SYNTHSE DE LA ? Au menu, les cultures numriques juvniles. ... Communication, a analys lvolution

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    13-Sep-2018

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  • SYNTHSE DE LA RENCONTRE

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    GNRATION BELLE SAISON

    INTERVENTIONS DE : Genevive Lefaure (SE-Assitej France), Lucie Duriez (Espace 600), Flavie Lejemtel (LE TRANSFO), Anne Courel (Cie Ariadne).

    Gnration Belle Saison est encourage et soutenue au niveau national par 23 mesures portes par le ministre de la Culture et de la Communication. Ces mesures sont destines favoriser le dveloppement des arts et de la culture en direction des jeunes. La toute rcente fusion de Scnes dEnfance et dAilleurs et de ASSITEJ France en une seule association promet un accompagnement par et pour les professionnels de cet lan dans la coopration des territoires et des partenaires.

    En Rhne-Alpes et Auvergne, les deux plateformes Belle Saison ont fusionn au cours de lanne 2015 avec une proposition commune en Auvergne pour le 1er juin des critures 2015 puis pour lorganisation de cette rencontre du 29 janvier 2016. La nouvelle Plateforme poursuit ses travaux travers 6 rseaux: critures contemporaines, adolescents, petite enfance, musique, cooprative de production, art et science et donne rendez-vous aux professionnels intresss le vendredi 25 mars au TNG (Lyon) pour mettre en place la Plateforme Gnration Belle Saison.

    Le 29 janvier 2016, la Plateforme Belle saison Auvergne-Rhne-Alpes a runi environ 170 professionnels des arts et des cultures, Lyon pour une journe de rflexion. Au menu, les cultures numriques juvniles.La journe a t anime par Christine Prato.

    INTRODUCTIONLes professionnels rassembls au TNG ont t chaleureusement accueillis en ce dbut de journe par Cline Le Roux (TNG), Simon Pourret (LE TRANSFO), Nicolas Riedel (La Nacre), Hlne Guicquro et Jacqueline Broll (DRAC Auvergne-Rhne-Alpes).

    La matine a t introduite par des reprsentantes de la Plateforme Belle saison Auvergne-Rhne-Alpes qui ont fait tat de lactualit de la clture de la Belle saison avec lenfance et la jeunesse en dcembre 2015 et de louverture dune nouvelle priode nomme Gnration Belle Saison .

    La matine a t nourrie par les propos de Sylvie Octobre et Milad Doueihi. Laprs-midi fut clair par trois rcits dexprience en thtre, criture, musographie.

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    INTERVENTION DE SYLVIE OCTOBRE

    Sylvie Octobre, souffrante et absente le matin, a tout de mme pu tre entendue via un extrait vido (25mn) dune confrence quelle a tenue Beaubourg en octobre 20141.

    Sylvie Octobre, sociologue au Dpartement Etudes et Prospectives du ministre de la Culture et de la Communication, a analys lvolution des cultures juvniles partir des rsultats issus des trois dernires enqutes nationales sur les pratiques culturelles des franais, enqutes conduites par le ministre de la Culture entre 1988 et 2008. On peut lire les analyses dtailles de Sylvie Octobre dans son ouvrage Deux pouces et des neurones dit La Documentation franaise en 2014.

    Sylvie Octobre observe au cours de la vingtaine dannes considre, ltat de culture des jeunes, les permanences et les transformations de leurs pratiques sous linfluence des technologies numriques. Elle dgage ensuite de cet tat quelques questions et problmatiques renouvelant et bousculant ainsi nos reprsentations.

    Globalement en 20 ans lunivers culturel des jeunes a bascul des mdias vers le numrique. Les questions poses par le numrique ne sont pas simplement technologiques mais elles sont dabord culturelles, cest ce que dmontre Sylvie Octobre.

    Tout na pas chang, les jeunes prsentent toujours 4 traits essentiels dans leurs pratiques culturelles :

    1) Les jeunes taient il y a vingt ans et sont au-jourdhui encore, technophiles ; il sagit dune technophilie dusage, peu sont vritablement tech-niciens.

    2) Ils affichent un got pour les mdias dits expres-sifs ou innovants (lcoute de musique prend le dessus sur la lecture et la tl)

    3) Ils affirment aussi un dsir fort dexprimentation (pratiques amateurs, plutt hybrides actuellement)

    4) Enfin, ils revendiquent un got pour la sociabilit ( faire entre copains ). La sociabilit est le moteur principal de leurs choix culturels.

    Par ailleurs, en vingt ans les changements sont nombreux :

    - Le numrique joue sur la temporalit avec des temps de consommation plus squencs, courts et pas ncessairement chronologiques. Sylvie Octobre les nomme chrono-illogiques.Le numrique permet de crer ou de mixer toutes sortes dobjets culturels qui captent et valident sur le net leur propre reconnaissance via les rseaux et les systmes dindexation. On a des objets culturels qui chappent aux labellisations institutionnelles.

    - Le numrique laisse apparatre une distance croissante avec les attributs de la culture scolaire, il permet daccder des champs de la consommation, de la production et de la construction des valeurs qui ont peu voir avec les institutions culturelles ou linstitution scolaire. Le clivage entre les jeunes et les gnrations prcdentes est vritablement li cette distance quils oprent aux attributs scolaires (rapport aux livres, lacquisition des savoirs, la mdiation des savoirs,). Cette distance pourrait tre la vritable diffrence culturelle gnrationnelle.

    - Le numrique a dvelopp le got pour le divertissement (entertainment) qui hybride le rapport la culture. Le jeu vido a t la porte dentre de ce phnomne. La tlvision aussi, au croisement de la culture et du loisir.

    - Enfin, le numrique sest nourri de cosmopolitisme esthtique et culturel. Avec linfluence daires gographiques plus diverses, plus floues, plus accessibles, avec des nouveaux imaginaires culturels qui se dploient dans le temps et lespace tout en shybridant.

    1. http://www.dailymotion.com/video/x2bha7a_rencontre-mediation-numerique-2014-cultures-juveniles_tech

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    De ce constat, Sylvie Octobre fait merger trois questionnements :

    1- La fragmentation des conditions de vie des jeunes saccompagne-t-elle dune fragmentation culturelle ? A linverse, la convergence technologique saccompagne-t-elle dune homognisation culturelle ?

    La massification scolaire et tudiante des annes 80 sest, 20 ans aprs, arrte et les profils des tudiants se sont contrasts. Le modle tudiant comme picentre et modle de transformation des cultures jeunes ne fonctionne plus. Leffet du diplme sur la consommation culturelle est toujours vrifi mais moins puissant quautrefois, par contre ce qui est trs puissant cest le mode de vie, cest--dire la manire de vivre. En quittant la vie tudiante, mme avec un diplme lev, les pratiques culturelles diminuent fortement contrairement il y a 20 ans o les plus diplms restaient des grands consommateurs de culture.

    La dmocratisation des pratiques a t gnrale face la tlvision : toute gnration et toute catgorie sociale a augment sa consommation tlvisuelle.

    Le dveloppement de lcoute de la musique est sensible chez tous et en particulier chez les jeunes au dtriment de certaines dsaffections comme cest le cas pour la lecture. Concernant les pratiques par genre, les filles ont gagn laccs certains espaces jusque-l rservs aux garons, mais les garons ont quitt des pans culturels entiers. Le redcoupage des pratiques culturelles par genre a vritablement volu.

    Il faut retenir que les cultures jeunes numriques ne sont pas homognes. Le terme culture juvnile numrique est insuffisant pour dcrire une gnration.

    2- Le nouveau rapport la culture. Quels sont ces nouveaux rapports la culture ? Peut-on parler de plus dautonomie, dclectisme ?Lautonomie en matire culturelle est base sur trois principes : - Le principe relationnel : chez les jeunes la relation prime sur le contenu. - Le principe dengagement : il y a une injonction implicite tre engag culturellement. Exister culturellement, avoir des passions et des consommations diverses, des centres dintrt multiples.- Le principe du vase clos : le numrique ne peut fonctionner en vase clos (production, validation et diffusion des contenus en cercle ferm).Ces principes crent de nouvelles ingalits, de nouveaux effets dexclusion parce quil est compliqu dtre engag quel que soit le capital social, culturel ou relationnel. Au final, il y a moins

    de jeunes compltement exclus de la pratique culturelle, mais selon les profils ils se situent aux endroits o saccumulent les exclusions et les ingalits qui sont de ce fait plus difficiles dsenclaver.

    3- Mdiation et remdiation. Quels liens entre les cultures jeunes et les autres ? Quadvient-il des transmissions ? Mdiations ?Les jeunes dveloppent de nombreuses comptences y compris imparfaites. Ils ont dvelopp des modalits dapprentissage qui leur sont propres, circulaires, additives et fonctionnent par espaces daffinits. Ils vivent dans des univers homognes mais finalement peu relis. La remdiation consiste faire des liens entre ces isolats. La jeunesse malgr ou cause de cette hypertrophie de technologie a une vritable attente de mdiation ou de remdiation. Mais les cultures buissonnires des jeunes existent en marge et en diffrence des mdiations que produisent les institutions culturelles.Par ailleurs, deux mythologies restent interro-ger : celle du fonctionnement collaboratif dans le numrique (tout le monde ny est pas) et celle du rgime des motions (like, no like) qui entre en opposition avec le rgime du savoir, maintenu comme premier dans les institutions culturelles dans la mdiation.

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    Milad Doueihi, historien des religions, est titulaire de la chaire dhumanisme numrique lUniversit de Paris-Sorbonne.

    Quest ce que lhumanisme numrique ?Lhumanisme numrique est dores et dj install. Il est le rsultat dune convergence entre notre hritage culturel complexe et une technique devenue un lieu de sociabilit sans prcdent. Le numrique est une culture, il engendre une culture, une faon particulire de voir le monde et dtre au monde. En consquence, nous ne pouvons considrer le numrique comme un simple outil, un simple objet, le numrique est sujet, il appelle une conversion dune culture vers une autre.

    Au dbut des recherches sur la culture numrique, il a surtout t question des transformations temporelles constates : lacclration, les flux, la fragmentation. Milad Doueihi sest saisi dun autre effet puissant de la culture numrique : le corps. Lhumanisme dispose que lhumain est architecte par dfinition de la manire dont le corps se comporte dans une civilisation. Le corps joue un rle dterminant dans la valorisation des logiques culturelles. De manire rapide, lhistoire culturelle du numrique a associ, au dbut, le corps la chaise : le corps assis devant la machine, le clavier, lcran. Depuis quelques annes, le corps est pass dans une culture ambulante. Dautres fonctionnalits du corps sont devenues dterminantes : la reconnaissance vocale, le tactile... Cette mutation est indissociable de lhumanisme. La technique modifie le corps. Dans une civilisation, il existe un lien entre le statut du corps et la culture quelle produit.

    On trouve chez des grands penseurs des moments dterminants pour expliquer les grandes mutations des socits occidentales en insistant sur des modalits diffrentes de lhumanisme. Claude Lvi-Strauss a insist sur trois moments dterminants quil appelait les trois humanismes. Le premier est celui de la renaissance aristocratique via laccs aux langues anciennes, le deuxime bourgeois cause des rvolutions industrielles est celui du XIXme sicle, il est exotique, li aux dcouvertes des grandes civilisations dAsie et le troisime est dmocratique , le sien [C. Levis-Strauss], celui de lanthropologie, cest le retour de ce qui t refoul dans les deux premiers, cest dire loralit et la mythologie au sens des anthropologues.

    Milad Doueihi propose le numrique comme quatrime humanisme qui avec la naissance dobjets indits modifie les pratiques en redfinissant le lien social.

    Milad Doueihi ragit ensuite aux propos de Sylvie Octobre, sur divers points :

    Premier effet, la fragmentation touchant aux pratiques, la dimension du temps et la reconfiguration de lespace culturel. Dans lenvironnement numrique, on ne fait que partager, faire circuler des textes, des liens, des renvois mais surtout en petit format. Cette pratique est associe une autre plus ancienne et savante : lanthologie2. On a eu recours lanthologie du fait de la raret de laccs aux textes. Aujourdhui, on utilise lanthologie du fait de la surabondance. On est tent dy voir une gestion de lconomie de lattention (dveloppe par Herbert Simon, 19703). Face la profusion dinformations, lenjeu nest plus le contenu mais lattention dans laccs au contenu. Et cela modifie les rgles de la mdiation. Lanthologie permettait de vhiculer la sagesse et de dtacher une ide forte de son contexte original pour enrichir le domaine public en donnant lieu de nouveaux usages. Cette fragmentation aujourdhui est associe la fragmentation de lidentit numrique elle-mme. On en trouve un effet miroir sur la manire dont la prsence numrique se dploie sur des rseaux diffrents Flickr, Instagram, Twitter, Facebook

    Le second effet voqu par Sylvie Octobre concerne ce qui touche au priv ou au confidentiel dans les pratiques des jeunes. La sociabilit numrique a accept de modifier la manire juridique de traiter ce qui tait priv ou confidentiel. Ce changement mane des pratiques des jeunes, il introduit de nouvelles valorisations culturelles.

    Troisime aspect, cest le passage du mdia, trans-media vers le numrique. Milad Doueihi pose un regard un peu diffrent mais complmentaire de Sylvie Octobre. Il veut prendre en compte la spcificit des objets numriques extrmement diffrente de celle des mdias prcdents. Par exemple, la tlvision avec laquelle on ne pouvait interagir. Lobjet numrique, lui, peut tre modifi et mme radicalement pour qui a des comptences minimales. En histoire de lart, la distance entre le spectateur et lobjet artistique tait dterminante. Le numrique limine cette relation.

    Enfin, Milad Doueihi sintresse son tour lusage du mot autonomie. Norbert Wiener stait intress aux relations entre lautonomie de lhumain et lautomatisation en lien avec la thorie de linformation. Cela est essentiel du point de vue politique, social et culturel. On assiste une mutation de lautonomie et de notre conception de lhumain vis--vis de lenvironnement numrique. Lautonomie est un mot pige (autonomos : celui qui se donne ses propres lois), on simagine quon est souverain mais la ralit est plus complique : lautonomie est plutt une modalit de dlgation. Le numrique, du ct des usages et des pratiques comme de lvolution des techniques, nous incite repenser nos modalits de dlgation : robotique, intelligence artificielle, algorithmes

    INTERVENTION DE MILAD DOUEIHI

    2. Recueil de morceaux choisis duvres littraires ou musicales3. Dans un monde riche en information, labondance dinformation entrane la pnurie dune autre ressource : la raret devient ce que consomme linformation. Ce que linformation consomme est assez vident : cest lattention de ses receveurs. Donc une abondance dinformation cre une raret de lattention et le besoin de rpartir efficacement cette attention parmi la surabondance des sources dinformations qui peuvent la consommer - Simon, H. A. Designing Organizations for an Information-Rich World .

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    DBAT AVEC LA SALLE

    Christine Prato - animatrice : Allons-nous vers un corps universel ?Milad Doueihi : Oui et non : le corps devient interface au numrique. Nous avons les smart-watches (les montres connectes), la prochaine gnration sera celle des montres prolonges par des capteurs vous identifiant par votre peau. Cest votre peau qui intgrera les facteurs programmables, la montre ne devient quun cran. Le corps lui-mme va devenir le site de linformatique alors que lobjet/montre nest que lcran pour la lecture. La mutation de linterface et de la miniaturisation a des effets remarquables. On va avoir les tissus intelligents se modifiant selon lcosystme du porteur, physiologie Ces tissus et ces objets/montres vont tout mesurer ce qui vient du corps porteurs . On va tous devenir hypocondriaques ! Cest la massification des donnes qui va faire le changement, les donnes personnelles qui seront exploites par les algorithmes (moteurs de recherche, de recommandation). On est en train de passer une nouvelle re.

    Ccile Guignard de lHexagone Meylan : En quoi est-ce intressant ? Le trans-humanisme est-il une fatalit ?Milad Doueihi : Je ne suis pas trans-humaniste mais comme observateur cest passionnant. Faut-il sinquiter ? Le numrique donne lieu la surveillance et au contrle mais aussi tous les moyens de les contourner. Nous avons lutopie dviter la souffrance, la douleur et la technologie va y arriver. Mais les enjeux du numrique, au-del de lconomie, deviennent de plus en plus graves. On touche aujourdhui lhumain dans la manire dont on la toujours dfini.

    Christine Prato : Cette approche du monde nest-elle pas essentiellement occidentale ?Milad Doueihi : Oui, cest un colonialisme numrique, pas dans les usages, mais dans une forme de rationalit occidentale qui sest impose par la soit-disant universalit des mathmatiques. Les langages de programmation sont models sur langlais (la langue). Linformatique quantique changerait les rgles. Il y a un biais occidental mais cause des moteurs de recherche qui basculent vers des moteurs de recommandation, les langues apportent des rsultats diffrents. La mme requte en France ou en Allemagne obtient des rponses diffrentes.

    Christine Prato : Revenons la fragmentation de lespace et de la relation dans lespace : les jeunes sortent sans se dplacer, quelles sont ces pratiques ?Milad Doueihi : Cela nest pas spcifique aux jeunes. La cartographie numrique modifie notre rapport avec lespace. On na plus besoin de se dplacer, nanmoins on se dplace autrement par le biais de la construction et de la mise en uvre de lidentit numrique. Le voyage touristique se fait dabord sur la carte, puis sur les sites de recommandation et enfin dans certains cas, en se dplaant rellement dans le pays. Cest un rapport indit, rien voir avec le guide Michelin, il est bien plus puissant.

    Christine Prato : Sylvie Octobre et vous voquez les mythologies. Mythologies des rcits antiques ? De linconscient collectif ? De la collaboration ? Les pratiques demeurent-elles gocentres ?Milad Doueihi : Il y a deux sens mythologie. Le premier pjoratif, on construit de fausses promesses, il y avait cette connotation dans la confrence de Sylvie Octobre. Je crois quil y a une mythologie de linformatique et du numrique, cest une promesse de bonheur (pour reprendre la formule de Stendhal parlant de la beaut). Cest aussi une mythologie dans la constitution des rcits, des narrations de fondation dans laspect industriel ou bien utopiste dans celui des logiciels libres

    Alain Endezoumou de la Cie Bikutzi jazz Grenoble Est-ce que le numrique est lavnement de lhomme universel ? Je le vois chez les enfantsMilad Doueihi : Je ne suis pas sr. Oui, il y a une certaine reproduction des valeurs mais pas dans le dtail. Les jeunes inventent des conventions linguistiques dans leurs propres langues issues de plateformes mais diffrentes et pas identiques partout. Lhistoire de lhomme universel vient de la thologie, on la retrouve inverse : nous sommes les parents de nos parents, parce que vivant aprs, nous avons plus de connaissances queux. Sous lapparence de la ressemblance, il y a beaucoup de particularits qui se mettent en place et il y a une fragmentation entre des rseaux diffrents. Le mme individu peut avoir des rles diffrents dans des circuits qui cohabitent.Il y a par ailleurs une domination culturelle impose par la dimension industrielle de linformatique.

    Marianne Feder de la Maison de la danse : une remarque plus quune question : nous accueillons des enfants et jeunes dont le rapport aux uvres change. Quand ils viennent au spectacle il faut maintenant leur expliquer quils vont vivre une heure, deux heures, de temps non connect. Cela inquite les plus jeunes et traduit leur mconnaissance de disposer dun moment pour soi. Le spectacle vivant est un moment phmre, unique. Pour une gnration qui visionne, re-visionne et partage des vidos, cest difficile comprendre.Milad Doueihi : Et cependant, les plateformes qui ont du succs aujourdhui sont celles qui proposent de lphmre en ligne. Cest assez intressant. On y poste quelque chose qui reste une heure, deux heures et disparat.

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    Bertrand Pinlet des Eclaireuses et Eclaireurs de France : les jeux vido sont aussi des uvres. Interactives. Les RPG (Role Playing Game ou jeux de rle) sont des rseaux sociaux, les gens jouent en ligne et se rencontrent. Il se cre des cultures et des segmentations sociales.Le rteau aussi tait une extension du corps humain. On ne sait pas comment fonctionnent les logiciels le corps, lme et la machine.Milad Doueihi : les jeux vido sont un autre sujet, intressant. On a trois types de jeu : imitation, calcul et stratgie comme les checs. Lopen source responsabilise et impose davoir des connaissances.

    Stphanie Moutoussamy, Conseil dpartemental de lAllier : on pense aux limites de cet outil. Education aux limites, dangers dinternet, lien entre ducation au numrique et ducation artistique et culturelle : comment ? Laccs virtuel un muse ne remplace pas le vrai rapport luvre.Milad Doueihi : on est dans une phase hybride. Sur lducation, il faut enseigner la raison computationnelle, la pense algorithmique et les enjeux associs la sociabilit telle quelle se dcline. Cest le plus intressant. Non pas juste la matrise dun certain outil. Comprendre non pas pour coder et programmer, mais comment formuler des questions pour obtenir des rponses ou non, quelles formes de rponse.

    Jrme Henriet de la Cie Passaros : Comment faire si trop dinformations ?Milad Doueihi : on a commis une erreur, on a imagin le net comme une bibliothque universelle. Alors que laccs est faonn par le moteur de recherche et par linterface. La matrialit de linformation informatique est autre que la matrialit du livre. Le livre ne change pas, lobjet informatique, si.

    Sylvie Desbarres, ducatrice La maison des adolescents : les ados sont colls aux crans. Que font- ils ? Que fait-on de sa propre altrit quand on est enferm avec lordinateur dans sa chambre ?Milad Doueihi : Je crois quil faut leur faire confiance, avec le tempsLa sociabilit en dehors du numrique se construit dans la rencontre, par le regard sur le visage de lautre. Avec les crans , la perception de lautre sest transforme. Emerge une autre faon de faire. Quest-ce que a donne ? Je nai pas de rponse

    Claire Petit de la Cie Entre eux deux rives : anecdote denfant avant dentrer dans une salle de spectacle on va tlcharger le spectacle ! . Le numrique est souvent vu comme un danger. Nous, professionnels devons nous questionner aussi sur lintrt, les faons dtre critique via les rseaux sociaux, il y a des satires, des critiques Nous devons regarder ce que font les jeunes sur le net.Milad Doueihi : oui, les discours sur la peur sont problmatiques, non pas quil ny ait pas de risque mais il y a aussi des groupes qui sexpriment de faon critique, intelligente, informe. Cest remarquable.

    CONCLUSION DE LA MATINE

    Milad Doueihi insiste sur lautonomie et lhumanisme : nous vivons quelque chose de complexe. Le modle pendant longtemps tait le paradigme de lindex, modle du moteur cens nous guider pour accder aux informations qui nous taient ncessaires ou quon cherchait ; ce paradigme de lindex (dominance de Google) construit pour sa pertinence. Aujourdhui, on est en train de muter vers un autre modle qui est celui de la recommandation. La recommandation est un autre enjeu car elle modifie le contexte de la pertinence pour prendre en compte lhistorique de la sociabilit afin de la prsenter. Elle est associe des enjeux conomiques importants (voir site comme Amazon ou dautres) il y a un passage possible dune forme de laide de la prvision vers une forme de la prescription implicite par le biais des donnes et de leur exploitation. Cest assez complexe car les enjeux sont assez larges et touchent la dimension individuelle et la dimension collective. Durant la premire priode du net, on avait clbr une utopie du village global avec circulation de linformation sans frontire. Elle est aujourdhui remise en question. Il y a un retour du territorial du point de vue juridique, linguistique, artistique et culturel (censure et surveillance).

    Finalement, ce paysage est riche et complexe mais on na pas moyen dintervenir pour le modifier, cest l le plus risqu ; on ne peut modifier le comportement de Google et de Facebook mme si les utilisateurs voulaient sopposer, ils savent rsister avec un pouvoir norme li aux interfaces. Du coup, la question qui se pose est que doit-on faire ? Lgifrer ou bien compter sur les usages contestataires afin quils modifient par leurs actions les cosystmes ?

    Dernire remarque : lthique de linformatique est un sujet dactualit. Cest signe de difficults Le signe dun moment important de basculement ou de crise : thique des robots, des machines. Le modle de lthique de la conviction (scientifique) et lthique de la persuasion (politique) ne fonctionne plus. Nous sommes incits imaginer une thique qui rponde aux enjeux du numrique pour lindividu et pour la collectivit.

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    INTERVENTIONS DE LAPRS-MIDI

    DCOUVRIR TROIS EXPRIENCES

    Aujourdhui, ici, nous sommes tous amens travailler autour du jeune public et le constat est dj l, il ne suffit pas de vouloir faire voluer nos pratiques professionnelles, elles voluent dj.

    A retenir de ce matin plutt thorique sur les pratiques culturelles des jeunes, deux notions: lmotion (plus que les connaissances) et lauthenticit.

    Cet aprs-midi sera la croise de ces deux notions en revenant un peu plus vers le vivant, lhumain, puisque sont prsents trois projets qui montrent des volutions possibles de pratiques culturelles avec les jeunes.

    Luc Tartar : Comdien et auteur dramatique. Auteur de romans et de pices, il crit pour le jeune public, les adolescents et les adultes.

    La Classe.com existe grce au partenariat entre la Compagnie Ariadne et Erasme (Living Lab service dinnovation numrique de la Mtropole de Lyon) qui propose des jeunes daller la rencontre dune pice en suivant le fil denqute construit par Luc Tartar, auteur associ la Compagnie. A mi-parcours (mi-anne scolaire), au cours dune semaine, lauteur rencontre de visu les classes.Et, en fin danne, en juin, les dix classes se retrouvent pour changer au cours dune semaine au Toboggan (Dcines). Chaque classe monte une petite production jouer devant les autres. Les comdiens de la Cie Ariadne lisent le texte intgral. Le texte dit est remis aux lves.Il sagit dune rsidence dcriture virtuelle en ligne et cest la troisime anne de rsidence de Luc Tartar.

    Objectif du dispositif : Dcouvrir lcriture dramatique de lintrieur, au moment o elle se fait, se cre. Objectif de lauteur : crire une pice en lien, en connivence avec des adolescents. Cest ltat de cration qui est important. Lauteur se prsente en ligne. Il dlivre aux lves des parties de cette pice en cours dcriture, lors de cinq rendez-vous en ligne dans lanne. Entre lui et les dix classes, lchange a pour sujet la suite de lhistoire en train dtre crite, telle une enqute autour dune uvre dramatique. Le site porte et

    garde la trace des changes. Le texte de la pice est luvre unique de lauteur, il nintgre pas les crits des lves mais sinspire de leurs changes pour crire la pice. Les changes prennent des formes trs varies : du texte, des musiques et des vidos.

    Luc Tartar encourage les lves. Il est exigeant. Il propose et attend que les lves sengagent.

    Lauteur ne censure pas les lves mais il choisit parmi les pistes proposes celles qui lintressent le plus.

    Avec ou sans cran, la rencontre existe quand je sens que la confiance est l, que le dialogue passe par del lcran. Sils ne sont pas l, pas dans leur proposition, cest alors sans motion. Je dois trouver le ton sur lequel leur crire. Comment concrtiser la complicit entre nous. On nest pas dans un travail scolaire, on est dans un travail de cration. Comment mon ge madresser eux au travers de cet outil ? a passe par le plaisir, par ladolescent que je vais chercher en moi je suis touch quand la rencontre a lieu. Cest comme si on se touchait. Nos imaginaires se touchent.

    Cest un jeu, srieux. On prend du plaisir et on fait quelque chose dimportant.

    Le rapport avec les enseignants est fondamental. En dbut danne, il y a une journe de runion entre les enseignants, les documentalistes de CDI et moi. On cre l une relation indispensable en dehors des lves, on sait que lon travaille pour les lves. Je me prsente et on prsente le projet. Ce nest pas une place simple pour les enseignants, ils doivent seffacer pour laisser la place entre lauteur et les lves mais ce sont eux qui vont organiser le travail, remotiver les lves si besoin Ils doivent faire mousser les choses, cest une position pas simple. Jessaye de remercier aussi les enseignants qui font un travail considrable. La formation des enseignants au thtre, lcriture dramatique, linformatique est ncessaire et dvelopper.

    Laclasse.com, Luc Tartar et dix classes de collges du Rhne.www.laclasse.com (onglet Actions ducatives / thtre)

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    Marion Aubert : comdienne et autrice de la Cie Tire pas la nappe.

    Avec la Compagnie Tire pas la nappe et cinq thtres en France (ville et rural) : le protocole propos commence avec lcriture dun cahier dimaginaire, objet hteroclite de photos, lettres, dialogues. Ce cahier sadresse aux enfants et aux enseignants. Avec pages blanches. Format papier et numrique. Le cahier est envoy aux enseignants des huit classes (du CP au CM2) impliques dans le projet. Avec la cration dun blog, une correspondance avec les enfants sinstalle durant deux mois. Les enfants envoient vidos, textes, dessins, chants etc.Puis lautrice rencontre chacune des classes avec un comdien. Au retour, elle crit une pice trs rapidement avec les matriaux collects. Et le spectacle est mont, jou.

    Le rythme est un aiguillon, et les donnes sont trs nombreuses et multiformes. Marion Aubert prend tout et recycle ces matriaux (par exemple : la rencontre de Violetta - lhrone de la pice - et de Margueritte Duras).

    Il y a une puissance de limaginaire et du fantasme qui fait la rencontre. Et cest ludique ; on sait quil y a une finalit, le temps du fantasme, le temps de lattente, le temps o jimagine lautre, je suis en adresse ces enfants que jai rvs, la rencontre, les rendez-vous, les retrouvailles et le caractre exceptionnel des reprsentations. La rencontre avec les enseignants a t importante, dailleurs dans le texte il y a une figure denseignant, en burn-out total ! Mon lien avec eux ctait le cahier dimaginaire, ils en faisaient ce quils voulaient. On a besoin dtre en collaboration, en concertation. Cest un besoin pour eux, ils dcouvrent les lves autrement, cest un appel dair pour eux aussi.

    La classe vive, Marion Aubert.http://laclassevive.unblog.frhttp://www.tirepaslanappe.com/spectacles.php?spec_id=89

    Musomix, Clia Bonnet-Ligeonwww.museomix.org4

    Musomix est un vnement in situ qui rassemble chaque anne dans des muses des quipes constitues de graphistes, dveloppeurs informatique, mdiateurs, designers, artistes, experts de contenus, communicants, bricoleurs pour crer par quipe des prototypes numriques de mdiation.

    Clia Bonnet-Ligeon prsente Musomix comme un vnement de trois jours autour dune communaut de professionnels et de bnvoles, musophiles : une tentative collective de semparer dun muse pour le transformer, le sortir de ses habitudes. Le muse se prte une exprience en confiant des quipes extrieures lopportunit de proposer des changements dans ses murs. Les quipes vont en trois jours concevoir des prototypes de mdiation oprationnels. Ces prototypes sont montrs au public le troisime jour.

    Pendant lvnement, le muse reste ouvert. Les visiteurs sintressent aux collections et lvnement.

    Dans lesprit, les quipes revisitent la mdiation du muse sans porter de jugement sur la pratique du muse. Museomix est un laboratoire dides.Concrtement, Musomix commence par un appel candidature pour les muses en dbut danne, en janvier. Lappel participants est lanc en juillet, lvnement a lieu autour du 11 novembre. Les budgets des muses mobiliss pour lvnement sont variables dun lieu lautre. Musomix accompagne les muses dans la recherche de financement.Des personnes dErasme sont parmi les fondateurs. On retrouve une mthodologie commune avec laclasse.com.

    A la suite de lvnement, le muse conserve les prototypes une huitaine de jours, et choisit de prenniser (ou pas). Sil sy dcide, il peut ventuellement contractualiser avec les prestataires ayant particip. Cette dmarche se fait alors hors Musomix.

    4. Museomix actuellement construit un catalogue de tous les prototypes (Exemple Muse de Grenoble Lever les yeux Vido sur www.museomix.org/)

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    Musomix nintgre pas spcialement le jeune public mais des communauts ont travaill avec des enfants comme public ou pour fournir des ides. Les enfants sont encore peu dans les communauts. Musomix projette dassocier des classes en amont de la venue des communauts afin que les enfants donnent des ides qui pourraient tre ralises durant les trois jours et ils viendraient en famille la fin, voir les prototypes construits.

    Une initiative noter, porte par Musomix Ouest Rennes : dans un collge, lquipe a adapt le format de trois jours pour travailler sur une uvre artistique dans le cadre du 1% culturel ; les lves ont ralis des prototypes (cartons, technos,...).

    Les dclinaisons de Musomix se dveloppent de plus en plus dans diffrents secteurs ou sous dautres formes : museosprint (pour les petits muses), biblioremix (bibliothque), gareomix (pour repenser les usages dune gare), Hack my church (crativit et religion lre numrique)

    A quand un ThtroMix ? Il suffit de trouver le point commun de ce que lon souhaite remixer et de constituer une communaut.

    CONCLUSION DE LAPRS-MIDI

    Genevive Lefaure de Scnes dEnfance et dailleurs: Notre rencontre sintitule Travailler avec le jeune public , la Belle saison se disait avec lenfance et la jeunesse . Lenfant ou le jeune, est considr dans son dplacement, le processus de cration se fait avec lui. Cest une nouvelle conception de lenfance et de la jeunesse. Certains les citent presque comme des collaborateurs artistiques. On est aujourdhui dans une nouvelle conception de lenfance et de ladolescence. Luc Tartar : Pour beaucoup dauteurs contemporains, le travail de terrain fait partie de notre tre, de notre faon dtre. Vivre et travailler avec eux, au milieu deux, parmi eux. Ce qui nempche pas que chacun soit sa place. On est ensemble sans hirarchie, celui qui sait et celui qui ne sait pas, on na pas le mme ge.Marion Aubert : Oui, je dfends que chacun a sa place et quil faut tre prt partager sa richesse intrieure. Lart nest pas rserv, tout le monde peut mettre de lart dans sa vie.

    Christine Prato : Vous arrive-t-il de refuser des propositions des enfants ou eux de refuser vos propositions ?Luc Tartar : oui, il faut du refus. Par exemple, les lves ont dcid que mon personnage partait en Syrie. Je comprends que ma proposition les amne a, mais je nai pas envie, cest un refus de ma part de me laisser entraner dans cette direction. On crit avec la ralit, le contexte, mais je choisis aussi de refuser certaines choses. Je ne le formule pas comme a, jai renvoy un nouveau texte, une nouvelle direction. Ils mentrainent aussi vers une histoire damour, je me laisse faire. Le refus de leur part serait plutt de comprendre quil faut revenir sur quelque chose qui a t crit, le premier jet pour eux, est toujours le bon, alors que je leur demande de retravailler. Nous sommes dans un acte de libert, cest important que chacun puisse refuser des choses.Marion Aubert : Je travaille avec des plus jeunes, cest srement diffrent. Moi mon problme tait de choisir parce que javais reu trop de choses ! Moi, je mettais au vote des ingrdients . Mais, je me suis refus des choses : utiliser un prnom arabe pour mon petit personnage et ce, la suite des attentats de Charlie.

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    La salle : Vos changes se passent par loutil numrique, que ressentez-vous malgr cette distance ?Luc Tatar : Je mamuse, je crois queux aussi. Je suis trs touch quand je sens que lon se rencontre. Quand on les sent l, prsents, engags, cest gnial quand la rencontre a lieu. Je leur dis que je suis touch, je cherche le ton de la complicit que je cherche instaurer. Cest un jeu, un jeu srieux mais il faut y prendre du plaisir.Marion Aubert : Lexprience de lloignement, je lai dj vcue travers des correspondances. Faire se rejoindre des imaginaires par le caractre ludique de notre relation. Il y a le temps du fantasme (on se rve chacun) et celui de la ralit. Cest un visage qui se dcouvre au fil du temps. Cest un jeu de reprsentation, limage dun crivain est assez fige : la tte de Victor Hugo dans un livre. Nous devons rendre vivant, les uvres ne sont pas mortes, elles sont crites par des auteurs vivants.

    La salle : Cette exprience de rsidence virtuelle a-t-elle chang quelque chose dans la faon daborder votre travail dcriture ?Luc Tartar : Cette exprience dcriture travers laclasse.com renvoie lurgence, lurgence de lcriture. Non, a ne change pas mon travail parce que a fait partie de mon acte dcrire et jai cela en tte depuis longtemps mais oui a me bouscule.Marion Aubert : Ecrire dehors, a me bouscule. Les gens, les enfants me donnent des langues que je me rapproprie et que je naurais pas inventes. Jaime tre bouscule, ne pas tre installe dans lcriture mme sil ne faut pas se leurrer, fondamentalement on crit toujours sur la mme chose. a sinvente chaque fois et mapporte beaucoup. Cela change mon regard, cela fait voluer mes peurs.

    La salle : Quest-ce que cela vous apporte de travailler avec ces enfants, quest-ce que cela provoque particulirement avec les enfants ?Luc Tartar : Quelque chose se joue ladolescence, ce matin on disait r-enchantement du monde . Quand on peut permettre aux jeunes daccder leur imaginaire, a me booste ! Cest a qui est passionnant dans le travail avec eux. Cest comme une main tendue. Cest fondamental dans lapprentissage de la vie, de la sexualit, de la citoyennet a me motive et a se passe dans lenfance et ladolescence. Si on ne le fait pas l, on ne le rcuprera pas.Marion Aubert : Je travaille avec toutes sortes de publics, cest diffrent chaque foisJe pars de la ralit, des proccupations des enfants. Jai des points de repres avec des matriaux (chanson, contes) et je fais confiance aux enfants pour gonfler ou rtrcir des choses, mlanger le mort et le vivant. Limaginaire pour moi est trs concret. On mixe culture savante et populaire. Il ny a pas de hirarchie. Je vais sur leur terrain.Luc Tartar : Ils ont limaginaire mais pas forcment les outils pour lexprimer. Ce qui est important cest

    la confiance. Elle vient du rapport quon entretient entre lindividu et le rapport au groupe. Il y a une tension permanente entre lindividu et le groupe. Cest compliqu de prendre la parole devant les autres Limaginaire, ils lont mais ils sempchent parfois de lexprimer, de lenrichir par manque de confiance. Quand on leur fait comprendre que saccepter soi-mme cest faire un pas vers les autres, finalement, il se passe quelque chose.Clia Bonnet-Ligeon : La confiance est ncessaire chez nous. On pousse les adultes aller plus loin, on les bouscule.

    CLTURE DE LA JOURNE

    Christine Prato aprs avoir rappel quelques mots et temps forts entendus dans la journe, cde la parole Genevive Lefaure pour la conclusion. Lecture deux voix de quelques-unes des mesures de la Gnration Belle sai-son5.

    Genevive Lefaure : Larticle 17 annonce la fusion de Scnes dEnfance et dAilleurs et dASSITEJ France. La nouvelle association Scnes denfance-ASSITEJ France est en phase de prfiguration durant un an pour voir comment travailler au mieux ensemble. Le Conseil dadministration est aujourdhui constitu des deux CA des deux associations, il ne sest pas encore ouvert dautres. Lassociation sera un interlocuteur privilgi pour le ministre de la Culture et de la Communication. Cette association est autonome, elle ne reprsente pas le Ministre, ce nest pas son rle dans les rgions mais nous serons attentifs ce que ces 23 mesures se ralisent avec les DRAC, le Ministre, les collectivits territoriales et avec vous tous. Nous sommes lcoute de ce qui va natre des plateformes et de toutes ces propositions qui viendront de vous de vos retours sur ces mesures.

    Pour clore cette journe, il est important de retenir que ctait la premire fois que la plateforme rgionale rendait visible une partie de son travail et surtout lenvie que nous avons tous de travailler ensemble, dchanger sur nos pratiques, de nourrir nos rflexions pour avancer au service de lenfance et de la jeunesse. Sur la dynamique lance par le Ministre, il nous semble ncessaire de poursuivre le travail commun et la mobilisation. Gnration Belle saison sera ce que nous en ferons, cette journe est donc le dbut de quelque chose, dune nouvelle tape pour notre groupe. Nous vous invitons donc rejoindre nos diffrents chantiers et devenir actif dans notre plateforme.

    5. Voir le texte des 23 mesures http://bit.ly/1TXvj9f / Lecture de 7 mesures, une issue de chaque partie (1-1 / 2-7 / 3-11 / 4-12 / 5-15 / 6-19 / 7-23)

  • REMERCIEMENTS TOUS. Cette journe a t construite en collaboration avec LE TRANSFO,

    La Nacre et le TNG - Thtre Nouvelle Gnration.

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