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  • Revue des Interactions Humaines Mdiatises

    Journal of Human Mediated Interactions

    Rdacteurs en chef

    Sylvie Leleu-Merviel

    Khaldoun Zreik

    Vol 13 - N 2 / 2012

    europias, 2012 15, avenue de Sgur, 75007 Paris - France Tel (Fr) 01 45 51 26 07 - (Int.) 33 1 45 51 26 07 Fax (Fr) 01 45 51 26 32 - (Int.) 33 1 45 51 26 32 http://europia.org/RIHM rihm@europia.org

  • Revue des Interactions Humaines Mdiatises

    Journal of Human Mediated Interactions

    Rdacteurs en chef / Editors in chie f Sylvie Leleu-Merviel, Universit de Valenciennes et du Hainaut-Cambrsis,

    Laboratoire DeVisu Khaldoun Zreik, Universit Paris 8, Laboratoire Paragraphe

    Comit ditorial / Editor ia l Board Thierry Baccino (Universit Paris8, LUTIN - UMS-CNRS 2809, France) Karine Berthelot-Guiet (CELSA- Paris-Sorbonne GRIPIC, France) Pierre Boulanger (University of Alberta, Advanced Man-Machine Interface

    Laboratory, Canada) Jean-Jacques Boutaud (Universit de Dijon, CIMEOS, France ) Aline Chevalier (Universit Paris Ouest Nanterre La Dfense, CLLE-LTC,

    France) Yves Chevalier (Universit de Bretagne Sud, CERSIC -ERELLIF, France) Didier Courbet (Universit de la Mditerrane Aix-Marseille II, Mediasic,

    France) Viviane Couzinet (Universit de Toulouse3, LERASS, France) Milad Doueihi (Universit de Laval - Chaire de recherche en Cultures

    numriques, Canada) Pierre Fastrez (Universit Catholique de Louvain, GReMS, Belgique) Pascal Francq (Universit Catholique de Louvain, ISU, Belgique) Bertrand Gervais (UQAM, Centre de Recherche sur le texte et l'imaginaire,

    Canada) Yves Jeanneret (CELSA- Paris-Sorbonne GRIPIC, France) Patrizia Laudati (Universit de Valenciennes, DeVisu, France) Catherine Loneux (Universit de Rennes, CERSIC -ERELLIF, France) Marion G. Mller (Jacobs University Bremen, PIAV, Allemagne) Marcel O'Gormann (Univerity of Waterloo, Critical Mdia Lab, Canada) Serge Proulx (UQAM, LabCMO, Canada) Jean-Marc Robert (Ecole Polytechnique de Montral, Canada) Imad Saleh (Universit Paris 8, CITU-Paragraphe, France) Andr Tricot (Universit de Toulouse 2, CLLE - Lab. Travail & Cognition,

    France) Jean Vanderdonckt (Universit Catholique de Louvain, LSM, Blgique) Alain Trognon (Universit Nancy2, Laboratoire InterPsy, France)

  • Revue des Interactions Humaines Mdiatises

    Journal of Human Mediated Interactions Vol 13 - N 2 / 2012

    Sommaire Editorial Sylvie LELEU-MERVIEL, Khaldoun ZREIK (Rdacteurs en chef) 1 Thtres de mmoire & Cyberespace Theatres of Memory and Cyberspace Stphane CARO DAMBREVILLE 3 Des usages gnrationnels de WLM lmergence dune culture numrique adolescente : perspectives socio-historiques, rsultats denqutes longitudinales, 2007-2010 Uses of Windows Live Messenger by different generations and the emergence of a teen digital culture : socio-historical perspectives based on survey results 2007-2010 Gilles BRACHOTTE, Pascal LARDELLIER 31 Communication des organisations : comparaison des approches scientifiques en gestion et en communication Organisational communication: a comparison of scientific approaches in communication and management Bndicte ALDEBERT , Laurent MORILLON 59 Lmergence dun discours de Proximit. Concept fondateur ou illusion ? E-advertising: the emergence of a discourse of proximity. A founding concept or illusiony Jean-Louis LAUT 79

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    Communication des organisations : comparaison des approches scientifiques en gestion et en communication

    Organisat ional communicat ion: a comparison o f s c i ent i f i c approaches in communicat ion and management

    Bndicte ALDEBERT (1), Laurent MORILLON (2)

    (1) CERGAM, Universit dAix-Marseille bene.aldebert@gmail.com

    (3) LERASS, Universit de Toulouse laurent.morillon@iut-tlse3.fr

    Rsum. Si la communication est depuis longtemps considre comme un lment important de lorganisation, elle nest devenue objet scientifique que relativement rcemment. Cet article propose de comparer les modalits (pistmologie, mthodologie, dmarche, objet, etc.) dont la communication des organisations est apprhende par les chercheurs en sciences de gestion et en sciences de linformation et de la communication. En ralisant une analyse de contenu sur trente articles scientifiques, nous avons mis en vidence trois groupes darticles relativement homognes. La mixit disciplinaire de lun dentre eux nous fournit un point de dpart intressant pour discuter de certaines pratiques de recherche. Mots-cls. Epistmologie, mthodologie, objet de recherche, communication, discipline.

    Abstract. Although communication has long been considered as an important organizational element, it only recently became a scientific object. This article aims to compare the ways (epistemology, methodology, process, object, etc.) in which organizational communication is understood by researchers in management science and communication science. By performing a contents analysis of thirty scientific papers, we discovered three relatively homogeneous groups of items. The disciplinary diversity of one group provides a starting point to discuss certain research practices. Keywords. Epistemology, methodology, research object, communication, science.

    1 Introduction Terme polysmique, voire instable tymologiquement (DAlmeida &

    Andonova, 2006), la communication est depuis longtemps considre comme un

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    lment important de lorganisation, notamment dans les entreprises. Institutionnelle ou commerciale, dans tous les cas vise performative, elle y est considre comme un produit de lorganisation destination de publics externes (par la mise en uvre de publicit, de marketing direct, dvnements, etc.) et/ou internes (via des journaux, intranet, affichages, etc.). Ses usages voluent aujourdhui dans des contextes financiers, conomiques et technologiques tendus. La communication des organisations1 nest devenue objet scientifique qu partir de la deuxime guerre mondiale, notamment dans la littrature anglo-saxonne. En France, lattention pour cet objet va grandissant depuis les annes 1990 (Giordano, 2001 ; Bouzon, 2010). Lintrt porte tant sur les processus, la signification, les phnomnes cognitifs et sociaux attachs, les moyens mis en uvre que plus rcemment sur la manire dont lorganisation est produite par la communication. Les travaux notamment empiriques sont nombreux et voient ladoption dune grande diversit de paradigmes, de rfrences thoriques et de mthodes dinvestigation.

    En France, sciences de gestion (que nous noterons dans la suite de ce texte SG) et sciences de linformation et de la communication (que nous crirons SIC) sont deux des disciplines qui sintressent la communication des organisations. Pourtant, alors mme quelles partagent certains objets scientifiques (la publicit, la communication du changement, etc.) et/ou projets (par exemple la thorisation des processus de rception et dinfluence de la communication externe laide de la mthode exprimentale (Courbet, 20012)), le dialogue scientifique est limit et les mobilisations mutuelles rares (Vacher, 2008 ; Le Buf, 2008). Certains chercheurs ont dores et dj compar les deux disciplines. Respectivement chercheurs en SG et en SIC, nous nous sommes notre tour demands quels sont les approches et les usages des recherches sur la communication des organisations propres chacune de nos sciences. Il nous est en effet paru utile de comparer les faons dont la communication des organisations est apprhende par les chercheurs des deux disciplines. Cet article est susceptible didentifier certaines de leurs logiques structurantes et de favoriser en outre les dialogues. Pour ce faire, nous avons recueilli trente articles rcents issus de treize revues scientifiques et ralis une analyse smantique pour recenser les objets, pistmologies, mthodologies et usages. La prsente contribution, vise exploratoire, nous a permis de dcouvrir lissue dune analyse factorielle des correspondances trois groupes darticles relativement homognes. La mixit de lun dentre eux nous fournit un point de dpart pour discuter de certaines pratiques de recherche.

    Dans une premire partie, nous questionnerons travers une revue de la littrature les divergences et les convergences des recherches menes sur la communication des organisations dans les deux disciplines. Dans une deuxime partie, la mthodologie adopte est dveloppe. Dans une troisime partie, les principaux rsultats sont prsents avant dtre discuts dans une dernire partie.

    1 Le choix de lexpression communication des organisations se veut ouvert. Elle tente de regrouper (imparfaitement) une diversit dappellations : communication dentreprise, communication institutionnelle, communication marketing, communication organisante/organisationnelle, organisation communicante, communication managriale, information et communication en/des organisations... Pour affiner les dfinitions existantes nous nous rfrerons DAlmeida et Andonova (2006).

    2 http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/06/25/39/HTML/index.html - dernire consultation le 8 novembre 2012

  • Communication des organisations : comparaison entre gestion et communication

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    2 Les recherches sur la communication des organisations : divergences et convergences entre deux disciplines

    Les questionnements scientifiques sur lorganisation sont apparus en sociologie dabord, puis dans dautres disciplines tels les SG. Les problmatiques propres la communication dans les organisations sont aujourdhui prsentes dans ces deux disciplines ainsi quen SIC. Si certains auteurs convoqus sont communs (Weick, Latour, Callon par exemple), la communication des organisations est, historiquement, apprhende diffremment en SG et en SIC. Nous prsentons dans les sections 2.1. et 2.2 un tat des lieux des thories associant communication et organisation selon les deux disciplines avant de comparer les approches dans la section 2.3. Ce panorama ne se veut pas exhaustif, il souhaite modestement illustrer lvolution de la pense sur ce sujet.

    2.1 La communication dans les sciences de gestion Les thories de lorganisation ont port des intrts plus ou moins prgnants et

    directs la communication des organisations selon les poques (Bartoli, 1990). Les premiers courants thoriques significatifs en SG sont les approches fonctionnalistes. Ceux-ci sont nombreux et diversifis et nous les retrouvons comme cadre analytique dans certaines disciplines des sciences humaines et sociales (sociologie, anthropologie par exemple). La volont originelle de ces approches est de mieux comprendre comment fonctionne la socit. Comme son nom lindique, elles reposent sur la notion de fonction (lments caractristiques dun ensemble/entit) o chaque fonction peut tre la fois cause et/ou effet dun phnomne impactant la socit. Ce sont les liens explicatifs et causalistes qui intressent particulirement les chercheurs de ces courants. Ces ensembles ou entits en SG sont les organisations constitues de fonctions (production, logistique, finance, etc.). Les chercheurs ont alors fait un parallle en considrant les ensembles ou entits comme des organismes, par analogie avec les organismes vivants tudis en biologie. Dans ces courants toutes les actions sont conues comme autant de fonctions qui concourent la stabilit de lorganisation. Nous allons prsenter les deux principales approches fonctionnalistes, lcole classique des organisations et lcole des ressources humaines avant daborder la communication dans les organisations sous langle des autres principaux courants en SG.

    Lcole classique de lorganisation du dbut du XXe sicle (Taylor, Ford, Fayol, Weber) propose une vision trs hirarchise de lorganisation axe sur quelques principes cls dont loptimisation de la production, la division du travail fonde sur la spcialisation (synthtise de manire claire dans Romeyer (2003)). Lorganisation est pense de manire rationnelle, ce qui se traduit par un ensemble de rgles qui dfinissent certaines fonctions, activits et tches au sein de lorganisation (Bonneville & Grosjean, 20113). La mise en place de la planification du travail et des prescriptions cherche rduire limprvisibilit des comportements en imposant une faon de faire et de communiquer. Cette conception de lorganisation saccompagne dune vision shannonienne de la communication rduite un transfert dinformations formelles (uniquement descendantes) entre un metteur et un rcepteur.

    Contestant les excs de cette organisation scientifique du travail, lcole des relations humaines sest dveloppe dans les annes 1950 (Mayo, Mac Gregor, Likert, Argyris) en sintressant aux dimensions affectives et relationnelles des

    3 Si ces recensions sont le fait dauteurs en SIC, elles offrent un panorama des thories des organisations dun point de vue pluridisciplinaire.

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    situations de travail. A partir de travaux labors sur le leadership, elle dmontre que le manque de communication nest pas gnrateur de productivit long terme. Les auteurs de ce courant superposent lorganisation formelle de lcole classique, une organisation informelle voire cache. Ce courant met galement en avant les notions dchanges entre salaris, de stimulations positives et de mcanismes de coordination. Dans ce cadre, la communication nest plus rduite une simple transmission dinformation mais plus largement sa fonction relationnelle. Lhritage taylorien est nanmoins bien prsent et nexclut pas un certain dterminisme de la communication ( rationalit humaine ).

    Ces deux coles de pense sont empruntes dun fort dterminisme soit technologique (lcole classique) soit social (lcole des relations humaines). Ainsi selon les approches fonctionnalistes, la communication est un vhicule dinformations et est considre comme une fonction au mme titre que la production, la finance et le marketing sur laquelle le gestionnaire peut avoir un certain contrle. Dans ce contexte, la communication sert diriger, coordonner et rguler les activits des membres de lorganisation (Chaouky, 2005 : 63).

    Le courant socio-technique qui se dveloppe dans les annes 1960 (Emery et Trist, Woodward, Crozier) a apport une contribution critique en montrant lexistence dune forte dpendance entre les composantes psycho-sociologiques et techniques dun systme organisationnel. Ce courant rfute lexcs de formalisme, de procdures, de bureaucratie ou de centralisation dans les organisations, leur prfrant une certaine flexibilit et une communication informelle. Si lanalyse socio-technique loigne les chercheurs de conceptualisations causalistes linaires, le positionnement est plutt celui dun dterminisme mutuel que dune perspective interactionniste entre organisation et communication. A la mme poque se dveloppent les thories managriales des organisations (Mintzberg, Peters et Waterman) qui sous entendent limportance de la communication (notamment en relation avec le changement organisationnel et la complexit organisationnelle) mais ne pensent pas vritablement la question communicationnelle (Bouillon, 2008).

    A la fin des annes 1980, notamment avec les travaux de Weick (1987), laccent est mis non plus sur la communication comme une fonction parmi dautres, mais sur les processus mme de communication qui, agissant travers toutes les fonctions de gestion, construisent, maintiennent ou dtruisent les organisations. Avec les travaux de la sociologie de la traduction (Akrich, Callon & Latour, 1988 et 1988a) et la reconnaissance progressive des mthodes danalyse qualitative en sciences de gestion, lomniprsence de diffrentes formes communicationnelles (des paroles, des textes, des rcits, etc.) est observe. Cette nouvelle sociologie des usages technologiques met en avant limportance des significations symboliques des objets de communication qui sont porteurs de reprsentations et de valeurs suscitant souvent ladoption de la technologie. A loppos des sociologies interactionnistes dcrites prcdemment, qui construisent la communication comme un rapport intersubjectif seulement entre les humains, Latour (1994) introduit linterobjectivit . Ici, linteraction et la communication nont plus rien dune relation de face--face entre personnes, mais elles intgrent toutes les relations entre des quipements, des dispositifs, des cadres matriels qui permettent aux participants de se relier dautres (voire eux-mmes), sur dautres lieux et dautres temps. Cependant lobjet de ces recherches demeure lorganisation, intgrant la communication sans pour autant tre tudie en tant que telle.

    Plus rcemment mais sans que cela constitue un courant de recherche part entire, les recherches de Giordano (1994, 2001, 2006) et Arnaud (2007) ont apport en SG un clairage communicationnel lorganisation.

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    Pour rsumer, Bouillon et Vasquez (2011) considrent de faon volontairement restrictive deux perspectives danalyse de la relation entre communication et organisation selon les SG. Dune part, celle qui aborde lorganisation comme un phnomne social allant de soi o la communication constitue au mieux un mode dexpression des jeux dacteurs. Dautre part, celle qui tudie de manire complexe et fine les dynamiques sociales de lorganisation, mais sans sintresser dans le dtail aux phnomnes communicationnels en prsence.

    2.2 La communication des organisations selon les sciences de linformation et de la communication

    La production scientifique franaise en SIC ayant pour objet la communication des organisations est croissante et se structure depuis une vingtaine dannes. La dlimitation du champ demeure cependant complexe tant celui-ci est encore instable terminologiquement : communication dentreprise/des entreprises (Delcambre, 2008), communication des organisations (pour traduire la diversit des organisations considres), dans les organisations, communication organisationnelle (pour rendre compte des processus de communication qui structurent les organisations) ou institutionnelle Cette instabilit traduit une grande diversit dobjets, de questionnements, de concepts, de mthodologies. Centres hier sur les entreprises, largies aujourdhui aux organisations (institutions, collectivits, associations, etc.), ces recherches portent aujourdhui tant sur les contenus et/ou les modalits des actes de communication, sur leurs rles dans les situations de travail, sur les interactions entre acteurs que sur les politiques et les moyens de communication mis en uvre ainsi que leurs effets. Martin Juchat et Fourrier (2009) constatent que la communication des organisations peut tre convoque sur chacun des six domaines dtude que la discipline reconnat. De manire gnrique, les chercheurs qui sintressent cette thmatique ont pour projet de questionner lorganisation dans ses relations la communication, didentifier les logiques de communication quelles soient instituantes ou structurantes (Comtet & Fourrier, 2012).

    Les recherches sur la communication des organisations ont dabord hrit, comme lensemble des SIC, dun certain nombre de thories positivistes telle la thorie de linformation ou la cyberntique. Elles ont ensuite explor dautres pistmologies avec par exemple la systmique qualitative inspire des travaux de lcole de Palo Alto (Mucchielli, 1999) ou encore de la thorie conversation-texte (Cooren, Taylor & Van Every, 2006) ancre dans le constructivisme. A lorigine, les recherches portaient quasi-exclusivement sur les communications mises en uvre au sein des organisations, notamment les pratiques issues des stratgies marketing. Depuis une dizaine dannes, dans un contexte marqu la fois par linfluence des discours idologiques sur la technologie et par une demande sociale de sens non satisfaite (Vacher, 2008a : 34), ces recherches tentent de mieux comprendre les organisations partir des phnomnes de communication qui sy dveloppent. Proposant un vritable cadre danalyse, elles tentent didentifier des modles explicatifs pluridimensionnels sur fond de critique et de dpassement des modles dominants (Bouzon, 2010 : 1). Bouillon, Bourdin et Loneux ont par exemple propos le dveloppement d approches communicationnelles des organisations (ACO) visant comprendre les organisations partir des processus de communication qui les traversent et les structurent (2008 : 4). Les mthodologies mises en uvre dans cette dynamique privilgient par exemple la thorie ancre (grounded theory) en rupture avec les dmarches hypothtico-

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    dductives. Par ailleurs, la posture issue de la sociologie critique4 sest dveloppe tant vis--vis des pratiques professionnelles que des approches positivistes qui y sont souvent associes5.

    Une autre tendance est lexploration de la communication dite organisationnelle. Celle-ci a constitu un espace scientifique en rupture avec les tudes descriptives ou prescriptives des pratiques professionnelles (Bouillon, Bourdin & Loneux, 2008). Lorganisation est considre comme un assemblage de processus organisants (en rfrence l organizing de Weick (1979)) et se trouve construite en permanence par des dynamiques sociales (interactions, interprtations, etc.). Cette tendance qui tudie les constructions mutuelles de lorganisation et de la communication, loin dtre spcifiquement franaise trouve cho aux Etats-Unis (Deetz, 1996), au Canada (Cooren et al., 2006), en Belgique (par exemple au Laboratoire dAnalyse des Systmes de Communication dOrganisation, lUniversit Catholique de Louvain).

    Si les paradigmes, objets, problmatiques, socles thorique et mthodologique, rfrences sont donc varis, lmergence au dbut des annes 1990 dune communaut de chercheurs (groupe Org&Co de la SFSIC6) a permis des convergences ainsi quune certaine institutionnalisation. Questionnements nouveaux et concepts spcifiques, production douvrages collectifs7, de dossiers dans des revues8, dune revue ddie (Communication & Organisation fonde en 1991) ainsi que la tenue de nombreuses manifestations scientifiques ont permis la lgitimation du champ scientifique (Bernard, 1998). En effet, linverse des chercheurs en SG, ceux de SIC peuvent rencontrer des difficults de lgitimation du champ tant les notions de communication et dorganisation restent perues comme professionnelles et donc non scientifiques (Martin Juchat & Fourrier, 2009 : 199). A ceci peuvent tre associs des soupons dinstrumentalisation de la science. Ainsi, la communication commerciale se trouve-t-elle relativement9 dlaisse par les SIC ce qui permet aux SG de dominer la littrature (Martin Juchat & Fourrier, 2009).

    Enfin, il est possible de constater sur cette thmatique de recherche une inflation du nombre de rfrences issues du champ associes celles de nombreuses autres disciplines (Bouzon, 2010 : 12). Parmi celles-ci, les SG occupent une place particulire.

    2.3 Convergence et/ou divergence des disciplines Diffrents chercheurs ont questionn dans une double approche, voire

    compar les deux disciplines (Courbet, 2001 ; Pelissier & Augey, 2001 ; Bernard, 2004 ; Charlet, 2005 ; Comtet, 2007 ; Le Buf, 2008 ; Vacher, 2008). Ils constatent un certain nombre de convergences et de divergences dans les approches et/ou les rsultats. Ainsi, pour Plissier et Augey : que ce soit par lapproche des sciences de linformation et de la communication ou celle des sciences conomiques et de gestion, les analyses

    4 Cf. par exemple le colloque Communications-organisations et penses critiques qui sest droul les 5 et 6 Juillet 2011 Roubaix. 5 Dans les pratiques professionnelles le modle marketing (Mucchielli & Guivarch, 1998) est prdominant (Morillon, 2007). 6 Socite Franaise des Sciences de lInformation et de la Communication. http://www.sfsic.org/ 7 (Le Monne, 1998 ; Delcambre, 2000 ; Bouzon, 2006 ; Bouzon & Meyer, 2008). 8 Par exemple n50/51 et n74 de Sciences de la Socit ; n28 et 34 dEtudes de communication ; plusieurs articles dans Communication & Langages. 9 Certains textes, entre autres de Didier Courbet et Marie-Pierre Fourquet-Courbet, abordent en effet ces questions.

  • Communication des organisations : comparaison entre gestion et communication

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    concernant la presse en ligne convergent () bien quemployant des outils et des mthodologies radicalement diffrentes, les deux types dapproches fournissent des rsultats convergents et complmentaires quant la comprhension des changements en cours (2001 : 8).

    Courbet ralise quant lui une tude comparative qui montre de profondes diffrences sur les plans pistmologiques, thoriques et mthodologiques (2001 : 39). Il constate que les SIC, imprgnes par certains courants idologiques, privilgient la fois des visions distancies et critiques sur les pratiques des entreprises, tandis que les SG (plus particulirement la recherche marketing) visent davantage loprationnalit et lutilit des modles pour les praticiens en produisant des modles prdictifs des comportements. Les recherches se centrent sur le fonctionnement et la ralisation du processus de communication court terme. En SIC, ltude porte sur les processus moyen ou long terme : les contextes de production, de transmission et de rception, les causes qui dclenchent les processus, lintentionnalit des acteurs. Les connaissances sont alors construites par une dmarche empirico-inductive, souvent par cumulativit dtudes de cas tandis quen SG la dduction dhypothses partir de thories susceptibles dexpliquer les phnomnes observs prime.

    Certaines de ces conclusions sont confirmes par Le Buf (2008) qui constate que les gestionnaires sont centrs sur linformation, alors que les communicants le sont davantage sur la relation. Selon lauteur, les approches des SG et des SIC divergent donc logiquement, car elles reposent sur une conceptualisation diffrente de la situation de communication analyse. En SG, linformation prvaut. Elle est un input et un output que lon peut rationaliser. Elle peut ainsi tre traite et gre de faon logique. Quant la communication, elle a une fonction esthtique et joue un rle daccompagnement. Ainsi, la communication tend-elle se vider de sa dimension relationnelle pour faciliter la rationalit de la circulation de linformation. En SIC, linformation et la communication sont lies. Dans une mouvance systmique et constructiviste, cette discipline donne toute son importance la communication et traite de faon centrale les relations humaines et la production du sens. Par ailleurs, les diffrentes conceptions communicationnelles peuvent provenir, comme le soulignent Bouillon et Vasquez (2011), des enjeux poss par les ontologies des organisations.

    Cette revue de littrature nous amne nous questionner sur les diffrences et les similitudes des approches de la communication des organisations entre les deux disciplines ainsi que sur les modes de construction des connaissances scientifiques : quelles sont aujourdhui les pistmologies adoptes, les objets considrs et les mthodologies choisies ? Quels usages sont faits des rsultats ? Quelles sont in fine les passerelles susceptibles dexister entre SG et SIC ? Ces questionnements sont susceptibles de participer aux efforts de dlimitation et de lgitimation scientifique de ces disciplines rcentes. Ils peuvent en outre favoriser les dialogues constructifs entre les chercheurs. Notre projet, vise exploratoire, doit en effet permettre la fois de complter les recherches menes sur le sujet mais aussi didentifier certaines des logiques structurantes des deux disciplines.

    La partie suivante prsente la mthodologie adopte pour cette recherche.

    3 Mthodologie Notre recherche repose sur une dmarche qualitative, centre sur une analyse

    de contenu darticles. A partir des moteurs de recherche spcialiss dans les revues scientifiques en sciences sociales (Cairn, Sudoc, Proquest, Perse), nous avons identifi des articles rcents francophones exclusivement issus de revues classes

  • Revue des Interactions Humaines Mdiatises Vol 13 N2, 2012

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    par lAERES ou le CNU dont la thmatique principale a trait la communication des organisations. Afin de permettre les comparaisons, des thmes communs entre SIC et SG ont merg au fil des lectures : la responsabilit sociale de lentreprise (RSE), le changement, les TIC et la communication (financire, stratgique, vnementielle). Au final, trente articles10 francophones (quinze en SG et quinze en SIC publis entre 1998 et 2010) ont t retenus. Nous avons ensuite construit une grille afin de collecter, traiter et analyser les donnes recueillies. Nous exposons dans les points suivants les dtails de la construction de cette grille et la mthode danalyse retenue.

    3.1 La construction dune grille pour recueillir les donnes Afin de slectionner les articles analyser, nous avons choisi une technique

    dchantillonnage dite de convenance. Cette mthode non probabiliste a t privilgie car elle ne ncessite pas de base de sondage exhaustive et permet de slectionner des articles partir de critres dfinis par les chercheurs. Cela nous a permis de slectionner trente articles respectant la fois la contrainte dhomognit de la distribution (autant darticles de SG que de SIC) et celle de ne contenir que des articles lis la communication des organisations. Si notre chantillon qui compte trente articles ne permet pas de gnraliser les rsultats lensemble de la population , il peut en reprsenter nanmoins certaines des tendances. Les mots cls indiqus dans les moteurs de recherche sont communication pour les revues en SG et organisation ou entreprise en SIC. Les articles que nous avons retenus portent en proportion gale sur des thmes qui ont merg au fil de la lecture : la Responsabilit sociale de lEntreprise (RSE), le changement, les TIC et la communication (financire, stratgique, vnementielle). Ces trente articles francophones, proviennent de treize revues11 classes par lAERES et/ou les CNU des disciplines considres. Ces revues sont des supports gnralistes qui laissent penser quelles lissent les spcificits de chaque discipline pour en faire ressortir une cohrence densemble. Elles ont en outre un rle de ciment thorique et une fonction fdratrice mais elles nous aident aussi, en tant quobjet dtude rflexif, mieux comprendre les enjeux thoriques et sociaux qui gouvernent pour une part les tats de la science (Rgimbeau & Couzinet, 2004 : 1).

    Afin danalyser lensemble des articles retenus, nous avons dabord construit une grille danalyse sous Excel avec vingt cinq indicateurs pouvant relater la nature de la ralit (Thitart, 1999) et les fondements de la connaissance des articles. Ils sont regroups sous sept principaux items :

    une brve description de larticle (nom de la revue, date, discipline, auteurs, titre, mots cls, thmatique, etc.) ;

    la forme de larticle (le plan et les rfrences bibliographiques) ; le/les courants thoriques dominants (les courants thoriques de

    rfrence, les dfinitions de la communication et de lorganisation) ; lpistmologie ; la problmatique (objet et questions de recherche) ;

    10 Lensemble des rfrences des textes retenus peut tre communiqu sur simple demande aux auteurs. 11 Comptabilit, Contrle, Audit (2 articles) ; Dcisions Marketing (1) ; Revue Franaise de Gestion (6) ; Systmes dInformation et Management (1) ; Finance, Contrle, Stratgie (1) ; Management et Avenir (1) ; Entreprises et histoire (1) ; Communication et Organisation (6) ; Recherche et Applications en Marketing (1) ; Gestion (1) ; Management International (1) ; Etudes de communication (3) ; Les enjeux de linformation et de la communication (2) ; Communication & Langages (2) ; Communication (1).

  • Communication des organisations : comparaison entre gestion et communication

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    la mthodologie (terrain, dmarche du chercheur, position du chercheur, techniques de recueil et danalyses) ;

    les rsultats (recommandations, thorisation et gnralisation, limites).

    Certains indicateurs, les plus importants pour lobjet de cet article, ont t oprationnaliss. Nous avons ainsi retenu dans notre grille trois principales familles pistmologiques contemporaines : positiviste, systmique et constructiviste12. Lorsque les auteurs nindiquent pas leur posture, en plus du sens des articles, des auteurs et courants de rfrence, ce sont certains mots en contexte qui ont permis lidentification :

    le paradigme positiviste selon luvre de Comte13 repose sur des hypothses fortes telles que lexistence dun rel indpendant de lintrt du chercheur. Ce dernier peut rationnellement et par le biais de mthodes dductives en dfinir les lois cest--dire des relations constamment observables entre les faits. En communication, Mucchielli et Guivarch (1998) ont dfini lenjeu des modles positivistes par lanalyse de ses effets et de son efficacit. Les mots clefs qui permettent le reprage dune telle pistmologie apparaissent la lecture des modles metteur-rcepteur et de la communication deux niveaux par exemple. Le premier est ainsi centr sur le contenu et le transfert de linformation : le message transmettre parcourt le canal et va produire un effet chez le rcepteur avec une transformation attendue de la situation de dpart. Outre le sens des articles qui nous ont conduit dterminer cette posture, ce sont entre autres les termes de dmarche hypothtico-dductive , variables , impact , efficacit , metteur-rcepteur qui nous ont guid et taient considrs comme significatifs ;

    les paradigmes systmiques (parfois associs aux postures comprhensives, interprtativistes ou subjectivistes) sintressent schmatiquement lactivit symbolique des agents en interaction, qui construisent ensemble un univers intersubjectif de significations partages (Giroux & Demers, 1998). Ils visent analyser la permanence et le changement des systmes de communication. Les affinits entre individus, les relations socio-affectives du groupe apparaissent. La communication est envisage comme la participation dun individu un systme dinteractions qui le relie aux autres. Au del des courants thoriques auxquels les articles faisaient rfrence, ce sont les termes de relation , interaction , rseau , changement, transaction , sens partag qui nous ont permis de dterminer la posture systmique ;

    les modles constructivistes parfois dsigns sous lappellation de convention constructiviste (Le Moigne, 2003) en SIC mettent laccent sur les processus collectifs et le langage comme sources de comprhension de laction collective. Ces courants ne se prononcent

    12 Nous sommes conscients que dautres postures auraient pu tre intgres, comme par exemple, les subjectivistes, interprtativistes, critiques et pragmatiques. Nous avons cependant volontairement choisi ces trois catgories (positivistes, systmiques et constructivistes) en rfrence Mucchielli et Guivarch (1998). 13 Cours de philosophie positive (1830-1842), 1re et 2e leon, Paris : Librairie Larousse, Collection : Classiques Larousse, janvier 1936.

  • Revue des Interactions Humaines Mdiatises Vol 13 N2, 2012

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    pas sur le rel ayant une essence indpendante de lobservateur qui cherche le dcrire, parce quil considre que ce qui est connaissable est lexprience du rel. Dans cette perspective les significations ne sont pas partages mais bien co-construites inter-subjectivement travers par exemple la conversation. Ce paradigme met laccent sur les processus collectifs et le langage comme sources de comprhension de laction collective. Les termes processus , construction de sens , pratique sociale , coopration, controverse, conflits sont entre autres rvlateurs de ce courant.

    Nous avons galement catgoris les objets de recherche ou problmatiques. Nous nous sommes inspirs de Evrard et al. (2003) qui distingue diffrents objectifs (uniques ou multiples) qui sarticulent autour de lexploration, la description, la vrification (ou lexplication), la matrise des phnomnes ou laide la dcision. Ainsi le classement retenu porte sur quatre orientations possibles :

    dcrire ou faire un tat des lieux dune situation ; comprendre et apporter une meilleure connaissance dun domaine ; expliquer un phnomne ; fournir des lments prdictifs.

    Pour classifier les mthodologies nous avons retenu les trois grandes familles de techniques : qualitative, quantitative ou mixte. Pour la dmarche ou forme du raisonnement nous avons adopt les catgories dductive, inductive et abductive. Ces trois dmarches classiques sont utilisables, selon la nature des objectifs :

    la dduction consiste tirer une consquence partir dune rgle gnrale et dune observation empirique ;

    linduction consiste trouver une rgle gnrale qui pourrait rendre compte de la consquence si lobservation empirique tait vraie ;

    labduction consiste laborer une observation empirique qui relie une rgle gnrale une consquence, cest--dire qui permette de retrouver la consquence si la rgle gnrale est vraie.

    3.2 Lanalyse des donnes Tous les textes sont lus et tudis suivant cette grille sous Excel en double

    aveugle, puis les rsultats sont harmoniss par les deux auteurs. Nous avons lissue de cette tape transfr les donnes textuelles dans le logiciel Modalisa afin den faire une analyse plus fine. Modalisa a t choisi pour ses fonctionnalits en matire de codifications et danalyse de textes.

    Nous avons ralis deux analyses en utilisant le logiciel Modalisa. Lanalyse de contenu (Mucchielli, 2006) dabord est un examen objectif, exhaustif, mthodique et si possible quantitatif, des textes (ou dun ensemble dinformations), permettant de reprer les lments significatifs par rapport aux objectifs de la recherche. Lanalyse thmatique partielle retenue sattache coder les textes et les dcouper en units de sens dont chacune est rfrence par catgorie (mot cls ou thmes). A lissue du recodage, nous avons ensuite effectu une analyse factorielle. Celle-ci permet une reprsentation graphique des attractions et des distances entre les mots. Cette technique est particulirement adapte pour lanalyse de donnes qualitatives multi-varies. Lchantillon considr ne contenant que trente articles, les rsultats ne peuvent cependant tre gnraliss.

  • Communication des organisations : comparaison entre gestion et communication

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    4 Une typologie de la recherche sur la communication des organisations

    Nous prsentons dans cet article les rsultats dune analyse factorielle des correspondances (AFC) liant pistmologie, problmatique, mthodologie, dmarche scientifique et discipline. Le premier axe correspond aux facteurs induits de la recherche tels que l'pistmologie et la problmatique. Le second est ddi aux facteurs dduits de la recherche tels que la discipline, la dmarche scientifique et la mthodologie. La figure 1 permet de positionner dans un espace plusieurs dimensions les articles selon des similitudes de caractristiques.

    Figure 1. Les rsultats dune analyse factorielle des correspondances (AFC)

    Dans chacune des parties suivantes sont prsents les trois groupes apparaissant la lecture de cette reprsentation : les systmiques-interactionnistes , les explicatifs-positivistes et les comprhensifs-constructivistes .

    4.1 Les systmiques-interactionnistes Dans un groupe de textes identifi (groupe 1 dans la figure 1), les auteurs

    recherchent une meilleure connaissance des phnomnes communicationnels dans les organisations. Ils adoptent prioritairement une approche systmique et/ou interactionniste : par exemple la ngociation est intgre dans une histoire non linaire des relations, des interactions entre acteurs, des rapports de forces, des procdures de dtermination, des lieux de discussion, des oprations de coordination, voire de coopration plus ou moins organise 14). Le raisonnement inductif est privilgi et les mthodes sont principalement qualitatives (par interview, observation, cumulativit dtudes de cas,

    14 Les rfrences des citations issues des textes analyss ne sont volontairement pas indiques.

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    etc.) ou documentaires. En cela, la subjectivit du chercheur est accepte. Ce groupe de textes comporte une majorit de publications en SIC. Ces constats corroborent ceux de Courbet (2001) : les SIC se centrent souvent sur les lments ncessaires la ralisation du processus et les connaissances sont obtenues par des dmarches empirico-inductives. Elles proviennent des significations produites par les acteurs15 en interaction avec des humains ou des non humains . Ces mthodes, par une approche holistique, permettent le dcryptage de la complexit et autorisent la prise en compte du temps et du contexte dans la comprhension dun processus ou dun systme (Miles & Huberman, 2003).

    Certains de ces textes sinscrivent dans une dmarche critique (au sens social du terme). Le chercheur considre que les rapports de pouvoir sont au centre de la vie en socit. La centralit de la communication dans la gestion des organisations modernes est susceptible daider identifier un ordre social sous-jacent dans les pratiques communicationnelles, den dvoiler les enjeux, implications et de comprendre les mcanismes de la domination sociale. Les changements reprsentationnels, socio-cognitifs et dispositionnels induits seraient susceptibles de favoriser une mancipation.

    4.2 Les explicatifs-positivistes Un autre groupe darticles (groupe 2 dans la figure 1), comporte des

    publications essentiellement positivistes. Le raisonnement dductif et les mthodes quantitatives sont privilgis. Lun des auteurs questionne par exemple le lien entre informatique et structure dentreprise en utilisant une thorie de la contingence fortement dterministe. Lapproche fonctionnaliste est prgnante. La communication, cense rsoudre des problmes, est rationalise et instrumentalise (Mucchielli & Guivarch, 1998). Elle est un canal , un vecteur dinformation , un outil , un ensemble de techniques , un support . Elle permet de diffuser les rsultats de performance , d amliorer la circulation de linformation ; d envoyer des signaux permettant de fournir des informations . Ce groupe compos essentiellement darticles de SG est cohrent avec lhistoire de la discipline16 et concorde avec les constats de Courbet (2001). Selon lui, cette discipline se centre sur le fonctionnement et la ralisation du processus de communication court terme. Les praticiens ont besoin de modles daide la dcision de haute validit afin de concevoir des actions de communication susceptibles par exemple dinfluencer efficacement les comportements dachat. Cependant, linverse des rsultats de Courbet, le modle prdictif ne sest pas avr omniprsent. Bien que la volont affiche des textes soit dexpliquer et de dterminer des causes et des effets faute de relle perspective de gnralisation des rsultats le propos est avant tout exploratoire. Les auteurs dcrivent les comportements et cherchent comprendre les processus mis en uvre : par exemple lobjectif de cet article est didentifier le rle des canaux de communication et des caractristiques perues de linnovation dans le processus dadoption organisationnel de lABC .

    15 Les acteurs sociaux nayant ni vocation tre interviews, ni sexpliquer, ni donner des renseignements sur eux-mmes, le recueil de donnes pertinentes rsulte dune ngociation souvent dlicate (Bouzon, 2010 : 11). 16 Issue des sciences conomiques, les SG sinscrivent naturellement dans un positivisme lgitimant.

  • Communication des organisations : comparaison entre gestion et communication

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    4.3 Les comprhensifs-constructivistes Un dernier groupe identifi (groupe 3 dans la figure 1) comporte des textes des

    deux disciplines adoptant une vise descriptive et/ou comprhensive. Lpistmologie est constructiviste (par exemple une organisation () merge, se structure et se transforme travers la ralisation de transactions entre le flot des conversations tenues et leur rification dans des textes ) et le raisonnement privilgi abductif. En SG, les postures constructivistes, alternatives aux modles positivistes, se sont dveloppes la fin des annes 1990 (Giordano, 2001). Ainsi, dans lun des textes considrs, lapprhension de cette co-construction des actions entre les acteurs est pose : le contrle de la performance environnementale se construit sur des allers-retours entre la cration de reprsentations formelles et les interprtations subjectives de celles-ci, notamment par les acteurs externes . En SIC, et plus particulirement en communication organisationnelle, les approches communicationnelles des organisations (Bouillon, Bourdin & Loneux, 2008) favorisent ladoption de postures constructivistes. Il sagit alors dapprhender la communication comme constituante de lorganisation , un espace de sens , un moyen de configurer une action .

    Les rsultats de cette analyse factorielle des correspondances sont synthtiss dans le tableau suivant.

    Tableau 1. Synthse des rsultats de lanalyse en composantes multiples

    Posture positiviste Posture systmique Posture

    constructiviste

    Ontologie de lorganisation

    Lorganisation est une entit objective et

    prexistante la communication

    Lorganisation est un systme de significations

    reprsentes par les interprtations des

    acteurs

    Lorganisation est un processus dinteractions, permettant des constructions

    sociales

    Ontologie de la communication

    La communication

    est instrumentalise pour rsoudre

    des problmes : fonctionnaliste

    La communication est envisage comme la participation dun

    individu un systme dinteractions qui le relie

    aux autres : interactionniste

    La communication est organisante et organise : processuelle

    Relation Organisation/

    Communication

    La communication est un produit

    de lorganisation

    Lorganisation est un produit de la

    communication

    Lorganisation et la

    communication se co-

    construisent

    Discipline Les SG sont davantage

    reprsentes

    Les SIC sont davantage reprsentes

    SG et SIC sont reprsentes

    Dmarche Dductif et Inductif Inductif Abductif

    Mthodologie Quantitative Qualitative Qualitative

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    Les rsultats prsents dans cette partie ne sont la synthse que dune analyse factorielle des correspondances liant pistmologie, problmatique, mthodologie, dmarche scientifique et discipline. Parmi les trois groupes identifis, la partie suivante ouvre une discussion partir des constats raliss sur les comprhensifs-constructivistes .

    5 Une mixit propice au questionnement de la prdictivit Les rsultats obtenus permettent de discuter des potentialits de certaines

    pratiques de recherche. Ils offrent en outre la fois un terrain de dbats et dchanges possibles entre SIC et SG. Si les deux premiers groupes identifis confirment les rsultats de recherches antrieures, la mixit du dernier groupe (les comprhensifs-constructivistes ) savre assez originale. Elle peut notamment contribuer favoriser un dialogue interdisciplinaire susceptible de fournir des rponses adaptes au monde professionnel et social (Farchy & Froissart, 2006 : 10).

    Dans le groupe des comprhensifs-constructivistes , des textes des deux disciplines sont reprsents. Rappelons que leur vise est descriptive et/ou comprhensive et que leur pistmologie est de convention constructiviste17 (Le Moigne, 2003). En effet, ladoption dune pistmologie constructiviste commune doit tre relativise. Les socles thoriques entre les deux disciplines sont diffrents18 et les appropriations dans certains textes insuffisamment justifies. Ainsi certains auteurs mlangent-ils dans un mme texte des lments issus de paradigmes a priori diffrents : une laboration collective du sens dans des situations marques par une forte quivocit sociale des problmes / ce sont des dfaillances au plan du design organisationnel, des processus, qui sont les causes premires des ventuels dysfonctionnements . Soit ces auteurs se dotent d une position pistmologique amnage (Girod-Sville & Perret 1999 : 31), empruntant des lments diffrents paradigmes, soit ils mconnaissent les impratifs des postures, soit ils se contentent d afficher une pistmologie la mode .

    La rflexion que nous souhaitons initier ici concerne la prdictivit. Nous avons en effet constat dans nos rsultats que dune part celle-ci est finalement peu prsente dans les textes de SG analyss et que dautre part elle est parfois associe au constructivisme. Rappelons quEvrard et al. (2003) distingue les objectifs scientifiques de description, de comprhension, dexplication et enfin de prdiction. Ce dernier est traditionnellement associ au paradigme positiviste. La recherche en SG a en effet historiquement eu pour ambition dexpliquer et si possible de prescrire des processus organisationnels afin de guider les actions des managers notamment dans les entreprises. Pour pouvoir prdire et donc prescrire, il sagit danalyser un grand nombre doccurrences du pass, susceptibles de prciser lissue de situations identiques futures. Or, linverse des constats de Courbet (2001), la prdictivit est peu prsente dans les textes de SG que nous avons analyss. Plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi certains chercheurs sintressent

    17 La diversit des courants en prsence doit inciter parler des pistmologies constructivistes, plutt que de lpistmologie constructiviste ou adopter le terme de convention constructiviste qui permet de disposer dune reprsentation gnralement accepte de la convention pistmologique classique (Le Moigne, 2003 : 45) 18 Les chercheurs en SIC, sont davantage centrs sur les questions de la construction du sens et du lien impliquant objets et actions, un constructivisme ancr dans le champ des SHS ; les chercheurs en Sciences de Gestion sont plutt centrs sur la construction de la conception, de la dcision et donc de laction impliquant linteraction et la commission, un constructivisme ancr dans le champ des sciences de lingnierie (Bernard, 2004 : 30)

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    dsormais moins cette vise quaux modalits de comprhension de problmatiques pragmatiques :

    la multiplicit des situations ; la relative fiabilit de certaines prdictions ; la ncessaire prise en compte, pour ltude des actions organises,

    dune pluralit de dimensions, temporalits, environnements, instruments et acteurs inter-relis difficile rsumer dans un modle.

    Cette volution claire en partie lmergence de nouvelles pistmologies, mthodes et techniques (notamment de nature qualitative) en SG.

    Un autre lment intressant la lecture des rsultats concerne lapparition dans certains textes de ce groupe de lassociation du constructivisme et de la prdictivit. Il est par exemple possible de lire dans un mme texte : de toutes ces perspectives il nous apparat que lapproche constructionniste est la plus susceptible douvrir de nouvelles pistes de recherches () Elaborer un modle de la communication dans la mise en uvre du changement. Inventorier les facteurs qui peuvent avoir une influence sur la communication du changement . Or, si les modles constructivistes sont scientifiquement prometteurs, ils noffrent a priori quune oprationnalit limite dans les organisations (Morillon, 2007). En effet, sils permettent la formulation de descriptions fines dune ralit, ils souffrent leurs techniques de recueil et danalyse tant souvent complexes dune manipulation peu aise dans laction. Par ailleurs, les contraintes de temps imposes, notamment en entreprise, sont souvent peu compatibles avec la mise en uvre de telles approches, par exemple dans des recherches-actions. Ces modles en ne permettant pas la production de solutions immdiates, univoques, faciles demploi, vendables en quelques minutes des comits de direction et ne garantissent aucun miracle 19 peuvent ne pas satisfaire les attentes de certains praticiens. Enfin, selon Mucchielli, ladoption dune approche constructiviste dans les organisations ncessite une volution idologique : ce point de vue prsuppose que les acteurs ont la volont de dialoguer pour rapprocher leurs points de vue. Il prsuppose aussi que le management sefforce de piloter, dune manire non manipulatoire, les changes. Il prsuppose encore et en outre que les points de vue sont rapprochables (Mucchielli, 2001 : 11). Certaines recherches (Mahy, 2008) affirment cette compatibilit et sont susceptibles dalimenter les dbats sur lusage des sciences et les conditions thiques de la recherche applique.

    6 Conclusion Au terme de cette rflexion dans le champ de la communication des

    organisations, des similitudes et divergences entre SIC et SG apparaissent. Certaines dentre elles peuvent aboutir un enrichissement mutuel. Par exemple, le recours aux SIC permettrait aux chercheurs en gestion de comprendre plus finement le contexte et la culture de lentreprise pour faciliter laccs aux terrains et aux acteurs. En matire de bibliographie, les chercheurs SIC pourraient sinspirer des rfrences anglo-saxonnes courantes en SG. Enfin, dans un contexte o les dmarches multi-mthodes se dveloppent (Provost, 1999), SIC et SG ont l encore apprendre lune de lautre.

    Cet article permet selon nous de nuancer et/ou de complter les rsultats de recherches antrieures. Nous avons en effet prsent les rsultats dune analyse factorielle des correspondances liant pistmologie, problmatique, mthodologie, 19 Augendre, M. (1997). Les maux de la communication interne, Sciences Humaines, hors srie n16, mars/avril.

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    dmarche scientifique et discipline. Lanalyse de trente articles issus de revues scientifiques a permis de distinguer trois groupes : les systmiques-interactionnistes , les explicatifs-positivistes et les comprhensifs-constructivistes . Si les deux premiers groupes confirment les rsultats de recherches antrieures, la mixit du dernier groupe savre originale.

    Plusieurs limites peuvent cependant tre identifies pour cette recherche : le nombre darticles analyss, les revues et thmatiques retenues, les catgories de lanalyse (notamment en matire dpistmologie et de mots clefs indicateurs ). De fait, les trois groupes identifis (valables pour les trente articles retenus), pourraient ne pas pouvoir accueillir lintgralit des articles en SIC et en SG existants en communication des organisations. Notre contribution est donc avant tout vise exploratoire : elle invite les chercheurs travaillant sur le sujet affiner (ou dconstruire) la catgorisation propose.

    En outre, cette recherche ouvre un certain nombre de perspectives. Il serait ainsi intressant de tester les catgories proposes avec lanalyse de nouveaux textes (dans les thmes prdfinis mais aussi sur de nouveaux) ; de questionner les potentialits de certaines pratiques de recherche (tant vis--vis des thories mobilises que des rsultats obtenus) ; dexplorer les potentialits de la troisime catgorie identifie notamment dans lassociation dpistmologies rcentes et dobjectifs pragmatiques.

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