World Migration Report 2013 (Franais)

  • Published on
    06-Apr-2016

  • View
    215

  • Download
    1

DESCRIPTION

En 2013, se tiendra un deuxime Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le dveloppement, qui offrira la communaut internationale une occasion unique de sintresser aux moyens de mettre la migration au service du dveloppement et de la rduction de la pauvret. Le moment choisi pour cette manifestation concide avec les efforts dploys par la communaut internationale pour laborer un nouveau programme de dveloppement mondial lapproche de 2015, lanne cible des objectifs du Millnaire pour le dveloppement.

Transcript

  • Depuis le tout premier Dialogue de haut niveau de lAssemble gnrale des Nations Unies sur les migrations internationales et le dveloppement, en 2006, le dbat international sur les moyens dexploiter au mieux les avantages de la migration en faveur du dveloppement sest considrablement intensifi. La migration reste toutefois insuffisamment intgre dans les cadres de dveloppement aux chelons national et local, et limage des migrants et de la migration dans lopinion est souvent trs ngative.

    En 2013, se tiendra un deuxime Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le dveloppement, qui offrira la communaut internationale une occasion unique de sintresser aux moyens de mettre la migration au service du dveloppement et de la rduction de la pauvret. Le moment choisi pour cette manifestation concide avec les efforts dploys par la communaut internationale pour laborer un nouveau programme de dveloppement mondial lapproche de 2015, lanne cible des objectifs du Millnaire pour le dveloppement.

    Le Rapport Etat de la migration dans le monde 2013 contribue au dbat mondial sur la migration et le dveloppement de trois manires. Premirement, il met laccent sur le migrant et sur la faon dont la migration influe sur le bien-tre individuel. De nombreux rapports sur la migration et le dveloppement sont axs sur les incidences des rapatriements de fonds, sommes que les migrants envoient dans leur pays. Le prsent ouvrage adopte pour sa part une approche diffrente, en analysant comment la migration influe sur la qualit de vie des personnes et sur leur dveloppement humain sous toutes sortes daspects. Deuximement, le Rapport sinspire des conclusions dune source de donnes unique les enqutes du Gallup World Poll, menes dans plus de 150 pays pour valuer pour la premire fois le bien-tre des migrants du monde entier. Troisimement, il claire dun jour nouveau la manire dont les migrants valuent leur vie, quils vivent dans un pays revenu lev du Nord, ou dans un pays revenu faible ou moyen du Sud. Traditionnellement, laccent tait mis sur ceux qui migrent au dpart des pays faible revenu en direction de pays plus riches. Ce Rapport sintresse aux mouvements le long des quatre axes migratoires et leurs consquences pour le dveloppement, savoir la migration Sud-Nord, les flux Sud-Sud et Nord-Nord, ainsi que les mouvements Nord-Sud.

    Les trois premiers chapitres du Rapport Etat de la migration dans le monde 2013 servent dintroduction au thme Le bien-tre des migrants et le dveloppement . Ils prsentent la situation actuelle de la migration dans le monde selon les quatre axes migratoires, et passent en revue les tudes consacres au nouveau domaine de recherche que constituent le bonheur et le bien-tre subjectif. Le quatrime chapitre prsente les conclusions initiales sur le bien-tre des migrants du Gallup World Poll, examinant les rsultats pour six dimensions essentielles du bien-tre sur les quatre axes migratoires. La dernire partie tire des conclusions et formule des recommandations pour de futures initiatives visant tudier le bien-tre des migrants et les incidences de la migration sur le dveloppement. Il y est galement question de lintgration de la migration dans le cadre de dveloppement mondial pour laprs-2015.

    Etat dE la

    mig

    ration

    da

    ns lE m

    on

    dE 2

    01

    3 | lE biEn

    -EtrE dEs m

    igra

    nts Et lE d

    EvEloppEm

    Ent

    ISSN 1561-5502ISBN 978-92-9068-669-9 40 dollars E.-U.

    Organisation internationale pour les migrations (OIM)

    IOM OIM

    17 Route des Morillons, 1211 Genve 19,Suisse

    Tel: +41 22 717 93 56Fax: +41 22 798 61 50

    www.iom.int

    Organisation internationale pour les migrations (OIM)

    Etat dE la migrationdans lE mondE 2013

    LE BIEN-ETREDES MIGRANTS ET LE DEVELOPPEMENT

    Etat dE la migrationdans lE mondE 2013

    LE BIEN-ETREDES MIGRANTS ET LE DEVELOPPEMENT

    WMR 2013 Cover_FR final.indd 1 9/13/2013 3:13:29 PM

  • Le prsent Rapport est le fruit dune collaboration entre les auteurs et lquipe de rdaction, sous la direction des rdacteurs en chef. Les remarques, interprtations et conclusions qui y sont exprimes ne refltent pas ncessairement les opinions de lOIM ou de ses Etats membres. Les dsignations employes et la prsentation des documents tout au long de louvrage nimpliquent pas lexpression par lOIM dune quelconque opinion quant au statut juridique dun pays, dun territoire, dune ville ou dune zone, ou de ses autorits, ou concernant ses frontires ou ses limites.

    LOIM croit profondment que la migration humaine et ordonne est bnfique pour les migrants et la socit. En tant quorganisation intergouvernementale, lOIM agit avec ses partenaires de la communaut internationale afin daider rsoudre les problmes oprationnels que pose la migration ; de faire mieux comprendre quels en sont les enjeux ; dencourager le dveloppement conomique et social grce la migration ; et de prserver la dignit humaine et le bien-tre des migrants.

    Publi par : Organisation internationale pour les migrations 17 Route des Morillons 1211 Genve 19 Suisse Tel.: +41 22 717 91 11 Fax: +41 22 798 61 50 E-mail: hq@iom.int Internet: www.iom.int

    2013 Organisation internationale pour les migrations (OIM)

    ISBN 978-92-9068-669-9ISSN 1561-5502

    Tous droits rservs. Aucun lment du prsent ouvrage ne peut tre reproduit, archiv ou transmis par quelque moyen que ce soit lectronique, mcanique, photocopie, enregistrement ou autres sans lautorisation crite pralable lditeur.

    Imprim en Espagne par Grficas Alcoy.

    07_13

  • Organisation internationale pour les migrations (OIM)

    ETAT DE LA MIGRATIONDANS LE MONDE 2013

    Le bien-etredes migrants et Le deveLoppement

  • Table des matires

  • 3ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Equipe de rdaction ..............................................................................................6

    Remerciements ..................................................................................................... 8

    Sminaires et documents de travail sur le Rapport 2013 ....................................10

    Liste des encadrs, figures, tableaux et cartes ....................................................12

    Acronymes ......................................................................................................... 18

    Avant-propos ....................................................................................................... 20

    Gnralits ......................................................................................................... 22

    Chapitre 1 Introduction ...........................................................................30Faits marquants ...................................................................................................31

    La migration et le programme de dveloppement ..............................................33

    Contribution du rapport ......................................................................................36

    Les quatre axes migratoires ..........................................................................36

    Bien-tre des migrants ..................................................................................37

    Le futur cadre de dveloppement ................................................................39

    Guide du rapport .................................................................................................40

    Sources dinformation ...................................................................................40

    Classification et terminologie .......................................................................42

    Limitations et rserves ..................................................................................49

    Structure du Rapport ....................................................................................50

    Observations finales ............................................................................................50

    Chapitre 2 Tendances migratoires: Comparaison des quatre axes migratoires ................54Faits marquants ...................................................................................................55

    Principales statistiques mondiales ......................................................................57

    Les quatre axes migratoires. .........................................................................57

    Origine des migrants .....................................................................................60

    Destination des migrants ..............................................................................61

    Principaux couloirs de migration dans le monde .........................................61

  • 4Table des matires

    Principaux pays dorigine et de destination des migrants .............................65

    Migration et sexe ..........................................................................................67

    Migration et ge ............................................................................................68

    Migration et comptences professionnelles .................................................70

    Rfugis ........................................................................................................70

    Etudiants internationaux ..............................................................................71

    Principaux schmas de rapatriements de fonds ...........................................72

    Principaux couloirs de rapatriements de fonds dans le monde ...................74

    Le point sur la migration Nord-Sud .....................................................................79

    Tendances .....................................................................................................79

    Fiabilit des donnes ....................................................................................80

    Facteurs de migration ...................................................................................81

    Effets potentiels sur le dveloppement ........................................................85

    Observations finales ............................................................................................86

    Chapitre 3 Analyse des tudes sur la migration, le bonheur et le bien-tre ................................................88Faits marquants ...................................................................................................89

    Contexte .............................................................................................................. 91

    Difficults mthodologiques .........................................................................91

    Consquences pour le dveloppement .......................................................93

    Facteurs influant sur le bien-tre ........................................................................95

    Revenu et bonheur .......................................................................................95

    Autres facteurs influant sur le bien-tre .......................................................97

    Sens de la causalit .......................................................................................98

    Recherches sur la migration et le bonheur ........................................................100

    Le bien-tre des migrants compar celui de la population du pays de destination ................................................................................100

    Le bien-tre des migrants compar celui de la population du pays dorigine .........................................................................................101

    Bien-tre des familles de migrants restes au pays ...................................102

    Circonstances de la migration .....................................................................103

    Observations finales ..........................................................................................104

  • 5ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Chapitre 4 Dimensions du bien-tre des migrants : Elements dinformation tirs du Gallup World Poll ...............................................................108Faits marquants .................................................................................................109

    Introduction au Gallup World Poll ....................................................................111

    Lampleur de la migration internationale selon le sondage Gallup ............112

    Profil des migrants dans le sondage Gallup ...............................................112

    Mthodologie du Gallup World Poll ..................................................................115

    Processus analytique ..................................................................................115

    Dfinition du bien-tre de Gallup ...............................................................115

    Rsultats du sondage mondial Gallup ..............................................................118

    Bien-tre subjectif : dimensions valuatives et exprientielles ..................118

    Bien-tre financier ......................................................................................125

    Bien-tre professionnel ...............................................................................137

    Bien-tre communautaire ...........................................................................150

    Bien-tre social ..........................................................................................160

    Bien-tre physique ......................................................................................165

    Observations finales ..........................................................................................176

    Chapitre 5 Conclusions ..........................................................................180Placer les migrants au cur du dbat .............................................................183

    Le developpement concerne le bien-tre humain ............................................184

    La migration nest pas seulement un phnomene Sud-Nord ............................185

    La migration amliore le dveloppement humain, mais de nombreux migrants ont toujours du mal atteindre un niveau de bien-tre satisfaisant ...................................................................................187

    Comparaison du bien-tre des migrants celui de personnes similaires dans leur pays dorigine ..............................................................187

    Comparaison du bien-tre des migrants avec celui des personnes nes dans le pays.......................................................................188

    La marche suivre et laprs-2015 : Elaborer un baromtre mondial du bien-tre des migrants ...................................................................189

    Bibliographie .....................................................................................................192Termes et notions cls .......................................................................................216

  • Equipe de rdaction

  • 7ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    R dacteurs en chef Frank Laczko

    et Gervais Appave

    Responsables de la r daction Shahidul Haque

    et Jill Helke

    Editeur de contenuAsmita Naik

    CorrecteurOlga Sheean

    R dacteurs Chapitre I : Frank Laczko et Rudolf AnichChapitre 2 : Rudolf Anich, Tara Brian et Frank LaczkoChapitre 3 : David Bartram et lOIM (Frank Laczko, Rudolf Anich et Christine Aghazarm)Chapitre 4 : Gallup (Neli Esipova, Anita Pugliese, Julie Ray et Kirti Kanitkar) Chapitre 5 : Frank Laczko et Gervais Appave

    Comit consultatif et adjoints la r dactionDavid Bartram, Philip Martin,

    Susanne Melde et Federico Soda

    Coordination de la publication Valerie Hagger

    Mise en pageHarvy Gadia

    TraductionFabienne Witt et lquipe du Service de traduction

    Attach s de direction Frances Solinap, Antoinette Wills, Rudolf Anich,

    Tara Brian et Christine Aghazarm

    CartographieTara Brian et Rudolf Anich

  • Remerciements

  • 9ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Lquipe de rdaction remercie tous les auteurs qui ont contribu au prsent ouvrage, et plus particulirement M. William Lacy Swing, Directeur gnral de lOIM, dont les orientations et les encouragements ont permis de mener bien cette publication.

    Lquipe de rdaction tient exprimer sa reconnaissance aux bureaux extrieurs de lOIM pour les entretiens avec des migrants reproduits dans le prsent Rapport, aux migrants qui ont accept de rpondre aux questions, et aux auteurs des documents de travail sur le bien-tre des migrants (voir page suivante).

    Nos remerciements sadressent aussi David Bartram (Universit de Leicester), Romina Boarini (OCDE) et Philip Martin (UC Davis), qui ont fait des exposs dans le cadre de la srie de sminaires sur le Rapport.

    Toute notre gratitude va en outre aux Gouvernements de lAustralie, de la Suisse et de la Hongrie pour leur gnreuse contribution financire llaboration et la publication du Rapport Etat de la migration dans le monde 2013.

  • Sminaires et documents de travail sur le Rapport 2013

  • 11ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    SEMINAIRES

    More than money: Does economic migration bring happiness? David Bartram, Matre de confrences en sociologie lUniversit de Leicester, 5 septembre 2012, Genve (Suisse).

    Measuring progress and well-being: The OECD better life initiative. Romina Boarini, Chef de lUnit Mesure du bien-tre et du progrs la Direction des Statistiques de lOCDE, 1er octobre 2012, Genve (Suisse).

    Labour migration and development indicators in the post-2015 global development framework. Philip Martin, Professeur lUniversit de Californie Davis, Prsident du Programme Comparative Immigration and Integration de lUniversit de Californie, 10 dcembre 2012, Genve (Suisse).

    LE BIEN-ETRE DES MIGRANTS : TOUR DHORIZON REGIONAL

    Migration Health, Well-being and Development: An Overview, de Poonam Dhavan

    Migrant Well-being in the Middle East and North Africa: A Focus on Gender in Cairo, de Harry Cook et Jane Sail

    Migrant Well-being and Development: South America, de Ezequiel Texid et Elizabeth Warn

    Migrant Well-being in South-Eastern Europe, Eastern Europe and Central Asia, de Marina Manke, Tatjana Dedovic, Katarina Lughofer et Alina Narusova.

    Migrant Well-being: European Economic Area and Switzerland, de Anna Platonova

    The Well-being of Economic Migrants in Southafrica: Health, Gender and Development, de Celine Mazars avec Reiko Matsuyama, Jo Rispoli et Jo Vearey

    Migrant Well-being: Central America, North America and the Caribbean, de Ricardo Cordero, Salvador Gutierrez et Joan Andreu Serralta

    Le bien-tre des migrants en Afrique de louest, de Geertrui Lanneau et Alexia Scarlett

  • Liste des encadrs, figures, tableauxet cartes

  • 13ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    ENCADRES

    Encadr 1 : Traite de jeunes femmes depuis la Fdration de Russie destination du Moyen-Orient ................................................................ 41

    Encadr 2 : Nouveaux modes de classification des pays .......................................... 48

    Encadr 3 : Migration en direction de la Chine......................................................... 79

    Encadr 4 : Migration destination du Brsil .......................................................... 81

    Encadr 5 : La migration sud-corenne destination des Philippines (Sud-Sud) ..... 82

    Encadr 6 : Les migrations au dpart de lEurope en direction de lAfrique, de lAmrique latine et des Carabes (Nord-Sud) ............... 83

    Encadr 7 : Dfinition et mesure des statistiques du travail dans le Gallup World Poll ................................................................................. 139

    Encadr 8 : Bien-tre des enfants .......................................................................... 171

    Encadr 9 : Echantillon Gallup ................................................................................ 173

    Encadr 10 : Notes mthodologiques....................................................................... 174

    VOIX DE MIGRANTS

    Epargner pour lavenir : un mdecin pruvien qui vit et travaille Luanda (Angola) (Sud-Sud) .................................................................................................... 28

    Subvenir aux besoins de la famille reste au pays : deux femmes sri-lankaises travaillant au Kowet (Sud-Nord) ............................................................................... 50

    Btir une carrire : un migrant espagnol travaillant Buenos Aires (Argentine) (Nord-Sud) .............................................................................................. 86

    Bloqus en Somalie : des migrants thiopiens en qute dune nouvelle vie au Moyen Orient (Sud-Nord) ............................................................................... 99

    Une tudiante allemande New York (Nord-Nord) ................................................ 105

    Travail et scurit aux Etats-Unis : lexprience dun migrant mexicain (Sud-Nord) ............................................................................................................. 121

    Le commerce transfrontalier : lhistoire dIrne, commerante Chirundu, une ville frontalire en Zambie (Sud-Sud) ............................................................... 128

    Travailler pour retrouver une identit et un statut professionnels (Sud-Nord) ....... 142

    Des migrants tchadiens retournent au pays au lendemain de la crise libyenne (Sud-Sud) ................................................................................. 190

  • 14Liste des encadrs,figures, tableaux et cartes

    FIGURES

    Figure 1 : Population de migrants internationaux (en millions), sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010 ........ 57

    Figure 2 : Evolution des populations de migrants (en millions) sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 1990-2010 ...................................................................... 59

    Figure 3 : Les cinq principaux pays de destination et dorigine, le long des quatre axes migratoires (migrants en milliers et en pourcentage de la population migrante totale, le long de chacun des axes migratoires), selon la classification de la Banque mondiale, 2010 ......... 66

    Figure 4 : Les femmes migrantes en pourcentage de la population migrante totale sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010 ............................................................. 67

    Figure 5 : Les femmes migrantes en pourcentage de la population totale de femmes qui migrent sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010 ..................................... 67

    Figure 6 : Migrants par groupe dge et sexe dans le Nord et le Sud, selon la classification de la Banque mondiale, 2010 ............................ 68

    Figure 7 : Population totale et migrants par groupe dge au Nord et au Sud, selon la classification de la Banque mondiale, 2010 ................ 69

    Figure 8 : Comparaison des flux de rapatriements de fonds (en milliards de dollars E.-U.) le long des quatre axes migratoires ......... 73

    Figure 9 : Les cinq principaux pays dorigine et de destination de rapatriements de fonds (en dollars E.-U.) sur les quatre axes migratoires, et leur part dans lensemble des rapatriements de fonds sur chacun des axes, 2010 ..................................................... 77

    Figure 10 : Estimations Gallup de la population migrante adulte de la premire gnration, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 ...... 112

    Figure 11 : Elments essentiels du bien-tre selon Gallup .................................... 116

    Figure 12 : Evaluations de la qualit de vie prsente et future faites par des migrants et des personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 ..................................................... 119

    Figure 13 : Evaluations de la vie actuelle et future faites par des migrants de longue date et leurs homologues rests au pays, le long des quatre axes migratoires, 2009-2011 ................................. 120

    Figure 14 : Sentiments positifs prouvs pendant la journe par des nouveaux venus, des migrants de longue date et des personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 ............ 123

  • 15ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Figure 15 : Sentiments ngatifs prouvs pendant la journe par des nouveaux venus, des migrants de longue date et des personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 ............ 124

    Figure 16 : Niveaux de revenu des mnages parmi les nouveaux venus, les migrants de longue date et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011............................. 127

    Figure 17 : Capacit des migrants et des personnes nes dans le pays de subvenir leurs besoins essentiels (nourriture et logement), sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 ......................................... 131

    Figure 18 : Capacit des migrants de longue date et de leurs homologues rests au pays de subvenir leurs besoins essentiels (nourriture et logement), sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 ...................... 132

    Figure 19 : Sentiments des migrants et des personnes nes dans le pays concernant le revenu du mnage, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 ........................................................................ 135

    Figure 20 : Niveau de satisfaction des migrants et des personnes nes dans le pays lgard de leur niveau de vie et des conditions conomiques locales, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 ...... 136

    Figure 21 : Statut au regard de lemploi, taux de participation la vie active et niveau de satisfaction au travail des migrants et des personnes nes dans le pays, au Nord et au Sud, 2009-2011 .............. 140

    Figure 22 : Statut au regard de lemploi et taux de participation la vie active des migrants et des personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 ............................ 141

    Figure 23 : Satisfaction au travail des migrants et des rsidents ns dans le pays ayant un emploi, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 .............. 144

    Figure 24 : Esprit dentreprise parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, au Nord et au Sud, 2009-2010 ........................................ 145

    Figure 25 : Propritaires dentreprise et intentions entrepreneuriales parmi les migrants et les rsidents ns dans le pays au Nord et au Sud, 2009-2011 .................................................................. 147

    Figure 26 : Perceptions du climat des affaires parmi les migrants et les personnes nes dans le Nord et le Sud, 2009-2011 ............................. 148

    Figure 27 : Type dentreprise parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, au Nord et au Sud, 2009-2011 ........................................ 150

    Figure 28 : Sentiment de scurit et incidence des vols/agressions parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 ..................................................... 153

    Figure 29 : Degr de confiance dans le gouvernement national, les dirigeants et le systme lectoral parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 .................... 155

  • 16Liste des encadrs,figures, tableaux et cartes

    Figure 30 : Degr de confiance dans la police, le systme judiciaire/les tribunaux et les institutions financires parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 ............................................................................................ 156

    Figure 31 : Perceptions lies au niveau de corruption, au degr de satisfaction quant aux mesures prises des pouvoirs publics, et exprience personnelle de la corruption parmi les migrants et les personnes nes dans le pays dans le Nord et le Sud, 2009-2011 .......................... 158

    Figure 32 : Degr dattachement communautaire parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, au Nord et au Sud, 2009-2011 ......... 160

    Figure 33 : Soutien des rseaux sociaux et niveau dchanges avec les amis et la famille parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 ............ 162

    Figure 34 : Occasions de rencontrer des gens et prsence damis proches et de parents au pays et ltranger parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 ........................................................................ 164

    Figure 35 : Ampleur des problmes de sant, degr de satisfaction lie la sant personnelle et aux soins de sant disponibles, et couverture de lassurance mdicale parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 .......................................................................................... 167

    Figure 36 : Ampleur des problmes de sant, degr de satisfaction lie la sant personnelle et aux soins de sant disponibles, et couverture de lassurance mdicale parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 .................... 170

    Figure 37 : Perceptions concernant les possibilits pour les enfants dapprendre, le traitement des enfants et les possibilits damliorer leur sort dans la vie en travaillant dur parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011 ........................................................................ 172

    TABLEAUX

    Tableau 1 : Le Nord et le Sud dfinis par DAES, la Banque mondiale et le PNUD, 2010 ................................................................................... 45

    Tableau 2 : Population de migrants internationaux (en milliers) et part de la population mondiale de migrants sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010 ............... 57

    Tableau 3 : Population de migrants internationaux (en milliers) et part de la population mondiale des migrants vivant au Nord et au Sud, selon les trois principales classifications, 2010 .................... 58

  • 17ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    CARTES

    Carte 1 : Nord et Sud , selon les classifications du DAES-ONU, de la Banque mondiale et du PNUD, 2010 ............................................. 47

    Carte 2 : Les 20 principaux couloirs de migration dans le monde (population migrante, en milliers), selon la classification de la Banque mondiale, 2010 ..................................................................... 63

    Carte 3 : Les 20 principaux couloirs dans le monde (rapatriements de fonds en millions de dollars E.-U.), selon la classification de la Banque mondiale, 2010 ................................................................ 76

    Tableau 4 : Population de migrants internationaux (en milliers) et part de la population mondiale de migrants originaires du Nord et du Sud, selon les trois principales classifications, 2010 ......... 60

    Tableau 5 : Immigrants et migrants en pourcentage de la population totale au Nord et au Sud, selon les trois principales classifications, 2010 .................................................................................................... 61

    Tableau 6 : Les cinq principaux couloirs de migration le long de chacun des quatre axes migratoires, selon la classification de la Banque mondiale, 2010 ...................................................................... 64

    Tableau 7 : Nombre de rfugis (en milliers), part de la population mondiale de rfugis, et part de la population migrante sur chacun des quatre axes migratoires, selon la classification de la Banque mondiale, 2010 ............................................................. 71

    Tableau 8 : Population dtudiants internationaux (en milliers) sur les quatre axes migratoires, selon la classification de la Banque mondiale, 2009-2010 ............................................................... 72

    Tableau 9 : Comparaison des populations de migrants et des volumes de fonds rapatris sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010 .................................... 74

    Tableau 10 : Les cinq principaux couloirs de rapatriements de fonds sur les quatre axes migratoires (rapatriements en millions de dollars E.-U.), selon la classification de la Banque mondiale, 2010 ............................. 75

    Tableau 11 : Personnes nes dans le pays et migrants au Nord, selon le sexe, lge et le niveau dinstruction, 2009-2011 ....................................... 114

    Tableau 12 : Personnes nes dans le pays et migrants au Sud, selon le sexe, lge et le niveau dinstruction, 2009-2011 ....................................... 114

    Tableau 13: Pourcentage de migrants et de personnes nes dans le pays effectuant des rapatriements de fonds, 2009-2011 ................... 137

    Tableau 14 : Statut dactivit des migrants et des personnes nes dans le pays, 2009-2011 ..................................................................... 139

  • Acronymes

  • 19ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    BRICS Brsil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud

    CCG Conseil de coopration du Golfe CNUCED Confrence des Nations Unies sur le commerce et le dveloppement

    DAES-ONU Dpartement des affaires conomiques et sociales des Nations Unies

    DIOC-E Base de donnes sur les immigrs dans les pays de lOCDE et dans les

    pays hors OCDE

    ESRC Economic and Social Research Council (Conseil de recherche

    conomique et sociale du Royaume Uni)

    Eurostat Office statistique des Communauts europennes

    FMI Fonds montaire international

    FMMD Forum mondial sur la migration et le dveloppement

    GMG Groupe mondial sur la migration

    HCR Haut-Commissariat des Nations Unies pour les rfugis

    IBGE Instituto Brasileiro de Geografia et Estatstica (Institut brsilien de

    gographie et de statistiques)

    IDH Indice de dveloppement humain

    IPM Indice de pauvret multidimensionnelle

    MPI Migration Policy Institute MTE Ministrio do Trabalho e Emprego (Ministre du travail et de lemploi,

    Brsil)

    OCDE Organisation de coopration et de dveloppement conomiques

    OIM Organisation internationale pour les migrations

    OMD Objectifs du Millnaire pour le dveloppement

    ONUDC Office des Nations Unies contre la drogue et le crime

    PIB Produit intrieur brut PMA Pays les moins avancs

    PNB Produit national brut

    PNUD Programme des Nations Unies pour le dveloppement

    RNB Revenu national brut

    SADC Communaut de dveloppement de lAfrique australe

    UE Union europenne

    UIS Institut de statistique de lUNESCO

    UNESCO Organisation des Nations Unies pour lducation, la science et la culture

  • Avant-propos

  • 21ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Le Rapport de lOIM Etat de la migration dans le monde 2013 : Le bien-tre des migrants et le dveloppement, le septime du genre, porte sur les migrants et la faon dont la migration influe sur leur bien-tre.

    Alors que la plupart des publications sur la migration et le dveloppement examinent les incidences des fonds rapatris au pays par les migrants, le prsent Rapport sintresse, pour sa part, aux effets de la migration sur la qualit de vie et les diffrents aspects du dveloppement humain des personnes.

    Cest la premire fois que le bien-tre des migrants du monde entier est valu. Les constatations nonces dans ce Rapport proviennent dune source de donnes unique en son genre les enqutes menes par Gallup World Poll dans plus de 150 pays, qui jettent un nouvel clairage sur la faon dont les migrants considrent leur vie sous langle de leurs revenus et de leur travail, ainsi que de la sant, de la scurit et dautres aspects lis leur bien-tre.

    Si, traditionnellement, lon sintressait plus particulirement aux migrants quittant des pays faible revenu pour se rendre dans des pays plus riches, ldition 2013 du Rapport Etat de la migration dans le monde prsente des observations concernant les quatre principaux axes de migration (Sud-Nord, Nord-Sud, Sud-Sud et Nord-Nord), ainsi que leurs consquences pour le dveloppement.

    En conclusion, un ensemble de recommandations sont formules concernant des mesures prendre lavenir pour surveiller le bien-tre des migrants et les incidences de la migration sur le dveloppement, tant entendu que la migration doit figurer dans le cadre de dveloppement mondial pour laprs-2015.

    Comme les ditions prcdentes, le Rapport Etat de la migration dans le monde 2013 est la synthse des connaissances et de lexprience de collgues de lOIM et de spcialistes externes. Nous remercions tout particulirement lquipe de Gallup World Poll pour sa contribution. Nous remercions aussi chaleureusement les Gouvernements de lAustralie, de la Suisse et de la Hongrie pour leur gnreux soutien financier.

    Nous esprons que ce Rapport contribuera aux discussions du deuxime Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le dveloppement de 2013, et au dbat en cours sur le programme mondial de dveloppement pour laprs-2015.

    William Lacy SwingDirecteur gnral

  • Gnralits

  • 23ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Depuis le premier Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le dveloppement de lAssemble gnrale des Nations Unies, en 2006, la question de savoir comment maximiser les avantages de la migration internationale pour le dveloppement suscite un intrt croissant sur la scne internationale. La migration reste toutefois insuffisamment intgre dans les cadres de dveloppement aux chelons national et local, et la contribution des migrants au dveloppement de leur pays dorigine et de destination est mal comprise et peu apprcie par le grand public.

    Un deuxime Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le dveloppement se tiendra en 2013, qui offrira la communaut internationale une nouvelle occasion de souligner la ncessit de faire de la migration un facteur positif pour le dveloppement durable et la rduction de la pauvret. Cette manifestation arrive point nomm, au moment o la communaut internationale est sur le point daller au-del des objectifs du Millnaire pour le dveloppement pour sengager dans la formulation dun programme de dveloppement pour laprs-2015.

    Ldition 2013 du Rapport Etat de la migration dans le monde sappuie sur les rsultats du sondage mondial ralis par lInstitut Gallup laide de donnes recueillies entre 2009 et 2011 dans plus de 150 pays auprs de 25 000 migrants de la premire gnration et de plus de 440 000 personnes nes dans le pays dmigration, pour valuer, pour la premire fois, le bien-tre des migrants dans le monde. La plupart des tudes sur la migration tendent sintresser surtout la situation des migrants dans le Nord. Les donnes Gallup donnent un clairage unique sur lexprience des migrants dans le monde, et apportent de nouveaux lments sur la situation, rarement tudie, des migrants dans le Sud.

    Les principaux lments et messages du Rapport entendent contribuer au dbat mondial en cours sur la migration et le

    dveloppement, et peuvent se rsumer en cinq grands titres :

    1. PLACER LES MIGRANTS AU CENTRE DU DEBAT

    Tout au long de lhistoire de lhumanit, les hommes ont migr en qute de dbouchs et dune vie meilleure. Sil est vrai que la migration est motive par plusieurs facteurs complexes, la plupart des migrants souhaitent augmenter leurs revenus, vivre dans un environnement plus agrable, ou rejoindre des proches ou des amis ltranger. Toutefois, bon nombre dentre eux ne partent pas de leur plein gr mais y sont forcs rfugis fuyant, par exemple, des perscutions ; populations victimes dun conflit, dune catastrophe naturelle ou de la traite. Mais ceux qui choisissent librement de migrer sont essentiellement mus par la recherche du bonheur, de la prosprit et du bien-tre.

  • 24Gnralits

    Il nest donc pas surprenant que la recherche et le dbat politique aient t axs sur la migration en tant que processus et sur ses incidences socioconomiques de faon globale. De nombreux rapports sur la migration et le dveloppement mettent laccent sur les consquences socioconomiques gnrales des processus migratoires examinant par exemple les effets des rapatriements de fonds, des rseaux de connaissances des migrants ou des ressources de la diaspora, si bien quil est facile de ngliger les effets de la migration sur la vie des migrants eux-mmes. Pour sa part, le prsent Rapport sintresse la situation des migrants eux-mmes, et la manire dont la migration a influ positivement ou ngativement sur leur vie. Cette approche correspond lune des principales recommandations du Rapport 2013, savoir : plutt que dtre des sujets dtude passifs, les migrants doivent avoir la possibilit de raconter leur histoire. Il y a lieu desprer que laccent plac sur la dimension dexprience, contrairement laccent habituel mis sur des dynamiques socioconomiques dsincarnes, ouvrira la voie llaboration de politiques plus sensibles aux besoins humains.

    2. LE DEVELOPPEMENT CONCERNE LE BIEN-ETRE HUMAIN

    La Dclaration de 1986 sur le droit au dveloppement dfinit le dveloppement comme [un processus qui vise ] amliorer sans cesse le bien-tre de lensemble de la population et de tous les individus 1. De mme, la Dclaration du Millnaire de lAssemble gnrale des Nations Unies insiste sur le bien-tre des individus en tant que principal objectif du dveloppement. Plus rcemment, les Nations Unies ont fait valoir que la notion de bien-tre et de soutenabilit doivent tre au cur du cadre mondial de dveloppement aprs 2015 (DAES, 2012a). Dans cet ordre dides, et adoptant une dmarche unique en son genre, le Rapport 2013 value les rsultats de la migration lis au dveloppement sous langle du bien-tre humain. Cette approche est conforme aux nouvelles orientations introduites rcemment dans la rflexion sur le dveloppement, qui ne sont pas limites des notions conomiques comme la productivit, la richesse ou les revenus.

    Malgr lintrt croissant des chercheurs pour llaboration et lexprimentation dinstruments permettant de mesurer les progrs socitaux dans une perspective de bien-tre humain, peu dtudes ont port sur le bien-tre des migrants. Celles qui existent nabordaient quune seule dimension les mesures du bonheur et ne sintressaient qu une poigne de pays dvelopps.

    Le Gallup World Poll value le bien-tre global des migrants en les interrogeant sur des lments objectifs de leur vie, tels que le niveau de revenu, les conditions de logement et demploi, ainsi que sur des perceptions, sentiments et impressions subjectifs de satisfaction dans leur vie.

    1 www.un.org/documents/ga/res/41/a41r128.htm.

  • 25ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    3. LA MIGRATION NEST PAS SEULEMENT UN PHENOMENE SUD-NORD

    Les rapports sur la migration et les dbats politiques concernant la contribution de la migration au dveloppement portaient traditionnellement sur les mouvements au dpart des pays revenu faible ou moyen en direction de pays plus riches (tels que des Philippines vers les Etats-Unis). Adoptant une approche plus ouverte, le prsent Rapport se propose dexaminer si les variations dorigine et de destination des migrants peuvent produire des rsultats diffrents pour les intresss. Outre la migration Sud-Nord, le Rapport examine donc trois autres axes migratoires : dun pays revenu lev vers un autre (par exemple, du Royaume-Uni vers le Canada Nord-Nord) ; dun pays revenu lev vers un pays revenu faible ou moyen (comme du Portugal vers le Brsil Nord-Sud) ; et dun pays revenu faible ou moyen vers un autre (comme de lIndonsie la Malaisie Sud-Sud). Sur la base des rsultats des recherches, il affirme que chacun des quatre axes migratoires a des rsultats prcis en matire de dveloppement humain, qui nont pas encore t pleinement compris ou pris en considration.

    Il ressort clairement de ces donnes quune approche plus inclusive de la migration et du dveloppement simpose. Selon les sources Gallup, 40 % seulement des migrants se dirigent du Sud vers le Nord. Un tiers au moins va du Sud vers le Sud (ce chiffre tant toutefois susceptible dtre suprieur si des donnes plus exactes taient disponibles) et peine plus dun cinquime des migrants (22 %) se dirigent du Nord vers le Nord. Un pourcentage faible mais croissant de migrants (5 %) se rendent du Nord vers le Sud. Ces chiffres peuvent varier lgrement, selon la dfinition qui est adopte pour le Nord et le Sud .

    4. LA MIGRATION AMELIORE LE DEVELOPPEMENT HUMAIN, MAIS DE NOMBREUX MIGRANTS ONT TOUJOURS DU MAL A ATTEINDRE UN NIVEAU

    DE BIEN-ETRE SATISFAISANT

    Comparaison du bien-tre des migrants avec celui de personnes similaires dans leur pays dorigine

    Ce Rapport dresse un portrait unique en son genre des gains et des pertes associs la migration. Se fondant sur les conclusions du Gallup World Poll, il examine ce que les migrants ont gagn et perdu en migrant, en comparant le bien-tre de migrants qui vivent dans un pays de destination depuis au moins cinq ans, avec des estimations de ce que leur vie aurait t sils taient rests dans leur pays.

    Les gains les plus importants sont lis la migration vers le Nord, tant Nord-Nord que Sud-Nord. Les migrants dans le Nord estiment gnralement que leur vie est meilleure que celle de leurs compatriotes rests au pays. Les migrants Sud-Nord de longue date (rsidant dans un pays depuis cinq ans ou plus), par exemple, sestiment plus aiss que sils taient rests chez eux.

  • 26Gnralits

    En revanche, les migrants du Sud tendent valuer leur vie comme tant similaire celle de leurs homologues rests au pays (personnes ayant un profil comparable qui nont pas migr), voire pire. Par consquent, les migrants Sud-Sud de longue date sestiment moins bien lotis que sils taient rests dans leur pays dorigine mentionnant, par exemple, des difficults trouver un logement correct : 27 % dentre eux ont eu du mal se loger au cours de lanne prcdente, contre 19 % de leurs homologues rests au pays. Les migrants du Sud dclarent gnralement quils ont plus de mal atteindre un niveau de vie satisfaisant et estiment quils ne sen sortent pas mieux que sils taient rests chez eux.

    Il importe de garder lesprit que certains groupes de migrants vulnrables, tels que les victimes de la traite, les migrants en dtresse et ceux dpourvus de documents, ne sont pas rpertoris dans le sondage Gallup.

    Comparaison du bien-tre des migrants avec celui des personnes nes dans le pays

    Le Rapport compare galement le bien-tre des migrants avec celui des personnes nes dans le pays, en mettant en vidence quelques diffrences essentielles entre les expriences de migrants du Nord et du Sud. Par exemple, les migrants du Sud sont moins enclins que les personnes nes dans le pays se dclarer satisfaits de leur vie. Les migrants Sud-Sud estiment aussi quils sont moins bien lotis financirement que les rsidents ns dans le pays. Les migrants du Nord sont galement confronts de nombreuses difficults, mais les migrants Nord-Nord sont moins susceptibles que leurs homologues Sud-Nord davoir du mal subvenir leurs besoins fondamentaux. Globalement, les migrants qui se sont rendus dun pays du Nord vers un autre sestiment mieux lotis financirement par rapport aux rsidents ns dans le pays que les migrants qui ont quitt le Sud pour stablir au Nord. La situation financire des migrants dans le Nord nest gnralement pas aussi bonne que celle des personnes nes dans le pays (mme si elle samliore avec le temps) 12 % des migrants Sud-Nord, par exemple, estimant trs difficile de sen sortir avec leurs revenus, contre 6 % seulement des personnes nes dans le pays.

    Les difficults financires auxquelles les migrants doivent faire face sont probablement attribuables la difficult de trouver un emploi ou, lorsquils travaillent, dobtenir un emploi plein temps. Les migrants dans le Nord sont plus exposs au chmage ou au sous emploi : 26 % dentre eux taient sous-employs et 13 % chmeurs (contre 18 % et 8 %, respectivement, des personnes nes dans le pays). Dans le Sud, les migrants ont moins de chances que les personnes nes dans le pays dtre employs sur le march du travail officiel, et sont autant exposs au sous-emploi ou au chmage que les rsidents ns dans le pays.

    Les migrants dans le Sud sont moins susceptibles que les personnes nes dans le pays de se sentir en scurit l o ils vivent (alors que les migrants dans le Nord se sentent gnralement autant en scurit que les rsidents ns dans le pays). Pour une minorit de migrants du Sud, la peur et le taux lev de criminalit empchent leur pleine participation sociale et conomique. Toutefois, la situation semble samliorer mesure que se prolonge le sjour dans le nouveau pays.

  • 27ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Les migrants qui ont migr vers ou entre des pays du Sud se disent moins satisfaits de leur sant personnelle que les rsidents ns dans le pays, et risquent davantage davoir des problmes de sant qui les empchent de prendre part des activits auxquelles participent normalement les personnes de leur ge.

    Dans lensemble, ce sont les migrants qui se dplacent entre pays revenu lev ou dun pays du Nord un autre qui font part des expriences les plus satisfaisantes. Ils ont les scores les plus positifs dans de multiples dimensions du bien-tre, comme la satisfaction dans la vie, la positivit affective, les gains financiers, la scurit personnelle, lattachement la communaut et la sant. Ceux qui migrent du Nord au Sud et vice versa font des expriences mitiges. Dune manire gnrale, les facteurs conomiques jouent un rle essentiel, les migrants Nord-Sud jouissant dun plus grand pouvoir conomique et de la capacit de rentabiliser leur argent dans un environnement relativement meilleur march. Ces migrants tendent toutefois avoir moins de contacts sociaux et sont moins susceptibles davoir quelquun sur qui compter en cas de besoin. En revanche, ceux qui quittent le Sud pour sinstaller au Nord souffrent de cet cart conomique et doivent lutter pour faire la transition, mais ils sont nanmoins mieux lotis que ceux rests au pays.

    5. LA VOIE A SUIVRE ET LAPRES-2015 : ELABORER UN BAROMETRE MONDIAL DU BIEN-ETRE DES MIGRANTS

    Si lon ignore encore la forme que prendra le programme mondial de dveloppement pour laprs-2015, on assiste toutefois une intensification du dbat sur lopportunit et les moyens dinclure la migration dans un nouveau cadre mondial. La faon dont la migration sera intgre dans le programme de dveloppement dpendra en partie de la mesure dans laquelle laccent restera mis sur llimination de la pauvret dans les pays les plus pauvres de la plante plutt que sur une vision plus large dun dveloppement inclusif et durable pour tous les pays.

    Quelle que soit lapproche adopte, il y a un besoin vident de disposer dun ensemble de donnes beaucoup plus fiables pour mieux comprendre les liens entre la migration et le dveloppement. Dautres recherches et de meilleurs indicateurs sur le bien-tre des migrants seront galement ncessaires pour mieux faire comprendre les incidences de la migration sur le dveloppement humain lavenir.

    Les rsultats du sondage prsents dans ce Rapport 2013 ne sont quun chantillon des informations que lon peut rassembler partir du Gallup World Poll. En ajoutant de nouvelles questions lenqute, ou en augmentant la taille de lchantillon de migrants dans certains pays, on pourrait en apprendre bien plus sur le bien-tre des migrants dans le monde. En outre, une enqute en cours intitule Baromtre mondial de la migration pourrait tre dveloppe pour surveiller rgulirement le bien-tre des migrants dans le monde.

  • 28Gnralits

    Epargner pour lavenir : un mdecin pruvien qui vit et travaille Luanda (Angola) (Sud-Sud)

    La rue est boueuse aprs la pluie dhier. En face du quartier gnral de la police du district de Bairro Vila Alice, Luanda, se trouve la petite clinique o Carlos est mdecin gnraliste. Carlos a 32 ans, est n Trujillo (Prou), et a migr il y a deux ans et demi en Angola. Aprs avoir termin ses tudes de mdecine au Prou, Carlos y a travaill pendant deux ans en tant que mdecin. Grce des proches et par hasard, il a rencontr un mdecin pruvien qui vivait en Angola depuis plus de 20 ans et cherchait dvelopper son cabinet. Bien que Carlos nait jamais song travailler ltranger, il a saisi loccasion et accept le poste.

    Lorsquil est arriv pour la premire fois sur le continent africain, son affectation ntait cense durer quun an. Il a toutefois choisi de prolonger son contrat deux fois et achvera bientt sa troisime anne en Angola. Cest un bon moyen de faire progresser ma carrire , dit-il, et, avec largent pargn, nous pouvons aussi faire des projets pour lavenir entreprendre peut-tre quelque chose de plus grand . Carlos constate que la vie en Angola est parfois difficile : Bien sr, il y a les premiers temps, quand on arrive, cause de la barrire linguistique, par exemple. Mais ensuite, la pollution, la tche ardue que reprsente la recherche dun appartement abordable, les problmes de transport et les embouteillages de Luanda sont autant de petits inconvnients au quotidien. Carlos vit dans un quartier agrable et sr, et dit quen Angola les mdecins pruviens sont respects, ce qui a facilit son intgration. Avec le temps, il a russi crer un large cercle damis et

    de connaissances, y compris de nombreux Angolais. Toutefois, les problmes de scurit rendent toute spontanit difficile et, comme le relve Carlos, la vie sociale doit tre bien organise et tout doit tre prvu lavance.

    Si Carlos souhaite rester Luanda, cest parce quil exerce toutes sortes de responsabilits et que son salaire est beaucoup plus lev que celui quil gagnerait au Prou pour le mme travail. Il peut ainsi vivre confortablement et envoyer rgulirement de largent sa famille. Carlos est mari et pre dun garon de 4 ans. Il tait trop jeune pour le faire venir ici. Pour un adulte, cest bien, mais pour les enfants, cest plus difficile parce que la salubrit et le systme ducatif laissent dsirer , dclare t-il, reconnaissant que vivre loin de sa famille est ce qui lui pse le plus. Sil est vrai que les fonds rapatris contribuent aux besoins quotidiens de sa famille au Prou, Carlos a pris la

    Voix de migrants

  • 29ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    dcision de migrer essentiellement pour pargner pour lavenir et tre en mesure doffrir de meilleures possibilits son fils et sa femme. Selon ses propres termes : Nous avons un enfant et nous devons penser son avenir. En tant ici, jai atteint quelques objectifs remarquables en ce qui concerne largent et les conomies.

    La technologie rend la vie un peu plus facile, en permettant Carlos de parler sa femme et son fils tous les jours grce des appels vido. Ils ne se sont vus que trois fois depuis quil est parti en Angola. Lorsquon lui demande o il voudrait tre dans quelques annes, les yeux de Carlos balaient le petit bureau et sarrtent sur une photo de son fils : La runion de la famille est une grande dcision. Je pourrais retourner au Prou pour me spcialiser. Je pourrais aller dans un autre pays ou bien je pourrais rester en Angola, mais je veux tre avec ma famille. Pour conclure, Carlos dit que, sil est vrai quil navait jamais imagin vivre hors de son pays et quil na pas t facile de vivre loin de ses proches, il ne regrette pas sa dcision dmigrer.

  • Frank Laczko et Rudolf Anich

    Chapitre 1 Introduction

    1

  • 31ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Faits marQUantsDepuis des milliers dannes, ltre humain migre en qute dune vie meilleure. La migration est le rsultat de plusieurs facteurs. Beaucoup migrent pour trouver de meilleures conditions gagner un meilleur salaire, vivre dans un environnement plus agrable ou rejoindre de la famille ou des amis ltranger. Certes, une proportion considrable de migrants ne choisissent pas de partir mais sont forcs dabandonner leur foyer contre leur gr rfugis fuyant des perscutions, ou victimes dun conflit, dune catastrophe naturelle ou de la traite. Mais pour ceux qui choisissent de migrer, ce qui importe fondamentalement est de savoir sils seront plus heureux et si leur vie sera meilleure quauparavant. Sappuyant sur la premire tude mondiale du genre, le prsent Rapport cherche rpondre ces questions universelles, places dans le contexte de la migration en tant que vecteur de croissance et dpanouissement individuel.

    Toutefois, la migration nest pas quune simple question personnelle, car elle peut galement influer sur le dveloppement conomique. Les dcideurs sont de plus en plus conscients que la migration a un effet cumulatif sur le plan national, et quelle peut avoir une incidence sur la sant conomique aussi bien du pays dorigine que du pays de destination. Elle peut crer une chane de dveloppement partant dindividus vers des mnages, pour atteindre des communauts et finalement englober des pays. La mondialisation a considrablement accru la mobilit humaine, avec des incidences sociales, conomiques et environnementales pour tous les intresss.

    Traditionnellement, les dbats politiques sur la contribution de la migration au dveloppement taient centrs sur les mouvements au dpart des pays revenu faible/moyen en direction des pays revenu lev par exemple, des Philippines vers les Etats-Unis dAmrique. (Ce type de migration sera dnomm ici Sud-Nord ). Le prsent Rapport adopte une approche plus large, axe sur les mouvements de personnes dans toutes les directions : migration entre pays revenu lev par exemple, du Royaume-Uni vers le Canada (ci-aprs nomme migration Nord-Nord ) ; mouvements partir de pays revenu lev vers des pays revenu faible/moyen par exemple, du Portugal vers le Brsil (ci-aprs dnomms migration Nord-Sud ) ; et migration prenant son origine dans un pays revenu faible/moyen vers un autre par exemple, de lIndonsie la Malaisie (ci-aprs dnomme migration Sud-Sud ). Il soutient que les quatre axes migratoires influent sur le dveloppement, ce qui mrite dtre pris en considration. Pour catgoriser les pays selon leur statut conomique, il adopte la terminologie utilise dans le discours sur le dveloppement, dans lequel le Nord dsigne les pays revenu lev et le Sud les pays revenu faible et moyen.

    Les pouvoirs publics sintressent de plus en plus au bien-tre de la population. La crise conomique mondiale a mis en vidence la ncessit de modes de vie plus viables, tout en appelant prendre conscience que la croissance conomique ne permet pas elle seule de mesurer le progrs socital. Le Rapport est une tude originale du bien-tre des migrants dans le monde qui, pour la premire fois, apporte la preuve que le bien-tre est important pour la viabilit long terme du dveloppement conomique et de la migration elle-mme.

    131

    ETAT DE LA MIGRATION DANS LE MONDE 2013

    Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

  • Chapitre 1 Introduction 32

    Le prsent chapitre traite des liens entre la migration et le dveloppement et examine comment, ces dernires annes, cette question apparat de plus en plus souvent dans la liste des proccupations internationales. Aprs avoir identifi la contribution spcifique du Rapport la rflexion dominante sur la migration et le dveloppement, il conclut par un guide du Rapport, qui prsente la mthodologie de recherche utilise, explique la classification et la terminologie, et formule quelques avertissements garder lesprit pendant la lecture du Rapport. Il dcrit galement la structure du Rapport.

  • 33ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Si la migration a, de toute vidence, des consquences pour les migrants et leur famille, elle peut galement influer sur le dveloppement des conomies. Les dcideurs sont de plus en plus conscients que la migration a un effet cumulatif lchelon national, et quelle peut avoir des incidences sur la croissance conomique. Elle peut gnrer une chane de dveloppement partant des individus, passant par les mnages et les communauts pour atteindre, enfin, les pays. Si les migrants paient leur dette leur pays dorigine, cest habituellement sous la forme de fonds rapatris des particuliers et des mnages. Ces activits ont toutefois des rpercussions plus vastes : par exemple, largent envoy aux membres de la famille peut leur permettre dinvestir dans un nouveau logement, stimulant ainsi lemploi dans le secteur de la construction de cette localit ; ou encore, une personne rentrant du pays aprs des tudes ltranger peut apporter avec elle des comptences qui profitent la socit dans son ensemble.

    Cependant, les effets de la migration ne sont pas tous positifs. La migration peut, par exemple, accrotre linflation si les fonds rapatris stimulent le pouvoir dachat sans augmenter la productivit, ou encore porter prjudice dimportants secteurs conomiques tels que lducation et les soins de sant, en raison de la fuite des cerveaux . La question de savoir si la migration a des effets positifs sur le dveloppement dpend dune interaction complexe de facteurs, tels que les conditions qui prvalent dans le pays dorigine et de destination ; la raison du dpart et, surtout, si celui ci tait volontaire ; ainsi que le schma de migration. (Groupe mondial sur la migration, 2010). Elle peut avoir des effets ngatifs sur des mnages, par exemple en raison de la sparation et de lclatement des familles.

    La dcision dun individu de migrer peut tre motive par toute une srie de facteurs :

    Facteurs conomiques : Lcart croissant des niveaux de vie et des salaires entre les pays agit comme un aimant (communment appel facteur dattraction ), et attire les migrants vers les pays niveau de vie plus lev ou ayant une croissance conomique suprieure et offrant de meilleures perspectives demploi.

    Gouvernance et services publics : Une mauvaise gouvernance, la corruption et labsence dun systme ducatif et de services de sant de qualit sont des facteurs de rpulsion , qui favorisent lmigration.

    Dsquilibres dmographiques : Ils peuvent prendre diverses formes par exemple, la baisse du taux de fcondit et lallongement de lesprance de vie dans de nombreux pays revenu lev, ce qui contribue un dsquilibre de loffre et de la demande de main-duvre entre rgions dveloppes et en dveloppement. Les excdents de main duvre dans les pays revenu faible et moyen peuvent crer une situation de sous emploi et inciter migrer. Par ailleurs, le vieillissement de la population dans la plupart des pays industrialiss revenu lev augmente considrablement la demande de travailleurs trangers.

    Conflits : Le nombre de rfugis relevant du mandat du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les rfugis (HCR) slevait plus de 10 millions en 2012, et celui des personnes dplaces lintrieur de leur pays a atteint 28,8 millions (HCR, 2013). Les conflits peuvent tre dordre ethnique et/ou religieux, mais ils peuvent aussi tre causs par des ingalits conomiques ou par une concurrence pour sapproprier des ressources naturelles. A cela sajoutent labsence de libert

    La migration et Le programme de deveLoppement

  • Chapitre 1 Introduction 34

    individuelle (de pense, de religion ou autre) ou encore la discrimination fonde sur la race, lethnie, le sexe, la religion ou dautres motifs2.

    Facteurs environnementaux : Le nombre de personnes qui migrent en raison de facteurs environnementaux (sismes, accidents industriels, inondations, rosion des sols ou des ctes et scheresse), dont certains peuvent tre lis au changement climatique, est en augmentation. Les mouvements de population dus des facteurs environnementaux ont tendance tre essentiellement internes.

    Rseaux transnationaux : Lapparition de communauts organises de migrants dans les pays de destination constitue un facteur social et culturel dattraction . Un rseau de parents installs ltranger peut inciter migrer car il facilite le processus de migration. Ces mouvements reprsentent la majorit des flux migratoires de migration rgulire dans de nombreux pays industrialiss.

    En outre, les schmas de mouvements dterminent galement en dernire analyse la mesure dans laquelle la migration a des effets positifs sur le dveloppement, savoir :

    Les types de mouvement permanents ou temporaires ;

    Le statut des migrants rgulier ou irrgulier ;

    La protection des droits la mesure dans laquelle les droits des migrants sont protgs ;

    La planification la nature planifie ou non planifie des flux ;

    Lampleur un faible pourcentage dune population se dplaant au cours dune longue priode, ou un mouvement massif de population pendant une courte priode ;

    Le contexte socioconomique le sexe, lge et le statut matrimonial. Le profil dmographique et socioconomique des migrants a dimportantes consquences pour le dveloppement des pays dorigine et de destination. Il influe sur le march du travail (sous langle de la disponibilit de travailleurs qualifis par opposition aux travailleurs non qualifis) ; sur la structure de la population (par exemple, sous langle de la proportion de jeunes par opposition aux personnes ges, ou de migrants maris par opposition aux migrants clibataires) ; et sur le besoin et la fourniture de services (les flux migratoires pouvant comprendre des enfants qui doivent tre scolariss, ou des travailleurs qui fournissent des services de sant). Le fait que les migrants partent avec leur famille ou seuls, ainsi que la situation des membres de la famille rests au pays (qui, peut-tre, devront prendre des dispositions pour soccuper des enfants) peuvent galement peser.

    Depuis la publication du premier Rapport Etat de la migration dans le monde de lOIM, en 2000, le couple migration et dveloppement occupe le devant de la scne, ce qui a permis davoir une comprhension plus fine des liens qui les unissent. Traditionnellement, la migration est considre avant tout comme un problme d labsence de dveloppement, ou alors elle est juge de faon ngative en raison de la crainte dune fuite des cerveaux parmi les travailleurs qualifis. Aujourdhui, on reconnat de plus en plus que la migration peut contribuer au dveloppement si elle est dment mise profit et bien gre par les dcideurs.

    2 Le nombre des rfugis et des personnes dplaces lintrieur de leur pays comprend galement ceux qui ont migr en raison de catastrophes naturelles ou de facteurs autres que des conflits.

  • 35ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Selon la dfinition du manuel Intgration de la migration dans la planification du dveloppement : Manuel lintention des dcideurs et des praticiens lanc par lOIM et publi par le Groupe mondial sur la migration (GMG, 2010), le dveloppement peut tre dfini comme un processus permettant damliorer la qualit de vie globale dun groupe de personnes et, en particulier, dlargir lventail des possibilits qui leur sont offertes. Cette dfinition est centre sur le dveloppement humain, plutt que sur les indicateurs traditionnels qui concernent principalement la croissance conomique et sont axs sur le produit intrieur brut (PIB) ou le revenu national brut (RNB). Promouvoir le dveloppement humain signifie tudier toutes les possibilits permettant damliorer les perspectives et les liberts dun individu, quelles soient lies ou non au revenu, par exemple, un meilleur accs aux services sociaux, une rduction de la vulnrabilit face aux risques, ou une participation politique accrue (GMG, 2010 : 10).

    Il convient toutefois de rappeler que la notion de dveloppement humain ne sapplique pas uniquement aux pays les plus pauvres du monde, ou seulement aux mouvements de population vers des pays plus riches. La migration Nord-Nord (par exemple, un mdecin allemand sinstallant aux Etats-Unis) ou Nord-Sud (par exemple, un travailleur portugais qualifi stablissant en Angola) peut contribuer considrablement au dveloppement du pays dorigine et du pays de destination. Les avantages pour le dveloppement rsultant de ces types de mouvement sont trop souvent ngligs dans le discours sur le dveloppement.

    Ces dernires annes, la migration et ses liens avec le dveloppement sont devenus un enjeu politique de plus en plus important. Le premier Dialogue de haut niveau des Nations Unies sur les migrations internationales et le dveloppement, en 2006, a fermement inscrit la migration dans le programme de dveloppement et a dbouch sur la cration du Forum mondial sur la migration et le dveloppement (FMMD) en 2007, qui a permis damliorer le dialogue inter Etats sur la migration et le dveloppement. Ce dbat continuera gagner en importance dans un certain nombre de forums politiques venir :

    2013 Le deuxime Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le dveloppement offre la communaut internationale une occasion unique pour harmoniser les politiques de migration et dveloppement.

    2014 Un examen men par les Nations Unies loccasion du vingtime anniversaire de la mise en uvre du programme daction de la Confrence internationale sur la population et le dveloppement aura des retombes sur les migrations internationales et internes.

    2015 Les dbats sur le programme de dveloppement des Nations Unies pour laprs-2015 porteront sur la forme que prendra le cadre du dveloppement mondial au-del de 2015 lchance fixe pour la ralisation des objectifs du Millnaire pour le dveloppement (OMD), dont la migration constitue lun des facteurs cls.

  • Chapitre 1 Introduction 36

    Le Rapport 2013 entend contribuer au dbat mondial sur le dveloppement sur trois plans distincts :

    En attirant lattention sur tous les axes migratoires. Traditionnellement, laccent tait mis sur la migration au dpart des pays revenu faible ou moyen vers des pays plus riches. Pour sa part, le prsent Rapport examine trois axes migratoires supplmentaires : la migration entre pays revenu faible ou moyen ou entre pays revenu lev, et la migration partir du monde riche et industrialis vers des pays relativement pauvres ainsi que leurs consquences pour le dveloppement.

    En dplaant laccent pour le mettre sur le bien-tre des migrants et leur qualit de vie, plutt que sur les rapatriements de fonds et les incidences de la migration sur la vie conomique et les changes commerciaux, comme cela a t le cas par le pass.

    En contribuant au dbat sur la manire dincorporer la migration dans le cadre de dveloppement pour laprs-2015. Malgr lintrt croissant pour la thmatique migration et dveloppement, la question ne figure pas dans les OMD et na pas t systmatiquement intgre dans les plans de dveloppement nationaux.

    Les quatre axes migratoires

    Ces dix dernires annes, de nombreux rapports et tudes ont t publis sur les liens entre la migration et le dveloppement. De faon gnrale, le discours politique sur cette thmathique et les tudes connexes sintressent surtout aux consquences de la migration pour le dveloppement lorsquune personne migre du Sud vers le Nord, ce qui fausse le dbat politique et dtourne lattention dautres flux migratoires tout aussi importants. En effet, moins de la moiti de tous les migrants internationaux vont du Sud vers le Nord, et presque autant se dplacent entre des pays du Sud (pour de plus amples dtails, voir le chapitre 2). Le prsent Rapport place le couple migration et dveloppement dans une perspective plus large, examinant galement les incidences sur le dveloppement et le bien-tre des mouvements de population dans dautres directions.

    Il adopte la terminologie utilise dans le discours sur le dveloppement pour ranger les pays dans des catgories selon leur statut conomique. Comme on la mentionn plus haut, le Nord dsigne gnralement les pays revenu lev, et le Sud les pays revenu faible et moyen, conformment la classification de la Banque mondiale. Ces tiquettes ont toutefois leurs limites, les diffrentes dfinitions du Nord et du Sud produisant des rsultats variables en ce qui concerne limportance et les caractristiques de la migration sur chacun des quatre axes. En outre, le Nord tout comme le Sud englobe un vaste ventail de situations et de catgories de migrants (comme on le verra plus loin aux chapitres 1 et 2). Nanmoins, cette division est utile pour analyser la migration et le dveloppement de manire plus globale. Pour linstant, il convient surtout de garder lesprit que le Rapport examine tous les axes migratoires, Sud-Nord, Sud-Sud, Nord-Sud et Nord-Nord.

    Les migrants Sud-Sud revtent une grande importance conomique, en raison de leur nombre et du volume potentiel des rapatriements de fonds, mais leur vcu demeure insuffisamment tudi. Cette zone dombre pour les dcideurs est essentiellement due labsence de donnes fiables sur les migrants qui se rendent dun pays en dveloppement un autre, mais aussi lintrt quasi exclusif pour les flux migratoires Sud-Nord dans les dbats politiques et la recherche.

    ContribUtion dU rapport

  • 37ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Bien-tre des migrants

    De nombreux rapports sur la migration et le dveloppement traitent des effets des rapatriements de fonds sur le dveloppement, ou sur les rpercussions plus vastes de la migration sur le commerce et lconomie. Le prsent Rapport privilgie quant lui la relation entre le migrant et le dveloppement, et la faon dont la migration modifie la qualit de vie des individus et leur bien-tre. De nombreux migrants, notamment conomiques, dcident de partir ltranger en qute dune vie meilleure en fait, pour amliorer leur bien-tre. Mais sen sortent ils vraiment mieux ? Peut-on comparer leur vie avec celle de ceux qui nont pas migr ? Peut-on comparer leur bien-tre celui des gens du pays dans lequel ils se sont installs ? Ce sont l quelques-unes des questions auxquelles le Rapport se propose de rpondre.

    Intrt stratgique

    Cette enqute a t mene alors que dcideurs et chercheurs sintressent de plus en plus la mesure du bonheur et du bien-tre des populations. Cela est particulirement vrai dans les pays revenu lev mais aussi, de plus en plus, dans les pays revenu faible et moyen par exemple, le quatrime Forum conomique mondial de lOCDE, qui sest tenu Delhi en octobre 2012, portait sur le thme dveloppement et bien-tre (voir aussi Gough et McGregor, 2007). En effet, le royaume himalayen du Bhoutan a t le premier utiliser les mesures du bonheur national brut pour valuer le progrs social et, en avril 2012, il a organis une runion de haut niveau lONU, New York, qui a rassembl plus de 800 participants pour dbattre de la cration dun paradigme conomique au service du bonheur et du bien-tre de toute vie (Gouvernement royal du Bhoutan, 2012). La crise conomique mondiale et la difficult de prserver la stabilit conomique ont mis en vidence la ncessit dadopter des modes de vie plus viables. En outre, il ressort de donnes rcentes des milieux universitaires que la richesse conomique ne gnre pas ncessairement le bien-tre dans la population, confirmant ladage populaire selon lequel largent ne fait pas le bonheur . Dans son rapport 2011, Comment va la vie ? Mesurer le bien-tre, lOrganisation pour la coopration et le dveloppement conomiques (OCDE) voque le dcalage entre les indicateurs macroconomiques et lexprience de la ralit vcue des gens ordinaires :

    Depuis quelques annes, lide que les statistiques macroconomiques, traditionnelles comme le PIB ne rendent pas rellement compte des conditions de vie relles des gens ordinaires fait son chemin Les perceptions des citoyens revtent une importance cruciale pour la crdibilit et la responsabilit des politiques publiques mais aussi pour le fonctionnement mme de la dmocratie, et il est essentiel que les pouvoirs publics sy intressent (OCDE, 2011).

    La question du bien-tre a connu un regain dintrt lors de la parution du rapport de la Commission sur la mesure des performances conomiques et du progrs social, mise en place par lex-Prsident franais, Nicolas Sarkozy. La Commission, qui tait dirige par les conomistes Joseph E. Stiglitz et Amartya Sen, Prix Nobel dconomie, ainsi que par lconomiste franais Jean-Paul Fitoussi, a reconnu les limites de la mesure du progrs social et du dveloppement sous langle de mesures conomiques telles que le produit national brut (PNB) ou le PIB, et a recommand de recueillir un ensemble plus large dindicateurs du bien-tre afin de dterminer si les conomies servent bien les besoins de la socit (Stiglitz, Sen et Fitoussi, 2009). Un projet

  • Chapitre 1 Introduction 38

    de bien-tre national similaire est en cours au Royaume Uni, qui comprend une enqute approfondie visant mesurer et analyser toutes sortes de dimensions et de dterminants du bien-tre (Dolan et al., 2011). Dans le rapport prcit, lOCDE introduit l indice dune vie meilleure, qui mesure le bien-tre subjectif (OCDE, 2011).

    Ces exemples tmoignent dune reconnaissance croissante de la ncessit de trouver de nouveaux moyens de mesurer le progrs socital et montrent que le PIB, qui a longtemps t une rfrence essentielle en matire de politique conomique et de dveloppement, peut comporter de srieuses limitations en tant quindicateur du bien-tre (voir par exemple, Boarini et al., 2006), notamment parce quil ne rend pas compte des dimensions subjectives du bien-tre savoir, le ressenti rel des gens concernant leur propre existence. Les Nations Unies prconisent une approche plus globale du dveloppement, en faisant valoir que la notion de bien-tre et de soutenabilit doivent tre au cur des objectifs et des indicateurs de laprs-2015 (DAES, 2012a). Cependant, il nexiste pas encore de normes internationalement reconnues sur ces indicateurs non conomiques (Boarini et al., 2006 : 6).

    Dfinition du bien-tre

    Il existe diffrentes dfinitions du terme bien-tre. Le Rapport utilise la dfinition de Gallup, qui est responsable des conclusions de la recherche originale sur laquelle le Rapport est fond. Dans Wellbeing: The Five Essential Elements, les chercheurs de Gallup constatent que la carrire, les relations sociales, la situation conomique personnelle, la sant et la communaut sont les principaux facteurs qui contribuent au bien-tre subjectif global dune personne.

    Dautres termes pour dcrire le bien-tre, tels que la qualit de vie, le niveau de vie, le dveloppement humain et le bonheur, ont t utiliss dans diverses tudes universitaires et, parfois, de faon interchangeable. En fait, le bien-tre est un concept plus large qui englobe un certain nombre de dimensions diffrentes. On peut le mesurer en interrogeant les gens sur leur ressenti et sur leurs perceptions concernant divers aspects de leur vie, tels que la satisfaction au travail, les relations interpersonnelles et lattachement la communaut. On peut aussi le mesurer par la collecte et la vrification de donnes objectives, telles que les taux demploi, les niveaux de salaire, lesprance de vie et les conditions de logement.

    On pourrait sattendre ce quune personne dont les scores sont plus levs sur des critres objectifs soit plus heureuse ce bien-tre objectif est en corrlation avec le bien-tre subjectif ou le bonheur. Cela peut souvent tre le cas, tant donn que, par exemple, le fait dtre malade rend la plupart des gens malheureux, tandis que jouir de laccs linstruction peut tre considr comme extrmement satisfaisant. Toutefois, les liens qui existent entre le bien-tre objectif et subjectif sont trs complexes et, comme le laisse entendre le sous-titre dun ouvrage rcent de lconomiste Carol Graham (2009), Le paradoxe des paysans heureux et des millionnaires malheureux , la convergence nest pas totale. Il convient de mener des recherches approfondies sur les facteurs qui contribuent au bien-tre subjectif pour dterminer les types de dveloppement qui sont les plus propices au bien-tre dune population, et pour savoir si certaines formes de dveloppement rendent les gens moins heureux mme si elles augmentent leurs biens objectifs.

  • 39ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Le futur cadre de dveloppement

    Le Rapport se propose galement dapporter une contribution au prochain dbat sur le futur programme de dveloppement pour laprs-2015 lchance pour la ralisation des OMD. Avec la mondialisation, la mobilit humaine sest considrablement accrue depuis ladoption des OMD en 2000. La migration constitue dsormais un facteur important dans la ralisation des trois piliers du dveloppement durable le dveloppement conomique, social et environnemental et dans les dbats venir. La migration volontaire, sre, rgulire et ordonne peut gnrer des gains considrables sur le plan du dveloppement humain et socital. De mme, la migration force, involontaire, massive ou non planifie (due un conflit, une catastrophe naturelle, la dgradation de lenvironnement, des violations des droits de lhomme ou une grave pnurie de dbouchs conomiques et de moyens de subsistance) peut avoir des rpercussions ngatives importantes sur le dveloppement humain et socital. Un rcent rapport des Nations Unies, intitul Raliser lavenir que nous voulons pour tous, prsente un premier aperu dune vision lchelle du systme, ainsi que des lments de feuille de route en prvision de ces dbats (ONU, 2012). LOIM et le Dpartement des affaires conomiques et sociales de lONU (DAES) ont produit un document de rflexion pour insister sur limportance de mettre la migration au premier plan des dbats sur le dveloppement (OIM et DAES, 2012).

    Malgr lintrt croissant de la communaut internationale pour la migration et le dveloppement, la migration en tant que thme ne figure pas dans les OMD et nest pas systmatiquement intgre dans les plans de dveloppement nationaux. Lune des raisons expliquant ce fait est labsence de donnes fiables. En outre, les intervenants sur la scne de la migration et du dveloppement hsitent se concentrer sur llaboration dobjectifs et dindicateurs convenus. Au sein FMMD, par exemple, on craint quinvestir dans ce domaine pourrait compromettre les formes de coopration informelles et non contraignantes qui se sont dveloppes dans le cadre du Forum. Les Etats ne souhaitent pas assumer la responsabilit officielle de raliser chaque anne un ensemble dobjectifs convenus de migration et de dveloppement. De ce fait, relativement peu dtudes de suivi ont t entreprises pour tablir dans quelle mesure les objectifs actuels de migration et de dveloppement sont en voie de ralisation.

    Le futur cadre du dveloppement mondial devra sans doute comprendre des indicateurs plus prcis de la faon dont la migration influe sur le dveloppement et, en particulier, sur le bien-tre des migrants, si lon veut que la migration soit dment prise en compte dans le programme mondial de dveloppement. Le dernier chapitre du Rapport examine les moyens dy parvenir. Le Gallup World Poll constitue une source unique de donnes sur les conditions de vie et de travail des migrants, et permet de dterminer si les indicateurs du dveloppement humain des migrants samliorent.

  • Chapitre 1 Introduction 40

    gUide dU rapport Sources dinformationCe Rapport 2013 se fonde sur diverses sources de donnes primaires et secondaires pour dterminer si la migration amliore la situation personnelle des migrants. Il en tudie les consquences plus larges pour la ralisation du dveloppement durable, prsente les conclusions initiales du sondage Gallup sur le bien-tre des migrants, examine la littrature pertinente, analyse les tendances migratoires, et apporte un clairage nouveau sur la faon dont les migrants valuent leur vie. Les rsultats ne sont pas prsents par pays ou rgion, mais sont classs en fonction du sens du dplacement le long des quatre axes migratoires qui refltent les mouvements de population Sud-Sud, Sud-Nord, Nord-Nord et Nord-Sud.

    Le Gallup World Poll

    Alors que la communaut mondiale commence percevoir le dveloppement comme la recherche organise du bien-tre, peu dtudes sont consacres aux migrants. Le bien-tre des migrants conditionne non seulement leur capacit de participer pleinement la socit, mais aussi leurs possibilits de rapatrier des fonds chez eux et dacqurir des comptences et connaissances susceptibles dtre mises profit sils choisissent de rentrer dans leur pays dorigine. Les recherches menes jusquici traitent des populations de migrants uniquement dans des pays ou rgions spcifiques. Les conclusions du sondage Gallup offrent, pour la premire fois, loccasion dvaluer le bien-tre des migrants dans le monde entier.

    Sur la base des donnes sur le bien-tre recueillies auprs de 25 000 migrants de la premire gnration et de plus de 440 000 personnes nes dans le pays entre 2009 et 2011 dans plus de 150 pays, le sondage mondial Gallup offre un clairage unique sur les conditions de vie et de travail et les perceptions des migrants dans le monde daujourdhui. Il a recueilli des lments laide dindicateurs tels que le revenu, le chmage et le sous-emploi, le bonheur, la satisfaction sur le plan de la sant et le sentiment de scurit.

    Il importe toutefois de mentionner que ce sondage dresse un tableau global du bien-tre des migrants. Il existe en effet plusieurs sous-groupes dans la population migrante les migrants en dtresse, les victimes de la traite, les mineurs non accompagns, les migrants en situation irrgulire qui ne sont pas rpertoris dans le sondage. Cela peut tre d au fait que le groupe en question reprsente un sous-chantillon minime de la population migrante enqute ou que les questions denqute ne faisaient pas de distinction entre, par exemple, migrants en situation rgulire et migrants dpourvus de documents.

    En outre, il existe dans le monde de nombreux groupes de migrants victimes datteintes aux droits de lhomme et dexploitation qui vivent dans des conditions de grande vulnrabilit. (Pour de plus amples informations, voir par exemple le rapport Global Trafficking in Persons Report (Dpartement dEtat des Etats-Unis, 2012) et lencadr 1 du prsent Rapport). Le bien-tre des migrants peut galement tre compromis lorsquun nombre considrable de personnes sont dplaces en raison de facteurs environnementaux ou dun conflit. Les situations de ce genre sont difficiles cerner dans un sondage Gallup, et ne sont donc pas expressment abordes dans le Rapport. Nanmoins, les conclusions relatives au bien-tre prsentes ici ne nient ni ne dnaturent en rien les conditions scandaleuses vcues par de nombreux groupes de migrants.

  • 41ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Le Rapport analyse le bien-tre des migrants sous plusieurs angles. Premirement, il compare le bien-tre autodclar des migrants (ceux qui ont migr rcemment ainsi que ceux qui vivent dans leur pays de destination depuis plus de cinq ans) avec celui des rsidents ns dans le pays. Deuximement, il cherche savoir ce que les migrants ont gagn et perdu en migrant, laide dun modle statistique qui compare la vie des migrants celle dun chantillon de personnes qui nont pas migr du mme ge, du mme sexe et du mme niveau dinstruction dans le pays dorigine.

    Traite de jeunes femmes depuis la Fdration de Russie destination du Moyen-Orient Irina est une lycenne de 16 ans qui vit en Fdration de Russie lorsquelle accepte la proposition dun ami de la famille de faire un petit voyage au Moyen-Orient. Loffre de 500 dollars E.-U. en change de son aide pour ramener des marchandises destines tre vendues au retour au pays est allchante et, quelques jours aprs, elle est prsente un intermdiaire qui lui remet un passeport, un visa de tourisme et un billet davion. Celui-ci lui annonce ensuite que le programme de voyage a t amlior : elle est maintenant cense travailler en tant que serveuse dans un caf local pour un salaire de 1 000 dollars E.-U. par mois. La mre dIrina est mfiante mais on la rassure rapidement en lui disant que sa fille est en de bonnes mains. On lui dit aussi que les arrangements de voyage ont cot cher lintermdiaire et quen cas dannulation elle lui devrait 1 000 dollars E.-U. A son arrive destination, Irina dcouvre quelle nest pas serveuse mais quelle devra travailler comme prostitue. On lui a pris son passeport et on la menace de violences si elle refuse dobir ou essaie de senfuir.

    La vie dIrina est devenue une srie de chambres dhtel, de pensions, de madames et de clients, jusqu ce quelle tente finalement de senfuir. Elle vole ses documents et un peu dargent liquide et prend la fuite. Toutefois, lorsquelle arrive laroport, elle est arrte par la police. La madame accompagne les policiers et prtend quIrina a vol son argent. Sans poser de questions, la police lui ordonne de repartir avec la madame. Elle est revendue un autre propritaire dhtel et se retrouve avec une nouvelle dette de 10 000 dollars E.-U., en compensation de son inconduite. La nouvelle que lintermdiaire a t arrt en Fdration de Russie suite une ptition de la mre dIrina donne lieu de nouvelles menaces et mauvais traitements. Mais Irina ne renonce pas tenter de senfuir. Aprs six mois de ce supplice, elle russit finalement contacter lambassade de Russie. L, elle dcouvre que son nom tait rest sur la liste des personnes disparues dInterpol depuis des mois. Elle obtient lassistance de lambassade de Russie, de lOIM et de lOffice des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour rentrer dans son pays et rintgrer sa communaut.

    Source : OIM et ONUDC ; voir : http://www.unodc.org/newsletter/en/200501/page008.html.

    Encadr 1

  • Chapitre 1 Introduction 42

    Classification et terminologie

    Dans cette partie des prcisions sont donnes sur les termes Nord et Sud lorsquils sont utiliss pour dsigner les quatre axes migratoires. Les diffrentes dfinitions utilises par divers organismes internationaux sont passes en revue, ainsi que leurs consquences pour la comprhension des tendances migratoires internationales.

    Conceptualisation des termes Nord et Sud

    Le clivage Nord-Sud entre les conomies riches dveloppes et les pays pauvres en dveloppement est voqu dans les dbats publics depuis le dbut des annes 19603, mais lutilisation des termes Nord et Sud est plus frquente depuis la chute du mur de Berlin en 1989. En effet, aprs la dissolution de lUnion sovitique qui sen est suivie, le terme second monde a perdu son sens et a finalement conduit une simplification de lordre mondial dalors, le premier monde devenant ainsi le Nord et le tiers monde devenant le Sud (Thrien, 1999, Reuveny et Thompson, 2007).

    On na pas russi jusquici sentendre sur la meilleure faon de classer les pays par catgories selon la dichotomie Nord-Sud. En fait, le Nord et le Sud nexistent pas en soi, et ne sont que des constructions artificielles censes reflter la situation mondiale actuelle par rapport une dimension spcifique du dveloppement. Dautres moyens de catgoriser et de cataloguer les pays ont galement t labors (voir encadr 2 la page 48). En outre, lutilisation des termes Nord et Sud dans ce contexte na pas conquis limagination populaire. Dans bon nombre de pays, ces termes sont employs pour dcrire des divisions internes (par exemple, au Royaume-Uni, on les utilise en sens inverse, le Sud tant considr comme dot de meilleures perspectives conomiques que le Nord, relativement appauvri). De plus, le grand public tend considrer le Nord et le Sud comme une division spatiale et gographique du monde, et non comme une division conomique, ce qui peut prter confusion. Par exemple, de nombreux pays du Nord peuvent se trouver en ralit dans le sud gographique et vice versa (comme, par exemple, lAustralie).

    Dans le Rapport, la classification Nord-Sud est utilise des fins de simplification pour permettre une meilleure comprhension des tendances mondiales globales. Comme cest le cas de tous les classements, classifications et rpertoires, plus le nombre de dimensions prises en compte lors de llaboration du classement est lev, plus limage qui sen dgagera sera prcise. Classer les pays en deux catgories seulement le Nord et le Sud signifie invitablement quil y aura des exceptions.

    La dichotomie Nord-Sud ne fonctionne que sil est entendu que la situation dans chaque groupe nest pas homogne. En effet, regrouper les pays en Nord et Sud ou en quatre axes migratoires sur la base des indicateurs dcrits dans ce chapitre ne tient pas compte des diffrences socioculturelles pertinentes entre les migrants ni de leur bien-tre. Comme la soulign Bakewell (2009), il importe de garder lesprit quau sein de grandes catgories telles que le Sud et le Nord , il existe

    3 Il convient de noter que les termes Nord et Sud ont t utiliss dans les Rapports Brandt en 1980 et 1983 (rapport de la Commission indpendante sur les questions de dveloppement international, prside pour la premire fois par Willy Brandt, ex-Chancelier de lAllemagne de lOuest, en 1980), qui prconisaient le transfert de ressources des pays dvelopps aux pays en dveloppement pour mettre fin la pauvret et promouvoir le dveloppement. Avant cela, la Brandt Line avait t la premire tentative de scinder les conomies mondiales en Nord et Sud savoir pays dvelopps et en dveloppement.

  • 43ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    de nombreux groupes divergents de migrants issus de contextes socioculturels et migratoires diffrents. Comparons, par exemple :

    De jeunes Portugais au chmage se rendant au Brsil, et des Europens investissant et travaillant en Inde (Nord-Sud) ;

    Des tudiants ressortissants de lUnion europenne (UE) tudiant ltranger, et des Estoniens cherchant du travail en Finlande (Nord-Nord) ;

    Des travailleurs saisonniers guatmaltques au Canada, et des travailleurs domestiques des Philippines se rendant en Arabie saoudite (Sud-Nord).

    Sil est vrai que le clivage Nord-Sud risque de ne pas apprhender avec prcision une ralit de dveloppement en pleine volution4, il reste un moyen utile dattirer lattention des dcideurs, en simplifiant la faon dont les tendances migratoires sont prsentes et en contribuant montrer comment les schmas de migration entre pays dvelopps et en dveloppement peuvent varier. Lemploi dexpressions telles que migration Sud-Sud a permis de transformer le dbat sur la migration et le dveloppement en encourageant les dcideurs reconnatre que la plupart des mouvements migratoires ont lieu entre pays en dveloppement.

    Les trois grandes classifications

    Le Rapport sappuie sur les trois classifications les plus rpandues fournies par le Dpartement des affaires conomiques et sociales de lONU (DAES), la Banque mondiale et le Programme des Nations Unies pour le dveloppement (PNUD). Le tableau 1 donne un aperu de tous les pays dfinis comme faisant partie du Nord et du Sud en 2010, selon ces trois principales classifications (voir aussi la carte 1 la page 47).

    Classification du Dpartement des affaires conomiques et sociales de lONU (DAES)Elle regroupe les pays en rgions en dveloppement et dveloppes5 :

    Le Nord comprend lAmrique du Nord6, lEurope, le Japon, lAustralie et la Nouvelle Zlande (56 pays au total).

    Le Sud se compose de lAfrique, des Amriques (sans les Etats-Unis et le Canada), des Carabes, de lAsie (except le Japon) et de lOcanie (except lAustralie et la Nouvelle-Zlande).

    Selon cette dfinition, le Nord ne comprend pas les pays de lOCDE suivants: Chili, Isral, Mexique, Rpublique de Core et Turquie ni les pays non-OCDE revenu lev comme le Bahren, Hong Kong (Chine), Porto Rico ou les Emirats arabes unis. En revanche, plusieurs pays dEurope orientale (tels que le Blarus, la Rpublique de Moldova, la Fdration de Russie et lUkraine) sont considrs comme faisant partie du Nord .

    La classification du DAES provient de la Division de statistique de lOrganisation des Nations Unies (UNSD) et est fonde sur la commodit statistique ; elle na pas beaucoup volu avec le temps.

    4 Comme le soulignent Cox et Sinclair (1996), le Nord semble produire son propre Sud interne tandis que, dans le Sud, une partie slectionne de la population est conomiquement intgre dans le Nord.

    5 Il nexiste pas de convention tablie pour dsigner les pays ou rgions dvelopps ou en dveloppement dans le systme des Nations Unies. Voir : http://unstats.un.org/unsd/methods/m49/m49regin.htm.

    6 Dans la classification du DAES, lAmrique du Nord comprend les Bermudes, le Canada, le Groenland, Saint-Pierre-et-Miquelon et les Etats-Unis dAmrique. Des pays comme le Belize, le Costa Rica, El Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua et le Panama font partie de lAmrique centrale. Voir : http://unstats.un.org/unsd/methods/m49/m49.htm.

  • Chapitre 1 Introduction 44

    Classification de la Banque mondialeElle classe chaque anne les pays selon leur niveau de revenu le RNB par habitant.

    Les pays sont diviss en quatre groupes ( faible revenu, revenu moyen infrieur, revenu moyen suprieur et revenu lev)7.

    Le Nord se compose des pays appartenant au groupe revenu lev. Compare la dfinition du DAES, cette dfinition englobe un plus grand nombre de pays (70, en 2010), notamment : Bahren, Barbade, Chine, Hong Kong (Chine), Isral, Macao (Chine), Oman, Porto Rico, Qatar, Rpublique de Core, Arabie saoudite, Singapour, Trinit-et-Tobago et Emirats arabes unis.

    Toutefois, comme la soulign la Banque mondiale, lexpression revenu lev ne signifie pas forcment que toutes les conomies de ce groupe connaissent un dveloppement similaire ou que dautres conomies ont atteint un stade prfrentiel ou final de dveloppement. Le classement selon le revenu ne rend pas ncessairement compte du niveau de dveloppement8.

    Classification du PNUD Cette classification adopte une approche du dveloppement plus large et utilise lindicateur de dveloppement humain (IDH)9 comme critre pour tablir une distinction entre les pays sur la base de la sant (esprance de vie la naissance), des aspects ducatifs (dure de scolarisation moyenne et attendue) et des revenus.

    En 2010, 42 pays avaient un IDH trs lev et ont donc t considrs comme des pays dvelopps ou comme faisant partie du Nord 10. La classification drive de lIDH correspond davantage celle utilise par la Banque mondiale, o le Nord comprend la plupart des pays revenu lev dAmrique latine, du Moyen-Orient et dAsie (qui ne sont pas inclus dans la dfinition du DAES). Nanmoins, par comparaison avec le classement tabli par la Banque mondiale, le nombre total de pays dfinis comme faisant partie du Nord est nettement plus faible, essentiellement en raison de la non-inclusion de petits Etats (insulaires).

    7 Selon le RNB par habitant en 2010, les groupes sont dfinis comme suit : faible revenu 1 005 dollars E.-U. ou moins ; revenu faible ou moyen 1 006 3 975 dollars E.-U. ; revenu lev ou moyen 3 976 12 275 dollars E.-U. ; revenu lev 12 276 dollars E.-U. ou plus. Voir : http://wdronline.worldbank.org/worldbank/a/incomelevel.

    8 Voir : http://wdronline.worldbank.org/worldbank/a/incomelevel. 9 Lindicateur de dveloppement humain du PNUD est un moyen de mesurer le dveloppement en regroupant des

    indicateurs tels que lesprance de vie, le niveau dinstruction et le revenu dans une seule statistique composite qui sert de cadre de rfrence pour le dveloppement social et conomique. LIDH fixe un minimum et un maximum pour chaque dimension, appels objectifs , et montre ensuite o se situe chaque pays par rapport ces objectifs, exprims par une valeur comprise entre 0 et 1. Voir http://hdr.undp.org/en/statistics/hdi/ pour de plus amples dtails.

    10 A lorigine, lIDH rpartissait les pays en trois groupes ( revenu faible, moyen et lev). La catgorie dun pays tait dtermine par des valeurs limites absolues. Des amliorations rcentes ont introduit la catgorie IDH trs lev, rduit le degr de variation au sein de chaque groupe et relativis les valeurs limites. Pour plus dinformations, voir : http://hdr.undp.org/en/statistics/understanding/issues/.

  • 45ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Le Nord et le Sud dfinis par DAES, la Banque mondiale et le PNUD, 2010DAES Banque mondiale PNUD

    Le Sud comprend cinq rgions en dveloppement : lAfrique, les Amriques (except lAmrique du Nord, les Carabes, lAsie (except le Japon), et lOcanie (except lAustralie et la Nouvelle Zlande).

    Le Sud comprend les pays revenu faible et moyen.

    Le Sud comprend des pays occupant un rang faible, moyen et lev selon le classement IDH.

    Le Nord comprend des pays/territoires de rgions dveloppes: Albanie, Allemagne, Andorre, Australie, Autriche, Blarus, Belgique, Bermudes, Bosnie-Herzgovine, Bulgarie, Canada, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Etats-Unis dAmrique, Fdration de Russie, Finlande, France, Gibraltar, Grce, Groenland, Hongrie, Ile de Man, Iles de la Manche, Iles Fro, Irlande, Islande, Italie, Japon, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie , Luxembourg, Malte, Monaco, Montngro, Norvge, Nouvelle-Zlande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Rpublique de Moldova, Rpublique tchque, ex Rpublique yougoslave de Macdoine, Roumanie, Royaume-Uni de Grande Bretagne et dIrlande du Nord, Saint-Marin, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Sige, Serbie, Slovaquie, Slovnie, Sude, Suisse, Ukraine.

    Le Nord comprend les pays/territoires revenu lev : Allemagne, Andorre, Arabie saoudite, Aruba, Australie, Autriche, Bahamas, Bahren, Barbade, Belgique, Bermudes, Bruni Darussalam, Canada, Chine, Chypre; Croatie, Curaao, Danemark, Emirats arabes unis, Espagne, Estonie, Etats-Unis dAmrique, Finlande, France, Gibraltar, Grce, Groenland, Guam, Guine quatoriale, Hong Kong (Chine), Hongrie, Ile de Man, Iles Cayman, Iles de la Manche, Iles Fro, Iles Marianne, Iles Turques et Caques, Iles Vierges (amricaines), Irlande, Islande, Isral, Italie, Japon, Kowet, Liechtenstein, Luxembourg, Macao (Chine), Malte, Monaco, Norvge, Nouvelle-Caldonie, Nouvelle-Zlande, Oman, Pays-Bas, Pologne, Polynsie franaise, Porto Rico, Portugal, Qatar, Rpublique de Core, Rpublique tchque, Royaume-Uni de Grande Bretagne et dIrlande du Nord, Saint-Marin, Singapour, Slovaquie, Slovnie, Saint Martin (partie hollandaise), St Martin (partie franaise), Sude, Suisse, et Trinit- et-Tobago.

    Le Nord comprend les pays/territoires classs trs levs selon lIDH : Allemagne, Andorre, Australie, Autriche, Bahren, Barbade, Belgique, Bruni Darussalam, Canada, Chypre, Danemark, Emirats arabes unis , Espagne, Estonie, Etats-Unis dAmrique, Finlande, France, Grce, Hong Kong (Chine), Hongrie , Irlande, Islande, Isral , Italie, Japon, Liechtenstein, Luxembourg, Malte, Norvge, Nouvelle-Zlande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Qatar, Rpublique de Core, Rpublique tchque, Royaume-Uni de Grande Bretagne et dIrlande du Nord, Singapour, Slovaquie, Slovnie, Sude et Suisse.

    Sources : DAES-ONU : http://unstats.un.org/unsd/methods/m49/m49.htm Banque mondiale : http://wdronline.worldbank.org/worldbank/a/incomelevel PNUD : http://hdr.UNDP.org/en/statistics/hdi/

    Tableau 1

  • Chapitre 1 Introduction 46

    OIM 2010 MHT0287 (Photo : Juliana Quintero)

  • 47ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Carte 1 Nord et Sud , selon les classifications du DAES-ONU, de la Banque mondiale et du PNUD, 2010

    Sources : DAES : http://unstats.un.org/unsd/methods/m49/m49.htm Banque mondiale : http://wdronline.worldbank.org/worldbank/a/incomelevel PNUD : http://hdr.UNDP.org/en/statistics/hdi/Note : Les frontires et les noms ainsi que les dsignations sur cette carte nimpliquent ni

    reconnaissance ni acceptation officielle de la part de lOrganisation internationale pour les migrations (OIM). Les lignes pointilles dsignent les frontires administratives, les frontires indtermines et les cas o la frontire dfinitive nest pas encore dtermine.

    Nord Sud

  • Chapitre 1 Introduction 48

    Nouveaux modes de classification des pays

    Les dfinitions actuelles dsignent un pays comme tant situ au Nord ou au Sud, sur la base de la valeur nationale moyenne pour un indicateur spcifique, mais dautres mthodes permettant de rendre compte de diffrences plus subtiles sont en cours dlaboration.

    1. Mesures permettant de montrer les diffrences au sein des pays.

    Nord-Sud ne rend pas suffisamment compte des ingalits qui existent lintrieur dun pays, surtout sil est trs peupl (comme le Brsil et la Chine, dont les conomies sont mergentes). LIDH ajust en fonction des ingalits introduit par le PNUD dans le Rapport sur le dveloppement humain 2010 vise remdier cette lacune en mesurant le niveau de dveloppement humain de la population dans une socit en tenant compte des ingalits11. De mme, lindice de pauvret multidimensionnelle (IPM)12, mis au point par la Oxford Poverty and Human Development Initiative (OPHI) et le PNUD, dresse un portait multidimensionnel des personnes vivant dans la pauvret.

    2. Mesures bases sur des indicateurs conomiques dtaills.

    Dans sa base de donnes World Economic Outlook, le Fonds montaire international classe le monde en conomies avances et mergentes (sur la base du niveau de revenu par habitant, de la diversification des exportations13 et du degr dintgration dans le systme financier mondial14. La Confrence des Nations Unies sur le commerce et le dveloppement (CNUCED) classe les pays en conomies dveloppes, en transition et en dveloppement15. LOCDE utilise un systme de classification quatre niveaux: les pays riches ( revenu lev), convergents (qui rattrapent le groupe riche), en difficult (qui sefforcent datteindre des niveaux de revenu moyens) et pauvres (souffrant de pauvret extrme (OCDE, 2010a). Les deux dernires classifications, en particulier, pourraient reprsenter dutiles solutions de rechange pour classer les pays en fonction de la migration internationale, tant donn quelles comprennent des informations sur les rsultats conomiques actuels.

    11 En cas dgalit parfaite, lindice ajust en fonction des ingalits est gal lIDH mais il devient infrieur lIDH lorsque les ingalits augmentent. En ce sens, lindice ajust en fonction des ingalits est le niveau de dveloppement humain rel (compte tenu des ingalits), tandis que lIDH peut tre considr comme un indice du dveloppement humain potentiel qui pourrait tre atteint sil ny avait pas dingalits (http://hdr.undp.org/en/statistics/ihdi/.)

    12 Lindice de pauvet multidimensionnelle (IPM), publi pour la premire fois dans le Rapport du dveloppement humain 2010, complte les mesures bases sur le revenu en considrant les nombreuses privations et leur superposition. Lindice identifie les manques selon les trois mmes dimensions que lIDH et montre le nombre dindividus qui sont multidimensionnellement pauvres (souffrant de privations dans 33 % des indicateurs pondrs) et le nombre de privations auxquels les mnages pauvres font gnralement face. Il peut tre dcompos par rgion, appartenance ethnique et en dautres groupes, ainsi que par dimension, ce qui en fait un instrument adapt pour les dcideurs (http://hdr.undp.org/en/statistics/mpi/).

    13 Ce critre empche les exportateurs de ptrole ayant un PIB par habitant lev dtre inclus dans la classification avance parce que 70 % environ de leurs exportations consistent en ptrole.

    14 Dans la classification du FMI, le groupe de pays est plus stable au fil du temps par comparaison celui utilis par la Banque mondiale et le PNUD. En effet, tant donn linstabilit des niveaux de revenu par habitant et de la diversification des exportations, le FMI utilise une moyenne sur un certain nombre dannes. La reclassification intervient essentiellement en cas de changement plus durable (par exemple, ladhsion de Malte lUnion europenne en 2008).

    15 http://unctadstat.unctad.org/UnctadStatMetadata/Classifications/Methodology&Classifications.html.

    Encadr 2

  • 49ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Classifications utilises dans le Rapport

    Ce Rapport tudie les variations des tendances migratoires selon la dfinition du Nord et du Sud qui est adopte.

    Le chapitre 2 utilise les trois dfinitions pour la plupart des analyses, et montre comment les tendances migratoires peuvent varier selon la dfinition du Nord et du Sud qui est utilise.

    Le chapitre 4, fond sur les donnes Gallup, utilise la classification propose par la Banque mondiale, qui dfinit le Nord comme tant compos des pays revenu lev et le Sud comme regroupant les pays revenu faible/moyen. La dfinition de la Banque mondiale a t choisie parce que lune des caractristiques intrinsques de la mobilit humaine est la qute de meilleures perspectives demploi. Tout au long de lhistoire, la migration de main doeuvre est reste le principal moteur de la migration internationale. Par consquent, la majorit des migrants se rendent dans des pays dont les carts salariaux sont plus levs savoir, des pays revenu par habitant lev16.

    Limitations et rserves

    Pour bien comprendre lanalyse des quatre axes migratoires prsents dans ce Rapport et les conclusions y affrentes, il convient de garder lesprit les lments suivants :

    Premirement, bien que le Rapport sefforce de mettre en vidence les caractristiques communes de chacun des quatre axes migratoires, il existe entre ceux-ci des diffrences prendre en considration qui seront signales.

    Deuximement, alors que chacun des quatre axes migratoires sera prsent comme un scnario autonome, il va de soi quils font tous partie intgrante du systme migratoire mondial et quils sont troitement lis entre eux (par exemple, des politiques de migration restrictives dans le Nord peuvent provoquer une intensification des flux irrguliers Sud-Nord, mais aussi une augmentation des mouvements Sud-Sud. Tout en dcrivant les principales caractristiques de chacun des quatre axes migratoires sparment, le Rapport souligne galement quelques-unes de leurs interactions possibles.

    Enfin, la description des quatre axes migratoires au chapitre 2 constitue un instantan de la situation en 2010. Etant donn que la Banque et le PNUD mondiale procdent chaque anne un nouveau classement des pays, la composition du Nord et du Sud change elle aussi. Pour comparer les chiffres de 2010 avec les donnes de 1990 et 2000, il faudrait ajuster la liste des pays, ce qui fausserait lanalyse.

    16 Les migrants se dplaant entre pays en dveloppement semblent tre davantage attirs par la possibilit de trouver un emploi plutt que par des carts salariaux levs (Gagnon, J. et D. Khoudour Castras, 2011). Les conomies enregistrant des taux de croissance levs peuvent donc sembler plus attrayantes que les conomies forte croissance mais stagnantes (voir aussi encadr 2).

  • Chapitre 1 Introduction 50

    Structure du Rapport

    Le chapitre 2 examine ltat actuel de la migration dans le monde, en comparant les schmas et caractristiques des mouvements migratoires, la dmographie, les types de migration et les rapatriements de fonds sur chacun des quatre axes migratoires : Nord-Nord, Nord-Sud, Sud-Nord et Sud-Sud.

    Le chapitre 3 passe en revue la recherche actuelle sur le domaine mergent du bonheur et du bien-tre subjectif, en soulignant limportance dintroduire des mesures subjectives dans les valuations du bien-tre et des incidences du dveloppement sur la vie humaine. Il traite des liens entre la migration, les gains de productivit et le bonheur.

    Le chapitre 4 prsente les conclusions initiales sur le bien-tre des migrants, partir du Gallup World Poll, en examinant les rsultats pour six dimensions essentielles du bien-tre, sur chacun des quatre axes migratoires.

    Le chapitre 5 tire des conclusions et formule des recommandations pour de futures initiatives visant surveiller le bien-tre des migrants et les effets de la migration sur le dveloppement, en voquant lintgration de la migration en tant quenjeu fondamental dans le cadre du dveloppement mondial pour laprs-2015.

    observations FinaLes

    Voix de migrants

    Pendant des annes, les dcideurs ont cherch dmler et mieux comprendre les liens entre la migration et le dveloppement. Ce Rapport offre une occasion unique dexaminer la question sous un angle nouveau. Le sondage Gallup demandait aux migrants sils avaient constat une volution positive dans leur nouvelle vie. Leurs rponses ont permis de savoir quels types de mouvements et dexpriences migratoires taient susceptibles de stimuler le dveloppement de lconomie et de la socit une fois les migrants rentrs dans leur pays. Le chapitre suivant prpare le terrain pour linterprtation de ces conclusions initiales, en montrant comment les schmas migratoires peuvent varier selon laxe migratoire emprunt et comment sont dfinis le Sud et le Nord .

    Subvenir aux besoins de la famille reste au pays : deux femmes sri-lankaises travaillant au Kowet (Sud-Nord)

    Dilini, garde de scurit

    Dilini, Sri-Lankaise ge de 30 ans qui travaille au Kowet depuis les 13 dernires annes, a quitt son pays dorigine lpoque o elle cherchait dsesprment du travail. Je suis comme bien dautres qui ont perdu leur logement cause des affrontements en cours , dit-elle. Son frre an, agent de police, a t bless lors des combats et ne pouvait plus marcher. Son pre tait trop g et sa sur trop jeune pour avoir un emploi stable. Loption qui me restait tait de trouver du travail en tant quemploye de maison quelque part dans les pays du Conseil de coopration du Golfe, si je voulais que ma

  • 51ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    famille survive et puisse vivre dans un autre logement , explique-t-elle. Elle tait dabord rticente lide de devenir garde de scurit poste qui nest pas encore courant pour les femmes au Kowet. Au dbut, ctait un peu embarrassant pour moi dtre garde de scurit dit-elle, mais par rapport lemploi que jai eu pendant 10 ans comme femme de mnage, mon poste actuel est nettement meilleur pour ma vie prive, mes horaires de travail et mes revenus .

    Cependant, la ralit au Kowet ne correspondait pas aux espoirs de Dilini : Les agences de placement dcrivent la vie ltranger comme un paradis o largent tombe du ciel, mais ce nest pas ce que jai trouv lorsque je suis arrive au Kowet , dit-elle. Jai d travailler pendant de si longues heures pour gagner 100 dollars par mois pour avoir assez dargent envoyer la maison. La tragdie a frapp Sri Lanka avec le tsunami de 2005 et Dilini a t force de prolonger son sjour au-del du contrat initial de deux ans. La maison que javais construite pour mettre ma famille labri des affrontements avec les Tamouls a t dtruite, mais cette fois par un tsunami , dit elle. Je continuais dire encore un an et puis je rentrerai la maison , mais les choses ne se sont pas passes ainsi . Elle tait aussi trs inquite lide de ne plus se sentir chez elle une fois rentre au pays. Elle ne pourrait pas se permettre Sri Lanka le genre de vie quelle menait au Kowet : Je sens que mme ma mentalit aujourdhui nest plus la mme que lorsque je vivais au pays . Elle a peur de vieillir sans se marier : Lorsque je ne travaillerai plus au Kowet, sera-t-il difficile pour moi de trouver un mari aimant ? .

    Shirmila, aide mnagre

    Je nai pas choisi de travailler ltranger mais, comme beaucoup au village, tant donn les faibles revenus et les affrontements incessants entre les Tamouls et le Gouvernement, je devais essayer les agences qui envoient les gens travailler ltranger pour avoir un meilleur revenu , dclare Shirmila, une femme sri-lankaise qui travaille maintenant comme employe de maison au Kowet. Le processus dadministration du voyage sest droul sans heurt et les principales difficults ont t la barrire de la langue et le fait que son mari rest la maison lui manquait. Jai eu beaucoup de chance car je travaillais pour une famille charmante dit-elle. Ils mont beaucoup aide rendre les choses plus faciles .

    Shirmila a eu un choc norme lorsquelle est retourne chez elle pour la premire fois aprs avoir t absente pendant sept ans.

    Elle se souvient : Jai frapp la porte de la maison de mes rves la maison que je construisais en envoyant mon mari chaque dollar que je pouvais pargner au Kowet et une inconnue a ouvert la porte et a dit quelle tait lpouse de mon mari ! Ma premire pense a t : je regrette davoir fait ce voyage et davoir eu ce contrat ltranger ; jai tout perdu . Toutefois,

  • Chapitre 1 Introduction 52

    aujourdhui elle est heureuse davoir pris la dcision de retourner au Kowet : Grce Dieu, jai dcid de revenir au Kowet et de ne pas renoncer uniquement cause de la maison et du mari que javais perdu .

    Aprs 24 ans, elle est toujours au Kowet et sest dbrouille pour que ses enfants la rejoignent et elle leur a trouv de bons emplois. Ils sont tout le temps avec moi , dit-elle, et nous sommes heureux dtre ensemble le week-end avec plusieurs autres membres de la communaut . De plus, elle a russi construire une maison Sri Lanka et assurer ses petits-enfants un bon niveau de vie.

  • OIM 2010 MPH0485 (Photo : Ray Leyesa)

  • Chapitre 2 Tendances migratoires:

    Comparaisondes quatre axes

    migratoires

    2Rudolf Anich, Tara Brian et Frank Laczko

  • 55ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Faits marQUantsLa plupart des mouvements migratoires ont lieu en direction du Nord, mais ils sont pratiquement quivalents aux migrations qui seffectuent vers le Sud17 phnomne nglig et probablement sous-estim, tant donn la difficult dobtenir des statistiques fiables.

    La plupart des migrants sont originaires de pays du Sud, en termes absolus, parce que la population de ces pays est plus importante. En termes relatifs, toutefois, les populations des pays du Nord ont davantage de probabilit de migrer.

    Pour chacun des quatre axes migratoires, les principaux couloirs de migration se prsentent comme suit :

    Nord-Nord : de lAllemagne vers les Etats-Unis, ensuite du Royaume-Uni vers lAustralie, et enfin du Canada, de la Rpublique de Core et du Royaume-Uni vers les Etats-Unis.

    Sud-Sud : de lUkraine vers la Fdration de Russie, ensuite de la Fdration de Russie vers lUkraine, du Bangladesh vers le Bhoutan, du Kazakhstan vers la Fdration de Russie, et de lAfghanistan vers le Pakistan.

    Sud-Nord : du Mexique vers les Etats-Unis, ensuite de la Turquie vers lAllemagne, et enfin de la Chine, des Philippines et de lInde vers les Etats-Unis.

    Nord-Sud : des Etats-Unis vers le Mexique et lAfrique du Sud, ensuite de lAllemagne vers la Turquie, du Portugal vers le Brsil, et de lItalie vers lArgentine.

    Plus de la moiti des vingt principaux couloirs de migration dans le monde sont emprunts par des populations qui migrent du Sud vers le Sud.

    La majorit des migrants sont de sexe masculin, sauf dans le cas de la migration Nord-Nord.

    Les migrants du Sud sont plus jeunes que ceux du Nord.

    La plupart des tudiants internationaux vont tudier au Nord.

    La plus grande partie de largent envoy par les migrants au pays ( fonds rapatris) va du Nord au Sud, bien que des flux importants existent entre pays du Sud.

    La migration Nord-Sud est une tendance de plus en plus importante mais nglige. Ces mouvements sont motivs par diverses raisons par exemple, pour explorer les dbouchs conomiques sur le march mondial, tudier, prendre sa retraite ltranger, ou (au sein de la diaspora) renouer avec leur pays dorigine.

    17 Le Rapport adopte la terminologie utilise dans le discours du dveloppement pour classer les pays en fonction de leur statut conomique. Ce point est examin en dtail au chapitre 1 mais, dune faon gnrale, le Nord dsigne les pays revenu lev et le Sud , les pays revenu faible et moyen.

    255

    ETAT DE LA MIGRATION DANS LE MONDE 2013

    Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

  • Ce chapitre vise deux grands objectifs :

    1. Exposer les tendances de la migration internationale et du dveloppement sous un clairage diffrent, en prsentant les donnes en fonction des quatre axes migratoires : Nord-Nord, Nord-Sud, Sud-Sud et Sud-Nord. En gnral, les dbats sur la migration et le dveloppement portent sur les tendances de la migration Sud-Nord (par exemple, une infirmire quittant la Turquie pour sinstaller en Allemagne) et, dans une certaine mesure, de la migration Sud-Sud (par exemple, un entrepreneur quittant lUkraine pour la Fdration de Russie). Ce Rapport fait valoir que lorsquun migrant va du Nord au Nord (par exemple, une infirmire quittant lAustralie pour se rendre au Royaume-Uni), ou du Nord au Sud (comme cest le cas lorsquun jeune ingnieur quitte les Etats-Unis pour lAfrique du Sud en qute de travail), cela a galement des incidences sur le dveloppement. Le prsent chapitre plante le contexte pour lanalyse du chapitre 4, en montrant comment le profil des migrants, ainsi que lampleur et le sens des mouvements varient selon les quatre axes migratoires.

    2. Etudier comment ces tendances varient selon la dfinition adopte pour le Sud et le Nord . Comme on la vu au chapitre 1, le Rapport compare les donnes laide des trois principales dfinitions du Nord et du Sud adoptes par le DAES-ONU, la Banque mondiale et le PNUD. Les chiffres sur la migration internationale vers le Nord et le Sud diffrent selon la dfinition utilise. Certains pays peuvent faire partie du Nord selon une classification donne, tout en tant regroups dans le Sud selon une autre. Les principaux pays qui constituent des cas limites sont la Fdration de Russie et les conomies en transition dEurope orientale, quelques pays du Conseil de coopration du Golfe (CCG) (tels que le Bahren, le Qatar et les Emirats arabes unis), quelques conomies mergentes dAsie (telles que Hong Kong (Chine), la Rpublique de Core et Singapour) et des pays des Carabes (comme la Barbade, les Bermudes, Porto Rico et Trinit-et-Tobago).

    Le prsent chapitre fournira un instantan de la situation un moment donn (2010), plutt quune analyse de lvolution dans le temps, tant donn que les pays sont reclasss annuellement dans la plupart des systmes de classement18 et que la composition du Nord et du Sud change donc chaque anne. En outre, les dfinitions ou les mthodologies utilises par ces systmes sont galement variables, ce qui rend toute comparaison longitudinale prcise impossible. Ce chapitre fournit donc des statistiques essentielles sur la migration pour chacun des quatre axes migratoires en 2010.

    18 Le PNUD et la Banque mondiale procdent une reclassification annuelle des pays en termes dIDH et de RNB par habitant. Ces ajustements donnent une image plus prcise de ltat actuel du dveloppement mais cela signifie que les chiffres ne sont pas facilement comparables, au fil du temps. En revanche, la dfinition du DAES de lONU nest pas lie un indice ou un indicateur rgulirement mis jour. Les pays dfinis comme faisant partie du Nord ou du Sud sont rests peu prs les mmes au cours des dernires dcennies, ce qui signifie que les donnes peuvent tre directement compares, mais le systme de classification peut faire en sorte quun pays donn continue tre dsign comme tant du Nord ou du Sud , mme si son tat de dveloppement a considrablement chang avec le temps.

  • 57ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Les quatre axes migratoires

    Les mouvements Sud-Nord et Sud-Sud reprsentent les deux principaux flux migratoires dans les trois systmes de classification (voir figure 1 et tableau 2).

    Selon la classification utilise par la Banque mondiale, en 2010, les mouvements de population Sud-Nord ont reprsent le flux migratoire le plus important (45 % du total), suivis des mouvements Sud-Sud (35 %), Nord-Nord (17 %) et Nord-Sud (3 %) (voir tableau 2).

    Population de migrants internationaux (en milliers) et part de la population mondiale de migrants sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010

    S-N N-N S-S N-SPopulation (milliers)

    % Population (milliers)

    %Population (milliers)

    %Population (milliers)

    %

    DAES-ONU 74 297 35 53 464 25 73 158 34 13 279 6

    Banque mondiale 95 091 45 36 710 17 75 355 35 7 044 3PNUD 86 873 41 32 757 15 87 159 41 7 410 3

    Source : Calculs de lOIM, sur la base du DAES-ONU, 2012b.

    Population de migrants internationaux (en millions), sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010

    DAES-ONU Banque mondiale PNUD

    N-S

    S-S

    N-N

    S-N

    Source : Calculs de lOIM, sur la base du DAES-ONU, 2012b.

    La diffrence entre les classifications utilises devient plus intressante si lon tient compte la fois de lorigine et de la destination des migrants internationaux sur les quatre axes migratoires.

    Par exemple, pour la migration Nord-Nord, les valeurs du DAES-ONU sont presque deux fois plus leves que celles obtenues lorsquon utilise la dfinition du PNUD (par exemple, 25 % et 15 %, respectivement, en ce qui concerne la part de la population mondiale de migrants).

    prinCipaLes statistiQUes

    mondiaLes

    Tableau 2

    Figure 1

  • Chapitre 2 Tendances migratoires :

    Comparaison des quatreaxes migratoires 58

    Lampleur des mouvements migratoires Nord-Sud passe de 13 millions, sur la base des chiffres du DAES-ONU, 7 millions, selon les dfinitions du PNUD et de la Banque mondiale.

    Les chiffres concernant les migrants Sud-Sud varient aussi considrablement passant de 87 millions, selon les chiffres du PNUD, 75 et 73 millions, respectivement, selon les dfinitions de la Banque mondiale et du DAES-ONU.

    En ce qui concerne la migration Sud-Nord, la Banque mondiale situe 95 millions le nombre de personnes sur cet axe, contre 87 millions selon le PNUD, et 74 millions pour le DAES-ONU.

    Selon les trois dfinitions, la majorit des migrants vivent au Nord, avec des valeurs comprises entre 56 et 62 % (voir tableau 3)19.

    Population de migrants internationaux (en milliers) et part de la population mondiale des migrants vivant au Nord et au Sud, selon les trois principales classifications, 2010

    Vers le Nord Vers le SudPopulation(en milliers)

    % Population(en milliers)

    %

    DAES-ONU 127 762 60 86 438 40

    Banque mondiale 131 800 62 82 399 38PNUD 119 630 56 94 569 44

    Source : Calculs de lOIM, sur la nase du DAES-ONU, 2012b.

    Les flux Sud-Nord ont augment le plus fortement ces vingt dernires annes.

    Si lon examine lvolution du nombre de migrants au fil du temps, on constate que la migration Sud-Nord sera probablement de plus en plus importante (UNGAOR, 2012), mme si les flux Sud-Sud, qui risquent bien davantage dtre sous-enregistrs, pourraient bien constituer laxe dominant ou, du moins, tre aussi importants que les flux Sud-Nord.

    Alors que la migration Nord-Sud est demeure stable ces 20 dernires annes et que les flux Sud-Sud et Nord-Nord ont augment de moins dun tiers, selon une source, la migration Sud-Nord semble avoir doubl durant cette priode (voir figure 2).

    Il importe nanmoins de garder lesprit que, dans le cas de la migration Sud-Sud, les mouvements informels sont probablement plus courants et, par consquent, les mouvements non enregistrs qui ne sont pas reflts dans les chiffres ci-dessous sont probablement beaucoup plus levs. Les capacits de collecte de donnes dans le Sud sont galement beaucoup plus limites.

    19 A titre de comparaison, selon la nouvelle version de la Base de donnes sur les immigrants dans les pays de lOCDE (DIOC-E - version 2.0, qui comprend 89 pays de destination, dont 61 se trouvent hors de la zone OCDE qui couvre 72 % des migrants mondiaux), 68 % de lensemble des migrants vivent au Nord (cest--dire les pays de lOCDE) et 32 % vivent au Sud (cest--dire non-membres de lOCDE) (Dumont et al., 2010).

    Tableau 3

  • 59ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Evolution des populations de migrants (en millions) sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 1990-2010

    DAES-ONU

    N-N N-S S-S S-N

    Banque mondiale

    N-N N-S S-S S-N

    PNUD

    N-N N-S S-S S-N

    Source : Calculs de lOIM, sur la base du DAES-ONU, 2012b. Note : Les calculs ont t effectus en maintenant stables les classifications des pays (cest--dire que

    les classifications pour 2010 ont galement t utilises pour les chiffres de 1990). Toutefois, la classification de 1990 de la Banque mondiale a rvl les mmes tendances, la migration Sud-Sud tant mme en diminution au cours de la priode 1990 2010. La classification du DAES-ONU a peine chang, tandis que pour le PNUD, il nexistait pas de catgorie IDH trs lev en 1990.

    Figure 2

  • Chapitre 2 Tendances migratoires :

    Comparaison des quatreaxes migratoires 60

    Origine des migrants

    En termes absolus, la majorit des migrants internationaux sont originaires du Sud, ce qui nest pas surprenant tant donn que la population est beaucoup plus importante au Sud quau Nord.

    Les valeurs sont comprises entre 147 et 174 millions de migrants (ce qui quivaut 69 % et 81 %, respectivement, de la population migrante mondiale) ns dans des pays en dveloppement (voir tableau 4).

    Autrement dit, trois migrants sur quatre ont une probabilit dtre originaires du Sud, selon la classification de la Banque mondiale et le PNUD, et deux sur trois selon la classification du DAES-ONU.

    Population de migrants internationaux (en milliers) et part de la population mondiale de migrants originaires du Nord et du Sud, selon les trois principales classifications, 2010

    Du Nord Du SudPopulation (en milliers)

    %Population (en milliers)

    %

    DAES 66 744 31 147 456 69

    Banque mondiale 43 753 20 170 446 80

    PNUD 40 167 19 174 032 81

    Source : Calculs de lOIM, sur la base du DAES-ONU, 2012b.

    Toutefois, toutes proportions gardes, les personnes originaires du Nord ont plus de chances de migrer que celles venant du Sud.

    Cela est important dans le contexte du dbat sur la migration et le dveloppement. On considre gnralement que la migration est motive par la qute dune vie meilleure chez des personnes vivant dans des pays pauvres, labsence de dveloppement dans ces pays agissant comme un facteur dattraction . Il est suppos que si le dveloppement augmentait, la migration diminuerait. En fait, les personnes qui vivent dj dans un pays dvelopp ont tout autant de chances de migrer que celles vivant dans des pays en dveloppement.

    De Haas (2010) a constat une relation en forme de U renvers entre le niveau de dveloppement humain et les schmas migratoires, qui porte croire que le nombre de personnes quittant un pays ne commence baisser que lorsquun niveau de dveloppement humain lev est atteint dans le pays dorigine. Cela signifie que le nombre de migrants continue daugmenter mme si le niveau de dveloppement humain augmente, et que les pays niveau de dveloppement humain lev peuvent avoir autant dmigrs que ceux dont le niveau est faible.

    Si lon compare le nombre total de migrants la population totale rsidant au Sud et au Nord, respectivement, limportance de la mobilit humaine dans le Nord devient plus vidente. Si le nombre absolu de migrants est plus lev au Sud, les personnes vivant au Nord sont, quant elles, plus mobiles et reprsentent donc une part plus importante de la population totale qui en est originaire.

    En fait, selon les trois classifications, dans le Nord, les migrants reprsentent un pourcentage plus lev de la population totale (entre 3,6 % et 5,2 %) que dans le Sud (moins de 3 %) (voir tableau 5 ci-aprs).

    Tableau 4

  • 61ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    En dautres termes, le nombre total de migrants originaires du Sud est plus lev que celui des migrants venant du Nord, mais les migrants reprsentent un pourcentage plus faible par rapport la population du pays dorigine vivant au Sud et au Nord, respectivement.

    Destination des migrants

    Une valuation de la migration internationale sur les quatre axes migratoires rvle limportance du Sud en tant que destination pour les migrants.

    Elle met en vidence le poids des mouvements Sud-Sud et nous rappelle quun nombre considrable de personnes (entre 7 et 13 millions) migrent galement du Nord vers le Sud. De fait, plusieurs lments incitent croire que cette tendance est en hausse (voir plus loin dans ce chapitre pour plus de dtails).

    Toutefois, si lon compare le nombre dimmigrants la population totale vivant au Sud et au Nord, le tableau nest plus le mme. Dans toutes les classifications, les migrants internationaux originaires du Sud reprsentent moins de 2 % de la population totale tandis que dans le Nord, leur nombre est compris entre 10 et 12 % (voir le tableau 5). Cette diffrence sexplique en partie par lexplosion dmographique dans de nombreux pays en dveloppement et par la baisse du taux de natalit dans les pays plus dvelopps au cours des dernires dcennies.

    Immigrants et migrants en pourcentage de la population totale au Nord et au Sud, selon les trois principales classifications, 2010

    Nord Sud

    Population(en millions)

    Immigrants(en % de la

    pop.)

    Emigrants(en % de la

    pop.)

    Population(en millions)

    Immigrants(en % de la

    pop.)

    Emigrants(en % de la

    pop.)

    DAES-ONU 1 237 11,3 5,2 5 671 1,52 2,5

    Banque mondiale 1 100 12,0 3,8 5 807 1,41 2,9

    PNUD 1 056 10,3 3,6 5 852 1,61 2,9

    Source : Calculs de lOIM, sur la base du DAES-ONU, 2011a et 2012b.

    Principaux couloirs de migration dans le monde

    Plus de la moiti des vingt principaux couloirs de migration dans le monde (cest--dire, ceux emprunts par le plus grand nombre de migrants entre deux pays) sont situs le long de laxe Sud-Sud, et les Etats-Unis sont la principale destination des migrants du Nord comme du Sud (voir carte 2).

    Les couloirs Sud-Sud sont essentiellement emprunts par des migrants allant de la Fdration de Russie vers lUkraine et le Kazakhstan et vice versa. Dautres couloirs importants partent du Bangladesh vers l'Inde ; de lAfghanistan vers le Pakistan et lIran ; et de lInde vers le Pakistan et vice versa ; et de lIndonsie vers la Malaisie.

    Tableau 5

  • Chapitre 2 Tendances migratoires :

    Comparaison des quatreaxes migratoires 62

    Lunique couloir du continent africain parmi les 20 principaux couloirs part du Burkina Faso en direction de la Cte dIvoire.

    Les Etats-Unis sont la principale destination des grands couloirs de migration dans le cas des flux Nord-Nord et Sud-Nord (voir tableau 6). Les migrants quittant le Mexique pour se rendre aux Etats-Unis viennent en tte, reprsentant eux seuls prs de 6 % de la population mondiale de migrants. Dautres grands pays dorigine comprennent la Chine, lInde et les Philippines, dans le Sud, et le Canada, lAllemagne et la Rpublique de Core, dans le Nord.

    Un nombre important de nationaux quittent galement le Royaume-Uni pour se rendre en Australie.

    Aucun des 20 principaux couloirs nest orient du Nord vers le Sud (voir la carte 2). Toutefois, un nombre important de migrants a t enregistr le long de cet axe, avec des ressortissants des Etats-Unis se rendant au Mexique et, plus surprenant, en Afrique du Sud ; des Allemands se rendant en Turquie ; et des Portugais se rendant au Brsil. Certains de ces mouvements sont dus, entre autres, aux dparts la retraite et la hausse du chmage dans le Nord (comme on le verra plus loin dans ce chapitre).

  • 63ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Les 20 principaux couloirs de migration dans le monde (population migrante, en milliers), selon la classification de la Banque mondiale, 2010

    Source : Calculs de lOIM, sur la base du DAES-ONU, 2012b.Notes : 1) Les frontires et les noms ainsi que les dsignations sur cette carte nimpliquent ni

    reconnaissance ni acceptation officielle de la part de lOrganisation internationale pour les migrations (OIM). Les lignes pointilles dsignent les frontires administratives, les frontires indtermines et les cas o la frontire dfinitive nest pas encore dtermine.

    2) Quatre couloirs de migration sont exclus de ce classement: de la Chine vers Hong Kong (Chine) (8e rang) ; les mouvements entre les territoires palestiniens occups (11e rang) ; des territoires palestiniens occups vers la Jordanie (13e rang) et de Porto Rico vers les Etats-Unis (14e rang).

    Carte 2

    Nor

    d

    Sud

  • Chapitre 2 Tendances migratoires :

    Comparaison des quatreaxes migratoires 64

    Les cinq principaux couloirs de migration le long de chacun des quatre axes migratoires, selon la classification de la Banque mondiale, 2010

    S-N Origine DestinationNombre de

    migrants

    % du nombre total de

    migrants S-N

    1 Mexique Etats-Unis 12 189 158 12,8 2 Turquie Allemagne 2 819 326 3,03 Chine Etats-Unis 1 956 523 2,1

    4 Philippines Etats-Unis 1 850 967 1,9

    5 Inde Etats-Unis 1 556 641 0,7

    N-N Origine DestinationNombre de

    migrants

    % du nombre total de

    migrants N-N

    1 Allemagne Etats-Unis 1 283 108 4,02 Royaume-Uni Australie 1 097 893 3,53 Canada Etats-Unis 1 037 187 3,04 Core (Rpublique de) Etats-Unis 1 030 561 2,8

    5 Royaume Uni Etats-Unis 901 916 2,5

    S-S Origine DestinationNombre de

    migrants

    % du nombre total de

    migrants S-S

    1 Ukraine Fdration de Russie 3 662 722 4,92 Fdration de Russie Ukraine 3 524 669 4,73 Bangladesh Inde 3 190 769 4,2

    4 Kazakhstan Fdration de Russie 2 648 316 3,5

    5 Afghanistan Pakistan 2 413 395 3,2

    N-S Origine DestinationNombre de

    migrants

    % du nombre total de

    migrants N-S

    1 Etats-Unis Mexique 563 315 7,82 Allemagne Turquie 306 459 4,33 Etats-Unis Afrique du Sud 252 311 3,5

    4 Portugal Brsil 222 148 3,1

    5 Italie Argentine 198 319 2,8

    Source : Calculs de lOIM, sur la base du DAES-ONU, 2012b.Note : Deux flux migratoires sont exclus de ce classement : de la Chine vers Hong Kong (Chine) (classs

    troisime dans Sud-Nord), et les mouvements de Porto Rico vers les Etats-Unis (classs premier dans Nord-Nord).

    Tableau 6

  • 65ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Principaux pays dorigine et de destination des migrants

    Les principaux pays dorigine et de destination des migrants dans le monde sont les Etats-Unis, la Fdration de Russie, lUkraine et lInde, mais il existe aussi dautres tendances notables (voir figure 3 et carte 2).

    Les Etats membres de lUnion europenne, tels que lAllemagne, lItalie, la Pologne et le Royaume-Uni, sont les principaux pays dorigine dans le contexte Nord-Nord.

    Les Etats-Unis attirent de nombreuses autres nationalits (du Canada, de la Chine, du Mexique, de Porto Rico, des Philippines et de la Rpublique de Core), reprsentant la principale destination tant pour la migration Sud-Nord que pour les flux Nord-Nord (et accueillent, respectivement, 35 % et 27 % de la totalit des migrants pour chacun des deux flux migratoires).

    Les Etats-Unis sont aussi le principal pays dorigine de la migration Nord-Sud (en particulier vers le Mexique et lAfrique du Sud).

    Pour les flux migratoires Sud-Sud, des pays tels que la Fdration de Russie, lUkraine et lInde constituent dimportants pays dorigine et de destination la fois.

    Les principaux pays dorigine et daccueil des flux Sud-Sud sont, respectivement, lAfghanistan et le Bangladesh, et le Kazakhstan et le Pakistan, entre autres.

    En ce qui concerne les migrants en pourcentage de la population totale, les pays dont la population totale est moins importante tendent se classer en tte.

    Il convient de noter quil existe une proportion leve dimmigrants dans la population des pays de destination dans le cas de la migration Sud-Nord en particulier dans certains pays du Conseil de coopration du Golfe (86 % pour le Qatar, 68 % pour les Emirats arabes unis, et 66 % pour le Kowet).

    Fait intressant, de nombreux pays o les migrants reprsentent une part particulirement importante de la population totale appartiennent au monde Nord-Nord. Dans quelques pays des Carabes revenu lev, comme la Barbade, les migrants qui gagnent un autre pays du Nord reprsentent 39 % de la population totale ; Porto Rico et Trinit-et-Tobago, ils reprsentent 37 % et 25%, respectivement ; et dans certains Etats membres de lUnion europenne, ils reprsentent galement une proportion importante (Malte 23 %, Portugal 18 %, Croatie et Irlande 15 %).

  • Chapitre 2 Tendances migratoires :

    Comparaison des quatreaxes migratoires 66

    Les cinq principaux pays de destination et dorigine, le long des quatre axes migratoires (migrants en milliers et en pourcentage de la population migrante totale, le long de chacun des axes migratoires), selon la classification de la Banque mondiale, 2010

    Source : Calculs de lOIM, sur la base du DAES-ONU, 2012b.Note : Sont exclus ici : dans la catgorie Sud-Sud principal pays dorigine , la Palestine, qui se

    classe au deuxime rang ; dans la catgorie Sud-Sud principaux pays de destination , la Jordanie, qui se classe cinquime et qui accueille essentiellement des migrants des territoires palestiniens occups.

    Figure 3

    Mexique

    Inde

    Chine

    Philippines

    Turquie

    Etats-Unis

    Arabie saoudite

    Allemagne

    Espagne

    Italie

    Principaux pays

    dorigineS-N

    Principauxpays de

    destinationS-N

    Royaume-Uni

    Allemagne

    Italie

    Pologne

    Rp. de Core

    Etats-Unis

    Allemagne

    Canada

    France

    Australie

    Principaux pays

    dorigineN-N

    Principauxpays de

    destinationN-N

    Fderation de Russie

    Ukraine

    Afghanistan

    Bangladesh

    Inde

    Fderation de Russie

    Inde

    Ukraine

    Pakistan

    Kazakhstan

    Principaux pays

    dorigineS-S

    Principauxpays de

    destinationS-S

    Mexique

    Turquie

    Afriquedu Sud

    Brsil

    Fderation de Russie

    Etats-Unis

    Allemagne

    Royaume-Uni

    Italie

    France

    Principaux pays

    dorigineN-S

    Principauxpays de

    destinationN-S

  • 67ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Migration et sexe

    La majorit des migrants sont des hommes, sauf pour la migration Nord-Nord, o les femmes sont majoritaires.

    On a constat quen pourcentage de la population migrante totale pour chacun des quatre axes migratoires, les femmes sont majoritaires uniquement dans le cas de la migration Nord-Nord. Cette constatation est systmatique, indpendamment du type de classification utilis (voir figure 4).

    Dans tous les autres flux migratoires, les femmes migrantes sont moins nombreuses que les hommes ( lexception de celles qui migrent du Nord vers le Sud, selon la classification du DAES-ONU, et du Sud vers le Sud, selon la classification de la Banque mondiale).

    Conformment aux chiffres sur la population totale de migrants, la plupart des femmes ont davantage tendance migrer du Sud vers le Nord, et un nombre lgrement infrieur dentre elles vers le Sud (voir figure 5).

    Environ 60 % de lensemble des femmes migrantes vivent, comme les migrants de sexe masculin, au Nord, et environ 10 % dentre elles sont des migrantes internationales.

    Les femmes migrantes en pourcentage de la population migrante totale sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010

    DAES Banque mondiale PNUD

    S-N N-N S-S N-S

    Source : Calculs de lOIM, sur la base du DAES-ONU, 2012b.

    Les femmes migrantes en pourcentage de la population totale de femmes qui migrent sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010

    DAES Banque mondiale PNUD

    S-N

    N-N

    S-S

    N-S

    Source : Calculs de lOIM, sur la base du DAES-ONU, 2012b.

    Figure 4

    Figure 5

  • Chapitre 2 Tendances migratoires :

    Comparaison des quatreaxes migratoires 68

    Migration et ge

    Les migrants internationaux dans le Sud sont, en moyenne, plus jeunes que ceux dans le Nord.

    Le pourcentage de migrants gs de moins de 24 ans est beaucoup plus lev au Sud quau Nord (voir figure 6).

    La prsence de migrants dans le Nord est plus importante au sein des groupes de population en ge de travailler (en particulier parmi les 25 49 ans), ce qui devient particulirement vident si lon compare les migrants la population totale (voir figure 7).

    Enfin, dans le Sud, on a constat que les migrants reprsentent une part plus importante des groupes dge avanc, par rapport aux nationaux (voir figure 7). Cela est particulirement vrai pour les femmes migrantes peut-tre en raison dun bon niveau de vie, qui persuade de rester, ou de difficults retourner dans leur pays. Cela peut galement reflter en partie le phnomne croissant de la migration de retraits du Nord vers le Sud (voir la fin de ce chapitre pour plus de dtails).

    Migrants par groupe dge et sexe dans le Nord et le Sud, selon la classification de la Banque mondiale, 2010

    Hommes dans le Nord

    Femmes dans le Nord

    Hommes dans le Sud

    Femmes dans le Sud

    Source : Calculs de lOIM, sur la base du DAES-ONU, 2011a.

    Figure 6

  • 69ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Population totale et migrants par groupe dge au Nord et au Sud, selon la classification de la Banque mondiale, 2010

    Population au Sud Migrants au Sud

    Population au Nord Migrants au Nord

    Source : Calculs OIM, sur la base du DAES-ONU, 2011a.Note : Les donnes excluent les pays ou rgions de moins de 100 000 habitants en 2010, en raison de

    labsence de donnes ventiles.

    Figure 7

  • Chapitre 2 Tendances migratoires :

    Comparaison des quatreaxes migratoires 70

    Migration et comptences professionnelles

    Dans leur grande majorit, les migrants sont peu qualifis, bien que des informations fiables mises jour fassent grandement dfaut, en particulier pour les pays du Sud.

    Les donnes recueillies par la DIOC-E20 font ressortir que la migration concerne majoritairement des travailleurs peu qualifis, tant dans le Nord que dans le Sud2 1 : 44 % des migrants sont peu qualifis, 33 % ont des comptences de niveau intermdiaire, et seuls 22 % sont hautement qualifis (Dumont et al., 2010).

    La migration des travailleurs peu qualifis est probablement plus importante dans le contexte Sud-Sud, caractris par des mouvements informels et moins coteux vers des pays voisins, si bien quelle est accessible des tranches plus importantes et moins duques de la population (FMMD, 2012).

    Dans toutes les rgions du monde, les taux dmigration tertiaire22 sont suprieurs au taux dmigration totale dans toutes les rgions du monde23. Les estimations de lOCDE montrent que, dans le Nord, 24 % de lensemble des migrants ont achev des tudes suprieures, contre 15 % seulement des migrants dans le Sud (Dumont et al., 2010)24. Toutefois, des destinations attrayantes pour les migrants hautement qualifis existent galement dans le Sud par exemple, dans certains pays du Conseil de coopration du Golfe, en Malaisie et en Afrique du Sud (FMMD, 2012).

    Rfugis

    Contrairement la perception du public, la majorit des rfugis sont non seulement originaires du Sud, mais ils y vivent aussi.

    En 2010, selon la classification de la Banque mondiale, quatre rfugis sur cinq taient ns et vivaient au Sud (81 % du nombre mondial de rfugis).

    Le Nord accueille moins dun rfugi sur cinq, mais gnre galement un nombre beaucoup plus limit de rfugis (moins de 1 % de la population mondiale) (voir tableau 7). La plupart dentre eux sont des Croates vivant dans dautres Etats de lex Yougoslavie surtout en Serbie.

    Ces constatations sont confirmes ds lors que les rfugis sont considrs en pourcentage de la population migrante totale sur chacun des quatre axes migratoires: les rfugis ne reprsentent une proportion significative des migrants, cest--dire plus de 10 % de lensemble des migrants, que dans le contexte Sud-Sud.

    20 La nouvelle version de la base de donnes sur les immigrants dans les pays de lOCDE (DIOC-E version 2.0) couvre 89 pays de destination (dont 61 sont situs hors de la zone OCDE) et comprend environ 110 millions de migrants.

    21 Le Nord et le Sud sont dfinis comme des pays OCDE et non-OCDE, respectivement, et non selon la classification de la Banque mondiale utilise plus haut dans cette section.

    22 Population dmigrants dun pays donn ayant obtenu (au moins) un diplme de lenseignement suprieur (13 ans ou plus) exprime en pourcentage de la population active totale ayant bnfici dune ducation tertiaire dans ce pays.

    23 Cela est particulirement vrai pour lAfrique, o le taux dmigration des migrants hautement qualifis (10,6 % dans le monde et 9,7 % pour les pays OCDE) est le double de celui estim pour dautres rgions (5,4 % et 4,3 %, respectivement) (Dumont et al. 2010).

    24 Le Nord et le Sud dsignent des pays OCDE et non-OCDE, respectivement, et ne sont pas dfinis selon la classification de la Banque mondiale utilise auparavant dans cette section.

  • 71ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Nombre de rfugis (en milliers), part de la population mondiale de rfugis, et part de la population migrante sur chacun des quatre axes migratoires, selon la classification de la Banque mondiale, 2010

    S-N N-N S-S N-S

    Population (en milliers) 1 756 19 7 939 61

    % de la pop. mondiale de rfugis 18 0,2 81,2 0,6

    % de lensemble des migrants (sur chaque axe) 1,8 0,1 10,5 0,9

    Source : Calculs propres, fonds sur la base de donnes statistiques en ligne sur la population du HCR. Note : Les donnes ne comprennent pas les apatrides (estims environ 12 millions de personnes

    la fin de 2010), les rfugis palestiniens rsidant dans les zones dintervention de lOffice de secours et de travaux des Nations Unies pour les rfugis de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) (4,8 millions), et les personnes se trouvant dans une situation assimilable celle dun rfugi (environ 775 000). Pour plus de dtails, voir www.unhcr.org/pages/49c3646c4d6.html.

    Etudiants internationaux

    La plupart des tudiants internationaux frquentent des tablissements denseignement dans le Nord25.

    Au cours de lanne acadmique 2009-2010, quatre tudiants internationaux sur cinq26 vivaient dans le Nord, selon la classification de la Banque mondiale.

    Aujourdhui, plus de la moiti des tudiants internationaux sont originaires du Sud et tudient dans le Nord (voir tableau 8). Prs dun tiers dentre eux sont des tudiants Nord-Nord, essentiellement en raison des possibilits dtudes en Europe, telles que le Programme Erasmus de lUE27.

    Le chiffre pour les tudiants Sud-Sud est nettement infrieur (seulement 18 %), alors mme que les migrants Sud-Sud reprsentent 35 % de la population migrante mondiale.

    Les possibilits dtudes dans le Nord peuvent, en effet, tre plus attrayantes, en raison de la qualit, du prestige et de la rputation des tablissements denseignement, et de la plus grande disponibilit demplois temps partiel. Toutefois, des ples dtudes rgionaux existent galement au Sud par exemple, plus de la moiti des tudiants internationaux originaires de pays appartenant la Communaut de dveloppement de lAfrique australe (SADC) dcident dtudier dans la rgion, plus prcisment en Afrique du Sud. Les pays de la SADC viennent en tte, lchelle mondiale, sous langle du ratio de la mobilit des tudiants de lenseignement suprieur en direction des pays trangers (UNESCO, 2012)28.

    25 Les calculs sont bass sur les donnes de pays bilatrales disponibles concernant la mobilit des tudiants internationaux, qui ne sont pas disponibles pour tous les tudiants migrants. Le Global Education Digest 2011, labor par lUNESCO, fait tat dun nombre total de 3 369 244 tudiants mobiles internes pour 2009/2010 ; toutefois, ce chiffre nest pas ventil selon le pays dorigine et de destination. Une ventilation dtaille par pays dorigine est disponible dans la base de donnes en ligne de lInstitut de statistique de lUNESCO (UIS), mais elle ne comprend quenviron un tiers de la population mondiale dtudiants mobiles internationaux (cest--dire un peu plus dun million). Ces calculs ne reprsentent donc quune approximation de la rpartition totale des tudiants entre les quatre axes migratoires dfinis par le Rapport 2013. Pour de plus amples informations, voir : www.uis.unesco.org/Pages/default.aspx et www.uis.unesco.org/Education/Pages/ged-2011.aspx.

    26 LUIS dfinit les tudiants mobiles internationaux comme ceux tudiant dans un pays tranger dont ils ne sont pas rsidents permanents (UNESCO, 2009).

    27 En 2009/2010, le nombre dtudiants Erasmus lui seul dpassait 200 000 ; voir : http://ec.europa.eu/education/pub/pdf/higher/erasmus0910_en.pdf.

    28 Le nombre dtudiants dun pays donn tudiant ltranger, exprim en pourcentage du taux dinscription dans lenseignement suprieur dans le pays.

    Tableau 7

  • Chapitre 2 Tendances migratoires :

    Comparaison des quatreaxes migratoires 72

    Enfin, il convient de noter que ces donnes relatives aux flux bilatraux ne rendent pas compte de la totalit de la population dtudiants mobiles dans le monde (voir note de bas de page 25), et que les chiffres sur les tudiants dans le Sud risquent dtre sous enregistrs.

    Population dtudiants internationaux (en milliers) sur les quatre axes migratoires, selon la classification de la Banque mondiale, 2009-2010

    S-N N-N S-S N-S

    Population dtudiants internationaux 535,694 297,102 191,739 17,031

    % de la population mondiale dtudiants 51 29 18 2

    Source : Calculs de lOIM bass sur lUNESCO ; donnes de lInstitut de statistique (UIS) consultes en septembre 2012.

    Note : Les chiffres repris dans ce calcul ne reprsentent quun tiers environ du nombre total des tudiants internationaux mobiles. Ils ne sont, ds lors, quune approximation de la rpartition totale entre les quatre axes migratoires.

    Principaux schmas de rapatriements de fonds

    Les flux de rapatriements de fonds officiellement enregistrs montrent que la plus grande partie dentre eux suivent laxe Nord-Sud, mais que les flux Sud-Sud sont galement importants. Deux tiers des rapatriements de fonds reus par les pays les moins avancs (PMA)29 proviennent du Sud (CNUCED, 2012).

    Cette constatation montre que la plupart des mouvements sont effectus du Sud vers le Nord et, par consquent, que la majorit des rapatriements de fonds sont expdis du Nord vers le Sud : en 2010, ces mouvements reprsentaient prs des deux tiers de lensemble des fonds rapatris (267 milliards de dollars E.-U.), selon la classification de la Banque mondiale ; plus de la moiti du total (242 milliards de dollars E.-U.) selon le PNUD ; et plus de 40 % (185 milliards de dollars E.-U.) selon la classification du DAES-ONU (voir figure 8).

    Cette situation est galement le rsultat dcarts salariaux plus importants dans le contexte Sud-Nord, et de cots de transfert plus levs entre pays du Sud.

    Cependant, lon estime galement que le montant des rapatriements de fonds non recenss empruntant des circuits parallles est particulirement lev dans le contexte Sud-Sud (Ratha et Shaw, 2010).

    Selon la classification de la Banque mondiale, la part des rapatriements de fonds Sud-Sud est particulirement faible, tant donn que les fonds rapatris depuis des pays revenu lev dans lhmisphre Sud (tels que ceux provenant des pays du CCG vers lAsie) nont pas t pris en compte.

    29 Les PMA sont dfinis par le Conseil conomique et social des Nations Unies sur la base de trois critres : revenus faibles, faiblesse des ressources humaines et vulnrabilit conomique. Plus de dtails sont disponibles ladresse : www.un.org/special-rep/ohrlls/ldc/ldc%20criteria.htm.

    Tableau 8

  • 73ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Comparaison des flux de rapatriements de fonds (en milliards de dollars E.-U.) le long des quatre axes migratoires

    N-S(rapatriements S-N)

    S-N(rapatriements N-S)

    S-S

    N-N

    DAES Banque mondiale PNUD

    Source : Calculs de lOIM bass sur la Banque mondiale, 2010. Notes : 1) Les pays et territoires suivants sont exclus faute de donnes : Aruba, Polynsie franaise,

    Macao (Chine), Antilles nerlandaises, Nouvelle-Caldonie, Cisjordanie et Gaza. 2) Faute de donnes ventiles, les chiffres du DAES-ONU incluent Saint-Pierre-et-Miquelon

    dans le Sud, alors que ce territoire est class par le DAES dans le Nord.

    Les migrants Sud-Nord rapatrient proportionnellement plus de fonds que les autres types de migrants.

    Selon les trois principales classifications, alors que les migrants Sud-Nord reprsentent 35 45 % de lensemble des migrants, ils envoient entre 43 et 62 % de lensemble des fonds rapatris. On observe le mme phnomne parmi les migrants Nord-Nord, bien que dans une moindre mesure (voir tableau 9).

    Ces chiffres montrent que les migrants qui vivent dans le Nord rapatrient plus de fonds que leurs homologues du Sud. Cela est particulirement vrai si on les compare avec les migrants Sud-Sud qui, bien que reprsentant plus dun tiers de la population migrante mondiale, ne rapatrient quun quart de lensemble des fonds voire moins.

    Il est intressant de noter que ces rsultats sont diffrents si lon sintresse uniquement aux rapatriements de fonds effectus en direction des PMA, dont les deux tiers proviennent de pays du Sud, selon la Confrence des Nations sur le commerce et le dveloppement (CNUCED, 2012). Cela sexplique par le fait que les migrants originaires des PMA se rendent dans dautres pays en dveloppement, et que seulement un sur quatre migre vers un pays dvelopp30.

    Comme mentionn plus haut, ces rsultats sexpliquent en partie par les diffrences entre les cots de transfert, les carts de salaire, et les flux de rapatriements de fonds non recenss.

    30 Pour plus dinformations, voir http://unctad.org/en/docs/ldc2011_en.pdf.

    Figure 8

  • Chapitre 2 Tendances migratoires :

    Comparaison des quatreaxes migratoires 74

    Comparaison des populations de migrants et des volumes de fonds rapatris sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010

    (fonds rapatris N-S)

    N-N S-S(fonds rapatris

    S-N)

    DAES

    Migrants en % de la population migrante mondiale

    35 25 34 6

    % des fonds rapatris dans le monde

    43 27 26 4

    Banque mondiale

    Migrants en % de la population migrante mondiale

    45 17 35 3

    % des fonds rapatris dans le monde

    62 22 13 3

    PNUD

    Migrants en % de la population migrante mondiale

    41 15 41 3

    % des fonds rapatris dans le monde

    56 22 19 3

    Source : Calculs de lOIM bass sur la Banque mondiale, 2010. Notes : 1) Les pays et territoires suivants sont exclus faute de donnes : Aruba, Polynsie franaise,

    Macao (Chine), Antilles nerlandaises, Nouvelle-Caldonie, Cisjordanie et Gaza. 2) Faute de donnes ventiles, les chiffres du DAES-ONU incluent Saint-Pierre-et-Miquelon

    dans le Sud, alors que ce territoire est class par le DAES dans le Nord.

    Principaux couloirs de rapatriements de fonds dans le monde

    En ce qui concerne les principaux couloirs de rapatriements de fonds (ceux qui totalisent le nombre le plus lev de rapatriements entre deux pays), la majorit relve des flux migratoires Sud-Nord, les Etats-Unis constituant le principal pays source de fonds, tandis que les principaux pays bnficiaires sont situs en Asie (voir carte 3).

    Sur les 20 principaux couloirs mondiaux de rapatriements de fonds, 16 relvent des flux Sud-Nord.

    Les seules exceptions sont les fonds rapatris entre lInde et le Bangladesh (12e rang), la Malaisie et lIndonsie (14e rang), la France et la Belgique (19e rang), et la France et lEspagne (20e rang).

    Les Etats-Unis sont le principal pays dorigine des fonds rapatris pour quatre des cinq principaux couloirs. En 2010, prs de 100 milliards de dollars E.-U. ont t expdis de ce pays vers des pays du Sud, soit plus dun tiers de lensemble des flux rapatris sur laxe migratoire Sud-Nord.

    Au cours de la mme anne, les cinq principaux couloirs ont enregistr chacun plus de 10 milliards de dollars E.-U. de fonds rapatris, les envois depuis les Etats-Unis vers le Mexique venant en tte (22 milliards de dollars E.-U.), suivis par les envois depuis les Emirats arabes unis vers lInde (14 milliards de dollars E.-U.).

    Tableau 9

  • 75ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Dans le contexte Nord-Nord, les Etats membres de lUE sont les principaux pays de destination mais aussi dorigine des fonds. Plus de la moiti des rapatriements Nord-Nord sont effectus destination des cinq principaux pays bnficiaires, tous membres de lUE. Les rapatriements de fonds sont effectus au sein de lUE, partir de pays comme la France et lEspagne, mais aussi depuis des pays non membres de lUE, comme lAustralie et les Etats-Unis (voir tableau 10 et figure 9).

    Dans le contexte Sud-Sud, les rapatriements de fonds sur quatre des cinq principaux couloirs sont bidirectionnels (cest--dire quils sont expdis et reus entre les mmes pays), refltant les liens conomiques entre lInde et le Bangladesh, et entre la Fdration de Russie et lUkraine.

    En ce qui concerne laxe migratoire Nord-Sud, les principaux couloirs sont troitement lis aux principaux couloirs dorigine et de destination de fonds, mettant en vidence les relations de longue date existant entre des pays notamment entre lAllemagne et la Turquie, lEspagne et lArgentine, et les Etats-Unis et le Mexique (voir tableau 10 et figure 9).

    Les cinq principaux couloirs de rapatriements de fonds sur les quatre axes migratoires (rapatriements en millions de dollars E.-U.), selon la classification de la Banque mondiale, 2010

    Classement Sud-Nord(envois N-S)

    Nord-Nord Sud-SudNord-Sud

    (envois S-N)

    1 E.-U. Mexique (22,190)

    France Belgique (3,148)

    Inde Bangladesh (3,769)

    Turquie Allemagne (994)

    2 EAU Inde(13,821)

    France Espagne (2,743)

    Malaisie Indonsie (3,430)

    Argentine Espagne (927)

    3E.-U. Chine

    (12,205)Espagne France

    (2,302)Fd. Russie Ukraine

    (2,720)Mexique E.-U.

    (655)

    4E.-U. Inde

    (11,977)E.-U. Allemagne

    (2,154)Bangladesh Inde

    (1,899)Blarus Pologne

    (578)

    5E.-U. Philippines

    (10,117)Australie Royaume

    Uni (1,939)Ukraine Fd. Russie

    (1,788)Kazakhstan

    Allemagne(570)

    Source : Calculs de lOIM bass sur la Banque mondiale, 2010.Note : Le couloir de rapatriements de fonds Hong Kong (Chine)-Chine (3e rang) a t exclu de ce classement.

    Tableau 10

  • Chapitre 2 Tendances migratoires :

    Comparaison des quatreaxes migratoires 76

    Les 20 principaux couloirs dans le monde (rapatriements de fonds en millions de dollars E.-U.), selon la classification de la Banque mondiale, 2010

    Source : Calculs de lOIM bass sur la Banque mondiale, 2010.Notes : 1) Les frontires et les noms ainsi que les dsignations sur cette carte nimpliquent ni

    reconnaissance ni acceptation officielle de la part de lOrganisation internationale pour les migrations (OIM). Les lignes pointilles dsignent les frontires administratives, les frontires indtermines et les cas o la frontire dfinitive nest pas encore dtermine.

    2) Le couloir de rapatriements de fonds Hong Kong (Chine)-Chine (3e rang) a t exclu de ce classement.

    Carte 3

    Nor

    d

    Sud

  • 77ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Figure 9

    Inde

    Chine

    Mexique

    Philippines

    Pakistan

    Turquie

    Argentine

    Brsil

    Mexique

    Venezuela

    Espagne

    Allemagne

    France

    Etats-Unis

    Pologne

    France

    Belgique

    Allemagne

    Pologne

    Espagne

    Inde

    Bangladesh

    Fderation de Russie

    Indonsie

    Chine

    Etats-Unis

    Allemagne

    France

    Royaume-Uni

    Canada

    Fderation de Russie

    Inde

    Malaisie

    Ukraine

    Bangladesh

    Etats-Unis

    Arabie saoudite

    EAU

    Canada

    Royaume-Uni

    S-N(rapatriements N-S)

    principaux pays sources

    N-Nprincipaux pays

    sources

    S-Sprincipaux pays

    sources

    N-S(rapatriements S-N)

    principaux pays sources

    S-N(rapatriements N-S)

    principaux pays bnficiaires

    N-Nprincipaux pays

    bnficiaires

    S-Sprincipaux pays

    bnficiaires

    N-S(rapatriements S-N)

    principaux paysbnficiaires

    Les cinq principaux pays dorigine et de destination de rapatriements de fonds (rapatriements de fonds en millions de dollars E.-U. et en pourcentage du montant total des fonds rapatris sur chaque axe), selon la classification de la Banque mondiale, 2010

    Source : Calculs de lOIM bass sur la Banque mondiale, 2010.Note : Sur laxe Sud-Sud, la Jordanie a t exclue du classement des principaux pays dorigine de fonds;

    elle se classe quatrime et accueille principalement des personnes venant des territoires palestiniens occups.

  • OIM 2006 MPH0096 (Photo : Angelo Jacinto)

  • 79ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Tendances

    La migration Sud-Nord reprsente moins de la moiti de lensemble des flux migratoires dans le monde, mais cest elle qui a gnralement domin le dbat politique sur la migration et le dveloppement. La migration au dpart des rgions dveloppes vers des rgions en dveloppement, ou du Nord vers le Sud, tend tre particulirement nglige. Pourtant, bien que ces flux reprsentent peine 3 6 %31 de la migration totale, soit entre 7 et 13 millions de migrants, certains lments indiquent quil est en hausse. Sil est encore trop tt pour constater des changements dans la migration Nord-Sud telle quelle apparat dans les bases de donnes mondiales32, des exemples de pays et certains indices suggrent que cette tendance gagne en importance. Par exemple, la population de migrants internationaux en Chine a augment de 35 % ces dix dernires annes, un nombre croissant dentre eux venant probablement du Nord. Le nombre de migrants portugais en Afrique a augment de 42 % au cours de la dernire dcennie, et les Etats-Unis sont devenus le principal pays dorigine des migrants se rendant au Brsil.

    Migration en direction de la Chine

    Le nombre de migrants internationaux est en hausse.

    Il y avait 685 775 migrants en Chine en 2010 chiffre en hausse de 35 % depuis 2000. Le nombre dtrangers munis dun permis a galement augment denviron 29 % par rapport 2006 (OCDE, 2012a).

    La Chine est une destination de plus en plus attrayante en raison de sa croissance conomique rapide et de son volution dmographique. Les besoins du march du travail sont nettement suprieurs loffre (Skeldon, 2011), ce qui a entran une hausse des salaires rels et une forte demande de main-duvre trangre (Park et al., 2010).

    Les migrants viennent de pays et de rgions en dveloppement (Core du Nord, Viet Nam, Asie du Sud et Afrique) (Skeldon, 2011).

    Les migrants viennent galement du monde dvelopp : Core du Sud, Japon, Hong Kong (Chine), Europe, Amrique du Nord et Australasie (ibid.). Le nombre de migrants originaires dAustralie a considrablement augment en raison du retour de la diaspora chinoise et des mouvements de travailleurs qualifis (Hugo, 2005). De mme, les Amricains du Nord, notamment la diaspora, sont attirs par le dynamisme de lconomie chinoise et le cot peu lev de la vie (Seligson, 2009 ; Sullivan, 2011 ; Pieke, 2012).

    31 Le pourcentage de la migration mondiale reprsent par les flux Nord-Sud varie selon que les pays sont classs dans le Nord ou le Sud. Si lon utilise la classification de la Banque mondiale ou du PNUD, ce flux reprsente 3 % ; daprs la classification du DAES, il passe 6 %.

    32 Le DAES estime que la migration Nord-Sud est demeure peu prs constante de 1990 2010, se situant environ 13 millions (Assemble gnrale des Nations Unies, 2012).

    Le point sUr La migration nord-sUd

    Encadr 3

  • Chapitre 2 Tendances migratoires :

    Comparaison des quatreaxes migratoires 80

    La migration des tudiants vers la Chine est galement en hausse en particulier au dpart de la Core du Sud, des Etats-Unis et du Japon. La Chine a attir 283 184 tudiants trangers en 2009 (plus que le Canada et que lAustralie) (Skeldon, 2011). La Chine continue denvoyer ses propres tudiants ltranger, mais un nombre croissant dentre eux reviennent au pays la fin de leurs tudes. Selon les statistiques chinoises officielles, plus de 186 000 tudiants sont rentrs en 2011. La mme anne, pour la premire fois, le nombre dtudiants de retour a t de plus de moiti suprieur au nombre dtudiants partant ltranger (OCDE, 2012a).

    Malgr des indices dun accroissement de limmigration, lOCDE (2012a) note que la croissance conomique considrable de la Chine na pas de rpercussions proportionnelles sur le nombre dtrangers travaillant dans le pays. Contrairement dautres pays, la Chine na pas de politique officielle visant attirer les travailleurs trangers qualifis.

    Fiabilit des donnes

    Apprhender les flux migratoires Nord-Sud prsente des difficults particulires, outre celles rencontres pour mesurer dautres flux migratoires.

    Les statistiques de limmigration sont gnralement plus compltes dans les pays de lOCDE et dautres conomies dveloppes disposant de fichiers statistiques plus fiables. En revanche, les fichiers des populations de migrants dans les pays en dveloppement sont souvent obsoltes, incomplets ou totalement inexistants. En outre, lorsque des donnes existent, la comparabilit entre les pays nest pas toujours possible.

    En raison de linsuffisance de donnes dans les pays daccueil de migrants en dveloppement, la migration Nord-Sud est souvent tudie sous langle des flux dmigration au dpart des pays dorigine. Sur le plan de la comparabilit internationale, les flux sont gnralement problmatiques. En outre, un dpart ncessite habituellement moins de dmarches administratives quune arrive dans un pays, et les donnes sur les flux de sortie sont donc moins susceptibles dtre enregistres par le pays dorigine. La mesure des flux de sortie est, par consquent, plus problmatique que celle des flux dentre (Lemaitre, 2005)33.

    Si une part considrable de la migration Nord-Sud est probablement constitue de migrants de retour ou de membres de la diaspora, il est possible que ces flux ne soient pas enregistrs du tout, ou quil soit impossible de les distinguer des flux totaux. Certains pays, comme le Brsil, enregistrent des donnes sur les populations de migrants de retour lors des recensements, en les interrogeant sur leur lieu de rsidence prcdent plutt que sur leur pays de naissance, bien que cette mthode prsente ses propres difficults34.

    33 Voir www.oecd.org/migration/internationalmigrationpoliciesanddata/36064929.pdf pour une analyse des difficults statistiques de la mesure de la migration, en particulier en ce qui concerne les flux.

    34 Voir Barbosa de Campos, M. dans Pinto de Oliveira, L.A. et A.T. Ribeiro de Oliveira, 2011 : 74.

  • 81ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Facteurs de migration

    Dbouchs conomiques

    La rcente crise financire et conomique qui a frapp le Nord, et une demande croissante de main-duvre qualifie dans les conomies mergentes du Sud semblent tre en partie responsables de laugmentation de la migration Nord-Sud. Sil est vrai que les pays dmigration traditionnels du Sud continueront, dans les annes venir, de fournir une part importante de la main doeuvre dans le monde, tout porte croire que les travailleurs originaires du Nord sont galement attirs par de nouvelles destinations situes au Sud, telles que les pays BRICS35 et les conomies mergentes dAfrique et dAmrique latine. Les permis de travail dlivrs aux trangers au Brsil ont augment de 64 % entre 2009 et 2011, le groupe de bnficiaires le plus important tant constitu lui seul de nationaux des Etats-Unis en 2011 (MTE, 2012).

    Dveloppement des entreprises mondiales

    Paralllement la migration indpendante de travailleurs, de plus en plus dentreprises sinstallent au Sud, crant un nombre croissant de postes internationaux pour les travailleurs qualifis du Nord. Selon le 2012 Global Mobility Survey Report, 47 % des organisations ont signal une augmentation des affectations internationales au cours de lanne prcdente, qui tait alimente en partie par une expansion explosive des marchs mergents (Brazier, 2012). La Chine est en passe de devenir rapidement la principale destination des affectations internationales, dautres pays BRICS jouissant galement dune popularit croissante. Dautres enqutes de dlocalisation ont produit des rsultats similaires, jusqu 50 % dentreprises de plus, ce qui indique un nombre croissant daffectations entre 2010 et 201136. Le dveloppement lchelle mondiale peut galement contribuer la migration de retour, les entreprises souhaitant recruter des immigrants au Nord pour travailler dans leur pays dorigine au Sud, apportant avec eux un bagage linguistique et un savoir faire culturel (Cullen, 2007).

    Migration destination du Brsil

    Le nombre de migrants se rendant au Brsil a augment de 87 % entre les sries de recensement de 2000 et de 2010, avec 268 295 nouveaux venus au cours des cinq annes prcdant le recensement de 2010 (IBGE, 2012a).

    Entre 2000 et 2010, les Etats-Unis, le Japon, le Paraguay et la Bolivie sont rests dimportants pays dorigine pour les migrants. Les Etats-Unis sont aujourdhui le principal pays source, la migration partir de ce pays ayant augment de 212 % depuis le recensement de 2000 (ibid.). Le Portugal est en hausse depuis dix ans, tandis que lArgentine est en baisse.

    35 Brsil, Fdration de Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud.36 Par exemple, lenqute sur les tendances de la dlocalisation 2012, mene par Brookfield Global Relocation

    Services, a constat que les affectations ltranger ont augment dans 64 % des entreprises sondes en 2011. Voir galement Associates for International Research Inc. (AIRINC), 2011 Mobility Outlook Questionnaire (AIRINC, 2011).

    Encadr 4

  • Chapitre 2 Tendances migratoires :

    Comparaison des quatreaxes migratoires 82

    En 2011, le Ministre du travail et de lemploi a dlivr 70 524 permis de travail des trangers soit 64 % de plus que les deux annes prcdentes. Les chiffres pour 2012 suggrent que la tendance devrait se poursuivre (MTE, 2012).

    Bien que le nombre des principales nationalits titulaires dun permis se maintienne depuis 2004 savoir les Etats-Unis, les Philippines, le Royaume-Uni, lAllemagne, la France, lItalie et le Japon une proportion croissante dentre elles est originaire des Philippines, dInde et dIndonsie.

    On a constat une forte augmentation du nombre de Brsiliens rentrant dans leur pays dorigine, avec environ un nombre deux fois plus important enregistr lors du recensement de 2010 quau cours de celui de 2000 (IBGE, 2012a). Le Japon, les Etats-Unis et le Portugal sont des pays sources particulirement importants pour les migrants de retour, les personnes nes au Brsil reprsentant respectivement 89, 84 et 77 % des arrives en provenance de ces pays (ibid.).

    Le nombre de migrants de retour a lgrement augment en pourcentage de la population totale dimmigrants de 61,2 % lors du recensement de 2000 plus de 65 % lors du recensement de 2010 (ibid.).

    Migration de retour

    Bien que la migration de retour effectue partir du Nord en raction la crise financire ait probablement t exagre dans les mdias dominants, lon a constat une augmentation des retours dans plusieurs pays connaissant une forte croissance. Au Brsil, 175 766 personnes (65 % des immigrants internationaux) taient des migrants de retour en 2010 environ deux fois plus que le chiffre enregistr lors du recensement de 200037. Les pays renvoyant un nombre important de migrants comprennent le Japon, les Etats-Unis et le Portugal (IBGE, 2012a). La migration de retour vers la Chine de migrants de la premire et de la deuxime gnration est galement importante, un grand nombre dentre eux venant dAmrique du Nord et dAustralasie (Hugo, 2005). Des changements historiques se produisent galement en ce qui concerne la migration entre le Mexique et les Etats-Unis, avec une migration nette nulle vers les Etats-Unis en 2010, en partie en raison dune augmentation des flux de retour (Passel Cohn et Gonzalez-Barrera, 2012).

    La migration sud-corenne destination des Philippines (Sud-Sud)

    Le nombre de visiteurs sud-corens arrivant aux Philippines a explos de prs de 430 % au cours de la dernire dcennie passant denviron 175 000 migrants en 2000 (8,78 % de lensemble des arrives) 925 000 en 2011 (prs de 25 % de lensemble des arrives ; ils constituent le groupe le plus important, devant les Etats-Unis, le Japon et la Chine) (Dpartement du tourisme, Philippines).

    37 La migration de retour, si elle augmente en nombre, a reprsent une part peu prs constante des entres totales au cours de la dernire dcennie. Ces donnes mesurent le nombre de Brsiliens qui rsidaient lextrieur du Brsil une date prcise, cinq ans avant le recensement de 2010, et ne prennent donc en considration que les retours survenus au cours des cinq annes prcdant le recensement. Les chiffres pour 2000 ont t drivs laide de la mme mthode de la date prcise.

    Encadr 5

  • 83ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    De plus en plus de visiteurs trangers choisissent de prolonger leur sjour. Au premier semestre de 2011, le Bureau de limmigration a approuv 81 287 demandes de prolongation ce qui reprsente une augmentation de 34 % par rapport la mme priode en 2010.

    A part les touristes, les migrants de longue date comprennent les tudiants, les milieux daffaires, les commerants et les missionnaires.

    Il y a 115 000 Corens qui rsident en permanence aux Philippines (Legarda, 2011). La plupart dentre eux ont lintention de ny sjourner que temporairement mais ils ont tendance aller et venir (Miralao et Makil, 2007).

    Les tudiants corens constituent lun des groupes les plus importants, un grand nombre dentre eux se rendant dans ce pays pour tudier langlais. Plus de 61 601 trangers tudiaient aux Philippines en 2011 (Bureau de limmigration, 2012). Les Corens arrivaient en tte de la liste des trangers dans les coles lmentaires et secondaires, ainsi que dans les cours de courte dure en 2010 (Bureau de limmigration, 2011b). Ils sont galement le groupe le plus important de titulaires de visas dtudiant 9(F), qui permettent de sinscrire luniversit.

    Migration des tudiants

    Un nombre croissant dtudiants choisissent dtudier ltranger et, de plus en plus, ailleurs que dans les pays de destination traditionnels. Selon lInstitut de statistique de lUNESC0 (UIS) (2012), il y avait environ 3,4 millions dtudiants internationaux mobiles38 en 2009, soit trois fois plus quen 1980 (1,1 million). Bien que plus des trois quarts des tudiants trangers se soient rendus dans des pays de lOCDE en 2008, le nombre dtudiants dans des pays de destination hors OCDE augmente plus vite que celui des tudiants qui entrent dans des pays de lOCDE, ce qui montre la diversit croissante des choix de destinations au-del des pays daccueil traditionnels (OCDE, 2010b)39. Parmi les nouveaux pays du Sud devenus des destinations prises des tudiants internationaux, il convient de citer la Chine, la Malaisie et lAfrique du Sud (UIS, 2012).

    Les migrations au dpart de lEurope en direction de lAfrique, de lAmrique latine et des Carabes (Nord-Sud)

    Ces dernires annes, lAmrique latine et les Carabes, de mme que lAfrique ont assist larrive dun nombre plus important de migrants dEurope. Ce phnomne est probablement en partie lune des consquences de la crise conomique qui a durement frapp les conomies de plusieurs Etats de lUnion europenne. Entre le dbut de 2008 et la fin de 2009, les principaux

    38 LUIS dfinit les tudiants internationalement mobiles comme ceux qui tudient dans un pays tranger dont ils ne sont pas rsidents permanents (UNESCO, 2009). Les flux dtudiants prsents ici comprennent uniquement des donnes pour lesquelles les informations aussi bien des pays daccueil que dorigine sont disponibles, ce qui explique que les totaux sont nettement infrieurs que dans la ralit.

    39 Les donnes de lOCDE se rapportent des tudiants qui nont pas la nationalit du pays pour lequel les donnes sont recueillies. Elles peuvent donc comprendre quelques rsidents permanents et ne peuvent tre compares directement avec des donnes de lUIS, qui est plus restrictive dans sa dfinition (voir ndp 38) (OCDE, 2010).

    Encadr 6

  • Chapitre 2 Tendances migratoires :

    Comparaison des quatreaxes migratoires 84

    pays dorigine des migrants destination de lAmrique latine et des Carabes taient lEspagne (48 000), lAllemagne (21 000), les Pays-Bas (17 000) et lItalie (16 000) (Crdova, 2012).

    En 2008 et 2009, plus de 107 000 personnes ont quitt lEurope pour se rendre dans ces pays, notamment en Argentine et au Brsil (ibid.).

    LEspagne a assist une hausse spectaculaire de lmigration. En 2011, lmigration a augment de 26 % par rapport lanne prcdente, avec une estimation de plus de 500 000 migrants, dont plus de 62 000 personnes nes en Espagne et de 445 000 nes ltranger. Alors que plus de 86 % des migrants ne sont pas ns en Espagne, lmigration de personnes nes dans ce pays a augment de prs de 70 % entre 2010 et 2011 beaucoup plus rapidement que lmigration de personnes nes ltranger (voir figure 10 pour les principales destinations) (INE, Spain 2012).

    Les principaux pays europens envoyant des migrants en Afrique comprennent lEspagne, le Portugal, lAllemagne, le Royaume-Uni et lItalie (Eurostat, 2010).

    La migration au dpart de lEspagne vers lAfrique a atteint 84 000 personnes en 2011. Le pays de destination le plus important tait le Maroc, avec 68 % (prs de 57 000 personnes) de tous les migrants venant dEspagne destination de lAfrique se dirigeant vers ce pays.

    Dautres principales destinations en Afrique sont lAlgrie, le Sngal, le Nigria et la Guine quatoriale (INE, Espagne, 2012).

    Bien que nettement moins importante, en termes absolus, la migration au dpart de lIrlande vers lAfrique a plus que doubl entre 2008 et 2009, pour atteindre 4 020 personnes en 2010, la majorit dentre elles se rendant au Nigria ou en Afrique du Sud.

    Ces dernires annes, le Portugal a galement assist une migration croissante.

    Les chiffres de lmigration ont augment de 41 % entre 2009 et 2010 pour atteindre 23 760 personnes. Parmi celles enregistres par le recensement portugais de 2010, 93 % taient de nationalit portugaise (INE Portugal, 2012).

    En 2010, prs de 60 000 personnes nes au Portugal rsidaient en Afrique, ce qui reprsente une augmentation de 42 % en 10 ans, la plus grande partie dentre elles rsidant en Afrique du Sud, en Angola et au Mozambique (DAES-ONU, 2012b).

    Migration de retraite

    Le flux de retraits en direction de pays en dveloppement pour y trouver un climat plus clment et une vie moins chre est une forme de migration Nord-Sud bien connue. Les flux les plus priss vers le Sud sont composs de ressortissants des Etats-Unis et

  • 85ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    du Canada vers le Mexique et ailleurs en Amrique latine et dans les Carabes. Pour les Europens, la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie sont de nouvelles destinations, qui restent toutefois moins en vogue que les destinations traditionnelles sur le littoral mditerranen et dautres rgions du sud de lEurope. Dautres flux en Europe suivent souvent les traces de liens coloniaux : par exemple, des retraits britanniques sinstallant en Afrique du Sud. En Asie du Sud-Est, la Thalande, la Malaisie et les Philippines sont devenues ces vingt dernires annes des lieux dinstallation pour y passer la retraite par exemple, pour les Japonais40. Lun des exemples montre que le nombre de rsidents de 55 ans et plus ns aux Etats-Unis a considrablement augment au Mexique et au Panama entre 1990 et 2000, respectivement de 17 % et de 136 % (Dixon et al., 2006).

    Effets potentiels sur le dveloppement

    Bien que reprsentant un pourcentage minime des flux migratoires dans le monde, la migration Nord-Sud peut avoir sur les socits daccueil et sur le dveloppement des effets importants qui restent insuffisamment tudis. Peu dtudes ont t entreprises sur ce thme, mais il est probable que les migrants du Nord peuvent apporter un capital humain et financier leur nouvelle communaut, et contribuer un exode inverse des comptences grce au partage de comptences et de connaissances. En outre, les migrants du Nord qui vont sinstaller au Sud crent des liens et des rseaux transfrontaliers susceptibles dtre riches en connaissances techniques, ainsi que des ressources financires et politiques. Les migrants aiss du Nord peuvent galement stimuler lindustrie des services, acheter ou louer un logement, consommer des biens et attirer des investissements plus importants, ainsi que davantage de visiteurs trangers dans les rgions en dveloppement (Dixon et al., 2006). En outre, de nombreux pays en dveloppement cherchent de plus en plus nouer le dialogue avec leur diaspora et encourager les migrants qualifis rentrer au pays (OIM/MPI, 2012).

    Bien que la migration au dpart du Nord puisse comporter des avantages potentiels, il est probable que ses effets sur les socits daccueil ne soient pas toujours positifs. La prsence de migrants originaires du Nord peut faire augmenter les prix dans le secteur immobilier et la demande de services de soins de sant et daide sociale dj rares, et faire perdre des emplois la population active locale. En outre, on ne connait pas les influences culturelles et sociales des migrants venus du Nord, notamment dans les zones o les trangers sont concentrs dans de petites villes ou quartiers. Enfin, plusieurs nouvelles destinations du Sud (comme le Brsil, la Chine et les Philippines) sont traditionnellement caractrises par lmigration et peuvent ne pas tre prtes relever les dfis que reprsentent les flux croissants de migrants venant sinstaller dans leur pays ou en tirer pleinement parti. Bref, trs peu de recherches ont t effectues sur les effets de la migration Nord-Sud sur les individus ou les socits daccueil ou dorigine. Des recherches plus pousses simposent pour mieux comprendre les effets probables, varis et parfois contradictoires, de cette tendance migratoire.

    40 Pour les Etats-Unis, le Mexique et Panama, voir Dixon et al, 2006 ; OReilly et Benson, 2009 ; pour le Japon, voir Toyota, 2007 et Ono, 2008 ; pour la Turquie, voir Balkr et Krkulak, 2009.

  • Chapitre 2 Tendances migratoires :

    Comparaison des quatreaxes migratoires 86

    Comme la montr ce chapitre, on connat bien les axes migratoires pour ce qui est du nombre, du sens des mouvements et des caractristiques des migrants. Un examen approfondi des donnes sur la migration donne des indications sur certaines tendances ngliges par exemple, la migration Sud-Sud ou Nord-Sud et met en vidence la ncessit danalyser leurs incidences sur le dveloppement. Ce chapitre prpare le terrain pour les deux chapitres suivants, davantage centrs sur les migrants, qui analysent lexprience des migrants sous un angle plus qualitatif.

    Btir une carrire : un migrant espagnol travaillant Buenos Aires (Argentine) (Nord-Sud)

    Pablo sest tabli il y a prs de deux ans Buenos Aires dans lintention de dcrocher un master en publicit crative, attir par la solide rputation dexcellence de la ville dans ce domaine tant pour ce qui est de la qualit de lenseignement que du niveau des professionnels travaillant dans le marketing et la publicit. En outre, tudier en Argentine cotait beaucoup moins cher quen Espagne.

    Aprs avoir termin ses tudes, Pablo a dcid de rester Buenos Aires. Au dbut, il a eu beaucoup de difficults trouver un emploi sans avoir de permis de rsidence, et il a d faire de nombreux stages afin damliorer ses qualifications. Aprs stre donn beaucoup de mal, Pablo a fini par tre engag par une socit multinationale qui lui a fourni les papiers ncessaires pour obtenir la rsidence temporaire pour un an, avec possibilit de prorogation.

    Pablo adore son travail de concepteur-rdacteur et se dclare entirement satisfait. Bien quil y ait peu de diffrences entre travailler en Espagne ou en Argentine, Pablo remarque quen Argentine, les gens font des journes de travail plus longues en raison de leur forte motivation obtenir des primes et faire progresser leur carrire. Lorsquon lui demande sil a trouv le travail de ses rves, Pablo rpond en plaisantant moiti que son poste prfr serait de travailler en plein air par exemple, en tant que moniteur de surf ou un autre sport haut risque mais cest l son deuxime choix. Pablo vit selon ses moyens, et dclare quil ne peut pas se permettre de dpenser sans compter. Mais il gagne suffisamment pour avoir de quoi manger, se loger et avoir des activits de loisirs. En Espagne, dit-il, il est impossible dtre conomiquement indpendant. De ce point de vue, sa situation sest amliore.

    Pablo vit dans le petit quartier chinois au nord de Buenos Aires, o il se sent laise et en scurit. Plusieurs de ses voisins sont aussi de jeunes immigrants venant dEspagne, ce qui permet de crer un rseau dentraide. Si Pablo se sent le bienvenu en Argentine, il sait quil nen va pas de mme pour toutes les nationalits. Sa petite amie est Argentine, mais ses amis les plus proches sont surtout Chiliens et Espagnols. Il entretient des liens particulirement troits avec dautres Espagnols. Il adore la sociabilit et le caractre extraverti des Argentins, mais dit que cela peut aussi tre exagr par moments !

    observations FinaLes

    Voix de migrants

  • Pablo est satisfait des soins de sant disponibles Buenos Aires et se dclare en bonne sant. Il apprcie les possibilits professionnelles qui existent et la qualit de son environnement de travail. Il aime rencontrer des gens de toute lAmrique latine et du monde entier, et apprcie la proximit de pays tels que le Brsil et le Prou quil serait difficile de visiter depuis lEspagne. Pour lui, la chose la plus difficile lorsquon vit ltranger est dtre loin de la famille et des amis rests en Espagne : On devient un peu plus rserv, un peu froid, dit-il. Pourtant, Pablo est heureux de sa vie et de sa dcision de partir, bien quil affirme que ce changement nest que temporaire. Dans lavenir, il se voit rentrer en Espagne et vivre Barcelone.

    OIM 2013 (Photo : Jesse Heilman)

  • Chapitre 3Analyse des etudes

    sur la migration, le bonheur et le

    bien-tre

    3David Bartram et lOIM

    (Frank Laczko, Rudolf Anich et Christine Aghazarm)

  • Faits marQUantsLes concepts et mesures du bien-tre et du bonheur des migrants peuvent fournir dutiles indicateurs de dveloppement humain, car lon reconnat de plus en plus que le dveloppement ne peut tre mesur simplement laide dindicateurs conomiques, tels que la croissance conomique et le produit intrieur brut (PIB). Etant donn que les migrants quittent souvent leur foyer en qute dune vie meilleure, les mesures du bien-tre subjectif peuvent fournir une indication permettant de savoir si les migrants ont atteint leur but.

    Malgr lintrt croissant, ces dernires annes, des spcialistes en sciences sociales et des dcideurs pour le bonheur en tant quindicateur de progrs social, la recherche sur les liens qui existent entre la migration et le bonheur ou le bien-tre subjectif en est encore ses balbutiements.

    Les tudes sur le bonheur ont analys une srie de facteurs notamment les liens entre le revenu et le bonheur. Il apparat que si les individus ayant des revenus levs sont gnralement plus heureux, au del dun certain seuil, ce facteur nentrane apparemment pas un accroissement constant du bonheur. Dautres tudes montrent que les personnes qui vivent dans des pays revenu lev sont plus heureuses que celles vivant dans des pays faible revenu, ce qui porte croire quun certain niveau de dveloppement conomique est ncessaire et peut influer sur le niveau de bonheur et de bien-tre dune population. Dautres facteurs, tels quune bonne sant, un rseau social dynamique, les convictions religieuses et la vieillesse, par exemple, semblent avoir un effet positif sur le niveau de bonheur.

    Ces tudes sur le bonheur nont gure port sur les pays faible revenu, en particulier en ce qui concerne les migrants. Les informations disponibles donnent penser que, dans lensemble, les migrants sont moins heureux que la population comparable dans le pays de destination, et plus heureux que la population similaire reste dans le pays dorigine. On pourrait sattendre un accroissement du bonheur avec le temps, mesure que les migrants sintgrent dans leur socit daccueil, mais plusieurs tudes en Europe ont rvl que les migrants restent moins heureux que la population ne dans le pays, mme plusieurs annes aprs avoir migr.

    Pour certains groupes vulnrables de migrants, les circonstances et les facteurs de la migration ont un effet profond sur leur bien-tre psychosocial. Ceux qui migrent dans des circonstances extrmes fuyant, par exemple, un conflit ou une crise humanitaire comme les rfugis et les migrants en dtresse, ou ceux pris dans des mouvements de traite et de trafic illicite, peuvent connatre dintenses souffrances et traumatismes en cours de route qui continueront se faire sentir tout au long de leur vie, dans leur pays de destination.

    389

    ETAT DE LA MIGRATION DANS LE MONDE 2013

    Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

  • Chapitre 3 Analyse des tudes sur

    la migration,le bonheur et le bien-tre 90

    Le prsent chapitre fait le point des rsultats des tudes sur le bonheur et le bien-tre. Il analyse les difficults mthodologiques rencontres et examine si et comment ces concepts sappliquent au domaine du dveloppement international. Il passe en revue la littrature spcialise sur le bien-tre en gnral, et sintresse plus particulirement linfluence du revenu en tant que facteur, avant de procder un bref examen dautres aspects. Puis il aborde les recherches actuelles sur les migrants qui comparent leur bien-tre celui de la population du pays de destination ainsi que du pays dorigine. La fin du chapitre porte sur le bien-tre des familles restes au pays, ainsi que sur les migrants qui traversent des circonstances difficiles.

  • 91ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Comme on la relev au chapitre 1, la mesure du bonheur et du bien-tre des populations suscite un intrt croissant parmi les dcideurs et les milieux universitaires. Le prsent chapitre examine les difficults mthodologiques que soulve ltude de cette question, et les constatations des tudes menes ce jour sur les facteurs qui influent sur le bonheur des gens, notamment des migrants. Il prpare le terrain pour les donnes de recherche initiales sur le bien-tre des migrants, prsentes au chapitre 4.

    Les recherches universitaires sur le bonheur se sont fortement dveloppes ces vingt dernires annes. Les premires contributions manent dconomistes intresss par les relations entre le bonheur et la croissance conomique et, plus rcemment, de psychologues souhaitant faire contrepoids une longue tradition qui mettait laccent sur les maladies mentales et les dysfonctionnements psychologiques. Lintrt manifest par les sociologues et dautres est plus rcent (voir toutefois Veenhoven, 1984, 1991, et Ingelhart, 1997). Nanmoins, ltude sur le bonheur en est encore ses balbutiements et se heurte des difficults mthodologiques.

    Difficults mthodologiques

    La premire difficult rside dans la dfinition du bonheur en tant que composante du bien tre. Les recherches universitaires passes en revue dans cette partie ont dfini le bien-tre de diverses manires ou se sont intresses des notions apparentes, comme la qualit de vie, le niveau de vie ou le dveloppement humain. Si, dans certains milieux, le bien-tre est synonyme de le bonheur , il constitue toutefois un concept plus large. Par exemple, dans le prsent rapport, le bien-tre individuel englobe les rsultats lis la carrire, la sant et la vie sociale, entre autres. Il nexiste pas de dfinition communment admise des termes bien-tre ou bonheur parmi les chercheurs et les dcideurs intresss (Bergheim, 2006 : 5). Ces termes ont des sens voisins mais pas identiques.

    Les chercheurs ont utilis diverses dfinitions pour apprhender la faon dont les individus ressentent leur qualit de vie, par exemple :

    Le bien-tre humain dsigne un tat dtre avec les autres, o les besoins humains sont satisfaits, o lon peut agir utilement pour poursuivre ses objectifs et o lon jouit dune qualit de vie satisfaisante (dfinition du Economic and Social Research Council (ESRC) Research Group on Wellbeing in Developing Countries, cite dans Wright, 2011 : 1460).

    Etant donn les emplois divergents de ces termes, dans la littrature examine ici, lon se gardera de dfinitions troites. La porte des travaux est suffisamment large pour examiner tous ces termes et les regrouper sous le thme gnral du bien-tre .

    La deuxime difficult concerne la collecte et lanalyse des donnes. Les tudes sur le bonheur reposent essentiellement sur une analyse quantitative de donnes denqute. Plusieurs enqutes cls (telles que la World Values Survey et la European Social Survey) comprennent des questions qui visent valuer globalement le bonheur des personnes interroges. Une de ces questions peut tre, par exemple, Toutes choses considres, comment valuez-vous votre bonheur ? , et les rponses se situent (habituellement) sur une chelle de 0 10. Certaines tudes utilisent des chelles multi-items plus prcises, bases sur des rponses plusieurs

    ConteXte

  • Chapitre 3 Analyse des tudes sur

    la migration,le bonheur et le bien-tre 92

    questions. Toutefois, du moins en ce qui concerne les mesures denqute, les donnes obtenues ne sont pas sensiblement diffrentes de celles rsultant dune question unique. Les donnes denqute sur la satisfaction dans la vie/le bonheur dcoulant dune enqute question unique fonde sur le tmoignage spontan du rpondant sont considres comme prsentant des niveaux de validit modrs (Diener et al., 1999 ; Veenhoven, 1993) et, de ce fait, utiles pour identifier les dterminants du bonheur (mais inutiles pour comparer les niveaux de bonheur dans diffrents pays). Ces donnes denqute ont un certain nombre de limites :

    Comme dans toutes les enqutes, il existe une sensibilit la construction et lordre des questions. Dautres mthodologies consistant, par exemple, demander aux personnes interroges de tenir un journal pour y enregistrer leur propre ressenti du bonheur peuvent permettre de surmonter quelques-unes des limites prsentes par les enqutes classiques (Kahneman et al., 2004).

    Leur utilit pour une comparaison internationale des niveaux de bonheur dans diffrents pays est limite en raison des variations culturelles. Il est communment admis que les diffrentes dfinitions du mot bonheur , associes la question des diffrentes cultures ayant diffrentes significations et diffrentes manires de rpondre aux questions denqute, reprsentent un domaine sous-explor (Oishi, 2010).

    La plupart des recherches sur le bien-tre sont menes dans des pays riches, en partie parce que la qualit des donnes est gnralement suprieure (Graham, 2009). Ce qui pose naturellement la question de savoir dans quelle mesure les recherches peuvent permettre de se faire une ide des expriences vcues par des personnes rsidant dans les pays pauvres, notamment si lon examine la migration au dpart de pays pauvres en direction des pays riches.

    On constate un manque de donnes longitudinales sur les migrants et le bonheur ou la satisfaction dans la vie cest--dire de donnes recueillies plusieurs moments auprs des mmes individus. Pour les migrants, cela supposerait de recueillir des donnes avant et aprs la migration. Les enqutes prvoyant de rinterroger les mmes personnes (donnes longitudinales habituellement recueillies trimestriellement ou annuellement) relvent souvent dinitiatives nationales, telles que la British Household Panel Survey, et sont gnralement lacunaires en ce qui concerne les donnes sur les immigrants, et ne recueillent aucune donne sur ceux ci avant leur arrive destination. Ces informations ne sont pas non plus recueillies dans les pays dorigine, si bien que les migrants tendent tre absents des recensements ou des enqutes sur les mnages, malgr un nombre croissant de tentatives visant rassembler des informations sur les membres du mnage qui vivent ltranger. La plupart des analyses existantes sont ds lors limites des comparaisons transversales entre diffrents individus un moment donn par exemple, les immigrants et les personnes nes dans le pays ou les migrants et ceux qui restent au pays.

    Les mesures du bonheur ne figurent pas encore dans les enqutes classiques sur le dveloppement, malgr leur utilit potentielle (voir Graham, 2011 ; Blanchflower et Oswald, 2005). Les initiatives mises en uvre pour laborer de nouveaux indicateurs qui englobent les consquences subjectives dlments objectifs du dveloppement (Shimmel, 2009), tels que le New Economics Foundations Happy Planet Index (Thompson et al. 2007), nont pas fait autant dadeptes que lindice

  • 93ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    de dveloppement humain. On trouvera un examen dtaill des difficults mesurer le bonheur lchelon international dans la littrature spcialise41.

    Consquences pour le dveloppement

    Dfinir le progrs social sous langle du bien-tre de la population a des consquences pour le dveloppement et a fait lobjet de dbats dans les milieux universitaires et parmi les praticiens de la migration. Certains avancent que les mesures subjectives du bien-tre sont moins importantes que les indicateurs objectifs tels que, par exemple, le revenu, la pauvret, la sant et lemploi. Pour les personnes les plus dmunies dans le monde pour qui la survie ne peut pas tre considre comme allant de soi, le bonheur est donc peru comme secondaire par rapport des proccupations de dveloppement plus fondamentales comme la scurit alimentaire et la prvention des maladies. Cet argument sinspire du raisonnement qui sous tend la thorie de la hirarchie des besoins du psychologue du XXe sicle, Abraham Maslow, selon laquelle les tres humains doivent dabord satisfaire leurs besoins de survie fondamentaux, savoir leau, la nourriture et la chaleur, suivis par la scurit. Une fois ces besoins satisfaits, les tres humains recherchent la satisfaction de leurs besoins psychologiques, tels que le sentiment dappartenance, lamour et lestime. Enfin, il y a aussi lpanouissement personnel cest dire le dsir de raliser pleinement son potentiel et ses objectifs.

    Sil est vident que le dveloppement a pour objectif doffrir aux populations la possibilit de satisfaire leurs besoins fondamentaux, une fois ces besoins satisfaits, les avis sont plus partags sur ce qui constitue une proccupation de dveloppement. En outre, le programme de dveloppement risque de surestimer le bonheur subjectif et de minimiser limportance de la richesse matrielle. Dautres voquent ce quil est convenu dappeler le principe des paysans heureux (les gens nont pas besoin de grand-chose pour tre heureux, si bien que le dveloppement est inutile) pour justifier lingalit entre les peuples. Dautre part, il existe galement dans les milieux du dveloppement une longue tradition consistant sopposer lide selon laquelle le dveloppement est simplement synonyme de croissance conomique, afin denrichir toujours plus hommes et pays. La croissance conomique devrait plutt tre considre comme un moyen datteindre des objectifs plus fondamentaux.

    Le dbat sur les objectifs fondamentaux censs sous-tendre les politiques de dveloppement gagne en importance. Lapproche fonde sur les capacits, par exemple, met laccent sur lobjectif de renforcement des liberts individuelles, en partant du principe que la libert est un objectif fondamental, important en soi (Sen, 1999). Il importe donc de sattaquer la malnutrition et la maladie qui sapent la possibilit, lagence et la capacit des personnes dagir pour elles-mmes. On peut avancer le mme argument propos dautres proccupations de dveloppement, comme le manque dinstruction et de soins de sant. La croissance conomique peut contribuer faire face ces proccupations plus fondamentales, mais elle ne constitue toutefois pas une fin en soi. Sil est possible de rpondre ces proccupations par dautres moyens (par exemple, en modifiant les habitudes ou les usages), la croissance conomique perd encore de son importance dans le programme de dveloppement.

    41 Voir, par exemple, le chapitre 2 de Helliwell, J., R Layard et J. Sachs (eds), 2012, World Happiness Report. Disponible sur www.earth.columbia.edu/sitefiles/file/Sachs%20Writing/2012/World%20Happiness%20Report.pdf.

  • OIM 2009 MKE0262 (Photo : A. Corio)

  • 95ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    L approche fonde sur les capacits est une avance importante dans la rflexion car elle transcende les notions classiques de dveloppement axes sur la croissance conomique. Elle a t applique, dans une certaine mesure, dans lindicateur de dveloppement humain (IDH), qui intgre les mesures de la sant et du niveau dinstruction, ainsi que le PIB par habitant. Cependant, lon est de plus en plus conscient de la ncessit daller plus loin lorsquil sagit de dterminer ce qui est fondamental pour le dveloppement. Les liberts et les capacits, concrtises par la sant et le niveau dinstruction, entres autres, sont certainement importantes en soi, mais elles le sont galement ds lors quelles contribuent au bonheur. De ce point de vue, le dbat sur le bien-tre et le bonheur est pertinent pour le programme de dveloppement.

    FaCteUrs inFLUant sUr Le

    bien-etre

    Un grand nombre de facteurs influant sur le bien-tre ont t tudis. De rcentes initiatives prises par des organismes nationaux et multinationaux, telles que le rapport de lOCDE Comment va la vie , se sont intresses la situation financire, lemploi, aux conditions de logement, lexposition la pollution atmosphrique, lesprance de vie, au niveau dinstruction et la criminalit ces quinze dernires annes. De mme, le Programme de mesure du bien-tre national au Royaume-Uni, lanc en 2010, a tent daller au-del des indicateurs conomiques pour sintresser aux mesures de la qualit de vie et du bien-tre.

    Revenu et bonheur

    Des chercheurs ont cherch comprendre comment le revenu influe sur le bonheur, dautant que les dcideurs sintressent de plus en plus ce domaine. Certains dentre eux soutiennent que, du moins au-del dun certain seuil, un revenu toujours croissant contribue peu au bonheur (Easterlin, 1974, 2001 ; Scitovsky, 1992 ; Blanchflower et Oswald, 2004).

    Les conclusions des travaux de lOCDE et du Gouvernement britannique donnent aussi penser que la richesse personnelle nest pas le facteur le plus important pour dterminer le bien-tre.

    Le Programme de mesure du bien-tre national au Royaume-Uni a mis en vidence que malgr les difficults financires croissantes rencontres depuis la crise conomique de 2008, le degr de satisfaction autodclar dans la vie est demeur relativement stable durant toute la dernire dcennie.

    Ltude de lOCDE Comment va la vie confirme elle aussi que le bien-tre a augment ces quinze dernires annes, mme si lon constate de fortes disparits entre pays et groupes de population de lOCDE. Cette constatation concorde avec ladage populaire selon lequel largent ne fait pas le bonheur mme si la poursuite de la richesse demeure un objectif pour bon nombre dhabitants de pays riches (Frank, 1999), et un axiome central des politiques conomiques.

  • Chapitre 3 Analyse des tudes sur

    la migration,le bonheur et le bien-tre 96

    Les travaux dEasterlin ont approfondi cette question. Le paradoxe dEasterlin a mis en vidence que sil est vrai quune comparaison instantane des individus montre que ceux dont les revenus sont levs sont plus heureux que ceux qui gagnent moins, la hausse du revenu au fil du temps ne semble pas augmenter le degr moyen de bonheur (Easterlin, 1974). Cela ressort particulirement des donnes sur le Japon: la croissance impressionnante de lconomie japonaise, qui a commenc dans les annes 1950, na pas dbouch sur plus de bonheur, mme aprs plusieurs dcennies (Easterlin, 1995).

    Ce paradoxe sexplique en partie par la notion de richesse relative et par les liens entre le revenu et le statut : ce nest pas le pouvoir dachat absolu du revenu qui importe mais la manire dont il incarne et marque le statut (Clark et al., 2008). Ceux qui gagnent plus sont plus heureux que ceux qui gagnent moins, en partie en raison des comparaisons sociales laptitude se comparer avantageusement dautres et jouir dun statut considr comme tant suprieur. Les chercheurs ont constat en outre que ces comparaisons tendent tre relativement locales (Firebaugh et Schroeder, 2009), cest--dire que les gens comparent leur richesse et leur statut ceux de leur entourage plutt qu ceux de personnes vivant dans des pays diffrents.

    Lambition est un autre facteur. Des tudes ont montr que les gens, pauvres ou non, ambitionnent sans cesse des revenus toujours plus levs (Stutzer, 2003). De fait, cette ambition est lie la notion de richesse comparative et relative : ceux qui ont un revenu (et un statut) lev commencent par se comparer un groupe de rfrence plus lev, plutt que dprouver de la satisfaction en se comparant un groupe de rfrence stable (Boyce et al., 2010) mentalit populaire consistant faire aussi bien que les voisins . Mme si les augmentations de revenu peuvent susciter de brves priodes de bonheur, la soif de revenus sans cesse plus levs est insatiable et, comme le montrent les tudes, les gens finissent par revenir aux niveaux antrieurs de bien-tre.

    Un autre corpus de recherche conteste ces rsultats et raffirme le rle de la richesse conomique dans la ralisation du bonheur. La thorie de la qualit de la vie de Ruut Veenhoven (1995) offre un cadre trs contrast selon lequel le bonheur dune personne est essentiellement dtermin par la possibilit ou non de satisfaire ses besoins. A cet gard, les pays riches ont une meilleure qualit de vie et offrent aux gens des conditions plus mme de satisfaire leurs besoins et, partant, datteindre le bonheur. Lanalyse de Veenhoven met en doute laffirmation selon laquelle les comparaisons sociales sont un important facteur de bonheur.

    Dans le contexte du dveloppement, il est possible dapprofondir ces ides en comparant les taux de croissance conomique nationale au bonheur des populations. Les conclusions de lenqute suggrent une large concordance entre le PIB et le bonheur par exemple, lEurope occidentale occupe une position plus leve sur lchelle que lAfrique mais cette corrlation nest pas absolue et il existe des anomalies. En effet, des pays en dveloppement comme le Mexique ou lInde se trouvent au mme niveau ou sont mieux placs que le Japon dans le classement du bonheur.

    Certaines critiques rcentes du point de vue dEasterlin incitent penser que le bonheur change avec le temps et va de pair avec la croissance (ou le dclin) conomique. Par exemple, Stevenson et Wolfers (2008) ont constat que lorsquon examine la relation entre le bonheur et le PIB par habitant, on saperoit que sur 89 pays dans lesquels des changements dans ces mesures ont t constats, le bonheur et le PIB par

  • 97ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    habitant ont volu dans la mme direction dans 62 cas (53 montrant une croissance dans les deux cas, 9 montrant une baisse dans les deux cas), alors quils ont volu dans des directions opposes dans 27 cas (20 refltant une croissance conomique sans augmentation du bonheur, et 7 refltant un bonheur croissant malgr le dclin conomique).

    Toutefois, Easterlin et ses collgues (2010) ont relev un certain nombre danomalies dans ces tudes et ont raffirm leur conclusion, savoir qu long terme (plus de 10 ans), la croissance conomique napporte pas davantage de bonheur. Dans ses travaux rcents, Easterlin (2010) prsente de nouveaux lments qui tendent ces rsultats aux pays en dveloppement : pour la Chine, en particulier, le bonheur est demeur stable (inchang) malgr une croissance conomique trs rapide. De mme, Graham (2009) constate que les dterminants du bonheur dans les pays pauvres sont pratiquement les mmes que dans les pays riches. Au Prou, par exemple, la majorit des personnes de chaque catgorie de revenus pensaient quelles avaient besoin du double de leur revenu actuel pour vivre bien. En outre, une enqute a rvl que prs de la moiti de ceux qui avaient connu des amliorations conomiques importantes estimaient que leur situation avait empir en 10 ans (Graham, 2005).

    Des donnes denqute sur la Rpublique-Unie de Tanzanie corroborent galement lide que la dimension relative du revenu revt une grande importance, mme dans des pays trs pauvres (Kenny, 2005). Il existe des exemples de pays pauvres qui ont connu une augmentation du bonheur malgr une croissance conomique faible ou nulle. Kenny (ibid.) suggre que certains facteurs qui contribuent au bonheur (comme la sant ou le niveau dinstruction) se sont amliors avec le temps dans des pays pauvres pour des raisons autres que la croissance conomique. Allant plus loin, certains conomistes constatent des signes dun paradoxe dune croissance malheureuse dans lequel des pays ayant un taux de croissance lev (compars des pays dont le niveau de dveloppement est similaire) montrent un degr plus faible de bonheur moyen autodclar (Lora et Chaparro, 2009).

    En rsum, bien quil existe des lments contradictoires dans les diffrentes tudes, le message principal semble tre que dans les pays pauvres de la plante, le dveloppement conomique est une ncessit lorsquil sagit de la satisfaction des besoins essentiels et du respect des droits fondamentaux des citoyens, et de leur permettre de mener une vie panouie, dans de meilleures conditions de bonheur et de bien-tre.

    Autres facteurs influant sur le bien-tre

    Parmi les autres dimensions du bonheur qui ont fait lobjet de recherches approfondies il convient de citer la sant, les rseaux sociaux, les relations familiales et lemploi.

    Ball et Chernova (2008) montrent que le fait davoir un emploi et un conjoint/compagnon sont des facteurs de bonheur particulirement importants.

    Participer des activits sociales avec des amis et/ou avoir des amis qui se confier est galement un facteur important (Bechetti et al., 2008 ; Sullivan, 1996).

    Un autre dterminant essentiel est la sant, qui comprend la sant subjective , cest--dire le sentiment dtre en bonne sant.

  • Chapitre 3 Analyse des tudes sur

    la migration,le bonheur et le bien-tre 98

    Les personnes qui ont des convictions religieuses sont gnralement plus heureuses que celles qui nen ont pas, bien que cette constatation ne sapplique peut tre quaux personnes vivant dans un environnement religieux (Eichhorn, 2011).

    Lge est galement un facteur important, une baisse du bonheur survenant lge mr, suivie dune augmentation du bonheur la vieillesse, qui peut toutefois tre compense par une dtrioration de la sant avec lge42.

    Le bonheur est galement tributaire de facteurs contextuels, comme la protection de lemploi ou lassurance-chmage (Boarini et al., 2012 ; Frey et Stutzer, 2002).

    Tout comme pour les tudes sur le revenu, les chercheurs ont constat des subtilits et des paradoxes. Par exemple, si les personnes qui ont un partenaire intime sont nettement plus heureuses que les clibataires, il apparat toutefois quaprs avoir augment lors dune rencontre ou du mariage, le bonheur finit parfois par redescendre aux niveaux antrieurs (Lucas et al., 2003).

    Sens de la causalit

    La relation de cause effet est lune des questions importantes qui se dgage des tudes sur le bonheur : les gens sont-ils heureux en raison dacquisitions extrieures, ou ceux qui sont intrinsquement plus heureux ont-ils plus de succs dans le monde extrieur (par exemple, meilleurs dans la recherche dun partenaire ou dune carrire satisfaisante) ? Les tudes montrent que ceux qui sont le plus satisfaits de leur travail sont aussi plus heureux. Mais les faits suggrent galement que le bonheur est tout aussi susceptible dentraner la satisfaction professionnelle (Boehm et Lyubomirsky, 2008). Par ailleurs, le chmage a des incidences videntes sur le bonheur. Il a des effets ngatifs sur les niveaux de bonheur, qui persistent gnralement mme lorsquune personne a trouv un nouvel emploi (Clark et Oswald, 1994 ; Lucas et al. 2004).

    Certaines tudes se sont intresses la faon dont les gens peuvent amliorer leur bonheur en changeant de situation. Cela peut avoir un rapport avec une valuation des objectifs intrinsques et extrinsques (Sheldon et Lyubomirsky, 2006) par exemple, lon peut travailler pour gagner sa vie, en tant motiv par le besoin dargent plutt que par la satisfaction procure par le travail proprement dit. Mais si une hausse de revenu est obtenue en acceptant un emploi qui suppose de longues heures de travail ou des temps de dplacement plus longs, lavantage que procure le revenu supplmentaire sur le plan du bonheur peut tre minime par rapport aux cots. Un emploi moins bien rmunr mais plus agrable peut tre plus satisfaisant. De mme, le bonheur peut tre amlior en passant plus de temps avec son conjoint ou son partenaire pour mener des activits procurant un plaisir partag (Sullivan, 1996).

    Dans tous les cas, les chercheurs reconnaissent que le bonheur nest pas toujours li des choix ou des situations matrisables de lextrieur. Une part importante des variations dans les degrs individuels de bonheur est attribuable des prdispositions gntiques ou la personnalit (voir Lykken et Tellegen, 1996 ; Schnittker, 2008), qui peuvent influer sur laptitude dun individu faire face et sadapter des situations extrieures. Toutefois, tant donn quil nest pas toujours possible de changer sa situation, le bonheur individuel peut dcouler dune volont de modifier son approche

    42 Pour des examens plus gnraux des dterminants du bonheur, voir Dolan et al. 2008, et Diener et al., 2009a.

  • 99ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    ou son tat desprit comme en tmoignent diverses traditions philosophiques et religieuses (voir, par exemple, Csikszentmihalyi, 1997, sur le bouddhisme).

    Bloqus en Somalie : des migrants thiopiens en qute dune nouvelle vie au Moyen Orient (Sud-Nord)

    La vie est dure Bossaso. Malgr une mer bleu turquoise, le sable blanc et la population locale chaleureuse, une chaleur torride de 45 degrs, des tensions constantes et une terre aride et craquele menacent les moyens dexistence de milliers de personnes. Les immeubles inachevs sont laisss labandon, des dtritus jonchent les routes ngliges et les services de base sont inexistants. Leau est si sale ici. Cest comme leau de mer. Parfois, je nai rien manger pendant un jour ou deux , dclare Mustariya, qui souffre de vives douleurs lestomac.

    Originaire dEthiopie, Mustariya Mohamad est une jeune femme de 19 ans qui vit Bossaso, dans lEtat du Puntland (Somalie), depuis plus dun an. Ayant quitt le nord-est de lEthiopie pour trouver la

    prosprit au Moyen-Orient, Mustariya sest embarque dans un priple qui a dur 15 jours : Nous tions neuf avoir quitt lEthiopie pour la Somalie tous originaires du mme village. Au dbut, ctait facile, nous avons donn un peu dargent et un chauffeur de camion nous a fait traverser la frontire. Ensuite, tout a chang. Des hommes arms nous ont arrts, emmens et nous ont fait de vilaines choses. Ils ont laiss les hommes tranquilles, ils en avaient simplement aprs nous, les femmes. Ils nous ont prises en otages et nous ont vol tout ce que nous avions, ensuite ils nous ont crach dessus et nous ont jetes sur le ct de la route. Notre chauffeur de camion tait parti, nous avons donc march pendant une semaine avant darriver Bossaso .

    Aprs ce voyage traumatisant, Mustariya est arrive Bossaso sans accs des soins de sant, sans soutien psychosocial et sans argent : Jaimerais voir un mdecin, mais je ne peux pas aller lhpital parce que cest trop cher. Mme trouver du travail ici est difficile parce que je ne parle pas le somali, je ne parle que loromo. Un jour, jai trouv un travail de nettoyage, mais je ne comprenais pas les instructions de mon chef, alors il ma renvoye. Mustariya a lintention de se rendre au Ymen. Lattrait de la prosprit, de lducation et dun emploi au Moyen-Orient pousse des milliers dEthiopiens traverser la Somalie pour tenter leur chance. Pourtant, la traverse du golfe dAden est un voyage prilleux : La traverse de la mer cote trs cher : 100 ou 150 dollars. Je connais les problmes. Je sais que des gens meurent en traversant la mer et beaucoup sont expulss, mais on ma dit que le Ymen moffrirait une meilleure vie. Alors je ferai tout ce quil faudra.

    Mustariya bnficie aujourdhui de laide dun centre dintervention pour les migrants tabli conjointement par lOrganisation internationale pour les migrations (OIM) et le Gouvernement du Puntland (Somalie) dans le but denregistrer les nouveaux migrants, doffrir un espace dinformation et de sensibilisation aux droits des migrants, de fournir des conseils juridiques

    Voix de migrants

  • Chapitre 3 Analyse des tudes sur

    la migration,le bonheur et le bien-tre100

    et des orientations mdicales. Mais Hussein Hassan, administrateur de programme de lOIM en Somalie, dclare : Les besoins sont immenses : soutien psychologique, eau potable, abris et services globaux de soins de sant rpondant aux besoins des migrants doivent tre offerts aux plus vulnrables . Au moment o Mustariya quitte le Centre pour aller la prire du soir, elle dclare : Je souhaite simplement trouver un endroit o rgne la paix o je pourrai acqurir une ducation. Est-ce trop demander?

    Note : Adapt de Ethiopia/Somalia: Migrating will offer me a better life. I will do whatever it takes. In: IOM Gender and Migration News , 38 (OIM, 2012).

    reCHerCHes sUr La migration

    et Le bonHeUr

    Le nombre limit de recherches menes sur le bien-tre des migrants visent valuer le bonheur des migrants par rapport celui de la population ne dans le pays de destination et le pays dorigine. Certaines tudes se sont galement intresses au bien-tre des familles restes au pays ou des migrants internes.

    Le bien-tre des migrants compar celui de la population du pays de destination

    Des tudes, menes principalement dans des pays dvelopps, montrent gnralement que les migrants sont en moyenne moins heureux que la population ne dans le pays (Safi, 2000). Cela se vrifie mme lorsque dautres variables sont prises en considration, par exemple quand on compare les migrants des personnes nes dans le pays dont la situation ou les caractristiques sont similaires revenu, statut professionnel, types de relations, sant, etc. On pourrait sattendre, avec le temps, une augmentation du bonheur mesure que les migrants sassimilent dans la nouvelle socit, mais ce nest pas le cas selon les recherches menes par Safi sur les immigrants en Europe, qui a constat que les immigrants demeurent gnralement moins heureux que la population ne dans le pays, mme plusieurs annes aprs avoir migr. Toutefois, certaines recherches effectues dans des pays en dveloppement et dvelopps indiquent que les scores concernant le bonheur des migrants et celui des non-migrants sont trs similaires (voir par exemple PNUD, 2009 ; Graham 2005 ; Kenny, 2005).

    A cela il peut y avoir plusieurs raisons, et peut tre le fait que les migrants tendent tre moins satisfaits de leur situation financire, mme lorsque leur revenu est comparable celui de la population ne dans le pays (Bartram, 2011). Les migrants qui se rendent aux Etats-Unis, par exemple (mme ceux qui sont originaires de pays pauvres) ont des revenus moyens quivalents ceux des personnes nes dans le pays. Ils ont russi gagner plus quavant de migrer, mais ils sont nanmoins plus insatisfaits que les personnes nes dans le pays. En outre, on constate souvent chez les migrants une corrlation plus troite entre le revenu et le bonheur que chez les rsidents ns dans le pays. Enfin, ils sont souvent plus disposs prendre des risques et faire preuve dun esprit dentreprise plus dvelopp.

  • 101ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Les migrants peuvent galement se trouver avoir un statut social infrieur. Malgr leur situation conomique prospre, il arrive que des migrants considrent que leur position relative dans le pays de destination est infrieure ce quelle tait dans leur pays dorigine. Ceux qui avaient de bons diplmes et un bon poste avant la migration peuvent estimer que cet acquis nest pas reconnu dans leur pays de destination. Ils peuvent tre confronts la discrimination et/ou des difficults linguistiques. Le rsultat net aprs la migration peut tre un revenu plus lev en termes absolus (cest--dire par comparaison avec le revenu davant la migration, aprs conversion montaire) mais un statut social infrieur dans leur pays de destination avec des consquences prvisibles sur le quotient de bonheur (Aycan et Berry, 1996). Les difficults lies lexprience de la migration proprement dite peuvent galement influer sur le degr de bonheur (Handlin, 1973). Parmi les autres explications possibles de ce faible niveau de bonheur, on peut mentionner la sparation de la famille et les difficults dadaptation une nouvelle culture. Mais il nexiste pas de donnes permettant de confirmer ces hypothses.

    Le bien-tre des migrants compar celui de la population du pays dorigine

    Comparer les niveaux de bonheur des migrants et de la population autochtone dans les pays de destination nest peut-tre pas le meilleur moyen de savoir si le changement dans le degr de bonheur des migrants est une consquence de leur dpart dans un autre pays. Abstraction faite de toute autre considration, il se pourrait quil existe de profondes diffrences dans les degrs de bonheur des populations de diffrents pays, qui sont susceptibles de fausser les rsultats.

    Il est probablement plus utile de comparer les migrants des personnes similaires restes au pays qui ont choisi de ne pas migrer. Si lon examine les donnes recueillies par lEnqute sociale europenne, on constate que ceux qui ont migr au dpart de lEurope orientale en direction de lEurope occidentale sont nettement plus heureux que ceux qui sont rests , bien que lon dispose de peu dinformations permettant dexpliquer pourquoi (Bartram, 2012a). Lune des raisons pourrait tre que, dentre de jeu, ceux qui choisissent de partir sont plus heureux. Dautres tudes (notamment Graham et Markowitz, 2011) laissent entendre que linverse pourrait tre vrai : une analyse de donnes denqute provenant dAmrique latine a montr que les personnes qui avaient exprim leur intention de migrer (et avaient fini par le faire) taient moins heureuses que celles qui navaient pas cette intention. Mme sils jugeaient leur situation objectivement bonne, les migrants taient nanmoins insatisfaits, devenant ce que Graham et Markowitz appellent des gagnants dus .

    Les diffrences de degr de bonheur entre les migrants et ceux qui restent au pays peuvent aussi dpendre du pays dorigine. Par exemple, les recherches sur la migration partir de lEurope orientale vers lEurope occidentale font ressortir que les migrants originaires de certains pays (Croatie, Fdration de Russie, Turquie et Ukraine) sont plus heureux que ceux qui sont rests dans ces pays, tandis que les migrants originaires dautres pays (comme la Roumanie) ne semblent pas plus heureux que ceux qui y sont rests (Bartram, 2012b).

  • Chapitre 3 Analyse des tudes sur

    la migration,le bonheur et le bien-tre102

    Bien-tre des familles de migrants restes au pays

    Certaines tudes (telles que Gartaula et al., 2012 ; Dreby, 2010) ont examin le bien-tre des membres de la famille des migrants rests dans le pays dorigine et si les avantages des rapatriements de fonds sont suffisants pour compenser les cots subjectifs lis la sparation de la famille. Ces tudes ont produit des rsultats variables. Au Npal, il est apparu que la situation des femmes restes au pays aprs le dpart dun mari migrant influe sur le sentiment de bien-tre des pouses. Les femmes peuvent prouver un bien-tre plus grand lorsquelles deviennent, dans les faits, chef du mnage en labsence de leur mari, et ont un sentiment accru dautonomie et de matrise de leur vie. De mme, le bien-tre peut samliorer grce laugmentation des revenus du mnage sous leffet des fonds rapatris, notamment dans le cas de familles trs pauvres (Gartaula et al., 2011). Par ailleurs, le bien-tre subjectif peut ne pas samliorer ni mme baisser si, par exemple, les femmes sont contraintes de vivre avec la famille de leur mari pendant labsence de celui-ci et/ou lorsque la situation antrieure la migration tait suffisamment confortable pour que les fonds rapatris napportent quune faible amlioration financire.

    Des recherches aux Etats-Unis (Dreby, 2010), bien que ne portant pas explicitement sur le bonheur, montrent clairement les cots motionnels de la sparation familiale, notamment pour les enfants confis dautres membres de la famille. Les rsultats dune tude mene en Equateur renforcent encore la conclusion selon laquelle les avantages des rapatriements de fonds lemportent souvent sur les cots de la sparation (Borraz et al., 2007). En revanche, une enqute en Amrique latine a mis en vidence que les mnages ayant un migrant qui envoie des fonds de ltranger taient plus heureux que ceux qui nen avaient pas. Cela donne penser que cette diffrence pourrait sexpliquer par la manire dont la migration diversifie les risques pour le mnage (et donc renforce peut-tre la scurit financire, plutt que daugmenter simplement le revenu) (Cardenas et al., 2009). Toutefois, ces tudes ne tiennent pas compte du bonheur du migrant absent et, par consquent, ne prennent pas en considration le bonheur du mnage dans son ensemble.

    Les chercheurs se sont galement intresss aux flux migratoires internes. La migration de lest vers louest de lAllemagne peut tre instructive cet gard, dans la mesure o ces mouvements peuvent tre assimils des migrations internationales, puisque lAllemagne tait spare de 1949 1990, malgr les similarits linguistiques et culturelles. Ltude de Meltzer a montr que les migrants qui ont quitt lAllemagne de lEst pour se rendre en Allemagne de lOuest entre 1990 et 2007 taient plus heureux aprs avoir migr et plus heureux que ceux qui navaient pas migr. En Chine, en revanche, il apparat que les migrants qui ont quitt la campagne pour stablir en ville sont moins heureux que les ruraux rests chez eux et les rsidents urbains ns sur place (Knight et Gunatilaka, 2010). Ltude conclut que les migrants se sont sentis probablement dus parce quils ne sattendaient pas ce que leurs ambitions augmentent aprs la migration (conformment la perspective dEasterlin).

  • 103ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Circonstances de la migration

    Les circonstances dans lesquelles la migration a lieu influent invitablement sur le degr de bonheur des migrants. Comme relev, parmi ceux qui migrent pour des raisons conomiques, une augmentation du revenu au-dessus dun certain seuil ne dbouche pas ncessairement sur un degr de bonheur proportionnellement plus important. Pour savoir si cela se vrifie pour tous les migrants, il faudra savoir si leurs revenus ont dj atteint ou dpass ce seuil (daprs Easterlin)43.

    Dans le cas des mouvements Sud-Nord et Sud-Sud, il est plus difficile de savoir si les migrants ont atteint le seuil de revenu requis. Comme ils viennent de pays pauvres, ils sont moins susceptibles davoir rempli cette condition, mais on sait aussi que, toutes proportions gardes, les migrants ont tendance tre issus des couches les plus aises de la socit et ne sont pas les plus pauvres. Il nexiste pas de donnes indiquant si les migrants considrent que leur bien-tre est suprieur ou infrieur aprs la migration, bien que lon ait compar le bien-tre des migrants celui dautres groupes de population cest--dire les populations nes sur place et celles restes au pays comme examin plus haut.

    Dans dautres contextes de migration, par exemple quand lasile ou le statut de rfugi sont demands44, le rsultat peut aller dans les deux sens. Dune part, si les migrants ne sont pas principalement orients vers le profit conomique, ils peuvent tre moins dus si les gains conomiques dans le pays de destination ne correspondent pas leurs attentes. Dautre part, ils peuvent avoir quitt leur pays dorigine chargs dun lourd fardeau par exemple, sils sont des rfugis fuyant des perscutions et sont forcs de quitter leur foyer ce qui peut diminuer leur sentiment de bien-tre.

    La littrature spcialise consacre au bien-tre des rfugis insiste sur les consquences ngatives des dplacements forcs pour la sant mentale. De nombreux travaux sefforcent de dterminer la prvalence des dsordres lis au stress post-traumatique et dautres maladies mentales (Murray et al. 2008). Des recherches ont galement rvl que les rfugis risquent de dvelopper des problmes psychologiques et comportementaux graves de longue dure (Porter et Haslam, 2005). Les variations dans les rsultats concernant la sant mentale des rfugis peuvent tre lies aux effets de nombreux facteurs relatifs aux circonstances prcdant et suivant le dplacement, ainsi quaux caractristiques des rfugis eux-mmes (ibid.).

    La psychologie positive terme gnrique englobant ltude des motions positives, des traits de caractres positifs et des institutions porteuses na t applique que rcemment aux rfugis, et peu de travaux mens ce jour portent directement sur les effets de la migration force sur le bonheur. Peu de recherches ont t entreprises sur le bonheur des rfugis : il existe une seule tude consacre aux enfants palestiniens dans un camp de Cisjordanie (Veronese et al., 2012), qui a constat que le bonheur des enfants tait similaire celui des enfants palestiniens vivant dans un village isralien.

    43 Voir Kenny (2005) pour une discussion sur ce que ce seuil pourrait tre.44 Les ensembles de donnes issues denqutes internationales, telles que lEnqute sociale europenne, ne

    permettent pas de connatre les motivations de la migration. Certaines personnes analyses ci dessus relveraient davantage de la catgorie regroupement familial que de la catgorie migration conomique , et les raisons de migrer sont souvent multiples. Lanalyse des donnes de lEnqute sociale europenne dans les sections prcdentes a t construite de manire pouvoir dterminer les rsultats pour les personnes dont la migration a t vraisemblablement motive par le dsir damliorer leur situation conomique une approche adopte galement par dautres recherches.

  • Chapitre 3 Analyse des tudes sur

    la migration,le bonheur et le bien-tre104

    En ce qui concerne les migrants de retour au pays, une tude comparant le bonheur de migrants roumains rentrs chez eux celui de ceux qui sont rests (Bartam, 2012b) a montr que les migrants de retour ne sont pas plus heureux que ceux qui sont rests, bien quils aient mieux gagn leur vie.

    Sil est vrai que les tudes ne mesurent pas directement le bonheur, il existe une abondante littrature spcialise une documentation importante sur la sant mentale des rfugis, qui est souvent axe sur les tats/conditions psychologiques ngatifs.

    Des liens cohrents et solides ont t tablis entre le traumatisme prmigratoire et la sant mentale lors de la rinstallation (Murray, 2008 : 6). Les recherches tendent montrer le pouvoir de gurison du temps, la sant mentale des rfugis en situation de rinstallation samliorant avec le temps, notamment mesure que les facteurs de stress initiaux dus la rinstallation sestompent.

    Un corpus croissant de recherches fait apparatre que les facteurs de stress post-migratoires peuvent fortement peser sur la rinstallation des rfugis (Murray et al., 2008) baisse du statut socioconomique, perte de rles sociaux importants ou dune raison dtre, chmage ou difficults conomiques, et isolement social : autant de facteurs qui affectent la sant mentale et la capacit dadaptation (Murray et al., 2008 : 8). Les difficults post-migratoires des rfugis peuvent galement dcouler dune incompatibilit particulire avec la culture daccueil, de la nature du programme de rinstallation (Murray et al., 2008), de lattitude de la socit daccueil et des services/systmes ducatifs en faveur des enfants et des adultes rfugis. Globalement, il est certain que les nombreux facteurs pr- et post-migratoires dbouchent sur toutes sortes de rsultats en matire de sant mentale et dintgration parmi les rfugis (ibid.).

    observations FinaLes

    Les tudes sur le bien-tre des migrants sont relativement rcentes mais font, depuis quelques temps, lobjet dune attention accrue. Les recherches existantes vont au cur du problme, en sintressant aux liens entre la russite conomique et le bien-tre, tant au niveau des individus que des pays. Leurs constatations laissent entendre que, jusqu un certain point, il existe un lien vident entre croissance conomique et bonheur. Mais, une fois un certain seuil atteint, un revenu toujours croissant semble produire moins deffets. Ces recherches fournissent un contexte utile permettant de vrifier les rsultats du sondage Gallup au chapitre suivant.

  • 105ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Une tudiante allemande New York (Nord-Nord)

    Dsireuse de poursuivre des tudes, Vera prpare depuis peu un master en tudes cinmatographiques dans une universit renomme de New York. Attire par la solide rputation de luniversit et le dynamisme de sa ville daccueil, Vera tait galement impatiente de faire lexprience dune autre culture, en particulier dans le monde anglophone, dans lespoir que son profil serait ainsi plus intressant sur le march du travail. Etudier aux Etats-Unis lui donnait aussi une plus grande souplesse dans le choix des programmes quen Allemagne. Aprs plusieurs mois, elle est heureuse de sa dcision de partir aux Etats-Unis. Mme si, parfois, elle admet que cest dur dtre si loin de chez elle, elle apprcie la rigueur universitaire et lenvironnement intellectuel, et se sent au bon endroit .

    Se rendre aux Etats-Unis et tre admise dans un tablissement denseignement aussi slectif a exig beaucoup de temps, defforts et dargent. Ctait comme un interminable voyage , dit Vera. Cependant, elle a t surprise par le soutien et lattention personnelle prodigus par luniversit et ses professeurs, mme avant son arrive.

    Vera vit dans ce que lon appelle en plaisantant lle acadmique un quartier forte densit dtudiants. Elle partage un appartement avec des tudiants amricains et dit quelle se sent toujours en scurit dans son quartier. La proximit de ses cours et la quitude du quartier verdoyant rendent la vie agrable. La vie nocturne est peut-tre un peu complique, mais on peut toujours se rendre en ville en mtro. Vera sest fait plusieurs amis proches et apprcie la diversit de son groupe social, compos damis de fac venant des quatre coins du pays et du monde. Elle communique avec ses amis et sa famille en Allemagne par Skype, Facebook et courrier postal.

    Bien quelle apprcie les conditions de vie et la qualit de ses tudes, Vera sait que cette occasion a un prix. Mme avec deux bourses qui couvrent les 18 000 euros de frais de scolarit annuels et plus, Vera a d contracter un prt et a emprunt de largent sa mre pour couvrir ses dpenses. Elle travaille galement en tant quassistante de recherche et denseignement dans son universit et elle crit pour des magazines culturels en Allemagne. Jai trouv un peu choquant que mme avec des bourses, on ne puisse pas se permettre une telle occasion , dit-elle. Heureusement, elle est en bonne sant et na pas encore eu besoin de soins mdicaux. Les histoires dhonoraires exorbitants racontes par ses amis lincitent la prudence pour se faire soigner lavenir.

    Voix de migrants

  • Chapitre 3 Analyse des tudes sur

    la migration,le bonheur et le bien-tre106

    Bien quelle soit reconnaissante de loccasion et enthousiasme par lenseignement de haut niveau dont elle bnficie, Vera nest pas sre que le risque financier quelle a pris sera payant au bout du compte. Il ny a aucune garantie quelle trouve un emploi aprs son diplme, notamment parce que son domaine dtudes ne dbouche pas directement sur un parcours de carrire traditionnel. Cest un risque important prendre , admet-elle, mais quelle est prte assumer. Malgr dexcellentes notes, Vera nest pas sre de son avenir. Lorsquelle aura obtenu son diplme dans un an et demi, elle envisage dentreprendre un doctorat aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou son retour en Allemagne. Lorsquon lui demande si elle a lintention de stablir dans un endroit prcis, elle rpond que lide de sinstaller lui semble quelque peu dmode . Je ne vis pas comme a , dit-elle, en indiquant quelle a aussi tudi en Italie et Berlin. Bien que sinstaller puisse ne pas tre la rponse pour elle, Vera a entendu lappel. Lide que je naurai jamais un endroit o je serai chez moi me parat aussi trs trange, dit-elle.

  • OIM 2009 (Photo : Mary-Sanyu Osire)

  • Chapitre 4Dimensions du bien-tre des migrants :

    Elements dinformation tirs du

    Gallup World Poll

    4Gallup

    (Neli Esipova, Anita Pugliese, Julie Ray et Kirti Kanitkar)

  • Faits marQUants45

    Depuis 2005, le sondage annuel Gallup est ralis dans plus de 150 pays, territoires et rgions, rassemblant des opinions comparables travers les zones gographiques et le temps. Les donnes utilises dans la prsente analyse du bien-tre des migrants ont t recueillies entre 2009 et 2011, dans le cadre dune enqute mene auprs de quelque 500 000 adultes comprenant prs de 25 000 migrants de la premire gnration et 441 000 personnes nes dans le pays.

    Le sondage visait valuer le bien-tre des migrants en leur posant des questions sur des lments objectifs de leur vie (tels que le niveau de revenu, le logement, la nourriture et les possibilits demploi), ainsi que sur leurs propres perceptions et sentiments (tels que le niveau de satisfaction dans la vie, ainsi que les sentiments positifs et ngatifs). Lenqute sest galement intresse ce que les migrants avaient gagn et perdu en migrant, laide dun modle statistique qui compare leur bien-tre dans le pays de destination ce que leur vie aurait pu tre sils taient rests chez eux.

    Les rsultats reconfirment le clivage entre riches et pauvres le clivage Nord-Sud . Pour savoir si la migration amliore le bien-tre, il faut savoir do les migrants viennent et o ils vont. Ce sont les migrants Nord-Nord qui semblent avoir lexprience la plus facile. Ils obtiennent les rsultats les plus positifs dans de multiples dimensions du bien-tre satisfaction dans la vie, positivit sur le plan motionnel, scurit financire, scurit personnelle, attachement la communaut, et sant.

    En revanche, les migrants Sud-Sud semblent confronts des difficults bien plus grandes. Ce sont les moins optimistes en ce qui concerne leur vie, et ils trouvent difficile datteindre un niveau de vie satisfaisant. En outre, la migration ne semble pas changer grand-chose pour eux sur le plan financier. Leur scurit personnelle est un sujet de proccupation. De plus, ils ont tendance ne pas avoir confiance dans les institutions du pays de destination, et semblent proccups par leur sant.

    Ceux qui migrent entre le Nord et le Sud, dans lun ou lautre sens, font des expriences mitiges. Les facteurs conomiques jouent gnralement un rle particulirement notable : ceux qui migrent du Nord au Sud sont gagnants sur le plan conomique, comme lon peut sy attendre ds lors quon se rend dans un environnement o le cot de la vie est relativement bas. Inversement, ceux qui quittent le Sud pour sinstaller au Nord souffrent de disparits conomiques par rapport aux personnes nes dans le pays. Ils ont du mal assurer la transition, mais sont nanmoins plus laise financirement aprs avoir migr que ceux qui sont rests au pays.

    45 Le Rapport adopte la terminologie utilise dans le discours sur le dveloppement pour ranger les pays dans des catgories selon leur statut conomique. Cette question est examine en dtail au chapitre 1, mais de faon gnrale, le Nord dsigne les pays revenu lev et le Sud les pays revenu faible et moyen, conformment la classification de la Banque mondiale.

    4109

    ETAT DE LA MIGRATION DANS LE MONDE 2013

    Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

  • Ce chapitre prsente les conclusions du Gallup World Poll sur le bien-tre des migrants. Il donne un aperu de la mthodologie suivie, puis livre une analyse taye par des donnes relatives au bien-tre financier, professionnel, social, communautaire, physique et subjectif.

  • 111ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Pour la premire fois, le Gallup World Poll unique tude mondiale du genre permet dvaluer le bien-tre des migrants du monde entier. Jusquici, la plupart des tudes sur la migration et le bien-tre portaient sur les populations de migrants dans des pays ou rgions spcifiques. Gallup pose chaque anne les mmes questions, de la mme faon, dans plus de 150 pays, territoires et rgions (reprsentant 98 % de la population adulte dans le monde), permettant ainsi de comparer les donnes sur les migrants dans diffrents pays et rgions, sur des priodes multiples.

    Cette analyse repose sur des donnes recueillies entre 2009 et 2011, sur la base dune enqute mene auprs denviron 500 000 adultes comprenant environ 25 000 migrants de la premire gnration et 441 000 personnes nes dans le pays. Gallup tablit une distinction entre les migrants et ceux qui sont ns dans le pays, en demandant tous les enquts de rpondre une question trs simple, savoir sils sont ns dans le pays o ils vivent ou non. Gallup range ceux qui rpondent non dans la catgorie des migrants de la premire gnration. En regroupant les donnes sur une priode de trois ans, il est possible de crer un chantillon solide de migrants pour lanalyse (voir lencadr 10 pour de plus amples dtails mthodologiques).

    Bien que les enqutes du Gallup World Poll naient pas initialement pour vocation dtudier les migrants, lexhaustivit de cet ensemble de donnes mondiales permet didentifier les migrants de la premire gnration et dtudier leur vie et leur exprience dans le pays de destination. Les donnes sont corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction, afin de permettre une comparaison plus juste entre le bien-tre des migrants et celui dautres populations, telles que les personnes nes dans le pays de destination.

    Ltude montre que le bien-tre des migrants varie selon le lieu de rsidence et dorigine des migrants. Gallup value le bien-tre des migrants sur la base des informations autodclares sur leur vie (notamment leur bien-tre valuatif et exprientiel, ainsi que les dimensions financires, professionnelles, sociales, communautaires et physiques de leur bien-tre). Ltude analyse galement ce que les migrants ont gagn et perdu en migrant, en comparant le bien-tre des migrants qui vivent dans un pays de destination depuis au moins cinq ans, avec des estimations de ce que leur vie aurait pu tre sils taient rests chez eux.

    Comme on la vu au chapitre 1, la migration internationale est souvent dcrite comme un phnomne Sud-Nord, alors quen fait, seulement 40 % environ de lensemble des migrants quittent un pays en dveloppement du Sud pour aller sinstaller dans un pays dvelopp du Nord. Les migrants Sud-Sud, par exemple, sont une force conomique importante, tant donn limportance de leur nombre et des fonds quils rapatrient chez eux, mais leur vie et leur exprience sont, pour lessentiel, insuffisamment tudies. Cet angle mort confirme labsence de donnes fiables sur les migrants qui se dplacent entre deux pays en dveloppement, ainsi que lattention particulire accorde aux flux Sud-Nord dans les dbats politiques et la recherche (Ratha et Shaw, 2007). Labondance des donnes disponibles grce au sondage mondial Gallup en cours permet, pour la premire fois, de sintresser tous les axes migratoires : Sud-Sud, Sud-Nord, Nord-Nord et Nord-Sud.

    introdUCtion aU gaLLUp

    WorLd poLL

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 112

    Lampleur de la migration internationale selon le sondage Gallup

    En labsence dune dfinition universellement reconnue du Sud et du Nord , aux fins de cette analyse le Nord reprsente les conomies revenu lev, sur la base des classifications de la Banque mondiale, et le Sud dsigne les conomies revenu faible et moyen (voir le chapitre 1 pour de plus de dtails). Les estimations Gallup soutiennent relativement bien la comparaison avec la rpartition estimative des populations migrantes dans le monde tablie laide des dfinitions du DAES-ONU, de la Banque mondiale et du PNUD (voir tableau 2 du chapitre 2)46 : 40 % des migrants faisant partie de lchantillon Gallup ont migr du Sud au Nord, 33 % du Sud au Sud, 22 % du Nord au Nord, et 5 % du Nord au Sud (voir figure 10).

    Estimations Gallup de la population migrante adulte de la premire gnration, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Nord Nord

    SudSud

    22 %

    33 %

    40 %

    5 %

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Daprs les donnes du Gallup World Poll, 2009-2011.Note : Les estimations comprennent les migrants de la premire gnration gs de 15 ans ou plus.

    Profil des migrants dans le sondage Gallup

    Les donnes de Gallup tudient les migrants selon le pays dorigine, la dure du sjour dans le pays de destination, et des variables dmographiques cls (sexe, ge et niveau dinstruction) pour chacun des quatre axes migratoires. La mthodologie, la dtermination de lchantillon et les dfinitions utilises sont indiques dans lencadr 7.

    46 Cette lgre diffrence peut sexpliquer en partie par le fait que lchantillon Gallup ne comprend que des migrants gs de 15 ans et plus.

    Figure 10

  • 113ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Lchantillon de population couvert par cette enqute prsente les caractristiques suivantes, compltes par des donnes fournies dans les tableaux 11 et 12 :

    Pays de naissance

    Gallup classe les migrants en catgories comme venant du Nord ou venant du Sud , sur la base de leur pays de naissance, au moyen de la classification de la Banque mondiale. Les migrants interrogs sont ns dans 188 pays (51 dans le Nord et 137 dans le Sud) o le sondage a t men.

    Dure du sjour

    Les migrants se dcomposent en deux catgories : les nouveaux venus (installs dans le pays de destination depuis moins de cinq ans) et les migrants de longue date (qui vivent dans le pays actuel depuis au moins cinq ans). Les deux groupes refltent la manire dont les migrants sont gnralement classs dans les donnes de recensement. Sur lensemble des migrants de lchantillon, peine plus dun quart sont des nouveaux venus, et les trois quarts sont des migrants de longue date.

    Sexe

    Dans le sondage Gallup, on ne constate pas de diffrences notables quant au nombre de migrants de sexe masculin et fminin sur les quatre axes migratoires.

    La probabilit pour les nouveaux venus Sud-Nord dtre de sexe masculin est lgrement plus grande, tout comme pour les nouveaux venus Nord-Sud.

    Bien quil nexiste pas de donnes denqute Gallup antrieures disponibles aux fins de comparaison, ces constatations semblent confirmer dautres recherches qui laissent entendre que la proportion de femmes qui migrent entre pays du Sud augmente ou, du moins, quelle se rapproche de celle des hommes pour ce qui est du nombre (Bakewell, 2009).

    Age

    Les nouveaux venus dans le Nord tendent tre plus jeunes que les personnes nes dans le pays et les migrants de longue date, prs de la moiti dentre eux (49 % de ceux qui ont migr du Nord vers le Nord, et 46 % de ceux qui ont migr du Sud au Nord) tant gs de 15 29 ans. Les nouveaux venus dans le Sud sont galement plus jeunes que les personnes nes dans le pays.

    Dans le Sud, 30 % des migrants Nord-Sud de longue date sont gs de 65 ans et plus (contre seulement 8 % des personnes nes dans le Sud).

    Niveau dinstruction

    Les migrants Nord-Nord (en particulier les nouveaux venus) ont un niveau dinstruction plus lev que les personnes nes dans le pays de destination. La probabilit quils aient un diplme universitaire est prs de deux fois plus grande (39 %) que dans la population (20 %) ne dans le pays.

    En comparaison, les migrants Sud-Nord sont presque aussi instruits, ou lgrement moins instruits que les personnes nes dans le Nord.

    En revanche, les migrants Sud-Nord ont plus de chances dtre instruits que les migrants Sud-Sud.

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 114

    Dans le Sud, les migrants sont gnralement plus instruits que les personnes nes dans le pays. Par exemple, au moins 44 % ont t scolariss pendant 9 15 ans, contre 32% des personnes nes dans le pays.

    Personnes nes dans le pays et migrants au Nord, selon le sexe, lge et le niveau dinstruction, 2009-2011

    Ns dans le pays au

    Nord

    Migrants au Nord

    Nord-Nord Sud-Nord

    Migrants de longue date

    Nouveaux venus

    Migrants de longue date

    Nouveaux venus

    SExEFemme 52 % 55 % 53 % 53 % 44 %

    Homme 48 % 45 % 47 % 47 % 56 %

    AGE

    15-29 22 % 17 % 49 % 27 % 46 %

    30-44 26 % 23 % 35 % 35 % 41 %

    45-64 33 % 35 % 11 % 27 % 11 %

    65+ 19 % 25 % 5 % 11 % 2 %

    NIvEAU DINSTRUCTION

    Diplme universitaire sanctionnant 4 annes dtudes

    20 % 26 % 39 % 21 % 19 %

    9-15 annes dtudes 65 % 60 % 56 % 61 % 58 %

    Ecole lmentaire ou moins (jusqu 8 annes dtudes)

    15 % 14 % 5 % 18 % 23 %

    Copyright 2012 Gallup Inc. Tous droits rservs.Source : Donnes Gallup World Poll, 2009-2011.

    Personnes nes dans le pays et migrants au Sud, selon le sexe, lge et le niveau dinstruction, 2009-2011

    Ns dansle pays au

    Sud

    Migrants au Sud

    Sud-Sud Nord-Sud

    Migrants de longue date

    Nouveaux venus

    Migrants de longue date

    Nouveaux venus

    SExEFemme 50 % 54 % 51 % 51 % 41 %

    Homme 50 % 46 % 49 % 49 % 59 %

    AGE

    15-29 36 % 23 % 46 % 31 % 46 %

    30-44 31 % 25 % 33 % 18 % 34 %

    45-64 25 % 30 % 16 % 21 % 10 %

    65+ 8 % 22 % 5 % 30 % 10 %

    NIvEAU DINSTRUCTION

    Diplme universitaire sanctionnant 4 annes dtudes

    6 % 13 % 8 % 15 % 13 %

    9-15 annes dtudes 32 % 45 % 47 % 44 % 49 %

    Ecole lmentaire ou moins (jusqu 8 annes dtudes)

    62 % 42 % 45 % 41 % 38 %

    Copyright 2012 Gallup Inc. Tous droits rservs.Source : Donnes Gallup World Poll, 2009-2011.

    Tableau 11

    Tableau 12

  • 115ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Processus analytiqueGallup analyse le bien-tre des migrants de plusieurs manires :

    i) En comparant le bien-tre autodclar des migrants celui des personnes nes dans le pays de rsidence ;

    ii) En comparant le bien-tre autodclar des migrants dans le pays de rsidence et celui de personnes comparables restes dans leur pays dorigine (avec des estimations de ce que leur vie aurait pu tre si les migrants taient rests chez eux).

    La premire analyse examine en quoi la vie des migrants est comparable celle des personnes nes dans le pays de destination. Pour permettre une comparaison valable entre les personnes nes dans le pays, les migrants de longue date et les nouveaux venus, les donnes ont t corriges selon le sexe, lge et le niveau dinstruction (voir lencadr 8 la fin du chapitre pour plus de dtails).

    La seconde analyse examine ce que les migrants ont gagn et perdu en migrant. Elle permet de comprendre dans quelle mesure la migration peut tre profitable ou dfavorable pour les migrants, sur le plan de leur dveloppement humain personnel. Cette analyse est possible parce que le sondage mondial Gallup pose les mmes questions en utilisant une mthodologie cohrente dans le monde entier. A laide dun modle statistique comparant la vie des migrants celle de personnes du mme ge, du mme sexe et du mme profil ducatif dans leur pays de naissance ( non-migrants comparables ), il est possible de dduire ce que la vie des migrants aurait pu tre sils taient rests chez eux.

    Etant donn que tout dmnagement est un bouleversement dans la vie dune personne, seuls les migrants de longue date installs depuis cinq ans dans leur pays hte sont pris en considration dans la seconde analyse. Gallup a assign chacun des migrants de longue date interrogs une srie de rponses dduites , sur la base des sondages Gallup effectus dans leur pays de naissance, en faisant appel des enquts de mme sexe, de mme ge et de mme niveau dinstruction (voir lencadr 8 pour plus de dtails).

    Dfinition du bien-tre de Gallup

    Les mesures du bien-tre de Gallup (abondamment cites et reprises par des organisations internationales telles que lOCDE)47 ont t mises au point grce la contribution notable de Daniel Kahneman, Prix Nobel, et du professeur de psychologie de lUniversit de lIllinois, Ed Diener. Ces indicateurs soulignent que le bien-tre signifie plus que le bonheur , considr comme un concept trop troit pour mesurer toutes les dimensions du dveloppement humain (Conceio et Bandura, 2008).

    Dans Wellbeing : The Five Essential Elements, les chercheurs de Gallup ont dsign la profession, les liens sociaux, les moyens financiers personnels, la sant et lappartenance une communaut comme tant les principaux facteurs contribuant au bien-tre subjectif global dune personne (Rath et Harter, 2010). Etant donn que ces lments sont interdpendants, ils doivent tre examins ensemble afin de dresser un tableau complet du bien-tre des migrants (voir figure 11).

    47 Voir, par exemple, le rapport de lOCDE Comment va la vie : Mesurer le bien-tre, 2011. Disponible sur www.keepeek.com/Digital-Asset-Management/oecd/economics/how-s-life/subjective-well-being_9789264121164-14-en.

    metHodoLogie dU gaLLUp

    WorLd poLL

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 116

    Elments essentiels du bien-tre selon Gallup

    Bien-tresubjectif

    Financier

    Professionnel

    SocialCommunautaire

    Physique

    Copyright 2012 Gallup Inc. Tous droits rservs.Source : Donnes Gallup World Poll, 2009-2011.

    Le bien-tre concerne un ensemble de facteurs, tels que lattachement que nous portons ce que nous faisons tous les jours, la qualit de nos relations, la scurit de nos finances, la vitalit de notre sant physique, et la fiert que nous prouvons pour la contribution que nous avons apporte notre communaut. Chose plus importante encore, il sagit de la manire dont ces cinq lments interagissent. [] Ce sont l les lments universels du bien-tre qui diffrencient une vie panouissante dune vie passe souffrir (Rath et Harter, 2010).

    Bien-tre subjectif

    Kahneman tablit une distinction entre deux formes de bien-tre subjectif : le bien-tre exprientiel et le bien-tre valuatif (Kahneman et Riis, 2005). Selon lui, le bien-tre exprientiel concerne les tats affectifs momentans et le ressenti des individus face des expriences en temps rel, tandis que le bien-tre valuatif dsigne la faon dont ils se rappellent leurs expriences passes.

    Le bien-tre valuatif peut comprendre des valuations individuelles daspects de la vie tels que le niveau de vie, le logement, le travail, le mariage, la sant personnelle et dautres choses qui comptent pour une personne. Le bien-tre exprientiel vise contourner les effets du jugement et de la mmoire pour apprhender des sentiments et des motions au plus prs de lexprience immdiate du sujet. Deaton et al. ont montr qu lchelle nationale, le bien-tre valuatif est en corrlation avec le revenu, le niveau dinstruction et la sant (Deaton, 2008 ; Deaton, Fortson et Tortora, 2010), ce qui incite croire que cet aspect du bien-tre est un construit important analyser dans lexprience du migrant (Esipova et al., 2011).

    Figure 11

  • 117ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Gallup mesure le bien-tre valuatif en demandant aux personnes interroges dvaluer globalement leur vie relle et destimer quoi elle pourrait ressembler dans cinq ans. On obtient un avis sur le bien-tre exprientiel en posant des questions sur une srie de sentiments positifs et ngatifs prouvs pendant la journe48.

    Bien-tre financier

    Des rsultats de recherches antrieures de Gallup montrent que ceux qui jouissent dun degr lev de bien-tre financier sont satisfaits de leur niveau de vie et sont capables datteindre un certain niveau de scurit financire. Gallup value la situation conomique personnelle des individus et celle de la communaut dans laquelle ils vivent laide dune srie de mesures subjectives qui viennent complter des indicateurs macroconomiques traditionnels, tels que le revenu.

    Bien-tre professionnel

    Le bien-tre dans sa profession est lun des aspects du bien-tre les plus importants. Le sondage Gallup montre que, sans cet aspect, les chances dprouver un degr lev de bien-tre dans les autres domaines diminuent. Les personnes qui jouissent dun degr lev de bien-tre professionnel ont deux fois plus de chances dvaluer leur vie comme tant au plus haut niveau possible. Dans ce contexte, Gallup examine loccupation exerce par une personne, son avis sur sa situation professionnelle, la faon dont elle envisage lentrepreneuriat, et les ventuels obstacles la cration dentreprise.

    Bien-tre communautaire

    Gallup value le bien-tre communautaire en mesurant la faon dont les personnes peroivent leur scurit personnelle, leur confiance dans les institutions nationales, leur avis sur le degr de corruption des milieux daffaires et dirigeants, leur engagement civique, leur attachement communautaire et leur perception de la diversit. Les personnes qui prouvent un degr lev de bien-tre communautaire se sentent en scurit l o elles vivent et manifestent de la confiance dans leurs institutions.

    Bien-tre social

    Les individus qui jouissent dun degr lev de bien-tre social sont entours de personnes qui soutiennent leur dveloppement et leur croissance. Gallup value les structures de soutien social des migrants et les occasions de se faire des amis dans la ville ou la rgion o ils vivent.

    Bien-tre physique

    Les personnes qui jouissent dun niveau lev de bien-tre physique grent bien leur sant (Rath et Harter, 2010). Dans cette tude, Gallup mesure le bien-tre physique dans le monde en examinant la faon dont les individus peroivent leur propre sant. Gallup mesure en outre leur satisfaction en matire daccs des soins de sant de qualit, et leur probabilit de bnficier dune assurance mdicale.

    48 LOCDE utilise nos donnes de World Gallup Poll pour ses mesures du bien-tre subjectif au niveau national. Voir : www.keepeek.com/Digital Asset Management/oecd/economics/how s life/subjective-well-being_9789264121164-14-en.

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 118

    Bien-tre subjectif : dimensions valuatives et exprientielles

    Principales conclusions

    Les migrants Nord-Nord jugent leur vie actuelle comparable celle des personnes nes dans le pays o ils vivent, et ils sont mme plus optimistes quant leur avenir. En outre, leurs niveaux dmotions positives sont analogues. En revanche, ceux qui migrent dans dautres directions (Nord-Sud, Sud-Nord, Sud-Sud) ont une probabilit moins leve que ceux ns dans le pays dexprimer des sentiments de bonheur et de plaisir.

    Dans le Nord, les migrants ont une opinion plus positive de leur vie que ceux qui sont rests dans leur pays dorigine. Dans le Sud, les migrants valuent leur vie comme tant similaire celle des personnes au profil comparable restes au pays, voire pire quelle.

    Ce sont les migrants Sud-Sud qui ont les sentiments les plus ngatifs sur leur vie prsente et future. Ce pessimisme transparat galement dans la plupart des autres aspects du bien-tre.

    Tous les migrants en particulier les nouveaux venus risquent davantage dtre tristes que les personnes nes dans le pays.

    Alors que les migrants Nord-Nord sont globalement comparables aux personnes nes dans le pays daccueil, sous langle des motions positives et ngatives, la prvalence dmotions positives est plus faible parmi les migrants Sud-Nord, et la prvalence dmotions ngatives plus forte. Par comparaison avec les non migrants au profil comparable rests au pays, les migrants Sud-Nord ont une probabilit plus leve de mieux sen sortir, en ce qui concerne la manire dont ils valuent leur vie actuelle.

    Les migrants Sud-Sud de longue date ont moins de chances que les nouveaux venus ou les personnes nes dans le pays dprouver des motions positives.

    Bien-tre valuatif : valuation de la vie personnelle prsente et future

    Ce sont les migrants Nord-Nord qui sont les mieux placs, estimant que leur vie actuelle est comparable celle des personnes nes dans le pays de destination. Les migrants Sud-Sud sont ceux qui sen sortent le moins bien en ce qui concerne lvaluation de leur vie. Les migrants Sud-Nord nvaluent pas leur vie de manire aussi positive que les personnes nes dans leur pays de rsidence actuel, mais ils considrent quelle est plus positive que celle de leurs homologues rests au pays. Pour ceux qui migrent du Nord au Sud, la migration ne fait aucune diffrence, tant donn que les valuations de la qualit de vie sont comparables celles des personnes vivant dans le pays de destination et le pays de naissance.

    Les valuations subjectives de la qualit de vie sont la pierre angulaire du bien-tre et sont particulirement utiles dans le dialogue sur la migration, dans la mesure o les recherches montrent que ceux dont le bien-tre subjectif est le plus lev sont moins enclins vouloir migrer (Cai, Esipova et Oppenheimer, 2012). Gallup mesure le bien-tre valuatif global en demandant aux enquts de noter leur vie actuelle et future sur une chelle (base sur lchelle de satisfaction existentielle de Cantril)49, gradue de 0 10, zro reprsentant la pire vie possible, et 10 la meilleure vie possible.

    49 Pour des dtails sur la manire dont Gallup utilise lchelle de Cantril, voir : www.gallup.com/poll/122453/understanding-gallup-uses-cantril-scale.aspx.

    resULtats dU sondage mondiaL

    gaLLUp

  • 119ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Les migrants Nord-Nord sont aussi optimistes face leur vie actuelle que les personnes nes dans le pays de destination, voire plus optimistes encore lorsquon leur demande quoi, selon eux, ressemblera leur vie dans cinq ans. Les migrants Sud-Nord considrent toutefois leur vie actuelle comme tant bien moins satisfaisante que celle des personnes nes dans le pays. Cependant, si les migrants de longue date sont les plus pessimistes face lavenir, les nouveaux venus sont aussi optimistes que les personnes nes dans le pays quant leur vie future. Les migrants Sud-Sud de longue date ont des sentiments plus ngatifs sur leur vie prsente et future que ceux qui ont migr partir du Nord. Il ny a pas de diffrence entre les migrants Nord-Sud et les personnes nes dans le pays dans leur apprciation de leur vie prsente, mais les migrants sont plus pessimistes face lavenir (voir figure 12).

    Evaluations de la qualit de vie prsente et future faites par des migrants et des personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : Imaginez une chelle avec des degrs numrots de 0 en bas 10 au sommet. Supposons que le sommet de lchelle reprsente la meilleure vie possible pour vous et le bas de lchelle la pire vie possible pour vous. A quel degr de lchelle diriez-vous que vous vous trouvez personnellement en ce moment ? A quel degr pensez-vous que vous serez lavenir disons, dans cinq ans ?

    Copyright 2012 Gallup Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Note : Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Figure 12

    Nord-Nord

    Nord-Sud

    Vie prsente

    Vie prsente

    Vie prsente

    Vie prsente

    Vie future

    Vie future

    Vie future

    Vie future

    Ns dans le pays Migrants de longue date Nouveaux venus

    Sud-Nord

    Sud-Sud

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll120

    Les migrants sont-ils mieux lotis parce quils ont migr, selon leur propre valuation de la vie ?

    Les migrants Nord-Nord de longue date sestiment mieux lotis dans leur nouveau pays, en ce qui concerne lvaluation de leur vie actuelle et future, quils le seraient dans leur pays dorigine. Les migrants Sud-Nord estiment toutefois tre actuellement mieux lotis quils ne le seraient dans leur pays dorigine, mais ils ne voient pas leur avenir comme tant diffrent. Les migrants Sud-Sud de longue date ne considrent pas seulement leur vie actuelle comme tant moins bonne que celle des personnes nes dans le pays, mais ils sestiment galement moins bien lotis que sils taient rests dans leur pays dorigine (voir figure 13).

    Evaluations de la vie actuelle et future faites par des migrants de longue date et leurs homologues rests au pays, le long des quatre axes migratoires, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : Imaginez une chelle avec des degrs numrots de 0 en bas 10 au sommet. Supposons que le sommet de lchelle reprsente la meilleure vie possible pour vous et le bas de lchelle la pire vie possible pour vous. A quel degr de lchelle diriez-vous que vous vous trouvez personnellement en ce moment ? A quel degr pensez-vous que vous serez lavenir disons, dans cinq ans ?

    Copyright 2012 Gallup Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.

    Figure 13

    Nord-Nord

    Nord-Sud

    Sud-Nord

    Sud-Sud

    Vie prsente

    Vie prsente

    Vie prsente

    Vie prsente

    Vie future

    Vie future

    Vie future

    Vie future

    Migrants de longue date dans leur pays de rsidence

    Homologues rests dans le pays dorigine

  • 121ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Travail et scurit aux Etats-Unis : lexprience dun migrant mexicain (Sud-Nord)

    Alfredo vit aux Etats-Unis depuis 26 ans. A lorigine, il est arriv dans lintention de travailler et dpargner pendant deux ans pour retourner ensuite au Mexique, tant donn quil pouvait gagner beaucoup plus aux Etats-Unis que dans son pays. Pourtant, Alfredo a fini par faire des Etats-Unis sa patrie. Depuis 21 ans, il travaille dans un restaurant mexicain o il a commenc comme commis puis il est pass serveur, caissier et, plus rcemment, directeur adjoint. Trouver ce travail na pas t difficile tant donn quAlfredo avait un permis de travail. Ceux qui nont pas de papiers sont maltraits, dit-il : Un Amricain peut gagner 8 dollars E.-U., mais quelquun qui na pas de papiers en gagne la moiti . Si Alfredo apprcie son travail, il adore danser la zumba et sest vu offrir des leons pour apprendre devenir professeur. Mais il dit qu son ge, il est plus raliste de rester dans son emploi actuel et de continuer considrer la danse comme un passe-temps.

    La situation financire dAlfredo est stable et il estime que sa situation sest amliore depuis quil a quitt le Mexique. Dans ce pays, il y a beaucoup de possibilits , dit-il. Alfredo a beaucoup damis des Etats-Unis, du Mexique et des Philippines, entre autres. Il habite avec sa femme dans un petit quartier paisible, proche de la nature et des animaux. Ici, on voit des cureuils, des ratons laveurs, des cerfs dit-il. La petite ville dans laquelle ils vivent compte peine 55 000 habitants. Il affirme que le quartier est sr, et que les voisins veillent les uns sur les autres. Alfredo apprcie la solidarit et le soutien des membres de la communaut. Lautre jour [mon voisin] ma aid couper un arbre avec sa scie mcanique dit-il. Lorsque je suis parti en vacances, mes voisins ont propos de soccuper de ma proprit et de ma pelouse, qui est trs grande. Jadore ma communaut, et je me suis fait de bons amis .

    Alfredo se sent en scurit avec la police et le systme judiciaire amricains. Il value sa sant 7 ou 8 sur 10. Bien que son employeur lui offre la possibilit de bnficier dune assurance sant aprs avoir pay un pourcentage, il prfre ne pas adhrer ce systme car il est diabtique et il dit que le cot pourrait tre lev. Mme sil lui faut dbourser beaucoup pour voir un mdecin, il est trs bien soign.

    Alfredo est heureux de sa dcision de sinstaller aux Etats-Unis et il est satisfait de sa vie. Ce quil apprcie le plus cest sa famille et son mode de vie : Ici, en travaillant dur et en persvrant, en peu de temps, on peut avoir un mode de vie dcent, un bon logement. Jai trois voitures, un emploi Au Mexique, les gens travaillent dur pour manger. Les pauvres deviennent plus pauvres et les riches deviennent plus riches . Le plus difficile aux Etats-Unis, selon lui, cest lingalit et le racisme, bien quil constate que les Latinos obtiennent de plus en plus de positions importantes. Il est convaincu que leur temps viendra et que ces problmes seront rsolus. Alfredo est confiant dans lavenir des Latinos aux Etats-Unis et de sa propre vie. Lorsquon lui pose des questions

    Voix de migrants

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 122

    sur son avenir, il pense ses petites-filles et son fils qui va bientt entrer luniversit. Il espre continuer travailler pour financer les tudes de son fils et subvenir aux besoins de sa famille.

    Bien-tre exprientiel : expriences positives ou ngatives

    Les migrants Nord-Nord ont des rsultats comparables ceux des personnes nes dans le pays de destination pour ce qui est des sentiments positifs pendant la journe, tandis que dautres catgories de migrants (notamment Sud-Sud) ont moins de chances que les personnes nes dans le pays dprouver des motions positives.

    Le bien-tre subjectif suppose une valuation multidimensionnelle de la vie . Selon Diener (2009b), les valuations de la vie peuvent tre plus cognitives, comme lorsquon value sa satisfaction dans la vie, ou plus affectives, lorsquelles sont lies des humeurs et motions, en raction aux circonstances de la vie dune personne . Gallup mesure ces valuations affectives en posant des questions sur les sentiments positifs et ngatifs des personnes pendant la journe, comme le bonheur, le plaisir, le stress et la colre, ce qui permet dapprhender une dimension importante des expriences subjectives des migrants dans leur pays de rsidence.

    Dans lensemble, les migrants Nord-Nord tendent autant que les personnes nes dans le pays faire tat dmotions positives, comme le bonheur et le plaisir, le jour prcdant lenqute. Les migrants Nord-Nord sont toutefois plus enclins que les personnes nes dans le pays se dire tristes, plus dun quart des migrants de longue date (27 %) et des nouveaux venus (29 %) dclarant prouver des sentiments de tristesse, contre moins dun cinquime (18 %) des personnes nes dans le pays. Les migrants Sud-Nord ont moins de chances que les rsidents ns sur place signaler des motions positives, et tendent davantage queux faire tat de tristesse, de colre ou dinquitude (voir figures 14 et 15).

    Tous les migrants dans le Sud ont moins de chances que les personnes nes dans le pays signaler des motions positives. Les migrants Sud-Sud de longue date, en particulier, sont ceux qui ont le moins de chances dtre heureux et de jouir de la vie, peine plus de la moiti dentre eux (53 %) affirmant quils taient trs heureux le jour avant lenqute (voir figure 14).

  • 123ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Sentiments positifs prouvs pendant la journe par des nouveaux venus, des migrants de longue date et des personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Sentiments positifs prouvs pendant la journe par des nouveaux venus, des migrants de longue date et des personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Copyright 2012 Gallup Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Notes : 1) Les pourcentages indiquent des rponses affirmatives. 2) Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Figure 14

    Nord-Nord

    Nord-Sud

    Sud-Nord

    Sud-Sud

    Ns dans le pays Migrants de longue date Nouveaux venus

    Plaisir

    Plaisir

    Plaisir

    Plaisir

    Bonheur

    Bonheur

    Bonheur

    Bonheur

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 124

    Sentiments ngatifs prouvs pendant la journe par des nouveaux venus, des migrants de longue date et des personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Question denqute pose par Gallup : Avez-vous prouv les sentiments suivants pendant une grande partie de la journe dhier ?

    Copyright 2012 Gallup Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011. Notes : 1) Les pourcentages indiquent des rponses affirmatives. 2) Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Figure 15

    Nord-Nord

    Nord-Sud

    Sud-Nord

    Sud-Sud

    Ns dans le pays Migrants de longue date Nouveaux venus

    Inquitude Stress Colre Tristesse

    Inquitude Stress Colre Tristesse

    Inquitude Stress Colre Tristesse

    Inquitude Stress Colre Tristesse

  • 125ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Bien-tre financier

    Comme on la vu au chapitre 3, il ny a pas toujours de corrlation entre les indicateurs conomiques traditionnels et lamlioration du bien-tre. Mme dans un pays en dveloppement conomique, la satisfaction lgard des conditions de vie peut ne pas samliorer de manire significative. Le PIB, par exemple, est une importante mesure de lactivit conomique, mais il est un indicateur imprcis du bien-tre individuel, notamment de celui des migrants. Les donnes denqute sur la satisfaction des individus quant leur niveau de vie, par exemple, permettent de complter le tableau par un point de vue ascendant, fond sur le jugement individuel.

    Gallup value le bien-tre financier des individus en mesurant leur situation conomique personnelle et celle de la communaut dans laquelle ils vivent. Les indicateurs du bien-tre subjectif comprennent le degr de satisfaction quant au niveau de vie, et une valuation des conditions conomiques locales, tandis que les indicateurs objectifs comprennent le niveau de revenu du mnage et la capacit des personnes de soffrir de quoi manger et se loger dcemment elles-mmes et leur famille. Les mesures subjectives du bien-tre financier compltent utilement les indicateurs macroconomiques objectifs, en particulier lorsque ces donnes sont difficiles obtenir.

    Principales conclusions

    La situation financire des migrants dans le Nord est moins bonne que celle des personnes nes dans le pays, mais elle samliore avec le temps. Les migrants Nord-Nord de longue date parviennent toutefois aux mmes niveaux de bien-tre financier que les personnes nes dans le pays.

    La situation financire des migrants Sud-Sud est moins bonne que celle des personnes nes dans le pays, et leurs attentes ne se matrialisent pas avec le temps. Par exemple, les migrants de longue date (32 %) ont deux fois moins de chances que les personnes nes dans le pays (55 %) que leur niveau de vie samliore.

    En comparant leur situation ce quelle aurait pu tre sils taient rests dans leur pays dorigine, ce sont les migrants Nord-Nord qui sont gagnants en ce qui concerne les indicateurs conomiques objectifs et subjectifs. Les migrants Sud-Sud, en revanche, sont perdants par rapport aux homologues rests au pays, les migrants de longue date tant moins en mesure de soffrir un logement.

    Les migrants Nord-Nord ont une probabilit moins leve que les migrants Sud-Nord davoir du mal satisfaire leurs besoins essentiels. Avec le temps, la situation des migrants Sud-Nord samliore moins que celle des migrants Nord-Nord.

    Si les migrants du Sud sont plus aptes soffrir de quoi manger aprs avoir sjourn dans le pays plus de cinq ans, on ne constate pas une telle amlioration pour ce qui est du logement. En fait, ils ont plus de difficults se loger que leurs homologues rests au pays.

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 126

    Revenu des mnages

    Ce sont les migrants Nord-Nord de longue date qui sen tirent le mieux en ce qui concerne les revenus du mnage, et ils ont plus de chances dappartenir aux couches les plus aises de la socit que la population ne dans le pays de destination. En revanche, les migrants Sud-Nord sont les plus confronts des difficults, et ils risquent dtre relativement pauvres par rapport la population ne dans le pays de destination. Ceux qui ont migr vers un autre pays du Sud sont au mme niveau que les personnes nes dans le pays, tandis que les nouveaux venus Nord-Sud sestiment relativement mieux lotis.

    Gallup recueille auprs de chacune des personnes interroges les chiffres autodclars sur le revenu des mnages, et range chacune delles dans lune des cinq catgories de revenu sur la base de la position occupe dans la rpartition des revenus du pays. Gallup dcompose chaque chantillon de pays en quintiles de revenus annuels du mnage. Cette mesure du revenu montre comment, financirement, une personne se porte par rapport dautres dans le pays o elle vit actuellement. Ceci est particulirement intressant pour suivre les nouveaux venus et les migrants de longue date, dont la migration a souvent tendance tre motive par la perspective de revenus plus levs (Bartram, 2011).

    Globalement, les migrants Nord-Nord sestiment personnellement mieux lotis financirement que les migrants Sud-Nord. En fait, les migrants Nord-Nord de longue date sont le seul groupe de migrants dans le Nord qui ont autant de chances que les personnes nes dans le pays de se trouver dans le quintile le plus riche de la rpartition des revenus plus de 1 sur 6 dans chaque groupe entrant dans cette catgorie de revenus. Mais les donnes donnent penser que les nouveaux venus ne sont pas aussi bien lotis, environ un sur dix seulement figurant parmi les 20 % les plus riches du pays.

    La situation est trs diffrente pour les migrants Sud-Nord, qui migrent gnralement dun pays revenu moyen vers un pays revenu lev, plutt que dun pays faible revenu vers un pays revenu lev (Bakewell, 2009). Entre 31 et 35 % des migrants se trouvent dans le quintile le plus pauvre de la rpartition des revenus, ce qui leur donne prs de deux fois plus de chances que les personnes nes dans le pays (18 %) de se retrouver dans ce quintile. Les migrants Sud-Nord de longue date ne sont que lgrement mieux lotis que les nouveaux venus mais, l encore, si leur revenu progresse, les donnes semblent indiquer que cest plus lentement que dans le cas de leurs homologues Nord-Nord (voir figure 16).

    Ces types de disparits quant au niveau de revenu nexistent pas dans le Sud, sauf parmi les migrants Nord-Sud. Les nouveaux venus Nord-Sud sont les mieux lotis : environ un sur trois se trouve dans le quintile le plus riche de la rpartition des revenus. Ce rsultat pourrait peut tre dcouler, comme on la dit plus haut, de laugmentation des migrations de retraite et de retour, ou de lmigration Nord-Sud de personnes qualifies ces dernires annes (voir chapitre 2).

  • 127ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Les migrants Sud-Sud et les personnes nes dans le pays ont statistiquement autant de chances de se retrouver dans le quintile le plus pauvre de la rpartition des revenus, et ce schma est similaire pour les 20 % les plus riches, ce qui corrobore les recherches menes par Ratha et Shaw (2007), qui montrent que la plupart des migrants originaires de pays faible revenu se rendent dans des pays o les revenus ne sont que lgrement suprieurs ceux de leur pays dorigine.

    Niveaux de revenu des mnages parmi les nouveaux venus, les migrants de longue date et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Copyright 2012 Gallup. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011. Notes : 1) Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction. 2) Les quintiles sont bass sur le revenu des mnages dclars et calculs au sein dun pays.

    Figure 16

    Nord-Nord

    Nord-Sud

    Sud-Nord

    Sud-Sud

    Ns dans le pays Migrants de longue date Nouveaux venus

    Quintile de revenu le plus bas

    Quintile de revenu le plus bas

    Quintile de revenu le plus bas

    Quintile de revenu le plus bas

    Quintile de revenu le plus lev

    Quintile de revenu le plus lev

    Quintile de revenu le plus lev

    Quintile de revenu le plus lev

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll128

    Le commerce transfrontalier : lhistoire dIrne, commerante Chirundu, une ville frontalire en Zambie (Sud-Sud)

    Eleve dans un village rural du Zimbabwe, Irne sest retrouve divorce et mre de trois enfants lge de 28 ans. Peu instruite et ayant des parents incapables de laider financirement, elle a lanc sa propre affaire en vendant des marchandises par del la frontire dabord au Botswana, ensuite en Zambie. Elle tait lune des milliers de femmes zimbabwennes se tourner vers le commerce transfrontalier la fin des annes 1990, lorsque lconomie et le niveau de vie au Zimbabwe ont commenc baisser.

    Aprs une anne de commerce entre le Botswana et le Zimbabwe, Irne a commenc voyager vers la Zambie voisine. Au lieu de vendre des marchandises de faible valeur ses compatriotes de plus en plus appauvris, comme elle lavait fait auparavant, elle a commenc acheter au Zimbabwe un produit trs pris par les Zambiens, lalcool, et la vendu de lautre ct de la frontire. Des droits de douane levs lont incite avec son associe faire entrer ses produits en contrebande, avec laide de chauffeurs de camion. Elle raconte que la plupart des chauffeurs demandaient tre pays en espces et, bien quelle affirme ne pas lavoir vcu elle-mme, elle admet que certains exigeaient davoir des relations sexuelles avec les femmes en change de leur aide.

    Une fois arrive Lusaka (Zambie), Irne a vendu ses marchandises au march. Avec largent gagn, elle a achet des dollars amricains et des articles vendre de retour chez elle. Grce cette stratgie, elle a russi sassurer un revenu assez confortable. Les affaires marchaient bien : jai russi acheter de quoi manger et envoyer mes enfants lcole .

    Toutefois, lavnement du gouvernement dunit et la dprciation de la monnaie locale au Zimbabwe au dbut 2009 ont forc Irne modifier sa

    Voix de migrants

  • 129ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    faon de faire du commerce. Plusieurs marchandises, notamment lalcool, taient soudain devenues plus chres au Zimbabwe quen Zambie, tandis que le march noir a disparu du jour au lendemain et que laccs aux dollars amricains tait devenu trs difficile. Aujourdhui, bien quelle continue faire du commerce (de marchandises autres que lalcool), Irne doit complter ce revenu en travaillant la pice pendant deux ou trois mois chaque fois quelle se rend Chirundu ville frontalire de Zambie. Tirant parti des centaines de camionneurs agglutins autour de la frontire pendant plusieurs jours daffile, elle offre des services comme faire la cuisine, ramasser du bois de chauffage et laver des vtements. Le principal service tacite offert par certaines (voire toutes) ces femmes concerne les relations sexuelles. Il semblerait que le crneau quelles se sont taill pour elles-mmes soit celui dpouses du bord de la route. Irne raconte des histoires de violences physiques pour avoir refus de fournir des services crdit ou davoir des relations sexuelles. En outre, selon elle, les policiers savent que les femmes sont des trangres, et ils profitent de leur vulnrabilit. Cest pourquoi, au lieu de dormir sur la place du march ou sous un arbre au bord de la route, comme elle le faisait au dbut, elle loue maintenant une cabane avec dautres femmes.

    Les stratgies de survie adoptes par Irne et dautres femmes zimbabwennes faisant le mme type de travail peuvent tre nuisibles leur sant en particulier, du fait de lexposition au VIH (virus de limmunodficience humaine) et dautres infections sexuellement transmises, ainsi que de la violence sexiste. Dautres maladies, telles que le paludisme, la diarrhe et le cholra, sont causes par lenvironnement inhospitalier et les conditions de vie insalubres que la plupart dentre elles endurent.

    Quand on lui demande si elle aimerait que ses filles deviennent des commerantes transfrontalires, Irne rpond sans hsitation : Non, elles sont encore jeunes, il vaut mieux pour elles quelles terminent leurs tudes afin quune fois grandes elles naient pas besoin de devenir des commerantes transfrontalires ce nest pas un bon travail elles commenceraient par imiter les mauvaises choses que font leurs amies, surtout la prostitution .

    Note : Adapt de Trading across borders, the Story of Irene from the Chirundu Border Town, Zambia. In: Migrant Stories from Southern Africa (OIM Pretoria, paratre).

    Nourriture et logement

    Tous les nouveaux venus dclarent avoir du mal subvenir leurs besoins essentiels, par rapport aux personnes nes dans le pays de destination. Avec le temps, la situation squilibre pour les migrants Nord-Nord, qui sont probablement mieux lotis que sils taient rests chez eux. Les migrants Sud-Nord, toutefois, ne sen tirent pas aussi bien, et leur situation ne samliore pas aussi rapidement. Les migrants originaires du Sud risquent davoir autant voire davantage de mal soffrir de quoi manger et se loger que sils taient rests chez eux surtout sils migrent vers dautres pays du Sud.

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll130

    Gallup value les capacits des gens satisfaire leurs besoins essentiels en leur demandant sil y a eu des moments, au cours de lanne prcdente, o ils ont du mal nourrir ou loger dcemment leur famille. Ces deux mesures, considres ensemble, constituent un bon indicateur de la prvalence de la pauvret chez les migrants mesure qui nest apprhende lchelle mondiale par aucune autre enqute existante. Elles fournissent des informations supplmentaires sur la manire dont les difficults financires touchent lindividu ce que ne peut faire, elle seule, une mesure du revenu relatif. Le cot de la vie peut considrablement varier au sein de chaque pays, selon lendroit o vivent les gens. Dans une rgion, un revenu de mnage donn peut tre insuffisant pour couvrir ne serait ce que les besoins fondamentaux, alors quailleurs, il permet de vivre confortablement.

    Dune manire gnrale, les migrants Nord-Nord risquent moins que les migrants Sud-Nord davoir du mal satisfaire leurs besoins en matire dalimentation et de logement. En outre, comme pour leur situation en matire de revenus, leur capacit de rpondre leurs besoins essentiels samliore avec le temps. Cest pourquoi, les migrants Nord-Nord de longue date sont mieux lotis que les nouveaux venus, et leur capacit de subvenir leurs besoins en matire dalimentation et de logement rivalise avec celle des personnes nes dans le pays. Il nen reste pas moins que de nombreux migrants Nord-Nord demeurent dans des situations difficiles (voir figure 17).

    Les migrants Sud-Nord ne sen tirent de loin pas aussi bien, et leur situation ne samliore pas aussi rapidement non plus. Les nouveaux venus ont surtout du mal subvenir leurs besoins fondamentaux, et risquent au moins deux fois plus que les personnes nes dans le pays de destination de dclarer que, au cours de lanne prcdente, il leur est arriv de ne pas avoir assez dargent pour se payer la nourriture dont ils avaient besoin (28 % pour les nouveaux venus, et 11 % pour les personnes nes dans le pays) ou un logement dcent (19 % et 8 %, respectivement). Les migrants Sud-Nord de longue date risquent autant que leurs homologues rests au pays davoir du mal satisfaire leurs besoins essentiels (voir figure 18).

    Les nouveaux venus Sud-Sud et les migrants Sud-Sud de longue date risquent galement davoir du mal subvenir leurs besoins essentiels, plus de 25 % dentre eux ayant des difficults se payer de quoi manger et un logement. Les migrants Sud-Sud risquent plus que les rsidents ns dans le pays de destination de ne pas avoir de quoi manger et se loger. Enfin, les migrants Nord-Sud, tout comme les personnes nes dans le pays de destination, ont du mal soffrir de quoi manger et se loger, et les nouveaux venus sont ceux qui ont le plus tendance dclarer quils navaient pas assez dargent pour manger au cours des 12 mois prcdents.

    Les migrants sont-ils mieux lotis parce quils ont migr, en ce qui concerne leur capacit de soffrir de quoi manger et se loger ?

    Par comparaison avec ce que leur situation aurait pu tre sils taient rests dans leur pays dorigine, les migrants Nord-Nord de longue date ont nettement moins de chances de dclarer quils ont eu du mal soffrir de quoi manger et un logement au cours de lanne prcdente. Les migrants Sud-Nord de longue date ont autant de chances que leurs homologues rests au pays de dclarer

  • 131ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    avoir eu du mal satisfaire leurs besoins essentiels. Les migrants Sud-Sud de longue date sont nettement moins bien lotis en ce qui concerne leur capacit de soffrir un logement dcent : 27 % des migrants ont eu du mal se loger au cours de lanne prcdente, contre 19 % de leurs homologues rests au pays. Cela sexplique peut-tre par des cots de logement plus levs dans le pays de destination (voir figure 18).

    Capacit des migrants et des personnes nes dans le pays de subvenir leurs besoins essentiels (nourriture et logement), sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Question denqute pose par Gallup : Vous est-il arriv, au cours des 12 derniers mois, de ne pas avoir assez dargent pour : i) acheter de quoi manger, et ii) trouver un logement dcent pour vous mme et votre famille ?

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Note : Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Figure 17

    Pas assez dargentpour manger

    Pas assez dargentpour manger

    Pas assez dargentpour manger

    Pas assez dargentpour manger

    Pas assez dargentpour se loger

    Pas assez dargentpour se loger

    Pas assez dargentpour se loger

    Pas assez dargentpour se loger

    Nord-Nord

    Nord-Sud

    Sud-Nord

    Sud-Sud

    Ns dans le pays Migrants de longue date Nouveaux venus

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 132

    Capacit des migrants de longue date et de leurs homologues rests au pays de subvenir leurs besoins essentiels (nourriture et logement), sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Question denqute pose par Gallup : Vous est-il arriv, au cours des 12 derniers mois, de ne pas avoir assez dargent pour : i) acheter de quoi manger, et ii) trouver un logement dcent pour vous mme et votre famille ?

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.

    Figure 18

    Pas assez dargentpour manger

    Pas assez dargentpour manger

    Pas assez dargentpour manger

    Pas assez dargentpour manger

    Pas assez dargentpour se loger

    Pas assez dargentpour se loger

    Pas assez dargentpour se loger

    Pas assez dargentpour se loger

    Nord-Nord

    Nord-Sud

    Sud-Nord

    Sud-Sud

    Migrants de longue date dans le pays de rsidence

    Homologues rests dans le pays dorigine

  • 133ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Niveaux de vie

    Les migrants Nord-Nord de longue date sont aussi satisfaits de leur niveau de vie que les personnes nes dans le pays de destination, et sont mieux lotis parce quils ont migr. Les migrants du Sud prouvent plus de difficults atteindre un niveau de vie satisfaisant, et ne semblent pas sen sortir mieux que sils taient rests au pays.

    Gallup examine aussi les revenus des mnages dune manire plus subjective en demandant aux gens ce quils pensent du revenu actuel de leur mnage et sils vivent confortablement, sils sen sortent, sils trouvent la vie difficile ou trs difficile. En outre, les migrants ont t invits dire sils taient satisfaits de leur situation actuelle (notamment de tout ce quils peuvent acheter ou faire avec leur argent), et sils prvoient une amlioration ou une dtrioration de leur niveau de vie.

    En ce qui concerne le revenu actuel des mnages, les rsultats indiquent que les migrants originaires du Sud ne sen tirent pas aussi bien que les personnes nes dans le pays de destination. Par exemple, 12 % des migrants Sud-Nord estiment quil leur est trs difficile de sen sortir avec leur revenu actuel (contre seulement 6 % des personnes nes dans le pays), et ils sont moins nombreux vivre confortablement (voir figure 19). De mme, les migrants Sud-Sud risquent davantage que les personnes nes dans le pays de dclarer avoir beaucoup de mal survivre avec leurs revenus actuels. Cette perspective ne fait que sassombrir avec le temps. Les migrants de longue date sont ceux qui ont le moins de chances dtre satisfaits de leur niveau de vie (44 %), et ils sont les moins enclins dclarer quil samliore (32 %) et que les conditions conomiques locales sont bonnes (44 %) (voir la figure 20).

    Dans le contexte Nord-Nord, la situation semble meilleure tant pour les migrants que pour les personnes nes dans le pays. Peu dentre eux (8 % ou moins des nouveaux venus, des migrants de longue date et des personnes nes dans le pays) affirment avoir des difficults sen sortir avec leurs revenus actuels, et la proportion de ceux qui vivent confortablement est plus leve quailleurs (figure 19). De tous les migrants, ce sont les migrants Nord-Nord de longue date qui sont les mieux lotis pour ce qui est de la satisfaction des besoins essentiels, et ils ont plus de chances dtre satisfaits de leur niveau de vie et des conditions conomiques l o ils vivent que ceux qui migrent dans dautres directions.

    Toutefois, par comparaison avec les personnes nes dans le pays de destination, les migrants sont moins satisfaits de leur niveau de vie actuel, tant au Nord quau Sud. Dans le Nord, toutefois, les migrants et les personnes nes dans le pays partagent les mmes avis optimistes concernant lamlioration de leur niveau de vie et les conditions conomiques dans le pays de destination, tandis que dans le Sud, les migrants sont moins optimistes que les personnes nes dans le pays.

  • Les migrants sont-ils mieux lotis parce quils ont migr, en ce qui concerne le niveau de vie ?

    Les migrants Nord-Nord de longue date ne sont pas seulement mieux lotis, pour ce qui est de la satisfaction des besoins essentiels dans leur pays dadoption, quils ne lauraient t dans leur pays dorigine, mais ils ont aussi plus de chances dtre satisfaits de leur niveau de vie et de juger les conditions conomiques bonnes l o ils vivent. Un nombre plus important de migrants Nord-Nord vivent plus confortablement que leurs homologues rests au pays. Les migrants Sud-Nord de longue date ne sont pas mieux lotis, pour ce qui est de la satisfaction des besoins essentiels et de la satisfaction face leur niveau de vie, que sils taient rests au pays.

    Par rapport la situation dans leur pays dorigine, les migrants Sud-Sud de longue date sont moins bien lotis dans leur pays dadoption, en ce qui concerne leur capacit de se loger. Leur satisfaction lgard de leur niveau de vie et de leurs perspectives davenir est galement moins bonnes, de mme que leur valuation des revenus du mnage. Ces conclusions nous permettent de comprendre pourquoi les migrants Sud-Sud de longue date sont moins optimistes concernant tant daspects diffrents : ils ont le sentiment que la migration ne leur a pas apport grand chose.

    OIM 2009 MZW0063 (Photo : Will Van Engen)

  • 135ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Sentiments des migrants et des personnes nes dans le pays concernant le revenu du mnage, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Question denqute pose par Gallup : Laquelle de ces phrases est la plus proche de ce que vous ressentez concernant le revenu de votre mnage ces jours ci : Je vis confortablement avec mon revenu actuel ? Je men sors avec mon revenu actuel ? Je men sors difficilement avec mon revenu actuel ? Je men sors trs difficilement avec mon revenu actuel ?

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011. Note : Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dducation.

    Figure 19

    Trs difficile avec le revenu actuel

    Trs difficile avec le revenu actuel

    Trs difficile avec le revenu actuel

    Trs difficile avec le revenu actuel

    Vie confortable avecle revenu actuel

    Vie confortable avecle revenu actuel

    Vie confortable avecle revenu actuel

    Vie confortable avecle revenu actuel

    Nord-Nord

    Nord-Sud

    Sud-Nord

    Sud-Sud

    Ns dans le pays Migrants de longue date Nouveaux venus

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 136

    Niveau de satisfaction des migrants et des personnes nes dans le pays lgard de leur niveau de vie et des conditions conomiques locales, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : Etes-vous satisfait ou insatisfait de votre niveau de vie, de tout ce que vous pouvez acheter et faire ? En ce moment, estimez-vous que votre niveau de vie augmente ou baisse ? Considrez-vous que les conditions conomiques actuelles dans la ville ou la rgion o vous vivez sont bonnes ou mauvaises ?

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Note : Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Figure 20

    Satisfait du niveau de vie

    Satisfait du niveau de vie

    Satisfait du niveau de vie

    Satisfait du niveau de vie

    Le niveau de vie augmente

    Le niveau de vie augmente

    Le niveau de vie augmente

    Le niveau de vie augmente

    Les conditions conomiques sont

    bonnes (ville/rgion)

    Les conditions conomiques sont

    bonnes (ville/rgion)

    Les conditions conomiques sont

    bonnes (ville/rgion)

    Les conditions conomiques sont

    bonnes (ville/rgion)

    Nord-Nord

    Nord-Sud

    Sud-Nord

    Sud-Sud

    Ns dans le pays Migrants de longue date Nouveaux venus

  • 137ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Rapatriements de fonds

    Il est indispensable de mesurer les rapatriements de fonds internationaux et laide financire que reoivent les mnages de personnes de leur propre pays, non seulement parce que ces fonds permettent des millions dindividus dans le monde de survivre, mais aussi parce quils facilitent le dveloppement. Gallup est en mesure dtudier les deux catgories, en donnant une image plus complte de la structure des rapatriements de fonds dans le monde, qui rend compte de leur ampleur relle. Des conclusions antrieures de Gallup suggrent quenviron 3 % des adultes dans le monde vivent dans des mnages bnficiaires de rapatriements (argent ou marchandises) effectus par quelquun qui vit dans leur propre pays. Dans plusieurs pays en dveloppement, toutefois, ces chiffres sont nettement suprieurs. A lchelle mondiale, les mnages sont trois fois plus susceptibles de recevoir une aide financire de personnes vivant dans le mme pays que de ltranger (Pugliese et Ray, 2011).

    Les tudes menes par Gallup sur les migrants et les personnes nes dans le pays dans plus de 130 pays donnent un aperu plus prcis de ceux qui envoient cette aide financire. De faon gnrale, les personnes nes dans un pays du Nord et du Sud sont plus enclines envoyer une aide financire dans leur propre pays que dans un autre pays comme on pouvait sy attendre. Les migrants dans le Nord et le Sud, en revanche, ont davantage tendance envoyer une aide financire dans un autre pays que les personnes nes dans le pays.

    Pourcentage de migrants et de personnes nes dans le pays effectuant des rapatriements de fonds, 2009-2011

    Migrants Ns dans le pays

    Sud

    Envoient une aide financire lintrieur du pays 14 % 13 %

    Envoient une aide financire dans un autre pays 8 % 1 %

    Nord

    Envoient une aide financire lintrieur du pays 21 % 27 %

    Envoient une aide financire dans un autre pays 27 % 7 %

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2011-2012.

    Bien-tre professionnel

    Le bien-tre dans la vie professionnelle dun individu est troitement li au bien-tre financier, et concerne la situation des individus au regard de lemploi, leur avis sur leur situation professionnelle et la faon dont ils envisagent lentrepreneuriat et les ventuels obstacles la cration dentreprise.

    Aspects essentiels

    Dans lensemble, le taux de participation au march du travail est plus lev parmi les migrants que chez les personnes nes dans le pays de destination (66 % contre seulement 62 % respectivement), mais les jeunes tendent davantage tre exclus de la population active ou dtre au chmage, en particulier dans le Nord.

    Tableau 13

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 138

    Au Nord, les migrants (63 %) ont lgrement plus de chances que les personnes nes dans le pays (59 %) de faire partie de la population active, mais seulement la moiti dentre eux travaillent plein temps pour un employeur. Au Sud, les migrants (61 %) ont moins de chances que les personnes nes dans le pays (67 %) de faire partie de la population active, mais ceux qui en font partie sen sortent aussi bien que les personnes nes dans le pays en ce qui concerne la situation au regard de lemploi.

    Les migrants dans le Nord risquent davantage dtre sous-employs ou au chmage que les personnes qui sont nes et vivent dans le pays : 26 % sont sous-employs (contre 18 % des personnes nes dans le pays), et 13 % sont au chmage (contre 8 % des personnes nes dans le pays).

    Lorsquil sagit du bon poste, les migrants ont moins de chances que les personnes nes dans le pays de trouver leur emploi idal . La seule exception est constitue par les migrants Nord-Sud, qui sont au mme niveau que les personnes nes dans le pays.

    Les migrants dans le Nord tendent davantage avoir des ambitions entrepreneuriales que les personnes nes et vivant dans le pays. Dans le Sud, cette diffrence est moins marque entre les personnes nes dans le pays et les migrants.

    Dans le Nord, les migrants et les personnes nes dans le pays ont autant de chances de travailler leur compte. Parmi ceux qui nexercent pas dactivit leur compte, les migrants ont moins de chances que les personnes nes dans le pays denvisager et de projeter de dmarrer une activit dans les 12 prochains mois. Dans le Sud, les migrants ont moins de chances que les personnes nes dans le pays de travailler leur compte.

    Dans le Nord, les migrants sont plus optimistes que les personnes nes dans le pays de destination en ce qui concerne pratiquement tous les aspects de la conjoncture. Dans le Sud, les migrants ont moins tendance considrer que la conjoncture est propice aux affaires : 34 % des migrants dans le Nord (contre 27 % des personnes nes dans le pays) pensent que le gouvernement facilite le lancement dune activit, tandis que dans le Sud, 22 % seulement des migrants pensent la mme chose (contre 43 % des personnes nes dans le pays).

    Dans le Nord, la majorit (85 %) des entreprises sont officiellement enregistres. Dans le Sud, les migrants tendent davantage (55 %) que les personnes nes dans le pays (42 %) enregistrer officiellement leur entreprise.

    La carrire faonne lidentit et le bien-tre des personnes. Les sondages mondiaux Gallup rvlent que les personnes qui ont un bon travail (dfinies comme celles qui ont un emploi officiel et travaillent plein temps pour un employeur) tendent avoir le plus haut niveau de bien-tre parmi celles faisant partie de la population active (Clifton et Marlar, 2011). Ces personnes sont plus enclines valuer positivement leur vie actuelle et future que les travailleurs indpendants, les personnes employes temps partiel et recherchant un emploi temps complet, ou les chmeurs.

  • 139ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Encadr 7 Dfinition et mesure des statistiques du travail dans le Gallup World Poll

    Gallup classe les personnes interroges selon leurs rponses plusieurs questions concernant lemploi. Parmi celles qui sont sur le march du travail, les mesures Gallup de lemploi permettent de calculer le pourcentage de migrants travaillant plein temps pour un employeur, le pourcentage de chmeurs et celui des personnes sous employes.

    Travail plein temps pour un employeur Lindice Gallup du Travail plein temps pour un employeur mesure le pourcentage de la main-duvre employe plein temps par un employeur. Une personne est considre comme employe par un employeur si elle travaille au moins 30 heures par semaine pour lui.

    ChmageLe taux de chmage Gallup est le pourcentage dadultes au chmage qui ont activement recherch un emploi pendant les quatre semaines prcdentes, et auraient pu commencer travailler durant cette priode. La mesure du chmage de Gallup est comparable aux calculs du chmage du Bureau des statistiques du travail et de lOrganisation internationale du Travail.

    Sous-emploi Lindice Gallup du sous-emploi mesure le pourcentage dadultes faisant partie de la population active qui travaillent en-de de la capacit souhaite. Les individus sont considrs comme sous-employs ds lors quils sont employs temps partiel mais souhaitent travailler plein temps OU sils sont chmeurs mais souhaitent travailler.

    Gallup estime quenviron 62 % de lensemble des adultes dans le monde font partie de la population active. Ces personnes soit sont actuellement employes, soit recherchent activement un emploi et sont en mesure de commencer travailler. Le taux de participation la vie active de Gallup mesure le pourcentage de la population adulte (ge de 15 ans et plus) faisant partie du march du travail.

    Statut dactivit des migrants et des personnes nes dans le pays, 2009-2011

    Migrants Ns dans le pays

    Taux de participation la vie active 66 % 62 %

    Indice du sous-emploi 25 % 18 %

    Taux de chmage 13 % 8 %

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.

    Tableau 14

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll140

    Statut au regard de lemploi et satisfaction au travail

    La probabilit, pour les migrants du Nord, de participer la vie active est lgrement plus leve que pour les personnes nes dans le pays, bien quils risquent davantage dtre sous-employs ou au chmage. Linverse est vrai dans le Sud, o les migrants ont moins de chances que les personnes nes dans le pays de faire partie du march du travail, mais ont plus de chances de travailler plein temps pour un employeur. Les migrants se dclarent gnralement moins satisfaits de leur emploi que les personnes nes dans le pays de destination, except les migrants Nord-Sud qui dclarent des niveaux de satisfaction lgrement plus levs.

    Les migrants dans le Nord (63 %) ont lgrement plus de chances que les personnes nes et vivant dans le pays de participer la vie active (59 %), mais ils ont moins de chances de travailler plein temps pour un employeur (52 % et 56 %, respectivement) et risquent davantage dtre sous-employs (26 % contre 18 %) ou au chmage (13% contre 8 %). Au contraire, dans le Sud, les migrants ont moins de chances que les personnes nes dans le pays de faire partie du march du travail (61 % et 67 % respectivement), mais ils ont plus de chances de travailler plein temps pour un employeur (48 % contre 44 %) et risquent tout autant que les personnes nes dans le pays dtre sous-employs ou au chmage (voir figure 21).

    Statut au regard de lemploi, taux de participation la vie active et niveau de satisfaction au travail des migrants et des personnes nes dans le pays, au Nord et au Sud, 2009-2011

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Notes : 1) * Parmi ceux qui font partie du march du travail ; ** Parmi ceux qui ont un emploi. 2) Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dducation.

    3) La situation au regard de lemploi et le taux de participation la vie active sont dtermins comme indiqu dans lencadr 7 ; le niveau de satisfaction au travail est dtermin en demandant aux personnes sondes par Gallup : Etes-vous satisfait ou insatisfait de votre emploi ou au travail ? Diriez-vous que votre travail correspond votre emploi idal ou non ?

    Figure 21

    Taux de participation la vie active

    Taux de participation la vie active

    Sous-employ*

    Sous-employ*

    Satisfait au travail**

    Satisfait au travail**

    Employ plein temps

    Employ plein temps

    Au chmage*

    Au chmage*

    Lemploi est idal**

    Lemploi est idal**

    Nord

    Sud

    Ns dans le pays Migrants

  • 141ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    De mme, en ce qui concerne les quatre axes migratoires, les migrants Nord-Nord et Sud-Nord ont moins de chances que les personnes nes dans le pays de travailler plein temps pour un employeur, et risquent davantage que les personnes nes dans le pays dtre sous-employs ou au chmage. Tandis que les migrants Nord-Nord ont autant de chances de faire partie du march du travail, les migrants Sud-Nord (66 %) ont mme plus de chances den faire partie que les personnes nes dans le pays (59 %). Les migrants Nord-Sud et Sud-Sud ont moins de chances de participer au march du travail que les personnes nes dans le pays. Enfin, les migrants Sud-Sud ont lgrement plus de chances que les personnes nes dans le pays de travailler plein temps pour un employeur.Statut au regard de lemploi et taux de participation la vie active des migrants et des personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Notes : 1) *Parmi ceux qui font partie du march du travail. 2) Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dducation.

    Figure 22

    Taux de participation la vie active

    Taux de participation la vie active

    Taux de participation la vie active

    Taux de participation la vie active

    Sous-employ*

    Sous-employ*

    Sous-employ*

    Sous-employ*

    Employ plein temps*

    Employ plein temps*

    Employ plein temps*

    Employ plein temps*

    Au chmage*

    Au chmage*

    Au chmage*

    Au chmage*

    Nord-Nord

    Sud-Nord

    Nord-Sud

    Sud-Sud

    Ns dans le pays Migrants

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 142

    La dfinition du sous-emploi de Gallup naborde pas la question de savoir si les migrants travaillent en-dea de leur niveau de comptences ou dinstruction, et les travailleurs migrants (qui sont de plus en plus nombreux arriver dans les pays de destination sans avoir un emploi) (OCDE, 2007) ont tendance occuper les postes vacants, pour lesquels ils sont parfois surqualifis, et travaillent dans des environnements prcaires (OIM, 2010a).

    Bien que les donnes Gallup ne traitent pas directement de ce type de situation, elles montrent que les migrants Nord-Nord qui ont un emploi ont moins tendance que les personnes nes dans le pays affirmer quils sont satisfaits de leur emploi (75 % et 84%, respectivement) ou quils estiment que leur poste est lemploi idal pour eux (59 % contre 67 %), bien que la majorit pense que cest le cas. Les migrants Sud-Nord ont autant de chances dtre satisfaits de leur emploi que les personnes nes dans le pays, mais tendent moins que celles ci affirmer avoir un emploi idal. En revanche, les migrants Sud-Sud qui ont un emploi sont moins satisfaits de leur travail que les personnes nes dans le pays, et ont moins tendance considrer quils ont un emploi idal, tandis que la satisfaction au travail des migrants Nord-Sud est comparable celle des personnes nes dans le pays (voir figure 23).

    Les migrants ont-ils plus de chances de trouver un emploi ?

    Les migrants Sud-Nord ont plus de chances de travailler plein temps pour un employeur, mais ils risquent galement davantage dtre sous-employs ou au chmage que leurs homologues rests au pays. Pour leur part, les migrants Sud-Sud risquent moins dtre sous-employs ou au chmage que leurs homologues rests au pays.

    Travailler pour retrouver une identit et un statut professionnels (Sud-Nord)

    Elena est passionne par ce quelle fait. Son amour pour les chiffres et les calculs lui vient de son pre, conomiste dans la capitale dun pays de lEurasie dont elle est originaire. Elle a suivi son exemple en tudiant lconomie et les finances et elle a travaill ensuite pendant huit ans comme comptable pour plusieurs socits.

    Peu de temps aprs avoir commenc travailler pour la principale figure de lopposition politique dans le pays, le mari dElena a disparu. Faisant lobjet de menaces et de manuvres dintimidation et craignant pour sa scurit et celle de son fils de 15 ans, Elena dcide de partir pour la Suisse et dy demander lasile.

    Voix de migrants

  • 143ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Une fois en Suisse, elle et son fils se voient offrir un logement durgence, ainsi que quelques cours de langue franaise. Jtais habitue travailler et gagner de largent, et tre financirement indpendante , dit-elle. En plus de tout ce que nous avons travers en quittant notre pays, se retrouver dpendants de laide sociale a t une exprience extrmement difficile . Tout en cherchant une reconnaissance de ses qualifications, un emploi dans son domaine et en poursuivant ltude de la langue, elle prend un emploi dans une entreprise de nettoyage pour subvenir ses besoins et ceux de son fils.

    Aprs avoir essuy plusieurs refus successifs, Elena se rend compte que les qualifications et lexprience acquises dans son pays dorigine sont considres avec beaucoup de mfiance par les employeurs. Ses recherches demploi infructueuses ont particulirement prouv son moral et son bien-tre psychologique. Son emploi puisant et physiquement pnible a exacerb le stress caus par lexil et la disparition de son mari.

    En outre, pour Elena, le fait de sinstaller pour occuper un poste peu panouissant a non seulement suscit un sentiment de perte de la satisfaction lgard de sa profession mais galement une perte du sentiment dappartenance et didentit. Ma profession correspondait ce que je voulais faire depuis mon enfance, une passion pour laquelle jai beaucoup travaill pendant des annes. Il est difficile de voir que tous les efforts que jai fournis pour tudier, me surpasser et amliorer mes comptences nauront servi rien , dit elle.

    Vivant aujourdhui en Suisse depuis prs de cinq ans, grce lappui des pouvoirs publics, Elena sest inscrite un programme universitaire pour retrouver un travail de comptable agre. Elle suit galement un cours danglais professionnel afin adapter ses comptences aux besoins du march du travail local et espre quelle trouvera un emploi dans son domaine professionnel.

    Note : Le nom de cette personne a t chang dans un souci de protection de sa vie prive. Elle a t interroge au cours de la phase de recherche de la publication rcente de lOIM sur les incidences psychosociales du sous-emploi chez les femmes migrantes qualifies. Le Rapport examine quelques-uns des cots sociaux et humains lis aux obstacles rigides auxquels se heurtent les migrants. On trouvera ce rapport au chapitre 3 de Crushed Hopes : Underemployment and deskilling among skilled migrant women, qui comprend galement une recherche du Royaume-Uni et du Canada (voir OIM, 2012). La version franaise du rapport est disponible sous le titre : Limpact psychosocial du sous-emploi sur la vie des femmes migrantes

    qualifies travaillant Genve (Suisse).

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 144

    Satisfaction au travail des migrants et des rsidents ns dans le pays ayant un emploi, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : Etes-vous satisfait ou insatisfait de votre emploi ou du travail que vous faites ? Diriez-vous que votre travail est lemploi idal pour vous, ou non ?

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011Note : Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Entrepreneuriat

    Dans le Nord, les migrants ont davantage tendance que les personnes nes dans le pays faire preuve dun esprit dentreprise et manifester un intrt pour la cration dune entreprise. Les migrants dans le Sud sont tout aussi intresss par la cration dune entreprise, mais ont moins tendance estimer que la conjoncture est favorable.

    Dans de nombreux pays, les migrants ont plus de chances de travailler leur compte que les personnes nes et vivant dans le pays peut-tre parce que cette possibilit est un moyen dchapper la marginalisation sur le march du travail et quelle est plus attrayante que le chmage (OCDE, 2010c). Mais les recherches Gallup incitent croire que certains migrants (qui sont, de nature, plus enclins prendre des risques) peuvent tre des entrepreneurs dans lme. Gallup dfinit un entrepreneur comme une personne qui cherche activement crer de la valeur par le dveloppement dune activit conomique, et qui ragit de faon crative aux difficults et besoins rencontrs au cours du processus de ralisation de ce rsultat (Badal, 2010).

    Figure 23

    Satisfait de lemploi ou du travail

    Satisfait de lemploi ou du travail

    Lemploi est idal Lemploi est idal

    Nord-Nord Sur-Nord

    Nord-Sud Sud-Sud

    Ns dans le pays Migrants

    Satisfait de lemploi ou du travail

    Satisfait de lemploi ou du travail

    Lemploi est idalLemploi est idal

  • 145ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Reste optimiste quandles choses vont mal

    Nabandonne jamais

    Prfre prendre des risques dans les affaires

    que travailler pour quelquun dautre

    Sud

    Ns dans le pays Migrants

    Trois facteurs diffrencient les personnes ayant un esprit dentreprise des autres : elles sont optimistes, mme quand les choses vont mal. Elles ne renoncent jamais, et sont prtes prendre des risques. Dans le Nord, les migrants50 ont plus de chances que les personnes nes dans le pays de runir ces trois caractristiques, de sorte quil semblerait que le Nord attire plus de migrants ayant des penchants dentrepreneur. Dans le Sud, la diffrence entre les migrants et les personnes nes dans le pays est moins marque que dans le Nord. Les migrants et les personnes nes dans les pays du Sud ont autant de chances de dclarer quils ne renoncent jamais et quils sont disposs prendre des risques, alors que les migrants sont plus enclins tre optimistes lorsque les choses vont mal (voir figure 24).

    Esprit dentreprise parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, au Nord et au Sud, 2009-2010

    Question denqute pose par Gallup : Dites si vous tes daccord ou pas daccord avec les affirmations suivantes : Mme quand les choses vont mal, vous tes optimiste. Vous nabandonnez jamais avant davoir atteint vos objectifs. Vous prfreriez prendre des risques pour monter votre propre entreprise plutt que de travailler pour quelquun dautre.

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Note : Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    50 En raison de la taille restreinte de lchantillon de chefs dentreprise et de futurs entrepreneurs, Gallup combine les nouveaux venus et les migrants de longue date dans cette analyse.

    Reste optimiste quandles choses vont mal

    Nabandonne jamais

    Prfre prendre des risques dans les affaires

    que travailler pour quelquun dautre

    Nord

    Figure 24

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 146

    Dans le Nord, les personnes nes dans le pays et les migrants ont autant de chances les uns et les autres dtre propritaires de leur entreprise. En mme temps, parmi ceux qui ne possdent pas encore leur entreprise, les migrants ont davantage tendance que les personnes nes dans le pays avoir envisag de lancer une entreprise (54 % et 47 %, respectivement), et faire des projets pour en crer une dans les 12 prochains mois (voir figure 25). Dans le Sud, les migrants ont lgrement moins de chances que les personnes nes dans le pays davoir une entreprise mais, en mme temps, parmi ceux qui ne possdent pas dentreprise, les migrants ont autant tendance que les personnes nes dans le pays envisager la possibilit de lancer une entreprise ou de planifier la cration dune entreprise. Ces conclusions concordent avec le degr desprit dentreprise : dans le Nord, les migrants sont plus nombreux que les personnes nes dans le pays faire preuve desprit dentreprise.

    Le taux de conversion passage de lide dune entreprise la planification de son lancement est plus lev parmi les migrants et les personnes nes dans le pays au Sud quau Nord, peut tre parce que davantage de rsidents dans le Sud crent une entreprise lorsquils narrivent pas trouver un emploi convenable. De fait, la probabilit de ne pas avoir trouv un travail satisfaisant est plus grande parmi les chefs dentreprise au Sud quau Nord.

    Ces donnes soulvent quelques questions intressantes : pourquoi les migrants dans le Nord, qui ont davantage tendance faire preuve desprit dentreprise que les personnes nes dans le pays, nont ils pas plus de chances de possder leur propre entreprise ? Et pourquoi les migrants dans le Sud, qui font preuve du mme esprit dentreprise que les personnes nes dans le pays, ont ils moins de chances de possder une entreprise ? Les donnes fournissent quelques indices. Dans le Nord, les migrants ont moins de chances que les personnes nes dans le pays de connatre quelquun qui pourrait partager les risques lis au dmarrage dune affaire. Dans le Sud, les migrants sont davantage susceptibles de percevoir les obstacles lis la conjoncture conomique.

  • 147ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Propritaires dentreprise et intentions entrepreneuriales parmi les migrants et les rsidents ns dans le pays au Nord et au Sud, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : Possdez vous actuellement une entreprise? Avez vous jamais envisag de lancer votre propre entreprise ? Prvoyez-vous de dmarrer votre propre entreprise dans les 12 prochains mois, ou non ?

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Notes : 1) *Parmi ceux qui ne sont pas chefs dentreprise. 2) Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Gallup demande galement aux migrants qui ne sont pas propritaires dune entreprise sils ont accs la formation et aux ressources financires dont ils ont besoin pour en lancer une. Dans le Nord, les migrants disent avoir moins de chances daccder une formation, mais ils ont le mme accs au financement que les personnes nes dans le pays. Dans le Sud, cest linverse qui se produit : les migrants ont moins de chances davoir accs au financement, mais ils jouissent dun accs gal la formation.

    Tous les migrants dans le Nord sont plus optimistes que les personnes nes dans le pays en ce qui concerne pratiquement tous les aspects du climat des affaires : ils estiment quil est facile de remplir des formulaires/obtenir des permis ; ils considrent les actifs et les biens immobiliers comme srs ; et ils affirment que les pouvoirs publics facilitent le lancement et la gestion dune entreprise. Ils sont toutefois moins susceptibles de connatre quelquun avec qui ils pourraient se lancer, ce qui peut tre un obstacle de taille pour les migrants qui ne sont pas familiariss avec les pratiques commerciales, les traditions et la culture de leur pays dadoption. Pour leur part, les migrants au Sud ont moins tendance que les personnes nes dans le pays considrer que le climat est propice aux affaires. Par exemple, 22 % seulement des migrants estiment que les

    Figure 25

    Possde une entreprise

    A envisag de dmarrer une

    entreprise*

    Prvoit de dmarrer une entreprise au cours de lanne

    suivante*

    Nord

    Sud

    Ns dans le pays Migrants

    Possde une entreprise

    A envisag de dmarrer une

    entreprise*

    Prvoit de dmarrer une entreprise au cours de lanne

    suivante*

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll148

    pouvoirs publics facilitent la cration dune entreprise, et 17 % dentre eux pensent que lEtat simplifie la gestion dune entreprise (contre 43 % et 37 %, respectivement, des personnes nes dans le pays) (voir figure 26).

    Perceptions du climat des affaires parmi les migrants et les personnes nes dans le Nord et le Sud, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : Dune manire gnrale, lEtat facilite-t-il suffisamment les formalits administratives et la dlivrance de permis aux personnes souhaitant dmarrer une entreprise, ou non ? Si une personne souhaite lancer une entreprise, peut-elle tre sre que ses actifs et biens immobiliers sont en scurit tout moment ? LEtat facilite t il ou complique t il la cration dune entreprise ? LEtat facilite t il ou complique t il la gestion dune entreprise ?

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Note : Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dducation.

    Figure 26

    Les formalits/permis pour dmarrer une

    entreprise sont faciles

    Les formalits/permis pour dmarrer une

    entreprise sont faciles

    Est sr que les actifs et biens immobiliers

    sont en scurit

    Est sr que les actifs et biens immobiliers

    sont en scurit

    LEtat facilite la cration dune

    entreprise

    LEtat facilite la cration dune

    entreprise

    LEtat facilite la gestion dune

    entreprise

    LEtat facilite la gestion dune

    entreprise

    Nord

    Sud

    Ns dans le pays Migrants

  • 149ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Les migrants ont-ils plus de chances de trouver un climat plus propice aux affaires ?

    Les migrants de longue date dans le Sud ont davantage tendance percevoir des difficults dans le climat des affaires de leur pays de rsidence, par comparaison avec leurs homologues rests au pays.

    La majorit des entreprises (85 %) dans le Nord (appartenant des personnes nes dans le pays et des migrants) sont officiellement enregistres. Dans le Sud, le pourcentage dentreprises officiellement enregistres est beaucoup plus faible, et les migrants ont davantage tendance (55 %) enregistrer officiellement leur entreprise que les rsidents ns dans le pays (42 %). Dans le Nord, les personnes nes dans le pays et les migrants ont autant de chances dtre les seuls propritaires. Dans le Sud, en revanche, les migrants ont moins de chances que les personnes nes dans le pays dtre les seuls propritaires, probablement parce quils ont un accs plus limit au financement (voir figure 27).

    Sil est vrai que les pouvoirs publics ne peuvent pas insuffler aux gens lesprit dentreprise, ils peuvent crer des conditions qui facilitent la cration dune entreprise ceux qui ont des aspirations entrepreneuriales. Ils peuvent, par exemple, faciliter leur accs la formation, des conseillers, et des fonds de dmarrage. Dautres recherches Gallup montrent que le capital social est important chaque tape de lentrepreneuriat, mais plus particulirement durant la phase de dmarrage. Les adultes qui ont accs un conseiller ont trois fois plus de chances de dclarer quils projettent de dmarrer une entreprise (14 %) que ceux qui nen ont pas (5 %) (Badal et Srinivasan, 2011). LEtat peut galement liminer les obstacles, rels ou perus, qui donnent limpression que les rgles et rglements sont plus que dfavorables aux affaires. Les rseaux mettant en contact les migrants entrepreneurs potentiels avec des entrepreneurs ns dans le pays qui ont russi peuvent galement tre avantageux dans la mesure o ces derniers ont probablement accs un soutien social et financier et peuvent tre disposs partager une partie des risques que suppose la cration dune entreprise.

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll150

    Type dentreprise parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, au Nord et au Sud, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : Etes-vous le seul propritaire de cette entreprise ou avez-vous des associs ? Avez-vous enregistr officiellement votre entreprise ou non ?

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011. Note : Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Bien-tre communautaire

    Les personnes dclarant un degr lev de bien-tre communautaire non seulement se sentent en scurit l o elles vivent, mais se sentent galement attaches leur communaut. Do, souvent, leur dsir de rendre une dette la communaut ce qui, son tour, peut effectivement encourager cette communaut les accepter et les intgrer. Les relations sociales et la participation la vie communautaire sont des dterminants importants de la mesure dans laquelle les individus ont le sentiment dappartenir la communaut o ils vivent dans son ensemble (Boarini et al., 2006).

    Gallup value le bien-tre communautaire en mesurant la faon dont les gens peroivent leur scurit personnelle, leur confiance dans les institutions nationales, leur opinion sur lexistence de la corruption dans les affaires et de lEtat, leur engagement civique, leur attachement communautaire, et leur perception de la diversit.

    Figure 27

    Seul patron de lentreprise

    Lentreprise est officiellement enregistre

    Nord

    Sud

    Ns dans le pays Migrants

    Seul patron de lentreprise

    Lentreprise est officiellement enregistre

  • 151ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Principales conclusions

    Au Sud, les migrants ont tendance se sentir moins en scurit l o ils vivent que les rsidents qui y sont ns, alors quau Nord, les migrants se sentent autant en scurit que les personnes nes dans le pays.

    Les nouveaux venus Sud-Sud se trouvent dans la situation la plus vulnrable en matire de scurit : ils ont moins tendance se sentir en scurit, et ont trs probablement t agresss ou vols.

    Au Nord, les migrants ont gnralement davantage confiance dans les institutions du pays de destination que les rsidents qui y sont ns. A quelques exceptions prs, les migrants dans le Sud ont autant ou moins confiance dans les institutions que les personnes nes dans le pays de destination.

    Au Nord, les migrants ont autant de chances que les personnes nes dans le pays de destination estimer que leurs dirigeants locaux dfendent leurs intrts, tandis quau Sud, les migrants sont moins susceptibles davoir ce sentiment.

    Par rapport tous les groupes dans le Nord, tous les gens du Sud ont davantage tendance considrer que la corruption est rpandue l o ils vivent et den avoir t victimes au cours de lanne prcdente.

    Les nouveaux venus dans le Nord et le Sud tendent davantage que les personnes nes dans le pays percevoir leur communaut locale comme un endroit o il fait bon vivre pour les immigrants et les minorits raciales/ethniques. Les attentes des migrants de longue date sont moins grandes et plus proches de celles des personnes nes dans le pays de destination.

    Scurit personnelle

    Les migrants se sentent gnralement moins en scurit que les personnes nes dans le pays de destination. Cela est particulirement vrai pour les migrants au Sud, qui dclarent davantage de cas de vol ou dagression que les rsidents ns dans le pays. Les migrants Sud-Sud semblent tre les plus dsavantags.

    Gallup value le sentiment de scurit personnelle des gens en posant des questions sur leurs impressions gnrales en matire de scurit lorsquils se promnent seuls le soir dans leur communaut, et sils ont t personnellement victimes de vol ou dagression au cours de lanne coule. Les relations troites que Gallup constate entre les rponses ces questions et des mesures externes relatives au dveloppement conomique et social (PIB par personne, esprance de vie et corruption) corroborent des donnes supplmentaires confirmant quune criminalit leve dtruit la cohsion sociale au niveau communautaire (Ayers, 1998) et peut avoir des incidences ngatives sur les rsultats conomiques rgionaux (Entorf et Spengler, 2000).

    Pour les migrants, la peur et une importante victimisation font obstacle leur pleine participation sociale et conomique dans leur pays dadoption. Les conclusions de Gallup montrent que ces obstacles risquent dtre plus levs pour les nouveaux venus, en particulier ceux originaires du Sud, qui se sentent le moins en scurit et sont ceux qui ont le plus de chances dtre victimiss. Toutefois, les donnes montrent galement que ces obstacles finissent par tomber mesure que le sjour des migrants dans leur nouveau pays se prolonge.

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 152

    Dans le Nord, la majorit des personnes interroges dclarent se sentir en scurit lorsquelles se promnent seules le soir (63 % ou plus, pour chaque catgorie). Les nouveaux venus du Sud se sentent gnralement moins en scurit que ceux venant du Nord. Toutefois, cette diffrence sestompe dans une large mesure aprs cinq annes dans le pays de destination.

    Tous les migrants dans le Nord ont au moins autant, sinon une plus grande probabilit que les personnes nes et vivant dans le pays davoir t agresss ou vols. La relation entre le statut de migrant et les cambriolages ou le vol deffets personnels ressort galement dune analyse des donnes de victimisation de la British Crime Survey (Enqute britannique sur la criminalit) de 2007/2008, qui a constat que les migrants en Angleterre et au Pays de Galles sont lgrement plus exposs au risque dtre victimes de ce type de criminalit que les personnes nes dans le pays (Papadopoulos, 2012). Lauteur de lanalyse conclut que ce risque plus lev sexplique largement par le fait que les migrants tendent davantage que les personnes nes dans le pays vivre dans des zones urbaines dshrites o ces types de dlit sont plus susceptibles de se produire.

    Au Sud, la situation des migrants est totalement diffrente. Les nouveaux venus Sud-Sud risquent deux fois plus que les rsidents ns dans le pays davoir t agresss (13% et 6 %, respectivement), et ont galement plus de probabilits davoir t vols (23 % contre 15 %). Les migrants de longue date et les personnes nes dans le pays ont la mme probabilit davoir t victimes de ces types de dlit. Les rsultats pour les nouveaux venus Nord-Sud tendent aller dans la mme direction mais, en raison dchantillons plus petits, les diffrences ne sont pas statistiquement significatives. Etant donn leur plus grande probabilit dtre victimes de crimes contre la personne, il nest pas surprenant que les migrants dans le Sud notamment les nouveaux venus aient moins tendance se sentir en scurit lorsquils se promnent seuls le soir l o ils vivent. De faon gnrale, ce sont les nouveaux venus Sud-Sud qui se trouvent dans la situation la plus vulnrable en matire de scurit, moins de la moiti dentre eux (44 %) dclarant se sentir en scurit lorsquils se promnent seuls le soir dans la rue (voir figure 28). Cette inscurit peut sexpliquer en partie par le fait quils ne sont pas familiariss avec leur nouvel environnement, mais aussi par la tendance historique des nouveaux migrants vivre dans un premier temps dans des zones urbaines caractrises par des taux de pauvret et de criminalit plus levs.

    Les migrants sont ils mieux lotis parce quils ont migr, sur le plan de leur scurit personnelle ?

    La situation en matire de scurit est relativement meilleure pour les migrants Sud-Nord de longue date en comparaison avec ce quaurait pu tre leur exprience dans leur pays dorigine : la probabilit quils se sentent en scurit quand ils se promnent seuls le soir est plus leve. Bien que la situation soit lgrement meilleure pour les migrants Sud-Sud de longue date, la scurit demeure un problme pour ce groupe, et leur sentiment de scurit personnelle est moins lev que sils taient rests chez eux.

  • 153ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Sentiment de scurit et incidence des vols/agressions parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : Vous sentez-vous en scurit lorsque vous vous promenez seul(e) le soir dans la ville ou la rgion o vous vivez ? Au cours des 12 derniers mois, vous a-t-on drob de largent ou des effets personnels ou dautres membres du mnage ? Au cours des 12 derniers mois avez-vous t attaqu(e) ou dtrouss(e) ?

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Note : Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dducation.

    Figure 28

    Se sent en scurit quand se promne

    seul(e) le soir

    Se sent en scurit quand se promne

    seul(e) le soir

    Se sent en scurit quand se promne

    seul(e) le soir

    Se sent en scurit quand se promne

    seul(e) le soir

    Vol dargent ou deffets personnels durant

    lanne coule

    Vol dargent ou deffets personnels durant

    lanne coule

    Vol dargent ou deffets personnels durant

    lanne coule

    Vol dargent ou deffets personnels durant

    lanne coule

    Attaqu(e) ou dvalis(e) durant

    lanne coule

    Attaqu(e) ou dvalis(e) durant

    lanne coule

    Attaqu(e) ou dvalis(e) durant

    lanne coule

    Attaqu(e) ou dvalis(e) durant

    lanne coule

    Nord-Nord

    Sud-Nord

    Nord-Sud

    Sud-Sud

    Ns dans le pays Migrants de longue date Nouveaux venus

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 154

    Confiance dans les institutions nationales

    Les migrants dans le Nord ont autant, sinon davantage, confiance dans les institutions nationales du pays de destination que les personnes qui y sont nes. Ce nest pas le cas, toutefois, des migrants qui migrent vers le Sud. Les migrants Sud-Nord ont tendance avoir davantage confiance dans les institutions nationales que sils taient rests chez eux, alors que les migrants Sud-Sud ont moins confiance dans les institutions.

    La confiance que les gens ont dans les institutions de leur pays donne un clairage sur ce que les rsidents pensent de la manire dont leur gouvernement sacquitte de son objectif de contrat social et reprsente les intrts de la population plutt que ses propres intrts. Une tude plus approfondie de Gallup (2012) conclut lexistence dun lien particulirement fort entre la confiance des gens dans leurs institutions (gouvernement national, systme judiciaire et rgularit des lections) et les aspects de leur vie dont ils estiment quelles sont responsables. Le sentiment de confiance est plus grand quand les rsidents se sentent plus en scurit, et peroivent moins de corruption dans le gouvernement et les milieux daffaires, et quand leur degr de bien-tre financier est lev.

    Les nouveaux venus dans le Nord ont tendance accepter pleinement les institutions de leur nouveau pays plutt qu les rejeter. La majorit de ces migrants, quils soient Nord-Nord ou Sud-Nord, disent avoir confiance dans presque toutes les institutions mesures (voir figures 29 et 30). Les migrants de longue date voient toutefois moins la vie en rose, et se disent moins confiants que les nouveaux venus mais plus confiants que les rsidents ns dans le pays.

    Les migrants dans le Sud nont pas la mme confiance dans les institutions du pays de destination que les migrants dans le Nord. A quelques exceptions prs, ils ont autant ou moins confiance que les rsidents ns dans le pays. Les migrants Nord-Sud, en particulier, se montrent beaucoup plus pessimistes lgard des institutions, ce qui est logique eu gard aux changements que lon vit probablement lorsquon quitte un pays dvelopp pour sinstaller dans un pays en dveloppement. Par exemple, les personnes nes dans un pays du Sud (61 %) ont beaucoup plus tendance que les nouveaux venus (30 %) approuver le dirigeant du pays. Parmi les migrants Sud-Sud, ce sont ceux de longue date qui ont le moins confiance dans les institutions (voir figures 29 et 30).

    Les migrants ont-ils davantage confiance dans les institutions nationalesdu pays de destination quils nen auraient eu dans les institutionsde leur pays dorigine ?

    Les migrants Sud-Nord de longue date ont davantage confiance dans la police, le systme judiciaire et le processus lectoral quils nen auraient eu envers ces mmes institutions dans leur pays dorigine. Du point de vue des migrants de longue date, ils se sont rendus dans un pays dot dune meilleure gouvernance que celui quils ont quitt. L encore, la situation pour les migrants Sud-Sud est perue comme tant pire dans leur pays dadoption que dans leur pays dorigine ce qui se traduit par un sentiment accru dinscurit personnelle. Les migrants de longue date, en particulier, se disent moins confiants dans la police locale et le systme judiciaire du pays de destination que du pays dorigine.

  • 155ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Degr de confiance dans le gouvernement national, les dirigeants et le systme lectoral parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : En [nom du pays], avez-vous confiance dans chacune des institutions suivantes, ou non ? Quen est il du gouvernement national ? Quen est-il de la rgularit des lections ? Approuvez-vous ou dsapprouvez-vous la manire dont [dirigeant du pays] sacquitte de ses fonctions ?

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Notes : 1) Les pourcentages indiquent des rponses affirmatives. 2) Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Figure 29

    Nord-Nord

    Sud-Nord

    Nord-Sud

    Sud-Sud

    Ns dans le pays Migrants de longue date Nouveaux venus

    Confiance dans le gouvernement

    du pays

    Confiance dans le gouvernement

    du pays

    Confiance dans le gouvernement

    du pays

    Confiance dans le gouvernement

    du pays

    Confiance dans la rgularit des

    lections

    Confiance dans la rgularit des

    lections

    Confiance dans la rgularit des

    lections

    Confiance dans la rgularit des

    lections

    Approbation du dirigeant du pays

    Approbation du dirigeant du pays

    Approbation du dirigeant du pays

    Approbation du dirigeant du pays

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 156

    Degr de confiance dans la police, le systme judiciaire/les tribunaux et les institutions financires parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : En [nom du pays], avez-vous confiance dans chacune des institutions suivantes, ou non ?

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Notes : 1) Les pourcentages indiquent des rponses affirmatives. 2) Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Figure 30

    Nord-Nord

    Sud-Nord

    Nord-Sud

    Sud-Sud

    Ns dans le pays Migrants de longue date Nouveaux venus

    Confiance dans la police

    Confiance dans la police

    Confiance dans la police

    Confiance dans la police

    Confiance dans le systme judiciaire/

    les tribunaux

    Confiance dans le systme judiciaire/

    les tribunaux

    Confiance dans le systme judiciaire/

    les tribunaux

    Confiance dans le systme judiciaire/

    les tribunaux

    Confiance dans les institutions

    financires

    Confiance dans les institutions

    financires

    Confiance dans les institutions

    financires

    Confiance dans les institutions

    financires

  • 157ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Corruption

    Au Nord, les migrants ont moins tendance que les personnes nes dans le pays penser que la corruption est rpandue dans les milieux daffaires et le gouvernement. Au Sud, les migrants ont plus tendance penser que la corruption est rpandue et y tre confronts dans leur vie quotidienne.

    Gallup (2012) constate gnralement que lopinion selon laquelle la corruption est rpandue dans les milieux daffaires et le gouvernement se traduit par une moindre confiance dans les institutions nationales et lordre public, ainsi que par un niveau de satisfaction moins lev dans linfrastructure communautaire. En outre, la conviction selon laquelle la corruption est omniprsente a des incidences ngatives sur des mesures externes, telles que le PIB, les dpenses de sant par habitant, les ressources publiques consacres au systme ducatif, et lindice de dveloppement humain des Nations Unies.

    Les migrants dans le Nord ont moins tendance que les rsidents ns dans le pays penser que la corruption est rpandue dans les milieux daffaires et le gouvernement. En outre, bien que la majorit considre que le gouvernement nen fait pas assez pour lutter contre la corruption, les migrants (44 %) tendent davantage que les personnes nes dans le pays (30 %) croire que des efforts suffisants sont dploys. Cela est particulirement vrai pour les nouveaux venus Sud-Nord, dont 53 % pensent que leur pays de destination en fait suffisamment. Paralllement, les migrants dans le Nord ont une probabilit plus leve que les personnes nes dans le pays de se retrouver personnellement confronts une situation de corruption, quils aient ou non vers un pot-de-vin (voir figure 31).

    Par rapport tous les groupes dans le Nord, tous les groupes dans le Sud ont davantage tendance estimer que la corruption est rpandue l o ils vivent et y avoir t confronts au cours de lanne prcdente (figure 31). Cela est particulirement vrai pour les migrants Sud-Sud de longue date, qui tendent mme plus que les rsidents ns dans le pays penser que la corruption est rpandue dans les milieux daffaires (75 %) et le gouvernement (76 %), et ont moins de chances de considrer que le gouvernement en fait suffisamment pour combattre ce phnomne (23 %).

    Lavis des migrants sur la corruption dans leur pays de destination diffre-t-il de celui quils ont sur la corruption dans leur pays dorigine ?

    Les migrants Sud-Nord de longue date signalent moins de cas de corruption dans leur nouveau pays que leurs homologues rests au pays. Cela permet probablement dexpliquer pourquoi les migrants sont plus positifs que les personnes nes dans le pays en ce qui concerne la situation en matire de corruption. Les migrants Sud-Sud de longue date tendent davantage estimer que la corruption est plus rpandue dans leur pays dadoption que dans leur pays dorigine et que le gouvernement nen fait pas assez pour la combattre. En outre, une analyse Gallup sur les raisons qui poussent les adultes migrer laisse entendre que la corruption dans le pays dorigine est peut-tre un facteur, en particulier pour ceux qui migrent entre pays du Nord. Il a t dmontr que la corruption gnralise dans les milieux daffaires incite les gens migrer vers des pays prsentant un niveau de dveloppement humain trs lev (Gravelle et al., 2010).

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll158

    Perceptions lies au niveau de corruption, au degr de satisfaction quant aux mesures prises des pouvoirs publics, et exprience personnelle de la corruption parmi les migrants et les personnes nes dans le pays dans le Nord et le Sud, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : La corruption est-elle gnralise dans les entreprises en [pays], ou non ? La corruption est-elle gnralise dans lensemble du gouvernement en [pays], ou non ? Pensez-vous que le gouvernement de votre pays en fait assez pour combattre la corruption, ou non ? Parfois, les gens doivent donner de largent ou faire un cadeau pour rsoudre leurs problmes. Au cours des 12 derniers mois, avez-vous t personnellement confront(e) ce genre de situation, ou non (que vous ayez ou non vers un pot-de-vin/donn un cadeau) ?

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Notes : 1) Les pourcentages indiquent une rponse affirmative. 2) Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Figure 31

    Nord

    Sud

    Ns dans le pays Migrants

    Corruption gnralise dans

    les affaires

    Corruption gnralise dans

    les affaires

    Le gouvernement en fait assez pour

    lutter contre la corruption

    Le gouvernement en fait assez pour

    lutter contre la corruption

    Corruption gnralise au sein du gouvernement

    Corruption gnralise au sein du gouvernement

    Etendue de la corruption au

    cours de lanne prcdente

    Etendue de la corruption au

    cours de lanne prcdente

  • 159ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Attachement communautaire et diversit

    Les migrants, quelle que soit leur destination, tendent davantage que les personnes nes dans le pays penser que l o ils habitent, il fait bon vivre pour les minorits raciales ou les immigrants. Ceux qui migrent vers le Nord sont aussi satisfaits que les personnes nes dans le pays de destination de la communaut dans laquelle ils vivent, tandis que les migrants dans le Sud prouvent moins dattachement.

    Gallup mesure lattachement des personnes leur communaut en examinant dans quelle mesure ils sont satisfaits de la ville ou de la rgion dans laquelle ils vivent, et leur probabilit de partir ou de recommander la ville ou rgion un ami pour y vivre. Cet attachement communautaire est important car il permet de savoir si une communaut attire et retient les personnes talentueuses dont les comptences et les connaissances peuvent dboucher sur la cration de nouvelles entreprises et demplois permettant damliorer lconomie.

    Dans le Nord, les migrants et les rsidents ns dans le pays se dclarent trs satisfaits de leur communaut en tant quendroit o vivre, recommanderaient leur communaut dautres, et estiment que leurs dirigeants locaux dfendent leurs intrts. Dans le Sud, en revanche, les migrants sont moins attachs leur communaut : ils ont moins tendance que les personnes nes dans le pays affirmer que leurs dirigeants locaux agissent dans leur intrt (conformment leur attitude lgard des dirigeants nationaux), et tendent aussi moins dire que leur communaut est un lieu de vie idal (voir figure 32).

    Gallup cherche aussi savoir si les gens considrent leur communaut comme un endroit o il fait bon vivre pour des personnes issues de milieux spcifiques tels que les minorits raciales et les immigrants. Dans le Nord et le Sud, les migrants tendent davantage que les personnes nes dans le pays percevoir leur lieu de rsidence actuel comme un endroit o il fait bon vivre pour les minorits raciales et les immigrants. Sur chacun des quatre axes migratoires, ce sont les nouveaux venus qui sont les plus enthousiastes au dpart, mais cet enthousiasme a tendance faiblir avec le temps.

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll160

    Degr dattachement communautaire parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, au Nord et au Sud, 2009-2011

    Question denqute pose par Gallup : Dites si vous approuvez ou dsapprouvez les affirmations suivantes : Les dirigeants de la ville ou rgion dans laquelle vous vivez dfendent vos intrts. Vous recommanderiez la ville ou rgion o vous vivez un ami ou associ comme un endroit o il fait bon vivre. Votre ville ou rgion est pour vous un lieu de vie idal.

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Notes : 1) Les pourcentages indiquent une rponse affirmative. 2) Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dducation.

    Bien-tre social

    Une tude Gallup de plus grande envergure rvle que les personnes ayant un degr de bien-tre social lev sont entoures de gens qui encouragent leur dveloppement et leur croissance (Rath et Harter, 2010). Ces personnes investissent du temps dans leurs rseaux sociaux. Les aspects du bien-tre social que Gallup mesure portent sur la structure dappui social de la personne interroge et ses possibilits de se faire des amis dans la ville/rgion o elle vit atouts essentiels pour tous les migrants lorsquils rejoignent une communaut.

    Figure 32

    Les dirigeants de la ville/rgion

    dfendent vos intrts

    Les dirigeants de la ville/rgion

    dfendent vos intrts

    Recommanderait la ville/rgion

    Recommanderait la ville/rgion

    Lieu de vie idal

    Lieu de vie idal

    Nord

    Sud

    Ns dans le pays Migrants

  • 161ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Principales conclusions

    Les migrants Nord-Nord et Sud-Sud ont des liens sociaux aussi troits que les rsidents ns dans le pays et aussi troits quils lauraient t dans leur pays dorigine. Les migrants qui ont quitt un pays en dveloppement pour sinstaller dans un pays dvelopp, ou linverse, affirment avoir moins de relations sociales et ont besoin daide pour construire un rseau de soutien dans leur nouveau pays.

    Les nouveaux venus ont une plus grande probabilit que les migrants de longue date davoir quelquun qui vit dans un autre pays sur lequel ils peuvent compter. Les migrants de longue date peuvent avoir perdu leurs liens dans leur pays dorigine, ou alors ils ont t rejoints par des parents et des amis dans leur pays de destination. En tout cas, les deux groupes de migrants ont plus de relations ltranger que les rsidents ns dans le pays de destination.

    Rseaux sociaux

    Les rseaux sociaux des migrants Nord-Nord et Sud-Sud sont comparables ceux des personnes nes dans le pays. En revanche, les migrants Nord-Sud ou Sud-Nord affirment avoir moins de contacts sociaux.

    Dans le contexte Nord-Nord, les migrants ont tabli des rseaux sociaux qui sont plus ou moins comparables aux structures de soutien des personnes nes dans le pays. Nouveaux venus, migrants de longue date et personnes nes dans le pays ont tous la mme probabilit daffirmer avoir dans leur vie quelquun sur qui ils peuvent compter, et sont tous galement satisfaits des occasions de rencontrer de nouveaux amis (environ 80 % dans chaque groupe se disent satisfaits). De mme, les relations sociales des migrants Sud-Sud sont gnralement comparables celles des rsidents ns dans le pays. Ils ont autant de chances que ceux ci dtre satisfaits des occasions de rencontrer des gens et davoir quelquun sur qui compter. Gnralement, les migrants Sud-Sud tendent davantage que les personnes nes dans le pays passer du temps (plus de cinq heures par jour, en moyenne) avec la famille et les amis, bien que le nombre damis avec qui ils parlent (tous les 15 jours) soit le mme que pour les personnes nes dans le pays (voir figures 33 et 34).

    Pour les migrants Sud-Nord, la situation est trs diffrente. Les personnes nes dans le pays ont une probabilit plus leve que les migrants davoir quelquun sur qui compter. Elles passent plus de temps avec des amis, et elles parlent un plus grand nombre damis. Par consquent, les migrants Sud-Nord ont moins de chances dtre satisfaits de leurs occasions de rencontrer des gens et de se faire des amis, et leur situation ne semble pas samliorer avec le temps : les migrants de longue date (82 %) nont pas plus de chances que les nouveaux venus (84 %) daffirmer quils ont des amis ou des parents sur qui compter.

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 162

    Les migrants ont-ils une plus forte probabilit damliorer leurs rseaux sociaux ?

    Les migrants Sud-Nord de longue date semblent perdre une partie plus importante de leurs rseaux sociaux que leurs homologues rests au pays. Les migrants Nord-Sud de longue date vivent une situation similaire : ils ont moins de chances de dclarer quils ont quelquun sur qui compter (73 %) que les personnes nes dans le pays (80 %), et la probabilit quils aient quelquun sur qui compter est galement moindre que sils taient rests dans leur pays dorigine. Les migrants de longue date sont eux aussi moins satisfaits que les personnes nes dans le pays des occasions de rencontrer des gens.

    Soutien des rseaux sociaux et niveau dchanges avec les amis et la famille parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : Combien dheures environ avez-vous consacres aux amis ou la famille hier ? Avec combien damis ou parents proches parlez-vous au moins une fois tous les quinze jours ?

    Figure 33

    Nombre moyen dheures

    consacres aux amis/parents hier

    Nombre moyen dheures

    consacres aux amis/parents hier

    Nombre moyen damis/parents proches avec lesquels des

    conversations sont rgulires

    Nombre moyen damis/parents proches avec lesquels des

    conversations sont rgulires

    Nord-Nord

    Sud-Nord

    6.5 6.5

    8.8 8.8

    6.5

    8.8

    5.36.4

    4.5

    7.7

  • 163ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Ns dans le pays Migrants de longue date Nouveaux venus

    Nord-Sud

    Sud-Sud

    4.6

    4.6

    7.8

    6.4

    7.66.5

    9.0

    7.8

    5.0

    7.5

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Notes : 1) Les nouveaux venus Nord-Nord et Nord-Sud ont t exclus en raison de la taille restreinte

    de lchantillon. 2) Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Nombre moyen dheures

    consacres aux amis/parents hier

    Nombre moyen dheures

    consacres aux amis/parents hier

    Nombre moyen damis/parents proches avec lesquels des

    conversations sont rgulires

    Nombre moyen damis/parents proches avec lesquels des

    conversations sont rgulires

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 164

    Occasions de rencontrer des gens et prsence damis proches et de parents au pays et ltranger parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : Dans la ville ou la rgion o vous vivez, tes vous satisfait(e) ou insatisfait(e) des possibilits de rencontrer des gens et de vous faire des amis ? Si vous aviez des problmes, auriez vous des parents ou des amis sur qui vous pouvez compter quand vous avez besoin deux, ou non ? Avez-vous des parents ou amis vivant dans un autre pays qui vous pouvez demander de laide si vous avez besoin deux, ou non ?

    Figure 34

    Occasions de rencontrer des

    gens

    Occasions de rencontrer des

    gens

    Occasions de rencontrer des

    gens

    Parents ou amis sur lesquels on peut

    compter

    Parents ou amis sur lesquels on peut

    compter

    Parents ou amis sur lesquels on peut

    compter

    Parents/amis dans un

    autre pays

    Parents/amis dans un

    autre pays

    Parents/amis dans un

    autre pays

    Nord-Nord

    Sud-Nord

    Nord-Sud

  • 165ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011. Notes : 1) Les nouveaux venus ont t exclus en raison de la taille restreinte de lchantillon. 2) Les pourcentages indiquent des rponses affirmatives. 3) Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Bien-tre physique

    Pour valuer ltat de sant global dans un pays, on recourt gnralement toutes sortes de statistiques lies la sant esprance de vie, mortalit infantile et taux dinfection par les maladies. En outre, de nombreux gouvernements recueillent des donnes sur la sant par le biais denqutes menes auprs de leurs propres rsidents. Les projets denqute recueillant des donnes fiables sur la sant dans plusieurs pays sont moins nombreux et, le plus souvent, ils sont plutt axs sur les pays dvelopps.

    Gallup mesure le bien-physique dans le monde en tudiant la faon dont des gens peroivent leur sant. Gallup mesure galement la satisfaction des gens concernant laccs des soins de sant de qualit et leur probabilit de bnficier dune assurance mdicale. Les personnes jouissant dun degr lev de bien-tre physique ont tendance avoir une vision plus optimiste de leur avenir et de leur bien-tre valuatif.

    Principales conclusions

    Les migrants dans le Nord ont autant de chances que la population ne dans le pays dtre satisfaits de leur sant personnelle et de la disponibilit de soins de sant de qualit, alors que les migrants dans le Sud valuent ces aspects dune manire plus ngative que les personnes nes dans le pays.

    A lexception des migrants Nord-Nord, tous les migrants ont moins de chances que les personnes nes dans le pays de bnficier dune assurance maladie (outre lassurance obligatoire).

    Les migrants Sud-Nord sont gagnants pour tous les aspects lis la sant par rapport leurs homologues rests au pays, tandis que les migrants Sud-Sud accusent une perte.

    Occasions de rencontrer des

    gens

    Parents ou amis sur lesquels on peut

    compter

    Parents/amis dans un

    autre pays

    Sud-Sud

    Ns dans le pays Migrants de longue date Nouveaux venus

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 166

    Satisfaction lie la sant personnelle

    Les migrants qui se sont installs dans le Nord se disent autant satisfaits que les personnes nes dans le pays de destination de la disponibilit de soins de sant de qualit, en particulier au fil du temps. Les migrants qui se sont installs dans le Sud se disent moins satisfaits que les personnes nes dans le pays de leur sant personnelle, et ont davantage de problmes de sant.

    Au Nord, les migrants et les personnes nes dans le pays partagent les mmes perceptions de leur sant et sont galement satisfaits de la disponibilit de soins de sant de qualit dans leur communaut. Les migrants Nord-Nord ont autant de chances que les personnes nes dans le pays de bnficier dune assurance mdicale (en plus de lassurance obligatoire), tandis que ceux qui sont originaires du Sud ont nettement moins de chances que les personnes nes dans le pays davoir une telle assurance. Toutefois, au fil du temps, la couverture sant samliore (de 35 % pour les nouveaux venus et de 49 % pour les migrants de longue date, contre 62 % pour les personnes nes dans le pays) (voir figure 35).

    Dans le Sud, les migrants sont moins satisfaits que les personnes nes dans le pays de leur sant personnelle, et risquent davantage davoir des problmes de sant qui les empchent de mener des activits auxquelles des personnes de leur ge prendraient normalement part. Alors que les migrants Sud-Nord ont une plus forte probabilit davoir une assurance maladie avec le temps, aucune amlioration napparat cet gard pour les migrants Sud-Sud.

    Les migrants sont-ils mieux lotis, sur le plan de la sant, que sils taient rests au pays ?

    Si lon compare la vie des migrants de longue date avec la vie hypothtique de leurs homologues rests au pays, il apparat que tous les migrants qui stablissent dans le Nord sont davantage satisfaits de leur sant personnelle, des soins de sant disponibles et de la prvalence des rgimes dassurance. Cependant, les migrants Sud-Sud sont perdants pour tous les aspects mesurs lis la sant. Les migrants Nord-Sud rvlent un schma similaire, mais dans une moindre mesure (voir figure 36).

  • 167ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    A des problmes de sant limitant une activit

    normale

    A des problmes de sant limitant une activit

    normale

    Satisfait de sa sant

    personnelle

    Satisfait de sa sant

    personnelle

    A une assurance mdicale

    A une assurance mdicale

    Satisfait de la disponibilit de soins de sant

    de qualit

    Satisfait de la disponibilit de soins de sant

    de qualit

    Nord-Nord

    Sud-Nord

    Ampleur des problmes de sant, degr de satisfaction lie la sant personnelle et aux soins de sant disponibles, et couverture de lassurance mdicale parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : Avez-vous des problmes de sant qui vous empchent de faire des choses que les gens de votre ge font normalement ? Etes-vous satisfait ou insatisfait de votre sant personnelle ? Dans la ville ou la rgion o vous vivez, tes-vous satisfait(e) ou insatisfait(e) de la disponibilit de soins de sant de qualit ? Avez-vous, personnellement, une assurance mdicale en plus de lassurance sant obligatoire ?

    Figure 35

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll168

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Notes : 1) Les nouveaux venus ont t exclus en raison de la taille restreinte de lchantillon. 2) Les pourcentages indiquent des rponses affirmatives. 3) Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Ns dans le pays Migrants de longue date Nouveaux venus

    Nord-Sud

    Sud-Sud

    A des problmes de sant limitant une activit

    normale

    A des problmes de sant limitant une activit

    normale

    Satisfait de sa sant

    personnelle

    Satisfait de sa sant

    personnelle

    A une assurance mdicale

    A une assurance mdicale

    Satisfait de la disponibilit de soins de sant

    de qualit

    Satisfait de la disponibilit de soins de sant

    de qualit

  • 169ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    OIM 2005 MID0192 (Photo : Jacqueline Koch)

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll170

    Ampleur des problmes de sant, degr de satisfaction lie la sant personnelle et aux soins de sant disponibles, et couverture de lassurance mdicale parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : Avez-vous des problmes de sant qui vous empchent de faire des choses que les gens de votre ge font normalement ? Etes-vous satisfait ou insatisfait de votre sant personnelle ? Dans la ville ou la rgion o vous vivez, tes-vous satisfait(e) ou insatisfait(e) de la disponibilit de soins de sant de qualit ? Avez-vous, personnellement, une assurance mdicale en plus de lassurance sant obligatoire ?

    Figure 36

    Nord-Nord

    Sud-Nord

    Nord-Sud

    A des problmes de sant limitant

    une activit normale

    A des problmes de sant limitant

    une activit normale

    A des problmes de sant limitant

    une activit normale

    Satisfait de sa sant

    personnelle

    Satisfait de sa sant

    personnelle

    Satisfait de sa sant

    personnelle

    Satisfait de la disponibilit de soins de sant

    de qualit

    Satisfait de la disponibilit de soins de sant

    de qualit

    Satisfait de la disponibilit de soins de sant

    de qualit

    A une assurance mdicale

    A une assurance mdicale

    A une assurance mdicale

  • 171ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits rservs.Source : Gallup World Poll, 2009-2011. Note : Les pourcentages indiquent des rponses affirmatives.

    Bien-tre des enfants

    Les migrants dans le Nord sont plus positifs concernant les possibilits offertes aux enfants que les personnes nes dans le pays de destination,

    mais ce nest pas le cas pour les migrants dans le Sud.

    Bien que le bien-tre des enfants ne fasse pas partie des cinq aspects du bien-tre valus par le sondage, il est tout fait possible que les migrants pensent lavenir de leurs enfants lorsquils rpondent des questions concernant le leur. Leurs rponses aux questions concernant leur propre vie correspondent celles concernant la vie des enfants dans leur pays de destination. Gallup constate que, de faon gnrale, les gens qui vivent dans le Nord personnes nes dans le pays, nouveaux venus et migrants de longue date sont plus optimistes que ceux qui vivent dans le Sud quant aux possibilits pour leurs enfants dtre traits avec respect, ainsi que dapprendre et de spanouir.

    Les migrants qui vivent dans le Nord sont plus positifs que les personnes nes dans le pays quant aux possibilits pour leurs enfants. Toutefois, les nouveaux venus sont plus positifs que les migrants de longue date, ce qui donne penser que loptimisme initial des migrants diminue avec le temps. Les schmas sont radicalement diffrents dans le Sud : les migrants sont moins optimistes que les rsidents ns dans le pays en ce qui concerne le respect et les possibilits pour les enfants, et les migrants de longue date ont gnralement des scores infrieurs ceux des personnes nes dans le pays et des nouveaux venus.

    Encadr 8

    A des problmes de sant limitant

    une activit normale

    Satisfait de sa sant

    personnelle

    Satisfait de la disponibilit de soins de sant

    de qualit

    A une assurance mdicale

    Sud-Sud

    Migrants de longue date dans le pays de rsidenceHomologues rests dans le pays dorigine

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 172

    Perceptions concernant les possibilits pour les enfants dapprendre, le traitement des enfants et les possibilits damliorer leur sort dans la vie en travaillant dur parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 2009-2011

    Questions denqute poses par Gallup : La plupart des enfants en [nom du pays] ont ils la possibilit dapprendre et de spanouir jour aprs jour, ou non ? Pensez-vous que les enfants en [nom du pays] sont traits avec respect et dignit, ou non ? Les personnes dans ce pays peuvent elles amliorer leur sort en travaillant dur, ou non ?

    Copyright 2012 Gallup, Inc. Tous droits reserves.Source : Gallup World Poll, 2009-2011.Notes : 1) Les pourcentages indiquent des rponses affirmatives. 2) Les donnes ont t corriges en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction.

    Figure 37

    Les enfants apprennent et spanouissent

    Les enfants apprennent et spanouissent

    Les enfants apprennent et spanouissent

    Les enfants apprennent et spanouissent

    Les enfants sont traits avec respect

    Les enfants sont traits avec respect

    Les enfants sont traits avec respect

    Les enfants sont traits avec respect

    Peuvent sen sortir en travaillant dur

    Peuvent sen sortir en travaillant dur

    Peuvent sen sortir en travaillant dur

    Peuvent sen sortir en travaillant dur

    Nord-Nord

    Sud-Nord

    Nord-Sud

    Sud-Sud

    Ns dans le pays Migrants de longue date Nouveaux venus

  • 173ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Echantillon Gallup

    Taille de lchantillonLe prsent chapitre est bas sur les rsultats issus des sondages Gallup World Poll mens dans 150 pays et rgions en 2009, 2010 et 2011. La taille typique de lchantillon tait de 1 000 par pays et par an. Au total, 466 689 adultes ont t analyss, dont 441 901 rsidents ns dans le pays et 24 788 migrants de la premire gnration.

    Dfinitions des migrants Chaque chantillon a t dfini en fonction du pays de naissance et de la dure du sjour :

    Les questions concernant le pays dorigine tablissent une distinction entre les migrants et les personnes nes dans le pays, les personnes interroges devant toutes dire si elles sont nes dans le pays o elles sont interroges. Celles qui sont nes ltranger doivent indiquer leur pays de naissance. Gallup classe les migrants en catgories venant du Nord ou venant du Sud sur la base de leur pays de naissance, selon la classification de la Banque mondiale.

    La dure du sjour est dtermine en demandant chaque personne dfinie comme faisant partie des migrants de la premire gnration par Gallup World Poll dindiquer si elle sest tablie dans le pays au cours des cinq dernires annes. Les migrants sont ainsi diviss en deux catgories : les nouveaux venus , qui sont arrivs dans le pays de destination il y a moins de cinq ans, et les migrants de longue date , qui vivent dans leur pays de rsidence actuel depuis au moins cinq ans. Ces deux groupes refltent la manire dont les migrants sont communment classs dans les donnes de recensement.

    Sur base des rponses ces variables, et laide de la classification de la Banque mondiale pour le Nord et le Sud, lchantillon a t divis en 10 groupes de comparaison, savoir :

    MIGRANTS NES DANS LE PAYS

    Destination

    Nord Sud

    Dure du sjour

    < 5 ans > 5 ans < 5 ans > 5 ans

    Orig

    ine N

    ord Nord-Nord

    Nouveaux venus

    Nord-NordMigrants de longue date

    Nord-Sud Nouveaux venus

    Nord-Sud Migrants de longue date

    NordRsidents ns dans

    le pays

    Sud

    Sud-NordNouveaux

    venus

    Sud-Nord Migrants de longue date

    Sud-Sud Nouveaux venus

    Sud-Sud Migrants de longue date

    SudRsidents ns dans

    le pays

    Lge (en annes) est mesur en tant que variable continue. Toutefois, en raison des valeurs extrmes lextrmit suprieure de la rpartition, lge a t dcompos en plusieurs catgories.

    Encadr 9

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 174

    Encadr 10

    La variable sexe est mesure en masculin ou fminin, selon la case coche par lenquteur.

    La russite scolaire a t mesure sur diffrentes chelles pour chaque pays, en fonction du systme scolaire du pays en question. Cependant, pour les besoins de lanalyse mondiale, lducation a t value en tant que variable trois catgories : cole lmentaire ou moins ; de lcole secondaire un enseignement suprieur de trois ans ; et lquivalent dun diplme sanctionnant quatre annes dtudes suprieures ou un enseignement de niveau suprieur.

    Notes mthodologiques

    Pondration : Les donnes du Gallup World Poll sont pondres en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction dans un pays, afin de rendre les donnes lchelle du pays reprsentatives de la rpartition dmographique concernant ces variables. Une pondration supplmentaire est effectue pour que les donnes du pays soient proportionnelles la population mondiale totale.

    Migrants et personnes nes dans le pays prise en compte des donnes dmographiques : Les mesures du bien-tre tant en corrlation avec les donnes dmographiques (ge, sexe et niveau dinstruction), des techniques de rgression variables multiples ont t utilises pour tenir compte des effets des donnes dmographiques et examiner linfluence marginale du statut de migrant sur le bien-tre. En ce qui concerne les variables dpendantes continues, un modle linaire variables multiples a t utilis laide de la procdure du modle linaire gnralis Proc du logiciel SAS. On a maintenu constants lge, le sexe et le niveau dinstruction en tant que covariables dans un modle, et des moyennes marginales estimatives ont t obtenues pour comparer les migrants et les groupes locaux aprs vrification de lge, du sexe et du niveau dinstruction. En ce qui concerne les variables dpendantes catgorielles, la rgression logistique variables multiples a t utilise avec lge, le sexe et le niveau dinstruction en tant que covariables. Tous les rsultats prsents dans le Rapport sont corrigs en fonction de lge, du sexe et du niveau dinstruction de la personne interroge.

    Migrants et homologues rests au pays mthode dimputation : Lobjet de cette analyse tait de comparer les migrants des personnes similaires dans leur pays dorigine et de faire une extrapolation de la manire dont les migrants eux-mmes sen seraient sortis pour les diverses mesures de rsultats sils taient rests dans leur pays de naissance. Une valeur prvue a t calcule pour chacun des migrants qui reprsenterait le mieux possible leur rponse une question, compte tenu de leur pays dorigine et de leffet de leur ge, sexe et niveau dinstruction dans leur pays dorigine. Pour chacune des variables dpendantes :

  • 175ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    i) Le rsultat moyen du pays de naissance des migrants pour une mesure de rsultat donne a t pris en tant quintersection pour la valeur prvue du migrant de ce pays.

    ii) Un coefficient pour lge, le sexe et le niveau dinstruction a t calcul pour chaque pays pour chaque variable, afin destimer les effets des donnes dmographiques sur une variable dans un pays.

    iii) Lintersection et le coefficient dge, sexe et niveau dinstruction ont ensuite t combins dans une quation linaire utilisant lge, le sexe et le niveau dinstruction du migrant considr pour estimer de la manire la plus prcise possible la valeur prvue du migrant, compte tenu de son pays dorigine, et les effets de lge, du sexe et du niveau dinstruction sur une variable dans un pays.

    Cette imputation a t effectue par SPSS laide des techniques dimputation multiple, ce qui maintient la variance des valeurs prvues analogue celle des valeurs relles. Une fois que lon a attribu chaque migrant interrog une valeur relle et prvue, des t-tests jumels ont t utiliss pour dterminer des diffrences statistiquement importantes dans lexprience des migrants dans leur pays de rsidence, par rapport ce que leur exprience aurait t sils taient rests dans leur pays de naissance.

    Couverture de lchantillon : Lchantillon de population de migrants de Gallup comprend des migrants rguliers et irrguliers, mais ntablit pas de distinction entre eux et nisole pas non plus des sous-catgories de migrants victimes de la traite, mineurs non accompagns, rfugis ou migrants en dtresse. Lchantillon Gallup nidentifie pas les migrants de retour ; il exclut les migrants pouvant se trouver dans des situations de groupe, tels que les camps de rfugis, ainsi que les expatris non arabes dans les pays du Conseil de coopration du Golfe. En outre, parce que Gallup mne ses enqutes dans les langues les plus courantes de chaque pays, il se peut que les migrants qui ne parlent pas les langues utilises pour ces enqutes dans chaque pays soient sous-reprsents.

    Agrgation des donnes recueillies diffrentes priodes : Alors que certaines mesures essentielles ont t recueillies chaque anne de la priode considre (2009, 2010, 2011), certaines nont t recueillies que pour un ou deux ans. Des donnes portant sur des annes diffrentes ont t agrges pour sassurer que la taille de lchantillon est approprie pour chaque sous-groupe. Lanalyse des chantillons de sous-groupes comportant moins de 200 personnes interroges nest pas incluse dans ce Rapport.

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 176

    Peu dtudes sur la migration et le dveloppement traitent des mouvements de population au dpart de pays riches du Nord vers des pays pauvres du Sud, ou des mouvements de population entre pays du Sud. La plupart des tudes sur la migration tendent privilgier la situation des migrants dans le Nord. Les donnes Gallup offrent pour la premire fois une vision mondiale de lexprience des migrants, en faisant la lumire sur les migrants dans le Sud qui, souvent, sont insuffisamment tudis.

    La taille importante des chantillons de migrants du Gallup World Poll permet aux chercheurs denquter sur le bien-tre des migrants pas uniquement dans le Nord ou le Sud, mais aussi sur les quatre axes migratoires. Parmi les migrants inclus dans lchantillon de Gallup, 33 % sont des migrants Sud-Sud, et 5 % des migrant Nord-Sud; 40 % sont des migrants Sud-Nord, et 22 % des migrants Nord-Nord.

    Il est communment admis que la plupart des gens migrent volontairement en qute dune vie meilleure. De fait, un rapport rcent du PNUD a conclu que la majorit des gens qui migrent finissent par tre mieux lotis parfois beaucoup mieux quavant leur migration [] et que les gains sont les plus importants pour ceux qui migrent au dpart de pays pauvres vers des pays riches (PNUD, 2009 : 29). Une tude a constat quen moyenne, les personnes qui migrent vers des pays de lOCDE avaient un classement selon lindicateur de dveloppement humain (IDH) denviron 24 % suprieur celui des personnes restes dans leur pays dorigine (PNUD, 2009 : 67). Toutefois, la prsente tude na pas tabli de distinction entre les migrations Nord-Nord et Sud-Nord.

    Les conclusions du Gallup World Poll sont bases sur la manire dont les migrants valuent leur propre bien-tre. Les rsultats Gallup montrent comment les migrants du monde entier font face diverses difficults, chacune comportant des avantages et des dsavantages, en fonction de la direction du flux migratoire. La dure du sjour dans le pays de destination joue un rle important dans le bien-tre des migrants. Ce qui peut sembler essentiel pour un nouveau venu install dans le pays de destination depuis moins de cinq ans peut ltre moins pour un migrant qui y vit depuis plus longtemps. De mme, les perceptions concernant leur situation actuelle et leurs possibilits futures varient selon la dure du sjour dans le pays de destination.

    Les lments dinformation prsents dans ce Rapport laissent entendre que, maints gards, les migrants font tat dun bien-tre infrieur celui des rsidents ns dans le pays, mme si dans certains cas, ils sont mieux lotis que leurs homologues rests dans leur pays dorigine. Toutefois, les plus grandes diffrences nont pas t constates entre migrants et personnes nes dans le pays au Nord, mais entre migrants et personnes nes dans le pays au Sud.

    Dune manire gnrale, les migrants ont moins de chances que les personnes nes dans le pays de pouvoir satisfaire leurs besoins fondamentaux ( savoir, acheter la nourriture dont ils ont besoin et trouver un logement dcent). Ils ont plus de chances de se trouver dans les groupes faible revenu et dtre sous-employs ou au chmage. Il existe des exceptions pour certains de ces aspects du bien-tre. Au Sud, les migrants ont moins tendance que les personnes nes dans le pays se sentir en scurit l o ils vivent. Au Nord, en revanche, les migrants se sentent autant en scurit que les personnes nes dans le pays. En matire de scurit, les nouveaux venus Sud-Sud sont les plus vulnrables : ils sont les moins susceptibles de se sentir en scurit, et les plus exposs au risque dagression et de vol. Les migrants dans le Sud tendent moins que les personnes nes dans le pays tre satisfaits de leur sant personnelle et de

    observations FinaLes

  • 177ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    la disponibilit de soins de sant de qualit, et ils ont moins de chances de bnficier dune assurance maladie. Les migrants dans le Nord tendent autant que les personnes nes dans le pays tre satisfaits de leur sant personnelle et de la disponibilit de soins de sant de qualit.

    Gallup a constat que ce sont les migrants Nord-Nord qui ont plus le plus de chances dprouver un bien-tre plus grand. Cela ne signifie pas que les migrants Sud-Nord ne ralisent pas de gains importants dans ce domaine mais, plusieurs gards, ils dclarent que leur bien-tre est infrieur celui des rsidents ns dans le pays ou des migrants Nord-Nord. Par exemple, aprs avoir vcu dans le pays de destination pendant plus de cinq ans, les migrants Nord-Nord atteignent le niveau financier des personnes nes dans le pays. Lamlioration est moins importante parmi les migrants Sud-Nord. Dans lensemble, les migrants Nord-Nord sen sortent mieux, financirement, que les migrants Sud-Nord.

    Etant donn quil nexiste pas dapproche universelle pour amliorer le bien-tre des migrants, de nouvelles approches doivent tre labores non seulement pour amliorer le dveloppement humain personnel des migrants, mais aussi pour lever potentiellement le niveau de dveloppement, tant du pays de destination que du pays dorigine.

    Etapes suivantes la marche suivre

    Ces conclusions de sondage reprsentent un chantillon de ce que Gallup a appris denqutes nationales portant sur le bien-tre des migrants. Des recherches supplmentaires sont ncessaires pour acqurir une comprhension plus complte de la relation potentielle qui existe entre la migration et le dveloppement. Les rsultats de la migration sous langle du bien-tre dpendent dans une large mesure des conditions dans lesquelles les gens migrent. Lon ignore toutefois comment le bien-tre varie selon les diverses conditions dans certains pays ou rgions. Il na pas t possible dtudier en dtail les effets de la migration sur le bien-tre des diffrentes catgories de migrants travailleurs migrants, tudiants, migrants en situation irrgulire, victimes de la traite, migrants de retour ou migrants en dtresse en raison dun conflit ou dune catastrophe environnementale.

    LOIM et Gallup continueront dexplorer de nouvelles voies en matire de recherche sur les migrants. Tirant parti de son rseau tabli de ressources mondiales, Gallup peut mener davantage dtudes axes sur diffrents groupes de migrants, tels que les migrants en situation irrgulire, les migrants de retour, les diasporas de migrants, et les personnes dplaces. Ces types de ressources ont, par exemple, permis Gallup de mener ses enqutes mondiales dans des camps de personnes dplaces par le sisme dvastateur en Hati. Les diasporas, qui ont dj des liens tablis avec le dveloppement aussi bien dans le pays de destination que dans le pays dorigine, reprsentent un autre groupe cible pertinent qui demande tre cartographi et tudi. Gallup peut donner des indices permettant daider les dcideurs maximiser la relation entre la migration et le dveloppement des deux cts, en tudiant plus avant les conditions de travail des migrants (notamment pour savoir si leur environnement de travail est sr et sils travaillent leur niveau de capacit souhait ou en de), et en valuant les niveaux dengagement civique et dattachement communautaire des migrants.

  • Chapitre 4 Dimensions du bien-tre

    des migrants : Elements dinformation tirs

    du Gallup World Poll 178

    Gallup dispose galement, dans les principaux pays dorigine, de capacits de recherche permettant de mener des tudes complmentaires sur les indicateurs de politique gnrale bass sur des microdonnes, tels que les changements survenus dans les dimensions physique, financire, professionnelle, communautaire et sociale du bien-tre dans les mnages comprenant des migrants actuellement ltranger (par exemple, en comparant la situation avant et aprs le dpart dun migrant ; comment les fonds rapatris sont dpenss, et si largent gagn contribue effectivement au dveloppement ; ainsi que les comptences, les connaissances et lexprience que les migrants de retour ramnent chez eux).

    A lchelle mondiale, la migration nest pas pleinement intgre dans le cadre de dveloppement commun. Lorsquon demande aux pays de dclarer les progrs quils ont accomplis sur la voie de la ralisation dobjectifs de dveloppement tels que les objectifs du Millnaire pour le dveloppement (OMD), la migration est rarement mentionne. Cela est en partie d au fait que les donnes actuelles portant sur la migration internationale livrent peu dinformations sur le bien-tre des migrants et sur la mesure dans laquelle les rsultats en matire de dveloppement humain des migrants samliorent.

    Aujourdhui, on accorde une grande importance au programme de dveloppement et des OMD pour laprs-2015, et la forme future que prendra le cadre mondial de dveloppement. Comment la communaut mondiale mesurera-t-elle les progrs raliss sur la voie du dveloppement lavenir ? Mettra-t-on moins laccent sur les indicateurs objectifs, tels que les taux de pauvret, de mortalit et de fcondit, et davantage sur la notion plus large de bien-tre ?

    Le Gallup World Poll a le potentiel doffrir la communaut internationale des indicateurs plus prcis et opportuns sur le bien-tre des migrants. Ces informations pourraient, ds lors que la taille des chantillons de pays est suffisamment importante, complter dautres sources de donnes sur la migration et le dveloppement, telles que les rapatriements de fonds. Le Gallup World Poll pourrait ainsi, lavenir, fournir la communaut internationale des indicateurs plus prcis quant aux rsultats en matire de dveloppement humain pour les migrants.

  • OIM 2005 MID0186 (Photo : Jacqueline Koch)

  • Chapitre 5Conclusions

    5Frank Laczko et Gervais Appave

  • Un deuxime Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le dveloppement se tiendra en 201351, qui offre la communaut internationale loccasion prcieuse de porter son attention sur les moyens de faire de la migration un facteur qui contribue au dveloppement durable et la rduction de la pauvret. Le Dialogue de haut niveau de 2013 arrive point nomm, au moment o la communaut internationale envisage daller au-del des objectifs du Millnaire pour le dveloppement, vers la formulation dun nouveau programme de dveloppement pour laprs-2015.

    La faon dont la communaut internationale considre la migration et sa contribution au dveloppement a considrablement volu ces quelques dix dernires annes. Au tournant du sicle, les dbats sur les liens entre la migration et le dveloppement avaient dj retenu lintrt des universitaires, mais les dcideurs ne staient pas encore penchs sur la question. En 1999, par exemple, dans un numro spcial de la revue International Migration consacr au couple migration et dveloppement, Stephen Castles faisait observer juste titre que :

    De nombreux dcideurs considrent toujours la migration internationale comme une menace pour la scurit et lidentit nationale, plutt que comme une occasion de coopration et de dveloppement. Il nexiste pas encore de communaut internationale ayant des objectifs et des intrts communs dans ce domaine (OIM, 1999 : 16).

    En 2000, la communaut internationale avait adopt les objectifs du Millnaire pour le dveloppement (OMD), sans se demander comment la migration pourrait contribuer leur ralisation, et sans incorporer la migration dans le cadre de suivi des OMD. Mais des changements taient en cours. La mme anne, lOIM publiait son premier Rapport Etat de la migration dans le monde, qui soulignait les nombreux effets positifs et ngatifs de la migration sur les pays dorigine et de destination. A lchelle mondiale, 77 milliards de dollars E.-U. avaient t envoys dans les pays dorigine sous forme de rapatriements de fonds en 1997 (en 2012, ce chiffre tait pass un montant estimatif de 529 milliards de dollars E.-U.) (Banque mondiale, 2013). Le Rapport Etat de la migration dans le monde 2000 citait lexemple du Lesotho, o les rapatriements de fonds reprsentaient environ 50 % du PIB.

    Depuis, de grands progrs ont t raliss. En 2006, lAssemble gnrale des Nations Unies a organis son tout premier Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le dveloppement. Aujourdhui, on considre que cette manifestation a marqu un tournant dans le discours international sur la migration internationale la communaut internationale reconnaissant que la migration est une ralit incontournable, et quelle peut bnficier tant aux pays quaux migrants. Les participants au Dialogue de haut niveau ont soulign la nature mondiale du phnomne, relevant quil continuait de gagner en ampleur et en complexit. Ils ont aussi reconnu que la migration internationale pouvait constituer un facteur positif de dveloppement dans les pays dorigine aussi bien que dans les pays de destination, condition dtre soutenue par les politiques adaptes .

    51 Le premier Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le dveloppement sest tenu en 2006.

    5181

    ETAT DE LA MIGRATION DANS LE MONDE 2013

    Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

  • 183ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Un rsultat important du Dialogue de haut niveau a t la cration dun processus consultatif mondial pilot par les gouvernements mais ouvert tous le Forum mondial sur la migration et le dveloppement, qui se runit chaque anne depuis 2007. Parmi ses participants figurent des gouvernements, des organisations internationales, des organisations non gouvernementales, des universitaires et le secteur priv. Comme son nom lindique, son principal objectif est dtudier les liens multiples qui existent entre la migration et le dveloppement. Conformment la nature informelle et non contraignante du processus, aucune tentative nest faite pour parvenir un consensus sur des approches de politique gnrale, mais chaque confrence constitue une occasion pour les participants damliorer leur comprhension des questions, didentifier les mesures disponibles, et dexaminer les pratiques exemplaires. Malgr les progrs raliss dans le dialogue et, dans une moindre mesure, dans la coopration internationale, la migration demeure insuffisamment intgre dans les cadres de dveloppement et les politiques sectorielles plus larges, tant aux niveaux national que local, et dans les programmes de dveloppement mondiaux. Par exemple, une enqute rcente, mene en 2011 dans le cadre dun projet PNUD/OIM sur lintgration de la migration dans la planification nationale du dveloppement, a mis en vidence que peu de pays ont intgr la migration dans leurs plans ou instruments de dveloppement national. (OIM/DAES-ONU, La migration et la mobilit humaine, mai 2012). En outre, les politiques migratoires ne garantissent pas une protection suffisante des droits de lhomme de tous les migrants. Quant aux perceptions des migrants et de la migration dans lopinion, elles nont pas volu au mme rythme que la mobilit humaine et tendent tre ngatives (voir Rapport Etat de la migration dans le monde 2011 de lOIM).

    Le Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le dveloppement de 2013 offre la communaut internationale une occasion opportune de faire le point des progrs raliss depuis le premier Dialogue, et de combler les lacunes dans un esprit de coopration multilatrale. Les points saillants et les messages essentiels du Rapport 2013 sont prsents titre de contribution cette manifestation. Ils sont regroups ci-dessous sous cinq titres principaux.

    pLaCer Les migrants aU

    CoeUr dU debat

    Depuis des temps immmoriaux, les tres humains migrent en qute dune vie meilleure. Les facteurs motivant la migration sont multiples et complexes : beaucoup migrent en qute de dbouchs mieux gagner sa vie, vivre dans un environnement plus agrable, ou rejoindre des parents ou des amis ltranger. Certes, un nombre important de migrants ne partent pas de leur plein gr, mais y sont forcs rfugis fuyant les perscutions, par exemple ; populations dvastes par un conflit ou une catastrophe naturelle ; ou victimes de la traite. Mais ceux qui choisissent de migrer sont avant tout motivs par des aspirations humaines. Ds lors, les questions fondamentales quils doivent se poser sont de savoir sils seront plus heureux en migrant, et si leur vie sera meilleure quelle ne lest aujourdhui.

    Cependant, pour des raisons parfaitement comprhensibles, de nombreuses tudes et les dbats dorientation sintressent plutt la migration en tant que processus et ses incidences socioconomiques de faon globale. Bon nombre de rapports sur la migration et le dveloppement traitent des consquences socioconomiques gnrales des processus migratoires, examinant par exemple les incidences des rapatriements de fonds, des rseaux de connaissances des migrants, ou des ressources

  • Chapitre 5Conclusions184

    de la diaspora. De ce point de vue, les consquences de la migration pour la vie des migrants considrs individuellement peuvent tre facilement ngliges. Pour sa part, le prsent Rapport se concentre sur les migrants en tant que personnes et cherche savoir comment lexprience de la migration a influ sur leur vie de faon positive ou ngative. Cette approche est conforme lune de ses recommandations principales savoir que, plutt que dtre les sujets passifs dune enqute, les migrants doivent avoir la possibilit de raconter leur histoire. Cet accent mis sur la dimension exprientielle, plutt que sur des dynamiques socioconomiques dsincarnes, pourrait ouvrir la voie llaboration de politiques plus soucieuses des besoins humains.

    Le deveLoppement ConCerne

    Le bien-etre HUmain

    Une deuxime caractristique du prsent Rapport tient son approche de lvaluation des rsultats de la migration lis au dveloppement dans le contexte du bien-tre humain. Cette approche sinscrit dans le droit fil dune rorientation rcente de la rflexion sur le dveloppement qui ne se limite pas des notions telles que la productivit, la richesse ou le revenu. Dans un rapport novateur intitul Mismeasuring our lives : Why GDP doesnt add up, Stiglitz, Sen et Fitoussi (2010) mettent en vidence que, par exemple, le PIB peut tre inappropri pour mesurer le progrs socital, tant donn quun pays peut connatre la fois une augmentation de lactivit conomique et une diminution de lesprance de vie. La Dclaration du droit au dveloppement de 1986 dfinit le dveloppement comme une amlioration constante du bien-tre de lensemble de la population et de tous les individus 52. De mme, la Dclaration du Millnaire adopte par lAssemble gnrale des Nations Unies insiste sur le bien-tre de lindividu en tant que principal objectif du dveloppement. Plus rcemment, lONU a fait valoir que la notion de bien-tre et la soutenabilit doivent tre au cur du programme de dveloppement mondial au-del de 2015 (DAES-ONU, 2012a).

    Si les chercheurs sintressent de plus en plus llaboration et lexprimentation dinstruments permettant de mesurer les progrs de la socit sous langle du bien-tre humain, un examen rapide de leurs travaux rvle que peu dtudes portent spcifiquement sur le bien-tre des migrants. Celles qui existent sintressent une seule dimension les mesures du bonheur et seulement dans une poigne de pays dvelopps.

    Le Rapport 2013 se fonde sur les conclusions du Gallup World Poll, en utilisant des donnes recueillies en 2009-2011 auprs de 25 000 migrants de la premire gnration et de plus de 440 000 personnes nes sur place dans plus de 150 pays, afin dvaluer, pour la premire fois, le bien-tre des migrants dans le monde entier. La plupart des tudes sur la migration sont gnralement centres sur la situation des migrants dans le Nord. Les donnes Gallup fournissent, une vue densemble de lexprience des migrants, en apportant de nouveaux lments sur la situation des migrants dans le Sud, souvent peu tudie.

    Deux aspects de la notion de bien-tre utilise dans le sondage Gallup mritent dtre souligns. Tout dabord, on confond parfois le bien-tre avec certaines ides du bonheur, alors quil sagit dun concept multidimensionnel beaucoup plus vaste qui englobe des aspects ou des situations de la vie aussi divers que la sant, le revenu, les relations sociales, la scurit, le travail et lenvironnement. Ensuite, on estime que le bien-tre comprend des aspects objectifs et subjectifs interdpendants. Le

    52 www.un.org/documents/ga/res/41/a41r128.htm.

  • 185ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Gallup World Poll value le bien-tre global des migrants en les interrogeant sur des lments objectifs de leur vie, tels que le revenu, le logement et le travail, ainsi que sur des perceptions, sentiments et impressions subjectifs de satisfaction dans la vie.

    La migration nest pas

    seULement Un pHenomene sUd-

    nord

    Traditionnellement, les rapports sur la migration et les dbats de politique gnrale sur la contribution de la migration au dveloppement portaient sur les mouvements au dpart de pays revenu faible ou moyen vers des pays plus riches (tels que des Philippines vers les Etats-Unis). Le Rapport 2013 adopte une approche plus ouverte, et examine si les variations quant lorigine et la destination des migrants peuvent produire des rsultats diffrents pour les intresss. Cest pourquoi, outre la migration Sud-Nord, le Rapport sintresse trois autres schmas de mouvement : la migration dun pays revenu lev vers un autre (par exemple, du Royaume-Uni vers le Canada Nord-Nord) ; la migration dun pays revenu lev vers un pays revenu faible ou moyen) (par exemple, du Portugal vers le Brsil Nord-Sud) ; et la migration dun pays revenu faible ou moyen vers un autre (par exemple, de lIndonsie la Malaisie Sud-Sud). Il fait valoir, sur la base des constatations de recherche, que ces quatre axes migratoires ont tous des consquences pour le dveloppement qui ne sont pas encore parfaitement comprises et qui doivent tre prises en considration.

    Les chiffres montrent pourquoi une approche plus ouverte de la migration et du dveloppement est ncessaire. Seule une minorit de migrants quitte le Sud en direction du Nord environ 40 %, selon les sources Gallup. Un tiers au moins des migrants se dplacent entre pays du Sud (bien que ce chiffre puisse tre suprieur si des donnes plus exactes taient disponibles), et peine plus dun cinquime des migrants (22 %) migrent du Nord vers le Nord. Un pourcentage faible mais croissant de migrants (5 %) migrent du Nord en direction du Sud. Ces chiffres peuvent varier lgrement, selon la dfinition utilise pour le Nord et le Sud .

    Dans ce Rapport et, de faon gnrale, le Nord dsigne les pays revenu lev, et le Sud les pays revenu faible et moyen. Il va sans dire que des tiquettes aussi gnrales ont leurs limitations, dautant que le Nord et le Sud englobent toutes sortes de situations et de catgories diffrentes de migrants. Ds lors, il nest pas surprenant que diffrentes organisations proposent divers regroupements, en fonction de leurs intrts de recherche ou de leurs besoins oprationnels. Nanmoins, les termes Nord et Sud sont largement admis par les dcideurs. En tant que tels, ils permettent de comprendre les schmas migratoires et, par consquent, de rpondre la question de savoir si la direction des mouvements a une influence sur le bien-tre des migrants.

  • OIM 2007 MCR0003

  • 187ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Comparaison du bien-tre des migrants celui de personnes similaires dans leur pays dorigine

    Le prsent Rapport donne un aperu unique en son genre des gains et pertes lis la migration. Sinspirant des constatations du Gallup World Poll, il examine ce que les migrants gagnent et perdent en migrant, en comparant le bien-tre des migrants qui vivent dans un pays de destination depuis au moins cinq ans avec des estimations de ce que leur vie aurait pu tre sils taient rests chez eux. Il importe toutefois de garder lesprit que certains groupes vulnrables de migrants, tels que les victimes de la traite, les migrants en dtresse et les migrants dpourvus de documents, ne sont pas pris en considration dans le sondage Gallup.

    Les gains les plus importants sont associs la migration en direction du Nord quil sagisse de la migration Nord-Nord ou Sud-Nord. Prs des deux tiers (62 %) de tous les migrants interrogs par Gallup rsident dans le Nord. Toutefois, il est intressant de noter que les migrants Nord-Nord tendent bien davantage que les migrants Sud-Nord se dclarer mieux lotis quils ne lauraient t sils taient rests chez eux. On aurait pu sattendre linverse, eu gard aux disparits de revenu entre le Sud et le Nord.

    Les migrants dans le Nord valuent gnralement mieux leur vie que leurs homologues dans leur pays dorigine. Les migrants Sud-Nord de longue date (qui vivent dans le pays depuis cinq ans ou plus), par exemple, sestiment mieux lotis que sils taient rests chez eux. En revanche, les migrants dans le Sud ont tendance valuer leur vie comme tant comparable ou pire que celle de leurs homologues rests au pays (personnes au profil similaire qui nont pas migr). Par consquent, les migrants Sud-Sud de longue date sestiment moins bien lotis que sils taient rests dans leur pays dorigine. Ils mentionnent, par exemple, des difficults trouver un logement dcent, 27 % dentre eux ayant eu beaucoup de mal se loger lanne prcdente, contre 19 % de leurs homologues rests au pays. Les migrants originaires du Sud dclarent gnralement avoir plus de difficults atteindre un niveau de vie satisfaisant, et ne semblent pas mieux lotis que sils taient rests chez eux.

    Expliquer ces diffrences nest pas facile, et exigera de plus amples recherches. Parmi les facteurs probables, lon peut mentionner les cots plus levs des logements dans le pays de destination, labsence de soutien familial, et le fait que les migrants dans le Sud tendent tre moins qualifis que ceux au Nord. Etant donn que les salaires et les revenus sont plus levs dans le Nord, on peut sattendre ce que les migrants Sud-Nord constatent une plus grande amlioration de leur situation conomique que les migrants Sud-Sud. Toutefois, les rsultats du sondage Gallup indiquent que les migrants Sud-Nord sont galement gagnants dans toute une srie de dimensions non conomiques, telles que la sant et la scurit personnelle. Ceux qui migrent en direction du Nord, par exemple, ont beaucoup plus de chances de dclarer quils se sentent en scurit lorsquils se promnent seuls la nuit que leurs homologues rests au pays. En outre, les migrants qui sinstallent dans le Nord se dclarent plus satisfaits de leur sant personnelle et de laccs des soins de sant de qualit, tandis que les migrants Sud-Sud dclarent ressentir moins de bien-tre sur le plan de la sant.

    La migration ameLiore Le

    deveLoppement HUmain, mais de nombreUX

    migrants ont toUJoUrs dU maL

    a atteindre Un niveaU de bien-etre

    satisFaisant

  • Chapitre 5Conclusions188

    Comparaison du bien-tre des migrants avec celui des personnes nes dans le pays

    Bien que la migration gnre des gains, de nombreux migrants, dans le Nord comme dans le Sud, dclarent avoir un degr de bien-tre infrieur celui des personnes nes dans le pays, pour diverses dimensions.

    Les migrants dans le Sud tendent tre les moins optimistes face leur vie, et estiment quil est difficile datteindre un niveau de vie satisfaisant. Ils tendent moins que les personnes nes dans le pays se dclarer satisfaits de leur vie. Les migrants Sud-Sud de longue date, par exemple, sont les moins susceptibles daffirmer quils sont heureux et quils apprcient la vie, un peu plus de la moiti dentre eux seulement (53 %) indiquant quils taient trs heureux le jour prcdant lenqute. Les migrants Sud-Sud se dclarent galement moins bien lotis financirement que les personnes nes dans le pays.

    Les migrants dans le Nord font galement face de nombreuses difficults. Mais les migrants Nord-Nord risquent beaucoup moins que les migrants Sud-Nord davoir du mal satisfaire leurs besoins fondamentaux. De faon gnrale, compars aux migrants Sud-Nord, les migrants Nord-Nord sestiment mieux lotis financirement que les personnes nes dans le pays. La situation financire des migrants dans le Nord nest gnralement pas aussi bonne que celle des personnes nes dans le pays, mais elle samliore avec le temps 12 % des migrants Sud-Nord de longue date, par exemple, estimant trs difficile de sen sortir avec leurs revenus, contre seulement 6 % des personnes nes dans le pays.

    La situation financire mdiocre des migrants est probablement lie leur difficult trouver du travail ou, lorsquils en ont, travailler plein temps. Les migrants dans le Nord risquent davantage dtre au chmage ou sous-employs : 26 % dentre eux sont sous-employs et 13 % au chmage (contre 18 % et 88 %, respectivement, des personnes nes dans le pays). Dans le Sud, les migrants ont moins de chances que les personnes nes dans le pays de faire partie de la population active officielle, et, ont tout autant de probabilits que les personnes nes dans le pays dtre sous-employs ou au chmage.

    Les migrants dans le Sud ont moins tendance que les personnes nes dans le pays se sentir en scurit l o ils vivent (tandis que les migrants dans le Nord se sentent gnralement autant en scurit que les rsidents ns dans le pays). Moins de la moiti (44 %) des nouveaux venus Sud-Sud se sentent rellement en scurit lorsquils se promnent seuls le soir. Dans le Sud, les migrants ont beaucoup plus tendance signaler des incidents tels que le vol ou lagression. Les nouveaux venus Sud-Sud, par exemple, risquent deux fois plus que les rsidents ns dans le pays dtre agresss (13 % contre 6 %). Ils ont aussi plus de probabilits davoir t vols (23 % contre 15 %). Pour une minorit de migrants dans le Sud, la peur et les taux levs de criminalit font rellement obstacle leur pleine participation sociale et conomique. Toutefois, la situation semble samliorer mesure que leur sjour dans leur nouveau pays se prolonge. Cela pourrait sexpliquer par le fait que, historiquement, les nouveaux migrants ont tendance sinstaller dans un premier temps dans des zones urbaines faible revenu o les taux de criminalit sont plus levs.

  • 189ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Les migrants qui ont migr en direction ou entre des pays du Sud sont moins satisfaits de leur sant personnelle que les personnes nes dans le pays, et ont plus de probabilits davoir des problmes de sant qui les empchent de mener des activits auxquelles des personnes de leur ge prendraient normalement part. En rsum, ce sont les migrants qui se dplacent entre deux pays revenu lev soit du Nord vers le Nord qui font tat dexpriences les plus satisfaisantes. Ces migrants ont les rsultats les plus positifs pour de multiples dimensions du bien-tre, telles que la satisfaction dans la vie, la positivit motionnelle, les gains financiers, la scurit personnelle, lattachement communautaire et la sant. Ceux qui migrent entre le Nord et le Sud, quel que soit le sens de la migration, ont une exprience mitige. En gnral, les facteurs conomiques jouent un rle important : ceux qui migrent du Nord vers le Sud ont de meilleures performances conomiques et sont capables de tirer profit de leur argent dans un environnement relativement bon march. Mais les migrants Nord-Sud tendent avoir moins de contacts sociaux, et ont moins de chances davoir quelquun sur qui compter en cas de besoin. Inversement, ceux qui migrent du Sud vers le Nord souffrent de ce diffrentiel conomique, devant lutter pour faire la transition. Cependant, ils vivent dans de meilleures conditions que sils taient rests chez eux.

    La marCHe a sUivre et Lapres-2015 :

    eLaborer Un barometre

    mondiaL dU bien-etre des migrants

    On ignore la forme que prendra le programme de dveloppement mondial aprs 2015. Cependant, la question de savoir si et comment la migration doit tre incorpore dans ce programme fait lobjet dun dbat croissant. La faon dont la migration pourrait tre intgre dans ce nouveau cadre dpendra en partie de la question de savoir si le nouveau programme demeurera ax sur llimination de la pauvret dans les pays les plus pauvres du monde, plutt que de souvrir une vision largie dun dveloppement inclusif et durable pour tous les pays.

    Quelle que soit lapproche adopte, il est vident quil faudra disposer dune base de donnes beaucoup plus solide pour mieux rendre compte des liens entre la migration et le dveloppement. Actuellement, lorsquon demande aux pays de notifier les progrs accomplis en vue de raliser des objectifs de dveloppement tels que les OMD, ils mentionnent rarement la migration, en partie faute de donnes et dindicateurs pertinents.

    De meilleurs indicateurs du bien-tre des migrants et des recherches complmentaires sont ncessaires pour mieux comprendre les consquences de la migration pour le dveloppement humain lavenir. Actuellement, les donnes existantes sur la migration internationale sont muettes sur le bien-tre des migrants, et ne permettent pas de savoir si les rsultats en matire de dveloppement humain pour les migrants samliorent ou non.

    Les conclusions du sondage prsentes dans ce Rapport ne reprsentent quun chantillon des informations qui peuvent tre rassembles au moyen dune enqute mondiale. En ajoutant de nouvelles questions lenqute actuelle, ou en augmentant lchantillon de migrants dans certains pays, on pourrait en apprendre beaucoup plus sur le bien-tre des migrants dans le monde. Il serait possible, laide du Gallup World Poll, dlaborer un baromtre mondial de la migration qui permettrait de surveiller rgulirement les changements survenus dans le bien-tre des migrants travers le monde.

  • Chapitre 5Conclusions190

    Il reste encore beaucoup apprendre sur la manire dont le bien-tre des migrants varie dans des conditions diffrentes et dans des pays ou rgions particuliers par exemple, les effets de la migration sur le bien-tre de diffrentes catgories de migrants, tels que les travailleurs migrants, les tudiants, les migrants en situation irrgulire, les migrants de retour ou les migrants en dtresse en raison dune situation de conflit ou dune catastrophe naturelle. Il est tout particulirement ncessaire de disposer de plus dlments sur le bien-tre des migrants dans le Sud et sur les facteurs qui dterminent leurs conditions de vie. Des donnes complmentaires sur des tendances mergentes, telles que la migration Nord-Sud, sont galement ncessaires pour mieux comprendre leurs consquences pour le dveloppement.

    Des migrants tchadiens retournent au pays au lendemain de la crise libyenne (Sud-Sud)

    Achta est ne Mossoro (Tchad) en 1975. A 15 ans, mre clibataire confronte une situation sociale et financire critique, elle a dcid de partir en Libye. Selon ses propres paroles : Comme beaucoup de Tchadiens, lpoque, jai dcid dmigrer en Libye la recherche dun emploi, de meilleures conditions de vie et de revenus pour prendre soin de ma famille, en particulier de ma petite fille. Jai d quitter mon pre et ma mre qui taient dans une situation dsespre .

    Arrive en Libye, Achta a dabord eu du mal trouver du travail : Apprendre larabe libyen et se familiariser avec la mentalit et le mode de vie des Libyens prend du temps , dit-elle. Mais Achta a rapidement commenc travailler en tant que marchande, vendant

    des vtements et dautres articles Benghazi et dans dautres villes de Libye.

    Pour Achta, ainsi que pour de nombreux autres migrants tchadiens, lide de retourner au Tchad ne lui a pas travers lesprit jusqu ce quclate la crise libyenne en fvrier 2011 : Nous navions jamais pens retourner un jour au Tchad. Nous tions heureux en Libye, et nous envoyions une grande partie de nos revenus nos familles et leur communaut dans nos villages au Tchad, explique-t-elle. Achta se trouvait Benghazi lorsque la crise a clat. Nous avons t rveills un matin par un bruit assourdissant en face de notre maison. Subitement, nous avons vu un groupe dhommes arms bord de plusieurs vhicules se diriger vers notre maison et chercher y mettre le feu. Ils nous ont chasss de la maison. Certains dentre eux ont mme t jusqu nous maltraiter et nous insulter, en nous disant de quitter le pays sinon ils allaient nous tuer. Ils prtendaient que nous, les Tchadiens, tions dardents partisans de Kadhafi, et que notre communaut tait pleine de mercenaires envoys par le Gouvernement tchadien pour aider Kadhafi .

    Avec un groupe important de migrants tchadiens essentiellement constitu de femmes et denfants Achta est partie pour Tripoli en suivant litinraire quelle avait emprunt lorsquelle tait marchande. A cause de linscurit, toutefois, le voyage, qui prenait normalement une journe, a dur une semaine. Nous avions trs peu de nourriture et deau, et tions trs inquiets de lavenir , se rappelle Achta.

    Voix de migrants

  • OIM 2007 MTH0202 (Photo : Thierry Falise)

    A ce moment-l, la majorit des migrants tchadiens en Libye taient persuads que la situation ne prendrait pas fin rapidement et que nous devions rentrer chez nous , dit-elle. Avec laide de lOIM, des Nations Unies et dorganisations humanitaires, Achta est arrive saine et sauve au Tchad, tout comme des milliers dautres rfugis. Elle essaie maintenant de dmarrer une affaire mais, sans travail pour linstant, elle a du mal subvenir aux besoins de ses cinq enfants.

    Achta fait partie des 800 000 migrants qui ont fui la Libye, et des plus de 200 000 Africains subsahariens qui sont rentrs chez eux en rponse aux troubles qui ont clat en Libye en fvrier 2011.

    Note : Adapt partir de lexpos prsent par Achta lors de lAtelier du Dialogue international sur la migration consacr au thme La protection des migrants en priodes de crise : Rponses et stratgies durables, (13 et 14 septembre 2012, Genve).

  • Bibliographie

  • 193ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Akay, A. et P. Martinsson 2011 Does relative income matter for the very poor? Evidence from rural

    Ethiopia. Economics Letters, 110(3):21315.

    Ambassade de la Rpublique de Core 2012 Korea Bulletin, janvier 2012. Disponible ladresse http://embassy_

    philippines.mofat.go.kr/english/as/embassy_philippines/mission/notice/index.jsp.

    American Airlines 2012 American Airlines Applies for Additional Brazil Frequencies. Disponible

    ladresse http://phx.corporate-ir.net/phoenix.zhtml?c=117098&p=irol-newsArticle&ID=1696602&highlight=.

    Amit, K. 2010 Determinants of life satisfaction among immigrants from western countries

    and from the FSU in Israel. Social Indicators Research, 96(3):51534.

    Assemble gnrale des Nations Unies 2012 Migrations internationales et dveloppement, Rapport du Secrtaire

    gnral, Soixante septime session, 31 juillet 2012, A/67/XXXX, Assemble gnrale des Nations Unies , New York.

    Associates for International Research, Inc. (AIRINC) 2011 2011 Mobility Outlook Questionnaire. Disponible ladresse www.air-inc.

    com.

    Aycan, Z. et J.W. Berry 1996 Impact of employment-related experiences on immigrants psychological

    well-being and adaptation to Canada. Canadian Journal of Behavioural Science, 28(3):24051.

    Ayers, R.L. 1998 Crime and Violence as Development Issues in Latin America and the

    Caribbean. Banque mondiale, Washington, DC.

    Badal, S. 2010 Entrepreneurship and Job Creation: Leveraging the Relationship. Gallup

    Press, Washington, DC.

  • 194Bibliographie

    Badal, S. et R. Srinivasan 2011 Mentor support key to starting business. Gallup World, 11 novembre

    2011. Disponible ladresse www.gallup.com/poll/150974/Mentor-Support-Key-Starting-Business.aspx.

    Bakewell, O. 2009 SouthSouth Migration and Human Development: Reflections on African

    Experiences. Human Development Research Paper 2009/07, PNUD, New York. Disponible ladresse http://hdr.undp.org/en/reports/global/hdr2009/papers/HDRP_2009_07.pdf.

    Balkr, C. et B. Krkulak 2009 Turkey, the new destination for international retirement migration.

    Dans : Migration and Mobility in Europe Trends, Patterns and Control (H. Fassmann et al., eds). Edward Elgar Publishing: Cheltenham, UK et Northampton, USA.

    Ball, R. et K. Chernova 2008 Absolute income, relative income, and happiness. Social Indicators

    Research, 88(3):497529.

    Banque africaine de dveloppement 2012 African Economic Outlook, Angola 2012. Disponible ladresse www.

    africaneconomicoutlook.org/fileadmin/uploads/aeo/PDF/Angola%20Full%20PDF%20Country%20Note.pdf.

    Banque mondiale n.d. How we classify countries. Banque mondiale (donnes en ligne). Disponible

    ladresse http://data.worldbank.org/about/country-classifications. 2010 Bilateral Remittance Estimates. Banque mondiale (donnes en ligne et

    recherche). http://econ.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/EXTDEC/EXTDECPROSPECTS/0,,contentMDK:22803131~pagePK:64165401~piPK:64165026~theSitePK:476883,00.html. (Les donnes de la Banque mondiale sur les rapatriements de fonds sont estimes laide dhypothses et darguments, comme lexpliquent Ratha et Shaw, 2007, SouthSouth Migration and Remittances). Disponible ladresse www.worldbank.org/prospects/migrationandremittances.

    2013 Migration and Development Brief 20 ; Migration and remittances Unit, Development Prospects Group, 19 avril.

    Bartram, D. 2010 International migration, open borders debates, and happiness.

    International Studies Review, 12(3):33961. 2011 Economic migration and happiness: comparing immigrants and natives

    happiness gains from income. Social Indicators Research, 103(1):5776.

  • 195ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    2012a Happiness and Economic Migration: A comparison of Eastern European Migrants and Stayers. Social Science Research Network (SSRN) E-library. Disponible ladresse http://ssrn.com/abstract=2225679.

    2012b Migration, return, and happiness in Romania. European Societies ( paratre).

    Bechetti, L. et al. 2008 Relational goods, sociability, and happiness. Kyklos, 61(3):343363.

    Bergheim, S. 2006 Measures of Wellbeing: There is more to it than GDP. Deutsche Bank

    Research Global Growth Centres. Disponible ladresse www.dbresearch.com/PROD/DBR_INTERNET_EN-PROD/PROD0000000000202587.PDF.

    Bernstein, N. et E. Dwoskin 2007 Brazilians giving up their American dream. New York Times, 4

    dcembre 2012. Disponible ladresse www.nytimes.com/2007/12/04/nyregion/04brazilians.html?pagewanted=all&_r=0.

    Berry, J.W. 1997 Immigration, acculturation, and adaptation. Applied Psychology, 46(1):534.

    Blanchflower, D.G. et A.J. Oswald 2004 Well-being over time in Britain and the USA. Journal of Public Economics,

    88(78):135986. 2005 Happiness and the human development index: the paradox of Australia.

    Australian Economic Review, 38(3):30718.

    Boarini, R. et al. 2006 Alternative Measures of Well-Being. OECD Social, Employment and

    Migration Working Papers, 33. Organisation de coopration et de dveloppement conomiques (OCDE), Paris.

    2012 What Makes for a Better Life? The Determinants of Subjective Well-being in OECD Countries Evidence from the Gallup World Poll. OECD Statistics Working Papers, 2012/03. Publication de lOCDE, Paris.

    Boehm, J.K. et S. Lyubomirsky 2008 Does happiness promote career success? Journal of Career Assessment,

    16(1):10116.

    Borraz, F. et al. 2007 And what about the family back home? International migration and

    happiness. Document prsent la Confrence du Bureau de llaboration des politiques publiques, Bangkok.

  • 196Bibliographie

    Boyce, C.J. et al. 2010 Money and happiness: rank of income, not income, affects life satisfaction.

    Psychological Science, 21(4):47175.

    BP 2010 BP in Angola Sustainability Report 2010. BP, Londres.

    Brazier, M. (ed.) 2012 Global Mobility Survey Report 2012: Exploring the Changing Nature of

    International Mobility. Rapport ralis par Circle Research la demande du Groupe de Santa Fe, Londres.

    Brlde, B. 2010 Happiness, morality, and politics. Journal of Happiness Studies, 11(5):56783.

    Bureau de limmigration (Philippines) 2011a Foreign Tourists Opting to Stay Longer in PHL BI, 23 aot 2011. Bureau

    de limmigration, Philippines, Manille. Disponible ladresse http://immigration.gov.ph/index.php?option=com_content&task=view&id=1080&Itemid=78.

    2011b Koreans topped the list of foreign students in RP. 18 mars 2011. Bureau de limmigration, Philippines, Manille, Disponible ladresse http://immigration.gov.ph/index.php?option=com_content&task=view&id=692&Itemid=78.

    2012 61,000 foreign students studying in RP. 9 fvrier 2012. Bureau de limmigration, Philippines, Manille. Disponible ladresse http://immigration.gov.ph/index.php?option=com_content&task=view&id=1420&Itemid=78.

    Bureau National de Statistique de Chine 2011 Communiqu du Bureau national de statistique de la Rpublique populaire

    de Chine sur les principaux chiffres du recensement de la population de 2010 (n 1). 28 avril 2011. Disponible ladresse www.stats.gov.cn/english/newsandcomingevents/t20110428_402722244.htm.

    2001 Communiqu on Major Figures of the 2000 Population Census (No. 1). 28 mars 2001. Disponible ladresse www.stats.gov.cn/was40/gjtjj_en_detail.jsp?searchword=population+census&channelid=9528&record=20.

    Cai, R., N. Esipova et M. Oppenheimer 2012 The effects of subjective well-being on international migration intention.

    Document de travail. Non publi.

    Cardenas, M. et al. 2009 Migration and life satisfaction: evidence from Latin America. Journal of

    Business Strategies, 26(1):926.

  • 197ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Carens, J.H. 1992 Migration and morality: a liberal egalitarian perspective. Dans : Free

    Movement: Ethical Issues in the Transnational Migration of People and of Money (B. Barry and R.E. Goodin, eds). Harvester Wheatsheaf, Londres, pp. 25-47.

    Cassarino, J. (ed.) 2008 Return Migrants to the Maghreb Countries: Reintegration and Development

    Challenges. Institut universitaire europen, Florence. Disponible ladresse http://cadmus.eui.eu/bitstream/handle/1814/9050/MIREM%20_General_Report_2008.pdf?sequence=1.

    Clark, A.E. et A.J. Oswald 1994 Unhappiness and unemployment. The Economic Journal, 104(424):648

    59. Clark, A.E. et al. Clark, A.E. et al. 2008 Relative income, happiness and utility: an explanation for the Easterlin

    paradox and other puzzles. Journal of Economic Literature, 46(1):95144.

    Clifton, J. et J. Marlar 2011 Good Jobs: The New Global Standard. Gallup, Inc., Washington, DC.

    CNN Money 2011 American workers seek jobs in Asia. CNN Money, 17 mai 2011. Disponible

    ladresse http://money.cnn.com/video/news/2011/05/17/n_americans_jobs_asia.cnnmoney/.

    Conceio, P. et R. Bandura 2008 Measuring Subjective Wellbeing: A Summary Review of the Literature.

    Programme des Nations Unies pour le dveloppement (PNUD), Development Studies Research Papers. PNUD, New York.

    Confrence des Nations Unies sur le commerce et le dveloppement (CNUCED) 2012 The Least Developed Countries Report 2012: Harnessing Remittances and

    Diaspora Knowledge to Build Productive Capacities. CNUCED, Genve.

    Crdova, R. 2012 Rutas y dinmicas migratorias entre los pases de Amrica Latina y

    el Caribe (ALC), y entre ALC y la Unin Europea [Migration routes and dynamics between the countries of Latin America and the Caribbean (LAC), and between LAC and the European Union]. Organisation internationale pour les migrations (OIM), Genve.

  • 198Bibliographie

    Correa, M. C. 2012 When Philippine TV got ROK-ed. ASEAN-Korea Centre blog, 2 avril 2012.

    Disponible ladresse http://blog.aseankorea.org/archives/11030. 2011 Hooked on Korea: Understanding Korean Pop Culture in the Philippines.

    Ateneo de Manila University.

    Cox, R. et T. Sinclair 1996 Approaches to World Order. Cambridge University Press.

    Csikszentmihalyi, M. 1997 Finding Flow: The Psychology of Everyday Life. Basic Books, New York.

    Cullen, L. T. 2007 The New Expatriates. TIME Magazine Business, 24 septembre

    2007. Disponible ladresse www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1670516,00.html.

    Deaton, A. 2008 Income, health, and well-being around the world: evidence from the

    Gallup World Poll. Journal of Economic Perspectives 22(2):5372.

    Deaton, A., J. Fortson et R. Tortora 2010 International Differences in Wellbeing. Oxford University Press, Oxford/

    New York.

    Dpartement des affaires conomiques et sociales des Nations Unies, Division de la population 2009 Tendances de la population internationale de migrants : Rvision 2008

    Profil de pays (Philippines Country profile) 1990-2010. (DAES), New York. Disponible ladresse http://esa.un.org/migration/.

    2011a Tendances de la population internationale de migrants: Migrants par ge et sexe, 2011. DAES, New York.

    2011b World Population Prospects, the 2010 Revision. File 19: Net number of migrants (both sexes combined) by major area, region and country, 19502100. Disponible ladresse http://esa.un.org/unpd/wpp/Excel-Data/migration.htm; http://esa.un.org/unpd/wpp/index.htm; http://unstats.un.org/unsd/methods/m49/m49.htm; http://unstats.un.org/unsd/methods/m49/m49regin.htm#ftnc (consult en mars 2013).

    2012a The United Nations Development Strategy Beyond 2015. Policy Note. Committee for Development Policy, DAES, New York.

    2012b Tendances de la population internationale de migrants : Migrants par destination et origine. Base de donnes des Nations Unies, POP/DB/MIG/Stock/Rev. 2012 ( paratre).

    2012c Population Facts No. 2012/3, juin 2012. Disponible ladresse www.un.org/esa/population/publications/popfacts/popfacts_2012-3_South-South_migration.pdf.

  • 199ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Dpartement du tourisme Philippines n.d. Statistiques des visiteurs : arrives par pays de rsidence. Disponible

    ladresse www.visitmyphilippines.com/index.php?title=VisitorStatistics&func=all&pid=39&tbl=1.

    De Prycker, v. 2010 Happiness on the political agenda? Pros and cons. Journal of Happiness

    Studies, 11(5):585603.

    Diener, E. et al. 1985 The satisfaction with life scale. Journal of Personality Assessment,

    49(1):71. 1999 Subjective well-being: three decades of progress. Psychological Bulletin,

    125(2):276-303. 2009a Well-Being for Public Policy. Oxford University Press, Oxford. 2009b A primer for reporter and newcomers. Disponible ladresse http://

    internal.psychology.illinois.edu/~ediener/faq.html#SWB.

    Division de Statistique de lOrganisation des Nations Unies 2008 World Population Prospects: The 2008 Revision. Division de Statistique de

    lOrganisation des Nations Unies, DAES, New York. 2011 World Statistics Pocketbook. Donnes disponibles en ligne ladresse

    http://data.un.org/CountryProfile.aspx?crName=BRAZIL (consult en mars 2013).

    Dixon, D. et al. 2006 Americas Emigrants: US Retirement Migration to Mexico and Panama.

    Migration Policy Institute (MPI), Washington, DC. Disponible ladresse www.migrationinformation.org/feature/display.cfm?ID=416.

    Dolan, P. et al. 2008 Do we really know what makes us happy? A review of the economic

    literature on the factors associated with subjective well-being. Journal of Economic Psychology, 29(1):94122.

    2011 Measuring Subjective Well-being for Public Policy. Office for National Statistics, Londres.

    Dreby, J. 2010 Divided By Borders: Mexican Migrants and their Children. University of

    California Press, Berkeley.

    Dumont, J-C. et al. 2010 International Migrants in Developed, Merging and Developing

    Countries: an Extended Profile. Documents de travail de lOCDE sur les affaires sociales, lemploi et les migrations, n 114. Organisation pour la coopration et le dveloppement (OCDE), Paris www.oecd.org/migration/internationalmigrationpoliciesanddata/46535333.pdf.

  • 200Bibliographie

    Duncan, G. 2010 Should happiness-maximization be the goal of government? Journal of

    Happiness Studies, 11(2):16378.

    Easterlin, R.A. 1974 Does economic growth improve the human lot? Dans : Nations and

    Households in Economic Growth: Essays in Honor of Moses Abramowitz (P.A. David et M.W. Reder, eds). Academic Press, New York, pp. 89-125.

    1995 Will raising the incomes of all increase the happiness of all? Journal of Economic Behavior and Organization, 27:3547.

    2001 Income and Happiness: Towards a Unified Theory. The Economic Journal, 111(473): 46584.

    2003 Explaining happiness. Proceedings of the National Academy of Sciences, 100(19):1117683.

    Easterlin, R.A. et al. 2010 The happiness-income paradox revisited. Proceedings of the National

    Academy of Sciences, 107(52):2246368. Eichhorn, J. 2011 Happiness for believers? Contextualizing the effects of religiosity on life

    satisfaction. European Sociological Review ( paratre).

    Ellerman, D. 2005 Labour migration: a development path or low-level trap? Development in

    Practice, Vol. 15, 5 (2005):617630.

    Entorf, H. et H. Spengler 2000 Criminality, social cohesion, and economic performance. Wuerzburg

    Economic Papers, n 00-22.

    Esipova, N. et al. 2011 The European migrant experience. Document prsent par le Groupe de

    travail sur les migrations de lOCDE. 9-10 juin 2011. Disponible ladresse www.gallup.com/strategicconsulting/158144/european-migrant-experience-gallup-working-paper-presented-oecd.aspx.

    Eurostat 2010 Demography Report 2010: Older, more numerous and diverse Europeans.

    Disponible ladresse http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_OFFPUB/KE-ET-10-001/EN/KE-ET-10-001-EN.PDF.

    Firebaugh, G. et M.B. Schroeder 2009 Does your neighbors income affect your happiness? American Journal of

    Sociology, 115(3): 80531.

  • 201ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Fix, M. et al. 2009 Migration and the Global Recession: A Report Commissioned by the BBC

    World Service. Migration Policy Institute, Washington, DC.

    Fonds montaire international (FMI) 2012 World Economic Outlook. Disponible ladresse www.imf.org/external/

    pubs/ft/weo/faq.htm#q4b.

    Forum mondial sur la migration et le dveloppement (FMMD) 2012 Addressing SouthSouth Migration and Development Policies. Document

    de travail labor par lOrganisation internationale pour les migrations (OIM) et lObservatoire ACP pour la table ronde 2.2 du FMMD. Disponible ladresse www.gfmd.org/documents/mauritius/gfmd12_mauritius12_rt_2-2-background_paper_en.pdf.

    Frank, R.H. 1999 Luxury Fever: Money and Happiness in an Era of Excess. Princeton

    University Press, Princeton.

    Frey, B. et A. Stutzer 2002 Happiness and Economics: How the Economy and Institutions Affect

    Human Well-being. Princeton University Press, Princeton.

    Gagnon, J. et D. Khoudour-Castras (eds) 2011 Immigrant integration in the South. Dans : Tackling the Policy Challenges

    of Migration Regulation, Integration, Development. Publications de lOCDE, Paris.

    Gallup 2012 Worldwide Research Methodology and Codebook 2012. Gallup,

    Washington, DC.

    Gartaula, H. et al. 2012 Socio-cultural dispositions and wellbeing of the women left behind: a case

    of migrant households in Nepal. Social Indicators Research, paratre.

    Garutti, C. et al. 2009 Brazil and China: Immigration and Visas. EMDOC, So Paulo, Brsil.

    Gilbert, D. 2006 Stumbling on Happiness. HarperCollins, New York.

    Goodin, R.E. 1998 Permissible paternalism: in defense of the nanny state. Dans: The Essential

    Communitarian Reader (A. Etzioni, ed.). Rowman & Littlefield, Lanham, pp. 115 23.

  • 202Bibliographie

    Gough, I. et J. A. McGregor (eds) 2007 Wellbeing in Developing Countries: From Theory to Research. Cambridge

    University Press, Cambridge.

    Gouvernement royal du Bhoutan 2012 The Report of the High-Level Meeting on Wellbeing and Happiness:

    Defining a New Economic Paradigm. Thimphu : Cabinet du Premier Ministre, Mission permanente du Royaume du Bhoutan auprs des Nations Unies, New York.

    Graham, C. 2005 Insights on development from the economics of happiness. The World

    Bank Research Observer, 20(2):20131. 2008 Happiness and health: lessons and questions for public policy. Health

    Affairs, 27(1):7287. 2009 Happiness Around the World: The Paradox of Happy Peasants and

    Miserable Millionaires. Oxford University Press, Oxford. 2011 The Pursuit of Happiness: Toward an Economy of Well-Being. Brookings

    Institution Press, Washington, DC.

    Graham, C. et J. Markowitz 2011 Aspirations and happiness of potential Latin American immigrants.

    Journal of Social Research and Policy, 2(2):925.

    Gravelle, T. et al. 2010 What makes 700 million adults want to migrate. Gallup, Washington, DC.

    Groupe mondial sur la migration (GMG) 2010 Mainstreaming Migration into Development Planning: A Handbook for

    Policy-makers and Practitioners. Organisation internationale pour les migrations (OIM), Genve.

    Haller, M. et M. Hadler 2004 Happiness as an Expression of Freedom and Self-determination. Dans :

    Challenges for Quality of Life in the Contemporary World (W. Glatzer, S. Von Below and M. Stoffregen (eds), Kluwer, Londres, pp. 207232.

    Handlin, O. 1973 The Uprooted. Little Brown & Company, New York.

    Haut-Commissariat des Nations Unies pour les rfugis (HCR) n.d UNHCR Statistical Online Population Database. Disponible ladresse

    www.unhcr.org/statistics/populationdatabase (donnes extraites en janvier 2013).

    2013 Global Trends 2013. HCR, Genve.

  • 203ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Haybron, D.M. 2008 The Pursuit of Unhappiness: The Elusive Psychology of Well-Being. Oxford

    University Press, Oxford.

    Helliwell, J. et al. (eds) 2012 World Happiness Report. Institut de la Terre, Universit de

    Columbia.

    Horst, C., J. Carling et R. Ezzati 2010 Immigration to Norway from Bangladesh, Brazil, Egypt, India, Morocco

    and Ukraine. Institut de recherche sur la paix dOslo. Disponible ladresse http://file.prio.no/Publication_files/Prio/Immigration%20to%20Norway,%20PRIO%20Policy%20Brief%202010.pdf.

    Hugo, G. 2005 Migration in the Asia-Pacific Region. Document rdig pour le Programme

    danalyse et de recherche sur les politiques de la Commission mondiale sur les migrations internationales. Disponible ladresse www.iom.int/jahia/webdav/site/myjahiasite/shared/shared/mainsite/policy_and_research/gcim/rs/RS2.pdf.

    Huff-Hannon, J. 2009 Hard days for a buff and shine man, New York Times, 6 fvrier 2009.

    Disponible ladresse www.nytimes.com/2009/02/08/nyregion/thecity/08braz.html.

    Huppert, F.A., N. Baylis et B. Keverne (eds) 2006 The Science of Well-being. Oxford University Press, Oxford, pp. 285304.

    Inglehart, R. 1997 Modernization and Postmodernization. Cultural, Political and Economic

    Change in 43 Societies. Princeton University Press, Princeton.

    Instituto Brasileiro de Geografia e Estatstica (IBGE) 2012a Migraco. Dans : Censo Demogrfico 2010: Resultados gerais da amostra.

    IBGE, Rio de Janeiro. Disponible ladresse ftp://ftp.ibge.gov.br/Censos/Censo_Demografico_2010/Resultados_Gerais_da_Amostra/re sultados_gerais_amostra.pdf.

    2012b 2010 Census: Schooling and income increase and infant mortality falls. Disponible ladresse http://censo2010.ibge.gov.br/en/noticias censo?view=noticia&id=1&idnoticia=2125.

    2012c Main Highlights in the evolution of the Labour Market 20032011 [Principais destaques da evoluo do mercado de trabalho 20032011]. IBGE, Rio de Janeiro. Disponible ladresse www.ibge.gov.br/english/estatistica/indicadores/trabalhoerendimento/pme_nova/ defaultestudos.shtm.

  • 204Bibliographie

    Instituto Nacional de Estadstica (INE) (Espagne) 2012 Donnes tires de la base de donnes de lInstituto Nacional de Estadstica

    (INE), Espagne. Disponible ladresse www.ine.es/ (base de donnes consulte en novembre 2012).

    Instituto Nacional de Estadstica (INE) (Portugal) 2012 Donnes tires de la base de donnes de lInstituto Nacional

    de Estadstica (INE). Disponible ladresse www.ine.pt/xportal/xmain?xlang=pt&xpgid=ine_main&xpid=INE (base de donnes consulte en octobre 2012).

    Ip, M. 2012 Here, there, and back again: A New Zealand case study of Chinese circulatory

    transmigration. Migration Information Source, Migration Policy Institute, Washington, DC. Disponible ladresse www.migrationinformation.org/Feature/display.cfm?id=878.

    Jasinskaja-Lahti, I. et al. 2006 Perceived discrimination, social support networks, and psychological

    well-being among three immigrant groups. Journal of Cross-Cultural Psychology, 37(3):293311.

    Kahneman, D. et J. Riis 2005 Living, and thinking about it: two perspectives on life. In: The science of

    well-being. (F.A. Huppert, N. Baylis et B. Keverne (eds). Oxford University Press, Oxford, pp. 285304.

    Kahneman, D. et al. 2004 A survey method for characterizing daily life experience: The day

    reconstruction method. Science, 306(5702):177680.

    Kenny, C. 2005 Does development make you happy? Subjective wellbeing and economic

    growth in developing countries. Social Indicators Research, 73(2):199219. 2011 Getting Better: Why Global Development Is Succeeding, and How We Can

    Improve the World Even More. Basic Books, New York.

    Knight, J. et R. Gunatilaka 2010 Great expectations? The subjective well-being of rural-urban migrants in

    China. World Development, 38(1):11324.

    Lee, H. 2012 From the Ambassadors desk. Korea Bulletin, Avril 2012, No. 46. Disponible

    ladresse http://embassy_philippines.mofat.go.kr/english/as/embassy_philippines/mission/notice/index.jsp.

  • 205ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Legarda, L. 2011 Discours du Snateur Loren Legarda. Deuxime Forum du Partenariat

    Philippines Core, Hotel Intercontinental, Makati City, 5 dcembre 2011. Disponible ladresse www.lorenlegarda.com.ph/speeches_065_2nd_philippines_korea_partnership_forum.php.

    Lemaitre, G. 2005 The Comparability of International Migration Statistics:

    Problems and Prospects, Statistics Brief, juillet 2005, n 9. OCDE, Paris. Disponible ladresse www.oecd.org/migration/internationalmigrationpoliciesanddata/36064929.pdf.

    Lima, D. et al. 2009 The conflictive relationship between satisfaction and income. Dans :

    Paradox and Perception: Measuring Quality of Life in Latin America (C. Graham et E. Lora, eds). Brookings Institution Press, Washington, DC, pp. 5795.

    Lora, E. et J.C. Chaparro 2009 The Foreign National in Brazil: Legislation and Comments. Fourth Edition.

    EMDOC, So Paulo. Disponible ladresse www.brasilglobalnet.gov.br/ARQUIVOS/Publicacoes/Manuais/PUBEstrangeiroNoBrasilI.pdf.

    Lucas, R.E. et al. 2003 Reexamining adaptation and the set point model of happiness: reactions

    to changes in marital status. Journal of Personality and Social Psychology, 84(3):52739.

    2004 Unemployment alters the set point for life satisfaction. Psychological Science, 15(1):813.

    Lykken, D. and A. Tellegen 1996 Happiness is a stochastic phenomenon. Psychological Science, 7(3):18689.

    Malheiros, J. 2010 Portugal 2010: O regresso do pas de emigrao? Notas e reflexes.

    JANUS.NET e journal of International Relations, Vol. 2, No 1, printemps 2011. Disponible ladresse http://observare.ual.pt/janus.net/images/stories/PDF/vol2_n1/pt/pt_vol2_n1_not3.pdf.

    Martiz, J. 2012 Talent grab: How top companies are managing Africas skills shortage.

    How We Made it in Africa. 5 mars 2012. Disponible ladresse www.howwemadeitinafrica.com/talent-grab-how-top-companies-are-managing-africas-skills-shortage/15372/.

  • 206Bibliographie

    McGillivray, M. 2007 Human well-being: issues, concepts and measures. Dans : Well-being

    Concept et Measurement (M. McGillivray, ed.). Palgrave Macmillan, New York. Disponible ladresse www.palgrave.com/pdfs/0230004989.pdf.

    Meinardus, R. 2005 The Korean Wave in the Philippines. The Korea Times, 15 dcembre

    2005. Disponible ladresse www.fnf.org.ph/liberalopinion/korean-wave-in-the-philippines.htm.

    Melzer, S.M. 2011 Does migration make you happy? The influence of migration on subjective

    well-being. Journal of Social Research and Policy, 2(2):7392.

    Ministre du travail et de lemploi du Brsil (MTE) 2012 Base Estatstica Geral Detalhamento das autorizaes concedidas em

    2012. Disponible ladresse http://portal.mte.gov.br/geral/estatisticas.htm (consult en mars 2013).

    Miralao, v. 2007 Understanding the Korean diaspora in the Philippines. Dans : Exploring

    Transnational Communities in the Philippines (V. Miralao and L. Makil, eds). Philippine Migration Research Network and Philippine Social Science Council, Quezon City. Disponible ladresse http://unesdoc.unesco.org/images/0015/001530/153053e.pdf.

    Miralao, v. et L. Makil (eds), 2007 Exploring Transnational Communities in the Philippines.

    Philippine Migration Research Network and Philippine Social Science Council, Quezon City. Disponible ladresse http://unesdoc.unesco.org/images/0015/001530/153053e.pdf.

    Moreira, H. 2006 Portuguese emigration (Retrospective statistics and thematic reflections).

    Instituto Nacional de Estadstica (INE), p. 47. Disponible ladresse www.ine.pt/xportal/xmain?xpid=INE&xpgid=ine_estudos&ESTUDOSest_boui=56468797&ESTUDOSmodo=2.

    Murray, K., G. Davidson et R. Schweitzer 2008 Psychological Wellbeing of Refugees Resettling in Australia: A Literature

    Review Prepared for The Australian Psychological Society. Disponible ladresse www.psychology.org.au/assets/files/refugee-lit-review.pdf.

  • 207ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Nations Unies 2012 Raliser lavenir que nous voulons pour tous. Rapport au Secrtaire gnral.

    Equipe spciale du systme des Nations Unies charge du programme de dveloppement pour laprs-2015. Nations Unies, New York. Disponible ladresse www.un.org/millenniumgoals/pdf/Post_2015_UNTTreport.pdf.

    Neto, F. 1995 Predictors of satisfaction with life among second generation migrants.

    Social Indicators Research, 35(1):93116.

    Observatoire de lmigration (Observatrio da Emigrao) n.d. Pases de destino da emigrao portuguesa: Angola. Disponible

    ladresse www.observatorioemigracao.secomunidades.pt/np4/home.html (consult en mars 2013).

    Oishi, S. 2010 Culture and well-being: conceptual and methodological issues. Dans :

    International Differences in Well-Being (E. Diener et al., eds). Oxford University Press, Oxford, pp. 3469.

    Ono, M. 2008 Long-stay tourism and international retirement migration: Japanese

    retirees in Malaysia. Transnational Migration in East Asia: Senri Ethnological Reports, 77:151162.

    OReilly, K. and M. Benson (eds) 2009 Lifestyle migration: Escaping to the good life? Dans : Lifestyle migration:

    Expectations, Aspirations and Experiences. Farnham, Ashgate, chapitre 1.

    Organisation de coopration et de dveloppement conomiques (OCDE) 2007 Jobs for Immigrants (Vol. 1): Labour Market Integration in

    Australia, Denmark, Germany and Sweden. Publications de lOCDE, Paris. Disponible ladresse www.oecd.org/els/mig/jobsforimmigrantsvol1labourmarketintegrationinaustraliadenmark germanyandsweden.htm.

    2010a Perspectives on Global Development 2010: Shifting Wealth. Centre de dveloppement de lOCDE, Paris.

    2010b Regards sur lducation 2010. Les indicateurs de lOCDE. Disponible ladresse http://browse.oecdbookshop.org/oecd/pdfs/free/9610071e.pdf.

    2010c Entrepreneurship and Migrants, Rapport du Groupe de travail sur les PME de lOCDE, Publications de lOCDE, Paris.

    2011 Hows Life?: Measuring Well-being. Publications de lOCDE, Paris. 2012a International Migration Outlook 2012. Publications de lOCDE, Paris.

    Disponible ladresse http://dx.doi.org/10.1787/migr_outlook-2012-en. 2012b Quatrime Forum mondial sur les statistiques, le savoir et les politiques

    Mesurer le bien-tre pour les politiques de dveloppement, 1619 octobre 2012. New Delhi, Inde.

  • 208Bibliographie

    Organisation des Nations Unies pour lducation, la science et la culture (UNESCO) n.d. Donnes provenant du Centre de donnes de lInstitut de Statistique de

    lUNESCO (UIS) Disponible ladresse http://stats.uis.unesco.org/unesco/TableViewer/document.aspx?ReportId=136&IF_Language=eng&BR_Topic=0 (consult en mars 2013).

    2009 Global Education Digest (GED) 2009: Comparing Education Statistics Across the World. Institut de Statistique de lUNESCO (UIS), Montral.

    2011 Global Education Digest (GED) 2011. Comparing Education Statistics Across the World. Institut de Statistique de lUNESCO (UIS), Montral. Disponible ladresse www.uis.unesco.org/library/pages/default.aspx?docID=530.

    2012 New Patterns in Student Mobility in the Southern Africa Development Community. Institut de Statistique de lUNESCO (UIS), Information Bulletin No. 7, fvrier 2012. Disponible ladresse www.uis.unesco.org/FactSheets/Documents/ib7-student-mobility-2012-en.pdf.

    Organisation internationale pour les migrations (OIM) 1999 Migration and Development. International Migration, Quarterly review,

    Vol. 37 No. 1, Special Issue. Blackwell Publishing Ltd, Oxford/Malden, MA. 2010a Migration, Employment and Labour Market Integration Policies in the

    European Union Part 1: Migration and the Labour Markets in the European Union (20002009). OIM, Bruxelles.

    2010b Migration profile of Brazil 2009. OIM, Genve. 2012 Espoirs anantis : Sous-emploi et dqualification parmi les femmes

    migrantes qualifies. OIM, Genve. Disponible ladresse http://publications.iom.int/bookstore/index.php?main_page=product_info&cPath=41_7&products_id=892.

    Organisation internationale pour les migrations (OIM) et Dpartement des affaires conomiques et sociales des Nations Unies (DAES) 2012 Migration and Human Mobility: Thematic Think Piece. Equipe spciale

    des Nations Unies charge du programme de dveloppement pour laprs-2015. Disponible ladresse www.un.org/en/development/desa/policy/untaskteam_undf/them_tp.shtml.

    Organisation internationale pour les migrations (OIM) et Migration Policy Institute (MPI) 2009 Perfil Migratrio do Brasil. OIM, Genve. http://publications.

    i o m . i n t / b o o k s t o r e / i n d e x . p h p ? m a i n _ p a g e = p r o d u c t _info&cPath=41_42&products_id=632.

    2012 Comment associer les diasporas au dveloppement : Manuel lusage des dcideurs et praticiens dans les pays dorigine et daccueil, OIM, Genve/MPI, Washington, DC. Disponible ladresse http://publications.iom.int/bookstore/index.php?main_page=product_info&products_id=787.

  • 209ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Papadopoulos, G. 2012 The relationship between immigration status and victimization: evidence

    from the British Crime Survey. Document prsent aux runions parallles de lEuropean Economic Association et de lEconometric Society, 27 aot 2012.

    Park, A. et al. 2010 Shock and recovery in Chinas labour market: Flexibility in the face of a

    global financial crisis. CEA Conference on Global Economic Recovery: the Role of China and Other Emerging Economies, Universit dOxford, 12-13 juillet 2010.

    Passel, J., D. Cohn et A. Gonzalez-Barrera. 2012 Net Migration from Mexico Falls to Zero and Perhaps Less. Pew Research

    Hispanic Center, Washington, DC.

    Pew Research Center 2007 Global Opinion Trends 20022007. The Pew Global Attitudes Project.

    Disponible ladresse www.pewglobal.org/2007/07/24/chapter-1-global-publics-view-their-lives-2/.

    Pieke, F. 2012 Immigrant China. Modern China, 38(1):4077.

    Pinto de Oliveira, L.A. et A. T. Ribeiro de Oliveira 2011 Estudos e anlises: Informao demogrfica e socioeconmica, numero

    1 - Reflexes sobre os deslocamentos populacionais no Brasil. Ministre de la planification, du budget et de la gestion, Instituto Brasileiro de Geografia e Estatstica (IBGE), Rio de Janeiro.

    Porter, M. et N. Haslam 2005 Predisplacement and postdisplacement factors associated with

    mental health of refugees and internally displaced persons: a meta-analysis. Journal of the American Medical Association, 294(5):602612. Disponible ladresse http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=201335#REF-JRV50016-4.

    Prilleltenskzy, I. 2008 Migrant well-being is a multilevel, dynamic, value dependent phenomenon.

    American Journal of Community Psychology, 42(3-4): 359-364. Disponible ladresse www.springerlink.com/content/v611611865362x3l/.

  • 210Bibliographie

    Programme des Nations Unies pour le dveloppement (PNUD) n.d. Indice du dveloppement humain (IDH). Disponible ladresse http://hdr.

    undp.org/en/statistics/hdi/. 2009 Overcoming Barriers: Human Mobility and Development (Human

    Development Report 2009). PNUD/Palgrave, New York.

    Pugliese, A. et J. Ray 2011 Three Percent Worldwide Get International Remittances. Gallup World,

    6 mai 2011. Washington DC. Disponible ladresse www.gallup.com/poll/147446/Three-Percent-Worldwide-International-Remittances.aspx.

    Ratha, D. et W. Shaw. 2007 SouthSouth Migration and Remittances. Document de travail

    de la Banque mondiale, n 102. Banque mondiale, Washington, DC. Disponible ladresse http://siteresources.worldbank.o r g / I N T P R O S P E C T S / R e s o u r c e s / 3 3 4 9 3 4 - 1 1 1 0 3 1 5 0 1 5 1 6 5 /SouthSouthMigrationandRemittances.pdf.

    Rath, T. et Harter, J. 2010 Wellbeing: The Five Essential Elements. Gallup Press, New York.

    Reuveny, R. et W. Thompson 2007 The NorthSouth divide and international studies: A symposium.

    International Studies Review, 9 (2007):556564.

    Rios-Neto, E. 2005 Managing Migration: The Brazilian Case. Discussion Paper No. 249. Disponible

    ladresse www.cedeplar.ufmg.br/pesquisas/td/TD%20249.pdf.

    Rumbaut, R.G. 1997 Assimilation and its discontents: between rhetoric and reality.

    International Migration Review, 31(4):92360.

    Safi, M. 2010 Immigrants life satisfaction in Europe: between assimilation and

    discrimination. European Sociological Review, 26(2):15971.

    Santos, R. et M. Tomeldan 2006 Etude de cas base sur trois les tributaires du tourisme aux Philippines :

    Les cas de Boracay Island, Aklan ; Puerto Galera, Oriental Mindoro ; & Coron, Palawan aux Philippines. MUHON: A Journal of Architecture, Landscape Architecture and the Designed Environment, n 3. Disponible ladresse http://journals.upd.edu.ph/mwg internal/de5fs23hu73ds/progress?id=+c1m1sPrKN.

  • 211ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Schimmel, J. 2009 Development as happiness: the subjective perception of happiness

    and UNDPs analysis of poverty, wealth and development. Journal of Happiness Studies, 10(1):93111.

    Schnittker, J. 2008 Happiness and success: genes, families, and the psychological effects of

    socioeconomic position and social support. American Journal of Sociology, 114:S233S59.

    Scitovksy, T. 1992 The Joyless Economy: The Psychology of Human Satisfaction. Oxford

    University Press, Oxford.

    Self, A., J. Thomas et C. Randall. 2012 Measuring National Well-being: Life in the UK, 2012. Office

    national de statistique. Disponible ladresse www.ons.gov.uk/ons/dcp171766_287415.pdf.

    Seligson, H. 2009 American graduates finding jobs in China. New York Times, 10 aot

    2009. Disponible ladresse www.nytimes.com/2009/08/11/business/economy/11expats.html?pagewanted=all.

    Sen, A. 1992 Inequality Reexamined. Oxford University Press, Oxford. 1999 Development as Freedom. Knopf, New York. Sheldon, K.M. et S. Lyubomirsky 2006 Achieving sustainable gains in happiness: change your actions, not your

    circumstances. Journal of Happiness Studies, 7(1):5586.

    Simons, A. et al. 1987 Psychology: The Search for Understanding. West Publishing Company,

    New York.

    Skeldon, R. 2011 China: an emerging destination for economic migration. Migration

    Information Source, Migration Policy Institute. Disponible ladresse www.migrationinformation.org/Profiles/display.cfm?ID=838.

    Stark, O. 1991 The Migration of Labor. Basil Blackwell, Oxford.

  • 212Bibliographie

    Stevenson, B. et J. Wolfers 2008 Economic Growth and Subjective Well-being: Reassessing the Easterlin

    Paradox. IZA Discussion Paper 3654. Institut Zukunft der Arbeit (IZA), Bonn.

    Stiglitz, J., A. Sen et J-P Fitoussi 2009 Commission pour la mesure des performances conomiques et du progrs

    social. Disponible ladresse www.stiglitz-sen-fitoussi.fr. 2010 Mismeasuring our Lives: Why GDP Doesnt Add Up. New Press, New York/

    Londres.

    Stutzer, A. 2003 The role of income aspirations in individual happiness. Journal of Economic

    Behavior & Organization, 54(1):89109.

    Sullivan, B. 2011 Move to China for a job? Unemployed cope by leaving US. The Red Tape

    Chronicles on NBCNEWS.com. 11 octobre 2011. Disponible ladresse http://redtape.msnbc.msn.com/_news/2011/10/10/8257389-move-to-china-for-a-job-unemployed-cope-by-leaving-us.

    Sullivan, O. 1996 The enjoyment of activities: do couples affect each others well-being?

    Social Indicators Research, 38(1):81102.

    Sussman, N. 2010 Return Migration and Identity: A Global Phenomenon, a Hong Kong Case.

    Hong Kong University Press, Hong Kong.

    Thrien, J-P 1999 Beyond the NorthSouth divide: the two tales of world poverty. Third

    Word Quarterly, Vol. 20, No. 4 (1999):723742.

    Thompson, S. et al. 2007 The European (Un)Happy Planet Index: An Index of Carbon Efficiency and

    Well-being in the EU. New Economics Foundation, Londres.

    Toyota, M. 2007 Migration of the elderly: emerging patterns in Asia. Prsent le 1er

    octobre 2007 au sminaire de la srie Migration et Dveloppement sur le vieillissement de la population mondiale et la scurit sociale, Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche, Nations Unies, New York.

  • 213ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    US Department of State 2012 Global Trafficking in Persons Report. US Department of State, Washington,

    DC. Disponible ladresse www.state.gov/j/tip/rls/tiprpt/2012/.

    United States Diplomatic Mission to Brazil 2012 Embassy and Consulates announce February 2012 consular statistics.

    United States Diplomatic Mission to Brazil, 9 mars 2012. Disponible ladresse http://brazil.usembassy.gov/visas/whats-new/embassy-and-consulates-announce-february-2012-consular-statistics.html.

    veenhoven, R. 1984 Conditions of Happiness. D. Reidel Publishing Company, Dordrecht. 1991 Is happiness relative? Social Indicators Research, 24(1):134. 1993 Happiness in Nations: Subjective Appreciation of Life in 56 Nations,

    1946-1992. Universit Erasmus, Rotterdam.

    veenhoven, R. et J. Ehrhardt 1995 The cross-national pattern of happiness: test of predictions implied in

    three theories of happiness. Social Indicators Research, 34(1):3368.

    veronese, G. et al. 2012 My happiness is the refugee camp, my future Palestine: optimism, life

    satisfaction and perceived happiness in a group of Palestinian children. Scandinavian Journal of Caring Sciences ( paratre).

    volontaires des Nations Unies 2011 State of the Worlds Volunteerism Report 2011: Universal Values for Well-

    being. Volontaires des Nations Unies (VNU), Bonn. Disponible ladresse www.unv.org/fileadmin/docdb/pdf/2011/SWVR/English/SWVR2011_full.pdf.

    Wadhwa, v. et al. 2011 The Grass Is Indeed Greener in India and China for Returnee Entrepreneurs:

    Americas New Immigrant Entrepreneurs, Part VI. Kauffman Foundation of Entrepreneurship, Kansas City. Disponible ladresse www.kauffman.org/uploadedfiles/grass-is-greener-for-returnee-entrepreneurs.pdf.

    2009 Americas Loss Is the Worlds Gain: Americas New Immigrant Entrepreneurs, Part IV. Kauffman Foundation of Entrepreneurship, Kansas City. Disponible ladresse http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1348616.

  • 214Bibliographie

    Wang, N. et al. 2012 Can well-being be measured using Facebook status updates? Validation

    of Facebooks Gross National Happiness Index. Social Indicators Research ( paratre).

    Wright, K. 2011 Constructing Migrant Wellbeing: An Exploration of Life Satisfaction

    Amongst Peruvian Migrants in London. Journal of Ethnic and Migration Studies 37(9):14591475. Disponible ladresse www.tandfonline.com/doi/pdf/10.1080/1369183X.2011.623621.

    Yap, D.J. 2011 Filipinos attracted to Korean culture, K-pop, Koreanovelas. Philippine

    Daily Inquirer, 12 dcembre 2011. Disponible ladresse http://newsinfo.inquirer.net/109439/filipinos-attracted-to-korean-culture-k-pop-koreanovelas.

  • Termes et notions cls

  • 217ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Axes migratoires Voies migratoires prcises identifies pour examiner les schmas de migration mondiaux comprenant, dans le prsent Rapport, quatre scnarios de migration : Nord-Sud ; Sud-Nord ; Sud-Sud ; et Nord-Nord. Cette catgorisation, en dlaissant laccent traditionnellement mis sur les mouvements Sud-Nord et, dans une moindre mesure, Sud-Sud, permet danalyser plus en dtail la migration dans le monde. Voir aussi Nord, Sud, Pays revenu lev et Pays faible revenu et revenu moyen.

    Bien-tre Bien quil nexiste pas de conceptualisation unique et universellement admise du bien tre, ce terme dsigne au sens large la qualit de vie dun individu. Le prsent Rapport reprend la dfinition de Gallup, dont les donnes sous tendent les rsultats des travaux de recherche initiaux sur lesquels il repose. Selon Gallup, les principaux facteurs qui contribuent au bien-tre subjectif global dune personne sont la satisfaction professionnelle, la qualit des liens sociaux, la situation conomique personnelle, la sant et la communaut.

    Bien-tre communautaire Lune des six dimensions du bien-tre recenses par Gallup. Le bien-tre communautaire dsigne la qualit des relations dune personne avec la communaut dans laquelle elle vit. Gallup mesure le bien-tre communautaire en apprciant, entre autres, la faon dont les gens peroivent leur scurit personnelle, leur confiance dans les institutions nationales, leur point de vue sur le degr de corruption dans les milieux daffaires et dirigeants, et leur degr dattachement la communaut.

    Bien-tre valuatif Lun des deux aspects du bien-tre subjectif qui fait partie des six dimensions du bien-tre recenses par Gallup. Le bien-tre valuatif dsigne la faon dont des individus se rappellent et apprcient leurs expriences passes. Gallup value le bien-tre valuatif en demandant aux personnes interroges dvaluer globalement leur vie et destimer quoi elle pourrait ressembler dans cinq ans.

    Bien-tre exprientiel Lun des deux aspects du bien-tre subjectif, qui fait partie des six dimensions du bien-tre recenses par Gallup. Le bien-tre exprientiel concerne les tats affectifs momentans et le ressenti face des expriences en temps rel. Gallup value le bien-tre exprientiel en interrogeant les personnes sur un certain nombre de sentiments positifs et ngatifs quelles peuvent avoir eus pendant la journe.

  • 218Termes et notions cls

    Bien-tre financier Lune des six dimensions du bien-tre recenses par Gallup. Le bien-tre financier dsigne le bien-tre sous langle des moyens financiers dune personne et de sa satisfaction quant son niveau de vie. Gallup value la situation conomique des individus et celle de la communaut dans laquelle ils vivent en posant une srie de questions relatives au revenu et la possibilit den vivre.

    Bien-tre physiqueLune des six dimensions du bien-tre recenses par Gallup. Le bien-tre physique dsigne le bien-tre sous langle de la sant physique et mentale. On considre aussi que le bien-tre physique est dtermin par laccs des individus des soins de sant de qualit et par la probabilit quils bnficient dune assurance mdicale.

    Bien-tre professionnelLune des six dimensions du bien-tre recenses par Gallup. Le bien-tre professionnel sentend du bien-tre sous langle de la carrire et du travail. Pour apprcier le bien-tre professionnel, Gallup analyse, entre autres, loccupation exerce par une personne, son avis sur sa situation au regard de lemploi, ainsi que la faon dont elle envisage lentrepreneuriat et les ventuels obstacles la cration dentreprise.

    Bien-tre socialLune des six dimensions du bien-tre recenses par Gallup. Le bien-tre social dsigne le bien-tre sous langle des relations personnelles et des rseaux sociaux. Gallup value le bien-tre social par des questions sur les structures de soutien social des migrants et sur les occasions de se faire des amis dans la ville ou la rgion o ils vivent.

    Bien-tre subjectif Lune des six dimensions du bien-tre recenses par Gallup. Le bien-tre subjectif se dcompose en bien-tre exprientiel (concernant ltat affectif momentan dun individu) et en bien-tre valuatif (concernant les souvenirs/les apprciations de sentiments ou de penses dun individu au sujet de sa vie passe et future). Voir Bien-tre valuatif et Bien-tre exprientiel.

    Couloir de migrationDsigne gnralement un axe de flux migratoires entre deux pays emprunt par des personnes qui sont nes dans un pays donn ou qui en possdent la nationalit pour se rendre dans un autre pays.

  • 219ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    DveloppementSelon le Programme des Nations Unies pour le dveloppement (PNUD), le dveloppement repose sur la cration dun environnement permettant chacun de raliser son potentiel et de mener une vie productive et crative qui rponde ses aspirations et ses besoins, et consiste largir lventail des choix accessibles aux individus dans loptique dune vie conforme leurs attentes. Cette dfinition marque un tournant radical par rapport la conception exclusivement conomique du dveloppement, mesure par des indicateurs de croissance ou de revenu, car elle englobe dsormais la dimension humaine du processus.

    DiasporaIl nexiste pas de dfinition communment admise de ce terme. De manire gnrale, on dfinit la diaspora comme un ensemble dindividus et de membres de rseaux, dassociations et de communauts qui ont quitt leur pays dorigine mais maintiennent des liens avec leur patrie. Cette notion englobe les communauts expatries bien tablies, les travailleurs migrants sjournant temporairement ltranger, les expatris possdant la citoyennet du pays hte, les personnes bnficiant dune double nationalit, et les migrants de la deuxime/troisime gnration.

    Exode des comptencesEmigration de travailleurs forms et qualifis du pays dorigine vers un autre pays, entranant un appauvrissement de la base de main-duvre qualifie dans le pays dorigine.

    Exode inverse des comptences Voir Gain de comptences.

    Fonds rapatrisSommes dargent acquises par les non nationaux, transfres vers leur pays dorigine. Selon le Fonds montaire international, il sagit, plus prcisment, de la somme des rmunrations des salaris et des rapatriements de fonds des travailleurs frontaliers, saisonniers et autres travailleurs court terme employs dans un pays dans lequel ils nont pas le statut de rsident, et des rsidents employs par des entits non rsidentes.

    Gain de comptencesImmigration dans le pays de destination de travailleurs forms et qualifis. Egalement appel exode inverse des comptences.

  • 220Termes et notions cls

    Migrants de longue dateAu sens employ par Gallup World Poll, migrants qui vivent dans leur pays de destination depuis cinq ans au moins.

    Migration de retourMigration ramenant une personne son lieu de dpart pays dorigine ou de rsidence habituelle gnralement aprs un sjour dune anne au moins ltranger. La migration de retour peut tre volontaire ou force.

    Migration de retraiteMigration de retraits. Certaines dfinitions classent les migrants retraits en fonction de leur ge, dautres selon leur participation au march du travail et la perception dune retraite.

    Migrant conomiquePersonne quittant son lieu de rsidence habituelle pour sinstaller hors de son pays dorigine dans lespoir damliorer sa qualit de vie. Par abus de langage, cette expression est frquemment utilise par opposition aux rfugis qui fuient les perscutions ; de la mme faon, elle est employe pour dsigner les personnes qui tentent dentrer dans un pays sans y tre autorises et/ou se rclament de la protection dun pays alors que leur demande dasile ne peut tre considre comme tant de bonne foi. Elle peut aussi sappliquer aux personnes quittant leur pays dorigine la recherche dun emploi.

    Migrant en situation irrgulire/Migrant irrgulierMigrant contrevenant la rglementation du pays de transit ou daccueil, pour y tre entr illgalement ou pour avoir contrevenu une condition dentre ou prolong son sjour au-del de la priode de validit de son visa. Cette dfinition stend, entre autres, aux personnes qui sont entres lgalement sur le territoire dun pays de transit ou daccueil mais ont dpass la priode de sjour autorise ou ont ensuite pris un emploi sans autorisation.

    Migration forceMouvement non volontaire de personnes caus par des menaces contre leur propre vie et leurs moyens dexistence, quelles rsultent de catastrophes naturelles ou de laction de lhomme (comme les mouvements de rfugis, de personnes dplaces lintrieur de leur pays, ou encore de personnes dplaces par des catastrophes naturelles ou environnementales, chimiques ou nuclaires, par une situation de famine ou des projets de dveloppement).

  • 221ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Migration interneMouvement de personnes dune rgion une autre lintrieur dun mme pays aux fins dy tablir leur rsidence. Cette migration peut tre provisoire ou dfinitive. Les migrants internes se dplacent mais restent dans leur pays dorigine (comme dans le cas dune migration rurale-urbaine). Voir aussi Personnes dplaces lintrieur de leur propre pays.

    Migration irrgulireMouvement contrevenant la rglementation des pays dorigine, de transit et de destination.

    Migration pour tudesIl existe de multiples dfinitions de ltudiant international. Selon linstitut de statistique de lUNESCO, les tudiants en mobilit internationale sont ceux qui tudient dans un pays tranger dans lequel ils ne rsident pas en permanence savoir, des tudiants qui ont franchi une frontire nationale ou territoriale pour faire des tudes et qui les effectuent hors de leur pays dorigine.

    Migration rgulireMigration effectue par des voies reconnues et autorises. Voir aussi Migration irrgulire.

    Mineur non accompagnPersonne nayant pas atteint lge de la majorit et se dplaant sans tre accompagne dun parent, dun tuteur ou de tout autre adulte qui, en vertu de la loi ou de la coutume, est responsable delle.

    N dans le paysPersonne ne dans le pays dans lequel elle rside actuellement.

    NordPays revenu lev selon la classification de la Banque mondiale. Voir Pays revenu lev.

    Nouveaux venus (migrants)Au sens employ par Gallup World Poll, migrants qui vivent dans leur pays de destination depuis moins de cinq ans.

  • 222Termes et notions cls

    Pays faible revenu et revenu moyenSelon la classification des pays de la Banque mondiale, la liste des pays faible revenu et revenu moyen est tablie sur la base du revenu national brut (RNB) par habitant. Dans le prsent rapport, les pays faible revenu et revenu moyen dsignent toutes les conomies dont le RNB par habitant slevait 12 275 dollars E.-U. ou moins en 2010. Ce terme dsigne toutes les conomies qui nappartiennent pas au groupe des pays revenu lev. Aux fins du prsent rapport, le terme le Sud est employ pour dsigner ce groupe de pays.

    Pays revenu levSelon la classification des pays de la Banque mondiale, la liste des pays revenu lev est tablie sur la base du revenu national brut (RNB) par habitant. Dans le prsent rapport, ce terme dsigne toutes les conomies dont le RNB par habitant slevait 12 276 dollars E.-U. ou plus en 2010. Les pays revenu lev ont le RNB par habitant le plus lev de tous les groupes de revenu de la Banque mondiale. Il sagit, par ordre dcroissant, des pays revenu moyen suprieur, revenu moyen infrieur et faible revenu. Aux fins du prsent rapport, le terme le Nord est employ pour dsigner les pays revenu lev.

    Pays daccueilPays de destination (pays hte). Dans le cas dun retour ou dun rapatriement, il sagit aussi du pays dorigine.

    Pays de destinationPays attirant lui les flux migratoires rguliers ou irrguliers. Voir aussi Pays hte et Pays daccueil.

    Pays dorigineDe manire gnrale, pays que quitte un national pour migrer, temporairement ou dfinitivement. Au chapitre 4, pour des raisons purement mthodologiques, ce terme dsigne le pays de naissance dun migrant.

    Pays htePays de rsidence dun migrant. Voir aussi Pays de destination et Pays daccueil.

    Pays sourceVoir Pays dorigine.

  • 223ETAT DE LA MIGRATION DANS

    LE MONDE 2013Le bien-etre des migrants et Le deveLoppement

    Personnes dplaces lintrieur de leur propre paysPersonnes ou groupes de personnes qui ont t forcs ou contraints fuir ou quitter leur foyer ou leur lieu de rsidence habituelle, notamment en raison dun conflit arm, de situations de violence gnralise, de violations des droits de lhomme ou de catastrophes naturelles ou provoques par lhomme ou pour en viter les effets, et qui nont pas franchi les frontires internationalement reconnues dun Etat. (par. 2 des Principes directeurs relatifs au dplacement de personnes lintrieur de leur propre pays, document ONU E/CN.4/1998/53/Add.2).

    Processus consultatifs rgionaux (PCR)Instances consultatives sans caractre contraignant runissant, au niveau rgional, des reprsentants dEtats et dorganisations internationales pour dbattre de questions migratoires dans un esprit de coopration. Certains processus consultatifs rgionaux sont ouverts dautres parties prenantes, telles que des organisations non gouvernementales ou autres reprsentants de la socit civile.

    Rapatriements de fondsVoir Fonds rapatris.

    RfugiPersonne qui, craignant avec raison dtre perscute du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalit, de son appartenance un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalit et qui ne peut ou du fait de cette crainte, ne veut se rclamer de la protection de ce pays (article 1er A. 2, Convention relative au statut des rfugis de 1951, modifie par le Protocole de 1967). Outre la dfinition de la Convention sur les rfugis de 1951, la Convention de lOrganisation de lUnit africaine de 1969 dispose, larticle 1. 2, que le terme rfugi sapplique galement toute personne qui, du fait dune agression, dune occupation extrieure, dune domination trangre ou dvnements troublant gravement lordre public dans une partie ou dans la totalit de son pays dorigine ou du pays dont elle a la nationalit, est oblige de quitter sa rsidence habituelle. Pour sa part, la Dclaration de Carthagne de 1984 tend le concept de rfugi aux personnes qui ont fui leur pays parce que leur vie, leur scurit ou leur libert taient menaces par une violence gnralise, une agression trangre, des conflits internes, une violation massive des droits de lhomme ou dautres circonstances ayant perturb gravement lordre public .

    SudDsigne les pays revenu moyen suprieur, revenu moyen infrieur et faible revenu, conformment la classification de la Banque mondiale. Voir Pays faible revenu et revenu moyen.

  • 224Termes et notions cls

    Traite des personnesLe recrutement, le transport, le transfert, lhbergement ou laccueil de personnes, par la menace de recours ou le recours la force ou dautres formes de contrainte, par enlvement, fraude, tromperie, abus dautorit ou dune situation de vulnrabilit, ou par loffre ou lacceptation de paiements ou davantages pour obtenir le consentement dune personne ayant autorit sur une autre aux fins dexploitation. (Art. 3 a) du Protocole additionnel la Convention des Nations Unies contre la criminalit transnationale organise visant prvenir, rprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants de 2000).

    Victime de la traite dtres humainsPersonne victime du crime de traite des personnes. Voir aussi Traite des personnes.

  • Depuis le tout premier Dialogue de haut niveau de lAssemble gnrale des Nations Unies sur les migrations internationales et le dveloppement, en 2006, le dbat international sur les moyens dexploiter au mieux les avantages de la migration en faveur du dveloppement sest considrablement intensifi. La migration reste toutefois insuffisamment intgre dans les cadres de dveloppement aux chelons national et local, et limage des migrants et de la migration dans lopinion est souvent trs ngative.

    En 2013, se tiendra un deuxime Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le dveloppement, qui offrira la communaut internationale une occasion unique de sintresser aux moyens de mettre la migration au service du dveloppement et de la rduction de la pauvret. Le moment choisi pour cette manifestation concide avec les efforts dploys par la communaut internationale pour laborer un nouveau programme de dveloppement mondial lapproche de 2015, lanne cible des objectifs du Millnaire pour le dveloppement.

    Le Rapport Etat de la migration dans le monde 2013 contribue au dbat mondial sur la migration et le dveloppement de trois manires. Premirement, il met laccent sur le migrant et sur la faon dont la migration influe sur le bien-tre individuel. De nombreux rapports sur la migration et le dveloppement sont axs sur les incidences des rapatriements de fonds, sommes que les migrants envoient dans leur pays. Le prsent ouvrage adopte pour sa part une approche diffrente, en analysant comment la migration influe sur la qualit de vie des personnes et sur leur dveloppement humain sous toutes sortes daspects. Deuximement, le Rapport sinspire des conclusions dune source de donnes unique les enqutes du Gallup World Poll, menes dans plus de 150 pays pour valuer pour la premire fois le bien-tre des migrants du monde entier. Troisimement, il claire dun jour nouveau la manire dont les migrants valuent leur vie, quils vivent dans un pays revenu lev du Nord, ou dans un pays revenu faible ou moyen du Sud. Traditionnellement, laccent tait mis sur ceux qui migrent au dpart des pays faible revenu en direction de pays plus riches. Ce Rapport sintresse aux mouvements le long des quatre axes migratoires et leurs consquences pour le dveloppement, savoir la migration Sud-Nord, les flux Sud-Sud et Nord-Nord, ainsi que les mouvements Nord-Sud.

    Les trois premiers chapitres du Rapport Etat de la migration dans le monde 2013 servent dintroduction au thme Le bien-tre des migrants et le dveloppement . Ils prsentent la situation actuelle de la migration dans le monde selon les quatre axes migratoires, et passent en revue les tudes consacres au nouveau domaine de recherche que constituent le bonheur et le bien-tre subjectif. Le quatrime chapitre prsente les conclusions initiales sur le bien-tre des migrants du Gallup World Poll, examinant les rsultats pour six dimensions essentielles du bien-tre sur les quatre axes migratoires. La dernire partie tire des conclusions et formule des recommandations pour de futures initiatives visant tudier le bien-tre des migrants et les incidences de la migration sur le dveloppement. Il y est galement question de lintgration de la migration dans le cadre de dveloppement mondial pour laprs-2015.

    Etat dE la

    mig

    ration

    da

    ns lE m

    on

    dE 2

    01

    3 | lE biEn

    -EtrE dEs m

    igra

    nts Et lE d

    EvEloppEm

    Ent

    ISSN 1561-5502ISBN 978-92-9068-669-9 40 dollars E.-U.

    Organisation internationale pour les migrations (OIM)

    IOM OIM

    17 Route des Morillons, 1211 Genve 19,Suisse

    Tel: +41 22 717 93 56Fax: +41 22 798 61 50

    www.iom.int

    Organisation internationale pour les migrations (OIM)

    Etat dE la migrationdans lE mondE 2013

    LE BIEN-ETREDES MIGRANTS ET LE DEVELOPPEMENT

    Etat dE la migrationdans lE mondE 2013

    LE BIEN-ETREDES MIGRANTS ET LE DEVELOPPEMENT

    WMR 2013 Cover_FR final.indd 1 9/13/2013 3:13:29 PM

    Traite de jeunes femmes depuis la Fdration de Russie destination du Moyen-OrientNouveaux modes de classification des paysMigration en direction de la ChineMigration destination du Brsil La migration sud-corenne destination des Philippines (Sud-Sud)Les migrations au dpart de lEurope en direction de lAfrique, de lAmrique latine et des Carabes (NordSud)Dfinition et mesure des statistiques du travail dans le Gallup World PollBien-tre des enfants Echantillon GallupNotes mthodologiquesEpargner pour lavenir : un mdecin pruvien qui vit et travaille Luanda (Angola) (Sud-Sud) Subvenir aux besoins de la famille reste au pays : deux femmes sri-lankaises travaillant au Kowet (Sud-Nord)Btir une carrire : Un migrant espagnol travaillant Buenos Aires (Argentine) (Nord-Sud)Bloqus en Somalie : Des migrants thiopiens en qute dune nouvelle vie au Moyen Orient (Sud-Nord)Une tudiante allemande New York (NordNord)Travail et scurit aux Etats-Unis : lexprience dun migrant mexicain (SudNord) Le commerce transfrontalier : lhistoire dIrne, commerante Chirundu, une ville frontalire en Zambie (Sud-Sud)Travailler pour retrouver une identit et un statut professionnels (Sud-Nord)Des migrants tchadiens retournent au pays au lendemain de la crise libyenne (Sud-Sud)Population de migrants internationaux (en millions), sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010 Evolution des populations de migrants (en millions) sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 1990-2010Les cinq principaux pays de destination et dorigine, le long des quatre axes migratoires (migrants en milliers et en pourcentage de la population migrante totale, le long de chacun des axes migratoires), selon la classification de la Banque mondiale, 201Les femmes migrantes en pourcentage de la population migrante totale sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010 Les femmes migrantes en pourcentage de la population totale de femmes qui migrent sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010 Migrants par groupe dge et sexe dans le Nord et le Sud, selon la classification de la Banque mondiale, 2010 Population totale (en %) et migrants par groupe dge au Nord et au Sud, selon la classification de la Banque mondiale, 2010 Comparaison des flux de rapatriements de fonds (en milliards de dollars E. U.) le long des quatre axes migratoiresLes cinq principaux pays dorigine et de destination de rapatriements de fonds (en dollars E.-U.) sur les quatre axes migratoires, et leur part dans lensemble des rapatriements de fonds sur chacun des axes, 2010 Estimations Gallup de la population migrante adulte de la premire gnration, sur les quatre axes migratoires, 20092011Elments essentiels du bien-tre selon Gallup Evaluations de la qualit de vie prsente et future faites par des migrants et des personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 20092011Evaluations de la vie actuelle et future faites par des migrants de longue date et leurs homologues rests au pays, le long des quatre axes migratoires, 20092011 Sentiments positifs prouvs pendant la journe par des nouveaux venus, des migrants de longue date et des personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 20092011Sentiments ngatifs prouvs pendant la journe par des nouveaux venus, des migrants de longue date et des personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 20092011Capacit des migrants et des personnes nes dans le pays de subvenir leurs besoins essentiels (nourriture et logement), sur les quatre axes migratoires, 20092011Capacit des migrants de longue date et de leurs homologues rests au pays de subvenir leurs besoins essentiels (nourriture et logement), sur les quatre axes migratoires, 20092011 Sentiments des migrants et des personnes nes dans le pays concernant le revenu du mnage, sur les quatre axes migratoires, 20092011Niveau de satisfaction des migrants et des personnes nes dans le pays lgard de leur niveau de vie et des conditions conomiques locales, sur les quatre axes migratoires, 20092011Statut au regard de lemploi, taux de participation la vie active et niveau de satisfaction au travail des migrants et des personnes nes dans le pays, au Nord et au Sud, 20092011Statut au regard de lemploi et taux de participation la vie active des migrants et des personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 20092011 Satisfaction au travail des migrants et des rsidents ns dans le pays ayant un emploi, sur les quatre axes migratoires, 20092011Esprit dentreprise parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, au Nord et au Sud, 20092010Propritaires dentreprise et intentions entrepreneuriales parmi les migrants et les rsidents ns dans le pays au Nord et au Sud, 20092011Perceptions du climat des affaires parmi les migrants et les personnes nes dans le Nord et le Sud, 20092011Type dentreprise parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, au Nord et au Sud, 20092011Sentiment de scurit et incidence des vols/agressions parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 20092011Degr de confiance dans le gouvernement national, les dirigeants et le systme lectoral parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 20092011Degr de confiance dans la police, le systme judiciaire/les tribunaux et les institutions financires parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 20092011Perceptions lies au niveau de corruption, au degr de satisfaction quant aux mesures prises des pouvoirs publics, et exprience personnelle de la corruption parmi les migrants et les personnes nes dans le pays dans le Nord et le Sud, 20092011Degr dattachement communautaire parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, au Nord et au Sud, 20092011Occasions de rencontrer des gens et prsence damis proches et de parents au pays et ltranger parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 20092011Ampleur des problmes de sant, degr de satisfaction lie la sant personnelle et aux soins de sant disponibles, et couverture de lassurance mdicale parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 20092011 Ampleur des problmes de sant, degr de satisfaction lie la sant personnelle et aux soins de sant disponibles, et couverture de lassurance mdicale parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoires, 20092011Perceptions concernant les possibilits pour les enfants dapprendre, le traitement des enfants et les possibilits damliorer leur sort dans la vie en travaillant dur parmi les migrants et les personnes nes dans le pays, sur les quatre axes migratoiresLe Nord et le Sud dfinis par DAES, la Banque mondiale et le PNUD, 2010Population de migrants internationaux (en milliers) et part de la population mondiale de migrants sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010 Population de migrants internationaux (en milliers) et part de la population mondiale des migrants vivant au Nord et au Sud, selon les trois principales classifications, 2010Population de migrants internationaux (en milliers) et part de la population mondiale de migrants originaires du Nord et du Sud, selon les trois principales classifications, 2010 Immigrants et migrants en pourcentage de la population totale au Nord et au Sud, selon les trois principales classifications, 2010 Les cinq principaux couloirs de migration le long de chacun des quatre axes migratoires, selon la classification de la Banque mondiale, 2010 Nombre de rfugis (en milliers), part de la population mondiale de rfugis, et part de la population migrante sur chacun des quatre axes migratoires, selon la classification de la Banque mondiale, 2010 Population dtudiants internationaux (en milliers) sur les quatre axes migratoires, selon la classification de la Banque mondiale, 2009-2010Comparaison des populations de migrants et des volumes de fonds rapatris (en %) sur les quatre axes migratoires, selon les trois principales classifications, 2010 Les cinq principaux couloirs de rapatriements de fonds sur les quatre axes migratoires (rapatriements en millions de dollars E.-U.), selon la classification de la Banque mondiale, 2010Personnes nes dans le pays et migrants au Sud, selon le sexe, lge et le niveau dinstruction, 20092011 Pourcentage de migrants et de personnes nes dans le pays effectuant des rapatriements de fonds, 20092011Statut dactivit des migrants et des personnes nes dans le pays, 20092011Nord et Sud, selon les dfinitions du DAES-ONU, de la Banque mondiale et du PNUD, 2010Les 20 principaux couloirs de migration dans le monde (population migrante, en milliers), selon la classification de la Banque mondiale, 2010Les 20 principaux couloirs dans le monde (rapatriements de fonds en millions de dollars E.-U.), selon la classification de la Banque mondiale, 2010Equipe de redactionRemerciementsand working papersListe des encadres, figures, tableauxet cartesAcronymesAvant-proposGeneralitesChapitre 1 OBSERVATIONS FINALESGUIDE DU RAPPORTSources dinformationClassification et terminologieLimitations et rservesStructure du Rapport

    CONTRIBUTION DU RAPPORTLes quatre axes migratoiresBien-tre des migrantsLe futur cadre de dveloppement

    LA MIGRATION ET LE PROGRAMME DE DEVELOPPEMENTFAITS MARQUANTSTendances migratoires: comparaisondes quatre axes migratoires FAITS MARQUANTSPRINCIPALES STATISTIQUES MONDIALESPrincipaux axes migratoiresOrigine des migrantsPrincipaux couloirs de migration dans le monde Principaux pays dorigine et de destination des migrantsMigration et sexeMigration et geMigration et comptences professionnellesRfugisEtudiants internationauxPrincipaux schmas de rapatriements de fondsPrincipaux couloirs de rapatriements de fonds dans le monde

    LE POINT SUR LA MIGRATION NORDSUD TendancesFiabilit des donnesFacteurs de migrationEffets potentiels sur le dveloppement

    OBSERVATIONS FINALES

    Analyse des etudes sur la migration, le bonheur etle OBSERVATIONS FINALESRECHERCHES SUR LA MIGRATION ET LE BONHEURLe bien-tre des migrants compar celui de la population du pays de destinationLe bien-tre des migrants compar celui de la population du pays dorigineBien-tre des familles de migrants restes au pays Circonstances de la migration

    FACTEURS INFLUANT SUR LE BIEN-ETRERevenu et bonheurAutres facteurs influant sur le bien-treSens de la causalit

    CONTEXTEDifficults mthodologiquesConsquences pour le dveloppement

    FAITS MARQUANTSDimensions du bien-etre des migrantselements dinformation tires du gallup world pollINTRODUCTION AU GALLUP WORLD POLL Lampleur de la migration internationale selon le sondage Gallup Profil des migrants dans le sondage Gallup

    METHODOLOGIE DU GALLUP WORLD POLLProcessus analytiqueDfinition du bien-tre de Gallup

    RESULTATS DU SONDAGE MONDIAL GALLUP Bien-tre subjectif : dimensions valuatives et exprientiellesBien-tre financierBien-tre professionnelBien-tre communautaireBien-tre social Bien-tre physique

    OBSERVATIONS FINALES

    Conclusions PLACER LES MIGRANTS AU COEUR DU DEBAT LE DEVELOPPEMENT CONCERNE LE BIEN-ETRE HUMAINLA MIGRATION AMELIORE LE BIEN-ETRE MAIS DE NOMBREUX MIGRANTS SONT INSATISFAITS DE LEUR VIE Comparaison du bien-tre des migrants celui de personnes similaires dans leur pays dorigineComparaison du bien-tre des migrants avec celui des personnes nes dans le pays

    LA MARCHE A SUIVRE ET LAPRES 2015 :ELABORER UN BAROMETRE MONDIAL DU BIEN-ETRE DES MIGRANTS

    BibliographieTermes et notions cls55