Tatouage, lierre et syncrétismes

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Tatouage, lierre et syncrtismesAuthor(s): Julien TondriauSource: Aegyptus, Anno 30, No. 1 (GENNAIO-GIUGNO 1950), pp. 57-66Published by: Vita e Pensiero Pubblicazioni dellUniversit Cattolica del Sacro CuoreStable URL: http://www.jstor.org/stable/41215280 .Accessed: 14/06/2014 11:04Your use of the JSTOR archive indicates your acceptance of the Terms & Conditions of Use, available at .http://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp .JSTOR is a not-for-profit service that helps scholars, researchers, and students discover, use, and build upon a wide range ofcontent in a trusted digital archive. We use information technology and tools to increase productivity and facilitate new formsof scholarship. 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Dans la religion de Cyble et Attis, les prtres Galles portaient un tatouage normalement compos de deux let- tres (2). Il apparat dans autres religions encore (3), mais nous vou- drions parler plus spcialement ici de son utilisation dans le culte de Dionysos et de son infuence sur certains syncrtismes. A en croire Plutarque et Phanocls (rapport par Stobe (4) ), les femmes thraces, en expiation de la mort Orphe, furent contraintes par la divinit ou forces par leurs maris de se parer d'un tatouage qui deviendra la marque rituelle des bacchantes. Toujours selon Plutarque (5), la cour macdonienne, sous impulsion de Myrtale-Olympias, mre d'Alexandre le Grand (6), tait fort adonne POrphisme et l'on peut prsumer que la reine portait le tatouage sacr. Ainsi 1' Orphisme et la religion dionysiaque origine thrace affe- ctionnaient le tatouage. Il est bon de prciser que c' tait la feuille de (1) L. Keimbr, Remarques sur le tatouage dans V Egypte ancienne, Mm. Inst. gypte 53, Le Caire 1948. (2) U. WiLCKEN, Zu den Syrischen Gttern >, Festgabe A. Deissmann, T- bingen 1927, pp. 7-9; H. Hepding, Attis, seine Mythen und sein Kult, Giessen 1903, pp. 163 et 177 n. 2. (3) F. J. Dlger, Die Gottesweihe durch Brandmarkung oder Ttowierung im gyptischen Dionysoskult der Ptolemerzeit, Ant. u. Christentum, II, 2 (1930) p. 100 n. 1. (4) Plut, Dlais vengeance divine, 12 p. 557d; Stobe, Fiorii., 24, 47 (14). (5) Plut., Alex., 2-3. (6) Cf. W. Tritsch, Olympias, die Mutter Alexanders des Grossen, Frank- furt 1936. This content downloaded from 188.72.126.118 on Sat, 14 Jun 2014 11:04:52 AMAll use subject to JSTOR Terms and Conditionshttp://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp58 JULIEN TONDRIAU lierre qu'ils prenaient pour modle (1). Les Grecs, semble-t-il, vont lui substituer de prfrence la feuille de vigne (2). Peut-tre, tait-ce, comme le remarque Dlger (3), parce que la feuille de vigne a la forme un triangle et que cette figure, reprsente par , initiale de Dionysos, tait consacre au dieu. Par contre, les Diadoques et leurs ascendants, issus de souche mac- donienne, vont en revenir au lierre originel (4). Et si trs rarement cette plante fut adopte par des monarques comme modle de tatouage (5), son utilisation dans 1' iconographie des souverains fut si frquente, en Egypte ptolmaque, qu'on peut dcerner au lierre l'pithte de royal. Par ailleurs, son influence fut si importante dans les syncrtismes de poque qu' elle mrite une enqute approfondie. Le lierre royal ptolmaque. Sous Ptolme I Ster, fils de Lagos, certaines didrachmes attiques en argent, issues de Cyrne entre 327 et 305, exhibent, au recto, une tte de Dionysos aux cheveux longs et couronne de lierre (6). Dans un petit buste en bronze d'applique, trouv prs de Trente en 1896 et ac- tuellement la Walters Art Gallery de Baltimore, Mademoiselle Bertha Segall suggre de reconnatre Ptolme I (7). Hypothse sduisante. Il (1) P. Perdrizet, Cultes et mythes du Pange, pp. 97-98; id., Le fragment de Satyros sur Us dnies Alexandrie, Rev. Et. Ane, 12 (1910) pp. 236-238; W. Otto, Dionysos. Mythos und Kult, Frankfurt 1933, p. 142. (2) P. Perdrizet, Satyros, art. cit, p. 238 ; O. Crusius, Kleinigkeiten zur alten Sprachen und Kulturgeschichte, Philol., 62 (1903) p. 128. (3) Dlger, Die Gottesweihe..., art. cit, pp. 105-106, commentant notam- ment Plut., De Is. et Osir., 30. (4) Sur le lierre : Olck, Epheu, P.-W., 5 (1905) col. 2826-2847. (5) Entre autres par Ptolme IV Philopator, Ptolme XII Aulte et peut- tre par Antiochos IV. (6) Traite antrieurement par L. Mueller, L. Stephani, E. Thraemer, E. Meyer, F. Wieseler, E. Babelon, A. B. Cook, E. S. G. Robinson, F. Imhoof- Blumer, L. Vitali, la question vient d'tre reprise et considrablement clarifie par M. Fasci ato-J. Leclant, Notes sur les types montaires prsentant une figure imberbe cornes de blier, Ml. c. Franc. Rome, 61 (1949) pp. 7-33 (bibliogra- phie pp. 7 n. 1 et 8 n. 1). Pour les cachets : J. G. Milne, Ptolemaic Seal- Impressions, J. H. St., 36 (1916) p. 89 n. 29-32. (7) B. Segall, Realistic Portraiture in Greece and Egypt A Portrait Bust of Ptolemy I, Journ. of the Walters Art Gallery, 9 (1946) pp. 53-55, 66-67 et fig. 1-2-4. Il n'est pas exclu qu'il s'agisse d'une reprsentation postrieure au rgne du premier Ptolme. This content downloaded from 188.72.126.118 on Sat, 14 Jun 2014 11:04:52 AMAll use subject to JSTOR Terms and Conditionshttp://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jspTATOUAGE, LIERRE ET SYNCRT1SMES 59 s'agit d'un personnage couronn de lierre et de vigne (nous avons ici les deux plantes dionysiaques !), dont la reprsentation, datable, selon l'auteur, des environs de 300 avant notre re, pourrait tre compare celle d'une tte diadme de lierre figurant au British Museum (1). Pour imiter Dionysos revenant vainqueur des Indes, Alexandre, aux dires de Pline (2), aurait adopt la couronne de lierre des triomphateurs. Dans la somptueuse pomp dionysiaque organise Alexandrie par Pto- lme II Philadelphe (3), les images du Conqurant et du premier Ptol- me taient reprsentes couronnes de guirlandes de lierre en or (4). Ptolme IV Philopator porta la feuille de lierre tatoue, et, comme le prtend le troisime livre des Macchabes, crit apocryphe, il aurait perscut les Juifs pour les contraindre adhrer au culte dionysiaque et aurait exig un recensement la suite duquel les inscrits porteraient la marque distinctive de Dionysos, une feuille de lierre imprime au feu sur leur corps (5). Nous allons revenir sur ces deux faits et nous par- lerons aussi de la possibilit de reconnatre le quatrime Ptolme dans une tte du Muse de Cherchel, mais retenons, ds prsent, une tte en terre-cuite de la collection Lucas Bnaki, Alexandrie, reprsentant, de faon raliste, notre souverain couronn de lierre (6). (1) A. H. Smith, Catalogue of Greek Sculpture, London 1892-1904, HI n. 1852 pl. XII (qui serait une adaptation posthume de l'original actuellement la Wal- ters Art Gallery). (2) Pline, H. N., 16 - Sur Alexandre Neos Dionysos, cf. J. Tondriau, Alexandre le Grand assimil diffrentes divinits, Rev. Philol., 23 (1949) pp. 43-46. (3) D'une vaste littrature on retiendra principalement : J. Kamp, De Ptole- maei Philadelphi pompa bacchica, Diss. Bonn. 1864, et W. Franzmeyer, Kalli- xenos1 Bericht ber das Prachtzelt und den Festzug Ptolemaeus II, Diss. Strassburg 1904, pp. 5-25 (pavillon) et 25-53 (pompe) - Le problme de la datation a suscit une vive controverse entre Tarn, Meyer et Otto; dans notre communication au Congrs de Papyrologie de 1949, Paris, nous avons repris la question de ces Ptolemaia. (4) Callixne . ., 5 p. 201d; cf. Fr. Caspari, Studien zu den Kalli- xenosfragment Athenaios 5, 197c-203b, Hermes, 68 (1933) pp. 400-414. (5) /// Macch., 2, 29. (6) A. Adrini, Sculture del Museo greco-romano. V. Contributi alViconogra- fia dei Tolomei, B. S. A. A., 32 (1938) pp. 106-111 fig. 15-19 - G. Caputo, Lo scultore del grande bassorilievo con la danza delle Menadi in Tolemaide di Cire- naica, Roma 1948 (voir la critique de . Picard, Rev. Et. Gr., 61 (1948) pp. 493- 496), croit que ce grand bas-relief de Cyrnaque servait de base une statue reprsentant Ptolme IV en Neos Dionysos (donc couronn de lierre). Dans le navire thalamegos de Ptolme IV, figuraient les bustes des an- ctres du roi, couronns eux aussi de lierre : Callixne . ., 5 p. 205e-f ; cf. Fr. Caspari, Das Nilschiff Ptolemaios IV, Jahrb. Kais, deuts. Arch. Inst., 31 (1916) pp. 1-74. This content downloaded from 188.72.126.118 on Sat, 14 Jun 2014 11:04:52 AMAll use subject to JSTOR Terms and Conditionshttp://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp60 JULIEN TONDRIAU H semble que, comme Philopator, Ptolme XII Aulte, autre Neos Dionysos (1), se soit par du tatouage dionysiaque en forme de feuille de lierre (2) ; une sardoine de 36 millimtres sur 28, actuellement Paris, le reprsente de profil et couronn de lierre (3), lui aussi. Mentionnons en passant une srie de pices lagides, de Ptolme IV Ptolme XII, montrant un buste de roi lagide en Dionysos, avec dia- dme ou couronne de lierre, le thyrse sur l'paule (4). Enfin, Antoine, Neos Dionysos et souverain ptolmaque , apparat diadme ou couronn de lierre sur la srie de mdaillons cistophores en argent qu' phse mit vers 39/37 l'effigie du triumuir et de sa femme Octavie (5). Aprs une drisoire victoire sur l'Armnie, Antoine et Clo- ptre clbrrent un triomphe fastueux Alexandrie (le premier hors de Rome !) : Antoine pntra dans la capitale couronn de lierre, vtu d'une robe safran et or, tenant un thyrse et chauss de cothurnes, tran sur un char comme s'il tait Liber Pater * (6). Le lierre on le constate, a mrit tre appel plante royale ptolmaque (7). Le lierre et Attis. Le troisime livre des Macchabes, nous avons vu, accuse Ptol- me IV avoir voulu forcer les Juifs adhrer la religion dionysia- que (8). Dans la mesure royale qui consistait imposer aux recenss (1) Cf. J. Tondriau, Les thiases dionysiaques royaux dela cour ptolmaque, Chron. g., 41 (1946) pp. 156-160, et id., Rois lagides compars ou identifis des divinits, Chron. g., 45-46 (1948) pp. 136-139. (2) Plut. De adult, et amico, 12; Dlger, art. cit, p. 104 n. 15. (3) M. Chabouillet, Catalogue gnral et raisonn des cames et pierres gra- ves de la Bibliothque Impriale, Paris s. d., p. 267 n. 2060. (4) Expos et discussion de la question dans notre article prcit Rois lagi- des compars..., Annexe I, pp. 141-143. (5) H. Cohen, Monn. Rp. rom., 42 44 ; E. Babelon, Monn. Rp. rom., pp. 179-180 n. 60-62. (6) Vell. Paterculus, Hist, Rom., 2, 82 (allusion dans Florus, 4, 11); cf. A. Bruhl, Les influences hellnistiques dans le triomphe romain, Ml. c. Franc. Rome, 46 (1929) pp. 77-95. . (7) Signalons qu'une coupe bachique d'o sort une guirlande et qu'entoure une couronne de lierre figure au revers d' un denier d' argent de Juba II de Maurtanie, poux de Cloptre Sln, fille de la grande Cloptre : L. Muel- ler, Numismatique de V Ancienne Afrique, Copenhague 1862, III p. 104 n. 41-42. (8) Beaucoup encre a coul ce sujet. Voir en dernier lieu : J. Cohen, Judaica et aegyptiaca. De Macch. libro III quaestiones historicae, Diss. Gronin- This content downloaded from 188.72.126.118 on Sat, 14 Jun 2014 11:04:52 AMAll use subject to JSTOR Terms and Conditionshttp://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jspTATOUAGE, LIERRE ET SYNCRTISMES 61 la marque distinctive de Dionysos, une feuille de lierre imprime au feu sur leur corps , Perdrizet, voulait voir ce qu'il appelait, dans un langage pittoresque, cle petit fait signifiant (1). Sans doute, pour em- prunter quelques lignes de Cumont, la feuille de la plante sacre se rvle tre la chose essentielle, indice de appartenance la grande confrrie bachique (2). Mais sa mention ne suffit pas pour authentifier l'histoire (qui est rapprocher une perscution-relle des Juifs, Jru- salem, peu aprs, sous Antiochos IV (3)) car le premier souci d'un faus- saire est d'emprunter des dtails caractristiques pour mieux faire agrer la version qu'il prsente. On incline donc, actuellement, considrer ce rcit comme une lgende tiologique, dpourvue de fondement histori- que et visant confrer une antiquit vnrable une fte juive Alexandrie. Il n' en reste pas moins que le quatrime Ptolme a port un ta- touage en forme de feuille de lierre. L'Etymologicum Magnum rapporte : Gallos: Ptolme Philopator, cause de la feuille de lierre tatoue comme pour les Galles (4). Le monarque s'intitulait donc Galle, ce qui est confirm par les dires de Plutarque qui appelle de faon un peu mprisante Mtragyrts Basileus (5). Galle et Mtragyrte, on ne l'ignore point, dsignaient les prtres de Cyble et Attis. Mais, nous avons dit au dbut de cet article, leur tatouage normal tait compos de deux lettres et non d'une feuille de lierre. Si Philopator emploie cette dernire c' est pour rappeler sa religion dionysiaque favorite (). Il est mme permis de croire quii essaie de cette manire intensifier le syncrtisme gen 1941 ; J. Morau, Le troisime livre des Maccabees, Chron. g., 31 (1941) pp. 111-122; M. Hadas, /// Maccabees and the Tradition of Patriotic Romance, Chron. g., 47 (1949) pp. 97-104. (1) P. Perdrizet, Satyros . . . , art. cit, pp. 235-238. (2) F. Cumont, La stle du danseur d'Antibes et son dcor vgtal. tude sur le symbolisme funraire des plantes, Paris 1942, p. 31. (3) // Macch., 6, 7,; cf. O. Kern, Ein vergessenes Dionysosfest in Jerusalem, Archiv, f. Religionswiss., 22 (1923-24) pp. 198-199 ; H. Willrich, Dionysos in Jerusalem, ibid., 24 (1926) pp. 170-172; E. Bevan, Un document relatif la per- scution Antiochus IV piphane, Rev. Hist. Rei., 115 (1937) pp. 188-223 (sur Fl. Josephe, Ant, 12, 5, 5). (4) Etym. Magnum, 220, 19-20; cf. Chron. Paschale, p. 176a = p. 332, 8, d. DlNDORF. (5) Plut., Clomne, 36. (6) Cf. notre article prcit Les thiases dionysiaques royaux ..., pp. 149-156; on trouvera le matriel et la bibliographie dtaills dans un article qui va pa- ratre dans la Chronique gypte il. 50 et qui rsume notre premire thse de Doctorat d'tat en Sorbonne. This content downloaded from 188.72.126.118 on Sat, 14 Jun 2014 11:04:52 AMAll use subject to JSTOR Terms and Conditionshttp://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp62 JULIEN TONDRIAU Dionysos-Attis (1), syncrtisme dont les Phrygiens semblent avoir mon- tr la voie (2). H n' est pas sans intrt de relever ici que le Dionysos, mutil, du Sarapeum de Memphis, offre des caractres emprunts la reprsen- tation Attis (3). Mais il est non moins curieux de constater que le modle du Dionysos ail a t remis en honneur la priode hellnis- tique par les thiases dionysiaques Egypte (4), et mieux encore, qu' il a influenc l'iconographie Attis. est ainsi que des Attis dionysia- ques ails, dont la statue porte la feuille de lierre, se rencontrent Cyzique (5), durant l'poque impriale, et Banasa, au Maroc (6). Dans le complexe cheminement du syncrtisme Dionysos-Attis, nous croyons qu'il faudra dsormais accorder une place importante au rgne de Ptolme IV et l' influence des thiases lagides. Le lierre et Osiris. 11 est oiseux de rpter qu'Osiris et Dionysos offraient tant de points communs qu'il tait ais de les rapprocher, voire de les confondre. Hro- dote dj en avait fait la remarque (7). N' est-il pas d'autant plus sur- prenant de constater, qu'en dehors de quelques rares articles objectifs limits (8), l'histoire de leur syncrtisme reste crire? (1) H. Hepding, Attis, Qiessen 1903, pp. 129, 206-210; E. Rohde, Psych, trad, franc. A. Reymond, Paris 1928, p. 282 n. 1. (2) F. Cumont, Attis, P.-W., 2 (1896) col. 2252 et Les religions orientales dans le paganisme romain, Paris4, 1929, p. 102. (3) U. Wilcken, Die griechischen Denkmler von Bromos des Serapeums von Memphis, Jahrb. deuts. Arch. Inst., 32 (1917) pp. 178-179 principalement. (4) P. Perdrizet, Bronzes grecs Egypte de la collection Fouquet, Paris 1911, p. 18; J. Lbipold, Dionysos, Beiheft 3 Angelos (1931) p. 10; . Picard, Dionysos Psilax, Mi. O. Navarre, Toulouse 1935, pp. 317-337, principalement 324-328. (5) Th. Macridy-Bey et . Picard, Attis d'un Metroon (?) de Cyzique, B. H., 45 (1921) pp. 436-470, pl. 14-17, surtout pp. 456-468 (Muse de Stamboul). (6) . Picard, A travers les muses et les sites de VA frique du Nord. Re- cherches Archologiques, I: Le Maroc, Rev. Arch., 27 (1947) surtout pp. 231-233, qui signale aussi, p. 231 n. 4, une tte barbue d'Attis avec mitr de Sabazios, provenant de Pompi (Muse de Naples). (7) Hrodote, 2, 42 et 49 et 144 et 156. (8) Baillet, Osiris-Bacchus, g. Zeits., (1878) pp. 106-108; Th. Homolle, Ressemblance de lJ omphalos delphique avec quelques reprsentations gyptiennes, Rev. Et. Gr., 32 (1919) pp. 338-358, notamment 353-356; M. Stracmans, Osiris- Dionysos et les chants de harpistes gyptiens, Le Muson, 59 (1946) pp. 207-214. Sur leur commun aspect funraire : W. Otto, Dionysos, . cit, p. 181-182. This content downloaded from 188.72.126.118 on Sat, 14 Jun 2014 11:04:52 AMAll use subject to JSTOR Terms and Conditionshttp://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jspTATOUAGE, LIERRE ET SYNCRETIC MES 63 En attendant, nous voudrions souligner qu'ici encore le lierre a jou un rle avant-plan. Osiris, selon les textes des Pyramides, tait dieu de la vgtation, mais, parmi de nombreuses plantes, il a d adopter de prfrence le lierre, puisque Plutarque qualifiera ce dernier de Chno- siris (1). Nul doute alors que lorsque les Neoi Dionysoi, Ptolme IV et Marc-Antoine, taient reprsents en Osiris, le premier la porte orientale Abu el Mandur (monument lev par deux chefs militaires de Ptolme V piphane, Nsioths et Tearhos, en l'honneur de Philopator, d'Arsino III et de leur fils, en triade divine Osiris-Isis Horus (2)) l'autre sur des portraits ou des statues (3) ( une de celles-ci, en granit vert, brise, peut tre actuellement au Muse d'Alexandrie (4)), nul doute que la couronne de lierre dionysiaque qu'ils aimaient porter tait alors tout aussi indique. Le lierre et Ammon. Fort difficile reste de prciser la nature des relations entre Diony- sos et Ammon (5). Encore plus malais est de dterminer leur origine. Nous voudrions toutefois signaler dj l'article capital que prpare sur cette question un des meilleurs connaisseurs de la religion ammonienne, M. Jean Leclant. Son tude fournira, notre avis, une rponse dcisive l'une des nigmes primordiales de histoire ancienne : le but de la visite d'Alexandre l'Oasis ; elle utilisera notamment un facteur nglig jusqu'ici: l'annexion par la cour macdonienne du temple d'Ammon dans la presqu'le de Pallne. Le Conqurant ne fut pas le seul tmoigner un grand intrt Ammon et mme porter ses attributs (6), la corne recourbe entre (1) Plut., De Is. et Osir., 37. (2) G. Botti, . S. A. A., 4 (1902) pp. 94-95. (3) Dio Cass., 50, 5, 3 et 25, 3 ; . Zonaras, X, 28. (4) E. Breccia, Alexandrea ad Aegyptum, Bergamo 1922, p. 88; . Van De Walle, La Cloptre de Mariemont, Chron. Eg., .47 (1949) pp. 19-32 e Un nouveau document concernant le prtendu groupe dy Antoine et Cloptre, ibid., 49 (1950) pp. 31-35. (5) Cf. M. Fasci ato-J. Leclant, Une tte Ammonienne du Muse de Cher- chel, Ml. Ch. Picard, Paris 1949, pp. 360-375, notamment p. 375 n. 1 : Les rapporte de Dionysos et d'Ammon se manifestent particulirement par un groupe hermes, la dcoration de candlabres et d'oscilla, ainsi que dans les motifs de toute une srie autels et urnes funraires - Le 10 janvier 1948, Jean Leclant a fait, la Socit des tudes Latines, une communication sur Le masque Ammon dans le symbolisme funraire des Romains . (6) Aux rfrences donnes dans notre article prcit Alexandre le Grand assimil diffrentes divinits, Rev. PhiloL, 23 (1949) pp. 42-43, on ajoutera cel- les de Particle prcdent de Fasciato-Leclant, p. 368 n. 2-3. This content downloaded from 188.72.126.118 on Sat, 14 Jun 2014 11:04:52 AMAll use subject to JSTOR Terms and Conditionshttp://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp64 JULIEN TONDRIAU autres (1). Les Ptolmes, ses successeurs, furent trs empresss auprs du fameux dieu oraculaire. A la fois pour leur prestige et pour leur scurit. Au contraire des clergs de Memphis et de Pathyris, qui sem- blent collaborer inconditionnellement avec la royaut, le clerg d'Ammon restait imbu de ses traditions autochtones et jaloux de ses prrogatives fodales (2),y II ne fallait point songer l'attaquer de front ; plus astucieux tait de tenter de le concilier au pouvoir central. On peut pr- sumer que dj les conseillers-thologiens de Ptolme I Ster, Timo- thos et Manthon, avaient eu s'occuper de ce problme. Vallois attire, par ailleurs, trs justement l'attention sur l' intervention du premier lagide dans la prsentation historique de la visite du Conqurant l'Oasis et dans les tendances syncrtistes (Alexandre-Ammon-Dionysos) qu'attestent certaines missions montaires royales (3). De son ct, Nock a brillamment dmontr J'influence des crivains, travaillant en relations troites avec la cour ptolmaque, pour toffer histoire de Dionysos fils d'Ammon et amplifier les syncrtismes existants (4). Dterminante fut, d'autre part, l'action d'Arsino II, soeur-pouse de Ptolme II Philadephe (5) (n'oublions pas qu'elle avait t l'pouse de Lysimaque de Thrace (6) dont certaines monnaies reprsentent le Conqurant par de la corne recourbe du dieu : la reine elle-mme reprit cet attribut ammonien sur plusieurs missions montaires (7), tmoignant ainsi de faon clatante ses affinits avec l'Oasis). Du temps de Philopator plusieurs monuments, notamment un linteau du temple de Pselcis (Dakk), mentionnent : La fille d'Ammon, Arsi- (1) Dionysos en fut par lui aussi : F. Wieseler, Dionysos mit Widderhr- nern, Nachr. der Kn. Ges. der Wiss. zu Gttingen 1892, pp. 220 . . . (2) W. Otto, Priester und Tempel im hellenistischen Aegypten, Leipzig 1905- 1908, I pp. 204-206; Claire Praux, Esquisse d1 une histoire des rvolutions gy- ptiennes sous les Lagides, Chron g., 23 (1936) p. 529. (3) R. Vallois, L'oracle libyen et Alexandre, Rev. Et. Gr., 44 (1931) pp. 121- 152, surtout 151-152; cf. E. Neuffer, Das Kostm Alexanders des Grossen, Diss. Giessen 1929, p. 46. (4) A. D. Nock, Notes on Ruler-Cult, J. H. St., 48 (1928) pp. 21-30 notam- ment 26. (5) J. G. Milne, The Currency Reform of Ptolemy II, Ane. Egypt, (1928) pp. 37-39, et Arsinoe and Ammon, Studies Griffith, Oxford 1932, pp. 13-15. (6) Sur ses assimilation a des divinits : J. Tondriau, Princesses ptolmaques compares ou identifies des desses, B. S. A. A., 37 (1948) pp. 6-12 - Dans piclse Arsino-Aphrodite, la desse a gard naturellement pithte de thrace remarque E. Bickel, Der Kallimachospapyrus die Locke der Berenike und Catull als Uebersetzer, Rhein. Mus., (1941) pp. 81-146. (7) R. S. Poole, B. M. C, The Ptolemies, Kings of Egypt, London 1883, p. 42, n. 1 (?), 2 (Sidon), 3-4 (Tyr), 5 (Ptol.) 6 (Joppa); J. N. Svoronos, Nomi- smata ton Basilen tes Aigyptou, J. Int. Arch. Num., 2 (1899) surtout p. 205. This content downloaded from 188.72.126.118 on Sat, 14 Jun 2014 11:04:52 AMAll use subject to JSTOR Terms and Conditionshttp://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jspTATOUAGE, LIERRE ET SYNCRTISMES 65 no (1). Ces pices sont porter au dossier ammonien du quatrime Ptolme ainsi qu' une autre, singulirement rvlatrice si l' hypothse formule rcemment se confirmait. Dans une tte de marbre, trouve assez endommage, en 1917, dans le thtre antique de Cherchel (Cae- sarea) et expose au Muse local sous l'tiquette Bacchus-Ammon , Mademoiselle Fasciato et J. Leclant proposent, avec de sages rserves que nous approuvons, de reconnatre Ptolme IV (2). Le personnage porte, prs de la tempe droite, une corne de blier, partiellement dtruite, qui enserrait une oreille pointue d'animal (3), avec, en arrire, une feuille de lierre une grande finesse ! Les traits du visage ne manquent pas de ressemblance avec d'autres reprsentations de Philopator et les auteurs croient galement pouvoir les comparer avec ceux d'un buste de pierre grise du Muse Calvet en Avignon, buste considr parfois, tort, comme un Alexandre. (4) Si identification, fort probable, trouvait confirmation, on aurait ici un tmoignage capital du rapprochement Ammon-Dionysos. Notons, avec les deux jeunes savants franais, que l'crivain Hermippos a pris grande part ce syncrtisme (5) et Her- mippos est contemporain de Philopator! Ainsi, ce syncrtisme, par ailleurs exploit par les Orphiques (6) et facilit par des caractres funraires communs aux deux divinits (7), a compt, parmi ses propagateurs principaux, Ptolme IV Neos Dionysos. Ce dernier s'est peut-tre mme prsent en Aminon comme semblerait l'avoir fait, plus tard, un autre Neos Dionysos, Marc Antoine (8), si dans la mention en l'an 20 de Cloptre unie Ammon de l'pitaphe dmotique de Nofrho, femme de Psamon, pitaphe datable de 33/32 (1) Pour Pselcis, on consultera la publication de G. Roeder dans la srie Les Temples immergs de la Nubie. I. Texte, p. 164 ( 378) et II PL 70. D'aprs un petit inventaire dress par moi-mme et obligeamment complt par J. Le- clant, on retrouve le mme titre dans le grand temple de Philae, sur un socle de Coptos, sur une stle de Saqqarah et plusieurs fois Karnak (temple de Chonsou; mur d'enceinte du Grand Temple, porte Est). (2) Art. prcit. (3) Sur certains Diadoques pars oreilles faunesques: F. Studniczka, Ima- gines Illustrium, Arch. Jahrbi, 38-39 (1923-24) p. 74, fig. 6. (4) Art. prcit de Fasciato-Leclant, hg. 4-5, et Corpus archologique du Centre de Documentation gyptologique de V cole des Hautes-tudes, rfrences 351 P 1 et 351 P 2. (5) Art. prcit, pp. 363 n. 1 et 372 n. 1. (6) J. Carcopino, La basilique pythagoricienne de la Porte Majeure, Paris 1927, p. 301 ; cf. Diodore, III, 67-74. (7) Cf. supra. (8) Publie abord par E. Rvillout, Rev. Egypt., 2 (1882) p. 100; biblio- graphie ap. H. Gauthier, Le livre des rois d'Egypte, M. I. F. A. ., vol. IV, 415. Aogyptus - 5 This content downloaded from 188.72.126.118 on Sat, 14 Jun 2014 11:04:52 AMAll use subject to JSTOR Terms and Conditionshttp://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp66 JULIEN TONDRIAU avant notre re, Bouch-Leclercq a raison de croire qu'Ammon dsigne Antoine (1). Quoi qi il en soit, la feuille de lierre est, sur la tte de Cherchel, l' indice probant, avec la corne recourbe, du syncrtisme unissant Dio- nysos Ammon. * * S' il ne nous est point permis attribuer formellement un rle dcisif Ptolme IV Philopator dans les syncrtismes tudis, on conviendra toutefois que son action en ce domaine est digne d'une analyse plus approfondie et que, par ailleurs, le lierre a bien mrit le nom de plante royale ptolmaque et aussi de plante syncrtique par excellence. A l'poque hellnistique, il s'avre aussi lourd de significa- tion qu'un autre attribut bachique, les cornes de taureau (2), qu'on retrouve galement dans iconographie des successeurs d'Alexandre (3)- Me GUI University, Montreal, 1949. Julien Tondriau (1) A. Bouch-Leclercq, Histoire des Lagides, Paris 1903-1907, III, 89 et 90, 1; cf. aussi Sthelin, P.-W., 11, col. 764. (2) Cf. H. Grgoire, Bacchos le taureau et les origines de son culte, Ml. . Picard, Paris 1949, 401-405. (3) Prire de se reporter notre article Dionysos, dieu royal: du Bacchos tauromorphe primitif aux souverains hellnistiques Neoi Dionysoi, Ml. H. Gr- goire, II, Bruxelles 1950. This content downloaded from 188.72.126.118 on Sat, 14 Jun 2014 11:04:52 AMAll use subject to JSTOR Terms and Conditionshttp://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jspArticle Contentsp. [57]p. 58p. 59p. 60p. 61p. 62p. 63p. 64p. 65p. 66Issue Table of ContentsAegyptus, Anno 30, No. 1 (GENNAIO-GIUGNO 1950), pp. 1-160Front MatterL'anafora di S. Marco riconosciuta in un frammento membranaceo del Museo Britannico [pp. 3-7] = Horrearius [pp. 8-13]Gli nell'Egitto greco-romano [pp. 14-41] [pp. 42-56]Tatouage, lierre et syncrtismes [pp. 57-66]Echi protrettici in un passo del Papiro Amburghese delle [pp. 67-71]Sull'epigramma del P. CCLVI del Museo Britannico [pp. 72-76]Una fonte antiromana sulle trattative romano-cartaginesi del 203 a. C. [pp. 77-92]AGGIUNTE, CORREZIONI, RIEDIZIONI: DI PAPIRI E DI OSTRACA [pp. 93-94]TESTI RECENTEMENTE PUBBLICATI [pp. 95-100]RECENSIONI E BIBLIOGRAFIAReview: untitled [pp. 101-105]Review: untitled [pp. 105-106]Review: untitled [pp. 106-106]Review: untitled [pp. 107-107]Review: untitled [pp. 107-108]Review: untitled [pp. 108-109]Review: untitled [pp. 109-109]Review: untitled [pp. 109-110]Review: untitled [pp. 110-112]Review: untitled [pp. 112-113]Review: untitled [pp. 113-114]Review: untitled [pp. 114-115]Review: untitled [pp. 115-116]Review: untitled [pp. 116-117]Review: untitled [pp. 117-118]Review: untitled [pp. 118-118]Review: untitled [pp. 119-119]Review: untitled [pp. 119-120]Review: untitled [pp. 120-120]Review: untitled [pp. 121-121]Review: untitled [pp. 121-122]Review: untitled [pp. 122-122]Review: untitled [pp. 123-123]Review: untitled [pp. 123-124]APPUNTI E NOTIZIE [pp. 125-126]BIBLIOGRAFIA METODICA: DEGLI STUDI DI EGITTOLOGIA E DI PAPIROLOGIA [pp. 127-160]Back Matter

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