projet. La diversit des comptences et des domaines dintervention de lquipe est sa richesse mais, malgr son exprience, cest une quipe jeune, confronte pour la premire fois une gestion partage des tches. Il est important de viser sa professionnalisation, pour consolider les acquis, tout en laissant des ouvertures vers dautres secteurs en fonction des orientations futures. Le projet bambou devrait permettre de matrialiser une demande de formations spcifiques, ressentie par les corps de mtier, surtout en milieu rural. Une attention particulire devra tre porte au recrutement des artisans amens participer la formation technique, car ils devront tre en mesure de restituer ce savoir-faire des petites quipes locales et montrer un esprit dinitiative. Seule la dissmination du savoir-faire technique, canalis par les experts internationaux pendant deux sances de formation Bali et au Timor, pourront tmoigner dun rel apprentissage en matire de construction en bambou. Un travail de structuration de ces sminaires de formation est en cours afin daugmenter les garanties de russite, en profitant aussi des dynamiques externes au projet mme (le sminaire organis en septembre auprs de la Fondation EBF Bali tait dj prvu, mais intgrera une quipe timoraise, appuye par des artisans indonsiens, pour la ralisation de prototypes qui pourront ensuite tre rpliqus Dili). Le montage financier sappuiera sur diffrents bailleurs publics et privs, pressentis avant la mission ; la contribution financire du Ministre des Transports, Communication et Travaux Publics est envisage pour la construction de la maison-pilote et la mise disposition du site. Un centre de traitement de bambou sera ralis en contigut avec ce site et pourrait devenir un dpartement de recherche sur les matriaux appropris, li la facult darchitecture et dingnierie. Des accords pour lapprivoisement des produits de traitement du bambou (rservoirs de borax) devraient tre pris par EBF avec leurs fournisseurs en tant que donation au projet. Le comit de pilotage, compos darchitectes, de consultants, de reprsentants des communauts et des institutions, jouera certainement un rle clef dans la mise en place du projet, mais devra viser dores et dj les partenaires susceptibles de partager lexprience et de linscrire dans le dure : le centre de Formation Professionnelle Nationale de Tibar dune part, et la Mission Agricole de Aileu de lautre, pourraient assurer la continuit de lapprentissage et initier un processus de culture-rcolte intensive de bambou, dj expriment avec succs par les communauts bnficiaires de leur projet, pour dautres cultures. Il semblerait aussi recommandable denvisager la mise disposition dun coordinateur de ce projet, travaillant temps plein sur le programme dans les mois venir, et appuy par un ou deux jeunes architectes timorais. Les entretiens avec plusieurs dentres eux ont dmontr leur volont dtre impliqus dans le projet, car le besoin dchange culturel et technique reste trs fort. Il sagira aussi de faire circuler linformation existante sur le bambou, en mettant disposition des jeunes professionnels les ouvrages spcifiques, en profitant des plates-formes virtuelles existantes (notamment celles trs actives de INBAR en Asie et une autre au Brsil ). Le sminaire de formation au Timor devra certainement tre document, sous forme de produit audio-visuel, et dissmin ensuite dans les communauts rurales. Un manuel de construction en bambou pourrait aussi tre produit lors de la construction de la maison-pilote, et radapt en fonction des besoins dans des contextes spcifiques du Timor.

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    4. Organigramme des acteurs du projet : Acteurs impliqus + Mission de faisabilit JUIN 2003 Structures partenaires Financements : Sminaire pratique+ Sance de formation Bali septembre 2003 Ministres des TCTP Cooprations bilatrales GATE/ Gtz EBF Soutien et rplication du projet

    Formation technique et ralisation de la maison-pilote Dili, novembre

    2003

    Comit de pilotage

    Experts du Ministre des Transports, Communication et Travaux Publics, Timor

    Experts et professionnels internationaux

    Architecture & Dveloppement

    Coopration Portugaise : - mission agricole - centre de formation professionnelle

    GATE/ Gtz

    Environmental Bamboo Foundation (EBF)

    Sminaire de sensibilisation au Timor,

    dcembre 2003

    Universits Locales/internationales

    ONG locales et internationales

    Experts internationaux

    Equipe darchitectes et de techniciens

    Jeunes professionnels

    timorais et internationaux

    Cooprations bilatrales

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    ANNEXES Grille dentretien avec les communauts (potentielles) de bnficiaires du projet Bambou

    Identification de la rgion, du district , des sukos en question. Identification des personnes interviewes.

    Questions gnrales : De quoi vit principalement la rgion en ce moment ? Y a-t-il de laide extrieure ? Si oui, par qui (coopration internationale, gouvernement,

    mission catholique, autres) ? Dispose-t-on dlectricit (ou gnrateur) /eau potable ? Dispose-on de voies de communication (routes ou communication maritime) vers dautres

    districts ? Population : Combien dhabitants fait le souko/ subdistrict ? Y a-t-il des groupes

    vulnrables tels que veuves/orphelins/handicaps ? Travaillent-ils et, si oui, comment ? Les propritaires/cultivateurs de la rgion/souko sont-ils groups en coopratives/structures

    organises ? Questions spcifiques au projet :

    Quel type de bambou rencontre-t-on dans cette zone ? Existe-t-il des cultivateurs ? Les propritaires terriens sont-ils les cultivateurs ?Qui sont les

    distributeurs ? Le bambou est-il vendu sur le march ? Si oui, est-il vendu directement par les

    propritaires ou par des intermdiaires ? O est-il est vendu ? Qui dcide du prix et sur quelle base est-il dcid ? A-t-il chang pendant la dernire

    anne/trois ans ? Quel produits fabrique-t-on en bambou ?Spcifier : Meubles/outils (agricoles, pche,

    canalisations..)/lments du logement (structure, toiture, finitions). Y a-t-il eu des formations spcifiques sur les techniques dutilisation du bambou dans ce

    souko/district ? Si oui, par qui (gouv. Indonsien, coopratives locales, organisations internationales..) et quand ?

    Connat-t-on dexs techniques de traitement/conservation/stockage du bambou ? Si oui, lesquelles ?

    Cots du bambou : combien cote la botte de bambou (10 pices ?)/ 1 pice ? Quel type est considr comme les plus rsistant/performant/cher ? Pour la valorisation du bambou en tant que produit de commerce, devrait-on amliorer :

    - la connaissance des usages du bambou ? - les techniques de traitement/stockage ? - les techniques de culture et dentretien (plantation intensive) ? - la formation technique pour la fabrication de produits commerciaux ? - les possibilits de transformation du produit ?

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    Objet : Compte rendus des entretiens avec les communauts identifies avec IRFED-Timor

    Lieu : Com (Los Palos) Date : 11 Juin Accompagnateur : Jean Cristi REI, Irfed Personne interviewe : Edmundo, chef du souko et du groupe de pche de Com Situation gnrale : Com se trouve dans le sub-district de Lautem Moro et dispose dune connexion par une route en bon tat entre Lautem et Los Palos. La population vit principalement de pche et dagriculture de subsistance , car la commercialisation des produits reste trs difficile. Il nexiste quun gnrateur pour la communaut et llectricit na jamais t installe, mme si le rseau existe (poteaux et fils). La pche se fait au filet (difficile car le manque de profondeur de la mer casse souvent les fils), et les bateaux doivent beaucoup sloigner de la cte pour trouver du poisson ; le phnomne daugmentation globale de la temprature de leau pourrait tre lorigine de la diminution de la quantit de poisson ces dernires annes. La distribution du poisson se fait sur le march local avec laide des deux motos mises disposition par le programme de soutien aux pcheurs de Irfed. Potentiel de la zone : Sans aucun doute la pointe est du Timor, de Com jusquaux baies de Tutuala et lle de Jaco, est lune des rgions les plus prserves du point de vue paysager et environnemental. Sa varit, sa biodiversit, son tat presque sauvage et non contamin la rendent trs favorable un dveloppement tourist ique quitable et co-compatible. De plus, le patrimoine culturel et architectural pourrait tre remis en valeur par des parcours dexploration et certains sites protgs par des programmes de conservation et de dveloppement (Unesco, Ministre du Tourisme et autres) : en particulier, certains btiments, comme lex fort portugais qui surplombe la baie de Com, pourraient tre restaurs et devenir un lieu de ressource (ex. Centre de Recherche et de Documentation sur la rserve Marine de Timor, dpartement dune facult dOcanographie). Les villages de pcheurs pourraient constituer des petites structures daccueil de touristes ( co-lodges , construits en matriaux locaux tels que pierre sche et bambou). Une premire structure daccueil a t cre individuellement par un australien, sans concertation locale, et est donc mal accepte par la communaut. Lexistence dun petit port, qui servit la connexion avec Dili deux fois par semaine, devrait stimuler lintensification du transport naval, lexportation de produits rgionaux et le rseau commercial local. Des sances de formation spcifiques ont t inities par le dpartement de Pche du Ministre : lchange de pratiques avec une communaut de pcheurs de la Core du Sud se fera la semaine prochaine (moiti juin), dans le but de fournir des outils et des techniques appropries aux pcheurs de Com. Cette exprience pourrait enchaner une srie dchanges constructifs, consolider un rseau asiatique de pcheurs et mobiliser un nombre croissant de communauts sur des problmatiques communes. Prsence dune vgtation riche en bambou (surtout sauvage), utilise en priorit comme matriau de construction et mobilier. Problmatiques rencontres : Manque de techniques de stockage et de conservation du poisson. Difficult de commercialisation car toute lconomie locale est uniquement de subsistance

    et le pouvoir dachat reste trs faible : le poisson est vendu 250 cent/pice et 500 Cent sur le march, mais il ne se vend pas !

    Manque doutils/quipements pour la pche. Faible structuration niveau communautaire (groupes de pche trop fragiles pour

    promouvoir des stratgies et engendrer une ngociation avec les dpartements). Sous-utilisation du bambou, par manque de techniques et savoir-faire. Manque de rseaux dlectricit et problmes de sant et dhygine lis lhabitat. Insuffisance de transport local pouvant relier la communaut aux principaux centres

    (Lautem, Los Palos)

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    Lieu : Natarbora Date : 12 Juin Accompagnateur : Jean Cristi REI, Irfed Personne interviewe : M. Rui Gomez, administrateur du Subdistrict de Bareque M. Joo Batista, chef du souko de Manehat Situation gnrale : La rgion vit principalement dagriculture, car le sol trs fertile produit une abondance de fruits et lgumes(agrumes, mais, caf). Les produits ne sont pas vendus, puis-ce que le march local est presque inexistant et les voies de communication interrompues. La zone est pratiquement devenue une enclave depuis que les deux ponts qui relient les districts voisins (Viqueque, Fatuberliu vers la ville de Same) sont inaccessibles. Une entreprise japonaise est en train de rtablir le pont de la route vers Same, qui permettra de rejoindre Dili par une route encore trs incertaine. Le problme principal reste donc laccs au march de produits agricoles et lapprovisionnement dautres produits de subsistance; la pche est rendue trs difficile par les conditions de la mer, trs diffrentes de la cte nord du pays. Des programmes de soutien lagriculture ont eu lieu ces dernires annes ( FAO et Caritas de Baucau), mais aucun programme na t dvelopp rcemment. Pendant les vnements de 1999, certains btiments administratifs ont t brls, mais peu de maisons individuelles ont t saccages. Pendant la domination indonsienne, il y a eu quelques formations sur lutilisation du bambou pour la fabrication de meubles, et certains continuent fabriquer des lments vendus localement (10-15 $ le set de quatre fauteuils, contre les 80-100 demands dans la rgion de Manatuto !) Plusieurs espces de bambou sont prsentes, parmi lesquelles :

    - Au Betun - Au Fuik - Au Diam - Au Laku (Noir) - Fafulo

    Problmatiques rencontres : Enclavement de la zone Manque de stratgie de dveloppement local (amlioration de la production agricole et

    introduction de techniques de pche). Rticence aux pratiques coopratives : fort esprit de soutien et de solidarit familiale et

    sociale, mais manque de confiance dans le dveloppement des ressources sur une base commune.

    Manque de formation spcifique sur lutilisation du bambou( production de meubles trs faible mais des prix concurrentiels).

    Manque de diversification de la production agricole par rapport aux autres districts. Difficult de la part des reprsentants de ladministration du district engager des

    ngociations avec les autorits nationales sur les politiques locales de dveloppement. Potentiel de la zone : Lamlioration de la connexion routire et le rtablissement du pont (en construction) qui relie cette zone celle de Same devrait scuriser louverture du march et dynamiser les changes entre les districts. Cette rgion, sans doute parmi les plus fertiles, bnficie dune varit de cultures et de lapprovisionnement en eau toute lanne. Point stratgique pour toute la cte Sud du Timor, elle articulera les circuits conomiques mridionaux et assurera en partie une dynamique rgionale. La mobilisation du partenariat local et national autour de lhabitat et du dveloppement des ressources spcifiques peut aboutir une relle autonomisation de la zone et une capacit dauto gestion rgionale.

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    Lieu : Baguia Date : 10 Juin Accompagnateur : Joao Pinto, Irfed Personne interviewe : 10 personnes, toutes propritaires des terrains riches en bambou, sur le versant de la montagne surplombant Baguia (voir images). Situation gnrale : La rgion montagneuse au-dessus de Baguia est trs difficile daccs. La route est souvent coupe et les pluies des derniers mois nont fait quaugmenter lisolement de certains villages. Cependant, cet enclavement a permis la croissance de la vgtation typique des forts pluviales (lhumidit ici est prsente quasiment toute lanne) : le versant de bambous visit est trois heures de marche du village et seuls quelques cultivateurs vivent dans des cabanes de paille sur pilotis. Il semble que cette plantation de bambou (D. Asper) ait t plante il y a plusieurs gnrations et que son utilisation est sporadique, en fonction des ncessits propres des propritaires. Lensemble des personnes rencontr a initi une petite activit conjointe, lie la ralisation dobjets forgs de petite taille, vendus dans les environs. Cette activit, fragilise par un manque chronique de moyens de production (quipements, outils, rseaux dapprovisionnement deau et dlectricit), parvient nanmoins alimenter un nombre de mnages familiaux de Baguia et dmontre une forme de structuration communautaire, aussi faible soit-elle. Problmatiques rencontres : Enclavement de la zone Prcarit de lhabitat, inadapt notamment face aux conditions climatiques de cette zone

    (lourdes pluies qui se produisent pendant une longue priode de lanne). Insuffisance dune offre de march de produits locaux, face aux besoins croissants de la

    population. Une dynamique constructive qui rpond aux besoins immdiats et ne sinscrit pas dans la

    dure, vu la trs faible capacit contributive de la population. Manque de formation, dorganisation et de professionnalisation des artisans par corps de

    mtier et structures conomiques viables. Mconnaissance des techniques et processus constructifs visant lutilisation du bambou.

    Potentiel de la zone : La richesse de la zone rside en partie dans les ressources inexploites de la rgion. Parmi celles-ci, le bambou, poussant loin des routes depuis plusieurs gnrations, a t sauvegard et atteint aujourdhui une taille qui en permet une utilisation plus rentable dans le domaine de lhabitat. Cependant, la liste des priorits reste ancre sur les besoins primaires de la population (infrastructures, rseaux dassainissement et dlectricit, quipements, conditions de lhabitat, possibilit daccs aux bassins demplois..) et ne runit pas, ce stade, les conditions pour raliser une exprience-pilote dans ce contexte. Dans lavenir par contre, la rgion de Baguia devrait bnficier de la proximit relative- de Baucau et servir de caisse de rsonance de certaines activits entames dans ce district ( effet multiplicateur des formations professionnelles, possibilit dchanges et demplois entre ville et villages).

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    Objet : Entretien avec M.Pedro Fraga Date de lentretien Mardi 3 Juin 2003 Lieu Dili, Tibar Entrevue effectue par Sandra DUrzo Personne interview M. Pedro Fraga, directeur du Centre National de Formation et

    dEmplois de Timor, TIBAR (District de Dili) Nombre de personnes travaillant au Centre de Formation Professionnelle : En moyenne 80, y compris le corps enseignant. Dmarrage du projet : 2001 Partenariat : Secrtariat dEtat Timorais. Phase actuelle : Fonctionnement de quatre ateliers : assainissement, maonnerie, menuiserie, lectricit. Nouveaux ateliers prvus : Agriculture, cuisine, et activits pour personnes handicapes. Travaux damnagement intgral du centre, rhabilitation des 20 maisons individuelles pour les personnes en formation ; Langues utilises : portugais, ttum Travail men au Centre de Formation Professionnelle : Le centre, constitu de plusieurs pavillons indpendants, a t rhabilit entirement par les personnes en formation professionnelle, pendant une priode de quelques mois avant le dmarrage des activits. Ceci a permis de restaurer un complexe de btiments qui tait une maison de retraite indonsienne et de lui donner une nouvelle fonction. Le centre est fond sur une logique de production, denseignement du mtier ( cours spcifiques) et par lenseignement de la langue portugaise. Les formations durent 4-5 mois et peuvent accueillir 14 personnes par formation, sous le contrle dun formateur par atelier; celles-ci sont quotidiennement amenes au centre par un transport en commun de Dili et ont t choisies par le Secrtariat dEtat sur la base des priorits accordes. Un seul autre centre de formation est comparable celui-ci, celui de Baucau, gr par lEglise et par la prsence de Don Basilio Nascimento. Les formations sont en menuiserie et mcanique. Difficults rencontres : niveau extrmement bas des comptences existantes, manque total de culture professionnelle (la domination indonsienne na jamais stimul le travail, au contraire, elle a tout fait pour limiter linitiative individuelle et la capacit dautogestion). Conditions du centre : Dabord rhabilit dans des conditions de post-urgence, le centre vise maintenant valoriser le travail en rhabilitant tout le complexe : les espaces extrieurs entre les pavillons, certains pavillons encore dsaffects, les maisons des bnficiaires (ngociation en cours avec les habitants), nouvelle destination de certains btiments ( cuisine professionnelle, salle commune/auditorium) ; les btiments sont maintenant diviss entre ceux pour la production et ceux pour les cours thoriques. Toute la machinerie a t importe de lAustralie. Les principaux travaux ont t ceux de rhabilitation des btiments, dassainissement et dlectricit. La prsence portugaise est prvue encore pendant trois ans (deux plans triennaux), aprs, le centre sera compltement dans les mains des timorais. La politique actuelle est celle daccueillir dans le centre dautres formations professionnelles, daugmenter la production et la commercialisation des produits (actuellement peu de produits sont vendus, sur le march local) et de stabiliser les cours de formation existants.

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    Secteurs dactivit de la mission portugaise au Timor : Traitement du bois/ bambou : le bois est pour linstant import dAustralie et dIndonsie car il nest pas encore possible de traiter le bois sur place. La machinerie du centre et les outils de production permettent de crer des lments de finition et des meubles vendus localement. Les zones de Becora et de Liquia voient natre des petites coopratives et des ateliers de production de meubles. Le bambou parat fortement intresser la direction du centre, ouverte lintgration de jeunes professionnels (architectes, agronomes) au sein des quipes de travail. Possible intgration aussi de certains cours darchitecture (dpartement sur les techniques appropries ?) dans le centre et production de projets pilotes dans lenceinte du centre. Deux hypothses se profilent selon le directeur du centre :

    1. Orienter le travail communautaire vers la formation professionnelle, en choisissant une communaut prdfinie de bnficiaires, dans des rgions prcises du pays.

    2. Privilgier la formation professionnelle, Dili, qui multiplie ses effets sur les communauts rurales loignes.

    Fait Dili, le mardi 3 juin 03 Sandra DURZO

    Mission Portugaise au Timor Leste Architecture

    (GERTIL, en coopration avec la facult darchitecture de Lisbonne)

    Agriculture Mission agricole, base Aileu

    Formation professionnelle, centre de TIBAR

    Enseignement ( corps enseignant : 150 professeurs de langue portugaise, cration de lcole portugaise)

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    Objet : Entretien avec M.Pedro Passos Date de lentretien Mercredi 4 Juin 2003 Lieu Dili Entrevue effectue par Sandra DUrzo Personne interview M. Pedro Passos, agronome de la Mission agricole portugaise au

    Timor, travaillant au Centro Agroforestal Quinta Portugal , AILEU Nombre de personnes travaillant au Centre Agricole : 30 (2 moniteurs expatris, le reste est local) Dmarrage du projet : 2000 Travail men au Centre Agricole : reforestation (implantation de 17 espces darbres), sylviculture :culture de produits agroalimentaires, arbres de fruits et pturage, activits de recherche et damlioration des pratiques de sylviculture. Le centre travaille avec 40 communauts locales, 21 sukos (subdivisions des dpartements) et traite avec les petits cultivateurs en leur achetant des produits agricoles. Connaissance du bambou : la culture intensive de bambou nexiste pas dans les rgions de Aileu et de Dili, et la rcolte se fait seulement sporadiquement, selon la prsence du bambou dans la zone et la possibilit de le couper prs des routes principales. Plus on sloigne des axes routiers, plus les bambous de grande taille sont rests intactes et une grande varit despces existe encore dans la zone dAileu (voir endroit indiqu, une dizaine de km de Dili le long de la route entre Tibar et Aileu). Les bambous poussent jusqu un diamtre de 20 cm et sont trs rsistants, la varit plus commune tant appele fafulo (tetum) et natteint que 3-4 cm ; leur prix sur le commerce local varie normment, sur la base de la demande du moment, et peut aller de 3-5 $ pour un grand bambou de 5 mtres de hauteur jusqu 60 cents pour le mme produit (prix raisonnable) et approximativement 3$ pour une dizaine de petite taille (4-5 cm de diamtre). Le centre agricole achte du bambou mais impose au cultivateur de planter deux plantes et de semer cinq semences (fournies par le centre) en change de chaque plante achete, ce qui devrait permettre une rimplantation de diffrentes espces qui, en prsence deau et sur un terrain suffisamment riche, poussent trs rapidement. Mais les principaux acheteurs sont des trangers ou des ONG, trs peu de produits se vendent localement. Constat : la culture locale ne prend pas soin du patrimoine vgtal et de leur environnement naturel en gnral, ce qui engendre les problmes drosion et dappauvrissement de la biodiversit du pays. Techniques connues dutilisation du bambou : Irrigation, systmes de drainage et de canalisations/dviations des rivires, stockage de produits alimentaires, cloisons de maisons, quelques finition interne ( revtements des sols, meubles). Aucun traitement du bambou nest fait, et la plupart des meubles ne dure que trs peu de temps (1 an !) car il est creus invitablement par le bug du bambou. Limpression est que la population locale considre le bambou comme tant un matriel prcieux, mais mconnat ses potentialits et capacit de gnrer du profit. Prsence de consistantes implantations de bambou : zone de Aileu, Laulara, Irmera Rglementation gnrale : Il existe une rglementation sur lagriculture en phase embryonnaire dans le pays, qui ne permet pas encore de garantir la protection des forts et des rgions cultives ; il nexiste pas de rglementation spcifique concernant le bambou, seul quelques rserves naturelles (Aileu, Los Palos..) sont protges. Toutefois une loi de quarantaine sur tous les produits trangers imports est entre en vigueur dernirement, mais exclut le bambou. Les espces doivent tre tudies et juges compatible avec lenvironnement timorais. Il y aurait effectivement une possibilit dintroduire des espces de bambous non indignes mais il faut les tudier au cas par cas, pour que le choix soit motiv par une vraie ncessit. Collaboration en vue : Cration dune composante agricole dans le Centre de Formation Professionnelle de TIBAR, 7 km. De Dili. Fait Dili, le mercredi 4 juin 03 Sandra DURZO

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    Objet : Entretien avec M.Giuseppe Verdacchi Date de lentretien Lundi 2 Juin 2003 Lieu Dili Entrevue effectue par Sandra DUrzo Personne interview M. Giuseppe Verdacchi architecte indpendant en charge de la

    rhabilitation de la salle du conseil du gouvernement de Timor. Bas Bali ; il travaille notamment sur lamlioration des techniques du bambou et leur utilisation dans la construction/mobilier.

    Type de travail men : conception architecturale et ralisation de produits avec des ressources locales (bois, pierre, bambou, produits minraux et vgtaux divers). Ateliers de formation thmatiques, recherche et cration de prototypes dans le design et larchitecture. Capitalisation des expriences par la ralisation de manuels qui documentent les pratiques mises en uvre. Partenariats: quipe stable de 10 personnes, partage des connaissances sur les bambou avec des professionnels du secteur (Linda Garland, EBF Foundation). Intrt pour la filire de production en bambou : Trs forte. Il travaille actuellement sur la technique de laminage du bambou, pour la cration dune srie de meubles raliss en bambou, rsines et colles diffrentes. Le problme du bug du bambou nest pas rsolu, car les techniques pour le prvenir ne sont pas encore connues (lacide borique semble un traitement possible, mais nest pas entirement fiable selon lui). Il est prt participer toute initiative avec le bambou, condition de travailler en partenariat avec Linda Garland, experte en bambou vivant Bali. Le dfi, selon lui, serait de sadresser une niche du march international (spcifiquement australien, japonais et asiatique en gnral) pour dfinir des nouveaux processus de traitement/finition du bambou, pouvant donner des rsultats plus varis par rapport la production actuelle. Il existe une possibilit concrte de lappliquer lhabitat, en menant des expriences dauto-production de logements, de maisons pilote et autres.

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    Objet : Entretien avec Arch. Musalam Bararewan

    Date de lentretien Jeudi 5 Juin 2003 Lieu Project Management Unit, Ministre de lEducation Nationale, Dili Entrevue effectue par : Langue :

    Sandra DUrzo Portugais

    Personne interview Arch. M. Bararewan, architecte timorais travaillant actuellement sur le projet qualit des tablissements scolaires (FSQP), financ par la Banque Mondiale.

    Nombre de personnes travaillant au FSQP : 20 personnes, principalement architectes (groupe form par 5 architectes internationaux et 3 locaux) et ingnieurs civils. Lquipe est engage sur lamlioration de la qualit architecturale des prototypes dcoles primaires et secondaires dans tous les dpartements du pays, et se chargent de la conception architecturale de 78 tablissements. Dure du projet : 2000-2003. Etat davancement du projet: 6 coles primaires sont actuellement en construction. Dimportantes coupures budgtaires ont rendu difficile la ralisation de toutes les coles cette anne. Profil professionnel : Formation darchitecte suivie Malang (Indonsie), complte en 1991 ; depuis, il a t charg d une fonction publique indonsienne auprs du Ministre des Travaux Publics Timor. Constat et valuation des pratiques professionnelles au Timor : Les architectes au Timor sont une quinzaine au total : certains exercent leur fonction dans ladministration publique, dautres travaillent lUniversit (fac. Architecture de Dili University ou la nouvelle Jupiter University) et dautres sont consultants pour des organismes internationaux. Jai eu jusqu prsent trs peu de possibilit dchanger avec des professionnels trangers et nous manquons de matriel de documentation (livres, revues spcialises, rseau informatique..) qui nous informe sur les nouvelles pratiques. Lexprience du FSQP nous a permis, ces derniers 18 mois daction sur le projet, de bnficier de la prsence des architectes internationaux en termes de techniques apprises, mais aussi de mthodes de travail. Nous ntions pas habitus respecter des chances de projet si pressantes comme celle imposes par la Banque Mondiale, et nous ne travaillons pas sur Autocad (computer Aided Design, programmes de dessin informatiss). Le travail maintenant nous permettra dtre la hauteur de nos tches, en sachant que bientt nous devrons grer le programme tous seuls (les internationaux quittent le projet dans deux mois, ndr). Je nai jamais particip un workshop international, car il nous tait impossible de voyager pour nous professionnaliser, et que nous manquions de moyens matriels. Dans le futur, je voudrais continuer travailler dans mon pays, dans le public ou dans le priv, et jaimerais refaire des projets avec le transfert de comptences entre plusieurs pays. A la question sil a dj travaill sur les techniques appropries dans larchitecture et spcifiquement sur la technologie du bambou : Non, je ne crois pas que nous savons utiliser le bambou de la mme faon quen Indonsie ou aux Philippines. Je crois quelle peut tre amliore mais je ne sais pas commentOui il serait intressant de travailler sur la conception de produits en bambou, car cela peut gnrer aussi des revenus des populations dfavorises.

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    Objet : Entretien avec Arch. Cidalio de Oliveira Date de lentretien Jeudi 5 Juin 2003 Lieu Project Management Unit, Ministre de lEducation Nationale, Dili Entrevue effectue par : Langue :

    Sandra DUrzo Anglais

    Personne interview Arch. C. de Oliveira, architecte timorais travaillant actuellement sur le projet qualit des tablissements scolaires (FSQP), financ par la Banque Mondiale.

    Profil professionnel : Formation darchitecte suivie Java (Indonsie), complte en 1997 ; depuis il enseigne temps partiel lUniversit de Dili ( module de conception de projet 46 tudiants en premire anne), et a altern entre des fonctions au sein de Ministre des Travaux Publics et du travail dans des agences prives (Compagnies Indonsiennes). NB : la vrification de ces donnes t possible aprs visite de la facult darchitecture par la charge de mission et la rencontre des tudiants de son cours. La facult est encore ses dbuts, et les moyens humain et matriels trs modestes. Constat et valuation des pratiques professionnelles au Timor : Trs peu dtudiants souhaitent faire des tudes darchitecture. Ceci est comprhensible car les tudes sont longues (4 ans) et impliquent beaucoup de sacrifice en termes de temps et dnergie employe. Les gens prfrent trouver un travail rapidement, sans devoir tant tudier et puis aussi travailler avec des horaires trs contraignants et fatigants. Les timorais ne sont pas habitus travailler tellement ! Jai eu la chance de travailler deux fois pendant un mois Melbourne (Australie) et voudrais y retourner pour apprendre encore plus. Effectivement, le FSQP projet ma beaucoup servi pour amliorer mes connaissances techniques mais surtout pour connatre les diffrents backgrounds culturels des participants. Lorganisation de workshops serait une formidable occasion dchange et denrichissement mutuel, mais actuellement notre facult na pas encore les moyens dorganiser des initiatives pareilles (NB : Lenseignement universitaire se fait actuellement en Bahasa-indonsia et en Ttum, ce qui limite dj les possibilits dchange de mthodes avec ltranger) . A la question sil a dj travaill sur les techniques appropries dans larchitecture et spcifiquement sur la technologie du bambou : Oui, la question des techniques locales de construction mintresse beaucoup. Nous avons eu des discussions sur ces thmes avec les architectes philippins et australiens travaillant sur le FSQP. Dans la facult darchitecture, nous avons aussi prvu un dpartement de recherche consacr des modes de production non conventionnels, mais il nest pas encore performant. Nous tentons en tous cas dinclure dans les cursus de luniversit, bass sur lenseignement en Indonsie, des matires qui nous semblent intressantes ici au Timor. Par ailleurs, si nous continuons importer des matriaux de ltranger, le dveloppement conomique local ne se ralisera jamais ; nous verrons aussi les architectes se recycler dans dautres professions mieux rmunres. Actuellement, un architecte travaillant dans le domaine public gagne environ 250 $ /mois, mais dans le secteur priv il gagnerait srement plus.

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    CARTE GEOGRAPHIQUE GENERALE DU TIMOR Districts visits : DILI, ERMERA, MANATUTO, BAUKAU, LAUTEM. Sites visits : DILI : Dili, Tibar, Ermera, MANATUTO : Manatuto, Laclubar, Natarbora, Mahehat BAUKAU : Baguia, Baukau LAUTEM : Los Palos, Com, Tutuala

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