Une piste pour le traitement des tumeurs radio-résistantes

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    06-Jul-2016

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  • REVUE FRANCOPHONE DES LABORATOIRES - AVRIL 2009 - N411 // 19

    Une des voies les plus excitantes des trai-tements anticancreux est celle qui cible spcifiquement les voies de signalisation impliques dans la cancrogense et/ou dans les processus mtastatiques.Des chercheurs amricains de lUniversit de Princeton viennent didentifier un gne qui pourrait tenir un rle essentiel dans

    la propagation dun cancer du sein initial par le dveloppement de mtastases. De puissants algorithmes informatiques ont t utiliss pour localiser le plus prci-sment possible des anomalies gnomi-ques associes des cancers du sein de mauvais pronostic.

    Une anomalie localise dans la rgion 8q du chromosome 22 a t identifie puis valide sur une collection de tumeurs du sein mtastases. Cette anomalie est lie une surexpression du gne Metadherin ou MTDH, surexpression retrouve dans 40 % des cancers du sein et sassocie un mauvais pronostic de ces tumeurs.Des tudes fonctionnelles, ralises in vitro et sur des souris gntiquement modifies, compltent remarquablement ce travail en montrant que la surexpres-sion de ce gne correspond non seule-ment un potentiel invasif et mtasta-tique augment mais galement une rsistance tumorale certaines mol-cules anticancreuses dutilisation trs courantes, comme le paclitaxel ou la doxorubicine.Ce travail pourrait ainsi ouvrir la voie de nouvelles stratgies anticancreuses, ciblant spcifiquement le produit de ce gne.

    Hu G, Chong RA, Yang Q, et al. Cancer Cell 2009;15(1):9-20.

    Rendre plus sensibles la radiothra-pie des tumeurs cancreuses difficiles gurir, comme les mlanomes ou les glioblastomes, est un rve ancien des oncologues. Un travail exprimental l-gant men lInstitut Curie Paris pourrait transformer ce rve en ralit.Ici, les chercheurs ont eu lide damplifier la sensibilit des cellules cancreuses aux effets des rayons en perturbant lac-tion des enzymes cellulaires impliques dans la rparation de lADN (quand il a t ls par le rayonnement). Des petites molcules dADN mimant des cassures de la double hlice ont dans ce but t synthtises. Ces leurres biochimiques appels Dbait miment ainsi le gnome endommag et monopolisent lactivit des enzymes rparatrices de lADN, per-turbant du mme coup la signalisation physiologique ncessaire leur action. Une fois ces leurres introduits dans les cellules cancreuses, celles-ci deviennent sensibles aux rayons utiliss en radio-thrapie.La validation de ce nouveau concept th-rapeutique a t ralise la fois in vitro

    et chez lanimal. Une sensibilisation de cellules noplasiques aux anomalies de lADN produites par lirradiation a ainsi t dmontre en culture. Sur la souris, une rduction importante du volume de tumeurs pithliales et de mlanomes habituellement radio-rsistants est obser-ve aprs la seule injection de ces Dbaits, mais leffet est surtout synergique avec lirradiation des animaux, induisant une augmentation significative de la survie des rongeurs.Ainsi, cette approche pourrait tre utile non seulement sur les tumeurs radio-rsistan-tes mais aussi sur les cancers radiosen-sibles, puisquelle pourrait permettre une diminution des doses ncessaires leffi-cacit anticancreuse de la radiothrapie. Si de nombreuses tapes doptimisation restent franchir avant une exprimen-tation chez lHomme, des essais pilotes pourraient tre initis ds 2011 sur des cancers de trs mauvais pronostic comme les mlanomes mtastass.

    Quanz M, Berthault N, Roulin C, et al. Clin Cancer Res 2009;15(4):1308-16.

    Un gne, cl de lagressivit dun cancer du sein

    Une piste pour le traitement des tumeurs radio-rsistantes

    Allaiter protge le cur de la mreMme si elles sont moins frquentes que chez les hommes, les maladies cardiovas-culaires (MCV) restent la premire cause de morbidit et de mortalit chez les fem-mes dans les pays industrialiss. Certaines tudes avaient montr un impact positif de lallaitement sur les facteurs de risque classiques des MCV (tabagisme, dyslipi-dmies, hypertension artrielle, diabte essentiellement), y compris distance de larrt de lallaitement.Une tude prospective de grande enver-gure sest pour la premire fois intresse linfluence directe de lallaitement sur le risque dinfarctus ou de maladie corona-rienne de la femme allaitante. Cette tude sest incluse dans un suivi de cohorte de 121 700 infirmires amricaines, ges de 30 55 ans la cration de la cohorte en 1976. Parmi celles-ci, 89 326 femmes parturientes ayant rapport leur histoire dallaitement ont pu tre retenues. Toutes les femmes ont rpondu rgulirement un questionnaire valuant la fois leurs facteurs de risque et les vnements de sant survenus pendant le suivi.Entre 1986 et 2002, les nouveaux cas din-farctus du myocarde ont ainsi t colligs, ainsi que le dveloppement dune mala-die coronarienne, pour un chiffre impres-sionnant de 1 350 965 femmes-annes de suivi. Soixante-trois pour cent des fem-mes avaient allait, dont 1 % pendant une priode suprieure 48 mois, sur la totalit des enfants allaits. Clairement, lallaitement un impact favorable sur le systme cardiovasculaire puisque le ris-que de maladie coronarienne est rduit de 37 % (IC-95 % 23-49 %; p< 0,001) chez les femmes ayant allait pendant au moins 24 mois, compar celui des femmes nayant jamais allait.Ce qui est surtout intressant ici, cest que cet effet bnfique persiste de faon significative (rduction de 23 %, IC95 % 6-38 %; p = 0,02) aprs ajustement sur les autres facteurs de risque, suggrant un effet propre de lallaitement sur le risque cardiovasculaire.Les mcanismes physiopathologiques de cette protection ne sont pas encore com-pris mais ce travail est un nouvel argument pour conseiller aux femmes dallaiter, et le plus longtemps possible.

    Stuebe AM Michels KB, Willett WC, et al. Am J Obstet Gynecol 2009;200(2):138.e1-8.

    Potentiel invasif et mtastatique augment, rsistance des molcules dusage courant

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